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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 10:42

Source: E. Christian Brugger

National Catholic Register

26 février 2018

‘The New Paradigm,’ Conscience and the Death of Catholic Morality 

Le nouveau paradigme, la conscience et la mort de la morale catholique

COMMENTAIRE: Les récents commentaires du secrétaire d'État du Vatican sur Amoris Laetitia élève la conscience à un degré qui relativise l'objectivité de la loi morale.

 

E. Christian Brugger

 

Dans un récent entretien à Vatican News, le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, soutient que le raisonnement controversé exprimé dans l'exhortation apostolique Amoris Laetitia (La joie de l'amour) représente un "changement de paradigme" dans le raisonnement de l'Église, découlant d'un "nouvel esprit", dont l'Église a besoin pour mener "le processus d'application des directives d'Amoris Laetitia."

Sa référence à un "nouveau paradigme" est trouble. Mais sa signification ne l'est pas. Il se réfère entre autres à un nouveau compte de conscience qui exalte la subjectivité du processus de décision à un degré qui relativise l'objectivité de la loi morale. Pour comprendre ce récit, nous pourrions d'abord regarder une maxime favorisée du pape François: "La réalité est plus grande que les idées".

Il n'admet aucune interprétation unidimensionnelle, ce qui explique sans doute pourquoi il est attrayant pour le "pape des paradoxes". Mais dans un domaine, l'arène de la doctrine et de la praxis, une signification claire a émergé. Le dogme et la doctrine constituent des idées, tandis que la praxis (c'est-à-dire l'expérience concrète vécue des personnes) est une réalité : "L’idée – les élaborations conceptuelles – est fonction de la perception, de la compréhension et de la conduite de la réalité." (Evangelii Gaudium, 232).

En relation avec la controverse suscitée par Amoris Laetitia, les "idées" sont interprétées comme signifiant la doctrine de l'Église sur des questions morales épineuses telles que, mais pas seulement, la communion pour les divorcés et remariés civilement, et la "réalité" signifie les circonstances concrètes - la prise de décision des catholiques ordinaires.

Si nous regardons la réalité, nous pouvons voir qu'un grand nombre (une majorité?) De catholiques croient que les normes de la morale sexuelle de l'Église sont "détachées des réalités" des gens ordinaires. Si nous connaissons cela, nous privilégions toujours un modèle éthique d'obéissance à la doctrine, nous demeurons dangereusement "dans le seul domaine des mots", accrochés aux "objectifs plus idéaux que réels" et exigeant des simples pécheurs des "purismes angéliques" (Evangelii Gaudium, 231). Par conséquent - puisque les réalités sont plus grandes que les idées - les idées (les doctrines morales) devraient être revues dialectiquement pour voir si une synthèse plus élevée peut être atteinte où les idées et les réalités peuvent être réconciliées, en privilégiant bien sûr celles-ci.

 

Reformuler la conscience

 

Où pouvons-nous trouver cette résolution plus élevée? En reformulant la compréhension catholique traditionnelle de la conscience morale. L'Église a toujours enseigné que l'on a le devoir de suivre sa conscience, même si sa conscience est dans l'erreur. Si l'erreur n'est pas de sa faute, alors la conscience conserve sa dignité (voir Gaudium et Spes, 16). Ceci s'applique à tout le monde, aux chrétiens comme aux non-croyants. Tous doivent respecter leurs consciences.

En fait, il y a un péché, même pour l'athée, si la voix de la conscience est rejetée. Jusqu'ici tout va bien.

Mais maintenant une fissure commence à se former dans la digue. De la maxime, il s'ensuit que bien qu'il y ait effectivement une loi morale objective - le "nouveau paradigme" écarte régulièrement le relativisme éthique - cette loi représente l'idée, alors que la réalité est le processus subjectif des gens qui se forgent leur propre opinion sur la manière de suivre les préceptes de la loi.

Il s'ensuit également que si les catholiques ordinaires observent leurs expériences concrètes à la lumière de ce que l'Église a à dire sur certains sujets (remariage civil, contraception et comportement homosexuel), ils entreprennent un processus sincère de décision sur ce qu'ils doivent faire en relation à cet égard; et s'ils concluent que l'enseignement moral de l'Église est erroné ou inadéquat; et si, en agissant sur ce jugement, ils choisissent contre l'enseignement de l'Église, alors leurs consciences ne perdent pas leur dignité.

Ce qui suit est entièrement étranger et contraire à l'enseignement catholique sur la conscience. Le "nouveau paradigme" soutient que si un prêtre croit que les circonstances de telles personnes n'admettent pas de résolution simple par la conformité à l'enseignement moral de l'Église, et s'il croit également que ces personnes ont entrepris un processus de discernement avec un désir sincère de faire la volonté de Dieu, le prêtre, agissant sur cette présomption, peut les libérer afin de participer aux sacrements de l'Église sans une ferme résolution de cesser leur comportement peccamineux objectif.

Bien que le "nouveau paradigme" revendique une sorte de continuité plus profonde et plus pure avec la tradition morale catholique, il constitue en réalité un départ radical. Je mentionne ici quatre façons de le faire, sans intention d'être exhaustif.

 

Il est mortellement naïf d'un point de vue pastoral.

Car bien que les gens puissent être invinciblement ignorants dans le choix du mal grave et donc manquer de culpabilité, quel prêtre ou pasteur peut le savoir avec certitude? Les gens eux-mêmes ne peuvent pas lui dire qu'ils ignorent la vérité sans rapprocher dangereusement leur ignorance du contact avec la lumière de la vérité. Donc le prêtre doit l'induire, et en inférer avec une certitude suffisante pour être sûr que ces gens ont une conscience non coupable. Mais une telle certitude n'est pas accessible à un prêtre ou à un être humain. Le peuple peut en effet être coupablement ignorant, auquel cas coupable de péché mortel. Leur ignorance pourrait être le résultat de la rationalisation ou de l'auto-tromperie. Ou ils peuvent feindre l'ignorance pour convaincre le prêtre qu'ils sont de bonne foi. Tout bon pasteur sait - si ce n'est par d'autres moyens qu'en regardant son propre cœur - la tendance des pécheurs à justifier ses propres malheurs.

Il suppose qu'il vaut mieux laisser les gens dans l'ignorance invincible que de les guider dans la plénitude de la vérité; ce qui implique que choisir des actes gravement mauvais de bonne foi est neutre pour le bien-être humain .

Cette implication est manifestement fausse. Les actes pervers sont mauvais pour nous même si nous les choisissons de bonne foi. Ils déforment notre caractère, déforment notre vision du bien et du mal et nuisent aux gens, même si nous sommes invinciblement ignorants de leur méchanceté.

Les divorcés remariés, par exemple, qui sont libérés par les prêtres pour retourner aux sacrements, adopteront très probablement une idée fausse sur le vrai caractère de la Sainte Eucharistie, dans laquelle la peur salutaire du sacrilège a été exorcisée. Ils peuvent devenir aveugles à l'exemple qu'ils donnent à leurs enfants à propos du mariage et de son caractère indissoluble, et devenir ainsi prêts à faire injustement du tort au système de croyance de leurs enfants. Ils peuvent encourager d'autres couples dans les mariages en détresse à chercher la "voie de l'accompagnement et du discernement", même lorsque les autres ne sont pas de bonne foi. Ils peuvent devenir aveugles au scandale que leur situation irrégulière menace pour les frères et soeurs catholiques vulnérables.

Les autres qui les voient continuer leur vie comme en pleine conformité avec l'enseignement du Christ sur l'adultère peuvent en venir à croire que l'adultère n'est pas toujours mauvais, ou que la question de la validité des premiers mariages populaires n'est pas si importante, ou tous les mariages chrétiens consommés ne sont absolument pas indissolubles, ou que de mauvais actes peuvent parfois être choisis pour de bonnes raisons, ou que la réception de la Sainte Eucharistie est compatible avec un comportement adultère, ou que l'Eucharistie n'est pas si sainte.

En d'autres termes, bien qu'ils soient de bonne foi, ils deviennent le genre de personnes qui voient et traitent le mariage différemment de la manière dont Jésus le fait dans les Evangiles et qui commencent à tolérer le mal injuste que leur exemple menace.

Donc, même s'ils sont invinciblement ignorants du fait que leurs modes de vie et leurs actions sont objectivement gravement désordonnés (et certains ne le seront sûrement pas); continuer à vivre dans cet état est mauvais pour eux et pour la communauté chrétienne. Le devoir d'un prêtre est de les aider à comprendre leur situation noueuse afin qu'ils puissent ordonner leur vie selon les enseignements de Jésus-Christ.

Il minimise - au point de rejeter - la vérité que le paradis et l'enfer sont ce qui est en jeu dans le choix du mal grave.

Instaurer une politique pastorale laissant les gens dans un état putatif d'ignorance invincible alors qu'ils continuent manifestement à commettre des actions objectivement gravement pécheresses minimise la réalité du péché mortel et ses conséquences pour le salut. Car, puisque personne ne peut savoir avec certitude si ces personnes sont de bonne foi, les pasteurs qui les libèrent risquent de les mettre en danger de perdre leur salut.

La foi catholique enseigne que "le péché mortel existe aussi quand une personne choisit sciemment et volontairement, pour quelque raison que ce soit, quelque chose de gravement désordonné"; cela inclut "tout acte de désobéissance aux commandements de Dieu dans une affaire grave".

Les actes sexuels perpétrés avec quelqu'un d'autre que son conjoint valide sont toujours graves. Les divorcés remariés civilement et actifs sexuellement sans annulation peuvent croire que leurs actes et leur mode de vie sont agréables à Dieu. Mais leur style de vie est objectivement pécheur. Et si leurs premiers mariages étaient en fait valables - une possibilité que seul le processus canonique d'annulation peut normalement exclure - alors ils vivent, selon les enseignements explicites de Jésus, dans l'adultère. Supposer qu'ils sont de bonne foi parce qu'ils semblent être et parce qu'ils disent qu'ils ont raison avec Dieu est spirituellement imprudent.

Nous avons beaucoup entendu récemment sur la façon dont nous devrions avoir confiance en la miséricorde illimitée de Dieu pour notre salut. On pourrait noter que le Concile de Trente enseignait infailliblement que la foi qui justifie n'est pas la confiance en la seule miséricorde de Dieu, même si elle est illimitée. C'est la confiance qui travaille à travers la charité. Et l'enseignement catholique insiste sur le fait que la charité et la grâce qui justifient sont perdues par chaque péché mortel librement choisi. Les personnes peuvent avoir la foi pour déplacer des montagnes, mais si elles ne se repentent pas sincèrement de leurs péchés, leur foi est morte et elles restent mortes dans leurs péchés. C'est ce que Saint Jacques veut dire quand il enseigne que "la foi sans les œuvres est morte". Cela ne sauve pas.

En même temps, quiconque est tombé dans le péché mortel peut ressusciter par la grâce de Dieu. Tout ce qu'il doit faire est de se repentir sincèrement de ses péchés dans le sacrement de la pénitence et de se résoudre, comme la femme surprise dans l'adultère, à ne plus pécher.

Son récit de conscience transforme l'idée traditionnelle de la culpabilité subjective des pécheurs en une sorte de carte "sortie de prison" pour ceux qui luttent contre les commandements.

Les bons prêtres et directeurs catholiques n'ont pas été des pasteurs néandertaliens. Ils ont toujours été sensibles à la culpabilité subjective des pécheurs. Ils ont toujours compris que des situations complexes peuvent survenir lorsque la capacité des gens à comprendre ce qu'ils font est psychologiquement obscurcie, et cela peut influencer leur culpabilité subjective, jusqu'à les rendre impuissants dans leur commission d'actes objectivement gravement mauvais.

 

Comme le dit le pape Jean Paul dans Veritatis Splendor :

"[D]e considérations d'ordre psychologique, on ne peut passer à la constitution d'une catégorie théologique, ... entendue de telle manière que, sur le plan objectif, elle changerait ou mettrait en doute la conception traditionnelle du péché mortel" (70)

Mais c'est ce que le "nouveau paradigme" a effectivement fait. Il a créé une nouvelle catégorie de personnes qui, au nom d'une "conscience individuelle" sincère, sont dispensées de l'obéissance à la loi morale de Jésus. Le "nouveau paradigme" les appelle "pécheurs sur la voie de l'accompagnement et du discernement". S'ils décident eux-mêmes que les normes morales objectives ne s'appliquent pas à eux, ils sont libres de ne pas les suivre et de rester catholiques. Comment cela peut-il concorder avec avec Veritatis Splendor ? :

"Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n'y a de privilège ni d'exception pour personne. Que l'on soit le maître du monde ou le dernier des « misérables » sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux." (96

Le "nouveau paradigme"- bien que ne l'ait jamais explicitement dit permet aux prêtres et aux évêques d'affirmer simultanément qu'ils acceptent l'enseignement moral de l'Église et pourtant de libérer les "consciences individuelles" qui ne vivent pas par cet enseignement pour continuer à ne pas vivre par elle, tout en approchant la Table du Seigneur.

 

E. Christian Brugger est chercheur principal en éthique à la Fondation de la culture de la vie à Washington, DC

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 12:37

Des ex-musulmans convertis au catholicisme et aidés par leurs amis ont écrit une lettre ouverte au pape François suite à son attitude vis-à-vis de l’islam. Obtiendront-ils une réponse ? (Pro Liturgia, Actualité du mercredi 3 janvier 2018)

Des ex-musulmans convertis au catholicisme écrivent au pape

Des ex-musulmans devenus catholiques, et leurs amis,
à Sa Sainteté le pape François,
au sujet de son attitude vis-à-vis de l’islam.

Très Saint Père,

Plusieurs d’entre nous, à maintes reprises, et depuis plusieurs années, avons cherché à vous contacter, et nous n’avons jamais reçu le moindre accusé de réception de nos lettres ou demandes de rencontre. Vous n’aimez pas les mondanités, et nous non plus, aussi permettez-nous de vous dire très franchement que nous ne comprenons pas votre enseignement au sujet de l’islam, tel que nous le lisons par exemple dans les paragraphes 252 et 253 de Evangelii gaudium, parce qu’il ne rend pas compte du fait que l’islam venant APRÈS le Christ, est, et ne peut être qu’un Antichrist (Cf. 1 Jn 2.22), et l’un des plus dangereux qui soient du fait qu’il se présente comme l’accomplissement de la Révélation (dont Jésus n’aurait été qu’un prophète). Si l’islam est en lui-même une bonne religion, comme vous semblez l’enseigner, pourquoi sommes-nous devenus catholiques ? Vos propos ne remettent-ils pas en cause le bienfondé du choix que nous avons fait… au péril de notre vie ? L’islam prescrit le meurtre des apostats (Coran 4.89 ; 8.7-11), l’ignorez-vous ? Comment est-il possible de comparer la violence islamique et la prétendue violence chrétienne ?! « Quel rapport entre le Christ et Satan ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ?(2 Co 6.14-17) » Conformément à Son enseignement (Lc 14.26), nous L’avons préféré, Lui, le Christ, à notre propre vie. Ne sommes-nous pas bien placés pour vous parler de l’islam ?

En réalité, du moment que l’islam veut que nous soyons son ennemi, nous le sommes, et toutes nos protestations d’amitié n’y pourront rien changer. En bon Antichrist, l’islam n’existe qu’en étant l’ennemi de tous : « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! (Coran 60.4) ». Pour le Coran, les chrétiens « ne sont qu’impureté (Coran 9.28) », « les pires de la Création (Coran 98.6) », tous condamnés à l’Enfer (Coran 4.48), aussi Allah doit-il les exterminer (Coran 9.30). Il ne faut pas se laisser abuser par les versets coraniques réputés tolérants, car ils ont tous été abrogés par le verset du Sabre (Coran 9.5). Alors que l’Évangile annonce la bonne nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour le salut de tous, accomplissement de l’Alliance initiée dans le peuple hébreu, Allah n’a rien d’autre à proposer que la guerre et le meurtre des « infidèles » en échange de son paradis : « Ils combattent dans le chemin d’Allah, ils tuent et se font tuer. (Coran 9.111) ». Nous ne faisons pas d’amalgame entre islam et musulmans, mais si pour vous le « dialogue » est la voie de la paix, pour l’islam il est une autre façon de faire la guerre. Aussi, comme il l’a été face au nazisme et au communisme, l’angélisme face à l’islam est suicidaire et très dangereux. Comment parler de paix et cautionner l’islam, ainsi que vous semblez le faire : « Arracher de nos cœurs la maladie qui empoisonne nos vies (…) Que ceux qui sont chrétiens le fassent avec la Bible et que ceux qui sont musulmans le fassent avec le Coran. (Rome, 20 janvier 2014) » ? Que le Pape semble proposer le Coran comme voie de salut, n’est-ce pas inquiétant ? Devrions-nous retourner à l’islam ?

Nous vous supplions de ne pas chercher en l’islam un allié dans le combat que vous menez contre les puissances qui veulent dominer et asservir le monde, car ils sont tous en réalité dans une même logique totalitaire, fondée sur le rejet de la royauté du Christ (Lc 4.7). Nous savons que la Bête de l’Apocalypse cherchant à dévorer la Femme et son Enfant, a plusieurs têtes… Allah défend d’ailleurs de telles alliances (Coran 5.51) ! Et surtout, les prophètes ont toujours reproché à Israël sa volonté d’alliance avec les puissances étrangères, au détriment de la confiance absolue qu’il faut avoir en Dieu. Certes, la tentation est forte de penser que tenir un discours islamophile épargnera un surcroît de souffrances aux chrétiens en pays devenus musulmans, mais outre que Jésus ne nous a jamais indiqué d’autre chemin que celui de la Croix, en sorte que nous devons y trouver notre joie, et non la fuir avec tous les damnés, nous ne doutons pas que seule la proclamation de la Vérité apporte avec le salut, la liberté (Jn 8.32). Notre devoir est de rendre témoignage à la vérité « à temps et à contretemps (2 Tm 4.2) », et notre gloire est de pouvoir dire avec saint Paul : « Je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. (1 Co 2.2) ».

Corrélativement au discours de Votre Sainteté sur l’islam, et alors même que le Président Erdogan, entre autres, demande à ses compatriotes de ne pas s’intégrer dans leurs pays hôtes, que l’Arabie Saoudite et toutes les pétromonarchies n’accueillent aucun réfugié, expressions parmi d’autres du projet de conquête et d’islamisation de l’Europe, officiellement proclamé par l’OCI et d’autres organisations islamiques depuis des décennies, Très saint Père, vous prêchez l’accueil des migrants sans tenir compte du fait qu’ils sont musulmans, alors que le commandement apostolique l’interdit : « Si quelqu’un vient à vous en refusant l’Évangile, ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 10-11) » ; « Si quelqu’un vous annonce un évangile différent, qu’il soit maudit ! (Ga 1.8-9) ».

De même que « J’ai eu faim et vous ne M’avez pas donné à manger. (Mt 25.42) » ne peut pas signifier que Jésus aurait aimé avoir été un parasite, de même « J’étais un étranger et vous M’avez accueilli. » ne peut pas signifier « J’étais un envahisseur et vous M’avez accueilli. », mais « J’ai eu besoin de votre hospitalité, pour un temps, et vous Me l’avez accordée ». Le mot ξένος (Xénos) dans le Nouveau Testament ne renvoie pas seulement au sens d’étranger mais à celui d’hôte (Rm 16.23 ; 1 Co 16.5-6 ; Col 4.10 ; 3 Jn 1.5). Et lorsque YHWH dans l’Ancien Testament commande de bien traiter les étrangers parce que les Hébreux ont eux-mêmes été étrangers en Égypte, c’est à la condition que l’étranger s’assimile si bien au peuple élu qu’il en prenne la religion et en pratique le culte… Jamais il n’est question d’accueillir un étranger qui garderait sa religion et ses coutumes ! Aussi, nous ne comprenons pas que vous plaidiez pour que les musulmans pratiquent leur culte en Europe. Le sens de l’Écriture ne doit pas être donné par les tenants du mondialisme, mais dans la fidélité à la Tradition. Le Bon Berger chasse le loup, il ne le fait pas entrer dans la bergerie.

Le discours pro-islam de Votre Sainteté nous conduit à déplorer que les musulmans ne soient pas invités à quitter l’islam, que nombre d’ex-musulmans, tel Magdi Allam, quittent l’Église, écœurés par sa lâcheté, blessés par des gestes équivoques, confondus du manque d’évangélisation, scandalisés par l’éloge fait à l’islam… Ainsi les âmes ignorantes sont-elles égarées, et les chrétiens ne se préparent pas à la confrontation avec l’islam, à laquelle les a appelés saint Jean Paul II (Ecclesia in Europa, n°57). N’avez-vous jamais entendu votre confrère Mgr Emile Nona, archevêque catholique chaldéen, exilé, de Mossoul, nous crier : « Nos souffrances actuelles sont le prélude de celles que vous, Européens et chrétiens occidentaux, allez souffrir dans un proche avenir. J’ai perdu mon diocèse. Le siège de mon archevêché et de mon apostolat a été occupé par des islamistes radicaux qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourrions. (…) Vous accueillez dans votre pays un nombre toujours croissant de musulmans. Vous êtes aussi en danger. Vous devez prendre des décisions fortes et courageuses (…). Vous pensez que tous les hommes sont égaux, mais l’Islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. (…) Si vous ne comprenez pas ceci très vite, vous allez devenir les victimes de l’ennemi que vous avez accueilli chez vous. (9 août 2014) ». C’est une question de vie ou de mort, et toute complaisance face à l’islam est une trahison. Nous ne voulons pas que l’Occident continue à s’islamiser, ni que votre action y contribue. Où irions-nous à nouveau chercher refuge ?

