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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 06:27

Interview parue dans l’hebdomadaire Minute du 5 novembre 2008 :

Fabrice Robert est président du Bloc identitaire. Le mouvement identitaire, c’est une sensibilité politique qui se développe aussi bien en France qu’en Suisse, en Suède, en Espagne ou au Portugal. Si certaines organisations sont antérieures au courant français, comme la Ligue du Nord (Italie) ou le Vlaams Belang (Belgique), d’autres s’en inspirent. Gros plan sur un courant politique qui monte en Europe.

Image Hosted by ImageShack.usMinute : Qu’est-ce que le Bloc identitaire ?

Fabrice Robert : Le Bloc identitaire est un mouvement qui réunit tous ceux pour qui la défense des identités charnelles et historiques est la priorité. Je parle de mouvement plutôt que de parti, car le Bloc identitaire n’est pas une organisation pyramidale et ne s’est pas fixé pour but prioritaire de participer aux élections, même s’il ne se l’interdit pas. D’ailleurs, le mouvement identitaire a participé à de nombreuses élections, municipales, cantonales ou législatives, à Nice, Paris ou encore en Alsace, obtenant à plusieurs reprises des résultats supérieurs à 5%.

Mais le Bloc identitaire fonctionne avant tout comme un réseau, au sein duquel les différentes composantes, et les membres de ces composantes, ont tous vocation à être des forces de proposition. Dans la mouvance du Bloc identitaire, il n’y a que des acteurs, c’est-à-dire des gens qui conçoivent, proposent et agissent de façon très concrète, et non pas des individus en attente de consignes venues d’en haut. Et contrairement à des organisations qui sont uniquement sur le terrain électoral, nous pensons qu’il y a une vie avant, pendant et après les élections. 

Minute : Ce n’est pas en faisant l’impasse sur les élections que vous parviendrez au pouvoir !

Ce n’est pas ce que j’ai dit, et le but ultime est bien évidemment la prise du pouvoir. Mais si, face à la logique du tout électoral, nous prônons l’enracinement local, c’est que nous avons pris conscience, depuis notre création il y a cinq ans, de la nécessité de rompre avec des pratiques qui mènent à une impasse. A ceux qui préparent 2012, j’ai envie de répondre : nous, nous préparons 2020 ou 2030. Nous préparons les structures et les relais d’entraide pour nos enfants et pour ceux qui naissent aujourd’hui.

Minute : A-t-on encore le temps d’attendre ?

C’est une remarque que j’entends souvent. Je vous répondrai : a-t-on encore le temps de continuer à perdre tous les combats ? C’est ce qui se passe quand on reste dans une logique de l’instantanéité. Le pouvoir ne se prend pas uniquement par les urnes. Il se prend aussi par le développement de structures (associations, syndicats…) et de projets métapolitiques mais également par le recours à divers outils (dont le réseau Internet) susceptibles de diffuser notre conception du monde. Il se prend donc autant par l’influence que l’on exerce sur les esprits que par l’exemple et l’espoir que l’on offre. Il faut monter qu’il est possible de sortir de la contestation et de remporter des victoires.

Minute : Et vous en avez remporté, des victoires ?

Oui. La première victoire que nous avons remportée est sémantique. Qui, il y a encore cinq ans, employait le mot « identitaire » ? A peu près personne. Aujourd’hui, tout le monde ou presque l’utilise (avec, je le reconnais, cet effet induit que le concept peut être perverti). Je lisais récemment une interview de l’actrice Isabelle Carré, de sensibilité de gauche, interrogée sur sa difficulté à mener une carrière internationale. Elle répondait que cela ne la dérangeait pas car, « sans être quelqu’un d’ultra-identitaire, j’adore Paris, les tournées en France ». Elle ne sait peut-être pas tout à fait de quoi elle parle, mais de même que le Parti communiste a imprégné toute la société de son vocabulaire, la reconquête sémantique doit être prioritaire. Qui commence à parler comme nous finira peut-être par penser comme nous.

... Au lieu de dénoncer sans cesse la puissance de certains lobbies, faisons en sorte de construire nos propres groupes d’influence !

Minute : Qu’est-ce qui vous distingue du Front national sur la question de l’identité ?

