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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 13:30
Pas de rétablissement de la liberté de culte

Le Conseil d’État a rejeté les recours qui demandaient le rétablissement de l’exercice du culte.

Saisi par des associations, fidèles et membres du clergé catholiques, le juge des référés du Conseil d’État ne suspend pas les dispositions du décret du 29 octobre 2020 qui restreignent temporairement, dans le cadre du confinement, la possibilité de se rendre dans les lieux de culte et de s’y rassembler.

[...] Par l’ordonnance de ce jour, le juge des référés précise les règles applicables:

- l’ensemble des lieux de culte demeurent ouverts ;

- les fidèles peuvent y participer aux enterrements et aux mariages dans la limite respective de 30 et 6 personnes, mais également s’y rendre pour y exercer le culte à titre individuel, en particulier à l’occasion de leurs autres déplacements autorisés ;

- les ministres du culte peuvent librement y participer à des cérémonies religieuses, notamment pour en assurer la retransmission, et y recevoir individuellement les fidèles, de même qu’ils peuvent se rendre au domicile de ceux-ci. [L'organisation des messes (le culte public avec présence des fidèles) est interdite. Ndlr.]

[…] Le juge des référés considère donc, en l’état de son instruction, que l’atteinte portée par le décret à la liberté de culte, à la liberté personnelle, à la liberté d’aller et venir et à la liberté de réunion n’est pas manifestement illégale.

Source: Conseil d'Etat.fr

 

Un rassemblement de fidèles ce dimanche matin a été réalisé pour demander la liberté de culte dans le respect des gestes barrières, à Nantes.

Les initiatives se multiplient. (Gloria.tv)

Sebastien Pilard: "Nous étions nombreux ce matin à Nantes à nous rassembler pour l’autorisation de la célébration des messes et la Liberte De Culte."

Photo: Gloria.tv

 

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 20:51
Les pro Biden invoquent les esprits impurs

Sur les réseaux sociaux, des pro-biden soutiennent leur candidat en prononçant des incantations

 

L'attente commence à être longue, pour les électeurs américains. Pour mettre toutes les chances du côté de leur candidat, certains partisans de Joe Biden se sont même livrés à des pratiques occultes en attendant les résultats.

 

Après la prière entonnée avec fougue par Paula White, la «conseillère spirituelle» de Donald Trump, ce sont les électeurs démocrates qui ont commencé à invoquer les esprits pour que Joe Biden remporte la course à la Maison-Blanche.

 

Source : C-News

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 16:30

Source: Marco Tosatti

Chers frères et sœurs,

en tant que chrétiens dévoués et citoyens fidèles des États-Unis d'Amérique, vous avez à cœur le sort de votre bien-aimée patrie, alors que les résultats des élections présidentielles sont encore incertains.

Les nouvelles de fraude électorale se multiplient, malgré les tentatives honteuses des grands médias de censurer la vérité des faits, au profit de leur candidat. Il existe des États dans lesquels le nombre de voix est supérieur à celui des électeurs; d'autres dans lesquels le vote par correspondance semble exclusivement en faveur de Joe Biden; d'autres où le dépouillement des bulletins est suspendu sans raison ou où une falsification sensationnelle est découverte: toujours et uniquement contre le président Donald J.Trump, et toujours et uniquement pour l'avantage de Biden.

 

Depuis des mois, en vérité, nous assistons à un flot continu de nouvelles décalées, d'informations manipulées ou censurées, de crimes qui ont été réduits au silence ou cachés face à des preuves frappantes et des témoignages irréfutables. Nous avons vu l'État profond s'organiser, bien à l'avance, pour commettre la fraude électorale la plus colossale, pour faire en sorte que celui qui aux États-Unis d'Amérique s'oppose vigoureusement à l'instauration du Nouvel Ordre Mondial voulu par les enfants de l'obscurité. Dans cette bataille, vous n'avez pas renoncé, comme c'est votre devoir sacré, à apporter votre contribution en prenant le parti du Bien. D'autres, esclaves des vices ou aveuglés par la haine infernale contre Notre Seigneur, se sont rangés du côté du Mal.

 

Ne pensez pas que les enfants des ténèbres agissent avec honnêteté et ne soyez pas scandalisés s'ils agissent avec tromperie. Croyez-vous que les disciples de Satan sont honnêtes, sincères et loyaux? Le Seigneur nous a mis en garde contre le diable: "Il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge." (Jn 8, 44).

 

En ces heures, alors que les portes des Enfers semblent prévaloir, permettez-moi de vous adresser un appel, auquel j'espère que vous répondrez rapidement et généreusement. Je vous demande un acte de confiance en Dieu, un geste d'humilité et de dévotion filiale au Seigneur des armées. Récitez à tous, si possible en famille ou avec vos proches, vos amis, vos frères, vos collègues, vos camarades soldats, le Saint Rosaire. Priez avec l'abandon des enfants, qui savent avoir recours à leur Très Sainte Mère pour l'implorer d'intercéder auprès du trône de la divine Majesté. Priez avec une âme sincère, avec un cœur pur, dans la certitude d'être écouté et accordé. Demandez à la Elle, Auxilium Christianorum, de vaincre les forces de l'ennemi; à elle, terrible comme une armée rangée en bataille, pour accorder la victoire aux forces du Bien et infliger une défaite humiliante aux forces du Mal.

 

Faites prier les enfants, avec les saintes paroles que vous leur avez enseignées: ces prières confiantes s'élèveront vers Dieu et ne resteront pas inécoutées. Demandez aux personnes âgées et aux malades de prier pour qu'ils offrent leurs souffrances en union avec les souffrances que Notre Seigneur a souffertes sur la Croix, quand Il a versé son précieux Sang pour notre Rédemption. Demandez aux filles et aux femmes de prier pour qu'elles se tournent vers elle qui est leur modèle de pureté et de maternité. Priez vous aussi, hommes: votre courage, votre honneur, votre fierté seront rafraîchis et fortifiés. Tous prennent cette arme spirituelle, devant laquelle Satan et ses satellites se retirent furieusement, parce qu'ils craignent plus la Sainte Vierge, le Tout-Puissant par Grâce , que le Dieu Tout-Puissant lui-même.

 

Ne vous laissez pas décourager par les tromperies de l'ennemi, encore plus en cette heure terrible, alors que l'impudence du mensonge et de la fraude ose défier le ciel. Nos adversaires font compter les heures, si vous priez, si nous prions tous avec foi et avec une véritable ardeur de charité. Le Seigneur souhaiterait-il qu'une seule voix dévouée et confiante s'élève de vos maisons, de vos églises, de vos rues! Cette voix ne restera pas inouïe, car ce sera la voix d'un peuple qui crie, au moment de la tempête: « Sauve-nous, Seigneur: nous sommes perdus! »(Mt 8, 25).

 

Les jours qui nous attendent sont une occasion précieuse pour vous tous, et pour ceux qui sont spirituellement unis avec vous du monde entier. Vous avez l'honneur et le privilège de pouvoir participer à la victoire de cette bataille spirituelle, de manier l'arme puissante du Saint Rosaire, comme nos pères l'ont fait à Lépante pour repousser les armées ennemies.

 

Priez avec la certitude de la promesse de Notre Seigneur: "Demandez et on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira" (Lc 11, 9). Le Roi des rois, à qui vous demandez le salut de la Nation, récompensera votre foi. Votre témoignage, souvenez-vous-en, touchera le Cœur de Notre Seigneur, multipliant les Grâces célestes qui sont indispensables pour remporter la victoire.

 

Puisse mon appel, que je vous adresse, ainsi qu'à tous ceux qui reconnaissent la Seigneurie de Dieu, vous trouver des apôtres généreux et des témoins courageux de la renaissance spirituelle de votre pays bien-aimé et avec lui du monde entier. Non praevalebunt.

 

Que Dieu bénisse et protège les États-Unis d'Amérique!

 

Carlo Maria Viganò, archevêque

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 07:45
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 19:21

Les nouvelles mesures de confinement interdisent aux catholiques de se rendre a la messe.

Dans une tribune publiée dans « Le Figaro », cinq évêques et plusieurs intellectuels catholiques plaident pour la « liberté de culte » pendant le confinement.

 

Lors de la Toussaint, dimanche 1er novembre, les catholiques de France ont certainement vécu leur dernière messe avant de longues semaines. En effet, dès le 3 novembre, les cérémonies religieuses seront interdites, en vertu du confinement instauré sur tout le territoire. Pour protester contre cette mesure, cinq évêques et une poignée d'intellectuels catholiques, parmi lesquels Rémi Brague, Chantal Delsol, Fabrice Hadjadj ou encore Pierre Manent, livrent un plaidoyer dans Le Figaro en faveur de la « liberté de culte » en cette période trouble.

 

La liberté de culte sur le même pied que la liberté d'expression

« Les hommages qui se multiplient partout en France, en ces jours où nous sommes encore sous le choc de la décapitation du professeur Samuel Paty, montrent à quel point notre pays reste attaché à ses libertés fondamentales, bafouées par ces crimes : liberté d'expression, liberté d'enseigner, liberté de culte », rappelle l'évêque de Bayonne Marc Aillet et les autres signataires. Ils rappellent également le « lourd tribut » qu'ont récemment dû payer les chrétiens avec l'attentat de Nice et celui, plus ancien, de Saint-Etienne du Rouvray.

 

Ce constat posé, les auteurs de la tribune ne comprennent pas pourquoi la liberté de culte n'est pas considéré comme « une activité essentielle ». « De nombreux catholiques se refusent à déserter leurs églises, où les fidèles viennent trouver consolation et espérance, en ces temps qu'il est bien difficile de traverser seul. La célébration de la messe n'est pas pour eux une modalité de l'exercice de leur foi, mais en constitue la source et le sommet », plaident évêques et intellectuels.

 

Le Conseil d'Etat saisi

« Conscients des précautions sanitaires à prendre », les signataires se demandent également pourquoi « les lieux de consommation et les grandes enseignes de distribution restent ouverts », car « ils ne combleront pas les aspirations les plus profondes du cœur et ne suffiront pas à apaiser les craintes ». Enfin, ils font valoir l'assiduité avec laquelle les chrétiens ont pris leurs « responsabilités » en respectant notamment « strictement » les gestes barrières.

 

Face au « caractère disproportionné » de cette mesure qu'ils estiment être « d'une profonde gravité », les auteurs de la tribune indiquent donc avoir « déposé plusieurs recours devant le Conseil d'Etat puisque déjà, lors du déconfinement de juin, ce dernier avait enjoint le Premier ministre de prendre des mesures mieux proportionnées aux risques sanitaires encourus ». Selon les informations d'Europe 1, lundi soir, l'Église catholique a prévu de déposer un référé-liberté, dans la matinée de mardi, afin de faire lever l'interdiction des messes. La conférence des évêques de France aurait validé cette décision. (Le Point)

Lundi soir (2 novembre. Ndlr.), le président de la Conférence des évêques de France, réunie cette semaine en réunion plénière, a annoncé son intention de déposer un recours devant le Conseil d’État pour contester cette décision.

Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un recours devant le Conseil d’État.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort estime que la décision du gouvernement « porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales » en France. Après avoir consulté tous les évêques de France, il estime « hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. » Une cérémonie jugée « essentielle » par l’Église, qui réclame un assouplissement des mesures. « Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères », justifie le président de la Conférence des évêques de France.

Le décret paru au Journal officiel jeudi 29 octobre précise que les établissements de culte sont « autorisés à rester ouverts » mais que « tout rassemblement ou réunion en leur sein est interdit, à l’exception des cérémonies funéraires dans la limite de 30 personnes ».

En mai, le Conseil d’État avait enjoint l’État d’assouplir l’interdiction des cérémonies religieuses publiques dans les lieux de culte, instaurée le 15 mars, jugeant cette mesure « disproportionnée » en période de déconfinement. (Ouest France)

Les mêmes arguments sont, cette fois, opposés au décret de confinement du 29 octobre 2020 qui reprend largement le décret du printemps dernier. Avec deux objections majeures et nouvelles. L’une considère qu’il y a une atteinte grave à la liberté fondamentale du culte pour ne pas avoir prévu - dans les formulaires de circulation - la possibilité même de se rendre dans un «lieu de culte», ne serait-ce que pour y prier. L’autre que la limitation d’un «kilomètre» et d’une «heure» quotidienne favorise les habitants des grandes villes qui souhaiteraient entrer dans une église au détriment de ceux des campagnes.

 

Sur le dossier de l’interdiction des messes, l’épiscopat s’était montré plutôt passif au printemps dernier: aucun évêque, et encore moins la conférence épiscopale, n’avait osé déposer un recours devant le Conseil d’État. Seules des associations catholiques de laïcs ou de prêtres et un parti politique, le parti chrétien-démocrate (PCD), l’avaient fait.

 

Pourquoi ce changement de stratégie? Il a été porté à la connaissance du Figaro que le président de la Conférence des évêques, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a écrit une lettre ferme et officielle, mais non publique, dimanche, au premier ministre, Jean Castex, pour qu’une solution soit trouvée afin de permettre aux catholiques d’assister aux messes. Le prélat menaçait alors d’entrer en «contentieux» avec le gouvernement par la voie d’un recours juridique - en tant que Conférence des évêques - si une «solution» n’était pas trouvée. Mais c’est une fin de non-recevoir qui lui a été communiquée par le cabinet du premier ministre dans la journée de lundi, suivie par une réponse négative plus officielle de la part de Jean Castex.

 

Forte pression

C’est ce dialogue de sourds qui a donc poussé Mgr de Moulins-Beaufort à saisir la justice.

 

Pour ce deuxième confinement, s’ajoute une forte pression de beaucoup d’évêques français qui avaient plutôt appelé au calme au printemps dernier mais qui ne supportent pas, cette fois, l’interdiction de célébrer tandis que les établissements scolaires et certains commerces sont ouverts. «Il n’y a eu aucun cluster dans toutes les églises du territoire depuis la reprise des cultes» par une application stricte et scrupuleuse des mesures d’hygiène pendant les célébrations, a rappelé Mgr Aupetit au micro de Franceinfo, lundi matin.

 

Vient enfin la pression des fidèles et des prêtres, dont beaucoup sont excédés pour les mêmes raisons (nos éditions du 31 octobre). Une pétition qui a été lancée par deux jeunes laïcs sur internet, «pourlamesse.fr», qui sera transmise à Emmanuel Macron, vient ainsi de dépasser 65 000 signatures en seulement 4 jours. (Le Figaro)

 

Sept autres recours ont déjà été déposés séparément au Conseil d’État, en fin de semaine dernière, par plusieurs associations catholiques et par cinq évêques pour réclamer la levée de l’interdiction des célébrations publiques. (France bleu)

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 07:25

Allocution du Président Donald TRUMP dans le cadre du Campaign Rally du 15 Octobre 2020 à Greenville, Caroline du Nord. 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 20:48

Le sujet de Mgr Vigano dans cette video est de savoir "comment la Révolution Vatican II sert le Nouvel Ordre mondial ?"

"L'abandon de la dimension surnaturelle. L'abandon par une partie de la hiérarchie ecclésiastique, même au sommet, de la dimension surnaturelle de l'Eglise et de son rôle eschatologique. Avec le concile, les innovateurs ont effacé l'origine divine de l'Eglise de leur horizon théologique, pour créer une entité d'origine humaine, semblable à une organisation philanthropique. La conséquence de cette subversion ontologique, a été le déni nécessaire du fait que l'épouse du Christ n'est pas et ne peut pas être sujette à changement par ceux qui font exercice de l'autorité par procuration au nom du Seigneur. [Un exercice qui ne s'entend plus comme un service des autres mais comme une autorisation à inventer et à changer le Magistère bi-millénaire de l'Eglise. Alors que "celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave" (Mt 20,27). Ndlr.] Elle n'est ni la propriété du Pape ni des évêques ou des théologiens; et à ce titre, toute tentative d'aggiornamento (selon le terme employé lors du concile Vatican II. Ndlr.) l'abaisse au niveau d'une entreprise, dans le but d'engranger des bénéfices, en renouvelant sa propre offre commerciale, vendant ses restes de stock et en suivant la mode du moment.    

"L'Eglise est une réalité surnaturelle et divine. Elle adapte sa façon de prêcher l'Evangile aux nations mais elle ne peut jamais changer le contenu d'un iota (Mt 5,18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise), ni nier sa transcendance en s'abaissant elle-même à un simple service social.

"À l'opposé, l'anti-Eglise revendique fièrement un droit d'exécuter un paradigme, (un droit de) changer non seulement la façon dont la doctrine est exposée mais la doctrine elle-même.

"Insister sur ce que le Magistère enseigne est inutile. Les innovateurs prétendent effrontément avoir le droit de changer la foi, suivant une approche obstinément moderniste.

"La première erreur du concile consiste principalement dans le manque de perspective de transcendance. Le résultat d'une crise spirituelle - qui était déjà latente - et la tentative d'établir le Paradis sur terre (millénarisme. Nldr.), avec un horizon humain stérile.  

"Dans la ligne de cette approche (le dernier document de François) Fratelli Tutti (Tous Frères), voit l'accomplissement  d'une utopie terrestre, la rédemption sociale dans la fraternité humaine, dans la pax oecumenica entre les religions et dans l'accueil des migrants".

Mgr Viganò appelle à la prière.

Si les temps sont troublés et les hommes impuissants, la solution ne viendra que de Celui qui peut tout. Notre salut n'a toujours été qu'en Lui.

Maintenant, est-ce par des hommes ou par Dieu que je veux me faire approuver ? Est-ce donc à des hommes que je cherche à plaire ? Si j’en étais encore à plaire à des hommes, je ne serais pas serviteur du Christ.

Ga 1,10

Source video : The Remnant -  Youtube

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 19:47
Fête de la Toussaint 2020 et jour des morts - Message Mgr le Duc d'Anjou : "l'exercice de la religion ne peut ni ne doit être limité"

Alors que la France est troublée par la crise sanitaire et celle des attentats islamistes, la fête de la Toussaint nous apporte le réconfort dont nos familles ont besoin.

Chacun peut prier les saints et saintes comme, demain, chacun pourra aussi honorer ses morts dans les cimetières.

Mais il faut aussi voir plus loin.

Ainsi je salue et je félicite les jeunes catholiques et les communautés qui demandent à ce que soit maintenu l'accès à la Sainte messe et aux célébrations. Dans les temps durs, l'exercice de la religion ne peut ni ne doit pas être limité.

Je me réjouis d’entendre plusieurs de nos évêques, successeurs des apôtres, prendre la défense de la Foi et de leur pays et s'opposer à des mesures sanitaires restrictives.

Puisse la France, née au baptême de Clovis, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint Louis, mon ancêtre, le modèle des gouvernants.

Louis,

Duc d’Anjou

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:02

Le P. Sean Mulligan, du diocèse de Clogher, a protesté contre la loi dans un puissant sermon, accessible en ligne, dans lequel il a dénoncé la nouvelle loi comme ``un nouveau type de tyrannie et de persécution'' et a déclaré que "c'est notre propre gouvernement qui orchestre cette attaque contre notre foi et notre droit de la pratiquer en public".

Jeu 29 oct.2020-15: 31 HNE

L'image sélectionnée

Source: LifeSiteNews

 

Par Michael Haynes

 

DUBLIN, Irlande, 29 octobre 2020 ( LifeSiteNews ) - À la suite de nouvelles lois que les catholiques d'Irlande comparent aux temps pénaux et à la persécution de l'Église catholique, un nombre toujours croissant de prêtres et de laïcs réclament le retour de la messe et les sacrements.

Le 6 octobre, l'Irlande est passée à un « confinement de niveau 3 », ce qui signifie que tous les services religieux doivent «passer en ligne». Cependant, depuis lors, le pays a été condamné au plus haut niveau de restrictions et une nouvelle loi a été introduite , interdisant expressément les rassemblements pour «raisons religieuses ou autres» et menaçant les prêtres de lourdes amendes et même de prison, s'ils tentaient d'offrir une messe publique.

La loi est en violation directe de l'article 44 de la Constitution irlandaise, qui stipule: «L'État reconnaît que l'hommage du culte public est dû à Dieu Tout-Puissant. Il tiendra son nom avec révérence, et respectera et honorera la religion. La liberté de conscience et la libre profession et pratique de la religion sont, sous réserve de l'ordre public et de la moralité, garanties à tout citoyen. »

Le P. Sean Mulligan du diocèse de Clogher a protesté contre la loi dans un puissant sermon (qui a par la suite été visionné plus de 1700 fois sur YouTube), dans lequel il a dénoncé la nouvelle loi comme «un nouveau type de tyrannie et de persécution» et a déclaré que «c'est notre propre gouvernement qui orchestre cette attaque contre notre foi et notre droit de la pratiquer en public.

Un autre prêtre d'Irlande rurale, qui souhaitait garder l'anonymat, a raconté à LifeSiteNews l'effet que la loi avait sur les fidèles: «C'est comme revenir aux jours pénaux. J'ai parlé avec des fidèles qui se sentent très bouleversés et affligés d'avoir été privés des sacrements. Et il est triste de penser que vous pouvez acheter des produits inutiles au supermarché, alors que nous avons été privés de la grâce sacramentelle, qui est si essentielle.

Il a également souligné l'erreur qui a été commise en fermant les églises en mars: «Ce faisant, l'Église en Irlande a jugé la pratique de notre foi non essentielle… Cela a été un désastre… L'Église en Irlande est un vignoble dévasté. »

L'évêque de Ferns qui sera bientôt à la retraite, Mgr Brennan, s'est exprimé en disant que la décision du gouvernement était «très difficile à comprendre, les églises sont des endroits très sûrs».

L'évêque a également publié une lettre pastorale dans laquelle il a appelé à «la nécessité de revoir et de modifier l'existence continue des fermetures d'églises pour le culte public».

Cependant, ce ne sont pas seulement les membres du clergé qui ont protesté contre la loi, car d'éminents laïcs catholiques se sont également prononcés pour défendre la messe.

Rory O'Hanlon, de la Société irlandaise pour la civilisation chrétienne, a fait référence au devoir de l'Église «de fournir les sacrements aux fidèles, et en vertu de la loi divine et naturelle, la hiérarchie catholique a le droit d'accomplir ce devoir, que le gouvernement le veuille. ça ou pas. »

Il a déclaré à LifeSiteNews que le gouvernement violait son devoir constitutionnel de «respecter et d'honorer la religion». O'Hanlon a déclaré qu'en fermant les églises tout en laissant les «sports de haut niveau» et les écoles ouverts, le gouvernement «s'unissait à un petit club de régimes tyranniques anti-catholiques à travers le monde».

Anthony Murphy, directeur de l' Institut Lumen Fidei et rédacteur en chef du magazine Catholic Voice, a déclaré dans une déclaration à LifeSiteNews que les évêques doivent exercer leur autorité et ouvrir les églises.

«Les évêques ont remis les sacrements au gouvernement pour qu'il les contrôle et les réglemente et Dieu a été mis de côté», a déclaré Murphy.

«On se moque ouvertement de Dieu en Irlande et les évêques ne semblent pas s'en soucier, ils se taisent pendant que les brebis ont faim.»

Murphy a poursuivi en notant le faible niveau d'infection par COVID-19 en Irlande et la façon dont les églises avaient été méticuleusement nettoyées pour empêcher la propagation du virus. Il a insisté sur le fait que, quelles que soient les lois actuelles, les évêques doivent «ouvrir les églises catholiques d'Irlande et appeler les fidèles à venir à la Sainte Messe afin qu'ils puissent nourrir les troupeaux confiés à leurs soins par Jésus-Christ».

Le député Matthew McGrath, un membre indépendant pro-vie du parlement irlandais et le seul membre à s'être opposé au «mariage» entre personnes de même sexe lors du référendum de 2015, a dénoncé les nouvelles lois comme étant quelque chose qui «ne se produirait pas sous Hitler».

Les quatre archevêques d'Irlande ont eu une réunion avec le Taoiseach hier soir, au cours de laquelle ils «ont souligné qu'ils soutiennent pleinement les messages de santé publique mais ont souligné que la réunion dans la prière et le culte, en particulier pour la messe et les sacrements, est fondamentale pour La tradition chrétienne et une source de nourriture pour la vie et le bien-être de communautés entières.

Le Taoiseach les aurait remerciés, mais aucune concession n'a été faite concernant l'ouverture des églises.

[...]

