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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 08:41

Le site YT Carrefours du Monde nous livre cette information cruciale : 

"Selon le quotidien britannique Daily Mail, le plan de restauration finale supprimera les confessionnaux, les autels et les structures classiques les plus distinctifs sur le plan religieux, et les remplacera par des peintures murales d'art modernes et élégantes. L'objectif sera de créer des espaces émotionnels avec des effets sonores et lumineux pour les visiteurs à travers quatorze chapelles, la dernière chapelle étant consacrée au changement climatique et à l'environnement. Ainsi la cathédrale Notre-Dame de Paris révisée ressemblera plus à un DisneyLand qu'à la cathédrale catholique médiévale d'origine. Et l'administration de l'église souhaite transformer Notre-Dame en une salle d'exposition liturgique expérimentale, une sorte de parc à thèmes réveillés ou "woke"....

'C'est comme si Disney entrait dans Notre-Dame.

'Ce qu'ils proposent de faire à Notre-Dame ne serait jamais fait à l'abbaye de Westminster ou à Saint-Pierre de Rome. C'est une sorte de parc à thème et très enfantin et trivial étant donné la grandeur du lieu.'

Ces mots ont été confiés au Telegraph par Maurice Culot, un architecte primé basé à Paris, qui a eu accès aux plans de rénovation dans un article publié vendredi 26 novembre.

Il s'agit d'une grave profanation de la tradition et de la religion, une grave destruction de ce bâtiment profondément historique, et une expression insensée du soit-disant politiquement correct.

Selon le Daily Mail, le sort définitif de Notre-Dame de Paris dépendra de la réunion du Comité national du Patrimoine français, le 9 décembre. Cependant, le fait que le rapport révèle tant de détails du plan de rénovation, il semble que ce plan soit déjà établi." (Fin de citation de la video de Carrefours du Monde)

Note du Blog Christ Roi. Vous pouvez retrouver l'article du Daily Mail ici.

Désormais, les lieux de culte les plus emblématiques sont détournés de leur finalité pour servir l'agenda du monde.

Au moment où l'on parle de passeport nazitaire, où en entrant dans certains lieux de culte dans le monde, on doit soudainement faire marche arrière si on n'a pas l'injection, cette triste nouvelle montre que l'incendie de Notre-Dame, comme nous le craignions, devait bien être le signal de la France laissée sans protection divine ("France, qu'as tu fais de ton baptême ?") le signal du grand incendie envoyé à toutes les nations, le signal du lancement du grand chambardement... 

En Italie, c'est devenu une loi nationale le 15 octobre dernier que quiconque qui va travailler ou à l'école ou dans n'importe quel lieu public doit avoir l'injection ou ils perdent leur emploi en cinq jours ou sont jetés hors de l'école à coups de pieds en cinq jours. Le tout dans une loi nationale. Pas dans un décret. Dans une "loi" ! Et cela arrive partout.

Il est temps de se réveiller ! Temps de s'armer moralement et spirituellement, temps de résister.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-10246695/Notre-Dame-turned-woke-theme-park.html

https://www.dailymail.co.uk/news/article-10246695/Notre-Dame-turned-woke-theme-park.html

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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 20:30

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 20:15
https://www.lifesitenews.com/news/australian-archbishop-orders-segregation-of-catholics-according-to-covid-jab-status/?utm_source=top_news&utm_campaign=usa

https://www.lifesitenews.com/news/australian-archbishop-orders-segregation-of-catholics-according-to-covid-jab-status/?utm_source=top_news&utm_campaign=usa

L'archevêque australien ordonne la ségrégation des catholiques selon le statut vaccinal COVID

« Il est totalement contraire à l'ecclésiologie eucharistique de l'Église catholique d'introduire une division entre les fidèles – entre les vaccinés et les non vaccinés – dans la célébration de la messe. »

 

Mar 23 nov. 2021 - 13 h 41 HNE

CHELSEA, Victoria ( LifeSiteNews ) – L'archevêque de Melbourne exige que les prêtres de son diocèse « fassent la distinction entre les vaccinés et les non vaccinés ».

 

L'archevêque Peter Comensoli oblige les prêtres à diviser leurs congrégations en deux groupes, avec des messes pour les congrégations non plafonnées de paroissiens «vaccinés» au COVID et des services sévèrement restreints pour les non-vaccinés.

 

Une lettre du père Kevin Williams à sa paroisse de St. Joseph à Chelsea, Victoria, montre que les prêtres ont été contraints par Comensoli de diviser les participants aux cérémonies en fonction de leur statut vaccinal COVID à partir de fin octobre au plus tard.

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 01:00

Source Video : Gloria.tv

 

Avec la solennité du Christ Roi, l'Église célèbre la souveraineté du Christ sur toute la création; c'est pourquoi cette solennité est fêtée le dernier dimanche de l'année liturgique, afin de montrer que le Christ est le "commencement et la fin", le Maître du temps et de l'Histoire.

 

La fête du Christ-Roi est la conséquence liturgique de la conception théologique scotiste du XIVe siècle (ordre franciscain) reconnaissant au Christ une place suréminente dans l'œuvre de la Création et de la Rédemption. Celui que S. Jean dans l'Apocalypse appelle "l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin", est la cause, le chef et l'achèvement de toute la Création spirituelle et sensible.

 

La fête du Christ Roi a été instituée il y a moins de 100 ans par le Pape Pie XI, avec l'encyclique "Quas Primas" (1925). Le Pape déclara qu'avec cette fête "c'est désormais à notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d'apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine, le laïcisme."

 

Durant ces années au Mexique les "Cristeros" persécutés par le gouvernement franc-maçon se battaient pour la liberté religieuse et mouraient en criant "Viva Cristo Rey" ("Vive le Christ Roi").

 

Solennité du Christ Roi

Mgr Louis-Édouard Pie (1815-1880), évêque de Poitiers, cardinal et prélat antilibéral du XIXe siècle, a expliqué la doctrine intégrale de la Royauté de Jésus-Christ. La parole du Christ "Mon Royaume n'est pas de ce monde" est souvent interprétée d'une manière erronée par les libéraux. Cette parole de Jésus à Pilate indique simplement que la royauté du Christ vient d'en haut, et non de ce monde. Son pouvoir s'origine du Ciel et non d'ici-bas. Il s'agit d'un royaume spirituel, et non matériel. "Le Royaume de Jésus est avant tout un royaume spirituel qui s'établit par la puissance divine et non par la force des armes. [Ainsi, lorsque Jésus est livré par Judas et arrêté à la demande du grand prêtre Caïphe, "l’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille. Alors Jésus lui dit : 'Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges'" (Mt 26: 51-53)]. Mais il ne résulte aucunement de ces paroles, que Jésus ne veuille pas régner socialement, c'est-à-dire imposer ses lois aux souverains et aux nations." (La Royauté sociale de N.S. Jésus-Christ, d'après le Cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Just, O.M.C., Lecteur émérite en théologie, Editions Saint-Rémi, p. 30). Une prophétie tirée du livre du prophète Isaïe dans l'Ancien Testament, précise, par exemple : "Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit."

La prophétie d'Isaïe poursuit : "Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent." (Is 42, 1-5.) Cela signifie simplement que le Seigneur est doux et humble de coeur, et que Son règne social ne s'impose pas par la force, mais par "l'esprit". En effet, "qui vit par l'épée périra par l'épée" (Mt 26: 52). Au XVIe siècle, contre ceux qui avait imposé la religion protestante par la force à Genève en 1535-1536, et en avait chassé l'évêque catholique, saint François de Sales dont la devise était, "Rien par force, tout par amour", dit en 1594 : "C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut la recouvrer... il faut [les] renverser par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle". 

 

"Ne voyons surtout pas dans le règne social du Christ une confusion du temporel et du spirituel. Le monde antique, païen ou juif, opère cette confusion, et l'empereur Constantin conservera une vision païenne du pouvoir où le Prince Souverain Pontife intervient dans les affaires religieuses (césarisme). C'est le Christ qui distingue le temporel du spirituel : 'Rendez à César ce qui appartient à César' (Mc 12:17; Mt 22:21, Lc 20:25). Mais si Jésus affirme sa royauté spirituelle, le monde, lui, n'a pas droit à l'indifférence religieuse : "Je suis la lumière du monde" (Jn 8:12) (Gérard BEDEL, Le Cardinal Pie, Un défenseur des droits de Dieu, Clovis Diffusion, Suresnes 2015, p. 61). En Lituanie, en 2009, la laïcité n'empêche pas la Royauté sociale du Christ

La thèse libérale moderne prétend fonder un contrat social indépendant de toute société extérieure à l'État. Dans ce système, tout vient de l'État et tout revient à l'État. Mais cette thèse qui prétend que l'État doit être purement laïque est une exagération de la parole du Christ et aboutit à rendre tout à César. "C'est-à-dire encore que, sous prétexte d'échapper à la théocratie imaginaire de l'Église, il faut acclamer une autre théocratie aussi absolue qu'elle est illégitime, la théocratie de César, chef et arbitre de la religion, oracle suprême de la doctrine et du droit..." (Cardinal Pie, Homélie sur le Panégyrique de saint Emilien, Nantes, 8 novembre 1859, III, p. 511-518 cité in Gérard Bedel, Le Cardinal Pie, ibid., p. 65-66.) Le pape Pie IX (1846-1878), a ainsi pu légitimement dénoncé un défaut majeur de l'État moderne, en ce qu'il se proclame "origine et source de tout droit", qui prétend jouir "d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je, 4e édition, Paris 2018, p. 91.) 

 

L'Évangile (Mt 21,1 - 9, Mc 11,1 - 10, Lc 19, 28 - 40) raconte qu'à proximité de la fête de la Pâque juive, Jésus décida de faire une entrée solennelle à Jérusalem (Rameaux). Il organisa son entrée en envoyant deux disciples chercher un ânon. Il entra à Jérusalem sur une monture pour se manifester publiquement comme le Messie que les juifs attendaient. C'est une monture modeste comme l'avait annoncé le prophète pour montrer le caractère humble et pacifique de son règne.

 

"Il est le Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine (Eph 3:19) et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs: car dans tout le genre humain il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais personne pour être aimé comme le Christ Jésus." (Quas Primas 4) 

 

"Il est venu tout réconcilier, faisant la paix par le sang de sa croix (Col. 1:20); C’est lui, le Christ, qui est notre paix ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres par le moyen de la croix; en sa personne il a tué la haine (Ephésiens 2,14-16); il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir (Mt 20:28); maître de toutes créatures, il a donné lui-même l'exemple de l'humilité et a fait de l'humilité, jointe au précepte de la charité, sa loi principale; il a dit encore: Mon joug est doux à porter et le poids de mon autorité léger (Mt 11:30)" (Quas Primas 15). Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes qu'il leur faille invoquer pour être sauvés (Ac 4:12). 

 

Prétendre que le Christ ne doit pas régner sur les sociétés revient à dire que le Christ serait mort en vain sur la Croix et que ses lois n'auraient pas à être suivies par les souverains et les nations. "Dire que Jésus-Christ est le Dieu des individus et des familles, et n'est pas le Dieu des peuples et des sociétés, c'est dire qu'il n'est pas Dieu. Dire que le christianisme est la loi de l'homme individuel et n'est pas la loi de l'homme collectif, c'est dire que le christianisme n'est pas divin. [...] C'est le droit de Dieu de commander aux états comme aux individus. Ce n'est pas pour autre chose que N.-S. est venu sur la terre." (La Royauté sociale de N.S. Jésus-Christ, d'après le Cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Just, ibid., p. 43-44; 73).

 

Devant Pilate lui demandant s'il était roi, Jésus répondit : "Tu l'as dit, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité; quiconque est de la vérité, écoute ma voix." (Jn, 18:37).

 

Le titulus crucis, titre de la Croix que Pilate fit placer au-dessus de la tête du Christ lors de sa crucifixion est "Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm" (INRI), "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs" (Jn 19, 19). L'inscription était en trois langues, en hébreu, en grec et en latin (Jn 19:20).

 

Le grand moyen de promouvoir ce règne, c'est la prière qui vivifie l'action et obtient du Ciel le succès que nos seuls efforts ne sauraient procurer. (La Royauté sociale de N.S. Jésus-Christ, d'après le Cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Just, ibid., p. 86.)

 

Se manifestant aux Onze pendant qu'ils étaient à table, Jésus ressuscité leur dit : "Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création." (Mc 16,15). En montant au Ciel, lors de son Ascension, Jésus adressa encore ces paroles explicites à ses disciples : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre", leur commandant : "Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps." (Mt 28:18-19). "Garder" ce qu'Il a prescrit, "tout pouvoir" lui ayant été donné, "au ciel et sur la terre", sont les termes qu'emploie Jésus. Il y a un devoir d'évangéliser les nations sur la terre, c'est-à-dire d'apprendre aux nations, et à leurs souverains, à "garder" les enseignements du Christ. 

A Lui seul soit le gouvernement

 

La louange et la joie

 

Jusqu'à l'accomplissement des temps. Amen !

 

Les jours meilleurs arrivent !

 

Les bons temps arrivent !

 

Par le rachat du Sang du Christ !

 

Maintien dans la joie

 

Félicitations !

 

Et bonne fortune !

 

La Paix du Christ vient

 

Le Règne du Chrits arrive

 

Rendons grâce à Dieu. Amen.

 

La Grande guerre prouve la vanité de l'optimisme des "Lumières". Cherchant à rétablir la distinction des deux pouvoirs temporel et spirituel, opposant une "laïcité saine" à la "laïcité anticléricale", et constatant l'échec du système libéral moderne, cet athéisme public où tout vient de César et revient à César, et où une modernité crée des rapports sociaux injustes, méprise l'autorité spirituelle et conduit au "suicide de l'Europe civilisée" via des idées politiques autoritaires ou totalitaires, suite au conflit mondial de 1914, le pape Pie XI (1922-1939) instaure en 1925 la fête et la théologie du Christ-Roi comme remède. 

21. Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles."

(
Pie XI, Lettre encyclique Quas Primas instituant la fête du Christ-Roi, § 21., 1925)


La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ (Cardinal Pie)
 
P. THEOTIME DE SAINT JUST O.M.C.
LECTEUR EMERITE EN THEOLOGIE
LA ROYAUTÉ SOCIALE DE N. S. JESUS-CHRIST D’APRÈS LE CARDINAL PIE

 

Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)
Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)

 

{Editions de Chiré BP 1 86190 Chiré en Montreuil 05 49 51 83 04 /
Editions Sainte jeanne d'Arc les Guillots 18260 Villegenon 02 48 73 74 22 }


«JESUS-CHRIST EST LA PIERRE ANGULAIRE DE TOUT L'EDIFICE SOCIAL. LUI DE MOINS, TOUT S'EBRANLE, TOUT SE DIVISE, TOUT PERIT...»

«METTEZ DONC AU CŒUR DE NOS CONTEMPORAINS, AU COEUR DE NOS HOMMES PUBLICS, CETTE CONVICTION PROFONDE QU'ILS NE POURRONT RIEN POUR LE RAFFERMISSEMENT DE LA PATRIE ET DE SES LIBERTES, TANT QU'ILS NE LUI DONNERONT PAS POUR BASE LA PIERRE QUI A ETE POSEE PAR LA MAIN DIVINE : PETRA AUTEM ERAT CHRISTUS ».

«JESUS-CHRIST, C'EST LA PIERRE ANGULAIRE DE NOTRE PAYS, LA RECAPITULATION DE NOTRE PAYS, LE SOMMAIRE DE NOTRE HISTOIRE, JESUS-CHRIST, C'EST TOUT NOTRE AVENIR... » (CARDINAL PIE : ŒUVRES , V, 333 ; VIII, 54 ; X, 493).

On a pu reprocher les empiétements de l'Église sur le pouvoir temporel des rois. Ceux-ci ont une explication historique simple : des empereurs de la Rome tardive ont prétendu intervenir dans la vie de la jeune Église chrétienne en nommant les évêques, en imposant des papes, en convoquant des conciles, en légiférant en matière de discipline ecclésiastique, en intervenant dans les débats doctrinaux

Les rois capétiens, les rois d'Angleterre, les empereurs du Saint empire romain germanique furent ainsi nombreux à intervenir dans la vie de l'Église, en désignant des évêques, légiférant en matière de discipline ecclésiastique. (Source: Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink, Quadrige, Puf, 2002, p. 242).

Or, l'Église est seule maîtresse de sa morale et de son dogme (Cf. Saint Athanase, Saint Ambroise, Saint Jean Chrysostome, Saint Augustin). 

« Les siècles de la féodalité, longtemps définis comme des siècles de fer', correspondent en réalité au moment du "décollage" européen ». (Jean-Louis BIGET, Préface dans Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 10.) 

 

Voici donc comment l'Église s'est dégagée de l'ingérence et de l'influence des empereurs et des rois, ce qui a permis le développement inédit dans l'histoire d'une civilisation originale, distinguant le temporel du spirituel, le laïque du religieux, la civilisation occidentale :

 

Dans les sociétés païennes antiques, "ignorant des raisons de sa présence en ce monde, l'homme subissait totalement un destin qui lui était imposé par la volonté divine. Cette volonté s'exprimant au travers des prêtres (païens) qui étaient chargés de la servir, le pouvoir clérical (païen) était sans limite et pesait considérablement sur la direction de la cité jusqu'à se confondre avec elle. Pharaon, roi, dictateur ou tyran, les dirigeants antiques portaient en eux une partie de la vie divine. Ils étaient moitié fils de dieux ou de déesses, divinisés de leur vivant, tant on était convaincu que le pouvoir, même politique, échappait à la volonté de l'homme qui n'avait aucune prise sur sa destinée. L'Etat était une communauté religieuse, le roi un pontife, le magistrat un prêtre, la loi une formule sainte." (Fustel de Coulanges, La cité antique, Hachette 1967, p. 457).

 

Cette confusion totale du politique et du religieux, l'Empire romain, par l'intermédiaire d'Octave Auguste, le premier empereur, la portera à son sommet, en réalisant la fusion du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel en sa personne. "César, à cette époque, était le grand pontife, le chef et le principal organe de la religion romaine; il était le gardien et l'interprète des croyances, il tenait dans ses mains le culte et le dogme. Sa personne même était sacrée et divine" (Fustel de Coulanges, Ibid., p. 461.).

 

Or, "le christianisme n'est pas intégré au système étatique. Au contraire, il introduit une distinction inédite entre religion et politique. L'évêque Ossius de Cordoue (257-359) est de ceux qui veulent tenir l'État à distance dans les questions doctrinales  : 'Ne vous mêlez pas des affaires religieuses et ne donnez pas d'ordres à ce sujet : [...] Dieu a mis la royauté dans vos mains et nous a chargés des affaires de son Église.' [...] Les pouvoirs politiques et religieux doivent donc collaborer, bien qu'ils soient distincts." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je ?, 4e édition, Paris 2018, p. 22.)

 

Distinction (les "deux cités" de Saint Augustin) et coordination (des deux pouvoirs) est la double vérité sur laquelle s'appuie l'Église depuis Saint Augustin (Cf. Jacques CHEVALIER, De saint Augustin à saint Thomas d'Aquin: Histoire de la pensée, Préface de Serge-Thomas Bonino, Collection Philosophie européenne dirigée par Henri Hude, Editions Universitaires, vol. 3, 1992, p. 70.)

"Augustin conçut son ouvrage La Cité de Dieu, achevé vers 426, comme une démonstration de la compatibilité entre l'Empire et la foi. Il n'y a qu'une seule cité de Dieu, mais elle offre deux faces, l'une est terrestre, l'autre céleste, la seconde se révélant au fur et à mesure que la première s'efface. La cité de Dieu est à la fois l'Église réalisée, le ciel à venir et la communauté terrestre avec sa législation, gouvernée par le Christ. Mais cette conception mystique de l'Église laissait une liberté d'intervention concrète au profit des pouvoirs séculiers. [...] Le pape cherchait à préserver la liberté de l'Église romaine face aux empiétements impériaux, tout en reconnaissant la légitimité de l'autorité temporelle." (L'Église en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean Sévillia, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 73.)

 

De très bonne heure, c'est l'Occident qui admit la dualité des pouvoirs temporel (séculier) et spirituel (religieux). "Duo quippe sunt potestates", en effet il y a deux pouvoirs, écrivit le pape Gélase Ier à l'empereur Anastase au Ve siècle en 494, pour le réprimander, lui précisant par là une idée vieille de deux siècles (qui avait commencé à germer dans l'Église à partir du moment où Constantin avait commencé à convoquer lui-même les conciles d'évêques), idée selon laquelle les empereurs ne peuvent pas faire le dogme ni décider pour l'Église.

Une tradition impériale de convocation des conciles d'évêques initiée par Constantin à Nicée en 325, Théodose Ier à Constantinople en 381, Théodose II à Constantinople en 449, poursuivie en Occident par certains rois de France, comme Clovis le 10 juillet 511 à Orléans, Clotaire II à Paris en 614, Pépin le Bref à Compiègne en 757, Charlemagne à Tours et Mayence en 813, Philippe le Bel en 1312 au concile de Vienne..., en Orient par les empereurs byzantins, comme Justinien II en 692 au concile in Trullo, le IIe concile de Nicée en 787, et les empereurs germaniques, comme Frédéric Barberousse au concile de Pavie en 1160, et Sigismond au concile de Constance en 1414), voyait les conciles de l'Église convoqués par les rois

 

Grégoire VII, Pape

Mille ans après sa fondation par le Seigneur à la Pentecôte, où saint Pierre prit la parole, la papauté est devenue presque malgré elle, de manière accidentelle, un pouvoir impliqué dans les querelles de ce monde (Les disciples du Christ ne sont pas DU monde, mais ils sont DANS le monde. Jn 17,14-18). Outre, le choix des évêques ou la convocation des conciles, "l'empereur germanique passait par-dessus le peuple romain et les notables pour nommer directement les papes

 

Le pape Saint Grégoire VII, l'un des plus grands Papes, fut au XIe siècle l'homme providentiel qui combattit tous les grands abus de cette époque. Sa "réforme grégorienne" régla les empiétements des empereurs d'Allemagne, c'est-à-dire un pouvoir politique trop envahissant, la vente des dignités ecclésiastiques (simonie), la contagion des mauvaises moeurs du clergé et dans le peuple. 

En 1122, le compromis du concordat de Worms, le premier de l'histoire, régla le problème: désormais, l'évêque serait élu librement par le clergé en présence de l'empereur ou de son représentant. En France, des procédures analogues furent mises en place pour l'élection des évêques.

L'Église n'a jamais enseigné la confusion des deux pouvoirs, ni l'absorption du temporel par le spirituel (théocratie), ni l'absorption du spirituel par le temporel (césarisme, gallicanisme, églises nationales), parce que ce sont des erreurs régulièrement condamnées par le Saint-Siège.

On adressait déjà cet absurde reproche (d'absorption du temporel) au pape Boniface VIII, qui, dans sa Bulle Unam, sanctam, définit contre les légistes courtisans de Philippe le Bel, déjà gallicans, la subordination (qui n'est pas absorption) de la puissance temporelle à la puissance spirituelle. "Il enseigne, disait-on, que le pape peut disposer des couronnes selon son bon plaisir..." - "Il y a quarante ans que j'étudie le doit, répondait le saint Pontife dans le Consistoire de 1303, et je sais apparemment qu'il y a deux puissances... Comment peut-on croire qu'une telle folie me soit venue à l'esprit?" (Boniface VIII, cité dans Mgr Gaume, Le dogme de l'infaillibilité.)

 

En réaction aux empiétements des pouvoirs temporels, la papauté au "Moyen-Âge" a cherché à affirmer "sa liberté tout en ouvrant la porte à une autonomie du politique, de la société, qui se serait développée grâce à cette séparation." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 17.)

"La réforme grégorienne va [...] en fait bien au-delà de la simple 'liberté' ou de la volonté de dégager les Églises des jeux politiques et de la corruption. La papauté grégorienne, veut rompre avec l'association organique des empereurs avec leurs évêques. Ce faisant, la réforme grégorienne commence à poser en des termes nouveaux la question des rapports entre pouvoir laïc et pouvoir religieux. Elle amorce à terme une forme de séparation avec les pouvoirs politiques et une laïcisation de ces derniers." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 135, 146-150.) "La réforme grégorienne fut une révolution qui agita l'Église durant un siècle et remit totalement en causes ses rapports avec le système politique. [...] Ainsi, bien avant la séparation de 1905, le principe de l'autonomie des pouvoirs séculier et spirituel était acquis, et ce en raison de l'insistance de la papauté." (L'Église en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean SÉVILLIA, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 80.)

 

Les ordres monastiques de Cluny (Xe siècle) puis de Citeaux (Cisterciens) diffusent les principes de la réforme du clergé et d'obéissance à l'Église romaine. (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je, 4e édition, Paris 2018, p. 48.)

 

"Pour l'essentiel, c'est aux moines que l'on doit la transmission de l'héritage antique. [...] Le monachisme s'est répandu en Occident dès le IVe siècle, après que saint Martin a fondé le premier monastère d'Occident à Ligugé." (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, ibid., p. 37.)

 

Ainsi, l'Europe a dominé le monde dès l'époque dite 'obscure' du "Moyen-Âge". L'explication première réside dans la foi des Européens en la raison, dans l'engagement manifeste de l'Église sur la voie d'une théologie rationnelle (scolastique XIe-XIVe siècle) qui a rendu possibles les progrès.

Au IIe siècle à Alexandrie, Clément enseigne de 190 à 202 dans le Didascalé (école philosophique chrétienne, sur le modèle des écoles d'Athènes) que Dieu donne à l'esprit humain les moyens de parvenir à la vérité. Élève de Clément, Origène († 254) assume dans le christianisme l'héritage de la rhétorique et de la philosophie antiques, en intégrant la philosophie platonicienne dans la théologie chrétienne.  (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, ibid., p. 23-24.)

 

Entre le Ve siècle et le IXe siècle, Boèce (480-524), philosophe romain chrétien contemporain de Clovis, répand les oeuvres d'Aristote en Occident. Son travail a été la source antique principale de la philosophie médiévale avant le XIIIe siècle. Son traité Logica vetus (logique ancienne) comprend entre autres ses traductions latines de l'Organon (Analytiques I et II), des Catégories, des Topiques, et De l'Interprétation d'Aristote, qu'il a transmis en Occident avant que soient connus les commentaires d'Averroès, philosophe andalou (1126-1198) au XIIIe siècle.

 

"La période n'est pas celle de 'l'infélicité des Goths', le long tunnel d'ignorance déploré par Rabelais et les humanistes. La convergence culturelle des élites 'barbares' et des élites gallo-romaines a permis leur fusion rapide. Au Ve et VIe siècles, aucune régression ne se discerne dans la culture des laïcs ni dans l'usage de l'écrit. [...] Monastères et églises jouent un rôle positif dans la conservation des oeuvres antiques. [...] La période du Ve au IXe siècle ne correspond donc nullement au degré zéro de la culture. Tout au contraire, elle assume un rôle primordial dans la transmission d'une grande part de la littérature latine à l'Occident des temps futurs. [...] À bien y regarder, on est donc amené à reconsidérer l'idée d'un déclin de cette noblesse sénatoriale dans la Gaule du Ve siècle en raison de l'hégémonie des chefs barbares. En vérité, la plupart des grandes familles ont maintenu leur position, entretenu un style de vie antique et participé à la transmission de la culture écrite." (Geneviève BÜHRER-THIERRY, Charles MERIAUX, La France avant la France 481-888, Histoire de France, Sous la direction de Joël Cornette, Folio Histoire, 2019, p. 19 et 40.)

 

"Dès les premiers temps, les Pères de l'Église ont enseigné que la raison était le don suprême de Dieu et le moyen d'accroître progressivement leur compréhension des Écritures et de la Révélation. En conséquence, le christianisme s'est trouvé orienté vers l'avenir, tandis que les autres grandes religions affirmaient la supériorité du passé. ... Comme l'enseigne Tertullien au IIe siècle : 'La raison est une chose qui vient de Dieu, pour autant qu'il n'y a rien que Dieu, qui a fait toute chose, n'ait pas fourni, disposé, ordonné par la raison, rien qu'il n'ait voulu comme devant être appréhendé et compris par la raison.' (De la Repentance, ch. I). Dans le même état d'esprit, Clément d'Alexandrie énonçait au IIe siècle une mise en garde : 'Ne croyez pas que nous disons que ces choses sont reçues seulement par la foi, mais aussi qu'elles doivent être affirmées par la raison. Car en vérité il n'est pas avisé de confier ces choses à la simple foi sans la raison, étant donné qu'assurément la vérité ne peut exister sans raison.' (Les reconnaissances de Clément : Livre II, ch. 69). (Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 7, 22-23.)

Saint Augustin ne faisait qu'exprimer l'opinion générale lorsqu'il soutenait que la raison était indispensable à la foi  :  'Veuille le Ciel que Dieu ne haïsse pas en nous ce par quoi il nous a faits supérieurs aux animaux ! Veuille le Ciel que nous ne croyions pas de telle façon que nous n'acceptions pas ou ne cherchions pas de raisons, puisque nous ne pourrions même pas croire si nous ne possédions pas d'âmes rationnelles.' Saint Augustin reconnaissait que 'la foi doit précéder la raison et purifier le cœur et le rendre propre à recevoir et endurer la grande lumière de la raison'. Puis il ajoutait que, bien qu'il soit nécessaire 'que la foi précède la raison dans certains domaines de grande conséquence qui ne peuvent pas encore être compris, assurément la minuscule portion de raison qui nous persuade de ceci doit précéder la foi.' (In David C. Lindberg et Ronald L. Numbers, Gods and Nature : Historical Essays on the Encounter Between Christianity ans Science, Berkeley University of California Press, 1986, 27-28.) Les théologiens scolastiques avaient bien davantage foi dans la raison que la plupart des philosophes ne sont prêts à en avoir aujourd'hui. (R. W. Southern, Medieval Humanisme and Other Studies, Harper Torchbooks, New Yord, 1970, 49). (Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 23.)

