Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 15:20
Michel Houellebecq : « Vincent Lambert, mort pour l’exemple »

Michel Houellebecq : « Vincent Lambert, mort pour l’exemple »

TRIBUNE

Michel Houellebecq

 

écrivain

 

Pour l’écrivain, rien ne justifiait l’arrêt des soins de l’ex-infirmier, mort jeudi après onze ans d’état végétatif. Vincent Lambert aurait été victime d’une surmédiatisation et d’une forme d’ingérence de l’Etat.

 

 

[Cette tribune a été écrite avant le décès de Vincent Lambert, annoncé par sa famille jeudi 11 juillet]

 

Ainsi, l’Etat français a réussi à faire ce à quoi s’acharnait, depuis des années, la plus grande partie de sa famille : tuer Vincent Lambert. J’avoue que lorsque la ministre « des solidarités et de la santé » (j’aime bien, en l’occurrence, les solidarités) s’est pourvue en cassation, j’en suis resté sidéré. J’étais persuadé que le gouvernement, dans cette affaire, resterait neutre. Après tout, Emmanuel Macron avait déclaré, peu de temps auparavant, qu’il ne souhaitait surtout pas s’en mêler ; je pensais, bêtement, que ses ministres seraient sur la même ligne.

 

J’aurais dû me méfier d’Agnès Buzyn. Je m’en méfiais un peu, à vrai dire, depuis que je l’avais entendu déclarer que la conclusion à tirer de ces tristes événements, c’est qu’il ne fallait pas oublier de rédiger ses directives anticipées (elle en parlait vraiment comme on rappelle un devoir à faire à ses enfants ; elle n’a même pas précisé dans quel sens devaient aller les directives, tant ça lui paraissait aller de soi).

 

Vincent Lambert n’avait rédigé aucune directive. Circonstance aggravante, il était infirmier. Il aurait dû savoir, mieux que tout autre, que l’hôpital public avait autre chose à foutre que de maintenir en vie des handicapés (aimablement requalifiés de « légumes »). L’hôpital public est sur-char-gé, s’il commence à y avoir trop de Vincent Lambert ça va coûter un pognon de dingue (on se demande pourquoi d’ailleurs : une sonde pour l’eau, une autre pour les aliments, ça ne paraît pas mettre en œuvre une technologie considérable, ça peut même se faire à domicile, c’est ce qui se pratique le plus souvent, et c’est ce que demandaient, à cor et à cri, ses parents).

 

Vincent Lambert vivait dans un état mental particulier

Mais non, en l’occurrence, le CHU de Reims n’a pas relâché sa proie, ce qui peut surprendre. Vincent Lambert n’était nullement en proie à des souffrances insoutenables, il n’était en proie à aucune souffrance du tout. Il n’était même pas en fin de vie. Il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu’on ne connaît à peu près rien.

Il n’était pas en état de communiquer avec son entourage, ou très peu (ce qui n’a rien de franchement original ; cela se produit, pour chacun d’entre nous, à peu près toutes les nuits). Cet état (chose plus rare) semblait irréversible. J’écris « semblait » parce que j’ai rencontré pas mal de médecins, pour moi ou pour d’autres personnes (dont plusieurs agonisants) ; jamais, à aucun moment, un médecin ne m’a affirmé qu’il était certain, à 100 % certain, de ce qui allait se produire. Cela arrive peut-être ; il arrive peut-être aussi que tous les médecins consultés, sans exception, formulent un pronostic identique ; mais je n’ai jamais rencontré le cas.

 

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:57
Décès de Vincent Lambert: Le Pape prie "pour les malades (...) qu'on laisse mourir"

Décès de Vincent Lambert: Le Pape prie «pour les malades (...) qu'on laisse mourir»

 

Vincent Lambert est décédé ce jeudi matin. Les soins, l'alimentation et l'hydratation ont été arrêtés le 2 juillet. Sur Twitter, le Pape François a affirmé hier qu'une société était humaine si elle protégeait chaque vie, sans choisir qui était digne ou non de la vivre.

 

Sergio Centofanti - Cité du Vatican

 

Le Pape a publié hier un nouveau tweet sur le compte @Pontifex en neuf langues: « Prions pour les malades abandonnés et qu'on laisse mourir. Une société est humaine si elle protège la vie, chaque vie, de son commencement à sa fin naturelle, sans choisir qui est digne ou non de vivre. Les médecins devraient servir la vie, et non l'ôter».

 

Ce nouveau tweet du Pape paraît alors que Vincent Lambert est décédé ce jeudi matin. L'infirmier français de 42 ans, dans un état végétatif ou de conscience minimale après un accident de la route en 2008, était hospitalisé au CHU de Reims. Le 2 juillet dernier, les médecins ont de nouveau suspendu l'approvisionnement en nourriture son l'hydratation après une longue bataille juridique qui a pris, au fil du temps, une dimension internationale.

 

Paris rejette la demande de l'ONU

La France a finalement décidé de ne pas tenir compte de l'appel du Comité de l'ONU pour les droits des personnes handicapées, qui avait demandé un délai de six mois pour examiner l'affaire.

 

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées - ratifiée par Paris, mais non contraignante pour le gouvernement français - stipule en effet dans son article 25 la nécessité de «prendre toutes les mesures appropriées pour leur assurer l’accès à des services de santé (...), y compris des services de réadaptation» et «empêchant tout refus discriminatoire de fournir des soins ou services médicaux ou des aliments ou des liquides en raison d’un handicap».

 

Une douleur non respectée

Les parents de Vincent accusent: ils tuent une personne handicapée qui n'est pas mourante. C'est un cas d'euthanasie. Or, l'euthanasie est interdite en France. La douleur des parents, qui assistent à la mort programmée de leur fils, est rendue d'autant plus amère par les critiques, ou les insultes, de la part de certains secteurs qui disqualifient leur chagrin en les traitant de «catholiques intégristes».

 

Ne pas céder pas à la culture du déchet

Le 20 mai dernier, lorsque les médecins avaient commencé à interrompre l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert, avant de les rétablir suite à la décision de la Cour d'appel, le Pape avait tweeté: «Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave infirmité. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du commencement à sa fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet».

 

Chaque patient doit être traité avec un grand respect pour la vie

L'année dernière, François avait lancé deux appels publics en faveur de Vincent Lambert, citant explicitement son nom, un cas rare pour des appels pontificaux de ce type. Le Pape avait fait le rapprochement avec l'affaire du petit Alfie Evans. Le 15 avril 2018, à l'occasion de la prière du Regina Coeli, il disait: «Je confie à votre prière les personnes, comme Vincent Lambert, en France, le petit Alfie Evans, en Angleterre, et d'autres dans différents pays, qui vivent, parfois longtemps, dans un état de grave infirmité, médicalement assistés pour leurs besoins essentiels. Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes. Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et traité d'une manière adaptée à son état, avec la contribution concertée des membres de sa famille, des médecins et des autres personnels de santé, dans le plus grand respect de la vie».

 

Dieu est le seul maître de la vie

Trois jours plus tard, à l'issue de l'audience générale du 18 avril 2018, le Pape lançait un nouvel appel: «J'attire encore une fois votre attention sur Vincent Lambert et le petit Alfie Evans, et je voudrais réitérer et confirmer fortement que Dieu est le seul maître de la vie, de son commencement à sa fin naturelle ! Et notre devoir est de tout faire pour protéger la vie».

 

Une défaite pour tous

Dans le sillage de ses prédécesseurs, le Pape François a toujours eu des paroles claires sur le respect de la vie à 360 degrés. Le 5 juin dernier, adressant ses pensées et ses prières à Noa Pothoven, la jeune Néerlandaise de dix-sept ans qui a choisi de mourir accompagnée de médecins spécialisés pour son suicide assisté, déclarait dans un autre tweet: «L'euthanasie et le suicide assisté sont une défaite pour tous. La réponse à laquelle nous sommes appelés est de ne jamais abandonner ceux qui souffrent, de ne pas se rendre, mais de prendre soin et d'aimer pour redonner espoir».

 

Le Saint-Siège: nourrir et hydrater une personne malade est un devoir incontournable

Rappelons aussi la déclaration conjointe à ce sujet, préparée par le Cardinal Kevin Farrell, Préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, et par Monseigneur Vincenzo Paglia, Président de l'Académie Pontificale pour la Vie, dans laquelle ils soulignent «la grave violation de la dignité de la personne, que l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation implique», contestant la décision des médecins de Reims qui qualifiaient d'obstination "irrationnelle" la volonté de garder Vincent en vie: «L'état végétatif, en effet, est assurément un état pathologique grave, qui ne compromet en rien la dignité des personnes qui se trouvent dans ces conditions, ni leurs droits fondamentaux à la vie et aux soins, entendus comme la continuité de l'assistance humanitaire fondamentale. L'alimentation et l'hydratation constituent une forme de soins essentiels toujours proportionnés au maintien en vie : nourrir une personne malade n'est jamais une forme d'obstination thérapeutique déraisonnable, tant que le corps de la personne est capable d'absorber une alimentation et une hydratation, sauf si cela provoque une souffrance intolérable ou nuisible pour le patient. La suspension de ces traitements représente plutôt une forme d'abandon du patient, fondée sur un jugement impitoyable sur sa qualité de vie. C'est l'expression d'une culture du déchet qui sélectionne les personnes les plus fragiles et sans défense, sans en reconnaître le caractère unique et la valeur immense. La continuité de l'assistance est un devoir incontournable».

 

Source: Vatican News

Add. Une défaite pour notre humanité

Décès de Vincent Lambert: Le Pape prie "pour les malades (...) qu'on laisse mourir"

Mort de Vincent Lambert: «chaque vie a de la valeur», dit le Pape

 

«Que Dieu le Père accueille dans ses bras Vincent Lambert. Ne construisons pas une civilisation qui élimine les personnes dont nous considérons que la vie n'est plus digne d'être vécue: chaque vie a de la valeur, toujours», a écrit le souverain pontife dans un tweet en faisant référence à la mort de Vincent Lambert.

 

«Nous avons appris avec douleur la nouvelle de la mort de Vincent Lambert», avait déjà réagi plus tôt le Vatican dans un communiqué. «Nous exprimons notre proximité avec ses proches et avec tous ceux qui, jusqu'au bout, l'ont assisté avec amour et dévouement». Sur les réseaux sociaux, l'Académie pontificale pour la vie a jugé pour sa part que «la mort de Vincent Lambert et son histoire sont une défaite pour notre humanité».

 

Source : Le Figaro, publié à 17h43

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 13:06

Le professeur Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville, a rétabli le 2 juillet dernier la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert : l'homme, dont l'euthanasie a débuté mardi 2 juillet au matin, n'était pas "en fin de vie" ou en situation d'obstination déraisonnable. Son cas était stable. "Arrêter ses traitements", a simplement été le laisser mourir de faim et de soif. (Source )

Inquiétudes après la mise à mort de Vincent Lambert

Vincent Lambert est mort ce matin (Source Le Figaro). Qu'il repose en paix.

 

Le 28 juin, la Cour de cassation statua qu'une juridiction inférieure n'avait pas la compétence légale pour ordonner la réinsertion de ses sondes d'alimentation. Le 2 juillet, des médecins informèrent la famille de Lambert par courrier électronique qu'ils allaient arrêter de le nourrir et de l'hydrater.

 

La peine capitale et la torture viennent d'être rétablies en France, suite à une décision de "justice", Vincent Lambert a été mis à mort pour aucun crime, si ce n'est d'être dans un handicap lourd, mais stable. La méthode d'exécution aura été la privation d'eau et de nourriture jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Le CHU de Reims a entériné sa "solution" avant que le CDPH de l'ONU ne se prononce. Il n'y avait pourtant pas d'urgence à ce que l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert soient interrompues, et cela que l'on considère qu'il n'était plus qu'un corps sans conscience ou non... Ce que personne ne pouvait dire.

 

Ce qui est difficilement compréhensible et explicable, c'est que depuis 2011 où Vincent Lambert était au CHU de Reims, il n'ait jamais été tenté de le transférer dans un centre spécialisé pour qu'il puisse être apprécié si des soins (au-delà de l'alimentation et de l'hydratation) pouvaient lui faire faire des progrès. Au cours de toutes ces années, et alors que les parents de Vincent Lambert ont demandé plusieurs fois son transfert et que sept centres avaient répondu favorablement à son accueil, cela ne leur fut jamais accordé. Pourquoi ? Quelle pouvait être la volonté qui cherchait à maintenir de force Vincent Lambert au CHU de Reims ? Son transfert dans un des sept centres qui ont répondu favorablement pour l'accueillir aurait pu être essayé. Cela aurait pu donner un élément supplémentaire pour décider... 

 

Prétendre que Vincent Lambert était "en état végétatif" et "sous sédation profonde" durant les neuf jours de son agonie, et qu''il ne ressentait donc pas la privation de nourriture et d'eau est pure supposition. Aucun neurochirurgien, aucune personne qualifiée, personne ne peut dire que Vincent ne souffrait pas pendant les neuf jours de la mise à mort, personne ne peut dire non plus s'il n'était pas capable d'entendre ce qu'on lui disait. Personne jusqu'à preuve du contraire n'est revenu d'une sédation profonde pour nous dire qu'il ne ressentait rien d'avoir été privé d'eau et d'alimentation pendant neuf jours.

 

Les médecins doivent soulager les douleurs, soigner et guérir quand cela est possible. Or dans le cas de la mise à mort de Vincent Lambert par arrêt de l'alimentation et de l'hydratation, l'absence d'hydratation et d'alimentation des reins a provoqué un arrêt cardiaque. Conclusion : la nutrition-hydratation artificielle constitue désormais aujourd'hui, sur le plan médical, une "obstination déraisonnable" (termes de loi Leonetti de 2005). Une personne très sévèrement handicapée, mais qui serait pourtant en état stable dans son handicap, constitue dorénavant une situation de "fin de vie"... Chacun jugera. Il s'agit d'un signal très inquiétant envoyé aux personnes en situation de handicap, et leurs proches. C'est une remise en cause dramatique du serment d'Hippocrate, faisant du respect de la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier, un socle infrangible.

 

Dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les cas stables, similaires à celui de Vincent Lambert mais qui nécessitent une aide pour s'alimenter, se laver ou s'habiller seuls, sont très nombreux. Une société qui en arrive à éliminer ces personnes est-elle digne ? Triste jour pour notre civilisation. L'eugénisme est en marche (avortement, euthanasie, suppression des soins pour des personnes malades mais en état stable...) 

 

« Nous voudrions rappeler à nos concitoyens que devenir dépendant des autres pour des soins ou pour les actes de la vie ordinaire ne signifie pas perdre sa dignité », ont tenu à rappeler les responsables religieux rémois dont le rabbin Amar, l’imam Aomar Bendaoud et l’archevêque Eric de Moulins-Beaufort, dans une déclaration commune. Soulignant que la situation de Vincent Lambert « était singulière » et que « les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues », ils ont rappelé que « croyants en la vie éternelle, nous affirmons que la vie humaine est bien plus que la vie corporelle mais se joue pourtant dans la condition corporelle ». (Source)

 

Dans cette affaire, ce sont les croyances franc-maçonniques qu'on impose à la société. Ce ne sont pas les croyances chrétiennes, musulmanes ou juives.

Partager cet article
Repost0
15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 08:43
Roissy : retour de Croisade en fanfare

Roissy : derniers coups de marteau avant un retour de croisade en fanfare

 

Ce week-end, près de 10 000 personnes sont attendues pour la cinquième édition du festival Les Visitables.

Place aux chevaliers, cracheurs de feu et saltimbanques. Ce week-end à Roissy-en-France (Val d'Oise, Île-de-France), on remonte le temps avec le retour du festival « Les Visitables » qui se déroule tous les deux ans depuis 2011 au cœur de la commune.

 

Pour cette cinquième édition, c’est à une nouvelle plongée dans l’esprit du Moyen Âge qu’invitent son créateur Luc Brévart et toute son équipe de joyeux lurons. Et de proposer cette année aux visiteurs de vivre le retour de Croisade du seigneur local dans toute sa splendeur et sa démesure. Près de 10 000 personnes sont attendues.

 

Car pour un tel évènement, les petits plats sont mis dans les grands. Au menu, des dizaines d’animations gratuites et en continu sur deux jours éparpillés aux quatre coins du parc : démonstrations de combats en armure, archers en action, déambulations de géants et de troubadours, tour médiévale à gravir ou encore grand spectacle musical et feu d’artifice.

 

Alors, ce vendredi, le site est en effervescence pour les derniers préparatifs. Ici, on monte un campement viking, là on termine d’installer une mini-ferme moyenâgeuse et une buvette. Un peu plus loin, les bottes de paille qui serviront de sièges moelleux aux participants sont transportées.

 

Plus de 170 artistes en costume

 

« C’est une grosse machinerie mais nous serons prêts », se réjouit le concepteur. En effet, cette année, ce sont plus de 170 artistes en costume qui seront présents pour transporter petits et grands dans le passé. Et cela sans compter tous les commerçants et les plus de quatre-vingts bénévoles indispensables au festival.

 

Le public pourra ainsi profiter de quelques incontournables comme les joutes équestres mais aussi découvrir des nouveautés avec des compagnies différentes des années précédentes. Un atelier confection de vitrail dans un décor de cathédrale par exemple s’installe pour la première fois. « On renouvelle le principe mais on conserve l’esprit : un médiéval improbable mais toujours joyeux », affirme Luc Brévart.

 

Pas de grand banquet cette année

 

À noter, le festival ne proposera pas de grand banquet le samedi soir comme les années précédentes. « Cette fois-ci, nous avons préféré développer l’offre proposée par nos partenaires avec un grand espace nourriture et boissons en plein centre du site », précise Denis Côme, adjoint au maire de Roissy en charge du tourisme. Et une nouvelle fois, les victuailles seront souvent locales avec un jus de pomme venant de Seine-et-Marne et des bières brassées à Louvres.

