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Christ Roi

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 08:10

Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché.

Pie XII, 1946 in Pascal IDE, Les 7 péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête, Mame, Paris 2015, p. 9

L’Église est en crise ; et il s’agit d’une crise sévère !

Un exode massif hors des églises ; un esprit du temps anti-chrétien, « anti-divin », qui telles des bourrasques souffle dans l’Église et balaie des feuilles fanées ; le catholique européen voit le développement de ce qu’on pourrait appeler un « christianisme crypto-apostat ». Autant de réalités qui auraient été impensable... même sous les dictatures du 20e siècle.

Chose nouvelle : désormais, ce ne sont plus seulement les chrétiens tièdes et peu intéressés à la foi de leur baptême qui quittent l’Église ; ce sont aussi ceux qui souhaitent protester contre des structures ecclésiales qui n’ont jamais produit quoi que ce soit et qui sont aujourd’hui en ruine. Ces structures tournent à vide sans inviter ceux qui en font partie à regarder ce qui se passe autour d’elles et sans se soucier de ce que devrait être l’Église de Jésus-Christ.

 

Source : Pro Liturgia, Actualité du samedi 20 février 2021 

 

L’Église est en crise ; et il s’agit d’une crise sévère !

Certains estiment même qu’il s’agit d’une crise menaçant son existence. Certes le Christ a promis qu’il serait avec son Église jusqu’à la fin des temps. Il a bien parlé de « son » Église et non d’un ensemble d’Églises particulières qui se donneraient des structures leur permettant de s’engager dans diverses actions sociales ou pastorales pour paraître méritantes et sympathiques aux yeux des hommes.

"Une Eglise sans esprit de foi et dans laquelle seul compte l’activisme ne peut que disparaitre. Les évêques feraient bien d’y regarder de plus près et considérer que de très nombreux mouvements et groupes nés dans le sillage du Concile, au moment où l’on proposait aux fidèles passablement désorientés des catéchèses et des liturgies vides de sens, n’ont cherché qu’à marquer l’Église d’un style et de pratiques qui ne lui auront été d’aucune utilité : au lieu de mener des réflexions sérieuses sur la base de connaissances théologiques solides, ces mouvements et ces groupes ne se sont complu que dans des échanges de bons sentiments au sein d’une convivialité de clubs.

Une majorité d’évêques a volontairement gardé le silence face aux erreurs du clergé et s’est résignée à accepter ce que les pasteurs diocésains en leur particulier auraient dû refuser : il fallait alors laisser les fidèles se fourvoyer dans les expériences catéchétiques et liturgiques de quelques prêtres qui « faisaient le buzz » autour de leur personne ; il fallait laisser certains groupes de fidèles imprimer leur style liturgique à des paroisses entières et refuser de voir que, précisément, ces styles-là tarissaient la pratique dominicale et éteignaient les vocations.

Pour des raisons « pastoralement correctes », ces situations ne seront jamais étudiées et, partant, jamais corrigées.

C’est pourtant la clarté qui mène à la vérité. Il faut se résoudre à l’admettre : mieux vaut une vérité désagréable à entendre qu’une dissimulation des réalités qui un jour ou l’autre se retourne contre ceux qui, comme le faisait remarquer le cardinal Sarah, continuent à chanter « Tout va très bien madame la marquise ». Mais voilà : aujourd’hui, au lieu de prendre les problèmes au sérieux et d’exiger une démarche raisonnée à leur sujet, les personnes qui posent les bonnes questions sont marginalisées, réduites au silence. Tel est le nouveau style de l’Église que veulent imposer certains : il y est déconseillé de parler avec les fidèles qui critiquent les idées novatrices en les considérant à juste titre stériles ; il ne faut pas hésiter à les accuser d’avoir des comportements « antéconciliaires » (« Quoi ? Vous voulez encore chanter en latin comme autrefois ? ») limite pathologiques (« Ce que vous proposez montre bien que vous vivez hors du temps ! »)

De la part des supérieurs hiérarchiques, aucun soutien ni avis à attendre : trop de susceptibilités sont en jeu ! On ne considère jamais la réalité des faits (chute des vocations sacerdotales, fermeture d’églises...), mais uniquement le ressenti et la sensibilité. Au lieu d’échanger des arguments probants sur la situation actuelle de l’Église, on avance de vagues idées dans lesquelles alternent, suivant les cas, les bons sentiments et la malveillance.

Veut-on vraiment d’une telle Église faite d’une mosaïque de communautés hétéroclites qui, comme la rose de Pierre de Ronsard, ne durent que du matin jusques au soir ? Malheureusement, cette Église « new look » est déjà bien établie dans une majorité de diocèses. Quant à la véritable Église, celle du Christ, celle qui a les promesses de pouvoir se maintenir jusqu’à la fin des temps, elle finit par perdre toute sa pertinence au milieu de ces déchirements et de ces éclatements.

Ne pourrait-on pas, pour une fois, se consacrer sérieusement à une véritable confrontation théologique qui permettrait de (re)préciser à quoi devrait ressembler une annonce de la foi non tronquée dans un monde totalement sécularisé ? Oui, il nous incombe de toute urgence de redécouvrir ce que veut nous dire l’Église une, sainte, catholique et apostolique au sein d’une société marquée par l’indifférence religieuse et le matérialisme. Au XXIème siècle, le catholicisme ne pourra avoir de sens et d’avenir que dans la vérité de l’enseignement intégral de la doctrine de la foi.

Malheureusement, il faut bien constater que depuis des années, dans nombre de paroisses et de groupes de réflexions, cet enseignement intégral a cédé la place à des bavardages fatigants donnant naissance à des projets pastoraux qui ne font que participer à l’effondrement de l’Église voulue par le Seigneur.

 

Source : Pro Liturgia, Actualité du vendredi 19 février 2021 

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 07:55
Mgr Gracida: ''Benoît XVI a été criminellement contraint de démissionner''

Source : Abyssum.org | Chicoutimi - Le Forum catholique

 

Sur son site Internet, Mgr René Henry Gracida (évêque émérite de Corpus Christi, au Texas, âgé de 97 ans) a publié sa profession de foi dans laquelle il professe que ''Benoît XVI a été criminellement contraint de démissionner''. Voici un traduction de cette profession de foi surprenante:

 

Premièrement

 

''MOI, RENE HENRY GRACIDA, avec une foi ferme, je crois et professe tout ce qui est contenu dans le symbole de la foi (…)

 

Deuxièmement

 

Je crois que le Cardinal Joseph Ratzinger a été légitimement élu Pape par un conclave de cardinaux et a légitimement dirigé l'Église sous le nom de Pape Benoît XVI.

 

Troisièmement

 

Je crois que le Pape Benoît XVI a été criminellement contraint de démissionner de ses fonctions de pape et l'a fait au moyen d'une lettre qu'il a lue à une réunion de cardinaux, non réunie en conclave, et que la démission n'était pas valide.

 

Quatrièmement

 

Je crois que dans sa lettre de démission, le Pape Benoît XVI a démissionné du pouvoir de juridiction mais n'a pas démissionné du pouvoir de l'ordre (cf. L'ÉGLISE DE LA PAROLE INCARNÉE, VOLUME UN, pages 21-27, par le cardinal Charles Journet). Je crois que cet acte du Pape Benoît XVI (un «partage de la papauté» selon les mots de Mgr Georg Gänswein, son secrétaire) est une innovation dont la légitimité devra être déterminée dans l’histoire mais est une réalité avec laquelle nous devons vivent actuellement.

 

Cinquièmement

 

Je crois que l'élection de Jorge Mario Cardinal Bergoglio au Conclave de 2013 était peut-être soit illicite, soit invalide, ou les deux, en raison des dispositions de la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis promulguée par le Saint Pape Jean-Paul II. Cette Constitution apostolique interdisait le type de complot avoué par les cardinaux de la «mafia de Saint-Gall», un tel complot faisant l’objet d’une excommunication automatique. Il est impossible pour un cardinal excommunié d'être élu pape !!!

 

Lire : Une "mafia" dans l'Eglise pour faire démissionner Benoît XVI et élire François

 

Sixièmement

 

Je crois que jusqu'à ce que l'élection de Jorge Mario Cardinal Bergoglio à la Chaire de Pierre soit déclarée invalide par un conclave des cardinaux de l'Église, il exerce, de facto, le pouvoir de juridiction partagé avec lui par le Pape Benoît, aussi longtemps que le Pape Benoît est en vie.

 

Septièmement

 

Je crois qu'en cas de décès du Pape Benoît XVI, en supposant qu'il décède avant Jorge Mario Bergoglio, alias François, il devient impératif que le Doyen du Collège des Cardinaux convoque un Conclave du Collège des Cardinaux pour déterminer si oui ou non le «partage de la papauté» par le Pape Benoît XVI était valide, et si par conséquent l'élection du cardinal Bergoglio était valide, et s'il est déterminé que ce n'était pas le cas, déclarer le siège de Pierre vacant et fixer la date d'un nouveau conclave pour élire le prochain Pape.

 

Huitièmement

 

Je crois que dans l'intervalle de temps précédant le prochain conclave pour élire le prochain Pape, en ce qui concerne tous les actes de François qui contredisent ou s'opposent formellement ou accidentellement à la Révélation divine - c'est-à-dire tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, qu'elle soit écrite ou transmise dans la Tradition, que l'Église, soit par un jugement solennel, soit par le Magistère ordinaire et universel, affirme devoir être cru comme divinement révélé - tous les catholiques peuvent légitimement refuser de consentir à de tels actes.

 

Neuvièmement

 

Je crois que tout laïc catholique a une obligation morale, à l'instar des catholiques du quatrième siècle en ce qui concerne l'hérésie d'Arius, de donner une expression vocale ou écrite d'opposition à tout clergé qui enseigne ou prêche toute doctrine ou praxis qui contredit la Révélation divine, c'est-à-dire tout ce que contient la Parole de Dieu, qu'elle soit écrite ou transmise dans la Tradition, que l'Église, soit par un jugement solennel, soit par le Magistère ordinaire et universel, demande de croire comme divinement révélée.

 

Dixièmement

 

Je crois que la seule façon pour les catholiques de se préparer à tout ce que Notre-Seigneur Jésus-Christ prévoit comme moyen de résoudre la crise actuelle dans l'Église est de renforcer en eux-mêmes les vertus surnaturelles de foi, d'espérance et de charité par la prière, en particulier la prière liturgique et l’adoration de notre Seigneur eucharistique tout en approfondissant leur compréhension de ce qu’ils croient à travers l’étude des écrits des Docteurs de l’Église.

 

Onzièmement

 

Je crois que les normes pastorales émises par certains évêques appliquant l'enseignement contenu dans Amoris Laetitia sont au moins hétérodoxes sinon hérétiques et font beaucoup de mal aux fidèles.

 

Lire : François autorise les évêques argentins à distribuer la Communion aux divorcés "remariés"

 

Douzièmement

 

Je crois qu'en raison de sa nature divinement établie, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la Parole révélée de Dieu et la foi conséquente de l'Église dans l'indissolubilité absolue d'un mariage ratifié et consommé.

 

Treizièmement

 

Je crois que l'Encyclique Veritatis Splendor du Saint Pape Jean-Paul II est peut-être l'enseignement magistral le plus important de la part d’un pape au XXe siècle et qu’on ne peut dénier la vérité contenue dans cette Encyclique – à savoir qu'il existe une catégorie d'actes humains qui sont intrinsèquement mauvais et donc absolument interdits pour l'homme. Lorsqu'il s'agit de normes morales interdisant le mal intrinsèque, il n'y a aucun privilège ou exception pour quiconque.

 

Quatorzièmement

 

Je crois que, comme l'Église l'enseigne, les personnes qui souffrent d'une attirance démesurée pour les autres personnes du même sexe doivent être aimées et servies afin de les aider à rester chastes et à éviter les actes sexuels qui, comme nous le révèle les Saintes Écritures, sont mauvais.''

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 00:00

Née à Assise vers 1200, elle avait choisi de vivre très mondainement jusqu'à la visite qu'elle rendit un jour à sa tante Ste Claire dans son couvent de Saint Damien. Elle changea aussitôt sa vie, sans même revenir à Assise pour saluer ses parents. Elle vécut dès lors dans la plus complète austérité. Elle en tomba malade et Claire la délivra, d'un signe de croix, d'une toux persistante qui dura 13 mois.

 

Aimée mourut en 1252 d'hydropisie. Son corps fut transféré au couvent de Sainte-Claire d'Assise dans la chapelle Saint-Georges.

Bienheureuse Aimée, religieuse (1200-1252)

Sources : 1; 2; 3

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 00:00
Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

C'est parce que j'étais la plus plus pauvre et la plus ignorante que la sainte Vierge m'a choisie.

Bernadette Soubirous, née à Lourdes le 7 janvier 1844 et décède à Nevers le 16 avril 1879. Elle fut témoin plusieurs jours des apparitions de la Vierge Marie en 1858 dans la Grotte de Massabielle à Lourdes. "Massabielle", en patois du pays, veut dire "vieux rochers".

À quatorze ans, le 18 février 1858, quand la Vierge lui apparaît la première fois, elle n’a pas encore pu fréquenter le catéchisme, parce que la pauvreté extrême l’a obligée à travailler depuis son plus jeune âge pour aider sa famille.
 Si elle préfère les pâturages sur les montagnes au  "Cachot" humide et malsain où les Soubirous, endettés, sont obligés de vivre, Bernadette ne tire de ce travail qu’un toit et de la nourriture. Dans les périodes où Bernadette ne s’occupe pas du troupeau de sa nourrice Marie Lagües, son père François doit l’envoyer sur les terres domaniales pour ramasser du bois qui sera ensuite vendu.
 

 

Une "dame" portant un chapelet et "une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied" lui apparaît pour la première fois alors qu'elle est occupée à ramasser du bois près de la grotte. 

 

La Vierge Marie lui parle de prière et de pénitence, et lui demande de faire construire une chapelle sur le lieu des apparitions. (1) Elle lui dit : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre."

 

Mais quand la jeune fille raconte ce qui lui est arrivé, elle ne rencontre qu'incompréhension, moqueries, incrédulité.

 

"De retour à Lourdes, Bernadette dut parler à ses parents de la promesse qu'elle venait de faire à la Dame mystérieuse, et des quinze jours consécutifs pendant lesquels elle devait se rendre à la Grotte. De leur côté, Antoinette et Mme Millet racontèrent ce qui s'était passé, la merveilleuse transfiguration de l'enfant durant l'extase, les paroles de l'Apparition, l'invitation de revenir pendant la Quinzaine. Le bruit de ces étranges choses se propagea aussitôt de toutes parts, et, franchissant vite les couches populaires, jeta, soit dans un sens, soit dans un autre, la plus profonde agitation dans la société de ce pays.

 

Elle ne dira pas avoir vu la Vierge avant d'affirmer l'avoir entendue dire "Que sòi era Immaculada Concepcion", c'est-à-dire, "Je suis l'Immaculée Conception" (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 134), le 25 mars 1858, jour de l'Annonciation.

 

Ce jeudi, 18 février 1858, était précisément jour de marché à Lourdes. Il y avait comme à l'ordinaire beaucoup de monde, de sorte que, le soir même, la nouvelle des visions, vraies ou fausses, de Bernadette, se répandit dans la montagne et dans les vallées, à Bagnères, à Tarbes, à Cauterets, à Saint-Pé, à Nay, dans toutes les directions du département et dans les villes du Béarn les plus rapprochées. Dès le lendemain, une centaine de personnes se trouvaient déjà à la Grotte au moment où Bernadette y arriva. Le lendemain, il y en avait quatre ou cinq cents. On en comptait plusieurs milliers le dimanche". (2) 

 

L'ouvrage d'Henri Lasserre (Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870) a l'avantage d'avoir été le premier écrit non seulement par un témoin, mais par un miraculé (d'une grave ophtalmie par l'eau de la grotte le 10 octobre 1862). Cet ouvrage continue depuis de faire autorité en la matière. Il a été réédité de nombreuses fois. L'auteur distribua aux bonnes oeuvres les immenses bénéfices littéraires de ce best-seller du XIXe siècle.

