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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 23:00
Saint THomas d'Aquin enseigne: "L'homme a une fin, à laquelle toute sa vie et son action sont ordonnées, puisqu'il est un être agissant par intelligence dont le propre est manifestement d'opérer en vue d'une fin".

A la suite d'Aristote, il enseigne également que l'homme est un "animal social et politique" créé pour vivre en société.

Il enseigne aussi: "Le bien et le salut d'une multitude assemblée en société est dans la conservation de son unité, qu'on appelle paix... Un gouvernement sera donc d'autant plus utile qu'il sera plus efficace pour conserver l'unité de la paix... Il est manifeste que ce qui par soi est un peut mieux réaliser l'unité de ce qui est multiple... Le gouvernement d'un seul est plus utile que celui de plusieurs".

Le droit naturel divin appliqué en politique se résume ainsi:

. l'homme a été créé pour vivre en société, société ordonnée vers un bien;
. cette société fait partie du plan divin avec l'autorité qui lui est consubstantielle;
. le gouvernement d'un seul est le plus conforme à la nature.

Fidèle à Saint Thomas la doctrine légitimiste se fonde sur le droit naturel divin. Uclf.org
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 16:37
Selon Aristote,

"le commencement de toutes les sciences c'est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont".

En effet, l'homme possède une connaissance à deux degrés:
. la connaissance sensible d'une part,
. la connaissance intellectuelle d'autre part.

La connaissance sensible est la connaissance immédiate des sens. En rester à ce mode de connaissance, c'est tomber dans le piège du nominalisme qui enseigne que la vérité évolue sans cesse.

L'homme est également doté d'une intelligence qui raisonne et cherche à dépasser la diversité des phénomènes pour découvrir la nature intime des choses et leur fonctionnement. Ce deuxième degré dans l'acte de connaître se réalise dans l'idée qui, doit, cependant, être constamment confrontée à la connaissance sensible. Sinon c'est le piège de l'idéalisme.

Saint Thomas d'Aquin n'a pas hésité à intégrer et développer cette sagesse païenne.
Uclf.org
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 08:37

Dans son message (fichier pdf) du 30 janvier 2009, à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de Mgr le Prince Alphonse, duc d'Anjou et de Cadix (1936-1989), le duc d'Anjou tient à remercier toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui sont nourris par une vision d'avenir celle-là même qui a déjà bâti la France millénaire, et leur dit d'avoir confiance.

La France et le monde vivent en ce moment des temps difficiles où les fausses certitudes d'hier sont remises en
cause, où tout chancelle faute de socle solide, précise-t-il.

Notre premier devoir est un devoir de mémoire et de
fidélité aux valeurs et aux principes incarnés par la royauté française. Aucun de nous ne peut connaître de quoi sera fait demain, en revanche, chacun peut aider par son attitude personnelle et familiale, sa démarche professionnelle, mais aussi sa prière à construire notre avenir commun.

La France a élevé en son sein de grandes figures que l'Église a fait accéder à la sainteté et en
particulier saint Louis. Prions-les pour notre avenir, pour celui de la France !

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 22:07
Message de Monseigneur le Duc d'Anjou à l'occasion de la commémoraison du 216ème anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI

Mon Cousin [M. le duc de Bauffremont],
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis.

Les années passent et ne se ressemblent pas. Certaines sont plus joyeuses que d'autres. Le monde change mais certaines fidélités demeurent, telles que celle qui nous réunit pour le 216ème anniversaire de la mort du Roi Louis XVI.

Dans l’époque de crise que nous vivons, où beaucoup de fausses certitudes d’hier sont en train d’être remises en cause, quel beau symbole de voir que nous savons encore nous retrouver autour de valeurs. En effet, au-delà de la personnalité si attachante de Louis XVI, notre premier devoir est un devoir de mémoire et de fidélité aux valeurs et aux principes incarnés par la royauté française. Telle est aussi la Mission que se donnent toutes les associations, groupes et organismes qui, comme l’Institut de la Maison de Bourbon se sont voués à cet objectif et que je tiens à remercier pour leur inlassable activité.

Louis XVI par son sacrifice, mais aussi par sa vie qu’il a essayé de consacrer totalement au bonheur de son peuple reste pour nous tous un exemple. La lecture de son testament à la fois spirituel et politique doit toujours nous servir de méditation.

Rappelons nous ses ultimes paroles, invitation à la bienveillance et au pardon. Par delà la douleur et la solitude qui furent les compagnes de ses derniers jours, il nous a fermement invités, comme son fils à qui il s’adressait, à «oublier toute haine et tout ressentiment ». Nous devons méditer ses paroles empreintes de respect humain et de tolérance. Dans le monde si dur et souvent si plein de pessimisme dans lequel nous vivons, ce message nous éclaire et nous renforce.

Il doit nous encourager à conserver les repères que nous ont laissés nos aïeux, repères qui deviennent si importants au moment où le monde semble en manquer. Notre chance n’est elle pas de posséder une tradition vieille de mille cinq cents ans sur laquelle notre pays est construit ? Tradition qui s’incarne dans une famille dont j’assume actuellement les devoirs.

Aucun de nous ne sait ce que sera demain, mais nous savons, en revanche, tous que cet avenir sera ce que nous en ferons, sans place à la fatalité. Il est ce que notre volonté voudra qu’il soit. Tel était bien aussi le message de Louis XVI qui, en dernier ressort, s’en est remis à la France dont il souhaitait qu’elle retrouve le sens de ses valeurs et de sa tradition.

En ce début d’année, la Princesse Marie Marguerite, notre fille la Princesse Eugénie, et moi-même, nous vous assurons de tous nos souhaits pour notre Pays, pour vos familles et pour tous les Français éprouvés en grand nombre par les temps instables que nous traversons.
Que tous les saints de France, que saint Louis, continuent à protéger la France afin qu’elle demeure la grande et puissante nation édifiée par la sagesse et la patience des Capétiens.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou
18 janvier 2009

Le Forum catholique
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:00
"Le premier homme à s’être exprimé sur la question sociale en la comprenant en tant que telle, fut, selon toute vraisemblance, le Père Félicité de Lammenais, Dans les colonnes du journal légitimiste Le Drapeau Blanc, en 1821. Mais son évolution progressive vers le libéralisme ne peut permettre de le ranger dans un camp royaliste, encore aujourd’hui. Après cela, s’il faut bien admettre que nombre de catholiques sociaux sont royalistes, comme le préfet Villeneuve Bargemont, d’autres, d’un catholicisme pourtant irréprochable, sont des «socialistes-chrétiens » assez proches des socialistes utopiques de la même période. Ceux qui rêveront des mondes parfait taillés au centimètre. A tout seigneur tout honneur, ces premier catholiques sociaux, qu’ils soient légitimistes ou socialistes chrétiens, furent les premiers à théoriser le revenu minimum, l’assurance chômage, l’assurance maladie, l’optimisation des jachères, etc. De petites révolutions, en somme, à l’époque où des enfants de 6 ans poussaient des wagonnets dans les mines. Le mouvement socialiste chrétien va quasiment disparaître en 1848. Proche des milieux démocrates ou révolutionnaires, le pouvoir les jugera suspect et obtiendra leur dispersion progressive. Resteront alors les légitimistes, quelques catholiques libéraux et les prêtres à l’origine des conférences St Vincent de Paul. C’est sur cette nouvelle base que se reconstruira le catholicisme social.

L’hégémonie des royalistes légitimistes dans la pensée catholique sociale après 1870 ne peut pas non plus être niée, mais elle s’explique en partie par les événements précédents. Quoi qu’il en soit, Albert de Mun et René de la Tour du Pin, pères du catholicisme social de l’après 1870, avec Frédéric Le Play, ne doivent pas leur action au comte de Chambord, semble-t-il. Les deux premiers se sont « convertis » au catholicisme social durant leur captivité en Allemagne, en lisant les ouvrages du père du catholicisme social allemand, Mgr Ketteler. Le troisième, polytechnicien, se situe plutôt dans la ligne d’un Villeneuve Bargemont et des catholiques sociaux légitimistes de l’avant 1848, dont certains pourraient être vus comme les lointains ancêtres des mouvements « planistes » de l’entre deux guerre, tant leur volonté organisatrice et planificatrice était forte.

Dans tout cela, on doit, bien sûr, parler de la pensée sociale du
comte de Chambord, qui est réelle. Le comte de Chambord est peut-être l’un des premiers, si ce n’est le premier prince d’Europe à s’être prononcé avec intérêt sur la question sociale. De même, il est, avec Napoléon III, l’un des premiers français authentiquement influents à s’être penché sur cette question et à avoir voulu y apporter une solution constructive. Enfin, il est vrai que les lettres du comte de Chambord, sur le sujet, correspondent, avant la lettre, à des fondamentaux de la Doctrine Sociale de l’Eglise. En somme, le comte de Chambord est un précurseur de Rerum Novarum. Mais ce serait pécher par omission que d’en faire le seul inspirateur. Si les catholiques sociaux légitimistes de l’après 1870 furent très heureux de trouver une oreille ouverte chez leur prince, ils ont médité leurs systèmes indépendamment de ses manifestes. Et leur influence sur la gestation de la DSE est autrement plus forte.

Donc, oui, rendons au comte de Chambord son engagement social, souvent ignoré, rendons lui également son influence, car le soutien d’un prince n’a pu qu’être utile aux catholiques sociaux, mais n’en faisons pas non plus, comme le font certains royalistes, le quasi père du catholicisme social moderne, ce serait un mensonge historique." (Gabriel Dubois in
Rdv du Forum catholique, 2009-01-20 18:33:23)

Site
Comte de Chambord
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:49

"[I]l apparaît que ce furent toujours les institutions qui se révélèrent meilleures que les monarques.

En effet, on remarquera, dans la politique de la France, une authentique continuité de vues, d’œuvres entreprises, mais également une sorte d’égale tempérance de la politique, avec, bien évidemment des nuances parfois lourdes, selon les moments de crise ou de calme, et ce durant toute la période royale.

Cette permanence ne peut s’expliquer par le fait des souverains. En effet, l’étude de leurs règnes nous montre de telles différences de personnalité, qu’une telle continuité fondée uniquement sur leurs êtres propres semble absurde.