Permettez-nous de demander à Votre Sainteté de convoquer rapidement un synode sur les dangers de l’islam. Que reste-t-il en effet de l’Église là où l’islam s’est installé ? Si elle y a encore droit de cité, c’est en dhimmitude, à condition qu’elle n’évangélise pas, qu’elle doive donc se renier elle-même… Dans un souci de justice et de vérité, l’Église doit montrer au grand jour pourquoi les arguments avancés par l’islam pour blasphémer la foi chrétienne sont faux. Si l’Église a le courage de faire cela, nous ne doutons pas que par millions, des musulmans, et d’autres hommes et femmes cherchant le vrai Dieu, se convertiront. Comme vous l’avez rappelé : « Celui qui ne prie pas le Christ, prie le Diable. (14.03.13) ». Si les gens savaient qu’ils vont en Enfer, ils donneraient leur vie au Christ (Cf. Coran 3.55).

Avec le plus profond amour pour le Christ qui, par vous, conduit Son Église, nous, chrétiens venus de l’islam, soutenus par nombre de nos frères dans la foi, notamment les chrétiens d’Orient, et par nos amis, nous demandons à Votre Sainteté de confirmer notre conversion à Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, seul Sauveur, par un discours franc et droit sur l’islam, et, Vous assurant de nos prières dans le cœur de l’Immaculée, nous sollicitons votre bénédiction apostolique.

Liste des noms des signataires

Note du blog Christ-Roi. Nous remarquerons que les justes remarques des "ex-musulmans chrétiens" sur l'islam antichrist viennent en opposition frontale avec la nouvelle vision de Dieu dans le concile Vatican II, où notamment dans "Nostra aetate", "Les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes", un schéma du cardinal Béa adopté contre celui plus traditionnel du cardinal Ottaviani, relativisait le Dieu des chrétiens et le Dieu de l'islam :

 

"3. L'Église regarde aussi avec estime les Musulmans, qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes."

 

... Ce schéma néglige le fait que dans l'islam Dieu n'a pas de Fils et n'a pas été engendré (sourate 112), la notion de la Trinité n'est pas comprise. Saint Jean l'évangéliste n'avait-il pas prévenu que l'esprit antichrist était l'esprit qui divisait le Père ET le Fils : "Le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père ET le Fils ;  23 quiconque refuse le Fils n’a pas non plus le Père..." (I Jn 2 : 22-23) "Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu.  03 Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu : c’est l’esprit de l’anti-Christ" (I Jn 4 : 2-3

 

Comme je l'écrivais en 2008 à propos d'une note de la Commission doctrinale des évêques de France intitulée "Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu ?" (une note qui rappelait certaines vérités mais n'allait pas jusqu'à dénoncer l'"esprit" antichrist dans l'islam) : "Le diable cherche à diviser Jésus du Père, à le séparer de sa filiation divine (Incarnation), à lui ôter sa nature divine en niant l’unité du Père ET du Fils. C'est très clair. Si l'on étudie l'histoire des hérésies, on s'aperçoit que la plupart attaquent le dogme de l'Incarnation d'une manière ou d'une autre."

 

Sur ce point-là aussi, la cohérence ferait du bien. L'ambiguïté du texte de Nosta aetate de Vatican II devra être levée, tôt ou tard.

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 13:28

Le professeur italien De Marco nous invite à plonger dans l'histoire pour découvrir l'origine des thèses et des hérésies répandues dans l'Eglise par une poignée de catholiques influents qui se revendiquent de "l'esprit du Concile" et nous explique pourquoi l'élection du Pape François a redonné vigueur et audace à cette génération conciliaire pourtant vieillissante et en perte de vitesse.

L'"esprit du concile" : "un pélagianisme sans normes sinon celles individuelles, émotionnelles et situationnelles" (Pietro de Marco)
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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 07:32

Source: It’s not ‘dissent’ to criticize ‘confusing cascade of papal novelties’: theologian

Diane Montagna

LifeSite, Tue Oct 31, 2017

 

(Traduction)

Théologien : ce n'est pas de la "dissidence" que de critiquer "la cascade déroutante des nouveautés papales"

Théologien : ce n'est pas de la "dissidence" que de critiquer "la cascade déroutante des nouveautés papales"

 

Le Père théologien Brian Harrison répond aux critiques de la Correction Filiale et fournit des lignes directrices pour aider les catholiques à naviguer dans le difficile papisme du pape François.

 

ROME, le 31 octobre 2017 ( LifeSiteNews ) - Un groupe de plus de 60 érudits a publié cette année une "Correction Filiale" quasiment sans précédent pour le pape François, l'accusant d'avoir permis la propagation de sept hérésies. Cette mesure, inédite depuis le XIVe siècle, a suscité la controverse dans le monde entier, alors que le nombre de signataires est passé à 250 professeurs et prêtres depuis sa publication le 24 septembre.

 

Certains auteurs ont toutefois accusé les signataires de la Correction Filiale de transgresser l'exigence d'un document de 1990 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - Donum Veritatis - qui établit les circonstances dans lesquelles des savants pourraient légitimement attirer l'attention du Saint-Siège de "déficiences" dans un document d'enseignement officiel. Sur cette base, ces critiques accusent les auteurs et les signataires de la Correction Filiale d'être des "dissidents".

 

Nous avons parlé sur les mérites de cette accusation au célèbre théologien Brian Harrison, qui a lui-même refusé de signer la Correction Filiale. Dans cette interview, le père Harrison dit qu'il est loin d'être convaincu que de telles accusations soient légitimes. Il dit qu'elles trahissent une conception de la doctrine de l'infaillibilité papale qui "exagère jusqu'à l'absurdité l'autorité des déclarations papales", et soutient que les théologiens contemporains sont confrontés à une situation de "cauchemar" sans précédent (totalement imprévue en 1990) dans laquelle "un novateur énergique et autoritaire" a pris possession du trône de Saint-Pierre.

 

Voici ci-dessous notre interview avec le p. Harrison.

 

LifeSite : Père Harrison, pouvez-vous s'il vous plaît expliquer à nos lecteurs la nature et le but de Donum Veritatis ? Pouvez-vous donner un exemple d'un cas éminent de théologiens dissidents de l'enseignement magistériel auquel DV s'adresserait? S'appliquerait-il à la réponse dissidente à Humanae Vitae, par exemple?

 

Fr. Harrison : Oui, cela s'appliquait certainement à cela, et à d'autres dissensions répandues des doctrines catholiques.

 

L'Instruction Donum Veritatis a été publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) en 1990 dans le but général d'expliquer la relation entre la vocation du théologien et le rôle du Magistère; mais le contexte historique particulier dans lequel elle a été publiée est très important pour comprendre et appliquer ses normes plus spécifiques. Les deux décennies qui ont suivi Humanae Vitae (1968) ont été le témoin d'une dissidence soutenue contre l'enseignement pérenne de l'Église sur la vie humaine et la sexualité de la part de théologiens éminents comme Charles Curran, Richard McCormick, Bernard Haering, Joseph Fuchs et bien d'autres. Ils voulaient que l'enseignement pérenne de l'Église change substantiellement afin d'admettre non seulement le contrôle artificiel des naissances, mais aussi, dans certains cas, la stérilisation directe, la masturbation, les actes homosexuels, le sexe avant le mariage, l'ordination des femmes et les catholiques divorcés remariés. À un niveau plus fondamental, ces théologiens dissidents niaient l'existence même d'actes intrinsèquement mauvais - c'est-à-dire des actes qui ne peuvent jamais être justifiés en aucune circonstance - et poussaient au remplacement de cette doctrine fondamentale par les alternatives pernicieuses connues sous le nom de conséquentialisme et de proportionnalisme. Ces défis ont conduit à une série de réponses fortes de la part de la CDF sous Paul VI et Jean-Paul II, puis des encycliques Veritatis Splendor et Evangelium Vitae dans les années 1990.

 

Un catholique doit-il donner une soumission et une volonté religieuses aux enseignements de son évêque diocésain?

 

Le Concile Vatican II répond positivement à cette question dans Lumen gentium n ° 25, mais la phrase précédente indique clairement que cela suppose que l'évêque diocésain "enseigne en communion avec le Pontife romain".

 

Mais un évêque diocésain peut-il errer?

 

Certes, et dans le cas où son enseignement est en désaccord avec le magistère papal, alors selon Vatican II, la soumission religieuse de l'esprit et de la volonté n'est pas exigée. Autrefois, il y avait de l'analphabétisme de masse, peu ou pas de journaux et pas de radio, télévision ou internet, cette norme de soumission à l'enseignement de l'évêque local avait probablement une pertinence pratique plus grande qu'aujourd'hui, car il était le seul représentant du magistère à l'enseignement duquel la plupart des catholiques avaient accès - généralement par l'intermédiaire de leur curé. Mais aujourd'hui, sauf dans les pays très pauvres, les catholiques peuvent facilement découvrir, avec leurs téléphones intelligents ou leurs ordinateurs portables, et avec le Catéchisme de l'Église catholique, ce que le Pontife romain enseigne lui-même sur presque tous les problèmes doctrinaux.

 

Donc, la soumission religieuse de l'esprit et de la volonté ne présuppose pas en soi la solidité de l'enseignement en question?

 

Cela présuppose que l'enseignement est solide - ou du moins, très probablement solide. Mais comme je l'ai dit, le devoir de soumission ne s'applique pas à une question doctrinale particulière sur laquelle l'évêque diocésain "n'enseigne pas en communion avec le Pontife romain" (en réalité, très peu d'évêques sont ouvertement et explicitement des dissidents, ils sont beaucoup plus susceptibles pour miner indirectement l'orthodoxie, en échouant à l'enseigner clairement, en ne corrigeant pas les abus, en promouvant les dissidents à des postes clés, en renvoyant ou en marginalisant ceux qui sont orthodoxes et en excluant les candidats orthodoxes pour le sacerdoce sous prétexte de leur prétendue "rigidité".)

 

Mais que devrait faire un catholique si le pontife romain lui-même enseigne quelque chose de contraire à la saine doctrine? Est-ce possible?

 

C'est possible, mais dans la majeure partie de l'histoire de l'Eglise, cela a été rare. Les exemples célèbres de la lettre du pape Honorius soutenant l'hérésie monothélite et les homélies de Jean XXII enseignant une erreur sur la vision béatifique ont souvent été cités comme preuve que tout ce que disent les papes sur la foi et la morale n'est pas infaillible. Mais malheureusement, le pape François a déjà fait au cours de ses quatre premières années de nombreuses déclarations qui ne correspondent pas à la doctrine de ses prédécesseurs - par exemple, ses récents discours et lettres affirmant que la peine capitale est en tant que telle toujours un péché mortel, est "en soi contraire à l'Evangile".

 

Cette cascade déroutante de nouveautés papales est bien sûr le contexte de la Correction Filiale dont nous discutons dans cette interview. Heureusement, le magistère lui-même nous donne des indications utiles pour évaluer le degré plus ou moins élevé d'autorité des différentes déclarations pontificales sur la foi et la morale (qui sont parfois simplement des expressions d'opinion). Vatican II dit que pour comprendre l'esprit et l'intention du Pape, nous devons prendre en compte "le caractère des documents en question, la fréquence avec laquelle une certaine doctrine est proposée, et la manière dont la doctrine est formulée". (Lumen Gentium, 25). Ainsi, lorsque le pape François a déclaré dans un entretien d'avion qu'un mari peut utiliser un préservatif pour empêcher la transmission du virus Zika à sa femme, ce genre de commentaire spontané et informel ne peut pas outrepasser notre devoir d'approbation de  l'enseignement beaucoup plus autoritaire contraire de l'encyclique Humanae Vitae, où Paul VI enseigne que chaque acte de mariage "doit en soi être ouvert à la transmission de la vie" (n ° 11).

 

Que pensez-vous de l'affirmation faite dans le récent article d'Emmett O'Regan selon laquelle Donum Veritatis "illégitimise" la correction filiale?

 

Tout d'abord, je dois mentionner que même si j'ai été invité à signer la Correction Filiale (FC) adressée au pape François en réponse à Amoris Laetitia , j'ai refusé de le faire. Bien que je sois en accord avec la plupart du contenu de la FC, et je suis heureux que son cri-du-coeur ait rapidement attiré l'attention du monde entier, je pense que certaines de leurs plaintes sur les paroles, les actes et les omissions du Saint-Père sont surestimées, pas entièrement justes. Si M. O'Regan, dans l'article de Vatican Insider daté du 3 octobre, s'était borné à signaler de tels défauts dans la FC, je n'aurais aucune dispute avec lui. Cependant, il va beaucoup plus loin, et porte des accusations contre les auteurs qui je pense ne sont pas fondées.

 

Par exemple, il exagère jusqu'à l'absurdité l'autorité des déclarations papales qui, comme Amoris Laetitia , ne contiennent aucune définition ex cathedra (infaillible). Il accuse les auteurs de la FC de nier "l'une des vérités essentielles de l'autorité enseignante du Pontife romain, à qui est accordée l'assistance divine qui l' empêche de s'égarer en matière de foi et de morale, même en enseignant de manière infaillible". Les mots magistraux dans cette phrase ne figurent pas dans les documents magistraux pertinents (voir Donum Veritatis , n ° 17, Catéchisme de l'Église catholique, n ° 892). En les ajoutant, M. O'Regan fait en effet l'affirmation absurde et contradictoire que lorsque les papes parlent de foi et de morale, ils enseignent infailliblement même lorsqu'ils enseignent de façon non infaillible. En effet, l'"assistance divine" limitée donnée au pape dans son magistère ordinaire non infaillible ne l'empêche pas nécessairement de s'égarer; cela rend seulement très peu probable qu'il se trompe. C'est précisément pourquoi un tel enseignement ne requiert qu'un "assentiment religieux d'esprit et de volonté", et non l'assentiment absolu et irrévocable dû à un enseignement infaillible.

 

Dans le même article, M. Emmett fait valoir que: "Puisque les auteurs de la Correction Filiale se sont tournés directement vers les médias pour présenter leur dissidence à Amoris Laetitia (qui fait partie du Magistère Ordinaire du Pape François), cette action a été faite en contravention directe aux directives pour les théologiens dissidents de Donum Veritatis (DV), et devrait donc être considérée comme illicite." Cependant, les auteurs ne se sont pas adressés directement aux médias, mais ont remis la Correction Filiale à la résidence du pape à Sainte Marthe, le 11 août 2017. Leur acte a-t-il contrevenu aux directives concernant les théologiens dissidents présentés en DV?

 

Vous avez raison de dire que les auteurs de la FC n'ont pas "directement", au sens de "immédiatement", poster leur soumission sur Internet. Mais ils ont finalement pris cette mesure, ouvrant ainsi la FC pour la publicité des médias de masse. Et je pense que c'est la principale chose que M. O'Regan pense "illégitime" leur action. Le Dr Robert Fastiggi, un vieil ami à moi, et Dawn Eden Goldstein (que j'ai aussi rencontré et admiré) ont co-écrit une autre critique de la FC qui fait à peu près la même affirmation. Mais je pense que la question de savoir si ces critiques et d'autres semblables ont raison, dépendra d'autres considérations, notamment si les auteurs de la FC peuvent être qualifiés de "dissidents", et à quel point DV est pertinent et applicable au type de présentation qu'ils ont faite maintenant, en 2017, dans un contexte historique et ecclésial très différent de celui dans lequel DV a été promulgué il y a plus d'un quart de siècle.

 

Pouvez-vous en dire un peu plus sur l'objectif original de Donum Veritatis ?

 

Ce document de la CDF réaffirme certains enseignements doctrinaux bien connus sur la foi et la raison, et l'autorité du magistère; mais je comprends que son objectif principal soit d'établir des normes pastorales et prudentielles sur la façon dont les théologiens catholiques, en exerçant leur rôle de savants, devraient - et ne devraient pas - interagir avec les pasteurs de l'Église, qui sont ses enseignants officiels. DV ne promulgue pas de nouvelles lois ni ne rend de nouvelles décisions doctrinales sur des points de foi et de morale.

 

En ce qui concerne son contexte historique, vous avez soulevé la question de savoir dans quelle mesure ses normes disciplinaires sont applicables à la Correction Filiale dans une situation nouvelle qui a surgi vingt-cinq ans plus tard. Pouvez-vous développer ce sujet?

 

Eh bien, comme je l'ai mentionné au début de cette interview, DV est sorti en réponse à l'épidémie de dissidence post-Vatican II contre de nombreuses doctrines catholiques authentiques ou même infaillibles, en particulier des enseignements moraux. Et ce contexte a influencé le contenu du document et les hypothèses qui le sous-tendent. À plusieurs reprises, DV explique clairement le principe fondamental de la CDF, à savoir que les enseignements des papes et des évêques de l'époque (1990) sont, comme toujours, en continuité avec ce qui a été transmis par le passé, alors que les opinions théologiques divergentes qui les intéressent ne le sont pas. Au contraire, ces dernières ont ouvertement un caractère novateur - elles incitent l'Église à "corriger" sa doctrine "dépassée" en accord avec les "idées" modernes supposées et l'opinion publique.

 

Pouvez-vous citer quelques exemples de DV ?

 

Bien sûr, il y en a beaucoup. Je mettrai en italique les mots qui mettent en évidence la manière dont la CDF considère comme acquis que ceux qui enseignent avec autorité magistérielle soutiennent la tradition catholique tandis que les théologiens qui s'inquiètent sont des défenseurs de la nouveauté et du changement:

 

Dans l'article 11, nous lisons que les théologiens doivent offrir au peuple de Dieu "un enseignement qui ne nuit en rien à la doctrine de la foi . . . . Ainsi, alors que le théologien peut souvent ressentir le besoin d'oser dans son travail , cela ne portera pas de fruits ou n'édifiera que s'il s'accompagne de cette patience qui permet la maturation.

La théologie est "une discipline rationnelle dont l'objet est donné par la Révélation, transmise et interprétée dans l'Église sous l'autorité du Magistère" (article 12).

(La première phrase de la section sur le rôle du Magistère cite la Constitution de Vatican II sur la Révélation divine): "Dieu, avec la même bienveillance, a pris des dispositions pour qu’elle demeure toujours en son intégrité et qu’elle soit transmise à toutes les générations". (article 13, citant Dei Verbum , 7).

"De par sa nature, le [Magistère] a la tâche de protéger religieusement et d'exposer fidèlement le dépôt de la Révélation divine ( dans toute son intégrité et sa pureté )" (article 16).

"La tâche pastorale du Magistère est celle de la vigilance. Elle cherche à s'assurer que le Peuple de Dieu reste dans la vérité qui libère" (article 20).

"Le magistère vivant de l'Église et de la théologie, tout en ayant des dons et des fonctions différents, a finalement le même but: préserver le Peuple de Dieu dans la vérité qui libère" (article 20).

En réprimant "l'opposition publique au Magistère de l'Eglise, aussi appelé 'dissidence'", DV identifie comme l'un de ses principaux facteurs contributifs "l'idéologie du libéralisme philosophique, qui imprègne la pensée de notre époque .... [et selon lequel] la liberté de pensée vient s'opposer à l'autorité de la tradition considérée comme une cause de servitude. Un enseignement rendu et généralement reçu est un suspect a priori et sa vérité contestée" (article 32).

"[Parmi les dissidents], l'opinion est particulièrement encouragée que l'Église ne devrait exprimer son jugement que sur les questions que l'opinion publique considère comme importantes et ensuite seulement en accord avec elle. Le Magistère, par exemple, pourrait intervenir dans des questions économiques ou sociales mais devrait laisser les questions de morale conjugale et familiale au jugement individuel" (article 32).

 

N'est-il pas vrai, cependant, qu'au moment de la publication de DV, il existait aussi une dissidence "anti- libérale" de certains enseignements magistériels? Par exemple, Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X prétendaient que certains enseignements du Concile Vatican II contredisaient la doctrine traditionnelle.

 

C'est certainement vrai, mais de tels traditionalistes anti-Vatican II ne sont pas mentionnés du tout dans Donum Veritatis. Après tout, ils étaient (et sont encore) une infime minorité - peut-être 1% de tous les catholiques - alors que le tsunami de dissension libérale et novatrice que la CDF aborde dans DV avait profondément imprégné nos facultés théologiques, séminaires, chancelleries et programmes catéchétiques à travers le monde, et corrompait la foi et la morale saines parmi des centaines de millions de catholiques. Quoi qu'il en soit, la CDF a toujours rejeté les accusations selon lesquelles certains documents de Vatican II et la liturgie post-conciliaire seraient en conflit avec la doctrine traditionnelle de l'Église.

 

Alors, pourquoi ce contexte historique de DV et son accent extrêmement anti-libéral est-il pertinent pour évaluer la récente Correction Filiale ?

 

Je dirais que c'est très pertinent parce que, franchement, une "révolution de palais" a eu lieu à Rome en 2013 qui a semé des tremblements de terre dans l'Église mondiale et a sérieusement modifié la façon dont le Magistère fonctionne dans la pratique. Pour le dire simplement, le scénario du Vatican en 1990 était le scénario traditionnel dans lequel les principaux représentants du bureau d'enseignement de l'Église, le Pape et la CDF, étaient les conservateurs, et ceux qui résistaient à leurs restrictions étaient les novateurs. Maintenant, les tables ont été renversées de façon si spectaculaire que le bureau d'enseignement suprême lui-même est entre les mains d'un novateur énergique et autoritaire ! Il n'y a pas de temps ni d'espace pour commencer à citer la liste longue et sans cesse croissante des déclarations, des gestes et des décisions anti-traditionnelles du pape François qui ont profondément choqué tant de fidèles catholiques. Pour les débutants, les lecteurs peuvent jeter un coup d'oeil ici à votre pièce LifeSiteNews récente, le "A à Z" des préoccupations au sujet du Saint-Père actuel.