 

Un jour, une source surgit au pied de la grotte et bientôt les miracles commencent : un aveugle qui vient s'y baigner les yeux recouvrent la vue, un bébé mourant revient à la vie. La nouvelle se propage très vite.

 

Bernadette niera avoir été témoin de guérisons ou y avoir contribué : "On m'a dit qu'il y avait eu des miracles, mais à ma connaissance, non", déclare-t-elle en septembre 1858. (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 213.)

 

Ces apparitions valent à Bernadette l'opposition des autorités civiles (interrogatoires et menaces de prison) et ecclésiastiques ("C'est un carnaval d'apparitions", constate l'abbé Peyramale, curé de Lourdes.)

"Je ne crains que les mauvais catholiques."

(Sainte Bernadette au chevalier Gougenot des Mousseaux durant la guerre de 1870)


Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879) En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, à vingt-deux ans elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. 

"Quand on montre à Bernadette Soubirous la statue de la Vierge sculptée par un artistes, elle s'écrie : 'C'est bien beau, mais ce n'est pas elle... Oh non ! La différence est comme de la terre au ciel !'" (3)

Les soeurs de Nevers chez lesquelles Bernadette est entrée, lui réservent un accueil glacial : "À votre âge, vous devriez descendre quelquefois à la chapelle et méditer un peu ! ", lui dit sa supérieure, agacée par son ingénuité. Ce à quoi Bernadette réplique doucement : "Je ne sais pas méditer, moi !" Infirmière charitable et docile, Bernadette devenue soeur Marie-Bernard, a pour seuls petits défauts l'entêtement et la bouderie, qui s'effacent peu à peu. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

        

Son cercueil sera ouvert trois fois et son corps retrouvé intact. Lors des exhumations, son corps fut lavé et le contact avec les "détergents" aurait noirci la peau : le corps de la vénérable Bernadette est intact, le squelette complet, les muscles atrophiés mais bien conservés ; la peau parcheminée paraît seule avoir subi l'humidité du cercueil. Elle a pris une teinte grisâtre et est recouverte de quelques moisissures et d'une certaine quantité de cristaux de sels calcaires (…) (Dr Talon et Dr Comte, chargés de l'examen du corps après 1923), cités par Dominique Lormier dans Bernadette Soubirous, éd. CMD, 1999. Dans le même livre on apprend que quelques années plus tard, la peau de Bernadette a noirci. Le visage de Bernadette et ses mains ont donc été recouverts d'un très fin masque de cire pour la présentation publique.

 
Corps resté intact de Ste Bernadette, Châsse de verre et de bronze, Chapelle de Nevers Son corps, miraculeusement préservé de toute corruption, repose dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle de l'Espace Bernadette à Nevers.

Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 et canonisée le 8 décembre 1933.

Elle est représentée en bergère ou en religieuse.

Le pèlerinage de Lourdes est l'un des plus fréquentés de la chrétienté.

Sainte Bernadette Soubirous, vierge (1844-1879)

NOM : d'origine allemande, signifie "ours courageux".

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sources: (1) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230 ; (2) Henri Lasserre, Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870, rééd. Maisonneuve, Sainte-Ruffine 1968, p. 55-56) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

 

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 00:00
Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.

Genèse 3,19

Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur

               

Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : "Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile" (Mc 1,15).

 

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

          
Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du "cœur contrit" (Ps 51(50), 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10).

         
Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).  

       
La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).    

       

Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : "Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis" (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :
      

Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir (S. Clément de Rome, Cor. 7,4). (…)         
         

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5, 20) l’intercession des saints et la pratique de la charité "qui couvre une multitude de péchés" (1 P 4, 8).  

      

La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9, 23) : »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.

Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Source : Catéchisme de l’Église catholique §1427-1428 ; 1430-1432 ; 1434-1435

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 08:05

 

Au Philippines, l'Église s'apprête à fêter les 500 ans de l'arrivée du christianisme. Les catholiques sont invités à porter une croix autour du cou.

 

Le 31 mars, ce sera le 500e anniversaire de la première messe aux Philippines qui aurait été célébrée le 31 mars 1521 sur l’île de Limasawa. Le premier baptême local, lui, aurait été célébré le 14 avril de la même année dans l’actuel archidiocèse de Cebu. Cinq siècles après l’arrivée du Portugais Ferdinand Magellan qui aurait contribué à diffuser la religion chrétienne sur place, le christianisme a largement pris son essor dans l’archipel.

 

L’année 2021 est donc un grand cru pour l’Église catholique locale puisqu’elle marque les 500 ans de l’arrivée du christianisme dans le pays. À cette occasion, elle souhaite inviter les catholiques à porter une croix autour du cou en signe de leur appartenance au Christ. Le port de la croix n’est pas une revendication identitaire mais bien le signe d’un lien avec Jésus. Porter une croix, c’est se relier à Dieu et à sa foi.

 

Source

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 09:57
Séminaire diocésain de Bayonne : l'enseignement de la liturgie y est placé parmi les "disciplines nécessaires et majeures" et le chant grégorien est enseigné de façon régulière

Le séminaire diocésain de Bayonne est exemplaire à plus d’un titre : l’enseignement de la liturgie y est placé parmi les « disciplines nécessaires et majeures » (cf. Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n. 16) et le chant grégorien est enseigné de façon régulière afin de pouvoir avoir la première place dans les actions sacrées (cf. Id. n.116). La théologie de Saint Thomas d’Aquin est également à l’honneur (cf. Vatican II, Optatam totius, note 36) dans ce séminaire diocésain réouvert à l’initiative de Mgr Marc Aillet.

Autre particularité qui a toute son importance : ce séminaire est enraciné dans l’identité du diocèse et dans la vie concrète de l’Église locale.

Il résulte de tout cela que le séminaire diocésain de Bayonne est l’un des rares séminaires diocésains à appliquer fidèlement les enseignements du concile Vatican II concernant la formation sacerdotale. Dans la plupart des autres séminaires, qu’ils soient diocésains ou interdiocésains, l’enseignement donné aux futurs prêtres demeure nettement insuffisant et souvent contraire aux directives de Vatican II.

 

G. Alswiller

Source : Pro Liturgia

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00
Bienheureuse Béatrice, fondatrice du monastère d'Eymeux (Drôme) († 1303)

Dates de fête : 25 novembre, Fête Locale 13 février. [1]

Béatrix (ou Béatrice) naquit au village d'Ornacieux en Isère, dans le Dauphiné. Elle entra à la Chartreuse de Parménie puis fonda la chartreuse d'Eymeux (Drôme) d'où elle gagna le ciel le 25 novembre 1303. 

Son culte est confirmé en 1763 et elle est béatifiée par le Pape Pie IX le 15 avril 18692.  

 

Le principal texte la concernant a été écrit au XIIIe siècle, par Marguerite d'Oingt, en Francoprovençal, sous le titre original : Li Via seiti Biatrix, virgina de Ornaciu (La Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux, religieuse de Parménie).

 

Sa fête liturgique est fixée au 13 février par les chartreux et le 25 novembre dans le diocèse de Valence. [2] 

 

"Née au château d'Ornacieux, près de la Côte-Saint-André vers 1260, Béatrix entre à l'âge de 13 ans à la chartreuse de Parménie, non loin de Tullins. En 1300, elle fonde le monastère d'Eymeux où elle connaît le plus extrême dénuement. Elle y meurt un 25 novembre, sans doute en 1303. Une chapelle y perpétue son souvenir. La vie de Béatrix a été écrite par une moniale chartreuse contemporaine de la bienheureuse, Marguerite d'Oingt et elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié."

(Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux - diocèse de Valence 25 novembre)

Dans le Valentinois, entre 1303 et 1309, la bienheureuse Béatrice d'Ornacieux, vierge, qui, saisie d'un grand amour de la croix, vécut et mourut dans la plus grande pauvreté dans la Chartreuse d'Eymeu qu'elle avait fait construire (25 novembre).

 

Martyrologe romain

SourcesNominis | Wikipedia 

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 08:10
Source: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/haim-korsia-la-laicite-ne-peut-etre-utilisee-pour-fonder-une-societe-athee-20210205

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 18:36
Le Cardinal Müller dénonce le Grand Reset

Le cardinal a averti que le but de cette nouvelle force de fusion - la collaboration entre les grandes entités capitalistes avec la Chine - est "le contrôle absolu de la pensée, de la parole et de l'action".

Fri Feb 5, 2021 - 3:37 pm EST

 

5 février 2021 ( LifeSiteNews ) - Le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a récemment fait des commentaires à Edward Pentin du National Catholic Register au sujet de la discussion actuelle sur la Grande Réinitialisation, telle que promue par le Forum économique mondial de Davos (WEF). Dans ce contexte, le cardinal a exprimé un avertissement sincère qu'il voit une fusion des organisations capitalistes occidentales avec la Chine, formant un nouveau "capital-socialisme unifié".

 

Le 29 janvier, le prélat allemand a déclaré à Pentin que deux parties - "le capitalisme profiteur, les géants des grandes technologies des pays occidentaux" et le «communisme de la République populaire de Chine" - sont aujourd'hui "en train de converger et de fusionner en un capital-socialisme unifié", produisant un "nouveau colonialisme". Avec ces commentaires, il semble impliquer que nous assistons ici à une fusion de grandes puissances financières avec des États communistes - en grande partie la Chine - qui vise à la direction du monde par des puissances mondiales capitalistes alors que les masses sont détenues dans des sociétés socialistes, contrôlées et réprimées par l’État. On peut se sentir rappelé ici la réponse récente des pays occidentaux à la crise corona qui a conduit à la suppression de nombreuses libertés au nom d’une crise sanitaire. LifeSite a tendu la main au cardinal Müller, lui demandant d’exposer davantage ces questions. Nous rendrons compte de ses commentaires si nous les recevons.

 

Le Great Reset (Grand Reset) est un programme publié par le Forum économique mondial (WEF) qui utilise la crise des coronavirus comme raison pour une refonte fondamentale de la façon dont nous, les humains, vivons ensemble sur cette terre. Le WEF affirme sur son site Web que "les changements que nous avons déjà constatés en réponse au COVID-19 prouvent qu'une réinitialisation de nos fondements économiques et sociaux est possible". À la lumière des crises économiques et environnementales prévues, le WEF propose que "nous devons construire des fondations entièrement nouvelles pour nos systèmes économiques et sociaux". Comment cette reconstruction de nos sociétés devrait se présenter aux yeux de ces acteurs financiers et économiques mondiaux (cliquez ici pour consulter la liste des participants à la réunion du WEF 2020 à Davos, en Suisse) peut être vue dans leur propre vidéo WEF appelé "Huit prédictions pour le monde en 2030".

Cette vidéo prédit que "vous ne posséderez rien et vous serez heureux. Tout ce que vous voulez, vous le louerez et il vous sera livré par drone. A côté de l'abolition de la propriété privée - un objectif typique des idéologies socialistes - le WEF voit aussi la fin des valeurs occidentales qui sont évidemment basées sur le christianisme: «Les valeurs occidentales auront été testées jusqu'au point de rupture.» Il faut se demander quel genre de valeurs remplacera ces «valeurs occidentales» et d'où elles viendront.

 

Dans ce contexte, les commentaires du cardinal Müller sont importants, car il appelle ce nouveau programme idéologique pour notre monde.

 

Alors qu'il accueille des personnes issues des domaines économique et politique pour se réunir et discuter de sujets importants, ce cardinal allemand se demande quelle "image d'humanité" le WEF a en fait. Dans le même temps, le cardinal a averti que le but de cette nouvelle force de fusion - la collaboration entre les grandes entités capitalistes avec la Chine - est "le contrôle absolu de la pensée, de la parole et de l'action".

 

Les commentaires du cardinal Müller soulignent l'importance du monde numérique aujourd'hui et comment il affecte la vie humaine. Il voit qu'un "homme homogénéisé" est en train de se créer, et qu'un tel homme "peut être contrôlé plus facilement".

 

"Le monde orwellien de l'homo digitalis a commencé", a-t-il expliqué. "Grâce à l'intégration, la conformité totale de la conscience des masses doit être obtenue via les médias." Le cardinal Müller a évoqué ici l'écrivain français du XIXe siècle Gustave Le Bon qui avait prédit une telle situation dans son livre Psychologie des foules.

 

Le cardinal Müller a également rejeté l'idée qu'une telle critique de la Grande Réinitialisation et de ses plans idéologiques ne sont que de simples "théories du complot" et a ajouté que les systèmes totalitaires "ont toujours dénigré toute critique comme conspiration et subversion". [En 1789, "le fantasme du 'complot aristocratique' émanait essentiellement des loges maçonniques et du club des Jacobins. La théorie du complot des aristocrates "envahit très vite l'espace du discours révolutionnaire. (...) Il suffit de considérer le flot ininterrompu des dénonciations qui sont adressées au Comité des recherches de l'Assemblée constituante (Pierre Caillet, Comité des recherches de l'Assemblée nationale 1789-1791, Inventaire analytique de la sous-série D XXIX bis, Paris, Archives nationales, 1993.) (...) Il convient de préciser que cette frénésie dénonciatrice témoigne autant de l'irruption de l'esprit révolutionnaire que de la persistance de cette mentalité traditionnelle déjà évoquée et accoutumée à incriminer des conspirateurs." (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 64.). Ndlr.]

 

Il a évoqué dans ses commentaires les nombreux avertissements d'un régime totalitaire au XXe siècle et a expliqué qu'ils "peuvent difficilement être discrédités en tant que théories du complot, car de véritables développements politiques leur ont donné raison".

 

Nous avertissant de ne pas prendre les promesses de la Grande Réinitialisation et des programmes similaires de fondations très riches non comme des efforts innocents, le prélat allemand a déclaré que "la confiance aveugle dans l'attitude philanthropique des dirigeants des grandes fondations et des sociétés ouvertes n'est possible qu'avec un déni complètement naïf de la réalité.''

 

Le cardinal allemand et ancien évêque de Ratisbonne, en Allemagne, a souligné qu'il y avait eu des tentatives dans le passé pour recréer l'homme et inventer à nouveau le monde. Ces tentatives se sont toujours transformées en mouvements totalitaires. Chaque fois que l'homme a voulu "se recréer et se racheter", a-t-il dit à Pentin, un monstre a été créé à la place, citant comme exemple l'"horrible expérience humaine" de l'Union soviétique communiste qui a coïncidé avec la révolution industrielle.

 

"Cela aurait dû nous convaincre que l'utopie d'un paradis sur terre sous quelque forme que ce soit entraîne les plus grands crimes contre l'humanité (déni de la liberté des dissidents, destruction de main-d'œuvre, réduction de la population par avortement et euthanasie), a-t-il ajouté. La nature de l'homme, blessée par le péché, a besoin du pardon divin. Seule la grâce de Dieu peut nous racheter et nous donner 'la liberté et la gloire des enfants de Dieu'."

 

Nous rappelons ici à nos lecteurs que le président américain Joseph Biden est en alliance avec le programme de la Grande Réinitialisation et appelle même son nouvel agenda "Reconstruire mieux", un slogan également utilisé par le Forum économique mondial. Le Forum économique mondial s'est aligné en même temps sur la Chine et a invité son président Xi Jingping à présenter une conférence lors de la journée d'ouverture de sa réunion annuelle (virtuelle) en 2021. Le WEF lui-même a qualifié sa participation au forum d'"opportunité historique pour la collaboration."

 

En octobre 2020, le cardinal Müller avait déjà averti que l'élection de Biden à la présidence des États-Unis pourrait avoir de graves effets sur les États-Unis ainsi que sur les démocraties du monde, notamment à la lumière de la puissance croissante de la Chine.

 

S'adressant à Breitbart News, le cardinal allemand a déclaré: "Le résultat des élections américaines déterminera si les États-Unis restent la première puissance dans le monde - pour la liberté et la démocratie - ou si une dictature communiste assumera ce rôle pour la communauté mondiale." Parlant de la dictature chinoise et de sa puissance croissante dans le monde, le cardinal Müller a expliqué qu'"en Chine, la devise de l'Allemagne nazie se répète: vous n'êtes rien - l'État est tout. Et pourtant, la vérité est l'inverse: les gens sont tout et l'État n'existe que pour servir le bien commun."

