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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 15:27

Lejdd.fr

La
phrase faisait sourire ou prêtait à l'ironie lorsque Nicolas Sarkozy bavardait avec George Bush autour de quelques hot dogs en plein mois d'août, elle amuse beaucoup moins aujourd'hui qu'elle est signée Irna, l'agence de presse officielle iranienne. 

La voix de Téhéran, et par son intermédiaire le pouvoir politique ennemi des Etats-Unis, n'ont que très peu goûté la sortie de Bernard Kouchner, dimanche soir, lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Parlant de l'issue de l'épineux dossier du nucléaire iranien, le ministre français des Affaires étrangères a prévenu qu'il "faut se préparer au pire, et le pire, c'est la guerre", même s'il a dit espérer qu'on n'en était pas là.

"Les occupants de l'Elysée sont devenus les exécutants de la volonté de la Maison blanche et ont adopté un ton encore plus dur, encore plus incendiaire et plus illogique que celui de Washington", a ajouté Irna. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Mohammad Ali Hosseini, a pour sa part jugé que cette déclaration "porte atteinte à la crédibilité de la France". Cette dernière sortie de Bernard Kouchner, quelques semaines après sa "maladresse" sur l'Irak, lorsqu'il avait appelé à la démission du Premier ministre Nouri al Maliki avant de s'excuser, s'est également attirée les foudres de Vienne, où se tient ce lundi et pendant toute la semaine la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique, organe onusien chargé de négocier plus de transparence et l'abandon de l'enrichissement d'uranium avec l'Iran.

... Hôte de la réunion de l'AIEA à Vienne, la ministre des Affaires étrangères autrichienne a, elle aussi, sévèrement tancé son homologue français. "Le collègue Kouchner est le seul à pouvoir expliquer ce qu'il a voulu dire. Il m'est incompréhensible qu'il ait eu recours à une rhétorique martiale en ce moment", a dit Ursula Plassnik.

... Mais c'est davantage la position de Nicolas Sarkozy qui est attendue. Comme l'a rappelé François Hollande, le chef de l'Etat avait déjà menacé l'Iran lors de son discours de politique étrangère devant la conférence des ambassadeurs. "Un Iran doté de l'arme nucléaire, c'est inacceptable, et je pèse mes mots", avait-il dit, parlant de "la crise la plus grave pour l'ordre mondial". Avant de prévenir, lui aussi, que les sanctions à l'ONU était la seule démarche "qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran". Le mot guerre en moins, ce sont exactement les propos tenus par un Bernard Kouchner dans la droite ligne de son président, et dans la mire, désormais, de l'Iran.

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