Dans une lettre ouverte publiée en mai, le clergé catholique dirigé par l'ancien nonce papal, l'archevêque Carlo Maria Viganò et les cardinaux Gerhard Ludwig Mueller, Joseph Zen et Janis Pujats a rappelé aux politiciens du monde entier que «l'État n'a pas le droit d'intervenir, pour quelque raison que ce soit , dans la souveraineté de l'Église.

«Cette autonomie et cette liberté sont un droit inné que Notre Seigneur Jésus-Christ lui a donné pour la poursuite de ses propres fins ("Rendez à Dieu..." Ndlr.). Pour cette raison, en tant que pasteurs, nous affirmons fermement le droit de décider de manière autonome de la célébration de la messe et des sacrements, tout comme nous revendiquons une autonomie absolue dans les matières relevant de notre compétence immédiate, telles que les normes liturgiques et les modalités d'administration de la communion et des sacrements, » ont déclaré les signataires.

Nous avons besoin d'une campagne d'adoration

Afin de coordonner les efforts et de motiver les gens pour qu'ils agissent pour le retour de la messe, un groupe de laïcs appelé We Need Worship (WNW) s'est formé, demandant dans la prière mais fermement que le gouvernement respecte le droit constitutionnel d'adorer et d'avoir la messe.

La page Facebook du groupe déclare que "Notre droit constitutionnel d'adorer Jésus-Christ est violé." La WNW avertit que si des mesures ne sont pas prises rapidement, l'Irlande risque de se voir interdire de célébrer la messe même le jour de Noël: «Déjà, le gouvernement irlandais nous a interdit, fidèles laïcs, du culte que nous devons (et que nous désirons beaucoup) Jésus-Christ notre Sauveur, dans le Saint Sacrifice de la Messe. »

WNW a également noté que l'interdiction du culte imposée par les évêques catholiques irlandais en mars a ouvert la voie à la violation de la Constitution: «Ce mépris béat pour Bunreacht na hEireann n'est pas surprenant à la fin octobre, alors que ce mépris est manifeste depuis mars - lorsque la Conférence des évêques catholiques irlandais a unanimement dégringolé ces droits constitutionnels - et le gouvernement irlandais n'a rien fait pour les arrêter.

La WNW a rédigé des modèles de lettre à envoyer aux DT, (membres du Parlement irlandais), aux évêques catholiques irlandais et aux prêtres, exigeant que le gouvernement cesse de violer la constitution.

Les trois lettres notent que la nouvelle loi est une violation des droits religieux et constitutionnels et demandent que la loi soit annulée à la lumière de cela.

La lettre au DT avertit que la nouvelle loi met le «gouvernement en conflit avec la Constitution» et est «intellectuellement ignorant de la foi catholique au mieux et intentionnellement insultant au pire».

Les ministres du gouvernement sont accusés de chercher à «provoquer une confrontation entre l'État et les fidèles laïcs - qui sont l'Église» et ont rappelé qu'ils «doivent protéger notre droit de culte de cette manière».

En écrivant aux évêques catholiques , la FMN fait appel à eux en tant que bergers des fidèles, notant leur devoir de prendre soin des âmes tel que décrit dans le droit canonique, et soulignant que les évêques n'ont pas besoin de demander au gouvernement la permission de dire la messe.

La lettre exhorte les évêques à avoir un soin zélé pour les fidèles, promettant de prier pour eux, mais demandant qu'en retour les évêques agissent avec «courage, persévérance et sainte audace» pour défendre la messe et pour la protection des âmes des fidèles: «La Sainte Messe est au cœur de nos vies. C'est essentiel!"

WNW écrit également pour encourager les prêtres, les rassurant de leurs prières et avertissant que ceux qui «veulent détruire la religion, commencent par attaquer le prêtre». Face à cet avertissement, la lettre recommande vivement aux prêtres de recourir à «notre Sainte Mère, saint Jean Vianney, saint Patrick et tous les saints irlandais».

Les coordonnées des évêques catholiques d'Irlande peuvent être trouvées ici, pour demander respectueusement l'ouverture des églises et la célébration de la messe: https://www.catholicbishops.ie/bishops/

Ceux en Irlande sont instamment priés de contacter leurs DT afin de changer les restrictions actuelles imposées à l'Église. Les informations de contact peuvent être trouvées ici: https://www.oireachtas.ie/en/members/

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 21:31

Les cloches de toute la France sonnent pour honorer les victimes martyrs de l'islamisme qui, une nouvelle fois, a touché la France en son cœur.

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 01:00
Saint Florentin, moine (VIIe siècle)

 

Mettez vos pas dans ceux de St-Florentin, qui vivait à Bonnet au VIIe s.

- vidéo: Connaissez-vous la folle histoire de Saint Florentin? à la découverte de la belle église Saint Florentin, dans le petit village de Bonnet, un joyau architectural qui renferme bien des trésors... Trésor D'Histoires.

Ce fils d'un Roi d'Écosse qui avait traversé les mers on ne sait comment, gardait humblement les porcs tout en multipliant miracles et guérisons. Si bien que dès le Moyen-Âge, Bonnet était devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté et recommandé en cas de troubles mentaux: passer sous le gisant de Saint Florentin qui se trouve à l'intérieur de l'Église était et reste encore, parait-il très efficace!

L'ancien village a été abandonné par ses habitants qui l'ont rebâti là où il est actuellement, autour de la sépulture du saint. Il avait souhaité être enterré sur la colline qui dominait son village. Vingt-et-une des peintures murales de l'Église racontent cette vie légendaire."

Sources : Nominis

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 21:57

Le pape François nous indique les voies de la paix sur terre, mais il n'annonce pas l'Évangile du royaume ni ne proclame la bonne nouvelle que ce royaume a déjà été ouvert à l'homme par l'œuvre salvifique de Jésus-Christ.

"St. Paul Prêchant à Athènes" (1515) par Raphael [WikiArt.org]

Catholic World Report

 

14 octobre 2020 Dr Douglas Farrow 

 

La Déclaration d'Abou Dhabi , le "Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et le vivre ensemble" de l'année dernière, a été une source notoire de controverse dans l'Église catholique. Elle s'appuie désormais sur la nouvelle encyclique du pape François, Fratelli tutti, dans laquelle se poursuit l'espoir du pontife que l'aspiration à la fraternité universelle et à l'amitié sociale renaît parmi les personnes de bonne volonté.

 

La Déclaration elle-même figure en bonne place dans la section finale de l'encyclique, où il est réitéré qu'"un cheminement de paix est possible entre les religions". A cette affirmation s'ajoute une autre: que le "point de départ du cheminement doit être le regard de Dieu" (§281). Cet ajout bienvenu n'apaisera cependant nullement la controverse, car il semble impliquer que la vision de Dieu, au moins en ce qui concerne les fondements de la paix, est accessible aux humains en général ; en effet, les religions non éclairées par l'alliance entre Dieu et l'homme en Jésus-Christ - même les religions qui rejettent cette alliance - sont néanmoins capables de saisir et de transmettre la vision de Dieu et d'agir en fonction de ce qu'elles voient. La seule condition est que "sans une ouverture au Père de tous, il n'y aura pas de raisons solides et stables à l'appel à la fraternité." (§272).

 

À l'appui de cette réserve, François invoque Caritas in veritate, où au §19 Benoît XVI remarque que "la raison, à elle seule, est capable de comprendre l’égalité entre les hommes et d’établir une communauté de vie civique, mais elle ne parvient pas à créer la fraternité". Il faut cependant remarquer que Benoît, pour sa part, a déjà ancré son appel à la fraternité dans la charité qui naît par la grâce. "Sa source est l'amour jaillissant du Père pour le Fils, dans l'Esprit Saint. C'est un amour qui, du Fils, descend sur nous." (CV 5). Et Benoît y fait une nouvelle annonce dans le paragraphe en question (CV 19).

 

Dans Fratelli tutti, il n'y a pas un tel ancrage christologique. L'appel est strictement à l'œuvre de Dieu en tant que créateur et soutien du monde et pas du tout à sa génération éternelle du Fils ou au don du Fils incarné en tant qu'homme parmi les hommes, par qui vient la connaissance du Père et la voie du regard de Dieu est médiatisée. Ce texte le plus crucial des Évangiles synoptiques, Matthieu 11,27 (Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Ndt.) et parallèles - le texte si puissamment exposé par tout l'Évangile de Jean - n'apparaît pas dans l'encyclique. Le mot "Fils" lui-même n'apparaît pas. Le nom divin, le nom trinitaire utilisé dans le baptême, n'apparaît pas non plus, bien que les mots "Trinité de l'amour" apparaissent, à la toute fin, dans "Une prière chrétienne œcuménique" qui suit une "prière universelle au Créateur".

 

La considération de "la fraternité que le Père commun nous propose" (§46) est donc laissée entièrement à l'ordre de la création sans attention au Fils incarné qui est au centre de cet ordre, par lequel elle est aussi rachetée (Col.1,15.). Dans Fratelli tutti, "le très beau secret qui nous montre comment rêver et transformer notre vie en une merveilleuse aventure" n'est pas le secret de la connaissance du Père du Fils et de la connaissance unique - et autrement inaccessible - du Père par le Fils. C'est une propriété commune de l'homme en tant qu'homme même sans référence à Jésus-Christ. "Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères." (§8).

 

L'encyclique nous renvoie à Jésus, mais seulement en tant qu'enseignant et modèle. On nous rappelle, par exemple, que "Jésus n’a jamais encouragé la violence ou l’intolérance". (Curieusement, son nettoyage du temple avec un fouet n'est pas mentionné, tandis que son adage "pas la paix, mais une épée" est soigneusement expliqué.) Le propre homonyme du pape est également proposé comme modèle, bien que d'une manière qui a été à juste titre critiquée comme trompeuse. Comme l'observe Samuel Gregg, le lecteur non informé ne devinerait jamais la vraie nature de la rencontre de saint François avec le sultan Malik-El-Kamil, qui dans les premiers paragraphes de Fratelli tutti n'est pas présentée comme l'aventure missionnaire audacieuse et extrêmement risquée qu'elle était, mais plutôt comme illustration de l’évitement des conflits grâce à la "soumission fraternelle".

 

On notera que cette encyclique sociale (qui, comme la précédente, ne s'adresse formellement à personne et matériellement à tout le monde) ne doit pas être tenue aux normes des encycliques consacrées directement à l'Église. Si elle inspire les "gens de bonne volonté" dans leur recherche de la paix sur terre, n'a-t-elle pas fait son travail ? Pourtant, un consensus semble se former pour dire que cette longue encyclique résume tout le projet de ce pontificat. La réplique viendra: Vraiment ? François lui-même le voit-il sous cet angle ? Il nie, après tout, qu'il tente "d'offrir un enseignement complet sur l'amour fraternel"; il ne cherche qu'à considérer sa dimension universelle, sur son ouverture à toutes les personnes" (§6). Peut-être là encore, est-ce le projet de son pontificat : dire et démontrer que l'amour fraternel authentique n'est rien sinon à la fois particulier et universel, à la fois local et global.

 

Si tel est le cas, que dire de ce projet franciscain? Comme Paul parmi les païens sur la colline de Mars, François parle du fait que tous les hommes sont en quelque sorte "la descendance de Dieu" (Actes 17,29), qui doivent donc être respectés et traités comme tels. Quiconque est ouvert à Dieu verra qu'il doit essayer de faire exactement cela. À la différence de Paul, cependant, François ne continue pas à parler de là pour parler du fait que la propre sollicitude de Dieu pour l'homme vise à unir les êtres humains à lui-même en Jésus-Christ. De même, dans la présente encyclique, on ne nous donne aucun indice que "Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout. En effet, il a fixé le jour où il va juger la terre avec justice, par un homme qu’il a établi pour cela." (Actes 17,30.) François nous montre, parfois avec éloquence, les voies de la paix sur terre, mais il n'annonce pas l'évangile du royaume ni n'annonce la bonne nouvelle que ce royaume a déjà été ouvert à l'homme par l'œuvre salvifique de Jésus-Christ. Il ne s'engage pas, comme Paul, à expliquer ou à présenter le Christ.

 

François parle de l'Évangile chrétien comme la source de ses propres convictions. "D’autres s’abreuvent à d’autres sources. Pour nous, cette source de dignité humaine et de fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus-Christ. C’est de là que surgit 'pour la pensée chrétienne et pour l’action de l’Église le primat donné à la relation, à la rencontre avec le mystère sacré de l’autre, à la communion universelle avec l’humanité tout entière comme vocation de tous'." (§277). Mais, ce faisant, il se contente de laisser de côté le contenu réel de cet évangile et d'interpréter ses implications publiques dans ces termes hautement abstraits – des termes qui auraient certainement intrigué Paul, qui, comme Saint Pierre, pensait l'Évangile “plus précieux que l'or”, même l'or Politique de l'amitié sociale et de la fraternité humaine qui améliore la vie dans cette vallée de larmes. Je suis convaincu que cette abstraction aurait également intrigué Léon XIII, le fondateur de la tradition de la doctrine sociale moderne qui ne mérite pas une seule mention en plus de 40 000 mots; pour sa part, Léon laissait toujours tomber des ancres christologiques (comme dans Rerum novarum 21 et suivants, par exemple).

 

Puisque chaque évêque, et l'évêque de Rome surtout, partage avec les apôtres un office divin dans le but de faire connaître "la Parole de Dieu pleinement" (Col. 1,25), nous avons raison de nous demander si c'est même possibles, se soustraire à la tâche d'offrir un enseignement plus ou moins complet sur l'amour fraternel pour se concentrer uniquement sur sa portée, son universalité en principe. Si effectivement Fratelli tutti nous est délivré en récapitulation, non seulement de la Déclaration d'Abou Dhabi mais aussi du ministère d'enseignement de ce pontificat, nous devons nous demander si nous n'en avons reçu jusqu'ici que la première moitié. Pouvons-nous nous attendre à une suite dans laquelle la tâche apostolique sera complétée par un récit approfondi de l'amour, de la justice et de la puissance de Dieu en Jésus-Christ, une suite dans laquelle le scandale de la particularité réapparaît ? Ou faut-il admettre que l'impression laissée par la "Prière au Créateur", finale de l'encyclique, est l'impression que François entend laisser, et se contente de laisser, comme impression plus ou moins finale ? Sûrement pas ! Car dans ce cas, l'évêque de Rome semblerait simplement faire écho au message d'Adolf von Harnack dans Qu'est-ce que le christianisme? - le message qui veut que au fond, le christianisme soit simplement une forme de vie qui exprime la paternité universelle de Dieu et la fraternité de l'homme.

 

Que ceux qui adoptent le point de vue opposé, en supposant que le pontife ferait très bien de laisser les choses telles qu'elles sont actuellement, se souviennent que Harnack, le professeur estimé à Berlin qui a contribué à transformer le christianisme protestant en un programme social pour la paix sur terre parmi les gens de bonne volonté, est le même homme qui a aidé à rédiger le Discours de l'empereur Guillaume II du 4 août 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale. De ce choix désastreux, heureusement, ce seul bien est venu: son ancien élève, le jeune Karl Barth, était assez horrifié pour se réveiller de son propre “sommeil dogmatique” et pour conduire une partie vitale du monde Protestant à “recommencer tout recommencer au commencement, avec Jésus-Christ." C'est en l'honneur de ses travaux à cette fin que Barth fut invité, une cinquantaine d'années plus tard, à devenir observateur à Vatican II, bien que des problèmes de santé l'en aient empêché.

 

Plus de quelques catholiques aimeraient voir le pape François, malgré son âge, suivre l'exemple de Barth, pour ainsi dire, plutôt que celui de Harnack. Certains aimeraient même le voir imiter Jésus en utilisant un fouet pour nettoyer l'enceinte du Vatican de tous ceux qui ont échangé l'Évangile de Jésus-Christ contre un autre évangile ou, par leur mode de vie, ont refusé le Seigneur qui les a rachetés. Il y a peut-être peu de raisons de s'attendre à de tels développements, malgré le récent limogeage du cardinal Becciu. Mais tôt ou tard, il doit y avoir de tels développements, car le christianisme catholique n'est pas et ne peut pas être une religion de la paternité universelle de Dieu et de la fraternité de l'homme - sans les qualifications christologiques et eschatologiques fournies par Paul sur la colline de Mars et par Augustin dans La Cité de Dieu. Car il y a dans le siècle deux villes, pas une, deux fraternités, pas une. Passer outre cela (comme je l'ai souligné lors de l'apparition de Caritas), ce n'est pas construire la fraternité mais apporter des briques pour Babel.

 

Le christianisme catholique est la religion, précisément la religion, proposée par Paul sur la colline de Mars : une religion généreuse, accueillante et soucieuse, oui; une religion de paix et de préparation au dialogue, une religion qui coopère avec la providence divine au soin des peuples et des nations; mais toujours et encore aussi une religion qui proclame ouvertement et sans aucune gêne, que ce que les peuples du monde ont le plus besoin de savoir, c'est que le Christ est mort, le Christ est ressuscité, le Christ reviendra.

 

C'est ce qu'atteste chaque messe. C'est ce que Paul a dit aux stoïciens et épicuriens. C'est ce que saint François a dit au sultan et ce que le pape François devrait dire au grand imam, s'il ne l'a pas déjà fait. C'est ce que nous devons dire à nos voisins, ainsi que de montrer à nos voisins. Car il n'y a pas d'autre moyen d'être le frère ou la sœur de qui que ce soit, d'un point de vue chrétien, sauf en le montrant et en le disant. Si le global et le local, "la fraternité universelle et l’amitié sociale constituent partout deux pôles inséparables et coessentiels." (§142), alors il en est de même, tant le localement que le globalement, doivent se manifester et parler. Ici aussi - ici bien plus certainement ! - il faut dire que "les séparer entraîne une déformation et une polarisation préjudiciables."

 

Pourquoi? Car, comme a insisté Gaudium et Spes, posant sa propre ancre christologique au §22, "en réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné."

 

Note de l'éditeur: Il s'agit du sixième de plusieurs articles de CWR sur Fratelli Tutti et des sujets connexes. Les autres articles sont:

• "Fratelli Tutti est un mélange familier d'allégations douteuses, de pailles, et d'idées authentiques" (5 octobre 2020) par Samuel Gregg

• "Une encyclique remplie de tensions et d'omissions" (8 octobre 2020) par Paulo Futili

• "Fratelli Tutti et ses critiques" (9 octobre 2020) par Larry Chapp

• "Culture, dialogue, religion et vérité dans Fratelli Tutti" (9 octobre 2020) par Eduardo Echeverria

• "Frères sans frontières: Manifeste quasi-humanitaire du pape François" (10 octobre 2020) par Daniel J. Mahoney

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 21:17

Aucun appel à la conversion; rien sur le Christ, le nom de Jésus n'est pas prononcé. L'école républicaine maçonnique "laïque" ne parle pas de Jésus, mais l'école de François non plus !

 

Depuis l'Aula Magna de l'Université pontificale du Latran à Rome, François a lancé "un projet éducatif lançant des processus éducatifs et transformant en collaboration avec la société civile" (sic) :

 

Vidéo de 1'11" (juste un petit extrait !... très résumé !...) :
https://www.youtube.com/watch?v=-NoIw75pR34

 

Depuis l'Aula Magna de l'Université pontificale du Latran à Rome, rencontre promue et organisée par la Congrégation pour l'Éducation catholique : "Pacte mondial sur l'éducation. Ensemble pour regarder au-delà", inaugurée par un message vidéo du Pape François


Vidéo de 1h 36' (juste pour ceux qui voudraient voir des extraits, et sa conclusion à 22'40' 

 

https://www.youtube.com/watch?v=hnDCbeQwq0s

 

"La vocation à la fraternité" : rien sur la vocation à devenir fils de Dieu, et sur la vie éternelle ?

"regarder au-delà" : non, il ne s'agit pas de L'Au-delà !

 

SourceSacerdos simplex - Le Forum catholique

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Jean

Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain.

Psaume 126

24 Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.

25 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

26 Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.

27 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Matthieu 7,24-27

___________

Add. LifeSiteNews 16 octobre 2020. Le pape François appelle à un pacte mondial pour l'éducation avec l'humanité en son centre. Bien qu'il ait fait référence à la doctrine sociale inspirée par «la Parole de Dieu et l'humanisme chrétien», le pontife n'a pas mentionné Jésus-Christ. La «fraternité», cependant, a été mentionnée à plusieurs reprises.

 

Featured Image

 

Le pape François souhaite un «processus d'éducation» qui amène les générations futures à prêter attention aux «graves injustices sociales, aux violations des droits, aux terribles formes de pauvreté et au gaspillage de vies humaines». Il souhaite que le «processus intégral» prenne en considération les problèmes qui assaillent les jeunes aujourd'hui, tels que «la dépression, la dépendance, l'agressivité, la haine verbale et l'intimidation». Ce processus devrait également prêter attention au «fléau de la violence, de la maltraitance des mineurs, du phénomène du mariage des enfants et des enfants soldats [et] de la tragédie des enfants vendus en esclavage» ainsi qu'aux «souffrances» endurées par notre planète. »

 

Le pape n'a inclus ni l'avortement ni l'idéologie de genre parmi les injustices envers les enfants qu'il a énumérées.

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Tous frères : "une fonctionnalité horizontale", "un monde sans le Christ"

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 09:35

"Diviser pour conquérir, cela signifie le mot 'diable'. Aujourd'hui, nous devons penser à l'unité, et pour cela nous devons rechercher la réconciliation.

"J'invite également le gouvernement national à présenter des excuses pour les événements plus récents, à s'excuser pour les lois, la 17 Constitution et la loi Calles qui ont violé la liberté religieuse de 90% de sa population, de ses propres citoyens; qui a forcé les chrétiens à vivre cachés. Qu'il s'excuse pour tous ceux qui ont été sommairement assassinés par les autorités". Telle est la réponse l'évêque du diocèse de La Paz Baja California Sur, Mgr Miguel Ángel Alba Díaz, suite à la lettre du président mexicain López Obrador adressée au pape François demandant que l'Église s'excuse auprès des Mexicains pour les "Atrocités commises lors de la conquête" : 

 

 

Quiconque sème des divisions ... est du diable!"

 

En direct de la cathédrale Notre-Dame de la Paix , l'évêque du diocèse de La Paz Baja California Sur, Mgr Miguel Ángel Alba Díaz , à la fin de la messe du 10 octobre, surpris par un message ferme et fort, dont la dédicace a été adressée à Andrés M. López Obrador , président du Mexique.

 

Le message a été répliqué et s'est rapidement répandu sur les réseaux sociaux en raison de sa force à affirmer que "quiconque sème les divisions, riches et pauvres, fifís et chairos, est du diable!"

 

Dans le même message lent, avec emphase, serein et ferme, il a évoqué l'épouse du président, qui a annoncé qu'elle avait remis une lettre au Pape François dans laquelle López Obrador insiste sur le fait que «l'Église doit s'excuser auprès des Mexicains pour le "Atrocités commises lors de la conquête"; Ceci selon la légende noire dans laquelle le président a formé ses critères et l'a répété dans la matinée.

 

La réponse du prélat, avec laquelle il a renversé le gouvernement de la république, est extrêmement dure et énergique:

 

«J'invite également le gouvernement national à présenter des excuses pour les événements plus récents, à s'excuser pour les lois, la 17 Constitution et la loi Calles qui ont violé la liberté religieuse de 90% de sa population, de ses propres citoyens; qui a forcé les chrétiens à vivre cachés. Qu'il s'excuse pour tous ceux qui ont été sommairement assassinés par les autorités pendant le christianisme.

 

Il est clair que ce président de la République n'a épargné aucun effort de polarisation sociale, de division des Mexicains et de colère contre les institutions, les communicateurs, les scientifiques, les enfants qui meurent du cancer, les experts de la santé et avec tout. quiconque se met en travers de son chemin.

 

Voici le texte intégral:

 

À la fin du texte de la lettre aux Galates que nous avons entendu aujourd'hui, Saint Paul insiste une fois de plus sur la nécessité d'une Église unie, non d'une Église de juifs et d'une Église de non-juifs; une Église où il n'y a plus de juifs et de non-juifs, une Église où les femmes ne sont pas discriminées, une Église où les pauvres ne sont pas discriminés, une Église où l'esclave n'est pas discriminée, une Église où les riches ne sont pas discriminés, une Église où la peau claire n'est pas discriminée, une Église où l'homme n'est pas discriminée. Une Église qui ne propose pas de divisions et qui polarise.

 

Quiconque sème des divisions, riche et pauvre, beau et droit, est du diable!