Alors, il faut tenter de voir où se niche l’origine de cette formidable permanence historique. Il semble que ce soit très clairement dans l’institution. On peut dire que l’institution politique, de par sa forme, oriente, avec plus ou moins de force, l’action des dirigeants, leurs volontés. La continuité institutionnelle de la royauté capétienne, que l’on pourrait qualifier à la fois de juridique et organique, explique pour une bonne part la continuité des politiques royales.

Ainsi, c’est véritablement, toujours, l’institution qui a primé sur les hommes, les principes sur les princes.

Et si l’on souhaite juger positivement la période capétienne, il conviendra de juger positivement d’abord l’institution, et ensuite seulement les princes, en dépit de tout l’intérêt que l’on peut leur porter.

A ce titre, et pour clore ma réponse, une telle continuité, fondée principalement sur l’ordre de lois dépassant la volonté des hommes fait de la royauté capétienne, contrairement aux apparences, la forme de gouvernement la moins césariste qui soit." (Gabriel Dubois, in 
Rdv du Forum catholique 2009-01-20 18:39:43)

Gabriel Dubois est l'auteur de "La Saga capétienne", Tempora, 2008



Présentation de l'ouvrage par son éditeur

D’Hugues, le premier roi capétien, à son lointain descendant Louis XVI, décapité sous la Révolution Française, ce sont presque 1000 ans qui nous sont contés dans cet ouvrage. Comment Hugues Capet est monté sur le trône ? Qui est Philippe V Le Long ? Dans quel état Louis XIII a-t-il laissé la France au futur Roi Soleil ? La saga capétienne, faite de grands évènements et de caractères bien trempés, est indissociable de l’histoire politique française. L’histoire de la famille royale que Gabriel Dubois a entrepris de nous conter est le résultat de plusieurs années de travail et de recherches, une somme des connaissances historiques sur la monarchie française. Ouvrage accessible à un large public avec un plan chronologique qui permet d’aborder les différentes périodes avec clarté : chacun des rois est passé en revue puis ce sont les différentes institutions étatiques,ancêtres de nos institutions républicaines, qui sont décrites, de leur création à leurs évolutions.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 12:03

Nous vivons une ère curieuse, celle d’un régime économique que nous appelons « l’Ordo Liberalis », un mélange de libéralisme et de socialisme.

D’un côté, on ne cesse de nous expliquer que seule la libre concurrence permet de protéger le consommateur en lui assurant les plus bas prix. Et de l’autre, force est de constater qu’aucun gouvernement n’a su éviter la crise et que ces mêmes dirigeants qui, hier, vantaient les mérites de la libre concurrence adoptent aujourd’hui des politiques dirigistes avec des plans de relance dont on nous explique les mérites. Suite

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 00:01
Uclf.org

Chapelle expiatoire, Square Louis XVI, 62 rue d'Anjou, Paris VIIIe
Messe suivie d'un déjeuner au Cercle National des Armées, Place Saint-Augustin Paris VIIIe (métro Saint-Augustin).

A l'issue du déjeuner, Jean des Cars, historien, et les intervenants au colloque tenu à la Sorbonne le 30 septembre 2006, dédicaceront le livre "Marie-Antoinette face à l'histoire".
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 00:03

Le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme vient d’adresser une lettre au Président de la République pour dénoncer l’exposition actuellement présentée au château de Versailles, qui constitue une profanation de la mémoire de nos rois. L’Alliance royale s’associe à cette protestation ; elle estime en effet que, si l’artiste est libre de ses créations, un établissement public comme celui du Château de Versailles, financé par l’argent des Français (et aussi par de nombreux mécènes), se doit de préserver la mémoire de nos plus grands rois et notamment du créateur du Domaine de Versailles : Louis XIV, protecteur des arts et des lettres.

[Lire la suite]
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 17:23
Uclf.org

A Château-Thébaud (44)

Programme de la journée:
-10h30: Messe célébrée par le P. Jean-Marie de la Fraternité de la Transfiguration à Notre-Dame du Rafflay
- Midi: Prière sur le lieu des noyades à Chantenay
- Après-midi: repas tiré du sac et conférence sur la noyade des 99 prêtres martyrs dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793

Télécharger leprogramme officiel
Contact Fédération Bretonne Légitimiste:fed.bretonnelegitimiste@wanadoo.fr
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 17:22
Uclf.org

Réunion pour l'arrêt du scandale de l'exposition Jeff Koons

En présence de S.A.R. Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme

Réunion organisée par l'Union nationale des Ecrivains de France

Lieu: Hôtel de France, 5 rue Colbert, 78000 Versailles

Renseignements:
coordination-defense-de-versailles.fr ou téléphoner au 01 47 58 05  45
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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 08:37
Avantages de la monarchie

La monarchie comme régime politique conférerait à l’état des qualités que la république ne lui permet pas : mémoire, unité (malgré la pétition de principe – toute théorique et universalisante – d'une république "une et indivisible"…), continuité, indépendance et souveraineté, responsabilité, légitimité, liberté.

- La mémoire
: Trente-six rois capétiens en huit cents ans. Trente de plus de Clovis à Hugues Capet. Quatre encore, si l'on remonte au légendaire Pharamond ancêtre de Clovis... Les Celtes nos ancêtres, eux-mêmes il y a plus de 2000 ans, se sont regroupés autour de Vercingétorix, mettant ainsi fin à leur divisions, première ébauche de notre sentiment national.
Au regard de la continuité profonde des trois races royales françaises (mérovingienne, carolingienne, capétienne), ce n'est pas des "quarante rois qui en mille ans..." dont il faudrait parler, mais des "soixante-dix rois qui en quinze siècles" ont sinon fait la France au pied de la lettre, du moins étroitement façonné notre pays, dans sa géographie, sa langue, sa religion, ses arts, ses mœurs, sa politique au sens le plus noble du terme... L'héritage de la Monarchie apparaît ainsi à tous les Français comme vieille de quinze siècles depuis Pharamond (Ve siècle). Elle appartient indivisément à nous tous.
La  mémoire , la conscience nationale est en crise.
Add. Ceux qui jettent un voile sur notre passé, veulent enfouir la monarchie française ou simplement la cacher (les candidats aux présidentielles de 2007 pour qui la France c'est 1789 et les "valeurs de la république"...), mais ceux aussi faisant oeuvre de grands résistants qui écartent systématiquement la solution royaliste avec ceux et celles qui la défendent, sont autant responsables de la situation que les premiers, voire plus en raison de la tromperie. 

Sauf  à se dissoudre et à disparaître, sans le sentiment aigu de ce passé glorieux et de ce passé commun, les Français manqueront leur avenir.

- L’unité, sans laquelle il ne saurait y avoir d‘autorité véritable et qui est indispensable pour garantir l’indépendance nationale. La démocratie au contraire divise les Français et entretient un état continuel de guerre civile. Dans une démocratie, l'intérêt général, les intérêts supérieurs du pays sont sacrifiés aux luttes partisanes et à influence des lobbys.

Cette unité française elle-même est garantie par le principe de l'hérédité. Pour démontrer la supériorité de l'hérédité sur l'élection, Bernard Faÿ mettait en avant la doctrine classique de l'origine du pouvoir : "La monarchie est héréditaire, ce qui est la meilleure transmission puisqu'elle vient de Dieu, alors que tous les autres systèmes ne reposent que sur la sagesse humaine. (N'est-il pas curieux de voir que, pour des raisons analogues, les Athéniens démocrates, tiraient leurs fonctionnaires au sort ?)" (Bernard Faÿ, Louis XVI ou la fin d'un monde, 1955, réed. La Table ronde, Paris 1981, p. 35.) On peut aussi mettre en avant l'argument de la paix favorisée par une dévolution paisible, du pouvoir; l'argument économique, les élections dites "démocratiques" coûtent une fortune, etc.

 Roland Mousnier mettant en avant l'argument historique : "L’hérédité n’a jamais produit une succession de rois aussi médiocres que celle des présidents de la IIIe République française (à une ou deux exceptions près), ce qui s’est terminé par l’effondrement de juin 1940, la plus grande catastrophe de l’histoire de France" (Roland Mousnier, Monarchies et royautés de la préhistoire à nos jours, Librairie académique Perrin, Paris, 1989.)

- La durée. La monarchie c'est la durée, pas 5 ans...

- La représentation. La monarchie représente la nation française ; elle a historiquement conduit la nation à son plus haut degré de civilisation. Elle est le trésor national que la république n'effacera pas.

- La compétence. Lorsque le pouvoir absolu est entre les mains d'un homme incompétent ou fou, une régence se met en place (cela s'est vu à une occasion). Et à l'objection élevée contre l’hérédité : "Et si le roi devient fou ?", Charles Maurras pouvait tranquillement opposer cette réponse : "si le roi devient fou, c’est en effet à très grand malheur, car la situation alors devient républicaine!"

Le fait s'est produit une fois, en quatorze siècles de monarchie française. Le roi Charles VI devint fou, Henry V (parti anglais) prit la régence en 1420. Le cas de la folie ou de l'incompétence s'est produit une fois aussi, mais en cinquante ans de République... avec le président Deschanel. Et, chose curieuse, en même temps que le président français, deux autres présidents de République avaient perdu la raison : M. Wilson aux Etats Unis et le président d'une petite république du Centre Amérique qui, dans une crise d'aberration, faisait bombarder sa propre capitale.

Plus tard, le chef de la République soviétique, Lénine, est aussi devenu fou. Un autre illustre élu de la démocratie pour sa compétence, un dénommé Adolf Hitler, a pu développer les talents de sa compétence comme il se doit...

Si ce cas de l'incompétence se produit dans une Monarchie une régence est établie, comme pour un roi mineur, et l'institution bienfaisante continue de fonctionner sans problème, alors que dans une démocratie, l'incompétent continue son mandat jusqu'au prochain...

Ce n'est donc pas la personne du chef de l'Etat qui compte, ni même au final son hypothétique "compétence", mais plutôt la bienfaisances des institutions politiques. Cette donnée explique que concrètement, le pire des rois vaut mieux que le meilleur des présidents de la république.

- La responsabilité. Les intérêts dynastiques et personnels du Roi se confondent avec les intérêts nationaux, tandis que le pouvoir démocratique dilue la responsabilité dans les majorités changeantes et les scrutins. ...

Après moi le déluge ne peut être le mode de fonctionnement du roi.