 

Quand ils ont promulgué Donum Veritatis en 1990, saint Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger n'auraient jamais imaginé même dans leur pire cauchemar qu'un homme allait bientôt monter sur le trône de Pierre qui, en tant qu'archevêque avait déjà montré ses couleurs en promouvant activement dissidence et désobéissance à leur insistance magistrale envers les catholiques vivant publiquement dans des relations sexuelles illicites ne pouvant jamais recevoir la Sainte Communion. (Des prêtres de Buenos Aires ont témoigné qu'alors le cardinal Bergoglio les autorisait à le faire en célébrant la messe dans les pauvres "périphéries" de l'archidiocèse.) Maintenant, il me semble que cette situation radicalement nouvelle jette un doute sur l'applicabilité actuelle de la norme de DV selon laquelle ceux qui sont en désaccord avec l'enseignement papal ne devraient pas faire connaître leurs préoccupations aux médias, comme l'ont fait les auteurs de la Correction Filiale. Le principe séculaire de l'epikeia dans la théologie morale catholique permet qu'une norme de la loi humaine ne doive pas nécessairement être respectée dans des circonstances exceptionnelles qui n'ont pas été envisagées par le législateur. L'obéissance à une loi supérieure peut alors avoir préséance; et il me semble que cela inclurait le droit et le devoir des prêtres et des théologiens de défendre ouvertement l'enseignement magistériel pérenne que le pape François a effectivement remis en question avec Amoris Laetitia et ses suites. Les auteurs de la FC font à juste titre appel à l'enseignement de saint Thomas d'Aquin dans la Somme selon lequel les sujets peuvent et doivent corriger leurs supérieurs même publiquement quand la foi elle-même est en danger. Et c. 212 §3 du Code de Droit canonique permet aux membres compétents des fidèles de faire connaître respectueusement leur point de vue sur le bien de l'Église non seulement aux "pasteurs sacrés" mais aussi aux "autres fidèles du Christ" - ce qui inclurait la diffusion de ces points de vue au public.

 

Donc, si, comme vous le dites, les auteurs de la FC s'efforcent de défendre la doctrine orthodoxe traditionnelle, est-il exact de les représenter, comme le fait Emmett O'Regan, comme des "dissidents"?

 

Non, je pense que de telles critiques sont inexactes et injustes. Après tout, l'idée même de dissidence doctrinale présuppose, d'une part, un enseignement clair du Magistère et, d'autre part, un désaccord tout aussi net avec celui-ci. Mais cette clarté manque à la fois dans le langage du pape François dans Amoris Laetitia et dans l'une des propositions, les auteurs de la FC l'accusent de "soutenir" et de "propager" (ils ne disent pas "enseigner"). Je suis d'accord que ces sept propositions contredisent les doctrines catholiques infaillibles (en supposant que dans la n ° 2 le mot "nature" soit interprété comme signifiant "péché grave"), si le Pape François les enseignait clairement, il serait le coupable de dissidence publique, pas ses critiques de la FC . En tout cas, la leur est une sorte de plainte "parapluie" : ils ne prétendent pas qu'il énonce formellement et sans ambiguïté aucune de ces propositions hétérodoxes; il les "propage" plutôt "directement ou indirectement" et "par des paroles, des actes et des omissions". (Mon commentaire entre parenthèses en répondant à la Q. 4 ci-dessus semble pertinent ici.) Je pense que la plupart du temps cette plainte est justifiée, mais pas entièrement. Mais alors que je ne peux que donner un soutien qualifié à l'initiative des auteurs de la FC, je pense que M. O'Regan est injuste de les qualifier de "dissidents" réprimandés par Donum Veritatis.

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 15:40

Dans l’Eglise, un schisme commence quand d’une paroisse à l’autre, la liturgie offre d’innombrables variantes témoignant de ce que les célébrants ont perdu “l’esprit de foi” (cf. S. Jean-Paul II, Lettre “Dominicae Cenae”, # 12.) ; il commence quand on adapte la liturgie aux différents “types” de fidèles (jeunes, vieux, modernistes, classiques...) et que d’un “type” à l’autre, plus rien ne passe, plus rien n’est reçu et plus rien n’est transmis.

A y regarder de plus près, l’Eglise est depuis des années dans un état de schisme rampant.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du samedi 28 octobre 2017

Dans l’Eglise, un schisme commence quand d’une paroisse à l’autre, la liturgie offre d’innombrables variantes témoignant de ce que les célébrants ont perdu “l’esprit de foi” (S. Jean-Paul II)

Extraits de Dominicae Cenae, # 9 et # 12. Dans le paragraphe 12, S. Jean Paul II utilise six fois le mot "unité" en association avec le mot "esprit de foi" :

 

9. L'Eucharistie est surtout un sacrifice : sacrifice de la Rédemption et, en même temps, sacrifice de la Nouvelle Alliance (46), comme nous le croyons et comme le professent clairement les Eglises d'Orient : " Le sacrifice d'aujourd'hui - a affirmé il y a des siècles l'Eglise grecque - est comme celui qu'offrit un jour l'unique Verbe incarné, il est offert (aujourd'hui comme alors) par Lui, car il est le sacrifice identique et unique " (47). C'est pourquoi justement, en rendant présent cet unique sacrifice de notre salut, l'homme et le monde sont restitués à Dieu par la nouveauté pascale de la Rédemption. Cette restitution ne peut faire défaut : elle est le fondement de la " Nouvelle et Eternelle Alliance " de Dieu avec l'homme et de l'homme avec Dieu. Si elle venait à manquer, il faudrait mettre en cause aussi bien l'excellence du sacrifice de la Rédemption, qui fut pourtant parfait et définitif, que la valeur sacrificielle de la sainte messe. Etant un véritable sacrifice, l'Eucharistie réalise donc la restitution à Dieu.

 

 

(...)

 

12.(...) L'Eucharistie est un tel don, elle est un tel bien. Nous devons rester fidèles dans les détails à ce qu'elle exprime en elle-même et à ce qu'elle nous demande, c'est-à-dire l'action de grâces.

 

L'Eucharistie est un bien commun de toute l'Eglise, comme sacrement de son unité. L'Eglise a donc le devoir rigoureux de préciser tout ce qui concerne la participation à l'Eucharistie et sa célébration. Il nous faut agir, par conséquent, selon les principes établis par le dernier Concile qui, dans sa constitution sur la sainte liturgie, a défini les autorisations et les obligations de chaque Evêque dans son diocèse comme aussi des Conférences épiscopales, étant donné que les uns et les autres agissent en unité collégiale avec le Siège Apostolique.

 

Nous devons en outre suivre les ordonnances publiées par les différents dicastères en ce domaine : aussi bien en matière liturgique, dans les règles établies par les livres liturgiques en ce qui concerne le mystère eucharistique, et dans les instructions consacrées au même mystère (67), que pour ce qui regarde la "communicatio in sacris", dans les normes du "Directorium de re oecumenica" (68) et dans l'"Instruction sur les cas d'admission des autres chrétiens à la communion eucharistique dans l'Eglise catholique" (69). Et même si la possibilité d'une certaine autonomie "créative" a été admise dans cette étape de renouveau, il faut toutefois respecter strictement les exigences de l'unité substantielle. Sur la voie de ce pluralisme (qui découle déjà, entre autres, de l'introduction des diverses langues dans la liturgie), nous ne pouvons poursuivre que jusqu'à une certaine limite : celle de ne pas supprimer les caractéristiques essentielles de la célébration de l'Eucharistie, et de respecter les normes prescrites par la récente réforme liturgique.

 

Il faut accomplir partout l'effort indispensable pour que dans le pluralisme du culte eucharistique, prévu par le Concile Vatican II, se manifeste l'unité dont l'Eucharistie est le signe et la cause.

 

Cette tâche sur laquelle, par la force des choses, doit veiller le Siège Apostolique, devrait être assumée non seulement par les diverses Conférences épiscopales, mais aussi par tout ministre de l'Eucharistie, sans exception. Chacun doit en outre se rappeler qu'il est responsable du bien commun de toute l'Eglise. Le prêtre, comme ministre, comme célébrant, comme étant celui qui préside l'assemblée eucharistique des fidèles, doit avoir un sens particulier du bien commun de l'Eglise, qu'il représente par son ministère, mais auquel il doit être aussi subordonné selon une discipline correcte de la foi. Il ne peut pas se considérer comme un "propriétaire", qui dispose librement du texte liturgique et du rite sacré comme de son bien propre, en allant jusqu'à lui donner un style personnel et arbitraire. Cela peut parfois sembler plus efficace, cela peut aussi mieux correspondre à une piété subjective, mais objectivement c'est toujours trahir l'union qui doit trouver son expression surtout dans le sacrement de l'unité.

 

Tout prêtre qui offre le Saint Sacrifice doit se rappeler que, pendant ce sacrifice, ce n'est pas lui seulement avec sa communauté qui prie, mais c'est toute l'Eglise qui prie, exprimant ainsi, notamment en utilisant le texte liturgique approuvé, son unité spirituelle dans ce sacrement. Si quelqu'un voulait appeler une telle position "uniformisme", cela prouverait seulement l'ignorance des exigences objectives de l'unité authentique, et ce serait un symptôme d'individualisme dangereux.

 

La subordination du ministre, du célébrant, au "Mysterium" qui lui a été confié par l'Eglise pour le bien de tout le peuple de Dieu, doit aussi trouver son expression dans l'observation des exigences liturgiques relatives à la célébration du Saint Sacrifice. Ces exigences portent, par exemple, sur l'habit, et en particulier sur les ornements que revêt le célébrant. Il est naturel qu'il y ait eu et qu'il y ait des circonstances dans lesquelles les prescriptions n'obligent pas. Nous avons lu avec émotion, dans des livres écrits par des prêtres qui avaient été prisonniers dans des camps d'extermination, des relations de célébrations eucharistiques faites sans suivre ces règles, c'est-à-dire sans autel et sans ornements. Si, en de telles conditions, cela était une preuve d'héroïsme et devait susciter une profonde estime, dans des conditions normales toutefois, négliger les prescriptions liturgiques peut être interprété comme un manque de respect envers l'Eucharistie, éventuellement dicté par l'individualisme ou par un défaut de sens critique au sujet des opinions courantes, ou par un certain manque d'esprit de foi."

 

Toujours au paragraphe 12, "(...) en arrivant au terme de ces considérations", le pape S. Jean Paul II ajoute : "je voudrais demander pardon - en mon nom et en votre nom à tous, vénérés et chers Frères dans l'épiscopat - pour tout ce qui, en raison de quelque faiblesse humaine, impatience, négligence que ce soit, par suite également d'une application parfois partielle, unilatérale, erronée des prescriptions du Concile Vatican II, peut avoir suscité scandale et malaise au sujet de l'interprétation de la doctrine et de la vénération qui est due à ce grand sacrement. Et je prie le Seigneur Jésus afin que désormais, dans notre façon de traiter ce mystère sacré, soit évité ce qui peut affaiblir ou désorienter d'une manière quelconque le sens du respect et de l'amour chez nos fidèles."

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 17:09

Cette pastorale issue de la déclaration "Nostra Aetate" du concile Vatican II "sur les relations de l'Eglise avec les religions non-chrétiennes" devient problématique lorsque sont mis sur un pied d'égalité deux saluts, le premier offrant le salut par la foi dans le Christ, le second promettant le salut et le bonheur par la foi dans l'homme auto-rédempteur et s'auto-réalisant, tel un "superman" se sauvant par ses propres forces...

Or n'est-ce pas ce qui a été fait aujourd'hui à l'Université pontificale grégorienne ?

 

Nous apprenons en effet sur Reinformation.tv que :

Un colloque sur l’"Illumination" et "l’Eucharistie depuis la perspective tantrique" à l’Université pontificale grégorienne

"dans le cadre de sa journée interreligieuse, et marquant la plus importante des fêtes hindoues, le Deepawali ou Divali célébré cette année le 19 octobre, l’Université pontificale grégorienne organisait mercredi un colloque qui portait notamment sur le thème : 'Esprit et Shakti : la célébration eucharistique en tant que rituel depuis la perspective tantrique.' L’événement s’est ouvert par une 'cérémonie de la lumière' suivie d’allocutions du cardinal Jean-Louis Tauran et de l’ambassadeur d’Inde à Rome. La rencontre était placée sous le signe du défi des migrations et du 'pluralisme interreligieux' en Europe.

 

Sous le titre Illuminazione e via tantrica ('Illumination et voie tantrique'), la réunion universitaire eut les honneurs de l’Aula Magna de la Grégorienne où l’on réfléchit au destin de l’homme dans le tissu cosmique, à la déification selon les Saiva Agamas du Cachemire et selon les Pères de l’Eglise, à la manière d’atteindre la vie éternelle selon la doctrine et la pratique Śaivasiddhānta (illumination par la grâce de Shiva, dieu de la destruction et de la création représenté notamment par un symbole phallique, et qui permet de transcender la différence entre l’esprit et la matière), et au tantrisme comme lieu de dialogue avec le christianisme. (!)

La cérémonie de la lumière est un rituel hindou de la fête de Divali qui célèbre plusieurs divinités hindoues et qui commémore le retour victorieux du roi Rama dans sa capitale avec son épouse Sita – deux avatars de Vishnou et de Lakshmi – enlevée par un démon. (!) Elle commémore ce retour fêté par la population qui alluma de nombreuses lampes dans les rues. Cette tradition de l’allumage des lampes – auquel assistait le cardinal Tauran tandis qu’un prêtre catholique allumait la flamme de petites lampes sur un 'arbre', en présence de dignitaires hindous –...

 

Retournant à sa place, le cardinal Tauran a déclaré : 'Que cette fête de la lumière apporte dans votre vie et dans le monde, par la grâce de Dieu qui est Lumière suprême, davantage de joie et davantage de paix… Que notre réunion aujourd’hui et nos réflexions sur le thème fassent grandir en nous l’estime pour tout ce qui est noble, beau et bon dans nos traditions religieuses respectives, de manière à pouvoir tous contribuer au bien commun et à la paix.'

 

... L’allocution consacrée à l’Eucharistie considérée du point de vue du tantrisme était particulièrement dérangeante. Selon l’hindouisme, le Shakti, sorte de divinité multiforme, est le véhicule permettant à la conscience individuelle de s’unir avec la conscience pure ou la divinité. Shakti, épouse de Shiva, est conçue notamment comme une libre énergie de la divinité qui s’empare de la personne et en jouit comme elle l’entend, où l’individu est simplement appelé à jouer son rôle minuscule, dirigé à son insu par une énergie impersonnelle. On est véritablement aux antipodes de l’union avec le Christ dans la communion…

 

Dans le document pontifical (très critique) sur le 'New Age' publié en 2003 par le Conseil pontifical pour la culture et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, la véritable nature de ces pratiques était rappelée :

 

« On fait appel à la psychologie pour expliquer l’élargissement de la conscience comme expérience “mystique”. Le yoga, le zen, la méditation transcendantale et les exercices tantriques mènent à l’expérience de la pleine réalisation de soi ou illumination. Les expériences extraordinaires (le rebirthing qui consiste à revivre sa propre naissance, les voyages aux portes de la mort, le biofeedback, la danse et même les drogues, tout ce qui peut produire une altération de l’état de conscience) mènent à la conscience de l’unité et à l’illumination. Comme il y a un seul Esprit, certaines personnes peuvent servir de canal pour approcher les êtres supérieurs.. »

(Fin de citation)

(Source)

 

Note de Christ-Roi. "Cette tradition de l’allumage des lampes – auquel assistait le cardinal Tauran tandis qu’un prêtre catholique allumait la flamme de petites lampes sur un 'arbre', en présence de dignitaires hindous –...".

 

Est-ce la foi de l'arbre de Genèse 3 ? C'est-à-dire l'homme se sauvant par sa propre science, par ses propres forces à la place du Christ ?

 

Cette voie est celle de Lucifer dans la franc-maçonnerie. Il n'est donc pas étonnant que cette même franc-maçonnerie promeuve par tous les moyens le mouvement "New Age" qui participe du même esprit...

 

Quoiqu'il en soit, voici ce que dit à propos du "New Age" un prêtre exorciste, l'abbé Jean-Régis FROPO, membre de l'Association Internationale des Exorcistes (AIE), dans son livre "90 Questions à un exorciste, dont le sous-tire est "Thérapeutique des emprises maléfiques", éd. de l'Emmanuel (Nanterre 2015), page 173 (cité dans ce livre entre autres le "shiatsu", le "reiki", qualifié de "pratique dangereuse puisqu'elle peut véhiculer des présences occultes", c'est-à-dire des démons) :

 

"Le Nouvel Âge, théorisé dans le livre Les Enfants du Verseau de Marilyn FERGUSON paru en 1980, n'est pas un mouvement spirituel, il est plutôt un état d'esprit, une manière de concevoir le monde spirituel qui influence les croyants aujourd'hui. Ce courant a créé une nébuleuse d'initiatives diverses porteuses d'idées qui s'opposent radicalement à la conception judéo-chrétienne du cosmos et du salut, tout en utilisant des concepts chrétiens : la doctrine du Christ qui circule dans les cercles du Nouvel Âge s'inspire des enseignements théosophiques d'Helena Blavatski, de l'anthropologie de Rudolf Steiner et de l'école ésotérique d'Alice Bailey. Le Nouvel Âge est devenu très populaire comme ensemble fluide de croyances, thérapies et pratiques proposées dans des séminaires de développement personnel où l'on pratique l'élargissement de la conscience.

Le dieu dont parle le Nouvel Âge n'est nu personnel, ni transcendant. Ce n'est ni le Créateur, ni le sustentateur aimant l'univers, mais une énergie impersonnelle immanente au monde avec lequel elle forme une unité cosmique. Cette unité est moniste et panthéiste. Le Cosmos est incréé, éternel et autosuffisant. La mystique Nouvel Âge est celle de la fusion avec le grand tout.

Dans cette abondante littérature du Nouvel Âge, Jésus-Christ est présenté comme un sage, un initié ou un avatar parmi d'autres. Voici quelques points communs aux approches du Nouvel Âge :

Le Jésus-Christ historique, personnel et individuel est distinct du Christ éternel, impersonnel et universel. Le sacrifice du Christ sur la Croix est réinterprété, car le péché n'existe pas vraiment, il n'y a que des 'erreurs'. On est invité à une démarche d'autoréalisation et d'autorédemption de soi, qui va jusqu'à des réincarnations successives. Les textes aprocryphes sont admis au même titre que les Ecritures reconnues par le canon chrétien.

La littérature fondée sur les idées du Nouvel Âge est pléthorique. Les titres du genre Dialogue avec l'Ange, Conversations avec Dieu, Dialogues avec l'Au-delà, etc., font les belles ventes de certaines collections.

.... Nous devons cependant reconnaître que beaucoup de nos contemporains sont en quête de spiritualité. Nous serions gravement déficients, nous chrétiens, si par ignorance et négligence, nous leur cachions les trésors de spiritualité de notre héritage mystique catholique : à nous de le découvrir, de l'approfondir et d'en témoigner.

On trouvera une explication remarquable et détaillée du Nouvel Âge dans le texte du Conseil pontifical de la Culture et Conseil pontifical pour la culture religieuse : Jésus-Christ, le porteur d'eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge (éd. Bayard-Fleurus-Mame-Cerf, 2003. Présentation du cardinal Poupard)."

 

S'agissant du "salut" par la foi dans l'homme auto-rédempteur et s'auto-réalisant, le père Verlinde s'est interrogé fort justement : "que signifie un amour et un bonheur qui se vit seul et qui ne s’ouvre pas sur l’Autre ?"

 

Les philosophies hindouiste et bouddhiste : une "pensée ésotérique", par le père Verlinde

Père Verlinde sur le New Age

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 17:57
Mgr Athanasius Schneider: "Le Chemin néocatéchuménal c'est un cheval de Troie dans l'Eglise"

Dans un long entretien accordé au mois de mars par Mgr Athanasius Schneider à l’association hongroise John Henry Newman, l’évêque auxiliaire d’Astana a redit que les fidèles catholiques peuvent être appelés à aider à préserver la vraie doctrine et la vraie morale de l’Eglise. Cette interview qui date d’avant la publication d’“Amoris laetitia” n’évoque évidemment pas l’Exhortation post-synodale mais elle aborde par avance de nombreux thèmes très actuels. Elle contient en outre de nombreuses réponses très franches et très directes sur de nombreux thèmes, comme la crise de l’Eglise, le Chemin néocatéchuménal, la crise des migrants, la vidéo du pape François sur le « dialogue interreligieux »…

 

— Alors que la tradition est persécutée, il existe de nouveaux mouvements modernes qui reçoivent un fort soutien. L'un d'entre eux est la communauté de Kiko. Quelle est votre opinion à propos du Chemin néocatéchuménal ?

 

Mgr Athanasius Schneider:

Il s'agit d'un phénomène très complexe et malheureux. Pour parler ouvertement : c'est un cheval de Troie dans l'Eglise. Je les connais très bien car j'ai été délégué épiscopal pour le Kazakhstan à Karaganda pendant plusieurs années. Et j'ai assisté à leurs messes et à leurs réunions et j'ai lu ce qu'a pu écrire Kiko, leur fondateur, de telle sorte que je les connais bien. En parlant ouvertement et sans diplomatie, je dois déclarer : le Néocatéchuménat est une communauté judéo-protestante au sein de l'Eglise, avec une sorte de décoration catholique, rien de plus. Son aspect le plus dangereux concerne l'Eucharistie, parce que l'Eucharistie est le cœur de l'Eglise. Lorsque le cœur va mal, le corps entier va mal. Pour le Néocatéchuménat, l'Eucharistie est d'abord un banquet fraternel. C'est une attitude protestante, typiquement luthérienne. Ils rejettent l'idée et l'enseignement de l'Eucharistie en tant que vrai sacrifice. Ils pensent même que l'enseignement traditionnel de l'Eglise, et la croyance que l'Eucharistie est un sacrifice, ne sont pas chrétiens mais païens. Cela est totalement absurde, c'est typiquement luthérien, protestant. Au cours de leur liturgie de l'Eucharistie, ils traitent le très Saint-Sacrement d'une manière si banale que cela en devient parfois horrible. Ils restent assis en recevant la sainte communion, et après ils en perdent des fragments parce qu'ils n'en prennent pas soin, et après la communion ils dansent au lieu de prier et d'adorer Jésus en silence. Cela est véritablement profane, païen, naturaliste.