 

C'est lui qui aime diviser, c'est lui qui suit le principe de diviser pour conquérir. Cela signifie le mot «diable»: celui qui divise, celui qui crée les conflits, celui qui retourne les femmes contre les hommes, la lutte féministe; les pauvres contre les riches, la lutte marxiste.

 

Aujourd'hui, nous devons penser à l'unité et pour cela nous devons rechercher la réconciliation, non pas vers le passé, mais vers l'avenir.

 

Aujourd'hui, l'épouse du président López Obrador a remis une lettre au Saint-Père dans laquelle elle insiste une fois encore sur la nécessité pour l'Église de s'excuser pour les atrocités commises lors de la conquête.

 

J'invite également le gouvernement national à présenter des excuses pour les événements plus récents, à s'excuser pour les lois, pour la Constitution de 17 et la loi sur les rues qui ont violé la liberté religieuse de 90% de sa population, de ses propres citoyens; qui a forcé les chrétiens à vivre cachés. Puisse-t-il s'excuser pour tous ceux qui ont été sommairement assassinés par les autorités pendant le christianisme. Je m'excuse parce que de nombreux Mexicains rebelles contre cette loi injuste ont pris les armes et ont provoqué une guerre qui a laissé beaucoup de sang et beaucoup de pauvreté.

 

Ne retournons pas à 1500, cela s'est passé en 1900. Il faut demander pardon! Prions.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 07:58

En France il est interdit d'invoquer Dieu dans un discours politique public (par exemple dire vive le Christ Roi, ou Jésus premier servi), aux Etats-Unis, non. C'est ce qui fait toute la différence entre la démocratie américaine et la république dite française :

Détail de la "pièce de César" (1612-14) de Peter Paul Rubens [WikiArt.org]

SourceCatholic World Report

 

12 octobre 2020 Fr. Charles Fox

 

La relation entre l'Église et l'État est chargée de complexité et de périls. L'Évangile de ce dimanche (Matthieu 22, 15-21) présente l'un des textes scripturaires sur cette relation. Jésus dit: "Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu."

 

Il y a plusieurs années, il y eu un reportage sur un sénateur d'État du Nebraska qui avait intenté une action en justice contre Dieu, "cherchant une injonction permanente pour empêcher Dieu de commettre des actes de violence tels que des tremblements de terre et des tornades". Un juge du tribunal de district a sagement rejeté l'affaire hors du tribunal, invoquant l'impossibilité de signifier une assignation à Dieu.

 

Toutes les personnes sensées peuvent s'accorder sur l'absurdité de poursuivre Dieu. Mais cette histoire nous montre un exemple dramatique des conséquences de voir une division absolue entre Dieu et la politique, entre l'Église et l'État. L'Église et l'État peuvent devenir imprudemment enchevêtrés, parfois avec un effet désastreux. Mais il peut aussi y avoir une séparation trop nette, qui met l'État en but au libre exercice de la croyance religieuse. Et quand cela arrive, les gens peuvent être très près de dire qu'il y a une partie de la vie humaine sur laquelle Dieu n'est pas Seigneur.

 

Ensuite, ils ne sont plus qu'à un pas de faire de Dieu un défendeur, celui qui est soumis à nos lois, notre politique, nos idées.

 

Dieu rétablit les faits dans la première lecture de dimanche (Ésaïe 45: 1, 4-6), en disant: "(À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Ndt.) Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu." Dieu est le Seigneur de toutes choses, même de la politique et du gouvernement.

 

La vérité de la souveraineté de Dieu trouve un écho dans la plupart des documents fondateurs de notre pays (des Etats-Unis. Ndt.), ainsi que dans la longue tradition de discours présidentiels, l'existence d'aumôneries gouvernementales, le serment d'allégeance et d'innombrables autres façons dont la règle providentielle de Dieu a été honorée en notre société.

 

Prenons la Déclaration d'indépendance, qui dit que les gens sont "dotés par leur Créateur de droits inaliénables". Ou considérez le deuxième discours inaugural d'Abraham Lincoln, l'un des discours présidentiels les plus appréciés jamais prononcés. C'est un exemple classique d'efforts pour honorer le règne de Dieu sur les affaires de la société humaine et pour démontrer que nous sommes responsables devant Dieu des péchés de notre société, tels que le fléau de l'esclavage :

 

"Tous deux lisent la même Bible et prient le même Dieu, et chacun invoque son aide contre l'autre. Il peut sembler étrange que des hommes osent demander de l'aide à Dieu simplement pour arracher leur pain à la sueur du front des autres hommes, mais ne jugeons pas, afin de ne pas être jugés. Les prières des uns et des autres n'ont pas pu être exaucées. Celle des uns et des autres n'ont pas été pleinement exaucées. Le Tout-Puissant a ses propres desseins. "Malheur au monde à cause des offenses ; car il faut que les offenses viennent, mais malheur à l'homme par qui l'offense vient." Si nous supposons que l'esclavage américain est l'une de ces offenses qui, par la providence de Dieu, doivent venir, mais que, ayant continué pendant le temps qu'Il a fixé, Il veut maintenant le supprimer, et qu'Il donne au Nord et au Sud cette terrible guerre comme malheur dû à ceux par qui l'offense est venue, y discernerons-nous un quelconque écart par rapport à ces attributs divins que les croyants en un Dieu vivant Lui attribuent toujours ? Nous espérons vivement, nous prions avec ferveur, que ce puissant fléau de la guerre disparaîtra rapidement. Cependant, si Dieu veut qu'il se poursuive jusqu'à ce que toutes les richesses accumulées par les deux cent cinquante années de labeur sans merci de l'esclave soient englouties, et jusqu'à ce que chaque goutte de sang tirée du fouet soit payée par une autre tirée de l'épée, comme on l'a dit il y a trois mille ans, il faut encore dire que "les jugements du Seigneur sont toujours vrais et justes.

 

"Avec malice envers personne, avec charité envers tous, avec fermeté dans le droit comme Dieu nous donne de voir le droit, efforçons-nous d'achever l'oeuvre dans laquelle nous sommes engagés, de panser les blessures de la nation, de prendre soin de celui qui aura porté le combat et de sa veuve et de son orphelin, de faire tout ce qui peut réaliser et chérir une paix juste et durable entre nous et avec toutes les nations."

 

Jésus se garde contre l'ingérence excessive des autorités religieuses dans les affaires de l'État lorsqu'il dit: "Rendez à César ce qui appartient à César". Mais Jésus est aussi Celui qui répond protège contre l'hyper-séparation de l'Église et de l'État. ["Rendez à Dieu": Jésus est celui qui répond aux tentatives de l'Etat de dominer Dieu à travers l'histoire. Ndt.]

 

Jésus est le Fils de Dieu, et Il est la Source des droits de l'homme, de la loi naturelle et de l'autorité légitime de "César", c'est-à-dire de ceux qui gouvernent. Et ainsi, Il a le "droit" de parler, à travers les Écritures et à travers les enseignements de Son Église, de la façon dont nous gouvernons, comment nous votons et comment nous vivons en bons citoyens, défendons la vie humaine, la dignité humaine, la paix et la justice dans le monde.

 

Encore une fois, l'Église ne cherche pas à diriger le monde au moyen du pouvoir politique. Son seul pouvoir est le pouvoir de la croix, le pouvoir de la mort et de la résurrection de Jésus. Le Christ Roi règne du lieu de son exécution. Son trône est la Croix, l'instrument par lequel les puissances de ce monde ont cherché à tuer Dieu. La première loyauté de tous doit toujours être avec Lui. Et tous ceux qui ont une allégeance au Christ sont appelés à se sacrifier pour le bien des autres.

 

Mais si l'Église ne cherche pas à diriger le monde au moyen du pouvoir politique, elle doit s'engager activement dans la recherche du bien des autres, des individus et de nos communautés. Les fidèles ont besoin de servir les autres dans la charité chrétienne et d'être la voix de Dieu sur la place publique. Il y a des choses qui appartiennent proprement à César, certainement, et ces affirmations méritent le respect, mais il ne faut jamais oublier que César lui-même appartient à Dieu.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 12:27
La volonté de Macron d'interdire l'école à la maison sous prétexte de "séparatisme" islamiste est un faux prétexte trompeur

Quod omnes tangit ab omnibus tractari et approbari debet (QOT). "Que ce qui touche à tout le monde soit discuté et approuvé par tout le monde !" est une maxime médiévale qui signifie que tout pouvoir nécessite le consentement de ceux sur qui il s'exerce, sinon il s'agit d'une tyrannie.

 

 

Pour Anne Coffinier, présidente de Créer son école et d’Educ’France, la décision d’Emmanuel Macron d’interdire l’école à la maison, sauf raison médicale, loin d’endiguer l’islamisme, laisse prospérer le problème en stigmatisant les bons élèves de la liberté scolaire :

 

"Le séparatisme islamiste, lui, ne se développe qu’anecdotiquement dans l’enseignement à domicile, ou dans le hors-contrat déclarés et soumis à contrôles réguliers. Il se déploie plutôt dans des structures informelles. Or les dispositions citées par le président ne visent pas cet enseignement clandestin. Le président ne parle non plus des enfants régulièrement exclus de l’école, qui se trouvent à la rue la moitié de l’année et fréquentent des réseaux délinquants ou islamistes. Certains de ces jeunes se retrouvent régulièrement impliqués dans des réseaux de drogue comme guetteurs tombent dans la petite délinquance, font un peu de prison et en sortent radicalisés. Il n’aborde pas non plus le séparatisme à l’intérieur même de l’école publique, alors même que ce phénomène est largement documenté par Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, qui vient de publier Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, ou encore par le député LR Eric Diard ou le député de gauche François Pupponi, tous deux auteurs de rapports et livres sur la radicalisation au cœur de service public.

 

"Emmanuel Macron ne mesure pas la force des réactions que sa proposition suscite. La mesure est perçue comme totalement choquante, alors que tant d’enfants sont aujourd’hui en souffrance dans le système scolaire. L’interdiction de l’instruction en famille est la dernière chance pour beaucoup d’enfants pour qui le système scolaire français n’est pas adapté. Alors que l’Éducation nationale peine à accueillir les enfants à besoin spécifique et à endiguer des phénomènes comme le harcèlement scolaire, interdire l’école à la maison revient à tirer sur l’ambulance. Une question prioritaire de constitutionnalité sera très vraisemblablement déposée par les parlementaires. Même si la décision du Conseil constitutionnel de 1977 n’aborde pas la question de l’école à la maison, il est clair que, « le principe de liberté de l’enseignement constitue l'un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». La question constitutionnelle reste ouverte. Tout dépendra de la rédaction exacte du projet de loi. Ensuite, il est évident que les amendements seront très nombreux pour obtenir des dérogations pour tous les cas ayant besoin de pouvoir continuer à faire l’école à la maison. Psychologiquement, on passerait du droit à choisir le mode d’enseignement de son enfant à l’interdiction, sauf dérogation, de poser un tel choix. C’est une infantilisation du peuple français qui ne va pas dans le sens nécessaire de la responsabilisation toujours plus forte des parents et des enfants en matière d’éducation. L’urgence est d’obtenir une implication accrue des familles dans l’éducation, pas de les démobiliser, en leur expliquant, à l’instar de Danton, que l’État sait mieux qu’elles-mêmes ce qui est bon pour leurs enfants. Ce serait une régression de l’État de droit d’avoir désormais à se justifier pour exercer une liberté fondamentale." (Source : Pourquoi l’interdiction de l’instruction à la maison fait le jeu de l’islamisme ? Anne Coffinier, dans Famille Chrétienne, 08/10/2020 / Le Forum catholique)

 

Ce faux prétexte de Macron passe sous silence le fait que les premiers à avoir fait sécession d'avec le peuple ce sont les élites. C'est la thèse de l'historien et sociologue américain Christopher Lasch en 1995 (La Révolte des élites et la trahison de la démocratie), thèse reprise et développée par le géographe Christophe Guilluy (La France périphérique, 2014, et No Society. La fin de la classe moyenne occidentale, 2018.)

 

C'est une atteinte à loi naturelle (la liberté des parents d'éduquer leurs enfants), et une nouvelle atteinte à une liberté fondamentale.

Voici quelques citations de grandes consciences républicaines sur l'éducation :

 

"Il faut pourtant gagner à notre Ordre le commun du peuple : le grand moyen pour cela est l'influence sur les écoles (...) C'est à la jeunesse qu'il faut aller, c'est elle qu'il faut séduire, elle qu'il faut entrainer, sans qu'elle s'en doute... Allez à la jeunesse, et si c'est possible jusqu'à l'enfance." (Adam Weishaupt, 1748-1830)

 

"Les enfants appartiennent à la république avant d'appartenir à leurs parents: l'égoïsme des pères pourrait être dangereux pour la République. Voilà pourquoi la liberté que nous leur laissons ne va pas jusqu'à élever leurs enfants autrement qu'à notre gré." (Georges-Jacques Danton, 1759-1794)

 

"Il existe un père de famille qui les comprend tous: c'est l'Etat." (Jules Ferry, 1832-1893)

 

"Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents." (Laurence Rossignol, Secrétaire d'Etat à la famille, en fonction depuis le 9 avril 2014)

 

"Il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire son choix. (...) Et donc, l'école a un rôle fondamental puisque l'école doit dépouiller l'enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l'élever jusqu'à devenir citoyen." (Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale)

 

"Vous devez sans cesse former de nouveaux plans, afin de voir comment on peut dans vos provinces s'emparer de l'éducation publique, du gouvernement ecclésiastique, des chaires d'enseignement et de prédication." (Adam Weishaupt, Code des Illuminés de Bavière, 1777. Cf. Barruel, Opus. cit., t. II, p, 243, édition de 1819, cité in Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Editions DMM, Niort 1998, p. 260.)

 

Il faut "saisir les enfants à l'époque où ils reçoivent des impressions décisives, pour préparer des hommes dignes de la République" (Robespierre, 13 août 1793, Archives parlementaires, 1/72/126/1, cité in Xavier MARTIN, Nature humaine et Révolution française, Du siècle des Lumières au Code Napoléon, Dominique Martin Morin, Mayenne 2002, p. 112.)

 

"La patrie seule a le droit d'élever ses enfants " (Robespierre, 18 floréal an II, Arch. parlem., 1/82/138/2, cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 112.)

 

"Il y a cette idée qu'en dépaysant les personnes et en agissant sur l'éducation on peut améliorer les races." (Jacques VILLEMAIN, Génocide en Vendée, 1793-1794, ibid., p. 138-139.)

 

"(La famille) est un fédéralisme domestique qui rétrécit les âmes en les isolant" (Robespierre, 18 floréal an II, 7 mai 1794, Archives parlementaires, 1/82/138/2., cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 113.)

 

"Tout se rétrécit dans l'éducation domestique" (Danton, 13 août 1793, Arch. parlem., 1/72/126/2., cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 113.)

 

"Mon fils ne m'appartient pas, il est à la république" (Danton, 13 août 1793, Arch. parlem., 1/72/126/2., cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 112.)

 

"Les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir à leurs parents." (Danton, 22 frimaire an II, 12 décembre 1793: Moniteur n° 84, 24 frimaire, 14 décembre, p. 339/2., cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 112.)

 

"Il serait heureux pour l'espèce humaine que tous les enfants ne connussent point leur père" (Lequinio, Les Péjugés détruits, Paris 1792, p. 144, cité in Xavier Martin, ibid., p. 111.) Lequinio était un député à l'"Assemblée législative" où le signalaient des propositions d'avant-garde... puis conventionnel régicide et représentant en mission particulièrement pugnace...

 

"Toute sa doctrine (à l'éducation par l'État) consiste donc à s'emparer de l'homme dès le berceau, et même avant sa naissance; car l'enfant qui n'est pas né, appartient déjà à la patrie." (Rabaut Saint-Etienne, Arch. parlem., 1/55/346/2., cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 113.)

 

"Elle (l'éducation nationale) s'empare de tout l'homme sans le quitter jamais en sorte que l'éducation nationale n'est pas une institution pour l'enfance, mais pour la vie tout entière" (Rabaut Saint-Etienne, 21 décembre 1792, Arch. parlem., 1/55/346/2, cité in Xavier MARTIN, ibid., p. 115.)

 

"Pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveller, changer ses idées, changer ses lois, changer ses moeurs, changer les hommes, changer les choses, tout détruire, oui, tout détruire puisque tout est à recréer." (Rabaut-Saint-Etienne cité in Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, rééd. Expéditions pamphiliennes 2007, p. 280.)

 

Quel était le point commun de tous ces personnages ? Ils étaient tous francs-maçons..., rosicruciens et autres "illuminés"...

 

À aucun moment le peuple n'a été consulté sur ce programme républicain d'"éducation" des enfants pour les "élever jusqu'à devenir citoyen" (V. Peillon), "pour préparer des hommes dignes de la République" (Robespierre)... À aucun moment la théorie du genre, introduite en douce et sans débat à l'école, n'a été médiatisée, présentée au peuple, discutée ou même approuvée. À aucun moment le peuple non plus n'a été consulté sur l'interdiction de l'école à la maison. La république en marche...

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 15:45

Source: Ermes Dovico, 09-10-2020

La Nuova Bussola Quotidiana

 

Aujourd'hui, jour de sa conversion au catholicisme, est le souvenir de saint Jean Henry Newman, créé cardinal par Léon XIII le 12 mai 1879. Pour l'occasion, l'Anglais a prononcé le fameux Discours sur la note qui contient une dénonciation très lucide - parfois prophétique - de l'idée de l'égalité de toutes les religions et de l'expulsion de la foi de la sphère publique.

Il ne jouit pas encore d'une mémoire obligatoire dans le calendrier général romain (donc à célébrer dans toute l'Église), mais le 9 octobre de cette année tombe le premier anniversaire - tel que canonisé - de John Henry Newman, proclamé saint par le pape François le 13 octobre. 2019.

 

En ce qui concerne l'actualité vraiment extraordinaire du grand converti anglais , il convient de rappeler le discours qu'il prononça le 12 mai 1879, jour où Léon XIII l'a créé cardinal. Commençons par une note historique. Ce n'était pas, pour le pape Pecci, un choix né d'une pensée soudaine. Loin de là. Peu de temps après son élection, le 20 février 1878, au trône papal, Léon XIII avait ainsi répondu à ceux qui lui demandaient quelle serait la ligne de son ministère pétrinien: "Attendez d'avoir vu mon premier cardinal. Vous comprendrez alors quelle sera la note caractéristique de mon pontificat" (cf. John Henry Newman, Edoardo Aldo Cerrato, Edizioni San Paolo, p. 25).

 

Au premier consistoire du pape de Rerum Novarum, le premier cardinal de la liste était, bien entendu, Newman. C'était une façon de reconnaître l'énorme travail qu'il avait accompli, en près de 34 ans de service depuis sa conversion, pour l'Église. Newman, qui n'avait pas manqué d'attaquer, remercia en l'honneur du chapeau de cardinal en prononçant le fameux Discours du billet (1ère source2e source. Ndt) qui contient la dénonciation de deux grands maux liés : le libéralisme / l'indifférentisme religieux et le rejet du christianisme par le pouvoir civil.

 

Concernant le premier mal, déjà opposé dans la phase de "recherche" précédant la conversion de l'anglicanisme, Newman déclarait :

 

"Le libéralisme dans le domaine religieux est la doctrine selon laquelle il n'y a pas de vérité positive en religion, mais qu'une croyance en vaut une autre, et tel est l'enseignement qui gagne chaque jour plus de crédit et de force. Il va contre toute reconnaissance d'une religion vraie. Il enseigne qu'il faut toutes les tolérer, parce qu'elles sont toutes affaires d'opinion, que la religion révélée n'est pas une vérité, mais une question de sentiment et de goût personnel, qu'elle n'est ni un fait objectif ni un fait miraculeux, et que chaque personne a le droit de lui faire dire ce qui frappe son imagination".

 

Le saint a ensuite insisté sur les conséquences de cette pensée relativiste :

 

"Vous pouvez aller dans les églises protestantes et catholiques, vous asseoir à la table des deux et n'appartenir à aucune des deux. Il est possible de fraterniser et d'avoir des pensées et des sentiments spirituels en commun, sans même se poser le problème d'une doctrine commune ou en ressentir le besoin. Par conséquent, puisque la religion est une telle caractéristique personnelle et une telle propriété privée, elle doit absolument être ignorée dans les relations entre les personnes".

 

Si la foi est réduite à un fait privé, elle finit inévitablement par être hors de propos dans la société, qui ne reconnaît plus les vérités révélées, à commencer par les lois et l'éducation. Et c'est le deuxième grand thème abordé par Newman :

 

"Jusqu'à présent, le pouvoir civil était chrétien. Même dans les nations séparées de l'Église, comme dans la mienne, quand j'étais jeune, le dicton était toujours valable : "Le christianisme est la loi du pays". Or, cette structure civile de la société, qui était la création du christianisme, rejette le christianisme. Le dicton, et bien d'autres qui ont suivi, a disparu ou est en train de disparaître, et à la fin du siècle, si Dieu n'intervient pas, il sera complètement oublié. Jusqu'à présent, on pensait que la religion avec ses sanctions surnaturelles suffisait à assurer la loi et l'ordre à notre population; maintenant les philosophes et les politiciens ont tendance à résoudre ce problème sans l'aide du christianisme".

 

Une vision complètement horizontale de la vie suit :

 

"Au lieu de l'autorité et de l'enseignement de l'Église, ils soutiennent avant tout une éducation totalement sécularisée, destinée à faire comprendre à chaque individu qu'être ordonné, travailleur et sobre est à son avantage personnel. Ensuite, ils fournissent les grands principes qui doivent remplacer la religion et que les masses ainsi éduquées devraient suivre, les vérités éthiques fondamentales dans leur sens le plus large, la justice, la bienveillance, l'honnêteté, etc. l'expérience acquise; et ces lois naturelles qui existent et agissent spontanément dans la société et dans les choses sociales, à la fois physiques et psychologiques, par exemple dans le gouvernement, le commerce, les finances, les soins de santé et les relations entre les nations. Quant à la religion, c'est un luxe privé, que l'on peut se permettre, si l'on veut, mais que l'on doit évidemment payer, et que l'on ne peut ni imposer aux autres ni les ennuyer en le pratiquant soi-même."

 

Face à cet athéisme en marche, Newman explique avec la clarté paulinienne :

 

"Les caractéristiques générales de cette grande apostasie sont partout identiques; mais les détails varient d'un pays à l'autre. (…) N'oublions pas qu'il y a beaucoup de bien et de vrai dans la pensée libérale; il suffit de mentionner, par exemple, les principes de justice, d'honnêteté, de sobriété, de maîtrise de soi, de bienveillance qui, comme je l'ai déjà noté, sont parmi ses principes les plus proclamés et constituent les lois naturelles de la société. Ce n'est que lorsque nous nous rendons compte que cette belle liste de principes vise à mettre de côté et à anéantir complètement la religion que nous sommes obligés de condamner le libéralisme. En effet, il n'y a jamais eu de plan de l'Ennemi aussi habilement concocté et avec de plus grandes chances de succès (…).

 

À la fin du discours, le saint anglais a été attristé par la pensée des nombreuses âmes auxquelles le libéralisme ferait du mal, en les trompant. Mais cela a ajouté la certitude consolante de la victoire finale de Dieu et de son Église.

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 13:08

Le 8 octobre, le diocèse de Brooklyn a intenté un procès à l'État de New York pour violation du premier amendement qui garantit le libre exercice de la religion (DioceseOfBrooklyn.org).

Les ordonnances exécutives sur les coronavirus ont laissé à l'évêque Nicholas DiMarzio, 76 ans, "aucune autre option" que d'aller devant les tribunaux car il est en désaccord avec les limites de capacité imposées,

"Nos églises peuvent accueillir de nombreux fidèles, et le fait de ramener notre capacité de masse à 10 personnes maximum en zone rouge et à 25 personnes en zone orange, sans aucun cas significatif, entrave notre droit au culte".

Un diocèse américain se réveille sur les mesures sanitaires

Source: GLORIA.TV

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 19:47
La Statue de Notre-Dame de Guadalupe perdue dans l'ouragan, récupérée 10 ans plus tard par un autre

CNA, 7 octobre 2020 / 08h00 MT ( CNA ) .- Lorsque l'ouragan Alex a frappé l'État mexicain de Nuevo Leon en 2010, le vent arracha de sa base une sculpture en métal de Notre-Dame de Guadalupe dans la ville de Monterrey et la jeta dans la rivière Santa Catarina.