- La continuité. Des successions paisibles conséquences de l’hérédité du pouvoir. Ainsi, des objectifs précis, déterminés, peuvent-ils être atteints au long terme. Ce n'est pas le cas de la république qui change de politique à chaque nouvelle mandature. 
La continuité du pouvoir monarchique sur huit siècles, la lente et patiente ascension au sommet de notre nation est le fruit de la monarchie, non de la république. Tout ce qui existe avant 1792 nous appartient. 
Cette continuité contraste fortement avec l’instabilité institutionnelle des deux derniers siècles. La descente au rang international en est la preuve tangible.

- L’indépendance et la souveraineté. La monarchie est la qualité d’un régime qui ne repose pas sur l’élection, laquelle lie le pouvoir à l’opinion publique, mais aussi aux financiers, l’obligeant à pratiquer une démagogie éhontée pour recueillir des suffrages. Au final, notre nation se trouve enchaînée dans les liens de la haute finance libérale mondialisée.
Pour tenir la base, le régime électif est obligé de centraliser l’administration du pays. Dans les provinces, il détruit les libertés locales, municipales, régionales, professionnelles, toutes ces petites républiques à qui le roi permettait de vivre et de s’organiser librement.
Dégagé des soucis électoraux, indépendant des lobbys (sens latin de l'"absolutisme" = sans liens), le roi serait en situation d'être un arbitre.

- La légitimité, c’est à dire un pouvoir s’exerçant en vue du seul bien commun, indépendant des groupes d’intérêt et des puissances d’argent. L’Etat royal puise sa légitimité dans l’Histoire et les services qu’il a rendus au pays au cours des siècles.

Il n’y a pas de légitimité en démocratie puisque le pouvoir est le fruit des compétitions électorales et que les partis l’exercent selon les caprices de l’opinion. La corruption qui la ronge finit de lui enlever toute légitimité.

L’histoire confirme ces simples vérités politiques. La Monarchie traditionnelle, héréditaire, décentralisée et représentative a fait la France et l’a conduite à son apogée.
Le bilan des régimes démocratiques, républiques ou empire, est autrement lourd : morts par centaines de milliers, cinq invasions armées depuis 1792, une invasion sans arme depuis les années 60, instabilités constitutionnelles, luttes intestines, révolutions, affaiblissement de la France. 
Les royalistes travaillent à changer ces institutions. Ayant condamné le régime "républicain", ils s’emploient à en débarrasser la Nation. Ayant reconnu dans la Monarchie la vérité historique de la France, et son régime gouvernemental naturel, ils s’efforcent de la restaurer.

- La liberté. "La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite 'absolue'... En effet, l’autorité étatique y est beaucoup plus à même d’imposer sa volonté..." (Jean-Louis Harouel, L’esprit des institutions d’Ancien Régime, Le miracle capétien, Perrin, 1987).

C'est que "la royauté française, marquée par le christianisme (...) était fondée sur la justice, la paix et les vraies libertés qui sont les incessantes aspirations du peuple français" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, Lettre aux directeurs de "Mémoire", 21 juin 1985).

"Tout bien considéré, ce concept de liberté qu'a imposé la Révolution, n'est rien d'autre que la théorisation du refus de tout ce qui peut de l'extérieur, ordonner l'action de l'homme ; c'est le rejet de toute autorité qui ne provienne pas de soi-même.
Mais si l'on admet qu'une action n'est plus libre dès lors qu'on y est poussé par une quelconque raison extérieure, ne devient-il évident que l'homme n'est plus libre du tout ? Cette fausse conception de la liberté qui débouche nécessairement sur le nihilisme, est une absurdité totale.
Mais il y a une autre conception de la liberté. Dieu a créé l'homme libre non pas libre de faire ce qui lui plaît, mais libre d'agir en fonction d'un choix ou d'un jugement. Passer de la servitude à la liberté, c'est, pour le chrétien, être délivré du joug du maître pour passer sous l'autorité du Père, c'est-à-dire de Dieu qui est "notre Père".
On mesure dans tout cela, combien la conception chrétienne traditionnelle de la liberté est opposée radicalement à l'idée révolutionnaire de liberté.
En utilisant ce concept de liberté - au singulier - nous nous plaçons sur le terrain de la philosophie ou de la théologie. Mais à l'échelon social et politique, cette liberté se manifeste concrètement au pluriel : on parle dès lors des libertés qui sont aussi nombreuses que les divers pouvoirs qu'il est donné aux hommes d'exercer en raison de leurs réelles compétences. Telle était la conception qui prévalait sous l'ancien régime. A l'Etat le soin de la direction générale des affaires, de la paix intérieure et de la sécurité extérieure de la nation - attributs régaliens conformes au domaine de compétence du roi et donc de son autorité - mais libertés partout ailleurs et dans chaque ordre en raison des compétences de chacun.

Des historiens n'ont pas craint de d'écrire que l'ancien régime était "hérissé de libertés" : libertés et autorités, en effet, des organisations professionnelles, des familles, des corps intermédiaires, des provinces, des communes, mais aussi de l'Etat et de l'Eglise. (...) Nous sommes bien éloignés, aujourd'hui, d'une telle conception de la société et des rapports entre les hommes, mais il n'est pas interdit, précisément, d'y réfléchir" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix dans un message du 25 janvier 1987).

"Ces libertés des français sous la monarchie 'absolue' grouillent innombrables, actives, variées, enchevêtrées et souvent confuses, en un remuant fouillis" (Frantz Funck-Brentano, L’Ancien régime, Fayard, 1926).

D'autre part, il faut savoir qu'on votait plus sous l'ancien régime qu'aujourd'hui, et les sujets étaient amenés à donner régulièrement leur avis : votes dans les communes, dans les corps de métiers, cahiers de doléance et états généraux, parlements provinciaux, etc. C'était essentiellement un vote local, provincial, parfois un vote corporatif, un vote par profession, corps de métiers, etc. Les femmes votaient dès le Moyen Âge.
"En fait, lors de la 'nuit du Moyen Âge', les femmes étaient souvent convoquées aux conseils au même titre que les hommes et, de façon toujours active, à la gestion des affaires. ... On les voyait voter lors des assemblées politiques. ... L'exclusion de la femme ne date absolument pas des 'siècles obscurs' mais vint bien plus tard, de 'la modernité'. Au moment où l'on proclamait les droits de l'homme, l'égalité de tous et la libération des opprimés, nos lois françaises ont interdit, et pour de longues années, aux femmes de prendre part aux affaires de l'Etat. Les défenseurs des trois grandes vertus inscrites aux frontons des édifices publics et des temples républicains décidèrent qu'elles devaient rester en leurs foyers. ... De bons esprits disaient tout haut que laisser voter les femmes serait apporter un nombre considérable de voix au 'parti des curés' défenseur des libertés de l'Eglise. ... La France des droits de l'homme fut ainsi le dernier pays dit 'démocratique' à accorder le droit de vote aux femmes. Ce fut une loi de 1944, plus d'un demi siècle après la Nouvelle-Zélande (1893) et l'Australie (1903)" (Jacques Heers, Un homme un vote? Editions du Rocher, 2007, p. 19-21).

Direct, local, ce vote avait beaucoup plus de puissance et d'efficacité que le vote dit "démocratique" d'aujourd'hui. Un vote sain, naturel, sans groupes financiers derrière, les gens connaissaient le sujet du vote et pouvaient donner un avis éclairé.

Une citation pour finir: 

"La Monarchie en France, c'est la Maison Royale de France, indissolublement unie à la nation. Pendant 1300 ans, seuls entre tous les peuples d'Europe, les Français ont toujours eu à leur tête des princes de leur nation et de leur sang." (Henri, Comte de Chambord, 25 octobre 1852, Manifeste de Frohsdorf.)

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 18:34

Dans la monarchie française, le roi de France respecte l'enracinement, les traditions et la convivialité des familles françaises en donnant la plus grande autonomie aux cellules écologiques locales qui harmonisent population, territoire et travail en étroite symbiose. Tels sont, au-delà des communes, les pays d'état, puis les provinces aussi anciennes et perdurables, unités fondamentales de géographie humaine et écologique que le temps ni les révolutions n'ont pu abolir.

En 1789, les députés des états ressentaient le besoin d'une réforme des institutions de la monarchie et optèrent de jouer le jeu des Etats généraux. Ils étaient de bonne foi. Nombre de ces députés, dès 1790 (donc même pas un an après), se rendant compte de la tromperie, protestèrent et écrivirent des lettres de protestation à l'"Assemblée nationale" pour réclamer que leur voix représentant les désirs des populations soient entendues. Peine perdue, ils comprirent qu'ils n'étaient là que pour jouer les faire-valoir des révolutionnaires jacobins et centralisateurs, qui étaient les vrais décideurs, contre les peuple en ses états.

Ces protestations des élus des états se firent jour à propos de la création des "départements". Le département demeure en effet l'invention délirante de la Révolution, et continuellement maintenue comme des unités de surveillance policière, de tutelle administrative et de centralisation jacobine. Ce ne sont pas des structures organiques mais le démembrement voulu des vieilles provinces, obligeant de porter toutes les affaires à Paris.

Dès l'avènement d'un ordre nouveau monarchique, il faudra réaliser le programme de ces députés trompés par les Jacobins, programme légitimiste s'il en est des Villèle, La Tour du Pin, Maurras, et du remarquable théoricien de la décentralisation française J.-M. Raudot, conseiller du comte de Chambord.

Ne parlons pas des projets républicains de régionalisation, les uns créant des "métropoles d'équilibre" monstrueuses, à Lyon, et à Marseille, les autres insinuant des assemblées régionales sans budget conséquent, sans recettes propres, sans pouvoirs réels et donc sans efficacité. Cela fait plus de cent ans que les "démocrates" quand ils sont dans l'opposition, se disent régionalistes, et, quand ils sont au pouvoir, centralisent comme leurs prédécesseurs, car tout pouvoir naturel fort ne peut que leur être suspect.

La province est une communauté humaine à la charnière de l'autonomie des peuples qui la composent et de l'autorité monarchique, le point de rencontre et d'accord des intérêts organiques de la région et des nécessités supérieures de la nation. Seul le roi, monarque absolu et père des peuples, peut restaurer l'autonomie et l'autogestion des provinces dans une communauté nationale unie et décentralisée, sans crainte de sécession.

Le gouverneur de la province, successeur de l'intendant de l'ancienne monarchie assume les deux fonctions de représentant du roi, fort de son autorité et responsable devant lui, et de représentant des peuples de la la province auprès du pouvoir central, chargé de défendre leurs intérêts, leurs droits, et leurs libertés, si nécessaire devant le Conseil des ministres et le Conseil d'Etat. Il s'entoure d'un conseil formé de personnalités choisies parmi les plus compétentes et les plus honorablement connues de la province.