 

Ce samedi de 14 heures à minuit et ce dimanche de 10 heures à 18 heures. Entrée libre. Programme complet : www.roissyenfrance.fr

 

Source

Partager cet article
Repost0
25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 10:45

"Toutes les sept minutes aux États-Unis un en enfant est diagnostiqué autiste."

 
 

Le film Vaxxed est proposé gratuitement par ses distributeurs jusqu’au 24 mai 2018. [Mais il est apparemment toujours visible aujourd'hui. NdCR.]

 

Le fim a été sous-titré en français.

 

Voici le lien vers le film



Ce film a été réalisé par le Dr Andy Wakefield.

 

Je vous parlerai plus en détail de ce médecin courageux dans une prochaine lettre. Un portrait assez complet a été dressé par la journaliste Vera Shara sur son blog. Mais c’est en anglais…

Le film, à mes yeux, a deux grands mérites : • il donne une nouvelle preuve des collusions qui existent entre les agences de santé et Big pharma. La conséquence directe est que les résultats des études peuvent être sciemment manipulés. • il montre le visage des victimes de la vaccination. Car statistiquement, il y a peu de victimes de la vaccination, officiellement en tout cas.

 

Mais ces victimes existent. Les voir exprimer leur quotidien et leur détresse permet de mieux comprendre : • La violence de l’obligation vaccinale, voire des campagnes de vaccination pour les familles victimes des vaccins. • Qu’il y aura toujours des personnes “antivaccins” quoi qu'en pensent les autorités sanitaires. Comment voulez-vous que des parents qui ont vu leur vie devenir un cauchemar après la vaccination de leur petit, gardent confiance dans les vaccins ? Leur enfant marchait, traversait leur salon à quatre pattes, commençait à dire quelques mots. Le lendemain du vaccin ou quelques jours plus tard, à l’issue d’un choc anaphylactique, l’enfant a perdu toute vigueur, ses yeux sont dans le vague. Il ne parvient plus à se lever, lorsqu’il s’y essaye, il perd l’équilibre. Sa vie a basculé. Celle de ses parents aussi. Au désespoir de voir leur tout petit souffrir, s’ajoute une insupportable culpabilité.

 

Ce film a changé mon regard sur les vaccins et ceux qui s’y opposent. Quelle que soit votre position sur le sujet, regardez-le. Ce film est un tour de force.

 

Cela est d’autant plus vrai que depuis sa sortie, il a été régulièrement censuré. Dans toutes les salles où il a été diffusé, il a créé un tumulte. Comme une vérité qui dérange…

 

Je me devais de vous faire passer l’information.

 

Bien à vous,

 

Augustin de Livois

 

Blog Le Nul sans Lui

Synopsis du documentaire

 

En 2013, le docteur Brian Hooker, biologiste, reçoit l’appel d’un scientifique haut placé au Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC, Centers for Disease Control and Prevention) qui a mené l’étude de cette agence en 2004 sur le vaccin ROR et son lien avec l’autisme.

Le scientifique, Dr William Thompson, a avoué que le CDC avait mis de côté des données cruciales dans la version finale du rapport, qui démontrait une relation de cause à effet entre le vaccin ROR et l’autisme.

 

Pendant plusieurs mois, le Dr Hooker a enregistré les conversations téléphoniques avec le Dr Thompson, lui indiquant les données confidentielles détruites par ses collègues du CDC.

Le Dr Hooker enregistre l’aide du Dr Andrew Wakefield, le gastroentérologue britannique faussement accusé d’avoir initié le mouvement anti-vaccination, lorsqu’il a été le premier à rapporter le lien éventuel entre le ROR et l’autisme en 1998.

 

Wakefield réalise ce documentaire, dans la continuité de ses efforts pour parler de la santé des enfants, qui enquête sur la « couverture » écoeurante mise en place par l’agence gouvernementale chargée de la santé des Américains.

 

Les interviews avec des insiders de l’industrie pharmaceutique, des médecins, des politiciens et des parents d’enfants qui ont reçu le vaccin dénoncent une manipulation inquiétante qui a contribué à l’augmentation de l’autisme, potentiellement l’épidémie la plus catastrophique de notre ère.

 

Sources: Page du film "Vaxxed : From Cover-Up to Catastrophe" - Vimeo 

Note du blog Christ-Roi. Comme l'explique le film, ce qui compte pour l'industrie pharmaceutique et les dirigeants ce n'est pas la santé des enfants, c'est la réussite financière des programmes vaccinaux ! 

 

Seules sont rendues publiques des études scientifiques à grand renforts de campagnes de vaccinations contre la rougeole, tendant à prouver qu'il n'y a aucun lien entre le fait de vacciner les enfants en bas âges et l'augmentation exponentielle des cas d'autisme. Les témoignages publics de parents expliquant l'autisme de leur enfant suite à vaccination sont simplement ignorés.

 

Toujours aucune enquête de santé publique n'est menée, nulle part dans le monde à ce jour, sur les raisons de l'augmentation exponentielle, depuis les années 1990, de l'autisme parmi les enfants vaccinés, ou de maladies dégénératives chez les personnes âgées.

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 16:12
Priez contre les "puissances des ténèbres", dit le cardinal Dolan aux marcheurs pro-vie

Washington DC, 18 janvier 2018 / 16:36 ( CNA / EWTN News ) .- Dans la lutte contre l'avortement, il est crucial de reconnaître la réalité du mal et l'importance de la prière, a déclaré le cardinal Timothy Dolan de New York à la veille de la Marche annuelle pour la vie.

Le pouvoir du mal dans le monde est "plus fort qu'aucun dans la création sauf un, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, qui s'est appelé" le chemin, la vérité et la vie ", a-t-il dit.

"C'est pourquoi nous arrivons à ce lieu de prière pour commencer notre projet, une maison où les puissances des ténèbres ont peur, une maison où Marie est notre Mère, où Jésus habite et où nous sommes avec la famille", a-t-il dit. "Nous arrivons à admettre de façon réaliste qu'il y a des pouvoirs de ténèbres dans une culture que le pape François appelle 'jetable' et que saint Jean-Paul a appelé 'de la mort'".

Le cardinal Dolan a prononcé l'homélie lors de la messe du 18 janvier à la Vigile pour la Vie, qui a eu lieu à la basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception à Washington, DC.

La veillée pour la vie a lieu chaque année la veille de la Marche pour la vie, un événement annuel à l'occasion de l'anniversaire de la décision de la Cour suprême Roe v. Wade qui a imposé l'avortement légal dans tout le pays.

La marche attire régulièrement des centaines de milliers de personnes de partout au pays pour témoigner de la dignité de chaque vie humaine.

Dans son homélie, le cardinal Dolan a déclaré que les observateurs de la marche - maintenant dans sa 45e année - l'ont comparée aux "manifestations pacifiques mais pourtant efficaces pour les droits civils organisés par le pasteur prophétique", Martin Luther King, Jr.

"Comme le révérend Martin Luther King, nos prières et nos témoignages portent sur les droits civiques, le droit civil à la vie et à la protection égale de la loi, garantie par notre constitution, pour les plus fragiles, marginalisés et menacés. bébé innocent dans l'utérus", a-t-il dit.

[...] Les législateurs ont besoin d'entendre "que nous n'allons pas abandonner, que la raison et la grande tradition américaine inscrites dans nos documents fondamentaux sont de notre côté, et que notre amour pour les bébés, leurs mères et leurs papas en difficulté, et notre passion pour une société pour aider et protéger toute la vie vulnérable nous y maintiendra", a-t-il dit.

Il a également noté que la marche est un moyen puissant "pour combattre la tentation que nous devons admettre - la tentation de découragement." Avec le message du mouvement pro-vie ridiculisé et harcelé par une grande partie des médias, académie, industrie du divertissement et l'un des deux principaux partis politiques, la lutte peut parfois se sentir seule, a-t-il dit.

Le cardinal Dolan a déclaré que dans son état natal de New York, l'avortement est légal jusqu'à la naissance et peut être financé avec l'argent des contribuables, tandis que ceux qui ont des objections de conscience peuvent voir leur travail menacé.

"Quel paradoxe et signe céleste que les Soeurs de la Vie ont été fondées dans un tel état pro-avortement!"

Malgré les défis, le mouvement pro-vie a des raisons d'espérer, a ajouté le cardinal.

Il encourageait les présents à être "des apôtres de la vie, des apôtres armés non d'argent, pas de paroles haineuses ou destructrices, mais armés, comme l'exhorte notre Saint-Père, d'amour et de joie".

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 14:30

Donald Trump devient le président américain à faire un discours en direct à l'occasion de la Marche pour la Vie, à Washington hier.

Sous mon administration, nous défendrons toujours le très premier droit dans la Déclaration d'Indépendance, et c'est le droit à la vie.

Source: Discours historique de Trump à March for Life: L'avortement est "mauvais, il doit changer", LifeSiteNews

 

Dans le tout premier discours en direct d'un président à l'occasion de la "Marche pour la vie", le président républicain Donald Trump a promis que son administration œuvrerait pour préserver le caractère sacré de la vie.

"Sous mon administration, nous défendrons toujours le tout premier droit dans la Déclaration d'Indépendance, et c'est le droit à la vie", a déclaré le président à des foules enthousiastes de centaines de milliers de personnes qui ont rempli Washington Mall vendredi.

La Marche pour la vie de cette année, dont les organisateurs disent qu'elle est "la plus grande manifestation annuelle des droits de l'homme au monde", marque le 45e anniversaire de la décision Roe v Wade rendue le 22 janvier 1973 par la Cour suprême.

Depuis ce temps, environ 60 millions d'enfants dans l'utérus ont été légalement tués aux États-Unis.

"Comme vous le savez tous, Roe contre Wade a abouti à certaines des lois les plus permissives de l'avortement n'importe où dans le monde", a déclaré Trump à la foule dans un discours diffusé en direct depuis la Maison Blanche Rose Garden.

Les Etats-Unis sont "l'un des sept pays à autoriser les avortements volontaires à terme avec la Chine, la Corée du Nord et d'autres", a-t-il déclaré.

"C'est mal, ça doit changer."

Dans son discours optimiste, Trump a fait l'éloge du mouvement pro-vie, en énumérant les accomplissements pro-vie de son administration et en montrant des signes d'espoir.

"Les Américains sont de plus en plus pro-vie, vous voyez cela tout le temps", a déclaré Trump. "En fait, seulement 12 pour cent des Américains soutiennent l'avortement sur demande à tout moment."

"La Marche pour la vie est un mouvement né de l'amour, vous aimez vos familles, vous aimez vos voisins, vous aimez notre nation", a déclaré Trump à la foule.

"Et vous aimez chaque enfant, né et à naître, parce que vous croyez que la vie est sacrée, que chaque enfant est un cadeau précieux de Dieu."

"Nous savons que la vie est le plus grand miracle de tous, nous le voyons aux yeux de chaque nouvelle mère", a ajouté le président, père de cinq enfants.

"Je tiens à remercier tous ceux qui travaillent aujourd'hui avec un grand cœur et un dévouement infatigable pour s'assurer que les parents reçoivent les soins et le soutien dont ils ont besoin pour choisir la vie", a-t-il déclaré.

"A cause de vous, des dizaines de milliers d'Américains sont nés et ont atteint le potentiel que Dieu leur a donné."

Alors que Trump est le premier président à s'adresser directement en vidéo en direct à la Marche pour la Vie, deux anciens présidents républicains ont téléphoné à la Marche pour exprimer leur soutien; Ronald Reagan en 1987 et George W. Bush en 2003 et 2004.

Le thème de la Marche pour la vie de cette année est "L'amour sauve des vies".

Operation Rescue a récemment nommé Trump "personnalité pro-vie de l'année 2017".

Depuis son entrée en fonction, Trump a rétabli la politique de Mexico, qui empêche l'aide étrangère américaine d'aller à des organisations qui commettent ou favorisent l'avortement à l'étranger. Il a signé une loi permettant aux États de défrayer Planned Parenthood, nommé un certain nombre de défenseurs de la vie pro-vie à des postes clés de l'Administration et a mis fin à la contraception HHS d'Obama et au mandat de la pilule aborigène obligeant les employeurs à violer leurs consciences.

Depuis que Trump a pris ses fonctions, les États-Unis ont défendu le droit à la vie aux Nations Unies. Trump a sorti les États-Unis d'une agence pro-avortement, pro-LGBT des Nations Unies, l'UNESCO.

Lorsqu'il a déclaré le mois national de l'adoption de novembre 2017, Trump a déclaré : "Aucun enfant né en Amérique ou né à naître n'est indésirable ou mal aimé."

Il a fustigé l'avortement forcé et l'infanticide en Corée du Nord, a nommé le juge conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême des États-Unis, et a activement soutenu le définancement du business de l'avortement de Planned Parenthood.

Pendant ce temps, dans ce que les défenseurs pro-vie saluent comme une énorme victoire, la Chambre des États-Unis a voté plus tôt dans la journée pour adopter un projet de loi protégeant les bébés nés vivants lors d'avortements bâclés.

Extrait du discours de Trump

 

"Merci beaucoup. Nous sommes des dizaines de milliers de personnes nous regardant juste plus bas dans la rue. Des dizaines de milliers que je félicite, et au moins nous avons choisi une belle journée, nous ne pouvions pas rêver d'une plus belle journée.

 

[...]

 

Aujourd'hui, je suis honoré et réellement fier d'être le premier président à me tenir avec vous ici à la Maison Blanche pour la 45ème Marche pour la Vie. C'est très très spécial, la 45ème Marche pour la vie. Et c'est vraiment un groupe remarquable aujourd'hui où des dizaines de milliers de familles, d'étudiants, patriotes, et réellement de grands citoyens qui se rassemblent ici dans notre capitale nationale. Vous venez de beaucoup d'endroits, mais vous venez tous pour une seule belle cause, construire une société où la vie est célébrée, protégée et chérie. La Marche pour la Vie est un mouvement né de l'amour. Vous aimez vos familles, vous aimez vos voisins, vous aimez notre nation et vous aimez chaque enfant né et non-né parce que vous croyez que chaque vie est sacrée, que chaque enfant est un précieux don de Dieu.

Nous savons que la vie est le plus grand miracle. Nous le voyons dans le regard de chaque nouvelle maman qui berce dans ses bras ce merveilleux, innocent et glorieux nouveau-né. Je veux remercier ici chaque personne aujourd'hui et tous ceux qui à travers notre pays travaillent avec un tel grand coeur et dévouement infatigable pour s'assurer que les parents ont l'attention et le soutien dont ils ont besoin pour choisir la vie. Grâce à vous, des dizaines de milliers d'Américains sont nés et ont atteint leur plein potentiel divin. Parce que les témoins de la vie de cette année de Marche ont ce thème pour la vie et ce thème est : 'l'amour sauve des vies'.

Comme vous le savez tous Roe vs Wade a conduit à l'une des plus permissives loi d'avortement partout dans le monde. Par exemple, aux Etats-Unis, c'est un des seulement sept pays à autoriser l'avortement à terme tardif facultatif, avec la Chine, la Corée du Nord et d'autres. Maintenant encore, dans de nombreux états la loi autorise à avorter de bébé à naître jusqu'au neuvième mois. C'est mal, cela doit changer.

Les Américains sont de plus en plus pro-vie. Vous voyez cela tout le temps. En fait 12% des Américains supportent l'avortement à la demande. Et quoiqu'il en soit, sous mon administration, nous défendrons toujours le très premier droit dans la Déclaration d'Indépendance, et c'est le droit à la vie.

 

[...] 

 

Lors de ma première semaine de mandature, j’ai réinstallé une politique pour la première fois mise en place par le président Ronald Reagan, la politique de la Ville de Mexico (politique du du gouvernement des États-Unis qui bloque le financement fédéral des États-Unis pour les organisations non gouvernementales qui fournissent des conseils d'avortement, plaident pour décriminaliser l'avortement ou développer des services d'avortement. NdCR)

J'ai fortement soutenu la loi de la Chambre des Représentants sur les enfants à naître capable de ressentir la douleur, qui devrait mettre fin aux avortements tardifs douloureux dans l’ensemble du pays. Et je prie le Sénat d'adopter cette loi importante et de l’envoyer à mon bureau pour signature.

Lors de la Journée nationale de la prière, j’ai signé un ordre exécutif afin de protéger la liberté religieuse. Je suis vraiment très fier de cela. Aujourd’hui, j’annonce que nous venons de présenter une nouvelle proposition visant à protéger les droits de la conscience et les libertés religieuses des médecins, des infirmières et des autres professions médicales. C’est si important.

Je viens également juste d’inverser la politique de l’administration précédente qui empêchait les états de s’assurer que les fonds Medicaid ne soient pas versés à des facilités d'avortement qui violent la loi.

Nous protégeons le caractère sacré de la vie et de la famille en tant que fondement de notre société. Mais ce mouvement ne peut réussir qu’avec le cœur et l’âme et la prière du peuple.

 

[...] 

 

Merci à la Marche pour la vie, des gens vraiment, vraiment formidables. Nous somment avec vous, de toutes les façons. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci. Merci. Merci beaucoup.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 21:24
Dolores O'Riordan, la chanteuse du groupe The Cranberries est décédée

La chanteuse irlandaise Dolores O'Riordan, à Londres pour "une courte session d'enregistrement", est décédée aujourd'hui "soudainement", selon son agent. 

Elle avait chanté un Ave Maria avec Pavarotti en 1995. Elle était pro-vie, anti-avortement, anti-féministe.

Repose en paix +++

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 19:08
La Pologne prête à interdire l'avortement eugénique

Source: Filip Mazurczak

Catholic World Report

 

Poland poised to ban eugenic abortion

L'année dernière, lors de grandes manifestations, la Pologne n'a pas réussi à faire adopter une interdiction totale de l'avortement. Aujourd'hui, le pays semble prêt à interdire l'avortement eugénique.