 

Une tentative infructueuse fut faite pour récupérer l'image, mais elle s'était enfouie trop loin sous le lit de la rivière et les autorités locales la remplacèrent par une réplique.

 

Mais ensuite, un autre ouragan a traversé l'État.

 

En juillet, l'ouragan Hanna a ravagé la zone où se trouvait l'ouragan Alex il y a dix ans. Et les vents et les inondations de l'ouragan Hanna ont remodelé le lit de la rivière Santa Catarina. Quand cela s'est produit, la statue de Notre-Dame de Guadalupe a été partiellement dévoilée dans la rivière.

 

Un maçon local, Esteban Ramírez, a trouvé la statue alors qu'il cherchait de la ferraille dans le lit rocheux de la rivière.

 

La statue, haute de près de 42 pieds et pesant dix tonnes, a été récupérée du lit de la rivière. Les travaux ont commencé pour la restaurer.

 

L'archidiocèse de Monterrey a signalé le 1er octobre que les travaux de restauration de l'image progressaient.

 

"Dans quelques jours, la partie structurelle de l'image sera prête", a déclaré l'archidiocèse dans un communiqué.

 

La statue a été initialement placée à Monterrey en 1990, au milieu des préparatifs d'une visite de la ville du pape Saint-Jean-Paul II. Le pape avait béni la statue lors de sa visite.

 

Une entreprise de construction travaille à la rénovation de la statue et prend en charge les dépenses. Lorsque les travaux seront presque terminés, la statue sera placée à la paroisse Notre-Dame, Reine du Mexique dans la ville.

 

Une partie de la charpente métallique de la statue ne sera pas restaurée. Les responsables espèrent que les pièces sans ornements de la statue racontent l'histoire de ses dix ans dans le lit d'une rivière et la Providence de Dieu.

 

La redécouverte de l'image en juillet de cette année était un signe d'espoir pour les catholiques lors de la pandémie de coronavirus, que Notre-Dame les accompagne toujours dans leurs procès, a déclaré l'archidiocèse de Monterrey.

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 18:04

"Dans la fraternité universelle syncrétiste, il y a une volonté millénariste sous-jacente qui est de recréer une Paradis terrestre mais en dehors du nom de Jésus qui est comme en trop", " les prêches même de Saint François d'Assise au sultan d'Egypte al-Malik al-Kâmil, ou aux animaux, ses frères, c'était toujours dans le but de les convertir et non dans le but d'établir une simple fraternité horizontale conçue comme une fin en soi" : nous le disions dans notre commentaire de l'encyclique Tous Frères du pape François publié le 3 octobre. Nous trouvons la même analyse aujourd'hui dans cet article de Luisella Scrosati pour La Nuova Bussola Quotidiana : "Tous Frères omet l'affirmation initiale de la seule vraie religion en pliant à la fois l'Église et la liberté à une fonctionnalité horizontale. La relativisation de la foi chrétienne est admise et l'idée est avancée que l'Évangile est une des sources d'inspiration pour réaliser la fraternité universelle. Ainsi l'Église prend sa place parmi les architectes d'un monde sans le Christ."

Tous frères, mais la liberté religieuse est sans le Christ

 

07-10-2020

 

Luisella Scrosati

 

Tous Frères omet l'affirmation initiale de la seule vraie religion en pliant à la fois l'Église et la liberté à une fonctionnalité horizontale. La relativisation de la foi chrétienne est admise et l'idée est avancée que l'Évangile est une des sources d'inspiration pour réaliser la fraternité universelle. Ainsi l'Église prend sa place parmi les architectes d'un monde sans le Christ.

 

 

Dans la nouvelle encyclique Tous Frères il y a un peu de tout, sans ordre et sans clarté. En fait, ce n'est pas un excellent compliment, mais il est difficile de dire le contraire. Au sein de ce genre de bazar, l'attention s'est portée en particulier sur les paragraphes consacrés à la liberté religieuse. Au n° 279, François écrit : "Nous, chrétiens, nous demandons la liberté dans les pays où nous sommes minoritaires, comme nous la favorisons pour ceux qui ne sont pas chrétiens là où ils sont en minorité. Il y a un droit fondamental qui ne doit pas être oublié sur le chemin de la fraternité et de la paix. C’est la liberté religieuse pour les croyants de toutes les religions. Cette liberté affirme que nous pouvons « trouver un bon accord entre cultures et religions différentes ; elle témoigne que les choses que nous avons en commun sont si nombreuses et si importantes qu’il est possible de trouver une voie de cohabitation sereine, ordonnée et pacifique, 

 

La liberté religieuse, dans le paragraphe susmentionné, est liée à la contribution que toutes les religions peuvent apporter à la réalisation d'une forme pacifique de coexistence; elle est fonctionnelle à la création d'une fraternité universelle, à laquelle chaque religion offre les "nombreuses choses" qu'elle a en commun avec les autres. Il est intéressant de noter que le texte ne fait pas référence, comme on aurait pu s'y attendre, à la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse; il est plutôt précédé, au n° 277, extrait de la citation, soigneusement tronquée, de n. 2 de Nostra Aetate. Ces deux détails - l'omission de Dignitatis Humanae et la présence de la déclaration sur le dialogue interreligieux chirurgicalement, comme nous le verrons, choisie - ne sont pas sans effet. Et malheureusement, cet effet semble menacer les fondements de la Révélation, pour être plutôt fonctionnel au "nouvel humanisme" sans Jésus-Christ, qui s'établit à grands pas.

 

Mais allons-y dans l'ordre. DH commence par l'affirmation claire que "Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et le bonheur dans le Christ. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique à laquelle le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes". Tel est l'horizon insurmontable dans lequel doit se placer la défense de la liberté religieuse; un horizon, on le voit, qui exorcise la tentation de l'indifférentisme religieux et indique à l'Église le chemin de l'évangélisation comme une obligation irremplaçable. Dans ce contexte, la liberté religieuse n'est donc pas la légitimation de la revendication d'individus ou de groupes de choisir la religion qu'ils aiment; elle est encore moins le point d'arrivée de l'action de l'Église, mais la condition minimale pour que la personne puisse, sans contraintes, s'ouvrir à la reconnaissance de l'initiative également libre de Dieu, de se donner à l'homme dans le Christ et dans l'Église, même si cette reconnaissance, sur un plan contingent, peut ne pas se produire, ou ne se produire que partiellement. C'est une limite imposée aux pouvoirs extérieurs, en premier lieu l'État, en vertu non pas de l'arbitraire, mais du fait qu'il est propre à l'homme de chercher librement la vérité sur lui-même, sur le monde et sur Dieu. Il s'agit donc d'affirmer la dimension délicieusement verticale et spirituelle de l'homme, face à des réductionnismes nombreux et répétés.

 

Que font tous les frères à la place? Ils omettent complètement l'affirmation primaire de la seule vraie religion et de la mission de l'Église, oublient la dimension verticale de la liberté religieuse et plie l'Église et la liberté à une fonctionnalité horizontale. Au n° 276 on lit en effet: "L'Eglise a un rôle public qui ne se borne pas à des activités d'assistance ou d'éducation", mais qui favorise "la promotion de l'homme et de la fraternité universelle". Il n'y a aucune mention de la mission surnaturelle de l'Église, sans laquelle il ne peut y avoir de promotion humaine, ni de fraternité authentique.

 

Le numéro suivant est l'admission flagrante de complète relativisation de la foi chrétienne et immanentisation de la mission de l'Église. 277 rappelle en fait Nostra Aetate, 2, mais en omettant ces incisions et passages inconfortables; tout d'abord la remarque qui précise que, tout en reconnaissant le bien présent dans les autres religions, elles "diffèrent en bien des points de ce que [l'Église] elle-même croit et propose"; et puis, ce qui est encore plus grave, le paragraphe qui rappelle le devoir impératif de l'Église d'annoncer Jésus-Christ est complètement omis, sans se limiter à la simple reconnaissance des biens présents dans les autres religions. L'Église en effet "annonce, et elle tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est 'la voie, la vérité et la vie' (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses" (NA, 2).

 

Mais dans la nouvelle encyclique, il n'y a aucune trace de cette obligation précise de l'Église, qui est le sens de son existence. En effet, la suite du n° 277 est encore pire; non seulement l'Évangile est radicalement réduit à une dimension horizontale, à une musique sans laquelle "nous aurons perdu la joie qui jaillit de la compassion, la tendresse qui vient de la confiance, la capacité de réconciliation qui trouve sa source dans le fait de savoir que nous sommes toujours pardonnés-envoyés Et "nous aurons éteint la mélodie qui nous a poussés à lutter pour la dignité de chaque homme et femme". Mais même l'idée est avancée que l'Évangile est simplement l'une des sources d'inspiration pour réaliser cette merveilleuse fraternité universelle: "D'autres boivent d'autres sources. Pour nous, cette source de dignité humaine et de fraternité réside dans l'Évangile de Jésus-Christ".

 

Mais dans la nouvelle encyclique, il n'y a aucune trace de cette obligation précise de l'Église, qui est le sens de son existence. Au contraire, la suite du n° 277 est encore pire ; non seulement l'Evangile est réduit de façon drastique à une dimension horizontale, à une musique sans laquelle "nous aurons perdu la joie qui jaillit de la compassion, la tendresse qui naît de la confiance, la capacité de la réconciliation qui trouve sa source dans le fait de se savoir toujours pardonnés" et "nous aurons éteint la mélodie qui nous pousse à lutter pour la dignité de tout homme et de toute femme ". Mais il y a même l'idée que l'Evangile est simplement une des sources d'inspiration pour réaliser cette merveilleuse fraternité universelle : "D’autres s’abreuvent à d’autres sources. Pour nous, cette source de dignité humaine et de fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus-Christ."

 

Un déiste anglais du XVIIe ou XVIIIe siècle, ou un von Harnack, n'aurait pas écrit autrement. La personne divine de Jésus-Christ, sa médiation universelle sont complètement réduites au silence; l'ordre de la nature - qui dans l'encyclique est avant tout l'affirmation d'une coexistence légitime entre différentes religions - se détache de celui de la grâce. L'ordre social - dans la vision de François - peut être autonome, l'unité de la race humaine est réalisée indépendamment de l'adhésion à Jésus-Christ et de l'action surnaturelle de l'Église. Plutôt. L'Évangile est simplement l'une des sources qui peuvent contribuer au bien commun.

 

Lors de la rencontre interreligieuse (naturellement) discutée et discutable à Assise, en 1986, Jean-Paul II, sur la place inférieure de la basilique Saint-François, avait témoigné du Christ, le seul Sauveur, devant tous les représentants des autres religions réunis: "Je professe à nouveau ma conviction, partagée par tous les chrétiens, qu'en Jésus-Christ, en tant que Sauveur de tous, la vraie paix doit être recherchée". Quelques jours plus tôt, le 22 octobre, le même pontife, lors de l'audience générale, avait ainsi clairement résumé l'enseignement d' Ad Gentes : "Selon le Concile, l'Église est de plus en plus consciente de sa mission et de son devoir, voire de sa vocation essentielle d'annoncer au monde le vrai salut qui ne se trouve qu'en Jésus-Christ, Dieu et l'homme. Oui, ce n'est qu'en Christ que tous les hommes peuvent être sauvés. [...]. Consciente de la vocation commune de l'humanité et du plan unique du salut, l'Église se sent connectée à chacun, comme le Christ "s'est uni d'une certaine manière à chaque homme". Et à tous et à chacun, il proclame que le Christ est le centre du monde créé et de l'histoire".

 

Tous Frères décident plutôt d'éteindre cette annonce, de faire accueillir l'Église parmi les architectes d'un monde nouveau sans le Christ, de donner le feu vert à l'idée que l'unité du genre humain peut être réalisée indépendamment de la personne divine du Christ, le cas échéant, utiliser l'Évangile comme l'un des nombreux textes inspirants des principes humanitaires.

___________

Add. 11-10-2020. Gloria.tv. Spécialiste reconnu de l'Eglise catholique, Boulevard Voltaire (bvoltaire.fr) a demandé à Laurent Dandrieu, rédacteur en chef des pages culture et religion de Valeurs Actuelles de nous éclairer sur le contenu de la nouvelle encyclique du pape François : 

 

"C'est une encyclique très décevante, d'une part parce que le pape fait part d'une théologie très horizontale. C'est une encyclique sociale qui par définition se préoccupe de questions économiques et sociales avant tout, mais là, on est vraiment dans une théologie qui ne parle pas beaucoup de Dieu, qui ne parle pas beaucoup d'espérance et qui finalement finit presque par ressembler à une forme de sociologie un peu améliorée.

"La deuxième chose est que c'est une encyclique auto-référentielle. C'est assez surprenant parce que le pape François aime bien critiquer ceux qu'il accuse de faire de l'Eglise un système auto-référentiel et en fait ce qui est très frappant dans cette encyclique c'est qu'il se cite tout le temps. Je pense qu'il y a sur les 300 notes qu'il y a à la fin de son encyclique il y en a à peu près les deux tiers qui font référence à de précédentes interventions du pape François. Et cela fait un peu penser à la critique que le cardinal Müller avait faite du texte préparatoire sur le synode en Amazonie où il avait dit que finalement c'était une 'herméneutique inversée', c'est-à-dire qu'au lieu que cela soit la tradition de l'Eglise qui nourrisse la pensée, la tradition n'est invoquée, éventuellement, que comme support pour étayer des idées pré-existantes mais qui ne puisent pas leurs sources dans la tradition.

"La troisième chose c'est que c'est une encyclique très personnelle au point que l'on se demande effectivement si le pape François est bien dans la continuité du Magistère ou s'il n'est pas en train d'inventer une théologie qui lui soit propre. Et c'est assez net sur la question de la 'guerre juste'.  par exemple, où il prend le contre-pied sur cette question traditionnelle multiséculaire de l'Eglise, sans vraiment argumenter. 

"[...] C'est un texte très politique dont le corps du texte repose sur une dialectique entre ce que devrait être un bon universalisme et ce que devrait être une bonne mondialisation et la nécessité d'accueillir les migrants. Et il y a une réflexion intéressante sur l'universalisme qui ne doit pas être une mondialisation niveleuse qui gomme et qui cherche à effacer les identités des peuples, mais dans le même temps le pape dénie aux frontières la légitimité d'interdire à un même la possibilité d'aller chercher des conditions de vie meilleures ailleurs, et il a des phrases assez fortes pour dire que les biens de la terre devant être considérées comme devant aller à tous, nul ne peut s'opposer à ce que l'étranger considère chaque pays comme son pays. Et donc le pape reconnaît à la fois qu'une immigration forte modifie en profondeur la culture du pays d'accueil et il ne voit pas la contradiction avec le fait qu'il prône la défense et la préservation des identités des peuples. Mais alors il ne parle probablement pas aux peuples européens et occidentaux, il parle des peuples ex-colonisés, des peuples du Tiers-Monde."

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 17:31

"Les prêches même de Saint François d'Assise au sultan d'Egypte al-Malik al-Kâmil, ou aux animaux, ses frères, c'était toujours dans le but de les convertir" : nous le disions dans notre commentaire de l'encyclique Tous Frères du pape François. C'est confirmé aujourd'hui par des experts dans cet article sur LifeSiteNews : 

 

Le pape François a utilisé un récit trompeur de saint François d'Assise dans Fratelli Tutti, selon des experts

 

Le pape François avait dépeint Saint François d'Assise comme un précurseur du dialogue interreligieux moderne.

 

Mer.7 oct.2020 - 8h28 EST

L'image sélectionnée

VATICAN CITY, 7 octobre 2020 ( LifeSiteNews ) - Le portrait de Saint François d'Assise comme précurseur du dialogue interreligieux moderne dépeint par le pape François dans sa nouvelle encyclique Fratelli Tutti ne rend pas justice à l'original, disent les experts.

 

Dans le préambule de Fratelli Tutti, le pape François parle de la mission de saint François auprès du sultan Malik-el-Kamil à Damiette, en Égypte : 

 

La fidélité à son Seigneur était proportionnelle à son amour pour ses frères et sœurs. Bien que conscient des difficultés et des dangers, saint François est allé à la rencontre du Sultan en adoptant la même attitude qu’il demandait à ses disciples, à savoir, sans nier leur identité, quand ils sont « parmi les sarrasins et autres infidèles … de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu ». Dans ce contexte, c’était une recommandation extraordinaire. Nous sommes impressionnés, huit-cents ans après, que François invite à éviter toute forme d’agression ou de conflit et également à vivre une ‘‘soumission’’ humble et fraternelle, y compris vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas sa foi.

 

Cependant, ce récit de l'histoire de saint François et du sultan a été contredit par les journalistes et les universitaires qui soutiennent qu'il est en contradiction avec les récits historiques.

 

Le Dr Samuel Gregg, directeur de recherche de l'Action Institute, a souligné dans Catholic World Report que Saint François n'était pas le personnage "doux et mielleux" que François semble suggérer.

 

"Lorsque le sultan a demandé à François et à son compagnon le but de sa visite, le saint 'est allé immédiatement droit au but. Il était l'ambassadeur du Seigneur Jésus-Christ et était venu pour le salut de l'âme du sultan. Francis a exprimé sa volonté d'expliquer et de défendre le christianisme'", a raconté Gregg, citant le spécialiste Augustine Thompson OP, Francis of Assisi: A New Biography (2012).

 

"Ce qui a suivi a été un échange de déclarations de François et des conseillers religieux du sultan (qui ont dit au sultan d'exécuter François pour "prêche contre Muhammad et l'islam") dans lequel les deux parties ont exposé les revendications de vérité respectives du christianisme et de l'islam. François s'est alors engagé dans une 'longue conversation' avec le sultan dans laquelle il 'a continué à exprimer sa foi chrétienne dans le Seigneur crucifié et sa promesse de salut'', a poursuivi Gregg.

 

"À aucun moment, le saint, souligne Thompson, n'a dit du mal du prophète Mahomet. Mais François n'était pas là pour un échange de plaisanteries diplomatiques. Il voulait convertir le sultan au christianisme par la parole et l'action."

 

Gregg a dit qu'il soulevait ces faits parce que, contrairement à la description de la rencontre trouvée dans Fratelli tutti, le "saint se souciait d'aborder la question de la vérité religieuse". Ainsi, l'encyclique "manquait" dans sa description.

 

Le professeur Roberto de Mattei a moins pardonné la fausse représentation de saint François par le pape François.

 

"Le pape François présente [la visite au sultan] comme une recherche de dialogue, alors que toutes les sources de l'époque disent que saint François voulait convertir le sultan et soutenait les croisés qui combattaient en Terre sainte", a-t-il déclaré dans une déclaration enregistrée pour RadioRomaLibera.org .

 

"Mais la rencontre entre saint François et le sultan a échoué, et le pape Bergoglio semble vouloir démontrer qu'il est plus capable que saint François de mener à bien le projet, à commencer par le document d'Abu Dhabi."

 

La Déclaration d'Abu Dhabi de 2019 a soutenu que Dieu voulait "le pluralisme et la diversité des religions" de la même manière qu'il a voulu une diversité de sexe et de couleur de peau. Le document a été signé par le pape François et le grand imam musulman d'al-Azhar, Ahmed el-Tayeb.

 

Cependant, il est peu probable que le pape François lui-même ait été le premier à présenter saint François comme un précurseur du dialogue interreligieux moderne.

 

Selon Church Militant, un compte rendu révisionniste des efforts missionnaires du saint parmi les musulmans pendant la cinquième croisade a été publié par les franciscains eux-mêmes en 2019. Saint François et le sultan, 1219-2019 : Un livret commémoratif , produit par les frères franciscains mineurs (OFM), "rétrograde les sources primaires qui rapportent la rencontre de saint François avec le sultan comme étant 'fortement hagiographique ou stéréotypiquement hostile à l'islam, ce qui fait échouer nos tentatives de rassembler une image claire de ce qui aurait pu réellement se passer lors de cette rencontre mémorable'", a rapporté Church Militant.

 

L'image de François comme quelqu'un qui est entré dans le dialogue interreligieux avec l'Islam et est rentré chez lui édifié a été promue par le chef des Frères mineurs, le frère Michael A. Perry.

 

"Peut-être était-ce [Saint] François, et non al-Kamil, qui avait besoin d'être 'converti' après tout", a écrit Alison Kenny de Salt and Light Media au Canada peu après la publication du livret.

 

Il existe plusieurs sources médiévales d'histoires sur saint François, l'une écrite par son presque contemporain saint Bonaventure en 1260, 34 ans après la mort du saint. Selon la Vie de saint François de saint Bonaventure, le fondateur de l’ordre franciscain aspirait à être martyrisé et l’avait en vue lors de ses diverses missions de conversion des musulmans au christianisme.

 

Selon l'histoire de saint François et du sultan de saint Bonaventure, le saint et son compagnon ont été battus par les soldats du sultan avant d'être traînés devant lui. Lorsque le sultan a demandé à François qui l'avait envoyé et pourquoi, le saint a dit que Dieu l'avait envoyé prêcher l'Évangile.

 

Le sultan a été si impressionné qu'il demanda à François de rester avec lui, mais François a répondu qu'il ne resterait que si le sultan et son peuple se convertissaient "au Christ". Il a également suggéré que lui et les conseillers religieux actuels du sultan subissent ensemble un procès par le feu. Cela ne s'est pas produit, car, comme l'a souligné le sultan, ses aumôniers n'étaient pas disposés à le faire.

 

François a alors proposé de faire cavalier seul mais le sultan, craignant apparemment une rébellion s'il acceptait le Christ, a essayé d'amadouer François avec "de nombreux cadeaux coûteux". Lorsque François les rejeta, le sultan fut encore plus impressionné. Malheureusement, selon l'histoire de Saint-Bonaventure, François n'a pas été impressionné par le sultan, ne voyant aucune "racine de vraie piété" en lui, a abandonné sa mission et est rentré chez lui.

___________

Add. 11-10-2020. Gloria.tv. Spécialiste reconnu de l'Eglise catholique, Boulevard Voltaire (bvoltaire.fr) a demandé à Laurent Dandrieu, rédacteur en chef des pages culture et religion de Valeurs Actuelles de nous éclairer sur le contenu de la nouvelle encyclique du pape François : 

 

"[...] Il est assez peu question de conversion. Et c'est assez choquant, dans cette encyclique, de voir qu'elle commence par un éloge de l'imam de l'université d'Al-Azhar (FT 5) et une instrumentalisation d'une citation de saint François d'Assise qui est, d'ailleurs, un peu tronquée par le pape et détournée de son sens. C'est-à-dire que le Pape raconte cette anecdote de saint François allant rencontrer le sultan en 1219 et en revenant Saint François dit à ses disciples 'quand vous êtes en pays musulmans, il faut ne pas chercher ni dispute ni querelle mais avoir une attitude soumise à leurs égards'. Sauf que le pape oublie la fin de la phrase, qui dit qu'il faut avoir une attitude soumise à leurs égards mais néanmoins s'affirmer comme chrétien; cette phrase est passée sous silence. Et par ailleurs cette phrase qu'il cite n'est qu'une partie d'une alternative que le pape ne cite pas. Le second volet de l'alternative dit que 'si toutefois, Dieu vous inspire que c'est le moment de prêcher l'Evangile - je paraphrase - allez-y et faites en sorte que ces gens à qui vous parlez entendent la Bonne nouvelle, se convertissent et se fasse baptiser.'

"Je trouve cela extrêmement significatif que le pape transforme cette phrase de Saint François  qui est juste un appel à la courtoisie et à la prudence quand on évangélise pour ne pas prêcher à torts et à travers, dans toutes les circonstances, mais uniquement quand les circonstances s'y prêtent et que le pape transforme cette phrase en un 'appel' - c'est lui qui emploie ce mot - à la soumission.

"Que le pape François emploie dans le contexte géopolitique actuel le mot de soumission dans un passage d'une encyclique qui rend hommage à l'islam (FT 5) je trouve cela terriblement inquiétant sur sa méconnaissance des réalités géopolitiques et peut-être aussi malheureusement du poids des mots.

