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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 17:44

"Pourquoi est-ce que c'est intéressant de voir ce qu'il s'est passé avant Vatican II ?

Parce que sinon, on ne peut pas comprendre Vatican II. Et spécialement, deux décrets : le décret de Vatican II, "Unitatis redentegratio" (texte) et le décret "Nostra Ætate" (texte). Deux décrets révolutionnaires. 

Avant Vatican II, l'Eglise pratiquait un bon œcuménisme, un œcuménisme de retour. Le mot œcuménisme signifie : Œcos, c'est la maison; et meno, demeurer, rester, persévérer. Je reste. Le mot évoque l'universalité, toute la terre. C'est pour cela que l'on parlait des conciles "œcuméniques", c'est-à-dire un concile qui concernait toute la terre, toute l'Église. Et en même temps, nous avons l'unité, la maison, la famille.

 

Quand vous dites avant le concile que vous avez un désir œcuménique, c'est un bon désir, c'est un désir d'unité. C'est-à-dire que tous les hommes soient dans la maison, dans l'Église. Tandis que maintenant quand on parle d'œcuménisme, on considère plutôt que l'unité de l'Église est à faire. C'est pour plus tard. Nous on dit que l'unité existe et on veut que les âmes qui sont séparées de l'Église reviennent à l'unité, tandis que pour les modernistes, les conciliaires, l'unité c'est pour plus tard. C'est à faire. L'unité n'existe pas. L'Église est imparfaite, elle est en devenir. Elle est à 'construire'.

 

L'unité, pourtant, elle existe. C'est ce que l'on dit dans le Symbole. On dit Je crois en l'Église 'UNE' (sainte, catholique et apostolique). L'unité est un dogme de foi. On ne dit pas 'je crois que l'Église SERA une'. Mais on dit : je crois que l'Église est une. Cela est déjà l'argument d'autorité.

 

Et cette unité (avant Vatican II) est tellement parfaite que vous ne pouvez pas être un peu dans l'unité et un peu ailleurs. Vous êtes soit dans l'unité, soit vous ne l'êtes pas. Il n'y a pas d'entre-deux. C'est tout ou rien. On est ou dans l'Église ou on ne l'est pas.

 

À partir de 4:10, l'Abbé Salenave fait un très bon schéma de la vraie orthodoxie et unité de l'Eglise.

 

Pour l'Eglise post Vatican II : représentez-vous l'unité et la foi comme un cercle au centre (l'Eglise) et d'autres cercles autour qui ne sont pas dans l'Eglise catholique (les hérésies, les erreurs, puis les autres religions) font "œcuménisme" en vue de l'"unité". Mais ceci n'a jamais été le vrai schéma de l'orthodoxie ni de l'unité. Au contraire, on a toujours eu d'un côté l'orthodoxie et de l'autre les hérésies, et les fausses religions qui ne peuvent pas faire unité avec l'orthodoxie.

 

 

"On est ou sous l'autorité du Christ et de Son Église, ou on n'est pas sous l'autorité du Christ et de Son Eglise. On est avec Notre Seigneur ou contre Notre Seigneur, poursuit l'abbé Salenave.

 

"Cela est très important aujourd'hui où l'on a une mentalité maçonnique, relativiste, où l'on fait croire aux gens que les autres religions font partie de l'Eglise du Christ."

 

Qu'est-ce qui fait l'unité de l'Église ? C'est la foi

 

"Quand vous êtes baptisé, le prêtre pose la question aux parrains, marraines, et leur dit : 'Que demandez-vous à l'Église de Dieu?' Les parrains, marraines ne répondent pas : Je demande à être sous votre autorité, sous l'autorité du Pape. Mais ils répondent : 'La foi'.

 

"Puis de cette unité de foi découle l'unité de culte.

 

"La manière dont on prie va déterminer la foi : lex orandi, lex credendi. Si vous changez la lex orandi, la manière de prier, vous changez la foi."

"Donc, ce qui est fondamental, à 8:17, "l'unité repose sur la foi, qui va déterminer l'unité de culte et l'unité de gouvernement. Ce n'est pas l'inverse.

 

"Ce n'est pas l'unité de gouvernement qui va déterminer la foi, c'est l'unité de foi qui va déterminer l'unité de gouvernement... Il faut qu'il y ait une unité de gouvernement extérieure pour qu'il y ait une unité de foi.

 

"Le gouvernement de l'Église n'est pas fait pour assurer l'unité du genre humain dans la diversité, il doit assurer l'unité de gouvernement pour l'unité de la foi.

 

"Et le gouvernement, le Magistère ne doit pas se contenter de rappeler les vérités de la foi, il doit aussi, pour maintenir l'unité, condamner l'erreur. Le magistère rappelle ce qui est vrai et il condamne ce qui est faux.

 

"Donc, ce serait une erreur que de chercher à rassembler dans l'Église tous les chrétiens séparés sans fonder cette unité sur l'unité de doctrine et de Magistère. On dit, bon aller, d'accord, vous vous croyez à trois quarts des vérités, nous on croit toutes les vérités, on va essayer de faire un tronc commun.

 

"Et les œcuménistes vont très loin dans l''œcuménisme'. Dans les dernières réunions 'œcuméniques', ils ont invité les athées ! C'était à Assise en 2007 ou 2008, où il y avait un athée. Les œcuméniques dirent alors qu'on peut trouver des valeurs communes de spiritualité, des choses comme cela !... Et là c'est impossible. C'est comme mélanger l'eau et le feu."

 

"[...] Du désir d'unité, de la vraie unité, qui est de maintenir les gens dans la foi, va découler le désir d'apostolat, la prédication, la mission... Et on voit qu'aujourd'hui, ce n'est plus le cas : il n'y a pas plus de mission; il n'y a plus d'apostolat, il n'y a plus de désir de conversion, il n'y a plus de confession. Il n'y a plus rien, parce qu'il n'y a plus le désir des gens de ramener à l'unité.

 

"[...] Le diable est malin. Il n'a pas supprimé le gouvernement, il n'a pas supprimé le culte; il n'a pas supprimé l'enseignement. Il a même renforcé tout cela. Mais tout cela ce n'est plus pour la foi, c'est pour une autre finalité. L'autre finalité du gouvernement actuel de l'Eglise conciliaire, c'est pour l'unité du genre humain. Ce n'est plus tout pareil. Ce n'est plus l'unité de la foi, c'est l'unité du genre humain. C'est (horizontalisé. Ndlr.), un humanisme.

 

"Pie XI en 1928 a évrit cette encylique Mortalium animos (texte) qui est l'anti-thèse de Vatican II, parce qu'il commençait à voir que des prélats, des prêtres, commençaient à avoir une fausse notion d'œcuménisme.

 

"Cette fausse notion d'œcuménisme a commencé chez les protestants, divisés en quantité de sectes. Et en Allemagne et en Belgique, les protestants vont essayer de s'unir un peu, et mettre en commun leurs idées. Le but était de retrouver une certaine unité entre eux. Ils furent appelés les unionistes. Et c'est à partir de là, en 1948 qu'ils vont fonder le COE, le conseil œcuménique des Églises, qui va chercher à faire simplement un consensus autour de Jésus-Christ, la base commune, ce en quoi on croit. Et cette assemblée va se réunir tous les cinq, six ans. En 1954, l'évêque de Chicago, va s'opposer formellement à cela. En 1961, les 'orthodoxes' vont entrer dans ce conseil œcuménique. Au début de ces réunions, c'était que des chrétiens, il n'y avait pas de juifs ni de musulmans, d'hindous, etc. Et puis progressivement, certains catholiques se sont intéressés à cet esprit unioniste. Le Père Teilhard de Chardin, un jésuite, essaye de concevoir une unité du genre humain autour du Christ; l'humanité converge historiquement vers le Christ, qui est le centre de l'humanité. Mais, celui qui va être le vrai promoteur est le cardinal Mercier, archevêque de Bruxelles-Malines. Il va organiser à partir de 1921 les Discussions de Malines; l'idée était de réunir les anglicans et les catholiques pour faire des colloques, des discussions. L'intention initiale n'était pas forcément mauvaise, mais elle était dangereuse. C'est pour cela qu'en 1928 le pape Pie XI est intervenu. Le cardinal Mercier avait un conseiller qui s'appelait Dom Lambert Beauduin. C'est lui, qui va être l'âme de ce faux esprit œcuménique; il va être le promoteur de l'unité entre les anglicans et les orthodoxes. Il va être protégé par le cardinal Roncalli, le futur Jean XXIII. Dom Lambert Beaudouin ne voulait pas que les orthodoxes changent, il voulait que les catholiques apprennent à connaître, et à reconnaître leurs erreurs, vis-à-vis des orthodoxes, qui auraient pu faire quelque chose de mieux. Quand Pie XII est mort, Dom Lambert Beauduin était dans l'euphorie, et surtout quand il a appris l'élection de Jean XXIII. L'abbé Paul Couturier, un lazariste, va soumettre tous ces projets au cardinal Gerlier à Lyon, et il va se dépenser sans compter auprès des 'orthodoxes', des anglicans, et des réformés; c'est lui qui va être à l'origine de la fameuse Semaine de l'Unité, "fondement de l'œcuménsime" : l'idée c'est on discute, on discute, pour faire un. Il y a aussi le "groupe des Dombes", qui réunit des théologiens de différentes confessions, qui vont chercher à faire l'unité par la prière : on prie ensemble, avec l'idée de faire une séparation entre les dogmes importants et les dogmes moins importants... Et enfin, le grand maître de l'œcuménisme, qui va vraiment déterminer Vatican II, c'est le Père Congar, un dominicain. C'est lui la cheville ouvrière qui va orienter le concile Vatican II dans ses deux décrets "Unitatis redentegratio" (texte) et "Nostra Ætate" (texte), dans l'ouvrage Chrétiens désunis, où il considère philosophiquement que 'l'Église est en puissance' et pas en acte; c'est-à-dire que l'Église n'est pas encore parfaite, elle va le devenir; la perfection va se faire, alors qu'(avant Vatican II), on dit que l'Église est parfaite, elle est achevée, elle est une. Pour le Père Congar, non, l'Église n'est pas une, elle est à faire, elle est en construction permanente. Ce qui est faux, vous pourriez être les seuls catholiques dans le monde, et le monde entier pourrait ne plus être catholique, l'Église existe, elle est, elle est parfaite. Pour être parfaite, il faut quand même à l'Église un minimum d'autorité et c'est pour cela qu'il y aura toujours au moins un évêque dans le monde pour enseigner la vérité catholique. De même, chez le Père Congar, on trouve un humanisme de la religion, il faut incorporer ce qu'il y a d'humain, les valeurs humaines, pour rendre la religion plus humaine, plus sympathique : l'humanisme. Et c'est cet esprit que l'on retrouve dans Vatican II qui dit que oui, le monde moderne a beaucoup de choses, il faut quand même discerner dans ce qui se passe actuellement les choses intéressantes, etc."

 

Note du Blog Christ Roi.

 

Simon Claude MIMOUNI, spécialiste de renommée internationale de l'histoire de la formation du mouvement des disciples de Jésus dans le judaïsme, l'écrit également :

 

"C'est l'orthodoxie qui crée l'hétérodoxie. Et non l'inverse. Au commencement de l'Église, c'est en se considérant orthodoxes que ceux qui ne le sont pas sont rejetés comme hétérodoxes. Les orthodoxes établissent ainsi une filiation qui leur permet d'avoir une généalogie légitime face aux autres qui sont alors des opposants, qualifiés d'hérétiques." (Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 295.)

 

CONCLUSION BLOG CHRIST ROI

 

Ce n'est donc pas les erreurs ni les hérésies qui définissent la foi orthodoxe. Aucun assemblage avec des hérésies, c'est-à-dire des mensonges, ne peut produire une once de vérité ni d'unité. Il serait temps que les oecuméniques post Vatican II en reviennent à ce que prônaient les premiers chrétiens, dont saint Irénée de Lyon, pourtant déclaré docteur de l'Eglise par François le 21 janvier 2021, avec le titre de "Doctor unitatis", Docteur de l'unité (!), lui qui a écrit le fameux Contre les hérésies..., toujours et plus que jamais d'actualité !

Quel accord du Christ avec Satan ? ou quel partage pour un croyant avec un non-croyant ? quelle entente y a-t-il entre le sanctuaire de Dieu et les idoles ? Nous, en effet, nous sommes le sanctuaire du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit lui-même : J’habiterai et je marcherai parmi eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Sortez donc du milieu de ces gens-là et séparez-vous, – dit le Seigneur ; ne touchez à rien d’impur, et moi je vous accueillerai : je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, – dit le Seigneur souverain de l’univers.

2 Co 6, 15-18

Saint Polycarpe combat de nombreuses sectes qu'il juge hérétiques, en particulier certains gnostiques et notamment Marcion qui rejette l'Ancien Testament, ne garde qu’une sélection des nouveaux écrits et ne croit pas que Jésus est le Messie attendu des Juifs. Exclu de l’église de Rome en 144, Marcion se lance dans des campagnes missionnaires, fonde de nombreuses églises où l’on pratique une morale très austère, comportant la renonciation à la sexualité et à la vie de famille, tout en se préparant au martyre. Marcion, ayant été à la rencontre de saint Polycarpe lui dit : "Reconnais-nous." Polycarpe a-t-il réalisé des réunions "oecuméniques" avec Marcion ? Non, il lui a répondu : "— Je te reconnais pour le premier-né de Satan. Si grande était la circonspection des apôtres et de leurs disciples, qu'ils allaient jusqu'à refuser de communier, même en paroles, avec l'un de ces hommes qui falsifiaient la vérité. Comme le dit également Paul : 'L'hérétique, après un premier et un deuxième avertissement, rejette-le, sachant qu'un tel homme est perverti et qu'en péchant il est lui-même l'auteur de sa condamnation.' (Tite 3, 10-11). (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 3,4.) [...] L'Église, [...] c'est elle, [...] qui est la voie d'accès à la vie; 'tous' les autres 'sont des voleurs et des brigands' (Jn 10,8). C'est pourquoi il faut les rejeter (Tite 3,10), mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l'Église et saisir la Tradition de la vérité." (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 4,1.)

Le saint martyr Cyprien (200-258), parlant du pseudo-évêque schismatique Novatien, lui refusa même l'appellation de chrétien, puisqu'il était détaché et séparé de l'Église du Christ :

 

"Qui qu'il soit , dit-il, et de quelque espèce que ce soit, ce n'est pas un chrétien qui n'est pas dans l'Église du Christ. Il peut aussi se vanter et avec de superbes paroles prêcher sa philosophie et son éloquence ; celui qui n'a pas été fidèle à la charité fraternelle et à l'unité ecclésiastique a aussi perdu ce qui était avant. Puisqu'une seule Église dérive du Christ pour le monde entier, divisée en plusieurs membres, un seul épiscopat est également répandu dans le pluralisme concordant de plusieurs évêques; après le mandat de Dieu, et après l'unité de l'Église partout proche et unie, elle s'efforce de faire l'Église des personnes humaines. Donc, quiconque n'observe ni l'unité d'esprit, ni l'unité commune de la paix, et se sépare du lien de l'Église et du Collège des Prêtres, ne peut avoir le pouvoir ou l'honneur d'un Évêque, n'ayant pas voulu maintenir ou l'unité, ni la paix de l'épiscopat" [Cyprien., Contra Novatien, Ep. 52 à Antonien, in encyclique Etsi Multa du Pape Pie IX, 1873.]

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 00:00
Vitrail de saint Guignolé abbé, église Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, 1886

Vitrail de saint Guignolé abbé, église Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, 1886

Saint Gwenole (ou Guénolé) est né vers 460 à Ploufragran (Côtes-d'Armor, France), ou à Plouguin (Finistère), troisième fils de sainte Gwenn et de saint Fracan, frère de saint Jacut et de saint Guethenoc, qui vint probablement du Pays de Galles (actuel Royaume-Uni) pour se fixer à Ploufragan (Côtes-d'Armor).

Il fut confié à saint Budoc en 470 pour être éduqué au monastère de l'île Lavret, lieu de fondation du premier monastère de la Bretagne armoricaine.

À 24 ans, saint Patrick († 461), apôtre de l'Irlande, lui apparaît, le dissuade de s'embarquer pour l'Irlande, et le prie de fonder un nouveau monastère. Guénolé part avec onze compagnons et se fixe d'abord sur l'îlot de Tibidi au fond de la rade de Brest, puis sur la rive opposée de l'Aulne, à Lantowinnoc, Landévennec, qui devint un grand centre de la vie spirituelle de Bretagne.

Après la mort de Guénolé en 532, son culte se répand en Cornouaille bretonne et britannique. Dans l'abbaye de Landévennec, les moines ne manquent pas d'invoquer chaque soir "leur père saint Guénolé". De très nombreuses paroisses de Bretagne sont placées sous son patronage en particulier Batz-sur-Mer. (1)

L'abbaye de Landévennec fut au Moyen Âge un lieu important d'écriture de manuscrits, de parchemins et un atelier de copistes. À partir de la 2e moitié du IXe siècle, les moines lettrés de l'abbaye forment, sous l'impulsion de l'abbé Gurdisten, une véritable école hagiographique puisant son inspiration pour partie dans la tradition celtique mais s'adaptant aux idées carolingiennes et aux nouveaux standards bénédictins, maîtrisant les techniques littéraires caractérisant la renaissance des Lettres de leur époque. C'est véritablement "l'âge d'or" de l'abbaye. Les moines de Landévennec bénéficient du soutien des rois et comtes de Cornouaille et des commandes de l'Évêché de Léon, par exemple pour les Vitæ de saint Guénolé et de saint Pol. (2)

Au XIXe siècle, l'historien Arthur Le Moyne de la Borderie qualifiera l'abbaye de Landévennec de "Coeur de la Bretagne". Abandonnée en 1793 et ruinée dans les années 1810, elle sera relevée par une nouvelle communauté monastique bénédictine en 1958, qui y construit de nouveaux bâtiments. Elle est affiliée à la congrégation de Subiaco.  Les ruines de l'ancienne abbaye ainsi qu'un musée historique sont accessibles au public.

Ancienne abbaye de Landévennec

Ancienne abbaye de Landévennec

Source: (1); (2)

 

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 00:00
Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.

Genèse 3,19

Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur

               

Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : "Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile" (Mc 1,15).

 

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

          
Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens.

Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du "cœur contrit" (Ps 51(50), 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10).

         
Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans conversion du cœur, sans bonne volonté, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).  

       
La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).    

       

Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : "Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis" (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :
      

Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir (S. Clément de Rome, Cor. 7,4). (…)         
         

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autresÀ côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5, 20) l’intercession des saints et la pratique de la charité "qui couvre une multitude de péchés" (1 P 4, 8).  

      

La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9, 23) : »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.

Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Source : Catéchisme de l’Église catholique §1427-1428 ; 1430-1432 ; 1434-1435

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 00:00
Saint Romain († 463)

Abbé du Jura, frère de saint Lupicin († 460), Romain quitta son Ain natal à 35 ans et se retira dans un «désert» au confluent de deux rivières, pour y vivre en ermite. À Condat (aujourd'hui Saint-Claude), il trouva refuge sous un grand sapin solitaire dont les branches épaisses formaient une sorte de voûte impénétrable à la pluie. En dehors de l’abri jaillissait une fontaine fraîche où il pouvait de désaltérer. Sa nourriture était constituée de baies sauvages. Il avait apporté une bêche et des graines.

Il ensemença ce désert et put bientôt vivre de ses récoltes. Il vécut là quelques années comme s'il était dans le désert égyptien de la Thébaïde. Son frère Lupicin vint le rejoindre quelques années plus tard. Ils priaient tous les jours en se prosternant contre terre et vivaient du fruit de leur labeur.

Romain fut rejoint par plusieurs disciples et fonda deux monastères qu'il nomma Condat et Leucone. Les deux monastères donnèrent, plus tard, naissance à deux villages : Saint-Claude et Saint Lupicin.

Romain et Lupicin étaient deux frères dont les cheminements spirituels et le caractère étaient fort différents, mais bien complémentaires. Plutôt que de s'opposer, ils unirent leurs différences, pour se rejoindre dans un même service de Dieu. Romain garda la direction de Condat et confia Lauconne à Lupicin. Romain était indulgent, doux et patient, Lupicin, sévère et intransigeant. Quand le relâchement s'introduisait à Condat, Lupicin reprenait les choses en main et rétablissait la discipline. Quand les moines de Lauconne commençaient à se décourager de trop de rigueur, Romain devenait leur supérieur, les faisant dormir et manger davantage, leur rendant bonne humeur et santé. La gloire de Dieu, dans les deux cas, y trouvait son compte.

Romain et Lupicin avaient installé leur sœur Yole (Iola) comme abbesse de leur fondation pour moniales au monastère de la Balme, sur un rocher surplombant une combe pittoresque qui s'ouvre sur la rive droite de la Bienne, appelé ensuite Saint-Romain-de-Roche, (aujourd'hui sur le territoire de la commune de Pratz, dans le canton de Moirans-en-Montagne). Jusqu’à 125 religieuses occupèrent ce monastère.

En 450, Romain fonda sur le versant oriental du Jura le premier monastère de l'actuelle Suisse, qui prit plus tard le nom de Romainmôtier (entre Orbe et Vallorbe, dans le canton de Vaud) et qui dura jusqu'à l'introduction de la Réforme protestante, en 1536.

Un des plus anciens religieux reprocha un jour à Romain de recevoir trop facilement tous les sujets qui se présentaient, au risque de n'avoir plus de place pour accueillir les sujets d'élite: "Mon frère, lui dit le Saint, Dieu seul discerne le fond des coeurs, confions-nous en Lui. Accueillons toutes ces brebis que nous envoie le divin Pasteur, et, par notre zèle, conduisons-les avec nous aux portes du Paradis."

Romain mourut dans le Jura en 463.

Chaque année, dans le cadre du festival de musique du Haut-Jura, des concerts sont donnés dans la chapelle de Saint-Romain, située sur la commune de Pratz.

 

Sources : 1, 2, 3, 4

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 09:54

[Douter], c’est croire implicitement à l’existence de la vérité et en désirer la connaissance.

Saint Augustin

Saint Augustin, complotiste ?

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 01:00
Sainte Honorine, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 95.

Sainte Honorine, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 95.

On ne connaît d'elle que les reliques qui furent rapportées de Haute-Normandie jusqu'en Ile-de-France à Conflans-Saint-Honorine. Son culte en Normandie est très ancien et la tradition en fait une martyre gauloise.

 

- la tradition rapporte qu'elle fut martyrisée en l'an 303 lors de la dernière persécution romaine. Sainte Honorine est également patronne des prisonniers.

- Honorine était originaire de la tribu gauloise des Calètes (actuellement pays de Caux). Vers 303, elle fut martyrisée par les Romains à Lillebonne et son corps jeté dans la Seine proche.

 

Son corps fut recueilli à Graville (actuel quartier du Havre) et y fut enterré.

 

Pour échapper aux invasions normandes, son corps est transporté par des religieux jusqu'au castrum de Conflans près du confluent de la Seine et de l'Oise, en 876. Elles y restèrent la paix revenue. Un pèlerinage régional, le jour de l'Ascension, se développa sous l'impulsion des moines du prieuré de Conflans, dépendant de l'abbaye Notre-Dame du Bec, installés depuis 1080. De nos jours, ce pèlerinage a lieu le dimanche précédant ou suivant le 27 février.

Sainte Honorine, vierge, martyre gauloise († 303)

Le 27 février est la date actuellement retenue pour les cérémonies et processions et ce, depuis l'an 1080. Voir le site de la paroisse de Conflans-Sainte-Honorine où Vêpres et vénération des reliques sont organisés tous les ans pour sa fête.

 

Certains auteurs localisent Honorine dans le pays d'Auge (diocèse de Bayeux) comme en témoignent les nombreux villages qui portent son nom. D'autres la situent dans le pays de Caux : c'est à Graville que se trouve son tombeau.

 

Sainte Honorine aurait fait partie du peuple gaulois des Calètes et aurait été martyrisée à Lillebonne (Juliobonna). Son corps jeté dans la Seine aurait été recueilli à Graville où il fut enterré (début du IVe siècle).

 

Sur le territoire de Rouen, au IVe siècle, sainte Honorine, vierge et martyre. Martyrologe romain

Statue de sainte Honorine sur l'église de Corbeil-Cerf.

Statue de sainte Honorine sur l'église de Corbeil-Cerf.

"Sainte Honorine, l’espérance des captifs et des matelots, obtenez-nous la délivrance de nos périls et de nos maux" (cantique composé vers 1875)

 

Sources : (1) L'Evangile au quotidien ; (2) Nominis ; (3) Wikipedia ; (4) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 94.

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 22:18

Comme sainte Jeanne d'Arc nous l'enseigne, ainsi que le prophète Samuel, c'est Dieu qui désigne le roi. Sa volonté est au-dessus de tout, y compris des lois humaines les plus sacrés. Mais un roi se mérite, par la prière, les sacrifices et les œuvres. Pas de roi sans peuple.

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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 11:13

Les autorités ecclésiastiques catholiques se tiennent le plus souvent à l’écart des soubresauts électoraux. Mais la situation en France a récemment attiré leur attention sur le cas d’un candidat, en particulier : Eric Zemmour. Au Vatican, une décision sans précédent pourrait être prise : menacer d’excommunication les électeurs tentés par le candidat d’extrême droite.

Un candidat « anti chrétien »

C’est une rumeur qui circule depuis quelques jours au sein de l’épiscopat français : le Cardinal Ladaria Ferrer, préfet de la puissante Congrégation pour la doctrine de la Foi, serait sur le point de menacer d’excommunication les fidèles catholiques qui voteraient pour Eric Zemmour. 

Source : https://24heuresactu.com/2022/02/21/le-vatican-menacerait-dexcommunier-les-electeurs-de-zemmour/

Note du blog Christ Roi. Le problème est qu'un candidat à l'élection présidentielle en France, fille aînée de l'Eglise, puisse déclarer qu'il est CONTRE le Christ. 

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai aussi pour lui devant mon Père qui est aux Cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père.