 

La scolastique primitive, du début du XIe siècle à la fin du XIIe siècle débute avec la figure d'Anselme de Cantorbéry, et l'école de Chartres. Les œuvres d'Aristote marquées par l'influence de Platon sont copiées par Jacques de Venise († 1147) et traduites du grec au latin par Albert le Grand (1193-1206), maître dominicain de Thomas d'Aquin, qui les introduit dans les universités, en même temps que les traités scientifiques grecs.

Saint Thomas d'Aquin formule l'aristotélisme chrétien en appliquant à la théologie les méthodes et les exigences du raisonnement philosophique. L'engagement chrétien en faveur de la raison culmine avec sa Somme théologique, publiée à Paris à la fin du XIIIe siècle. Il avançait que dans la mesure où l'entendement des humains n'est pas suffisant pour percevoir directement l'essence des choses, il leur est nécessaire de cheminer vers la connaissance pas à pas, au moyen de la raison. Il prônait ainsi l'utilisation de la philosophie, particulièrement des principes de la logique, dans une tentative d'élaboration de la théologie. 

Alexandre de Hales (1180-1245) surnommé le "Docteur irréfragable", Robert Grossetête (1175-1253) à Lincoln, un des représentants de la Première Renaissance, et Roger Bacon (1214-1294) à Oxford (Angleterre), surnommés le "Docteur admirable", davantage portés vers l'expérience que vers la spéculation pure, identifient quelques erreurs commises par Aristote à propos des phénomènes naturels, ce qui ne les empêche nullement de reconnaître l'importance de la philosophie d'Aristote. 

La scolastique tardive du XIVe siècle est représentée par la figure de Jean Duns Scot (1266-1308), à Oxford, Paris et Cologne, le "docteur subtil" qui donne une priorité à la volonté (d'où l'étiquette de "volontarisme") devant les autres facultés comme l'intelligence intellectualiste ou la charité.

 

"Le christianisme irrigue toutes les constructions sociales, il est le modèle d’explication des sociétés, des cultures et du système de pensée occidental dans ses structures conceptuelles. Il se présente comme la constituante essentielle de l’histoire des civilisations et des hommes. Cette assertion, indéniable aujourd’hui et scientifiquement acquise..." (Bénédicte Sère, Histoire générale du christianisme. Volume I : Des origines au xve siècle, dir. Jean-Robert Armogathe, Pascal Montaubin, Michel-Yves Perrin, Revue de l’histoire des religions [En ligne], 1 | 2012, mis en ligne le 04 avril 2012. URL : http://journals.openedition.org/rhr/7840 )

 

"Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe." (Théodore ZELDIN, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points Histoire, Paris-Mesnil 1981, p. 446.)

Le self-government rural ou la "démocratie" et des élections à la pluralité des voix dans chaque village était un usage courant sous l'"Ancien Régime". (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.)

"Les rois du vieux temps laissaient se gouverner leurs sujets à l'abri de leur autorité souveraine. [...] Dallington va jusqu'à définir la France sous le gouvernement de ses princes, 'une vaste démocratie'." (Frantz FUNCK-BRENTANO, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 525-526.)

Le parlement local était élu par la population locale. Chaque grande ville élisait ses dirigeants, désignés parfois sous le terme d'échevin. (Pierre GAXOTTE, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 9-10.) Mais, "dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat." (Michel ANTOINE, Louis XV, Fayard, 1989).

Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'Etat français : Lex fit consensu populi et constitutione regis. "Consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." (Mgr FREPPEL, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33.)

"L'enseignement était obligatoire et gratuit. [...] Au cours de son livre L'École sous la Révolution, V. Pierre constate qu'il y avait en 1789 des écoles dans chaque paroisse 'et presque dans chaque hameau'." (Frantz-FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, pp. 50-51.)

La liberté et l'égalité sont des principes monarchiques français qui ont été dévoyés par l'oligarchie républicaine.  

"Dans le régime démocratique, [...] (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions. [...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir Patrice Gueniffey, Le Nombre et la raison, La Révolution française et les élections, éd. de l'EHESS, Paris 1993, p. 208-213). En effet, la participation démocratique [...], constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective'." (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaireFayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-210.)

"L'État de nos jours est plus directif que sous l'Ancien Régime. [...] La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite 'absolue'... En effet, l’autorité étatique y est beaucoup plus à même d’imposer sa volonté." (Jean-Louis Harouel, L’esprit des institutions d’Ancien Régime, Le miracle capétien, Perrin, 1987).

"Les théoriciens chrétiens proposaient depuis longtemps des théories sur la nature de l'égalité et sur les droits de l'individu. Le travail ultérieur de théoriciens politiques 'laïques' tels que John Locke a été explicitement fondé sur des axiomes égalitaires posés par les penseurs religieux." (Jeremy Waldron, God, Locke, and Equality, Cambridge University Press, 2002, cité in Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 11). 

"Beaucoup expriment également de l'admiration pour les œuvres de John Locke au XVIIe siècle comme étant une source majeure de la théorie démocratique moderne, apparemment sans se rendre compte le moins du monde que Locke fonda explicitement toute sa thèse sur les doctrines chrétiennes concernant l'égalité morale." (Jeremy Waldron, ibid.cité in Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, ibid., p. 119.)

 

Rappelons les progrès scientifiques et moraux dus au christianisme. Le christianisme est directement responsable des percées intellectuelles, politiques, scientifiques et économiques les plus significatives du dernier millénaire; la théologie chrétienne en est la source même. "Les autres grandes religions ont mis l'accent sur le mystère, l'obéissance, l'introspection ou la répétition. Seul le christianisme s'est ouvert à la logique et à la pensée déductive comme moyens d'accès aux lumières, à la liberté et au progrès. Au Ve siècle déjà, saint Augustin célébrait le progrès théologique et "l'invention exubérante". Les valeurs qui nous sont les plus chères aujourd'hui - le progrès scientifique, le règne de la démocratie, la liberté des échanges et de la circulation des hommes et des idées - doivent largement leur universalité au christianisme vu comme une tradition grandiose dont nous sommes tous les héritiers", écrit Rodney STARK dans son ouvrage "Le triomphe de la raison : pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, traduction de Gérard Hocmard, Paris, Presses de la Renaissance, 2007.) 

 

"Non seulement la science et la religion étaient compatibles, mais elles étaient inséparables : l'essor de la science a été le fait de penseurs chrétiens profondément religieux. (Rodney STARK, Le Triomphe de la Raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Éditions Presses de la Renaissance, Paris 2007, p. 30.) 

 

Ceux qui participèrent aux grands progrès des XVI et XVIIe siècles, Newton, Kepler, et Galilée ont perçu leurs travaux comme étant 'au service' de la théologie. Ils considéraient la Création elle-même comme un livre qu'il fallait lire et comprendre. (David Lyle Jeffrey, By Things Seen : Reference and Recognition in Medieval Tought, Ottawa Université of Ottawa Press, 1979, 14). René Descartes justifiait sa recherche des 'lois' naturelles par le fait que de telles lois doivent nécessairement exister puisque Dieu est parfait et qu''il agit de manière aussi constante et immuable que possible', à la rare exception des miracles. (Œuvres, Livre VIII, ch. 61.)

 

Au VIIe siècle, les sacrifices humains en Europe étaient encore pratiqués dans certaines régions païennes comme la Frise où les enfants étaient "noyés dans la mer par la marée montante afin d'apaiser la colère des dieux" (Geneviève BÜHRER-THIERRY, Charles MERIAUX, La France avant la France 471-888, Histoire de France, Sous la direction de Joël Cornette, Folio Histoire, 2019, p. 276); en Suède où les habitants de l'île de Gotland sacrifiaient leurs enfants, en Norvège où on jetait les enfants sur des lances, en Islande où des êtres humains étaient jetés dans des fosses sacrificielles (blotgrafar, des puits à offrandes); en Suède encore à Uppsala où tous les neuf ans, des hommes étaient sacrifiés pendus dans un bois près du temple, ou noyés dans une source (Stéphane COVIAUX, La fin du Monde Viking, Passés Composés, Paris 2019, p. 158); au Danemark au Xe siècle, où l'archéologie témoigne de l'existence de sites dédiés aux sacrifices rituels, y compris humains, à Tisso, près de la grande halle, ou à Trelleborg. 

Ces sacrifices humains réalisés dans l'espoir de se concilier les dieux Odin, Thor et Freya, parce que leur sang avait davantage de prix, avaient disparu au XIIIe siècle dans la "Chrétienté", et au XVIe siècle dans le monde, en Amérique latine. "Ils ne cesseront définitivement qu'une fois le christianisme bien implanté." (Jean RENAUD, Les vikings, vérités et légendes, Perrin, 2019, p. 294-302.)

 

L'infanticide et l'exposition des enfants. L'anthropologue Laila Williamson note que "l'infanticide a été pratiqué sur tous les continents et par des gens de tous niveaux de complexité culturelle, des chasseurs-cueilleurs aux grandes civilisations, y compris nos propres ancêtres. Plutôt que d'être une exception, il a donc été la règle. (Laila Williamson, Infanticide: an anthropological analysis, in Kohl, Marvin (ed.). Infanticide and the Value of Life, NY: Prometheus Books, 1978, pp. 61–75.)

Une méthode d'infanticide fréquente dans l'Europe et l'Asie anciennes consistait simplement à abandonner le nourrisson , le laissant mourir par exposition (c'est-à-dire par Hypothermie, faim, soif ou attaque animale). [John Eastburn Boswell, "Exposition et oblation: l'abandon des enfants et la famille antique et médiévale". Revue historique américaine, 1984.]

Les Grecs historiques considéraient la pratique du sacrifice des adultes et des enfants comme barbare [26], cependant, l'exposition des nouveau-nés était largement pratiquée dans la Grèce antique , elle était même préconisée par Aristote dans le cas de la déformation congénitale - "Quant à l'exposition des enfants, qu'il y ait une loi interdisant à un enfant déformé de vivre. » [PM Dunn, "Aristotle (384–322 bc): philosopher and scientist of ancient Greece, 2006] En Grèce, la décision d'exposer un enfant appartenait généralement au père, bien qu'à Sparte, la décision ait été prise par un groupe d'anciens.

Cette pratique était également répandue dans la Rome antique. Selon la mythologie, Romulus et Remus , deux fils jumeaux du dieu de la guerre Mars, ont survécu au quasi-infanticide après avoir été jetés dans le Tibre. Selon le mythe, ils ont été élevés par des loups et ont ensuite fondé la ville de Rome.

Philon a été le premier philosophe à se prononcer contre. [The Special Laws. Cambridge: Harvard University Press. III, XX.117, Volume VII, pp. 118, 551, 549.] Une lettre d'un citoyen romain à sa sœur ou à une femme enceinte de son mari [Greg Woolf (2007). Ancient civilizations: the illustrated guide to belief, mythology, and art. Barnes & Noble. p. 386.], datant du 1er av. J.-C., montre la nature décontractée avec laquelle l'infanticide était souvent considéré.

Dans certaines périodes de l'histoire romaine, il était traditionnel qu'un nouveau-né soit amené au pater familias , le patriarche de la famille, qui déciderait alors si l'enfant devait être gardé et élevé, ou laissé mourir par exposition. [John Crossan, The Essential Jesus: Original Sayings and Earliest Images, p. 151, Castle, 1994, 1998] Les Douze Tables de droit romain l'ont obligé à mettre à mort un enfant visiblement déformé. Les pratiques concurrentes d' esclavage et d'infanticide ont contribué au «bruit de fond» des crises de la République.

L'infanticide est devenu une infraction capitale en droit romain en 374 après JC , mais les contrevenants étaient rarement, sinon jamais, poursuivis. [Samuel X. Radbill, 1974, "A history of child abuse and infanticide", in Steinmetz, Suzanne K. and Murray A. Straus (ed.). Violence in the Family. NY: Dodd, Mead & Co, pp. 173–179.]

La première maison d'enfant trouvé en Europe a été établie à Milan en 787 en raison du nombre élevé d'infanticides et de naissances hors mariage. L' hôpital du Saint-Esprit à Rome a été fondé par le pape Innocent III parce que les femmes jetaient leurs enfants dans le Tibre. [Richard Trexler, (1973). "Infanticide in Florence: new sources and first results". History of Childhood Quarterly. 1: 99.]

Contrairement à d'autres régions européennes, au Moyen Âge, la mère allemande avait le droit d'exposer le nouveau-né. [C.W. Westrup (1944). Introduction to Roman Law. London: Oxford University Press. p. 249.]

Au Haut Moyen Âge, l'abandon d'enfants non désirés a finalement éclipsé l'infanticide. Les enfants non désirés étaient laissés à la porte de l'église ou de l'abbaye, et le clergé était supposé prendre soin de leur éducation. Cette pratique a donné naissance aux premiers orphelinats. (Josiah Cox Russell, 1958, Late Ancient and Medieval Population, pp. 13-17.]

Le judaïsme interdisait l'infanticide. Tacite a enregistré que les Juifs "considèrent comme un crime de tuer tout enfant né tard". [Tacitus (1931). The Histories. London: William Heinemann. Volume II, 183.] Josephus , dont les travaux donnent un aperçu important du judaïsme du 1er siècle, a écrit que Dieu "interdit aux femmes de provoquer l'avortement de ce qui est engendré, ou de le détruire par la suite". [Josephus (1976). The Works of Flavius Josephus, "Against Apion". Cambridge: Harvard University Press. pp. II.25, p. 597.]

Dans les tribus païennes germaniques, John Boswell écrit que les enfants indésirables étaient exposés, généralement dans la forêt. "C'était la coutume des païens [teutoniques], que s'ils voulaient tuer un fils ou une fille, ils seraient tués avant d'avoir reçu de la nourriture." [Boswell, John (1988). The Kindness of Strangers. NY: Vintage Books.] Habituellement, les enfants nés hors mariage étaient disposés de cette façon.

Dans son Temps préhistoriques très influent, John Lubbock a décrit des os brûlés indiquant la pratique du sacrifice d'enfants dans la Grande-Bretagne païenne. [John Lubbock (1865). Pre-historic Times, as Illustrated by Ancient Remains, and the Manners and Customs of Modern Savages. London: Williams and Norgate. p. 176.]

Le dernier canto, Marjatan poika (Fils de Marjatta) de l'épopée nationale finlandaise Kalevala décrit un infanticide supposé. Väinämöinen ordonne que l'enfant bâtard de Marjatta se noie dans le marais.

Le Íslendingabók , une source principale pour la première histoire de l'Islande , raconte que lors de la conversion de l'Islande au christianisme en 1000, il a été prévu - afin de rendre la transition plus agréable pour les païens - que "les anciennes lois autorisant l'exposition des nouveau-nés resterait en vigueur". Cependant, cette disposition - comme d'autres concessions faites à l'époque aux païens - fut abolie quelques années plus tard.

Ce sont les principes chrétiens sur lesquels la civilisation occidentale a été fondée qui ont d'abord interdit, puis empêché pendant si longtemps et pendant tant de siècles le meurtre d'enfants. 

 

"Le christianisme a libéré les femmes." (Jacques Le Goff).

 

Le consentement dans le mariage est une révolution introduite avec l'institution du mariage chrétien qui revenait sur la pratique du mariage forcé hérité du droit romain où la femme romaine est une mineure, sous la coupe du pater familias, père de famille, puis du mari. Voici quelques lignes de Jacques Le Goff sur ce sujet :

 

À l'instar des nombreuses saintes qui furent persécuter et martyres pour avoir exercé leur liberté de consentement, comme sainte Thècle au Ier siècle, sainte Agathe au IIIe siècle, ou encore sainte Agnès au début du IVe siècle, "voyez [...] la réflexion qu'a menée l'Église sur [...] le mariage, afin d'aboutir à cette institution typiquement chrétienne formalisée par le IVe siècle concile de Latran en 1215, [...] un acte qui ne peut avoir lieu qu'avec l'accord plein et entier des deux adultes concernés (consentement). [...] Le mariage est impossible sans l'accord [...] de l'épouse : la femme ne peut pas être mariée contre son gré, elle doit avoir dit oui. (Michel SOT, La Genèse du mariage chrétien, L'Histoire n°63, pp. 60-65).

 

"[...] C'est une de mes idées favorites, confortée par le progrès des études historiques : le Moyen-Âge, [...] a été aussi et surtout un moment décisif dans la modernisation de l'Occident." (Jacques LE GOFF, L'histoire n° 245, cité dans La Véritable Histoire des Femmes, De l'Antiquité à nos Jours, Présenté par Yannick RIPA, L'Histoire, Nouveau Monde Éditions, Paris 2019, pp. 67-82.)

 

"À l'ère moderne, les découvertes scientifiques, l'essor du commerce [...] auraient achevé d'installer en Occident un mouvement de liberté et de progrès, à opposer à la stagnation des autres mondes, islamique, chinois, indien." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 15.)

 

Le christianisme a permis le "décollage européen" au "Moyen-Âge", le progrès économique, le progrès scientifique, technologique et matériel, et le progrès moral, dans la mesure où la papauté a travaillé à l'autonomie des pouvoirs temporel et spirituel ("réforme grégorienne" au XIe siècle), ce qui n'existe dans aucune autre ère de civilisation. (CfJean-Louis HAROUEL, Le Vrai génie du christianisme, Laïcité, Liberté, Développement, éditions Jean-Cyrille Godefroy, Clamecy 2012 ; Rodney STARK, Faux témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019.)

 

"L'une des incantations républicaines consiste à faire croire que la République a apporté l'égalité entre les citoyens. ... [J]e ne suis pas certain que les inégalités aient été plus criantes sous Louis XVI que sous notre république. Précisément parce que l'institution de la noblesse, cet ordre prestigieux auquel toute famille désireuse de se hisser dans la société rêvait d'accéder, empêchait par là même qu'elles continuent à s'enrichir interminablement (il était interdit à la noblesse de s'enrichir; l'honneur interdisait à la noblesse de sortir du rôle qui lui était dévolu, la noblesse pouvait se perdre par déchéance à la suite d'une condamnation infamante, ou par dérogeance, lorsqu'un noble était convaincu d'avoir exercé un métier roturier ou un trafic quelconque). Un Bill Gates était inimaginable à l'époque, ces fortunes qui dépassent la richesse de nombreuses nations n'existaient pas. [...] Rien de plus politique que d'arrêter, par un moyen aussi puissant que volontaire, par le motif de l'honneur, l'accroissement immodéré des richesses dans les mêmes mains. Ainsi l'institution de la noblesse empêchait-elle la constitution de fortunes insensées, aberrantes, outrancières, et ce n'est pas le moindre paradoxe que de voir dans l'ancienne monarchie un monde mieux armé pour prévenir ces aberrations. [...] Malgré l'évidence..., on continue de nous représenter la société sous l'Ancien Régime comme monde inégalitaire. Il l'était, sans aucun doute. Comme toute société. Il n'existe pas de société égalitaire. La société communiste, qui s'est imposée au prix d'une terreur jamais vue dans l'histoire, n'a pas réussi le pari de l'égalité, au contraire: elle a connu un éventail des revenus plus large que nos sociétés d'Europe occidentale. Il est d'ailleurs amusant de constater que la gauche, et plus généralement la république, aggrave, toujours les inégalités plutôt qu'elles ne les réduit. Par exemple, sous le septennat de Valery Giscard d'Estaing, l'éventail des revenus était moins large que sous son successeur François Mittérand. ... Aujourd'hui, ... [l]a moitié du patrimoine national (50%) est détenue par 10% des ménages. Et 40% des Français n'ont aucun patrimoine. 40% des Français sans patrimoine: ce chiffre était le même en 1800, au lendemain de la Révolution." (Yves-Marie ADELINE, Le Royalisme en question (1792-2002), Perspectives pour le XXIe siècle, Préface de Vladimir Volkoff, Postface de Jean Raspail, L'Âge d'Homme - Editions de Paris, Libres Mobiles, 2e édition corrigée, Paris 2002, p. 96-97). 

Au Ve siècle, avec nos premiers rois de France, la tradition royale était, sur les conseils de saint Rémi, qui baptisa Clovis, de soulager les habitants du pays, de réconforter les affligés, de veiller sur les veuves, de nourrir les orphelins (M.C. ISAÏA, Rémi de Reims, Mémoire d'un saint, histoire d'une église, Cerf, Paris 2010, p. 777), et pour ceux que la Providence avait particulièrement dotés de donner le plus largement possible aux pauvres. À l'instar de l'amour du prochain, la charité publique, commandée par la foi, et librement consentie, n'était pas (encore...) imposée par l'État. "Protège les Pauvres, ils te protégeront", tel était l'enseignement de Philippe Auguste à Saint-Louis.

 

La charité publique. C'est surtout sous la direction des évêques, protecteurs des faibles et des malheureux, que se développa le mouvement charitable; ils créèrent les Hôtels-Dieu que l'on retrouve à l'ombre de toutes les cathédrales. Dans la plupart des pays d'Europe, les maladreries étaient sous la juridiction directe des évêques. La dîme servait à alimenter la charité paroissiale, pendant plus de 1200 ans, le budget de l'Église fut en même temps celui de l'assistance et de la charité publiques. (Jean GUIRAUD, Histoire partiale histoire vraie, tome III, L'Ancien Régime, 5° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1914, p. 210.)  

 

"Les principes consolants et la morale bienfaisante du christianisme, ses doctrines démocratiques et libérales, devaient concilier aux prêtres qui les enseignaient le respect et l’amour des peuples ; l’organisation de l’Église, sa hiérarchie, sa discipline, la tenue de ses conciles généraux et particuliers, la richesse de ses revenus et de ses aumônes, lui assuraient un ascendant considérable dans la société." Ainsi s’exprime l’historien Benjamin GUÉRARD, dans sa préface du Cartulaire de l’église Notre-Dame de Paris, publié en 1850. Guérard était loin d’être un "clérical" ; mais ses recherches et sa science approfondie du Moyen Age, étudié par lui aux sources, l’ont amené à tracer du rôle de l’Église dans la civilisation française et dans la conquête des droits et des libertés des citoyens un tableau d’une grande largeur de vues d’un grand intérêt. Le clergé n’eut une si grande influence sur les masses comme sur les individus que parce qu’il se montra d’abord et resta populaire dans la meilleure et la plus sympathique acception de ce mot, tant profané depuis, écrit Charles BARTHÉLEMY dans Erreurs et mensonges historiques ; c’est dans l’Église et par les actes du clergé, non moins que par sa voix, que furent promulgués et mis en pratique les grands principes de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

 

Croix et Calvaire du Cher

L’asile, d’après la loi de l’empereur Théodose le Jeune (23 mars 431), comprenait non seulement l’intérieur du temple, mais encore toute l’enceinte du lieu sacré, dans laquelle étaient situés les maisons, les galeries, les bains, les jardins et les cours qui en dépendaient.

 

Le droit d’asile dans les églises fut confirmé par les rois des Francs et par les conciles.

 

Ceux qui se réfugiaient dans les asiles étaient placés sous la protection de l’évêque, devenu pour ainsi dire responsable des violences qui leur seraient faites. Les voleurs, les adultères, les homicides même n’en pouvaient être extraits, et ne devaient être remis aux personnes qui les poursuivaient qu’après que celles-ci avaient juré sur l’Évangile qu’elles ne leur feraient subir ni la mort, ni aucune mutilation. L’esclave réfugié n’était rendu à son maître qu’autant que celui-ci faisait serment de lui pardonner.

 

Les revenus ecclésiastiques étaient divisés en quatre parts. La première seule appartenait à l’évêque, la seconde était pour son clergé, la troisième pour les pauvres de l’Église, et la quatrième pour l’entretien des édifices consacrés au culte.

 

"Partout la part du pauvre était réservée dans les revenus ecclésiastiques, et lorsqu’elle ne suffisait pas, elle devait être accrue des autres fonds dont le clergé avait la disposition. Nourrir tous les indigents et secourir tous les malheureux, telle était la mission de l’Église, qui, pour la remplir, dut quelquefois se dépouiller de ses biens et mettre en gage jusqu’aux objets les plus précieux du culte", explique Guérard. Une des plus belles œuvres, à cette époque ; une des plus méritoires et qui atteste le mieux de sa charité, c’est celle du rachat des captifs. Les sommes que le clergé y consacrait, d’après l’injonction expresse des conciles, étaient souvent très considérables ; il lui était même permis, pour satisfaire à cette obligation, de mettre en gage jusqu’aux vases sacrés des églises.

Aussi, dans ces siècles de fer, où les populations étaient emmenées captives comme des troupeaux à la suite des armées et partagées comme un butin entre les soldats, on voit les évêques épuiser leurs trésors pour les délivrer des liens de l’esclavage.

Saint Épiphane, évêque de Pavie, délivre, en 494, dans les Gaules, par ses instances auprès du roi Gondebaud ou à prix d’argent, plus de six mille Italiens que les Bourguignons retenaient en captivité.

Le prêtre saint Eptade, originaire d’Autun, rachète plusieurs milliers d’Italiens et de Gaulois emmenés pareillement en esclavage par les Bourguignons, et ensuite une foule de captifs que les Francs de l’armée de Clovis avaient faits dans leur guerre contre les Visigoths.

En 510, saint Césaire, évêque d’Arles, distribue des vêtements et des vivres à une immense multitude de prisonniers francs et gaulois tombés au pouvoir des Goths, et les rachète ensuite avec le trésor de son église, que son prédécesseur Éonius avait amassé. Puis, ayant reçu de Théodoric, roi des Ostrogoths, trois cents sous d’or avec un plat d’argent du poids d’environ soixante livres, il vend le plat, achète la liberté des captifs dispersés dans l’Italie, et leur procure des chevaux ou des chars pour les ramener dans leurs foyers.

Dans le siècle suivant, saint Éloi rachetait les prisonniers saxons et les affranchissait devant le roi.

 

La fin de l'esclavage. Lors de la chute de Rome (476), l'esclavage était répandu partout en Europe; à la "Renaissance", il avait disparu partout en Europe. Le règne du Christ, le premier, a permis l'abolition de l'esclavage, bien avant que les États modernes ne portent de nouvelles législations d'abolition.

 

Benjamin Guérard nous révèle encore que "[...] l’Église, [...] en prenant à sa charge et pour ainsi dire chez elle les veuves, les orphelins et généralement tous les malheureux, ne pouvait manquer de les avoir dans sa dépendance ; mais ce qui devait surtout lui gagner le cœur de ses nombreux sujets, c’est qu’au lieu d’être humiliée ou embarrassée de leur cortège, elle s’en faisait honneur et proclamait que les pauvres étaient ses trésors. D'où l'expression médiévale "Nos Seigneurs les pauvres".

 

"Elle (l’Église) couvrait aussi de sa protection les affranchis, et frappait d’excommunication le seigneur et le magistrat qui opprimaient l’homme faible ou sans défense. Lorsque des veuves ou des orphelins étaient appelés en justice, l’évêque ou son délégué les assistait à la cour du comte et empêchait qu’on ne leur fît aucun tort. L’archidiacre ou le prévôt des églises devait visiter tous les dimanches les prisonniers et subvenir à leurs besoins avec le trésor de la maison épiscopale. Aux trois grandes fêtes de l’année, savoir : à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, les évêques faisaient ouvrir les prisons aux malheureux qu’elles renfermaient.

 

"Ne perdons pas de vue que les institutions qui, dans les temps modernes, et principalement de nos jours, ont agité les peuples, les touchaient alors fort médiocrement et leur étaient non seulement indifférentes, mais encore incommodes, onéreuses, antipathiques. On préférait de beaucoup l’assemblée des fidèles à celle des scabins (échevins, magistrats) ou des hommes d’armes ; on fuyait les plaids et les champs de mars ou de mai pour accourir aux temples ; on était bien plus puni d’être privé dans l’église de son rang, de la participation aux offrandes, aux eulogies, à la communion, que du droit de porter les armes et de juger ; en un mot, on tenait bien plus à l’exercice de ses droits religieux qu’à celui de ses droits politiques, parce que l’État religieux était bien supérieur à l’état politique, et que, hors de l’Église, tous les devoirs et tous les droits de l’homme étaient à peu près méconnus", écrit l’historien Guérard.

 

Reprenant en 1877 ces propos de Guérard, Charles Barthélemy estime : "[...] où M. Guérard nous semble avoir le mieux compris et proclamé le grand rôle de l’Église dans la revendication des droits de l’homme, c’est dans cette page que lui a été dictée le spectacle des utopies dangereuses de 1848 :

 

"Ce qu’aucun gouvernement ne ferait aujourd’hui qu’en courant le risque de bouleverser la société, l’Église le faisait tous les jours dans le Moyen Age, sans la compromettre, et même en la rendant plus tranquille et plus stable. Quelle monarchie, quelle république pourrait, par exemple, proclamer impunément ce dangereux droit au travail qui paraît menacer notre civilisation ? Eh bien, l’Église osait plus encore. Des deux grandes classes dans lesquelles la population fut de tout temps divisée, savoir, les riches et les pauvres, l’Église ne craignait pas de se charger de la dernière. Elle mettait dans son lot tous ceux qui n’avaient rien, et s’inquiétant peu pour elle de leur nombre ni de leur exigence, elle leur disait que ses biens étaient à eux ; elle les installait chez elle ; elle s’obligeait à les nourrir et réglait leur part, sans craindre qu’ils n’en fussent bientôt plus contents et qu’ils ne voulussent à la fin tout avoir. Effectivement, malgré le danger de tels principes, le clergé sut rester riche au milieu de ces misérables et faire respecter par eux ses richesses et son autorité... Ce qui favorisait le plus le respect de l’Église, ce qui constituait véritablement sa force, c’était la foi de ses peuples ; et cet article de sa constitution : Beati qui lugent [Heureux ceux qui pleurent], ne les consolait pas moins que sa charité."

 

De son côté, l’historien et géographe Théophile-Sébastien LAVALLÉE (1804-1867) écrit dans son Histoire des Français : "La monarchie de l’Église fut le commencement de la liberté ; elle n’avait rien d’étroit et de personnel ; elle fut le plus beau triomphe de l’intelligence sur la matière, et eut la plus grande influence sur la révolution plébéienne qui enfanta les communes et les républiques du Moyen Age."