 

— Le problème n'est peut-être pas seulement d’ordre pratique…

 

Mgr Athanasius Schneider:

Le deuxième danger est constitué par leur idéologie. L'idée principale du Néocatéchuménat, selon leur fondateur Kiko Argüello est celle-ci : l'Eglise n'a eu une vie idéale seulement jusqu’à l'époque de Constantin au quatrième siècle, seul cela a été effectivement la véritable Eglise. Avec Constantin l’Eglise a commencé a se dégénérer : une dégénération doctrinale, liturgique et morale. Et l'Eglise a atteint le fond absolu de cette dégénération de la doctrine et de la liturgie avec les décrets du Concile de Trente. Mais, contrairement à ce qu’il croit, c'est l'opposé qui est vrai : ce fut là l'un des point culminants de l'histoire de l'Eglise en raison de la clarté de la doctrine et de la discipline. Selon Kiko, l'âge des ténèbres de l'Eglise a duré depuis le quatrième siècle jusqu'au concile Vatican II. C'est avec le concile Vatican II seulement que la lumière est entrée dans l'Eglise. Cela est une hérésie parce que cela voudrait dire que le Saint-Esprit aurait abandonné l'église. Et c'est véritablement sectaire, c’est tout à fait dans la ligne de Martin Luther qui déclarait que jusqu'à sa personne l'Eglise était restée dans les ténèbres et que c'est seulement à travers lui qu'il y eut la lumière dans l'Eglise. La position de Kiko est fondamentalement la même à ceci près que Kiko postule que l'âge des ténèbres de l'Eglise court depuis Constantin jusqu'à Vatican II. Ainsi ils font une mauvaise interprétation du concile Vatican II. Ils se disent les apôtres de Vatican II, et ce faisant ils justifient toutes leurs pratiques et leurs enseignements hérétiques par Vatican II. Il s'agit d'abus graves.

 

— Comment cette communauté a-t-elle pu être officiellement reconnue par l'église ?

 

Mgr Athanasius Schneider:

C'est une autre tragédie. Ils ont établi un lobby puissant au sein du Vatican il y a au moins 30 ans. Cela s'accompagne d'une autre tromperie : lors de nombreux événements ils présentent de nombreux fruits de conversion et de nombreuses vocations aux évêques. De nombreux évêques sont aveuglés par les fruits, ils ne voient pas les erreurs, et il ne les examinent pas. Ils ont de grandes familles, ils ont de nombreux enfants, et leur vie de famille atteint un haut niveau moral. Cela constitue, évidemment, un bon résultat. Cependant, on y constate également une attitude exagérée qui presse les familles à avoir un maximum d'enfants. Cela n'est pas sain. Et donc, ils disent qu'ils acceptent Humanae vitae, et cela est bien, évidemment. Mais à la fin c'est une illusion, car il y a aujourd'hui dans le monde bien des groupes protestants qui atteignent un haut niveau moral, qui ont eux aussi de nombreux enfants, et qui protestent eux aussi contre l'idéologie du genre, l'homosexualité, et qui acceptent Humanae vitae. Mais pour moi il ne s'agit pas là d'un critère décisif de vérité ! Il y a également de nombreuses communautés protestantes qui convertissent de nombreux pécheurs, des gens qui ont vécu avec des addictions comme l'alcoolisme ou la drogue. Donc le fruit de la conversion n'est pas un critère décisif pour moi et je n'inviterais pas ce beau groupe protestant qui convertit les pécheurs et qui a de nombreux enfants dans mon diocèse afin de s'engager dans l'apostolat. Telle est l'illusion de nombreux évêques, aveuglés par les soi-disant fruits.

 

Quelle est la pierre d'angle de la doctrine ?

 

Mgr Athanasius Schneider:

C'est la doctrine de l'Eucharistie. Voilà le cœur. C'est une erreur de regarder d'abord les fruits et d'ignorer ou de ne pas prendre soin de la doctrine, de la liturgie. Je suis sûr que viendra un temps où l'Eglise examinera cette organisation en profondeur et de manière objective sans la pression des lobbies du Chemin néocatéchuménal, et leurs erreurs de doctrine et de liturgie seront véritablement mises au jour.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:18
Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux

Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux. Et ceci se vérifie autant pour les communautés catholiques que protestantes. Telle est la conclusion d’une étude menée au “Redeemer University College” d’Anaster au Canada. Le professeur Kevin Flatt, l’un des auteurs de cette étude, en a présenté le contenu dans le “Catholic Word Report”.

Son travail a porté essentiellement sur des ordres et des communautés religieuses de l’Eglise catholique. Il a relevé que les institutions qui s’appliquent à vivre selon des règles religieuses traditionnelles, où l’on conserve le port d’un habit religieux, qui restent fidèles aux enseignements de l’Eglise, ont davantage de nouvelles recrues, souvent jeunes. D’après ceux qui ont collaboré à l’étude, cette tendance (qui ne semble pas plaire au pape François - n.d.l.r. -) remonterait aux années 1980.

A l’inverse, les communautés religieuses qui se sont éloignées du style de vie traditionnel et se sont adaptées à l’évolution du monde séculier sont souvent victimes de défections dans leur rang. Et ce, plus encore dans le monde protestant que dans l’Eglise catholique.

Comment comprendre ces liens de cause à effet ? Si une communauté religieuse veut pouvoir se maintenir au sein d’une culture sécularisée, elle se doit d’élaborer consciencieusement ses choix de vie et d’avoir une identité claire la distinguant nettement des autres groupes et des autres croyances. Quiconque est intimement convaincu de la vérité transmise par le “Credo”, fait confiance au message biblique et se donne pour tâche l’évangélisation, remplit bien ces conditions. Mais les groupes qui remettent en cause ces vérités, qui placent tous les chemins spirituels sur un pied d’égalité et pour qui le mot “dogme” est un gros mot, ces groupes-là ne savent rien répondre lorsqu’on leur pose la question : « Pour quelle raison est-ce que je devrais me lever le dimanche et venir dans ton église ? »

Depuis les années 1960, il est de bon ton, aussi bien chez les protestants que chez les catholiques, de décréter que le christianisme doit s’adapter faute de quoi il finira par disparaître. Mais l’évolution constatée ces dernières décennies montre plutôt le contraire : le christianisme disparaît partout où l’on se soucie de l’adapter sans arrêt aux dernières nouveautés.

 

 

D’après Kathnet (Trad. MH/APL)

Catholic World Report; Pro Liturgia, Actualité du Vendredi, 17 mars 2017

Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux

Traduction de l'article de Kevin Flatt pour "Catholic World Report".

 

Orthodoxie théologique, croissance de l'église et déclin de l'église: observations au Canada

23 février 2017

 

Les catholiques ont l'habitude de voir les années 1960 comme un tournant dans la foi, notamment à cause de l'impact de Vatican II et des interprétations divergentes de celui-ci dans différents milieux. Le bouleversement dans l'église a coïncidé avec des changements sociaux si rapides que les historiens se réfèrent souvent à eux comme une révolution culturelle. Au moins en Amérique du Nord, dans les décennies qui se sont écoulées depuis les années 1960, l'Église catholique a eu plus de difficulté à attirer les gens vers le culte, les ordres religieux et le sacerdoce. L'indifférence envers l'enseignement moral et doctrinal de l'Eglise parmi les catholiques ordinaires a régulièrement augmenté et est maintenant répandue.

 

Parmi les principaux groupes religieux en Amérique du Nord, cependant, les catholiques n'ont pas été les plus durement touchés par les changements des 'années soixante' et leurs suites. Ce prix coûteux appartient principalement aux protestants. [...] Si la situation numérique du catholicisme depuis les années 1960 pouvait être qualifiée de troublée, la situation des églises protestantes principales a été franchement catastrophique.

L'Église méthodiste unie, par exemple, la plus importante des églises protestantes des États-Unis, est tombée de près de 11 millions de membres en 1968 à bien moins de 8 millions en 2009, soit une perte de 29%. Pendant la même période, la population américaine a augmenté de 54%. Les choses ont été encore pires pour l'Église épiscopale, qui a perdu 41% de ses membres dans la même période. De même, l'Église presbytérienne (États-Unis) avait une adhésion de 34% inférieure en 2009 que ses dénominations fondatrices en 1968.

[...] L'Église unie du Canada, issue d'une fusion d'églises méthodistes, presbytériennes et congrégationalistes, a perdu plus de la moitié de ses membres (52%) entre 1968 et 2009. Des tendances semblables peuvent être observées pour les autres églises protestantes du Canada, comme l'Église anglicane du Canada, l'Église presbytérienne au Canada et l'Église évangélique luthérienne au Canada.

De part et d'autre de la frontière, les effectifs tendent à sous-estimer le problème, puisque la fréquentation et l'engagement ont également diminué rapidement et que les autres membres vieillissent de plus en plus en moyenne. La situation est sinistre.

Au milieu de ce désert de déclin, on peut néanmoins trouver quelques oasis de croissance. Ils sont rares, mais au niveau local, il existe des églises protestantes de plus en plus importantes. Qu'est-ce qui les distingue?

 

Une étude canadienne examine la question

 

[...] Après des mois de recherches dans la région la plus densément peuplée du Canada, dans le sud de l'Ontario, nous avons finalement pu trouver neuf églises en croissance provenant des quatre principales dénominations mentionnées ci-dessus (United, Anglican, Presbyterian et Lutheran). Nous avons également trouvé 13 églises rétrécissantes - beaucoup plus faciles à faire - de la même région et des mêmes dénominations que le groupe témoin. Après avoir interrogé plus de 2 200 participants, interviewant 29 membres du clergé et 128 laïcs, et observant les services du dimanche, nous avons pu établir une image claire de ce qui se passait dans les églises en croissance et en déclin.

 

[...] [L]es dénominations protestantes théologiquement conservatrices ou orthodoxes se sont mieux tirées au cours des dernières décennies - dans bien des cas, en croissance - que les dénominations protestantes les plus libérales décrites ci-dessus.

 

(Dans ce contexte, écrit Kevin Fqlatt, "conservateur" ou "orthodoxe" signifie une vue plus élevée de fiabilité de la Bible, une conviction plus forte de la valeur unique du christianisme par rapport à d'autres religions et philosophies, et un respect plus proche des croyances chrétiennes traditionnelles comme la résurrection de Jésus, contrairement aux théologies "libérales" qui ont tendance à considérer la Bible comme un document humain faillible, à faire du christianisme un chemin valable parmi beaucoup d'autres et à prendre une vue sceptique ou métaphorique des déclarations de la foi.)

 

[...] Le conservatisme est un facteur prédictif de la croissance

 

Ce que nous avons constaté, c'est que les églises étaient plus susceptibles de grandir lorsque leur clergé ou laïcs avaient des croyances théologiques plus conservatrices comme défini ci-dessus. Cette relation positive entre le conservatisme et la croissance s'est maintenue même si nous avons corrigé d'autres facteurs pertinents, comme l'âge de l'église, les types de programmes offerts, etc. Nous avons pu confirmer que la théologie importe pour la croissance au niveau local - même au sein du même groupe confessionnel et de la même région.

 

Par exemple, alors que seulement 37% des laïcs de l'église en déclin ont fortement convenu que Jésus était physiquement ressuscité, 66% des laïcs croissants l'ont fait. Lorsqu'on lui a présenté la déclaration "La Bible est le produit de la pensée humaine à propos de Dieu, certains de ses enseignements sont faux ou mal orientés", 66% des laïcs croissants de l'église étaient fortement ou modérément en désaccord, alors que seulement 35% des déchus laïcs l'ont fait.

 

 

[...] En fait, nous avons trouvé un modèle fascinant à travers le clergé et le laïcat des églises: le clergé d'église croissant était le groupe le plus théologiquement conservateur, suivi par les laïcs croissants de l'église. Venaient ensuite les laïcs en déclin, suivis par le clergé d'église en déclin - le groupe le moins théologiquement conservateur. [...]  À notre connaissance, c'est la première fois qu'une étude a révélé ce modèle.

En bref, quand il s'agit de la croissance, la théologie importe, comme nous l'avons mis dans le titre de notre article révisé par les collègues avec ce titre dans l' examen de la recherche religieuse .

Mais pourquoi importe-t-elle? C'est une question plus difficile à répondre, et les experts ont offert de nombreuses théories différentes depuis que le succès relatif des églises plus conservatrices a été mis en évidence par Dean M. Kelley dans son livre de 1972 Pourquoi Églises conservatrices sont en croissance .

Les meilleures explications reconnaissent que les groupes religieux, s'ils veulent rester forts dans une culture laïque avec de nombreuses options religieuses et non religieuses, ont besoin d'une raison d'être et d'une identité claire qui les distingue des autres groupes et systèmes de croyance. Les groupes chrétiens qui croient en la réalité du Credo des Apôtres, la fidélité de l'Ecriture et la nécessité de l'évangélisation ont ces matières premières. Les groupes ou les églises qui ne croient pas à ces choses, mais qui voient toutes les voies spirituelles comme égales et considèrent le dogme comme un gros mot ont du mal à répondre à la question: "Pourquoi me lever un dimanche matin pour aller à votre église ?"

En d'autres termes, les groupes orthodoxes possèdent plus de résistance à la sécularisation que les libéraux.

 

Et le catholicisme?

 

Ce principe s'applique-t-il dans un contexte catholique? Ou est-ce un phénomène uniquement protestant?

Certes, il est facile de trouver des preuves anecdotiques que les jeunes catholiques les plus engagés sont attirés par les formes plus traditionnelles de la foi. Une autre étude que nous avons menée, publiée dans la revue Religious Education , a révélé que c'était le cas lors d'un grand événement de la jeunesse catholique à Toronto.

Mais il existe d'importantes différences culturelles, organisationnelles et théologiques entre le protestantisme et le catholicisme qui rendent difficile l'application directe des résultats de la croissance de l'église aux paroisses catholiques. Par exemple, le modèle paroissial du catholicisme - où les fidèles se rassemblent pour le culte sur la base d'un quartier partagé plutôt que d'une préférence musicale ou d'un prédicateur favori - amortit l'effet de "shopping d'église" pour beaucoup de catholiques, ce qui rend plus difficile pour eux de trier par l'orientation théologique au niveau local.

 

Au lieu de cela, dans le catholicisme, l'impact de l'orientation théologique est susceptible de s'exprimer par d'autres moyens. Un bon test pour l'hypothèse de la croissance orthodoxe dans un contexte catholique est le succès relatif des différents ordres religieux. Comme l'affirment les sociologues Roger Finke et Patricia Wittberg, les ordres religieux (qui englobent généralement divers instituts qui ne sont pas nécessairement des "ordres") ont historiquement joué un rôle dans le catholicisme comme le développement de nouvelles sectes dans le protestantisme. La spiritualité, y compris les mouvements de renouveau et de réforme, mais dans les limites de l'institution de l'Église. Ces ordres peuvent concourir directement aux vocations.

Depuis Vatican II, deux tendances théologiques distinctes sont évidentes parmi les ordres religieux catholiques en Amérique du Nord. Le plus grand groupe, y compris beaucoup des instituts plus établis, a évolué dans une direction plus libérale (théologiquement, socialement et politiquement) en accord avec ce qu'ils considèrent comme "l'esprit" du concile. Ces groupes ont été plus disposés à s'opposer à l'enseignement officiel de l'Église, à laisser derrière eux les habitudes traditionnelles de la tenue vestimentaire distincte et de la vie communautaire, et à donner plus libre cours aux tendances individualistes de la culture nord-américaine.

Un groupe plus restreint d'ordres religieux, de congrégations et de sociétés pieuses, dont beaucoup sont des fondations plus récentes, défendent une forme de catholicisme plus traditionnelle et conservatrice et la vie religieuse. Ils tendent à insister sur la fidélité au Magistère et à suivre des modes de vie et des règles de vie plus traditionnels.

 

Quel groupe fait mieux? Une étude de 2009 sur les vocations à la vie religieuse menée par le Centre de recherche appliquée en apostolat (CARA) à l'Université de Georgetown a conclu que "Les instituts les plus réussis en termes d'attirance et de retenue de nouveaux membres à cette époque sont ceux qui suivent un style plus traditionnel de la vie religieuse ... Ils portent aussi une habitude religieuse, travaillent ensemble dans des apostolats communs et sont explicites sur leur fidélité à l'Église et aux enseignements du Magistère. Toutes ces caractéristiques sont particulièrement attrayantes pour les jeunes qui entrent dans la vie religieuse d'aujourd'hui". Selon une analyse approfondie par le sociologue Finke, la même tendance était également évidente dans les années 1980 et 1990.

 

[...] Orthodoxie et résilience

 

Après que nos recherches sur les églises protestantes aient attiré l'attention des principaux points de presse au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, certaines personnes ont suggéré que nous utilisions nos données pour justifier l'orthodoxie. Mais le succès est un mauvais jugement de la vérité. La croissance ne prouve pas l'exactitude, ni l'erreur de déclin. De toute façon, il est peu probable que les libéraux changent de position si leurs opinions sont impopulaires, et les conservateurs n'ont pas besoin d'une acclamation populaire pour les confirmer dans leurs convictions.

Ces découvertes ne devraient pas non plus encourager une attitude triomphaliste chez les chrétiens de tendances plus conservatrices ou orthodoxes. Comme le disait avec éloquence Ross Douthat, il n'y a pas si longtemps dans First Things, ce triomphalisme serait à la fois prématuré et maladroit. Ce que ce genre de recherche fait vraiment cependant, est d'éliminer l'argument selon lequel les groupes religieux auraient besoin de diluer leurs croyances ou de les accommoder à la culture laïque dominante pour rester pertinents dans la société d'aujourd'hui. L'argument selon lequel l'Église doit changer ou mourir - où le "changement" signifie abandonner les croyances fondamentales et imiter le monde séculier - a été populaire dans les années 1960 chez les protestants et les catholiques. Nous avons maintenant un demi-siècle de preuves montrant à quel point cette idée était erronée.

 

Au contraire, dans l'environnement social actuel, l'orthodoxie et la résilience tendent à aller de pair. Et pour ceux qui apprécient la fidélité à la "foi une fois donnée aux saints", c'est une pensée encourageante.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:30

Le 26 janvier 2017, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, répondait aux questions de l’abbé Alain Lorans au cours d’un entretien d’une heure sur Radio Courtoisie. Voici des extraits de la transcription intégrale de ses propos réalisée par le site La Porte latine, qui éclairent et complètent les réponses qu’il donnait le 29 janvier à Jean-Pierre Maugendre sur TV Libertés.

 

Mgr Bernard Fellay commence par aborder une explication de ce qu'il pense comprendre de ce que fait le pape François avec Amoris laetitia, puis il présente les difficultés que soulève ce document, qu'il situe dans la suite des principes modernes définis au Concile Vatican II. Un point de vue que nous partageons largement. Nous remercions vivement cet évêque pour dire ce qui nous semble être le coeur de notre sainte religion, avec ce très joli développement :

 

"On ne veut plus l’esprit de sacrifice, c’est une des notes de l’Eglise moderne. D’ailleurs on enlève le Crucifié des croix, il n’y a plus Notre Seigneur sur la croix, on l’a enlevé : on ne veut plus voir cet Homme de douleurs. On l’a ressuscité, et puis Alléluia ! Mais le monde dans lequel on vit reste un monde de souffrances, et combien nous avons besoin de savoir que Dieu lui-même a voulu partager nos souffrances pour non seulement alléger les nôtres, mais pour nous sauver, pour donner une valeur rédemptrice à ces souffrances ! [...] Ce qui est intéressant c’est que dans l’économie du salut c’est-à-dire le régime auquel nous sommes soumis pour arriver au salut, donc pour arriver à la vie éternelle, il nous faut mourir. Et c’est cela que l’on ne veut plus. On prétend vouloir arriver à la vie sans mourir. "

 

Nous surlignons les passages qui nous semblent les plus importants  :

Entretien de Mgr Fellay à Radio Courtoisie  : "Nos interlocuteurs romains vont jusqu’à reconnaître : « Oui c’est vrai, certains textes sont ambigus »"

Abbé Lorans : Quelle évolution constatez-vous depuis plus de 20 ans ?

 

Mgr Fellay : Il faut du temps pour voir si vraiment quelque chose bouge. Il y a bien une certaine évolution, mais elle très graduelle. Très graduelle, donc pratiquement imperceptible. Je crois qu’il y a quand même certaines modifications, mais le fond du combat – probablement reviendra-t-on sur cette question après – le fond du combat est toujours le même. Il y a des données nouvelles et le combat d’idées lui-même qui n’a pas changé. Ce qui a changé ce sont les hommes, plus précisément il y a une génération qui est passée. Ceux qui étaient les combattants de la première heure sont déjà passés dans l’au-delà, – pas tous encore, mais une bonne partie. Les plus anciens, – on pourrait dire notre génération, nous étions juste dans nos vingt ans, et l’on s’en souvient bien –, les plus anciens ont vécu dans un climat beaucoup plus agressif qu’aujourd’hui.

 

Il y a une nouvelle agressivité cependant qui arrive, et cette fois-ci elle n’est pas le fait de l’Eglise – l’Eglise est presque en déliquescence, on ne voit pas d’agressivité nouvelle, ce sont toujours les mêmes histoires. Mais au niveau des Etats, il y a une espèce d’idéologie globale, dans le monde entier, qui s’établit, qui est très à gauche et qui s’impose, qui veut s’imposer. Je pense que cela est nouveau. Les pensées sont toujours les mêmes, mais cela devient plus agressif.