Matthieu 10,32-33

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 21:24

Le 19 février, des Canadiens des Convois de la liberté se sont mis à genoux et ont prié ensemble à 8:37 PM sur Vigilant Fox Twitter.

À Ottawa, les manifestants s'agenouillent en prière et demandent de la force face à une police brutale et à un régime autoritaire.

 

Quinze minutes plus tard, une croix est apparue dans le ciel d'Ottawa, à 8:52 PM  : 

Sources

https://twitter.com/pandapetit5/status/1495123761997266945?t=xYIEtz0G_T_qcIg1zPYk1w&s=19

https://twitter.com/NathalieS008/status/1495124233663520770?t=wncdM8OOgP_1zRkKjfDlyQ&s=19

https://twitter.com/lille_sonia/status/1495667532157657088?t=oIdTPtynOKF3dD6PEnJS6A&s=19

https://nouveau-monde.ca/malgre-la-police-trudeau-et-les-medias-desinformateurs-le-mouvement-de-la-liberte-se-poursuit-au-quebec-et-ailleurs-au-canada/

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 00:00
Saint Pierre Damien, Évêque et docteur de l'Église († 1072)

Pierre Damien (en italien Pier Damiani) est né à Ravenne (Italie) en 1007 dans une famille noble, mais pauvre. Devenu orphelin de ses deux parents, il vécut une enfance marquée par les privations et les souffrances, même si sa sœur Roselinda s'engagea à lui servir de mère et son grand frère Damien l'adopta comme son enfant. C’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. 

Grâce à son frère, Damien, il put faire des études.

Assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, il ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêment austère (1035). Il est ensuite élu prieur de Fonte Avellana (Marches, Italie), en 1043, d'où il fonde d'autres monastères. Sa réputation s'amplifiant, il fut sollicité par plusieurs papes pour réformer l'Église et voyagea pendant six ans comme légat du pape. Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines:

 

"Prenons garde à la science qui ne vire point en amour. Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle."

 

Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit :

 

"Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance." 

 

L’Église connaît une période difficile où bien des clercs, prêtres et moines, mènent une vie débauchée, en tous cas relâchée. Il devient célèbre pour la vigueur de ses sermons contre la simonie et le nicolaïsme. En 1051, il rédige le Livre de Gomorrhe, où il dénonce les vices du clergé (et en particulier les prêtres homosexuels pédérastes), dont il exige le renvoi de l’Église (réduction à l'état laïc de tout clerc, fut-il cardinal, si coupable de ces vices). Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre Damien écrit au Pape :

 

"Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience".

 

Saint Pierre Damien obtient finalement de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le promeut, malgré lui, cardinal-évêque ; il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux.

 

Pierre Damien abandonna ses titres dès qu'il put pour retourner à Fonte Avellana. C'est sur le trajet du retour qu'il mourut, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, la nuit entre le 22 et le 23 février 1072.

 

Grâce à ses nombreux écrits à caractère théologique, Pierre Damien fut proclamé Docteur de l’église le 1er octobre 1828 par le Pape Léon XII.

 

Son œuvre consiste en une imposante correspondance (158 lettres), et des sermons (75). Il est également l’auteur d’hagiographies et de traités, dont :

 

De divina omnipotentia, sur la puissance de Dieu (Lettre sur la toute-puissance divine, Paris: Cerf, 1972 (texte avec traduction) )

Une disputatio avec un Juif sur la Trinité et le Messie ;

Liber gratissimus, dédié à l’archevêque Henri de Ravenne, contre la simonie ;

De brevitate vitæ pontificum romanorum, sur la courte vie accordée aux papes.

 

Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne au XIe siècle et la merveilleuse efflorescence de l’Église du XIIIe siècle.

On le représente sous l'habit de moine camaldule ou en évêque.

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Citations

 

"Que l’espérance te conduise vers la joie ! que la charité enflamme ton enthousiasme ! et que dans cette ivresse, ton âme oublie qu’elle souffre, pour s’épanouir en se dirigeant vers ce qu’elle contemple au-dedans d’elle-même." (Saint Pierre Damien, lettre à un malade)

 

"La tentation, ce n’est pas un mal. C’est une épreuve méritoire et la place où nous pouvons répondre de notre amour pour Dieu." (Saint Pierre Damien – Dominus vobiscum)

 

Fête le 21 février.

On invoque saint Pierre Damien pour les migraines, et tous les maux de tête en rapport avec des nombreuses études.

Saint Pierre Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Saint Pierre Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Sources : (1); (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 08:39
Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle

Crucifix de Saint-Damien, XIIe siècle

La croix est victorieuse : couronne, devant le tombeau vide, c’est le signe de la résurrection. La croix prend sa signification de "Salus Mundi", Salut du monde.

 

Les premiers chrétiens faisaient le signe de la croix

 

"On se marque souvent avec peu de respect du signe de la croix, sans songer que c'est le signe des humiliations que Jésus-Christ a endurées pour nous. Dès votre réveil, faites le signe de la croix, et souvenez-vous qu'il vous indique tout d'abord que la journée qui commence doit être un pas courageux à la suite de Jésus-Christ. Au commencement des actions de quelque importance, faites le signe de la croix. Nous ne saurions trop nous rappeler qu'il faut les imprimer de l'esprit chrétien. Marquez-vous de ce signe auguste dans les moments où votre cœur est attristé... quand vous avez quelque souffrance physique ou morale ou à essuyer quelque assaut de la tentation. Ce signe sacré est l'effroi du démon, tandis qu'il rapproche de vous votre ange gardien." (Source: Avis spirituels pour servir à la sanctification des âmes (LXXIV), Seconde édition, Nancy, 1863.)

 

Le signe de croix lui-même était rapidement esquissé sur le front, les lèvres et la poitrine.

Ce fut ainsi que les premiers chrétiens tracèrent d'abord le signe de la croix. Plusieurs textes font allusion à cette triple marque sur le front, les lèvres et la poitrine, les trois parties supérieures de l'homme - intelligence, amour, force - se trouvant ainsi placées sous la protection de la croix.

 

Saint Justin, martyr en 165, nous apprend comment il faisait le signe de la croix : dextra manu in nomine Christe quos crucis signo obsignandi sunt obsignamus. (Quæst, 118.)

 

"Nous faisons le signe de la croix de la main droite sur les catéchumènes, parce que la main droite est censée plus noble que la gauche, bien qu'elle n'en diffère que par sa position, et non par nature; ainsi, nous prions vers l'Orient, comme étant la partie la plus noble de la création. De qui l'Eglise a-t-elle reçu cette manière de prier ? De ceux-là même qui lui ont appris à prier : les Apôtres." (Quæst, 18.)

 

Tertullien, né à Carthage entre 150 et 160 ( † et mort en 220) écrit début IIIe siècle dans "De la couronne du soldat" (écrit vers 211-212) :

 

"À chaque moment et à chaque pas, en entrant et en sortant, en nous habillant, en nous chaussant, en nous baignant, en nous mettant à table, en allumant les flambeaux, en dormant [les mains croisées sur la poitrine], en nous asseyant, quoi que nous fassions, où que nous allions, nous marquons notre front du signe de la croix. Ad omnem progressum atque promotum, ad omnem aditum et exitum, ad vestibum et calceatum, ad lavacra, ad menas, ad lumina, ad cubilia, ad sedilia, quacumque nos conversatio exercet, frontem crucis signaculo terimus." (De Coron. milit. C. III.)

 

Selon Saint Ephrem, né vers 306 à Nisibe dans l'actuelle Turquie et mort en 373, dit qu'à chaque instants, nos aïeux faisaient le signe de la croix. Ils le faisaient non seulement sur leur front, mais encore sur leurs yeux, sur leur bouche, sur leur poitrine : "in frontibus, et in oculis, et in ore, et in pectore et in omnibus membris nostris" (S. Ephrem, Serm. in pret. et vivif. crucem)

 

C'est au IVe siècle, à la fin de la persécution, que notre signe de croix actuel prévaudra. L'antique forme (sur le front, les lèvres et la poitrine) est cependant restée dans certains usages : par exemple, on le fait encore à la lecture de l'Évangile. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 177.)

 

 

 

In hoc signo vinces. Par ce signe tu vaincras

 

Florence CHAVE-MAHIR, historienne, auteur en 2004 de la première thèse de doctorat sur l'histoire des exorcismes médiévaux, cite et référence dans sa thèse de doctorat d'histoire, plusieurs exorcismes par le signum crucis dans l'hagiographie du XIIe siècle, comme dans la vie de saint Bernard. Au XVIe siècle, Thérèse d'Avila chasse le démon par le signe de la croix et sa puissance exorciste est bien connue. (F. CHAVE-MAHIR, L'Exorcisme des possédés dans l'Église d'Occident, Xe - XIVe siècle, coll. Bibliothèque d'Histoire culturelle du Moyen-Âge, 10, Turnhout, Brepols 2011, p. 152-154.)

 

Saint Thomas d'Aquin parle des significations des signes de la croix de la messe, mais sans préciser explicitement leur puissance exorciste (ST, III, q. 83, a. 5.) (in Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 596, 573, 584, 913, 962.)

 

Par ce signe, dit saint Bernard, nous faisons retomber sur ces esprits de malice les coups qu'ils voudraient nous porter. C'est pour nous servir de protection et de défense contre eux que ce signe a été institué ; et l'Eglise l'a toujours regardé comme l'un de ses plus puissants exorcismes. (aut. quiv. at. tr. de pass. Dom. c. 12 n. 65 vol. 2).

Dans sa vie de S. Bernard, Mabillon compte plus de trente aveugles de tout âge et de toute condition, en France, en Allemagne, en Italie, guéris en présence des rois et des grands seigneurs, au moyen du signe de la croix fait sur eux par le thaumaturge de Clairvaux. Par le même signe, l'abbé de Clairvaux a guéri une foule de sourds et de muets. (T. II)

Selon le grand Athanase, témoin oculaire, "par le signe de la croix, tous les artifices de la magie sont impuissants, tous les enchantements inefficaces, toutes les idoles abandonnées. Par lui sont modérées, apaisées, arrêtées les fougues de la volupté la plus brutale, et l'âme courbée vers la terre se relève vers le ciel." (Lib. de Incarnat. Verb.

 

L’Église reprend à son compte celle que Constantin a eue en vision lors de la bataille du pont Milvius. C’est cette croix triomphale qui sera reproduite, embellie, ornée de pierres précieuses dans tous les monuments chrétiens de l’époque byzantine pour signifier la victoire glorieuse du Christ sur le mal. (Cf. Basilique St Apollinaire in classe, Ravenne).

Témoignages d'auteurs chrétiens

 

Le signe de la croix est l'arme de précision contre le démon. Instruits immédiatement par les apôtres, les premiers chrétiens le savaient. En lutte permanente avec Satan, dans toute la puissance de son règne et la cruauté de sa rage, régulateur des mœurs, des idées, des arts, des théâtres, des fêtes et des lois, maître des autels et des trônes, souillant tout et faisant de tout un instrument de corruption, ils avaient sans cesse recours à l'infaillible moyen de dissiper le charme fascinateur, et de parer les traits enflammés de l'ennemi. De là l'usage continuel du signe de la croix devenu pour eux un exorcisme de tous les instants : quacumque nos conversatio exercet, frontem crucis signaculo terimus (quoi que nous fassions, où que nous allions, nous marquons notre front du signe de la croix). Tous les Pères de l'Église, témoins oculaires, en font foi, tous les historiens le constatent.

 

Les princes des apôtres Pierre et Paul font religieusement le signe de la croix et l'enseignent de l'Orient à l'Occident, à Jérusalem, à Antioche, à Athènes, à Rome, aux Grecs et aux barbares. "Paul, dit saint Augustin, porte partout l'étendard royal de la croix. Il  pêche les hommes, et Pierre marque les nations du signe de la croix. Circumfert Paulus Dominicum in cruce vexillum. Et iste piscator hominum, et ille titulat signo crucis gentiles. (Serm, XXVIII.) 

 

"Va, dit le Seigneur à Ananie, et marque-le (Conversion de S. Paul. Ac 9) de mon signe. Vade ad eum, et signa cum charactere meo. (S. Augustin, Serm. II et XXV, de Sanctis)

 

Non seulement ils le font sur les hommes, ils le font encore sur les créatures inanimées et ils le font faire. "Toute créature de Dieu est bonne, écrit le grand Apôtre, et rien n’est à rejeter si on le prend avec actions de grâces, car alors cela est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. (I Thim IV, 4-5) Paul établit ici deux choses : la première, que nulle créature n'est immonde. La seconde, qu'en la supposant telle, le moyen de la purifier est sous la main. Faites-lui le signe de la croix, rendez grâces et gloire à Dieu, et à l'instant toute souillure disparaît. (Saint Jean ChrysostomeIn Tim., Homil., XII.)

 

"Va, dit le Seigneur à Ananie, et marque-le (Saul de Tarse, futur S. Paul) de mon signe. Vade ad eum, et signa cum charactere meo. (S. Augustin, Serm. II et XXV, de Sanctis)

 

Le signe de la croix a été pratiqué partout et toujours dans des circonstance solennelles, avec la conscience plus ou moins claire de sa signification. (Source générale : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016)

 

Le signe de la croix était fait par les Hébreux et par les païens, eux-mêmes.

 

S'agissant des Hébreux, Mgr Gaume donne ces exemples : 

 

Lorsque Jacob, sur le point de mourir, croise les mains pour bénir les enfants de Joseph, pères futurs des douze tribus d'Israël, rien n'est plus évident : inspiré de Dieu, le saint Patriarche annonce à chacun ce qui doit lui arriver dans la suite des siècles. Et que fait-il ? Il croise les bras et place la main gauche sur l'enfant qui est à sa droite, et la droite sur l'enfant qui est à sa gauche. Voilà le signe de la croix, source éternelle de bénédictions !

 

De même, "pourquoi Moïse au moment où Josué va combattre Amalech fai-il ce qu'il n'a jamais fait, priant les mains étendues ? ... Parce que le combat du Seigneur qui se livrait contre Amalech préfigurait les batailles du Verbe incarné contre Satan, et le signe de la croix par lequel il devait remplacer la victoire." (Tertullien, Contre Marcion, n° 111.)

 

Dans le livre de l'Exode, on peut lire une préfiguration du Précieux Sang du Christ

 

Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : "Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. ... Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. ... Moïse convoqua tous les anciens d’Israël et leur dit : « Prenez un agneau par clan et immolez-le pour la Pâque. Puis vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang que vous aurez recueilli dans un récipient, et vous étendrez le sang sur le linteau et les deux montants de la porte. Que nul d’entre vous ne sorte de sa maison avant le matin. Ainsi, lorsque le Seigneur traversera l’Égypte pour la frapper, et qu’il verra le sang sur le linteau et les deux montants, il passera cette maison sans permettre à l’Exterminateur d’y entrer pour la frapper." (Ex 12)

 

Lorsque les Hébreux murmurèrent  contre Moïse et contre Dieu, des serpents leurs furent envoyés qui les déchirèrent de leurs morsures. La prière de Moïse toucha Dieu. Pour mettre en fuite les serpents et guérir les innombrables malades, quel moyen va-t-il indiquer ? Des prières ? Non. Des jeûnes ? non. Un autel, une colonne expiatoire ? Rien de tout cela. Il ordonne de faire un serpent au-dessus d'un mât, signe de croix permanent et visible à tous ; signe de croix que chaque malade fera de cœur, seulement en le regardant. Tel sera la puissance de ce signe, qu'un seul regard suffira pour rendre la santé. (Nb 21, 8-9)

 

Au temps du prophète Ézechiel (VIe s. av. J.-C.), les abominations de Jérusalem étaient au comble. Un personnage mystérieux, l'homme vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire de scribe, dit le prophète, reçoit ordre de traverser la ville et de marquer du signe T le front de tous ceux qui gémissaient des iniquités de cette coupable capitale. À ses côtés marchaient six autres personnages, portant chacun une arme de mort, avec ordre de tuer indistinctement tous ceux qui ne seraient pas marqués du signe salutaire. (Ezech. 9,4, etc.) "Le signe Tau, marqué sur le front des habitants de Jérusalem les protégeaient contre les anges exterminateurs. Ainsi, le signe de la croix, dont l'homme marque son front est une assurance qu'il ne sera pas la victime du démon et des autres ennemis du salut, s'il gémit sincèrement des abominations que ce signe interdit." (Tertullien, Adv. Marcion, lib. III, c. XXII).

Les Philistins ont réduit les Israélites à la plus humiliante servitude. Samson, doté à la naissance d'une force extraordinaire, a commencé leur délivrance. Malheureusement, il s'est laissé surprendre. Ils l'ont enchaînés, après lui avoir crevé les yeux. Dans cet état, ils s'en font un jouet pour amuser leurs fêtes. Cependant, "placé entre deux colonnes qui soutiennent tout l'édifice, dit saint Augustin, le fort d'Israël étend ses bras en forme de croix. Dans cette attitude toute-puissante, il secoue les colonnes, les ébranle, écrase ses ennemis : et comme le grand Crucifié, dont il était la figure, il meurt lui-même enseveli dans son triomphe." (Saint AugustinSerm. 107, de Temp.)

 

Lorsque David, accablé de chagrin, est réduit à la plus grande extrémité dans laquelle se puisse trouver un roi, un fils parricide, des sujets révoltés, un trône chancelant, la vieillesse qui arrive à grands pas, que fera le monarque inspiré ? Il priera. Mais comment ? En faisant le signe de la croix. Expandi manus meas ad te. J'ai étendu mes mains vers vous. (Ps 142).

 

Lorsque encore Salomon, fils de David, achève le temple de Jérusalem, il faut attirer les bénédictions du ciel sur la nouvelle demeure du Dieu d'Israël, et obtenir ses faveurs pour ceux qui y viendront prier. Que fait Salomon ? Il prie en faisant le signe de la croix. Or Salomon se tint debout devant l'autel du Seigneur, en présence de toute l'assemblée d'Israël, et il étendit ses mains vers le ciel. (III Rois 8,22)

 

Dans les sacrifices juifs, le prêtre élevait d'abord l'hostie, selon qu'il était prescrit par la loi. Il la portait ensuite de l'Orient à l'Occident, comme nous l'apprennent les Juifs eux-mêmes : ce qui formait la figure de la croix. C'est en faisant le même mouvement que le grand prêtre et même les simples prêtres bénissaient le peuple après les sacrifices. (Abbé Jacques Joseph Duguet, Traité de la Croix de notre seigneur Jésus-Christ ; ou Explication du mystère de la passion de N. S. Jésus-Christ selon la Concorde, 1733, c. VIII.)

 

Croire que les patriarches, les juges, les prophètes, les rois, les voyants d'Israël fussent les seuls à connaître le signe de la croix et à le pratiquer serait une erreur. Tout le peuple le connaissait, et dans les dangers publics en faisait religieusement usage.

 

Sennachérib a marché de victoire en victoire. La plus grande partie de la Palestine est envahie : Jérusalem est menacée. Vois-tu ce que fait ce peuple, hommes, femmes, enfants, pour repousser l'ennemi ? Comme Moïse, il fait le signe de la croix, il se fait signe de croix ; "Et ils invoquèrent le Seigneur des miséricordes, et, étendant les mains, ils les élevèrent vers le ciel. Et le Seigneur les exauça." (Eccles. 48,22)

 

Un autre danger les menace. Voici Héliodore qui vient, accompagné d'une troupe de soldats, pour piller les trésors du temple. Déjà il est entré dans le parvis extérieur : encore un peu et le sacrilège sera consommé. Les prêtres sont prosternés au pied de l'autel : mais rien n'arrête le spoliateur. Que fait le peuple ? il recourt à son arme traditionnelle : il prie en faisait le signe de la croix. Tu sais le reste. (II Macchab 3,20)

 

S'il est incontestable que prier les bras étendus est une forme du signe de la croix, tu vois que de toute antiquité les Juifs ont connu le signe de la croix et qu'ils l'ont pratiqué, avec l'instinct plus ou moins mystérieux de sa toute-puissance.

 

Les païens, aussi, faisaient le signe de la croix 

 

Ils l'ont fait en priant et l'ont cru, avec raison, doué d'une force mystérieuse de grande importance. Ils le faisaient en passant le pouce de la main droite sous l'index et le reposant sur le doigt du milieu, de manière à former une croix. Apulée (125-170), philosophe platonicien, en fait foi : "Une multitude de citoyens et d'étrangers, dit-il, étaient accourus au bruit retentissant du spectacle. ... Ils portaient la main droite à leur bouche, l'index reposant sur le pouce; et, par de religieuses prières, l'honoraient comme la divinité elle-même." (Apulée, Asin, Aur, lib. IV.) Quant au murmure d'accompagnements, on connaît les vers d'Ovide (-43 - 18 ap. J.-C.), VI, Métamorph. :

Restitit, et pravido, faveas mihi, murmure Dixit (Il s'est arrêté et m'a dit à voix haute)

Dux mens : simul, faveas mihi, murmure dixi. (Esprit de chef : en même temps, favorisez-moi, murmurai-je.)

 

Cette manière de faire le signe de la croix est tellement expressive qu'elle est demeurée même de nos jours, familière à un grand nombre de chrétiens dans tous les pays. Elle n'était pas la seule connue des païens. Comme les âmes les plus pieuses, ils faisaient le signe de la croix en joignant les mains sur la poitrine, dans les circonstances les plus solennelles, et les plus mystérieuses en même temps, de leur vie publique.

 

Lorsqu'une armée romaine venait mettre le siège devant une ville, la première opération du général, quel que fût son nom, Camille, Fabius, Métellus, César ou Scipion, était non de creuse des fossés ou d'élever des lignes de circonvallation, mais d'évoquer les dieux défenseurs de la ville et de les appeler dans son camp. La formule d'évocation est trop longue pour une lettre. Tu la trouveras dans Macrobe. Or, en la prononçant, le général faisait deux fois le signe de la croix. D'abord, comme Moïse, comme les premiers chrétiens, comme, aujourd'hui encore le prêtre à l'autel, les mains étendues vers le ciel, il prononçait en suppliant le nom de Jupiter. Puis, rempli de confiance dans l'efficacité de sa prière, il croisait dévotement les mains sur sa poitrine. (Satur., lib. III, c. II). Voilà bien le signe de la croix sous deux formes incontestables, universelles et parfaitement régulières.

 

Si ce fait remarquable est généralement ignoré, en voici un autre qui l'est un peu moins. L'usage de prier les bras en croix était familier aux païens de l'Orient et de l'Occident.

 

Tite-Live dira : "À genoux, elles élevaient leurs mains suppliantes vers le ciel et vers les dieux." (Lib. XXXIV.)

 

Denys d'Alicarnasse : "Brutus, apprenant le malheur et la mort de Lucrèce, éleva les mains au ciel et appela Jupiter avec tous les dieux. (Antiquit., lib. IV)

 

Et Virgile : "Le père Anchise, sur le rivage, les mains étendues, invoque les grands dieux." (Æneid., lib . III) 

 

Et Athénée : "Darius, ayant appris avec quels égards Alexandre traitait ses filles captives, étendit les mains vers le soleil, et demanda, si lui-même ne devait pas régner, que l'empire fût donné à Alexandre." (Lib. XIII, c. XVII.) 

 

Apulée déclare formellement que cette manière de prier n'était pas une exception, une excentricité, mais une coutume permanente : "L'attitude de ceux qui prient, est d'élever les mains au ciel." (Lib. de Mundo)

 

Les Égyptiens plaçaient la croix dans leurs temples, priaient devant ce signe et le regardaient comme l'annonce d'un bonheur futur. 

 

Les historiens grecs Socrate (380-450) et Sozomène (400-448) rapportent qu'au temps de l'empereur Théodose (379-395), lorsqu'on détruisait les temples des faux dieux, celui de Sérapis en Égypte, se trouva rempli de pierres, marquées de caractère hiéroglyphiques en forme de croix. Les néophytes égyptiens affirmaient que ces caractères signifiant la croix, signe de la vie future, suivant les interprètes. (Sozom. , 1. V, c. XVII; - Id., lib. VII, c. XV.)

 

Sur la valeur interprétatoire et latreutique du signe de la croix, le haut Orient était d'accord avec l'Occident, le Chinois et le Romain.

 

L'idée de Dieu et de l'âme a été connue et admise dès l'antiquité en Chine et avant l'arrivée des missionnaires chrétiens. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 1.) Le Père Prémaré soutient que le monothéisme chinois avait une vision de la Trinité de Dieu.

 

Croirais-tu qu'un empereur de Chine, si ancien qu'il est presque mythologique, Hien-Yuen (Hoang-ti ou Huang-Di, l'"empereur jaune"), avait, comme Platon, pressenti le mystère de la croix ? "Pour honorer le Très-Haut, cet ancien empereur joignait ensemble deux morceaux de bois, l'un droit, l'autre de travers." (Discours prélim. du Chou-King, par le P. Prémare, ch. IX, p. XCII.)

 

''Suivant M. de Paravey, la croix comme symbole de salut, existait, avant Jésus-Christ, en Chine. Voyez sa Dissertation abrégée sur le Ta-Tsin, ou sur le nom antique et hiéroglyphique de la Judée, ou Traditions conservées en Chine, sur l'ancien pays de Tsin, pays qui fut celui des céréales et de la croix", (Annales de Philosophie chrétienne, tome XII, 1836, p. 256, in Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, par le Révérend Père Dom Augustin Calmet, Abbé Migne éditeur, Paris 1845, T. 1, p. 1210.)

 

Sous la dynastie des Soung (ou Song) (qui régna de 960 à 1260 de notre ère), Tchéou Lien-Ki, le docteur aux nénuphars) mourut à l'âge de 57 ans, l'an 1073 de notre ère. Il fit un Système de Physique; tous les lettrés de son temps le suivirent et l'ont regardé comme leur maître; Tous ces philosophes vivaient dans le 11e et 12e siècle de notre ère.

