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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 09:17

030211_egypte.jpg"Une bonne partie de la population égyptienne qui s’est rebellée ces jours-ci contre le régime trentenaire de Hosni Moubarak affirme qu’elle préfère la démocratie à toute autre forme de gouvernement. Mais dans le même temps elle veut, à une majorité écrasante, que ceux qui commettent l’adultère soient lapidés, que l’on coupe les mains aux voleurs et que ceux qui abandonnent la religion musulmane soient mis à mort".

 

Pour le christianisme, rien de tel. L'homosexualité, l'adultère, le vol, l'apostasie sont des péchés, mais le remède est la conversion, le pardon, la miséricorde. La prochaine béatification de Jean Paul II, le jour de la divine Miséricorde, donnera au monde entier le message central de la foi catholique: Dieu est Amour et Pardon. Assise d'octobre 2011, donnera un autre message, celui de la Paix; et non pas  du syncrétisme, qui veut que toutes les religions soient égales.

 

Source: http://lesuisseromain.hautetfort.com/archive/2011/02/03/l-islam-ne-connait-pas-le-pardon.html

 

- Assise III: Une supplique au Pape est lancée à propos d'Assise 2011

- Compte-rendu du colloque du mois de décembre 2010 à Rome sur l’herméneutique de Vatican II

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:40

Le blog du Mesnil reproduit un riche compte-rendu du colloque qui s’est tenu à Rome du 16 au 18 décembre et organisé par l’Institut des Frères Franciscains de l’Immaculée sur « Le concile Vatican II et sa juste herméneutique à la lumière de la Tradition de l’Église ». Il s'agit d'une des premières réponses à l’invitation au débat et à l’analyse critique sur Vatican II, adressée par Benoît XVI dans son fameux discours à la Curie Romaine, le 22 décembre 2005. (1)

 

 

« Les Franciscains de l’Immaculée forment un institut particulièrement intéressant. De même que les carmélites ont depuis longtemps une branche qui s’est constituée pour refuser un aggiornamento dévastateur (les carmélites de la Mère Maravillas de Jésus), les franciscains ont désormais une branche qui s’oppose à la dérive sans fin de l’ordre de saint François : les Franciscains de l’Immaculée, fondés en 1970 par le P. Stefano Manelli (leur supérieur) et le P. Gabriele Pelletieri. Ils ont, bien entendu, beaucoup de vocations. Ils ont été reconnus de droit pontifical en 1998 et rassemblent dans le monde entier plus de 300 frères, dont une centaine de prêtres et comptent près de 400 religieuses, en Australie, aux Etats-Unis, au Bénin où ils disposent d’une chaîne de télévision, en Italie, aux Philippines, au Brésil, en France dans le diocèse de Toulon (P. Antoine Santoro). Ils suivent la règle franciscaine, en se distinguant par leur fidélité traditionnelle à cette règle, par leur consécration personnelle à l’Immaculée et désormais… par leur attachement à la forme extraordinaire du rite. (2)

 
Le compte-rendu entier du colloque est à lire ici: http://leblogdumesnil.unblog.fr/2011/01/29/2011-11-rome-un-tres-important-colloque-consacre-au-concile-vatican-ii/. En voici des extraits :

 

« L’homme que le concile rencontre – a dit Mgr Negri – porte sur ses épaules l’échec de la modernité ». Le prélat a fait remarquer que la culture chrétienne, à l’époque moderne, s’est d’abord heurtée à la culture séculière, puis s’est vue peu à peu absorbée par cette dernière, altérant ses caractéristiques spécifiques et se conformant aux lignes de pensée du rationalisme et de l’illuminisme. Le concile représentait une occasion propice pour recentrer la culture catholique sur la Tradition mais, à cause des oppositions, des luttes intestines, des lectures sécularisées et des applications errantes qui le minaient, il n’a pas pu jouer son rôle. »

 

« Le concile Vatican II – a affirmé Mgr Gherardinine fut pas un concile dogmatique et pas même disciplinaire, mais seulement un concile pastoral, et le sens authentique de ce caractère pastoral est encore vague ». Lorsqu’on parle du concile, il convient de distinguer quatre niveaux différents, dont chacun exprime le Magistère suprême mais avec une qualité théologique distincte. Énoncer ici la graduation suggérée par Mgr Gherardini signifierait en trahir l’extraordinaire exactitude théologique. C’est pourquoi nous nous limitons à signaler le fait que, selon cette exégèse, un seul de ces niveaux, correspondant au troisième, comporte une validité théologique incontestable, même si ce n’est que par reflet, déduite des définitions précédentes : ce niveau coïncide avec les citations importantes de la part du concile de doctrines déjà solennellement définies, traitant des thèmes de foi et de morale.

Les autres domaines du magistère conciliaire, en raison de leur nature pastorale, de leur nouveauté intrinsèque ou de leur contextualisation historique contingente, ne comportent en eux-mêmes pas d’infaillibilité, ni de caractère définitif ; ils exigent donc un certain hommage de l’intelligence, mais non « l’obéissance de la foi ». L’erreur d’un bon nombre de théologiens du post-concile consista précisément à dogmatiser un concile qui se voulait être pastoral, faisant de ce dernier tout autre chose que ce que celui qui l’avait convoqué s’était fixé.

Vatican II un débat à ouvrir

« La prétention de séparer le concile du post-concile, selon Roberto De Mattei, est aussi insoutenable que celle de séparer les textes conciliaires du contexte pastoral dans lequel ils ont été produits. Aucun historien sérieux, aucune personne de bon sens, ne saurait accepter cette séparation artificielle qui naît plus d’une prise de position que d’une évaluation sereine et objective des faits. « Aujourd’hui encore – a conclu l’historien romain – nous vivons les conséquences de la “Révolution conciliaire” qui a anticipé et accompagné celle de soixante-huit. Pourquoi vouloir le cacher ? L’Église, comme l’a affirmé Léon XIII, en ouvrant aux chercheurs les Archives Secrètes du Vatican, “ne doit pas craindre la vérité” ». »

Professeur Roberto de Mattei

Le Professeur Roberto de Mattei.

 

« Une conférence d’une grande valeur théologique fut celle du R.P. Serafino M. Lanzetta, jeune théologien des Franciscains de l’Immaculée. Le père Lanzetta a fait un status quaestionis sur l’approche théologique de Vatican II, à travers l’analyse de la réception du concile par diverses écoles théologiques post-conciliaires. La conclusion qui en découle est que le concile, dont personne ne peut douter sincèrement de la rectitude d’intention, a favorisé les herméneutiques opposées du post-concile pour avoir abandonné, ou du moins négligé l’approche métaphysique des réalités de la foi et de la morale. Ce que le concile enseigne, il le fait en utilisant une forme descriptive et très souvent seulement allusive : ceci a permis aux novateurs d’extrapoler des conclusions théologiques aberrantes dont le Vatican II n’est pas responsable, sinon à cause d’un certain manque de clarté et de précision terminologique.
Il était, par exemple, impossible d’appliquer ces nombreuses herméneutiques en acte ainsi que les grilles interprétatives si variées, aux textes de Vatican I : si elles ont été appliquées avec une certaine facilité à Vatican II, cela est dû à un certain rejet du langage scholastique typique de la tradition théologique précédente, laquelle a été nommée, avec mépris, “livresque”. On a voulu la remplacer par le « ressourcement » (de Lubac), c’est-à-dire le retour aux Pères : mais les Pères, sur plusieurs points de la théologie et de la philosophie, en savent moins que nous, vu le progrès théologique réalisé dans la compréhension de la Révélation Divine immuable et l’apport décisif du Concile de Trente et de Vatican I en matière de dogmatique. Le retour aux Pères et à leurs formules, à la liturgie des origines et à l’Écriture cache bien souvent sous le parfum une odeur prononcée de biblicisme, de fidéisme et d’archéologisme : tout ce que le Pape Pie XII repoussait prophétiquement dans l’Humani generis (1950). »

« L’abbé Florian Kolfhaus, de la Secrétairerie d’État, a tenu une importante relation. Le théologien allemand a fait une critique “de l’intérieur” des documents conciliaires, en montrant que leur valeur magistérielle variée et différentiée correspond à leur majeure ou mineure autorité, laquelle se réduit quelques fois à un pur précepte disciplinaire. Le concile Vatican II a voulu être un concile pastoral, c’est-à-dire orienté vers les nécessités de son temps, tourné vers l’ordre de la pratique. Il n’a affirmé aucun nouveau dogme, aucun anathème solennel, et il a promulgué des catégories différentes de documents par rapport aux conciles précédents ; et malgré cela, Vatican II doit être compris dans la continuité ininterrompue du Magistère, puisqu’il a été un concile de l’Église légitime, œcuménique et doué de l’autorité relative. Certains de ses documents, c’est-à-dire les décrets et les déclarations, comme l’Unitatis Redintegratio sur l’œcuménisme, Nostra Aetate sur les religions non-chrétiennes et Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, a souligné l’abbé Kolfhaus, ne sont ni des documents définissant des vérités infaillibles, ni des textes disciplinaires présentant des normes concrètes. C’est en cela que réside la grande nouveauté de Vatican II : contrairement à tous les autres conciles, qui exposaient la doctrine ou la discipline, il transcende toutes ces catégories.
Il s’agit d’une exposition doctrinale, qui ne vise pas à donner de définitions ni à imposer de limites dans l’intention de combattre l’erreur, mais qui est tournée vers l’agir pratique conditionné par le temps. Le concile n’a proclamé aucun “nouveau” dogme et n’a révoqué aucune “vieille” doctrine, mais a plutôt fondé et promu une nouvelle praxis dans l’Église. La proposition de l’abbé Kolfhaus est de mieux préciser l’expression fuyante « magistère pastoral » par le « munus praedicandi » plus limité que le « munus determinandi ». Cela signifie : annonce de la doctrine, non pas définition doctrinale ; liée au temps et conforme au temps, non pas immuable et pas toujours égale ; qui oblige, mais n’est pas infaillible. »

 

Le prof. R.P. Nicola Bux, pour sa part, a parlé de la disparition du ius divinum dans la liturgie : cette disparition date aussi de Vatican II et de l’immédiat post-concile. Le liturgiste de Bari a remarqué que la Sacrosanctum Concilium permettait une interprétation en conformité avec la tradition liturgique catholique, exprimée encore en 1963 par la Veterum Sapientia de Jean XXIII, mais dans les faits, les logiques de la désacralisation et de l’innovation ont prévalu. En effet, entre 1965 et le nouveau missel de 1970, des circulaires et des autorisations non seulement différentes mais même contradictoires ont été promulguées de la part de divers organes, comme la Congrégation pour la doctrine de la Foi et celle pour le Culte divin, entraînant un chaos liturgique dont l’Église entière ne s’est plus jamais remise.

Le prof. Bux a encouragé l’assistance à une double fidélité à la tradition liturgique, réhabilitée par le récent Motu proprio Summorum Pontificum, et à l’exemple du Souverain “Liturge” qui, peu à peu, est en train de remettre de l’ordre et du décor dans la célébration du Culte Divin.

Don Nicolas Bux

Don Nicolas Bux

Le site "Osservatore-Vaticano" qui commente le colloque fait cette juste observation:

 

"entre « l’intégrisme » conciliaire qui consisterait à considérer que tous les textes de Vatican II sont normatifs et le rejet en bloc de tous les textes, il est clair qu’il doit exister une voie. Disons, puisque c’est devenu l’expression à la mode, une voie « d’herméneutique de la continuité ». Mais il importe aussi de préciser que c’est à l’autorité magistérielle qu’il incombe de donner l’interprétation légitime des textes litigieux (en nombre d’ailleurs relativement réduits) et que le nouveau Syllabus que demandait à ce même colloque Mgr Schneider serait fort bien venu…" (3)

 

Mgr. Athanasius Schneider

Monseigneur Athanasius Schneider

 

Sources:  

(1) http://leblogdumesnil.unblog.fr/2011/01/29/2011-11-rome-un-tres-important-colloque-consacre-au-concile-vatican-ii/

(2) http://www.summorum-pontificum.fr/revue-de-presse/lesfranciscainsdelimmaculeeparpaixliturgique

(3) http://www.osservatore-vaticano.org/divers/un-colloque-sur-lhermeneutique-de-vatican-ii

 

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- Vatican II : Mgr Schneider demande au Pape un nouveau Syllabus

- « Le Concile Vatican II : un débat à ouvrir » (Mgr Gherardini)

- Interview de Mons. Nicola Bux

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 23:58

Pour l’honneur de Pie IX

Considérer DH (NDLR. Dignitatis Humanae) comme un anti-Syllabus est l’expression superficielle d’une erreur théologique majeure qui ne contribue en rien à résoudre le problème posé par la liberté religieuse.

Il s’agit d’une opposition globale qui rejette indistinctement ce qui relève de l’ordre contingente et de l’ordre des principes.

Voici quelques précisions que Mgr. Gherardini donne pour mieux comprendre le sens des condamnations de Pie IX :

« Ce qui intéresse l’Eglise, selon le divin mandat auquel elle obéit, et de par sa définition, c’est le salut des âmes et toutes les valeurs qui peuvent le favoriser.

Dans le nouveau de la modernité, ces valeurs parurent soit absentes, soit compromises. D’où l’intention ecclésiale de sauver ce qui peut être sauvé. Tout en conservant la doctrine séculaire sur la liberté du choix religieux et même, du moins en ligne de principe, la tolérance envers des religions et des cultes différents, l’Eglise a perçu à un certain moment le danger pressant du minimalisme confessionnel, en même temps que celui de l’indifférentisme religieux.

Et contre la montée dévastatrice de ce danger, elle a élevé ses digues.

Etait-ce une faute ? Pour un grand nombre, oui, et une faute grave. Pour ceux qui entrent dans la logique que ces digues avaient suggérée, il ne s’agit pas de faute, mais de cohérence et de fidélité.

Si l’on pense au mécénat de l’Eglise même en faveur des arts et des sciences ; si l’on pense que celui qui sur ce plan laissa des traces indélébiles fut justement l’auteur du Syllabus ; si l’on pense que, à l’aube de son pontificat, ce Pie IX avait pris tellement à cœur la cause des Juifs romains que ceux-ci l’acclamaient comme leur père et lui offrirent de le défendre (A. Canestri, L’anima de Pio IX, II, Marino-Roma, 1966, pp. 46-48), toute accusation d’intolérance et d’obscurantisme s’évapore comme un flocon de neige au premier soleil.

Il faut donc projeter sur ce fond les interventions à la faveur desquelles Dignitatis Humanae apparut comme une correction providentielle aux yeux de critiques hâtifs, imprudents et trop intéressés. Je pars de l’encyclique Mirari vos du pape Grégoire XVI, en date du 15 août 1832.

Félicité de Lammennais, en 1830, avait soutenu publiquement des idées libérales inconciliables avec la tradition catholique. Mirari vos les rassembla (peut-être de façon un peu simpliste) sous le concept d’indifférentisme, et définit ce dernier comme la « cause très fertile de tous les maux » qui affligent l’Eglise ainsi que la « source empoisonnée d’où découle cette maxime fausse et absurde, ou plutôt ce délire : qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience » (DS 2730). Le texte continue sur le même diapason : « Erreur de plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Eglise et de l’Etat, va se répandant de toutes parts » (DS 2731)

Pour le théologiquement correct, voilà des coups bien bas, Un scandale !

Soyons clairs : ces coups cessent d’être bas et scandaleux seulement s’ils sont portés contre un Grégoire XVI ou un Pie IX.

Moi-même, pendant les travaux d’une commission officielle, je les ai entendus, répétés plusieurs fois pendant plus d’une demi-heure par un champion de l’actuel libéralisme historique et théologique, sur les lèvres duquel les épithètes « pestiféré » et « pestilentiel » fleurissaient contre l’auteur du Syllabus comme l’expression d’une correction critique et scientifique irréprochable.

Si l’on savait au moins lire la lettre, vu qu’on ne sait pas l’interpréter ! Et lire à contre jour, c’est-à-dire sur le modèle des idées libérales de F. Lamennais et de son courant.

La liberté de conscience, qui ici est prise pour cible, est non pas le sanctuaire inviolable de l’homme en tant que tel, mais la conviction absurde, erronée et délirante « que toute profession de foi est capable de procurer la vie éternelle de l’âme » (DS 2730)

Une conviction de ce genre non seulement ramène la foi catholique au niveau de n’importe quelle autre croyance, y compris la croyance animiste, fétichiste, spiritiste et ainsi de suite, mais prive la conscience d’un horizon objectif et universel, dont découle la moralité de ses choix.

Si seulement les critiques modernes, toujours si théologiquement corrects, savaient au moins traduire le latin facile du grand évêque d’Hippone (Ep 105, 2, 10 :PL 33, 400), cité par Grégoire XVI pour clore son réquisitoire : « Quae peior mors animae, quam libertas erroris , », « Y a-t-il peut-être pour l’âme une mort pire que sa liberté d’embrasser l’erreur ? »

La gamme des erreurs fustigées par le bienheureux Pie IX et synthétisées auparavant par Grégoire XVI dans l’indifférentisme est plus large : panthéisme, naturalisme, rationalisme, idéalisme, matérialisme, socialisme, maçonnerie et anticléricalisme, qui contestaient les droits innés de l’Eglise, son autonomie par rapport à l’Etat, et ses libertés, vomissant une haine implacable contre elle, et surtout contre le Souverain Pontife.

La somme de ces erreurs était la »libertas erroris » à laquelle saint Augustin avait refusé le droit de cité, imité en cela par le grand Mastai Ferreti.