 

Lire : Désobéissance civile. Rémi Brague : "Il faut obéir aux lois tant qu’elles assurent la plus élémentaire justice, et donc l’ordre public et la paix civile. S’il la transgresse, on a le droit, et même le devoir ... de lui désobéir"

 

"Et parce que les États-Unis sont la première puissance du monde libre, ils doivent également mettre un terme à l'emprise impérialiste d'une superpuissance communiste qui cherche la domination du monde et permettre au peuple chinois et aux autres peuples opprimés d'entrer dans la communauté et la solidarité des peuples libres."

 

En parfaite adéquation avec la prédiction du WEF selon laquelle les "valeurs occidentales" arriveront bientôt à leur point de rupture, le cardinal Müller a exprimé en janvier 2021 sa préoccupation que le nouveau régime Biden mène désormais une campagne pour "déchristianiser la culture occidentale". S'adressant au site d'information catholique autrichien Kath.net, le prélat a expliqué que l'administration Biden, "avec sa puissance politique, médiatique et économique concentrée, est à l'avant-garde de la campagne la plus subtilement brutale des 100 dernières années pour déchristianiser la culture occidentale." Ses commentaires étaient liés au fait que le président Biden a déjà pris des mesures pour promouvoir l'avortement, ainsi que l'agenda LGBT.

 

Le Forum économique mondial lui-même promeut également l'agenda LGBT ainsi que l'agenda de l'avortement .

 

Le cardinal Müller s'oppose fermement à ces agendas anti-chrétiens et a déclaré à Kath.net que quiconque "en tant que chrétien se positionne contre le courant dominant de la propagande LGBT, l'avortement, la consommation de drogues légalisée, la dissolution de la sexualité masculine ou féminine, est connu pour être insulté comme étant 'd'extrême droite' ou même en tant que 'nazi', même si ce sont précisément les nationaux-socialistes avec leur idéologie biologiste et sociale darwiniste qui ont été la contradiction la plus ouverte à l'image chrétienne de l'homme.

 

Les chrétiens en politique doivent s'opposer à ces agendas, a-t-il dit, même s'ils ne peuvent pas suffisamment influencer les lois qui sont élaborées. "Mais ils ne doivent jamais participer, activement ou passivement, au mal", a-t-il ajouté. "À tout le moins, ils doivent protester contre cela et - dans la mesure où ils peuvent - y résister, même s'ils sont victimes de discrimination pour le faire."

 

 

Source: LifeSiteNews

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 18:21
Désobéissance civile. Rémi Brague : "Il faut obéir aux lois tant qu’elles assurent la plus élémentaire justice, et donc l’ordre public et la paix civile. S'il (l'Etat ou César) la transgresse, on a le droit, et même le devoir ... de lui désobéir"

Le philosophe et théologien analyse la déclaration du ministre de l’Intérieur selon qui « la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu ». Rémi Brague est membre de l’Institut, normalien, agrégé de philosophie et professeur émérite de philosophie à l’université Panthéon-Sorbonne, Rémi Brague est notamment l’auteur d’Europe, la voie romaine (3e édition, Folio essais, 1999) et Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne (Gallimard, 2015). Il s’entretient ci-dessous dans les colonnes du Figaro.

 

« Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel », explique Rémi Brague.

 

[…]

 

Si l’on suppose que deux lois sont face à face, l’une de la République, l’autre de Dieu, il est bien clair que la première ne fera pas le poids. Aucune loi humaine ne tient devant une loi divine. Votée par un Parlement régulièrement élu dans une démocratie civilisée ou imposée par le plus cruel des tyrans, peu importe.

 

Reste la question essentielle : quel genre de divinité entre en jeu et comment légifère-t-elle ? Pour les chrétiens, Dieu parle par la conscience, inscrite dans la nature de l’homme, que Dieu a créé animal rationnel. Rousseau appelait la conscience « instinct divin, immortelle et céleste voix ». Il faut prendre ces mots tout à fait au sérieux. Il me faut ici mettre en garde contre une façon galvaudée d’en appeler à sa « conscience ». Souvent, on la confond avec le caprice irréfléchi. Dire que seule sa conscience doit décider, c’est souvent une façon de dire : « Mêlez-vous de vos affaires ! Je fais ce que je veux ! » Quelle naïveté, d’ailleurs. La plupart du temps, est-ce bien moi qui veux ce que je crois vouloir ?

 

La conscience doit s’éduquer, un peu comme le goût. Le gourmet a appris à distinguer un grand cru d’un médiocre vin de table. L’alcoolique, lui, ne fera pas la différence, du moment que cela soûle. De même, la délicatesse de la conscience s’acquiert. Par l’exemple des parents, quand ils sont à la hauteur. Par la fréquentation des honnêtes gens. Par la grande littérature. Mais, en dernière analyse, c’est toujours moi qui déciderai de me former et d’acquérir une conscience exigeante ou, au contraire, de m’abandonner aux influences de mille facteurs : les souvenirs de pouponnière, la coutume, la pub, la mode, le politiquement correct, etc.

 

— Quand Antigone décide de braver les lois de Créon pour enterrer son frère, ne place-t-elle pas les droits de la conscience au-dessus de ceux des hommes ?

 

— Cela ne fait pas de mal de retourner aux sources de temps en temps, et, en l’occurrence, de relire Sophocle. Dans Antigone, l’héroïne vient d’enterrer son frère, considéré comme rebelle à la cité. Le chef, son oncle Créon, avait ordonné de punir le coupable en abandonnant son cadavre aux fauves et aux rapaces. Arrêtée, elle ne fait pas appel à sa conscience. La notion de « conscience » n’est pas clairement dégagée dans la pensée grecque. Le mot grec dont on s’est servi plus tard pour la désigner ne signifie pas la conscience morale, mais la conscience psychologique, celle dont il est question quand on dit « perdre conscience ».

 

Antigone oppose aux décrets de Créon non pas la conscience, mais des lois venant des dieux et « à chaque fois vivantes ». Ce qui montre leur divinité, c’est, ce qui est paradoxal pour nous, formés dans une religion de révélation, que « nul n’a jamais su d’où elles étaient apparues » (vers 456-457). Pour les Grecs, le divin est évident, aussi manifeste que l’Olympe, et sans origine. Ainsi, les rumeurs sont des déesses parce que personne ne les a mises en circulation. Ces lois divines, non écrites, priment sur toutes les décisions humaines.

 

[...]

 

— Dans l’Évangile, le Christ déclare qu’il faut rendre à César ce qui est à César. Faut-il en déduire l’obéissance des chrétiens aux lois en toutes circonstances ?

 

— Le passage des Évangiles où se trouve la formule (Matthieu 22, 21 et parallèles) est souvent mal compris. On s’imagine que César, le pouvoir politique, serait parfaitement indépendant de Dieu. Or, il en dépend comme tout le reste de la Création, ni plus ni moins. Il n’a pas de domaine réservé à l’intérieur duquel il pourrait n’en faire qu’à sa tête. Nul « sécularisme » là-dedans. Dieu est présent dans le domaine politique comme partout ailleurs.

 

Seulement, là aussi, il faut se demander de quelle façon Il s’invite chez César. Pour le christianisme, il est là d’abord dans la loi morale. Dans la Bible, Abraham craint que les Amalécites n’aient aucune « crainte de Dieu » (Genèse 20, 11) et ne le tuent pour lui prendre sa femme. La « crainte de Dieu » n’est autre ici que la common decency d’Orwell, ce qui « ne se fait pas ».

 

Il faut obéir aux lois tant qu’elles assurent la plus élémentaire justice, et donc l’ordre public et la paix civile. Saint Paul faisait prier pour l’empereur. C’était alors Néron, qui allait d’ailleurs le faire décapiter. Mais César est soumis à la loi morale. S’il la transgresse, on a le droit, et même le devoir, d’abord de le lui rappeler, ensuite de lui désobéir.

 

Source : Le Figaro | Pour une école libre

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 16:48

Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. [...] Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Matthieu 25,35-40

La police britannique a arrêté un homme pour avoir distribué de la soupe gratuite dans un parc, affirmant qu'il avait violé les restrictions du COVID-19.

 

Nick Smith avait donné de la soupe gratuite aux habitants de son village pendant 17 semaines avant que la police du Sussex n'intervienne, affirmant qu'il avait violé les règles du COVID en encourageant les gens à se rassembler.

 

Cependant, Smith a cité des exemptions en vertu des règles sur le bénévolat, qui permettent à jusqu'à 15 personnes de se rassembler à l'intérieur ou à l'extérieur.

 

Smith a déclaré qu'il avait trouvé toute l'expérience "très choquante" et a insisté sur le fait qu'il essayait seulement d'aider les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à la suite du confinement.

 

"Me présenter chaque semaine et avoir une fonction dans laquelle ils peuvent avoir confiance, c'est ce que je voulais faire. Ils viennent juste parce qu'ils ne voient personne, ne parlent à personne et deviennent fous", dit-il.

 

Smith a été menotté et a reçu une convocation du tribunal, mais a juré de continuer à soutenir sa communauté.

 

"Si ce n'est pas maintenant, quand les gens ont faim, les gens deviennent fous. Si ce n'est pas maintenant, quand ?", a-t-il demandé.

 

Une série de vidéos ont récemment été diffusées, montrant la police britannique appliquant les règles de verrouillage de manière de plus en plus draconienne, notamment un incident au cours duquel un homme a été interrogé et arrêté pour avoir refusé de donner son nom.

 

Un autre homme qui a insisté sur le fait qu’il n’avait baissé son masque que pour nettoyer ses lunettes, qui avaient été ternies, a également été sorti d’une tente par la police après que son masque facial ait glissé.

Source: Trikooba | SummitNews  

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 10:50
"Depuis que l'on porte des masques, tous les masques sont tombés !" Le rabbin Dinovitz remballe Gog et Magog et vire full complotiste !

Le rabbin Dinovitz remballe Gog et Magog et vire full complotiste !

 

Des propos éveillés que nous partageons depuis toujours ici, depuis la création de ce blog : 

Selon les dires de Dinovitz : 

 

"Je pense que les gouvernants et les médias font tout pour nous jeter dans un flou inimaginable.

 

"Je vous signale qu'en ce moment en Israël on nous met en quarantaine pour au minimum quinze jours et ils commencent déjà à nous dire que cela sera peut-être plus que quinze jours.

 

"On vit quelque chose de catastrophique en Israël depuis le début du corona, l'effondrement de toute l'économie, des classes moyennes, etc., les gens n'ont plus de travail, beaucoup n'ont plus à manger, et tout le monde, les êtres humains véritables ressentent qu'il y a une conspiration derrière toutes ces horreurs inimaginables.

 

"Et malheureusement, il nous aura fallu des années et des années pour se rendre compte, à nous aussi, peuple juif en Israël, que le gouvernement en Israël était à la solde de tous les gouvernements mondiaux occidentaux et faisait partie d'un groupe de conspiration qui n'était pas différent ici (en Israël) de ce qu'il est ici en France, ou de qu'il est ailleurs. Malheureusement il nous aura fallu des décennies pour arriver à ouvrir les yeux. Et c'est toujours ce que je dis : depuis que l'on porte des masques, tous les masques sont tombés !

 

"Et donc, nous sommes des centaines de milliers à ne plus avoir confiance du tout, du tout, dans nos politiciens ici en Israël, parce qu'ils font partie du monde occidental et de la démocratie qui n'est qu'une vitrine pour arriver à dominer le monde entier ! Et le projet avance à une rapidité qu'on ne peut même pas imaginer."

 

(Fin de citation)

___________

 

Source video"Après les bonnets rouges, les gilets jaunes, les masqués , voici les chapeaux noirs !" Gloria.tv

 

L'éveil de tous est en train de se réaliser. Nous vivons un moment unique. Mais continuons de prier chaque jour notre chapelet.

 

Prions les Saintes Plaies du Seigneur, que Dieu vienne en aide à tous les peuples de la planète. Qu'Il anéantisse la Plandémie, et convertisse les personnes derrière le Grand reset et le nouvel ordre mondial.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 20:12
L’Église catholique et la loi de 1905 : les contresens de Jean-Luc Mélenchon

Source: Aleteia

 

En voulant critiquer le projet de loi "Séparatisme", le président de La France insoumise défend la loi de 1905 en prétendant que l’Église adore aujourd’hui ce qu’elle a brûlé hier. Un contresens historique, décrypté par l’historien Martin Dumont.

 

Pour Jean-Luc Mélenchon, le fait qu’Éric de Moulins-Beaufort écrive que « la loi de 1905 est une loi de liberté » est d’autant plus important que « l’encyclique de 1906, Vehementer Nos, affirmait qu’il fallait désobéir (sic) à la loi de 1905 parce qu’elle retirait les crucifix des tribunaux, n’exemptait pas les prêtres du service militaire, etc. »

 

[...] Sur l’épiscopat français qui n’aurait pas considéré, en 1905, que la loi de Séparation était « une loi de liberté » (selon la formule d’Aristide Briand), notons [...] le fait que l’épiscopat n’était pas seul dans l’affaire, et que des laïcs catholiques, à la Chambre et ailleurs, ne la percevaient alors nullement comme telle, mais bien plutôt comme une violence contre l’Église.

 

Le joug de l’État

[C]ontrairement à ce que laisse penser Jean-Luc Mélenchon, qui s’est arrêté à la lecture de l’introduction de l’encyclique — l’exposé des faits, en quelque sorte, qui ont mené à la Séparation — Pie X condamne la Séparation parce qu’elle est une violation du droit international, rompant unilatéralement un traité (le Concordat de 1801) unissant le Saint-Siège et la France, et que le culte va être organisé sans négociations préalables avec Rome. Le Pape interdit donc d’accepter non la Séparation — qu’il déplore et condamne, mais contre laquelle il ne peut rien — mais les associations cultuelles, en cours d’élaboration, condamnation qu’il renouvellera par l’encyclique Gravissimo officii (août 1906) puis Une fois encore (janvier 1907).

 

[P]aradoxalement, si la Séparation est durement condamnée, la fin du Concordat est perçue aussi comme libératrice pour l’Église de France. Elle avait d’ailleurs été réclamée par les catholiques libéraux (mais pas seulement), considérant qu’elle libérerait l’Église du joug de l’État, toujours plus pesant.

 

[…] Considérer qu’en 2021 le président de la Conférence des évêques de France approuve la loi de 1905, telle qu’elle a été votée à l’époque, n’a aucun sens. Outre que le contexte actuel est radicalement différent de celui de 1905, Mgr Éric de Moulins-Beaufort ne fait qu’établir une observation : à ses yeux, aujourd’hui, telle qu’elle existe et est appliquée, « [p]our le dire synthétiquement, la loi de 1905 est une loi de liberté », et les changements projetés dans le cadre de la lutte contre le « séparatisme » risquent de la transformer en une « loi de contrôle, de police et de répression ». Il ne s’agit en rien de l’approbation de ce qui a eu lieu à l’époque, et cette réflexion n’est pas nouvelle, les évêques de France évoquant dès les années 1980 le « paradoxe de la Séparation » et se faisant, depuis les années 2000, les défenseurs de la loi de 1905, lors de différents projets de révision, préférant un cadre auquel ils se sont progressivement accommodés plutôt que l’inconnue.

 

Alors que la loi [de 1905] n’utilise pas le mot “laïcité”, on en est venu à la considérer comme l’expression d’un équilibre satisfaisant des relations entre l’État et les organisations religieuses ; elle a acquis par là une valeur symbolique certaine.

 

C’est ainsi qu’en 2005, l’assemblée plénière des évêques de France a publié une déclaration, en réponse à la lettre que le pape Jean Paul II avait envoyée au cardinal Ricard, pour le centenaire de la loi de 1905 : « [N]ous ne pensons pas qu’il faille changer la loi de 1905. Certes, il n’est pas dans notre intention de l’idéaliser. Mais, alors que la loi n’utilise pas le mot “laïcité”, on en est venu à la considérer comme l’expression d’un équilibre satisfaisant des relations entre l’État et les organisations religieuses ; elle a acquis par là une valeur symbolique certaine. » Cette position pouvait surprendre, mais les évêques apportaient dans le même temps cet éclairage : « Comment expliquer alors que l’Église catholique en France se satisfasse aujourd’hui d’une situation initiée par cette loi de 1905 ? Tout simplement parce que le siècle écoulé depuis la promulgation de la loi a vu se produire d’importants changements », à savoir la reprise des relations diplomatiques, un nouveau dialogue avec l’État, et une nouvelle compréhension des relations entre l’Église et l’État à la suite du concile Vatican II (constitution Gaudium et Spes et déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis Humanae).