"Je pense qu'il y a une part d'angélisme dans la façon dont le pape décrit dans son encyclique la possibilité de concilier l'ouverture maximale des frontières sans que cela ne rpovoque du tout de choc entre les peuples. C'est malheureusement de la politique qui ignore le droit des nations, le droit de tous les peuples à conserver leurs identités, et qui ignore le bien commun ou ne le voit plus que sous l'angle d'un bien commun universel, et mondialisé d'une certaine façon. Ce qui ne me paraît pas très conforme à la doctrine traditionnelle de l'Eglise." (Fin de citation)

 

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 00:00
Notre-Dame du Rosaire - Fête

1. Fête Notre-Dame du Rosaire

En reconnaissance à Marie pour la victoire de Lépante sur les Turcs le 7 octobre 1571, le pape saint Pie V institua, en 1572, la fête "Notre-Dame de la victoire" le premier dimanche d’octobre. En 1573, son successeur le pape Grégoire XIII l’intitula fête Notre-Dame du Rosaire. Cette fête, célébrée d’abord par une Confrérie, puis dans toute l’Espagne, fut enfin étendue à toute l’Église en 1715 après une nouvelle victoire sur les Turcs.

 

Pie X, en 1913, en fixa la date au 7 octobre. 

 

La fête de Notre Dame du Rosaire s’appelait d'abord Notre Dame de la Victoire pour fêter la victoire de Lépante.

 

 

2. Le mois du Rosaire est le mois d’octobre

Sous le pontificat de Léon XIII, en 1886-87, la congrégation romaine des rites a fait du mois d’octobre le mois du Rosaire. La dévotion au mois du rosaire avait déjà été approuvée par le pape Pie VII au début du XIX° siècle. Ceci est un peu exceptionnel, car l’Église est plus attentive aux temps liturgiques qu’aux mois de l’année. Cependant il en est de même pour le mois de mai. Le mois d’octobre est donc traditionnellement le mois du Rosaire. C’est une dévotion officielle, et pas seulement une dévotion privée qui n’existe pas chez les orthodoxes et les protestants.

 

Le mois du rosaire a été recommandé comme tel par le pape Benoît XVI le 12 octobre 2005. Le 20 octobre 2008 il a rappelé aussi que le mois d’octobre est aussi le mois des missions. La pratique du chapelet, individuelle ou collective, est donc particulièrement importante durant ce mois.

 

Documents sur le mois du rosaire

 

Le mois d’octobre, mois du rosaire (catholique)

 

 

3. Les équipes du Rosaire

Les équipes du Rosaire sont nées en 1955. Ce sont de petits groupes de personnes qui se réunissent chaque mois pour réciter et méditer. Ils se rassemblent soit au domicile d’un des membres, soit dans une salle de la paroisse. Les membres de l’équipe méditent aussi chaque jour personnellement un mystère. Les équipes du Rosaire sont présentes dans de nombreux diocèses.

 

Tous les mois, le Secrétariat national envoie à chacun des membres des équipes du Rosaire un petit bulletin. On y trouve un texte de la parole de Dieu, un guide pour réfléchir sur le mystère et sur sa vie et enfin une prière de louange et d’intercession. Les membres des équipes du Rosaire participent au pèlerinage du Rosaire.

 

Le pèlerinage du Rosaire

 

Le pèlerinage du Rosaire a été fondé en 1908. Il est organisé par les pères dominicains. Il rassemble chaque année près de 40 000 personnes, si l’on excepte la période 1938 à 1948 où il a eu beaucoup de difficultés. Préparé par les membres des équipes du Rosaire il est le pèlerinage à Lourdes le plus important de l’année en nombre de participants.

 

 

1. Date du pèlerinage du Rosaire

La date du pèlerinage du Rosaire est autour du 7 octobre. Elle résulte de la date de la fête Notre-Dame du Rosaire.

 

2. Retraite spirituelle

Tout au long du pèlerinage du Rosaire de nombreuses rencontres sont proposées : quatre journées de prière et de réflexion, animées par les dominicains. Tout en ayant une caractéristique mariale, cette prière a un centre christologique. Le pèlerinage du Rosaire est conçu comme une retraite spirituelle sur le thème de l’année. Il est différent du pèlerinage des assomptionnistes du 15 août qui est centré sur la fête de l’Assomption.

 

3. Thème annuel

Chaque année il y a un thème : en 2005 : "Venez à moi, vous tous qui peinez" ; en 2006 : "Lumière du Christ" ; en 2007 : "Laissez vous réconcilier". En 2005, c’est le frère Timothy Radcliffe, ancien maître de l’ordre dominicain de 1992 à 2001, qui a assuré la prédication. En 2006, le prédicateur était le frère Jean-Luc Marie Fœrster. En 2007, le pèlerinage du Rosaire a célébré sa centième édition. Le prédicateur était le frère Guy Touton du couvent de Bordeaux. En 2008, sous le titre « Ave Maria », le Pèlerinage du Rosaire du 7 au 10 octobre, qui fête le 150e anniversaire des Apparitions de la Vierge à Bernadette, propose de mieux comprendre la mission, le rôle et la fonction de Marie dans le projet de Dieu.

 

4. Célébrations

Le déroulement quotidien du pèlerinage du rosaire comporte plusieurs célébrations : messe le matin, procession l’après-midi et procession aux flambeaux le soir).

 

5. Les malades

Les malades et handicapées ont aussi leur place au pèlerinage du Rosaire. Le nombre des pèlerins malades et handicapés emmenés est habituellement d’environ 130 ces dernières années. En 2007, 5000 hospitaliers (médecins, brancardiers, infirmières, accompagnateurs) étaient présents pour les 1800 personnes malades et handicapées inscrites au pèlerinage. Il y a un chemin de croix pour les malades et une célébration d’onction des malades.

 

Sources : 1; 2

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 12:45
"Fratelli Tutti" : une longue encyclique de François qui ne mentionne que seize fois le nom de Jésus

Le Pape a signé l'encyclique "Fratelli tutti" (en français : "Tous frères") au terme de la messe célébrée à Assise samedi 3 octobre après-midi dans la crypte de la basilique d’Assise. Une célébration très courte, devant seulement une vingtaine de personnes, et sans homélie. (Source) Le Pape a ensuite procédé à la signature de l’encyclique “Fratelli Tutti”, dont le texte est rendu public le 4 octobre. Le titre de l'encyclique, "Tous frères", est directement tiré des Admonitions de saint François d'Assise

 

Le pape expose l'échec de la mondialisation devant le coronavirus : "quand je rédigeais cette lettre, a soudainement éclaté la pandémie de la Covid-19 qui a mis à nu nos fausses certitudes. Au-delà des diverses réponses qu’ont apportées les différents pays, l’incapacité d’agir ensemble a été dévoilée. Bien que les pays soient très connectés, on a observé une fragmentation ayant rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous touchent tous. Si quelqu’un croit qu’il ne s’agirait que d’assurer un meilleur fonctionnement de ce que nous faisions auparavant, ou que le seul message que nous devrions améliorer les systèmes et les règles actuelles, celui-là est dans le déni. " (FT § 7) "L’histoire est en train de donner des signes de recul. Des conflits anachroniques considérés comme dépassés s’enflamment, des nationalismes étriqués, exacerbés, pleins de ressentiments et agressifs réapparaissent." (FT § 11)

"Dans le monde d’aujourd’hui, les sentiments d’appartenance à la même humanité s’affaiblissent et le rêve de construire ensemble la justice ainsi que la paix semble être une utopie d’un autre temps." (FT § 30)
 

Il dénonce un "modèle de globalisation" qui « soigneusement vise une uniformité unidimensionnelle et tente d’éliminer toutes les différences et toutes les traditions dans une recherche superficielle d’unité. [...] Si une globalisation prétend [tout] aplanir […], comme s’il s’agissait d’une sphère, cette globalisation détruit la richesse ainsi que la particularité de chaque personne et de chaque peuple. » (Discours lors de la rencontre pour la liberté religieuse avec la communauté hispanique et d’autres immigrés, Philadelphie - États-Unis (26 septembre 2015.) Ce faux rêve universaliste finit par priver le monde de sa variété colorée, de sa beauté et en définitive de son humanité. En effet [...] « notre famille humaine a besoin d’apprendre à vivre ensemble dans l’harmonie et dans la paix sans que nous ayons besoin d’être tous pareils ! ». (Discours aux jeunes, Tokyo - Japon, 25 novembre 2019 : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 3 décembre 2019, p. 10.) (FT § 100)

"L’universel ne doit pas être l’empire homogène, uniforme et standardisé d’une forme culturelle dominante unique qui finalement fera perdre au polyèdre ses couleurs et aboutira à la lassitude. C’est la tentation exprimée dans le récit antique de la tour de Babel : la construction d’une tour qui puisse atteindre le ciel n’exprimait pas l’unité entre les différents peuples à même de communiquer à partir de leur diversité. C’était plutôt une tentative malavisée, née de l’orgueil et de l’ambition, de créer une unité différente de celle voulue par Dieu dans son plan providentiel pour les nations (cf. Gn 11, 1-9)." (FT § 144)

François fait une fine critique des Black Lives Matters aux Etats-Unis, sans les nommer 

"Tout comme il n’est pas de dialogue avec l’autre sans une identité personnelle, de même il n’y a d’ouverture entre les peuples qu’à partir de l’amour de sa terre, de son peuple, de ses traits culturels. Je ne rencontre pas l’autre si je ne possède pas un substrat dans lequel je suis ancré et enraciné, car c’est de là que je peux accueillir le don de l’autre et lui offrir quelque chose d’authentique. Il n’est possible d’accueillir celui qui est différent et de recevoir son apport original que dans la mesure où je suis ancré dans mon peuple, avec sa culture. Chacun aime et prend soin de sa terre avec une attention particulière et se soucie de son pays, tout comme chacun doit aimer et prendre soin de sa maison pour qu’elle ne s’écroule pas, car les voisins ne le feront pas." (FT § 143)

"Il y a une fausse ouverture à l’universel procédant de la superficialité vide de celui qui n’est pas capable de pénétrer à fond les réalités de sa patrie, ou bien de celui qui nourrit un ressentiment qu’il n’a pas surmonté envers son peuple. [...] Il est nécessaire d’enfoncer ses racines dans la terre fertile et dans l’histoire de son propre lieu, qui est un don de Dieu. On travaille sur ce qui est petit, avec ce qui est proche, mais dans une perspective plus large. […] Ce n’est ni la sphère globale, qui annihile, ni la partialité isolée, qui rend stérile, c’est le polyèdre où, en même temps que chacun est respecté dans sa valeur, « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci." (FT § 145)

"On observe la pénétration culturelle d’une sorte de ‘‘déconstructionnisme’’, où la liberté humaine prétend tout construire à partir de zéro. Elle ne laisse subsister que la nécessité de consommer sans limites et l’exacerbation de nombreuses formes d’individualisme. [...] C’est dans ce sens qu’allait un conseil que j’ai donné aux jeunes : « Si quelqu’un vous fait une proposition et vous dit d’ignorer l’histoire, de ne pas reconnaître l’expérience des aînés, de mépriser le passé et de regarder seulement vers l’avenir qu’il vous propose, n’est-ce pas une manière facile de vous piéger avec sa proposition afin que vous fassiez seulement ce qu’il vous dit ? Cette personne vous veut vides, déracinés, méfiants de tout, pour que vous ne fassiez confiance qu’à ses promesses et que vous vous soumettiez à ses projets. C’est ainsi que fonctionnent les idéologies de toutes les couleurs qui détruisent (ou dé-construisent) tout ce qui est différent et qui, de cette manière, peuvent régner sans opposition. Pour cela elles ont besoin de jeunes qui méprisent l’histoire, qui rejettent la richesse spirituelle et humaine qui a été transmise au cours des générations, qui ignorent tout ce qui les a précédés." (Exhort. ap. post-syn. Christus vivit (25 mars 2019), n. 181.)  (FT § 13)

François dénonce ainsi "les nouvelles formes de colonisation culturelle". [...] « Les peuples qui aliènent leur tradition, et qui par une manie imitative, par violence sous forme de pressions, par une négligence impardonnable ou apathie, tolèrent qu’on leur arrache leur âme, perdent, avec leur identité spirituelle, leur consistance morale et, enfin, leur indépendance idéologique, économique et politique » (Card. Raúl Silva Henríquez, S.D.B., Homélie lors du Te deum à Santiago du Chili, 18 septembre 1974). Un moyen efficace de liquéfier la conscience historique, la pensée critique. [...] Que signifient aujourd’hui des termes comme démocratie, liberté, justice, unité ? Ils ont été dénaturés et déformés pour être utilisés comme des instruments de domination, comme des titres privés de contenu pouvant servir à justifier n’importe quelle action." (FT § 14)

"Les conflits locaux et le désintérêt pour le bien commun sont instrumentalisés par l’économie mondiale pour imposer un modèle culturel unique. Cette culture fédère le monde mais divise les personnes et les nations, car « la société toujours plus mondialisée nous rapproche, mais elle ne nous rend pas frères » (Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 19.) Plus que jamais nous nous trouvons seuls dans ce monde de masse qui fait prévaloir les intérêts individuels et affaiblit la dimension communautaire de l’existence. Il y a plutôt des marchés où les personnes jouent des rôles de consommateurs ou de spectateurs. L’avancée de cette tendance de globalisation favorise en principe l’identité des plus forts qui se protègent, mais tend à dissoudre les identités des régions plus fragiles et plus pauvres, en les rendant plus vulnérables et dépendantes. La politique est ainsi davantage fragilisée vis-à-vis des puissances économiques transnationales qui appliquent le ‘‘diviser pour régner’’." (FT § 12)

"Liberté, égalité et fraternité. L’individualisme ne nous rend pas plus libres, plus égaux, plus frères. La simple somme des intérêts individuels n’est pas capable de créer un monde meilleur pour toute l’humanité. Elle ne peut même pas nous préserver de tant de maux qui prennent de plus en plus une envergure mondiale. Mais l’individualisme radical est le virus le plus difficile à vaincre. Il nous trompe. Il nous fait croire que tout consiste à donner libre cours aux ambitions personnelles, comme si en accumulant les ambitions et les sécurités individuelles nous pouvions construire le bien commun. (FT § 105) 

"Si la société est régie principalement par les critères de liberté du marché et d’efficacité, il n’y a pas de place pour eux et la fraternité est une expression romantique de plus. (FT § 109) 

« Une liberté économique seulement déclamée, tandis que les conditions réelles empêchent beaucoup de pouvoir y accéder concrètement […] devient un discours contradictoire » (Lettre enc. Laudato si´, 24 mai 2015, n. 129). Des termes comme liberté, démocratie ou fraternité se vident de leurs sens. (FT § 110)

"Il y a en effet aujourd’hui la tendance à une revendication toujours plus grande des droits individuels – je suis tenté de dire individualistes –, qui cache une conception de la personne humaine détachée de tout contexte social et anthropologique, presque comme une « monade » (monás), toujours plus insensible. […] Si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné au bien plus grand, il finit par se concevoir comme sans limites et, par conséquent, devenir source de conflits et de violences ». (Discours au Parlement européen, Strasbourg, 25 novembre 2014) (FT § 111)

Le pape forme le vœu "qu’en cette époque que nous traversons, en reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous puissions tous ensemble faire renaître un désir universel d’humanité. Tous ensemble : « Voici un très beau secret pour rêver et faire de notre vie une belle aventure. Personne ne peut affronter la vie de manière isolée. […] Nous avons besoin d’une communauté qui nous soutient, qui nous aide et dans laquelle nous nous aidons mutuellement à regarder de l’avant. ». (FT § 8)

François dénonce la politique du "désespoir" : "La meilleure façon de dominer et d’avancer sans restrictions, c’est de semer le désespoir et de susciter une méfiance constante, même sous le prétexte de la défense de certaines valeurs. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, on se sert du système politique pour exaspérer, exacerber et pour polariser. Par divers procédés, le droit d’exister et de penser est nié aux autres, et pour cela, on recourt à la stratégie de les ridiculiser, de les soupçonner et de les encercler. [...] Et ainsi la société est appauvrie et réduite à s’identifier avec l’arrogance du plus fort. De ce fait, la politique n’est plus une discussion saine sur des projets à long terme pour le développement de tous et du bien commun, mais uniquement des recettes de marketing visant des résultats immédiats qui trouvent dans la destruction de l’autre le moyen le plus efficace. " (FT § 15) "Un projet visant de grands objectifs pour le développement de toute l’humanité apparaît aujourd’hui comme un délire." (FT § 16) 

Il dénonce une "culture vide", "obnubilée par des résultats immédiats et démunie de projet commun", dans laquelle "il est prévisible que, face à l’épuisement de certaines ressources, se crée progressivement un scénario favorable à de nouvelles guerres, déguisées en revendications nobles." (Discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 11 janvier 2016.) Il existe des règles économiques qui se sont révélées efficaces pour la croissance, mais pas pour le développement humain intégral (St. Paul VI, Lettre enc. Populorum progressio, 26 mars 1967, n. 14) La richesse a augmenté, mais avec des inégalités ; et ainsi, il se fait que « de nouvelles pauvretés apparaissent » (Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate , 29 juin 2009, n. 22.) Lorsqu’on affirme que le monde moderne a réduit la pauvreté, on le fait en la mesurant avec des critères d’autres temps qui ne sont pas comparables avec la réalité actuelle. En effet, par exemple, ne pas avoir accès à l'énergie électrique n’était pas autrefois considéré comme un signe de pauvreté. (FT § 17) 

"En observant avec attention nos sociétés contemporaines, on constate de nombreuses contradictions qui conduisent à se demander si l’égale dignité de tous les êtres humains, solennellement proclamée il y a soixante-dix ans, est véritablement reconnue, respectée, protégée et promue en toute circonstance. De nombreuses formes d’injustice persistent aujourd’hui dans le monde, alimentées par des visions anthropologiques réductrices et par un modèle économique fondé sur le profit, qui n’hésite pas à exploiter, à exclure et même à tuer l’homme. Alors qu’une partie de l’humanité vit dans l’opulence, une autre partie voit sa dignité méconnue, méprisée ou piétinée et ses droits fondamentaux ignorés ou violés. Qu’est-ce que cela signifie quant à l’égalité des droits fondée sur la même dignité humaine ?" (FT § 19) 

"Bien que la communauté internationale ait adopté de nombreux accords en vue de mettre un terme à l’esclavage sous toutes ses formes, et mis en marche diverses stratégies pour combattre ce phénomène, aujourd’hui encore des millions de personnes – enfants, hommes et femmes de tout âge – sont privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage. […] Aujourd’hui comme hier, à la racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet. […] La personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, par la force, par la tromperie ou encore par la contrainte physique ou psychologique, est privée de sa liberté, commercialisée, réduite à être la propriété de quelqu’un, elle est traitée comme un moyen et non comme une fin ». Les réseaux criminels « utilisent habilement les technologies informatiques modernes pour appâter des jeunes, et des très jeunes, partout dans le monde ».[21] L’aberration n’a pas de limites quand des femmes sont malmenées, puis forcées à avorter ; l’abomination va jusqu’à la séquestration en vue du trafic d’organes. Cela fait de la traite des personnes et des autres formes actuelles d’esclavage un problème mondial qui doit être pris au sérieux par l’humanité dans son ensemble, car « comme les organisations criminelles utilisent des réseaux globaux pour atteindre leurs objectifs, de même l’engagement pour vaincre ce phénomène requiert un effort commun et tout autant global de la part des divers acteurs qui composent la société »." (FT § 24)

Ayant perçu les points négatifs de la mondialisation, le "modèle culturel unique", le "diviser pour régner" (FT § 12), l'individualisme (FT § 105), les contradictions, le pape conteste aux peuples le droit d'ériger des "barrières", des "murs", et évoque une sorte de devoir d'accueil indéfini et de gouvernance mondiale :  "la tentation de créer une culture de murs, d’élever des murs, des murs dans le cœur, des murs érigés sur la terre pour éviter cette rencontre avec d’autres cultures, avec d’autres personnes. [...] Quiconque élève un mur, quiconque construit un mur, finira par être un esclave dans les murs qu’il a construits, privé d’horizons. Il lui manque, en effet, l’altérité." (FT § 27) "Je comprends que, face aux migrants, certaines personnes aient des doutes et éprouvent de la peur. Je considère que cela fait partie de l’instinct naturel de légitime défense. Mais il est également vrai qu’une personne et un peuple ne sont féconds que s’ils savent de manière créative s’ouvrir aux autres." (FT § 41)

"Chacun de nous est appelé à être un artisan de paix, qui unit au lieu de diviser, qui étouffe la haine au lieu de l’entretenir, qui ouvre des chemins de dialogue au lieu d’élever de nouveaux murs." (FT § 284)

Expliquant "la limite des frontières", le pape avance que "les réponses pourront être seulement le fruit d’un travail commun", en élaborant une législation (gouvernance) globale pour les migrations. (Discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 11 janvier 2016, L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 14 janvier 2016, p. 10.) "Des différentes actions indispensables, les États ne peuvent pas trouver tout seuls des solutions adéquates « car les conséquences des choix de chacun retombent inévitablement sur la Communauté internationale tout entière". (FT § 132)
Si ces arguments étaient vrais, les pays colonisés dans l'histoire n'auraient eu aucun droit à résister à l'arrivée d'autres peuples sur leurs territoires. Du fait de la "limite des frontières", la France aurait par exemples dû "accueillir, protéger, promouvoir et intégrer" (FT

§ 129) les invasions des Huns au Ve siècle, celles des musulmans aux VIII et IXe siècles, celle des Anglais sous sainte Jeanne d'Arc, ou encore celle des Allemands en 1914 / 1940. 

Le pape dénonce toutefois "des trafiquants sans scrupules, souvent liés aux cartels de la drogue et des armes", qui "exploitent la faiblesse des migrants qui, au long de leur parcours, se heurtent trop souvent à la violence, à la traite des êtres humains, aux abus psychologiques et même physiques, et à des souffrances indicibles". Ceux qui émigrent « vivent une séparation avec leur environnement d’origine et connaissent souvent un déracinement culturel et religieux. La fracture concerne aussi les communautés locales, qui perdent leurs éléments les plus vigoureux et entreprenants, et les familles, en particulier quand un parent migre, ou les deux, laissant leurs enfants dans leur pays d’origine ». Par conséquent, il faut aussi « réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre ».(Benoît XVI, Message pour la 99e Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, 12 octobre 2012.) (FT § 38)

François précise que "en s’enrichissant avec des éléments venus d’ailleurs, une culture vivante ne copie pas ou ne reçoit pas simplement mais intègre les nouveautés “à sa façon”. Cela donne naissance à une nouvelle synthèse qui profite finalement à tous, parce que la culture d’où proviennent ces apports finit par être alimentée en retour. C’est pourquoi j’ai exhorté les peuples autochtones à prendre soin de leurs racines et de leurs cultures ancestrales, mais j’ai tenu à clarifier que « mon intention n’est […] pas de proposer un indigénisme complètement fermé, anhistorique, figé, qui se refuserait à toute forme de métissage », puisque « la propre identité culturelle s’approfondit et s’enrichit dans le dialogue avec les différences, et le moyen authentique de la conserver n’est pas un isolement qui appauvrit »." (FT § 148)

"Dans ce contexte", le pape rappelle que le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb et lui-même ont "demandé « aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale, de s’engager sérieusement pour répandre la culture de la tolérance, de la coexistence et de la paix ; d’intervenir, dès que possible, pour arrêter l’effusion de sang innocent » (FT § 192). 

Les peuples autochtones ont-ils vocation à accueillir indéfiniment des vagues successives d'immigration sans aucune limitation ? L'article 2241 du catéchisme de l'Eglise catholique dit que "les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges."

Que se passe-t-il lorsque les éléments venus d'ailleurs deviennent majoritaires sur un territoire, ou lorsque l'immigration dépasse les capacités d'accueil des nations ? Le pape ne le dit pas.

 

Bien qu'il ait écrit cette encyclique à partir de ses "convictions chrétiennes" qui le soutiennent et le nourrissent", le pape François dit avoir "essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté." (FT § 6).

 

Soit, mais la faiblesse majeure de ce document réside dans le fait qu'après avoir longuement évoqué les dangers d'une société d'extension permanente des droits individuels, le pape ne parle à aucun moment des devoirs de l'homme, envers Dieu, qui sont pourtant le remède aux maux dont parle François. 

 

Dans ce document de 287 paragraphes et de 123 pages, le mot Jésus, ou Jésus-Christ, n'est employé que seize fois (FT 56, FT 63, FT 80, FT 81, FT 82, FT 83, FT 84, FT 85, FT 238, FT 240, FT 270, FT 276, FT 277).