Comme ils l’on mal compris ceux qui, même dans le désir très louable de le disculper de l’accusation d’être contraire au progrès, le classent dans des contextes sociaux complètement différents des contextes actuels et trouvent injuste qu’on parle des décisions d’alors avec les paramètres critiques d’aujourd’hui.

Le noyau du problème n’absolument pas là : à ce problème le bienheureux Pie IX, prévoyant et prophète (L. Negri, Pio IX, Attualità e profezia, ed. Ares, Milano, 2004), a donné une solution radicale, et aujourd’hui presque incompréhensible pour tous les théologiquement corrects.

Par sa condamnation, il aurait voulu éviter à l’Eglise les maux dont aujourd’hui, malheureusement, elle souffre :

- Que toutes les religions se valent

- Que l’Eglise n’est pas indépendante de l’Etat

- Que chacun est libre de penser dans tous les domaines comme bon lui semble

- Que les droit des Dieu sont les même que ceux de l’homme et qu’on s’acquitte des premiers en s’acquittant des seconds

- Que le prêtre est l’homme de la rue et non de l’autel"

(Brunero Gherardini – Le Concile Œcuménique Vatican II Un débat à ouvrir – Casa Mariana Editrice 2009 – pp.176-179)

 

  

Source: http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=580155

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:30

Après nous être interrogé au sujet de la prochaine réunion interreligieuse d'Assise en octobre 2011, sur le point de savoir dans quelle mesure Assise III augmentera la Paix dans le monde et diminuera le nombre des martyrs chrétiens (les deux réunions d'Assise 1986 et 1992 ayant fait exploser les persécutions antichrétiennes, et pratiquement diminué la liberté religieuse juridique de l'Eglise dans le monde via le renforcement des régimes totalitaires), nous apprenons ce soir que d'Italie, un appel au Pape en forme de supplique est lancé à Rome contre Assise 2011, de la part de ratzinguériens connus, qui reprend cette même interrogation, mais cette fois en affirmant :

 

"Saint Père, nous pensons qu'avec un nouvel "Assise 1986" aucun chrétien en terre d'orient ne sera sauvé, ni dans la Chine communiste, ni en Corée du Nord ni au Pakistan, ni en Irak... tellement de fidèles par contre ne comprendront plus pourquoi en ces pays meurent encore aujourd'hui des martyrs pour ne pas renier non une religion; mais leur rencontre du Christ. Comme sont morts les apôtres..."

Les signataires:

 

Francesco Agnoli
Lorenzo Bertocchi
Roberto de Mattei
Corrado Gnerre
Alessandro Gnocchi
Camillo Langone
Mario Palmaro

 

Source: http://blog.messainlatino.it/2011/01/santita-abbiamo-paura-per-lincontro-di.html

 

via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=580087

 

Il y aurait eu un précédent appel dont parle clairement la supplique. Traduction via  http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=580196 (excusez les fautes):

"Sainteté, nous avons peur pour la rencontre d'Assise

Saint-Père Benoit XVI,

nous sommes quelques catholiques reconnaissants de l'oeuvre que votre Sainteté a accompli comme pasteur de l'Eglise universelle, reconnaissants pour sa grande valorisation de la raison humaine, pour avoir concédé le"Motu proprio Summorum pontificum", pour Son proficuo rapport avec les anglicans qui reviennent à l'unité, et pour beaucoup encore.
Nous avons pris le courage de Lui écrire après avoir entendu, juste après le massacre des chrétiens en Egypte, Son intention de convoquer à Assise, pour le mois d'octobre, une grande rencontre inter religieuse, 25 ans après "Assisi 1986".

Nous nous rappelons tous cet évènement.

Un évènement également médiatique comme il y en eût peu, qui, a contrario des intentions et déclarations de qui le convoqua, eût un contrecoup innegabile,relançant, même dans le monde catholique, l’indifferentisme et le relativisme religieux.

Justement de cet évènement prît vigueur auprès du peuple chrétien l'idée que l'enseignement séculaire de l'Eglise "una, santa cattolica e apostolica", sur l'unicité du Sauveur était quelque chose à "archiver".

Tous, nous nous rappelolns ces représentants de toutes les religions dans un temple catholique, santa Maria degli Angeli, alignés un rameau d'olivier à la main, presque pour rappeler que la paix ne passe pas par le Christ mais indistinctement par tous les fondateurs d'un credo quel qu'il soit (Maometto, Budda, Confucio, Kalì, Cristo…)

Nous nous rappelons la prière des musulmans Ricordiamo à Assisi, dans la ville d'un saint qui avait fait de leur conversion son objectif !
Nous nous rappelons la prière des animistes.../...d'autres croyants ou des représentants de religions athées comme le giainismo.

Ce "prier" ensemble, volens nolens eût l'effet de faire croire à beaucoup que tous priaient le même Dieu sous divers noms.

 


Pourtant les Ecritures parlent clair: "Tu n'auras d'autre Dieu que Moi" (I comandamento); Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père si ce n'est par Moi" (Gv, 14, 6).

Nous ne nions pas le dialogue avec les personnes de quelque religion que ce soit.
Nous vivons dans le monde et tous les jours parlons et aimons même qui n'est pas chrétien...Mais cela ne nous empêche pas de croire que Dieu est descendu sur terre et a souffert pour nous enseigner le chemin et la Vérité, et non pas un des chemins ou une des vérités. Christ est pour nous le Sauveur unique du monde.
Nous nous rappelons aussi les poulets offerts sur l'autel de santa Chiara selon des rites tribaux et la statue de Budda sur l'autel de san Pietro, sur les reliques du martyr Vittorino.

Nous nous rappelons ces prêtres se soumettant à d'autres rites .../...faisant passer l'idée que tous ces signes sont des gestes humains sans valeur, interchangeables.... Voila l'esprit d'Assise duquel les médias et les ailes relativistes de l'Eglise se réclamèrent ajoutant à la confusion.

Nous réécrivons ce commentaire ironique d'un journaliste français: "en présence de tant de religions on croira plus facilement qu'elles sont toutes valides ou qu'elles sont toutes indifférentes; en voyant tant de dieux le parisien taquin imitera le collectionneur sceptique, dont un ami avait renversé une idole d'une vitrine: ‘Ah! malheureux, ça pourrait être le vrai Dieu !"

Nous nous réclamons du réconfort de tant de pontifes qui avaient toujours condamné tel dialogue. Un tel congrès avait déjà été organisé, à Chicago, en 1893, et à Paris, en 1900. Mais Léon XIII avait interdit toute participation catholique.

 
De la même façon Pie XI, condamnait nazisme et communisme dans leur tentative d'unir les hommes au nom d'un vague instinct religieux sans Christ. Et dans "Mortalium Animos" (Epifania del 1928), il écrivait au regard des congrès oecuméniques....etc...

 

- Le point sur la réitération du "scandale d'Assise" en 2011

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 17:57

Hier 1er janvier, a été publié le message de Benoît XVI donné au Vatican le 8 décembre 2010 "pour la Célébration de la Journée mondiale de la Paix", dans lequel le Saint-Père définit plus précisément la notion de "liberté religieuse" comme "une absence de la coercition", coercition qui nierait ou limiterait de manière arbitraire "le rôle public de la religion" ou l'expression publique de la foi. La liberté religieuse serait également une "arme authentique de la paix" qui aurait "une mission historique et prophétique". Dans ce document, le Saint-Père annonce la fête en 2011 du "25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II".

 

Extraits :

 

Je remercie vivement les Gouvernements qui s’efforcent de soulager les souffrances de ces frères en humanité et j’invite les catholiques à prier pour leurs frères dans la foi qui souffrent violences et intolérances [NDLR. Les chrétiens d'Orient], et à leur manifester leur solidarité. Dans ce contexte, j’ai ressenti de manière particulièrement vive l’opportunité de partager avec vous tous quelques réflexions sur la liberté religieuse, chemin vers la paix. Il est douloureux en effet de constater que, dans certaines régions du monde, il n’est pas possible de professer et de manifester librement sa religion, sans mettre en danger sa vie et sa liberté personnelle. En d’autres points du monde, il existe des formes plus silencieuses et plus sophistiquées de préjugés et d’opposition à l’encontre des croyants et des symboles religieux [NDLR. Exemple : en Europe...]. Les chrétiens sont à l’heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi. Beaucoup subissent des offenses quotidiennes et vivent souvent dans la peur à cause de leur recherche de la vérité, de leur foi en Jésus Christ et de leur appel sincère afin que soit reconnue la liberté religieuse. Tout cela ne peut être accepté, parce que cela constitue une offense à Dieu et à la dignité humaine ; de plus, c’est une menace à la sécurité et à la paix, et cela empêche la réalisation d’un réel développement humain intégral.

 

... Nier ou limiter de manière arbitraire cette liberté signifie cultiver une vision réductrice de la personne humaine ; mettre dans l’ombre le rôle public de la religion signifie engendrer une société injuste, puisque celle-ci n’est pas en harmonie avec la vraie nature de la personne humaine ; cela signifie rendre impossible l’affirmation d’une paix authentique et durable de toute la famille humaine.

... Voilà le sentiment qui inspire et guide le Message pour la XLIVème Journée Mondiale de la Paix, consacré au thème : Liberté religieuse, chemin vers la paix.

 

2. ... Dieu a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,27). C’est pour cela que chaque personne a le droit sacré à une vie intègre aussi du point de vue spirituel.Sans la reconnaissance de son être spirituel, sans l’ouverture au transcendant, la personne humaine se replie sur elle-même, et elle n’arrive pas à trouver des réponses aux interrogations de son cœur sur le sens de la vie et à conquérir des valeurs et des principes éthiques durables. Elle ne peut donc même pas réussir à expérimenter une authentique liberté et à développer une société juste.

 

3. La liberté religieuse est à l’origine de la liberté morale. En effet, l’ouverture à la vérité et au bien, l’ouverture à Dieu, qui est enracinée dans la nature humaine, confère une pleine dignité à chaque personne et elle est garante d’un respect mutuel et plénier entre les personnes. C’est pourquoi la liberté religieuse doit être comprise non seulement comme une absence de la coercition, mais d’abord comme une capacité d’ordonner ses choix selon la vérité.

... il est inconcevable que des croyants « doivent se priver d’une partie d’eux-mêmes – de leur foi – afin d’être des citoyens actifs ; il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits ».

 

5. ... "Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l’ethos et les institutions des peuples se consolident. A l’inverse, quand la liberté religieuse est niée, quand on essaie d’empêcher de professer sa religion ou sa foi et de vivre en conformité avec elles, la dignité humaine est lésée, et de cette manière se trouvent menacées la justice et la paix, lesquelles se fondent sur l’ordre social juste qui s’édifie à la lumière de la Vérité Suprême et du Souverain Bien.

 

... toute personne doit pouvoir exercer librement le droit de professer et de manifester individuellement ou de manière communautaire, sa religion ou sa foi, aussi bien en public qu’en privé, dans l’enseignement et dans la pratique, dans les publications, dans le culte et dans l’observance des rites. Elle ne devrait pas rencontrer d’obstacles si elle désire, éventuellement, adhérer à une autre religion ou n’en professer aucune.

 

6. La liberté religieuse, comme toute liberté, tout en provenant de la sphère personnelle, se réalise dans la relation avec les autres. Une liberté sans relations n’est pas une liberté achevée. La liberté religieuse ne s’épuise pas non plus dans la seule dimension individuelle, mais elle se met en œuvre dans la communauté dont elle fait partie et dans la société, ceci en cohérence avec l’être relationnel de la personne et avec la nature publique de la religion.

... On ne peut pas nier la contribution que les communautés religieuses apportent à la société. Nombreuses sont les institutions caritatives et culturelles qui attestent le rôle constructif des croyants pour la vie sociale. D’une importance plus grande encore est la contribution éthique de la religion dans le domaine politique. Elle ne devrait pas être marginalisée ou interdite, mais comprise comme un apport valable à la promotion du bien commun. Dans cette perspective il convient de mentionner la dimension religieuse de la culture, tissée au long des siècles grâce aux contributions sociales et surtout éthiques de la religion. Une telle dimension ne constitue en aucune manière une discrimination vis-à-vis de ceux qui n’en partagent pas la croyance, mais elle renforce plutôt la cohésion sociale, l’intégration et la solidarité.

 

7. L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes, comme par exemple la subversion de l’ordre établi, l’accaparement de ressources ou le maintien du pouvoir de la part d’un groupe, peut provoquer des dommages énormes aux sociétés. Le fanatisme, le fondamentalisme, les pratiques contraires à la dignité humaine, ne peuvent jamais trouver une justification, encore moins si cela est accompli au nom de la religion. La profession d’une religion ne peut pas être instrumentalisée, ni imposée par la force.

 

... Comment nier la contribution des grandes religions du monde au développement de la civilisation ? La recherche sincère de Dieu a conduit à un plus grand respect de la dignité de l’homme. Les communautés chrétiennes, avec leur patrimoine de valeurs et de principes, ont fortement contribué à la prise de conscience de la part des personnes et des peuples, de leur identité et de leur dignité, de même qu’à la conquête d’institutions démocratiques et à l’affirmation des droits de l’homme ainsi que des devoirs correspondants.

Aujourd’hui encore, dans une société toujours plus mondialisée, les chrétiens sont appelés, non seulement à un engagement civil, économique et politique responsable, mais aussi au témoignage de leur charité et de leur foi, à offrir une contribution précieuse à l’engagement rude et exaltant pour la justice, le développement humain intégral et le juste ordonnancement des réalités humaines. Exclure la religion de la vie publique, c’est enlever à cette dernière un espace vital qui ouvre à la transcendance. Sans cette expérience originelle, orienter les sociétés vers des principes éthiques universels s’avère pénible et il devient difficile de mettre en place des règlements nationaux et internationaux où les droits et les libertés fondamentaux peuvent être pleinement reconnus et mis en œuvre comme se le proposent les objectifs – malheureusement encore négligés ou contredits – de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948.

 

8. La même détermination avec laquelle sont condamnées toutes les formes de fanatisme et de fondamentalisme religieux, doit animer aussi l’opposition à toutes les formes d’hostilité à l’égard de la religion, qui limitent le rôle public des croyants dans la vie civile et politique.

On ne peut oublier que le fondamentalisme religieux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité. Tous deux, en effet, absolutisent une vision réductrice et partiale de la personne humaine, favorisant dans le premier cas, des formes d’intégralisme religieux, et dans le second, de rationalisme.

 

... Lorsque l’ordonnancement juridique, à tous les niveaux, national et international, permet ou tolère le fanatisme religieux ou antireligieux, il manque à sa mission même qui est de protéger et de promouvoir la justice et le droit de chacun. Ces réalités ne peuvent être abandonnées à l’arbitraire du législateur ou de la majorité, car, comme l’enseignait déjà Cicéron, la justice consiste en quelque chose de plus qu’un simple acte productif de la loi et de son application. Elle implique de reconnaître à chacun sa dignité, laquelle, sans liberté religieuse, garantie et vécue dans son essence, résulte mutilée et lésée, exposée au risque de tomber sous la coupe des idoles, des biens contingents transformés en absolus. Tout cela risque de mener la société à des totalitarismes politiques et idéologiques qui donnent une place exagérée au pouvoir public, tandis que les libertés de conscience, de pensée et de religion sont humiliées ou jugulées, comme si elles pouvaient lui faire concurrence.

 

... Dans le respect de la laïcité positive des institutions étatiques, la dimension publique de la religion doit toujours être reconnue. Dans ce but, il est fondamental que s’instaure un dialogue sincère entre les institutions civiles et religieuses pour le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société.

 

10. Dans l’univers mondialisé caractérisé par des sociétés toujours plus multi-ethniques et multi-confessionnelles, les grandes religions peuvent représenter un important facteur d’unité et de paix pour la famille humaine.

 

11. Pour l’Eglise, le dialogue entre les fidèles des diverses religions représente un instrument important pour collaborer au bien commun avec toutes les communautés religieuses. L’Eglise elle-même ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les diverses religions.

 

... Le chemin ainsi indiqué n’est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux. L’Eglise en effet « annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie, la vérité et la vie" (Jn 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses ». Cela n’exclut pas cependant le dialogue et la recherche commune de la vérité dans divers milieux vitaux, car, selon une expression souvent utilisée par saint Thomas d’Aquin, « toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l’Esprit Saint ».

 

En 2011 sera fêté le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II. A cette occasion, les responsables des grandes religions du monde ont manifesté combien la religion est un facteur d’union et de paix et non de division et de conflits. Le souvenir de cette expérience est un motif d’espérance en un avenir où tous les croyants se sentent et deviennent effectivement artisans de justice et de paix.

 

12. La politique et la diplomatie devraient prendre en considération le patrimoine moral et spirituel offert par les grandes religions du monde pour reconnaître et affirmer des vérités, des principes et des valeurs universelles qui ne peuvent être niés sans nier en même temps la dignité de la personne humaine. Mais, dans la pratique, qu’est-ce que cela veut dire promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie ? Cela signifie agir de manière responsable à partir de la connaissance objective et complète des faits ; cela veut dire déstructurer des idéologies politiques qui finissent par supplanter la vérité et la dignité humaine et veulent promouvoir des pseudo valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains ; cela veut dire favoriser un engagement constant pour fonder la loi positive sur les principes de la loi naturelle.

 

...

13. En dépit des enseignements de l’histoire et de l’engagement des Etats, des Organisations internationales au niveau mondial et local, en dépit des efforts des Organisations non gouvernementales et de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui, chaque jour, se dépensent pour la sauvegarde des droits et des libertés fondamentaux, on constate aujourd’hui encore, dans le monde des persécutions, des discriminations, des actes de violence et d’intolérance liés à la religion. En Asie et en Afrique en particulier, les principales victimes sont les membres des minorités religieuses, auxquels il est interdit de professer librement leur religion ou d’en changer, par des intimidations, par la violation des droits et des libertés fondamentaux et des biens essentiels, allant jusqu’à la privation de la liberté personnelle ou même de la vie.

