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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:02

Shlomo Sand parle de l'ethnocentrisme en Israel

L'historien Israelien Shlomo Sand, auteur de "Comment le peuple juif fut inventé", définit l'ethnocentrisme sioniste : "si vous n'êtes pas de parents juifs vous n'êtes pas juifs, vous ne pouvez pas devenir juif, sauf si vous êtes converti religieusement"... C'est la base de la définition de l'Etat d'Israël. (00:37 au compteur)


Sionisme et invention du peuple juif
envoyé par Takarai.

Ferry et Julliard sur LCI analysent la thèse du nouveau livre de l'historien Israelien Shlomo Sand "Comment le peuple juif fut inventé". A écouter malgré quelques approximations de Ferry.


Maurice Sartre sur Shlomo Sand

Maurice Sartre exprime son accord pour l'essentiel avec la thèse de son collègue, pour qui la notion de "peuple juif" est une fiction. Par exemple, sur Gaza, Maurice Sartre met les pendules à l'heure (2:54 au compteur) : "contrairement au discours officiel des tenants de 'la Terre sainte qui nous a été donnée, qui était à nous', etc., les Juifs ne sont jamais seuls en Terre sainte, jamais. Quand on voit aujourd'hui la revendication sur Gaza... dans les milieux ultra-religieux qui considèrent Gaza comme un élément de la Terre sainte, historiquement il y a une certitude, c'est que jamais, sauf de très brefs épisodes à la suite de guerres, les maîtres de Jérusalem n'ont tenu Gaza. Gaza c'est le pays des Philistins, et quand même David ou Salomon, ou tous les rois d'Israël et de Juda contrôlent à peu près tout ce qui est en gros la Palestine d'aujourd'hui, ils ne tiennent pas Gaza. C'est très rare que Gaza soit tenu, il y a une petite période au début du Ier siècle avant notre ère, au temps d'Alexandre Jannée. Ce qui est vrai, c'est qu'à l'époque hellénistique, à partir du milieu du IIe siècle av. J.-C. se recrée un Etat juif, hasmonéen, qui fait la conquête de l'ensemble de la Palestine, mais c'est un Etat pluri-ethnique, largement...." 

Maurice Sartre se sépare cependant de Shlomo Sand sur certains points. Sur la diaspora (dispersion), suite à la destruction du second Temple en 70 ap. J.-C., "on sait qu'il y a un grand mouvement d'émigration... la Judée est quasiment interdite aux Juifs, Jérusalem devient la seule ville interdite aux Juifs, il ne faut pas l'oublier, et les Juifs deviennent très minoritaires en Judée; sur la côte ils l'ont toujours été, donc ce n'est pas nouveau, et ils ne sont majoritaires que dans de petits secteurs, notamment en Galilée. ... Beaucoup sont partis, d'autres ont été vendus comme esclaves" (06:38 au compteur)

Maurice Sartre
est un historien spécialiste de l'histoire du monde grec et du monde romain oriental, en particulier du Proche-Orient hellénisé, d'Alexandre à la conquête islamique. Il est l'auteur notamment de :
- Histoires grecques, éd. Le Seuil, Paris, 2006.
- "D'Alexandre à Zénobie : Histoire du Levant antique, IVe siècle avant Jésus-Christ - IIIe siècle après Jésus-Christ", éd. Fayard, Paris, 2001
- La Syrie antique, Gallimard-Découvertes, Paris, 2002
- L’Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 avant J.-C. – 235 après J.-C.), éd. Le Seuil, Paris, 1991


Dans D'Alexandre à Zénobie, (p. 927) au sujet de la "diaspora" (dispersion), Maurice Sartre indique que "la destruction du Temple en 70 avait interrompu les sacrifices pour la première fois depuis 586 av. J.-C., tandis que le grand-prêtre et le Sanhédrin disparaissaient dans la tourmente. 

Vers 130,
Hadrien décida de reconstruire Jérusalem. (p. 602)... Il décida d'y faire construire une nouvelle colonie, colonia Aelia Capitolina, autour d'un temple de Jupiter Capitolin construit non à l'emplacement de l'ancien temple dont l'espace reste à l'abandon, mais au coeur de la nouvelle ville, sur l'emplacement du Golgotha. Dès 131-132, la fondation était effective, comme le prouvent des monnaies émises au nom de la nouvelle colonie (B. ISAAC, "Roman Colonies in Judae. The Foundation of Aelia Capitolina", Talanta, 12-13, 1980-1981, p. 31-54.) 

En 134-135, après la nouvelle révolte juive (du faux Messie) Simon Bar Kokhba ("fils de l'étoile"), Hadrien finit par écraser les Juifs à Béthar, près de Jérusalem (ibid., p. 605), où Simon trouva la mort. Les autres chefs furent arrêtés et exécutés. ... Dion Cassius estime que l'on détruisit 985 villages, que 580 000 Juifs trouvèrent la mort au combat et qu'un nombre encore plus grand mourut de faim. Mais "il y eut de très nombreux prisonniers vendus comme esclaves sur les marchés extérieurs et nombreux furent les Juifs à fuir d'eux-mêmes" (Sur tout cela, article fondamental de W. Eck, "The Bar Kokhba Revolt : The Roman Point of View", JRS, 79, 1999, p. 76-89).

... [L]'entrée à Jérusalem fut désormais interdite aux Juifs sous peine de mort, sauf le 9 Ab, anniversaire de la ruine du Temple (Ariston de Pella cité par Eusèbe, HE, IV, 6, 3.) ... Jérusalem devenait non seulement une ville païenne comme les autres, mais la seule de toutes qui soit interdite aux Juifs ! Le caractère juif de la région fut officiellement nié lorsqu'en pleine révolte, sans doute en 133-134, le nom même de la province fut modifié : supprimant toute allusion à son peuplement juif, les Romains transformèrent la Judée en 'Syrie-Palestine' (Cn. Minicius Faustinus Sex. Iulius Severus est nommé 'légat impérial de judée' dans une inscription CIL, III, 2830 = ILS, 1056, et 'de Syrie-Palestine' dans une autre AE, 1904, 9.) (ibid., p. 606.)


La population de Jérusalem, estimée à 10000 ou 15000 habitants, est essentiellement constituée de païens, colons romains issus de l'armée. ... La ville prit rapidement l'aspect d'une ville romaine ordinaire (ibid., p. 647).... D'une manière générale, même si les Juifs sont plus nombreux en Galilée qu'ailleurs, il n'existe plus de terre juive en Palestine (p. 931).
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