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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 19:14

En préconisant l’entrée la plus rapide possible de la Turquie dans l’Union européenne et en célébrant les bienfaits (à venir) d’une « gouvernance mondiale », Bernard Kouchner, invité le 3 octobre de France Inter, symbolisait parfaitement Les Espérances planétariennes. Celles qu’a dégagées dans un livre éponyme le chercheur Hervé Ryssen au terme d’une analyse serrée des ouvrages de nombreux intellectuels contemporains, marxistes ou démocrates (Alain Minc, Jacques Attali, Edgar Morin, Marek Halter, Jacques Derrida, Pierre Bourdieu, Guy Konopnicki ou encore Albert Jacquard), dont les objectifs affichés sont le métissage généralisé, la suppression des frontières et l’unification du monde, dans un discours de plus en plus débridé.  

« LE MARXISME, UN JUDAÏSME IMPATIENT »

Pour l’auteur, l’obsession mondialiste hantant les esprits cosmopolites trouve une partie de son explication dans la tradition mosaïque.

L’attente du Messie constitue en effet le point central des espérances des Juifs, mais il faut savoir que pour eux, l’ouverture des temps messianiques se confond avec l’unification du monde et la suppression des conflits sur la terre, qu’il s’agisse des guerres entre nations ou des conflits sociaux. Ici encore, les textes que nous soumet Hervé Ryssen sont très explicites (Emmanuel Lévinas, Jacob Kaplan, David Banon, etc.). Voilà pourquoi le mot « Paix » revient si régulièrement : il s’agit de promouvoir un monde où les vieilles nations auront disparu au profit d’un gouvernement mondial, seul garant de la Paix universelle, ainsi que le déclare Jacques Attali, dans son Dictionnaire du XXIe siècle : « Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial».

Le marxisme, bien évidemment, s’inscrit dans ce cadre religieux, puisqu’il prévoit lui aussi l’avènement d’un monde pacifié avec la disparition des classes sociales. Comme le dit justement George Steiner, « le marxisme est un judaïsme qui s’impatiente. Le Messie a trop tardé à venir… C’est à l’homme lui-même d’instaurer le royaume de la justice. » De fait, les Juifs se sont engagés massivement dans le communisme international au XXe siècle, et ont joué un rôle non négligeable dans l’idéologie marxiste, aussi bien que dans les atrocités qui ont été commises en son nom – il faut le dire.

Voilà ce que sont les « Espérances planétariennes » : c’est cette attente messianique, cette tension permanente qui conduit à agir et à militer continuellement pour hâter l’avènement du Messie. « Nous sommes les découvreurs de Dieu, le peuple-prêtre de l’humanité », fait dire Attali à l’un de ses personnages. Mais « peuple-militant » conviendrait mieux pour définir cet état d’esprit, tant il est vrai que les intellectuels, les artistes ou les cinéastes juifs ne semblent agir que dans ces perspectives planétariennes. Il est très rare que chez eux, une œuvre soit neutre. C’est précisément cette attente messianique qui donne un sens à toute cette production, dans la mesure où elle se confond avec l’unification du monde. Là est assurément l’axe porteur du judaïsme.

Ce qui ressort de tout cela, c’est que l’avènement du monde nouveau et des temps messianiques passe par la destruction du catholicisme et du monde européen traditionnel. Il faut avoir lu les travaux de Wilhelm Reich, de Marcuse et les ouvrages des “freudo-marxistes” pour comprendre jusqu’où peut aller cette rage de destruction. Le thème de la “vengeance” se retrouve d’ailleurs aussi bien dans les textes religieux du XVIe siècle que chez certains romanciers contemporains comme Albert Cohen. Ces permanences sont étonnantes. Elles traversent les siècles, se transmettent sans prendre une ride de génération en génération.

L’ARME DE l’IMMIGRATION

L’immigration est évidemment aujourd’hui l’une des armes des plus efficaces dans cette entreprise de destruction des sociétés traditionnelles.

Quand Dany-le-Rouge, maire-adjoint de Francfort, pense qu’il serait bon que « le pourcentage d’étrangers atteigne un jour le tiers de la population globale », il tient exactement le même propos que l’ancien directeur de la Banque européenne de développement, Jacques Attali, pour qui « il faudrait en effet que la part de la population étrangère naturalisée atteigne un tiers de la population globale, et la moitié de celle des villes » allemandes. « La barque est loin d’être pleine, assure encore Daniel Cohn-Bendit, elle est même trop vide. »

C’est cette « houtzpa », ce culot monumental, qui permet par exemple au philosophe Jacques Derrida d’affirmer : Il y a « beaucoup plus de place qu’on ne le dit pour accueillir plus d’étrangers », et d’ajouter : « l’immigra­tion n’a pas augmenté, contrairement à ce que l’on affirme. » Ce sont effectivement les racistes qui s’imaginent que l’immigration augmente, alors même que tous les chiffres prouvent qu’elle régresse !