 

27 décembre 2017

 

L'année dernière, au milieu de grandes manifestations de rue, le gouvernement conservateur polonais a abattu une initiative citoyenne qui aurait complètement interdit l'avortement et pénalisé les femmes pour avortements. Les pro-vie polonais ont été déçus, mais ils n'ont pas jeté l'éponge. Grâce à leurs efforts, la Pologne semble désormais prête à interdire l'avortement eugénique dans un proche avenir.

L'avortement a été légalisé pour la première fois en Pologne en 1932, bien que dans des circonstances très limitées: lorsque la grossesse menaçait la santé de la femme ou résultait d'un acte illégal, tel que le viol ou l'inceste. La Pologne est devenue le premier pays européen à légaliser l'avortement dans ce dernier cas. Bien que ce fait soit sans doute embarrassant pour les avorteurs, l'avortement à la demande fut d'abord légalisé en Pologne par Adolf Hitler en 1943. Pendant l'occupation brutale de la Pologne par l'Allemagne nazie, les femmes polonaises et juives pouvaient avoir des avortements sans restrictions. Cela faisait partie de la politique raciste de l'Allemagne nazie d'exterminer complètement les Juifs de Pologne et d'Europe et d'exterminer partiellement les Polonais non juifs, dans le but de transformer la Pologne en Lebensraum, salon de la "race maître" aryenne.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne se retrouva derrière le rideau de fer qui, "s'étendait de Stettin [alors Szczecin, Pologne] dans la Baltique à Trieste dans l'Adriatique", selon les mots célèbres de Winston Churchill. L'Union Soviétique a été le premier pays à légaliser l'avortement à la demande et les régimes communistes ont favorisé l'avortement (une exception rare a été le gouvernement de Nicolae Ceauşescu en Roumanie, qui a tenté de le restreindre non pas parce qu'il était pro-vie, mais parce qu'étant nationaliste, il voulait qu'il y ait autant de Roumains que possible). En 1956, le parlement de la Pologne, qui n'était qu'une marionnette du Kremlin, a légalisé l'avortement en grande partie à la demande.

Sous le régime communiste, l'avortement était considéré comme une procédure médicale de routine chez la plupart des Polonais. Cependant, il est bien connu que l'Église catholique a joué un rôle de premier plan dans l'opposition et la chute du régime communiste polonais. Ainsi, après la restauration de la démocratie en Pologne en 1989, de fervents catholiques ont fait campagne pour rendre l'avortement illégal. En 1993, le Premier ministre Hanna Suchocka, un pieux catholique qui deviendra plus tard l'ambassadeur de Pologne auprès du Saint-Siège et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs du pape François, a signé un projet de loi interdisant l'avortement à trois exceptions près: la grossesse menaçant la vie ou la santé de la mère, la grossesse résultant d'un acte illicite tel que le viol ou l'inceste, et en cas de "malformation fœtale".

Au départ, la plupart des Polonais se sont opposés à ces changements. Cependant, tout au long des années 1990, 2000 et 2010, le nombre de Polonais acceptant l'avortement sur demande a chuté. Un sondage réalisé en 2016 par CBOS, l'agence de sondage polonaise, montre que 66% des Polonais pensent que "toujours et indépendamment des circonstances, la vie humaine devrait être protégée de la conception à la mort naturelle". Cpendant lorsqu'on les interroge sur les spécificités, la plupart des polonais soutiennent la législation actuelle. La plupart s'opposent à l'avortement sur demande: 75% pensent qu'une femme ne devrait pas avoir le droit à un avortement en raison d'une situation financière difficile, tandis que 76% pensent que les femmes ne devraient pas avoir le droit de se faire avorter quand elles ne veulent pas un enfant. Cependant, 80% des Polonais soutiennent les avortements légaux lorsque la grossesse menace la vie d'une femme, 71% sont favorables quand elle menace sa santé et 73% pensent que l'avortement devrait être légal en cas d'inceste ou de viol. L'avortement légal en cas de «malformation fœtale» a le soutien le plus faible; 53% des Polonais sont en faveur. Le plus encourageant est le fait que les jeunes Polonais sont les plus pro-vie; 65% des Polonais âgés de 18 à 24 ans pensent que l'avortement devrait être interdit en toutes circonstances, le pourcentage le plus élevé parmi tous les groupes d'âge (pour les 45-54 ans, il n'est que de 42%).

 

Cet énorme changement dans les mentalités en Pologne concernant l'avortement est le fruit d'années de travail acharné de la part de l'Église et des organisations pro-vie. En 1990, l'éducation religieuse a été réintroduite dans les écoles publiques polonaises. Bien que ces cours soient optionnels, environ 90% des étudiants polonais y assistent. Dans les cours de religion, les catéchistes polonais parlent souvent d'avortement et montrent fréquemment le documentaire The Silent Scream ; l'éducation religieuse est probablement l'une des raisons pour lesquelles les jeunes Polonais sont plus susceptibles de s'opposer à l'avortement que leurs parents et leurs grands-parents. Pendant ce temps, les ONG pro-vie sont très actives dans toute la Pologne. La Fondation Pro ( Fundacja Pro ) a mis en place de nombreux panneaux d'affichage montrant des êtres humains avortés à travers la Pologne au fil des ans.

Les panneaux d'affichage sont souvent placés dans les zones stratégiques des grandes villes que beaucoup de passants voient. La Fondation Pro estime que 200 000 Polonais tous les jours les voient. Ces panneaux d'affichage ont souvent été critiqués pour leur caractère trop graphique, et les gauchistes polonais ont essayé de les faire interdire (pourraient-ils avoir peur de la vérité?), Mais avec peu de succès. En 2013, par exemple, un tribunal du district de Mokotów à Varsovie a trouvé un militant de la Fondation Pro non coupable de "scandale dans un lieu public" en accrochant un tel panneau près d'une paroisse de Varsovie.

Naturellement, les avortements illégaux et le "tourisme d'avortement" se produisent en Pologne. La gauche utilise cela comme argument pour soutenir la légalisation de l'avortement. S'il est très difficile, voire impossible, de prouver combien de femmes polonaises se rendent dans d'autres pays pour y subir un avortement ou si elles le font illégalement, les preuves suggèrent qu'il ne s'agit pas de phénomènes très répandus.

En 1997, les post-communistes polonais ont légalisé l'avortement à la demande (la Cour constitutionnelle a finalement déclaré la loi inconstitutionnelle et l'avortement a de nouveau été interdit dans la plupart des cas). Selon le ministère de la Santé, environ 3 000 avortements ont été pratiqués en Pologne en 1997, tous légaux (cette année, 412 000 bébés sont nés en Pologne, ce qui se traduit par un taux très faible de moins d'un avortement pour 100 naissances). En 2010, le tabloïde britannique The Sun affirmait que 10 000 femmes polonaises avaient des avortements au Royaume-Uni. Rapidement, cependant, les tactiques Pinocchio du Sun ont été exposées et il s'est avéré que selon le document Statistiques sur l'avortement pour l'Angleterre et le Pays de Galles en 2009, seulement une vingtaine de femmes polonaises avaient avorté en Grande-Bretagne. Étant donné l'ampleur de l'immigration polonaise dans les îles britanniques (près d'un million, les Polonais sont la plus grande minorité nationale du Royaume-Uni ) et le fait que la Grande-Bretagne a l'une des lois d'avortement les plus permissives d'Europe. Tout cela suggère que relativement peu de femmes polonaises ont des avortements, légaux ou non; cela est probablement dû au fait que de plus en plus d'entre elles voient l'avortement comme quelque chose de mauvais moralement.

À l'exception de l'Irlande, de Malte et d'Andorre, tous les pays d'Europe et d'Amérique du Nord ont des lois d'avortement beaucoup plus permissives que la Pologne, et un Américain, Canadien ou un Italien pro-vie ne peut que rêver de lois relativement favorables à la vie pour son pays. Cependant, le mouvement pro-vie en Pologne continue de se battre pour le droit à la vie. Selon le ministère polonais de la Santé, 1 098 avortements légaux ont été pratiqués dans les hôpitaux polonais l'année dernière. Il y a une variation régionale significative; La plupart des avortements (336) ont été effectués dans la Mazovie libérale, la région de la Pologne centrale où se trouve Varsovie, tandis que le moins (seulement deux) ont été pratiqués en Subcarpathie, l'une des régions les plus traditionnelles et religieuses de Pologne.

L'écrasante majorité des avortements légaux en Pologne sont eugéniques; Selon le ministère polonais de la Santé, 1 042 des 1 098 avortements légaux pratiqués en Pologne en 2016 étaient dus à une "malformation fœtale". De manière troublante, les enfants à naître atteints du syndrome de Down sont ciblés de manière disproportionnée; 35% des avortements légaux de l'année dernière concernaient de tels cas.

Pendant de nombreuses années, le mouvement pro-vie de la Pologne s'est efforcé d'interdire complètement l'avortement. Comme nous l'avons vu, la plupart des Polonais soutiennent le statu quo juridique en la matière, donc, de manière prévisible, cette stratégie s'est révélée chimérique. Selon la loi polonaise, si un comité réunit 100 000 signatures sur une initiative citoyenne, le Sejm, la chambre basse du Parlement polonais, doit voter. Au cours des dernières années, les ONG polonaises pro-vie ont systématiquement rassemblé beaucoup plus que le nombre requis de signatures sur des initiatives qui interdiraient l'avortement en toutes circonstances. L'initiative la plus aboutie fut celle de 2011, où 600 000 signatures furent recueillies.

Bien que ces chiffres soient impressionnants, les politiciens polonais les plus avertis connaissent les attitudes sociales et ont donc rejeté ces initiatives. Entre 2007 et 2015, la Pologne a été gouvernée par le Parti de la plate-forme civique, pro-UE, qui s'est prononcée en faveur du statu quo sur l'avortement. S'étant humilié par des scandales de corruption et de népotisme et des enregistrements de conversations restaurants candides montrant que ses principaux politiciens étaient complètement indifférents aux besoins de la plupart des Polonais (et tentaient de faire des choses inconstitutionnelles, comme le contrôle politique de la banque nationale). Ils furent sévèrement punis par les électeurs polonais en 2015. Ils ont été remplacés par le parti conservateur Droit et Justice.

Alors que certains médias gauchistes occidentaux présentent Droit et Justice comme des nationalistes d'extrême droite, ils sont en réalité beaucoup plus modérés; ils appartiennent à la même fraction que les conservateurs britanniques au Parlement européen. Ainsi, alors que son électorat principal est composé de catholiques conservateurs et que beaucoup de ses principaux dirigeants politiques sont eux-mêmes des catholiques pieux (par exemple, le fils de Beata Szydło, qui était Premier ministre jusqu'à début décembre) a été ordonné prêtre plus tôt cette année. et évitent des politiques trop radicales afin d'éviter de perdre le soutien des électeurs modérés.

Ce fut le cas en 2007, lors du premier gouvernement Droit et Justice, lorsque son partenaire de coalition, la Ligue catholique des familles polonaises, a tenté d'interdire complètement l'avortement. Le leadership de Droit et Justice, y compris son président Jarosław Kaczyński, a rejeté cette proposition (par conséquent, le président du Parlement, Marek Jurek, désormais membre du Parlement européen, a quitté Droit et Justice et a créé son propre parti).

Quelque chose de très similaire s'est produit l'année dernière. En 2016, l'Institut Ordo Iuris, un groupe de réflexion juridique basé à Varsovie, a produit 450 000 signatures pour un projet de loi civique qui interdirait non seulement l'avortement dans tous les cas, mais poursuivrait également les femmes qui en ont été victimes. Cette dernière clause était très controversée, car même les évêques de Pologne se sont prononcés contre l'emprisonnement des femmes pour avortement. Dans le même temps, un comité pro-avortement appelé "Save the Women" (Ratujmy Kobiety) a obtenu 215 000 signatures en faveur d'une initiative qui légaliserait l'avortement à la demande. Les députés de Droit et Justice ont voté pour déplacer le projet de loi pro-vie aux comités et pour abattre les pro-avortement.

Par la suite, de grandes manifestations ont eu lieu à travers la Pologne le 3 octobre 2016. Ils ont été ouvertement soutenus par Gazeta Wyborcza , principal journal de gauche polonais édité par le légendaire dissident Adam Michnik (1989) qui a compromis son héritage en étant trop amical avec des voyous de l'ère communiste comme Czesław Kiszczak et Wojciech Jaruzelski). Cependant, ces protestations n'étaient pas aussi spontanées que le prétendaient les médias de gauche libéraux en Pologne et à l'étranger; Selon le quotidien conservateur polonais Rzeczpospolita , les organisateurs des marches ont reçu un million de zlotys d'ONG pro-avortement américaines et occidentales.

Craignant une réaction sociale qui pourrait, paradoxalement, conduire à des demandes sociales pour la légalisation de l'avortement, Droit et Justice a invalidé le projet de loi dans les commissions parlementaires quelques jours après les manifestations. De nombreux pro-vie polonais ont été très déçus. Cependant, il y a des raisons d'être optimiste.

Les manifestations de l'année dernière ont montré aux ONG pro-vie que pour éliminer l'avortement en Pologne, il est plus efficace de poursuivre des changements graduels plutôt que révolutionnaires. Depuis les protestations de l'année dernière, les pro-vie polonais ont travaillé pour mettre fin à l'avortement eugénique. Si leurs efforts sont couronnés de succès, cela sauvera de nombreuses vies humaines car, comme nous l'avons vu, la plupart des avortements légaux pratiqués en Pologne concernent des "malformations fœtales" et ciblent en particulier les enfants atteints de trisomie 21.

Cet automne, le comité "Arrêter l'avortement" (Zatrzymaj Aborcję), formé par la Fondation "Vie et famille" (Fundacja Życie i Rodzina) et la branche polonaise de CitizenGO, a recueilli 830 000 signatures pour une initiative qui interdirait l'avortement eugénique. C'est un record absolu pour les initiatives pro-vie dans la Pologne post-communiste. Les évêques catholiques ont explicitement approuvé cette initiative.

Dans le même temps, la popularité des marches pro-avortement de l'année dernière a fait long feu. Bien qu'il soit clair que le véritable objectif de ses organisateurs était de légaliser l'avortement à la demande en Pologne, de nombreux entretiens avec des Polonais m'ont permis de déduire que de nombreux participants à ces marches étaient en faveur du statu quo sur l'avortement; ils sont allés protester contre l'interdiction des avortements lorsqu'une grossesse pouvait menacer la vie d'une femme ou d'autres cas extrêmes. Le fait que les organisateurs se soient complètement effondrés pour attirer des supporters lors des prochaines marches le montre. Cette année, le 3 octobre, des marches commémorant l'anniversaire des manifestations de l'année dernière ont eu lieu. La participation était très faible ; à Varsovie, seulement 2 000 personnes y ont assisté (contre 17 000 l'année précédente), tandis qu'à Kielce, une cinquantaine de personnes sont venues. Les rues bondées de Nowy Sacz, quant à elles, étaient gonflées de 30 pro-avorteurs en colère.

Comme les pro-vie de Pologne, les partisans pro-avortement ont également recueilli des signatures pour une nouvelle initiative. Cet effort a été organisé par Barbara Nowacka, une politicienne de gauche pro-avortement qui n'a pas reçu suffisamment de voix pour obtenir un siège au Parlement en 2017; elle a dit à l'orateur du Sejm que 371 156 Polonais ont signé l'initiative. Cependant, Mme Nowacka est soit malhonnête ou les mathématiques n'étaient pas sa meilleure matière à l'école: son comité a donné 21 823 documents, chacun avec dix signatures, au Sejm. Un procureur cherche actuellement à savoir si elle mentait. Même si elle était honnête, 371 156 signatures sont encore moins de 830 000, le nombre de signatures que l'initiative pro-vie a reçu.

Le parti au pouvoir en Pologne a exprimé son soutien aux mesures pro-vie. En octobre, le président Andrzej Duda, du parti Droit et Justice, a déclaré à Gość Niedzielny , l'hebdomadaire catholique polonais le plus vendu, qu'il signerait un projet de loi interdisant l'avortement eugénique. Jarosław Kaczyński, le chef du parti, a dit la même chose. Pendant ce temps, en novembre, un groupe de 100 députés (sur un total de 460) de Droit et Justice et plusieurs groupes d'opposition conservateurs ont présenté une requête au Tribunal constitutionnel pour voir si l'avortement eugénique était inconstitutionnel. Alors que Droit et Justice ne veut pas interdire complètement l'avortement, ils savent que s'ils ignorent totalement les groupes pro-vie, ceux-ci pourraient former un nouveau parti, comme en 2007, et leur coûter les prochaines élections.

Il semble donc extrêmement probable que dans les prochains mois, la Pologne interdira l'avortement eugénique. Cela pourrait avoir des conséquences internationales. Les Papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François ont vu des pays comme la Pologne, la Slovaquie et la Croatie comme des bastions de la foi qui pourraient aider l'Occident de plus en plus post-chrétien à revenir à ses racines. Plus tôt cette année, des centaines de milliers de Polonais ont prié le Rosaire pour la paix, pour leur pays et pour l'Europe. Cela a inspiré des catholiques en Italie , aux États-Unis et en Irlande à accueillir des événements similaires dans leurs pays. Si la Pologne réussit à interdire l'avortement eugénique, il est probable que les pro-vie dans d'autres pays suivront l'exemple de la Pologne.

Cependant, si tout se passe bien, l'Église et le mouvement pro-vie de la Pologne ne peuvent pas se reposer sur leurs lauriers. Comme nous l'avons vu, environ la moitié des Polonais acceptent toujours l'avortement légal en cas de "malformation fœtale". Il est temps d'éduquer la société polonaise sur le droit à la vie partagé par tous les humains, même malades ou handicapés. pour combattre ce que le pape François a appelé la "culture du déchet". En particulier, les pro-vie doivent prouver à la société polonaise que l'avortement n'est pas une question confessionnelle, catholique, mais une question universelle de droits humains. Les succès précédents du mouvement pro-vie de la Pologne en réduisant considérablement le soutien populaire à l'avortement légal sur demande montrent que cela est possible.