Il existe en outre - comme je l’ai déjà dit - des formes plus élaborées d’hostilité envers la religion, qui, dans les pays occidentaux, se manifestent parfois par le reniement de l’histoire et des symboles religieux dans lesquels se reflètent l’identité et la culture de la majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés et ne sont pas cohérentes avec une vision sereine et équilibrée du pluralisme et de la laïcité des institutions, sans compter qu’elles peuvent empêcher les jeunes générations d’entrer en contact avec le précieux héritage spirituel de leurs pays.

 

... 14. Je m’adresse maintenant aux communautés chrétiennes qui souffrent de persécutions, de discriminations, de violences et d’intolérance, particulièrement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et spécialement en Terre Sainte, lieu choisi et béni par Dieu. Tout en leur renouvelant l’assurance de mon affection paternelle et de ma prière, je demande à tous les responsables d’agir avec promptitude pour mettre fin à toute brimade contre les chrétiens qui habitent dans ces régions. Puissent les disciples du Christ, confrontés aux adversités du moment, ne pas perdre courage, car le témoignage rendu à l’Evangile est et sera toujours signe de contradiction !

 

Source: http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/peace/documents/hf_ben-xvi_mes_20101208_xliv-world-day-peace_fr.html

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 23:59

 
Le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a fait un saut en Calédonie pour Noël. Il a célébré la messe, à minuit et en latin, à Katiramona, dans le local de cette communauté qui revendique un retour au traditionalisme.

 

 

Bio express

L’évêque Bernard Fellay est le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Il était un des quatre évêques excommuniés en 1988, car consacrés par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège. Le pape a levé cette excommunication en 2009, dans un climat polémique. La Fraternité Saint-Pie X a refusé les principales nouveautés du concile Vatican II (1962-65), qui ont symbolisé l’ouverture de l’Eglise au monde moderne.

 

 

  • Les Nouvelles calédoniennes : Vous avez débarqué le 23 décembre à Tontouta. Vous souhaitiez être là pour Noël ?

Mgr Bernard Fellay : Ma visite est fortuite. J’étais en tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande pour ordonner des prêtres. Et comme j’ai eu du temps libre à Noël, j’ai décidé de venir encourager notre petite communauté (*) ici, qui vient de construire une chapelle, même si elle n’a pas encore de prêtre à plein-temps. Mais ça viendra.

  • La Fraternité Saint-Pie X se qualifie de traditionaliste quand on la taxe d’intégriste. Vous vous opposez pourtant à toutes les avancées progressistes de l’Eglise depuis 1962...

Notre situation est controversée, mais elle est aussi liée à ce qui se passe dans l’Eglise catholique. La vie de l’Eglise a changé avec le concile [Vatican II]. Et le bilan est dévastateur. La quantité de prêtres et de religieuses a baissé. Il y a une perte de vitesse religieuse généralisée. Il faut faire quelque chose pour restaurer la situation. La liberté totale démolit la société. Les hommes ont besoin d’une aide spéciale pour connaître le chemin de Dieu et le salut des âmes. D’ailleurs, le pape revient aux idées traditionnelles. Il voit très bien qu’il y a une déviation et qu’il faut la corriger. On est peut-être beaucoup plus proche du pape qu’il n’y paraît.

  • Avez-vous été supris par Benoît XVI qui a dit tolérer le port du préservatif, dans des cas exceptionnels, pour lutter contre le sida ?

J’ai été un peu déçu par le livre. Mais je suis très heureux du changement intervenu depuis : on voit bien que Rome veut éclaircir cette question du préservatif qui a semé la confusion. Le préservatif n’est pas le moyen pour résoudre ce problème de la santé. Il va contre la nature de l’acte de mariage car il empêche le fruit normal de cet acte. La famille est très importante. L’acte doit se faire dans le mariage. Il y a une discipline à respecter qui avait beaucoup de valeur autrefois, et qui aujourd’hui est dépréciée.

  • Sentez-vous que vous êtes à contre-courant de l’évolution de la société ?

Oui je m’en rends bien compte. Mais, ça ne me gêne pas. Des fois, je dis même qu’on nous prend pour des Martiens. Mais nous ne sommes pas des Martiens.

On est peut-être beaucoup plus proche du pape qu’il n’y paraît.

 

  • Le but de votre communauté est toujours d’intégrer l’Eglise catholique ?

Oui, on a toujours soutenu qu’on ne veut pas faire bande à part. On maintient qu’on est catholiques et qu’on le reste. Nous souhaitons que Rome nous reconnaisse comme de vrais évêques. D’ailleurs, on n’ose plus le mot schismatique à notre encontre. Alors si on n’est pas schismatiques, ni hérétiques, c’est qu’on est sacrément catholiques. D’ailleurs le pape dit qu’il y a seulement un problème d’ordre canonique. Il suffit d’un acte de Rome pour dire que c’est fini et nous rentrons dans l’Eglise. Ça viendra. Je suis très optimiste.

  • Vous accepteriez alors les décisions de Vatican II ?

Non, pas comme ça. Nous demandons que les grandes ambiguïtés de Vatican II soient dissipées.

  • Qu’est ce que vous appelez les grandes ambiguïtés ?

D’abord, la liberté religieuse : est-ce que ça veut dire que tout homme a droit de choisir sa religion ? Non, le bon Dieu n’en a fondé qu’une. Ensuite, l’œcuménisme : est-ce qu’un homme peut être sauvé dans d’autres religions que celle catholique ? Non, il n’y a que l’Eglise qui sauve.

  • Pourtant plusieurs religions existent de par le monde. Quelle légitimité avez-vous pour les nier ?

Je vois qu’elles existent, mais elles n’arrivent pas à produire les effets de la religion catholique. Pour l’affirmer, on se repose sur ce que dit l’Eglise ancienne. La démarche de l’Eglise est bien expliquée dans Vatican I. Il existe tout un tas de signes extérieurs qui permettent de reconnaître que la religion catholique est la vraie. C’est une science que l’on apprend. L’idéal serait bien sûr de prouver l’existence de Dieu. On s’en approche.

Propos recueillis par Bérengère Nauleau

(*) En Calédonie, la Fraternité Saint-Pie X compterait quelque 200 fidèles, selon l’abbé Laisney qui fait les voyages entre la Nouvelle-Zélande et ici.

 

Source: http://www.lnc.nc/pays/186-interview/231117-l-nous-ne-sommes-pas-des-martiens-r.html

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 21:22

Débat sur le Concile Vatican II

Vient de paraître en Italie, il y a quelques jours, le dernier ouvrage du Professeur Roberto de Mattei, Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta (Le Concile Vatican II, une histoire jamais écrite), éditions Lindau. Ce livre a suscité un large débat dans lequel sont intervenus des apologètes de renom tels que Francesco Agnoli, Mario Palmaro, Alessandro Gnocchi, Corrado Gnerre, qui se sont exprimés en faveur des thèses du Prof. de Mattei, alors que l’historien progressiste de l’école de Bologne, Alberto Melloni, et le sociologue modéré Massimo Introvigne se sont exprimés contre.

Le Prof. de Mattei est intervenu dans le débat avec un article, publié dans le quotidien “Libero” le 12 décembre, que nous reproduisons ci-dessous.

Quarante-cinq ans sont passés depuis la conclusion du Concile Vatican II, le vingtième dans l’histoire de l’Eglise, mais les problèmes qu’il a entraînés sont encore présents et actuels. Un premier problème dont on discute est celui du rapport entre la « lettre » (les textes) et l’« esprit » du Concile, respectivement opposés entre les deux écoles de la continuité et de la discontinuité. Le différend, cependant, risque de se réduire à un dialogue de sourds. Les documents promulgués par les suprêmes autorités ecclésiastiques n’ont pas, en effet, la même valeur du point de vue théologique. Si Benoît XVI exprime ses opinions dans une interview, comme cela s’est passé lors de la parution de son dernier livre Lumière du monde, il est évident qu’il faut les accueillir avec le plus grand respect, car celui qui parle est, de toute manière, le Vicaire du Christ. Il est également évident qu’entre l’interview et la définition d’un dogme il y une différence d’autorité qui n’engage pas, au même niveau, le respect des fidèles. C’est ce qui arrive aussi pour un Concile tel que le Vatican II qui, en tant que réunion solennelle des évêques unis au Pape, a proposé des enseignements authentiques certainement pleins d’autorité. Mais seulement ceux qui ignorent la théologie pourraient accorder un degré d’“infaillibilité” à ces enseignements. Même parmi les catholiques, pas tous savent que l’infaillibilité papale est utilisé très rarement et s’applique seulement à la foi et à la morale.

Si le Concile a l’autorité que le Pape qui le convoque et le dirige veut lui donner, tous les discours de Jean XXIII et de Paul VI, avant, durant et après le Concile Vatican II, en soulignent la dimension, non pas dogmatique, mais pastorale. Ce même but pastoral, étranger à toute définition dogmatique, est attribué aux documents conciliaires par Benoît XVI, dont l’“herméneutique de la continuité” est très mal interprétée par beaucoup de catholiques, tant progressistes que conservateurs. L’affirmation même selon laquelle le Concile Vatican II doit être considéré comme en continuité avec le Magistère de l’Eglise présuppose évidemment l’existence dans les documents conciliaires de passages douteux ou ambigus, ayant besoin d’une interprétation. Pour Benoît XVI, le critère d’interprétation de ces passages ne peut qu’être la Tradition de l’Eglise, comme il l’a maintes fois affirmé lui-même. Si, par contre, comme l’estiment les promoteurs du site web Vive le Concile, on admettait que le Concile Vatican II était le critère herméneutique pour relire la Tradition, il faudrait donner, paradoxalement, une force interprétative à ce qui a besoin d’être interprété. Interpréter la Tradition à la lumière du Concile Vatican II, et non pas l’inverse, ne serait possible que si l’on acceptait la position d’Alberigo (auteur d’une œuvre monumentale Storia del Vaticano II, en 5 volumes), qui donne une valeur interprétative non pas aux textes, mais à l’esprit du Concile. Mais ceci, bien entendu, n’est pas la position de Benoît XVI, qui critique l’herméneutique de la discontinuité, justement pour la suprématie qu’elle accorde à l’esprit sur les textes. Mgr Gherardini, professeur émérite d’ecclésiologie à l’Université du Latran, dans son livre Le Concile Oecuménique Vatican II, un débat à ouvrir (2009), a bien développé le bon critère de l’herméneutique théologique. Soit l’on estime, comme Gherardini, que les propositions du Concile Vatican II, non liées à des définitions précédentes, ne sont ni infaillibles ni irréformables et donc même pas contraignantes, soit l’on accorde au Concile une autorité telle qu’elle éclipse les vingt autres assises précédentes de l’Eglise, les abrogeant ou les remplaçant. Sur ce dernier point, il paraît qu’il n’y a pas de différence entre les historiens de l’école de Bologne, comme le prof. Alberto Melloni, et les sociologues, comme Massimo Introvigne, qui semblent donner une valeur d’infaillibilité au Concile Vatican II.

Il y a pourtant un deuxième problème qui va au-delà de la discussion sur la continuité/discontinuité des textes conciliaires et ne concerne pas le domaine théologique, mais le domaine historique. C’est le sujet auquel j’ai voulu apporter une contribution dans mon récent livre, Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta, publié par les éditions Lindau en décembre 2010. Dans cet ouvrage, je ne propose pas une lecture théologique des textes, au sens d’en évaluer la continuité ou la discontinuité avec la Tradition de l’Eglise, mais une reconstruction historique de ce qui se passa à Rome entre le 11 octobre 1962 et le 8 décembre 1965. Il s’agit d’un travail complémentaire à l’approche théologique et qui ne devrait donner du souci à personne. On ne comprend pas en effet les réactions préoccupées de ceux qui craignent que cette histoire puisse apporter de l’eau au moulin de l’herméneutique de la discontinuité. Faudrait-il alors renoncer à écrire l’histoire du Concile Vatican II ? Ou faudrait-il admettre que seule l’école de Bologne a le droit de l’écrire, elle qui a offert des contributions certes remarquables, mais idéologiquement tendancieuses ? Et si des éléments de discontinuité devaient émerger, sur le plan historique, pourquoi craindre leur divulgation ? Comment nier une discontinuité, non pas dans les contenus, mais dans le nouveau langage du Concile Vatican II ? Un langage fait non seulement de déclarations, mais aussi de gestes, de silences et d’omissions, qui peuvent révéler les tendances profondes d’un événement encore plus que le contenu des textes. L’histoire de l’inexplicable silence sur le communisme, par exemple, de la part d’un Concile qui aurait dû s’occuper des faits du monde, ne peut pas être ignorée.

L’historien qui se prépare à cette tâche ne peut pas isoler les textes du Concile Vatican II du contexte historique au sein duquel ils furent produits, car c’est justement du contexte qu’il s’occupe en tant qu’historien. De même, le Concile Vatican II ne peut pas être présenté comme un événement qui ne concerne que trois années de l’histoire de l’Eglise, sans en considérer les racines profondes et les conséquences également profondes qu’il eut dans l’Eglise et dans la société.

La prétention de séparer le Concile du post-Concile est aussi insoutenable que celle de séparer les textes conciliaires du contexte pastoral où ils furent écrits. Aucun historien sérieux et même aucune personne de bon sens ne pourrait accepter cette séparation artificielle qui naît d’un pur parti pris et non d’une sereine et objective évaluation des faits. Encore aujourd’hui, nous vivons les conséquences de la « Révolution conciliaire » qui anticipa et accompagna celle de Mai 68. Pourquoi le cacher ? L’Eglise, comme l’affirma Léon XIII, ouvrant aux chercheurs les Archives Secrètes du Vatican, « ne doit pas craindre la vérité ». (R. d. M.)

Source :
Correspondance européenne n. 227 du 20 décembre 2010

CE 227/01
lettre de diffusion de Correspondance européenne. Voir son site.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=577757

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 13:00

Un véritable ouragan a soufflé hier, 17 décembre 2010, à Rome, à deux pas de la basilique Saint-Pierre : un évêque a proposé ni plus ni moins que… la remise en marche du magistère infaillible de l’Église.

Depuis le 16 décembre se tient en effet à Rome un important colloque intitulé « Concile Vatican II, un concile pastoral – Analyse historique, philosophique et théologique ». Voulu par les courageux Franciscains de l’Immaculée, ce colloque se déroule dans les salles de conférence de Santa Maria Bambina, derrière la colonnade du Bernin, près du Palais du Saint-Office, dans un quasi silence médiatique en dépit de l’actualité du thème au regard du pontificat de Benoît XVI et de la qualité des intervenants.

Deux interventions attendues ont marqué la première journée : celle de Mgr Gherardini, auteur du livre Concile Vatican II, un débat à ouvrir et celle du professeur Roberto De Mattei, historien italien, auteur d’un récent volume sur le concile, intitulé Concile Vatican II, une histoire jamais écrite (disponible pour l’instant en italien seulement, éditions Lindau). Tous les deux ont répondu aux critiques que leurs travaux ont soulevés, assez paradoxalement d’ailleurs dans le camp conservateur, au sein duquel se trouvent les quelques rares défenseurs de l’infaillibilité du Concile.

Hier, 17 décembre, c’est Monseigneur Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, qui a créé l’événement au cours de sa communication sur le thème du culte de Dieu comme fondement théologique de la pastorale conciliaire.

Proposant un long florilège de citations sélectionnées, théologiquement très orthodoxes, extraites des textes conciliaires, il a en quelque sorte présenté à l’assistance des textes choisis d’un Vatican II « plus orthodoxe que Trente ». La captatio benevolentiae a été particulièrement efficace : l’assistance attendait la suite, suspendue aux lèvres de l’évêque. C’est alors que, dénonçant l’interprétation erronée de ce concile-là dans la période postconciliaire, l’évêque a conclu son intervention en suggérant… la rédaction d’un Syllabus condamnant infailliblement « les erreurs d’interprétation du Concile Vatican II ».

Car selon Mgr Schneider, seul le magistère suprême de l’Église (celui du Pape ou d’un nouveau Concile œcuménique) peut corriger les abus et les erreurs nés du Concile et rectifier sa compréhension et sa réception à la lumière de la tradition catholique. Répondant à une demande de précision, il a fait éclater de rire la docte assistance en estimant qu’il n’était pas possible de réunir un concile avant 500 ans. Reste donc le magistère suprême du Pape. D’où son appel à un nouveau Syllabus où figureraient face à face les erreurs condamnées et leur interprétation orthodoxe.

Comme tant et tant d’autres depuis 40 ans, c’est donc au jugement infaillible du Pape « reformulant » Vatican II qu’il en est appelé. Sauf que, depuis la « libération de la parole » opérée par Benoît XVI, ce sont désormais des personnages officiels qui interjettent l’appel.

Source : http://www.osservatore-vaticano.org/dicastres/mgr-schneider-demande-au-pape-un-nouveau-syllabus via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=576894

 

Note de Christ-Roi. Rappelons que la demande de Mgr Schneider d'un nouveau Syllabus n'a rien de saugrenu compte tenu du fait que Benoît XVI lui-même a créé en 2006 un "institut de droit pontifical", l'Institut du Bon Pasteur , avec mission, "conformément au discours du pape Benoît XVI à la Curie Romaine le 22 décembre 2005", d'engager "une « critique sérieuse et constructive » du concile Vatican II, pour permettre au Siège Apostolique d’en donner l'interprétation authentique." (Source : http://www.institutdubonpasteur.org/home.php?area=presentation)

 

-  Le concile Vatican II contesté par Mgr Brunero Guerardini  

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 07:30
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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 06:31

ROME, Mardi 27 mai 2010 (ZENIT.org) - Les déclarations de Vatican II sur le judaïsme sont irrévocables, a rappelé le cardinal Walter Kasper, lors d'une conférence à l'université « Hope » de Liverpool, le 24 mai. Il a également annoncé que l'ouverture des archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII, annoncée par le Saint-Siège aura lieu d'ici 6 ans.