 

Un progressif esprit d’apaisement

De fait, ce qu’il faut bien percevoir, c’est que depuis l’après-guerre 1914-1918, il a fallu un long travail, des deux côtés, pour arriver à un « vivre ensemble » qui tienne réellement. Le Conseil d’État a aussi joué un rôle dans cet assouplissement de la loi, en rendant le plus généralement des décisions dans un sens libéral. Ainsi, « ce qui aurait pu être une loi de combat a cédé devant un esprit d’apaisement » (déclaration de l’Assemblée plénière des évêques de France, 2005).

 

De plus, la participation des catholiques aux combats durant la guerre et la jurisprudence libérale du Conseil d’État permettent un rapprochement entre l’Église et l’État, rendu manifeste par la reprise des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège en 1921. L’accord sur les « associations diocésaines », en 1923-1924, règlent par ailleurs la situation des « cultuelles » en suspens depuis 1906. À cette occasion, Pie XI ne revient nullement sur la condamnation des lois dites de laïcité, mais il laisse entrevoir la possibilité d’une interprétation ouverte de la laïcité, qui devait désormais prévaloir : « [C]e que Pie X a condamné, Nous le condamnons de même ; et toutes les fois que par “laïcité” on entend un sentiment ou une intention contraires ou étrangers à Dieu et à la religion, Nous réprouvons entièrement cette “laïcité” et Nous déclarons ouvertement qu’elle doit être réprouvée » (encyclique Maximam gravissimamque, 1924).

 

La condamnation de l’acte de la Séparation demeurait donc lors de ces accords, tout en permettant le réchauffement des relations entre l’Église et l’État. La lettre du pape Jean Paul II au cardinal Ricard en 2005 le soulignera, mais citons de nouveau la lettre de Mgr de Moulins-Beaufort à François de Rugy : « L’Église catholique et l’État républicain ont appris à vivre dans la situation nouvelle ainsi créée d’une manière qui permet aux catholiques de vivre leur foi pleinement et d’apporter sans réserve leur contribution au bien commun national et à la République d’affirmer et d’exercer sa neutralité laïque tout en bénéficiant pleinement de cet apport. »

 

Des principes toujours discutés

Ainsi, sans que le mot soit prononcé, la loi de 1905 peut devenir progressivement « loi de liberté », même si des évolutions continueront à se faire (statut des congrégations, question de l’enseignement…) au long du XXe siècle, et qu’un changement de ton sur la laïcité s’opère après la déclaration des évêques de France de novembre 1945. Il est cependant important de souligner, notamment avec Philippe Portier, que si le cadre (le régime de laïcité) est progressivement accepté, le contenu (principes philosophiques) est toujours discuté. La déclaration de l’assemblée plénière des évêques de France de 2005 le met nettement en évidence.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 09:36
Le Christ dans la Maison de Marthe and Marie, Vermeer, 1655

Le Christ dans la Maison de Marthe and Marie, Vermeer, 1655

Source: Aleteia

 

En décrétant le 2 février 2021 l’inscription au calendrier romain de la mémoire des saintes Marthe, Marie et saint Lazare le 29 juillet, le Vatican a mis fin aux doutes et aux polémiques concernant l’identité de Marie-Madeleine. En effet, celle qui fut le premier témoin de la Résurrection du Christ est bien la sœur de Marthe et de Lazare.

Le pape François a tranché. Sa décision est à la fois liturgique et théologique. Par le décret de le Congrégation du culte divin publié le 2 février le Souverain pontife a ordonné d’inscrire au calendrier romain la mémoire des saintes Marthe, Marie et saint Lazare, tous les trois ensemble, le 29 juillet. Comme l’explique le décret, cette décision vient du fait que « l’incertitude de la tradition de l’Église latine quant à l’identité de Marie – la Marie-Madeleine à qui le Christ est apparu après sa Résurrection, la sœur de Marthe, la pécheresse dont le Seigneur a pardonné les péchés – a été résolue dans des études et des temps récents comme l’atteste le Martyrologe romain actuel, qui commémore également Marie et Lazare ce même jour ». Une raison de plus a été également donnée : dans certains calendriers particuliers, les trois membres de cette fratrie sont célébrés ensemble ce jour-là.

 

[…] Il faut d’ailleurs relever que les deux grandes traditions, orientale et occidentale, entrent ici en opposition. La tradition orientale a toujours maintenu la distinction des trois, mais la tradition occidentale, à partir de Grégoire le Grand (VIème siècle,) a reconnu officiellement une seule femme dans ces trois figures : Marie-Madeleine. Les choses changent depuis Vatican II : le nouveau Martyrologe romain institue une fête de Marie de Béthanie distincte de celle de Marie Madeleine. Ces dernières années de nombreux exégètes qui ont relu les Évangiles en permettant de mieux voir la place des différents personnages qui composent la figure de Marie-Madeleine et de redécouvrir son rôle d’apôtre.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 10:57

L'Institut Jean-Paul II de Rome, récemment vidé et remodelé par le pape François, a défendu dans une récente publication Facebook le soutien du président américain Joe Biden à l'avortement légal.

 

L'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille a récemment republié sur sa page Facebook un article du 20 janvier du Huffington Post (édition italienne) qui mettait en évidence ce que l'écrivaine Maria Antonietta Calabrò appelait "l'Évangile social" de Biden qui, selon elle, a donné un souffle de l'air frais à l'enseignement social catholique.

 

Lorsque la page Facebook de l'Institut Jean-Paul II a commencé à recevoir d'importantes critiques pour avoir publié un article faisant essentiellement l'éloge du politicien pro-avortement, l'Institut a répondu en disant que "défendre le droit à l'avortement ne signifie pas défendre l'avortement".

Source: https://www.lifesitenews.com/news/pope-francis-remade-john-paul-ii-institute-defends-bidens-abortion-record-in-facebook-post

Source: https://www.lifesitenews.com/news/pope-francis-remade-john-paul-ii-institute-defends-bidens-abortion-record-in-facebook-post

"Surtout", a ajouté l'Institut, si nous devons attribuer des licences de catholicité en fonction des positions politiques, très peu de politiciens pourraient se décrire comme catholiques.

 

La déclaration de l'Institut est en contradiction avec l'enseignement catholique sur l'avortement qui affirme que, selon le Catéchisme de l'Église catholique, l'avortement est un "mal moral" qui est "gravement contraire à la loi morale". Le Catéchisme ajoute que cet enseignement "n'a pas changé et reste immuable".

 

Saint Jean-Paul II a enseigné dans son encyclique historique Evangelium Vitae (L'Évangile de la vie) de 1995 que les catholiques ne peuvent en aucun cas défendre le droit à l'avortement.

 

[...]

 

L'Institut Jean-Paul II a finalement supprimé la publication Facebook.

 

Source: LifeSiteNews

Note du blog Christ-Roi. L'explication donnée par l'Institut Jean-Paul II n'est pas cohérente car elle revient par exemple à dire : "défendre le droit au meurtre ne signifie pas défendre le meurtre." On retrouve la même fausse argumentation dans le fait de dire que "l’utilisation licite de ces vaccins n’implique pas et ne doit pas impliquer de quelque manière que ce soit l’approbation morale de l’utilisation de lignées cellulaires provenant de fœtus avortés" (Paragraphe 4 de la "Note sur la moralité de l’utilisation de certains vaccins anti-Covid-19") Ces incohérences conduisent à des incompréhensions. "Que votre oui soit un oui, votre non un non." (Mt 5,37)

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 17:48

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le christianisme a été impitoyablement réprimé par les dirigeants communistes chinois, mais il fait maintenant un retour extraordinaire.

 

Lorsque le Parti communiste chinois a pris le pouvoir en 1949 on pensait qu'il y avait un million de chrétien dans le pays. Aujourd'hui il y a cent millions de chrétiens en Chine. En fait il y a plus de chrétiens que de membres du parti communiste (92 millions).

 

Selon certaines estimations il pourrait y avoir 400 millions de chrétiens en Chine dans trente ans. Ce qui en ferait la plus grande nation chrétienne du monde.

 

 

À Shenzhen il y a environ 500 personnes qui se font baptiser chaque dimanche. Il y a une proportion croissante de ces personnes dans les églises actuelles. De plus en plus de jeunes hommes croyants, de professionnels et des célébrités qui fréquentent les églises, surtout dans les grandes villes.

 

La ville de Wenzhou est connue comme la "Jérusalem de la Chine" car un grand nombre des ses habitants croient au Christ.

 

Dans cette église, les gens se réveillent à quatre heures trente pour se réunir pendant deux heures et prier afin de rendre un culte. Ce qu'ils font tous les jours.

 

Rien qu'à Shangaï il y a plus de 3000 églises de maison.

 

Cathédrale Saint-Ignace de Shanghai

 

En 2014, Xia Baolong, le chef du Parti communiste du Zhejiang, une province côtière, a supervisé une campagne visant à retirer plus de 1 500 croix des lieux de culte de la province. Les bibles ont été confisquées; les pasteurs étaient enfermés.

 

Le christianisme protestant serait la religion qui connaît la croissance la plus rapide, avec au moins 38 millions d'adhérents aujourd'hui. La Chine compte également 12 à 14 millions de catholiques. Un nombre inconnu de membres du parti communiste vont à l'église ainsi qu'aux réunions des comités locaux.

 

La plupart des églises souterraines en Chine sont dirigées par des jeunes, tous venus du système communiste et ils ne veulent rien avoir à faire que ça. Ils veulent seulement répandre l'amour de Jésus à tous ceux qu'ils rencontrent.

 

Même si la campagne actuelle et celle de Wenzhou étaient étendue à une répression nationale du christianisme, il est peu probable que cette répression arrête la progression du christianisme dans ce qui sera bientôt la plus grande nation chrétienne du monde. En fait, elle pourrait même contribuer à cette croissance en alimentant un sentiment de martyre et de persécution parmi les fidèles.

 

Historiquement, le christianisme en Chine se développa réellement à partir des premières missions jésuites au XVIe siècle et fut autorisée jusqu'à l’avènement en 1949 de la République populaire de Chine qui interdit toute ingérence étrangère dans le fonctionnement des groupes religieux

Source: https://www.economist.com/graphic-detail/2020/09/15/protestant-christianity-is-booming-in-china

Source: https://www.economist.com/graphic-detail/2020/09/15/protestant-christianity-is-booming-in-china

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 13:11
Le président mexicain utilise la Vierge de Guadalupe à des fins politiques

29 janv. 2021

National Catholic Reporter

par David Agren

 

MEXICO - Le 12 décembre, jour de la fête de Notre-Dame de Guadalupe, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a tweeté des photos de la basilique homonyme de la patronne nationale - un site qui regorge normalement de millions de pèlerins, mais qui a été fermé par l'église et les responsables municipaux.

 

L'archidiocèse de Mexico a exhorté les pèlerins à rester à l'écart et à célébrer "virtuellement" ou dans leur paroisse locale. Le gouvernement, quant à lui, a déployé la Garde nationale (une force de police militarisée) pour s'assurer que les retardataires qui arrivaient ne se présentaient pas aux portes.

 

Pourtant, le président a saisi la scène vide comme une occasion de féliciter la population - comme il l'a fait tout au long de la pandémie - en tweetant (en espagnol): "Il n'y a pas de meilleure démonstration de la responsabilité du peuple mexicain dans la pandémie que cette image de la basilique sur le journée consacrée à Notre-Dame de Guadalupe."

Le président a alors déclaré à propos de Guadalupe: "Parmi tous les symboles, les Mexicains placent en premier lieu la vénération de la Vierge et en second lieu le respect de [Benito] Juárez", l'ancien président vénéré et promoteur de l'État laïc du Mexique.

 

Le tweet a provoqué une clameur - comme la plupart des déclarations présidentielles au Mexique - pour ses contrastes et ses contradictions. Et l'éloge - d'un homme qui refuse de porter un masque et qui a annoncé qu'il avait été testé positif au COVID-19 le 24 janvier après avoir pris un vol commercial - s'est heurté à des scènes de rues et de centres commerciaux bondés.

 

Le président, communément appelé "AMLO", a également combiné deux symboles puissants, mais improbables.

 

Les politiciens mexicains évitaient de faire référence à Guadalupe, dont la basilique est l'un des sanctuaires mariaux les plus visités au monde. Ils rendaient également hommage au culte de Juárez, un ancien séminariste qui est passé de la pauvreté d'un village indigène du Oaxaca du XIXe siècle à la présidence et a rédigé les lois de réforme qui ont dépouillé l'église de ses biens et de ses privilèges.

 

Mais le tweet montrait une fois de plus les tentatives continues d'AMLO de s'associer à la popularité généralisée de la patronne, à son image incorruptible et à son importance en tant que protectrice pour une population souvent laissée à elle-même en temps de crise par ses agents publics - y compris le président lui-même.

 

Ces dernières années, les politiciens ont tenté d'exploiter la popularité de Guadalupe - les responsables locaux parrainant des pèlerinages et les présidents se félicitant de la place démesurée de la patronne dans la vie religieuse et l'identité culturelle et nationale du Mexique.

 

Aucun, cependant, n'a lié son identité politique à Guadalupe comme AMLO. Il a baptisé son parti politique "MORENA" - un acronyme pour Mouvement de la Régénération nationale qui épelle le mot espagnol pour une femme à la peau sombre.

 

"La Virgen Morena" est également un nom populaire pour la Guadalupe. AMLO a couplé cela à un discours de valeurs quasi-religieuses, une tendance à voir le monde en termes de "bien ou mal" et des promesses de "remoraliser" la vie publique.

 

"Depuis Juárez, personne n'a combiné un discours civil et un discours religieux comme discours public à la présidence", a déclaré Ilán Semo, historien à l'Université ibéro-américaine dirigée par les jésuites à Mexico.

 

"Cela ne s'est pas produit depuis l'époque de Nueva España", lorsque le Mexique était encore une colonie espagnole, a poursuivi Semo. Et avec le prosélytisme fréquent du président et son adhésion à la Guadeloupe : "C'est comme si [le président] était simultanément ce genre d'emblème religieux et politique."

 

Le traitement de Guadalupe par le tweet du 12 décembre était un AMLO vintage: une volonté d'aller à contre-courant de la coutume politique précédente, combinant coutumes religieuses et civiques dans un pays où la laïcité était autrefois une éthique politique.

 

Le tweet du 12 décembre traite de la Guadalupe comme un classique AMLO : une volonté d'aller à l'encontre de la coutume politique précédente, combinant les coutumes religieuses et civiques dans un pays où la laïcité était autrefois une éthique politique.

 

Même si les figures de la Guadalupe et de Juárez se heurtent apparemment, López Obrador a habilement exploité une multitude d'images de l'histoire du Mexique - dont beaucoup sont contradictoires les unes avec les autres - dans le but de légitimer un gouvernement qu'il promeut comme transformationnel.

 

"López Obrador n'incarne ou n'utilise pas seulement Notre-Dame de Guadalupe", a déclaré Fernando Dworak, chroniqueur et analyste politique à Mexico. "Il parle avec cette notion du "peuple", et l'amalgame de symboles et d'un discours de morale qui lui donne une crédibilité morale pour ses disciples."

 

Plutôt que d'assister simplement à des cérémonies publiques à l'occasion des anniversaires de la naissance et de la mort des héros publics, comme l'ont fait consciencieusement ses prédécesseurs, AMLO tente "d'incarner" ces personnages - souvent avec succès, selon Dworak.

 

Dworak souligne la solide cote d'approbation d'AMLO, d'environ 60%, et sa capacité à construire une base inébranlable à travers des années de diffusion d'un discours moral, de vie austère et d'adversaires ineptes incapables de contrer ses messages - même si la compréhension d'AMLO sur les faits est faible et qu'une réponse courante à des informations défavorables est de dire : "J'ai d'autres données."

 

Les opposants ont également adopté des images religieuses, comme le mouvement de droite FRENAA, qui a défilé avec des banderoles de la Guadalupe, mais aussi des images comme Notre-Dame de Fatima (qui est populaire à droite) et des cris de "¡Viva Cristo Rey !" de la rébellion des Cristeros des années 20.