 

Puis (Barthélemy ) de citer un autre souverain, le roi saint Louis prodiguant quelques recommandations à son fils appelé à régner : "Cher fils, s’il advient que tu viennes à régner, pourvois que tu sois juste ; et si quelque querelle, mue entre riche et pauvre, vient devant toi, soutiens plus le pauvre que le riche, et quand tu entendras la vérité, ce fais-leur droit. Surtout, garde les bonnes villes et les coutumes de ton royaume dans l’état et la franchise où tes devanciers les ont gardées, et tiens-les en faveur et amour. »

 

Charles Barthélemy, regrettant d’avoir dû brossé trop rapidement un tableau des 'droits de l’homme au Moyen Age' (dans Erreurs et mensonges historiques, tome 8) conclut en citant le "publiciste et peu clérical" mais éminent historien, journaliste et homme politique Louis Blanc, député sous la IIIe République, s’exprimant ainsi au sujet des corporations d’ouvriers au Moyen Age : "La fraternité fut l’origine des communautés de marchands et d’artisans. Une passion qui n’est plus aujourd'hui dans les mœurs et dans les choses publiques rapprochait alors les conditions et les hommes : c’est la charité. L’Église était le centre de tout ; et quand la cloche de Notre-Dame sonnait l’Angelus, les métiers cessaient de battre. Le législateur chrétien avait défendu aux taverniers de jamais hausser le prix des gros vins, comme une boisson du menu peuple ; et les marchands n’avaient qu’après tous les autres habitants la permission d’acheter des vivres sur le marché, afin que le pauvre pût avoir sa part à meilleur prix. C’est ainsi que l’esprit de charité avait pénétré au fond de cette société naïve qui voyait saint Louis venir s’asseoir à côté d’Etienne Boileau, quand le prévôt des marchands rendait la justice." (Source: Droits de l’homme au Moyen Age, ou de l’action sociale du clergé. France pittoresque)

Aujourd'hui, selon un article du Figaro du 21/01/2014, "près de la moitié des richesses mondiales est détenue par 1% de la population". En 1789, la liberté & l'égalité ont été proclamées ensemble. "La démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus inégaux, alors même qu'elle a posé en principe leur égalité. Elle se condamne donc à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre." (Préface de Mona OZOUF dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.) Dans ce système, dit de "progrès", l'égalité des uns présuppose l'inégalité économique et sociale des autres; la charité publique et l'amour du prochain sont imposés par l'État. Une belle réussite du marché, mais une impasse totale pour les principes de 1789.

 

Le dualisme créé par la papauté depuis le Ve siècle (lettre de 494 de Gélase Ier à l'empereur Anastase) et amélioré par Grégoire VII (réforme grégorienne) ne sera fondamentalement remis en question que treize siècles plus tard, sous les "Lumières" et le "despotisme éclairé" de souverains comme l'impératrice Marie-Thérèse (1740-1780) et l'empereur Joseph II (1780-1790) - "joséphisme" - où les évêques seront désormais nommés sans contrôle du pape, la carte des diocèses et des paroisses modifiée par décret, les séminaristes placés sous tutelle de l'État (Yves BRULEY, Histoire du Catholicisme, Que Sais-je, 4e édition, Paris 2018, p. 85), et par les révolutionnaires français qui imposeront la "constitution civile du clergé" du 12 juillet 1790 sans aucune concertation avec la papauté. "Les religieux deviendront des fonctionnaires de l'État" et "les évêques seront consacrés sans intervention du pape." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 337-338.) La "nation" déclarée souveraine s'arroge le droit d'intervenir seule dans l'organisation du culte. 

 

En 1905, la loi dite de "séparation de l'Église et de l'État", mise en oeuvre par l'obédience maçonnique du "Grand Orient" dit "de France", consacrera non le règne de la laïcité, mais le règne de César en réactualisant le monisme antique de confusion des deux pouvoirs, le temporel (républicain) et le religieux (franc-maçonnique). Et bien vite après César, le règne du marché... 

"Après sa naissance en Angleterre en 1717, la franc-maçonnerie a essaimé très rapidement, dans les trente ou quarante années, dans toute l'Europe; en France, on trouve une première Loge anglo-saxonne 'Amitié et Fraternité' à Dunkerque. La première 'Grande Loge française' est créée en 1738." (Serge ABAD-GALLARDO, conférence L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique, du 18 septembre 2018.) 

Les pouvoirs laïcs ont leur autonomie, de la même manière que le corps a son autonomie par rapport à l'âme; mais c'est quand même l'âme qui doit fournir ses règles de comportement au corps et le contrôler. En ce sens, le règne du Christ ne propose pas une théocratie : ni le pape ni l'Église ne prétend se substituer aux pouvoirs laïcs.

À ce titre, après un siècle de laïcisme où un même personnel politique temporel et spirituel dicte la loi d'une manière opaque, une nouvelle loi de séparation de la franc-maçonnerie et de l'État est urgente, qui consacrerait la "saine et légitime laïcité" définie par Pie XII (le terme a été expliqué par Jean-Paul II, dans Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 145-146.)

Et la Croix, elle-même, pourrait (re)devenir le symbole d'une laïcité sainement comprise et d'une histoire bien comprise. 

 

 

Paradoxalement au XXe siècle, c'est la papauté elle-même qui reviendra sur mille ans de maturité de la réforme grégorienne, avec "un concile très occidental, dont le tempo sera donné par un épiscopat nord-européen, pour ne pas dire carolingien", qui "voit arriver à maturité [...] la nouvelle théologie très critique envers l'incapacité du monde curial romain à se rendre compte des défis posés par l'areligiosité du monde contemporain". Ce concile "adopte le 21 novembre 1964 la constitution Lumen gentium, qui pose les principes fondamentaux de ce que sera le nouvel enseignement. Après la Révolution française, face à des institutions qui avaient découronné le Christ, l'Église avait cherché à conserver une légitime autonomie, particulièrement sous les pontificats de Léon XII (1823-1829), Pie VIII (1829-1830), Grégoire XVI (1831-1846) et Pie IX (1846-1878). Mais à  partir du pontificat de Léon XIII (1878-1903), elle a commencé à demander aux catholiques de s'engager dans les institutions modernes et à voter pour peser de tout leur poids dans les institutions afin de faire modifier les lois de laïcisation (encyclique Au milieu des sollicitudes, 1892, doctrine qualifiée à l'époque de "ralliement" à la république.) Le concile Vatican II, cherchant à s'ouvrir au monde, consacre l'engagement des laïcs dans la vie politique et les institutions modernes. Mais l'engagement des laïcs doit, aussi, se réaliser dans la vie de l'Église elle-même, "[c]omme tous ses fidèles ont été régénérés par le Saint-Esprit, ils sont tous appelés à un 'sacerdoce commun'. En d'autres termes, "cette constitution [Lumen gentium] cherche à revenir sur la séparation entre clercs et laïcs progressivement montée en puissance depuis la réforme grégorienne, pour affirmer au contraire la participation de tous dans un rapport d'égalité à la vie de l'Église." [En conséquence, n'importe quel laïc aux idées subversives sur les sujets moraux comme la famille, le mariage, le divorce, la contraception, l'avortement, et d'autres sujets, peut entrer dans une paroisse et la démolir de l'intérieur, à la demande même de l'Église.] Dans l'encyclique Pacem in terris le 11 avril 1963, Jean XXIII avait explicitement dit que les États étaient "dépassés et incapables d'assurer le bien commun", et appelé "à la constitution d'une autorité publique de compétence universelle", dont les rapports avec les États, "les citoyens, les familles et les corps intermédiaires doivent être régis par le principe de subsidiarité", un avenir préfiguré par les Nations-Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme. Tous les catholiques étaient appelés à s'engager pour cette tâche. La constitution Gaudium et spes [du concile Vatican II] [...] reprend les principes de Pacem in terris. "L'encyclique Populorum progressio de 1967 complétera Gaudium et spes", avec un "un idéal ecclésial fait désormais d'engagements, de mobilisations et de participation de tous." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté, ibid., p. 422- 431.)

 

L'engagement politique n'est pas la panacée, ni ce qu'on demande en priorité à l'Église. Et une question demeure. En confondant clercs et laïcs ("la participation des laïcs au sacerdoce commun et au culte" de LG 34) en associant étroitement au temporel tous les croyants à la vie politique (LG 36), en liant désormais plus étroitement le sort des chrétiens à celui des empires, en demandant que les laïcs s'engagent résolument pour un modèle global et universel qui sert de base au nouvel ordre international, cette nouvelle orientation de l'Église revient sur mille ans de distinction nuancée des clercs et des laïcs.

 

Benoît XVI "a rappelé qu'une "saine laïcité de l'État, en vertu de laquelle les réalités temporelles sont régies selon leurs règles propres", ne doit cependant pas oublier "les références éthiques qui trouvent leurs fondements ultimes dans la religion".

Quand la communauté civile écoute le message de l'Église, elle est "plus responsable", plus "attentive à l'exigence du bien commun". Son livre, L'Europe de Benoît dans la crise des cultures, fut présenté en grande pompe le 21 juin 2005 à Rome. C'est un recueil de trois conférences en italien – déjà publiées par ailleurs – données de 1992 à 2005. On peut y lire que le futur pape estime que la crise de l'Europe est due au développement d'une culture 'qui, de façon inconnue jusqu'ici, exclut Dieu de la conscience publique.'"(Source: Le Vatican : Hervé Yannou, Le Figaro, Benoît XVI veut réconcilier l'Europe autour des valeurs chrétiennes, 25 juin 2005).

 

"Les droits de Dieu et de l’homme s’affirment ou disparaissent ensemble", a pu dire Jean-Paul II.(Message au cardinal Antonio María Javierre Ortas à l'occasion du congrès pour le 1200ème anniversaire du couronnement de l'empereur Charlemagne, 16 décembre 2000)

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 10:17

"Valérie Pécresse: "S'il y a une recrudescence de la pandémie, j'envisagerais uniquement le reconfinement des non-vaccinés"" https://www.bfmtv.com/amp/politique/elections/presidentielle/valerie-pecresse-s-il-y-a-une-recrudescence-de-la-pandemie-j-envisagerais-uniquement-le-reconfinement-des-non-vaccines_VN-202111140291.html

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 21:22
Source : https://gloria.tv/post/7gVX11WhyzsfCRojUpTraCjuW

Source : https://gloria.tv/post/7gVX11WhyzsfCRojUpTraCjuW

Extrait de cette video de Mère Miriam : 

 

"Le plus grand choc est que les pasteurs et les évêques ne permettent pas aux gens d'aller à l'église pour la messe à la sainte communion sans avoir le vaccin. Ce n'est pas mon invention, mais ce sont des nouvelles, des faits.

"... Je pense que notre temps est écourté, très écourté, maintenant. En raison de la puissance du mal, il y a de la persécution et des décès, pour tous nous prendre. 

"... Par conséquent très chers, je vous dis que le mal vient sur nous. Et je pense que nous n'avons pas beaucoup de temps. Je pense que ce ne sont même pas des mois au cours desquels nous allons vivre quelque chose qu'il est impossible à imaginer.

"... Beaucoup de gens qui ont été vaccinés pensent que les autres sont fous de ce qu'ils disent. Pourquoi ne serions-nous pas sauvés du Covid ? Ils sont complètement convaincus, aveuglés, que le vaccin les sauvera. En fait c'est comme quand j'ai un rhume, je vais chez le médecin pour un antibiotique et il me fait une injection qui va me tuer. Cela peut être dans un jour, deux jours, des mois, peut-être dans une vague. Ce sont tous des mensonges diaboliques.

"Très chers, si vous écoutez, et êtes dedans, je vous demande de prier Dieu et de vous réveiller, pour vous sauver, vous et votre famille. Vous ne pourrez plus vous déplacer, aller dans de nombreux endroits sans le passeport covid, passeport vert, etc. Et alors ? Si vous ne pouvez pas voyager, pourquoi devriez-vous vous suicider ? Bientôt ce sera encore pire, nous ne pourrons plus ni acheter ni vendre. On ne peut rien faire sans le vaccin.

"Des gens me demandent : est-ce la marque de la Bête ? Je ne sais pas, mais c'est un entraînement pour ce signe, qui je pense, arrive très bientôt. Tout nous sera interdit si nous n'entrons pas en contact avec le diable... et nous choisirons le martyre. Je pense que cela va arriver très vite.

"C'est un moment de choix que nous devons faire pour nous mêmes et pour nos proches.

"... Jésus a dit : 'Quand je reviendrai... (et je pense que ce n'est pas loin) ... ce sera comme au temps de Noé. Ils ont mangé, bu et dit : 'quel déluge! Calme-toi avec ce déluge!' Ils se sont révoltés... Et ils ont été détruits..., détruits. ... Ceux qui les ont prévenus ont été ridiculisés : 'Mais vous autres stupides ! vous êtes de drôles de catholiques, vous êtes fous! Vous n'appartenez pas à notre monde.' 

"Oui, nous n'appartenons pas, nous appartenons au monde de Dieu.

"Et nous voulons vivre pour que le reste du monde, les incroyants, les moqueurs, ceux qui sont impliqués dans la destruction de la vie puissent se convertir. Nous voulons être une lumière dans ce monde et nous devons être intelligents, et nous devons prendre soin de la famille que Dieu nous a donnée. Et leurs proches. Et si vous le refusez, alors vous avez trahi Dieu et votre vocation et vous avez détruit vos enfants. C'est très sérieux." 

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 15:15

"Fais ce que tu dois, advienne que pourra."

 

Ou comme le dit Corneille dans la tragédie Horace (II, 8) : "Faites votre devoir et laissez faire aux Dieux." 

Ce précepte est bon pour les gens qui s'angoissent de leur avenir, et de ce qu'ils pourraient faire pour que cela aille mieux (comment agir ? Comment s'engager ? Ce qui n'est pas exempt d'une certaine forme d'orgueil et de désespérance)

Voici une longue et fort instructive video de Julien Rochedy sur l'idéal chevaleresque au "Moyen-Âge". Des préceptes d'autant plus utiles aujourd'hui où les gens sont toujours dans l'action. Ces choses guère plus enseignées de nos jours mériteraient de redevenir notre enseignement commun.

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 01:00
Saint Florentin, moine (VIIe siècle)

Mettez vos pas dans ceux de St-Florentin, qui vivait à Bonnet au VIIe s.

- vidéo: Connaissez-vous la folle histoire de Saint Florentin? à la découverte de la belle église Saint Florentin, dans le petit village de Bonnet, un joyau architectural qui renferme bien des trésors... Trésor D'Histoires.

Ce fils d'un Roi d'Écosse qui avait traversé les mers on ne sait comment, gardait humblement les porcs tout en multipliant miracles et guérisons. Si bien que dès le Moyen-Âge, Bonnet était devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté et recommandé en cas de troubles mentaux: passer sous le gisant de Saint Florentin qui se trouve à l'intérieur de l'Église était et reste encore, parait-il très efficace!

L'ancien village a été abandonné par ses habitants qui l'ont rebâti là où il est actuellement, autour de la sépulture du saint. Il avait souhaité être enterré sur la colline qui dominait son village. Vingt-et-une des peintures murales de l'Église racontent cette vie légendaire."

Sources : Nominis

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 16:43

Dans les paramètres de la video, choisir les sous-titres Français.

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 00:00
Notre-Dame du Rosaire - Fête

1. Fête Notre-Dame du Rosaire

En reconnaissance à Marie pour la victoire de Lépante sur les Turcs le 7 octobre 1571, le pape saint Pie V institua, en 1572, la fête "Notre-Dame de la victoire" le premier dimanche d’octobre. En 1573, son successeur le pape Grégoire XIII l’intitula fête Notre-Dame du Rosaire. Cette fête, célébrée d’abord par une Confrérie, puis dans toute l’Espagne, fut enfin étendue à toute l’Église en 1715 après une nouvelle victoire sur les Turcs.

 

Pie X, en 1913, en fixa la date au 7 octobre. 

 

La fête de Notre Dame du Rosaire s’appelait d'abord Notre Dame de la Victoire pour fêter la victoire de Lépante.

 

 

2. Le mois du Rosaire est le mois d’octobre

Sous le pontificat de Léon XIII, en 1886-87, la congrégation romaine des rites a fait du mois d’octobre le mois du Rosaire. La dévotion au mois du rosaire avait déjà été approuvée par le pape Pie VII au début du XIX° siècle. Ceci est un peu exceptionnel, car l’Église est plus attentive aux temps liturgiques qu’aux mois de l’année. Cependant il en est de même pour le mois de mai. Le mois d’octobre est donc traditionnellement le mois du Rosaire. C’est une dévotion officielle, et pas seulement une dévotion privée qui n’existe pas chez les orthodoxes et les protestants.

 

Le mois du rosaire a été recommandé comme tel par le pape Benoît XVI le 12 octobre 2005. Le 20 octobre 2008 il a rappelé aussi que le mois d’octobre est aussi le mois des missions. La pratique du chapelet, individuelle ou collective, est donc particulièrement importante durant ce mois.

 

Documents sur le mois du rosaire

 

Le mois d’octobre, mois du rosaire (catholique)

 

 

3. Les équipes du Rosaire

Les équipes du Rosaire sont nées en 1955. Ce sont de petits groupes de personnes qui se réunissent chaque mois pour réciter et méditer. Ils se rassemblent soit au domicile d’un des membres, soit dans une salle de la paroisse. Les membres de l’équipe méditent aussi chaque jour personnellement un mystère. Les équipes du Rosaire sont présentes dans de nombreux diocèses.

 

Tous les mois, le Secrétariat national envoie à chacun des membres des équipes du Rosaire un petit bulletin. On y trouve un texte de la parole de Dieu, un guide pour réfléchir sur le mystère et sur sa vie et enfin une prière de louange et d’intercession. Les membres des équipes du Rosaire participent au pèlerinage du Rosaire.

 

Le pèlerinage du Rosaire

 

Le pèlerinage du Rosaire a été fondé en 1908. Il est organisé par les pères dominicains. Il rassemble chaque année près de 40 000 personnes, si l’on excepte la période 1938 à 1948 où il a eu beaucoup de difficultés. Préparé par les membres des équipes du Rosaire il est le pèlerinage à Lourdes le plus important de l’année en nombre de participants.

 

 

1. Date du pèlerinage du Rosaire

La date du pèlerinage du Rosaire est autour du 7 octobre. Elle résulte de la date de la fête Notre-Dame du Rosaire.

 

2. Retraite spirituelle

Tout au long du pèlerinage du Rosaire de nombreuses rencontres sont proposées : quatre journées de prière et de réflexion, animées par les dominicains. Tout en ayant une caractéristique mariale, cette prière a un centre christologique. Le pèlerinage du Rosaire est conçu comme une retraite spirituelle sur le thème de l’année. Il est différent du pèlerinage des assomptionnistes du 15 août qui est centré sur la fête de l’Assomption.

 

3. Thème annuel

Chaque année il y a un thème : en 2005 : "Venez à moi, vous tous qui peinez" ; en 2006 : "Lumière du Christ" ; en 2007 : "Laissez vous réconcilier". En 2005, c’est le frère Timothy Radcliffe, ancien maître de l’ordre dominicain de 1992 à 2001, qui a assuré la prédication. En 2006, le prédicateur était le frère Jean-Luc Marie Fœrster. En 2007, le pèlerinage du Rosaire a célébré sa centième édition. Le prédicateur était le frère Guy Touton du couvent de Bordeaux. En 2008, sous le titre « Ave Maria », le Pèlerinage du Rosaire du 7 au 10 octobre, qui fête le 150e anniversaire des Apparitions de la Vierge à Bernadette, propose de mieux comprendre la mission, le rôle et la fonction de Marie dans le projet de Dieu.

 

4. Célébrations

Le déroulement quotidien du pèlerinage du rosaire comporte plusieurs célébrations : messe le matin, procession l’après-midi et procession aux flambeaux le soir).

 

5. Les malades

Les malades et handicapées ont aussi leur place au pèlerinage du Rosaire. Le nombre des pèlerins malades et handicapés emmenés est habituellement d’environ 130 ces dernières années. En 2007, 5000 hospitaliers (médecins, brancardiers, infirmières, accompagnateurs) étaient présents pour les 1800 personnes malades et handicapées inscrites au pèlerinage. Il y a un chemin de croix pour les malades et une célébration d’onction des malades.

 

Sources : 1; 2

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 13:50

A quand le même rapport de la part de:

-l'éducation nationale?

-la presse en général & le journal libération en particulier?

-les dirigeants politiques en général & le Parti socialiste en particulier? (Patrick Edery Twitter)

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 00:00
Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

À sa naissance en 1181 ou 1182, François naît Jean (Giovanni) à Assise, en Ombrie (Italie), dans une famille riche. Son père, Pietro de Bernardone, qui est marchand de draps, a l'habitude de voyager dans les régions au-delà des Alpes, en Bourgogne et en Champagne. Sa mère, Jeanne (Joanna) Pica de Bourlémont appartient à la noblesse provençale. À son retour de France, son père ajoute à son nom de baptême, celui de Francesco, "le Français", nom à l'époque "singulier et inhabituel", selon Thomas de Celano, que le pape Grégoire IX chargea de rédiger la première biographie. Veut-il offrir à son fils un nom dont l'étrangeté suggère une parenté avec ces terres d'au-delà des Alpes dont la civilisation fascine les villes italiennes, ou bien veut-il rendre hommage aux origines de sa mère ?

 

Joanna eut d'abord du mal à accoucher de François. Un moine qui passa et qui entendit ses cris entra dans la maison et lui fit savoir que son enfant ne pouvait voir le jour que dans une étable et qu'il convenait ensuite de le déposer sur de la paille, comme le fit autrefois Marie avec Jésus. Aussitôt dit, aussitôt fait et la bouverie des voisins, où la délivrance fut immédiate et sans douleurs, devint plus tard un lieu de culte, consacré par l'édification d'une église. Au moment de cette naissance, des habitants d'Assise entendirent des voix célestes. Un possédé aurait parcouru la ville et ses hurlements auraient été l'expression de l'épouvante des démons contrariés par la venue au monde de quelqu'un dont ils savaient déjà qu'il serait un de leurs pires ennemis.

 

 

Le jeune Francesco se pétrit de ces histoires héroïques qu'il trouve dans les livres que son père lui rapporte de ses voyages en France. Lesquels exactement? Nous n'en savons rien, à l'exception notable, toutefois, d'un renvoi explicite à la Chanson de Roland que S. François évoque pour indiquer à un novice qu'il est mieux d'agir que de parler.

Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

Ces preux chevaliers dont le très jeune François découvre les exploits, mettent leur vie en danger pour défendre ceux qui sont pauvres et faibles et qui ont besoin d'être protégés contre les abus des puissants. Ils ont tous en commun la conviction qu'il y a quelque chose de plus précieux que la vie. Ils luttent contre le désordre du monde, souvent oeuvre d'un esprit démoniaque. Les prouesses guerrières ont vocation à contraindre le mal à se plier aux normes. Ce qui fait de chaque individu, si misérable fût-il, le détenteur d'une graine divine.

 

Le jeune Francesco, qui n'occupe que modérément son temps dans la boutique où il est censé apprendre les rudiments du métier auquel son père le destine, préfère s'initier au maniement des armes.

 

François se prépare à son entreprise militaire avec zèle dans l'espoir d'être adoubé chevalier par le comte Gentile. Il se procure des armes et se fait tailler des vêtements. Son père, ne voulant pas "contrarier le plaisir de son fils", lui donne sa bénédiction et une bonne somme d'argent. C'est alors que S. François a un songe. Quelqu'un l'appelle par son nom et lui dit de distribuer ses armes à ceux qui viendront l'épauler dans son combat. Une voix lui demande de qui, du serviteur ou du maître, il faut attendre le plus grand bien. Francesco comprend qu'il convient de se mettre au service non d'un noble, soumis à un autre, vassal lui aussi d'un plus grand que lui et ainsi de suite, mais d'un roi qui a autorité sur tous, sans que l'identité de celui-ci lui soit clairement désignée. Cette voix lui parle pendant son sommeil.

 

Un jour, il entendit, à l'évangile de la messe, ces paroles du sauveur : "Ne portez ni or ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni sac, ni deux vêtements, ni souliers, ni bâtons." "Voilà ce que je veux", s'écria-t-il. Une fois dehors, il jeta ses souliers et son bâton, remplaça sa ceinture par une corde, son manteau par un capuchon de laine. Maintenant, il était chevalier de l'Évangile. À partir de ce jour, on entendit François prêcher la pénitence et la paix.

 

Dès lors, il commença cette vie tout angélique et tout apostolique dont il devait lever l'étendard sur le monde. Il se fit pauvre, se soucia d'annoncer les messages de joie, d'espoir et d'amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la création. On vit, à sa parole, des foules se convertir ; bientôt les disciples affluèrent sous sa conduite ; il fonda un ordre de religieux qui porta son nom, et un ordre de religieuses qui porte le nom de sainte Claire, la digne imitatrice de François.

 

"Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa sainteté, et le reste vous sera donné en surplus" (Mt, 6:33). C'est cet abandon spontané de l'enfant entre les mains d'un père miséricordieux qui guide la pauvreté franciscaine. Avant la Règle franciscaine, les moines observaient la pauvreté individuelle, mais possédaient un commun des biens fonciers. Le nouveau législateur exige que ses religieux n'aient aucune propriété collective ni aucun revenu; c'est Dieu lui-même qui pourvoira à l'entretien de ses enfants.

 

François voulait voir ses frères passionnés de simplicité, de prière et de pauvreté. S'il témoignait un affectueux respect aux théologiens, leur science comme telle n'est jamais entrée dans son charisme. Il ne refusait ni l'étude ni la science à condition que les frères fussent libérés de tout esprit de possession. (Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, p. 173.)

 

"Ceux qui l'avaient connu auparavant lui lançaient des reproches lamentables et le proclamait fou et dément." François se dépouille de tous ses vêtements, ne gardant qu'un cilice, et les remet à son père.

 

C'est dans la prière qu'il trouvait toute sa force pour aimer et pour aider les autres.

Sa conversion est accompagnée de plus d'un prodige

 

En 1205, un crucifix lui adresse la parole. Dans l'église Saint-Damien, à quelques centaines de mètres d'Assise, sur le chemin de Spolète, François s'arrête pour prier devant un crucifix en bois peint dans la tradition byzantine. La tradition a conservé la prière que le jeune homme qui cherche sa voie adresse à Dieu en s'agenouillant devant cette image :

"Ô Dieu haut et glorieux illumine les ténèbres de mon coeur. Et donne-moi la foi droite, l'espérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que, moi, je fasse ton saint et véridique commandement. Amen.

Une voix l'interpelle:

"François, va réparer ma maison, qui, tu le vois, se détruit tout entière." (Legenda major, de saint Bonaventure)

Miracle du Crucifix - St François priant devant le crucifix de l'église Saint-Damien, Fresque de Giotto 1297-1299, Basilique San Francesco, Assise

Miracle du Crucifix - St François priant devant le crucifix de l'église Saint-Damien, Fresque de Giotto 1297-1299, Basilique San Francesco, Assise

Un peu plus tard, Francesco guérit plusieurs lépreux en baisant leurs plaies. Son père fait une guerre acharnée à cette vocation extraordinaire, qui a fait de son fils, si plein d'espérance, un mendiant jugé fou par le monde.

 

Une autre fois, Thomas de Celano raconte qu'ému devant les appels suppliants d’une foule, dont un groupe de juifs, il ressuscita un enfant mort enseveli dans la boue après être tombé accidentellement dans les eaux du fleuve de la ville de Capoue. La foule et les parents de cet enfant implorèrent S. François pour qu'il ramène l'enfant à la vie. Dans ce passage, l’auteur précise que plusieurs juifs, accourus eux aussi sur les lieux de l’accident, pris de pitié, ont joint leurs voix à celles de la foule, priant saint François d’intervenir et de "redonner cet enfant à son père !" (Jacques Dalarun, Vers une résolution de la question franciscaine. La Légende ombrienne de Thomas de Celano, Fayard, Paris 2007.)

 

Rongé de doutes quant à l'avenir de ceux qui ont décidé de le suivre, François prie le Ciel de lui envoyer un signe pour le rassurer. Il lui répond aussitôt. Il voit une foule venir vers lui. Des centaines et des milliers de gens veulent se joindre à la petite communauté qui l'entoure.

Ils viennent de tous les pays et parlent une multitude de langues. Ils veulent, eux aussi, vivre selon les normes de pauvreté et de charité du Christ. "Dieu m'a montré la vérité", déclare S. François à ses compagnons.

 

"Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche"

L'entrée dans l'Ordre [de saint François] d'un autre homme de bien a porté à sept le nombre des enfants du serviteur de Dieu. Alors ce bon père a réuni tous ses fils, leur a parlé longuement du Royaume de Dieu, du mépris du monde, du renoncement à la volonté propre et de la mortification corporelle, et leur a annoncé son projet de les envoyer dans les quatre parties du monde.

(…) 'Allez, dit-il tendrement à ses fils, et annoncez la paix aux hommes ; proclamez la conversion pour qu'ils obtiennent le pardon de leurs péchés (Mc 1,4). Soyez patients dans la difficulté, assidus à la prière, courageux au travail ; soyez sans prétention dans vos sermons, sans écarts dans votre conduite et reconnaissants pour les bienfaits reçus. Si vous remplissez ce programme, ‘le Royaume des cieux est à vous' !' (Mt 5,3; Lc 6,20). Eux alors, humblement à genoux aux pieds du serviteur de Dieu, ont reçu cet envoi dans la joie spirituelle qui vient de la sainte obéissance. François a dit à chacun : "Abandonne au Seigneur tout souci, et il prendra soin de toi" (Ps 54,23). C'était sa phrase habituelle lorsqu'il envoyait un frère en mission. Quant à lui, conscient de sa vocation de modèle et voulant "mettre en œuvre" et pas seulement "enseigner" (Ac 1,1), il a pris un de ses compagnons et s'en est allé vers l'un des quatre points cardinaux. (Saint Bonaventure, franciscain, docteur de l'Église, Vie de Saint François, Legenda major, ch. 3, trad. Vorreux et Desbonnets, Documents, Éds. Franciscaines 1968, p. 585.)

