
Lecture du saint Évangile selon saint Luc (2, 22-32; trad. du Lectionnaire de 1964)
7. En ce temps-là, quand furent révolus les jours prescrits pour la purification de Marie, selon la Loi de Moïse, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir en sacrifice, selon qu’il est dit dans la Loi du Seigneur: un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes.
Voici qu’à Jérusalem il y avait un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Il vint au Temple, poussé par l’Esprit. Et comme les parents apportaient l’Enfant Jésus, afin d’observer les coutumes de la Loi le concernant, il le reçut dans ses bras, et il bénit Dieu en disant: «Maintenant, ô Maître, tu laisses ton serviteur s’en aller selon ta parole, dans la paix. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples: lumière pour éclairer les nations, et gloire de ton peuple Israël!»
![]()
La présentation au Temple, par Stephan Lochner (Hessisches Landesmuseum, Darmstadt)
Lecture patristique
Homélie de saint Sophrone, évêque [de Jérusalem, † 638 ou 639] (Discours 3, sur la fête des Lumières 6.7; texte grec: PG 87-3, 3291-3293)
Accueillons cette lumière glorieuse et éternelle
Allons à la rencontre du Christ, nous tous qui honorons et vénérons son mystère avec tant de ferveur, avançons vers lui dans l'enthousiasme. Que tous sans exception participent à cette rencontre, que tous sans exception y portent leurs lumières.
Si nos cierges procurent un tel éclat, c'est d'abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient, qui fait resplendir l'univers et l'inonde d'une lumière éternelle en repoussant les ténèbres mauvaises; c'est aussi et surtout pour manifester avec quelle splendeur de notre âme, nous-mêmes devons aller à la rencontre du Christ.
De même, en effet, que la Mère de Dieu, la Vierge très pure, a porté dans ses bras la véritable lumière à la rencontre de ceux qui gisaient dans les ténèbres; de même nous, illuminés par ses rayons et tenant en mains une lumière visible pour tous, hâtons-nous vers celui qui est vraiment la lumière.
C'est évident: puisque «la lumière est venue dans le monde» (Jn 3, 19) et l'a illuminé alors qu'il baignait dans les ténèbres, puisque «le Soleil levant qui vient d'en haut nous a visités» (Lc 1, 78), ce mystère est le nôtre. C'est pour cela que nous avançons en tenant des cierges, c'est pour cela que nous accourons en portant des lumières, afin de signifier la lumière qui a brillé pour nous, mais aussi afin d'évoquer la splendeur que cette lumière nous donnera. Courons donc ensemble, allons tous à la rencontre de Dieu.
Cette lumière véritable, «qui éclaire tout homme venant en ce monde» (Jn 1, 9), voici qu'elle vient. Soyons-en tous illuminés, mes frères, soyons-en tous resplendissants.
Que nul d'entre nous ne demeure à l'écart de cette lumière, comme un étranger; que nul, alors qu'il en est inondé, ne s'obstine à rester plongé dans la nuit. Avançons tous dans la lumière, tous ensemble, illuminés, marchons à sa rencontre, avec le vieillard Syméon, accueillons cette lumière glorieuse et éternelle. Avec lui, exultons de tout notre cœur et chantons une hymne d'action de grâce à Dieu, Père de la lumière, qui nous a envoyé la clarté véritable pour chasser les ténèbres et nous rendre resplendissants.
«Le salut» de Dieu, «qu'il a préparé à la face de tous les peuples» et qu'il a manifesté «pour la gloire» du nouvel Israël que nous sommes, voilà que «nous l'avons vu» (Lc 2, 30-32) à notre tour, grâce au Christ; et nous avons été aussitôt délivrés de la nuit de l'antique péché, comme Syméon le fut des liens de la vie présente, en voyant le Christ.
Nous aussi, en embrassant par la foi le Christ venu de Bethléem à notre rencontre, nous qui venions «des nations païennes», nous sommes devenus le peuple de Dieu, car c'est le Christ qui est le salut de Dieu le Père. Nous avons vu de nos yeux Dieu qui s'est fait chair. Maintenant que la présence de Dieu s’est montrée et que nous l’avons accueillie dans notre âme, nous sommes appelés le nouvel Israël; et nous célébrons sa venue par une fête annuelle pour ne jamais risquer de l’oublier. Le Forum catholique
/image%2F1400167%2F20250701%2Fob_420393_christ-roi-de-l-univers-2.jpg)