Il a aussi ajouté qu'une Eglise qui se couperait de son héritage juif courrait le risque du « gnosticisme », reconnaissant en même temps que par le passé les chrétiens ont pu participer à la création d'un climat d'anti-judaïsme.

« Comme tout le monde le sait, l'histoire des relations entre juifs et chrétiens est complexe et difficile, elle remonte aux débuts de l'Eglise et au Ier siècle. La communauté chrétienne primitive de Jérusalem participait encore aux prières dans le Temple et était très estimée ; de fait, l'apôtre Paul, dans ses voyages missionnaires, se rendait toujours en premier dans les synagogues et seulement ensuite auprès des païens. Mais le fossé entre juifs et chrétiens, et le schisme entre les juifs et l'Eglise unie des juifs et des gentils avait commencé déjà au Ier siècle, spécialement après la destruction du second Temple par les Romains, en 70. Cette historie a eu aussi ses époques positives, comme lorsque les évêques ont pris les juifs sous leur protection contre les pogroms par les foules, mais ont aussi eu leurs époques obscures qui se sont imprimées de façon spéciale dans la conscience juive collective ».

Le cardinal Kasper invite à distinguer un certain « anti-judaïsme théologiquement fondé » et ces pogroms de « l'antisémitisme racial primitif qui s'est développé au XIXe siècle et qui a conduit à l'idéologie nazie, culminant avec le crime violent - et historiquement sans comparaison - de la Shoah, l'assassinat sponsorisé et organisé par l'Etat de quelque 6 millions de juifs d'Europe, ce qui est le point le plus bas absolu de l'histoire ».

« L'Holocauste ne peut pas être attribué au Christianisme en tant que tel, puisqu'il avait aussi des traits clairement anti-chrétiens. Cependant, des siècles d'anti-judaïsme chrétien théologique y ont contribué, en encourageant de développement d'une antipathie vis-à-vis des juifs, si bien que l'antisémitisme motivé idéologiquement et racialement a pu dominer de cette terrible façon et que la résistance à cette brutalité outrageusement inhumaine n'a pas atteint l'ampleur et la clarté que l'ont aurait attendu ».

Le cardinal Kasper a fait observer que le « crime sans précédent de la Shoah » a requis une révision fondamentale de la façon de penser. C'est ce qui s'est passé, dit-il, après 1945, dans toutes les principales Eglises. Du côté catholique, le « tournant décisif », c'est Vatican II et la déclaration conciliaire « Nostra Aetate » sur les relations de l'Eglise avec les religions non-chrétiennes.

Il rappelle que le pape Jean XXIII doit être considéré comme « le père spirituel de cette déclaration » et qu'en tant que nonce apostolique à Istanbul, il était intervenu pendant la guerre pour « sauver de nombreux juifs » et qu'au début de son pontificat, « après une visite historique du distingué expert juif Jules Isaac, il avait demandé au cardinal allemand Augustin Bea - qui était aussi un bibliste renommé - de préparer une déclaration conciliaire sur ce thème ». Le document fut promulgué « après des controverses » lors de la dernière session du concile, en 1965, par le pape Paul VI.

« C'est irrévocable, comme l'a réaffirmé absolument clairement le pape Benoît XVI au cours de sa visite à la synagogue de Rome le 17 janvier 2010. C'est irréversible pour le simple fait que les sujets théologiques décisifs de la déclaration Nostra Aetate sont fermement établis dans les constitutions conciliaires de plus d'autorité : la constitution dogmatique sur l'Eglise (Lumen Gentium, 6, 9, 16) et la constitution dogmatique sur la Révélation divine (Dei Verbum, 3, 14) ».

Pour le cardinal Kasper, il y a deux principaux enseignements du concile sur le judaïsme. Tout d'abord, il souligne que le concile reconnaît « les racines juives du christianisme » et son « héritage juif », en citant le ch. 9 de l'Epître de saint Paul aux Romains. Le concile est aussi conscient que Marie était une « femme juive » et que les apôtres aussi étaient juifs.

« C'est sur la base de ces racines communes et de ce commun héritage que le pape Jean-Paul II a dit, lors de sa visite à la synagogue de Rome le 13 avril 1986, que le judaïsme n'est pas extérieur mais intérieur au christianisme : le christianisme a avec lui une relation unique. Cela renverse le vieil anti-judaïsme. Le pape Pie XI avait déjà fait observer que spirituellement tous les chrétiens sont des sémites ».

« La seconde affirmation importante du concile concerne la condamnation de l'antisémitisme, souligne le cardinal Kasper. Dans la déclaration, l'Eglise « déplore les haines, les persécutions et les manifestations d'antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs ». »

« Ces deux affirmations ont été, ajoute le cardinal Kasper, explicitement confirmées par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI à de nombreuses reprises, en particulier lors de leurs visites à la synagogue de Rome et à Auschwitz, entre autres. La célébration impressionnante et émouvante du mea culpa du 1er dimanche de carême du Jubilé de l'An 2000, qui impliquait parmi d'autres la relation avec le peuple juif, est bien connue ».

C'est le cardinal Idris Cassidy qui avait lu la prière de repentance vis-à-vis du peuple juif, le 12 mars 2000 en la basilique Saint-Pierre. Jean-Paul II est allé placer cette prière dans une fissure du Mur Occidental, à Jérusalem, lors de son voyage, également en mars 2000.

Le cardinal Kasper a également évoqué l'action du pape Pie XII pendant la guerre.

Source : http://www.zenit.org/article-24580?l=french

 

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Rappelons que selon le même cardinal Kasper (une opinion qui reste personnelle et n'engage pas l'Eglise) a déclaré en 2002 que "les Juifs n'ont pas besoin d'être convertis". "L’universalité de la rédemption du Christ pour les Juifs et les Gentils est si fondamentale à travers tout le Nouveau Testament qu’elle ne peut pas être délibérément ignorée ou passée sous silence. Cela ne signifie pas que les Juifs doivent devenir chrétiens pour être sauvés ; s’ils suivent leur propre conscience et croient dans les promesses de Dieu comme ils les comprennent dans leur tradition religieuse, ils sont dans la ligne du plan de Dieu" (discours prononcé au Centre d’enseignement chrétien-juif à l’université de Boston, le 6 novembre 2002) en contradiction avec l'enseignement évangélique : Saint Pierre dans les Actes des Apôtres dit : "[I]l n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné [Jésus-Christ] aux hommes par lequel nous devions être sauvés". Ac. IV, 12.

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- Le Cardinal Vingt-Trois milite pour une herméneutique de la rupture

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 11:31

Dieu a le droit d’être adoré comme Il le veut et non pas comme nous le voulons nous-mêmes. Sinon l’on tombe dans un culte « idolâtrique », au sens propre du terme grec, à savoir un culte fabriqué à notre image. Lorsque la liturgie reflète les goûts et les tendances créatives du prêtre ou d’un groupe de laïcs, elle devient idolâtrique. Le culte catholique est un culte en esprit et en vérité, parce qu’il s’adresse au Père dans le Saint-Esprit, mais qu’il doit passer aussi par Jésus-Christ, il doit passer par la Vérité même. C’est pour cela qu’il faut redécouvrir que Dieu a le droit d’être adoré comme Lui-même l’a établi. Les formes rituelles ne sont pas quelque chose à « interpréter », puisqu’elles sont l’aboutissement de la foi méditée et devenue en un certain sens culture de l’Église. L’Église s’est toujours attachée à ce que les rites ne soient pas le produit de goûts subjectifs, mais précisément l’expression de l’Église entière, c’est-à-dire « catholique ». La liturgie est catholique, universelle. Donc même à l’occasion d’une célébration particulière ou en un lieu particulier, il est inimaginable de célébrer en contraste avec la physionomie « catholique » de la liturgie.

 

... Lorsqu’on évacue cet aspect, les sacrements sont réduits à de purs symboles, on oublie leur « efficacité » et les effets qu’ils produisent ; ce n’est plus alors le Christ qui « agit », qui « opère », par le moyen des sacrements. C’est là pourtant le sens de l’expression classique « ex opere operato », un peu étrange, mais qui signifie l’opérativité du sacrement à partir de Celui qui opère en lui. On peut donner l’exemple d’un médicament : en apparence on ne voit qu’une fiole ou une pastille ou un liquide ; or ce qui compte n’est pas seulement le symbole du remède que le médecin veut nous donner, puisque si nous les prenons ils nous guérissent, c'est-à-dire qu’on en constate les effets. Dans le sacrement, l’auteur de cet effet est le Seigneur présent et opérant dans le rite sacramentel. Saint Léon le Grand, cité dans le catéchisme de l’Eglise catholique, dit qu’après l’Ascension tout ce qui dans le Seigneur était visible sur terre est passé dans les sacrements. C’est de cette façon qu’aujourd’hui le Christ continue à être présent et visible pour nous. C’est à la lumière de ceci qu’il faut comprendre ce que saint Thomas veut dire lorsqu’il parle de « matière » du sacrement. Si on ne revient pas à ce genre de notion réaliste, il est impossible de comprendre les sacrements. La présence divine n’est pas seulement quelque chose qu’il faut envisager « symboliquement », mais elle est quelque chose qui touche l’homme par le moyen du sacrement, elle est quelque chose qui agit. Moi-même je peux attester, comme beaucoup d’autres prêtres, de la guérison de malades après qu’ils aient reçu l’Onction, et plus encore de la guérison d’une âme après la Confession ou grâce à la réception fréquente de l’Eucharistie. Les sacrements ont des effets, ils ont des conséquences en raison de la cause qui agit en eux. Ce sont les effets de la présence divine, qui est précisément ce qui opère dans la divine liturgie. Le Pape l’a exposé merveilleusement aux curés de Rome, cette année, en leur disant que le sacrement est l’introduction de notre être dans l’être du Christ, dans l’être divin lui-même.

 

Effectivement, la croix au centre de l’autel est le bon moyen de rappeler ce qu’est la Messe. Je ne parle pas d’une croix « minimale », mais d’une croix qui puisse être vue, c’est-à-dire dont les dimensions sont adaptées à l’espace ecclésial. Elle doit être replacée au centre, dans l’axe de l’autel, et elle doit pouvoir être vue par tous. Elle doit être le point de rencontre du regard des fidèles et du regard du prêtre, comme le dit Joseph Ratzinger dans son Introduction à l’esprit de la liturgie. Elle doit être placée au centre, indépendamment de la célébration, donc même si celle-ci est faite « vers le peuple ». J’insiste sur un croix bien visible : à quoi sert une image dont on ne peut pas profiter comme il faudrait ? Les images renvoient à leur original. Nous savons tous qu’il y a eu dans l’histoire des doctrines aniconiques, par exemple Épiphane de Salamine, ou encore les cisterciens, mais le culte des images a par la suite prévalu dans l’Église avec le concile de Nicée II en 787, sur la base de ce qui disait saint Jean Damascène : « L’image renvoie au prototype ». Cela vaut encore plus aujourd’hui dans ce que l’on appelle la civilisation de l’image. A une époque où la vision est devenue un instrument privilégié pour nos contemporains, on ne peut pas se contenter de mettre de côté une petite croix ou une esquisse illisible de la croix, mais il est nécessaire que la croix, avec le crucifix, soient bien visibles sur l’autel, quelque soit le lieu d’où on le regarde.  

 

 

 

Source : Interview de Mons. Nicola Bux

 

http://disputationes.over-blog.com/article-interview-de-mons-nicola-bux-49441368.html

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 14:06

Nous nous demandions jeudi si le cardinal Vingt-Trois n'était pas un adepte de l'"herméneutique de la rupture" (avec la Tradition de l'Eglise), herméneutique condamnée par Benoît XVI. La lecture de la conférence du rabbin Krygier à Notre-Dame, sans que le cardinal ne fasse de contredit ou de réponse, permet de le ranger clairement dans le camp des apostats.

En effet, nous apprenons aujourd'hui par l'excellent site de notre confrère Perepiscopus, que "[l]a conférence (de Carême !) du rabbin Krygier
a été retranscrite sur le site de l'archidiocèse de Paris. Il n'y a aucune réserve ni aucune remarque des autorités catholiques, qui laissent ainsi se répandre le néfaste relativisme condamné par Benoît XVI. En voici des extraits :

"Nostra Ætate sera mon propos. Non en refaire l’historique ou le panégyrique mais me concentrer sur sa postérité."
Donc, il n'est même pas question du Concile mais de ce qui a été fait après lui. Or, nous savons combien les hommes d'Eglise, en particulier en France, se sont éloignés du Concile pour n'en faire qu'à leur tête.

Et juste après, nous trouvons ce dérapage :
"Nous n’ignorons pas non plus que des décisions encore récentes de l’Église catholique ont réveillé des blessures profondes."
Si la critique de Benoit XVI est claire, il est également très clair que le rabbin n'a rien compris à ce qui s'est passé. Le plus grave, c'est de pouvoir affirmer cela dans une cathédrale, avec l'accord du Cardinal Vingt-Trois et sans aucune remarque de ce dernier.

Sur le problème de la catéchèse, alors que nous connaissons les lacunes des catholique, peut-on laisser passer une phrase telle que :
"
Or si la vérité ultime peut se trouver ailleurs que chez soi, fut-ce partiellement, pourquoi se confiner, pourquoi rester juif ou chrétien, pourquoi se déterminer dans une identité singulière ?" (Saint Pierre dans les Actes des Apôtres dit le contraire : "[I]l n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné [Jésus-Christ] aux hommes par lequel nous devions être sauvés". Ac. IV, 12.)

"Vatican II a révélé quelque chose de capital pour toute religion digne de ce nom, dont nous mesurons encore à peine l’impact : que la remise en question de certaines certitudes passées peut s’avérer être l’aiguillon de la vérité, non son couperet (...)".

Le summum du relativisme est atteint vers la fin :

"La seconde chose à faire pour avancer est de repenser l’idée de vérité révélée. Nos traditions respectives partagent une conviction fondamentale : en amont, Dieu Se fit « logos ». [...] Nous devons admettre que les traditions religieuses sont autant de déclinaisons de ce logos (de « l’Esprit Saint offert à tous les hommes ») mais que son sens ultime est encore en aval de toutes. Telle est la valeur de vérité de chacune, comme un vecteur sur une trajectoire distincte, tournée vers un même sommet. [...] L’œuvre spirituelle consiste désormais à faire éclore cet universel du sein du particulier. Et désormais, c’est le dialogue interreligieux qui seul le peut et le doit, urgemment." (Contraire à la parole du Christ : "Thomas lui dit : 'Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ?' Jésus lui dit : 'Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi'". Evangile selon Saint Jean, XIV, 6.)

Bref, pour résumer la pensée du rabbin Krygier, toutes les religions conduisent au salut et l'Eglise catholique n'est pas universelle (donc elle n'est pas catholique). C'est le dialogue interreligieux qui est universel. D'ailleurs le rabbin Krygier termine en appellant à la construction d'un Temple commun à toutes les religions, à l'image de la Tour de Babel. Nous sommes en plein dans l'herméneutique de la rupture, cautionnée par l'archevêque de Paris !

- Mgr Vingt-Trois : partisan de l'"herméneutique de la rupture" ?
- N.O.M. et religion mondiale à Jérusalem

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 11:01

                                              Mgr. Brunero GHERARDINI

Avec le livre de Brunero Gherardini « Le Concile Vatican II un débat à ouvrir » on peut dire qu’une nouvelle étape est franchie dans la bonne direction, c’est-à-dire la mise à mal de la lettre et de l’esprit du concile œcuménique Vatican II. Ouf ! Enfin !

Pourquoi « ouf ! » ? Parce que faire douter l’adversaire c’est le début de sa ruine et la ruine de l’erreur n’est-ce pas  le commencement du triomphe de la vérité ? Pourquoi « enfin ! » ? Parce que désormais ce n’est plus une Fraternité St Pie X marginalisée qui tient ce discours sévère contre un concile trop adulé mais les observations critiques viennent de l’intérieur. Il est vrai que Gherardini est d’accord pour dire que le concile est un événement aux dimensions grandioses et retentissantes - il déclame cela sur une page sur 264 -  mais une fois ces quelques grains d’encens brûlés au concile tout son travail pulvérise en fait ses petites louanges qui s’insèrent mal dans le tout. Finalement et comme sans y toucher la conclusion que l’on est obligé de tirer de l’ensemble de son ouvrage c’est que le retentissement mondial de ce concile est davantage celui d’un tremblement de terre du type « Haïti » avec le désastre que l’on sait étendu  à la dimension du monde,  plutôt qu’un vent violent de Pentecôte qui a transformé les peureux apôtres en ardents missionnaires et «…  3000 juifs demandèrent le baptême ».