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 11:39
Le dernier pied de nez de Johnny Hallyday aux modernes

En ces temps de Noël, voici quelques réflexions qui nous viennent sur l’anticatholicisme qui selon Mathieu Bock-Côté dans Le Journal de Montréal ne serait qu'un "antioccidentalisme", la vision d'"esprits chagrins", expression de Jean-Pierre Denis dans La Vie, à propos de ceux qui comme Jean-Luc Mélenchon s'offusquèrent des funérailles catholiques de Johnny Hallyday auxquelles assistèrent des présidents de la république. 

 

Extrait de l'article de Mathieu Bock-Côté

 

"On veut bien croire que la fête de Noël est aujourd’hui déchristianisée, au point même d’être neutralisée dans de plus vastes «fêtes de fin d’année», mais il n’en demeure pas moins que si l’histoire a ses droits, on conviendra au moins de ses origines chrétiennes. Faut-il désormais censurer toute mention des racines chrétiennes de l’Occident pour ne pas froisser les tenants de l’orthodoxie diversitaire et les représentants les plus intransigeants des religions non-chrétiennes? Les Américains, sans se tromper, parlent depuis des années d’une guerre contre Noël.

Plusieurs l’ont noté, le remplacement du traditionnel Joyeux Noël par Joyeuses Fêtes s’inscrit, consciemment ou inconsciemment, dans ce processus de déchristianisation de la culture. En 2009, les commerçants du Plateau Mont-Royal, à Montréal, avaient cru trouver la formule la plus inclusive qui soit pour ne vexer personne en souhaitant «Joyeux Décembre». La formule était incroyablement ridicule mais montrait jusqu’où peut aller la censure du réel pour ne pas heurter les sensibilités minoritaires exacerbées qui hurlent à la discrimination dès qu’on redécouvre que toutes les religions n’ont pas laissé la même empreinte sur notre civilisation. Il y a dans le monde occidental un zèle déconstructeur qui pousse à vouloir éradiquer toutes les traces du christianisme, comme si on espérait un jour le chasser du décor et l’effacer de la vie publique: la diversité pourrait alors s’exprimer et le christianisme serait privé de ses derniers privilèges . On a pu le constater il y a quelques semaines encore avec l’affaire de la croix de Ploërmel, qu’on a prétendu condamner au nom de la laïcité alors qu’il s’agissait surtout de pousser plus loin la neutralisation de l’identité historique de la France. Un jour pour ne plus heurter personne, faudra-t-il changer de calendrier?

[...] Il ne s’agit plus seulement de réfléchir au régime politique de la cité mais à la conception de l’homme sur laquelle elle repose – sur son anthropologie, pour le dire autrement. Cela implique aussi de dégager notre compréhension du politique d’un présentisme asséchant en renouant avec une conception historique de la communauté politique, qui fasse droit à la part sacrée de l’appartenance à la cité. En d’autres mots, on peut ressaisir le christianisme à travers un patriotisme de civilisation qui n’impose à personne quelque foi que ce soit mais qui réinscrit le politique dans l’histoire en se tenant loin de la tentation de la table-rase. L’art politique a davantage à voir avec l’histoire qu’avec la gestion.

On y revient alors: ce n’est pas en déconstruisant elles-mêmes leur propre socle de civilisation que les sociétés occidentales sauront vraiment se montrer à la hauteur des exigences de l’hospitalité. Au contraire, plus elles se renient et moins ceux qui les rejoignent peuvent vraiment les aimer. La haine de soi ne fait rêver personne, le nihilisme non plus. Il ne s’agit pas de fantasmer sur je ne sais quelle reconfessionnalisation de l’État ou d’idéaliser de quelque manière que ce soit la parole du Pape ou d’autres officiels du monde catholique mais simplement d’assumer ce qu’on pourrait appeler les marqueurs identitaires les plus profonds de notre civilisation: la cité ne saurait être une simple structure juridique sans épaisseur historique et culturelle. Elle plonge ses racines dans le cœur de l’homme et ne saurait se fermer aux besoins fondamentaux de l’âme humaine..."

Cette réflexion nous en ouvre une autre à propos des funérailles de Johnny Hallyday : nos ancêtres les Gaulois -donc c'est vieux !...- croyaient déjà dans l'immortalité de l'âme, et toutes leurs institutions étaient empruntes de cette croyance. Il aura fallu attendre 1789 et les Modernes pour assister à une tentative de destruction de cette croyance ancestrale. Malgré cette tentative, cette croyance n'est pas vraiment morte, elle continuera encore longtemps d'irriguer notre corps social.

Le dernier exemple en date est le 9 décembre dernier, avec l'exploit de Johnny Hallyday, lors de ses funérailles, de réunir autour de lui dans une église (La Madeleine), le président actuel de la république et des anciens présidents : 

Le dernier pied de nez de Johnny Hallyday aux modernes

"La Cité ne saurait être une simple structure juridique sans épaisseur historique et culturelle", écrit Mathieu Bock-Côté : la cité ne saurait fonder la société sur le mythe du "contrat social", en faisant une table rase du passé. La nation-contrat des modernes contre la nation-héritage. Dans cette lutte de la nation-négatrice du passé, on voit bien que la volonté de l'homme ne peut pas tout faire, il y a des choses dans la nature qui résistent...

Le dernier pied de nez de Johnny Hallyday aux modernes

Jean-Pierre Denis dans La Vie a parfaitement résumé l'évènement : "Depuis quand un missionnaire n’avait-il pas fait mission à telle échelle ? Retenez cette date : le 9 décembre 2017, en la solennité de la Sainte-Laïcité et à la suite de l’apôtre Johnny Hallyday, des millions de Français sont entrés non pas dans une église, mais dans leur Église !"

 

"[...]  « Je suis né catholique et je mourrai catholique », rappelle Daniel Rondeau, comme Johnny l’avait jadis dit à La Vie." (Affirmation de Johnny Hallyday qui fut accueillie par une foule sidérée et immédiatement emprunte de respect attentif).

L’avez-vous notée, poursuit Jean-Pierre Denis, cette formule aussi bizarre que juste et aussi juste qu’incroyable, qui fait du rockeur défunt « l’ange crucifié de la résurrection et du pardon » ? Ces mots… oui, vous les avez notés, forcément. D’ailleurs qui, venu pleurer ses pauvres souvenirs, ne les a saisis, fût-ce malgré lui ? Alors un grand silence national se fait. Il se fait pour Johnny, mais il se fait incidemment, accidentellement, providentiellement pour Dieu. Rumeurs, ricanements de petits marquis et de starlettes de talk show, postures… tout disparaît. Et l’Église, qui sait si mal communiquer, qui si sait si peu s’expliquer, qui sait si rarement se faire entendre, qui doit tant se faire pardonner… L’Église prend la parole, comme elle sait si bien en ces moments-là. Elle donne, elle pardonne. Entendez ce sermon, enfants perdus, et saluez l’impressionnant à propos de l’officiant, le père Benoist de Sinety – franc, bienveillant, explicite, solide comme le roc sur lequel on rebâtit l’Église : « Tout homme peut entendre de ses oreilles une espérance nouvelle. La mort n’est pas le dernier mot de nos histoires... L’amour dont Dieu vous aime est bien la seule promesse que rien ni personne ne pourra jamais nous arracher. »

 

[...] Les obsèques de Johnny auront marqué, et avec quelle force, avec quelle évidence, la persistance et la vitalité d’un catholicisme qui, pour n’être plus officiellement d’État le demeure de facto, comme ultime recours. Un catholicisme qui reste, jusqu’à nouvel ordre, la langue qui sait le mieux nous dire. La religion du petit peuple sans religion. J’ai noté, au vol, ces mots d’écrivain : « La grâce aura été l’aboutissement de sa gloire ». Que dire de plus chrétien ?

 

[...] On comprend la rage des esprits chagrins, qui tel Jean-Luc Mélenchon ont bien vu la portée de cet acte et s’en sont offusqués. ​Ils disent vrai, même s'ils n'y voient pas plus loin que leurs marottes. ​La Madeleine, c’est redoutable et c’est contestable à tous points de vue​​. Un temple catholique qui toise, par-delà la Seine, le temple républicain. Palais Bourbon contre Église impériale, face à face gravés dans la topographie capitale, empreinte et emprise que ne pourraient effacer les sectaires qu’en rasant la ville lumière. Mais c’est aussi cela, la laïcité​, cette intelligence du vis-à-vis​ et du l'un après l'autre, chacun dans son ordre propre ! Ce jeune président parlant au peuple alors que Dieu patiente, certain que le cortège entrera. Et ce prêtre qui, calmement, publiquement, nationalement dit alors au défunt : « Vous avez été baptisé dans la mort et la résurrection du Christ… entrez avec nous dans cette église pour y célébrer l’amour de Dieu et la victoire de l’amour sur toute mort. » Soyons donc, puisqu’à la mort de Johnny le père de Sinety nous y a invités, « des icônes de l’amour de Dieu plutôt que des idoles dont la vie s’épuise »."

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 16:13

On a vu hier l'effondrement en cours des mythes et piliers de la modernité (la croyance dans le progrès, la démocratie). Aujourd'hui, pour illustrer ce propos, on découvre qu'une enquête PEP/Kantar, réalisée -une fois n'est pas coutume- par un média français (L'Obs, jeudi 14 décembre) montre cette fois la fin de la croyance dans la devise républicaine française: "la devise de la Révolution française fait de moins en moins écho aux oreilles des Français"... Le sentiment d'une fracture sociale en France augmente. Pas moins de 76% des personnes interrogées jugent la société comme inégalitaire, 22% affirmant même qu’elle est "très inégalitaire", tandis que 20% seulement considèrent qu’elle est au contraire "égalitaire"... Ce sentiment d’inégalité gagne la société française dans son ensemble. La fracture sociale s'aggrave.

C'est ce que révèle la quatrième édition du baromètre annuel PEP/Kantar sur les inégalités, rendu public ce jeudi 14 décembre par le Nouvel Observateur.

"Le plus révélateur", commente "Sputnik", est le pessimisme qui gagne la société française : en effet, 25% seulement des Français considèrent qu'une personne peut trouver sa place dans cette société présentée pourtant comme "inclusive"...

Liberté, égalité, exclusion résume le sentiment actuel des Français.

Un sondage montre la fin de la croyance dans la devise républicaine

Ce qui enfonce le clou est ce qui a été considéré comme des privilèges accordés aux réfugiés récemment arrivés en France. 39% seulement jugent "normale" la mise à disposition de logements vacants pour les migrants, mise à disposition très fortement rejetée en Haut-de-France, avec 73% d'avis contre, et en région PACA, avec 68%.

L'Éducation nationale n'est pas absente des secteurs inégalitaires de la République : 63% d'entre les Français pensent que les récentes déclarations du ministre de l'Éducation ne vont pas contribuer à diminuer ces inégalités.

Cette enquête réalisée en France métropolitaine sur Internet auprès d'un échantillon de 2.602 personnes a fait l'objet d'un article sur le média russe Sputnik.

Un sondage montre la fin de la croyance dans la devise républicaine

Le commentaire que l'on peut faire est l'analyse que l'on trouvera dans l'ouvrage de Michel VILLEY, "La Formation de la pensée juridique moderne". Le résultat de cette enquête n'est pas étonnant dans un système philosophique et politique moderne conçu pour défendre les intérêts des riches, où le droit a été livré au bon vouloir d'une certaine élite cultivée sous prétexte qu'elle serait rationnelle, "paravent qui masque cette réalité cynique : le droit est l'oeuvre des riches, des hommes les plus influents - disons de la classe dominante -, plus arbitraire en réalité que juste et rationnel".

Un système de "droits subjectifs" (La République de Bodin), conçu comme une anti-thèse de la justice distributive aristotélicienne ou thomiste (où le "droit de chacun" est "la part qui mérite de lui être attribuée en tenant compte de toutes les données de la coexistence sociale"). Ce droit moderne (issu de la nature de l'homme sans considération d'un ordre naturel extérieur à respecter), partagé par l'ensemble des pays de l'Occident, est parfaitement approprié à procurer la sûreté des possessions établies, la sûreté des transactions, la tranquillité nécessaire au développement de l'économie libérale, il proclame la liberté de principe que réclame le jeu du marché (C.B. MACPHERSON, The Political Theory of possession individualism, Oxford, 1962, trad. M. PUCHS, La Théorie politique de l'Individualisme, Gallimard, 1971), mais son premier point faible est l'escamotage de toute justice sociale... Promouvoir une juste proportion n'est plus le rôle central du droit. Il n'a d'autres vocations que de défendre la proportion qui résulte des droits subjectifs prétendus des individus (Hobbes). "Encore une fois, comme ce système simpliste de distribution se trouve commode pour les riches !" (Michel VILLEY, La Formation de la pensée juridique moderne, Texte établi, révisé et présenté par Stéphane RIALS, Quadrige PUF, Mercuès 2006, p. 315, 417, 484, 557, 588, 590, 592, 616.) L'intérêt général, le Bien commun n'existe pas dans notre société moderne, seul existe l'individu et ses droits.

Conséquence : un tel droit ne permet pas l'apaisement ni le développement harmonieux de la société. S'étant trompé sur les fondements du droit (l'homme plutôt que le droit naturel classique), s'étant en outre trompé sur la nature de l'homme (cela fait beaucoup!), ce système tombe logiquement de Charybde en Scylla, et finit en échec :

"La nature de l'homme, écrit Michel Villey, constitue un excellent point de départ pour bâtir une morale privée. Et je n'ai pas dit que cette idée n'ait en rien à intervenir dans la constitution du droit, mais elle ne saurait y suffire : à partir de la nature de l'homme on ne saurait aboutir au droit au sens où l'entendent Aristote ou les jurisconsultes romains. On ne débouche que dans le droit subjectif... 

(...) C'est une gageure que de prétendre fonder le droit, système des rapports entre hommes, sur l'individu séparé - c'est-à-dire de prétendre fonder le droit sur la négation du droit -; c'est la quadrature du cercle; à partir de l'individu, à partir de son droit subjectif, on ne trouvera jamais que l'anarchie et l'absence d'ordre juridique." (Michel VILLEY, ibid., p. 480, 592.)

Conclusion

Dans la société moderne ce n'est plus l'adage médiéval Nos seigneurs les pauvres (en souvenir de la pauvreté du Christ), c'est nos seigneurs les riches !

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 08:10
Terre jeune : le chrétien Mark Armitage licencié par l’université de Californie pour avoir découvert des tissus mous sur un dinosaure, ébranlé le dogme évolutionniste et questionné la chronologie longue de la Terre

Les pontes de l’université de Californie The California State University at Northbridge (CSUN) ne supportent pas la moindre remise en question du faux dogme évolutionniste. Ils ont licencié le spécialiste en microscopie Mark Armitage dans ce qui ressemble à un complot destiné à se débarrasser d’un encombrant scientifique chrétien. Armitage avait publié des éléments explosifs fragilisant la chronologie longue de la Terre, nécessaire à la théorie darwinienne d’une évolution de la vie sur un très long terme : la découverte de tissus mous sur un dinosaure. Signe de l’importance du sujet, l’université publique a accepté de verser 400.000 dollars au scientifique licencié afin d’échapper à un procès pour discrimination.

 

 

Licencié par l’université de Californie pour avoir découvert des tissus mous sur un os de dinosaure

 

 

L’histoire commence quand Armitage découvre en 2012 une énorme corne de triceratops au Montana. Le triceratops est un dinosaure herbivore qui aurait vécu au crétacé supérieur. Passant l’objet au peigne fin de son microscope à la CSUN, il découvre l’impensable : autour de la corne subsistent des tissus mous qui ne se sont pas dégradés. Armitage conclut que si l’objet était bien vieux de 65 millions d’années, comme le consensus scientifique l’affirme, il n’y aurait aucune raison que la chair fût demeurée en si bon état de conservation. Il en déduit que l’objet découvert est infiniment plus récent.

 

Les implications scientifiques et philosophiques de cette découverte sont « considérables », relève l’analyste américain Alex Newman sur son blog de freedomproject.com. Mark Armitage relève en effet que « les os de dinosaures ne peuvent pas être anciens s’ils restent entourés de tissus mous ». La découverte « contredit la théorie des temps antédiluviens », conclut Newman. Or cette datation à l’ère du crétacé supérieur est l’un des piliers de la pensée évolutionniste.

 

 

Mark Armitage et la chronologie longue : « Sans temps antédiluviens, vous n’avez pas de théorie de l’évolution »

 

 

Mark Armitage explique : « Sans temps antédiluviens, vous n’avez pas de théorie de l’évolution. Toute la discussion sur l’évolution prend fin si vous montrez que la Terre est jeune, or vous pouvez contredire complètement l’évolutionnisme par la seule découverte de viande autour d’os de dinosaures ».

 

Mark Armitage publia finalement ses découvertes et conclusions par un article paru en février 2013 dans la revue scientifique Acta Histochemica, spécialisée dans la recherche sur les cellules et les tissus organiques. Dans les semaines qui suivirent, plutôt que de contester scientifiquement cet exposé, l’université décida tout bonnement de licencier son spécialiste en microscopie. « Nous ne tolérerons pas votre religion dans cette faculté », lui a lancé un professeur de biologie dans son bureau, selon un témoin. Un collègue d’Armitage a qualifié l’affaire de « chasse aux sorcières », rapporte la presse.

 

 

Discrimination antichrétienne : ébranlée, la CSUN a préféré une transaction à la perte d’un procès

 

 

Après avoir perdu son poste, Armitage déposa une plainte pour discrimination anti-chrétienne. L’université plaida non coupable pendant des années, prétextant avoir voulu simplement « réorganiser la faculté ». Mais ayant échoué à obtenir un non-lieu, la CSUN accepta une énorme transaction amiable plutôt que de perdre un procès, sans toutefois admettre sa culpabilité.