Une Chambre des Etats de la province, élargissement et modernisation des Etats d'Ancien Régime, constituée par des représentants réels élus non au sein de partis politiques mais au sein des communes, des grands ordres et corps de métiers et professions, débat de toutes les affaires courantes et importantes de la province (justice locale, instruction, urbanisme, voies de communications, etc.). L'Alliance Royale se propose de réaliser cette réforme des institutions sous le terme de "démocratie équitable". Le rôle idéologique des partis sera quant à lui relégué au sénat.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 17:16
Extraits du discours prononcé par Vladimir Volkoff au Rassemblement Royaliste des Baux de Provence de 1997, "Le Roi, l'éternelle solution". Via le Forum catholique

"Le premier problème qui se pose à toutes les sociétés des hommes, c’est que ce que les chrétiens expliquent par le récit de la chute a eu lieu et que par conséquent les hommes ne sont pas parfaits, qu’ils ne sont pas tous très gentils et qu’ils ont besoin d’être gouvernés. C’est le premier problème politique: les hommes ont besoin d’être gouvernés.

S’ils ne sont pas gouvernés, ils s’entre-mangent et celui qui a mangé le plus des autres commence à gouverner ceux qu’il n’a pas eu le temps de manger, ce qui est la loi de la jungle, ce qui est une façon de régler le problème, mais il y en a peut-être d’un peu plus civilisées et la monarchie nous apporte une de ces solutions pour régler la seule nécessité que les hommes ont besoin d’être gouvernés. Je ne dit pas que c’est la meilleure mais c’est une des solutions. Le roi est une des solutions à la nécessité qu’ont les hommes d’être gouvernés. Il y a fondamentalement deux sortes de gouvernements:

-les gouvernements paternels où la personne qui a l’autorité est donnée a priori c’est le père, ce sont les parents qui gouvernent la famille, qui gouvernent leurs enfants. C’est la structure royale, bien entendu. C’est une structure absolument fondamentale.

-les structures par contrat social.

... Ce sont deux structures totalement différentes, une structure paternelle héritée d’en haut et une structure d’accord entre nous. Il est bien évident que l’une et l’autre règlent plus ou moins bien ce premier problème auquel je faisais allusion qui est que les hommes ont besoin d’être gouvernés. Je pense que les structures paternelles sont mieux adaptées à la nature humaine déchue que les structures constitutionnelles mais, bien entendu, on peut en discuter.

Un autre problème, c’est que, la nature humaine est ainsi faite: il y a des forts et des faibles. Cette force et cette faiblesse, à l’époque de l’homme des cavernes, c’était simplement les costauds et les gringalets. Ce sont ensuite les féodaux et leurs serfs. Ce sont les capitalistes et les ouvriers. A notre époque, ce sont les multinationales et leurs employés. Les puissants, ce sont quelquefois les psychocrates, c’est-à-dire ceux qui manipulent tous les mass médias qui nous manipulent à leur tour,. Il y aura toujours et il y a toujours eu une opposition entre les puissants et les moins puissants, les forts et les faibles. Le rôle de tout gouvernement des hommes est nécessairement de limiter quelque peu la puissance des puissants et de protéger les moins puissants contre les plus puissants.

LE ROI CONTRE LES FÉODAUX

C’est l’un des domaines où la monarchie doit vraiment recevoir de bonnes notes dans tous les pays du monde parce que les monarques ont toujours essayé de limiter les droits des féodaux, les droits des forts, les droits des riches, parce que c’était leur intérêt même, sans parler d’altruisme ou de générosité. C’était l’intérêt des monarques de s’appuyer sur la masse des faibles (les faibles sont toujours plus nombreux que les puissants).

Les rois de France ont assis leur puissance sur le petite bourgeoisie et le peuple contre les grands féodaux. Voyez RICHELIEU. Je pense aussi à l’histoire de Russie où IVAN le Terrible a assis son pouvoir sur le peuple contre les boyards. Je pourrais bien penser aussi à JULES CÉSAR, à AUGUSTE et on peut remonter dans la nuit des temps. Le monarque a toujours été le protecteur du faible contre le fort. Pourquoi? Pour obtenir un certain équilibre dont lui-même tirait certains avantages.

LES LEÇONS DE SOLJENITSYNE

Un autre problème m’a toujours intéressé. En 1993, j’avais été invité à un évènement historique qui me paraît être un des grands évènements de ce siècle et dont on mesurera plus tard l’importance. C’était la venue de SOLJENITSYNE aux Luc-sur-Boulogne pour l’inauguration du mémorial de la Vendée. SOLJENITSYNE ne se déplace jamais et ne s’intéresse pas beaucoup à ce qui se passe en dehors de la Russie. Mais on l’a invité à venir aux Luc-sur-Boulogne et il a dit immédiatement oui. Il a compris qu’il n’y a pas de droite et de gauche. Il a compris qu’il y a les Blancs et tous les autres. Il a compris qu’il était invité chez les Blancs et, comme c’est un Blanc lui-même, il est venu.

Nous étions 36.000 à l’écouter sous une pluie battante et il nous a dit plusieurs choses qui m’ont paru nouvelles. Il nous a dit: “derrière chaque utopie, il y a une terreur”. Cela me paraît d’une profondeur historique remarquable. Toutes les terreurs sont là pour justifier les utopies.

Il nous a dit aussi: “Toute révolution est mauvaise”. Et puis, il nous a dit quelque chose que je savais déjà, c’est que la liberté et l’égalité sont en fonction inverse l’une de l’autre. Plus il y a de liberté, moins il y a d’égalité. Plus il y a d’égalité, moins il y a de liberté. Mais peu de gens en ont pris conscience: SOLJENITSYNE, moi et quelques-uns d’entre vous et puis c’est tout. Ce n’est pas très populaire que de le dire. Les gens considèrent que liberté et égalité font partie du même slogan. C’était bon d’entendre SOLJENITSYNE, venu des plaines russes, nous dire: liberté, égalité, fonction inverse.

Quand certains parlent d’égalité, on sent bien que, dans le meilleur des cas, ils veulent dire justice. La justice est un besoin. Nous avons besoin de liberté. Nous avons besoin de justice. A regarder l’histoire, dans cette balance continue entre le minimum souhaitable d’égalité qui est exigé par la justice et le maximum souhaitable de liberté qui est exigé par l’amour de la liberté que nous avons au fin fond de nous, la balance ne peut être tenue que par un prince non élu, par un souverain dont le rôle est justement d’être le fléau de la balance. C’est lui qui pourra équilibrer la liberté souhaitable et l’égalité ou la justice souhaitable sans faire de surenchère de l’une par rapport à l’autre et sans essayer de nous faire croire qu’elles sont conciliables.

Elles ne sont conciliables qu’à petites doses. Il nous faut une homéopathie de liberté et une homéopathie d’égalité mais pas plus. Le prince, dans sa fonction autoritaire, est celui qui, justement, peut distribuer la quantité de liberté et d’égalité convenable d’après l’état du patient. J’ai toujours été un vif partisan du service militaire qui est totalement égalitaire, où les riches et les pauvres, les illettrés et les lettrés, se retrouvent exactement devant le même parcours du combattant. Il y a des moments où un bain d’égalité est utile et il y a des moments où un bain d’égalité est bon. Le prince me paraît être celui qui peut le mieux juger de la dose de liberté ou d’égalité à administrer à un peuple à certains moments.

Il existe des forces non politiques qui sont dangereuses pour un régime élu, peut-être plus que pour un régime qui porte sa légitimité en soi: multinationales, mondialisme, toutes choses qui vont nous coiffer sans que nous nous en soyons aperçus. Que peut un régime élu? Que peut un régime qui pense que l’économique passe d’abord? Que peut un régime fondé sur la publicité, sur la propagande? Que peut un régime de ce genre contre cette influence de plus en plus dramatique de l’économique anti-national?

Pas grand chose parce que, j’ai assisté l’autre jour à une conférence d’un homme extrêmement brillant, qui démontrait que, en régime social-démocrate, (et nous vivons en régime social-démocrate), la corruption n’est pas un accident mais une nécessité. Il montrait que, dans ce genre de régime, nous ne pouvons, au bout de certaines générations, qu’avoir des élus corrompus. Que peuvent les élus corrompus contre ces pots-de-vin, contre cette surenchère de l’intérêt matériel? Rien, tandis qu’il est bien évident qu’un régime qui ne doit rien à personne, qui en soi porte sa légitimité par une sorte de postulat absolu (au sens étymologique du terme, c’est-à-dire qui ne dépend de rien), est le seul régime qui peut résoudre le problème de l’insubordination à toutes ces méduses supranationales qui flottent autour de nous.

LA TRANSMISSION DU POUVOIR

D’une part, vous avez vu que le pouvoir en soi posait des tas de problèmes mais alors la transmission du pouvoir... Comment transmet-on le pouvoir? La monarchie le transmet par le moyen le plus simple, le plus bête possible. De même que nous transmettons la vie, il y a un monsieur et une dame qui ont des enfants auxquels le pouvoir, cette capacité mystérieuse, sacrée, mystique, est transmis. Les Grecs transmettaient le pouvoir par un système de tirage au sort pour certains magistrats. Nous, nous avons recours à l’élection.

L’ennui de l’élection, c’est qu’on élit les gens qui ont les qualités nécessaires pour se faire élire, lesquelles sont généralement complètement opposées à celles dont on a besoin pour gouverner. Pour moi, la démocratie a une sorte de faille à la base puisqu’on élit ceux qui sont capables de grimper sur une caisse à savon et de dire: “votez pour moi, je suis le plus beau”. Il est rare que ceux qui sont vraiment capables de gouverner soient capable de faire ça. [Lire
Sarkozy "n'a pas été élu en dépit de ses défauts mais grâce à eux"]

Cela dit, on a peut-être élu des gens brillants mais il n’y en a pas beaucoup. Dieu sait que nous avons eu dans tous les pays des rois qui étaient intelligents et d’autres qui étaient bêtes, certains qui étaient pleins de génie et d’autres qui étaient fous, certains qui étaient malades et d’autres qui étaient bien portants. Mais il me semble que la loterie héréditaire est préférable à l’élection. Les résultats sont meilleurs. Mais supposons que ce ne soit qu’une loterie, elle nous assure en tout cas de quelque chose de continu sans le moindre problème.