 

Voici les principes généraux de ce système :

 

(1) il y a dans l'univers un être qu'on appelle Khi; il n'est point figuré, mais il peut le devenir. C'est comme un vase dans lequel est un autre être qu'on nomme Li, et qui est tellement au-dessus de toute figure, qu'il est impossible qu'il en prenne jamais aucune. Tchou-hi, le plus fameux disciple de Lien-Ki, définit ainsi ces deux êtres :

'Dans l'univers, il y a Li et il y a Ki. Ce qu'on entend par Li, c'est la Raison qui est au-dessus de toute figure et qui est comme la racine d'où sortent tous les êtres. Ce qu'on entend par Ki, c'est le vase sujet à la figure et l'instrument dont tout est fait.'

(2) Ce Khi ou matière, si on peut l'appeler ainsi, se trouve tour à tour en mouvement et puis en repos, en repos et puis en mouvement.

 

Avant les Soung, on entendait par Thaï-Khi la matière dans l'état de chaos. C'est pour cela que Tchouang-tseu a dit que 'la Raison était avant Thaï-khi.'

Tchéou Lien-Ki, le père de la philosophie des Soung, a dit la même chose. C'est ce qu'il appelle l'être illimité et infini.

C'est une tradition constante que Thaï-Khi renferme trois qui ne sont qu'un. (Père Joseph-Henri de Prémaré, Lettre inénite du Père Prémaré sur le monothéisme des chinois, 1728, G. Pauthier, Extrait des Cahiers de février et mai du tome III des Annales de Philosophie chrétienne (5e série) – Paris, rééd. Scholar Select, 2018, p. 10-21)

 

Dans l'Ancien Testament aussi, la création du monde est rattachée à la Parole de Dieu (Gn 1,3 Dieu dit : "Que la lumière soit." Et la lumière fut; Ps 33 (32), 6-9 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l'univers, par le souffle de sa bouche; 147, 15-18 Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. … Il envoie sa parole : survient le dégel ; il répand son souffle : les eaux coulent; Is 40,26 Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom; Is 48,3 Les événements passés, je les avais annoncés d’avance ; ils étaient sortis de ma bouche, et je les avais fait entendre ; soudain j’ai agi, et ils sont arrivés; Sg 9, 1-9 "Dieu de mes pères et Seigneur de miséricorde, par ta parole tu fis l’univers.")

 

Ainsi, des sept manières de faire le signe de la croix, les païens en connaissaient trois. À leurs yeux, il avait une signification réelle, une valeur considérable, quoique plus ou moins mystérieuse, suivant les lieux, les temps et les personnes.

 

"Il est infiniment remarquable, dit Gretzer (1562-1625), que dès l'origine du monde Dieu a voulu tenir constamment la figure de la croix sous les yeux du genre humain, et organisé les choses de manière que l'homme ne pût presque rien faire sans l'intervention du signe de la croix. (De Cruce, lib. I, c. III.)

 

"Pour tenter la fortune et aller chercher des richesses aux extrémités du monde, le navigateur a besoin d'un navire. Le navire ne peut voguer sans mât, et le mât avec ses vergues forme la croix. (S. Hier., in c. XI Marc.) Sans elle nulle direction possible, nulle fortune à espérer. (Orig. Homil. VIII, in divers.)

 

"Le laboureur demande à la terre sa nourriture, la nourriture des riches et des rois. Pour l'obtenir, il lui faut une charrue. La charrue ne peut ouvrir le sein de la terre si elle n'est armée de son couteau; et la charrue armée du couteau forme la croix." (S. Maxim. Taur., ap. S. Ambr., t. III, ser. 56, etc.) 

 

"Que nous montrent chez les Romains les cantabra et le siparia des étendards, sinon la croix ? Les uns et les autres sont des lances dorées surmontées d'un bois, placé horizontalement, d'où pend un voile d'or et de pourpre.

On peut voir les reproductions de ces étendards romains sur le site boutique-epees.fr

 

Les aigles aux ailes déployées placées au haut des lances et les autres insignes militaires, toujours terminés par deux ailes étendues, rappellent invariablement le signe de la croix.

 

"Monuments des victoires remportées, les trophées forment la croix. La religion des Romains est toute guerrière; elle adore les étendards; elle jure par les étendards; elle les préfère à tous les dieux : et tous ses étendards sont des croix : omnes illi imaginum suggestus insignes monilia crucium sunt." (Tertull. Apolog. XVI.) Aussi, lorsqu'il voulut perpétuer le souvenir de la croix par laquelle il avait été vaincu, Constantin n'eut point à changer l'étendard impérial, il se contenta d'y faire graver le chiffre du Christ, comme s'il lui importait seulement de nommer Celui de qui il avait eu la vision et non l'objet de cette vision." (Euseb. lib. IX Histor., 9.)

 

"Le ciel lui-même est disposé en forme de croix. Que représente les quatre points cardinaux, sinon les quatre bras de la croix et l'universalité de sa vertu salutaire ? La création tout entière porte l'empreinte de la croix. Platon lui-même n'a-t-il pas écrit que la Puissance la plus voisine du premier Dieu s'est étendue sur le mine en forme de croix." (S. Maxim. Taur., apud S. Ambr., t. III, serm. 56 ; - S. Hier., in Marc, XI ; - Tertull., Apol., XVI; - Orig., Homil. VIII in divers.)

 

De là cette réponse péremptoire de Minucius Félix († en 250 à Rome) aux païens qui reprochaient aux chrétiens de faire le signe de la croix : "Est-ce que la croix n'est pas partout ? leur disait-il. Vos enseignes, vos drapeaux, les étendards de vos camps, vos trophées, que sont-ils, sinon des croix ornées et dorées ? Ne priez-vous pas comme nous, les bras étendus ? Dans cette attitude solennelle, n'employez-vous pas alors aux chrétiens adorateurs d'un Dieu unique, et qui ont le courage de confesser leur foi au milieu des tortures, en étendant leurs bras en croix ? Entre nous et votre peuple, quelle différence y a-t-il, lorsque les bras en croix, il dit : Grand Dieu, vrai Dieu, si Dieu le veut ? Est-ce le langage naturel du païen, ou la prière du chrétien ? Ainsi, ou le signe de la croix est le fondement de la raison naturelle, ou il sert de base à votre religion." (Octav.)

 

De l'Église judaïque, ce signe est passé dans l'Église chrétienne.

 

Les premiers fidèles, frappés de l'ancienne manière de bénir avec la figure de la croix, ont été facilement instruits par les apôtres de la signification mystérieuse de ce signe, et naturellement portés à le continuer, en y ajoutant les divines paroles qui en donnent l'explication.

 

Les Chrétiens opposaient ce signe vénérable à toutes les superstitions des païens. (Origène, Select. in Ezech, c. IX.)

Les Pères de l'Eglise attestent qu'il se faisaient des miracles par le signe de la croix.

Saint Basile dit que c'est une tradition apostolique. (L. de Sipit. Sancto., c. 27, n° 66).

Les Pères nous enseignent que l'onction du baptême et celle de la confirmation se faisaient en forme de croix sur le front du baptisé, et que ce signe puissant suffisait pour mettre en fuite le démon et pour déconcerter tous leurs prestiges dans les cérémonies magiques des païens. (Lactance I, IV, Divin. Institut., c. 27; de Morte persec., c. 10, etc., in Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie dogmatique, Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, tome premier, J.-P. Migne éditeur, 1850, p. 1187.)

 

Au Ier siècle Sainte Thècle, saisie par les bourreaux, fut conduite au bûcher, elle y monta d'un pas assuré, fit le signe de la croix et demeura tranquille au milieu des flammes. Un torrent d'eau éteignit le feu, et comme les enfants de Babylone, la jeune héroïne sortit du bûcher sans avoir perdu un seul cheveu. (Ado. in Martyrol., 23 sept.)  

Sainte Glycérie détruit la statue de marbre de Jupiter par le signe de la croix. Source Image : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016

Sainte Glycérie détruit la statue de marbre de Jupiter par le signe de la croix. Source Image : Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, 1869, rééd. Éditions Saint-Sébastien 2016

Sainte Glycérie, était la fille de Macarius, un important officier romain; elle fut arrêtée en 177 sous Marc-Aurèle. Lorsque les habitants de la ville de Trajanopolis en Macédoine orientale durent aller adorer Zeus, Glycérie refusa et brisa la statue dans le temple. Emmenée dans l'amphithéâtre, elle se tourna vers les chrétiens mêlés dans la foule, elle leur dit : "Frères, soeurs, enfants, pères, et vous qui me tenez lieu de mère, voyez, veillez sur vous; et considérez bien quel est l'Empereur dont nous portons le caractère et quel est le signe gravé sur nos fronts." (Apud Sur., et Baron. t. II.)

En 226, l'empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine de Rome en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d'Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. 

 

Lors de la persécution de Dioclétien en Phénicie, on vit un jour entrer dans l'amphithéâtre un grand nombre de chrétiens, condamnés aux bêtes. Les spectateurs ne purent se défendre d'une profonde émotion à la vue de cette multitude d'enfants, de jeunes gens et de vieillards, dépouillés de leurs vêtements, les yeux levés au ciel, les bras levés en croix, immobiles, sans étonnement et sans frayeur, au milieu des tigres et des lions affamés. (Eusebe, Hist. Eccl. Liv. VIII, c. V.)

 

Sainte Agnès de Rome, noble vierge martyre de treize ans en 304, parce qu'elle avait refusé d'offrir un sacrifice aux dieux et à l'empereur : sa main ne se levait que pour faire le signe de la croix.

"La voyez-vous, dit S. Ambroise, tendre ses mains vers le Christ, et jusqu'au milieu des flammes arborer l'étendard victorieux du Seigneur ? Les mains étendues à travers les flammes, elle fait à Dieu cette prière : "Ô vous qu'il faut adorer, honorer et craindre, Père Tout-Puissant de Notre-Seigneur-Jésus-Christ, je vous bénis, parce que, grâce à votre fils unique, j'ai échappé aux mains des hommes impies et traversé sans souillure les impuretés du démon. Et voici de plus que sous la rosée du Saint-Esprit s'éteint le feu qui m'environne; la flamme se divise et les ardeurs de mon bûcher menacent ceux qui l'ont allumé." (Lib I. de Virgin.)

 

Lorsque en 305, sainte Euphémie, fille de sénateur, fut étendue sur la roue du supplice, elle fit le signe de la croix, s'avança elle-même vers l'affreuse machine hérissée de pointes de fer, la fixa sans pâlir et d'un regard la fit voler en éclats. (Apud Sur., t. V et Baron., Martyrol., 16 sept.)

 

Lorsque en 320, les 40 Martyrs de Sébaste, soldats chrétiens vétérans de l'armée de Licinius, furent traînés au milieu du lac, condamnés à y passer la nuit au milieu des neiges, une force surhumaine de résistance leur fut d'autant plus nécessaire que sur le rivage étaient des bains chauds, préparés pour les déserteurs. Ils firent le signe de la croix, et une mort héroïque vint couronner leur courage. (S. Ephrem, Encom. in 40 SS. Martyr)

 

Si l'on voulait continuer cette nomenclature, il faudrait faire défiler devant nous toute l'immense armée des martyrs. Pas un des valeureux soldats du Crucifié qui n'ait, en allant au combat, arboré l'étendard de son Roi. Qu'il suffise d'en nommer quelques-uns : saint Julien, saint Pontien, saint Constant et saint Crescent, saint Isidore († 250), martyr à Alexandrie, brûlé vif dans une fournaise avec les saints Héron et Arsène, saint Nazaire, saint Celse, exécuté sous Néron, saints Caïus et Alexandresainte Sophie et ses trois filles, saint Paul et sainte Julienne, saint Cyprien et sainte Justine. (Voir leurs actes.) 

 

Tertullien, Cyprien, Athanase, Grégoire, Basile, Augustin, Chrysostome, Jérôme, Ambroise, et tant d'autres... faisaient très assidûment le signe de la croix et recommandaient avec instance à tous les chrétiens de le faire dans chaque occasion." (Mgr Jean-Joseph GAUME, Le Signe de la Croix au XIXe siècle, ibid., p. 13, 32, 37.)

 

Origène, né à Alexandrie en 185 et mort en 253 écrit que le signe de la croix est une enseigne redoutable qui épouvante les puissances des ténèbres (in Exod. hom. 6 n. 8)

 

"Le signe de la croix déconcerte les puissances des ténèbres, les éloigne, les chasse, les met en fuite, les disperse.

- Il est leur terreur, dit saint Cyrille (Hier. Cat. 13 n. 36) ;

- une arme invincible à toutes leurs attaques, dit saint Ephrem (in pret. et vivif. crucem) ;

- un bouclier qui nous met à couvert de leurs traits, dit saint Jérôme (Hier Ep. 18 ad Eust) ;

- il fait disparaître, dit saint Athanase, tous leurs charmes, dissipe tous leurs enchantements, anéantit tous leurs prestiges (orat. contra gentes. n. 1).

 

"Sans le signe de la croix, disent nos pères dans les catacombes, rien parmi nous ne se fait légitimement, rien n'est parfait, rien n'est saint." (S. Cyprien de Carthage, de Bapt. chr.)

 

(Toutes ces citations et références sont tirées du merveilleux livre de Mgr Jean-Joseph GAUME, "Le Signe de la Croix au XIXe siècle" (1869), ibid.)

 

Saint Ignace d'Antioche, disciple de saint Jean l'Évangéliste, mort martyr dévoré par les lions v. 110 ap.J.-C., dans sa Lettre aux Ephésiens (IX, 1.) écrit : 

 

"J’ai appris que certains venant de là-bas sont passés , porteurs d’une mauvaise doctrine, mais vous ne les avez pas laissés semer chez vous, vous bouchant les oreilles, pour ne pas recevoir ce qu’ils sèment, que vous êtes les pierres du temple du Père, préparés pour la construction de Dieu le Père, élevés jusqu’en haut par la machine de Jésus-Christ, qui est la croix, vous servant comme câble de l’Esprit-Saint ; votre foi vous tire en haut, et la charité est le chemin qui vous élève vers Dieu." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 160-161)

 

Dans sa Lettre aux Tralliens (XI, 1), Ignace écrit :

 

"Fuyez donc ces mauvaises plantes parasites : elles portent un fruit qui donne la mort, et si quelqu’un en goûte, il meurt sur le champ. Ceux-là ne sont pas la plantation du Père (cf. Mt 15, 13 ; Jn 15, 1 ; 1 Co 3, 9). 2. S’ils l’étaient, ils apparaîtraient comme des rameaux de la croix, et leur fruit serait incorruptible. Par sa croix, le Christ en sa passion vous appelle, vous qui êtes ses membres ; c’est Dieu qui nous promet cette union, qu’il est lui-même." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 182.)

 

Dans sa Lettre aux Romains, Ignace écrit (V,3) :

 

"3. Pardonnez-moi ; ce qu’il me faut, je le sais, moi. C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, des êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie, de trouver le Christ. Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je trouve Jésus-Christ." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 190.)

 

Au début de sa Lettre aux Romains, Ignace évoque l'Église "qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d'honneur, digne d'être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à la charité, qui porte la loi du Christ, qui porte le nom du Père." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 185-186.)

 

Dans sa Lettre aux Smyrniotes (I, 1), Ignace écrit :

 

"Je rends grâces à Jésus-Christ Dieu, qui vous a rendus si sages. Je me suis aperçu, en effet, que vous êtes achevés dans une foi inébranlable, comme si vous étiez doués de chair et d’esprit à la croix de Jésus-Christ, et solidement établis dans la charité par le sang du Christ, fermement convaincus au sujet de notre Seigneur qui est véritablement de la race 'de David selon la chair' (cf. Rm 1, 3), Fils de Dieu selon la volonté et la puissance de Dieu, véritablement né d’une vierge, baptisé par Jean pour que, par lui, 'fût accomplie toute justice'." (Mt 3, 15). Il a véritablement été cloué pour nous dans sa chair sous Ponce Pilate et Hérode le Tétrarque. C'est grâce au fruit de sa croix, et à sa passion divinement bienheureuse que nous, nous existons, pour 'lever son étendard' (Is 5,26) dans les siècles par sa résurrection, et pour <rassembler> ses saints et ses fidèles, <venus> soit des Juifs soit des gentils, dans l'unique corps de son Église." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 203-204.)

 

Et dans son admirable Lettre aux chrétiens de Philippes, Ignace dit :

 

"Le prince de ce monde se réjouit lorsqu'il voit quelqu'un renier la croix. Il sait que c'est la croix qui lui donne la mort; car elle est l'arme destructive de sa puissance. Sa vue lui fait horreur, son nom l'épouvante. Avant qu'elle fût faite, il ne négligea rien pour la faire fabriquer. À cette œuvre il poussa les fils d'incrédulité, Judas, les Pharisiens, les Saducéens, les vieillards, les jeunes gens, les prêtres. Mais lorsqu'il la voit sur le point d'être achevée, il se trouble. Il jette le remords dans l'âme du traître; il lui présente la corde et le pousse à se pendre. Il épouvante par un songe pénible la femme de Pilate, et fait tous ses efforts pour empêcher la confection de la croix. Ce n'est pas qu'il eût des remords; s'il en avait, il ne serait pas complètement mauvais; mais il pressentait sa défaire. Il ne se trompait pas. La croix est le principe de sa condamnation, le principe de sa mort, le principe de sa ruine."

 

Converti vers 130, Justin de Néapolis ou Justin de Naplouse possédait aussi la passion de communiquer la vérité. Simple laïc, il vint à Rome à l'époque d'Antonin, y ouvrir une école à la façon des philosophes païens. Cherchant à justifier les chrétiens, il montra que leur croyance était "conforme à la raison et à la vérité". Il se lança "dans une vaste entreprise de récupération des textes anciens judéens et grecs. Pour les premiers, il estime que si Moïse prie 'les bras en croix', c'est qu'il annonce la crucifixion, allant même à avancer que l'ange qui parle à Abraham pourrait être Jésus lui-même et à voir dans le nom de Josué celui de Jésus. Pour les seconds, il se demande si Platon n'aurait pas vu dans l' "X" du Timée une croix, celle de Jésus de Nazareth. Dans de telles interprétations à la fois typologiques et allégoriques, la philosophie grecque est récupérée, prenant une nouvelle dimension et un nouveau visage: le Logos grec, par exemple, exprime chez Justin à la fois la visibilité du Père, la parution de la connaissance et l'identité de la 'deuxième divinité', Jésus-Christ." (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 226.)

Saint Justin se demande si Platon n'aurait pas vu une croix dans l' "X" du Timée; pas un poteau, comme le prétendent les "Témoins de Jéhovah".

 

C'est dans son Dialogue avec Tryphon (cote 40 et 90) que Saint Justin explique que le sens salvateur du Christ en Croix était déjà contenu dans la prière de Moïse combattant Amalek, en priant Dieu les mains étendues de chaque côté :

 

"De même la prescription de faire rôtir l’agneau tout entier : c’était un symbole de la souffrance de la Croix dont le Christ devait souffrir. L’agneau, lorsqu’il est rôti, est disposé de manière à figurer la croix : l’une des broches dressées le transperce depuis les membres inférieurs jusqu’à la tête, l’autre au travers du dos, et on y attache les pattes de l’agneau.

[...] Lorsque le peuple combattait Amalek, Moïse lui-même priait Dieu les mains étendues de chaque coté ; celui qui l’emportait, l’emportait par la croix. Ce n’est pas parce que Moïse priait ainsi que le peuple gagnait l’avantage, mais parce qu’en tête de combat était le nom de Jésus (= Josué) et que Moïse représentait la croix."

 

Saint Justin encore, dit que la croix du Sauveur est le signe le plus éclatant de son pouvoir, et de l'empire qu'il exerce sur le monde entier; il rappelle les paroles d'Isaïe, où le prophète parlant du Messie dit qu'il portera la marque de son empire sur son épaule (Is 9, 5); c'est la croix, dit S. Justin, que Jésus-Christ a portée avant d'y être attaché. (Apolog 1, n° 55 et 35)

Il observe aussi bien que Minutius Félix et Tertullien que cet objet prétendu de malédiction se voit néanmoins partout sur les mâts des vaisseaux, sur les instruments du labourage, sur les enseignes militaires. (Encyclopédie théologique, Dictionnaire de théologie dogmatique, Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, tome premier, J.-P. Migne éditeur, 1850p. 1185.)

 

Saint Polycarpe, établi évêque de Smyrne par saint Jean l'Évangéliste, martyr livré au flammes v. 155 ap.J.-C. sur un poteau parce qu'il refusa d'être cloué, dans sa Lettre de Smyrne aux Philippiens (Lettre aux Philippiens VII, 1), écrit :

 

"Quiconque, en effet, ne confesse pas que Jésus-Christ est venu dans la chair, est un antéchrist (cf. 1 Jn 4, 2-3), et celui qui ne confesse pas le témoignage de la croix est du diable, et celui qui détourne les dits du Seigneur selon ses propres désirs, et qui nie la résurrection et le jugement, est le premier-né de Satan." (Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 232-2

"Celui qui me donne la force d’affronter le feu me donnera aussi celle de rester immobile sur le bûcher sans qu’il soit besoin de vos clous" (Polycarpe, Lettre de Smyrne dite "Le Martyre de Polycarpe", XIII, 3). Martyrologe: "Polycarpe fut livré aux flammes; mais le feu ne lui ayant porté aucune atteinte, on le frappa du glaive et il reçut ainsi la couronne du martyre. Avec lui et dans la même ville de Smyrne, subirent aussi le martyre douze autres chrétiens venus de Philadelphie."

 

Polycarpe fut le premier à parler d'Église "catholique" pour définir l'Église "universelle" de Jésus-Christ :

 

"Partout où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique" (Smyrn. 8, 2).

 

 

Saint Irénée, évêque de Lyon et Martyr (120-202 ap.J.-C.) dans Contre les hérésiescote II, 24,4, daté d'entre 175 et 189 ap. J.-C., explique que la croix a cinq extrémités ; sur la cinquième se repose le crucifié :

 

"La structure de la croix présente cinq extrémités, deux en longueur, deux en largeur, une cinquième sur laquelle s’appuie le crucifié." (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Sagesses chrétiennes, Cerf, Paris 2007, p. 225.)

 

La croix à "cinq extrémités" décrite par Irénée de Lyon vers 180 ap. J.-C. ne peut donc pas être un poteau à deux extrémités.

 

 

Tertullien, en 197 ap.J.-C., dans Ad Nationes (Aux nations), écrit :

 

"Le morceau de bois qui est fixé dans la terre en position droite est une partie de la croix, et la partie la plus grande de sa masse. Mais une croix entière nous est attribuée, avec sa poutre transversale, naturellement."

 

Le signe de la croix est très vite devenu le signe emblématique des chrétiens.

 

L'Épître de Barnabé, d'environ 130 ap.J.-C., cote 9.8 :

 

"La croix en forme de T (tau) apporte la grâce." (Cité dans Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, p. 288.)

Au IVe siècle, l'empereur Constantin (272-337) se convertit la veille de la bataille du Pont Milvius en voyant dans le ciel le chrisme, correspondant aux lettres grecques X Chi et P Rho (XP), les deux premières lettres du mot Christ. 

Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

Maxence défait et noyé, Constantin entre dans Rome. Une statue le représente tenant la croix à la main, avec cette inscription qu'il dicte lui-même : "C'est par ce signe salutaire, vrai symbole de force, que j'ai délivré votre ville du joug de la tyrannie, et que, rendant la liberté au sénat et au peuple romain, je les ai rétablis dans leur ancienne majesté et leur ancienne splendeur." (Euseb., Vit. Constant., lib. C., c. XXXIII.)

Devant le Christ en croix, la prière qui protège de tous les malheurs

 

Selon une vieille tradition de l’Église, quiconque récite la prière d’invocation à la "sainte Croix de Jésus-Christ", la lit, l’entend ou la porte sur lui, sera protégée de tout ennemi visible ou invisible. On dit aussi que les anges Gardiens seront en tout temps les défenseurs de leurs petits protégés et leurs protecteurs, soucieux de leur donner des conseils et de les prévenir de tout danger. Il est conseillé d’afficher cette prière à la porte des maisons pour assurer leur protection contre les voleurs, les criminels, et les démons, et de la réciter avec foi et amour autant de fois qu’on en éprouve le besoin. Même conseil pour protéger son véhicule de tout accident.

 

La "Prière d’invocation à la sainte Croix de Jésus-Christ" a été trouvée en l’an 802 dans le tombeau de Jésus-Christ, écrite sur un parchemin en lettres d’or, et envoyée par le saint pape Léon III (795-816) à l’empereur Charlemagne quand il est parti avec son armée pour combattre les ennemis de saint Michel — son saint protecteur et celui de l’Église — en France, avant d’être conservée précisément à l’abbaye de Saint-Michel de France. Cette prière a protégé les soldats qui la portaient sur eux, et la récitaient, pendant les deux dernières guerres :

 

"Dieu tout-puissant, qui avez souffert la mort à l’arbre patibulaire pour tous nos péchés, soyez avec moi ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, ayez pitié de moi ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, soyez mon espoir ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute arme tranchante ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, faites que je parvienne au chemin du salut ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute atteinte de mort ;

Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez moi des accidents corporels et temporels, que j’adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais.

Jésus de Nazareth crucifié, ayez pitié de moi, faites que l’esprit malin et nuisible fuie de moi, dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

En l’honneur du Sang Précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ, en l’honneur de Son Incarnation, par où Il peut nous conduire à la vie éternelle, aussi vrai que Notre Seigneur Jésus-Christ est né le jour de Noël et qu’Il a été crucifié le Vendredi Saint.

Amen."

 

Source: Aleteia | GloriaTv

Le signe de la Croix, Salut du monde

Les sept manières du signe de la Croix, salut du monde sont donc :



(1) Le pouce de la main droite sous l'index et le reposant sur le doigt du milieu, de manière à former une croix.

(2) Les mains jointes sur la poitrine.

(3) Les bras étendus en croix, les mains étendues vers le Ciel.

(4) La main droite portée sur la tête, puis sur la poitrine, l'épaule gauche et l'épaule droite.

(5) Le signe de croix déposé sur le front des baptisés et des confirmés.