 

Apprenant que Otton de Brunswick, à la fin du mois de septembre 1209 passait par Assise où il sera couronné empereur romain-germanique par Innocent III, S. François recommande à ses frères d'éviter de le rencontrer. On raconte que François aurait, muni d'une clairvoyance prophétique, adressé à cet illustre hôte de la ville un message où il lui aurait fait savoir que sa gloire serait de courte durée. Il ne crut pas si bien dire : excommunié une année plus tard par celui-là même qui l'avait oint dans la cathédrale de Latran en octobre 1209, Otton IV sera défait en 1214 par Philippe II Auguste à Bouvines et perdra sa couronne acquise à coup de guerres, d'assassinats et de mariages.

 

François écrit une "Vie des Frères", un inventaire de consignes destiné à ceux qui veulent le suivre, qu'il décide de soumettre au pape Innocent III pour approbation. Cette Règle s'ouvre par une invocation du Père, du Fils et du Saint-Esprit, aussitôt suivie d'une déclaration d'allégeance au Saint-Père :

"Que frère François et quiconque sera le chef de cette religion promette obéissance et révérence au seigneur pape Innocent III et à ses successeurs."

 

Dans leurs prédications, les frères dont la mission est d'"accomplir le bien" ne doivent pas heurter les convenances des gens qui les écoutent. Sans oublier que rien ne vaut l'exemple, qui reste le meilleur argument pour conduire les gens vers Dieu. Dans tous les cas, les frères doivent rester humbles et ne jamais tirer orgueil de leurs actes dont l'éventuelle réussite ne se doit qu'à Dieu :

 

"Je supplie, dans la charité qu'est Dieu, tous mes frères, prédicateurs, orants, travailleurs, tant clercs que laïcs, de s'appliquer à s'humilier en tout, à ne pas se glorifier, à ne pas se réjouir en eux-mêmes, à ne pas s'exalter intérieurement des bonnes paroles et actions, et absolument d'aucun bien que Dieu fait ou dit ou opère en eux quelquefois et par eux, selon ce que dit le Seigneur : 'Cependant ne vous réjouissez pas en ceci, que les esprits vous sont soumis.'"


Seuls les vices et les péchés nous appartiennent, rappelle François aux frères. Tout ce qui est bien et lumineux en nous vient du Seigneur et il serait présomptueux de se flatter du bien que nous accomplissons; celui-ci est l'œuvre de Dieu qui se sert de nous pour le prodiguer. 

Ainsi, toujours dans le bien que nous pouvons faire, la finalité est la gloire de Dieu, seul.

Saint François d'Assise, saint Patron de l'Italie († 1226)

File:Saint Francis of Assisi Church on West 31st Street, New York, NY mosaic.jpg

Accompagné de ses compagnons, François part pour Rome après avoir rédigé cette Vie des Frères (1209). En chemin, il a une vision. Il s'arrête près d'un arbre majestueux et, pendant qu'il en contemple la hauteur, il se sent emporté par une "force divine" qui lui permet d'en atteindre le sommet et lui donne la force nécessaire de ployer les branches pour leur faire atteindre la terre. S. François en conclut que son entreprise sera couronnée de succès et s'en réjouit.

 

Le songe d'Innocent III

 

Soumis à la Sainte Eglise dont il demande l'acquiescement, S. François veut réunir autour de lui des gens qui, clercs ou laïques, ne s'enferment pas entre les murs d'un monastère et restent proches des gens ordinaires, qui, surtout eux, ont besoin de ces nouveaux apôtres. En 1210, il vient se présenter devant le pape au palais de Latran. Toutes les sources parlent d'une manière ou d'une autre de la perplexité initiale d'Innocent III face à ce saint qui avait choisi de vivre d'aumônes et qui se présentait devant lui hirsute, mal habillé.

 

Le cardinal Jean de Saint-Paul, évêque de Sabina-Poggio Mirteto, ambassadeur du Vatican, réputé pour ses connaissances médicales, défend François et prend la parole :

 

"Ce pauvre nous demande d'approuver un genre de vie conforme aux conseils évangéliques. Si nous rejetons ses projets comme trop difficiles et comme une nouveauté, nous nous exposons à agir contre l'Évangile du Seigneur. Car soutenir que l'observance des conseils et le voeu qu'on en fait sont quelque chose de nouveau ou de contraire à la raison, c'est blasphémer ouvertement contre Jésus-Christ, auteur de l'Évangile."

 

Giotto, Le Songe d'Innocent III

 

Innocent III écoute S. François, "prend le temps du discernement", puis lui offre "son assentiment", assorti de sa bénédiction et de quelques recommandations. Dans son sommeil, Innocent III avait vu un homme de petite taille, et misérablement vêtu, ressemblant à ce pauvre d'Assise qu'il avait reçu dans la journée, soutenir avec son dos la basilique pontificale Saint-Jean-de-Latran, en train de s'écrouler. Le pape ratifie la Vie des Frères, leur accorde licence de prêcher la pénitence avec la seule condition d'avoir obtenu préalablement l'accord de S. François, reconnu ainsi comme "ministre" de la communauté. Dans la fresque dessinée par Giotto, l'interprétation du songe n'est guère difficile : l'Église de la plenitudo potestatis et des regalia, les symboles du pouvoir royal, s'écroule si elle n'est pas portée par le saint. (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 177.)

 

Content de l'habilitation du Pape, S. François se met aussitôt à l'oeuvre. Il s'adresse aux citoyens de Rome. Ceux-ci se passent leur chemin sans l'écouter et se montrent méprisants à son encontre, eux qui vivent dans la ville des deux plus grands apôtres, Pierre et Paul. Après plusieurs tentatives, toutes vaines, S. François leur dit :

 

"Pour votre honte, je vais annoncer le Christ aux animaux sauvages et aux oiseaux du ciel, afin qu'ils entendent les paroles salutaires de Dieu, ils y obéissent et acquiescent."

 

Saint François se rend en dehors des murs de la ville et s'arrête dans un champ où se trouvaient des corbeaux en train de se nourrir de cadavres, des grives, des pies et bien d'autres oiseaux. Il leur dit : 

"Je vous ordonne au nom de Jésus-Christ, que les Juifs ont crucifié, dont les misérables Romains ont méprisé la prédication, que vous veniez à moi entendre la parole de Dieu, au nom de Celui qui vous a créés et, dans l'arche de Noé, vous a libérés des eaux du déluge !" (Roger de WENDOVER, Fleurs d'histoire, ibid., p. 3038)

 

Aussitôt tous ces oiseaux et bien d'autres font cercle autour de lui, raconte Roger de WENDOVER. Ils arrêtent de piailler l'écoutent sans broncher pendant toute une demi-journée sans détourner le regard. Les gens qui passent s'étonnent de voir cette assemblée. Ils s'arrêtent. Ils remarquent que ces oiseaux écoutent avec intérêt des mots qu'ils semblent comprendre. Ils écoutent eux aussi. Ils en sont touchés. Ils en parlent dans la ville dont les habitants, ébranlés par ce miracle attesté par des témoins nombreux et divers, commencent à se demander s'ils n'ont pas eu tort de traiter avec mépris celui que le pape lui-même leur avait recommandé en l'autorisant à prêcher, bien qu'il ne fût ni théologien ni prêtre, pas même moine soumis à la discipline d'un ordre reconnu. L'auteur bénédictin des Fleurs d'histoire, nous fait savoir qu'à la tête d'un grand nombre de citoyens des hommes d'Eglise viennent inviter S. François, "avec grande révérence à regagner la ville. Il les suit, content d'avoir attendri leurs coeurs endurcis, par son discours aux oiseaux, et de les avoir rendus meilleurs peut-être.

Un jeûne de 40 jours

 

 

Un jour, en plein carême, S. François qui se trouve à l'ermitage de Sarteano, dans les environs de Sienne, entend une voix lui dire que Dieu ne pardonne jamais à ceux qui se tuent eux-mêmes par une trop dure pénitence.

 

François d'Assise affirme : "Que c'est tout autant un péché de soustraire sans discernement au corps ce qui lui est dû, que de lui offrir le superflu sous l'empire de la gourmandise". (François 2 Celano 22)

 

François met en évidence que le jeûne doit être pratiqué avec prudence, sous le regard de Dieu et pour le louer. Alors seulement, il est vertu de tempérance et conduit à Dieu. La tempérance n'est vertueuse qu'autant que l'amour de Dieu l'inspire. Il est donc nécessaire de pratiquer le jeûne du regard, de la parole, de l'ouïe, du soi-disant indispensable dans le quotidien. (Croire)

 

En 1211, François ressent le besoin de rester seul avec Dieu pendant le Carême, il prie "un homme qui lui est dévoué" et qui habite aux environs de Pérouse de l'amener de nuit, pour que personne ne s'en avise, sur une île inhabitée du lac Trasimène. Il se trouve un massif de ronces pour s'improviser un abri. Il y reste pendant quarante jours et quarante nuits, "sans rien manger ni boire", indiquent Les Fioretti, comme Jésus qui, après le baptême, s'était retiré dans le désert où il avait jeûné pendant quarante jours. S. François avait toutefois pris avec lui deux pains dont il avait mangé quelques miettes pour ne pas être tenté de se prendre pour le Christ. Tout émerveillé de constater que ces pains étaient à peine entamés au bout de quarante jours, le rameur qui vient le prendre et qui le dépose sur la berge, se considère délivré de son secret et en parle à ses concitoyens. Ceux-ci s'empressent de se rendre sur le lieu d'une si prestigieuse mortification. Au lieu où S. François célébra une pénitence si admirable se produisirent par ses mérites de nombreux miracles.

 

Parti prêcher dans les villes et les villages, "dans les cités et les places fortes" de l'Italie, S. François arrive à Tuscania, une petite localité d'origine étrusque à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau de la mer Tyrrhénienne. Il est accueilli par un chevalier dont le fils unique est boîteux et "faible de tout son corps". Connaissant la réputation de cet homme qui est, dit-on, capable de guérir par ses prières, le père de l'enfant se jette à ses pieds et lui demande de lui rendre la santé. S. François prie d'abord longuement, avec ferveur. Puis pose sa main sur le malade, et le bénit. Il le prend dans ses bras et le relève. L'enfant se met à marcher et à courir dans la maison. Il est guéri.

 

En revenant de Viterbe à Spolète, S. François passant par Narni, rencontre un certain Pierre, paralysé, qui par son évêque, lui demande de l'aider. S. François fait le signe de croix au-dessus de lui. L'infirmité disparaît. Dans la même ville, une femme veut recouvrer la vue qu'elle a perdue. S. François fait le signe de croix devant chacun de ses yeux fermés. Quand elle les rouvre, elle voit.

 

Il renouvelle le miracle à Bevagna, une bourgade des environs de Pérouse, où il redonne la vue à une fillette, puis à Bologne, où il guérit un enfant borgne.

 

Un frère souffre d'un mal que Thomas de Celano avoue ne pas savoir nommer, d'autant plus que de l'avis de certains, c'est l'oeuvre d'un "méchant diable" qui a pris possession de lui et le tourmente pour affaiblir son âme. S. François prit pour la guérison du malade et le bénit. Celui-ci se remet de sa crise, et il n'a plus jamais souffert du "mal caduc".

 

Dans la ville fortifiée de San Gemini, où S. François arrive en compagnie de trois frères, il est reçu par un homme "qui honorait Dieu", mais dont la femme est "harcelée par un démon". Les quatre frères font leur prières. Quand ils ont fini, François se lève et crie d'une voix à faire peur : "Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, par obéissance je te l'ordonne, démon: sors d'elle et n'ose plus jamais l'entraver." (Thomas de CELANO, Vie du Bienheureux François [Vita prima], éd. cit. v. I, p. 551.)

 

Le bruit court que tout ce que S. François touche est investi de pouvoirs miraculeux. Une peste tue les boeufs et les moutons de la région de Rieti. Un homme qui vit "dans la crainte de Dieu" a une vision pendant son sommeil. On lui conseille d'arroser les bêtes avec l'eau dont S. François se lave les mains et les pieds. Par chance, celui-ci se trouve dans un ermitage voisin. Il s'assure de la complicité de quelques frères. Ceux-ci lui remettent l'eau de la bassine où S. François vient de se laver. Revenu chez lui, le paysan de Rieti asperge de cette eau ses animaux languissants. Le résultat est spectaculaire:

"Sitôt que l'aspersion atteignait si peu que ce soit les animaux malades et gisant à terre, ayant récupéré la vigueur première, ils se levaient immédiatement et se hâtaient vers les pâturages, comme s'ils n'avaient rien éprouvé de mal."

 

Le pouvoir de S. François sur les animaux est un sujet de stupéfaction tout aussi colporté et qui occupe autant les différents récits hagiographiques.

 

Dans les prédications de S. François, les animaux sont des créatures de Dieu qui sont invitées à louer leur Créateur. C'est exactement la position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière. La louange de la Création est en cela en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

 

Aux environs de Bevagna, à quelques lieues d'Assise, dans la vallée de Spolète, S. François remarque une multitude d'oiseaux dans un champ: moineaux, corneilles, ramiers, hirondelles. Il court vers eux qui ne s'envolent pas. Au contraire, il a la sensation qu'ils l'attendent et se réjouissent de sa présence. Il les salue à son habitude : "Que le Seigneur vous donne la paix!" Il prêche comme à son habitude. Il leur dit :

 

Afficher l'image d'origine "Mes frères les oiseaux, vous devez beaucoup louer votre Créateur et l'aimer toujours, lui qui vous a donnés des plumes pour vous revêtir, des pennes pour voler et tout ce dont vous avez eu besoin.

Dieu vous a rendus nobles parmi ses créatures et il vous a accordé d'habiter dans la pureté de l'air; car comme vous ne semez ni ne moissonnez, lui-même ne vous en protège et gouverne pas moins, sans que vous vous en souciez le moins du monde.

Les frères présents sur les lieux témoignent de la joie des oiseaux qui tendent le cou, déploient leurs ailes et font de leur mieux pour s'approcher de S. François qui passe parmi eux pour les toucher avec sa tunique. Il les bénit et leur donne licence de s'envoler, ce qu'ils font tandis que l'homme de Dieu et ses compagnons poursuivent leur chemin.

 

À Alviano, petit bourg fortifié sur une éminence de la rive gauche du Tibre, à mi-chemin entre Trevi et Orvieto, S. François qui veut s'adresser à la foule des gens venus l'écouter réclamer silence. En vain : des hirondelles en grand nombre font un tel vacarme que les gens n'entendent pas ses paroles. S. François s'adresse avec beaucoup d'égards aux hirondelles: elles ont suffisamment trissé, leur dit-il, et il est temps maintenant de lui laisser la parole. Il leur enjoint de se taire et d'écouter la parole du Seigneur. A la stupéfaction de tous, note Thomas Celano, non seulement les hirondelles se taisent mais elles restent sans bouger jusqu'à la fin de la prédication.

 

 

Lorsqu'une hirondelle s'agite et piaille tellement qu'elle empêche un étudiant de Parme de travailler. Au nom de S. François il lui demande de se taire et de venir se poser sur sa main. L'hirondelle obéit. L'étudiant lui caresse la tête, lui explique une fois encore qu'elle le gêne et la prie gentiment, en invoquant à nouveau S. François, d'aller chahuter ailleurs. L'hirondelle s'en va et ne revient plus.

 

Un autre jour, à Greccio, un paysan vient lui offrir un levreau qu'il avait pris au collet. S. François le remercie puis pose l'animal par terre et le délivre en lui recommandant d'éviter à l'avenir les pièges des hommes. Le levreau ne veut pas partir et se réfugie auprès de S. François. Il faudra qu'un frère le porte loin dans la forêt pour le décider à reprendre sa vie sauvage.

 

image007.jpg Réalisant un jour que toute la Création formait une grande famille, une sorte de fraternité universelle, François invita tous les humains à l'amour mutuel et au respect de notre mère la Terre, notre soeur la Lune, notre frère le Soleil...

 

Il s'adressait à tous les êtres, à la nature entière; Un jour il sauva un lièvre poursuivi par les chasseurs; il racheta un agneaux que le boucher s'apprêtait à tuer. La nature elle-même, il l'embrassait dans sa charité sans bornes : moissons, vignes, bois, pierres, le feu, l'eau, l'air, tous les éléments, il fraternisait avec eux, et les invitait tous à l'amour de Dieu.

 

L'histoire du loup de Gubbio "réduit par S. François à une grande douceur", est sans doute, avec le prêche aux oiseaux, le plus connu de ses miracles. Il fit promettre au loup de ne plus attaquer les hommes et les bêtes, au vu de gens perchés sur les remparts. S. François s'adressant à l'assemblée, atteste que les fléaux qui nous frappent sont une punition de nos péchés et affirme que la "flamme vorace de la Géhenne" est infiniment plus à craindre qu'un loup qui ne peut tuer que les corps. Depuis ce jour et jusqu'à sa mort, survenue deux années après, ce loup a vécu en toute liberté dans les rues de Gubbio. Il mendiait sa pitance de porte en porte, pour la grande joie des gens qui le nourrissaient volontiers. Par sa présence, il leur rappelait "la vertu et la sainteté mirifique de S. François."

 

Au début de l'année 1213 les frères sont une bonne centaine. Quatre ans plus tard en 1217, ils seront plus de mille. Le mouvement franciscain qui ne comptait une décennie plus tôt qu'une poignée de frères, a pris une ampleur telle que l'Ordre croît "comme un cèdre dans le paradis de Dieu qui élève la cime de ses mérites parmi les régions célestes des saints."

 

La rencontre entre S. Dominique et S. François

 

SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221)

À l'occasion de l'ouverture le 11 novembre 1215 à Rome du IVe concile dans la basilique Saint-Jean-de-Latran en présence de quelques quatre cents évêques, S. Dominique fit le voyage de Rome pour obtenir l'approbation de l'Ordre des Frères-Prêcheurs. C'est là, alors qu'ils ne se connaissaient pas et ne se seraient pas rencontrés dans le tohu-bohu de ces quelques mille cinq cents personnes sans une grâce spéciale de Dieu, qu'ils se reconnurent, s'embrassèrent comme deux frères et lièrent une amitié profonde qui dura jusqu'à la mort.

S. Dominique vit François d'Assise en songe. Dans cette vision, il vit Jésus irrité contre le monde qui a perdu la foi et vit dans le péché. Pour l'apaiser la Vierge lui présente deux hommes dont la sainteté, lui dit-elle, est à même de racheter la mauvaise conduite des autres qui, par eux, retrouveront la voie de la vérité. Il se reconnaît dans l'un de ces hommes. Il se demande qui pourrait bien être l'autre qui a l'air d'un mendiant, vêtu d'une simple tunique de bure ? Le lendemain, dans une église dont la tradition n'a pas conservé le nom, S. Dominique reconnaît, habillé comme il l'avait vu dans son extase, ce deuxième homme que la Vierge recommandait si chaleureusement au Christ. S. Dominique se serait précipité vers S. François et l'aurait serré dans ses bras en lui disant : "Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble et nul ne pourra prévaloir contre nous."

 

S. Dominique, plus tard, aurait affirmé que tous les religieux devraient suivre l'exemple de S. François "tant est grande la perfection de sa sainteté."

 

En 1216, un religieux d'Oignes, du diocèse de Liège, qui vient d'être nommé évêque de Saint-Jean-d'Acre, Jacques de Vitry (1160-1240) traverse l'Italie et constate, surpris, l'ampleur d'un ordre dont il ignorait probablement l'existence. En route vers Rome, il note dans une de ses lettres, à propos des Frères mineurs, que "le Seigneur pape et les cardinaux les tiennent en grande révérence."

 

Afficher l'image d'origine "Ceux-ci [les Frères mineurs] ne s'occupent nullement des affaires temporelles, mais, avec un désir fervent et et un zèle ardent, ils travaillent chaque jour à arracher aux vanités du monde les âmes en péril et à les condire avec eux. [...] Ils vivent selon la forme de l'Eglise primitive dont il est écrit 'à la multitude des croyants, il n'était qu'un coeur et qu'une âme'.

De nos jours, ils se rendent dans les cités et les villages en oeuvrant par l'action afin de gagner quelques-uns; la nuit, ils regagnent leur ermitage ou des lieux solitaires pour s'adonner à la contemplation.

[...] Grâce aux conseils d'hommes bons, ils font et promulguent leurs institutions saintes et confirmées par le seigneur pape. [...] Je suis persuadé que c'est pour faire honte aux prélats, qui sont comme des chiens muets, incapables d'aboyer, que le seigneur veut sauver de nombreuses âmes par de tels hommes simples et pauvres avant la fin du monde."

 

"Franciscains et Dominicains vivront des dons des fidèles, d'où leur appellation d'"ordres mendiants". [...] Ils remportent un succès particuliers dans les villes universitaires, dont ils attirent les étudiants, mais aussi des maîtres fameux." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 181.)

 

S. François en Orient

 

C'est en septembre 1219 que se situe la rencontre de S. François avec le sultan d'Egypte al-Malik al-Kâmil, neveu de Saladin. Tant d'amis avaient voulu l'accompagner qu'il fallut tirer au sort les douze qui seraient choisis : frère Illuminé d'Arce, frère Pierre de Catane, frère Léon, frère Elie, frère Césaire de Spire, en étaient, et frère Barbaro, l'un des premiers disciples. Ils font escale en Crète, à Chypre, puis à Saint Jean-d'Acre, d'où S. François s'empresse de rejoindre la cité de Damiette (en Egypte) pour évangéliser les infidèles (août 1219). Il en convertit un grand nombre, et en reçut même plusieurs dans son ordre.

 

S. François avait dans l'idée de voir le sultan se convertir vers la religion chrétienne, persuadé que la paix viendrait par la conversion et non par la guerre. Les Croisés tentèrent de l'en dissuader, lui décrivant la cruauté des infidèles. Al-Malik al-Kâmil aurait lui-même promis une pièce d'or à quiconque lui apporterait la tête d'un chrétien.

 

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S'étant adjoint pour compagnon frère "Illuminé" ou "Lumineux", il s'était mis en route traversant la mer et se retrouvant dans le pays du sultan. Quelques pas plus loin, ils tombaient dans les avant-postes des Sarrasins, et ceux-ci, plus rapides, se précipitèrent sur eux. Ils les accablèrent d'injures, les rouant de coups et les liant de chaînes. Selon le chroniqueur Jourdain de Giano (1195-1262), pendant le supplice, S. François criait de toutes ses forces le nom du sultan qui, ayant entendu cet appel, aurait demandé qu'on lui amène les prisonniers. À la fin, après les avoir maltraités et meurtris de toutes manières, les gardes d'Al-Malik al-Kâmil les amenèrent, conformément aux décrets de la divine Providence, en présence du sultan: c'était ce qu'avait désiré François.

 

Selon S. Bonaventure (1217-1274), si le sultan veut interroger ces chrétiens, c'est parce qu'"une disposition de la divine Providence, conformément au désir de l'homme de Dieu", l'y incite.

 

Le prince leur demanda qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir; François répondit :

 

"Je suis envoyé par Dieu pour dire au Sultan et à son peuple le chemin du salut et leur annoncer l'Evangile qui est la Vérité... Si vous voulez vous convertir au Christ, ton peuple et toi, c'est très volontiers que, pour son amour, je resterai parmi vous" (Saint Bonaventure, Legenda Minor, 9,8).

 

Le sultan accepta de l'écouter en présence de ses chefs religieux qu'il fit venir sous sa tente. Ceux-si déclarent : "Sire, tu es épée de la Loi et tu dois donc maintenir et garder la Loi. Nous te commandons par Dieu et par Mahomet qui nous donna la Loi, que tu leur fasses couper la tête, car nous n'écouterons pas ce qu'ils disent, et nous vous défendons d'écouter ce qu'ils disent". Le Sultan ne leur obéit pas, car, dit-il, ce serait mal récompenser ceux qui avaient mis leur vie en danger pour sauver son âme. Il leur proposa alors de rester auprès de lui et de leur donner "des terres et des possessions". Ils refusèrent. Il leur offrit "de l'or, de l'argent et des draps de soie en grande quantité". Ils ne voulurent qu'un peu de nourriture.

 

Puis François prêcha au sultan Dieu Trinité et Jésus sauveur du monde, avec une telle vigueur de pensée, une telle force d'âme et une telle ferveur d'esprit qu'en lui vraiment se réalisait de façon éclatante ce verset de l'Évangile: "Je mettrai dans votre bouche une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront ni résister ni contredire". Le sultan commença par obliger les frères à marcher sur un tapis couvert de croix pour vérifier s'ils oseraient commettre un acte sacrilège en les piétinant. François déjoua le piège avec humour: "Ce n'est pas la croix du Christ que tu as posée là mais celles des deux brigands crucifiés à ses côtés!"

 

Nous ne saurons pas grand chose de cet échange sinon que François aurait parlé de la Trinité. Il aurait aussi proposé de se livrer à une ordalie : François et le théologien musulman se jetteraient dans le feu; celui qui sortirait indemne prouverait la supériorité de son Dieu :

 

"Ordonne que soit allumé un très grand feu, lui dit S. François, et moi, j'entrerai dans le feu avec tes prêtres pour que tu connaisses ainsi quelle est la foi la plus certaine et la plus saine"

 

Fakhr al Din al-Farisi, homme "reconnu et d'un grand âge", quitta aussitôt la tente. Le Sultan doutant que ses "prêtres" acceptent d'affronter le feu, le pari ne fut pas tenté. S. François proposa d'aller tout seul dans les flammes à condition que le Sultan lui promît de passer avec son peuple au christianisme s'il sortait indemne du brasier. Le Sultan refusa, craignant une sédition des siens. Témoin de cette ardeur et de ce courage, "le sultan écoutait François avec plaisir et le pressait de prolonger son séjour auprès de lui" (Saint Bonaventure, Legenda Minor, 9,8). Il offrit de nombreux cadeaux à S. François, qui les rejeta "comme de la boue" : ce n'était pas des richesses du monde qu'il était avide, mais du salut des âmes. Le sultan n'en conçut que plus de dévotion encore pour lui, à constater chez le saint un si parfait mépris des biens d'ici-bas. Il aurait ordonné, selon Ange Clareno, que S. François et tous ses frères puissent accéder librement au Saint-Sépulcre "sans payer le moindre tribut". S. François n'avait pas besoin de cet encouragement pour le faire.

 

Le sultan renvoya François avec une grande courtoisie en lui demandant de prier pour que lui-même Malek el-Kamil découvre la vérité. Il revint sain et sauf dans le camp chrétien qui s'en étonna.

 

"Il semble, souligne Albert Jacquard (Le Souci des Pauvres, éd. Flammarion, 1996) que le sultan n'oublia pas le sourire de François, sa douceur dans l'expression d'une foi sans limite. Peut-être ce souvenir fut-il décisif lorsqu'il décida, dix années plus tard, alors qu'aucune force ne l'y contraignait, de rendre Jérusalem à l'empereur Frédéric II." (Traité de Jaffa, 1229)

 

La conversion du Sultan

 

Les Fioretti, recueil d'anecdotes, miracles et histoires merveilleuses de la vie de saint François, ajoutent cette anecdote relatant la conversion du Sultan :



"À la fin, saint François, voyant qu'il ne pourrait réaliser plus de fruits dans ces contrées, se décida, par révélation divine à retourner parmi les fidèles avec tous ces compagnons ; et les ayant réunis tous ensemble, il retourna près du Sultan et prit congé de lui. Alors le Sultan lui dit : 'Frère François, je me convertirai très volontiers à la foi du Christ, mais je crains de le faire maintenant ; car si les gens d'ici l'apprenaient ils me tueraient avec toi et tous tes compagnons ; et comme tu peux faire encore beaucoup de bien et que j'ai à achever certaines affaires de très grande importance, je ne veux pas causer maintenant ta mort et la mienne. Mais apprends-moi comment je pourrai me sauver, je suis prêt faire ce que tu m'imposeras.' Saint François dit alors : 'Seigneur, je vais maintenant vous quitter, mais après que je serai retourné dans mon pays et, par la grâce de Dieu, monté au ciel après ma mort, je t'enverrai, selon qu'il plaira à Dieu, deux de mes frères, de qui tu recevras le baptême du Christ ; et tu seras sauvé, comme me l'a révélé mon Seigneur Jésus-Christ. Et toi, en attendant, dégage-toi de tout empêchement, afin que quand viendra à toi la grâce de Dieu, elle te trouve disposé à la foi et à la dévotion.' Le Sultan promit de le faire et il le fit.

Après cela, saint François s'en retourna avec le vénérable collège de ses saints compagnons ; et quelques années plus tard saint François, par la mort corporelle, rendit son âme à Dieu. Et le Sultan, étant tombé malade, attendit la réalisation de la promesse de saint François et fit mettre des gardes à certains passages, ordonnant que si deux frères, portant l'habit de saint François, venaient à s'y montrer, on les lui amenait immédiatement. En ce même temps, saint François apparut à deux frères et leur commanda de se rendre sans retard près du Sultan et de lui procurer son salut, comme lui-même le lui avait promis. Ces frères se mirent immédiatement en route, et après avoir passé la mer ils furent par ces gardes menés près du Sultan. En les voyant, le Sultan eut une très grande joie et dit : 'Maintenant, je sais vraiment que Dieu m'a envoyé ses serviteurs pour mon salut, selon la promesse que, par révélation divine, m'a faite saint François.' Il reçut donc desdits frères l'enseignement de la foi du Christ et le saint baptême, et ainsi régénéré dans le Christ il mourut de cette maladie ; et son âme fut sauvée par les mérites et l'opération de saint François". (Fioretti, chapitre 24).

Le sultan mourut en 1238.

 

Dans la Règle présentée à Portioncule le 30 mai 1221, qui comporte 24 chapitres, S. François fournit des indications judicieuses quant à la manière dont les frères doivent agir chez les infidèles : ils ne doivent pas cacher qu'ils sont chrétiens; ne pas essayer de convertir ceux qui ne sont pas prêts à recevoir la parole des Evangiles; attendre un signe de Dieu pour prêcher.

 

Saint François finit cette Règle de 1221 dite non bullata par cette admonition : "Et de la part de Dieu tout-puissant et du seigneur pape, et par obéissance, moi, frère François, je prescris fermement et j'enjoins que personne ne retranche rien de ce qui est écrit dans cette vie ou que personne n'y ajoute aucun écrit et que les frères n'aient pas d'autre règle".