Mais qui est Gherardini ? Si l’on en croit ses états de service c’est quelqu’un de bien. Ce prêtre  a fait des études, de fortes études et, dit-il, contrairement aux disciples de Mgr Lefebvre « il n’a pas de préventions contre Vatican II » ce qui lui donne (selon lui) l’avantage de la sérénité  requise pour bien le juger. De plus il n’est pas dénué de capacité d’analyse, il connaît sa théologie, la seule bonne, c’est-à-dire la théologie thomiste, et  c’est tant mieux car sa critique n’en est que plus pertinente. Comme on dit vulgairement, c’est plutôt « une grosse pointure » ou si vous préférez une  autorité intellectuelle et c’est d’ailleurs préférable quand on écrit des livres, beaucoup de livres. Mais voyons de plus près son C.V.  qui le rend recommandable à bien des égards au monde ecclésiastique :   « Prêtre italien au service du Saint Siège depuis 1960  à l’Université pontificale du Latran, notamment comme professeur d’ecclésiologie et d’œcuménisme jusqu’en 1995…auteur de centaines d’ouvrages…chanoine de l’Archibasilique Vaticane, directeur de revue internationale théologique. ..etc ». Bref, apparemment on a affaire à un cerveau et à un travailleur fécond, ça se respecte.

Conscient que son livre frise la rébellion ouverte vis-à-vis du  cléricalement correct  ambiant,  il prend bien la précaution de se dédouaner de certains groupuscules honnis et suspects des  médias et du clergé conciliaire. « Nullam partem ! », « aucune connivence avec eux !»,  « je ne connais point ces individus ! » Et de préciser qu’il n’est pas un sédévacantiste « un pur délire, dit-il » p.35 …on peut comprendre en partie. Il n’est pas non plus, disons le mot pour faire court « lefebvriste », c’est pour lui encore un délire différent du premier, certes,  mais délire tout de même. Ce bon prêtre tout dévoué à Rome ne donne pas l’impression d’avoir compris « l’opération survie » de la Tradition engagée par Mgr Lefebvre. Pour lui l’évêque aurait dû sans doute obéir inconditionnellement et saborder son œuvre plutôt que de la perpétuer par les sacres en arguant un agrément papal futur très hypothétique.  En somme Ghérardini semble admettre ce que nous nions catégoriquement à savoir : on peut vivre très bien sa foi dans l’Eglise officielle depuis 40 ans même si tout va très mal. Car tout va très mal depuis le concile, il le dit quasiment à chacune des pages de son livre. Mais, selon lui, la situation ne peut jamais réclamer un comportement extraordinaire de résistance vis-à-vis du consensus ecclésial et l’autorité suprême surtout quand celle-ci a simplement murmuré ou signifié sa désapprobation. Néanmoins, il faut le souligner encore et insister, il conteste tout ou quasiment tout ce qui s’est fait et se passe encore aujourd’hui de par le concile ou l’esprit du concile dans toutes les paries du monde.

L’auteur est donc un spécimen rare. Il se présente aujourd’hui comme un contestataire à outrance du concile et de son esprit et cependant selon toute vraisemblance,  depuis 40 ans, il est s’est montré très obéissant à la vague conciliaire qui a tout renversé. Jamais on a entendu dire que ce prêtre ait eu une quelconque difficulté avec sa hiérarchie comme Mgr Lefebvre a pu en avoir et comme tant d’autres prêtres en ont eu à cause du péché impardonnable « de garder la Tradition ». Il est donc passé à travers les mailles du filet sans connaître le blâme, la persécution ou l’exclusion. D’où cela vient-il ? Comment expliquer une telle chose ?  

La réponse est sans doute qu’on a affaire à un professeur bien discret, italien de surcroît (en Italie le bouleversement de Vatican II a été moins perceptible qu’en France). Intellectuellement il conteste toutes les innovations de Vatican II, il le fait avec force et beaucoup mieux que certains écrits sévères de chez nous, mais  pratiquement, depuis quatre décennies, qu’a-t-il fait pour s’opposer ? Néant total, il le dit lui-même page 259  « jusqu’à aujourd’hui je me suis scrupuleusement gardé d’intervenir auprès de celui qui a la responsabilité de l’Eglise ».

Il nous faire comprendre que ce n’était pas de son ressort de s’opposer, d’un air de dire : « je ne suis pas responsable », « je n’ai pas l’autorité canonique pour agir contre», « je n’ai que le pouvoir critique d’un professeur de théologie ». Il y a du vrai dans ces propos car en fait chacun doit rester à sa place dans la Sainte Eglise et on ne peut pas s’immiscer sans de graves raisons dans les affaires des supérieurs surtout pour contester. Tout n’est pas faux dans ces bonnes excuses, loin de là. En somme Ghérardini est un  pur intellectuel, un professeur qui a agi, ou plutôt qui commence à agir, dans sa sphère un point c’est tout. Mgr Lefebvre, lui, se savait comme évêque responsable devant Dieu des âmes. En face des erreurs environnantes il était dans l’obligation morale non seulement de parler ou d’écrire mais d’agir et d’agir comme évêque pour le bien de l’Eglise en perpétuant, seul s’il le fallait ,des prêtres et des évêques qui gardent la Tradition. 

Le professeur Ghérardini  ne comprend pas cette désobéissance, mais il ouvre enfin la bouche (espérons que son exemple soit suivi par d’autres ) et déplore le désordre dans lequel Vatican II a jeté l’Eglise. D’ailleurs il se sent si peu responsable que son livre se termine par une supplique adressée au seul responsable selon lui, au Saint Père,  pour le conjurer enfin d’intervenir et de faire quelque chose dans cette grave affaire. Car le Saint Père et non Ghérardini et non les « lefebvristes »,  ces désobéissants,  peut agir avec le droit, l’autorité et toute la force persuasive pour clarifier le chaos conciliaire et remettre l’Eglise sur ses rails. Encore une fois tout n’est pas faux dans sa démarche. Il est vrai qu’en fin de compte c’est un pape qui pourra achever pleinement le travail de lutte et de résistance au modernisme entamé magnifiquement, mais de façon embryonnaire, par Mgr Lefebvre dans l’illégalité apparente.

Cette supplique est donc charmante venant de ce qu’on peut appeler un conciliaire. Voyez ce qu’il demande au pape Benoît XVI concernant le nœud du problème c’est-à-dire la fidélité de ce concile au passé de l’Eglise: « Dans le cas où, en tout ou en partie, cette continuité ne pourrait être scientifiquement prouvée (car jusqu’ici elle n’a été que déclamée), il serait nécessaire de le dire avec sérénité et franchise, en réponse à l’exigence de clarté attendue depuis presque un demi-siècle ». C’est au Pape qu’il s’adresse. En termes clairs on ne sait pas encore si « ce grand concile » Vatican II  que les évêques ont pris pour boussole est vraiment fidèle à l’Eglise de toujours ou fidèle au Christ ou  fidèle à Dieu. Quel aveu ! Il faut qu’un pape nous le dise mais le dise non en le proclamant dans un pathos touchant, cela a déjà été fait des centaines de fois et plus, mais en le démontrant de façon argumentée avec les instruments rigoureux de la théologie thomiste qui ne laisse aucune échappatoire.

Cette supplique sera-t-elle  entendue et suivie d’effets ? Nous le souhaitons pour tous ceux qui n’ont pas la chance de faire l’expérience de la Tradition et qui gobent tranquillement le poison moderniste qu’on leur sert dans les paroisses et qui leur fait perdre gentiment la foi pour la remplacer par un sentiment religieux vague et sans dogme. Autrement les bonnes idées critiques de notre auteur resteront lettre morte dans une bibliothèque pour encore bien longtemps et les âmes se perdront par la praxis moderniste ravageuse sans que  les soubresauts d’intellectuels perspicaces n’y changent rien.

En attendant, c’est  toujours le chaos dans l’Eglise et au bout de 40 ans le débat du concile est, comme le titre du livre l’exprime très bien « à ouvrir ». Jusqu’ici il n’y a eu qu’une admiration béate, un applaudissement unanime et inconditionnel dépourvu d’esprit critique sans que personne comprenne vraiment ce que ce concile a dit. Mais en pratique une seule chose par contre a été bien retenue et farouchement appliquée par tous les évêques du monde entier : ce concile  autorise, favorise, exalte  un renversement dans tous les domaines (liturgique, philosophique, théologique et surtout pastoral ) de tout ce qui s’est fait avant lui : d’où la sévérité extraordinaire vis-à-vis du mouvement traditionaliste et la condamnation de Mgr Lefebvre, d’où le pullulement des aberrations dans l’Eglise qui continuent d’ailleurs  bon train  et au plus haut niveaux.

Exemple récent d’aberration : sur invitation de Mgr Vingt-trois, archevêque de Paris, président de la conférence épiscopale de France, un rabbin prêchera à Notre Dame de Paris pour le carême 2010 ! Du jamais vu ! Mais c’est dans la logique destructrice de Vatican II, d’ailleurs le thème de ce carême n’est-il pas « le concile Vatican II boussole pour notre temps » ? Un rabbin au cas où certain ne le savent pas c’est quelqu’un qui ne croit pas en Jésus-Christ Fils de Dieu, c’est quelqu’un qui pense que Jésus est un imposteur, c’est quelqu’un qui ne croit en rien aux sacrements de l’Eglise et à ses mystères (Trinité, Incarnation, Rédemption), c’est quelqu’un, surtout, qui prend comme critère de jugement la Thora;  or, rappelez-vous l’évangile : Pilate dit aux juifs qui lui amènent Jésus : « Jugez-le selon votre loi » Jean 18-31 ; réponse des chefs religieux « Nous avons une loi,(Thora) et d’après cette loi il doit mourir » Jean 19-7.

Un tel homme va enseigner du haut de la chaire comme un Lacordaire les pauvres baptisés qui vont boire ses paroles parce que Mgr Vingt-Trois a décidé de mettre le paquet ( perçoit-il que le vent tourne trop en faveur de la Tradition ?) pour appliquer Vatican II.

Quels sont les évêques de France qui vont se dresser ou au moins réclamer ou disons s’étonner de cette démarche de leur président ? Ne rêvons pas, même à Rome il n’y a plus l’énergie suffisante pour s’opposer à ce genre de scandale et la paix pour les infidèles, les hérétiques et les hérésies est sans doute assurée. Seuls les tenants de la Tradition ne peuvent apparaître dans de telles circonstances comme fauteurs de troubles parce que seuls ils sont logiques avec la foi de toujours.

Abbé Pierre Barrère

Extrait du Sainte-Anne n° 216 de février 2010

Source

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- La valeur « magistérielle » de Vatican II par Mgr. Brunero GHERARDINI

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 00:02

Samedi dernier (23 janvier 2010), un pas supplémentaire a été franchi par le Cardinal archevêque de Paris dans sa politique de négation de la demande et d’opposition au Motu Proprio de Benoît XVI. Monseigneur Vingt-Trois, par ailleurs Président de la Conférence des Evêques de France, a choisi la violence de la force policière pour bâillonner l’expression d’une demande d’application du Motu Proprio superbement ignorée et méprisée depuis plusieurs années par le curé, couvert par son archevêque.

Que s'est-il passé ? Samedi soir, à l’issue de la messe anticipée de 18 heures de la paroisse de l'Immaculée Conception dans le 12ème arrondissement de Paris, plus d'une trentaine de catholiques, faute de pouvoir dialoguer avec leur curé et faute d’avoir des réponses à leurs demandes anciennes et ancrées d’application du Motu Proprio (voir la note à la fin de cette lettre) ont décidé - à l'occasion de la semaine de l'Unité - de rester dans l’église le temps d'une prière de supplique et d'appel à l'unité. C’est tout : 32 catholiques disent ensemble un chapelet, après la messe, dans une église de Paris. C’est tout.  

Comme le ridicule, paraît-il, ne tue pas, cette « intolérable agression » a été réprimée par l’envoi de trois équipages de police ! Car la réaction du curé, le Père Géniteau, du Père Chauvet puis du Cardinal Vingt-Trois ne s’est pas fait attendre : Aucun dialogue mais… recours immédiat à la force policière. Il est vrai que la « violence » aurait pu perdurer et que ces malheureux fidèles auraient pu tenter d’aller… jusqu’à réciter un rosaire...


... trois équipages de police sont intervenus pour chasser de l’église 32 fidèles âgés de 18 à 91 ans qui… priaient la Vierge Marie dans une église.

Le pire est que cette manière de « dialoguer » a été mise en œuvre au cours de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens contre des femmes et des hommes qui veulent la paix dans l’Eglise et qui s’expriment… en priant la Sainte Vierge dans une église.


Nier la demande d’une partie du Peuple de Dieu, la mépriser, la faire taire : qu’on le veuille ou non, c’est objectivement très grave.

Source Paix Liturgique, lettre 215 - 27 janvier 2010, via Le Forum catholique
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L'envoi de trois équipages de police contre des catholiques tradis en prière dans une église, le refus de répondre à la demande d'application du Motu Proprio du Saint-Père libéralisant la messe dans le "rite extraordinaire", le grand silence de Mgr Vingt-Trois au courrier de l'
Association Pro Liturgia relevant l'inexistence en France de messes célébrées selon le missel romain de Paul VI et restauré à la suite du Concile Vatican II (1970), laissant la place à la célébration de messes fabriquées, ignorant la sainte liturgie telle que la demande l'Eglise : curieuse conception du "dialogue", de l'"ouverture" et de l'"oecuménisme" chez Mgr Vingt-Trois.

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 17:01

Conférence de Mgr Bernard Fellay

Le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, était à Paris les 8,9 et 10 janvier 2009 à l’occasion du IXe congrès du Courrier de Rome. Dans le contexte des discussions doctrinales entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X, nous avons choisi de vous proposer un long extrait de sa conférence du 10 janvier sur le thème de « Vatican II : Un débat à ouvrir »
Source : 
Dici.org via Le forum catholique

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 18:03

Des informations "de première" main (et non des indiscrétions) rapportées par le blog italien Messa in Latino (22/12/2009)

Texte en italien: http://blog.messainlatino.it/...

Traduction : Benoit-et-moi

[S]ynthèse de l'homélie du 19 Décembre 2009, prononcée par Mgr De Galarreta (qui coordonne l'équipe de théologiens de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X engagés dans des pourparlers avec Rome) au cours de la messe d'ordination de 5 prêtres et 3 diacres au séminaire Lefebvriste de La Reja en Argentine. (...) Pendant l'allocution, Mgr Alfonso de Galarreta a révélé les points intéressants suivants, en référence aux discussions engagées à Rome il y a deux mois:

(1) Le résultat de la première rencontre a été positive.
(2) On a défini principalement l'agenda et la méthode de discussion.
(3) Les questions à discuter sont de nature doctrinale, à l'exclusion expresse de toute question se rapportant d'ordre canonique de la FSSPX.
(4) Le point de référence commun sera l'enseignement doctrinal avant Vatican II.
(5) Les pourparlers suivent une méthode rigoureuse: un problème se pose, la partie qui le soulève envoie un travail faisant valoir ses questions. Le Saint-Siège réagit par écrit, après un échange de consultants par e-mail. La réunion discute la question.
(6) Toutes les réunions sont enregistrées par les deux parties, et filmées.
(7) Les conclusions de chaque sujet seront présentées au Saint-Père et au Supérieur Général de FSSPX.
(8) Le calendrier de ces réunions dépend si le sujet est nouveau ou s'il est déjà en discussion. Dans le premier cas, ce sera tous les trois mois. Dans le second, tous les deux mois. La prochaine réunion est prévue pour la mi Janvier.
(10) Les représentants théologiens du Saint-Siège sont "des gens avec qui on peut parler", ils parlent "le même langage théologique que nous" (lire: ils sont thomistes).
(11)

Voici quelques-unes des questions à l'étude, citée par l'évêque - liste non exhaustive:

(a) Le magistère du Concile et le post-concile
(b) la réforme liturgique conciliaire.
(c) l'œcuménisme et le dialogue interreligieux
(e) l'autorité papale et la collégialité
(f) la liberté de conscience, la liberté religieuse, la laïcité et le Règne social de Jésus-Christ
(g) les "droits de l'homme" et la "dignité humaine" en conformité avec la doctrine conciliaire.


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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 10:58

J'invite vivement à tous les fidèles à prier le Seigneur, par l'intercession de Marie, afin que Ut Unum Sint" (Qu'ils soient un, Motu proprio « Ecclesiae unitatem », le 2 juillet 2009)



Les discussions doctrinales entre Rome et la F.S.S.P.X. s'ouvrent aujourd'hui (source : dépêche Ats / Afp). Elles doivent permettre un éclaircissement des points ambigus du concile Vatican II qui ont été systématiquement interprétés dans une herméneutique de rupture avec la sainte Tradition et leur donner une interprétation conforme à l'enseignement de l'Eglise et des papes d'avant le Concile... Cela grince dans les rangs progressistes... Tous à vos chapelets chaque jour pour l'unité de l'Eglise ! Prions pour ce Pape intellectuel, pape de l'unité que la Providence nous a envoyé.

Les Anglicans rentrent à la maison, les orthodoxes envisagent de faire de même en étudiant la manière dont Rome accorde un statut disciplinaire aux Anglicans afin qu'ils conservent l'usage de leur rite et traditions. Tout cela relève du miracle. N'oublions pas que le schisme anglican remonte au XVIe siècle et le schisme orthodoxe à 1053... Ne lachons rien et continuons de prier.

*
Discussions Rome / FSSPX
*
Publication du Motu Proprio Ecclesiae unitatem

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 11:00

Dans un article que vient de publier le blog dirigé par l’abbé Carusi, Disputationes theologicae, intitulé « Les discussions entre le Saint-Siège et la FSSPX : le Concile au risque de l’interprétation de Mgr Gherardini », l’abbé Claude Barthe met en contexte ces discussions prêtes à s’ouvrir. [I]l donne les noms des trois consulteurs de la Congrégation pour la Doctrine de la foi qui auraient été pressentis pour mener ces discussions sous la direction de Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Il s'agit de trois théologiens « restaurationnistes », fidèles à un thomisme rigoureux :

- le P. Charles Morerod, op, nouveau Secrétaire de la Commission théologique internationale, doyen de la faculté de philosophie de l’Université romaine Saint-Thomas d’Aquin, qui a déjà participé à des discussions préliminaires avec la FSSPX ;
- le P. Karl Becker, sj, théologien lui aussi très proche de Benoît XVI, ancien professeur à l'Université grégorienne ;
- et Mgr Fernando Ocáriz, de l’Opus Dei, professeur à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix.
 Source : Osservatore Vaticano

A lire sur le Forum catholique : "il aurait été justement intéressant d'avoir en face des théologiens plus modernistes, afin de mieux mettre en évidence le fossé qui nous sépare... C'est ce que voulait Mgr Tissier : arriver à comprendre et à percevoir comme eux perçoivent les choses.