(6) Le triple signe de croix sur le front, les lèvres, et la poitrine.

(7) Le signe de croix visible extérieur.

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 00:00

Née à Assise vers 1200, elle avait choisi de vivre très mondainement jusqu'à la visite qu'elle rendit un jour à sa tante Ste Claire dans son couvent de Saint Damien. Elle changea aussitôt sa vie, sans même revenir à Assise pour saluer ses parents. Elle vécut dès lors dans la plus complète austérité. Elle en tomba malade et Claire la délivra, d'un signe de croix, d'une toux persistante qui dura 13 mois.

 

Aimée mourut en 1252 d'hydropisie. Son corps fut transféré au couvent de Sainte-Claire d'Assise dans la chapelle Saint-Georges.

Bienheureuse Aimée, religieuse (1200-1252)

Sources : 1; 2; 3

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 00:00
Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

C'est parce que j'étais la plus plus pauvre et la plus ignorante que la sainte Vierge m'a choisie.

Bernadette Soubirous, née à Lourdes le 7 janvier 1844 et décède à Nevers le 16 avril 1879. Elle fut témoin plusieurs jours des apparitions de la Vierge Marie en 1858 dans la Grotte de Massabielle à Lourdes. "Massabielle", en patois du pays, veut dire "vieux rochers".

À quatorze ans, le 18 février 1858, quand la Vierge lui apparaît la première fois, elle n’a pas encore pu fréquenter le catéchisme, parce que la pauvreté extrême l’a obligée à travailler depuis son plus jeune âge pour aider sa famille.
 Si elle préfère les pâturages sur les montagnes au  "Cachot" humide et malsain où les Soubirous, endettés, sont obligés de vivre, Bernadette ne tire de ce travail qu’un toit et de la nourriture. Dans les périodes où Bernadette ne s’occupe pas du troupeau de sa nourrice Marie Lagües, son père François doit l’envoyer sur les terres domaniales pour ramasser du bois qui sera ensuite vendu.
 

 

Une "dame" portant un chapelet et "une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied" lui apparaît pour la première fois alors qu'elle est occupée à ramasser du bois près de la grotte. 

 

La Vierge Marie lui parle de prière et de pénitence, et lui demande de faire construire une chapelle sur le lieu des apparitions. (1) Elle lui dit : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre."

 

Mais quand la jeune fille raconte ce qui lui est arrivé, elle ne rencontre qu'incompréhension, moqueries, incrédulité.

 

"De retour à Lourdes, Bernadette dut parler à ses parents de la promesse qu'elle venait de faire à la Dame mystérieuse, et des quinze jours consécutifs pendant lesquels elle devait se rendre à la Grotte. De leur côté, Antoinette et Mme Millet racontèrent ce qui s'était passé, la merveilleuse transfiguration de l'enfant durant l'extase, les paroles de l'Apparition, l'invitation de revenir pendant la Quinzaine. Le bruit de ces étranges choses se propagea aussitôt de toutes parts, et, franchissant vite les couches populaires, jeta, soit dans un sens, soit dans un autre, la plus profonde agitation dans la société de ce pays.

 

Elle ne dira pas avoir vu la Vierge avant d'affirmer l'avoir entendue dire "Que sòi era Immaculada Concepcion", c'est-à-dire, "Je suis l'Immaculée Conception" (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 134), le 25 mars 1858, jour de l'Annonciation.

 

Ce jeudi, 18 février 1858, était précisément jour de marché à Lourdes. Il y avait comme à l'ordinaire beaucoup de monde, de sorte que, le soir même, la nouvelle des visions, vraies ou fausses, de Bernadette, se répandit dans la montagne et dans les vallées, à Bagnères, à Tarbes, à Cauterets, à Saint-Pé, à Nay, dans toutes les directions du département et dans les villes du Béarn les plus rapprochées. Dès le lendemain, une centaine de personnes se trouvaient déjà à la Grotte au moment où Bernadette y arriva. Le lendemain, il y en avait quatre ou cinq cents. On en comptait plusieurs milliers le dimanche". (2) 

 

L'ouvrage d'Henri Lasserre (Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870) a l'avantage d'avoir été le premier écrit non seulement par un témoin, mais par un miraculé (d'une grave ophtalmie par l'eau de la grotte le 10 octobre 1862). Cet ouvrage continue depuis de faire autorité en la matière. Il a été réédité de nombreuses fois. L'auteur distribua aux bonnes oeuvres les immenses bénéfices littéraires de ce best-seller du XIXe siècle.

 

Un jour, une source surgit au pied de la grotte et bientôt les miracles commencent : un aveugle qui vient s'y baigner les yeux recouvrent la vue, un bébé mourant revient à la vie. La nouvelle se propage très vite.

 

Bernadette niera avoir été témoin de guérisons ou y avoir contribué : "On m'a dit qu'il y avait eu des miracles, mais à ma connaissance, non", déclare-t-elle en septembre 1858. (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 213.)

 

Ces apparitions valent à Bernadette l'opposition des autorités civiles (interrogatoires et menaces de prison) et ecclésiastiques ("C'est un carnaval d'apparitions", constate l'abbé Peyramale, curé de Lourdes.)

"Je ne crains que les mauvais catholiques."

(Sainte Bernadette au chevalier Gougenot des Mousseaux durant la guerre de 1870)


Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879) En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, à vingt-deux ans elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. 

"Quand on montre à Bernadette Soubirous la statue de la Vierge sculptée par un artistes, elle s'écrie : 'C'est bien beau, mais ce n'est pas elle... Oh non ! La différence est comme de la terre au ciel !'" (3)

Les soeurs de Nevers chez lesquelles Bernadette est entrée, lui réservent un accueil glacial : "À votre âge, vous devriez descendre quelquefois à la chapelle et méditer un peu ! ", lui dit sa supérieure, agacée par son ingénuité. Ce à quoi Bernadette réplique doucement : "Je ne sais pas méditer, moi !" Infirmière charitable et docile, Bernadette devenue soeur Marie-Bernard, a pour seuls petits défauts l'entêtement et la bouderie, qui s'effacent peu à peu. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

        

Son cercueil sera ouvert trois fois et son corps retrouvé intact. Lors des exhumations, son corps fut lavé et le contact avec les "détergents" aurait noirci la peau : le corps de la vénérable Bernadette est intact, le squelette complet, les muscles atrophiés mais bien conservés ; la peau parcheminée paraît seule avoir subi l'humidité du cercueil. Elle a pris une teinte grisâtre et est recouverte de quelques moisissures et d'une certaine quantité de cristaux de sels calcaires (…) (Dr Talon et Dr Comte, chargés de l'examen du corps après 1923), cités par Dominique Lormier dans Bernadette Soubirous, éd. CMD, 1999. Dans le même livre on apprend que quelques années plus tard, la peau de Bernadette a noirci. Le visage de Bernadette et ses mains ont donc été recouverts d'un très fin masque de cire pour la présentation publique.

 
Corps resté intact de Ste Bernadette, Châsse de verre et de bronze, Chapelle de Nevers Son corps, miraculeusement préservé de toute corruption, repose dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle de l'Espace Bernadette à Nevers.

Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 et canonisée le 8 décembre 1933.

Elle est représentée en bergère ou en religieuse.

Le pèlerinage de Lourdes est l'un des plus fréquentés de la chrétienté.

Sainte Bernadette Soubirous, vierge (1844-1879)

NOM : d'origine allemande, signifie "ours courageux".

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sources: (1) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230 ; (2) Henri Lasserre, Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870, rééd. Maisonneuve, Sainte-Ruffine 1968, p. 55-56) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

 

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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 00:00
Bienheureuse Béatrice, fondatrice du monastère d'Eymeux (Drôme) († 1303)

Dates de fête : 25 novembre, Fête Locale 13 février. [1]

Béatrix (ou Béatrice) naquit au village d'Ornacieux en Isère, dans le Dauphiné. Elle entra à la Chartreuse de Parménie puis fonda la chartreuse d'Eymeux (Drôme) d'où elle gagna le ciel le 25 novembre 1303. 

Son culte est confirmé en 1763 et elle est béatifiée par le Pape Pie IX le 15 avril 18692.  

 

Le principal texte la concernant a été écrit au XIIIe siècle, par Marguerite d'Oingt, en Francoprovençal, sous le titre original : Li Via seiti Biatrix, virgina de Ornaciu (La Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux, religieuse de Parménie).

 

Sa fête liturgique est fixée au 13 février par les chartreux et le 25 novembre dans le diocèse de Valence. [2] 

 

"Née au château d'Ornacieux, près de la Côte-Saint-André vers 1260, Béatrix entre à l'âge de 13 ans à la chartreuse de Parménie, non loin de Tullins. En 1300, elle fonde le monastère d'Eymeux où elle connaît le plus extrême dénuement. Elle y meurt un 25 novembre, sans doute en 1303. Une chapelle y perpétue son souvenir. La vie de Béatrix a été écrite par une moniale chartreuse contemporaine de la bienheureuse, Marguerite d'Oingt et elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié."

(Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux - diocèse de Valence 25 novembre)

Dans le Valentinois, entre 1303 et 1309, la bienheureuse Béatrice d'Ornacieux, vierge, qui, saisie d'un grand amour de la croix, vécut et mourut dans la plus grande pauvreté dans la Chartreuse d'Eymeu qu'elle avait fait construire (25 novembre).

 

Martyrologe romain

SourcesNominis | Wikipedia 

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 21:49

Avons-nous un devoir (pouvoir) de résistance dans la crise actuelle et si oui, comment devrions-nous, en tant que Chrétien, le manifester ? Une question brûlante d'actualité à laquelle les intervenants de l'émission "En Dieu Seul", Fabrice DI VIZIO et le Pasteur Daniel VINDIGNI, répondent dans cette vidéo. 

 

Nous disions sur ce blog en 2012 : "Au lieu d'être toujours dans le contre ... soyons dans le pour !" "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution" (Joseph de Maistre, Considérations sur la France, fin du chapitre X, in J. de Maistre, Oeuvres, Edition établie par Pierre Glaudes, Bouquins Robert Laffont, p. 276.) Et en 2014 nous écrivions : ''Comment lutter efficacement contre l'engrenage révolutionnaire ? Ce n'est pas le fond qui importe, c'est la forme qu'on va lui donner. La révolution ne demande pas autre chose de ses opposants que de 'lui faire la politesse, la gentillesse, voire la charité, de venir contester contre elle'. C'est que l'opposition à l'intérieur de son terrain est vivifiante pour la révolution. Je vous invite chez moi : rite vital, obligatoire de la révolution. L'absence est-elle donc un devoir du contre-révolutionnaire ? L'absence n'est pas tout le devoir - mais elle est le premier devoir."

 

C'est ce que dit Maître Di Vizio dans cette émission : "si je me définis par une résistance je me définis par une opposition. On ne se définit pas par une négation. Je ne me définis pas par rapport à. Je ne me définis pas par rapport à l'adversaire. Tout l'enjeu est de passer de résistant à existant."

Extrait

 

"Je n'aime pas ce mot de résistance. Je ne me définis pas comme un résistant, je me définis comme un existant. Ce qui m'intéresse, c'est moins la résistance que l'existence. Le chrétien n'est pas un résistant, il est un existant [Le chrétien est un vivant, il vit de la vie du Christ. Ndlr.].

 

Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, ce n'est pas que l'on casse une résistance, on casse une existence. Et donc tout l'enjeu est de revenir des existants. Tout l'enjeu au fond n'est pas de se dire comment je résiste, mais comment j'existe. ... Exister alors que l'on veut me censurer, ce n'est pas résister : je ne me définis pas en opposition. Je n'ai pas besoin de l'autre pour exister. J'existe. C'est une utopie de croire que l'État peut me supprimer de mon existence ! C'est une utopie finalement de croire qu'un gouvernement, une communauté, un tyran, peut me priver de mon existence. Évidemment qu'ils me privent de libertés, mais pour autant, je ne me définis pas par une résistance, parce que si je me définis par une résistance je me définis par une opposition. On ne se définit pas par une négation. Je ne me définis pas par rapport à. Je ne me définis pas rapport à l'adversaire. Tout l'enjeu est de passer de résistant à existant.

 

"La liberté est consubstantielle à la vérité. Tant que je suis dans la vérité, je demeure libre. Et ma liberté, personne ne peut m'en priver.

 

"Regardez la Passion du Christ. Dans la formule liturgique catholique, vous avez quelque chose de saisissant. 'Au moment d'entrer librement dans Sa Passion, le Christ prit du pain et du vin.' Et c'est Jésus qui dira : 'Ma vie, personne ne la prend. C'est moi qui la donne.' Il y a donc une liberté de l'être jusqu'au bout du bout. Toute l'histoire nous enseigne cela : les gens qui ont été emprisonnés [comme Saint Paul ou Saint Pierre, emprisonnés. Ndlr.], les martyrs sont des gens qui ni plus ni moins ont été des existants. Jusqu'au bout du bout ils ont existé en tant qu'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Si je suis créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, personne ne peut me ravir mon existence, parce que je tire mon existence même de Dieu, parce que par le baptême je suis configuré au Christ.

 

"Exister c'est être libre. Être libre c'est vouloir ce que l'on fait. Bossuet l'exprime. Et donc j'assume les conséquences de ce que je fais.

 

"Pourquoi je parle de l'existence plus que de la résistance ? Vous prenez le malade cloué sur son lit d'hôpital, il est un résistant à la maladie, mais il est un résistant en existant. Or, notre société a cette tentation de vouloir le faire disparaître, comme elle fait disparaître les inutiles ou ce qu'elle qualifie d'inutiles[Par ex les professions non-essentielles qu'il fallait confiner]. On est résistant si on est existant. En tant que chrétien je ne m'oppose à personne. Je n'ai pas d'animosité à l'égard du gouvernement, ou presque pas.

 

"Martin Luther King, apôtre de la non-violence, écrit (dans "A testament of hope", un témoignage d'espoir, édité par James M. Washington rassemblant Les écrits et les prédications essentielles de Martin Luther King : 'La lutte doit être dirigée contre les forces du mal plutôt que contre les personnes qui font le mal. Il ne s'agit pas de lutter contre des individus. Le problème qu'il faut gérer n'est pas un problème entre Noirs et Blancs, mais entre la justice et l'injustice, entre les forces des ténèbres et les forces de la lumière."

 

Le Pasteur Vindigni remarque : "On a toujours le choix face à ce qui nous est proposé ou imposé." [Nous sommes toujours seuls maîtres de notre âme. Ndlr.]

 

Fabrice Di Vizio ajoute : "Le chrétien doit être un existant. Il ne peut pas résister s'il n'est pas un existant. Si je n'existe pas en tant que chrétien, je ne résiste pas en tant que chrétien. Donc cela interroge de savoir si je suis chrétien.

 

"[...] C'est prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était inefficace.

 

"Aujourd'hui, être témoin dans cette crise que nous traversons, c'est extrêmement exigeant. Être résistant c'est un mot qui me dérange. Car c'est facile de se définir comme résistant, être témoin c'est beaucoup plus compliqué. Je m'interroge sur le point de savoir si dans cette crise je suis témoin de la vérité, témoin de l'amour, témoin de l'espérance. Si c'est oui, cela va. Si c'est non, alors je suis embêté, alors il faut que je me replonge dans la prière, il faut que j'arrête de bouger, que j'arrête de parler. Il faut que je me taise pour me laisser aimer, me laisser enseigner. Vous parliez de leader tout à l'heure. Je ne peux leader, je ne peux diriger que si je suis moi même dirigé. Je ne peux aimer que si je suis moi même aimé. Je ne peux faire exister l'autre que si j'existe aux yeux de quelqu'un. C'est cela tout l'enjeu de la résistance que je qualifierai volontiers de spirituel." Aujourd'hui nous arrivons dans l'ère de l'amour, jamais plus qu'aujourd'hui.

 

"Aimer. Est-ce que nous sommes capables d'aimer ce qui sont persécutés ? Mais est-ce que nous sommes capables d'aimer ceux qui les persécutent ? Et résister en étant capable d'aimer l'autre, vouloir sur lui le Bien fondamental, c'est déjà une résistance."

 

Le Pasteur Vindigni ajoute : "Nous ne sommes pas des résistants par nature. Nous ne sommes pas des révolutionnaires. Notre nature et notre façon de fonctionner n'est pas une nature de résistants qui nous opposons toujours à tout et qui voulons des révolutions. Pas du tout. Nous résistons simplement à un moment à quelque chose qui veut nous être imposé et qui veut nous voler nos libertés. Nous résistons mais nous ne sommes pas des résistants dans l'âme."

 

"La résistance non violente ne vise pas à vaincre ou à humilier l'adversaire mais à gagner son amitié et sa compréhension", conclut Maître Di Vizio en citant le Pasteur Martin Luther King. Celui qui résiste par la non violence peut très bien participer à des boycotts ou à des grèves. Il y a des services civiques qui nous sont possibles. Il y a des résistances factuelles, matérielles, qui passent par des actes. Mais 'j'ai conscience que ces grèves et ces boycotts, poursuit Maître Di Vizio en citant Martin Luther King, ne sont pas des fins en soi, mais elles visent à susciter de la honte chez l'adversaire par son comportement. Le but recherché n'est pas l'humiliation de l'autre qui génèrent violences et amertumes mais c'est toujours la réconciliation, la création d'une communauté bien-aimée, une communauté régie par l'amour divin.

 

"Voilà une résistance basée sur la foi, une résistance basée sur le signe. Une résistance discrète qui accepte de prendre l'homme à contre-pieds, de renverser ses certitudes, une résistance qui ne s'oppose plus au monde avec ses armes, mais qui lui oppose une autre vérité, une autre Espérance. ... Nous avons le monopole de la joie. La mort est vaincue. Le Christ est ressuscité !" 

 

(Fin de citation)

 

Note du blog Christ Roi. Si on n'a pas la foi, on ne pourra pas défendre la liberté jusqu'au bout, on ne pourra pas résister jusqu'au bout, on ne tiendra pas.

Demandons donc chaque jour à Dieu d'avoir la foi.

_____________________

Lire aussi :

 

Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

 

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 09:43

Dans la sainte Bible, la crainte du Seigneur est un des moyens divins qui nous permettent d'accéder au bonheur qui est l'union de l'être avec son Créateur. 

 

Voici une explication de ce thème biblique.

La crainte de Dieu et l'échelle mystérieuse qui nous conduit au ciel

Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes,

l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison.

Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison,

si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor,

alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.

Livre des Proverbes 2, 1-5

Lorsqu'il fait connaître à la terre les dons du Saint-Esprit, Isaïe ne les appelle pas Dons, mais Esprits. Saint Thomas montre que les dons du Saint-Esprit sont comme le souffle permanent de l'Esprit septiforme, qui met en mouvement toutes les vertus et toutes les puissances de l'âme.

 

Suivant la révélation du Verbe lui-même, le mauvais Esprit, Satan, le singe de Dieu, marche accompagné de sept autres esprits. Ces esprits nous sont connus par leurs noms et par leurs œuvres (orgueil, avarice, luxure, gourmandise, envie, colère, paresse). Par leurs œuvres, ils sont les inspirateurs et les fauteurs de tous les péchés, de tous les désordres privés et publics, la cause incessante de tous les maux du monde. Cruels, rusés, infatigables, nuit et jour ils nous assiègent et nous harcèlent.

 

Aussi un des dogmes les plus consolants de la religion est celui qui nous montre l'Esprit du bien venant au secours de l'homme avec sept esprits, ou sept puissances opposées aux sept forces de l'Esprit du mal. Ces sept esprits auxiliaires nous sont également connus par leurs noms et par leurs œuvres. Par leurs œuvres, ils sont les inspirateurs de toutes les vertus publiques et privées,... la cause incessante de tous les biens du monde. (S. Basile, De Spirit. sanct.,p. 66.)

 

Un des derniers représentants de la grande théologie du moyen âge, saint Antonin († 1459) conserve la même dénomination. 'Les sept dons du Saint-Esprit, dit cet illustre docteur, sont les sept Esprits envoyés par toute la terre contre les Sept Esprits mauvais dont parle l'Évangile.

L'esprit de crainte chasse l'esprit d'orgueil.

L'esprit de piété chasse l'esprit d'envie.

L'esprit de science chasse l'esprit de colère.

L'esprit de conseil chasse l'esprit d'avarice.

L'esprit de force chasse l'esprit de paresse.

L'esprit d'intelligence chasse l'esprit de gourmandise.

L'esprit de sagesse chasse l'esprit de luxure. (Summ. theolog. IV, p., tit. X, c. I, § 4) 

 

L'homme déchu est tellement enfoncé dans les sens, qu'il passe à côté des plus hautes vérités de l'ordre moral sans les voir, ou, s'il les entrevoit, il en est à peine touché. Mais lorsque l'Esprit de crainte de Dieu descend en lui, il se passe dans son âme quelque chose qui ressemble à un coup de tonnerre dans une nuit obscure. Ainsi en est-il dans le cœur de l'homme, lorsque l'Esprit de crainte de Dieu, une Lumière soudaine,  dissipe les ténèbres et montre dans leur clarté la grandeur de Dieu et la laideur du péché.

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force" (Marc 12, 29). Peinture : Christ-à-Gethsémani, Heinrich-Hofmann

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force" (Marc 12, 29). Peinture : Christ-à-Gethsémani, Heinrich-Hofmann

Quels sont les effets du don de crainte de Dieu ? 

 

Le don de crainte de Dieu produit deux effets : le respect pour Dieu (l'horreur du péché), le respect des créatures qui toutes viennent de Dieu, qui appartiennent à Dieu et doivent retourner à Dieu, car tout est bienfait, même l'air que nous respirons.

 

La crainte de Dieu est la première condition de la sagesse (Ps 110).

 

La Bible nous encourage souvent à "craindre le Seigneur" (Dt 4,10; Jb 1,1 ; Ps 22 (21),24 ; 25 (24),12, etc.) Marie n'est pas la seule à exalter les "craignant-Dieu". Car viendra le jour où le Seigneur jugera tous les hommes et rendra à chacun selon ses œuvres.

 

La crainte servile est celle qui fait respecter Dieu par peur et fuir le péché à cause des châtiments. (Timere Deum propter malum poena est timor servilisin Viguier, c. XIII, p. 414.)

 

La crainte servile disparaît devant la crainte filiale. Celui qui la possède craint Dieu comme un fils craint son père. Toujours sa crainte est accompagnée de confiance et d'amour. (1)

Dans son commentaire de la première lettre de saint Jean, saint Augustin suggère qu'il y a une certaine forme de crainte de Dieu qui est une première étape dans la vie spirituelle. Elle aide le pécheur à se convertir. Par peur d'être entraîné par le diable en enfer, le pécheur se détourne du mal et commence à mener une vie plus conforme à l'Évangile. Le pasteur africain ne prétend nullement que cette attitude soit mauvaise. Bien au contaire !

 

Cette première forme de crainte de Dieu, écrit-il, "donne accès à la charité."

En ce sens, elle est comme le dit l'Écriture, le "commencement de la sagesse" (Ps 111,10) et "mène à la vie", vie comblée, lieu de repos inaccessible au malheur. (Pr 19,23)

 

Elle pousse le pécheur à se convertir et à éviter la mort éternelle. Mais continue saint Augustin, il est souhaitable que notre pratique du bien soit motivée par cet amour fervent du Seigneur dont parle l'apôtre Jean et "qui bannit la crainte." La piété filiale nous donne d'avoir vis-à-vis de notre Père du ciel une confiance éperdue, toute filiale. Ce qui nous permet de dire avec Tertullien : "Nemo tam pater, personne n'est aussi père que Dieu." (2)

Echelle de Jacob. Gn 28, 11-13

Echelle de Jacob. Gn 28, 11-13

Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : "Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants."

Génèse 28, 12-13

alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.

Jean 8,32

La crainte n'est autre chose que l'amour en tant qu'il nous fait fuir et éviter ce qui est désagréable à la divine Majesté. (3)

 

La crainte est le premier degré de l'échelle mystérieuse que nous devons parcourir pour retourner à Dieu : le don de piété est le second.

 

La crainte qui vient du Saint-Esprit, ayant quelque chose de filial contient en germe le don de piété; il en sort comme sa première fleur et son premier fruit. La piété est un don du Saint-Esprit qui nous remplit d'affection filiale envers Dieu, et nous le fait honorer comme un père. (Viguier, c. XII, p. 413.)

 

L'esprit de piété est l'excitateur de la charité (soin des pauvres et des malades, avertissements charitables, œuvres de miséricorde), comme le vent est l'impulseur du navire; le don de piété nous fait aimer tous les hommes comme des frères.

 

Les sept œuvres de miséricorde corporelle sont :

Donner à manger à celui qui a faim, à boire à celui qui a soif.

Héberger le pèlerin.

Vêtir celui qui est nu.

Visiter le malade.

Consoler le prisonnier.

Racheter le captif.

Ensevelir les morts

 

Avec non moins d'abondance, le cœur du chrétien fondu par le Saint-Esprit, comme la cire par le feu, se répand sur sept genres de besoins spirituels, sept dévouements ou sept œuvres de miséricorde spirituelle:

Instruire les ignorants.

Reprendre ceux qui font mal.

Donner conseil à ceux qui en ont besoin.

Consoler les affligés.

Souffrir patiemment les injures et les défauts d'autrui.

Pardonner de bon cœur les offenses.

Prier pour tous et pour ceux qui nous persécutent

 

De même, le chrétien peut et doit pratiquer certains actes d'une perfection surnaturelle, qui l'acheminent à sa fin dernière.

 

Ces actes sont appelés béatitudes, c'est-à-dire béatifiants. Ils différent des vertus et des dons comme l'effet diffère de la cause. Comme les dons, les béatitudes s'enchaînent les unes aux autres, dans un ordre hiérarchique, dont les degrés élèvent le chrétien jusqu'à la perfection de l'être divin, par conséquent jusqu'au comble du bonheur. 