 

[...] Au fond, c’est toujours le même combat : le combat de ceux qui sont contre Dieu, de ceux qui rejettent toute loi qui ne viendrait pas des hommes seulement, – le « contrat social »… Alors qu’il n’y a pas besoin de réfléchir beaucoup pour constater qu’il y a des lois partout. Prenons les lois physiques, ce ne sont pas les hommes qui vont les imposer à la nature. De même pour la nature humaine, il y a des lois qu’il est nécessaire de suivre pour le développement tout à fait normal de la nature humaine. Il n’y a absolument aucun doute : ne pas vouloir les respecter, c’est comme pour toute loi, tout manuel, tout mode d’emploi – si vous avez une machine à laver et que ne voulez pas respecter le mode d’emploi, eh bien ! vous abîmez votre machine, – et ici on abîme la machine humaine, qu’il s’agisse de l’individu, de la personne, de la société.

 

On arrive vraiment à une époque très spéciale. Une époque de dissociété. Une espèce de dissolution de la société, une perte du bien commun, un abandon de la perspective qu’il y a une fin : toute société poursuit une fin. Et il y a aussi une perte de l’idée d’autorité, de la nécessité d’une autorité qui doit, qui a pour but d’unir les volontés pour atteindre cette fin. D’où la nécessité de la soumission à cette autorité, et la nécessité pour cette autorité de rester objective et d’éviter l’arbitraire. Quand on voit comment les gouvernements aujourd’hui se comportent, on a l’impression qu’il y a une quantité de valeurs absolument fondamentales qui sont oubliées au profit de l’individu ou de celui qui veut établir son pouvoir personnel ou s’y maintenir. Cela on le trouve autant dans la société que dans l’Eglise. Car on assiste maintenant dans l’Eglise – cela est nouveau – à une période aussi de dissolution de l’Eglise. Il y a une perte de l’unité de l’Eglise absolument sidérante, actuellement.

 

[...] On voit que l’adoption des idées modernes, de l’esprit moderne qui est arrivé au Concile – ces idées étaient déjà au moins latentes avant, et le Concile les a intégrées plus ou moins, et finalement elles sont vraiment rentrées dans l’Eglise avec et grâce au Concile –, ces idées du monde moderne, ces idées modernes causent le même résultat. Peut-être moins visible, mais ce résultat est là : les séminaires vides, les églises vides, les couvents, les sociétés religieuses en voie d’extinction ou même éteintes, et il y en a beaucoup. C’est un phénomène qui est actuel et qui est parallèle à ce qui se passe dans la société. L’Eglise jusqu’ici semble rejeter, plus ou moins timidement, certaines fois avec force, les attaques contre la loi naturelle. Donc il y a encore un combat entre le monde et l’Eglise. Il existe encore, donc ce n’est pas tout à fait la même chose, mais c’est quand même un peu un cheminement parallèle. Et nous n’hésitons pas à dire que les fruits, les fruits mauvais, viennent finalement de ce même esprit qui est l’esprit du monde.

 

C’est un esprit d’indépendance par rapport à Dieu, un esprit qui veut se libérer du joug de la loi de Dieu, de ce qui serait trop dur ou trop difficile. On ne veut plus l’esprit de sacrifice, c’est une des notes de l’Eglise moderne. D’ailleurs on enlève le Crucifié des croix, il n’y a plus Notre Seigneur sur la croix, on l’a enlevé : on ne veut plus voir cet Homme de douleurs. On l’a ressuscité, et puis Alléluia ! Mais le monde dans lequel on vit reste un monde de souffrances, et combien nous avons besoin de savoir que Dieu lui-même a voulu partager nos souffrances pour non seulement alléger les nôtres, mais pour nous sauver, pour donner une valeur rédemptrice à ces souffrances ! On a enlevé tout cela pour mettre à la place une espèce de mystique nouvelle, celle du ‘mystère pascal’; en fait c’est une mystification. Autrefois c’était très simple, il y avait le Vendredi saint, où Notre Seigneur est mort pour nous, pour notre salut et ensuite Il est ressuscité parce qu’Il est Dieu. Il était vrai homme, Il est mort. Il est vrai Dieu, Il ne peut pas mourir et Il s’est ressuscité parce qu’Il est Dieu. Maintenant on veut oublier la mort, on veut oublier cette nécessité de passer par la mort, la mortification. On oublie cela.

 

Abbé Lorans : On veut aller directement au dimanche de Pâques et effacer le Vendredi saint ?

 

Mgr Fellay : Ce qui est intéressant c’est que dans l’économie du salut c’est-à-dire le régime auquel nous sommes soumis pour arriver au salut, donc pour arriver à la vie éternelle, il nous faut mourir. Et c’est cela que l’on ne veut plus. On prétend vouloir arriver à la vie sans mourir.

 

Abbé Lorans : On refuse donc : « si le grain ne meurt » ?

 

Mgr Fellay : Exactement. C’est exactement cela. C’est le problème de l’Eglise moderne.

 

Abbé Lorans : Et alors le grain demeure seul, il ne porte pas de fruit. Il devient stérile.

 

Mgr Fellay : Exactement. Ils ne portent plus de fruit et ils sont stériles. Tout est là. Dès qu’un évêque conservateur ouvre un séminaire dans lequel il met un peu d’ordre, exige un peu de discipline, il le remplit. Mais voilà ils sont très peu les évêques qui ont compris cela. Les autres n’en veulent pas, ils veulent rester dans leur stérilité. Et je suis persuadé qu’ils ne comprennent pas pourquoi cela ne marche pas. Pourtant nous nous comprenons très bien pourquoi.

 

Abbé Lorans : Vous dites qu’il y a un refus du sacrifice, or on a beaucoup parlé de la famille à l’occasion du dernier synode. Est-ce qu’avec l’exhortation post-synodale Amoris lætitia nous sommes sur la même ligne : un refus de la discipline, de l’autorité, de l’enseignement du Christ et du sens du sacrifice ?

 

Mgr Fellay : Je pense que cela n’est pas par principe. On assiste là à un événement un peu spécial. Je vais essayer de l’expliquer. Ce que je vois dans notre pape actuel, le pape François, c’est un souci des âmes, mais en particulier des âmes qui sont rejetées, donc des âmes qui sont esseulées, qui se trouvent mises de côté ou méprisées ou tout simplement dans la difficulté. Ce qu’il appelle les ‘périphéries existentielles’. Alors, est-ce vraiment la fameuse brebis perdue ? Est-ce que le pape François laisse de côté le troupeau des 99 autres brebis, en pensant qu’il est bien là où il est, et qu’on va s’occuper de cette brebis égarée ? Peut-être est-ce ce qu’il a dans la tête ? Je dis bien peut-être, je ne prétends pas donner là une réponse globale. Disons que l’on voit, dans tout ce qu’il a dit, qu’il a un souci universel, c’est-à-dire qu’il ne regarde pas que la foi : il y a les SDF (sans domicile fixe), les migrants, ceux qui sont en prison. Effectivement ce sont des hommes qui sont délaissés des autres, mais c’est un regard qui ne demande pas la foi. On n’a pas besoin de la foi pour constater que ces gens-là sont dans la peine. Ensuite vous avez les divorcés. Ceux-là aussi sont dans la peine. Et vous avez nous, qui sommes aussi rejetés. Et finalement nous sommes un peu tous dans la même perspective, cette perspective du rejet par le corps commun. Et lui, il veut s’occuper de ces âmes-là. Il veut essayer de faire quelque chose. Le problème, c’est que pour une bonne partie de ces âmes qui sont dans la difficulté, elles s’y trouvent parce qu’elles ont été heurtées par la loi, d’une manière ou d’une autre.

 

Donc on a un pape qui a un problème avec la loi qui a fait mal à une partie de l’humanité, disons ainsi, et qui va essayer de voir s’il n’y a pas moyen… – non pas de faire sauter la loi, je ne crois pas que ce soit son idée -, mais de voir s’il y a quand même un chemin pour eux. J’essaye de comprendre ce qu’il fait, mais ce n’est pas facile.

 

 

Les quatre cardinaux en publiant leurs dubia sur Amoris lætitia ont fait une œuvre de salut public

 

Abbé Lorans : C’est tellement difficile qu’il y a quatre cardinaux qui ont fait savoir leurs doutes, disant qu’Amoris lætitia pose de grands problèmes doctrinaux.

 

Mgr Fellay : Et ils ont raison. Mais regardez bien comment cette exhortation est rédigée – et c’est le malheur actuel –, elle ouvre des zones grises ! Le pape dit qu’il n’y a pas que du blanc et du noir, qu’il y a du gris, mais la loi est faite pour dire les choses clairement ! Et nécessairement elle va établir un noir et un blanc, un oui et un non. On sait bien que dans la réalité de tous les jours, il peut y avoir des cas particuliers, en tout cas lorsqu’il s’agit de loi ecclésiastique, – là il faut bien distinguer la loi du bon Dieu de la loi de l’Eglise, car le bon Dieu a tout prévu, Il connaît toutes les circonstances, Il connaît toutes les situations dans lesquelles les hommes vont se trouver lorsqu’Il établit la loi, et cette loi ne connaît pas d’exception : la loi de Dieu, ses commandements ne connaissent pas d’exception. Cependant dans la loi humaine, même ecclésiastique, autrement dit ces lois qui ont été faites par l’Eglise, l’homme ne possédant pas cette sagesse de Dieu infinie, et l’Eglise sait qu’il y aura des circonstances dans lesquelles, si sa loi était appliquée, elle causerait du dommage aux âmes, ce sera l’exception : on peut dire le gris dans cette situation de blanc et de noir. Lorsqu’il s’agit de loi ecclésiastique, l’Eglise et d’une manière très ample – c’est admirable de voir jusqu’à quel point – l’Eglise est prête à faire des exceptions et même facilement. Cependant, encore une fois, la loi de Dieu, elle, ne connaît pas d’exception.

 

Abbé Lorans : Alors justement, la question de l’accès des divorcés « remariés » à la communion concerne-t-elle la loi de Dieu ou la loi de l’Eglise ?

 

Mgr Fellay : C’est la loi de Dieu. Notre Seigneur a parlé explicitement de ce cas précis des époux séparés. Saint Paul l’a dit clairement, – et quand on dit saint Paul, il faut faire attention : il est un de ceux qui sont les instruments de Dieu, qui transmettent la parole de Dieu, ce n’est donc pas saint Paul comme homme, mais c’est Dieu qui parle par la bouche de saint Paul, c’est l’Ecriture sainte. Dans L’Evangile, les épîtres, il n’y a aucun doute, c’est Dieu qui parle. C’est Dieu qui parle par saint Paul. Cette loi est très claire, il n’y a aucune zone grise : celui ou celle qui s’est séparé de son époux ou de son épouse et qui vit avec quelqu’un d’autre de manière maritale, c’est Notre Seigneur qui le dit, commet un adultère (cf. Mt 19, 9). Il y a une brisure de la foi donnée, c’est-à-dire de la parole donnée à son conjoint, on viole cette promesse avec quelqu’un d’autre. C’est un péché qui – parce que cette union est un phénomène de société – est un péché public. Même s’il n’y a pas beaucoup de gens autour, cela appartient au domaine public. Donc c’est un péché qui est plus grave à cause du mauvais exemple, du scandale qui est donné aux autres. C’est pourquoi le bon Dieu, mais aussi l’Eglise va prendre des dispositions très sévères : le pécheur public n’a pas le droit par exemple, en soi, à la sépulture ecclésiastique. L’Eglise est très sévère. C’est normal, parce qu’il s’agit là de protéger les âmes bien portantes.

 

En fait, le problème dans lequel on se trouve aujourd’hui, c’est qu’un certain nombre d’évêques et de prêtres, pendant des années, des décennies, ont eux-mêmes béni de ces fausses unions. Le Vatican a même dû intervenir en France pour interdire ces rituels… qui continuent quand même. On m’a dit cela à Rome. Et pour que Rome intervienne, il faut que la chose soit déjà bien répandue. Ce sont des prêtres, des évêques qui ont béni des gens qui vivaient dans le péché, et après on va leur refuser la communion… Cela n’a pas de sens !

 

C’est logique, mais c’est une logique dans le péché. Et c’est grave. C’est extrêmement grave.

 

Les textes eux-mêmes ne vont pas être explicitement ouverts à cette perspective. Dans le texte d’Amoris Lætitia il ne va pas être dit explicitement : maintenant on peut donner la communion. C’est beaucoup plus habile. On va ouvrir des portes sans les franchir : on va les laisser franchir par d’autres. C’est cela qui est grave, c’est-à-dire que là où il y avait très clairement la distinction entre le bien et le mal, on ouvre une zone grise qui n’existe pas.

 

Après on dira : dans cette zone grise on va laisser chacun à sa conscience ou à je ne sais qui. C’est faux ! Tout simplement. Donc les cardinaux qui sont intervenus ont fait là, on peut le dire, une œuvre de salut public extrêmement importante. Dommage qu’ils soient si peu, mais je pense que cela appartient à la faiblesse humaine. Nous savons pertinemment qu’ils sont bien plus nombreux, mais les courageux ne se pressent pas au portillon.

 

 

Vatican II et Amoris lætitia posent le même problème

 

Abbé Lorans : Le cardinal Burke a dit qu’on pourrait envisager une forme de correction fraternelle de la part des quatre cardinaux à l’égard du Saint Père, mais très récemment le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a dit que la foi n’était pas remise en cause dans Amoris lætitia, et qu’il ne fallait pas mettre cela sur la place publique. Qu’en pensez-vous ?

 

Mgr Fellay : Je crois que c’est une belle illustration du problème dans lequel nous nous trouvons. Nous, la Fraternité, par rapport à nos objections sur le Concile. Je crois qu’on retrouve quelque part le même problème. Il y a plusieurs niveaux. Il y a le niveau de la bataille des idées, et il y a un deuxième niveau qui est celui de ceux qui colportent ces idées, les personnes. Et il y a une forme de va-et-vient entre les deux. Vous avez des personnes qui voient le problème, mais qui n’osent pas en parler ou qui n’osent pas l’aborder pour plusieurs raisons. Là, il faudrait distinguer un peu les choses : ils ne vont pas oser l’aborder parce qu’il y a le fameux principe de l’assistance du Saint-Esprit à la tête de l’Eglise. C’est le Saint-Esprit qui gouverne l’Eglise à travers son chef. Le Saint-Esprit ne peut pas se tromper, donc on applique l’inerrance du Saint-Esprit au Vicaire du Christ. Ensuite, par un manque de distinction, de profondeur, peut-être par superficialité ou parce que c’est plus facile, on va commencer à dire : « Tout ce que fait le pape est bon ». Ce qu’il fait ne peut pas être mauvais. Cela doit être bon. Ce qu’il dit ne peut pas être faux et doit être vrai. Ce sont les réponses qu’on nous a faites au sujet du Concile. Encore aujourd’hui, certains nous le reprochent, nous disant qu’on ne peut pas être contre le Concile, ce n’est pas possible, c’est un Concile de l’Eglise, il y a le Saint-Esprit, il est bon, un point c’est tout ! Et nous disons qu’il y a quand même des problèmes. Et on nous répond : « Oui, effectivement, certains ont interprété ce Concile d’une manière erronée. Mais ce n’est pas le Concile ! » A quoi nous répliquons : « Certes, mais ils l’ont compris en se basant sur les textes, et ces textes étaient ambigus ! »

 

Nos interlocuteurs romains vont jusqu’à reconnaître : « Oui c’est vrai, certains textes sont ambigus ». Même Benoît XVI, dans son fameux discours à la Curie romaine avant Noël 2005, a reconnu, on a fait des textes ambigus pour arriver à une plus grande majorité, à un plus grand consensus. [Ndlr. Le texte exact de Benoît XVI est le suivant : « Le dernier événement de cette année sur lequel je voudrais m'arrêter en cette occasion est la célébration de la conclusion du Concile Vatican II, il y a quarante ans. Ce souvenir suscite la question suivante: Quel a été le résultat du Concile? La question suivante apparaît:  pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité. […] Il est clair que dans tous ces secteurs, dont l'ensemble forme une unique question, pouvait ressortir une certaine forme de discontinuité et que, dans un certain sens, s'était effectivement manifestée une discontinuité dans laquelle, pourtant, une fois établies les diverses distinctions entre les situations historiques concrètes et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n'était pas abandonnée - un fait qui peut échapper facilement au premier abord. C'est précisément dans cet ensemble de continuité et de discontinuité à divers niveaux que consiste la nature de la véritable réforme. » Source: Discours du pape Benoît XVI à la curie romaine à l'occasion de la présentation des vœux de Noël, Jeudi 22 décembre 2005].

 

Mais, on nous dira qu’un catholique n’a pas le droit de lire ces textes d’une manière autre que catholique. Donc il doit lui-même éliminer toutes possibilités d’interprétation contraire à ce que l’Eglise a déjà enseigné, contraire à la foi. En théorie, c’est vrai, c’est parfaitement vrai, et c’est ce que nous disons. C’est vraiment le critère que Mgr Lefebvre nous a donné au sujet du Concile : tout ce qui est fidèle à la Tradition dans le Concile, nous l’acceptons. Ce qui est douteux, ambigu, nous l’acceptons dans la mesure où on peut le comprendre comme l’Eglise l’a toujours enseigné. Et nous continuons avec Monseigneur en disant : il y a quand même une troisième catégorie de documents qui ne sont pas seulement ambigus mais carrément faux. Et cette catégorie de textes, puisqu’elle est opposée à ce que l’Eglise a toujours enseigné – ce n’est pas là notre petit jugement personnel, nous ne sommes des protestants ; l’Eglise a déjà parlé de ces choses-là et elle a même condamné un certain nombre d’erreurs –, tout cela nous continuons à le condamner, puisque l’Eglise l’a déjà fait.

 

Voilà notre position. Nous disons : « En théorie, affirmer que la seule manière catholique de lire le Concile c’est de le lire à la lumière de la Tradition, oui, exactement, c’est tout à fait cela ». Mais le problème est qu’une fois établi ce principe, on nous répond : « C’est ainsi, et donc tout le monde le lit d’une manière catholique. » Mais nous répliquons à nouveau : « Ouvrez les yeux, regardez autour de vous ! Ce n’est pas la réalité. En théorie, cela devrait être comme cela, mais il y a en fait un immense problème. La réalité est différente ». C’est ce qu’on voit à propos d’Amoris Laetitia. Vous avez un cardinal Müller qui dit : « Ce texte ne va pas contre la foi ». Entendez : on peut le lire d’une manière catholique. Pas seulement on peut, mais on doit le lire d’une manière catholique. Ceux qui ne le lisent pas d’une manière catholique, ceux-là sont dans l’erreur. Il ne le dit pas aussi clairement, parce que s’il le disait, il viserait son chef. Il y a là un non-dit extrêmement important… Et les quatre cardinaux qui eux ont signalé très justement cette blessure ouverte dans la doctrine qui était claire jusque-là, vraiment très claire. Car on a fait une ouverture en direction des divorcés-remariés qu’on n’avait pas le droit de faire. Tout simplement. Aussi, que le cardinal Müller dise : « On n’a pas franchi la porte, on n’est pas sorti de la loi divine »… officiellement, c’est vrai, sauf qu’un certain nombre de conférences épiscopales, elles, ont déjà indiqué la sortie.

 

Lire : Les évêques d'Allemagne enjoignent les prêtres à aménager un accès possible aux sacrements pour les divorcés et remariés

Amoris laetitia : des catholiques de Malte interpellent leurs évêques sur la communion aux divorcés remariés

 

 

[...]

 

Abbé Lorans : Dans ce que vous venez de nous dire, on a vu votre opposition frontale à Amoris lætitia qui introduit le trouble dans ce qui autrefois était clair. Dans ce contexte, est-ce que des discussions doctrinales ont une quelconque utilité ?

 

Mgr Fellay : Je réponds que oui, c’est utile. Peut-être pas immédiatement. Mais, sur le long terme, ce sont quand même les idées qui mènent les hommes. Une erreur a des conséquences tragiques dans la vie des hommes, surtout une erreur doctrinale. Pour une erreur morale, on voit plus vite la conséquence. Une erreur doctrinale pure, ce sera par voie de conséquence. Si quelqu’un nie la Trinité, on ne va pas voir immédiatement la conséquence pratique, dans quel domaine pratique il y aura une faute morale qui va suivre, mais elle va arriver. C’est impressionnant de voir comment tout se tient. La foi, c’est comme un pull, il faut que toutes les mailles soient là. Vous lâchez une maille et tout le chandail s’effiloche. Il ne reste plus rien à la fin. Or maintenir, dans cette situation de confusion qui est la nôtre, ces grands principes, les rappeler, simplement les rappeler, c’est déjà faire une œuvre très importante. On n’en verra pas l’effet immédiat. Mais sur le long terme, cela va s’affirmer, cela va s’imposer. Mais cela suppose qu’on n’arrête pas de se battre.

 

Et donc, dans ce sens-là, que Rome soit d’accord qu’on discute, pour moi c’est capital. Ils ne sont pas seulement d’accord, ils nous disent : il faut qu’on discute. Et là aussi, il y a quelque chose de nouveau depuis maintenant un an et demi, deux ans. C’est une position qui s’affirme : Rome, dans ces discussions, ne cherche pas ou ne cherche plus à nous imposer, cette ligne moderne sur les points de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, de Nostra aetate, et même de la réforme liturgique. Ces quatre points qui ont toujours été pour nous les grands chevaux de bataille, depuis 40-50 ans, depuis le début. Eh bien ! maintenant, tout d’un coup, on nous dit : « Oui il faut vraiment discuter sur ces points-là ». D’une part, on reconnaît qu’il y a eu des erreurs, des abus, des excès, on ne va pas jusqu’à dire que c’est le texte conciliaire qui est faux, mais on reconnaît qu’il y a quelque chose qui est faux. On reconnaît qu’il y a des ambigüités qu’il faut éliminer.

 

Sources et suite : Radio Courtoisie – Transcription DICI du 04/02/17 / La Porte Latine du 4 février 2017

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:18

Il semble que lorsque le pape François déclara au journaliste Scalfari "chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait", il appliqua tout simplement la "liberté religieuse" du document Dignitatis humanae du Concile Vatican II, définissant un droit des individus à "être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres" (DH, 2) à sa nouvelle miséricorde dans Amoris laetitia.