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L'article
http://disputationes.over-blog.com/article-35795536.html

On peut s'interroger sur l'efficacité réelle de la "dispute theologique" et sur les limites effectives du débat autour du Concile Vatican II, qui semble comporter aujourd'hui encore un certain nombre de tabous insurmontables. On ne peut nier cependant que la personnalité d'un Pape "universitaire" ait engagé la discussion théologique dans une perspective de recherche de la Verité moins soumise aux préjugés qu'il y a quelques années. Il faut noter toutefois qu'en contrepartie, un pessimisme chronique d'une certaine frange du monde traditionel semble vouloir fermer les yeux face à l'ouverture intellectuelle qui s'annonce à l'horizon.

L'Abbé Barthe, déjà connu de nos lecteurs pour son intervention sur le Magistère ordinaire infaillible, délimite ici le cadre d'une telle ouverture chez les théologiens du Vatican, qui laisse apercevoir de réelles perspectives d'approfondissement sur les problèmes théologiques majeurs. En particulier, il met en évidence la disponibilité du Saint Siège à écouter les objections relatives à certains passages du Concile Vatican II, quelle que soit l'origine de ces objections : théologiens de l'école romaine ou même membres de la Fraternité Saint Pie X. La recherche de la Verité ne s'impose pas a priori de limites.
Dans l'ensemble, le cadre dessiné par cette nouvelle ouverture est celui d'un climat de recherche encourageant, qui semble avoir abandonné le stérile esprit de dialectique hégelienne qui prétend laisser chacun dans "sa" vérité, pour aborder la discussion dans l'esprit d'une véritable "disputatio theologica" aboutissant à l'unique vérité que les deux parties doivent embrasser : le but en est, dans la limite du possible, de parvenir à une réelle résolution des problèmes. La Vérité n'appartient pas aux uns ou aux autres, la Vérité doit être à tous et pour tous.

La perspective envisagée ici par l'abbé Barthe se revèle d'un intérêt particulier, dans la mesure où elle trace les contours réels du débat, et met en évidence l'unique façon de l'envisager aujourd'hui.

Les discussions entre le Saint-Siège et la FSSPX :
le Concile au risque de l’interprétation de Mgr Gherardini

par M. l'abbé Claude BARTHE

Le point de départ de mon présent article – dont les réflexions n’engagent bien entendu que moi – est ma lecture dans le dernier numéro de La Nef (septembre 2009, p. 21), d’un entretien du P. Manelli, supérieur des Franciscains de l’Immaculée, avec Christophe Geffroy et Jacques de Guillebon. Le P. Manelli déclare : « Il [le Pape] cherche à éviter des ruptures, notamment dans la réception du Concile Vatican II – c’est la fameuse "herméneutique de la réforme dans la continuité". Il peut toutefois exister dans le Concile des discontinuités sur des points précis, cela n’aurait rien de scandaleux, car celui-ci s’est voulu "pastoral", il a pu y avoir en cela des "erreurs" que le pape peut corriger, comme Mgr Gherardini l’a montré dans une étude que nous avons publiée et qui sera traduite bientôt en français ».

De telles déclarations, nouvelles non pas dans leur fond, mais dans la claire assurance avec laquelle elles sont désormais formulées, sont en effet comme cristallisées par la « ligne herméneutique » que représente Mgr Bruno Gherardini [1], à laquelle Disputationes theologicae a donné un large écho [2]. Elle réactive, en la renouvelant substantiellement, celle de la minorité conciliaire – minorité dont on ne saurait oublier l’importance du rôle dans l’élaboration de textes de transaction, ou dit plus polémiquement d’ambiguïté – à savoir en résumé : un certain nombre de points de Vatican II sont susceptibles, non seulement de précisions, mais aussi éventuellement de futures corrections.

D’une autre manière, Mgr Nicola Bux, voix très écoutée à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, déclarait à l’agence Fides le 29 janvier 2009 : « On a constaté qu’il n’y avait pas de différences doctrinales substantielles, et que le Concile Vatican II, dont les Décrets furent signés par S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre, ne pouvait pas être séparé de la Tradition entière de l’Eglise. Dans un esprit de compréhension, il faut ensuite tolérer et corriger les erreurs marginales. Les divergences anciennes ou plus récentes, grâce à l’action du Saint-Esprit, seront redressées grâce à la purification des cœurs, à la capacité de pardon, et à la volonté de parvenir à les dépasser définitivement ».

Dans ce contexte de liberté théologique et de bouillonnement de saines disputationes auxquelles ce site veut participer, les conversations doctrinales à venir évoquées implicitement par Nicola Bux, qui vont bientôt s’ouvrir entre des théologiens représentant la Congrégation de la Doctrine de la foi et des théologiens représentant la Fraternité Saint-Pie-X, devraient logiquement faire avancer les choses. C’est en tout cas ce que l’on peut penser, compte tenu de la qualité des trois théologiens, tous les trois consulteurs à la Congrégation de la Doctrine de la foi, qui devraient participer à ces discussions du côté du Saint-Siège (dans la mesure où les informations concernant ces nominations sont bien exactes et étant évident que l’« équipe » ainsi constituée peut être modifiée, réduite ou augmentée), sous la houlette de Mgr Guido Pozzo, nouveau secrétaire de la Commission Ecclesia Dei.

Quel degré d’autorité pour les points qui font difficultés dans Vatican II ?

De Mgr Pozzo, qui a enseigné de manière fort classique à l’Université du Latran, Le Figaro du 8 juillet citait ces propos : « Le point faible de l'Église est son identité catholique souvent pas claire », en ajoutant : « Ce n'est pas en renonçant à sa propre identité que l'Église se mettra dans de meilleures conditions pour dialoguer avec le monde, c'est exactement le contraire », pour enfin conclure : « Nous avons besoin de sortir de cette illusion optimiste, quasi irénique, qui a caractérisé l'après-concile ». Il est, entre autres, un spécialiste de ce que l’on appelle les « notes théologiques » (valeur normative que l’on peut attribuer aux textes doctrinaux), de sorte que les discussions ne pourront éviter de traiter de la normativité des assertions discutées, de leur valeur contextuelle, de l’éventuelle absence de toute obligation de foi qu’elles comportent [3].

Le P. Charles Morerod, nouveau Secrétaire de la Commission théologique internationale, qui devrait participer à ces discussions, est un dominicain helvétique qui a fait sa thèse sur Luther et Cajetan. Il est doyen de la faculté de philosophie de l’Université Saint-Thomas d’Aquin, l’Angelicum à Rome, rédacteur de l’édition française de la revue Nova et Vetera. A la demande de la Congrégation de la foi, il a beaucoup travaillé sur la question de l’anglicanisme. C’est un proche du cardinal Cottier, il jouit de la totale confiance du Secrétaire d’État, jadis Secrétaire du Saint-Office et du Pape lui-même.

Dans son importante bibliographie, on peut citer : Tradition et unité des chrétiens. Le dogme comme condition de possibilité de l’œcuménisme [4] ; Œcuménisme et philosophie. Questions philosophiques pour renouveler le dialogue [5].

Il est désormais notoire que le P. Morerod a participé avec des membres de la FSSPX à des conversations doctrinales que l’on pourrait qualifier de préliminaires. Dans une réunion publique tenue dans le cadre du Grec (Groupe de Rencontres entre catholiques), dans les locaux de Saint-Philippe-du-Roule, à Paris, le 26 février 2008, où il débattait avec l’abbé Grégoire Célier, de la FSSPX, sur le thème : « Réviser et/ou interpréter certains passages de Vatican II ? », les deux orateurs étaient arrivés à une très intéressante convergence. Le P. Morerod expliquait qu’il lui paraissait : 1°/ que la possibilité d’une réception de Vatican II « qui se fonderait très fortement sur l’état du Magistère antérieur » pourrait parfaitement avoir sa place dans l’Église, avec pour condition, lui semblait-il, que cette interprétation ne soit pas un rejet de Vatican II ; 2°/ et que pouvait être admise la non-confession de certains points de Vatican II, avec « une certaine exigence de respect » de l’enseignement « officiel » de Vatican II.

Des précisions interprétatives à goût d’inachevé

Le P. Karl Josef Becker, jésuite qui devrait lui aussi participer à ces discussions, né en 1928, théologien très aimé de Benoît XVI, a été professeur invité à la Faculté de théologie de l'Université grégorienne (il a notamment enseigné la théologie sacramentaire, et écrit sur la justification, l’ecclésiologie). Il a publié un article paru dans L’Osservatore Romano du 5 décembre 2006 [6], dans lequel tout le monde a vu une application du discours du Pape du décembre 2005 que j’évoquerai plus loin. Il y défendait que le subsistit in du n. 8 Lumen gentium (l’Eglise du Christ subsiste dans l’Eglise catholique) ne veut rien dire d’autre que le traditionnel : est (l’Eglise du Christ est purement et simplement l’Eglise catholique). Et même, selon la relecture très volontariste du P. Becker, le subsistit in serait destiné à renforcer le est, d’où il résulterait, estimait-il, en visant la part de l’œcuménisme conciliaire qu’il est le plus difficile à faire concorder avec la doctrine traditionnelle, que l’ecclésialité partielle des Eglises séparées est très douteuse [7].

[va dans le sens du document du Cardinal Ratzinger Dominus Iesus § 17 qui ne reconnait pas la qualité d'Eglises au sens propre aux églises réformées, "communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique"]


Fernando Ocáriz, le troisième théologien qui devrait également faire partie de l’équipe Pozzo pour participer à ces débats théologiques, né en 1944, vicaire général de l’Opus Dei, a enseigné à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix, est l’auteur de très nombreux ouvrages.

Sa désignation tient assurément à son intérêt pour la question de l’interprétation homogène de la déclaration sur la liberté religieuse, Dignitatis humanae, à propos du point le plus sensible – l’apparent remplacement de la doctrine de la tolérance par celle de liberté en matière de "droit public de l’Église" [8] – sur lequel il a lui-même écrit [9]., ou sur lequel il a dirigé des thèses d’étudian. On peut d’ailleurs sans grand risque affirmer qu’il est pour beaucoup dans la formulation que l’on pourrait qualifier de transactionnelle de la liberté religieuse dans le Catéchisme de l’Église catholique [10].

Quant au P. Charles Morerod, profitant de la part importante qu’il a prise aux travaux de l’Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC), il a montré dans Œcuménisme et philosophie. Questions philosophiques pour renouveler le dialogue [11] qu’un dialogue œcuménique sérieux se devait d’intégrer des éclaircissements sur les présupposés philosophiques des positions théologiques des chrétiens séparés, présupposés qui peuvent largement expliquer leur incompréhension des dogmes de l’Eglise.

Mais c’est surtout son ouvrage Tradition et unité des chrétiens. Le dogme comme condition de possibilité de l’œcuménisme [12] qui mérite une particulière attention pour le sujet qui nous intéresse. Cet ouvrage représente un considérable effort d’interprétation traditionnelle de l’œcuménisme porté à un degré très élevé d’acuité et d’agilité, puisqu’il ne vise à rien moins qu’à montrer comment le dogme catholique en général et celui de l’infaillibilité pontificale en particulier sont… les moteurs les plus efficaces de l’œcuménisme. Démonstration paradoxale (paradoxale dans la mesure où l’on tient communément, pour s’en réjouir ou pour le regretter, que l’œcuménisme cherche à atténuer les arrêtes dogmatiques de la doctrine catholique). Or le paradoxe redouble lorsque la pia interpretatio du savant dominicain fait une lecture thomiste d’un point souvent critiqué dans le texte conciliaire, la « hiérarchie des vérités ».

Selon lui, si l’on accorde aux séparés que, des deux côtés, il y a eu mauvaise compréhension des positions respectives, il faudra bien émettre à la fin quelque formule obligatoire pour tous – autrement dit, un dogme – qui manifestera que l’on se comprend désormais parfaitement et que l’on s’accorde univoquement en exprimant la foi reçue des Apôtres. Concernant le décret conciliaire sur l’œcuménisme, au n. 11 § 3 [13], il rappelle que la tradition catholique, notamment par la bouche de saint Thomas, a toujours affirmé que le refus de croire un quelconque article de foi revient à refuser l’autorité de Dieu de qui dépend la foi, et annihile par le fait le motif de croire et donc pulvérise la foi. Cependant, comme l’expose aussi saint Thomas, l’ensemble des vérités à croire s’organise selon un certain ordre, qui ne supprime aucunement l’importance de chaque article. Le P. Morerod explique, qu’ainsi entendue, la « hiérarchie des vérités » n’est fondamentalement rien d’autre qu’une méthode de catéchèse élémentaire pour expliciter, par exemple, la Maternité divine à partir de l’Incarnation, un moyen pédagogique d’amener à la foi catholique ceux qui s’en sont écartés.

Un nouveau contexte théologique et ses virtualités

Les démonstrations en forme de précisions des PP. Becker, Ocáriz, Morerod, et de bien d’autres encore, sont très séduisantes. L’ennui est qu’elles sont justement rendues nécessaires parce que les textes concernés (dans ce que j’ai évoqué : le n. 8 de Lumen gentium, le n. 2 de Dignitatis humanae, le n. 11 d’Unitatis redintegratio, mais il existe d’autres lieux de difficulté [14]) ne contiennent pas ces précisions qui auraient évité toute interprétations déviantes

N’est-ce pas, plus généralement, la grande difficulté que soulève telle ou telle assertion de Vatican II, à savoir celle d’avoir eut l’effet de ce que l’on pourrait qualifier un « réenveloppement » du dogme (pour faire allusion à la théorie du « désenveloppement » que représente, selon le cardinal Journet, la fonction dogmatique) ?

Mais auparavant, il faut remarquer que le phénomène déclenché par le discours adressé le 22 décembre 2005 par un pape théologien, Benoît XVI, à la Curie romaine, sur la bonne interprétation de Vatican II, se situe dans une phase historique de « retour au dogme » particulièrement intéressante. On pourrait au reste défendre que l’exercice de sa charge de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, spécialement de 1985 (publication de L’Entretien sur la foi) à 2005, a constitué une espèce de pré-pontificat de réinterprétation et d’encadrement des points sensibles de Vatican II.

A la limite, ce que l’on dit et écrit aujourd’hui librement un peu partout était parfaitement connu : à savoir que l’autorité des passages de Vatican II qui ont paru ou paraissent, prout sonant, ne pas s’accorder avec des assertions dogmatiques antérieures, n’avaient rien de dogmatiques. De même, on pourrait dire que les réinterprétations en forme de précisions orthodoxes de ces passages qui se multiplient aujourd’hui sous des plumes très autorisées ont toujours existé. Mais il est permis de remarquer que ces deux voies conjuguées, qui prennent aujourd’hui un caractère quasi officiel, restent jusqu’à un certain point insatisfaisantes : la première voie (la non-infaillibilité des points contestés) parce qu’elle est purement négative et ne règle pas le fond du débat ; la seconde (la réinterprétation thomiste de ces points) parce qu’elle semble relativement artificielle ou qu’elle est en tout cas évidemment a posteriori.

Mais cependant, de même que dans la vie spirituelle l’accession aux voies mystiques ne peut faire l’économie des purifications ascétiques, tout le bouillonnement actuel déclenché ou activé par le discours théologique libérateur de 2005 a une valeur préparatoire à long terme – et sans doute très long terme – indispensable. Me sera-t-il permis de dire que la situation magistérielle présente (je parle toujours ici, uniquement, des points sensibles de Vatican II, et en aucune manière des avancées indiscutables de ce concile, comme le décret Ad gentes, et, à mon avis la constitution Dei Verbum) est assez inédite dans l’histoire des dogmes. Il ne s’agit pas, comme classiquement, d’hérésies externes et de condamnations internes, mais de flous doctrinaux internes et de rejet (jusqu’à présent) à l’extérieur de leur contestation. On est en présence d’une crise qui ressemble si l’on veut à une crise – fort tardive, il est vrai – d’adolescence, où le meilleur et le pire se mêlent pour accéder à une maturité.

Le pire serait de rester au milieu du gué – par exemple : Unitatis redintegratio n’assigne pas de but clairement précisé en termes dogmatiques à l’œcuménisme. Le meilleur est dans la matière nouvelle qui a émergé – je parle toujours à titre personnel –, et qui fait que, n’en déplaise à ceux qui voudraient revenir à un statu quo ante, il est impossible de prétendre par exemple rayer l’œcuménisme de l’enseignement de l’Église. Plus exactement, il faudra, au terme d’un labeur théologique qui n’a certes jamais cessé depuis 40 ans mais auquel un Pape théologien permet un développement libre et inespéré, faire de l’œcuménisme un enseignement de l’Église comme tel. Les difficultés de ces textes que j’appelle « d’adolescence » (puisqu’on m’a reproché de toutes parts l’appellation de « magistère inachevé ») peuvent être alors comprises comme des questionnements.