 

Ce précédent pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis pour d’autres affaires de discrimination anti-chrétienne survenues dans le cadre d’institutions publiques. Défenseur d’Armitage, Me Alan Reinach, directeur exécutif du Church State Council, organisation juridique à but non lucratif, considère qu’il s’agit d’une avancée considérable : « Nous ne connaissons aucun autre cas dans lequel un créationniste ait eu gain de cause ; c’est vraiment une affaire historique ». Et ce d’autant que l’Etat de Californie n’aurait, selon lui, jamais payé une telle somme s’il n’avait pas réellement craint de perdre le procès.

 

 

Pour Alex Newman, « Toute personne contestant le point de vue séculier » est dans le viseur

 

 

Pour Alex Newman, « Quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur la question de l’évolution, le fait de licencier des professeurs qui font des découvertes scientifiques dérangeantes – plutôt que de les enterrer ou de les contester – devrait être considéré comme totalement incompatible avec des institutions financées par le contribuable, supposément dispensatrices d’un savoir supérieur ». Mais il semble que dans une Amérique « post-chrétienne », gangrenée comme la France par une franc-maçonnerie et une « libre-pensée » à visées totalitaires, il faille s’attendre à ce que « Toute personne contestant le point de vue séculier, païen, globaliste et socialiste soit dans le viseur », prévient Newman. Qui ajoute : « Soyez prêts ».

 

 

Matthieu Lenoir

 

Source: REINFORMATION.TV

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 19:16

Nouvelles images choc de l'élevage français, cette fois l'association de protection animale L214 a décidé de s'introduire dans une usine de poules élevées en batterie dans les Côtes d'Armor. C'est l'animateur Stéphane Bern qui prête sa voix pour la cause : "dans cet élevage mal tenu, 140 000 poules pondeuses sont enfermées dans des cages durant leurs vies entières. Elles sont privées de nombreux comportements essentiels, comme gratter le sol, prendre des bains de poussières, s'occuper de leurs petits. Les cages s'empilent à perte de vue, sur plusieurs étages, leur espace de vie est extrêmement réduit et elles sont des dizaines par cage, ce qui leur laisse en terme d'espace l'équivalent d'une feuille A4 pour chacune."

 

Entassées, déplumées et mutilées, les poules de cet élevage en batterie font peine à voir. Alors que le candidat Macron s'est engagé à en finir avec les oeufs issus d'élevage de poules en cages d'ici 2022, les nouvelles images font froid dans le dos. Au-delà de la promiscuité, la video fait état de la profonde saleté de l'évage avec des fientes partout et même des cadavres de poules au milieu de leurs congénères en passe de les rejoindre.

 

Les consommateurs peuvent faire le choix de refuser ce type d'élevage en achetant des oeufs issus d'élevages soucieux de garantir des conditions de vie acceptables aux animaux. Les oeufs disposant du code 3FR sur leurs coquilles sont issus justement ces élevages concentrationnaires tels que celui des Côtes d'Armor. Les oeufs avec le code 2FR sont guère préférable : ils désignent les poules élevées au sol dans des entrepôts sans lumière naturelle. Comme pour le 3, le bec des animaux est dépointé pour éviter la casse des oeufs. Les codes 1FR ou 0FR sont préférables: les animaux ont accès à l'extérieur, ce qui leur permet de gratter le sol, ce que leur nature les incite à le faire. Le 0 indique de plus un élevage biologique.

 

La moitié des oeufs sont destinés à entrer dans la préparation de produits et non à être vendus en tant que tels. Dans ce cas, la traçabilité est impossible pour les consommateurs, mis à part dans les produits Bio, lesquels sont élaborés à partir d'ingrédients bio exclusivement.

 

Pour autant, face à l'éveil des consciences et au travail des associations de protection animale, de plus en plus d'enseignes se sont engagées à stopper la vente d'oeufs issus de pondeuses en cages. C'est déjà le cas de de "Monoprix" ou "Atac".

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 12:18

Le philosophe Stéphane Mercier vient de sortir le livre "La Philosophie pour la vie", éd. Quentin Moreau.

En mars 2017, Stéphane Mercier, docteur en philosophie et enseignant à l'université catholique de Louvain en Belgique, a déclenché une incroyable tempête médiatique après avoir dispensé un cours contre le droit de choisir l'avortement. Dans son livre, l'auteur démontre que "la raison naturelle, que nous avons tous en partage, établit assez clairement et assez rapidement", que l'avortement est "le meurtre d'un être humain innocent". Hurlements des médias, lâcheté du monde universitaire, silence du clergé belge, Stéphane Mercier a subi un lynchage tel qu'il a été chassé de l'université "catholique" de Louvain. Récit de cette exécution professionnelle sur TV Libertés.

Extrait :

 

"L'argument (des pro-avortement selon lequel l'embryon avant la 8e semaine n'est qu''un amas de cellules' - et pas une personne à part entière-) est assez étrange quand on y pense parce que un amas c'est un tas désorganisé. Or, ce qu'on, et là ce n'est même pas le philosophe qui parle, c'est simplement l'observation que font les scientifiques, que fait la biologie, c'est que loin d'être un tas de cellules qui par définition serait désorganisé, on est devant, dès le moment de la conception, à un être qui s'organise selon une logique extrêmement précise, dans une direction extrêmement précise, elle aussi, si bien que dès le moment de la conception, on voit bien qu'il y a non seulement un être vivant, qui grandit, qui se développe en fonction d'un plan, d'une structure logique qui est parfaitement clair. On ne peut pas parler de 'tas de cellules', le tas c'est vraiment un ensemble désorganisé, c'est quand vous laissez tomber vos papiers et que vous avez un ensemble qui ne correspond à rien. Au contraire, on voit bien ici que ce petit être vivant s'organise d'une manière extrêmement précise dans une direction déterminée.

 

[...]

 

L'argument (des pro-avortement qui n'est pas un argument mais un slogan) selon lequel la femme peut disposer de son corps, l'affirmation c'est mon corps, c'est mon droit, quand on y réfléchit un instant est un slogan qui ne signifie pas grand chose parce que la femme ne peut pas dire c'est mon corps, mais c'est dans mon corps. C'est une position géographique si on veut. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas simplement de son corps, mais de quelque chose, de quelqu'un qui se vérifie du point de vue l'ADN. Ce qui se développe dans le sein de la femme n'a pas l'ADN de la femme. Cela n'en a qu'une partie, cela a son ADN propre, c'est-à-dire qu'il s'agit bien d'un autre être vivant, un être distinct qui est dans son corps. Mais ce n'est pas son corps.

 

[...]

 

L'avortement n'est jamais une vraie bonne solution. C'est quelque chose qui en plus de tuer un être humain, l'enfant, est quelque chose qui blesse irrémédiablement la femme qui y a recours. Et donc, loin de lui apporter une solution satisfaisante c'est au contraire ajouter à sa détresse, en la rendant complice d'un meurtre, sans même qu'elle s'en rende compte dans bien des cas. Et cela risque de la poursuivre toute sa vie. Et cela c'est une catastrophe bien évidemment.

 

[...]

 

(S'agissant de l'interdiction légale) Quand il s'agit de quelque chose d'intrinsèquement mauvais, d'intrinsèquement désordonné, il faut absolument l'interdire, et si les autres pays ne suivent pas, c'est très regrettable mais on ne peut jamais dire que sous prétexte que les gens iront commettre un méfait ailleurs, on doit le laisser faire dans tel ou tel pays. Donc en Belgique, il est interdit de génocider, de faire de la traite humaine, de violer, et bien il devrait être interdit aussi de tuer des êtres humains innocents et donc d'avorter."

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 12:34

Source: Claire Chretien, LifeSiteNews, vendredi 8 décembre 2017

 

BREAKING: U.S. Department of Justice investigating Planned Parenthood for selling baby parts

Le Ministère américain de la Justice enquête sur le Planning Familial pour vente de pièces de bébé

WASHINGTON, DC, 7 décembre 2017 (LifeSiteNews) – Le Département AMÉRICAIN de la Justice (MJ) enquête officiellement sur le Planning Familial (Planned Parenthood) pour la vente de parties de corps de bébé, plus de deux ans après la sortie de vidéos du Centre pour le Progrès Médical (Center for Medical Progress. CMP).

“Il est temps pour les agents publics de tenir enfin le Planning Familial et leur criminelle entreprise responsable conformément à la loi,” a déclaré David Daleiden du CMP.

Fox News a cassé l'histoire jeudi soir, rapportant qu'il avait obtenu une lettre du Ministère de la Justice le Procureur Général Adjoint pour les Affaires Législatives Stephen Boyd à la Commission Judiciaire du Sénat des états-UNIS. Cette lettre est une demande de documents non édités de ce comité, qui enquêtait sur le Planning familial.

“C'est tant attendu, une bonne nouvelle,” a déclaré Abby Johnson, ancienne défenseuse de l'avortement et directrice du Planning familial, qui est maintenant une militante pro-vie.

“Planned Parenthood a activement participé à une activité illégale, la vente de parties du corps de bébés avortés en échange de bénéfices”, a déclaré Johnson. “Ils ont menti aux femmes, qu'ils prétendent défendre. Je l'ai vu de première main quand j'ai travaillé pour l'avortement massif et pourtant, ils parviennent à obtenir plus d'un demi-milliard de dollars par an avec l'argent de nos impôts.”

La Commission Judiciaire du Sénat, a annoncé en 2016 qu'elle a recommandé au FBI et au ministère de la justice (MJ) de mettre en examen et, éventuellement, de poursuivre le Planning familial, et certaines de ses sociétés affiliées, et les entreprises impliquées dans le trafic de parties jeunes du corps humain.

La Commission d'enquête du parlement américain sur les vies de bébés cite 15 accusations criminelles contre les entreprises d'avortement incluant le Planning familial, des universités et des entreprises tissulaires foetales.

Les deux comités ont largement étudié le Planning familial et le commerce des tissus fœtaux, après l'étude choquante du CMP montrant des images de pièces d'avortement à marchander comme parties de corps, la cueillette à travers des plats de minuscules organes, et en plaisantant: “c'est un garçon!”, à propos d'un bébé récemment abandonné.

Les vidéos ont questionné l'industrie de l'interruption de grossesse au sujet de l'humanisation de bébés à naître encore dans l'utérus en discutant de leur cerveau, leur foie et d'autres organes.

“Les preuves flagrantes, montrent la nécessité, pour ce Ministère de la Justice d'enquêter pour découvrir toute la vérité sur le Planning familial et la vente de parties de corps de bébé”, a déclaré Tony Perkins, le Président de Family Research Council. “Le fait que le MJ demande une mise en examen, montre qu'il est sérieux au sujet de son enquête.”

“Le congrès doit cesser immédiatement de donner de l'argent à l'avortement massif jusqu'à ce que le FBI a fini son enquête”, a exhorté Johnson.

“Nous félicitons le Ministère de la Justice d'aller enfin enquêter sur le Planning familial, sur ses activités illicites et les comportements contraires à l'éthique”, a déclaré Kristan Hawkins, la Présidente des Étudiants pour Vie des Etats-Unis. Elle a dit que les contribuables en ont “assez” de financer la traite de parties de corps humains et de la commission de crimes.

“Compte tenu de cette enquête, le Congrès devrait refuser de donner un autre cent de ses plus de 400 milliards de dollars dans le budget fédéral de financement au Planning familial”, a déclaré Perkins. “Le Congrès contrôlé par la majorité républicaine a fait cela en 2015 sur un projet de loi de rapprochement avec 51 Sénateurs auxquels Obama a mis son véto. Il peut le faire à nouveau avec un projet de loi maintenant qu'un président pro-vie est à la Maison Blanche.”

Malgré des Républicains majoritaires à la Chambre, le Sénat des états-UNIS, et la Maison Blanche – et de nombreuses promesses politiques pour définancer le Planning familial en 2017 – l'avortement massif continue de recevoir d'énormes quantités de dollars par les impôts, Medicaid et X titres de subventions.

Daleiden a noté que les deux enquêtes du Congrès “a confirmé que le Planning familial des Etats-Unis, plusieurs de ses plus grandes sociétés affiliées, et plusieurs partenaires ont violé la loi dans un but lucratif de nature à démembrer des parties de corps de bébé.”

Daleiden a fait face à des ordres de non-publication, de poursuites, et de chefs d'inculpation de la part de l'industrie de l'avortement, et de ses alliés politiques. Les résultats de certains d'entre eux n'ont pas encore été déterminés.

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 19:40

Le philosophe Stéphane Mercier, docteur en philosophie et enseignant à l'université catholique de Louvain en Belgique, vient de sortir le livre "La Philosophie pour la vie, Un professeur d'université remet en question l'avortement", éd. Quentin Moreau.

En mars 2017, il a déclenché une incroyable tempête médiatique après avoir dispensé un cours contre le droit de choisir l'avortement. Dans son livre, il démontre que "la raison naturelle, que nous avons tous en partage, établit assez clairement et assez rapidement" que l'avortement est "le meurtre d'un être humain innocent". Hurlements des médias, lâcheté du monde universitaire, silence du clergé belge, Stéphane Mercier a subi un lynchage tel qu'il a été chassé de l'université "catholique" de Louvain. Récit de cette exécution professionnelle sur TV Libertés.

Extrait :

 

"L'argument (des pro-avortement selon lequel l'embryon avant la 8e semaine n'est qu''un amas de cellules' - et pas une personne à part entière-) est assez étrange quand on y pense parce que un amas c'est un tas désorganisé. Or, ce qu'on constate, et là ce n'est même pas le philosophe qui parle, c'est simplement l'observation que font les scientifiques, que fait la biologie, c'est que loin d'être un tas de cellules qui par définition serait désorganisé, on est devant, dès le moment de la conception, à un être qui s'organise selon une logique extrêmement précise, dans une direction extrêmement précise, elle aussi, si bien que dès le moment de la conception, on voit bien qu'il y a non seulement un être vivant, qui grandit, qui se développe en fonction d'un plan, d'une structure logique qui est parfaitement clair. On ne peut pas parler de 'tas de cellules', le tas c'est vraiment un ensemble désorganisé, c'est quand vous laissez tomber vos papiers et que vous avez un ensemble qui ne correspond à rien. Au contraire, on voit bien ici que ce petit être vivant s'organise d'une manière extrêmement précise dans une direction déterminée.

 

[...]

 

L'argument (des pro-avortement qui n'est pas un argument mais un slogan) selon lequel la femme peut disposer de son corps, l'affirmation c'est mon corps, c'est mon droit, quand on y réfléchit un instant est un slogan qui ne signifie pas grand chose parce que la femme ne peut pas dire c'est mon corps, mais c'est dans mon corps. C'est une position géographique si on veut. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas simplement de son corps, mais de quelque chose, de quelqu'un qui se vérifie du point de vue l'ADN. Ce qui se développe dans le sein de la femme n'a pas l'ADN de la femme. Cela n'en a qu'une partie, cela a son ADN propre, c'est-à-dire qu'il s'agit bien d'un autre être vivant, un être distinct qui est dans son corps. Mais ce n'est pas son corps.

 

[...]

 

L'avortement n'est jamais une vraie bonne solution. C'est quelque chose qui en plus de tuer un être humain, l'enfant, est quelque chose qui blesse irrémédiablement la femme qui y a recours. Et donc, loin de lui apporter une solution satisfaisante c'est au contraire ajouter à sa détresse, en la rendant complice d'un meurtre, sans même qu'elle s'en rende compte dans bien des cas. Et cela risque de la poursuivre toute sa vie. Et cela c'est une catastrophe bien évidemment.

 

[...]

 

(S'agissant de l'interdiction légale) Quand il s'agit de quelque chose d'intrinsèquement mauvais, d'intrinsèquement désordonné, il faut absolument l'interdire, et si les autres pays ne suivent pas, c'est très regrettable mais on ne peut jamais dire que sous prétexte que les gens iront commettre un méfait ailleurs, on doit le laisser faire dans tel ou tel pays. Donc en Belgique, il est interdit de génocider, de faire de la traite humaine, de violer, et bien il devrait être interdit aussi de tuer des êtres humains innocents et donc d'avorter."

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 14:32

A l'occasion de la solennité du Christ Roi, voici le poème Signaux Perdus *

Charles Robin itinéraire d'un gauchiste repenti - Meta TV

Les grands semeurs de ciel des phares lointains

Jalonnant de leurs feux l'immense nuit humaine

Où la foule sans yeux titube et se démène

Implorant de ses bras fourbus d'autres destins.

 

Parfois, perçant la nuit, un des rayons atteint

la triste horde aveugle errant dans les ténèbres.

Alors, hurlant de rage et de terreur funèbres,

Elle se rue. Abat la tour. Le feu s'éteint.

 

Puis le troupeau stupide, encore grondant de haine,

Eperdu, tâtonnant et tirant sur sa chaîne, 

Se replonge dans l'ombre, éternelle prison...

 

Tandis qu'au loin, fragile et clignotant fanal

Sur le chemin qui mène hors du cycle infernal,

Un autre feu s'allume et monte à l'horizon.

Auteur inconnu.

Signaux Perdus
Partager cet article
Repost0
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 19:05

Ce lionceau était détenu dans un appartement d'une cité du 93. Pito a été pris en charge par #30millionsdamis et mis en sécurité. #sauvetage

 

Source: 30 Millions d'Amis

 

Partager cet article
Repost0
25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 18:09

Voilà... une petite mise au point sur ce que cachent les programmes d'éducation sexuelle "dès le plus jeune âge" qui se mettent lentement, mais sûrement, en place au niveau de l'éducation nationale. Que ceux qui sont pour ce genre d'éducation lisent attentivement cet article et les liens référencés et on en reparle ensuite, car l'heure est grave, tout comme le sujet abordé : "Dit plus simplement, une telle éducation serait une véritable « fabrique à pervers ». On passerait dès lors d'une production « artisanale » (contexte familial incestuel, spécifique et plutôt rare), à une production « industrielle » de pervers (éducation nationale généralisée, et structures socialisantes de l’État)."