Saint François (XIXe), église Saint-Médard, Paris

Saint François (XIXe), église Saint-Médard, Paris

S. François, Patron des écologistes

 

"Le franciscanisme est une doctrine de réconciliation de la nature et de la grâce" (Ivan Gobry). Aussi S. François peut-il affirmer que "toute créature de Dieu est bonne, et il n'y a rien à rejeter de ce qui se prend avec actions de grâces; car tout est sanctifié par la parole divine et la prière". Nous sommes là aux antipodes du bouddhisme, du manichéisme et du jansénisme.

 

"Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21:5). Dans le Christ, Dieu-Homme, la Création sensible est transfigurée, le monde est sanctifié, l'humanité est divinisée. C'est pourquoi l'Incarnation s'offre pour François comme le mystère-clé du christianisme.

 

Au terme de sa vie, S. François rédige ce qu'on appelle le "Cantique du frère Soleil" qui est l'aboutissement de ses enseignements sur le respect et l'amour que tous les humains doivent porter envers toutes les créatures de Dieu. Il rejoint ainsi les préoccupations de ceux et celles qui se soucient de la défense de la nature, des animaux et de l'environnement. C'est d'ailleurs pourquoi, en 1979, il est proclamé "patron des écologistes".

 

 

En 1221, S. François considère que "convertir le monde entier comme Dieu le veut" est une tâche plus importante que de laver les chancres des lépreux. Plus précisément, il acquiert la conviction que sa vraie mission, et celle des Frères, n'est pas de s'occuper de la chair qui souffre mais de secourir les âmes égarées.

 

C'est François d'Assise qui créa la première crèche que l'on retrouve souvent sous "l'arbre de Noël".

 

Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne:

 

"Je veux faire mémoire de cet enfant qui est né à Bethléem et observer en détail, de mes yeux corporels, les désagréments de ses besoins d'enfant, comment il était couché dans une crèche et comment, à côté d'un boeuf et d'un âne, il a été posé sur le foin."

 

Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel.

 

L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus. Et c'est pourquoi maintenant, nous avons partout des crèches à Noël.

 

L'amour du Christ et des mystères porta les Franciscains à la fréquentation des Lieux Saints, où ils s'établirent et dont ils devinrent les gardiens officiels, fournissant traditionnellement le Patriarche latin de Jérusalem. Ils y inaugurèrent le Chemin de Croix, pèlerinage avec stations sur les lieux mêmes où Jésus souffrit sa Passion; dès le XVe siècle, cet exercice est exécuté à domicile en s'attachant simplement par la pensée à l'itinéraire sacré.

 

 

En 1224, alors que S. François était en contemplation sur le mont Alverne en Toscane, le Christ lui apparut et lui imprima la stigmates de Sa Passion aux endroits du corps où Lui-même avait été blessé. Premier miracle de cette nature dans l'histoire chrétienne, la stigmatisation de S. François, bien qu'il la tînt secrète et qu'il n'en ait rien dit, fut rapidement connue du plus grand nombre et contribua à accroître sa réputation de sainteté. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 440.) S'étant livré à un jeûne de quarante jours en l'honneur de saint Michel archange, François reçut la stigmatisation le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix : un séraphin, formant avec ses ailes l'image du crucifix, lui imprima, aux mains, aux pieds et au côté, les stigmates des plaies du Sauveur causées par les clous et la lance.

 

Deux ans après, étant très gravement malade, il se fit transporter à l'église du Portioncule (basilique Sainte-Martie des Anges), le lieu où, bien des années auparavant, il comprit qu'il devait vivre "selon le saint Évangile", et il mourut "en chantant", comme l'écrit son biographe, le samedi 3 octobre 1226. "Afin que là où il avait accueilli l'esprit de la grâce, là il rendit l'esprit de la vie." (Saint Bonaventure)

 

S. François demanda qu'on lui lise le 13e chapitre de l'Evangile de Jean : "Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père." Pendant ce temps, il récitait en boucle le psaume 142 (141) : "De ma voix j'ai crié vers le Seigneur, de ma voix j'ai supplié le Seigneur. Je répands ma plainte devant lui. Je lui raconte ma détresse..." Et qui finit par une supplique : "Tire mon âme de sa prison, afin que je célèbre ton nom!"

 

"Il avait réussi à spiritualiser l'amour des hommes et du monde, et à humaniser l'amour de Dieu, accomplissant à merveille l'impossible gageure chrétienne d'aimer Dieu à travers les hommes." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 441.)

 

Le soir où S. François passa du monde au Christ, alors que c'était déjà le crépuscule de la nuit suivante, des alouettes, oiseaux amis de la lumière du midi et qui ont horreur des ténèbres du crépuscule, vinrent sur le toit de la maison et tournèrent longtemps en faisant un grand bruit : nous ignorons si elles montraient de la joie ou de la tristesse en chantant à leur façon. Elles faisaient résonner une jubilation éplorée et des pleurs jubilants, soit qu'elles plaignaient les fis devenus orphelins, soit qu'elles indiquaient que le père approche de la gloire éternelle. Les gardiens de la cité qui protégeaient le lieu par des veilles attentives, furent pleins de stupeur et invitèrent tous les autres à admirer l'évènement.

 

Les funérailles furent un nouveau triomphe. Le corps fut d'abord ramené à Assise. La procession passa par Saint-Damien où sainte Claire et ses soeurs vénérèrent en pleurant la sainte dépouille; puis on déposa celle-ci dans l'église Saint-Georges où François avait fait ses humanités. Dès lors, les miracles se multiplièrent à la sépulture.

 

François fut canonisé par Grégoire IX, en 1228. Son corps, que l'on avait caché, afin de mieux s'en assurer la possession, dans la crypte de l'église bâtie en son honneur en 1230, fut découvert en 1818. Pie XII le proclama patron de l’Italie.

Dans son Testament, S. François indique : "Personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon la forme du Saint Évangile" (Thomas de CELANO, Vie du bienheureux François [Vita prima], in François d'Assise, Ecrits, vies, témoignages, éd. du VIIIe centenaire, éd. ibid., v. I, p. 589.) Il puisait directement dans l'Évangile une règle de vie. Ce rapport direct avec Dieu ne l'empêcha pas dans la nouvelle mouture de la Règle de 1221, qui compte 24 chapitres, de commencer par rappeler aux frères qu'ils étaient tenus à la plus grande révérence envers la sainte Eglise, le pape, les évêques et les prêtres. Et de leur léguer "trois paroles" dans son Testament : qu'ils s'aiment les uns les autres, qu'ils aiment et respectent "notre Dame sainte Pauvreté" et qu'ils se montrent toujours fidèles et respectueux de la Sainte Eglise.

 

Aujourd'hui, les Frères Mineurs se répartissent en trois branches : Franciscains, Capucins et Conventuels. À la fin de l'année 2009, les Franciscains étaient 14 525 dans le monde (dont 398 novices) présents dans 52 pays.

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle, basilique Sainte-Claire, Assise (Italie). Selon Thomas de Celano (Vita Prima), c'est ce crucifix qui aurait parlé à François d'Assise et qui lui aurait dit : "Va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine !"

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle, basilique Sainte-Claire, Assise (Italie). Selon Thomas de Celano (Vita Prima), c'est ce crucifix qui aurait parlé à François d'Assise et qui lui aurait dit : "Va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine !"

Postérité

 

Alexander of Hales Scholastic Innovator Quelques décades après la mort de S. François, les Franciscains ont envahi l'Université à Bologne, Oxford et Paris, surtout, et plus tard Cologne.

À partir de 1230, les œuvres d'Aristote, principales représentantes de la scolastique (philosophie développée et enseignée au "Moyen-Âge" dans les universités), sont traduites du grec en latin par le dominicain allemand Albert le Grand, véritable introducteur de la pensée du philosophe, et par Guillaume de Moerbeke, secrétaire de Thomas d'Aquin, et introduites dans les universités.

Le premier docteur franciscain, l'Anglais Alexandre de Halès (+1245), fondateur de l'école franciscaine, installera avec lui l'ordre de S. François dans une chaire de la Sorbonne; il sera surnommé le Docteur Irréfragable. Il pensera, d'ailleurs comme un peu plus tard S. Thomas (et c'est probablement à lui que Thomas faisait allusion), que le péché était la raison de l'Incarnation, mais il pensera aussi que l'Incarnation se serait produite en toutes hypothèses pour le seul achèvement et la beauté de l'Univers... Ce sera également la position d'Albert le Grand, évêque de Ratisbonne en Allemagne, le maître de Thomas.

Les disciples des fondateurs (scotistes franciscains et thomistes dominicains) exagéreront pourtant jusqu'à la caricature l'opinion respective d'Alexandre de Hales et de Thomas, alors que si Thomas donnera sa préférence au thème de l'Incarnation rédemptrice, il n'en restera pas à la seule libération du péché; comme l'explique le P. dominicain Jean-Pierre Torrell, dans une video, sur le "motif de l'Incarnation", "on ne tiendra pas suffisamment compte de la phrase 'la puissance de Dieu ne se limite pas à cela. Et même sans le péché, Dieu aurait pu s'incarner'"... Alexandre de Hales sera sinon l'auteur, du moins l'initiateur de la première Somme théologique. Un de ses élèves, S. Bonaventure (1217-1274), Maître régent de théologie de l'Université de Paris, sera surnommé le "second fondateur de l'ordre franciscain", et les élèves de S. Bonaventure défendront son esprit contre l'aristotélisme envahissant : Gauthier de BrugesJohn (ou Jean) PeckhamGuillaume de la Mare, et Mathieu (ou Matteo) d'Aquasparta.

S. Bonaventure donnera une valeur beaucoup plus cosmique et eschatologique, allant bien au-delà du seul intellect, à l'illumination de l'esprit par Dieu.

 

Les Anglais Robert Grossetête (1175-1253), à Lincoln, et Roger Bacon, à Oxford, surnommé Doctor mirabilis ("Docteur admirable") en raison de sa science prodigieuse, davantage portés vers l'expérience que vers la spéculation pure avaient identifié quelques erreurs commises par Aristote à propos des phénomènes naturels; ce qui ne les empêcha nullement de reconnaître l'importance de la philosophie d'Aristote.

 

Cependant, au XIIIe siècle, le grand docteur de l'Ordre franciscain sera Jean Duns Scot (1266-1308), professeur à Oxford, Paris et Cologne. Connu pour son angélologie, fierté de l'ordre franciscain, dans la lignée d'Augustin et Bonaventure, il mettra l'accent sur la volonté personnelle et la charité plutôt que sur l'intellectualisme (c'est-à-dire une vision métaphysique qui parce qu'elle exalte l'intellect humain, se voit souvent marquée par une pensée de la nécessité, de l'émanation, de la généralisation, voire du destin); et il s'attachera surtout à S. Augustin, dans l'esprit et dans le détail, tout en donnant aux problèmes théologiques des solutions plus nettes. La virtuosité de son argumentation, mais surtout la profondeur de ses raisonnements lui consacreront le surnom de Docteur subtil.

Opposé à S. Thomas et à l'école thomiste quant au rôle de la liberté et de la grâce, il n'en sera pas pour cela le maître de Guillaume d'Ockham et du nominalisme. Le scotisme, comme doctrine qui se caractérise par "le formalisme métaphysique, l'univocité de l'être, l'intuitionnisme et le volontarisme" (Etienne GILSON, L'Esprit de la philosophie médiévale, Paris, Vrin, 1960), bien qu'ayant influencé Ockham, s'opposera à son nominalisme comme doctrine qui nie la réalité des entités abstraites et n'attribue pas d’universalité aux catégories transcendantes, mais simplement à ce qui est construit par l'observateur. Chez Duns Scot, l'univocité de l'être implique que tous les êtres sont dits "être" dans un même sens, et sont singuliers de par leur eccéité (essence particulière d'une chose qui permet de la distinguer de toutes les autres). Thomistes et scotistes s'accorderont ainsi pour lutter ensemble contre le nominalisme de Guillaume d'Ockham qui poussera à l'extrême certaines des idées de Duns Scot (volontarisme et constructivisme) et aboutira à une sorte d'"empirisme anarchique" (DANIEL-ROPS) .

La métaphysique du mal d'Augustin est passée tout entière, à peu près telle quelle, dans le thomisme et le scotisme. (E. GILSON, Espr. philos. médiév., 1931, p. 119).

Dialecticien autant que S. Thomas, partisan autant que lui de la méthode critique, Duns Scot ne part pas des mêmes principes que lui et n'aboutit pas aux mêmes conclusions. Pour lui, dans l'homme la volonté prime l'intelligence - d'où le terme de volontarisme dont on qualifie souvent sa doctrine - il ne suffit pas d'avoir démontré la vérité pour que tout se soumette à sa loi. Duns Scot insiste sur le caractère actif de l'âme, sur la liberté dont il défend le principe même dans le domaine spirituel. Est-il si sûr qu'on puisse en parlant du réel, comprendre vraiment et connaître qu'il y ait, dans la Création, des lois fixes que la raison peut repérer et analyser ? Le liberté de la toute-puissance divine ne s'oppose-t-elle pas à une telle fixité ? Que la science ait son domaine, oui, mais hors de son domaine, que vaut-elle ? Ainsi, plus fortement même que S. Bonaventure, Duns Scot apportait-il de l'eau au courant mystique au détriment du courant rationnel.

Duns Scot ne s'oppose pas systématiquement à Thomas, mais plutôt aux thomistes de son temps, et surtout au séculier Henri de Gand, non pas comme une opposition frontale, mais par une démarche différente. Le scotisme donne une priorité à la volonté, devant les autres facultés, comme l'intelligence (Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 124-126), ou la charité. Il donne une priorité à la volonté devant les autres facultés comme l'intelligence ou la charité. 

Image illustrative de l'article Gilles de Rome Le cistercien Humbert de Brouilly, le carme Gérard de Bologne, et surtout l'augustin Gilles de Rome (1247-1316) qui le premier, montrera que S. Augustin et S. Thomas n'étaient pas inconciliables, mais qu'ils se complétaient. L'action, selon Gille de Rome, est impuissante sans la charité, et la contemplation sans la grâce. Les deux démarches mystique et rationaliste ne sont pas contradictoires, mais complémentaires.

Contre saint Thomas, Scot pense que le péché de Lucifer n'a pas été l'orgueil. C'est une forme d'envie qui l'a fait pécher. Satan a pu désirer égaler Dieu d'un désir de concupiscence, autant que sa volonté l'a pu. Il n'a pas cherché à devenir l'égal de Dieu, ce qui est impossible, mais l'a parfaitement voulu. (Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 125.)

 

Christ-Roi (Fête) Ce qui est le plus remarquable dans la théologie scotiste, c'est la place suréminente qu'elle reconnaîtra au Christ dans l'oeuvre de la Création et de la Rédemption: celui que St Jean dans l'Apocalypse appelle "l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin", est la cause, le chef et l'achèvement de toute la Création spirituelle et sensible. La fête du Christ-Roi sera la conséquence liturgique de cette conception. D'une telle dignité, la Mère du Christ est la première bénéficiaire: de là, l'affirmation de l'Immaculée-Conception de la Vierge, reprise des Pères, que le "Docteur marial" (un autre titre qu'on donna à Duns Scot) défendit contre toute l'Université, et qu'il fit triompher.

 

Le scotisme sera critiqué à la "Renaissance" par Érasme et Rabelais, qui joueront sur le double sens du qualificatif de "subtil" (synonyme de "fin, recherché", mais aussi d'"inutilement sophistiqué, obscur") attaché à Duns Scot pour railler l'excès de subtilité des scotistes. Il sera soutenu jusqu'au XVIIe siècle, en la personne de Bartolomeo Mastri. Jean Duns Scot sera béatifié par S. Jean-Paul II en 1993. Il est fêté le 8 novembre.

 

"L'Inquisition, avec ses procédures juridiques rédigées en lieu et place d'une justice seigneuriale coutumière, orale, est aussi fille de l'Université. Dominicains et Franciscains y apportent des procédures écrites et un rituel de l'interrogatoire, de la confrontation et de l'aveu qui ne vont pas tarder à se verser à la justice d'État : on en retrouvera la trace dans les procédures suivies encore aujourd'hui par les juges d'instruction français." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 182.)

 

"Quand je connaîtrais tous les mystères, enseigne l'Apôtre, que je posséderais toute science, ...si je n'ai pas la charité, je ne suis rien!" (1 Co. 13:2) S. François consacre à cette parole une admonition, et une autre à celle-ci : "Le lettre tue, l'esprit vivifie" (2 Co. 3:6). À choisir entre la science et la charité, le choix est vite fait. Mais il arrive heureusement que les deux soient compatibles, et les faits l'ont prouvé dans la personne de nombreux saints franciscains. (Ivan Gobry)

Sources: (1) L'Evangile au quotidien; (2) Franciscain.org ; (3) Chiesa ; (4) Egliseinfo.catholique ; (5) Eleves.ens.fr : S. François et le Sultan, les Fioretti ; (6) Les saints Franciscains

Mgr Paul GUERIN, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 617-620

Ivan GOBRY, Saint-François d'Assise et l'esprit franciscain, Maîtres spirituels aux Editions du Seuil, 1957, p. 68-69; 77; 79;111

Stan ROUGIER, Saint François d'Assise ou la Puissance de l'amour, Albin Michel, Saint-Amand-Montrond 2009, p. 136-137

Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015

DANIEL-ROPS, L'Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV, sous la direction de Jean DUMONT, Editions Bernard Grasset 1962-1965, p. 300-301.

 

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 19:53
Mgr Vigano : Communiqué de presse sur la récente imposition de la vaccination obligatoire dans certains diocèses américains

Source: Nouvelles de Coalition pour les prêtres persécutés

 

Traduction Blog Christroi

Nous avons tous appris que dans certains diocèses des États-Unis d'Amérique, et en particulier dans l'archidiocèse de Chicago, l'Autorité ecclésiastique impose à ses clercs et à ses employés fidèles de se faire vacciner comme condition pour assister aux célébrations, aux activités liturgiques et pastorales et même pour le simple fait d'être prêtres avec un ministère. Des mesures despotiques similaires sont également imposées en Italie et dans d'autres pays.  

 

Les prêtres qui ne se conformeront pas aux dispositions de l'Ordonnance seront privés de leurs facultés sacerdotales et de leurs moyens de subsistance. Par conséquent, de nombreuses églises seront fermées, avec un préjudice très grave pour le salus animarum, en raison du manque de clercs pouvant remplacer ceux qui ne seront pas injectés avec le sérum génétique expérimental. D'après ce que l'on sait, il n'y a pas peu de pasteurs des âmes qui s'opposeront, comme c'est leur plein droit en tant que citoyens américains et catholiques, à un refus clair des dispositions sacrilèges et illégitimes, qui sont nulles et qui exposent les intéressés à des effets secondaires concrets, dangereux et immédiats, y compris le risque de mort. Sans parler des implications morales de l'acceptation de l'inoculation d'un médicament pour la production duquel sont utilisées des lignées de cellules fœtales provenant d'avortements.  

 

La soumission de la Hiérarchie bergoglienne à la farce de la pandémie et l'imposition de la soi-disant vaccination a transformé les ministres de Dieu en gourous de la pandémie, les évêques en vendeurs de sérum expérimental et le corps ecclésial tout entier en victime de l'expérimentation de masse. Cela constitue une trahison sans précédent de la mission divine de l'Église du Christ, du pouvoir des pasteurs et du mandat des prêtres, dans un processus de remplacement de la religion révélée par un culte pseudo-scientifique qui confine à l'idolâtrie. Si ces abus sont déjà graves s'ils proviennent de l'autorité civile - dont la corruption et les conflits d'intérêts sont désormais universellement connus et dénoncés - plus grave encore est la coopération à ce crime mondial de l'autorité ecclésiastique.  

 

Face à de telles violations du droit, il est nécessaire de dénoncer sans hésitation la complicité délibérée de la Hiérarchie dans le plan diabolique mondialiste du Great Reset, et de résister fermement et courageusement à cette oppression ratifiée par le Saint-Siège.  

 

Je renouvelle avec force l'appel que j'ai lancé lors de la récente manifestation tenue à Dubuque (Iowa) en faveur de la Coalition pour les prêtres persécutés, invitant les laïcs à soutenir leurs prêtres par des initiatives coordonnées. Il est nécessaire de créer une Fondation internationale qui recueille les dons et les contributions des fidèles, en les détournant des paroisses et des diocèses qui sont de connivence avec l'actuel régime bergoglien. Lorsque les évêques se trouveront impactés dans le compte bancaire, ils seront probablement incités à modérer leur travail d'ostracisme des bons prêtres. Des initiatives telles que la Coalition pour les prêtres persécutés et d'autres projets similaires sont un besoin urgent en cette heure de persécution. Chacun d'entre nous, selon ses moyens, pourra apporter une contribution concrète - pas nécessairement uniquement financière - ne serait-ce qu'en attribuant nos offres à ceux qui les méritent et non à ceux qui les utilisent pour harceler les bons clercs.  

 

Les fidèles catholiques ouvrent leurs maisons aux prêtres persécutés par la tyrannie des évêques alliés au mondialisme, en les rendant disponibles pour la célébration du Saint Sacrifice de la Messe. Réunies autour de ces autels domestiques, les communautés réfractaires pourront ainsi continuer à rendre le culte dû à la Sainte Trinité et bénéficier de l'assistance spirituelle de leurs ministres. Et que la charité fraternelle, nourrie par le partage de l'unique foi et de la prière, marque le début d'une renaissance de la Sainte Eglise, aujourd'hui obscurcie par les mercenaires et les traîtres.

 

+ Carlo Maria Viganò, Archbishop

ancien Nonce Apostolique aux Etats-Unis

 

3 octobre 2021

XIXe Dimanche après la Pentecôte

 

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 00:00
Saints Anges gardiens

Dieu est le "créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible" (Symbole de Nicée Constantinople). Or, selon la Tradition, les anges sont des créatures spirituelles et non corporelles. Chaque fête des anges est d’abord l’occasion de rappeler que "Dieu a tout ensemble, dès le commencement des temps, créé de rien l’une et l‘autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps" (profession de foi du 4ème concile du Latran, rappelée par le n° 327 du CEC – Catéchisme de l’Église catholique).

 

Parmi d'autres choses, Dieu a ainsi formellement distingué la nature angélique et a donné à chaque ange sa qualité particulière selon la différence particulière. Selon Saint Thomas d'Aquin (I qu. 30, art. 4), chaque ange forme à lui seul une espèce particulière.

 

"Dans ce monde, chaque créature visible est confiée à une puissance angélique, suivant le témoignage plusieurs fois répété des saintes Écritures. (S. Augustin, Lib. De Diversis, quæst. LXXIII-LXXIX, n° I). La théologie catholique formule cet axiome lorsqu'elle dit : "selon S. Augustin (lib. III, De trinit.) et S. Thomas (pars I, quæst. CX, art. 8) tous les êtres corporels sont gouvernés et maintenus dans l'ordre par des êtres spirituels; toutes les créatures visibles par des créatures invisibles." (VIGUIER, ch. III, p. 87, édit. in-4°, 1571 in Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 32-33.)

 

Les croyants peuvent s’appuyer sur leur aide pour se tourner vers leur Seigneur.

Dans chaque eucharistie, les anges se joignent à eux – et aux saints – pour chanter d’une seule voix le Dieu trois fois saint proclamer sa gloire (cf. finales des préfaces de la prière eucharistique).

 

À la naissance du Sauveur, un ange était apparu aux bergers "et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière." (Lc 2,9)

 

La fête des archanges, le 29 septembre, rappelle l’essentiel de la vocation des anges : contempler Dieu et chanter sa louange. C’est aussi la raison d’être de la création et la mission primordiale de l'Église. Pour sa part, la mémoire des anges gardiens le 2 octobre insiste sur un autre aspect : leur mission de présence fraternelle à nos côtés.

 

 

Dès l’Ancien Testament, les anges protègent et guident les patriarches. "Dieu donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres." (Psaume 90, 11-12).

 

 

Cette mission continue : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie (S. Basile)" (cf. CEC 336).

 

En faisant mémoire des anges gardiens, les croyants demandent à Dieu de leur assurer "le bienfait de la protection des anges et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours". Mais cette mémoire les encourage aussi à inventer une "présence fraternelle" concrète auprès des autres, à prendre soin d’eux. (1)

"Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des Anges; l'Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les Anges nous préservent d'une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché; ils nous inspirent de saintes pensées et nous portent à la vertu, nous soutiennent dans les tentations, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relève par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes oeuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l'heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

Ils veillent sur nous pendant notre sommeil, nous assistent dans notre prière, nous défendent sur terre et sur mer, purifient notre esprit et notre corps, nous provoquent à la vertu, élèvent nos pensées vers Dieu, nous consolent dans nos peines et nos épreuves, quand nous sommes sous les étreintes de la maladie et de la mort prochaine, nous font visite, nous fortifient, nous défendent contre l'esprit du mal, et après nous avoir donné la victoire, nous accompagnent au ciel ou au purgatoire. Sans ce secours providentiel, l'infirmité humaine ne saurait être en sécurité. (Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 168.)

Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: 'Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection.' Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leur bonnes inspirations. (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

À partir de quel moment les Anges gardiens nous sont-ils assignés ?

 

"Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux." (Mt 18,10).

 

Bien que ce ne soit pas explicitement écrit dans la Bible, il est communément admis par les théologiens que chaque être humain, qu’il soit chrétien ou non, a un ange gardien assigné à sa protection. "Chacun, aussi humble soit-il, a des anges gardiens pour veiller sur lui", a ainsi déclaré le pape Pie XII, s’appuyant sur les Saintes Écritures mais aussi sur les enseignements de saint Thomas d’Aquin, saint Basile ou encore saint Jérôme. Mais ces grands saints sont loin d’être les seuls à croire en leur existence. De nombreuses personnes, même non chrétiennes, considèrent qu’elles sont protégées par un ange gardien.

 

Mais alors, à quel moment un ange gardien est-il assigné à la protection de la personne dont il aura la charge ? Pour répondre à cette question, il faut se référer au paragraphe dédié dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui constitue la seule source officielle à ce sujet : "Du début de l’existence au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie." (CEC n°336)

 

Saint Jérôme ou saint Anselme ?

 

Cette assertion n’est pas très précise, puisqu’il y est simplement question du "début" de la vie. Les débats théologiques à ce sujet ne manquèrent pas au fil des siècles, et les avis divergent. En effet, saint Jérôme déclara simplement : "Si grande est la dignité des âmes que chacune, dès sa naissance, a un ange préposé à sa garde." Ce point de vue, basé sur les connaissances scientifiques de l’époque, fit école pendant plusieurs siècles.

 

 

Saint Anselme, de son côté, affirmait que "chaque âme est assignée à un ange au moment où elle est unie à un corps". Ce point a également été débattu par les théologiens, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agit du moment de la conception. À en croire ce document compilé par le cardinal Ratzinger en 1987, "l’âme spirituelle de tout homme est immédiatement créée par Dieu".

 

En conséquence, il semble effectivement très probable que les anges gardiens nous sont attribués au moment de la conception. Cette hypothèse n’est pas un dogme de l’Église catholique, mais elle s’inscrit dans la lignée d’enseignements qui ont fait école pendant plusieurs siècles, et est en accord avec les paroles de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Dans l’hypothèse où ce serait à la naissance plutôt qu’à la conception, c’est l’ange gardien de la mère qui, automatiquement, serait en charge de l’être qui se développe en son sein. (2)

Les anges gardiens n’ont pas accès à nos pensées et ne peuvent donc pas s’immiscer dans notre esprit.

De même que les anges ne peuvent pas lire dans nos pensées, les démons ne le peuvent pas non plus.

Seul Dieu est à même de savoir ce qui se déroule exactement dans nos têtes, puisqu’il nous a créés. Saint Thomas d’Aquin établit cela clairement dans sa Somme de théologie (I, 57, 4) :


 

Ce qui est propre à Dieu ne convient pas aux anges. Or, connaître les pensées [des cœurs] est le propre de Dieu. (3)

 

Cela dit, nos compagnons célestes sont dotés d’une grande intelligence ainsi que d’un sens de l’observation bien plus affûté que le nôtre. Ce qui signifie que, bien que n’ayant pas accès à notre esprit, ils peuvent savoir ce à quoi nous pensons à force de nous observer et de nous côtoyer. Saint Thomas d’Aquin explique bien ce phénomène dans son ouvrage (I, 57, 4) :

Les pensées des cœurs peuvent être connues […] d’abord dans leurs effets. De cette façon elles peuvent être connues de l’ange aussi bien que de l’homme ; mais il y faut d’autant plus de pénétration que l’effet est plus caché. Car la pensée peut se révéler non seulement par un acte extérieur, mais encore par un changement d’expression du visage ; les médecins peuvent même connaître certaines affections de l’âme par nos pulsations. À plus forte raison les anges […] le pourront-ils, puisqu’ils aperçoivent d’une manière beaucoup plus pénétrante ces modifications corporelles cachées.


 

Si nous souhaitons que notre ange gardien nous connaisse en profondeur, nous devons donc nous confier à lui régulièrement. De cette manière, il sera mieux armé pour nous protéger et nous conduire à la vie éternelle.

 

Voici une petite prière pour que notre ange gardien intervienne et prie à notre place, quand nous ne le pouvons pas, et entre en dialogue avec les anges gardiens de ceux qu’on aime, quand la croix qu’ils portent sur leurs épaules se fait de plus en plus lourde :
 

Mon Saint Ange gardien,

je vous salue et je vous remercie.

Veuillez prier pour moi

et prier à ma place

dans tous les moments

où je ne peux formuler mes prières.


 

Daignez aussi,

dans la Lumière divine,

vous rencontrer avec les Anges gardiens

de ceux que j’aime le plus,

de tous ceux auxquels je m’intéresse spirituellement,

pour les éclairer, les protéger et les conduire.


 

Ainsi soit-il

Un ange libéra l'apôtre Pierre de la prison Antonia à Jérusalem où l'avait enfermé Hérode Agrippa en 44, qui voulait le faire juger et mettre à mort avec grand appareil, devant la masse de peuple alors assemblé. 