 

La récompense. Sans doute, le ciel ou le bonheur parfait est la récompense commune de toutes les béatitudes. Mais cette récompense est en harmonie avec le genre de mérite obtenu par chaque béatitude. Si le pécheur est puni par là où il pèche, il est également vrai que le juste est récompensé par où il mérite. Quoi de plus propre que cette divine équation à exciter notre zèle et à soutenir notre courage, dans les routes différentes qui conduisent au bonheur ? À cette harmonie s'en joint une autre : la gradation dans la récompense, est d'avoir le ciel. C'est le bonheur commun à tous les saints, mais non égal pour tous; car il y a plusieurs degrés dans la béatitude, comme il y a plusieurs demeures dans la maison du père céleste.

 

Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, ... car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

Mt 5, 3-12

Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.

Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.

Luc 6, 20-23

Ainsi pour ceux qui se font petits et pauvres, le ciel, c'est le pouvoir, l'opulence, la gloire : Regnum cælorum. La première récompense est d'avoir le ciel.

 

Pour ceux qui sont doux, le ciel, c'est l'empire des cœurs dans la terre des vivants : Possidebunt terram. La deuxième récompense c'est de posséder le ciel. Or, posséder le ciel dit plus que de l'avoir. Il y a beaucoup de choses qu'on peut avoir, sans les posséder d'une manière tranquille et permanente.

 

Pour ceux qui pleurent, le ciel, c'est la consolation et la joie sans mélange et sans fin : Consolabuntur. Être heureux dans la possession du ciel est plus que l'avoir et le posséder. Combien de choses agréables que nous ne possédons pas sans douleurs !

 

Pour ceux qui ont faim de la justice, le ciel, c'est le rassasiement parfait : Saturabuntur. Rassasié est plus que d'être consolé. Le rassasiement implique l'abondance de la consolation et le repos dans la joie.

 

Pour les miséricordieux, le ciel, c'est la miséricorde avec ses ineffables tendresses : Misericordiam consequentur. Le bonheur des miséricordieux ne sera mesuré ni sur leurs mérites ni même sur leurs désirs, mais sur les richesses infinies de l'infinie miséricorde.

 

Pour les purs de cœur, le ciel, c'est la claire vue de Dieu dans l'éclat de sa beauté et dans les magnificences de ses œuvres : Deum videbunt. Voir Dieu surpasse les précédentes félicités. Voir Dieu est plus que tout le reste et annonce une dignité plus grande.. Voir le roi quand on veut est plus qu'habiter son palais et jouir de ses bienfaits.

 

Pour les pacifiques, le ciel, c'est le nom glorieux et le privilège incomparable d'enfants de Dieu : Filii Dei vocabuntur. Il n'y a rien au-delà. À la cour des rois, la suprême élévation est celle de leur fils, héritiers de leur trône. Ainsi, de degré en degré, conduire l'homme jusqu'à la dignité suprême d'enfant de Dieu, de frère et de cohéritier du Verbe incarné, est le dernier mot de toutes les béatitudes et de toutes les opérations du Saint-Esprit. (S. Th., 1a 2ae, q. 69, art. 4, corp., et ad. 3.)

 

Tels sont les degrés de l'échelle par lesquels, du fond de la vallée de larmes, nous montons jusqu'au sommet de la montagne de la félicité.

Sources :

 

(1) Mgr Jean-Joseph GAUME, Les Dons du Saint-Esprit, Éditions Saint Rémi 2021 

(2) Pierre DESCOUVEMONT, Gagner le combat spirituel, Éditions de l'Emmanuel, Paris 2006

(3) Jacques PHILIPPE, À l'école de l'Esprit-Saint, Éditions des Béatitudes, 11è édition, 1995, p. 105

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5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 11:15

L'histoire vraie de la petite Américaine Annabel Beam. Diagnostiquée à 5 ans comme souffrant d'une maladie incurable, elle a été miraculeusement guérie après une expérience de mort imminente suite à une chute d'arbre en 2011. Jésus lui apparait et lui envoie un ange afin de la protéger de la prison de bois dans laquelle elle est enfermée. En effet c'est en jouant avec ses sœurs (Abigail et  Adelynn) qu'Annabel est tombée dans un trou à l'intérieur du tronc du peuplier. Celui-ci lui permettra de vivre un événement incroyable. Voici le récit de cette expérience.

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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 12:27

Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

Mt 20,16

Les œuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

S. Bonaventure

Notre monde a besoin de vérité pour être libre. Dans sa dernière vidéo Véronique Lévy explique les raisons pour lesquelles son "programme" est le Christ Roi. 

Extrait :

 

"J'ai parlé de Jean-Luc Melenchon en disant que certains points de son programme étaient intéressants.

"Je suis évidemment pour le Christ Roi. C'est cela mon programme. C'est cela mon choix. Et quand je parle de Christ Roi, ce n'est pas quelque chose de passéiste ni de rétrograde. Et je n'ai jamais compris pourquoi les gens qui sont pour le Christ Roi étaient placés dans la catégorie droite, extrême droite, conservateurs, etc. 

"Pour moi il n'y a pas de plus nouveau, de plus radicalement nouveau que d'être pour le Christ Roi. Pourquoi ? Parce que le Christ Roi roi, c'est la garantie pour les plus fragiles, pour les plus petits dans notre société d'être protégés, d'être aidés, d'être respectés (Nous disions "Nos Seigneurs les pauvres" au Moyen-Âge. Ndlr.). C'est la garantie que règne non pas la loi du plus fort mais la loi du plus faible. C'est la phrase : "Les premiers seront les derniers." 

"Qui d'autre pourrait dire cette phrase à part Jésus Christ, qui d'autre pourrait oser la dire ? 

"Entre autres phrases extraordinaires, 'La vérité vous rendra libres'. 

" Dans un monde corrompu par le mensonge, par les conflits d'intérêt, la vérité vous rendra libres. C'est la garantie d'un monde plus transparent. Un monde où là encore la quête de la vérité vous garantit une certaine liberté. Car il n'y a pas de liberté dans le mensonge. Il n'y a pas de liberté conditionnelle comme on l'a vu depuis deux ans, pas de liberté à condition de, à condition d'être de plus en plus soumis, à condition que tu passes par là où je veux que tu passes. Avec le Christ c'est la liberté dans la vérité. Un monde où le Christ serait roi, c'est le monde où le fragile, le petit, le pauvre serait au premier rang, où la vérité garantirait la liberté. Ce serait enfin où le lépreux, le malade, ne serait pas un proscrit, ne serait pas à rejeter mais serait mis à l'honneur. Donc cette fameuses société inclusive dont on nous parle tant, n'est possible, n'est envisageable que parce que à un moment l'Europe fut chrétienne. Et cela reste des reliquats de ce christianisme qui aujourd'hui malheureusement a été sacrifié aux enjeux économiques du mondialisme et de cette société transhumaniste et numérique. 

"Le Christ Roi c'est la garantie de l'enfant aussi. L'enfant roi, non pas celui que l'on ne peut pas gâter mais l'enfant qui ne peut pas parler, celui qui n'a pas la parole. C'est le sans voix dont parlait l'abbé Pierre. Parce qu'aujourd'hui on voit des hommes politiques qui s'apitoient sur le broiement des poussins, dont Jean-Luc Mélenchon, mais qui ne s'apitoient pas sur l'enfant broyé dans le sein de sa mère. Puisque aujourd'hui le délai d'avortement a été allongé à quatorze semaines : le crâne de l'enfant est déjà formé. 

"Le Christ Roi c'est la garantie où les femmes seront reines, où les femmes seront le couronnement de l'homme. Mais si une femme a été violentée c'est parce que le Christ n'est pas roi. C'est parce que c'est l'argent, c'est le pouvoir (la force Ndlr.), c'est la violence qui sont rois. 

"Le Christ Roi, c'est la garantie d'un monde plus juste, plus équitable, plus vrai, où l'homme a un droit, celui d'adorer Dieu. Et adorer Dieu c'est la garantie de la liberté. (La garantie d'un monde dualiste où les deux pouvoirs temporel et spirituel, autonomes et non sur la même tête, s'équilibrent l'un l'autre, offrant un espace au développement de la personne et au développement de la science. Ndlr.)

"Une société où le Christ est Roi, c'est cette société où tout homme a droit au respect, à l'amour, au soin, à la dignité, à la liberté. Et non pas une apparence de liberté et de dignité comme dans l'humanisme sans Dieu, où l'on voit que tout cela finalement est sacrifié au profit. 

"... Donc je m'adresse aux Insoumis dont j'ai trouvé que certains dans cette crise ont tenu des propos vraiment magnifiques. Et ils s'étaient opposés à ces discriminations légalisées.

"L'anticléricalisme ne me choque pas parce que il y a, il y a eu certains clercs qui ont démérité. Mais pas tous. Il y a des curés résistants, des évêques résistants qui dénoncent la dictature économique et le totalitarisme eugeniste. Et donc ce que l'on appelle l'extrême gauche aujourd'hui a beaucoup de points de proximités avec le peuple. Mais il lui manque une chose qui est... de comprendre que la défense du plus petit, défendre l'homme c'est aussi défendre l'homme en son germe, en ce qu'il a de plus démuni comme le disait Pier Paolo Pasolini. Éliminer ainsi des milliers de vie c'est éliminer l'être humain mais c'est aussi éliminer l'humanité, car toucher à l'embryon c'est toucher à la source de cette humanité... Et s'ils (l'extrême gauche) pouvaient comprendre que le plus grand humaniste c'est le Christ qui s'est fait chair pour nous aimer (pour prendre notre nature, parce qu'Il aimait notre nature et qu'Il nous avait fait à Son image. Ndlr). Voilà. Vive la France libre en Jésus-Christ ! Oui je suis insoumise à toutes ces dictatures totalitaires."  (Fin de citation) 

 

Merci à Véronique Lévy pour ce texte admirable. 

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 14:20

Rien par force, tout par amour.

Saint François de Sales († 1622), Docteur de l'Eglise

Maître Fabrice Di Vizio et le Pasteur débattent de cette question : "où est l'Église dans cette crise" (sanitaire)? Dans la crise sans précédent qui touche de façon dramatique l'histoire de notre humanité, cette émission filmée sur le site YouTube "En Dieu seul", se propose d'"apporter des solutions concrètes pour faire face à la crise." 

Extrait de l'émission :

 

Maître Fabrice Di Vizio :

 

"Il y a deux questions : quelle devrait être la place de l'Église ? Et quelle a été et quelle est réellement la place de l'Église? A la question quelle a été la place de l'Église, je dirais aucune : l'Église n'a pris aucune place, en tous les cas pour l'Église catholique à laquelle j'appartiens. Je suis consterné et frappé de constater qu'elle n'a rien apporté et quand elle a pris la parole, ce fut à peu près pour raconter n'importe quoi."

 

[Note de Christ Roi. C'était précisément notre propos il y a un an dans cet article :

Covid-19 : l’Église a clairement manqué son rendez-vous avec l'histoire ]

 

"Nous avions et avons une Église dont on attendait beaucoup, une Église dont on espérait beaucoup, et qui ou elle s'est tu, ou lorsqu'elle a pris la parole, ce fut littéralement pour raconter n'importe quoi.

 

"À la question quelle devrait être la place de l'Église, j'ai envie de répondre, j'aurais envie de répondre par la formule consacrée que l'Église est mère et enseignante. L'Église doit être mère, c'est-à-dire qu'elle doit accompagner le peuple de Dieu dans la souffrance. On a traversé une souffrance : la souffrance du confinement, la souffrance du deuil, la souffrance de l'inconnu, la souffrance des familles qui se sont séparées, la souffrance que ce Pass a généré. Et son rôle c'était d'aimer. C'est la première réalité, c'est d'aimer. La deuxième réalité c'est d'enseigner, en disant voilà ce qu'il y a lieu de tirer de cette crise et voilà comment on vit une crise, voilà ce que le Christ nous enseigne, voilà ce que la Parole nous enseigne, voilà comment on nourrit l'Espérance. Et donc, je suis particulièrement surpris de voir qu'elle (l'Église) n'a ni aimé ni enseigné. De sorte que l'on pourrait se poser une question : l'Église existe-t-elle encore ? Est-ce que, dans cette affaire, l'Église qui est l'épouse du Christ existe encore ? L''Église en tant qu'institution, elle sait faire, il n'y a pas de doute, elle sait très bien être institutionnelle, mais quand il s'agit d'être Église épouse (du Christ), c'est plus compliqué.

 

"(Dans cette crise sanitaire) les catholiques, à l'exception de quelques communautés, se sont complètement laissés happer par l'esprit du monde. Mais ce n'est pas nouveau. Le pape François en instaurant un Pass sanitaire, en appelant à la vaccination, en venant dire qu'on manquait de générosité et que (la vaccination) c'était un acte de charité [alors qu'un acte d'amour contraint et non consenti n'est pas un acte d'amour..., c'est un viol. Note de Christ Roi.]

 

"Le problème de l'Église c'est d'annoncer l'Évangile, son premier devoir c'est de remplir les églises. L'Église ne se soucie plus du témoignage. Et c'est cela le problème. Nous avions une occasion en or de venir témoigner de l'Espérance qui nous habite. Nous ne l'avons pas fait parce que, peut-être, nous n'avons pas d'Espérance qui nous habite et alors cela, c'est beaucoup plus grave.

 

Pasteur Daniel Vindigni :

 

"C'est peut-être cela aujourd'hui le rôle de l'Église. La Bible dit que c'est la vérité qui affranchit. Et on ne peut pas faire avancer l'humanité, faire avancer les hommes, on ne peut pas faire avancer l'Église si on n'a pas l'humilité de reconnaître nos problèmes et nos faiblesses. Et effectivement ce n'est pas le rôle d'un serviteur de Dieu, d'un homme de Dieu, de pouvoir influencer les chrétiens dans une direction (la vaccination) qui serait la direction officielle, sachant que cette direction officielle peut être largement remise en question."

 

Maître Fabrice Di Vizio :

 

" Et puis il y a un autre problème. L'Église est là pour accueillir tout le monde. On peut par exemple avoir les positions qu'on veut sur l'immigration, mais quand l'Église dit, moi je ne fais pas de politique, et j'accueille chacun de mes enfants sans regarder d'où ils viennent, il y a une dimension d'accueil inconditionnel.

 

Pasteur Daniel Vindigni :

 

"Le grand problème que l'on a dans cette crise c'est que les politiques font de la religion et les religieux font de la politique !"

 

Maître Fabrice Di Vizio :

 

" Depuis un an et demi, on essaye de nous vendre une espèce de dogme, une vérité (qui serait une vérité absolue), alors que la vérité scientifique on voit bien qu'elle est mouvante, qu'elle n'est pas évidente; ce que l'on savait il y a six mois n'est pas ce que l'on sait maintenant. Le problème est que vous avez fait du 'vaccin', du confinement, du masque, un dogme. Or nous ne savons pas assez de choses pour pouvoir affirmer des vérités. 

 

"Et (inversement), l'Église s'est introduite dans une sorte de relativité, en disant la relativité, cela n'existe plus, il faut s'adapter à l'esprit du temps...

 

"Quand vous pensez qu'aux Etats-Unis, au Texas, certains évêques ont interdit à leurs prêtres d'aller donner le sacrement des malades aux mourants dans les hôpitaux pour cause de Covid, sauf à faire un Pass sanitaire.

 

Pasteur Daniel Vindigni :

 

"C'est très juste que vous êtes en train de dire, c'est pour cela qu'il faudrait peut-être dire que le rôle de l'Église aujourd'hui, évidemment, c'est de prêcher la Bonne parole,, de donner l'Espérance du salut et de la vie éternelle, rassurer les gens, et surtout peut-être de résenseigner les Chrétiens, et réenseigner les représentants du culte pour leur dire ATTENTION, il est temps que vous ayez la foi, vous avez perdu la foi. Et vous n'avez plus un discours qui se tient dans l'Espérance de la foi. Mais de plus en plus, nous voyons un discours basculer dans la crainte, la peur, parce que l'on accepte que ce qui nous est servit sur un plateau comme solution par les gouvernements et le Nouvel Ordre Mondial doit être pris pour argent comptant. On ne peut plus discuter et on ne peut plus remettre cela en question. Et on ne laisse plus le libre choix à chacun.

 

"Et le problème est que dans l'Église on commence progressivement à retirer le libre choix à chaque individu dans l'expression de sa foi.

 

L'Eglise ayant manqué ces derniers mois à sa mission, comment pourrait-elle venir en aide à ces gens qui sont désespérés, qui ont peur de l'avenir ?

 

Pasteur Daniel Vindigni :

 

"En réactivant un dialogue de foi. Il faut croire que Dieu existe. Il faut croire que Dieu est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. Il faut croire que Jésus-Christ a donné Sa Vie à la Croix, qu'il a versé Son Sang, et que par Ses meurtrissures nous trouvons la guérison. Il y a donc une part de miraculeux que nous devons saisir aujourd'hui à travers le message de Jésus, dans cette crise, en portant ce message aux malades et en leur disant qu'il y a les solutions humaines, médicales, que nous ne renions pas, mais nous voulons aussi apporter le message spirituel, le message de la foi. Et redire : priez le Seigneur, croyez que Dieu peut vous protéger et que Dieu peut encore vous guérir aujourd'hui. La Parole le dit : Jésus n'a pas changé, il est le même hier, aujourd'hui et éternellement.

 

"Donc le pouvoir que nous pouvons trouver dans le coeur de Jésus et dans la Communion du Seigneur est un pouvoir qui d'abord va tuer nos craintes, détruire nos manques d'Espérance, et qui va ouvrir un chemin très large à la foi et à l'Espérance. Parce que la foi sans les oeuvres n'est rien, il faut pratiquer, il faut que les représentants du culte prient pour les malades, qu'ils puissent aussi leur apporter un soutien spirituel dans leurs discours, un discours rempli de Foi et d'Espérance. Parce que c'est prouvé, un malade qui a le moral va guérir beaucoup plus vite qu'un malade qui n'a pas le moral et qui est désespéré.

 

"La place aujourd'hui des représentants du culte est de ranimer ce message d'Espérance et de Foi. Et de dire que oui, Dieu guérit encore aujourd'hui. Et que oui, il faut espérer dans la Seigneur et mettre sa confiance dans la foi en Jésus-Christ, parce qu'il est mort pour nos péchés, parce qu'il aussi souffert sur le Chemin de la Croix (la Via dolorosa), il a souffert sous le coup du fouet des soldats romains et Ses meurtrissures sont pour nous une guérison." 

Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.

1P 2,5

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 11:51

Quelle grande chose que de posséder la Croix ! Celui qui la possède, possède un trésor.

Saint André de Crète, Homélie X pour l'Exaltation de la Croix, PG 97, 1020 in Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire culturel du christianisme, Le sens chrétien des mots, Honoré Champion Editeur 2021, p. 267.

Source : https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/souffrir-pour-etre-heureux-la-theorie-sensee-dun-professeur-de-yale-260122-210511

Source : https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/souffrir-pour-etre-heureux-la-theorie-sensee-dun-professeur-de-yale-260122-210511

Si on ne sait pas exactement ce qu'est le bonheur, on croit savoir ce qu'il n'est pas : du stress, de la souffrance ou encore de la peur. Un professeur de l'université de Yale souligne pourtant que ces douleurs intimes sont indispensables pour se sentir heureux.

 

Qu'est-ce que le bonheur ? Comment faire pour être heureux ? La question vous revient parfois depuis vos derniers cours de philosophie au lycée, sans jamais que ne se dessine un mode d’emploi officiel. On a cependant tous une petite idée de ce qu'il faudrait pour atteindre la plénitude absolue. Moins de contrainte, de souffrance, de stress, plus de joie et de plaisirs en tout genre. Et c'est peut-être ici que l'on fait fausse route. Dans un article publié le 23 janvier sur le site du quotidien britannique The Guardian, Paul Bloom, professeur de psychologie et de sciences cognitives à l’université de Yale aux États-Unis, démantèle l’héritage hédoniste selon lequel pour être heureux, l’être humain se doit de rechercher les plaisirs à tout prix en esquivant les souffrances.

 

Une vie qui a du sens

Selon le professeur, ce sont pourtant bien les souffrances qui participent à notre bonheur. Pour appuyer ses propos, Paul Bloom pointe du doigt notre représentation utopique et béate de l'existence heureuse. En réalité, constate-t-il, «nous ne recherchons pas seulement du plaisir, mais nous voulons surtout vivre une vie qui a un sens».

 

Pour ce faire, on se fixe des objectifs, on s'aventure hors de sa zone de confort, on mène à bien des projets. Et tout ceci a un coût, nécessite des efforts, implique parfois de se battre contre les difficultés du quotidien. «Se construire une vie significative implique d'expérimenter la souffrance, l’anxiété et la lutte», précise le professeur.

 

Si nous subissons certaines souffrances, comme celles liées au deuil par exemple, nous choisissons d'en vivre d'autres, sciemment, convaincus qu'elles ajouteront de la valeur à notre vie. Paul Bloom précise son propos en donnant l'exemple de la parentalité. «Si nous savons pertinemment de quoi il en retourne, à quel point cela va être difficile, nous choisissons malgré tout de concevoir. Et nous regrettons rarement nos choix», avance-t-il.

 

Ce lien étroit entre bonheur et souffrance a été étudié par le professeur dans son ouvrage The Sweet Spot (1). Il y cite plusieurs études scientifiques. «Généralement, les personnes affirmant avoir trouver un sens à leur vie témoignent également d’un niveau d’inquiétude plus élevé que les autres», résume Paul Bloom. Et de constater que «les professions les plus valorisantes sont celles qui nécessitent de s’exposer à la douleur d’autrui. Et lorsqu'on nous demande de décrire les expériences qui ont marqué nos vies, nous avons tendance à penser à celles qui ont été intenses, très agréables – mais aussi très douloureuses», illustre le professeur.

 

Le professeur cite également la théorie du philosophe britannique Alan Watts. Selon ce dernier, une vie où tout serait simple et facile, dans laquelle on aurait le pouvoir d’exaucer tous ses souhaits, de décider du déroulement de chaque événement, tournerait très vite à l'ennui. «Nous voudrions lui ajouter du risque, des incertitudes, du manque et quelques obstacles, parfois même insurmontables, si bien que nous finirions par rêver de vivre cette vie que nous avons aujourd’hui.»

 

(1) Paul Bloom est l'auteur de The Sweet Spot : Suffering, Pleasure, and the Key to a Good Life (Le Point sensible ; souffrance, plaisir et la clé d'une bonne vie, en français), Éd. Bodley Head, 304 pages.

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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 08:20

La conscience n'est pas seulement une sorte d'autorité, c'est l'autorité suprême

a déclaré le père Pierre Williams.

Un prêtre courageux qui a résisté à la demande de son évêque de recevoir le vaccin COVID contaminé par l'avortement.

 

Source

 

Le père Peter Williams du diocèse de Burlington (Vermont) a déclaré que Mgr Christopher Coyne avait précédemment envoyé un e-mail à tous les prêtres du diocèse pour leur demander de se faire vacciner, de peur qu'ils ne soient soumis à des tests réguliers et au port de masques. Mais le P. Peter a répondu que se faire vacciner contre le COVID violerait sa conscience. Il a également déclaré que les tests et le masquage ressemblaient à une "punition" injuste pour avoir refusé le vaccin. 

 

Cela a déclenché une dispute avec Mgr Coyne et le vicaire général diocésain, qui ont tous deux menacé le P. Peter de suspension ou démission forcée en raison de son prétendu refus d'accomplir son vœu d'obéissance. [Un prêtre ou un religieux ne doit obéir qu'en ce qui concerne la foi ou les bonnes moeurs. Pour le reste il reste libre. Ndlr.]

 

"Je pense que récemment, en particulier les curés, [ils sont] comme des chiens en cage, et l'évêque vient les battre avec un bâton de temps en temps pour les amener à se conformer à tout ce qu'il veut qu'ils fassent, puis les gens font la même chose", a-t-il dit.

 

En plus de ce conflit en cours, le P. La position de Peter a bouleversé certains membres de sa propre famille au point de l'hostilité. Il a dit qu'il ne parlait pas seulement pour lui-même, mais pour le bien de l'Église.

 

"La conscience [bien éclairée. Ndlr.] n'est pas seulement une sorte d'autorité, c'est l'autorité suprême", a-t-il déclaré. "Et c'est ce que l'Église enseigne. Et bien sûr, elle doit être bien informée, et nous comptons sur l'Église, les sacrements, les Écritures, l'enseignement de l'Église et toutes ces choses pour nous informer et être bien informés. Mais c'est primordial.

 

"Ni mon évêque ni mon pape ne se tiendront avec moi le jour du jugement. C'est juste moi devant Jésus", a-t-il ajouté. "Il n'y aura aucune excuse quand Il me dira : 'Tu savais mieux.'"

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 62.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 62.

François de Sales naquit au château de Sales, en Savoie, en 1567. Issu d’une vieille famille aristocratique du duché de Savoie, il choisit le chemin de la foi. Consacrant sa vie à Dieu, il renonça à tous ses titres de noblesse. Le futur saint était l'aîné de six frères et sœurs.

 

Lors de son baptême, il reçut le prénom de "François" en vénération pour François d'Assise.

 

Après ses premières années d'études, on l'envoya au collège des jésuites à Paris.

 

François aimait aller prier devant l'image de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, dans l'église aujourd'hui détruite de Saint-Étienne des Grès à Paris; ce fut là qu'il fit voeu de chasteté, et qu'il recouvra miraculeusement la paix de son âme, troublée par une horrible tentation de désespoir. En souvenir sera érigée en 1692 une chapelle Saint-François-de-Sales dans cette église (l'une des plus anciennes églises de Paris, fondée par Saint Denis, qui, malheureusement, sera détruite par les vandales révolutionnaires en 1792).