Dans cette espèce d’éternité biologique dans laquelle on dit que le roi ne meurt jamais en France (“
le roi est mort, vive le roi”), nous accédons à quelque chose de plus profond, à une véritable victoire sur la mort. Le roi ne meurt jamais. C’est le seul Français qui ne soit jamais mort. Il est toujours vivant. Dans cette continuité par un personnage, nous devenons tous d’une certaine manière immortels puisque nous nous associons à cette royauté qui le rend immortel, lui, et qui, puisqu’elle revendique son pouvoir d’ailleurs, lui donne accès à une autre éternité.

LA MONARCHIE HERMAPHRODITE

Je voudrais citer un livre admirable qui s’intitule tout simplement “Le Roi” de Monsieur Jean-Paul ROUX. Quand je l’ai reçu, j’ai écrit à son auteur: “Merci de m’avoir dispensé d’écrire ce livre. Toute ma vie, j’ai rêvé de l’écrire et vous l’avez écrit infiniment mieux que je n’aurais su. Maintenant, je n’ai plus besoin de faire toutes les recherches que vous avez faites tellement mieux que moi”.

C’est un livre tout à fait remarquable où Jean-Paul ROUX, historien, nous montre ce que c’est que le roi dans toutes les sociétés. Le roi, pour lui, c’est, entre autres, l’axe vertical de la cité, c’est-à-dire de l’humanité. C’est l’être qui joint la terre, c’est-à-dire la cité des hommes, qui sera sorti des reins d’un monsieur et du ventre d’une dame, qui sera un homme comme moi, et qui, en plus, sera bisexué.

La monarchie
est seul régime au monde qui prend en considération ce que nous dit la Bible et ce que nous dit Platon: l’homme, dans le principe, était hermaphrodite. Aucun de vous, Messieurs, n’est un homme entier. Aucune de vous, Mesdames, n’est une femme entière. Je ne suis pas un homme entier. Je ne suis qu’une moitié d’homme. Avec ma femme, nous faisons un être humain tout entier. Le roi, parce qu’il a la reine, est l’homme tout entier. Lorsque nous portons le roi au pinacle de la société, nous nous inclinons devant notre propre espèce, devant l’être humain: le roi et le reine unis pour l’éternité.

On me demande quelquefois pourquoi je suis monarchiste. Je suis royaliste parce que je pense que le royalisme est un humanisme.


*
Avantages de la monarchie
* Contre-Lumières. Ebauche d'un programme politique fédérateur
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 14:03

Le professeur Christian Atias montre l'acharnement des révolutionnaires à vouloir détruire le symbolisme de la formule: "Le roi est mort; vive le roi".Conférence prononcée à Marseille le 21 janvier 2008 à l'occasion du souvenir de la mort de Louis XVI, sous l'égide de la Fédération Royaliste Provençale
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 13:16

Dans notre recherche d'une troisième voie qui ne soit ni socialiste ni libérale - ces deux monstres idéologiques issus du matérialisme des "Lumières" ayant lamentablement échoué, au XXe siècle pour l'un, début XXIe siècle pour l'autre -, je livre ici un texte de René de La Tour du Pin, un texte prophétique par nombre de points envisagés qui se réalisent sous nos yeux, et qui du point de vue de la Société présente les inconvénients du capitalisme usuraire.

Si l'auteur ne développe pas l'exigence d'une moralisation du capitalisme comme nous l'entendons aujourd'hui (discours inimaginable il y a encore dix ans, où un Chirac a pu asséner son programme maçonnique "pas de loi morale au-dessus de la loi civile"...), François René de La Tour du Pin, figure du catholicisme social, n'en présente pas moins les graves inconvénients tant au plan économique que social avec leurs conséquences, inévitables : Vers un ordre social chrétien.

La thèse est originale. Datant du début du XXe siècle, elle a le mérite d'anticiper l'effondrement du socialisme comme celui du libéralisme du fait de leurs contradictions internes et de leurs manques de rigueur intellectuelle. Il se peut qu'après l'effondrement du mythe socialo-communiste, nous soyons en train de vivre celui de la société 'libérale'. Les appels à "refonder le capitalisme", les soubresauts de cette société, les gesticulations dans lesquelles elle se débat pour sauver le système, prouvent qu'elle est à la recherche d'un nouveau modèle qui ne soit ni le socialiste ni le libéral, l'urgence de ces "nouvelles lumières à inventer" dont on entend le propos ces jours-ci à droite et à gauche...

                                                                ***

René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien, 1907

"DU CAPITALISME

A la suite du profond et profondément honnête discours par lequel le comte Albert de Mun a clos l'assemblée générale des délégués venus des assemblées provinciales tenues à l'occasion du centenaire de 1789, l'école classique des économistes s'est émue : les uns ont constaté ironiquement que le langage du « noble comte » ne laissait pas que de ressembler à celui des « pires ennemis de la société » actuelle. Les autres, plus bienveillants, se sont voilé la face.

Mais; comme il n'y a pas de pire ennemi de la société que celui qui non seulement ne l'avertit pas de la perte à laquelle elle court mais encore l'excite à mépriser les avertissements, je crois à mon tour et très humblement faire acte de bon citoyen en cherchant à me rendre compte et à montrer en quoi le siècle actuel porte la marque de l'Usure et mérite d'en conserver le nom, comme l'a dit mon éminent ami.

... J'essaierai de montrer dans une première partie du mémoire les effets du système usuraire, dans une seconde ses remèdes, dans une troisième et dernière l'ensemble du régime économique dont elle serait bannie. Je ne lui ai pas donné de nom, parce qu'on ne baptise les gens qu'après leur naissance. Quant au régime économique de ce siècle qui repose sur l'Usure, il a un nom : le Capitalisme.


I. - Des effets de l'Usure.

L'Usure, communément parlant, signifie le prélèvement d'un intérêt excessif à raison du prêt d'un capital. - Scientifiquement parlant, tout intérêt de cette sorte est une Usure, que le taux en soit légal, modéré ou non.

... Bien que l'Usure (c'est-à-dire, pour ne plus le répéter, le bénéfice tiré du prêt) ait marqué constamment dans le passé comme un fléau de l'humanité, qu'elle ait été déclarée illicite par les plus hautes autorités morales et qu'elle ait encouru les plus terribles châtiments, dont la destruction cruelle de l'ordre des Templiers n'est qu'un exemple entre mille, il s'est produit de nos jours ce phénomène que le prêt à intérêt n'est communément plus regardé comme entaché d'Usure, qu'il fournit non seulement au budget extraordinaire mais au budget ordinaire des Etats par l'accumulation d'emprunts continuels, et que toute épargne sur la consommation est considérée comme un capital qu'il faut réaliser, c'est-à-dire mobiliser, en le convertissant en argent, puis « faire travailler » en en tirant intérêt, la plupart du temps un intérêt fixe indépendant des profits de l'entreprise, ce qui a partagé le monde civilisé en deux catégories de citoyens, les travailleurs et les "rentiers, tout comme faisait auparavant le prêt de consommation.

Seulement, maintenant « que l'argent travaille », il produit de quoi faciliter l'épargne du travailleur aussi bien que grossir celle du rentier, et l'on devrait passer aisément de la première dans la deuxième caté¬gorie, et finalement celle-ci irait toujours se grossissant aux dépens de celle-là.

Telles sont au moins les apparences dans le régime économique qui se caractérise par la substitution du prêt de production au prêt de consommation en généralisant celui-ci. On n'a plus besoin, pour se faire des revenus sans travail, de les tirer de la ruine des nécessiteux, mais au contraire de leur industrie, et l'on enrichit d'autant le pays. - Cette théorie est très séduisante. Est-elle aussi solide ? et les choses peuvent-elles se passer indéfi¬niment ainsi dans la pratique ? C'est ce que nous allons examiner.

II. - Des remèdes contre l'Usure.

En abordant cette seconde partie de la question que je me suis proposé de résoudre, je ne m'en dissimule pas la difficulté, mais je ne la crois pas supérieure à la gravité de la critique par laquelle j'ai commencé. Car, si condamner une pratique universelle est chose facile par le raisonnement, ce n'en est pas moins une chose grave, puisque c'est s'ériger en juge de son siècle.

... Dans les questions industrielles la législation est juive (dans le mauvais sens du mot) : elle favorise la spéculation, l'Usure, et opprime l'honnête travailleur.
C'est très frappant pour moi que toute la législation (famille, impôt, sociétés commerciales, etc.) est organisé contre le travail au profit du jeu ou spéculation. Tout homme qui a les mains calleuses se ruine en travaillant. Les seuls qui profitent sont ceux qui ont les mains blanches, qui ne travaillent pas, qui font les échanges : ce sont les parasites. Le laboureur, l'artisan, l'industriel, sont sur la pente de la ruine, la spéculation fait des razzias incomparables. Notre société H. Frères, si elle se ruine, entraîne la ruine absolue de chacun de nous. A côté, une société anonyme se fonde ; elle prodigue les millions, arrive à un effondrement scandaleux, et pendant que des milliers d'actionnaires sont ruinés, les directeurs, gérants et administrateurs se retirent avec un fort boni.

La liberté de l'industrie, telle que l'entend notre législation libérale, c'est la liberté des voleurs et l'emprisonnement des honnêtes gens par leur mise à la misère. La désorganisation sociale où nous vivons dans le monde du travail engendre des maux incalculables que nos législateurs ne peuvent soupçonner. Autrefois le 1/100e des populations était dans une situation précaire, maintenant ce sont les 9/100e.

J'ai été bien frappé de ce que j'ai lu dans Sismond de Sismondi, livre déjà vieux de près de soixante ans : « Le but de la société humaine doit être le progrès des hommes et non celui des choses. La centralisation perfectionne tout dans les choses, il est vrai ; en revanche elle détruit tout dans les hommes. L'indépendance des petits peuples a été absorbée par la centralisation législative ; les droits municipaux, par la centralisation administrative ; les droits des métiers, par la grande industrie ; les droits du commerce, par les grands magasins ; les droits des petits cultivateurs, par les grosses fermes.» Empêcher l'Usure, c'est guérir le chancre de l'économie sociale moderne.