 

"Une prière pour la fraternité humaine dans laquelle le nom et la centralité mêmes de Notre Seigneur Jésus-Christ ne sont pas présents est tout sauf chrétienne." (Le Forum catholique). Ainsi, les prêches même de Saint François d'Assise au sultan d'Egypte al-Malik al-Kâmilou aux animaux, ses frères, c'était toujours dans le but de les convertir et non dans le but d'établir une simple fraternité horizontale conçue comme une fin en soi. Dans les prédications de S. François, les animaux même sont des créatures de Dieu qui sont invitées à louer leur Créateur.


En revanche, "dans ce cadre de réflexion sur la fraternité universelle", François dit s'être "particulièrement senti stimulé par saint François d’Assise, et également par d’autres frères qui ne sont pas catholiques : Martin Luther King, Desmond Tutu, Mahatma Mohandas Gandhi et beaucoup d’autres encore." (FT 286)

 

Dans la fraternité universelle syncrétiste, il y a une volonté millénariste sous-jacente qui est de recréer une Paradis terrestre mais en dehors du nom de Jésus qui est comme en trop; Il y a un oubli du Péché originel et de la nécessité d'un Salut et celle d'un Rédempteur... Les fraternités universelles sont des fraternités abstraites sans Notre Père Dieu Sainte Trinité. Ces fraternités ne tiennent pas compte des réalités des médiations que sont la famille, les tribus, les nations et les grandes aires civilisationnelles. Construites en dehors de la pierre angulaire qui est le Christ, ces fraternités (incluant toutes les religions tout en gardant à chacune ses spécificités) ne peuvent pas être solides. 

 

Il y a des droits mais où sont les devoirs ? Où est la foi nécessaire en Jésus-Christ, le Rédempteur ?

Jésus leur répondit : L'œuvre de Dieu c'est de croire en celui qu'il a envoyé.

Évangile selon saint Jean 6,29

Elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

Évangile selon Saint Matthieu 1,21

Jésus-Christ. [...] Il n'y a aucun salut ailleurs qu'en lui; car aucun autre nom sous le ciel n'est offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut.

Actes 4,12

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 00:00
Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

À sa naissance en 1181 ou 1182, François naît Jean (Giovanni) à Assise, en Ombrie (Italie), dans une famille riche. Son père, Pietro de Bernardone, qui est marchand de draps, a l'habitude de voyager dans les régions au-delà des Alpes, en Bourgogne et en Champagne. Sa mère, Jeanne (Joanna) Pica de Bourlémont appartient à la noblesse provençale. À son retour de France, son père ajoute à son nom de baptême, celui de Francesco, "le Français", nom à l'époque "singulier et inhabituel", selon Thomas de Celano, que le pape Grégoire IX chargea de rédiger la première biographie. Veut-il offrir à son fils un nom dont l'étrangeté suggère une parenté avec ces terres d'au-delà des Alpes dont la civilisation fascine les villes italiennes, ou bien veut-il rendre hommage aux origines de sa mère ?

 

Joanna eut d'abord du mal à accoucher de François. Un moine qui passa et qui entendit ses cris entra dans la maison et lui fit savoir que son enfant ne pouvait voir le jour que dans une étable et qu'il convenait ensuite de le déposer sur de la paille, comme le fit autrefois Marie avec Jésus. Aussitôt dit, aussitôt fait et la bouverie des voisins, où la délivrance fut immédiate et sans douleurs, devint plus tard un lieu de culte, consacré par l'édification d'une église. Au moment de cette naissance, des habitants d'Assise entendirent des voix célestes. Un possédé aurait parcouru la ville et ses hurlements auraient été l'expression de l'épouvante des démons contrariés par la venue au monde de quelqu'un dont ils savaient déjà qu'il serait un de leurs pires ennemis.

 

 

Le jeune Francesco se pétrit de ces histoires héroïques qu'il trouve dans les livres que son père lui rapporte de ses voyages en France. Lesquels exactement? Nous n'en savons rien, à l'exception notable, toutefois, d'un renvoi explicite à la Chanson de Roland que S. François évoque pour indiquer à un novice qu'il est mieux d'agir que de parler.

Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

Ces preux chevaliers dont le très jeune François découvre les exploits, mettent leur vie en danger pour défendre ceux qui sont pauvres et faibles et qui ont besoin d'être protégés contre les abus des puissants. Ils ont tous en commun la conviction qu'il y a quelque chose de plus précieux que la vie. Ils luttent contre le désordre du monde, souvent oeuvre d'un esprit démoniaque. Les prouesses guerrières ont vocation à contraindre le mal à se plier aux normes. Ce qui fait de chaque individu, si misérable fût-il, le détenteur d'une graine divine.

 

Le jeune Francesco, qui n'occupe que modérément son temps dans la boutique où il est censé apprendre les rudiments du métier auquel son père le destine, préfère s'initier au maniement des armes.

 

François se prépare à son entreprise militaire avec zèle dans l'espoir d'être adoubé chevalier par le comte Gentile. Il se procure des armes et se fait tailler des vêtements. Son père, ne voulant pas "contrarier le plaisir de son fils", lui donne sa bénédiction et une bonne somme d'argent. C'est alors que S. François a un songe. Quelqu'un l'appelle par son nom et lui dit de distribuer ses armes à ceux qui viendront l'épauler dans son combat. Une voix lui demande de qui, du serviteur ou du maître, il faut attendre le plus grand bien. Francesco comprend qu'il convient de se mettre au service non d'un noble, soumis à un autre, vassal lui aussi d'un plus grand que lui et ainsi de suite, mais d'un roi qui a autorité sur tous, sans que l'identité de celui-ci lui soit clairement désignée. Cette voix lui parle pendant son sommeil.

 

Un jour, il entendit, à l'évangile de la messe, ces paroles du sauveur : "Ne portez ni or ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni sac, ni deux vêtements, ni souliers, ni bâtons." "Voilà ce que je veux", s'écria-t-il. Une fois dehors, il jeta ses souliers et son bâton, remplaça sa ceinture par une corde, son manteau par un capuchon de laine. Maintenant, il était chevalier de l'Évangile. À partir de ce jour, on entendit François prêcher la pénitence et la paix.

 

Dès lors, il commença cette vie tout angélique et tout apostolique dont il devait lever l'étendard sur le monde. Il se fit pauvre, se soucia d'annoncer les messages de joie, d'espoir et d'amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la création. On vit, à sa parole, des foules se convertir ; bientôt les disciples affluèrent sous sa conduite ; il fonda un ordre de religieux qui porta son nom, et un ordre de religieuses qui porte le nom de sainte Claire, la digne imitatrice de François.

 

"Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa sainteté, et le reste vous sera donné en surplus" (Mt, 6:33). C'est cet abandon spontané de l'enfant entre les mains d'un père miséricordieux qui guide la pauvreté franciscaine. Avant la Règle franciscaine, les moines observaient la pauvreté individuelle, mais possédaient un commun des biens fonciers. Le nouveau législateur exige que ses religieux n'aient aucune propriété collective ni aucun revenu; c'est Dieu lui-même qui pourvoira à l'entretien de ses enfants.

 

"Ceux qui l'avaient connu auparavant lui lançaient des reproches lamentables et le proclamait fou et dément." François se dépouille de tous ses vêtements, ne gardant qu'un cilice, et les remet à son père.

 

C'est dans la prière qu'il trouvait toute sa force pour aimer et pour aider les autres.

Sa conversion est accompagnée de plus d'un prodige

 

En 1205, un crucifix lui adresse la parole. Dans l'église Saint-Damien, à quelques centaines de mètres d'Assise, sur le chemin de Spolète, François s'arrête pour prier devant un crucifix en bois peint dans la tradition byzantine. La tradition a conservé la prière que le jeune homme qui cherche sa voie adresse à Dieu en s'agenouillant devant cette image :

"Ô Dieu haut et glorieux illumine les ténèbres de mon coeur. Et donne-moi la foi droite, l'espérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que, moi, je fasse ton saint et véridique commandement. Amen.

Une voix l'interpelle:

"François, va réparer ma maison, qui, tu le vois, se détruit tout entière." (Legenda major, de saint Bonaventure)

Miracle du Crucifix - St François priant devant le crucifix de l'église Saint-Damien, Fresque de Giotto 1297-1299, Basilique San Francesco, Assise

Miracle du Crucifix - St François priant devant le crucifix de l'église Saint-Damien, Fresque de Giotto 1297-1299, Basilique San Francesco, Assise

Un peu plus tard, Francesco guérit plusieurs lépreux en baisant leurs plaies. Son père fait une guerre acharnée à cette vocation extraordinaire, qui a fait de son fils, si plein d'espérance, un mendiant jugé fou par le monde.

 

Une autre fois, Thomas de Celano raconte qu'ému devant les appels suppliants d’une foule, dont un groupe de juifs, il ressuscita un enfant mort enseveli dans la boue après être tombé accidentellement dans les eaux du fleuve de la ville de Capoue. La foule et les parents de cet enfant implorèrent S. François pour qu'il ramène l'enfant à la vie. Dans ce passage, l’auteur précise que plusieurs juifs, accourus eux aussi sur les lieux de l’accident, pris de pitié, ont joint leurs voix à celles de la foule, priant saint François d’intervenir et de "redonner cet enfant à son père !" (Jacques Dalarun, Vers une résolution de la question franciscaine. La Légende ombrienne de Thomas de Celano, Fayard, Paris 2007.)

 

Rongé de doutes quant à l'avenir de ceux qui ont décidé de le suivre, François prie le Ciel de lui envoyer un signe pour le rassurer. Il lui répond aussitôt. Il voit une foule venir vers lui. Des centaines et des milliers de gens veulent se joindre à la petite communauté qui l'entoure.

Ils viennent de tous les pays et parlent une multitude de langues. Ils veulent, eux aussi, vivre selon les normes de pauvreté et de charité du Christ. "Dieu m'a montré la vérité", déclare S. François à ses compagnons.

 

"Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche"

L'entrée dans l'Ordre [de saint François] d'un autre homme de bien a porté à sept le nombre des enfants du serviteur de Dieu. Alors ce bon père a réuni tous ses fils, leur a parlé longuement du Royaume de Dieu, du mépris du monde, du renoncement à la volonté propre et de la mortification corporelle, et leur a annoncé son projet de les envoyer dans les quatre parties du monde.

(…) 'Allez, dit-il tendrement à ses fils, et annoncez la paix aux hommes ; proclamez la conversion pour qu'ils obtiennent le pardon de leurs péchés (Mc 1,4). Soyez patients dans la difficulté, assidus à la prière, courageux au travail ; soyez sans prétention dans vos sermons, sans écarts dans votre conduite et reconnaissants pour les bienfaits reçus. Si vous remplissez ce programme, ‘le Royaume des cieux est à vous' !' (Mt 5,3; Lc 6,20). Eux alors, humblement à genoux aux pieds du serviteur de Dieu, ont reçu cet envoi dans la joie spirituelle qui vient de la sainte obéissance. François a dit à chacun : "Abandonne au Seigneur tout souci, et il prendra soin de toi" (Ps 54,23). C'était sa phrase habituelle lorsqu'il envoyait un frère en mission. Quant à lui, conscient de sa vocation de modèle et voulant "mettre en œuvre" et pas seulement "enseigner" (Ac 1,1), il a pris un de ses compagnons et s'en est allé vers l'un des quatre points cardinaux. (Saint Bonaventure, franciscain, docteur de l'Église, Vie de Saint François, Legenda major, ch. 3, trad. Vorreux et Desbonnets, Documents, Éds. Franciscaines 1968, p. 585.)

 

Apprenant que Otton de Brunswick, à la fin du mois de septembre 1209 passait par Assise où il sera couronné empereur romain-germanique par Innocent III, S. François recommande à ses frères d'éviter de le rencontrer. On raconte que François aurait, muni d'une clairvoyance prophétique, adressé à cet illustre hôte de la ville un message où il lui aurait fait savoir que sa gloire serait de courte durée. Il ne crut pas si bien dire : excommunié une année plus tard par celui-là même qui l'avait oint dans la cathédrale de Latran en octobre 1209, Otton IV sera défait en 1214 par Philippe II Auguste à Bouvines et perdra sa couronne acquise à coup de guerres, d'assassinats et de mariages.

 

François écrit une "Vie des Frères", un inventaire de consignes destiné à ceux qui veulent le suivre, qu'il décide de soumettre au pape Innocent III pour approbation. Cette Règle s'ouvre par une invocation du Père, du Fils et du Saint-Esprit, aussitôt suivie d'une déclaration d'allégeance au Saint-Père :

"Que frère François et quiconque sera le chef de cette religion promette obéissance et révérence au seigneur pape Innocent III et à ses successeurs."

 

Dans leurs prédications, les frères dont la mission est d'"accomplir le bien" ne doivent pas heurter les convenances des gens qui les écoutent. Sans oublier que rien ne vaut l'exemple, qui reste le meilleur argument pour conduire les gens vers Dieu. Dans tous les cas, les frères doivent rester humbles et ne jamais tirer orgueil de leurs actes dont l'éventuelle réussite ne se doit qu'à Dieu :

 

"Je supplie, dans la charité qu'est Dieu, tous mes frères, prédicateurs, orants, travailleurs, tant clercs que laïcs, de s'appliquer à s'humilier en tout, à ne pas se glorifier, à ne pas se réjouir en eux-mêmes, à ne pas s'exalter intérieurement des bonnes paroles et actions, et absolument d'aucun bien que Dieu fait ou dit ou opère en eux quelquefois et par eux, selon ce que dit le Seigneur : 'Cependant ne vous réjouissez pas en ceci, que les esprits vous sont soumis.'"


Seuls les vices et les péchés nous appartiennent, rappelle François aux frères. Tout ce qui est bien et lumineux en nous vient du Seigneur et il serait présomptueux de se flatter du bien que nous accomplissons; celui-ci est l'œuvre de Dieu qui se sert de nous pour le prodiguer. 

Ainsi, toujours dans le bien que nous pouvons faire, la finalité est la gloire de Dieu, seul.

Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

File:Saint Francis of Assisi Church on West 31st Street, New York, NY mosaic.jpg

Accompagné de ses compagnons, François part pour Rome après avoir rédigé cette Vie des Frères (1209). En chemin, il a une vision. Il s'arrête près d'un arbre majestueux et, pendant qu'il en contemple la hauteur, il se sent emporté par une "force divine" qui lui permet d'en atteindre le sommet et lui donne la force nécessaire de ployer les branches pour leur faire atteindre la terre. S. François en conclut que son entreprise sera couronnée de succès et s'en réjouit.

 

Le songe d'Innocent III

 

Soumis à la Sainte Eglise dont il demande l'acquiescement, S. François veut réunir autour de lui des gens qui, clercs ou laïques, ne s'enferment pas entre les murs d'un monastère et restent proches des gens ordinaires, qui, surtout eux, ont besoin de ces nouveaux apôtres. En 1210, il vient se présenter devant le pape au palais de Latran. Toutes les sources parlent d'une manière ou d'une autre de la perplexité initiale d'Innocent III face à ce saint qui avait choisi de vivre d'aumônes et qui se présentait devant lui hirsute, mal habillé.

 

Le cardinal Jean de Saint-Paul, évêque de Sabina-Poggio Mirteto, ambassadeur du Vatican, réputé pour ses connaissances médicales, défend François et prend la parole :

 

"Ce pauvre nous demande d'approuver un genre de vie conforme aux conseils évangéliques. Si nous rejetons ses projets comme trop difficiles et comme une nouveauté, nous nous exposons à agir contre l'Évangile du Seigneur. Car soutenir que l'observance des conseils et le voeu qu'on en fait sont quelque chose de nouveau ou de contraire à la raison, c'est blasphémer ouvertement contre Jésus-Christ, auteur de l'Évangile."

 

Giotto, Le Songe d'Innocent III

 

Innocent III écoute S. François, "prend le temps du discernement", puis lui offre "son assentiment", assorti de sa bénédiction et de quelques recommandations. Dans son sommeil, Innocent III avait vu un homme de petite taille, et misérablement vêtu, ressemblant à ce pauvre d'Assise qu'il avait reçu dans la journée, soutenir avec son dos la basilique pontificale Saint-Jean-de-Latran, en train de s'écrouler. Le pape ratifie la Vie des Frères, leur accorde licence de prêcher la pénitence avec la seule condition d'avoir obtenu préalablement l'accord de S. François, reconnu ainsi comme "ministre" de la communauté. Dans la fresque dessinée par Giotto, l'interprétation du songe n'est guère difficile : l'Église de la plenitudo potestatis et des regalia, les symboles du pouvoir royal, s'écroule si elle n'est pas portée par le saint. (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 177.)

 

Content de l'habilitation du Pape, S. François se met aussitôt à l'oeuvre. Il s'adresse aux citoyens de Rome. Ceux-ci se passent leur chemin sans l'écouter et se montrent méprisants à son encontre, eux qui vivent dans la ville des deux plus grands apôtres, Pierre et Paul. Après plusieurs tentatives, toutes vaines, S. François leur dit :

 

"Pour votre honte, je vais annoncer le Christ aux animaux sauvages et aux oiseaux du ciel, afin qu'ils entendent les paroles salutaires de Dieu, ils y obéissent et acquiescent."

 

Saint François se rend en dehors des murs de la ville et s'arrête dans un champ où se trouvaient des corbeaux en train de se nourrir de cadavres, des grives, des pies et bien d'autres oiseaux. Il leur dit : 

"Je vous ordonne au nom de Jésus-Christ, que les Juifs ont crucifié, dont les misérables Romains ont méprisé la prédication, que vous veniez à moi entendre la parole de Dieu, au nom de Celui qui vous a créés et, dans l'arche de Noé, vous a libérés des eaux du déluge !" (Roger de WENDOVER, Fleurs d'histoire, ibid., p. 3038)

 

Aussitôt tous ces oiseaux et bien d'autres font cercle autour de lui, raconte Roger de WENDOVER. Ils arrêtent de piailler l'écoutent sans broncher pendant toute une demi-journée sans détourner le regard. Les gens qui passent s'étonnent de voir cette assemblée. Ils s'arrêtent. Ils remarquent que ces oiseaux écoutent avec intérêt des mots qu'ils semblent comprendre. Ils écoutent eux aussi. Ils en sont touchés. Ils en parlent dans la ville dont les habitants, ébranlés par ce miracle attesté par des témoins nombreux et divers, commencent à se demander s'ils n'ont pas eu tort de traiter avec mépris celui que le pape lui-même leur avait recommandé en l'autorisant à prêcher, bien qu'il ne fût ni théologien ni prêtre, pas même moine soumis à la discipline d'un ordre reconnu. L'auteur bénédictin des Fleurs d'histoire, nous fait savoir qu'à la tête d'un grand nombre de citoyens des hommes d'Eglise viennent inviter S. François, "avec grande révérence à regagner la ville. Il les suit, content d'avoir attendri leurs coeurs endurcis, par son discours aux oiseaux, et de les avoir rendus meilleurs peut-être.

Un jeûne de 40 jours

 

 

Un jour, en plein carême, S. François qui se trouve à l'ermitage de Sarteano, dans les environs de Sienne, entend une voix lui dire que Dieu ne pardonne jamais à ceux qui se tuent eux-mêmes par une trop dure pénitence.

 

François d'Assise affirme : "Que c'est tout autant un péché de soustraire sans discernement au corps ce qui lui est dû, que de lui offrir le superflu sous l'empire de la gourmandise". (François 2 Celano 22)

 

François met en évidence que le jeûne doit être pratiqué avec prudence, sous le regard de Dieu et pour le louer. Alors seulement, il est vertu de tempérance et conduit à Dieu. La tempérance n'est vertueuse qu'autant que l'amour de Dieu l'inspire. Il est donc nécessaire de pratiquer le jeûne du regard, de la parole, de l'ouïe, du soi-disant indispensable dans le quotidien. (Croire)

 

En 1211, François ressent le besoin de rester seul avec Dieu pendant le Carême, il prie "un homme qui lui est dévoué" et qui habite aux environs de Pérouse de l'amener de nuit, pour que personne ne s'en avise, sur une île inhabitée du lac Trasimène. Il se trouve un massif de ronces pour s'improviser un abri. Il y reste pendant quarante jours et quarante nuits, "sans rien manger ni boire", indiquent Les Fioretti, comme Jésus qui, après le baptême, s'était retiré dans le désert où il avait jeûné pendant quarante jours. S. François avait toutefois pris avec lui deux pains dont il avait mangé quelques miettes pour ne pas être tenté de se prendre pour le Christ. Tout émerveillé de constater que ces pains étaient à peine entamés au bout de quarante jours, le rameur qui vient le prendre et qui le dépose sur la berge, se considère délivré de son secret et en parle à ses concitoyens. Ceux-ci s'empressent de se rendre sur le lieu d'une si prestigieuse mortification. Au lieu où S. François célébra une pénitence si admirable se produisirent par ses mérites de nombreux miracles.

 

Parti prêcher dans les villes et les villages, "dans les cités et les places fortes" de l'Italie, S. François arrive à Tuscania, une petite localité d'origine étrusque à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau de la mer Tyrrhénienne. Il est accueilli par un chevalier dont le fils unique est boîteux et "faible de tout son corps". Connaissant la réputation de cet homme qui est, dit-on, capable de guérir par ses prières, le père de l'enfant se jette à ses pieds et lui demande de lui rendre la santé. S. François prie d'abord longuement, avec ferveur. Puis pose sa main sur le malade, et le bénit. Il le prend dans ses bras et le relève. L'enfant se met à marcher et à courir dans la maison. Il est guéri.

 

En revenant de Viterbe à Spolète, S. François passant par Narni, rencontre un certain Pierre, paralysé, qui par son évêque, lui demande de l'aider. S. François fait le signe de croix au-dessus de lui. L'infirmité disparaît. Dans la même ville, une femme veut recouvrer la vue qu'elle a perdue. S. François fait le signe de croix devant chacun de ses yeux fermés. Quand elle les rouvre, elle voit.

 

Il renouvelle le miracle à Bevagna, une bourgade des environs de Pérouse, où il redonne la vue à une fillette, puis à Bologne, où il guérit un enfant borgne.

 

Un frère souffre d'un mal que Thomas de Celano avoue ne pas savoir nommer, d'autant plus que de l'avis de certains, c'est l'oeuvre d'un "méchant diable" qui a pris possession de lui et le tourmente pour affaiblir son âme. S. François prit pour la guérison du malade et le bénit. Celui-ci se remet de sa crise, et il n'a plus jamais souffert du "mal caduc".

 

Dans la ville fortifiée de San Gemini, où S. François arrive en compagnie de trois frères, il est reçu par un homme "qui honorait Dieu", mais dont la femme est "harcelée par un démon". Les quatre frères font leur prières. Quand ils ont fini, François se lève et crie d'une voix à faire peur : "Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, par obéissance je te l'ordonne, démon: sors d'elle et n'ose plus jamais l'entraver." (Thomas de CELANO, Vie du Bienheureux François [Vita prima], éd. cit. v. I, p. 551.)

 

Le bruit court que tout ce que S. François touche est investi de pouvoirs miraculeux. Une peste tue les boeufs et les moutons de la région de Rieti. Un homme qui vit "dans la crainte de Dieu" a une vision pendant son sommeil. On lui conseille d'arroser les bêtes avec l'eau dont S. François se lave les mains et les pieds. Par chance, celui-ci se trouve dans un ermitage voisin. Il s'assure de la complicité de quelques frères. Ceux-ci lui remettent l'eau de la bassine où S. François vient de se laver. Revenu chez lui, le paysan de Rieti asperge de cette eau ses animaux languissants. Le résultat est spectaculaire:

"Sitôt que l'aspersion atteignait si peu que ce soit les animaux malades et gisant à terre, ayant récupéré la vigueur première, ils se levaient immédiatement et se hâtaient vers les pâturages, comme s'ils n'avaient rien éprouvé de mal."

 

Le pouvoir de S. François sur les animaux est un sujet de stupéfaction tout aussi colporté et qui occupe autant les différents récits hagiographiques.

 

Dans les prédications de S. François, les animaux sont des créatures de Dieu qui sont invitées à louer leur Créateur. C'est exactement la position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière. La louange de la Création est en cela en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

 

Aux environs de Bevagna, à quelques lieues d'Assise, dans la vallée de Spolète, S. François remarque une multitude d'oiseaux dans un champ: moineaux, corneilles, ramiers, hirondelles. Il court vers eux qui ne s'envolent pas. Au contraire, il a la sensation qu'ils l'attendent et se réjouissent de sa présence. Il les salue à son habitude : "Que le Seigneur vous donne la paix!" Il prêche comme à son habitude. Il leur dit :

 

Afficher l'image d'origine "Mes frères les oiseaux, vous devez beaucoup louer votre Créateur et l'aimer toujours, lui qui vous a donnés des plumes pour vous revêtir, des pennes pour voler et tout ce dont vous avez eu besoin.

