Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 15:47
Dans un précédent article publié sur son blog en février, le président de l'Alliance Royale Yves-Marie Adeline, qui se présentait à l’élection municipale de Paris dans le 7ème arrondissement, indiquait que s'il devait obtenir un résultat de l'ordre de 0,50% il arrêterait tout. À 0,96% (résultat définitif), va-t-il tout arrêté?

Je me pose la question parce que je ne suis pas certain de l'opportunité du combat pour la liberté et l'indépendance de la France avec les armes de la Révolution. On l'a vu en 2002 et en 2007 pour le front national, parti d'ailleurs dorénavant condamné à disparaître en dessous des 5%, l'infiltration marxiste et égalitariste en son sein (mouvement "Egalité et Réconciliation" d'Alain Soral) ayant fini de repousser son électorat traditionnel. 

Je ne suis pas certain que nous parvenions à instaurer la Monarchie par le vote ni même à un quelconque résultat tangible d'amélioration des droits et des libertés. Ce point a été bien vu par Dominique Decherf, docteur en droit, ambassadeur et écrivain, dans le
Le Livre noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008, p. 697) : "il ne faut pas lutter contre la révolution avec les moyens de la révolution : la contre-révolution emprunte trop à la révolution pour pouvoir la concurrencer. Elle aggrave la révolution." 

L'"arme démocratique", tenue par les adeptes de la religion républicaine, ne peut fonctionner que dans le cadre des partis d'établissement qui ont prouvé leurs inféodation : tous les autres partis, ou mouvements sont soit diabolisés, soit ignorés, soit même marginalisés, dicrédités d'avance aux yeux d'une masse gavée par une propagande quotidienne dès le plus jeune âge.

Dans ces conditions, ce qui fait notre dangerosité, notre opposition et notre résistance frontale à la nouvelle religion démocratique et républicaine, c'est notre positionnement sur la liberté (au sens de la philosophie classique et chrétienne qui fut le soubassement de la construction européenne jusqu'au XVIIIe siècle) et la vérité qui sont toujours chrétiennes. Et certainement pas l'appartenance à un parti prétendument anti-système, révolutionnaire ou "subversif"... Ni le vote d'ailleurs ! Le vote n'est qu'un organe d'un tout au service de notre asservissement au grand marché mondial et à la société cosmopolite sans frontières chère à nos "philosophes" du XVIIIe siècle, l'entretien actif et permanent du système destructeur et négateur de nos libertés. Le vote, c'est non seulement une absurdité, un mensonge et une imposture (lire Jacques Heers, Un homme un vote, Editions du Rocher, 2007), mais c'est aussi l'institution de l'orgueil humain, la prétention au pouvoir et à la souveraineté de l'homme. Le vote est dans tous les cas contre-productif. Anti-civique, il est une dispersion de nos forces en vains combats et conduit paradoxalement à la négation de la société. Aujourd'hui rempir son devoir civique, c'est s'abstenir. Il faut le dire et le répéter autour de soi. Car pendant que les gens vont voter, le système nous remplace gentiment, oeuvre de la Révolution oblige...

D'où l'urgence d'une "révolution de la liberté" (G. Bernanos), l'urgence d'un appel pour sauver la liberté, un appel pour sauver le peuple français et la France. Quand un gouvernement cesse d'être légitime, l'obéissance cesse d'être légitime. Quand un gouvernement commence-t-il à devenir illégitime? Un gouvernement qui nie le droit naturel, impose une morale "laïque" contre l'ordre naturel, ce gouvernement cesse d'être contraignant. C'était le mot de Chirac "Pas de loi morale au-dessus de la loi civile". Cette absolutisation de la loi civile, loi de la "volonté générale", devient une forme de tyrannie, une absolutisation de la démocratie. 

"Aucune barrière, ni droit naturel ni règle constitutionnelle" ne devait s'opposer, selon Mirabeau, à une majorité législative (en l'occurence issue d'une minorité activiste dans le pays). Ce régime n'est qu'une forme de la tyrannie. Sous l'angle de l'Etat de droit, elle marque une régression par rapport à la pratique, au XVIIIe siècle, de l'Ancien Régime. C'est ce que Hayek appelle une "démocratie illimitée", et ce que Benjamin Constant avait stigmatisé comme une "souveraineté illimitée"" (Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 14).

"Les dons de Dieu étant sans repentance, il n'appartient à personne, depuis l'onction de Clovis, de faire que la France ne soit pas ou plus un royaume. Cela, Péguy le savait, tout comme sa Jeanne d'Arc : en l'absence temporaire de l'héritier ou du lieutenant, le Christ demeure mystérieusement "le vrai roi de France" (Rémi Soulié,
Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 712).
 
De même que la Révolution a inauguré un système politique fondé sur la violence et le sang (génocide vendéen) et construit sur le mensonge (Liberté & Egalité), de même la contre-révolution sera-t-elle chrétienne et évangélique. De Maistre avait dit que la Contre-Révolution ne serait point une révolution contraire, mais "le contraire de la Révolution", c'est-à-dire qu'elle nous ferait entrer dans des voies opposées à celles qui nous ont conduit où nous sommes. (Donc "foi espérance et charité" plutôt que le triptyque moderne "liberté égalité fraternité").

Et
Bonald "eut le courage de dire en 1830 : "Ce n'est pas une Restauration qu'il faudrait, mais une RENOVATION. Et renovabis faciem terrae, une rénovation religieuse du monde entier." (Mgr Delassus, Le Problème de l'Heure présente, Antagonisme de deux civilisations, tome II, La Révovation et ses conditions, Editions Saint-Rémi, p. 30-31).

Lire aussi : "Les enseignements de l'élection présidentielle 2007"
Partager cet article
Repost0

commentaires