 

Mais contrairement aux opposants à AMLO et même aux autres chefs religieux, Dworak a déclaré que "le président est la personne qui contrôle le discours moral".
 

"Il sait comment se servir des symboles", a déclaré Dworak. "López Obrador est une personne qui a baigné son gouvernement de symboles."

 

Le logo de l'administration d'AMLO met en évidence cinq personnalités du passé du Mexique.

 

Il n'utilise pas d'images de la Guadalupe. Mais nommer son parti MORENA et enregistrer sa candidature à la présidentielle le jour de sa fête en 2017 a laissé peu de doutes sur ses tentatives de tirer parti de son appel. Beaucoup de MORENA n'ont pas repoussé le conservatisme et le discours religieux du président, même s'ils s'identifient comme étant de gauche.

 

"Les gens de gauche avec AMLO ont été les plus critiques lorsque [l'ancien président Vicente] Fox a utilisé la bannière de la Guadalupe à des fins politiques", a déclaré Bárbara González, analyste politique à Monterrey.

 

AMLO n'est pas le premier politicien à attirer la patronne dans la politique. Les promoteurs de l'indépendance et de la révolution mexicaine ont défilé avec des images de la Guadalupe, qui, selon les catholiques, est apparue à Saint-Juan Diego à la Colline de Tepeyac en 1531 dans ce qui est maintenant le nord de Mexico.

 

Fox a scandalisé les classes bavardes et la vieille élite politique en visitant la basilique et en priant la Guadalupe le matin de son inauguration. Son successeur, le président Felipe Calderón, a proclamé : "Nous sommes tous des guadalupanos, indépendants de la foi, des croyances, et des non-croyances". Des politiciens de tous les côtés de l'allée ont assisté à des célébrations à la basilique lors de visites papales au Mexique - certains embrassant même l'anneau papal.

 

L'adoption publique de la Guadalupe par la classe politique a coïncidé avec un dégel des relations entre l'Église et l'État. Le Mexique et le Vatican ont établi des relations en 1992 après des décennies d'éloignement et de lois anticléricales si strictes que les prêtres et les religieux ne pouvaient pas porter leurs habits en public.

 

Le Parti d'action nationale (PAN), favorable aux catholiques, a remporté des gouvernements consécutifs sous Fox et Calderón, mais ses tentatives d'utiliser la religion ont été éphémères.

 

"Le principal problème avec la langue religieuse est que vous devez vous y tenir", a déclaré Rodolfo Soriano-Núñez, un sociologue qui étudie le catholicisme mexicain. De plus , dit-il, "vous devez jouer le rôle".

 

AMLO a joué le rôle, se positionnant comme austère, incorruptible et anti-établissement dans un système inondé de scandales et de fortunes inexplicables. "On ne peut pas avoir un gouvernement riche avec une population pauvre", ironise-t-il souvent.

 

Le président prêche souvent dans ses conférences de presse quotidiennes, qui peuvent durer plus de trois heures. Il s'inspire des Béatitudes et d'autres passages des Écritures et parfois du Pape François - bien qu'AMLO ait tendance à négliger de vastes pans de la vision de François, tels que les appels persistants du pape à une meilleure protection de l'environnement.

 

Ses valeurs penchent sur les conservateurs et il s'identifie comme "chrétien" plutôt que catholique ou protestant - bien qu'il s'adresse habilement aux deux groupes.

 

"C'est une utilisation très conservatrice de la religion. Ce n'est pas la théologie de la libération", a déclaré Semo, l'historien. "Nous ne parlons pas de la gauche catholique de la gauche protestante, c'est-à-dire que les gens, les pauvres, sont émancipés par eux-mêmes. Il opte pour un discours plus conservateur du type 'je vais les sauver'."

 

AMLO a promis de publier une constitution morale et a réimprimé un livret de valeurs et de citoyenneté des années 1940 connu sous le nom de "La Cartilla Moral". Les églises évangéliques ont promis de distribuer ce livret; la conférence des évêques mexicains, quant à elle, a émis des réserves.

 

Les Mexicains "n'aiment généralement pas que les prêtres et les pasteurs parlent de politique", a déclaré Semo. Mais AMLO a montré que le contraire semble être acceptable, a-t-il déclaré.

 

De leur côté, les responsables de l'Eglise semblent optimistes quant à l'utilisation par AMLO de la Guadalupe et de son discours religieux.

 

"[AMLO] mentionne ce genre de choses, selon les circonstances", a déclaré le père Hugo Valdemar, ancien porte-parole de l'archidiocèse de Mexico. "Il ne le fait pas juste pour le plaisir de le faire, et il n'essaie pas d'usurper le rôle de l'Eglise."

 

[David Agren est journaliste indépendant à Mexico.]

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 17:20
Saviez-vous que Martin Luther King appréciait la prière du rosaire ?

Dans une lettre écrite en 1964 à une amie, Martin Luther King témoigne de l'importance de la prière du rosaire comme moyen de faire changer les cœurs.

C’est avec l’aimable autorisation du père Joseph Mary Wolfe, franciscain missionnaire de la Parole éternelle, que Aleteia publie cette lettre, écrite le 23 septembre 1964 par Martin Luther King (1928-1968) alors président de Southern Christian Leadership Conference (SCLC), organisation américaine majeure du mouvement des droits civiques. Ce document historique révèle l’esprit et le cœur de ce pasteur baptiste américain qui, inspiré par l’exemple de Gandhi, a utilisé la non-violence comme stratégie de défense des droits civils des Noirs américains.

 

Suite Aleteia

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 62.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 62.

François de Sales naquit au château de Sales, en Savoie, en 1567. Issu d’une vieille famille aristocratique du duché de Savoie, il choisit le chemin de la foi. Consacrant sa vie à Dieu, il renonça à tous ses titres de noblesse. Le futur saint était l'aîné de six frères et sœurs.

 

Lors de son baptême, il reçut le prénom de "François" en vénération pour François d'Assise.

 

Après ses premières années d'études, on l'envoya au collège des jésuites à Paris.

 

François aimait aller prier devant l'image de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, dans l'église aujourd'hui détruite de Saint-Étienne des Grès à Paris; ce fut là qu'il fit voeu de chasteté, et qu'il recouvra miraculeusement la paix de son âme, troublée par une horrible tentation de désespoir. En souvenir sera érigée en 1692 une chapelle Saint-François-de-Sales dans cette église (l'une des plus anciennes églises de Paris, fondée par Saint Denis, qui, malheureusement, sera détruite par les vandales révolutionnaires en 1792).

 

Après avoir fait son droit à Padoue, François embrassa l'état ecclésiastique. [1]

Saint François de Sales, évêque et Docteur de l'Eglise (+1622) Nommer ce saint, c'est personnifier la vertu de douceur ; il fut le saint aimable par excellence et, sous ce rapport particulièrement, le parfait imitateur de Celui qui a dit : "Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur." [2]

 

"Écartant le rigorisme desséchant d'une certaine Église, ce grand maître fut, comme d'aucuns l'ont dit, le 'saint de la douceur de Dieu', indulgent à l'égard de la faiblesse humaine, en un temps où le Dieu des chrétiens était encore le Dieu de l'Ancien Testament." [3]

 

Jeune homme, il mena la vie des anges. Prêtre, il se montra digne émule des plus grands apôtres, par ses travaux et par les innombrables conversions qu'il opéra parmi les protestants. Évêque, il fut le rempart de la foi, le père de son peuple, le docteur de la piété chrétienne, un Pontife incomparable. 

 

"On disait communément, écrit sainte Jeanne de Chantal, qu'il n'y avait pas de meilleur moyen de gagner sa faveur que de lui faire du mal, et que c'était la seule vengeance qu'il sût exercer." -- "Il avait un cœur tout à fait innocent, dit la même sainte ; jamais il ne fit aucun acte par malice ou amertume de cœur. Jamais on n'a vu un cœur si doux, si humble, si débonnaire, si gracieux et si affable qu'était le sien."

 

Les armes de François de Sales étaient celles de l'amour. C'est d'ailleurs l'une de ses devises : "Rien par force, tout par amour".

 

François de Sales incarna de façon exemplaire, au cours d'une existence souvent harassante, les plus hautes vertus évangéliques au point d'être appelé le Docteur de l'amour. [4]
 

 

Reconstituons le contexte historique quelques années avant la prise de fonction de François. Berne, en Suisse, qui s'était déclaré pour la Réforme en 1528, dépêcha plusieurs "évangélistes" à Genève en 1530 (tels que Ami Perrin, Malbuisson, Clauder Roger et surtout Farel). La religieuse Jeanne de Jussie, du couvent de Sainte-Claire, relata ainsi les troubles qui secouèrent Genève à partir de l'arrivée des troupes et des "évangélistes" bernois : "Et le jour de Monsieur Saint François (d'Assise), un mardi [1530], à dix heures du matin, arrivèrent à Morges les fourriers des Suisses pour prendre logis pour l'armée. Le mercredi, jeudi et vendredi, arrivèrent les troupes des deux cantons de Berne et Fribourg, audit Morges, et firent de grands maux... ils commencèrent à piller, dérober, à fourrager les pauvres gens, et ne laissèrent blé, vin, chair ni meubles par les maisons et châteaux des nobles, et puis brûlèrent tout, qui ne fut pas petite perte... Non contents encore, ces hérétiques rompirent la sacristie et toutes les armoires... et prirent tous les ornements qu'ils trouvèrent et emportèrent tout avec l'horloge du couvent, toutes les couvertures et linges des frères, tellement qu'il ne resta chose aucune... Et tous les prêtres [catholiques] qu'ils trouvaient portant longue robe la leur ôtaient, les dépouillaient et battaient, à toutes les images qu'ils trouvaient tant en plate peinture (fresque) qu'en tableaux, ils leurs crevaient les yeux avec la pointe de leurs piques et épées, et crachaient contre... ils brûlèrent tous les livres, tant de la chanterie qu'autres..."

 

"Le lundi, environ midi [1530], l'armée entra dedans Genève, poursuit soeur Jeanne de Jussie; ils menaient dix-neuf grosses pièces d'artillerie... Les luthériens se firent ouvrir l'église cathédrale Saint-Pierre. Le prédicateur Guillaume Farel se mit en chaire et prêchait en langue allemande. Ses auditeurs sautaient par-dessus les autels comme chèvres et bêtes brutes... Ces chiens abattirent l'autel de l'Oratoire et mirent en pièces la verrière où était en peinture l'image de monsieur Saint Antoine... Ils rompirent aussi une belle croix de pierre... et au couvent des Augustins rompirent plusieurs belles images, et au couvent des Jacobins rompirent de belles croix de pierre...

 

Au mois d'août 1532, les hérétiques firent descendre les cloches du prieuré de Saint-Victor, et puis abattre jusqu'au fondement tout le monastère. En ce même mois, le jour de la Décollation de Saint Jean Baptiste, ils abattirent une petite et fort jolie église de Saint Laurent, et fut aussi abattue l'église de Madame Sainte Marguerite... 

 

L'an 1534,... la veille de Pentecôte, à dix heures de nuit, les hérétiques [luthériens] coupèrent les têtes à six images [statues] devant la porte des Cordeliers, puis les jetèrent dans les puits de Sainte-Claire. Le jour de la Saint-Denis fut découverte [le toit démonté] l'église paroissiale de Saint-Léger hors la ville, et puis entièrement rasée et abattue, et tous les autels rompus et mis en pièces. [5]

 

(En 1535) Expulsion des soeurs de Sainte-Claire. Le dimanche dans les octaves de la Visitation vinrent les syndics [réformés]... Le syndic ordonna à la mère abbesse d'ouvrir les portes (les Soeurs de Ste Claire ou Clarisses appartenaient à un ordre cloîtré). [L]es soeurs s'étant assemblées, Farel les harangua, ... vantant le mariage, la liberté. La mère abbesse l'arrêta mais fut expulsée. Le jour de monsieur saint Barthélémy, vinrent grandes compagnies tous en armes et bien embâtonnées [bien armés] et de toutes sortes d'armes.... ils vinrent heurter à la grande porte du couvent Sainte-Claire. La porte une fois ouverte, le chef de la troupe ordonna aux soeurs 'de par messieurs de la ville que plus ne dites aucun office, haut ni lus, et de ne plus ouïr la messe'. Il fut convenu entre la mère abbesse et le syndic que les soeurs quitteraient le couvent sans rien emporter... Le syndic promit de les conduire à la porte de la ville, sous bonne garde. La sortie se fit alors tant bien que mal, car plusieurs des soeurs étaient âgées et malades. ... Parties de Genève à cinq heures du matin, elles arrivèrent à Saint-Julien en fin de journée, où elles purent prendre du repos, avant de rejoindre Annecy, où le duc de Savoie leur avait fait préparer un couvent.

 

Le 5 août [1535], il (Farel) prêcha à Saint-Dominique et le 8 à Saint-Pierre. Après chacun de ses prêches, la foule de ses partisans abattit les statues et les croix, renversa les autels et les tabernacles, brûla les reliques et jeta les cendres au vent. [6]

Pierre de la Baume, le dernier évêque résidant avait quitté Genève le 1er octobre 1535, après que les syndics eurent publié un décret (le 27 août) par lequel ils ordonnaient 'que tous les citoyens et habitants eussent à embrasser la religion protestante, abolissant entièrement et absolument celle de la catholique'".

 

La théocratie genevoise

"Le 3 avril 1536, il fut donné un mois aux prêtres catholiques pour qu'ils se convertissent et, en attendant, il leur fut interdit de 'se mêler de dire la messe, de baptiser, confesser, épouser [marier]'. Le 5 avril, pareille défense fut faite aux chanoines. Enfin, le 21 mai 1536, 'le peuple réuni en Conseil général, adhérait unanimement à la Réforme religieuse'. En juin 1536, le Conseil abolit la célébration des fêtes, à l'exception du dimanche. Genève était une ville protestante".[7] La ville, dont l'évêque a été chassé, est devenue une république.

 

Le 2 novembre 1536, le bailli de Lausanne, jugeant que les réformés l'avaient emporté, se mit à la tête d'une troupe d'archers et fit le tour des paroisses du lausannois, 'parcourant les campagnes, rasant les chapelles, renversant les autels et abattant les croix... aux cris de 'À bas les papistes'". [8]

 

Appelé à Genève en 1536, Calvin en fut banni deux ans après, mais il y fut rappelé en 1540. Il exercera alors l'influence la plus absolue, faisant reconnaître comme loi d'État un formulaire réglant les principaux articles de foi. "De lourdes amendes punirent les catholiques qui restaient chez eux au lieu d'aller au prêche; harassés, traqués, les fidèles se lassèrent, beaucoup se soumirent pour avoir la paix. La Réforme, assez vite, régna en maître dans le Chablais." [9]

 

Fondateur de la théocratie genevoise, Calvin forge toute la future démocratie européenne. Du fer antique : l'Ancien Testament - la Loi, il forge une nouvelle Jérusalem terrestre. Calvin confond simplement la nouvelle Sion avec l'ancien Sinaï. Il ne voit pas ou ne veut pas voir la loi nouvelle de l'Évangile par rapport à l'Ancien Testament, à la Loi. "La fin de la loi est le Christ", dit l'apôtre Paul (Rom 10:4); "La fin du Christ, c'est la Loi", aurait pu dire Calvin.

"Composé de pasteurs et de laïcs (les "Anciens"), un consistoire est notamment chargé de la surveillance de la vie privée des citoyens. Jeux, spectacles, bals, chansons et tavernes sont interdits, toute infraction morale (adultère, violence, impiété) étant considérée comme un crime." [10]

 

"La profession de foi de 1536 doit être jurée par les habitants. [...] Pour Luther, la volonté humaine ne pouvait que faire le mal, pour Calvin, elle ne veut que le mal et sa responsabilité est entière.

[...] Dieu prédestine au salut (Traité de la prédestination, 1552).

Calvin fait exiler ses contradicteurs, l'humaniste Castellion, en 1544, le pasteur Bolsec, qui rejetait la prédestination, en 1551." [11]

 

Le 12 novembre 1537, le Conseil ordonne à tous ceux qui avaient refusé de jurer la Réformation [accepter le formulaire] de quitter la ville.