"Un soir que plusieurs des fidèles étaient assemblés dans la maison de Marie, mère de Jean-Marc, où Pierre demeurait d’habitude, on entendit tout à coup frapper à la porte. La servante, nommée Rhodé, alla écouter. Elle reconnut la voix de Pierre. Transportée de joie, au lieu d’ouvrir, elle rentre en courant et annonce que Pierre est là. On la traite de folle. Elle jure qu’elle dit vrai. « C’est son ange, » disent quelques-uns. On entend frapper à plusieurs reprises ; c’était bien lui. L’allégresse fut infinie. Pierre fit sur-le-champ annoncer sa délivrance à Jacques, frère du Seigneur, et aux autres fidèles. On crut que c’était l’ange de Dieu qui était entré dans la prison de l’apôtre, et avait fait tomber les chaînes et les verrous. Pierre racontait, en effet, que tout cela s’était passé pendant qu’il était dans une espèce d’extase ; qu’après avoir passé la première et la deuxième garde et franchi la porte de fer qui donnait sur la ville, l’ange l’accompagna encore l’espace d’une rue, puis le quitta ; qu’alors il revint à lui et reconnut la main de Dieu, qui avait envoyé un messager céleste pour le délivrer (Ac., XII, 9-11). Le récit des Actes est tellement vif et juste, qu’il est difficile d’y trouver place pour une élaboration légendaire prolongée." (Ernest Renan, Les Apôtres, Michel Lévy, 1866, p. 248-249.)

 

"Il existe, dans le Légendaire de certains ordres religieux, des apparitions d'anges gardiens des couvents. Les biographes de saint François d'Assise et de saint Dominique en rapportent. Pour ce dernier, on dit qu'en un moment de disette, provoquée par la libéralité des premiers frères prêcheurs à l'égard des pauvres, l'un de ses monastères fut favorisé d'une intervention du ciel. Les anges gardiens de la communauté vinrent emplir les coffres et même servir les moines à table. Le bienheureux Fra Angelico a très bien illustré le miracle dans une de ses fresques. De telles faveurs venaient récompenser la charité des premiers religieux d'une obédience nouvelle. Tous les néophytes ont de ces emballements qui, dans la suite, ne se retrouvent guère. En cela, la jeunesse des familles monastiques n'est pas tellement différente de l'enfance de chaque homme.

"Le plus étonnant, dans ces aventures mystiques, ce n'est pas que des êtres charnels conservent ou retrouvent assez de transparence d'âme pour réfléchir sur le surnaturel ; mais bien que des esprits s'abaissent à servir des corps. Moi qui, souvent, considère au-dessous de ma « dignité » de condescendre, voilà une leçon pour mes dédains. Malgré l'exemple d'un Dieu-Providence, d'un Verbe-Sauveur, je poursuis aveuglément ma voie aberrante, mes habitudes d'insolence et de dureté.

"Cela me va de parler de dignité, à moi qui ne résiste pas à un clin d'œil du Malin ! Si les Anges servent les hommes, ce n'est pas pour rendre hommage à leur excellence ; mais pour obéir à Dieu qui a des faiblesses pour nous. Ils trouvent dans cette obéissance, en dépit de ce qui est exigé, un surcroît de joie, tant il est vrai que l'amour s'exalte par le désintéressement et s'illumine par tous les sacrifices qu'on lui consent.

"Le Pape s'honore du titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». À combien plus forte raison les Anges tirent-ils gloire d'une telle appellation, plus vraie encore pour eux qu'elle ne l'est pour le Pape ! Ce n'est pas le bénéficiaire qui crée l'honneur, mais le Maître et le service du Maître." (Yves-Marie Rudel, Dialogues avec l'ange gardien, Éditions Fleurus, 1958. Extrait de la revue "L'Ange Gardien", janvier-février 2019.) (4)

Saint François de Sales, évêque et docteur de l'Église, recommandait de se familiariser avec les anges, de prendre conscience de leur invisible présence dans notre vie, d'aimer et révérer l'ange de notre diocèse, celui des personnes avec lesquelles on vit, et spécialement le nôtre  : "Lorsque nous nous trouvons avec eux, et en communion d'intention, nous ne pouvons qu'en être heureusement influencés

[...] Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier théologien de la sainte Compagnie de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, [...] revenait un jour d'Allemagne, où il avait beaucoup oeuvre à la gloire de Notre-Seigneur. Il passait en notre diocèse, où il est né. Il raconta qu'en traversant plusieurs régions gagnées à l'hérésie, il avait trouvé mille consolations à saluer les anges, protecteurs des paroisses où il passait. Il avait constaté de ses yeux comment, par eux, il avait été protégé des embûches que lui tendaient les hérétiques; et comment beaucoup d'âmes s'étaient ouvertes à la doctrine du salut." (Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote mise en français contemporain, Les Éditions du Cerf, Spiritualité Lexio, Paris 2019, p. 170, 176.)

 

***

Prière à l'Ange gardien du Cardinal John Henry Newman

 

Mon ami le plus ancien,

mon ami fidèle, mien  jusqu'à la mort,

tu es toujours à mes côtés,

toi à qui le Créateur a confié mon âme,

Tu seras toujours près de moi

quand déclinera ma vie.

Ennemi vigilant et jaloux du doute,

de l'impatience et de la tristesse.

Mien, tu seras toujours,

ô frère de mon âme,

quand tu m'introduiras toi-même

dans la demeure du Seigneur.

 

Cardinal J.-H. Newman (in Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008, p. 345.)

Prières du matin du saint Curé d'Ars

 

Mon Dieu, je vous offre mon cœur, mon esprit, mes pensées, mes paroles, mes actions, tout moi-même, pour ne servir que votre gloire. Je renouvelle les promesses de mon baptême.

 

Mon Ange gardien.Je vous aime tendrement ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi, s'il vous plaît,pendant ce jour,sans malheur,ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement. 

Prière avant le coucher

 

Seigneur,

Veille sur tous ceux qui travaillent,

sur ceux qui pleurent cette nuit

et fais que tes anges gardent ceux qui dorment.

Soigne les malades, Seigneur Jésus,

donne le repos à ceux qui sont fatigués,

bénis les mourants, console les affligés,

aie pitié de ceux qui souffrent et

protège ceux qui sont heureux.

Amen.

Prière avant le coucher (Anonyme)

Sources: 1; 2; 3; 4

 

Bibliographie : (1) Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent, Éditions Salvator, Paris 2008 ; (2) Henri-Marie BOUDON, La Dévotion aux Saints Anges, Collection Itinéraire spirituel, Clovis, Condé-sur-Noireau, 2003

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 17:09
Congrès de la coalition en faveur des prêtres persécutés (Carlo Maria Viganò, archevêque)

Source: GloriaTv

 

Chers frères prêtres,

Chers frères et sœurs,

Je ne vous dis rien que vous ne sachiez déjà, quand je dis que l’Église du Christ traverse une crise très grave, et que la Hiérarchie catholique a manqué aux graves obligations de sa mission apostolique et est en grande partie corrompue. Les origines de cette crise et de cette apostasie sont maintenant apparentes même pour les plus modérés. Elles résident dans le fait d’avoir voulu aligner l’Église sur la mentalité du monde, dont le prince, ne l’oublions pas, est Satan : princeps mundi hujus (Jn 12,31).

En tant que catholiques, nous savons et croyons que la Sainte Église est indéfectible, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être submergée par les portes de l’enfer, selon la promesse de Notre Seigneur : portæ inferi non prævalebunt (Mt 16, 18). Mais ce que nous voyons se produire nous montre la réalité d’une situation terrible, dans laquelle une partie corrompue de la Hiérarchie – que j’appelle l’église profonde par souci de brièveté – s’est totalement abandonnée à l’État profond. Il s’agit d’une trahison qui place les Pasteurs et les plus hauts niveaux de l’Église devant une très grave responsabilité morale et qui nécessite de la part des prêtres et des laïcs des choix courageux qui, en d’autres temps, seraient difficiles à adopter et à justifier. Nous sommes confrontés à une guerre, à un affrontement historique, dans lequel nos généraux non seulement ne conduisent pas l’armée pour faire face à l’ennemi, mais lui ordonnent de déposer les armes et de se rendre sans condition, faisant fuir les soldats les plus courageux et punissant les fonctionnaires les plus loyaux. Tout l’état-major de l’Église catholique s’est révélé allié à l’ennemi et est lui-même l’ennemi de ceux qu’il devrait au contraire défendre : l’ennemi du Christ et de ceux qui se glorifient de servir sous sa bannière.

Comment pouvons-nous comprendre, à la lumière de la Révélation, cette situation redoutable et unique dans toute l’histoire de l’Église ? Nous devons tout d’abord avoir un regard surnaturel, avec lequel nous pouvons comprendre que les événements actuels sont permis par Dieu, et que de toute façon ils ne parviendront jamais à submerger l’Église. La grande apostasie a été annoncée dans les Saintes Écritures et ne doit pas nous prendre au dépourvu. Éclairés par les paroles de l’Apocalypse de saint Jean et par des révélations privées approuvées, nous pouvons comprendre que la fin des temps est nécessaire pour séparer définitivement le bon grain de l’ivraie, ce qui nous permettra de reconnaître qui est avec le Christ et qui est contre Lui. Nous devons également comprendre que les tribulations que nous subissons sont aussi la juste punition de décennies – j’ose dire de siècles – d’infidélités des catholiques et d’une partie de la Hiérarchie : infidélités privées et publiques, enracinées dans le respect humain, dans la peur, dans les déviations morales et doctrinales, et dans les compromis avec la mentalité sécularisé et avec les ennemis de Notre Seigneur. Si nous considérons que la Révolution française a été la punition de Dieu pour le manquement de Louis XIV à lui consacrer les insignes du Royaume, nous comprenons bien les conséquences de la désobéissance du Roi de France pour l’avenir de l’Europe.

Rappelons le message que Notre Seigneur a confié à Sainte Marguerite Marie Alacoque en 1689, avec pour mission de le transmettre au roi de France Louis XIV :

Faites savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur, que de même que sa naissance temporelle a été obtenue grâce à la dévotion aux mérites de ma Sainte Enfance, ainsi sa naissance à la grâce et à la gloire éternelle sera obtenue par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Adorable Cœur, qui veut triompher de son cœur, et par là, des cœurs des grands de la terre.

Le Sacré-Cœur veut régner dans son palais, être représenté sur ses étendards et gravé sur ses armes, afin de le rendre victorieux de tous ses ennemis, mettant à ses pieds ses ennemis fiers et hautains, afin de le faire triompher de tous les ennemis de l’Église.

Le Sacré-Cœur désire entrer avec pompe et magnificence dans les palais des princes et des rois, afin d’être honoré aujourd’hui autant qu’il a été outragé, humilié et méprisé pendant sa Passion. Il désire voir les grands de la terre abaissés et humiliés à ses pieds, comme il a été anéanti ensuite.

Mais si, il y a plus de trois siècles, la désobéissance de ceux qui gouvernaient les affaires publiques a mérité le sévère châtiment du Roi des rois, imaginons quelles calamités la désobéissance de ceux qui gouvernent l’Église a pu provoquer. Ainsi, si avec la Révolution française la société civile a chassé le Roi universel de sa divine seigneurie pour l’usurper et répandre les erreurs du libéralisme et du socialisme, avec la révolution conciliaire les papes et les évêques ont enlevé la triple couronne à la Tête du Corps mystique et à son Vicaire, faisant de l’Église du Christ une sorte de république parlementaire au nom de la collégialité et de la synodalité. Prenons-en acte : Notre Seigneur Jésus-Christ non seulement n’est plus reconnu comme Souverain des nations. Il n’est même plus reconnu comme Souverain de son Église, dans laquelle le but de la gloire de Dieu et du salut des âmes a été remplacé par la gloire de l’homme et la damnation des âmes qui en découle. Ce qui était hier un vice est aujourd’hui une vertu ; ce qui était hier une vertu est aujourd’hui un vice : toute l’action actuelle de la secte moderniste qui infeste le Vatican, les diocèses et les ordres religieux est caractérisée par le renversement de ce qui nous a été enseigné et transmis.

Dans ce contexte de rébellion et d’infidélité, ceux qui restent fidèles et s’efforcent de continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait sont l’objet d’une véritable persécution. Cela a commencé par la ridiculisation des traditionalistes, en les désignant comme lefebvristes ou préconciliaires. Puis, selon la pratique que nous avons vue utilisée dans les régimes totalitaires, les bons catholiques ont été définis comme fous ou malades – ce que les sociologues appellent la pathologisation de la dissidence. Ne croyez pas que j’utilise des expressions exagérées : il y a quelques jours à peine, un prêtre du Costa Rica a été suspendu de son ministère et contraint de suivre un traitement psychiatrique simplement pour avoir célébré la messe de Paul VI en latin malgré l’interdiction de son évêque, Mgr Bartolomé Buigues (ici). Nous assistons aujourd’hui à la criminalisation des dissidents, et si nous ne voyons pas encore leur élimination physique, nous savons combien d’entre eux sont suspendus a divinis, privés de leurs moyens de subsistance et bannis de la vie ecclésiale. Et cela se produit alors que, dans le même temps, les personnes scandaleuses et les fornicateurs de toutes sortes non seulement ne sont pas punis et expulsés du ministère, mais sont même promus et immortalisés sur des photos aux côtés de Bergoglio, qui les serre de près parce qu’il sait qu’il peut les utiliser comme bon lui semble. Comprenons donc pourquoi la corruption des prélats sert le plan de la secte conciliaire : leurs fautes sont un excellent moyen d’obtenir leur obéissance et leur complicité dans l’exécution des pires atrocités contre l’Église et les fidèles.

L’initiative Coalition for Canceled Priests (Coalition en faveur des prêtres persécutés) est certainement une réponse à ce qui se passe, car ce projet entend apporter une aide aux prêtres victimes de persécutions et d’abus canoniques de la part d’évêques infidèles et renégats. Leur autorité, usurpée pour faire le mal au lieu de gouverner avec sagesse et charité le troupeau qui leur est confié, s’évanouit au moment même où ils l’utilisent contre le but pour lequel elle a été établie. Il est vrai qu’ils détiennent le pouvoir : mais ce pouvoir est au service d’un abus tyrannique sur lequel on ne peut ni ne doit se taire. Il est de notre devoir d’élever la voix pour condamner fermement les actes illégitimes des pasteurs qui se sont révélés être des mercenaires, sinon des loups voraces. Et c’est aussi notre droit non seulement de désobéir aux ordres illégitimes, invalides et nuls, mais aussi d’accomplir des actes d’objection de conscience et de former des initiatives visant à protéger les victimes de ces loups déguisés en moutons.

Permettez-moi également de suggérer, parallèlement à cette initiative louable, la création d’une fondation internationale qui puisse recueillir les offrandes et les dons des fidèles, en les détournant des paroisses et des diocèses qui sont de connivence avec le régime bergoglien actuel. Lorsque les évêques verront qu’ils prennent un coup dans leurs comptes bancaires, ils seront probablement persuadés de tempérer leur approche consistant à ostraciser les bons prêtres. Lorsque les tribunaux – civils ou ecclésiastiques – soutiendront ceux qui sont persécutés, leurs persécuteurs seront probablement plus prudents dans leurs abus de pouvoir. En attendant, des initiatives comme la Coalition pour les prêtres persécutés et d’autres projets similaires permettront de pratiquer les œuvres de miséricorde et d’acquérir des mérites devant Dieu. Chacun de nous, selon ses moyens, peut apporter une contribution concrète – pas nécessairement uniquement financière – ne serait-ce qu’en affectant ses offrandes à ceux qui les méritent et non à ceux qui les utilisent pour opprimer le bon clergé.

N’oublions pas, cependant, qu’en plus de l’aide matérielle, nous sommes tous appelés à redécouvrir le sens de la communauté, dont la Hiérarchie conciliaire aime tant parler sans jamais le mettre en pratique dans un sens catholique. Si nous sommes vraiment des frères dans le Christ, alors, en tant que frères, nous devons nous entraider aussi en accueillant nos prêtres, en leur offrant un logement, en préparant un autel domestique autour duquel nous pouvons rassembler nos amis. Nous devons mettre nos capacités à leur service – même les plus humbles, comme savoir cuisiner, construire un mur ou réparer un toit – pour ceux qui, aujourd’hui, sont expulsés de leur presbytère et se retrouvent à la rue. Nous devons penser aux jeunes hommes qui ont généreusement répondu à une vocation sacerdotale ou religieuse au cœur de la Tradition et qui voient aujourd’hui leur Ordination ou leur Profession religieuse mise en danger s’ils n’acceptent pas les déviations doctrinales et morales qui sont maintenant imposées par la secte conciliaire. Nous devons faire comprendre aux quelques évêques et cardinaux qui restent fidèles au Magistère qu’il ne peut y avoir aucune possibilité de dialogue avec ceux qui ont amplement démontré qu’ils sont alignés sur l’ennemi. Et nous devons prier la Divine Majesté, par l’intercession de la Reine du Ciel et de la Mère du Sacerdoce, pour qu’elle daigne accepter nos souffrances et celles de ces bons prêtres pour la conversion de la Hiérarchie qui a été corrompue aujourd’hui du haut en bas.

Aux nombreux, trop nombreux, prêtres, religieux et clercs – parmi lesquels, ne l’oublions pas, se trouvent également de nombreuses religieuses, moniales et sœurs – j’adresse mon souvenir affectueux, partageant leurs souffrances, les exhortant tous à s’offrir en victime en expiation des péchés des ministres de l’Église. Unissez-vous dans le Saint Sacrifice de la Messe à l’offrande de la divine, pure, sainte et immaculée Victime : que votre vie soit un sacrifice agréable à Dieu, dans un véritable esprit sacerdotal. Et que vous puissiez tous répéter, avant la fin de vos jours, les paroles du Cantique de Siméon : quia viderunt oculi mei salutare tuum (Lc 2, 30).

J’ai rappelé ci-dessus la cause des maux actuels : la rébellion contre la Royauté universelle de Notre Seigneur Jésus-Christ. La consécration de chacun de nous, des familles, des communautés, des nations et de la Sainte Église au Très Sacré Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie est en mesure d’émouvoir la Très Sainte Trinité par sa compassion et de mettre fin à ce terrible fléau, ou du moins de l’abréger et de hâter le triomphe du Roi des rois sur l’ennemi du genre humain. Tel est mon vœu le plus sincère ; telle est la noble intention qui doit animer toutes nos actions ; tel est le fondement de la fin formidable et inexorable des plans de Satan. Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat !

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

Dubuque, Iowa, U.S.A. – 22 septembre 2021

GloriaTv

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 17:08

Voici une video en anglais (traduction sous-titrée en français possible dans les paramètres de la video) qui délivre une "alerte du Mont Athos d'août 2021", qui explique les événements que nous vivons actuellement dans le monde entier

[Remarque. Dans le texte ci-dessous, un certain mot commençant par un V a été remplacé par les termes "petits diables"].

 

"L'ancien Julian de Prodromos Siete (Mont Athos) a révélé le 13 août 2021.

 

"Accepter le petit diable c'est nier le Christ ! Ces 'petits diables' souillent le temple du Saint-Esprit (nos corps). Ceux qui ont accepté le 'petit diable' ne pourront discerner les changements qui se produiront dans leurs corps. Ils perdront leur libre arbitre. Les 'petits diables' changeront leur nature humaine, afin de les préparer à accepter le sceau démoniaque.

 

"La perte de la grâce - pour avoir commis des péchés et des transgressions - couplée au changement de la nature humaine qui se produit chez les personnes qui ont accepté le 'petit diable', conduira à la destruction de l'image dans laquelle nous avons été créés. 'Le temps viendra où celui qui vous tuera pensera qu'il rend un service à Dieu' (Jean 16,2)

 

"Cela sera encore plus évident lorsque les 'petits diables' commenceront à faire effet.

 

"Satan veut contrôler le monde en déformant notre façon de penser et de ressentir. En tant que 'père du mensonge', et source de tous les maux, il a conçu un système diabolique de domination du monde, prêchant le respect des droits et des libertés de l'homme, alors qu'en réalité il ne cherche qu'à le soumettre à ses vues. Et Dieu permettra la réalisation de cette tromperie, afin que le bon grain soit séparé des mauvaises herbes, et afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice, soient damnés.' (II Thessaloniciens 2,12). Le mensonge et la manière dont ils agissent se manifestent également dans le fait qu'en restreignant toute liberté intérieure et spirituelle de l'homme, ils peuvent le tromper en lui faisant croire que c'est le seul moyen pour lui d'acquérir la 'vraie' liberté.

 

"Le combat sera dans votre propre sang - si vous prenez les 'petits diables'.

 

"[Note de l'éditeur. Si quelqu'un a déjà pris le 'petit diable', peut-être par ignorance, qu'il ne désespère pas, mais au contraire qu'il se repente, se confesse, regrette et ne le prenne plus. Aucun péché n'est plus grand que la miséricorde de Dieu ! Mais n'osons pas reporter une telle repentance, car sans elle il n'y a pas de pardon !] 

 

"Saint Païssios du Mont Athos (1924-1994) [un célèbre ascète orthodoxe du Mont Athos reconnu et vénéré pour ses conseils spirituels et sa vie ascétique]. Cette intuition prophétique du saint orthodoxe a été confirmée comme authentique par le Saint Synode de l'Eglise orthodoxe Russe :

 

"[...] Maintenant un vaccin a été développé pour lutter contre une nouvelle maladie, qui sera obligatoire, et quiconque le prendra sera marqué... Plus tard, ceux qui ne seront pas marqués du nombre 666 ne pourront ni acheter ni vendre, ni obtenir un prêt, trouver un emploi, etc. Mon sentiment est que c'est le système par lequel l'Antichrist a choisi de conquérir le monde entier, et ceux qui n'en font pas partie ne pourront pas trouver de travail, et ainsi de suite, qu'ils soient noirs, blancs ou rouges. En d'autres termes, il conquerra le monde par un système économique mondial qu'il contrôlera, et seuls ceux qui auront accepté le sceau, la marque du nombre 666, pourront participer aux relations d'affaires. (P. 204, Saint Monastère du Mont Athos).

 

"Vous n'êtes en aucun cas obligé de croire aux révélations suivantes. Priez toujours pour le don du discernement en toutes choses.

 

"Notre Dame Reine de la Paix à Pedro Regis, le 14 aout 2021.

 

"Chers enfants, cherchez Jésus parce qu'Il vous aime et vous attend à bras ouverts.

 

"Ne laissez pas le diable vous asservir. Vous avez la liberté de choix. Mais la volonté du Seigneur est la meilleure chose. Faites attention ! Les ennemis agiront pour vous diriger de plus en plus loin de la vérité.

 

"Le sacré sera méprisé. Et la mort spirituelle sera présente dans la Maison de Dieu.

 

"Aimez et défendez la VERITE, pour être grand dans la foi. Agenouillez-vous dans la prière. Votre victoire est dans le Seigneur. Cherchez-le dans l'Evangile et dans l'Eucharistie.

 

"Quoiqu'il arrive, restez fidèle au VRAI MAGISTERE de l'Eglise de mon Jésus. 

 

"Je vous aime et connais chacun de vous par votre nom. Prenez COURAGE ! Je suis à côté de vous, même si vous ne pouvez pas me voir.

 

"Après toutes les tribulations, la Victoire de Dieu viendra pour les justes.

 

"Ceci est le message que je vous donne aujourd'hui, au nom de la Sainte Trinité.

 

"Merci de m'avoir laissé vous réunir ici une fois encore.

 

"Je vous bénis au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

"Restez en paix.

 

"Elle vous aime."

 

"

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 12:02
À Chavagnes-en-Paillers, en Vendée, sur 22 prêtres vaccinés de la communauté des Fils de Marie Immaculée, 7 morts en deux à trois semaines et demie et les autres sont tombés malades. Omerta de la presse locale

À Chavagnes-en-Paillers, en Vendée, entre le 14 avril et le 21 avril, tous les prêtres retraités des Fils de Marie Immaculée ont reçu l’un des vaccins expérimentaux ARNm à l’exception d’un prêtre infecté auparavant. Sur les 22 prêtres vaccinés, 21 sont tombés malades et sept sont décédés dans un délai de deux à trois semaines et demie. "Ils auraient été frappés par le variant sud-africain, connu pour sa virulence". Omerta de la presse.

 

Source : Nouveau Monde | Paroles de Dieu | Famille chrétienne

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 17:13

Grande inquiétude de l'Eglise de Slovaquie:

Le pape François a exigé pour sa venue en Slovaquie que ne soient autorisées à participer à son pèlerinage que les personnes vaccinées.. Du coup les fidèles boudent et très peu s'inscrivent à l'événement.. (Twitter)

Le pape a confirmé dimanche 4 juillet qu’il visiterait la Slovaquie du 12 au 15 septembre. ( https://www.la-croix.com/Religion/Le-pape-Francois-rendra-Budapest-Slovaquie-septembre-2021-07-04-1201164702 ) 

Dimanche 18 juillet, les évêques slovaques ont publié une lettre pastorale en amont de la visite du pape en septembre prochain. Ils insistent sur la préparation spirituelle des fidèles pour accueillir le pape.

Seuls les fidèles entièrement vaccinés seront autorisés à assister aux rassemblements publics à cette occasion. (Source : En Slovaquie, les fidèles appelés à se préparer pour la visite du pape François, La Croix, Jeanne Leblay, le 20/07/2021

Source : https://www.la-croix.com/Religion/En-Slovaquie-fideles-appeles-preparer-visite-pape-Francois-2021-07-20-1201167103

Source : https://www.la-croix.com/Religion/En-Slovaquie-fideles-appeles-preparer-visite-pape-Francois-2021-07-20-1201167103

Note du blog Christ Roi. Regardez bien l'image internet de La Croix numérique. Retournée, rien de vous alerte ?

 

Il est gravissime d'en arriver à une église où certains sont autorisés mais pas tous. Cela n'a jamais été le cas dans les Ecritures.

 

Depuis quand le maître de maison refuse-t-il ceux qui veulent assister aux noces de son fils ?

 

(Parabole des noces, Évangile selon Luc, chapitre 14, versets 16 - 24 : Un de ceux qui étaient à table, après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! » Et Jésus lui répondit : « Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. À l'heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés : “Venez, car tout est déjà prêt.” Mais tous unanimement se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : “J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; excuse-moi, je te prie.” Un autre dit : “J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer ; excuse-moi, je te prie.” Un autre dit : “Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller.” Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur : “Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.” Le serviteur dit : “Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur : “Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie.” Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.)

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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 21:19
https://www.lifesitenews.com/news/interview-with-bishop-schneider/

https://www.lifesitenews.com/news/interview-with-bishop-schneider/

En tant qu'ancien citoyen d'un pays communiste, l'évêque est très opposé à la "dictature sanitaire" qui se met en place dans tant de pays sous prétexte de lutter contre le COVID-19.

 

Life Site News

 

Mar 31 août 2021 - 10 h 30 HAE

Paris, FRANCE ( LifeSiteNews) - L'évêque Athanasius Schneider est certainement l'évêque le plus franc sur le sujet des vaccins contaminés par l'avortement, mais en tant qu'ancien citoyen d'un pays communiste - ayant vécu enfant dans un État membre de l'Union soviétique - il est également très opposé à la "dictature sanitaire" qui se met en place dans tant de pays sous prétexte de lutter contre le COVID-19. Alors que la France glisse dans un système de plus en plus totalitaire où la "vaccination" au COVID sera obligatoire à partir du 15 septembre, et où le public et les employés sont obligés de présenter un "passe sanitaire" pour de nombreux actes ordinaires de la vie, Mgr Schneider a répondu à LifeSite's questions sur la dimension eschatologique de ces exigences inédites.

 

"Je ne dis pas que c'est le signe direct de Bête, pour être clair, mais cela pourrait être déjà en partie une préfiguration de ce signe", a-t-il répondu, répétant à plusieurs reprises que les mesures imposées font en quelque sorte de l'État le "propriétaire" de votre corps.

 

"Si le gouvernement a le pouvoir absolu de vous forcer et de dire comment votre corps devrait être, alors vous avez perdu votre dernière vie privée parce que votre corps vous appartient", a-t-il déclaré.

 

Mgr Schneider a clairement indiqué que nous avons une double obligation de résister à ces développements : l'objection de conscience contre l'utilisation de vaccins contaminés par l'avortement doit aller de pair avec une résistance pratique, par exemple en créant des réseaux qui permettent aux gens d'acheter et de vendre, et aussi de voyager, sans avoir besoin d'obtenir un laissez-passer sanitaire.

 

"Nous devons déjà chercher toutes les possibilités pratiques pour éviter cette nouvelle dictature forcée sur notre corps et notre liberté. Si nous ne le faisons pas, il y aura un totalitarisme qui sera complet, et ce sera la fin de toute société humaine", a-t-il déclaré, utilisant plus d'une fois le mot "esclavage" pour décrire les conséquences des mesures imposées. sur les citoyens français.

 

Mais le message de Mgr Schneider est tout sauf pessimiste. Vue sous l'angle de l'éternité, la situation présente sera "au bénéfice du bien des âmes", a-t-il souligné, rappelant que tout ce que Dieu permet contribue en définitive à sa plus grande gloire.

 

Mgr Schneider ne croit pas non plus que le transhumanisme pourra prospérer jusqu'au point où un nouveau genre d'homme serait créé par les pouvoirs de la science : "Dieu ne le permettra pas".

 

Enfin, il a encouragé tous les fidèles à se placer sous la protection de la Vierge Marie, qui a tous pouvoirs d'intercession en notre faveur.

 

Voici ci-dessous la transcription complète de l'interview vidéo enregistrée de Mgr Schneider avec LifeSite.