C’est aussi cette « houtzpa » qui fait dire à Cohn-Bendit : « On pourrait en déduire que pour enrayer la xénophobie, le mieux serait encore d’augmenter et non de vouloir réduire le nombre d’étrangers. »

Il est en cela d’accord avec le très libéral Guy Sorman, qui déclare : « Ce ne serait donc pas la présence des étrangers qui susciterait le racisme, mais leur absence : le fantasme de l’immigré serait le fourrier de la violence, beaucoup plus que l’immigré lui-même. »

Et c’est encore Guy Sorman qui nous assure que « la France, qui comptait des centaines de dialectes, patois et langues régionales, il y a un siècle, était alors plus multiculturelle qu’aujourd’hui », assertion à rapprocher de celle de Nicolas Sarkozy le 19 septembre à l’Institut : « Aujourd’hui, la France profonde est celle des banlieues à majorité musulmane ». (voir Rivarol du 7 octobre 2005).

Le très brillant Alain Minc en arrive aux mêmes conclusions : « Le droit du sol, dit-il, risque de rendre, dans une vision à très long terme, la France plus homogène que le droit du sang l’Allemagne. »

C’est cela, la « houtzpa » : c’est cette aptitude singulière à prendre les « autres » pour des demeurés, légèrement sous-développés. Tout cela est bien naturel, si l’on considère, avec Jacob Kaplan, que « la communauté juive est, de part la volonté de D.eu, la graine qui fait germer l’humanité future… Les idées du judaïsme, poursuit-il, fortes de la puissance de la vérité et indestructibles par la violence, se répandent dans le monde pour devenir l’aliment spirituel des peuples civilisés. » Mais ne nous y trompons pas : il n’y a pas de racisme dans ce propos, pour la simple et bonne raison qu’un Juif ne peut pas être raciste.

« L’éthique du judaïsme, par définition, nie le racisme, nous explique Elie Wiesel. Un Juif ne peut pas être raciste ; un Juif se doit de combattre tout système qui voit l’autre comme un être inférieur. » Nous voilà donc rassurés !

Jean-Marc Guegan

Les Espérances planétariennes, 432 pages ; 19,90 euros franco.

Commandes à Éditions Baskerville, (SDE Domiciliations)

14 rue Brossolette, 92300 LEVALLOIS

Chèques à l’ordre de HERVE FRANÇOIS

Article paru dans Rivarol, numéro du 14 octobre 2005, reproduit avec l’aimable autorisation de madame Camille GALIC.

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commentaires

R
Le nouveau site d'Hervé Ryssen se trouve surherveryssen.net
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I
Bonjour WTP,

"... tu as gardé ma parole sans renier mon nom"
Nous avons effectivement aujourd'hui un devoir de cosnervation : "gardez les restes", conserver nos écoles, nos chapelles, nos associations. Le temps de la moisson est proche.
"car ils usurpent la qualité de juifs, les menteurs..."
Oui, d'ailleurs dans l'Evangile, les juifs qui refusent le Christ sont ceux de "la synagogue de Satan". 
Ce passage peut-il concerner notre époque et un proche avenir? Difficile à dire, mais quoi qu'il en soit, il me trouble.
"à se prosterner devant toi... à reconnaître que je t'ai aimé..."
Il me semble que ce passage se réfère au "le salut vient des Juifs" et à d'autres prophéties indiquant que le Christ ne reviendra  que lorsque les juifs le reconnaîtront (tous) comme le Messie et se convertiront. Il y a des passages sur ce thème dans l'ancien testament comme dans le nouveau.
"Il me revient aussi en mémoire ces mots de Yehudi Menuhin qui avait dit en 1999 (Paris-Match) : "Nos concitoyens adorent tous le Veau d'or, c'est un suicide collectif."
Effectivement, nos institutions elles-mêmes adorent le veau d'or : l'homme-roi contre le Christ-Roi. Le reste peut s'interpréter comme une dénonciation du matérialisme de cette société.
Ingomer.
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W
En ces temps troublés où tout semble s'accélérer, tant sur le plan des événements que des idées, la question que je me pose est : quelle est la proportion de juifs qui, consciemment, ouvertement, tablent sur la destruction des identités nationales et religieuses (notamment le Catholicisme) pour hâter ce mondialisme messianique?
Quelques dizaines, peut être quelques centaines de part le monde à des postes stratégiques?..
 
Et il me revient ces mots de l'Apocalypse (III. 7-13), texte magnifique, mais des plus imagés et complexes  :
"A l'Ange de l'Eglise de Philadelphie, écris...:
Je connais ta conduite, voici :
j'ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer.
... tu as gardé ma parole sans renier mon nom
Voici, je forcerai ceux de la synagogue de Satan
car ils usurpent la qualité de juifs, les menteurs...
à se prosterner devant toi... à reconnaître que je t'ai aimé..."
 
Ce passage peut-il concerner notre époque et un proche avenir? Difficile à dire, mais quoi qu'il en soit, il me trouble.
 
Il me revient aussi en mémoire ces mots de Yehudi Menuhin qui avait dit en 1999 (Paris-Match) :
"Nos concitoyens adorent tous le Veau d'or,
c'est un suicide collectif."
 
Là je crois qu'il s'adressait à beaucoup de monde... et pas seulement aux juifs.
 
Cordialement.
WTP.
 
  
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