 

"Calvin inféode l'Église à l'État" : "Les seigneurs sont des dieux. Le peuple est Satan". Il "fait de l'État le serviteur et l'instrument de l'Église. À Genève il proscrit les jeux et le théâtre, impose l'assistance aux sermons, détermine les prénoms permis, règle la coupe des habits. [...] Les huguenots (de l'allemand eidgenosse, lié par serment), les huguenots de religion se transforment en huguenots d'État. [...] [L]'Église calviniste devient une coalition d'idées et d'intérêts, un parti et une armée." [12]

 

"Tous doivent prêter serment au nouveau Credo; ceux qui y manqueraient seront chassés de la ville; car, [...] l'Église, 'Cité de Dieu', et l'État, 'Cité des hommes', dans l'action, ne font qu'un, aux yeux de Calvin. Être ou ne pas être dans l'Église signifie être ou ne pas être dans l'État. Les dizenniers, ou hommes du guet, font irruption dans les maisons et traînent le peuple, par groupe de dix, à la prestation de serment.

"Plusieurs Eidgnots firent remarquer, en se gaussant, que Farel et Calvin 'qui étaient venus pour faire triompher le libre examen [la liberté de conscience] l'étouffaient à la première manifestation de dissidence'. Quelques-uns d'entre eux allèrent jusqu'à se moquer des 'deux papes qui étaient apparus pour ressusciter la lettre et qui l'emprisonnaient après la lutte de Lausanne.' Très vite ces propos se répandirent dans Genève, et firent rire, le peuple ne tarda pas à appeler leurs auteurs des libertins (car ils défendaient la liberté de penser), et le surnom leur resta ; injure qui devait bientôt se propager et dont on allait flétrir tout individu qui jouerait aux dés, qui n'aurait point éteint sa lumière après le signal du couvre-feu, qui boirait pendant les offices, danserait le dimanche, critiquerait les actes du syndic, ou garderait une image [pieuse] au logis.' (J.M. Aulin)." [13]

 

Après la théocratie de l'Ancien Testament, ici, à Genève, se manifeste à nouveau non pas un homme sacré, mais un peuple sacré; le but de l'État et de l'Église devient non plus la sainteté individuelle, mais la sainteté commune. 'Vous êtes un genre élu, une sainteté royale, un peuple saint.' (I P 2:9), dit Calvin aux Genevois. La ville grouille de limiers, dénommés 'Gardiens', dont l'oeil, tel 'l'oeil qui voit tout', pénètre partout (Ordonnances Ecclésiastiques de 1541). On ne juge pas seulement les actes, mais aussi les pensées et les sentiments. Toute tentative, même la plus secrète, de s'élever contre le 'Règne de Dieu', est soumise, en tant que 'trahison envers l'État', aux plus féroces châtiments de la loi: au fer et au feu. Tout le peuple genevois deviendra une sorte de Prisonnier de Chillon, et la Théocratie de Calvin - une ténébreuse prison souterraine dans l'azurée lumière du Léman." [14]

 

Calvin va plus loin que Luther : le salut est offert aux uns, refusé aux autres (Traité sur la Prédestination, 1552). En outre, la volonté humaine est totalement corrompue et l'homme ne peut sortir de cette corruption par aucune oeuvre. Seule la foi peut le sauver. "Ainsi, ... du plus profond pessimisme, le calvinisme débouche sur un certain orgueil, celui d'appartenir à une élite, d'être une sorte de nouveau peuple élu, donc d'être investi d'une mission de régénération du monde.

[...] La marque calviniste, même si elle déborde le milieu protestant, est présente dans la manie moderne de tout remettre en question, dans l'interventionnisme moralisateur à propos de tout, [...] dans ce besoin de décerner des bons et des mauvais points aux quatre coins du monde, dans ces discours politiques qui prennent souvent le ton du prêche. [...] Les conformismes qui pullulent aujourd'hui, dont celui du 'politiquement correct', voire du 'sexuellement correct', ne sont pas étrangers à l'influence protestante dans les milieux de la politique ou de l'édition", résume A. Richardt. [15] 

 

De 1541 à 1546 seulement, 76 citoyens sont bannis, et 58 genevois sont envoyés au bûcher par Calvin. [16] Ce qui fait quasiment une personne de la ville envoyée au bûcher tous les mois en cinq ans.

 

Les prisons étaient pleines de délinquants. Aimé Richardt, donne des "exemples de la tyrannie mesquine qu'exerçaient les ministres protestants" à Genève. "C'est ainsi que, en date du 20 mai 1537, nous trouvons : 'Une épouse étant sortie dimanche dernier avec les cheveux plus abattus [plus tombant sur les épaules] qu'il ne se doit faire, ce qui est un mauvais exemple et contraire à ce qu'on évangélise, on fait mettre en prison la maîtresse, les dames qui l'ont menée et celle qui l'a coiffée.'

 

Un autre jour, on saisit à un pauvre diable un jeu de cartes. 'Que va-t-on faire du coupable? Le mettre en prison?' La peine eût été trop douce aux yeux de Calvin. On le condamna donc à être exposé au pilori, son jeu de cartes autour du cou."

[...] Les rieurs ne manquèrent pas de protester... L'un demandait 'où le Saint-Esprit avait marqué dans l'Écriture la forme des coiffures des femmes?'. ... Un autre voulait savoir si la barbe de bouc que portait Farel ressemblait à celle d'Aaron !" [17]

 

Dmitri Mèrejkovski donne d'autres exemples de cette tyrannie : 

- un marchand fort connu, fut condamné à mort pour fornication; il monta sur l'échafaud en remerciant Dieu de ce qu'il allait être exécuté "suivant les lois sévères, mais impartiales de sa patrie";

- Le libertin athée Jacques Gruet fut le premier à être décapité le 26 juillet 1547, après avoir été torturé matin et soir, pendant un long mois, du 28 juin au 25 juillet. Sa tête fut clouée au pilori sur le Champel pendant de longs jours. La flamme des bûchers s'éleva.

Lors de la peste de 1543 à Genève, on brûla quinze sorcières; les sorciers, on les châtiait avec 'une plus grande sévérité' : après des tortures inouïes, on les écartelait ! Plusieurs s'étranglaient dans leur cachot pour échapper à la question.

On brûla également le médecin et ses deux aides de l'hôpital des pestiférés. Le 'Règne de Dieu' à Genève équivalut au règne du diable à Munster.

[...] En novembre 1545, les pasteurs de Genève faisant jeter au feu une de leurs fournées de sorcières, Calvin requit les Conseils de la ville, de 'commander aux officiers de la dicte terre de faire légitime inquisition contre telles hérégies, afin de extyrper telle rasse de la dicte terre.'" [18]

 

En 1555. Deux bateliers, les frères Comparet furent soumis à la question et condamnés à mort. "Je suis certainement persuadé que ce n'est pas sans un spécial jugement de Dieu qu'ils ont tous deux subi, en dehors du verdict des juges, un long tourment sous la main du bourreau" (le fer ayant glissé sur leurs vertèbres). Après l'exécution, les corps des deux frères, suivant la sentence, furent écartelés et l'une des quatre parties de chaque corps, fut clouée au pilori, devant la porte Cornavin, afin que quiconque pénétrait dans la ville sût ce qu'il en coûtait de ne pas se soumettre à la parole de Dieu ou à celle de Calvin.

 

Le 15 septembre 1555, sur le Champel, fut mis à mort ce même Berthelier qui, trois ans auparavant, presque à la veille de l'affaire Servet, avait causé un soulèvement des plus dangereux pour Calvin. Debout au pied de la chaire où prêchait Calvin, des indicateurs observaient la manière dont les gens l'écoutaient.

 

Deux personnes furent arrêtées parce qu'elles sourirent quand quelqu'un tomba, endormi, de son banc; deux autres, parce qu'elles avaient prisé.

 

On jeta en prison celui qui avait dit : "Il ne faut pas croire que l'Église soient pendue à la ceinture de maître Calvin!" On faillit brûler une vieille femme comme sorcière parce qu'elle avait regardé Calvin trop fixement.

 

Calvin est le maître à penser de la cité. "Je vous défends d'obéir au pape, répète-t-il, mais je veux que vous obéissiez à Calvin."

 

Une jeune femme fut condamnée à l'exil perpétuel parce qu'elle avait prononcé en sortant de l'Église : "Il nous suffit bien ce que Jésus-Christ a prêché !" 

 

Deux enfants, qui avaient mangé pour deux florins de gâteaux sur le parvis de l'église, furent fouettés des verges. On était jeté en prison pour la lecture de Amadis; pour le port de chaussures à la mode et de manches à gigots; pour trop bien tresser la chevelure, ce dont Dieu se trouvait 'grandement offensé'; pour un coup d'oeil de travers; pour avoir dansé ou avoir simplement regardé d'autres le faire. Plusieurs personnes qui avaient ri pendant un de ses prêches (de Calvin) furent jetées en prison.." [19] 

 

Le 3 juin 1555. "Ami Perrin fut condamné (ainsi que ceux des libertins qui s'étaient enfuis avec lui, Philibert Berthelier, Michalet, Vernat) par contumace, à avoir 'le poing du bras droit duquel il a intenté aux bâtons syndicaux coupé.' Il sera ensuite décapité puis 'la tête et le dit poing seront cloués au gibet et les corps mis en quatre quartiers (Annales Calviniani, O.C., 21, p. 608)."

 

"Les deux Comparet [...] qui, après avoir eu les têtes décapitées, furent mis en quartiers et les quartiers pendus chacun à une potence, aux quatre coins des franchises de la ville, et la tête d'un chacun d'eux avec l'un des quartiers. [...] L'on ne fit que couper les têtes à (François-Daniel) Berthelier et au Bastard [Claude Genève] sans les écarteler; la tête de Berthelier et son corps demeurèrent au gibet, aussi fut le corps du Bastard, mais sa tête fut clouée à un chevron sur la muraille du Mollard." [20]

 

L'épisode le plus connu de ces dérèglements meurtriers est celui de Michel Servet. Ce médecin aragonais professait publiquement que Dieu n'était pas trinitaire. Ignorant le ressort intime du régime de la ville-église, il eut l'audace d'en discuter avec le maître qui l'envoya brûler en 1555.

 

En 1594, le jeune François de Sales s'écriera :

C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut la recouvrer... il faut [les] renverser par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle. [21]

Et dans son Introduction à la vie dévôte (III 23), en 1608, il dira : "Qui a gagné le cœur de l’homme a gagné tout l’homme."

Et "Bénis les coeurs tendres, car ils ne se briseront jamais."

"La mesure de l'amour est l'amour sans mesure."

 "L'amour ne nous trouvant pas égaux, il nous égale ; ne nous trouvant pas unis, il nous unit." (Traité sur l'amour de Dieu, 1616) 

 

Luther et Calvin "demandent" une Réforme extérieure. Saint François de Sales et l'Église catholique répondent par une Réforme intérieure.

En 1602, n'ayant rien dit dans ses sermons contre le calvinisme, François écrira encore : "Voyez-vous, ce sermon-là [sur le Dernier jugement] qui ne fut point fait contre l'hérésie respirait néanmoins contre l'hérésie, car Dieu me donna lors cet esprit en faveur des âmes. Depuis, j'ai toujours dit que qui prêche avec amour prêche assez contre les hérétiques, quoiqu'il ne dise un seul mot de dispute contre eux![22]

 

Le règlement de vie intérieure et de vie extérieure

 

En 1591, il avait rédigé sur les conseils de son confesseur, un 'règlement de vie intérieure et de vie extérieure', dont il observera l'esprit jusqu'à sa mort. Ce règlement est divisé en quatre parties:

l'exercice de préparation, qui consiste à "se prescrire au début de chaque journée l'acte mêlé de réflexions et de prières". François le jugeait indispensable, écrivant : "la prescription est comme un fourrier [préparateur] à toutes nos actions... Je la préférerais toujours à toute autre chose ..."

Fixer les exercices de piété qui doivent ponctuer la journée d'un étudiant chrétien en commençant la journée par une action de grâce "avec ces paroles du Psalmiste royal, David : Dès l'aube, vous serez le sujet de ma méditation."

Le repos spirituel ou l'"exercice du sommeil". "Comme le corps a besoin de prendre son sommeil pour délasser et soulager ses membres travaillés [fatigués], de même est-il nécessaire que l'âme ait quelque temps pour sommeiller et se reposer entre les chastes bras de son céleste Époux, afin de restaurer par ce moyen les forces et la vigueur de ses puissances spirituelles...."

Règles pour les conversations et rencontres. Cette dernière partie du règlement de vie intérieure cherche "à établir la liaison entre la vie du monde et la perfection chrétienne." C'est un thème que François reprendra dans son Introduction à la Vie dévôte (1608), l'une des œuvres majeures de la littérature Chrétienne. François établit la manière dont il entend régler ses relations avec ses semblables : "Je ne mépriserai jamais ni ne montrerai signe de fuir totalement la rencontre de quelque personne que ce soit... Surtout je serai soigneux de ne mordre, piquer, de me moquer d'aucun... J'honorerai particulièrement chacun, j'observerai la modestie, je parlerai peu et bon..." [23]

 

Charité en actes et bonnes oeuves : La foi mise en application

 

Saint François de Sales mettait en application ce qu'il prêchait. Évêque, il recommandera, une fois pour toutes, à ses domestiques, de prendre garde à ne renvoyer aucune personne qui demandait à lui parler... "Il recevait toujours chacun avec un visage doux et gracieux... quand ceux de sa maison, pour le détourner de tant recevoir, lui parlaient des rusticités et des insipidités d'autrui, il répliquait : et nous, que sommes-nous? Mgr de Sales recevra en cachettes les pauvres honteux, et nourrira beaucoup de personnes qui n'osaient mendier leur pain (Ier Procès, t. II et t. III, art. 46 et 27).

 

Ces activités charitables terminées; François prenait plaisir à se promener dans sa ville, s'arrêtant ça et là pour donner quelques pièces aux pauvres. Il s'arrêtait pour visiter les malades et des infirmes, puis se rendait à l'hôpital, où il donnait sa bénédiction aux plus proches de l'agonie. Après cela, il allait à la cathédrale pour y entendre des confessions, et s'en revenait paisiblement à sa maison. Encore quelques audiences, quelques lettres, et c'est enfin le recueillement du soir, suivi d'une légère collation, dont il s'abstenait le vendredi et le samedi. Puis François de Sales disait son chapelet à la Vierge Marie, "ne se couchant jamais, fût-il onze heures, minuit, qu'il n'eût satisfait à cette obligation à laquelle il employait une heure de temps" (1er Procès, t. II, art. 33) [24]

 

Le mercredi 14 septembre 1594, en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, accompagné de son cousin Louis de Sales, François se mit en route pour la forteresse des Allinges, où il avait l'intention de s'installer dans un premier temps. Partout la route était "bordée de débris de calvaires épars dans les haies; des potences élevées à la place des croix; l'église de Boringe, l'église d'Avully démolies de fond en comble, l'église de Bons, transformée en un temple calviniste; l'église de Saint-Didier, celle de Fessy, celle de Lully, abandonnées, les portes grandes ouvertes, les voûtes crevées.. Les autels renversés, tous les presbytères en ruines. Plus un son de cloche nulle part... Et les gens du pays qui voyaient passer ces deux voyageurs en soutane, harassés, couverts de poussière, leur jetaient des regards de haine..." [25] Très vite, devant l'ampleur de la tâche, les deux cousins se partagèrent le travail : Louis évangélisera, avec la colline d'Allinges, les paroisses qui l'avoisinent... François concentrera ses efforts sur Thonon, centre de l'erreur. [26] 

Resté seul, il décida de prêcher presque tous les jours de la semaine, développant les vérités rejetées par les hérétiques, telles que l'origine divine de l'Église catholique, la réalité de l'Eucharistie et de la Messe. Peu à peu son auditoire s'accrut pour atteindre une douzaine, tous anciens catholiques devenus calvinistes par la force des choses.