Je m’explique en approfondissant cet exemple de l’œcuménisme. A lire le n. 3 d’Unitatis redintegratio, on peut comprendre ce texte comme la reconnaissance traditionnelle de l’existence d’éléments de l’Église catholique, tels le baptême, l’Écriture Sainte, parfois l’ordre, au sein des communautés séparées : « Parmi les éléments ou les biens par l’ensemble desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique ». Mais Unitatis redintegratio rajoute, ce qui apporte une considérable difficulté, une certaine légitimation ecclésiale de ces communautés séparées comme telles : « En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique ». Les termes du texte semblent donc dire qu’en tant que séparées ces Églises seraient des « relais » de l’Église catholique. Ce qui serait, si telle était la véritable interprétation, en rupture avec l’enseignement antérieur.

Et pourtant, force est de convenir que si – conformément à la doctrine traditionnelle – des séparés de bonne foi accèdent au salut par ces éléments catholiques qui se trouvent de facto dans leurs communautés, n’est-ce pas leur appartenance concrète à ces communautés séparées qui peut (dans le mystère insondable de Dieu) leur apporter ces éléments catholiques salutaires. En même temps, il est vrai, que cette appartenance est aussi le principal obstacle objectif à leur retour dans l’unité de l’Église. Il est clair que le dogme du passé n’a pas intégré explicitement ce fait que les éléments catholiques qui existent dans ces communautés séparées peuvent être instruments de la grâce pour des chrétiens séparés de bonne foi et donc de leur éventuel rattachement in voto à l’Église de Pierre, ni qu’ils sont en attente d’être revivifiés par le retour à l’Église catholique des chrétiens séparés qui en bénéficient. (Ce dont je ne prétends aucunement rendre raison en quelques lignes). Comme si le « questionnement » du n. 3 d’Unitatis redintegratio témoignait de deux sortes d’insuffisances, l’une pour le passé qui disait trop peu, et l’autre pour le présent qui en revanche dit trop.

Abbé Claude Barthe

1. Concilio Ecumenico Vaticano II. Un discorso da fare, Case Mariana Editrice, 25 mars 2009.

2. Mgr Brunero Gherardini, « La valeur magistérielle de Vatican II », dans Disputationes theogicae, jeudi 9 mai 2009 ; Claude Barthe, « Le Magistère ordinaire infaillible. L’abbé Barthe défend la position de Mgr Gherardini », jeudi 18 juin 2009.

3. Sur la manière dont la FSSPX décline le thème de la non-infaillibité des points contestés de Vatican II : Jean-Michel Gleize, « Le concile Vatican II a-t-il exercé l’acte d’un véritable magistère ? » et Alvaro Calderón « L’autorité doctrinale du concile Vatican II », dans Magistère de soufre (Iris, 2009, pp. 155-204 et 205-218)

4. Parole et Silence, 2005.

5. Parole et silence, 2004.

6. « Nel clima dell’Immacolata i quarant’anni del Concilio. Subsistit in (Lumen gentium, 8) », pp. 1, 6-7.

7. Un autre ancien professeur de l’Université Grégorienne, le P. Francis A Sullivan, avait d’ailleurs contesté cette interprétation dans « A Response to Karl Becker, S.J., on the Meaning of Subsistit In » Theological Studies, vol. 67 (2006), pp. 395-409. Le P. Sullivan, d’une tendance opposée à celle du P. Becker, ne croit cependant pas davantage que lui à l’autorité infaillible de Vatican II. Dans la ligne Sullivan, mais dans une perspective tout autre que le débat sur les points contestés de Vatican II, la bibliographie sur la relativisation de l’autorité magistérielle dans la théologie actuelle est considérable. En français : un classique, Jean-François Chiron, L’infaillibilité et son objet. L’autorité du magistère infaillible de l’Église s’étend-elle aux vérités non révélées ? (Cerf, 1999) ; et la plus récente contribution : Grégory Woimbée, Quelle infaillibilité pour l’Église ? De jure veritatis (Téqui, 2009).

8. Dernier ouvrage paru donnant un bref, mais très substantiel résumé du débat : Guillaume de Thieulloy, « Vers une relecture de Vatican II), dans La théologie politique de Charles Journet (Téqui, 2009, pp. 149-163). Pour l’état le plus complet et le plus parfaitement référencé de la doctrine d’avant Dignitatis humanae, voir le chapitre 9 du schéma De Ecclesia (Documenta oecumenico Vaticano II apparando, Constitutio De Ecclesia, c. 9, traduction dans Claude Barthe, Quel avenir pour Vatican II. Sur quelques questions restées sans réponse (François-Xavier de Guibert, 1999, pp. 163-179).

9. « Délimitación del concepto de tolerancia y su relación con el principio de libertad », Scripta Theologica 27 (1995), pp. 865-884. Cf. sur cette question : P. Basile Valuet, osb, La liberté religieuse et la Tradition catholique, éditions Sainte-Madeleine, 1998, dont il faut souligner qu’il ne semble pas vouloir assimiler l’enseignement conciliaire au magistère ordinaire universel. Tiennent, en revanche, pour la qualification de magistère ordinaire et universel à la doctrine conciliaire de la liberté religieuse (dont ils donnent des interprétations catholiques aux nuances diverses, qu’il n’est pas possible de rapporter ici) : Brian W. Harrison, Le développement de la doctrine catholique sur la liberté religieuse (Dominique Martin Morin, 1988) ; de nombreux articles de Dominique-M. de Saint-Laumer, par exemple « Liberté religieuse. Le débat est relancé », Sedes Sapientiae, 25, pp. 23-48 ; Bernard Lucien, : Les degrés d’autorité du Magistère (La Nef, 2007).

10. « Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse », nn. 2104-2109.

11. Op. cit., Parole et silence, 2004.

12. Op. cit., Parole et Silence, 2005.

13. « En exposant la doctrine, ils [les théologiens catholiques] se souviendront qu’il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique en raison de leur rapport différent avec les fondements de la foi chrétienne ».

14. Le n. 2 de la Déclaration Nostra aetate : « « Elle [l’Église catholique]considère avec un respect sincère — observantia : respect religieux — ces manières d’agir et de vivre, ces règles et doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes ».

15. En ce qui concerne l’ensemble des difficultés levées par la FSSPX et la manière dont elle les présente, on peut notamment lire le livre collectif : Magistère de soufre, op. cit. (Iris, 2009).


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Au sujet de la messe dans le rite moderne, un article précédent du blog de DISPUTATIONES THEOLOGICAE donne la parole à Monseigneur Domenico Bartolucci proche du pape Benoît XVI qui avoue n'avoir jamais dit la messe du rite moderne. ...
"Que le nouveau rite ait des déficiences est désormais une évidence pour tout le monde, et le Pape a dit et il a écrit plusieurs fois que celui-ci devrait « regarder vers l’ancien ».
[15].

En 2006, Mgr Bartolucci a dirigé, à la demande du pape Benoît XVI, un concert dans la chapelle Sixtine au cours duquel a été créé le motet à six voix Oremus pro Pontifice nostro Benedicto, dédié au pape.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 07:03

Le Concile Vatican II : un débat à ouvrir, tel est le titre de l’ouvrage de Mgr Brunero Gherardini paru en italien avant l’été, et dont une traduction française doit être publiée prochainement. Tel est également le thème retenu par la revue Le Courrier de Rome pour son IXe congrès théologique qui se tiendra à Paris les 8, 9 et 10 janvier 2010. Alors que l’ouverture des discussions doctrinales entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège est annoncée pour l’automne prochain, il est utile de prendre connaissance du contenu de l’ouvrage de Mgr Gherardini grâce à la synthèse qu’en donne Le Courrier de Rome de juin 2009 (n°323, pp.1-5), et dont on trouvera ici les extraits les plus significatifs. Les numéros de pages donnés entre parenthèses sont celles de l’édition italienne indiquée in fine.

Mgr Brunero Gherardini, né en 1925, a été doyen de la Faculté de théologie de l’Université du Latran. Théologien de renom, il a publié plus de quatre-vingt ouvrages et plusieurs centaines d’articles. Il est actuellement chanoine de la Basilique Saint-Pierre, directeur de la revue thomiste Divinitas. Il peut être considéré comme le dernier représentant de l’école romaine de théologie illustrée par les Ottaviani, Tromp, Parente, Piolanti…

(…) Si l’on accepte le Concile Vatican II, comment s’accommoder des enseignements de ce concile qui sont difficilement compatibles avec la ligne de la continuité doctrinale ? (…) Mgr Gherardini ne cache pas que (cette question) n’est pas imaginaire, il ne pense pas qu’elle puisse être simplement contournée par l’affirmation que les textes du conciles sont bons, et que seule leur interprétation pose problème. Le problème, au contraire, est bien réel. C’est vrai : les évêques, les papes et le concile lui-même ont à plusieurs reprises revendiqué l’appartenance de Vatican II à la Tradition vivante de l’Eglise ; toutefois, « la communication vitale entre ses différentes phases ne doit pas être déclamée, mais démontrée et de façon telle que sa démonstration coïncide avec la continuité au moins substantielle de son contenu avec celui des phases précédentes » (p.131). En effet, alors que Mgr Gherardini s’apprête à faire une analyse détaillée des textes conciliaires, il fait remarquer que dans ces textes se trouvent des affirmations vraiment problématiques. (…)

En se référant, par exemple, à la Constitution Sacrosanctum Concilium, au chapitre VI intitulé « Vatican II et la liturgie », il observe qu’ « ici, il y a beaucoup plus qu’une simple porte ouverte (aux novateurs, ndlr) : elle est grande ouverte. Tout d’abord on doit, du rite romain, sauver au moins la substance, puis les diversités sont dites légitimes et… l’on n’indique pas du tout lesquelles d’entre elles sont réellement légitimes, ni en quoi consiste la substance du rite romain. Cela peut être tout et le contraire de tout… Certes, la porte est vraiment grande ouverte. Et si quelqu’un est passé par cette porte pour introduire dans l’Eglise non pas une réforme liturgique qui mette en harmonie, sur la base de ses sources, la Tradition ecclésiale avec les attentes d’aujourd’hui en vue du lendemain, mais une liturgie subversive de sa propre nature et de ses finalités premières, le responsable (de cette intrusion) est en définitive le style conciliaire lui-même.» (p.147) – C’est nous qui soulignons ici et plus bas.

Le chapitre VII intitulé « Le grand problème de la liberté religieuse », après avoir étudié attentivement la question de la liberté religieuse, tant du point de vue objectif que du point de vue subjectif, conclut que ce sont certaines affirmations – contenues dans le texte conciliaire lui-même – qui sont problématiques : « Le fait d’avoir déclaré (dans Dignitatis Humanae, ndlr) le choix religieux exempt de toute coercition, inévitablement libre et responsable, rend évidente la condition métaphysique et existentielle du sujet… Le niveau est par conséquent subjectif, et le sujet est ainsi envisagé dans l’hypothèse d’un solipsisme absolu, c’est-à-dire absurde. La conscience du sujet – de ce sujet – en fait n’est jamais la seule réalité et n’est pas non plus l’unique valeur. » (p.181)

(…)

Si dans Dignitatis Humanae est posée la prééminence de l’élément subjectif sur l’élément objectif dans Unitatis Redintegratio ce principe est en quelque sorte absolutisé, en faisant passer l’œcuménisme de la saine perspective consistant à mettre en œuvre tous les efforts et les moyens possibles pour ramener les brebis à l’unique bercail du Christ, à une sorte de dialogue pour le dialogue, au nom d’un présumé respect de la dignité de l’homme qui empêcherait tout prosélytisme : selon Mgr Gherardini, en effet, par l’accent mis sur la dimension subjective, « les bases anthropocentriques du dialogue œcuménique étaient ainsi jetées ; sur ces bases on pouvait tranquillement ériger l’édifice des ‘principes catholiques de l’œcuménisme’, dans le but non pas de se mettre en cordée avec les confessions chrétiennes – différentes et opposées – en visant à former un seul troupeau sous un seul berger (Jn 10,16), mais d’en faciliter l’engagement chrétien commun au service de l’homme, chacune restant elle-même et toutes étant arrêtées sur la ligne de départ. » (p.190)

(…)

La solution est donc celle d’une reconsidération attentive des documents conciliaires, selon une herméneutique théologique tout aussi attentive (herméneutique résumée par Mgr Gherardini au chapitre III, §2) ; il faut enfin prendre le concile au sérieux pour dissiper le doute (et vérifier) « si effectivement la Tradition de l’Eglise a été en tout et pour tout sauvegardée par le dernier concile et si, par conséquent, l’herméneutique de la continuité évolutive est son mérite indéniable et si l’on peut lui en donner acte » (p. 87). Il est nécessaire de faire ce travail parce que trop nombreux et trop graves sont les dommages qui détournent les âmes de la foi catholique ; et c’est pour cette raison que Mgr Gherardini termine son livre par une fervente supplique adressée au Saint-Père, pour que l’on réalise un examen scientifique des documents de Vatican II : « Si la conclusion scientifique de l’examen aboutit à l’herméneutique de la continuité comme la seule herméneutique possible et nécessaire, alors il faudra démontrer – au-delà de toute assertion déclamatoire – que cette continuité est réelle, et qu’elle ne se manifeste comme telle que dans l’identité dogmatique de fond. Dans le cas où, en tout ou en partie, cette continuité ne serait pas en définitive scientifiquement prouvée, il serait nécessaire de le dire avec sérénité et franchise, en réponse à l’exigence de clarté ressentie et attendue depuis presque un demi-siècle » (p.256)

(…)

Dans sa préface à l’ouvrage, Mgr Mario Oliveri, évêque d’Albenga-Imperia, rappelle les conditions dans lesquelles doit s’ouvrir ce débat sur le Concile Vatican II.

Toute l’analyse de Mgr Gherardini, imprégnée de saine théologie et soutenue par le Magistère de l’Eglise, se rattache à « une conception philosophique et donc aussi théologique (dans la mesure où l’attention porte sur la Vérité) qui reconnaît à l’intellect humain sa vraie valeur et sa vraie nature, au point de le considérer capable d’atteindre et d’adhérer à une vérité qui est immuable, comme est immuable l’être de toutes les choses, parce qu’il tire, par la création, sa nature de l’Etre absolu, de Celui qui est. Mais l’intellect humain ne crée pas la vérité, puisqu’il ne crée pas l’être : l’intellect connaît la vérité, quand il connaît le ‘ce qui est’ des choses. En dehors de cette vision, en dehors de cette philosophie, tout discours sur l’immutabilité de la vérité et sur la continuité de l’adhésion de l’intellect à la même vérité identique ne tiendrait plus, ne serait absolument plus soutenable. Il ne resterait plus qu’à accepter une mutabilité continuelle de ce que l’intellect élabore, exprime et crée » (pp.5-6). Telle doit être la base commune pour une saine herméneutique du concile. La continuité qu’il faudra vérifier à travers une analyse attentive, approfondie et pondérée des textes et des sources conciliaires doit être comprise dans la ligne de la philosophia perennis que l’Eglise a toujours défendue et encouragée. Qu’il n’arrive jamais que l’herméneutique du concile – et ce n’est pas un jeu de mots – s’abîme dans les méandres de l’herméneutique contemporaine, mais qu’au contraire elle s’enracine dans l’eodem dogmate, eodem sensu eademque sententia (dans le même dogme, dans le même sens et dans la même pensée) de saint Vincent de Lérins, que Vatican I a fait sien, et qui est le seul critère pour s’assurer que « tels passages, ou tels autres passages et affirmations du concile, ne disent pas seulement nove (de façon nouvelle) mais aussi nova (des choses nouvelles), par rapport à la Tradition pérenne de l’Eglise. » (p.7)

Traduction française de l’original italien

Dici.org

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 14:15
Catholicisme : le retour des intégristes ? (première partie)

Le mythomane Henri Tincq n'en est pas à son coup d'essai. Inlassablement, il ânonne ses certitudes tel un cheval de course avec ses oeillères, incapable de voir au-delà de son pauvre champ visuel. Journaliste à l'immonde, auto-proclamé "spécialiste du fait religieux", il explique que Vatican II a abandonné la soutane et le latin. Nulle part le Concile Vatican II fait une telle proposition, au contraire Vatican II a recommandé de conserver l'usage du latin. Je cite : "36. Langue liturgique

§ 1. L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins." (Sacrosanctum Concilium, Constitution sur la Sainte Liturgie, n° 36, 4 décembre 1963). Mais cela n'empêche pas Henri Tincq, en bon disciple du siècle des Chimères, d'assener ses mensonges. "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose" disait Voltaire...

Le premier. Sur "la messe selon saint Pie V" (messe traditionnelle, en latin, face à Dieu et non "dos au peuple"...) Henri Tincq oublie le
Motu proprio de Benoît XVI du 07/07/2007 qui dit que cette messe n'a jamais été abrogée. Il oublie que  le "rite extraordinaire" est la même messe que la messe moderne (dit "rite ordinaire"). Et que cette messe traditionnelle fait partie des trésors de l'Eglise. Je cite : "Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique." (article 1).

La "liberté religieuse", défendue par Mgr Lefebvre, le "spécialiste des religions" ne précise pas de quelle liberté il s'agit. Profitant de la complexité de cette notion (que les prochaines discussions doctrinales ouvertes par Benoît XVI avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefebvre devraient éclaircir), il confond allègrement la liberté religieuse de l'Eglise qui est une notion traditionnelle de l'Eglise avec la liberté de croyance (libre arbitre).

La "doctrine sociale de l'Eglise" qui selon Henri Tincq serait un développement du courant moderniste que les papes auraient condamnée ! Or c'est l'exact inverse puisque la doctrine sociale de l'Eglise est un développement magistériel des papes anti-modernistes notamment de la fin du XIXe siècle, de condamnation du modernisme libéral issu de 1789 qui après avoir détruit les corporations causa chez les ouvriers une misère sociale jamais vue...


