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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 17:07
Depuis les incidents du 14 juin à Vitry-le-François (Marne), où des groupes de jeunes avaient détruit une soixantaine de voitures et s'en étaient pris aux forces de l'ordre après le meurtre d'un de leurs camarades tué au cours d'une rixe, les habitants se sont précipités vers l'armurier de la ville dans l'idée de s'équiper en moyens de défense.

"En quinze jours, depuis les émeutes, j'ai eu près d'une centaine de visiteurs supplémentaires. Des particuliers qui viennent pour s'informer et pour acheter, parce qu'ils veulent pouvoir se défendre dans les quartiers les plus chauds", explique Sylvain Pierret, armurier du centre-ville. Des clients au profil différent du public habituel, essentiellement composé de chasseurs. Des clients, de tous âges, dont beaucoup souhaitaient s'informer sur la possibilité d'acquérir des fusils et des armes de poing.

"Ils m'ont dit qu'ils venaient à cause des émeutes. Je leur ai expliqué qu'il n'était pas possible d'acheter des armes sans permis. Du coup, une partie s'est repliée vers des armes non létales", raconte l'armurier, citant des bombes lacrymogènes, des pistolets tirant des balles en caoutchouc et des poings électriques. "Il y a un gros ras-le-bol et de la peur. Les gens veulent des produits qui les rassurent".

Face à ces réactions, le maire, Jean-Pierre Bouquet (PS), a lancé un appel au calme dans le quotidien régional L'Union. ...

Dans un contexte d'émeutes, en effet, ceux-ci voient des groupes, souvent cagoulés et armés de battes de base-ball, prendre le contrôle du territoire et saccager bâtiments et voitures. Avec une difficulté supplémentaire pour des villes moyennes comme Vitry-le-François : contrairement aux quartiers d'Ile-de-France, pour lesquels les autorités peuvent rapidement mobiliser des forces, les pouvoirs publics ne disposent pas de réserves à proximité pour rétablir vite le calme. Plusieurs dizaines de minutes, voire plusieurs heures, s'écoulent ainsi, dans une forme d'anarchie, avant que les habitants puissent constater une intervention efficace des forces de l'ordre.

L'impact est désastreux. Après des violences similaires en octobre 2007, à Saint-Dizier (Haute-Marne), ville de 30 000 habitants distante de 30 km, les victimes avaient ainsi fait part aux psychologues de la cellule de crise d'un mélange de "peur", de "fatalité" et de "vive colère" face à l'incendie, par un groupe de jeunes, de dizaines de véhicules et de plusieurs bâtiments publics.

Dans leur bilan d'intervention, les psychologues insistaient sur le "sentiment d'abandon et d'impuissance" des habitants.

(Le Monde, A Vitry-le-François, la "psychose" après l'émeute, 30.06.08).

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