La réaction des autorités réformées ne se fit pas attendre. Les principaux de Thonon [les chefs calvinistes] ayant assemblé leur conseil, se sont jurés que ni eux ni le peuple n'assisteraient jamais aux prédications catholiques... Loin de se décourager, François proposa de "rétablir la célébration du Saint Sacrifice [la Messe] le plus tôt qu'il pourra, afin que l'homme ennemi voie que, par ses artifices, il nous donne du courage au lieu de nous l'enlever." [27]

La besogne est rude, "les gens ont peur, le prêtre papiste est à l'index, et l'oeil de Genève surveille tout." [28]

 

 

Le 8 janvier 1595, François fut attaqué par un homme qui s'"est promis de le tuer et de porter sa tête à Genève"; miraculeusement, le mousquet de l'assassin fit long feu et l'homme s'enfuit.

Une autre atteinte se produisit un soir de février 1595. Accompagné de trois autres personnes, François remontait paisiblement vers la forteresse des Allinges lorsque deux hommes surgirent d'un buisson, et s'avancèrent vers lui, l'épée à la main. Sans perdre son sang-froid, le pieux missionnaire alla à eux et leur parla. Stupéfaits, les assaillants lui dirent qu'on les avait payés pour le tuer..., puis ils s'enfuirent. [29]

 

En juin 1595, l'abjuration de Poncet fit enrager les calvinistes, qui, selon Favre, étaient allés jusqu'à prétendre que "le prêtre papiste était un magicien qui veillait la nuit pour pratiquer des sortilèges sur la personne du converti". Les choses s'envenimèrent très vite, au point qu'un huguenot affirma par serment public avoir vu François au sabbat, dont il portait la marque, et dans les assemblées nocturnes des sorciers. Ce bruit courut tellement qu'on ne parlait que de tuer et de brûler les papistes... [30]

Dans le même temps, François inaugure une série de prédications sur l'Eucharistie, s'attaquant de front aux thèses des protestants (Luther rejetait la Transsubstantiation, n'admettant qu'une consubstantiation; Zwingli n'admettait qu'une présence figurative, et Calvin niait toute présence du Christ dans l'hostie).

En décembre 1595, le petit troupeau dépasse largement la centaine ! Mgr Trochu écrit : "Il y avait maintenant [à la fin 1595], dans la partie protestante de Chablais, environ 300 catholiques, dont 200 avaient été gagnés, un par un, en l'espace de quinze mois".[31]

"Le Chablais comptait 15 catholiques à Thonon en 1594. Ils sont plus de 25 000 en 1600." [32]

 

Cette situation déplaisait fort aux syndics [conseillers municipaux] de Thonon. Constatant que les tentatives de harassement du missionnaire (jets de pierre, insultes, accusations de sorcellerie...) avaient échoué, ils décidèrent de se tourner vers le pasteur calviniste Viret, en lui demandant de convaincre François d'erreurs doctrinales au cours d'une dispute publique. Viret occupait le poste de ministre à Thonon depuis plus de sept ans, "pour les gens du peuple, il était réputé grand savant, et il se drapait habilement dans cette légende"....  Viret battit le rappel des ministres du Chablais et du pays de Vaud, les appelant à son aide. Ils tombèrent d'accord pour proposer à François une conférence publique pensant que se sentant seul contre tous, il refuserait le combat. François accepta la rencontre. Cette réunion eut lieu en présence d'Antoine de Saint-Michel, seigneur d'Avully, président du consistoire de Thonon, mais les pasteurs ne parvinrent pas à une entente. Il y eut "autant d'opinions que de têtes" [33]

 

Au jour et au lieu fixés, il y eut une foule... toute la ville de Thonon s'assembla. La foule attendit, puis commença à s'agiter; François, paisible, souriant, attendit aussi... Tout à coup, un homme, un seul, apparut : c'était Viret qui, confus, tint au peuple le discours suivant : "Mes collègues de Chablais et de Vaud, tout comme moi, étaient véritablement prêts à la dispute, mais après avoir mûrement considéré [réfléchi], ils ne jugent pas à propos de commencer une chose de si grandes importance sans le consentement et expresse permission de Son Altesse [le duc de Savoie], de peur que cette entreprise n'apporte plutôt du dommage que du profit, autant à un parti qu'à l'autre". Ébahie par cette dérobade, la foule hua le malheureux pasteur, pendant que François et plusieurs de ses amis riaient à gorge déployée ! Puis, le missionnaire restant seul maître du terrain, "prit en témoin tous les assistants qu'il ne tenait pas à lui que la dispute ne se fît".

 

Conséquence directe de la dérobade de Viret ? ....Un évènement de la plus haute importance se produisit le 19 février 1596. Ce jour-là, en l'église de Thonon, Antoine de Saint-Michel, seigneur d'Avully, issu d'une vieille famille genevoise, président du Consistoire réformé, "un des plus savants et opiniâtres calvinistes de la province", confesse publiquement la foi catholique ! Il abjura le 26 août à Turin, en présence du nonce. Mis au courant, le pape Clément VIII lui adressa le 20 septembre un bref personnel de félicitations. [34]

 

En décembre 1596, François prit l'audacieuse décision de célébrer les trois messes de Noël dans l'église saint Hippolyte de Thonon, qui était devenue un temple protestant, et où François n'avait obtenu que le droit de prêcher. "Sonner la messe à Saint-Hippolyte après soixante ans de silence ! François savait que ce serait frapper un grand coup. La messe, symbole du papisme, la messe que Luther et Calvin ont rejetée, la messe dans leur temple, ce serait pour les protestants [de Thonon] le suprême scandale. Les syndics, en effet, se récrièrent; des bagarres éclatèrent, mais François tint bon... et mit lui-même "la main à la pâte" pour "parer l'église le mieux qui lui fût possible d'images, de tapis, de cierges, et de lampes". Les Visitandines ajoutent qu'"il fut trois jours et trois nuits sans dormir et presque sans manger". Et c'est ainsi, qu'au coeur de la Thonon protestante, François de Sales "à la minuit de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, célébra le très saint sacrifice de la messe." [35] En janvier 1597, François reçut du duc de Savoie, Charles-Emmanuel, l'autorisation de dire les messes en public, et rétablit par conséquent la messe à Thonon.

Le 9 avril 1597, le successeur de Calvin à Genève (1564), le protestant Théodore de Bèze accepta de rencontrer saint François de Sales, qui s'était réfugié à Annecy. Lors de son entrevue avec lui, François lui posa trois questions :

 

La première question

 

Après les amabilités d’usage, François, avec un sens aigu de l’essentiel, pose une question très courte

Monsieur, peut-on faire son salut en l’Église romaine ?

Bèze voit tout de suite la difficulté : si l’Église catholique assure le salut de ses fidèles, pourquoi s’en séparer ? Il suffisait de l’améliorer par le dedans, comme avaient déjà fait tous les saints réformateurs depuis des siècles (saint Grégoire VII, saint François d’Assise, saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, etc.) et comme avait aussi fait le concile de Trente. Mais si le salut est impossible dans l’Église romaine, quelle autre société religieuse a donc donné le Christ aux hommes et assuré leur salut, avant le protestantisme ? Théodore de Bèze demande à se retirer pour réfléchir. Après une longue réflexion, il revient pour répondre : "Vous m’avez demandé si l’on pouvait faire son salut dans l’Église romaine. Certes je vous réponds affirmativement ; il est ainsi sans doute, et on ne peut nier avec vérité qu’elle ne soit la Mère-Église." [36]

 

Les pasteurs calvinistes Rotan et Morlas avaient été obligés de faire la même réponse au roi Henri IV, qui leur avait posé la même question, quatre ans plus tôt.

 

Deuxième question

 

Nouvelle question de François de Sales :

Puisqu’il en est ainsi et que le salut éternel est en l’Église romaine, pourquoi avez-vous planté cette prétendue Réforme, prenons l’exemple en France, avec tant de guerres, de saccagements, de ruines, d’embrasements, de séditions, de rapines, de meurtres, de destructions de temples et autres maux, qui sont innombrables ?

Réponse de Théodore de Bèze, après un long silence : "Je ne veux point nier que vous ne fassiez votre salut en votre religion. Mais il y a ce malheur que vous embrouillez les âmes de trop de cérémonies et difficultés ; car vous dites que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, qui toutefois ne sont que de bienséance. D’où arrivent plusieurs maux : les peuples, croyant à cette nécessité des bonnes œuvres par vos prédications et ne le faisant pas, ils se damnent misérablement parce qu’ils contreviennent à leur conscience. C’est pourquoi, afin de remédier à ces maux, nous avons tâché d’établir notre religion, en laquelle le chemin du ciel est rendu facile aux fidèles, ayant jeté ce fondement que la foi sauve sans les œuvres, que les bonnes œuvres ne sont point de la nécessité du salut, mais seulement, comme je vous ai déjà dit, de bienséance."

 

Conclusion et troisième question

 

François réplique alors :

Vous ne prenez pas garde qu’en rejetant les bonnes œuvres, vous tombez en des labyrinthes desquels vous aurez peine de sortir ! Pouvez-vous ignorer la raison pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’évangile de saint Matthieu, enseignant à ses Apôtres ce qu’il voulait qu’ils crussent du dernier Jugement, ne fait point de mention des péchés commis, mais dit tant seulement qu’il condamnera les mauvais parce qu’ils n’auront pas fait les bonnes œuvres. Voici ces paroles : « Allez, maudits, au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger… » Et le reste. (Mt 25:42-43) 

Voyez-vous que pour avoir manqué aux bonnes œuvres s’ensuit la damnation éternelle. Si elles n’étaient que de bienséance, comme vous dites, pensez-vous que ceux qui ne les auraient pas faites fussent punis d’une peine si rigoureuse ?

Quant à moi j’attends votre solution à cette difficulté, ou bien que vous soyez d’un même sentiment avec moi.

Théodore de Bèze ne put rien répondre. [37] 

Bèze se tut pendant un moment, puis "il se laissa aller à proférer des paroles indignes d'un philosophe" (on ignore ce que furent ces paroles indignes), précise Aimé Richardt. [38]

Intolérant, ce protestant fit une honteuse apologie du supplice de Michel Servet (un hérétique qui après avoir écrit en 1531 un livre "Des erreurs dans la doctrine de la Trinité", où il niait la consubstantialité du Fils au Père, fut condamné à être brûlé vif avec son livre, au lieu de Champel, le 27 octobre 1553). Or, dans un traité écrit à l'occasion du supplice de Servet, un certain Martin Bellius, avait en effet prôné la tolérance envers les hérétiques. Contre ce livre qu'il appelait un 'blasphème', Bèze écrivit une réfutation qu'il intitula Anti-Bellius. Il commença par réclamer du duc de Wurtemberg, auquel était dédié la dissertation de Bellius, une punition exemplaire de l'auteur. Puis il fit la théorie de l'extermination de tous les hérétiques : '... vaut mieux avoir un tyran, voire bien cruel, que d'avoir une licence telle que chacun fasse à sa fantaisie.'" [39] L'étonnant est qu'aussi bien Farel, qui conduisit Servet au bûcher, que Calvin avaient été eux-mêmes accusés de la même erreur une vingtaine d'années auparavant... En 1903, sur le Champel sera érigé un "monument expiatoire" au lieu même où fut brûlé Servet, avec l'inscription : "Fils respectueux et reconnaissants de Calvin... mais condamnant une erreur qui fut celle de son siècle... nous avons élevé ce monument expiatoire."[40] Ce qui veut dire que Servet fut brûlé "par erreur".

Relatant son entrevue avec Théodore de Bèze au pape Clément VIII, François lui écrivit : " Enfin [à la fin de notre entretien] je me retirai après avoir tenté tous les moyens de lui arracher l'aveu de sa pensée... alors je compris que je venais d'aborder un coeur de pierre, jusqu'ici inébranlable... je veux dire un coeur vieilli dans le mal." [41]

Devançant le rigorisme janséniste qui n'était pas encore paru, François de Sales conseilla une religieuse, la mère abbesse Angélique, qu'il rencontra le 5 avril 1619 et avec laquelle il entretint une correspondance nourrie. Il s'efforça souvent de tempérer les ardeurs de celle-ci, écrivant par exemple : "Manger peu, travailler beaucoup, avoir beaucoup de tracas d'esprit et refuser le dormir au corps, c'est vouloir tirer beaucoup de service d'un cheval qui est efflanqué, et sans le faire repaître... Ne vous chargez pas trop de veille et d'austérité..." Ou bien encore : "L'humilité, la simplicité de coeur... et la soumission d'esprit sont les solides fondements de la vie religieuse..., j'aimerais mieux que les cloîtres fussent remplis de tous les vices que du péché d'orgueil et de vanité..." Hélas, s'écrie l'abbé Fuzet, à la douce et riante figure de François de Sales... va succéder le sombre Saint-Cyran (ami de Jansénius, "d'extérieur humble et de coeur orgueilleux", écrit Aimé Richardt, il défendit le jansénisme), qui imposera à Angélique "une direction de crainte et de tremblement, une théologie de terreur, et un mysticisme obscur et exubérant". [42]

Le Saint patron des journalistes et des écrivains

 

On a dit, écrit Mgr Trochu, "si saint Paul revenait de nos jours, il se ferait journaliste. Or, c'est François de Sales qui, le premier en date, va le devenir. Il inaugure l'apostolat par la presse."

Il semble que cette vocation lui a été inspirée par Charles de Charmoisy [43] qui lui aurait conseillé de rédiger des articles destinés à remplacer les sermons, puis de les faire distribuer dans les foyers hérétiques. Ainsi, au lieu de prêcher pour une poignée de catholiques, il toucherait des centaines, voire des milliers de lecteurs. Convaincu, François se mit à la tâche: le 25 janvier 1595 parut une Épître à Messieurs de Thonon. Il réunira ces écrits dans un voulume qui sera publié sous le titre Controverses. Il fit imprimer ses écrits, comme le décrivent les Visitandines (Année sainte, manuscrit, p. 7) : "Chaque semaine, ce bon pasteur [François] envoya à Chambéry pour imprimer une nouvelle feuille qu'il faisait distribuer ensuite dans les maisons de Thonon et dans celles de la compagnie". Son ami, le sénateur Favre, s'occupait de la correction et de l'édition, ainsi que de l'expédition de ces feuilles volantes. Ces périodiques sont considérés aujourd'hui comme les premiers journaux catholiques au monde. 

Parmi ces Controverses, on trouve cette mise en garde aux Réformés : "Premièrement, Messieurs, vos devanciers et vous aussi, avez fait une faute inexcusable quand vous prêtates l'oreille à ceux qui s'étaient séparés de l'Église." (tels Luther, Zwingli, Calvin...)

"Vous dites que le peuple dévôt vous a appelés, mais quel peuple ? Car ou il était catholique, ou il ne l'était pas : s'il était catholique, comment vous eût-il appelés et envoyés prêcher ce qu'il ne croyait pas ?.... Quand Luther commença, qui l'appela ? Il n'y avait encore point de peuple qui pensait aux opinions qu'il a soutenues...."

Il s'en prend ensuite à ces pasteurs qui prétendent que chacun peut lire et interpréter les Écritures. "Mais ne serait-ce pas tout brouiller de permettre à chacun de dire ce que bon lui semblerait ? Il se faut ranger à l'Écriture, en laquelle on ne retrouvera jamais que les peuples aient pouvoir de se donner des pasteurs et prédicateurs."  [44]

Le résultat est là. Et quand en 1598, l'évêque vient examiner la tâche accomplie, il constate que la quasi-totalité des Chablaisiens ont réintégré la bergerie catholique. François a alors trente-deux ans. Sa mission du Chablais l'a rendu célèbre. [45]

 

Le 8 décembre 1602, François de Sales est ordonné évêque de Genève à Thorens par Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque émérite de Vienne, et métropolitain de Genève. Nouvel évêque, il décide d'instituer le catéchisme afin de diffuser, de faire connaître et comprendre la foi catholique aux croyants de son diocèse. Ses fidèles l’appellent "l'aimable Christ de Genève". [46] Dans la petite ville qu'est alors Annecy - puisque Genève est aux mains de Théodore de Bèze -, il vit modestement, à la façon d'un moine plus que d'un dignitaire.

En 1603, François recommandait : "Dieu seul soit votre repos et consolation!" (Lettre à Mademoiselle de Soulfour, 16 janvier 1603: Œuvres complètes, XII, p. 163, cité in Lettre du pape Jean-Paul II, pour les 400 ans de l’ordination épiscopale de saint François de Sales, 23 novembre 2002).