Dans cette partie II, Henri Tincq revient sur le rite extraordinaire de la messe, il parle de "missel de Saint Pie X", missel qui n'existe pas, il confond sans doute avec la messe dite "de Saint Pie V" (messe traditionnelle). Ceci pour mépriser la prière pour les Juifs traditionnellement récitée par l'Eglise le Vendredi saint dans le rite extraordinaire. Henri Tincq feint d'ignorer que cette "prière pour les Juifs" est priée également dans le rite ordinaire de la messe (messe moderne) le Vendredi saint.

Sur le même sujet, lire :

-
Le rite extraordinaire en latin n’est pas en opposition avec le Concile, selon Benoît XVI
- Haine, mépris, mensonges et affolement : l'article de Tincq "Le pape Benoît XVI et ses intégristes"
où il accuse Mgr Lefebvre d'être un "insoumis, esprit borné" et la Tradition de l'Eglise d'être un "folklore désuet promis aux poubelles de l'histoire" (sic) et termine son article par un "la réintégration des schismatiques risquent de se faire au prix d'un grignotage des acquis de quarante ans". (les fameux acquis...)
-
Le complot traditionaliste : "On est cernés!" 
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 07:19

Signification du rapprochement de Rome avec les traditionalistes par le Cardinal Ricard

ROME, Jeudi 9 juillet 2009 (ZENIT.org) - « La grande préoccupation du pape Benoît XVI est la sauvegarde de l’unité de l’Eglise et le désir d’ouvrir un dialogue avec la Fraternité Saint Pie X », fait observer le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, dans cette réflexion sur « la signification du nouveau motu proprio Ecclesiae Unitatem ».


... [C]e qui est le plus intéressant dans ce texte, ce sont les attendus, les raisons, qui ont amené le pape à promulguer un nouveau Motu proprio. La raison principale en est le changement de contexte et l’évolution parcourue.

 

Le précédent Motu proprio Ecclesia Dei adflicta datait du 2 juillet 1988, juste après l’ordination illégitime de 4 évêques par Mgr Lefebvre, le 30 juin 1988. Il s’agissait alors pour la nouvelle Commission mise en place d’accueillir les prêtres, les séminaristes, les religieux, religieuses et laïcs qui refusaient de suivre Mgr Lefebvre dans cette démarche schismatique.

 

Aujourd’hui, l’enjeu s’est déplacé. Actuellement, la grande préoccupation du pape Benoît XVI est la sauvegarde de l’unité de l’Eglise et le désir d’ouvrir un dialogue avec la Fraternité Saint Pie X. Or, ce dialogue porte essentiellement sur des questions doctrinales, qui sont de fait du ressort de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. C’est la prise en compte de cette dimension qui explique la volonté de ce rattachement institutionnel de la Commission Ecclesia Dei à cette Congrégation. D’autres questions d’ordre liturgique ou d’ordre psychologique et canonique s’étaient posées. Elles avaient eu une réponse dans le Motu Proprio Summorum Pontificorum du 7 juillet 2007 (pour la liturgie) et dans la levée de l’excommunication des 4 évêques le 21 janvier de cette année.

 

Caritas in veritate. Le titre de la dernière encyclique pourrait également servir de sous-titre à ce Motu Proprio, tant il caractérise la conduite du pape dans sa responsabilité pastorale : la charité dans la vérité. Charité, car le pape veut montrer sa paternelle sollicitude envers la Fraternité Saint Pie X ; il fait tout pour faciliter le dialogue. Mais dans la clarté et dans la vérité aussi. Le texte rappelle que « tant que les questions doctrinales ne seront pas éclaircies, la Fraternité n’a pas de statut canonique dans l’Eglise et que ses ministres ne peuvent exercer aucun ministère légitime. » Le pape sait que les vraies difficultés sont d’ordre doctrinal et qu’une véritable communion dans l’Eglise ne saurait s’établir sur des ambiguïtés ou un flou doctrinal.

 

Lisant ce Motu Proprio, il m’est venu à l’esprit cette suggestion : pourquoi ne pas confier ce dialogue, qui va s’ouvrir avec la Fraternité Saint Pie X, à l’intercession de Sainte Catherine de Sienne qui a vécu dans une période de grande crise de l’Eglise une véritable passion de l’unité ?

 

Bordeaux, le 8 juillet 2009,

 

+ Jean-Pierre cardinal RICARD

***

Commentaire du jour : "Arrachez donc les ronces des péchés mortels et plantez des vertus" (Sainte Catherine)

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 11:46

L'abbé Bruno Le Pivain, nouveau Curé de la cathédrale d'Angers, analyse le Motu proprio Ecclesiae Unitatem de Benoît XVI. Quelle continuité avec les précédents gestes de Benoît XVI en direction de la Fraternité Saint Pie X ? Quel contexte particulier désormais pour les discussions doctrinales entre Rome et Ecône ? Quelle place pour les instituts « Ecclesia Dei » dans cette nouvelle organisation ?


* Publication du Motu Proprio Ecclesiae unitatem
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 19:42

Benoît XVI a publié mercredi 8 juillet le motu proprio "Ecclesiae unitatem" par lequel il rattache la Commission "Ecclesia Dei" à la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Comme il l’avait annoncé le 10 mars dernier dans sa Lettre aux Evêques de l’Église catholique, Benoît XVI a donc décidé mercredi 8 juillet de joindre « de façon étroite » la Commission "Ecclesia Dei" à la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Le dialogue théologique et doctrinal doit désormais s’ouvrir avec la Fraternité Saint-Pie-X.

Par ce motu proprio et selon ses termes «  le Pape souhait montrer sa sollicitude paternelle à la fraternité Saint-Pie X afin qu’elle retrouve la pleine communion avec l’Église ». Pour le Cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux et membre jusqu’ici de la Commission Ecclesia Dei, cette nouvelle organisation est avant tout logique.

***
Le Figaro, Le pape dialogue avec les lefebvristes
AFP
08/07/2009 | Mise à jour : 14:20

Le pape Benoît XVI a officiellement ouvert le dialogue doctrinal avec les lefebvristes de la Fraternité Saint Pie X mercredi, en publiant un motu proprio qui réorganise l'instance de la curie romaine chargée du schisme intégriste ouvert en 1988. Intitulé Ecclesiae unitatem, le motu proprio (décret), daté du 2 juillet mais rendu public mercredi, "joint de façon étroite" la Commission Ecclesia Dei (créée par Jean-Paul II au lendemain du schisme pour y remédier) à la Congrégation pour la doctrine de la foi, indique Benoît XVI dans ce document.
"Parce que les problèmes qui doivent être traités avec la Fraternité sont de nature essentiellement doctrinale, j'ai décidé (...) de repenser la structure de la commission Ecclesia Dei, la joignant de façon étroite à la Congrégation pour la doctrine de la foi", affirme le pape.

***


Ecclesiae Unitatem : nouveau statut de la commission Ecclesia Dei


Pour « servir la communion universelle de l’Eglise »

 

ROME, Mercredi 8 juillet 2009 (ZENIT.org) - « L'unité de l'Eglise », indiquée par Benoît XVI comme une des priorités de son pontificat, dès son élection, en avril 2005, est aussi le titre de son nouveau motu proprio concernant le nouveau statut de la commission pontificale « Ecclesia Dei », chargée des questions concernant les rapports entre l'Eglise catholique et la fraternité lefebvriste Saint-Pie X. Il s'agit en effet, souligne le pape, de « servir la communion universelle de l'Eglise ». Le pape s'adresse spécialement « à tous ceux qui désirent vraiment l'unité ».

Le pape Benoît XVI publie aujourd'hui, en date du 2 juillet (anniversaire de l'institution de la commission) cette lettre apostolique en forme de motu proprio, intitulée « Ecclesiae Unitatem ». Le pape avait annoncé dès mars dernier vouloir rattacher la commission pontificale à la Congrégation pour la doctrine de la foi, les questions disputées tenant à la doctrine de l'Eglise, avant de toucher à la liturgie. Le motu proprio est publié en même temps qu'un communiqué du cardinal Levada à ce sujet.

L'unité et l'annonce de l'Evangile

« La tâche de garder l'unité de l'Eglise, avec la sollicitude d'offrir à tous les aides pour répondre de la façon opportune à cette vocation et à cette grâce divine, revient de façon particulière au Successeur de Pierre, qui est le principe et le fondement perpétuel et visible de l'unité des évêques et des fidèles », souligne Benoît XVI en citant implicitement Lumen Gentium.

Le pape indique comme « la priorité suprême et fondamentale de l'Eglise », à toutes les époques, « de conduire les hommes vers la rencontre avec Dieu » et que cette priorité doit être « favorisée » par « l'engagement d'arriver à un témoignage commun de foi de tous les chrétiens ».

... c'est justement pour « traiter ces problèmes » qui sont « de nature essentiellement doctrinale », que le pape a décidé de « repenser la structure de la commission Ecclesia dei en la reliant étroitement à la Congrégation pour la doctrine de la foi ».

... Benoît XVI conclut en soulignant que ces décisions sont une manifestation de sa « sollicitude paternelle » pour la Fraternité Saint-Pie X, pour qu'elle puisse retrouver « la pleine communion avec l'Eglise ».

Le pape achève cette lettre apostolique par une invitation « pressante » à tous les catholiques à « prier sans cesse Notre Seigneur, par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, "ut unum sint".


***

Le 08 juillet 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Voici une traduction du Motu Proprio de Benoît XVI (2 juillet) intitulé Ecclesiae Unitatem, réorganisant la Commission pontificale Ecclesia Dei:

"Le Successeur de l'Apôtre Pierre a le devoir de veiller à l'unité de l'Eglise, en soutenant de manière opportune les vocations que la grâce a accordé aux uns et aux autres. Il est la référence visible permanente et le fondement de l'unité des pasteurs comme des fidèles. De tout temps la priorité de l'Eglise est de conduire vers Dieu les hommes, vers une rencontre qui doit être facilité par un témoignage de foi commun à tous les chrétiens. En fidélité à ce mandat, après l'ordination épiscopale conférée illicitement par Mgr. Marcel Lefebvre à quatre prêtres le 30 juin 1988, Jean-Paul II institua le 2 juillet suivant la Commission pontificale Ecclesia Dei. Cet organisme est depuis chargée de collaborer avec les évêques, la Curie Romaine et les milieux traditionalistes concernés afin de faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres et séminaristes, communautés religieuses ou religieux et religieuses individuels jusqu'alors liés à la Fraternité fondée par Mgr. Lefebvre et désireux de rester unis au Pape dans l'Eglise catholique tout en conservant leurs traditions spirituelles et liturgiques comme convenu dans l'accord signé le 5 mai 1988 par le Cardinal Ratzinger et Mgr. Lefebvre. C'est dans cette ligne et pour servir visiblement la communion universelle de l'Eglise, afin que tous ceux qui ont un vrai désir d'unité puissent la conserver ou la retrouver, que par le
Motu Proprio Summorun Pontificium j'ai voulu actualiser, préciser et élargir l'usage du missel romain de 1962".

"Dans le même esprit et avec le même engagement à favoriser le dépassement des fractures et des divisions au sein de l'Eglise, en l'occurrence de guérir une blessure infectée du tissu ecclésial, j'ai levé l'excommunication qui frappait les évêques ordonnés illicitement par Mgr. Lefebvre. J'ai ainsi voulu lever un obstacle à l'ouverture du dialogue et inviter les évêques de la Fraternité St. Pie X a reprendre le chemin de la pleine communion avec l'Eglise. Comme je l'ai expliqué dans ma
Lettre du 10 mars dernier à l'épiscopat catholique, la levée des excommunications constitue une mesure disciplinaire destinée à libérer les personnes du poids de cette grave sanction. Ceci étant, les questions doctrinales demeurent et, tant qu'elles ne seront pas résolues, la Fraternité St. Pie X ne jouira d'aucun statut canonique dans l'Eglise. Ses ministres exercent illégitimement leurs ministères".

"Les questions devant désormais être traitées avec la Fraternité étant essentiellement doctrinales, j'ai décidé, 20 ans après le Motu Proprio Ecclesia Dei et comme je m'étais réservé de le faire, de refondre la Commission Ecclesia Dei en la reliant étroitement à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle se composera désormais d'un Président en la personne du Préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, assisté d'un Secrétaire et d'Officials. Secondé par le Secrétaire, le Président soumettra les cas et sujets éminemment doctrinaux à l'étude et au jugement des instances ordinaires de la Congrégation, avant d'en soumettre les résultats aux dispositions du Souverain Pontife".

Par cette mesure, conclut le Saint-Père Benoît XVI , "j'entends en particulier montrer ma paternelle sollicitude envers la Fraternité St. Pie X, dans la perspective de son retour à la pleine communion avec l'Eglise. J'invite vivement à tous les fidèles à prier le Seigneur, par l'intercession de Marie, afin que Ut Unum Sint".



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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 19:00

Dans le numéro daté du 4 juillet de l'Homme nouveau, Mgr Marc Aillet, le nouvel évêque de Bayonne, nous offre un entretien. En voici des extraits, via Le Salon Beige :

"Le Christ nous dit en quelque sorte : vous n’avez pas à annoncer l’Évangile seulement à ceux qui vous ressemblent, à ceux qui sont déjà dans les synagogues, à ceux qui sont en Palestine et que vous connaissez, qui ont la même culture. Vous devez annoncer l’Évangile à toutes les nations jusqu’aux extrémités de la terre.

Mais, pour un tel dessein, nous avons besoin de communautés, de vraies fraternités qui vivent autour de la Parole et des sacrements. Pour acquérir cette conscience missionnaire et pour rejoindre ceux que nous ne touchons pas habituellement, nous avons besoin d’aide. Disons-le clairement : nous avons besoin de ces fameuses communautés nouvelles, fraternelles, animées d’une véritable audace évangélisatrice. Nous en avons besoin pour ce qu’elles sont et non pas forcément pour remplacer les prêtres dans le ministère habituel en milieu paroissial. C’est aux curés, qui prennent conscience de leur besoin d’être aidés pour cette première annonce de l’Évangile, d’accueillir ces communautés nouvelles. Le Seigneur les a suscitées pour cela."
Le Salon Beige

L'Eglise et le monde : non au dialogue consensuel

"D’une manière très globale, nous constatons que les repères sont brouillés. Les gens n’ont plus de critères de discernement pour opérer un choix libre. Ils se trouvent de ce fait encore plus vulnérables par rapport à des actes posés par l’extérieur, par des pressions morales, par des médias qui font l’opinion publique. L’Église a donc l’impérieux devoir d’avoir une parole claire et sans concession sur tous les sujets qui touchent à la morale. J’estime que pour qu’un débat soit vraiment démocratique, il faut que l’on puisse exprimer ses convictions, sans avoir à s’excuser. Il ne faut pas que l’Église se contente d’entrer dans un dialogue consensuel avec le monde. Elle a longtemps semblé croire que le monde désire dialoguer avec elle. Ce n’est pas le cas ! Et si c’était vraiment le cas, peut-être serait-ce l’indice que le sel s’est affadi.

Pour ma part, je crois en la mission prophétique de l’Église. Cette mission prophétique n’est pas soumise aux lois de la communication. Si Jésus avait soumis son annonce à la communication, cela se saurait, et il ne serait certainement pas mort sur la Croix pour nous sauver."
Le Salon Beige

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 07:21

 

ROME, Mercredi 3 juin 2009 (ZENIT.org) - Les jeunes ne connaissent aujourd’hui « plus rien ou presque de la doctrine catholique », a déploré le Secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique et Président de la Commission doctrinale des évêques de France Mgr Jean-Louis Bruguès, de en évoquant l’impact de la sécularisation qui a « profondément transformé nos Eglises ».

Lors d’une rencontre avec les recteurs des séminaires pontificaux, le secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique a souligné l’importance de revoir les « programmes de formation » de ces jeunes qui n’ont plus aucun « background culturel ». Son intervention a été publiée le 3 juin dans L’Osservatore Romano.

« Je suis convaincu depuis longtemps que la sécularisation est devenue un terme-clé pour penser dans notre société, aujourd’hui, mais aussi dans notre Eglise », a affirmé Mgr Bruguès.

 

« Quelle que soit la forme qu’elle a prise, la sécularisation a provoqué dans nos pays un écroulement de la culture chrétienne », a-t-il expliqué. « Les jeunes qui se présentent dans nos maisons de formation ne connaissent plus rien ou presque de la doctrine catholique, de l’histoire de l’Eglise et de ses coutumes ». « Cette inculture généralisée nous oblige à effectuer des révisions importantes dans la pratique suivie jusqu’à aujourd’hui ».

Pour le haut prélat français, cette « confrontation avec la sécularisation dans nos sociétés a profondément transformé nos Eglises ». « Nous sommes passés d’une Eglise ‘d’appartenance’, dans laquelle la foi était donnée à la naissance, à une Eglise de ‘conviction’, où la foi se définit comme un choix personnel et courageux, souvent en opposition avec son groupe d’origine ».

... Pour Mgr Bruguès, « l’environnement social d’appartenance ne les soutient plus : ils ont choisi d’être prêtres par conviction et ont renoncé, pour cette raison, à toute ambition sociale ».

Pour ces jeunes à qui il manque « le background culturel nécessaire », Mgr Bruguès a prescrit « une période - d’une année ou plus - de formation initiale, de ‘rattrapage’, d’un genre en même temps catéchétique et culturel ». « Les programmes peuvent être conçus de manière différente, en fonction des besoins spécifiques du pays ». « Personnellement, je pense volontiers à une année complète pour l’assimilation du Catéchisme de l’Eglise catholique, qui se présente comme un compendium très complet », a-t-il ajouté.

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