Camouflet pour l'union Européenne et les eurolâtres
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Les ultranationalistes sont en tête du scrutin en obtenant le plus de voix dimanche aux législatives serbes sans parvenir à la majorité absolue, selon des estimations du CESID (Centre pour des Elections libres et la Démocratie), un organisme indépendant qui surveille les élections en Serbie.
"Avec un certain degré de confiance, nous pouvons dire que le Parti radical (SRS, ultranationaliste) a obtenu 28,5 % des voix", soit environ 80 sièges sur un total de 250, a indiqué Zoran Lucic du CESID.
Selon les estimations du CESID, le SRS devance la Parti démocrate (DS) du président Boris Tadic, crédité de 22,9 % et le Parti démocrate de Serbie (DSS) du Premier ministre Vojislav Kostunica qui recueille 17 % des voix.
Le SRS, présidé par l'ancien paramilitaire Vojislav Seselj dans l'attente d'être jugé pour crimes de guerre au Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, était déjà le parti le plus représenté au parlement sortant où il détenait près d'un tiers des sièges.
Selon des résultats préliminaires de la Commission électorale portant sur 15,5 des bulletins dépouillés le SRS obtient 27,6 %, contre 22,6 % au DS et 16,6 au DSS.
"Nous avons gagné comme nous nous y attendions", a déclaré à l'AFP le chef du SRS Tomislav Nikolic. "Nous allons maintenant voir comment ces partis (le DS et le DSS) vont essayer de s'unir", a-t-il dit. "Il faut attendre le résultat final. La nuit porte conseille", a-t-il ajouté.
Les législatives de dimanche, considérées comme décisives pour l'avenir de la Serbie, ont opposé les réformateurs pro-européens aux ultranationalistes eurosceptiques.
Moins d'une semaine après ces législatives, le médiateur de l'ONU, Martti Ahtisaari doit présenter, le 26 janvier, ses propositions pour un nouveau statut du Kosovo dont la population, majoritairement albanaise, réclame une indépendance que Belgrade refuse.
Alors qu'aucun parti n'a remporté la majorité absolue la formation du prochain gouvernement devrait, selon les analystes, donner lieu à de difficiles et vraisemblablement longues négociations.
L'Union européenne (UE), qui suit avec attention ces élections, a indiqué clairement qu'elle souhaitait l'arrivée au pouvoir d'une coalition démocratique pro-européenne.
"Nous espérons un gouvernement pro-européen avec un engagement démocratique", a dit Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure.
Ces législatives sont déterminantes pour l'intégration de la Serbie à l'Europe, un processus que le manque de coopération des autorités serbes avec la justice internationale a nettement ralenti.
Pour sanctionner l'incapacité de Belgrade à arrêter le général Ratko Mladic, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, inculpé de génocide et crimes de guerre, Bruxelles a suspendu en mai 2006 ses négociations de rapprochement avec la Serbie.
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