Merci à Ariane Bilheran pour sa relecture attentive et ses commentaires venus enrichir cet article. (Source)

 

« L’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres, rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres. » (Jean-Jacques Rousseau, 1761, Julie ou La nouvelle Héloïse)

 

Ce titre vous choque ou vous interpelle ?

 

Avant de porter un quelconque jugement, asseyez-vous tranquillement, prenez le temps de respirer calmement et de lire cet article jusqu’au bout avec toute l’attention requise pour bien appréhender ce sujet, car l’affaire est grave et les informations dispensées ici émanent toutes d’institutions ou d’organismes officiels tel que l’ONU (UNESCO), l’OMS, l’Europe, le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de la Santé etc. ou d’associations qui ne fonctionnent que grâce aux subventions provenant de nos impôts.

 

Ceci précisé, il me faut dire un mot sur les circonstances dans lesquelles cet article a été rédigé. Cela fait maintenant près d’une dizaine d’années que j’échange avec diverses personnes sur la question d’un mouvement totalitaire qui se déploie dans notre société. Et plus particulièrement avec Ariane Bilheran qui s’est fait une spécialité d’étudier la psychologie et la pathologie du pouvoir. Bien que méconnue, ses travaux sont une référence majeure pour bien comprendre cette problématique (en particulier sur le harcèlement, l’autorité et la paranoïa). Elle vient récemment de faire paraître une somme de vingt ans de recherches sur le harcèlement que j’ai eu l’honneur de préfacer.

Donc, dans le cadre de l’analyse des idéologies qui concourent à installer un « totalitarisme soft » de façon perfide et totalement abjecte, Ariane Bilheran m’a demandé d’investiguer plusieurs textes officiels pour l’aider dans son travail de décryptage et d’étude concernant la nouvelle lubie de tous les gouvernements qui se succèdent depuis le début des années 2000, à savoir, « l’éducation à la sexualité », « dès le plus jeune âge », sur laquelle j’avais déjà écrit un billet qui aurait nécessité un traitement particulier sans être amalgamé avec un autre sujet (cf. « Affaire Dieudonné et théorie du genre, etc. : le harcèlement moral s’institutionnalise » paru le 20 février 2014 sur le site Agoravox).

 

Ces publications sur « l’éducation sexuelle » sont désormais si nombreuses, qu’il faudrait une « armée » pour toutes les décoder au regard des connaissances scientifiques actuelles dont nous disposons sur le développement psychique de l’enfant. Aussi, ne vais-je ici n’en sélectionner qu’un seul qui me paraît être paradigmatique de toute l’idéologie motivant en haut lieu les programmes d’« éducation sexuelle », « dès le plus jeune âge ». D’autant qu’il me faut être concis, tout en restant très précis, pour ne pas noyer l’essentiel dans un dédale d’informations souvent contradictoires.

 

Tout d’abord de manière à bien cadrer le propos, que devons-nous entendre par l’expression « dès le plus jeune âge » ?

 

La réponse est simple. Vous la trouvez dans un communiqué de presse de l’OMS publié sur leur site le 20 octobre 2010 : « Nouvelles recommandations européennes sur l’éducation sexuelle : selon les experts, l’éducation sexuelle devrait commencer dès la naissance » où le docteur Gunta Lazdane[1], conseillère régionale pour la santé sexuelle et génésique[2] au Bureau régional européen, qui a coordonné la rédaction des Standards pour l’éducation sexuelle en Europe, déclare : « La particularité de ces nouvelles recommandations, au-delà du thème abordé, c’est qu’elles insistent sur la nécessité de commencer l’éducation sexuelle dès la naissance. Elles expliquent également les compétences spécifiques que les enfants et les jeunes doivent acquérir, ainsi que les comportements à promouvoir à des périodes déterminées de l’existence. »

 

On ne saurait être plus clair !

Pourtant, malgré ces déclarations d’intentions, une très grande majorité de gens croient encore que cette éducation n’est qu’une « information » est qu’elle est prodiguée dans « l’intérêt supérieur des enfants ». Nous allons voir ce qu’il en est, textes de base à l’appui. La lecture de ces Standards qui donnent la direction à suivre pour tous les pays européens, est éminemment recommandée, de même que la critique qu’a déjà pu en faire Ariane Bilheran dans son livre L’imposture des droits sexuels ou la loi du pédophile au service du totalitarisme mondial, mais ce ne sont pas ces écrits qui font l’objet de notre examen.

 

Le document sélectionné et analysé ici est téléchargeable sur le site eduscol.education.fr[3] du ministère de l’Éducation nationale. Il nous a été communiqué suite à une polémique née après les alertes vidéos lancées par Ariane Bilheran le 30 mars 2017 et le 26 avril 2017, rapidement suivies par la vidéo du Pr Maurice Berger le 9 juin 2017 qui s’expriment au nom d’un collectif de professionnels spécialisés dans la petite enfance et l’adolescence. Constitué uniquement de pédopsychiatres, de psychologues cliniciens et autres professionnels exerçant un métier en rapport avec la protection de l’enfance (et non pas de gynécologue-obstétricien, cf. note1, ou autres spécialités médicales du genre qui n’ont strictement rien à voir avec le développement psychique et la protection de l’enfant), cette association a lancé une pétition en ligne accompagnée d’un préambule et d’une lettre explicative du Pr Berger qu’il est utile de lire avant de se prononcer, car cette lettre explique bien la différence entre « éducation » et « prévention ». Deux notions qui sont totalement amalgamées par les programmes d’« éducation à la sexualité ».

 

Et enfin, avant d’aborder le contenu de ce guide, il convient de dire un mot sur la façon dont la perversion s’infiltre dans nos sociétés. Ce qu’Ariane Bilheran résume dans ses travaux de façon imagée par l’expression « bonbon empoisonné » ou « les trois gouttes d’arsenic dans un litre de lait ». Dans son livre Lti, la langue du IIIe Reich[4], Victor Klemperer écrit : « Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. […] La langue ne se contente pas de poétiser et de penser à ma place, elle dirige aussi mes sentiments, elle régit tout mon être moral d’autant plus naturellement que je m’en remets inconsciemment à elle. Et qu’arrive-t-il si cette langue cultivée est constituée d’éléments toxiques ou si l’on en a fait le vecteur de substances toxiques ? Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. »

Les nazis avaient bien compris l’utilité et l’impact des slogans pour propager leur idéologie et Victor Klemperer a parfaitement su saisir l’importance du langage dans cette opération d’emprise et de séduction.

 

À la façon de Victor Klemperer, nous allons voir en quoi des expressions isolées, des tournures de phrases, des formes syntaxiques, qui se sont imposées dans les programmes d’« éducation sexuelle », sont adoptées de façon mécanique, automatique et inconsciente sans même qu’elles soient critiquées par la majorité des personnes concernées.

Toutefois, compte tenu de la mise en garde formulée avec l’exemple étudié par Victor Klemperer et les aphorismes d’Ariane Bilheran, nous devons bien comprendre que tous les éléments de langage subversifs relatifs à la sexualité infantile sont recouverts de propos mielleux et de principes vertueux destinés à nous faire avaler de minuscules doses d’arsenic sans que nous y prenions garde.

En effet, ce procédé rhétorique, que j’ai déjà évoqué par ailleurs, a connu un fort succès lors des dernières présidentielles françaises. Il consiste à dire tout et son contraire en jouant sur les biais cognitifs (d’attention sélective, de confirmation, de croyance, etc.[5]) de telle sorte que l’auditeur d’un tel message soit inconsciemment porté à croire aux bonnes résolutions énoncées plutôt qu’à s’inquiéter de la légitimité et de l’impact des méthodes appliquées. Et c’est très exactement là que le bât blesse : lorsque l’affaire est rondement menée, personne n’ira plus contrôler la validité des concepts et de leur origine, ni les effets des techniques éducatives employées puisqu’elles seront réputées être dispensées pour le bien des enfants, des personnes et de la société. Or, en matière d’« éducation sexuelle », « dès le plus jeune âge », les effets sont connus d’avance par les véritables spécialistes du sujet : ils se traduisent par un arrêt brutal du développement émotionnel, psychique, voire intellectuel, chez des enfants traumatisés par la rencontre du réel et de l’imaginaire. Ce qui constitue le principe même du « meurtre psychique ». Dit plus simplement, une telle éducation serait une véritable « fabrique à pervers ». On passerait dès lors d’une production « artisanale » (contexte familial incestuel, spécifique et plutôt rare), à une production « industrielle » de pervers (éducation nationale généralisée, et structures socialisantes de l’État).

 

De quoi nous parle donc ce guide du formateur à l’éducation à la sexualité au collège et au lycée ?

 

Je n’irais pas jusqu’à commenter l’ensemble de ce document puisque, comme nous l’avons vu, il énonce de grands principes vertueux en dissimulant soigneusement le poison qu’il instille sournoisement. Nous allons voir où et comment en trois exemples seulement (c’est une limite que je me suis fixée pour ne pas faire traîner en longueur cet article, mais il en existe bien d’autres encore).

 

Toute l’argumentation servant à justifier les programmes d’« éducation à la sexualité » repose, soi-disant, sur des découvertes « scientifiquement prouvées » concernant le développement dit « psychosexuel » de l’enfant. Il est donc clair que la validité et la pertinence de cette « éducation à la sexualité » passent par la connaissance de ces études « scientifiques ». Lisons donc les passages de ce guide du formateur à la sexualité infantile pour en connaître l’origine. Ils se trouvent au chapitre « Comment se structure la sexualité ? », pages 11 à 15.

Le contributeur nous informe que « c’est à partir de la sexualité infantile que nous envisageons la sexualité comme l’organisateur fondamental de l’humain », tout en ayant pris soin de nous prévenir que « par “sexualitéˮ, nous entendons “psychosexualitéˮ, c’est-à-dire ce qui caractérise en ce domaine l’humain par rapport au biologique animal, soit une sexualité réglée et socialisée dans le cadre de la différence des sexes et de la différence des générations. »

Par cette introduction, Robert Dubanchet nous informe que la « science » sur laquelle repose tout le programme d’« éducation à la sexualité » est la psychanalyse. Je ne vais pas revenir sur ma position concernant cette discipline que j’ai déjà exposée dans deux articles : je suis favorable à la psychanalyse et lui reconnais une place importante dans notre culture. Cependant, il y a psychanalyse et psychanalyse et parmi tous les courants psychanalytiques qu’il existe aujourd’hui, le freudisme est peut-être celui qui est le moins pertinent. En effet, il faut avoir dressé une anamnèse complète de cet auteur pour comprendre qu’au final, il n’a eu de cesse de recouvrir d’un voile de déni les découvertes géniales de l’explorateur de l’inconscient. Il faut donc savoir que les théories de Freud nous confrontent à trois difficultés principales : d’une part, nombre de ses concepts ont été détournés de leur sens initial, nous allons voir comment ; d’autre part, il avait des raisons toutes personnelles pour donner le primat de la sexualité sur toutes autres pulsions, or, comme l’a très bien expliqué Erich Fromm dans son essai sur Le caractère de l’homme que j’ai cité dans l’article « L’inceste, l’Œdipe et la perversion narcissique selon Paul-Claude Racamier », la pulsion sexuelle n’est pas primaire, comme l’envisageait Freud, mais plutôt tertiaire (nous y reviendrons) ; et enfin, les traductions n’ont pas toujours respecté l’esprit du texte paru en langue d’origine.

Dresser un programme d’éducation à la sexualité « dès le plus jeune âge » sur la base des « découvertes scientifiques » de la psychanalyse freudienne équivaut ni plus ni moins à construire son édifice sur des sables mouvants. Mais si on ajoute à cela les difficultés exposées ci-dessus, alors l’affaire se corse copieusement et nous pouvons comprendre le mouvement « hystérique[6] » qui s’est organisé à l’encontre de ce projet.

 

Étudions maintenant le premier exemple portant sur la corruption des écrits de Freud. C’est le cas le plus simple. Il est pourtant le plus difficile à « combattre » dans l’esprit des gens :

« Il est à noter l’aspect fondamental de la sexualité infantile et du développement psychosexuel, comme déterminant d’une future sexualité adulte. Freud nous montre l’enfant comme un être aux prises avec ses pulsions partielles, véritable “petit pervers polymorphe qui va se structurer et s’unifier progressivement au travers de sa névrose infantile. »

Ici, la supercherie de l’assertion assénée tel un slogan de propagande (71 400 résultats sur le moteur de recherche Google) par l’ensemble de la communauté psy est très simple à démontrer : Freud a-t-il oui ou non déclaré que l’enfant était un « véritable petit pervers polymorphe » ?

Si vous avez admis cela sans vérifier vos sources vous réciterez dix « Notre Père » et trente « Je vous salue Marie », car vous avez pêché et votre faute est un crime « impardonnable » au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant que vous avez bafoué.

Qu’a donc écrit Freud sur cette question ?

Voyons cela !

La réponse se trouve dans Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) dont une traduction française est disponible en ligne. L’occurrence « polymorphe » est réitérée cinq fois (six, en comptant le sommaire) : une fois dans un sous-titre de paragraphe, « La disposition perverse polymorphe », et les quatre autres dans deux paragraphes : trois fois pour le premier et une seule pour le second.

Freud introduit le premier paragraphe par la phrase : « Il est intéressant de constater que l’enfant, par suite d’une séduction, peut devenir un pervers polymorphe et être amené à toutes sortes de transgressions. »

Est-il besoin de clarifier ce propos pour traduire la pensée de Freud ? Avons-nous affaire à des intellectuels qui ont raté leur épreuve d’explication de texte ? Restons sérieux deux minutes : les « dispositions polymorphiquement perverses » de l’enfant, de l’avis même de Freud, sont induites par séduction. Elles ne sont donc pas endogènes, mais bien exogènes. De ce constat il en déduit : « Il y est donc prédisposé… »

« Prédisposé » signifie : « mettre (quelqu’un) dans des conditions favorables à (accomplir ou apprécier) certaines choses » ; ou, en médecine : « mettre dans une disposition défavorable rendant l’organisme vulnérable à certaines atteintes. » Freud décrit donc de façon très explicite une situation subie par l’enfant. Si l’on supprime la séduction, les dispositions perverses polymorphes de l’enfant disparaissent avec elle. C’est simple, clair, net et précis. Comment en est-on arrivé à traduire la pensée de Freud par le slogan mortifère : « l’enfant, ce petit pervers polymorphe » ?

Cette question est d’autant plus pertinente que ce paragraphe se poursuit ainsi : « … les actes pervers rencontrent des résistances, les digues psychiques [des enfants] qui s’opposeront aux excès sexuels (pudeur, dégoût, morale) n’étant pas établies ou n’étant qu’en voie de formation. L’enfant, dans la circonstance, ne se comporte pas autrement que ne le ferait, vis-à-vis du séducteur, la moyenne des femmes n’ayant pas subi l’influence de la civilisation et conservant ainsi une disposition perverse polymorphe. Une femme ainsi disposée peut sans doute, dans les circonstances ordinaires de la vie, rester sexuellement normale ; mais, sous l’empire d’un séducteur averti, elle prendra goût à toutes les perversités et en fera désormais usage dans son activité sexuelle. La prostituée use de cette disposition polymorphe et, par conséquent, infantile, dans l’intérêt de sa profession ; et si l’on considère le nombre immense de femmes prostituées et de celles auxquelles on ne saurait dénier les aptitudes à la prostitution, quoiqu’elles aient échappé au métier, on devra reconnaître que cette disposition à toutes les perversions est quelque chose de profond et de généralement humain. »

Autrement dit, Freud nous explique que les tendances perverses polymorphes sont un trait généralement humain. Sa démonstration, si elle commence par une observation faite sur les enfants, aboutie à l’ensemble du genre humain. Aux yeux de Freud, c’est donc l’humanité tout entière qui présente des dispositions perverses polymorphes qui sont à combattre par l’éducation en opposition à la séduction comme en atteste l’étymologie de ces deux termes[7]. Telle est la conclusion à laquelle Freud parvient suite à cet énoncé. Nous sommes très loin de l’interprétation couramment admise d’un enfant « véritable petit pervers polymorphe ». C’est pourtant ce que la propagande perverse et l’infiltration idéologique paranoïaque (cf. Ariane Bilheran, Psychopathologie de la paranoïa) a réussi à faire admettre à l’ensemble de la communauté psy comme en témoignent la plupart des exposés qui reprennent cette assertion tronquée à tue-tête.

À noter également ici que, selon Freud, les digues psychiques érigées par l’éducation (c’est son rôle) peuvent « sauter » sous les coups de boutoir des excès sexuels. Ceci n’est pas une bonne nouvelle, car c’est justement ce qui est progressivement en train de se mettre en place au niveau des droits sexuels et de l’« éducation à la sexualité ».

Mais poursuivons…

Freud évoque une dernière fois la perversion polymorphe de l’enfant dans cet essai. Le paragraphe complet est celui-ci : « Nous ne saurions dire quel est le degré d’activité sexuelle pendant l’enfance devant être considéré comme normal et n’entravant pas le développement ultérieur. Nous avons montré que les manifestations sexuelles infantiles présentaient surtout un caractère masturbatoire. Nous avons ensuite constaté, en nous appuyant sur l’expérience, que les influences extérieures de la séduction pouvaient produire des interruptions prématurées de la période de latence et même la supprimer, et que la pulsion sexuelle de l’enfant se révélait alors perverse polymorphe. Enfin, nous avons vu que toute activité sexuelle prématurée, produite de cette manière, rendait l’éducation de l’enfant plus difficile. »

Freud confirme bien l’origine exogène de la pulsion sexuelle perverse polymorphe de l’enfant et apporte une précision supplémentaire digne du plus grand intérêt : toute activité sexuelle prématurée produite par séduction rend l’éducation de l’enfant plus difficile[8] (voir note). Ainsi aurait-il fallu, pour respecter scrupuleusement la pensée freudienne, s’interroger plus avant sur le caractère de cette séduction. Or, Freud lui-même a été prié de « fermer les yeux » sur cette question-là et son aveuglement volontaire a « contaminé » des générations de psychanalystes et de psychologues formés à la psychanalyse.