 

Après avoir fait son droit à Padoue, François embrassa l'état ecclésiastique. [1]

Saint François de Sales, évêque et Docteur de l'Eglise (+1622) Nommer ce saint, c'est personnifier la vertu de douceur ; il fut le saint aimable par excellence et, sous ce rapport particulièrement, le parfait imitateur de Celui qui a dit : "Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur." [2]

 

"Écartant le rigorisme desséchant d'une certaine Église, ce grand maître fut, comme d'aucuns l'ont dit, le 'saint de la douceur de Dieu', indulgent à l'égard de la faiblesse humaine, en un temps où le Dieu des chrétiens était encore le Dieu de l'Ancien Testament." [3]

 

Jeune homme, il mena la vie des anges. Prêtre, il se montra digne émule des plus grands apôtres, par ses travaux et par les innombrables conversions qu'il opéra parmi les protestants. Évêque, il fut le rempart de la foi, le père de son peuple, le docteur de la piété chrétienne, un Pontife incomparable. 

 

"On disait communément, écrit sainte Jeanne de Chantal, qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de gagner sa faveur que de lui faire du mal, et que c'était la seule vengeance qu'il sût exercer." -- "Il avait un cœur tout à fait innocent, dit la même sainte ; jamais il ne fit aucun acte par malice ou amertume de cœur. Jamais on n'a vu un cœur si doux, si humble, si débonnaire, si gracieux et si affable qu'était le sien."

 

Les armes de François de Sales étaient celles de l'amour. C'est d'ailleurs l'une de ses devises : 

 

Rien par force, tout par amour.

François de Sales incarna de façon exemplaire, au cours d'une existence souvent harassante, les plus hautes vertus évangéliques au point d'être appelé le Docteur de l'amour. [4]
 

 

Reconstituons le contexte historique quelques années avant la prise de fonction de François. Berne, en Suisse, qui s'était déclaré pour la Réforme en 1528, dépêcha plusieurs "évangélistes" à Genève en 1530 (tels que Ami Perrin, Malbuisson, Clauder Roger et surtout Farel). La religieuse Jeanne de Jussie, du couvent de Sainte-Claire, relata ainsi les troubles qui secouèrent Genève à partir de l'arrivée des troupes et des "évangélistes" bernois : "Et le jour de Monsieur Saint François (d'Assise), un mardi [1530], à dix heures du matin, arrivèrent à Morges les fourriers des Suisses pour prendre logis pour l'armée. Le mercredi, jeudi et vendredi, arrivèrent les troupes des deux cantons de Berne et Fribourg, audit Morges, et firent de grands maux... ils commencèrent à piller, dérober, à fourrager les pauvres gens, et ne laissèrent blé, vin, chair ni meubles par les maisons et châteaux des nobles, et puis brûlèrent tout, qui ne fut pas petite perte... Non contents encore, ces hérétiques rompirent la sacristie et toutes les armoires... et prirent tous les ornements qu'ils trouvèrent et emportèrent tout avec l'horloge du couvent, toutes les couvertures et linges des frères, tellement qu'il ne resta chose aucune... Et tous les prêtres [catholiques] qu'ils trouvaient portant longue robe la leur ôtaient, les dépouillaient et battaient, à toutes les images qu'ils trouvaient tant en plate peinture (fresque) qu'en tableaux, ils leurs crevaient les yeux avec la pointe de leurs piques et épées, et crachaient contre... ils brûlèrent tous les livres, tant de la chanterie qu'autres..."

 

"Le lundi, environ midi [1530], l'armée entra dedans Genève, poursuit soeur Jeanne de Jussie; ils menaient dix-neuf grosses pièces d'artillerie... Les luthériens se firent ouvrir l'église cathédrale Saint-Pierre. Le prédicateur Guillaume Farel se mit en chaire et prêchait en langue allemande. Ses auditeurs sautaient par-dessus les autels comme chèvres et bêtes brutes... Ces chiens abattirent l'autel de l'Oratoire et mirent en pièces la verrière où était en peinture l'image de monsieur Saint Antoine... Ils rompirent aussi une belle croix de pierre... et au couvent des Augustins rompirent plusieurs belles images, et au couvent des Jacobins rompirent de belles croix de pierre...

 

Au mois d'août 1532, les hérétiques firent descendre les cloches du prieuré de Saint-Victor, et puis abattre jusqu'au fondement tout le monastère. En ce même mois, le jour de la Décollation de Saint Jean Baptiste, ils abattirent une petite et fort jolie église de Saint Laurent, et fut aussi abattue l'église de Madame Sainte Marguerite... 

 

L'an 1534,... la veille de Pentecôte, à dix heures de nuit, les hérétiques [luthériens] coupèrent les têtes à six images [statues] devant la porte des Cordeliers, puis les jetèrent dans les puits de Sainte-Claire. Le jour de la Saint-Denis fut découverte [le toit démonté] l'église paroissiale de Saint-Léger hors la ville, et puis entièrement rasée et abattue, et tous les autels rompus et mis en pièces. [5]

 

(En 1535) Expulsion des soeurs de Sainte-Claire. Le dimanche dans les octaves de la Visitation vinrent les syndics [réformés]... Le syndic ordonna à la mère abbesse d'ouvrir les portes (les Soeurs de Ste Claire ou Clarisses appartenaient à un ordre cloîtré). [L]es soeurs s'étant assemblées, Farel les harangua, ... vantant le mariage, la liberté. La mère abbesse l'arrêta mais fut expulsée. Le jour de monsieur saint Barthélémy, vinrent grandes compagnies tous en armes et bien embâtonnées [bien armés] et de toutes sortes d'armes.... ils vinrent heurter à la grande porte du couvent Sainte-Claire. La porte une fois ouverte, le chef de la troupe ordonna aux soeurs 'de par messieurs de la ville que plus ne dites aucun office, haut ni lus, et de ne plus ouïr la messe'. Il fut convenu entre la mère abbesse et le syndic que les soeurs quitteraient le couvent sans rien emporter... Le syndic promit de les conduire à la porte de la ville, sous bonne garde. La sortie se fit alors tant bien que mal, car plusieurs des soeurs étaient âgées et malades. ... Parties de Genève à cinq heures du matin, elles arrivèrent à Saint-Julien en fin de journée, où elles purent prendre du repos, avant de rejoindre Annecy, où le duc de Savoie leur avait fait préparer un couvent.

 

Le 5 août [1535], il (Farel) prêcha à Saint-Dominique et le 8 à Saint-Pierre. Après chacun de ses prêches, la foule de ses partisans abattit les statues et les croix, renversa les autels et les tabernacles, brûla les reliques et jeta les cendres au vent. [6]

Pierre de la Baume, le dernier évêque résidant avait quitté Genève le 1er octobre 1535, après que les syndics eurent publié un décret (le 27 août) par lequel ils ordonnaient 'que tous les citoyens et habitants eussent à embrasser la religion protestante, abolissant entièrement et absolument celle de la catholique'".

 

La théocratie genevoise

"Le 3 avril 1536, il fut donné un mois aux prêtres catholiques pour qu'ils se convertissent et, en attendant, il leur fut interdit de 'se mêler de dire la messe, de baptiser, confesser, épouser [marier]'. Le 5 avril, pareille défense fut faite aux chanoines. Enfin, le 21 mai 1536, 'le peuple réuni en Conseil général, adhérait unanimement à la Réforme religieuse'. En juin 1536, le Conseil abolit la célébration des fêtes, à l'exception du dimanche. Genève était une ville protestante".[7] La ville, dont l'évêque a été chassé, est devenue une république.

 

Le 2 novembre 1536, le bailli de Lausanne, jugeant que les réformés l'avaient emporté, se mit à la tête d'une troupe d'archers et fit le tour des paroisses du lausannois, 'parcourant les campagnes, rasant les chapelles, renversant les autels et abattant les croix... aux cris de 'À bas les papistes'". [8]

 

Appelé à Genève en 1536, Calvin en fut banni deux ans après, mais il y fut rappelé en 1540. Il exercera alors l'influence la plus absolue, faisant reconnaître comme loi d'État un formulaire réglant les principaux articles de foi. "De lourdes amendes punirent les catholiques qui restaient chez eux au lieu d'aller au prêche; harassés, traqués, les fidèles se lassèrent, beaucoup se soumirent pour avoir la paix. La Réforme, assez vite, régna en maître dans le Chablais." [9]

 

Fondateur de la théocratie genevoise, Calvin forge toute la future démocratie européenne. Du fer antique : l'Ancien Testament - la Loi, il forge une nouvelle Jérusalem terrestre. Calvin confond simplement la nouvelle Sion avec l'ancien Sinaï. Il ne voit pas ou ne veut pas voir la loi nouvelle de l'Évangile par rapport à l'Ancien Testament, à la Loi. "La fin de la loi est le Christ", dit l'apôtre Paul (Rom 10:4); "La fin du Christ, c'est la Loi", aurait pu dire Calvin.

"Composé de pasteurs et de laïcs (les "Anciens"), un consistoire est notamment chargé de la surveillance de la vie privée des citoyens. Jeux, spectacles, bals, chansons et tavernes sont interdits, toute infraction morale (adultère, violence, impiété) étant considérée comme un crime." [10]

 

"La profession de foi de 1536 doit être jurée par les habitants. [...] Pour Luther, la volonté humaine ne pouvait que faire le mal, pour Calvin, elle ne veut que le mal et sa responsabilité est entière.

[...] Dieu prédestine au salut (Traité de la prédestination, 1552).

Calvin fait exiler ses contradicteurs, l'humaniste Castellion, en 1544, le pasteur Bolsec, qui rejetait la prédestination, en 1551." [11]

 

Le 12 novembre 1537, le Conseil ordonne à tous ceux qui avaient refusé de jurer la Réformation [accepter le formulaire] de quitter la ville.

 

"Calvin inféode l'Église à l'État" : "Les seigneurs sont des dieux. Le peuple est Satan". Il "fait de l'État le serviteur et l'instrument de l'Église. À Genève il proscrit les jeux et le théâtre, impose l'assistance aux sermons, détermine les prénoms permis, règle la coupe des habits. [...] Les huguenots (de l'allemand eidgenosse, lié par serment), les huguenots de religion se transforment en huguenots d'État. [...] [L]'Église calviniste devient une coalition d'idées et d'intérêts, un parti et une armée." [12]

 

"Tous doivent prêter serment au nouveau Credo; ceux qui y manqueraient seront chassés de la ville; car, [...] l'Église, 'Cité de Dieu', et l'État, 'Cité des hommes', dans l'action, ne font qu'un, aux yeux de Calvin. Être ou ne pas être dans l'Église signifie être ou ne pas être dans l'État. Les dizenniers, ou hommes du guet, font irruption dans les maisons et traînent le peuple, par groupe de dix, à la prestation de serment.

"Plusieurs Eidgnots firent remarquer, en se gaussant, que Farel et Calvin 'qui étaient venus pour faire triompher le libre examen [la liberté de conscience] l'étouffaient à la première manifestation de dissidence'. Quelques-uns d'entre eux allèrent jusqu'à se moquer des 'deux papes qui étaient apparus pour ressusciter la lettre et qui l'emprisonnaient après la lutte de Lausanne.' Très vite ces propos se répandirent dans Genève, et firent rire, le peuple ne tarda pas à appeler leurs auteurs des libertins (car ils défendaient la liberté de penser), et le surnom leur resta ; injure qui devait bientôt se propager et dont on allait flétrir tout individu qui jouerait aux dés, qui n'aurait point éteint sa lumière après le signal du couvre-feu, qui boirait pendant les offices, danserait le dimanche, critiquerait les actes du syndic, ou garderait une image [pieuse] au logis.' (J.M. Aulin)." [13]

 

Après la théocratie de l'Ancien Testament, ici, à Genève, se manifeste à nouveau non pas un homme sacré, mais un peuple sacré; le but de l'État et de l'Église devient non plus la sainteté individuelle, mais la sainteté commune. 'Vous êtes un genre élu, une sainteté royale, un peuple saint.' (I P 2:9), dit Calvin aux Genevois. La ville grouille de limiers, dénommés 'Gardiens', dont l'oeil, tel 'l'oeil qui voit tout', pénètre partout (Ordonnances Ecclésiastiques de 1541). On ne juge pas seulement les actes, mais aussi les pensées et les sentiments. Toute tentative, même la plus secrète, de s'élever contre le 'Règne de Dieu', est soumise, en tant que 'trahison envers l'État', aux plus féroces châtiments de la loi: au fer et au feu. Tout le peuple genevois deviendra une sorte de Prisonnier de Chillon, et la Théocratie de Calvin - une ténébreuse prison souterraine dans l'azurée lumière du Léman." [14]

 

Calvin va plus loin que Luther : le salut est offert aux uns, refusé aux autres (Traité sur la Prédestination, 1552). En outre, la volonté humaine est totalement corrompue et l'homme ne peut sortir de cette corruption par aucune oeuvre. Seule la foi peut le sauver. "Ainsi, ... du plus profond pessimisme, le calvinisme débouche sur un certain orgueil, celui d'appartenir à une élite, d'être une sorte de nouveau peuple élu, donc d'être investi d'une mission de régénération du monde.

[...] La marque calviniste, même si elle déborde le milieu protestant, est présente dans la manie moderne de tout remettre en question, dans l'interventionnisme moralisateur à propos de tout, [...] dans ce besoin de décerner des bons et des mauvais points aux quatre coins du monde, dans ces discours politiques qui prennent souvent le ton du prêche. [...] Les conformismes qui pullulent aujourd'hui, dont celui du 'politiquement correct', voire du 'sexuellement correct', ne sont pas étrangers à l'influence protestante dans les milieux de la politique ou de l'édition", résume A. Richardt. [15] 

 

De 1541 à 1546 seulement, 76 citoyens sont bannis, et 58 genevois sont envoyés au bûcher par Calvin. [16] Ce qui fait quasiment une personne de la ville envoyée au bûcher tous les mois en cinq ans.

 

Les prisons étaient pleines de délinquants. Aimé Richardt, donne des "exemples de la tyrannie mesquine qu'exerçaient les ministres protestants" à Genève. "C'est ainsi que, en date du 20 mai 1537, nous trouvons : 'Une épouse étant sortie dimanche dernier avec les cheveux plus abattus [plus tombant sur les épaules] qu'il ne se doit faire, ce qui est un mauvais exemple et contraire à ce qu'on évangélise, on fait mettre en prison la maîtresse, les dames qui l'ont menée et celle qui l'a coiffée.'

 

Un autre jour, on saisit à un pauvre diable un jeu de cartes. 'Que va-t-on faire du coupable? Le mettre en prison?' La peine eût été trop douce aux yeux de Calvin. On le condamna donc à être exposé au pilori, son jeu de cartes autour du cou."

[...] Les rieurs ne manquèrent pas de protester... L'un demandait 'où le Saint-Esprit avait marqué dans l'Écriture la forme des coiffures des femmes?'. ... Un autre voulait savoir si la barbe de bouc que portait Farel ressemblait à celle d'Aaron !" [17]

 

Dmitri Mèrejkovski donne d'autres exemples de cette tyrannie : 

- un marchand fort connu, fut condamné à mort pour fornication; il monta sur l'échafaud en remerciant Dieu de ce qu'il allait être exécuté "suivant les lois sévères, mais impartiales de sa patrie";

- Le libertin athée Jacques Gruet fut le premier à être décapité le 26 juillet 1547, après avoir été torturé matin et soir, pendant un long mois, du 28 juin au 25 juillet. Sa tête fut clouée au pilori sur le Champel pendant de longs jours. La flamme des bûchers s'éleva.

Lors de la peste de 1543 à Genève, on brûla quinze sorcières; les sorciers, on les châtiait avec 'une plus grande sévérité' : après des tortures inouïes, on les écartelait ! Plusieurs s'étranglaient dans leur cachot pour échapper à la question.

On brûla également le médecin et ses deux aides de l'hôpital des pestiférés. Le 'Règne de Dieu' à Genève équivalut au règne du diable à Munster.

[...] En novembre 1545, les pasteurs de Genève faisant jeter au feu une de leurs fournées de sorcières, Calvin requit les Conseils de la ville, de 'commander aux officiers de la dicte terre de faire légitime inquisition contre telles hérégies, afin de extyrper telle rasse de la dicte terre.'" [18]

 

En 1555. Deux bateliers, les frères Comparet furent soumis à la question et condamnés à mort. "Je suis certainement persuadé que ce n'est pas sans un spécial jugement de Dieu qu'ils ont tous deux subi, en dehors du verdict des juges, un long tourment sous la main du bourreau" (le fer ayant glissé sur leurs vertèbres). Après l'exécution, les corps des deux frères, suivant la sentence, furent écartelés et l'une des quatre parties de chaque corps, fut clouée au pilori, devant la porte Cornavin, afin que quiconque pénétrait dans la ville sût ce qu'il en coûtait de ne pas se soumettre à la parole de Dieu ou à celle de Calvin.

 

Le 15 septembre 1555, sur le Champel, fut mis à mort ce même Berthelier qui, trois ans auparavant, presque à la veille de l'affaire Servet, avait causé un soulèvement des plus dangereux pour Calvin. Debout au pied de la chaire où prêchait Calvin, des indicateurs observaient la manière dont les gens l'écoutaient.

 

Deux personnes furent arrêtées parce qu'elles sourirent quand quelqu'un tomba, endormi, de son banc; deux autres, parce qu'elles avaient prisé.

 

On jeta en prison celui qui avait dit : "Il ne faut pas croire que l'Église soient pendue à la ceinture de maître Calvin!" On faillit brûler une vieille femme comme sorcière parce qu'elle avait regardé Calvin trop fixement.

 

Calvin est le maître à penser de la cité. "Je vous défends d'obéir au pape, répète-t-il, mais je veux que vous obéissiez à Calvin."

 

Une jeune femme fut condamnée à l'exil perpétuel parce qu'elle avait prononcé en sortant de l'Église : "Il nous suffit bien ce que Jésus-Christ a prêché !" 

 

Deux enfants, qui avaient mangé pour deux florins de gâteaux sur le parvis de l'église, furent fouettés des verges. On était jeté en prison pour la lecture de Amadis; pour le port de chaussures à la mode et de manches à gigots; pour trop bien tresser la chevelure, ce dont Dieu se trouvait 'grandement offensé'; pour un coup d'oeil de travers; pour avoir dansé ou avoir simplement regardé d'autres le faire. Plusieurs personnes qui avaient ri pendant un de ses prêches (de Calvin) furent jetées en prison.." [19] 

 

Le 3 juin 1555. "Ami Perrin fut condamné (ainsi que ceux des libertins qui s'étaient enfuis avec lui, Philibert Berthelier, Michalet, Vernat) par contumace, à avoir 'le poing du bras droit duquel il a intenté aux bâtons syndicaux coupé.' Il sera ensuite décapité puis 'la tête et le dit poing seront cloués au gibet et les corps mis en quatre quartiers (Annales Calviniani, O.C., 21, p. 608)."

 

"Les deux Comparet [...] qui, après avoir eu les têtes décapitées, furent mis en quartiers et les quartiers pendus chacun à une potence, aux quatre coins des franchises de la ville, et la tête d'un chacun d'eux avec l'un des quartiers. [...] L'on ne fit que couper les têtes à (François-Daniel) Berthelier et au Bastard [Claude Genève] sans les écarteler; la tête de Berthelier et son corps demeurèrent au gibet, aussi fut le corps du Bastard, mais sa tête fut clouée à un chevron sur la muraille du Mollard." [20]

 

L'épisode le plus connu de ces dérèglements meurtriers est celui de Michel Servet. Ce médecin aragonais professait publiquement que Dieu n'était pas trinitaire. Ignorant le ressort intime du régime de la ville-église, il eut l'audace d'en discuter avec le maître qui l'envoya brûler en 1555.

 

En 1594, le jeune François de Sales s'écriera :

C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut la recouvrer... il faut [les] renverser par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle. [21]

Et dans son Introduction à la vie dévôte (III 23), en 1608, il dira : "Qui a gagné le cœur de l’homme a gagné tout l’homme."

Et "Bénis les coeurs tendres, car ils ne se briseront jamais."

"La mesure de l'amour est l'amour sans mesure."

 "L'amour ne nous trouvant pas égaux, il nous égale ; ne nous trouvant pas unis, il nous unit." (Traité sur l'amour de Dieu, 1616) 

 

Luther et Calvin "demandent" une Réforme extérieure. Saint François de Sales et l'Église catholique répondent par une Réforme intérieure.

En 1602, n'ayant rien dit dans ses sermons contre le calvinisme, François écrira encore : "Voyez-vous, ce sermon-là [sur le Dernier jugement] qui ne fut point fait contre l'hérésie respirait néanmoins contre l'hérésie, car Dieu me donna lors cet esprit en faveur des âmes. Depuis, j'ai toujours dit que qui prêche avec amour prêche assez contre les hérétiques, quoiqu'il ne dise un seul mot de dispute contre eux![22]

 

Le règlement de vie intérieure et de vie extérieure

 

En 1591, il avait rédigé sur les conseils de son confesseur, un 'règlement de vie intérieure et de vie extérieure', dont il observera l'esprit jusqu'à sa mort. Ce règlement est divisé en quatre parties:

l'exercice de préparation, qui consiste à "se prescrire au début de chaque journée l'acte mêlé de réflexions et de prières". François le jugeait indispensable, écrivant : "la prescription est comme un fourrier [préparateur] à toutes nos actions... Je la préférerais toujours à toute autre chose ..."

Fixer les exercices de piété qui doivent ponctuer la journée d'un étudiant chrétien en commençant la journée par une action de grâce "avec ces paroles du Psalmiste royal, David : Dès l'aube, vous serez le sujet de ma méditation."

Le repos spirituel ou l'"exercice du sommeil". "Comme le corps a besoin de prendre son sommeil pour délasser et soulager ses membres travaillés [fatigués], de même est-il nécessaire que l'âme ait quelque temps pour sommeiller et se reposer entre les chastes bras de son céleste Époux, afin de restaurer par ce moyen les forces et la vigueur de ses puissances spirituelles...."

Règles pour les conversations et rencontres. Cette dernière partie du règlement de vie intérieure cherche "à établir la liaison entre la vie du monde et la perfection chrétienne." C'est un thème que François reprendra dans son Introduction à la Vie dévôte (1608), l'une des œuvres majeures de la littérature Chrétienne. François établit la manière dont il entend régler ses relations avec ses semblables : "Je ne mépriserai jamais ni ne montrerai signe de fuir totalement la rencontre de quelque personne que ce soit... Surtout je serai soigneux de ne mordre, piquer, de me moquer d'aucun... J'honorerai particulièrement chacun, j'observerai la modestie, je parlerai peu et bon..." [23]

 

Charité en actes et bonnes oeuves : La foi mise en application

 

Saint François de Sales mettait en application ce qu'il prêchait. Évêque, il recommandera, une fois pour toutes, à ses domestiques, de prendre garde à ne renvoyer aucune personne qui demandait à lui parler... "Il recevait toujours chacun avec un visage doux et gracieux... quand ceux de sa maison, pour le détourner de tant recevoir, lui parlaient des rusticités et des insipidités d'autrui, il répliquait : et nous, que sommes-nous? Mgr de Sales recevra en cachettes les pauvres honteux, et nourrira beaucoup de personnes qui n'osaient mendier leur pain (Ier Procès, t. II et t. III, art. 46 et 27).

 

Ces activités charitables terminées; François prenait plaisir à se promener dans sa ville, s'arrêtant ça et là pour donner quelques pièces aux pauvres. Il s'arrêtait pour visiter les malades et des infirmes, puis se rendait à l'hôpital, où il donnait sa bénédiction aux plus proches de l'agonie. Après cela, il allait à la cathédrale pour y entendre des confessions, et s'en revenait paisiblement à sa maison. Encore quelques audiences, quelques lettres, et c'est enfin le recueillement du soir, suivi d'une légère collation, dont il s'abstenait le vendredi et le samedi. Puis François de Sales disait son chapelet à la Vierge Marie, "ne se couchant jamais, fût-il onze heures, minuit, qu'il n'eût satisfait à cette obligation à laquelle il employait une heure de temps" (1er Procès, t. II, art. 33) [24]

 

Le mercredi 14 septembre 1594, en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, accompagné de son cousin Louis de Sales, François se mit en route pour la forteresse des Allinges, où il avait l'intention de s'installer dans un premier temps. Partout la route était "bordée de débris de calvaires épars dans les haies; des potences élevées à la place des croix; l'église de Boringe, l'église d'Avully démolies de fond en comble, l'église de Bons, transformée en un temple calviniste; l'église de Saint-Didier, celle de Fessy, celle de Lully, abandonnées, les portes grandes ouvertes, les voûtes crevées.. Les autels renversés, tous les presbytères en ruines. Plus un son de cloche nulle part... Et les gens du pays qui voyaient passer ces deux voyageurs en soutane, harassés, couverts de poussière, leur jetaient des regards de haine..." [25] Très vite, devant l'ampleur de la tâche, les deux cousins se partagèrent le travail : Louis évangélisera, avec la colline d'Allinges, les paroisses qui l'avoisinent... François concentrera ses efforts sur Thonon, centre de l'erreur. [26] 

Resté seul, il décida de prêcher presque tous les jours de la semaine, développant les vérités rejetées par les hérétiques, telles que l'origine divine de l'Église catholique, la réalité de l'Eucharistie et de la Messe. Peu à peu son auditoire s'accrut pour atteindre une douzaine, tous anciens catholiques devenus calvinistes par la force des choses.

La réaction des autorités réformées ne se fit pas attendre. Les principaux de Thonon [les chefs calvinistes] ayant assemblé leur conseil, se sont jurés que ni eux ni le peuple n'assisteraient jamais aux prédications catholiques... Loin de se décourager, François proposa de "rétablir la célébration du Saint Sacrifice [la Messe] le plus tôt qu'il pourra, afin que l'homme ennemi voie que, par ses artifices, il nous donne du courage au lieu de nous l'enlever." [27]

La besogne est rude, "les gens ont peur, le prêtre papiste est à l'index, et l'oeil de Genève surveille tout." [28]

 

 

Le 8 janvier 1595, François fut attaqué par un homme qui s'"est promis de le tuer et de porter sa tête à Genève"; miraculeusement, le mousquet de l'assassin fit long feu et l'homme s'enfuit.