 

LifeSiteNews : Le gouvernement français a instauré la vaccination obligatoire pour les professions de santé et tous ceux qui travaillent avec des personnes malades ou âgées. Cela va des pompiers aux aides à domicile. Il y a une très forte mobilisation contre ce mandat "vaccin". Pour les autres, le gouvernement a mis en place un passeport sanitaire ; les personnes non vaccinées peuvent en obtenir un qui n'est valable que 72 heures après un test négatif pour COVID-19. Celui-ci est en effet destiné à les empêcher de mener une vie normale, car sans ce test, qui devrait être répété tous les trois jours, ils ne peuvent accéder aux grands centres commerciaux, cafés, restaurants, à un grand nombre d'hôtels, concerts, cinémas, etc. Heureusement, les églises sont exclues de ce dispositif, mais la visite d'une personne hospitalisée est interdite, de même que l'accès à l'hôpital pour des soins non urgents. Avec cette exigence de code QR, la personne non vaccinée est effectivement réduite à un paria, menacée de très lourdes amendes pour toute infraction à la loi. Que pensez-vous de ce type de schéma ?

 

Mgr Athanasius Schneider : Je pense que cela va fondamentalement à l'encontre des droits de l'homme et de la dignité humaine car, comme vous l'avez mentionné, deux classes de personnes seront établies dans la société, et ceux qui ne sont pas vaccinés deviennent en fait des personne qui n'ont pratiquement pas de droits égaux par rapport aux autres. Cela signifie qu'ils deviennent en quelque sorte des esclaves parce qu'ils n'ont aucun droit : substantiellement, ils n'ont aucune liberté. Je considère que c'est très dangereux – cette mise en place d'une société à deux vitesses. Comme je l'ai dit, c'est fondamentalement contraire aux droits de l'homme et à la dignité humaine : nous retournons à des sociétés de totalitarisme. Nous avons connu des systèmes totalitaires où un genre particulier de personnes pour des raisons diverses, ou pour des raisons raciales, était marquée par un signe extérieur, et n'avait pas les mêmes droits civiques que les autres.

 

C'est donc un phénomène vraiment dangereux. Nous l'abordons maintenant sous prétexte, bien sûr, de mesures sanitaires et de soins de santé. Ce n'est qu'un prétexte car il n'y a pas de preuve certaine que la vaccination est vraiment efficace pour prévenir la contamination au COVID. Il existe même des cas avérés – ce n'est pas une théorie du complot – de personnes dont les noms sont connus, qui ont contracté le virus même après avoir été vaccinées contre la COVID ; ils ont été testés positifs et dans certains cas, l'état de santé des gens s'est même aggravé. Parce que nous avons déjà ces cas, cela devrait être un signe que cette vaccination ne peut pas être une demande absolue ; par conséquent, nous devons protester contre ces violations évidentes des droits fondamentaux et même contre ces violations de preuves qui existent.

 

Lire : Martin Kulldorff, épidémiologiste de Harvard : le cas des passeports pour les vaccins COVID vient d'être démoli

 

Lorsque notre société se transforme en un lieu où les preuves sont simplement niées, c'est un signe que nous sommes dans une dictature car seul un système politique dictatorial nie les faits évidents afin de promouvoir son programme. Il est clair qu'il existe un programme pour vacciner tout le monde afin d'atteindre un objectif politique, social ou idéologique concret.

 

LSN : La Cour constitutionnelle espagnole a récemment décidé qu'un vaccin théorique, même en cas d'épidémie majeure, ne peut être considéré comme constitutionnel.

 

Ev. Schn. : C'est au moins une bonne nouvelle : personne ne peut être contraint par un gouvernement à se faire vacciner. Une décision similaire a été prise par le Conseil européen. C'est déjà bon signe car si le gouvernement a le pouvoir absolu de vous forcer, et de dire comment doit être votre corps, alors vous avez perdu votre dernière intimité car votre corps vous appartient. Avec cette vaccination forcée, le gouvernement déclare , non pas en théorie mais de facto, que c'est le gouvernement qui deviendra propriétaire de votre corps. Pour moi, c'est l'expression ultime du communisme extrême parce que le communisme vise à dire que tout appartient à l'État, comme les moyens de production et ainsi de suite – l'éducation, la famille, tout est commun. Mais maintenant, même le corps, votre propre corps, devient la propriété de l'État.

 

Les communistes commençaient déjà à [confisquer] les propres enfants des parents, afin de les emmener dans des camps d'éducation, lorsque les parents n'obéissaient pas à l'idéologie de l'État. Ces parents ont été privés de leurs enfants ! Aujourd'hui, certains pays d'Europe occidentale font de même, en retirant les enfants de la famille lorsqu'ils s'opposent à l'enseignement de l'idéologie du genre dans les écoles. Maintenant, nous assistons à quelque chose de similaire avec la de facto vaccination forcée. Quand il faut avoir ces pass verts en se faisant tester tous les trois jours ; il s'agit d'une violation pratique, très rusée et cynique visant à forcer les gens à se faire vacciner. Je me demande : maintenant que le Conseil européen et le tribunal espagnol ont rendu cette décision disant que l'État n'a pas le droit de forcer quelqu'un à se faire vacciner, les gouvernements appliqueront-ils ces décisions ? Qui aura le pouvoir de nous donner la garantie que ces décisions seront appliquées ? Mais au moins c'est un début et un bon pas.

 

LSN : En France, il existe déjà 11 vaccinations obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans dont le vaccin Rubéole qui est souvent entaché d'avortement. Cependant, ceux-ci ne sont pas associés à un pass ou à un QR code. Pensez-vous qu'avec l'imposition d'un code QR, nous entrons dans quelque chose de différent ?

 

Ev. Schn. : Bien sûr, parce que vous êtes complètement contrôlé. Vous n'avez plus de liberté, même en ce qui concerne l'intimité de votre corps. Les informations sur votre corps sont dans ce code donc, oui, c'est une différence substantielle, et donc nous devons protester contre ce code qui affectera la vie privée du corps.

 

LSN : Vous vous êtes fermement prononcé contre l'utilisation de cellules fœtales obtenues par avortement pour le développement, la production et les tests de vaccins COVID. Comme nous le savons tous, de nombreux experts en théologie morale ont expliqué que pour l'individu qui utiliserait ces vaccins, il s'agirait d'une simple coopération à distance avec le mal, et que, compte tenu des enjeux, nous pouvons accepter cette injection. Vous avez déjà abordé ces questions en substance à maintes reprises ; vous avez expliqué vos pensées et opinions. Je voudrais vous demander aujourd'hui si vous ne pensez pas que ces dirigeants privent les catholiques du soutien de l'Église en ce qui concerne leur droit – pour ne pas dire leur devoir – d'objection de conscience, qui peut aller jusqu'au refus ?

 

Ev. Schn. : C'est évident parce que… l'autorité de l'église dit d'accord, vous pouvez prendre cette vaccination parce qu'il existe une théorie morale qui dit qu'il s'agit d'une coopération matérielle à distance. Ils tranquillisent et apaisent les consciences avec cela ; par là, ils affaiblissent substantiellement toute résistance à laquelle nous devons nous opposer.

 

Nous devons résister et protester contre l'horrible phénomène de notre société qu'est la soi-disant "industrie fœtale". Il faut distinguer deux industries différentes qui sont bien sûr intimement liées : l'industrie de l'avortement elle-même qui est horrible, et l'autre : l'industrie dite fœtale, l'utilisation de tissus de bébés avortés et la commercialisation des parties du corps des bébés avortés. Ici, ils sont utilisés pour la recherche ou pour la production de plusieurs médicaments, dont des vaccins. Ainsi, les vaccins qui ont été produits en utilisant ces lignées cellulaires, ou testés sur elles, sont de facto partie de la soi-disant industrie fœtale. Cette industrie fœtale doit être distinguée de l'industrie de l'avortement même si elles sont connectées ; mais l'industrie fœtale est plus proche de nous, donc lorsque vous utilisez le produit, le vaccin est un produit direct de l'industrie fœtale. Nous ne sommes donc plus éloignés de cette industrie fœtale, et c'est une très grave immoralité de participer en toute connaissance de cause et en toute liberté à cet horrible phénomène de notre société. Pour un catholique, l'industrie fœtale est immorale et très grave car nous collaborons de facto avec elle, et surtout commettons un grand péché d'omission, en ne protestant pas clairement et fermement, au moins contre l'utilisation de lignées cellulaires dans l'industrie fœtale en vaccination.

 

C'est donc une grande irresponsabilité de l'Église, même du Vatican et des théologiens qui tranquillisent et apaisent la conscience du peuple, et qui ainsi paralysent la résistance. C'est sérieux.

 

Je dois ajouter un autre phénomène. J'ai récemment parlé avec une femme qui s'est profondément convertie à Dieu. Dans sa vie passée, elle a pratiqué des avortements et, après s'être convertie à Dieu, elle a reconnu toutes les horreurs de l'avortement. Je lui ai parlé des vaccinations entachées d'avortement, et elle m'a dit qu'elle pouvait mieux comprendre cette horrible situation des produits et médicaments abortifs que moi, ou que n'importe quelle femme qui n'a jamais subi d'avortement. Elle m'a dit : "Je peux dire que tout ce qui est lié à l'avortement dans les médicaments et dans leur production est tellement horrible pour moi parce que j'ai été si profondément blessée par le fait de l'avortement. Elle m'a dit qu'elle ne peut jamais accepter aucun médicament, produit ou vaccin qui soit lié d'une manière ou d'une autre à l'assassinat d'un enfant."

 

LSN : Je rencontre beaucoup de gens maintenant qui, pour diverses raisons, sont absolument opposés au vaccin, mais qui risquent de perdre leur emploi, les moyens de subsistance de leur famille, s'ils ne le prennent pas. Ils disent : mes devoirs d'État sont d'assurer la survie de ma famille, et je ne peux faire autrement que de recevoir ce vaccin, même si je m'y oppose totalement. A cela s'ajoute le fait que de nombreux médicaments et autres vaccins que tout le monde en France a reçus sont déjà concernés par cela. Que leur diriez-vous ?

 

Ev. Schn. : Pour les autres vaccins et médicaments contaminés par l'avortement, il faut avoir la preuve : les laboratoires pharmaceutiques doivent apporter la preuve que ce médicament a été contaminé ou testé. Quant aux vaccins anti-COVID actuellement célèbres tels que Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, [et] Sputnik, l'industrie pharmaceutique l'a reconnu.

 

Lire : Vaccins ne faisant usage de lignées de cellules foetales dans aucune des trois étapes de l'élaboration d'un vaccin (IEB)

 

Pour les autres médicaments, nous n'avons pas encore de reconnaissance publique, nous pouvons donc les utiliser car nous n'avons pas de preuves. Mais nous devrions poser cette question à propos de chaque médicament. A partir du moment où je reçois de l'entreprise pharmaceutique la preuve qu'un médicament est entaché d'avortement, j'ai l'obligation de ne pas l'utiliser et d'utiliser un autre médicament. Nous devons choisir de bonnes entreprises et des médecins qui peuvent nous fournir une médecine alternative qui ne soit pas entachée d'avortement,

 

Le deuxième point est plus difficile, impliquant des personnes qui savent qu'elles vont perdre leur emploi – en particulier des parents qui doivent subvenir aux besoins de leur famille. C'est, bien sûr, une question très difficile. Mais au moins, ils devraient faire tout leur possible pour éviter de recevoir un tel vaccin. Ils peuvent faire une objection de conscience ; peut-être qu'ils peuvent même obtenir un document de leur médecin qui dira que pour une raison médicale cette personne ne peut pas se faire vacciner – parce qu'il y a une allergie, par exemple. Dans un tel cas, ils doivent essayer de trouver tous les moyens possibles pour éviter cela, voire changer d'emploi, quitte à s'appauvrir. Ils doivent choisir cela et non un vaccin à cause de ce soutien étroit de l'industrie fœtale - pas des avorteurs mais de l'industrie fœtale.

 

Je pense que Dieu récompensera ces personnes avec de nombreux dons spirituels s'ils choisissent de vivre une vie plus pauvre plutôt que de coopérer avec l'industrie fœtale. Ils ne mourront sûrement pas de faim, Dieu ne le permettra jamais ! C'était notre expérience à l'époque communiste. Mes parents n'ont pas collaboré avec le Parti communiste, par exemple ; par conséquent, mes parents ne pouvaient pas exercer de profession, cela n'était pas autorisé. Et donc c'étaient de simples travailleurs, ils avaient un bas salaire, et nous vivions d'une manière vraiment simple. Mais Dieu ne nous a pas abandonnés ; nous étions heureux dans notre foi et cela nous a donné des richesses pour toute notre vie – même lorsque les autres qui avaient accepté les conditions du Parti communiste avaient de meilleures conditions de vie que nous, et que d'autres personnes, les chrétiens, par exemple. Et donc je pense que nous devons redonner la primauté à la vie éternelle que nous avons si largement oubliée au cours des dernières décennies. Même dans l'Église, même les bons catholiques, nous étions envahis par une sorte de matérialisme parce que nous étions tellement attachés à la vie matérielle et lui donnions la primauté sur l'éternel et le spirituel.

 

C'est donc un principe : je dirais changer de travail, et même si je dois faire un travail simple comme nettoyer les rues, j'aurai quand même quelques moyens pour subvenir aux besoins de ma famille, mais de façon plus pauvre. C'est une décision de conscience, je pense, mais Dieu récompensera ces gens, bien sûr, et ce sera un signe de protestation, et un témoignage que nous ne collaborons pas avec l'horrible industrie fœtale.

 

LSN : Quelle est votre réponse à ceux qui disent que de telles mesures, le passeport sanitaire par exemple, et la vaccination généralisée, sont absolument indispensables pour que nous puissions tous ensemble retrouver les libertés publiques, et que les refuser, c'est faire preuve d'égoïsme ? Nous entendons beaucoup cela : les gens qui ne veulent pas du vaccin sont traités d'égoïstes.

 

Ev. Schn. : Non, ce n'est pas de l'égoïsme. Si vous vous faites vacciner, vous ne retrouverez qu'une liberté apparente car ce soi-disant laissez-passer sanitaire vous transforme en esclave, car avec ce laissez-passer votre corps appartiendra à l'état et non plus à vous, en quelque sorte, avec ces codes et ainsi de suite, et c'est ainsi que vous perdez votre liberté. Comment peut-on appeler cela de l'égoïsme quand il n'est pas prouvé que le vaccin protège de la contamination du virus ? Il n'est pas prouvé que lorsque vous avez reçu le vaccin, vous ne pouvez pas développer ou transmettre le COVID. Nous conservons plus de liberté quand nous ne la recevons pas.

 

LSN : Ce QR code est-il une tentative d'imposer la marque de la bête dont parle l'Apocalypse, ou une sorte de préfiguration de celle-ci, dans la mesure où les non vaccinés risquent de se retrouver victimes d'une sorte d'enfermement, qui pour beaucoup rendre impossible de gagner sa vie ou de poursuivre ses études ?

 

Ev. Schn. : On peut dire que c'est peut-être déjà une sorte de préfiguration de la marque de la Bête. Peut-être que je ne me dirais pas, directement, que c'est déjà la marque de la Bête. Je n'ai pas encore tous les éléments pour le dire, mais au moins on peut dire que c'est une sorte de préfiguration car l'Apocalypse dit qu'on ne peut ni acheter ni vendre si on n'a pas la marque dans la main, sur le corps. C'est très proche quand des personnes qui ne sont pas marquées dans leur corps par le vaccin - c'est une marque - ne peuvent pas entrer dans certains magasins ou supermarchés : elles ne peuvent pas entrer, elles ne peuvent pas y acheter ou y vendre, et c'est littéralement déjà en train de se faire.

 

Je pense que nous devons être prêts à être exclus. Peut-être des systèmes alternatifs peuvent-ils être mis en place : par exemple, ceux qui sont contre la vaccination peuvent peut-être faire une nouvelle chaîne d'échange, l'échange privé de produits de manière plus restreinte, avec des petits commerces qui ne sont pas soumis au laissez-passer, ou en plein air , ou des chaînes privées d'échange de produits. Je pense qu'il est possible de l'établir. En France, il y a de grandes protestations contre la vaccination forcée : je pense que ces protestations pourraient conduire à de nouveaux systèmes mutuels d'achat et de vente de produits dont les gens ont besoin parce que tant de personnes sont impliquées. Espérons que dans d'autres endroits et dans d'autres pays, de tels systèmes de vente de produits puissent être créés.

 

Nous devons trouver des alternatives ; il est très important même pour l'achat et la vente de produits. Lorsque nous sommes exclus des transports publics, comme les trains, les bus, etc., nous pouvons créer un système pour voyager avec des voitures privées. Nous devons déjà chercher toutes les possibilités pratiques pour éviter cette nouvelle dictature forcée sur notre corps et notre liberté. Si nous ne le faisons pas, il y aura un totalitarisme qui sera complet, et ce sera la fin de toute société humaine.

 

J'en appelle même aux non-croyants, à toutes les personnes de bonne volonté : s'il vous plaît commencez déjà à planifier des systèmes alternatifs, dans les transports, dans l'achat et la vente de produits, peut-être pour étudier aussi, en ayant des centres d'études privés. Nous devons les développer au moins théoriquement et ensuite pratiquement, avec toutes ces bonnes personnes qui démontrent : comment survivre. Nous devons faire une alliance mondiale de protestation et d'alternatives ; si nous ne le faisons pas, nous aurons un système totalitaire complet. Et cela, nous devons l'éviter.

 

LSN : Le QR code utilisé pour prouver le statut vaccinal peut-il déjà être considéré en soi comme une forme de la marque de la Bête ?

 

Ev. Schn. : Oui. Ce code contiendra toutes vos informations privées sur votre santé qui sont déjà sous le contrôle de l'État. Ce code est lié, si je comprends bien, au vaccin. La vaccination contient au moins quelques "empreintes" de l'avortement, même si elles sont très loin de l'horrible assassinat d'enfants qui est déjà en soi un acte satanique. L'utilisation de leur corps, de leurs tissus, est aussi en satanique car c'est une révolte contre Dieu, le Donneur de vie. Dans ce cas, les vaccins contaminés par l'avortement ont des empreintes sataniques de la Bête, même si elles sont éloignées. Ainsi le vaccin, avec son numéro de code correspondant, est une préfiguration du signe de la Bête. Je ne dis pas que c'est le signe direct de la Bête, pour être clair, mais cela pourrait être déjà en partie une préfiguration de ce signe et nous devons donc l'éviter également. Ce code est en quelque sorte immoral car, je le répète, le gouvernement prend complètement possession de votre corps.

 

LSN : Selon vous, est-il en théorie permis de trouver des moyens de contourner la loi pour échapper à sa rigueur, par exemple au moyen d'un faux certificat ? Je n'encouragerais pas les gens à le faire à cause des lourdes amendes encourues.

 

Ev. Schn. : Le vaccin obligatoire de facto est un abus de pouvoir de la part du gouvernement ; c'est en soi immoral. Par cela, je le répète, le gouvernement devient propriétaire de votre corps et de votre vie privée, et cela va à l'encontre des droits fondamentaux. Dieu a ordonné la structure de la société que le gouvernement n'a pas le pouvoir de faire. La loi intrinsèquement mauvaise de la vaccination forcée qui est d'une manière ou d'une autre liée ou entachée de l'avortement et de l'industrie fœtale est immorale. Parce que c'est un acte forcé, je pense que vous pouvez de cette façon présenter même un faux document.

 

Je comparerais cette situation avec les lois immorales lorsque certains gouvernements totalitaires ont émis des ordres immoraux contre les Juifs. Nous savons que lorsque les Juifs ont été persécutés par les nazis, le pape Pie XII et les évêques ont autorisé l'utilisation de faux documents pour protéger les Juifs. Cela a été autorisé parce que les lois contre les Juifs étaient intrinsèquement immorales.

 

Ce serait une sorte de légitime défense : vous vous défendez votre corps et votre intimité d'un agresseur qui vous [opprime]. De la même manière, vous pouvez défendre votre enfant ou votre famille contre un agresseur qui tuerait vos enfants ou les emmènerait en esclavage. Par exemple, quand tu es une mère et que tu as des enfants dans ta maison et que des gens méchants arrivent qui veulent voler tes enfants pour les mettre en esclavage : s'ils te demandent si tes enfants sont là, sûrement en tant que mère tu diras " non ”, car il faut les protéger. Leur dire : "Oui, ils sont là, je vais ouvrir la porte et vous montrer où ils sont" serait fou si vous étiez une mère. Vous dites : "Non, ils ne sont pas ici." Vous direz un mensonge, mais parce qu'il est intrinsèquement mauvais de réduire vos enfants en esclavage. Quand il n'y a pas d'autres moyens,

 

LSN : Quelle serait la responsabilité précise d'un élu qui voterait pour de telles mesures ? En France, ils obtinrent un vote positif de l'Assemblée et du Sénat ; à chaque fois, une grande partie des parlementaires manquait, ils étaient absents. La loi a été adoptée avec très peu d'électeurs. À votre avis, quelle est la responsabilité de ces élus qui ont voté pour ces lois ou qui n'étaient pas là pour voter contre elles ; ou la responsabilité du policier ou du gendarme qui est chargé de l'application de ces lois ?

 

Ev. Schn. : Les parlementaires ont l'entière responsabilité, je pense, car ils représentent et sont élus pour le bien commun des citoyens. Lorsqu'ils s'abstiennent ou votent en faveur de ces lois dictatoriales et totalitaires pour vous contrôler complètement, vous renier vous ou votre propre corps avec cette vaccination obligatoire, ils commettent le mal parce qu'ils collaborent à faire de vous des esclaves de l'État, à faire de votre corps devenir propriété de l'État. Il est immoral de collaborer à l'élaboration de telles lois, et aussi de s'abstenir. Quant au policier qui met en œuvre cela, il a une responsabilité moindre car il ne fait qu'exécuter les ordres de l'État. Peut-être qu'il n'est même pas personnellement convaincu, mais il sera forcé, donc ce n'est pas tant sa propre responsabilité que le fait qu'il exécute une loi injuste. Dans certains cas, je pense que la police, en tant que citoyens responsables, peuvent trouver un moyen de vous protéger, peut-être de ne pas être sévère, par exemple, dans les contrôles et ainsi de suite tout en obéissant formellement à la loi. Dans toutes les dictatures, même dans les camps nazis, il y a des policiers qui trouvent un moyen de protéger le peuple.

 

LSN : Quel est votre conseil spirituel pour les catholiques inquiets ? J'en vois beaucoup qui ont très peur maintenant de la situation qui se présente. Que leur diriez-vous de faire ?

 

Ev. Schn. : Premièrement, je leur donnerais la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l'Évangile. Il dit : Ne craignez pas ceux qui tuent votre corps, mais craignez plutôt ceux qui prendront votre âme ou endommageront votre âme. Nous ne devons pas craindre le gouvernement ; nous devons donner la primauté à notre âme, à notre vie spirituelle, à la vie de prière avec les sacrements, et ainsi nous devons être profondément enracinés dans notre prière quotidienne. Nous devons être enracinés dans notre foi, dans notre conviction que notre vie est finalement entre les mains de Dieu et non entre les mains du gouvernement, même dans une dictature, même dans un système totalitaire ! Notre vie est finalement entre les mains de Dieu qui est notre Père céleste. Il est notre Père même lorsque nous sommes, à certaines périodes, en détresse et persécutés et humiliés comme avec cette vaccination forcée. C'est un temps relativement court, nous devons donc regarder plus loin et plus loin parce que Dieu ne permet cela en fin de compte que pour le bien de notre âme. Saint Paul dit que tout concourra au plus grand bien de ceux qui aiment Dieu, tout concourra au profit d'un plus grand bien pour ceux qui aiment Dieu. Si nous sommes enracinés dans notre foi, dans la confiance de la Providence de notre Père céleste, sachant que notre vie est entre ses mains, cela devrait nous donner confiance. On connaît la dictature sanitaire actuelle du COVID, ce totalitarisme est court, il est relativement court, ce n'est pas l'éternité ! L'histoire a toujours montré que les dictatures n'ont pas duré si longtemps, et Dieu montrera même à ces nouveaux "dictateurs sanitaires" que leur pouvoir est limité. Nous devons croire que Dieu interviendra dans l'histoire. 

 

Nous devons aussi nous concentrer profondément sur le fait que c'est peut-être un appel de Dieu pour que nous approfondissions notre vie de prière. Nous devons approfondir notre vie sacramentelle avec une confession plus régulière, une communion plus régulière et des prières. Peut-être devrions-nous être plus unis avec tous ceux qui s'opposent à cette dictature, pour faire une chaîne. Peut-être que ces moments difficiles sont l'occasion de confesser Dieu, d'être fidèle à Lui. Mais Dieu est si bon qu'il donne toujours les grâces nécessaires, et il nous récompense dans les moments difficiles et nous donne ses consolations. C'est mon avis et mon avis.

 

LSN : Il nous apparaît qu'il y a une volonté de s'approprier le corps humain, un projet transhumaniste qui se met en place, voire se réalise. Est-il concevable que Dieu permette à l'humanité de tomber - pour la plupart des gens à contrecœur - dans quelque chose de si contraire à sa volonté pour l'humanité ?

 

Ev. Schn. : Je ne pense pas parce que Dieu se réserve Ses pouvoirs divins de création, et donc il n’y aura pas un être humain substantiellement nouveau comme les transhumanistes veulent le créer. Ils ne réussiront pas : Dieu ne le permettra pas. Il est le Seigneur ; nous devons le croire. Ils produiront peut-être des choses, mais ce ne sera pas un être humain, jamais, car Dieu crée l'âme qui est la partie essentielle de l'être humain. Je le répète : je ne crois pas que Dieu permette cela. Ses pouvoirs sont ceux du Créateur, et ils lui sont réservés. S'ils continuent avec ces choses horribles qui blasphèment Dieu, viendra la fin des temps comme nous le lisons dans l'Apocalypse et le Jugement. Et pour nous Jésus a dit : Quand ce temps viendra, levez la tête car votre salut est proche, levez la tête avec confiance, votre salut est proche ! Encore une fois, nous devons saisir cette situation comme une occasion d’approfondir notre foi, notre prière, et d’être plus enracinés dans la vision de la vie éternelle, d’être plus surnaturellement orientés vers notre vie éternelle parce que nous vivons ici dans la vallée des larmes, comme nous le chantons dans le Salve Regina : hac lacrimarum valle. C’est notre situation, mais il y a aussi la joie profonde d’avoir une Mère. Elle ne nous abandonne jamais, et elle est toujours proche de nous. C’est mon conseil, qu’elle ne nous abandonnera jamais, elle est l'intercesseur omnipotens, l'omnipotence de l'intercession pour nous. Elle prendra soin de nous ; toujours, nous devons fuir sous son manteau. Surtout en ces temps, nous devons prier : Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genitrix : nous fuirons sous sa protection.

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 19:08
Source : https://www.lifesitenews.com/blogs/a-mandatory-covid-vaccine-would-be-the-beginning-of-the-apocalypse-bishop-schneider/

Source : https://www.lifesitenews.com/blogs/a-mandatory-covid-vaccine-would-be-the-beginning-of-the-apocalypse-bishop-schneider/

L'évêque Schneider a déclaré à LifeSite que si une obligation vaccinale mondiale contre le coronavirus dérivée de lignées cellulaires provenant de bébés avortés était mise en place, "nous entrerions alors dans le temps de l'Apocalypse".

 

ven août 27, 2021

 

 

(LifeSiteNews) - Dans une interview accordée à LifeSiteNews en octobre 2020, l'évêque Athanasius Schneider a exposé un scénario "apocalyptique" concernant les vaccins mondiaux forcés dérivés de bébés avortés. Aujourd'hui, alors que les gouvernements du monde entier, y compris la France, l'Italie, l'Australie, le Canada et les États-Unis, pour n'en citer que quelques-uns, commencent à imposer ou ont déjà imposé la piqûre du COVID contaminé par l'avortement, les paroles de Son Excellence n'auraient pas pu être plus prophétiques.

 

L'évêque Schneider a déclaré à LifeSite que si un vaccin mondial obligatoire contre le coronavirus dérivé de lignées cellulaires de bébés avortés était mis en place, "nous entrerions alors dans le temps de l'Apocalypse".

 

Il l'a expliqué de la façon suivante. Il a déclaré:

 

Je me trompe peut-être, mais je soupçonne qu'en partie cette situation du COVID a été créée non seulement pour mettre en place une nouvelle dictature et contrôler la population, mais aussi, d'une certaine manière, pour légaliser l'avortement au niveau mondial - le meurtre des bébés à naître - de sorte que la planète entière collaborera au processus de meurtre des bébés grâce au vaccin qui utilisera des parties de bébés avortés. Le vaccin sera imposé et obligatoire - de sorte que vous ne pourrez pas travailler, voyager, aller à l'école sans lui, obligeant toute la population à recevoir le vaccin, mais le seul vaccin efficace sera celui fabriqué avec des cellules de bébés avortés. Peut-être n'accepteront-ils pas d'autres vaccins, et ils mentiront, en disant que ceux-ci ne sont pas efficaces, que le seul vaccin efficace proviendra de bébés avortés. Je n'affirme pas maintenant que cela va se produire, mais c'est mon soupçon : il me semble réaliste que cela puisse arriver. C'est pour moi la dernière étape du satanisme : que Satan et le gouvernement mondial - en fin de compte le gouvernement mondial maçonnique - obligent tout le monde, même l'Église, à accepter l'avortement de cette manière. Et donc nous devons résister très fortement contre cela, si cela vient. Nous devons même accepter d'être des martyrs.

 

"Et donc nous devons résister très fortement à cela, si cela arrive. Nous devons même accepter d'être des martyrs." Oh. Sommes-nous prêts pour cela ? La seule préparation peut être de s'assurer que nous sommes en état de grâce par la prière fervente et la pénitence.

 

Mais c'est après avoir dit cela que Mgr Schneider en vient à la partie la plus grave. Il dit que "Malheureusement, certains évêques, même de bons évêques et prêtres, présentent déjà ce qui est pour moi un sophisme en justifiant que vous pouvez accepter ce vaccin provenant de bébés avortés selon des principes moraux."

 

Un sophisme est "un argument habile mais faux, en particulier un argument utilisé délibérément pour tromper."