 

Nous assisterions au développement d'une "liberté-miséricorde" qui consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme, de sa fin dernière (Dieu) et donc de sa dignité : il ne peut pas en effet "être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.." (Don Alfredo Morselli)

 

En laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, seule instance à décider si il peut communier, même s'il vit dans une situation irrégulière, ne prend-on pas le risque de laisser cet homme à une conscience faussée, fort éloignée de la volonté de Dieu pour lui, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité ?

 

Dans la philosophie classique (allégorie de la Caverne de Platon) et la théologie catholique (Quanta Cura du pape Pie IX), l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, peut l'avoir été par la force d'une main extérieure. Il n'a trouvé la vérité et la liberté que par l'aide d'une personne extérieure, qui en quelque sorte l'a forcé à s'élever vers la vérité, lui-même ne pouvant y arriver par ses propres forces. Il dut lui-même, avec l'aide charitable de cette personne, se faire violence lui-même.

 

Tout indique que c'est de cet intervenant extérieur que l'on ne veut plus. Dans la nouvelle pastorale, l'homme ne doit plus avoir comme seul horizon que son moi, ce qui consacre un individualisme religieux obligatoire.

 

Cependant, le pape qui voudrait que l'homme ne soit pas contraint par des règles extérieures (la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur l'indissolubilité du mariage) ou un confesseur "rigide", en revanche ne se gêne pas pour interdire les positions contraires aux siennes et la liberté de conscience des catholiques critiques sur Amoris laetitia.

 

Hilary White, ironique, résume : "La réalité objective ne compte pas et nous pouvons tous en décider pour nous-mêmes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que dans un vide-réalité, celui qui a le plus de pouvoir décidera pour nous."

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:21
Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

Dans une interview récente à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargée au Vatican des discussions avec les traditionnalistes, évoque la possible reconnaissance par Rome de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) sous forme d’une prélature, au même titre que l’Opus Dei. Il laisse en outre entendre que les lefebvristes pourraient être réintégrés sans avoir à reconnaître certaines déclarations du Concile Vatican II, jugées pastorales et non doctrinales : Nostra Aetate sur le dialogue interreligieux, Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, et le décret Unitatis Redintegratio sur l’œcuménisme.

 

La prélature dite "personnelle" qui serait proposée par Rome "semble être la forme canonique appropriée", explique ainsi Mgr Guido Pozzo dans cet entretien. "Mgr Fellay (supérieur général de la FSSPX, ndlr) a accepté cette proposition, bien qu’au cours des mois prochains des détails soient encore à éclaircir", poursuit-il.

 

Dans une longue partie de l’entretien, Mgr Pozzo explique comment il serait possible pour la FSSPX d’être pleinement réintégrée dans les structures de l’Eglise catholique, sans avoir à accepter au préalable certains textes du Concile Vatican II, qu’elle réfute depuis toujours. Actuellement, le "cœur de la discussion" entre Rome et la FSSPX en vue d’une réconciliation, explique Mgr Pozzo, est "dans quelle mesure les textes de Vatican II sont en continuité avec le magistère constant de l’Eglise".

 

Dans un premier temps, "la reconnaissance des sacrements et de la primauté du pape" sont "à la base de la déclaration doctrinale soumise à la signature de la Fraternité", assure-t-il. Mais Mgr Guido Pozzo avance ensuite un "degré d’approbation" des "documents du Concile". Si la FSSPX a "des difficultés avec certains aspects de la déclaration Nostra Aetate, du décret Unitatis Redintegratio sur l'œcuménisme, et de la déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse", reprend alors Mgr Pozzo, "cela ne concerne pas les doctrines ou des affirmations définitives, mais plutôt des instructions ou des directives pour la pratique pastorale". En outre, ces "aspects pastoraux pourraient être discutés après la reconnaissance canonique, à des fins de clarification", ajoute-t-il.

 

Pour justifier son propos, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei ajoute que cet aspect avait déjà été clarifié pendant le Concile Vatican II : "Le secrétaire pour l’unité des chrétiens avait dit de Nostra Aetate, le 18 novembre 1964 : ‘(…) le secrétariat ne veut pas écrire une déclaration dogmatique sur les religions non-chrétiennes mais plutôt des normes pastorales et pratiques'".

Mgr Guido Pozzo évoque la possible reconnaissance par Rome de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX)

Source: La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X bientôt reconnue par Rome ?, Famille chrétienne, 12/08/2016 | Par Agence I.Media

 

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 12:03

Note de la rédaction de "La Porte Latine" qui rapporte l'information :

 

il est bien entendu que les commentaires repris dans la presse extérieure à la FSSPX

ne sont en aucun cas une quelconque adhésion à ce qui y est écrit par ailleurs.

 

 

Quelques jours après la rencontre entre le pape François et Mgr Fellay, le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), Mgr Guido Pozzo secrétaire de la commission Ecclesia Dei, a indiqué qur les « documents du Concile Vatican II (devaient) être accueillis selon le degré d'adhésion requis ».L'acceptation des textes sur les relations avec les autres religions ne constitue pas un pré-requis pour la reconnaissance juridique de la société lefebvriste et certaines questions pourront demeurer « objets de discussion et de clarification », a-t-il précisé à La Croix.

 

La rencontre, le 1er avril, entre le pape François et Mgr Bernard Fellay, chef de file des lefebvristes, s'inscrit « dans le contexte du cheminement de la FSSPX vers la pleine réconciliation, qui adviendra avec la reconnaissance canonique de l'Institut », a indiqué à La Croix Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, qui s'occupe des relations avec la Tradition au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

 

« En ce moment, il est surtout important de contribuer à créer un climat de confiance (…) pour dépasser les raidissements et la méfiance, qui peuvent être compréhensibles après tant d'années de distance et de fracture », poursuit Mgr Pozzo, assurant vouloir les « dissiper » pour retrouver « les raisons de l'unité et de la promotion de l'intégrité de la foi catholique et de la Tradition de l'Église ».

 

 

 

Différents degrés d'adhésion requis

 

Pour le responsable des discussions avec la FSSPX, il convient de rappeler les trois points essentiels qui font d'une personne un catholique?: « l'adhésion à la profession de foi, le lien des sacrements et la communion hiérarchique avec le pape ». C'est ce que contiendra la Déclaration doctrinale « qui sera soumise à l'adhésion de la FSSPX au moment opportun ».

 

« En ce qui concerne le Concile Vatican II, le parcours mené dans les entretiens des dernières années a conduit à une clarification importante?: le Concile Vatican II ne peut être compris de façon adéquate que dans le contexte de la Tradition entière de l'Église et de son magistère constant », précise Mgr Pozzo.

 

« Les affirmations des vérités de foi et de doctrine catholique sûre contenues dans les documents du Concile Vatican II doivent être accueillies selon le degré d'adhésion requis », poursuit l'évêque italien, qui redit la distinction entre le dogme et certains décrets ou déclarations contenant des « directives pour l'action pastorale, des orientations et suggestions ou des exhortations de caractère pratico-pastoral », comme c'est le cas notamment de Nostra Aetate, ouvrant au dialogue avec les religions non chrétiennes.

 

 

 

Pas un obstacle pour la reconnaissance canonique

 

Celles-ci « constitueront, y compris après la reconnaissance canonique, un sujet de discussion et d'approfondissement en vue d'une plus grande précision, afin d'éviter les malentendus ou équivoques qui, nous le savons, sont répandus dans le monde ecclésial actuel ».

 

« Les difficultés soulevées par la FSSPX au sujet des questions de la relation Église-État et de la liberté religieuse, de la pratique de l'œcuménisme et du dialogue avec les religions non chrétiennes, de certains aspects de la réforme liturgique et de son application concrète, demeurent objet de discussion et de clarification, a ajouté Mgr Pozzo, mais ne constituent a pas un obstacle pour la reconnaissance canonique et juridique de la FSSPX ».

 

Il est demandé à la FSSPX « d'accepter que le magistère de l'Église soit le seul à qui est confié le dépôt de la foi pour être gardé, défendu et interprété ». « Je crois que cette clarification peut constituer un point fixe pour la FSSPX ».

 

Propos recueillis par Marie Malzac pour La Croix

 

Sources : La Croix/La Porte Latine du 8 avril 2016

 

 

L'article de La Croix :

Certains textes conciliaires peuvent être objet de "discussion" avec la FSSPX - La Croix - 7 avril 2016
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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 17:09

Terrible leçon donnée par le philosophe Michel Onfray au monde catholique sur le concile Vatican II et la période post-Vatican II qui a tout désacralisé :

Michel Onfray comprend mieux la liturgie et le rôle du sacré que nos évêques !

Michel Onfray, philosophe qui se veut antichrétien et se dit athée, comprend bien mieux la liturgie et le rôle du sacré que nos évêques en costumes gris SNCF et nos curés adeptes des réunions de secteurs. C’est à écouter ici. Et c'est un régal !

 

Le philosophe était l'invité des Rencontres du Figaro de mars 2016. En réponse à la question d'un spectateur dans la salle, il s'est livré à un véritable cours d'architecture, de théologie et de liturgie.

 

Extrait:

 

"Les religions rendent possibles les civilisations. C'est une bêtise de dire que notre civilisation n'est pas judéo-chrétienne, évidemment elle l'est, y compris quand elle cesse de l'être (judéo-chrétienne), elle l'est à partir du judéo-christianisme et elle se constitue contre. Mais se constituer contre c'est faire avec, et ses composés.

 

Et à un moment donné, on voit bien ce que la transcendance est devenue, et par exemple pour la Sagrada Familia qui ne parvient pas à être terminée, cela n'est pas étonnant quand on lit des actes de Vatican II, effectivement il n'y a plus de place pour la transcendance, c'est purement formel, on enlève toute la transcendance.

 

Moi j'étais gamin quand j'ai vu les effets de Vatican II à la messe, il y avait les garçons et les filles d'un côté, il y avait le prêtre qui tournait le dos à l'assemblée et qui officiait face au tabernacle, c'est-à-dire le soleil levant, cela faisait sens. C'est-à-dire vers le lieu de la Lumière. On attendant la Lumière parce que le Christ était Lumière. Le prêtre s'adressait à Dieu et il était l'intercesseur de ses ouailles qui étaient derrière lui, mais tout le monde dans le même sens. Et d'un seul coup on change tout et on dit ha non, on installe l'autel au milieu du choeur, on laisse le tabernacle et on fait la messe en tournant le dos à Dieu. Matériellement, on tourne le dos à Dieu, c'est-à-dire que le tabernacle est derrière. [1]

 

Et puis on parle aux gens, et on dit la musique n'a plus besoin d'être sacrée, d'où la guitare, le curé qui s'habille en jean... (l'élimination) du latin... etc., etc. C'est-à-dire que c'est l'Eglise elle-même qui tout d'un coup dit on n'a plus besoin de sacré, le sacré est dans l'immanence. On n'a plus besoin de transcendance, la transcendance est dans l'immanence. Signe que l'on avalise l'évidence de ce que la civilisation nous dit, nous avons perdu le sens du sacré judéo-chrétien. C'est ainsi et cela ne se reconstitue pas, cela ne se replâtre pas. C'est une espèce de santé perdue et une santé perdue ne se recouvre pas.

Via Pro Liturgia, Actualité du jeudi 31/03/2016

 

Notes

 

[1] Michel Onfray dit ici exactement la même chose au sujet de l'orientation de l'autel que le grand liturgiste allemand Klaus Gamber dans son ouvrage "Zum Herrn hin !", "Tournons-nous vers le Seigneur!" publié avec une préface du Cardinal Ratzinger pour la version française en 1992.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 08:33

A propos du "discernement pastoral" mentionné dans l'article 85 du rapport final des évêques adoptant l'admission des divorcés "remariés" et l'"inculturation" pour chaque principe si l'on veut qu'il soit "observé et appliqué", évoquée par François, c'est ici qu'il est temps d'avoir du discernement :

 

Extrait du Discours du Pape en conclusion du synode [1] :

 

« Au-delà des questions dogmatiques bien définies par le Magistère de l’Église, nous avons vu aussi que ce qui semble normal pour un évêque d’un continent, peut se révéler étrange, presque comme un scandale, pour l’évêque d’un autre continent; ce qui est considéré violation d’un droit dans une société, peut être requis évident et intangible dans une autre; ce qui pour certains est liberté de conscience, pour d’autres peut être seulement confusion. En réalité, les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué. Le Synode de 1985, qui célébrait le vingtième anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II, a parlé de l’inculturation comme de l’« intime transformation des authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme, et l’enracinement du christianisme dans les diverses cultures humaines»3. L’inculturation n’affaiblit par les vraies valeurs mais démontre leur véritable force et leur authenticité, puisqu’elles s’adaptent sans se transformer, mais au contraire elles transforment pacifiquement et graduellement les différentes cultures. »

 

C’est ici que le discernement s’impose : en Afrique on refuse la communion aux polygames. En Europe, on veut absoudre le concubinage des divorcés-remariés et bénir les unions homosexuelles. Question de culture ou question de foi ? La question est de savoir qui, au bout du compte, transforme qui. [2]

 

Notes

 

[1] http://press.vatican.va/content/salastampa/fr/bollettino/pubblico/2015/10/24/0817/01826.html#fr

[2] http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2015/10/24/l-importance-de-l-institution-de-la-famille-et-du-mariage-5705414.html

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 19:57

Dans un discours qu'il a prononcé devant les évêques en synode, le Cardinal Marx, Archevêque de Munich et Président de la Conférence des évêques d’Allemagne a déclaré que “sur les bases de la théologie qui a permis Vatican II, nous devrions sérieusement envisager la possibilité - selon les cas individuels et non d’une façon généralisée -, d’admettre à la communion eucharistique les fidèles divorcés qui sont civilement remariés”.
Des paroles qui donnent raison à ceux qui disent que l’Eglise d’Allemagne est proche d’un schisme.


 

Le Cardinal Marx souhaite l'ouverture de la communion eucharistique aux divorcés remariés "sur les bases de la théologie qui a permis Vatican II"
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 20:45

Le Cardinal Raymond Burke, ancien membre de la Curie, s’est montré très critique à propos de l’évolution de la célébration de l’Eucharistie depuis le Concile Vatican II.

Dans son nouveau livre, paru en italien sous le titre “Divino Amore incarnato” et présenté récemment à l’Université Pontificale du Latran, il parle d’une “banalisation” de la notion même d’Eucharistie. Il estime que la réforme liturgique menée dans le sens de “l’esprit de Concile” - et non du Concile lui-même - a provoqué chez le peuple chrétien le commencement du déclin de la foi en l’Eucharistie.

Dans le même temps, dit-il, la fréquentation des célébrations eucharistiques a baissé de façon continue. Selon le Cardinal, de moins en moins de fidèles seraient à même d’appréhender l’Eucharistie comme un don de l’Amour Divin, don le plus précieux que puisse recevoir un homme. Une incompréhension d’autant plus grave que le sacrifice de la messe est reliée de façon “organique” au Sacrifice salvateur du Christ sur la Croix.

Le Cardinal Burke, né aux Etats-Unis, a été de 2008 à 2014 Préfet de la Signature Apostolique, le Tribunal Suprême de la Curie Romaine. En novembre 2014, il a été révoqué par le Pape François et nommé “Patron” de l’Ordre Souverain de Malte, une nomination que tout un chacun a ressenti comme une disgrâce sanctionnant le côté conservateur de ce Cardinal.

Agé aujourd’hui de 67 ans, il avait en effet osé, au sujet du Synode extraordinaire sur la famille, se montrer comme un énergique porte-parole des opposants à la réforme.

 

Source : Kathnet. Trad. APL/MH

via Pro Liturgia, Actualité du jeudi 15 octobre 2015

Le Cardinal Raymond Burke, très critique à propos de l’évolution de la célébration de l’Eucharistie depuis le Concile Vatican II
Le Cardinal Raymond Burke, très critique à propos de l’évolution de la célébration de l’Eucharistie depuis le Concile Vatican II

Le cardinal Burke a donné mercredi après-midi (14.10.2015 Ndlr.) une conférence de presse sur la parution de la version italienne de son livre sur l’eucharistie, à l’université du Latran. Il est arrivé en compagnie du cardinal Sarah… Et c'est le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, qui a ouvert la conférence. Laquelle est suivie très attentivement sur twitter par Francis X. Rocca (auteur de la photo).

 

Source

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:43
Le Pape laisse les catholiques inquiets. Pourquoi ?

On entend beaucoup de fidèles - parmi lesquels des évêques - dire qu’ils espèrent que le synode sera l’occasion de rappeler clairement la doctrine de l’Eglise sur la famille et le mariage.
Pourquoi le Pape ne donne-t-il pas lui-même cet enseignement clair ? On s’interroge... Parfois on s'inquiète aussi.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 4/10/2015.

 

Pourquoi s'inquiète-t-on ? Quel est le but du Pape ?

Il y a quelque chose qui cloche dans l'Eglise enseignante qui n'ose plus enseigner, annoncer ce qui est bien et ce qui est mal, dire "il faut", et donc d'user de son autorité.

Dès lors, le Pape à qui le Christ a donné le pouvoir des clés, c'est-à-dire d'enseigner les nations, n'enseigne plus ... ("qui suis-je pour juger") et laisse les catholiques inquiets. Et derrière le Pape, les évêques, successeurs des apôtres, eux-mêmes n'usent plus de l'autorité qui leur a été confiée, n'osent plus dire aux personnes ce qui est bien, ce qui est mal, dire "il faut".

La destruction de l'autorité semble être une des caractéristiques majeures des "fruits du Concile" et d'une vision erronée de la "liberté religieuse" étendue jusque dans la mission évangélique.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 09:46
Cardinal Koch: trilogue entre les catholiques, les juifs, les musulmans?

Cardinal Koch: Trialogue among Catholics, Jews, Muslims?

 

En.radiovaticana.va

22/05/2015 08:28

 

Traduction Christ-Roi

 

Cardinal Koch: trilogue entre les catholiques, les juifs, les musulmans?

 

(Radio Vatican) La conférence de 3 jours «Nostra Aetate - Célébration de 50 années de dialogue de l'Eglise catholique avec les juifs et les musulmans a été conclue hier à l'Université catholique d'Amérique à Washington DC. Le président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens - et également responsable pour le dialogue de l'Eglise avec le peuple juif - le cardinal Kurt Koch, était présent. Il a dit que la déclaration Nostra Aetate a marqué un tournant dans les relations entre l'Eglise catholique et les autres religions.

Mais, il a noté que si l'Eglise a des discussions bilatérales en cours avec les chefs religieux juifs et musulmans, il est peut être trop tôt pour se livrer à un "trilogue" entre les trois religions monothéistes.

"Nous ne disposons pas de trilogue et pour nous, il est trop tôt pour faire cela parce que, parfois, nous parlons un œcuménisme abrahamique - c'est très clair - c'est une bonne question. Mais d'autre part, nous avons une interprétation très, très différente d'Abraham, et nous ne pouvons pas nier ce problème. Et dans le débat interreligieux, il est très important de traiter également cette différence que nous avons dans l'interprétation d'Abraham ".

Prié de dire si leaders religieux musulmans et juifs seraient ouverts à un tel dialogue et si il pourrait ouvrir la voie à une amélioration des relations entre les trois religions, le cardinal Koch a répondu:

"Nous espérons que nous pouvons aller dans cette direction, à l'avenir, mais nous avons dans chaque religion, une opposition. Nous avons des dirigeants ouverts, nous avons des leaders musulmans ouverts, nous avons des leaders chrétiens ouverts, mais nous avons l'opposition dans les trois religions. Nous avons aussi l'opposition de l'Eglise catholique contre Nostra Aetate. Les mêmes groupes sont contre l'œcuménisme, contre le dialogue interreligieux, contre la déclaration de la liberté religieuse. Et je pense que ce sont des minorités. Nous devons aller sur la base du Concile Vatican II avec la haute autorité de l'Église catholique et nous ne pouvons pas nier cette influence très importante. "

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 12:11

 

A la suite du Concile (Vatican II, Ndlr.), les prêtres les plus remontés contre la liturgie (et probablement contre l’exercice de leur sacerdoce) se sont employés à banaliser et à désacraliser les messes. Comme ça ne suffisait pas, on a transformé les célébrations eucharistiques en comédies loufoques qui ne plaisaient plus qu’aux fidèles ayant perdu le sens de la liturgie. Ces glissements successifs ont progressivement fait perdre de vue la valeur de l’Eucharistie et le sens de la communion.

Dernière étape : on organise un synode pour se demander s’il est légitime de donner la communion à tout fidèle qui la demande...

Conclusion : ce n’est pas seulement sur le sens de la communion qu’il faut s’interroger, mais surtout sur le sens des liturgies qu’on impose aux fidèles. Traduisent-elles le respect dû à l’Eucharistie ? Dégagent-elles le sens véritable de la communion ?

S’il y a des fidèles qui ne devraient pas avoir le droit de communier, il y a aussi des prêtres qui ne devraient pas avoir le droit de célébrer, tellement leurs messes sont des insultes à l’Eucharistie.

S. Thomas d’Aquin rappelle que celui qui offre à Dieu, de la part de l’Eglise, un culte en opposition avec les formes qu’elle a instituées par autorité divine, se rend coupable du vice de falsification. (Cf. Somme Théologique, II, 2, q. 93, a. 1.) Celui-là est donc coupable de ce que les fidèles perdent le sens de la communion eucharistique.