Une autre atteinte se produisit un soir de février 1595. Accompagné de trois autres personnes, François remontait paisiblement vers la forteresse des Allinges lorsque deux hommes surgirent d'un buisson, et s'avancèrent vers lui, l'épée à la main. Sans perdre son sang-froid, le pieux missionnaire alla à eux et leur parla. Stupéfaits, les assaillants lui dirent qu'on les avait payés pour le tuer..., puis ils s'enfuirent. [29]

 

En juin 1595, l'abjuration de Poncet fit enrager les calvinistes, qui, selon Favre, étaient allés jusqu'à prétendre que "le prêtre papiste était un magicien qui veillait la nuit pour pratiquer des sortilèges sur la personne du converti". Les choses s'envenimèrent très vite, au point qu'un huguenot affirma par serment public avoir vu François au sabbat, dont il portait la marque, et dans les assemblées nocturnes des sorciers. Ce bruit courut tellement qu'on ne parlait que de tuer et de brûler les papistes... [30]

Dans le même temps, François inaugure une série de prédications sur l'Eucharistie, s'attaquant de front aux thèses des protestants (Luther rejetait la Transsubstantiation, n'admettant qu'une consubstantiation; Zwingli n'admettait qu'une présence figurative, et Calvin niait toute présence du Christ dans l'hostie).

En décembre 1595, le petit troupeau dépasse largement la centaine ! Mgr Trochu écrit : "Il y avait maintenant [à la fin 1595], dans la partie protestante de Chablais, environ 300 catholiques, dont 200 avaient été gagnés, un par un, en l'espace de quinze mois".[31]

"Le Chablais comptait 15 catholiques à Thonon en 1594. Ils sont plus de 25 000 en 1600." [32]

 

Cette situation déplaisait fort aux syndics [conseillers municipaux] de Thonon. Constatant que les tentatives de harassement du missionnaire (jets de pierre, insultes, accusations de sorcellerie...) avaient échoué, ils décidèrent de se tourner vers le pasteur calviniste Viret, en lui demandant de convaincre François d'erreurs doctrinales au cours d'une dispute publique. Viret occupait le poste de ministre à Thonon depuis plus de sept ans, "pour les gens du peuple, il était réputé grand savant, et il se drapait habilement dans cette légende"....  Viret battit le rappel des ministres du Chablais et du pays de Vaud, les appelant à son aide. Ils tombèrent d'accord pour proposer à François une conférence publique pensant que se sentant seul contre tous, il refuserait le combat. François accepta la rencontre. Cette réunion eut lieu en présence d'Antoine de Saint-Michel, seigneur d'Avully, président du consistoire de Thonon, mais les pasteurs ne parvinrent pas à une entente. Il y eut "autant d'opinions que de têtes" [33]

 

Au jour et au lieu fixés, il y eut une foule... toute la ville de Thonon s'assembla. La foule attendit, puis commença à s'agiter; François, paisible, souriant, attendit aussi... Tout à coup, un homme, un seul, apparut : c'était Viret qui, confus, tint au peuple le discours suivant : "Mes collègues de Chablais et de Vaud, tout comme moi, étaient véritablement prêts à la dispute, mais après avoir mûrement considéré [réfléchi], ils ne jugent pas à propos de commencer une chose de si grandes importance sans le consentement et expresse permission de Son Altesse [le duc de Savoie], de peur que cette entreprise n'apporte plutôt du dommage que du profit, autant à un parti qu'à l'autre". Ébahie par cette dérobade, la foule hua le malheureux pasteur, pendant que François et plusieurs de ses amis riaient à gorge déployée ! Puis, le missionnaire restant seul maître du terrain, "prit en témoin tous les assistants qu'il ne tenait pas à lui que la dispute ne se fît".

 

Conséquence directe de la dérobade de Viret ? ....Un évènement de la plus haute importance se produisit le 19 février 1596. Ce jour-là, en l'église de Thonon, Antoine de Saint-Michel, seigneur d'Avully, issu d'une vieille famille genevoise, président du Consistoire réformé, "un des plus savants et opiniâtres calvinistes de la province", confesse publiquement la foi catholique ! Il abjura le 26 août à Turin, en présence du nonce. Mis au courant, le pape Clément VIII lui adressa le 20 septembre un bref personnel de félicitations. [34]

 

En décembre 1596, François prit l'audacieuse décision de célébrer les trois messes de Noël dans l'église saint Hippolyte de Thonon, qui était devenue un temple protestant, et où François n'avait obtenu que le droit de prêcher. "Sonner la messe à Saint-Hippolyte après soixante ans de silence ! François savait que ce serait frapper un grand coup. La messe, symbole du papisme, la messe que Luther et Calvin ont rejetée, la messe dans leur temple, ce serait pour les protestants [de Thonon] le suprême scandale. Les syndics, en effet, se récrièrent; des bagarres éclatèrent, mais François tint bon... et mit lui-même "la main à la pâte" pour "parer l'église le mieux qui lui fût possible d'images, de tapis, de cierges, et de lampes". Les Visitandines ajoutent qu'"il fut trois jours et trois nuits sans dormir et presque sans manger". Et c'est ainsi, qu'au coeur de la Thonon protestante, François de Sales "à la minuit de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, célébra le très saint sacrifice de la messe." [35] En janvier 1597, François reçut du duc de Savoie, Charles-Emmanuel, l'autorisation de dire les messes en public, et rétablit par conséquent la messe à Thonon.

Le 9 avril 1597, le successeur de Calvin à Genève (1564), le protestant Théodore de Bèze accepta de rencontrer saint François de Sales, qui s'était réfugié à Annecy. Lors de son entrevue avec lui, François lui posa trois questions :

 

La première question

 

Après les amabilités d’usage, François, avec un sens aigu de l’essentiel, pose une question très courte

Monsieur, peut-on faire son salut en l’Église romaine ?

Bèze voit tout de suite la difficulté : si l’Église catholique assure le salut de ses fidèles, pourquoi s’en séparer ? Il suffisait de l’améliorer par le dedans, comme avaient déjà fait tous les saints réformateurs depuis des siècles (saint Grégoire VII, saint François d’Assise, saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, etc.) et comme avait aussi fait le concile de Trente. Mais si le salut est impossible dans l’Église romaine, quelle autre société religieuse a donc donné le Christ aux hommes et assuré leur salut, avant le protestantisme ? Théodore de Bèze demande à se retirer pour réfléchir. Après une longue réflexion, il revient pour répondre : "Vous m’avez demandé si l’on pouvait faire son salut dans l’Église romaine. Certes je vous réponds affirmativement ; il est ainsi sans doute, et on ne peut nier avec vérité qu’elle ne soit la Mère-Église." [36]

 

Les pasteurs calvinistes Rotan et Morlas avaient été obligés de faire la même réponse au roi Henri IV, qui leur avait posé la même question, quatre ans plus tôt.

 

Deuxième question

 

Nouvelle question de François de Sales :

Puisqu’il en est ainsi et que le salut éternel est en l’Église romaine, pourquoi avez-vous planté cette prétendue Réforme, prenons l’exemple en France, avec tant de guerres, de saccagements, de ruines, d’embrasements, de séditions, de rapines, de meurtres, de destructions de temples et autres maux, qui sont innombrables ?

Réponse de Théodore de Bèze, après un long silence : "Je ne veux point nier que vous ne fassiez votre salut en votre religion. Mais il y a ce malheur que vous embrouillez les âmes de trop de cérémonies et difficultés ; car vous dites que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, qui toutefois ne sont que de bienséance. D’où arrivent plusieurs maux : les peuples, croyant à cette nécessité des bonnes œuvres par vos prédications et ne le faisant pas, ils se damnent misérablement parce qu’ils contreviennent à leur conscience. C’est pourquoi, afin de remédier à ces maux, nous avons tâché d’établir notre religion, en laquelle le chemin du ciel est rendu facile aux fidèles, ayant jeté ce fondement que la foi sauve sans les œuvres, que les bonnes œuvres ne sont point de la nécessité du salut, mais seulement, comme je vous ai déjà dit, de bienséance."

 

Conclusion et troisième question

 

François réplique alors :

Vous ne prenez pas garde qu’en rejetant les bonnes œuvres, vous tombez en des labyrinthes desquels vous aurez peine de sortir ! Pouvez-vous ignorer la raison pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’évangile de saint Matthieu, enseignant à ses Apôtres ce qu’il voulait qu’ils crussent du dernier Jugement, ne fait point de mention des péchés commis, mais dit tant seulement qu’il condamnera les mauvais parce qu’ils n’auront pas fait les bonnes œuvres. Voici ces paroles : « Allez, maudits, au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger… » Et le reste. (Mt 25:42-43) 

Voyez-vous que pour avoir manqué aux bonnes œuvres s’ensuit la damnation éternelle. Si elles n’étaient que de bienséance, comme vous dites, pensez-vous que ceux qui ne les auraient pas faites fussent punis d’une peine si rigoureuse ?

Quant à moi j’attends votre solution à cette difficulté, ou bien que vous soyez d’un même sentiment avec moi.

Théodore de Bèze ne put rien répondre. [37] 

Bèze se tut pendant un moment, puis "il se laissa aller à proférer des paroles indignes d'un philosophe" (on ignore ce que furent ces paroles indignes), précise Aimé Richardt. [38]

Intolérant, ce protestant fit une honteuse apologie du supplice de Michel Servet (un hérétique qui après avoir écrit en 1531 un livre "Des erreurs dans la doctrine de la Trinité", où il niait la consubstantialité du Fils au Père, fut condamné à être brûlé vif avec son livre, au lieu de Champel, le 27 octobre 1553). Or, dans un traité écrit à l'occasion du supplice de Servet, un certain Martin Bellius, avait en effet prôné la tolérance envers les hérétiques. Contre ce livre qu'il appelait un 'blasphème', Bèze écrivit une réfutation qu'il intitula Anti-Bellius. Il commença par réclamer du duc de Wurtemberg, auquel était dédié la dissertation de Bellius, une punition exemplaire de l'auteur. Puis il fit la théorie de l'extermination de tous les hérétiques : '... vaut mieux avoir un tyran, voire bien cruel, que d'avoir une licence telle que chacun fasse à sa fantaisie.'" [39] L'étonnant est qu'aussi bien Farel, qui conduisit Servet au bûcher, que Calvin avaient été eux-mêmes accusés de la même erreur une vingtaine d'années auparavant... En 1903, sur le Champel sera érigé un "monument expiatoire" au lieu même où fut brûlé Servet, avec l'inscription : "Fils respectueux et reconnaissants de Calvin... mais condamnant une erreur qui fut celle de son siècle... nous avons élevé ce monument expiatoire."[40] Ce qui veut dire que Servet fut brûlé "par erreur".

Relatant son entrevue avec Théodore de Bèze au pape Clément VIII, François lui écrivit : " Enfin [à la fin de notre entretien] je me retirai après avoir tenté tous les moyens de lui arracher l'aveu de sa pensée... alors je compris que je venais d'aborder un coeur de pierre, jusqu'ici inébranlable... je veux dire un coeur vieilli dans le mal." [41]

Devançant le rigorisme janséniste qui n'était pas encore paru, François de Sales conseilla une religieuse, la mère abbesse Angélique, qu'il rencontra le 5 avril 1619 et avec laquelle il entretint une correspondance nourrie. Il s'efforça souvent de tempérer les ardeurs de celle-ci, écrivant par exemple : "Manger peu, travailler beaucoup, avoir beaucoup de tracas d'esprit et refuser le dormir au corps, c'est vouloir tirer beaucoup de service d'un cheval qui est efflanqué, et sans le faire repaître... Ne vous chargez pas trop de veille et d'austérité..." Ou bien encore : "L'humilité, la simplicité de coeur... et la soumission d'esprit sont les solides fondements de la vie religieuse..., j'aimerais mieux que les cloîtres fussent remplis de tous les vices que du péché d'orgueil et de vanité..." Hélas, s'écrie l'abbé Fuzet, à la douce et riante figure de François de Sales... va succéder le sombre Saint-Cyran (ami de Jansénius, "d'extérieur humble et de coeur orgueilleux", écrit Aimé Richardt, il défendit le jansénisme), qui imposera à Angélique "une direction de crainte et de tremblement, une théologie de terreur, et un mysticisme obscur et exubérant". [42]

Le Saint patron des journalistes et des écrivains

 

On a dit, écrit Mgr Trochu, "si saint Paul revenait de nos jours, il se ferait journaliste. Or, c'est François de Sales qui, le premier en date, va le devenir. Il inaugure l'apostolat par la presse."

Il semble que cette vocation lui a été inspirée par Charles de Charmoisy [43] qui lui aurait conseillé de rédiger des articles destinés à remplacer les sermons, puis de les faire distribuer dans les foyers hérétiques. Ainsi, au lieu de prêcher pour une poignée de catholiques, il toucherait des centaines, voire des milliers de lecteurs. Convaincu, François se mit à la tâche: le 25 janvier 1595 parut une Épître à Messieurs de Thonon. Il réunira ces écrits dans un voulume qui sera publié sous le titre Controverses. Il fit imprimer ses écrits, comme le décrivent les Visitandines (Année sainte, manuscrit, p. 7) : "Chaque semaine, ce bon pasteur [François] envoya à Chambéry pour imprimer une nouvelle feuille qu'il faisait distribuer ensuite dans les maisons de Thonon et dans celles de la compagnie". Son ami, le sénateur Favre, s'occupait de la correction et de l'édition, ainsi que de l'expédition de ces feuilles volantes. Ces périodiques sont considérés aujourd'hui comme les premiers journaux catholiques au monde. 

Parmi ces Controverses, on trouve cette mise en garde aux Réformés : "Premièrement, Messieurs, vos devanciers et vous aussi, avez fait une faute inexcusable quand vous prêtates l'oreille à ceux qui s'étaient séparés de l'Église." (tels Luther, Zwingli, Calvin...)

"Vous dites que le peuple dévôt vous a appelés, mais quel peuple ? Car ou il était catholique, ou il ne l'était pas : s'il était catholique, comment vous eût-il appelés et envoyés prêcher ce qu'il ne croyait pas ?.... Quand Luther commença, qui l'appela ? Il n'y avait encore point de peuple qui pensait aux opinions qu'il a soutenues...."

Il s'en prend ensuite à ces pasteurs qui prétendent que chacun peut lire et interpréter les Écritures. "Mais ne serait-ce pas tout brouiller de permettre à chacun de dire ce que bon lui semblerait ? Il se faut ranger à l'Écriture, en laquelle on ne retrouvera jamais que les peuples aient pouvoir de se donner des pasteurs et prédicateurs."  [44]

Le résultat est là. Et quand en 1598, l'évêque vient examiner la tâche accomplie, il constate que la quasi-totalité des Chablaisiens ont réintégré la bergerie catholique. François a alors trente-deux ans. Sa mission du Chablais l'a rendu célèbre. [45]

 

Le 8 décembre 1602, François de Sales est ordonné évêque de Genève à Thorens par Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque émérite de Vienne, et métropolitain de Genève. Nouvel évêque, il décide d'instituer le catéchisme afin de diffuser, de faire connaître et comprendre la foi catholique aux croyants de son diocèse. Ses fidèles l’appellent "l'aimable Christ de Genève". [46] Dans la petite ville qu'est alors Annecy - puisque Genève est aux mains de Théodore de Bèze -, il vit modestement, à la façon d'un moine plus que d'un dignitaire.

En 1603, François recommandait : "Dieu seul soit votre repos et consolation!" (Lettre à Mademoiselle de Soulfour, 16 janvier 1603: Œuvres complètes, XII, p. 163, cité in Lettre du pape Jean-Paul II, pour les 400 ans de l’ordination épiscopale de saint François de Sales, 23 novembre 2002).

En 1606, dans la querelle sur la prédestination "entre le molinisme (jésuites qui attaquaient la prédestination comme entachée de protestantisme), qui semble faire la part trop grande à l'homme, et le thomisme (dominicains qui ripostèrent en attaquant les jésuites de pélagianisme), qui centre tout sur Dieu, ... il suffisait, comme le dira Bossuet, 'de tenir les deux bouts de la chaîne", ce qu'avait conseillé de faire saint François de Sales [47], qui "fut consulté par Rome (vers la fin de 1606). Hélas, sa réponse est perdue. Charles-Auguste de Sales nous en donne une idée en écrivant : 'Il répondit son sentiment de la même façon qu'il l'a traité en son livre Traité de l'Amour de Dieu (L III, chap. V) :

Dieu a voulu premièrement, d'une vraie volonté, qu'encore après le péché d'Adam, tous les hommes fussent sauvés; mais en une façon et par des moyens convenables à la condition de leur nature douée du libre arbitre [liberté]; c'est-à-dire, il voulut le salut de tous ceux qui voudraient contribuer par leur consentement aux grâces et faveurs qu'il leur préparait, offrirait et départirait à cette intention. Or, entre ces faveurs, il voulut que la vocation [l'appel à la foi et à la vie chrétienne] fût la première et qu'elle fût tellement [assortie] à notre liberté que nous la puissions accepter ou rejeter à notre gré. [48]

C'est au cours de l'année 1608 que l'évêque de Genève, François de Sales, âgé de 41 ans et prêtre depuis 15 ans, écrivit son œuvre la plus connue, l'Introduction à la vie dévote. Pour François de Sales et ses contemporains, la dévotion désignait, grosso modo, ce que nous appelons aujourd'hui la vie spirituelle, considérée dans sa réalisation la plus authentique, et la plus fervente.

 

Saint Thomas d'Aquin définit la dévotion comme "un acte de la vertu de religion, dont le propre est de relier l'homme à Dieu."

 

Sa doctrine spirituelle est simple : 1. viser à plaire à Dieu et non aux hommes. - 2. Rien par contrainte, tout par amour. - 3. Ne rien demander, ne rien refuser. - 4.  Aller de l'intérieur à l'extérieur. - 5. Aller "tout bellement". 6. Avec douce diligence. 7. Ne penser qu'à aujourd'hui. 8. Recommencer chaque jour. 9. Profiter de toutes les occasions. - 10. Se guérir de ses imperfections. - 11. Vivre paisiblement. 12. Vivre joyeux. 13. Vivre en esprit de liberté.

 

Les éditions du Cerf ont publié en 2019 une très utile "Introduction à la vie dévote, mise en français contemporain", Collection Spiritualité LeXio. On trouvera le texte original de l'Introduction à la vie dévote dans Saint François de Sales, Oeuvres, Paris, Galimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1969, avec l'orthographe modernisée.

 

 

Le langage et le style utilisés étaient très simples pour l'époque, sans citations latines ni grecques, permettant une lecture beaucoup plus large que les traités spirituels qui existaient alors. L'ouvrage était destiné à des laïcs ne se destinant pas à la vie religieuse, et avait pour principal but de montrer qu'il était possible de mener une vie sainte tout en vivant dans le monde. Les vies des saints, et particulièrement de ceux qui ont vécu dans le monde, sont souvent prises comme exemple. Ce livre eut très vite un énorme succès : il fut réimprimé plus de quarante fois du vivant de François de Sales ; le roi de France Henri IV lui-même le lut et la reine Marie de Médicis en offrit un exemplaire "orné de diamants", au roi d'Angleterre.

 

Comment expliquer l'énorme succès que connut l'Introduction à la Vie dévôte (plusieurs centaines d'éditions) ?

 

"[L]'austérité de tels textes tels que le Combat spirituel ou l'Imitation de Jésus-Christ, [...] réservaient 'l'amour de Dieu à une élite contemplative' (André Ravier). Tout autre était cette Introduction à la Vie dévote que Vaugelas appellera 'le livre nécessaire', le livre en qui les gens qui vivent en la presse du monde reconnaîtront leur livre, parce qu'il a 'rendu la dévotion sociable'." [49] 

 

Il ose dire qu'on peut être chrétien sans être austère ni faire des oraisons prolongées, qu'on peut atteindre la perfection sans être du clergé mais en pratiquant son devoir d'état et en acceptant sa condition de vie qu'on soit "soldat, artisan, prince ou simplement marié'. Il répond à l'inquiétude qui habite tout chrétien de son temps : "Que notre âme soit en clarté, en ténèbres, en goût, en dégoût, il faut pourtant qu'à jamais la pointe de notre coeur qui est notre boussole, tende à l'amour de Dieu". [50] Le jeune Louis XIII se nourrira de la spiritualité de la Vie dévote de François de Sales qu'il se fera lire. [51]

 

Lorsque en 1607, François exposa ainsi la situation de son diocèse au pape Clément VIII, il écrivit : "Il y a douze ans, dans soixante-quatre paroisses voisines de Genève [les paroisses du Chablais] et pour ainsi parler, sous ses murs, l'hérésie occupait les chaires [les églises], elle avait tout envahi; à la religion catholique, il ne restait [rien]. Or, aujourd'hui, dans la même région, l'Église étend de toutes parts ses rameaux, avec des poussées si vigoureuses que l'hérésie n'y a plus de place. Jadis on avait peine à convoquer cent catholiques entre toutes les paroisses réunies : aujourd'hui on n'y verrait pas cent hérétiques....'" [52] 

 

"Il convertit, dit-on, plus de soixante-douze mille hérétiques, dont un assez grand nombre appartenaient aux classes élevées." [53]

 

 

"Ravissements, visions, lectures des âmes, parfums mystérieux, le saint vit des phénomènes incroyables. ses pénitents qui viennent à lui, il affirme voir 'clairement dans leur coeur comme au travers d'un cristal.' Il obtient la guérison de Jeanne de Chantal par la prière adressée à saint Charles Borromée (+1584) qu'il aime tant." [54]

 

 

Le dimanche 6 juin 1610, François de Sales fonde à Annecy avec Ste Jeanne de Chantal l’Ordre de la Visitation de Sainte-Marie, ordre monastique féminin de droit pontifical, initialement établi dans une modeste "maison de la Galerie". La cave de cet immeuble, conservée, a été aménagée en oratoire et de nombreux pèlerins viennent aujourd'hui encore visiter le berceau de cet ordre, dont les membres sont couramment appelées les "visitandines". En souvenir du jour où la Vierge Marie, enceinte du Christ s'en alla aider sa cousine Élisabeth âgée et enceinte de Jean-Baptiste, les religieuses auraient pour tâche principale de visiter les malades et les pauvres et de les réconforter.

En 1616, François publie le "Traité de l'Amour de Dieu". Son idée était d'écrire un livre sur la manière d'aimer Dieu dans l'observation des Dix commandements, en révélant aux âmes, "clairement et simplement les beaux secrets de l'amour de Dieu". [55] Cette publication sera suivie de l'édition post-mortem de ses Entretiens spirituels, en 1629.

L'aube de l'amour

Ô Jésus ! Que c'est un plaisir délicieux de voir l'amour céleste, qui est le soleil des vertus, quand petit à petit, par des progrès qui insensiblement se rendent sensibles, il va déployant sa clarté sur une âme, et ne cesse point qu'il ne l'ait toute couverte de la splendeur de sa présence, lui donnant enfin la parfaite beauté de son jour ! Ô que cette aube est gaie, belle, aimable et agréable ! Mais pourtant il est vrai que, ou l'aube n'est pas jour, ou si elle est jour, c'est plutôt l'enfance du jour que le jour même. Et de même, sans doute, ces mouvements d'amour, qui précèdent l'acte de la foi, requis à notre justification, ou ils ne sont pas amour à proprement parler, ou ils sont un amour commençant et imparfait, ce sont les premiers bourgeons verdoyants, que l'âme

aint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu, II, 13

Le démon vaincu par le missionnaire du Chablais

 

"[S]i nous en croyons les biographes, il (S. François) délivra plus de quatre cents démoniaques du pouvoir de Satan. (Abbé Édouard, Un nouveau docteur de l'Église, saint François de Sales, Paris, Éd. Jules Vic, 1878, p. 43.) [56] 

 

"Dans son Traité de l'Amour de Dieu, François rapporte le terrible aveu que fit le démon : 'Je suis ce malheureux privé d'amour.'

 

"[...] 'Seul le diable est incapable d'amour!', écrit S. François (Traité de l'Amour de Dieu, VI, 14). [...] N'avez-vous pas remarqué l'air triste et patibulaire qu'affichent ceux qui s'adonnent à la violence et à la haine ?

"[...] Saint François nous a fait remarquer [...] que les démons sont pris d'effroi au contact du crucifix et à l'énonciation du nom de Jésus. [...] La croix est l'instrument de notre rédemption, l'emblème de la victoire du Christ, le don de la vraie vie; en fait, elle est tout ce que les démons ne pourront jamais aimer et posséder." [57]

 

"À certaines mauvaises langues qui accusaient le saint évêque d'accomplir des miracles avec ostentation, il donna cette réponse : "Ces bonnes gens n'ont-ils pas pris garde que la femme a dit son Pater et que Dieu l'a exaucée, la délivrant d'un si grand mal, afin qu'elle ne fût plus induite en tentation par le démon qui la possédait ? Si nous avions soin de le dire (le Notre Père) selon l'esprit et l'intention de Jésus-Christ, nous y trouverions le remède de tous nos maux. Et même, ajouta-t-il en souriant [pour répondre à ses détracteurs], je trouve le remède à ces attaques, en disant : 'Seigneur, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.'"

 

"[...] Le Notre Père est une vraie prière d'exorcisme: ce sont les paroles mêmes de Jésus, paroles de libération, de l'unique Libérateur et Sauveur du monde. Il ne suffit pas de la réciter machinalement; mais il faut croire de toutes ses forces en la puissance libératrice de la prière de Jésus ! 