Le Front national a une vision de l’identité bien différente de la nôtre. D’abord, il ne défend que l’identité nationale, ce qui est pour nous insuffisant. Au Bloc identitaire, nous défendons une vision de l’identité à trois niveaux : l’identité charnelle : ce sont les régions ; l’identité historique : c’est la France; et l’identité civilisationnelle : c’est l’Europe. Pour le Front national, ces identités sont antagonistes. Pour nous, elles sont complémentaires. Par exemple, je me sens à la fois niçois, français et européen. Et je n’ai aucune peine à me sentir pleinement français, tout en étant niçois, et tout en étant européen, au contraire : chacune de ces identités renforce l’autre et constitue un ensemble organique cohérent.

D’autre part, le Front national associe la question de l’identité et celle de l’acceptation des « valeurs républicaines ». Dans sa logique intégrationniste, il considère qu’un Maghrébin qui vient en France, maîtrise notre langue, respecte nos lois, etc. – bref, « s’intègre » – devient illico un Français à part entière. Pas pour nous, car il lui manquera toujours deux des trois composantes de notre identité, la charnelle et la civilisationnelle : il ne sera jamais occitan – ni breton, ni basque, etc. –, ni européen.

Minute : Est-ce que cela vous amène à remettre en cause les naturalisations accordées à hauteur de 100 000 à 150 000 par an depuis un quart de siècle, ainsi que la nationalité française de Français issus de l’immigration qui l’ont obtenue en étant nés en France ?

La nationalité, cela peut s’acquérir pour services rendus. Mais cela doit demeurer tout à fait exceptionnel. L’identité, c’est quelque chose qui s’hérite – puis bien sûr qui se cultive et se modifie subtilement au fur et à mesure. Or ce qui se passe depuis un quart de siècle, c’est que l’on transforme de façon extraordinairement brutale l’identité française par l’octroi de la nationalité à tout un tas de gens qui, encore une fois, n’ont aucune notion de ses composantes civilisationnelle et charnelle. Qu’est-ce qu’on fait ? On laisse faire ? Ou on agit ?

... Ce serait bien sûr totalement utopique de dire que toutes les personnes d’origine extra-européenne seront expulsées. Mais il est totalement insuffisant de dire que l’on va fermer les vannes de l’immigration. On l’a vu récemment avec La Marseillaise sifflée, une fois de plus, au Stade de France, par une majorité de titulaires de la nationalité française : l’intégration, ça ne fonctionne plus. Il faut maintenant être clair : une bonne partie des populations d’origine immigrée ne pourront jamais s’intégrer en France. Il faut dire à celles-ci qu’elles devront faire un choix, et que la meilleure des choses qu’elles peuvent faire, c’est d’aller travailler pour le bien de ce qu’on appelle improprement leur « pays d’origine », et qui n’est rien d’autre que leur patrie.

Minute : N’est-ce tout de même pas utopique ?

On a toujours l’impression, en France, que rien n’est possible, qu’on ne peut rien faire contre le « sens de l’histoire » et que l’on peut, au mieux, « gérer » les problèmes, quand bien même on sait qu’ils sont dramatiques. Cette démission fataliste, je la récuse. Je considère que l’histoire n’est pas linéaire et qu’il peut y avoir des bouleversements, tout simplement parce que toute l’histoire de l’humanité le prouve. Et il n’est pas besoin de remonter à l’Antiquité ! Qui avait prévu en 1988 que le Mur de Berlin allait s’effondrer l’année suivante ? Qui aurait pensé en 1788 que l’Ancien Régime allait être balayé un an plus tard ? Qui se souvient que, à la veille de la Révolution de 1917, Lénine lui-même pensait que la révolution qu’il appelait de ses vœux n’aurait jamais lieu ? Qui se doutait, en 1959 ou en 1960, que les pieds-noirs allaient être expulsés d’Algérie ? Des personnes qui ne sont pas et ne seront jamais françaises peuvent être amenées à partir si notre peuple le décide.

Minute : Doit-on en déduire que vous êtes racialiste ?

Si vous entendez par « racialisme » la volonté de « rétablir » la « pureté raciale » de la race blanche, et d’affirmer la supériorité de celle-ci sur les autres races, le Bloc identitaire n’est absolument pas racialiste. L’un de nos slogans est : « 0 % racisme ! 100 % identité » Qu’est-ce que cela signifie ? Que notre combat identitaire n’est dirigé contre personne, dans la mesure où nous souhaitons que chaque peuple retrouve, chez lui bien sûr, son identité propre, plutôt que d’être dissout dans un immense magma ou de se laisser gagner par l’uniformisation que provoque la mondialisation. Suite novopress.info 

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