... La loi fondamentale de l'économie sociale est la consommation productive : les économistes classiques ont eu tort de distinguer et de traiter successivement des phénomènes de la production, de la circulation, de la distribution et de la consommation des richesses, comme s'ils étaient indépendants : leur série doit figurer une courbe fermée, dont toutes les portions sont fonction l'une de l'autre, et qui possède dès lors un centre où il faut se placer pour découvrir la loi génératrice.
Cette loi n'est autre que celle qui veut que le grain de blé pourrisse en terre pour se reproduire au décuple, que toute production ne soit qu'une transformation et par conséquent le produit de la consommation d'un objet ou de la consommation d'une force, et que rien ne soit ainsi perdu. C'est la loi du travail, de celui de la nature aussi bien que celui de l'humanité, qui en dispose mais n'en peut changer la loi.

Il y a là deux ordres de phénomènes, suivant lesquels s'accomplit la loi : celui de la transformation, ou plutôt, comme on disait jadis de la transmutation des objets, dont je viens de citer l'exemple le plus frappant, et celui de la communication des forces, depuis celle qui transforme la chaleur et la lumière en mouvement, selon l'hypothèse scientifique, jusqu'à l'acte vulgaire de la nutrition nécessaire à l'anima-lité pour la rendre capable de travail.

On conçoit donc très bien que la consommation improductive soit une anomalie, une dérogation à la loi de nature, et qu'elle doive engendrer des désordres dans le développement de la civilisation matérielle, qui ne repose que sur l'excès de la reproduction.
En effet, lorsqu'un peuple ou un particulier consomme au fur et à mesure tout ce qu'il produit de biens, son état de bien-être reste stationnaire. Lorsqu'il produit moins qu'il n'a consommé pour cela, il tombe dans la misère, et à l'inverse il ne doit la prospérité qu'à la puissance supé¬rieure de reproduction de sa consommation.

Les consommations les plus productives sont celles qui produisent les biens moraux : le prêtre, l'homme charitable, le savant, consomment généralement peu en proportion de ce dont ils favorisent la production sociale. Un prince par son bon gouvernement, un chef militaire ou un magistrat par la supériorité des services qui leur sont confiés, un ingénieur, un professeur, un médecin, favorisent en général davantage encore la production que ne le font les producteurs directs, cultivateurs, industriels ou ouvriers.

Au contraire, de mauvaises moeurs, de mauvaises finances, de mauvais services publics, la décadence intellectuelle ou morale des professions libérales, pèsent sur la vitalité des classes directement productrices en ne leur rendant pas l'équivalent des services que les classes dirigeantes en reçoivent, et abaissent par conséquent le niveau de la production et celui de la prospérité publique. Une classe d'oisifs est une classe parasite, et si l'oisiveté devient héréditaire dans certaines familles, ces familles deviennent à charge à la nation.

Si donc, en passant la revue de chacun de ces chapitres de l'histoire sociale, nous y saisissons la complicité de l'Usure, il faudra y porter la réforme et la poursuivre de branche en branche dans la vie nationale, en la rendant inutile dans toutes, - ce qui est le meilleur moyen de la combattre. Il y a sans doute là un cercle vicieux, car c'est l'usurier qui fait les misérables, aussi bien que ce sont ceux-ci qui suscitent l'usurier. Mais pourtant il y eut un besogneux avant qu'il y eût un usurier, et celui-ci ne naquit qu'à la sollicitation du premier. C'est donc moins à des lois répressives qu'à des dispositions préventives que je demanderais la répression de l'Usure, - c'est-à-dire, répétons-le encore une fois, de l'intérêt prélevé à raison du prêt, et du courtage prélevé par le fait de la spéculation inutile. - J'ai montré dans la première partie de ce mémoire la connexité de ces Usures.

Je vais maintenant chercher comment on pourrait soustraire à chacune d'elles son domaine propre.

La rente d'Etat est le prix dont l'Etat paie, sans les rembourser, les avances que lui ont faites les particuliers pour subvenir à des besoins extraordinaires : elles ont bien le caractère d'une consommation impro¬ductive, puisque l'emploi qu'a reçu l'emprunt a été fait et son coût soldé depuis longtemps, et que le plus souvent il n'en reste rien que l'intérêt à payer.

Il y a deux manières de supprimer la rente d'Etat : l'une consiste à brûler le grand livre ; préconisée jadis par les socialistes, elle ne trouve maintenant plus guère d'adeptes, même parmi eux, non seulement parce qu'elle serait un vol, mais parce qu'elle aurait sur l'économie générale des répercussions désastreuses.

L'autre manière consiste à l'amortir et suppose deux conditions l'une qu'il soit possible de diminuer le budget des dépenses ordinaires, l'autre qu'il soit possible de trouver dans le budget des recettes le fonds d'amortissement.

Or aucune de ces deux conditions n'est impossible à réaliser en France, où elles l'ont déjà été souvent, entre autres sous la Restauration; et d'où l'on peut encore les observer non pas sur nous-mêmes, hélas ! mais dans l'administration d'un grand pays, - les Etats-Unis d'Amé¬rique. Les moyens pour cela sont, au budget des dépenses, la diminution de l'appareil administratif et celui de l'appareil militaire ; au budget des recettes, l'élévation des impôts de consommation prélevés principalement sur le luxe ou les provenances étrangères.

La diminution de l'appareil administratif est facile à atteindre par la décentralisation et le régime représentatif, qui favorisent la gratuité de nombre de fonctions publiques. La diminution de l'appareil militaire est à chercher dans la voie du désarmement général par le rétablissement du respect du droit des gens, sous la sauvegarde d'un Tribunal inter¬national. On ne traite plus aussi habituellement maintenant ces idées de chimères ; elles font leur chemin, et comme la poursuite du chemin inverse conduirait à la banqueroute, l'Europe prendra bientôt, de gré ou de force, celui que nous indiquons là.

... Ce sera la corporation, organe social concret, et non pas la société, conception abstraite à moins qu'on ne la concentre dans l'Etat, qui sera en possession des instruments de travail, et ses frais généraux ne comprendront plus que ceux de la direction, alors que le capital d'établissement aura été amorti et que celui d'exploitation sera fourni à titre gratuit, et non plus usuraire, par la clientèle elle-même de l'établissement, qui y trouvera un avantage dans le meilleur marché des produits.

L'association de personnes et non de capitaux est donc dans l'avenir qui doit voir l'Usure bannie de l'agriculture et de l'industrie par une législation fondamentalement opposée à l'individualisme et au capita¬lisme dans l'une comme dans l'autre, sans avoir pour cela rien de socialiste. Mais il faut s'attendre à ce que l'Usure cherchera encore un refuge dans le prêt de consommation, et surtout dans la spéculation.

Pour ce qui est du premier de ces domaines, elle y rencontrera dans une société bien organisée deux obstacles, la mutualité et la charité.

En effet, la masse des hommes ayant été ramenée, comme il vient d'être indiqué, à l'accomplissement de la loi générale du travail dans des conditions où ce travail ne sera pas frustré de sa rémunération légitime par l'Usure, et à la pratique de l'association qui est la condition naturelle du travail, leurs besoins seront non seulement satisfaits normalement, mais encore localisés et spécialisés par le fait de l'organi¬sation sociale : il y aura toujours des pauvres, parce qu'il y aura toujours des moments où dans la plupart des existences laborieuses les besoins excéderont les ressources procurées par le travail du jour. Mais si dans l'ensemble et pour la masse ce travail a été rémunérateur, c'est-à-dire si, pour reprendre les termes du théorème initial, la produc¬tion à laquelle il a contribué a été supérieure à la consommation qu'il a coûtée, une partie de l'excédent aura dû être mise en réserve par l'asso¬ciation, pour parer aux éventualités dans un sain esprit de mutualité.

... III. - Considérations générales.

Dans la première partie de ce mémoire j'ai essayé d'établir la thèse suivante
Bien que le capital ne soit pas doué d'une productivité propre, les moeurs et les lois actuelles permettent à son possesseur d'en tirer à ce titre spécial un profit normal, en vendant cette productivité fictive sans pour cela aliéner le capital lui-même, et de se créer ainsi des profits sans risques et des rentes sans travail.
La généralisation de cette pratique, jadis qualifiée d'Usure, a pour effet d'entamer d'autant les forces vouées à la production, de diminuer en conséquence la somme des produits et de fausser leur répartition, puisqu'une partie de ces produits est détournée de profiter à leur auteurs.
Ou, pour se servir des termes mêmes du mémoire, l'Usure (terme figuré) prélevée en vertu de la productivité du capital détermine une usure (au propre) correspondante dans le mécanisme de la vie sociale, et un trouble croissant dans l'organisme social.
Par la deuxième partie du mémoire, j'ai essayé de montrer comment on pourrait enrayer le système capitaliste sur les divers terrains de l'ordre économique où il produit les effets susdits ; c'est-à-dire dans les prêts industriels, dans les prêts à l'Etat, dans les prêts fonciers, comme aussi dans son influence sur les locations et les fermages.
... Enfin, il est certain qu'à un régime économique - le capitalisme auquel on prétend retirer son principal ressort, il faut en substituer un autre que je n'ai fait qu'indiquer, et qui me reste à exposer plus clairement. Car la vie économique, pas plus que les autres formes de la vie sociale, ne retourne pas en arrière. Il ne s'agit donc pas de revenir par l'extinction de l'Usure aux conditions où l'on travaillait avant qu'elle se fût développée, mais de pressentir les conditions nouvelles où pourrait s'exercer le travail, après que ce facteur négatif en aurait été éliminé. Afin que tous les autres, qui proviennent du développement du machinisme et des conquêtes de la civilisation sur le globe, en atteignent plus complètement leur plein épanouissement. Je vais l'essayer. Et cette fois ce sera la fin.