 

Mgr Schneider dit donc que certains évêques, même bons, "expliquent énormément, pour moi de manière sophistique, le principe de la seule coopération morale, sans votre volonté, sans votre consentement. Mais il s'agit pour moi d'un sophisme qui ne peut être appliqué à ce cas concret, car il est évident pour le simple bon sens que lorsque vous savez cela - que ce vaccin provient de bébés avortés - alors vous ne pouvez pas appliquer ce principe moral, ou cette théorie, à ce cas concret. Nous devons donc faire très attention à ne pas nous laisser induire en erreur par cet argument sophistique, même s'il provient de bons prêtres traditionnels. Tel est le danger, et nous devons y résister".

 

Et c'est vraiment le cas. Aujourd'hui, dans le monde entier, la grande majorité des évêques font pression en faveur d'un vaccin, qu'il soit ou non issu de lignées cellulaires de bébés avortés. Comme l'a rapporté LifeSite, l'ensemble de la conférence des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles a déclaré que les catholiques ont "un devoir prima facie d'être vaccinés", faisant référence à un vaccin contre le coronavirus. "L'Église catholique soutient fermement la vaccination et considère que les catholiques ont un devoir prima facie de se faire vacciner, non seulement pour leur propre santé mais aussi par solidarité avec les autres, en particulier les plus vulnérables", peut-on lire dans la lettre publiée jeudi 30 juillet. "Nous pensons qu'il existe une obligation morale de garantir la couverture vaccinale nécessaire à la sécurité d'autrui. Ceci est particulièrement important pour la découverte d'un vaccin contre le COVID-19", poursuivent les évêques.

 

L'Académie pontificale pour la vie, organisme corrompu du Vatican, a publié en 2017 un document qui affirme qu'il existe une "obligation morale de garantir la couverture vaccinale nécessaire à la sécurité des autres", et ajoute que "tous les vaccins recommandés cliniquement peuvent être utilisés en toute conscience et l'utilisation de ces vaccins ne signifie pas une quelconque coopération avec l'avortement volontaire."

 

D'autre part, dans une lettre ouverte publiée en mai, plusieurs cardinaux et évêques catholiques menés par l'ancien nonce apostolique Mgr Carlo Maria Viganò et les cardinaux Gerhard Ludwig Mueller, Joseph Zen et Janis Pujats ont déclaré que "pour les catholiques, il est moralement inacceptable de développer ou d'utiliser des vaccins dérivés de matériel provenant de fœtus avortés."

 

En outre, lors du Forum sur la vie organisé à Rome en mai 2020, le cardinal Raymond Burke a déclaré : "Il doit être clair qu'il n'est jamais justifié moralement de développer un vaccin en utilisant les lignées cellulaires de fœtus avortés." Il a ajouté que les vaccins forcés violent "l'intégrité des citoyens".

 

Dans le sillage de la déclaration des évêques britanniques, l'évêque Joseph Strickland de Tyler, au Texas, a réitéré son opposition aux vaccins créés à partir de lignées cellulaires de bébés avortés. "Je renouvelle mon appel à rejeter tout vaccin développé à partir d'enfants avortés", a tweeté M. Strickland.

 

"Même s'il a été créé il y a des dizaines d'années, cela signifie toujours que la vie d'un enfant a été interrompue avant sa naissance & que son corps a ensuite été utilisé comme pièces détachées. Nous ne mettrons jamais fin à l'avortement si nous ne mettons pas FIN A CE MAL !"

 

Plus de 870 000 personnes ont signé la pétition de LifeSiteNews demandant aux gouvernements du monde entier de ne pas rendre obligatoires les vaccins contre le coronavirus.

 

Nous avons maintenant le scénario de cardinaux contre des cardinaux et d'évêques contre des évêques prédit dans la vision approuvée de Notre Dame à Sr Agnès Sasagawa à Akita au Japon. Le 13 octobre 1973, la Vierge a dit à Sr Sasagawa : "L'œuvre du diable s'infiltrera même dans l'Église de telle sorte que l'on verra des cardinaux s'opposer à des cardinaux, des évêques à des évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et opposés par leurs confrères... des églises et des autels saccagés ; l'Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera de nombreux prêtres et âmes consacrées à quitter le service du Seigneur."

 

Mais la corruption dans la hiérarchie a été prédite dès le début de l'Église. Dans les Actes des Apôtres, saint Luc écrit : "Je sais qu'après mon départ, des loups ravisseurs entreront parmi vous, sans épargner le troupeau. Et de vous-mêmes surgiront des hommes qui diront des choses perverses, pour entraîner les disciples après eux." Actes 20:29-30

 

L'évêque Schneider espère que son scénario d'un vaccin mondial forcé utilisant des cellules de bébés avortés dans sa fabrication ne se réalisera pas. Il a déclaré : "Mais j'espère que cela ne se produira pas au niveau mondial. Lorsque cela se produira, nous entrerons dans le temps de l'Apocalypse. Dans un temps d'Apocalypse, dont nous avons déjà maintenant quelques signes, nous devons invoquer encore et toujours les anges, Saint Michel Archange, et le message de Notre Dame de Fatima qui devient toujours plus opportun et nécessaire".

 

Dans ces moments-là, les fidèles laïcs se demandent souvent ce qu'ils peuvent faire face à la folie des évêques, des cardinaux et même du pape. Mais une réponse nous a été donnée. Cette réponse est venue en réponse au journaliste de LifeSite Stephen Kokx qui demandait à l'archevêque Viganò ce que les fidèles pouvaient faire dans une lettre ouverte publiée sur Catholic Family News. Je vais vous lire une partie de la réponse de Mgr Viganò.

 

L'un de mes privilèges les plus chers, depuis près d'un quart de siècle que je travaille pour LifeSite, a été de donner la parole à Mgr Viganò, ce courageux soldat du Christ qui, à part prier le chapelet avec nous récemment, n'a jamais parlé en public et ne nous donne ses conseils que dans des lettres.

 

Je conclurai par ses mots :

 

"Nous ne pouvons pas faire de procès d'intention à nos pasteurs, ni supposer qu'ils sont tous corrompus dans la foi et les mœurs ; au contraire, nous pouvons espérer que beaucoup d'entre eux, jusqu'ici intimidés et silencieux, comprendront, à mesure que la confusion et l'apostasie continueront à se répandre, la tromperie dont ils ont été l'objet et sortiront enfin de leur sommeil. Les laïcs qui élèvent la voix sont nombreux ; d'autres suivront nécessairement, ainsi que les bons prêtres, certainement présents dans chaque diocèse. Ce réveil de l'Église militante - j'oserais dire presque une résurrection - est nécessaire, urgent et inévitable : aucun fils ne tolère que sa mère soit outragée par les domestiques, ni que son père soit tyrannisé par les administrateurs de ses biens. Le Seigneur nous offre, dans ces situations douloureuses, la possibilité d'être ses alliés pour mener cette sainte bataille sous sa bannière : le Roi vainqueur de l'erreur et de la mort nous permet de partager l'honneur de la victoire triomphale et la récompense éternelle qui en découle, après avoir enduré et souffert avec lui.

 

"Mais pour mériter la gloire immortelle du Ciel, nous sommes appelés à redécouvrir - dans une époque émasculée dépourvue de valeurs telles que l'honneur, la fidélité à la parole donnée et l'héroïsme - un aspect fondamental de la foi de tout baptisé : la vie chrétienne est une milice et, avec le sacrement de la confirmation, nous sommes appelés à être des soldats du Christ, sous les insignes desquels nous devons combattre. Bien sûr, dans la plupart des cas, il s'agit essentiellement d'un combat spirituel, mais au cours de l'histoire, nous avons vu que, souvent, face à la violation des droits souverains de Dieu et de la liberté de l'Église, il était également nécessaire de prendre les armes : la résistance acharnée pour repousser les invasions islamiques à Lépante et dans les faubourgs de Vienne, la persécution des Cristeros au Mexique, des catholiques en Espagne, et aujourd'hui encore la guerre cruelle contre les chrétiens dans le monde entier nous l'enseignent. Jamais comme aujourd'hui nous ne pouvons comprendre la haine théologique venant des ennemis de Dieu, inspirée par Satan. L'attaque contre tout ce qui rappelle la Croix du Christ - sur la Vertu, sur le Bien et le Beau, sur la pureté - doit nous pousser à nous lever, dans un sursaut d'orgueil, pour revendiquer notre droit non seulement à ne pas être persécutés par nos ennemis extérieurs, mais aussi et surtout à avoir des pasteurs forts et courageux, saints et craignant Dieu, qui feront exactement ce que leurs prédécesseurs ont fait pendant des siècles : prêcher l'Évangile du Christ, convertir les individus et les nations, et étendre le Royaume du Dieu vivant et vrai dans le monde entier.

 

"Les fidèles laïcs ont aujourd'hui une tâche sacrée : réconforter les bons prêtres et les bons évêques, qui se rassemblent comme des moutons autour de leurs bergers. Donnez-leur l'hospitalité, aidez-les, consolez-les dans leurs épreuves. Créez une communauté dans laquelle ne prédominent pas les murmures et les divisions, mais plutôt la charité fraternelle dans le lien de la Foi. Et comme, dans l'ordre établi par Dieu, les sujets doivent obéissance à l'autorité et ne peuvent faire autrement que de lui résister quand elle abuse de son pouvoir, aucune faute ne leur sera imputée pour l'infidélité de leurs chefs, sur lesquels repose la très grave responsabilité de la manière dont ils exercent le pouvoir vicaire qui leur a été donné. Il ne faut pas se rebeller, mais s'opposer ; il ne faut pas se réjouir des erreurs de nos pasteurs, mais prier pour eux et les admonester respectueusement ; il ne faut pas mettre en cause leur autorité, mais la manière dont ils en usent.

 

"Je suis certain, avec une certitude qui me vient de la Foi, que le Seigneur ne manquera pas de récompenser notre fidélité, après nous avoir punis pour les fautes des hommes d'Église, en nous accordant de saints prêtres, de saints évêques, de saints cardinaux, et surtout un saint Pape. Mais ces saints naîtront de nos familles, de nos communautés, de nos églises : des familles, des communautés et des églises dans lesquelles la grâce de Dieu doit être cultivée par la prière constante, par la fréquentation de la Sainte Messe et des Sacrements, par l'offrande de sacrifices et de pénitences que la Communion des Saints nous permet d'offrir à la Divine Majesté pour expier nos péchés et ceux de nos frères, y compris ceux qui exercent l'autorité. Les laïcs ont un rôle fondamental à jouer à cet égard, en gardant la Foi au sein de leur famille, de telle sorte que nos jeunes, éduqués dans l'amour et dans la crainte de Dieu, soient un jour des pères et des mères responsables, mais aussi de dignes ministres du Seigneur, ses hérauts dans les ordres religieux masculins et féminins, et ses apôtres dans la société civile.

 

"Le remède à la rébellion est l'obéissance. Le remède à l'hérésie est la fidélité à l'enseignement de la Tradition. Le remède au schisme est la dévotion filiale pour les Pasteurs sacrés. Le remède à l'apostasie est l'amour de Dieu et de sa Très Sainte Mère. Le remède au vice est l'humble pratique de la vertu. Le remède à la corruption des mœurs est de vivre constamment en présence de Dieu. Mais l'obéissance ne peut pas être pervertie en une servilité impassible ; le respect de l’autorité ne peut être perverti en une obéissance de cour. Et n’oublions pas que si c’est le devoir des laïcs d’obéir à leurs pasteurs, c’est un devoir encore plus grave des pasteurs d’obéir à Dieu."

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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 00:00
Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

Le Couronnement de la Vierge par Diego Vélasquez, XVIIe siècle

L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : "Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin" (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée "Mère du Seigneur" (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : "Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur" (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

 

Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

 

Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : "Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur (Lc 2,35), était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ".

Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : "Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita".

En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale".

 

De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si "ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine "récapitulation" en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément "pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain" ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Eternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Eve, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable" ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam.

 

Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi Elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

 

Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.

 

Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l'éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Le couronnement de la Vierge, Jean Fouquet, xve siècle

Sources:

Pie XII - Encyclique Ad Coeli Reginam, 1954, §22-26, §36, §39, Les saints du jour

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 16:58
"Nous sommes dans un châtiment" : l'évêque appelle les dirigeants du monde à revenir immédiatement à Dieu

[Source : LifeSiteNews]

 

Dans le dernier épisode de The Bishop Strickland Show, L'évêque Joseph Strickland a lancé un avertissement aux nations et aux dirigeants du monde entier qui font la promotion de l'avortement, de l'homosexualité et de l'oppression des citoyens ordinaires. Son Excellence nous avertit que nous souffrons dans le monde à cause de nos péchés et parce que nous ne reconnaissons pas Dieu comme le Créateur et le véritable auteur de la vie.

 

"Nous sommes au milieu d'un châtiment parce que nous détruisons la vie d'enfants, nous massacrons des enfants à naître à un rythme jamais vu auparavant dans l'histoire", s'est-il exclamé pour co-animer Terry Barber.

 

Son Excellence a ajouté que malgré ce châtiment de Dieu, notre créateur "nous aime toujours" et appelle chaque individu à revenir à Lui.

 

Strickland a souligné que malheureusement trop de politiciens et d'autorités ne réalisent pas ces problèmes et continuent de manipuler l'humanité.

 

L'évêque Strickland a affirmé que le salut du monde ne peut jamais venir "des contrôles de l'État ou des contrôles des mandats".

 

Il a encouragé les chrétiens à ne jamais avoir peur de défendre les vérités de la foi, même si cela signifie le martyre. Même s'ils "peuvent nous tuer [ou] sérieusement restreindre nos libertés en tant que peuple de Dieu, ils ne peuvent pas enlever cette essence même de qui nous sommes : des êtres libres qui peuvent choisir de notre cœur de dire oui ou non à Dieu."

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 07:48

"Au risque d’être la petite note dissonante dans le concert du consensus organisant le lynchage médiatique contre cette nouvelle Cassandre, les noms cités sur son panneau de signalement et exposés à la vindicte populaire ne m’ont pas semblé viser les « juifs », loin de là ! Ferguson, Macron, Véran ou Klaus Scwhab, le sont-ils? Non. Pourquoi avoir énuméré ces patronymes, alors? Ils tissent, naïvement sans-doute, le « Qui » d'une Terreur  planétaire, politique, médiatique et financière ordonnée à l'idéologie transhumaniste d’un futur Thermidor."

TEXTE et voix de Véronique Lévy, auteur de "JESUS-CHRIST OU LES ROBOTS" (Ed du Cerf).

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 12:30

Patrick Buisson sur Tv-Libertés donne la raison du "Grand remplacement qui explique tous les autres" et notamment ce que nous pourrions à présent appeler le Grand écroulement

L'homme religieux a été remplacé par l'homme économique, explique Patrick Buisson.

 

Extraits :

 

"Je crois qu'il y a un Grand remplacement qui explique tous les autres, faute de quoi on se prive de cette clé de compréhension qui va nous permettre de chercher les bonnes réponses à la tragédie que nous vivons. Ce Grand remplacement, c'est le remplacement de l'homme religieux, l'homo religiosus, attesté par l'apparition des premières tombes 100.000 ans avant Jésus-Christ. Il y a un moment dans l'histoire où l'homme n'est plus un animal, où il décide d'enterrer ses morts. Il prend conscience du caractère sacré de la vie humaine. C'est un évènement considérable puisque la mort n'est plus un événement biologique, c'est un événement spirituel. L'homo religiosus naît à ce moment-là. [...] Aujourd'hui, on prend le chemin inverse, c'est-à-dire que la mort n'est plus un événement spirituel, c'est devenu un événement biologique. Et dans le même temps, le consommateur, l'homme économique se substitue à l'homme religieux, à l'homme du sacré. L'homme économique c'est l'homme unidimensionnel, réduit à ce qu'il possède, à ce qu'il consomme, réduit à sa propre peau.

 

"Nous avons l'habitude bouc émissariser la communauté musulmane. [...] On ne peut pas dire tout est de leur faute. Nous ne pouvons pas nous exonérer de nos propres responsabilités. Ce n'est pas la faute des musulmans si les églises en France sont vides. Le comprenez-vous ? C'est le fait d'un processus auquel nous avons adhéré, que nous avons accompagné, et qui fait qu'aujourd'hui nous n'avons plus aucune forme de sacré à opposer à l'esprit de conquête musulman. [...] Sénèque disait "quiconque néglige sa vie est maître de la nôtre. Il n'y a pas de société et de communauté sans sacré partagé. Et nous leur disons assimilez-vous. C'était possible il y a cinquante ans lorsqu'il y avait un million de musulmans dans une France encore chrétienne, pour deux raisons. Il y avait une religion civile qui était encore le patriotisme, attractif, avec une identité forte, [...] et il y avait encore une grande proximité morale et spirituelle, avec une France qui était encore une France chrétienne, sur la famille, sur le rôle du père, sur le respect de la vie. 

 

[...] Aujourd'hui "nous ne pouvons plus proposer une assimilation à partir du moment où nous n'avons plus un commun substantiel à partager. [...] Je comprends qu'ils n'aient nulle envie de s'assimiler à une société qu'ils jugent décadente et apostate. Ce sont les fruits pourris de cinquante ans d'histoire de France. 

"Autant être lucides sur la situation, ils ont une forme de sacré partagé, ils ont une sociabilité que nous avons détruite. Le lien social n'existe plus en France.

 

[...] 

 

"Celui qui est prêt à sacrifier sa vie a évidemment un avantage décisif sur celui qui est en face.

 

[...] 

 

"La modernité consumériste a légitimé un processus d'abaissement des aspirations humaines. On glisse de façon continue du haut vers le bas, du difficile vers le facile, du raffiné vers le vulgaire. C'est la même chose qui s'est passé dans l'Eglise. L'Eglise a accompagné ce mouvement au lieu d'y résister. Sa mission historique, j'allais dire, messianique c'était bien d'y résister et elle s'est trompée de stratégie à ce moment-là. Et on en a vu malheureusement les résultats à travers ces données indiscutables qui sont celles de l'exchristianisation, c'est-à-dire de la rupture entre son catholicisme populaire et la tête de l'Eglise.

 

[...] 

 

"L'Eglise a accompagné la modernité dans ce qu'elle avait de plus destructrice, à la fois du religieux et du sacré. Dans ce contexte, on est amené à mesurer ce que nous avons perdu, qui est très exactement ce que les Français ont applaudi pendant deux mois (lors du premier confinement. Ndlr.), toutes les valeurs de l'ancien monde, les vertus chrétiennes, solidarité, entraide, gratuité, sacrifice, dévouement, don de soi, le petit peuple de premières corvées qui s'est trouvé en première ligne et dont les valeurs sont l'anti thèse complète de ce que l'on nous a vendu en 2017, c'est-à-dire le monde des winners, le monde des gagneurs, le monde de la performance, le monde du profit. 

 

"On ne peut pas faire société, on ne peut pas faire communauté sans le sacré. Le sacré ce sont les murs porteurs. Si vous supprimez les murs porteurs, l'édifice s'écroule...

 

"Si l'on veut refaire communauté, cela peut être autour de la question de la religion et du sacré parce qu'elle est consubstantiel à l'homme."

Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

Marc 8,35

Nous souhaitons à tous nos lecteurs une très bonne fête nationale, dimanche.

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 13:25
Source : https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/5499-global-chaos-vigano-on-man-s-war-against-god

Source : https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/5499-global-chaos-vigano-on-man-s-war-against-god

[...]

 

1ère Partie



La tromperie de la liberté de l’information s’effondre, montrant la multitude désolante de serviteurs et de courtisans prêts à faire taire la vérité, à censurer la réalité, à subvertir les critères] du jugement objectif au nom de l’intérêt partisan, du désir de s’enrichir, l’ivresse d’une visibilité éphémère. Mais si le journaliste, le rédacteur en chef et l’essayiste n’ont plus un principe immuable qui les inspire et qui trouve dans le Dieu vivant et vrai le paramètre infaillible pour comprendre et interpréter ce qui est transitoire, la liberté devient licence, la soumission au pouvoir devient la règle et le mensonge devient la norme universelle.

 

Tout un monde de mensonges s’effondre, de tromperies, de malhonnêteté, d’horreurs et de laideurs, qui depuis plus de deux siècles nous ont imposé tout ce qui est anti-humain, anti-divin et anti-chrétien comme modèle. C’est le royaume de l’antéchrist où le transhumanisme interpelle le ciel et la nature, dans le cri éternel de l’ennemi, "Non serviam" (Je ne servirai pas). Mais ce que nous voyons aujourd’hui se dérouler sous nos yeux constitue l’essence d’un projet fou et infernal, ontologiquement voué à l’échec, et ce n’est pas seulement un déclin, comme cela s’est produit à maintes reprises au cours de l’histoire à de nombreux empires maintenant enterrés sous les cendres et les décombres du temps, c’est la fin d’une époque qui s’est rebellée contre le premier principe de l’univers, contre la nature des choses, contre le but ultime de l’homme. Un âge qui s'est rebellé contre Dieu, qui a présumé pouvoir le dominer et le renverser, qui a prétendu et exige encore aujourd'hui de pouvoir le blasphémer, l'éliminer, non seulement du présent et du futur, mais aussi du passé. Une époque façonnée par les serviteurs de l'ennemi de Dieu et de l'humanité issus des sectes maçonniques, des lobbies du pouvoir asservis au mal.

 

On pourrait penser qu'il s'agit d'une vision résolument apocalyptique du présent et de ce qui nous attend, une vision des derniers temps, dans laquelle les rares personnes qui resteront fidèles au bien seront bannies, persécutées et tuées, tout comme notre Seigneur a été persécuté et tué, ainsi que la foule innombrable des martyrs au début de l'ère chrétienne. Face à cette folie, les réponses des idéologies humaines ne suffisent pas, tout comme un regard dénué de transcendance ne suffit pas.

S’il existe une menace concrète au salut des individus et de l’humanité, la raison et la foi nous exhortent à découvrir leurs auteurs, à dénoncer leurs desseins, à empêcher leur exécution.

L’épithète de "apocalyptique" qui nous est adressée par ceux qui nous attribuent également l’étiquette de "négationniste" ou de "théoricien du complot", dénote une vision terrestre dans laquelle la rédemption représente une option parmi tant d’autres, avec le marxisme ou d’autres philosophies. Mais que dois-je prêcher en tant qu’évêque, sinon Jésus-Christ et Lui-même crucifié ?

 

Mais mes paroles en cette occasion ne veulent pas être des paroles de désespoir ni inspirer la peur de l'avenir qui semble se préparer pour nous. C'est vrai, ce monde rebelle, asservi au diable - en particulier à ceux qui le gouvernent avec le pouvoir et l'argent - nous fait la guerre et se prépare à une bataille féroce et impitoyable, tandis qu'il entend rassembler autour de lui le plus grand nombre possible d'alliés, même parmi ceux qui préfèrent ne pas combattre, par peur ou par intérêt. A chacun d'eux, il promet une récompense, il assure une récompense qui rembourse leur asservissement à la cause ou du moins l'abstention de combattre dans le camp adverse. Des promesses de succès, de richesse, de pouvoir qui ont toujours attiré et corrompu beaucoup de gens à travers l'histoire.

 

Il y a toujours 30 pièces d'argent prêtes pour le traître, et ce qui est plus significatif, c'est qu'alors que l'ennemi déclare ouvertement son hostilité, ceux qui devraient être nos alliés et même nos généraux persistent à l'ignorer, à la nier, à déposer les armes face à la menace qui se profile. Au nom d'un pacifisme insensé, ils sapent la vraie paix, qui est la tranquillité de l'ordre et non la reddition lâche et rebelle à ceux qui veulent nous détruire. C'est en cela, comme je l'ai dit plus haut, que consiste la véritable perversion de l'autorité.

Mais s'il est vrai qu'il y a indiscutablement cette menace qui pèse sur les bons, les honnêtes, les gens qui restent encore fidèles à Notre Seigneur, il est également vrai que cette menace, par sa nature même, est destinée à la défaite la plus flagrante et la plus dévastatrice parce qu'elle ne met pas en cause seulement les hommes, mais Dieu lui-même.

Permettez-moi de vous inviter à ne pas baisser les bras, à ne pas vous laisser séduire par ceux qui, animés par le désir de ne pas voir compromis leur rôle de prétendus médiateurs dans la perpétuation d'un système corrompu et corrupteur, s'obstinent à ne pas vouloir reconnaître la gravité de la situation actuelle et à délégitimer quiconque la dénonce comme un "théoricien du complot".

 

S'il existe une menace concrète pour le salut des personnes et de l'humanité, s'il y a un esprit derrière ce projet articulé et organisé, si l'action de ceux qui le mettent en pratique vise clairement à faire le mal, la raison et la foi nous poussent à en découvrir les auteurs, à en dénoncer les buts, à en empêcher l'exécution car, si face à cette menace nous restons inertes et si nous essayons de la nier, nous deviendrions complices et coopérateurs du mal et nous manquerions à notre devoir de vérité et de charité envers nos frères.
 

Mais s'il est vrai qu'il y a indiscutablement cette menace qui pèse sur les bons, les honnêtes, les gens qui restent encore fidèles à Notre Seigneur, il est également vrai que cette menace, par sa nature même, est destinée à la défaite la plus flagrante et la plus dévastatrice parce qu'elle ne met pas en cause seulement les hommes, mais Dieu lui-même, toute la cour céleste, les armées d'anges et de saints, et toute la création.

 

Dieu ne refusera pas de prendre le terrain à nos côtés en nous laissant seuls pour lutter contre un adversaire qui a osé défier nul autre que le Tout-Puissant, le Seigneur des armées aligné dans la bataille.

Oui, même la nature, l’œuvre merveilleuse de Dieu, se rebelle contre cette violence et entre la victoire finale du bien, qui est très certaine, et ce présent des ténèbres, nous nous tenons avec nos choix et permettrons à Dieu de compter ses bons serviteurs.

 

Ne pensons pas que dans ce conflit d'époque nous devons seulement nous organiser avec des moyens humains ; ne nous laissons pas convaincre que la puissance impressionnante de notre ennemi est une raison suffisante pour nous laisser vaincre et anéantir. Chers frères et sœurs, nous ne sommes pas seuls, précisément parce qu'il s'agit d'une guerre contre la majesté de Dieu, Il ne refusera pas d'entrer en campagne à nos côtés, nous laissant seuls pour lutter contre un adversaire qui a osé défier nul autre que le Tout-Puissant, le Seigneur des armées rangé en bataille, au nom duquel les fondements de l'univers tremblent.

 

Plaçons-nous plutôt à ses côtés, sous la glorieuse bannière de la croix, très sûrs d'une victoire inimaginable, d'une récompense qui fait pâlir toutes les richesses de la terre. Car le prix auquel nous avons droit est immortel et éternel, la gloire du ciel, la félicité éternelle, la vie sans fin et la présence de la Sainte Trinité. Une récompense qui, dans la réalisation du but pour lequel nous avons été créés - rendre gloire à Dieu - recompose le désordre du péché dans l'économie de la rédemption.

 

Les armes que nous devons aiguiser en ce temps pour être prêts à la bataille qui s'annonce sont la vie dans la grâce de Dieu, la fréquentation des sacrements, la fidélité à l'immuable "depositum fidei", la prière, surtout le Saint Rosaire, l'exercice constant des vertus, la pratique de la pénitence et du jeûne, les œuvres de charité corporelles et spirituelles, pour gagner à Dieu nos frères éloignés ou tièdes.

Nous devons comprendre que notre combat n'est pas contre des créatures faites de sang et de chair, mais contre les principautés et les pouvoirs, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui vivent dans les régions célestes.

Écoutons l'admonition de l'apôtre : "Revêtez-vous de l'armure de Dieu afin de pouvoir résister au jour mauvais et rester debout après avoir passé toutes les épreuves. Tiens-toi ferme, ceins ta taille de vérité, revêts la cuirasse de la justice et ayant pour chaussures à tes pieds le zèle à répandre l'Évangile de paix. Tiens toujours dans ta main le bouclier de la foi, avec lequel tu peux éteindre tous les traits enflammés du malin. Prenez aussi le casque du salut et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu".

Ces paroles, que saint Paul adresse aux fidèles de la ville d'Ephèse, sont aussi et surtout valables pour nous en ce temps où nous devons comprendre que notre combat n'est pas contre des créatures faites de sang et de chair, mais contre les principautés et les pouvoirs, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui vivent dans les régions célestes.

Cet événement de Venise a été voulu par ses organisateurs comme un moment de réflexion et un acte fondateur d'un mouvement de renaissance spirituelle et sociale. Un appel spirituel aux armes, pour ainsi dire, pour compter et apprendre à se connaître mais surtout pour témoigner courageusement de cette foi qui, seule, est une prémisse nécessaire et indispensable à la paix et à la prospérité de notre chère patrie.

Je l'ai dit, je le dis maintenant et je le répète : "Pax Christi in Regno Christi".

 

De même qu'en célébrant la victoire de Lépante sur les Turcs, le Sénat vénitien rendit des honneurs publics à la Vierge Reine des Victoires, à laquelle il reconnut le mérite de la défaite de l'ennemi de la chrétienté, de même aujourd'hui nous devons avoir le courage de redécouvrir dans l'Evangile du Christ et dans la fidélité à ses commandements l'élément fondateur de toute action, personnelle et collective, sociale et ecclésiale qui veut aspirer au succès et être bénie par Dieu.

Les ruines de la société anti-humaine et anti-christique qui a souillé les derniers siècles de l'histoire sont un avertissement sévère pour ceux qui se leurrent en construisant une maison sans la placer sous la protection du Seigneur :

 

"Nisi Dominus ædificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam" (Psaume 126, 1).

 

Cette maison, cette ville ne peut renaître et ressusciter que si ce Roi divin et cette Reine omnipotente y règnent par grâce, eux qui furent les vrais Souverains de la glorieuse République de Venise, devant laquelle le Doge et les Magistrats sont représentés à genoux, témoignage dévoué de l'ordre religieux et social chrétien.

Que cette conscience soit le moteur de toutes vos et de nos actions futures.

A vous tous, et à tous ceux qui sauront se rassembler sous les insignes du Christ et de la Vierge, je donne de tout cœur ma Bénédiction paternelle :

 

In nomine + Patris, et + Filii, et Spiritus + Sancti. Amen.

L'archevêque Carlo Maria Viganò

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