Dieu vous a rendus nobles parmi ses créatures et il vous a accordé d'habiter dans la pureté de l'air; car comme vous ne semez ni ne moissonnez, lui-même ne vous en protège et gouverne pas moins, sans que vous vous en souciez le moins du monde.

Les frères présents sur les lieux témoignent de la joie des oiseaux qui tendent le cou, déploient leurs ailes et font de leur mieux pour s'approcher de S. François qui passe parmi eux pour les toucher avec sa tunique. Il les bénit et leur donne licence de s'envoler, ce qu'ils font tandis que l'homme de Dieu et ses compagnons poursuivent leur chemin.

 

À Alviano, petit bourg fortifié sur une éminence de la rive gauche du Tibre, à mi-chemin entre Trevi et Orvieto, S. François qui veut s'adresser à la foule des gens venus l'écouter réclamer silence. En vain : des hirondelles en grand nombre font un tel vacarme que les gens n'entendent pas ses paroles. S. François s'adresse avec beaucoup d'égards aux hirondelles: elles ont suffisamment trissé, leur dit-il, et il est temps maintenant de lui laisser la parole. Il leur enjoint de se taire et d'écouter la parole du Seigneur. A la stupéfaction de tous, note Thomas Celano, non seulement les hirondelles se taisent mais elles restent sans bouger jusqu'à la fin de la prédication.

 

 

Lorsqu'une hirondelle s'agite et piaille tellement qu'elle empêche un étudiant de Parme de travailler. Au nom de S. François il lui demande de se taire et de venir se poser sur sa main. L'hirondelle obéit. L'étudiant lui caresse la tête, lui explique une fois encore qu'elle le gêne et la prie gentiment, en invoquant à nouveau S. François, d'aller chahuter ailleurs. L'hirondelle s'en va et ne revient plus.

 

Un autre jour, à Greccio, un paysan vient lui offrir un levreau qu'il avait pris au collet. S. François le remercie puis pose l'animal par terre et le délivre en lui recommandant d'éviter à l'avenir les pièges des hommes. Le levreau ne veut pas partir et se réfugie auprès de S. François. Il faudra qu'un frère le porte loin dans la forêt pour le décider à reprendre sa vie sauvage.

 

image007.jpg Réalisant un jour que toute la Création formait une grande famille, une sorte de fraternité universelle, François invita tous les humains à l'amour mutuel et au respect de notre mère la Terre, notre soeur la Lune, notre frère le Soleil...

 

Il s'adressait à tous les êtres, à la nature entière; Un jour il sauva un lièvre poursuivi par les chasseurs; il racheta un agneaux que le boucher s'apprêtait à tuer. La nature elle-même, il l'embrassait dans sa charité sans bornes : moissons, vignes, bois, pierres, le feu, l'eau, l'air, tous les éléments, il fraternisait avec eux, et les invitait tous à l'amour de Dieu.

 

L'histoire du loup de Gubbio "réduit par S. François à une grande douceur", est sans doute, avec le prêche aux oiseaux, le plus connu de ses miracles. Il fit promettre au loup de ne plus attaquer les hommes et les bêtes, au vu de gens perchés sur les remparts. S. François s'adressant à l'assemblée, atteste que les fléaux qui nous frappent sont une punition de nos péchés et affirme que la "flamme vorace de la Géhenne" est infiniment plus à craindre qu'un loup qui ne peut tuer que les corps. Depuis ce jour et jusqu'à sa mort, survenue deux années après, ce loup a vécu en toute liberté dans les rues de Gubbio. Il mendiait sa pitance de porte en porte, pour la grande joie des gens qui le nourrissaient volontiers. Par sa présence, il leur rappelait "la vertu et la sainteté mirifique de S. François."

 

Au début de l'année 1213 les frères sont une bonne centaine. Quatre ans plus tard en 1217, ils seront plus de mille. Le mouvement franciscain qui ne comptait une décennie plus tôt qu'une poignée de frères, a pris une ampleur telle que l'Ordre croît "comme un cèdre dans le paradis de Dieu qui élève la cime de ses mérites parmi les régions célestes des saints."

 

La rencontre entre S. Dominique et S. François

 

SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221)

À l'occasion de l'ouverture le 11 novembre 1215 à Rome du IVe concile dans la basilique Saint-Jean-de-Latran en présence de quelques quatre cents évêques, S. Dominique fit le voyage de Rome pour obtenir l'approbation de l'Ordre des Frères-Prêcheurs. C'est là, alors qu'ils ne se connaissaient pas et ne se seraient pas rencontrés dans le tohu-bohu de ces quelques mille cinq cents personnes sans une grâce spéciale de Dieu, qu'ils se reconnurent, s'embrassèrent comme deux frères et lièrent une amitié profonde qui dura jusqu'à la mort.

S. Dominique vit François d'Assise en songe. Dans cette vision, il vit Jésus irrité contre le monde qui a perdu la foi et vit dans le péché. Pour l'apaiser la Vierge lui présente deux hommes dont la sainteté, lui dit-elle, est à même de racheter la mauvaise conduite des autres qui, par eux, retrouveront la voie de la vérité. Il se reconnaît dans l'un de ces hommes. Il se demande qui pourrait bien être l'autre qui a l'air d'un mendiant, vêtu d'une simple tunique de bure ? Le lendemain, dans une église dont la tradition n'a pas conservé le nom, S. Dominique reconnaît, habillé comme il l'avait vu dans son extase, ce deuxième homme que la Vierge recommandait si chaleureusement au Christ. S. Dominique se serait précipité vers S. François et l'aurait serré dans ses bras en lui disant : "Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble et nul ne pourra prévaloir contre nous."

 

S. Dominique, plus tard, aurait affirmé que tous les religieux devraient suivre l'exemple de S. François "tant est grande la perfection de sa sainteté."

 

En 1216, un religieux d'Oignes, du diocèse de Liège, qui vient d'être nommé évêque de Saint-Jean-d'Acre, Jacques de Vitry (1160-1240) traverse l'Italie et constate, surpris, l'ampleur d'un ordre dont il ignorait probablement l'existence. En route vers Rome, il note dans une de ses lettres, à propos des Frères mineurs, que "le Seigneur pape et les cardinaux les tiennent en grande révérence."

 

Afficher l'image d'origine "Ceux-ci [les Frères mineurs] ne s'occupent nullement des affaires temporelles, mais, avec un désir fervent et et un zèle ardent, ils travaillent chaque jour à arracher aux vanités du monde les âmes en péril et à les condire avec eux. [...] Ils vivent selon la forme de l'Eglise primitive dont il est écrit 'à la multitude des croyants, il n'était qu'un coeur et qu'une âme'.

De nos jours, ils se rendent dans les cités et les villages en oeuvrant par l'action afin de gagner quelques-uns; la nuit, ils regagnent leur ermitage ou des lieux solitaires pour s'adonner à la contemplation.

[...] Grâce aux conseils d'hommes bons, ils font et promulguent leurs institutions saintes et confirmées par le seigneur pape. [...] Je suis persuadé que c'est pour faire honte aux prélats, qui sont comme des chiens muets, incapables d'aboyer, que le seigneur veut sauver de nombreuses âmes par de tels hommes simples et pauvres avant la fin du monde."

 

"Franciscains et Dominicains vivront des dons des fidèles, d'où leur appellation d'"ordres mendiants". [...] Ils remportent un succès particuliers dans les villes universitaires, dont ils attirent les étudiants, mais aussi des maîtres fameux." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 181.)

 

S. François en Orient

 

C'est en septembre 1219 que se situe la rencontre de S. François avec le sultan d'Egypte al-Malik al-Kâmil, neveu de Saladin. Tant d'amis avaient voulu l'accompagner qu'il fallut tirer au sort les douze qui seraient choisis : frère Illuminé d'Arce, frère Pierre de Catane, frère Léon, frère Elie, frère Césaire de Spire, en étaient, et frère Barbaro, l'un des premiers disciples. Ils font escale en Crète, à Chypre, puis à Saint Jean-d'Acre, d'où S. François s'empresse de rejoindre la cité de Damiette (en Egypte) pour évangéliser les infidèles (août 1219). Il en convertit un grand nombre, et en reçut même plusieurs dans son ordre.

 

S. François avait dans l'idée de voir le sultan se convertir vers la religion chrétienne, persuadé que la paix viendrait par la conversion et non par la guerre. Les Croisés tentèrent de l'en dissuader, lui décrivant la cruauté des infidèles. Al-Malik al-Kâmil aurait lui-même promis une pièce d'or à quiconque lui apporterait la tête d'un chrétien.

 

Saint-Francois-d-Assise--1182-1226---saint-Patron-de-l-Ita.jpg

S'étant adjoint pour compagnon frère "Illuminé" ou "Lumineux", il s'était mis en route traversant la mer et se retrouvant dans le pays du sultan. Quelques pas plus loin, ils tombaient dans les avant-postes des Sarrasins, et ceux-ci, plus rapides, se précipitèrent sur eux. Ils les accablèrent d'injures, les rouant de coups et les liant de chaînes. Selon le chroniqueur Jourdain de Giano (1195-1262), pendant le supplice, S. François criait de toutes ses forces le nom du sultan qui, ayant entendu cet appel, aurait demandé qu'on lui amène les prisonniers. À la fin, après les avoir maltraités et meurtris de toutes manières, les gardes d'Al-Malik al-Kâmil les amenèrent, conformément aux décrets de la divine Providence, en présence du sultan: c'était ce qu'avait désiré François.

 

Selon S. Bonaventure (1217-1274), si le sultan veut interroger ces chrétiens, c'est parce qu'"une disposition de la divine Providence, conformément au désir de l'homme de Dieu", l'y incite.

 

Le prince leur demanda qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir; François répondit :

 

"Je suis envoyé par Dieu pour dire au Sultan et à son peuple le chemin du salut et leur annoncer l'Evangile qui est la Vérité... Si vous voulez vous convertir au Christ, ton peuple et toi, c'est très volontiers que, pour son amour, je resterai parmi vous" (Saint Bonaventure, Legenda Minor, 9,8).

 

Le sultan accepta de l'écouter en présence de ses chefs religieux qu'il fit venir sous sa tente. Ceux-si déclarent : "Sire, tu es épée de la Loi et tu dois donc maintenir et garder la Loi. Nous te commandons par Dieu et par Mahomet qui nous donna la Loi, que tu leur fasses couper la tête, car nous n'écouterons pas ce qu'ils disent, et nous vous défendons d'écouter ce qu'ils disent". Le Sultan ne leur obéit pas, car, dit-il, ce serait mal récompenser ceux qui avaient mis leur vie en danger pour sauver son âme. Il leur proposa alors de rester auprès de lui et de leur donner "des terres et des possessions". Ils refusèrent. Il leur offrit "de l'or, de l'argent et des draps de soie en grande quantité". Ils ne voulurent qu'un peu de nourriture.

 

Puis François prêcha au sultan Dieu Trinité et Jésus sauveur du monde, avec une telle vigueur de pensée, une telle force d'âme et une telle ferveur d'esprit qu'en lui vraiment se réalisait de façon éclatante ce verset de l'Évangile: "Je mettrai dans votre bouche une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront ni résister ni contredire". Le sultan commença par obliger les frères à marcher sur un tapis couvert de croix pour vérifier s'ils oseraient commettre un acte sacrilège en les piétinant. François déjoua le piège avec humour: "Ce n'est pas la croix du Christ que tu as posée là mais celles des deux brigands crucifiés à ses côtés!"

 

Nous ne saurons pas grand chose de cet échange sinon que François aurait parlé de la Trinité. Il aurait aussi proposé de se livrer à une ordalie : François et le théologien musulman se jetteraient dans le feu; celui qui sortirait indemne prouverait la supériorité de son Dieu :

 

"Ordonne que soit allumé un très grand feu, lui dit S. François, et moi, j'entrerai dans le feu avec tes prêtres pour que tu connaisses ainsi quelle est la foi la plus certaine et la plus saine"

 

Fakhr al Din al-Farisi, homme "reconnu et d'un grand âge", quitta aussitôt la tente. Le Sultan doutant que ses "prêtres" acceptent d'affronter le feu, le pari ne fut pas tenté. S. François proposa d'aller tout seul dans les flammes à condition que le Sultan lui promît de passer avec son peuple au christianisme s'il sortait indemne du brasier. Le Sultan refusa, craignant une sédition des siens. Témoin de cette ardeur et de ce courage, "le sultan écoutait François avec plaisir et le pressait de prolonger son séjour auprès de lui" (Saint Bonaventure, Legenda Minor, 9,8). Il offrit de nombreux cadeaux à S. François, qui les rejeta "comme de la boue" : ce n'était pas des richesses du monde qu'il était avide, mais du salut des âmes. Le sultan n'en conçut que plus de dévotion encore pour lui, à constater chez le saint un si parfait mépris des biens d'ici-bas. Il aurait ordonné, selon Ange Clareno, que S. François et tous ses frères puissent accéder librement au Saint-Sépulcre "sans payer le moindre tribut". S. François n'avait pas besoin de cet encouragement pour le faire.

 

Le sultan renvoya François avec une grande courtoisie en lui demandant de prier pour que lui-même Malek el-Kamil découvre la vérité. Il revint sain et sauf dans le camp chrétien qui s'en étonna.

 

"Il semble, souligne Albert Jacquard (Le Souci des Pauvres, éd. Flammarion, 1996) que le sultan n'oublia pas le sourire de François, sa douceur dans l'expression d'une foi sans limite. Peut-être ce souvenir fut-il décisif lorsqu'il décida, dix années plus tard, alors qu'aucune force ne l'y contraignait, de rendre Jérusalem à l'empereur Frédéric II." (Traité de Jaffa, 1229)

 

La conversion du Sultan

 

Les Fioretti, recueil d'anecdotes, miracles et histoires merveilleuses de la vie de saint François, ajoutent cette anecdote relatant la conversion du Sultan :



"À la fin, saint François, voyant qu'il ne pourrait réaliser plus de fruits dans ces contrées, se décida, par révélation divine à retourner parmi les fidèles avec tous ces compagnons ; et les ayant réunis tous ensemble, il retourna près du Sultan et prit congé de lui. Alors le Sultan lui dit : 'Frère François, je me convertirai très volontiers à la foi du Christ, mais je crains de le faire maintenant ; car si les gens d'ici l'apprenaient ils me tueraient avec toi et tous tes compagnons ; et comme tu peux faire encore beaucoup de bien et que j'ai à achever certaines affaires de très grande importance, je ne veux pas causer maintenant ta mort et la mienne. Mais apprends-moi comment je pourrai me sauver, je suis prêt faire ce que tu m'imposeras.' Saint François dit alors : 'Seigneur, je vais maintenant vous quitter, mais après que je serai retourné dans mon pays et, par la grâce de Dieu, monté au ciel après ma mort, je t'enverrai, selon qu'il plaira à Dieu, deux de mes frères, de qui tu recevras le baptême du Christ ; et tu seras sauvé, comme me l'a révélé mon Seigneur Jésus-Christ. Et toi, en attendant, dégage-toi de tout empêchement, afin que quand viendra à toi la grâce de Dieu, elle te trouve disposé à la foi et à la dévotion.' Le Sultan promit de le faire et il le fit.

Après cela, saint François s'en retourna avec le vénérable collège de ses saints compagnons ; et quelques années plus tard saint François, par la mort corporelle, rendit son âme à Dieu. Et le Sultan, étant tombé malade, attendit la réalisation de la promesse de saint François et fit mettre des gardes à certains passages, ordonnant que si deux frères, portant l'habit de saint François, venaient à s'y montrer, on les lui amenait immédiatement. En ce même temps, saint François apparut à deux frères et leur commanda de se rendre sans retard près du Sultan et de lui procurer son salut, comme lui-même le lui avait promis. Ces frères se mirent immédiatement en route, et après avoir passé la mer ils furent par ces gardes menés près du Sultan. En les voyant, le Sultan eut une très grande joie et dit : 'Maintenant, je sais vraiment que Dieu m'a envoyé ses serviteurs pour mon salut, selon la promesse que, par révélation divine, m'a faite saint François.' Il reçut donc desdits frères l'enseignement de la foi du Christ et le saint baptême, et ainsi régénéré dans le Christ il mourut de cette maladie ; et son âme fut sauvée par les mérites et l'opération de saint François". (Fioretti, chapitre 24).

Le sultan mourut en 1238.

 

Dans la Règle présentée à Portioncule le 30 mai 1221, qui comporte 24 chapitres, S. François fournit des indications judicieuses quant à la manière dont les frères doivent agir chez les infidèles : ils ne doivent pas cacher qu'ils sont chrétiens; ne pas essayer de convertir ceux qui ne sont pas prêts à recevoir la parole des Evangiles; attendre un signe de Dieu pour prêcher.

 

Saint François finit cette Règle de 1221 dite non bullata par cette admonition : "Et de la part de Dieu tout-puissant et du seigneur pape, et par obéissance, moi, frère François, je prescris fermement et j'enjoins que personne ne retranche rien de ce qui est écrit dans cette vie ou que personne n'y ajoute aucun écrit et que les frères n'aient pas d'autre règle".

Saint François (XIXe), église Saint-Médard, Paris

Saint François (XIXe), église Saint-Médard, Paris

S. François, Patron des écologistes

 

"Le franciscanisme est une doctrine de réconciliation de la nature et de la grâce" (Ivan Gobry). Aussi S. François peut-il affirmer que "toute créature de Dieu est bonne, et il n'y a rien à rejeter de ce qui se prend avec actions de grâces; car tout est sanctifié par la parole divine et la prière". Nous sommes là aux antipodes du bouddhisme, du manichéisme et du jansénisme.

 

"Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21:5). Dans le Christ, Dieu-Homme, la Création sensible est transfigurée, le monde est sanctifié, l'humanité est divinisée. C'est pourquoi l'Incarnation s'offre pour François comme le mystère-clé du christianisme.

 

Au terme de sa vie, S. François rédige ce qu'on appelle le "Cantique du frère Soleil" qui est l'aboutissement de ses enseignements sur le respect et l'amour que tous les humains doivent porter envers toutes les créatures de Dieu. Il rejoint ainsi les préoccupations de ceux et celles qui se soucient de la défense de la nature, des animaux et de l'environnement. C'est d'ailleurs pourquoi, en 1979, il est proclamé "patron des écologistes".

 

 

En 1221, S. François considère que "convertir le monde entier comme Dieu le veut" est une tâche plus importante que de laver les chancres des lépreux. Plus précisément, il acquiert la conviction que sa vraie mission, et celle des Frères, n'est pas de s'occuper de la chair qui souffre mais de secourir les âmes égarées.

 

C'est François d'Assise qui créa la première crèche que l'on retrouve souvent sous "l'arbre de Noël".

 

Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne:

 

"Je veux faire mémoire de cet enfant qui est né à Bethléem et observer en détail, de mes yeux corporels, les désagréments de ses besoins d'enfant, comment il était couché dans une crèche et comment, à côté d'un boeuf et d'un âne, il a été posé sur le foin."

 

Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel.

 

L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus. Et c'est pourquoi maintenant, nous avons partout des crèches à Noël.

 

L'amour du Christ et des mystères porta les Franciscains à la fréquentation des Lieux Saints, où ils s'établirent et dont ils devinrent les gardiens officiels, fournissant traditionnellement le Patriarche latin de Jérusalem. Ils y inaugurèrent le Chemin de Croix, pèlerinage avec stations sur les lieux mêmes où Jésus souffrit sa Passion; dès le XVe siècle, cet exercice est exécuté à domicile en s'attachant simplement par la pensée à l'itinéraire sacré.

 

 

En 1224, alors que S. François était en contemplation sur le mont Alverne en Toscane, le Christ lui apparut et lui imprima la stigmates de Sa Passion aux endroits du corps où Lui-même avait été blessé. Premier miracle de cette nature dans l'histoire chrétienne, la stigmatisation de S. François, bien qu'il la tînt secrète et qu'il n'en ait rien dit, fut rapidement connue du plus grand nombre et contribua à accroître sa réputation de sainteté. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 440.) S'étant livré à un jeûne de quarante jours en l'honneur de saint Michel archange, François reçut la stigmatisation le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix : un séraphin, formant avec ses ailes l'image du crucifix, lui imprima, aux mains, aux pieds et au côté, les stigmates des plaies du Sauveur causées par les clous et la lance.

 

Deux ans après, étant très gravement malade, il se fit transporter à l'église du Portioncule (basilique Sainte-Martie des Anges), le lieu où, bien des années auparavant, il comprit qu'il devait vivre "selon le saint Évangile", et il mourut "en chantant", comme l'écrit son biographe, le samedi 3 octobre 1226. "Afin que là où il avait accueilli l'esprit de la grâce, là il rendit l'esprit de la vie." (Saint Bonaventure)

 

S. François demanda qu'on lui lise le 13e chapitre de l'Evangile de Jean : "Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père." Pendant ce temps, il récitait en boucle le psaume 142 (141) : "De ma voix j'ai crié vers le Seigneur, de ma voix j'ai supplié le Seigneur. Je répands ma plainte devant lui. Je lui raconte ma détresse..." Et qui finit par une supplique : "Tire mon âme de sa prison, afin que je célèbre ton nom!"

 

"Il avait réussi à spiritualiser l'amour des hommes et du monde, et à humaniser l'amour de Dieu, accomplissant à merveille l'impossible gageure chrétienne d'aimer Dieu à travers les hommes." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 441.)

 

Le soir où S. François passa du monde au Christ, alors que c'était déjà le crépuscule de la nuit suivante, des alouettes, oiseaux amis de la lumière du midi et qui ont horreur des ténèbres du crépuscule, vinrent sur le toit de la maison et tournèrent longtemps en faisant un grand bruit : nous ignorons si elles montraient de la joie ou de la tristesse en chantant à leur façon. Elles faisaient résonner une jubilation éplorée et des pleurs jubilants, soit qu'elles plaignaient les fis devenus orphelins, soit qu'elles indiquaient que le père approche de la gloire éternelle. Les gardiens de la cité qui protégeaient le lieu par des veilles attentives, furent pleins de stupeur et invitèrent tous les autres à admirer l'évènement.

 

Les funérailles furent un nouveau triomphe. Le corps fut d'abord ramené à Assise. La procession passa par Saint-Damien où sainte Claire et ses soeurs vénérèrent en pleurant la sainte dépouille; puis on déposa celle-ci dans l'église Saint-Georges où François avait fait ses humanités. Dès lors, les miracles se multiplièrent à la sépulture.

 

François fut canonisé par Grégoire IX, en 1228. Son corps, que l'on avait caché, afin de mieux s'en assurer la possession, dans la crypte de l'église bâtie en son honneur en 1230, fut découvert en 1818. Pie XII le proclama patron de l’Italie.

Dans son Testament, S. François indique : "Personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon la forme du Saint Évangile" (Thomas de CELANO, Vie du bienheureux François [Vita prima], in François d'Assise, Ecrits, vies, témoignages, éd. du VIIIe centenaire, éd. ibid., v. I, p. 589.) Il puisait directement dans l'Évangile une règle de vie. Ce rapport direct avec Dieu ne l'empêcha pas dans la nouvelle mouture de la Règle de 1221, qui compte 24 chapitres, de commencer par rappeler aux frères qu'ils étaient tenus à la plus grande révérence envers la sainte Eglise, le pape, les évêques et les prêtres. Et de leur léguer "trois paroles" dans son Testament : qu'ils s'aiment les uns les autres, qu'ils aiment et respectent "notre Dame sainte Pauvreté" et qu'ils se montrent toujours fidèles et respectueux de la Sainte Eglise.

 

Aujourd'hui, les Frères Mineurs se répartissent en trois branches : Franciscains, Capucins et Conventuels. À la fin de l'année 2009, les Franciscains étaient 14 525 dans le monde (dont 398 novices) présents dans 52 pays.

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle, basilique Sainte-Claire, Assise (Italie). Selon Thomas de Celano (Vita Prima), c'est ce crucifix qui aurait parlé à François d'Assise et qui lui aurait dit : "Va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine !"