... les valeurs mobilières ne sont plus des fonds d'établissements agricoles ni industriels, mais des fonds de roulement ;
... Autrement dit, ... la moitié de la fortune publique consiste en Usures.
... Voilà comment l'Usure pose le problème social. Après avoir mesuré l'étendue du phénomène, si l'on veut en mesurer l'intensité, en voici un exemple journalier : vous commandez une paire de bottes chez un ouvrier cordonnier ; n'ayant pas d'appro¬visionnement de cuir, ni de capital, il faut qu'il emprunte 20 francs à un usurier pour se procurer le nécessaire ; celui-ci lui marque 30 francs (c'est le moins dans une affaire de ce genre) ; l'ouvrier estime à 10 francs sa façon et les bottes lui reviennent ainsi à 40 francs, mais c'est au-dessus du prix courant ; alors il partage entre vous et lui le coût de l'usure, ne garde pour sa peine que 5 francs et vous livre pour 35 francs ce qui en vaut 30. Vous n'êtes pas plus satisfait que lui, mais il y a un tertius gaudens, qui, après trois petites opérations de ce genre, se sera procuré, lui, sa paire de bottes sans diminuer son pécule et sans manier l'alène.
Tandis que si l'ouvrier eût possédé le fonds, ou bien que vous lui eussiez avancé de quoi se le procurer en même temps que vous lui faisiez la commande, il y eût trouvé son compte et vous aussi. Comme aussi la société, pour qui les 10 francs empochés par l'usurier représentent une consommation improductive.
C'est pourtant comme ceci que le capitalisme a commencé, tout simplement, tout bonnement, pour arriver par des voies de plus en plus complexes, dans lesquelles il faudrait une vraie science pour le suivre, au développement formidable qui vient d'être indiqué plus haut ; nous avons vu que la moitié du capital français travaille pour qui l'emploie, l'autre moitié pour qui le prête, sans parler du travail de l'argent sur lui-même, du jeu de bourse, également sus-mentionné, par lequel se produit ce qu'on appelle en mécanique un frottement au détriment du travail utile, et en économie une usure au détriment de la production.

Voilà cette fois, j'espère, l'Usure bien prise sur le vif, et sa caractérisation bien claire.
Comme il est dans la nature du capital employé à faire l'Usure de se grossir toujours, puisqu'il se reproduit sans se consommer, il est dans sa destinée de se substituer progressivement au capital qui ne se reproduit que par la consommation et qui encourt ainsi tous les risques, tandis que l'autre ne s'expose qu'à bon escient, c'est-à-dire quand il possède un gage ou «une couverture». Le système tend donc à rendre de plus en plus aigu le contraste entre capitalistes et travailleurs, de plus en plus riches ceux-ci et de plus en plus pauvres ceux-là, et à accentuer ainsi par ses deux éléments extrêmes la forme d'un état social où le précepte « que celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger » devienne une contre-vérité.
Or, comme la vérité et la justice ne se laissent pas impunément tourner en dérision durant toute l'existence d'un peuple, je suis bien obligé de redire dans ce résumé ce que j'ai dit dès l'exposé de la question, à savoir que le système ne peut aboutir qu'à une révolution sociale.

L'école classique, qui fournit sinon les prêtres de la religion du veau d'or, du moins ses docteurs, a beau chercher à accuser tantôt la bureaucratie, tantôt le christianisme, d'avoir engendré le socialisme elle seule a engendré et devait engendrer la réaction qui l'emportera elle-même, au prix de Dieu sait quelles violences, mais sans y pouvoir substituer rien qui vaille mieux ni même qui en diffère en principe. Car mettre tout le capital aux mains de l'Etat comme le veut le socialisme, ce n'est pas du tout réaliser l'union du travail et du capital. C'est même y tourner le dos.

Le travailleur a encore aujourd'hui une chance de conserver ou même d'acquérir une partie du capital social, - de plus en plus minime il est vrai. - Mais, sous le régime socialiste, plus la moindre chance de cette espèce : l'Etat est le capitaliste universel et absolu ; le travailleur est purement et simplement un esclave. Ainsi, si l'on considère que le régime de l'Usure conduisait les hommes lente¬ment à l'esclavage, il faut bien reconnaître que le socialisme les y précipite d'un coup. - Singulier remède !

La véritable solution, nous l'avons indiquée déjà, et il faut y revenir ici, consiste à remettre et à maintenir l'outil aux mains, c'est-à¬dire en la possession de l'ouvrier. Ce n'est pas « la mine au mineur » d'abord parce que la mine n'est pas un outil ensuite parce que le mineur n'est pas tout le corps exploitant, mais c'est la corporation industrielle ou agricole en possession de l'outillage professionnel et exploitant à son compte les forces naturelles.

C'est la coopération, sans doute par la division du travail combinée avec l'unité de direction mais la coopération organisée conformément à la nature de l'homme, c'est-à-dire à l'ordre hiérarchique sans lequel l'humanité ne serait qu'un troupeau ; conformément aussi à la nature des choses, c'est-à-dire à leur emploi en vue d'une consommation productive. C'est la coopération organisée variés par des procédés infiniment variés et pouvant être très complexes ; c'est la coopération sociale, au lieu de cette absurde conception soi-disant démocratique, loi d'après laquelle tous les individus, étant égaux en droit, n'ont d'autre que celle du nombre et d'autre hiérarchie que celles qu'il crée.

Non, si l'on conçoit bien l'Etat exploitant, quoique ce ne soit pas sa fonction propre, il n'est pas plus malaisé de concevoir dans l'Etat une foule de petits Etats autonomes reliés entre eux par des organismes de coordination, exploitant chacun pour son compte une branche d'industrie dans un atelier local, sous la protection de l'Etat proprement dit, et dans des conditions garantissant le bien commun. - Dans un tel régime corporatif, il n'y aurait ni Usure ni esclavage, comme lorsque le capital est séparé du travail par sa constitution individualiste ou socialiste, c'est-à-dire par son individualisation pure et simple ou par sa socialisation complète et absolue.

... Or il convient essentiellement que des hommes en société aient certains droits en propre, comme chacun d'eux a des besoins et des devoirs reconnus, et aussi certains droits en commun et résultant de l'organisation de la communauté, comme ils ont des besoins et des devoirs communs. Il y a des consommations sociales comme des consommations particulières, des productions sociales et des productions individuelles. Et il est bien naturel que les instruments d'une production soient eux-mêmes possédés à l'état social.

Comment passer de l'état de possession individuelle de certains capitaux - et non pas de tous - à la forme sociale ? Je crois l'avoir montré : non pas en dépossédant leurs possesseurs, mais en les faisant entrer dans la société qui a besoin de leurs capitaux, et de l'organisation de laquelle ils ont besoin pour les faire valoir.

... Il y a en ce moment trois courants internationaux, que l'opinion désigne par les noms d'internationale jaune (ou judaïque), d'inter¬nationale rouge (ou révolutionnaire) et d'internationale noire (ou chré¬tienne) ; le premier se forme chez les capitalistes, le second dans la classe ouvrière, le troisième n'appartient pas spécialement à une classe, mais tend à la réconciliation des classes divisées par les deux autres courants, en tenant entre leurs prétentions la juste mesure dictée par une saine doctrine sociale.

... Si c'est celle dont la spéculation est l'âme aussi bien que le ressort, on verra le monde revenir à l'état social du temps de l'Empire romain, qui connut lui aussi les siècles de l'Usure ; l'esclavage aura pris la forme du prolétariat, la ploutocratie tiendra la place de l'aristocratie, et tout idéal aura disparu avec le culte de la patrie et celui du foyer. Ces deux amours, innés au coeur de l'homme, seront remplacés par celui de l'or
[c'est exactement ce que nous vivons aujourd'hui]

Si c'est l'internationale rouge qui réussit à produire une révolution sociale, ce ne sera plus même vers l'Empire romain, mais vers la barbarie que rétrogradera la société, car toutes les conceptions sociales soi-disant scientifiques, c'est-à-dire purement matérialistes, de l'école qui s'intitule démocratique socialiste et révolutionnaire, sont d'une rudesse et d'une grossièreté sans nom [Prophétique eu égard au 100 millions de morts du communisme au XXe siècle]. Le culte du ventre, comme s'intitule elle-même la religion nouvelle n'est pas plus digne de l'humanité que celui de l'or, et n'en diffère guère en principe d'ailleurs. Libéralisme et socialisme ne sont, comme on l'a dit souvent, que deux frères ennemis.

Mais si les passions soulevées par leur lutte fratricide se font de plus en plus jour, et si leurs manifestations acquièrent non seulement une fréquence, mais un développement inquiétant pour l'ordre social, il s'est produit néanmoins dans le cours de ce siècle, comme dans toute la série qui date de l'ère chrétienne, un adoucissement progressif et continu des moeurs, que des explosions de violence ont pu troubler plutôt qu'arrêter, et dans lequel l'observateur impartial ne peut manquer de reconnaître encore l'influence souveraine, quoique parfois latente et en quelque sorte inconsciente du christianisme.

Cet adoucissement des moeurs, cette piété pour l'humanité, fournissent à l'action sociale de nos trois internationales comme un air ambiant, où la jaune et la rouge se sentent mal à l'aise, l'une dans son égoïsme, l'autre dans sa rudesse, tandis que l'internationale noire s'y trouve dans son élément. On en voit le témoignage dans ses développements : refoulée par tous les gouvernements, monarchiques ou républicains, conservateurs ou progressistes, elle ne se produit pas moins d'année en année dans des manifestations toujours plus complètes."

René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien, 1907.

Via
Le forum catholique

Articles connexes :

- Face à la finance: la troisième voie

- L'argent dette de Paul Grignon

- 1789 Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie  

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 11:19

"Quand Dieu ne règne pas par les bienfaits de Sa présence, Il règne quand même par les méfaits de Son absence." (Cardinal Pie, La royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ).

Ce que je craignais au sujet du parti "Alliance Royale" trouve un commencement, avec la transformation de ce parti 'royaliste' en relai du système, et en parti démocratique soumis aux dogmes modernes (démocratisme, culte de l'homme, l'opinion publique valeur suprême).

En effet, du billet de Bruno Castanier dans le Bulletin périodique de l'Alliance Royale, n° 46, juillet - août 2008, il ressort le souci de de correspondre au temps, de coller à l'opinion publique d'aujourd'hui, sans quoi cela conduirait imanquablement le royalisme dans une impasse... On nous a déjà fait le coup en 1962 avec Vatican II...

S'il serait difficile de restaurer la monarchie sans l'assentiment du peuple, faire sien les dogmes du système démo-libéral au nom du 'royalisme' (adhésion, opinion) n'est-ce pas le meilleur moyen de détruire le royalisme ?

L'auteur prend l'exemple du sacre et sous-entend que le sacre traditionnel du Roi de France ne serait pas "audible" des Français d'aujourd'hui (On se demande pourquoi), que l'engagement du roi de défendre la foi (le serment de l'Ordre du Saint-Esprit) ne signifierait pas grand chose aujourd'hui... Enfin, qu'"il est clair que la soumission à l'Eglise serait fort mal perçue, car elle serait assimilée à une soumission politique", sic.