 

"[...] Souvent, un Pater prié avec foi se révèle bien plus efficace que de nombreuses et longues prières de délivrance !" [58]

 

Terrassé par un attaque d'apoplexie, Saint François de Sales mourut à Lyon le 28 décembre 1622, le jour des saints Innocents. Avant sa mort, il eut la joie de voir douze monastère de la Visitation se crééer et prospérer : Lyon, en 1615; Moulins, en 1616; Grenoble et Bourges, en 1618; Paris, en 1619; Montferrand, Nevers et Orléans, en 1620; Dijon, Bellay et Saint-Étienne en 1622. [59]

 

Alité, malade, quelques heures avant sa mort, saint François de Sales reçut la visite du vicaire général de Lyon, Ménard, qui l'interrogea alors : "Eh ! Monseigneur, que pensez-vous de la foi catholique ? Ne seriez-vous point huguenot ?... Oh ! Oh ! répondit François, Dieu m'en garde !" Puis, un religieux lui demanda : "Eh ! quoi, Monseigneur, vous voulez donc laisser vos filles de la Visitation orphelines ?" François lui répondit : "Celui qui a commencé, parfera, parfera, parfera [y pourvoiera]. [60] Alors qu'on le portait sur son lit, Mgr de Sales dit : Il se fait fait tard et le jour baisse... Jésus Maria !" Son agonie dura deux heures, sans qu'il prononce d'autres paroles et il rendit l'âme sur les huit heures du soir. Il était âgé de cinquante-cinq ans, quatre mois et sept jours, et était évêque-prince de Genève depuis vingt ans et vingt jours."

 

Le 24 janvier 1623, ses restes ont été transportés à Annecy et portés à la vénération des fidèles dans la basilique de la Visitation où l'on signale des guérisons miraculeuses; par la suite, le docteur de l'Église fut enterré dans l'édifice sacré qui porte son nom dans le centre-ville. Son coeur est toujours incorrompu, il est vénéré à Trévise dans le Monastère de la Visitation. [61]

 

"Selon de très nombreux témoignages il semble que saint François de Sales ait accompli plus de miracles après sa mort que durant sa vie terrestre. On a relevé, en effet, une telle profusion de miracles survenus devant son tombeau, qu'il n'a jamais été possible de tous les connaître ni de les comptabiliser !" [62]

 

Un premier miracle

 

Le vendredi 28 avril 1623, une fillette de huit ans (Françoise-Angélique de la Pesse) qui tentait de cueillir des fleurs sur une rive du Thieu (affluent du Lac d'Annecy), glissa et tomba dans l'eau, le courant l'emporta. Un certain Jean-Louis Daurillac, après plusieurs plongées, finit par remonter le petit corps et le déposa sur la rive. Un seul cri s'éleva alors des spectateurs atterrés : "Elle est morte ! ". Seule la mère invoqua François de Sales : Sa fille ! ... Il lui rendra sa fille !... Étant resté près de trois heures dans le fond de la rivière, le pauvre petit corps est froid. Un docteur (le docteur Grandis) l'examine et déclare que la fillette est morte. Il la recouvre d'un drap. Or, alors que des amies de la mère éplorée soulèvent ce drap pour dire un dernier adieu à Françoise-Angélique, l'enfant ouvre les yeux et joint les mains. "J'ai bien dormi", dit-elle. Miracle ! Miracle ! , s'écrient les dames; à ces cris, Mme de la Pesse accourt, enlace sa fille en éclatant en sanglots, alors que l'enfant s'étonne "que dans la maison on rie et pleure à la fois". Bientôt, a écrit la mère de Chaugy, les miracles que le Tout-Puissant opérait par l'intercession de son serviteur furent "si fréquents qu'on avait peine d'en tenir le compte". [63]

 

François disait : 

Je fais le signe puissant de la croix. Par ce signe puissant j'enchaîne le démon, je disperse toute terreur.

Le procès en béatification de François de Sales est ouvert par le Saint-Siège dès 1626. Il est déclaré bienheureux en 1661, saint en 1665, et est fêté le 24 janvier. 

Il est élevé à la dignité de Docteur de l'Église par le pape Pie IX, en 1877. 

 

À l'occasion du 400e anniversaire de la naissance de S. François de Sales, dans sa lettre Sabaudiae Gemma, Paul VI affirma que S. François de Sales fut "l'une des plus grandes figures de l'Église et de l'Histoire", "le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d''œcuménique' ce saint qui écrivit les controverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIe concile œcuménique du Vatican. Ses grands idéaux sont toujours d'actualité." (Lettre apostolique Sabaudiae Gemma, 29 janvier 1967). 

 

À l’occasion des 400 ans de l’ordination épiscopale de saint François de Sales, Jean-Paul II rappela que "celui que le roi Henri IV appelait de manière élogieuse 'le phénix des Évêques', parce que, disait-il, 'c’est un oiseau rare sur la terre', après avoir renoncé aux fastes de Paris et aux propositions du roi de lui donner un siège épiscopal de renom, devint le pasteur et l’évangélisateur inlassable de sa terre savoyarde, qu’il aimait par-dessus tout, car, avouait-il, 'je suis Savoyard de toutes façons, de naissance et d’obligation'. 

 

Docteur de l’amour divin, François de Sales n’eut de cesse que les fidèles accueillent l’amour de Dieu, pour en vivre en plénitude, tournant leur cœur vers Dieu et s’unissant à Lui (cf. Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, IV, p. 40 ss). C’est ainsi que, sous sa conduite, de nombreux chrétiens marchèrent dans la voie de la sainteté; il leur montra que tous sont appelés à vivre une intense vie spirituelle, quelles que soient leur situation et leur profession, car "l’Église est un jardin diapré de fleurs infinies, il y en faut donc de diverses grandeurs, de diverses couleurs, de diverses odeurs, et, en somme, de différentes perfections. Que toutes ont leur prix, leur grâce et leur émail, et toutes, en l’assemblage de leurs variétés, font une très agréable perfection de beauté" (Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, IV, p. 111).

La perfection consiste à être conforme au Fils de Dieu, en se laissant conduire par l’Esprit Saint, dans une parfaite obéissance (cf. Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, XI, 15, V, pp. 291 ss): "Le parfait abandon entre les mains du Père céleste et la parfaite indifférence en ce qui regarde la divine volonté sont la quintessence de la vie spirituelle […]. Tout le retard dans notre perfection provient seulement du manque d’abandon, et il est sûrement vrai qu’il convient de commencer, de continuer et d’achever la vie spirituelle à partir de là, à l’imitation du Sauveur qui a réalisé cela avec une extraordinaire perfection, au début, durant et à la fin de sa vie" (Sermon pour le Vendredi Saint, 1622: Œuvres complètes, X, p. 389)."

Dans cette lettre, Jean-Paul II invitait "les pasteurs et les fidèles à se laisser enseigner par son exemple et par ses écrits, qui demeurent d'une grande actualité". (Zenit.org)

Vierge à l'Enfant avec saint François de Sales, Carlo Maratta, 1691, Forli, Pinacoteca Civica, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 57.

Vierge à l'Enfant avec saint François de Sales, Carlo Maratta, 1691, Forli, Pinacoteca Civica, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 57.

Citons quelques paroles de François lui-même :

 

"Soyez, disait-il, le plus doux que vous pourrez, et souvenez-vous que l'on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu'avec cent barils de vinaigre. S'il faut donner en quelque excès, que ce soit du côté de la douceur."

 

"Je le veux tant aimer, ce cher prochain, je le veux tant aimer ! Il a plu à Dieu de faire ainsi mon cœur ! Oh ! Quand est-ce que nous serons tout détrempés en douceur et en charité !"

 

"Comme le dit le Docteur angélique, le meilleur moyen pour aimer Dieu, c'est de connaître ses bienfaits. (...) Si nous nous rappelons ce que nous avons fait lorsque Dieu n'était pas avec nous, nous devrons bien reconnaître que ce que nous faisons quand il est avec nous ne vient pas de nous."

 

"Ne cherchez pas à vouloir opposer la vertu contraire à la tentation que vous éprouvez, car ce serait encore discuter avec elle. Dirigez plutôt votre coeur vers Jésus-Christ, et dans un élan d'amour embrassez ses pieds sacrés. C'est le meilleur moyen de vaincre l'ennemi, aussi bien dans les grandes que dans les petites tentations."

 

"L'un des meilleurs usages que nous puissions faire de la douceur, c'est de l'appliquer à nous-mêmes, en ne nous étonnant jamais de nos imperfections. (....) Il faut pourtant nous garder de toute aigreur, de tout dépit, de toute colère. Il en est beaucoup qui pour s'être trop énervés, s'énervent encore d'avoir été énervés, ont du dépit d'en avoir eu, sont en colère de l'avoir été. Par là ils tiennent leurs coeurs dans un mécontentement permanent. (...) Ainsi lorsque notre coeur aura commis quelque faute, reprenons-le avec douceur et patience, avec plus de compassion que de passion, en l'encourageant à se réformer. Le repentir qu'il en concevra sera bien plus profond."

 

"Il nous faut garder une continuelle et inaltérable égalité de coeur."

 

"Pour recevoir la grâce de Dieu en nos coeurs, il faut qu'ils soient vides de notre propre gloire. (...) Ainsi l'humilité repouse Satan. Elle nous fait garder les grâces et les dons du Saint-Esprit. C'est la raison pour laquelle Notre-Seigneur, Sa Mère et tous les saints, entre toutes les vertus morales, ont aimé et honoré l'humilité plus que toutes les autres."

 

 

PRATIQUE. Soyez doux : un zèle amer ne produit que du mal. 

 

Sources :

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 29 ; (2) L'Evangile au quotidien ; (3) Jean-Christian PETITFILS, Louis XIII, Perrin, Lonrai 2008, p. 264 ; (4) Wikipedia ; (5) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 18-21 ; (6) Aimé RICHARDT, Calvin, François-Xavier de Guibert, Clamecy 2009, p. 76-78 ; (7) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 15 et 21 ; (8) RUCHAT, t. VI, p. 334 ; (9) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 76 ; (10) Jean SÉVILLIA, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 104 ; (11) Bartolomé BENNASSAR, Jean JACQUART, Le XVIe siècle, Armand Colin Poche, Paris 2013, p. 154-158 ; (12) Pierre GAXOTTE, de l'Académie française, Histoire des Français, Flammarion, Saint-Amand, 1972, p. 374; 377 ; (13) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 91 ; (14) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, Traduit du russe par Constantin Andronikoff, Nrf, Gallimard, Paris 1942, p. 19; 91-92; 113; 117- 118; 124-125 ; (15) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 8; 223-234 ; (16) Yves-Marie ADELINE, Histoire mondial edes idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 254 ; (17) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 102-103 ; (18) Jean DUMONT, L'Église au risque de l'histoire, préface de Pierre CHAUNU de l'Institut, Éditions de Paris, 2002, p. 579 ; (19) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, ibid, p.  118;157-158; 167; 176 ; (20) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 180-181 ; (21) François ANGELIER, Saint François de Sales, Pygmalion, Paris, 1997, p. 100, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 23 ; (22) Oeuvres, t. VII, p. 73, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 131 ; (23) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 52-53 ; (24) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 206 ; (25) Cité in Charles-Auguste DE SALES, Histoire du Bienheureux François de Sales, Lyon 1634, p. 81, cité in Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 79 ; (26) Mgr TROCHU, Saint François de Sales, Lyon, 1955, p. 324, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 82 ; (27) Cité par André RAVIER, François de Sales, Nouvelle Cité, 2009, p. 77 ; (28) Mgr TROCHU, ibid., p. 333 ; (29) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 84 ; (30) Cité par Mgr TROCHU, Vie de Saint François de Salesibid., p. 372, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 90 ; (31) Mgr TROCHU, ibib, p. 393, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 92 ; (32) Samuel Pruvot, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 90-91 ; (33) Dom Jean de Saint-François, La Vie du bienheureux Messire François de Sales, 1624, p. 90, cité in, Aimé RICHARDT, ibid., p. 95 ; (34) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 95 ; (35) Charles-Auguste de SALES, ibid., p. 128, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 99 ; (36) Selon Aimé Richardt, qui rapporte cette discussion (p. 101-102), "on connaît l'essentiel des propos échangés par les deux hommes grâce surtout aux relations de Charles-Auguste de SALES, ibid., p. 130-134 ; (37) d'après Mgr Francis TROCHU, Vie de Saint François de Sales, t. 1, p. 462-465, Dominicains d'Avrillé ; (38) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 102 ; (39) Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, tome II, Moyen-Âge, Renaissance, Réfome, Quatrième édition, Gabriel Beauchesnes & Cie Éditeurs, Paris 1912 ; (40) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, ibid., p. 153-154 ; (41) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 103 ; (42) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 215-216 ; (43) Mgr PICARD, La Mission de Saint François de Sales en Chablay, p. 86, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., 85 ; (44) Les Controverses, édition d'Annecy, p. 21-27, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 87 ; (45) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome VI, La Réforme catholique, Librairie Arthème Fayard, Éditions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 357-358 ; (46) Marguerite & Roger Isnard, Nouvel almanach du Comté de Nice, Serre Éditeur, 2006, p. 31 ; (47) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome VI, ibid., p. 324 ; (48) S. François de Sales, cité par André RAVIER, op. cit., p. 183, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 175 ; (49) Mère de CHAUGY, 2e Procès, t. IV, p. 791, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 186 ; (50) Des Premiers Martyrs à nos jours, Saints et Saintes de France, Hatier, Renens, 1988, p. 79 ; (51) Jean-Christian PETITFILS, ibib., p. 150 ; (52) Oeuvres, op. cit., t. XIII, p. 237, cité in, A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 143 ; (53) Mgr Paul GUERIN, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argenté-sur-Plessis 2003p. 61 ; (54) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Eglise catholique, Artège, Paris 2019, p. 261 ; (55) Mgr TROCHU, op. cit., t. II, p. 471, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 197 ; (56) Abbé EDOUARD, cité dans Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, Éditions de l'Émmanuel, Dijon 2009, p. 36 ; (57) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid.,, p. 22-23 ; (58) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid., p. 100-101; et 113 ; (59) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 196 ; (60) Charles-Auguste de SALES, op. cit., p. 576, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 231 ; (61) Un évêque modèle : Saint François de Sales, Corrispondenza Romana ; (62) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid., p. 102 ; (63) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 234.

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 16:58

Mener une guerre pour la vérité, une guerre spirituelle et informationnelle

 

Le système du mensonge généralisé touche à tous les pans de la société (politique, monétaire, juridique, économique).

Valérie Bugault, docteur en droit et analyste de géopolitique juridique, dénonce cette imposture et l'explique bien dans ses derniers ouvrages, tomes 1 et 2 : "Les Raisons cachées du désordre mondial, Analyses de géopolitique économique, juridique et monétaire". Elle l'explique aussi dans la video ci-dessous.

Le mensonge généralisé tient sur la base de trois grandes impostures : le parlementarisme dit "représentatif", la soit-disant "séparation des pouvoirs", et le pouvoir monétaire laissé aux mains des marchands (coup d'Etat bancaire de 1789), libres de mettre en esclavage toutes les populations du monde entier via le FMI et la Banque des recouvrements internationaux, la loi du plus fort sous les termes de "liberté" et de "démocratie", deux termes qui n'ont jamais été autant subvertis et piétinés.

Le dernier avatar en date de l'esclavage moderne est le Great reset, ou l'Etat de droit et nos libertés se voient anéantis, l'Etat libre et indépendant, volatilisé. 

À côté de la guerre informationnelle à mener, la lutte pour défendre la vérité, il ne faut pas oublier que les soubassements matérialistes de notre contrat social sont en train d'aboutir à leur dernières conséquences où la liberté de l'homme sans Dieu proclamée en 1789 se transforme en esclavage sanitaire (covidisme, passeports vaccinaux, crédit social à la chinoise).

 

Notre salut : restaurer la cité chrétienne. Restaurer la cité où l'esprit surplombe et domine la matière (et non l'inverse...)

 

"Le Concile de Trente définit la vie chrétienne une pénitence continuelle, perpetua pœnitentia ; et notre époque, une jouissance continuelle, la plus large possible et par tous les moyens possible. L'homme devient chair. Inutile d'insister sur ce caractère du règne satanique, dont le développement rapide alarme tous les esprits sérieux." (Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, 1864, Rééd. Éditions Saint-Rémi, 2019, p. 297.) 

Dans son Traité du Saint-Esprit, (ibid., p. 62), Mgr Jean-Joseph GAUME explique ce caractère du règne satanique qui est avant tout une recherche d'une déification de l'homme et du bonheur par des moyens illégitimes, des moyens matérialistes qui sont ceux du démon (envie, désobéissance, gourmandise, orgueil de se sauver par ses propres forces) : 

"L'autre est la Cité du mal. ... Son fondateur et son roi, c'est l'Esprit du mal : ses gouverneurs, les anges déchus; ses citoyens, tous les hommes qui travaillent à leur prétendu déification (par les moyens du diable. NDLR.), conformément aux règles données par Satan. ... Elle se concentre dans les limites du temps, dont les jouissances forment l'unique objet de ces aspirations et de ses travaux. Elle est le désordre universel, parce que rien n'y est à sa place : l'homme en haut, Dieu en bas. Cette cité est le satanisme. Immense et hideuse famille, née de la révolte angélique, composée des démons et des méchants de tous les pays et de tous les siècles, toujours en fièvre de liberté, et toujours esclave, toujours cherchant le bonheur et toujours malheureuse."

En  hébreu, le verbe "pécher" signifie manquer son but, se tromper de cible... Pécher, c'est se tromper de bonheur qui est Dieu.

Et Mgr Jean-Joseph Gaume ajoute :

"... L'homme vit nécessairement sous l'empire du Saint-Esprit, ou sous l'empire de Satan. Bon gré, mal gré, il est citoyen de la Cité du bien, ou citoyen de la Cité du mal." (Constit. apostol. lib IV, c. XXVI.) De là, le mot de saint Hilaire : "Où n'est pas le Saint-Esprit, là est le Diable."

"Quoi qu'il fasse, le monde inférieur (terrestre. NDLR.) ne peut se soustraire à l'influence du monde supérieur (spirituel. NDLR.). S'il rompt avec le Roi de la Cité du bien, il tombe forcément sous l'empire du Roi de la Cité du mal. Dieu ou le diable : pas de milieu." (Mgr Jean-Joseph GAUME, Traité du Saint-Esprit, ibid., p. 302).

"Jésus-Christ, roi; ou Satan, roi. ... Jésus-Christ, roi dans l'ordre temporel, aussi bien que dans l'ordre spirituel; ou Satan, roi dans l'ordre temporel, aussi bien que dans l'ordre spirituel..." (Ibid., p. 279.)

Même César appartient à Dieu. Le Christ doit être Roi

Là est notre salut si l'on veut sortir la France de l'ornière matérialiste, de l'imposture et du mensonge généralisé dans laquelle elle est plongée depuis 1789.

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 19:07
Le Pape François a rencontré secrètement le PDG de Pfizer avant de rendre la vaccination obligatoire au Vatican

[Source : lecourrierdesstrateges.fr | Nouveau Monde]

 

Le Pape François a rencontré deux fois secrètement le PDG de Pfizer, Albert Bourla, en 2021, avant de rendre la vaccination obligatoire au Vatican: telle est l’information explosive recueillie auprès de sources internes par le National Catholic Register, un média américain d’information catholique. On appréciera à sa juste mesure le fait que le pape qui a pris le nom de Saint François d’Assise, apôtre de la pauvreté, pousse jusqu’à fréquenter le PDG d’une entreprise qui a gagné des milliards durant la pandémie. Et même, qu’il se soit fait lobbyiste de l’industrie vaccinale en expliquant que la vaccination contre le COVID était en « acte d’amour ». La parution de cette information malgré la crainte qu’inspire le pape jésuite révèle que l’Eglise est à la veille d’une remise en cause profonde du pontificat de Jorge Maria Bergoglio.

Selon des sources vaticanes, qui se sont confiées au National Catholic Register, le Saint-Père a rencontré à deux reprises le PDG de Pfizer, Albert Bourla, au Vatican, bien que les détails précis de ces rencontres qui ont eu lieu en 2021, ne soient pas connus.

 

Contrairement à la plupart des audiences privées du pape, ces rencontres n’ont pas été annoncées par le bureau de presse du Saint-Siège, qui n’a pas répondu aux demandes répétées de confirmation de ces rencontres.

 

Un porte-parole de Pfizer a déclaré : “Nous ne pouvons ni confirmer ni démentir car, selon notre politique, les mouvements de nos cadres sont considérés comme confidentiels.”

 

Les rencontres d’Albert Bourla avec le pape ne seraient pas la première rencontre papale secrète de ce type ces dernières années. En novembre 2019, le pape a reçu en privé Melinda Gates. La rencontre, bien connue au Vatican, n’a jamais été reconnue officiellement.

 

En mai dernier, Bourla a pris part à une conférence en ligne du Vatican sur la santé intitulée “Unite to Prevent & Unite to Cure” à l’occasion de laquelle il a pu – et d’autres participants avec lui, faire l’éloge de la vaccination dans la lutte contre le COVID-19.

 

Se vacciner contre le COVID, un acte d’amour?

Prenez le temps d’écouter ce passage d’Albert Bourla à la télévision française. Il y explique que la seule façon de surmonter la peur de se faire injecter le vaccin, c’est “l’amour” (sic!). Pour lui, la vaccination n’a pas seulement une valeur individuelle mais sociale: il faut le faire pour nos proches et le reste de la société.

 

ça ne vous rappelle rien? Le pape François déclarant à l’été 2021: “La vaccination est un moyen simple, mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, en particulier des plus vulnérables. Je prie Dieu pour que chacun puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d’amour”

 

Impossible de dire lequel des deux hommes a le plus influencé l’autre. Mais force est de constater que le pape qui a pris le nom du “Pauvre d’Assise” se trouve de connivence avec le PDG d’une entreprise pharmaceutique qui a gagné des milliards grâce aux vaccins contre le COVID. Une entreprise représentative des dérives du capitalisme contemporain que le Pape aime par ailleurs fustiger.

 

Le Pape parle du capitalisme inclusif; mais en l’occurrence il fraye avec un représentant du capitalisme de connivence, l‘une des entreprises les plus condamnées au monde. Où seraient les profits de Pfizer sans l’argent public qui sert à financer la recherche puis l’achat des vaccins?

 

Comment ne pas être profondément gêné par le fait que le Pape ait pu recevoir deux fois le PDG de Pfizer puis choisir cette entreprise pour la vaccination au Vatican? Une vaccination rendue obligatoire!

 

Comment expliquer qu’un pape qui dit lutter pour un ordre plus juste accepte le petit jeu d’un capitalisme de connivence qui a fait écarter médicaments existants (tombés dans le domaine public) au profit d’un produit nouveau, fabriqué trop vite et vendu très cher? Comment comprendre quue le pape de l’encyclique Laudato Si fasse aussi peu attention aux dégâts causés par les effets secondaire du vaccin. Ou bien l’écologie humaine est-elle sans importance?

 

Evidemment, en homme de pouvoir, François a cessé de parler “d’amour” en évoquant la vaccination dans son discours de voeux 2022 aux ambassadeurs. Il sent le vent tourner et se contente de parler d’un choix raisonnable en attendant d’autres médicaments. Mais cela ne peut pas dissiper la désagréable impression que le Pape sert de caution religieuse à la gouvernance internationale.

 

L’Église a besoin d’un « Père Elijah »

 

Si vous ne l’avez jamais lu, plongez-vous dans l’extraordinaire roman de Michael D. O’Brien, Père Elihjah. Le héros est un frère carme qui fut David Schäfer, rescapé de la Shoah puis promis à devenir Premier ministre d’Israël; mais il avait tout lâcher pour se convertir et entrer en religion. Un pape qui est un mélange de Jean-Paul II et de Benoît XVI demande au Père Elijah d’aller affronter spirituellement le “Président de la Fédération des Etats européens”, qui tenait à la fois (prophétiquement, quand le roman a été écrit à la fin des années 1990) de Mario Draghi et d’Emmanuel Macron. Ce président d’une Europe devenue fédérale est immensément populaire car il agit au nom d’une religion de l’Amour, destinée à devenir une religion mondiale. Et le Père Elijah doit aller l’affronter car l’homme fait pression sur le Saint-Siège, pour que ce dernier se joigne au nouveau syncrétisme.

 

Ce morceau central d’une trilogie romanesque commencée dans Varsovie occupée et se finissant à Jérusalem a le souffle d’un roman de Chesterton ou de C.S. Lewis.

 

La différence entre le roman et la réalité d’aujourd’hui, c’est que François se juge assez fort pour ne pas avoir besoin d’un “Père Elijah”. Il pense pouvoir frayer avec les hommes de la gouvernance mondiale sans faire courir de danger à l’Eglise. Il accompagne en partie le syncrétisme ambiant et s’engage pour une “Maison d’Abraham” à Abu Dhabi ou joue avec l’idée d’une version “amazonienne” du christianisme. François décrit la vaccination comme un “acte d’amour” et il approuve la censure sur les réseaux sociaux. Il pactise avec la Chine communiste au risque de sacrifier l’Eglise clandestine chinoise. Et il adhère à un “Pacte mondial pour l’Education” en faisant entrer à l’Académie des Sciences un économiste aussi controversé que Jeffrey Sachs, ancien néolibéral converti à l’écologie et dont le fil directeur a toujours été l’adhésion sans fard au malthusianisme le plus radical.

 

La fuite concernant les entrevues avec Albert Bourla est le signe qu’au Saint-Siège on commence à juger contre-productive la façon de faire de l’actuel Souverain Pontife. Il est certes redouté; mais on le dit malade ; et les grandes manœuvres ont commencé pour sa succession.

 

Ce qui est sûr, c’est que le renouveau dont aura besoin l’Eglise se trouve plutôt dans les romans de Michael D. O’Brien que dans les liaisons dangereuses du Pape François avec les puissants de ce monde, d’Albert Bourla à Bill Gates.

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 17:21

Il est erroné de prétendre que la vérité ne s'impose que par sa propre force et ne doit pas être soutenue par l'Etat.

Souvent, dans les fausses religions, des erreurs sur la vérité entraînent la commission d'actes immoraux (Exemples : les Mormons qui vivent dans la polygamie, l'islamiste qui commet des attentats en tuant des innocents et en pensant sauver son âme).

De même, et sur un autre plan, parfois la vérité a besoin de la force pour s'établir. Exemple : les Résistants en 1940, et plus généralement toutes les Vérités sociales qui nécessitent la force publique pour être défendues. 

Cette vidéo de l'abbé Salenave aborde ces sujets, la liberté, la conscience, ainsi que la signification de la fête du Christ Roi. 

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