 

Second exemple !

Il est écrit dans ce guide : « C’est spécifiquement la projection à l’extérieur du “mauvais”, à quoi se joint la colère qu’induit l’absence de l’objet anaclitique [la mère], qui fait que l’objet (extérieur) est affecté de haine. On peut dire que la haine est plus vieille que l’amour, “l’objet naît dans la haineˮ (S. Freud). »

Vision clairement pessimiste de la condition humaine qui malheureusement peut servir à justifier que l’homme soit asservi. Étudions ce qu’il en est !

La question de la haine est traitée par Freud dans son livre Métapsychologie (1915) au chapitre « Pulsions et destins des pulsions » (1916) et vous aurez toutes les peines du monde à y trouver que Freud ait pu écrire tel quel « l’objet naît dans la haine ». Une telle assertion est toxique, car elle insinue que l’enfant est un petit démon, ce qui conforte et renforce l’idée de sa perversion polymorphe. Une fois de plus, reportons-nous au texte de Freud. Rien de tel que de retrouver ces (ses) racines[9].

L’occurrence « haine » est présente vingt-cinq fois dans ce texte. En aucun moment, Freud y écrit que « l’objet naît dans la haine », pas plus qu’il en exprime l’idée si tant est que cet aphorisme puisse traduire sa pensée. On ne peut donc qu’être surpris des propos allégués à Freud par bon nombre de commentateurs de son œuvre.

 

Les phrases les plus proches de cette pensée que j’ai pu relever sont les suivantes :

 

1/. « La transformation d’un instinct en son contraire (matériel) ne s’observe que dans un seul cas, dans le retournement de l’amour en haine. Comme ces deux sentiments s’adressent souvent simultanément à un même objet, cette coexistence offre aussi l’exemple d’ambivalence le plus frappant. » L’idée exprimée est celle d’une simultanéité et d’une ambivalence. Or, s’il y a simultanéité de l’apparition des sentiments d’amour et de haine, on voit mal commun l’objet ne se construirait pas, de façon ambivalente, tout autant dans l’amour que dans la haine. C’est une logique qui semble avoir totalement échappé aux nombreux commentateurs de l’œuvre freudienne qui reprennent en cœur cette formule (390 000 résultats sur le moteur de recherche Google).

2/. « Du point de vue de la relation avec l’objet, la haine est antérieure à l’amour, elle émane du rejet initial, par le moi narcissique, du monde extérieur fauteur d’excitations. » Si le sens de cette phrase se rapproche le plus de l’aphorisme « l’objet naît dans la haine », vous noterez que Freud parle de la relation avec l’objet et non pas de l’objet en soi. Cette interprétation fait donc clairement une confusion des registres entre l’extrapsychique (l’objet), l’interpsychique (la relation) et l’intrapsychique (le sujet) que Freud distingue pourtant implicitement dans cet extrait.

3/. « Lorsque le lien amoureux avec un objet déterminé se trouve rompu, il n’est pas rare que la haine surgisse à sa place, ce qui provoque en nous l’impression d’un retournement de l’amour en haine. » Ce passage pourrait être interprété à l’inverse de celui communément retenu et critiqué ici : l’objet naît dans l’amour.

Pour résumer ce second exemple et compte tenu du caractère simultané et ambivalent des sentiments d’amour et de haine exposé par Freud, nous ne pouvons affirmer ou infirmer aucune de ces deux propositions. C’est pourtant bien le slogan funeste « l’objet naît dans la haine », qui s’est imposé au fil des ans. Pour autant, si nous voulions résumer l’idée que Freud exprime dans son énoncé, elle devrait plutôt être formulée ainsi : « la haine est construite par l’objet » ou « De l’objet naît la haine » et non pas « l’objet nait de la haine ». Ce qui est foncièrement différent.

 

Le troisième exemple extrait de ce guide du formateur à l’éducation sexuelle présente le complexe d’Œdipe tel que Freud l’avait initialement envisagé : « C’est entre quatre et sept ans que va s’organiser et se structurer la génitalité, référencée au mythe grec d’Œdipe. Le complexe d’Œdipe est le point nodal qui structure le groupe familial et la société humaine tout entière (prohibition de l’inceste), c’est le moment fondateur de la vie psychique assurant le primat de la zone génitale, le dépassement de l’autoérotisme et l’orientation vers des objets extérieurs. Comme dans la légende de Sophocle, le complexe d’Œdipe dans sa forme positive correspond à une attirance pour le parent de l’autre sexe et à des sentiments de haine ou de rivalité pour le parent de même sexe. Le complexe d’Œdipe inversé correspond à une situation contraire et le plus souvent on assiste à une oscillation de l’enfant entre ces deux attitudes. »

Le problème est ici que l’interprétation vulgarisée du mythe d’Œdipe est totalement dépassée, voire n’a aucune justification dans la réalité clinique d’aujourd’hui comme a si bien su le démontrer Paul-Claude Racamier et sa troisième topique psychanalytique. Ce point nodal de la théorie freudienne a été exposé lors de mon précédent article (cf. « L’inceste, l’Œdipe et la perversion narcissique selon Paul-Claude Racamier »). Freud lui-même a évolué sur cette question qui a subi une lente maturation dans sa pensée. Pourquoi n’en retenir que sa première interprétation, la plus « banale » qui plus est ?

 

Je vous pourrais encore poursuivre sur des pages entières l’analyse des éléments toxiques qui « infiltrent » et compromettent les bonnes intentions affichées par ce guide du formateur à l’éducation sexuelle dans les écoles, les collèges et les lycées, mais les quelques exemples présentés dans cet exposé me semblent suffisants pour vous avoir démontré la dangerosité de cette éducation que dénonce le collectif de professionnel contre l’Éducation sexuelle et les droits sexuels. Dangerosité qui se traduira inévitablement par de prévisibles effets pervers sur lesquels Freud lui-même a particulièrement insisté.

Par ailleurs, lorsqu’on lit les CV des personnes qui ont rédigé ce texte, aucun pédopsychiatre ou autre spécialiste du développement de l’enfant n’a été sollicité, aucun psychotraumatologue non plus. Sur cette partie très importante de ce document, seuls un psychanalyste pour adultes et un sexologue formé à la psychanalyse ont contribué à sa rédaction. Ces deux professions ignorent totalement l’impact traumatique des violences sexuelles et de la « sidération » qu’elles peuvent provoquer lorsque ces questions sont abordées trop prématurément.

 

Malgré cette « hérésie », je dois toutefois modérer mon propos. En effet, il ne fait aucun doute que bon nombre d’auteurs ayant contribué à ce document de référence agissent avec les meilleures intentions du monde dans l’intérêt supérieur des enfants. Certains, comme Patrick Pelège, docteur en sociologie, directeur d’un centre de prévention du SIDA, précise bien et à plusieurs reprises, pour ne rester que dans le seul cadre psychanalytique, qu’« il est important de pouvoir, en tant qu’intervenant dans le champ de la sexualité, se situer sur le plan symbolique, car c’est le plan symbolique et non pas réel qui donne du sens à l’existence. Or, le sens se trouve, il s’acquiert, il n’est pas donné par les textes, mais par l’esprit des textes, il est donné par le contexte relationnel où vit le jeune. » Et c’est là où, justement, le bât blesse dans cette « éducation sexuelle », « dès le plus jeune âge », on expose très tôt les enfants au réel des relations sexuelles. Le symbole est « occulté » comme en attestent les nombreux témoignages reçus par le collectif professionnels contre l’Éducation sexuelle et les droits sexuels que l’on peut lire sur leur site, ainsi le tableau récapitulatif figurant page 37 à 51 des Standards pour l’éducation sexuelle en Europe, qui prévoient d’informer l’enfant de 0-4 ans, sur « la masturbation infantile précoce », et au titre des compétences à acquérir, d’« exprimer ses propres besoins, désirs et limites, par exemple en “jouant au docteur” ». En attestent également de nombreux ouvrages parrainés par le ministère de l’Éducation nationale à destination d’un très jeune public, etc. Il faut donc en conclure que l’alerte lancée par les pro-contre-educsex est raisonnablement fondée. Pour rappel : toute effraction du réel dans l’imaginaire de l’enfant n’aura que pour conséquence de le traumatiser et de le rendre inéducable (cf. note8). C’est Freud lui-même qui nous en informe. Celui-là même que l’on invoque en France pour justifier l’« éducation à la sexualité dès le plus jeune âge. Encore ne faudrait-il pas l’oublier.

 

Pour terminer, je dois encore dire un mot sur le fait que Freud ait surestimé l’importance de la pulsion sexuelle comme organisateur de la psyché humaine. Nous l’avons vu, Erich Fromm n’était absolument pas d’accord avec lui (cf. supra), mais il était très loin d’être le seul. De très nombreux travaux postfreudiens ont contesté cette hypothèse de façon bien plus clairvoyante que ce qu’il a pu nous la rapporter. Je ne citerais qu’à titre d’exemple, Sandor Ferenczi et Alfred Adler, contemporains et élèves de Freud, John Bowlby concepteur de la théorie de l’attachement, Serge Tchakhotine et Henri Laborit, deux biologistes de renommée internationale, Paul-Claude Racamier, psychiatre-psychanalyste et ses successeurs dont il faut impérativement lire le livre pour réellement comprendre la psychanalyse freudienne et ce en quoi la psychanalyse moderne d’inspiration groupale s’en distingue et la dépasse[10], Antonio Damasio et Francisco Varela, tous deux neurologues, le premier ayant développé une théorie des marqueurs somatiques remarquable et le second un concept d’inscription corporelle de l’esprit qui l’est tout autant, etc. Il en existe tant et plus que l’on ne comprend pas trop comment une théorie dépassée, ne répondant plus au contexte dans lequel elle a été développée (celui de la bourgeoisie viennoise à l’époque victorienne) peut encore s’imposer comme idéologie dominante permettant de justifier l’éducation sexuelle des enfants, à laquelle Freud était totalement opposée, puisque la pulsion sexuelle selon lui doit être impérativement réprimée et refoulée dans l’éducation, pour conduire à la sublimation, c’est-à-dire à la transformation de cette pulsion en une énergie de vie (libido) capable de réaliser des œuvres de civilisation.

Laissons à Stefan Sweig, l’ami intime de Freud, le mot de la fin au sujet de la théorie sexuelle infantile (« infantile » au double sens du terme) de la psychanalyse freudienne : « […] Freud n’a jamais présenté le principe de jouissance comme la seule force psychique motrice du monde. Il sait bien que toute tension, tout mouvement – et la vie est-elle autre chose ? – ne découle que du polemos, du conflit. C’est pourquoi, dès le début, il a théoriquement opposé à la libido, à l’instinct centrifuge tendant à dépasser le Moi et cherchant à se fixer, un autre instinct, qu’il appelle d’abord instinct du Moi, ensuite instinct agressif, puis finalement instinct de la mort et qui pousse à l’extinction au lieu de la reproduction, à la destruction au lieu de la création, au Néant au lieu de la vie. Mais – et sous ce rapport seul ses adversaires n’ont pas complètement tort – Freud n’a pas réussi à représenter cet instinct contraire aussi nettement et avec une force aussi persuasive que l’instinct sexuel : le royaume des instincts du Moi, dans son tableau philosophique de l’univers, est resté assez vague, car là où Freud ne perçoit pas avec une netteté absolue, c’est-à-dire dans tout le domaine purement spéculatif, il lui manque la plasticité magnifique de son don de délimitation. Une certaine surestimation du sexuel domine donc peut-être son œuvre et sa thérapeutique, mais cette insistance particulière de Freud était historiquement la conséquence de la sous-estimation et de la dissimulation systématiques de la sexualité par les autres pendant des dizaines d’années. On avait besoin d’exagération pour que la pensée pût conquérir l’époque ; en brisant la digue du silence, Freud a surtout ouvert la discussion[11]. »

Or, qu’arrive-t-il aujourd’hui ?

Cette discussion s’est refermée par le passage en force, sous couvert d’arguments d’autorité, et sans faire appel à de véritables spécialistes du développement psychique de l’enfant, d’une idéologie dont j’ai pu démontrer en quelques exemples qu’elle transgressait l’idée même que Freud se faisait de la sexualité infantile tout en se revendiquant de lui. À savoir pourquoi et dans quel but ?

 

Philippe Vergnes

Rappel :

Pour la psychanalyse : le terme « sexualité infantile » renvoie aux activités et aux fantasmes sexuels que Freud considérait comme un phénomène habituel aux quatre ou cinq premières années de la vie de l’enfant. […] La sexualité infantile elle-même possède une base instinctuelle que l’enfant apporte avec lui dans sa constitution héréditaire : son déroulement est une sorte de maturation automatique et, dans cette mesure, suit un cours préétabli. L’erreur courante consistant à penser que les sensations et les activités sexuelles sont identiques et limitées au fonctionnement génital ne résiste pas à un examen critique, même chez l’adulte le plus « normal » ; chez l’enfant, naturellement, une telle mise en équation du « sexuel » avec le « génital » est manifestement absurde. (W.-H. Gillespie, La perversion, les chemins de traverse, sous la direction de Bela Grunberger, p. 219)

C’est pourtant bien ce que la mise en place progressive des programmes d’« éducation à la sexualité », « dès le plus jeune âge », est en train de mettre en place. Cette « inversion des valeurs », comme j’ai déjà pu l’écrire et l’expliquer en long en large en travers dans de nombreux billets, est typique de la perversion et d’une organisation perverse de la société.

[1] La doctoresse Gunta Lazdane est gynécologue-obstétricienne. Depuis 2003, elle travaille au Bureau régional de l’OMS pour l’Europe en tant que responsable du programme, santé sexuelle et reproduction, y compris la santé maternelle et néonatale dans la Division des maladies non transmissibles et la promotion de la santé. Elle aide 53 États membres de l’OMS dans la Région européenne à améliorer la santé sexuelle et reproductive de la population. En tant que gynécologue-obstétricienne, elle n’a donc aucune compétence spéciale dans le développement psychique de l’enfant.

[2] Les termes mêmes de « santé sexuelle » et « génésique » employés dans les publications de l’OMS sont questionnant. Ils dévoilent en partie l’intention sous-jacente de l’« éducation à la sexualité ».

[3] Sur la page du site « éducation à la sexualité » ouvrir l’onglet Ressources thématiques sur l’éducation à la sexualité et télécharger le guide du formateur qui se présente comme « un document d’appui et de réflexion pour les personnels responsables de la formation et de la mise en œuvre des actions dans les établissements scolaires. Outre des repères d’ordre pédagogique et éthique destinés à restituer l’éducation à la sexualité dans un processus éducatif global, ce document propose également, à travers différents points de vue, une approche de la sexualité dans ses dimensions culturelle, sociale, psychoaffective, participant à la construction et à l’intégration de chacun dans la société. » (Sic !)

[4] Klemperer, Victor (2003), Lti, la langue du IIIe Reich, Paris : Pocket, coll. Agora, seconde édition, 375 p. (p. 40).

[5] Sur ce thème Ô combien important de nos jours, le lecteur soucieux d’en connaître davantage trouvera de plus amples renseignements dans mon article intitulé « Peut-on faire confiance à notre jugement ? La fiabilité des experts en cause » du 5 juin 2013 présentant les travaux de Daniel Kahneman, seul psychologue ayant à ce jour obtenu un prix Nobel pour l’ensemble de ses travaux sur les erreurs de décision et les heuristiques de jugement.

[6] « L’axiome formulé par Freud dans les Trois essais, “la névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion” (1905) (p. 54), a été précédé par des formulations où c’est l’hystérie qui est désignée plus précisément comme négatif de la perversion. Dans la lettre 52 à Fliess du 2 décembre 1896 (in Naissance de la psychanalyse, 1950), Freud écrit : “L’hystérie ne consiste pas en un rejet de la sexualité, mais en un rejet de la perversion”. » In Chasseguet-Smirgel, Janine (1984), Éthique et esthétique de la perversion, Paris : Champ-Valon, 317 p. (p. 36).

[7] L’étymologie, que l’on pourrait qualifier par la « science de la recherche du vrai », des mots « éducation » et « séduction » nous indique qu’ils proviennent de la même racine latine duco, « mener, conduire » : educo, duco et le préfixe e- « hors de » dans le sens de « éduquer, instruire, former, élever » ; seduco, duco associé au préfixe se- « pour moi, pour ma part », signifie « détourner du droit chemin », « tirer à part ». Ainsi, il s’agit ici de « faire sortir », « élever » l’enfant hors de son état de nature par la culture. Or, qu’elle doit être la place, dans les programmes d’éducation nationale, d’un enseignement qui, au lieu de « sublimer » les pulsions, les libère ?

[8] Précédemment dans le texte, au chapitre 2.1.1.3, « Interruption de la période de latence », Freud écrit que « la transformation de la sexualité infantile, telle que nous l’avons décrite plus haut, représente un des buts de l’éducation » et il rajoute : « Les éducateurs, pour autant qu’ils accordent quelque attention à la sexualité infantile, se comportent tout comme s’ils partageaient nos vues sur la formation, aux dépens de la sexualité, des forces morales défensives, et comme s’ils savaient par ailleurs que l’activité sexuelle rend l’enfant inéducable. »

[9] « Sans racines, la psychose guette » disait Paul-Claude Racamier.

[10] Deux articles ont déjà été consacrés à ce sujet, et d’autres viendront encore les compléter : « Le mystère Freud : Freud Vs Racamier ou l’énigme de la perversion narcissique » et « L’inceste, l’Œdipe et la perversion narcissique selon Paul-Claude Racamier ».