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle, basilique Sainte-Claire, Assise (Italie). Selon Thomas de Celano (Vita Prima), c'est ce crucifix qui aurait parlé à François d'Assise et qui lui aurait dit : "Va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine !"

Postérité

 

Alexander of Hales Scholastic Innovator Quelques décades après la mort de S. François, les Franciscains ont envahi l'Université à Bologne, Oxford et Paris, surtout, et plus tard Cologne.

À partir de 1230, les œuvres d'Aristote, principales représentantes de la scolastique (philosophie développée et enseignée au "Moyen-Âge" dans les universités), sont traduites du grec en latin par le dominicain allemand Albert le Grand, véritable introducteur de la pensée du philosophe, et par Guillaume de Moerbeke, secrétaire de Thomas d'Aquin, et introduites dans les universités.

Le premier docteur franciscain, l'Anglais Alexandre de Halès (+1245), fondateur de l'école franciscaine, installera avec lui l'ordre de S. François dans une chaire de la Sorbonne; il sera surnommé le Docteur Irréfragable. Il pensera, d'ailleurs comme un peu plus tard S. Thomas (et c'est probablement à lui que Thomas faisait allusion), que le péché était la raison de l'Incarnation, mais il pensera aussi que l'Incarnation se serait produite en toutes hypothèses pour le seul achèvement et la beauté de l'Univers... Ce sera également la position d'Albert le Grand, évêque de Ratisbonne en Allemagne, le maître de Thomas.

Les disciples des fondateurs (scotistes franciscains et thomistes dominicains) exagéreront pourtant jusqu'à la caricature l'opinion respective d'Alexandre de Hales et de Thomas, alors que si Thomas donnera sa préférence au thème de l'Incarnation rédemptrice, il n'en restera pas à la seule libération du péché; comme l'explique le P. dominicain Jean-Pierre Torrell, dans une video, sur le "motif de l'Incarnation", "on ne tiendra pas suffisamment compte de la phrase 'la puissance de Dieu ne se limite pas à cela. Et même sans le péché, Dieu aurait pu s'incarner'"... Alexandre de Hales sera sinon l'auteur, du moins l'initiateur de la première Somme théologique. Un de ses élèves, S. Bonaventure (1217-1274), Maître régent de théologie de l'Université de Paris, sera surnommé le "second fondateur de l'ordre franciscain", et les élèves de S. Bonaventure défendront son esprit contre l'aristotélisme envahissant : Gauthier de BrugesJohn (ou Jean) PeckhamGuillaume de la Mare, et Mathieu (ou Matteo) d'Aquasparta.

S. Bonaventure donnera une valeur beaucoup plus cosmique et eschatologique, allant bien au-delà du seul intellect, à l'illumination de l'esprit par Dieu.

 

Les Anglais Robert Grossetête (1175-1253), à Lincoln, et Roger Bacon, à Oxford, surnommé Doctor mirabilis ("Docteur admirable") en raison de sa science prodigieuse, davantage portés vers l'expérience que vers la spéculation pure avaient identifié quelques erreurs commises par Aristote à propos des phénomènes naturels; ce qui ne les empêcha nullement de reconnaître l'importance de la philosophie d'Aristote.

 

Cependant, au XIIIe siècle, le grand docteur de l'Ordre franciscain sera Jean Duns Scot (1266-1308), professeur à Oxford, Paris et Cologne. Connu pour son angélologie, fierté de l'ordre franciscain, dans la lignée d'Augustin et Bonaventure, il mettra l'accent sur la volonté personnelle et la charité plutôt que sur l'intellectualisme (c'est-à-dire une vision métaphysique qui parce qu'elle exalte l'intellect humain, se voit souvent marquée par une pensée de la nécessité, de l'émanation, de la généralisation, voire du destin); et il s'attachera surtout à S. Augustin, dans l'esprit et dans le détail, tout en donnant aux problèmes théologiques des solutions plus nettes. La virtuosité de son argumentation, mais surtout la profondeur de ses raisonnements lui consacreront le surnom de Docteur subtil.

Opposé à S. Thomas et à l'école thomiste quant au rôle de la liberté et de la grâce, il n'en sera pas pour cela le maître de Guillaume d'Ockham et du nominalisme. Le scotisme, comme doctrine qui se caractérise par "le formalisme métaphysique, l'univocité de l'être, l'intuitionnisme et le volontarisme" (Etienne GILSON, L'Esprit de la philosophie médiévale, Paris, Vrin, 1960), bien qu'ayant influencé Ockham, s'opposera à son nominalisme comme doctrine qui nie la réalité des entités abstraites et n'attribue pas d’universalité aux catégories transcendantes, mais simplement à ce qui est construit par l'observateur. Chez Duns Scot, l'univocité de l'être implique que tous les êtres sont dits "être" dans un même sens, et sont singuliers de par leur eccéité (essence particulière d'une chose qui permet de la distinguer de toutes les autres). Thomistes et scotistes s'accorderont ainsi pour lutter ensemble contre le nominalisme de Guillaume d'Ockham qui poussera à l'extrême certaines des idées de Duns Scot (volontarisme et constructivisme) et aboutira à une sorte d'"empirisme anarchique" (DANIEL-ROPS) .

La métaphysique du mal d'Augustin est passée tout entière, à peu près telle quelle, dans le thomisme et le scotisme. (E. GILSON, Espr. philos. médiév., 1931, p. 119).

Dialecticien autant que S. Thomas, partisan autant que lui de la méthode critique, Duns Scot ne part pas des mêmes principes que lui et n'aboutit pas aux mêmes conclusions. Pour lui, dans l'homme la volonté prime l'intelligence - d'où le terme de volontarisme dont on qualifie souvent sa doctrine - il ne suffit pas d'avoir démontré la vérité pour que tout se soumette à sa loi. Duns Scot insiste sur le caractère actif de l'âme, sur la liberté dont il défend le principe même dans le domaine spirituel. Est-il si sûr qu'on puisse en parlant du réel, comprendre vraiment et connaître qu'il y ait, dans la Création, des lois fixes que la raison peut repérer et analyser ? Le liberté de la toute-puissance divine ne s'oppose-t-elle pas à une telle fixité ? Que la science ait son domaine, oui, mais hors de son domaine, que vaut-elle ? Ainsi, plus fortement même que S. Bonaventure, Duns Scot apportait-il de l'eau au courant mystique au détriment du courant rationnel.

Duns Scot ne s'oppose pas systématiquement à Thomas, mais plutôt aux thomistes de son temps, et surtout au séculier Henri de Gand, non pas comme une opposition frontale, mais par une démarche différente. Le scotisme donne une priorité à la volonté, devant les autres facultés, comme l'intelligence (Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 124-126), ou la charité. Il donne une priorité à la volonté devant les autres facultés comme l'intelligence ou la charité. 

Image illustrative de l'article Gilles de Rome Le cistercien Humbert de Brouilly, le carme Gérard de Bologne, et surtout l'augustin Gilles de Rome (1247-1316) qui le premier, montrera que S. Augustin et S. Thomas n'étaient pas inconciliables, mais qu'ils se complétaient. L'action, selon Gille de Rome, est impuissante sans la charité, et la contemplation sans la grâce. Les deux démarches mystique et rationaliste ne sont pas contradictoires, mais complémentaires.

Contre saint Thomas, Scot pense que le péché de Lucifer n'a pas été l'orgueil. C'est une forme d'envie qui l'a fait pécher. Satan a pu désirer égaler Dieu d'un désir de concupiscence, autant que sa volonté l'a pu. Il n'a pas cherché à devenir l'égal de Dieu, ce qui est impossible, mais l'a parfaitement voulu. (Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 125.)

 

Christ-Roi (Fête) Ce qui est le plus remarquable dans la théologie scotiste, c'est la place suréminente qu'elle reconnaîtra au Christ dans l'oeuvre de la Création et de la Rédemption: celui que St Jean dans l'Apocalypse appelle "l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin", est la cause, le chef et l'achèvement de toute la Création spirituelle et sensible. La fête du Christ-Roi sera la conséquence liturgique de cette conception. D'une telle dignité, la Mère du Christ est la première bénéficiaire: de là, l'affirmation de l'Immaculée-Conception de la Vierge, reprise des Pères, que le "Docteur marial" (un autre titre qu'on donna à Duns Scot) défendit contre toute l'Université, et qu'il fit triompher.

 

Le scotisme sera critiqué à la "Renaissance" par Érasme et Rabelais, qui joueront sur le double sens du qualificatif de "subtil" (synonyme de "fin, recherché", mais aussi d'"inutilement sophistiqué, obscur") attaché à Duns Scot pour railler l'excès de subtilité des scotistes. Il sera soutenu jusqu'au XVIIe siècle, en la personne de Bartolomeo Mastri. Jean Duns Scot sera béatifié par S. Jean-Paul II en 1993. Il est fêté le 8 novembre.

 

"L'Inquisition, avec ses procédures juridiques rédigées en lieu et place d'une justice seigneuriale coutumière, orale, est aussi fille de l'Université. Dominicains et Franciscains y apportent des procédures écrites et un rituel de l'interrogatoire, de la confrontation et de l'aveu qui ne vont pas tarder à se verser à la justice d'État : on en retrouvera la trace dans les procédures suivies encore aujourd'hui par les juges d'instruction français." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 182.)

 

"Quand je connaîtrais tous les mystères, enseigne l'Apôtre, que je posséderais toute science, ...si je n'ai pas la charité, je ne suis rien!" (1 Co. 13:2) S. François consacre à cette parole une admonition, et une autre à celle-ci : "Le lettre tue, l'esprit vivifie" (2 Co. 3:6). À choisir entre la science et la charité, le choix est vite fait. Mais il arrive heureusement que les deux soient compatibles, et les faits l'ont prouvé dans la personne de nombreux saints franciscains. (Ivan Gobry)

Sources: (1) L'Evangile au quotidien; (2) Franciscain.org ; (3) Chiesa ; (4) Egliseinfo.catholique ; (5) Eleves.ens.fr : S. François et le Sultan, les Fioretti ; (6) Les saints Franciscains

Mgr Paul GUERIN, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 617-620

Ivan GOBRY, Saint-François d'Assise et l'esprit franciscain, Maîtres spirituels aux Editions du Seuil, 1957, p. 68-69; 77; 79;111

Stan ROUGIER, Saint François d'Assise ou la Puissance de l'amour, Albin Michel, Saint-Amand-Montrond 2009, p. 136-137

Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015

DANIEL-ROPS, L'Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV, sous la direction de Jean DUMONT, Editions Bernard Grasset 1962-1965, p. 300-301.

 

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 00:00
Saints Anges gardiens

Dieu est le "créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible" (Symbole de Nicée Constantinople). Or, selon la Tradition, les anges sont des créatures spirituelles et non corporelles. Chaque fête des anges est d’abord l’occasion de rappeler que "Dieu a tout ensemble, dès le commencement des temps, créé de rien l’une et l‘autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps" (profession de foi du 4ème concile du Latran, rappelée par le n° 327 du CEC – Catéchisme de l’Église catholique).

 

Parmi d'autres choses, Dieu a ainsi formellement distingué la nature angélique et a donné à chaque ange sa qualité particulière selon la différence particulière. Selon Saint Thomas d'Aquin (I qu. 30, art. 4), chaque ange forme à lui seul une espèce particulière.

 

Les croyants peuvent s’appuyer sur leur aide pour se tourner vers leur Seigneur.

Dans chaque eucharistie, les anges se joignent à eux – et aux saints – pour chanter d’une seule voix le Dieu trois fois saint proclamer sa gloire (cf. finales des préfaces de la prière eucharistique).

 

À la naissance du Sauveur, un ange était apparu aux bergers "et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière." (Lc 2,9)

 

La fête des archanges, le 29 septembre, rappelle l’essentiel de la vocation des anges : contempler Dieu et chanter sa louange. C’est aussi la raison d’être de la création et la mission primordiale de l'Église. Pour sa part, la mémoire des anges gardiens le 2 octobre insiste sur un autre aspect : leur mission de présence fraternelle à nos côtés.

 

 

Dès l’Ancien Testament, les anges protègent et guident les patriarches. "Dieu donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres." (Psaume 90, 11-12).

 

 

Cette mission continue : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie (S. Basile)" (cf. CEC 336).

 

En faisant mémoire des anges gardiens, les croyants demandent à Dieu de leur assurer "le bienfait de la protection des anges et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours". Mais cette mémoire les encourage aussi à inventer une "présence fraternelle" concrète auprès des autres, à prendre soin d’eux. (1)

"Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des Anges; l'Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les Anges nous préservent d'une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché; ils nous inspirent de saintes pensées et nous portent à la vertu, nous soutiennent dans les tentations, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relève par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes oeuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l'heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

Ils veillent sur nous pendant notre sommeil, nous assistent dans notre prière, nous défendent sur terre et sur mer, purifient notre esprit et notre corps, nous provoquent à la vertu, élèvent nos pensées vers Dieu, nous consolent dans nos peines et nos épreuves, quand nous sommes sous les étreintes de la maladie et de la mort prochaine, nous font visite, nous fortifient, nous défendent contre l'esprit du mal, et après nous avoir donné la victoire, nous accompagnent au ciel ou au purgatoire. Sans ce secours providentiel, l'infirmité humaine ne saurait être en sécurité. (Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 168.)

Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: 'Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection.' Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leur bonnes inspirations. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

À partir de quel moment les Anges gardiens nous sont-ils assignés ?

 

"Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux." (Mt 18,10).

 

Bien que ce ne soit pas explicitement écrit dans la Bible, il est communément admis par les théologiens que chaque être humain, qu’il soit chrétien ou non, a un ange gardien assigné à sa protection. "Chacun, aussi humble soit-il, a des anges gardiens pour veiller sur lui", a ainsi déclaré le pape Pie XII, s’appuyant sur les Saintes Écritures mais aussi sur les enseignements de saint Thomas d’Aquin, saint Basile ou encore saint Jérôme. Mais ces grands saints sont loin d’être les seuls à croire en leur existence. De nombreuses personnes, même non chrétiennes, considèrent qu’elles sont protégées par un ange gardien.

 

Mais alors, à quel moment un ange gardien est-il assigné à la protection de la personne dont il aura la charge ? Pour répondre à cette question, il faut se référer au paragraphe dédié dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui constitue la seule source officielle à ce sujet : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie." (CEC n°336)

 

Saint Jérôme ou saint Anselme ?

 

Cette assertion n’est pas très précise, puisqu’il y est simplement question du "début" de la vie. Les débats théologiques à ce sujet ne manquèrent pas au fil des siècles, et les avis divergent. En effet, saint Jérôme déclara simplement : "Si grande est la dignité des âmes que chacune, dès sa naissance, a un ange préposé à sa garde." Ce point de vue, basé sur les connaissances scientifiques de l’époque, fit école pendant plusieurs siècles.

 

 

Saint Anselme, de son côté, affirmait que "chaque âme est assignée à un ange au moment où elle est unie à un corps". Ce point a également été débattu par les théologiens, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agit du moment de la conception. À en croire ce document compilé par le cardinal Ratzinger en 1987, "l’âme spirituelle de tout homme est immédiatement créée par Dieu".

 

En conséquence, il semble effectivement très probable que les anges gardiens nous sont attribués au moment de la conception. Cette hypothèse n’est pas un dogme de l’Église catholique, mais elle s’inscrit dans la lignée d’enseignements qui ont fait école pendant plusieurs siècles, et est en accord avec les paroles de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Dans l’hypothèse où ce serait à la naissance plutôt qu’à la conception, c’est l’ange gardien de la mère qui, automatiquement, serait en charge de l’être qui se développe en son sein. (2)

Les anges gardiens n’ont pas accès à nos pensées et ne peuvent donc pas s’immiscer dans notre esprit.

De même que les anges ne peuvent pas lire dans nos pensées, les démons ne le peuvent pas non plus.

Seul Dieu est à même de savoir ce qui se déroule exactement dans nos têtes, puisqu’il nous a créés. Saint Thomas d’Aquin établit cela clairement dans sa Somme de théologie (I, 57, 4) :


 

Ce qui est propre à Dieu ne convient pas aux anges. Or, connaître les pensées [des cœurs] est le propre de Dieu. (3)

 

Cela dit, nos compagnons célestes sont dotés d’une grande intelligence ainsi que d’un sens de l’observation bien plus affûté que le nôtre. Ce qui signifie que, bien que n’ayant pas accès à notre esprit, ils peuvent savoir ce à quoi nous pensons à force de nous observer et de nous côtoyer. Saint Thomas d’Aquin explique bien ce phénomène dans son ouvrage (I, 57, 4) :

Les pensées des cœurs peuvent être connues […] d’abord dans leurs effets. De cette façon elles peuvent être connues de l’ange aussi bien que de l’homme ; mais il y faut d’autant plus de pénétration que l’effet est plus caché. Car la pensée peut se révéler non seulement par un acte extérieur, mais encore par un changement d’expression du visage ; les médecins peuvent même connaître certaines affections de l’âme par nos pulsations. À plus forte raison les anges […] le pourront-ils, puisqu’ils aperçoivent d’une manière beaucoup plus pénétrante ces modifications corporelles cachées.


 

Si nous souhaitons que notre ange gardien nous connaisse en profondeur, nous devons donc nous confier à lui régulièrement. De cette manière, il sera mieux armé pour nous protéger et nous conduire à la vie éternelle.

 

Voici une petite prière pour que notre ange gardien intervienne et prie à notre place, quand nous ne le pouvons pas, et entre en dialogue avec les anges gardiens de ceux qu’on aime, quand la croix qu’ils portent sur leurs épaules se fait de plus en plus lourde :
 

Mon Saint Ange gardien,

je vous salue et je vous remercie.

Veuillez prier pour moi

et prier à ma place

dans tous les moments

où je ne peux formuler mes prières.


 

Daignez aussi,

dans la Lumière divine,

vous rencontrer avec les Anges gardiens

de ceux que j’aime le plus,

de tous ceux auxquels je m’intéresse spirituellement,

pour les éclairer, les protéger et les conduire.


 

Ainsi soit-il

Un ange libéra l'apôtre Pierre de la prison Antonia à Jérusalem où l'avait enfermé Hérode Agrippa en 44, qui voulait le faire juger et mettre à mort avec grand appareil, devant la masse de peuple alors assemblé. 

"Un soir que plusieurs des fidèles étaient assemblés dans la maison de Marie, mère de Jean-Marc, où Pierre demeurait d’habitude, on entendit tout à coup frapper à la porte. La servante, nommée Rhodé, alla écouter. Elle reconnut la voix de Pierre. Transportée de joie, au lieu d’ouvrir, elle rentre en courant et annonce que Pierre est là. On la traite de folle. Elle jure qu’elle dit vrai. « C’est son ange, » disent quelques-uns. On entend frapper à plusieurs reprises ; c’était bien lui. L’allégresse fut infinie. Pierre fit sur-le-champ annoncer sa délivrance à Jacques, frère du Seigneur, et aux autres fidèles. On crut que c’était l’ange de Dieu qui était entré dans la prison de l’apôtre, et avait fait tomber les chaînes et les verrous. Pierre racontait, en effet, que tout cela s’était passé pendant qu’il était dans une espèce d’extase ; qu’après avoir passé la première et la deuxième garde et franchi la porte de fer qui donnait sur la ville, l’ange l’accompagna encore l’espace d’une rue, puis le quitta ; qu’alors il revint à lui et reconnut la main de Dieu, qui avait envoyé un messager céleste pour le délivrer (Ac., XII, 9-11). Le récit des Actes est tellement vif et juste, qu’il est difficile d’y trouver place pour une élaboration légendaire prolongée." (Ernest Renan, Les Apôtres, Michel Lévy, 1866, p. 248-249.)

 

"Il existe, dans le Légendaire de certains ordres religieux, des apparitions d'anges gardiens des couvents. Les biographes de saint François d'Assise et de saint Dominique en rapportent. Pour ce dernier, on dit qu'en un moment de disette, provoquée par la libéralité des premiers frères prêcheurs à l'égard des pauvres, l'un de ses monastères fut favorisé d'une intervention du ciel. Les anges gardiens de la communauté vinrent emplir les coffres et même servir les moines à table. Le bienheureux Fra Angelico a très bien illustré le miracle dans une de ses fresques. De telles faveurs venaient récompenser la charité des premiers religieux d'une obédience nouvelle. Tous les néophytes ont de ces emballements qui, dans la suite, ne se retrouvent guère. En cela, la jeunesse des familles monastiques n'est pas tellement différente de l'enfance de chaque homme.

"Le plus étonnant, dans ces aventures mystiques, ce n'est pas que des êtres charnels conservent ou retrouvent assez de transparence d'âme pour réfléchir sur le surnaturel ; mais bien que des esprits s'abaissent à servir des corps. Moi qui, souvent, considère au-dessous de ma « dignité » de condescendre, voilà une leçon pour mes dédains. Malgré l'exemple d'un Dieu-Providence, d'un Verbe-Sauveur, je poursuis aveuglément ma voie aberrante, mes habitudes d'insolence et de dureté.

"Cela me va de parler de dignité, à moi qui ne résiste pas à un clin d'œil du Malin ! Si les Anges servent les hommes, ce n'est pas pour rendre hommage à leur excellence ; mais pour obéir à Dieu qui a des faiblesses pour nous. Ils trouvent dans cette obéissance, en dépit de ce qui est exigé, un surcroît de joie, tant il est vrai que l'amour s'exalte par le désintéressement et s'illumine par tous les sacrifices qu'on lui consent.

"Le Pape s'honore du titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». À combien plus forte raison les Anges tirent-ils gloire d'une telle appellation, plus vraie encore pour eux qu'elle ne l'est pour le Pape ! Ce n'est pas le bénéficiaire qui crée l'honneur, mais le Maître et le service du Maître." (Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958. Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.) (4)

Saint François de Sales, évêque et docteur de l'Église, recommandait de se familiariser avec les anges, de prendre conscience de leur invisible présence dans notre vie, d'aimer et révérer l'ange de notre diocèse, celui des personnes avec lesquelles on vit, et spécialement le nôtre  : "Lorsque nous nous trouvons avec eux, et en communion d'intention, nous ne pouvons qu'en être heureusement influencés

[...] Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier théologien de la sainte Compagnie de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, [...] revenait un jour d'Allemagne, où il avait beaucoup oeuvre à la gloire de Notre-Seigneur. Il passait en notre diocèse, où il est né. Il raconta qu'en traversant plusieurs régions gagnées à l'hérésie, il avait trouvé mille consolations à saluer les anges, protecteurs des paroisses où il passait. Il avait constaté de ses yeux comment, par eux, il avait été protégé des embûches que lui tendaient les hérétiques; et comment beaucoup d'âmes s'étaient ouvertes à la doctrine du salut." (Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote mise en français contemporain, Les Éditions du Cerf, Spiritualité Lexio, Paris 2019, p. 170, 176.)

 

***

Prière à l'Ange gardien du Cardinal John Henry Newman

 

Mon ami le plus ancien,

mon ami fidèle, mien  jusqu'à la mort,

tu es toujours à mes côtés,

toi à qui le Créateur a confié mon âme,

Tu seras toujours près de moi

quand déclinera ma vie.

Ennemi vigilant et jaloux du doute,

de l'impatience et de la tristesse.

Mien, tu seras toujours,

ô frère de mon âme,

quand tu m'introduiras toi-même

dans la demeure du Seigneur.

 

Cardinal J.-H. Newman (in Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 345.)

Prières du matin du saint Curé d'Ars

 

Mon Dieu, je vous offre mon cœur, mon esprit, mes pensées, mes paroles, mes actions, tout moi-même, pour ne servir que votre gloire. Je renouvelle les promesses de mon baptême.

 

Mon Ange gardien.Je vous aime tendrement ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi, s'il vous plaît,pendant ce jour,sans malheur,ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement. 

Prière avant le coucher

 

Seigneur,

Veille sur tous ceux qui travaillent,

sur ceux qui pleurent cette nuit

et fais que tes anges gardent ceux qui dorment.

Soigne les malades, Seigneur Jésus,

donne le repos à ceux qui sont fatigués,

bénis les mourants, console les affligés,

aie pitié de ceux qui souffrent et

protège ceux qui sont heureux.

Amen.

Prière avant le coucher (Anonyme)

Sources: 1; 2; 3; 4

 

Bibliographie : (1) Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008 ; (2) Henri-Marie BOUDON, La Dévotion aux Saints Anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Condé-sur-Noireau, 2003

 

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