ROME, Vendredi 5 décembre 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a écrit une lettre au philosophe et sénateur italien Marcello Pera pour le remercier de la contribution apportée par son dernier livre, où il montre que la base du libéralisme se trouve dans la relation de la personne avec Dieu.
... « Dans une logique indéniable, reconnaît le pape dans sa lettre, vous montrez que le libéralisme perd sa base et se détruit lui-même s’il abandonne ce fondement ».
« Votre analyse sur ce que peuvent être l’Europe et une Constitution européenne où l’Europe ne se transformerait pas en une réalité cosmopolite, mais trouverait, à partir de son fondement chrétien libéral, sa propre identité est d’une importance capitale », ajoute-t-il.
L’œuvre du philosophe, souligne-t-il, « explique très clairement qu’un dialogue interreligieux au sens strict du terme est impossible, alors que le dialogue entre les cultures, qui approfondit les conséquences culturelles de la décision religieuse de fond, se révèle beaucoup plus urgent ».
« Alors que dans le premier cas un vrai dialogue n’est pas possible sans mettre entre parenthèses sa propre foi, il faut affronter dans le débat public les conséquences culturelles des décisions religieuses de fond », explique-t-il.
Selon Benoît XVI, Marcello Pera « montre que le libéralisme, sans cesser d’être un libéralisme mais au contraire, pour être fidèle à soi-même, peut renvoyer à une doctrine du bien, en particulier à la doctrine chrétienne qui lui est congénère, offrant ainsi vraiment une contribution au dépassement de la crise ».
Dans un entretien accordé à Radio Vatican le 28 novembre, Marcello Pera a confié ses espoirs que Benoît XVI aide le libéralisme à trouver ses racines. « Ce n’est pas un hasard, ce pape est le pape du dialogue interculturel, autrement dit de ce dialogue qui doit mettre en évidence quels sont les droits fondamentaux de l’homme qui doivent être acceptés par tous », ajoute-t-il.
Le philosophe italien a aussi expliqué les motifs pour lesquels le libéralisme est parfois devenu antichrétien.
« Pour ce qui est de l’Europe en particulier, il y a une explication historique, a-t-il souligné. ...« Certains Etats nationaux, l’Italie et la France, se sont ... constitués comme Etats-nations en s’opposant, en entrant en conflit avec l’Eglise catholique ».
«... [S]i nous passons de l’anticléricalisme à l’antichristianisme, ce qui équivaudrait à une apostasie du christianisme, nous perdons les qualités mêmes, les vérités mêmes, les fondements mêmes de ces libertés et de ces droits sur lesquels se fondent nos Etats libéraux ». [C'est ce que disait il y a plus de deux siècles, en 1791, le libéral et contre-révolutionnaire britannique Edmund Burke dans ses Réflexions sur la Révolution française contre les soit-disant "libéraux" de France tournant le dos et écrasant toutes les gloires qui ont fait la France... Comme l'écrivait Charles Maurras: "le libéralisme supprime en fait toutes les libertés. Libéralisme égale despotisme"]
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