Il va de soi que je me désolidarise totalement de ce genre de propos qui finiront d'envoyer le royalisme au cimetière, et la France avec.

Je demande à l'auteur si la soumission de la démocratie à l'homme (opinion) ne seraient-elle pas assimiliée à une soumission politique, et à une soumission politique par excellence ? Qui transcende les lois, Dieu ou l'homme ? Antigone ou Créon ? Eternel débat...

Quant à la "laïcité", celle qui ressort de ce billet est républicaine. Victoire de Créon sur Antigone.

Je cite (entre crochets mes commentaires) :

"Vouloir reprendre trait pour trait une symbolique qui s'est arrêtée de respirer il y a si longtemps, alors que le monde, lui, a continué à vivre, serait une grave erreur. Ainsi, à l'époque déjà, le sacre de Charles X a été considéré comme une mascarade, y compris par des royalistes [Une mascarade pour qui ?! Pour les 'libéraux' et les francs-maques ou pour le peuple, les malades et les scrofuleux ?...], sans doute parce qu'il ne tenait pas compte du bouleversement fondamental de la Révolution et de l'Empire, et de l'émergence d'une société plus industrielle et plus bourgeoise, qui avait peut-être perdu une partie de son sens du sacré. Non que le sacre n'est plus de sens, mais il doit, comme le reste évoluer [On est en plein modernisme].

AUSSI L'ALLIANCE ROYALE SOUHAITE-T-ELLE RELEVER LE DEFI

"En partant des réflexions de François-Martin Fleurot, que j'espère ne pas avoir trop déformées, les études politiques s'interrogent sur une symbolique qui serait à même de relier une monarchie contemporaine à son Histoire et, en même temps, d'être audible par les Français, capable d'emporter leur adhésion, donc susceptible d'installer la royauté dans la durée. ... la symbolique monarchique doit être complètement reconstruite.

... En effet, le roi, au moment du sacre, prononçait quatre serments. ... Bien sûr, pour notre orateur, de tels serments aujourd'hui, ne signifieraient pas grand chose. ... il est clair que la soumission à l'Eglise serait fort mal perçue, car elle serait assimilée à une soumission politique."


(Alliance Royale, n° 46, juillet - août 2008, p. 3).

Contre toutes les dominations de l'extérieur et de l'intérieur, contre tous les esclavages, contre toutes les exploitations, pour une France vraiment Libre, souveraine et indépendante, répétons après sainte Jeanne d'Arc, et plus que jamais, "Vive le Christ qui est Roi de France" !

Ensuite, et surtout, il serait bon de cesser de se faire le relayeur servile de la propagande maçonnique.

Les r
ois de France n'ont jamais été 'soumis' à l'Eglise... - Philippe le Bel dit qu'il était 'empereur en son royaume'... - L'Eglise ne gouvernait pas directement. Par contre au moment du sacre les rois s'engageaient à défendre la foi et de faire justice à tous... La "saine laïcité" dont parlait Jean-Paul II, qui n'est pas une 'séparation' mais une distinction des pouvoirs temporels et spirituels en vue du Bien commun. Tous ceux qui ont dérogé au cérémonial du sacre n'ont pas porté bonheur à la royauté.

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 22:08

En novembre 2001 fut lancé le « cycle de Doha », dont l’objectif annoncé était de favoriser le développement des pays en voie de développement. Son véritable objectif était en réalité de supprimer un maximum de barrières douanières pour le plus grand profit des multinationales. Il était prévu que ce cycle de Doha s’achève le 31 décembre 2004. Nous sommes en 2008 et le succès n’est toujours pas assuré ! C’est la preuve qu’on nage en pleine utopie, en contradiction flagrante avec l’intérêt de la majorité des membres de l’OMC. Comment en est-on arrivé là ?

Il est significatif que celui qui a la responsabilité de mettre en application les objectifs de l’OMC, Pascal Lamy, déclare lui-même qu’avec ce nouvel échec des négociations l’occasion a été perdue d’injecter « dans l’économie mondiale 50 milliards de dollars ». Ce chiffre semble impressionnant, mais il faut le rapprocher du montant du PIB mondial, 50 000 milliards de dollars, soit mille fois plus. Voilà donc un haut responsable de l’OMC qui reconnaît que toute cette lourde mécanique pourrait augmenter le PIB mondial de 1 pour 1000 ! C’est risible. C’est la preuve éclatante que ce n’est pas ainsi que l’on assurera la croissance de l’économie mondiale.

En fait, nous assistons là tout simplement à une réédition de l’échec de l’URSS. Car nous avons bien affaire à une idéologie communiste. La fonction de l’OMC n’est ni plus ni moins que de prétendre assurer les échanges de biens et de services à l’échelle mondiale à l’aide d’une super planification. Suite Allianceroyale.fr

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 11:57

"J’interromps le silence de mon séjour en Finlande,  compte-tenu de l’importance de l’événement que représente la mort d’Alexandre Soljenitsyne. Non pas pour ajouter quoi que ce soit à ce qui se dit déjà, je suppose, mais  par simple respect pour l’oeuvre de ce personnage de grande ampleur.

Cette disparition est amère, parce que, en vérité, Soljenitsyne n’aura pas totalement réussi à faire comprendre au monde l’horreur du communisme. Je viens de prendre prendre connaissance ici, en Finlande, d’une compilation d’Erkki Vettenniemi: Des Finlandais dans l’archipel des camps de prisonniers (je traduis littéralement mais je suppose qu’il faudrait traduire “dans l’archipel du goulag”, d’autant que l’auteur est également un biographe en finnois du grand disparu): il raconte comment de braves Finlandais sans culture, et sans une Eglise catholique pour les prévenir contre le danger, ont cru, même dans les années 30, que c’était le paradis de l’autre côté de leur frontière, l’ont franchie, et ont été réduits dans un véritable esclavage (vivant  dans des camps et travaillant sans salaire, comment l’appeler?) pour les besoins des grands travaux soviétiques. Des parents ont emmené leurs enfants qui n’ont pas survécu dans cet enfer, et ont pu témoigner de leur aveuglement mortifère. Et encore,  Soljénitsyne, justement, écrivait que ceux qui peuvent témoigner aujourd’hui  sont justement ceux qui ont le moins souffert, puisqu’ils  ont survécu!

L’auteur écrit qu’en France aussi, particulièrement en France, les gens s’aveuglaient, parce qu’ils ne savaient pas jusqu’à ce que Soljénitsyne publie L’Archipel au début des années 70. Mais il se trompe: très rapidement, de nombreux survivants ont pu témoigner de ce qui se passait. Hergé lui-même s’en fait l’écho auprès des jeunes dès 1929 dans sa première aventure de Tintin. Kravtchenko publie au lendemain de la guerre un livre dénonciateur qui lui a aliéné l’intelligentsia française. Mais sans résultat: Tintin chez les Soviets ne paraissait pas à ma génération, le livre de Kravtchenko non plus, Soljénitsyne était qualifié de fasciste dans nos établissements d’éducation nationale. Aujourd’hui encore, les programmes scolaires d’histoire sont explicitement communistes: invariablement, quels que soient les éditeurs de manuels, les auteurs font croire à nos écoliers que Lénine était un gentil réformateur, et que c’est Staline qui était condamnable. Thèse trotskiste bien connue, correspondant aux partis communistes modernes: LCR, Lutte ouvrière, Verts. Par exemple, ils font croire que c’est Staline qui a inventé le goulag “dans les années trente” alors que c’est Lénine, dès la fin 1918."
Suite
Ymadeline.fr

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 14:35

Etonnant retournement dont l’histoire a le secret: après l’instrumentalisation du FN par Mitterrand, qui tout en étant constamment minoritaire durant ses deux septennats a pu rester au pouvoir en divisant la droite, c’est maintenant au tour de la droite d’instrumentaliser Besancenot, l’homme providentiel d’extrême-gauche dont on sait bien qu’il n’arrivera jamais au pouvoir, comme Le Pen en son temps, mais qui par son talent peut être attaché comme un boulet aux chevilles de la gauche. Qui vivra verra si le stratagème fonctionne. Ymadeline.fr

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 16:19

Un récent article dans le Figaro annonce : « le G8 impuissant face à la flambée du baril ». Chacun pourra se dire, à la lecture d’un tel titre, que c’est vraiment la fatalité, puisque même le G8 n’y comprend rien… ou semble ne rien y comprendre. Et pourtant, avait coutume de dire Roosevelt, « en politique le hasard n’existe pas ». Suite

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 16:17
En parallèle du développement de l’immigration professionnelle choisie, les reconduites aux frontières des illégaux se multiplient. Qui peut croire que la question de l’immigration sera réglée par des aspirations économiques dans un sens, et de dérisoires mesures policières dans l’autre, le tout nappé de citoyenneté sirupeuse ? Suite
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 10:32

Un matin je marchais sous les voûtes de la cathédrale Saint Pierre

C’était il y a quatre ans dans la ville où je suis né je m’assieds sur un banc de pierre

La cathédrale est vide immense et claire à nulle autre pareille

Elle offre ses murs blancs au ciel et au soleil. Suite Ymadeline.fr

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 15:44
La démocratie? Une forme de la tyrannie, l'absolutisation de la "Volonté générale"

Sommes-nous en démocratie absolue?

"'Aucune barrière ni droit naturel ni règle constitutionnelle' ne devait s'opposer, selon Mirabeau, à une majorité législative (en l'occurence issue d'une minorité activiste dans le pays). Ce régime n'est qu'une forme de la tyrannie. Sous l'angle de l'Etat de droit, elle marque une régression par rapport à la pratique au XVIIIe siècle, de l'Ancien Régime. C'est ce que Hayek appelle une 'démocratie illimitée', et ce que Benjamin Constant avait stigmatisé comme une 'souveraineté illimitée'"

(
Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia, Cerf, Paris 2008, p. 14).

Formule de Mirabeau à rapprocher de la doctrine étatiste créonienne de Jacques Chirac synthétisant les principes républicains et "laïcs" : "pas de loi morale au-dessus de la loi civile" ("non à une loi morale qui primerait la loi civile", Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995).

Cette doctrine démocratique a pu légitimer des génocides du moment que ceux-ci étaient conformes à la loi, expression de la Volonté générale.

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 15:17

Le dissident soviétique Bukovski sur l'U.E., via Afe-blog
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