 

Source : PRO LITURGIA, ACTUALITE Lundi 20/10/2014 http://www.proliturgia.org/

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 08:01

Dans un entretien avec Médias-Presse-Info à Paris le vendredi 11 juillet 2014, le professeur Roberto de Mattei évoque «une situation schismatique d'un point de vue de la praxis plutôt qu'hérétique dans les formulations doctrinales », «un changement dans la pastorale qui à son tour va changer la doctrine» :


«D'un point de vue théorique, il n'y a pas eu (avec le concile Vatican II, Ndlr.) un renversement de principe doctrinal. C'est-à-dire que ce qui s'est passé depuis le concile, c'est plutôt une révolution dans la praxis, c'est-à-dire dans la pratique concrète. Par exemple concernant le problème des divorcés remariés, ce qui se passe ce n'est pas encore une théorisation, une formulation de la possibilité de donner les sacrements aux divorcés remariés, mais c'est le fait que dans la grande partie de l'Eglise occidentale et européenne, les évêques, les conférences épiscopales mêmes autorisent dans les faits cette pratique. Donc, c'est une révolution, une situation que je dirais schismatique d'un point de vue de la praxis plutôt qu'hérétique dans les formulations doctrinales.»

 

Le professeur évoque des cas précis de cette révolution dans la praxis :

 

«En Allemagne, en Suisse, et dans d'autres pays, il y a des prêtres qui cohabitent, convivent ouvertement, publiquement avec des femmes, avec le soutien même de leurs fidèles. Il y a des divorcés qui font bénir leur mariage par des prêtres. Il y a la contraception qui est très largement tolérée, les soit-disant mariages homosexuels qui sont encouragés.»

 

 

«Le pape François plusieurs fois a dit "moi je ne veux pas mettre en discussion les valeurs non-nogociables, la doctrine, mais ce que l'on doit changer c'est l'attitude pastorale, c'est la pratique."» «Mais, explique le professeur Mattei, si vous mettez à part la doctrine, si vous ignorez la doctrine, ce qui arrive en fait, c'est un changement dans la pastorale qui à son tour va changer la doctrine. »

 

 

 

 

 

Roberto de Mattei est un spécialiste des questions vaticanes. Professeur d’Histoire moderne et d’Histoire du Christianisme à l’Université Européenne de Rome, il y dirige le département des Sciences Historiques. Il est aussi le Président de la Fondation Lépante, dont le siège est à Rome, et dirige la revue mensuelle Radici Cristiane ainsi que l’agence d’information Correspondance européenne.

De passage à Paris, le Professeur Roberto de Mattei a accepté de répondre aux questions de Médias Presse Info. 

 

Source: http://medias-presse.info/vers-un-schisme-dans-leglise-catholique-en-raison-dune-alteration-de-la-doctrine-entretien-exclusif-avec-roberto-de-mattei-video/12752

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 10:14

Selon Sandro Magister, le Pape François fait son autocritique et corrige trois erreurs : premièrement, il minimise le succès de l’interview qu’il avait accordée à Scalfari et avait été publié par « La Reppublica », deuxièmement il rectifie ses jugements sur le concile Vatican II et troisièmement enfin, il prend ses distances par rapport aux courants progressistes qui l’ont le plus applaudi jusqu’à présent. Source : ACTUALITE DU 22/11/2013

 

 

Le pape fait lui aussi son autocritique. Et il corrige trois erreurs

 

Il abaisse le "rating" de l’interview qu’il a accordée à Scalfari. Il rectifie ses jugements sur le concile Vatican II. Il prend ses distances par rapport aux courants progressistes qui l’ont le plus applaudi jusqu’à présent. Mais les médias ne parlent pas de son changement

 

par Sandro Magister

 

En l’espace de quelques jours, le pape François a corrigé ou fait corriger quelques éléments significatifs de son image publique. Au moins trois.

Le premier concerne l’entretien qu’il a eu avec Eugenio Scalfari et qui a été mis par écrit dans le journal "La Repubblica" du 1er octobre par ce champion de la pensée athée.

Cette retranscription de l’entretien a effectivement provoqué un étonnement assez généralisé, en raison de certaines affirmations mises dans la bouche de François qui paraissaient plus conformes à la pensée laïque dominante qu’à la doctrine catholique. Celle-ci, par exemple :

"Chacun de nous a sa propre vision du bien et du mal et il doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal tels qu’il les conçoit".

En même temps, cependant, le père Federico Lombardi a immédiatement confirmé que l'interview était "fidèle à la pensée" du pape et "digne de foi dans son sens général".

Ce n’est pas tout. Quelques heures après sa publication dans "La Repubblica", l'interview a été reproduite intégralement à la fois dans "L'Osservatore Romano" et sur le site web officiel du Saint-Siège, de la même façon que les autres discours et documents du pape.

De là est née l'idée que Jorge Mario Bergoglio avait choisi volontairement, en cette occasion comme en d’autres, la forme d’expression de l’entretien comme nouvelle modalité de son magistère, capable d’atteindre le grand public de manière plus efficace.

Mais, au cours des semaines qui ont suivi, le pape a dû se rendre compte du risque que comportait également cette forme d’expression. Ce risque était que le magistère de l’Église soit rabaissé au niveau d’une simple opinion offerte à la libre confrontation.

Et il en est résulté la décision, prise le 15 novembre, de faire disparaître du site du Saint-Siège le texte de l’entretien avec Scalfari.

"En le retirant – a expliqué le père Lombardi – on a fait une mise au point quant à la nature de ce texte. Il y avait une équivoque et un débat à propos de sa valeur".

Par ailleurs Scalfari, interviewé le 21 novembre dans les locaux romains de la presse étrangère, a révélé d’autres détails de cette affaire.

Il a dit que le pape, à la fin de leur entretien, avait consenti à ce que celui-ci soit rendu public. Et lorsque Scalfari lui avait proposé de lui en envoyer le texte préalablement, il avait répondu : "Je crois que ce serait une perte de temps, je vous fais confiance".

Le fondateur de "La Repubblica" a en effet envoyé au pape son texte, accompagné d’une lettre dans laquelle il disait notamment :

"Tenez compte du fait que je n’ai pas rapporté certaines choses que vous m’avez dites. Et que vous n’avez pas tenu certains des propos que je vous attribue. Mais je les ai écrits pour que le lecteur comprenne qui vous êtes"

Deux jours plus tard – toujours si l’on s’en tient à ce qu’a raconté Scalfari – le secrétaire du pape, Alfred Xuereb, a téléphoné pour donner le feu vert pour la publication. Qui a eu lieu le lendemain.

Scalfari a fait le commentaire suivant : "Je suis tout disposé à croire que le pape n’est pas d’accord avec certaines des choses que j’ai écrites en les lui attribuant, mais je crois aussi qu’il considère que, dites par un non croyant, elles sont importantes pour lui et pour l’action qui est la sienne".

*

Mais l’interview, calibrée et très étudiée, que le pape François a accordée à la revue "La Civiltà Cattolica" – et qui a été publiée le 19 septembre dans seize revues de la Compagnie de Jésus rédigées en onze langues – a été elle aussi incluse, ces jours derniers, dans le chantier des choses à corriger.

Sur un point clé : l'interprétation du concile Vatican II.

On l’a compris en prenant connaissance d’un passage de la lettre autographe écrite par François à l’archevêque Agostino Marchetto à l’occasion de la présentation d’un ouvrage écrit en son honneur, le 12 novembre, dans le cadre solennel du Capitole. Et cette lettre, le pape a voulu qu’elle soit lue en public.

Ce passage est le suivant :

"Cet amour [pour l’Église], vous l’avez manifesté de bien des manières, y compris en corrigeant telle erreur ou telle imprécision de ma part – et je vous en remercie du fond du cœur – mais il s’est surtout manifesté dans toute sa pureté dans les études que vous avez consacrées au concile Vatican II. Je vous l’ai dit un jour, cher Monseigneur Marchetto, et je veux le répéter aujourd’hui : je vous considère comme le meilleur herméneute du concile Vatican II".

Affirmer que Marchetto est "le meilleur herméneute" du concile, voilà qui est déjà assez spectaculaire. Marchetto est en effet, depuis toujours, l’homme qui a critiqué le plus implacablement cette "école de Bologne" – fondée par Giuseppe Dossetti et Giuseppe Alberigo et dirigée aujourd’hui par le professeur Alberto Melloni – qui détient le monopole mondial de l'interprétation de Vatican II selon une optique progressiste.

L'herméneutique du concile soutenue par Marchetto est la même que celle de Benoît XVI : il ne s’agit pas d’une "rupture" et d’un "nouveau début", mais d’une "réforme dans la continuité de l'unique sujet Église". Et cette herméneutique-là, le pape François a voulu montrer qu’il la faisait sienne, en manifestant aussi hautement son approbation à Marchetto.

Mais si l’on relit le passage succinct que François consacre à Vatican II dans l’interview qu’il a accordée à "La Civiltà Cattolica", l'impression que l’on en retire est différente. "Oui, il y a des lignes d’herméneutique de continuité et de discontinuité", concède le pape. "Cependant – ajoute-t-il – une chose est claire" : Vatican II a été "un service au peuple" qui consiste en "une relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine".

À trois reprises, dans les quelques lignes de l'interview qui sont consacrées au concile, Bergoglio en définit l’essence en ces termes, qu’il applique également à la réforme de la liturgie.

Un tel jugement au sujet de l’événement grandiose qu’a été le concile a tout de suite paru très sommaire à beaucoup de gens, à tel point qu’Antonio Spadaro lui-même, le directeur de "La Civiltà Cattolica" qui a réalisé cette interview du pape, a avoué qu’il avait été stupéfait au moment où il avait transcrit ce que François venait de lui dire de vive voix.

Toutefois, pendant ce temps-là, ce jugement a continué à recueillir une large approbation.

C’est ainsi que, le 14 novembre, lorsqu’il a reçu le pape François venu lui rendre visite au Quirinal, le président de la république italienne Giorgio Napolitano l’a remercié justement d’avoir fait "vibrer l’esprit du concile Vatican II en tant que 'relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine'", en citant précisément ses propres paroles.

Et le pape a également été applaudi pour ces mêmes propos – c’est un autre exemple – par le numéro un des liturgistes italiens, Andrea Grillo, professeur à l’Institut Pontifical Saint-Anselme. Selon celui-ci, François aurait enfin inauguré la véritable et définitive "herméneutique" du concile, après avoir "placé tout de suite au second plan cette diatribe à propos de la 'continuité' et de la 'discontinuité' qui a pendant longtemps porté préjudice – et souvent paralysé totalement – toute herméneutique efficace de Vatican II".

Ce n’est en effet un secret pour personne que le "service au peuple" et la relecture de l’Évangile "actualisée dans l'aujourd’hui" sont des concepts chers à ceux qui donnent des interprétations progressistes du concile et en particulier à "l’école de Bologne", qui a fait état à maintes reprises de l’enthousiasme que lui inspirait ce pape.

Mais il s’est évidemment trouvé quelqu’un pour faire remarquer personnellement au pape Bergoglio que réduire le concile à de tels concepts était pour le moins "imprécis", sinon "erroné".

Et c’est justement Marchetto qui a franchi ce pas. Il y a depuis longtemps, entre lui et Bergoglio, une grande confiance et une estime réciproque. À Rome, Marchetto habite à la maison du clergé de la via della Scrofa, où il occupe la chambre 204, voisine de la chambre 203 où logeait celui qui était alors l’archevêque de Buenos Aires lorsqu’il venait à Rome.

Le pape François a non seulement écouté mais également accepté les critiques formulées par son ami. Au point de remercier celui-ci, dans la lettre qu’il a fait lire le 12 novembre, de l’avoir aidé "en corrigeant telle erreur ou telle imprécision de ma part ".

Il est à présumer que, à l’avenir, François s’exprimera à propos du concile autrement qu’il ne l’a fait dans l'interview qu’il a accordée à "La Civiltà Cattolica" et davantage en ligne avec l'herméneutique de Benoît XVI. À la grande déception de "l’école de Bologne".

*

La troisième correction est en cohérence avec les deux précédentes. Elle concerne l’estampille "progressiste" que le pape François s’est vu attribuer au cours de ces premiers mois de son pontificat.

Il y a un mois, le 17 octobre, Bergoglio avait paru confirmer une fois de plus ce profil lorsque, dans son homélie matinale à la maison Sainte-Marthe, il avait eu des mots cinglants contre les chrétiens qui transforment la foi en une "idéologie moraliste", entièrement faite de "prescriptions sans bonté".

Mais un mois plus tard, le 18 novembre, lors d’une autre homélie matinale, le pape a fait entendre une musique toute différente.

Ce jour-là, la révolte des Macchabées contre les puissances dominantes de leur époque lui a servi de point de départ pour critiquer avec une très grande sévérité ce “progressisme adolescent”, que l’on trouve aussi chez les catholiques et qui est disposé à se soumettre à “l’uniformité hégémonique” de la “pensée unique, fruit de la mondanité”.

Il n’est pas vrai, a affirmé François, que "face à n’importe quelle décision il soit bon d’avancer en tout état de cause, au lieu de rester fidèle à ses traditions". À force de négocier à propos de tout, on en arrive à ce que les valeurs soient tellement vidées de leur sens qu’elles ne sont plus que des “valeurs nominales, dépourvues de réalité”. On finit même par négocier "ce qui est essentiel à notre être, la fidélité au Seigneur".

La pensée unique qui domine le monde – a continué le pape – légalise même “les condamnations à mort”, même “les sacrifices humains”. “Mais est-ce que vous pensez – a-t-il demandé – que l’on n’en fait plus, aujourd’hui, des sacrifices humains ? On en fait beaucoup, beaucoup ! Et il existe des lois qui les protègent”.

Difficile de ne pas voir, dans ce cri de douleur poussé par le pape François, les innombrables vies humaines supprimées à leur origine du fait de l’avortement ou détruites par l'euthanasie.

À l’appui de sa protestation contre la progression de “cet esprit de mondanité qui conduit à l’apostasie”, le pape a cité l’une de ses lectures préférées : “Le Maître de la terre”, un roman “prophétique” écrit au début du XXe siècle par Robert H. Benson, un prêtre anglican qui était fils d’un archevêque de Canterbury et qui se convertit au catholicisme.

À l’exception de quelques rares publications catholiques, les médias du monde entier ont passé sous silence cette homélie du pape François. Elle est en effet en contradiction spectaculaire avec les schémas progressistes, ou même révolutionnaires, qui sont généralement utilisés pour le décrire.

Mais maintenant il en est aux actes. Et il s’y tient.

Par une curieuse coïncidence, Pietro Parolin, le nouveau secrétaire d’état, a également pris part à la messe au cours de laquelle le pape François a prononcé cette homélie. C’était son premier jour de service effectif à la curie romaine.

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L'interview accordée à Eugenio Scalfari par le pape François qui a été retirée du site du Vatican :

> Le pape à Scalfari: voici comment je vais changer l'Église

L'interview du pape dans "La Civiltà Cattolica" :

> Interview du pape François


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Le passage de l'interview accordée par le pape à "La Civiltà Cattolica" qui concerne le concile :

« Qu’a réalisé le concile Vatican II ? Que s’est-il passé ? », lui demandé-je à la lumière des déclarations précédentes, imaginant une réponse longue et articulée. J’ai plutôt eu l’impression que le pape considère le concile comme un fait si indiscutable qu’il n’est pas nécessaire d’en parler trop longuement, sous peine d’en réduire l’importance.
« Vatican II a été une relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine. Il a produit un mouvement de rénovation qui vient simplement de l’Évangile lui-même. Ses fruits sont considérables. Il suffit de rappeler la liturgie. Le travail de la réforme liturgique a été un service du peuple en tant que relecture de l’Évangile à partir d’une situation historique concrète. Il y a certes des lignes herméneutiques de continuité ou de discontinuité ; pourtant une chose est claire : la manière de lire l’Évangile en l’actualisant, qui a été propre au Concile, est absolument irréversible. Il y a ensuite des questions particulières, comme la liturgie selon le Vetus Ordo. Je pense que le choix du pape Benoît fut prudentiel, lié à l’aide de personnes qui avaient cette sensibilité particulière. Ce qui est préoccupant, c’est le risque d’idéologisation du Vetus Ordo, son instrumentalisation ».

(Le pape François a également corrigé le tir à propos de la question qui est abordée dans ces dernières lignes. Recevant, le 31 octobre, le cardinal Darío Castrillón Hoyos, il lui a affirmé "ne pas avoir de problèmes avec le rite romain extraordinaire et avec ceux qui le pratiquent, selon l’esprit indiqué dans le motu proprio 'Summorum Pontificum' de Benoît XVI").

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La lettre que le pape François a adressée à l’archevêque Agostino Marchetto :

Caro Mons. Marchetto,
Con queste righe desidero farmi a Lei vicino e unirmi all’atto di presentazione del libro : “Primato pontificio ed episcopato. Dal primo millennio al Concilio ecumenico Vaticano II”. Le chiedo che mi senta spiritualmente presente.
La tematica del libro è un omaggio all’amore che Ella porta alla Chiesa, un amore leale e al tempo stesso poetico. La lealtà e la poesia non sono oggetto di commercio : non si comprano né si vendono, sono semplicemente virtù radicate in un cuore di figlio che sente la Chiesa come Madre ; o per essere più preciso, e dirlo con ”aria” ignaziana di famiglia, come “la Santa Madre Chiesa gerarchica”.
Questo amore Lei lo ha manifestato in molti modi, incluso correggendo un errore o imprecisione da parte mia  – e di ciò La ringrazio di cuore – ma soprattutto si é manifestato in tutta la sua purezza negli studi fatti sul Concilio Vaticano II.
Una volta Le ho detto, caro Mons. Marchetto, e oggi desidero ripeterlo, che La considero il migliore ermeneuta del Concilio Vaticano II. So che è un dono di Dio, ma so anche che Ella lo ha fatto fruttificare.
Le sono grato per tutto il bene che Lei ci fa con la sua testimonianza di amore alla Chiesa e chiedo al Signore che ne sia ricompensato abbondantemente.
Le chiedo per favore che non si dimentichi di pregare per me.?Che Gesù La benedica e la Vergine Santa La protegga.
Fraternamente,
Francesco
Vaticano 7 Ottobre 2013

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Le commentaire enthousiaste du liturgiste Andrea Grillo à propos des jugements que le pape François a portés sur le concile dans l’interview accordée à "La Civiltà Cattolica" :

> All'inizio del Concilio, la liturgia

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L’un des auteurs de l’"Histoire du concile Vatican II" rédigée par "l’école de Bologne" et sévèrement critiquée par l'archevêque Agostino Marchetto – celui que le pape François a qualifié de "meilleur herméneute" du concile – est une grande figure de la hiérarchie catholique mondiale, Luis Antonio Gokim Tagle.

Tagle en a en effet rédigé, étant alors un simple prêtre, un chapitre clé, intitulé “La tempête de novembre : la ‘semaine noire’”, du quatrième volume, publié en 1999. Ce chapitre a été défini par Marchetto, dans un ouvrage où il critique sévèrement les travaux historiques de l’école de Bologne ("Le concile Vatican II. Contrepoint pour son histoire", publié par la Libreria Editrice Vaticana en 2005), comme "une étude certes riche et même approfondie, mais pas équilibrée", écrite en "langage journalistique" et ici ou là "dépourvue de cette dose d’objectivité que l’on attend du véritable historien".

Les critiques de Marchetto n’ont en tout cas pas empêché Tagle, évêque d’Imus depuis 2001, de devenir d’abord archevêque de Manille en 2011 et aujourd’hui cardinal.

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L'homélie prononcée le 18 novembre par le pape à la maison Sainte-Marthe, d’après le compte-rendu qu’en a fait "L'Osservatore Romano" :

> La fedeltà a Dio non si negozia

 

 

Source: http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1350668?fr=y 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 09:25
Dans un entretien au blog "L"homme nouveau", le père Michel Viot, auteur du livre " Dieu et l'Etat, Signification de la fête du Christ Roi", explique l'encyclique Quas Primas du pape Pie XI sur le Christ Roi à l'aune des principaux textes de Vatican II qui traitent de cette question. Une réponse équilibrée aux enjeux éthiques et sociétaux du monde d’aujourd’hui, ainsi qu'un plaidoyer argumenté en faveur de la laïcité réelle.


Faut-il faire son deuil de la notion de chrétienté ?

 

Sur le blog du bi-mensuel « L’Homme Nouveau », sous la signature de son rédacteur en chef, Philippe Maxence :

Dieu_et_l'État-Viot.jpg« Président de l’Association « Écouter avec l’Église », le père Michel Viot organise le 24 novembre prochain un colloque sur le thème : « Fête du Christ-Roi, faut-il faire son deuil de la notion de chrétienté ». Nous avons profité de cette occasion pour lui poser plusieurs questions à ce sujet et évoquer avec lui son dernier livre, Dieu et à l’État (Via Romana, 82 p., 9 €).  

Vous organisez un colloque le 24 novembre qui porte sur la chrétienté. Pourquoi ?

Parce que je me refuse à être syndic de faillite et que je crois non seulement au retour à la chrétienté mais aussi à cette nécessité. Je ne donnerai que deux exemples mais pourrais en fournir d’autres. La doctrine sociale de l’Église n’est envisageable qu’entre pays chrétiens et dans un monde à majorité chrétienne. Et deuxième exemple, seule la chrétienté peut s’opposer à l’islam radical dans l’intérêt des chrétiens, des juifs et des musulmans modérés qui sont encore en majorité dans notre pays, mais pour combien de temps ?

Vous évoquez également « la menace de l’instauration d’une fausse démocratie qui va inaugurer un système totalitaire » Que voulez-vous dire exactement ?