[11] Zweig, Stefan (2010), Sigmund Freud. La guérison par l’esprit, Paris : Le livre de Poche, 160 p. (pp. 121-122).

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 11:47

Une bonne nouvelle pour les employés, un arrêt de la Cour de Justice de l'Union européenne d'hier jeudi 10 septembre, a jugé que les trajets aller et retour des employés "qui «n'ont pas de lieu de travail fixe ou habituel»" pour se rendre sur leur lieu de travail devaient bien être comptés comme du temps de travail. Les spécialistes avancent que la décision de cet arrêt, qui s'inscrit dans une évolution très favorable aux salariés, devrait pouvoir être étendue aux employés "sédentaires" parce que le "préjudice de fatigue est le même" et que dans le cas contraire il y aurait une discrimination.

 

La Cour de Justice de l'Union européenne veille à l'application du droit de l'Union et à l'uniformité de son interprétation sur le territoire de l'Union.

 

Le trajet «domicile-bureau» bientôt considéré comme du temps de travail ?

Les déplacements en début et fin de journée d'un employé itinérant constituent du temps de travail, a tranché la Cour européenne de justice. Une décision qui pourrait chambouler très concrètement le droit du travail français.

L'arrêt est inédit. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé ce jeudi que les déplacements des employés itinérants depuis et vers leur domicile devaient bien être comptés comme du temps de travail. Quelles conséquences pour les salariés français?

 

Le droit européen prévaut sur le droit français

 

Si une décision de l'Union européenne peut avoir un impact sur la législation française, c'est parce que le droit européen se substitue à la loi française. Dès lors qu'elle est plus favorable que la loi nationale, elle va être invoquée devant les tribunaux dans l'intérêt des personnes, tant pour les itinérants que pour les travailleurs sédentaires. «Ça prendra des années avant que cette décision puisse réellement être appliquée, nuance Géraldine Boitieux, avocate à Rouen. Les conseils des prud'hommes ne sont pas des juges professionnels et donc peu sensibilisés aux décisions prises par la justice européenne. Il faudra ensuite passer par la cour d'appel puis par la Cassation, seule cour habilitée à trancher les questions juridiques, avant de se référer au droit européen», assure-t-elle. À moins que les législateurs ne décident de se pencher sur la question d'ici-là. La loi française doit de toute façon se mettre en conformité avec le droit européen, tel que le dicte la Cour européenne.

 

Que dit le droit français?

 

C'est une «avancée importante pour les employés», estime un juriste. En effet, «la loi française ne prévoit pas de disposition particulière pour les employés dits ‘itinérants'. Elle prévoit des dispositions pour les travailleurs sédentaires et considère que le trajet domicile-lieu de travail n'est pas du temps de travail effectif», rappelle Éric Rocheblave, spécialiste du droit du travail. Toutefois, lorsqu'un employé part directement de son domicile sur un lieu de mission dont la distance est plus importante que le trajet habituel, il doit bénéficier de contreparties financières ou du temps de repos, selon l'article 3121-4 du code du travail. Les conventions collectives fixent le montant de ces contreparties, qui ne sont pas forcément équivalentes au salaire horaire.

«Ça va faire grincer des dents un grand nombre d'employeurs»

Géraldine Boitieux, avocate

«Difficile pour un employeur de maîtriser le temps que prend un employé pour rejoindre son lieu de travail», ajoute l'avocate au barreau de Rouen. «En plus de la contrepartie financière qui doit être équivalente au salaire, se pose la question de la comptabilisation du temps de travail effectif qui ne peut excéder onze heures par jour et 35 heures par semaine», lance-t-elle. Une décision juridique qu'Éric Rocheblave considère comme «une avancée très favorable aux salariés et très préjudiciable économiquement aux entreprises pour qui ça va coûter une fortune». «Ça va faire grincer des dents un grand nombre d'employeurs, notamment dans le BTP ainsi que pour les commerciaux», prévient Géraldine Boitieux.

Une décision de justice de 2006, concernant un formateur appelé à se rendre sur différents lieux, fait office de jurisprudence pour les employés sans lieu de travail fixe. «Il appartient aux juges d'apprécier si leur temps de trajet pour se rendre de leur domicile à leurs différents lieux de travail dépasse le temps normal de trajet d'un travailleur pour se rendre de son domicile à son lieu habituel de travail», note l'avocat au barreau de Montpellier.

 

La création d'une discrimination dans le code du travail

 

Difficile de définir précisément ce qu'est un employé itinérant. «On appelle communément ‘itinérant' toute personne qui ne passe pas chaque jour par le site de son entreprise», affirme Éric Rocheblave. Dans les textes, rien ne distingue des salariés selon qu'ils aient ou non un lieu habituel de travail. À partir de quelle fréquence de déplacements «exceptionnels», un employé peut-il être considéré comme itinérant? C'est la question qui risque de se poser très rapidement. «Il faut attendre de voir comment les juridictions françaises vont appliquer cette évolution, si elles vont la restreindre à certaines catégories d'employés ou à tous», tempère Géraldine Boitieux.

Cette décision de justice crée une discrimination, assurent des spécialistes. «Pourquoi est-ce qu'un employé itinérant va, par principe, être payé 100% de son salaire - que son trajet depuis son domicile fasse dix minutes ou dix heures - alors qu'il n'en est rien pour un employé sédentaire? Le préjudice de fatigue est le même», lance Me Rocheblave. Dès lors, n'importe quel employé pourrait se rendre devant les tribunaux pour demander que son temps de trajet lui soit dû comme du temps de travail effectif en se basant sur cette décision qui ôte toute distinction entre ce qui est habituel et ce qui ne l'est pas. L'arrêt considèrant que tout trajet depuis ou vers le domicile de l'employé itinérant est de facto du temps de traval. Ce qui est actuellement... l'inverse de notre droit national.

 

Pourquoi cette décision?

 

La Cour européenne de justice était amenée à se prononcer ce jeudi sur le cas de salariés de la société espagnole Tyco. Ses techniciens chargés de l'installation de dispositifs de sécurité n'ont plus de lieu de travail fixe depuis que l'entreprise a fermé ses bureaux en régions en 2011. De ce fait, les employés, désormais rattachés au seul bureau de Madrid, n'ont d'autre choix que de passer leur journée sur la route. La société Tyco estimait jusque là que leurs premiers et derniers déplacement pour rejoindre leur domicile était du temps de repos. Des trajets qui peuvent parfois pourtant excéder les 100 kilomètres et durer jusqu'à trois heures. Un fait aberrant pour les salariés. Ils avaient saisi la justice de leur pays mais l'entreprise a sollicité la Cour européenne. La justice de l'UE a finalement conclu que pour les travailleurs qui «n'ont pas de lieu de travail fixe ou habituel, le temps de déplacements que ces travailleurs consacrent aux déplacements quotidiens entre leur domicile et les sites du premier et du dernier client désignés par leur employeur constitue du temps de travail».

Le temps de travail est défini, au sein de l'Union européenne, comme toute période durant laquelle l'employé est au travail, à la disposition de l'employeur et dans l'exercice de ses fonctions.

 

Source: Le trajet «domicile-bureau» bientôt considéré comme du temps de travail ?, Le Figaro, Home ECONOMIE Vie de bureau, Par Loïc Besson Mis à jour le 11/09/2015 à 09:37 Publié le 10/09/2015 à 19:58

Partager cet article
Repost0
24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 17:54

Abeilles-inquietante-mortalite-qui-touche-les-abeilles.jpg 

Une étude conclut à l'accélération du déclin de toutes les espèces d'insectes depuis les années 1990. Abeilles, bourdons, papillons ou vers de terre sont les plus touché.

Un déclin rapide et inquiétant touche toutes les catégories d'insectes "bénéfiques" du monde. Et c'est bien plus grave qu'on ne le pensait. Les cas d'hyper-mortalité chez les abeilles ne seraient que des signes avant-coureurs.


C'est la conclusion de l'étude présentée ce mardi par une cinquantaine de scientifiques de 15 nationalités, universitaires ou chercheurs au sein d'organismes publics, membres du "Groupe de travail sur les pesticides systémiques" (Task Force on Systemic Pesticides).

 

Les chercheurs tirent le signal d'alarme et pointent la nocivité de pesticides très répandus et très utilisés : les néonicotinoïdes, qui ont un impact bien plus important que prévu par leurs concepteurs, les géants de l'industrie phytosanitaire. 

Cette étude (disponible en intégralité et en anglais ici) est parue dans la revue "Environmental Science and Pollution Research".

 

insectes-benefiques--inquietantes-mortalite.jpg

 

L'un des principaux enseignements de cette étude qui a duré 5 ans est l'accélération du déclin de toutes les espèces d'insectes depuis les années 1990. Principales victimes : les abeilles, bourdons, coccinelles, papillons ou vers de terre, des espèces dites "bénéfiques" pour l'homme, du fait de leur action de pollinisation ou sur la santé des sols. La productivité agricole pourrait rapidement en pâtir, selon les chercheurs.

 

Cité par Le Monde qui consacre un long article au sujet, Jean-Marc Bonmatin du Centre de biophysique moléculaire du CNRS, membre du TFSP résume : "Les preuves sont très claires. Nous assistons à une menace pour la productivité de notre environnement agricole et naturel. Loin de sécuriser la production alimentaire, l'utilisation des néonicotinoïdes met en péril les pollinisateurs qui la rendent possible."

Dans la vidéo ci-dessous (en anglais) des chercheurs du Groupe de travail sur les pesticides systémiques exposent leurs conclusions et font part de leurs inquiétudes

 

 

 

 

Source: http://www.sudouest.fr/2014/06/24/inquietante-mortalite-des-insectes-benefiques-c-est-plus-grave-que-prevu-1595345-706.php

Partager cet article
Repost0
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 08:41

Lourdes.jpgUn tremblement de terre d'une magnitude de 4,7 a eu lieu ce matin à Lourdes (Hautes-Pyrénées) à 9h03.

 

Deux secousses sismiques ont été ressenties ce mardi matin dans le secteur de Lourdes et d’Argelès-Gazost. La première, à 9h03, d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter,

Le séisme a été été suivi d’une réplique à 9h07, plus faible d’intensité, mais qui quand même affiché une magnitude de 4,4. Argelès-Gazost et le secteur allant vers le Val d’Azun ont été privés d’électricité. 

Argelès-Gazost et le secteur allant vers le Val d’Azun ont été privés d’électricité. La secousse a été ressentie jusqu’à Toulouse ce matin.

 

Au cours des 15 dernières années, 12 tremblements de terre de magnitude supérieure à 4 sur l'échelle de Richter ont été dénombrés dans les Hautes-Pyrénées.

Partager cet article
Repost0
25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 23:13

 

VIDEO. La pollution de l'air a tué 7 millions de personnes en 2012

 

Le Parisien, Publié le 25.03.2014, 07h12 | Mise à jour : 11h54

 

 

Un décès sur huit a pour cause la pollution de l'air. Une étude publiée ce mardi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dresse ce constat et révèle que 7 millions de personnes sont mortes en 2012 à cause de cette pollution. Ces chiffres prennent en compte la pollution de l'air à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur.

 

En 2012, 3,7 millions de personnes sont décédées en raison d'effets liés à la pollution extérieure et 4,3 millions en raison de la pollution de l'air domestique, c'est-à-dire les fumées et les émanations liées aux appareils de cuisson, chauffés au bois ou au charbon, ou les instruments de chauffage. De nombreuses personnes sont exposées à ces deux types de pollution. Dans ces conditions, les chiffres de 4,3 millions et de 3,7 millions ne peuvent pas s'additionner simplement. Le total de 7 millions de morts est donc une estimation, explique l'OMS dans son rapport.

 

L'Asie et le Pacifique les plus touchés

 

«La pollution de l'air est désormais le facteur environnemental le plus important affectant la santé. Tout le monde est touché, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres», explique l'OMS. «Réduire la pollution de l'air pourrait sauver des millions de vies dans le monde», selon l'organisation internationale, qui est une agence de l'ONU. «Les régions de l'Asie et du Pacifique sont les plus touchées», avec 5,9 millions de décès.

 

VIDEO. La pollution de l'air responsable d'un décès sur huit dans le monde en 2012

 

 

 

 

Ces chiffres sont en forte progression par rapport à la précédente étude qui datait de 2008, également en raison d'un changement de méthodologie. Ils sont cependant «choquants et plutôt inquiétants», selon les mots du Dr Maria Neira, directrice du département de la santé publique à l'OMS. En 2008, lors de la précédente étude, l'OMS avait dénombré 3,2 millions de morts au total dus à la pollution de l'air en zone urbaine. L'étude de 2012 porte sur les zones urbaines et rurales.

 

Cancer du poumon, AVC et maladies cardiovasculaires

 

Les maladies les plus fréquentes développées par la pollution de l'air sont les maladies pulmonaires comme le cancer, les maladies cardiovasculaires et les AVC (accidents vasculaires cérébraux). «Un air plus propre permet de prévenir des maladies non transmissibles et de réduire les risques chez les femmes et les groupes vulnérables, y compris les enfants et les personnes âgées», a déclaré le Dr Flavia Bustreo, sous-directeur général de l'OMS chargé de la santé de la famille, de la femme et de l'enfant. «Les femmes et les enfants pauvres paient un lourd tribut à la pollution de l'air intérieur, car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les fourneaux à bois ou à charbon mal ventilés», a-t-elle ajouté. 2,9 milliards de personnes dans le monde vivent dans des foyers où l'on utilise le bois, le charbon ou la biomasse comme principaux combustibles pour la cuisson.

 

Le diesel est également dénoncé par l'OMS. «Le diesel est très mauvais, car il est cancérigène», a déclaré le Dr Carlos Dora, coordonnateur de l'OMS pour la santé publique. Les récentes décisions d'instaurer la circulation alternée à Paris, où la pollution atmosphérique avait atteint des sommets, sont une «bonne mesure», selon le Dr Dora. «Instaurer la gratuité des vélolib et des transports publics» seraient des mesures également souhaitables, a-t-il ajouté. Selon lui, «une pollution atmosphérique excessive est souvent la conséquence des politiques non durables menées dans des secteurs tels que les transports, l'énergie, la gestion des déchets et l'industrie».

 

 

Source: http://www.leparisien.fr/environnement/la-pollution-de-l-air-a-tue-7-millions-de-personnes-en-2012-25-03-2014-3707219.php

 

 

Un prochain "palmarès" par villes

 

En ce qui concerne la pollution de l'air domestique, 34% des décès sont dus à des attaques cérébrales, 26% à des maladies cardiaques, 22% à des maladies pulmonaires, 12% à des infections respiratoires touchant les enfants et 6% par des cancers du poumon.

 

L'OMS a basé son étude sur de nouvelles méthodes, à partir de données satellitaires sur l'émission des pollutions.

 

"Les risques liés à la pollution de l'air sont à présent bien plus élevés que ce que nous pensions, en particulier pour les maladies cardiaques et les attaques cérébrales", selon le Dr Neira, qui a annoncé la publication avant la fin de l'année d'un tableau de 1.600 villes dans le monde, classées selon leur niveau de pollution atmosphérique.

 

Source: http://www.challenges.fr/economie/20140325.CHA1919/la-pollution-responsable-de-7-millions-de-deces-en-2012.html

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 09:19

Manuel Vals Quand Même veut interdire les spectacles de l'humoriste Dieudonné, interdira-t-il les incendies et agressions physiques de fin d'années ? Rien n'est moins sûr...

 

 

FranceUn chauffeur agressé, son bus incendié

 

Un bus de la RATP, ligne 208, a été incendié hier soir dimanche 29 décembre, vers 20 h, à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne). Le chauffeur a été molesté, légèrement brûlé aux jambes dans l'incendie du bus. Les agresseurs ont pris la fuite.

 

Les quelques occupants du bus sont sortis du véhicule sans être blessés, selon la source préfectorale.

 

Le préfet du Val-de-Marne s'est rendu sur place.

 

Sources: http://www.20min.ch/ro/news/faits_divers/story/Un-chauffeur-agresse--son-bus-incendie-24260077

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/12/30/97001-20131230FILWWW00199-val-de-marne-un-chauffeur-de-bus-moleste.php

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 09:27

 

DrapeauUne Cour fédérale d'appel, saisie par l'Attorney General du Texas , le républicain Greg Abbott, a rétabli certaines restrictions à l'avortement. Le texte de loi adopté en juillet dans cet État qui restreignait fortement l'exercice de l'avortement va pouvoir entrer en vigueur

 

La cour fédérale d'appel a rétabli certaines restrictions au droit d'interruption volontaire de grossesse qui avaient été bloquées par un juge de première instance cette semaine.

L'arrêt implique que les médecins qui pratiqueront des IVG devront disposer d'un "privilège d'admission" auprès des hôpitaux, en vertu duquel le médecin a un droit d'admettre un patient dans un hôpital ou un centre médical afin d'y délivrer un diagnostic ou un traitement.

 

Les pro-mort arguent que la loi va se traduire par une fermeture immédiate d'un tiers des cliniques de l'Etat car celles-ci n'ont pas réussi à obtenir ce "privilège d'admission" pour leurs médecins. Ce serait au total près de 22.000 femmes qui seraient privées d'un accès à ces établissements. Pour combien de vie sauvées ? L'article partial du Figaro ne le dit pas..

 

À la veille de l'entrée en vigueur de la loi, mardi 29 octobre, un juge de première instance avait estimé le 28, que les dispositions traitant du privilège d'admission étaient  "anticonstitutionnelles". L'Attorney General Greg Abbott, qui brigue le poste de gouverneur du Texas, a demandé à la cour d'appel d'annuler ce jugement de première instance qui bloquait l'application de la loi. Une audience plénière sur cette question est prévue pour le mois de janvier.

Partager cet article
Repost0