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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:38
Le Parisien Dimanche, 24 HEURES DANS LES DEPARTEMENTS

La messe en latin fait le plein

Paru le 24/02/2008


Paris. Juste derrière le Louvre, l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, paroisse des rois, accueille désormais toutes les semaines des messes en latin

U N CURÉ qui tourne le dos à l'assemblée et récite des textes en latin, de grands mouvements d'encensoir qui répandent de la fumée dans toute l'église, des chants grégoriens, un cortège d'enfants de choeur... Les messes en latin, qui n'étaient plus célébrées que dans trois églises de la capitale Saint-Eugène-Sainte-Cécile (IXe), Notre-Dame du Lys (XVe), et Sainte-Odile (XVIIe) , refont surface. Depuis le 2 décembre, cette messe dite de "rite ancien" ou "tridentin", s'est installée tous les jours sauf le samedi dans l'une des plus belles églises de Paris : Saint-Germain l'Auxerrois, située juste en face du Louvre, et qui fut en son temps la paroisse des rois de France. Une avancée pour les traditionalistes permise par la décision de Benoît XVI de réintroduire cette messe dans les églises. Tous les dimanches, ils sont environ 300 fidèles à y assister, venus des quatre coins de la capitale et même d'Ile-de-France.

Dès les premiers jours, il y a eu beaucoup de monde, témoigne le père Dominique Schubert, le curé de la paroisse, qui célèbre la messe selon les deux rites. C'est vrai que j'ai été un peu étonné : je ne m'attendais pas à voir autant de fidèles dès le début".

Toutes les chaises ou presque sont remplies. Au premier rang une petite fille en uniforme de scout tient le drapeau de son groupe. Ses parents, entourés de leurs trois autres enfants, l'observent d'un oeil attendri. Non loin, deux jeunes filles en jupes et chaussures vernies alternent positions assises et agenouillées.

"Cette forme de messe nous permet d'avoir un meilleur accès au sacré, sourient Laurence et Franck, habitants du Ve arrondissement qui viennent ici tous les dimanches avec leurs trois enfants depuis début décembre. Avant nous allions à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Maintenant nous pouvons vivre notre foi, aimer cette liturgie, sans être considérés comme des extrémistes". "Je ne suis pas surpris qu'il y ait tant de monde, se réjouit Henri, Parisien d'une trentaine d'année, venu lui aussi avec sa petite famille. Beaucoup de gens ne connaissent pas cette liturgie. Mais s'il y avait une messe dite selon le rite ancien dans chaque paroisse, on serait étonné de voir l'affluence !" Pour l'instant au diocèse ce n'est pas au programme...

Violette Lazard
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