Sans être un idolâtre des sondages, force est de constater que le gouvernement comme sa majorité parlementaire ne sont plus soutenus que par une minorité de Français. La dégradation morale du monde politique qui a commencé bien avant l’arrivée de ce gouvernement, est cependant passée avec lui à une vitesse supérieure. S’il est nécessaire de mentir un peu quand on dirige un pays, tout comme dans la finance, il ne faut pas exagérer. Sinon on fait du Madoff ! Et c’est l’impasse. Prison dans un cas. Règles démocratiques impossibles à suivre, en particulier pour une alternance avec des opposants non indemnes, eux aussi, de mensonges, dans l’autre cas. Et sur ce point particulier, je pense très précisément aux questions économiques et sociales. On trouve alors des dérivatifs propres à semer le trouble dans tous les camps, la loi Taubira et les projets « scolaires » de monsieur le ministre Vincent Peillon, par exemple. Dans les deux cas on utilise des moyens de régime totalitaire comme le refus de prendre en compte la liberté de conscience et l’embrigadement des enfants par l’école appelée à jouer un rôle quasi messianique. Monsieur Peillon est sur cette question d’une franchise absolue dans son livre La Révolution française n’est pas terminée paru en 2008. Il va même jusqu’à parler de transsubstantiation des élèves pour les élever au rang de citoyens ! C’est bien le langage de Robespierre qui s’y connaissait en matière de démocratie totalitaire. Le mépris de la liberté de conscience est de par sa nature même appelé à s’accentuer et à se multiplier.

 

À ce colloque, plusieurs personnalités prendront la parole. Qui sont-elles ?

– Abbé Guillaume de Tanoüarn, Docteur en philosophie, membre de l’Institut du Bon Pasteur, directeur du Centre Saint-Paul sur « Le Christ Roi de nos consciences » ;

– Jean-François Chemain, Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, diplômé d’études approfondies de Droit international, agrégé et Docteur en Histoire, professeur d’Histoire-Géographie en ZEP sur « Une autre histoire de la laïcité » ;

– Guillaume de Thieulloy, Docteur en études politiques, directeur de publication de Nouvelles de France et deL’Observatoire de la Christianophobie sur : « Aujourd’hui la chrétienté » ;

– Nicolas Warembourg, Professeur agrégé des Facultés de droit, sur : « La Royauté selon Ponce Pilate, procurateur romain ».


Vous venez de publier un livre consacré à Dieu et à l’État (Via Romana, 82 p., 9 €), et plus spécifiquement à la fête du Christ-Roi. Quelle lecture faites-vous de Quas Primas ?

Une lecture historico-critique, tout comme pour la Bible. Mon avertissement au lecteur, page 8, l’explique. Cela dit, le fond de cette encyclique demeure d’actualité. Un chrétien se doit de travailler au règne du Christ dès ce monde. S’il peut accepter aujourd’hui un État laïc, ce ne peut être que dans le sens de neutre sur le plan religieux, ne privilégiant pas de religion mais ne se mêlant pas de ce qui les regarde. Je reprendrai une partie de citation de Benoît XVI dans son allocution au Président de la République italienne en 2005. Après avoir reconnu la légitimité d’une saine laïcité de l’État (ce qui suppose qu’il peut en exister une malsaine comme actuellement en France) et accepté des réalités temporelles avec les normes qui leur sont propres, le pape précise « sans exclure toutefois les références éthiques qui trouvent leur fondement ultime dans la religion ».

Un État incapable d’accepter cette mise au point de notre pape émérite prouverait son incapacité à être laïc et justifierait la revendication chrétienne d’avoir un État plus respectueux de sa religion sans pour autant en faire la religion officielle. Pour être encore plus précis à souhaiter le modèle de Constantin avec l’édit de Milan de 313 et non celui de Théodose avec l’édit de Thessalonique en 380. Voir l’excellente étude de Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon « La laïcité une idée chrétienne », dans La Religion dans la République laïque, Téqui, 2005, pages 65 à 78.


Vous dédiez ce livre à Benoît XVI « restaurateur de la fête du Christ-Roi ». Mais où et quand Benoît XVI a-t-il restauré cette fête qui n’a pas disparu du calendrier réformé, même si elle a perdu son sens immédiatement social pour une compréhension plus eschatologique, comme le montre son déplacement à la fin du calendrier liturgique et les transformations apportées aux hymnes de cette fête ?


 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/84/Christ_Pantocrator_in_the_.jpg/392px-Christ_Pantocrator_in_the_.jpgBenoît XVI a toujours combattu l’idée d’une rupture doctrinale dans l’Église catholique avec le concile Vatican II. Ce dernier a surtout développé une doctrine du Christ-Roi renvoyant aux fins dernières, à l’eschatologie comme vous le dites justement dans votre question. Le Concile n’a pas pour autant ignoré  Quas Primas. Je le rappelle dans les pages 55 à 63 de ma brochure en citant des textes conciliaires. Je cite le paragraphe 11 de  Dignitatis humanæ et  Gaudium et spes en son paragraphe 39. Cela dit, je reconnais que l’on n’a pas tenu assez compte de cette « continuité » dans l’Église quand on prêchait le Christ-Roi. Que Benoît XVI, le pape de la continuité, ait choisi cette fête pour clore l’Année de la foi 2012-2013 ne peut que signifier le lien indissoluble entre Quas Primas et Vatican II et redonner à cette fête toute sa plénitude et par conséquent la restaurer. Il faudrait bien sûr tirer les conclusions qui s’imposent pour les hymnes, paroles et musique. Il existe encore de bons poètes et musiciens chrétiens qui ne pourraient qu’être inspirés par cette fête restaurée. Miracle de l’Église !


Comment conciliez-vous le droit à la liberté religieuse de Vatican II avec les exigences politiques et sociales contenues dans Quas Primas ?


Votre dernière question est la plus difficile et demanderait un très long développement. Pour être aussi clair que possible, je me dois de dire en préalable que l’on a abusé de ce texte tant chez ses détracteurs que chez ceux qui prétendaient le défendre. Dès le paragraphe 1, il est clairement dit que la question est posée et développée dans le cadre très précis des relations des individus avec la société, et de ce fait ce sont les États qui sont visés. Le Concile ne prône pas la liberté religieuse au sein de l’Église catholique. Chaque catholique est tenu d’obéir au magistère. Et en rappelant le combat de Pie XI pour la liberté des consciences et non pas la liberté de la conscience comme il aimait à le rappeler, Dignitatis humanæ peut et doit être lue dans la continuité de l’enseignement de ce grand pape. Voir page 23 de ma brochure une citation de Pie XI de l’encyclique du 29 juin 1931 Non abbiamo bisogno, rédigée en italien contre les prétentions du régime fasciste à embrigader la jeunesse. Le pape parle de liberté des consciences contre ce totalitarisme et peut-être aurons-nous à utiliser ce texte contre Vincent Peillon à moins que le Pape François ne produise une encyclique en françaisDignitatis humanæ dit la même chose au paragraphe 3 :

« C’est donc faire injure à la personne humaine et à l’ordre même établi par Dieu pour les êtres humains que de refuser à l’homme le libre exercice de la religion sur le plan de la société, dès lors que l’ordre public juste est sauvegardé ».


Le deuxième chapitre concernant la liberté religieuse à la lumière de la révélation ne signifie pas non plus que l’Église admet le droit à l’erreur. Enseignant la vérité qui est en Jésus-Christ seul elle ne peut bien évidemment reconnaître aucun droit à l’erreur. Elle réprouve simplement la contrainte en demandant de prendre pour modèle Jésus et ses apôtres. La coercition qu’elle ne s’autorise pas, elle ne la demande pas non plus à l’État afin d’éviter tout abus. Le texte conciliaire exprime avec d’autres mots ce que voulait le cardinal Pie que l’on peut considérer comme un père spirituel de  Quas Primas. Pour lui, dans les années 1870, le rétablissement du règne du Christ en rendant sa primauté à la religion catholique en France ne voulait pas dire qu’il fallait interdire les autres cultes.


Je cite une de ses conclusions sur ce sujet page 52 de ma brochure « les autres cultes jouiront de toutes les garanties assurées par la foi ». Et non pas la loi, remarquez la différence ! C’est dans la foi chrétienne elle-même qu’il fonde la tolérance, tout comme Louis XVI en 1787. Alors que Napoléon Ier la fondait lui, sur son indifférence religieuse. Sur ce point capital Dignitatis humanæ est fidèle au cardinal Pie que l’on ne saurait taxer de modernisme ! Et c’est cette pensée qui, je le répète, inspirera  Quas Primas .

J’invite aussi à relire le paragraphe 15 de la déclaration conciliaire qui replace très clairement la revendication de la liberté religieuse dans la confrontation avec certains États. Ce texte fut signé par Paul VI le 7 décembre 1965 et le rideau de fer existait toujours.

 


Source via: http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2013/11/09/faut-il-faire-son-deuil-de-la-notion-de-chretiente-5217221.html

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4f/Second_Vatican_Council_by_Lothar_Wolleh_005.jpg/600px-Second_Vatican_Council_by_Lothar_Wolleh_005.jpg

Le IIe Concile du Vatican

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 13:11

Dans le cadre d'un "dialogue" judéo-chrétien renouvelé et renforcé, le pape François défend des pratiques religieuses "bien établies" comme la circoncision et l'abattage casher.

 

Le Pape a souhaité aux Juifs du monde entier une douce et paisible année 5774, appelant à renforcer le dialogue entre les communautés religieuses du monde et s'est opposé à l'intégrisme quelle que soit la foi revendiquée.

 

Lors de sa première audience privée accordée à un dirigeant juif international depuis son élection, François a demandé au président Ronald S. Lauder du Congrès juif mondial (CJM) de transmettre son message de Nouvel An aux communautés juives à travers le monde. Des vœux présentés en hébreu par les mots « Shana Tova », « bonne année ».
 

Lors de leur réunion informelle au Vatican, Lauder et le Pape ont parlé de la situation en Syrie et ont décidé de dénoncer les attaques contre les minorités religieuses dans la région, tels que les chrétiens coptes en Egypte et les tendances à restreindre les pratiques religieuses bien établies telles que la circoncision.  

 

Le pape a exprimé spécifiquement sa préoccupation pour les interdictions d'abattage casher en Pologne et demandé au cardinal Kurt Koch, président de la Commission pour les relations avec les Juifs, d'enquêter et d’organiser une réunion dès la semaine prochaine.


De nouvelles assurances d’un dialogue judéo-chrétien renouvelé et renforcé

François a réitéré une déclaration faite en Juin dernier répétant qu’ «un chrétien ne peut pas être un antisémite» et a déclaré que «pour être bon chrétien, il est nécessaire de comprendre l'histoire et les traditions juives. » Il a ajouté que les juifs et les chrétiens partagent les mêmes racines et que le dialogue est la clé pour bâtir un avenir commun. Se référant au conflit en Syrie, le pape a dénoncé l’inacceptable massacre d'êtres humains et appelé «les dirigeants mondiaux à tout faire pour éviter la guerre. »


A l’issue de l’audience, Ronald S. Lauder a salué le pape pour son engagement indéfectible au service du dialogue et a déclaré que «le pontificat de François a non seulement relancé l'Eglise catholique, mais aussi donné un nouvel élan aux relations avec le judaïsme. Jamais ces 2000 dernières années les relations entre l'Eglise catholique et le peuple juif n’ont été si bonnes. L’œuvre des papes successifs au cours des cinquante dernières décennies a contribué à surmonter beaucoup de préjugés. Cela nous permet maintenant de travailler ensemble pour défendre la liberté religieuse partout où elle est menacée et quelle que soit la communauté affectée ».

 

Source: http://www.news.va/fr/news/le-dialogue-judeo-chretien-renouvele-et-renforce

 

Note de Christ-Roi.

 

1° En quoi le pape, se préoccupe-t-il des interdictions d'abattage casher ou des "tendances à restreindre les pratiques religieuses bien établies telles que la ciconcision" (sic), au point de demander d'enquêter et d'organiser une réunion au sujet d'une religion qui n'est pas la sienne, et de pratiques religieuses obsolètes depuis l'avènement du Christ qui a dit  :"Vous laissez de côté le commandement de Dieu et vous vous attachez à la tradition des hommes" (Evangile selon Saint Marc, 7, 8) ?

Le pape François défendra-t-il au nom des mêmes principes libéraux de défense des "pratiques religieuses bien établies" et de la "liberté religieuse", l'excision des jeunes filles en islam, les sacrifices humains et les crimes rituels à caractère fétichiste en Afrique, comme aujourd'hui encore l'a dénoncé la conférence épiscopale catholique du Gabon en mai 2012 (?) Comment ne pas voir les limites d'une telle "liberté" ?

3° Le Concile de Jérusalem en 49 ap. Jésus-Christ, a tranché la question et rejeté les traditions et les pratiques juives, il y a deux mille ans :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ECPTR660L._.jpg« Les pharisiens qui n'acceptaient pas Jésus ... se rapprochèrent donc des "judéo-chrétiens" et des premiers gnostiques pour contrer les développements du christianisme à l'intérieur de l'Eglise... Ils tentèrent un coup de force au concile de Jérusalem en 49, où l'on vit des "chrétiens de la secte des pharisiens" défendre la thèse de la circoncision des gentils... "Pierre au nom des Apôtres, Jacques au nom des anciens tranchent en faveur de Paul. ... Cette décisison capitale marque la rupture du christianisme et de la communauté juive, qui va aller en s'accusant dans les années suivantes » (Cardinal Jean DANIELOU, L'Église des premiers temps, des origines à la fin du IIIe s., Points Histoire, Tours 1999, p. 38.)

«pour être bon chrétien, il est nécessaire de comprendre l'histoire et les traditions juives.»

... Ah bon, c'est dans le catéchisme de l'Eglise catholique ? Depuis quand ? Et si on connaissait d'abord notre histoire religieuse, nos saints et nos propres Mystères ?

"Personne ne coud une pièce d'étoffe neuve à un vieux vêtement; sinon le morceau neuf qu'on ajoute tire sur le vieux vêtement et la déchirure est pire. Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; sinon, le vin fera éclater les outres et l'on perd à la fois le vin et les outres; mais à vin nouveau, outres neuves." (Evangile selon saint Marc 2, 21-22.)

«Le Pape a souhaité aux Juifs du monde entier une douce et paisible année 5774» (sic) Les autorités juives souhaitent-elles chaque année un joyeux Noël et une bonne année aux chrétiens ? On a jamais entendu cette chose-là. On a l'impression que le "dialogue" judéo-chrétien est toujours à sens unique.

 

 

. Histoire et actualité du satanisme : Les évêques du Gabon contre les sacrifices humains

. Pour en finir avec l'expression "judéo-christianisme"

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 14:00

 

JMJ 2013 : l'épiscopat brésilien singe les sectes évangélistes pour enrayer le départ des catholiques

 

L'esprit du Concile Vatican II a connu une nouvelle concrétisation à l'échelon mondial : lors des premières JMJ (Journées mondiales de la Jeunesse) sous l'autorité du pape François l'épiscopat brésilien s'est donné en spectacle de façon lamentable.

 

Croyant pouvoir stopper l'hémorragie de leurs fidèles qui désertent leurs églises en masse depuis "l'ouverture de l'Eglise au monde", les cardinaux, les archevêques et les évêques brésiliens se sont mis à singer les sectes évangélistes dans des cérémonies délirantes, où le ridicule le dispute au scandaleux.

 

On les voit dans cette vidéo en train de se trémousser (certains apparaissent d’ailleurs comme très mal à l’aise) comme leurs jeunes fidèles, plus assidus dans les "christotèques" - boîte de nuits pour chrétiens avec prêtres "DJ" (Disque Jockey) - que dans leurs églises.

 

C’est une folle illusion de penser que cette démagogie liturgique, attentatoire à la dignité de Notre Seigneur et à celle de la Sainte Eglise, permettra aux jeunes de retrouver le chemin de la pratique religieuse.

 

Dans le même temps, nous apprenons que le pape François vient de faire publier un décret, signé du 11 juillet 2013 [1], qui retire la possibilité aux prêtres des Frères Franciscains de l'Immaculée de célébrer selon la "forme extraordinaire" :

 

"En plus de ce qui est indiqué ci-dessus, le Saint Père François a décidé que tous les religieux de la congrégation des Frères Franciscains de l'Immaculée sont tenus de célébrer la liturgie selon le rite ordinaire et que, éventuellement, l'usage de la forme extraordinaire (Vetus Ordo) devra être explicitement autorisée par les autorités compétentes, pour tous les religieux et/ou communautés qui en feront la demande".

 

La Porte Latine

 

Source - video : http://www.laportelatine.org/mediatheque/videotheque/laportelatine/eveques_singeant_les_evangelistes_bresil_1307.php

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 07:57

Nous nous demandions ces derniers jours, sans l'exprimer ici, si la renonciation du pape Benoît XVI n'annonçait pas en fait un accord Rome-FSSPX signé au dernier moment ?... Un ultime accord permettant à Benoît XVI de se retirer en beauté, le devoir accompli. Cette hypothèse semble se dessiner. Loué soit Jésus-Christ. Le Saint-Esprit souffle et éclaire les consciences pour l'unité et le bien de toute l'Eglise en Christ ! 


Jean-Marie Guénois écrit sur son blog :

F"[...] il se trouve que ce dossier qui semblait perdu pourrait marquer les tous derniers jours du pontificat de Benoît XVI. Des discussions, ultimes, sont en cours entre Rome et Ecône... Jusqu'au bout le Pape tente de trouver un accord. J'ai moi-même écris après l'annonce de la démission de ce Pape le 11 février que ce dossier des négociations avec la Fraternité Saint Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre s'annonçait comme l'un des « échecs » du pontificat. Si ce n'est son échec majeur : Benoît XVI a accepté toutes les requêtes de la Fraternité : réhabilitation de la messe selon l'ancien rite, levée des excommunications, proposition d'un accord doctrinal. Il y a mis tout son cœur de pasteur éperdu de l'unité du troupeau. Jamais un Pape n'avait consacré autant de labeur personnel à un dossier si particulier au risque d'être totalement incompris. Il a d'ailleurs subi une infamie mondiale lors de l'affaire Williamson.

Cette négociation, souvent considérée en Italie ou dans l'Eglise universelle comme une « question française » ne l'est pas en réalité. Elle est l'un des symboles du pontificat. Ce qui pourrait advenir ou échouer dans les jours qui viennent est donc très important à l'échelle de l'Eglise catholique. S'il fallait en effet résumer en un mot le pontificat de Benoît XVI ce serait : réhabilitation de la foi et de l'identité catholique. Une image résume le tout. Les JMJ de Madrid ont vu, lors de la veillée et avant la tempête et le déluge qui s'est soudain levé, non pas le show d'un Pape devant plus d'un million de jeunes, mais un incroyable silence de prière devant une hostie consacrée... avec un Pape, à genoux, au premier rang. Dans la vision catholique, donc, l'adoration de... Dieu puisque l'Eglise considère que le Christ est « réellement présent » dans l'hostie consacrée sous « l'apparence » du pain.  [...]

Une autre façon de le dire, plus ramassée, serait la suivante - elle est sans aucune acrimonie pour les protestants : le pontificat de Benoît XVI a comme « dé-protestantisé » l'Eglise catholique. Au grand dam de l'aile progressiste. Mais c'est bien cette réalité objective qui fait grincer des dents.

Il faut avoir cela à l'esprit pour mieux comprendre la portée des discussions avec les Lefebvristes, même de dernières minutes. Benoît XVI, théologien, a « re-catholicisé » l'Eglise. Il n'y a pas grand-chose à dire de plus. S'il a confié cet été, à son biographe, Peter Seewald, qu'il avait le sentiment d'avoir accompli sa mission, c'est en ce sens là. Il a effectivement redressé la barre. Son cap était l'essentiel de la foi catholique. Il a mis fin aux approximations et expérimentations de la période post conciliaire. C'est pour cela qu'il a toujours vu d'un œil favorable la fraternité Saint Pie X. Il ne l'a voit pas comme une tribu d'irréductibles, ou comme une conservatoire. Il ne se braque pas devant l'agressivité de certains à son égard. Il regarde ces prêtres et cette œuvre comme un lieu où l'essentiel de la foi catholique est vécue. Certains bondiront en lisant cela mais c'est le sens de la lettre de Mgr di Noia, publiée dans une note précédente.

Par conséquent Benoît XVI n'a jamais trouvé normal que ces gens qui partagent « l'essentiel » soient rejetés alors que beaucoup de prêtres, de théologiens et d'évêques, pourtant catholiques patentés, ne reconnaissent pas - ils ont de ce point de vue une théologie philo-protestante - cette « présence réelle » du Christ dans l'Eucharistie.

Bien sur il y a aussi les questions doctrinales et des approches très conflictuelles du Concile Vatican II. Mais il est capital de comprendre cette convergence sur l'essentiel de la foi : Benoît XVI ne veux pas réintégrer la Fraternité Saint Pie X pour « régler » un problème comme le ferait un manager. Il pense qu'elle a sa place dans le corps très large de l'Eglise et un rôle important à y jouer. Qu'elle joue déjà du reste sans qu'elle ne s'en rende compte.

[...] Une lettre datée du 8 janvier et signée du cardinal Müller [en fait, seulement Mgr, NDMJ], Préfet de la Doctrine de la foi et Mgr Di Noia, donc président et vice-président de la commission Ecclesia Dei, chargée des relations avec les Lefebvristes, a été adressée à Mgr Fellay. Rome lui propose avant que la renonciation de Benoît XVI ne soit effective le 28 février, de signer un dernier accord et de devenir une prélature qui lui donnerait une dépendance de Rome mais une indépendance vis-à-vis des évêques. Cette lettre demande une réponse pour le 22 février, jour de la fête de la chaire de Saint Pierre, une date très symbolique puisqu'elle fête le fondement de l'Eglise. [...]

Mgr Fellay ne s'attendait pas à la démission du Pape et pensait avoir du temps mais il n'en a plus. Même pas celui de consulter le chapitre de sa congrégation alors qu'il lui avait promis de ne pas passer un accord avec le Pape sans le consulter. Mgr Fellay sait donc que l'occasion est unique. [...] Mgr Fellay est donc devant une immense responsabilité. Va-t-il être celui qui par peur des ultras, ils le quitteront de toute façon, va refuser une dernière main tendue par ce Pape qui, d'une certaine manière, a mis spirituellement sa démission en jeu aussi pour cet accord ? Sinon que signifieraient ce courrier et ces échanges en cours à une semaine de la fin de pontificat ? [...]"



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