En 1606, dans la querelle sur la prédestination "entre le molinisme (jésuites qui attaquaient la prédestination comme entachée de protestantisme), qui semble faire la part trop grande à l'homme, et le thomisme (dominicains qui ripostèrent en attaquant les jésuites de pélagianisme), qui centre tout sur Dieu, ... il suffisait, comme le dira Bossuet, 'de tenir les deux bouts de la chaîne", ce qu'avait conseillé de faire saint François de Sales [47], qui "fut consulté par Rome (vers la fin de 1606). Hélas, sa réponse est perdue. Charles-Auguste de Sales nous en donne une idée en écrivant : 'Il répondit son sentiment de la même façon qu'il l'a traité en son livre Traité de l'Amour de Dieu (L III, chap. V) :

Dieu a voulu premièrement, d'une vraie volonté, qu'encore après le péché d'Adam, tous les hommes fussent sauvés; mais en une façon et par des moyens convenables à la condition de leur nature douée du libre arbitre [liberté]; c'est-à-dire, il voulut le salut de tous ceux qui voudraient contribuer par leur consentement aux grâces et faveurs qu'il leur préparait, offrirait et départirait à cette intention. Or, entre ces faveurs, il voulut que la vocation [l'appel à la foi et à la vie chrétienne] fût la première et qu'elle fût tellement [assortie] à notre liberté que nous la puissions accepter ou rejeter à notre gré. [48]

C'est au cours de l'année 1608 que l'évêque de Genève, François de Sales, âgé de 41 ans et prêtre depuis 15 ans, écrivit son œuvre la plus connue, l'Introduction à la vie dévote. Pour François de Sales et ses contemporains, la dévotion désignait, grosso modo, ce que nous appelons aujourd'hui la vie spirituelle, considérée dans sa réalisation la plus authentique, et la plus fervente.

 

Saint Thomas d'Aquin définit la dévotion comme "un acte de la vertu de religion, dont le propre est de relier l'homme à Dieu."

 

Sa doctrine spirituelle est simple : 1. viser à plaire à Dieu et non aux hommes. - 2. Rien par contrainte, tout par amour. - 3. Ne rien demander, ne rien refuser. - 4.  Aller de l'intérieur à l'extérieur. - 5. Aller "tout bellement". 6. Avec douce diligence. 7. Ne penser qu'à aujourd'hui. 8. Recommencer chaque jour. 9. Profiter de toutes les occasions. - 10. Se guérir de ses imperfections. - 11. Vivre paisiblement. 12. Vivre joyeux. 13. Vivre en esprit de liberté.

 

Les éditions du Cerf ont publié en 2019 une très utile "Introduction à la vie dévote, mise en français contemporain", Collection Spiritualité LeXio. On trouvera le texte original de l'Introduction à la vie dévote dans Saint François de Sales, Oeuvres, Paris, Galimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1969, avec l'orthographe modernisée.

 

 

Le langage et le style utilisés étaient très simples pour l'époque, sans citations latines ni grecques, permettant une lecture beaucoup plus large que les traités spirituels qui existaient alors. L'ouvrage était destiné à des laïcs ne se destinant pas à la vie religieuse, et avait pour principal but de montrer qu'il était possible de mener une vie sainte tout en vivant dans le monde. Les vies des saints, et particulièrement de ceux qui ont vécu dans le monde, sont souvent prises comme exemple. Ce livre eut très vite un énorme succès : il fut réimprimé plus de quarante fois du vivant de François de Sales ; le roi de France Henri IV lui-même le lut et la reine Marie de Médicis en offrit un exemplaire "orné de diamants", au roi d'Angleterre.

 

Comment expliquer l'énorme succès que connut l'Introduction à la Vie dévôte (plusieurs centaines d'éditions) ?

 

"[L]'austérité de tels textes tels que le Combat spirituel ou l'Imitation de Jésus-Christ, [...] réservaient 'l'amour de Dieu à une élite contemplative' (André Ravier). Tout autre était cette Introduction à la Vie dévote que Vaugelas appellera 'le livre nécessaire', le livre en qui les gens qui vivent en la presse du monde reconnaîtront leur livre, parce qu'il a 'rendu la dévotion sociable'." [49] 

 

Il ose dire qu'on peut être chrétien sans être austère ni faire des oraisons prolongées, qu'on peut atteindre la perfection sans être du clergé mais en pratiquant son devoir d'état et en acceptant sa condition de vie qu'on soit "soldat, artisan, prince ou simplement marié'. Il répond à l'inquiétude qui habite tout chrétien de son temps : "Que notre âme soit en clarté, en ténèbres, en goût, en dégoût, il faut pourtant qu'à jamais la pointe de notre coeur qui est notre boussole, tende à l'amour de Dieu". [50] Le jeune Louis XIII se nourrira de la spiritualité de la Vie dévote de François de Sales qu'il se fera lire. [51]

 

Lorsque en 1607, François exposa ainsi la situation de son diocèse au pape Clément VIII, il écrivit : "Il y a douze ans, dans soixante-quatre paroisses voisines de Genève [les paroisses du Chablais] et pour ainsi parler, sous ses murs, l'hérésie occupait les chaires [les églises], elle avait tout envahi; à la religion catholique, il ne restait [rien]. Or, aujourd'hui, dans la même région, l'Église étend de toutes parts ses rameaux, avec des poussées si vigoureuses que l'hérésie n'y a plus de place. Jadis on avait peine à convoquer cent catholiques entre toutes les paroisses réunies : aujourd'hui on n'y verrait pas cent hérétiques....'" [52] 

 

"Il convertit, dit-on, plus de soixante-douze mille hérétiques, dont un assez grand nombre appartenaient aux classes élevées." [53]

 

 

"Ravissements, visions, lectures des âmes, parfums mystérieux, le saint vit des phénomènes incroyables. ses pénitents qui viennent à lui, il affirme voir 'clairement dans leur coeur comme au travers d'un cristal.' Il obtient la guérison de Jeanne de Chantal par la prière adressée à saint Charles Borromée (+1584) qu'il aime tant." [54]

 

 

Le dimanche 6 juin 1610, François de Sales fonde à Annecy avec Ste Jeanne de Chantal l’Ordre de la Visitation de Sainte-Marie, ordre monastique féminin de droit pontifical, initialement établi dans une modeste "maison de la Galerie". La cave de cet immeuble, conservée, a été aménagée en oratoire et de nombreux pèlerins viennent aujourd'hui encore visiter le berceau de cet ordre, dont les membres sont couramment appelées les "visitandines". En souvenir du jour où la Vierge Marie, enceinte du Christ s'en alla aider sa cousine Élisabeth âgée et enceinte de Jean-Baptiste, les religieuses auraient pour tâche principale de visiter les malades et les pauvres et de les réconforter.

En 1616, François publie le "Traité de l'Amour de Dieu". Son idée était d'écrire un livre sur la manière d'aimer Dieu dans l'observation des Dix commandements, en révélant aux âmes, "clairement et simplement les beaux secrets de l'amour de Dieu". [55] Cette publication sera suivie de l'édition post-mortem de ses Entretiens spirituels, en 1629.

L'aube de l'amour

Ô Jésus ! Que c'est un plaisir délicieux de voir l'amour céleste, qui est le soleil des vertus, quand petit à petit, par des progrès qui insensiblement se rendent sensibles, il va déployant sa clarté sur une âme, et ne cesse point qu'il ne l'ait toute couverte de la splendeur de sa présence, lui donnant enfin la parfaite beauté de son jour ! Ô que cette aube est gaie, belle, aimable et agréable ! Mais pourtant il est vrai que, ou l'aube n'est pas jour, ou si elle est jour, c'est plutôt l'enfance du jour que le jour même. Et de même, sans doute, ces mouvements d'amour, qui précèdent l'acte de la foi, requis à notre justification, ou ils ne sont pas amour à proprement parler, ou ils sont un amour commençant et imparfait, ce sont les premiers bourgeons verdoyants, que l'âme

aint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu, II, 13

Le démon vaincu par le missionnaire du Chablais

 

"[S]i nous en croyons les biographes, il (S. François) délivra plus de quatre cents démoniaques du pouvoir de Satan. (Abbé Édouard, Un nouveau docteur de l'Église, saint François de Sales, Paris, Éd. Jules Vic, 1878, p. 43.) [56] 

 

"Dans son Traité de l'Amour de Dieu, François rapporte le terrible aveu que fit le démon : 'Je suis ce malheureux privé d'amour.'

 

"[...] 'Seul le diable est incapable d'amour!', écrit S. François (Traité de l'Amour de Dieu, VI, 14). [...] N'avez-vous pas remarqué l'air triste et patibulaire qu'affichent ceux qui s'adonnent à la violence et à la haine ?

"[...] Saint François nous a fait remarquer [...] que les démons sont pris d'effroi au contact du crucifix et à l'énonciation du nom de Jésus. [...] La croix est l'instrument de notre rédemption, l'emblème de la victoire du Christ, le don de la vraie vie; en fait, elle est tout ce que les démons ne pourront jamais aimer et posséder." [57]

 

"À certaines mauvaises langues qui accusaient le saint évêque d'accomplir des miracles avec ostentation, il donna cette réponse : "Ces bonnes gens n'ont-ils pas pris garde que la femme a dit son Pater et que Dieu l'a exaucée, la délivrant d'un si grand mal, afin qu'elle ne fût plus induite en tentation par le démon qui la possédait ? Si nous avions soin de le dire (le Notre Père) selon l'esprit et l'intention de Jésus-Christ, nous y trouverions le remède de tous nos maux. Et même, ajouta-t-il en souriant [pour répondre à ses détracteurs], je trouve le remède à ces attaques, en disant : 'Seigneur, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.'"

 

"[...] Le Notre Père est une vraie prière d'exorcisme: ce sont les paroles mêmes de Jésus, paroles de libération, de l'unique Libérateur et Sauveur du monde. Il ne suffit pas de la réciter machinalement; mais il faut croire de toutes ses forces en la puissance libératrice de la prière de Jésus ! 

 

"[...] Souvent, un Pater prié avec foi se révèle bien plus efficace que de nombreuses et longues prières de délivrance !" [58]

 

Terrassé par un attaque d'apoplexie, Saint François de Sales mourut à Lyon le 28 décembre 1622, le jour des saints Innocents. Avant sa mort, il eut la joie de voir douze monastère de la Visitation se crééer et prospérer : Lyon, en 1615; Moulins, en 1616; Grenoble et Bourges, en 1618; Paris, en 1619; Montferrand, Nevers et Orléans, en 1620; Dijon, Bellay et Saint-Étienne en 1622. [59]

 

Alité, malade, quelques heures avant sa mort, saint François de Sales reçut la visite du vicaire général de Lyon, Ménard, qui l'interrogea alors : "Eh ! Monseigneur, que pensez-vous de la foi catholique ? Ne seriez-vous point huguenot ?... Oh ! Oh ! répondit François, Dieu m'en garde !" Puis, un religieux lui demanda : "Eh ! quoi, Monseigneur, vous voulez donc laisser vos filles de la Visitation orphelines ?" François lui répondit : "Celui qui a commencé, parfera, parfera, parfera [y pourvoiera]. [60] Alors qu'on le portait sur son lit, Mgr de Sales dit : Il se fait fait tard et le jour baisse... Jésus Maria !" Son agonie dura deux heures, sans qu'il prononce d'autres paroles et il rendit l'âme sur les huit heures du soir. Il était âgé de cinquante-cinq ans, quatre mois et sept jours, et était évêque-prince de Genève depuis vingt ans et vingt jours."

 

Le 24 janvier 1623, ses restes ont été transportés à Annecy et portés à la vénération des fidèles dans la basilique de la Visitation où l'on signale des guérisons miraculeuses; par la suite, le docteur de l'Église fut enterré dans l'édifice sacré qui porte son nom dans le centre-ville. Son coeur est toujours incorrompu, il est vénéré à Trévise dans le Monastère de la Visitation. [61]

 

"Selon de très nombreux témoignages il semble que saint François de Sales ait accompli plus de miracles après sa mort que durant sa vie terrestre. On a relevé, en effet, une telle profusion de miracles survenus devant son tombeau, qu'il n'a jamais été possible de tous les connaître ni de les comptabiliser !" [62]

 

Un premier miracle

 

Le vendredi 28 avril 1623, une fillette de huit ans (Françoise-Angélique de la Pesse) qui tentait de cueillir des fleurs sur une rive du Thieu (affluent du Lac d'Annecy), glissa et tomba dans l'eau, le courant l'emporta. Un certain Jean-Louis Daurillac, après plusieurs plongées, finit par remonter le petit corps et le déposa sur la rive. Un seul cri s'éleva alors des spectateurs atterrés : "Elle est morte ! ". Seule la mère invoqua François de Sales : Sa fille ! ... Il lui rendra sa fille !... Étant resté près de trois heures dans le fond de la rivière, le pauvre petit corps est froid. Un docteur (le docteur Grandis) l'examine et déclare que la fillette est morte. Il la recouvre d'un drap. Or, alors que des amies de la mère éplorée soulèvent ce drap pour dire un dernier adieu à Françoise-Angélique, l'enfant ouvre les yeux et joint les mains. "J'ai bien dormi", dit-elle. Miracle ! Miracle ! , s'écrient les dames; à ces cris, Mme de la Pesse accourt, enlace sa fille en éclatant en sanglots, alors que l'enfant s'étonne "que dans la maison on rie et pleure à la fois". Bientôt, a écrit la mère de Chaugy, les miracles que le Tout-Puissant opérait par l'intercession de son serviteur furent "si fréquents qu'on avait peine d'en tenir le compte". [63]

 

François disait : 

Je fais le signe puissant de la croix. Par ce signe puissant j'enchaîne le démon, je disperse toute terreur.

Le procès en béatification de François de Sales est ouvert par le Saint-Siège dès 1626. Il est déclaré bienheureux en 1661, saint en 1665, et est fêté le 24 janvier. 

Il est élevé à la dignité de Docteur de l'Église par le pape Pie IX, en 1877. 

 

À l'occasion du 400e anniversaire de la naissance de S. François de Sales, dans sa lettre Sabaudiae Gemma, Paul VI affirma que S. François de Sales fut "l'une des plus grandes figures de l'Église et de l'Histoire", "le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d''œcuménique' ce saint qui écrivit les controverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIe concile œcuménique du Vatican. Ses grands idéaux sont toujours d'actualité." (Lettre apostolique Sabaudiae Gemma, 29 janvier 1967). 

 

À l’occasion des 400 ans de l’ordination épiscopale de saint François de Sales, Jean-Paul II rappela que "celui que le roi Henri IV appelait de manière élogieuse 'le phénix des Évêques', parce que, disait-il, 'c’est un oiseau rare sur la terre', après avoir renoncé aux fastes de Paris et aux propositions du roi de lui donner un siège épiscopal de renom, devint le pasteur et l’évangélisateur inlassable de sa terre savoyarde, qu’il aimait par-dessus tout, car, avouait-il, 'je suis Savoyard de toutes façons, de naissance et d’obligation'. 

 

Docteur de l’amour divin, François de Sales n’eut de cesse que les fidèles accueillent l’amour de Dieu, pour en vivre en plénitude, tournant leur cœur vers Dieu et s’unissant à Lui (cf. Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, IV, p. 40 ss). C’est ainsi que, sous sa conduite, de nombreux chrétiens marchèrent dans la voie de la sainteté; il leur montra que tous sont appelés à vivre une intense vie spirituelle, quelles que soient leur situation et leur profession, car "l’Église est un jardin diapré de fleurs infinies, il y en faut donc de diverses grandeurs, de diverses couleurs, de diverses odeurs, et, en somme, de différentes perfections. Que toutes ont leur prix, leur grâce et leur émail, et toutes, en l’assemblage de leurs variétés, font une très agréable perfection de beauté" (Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, IV, p. 111).

La perfection consiste à être conforme au Fils de Dieu, en se laissant conduire par l’Esprit Saint, dans une parfaite obéissance (cf. Traité de l’amour de Dieu: Œuvres complètes, XI, 15, V, pp. 291 ss): "Le parfait abandon entre les mains du Père céleste et la parfaite indifférence en ce qui regarde la divine volonté sont la quintessence de la vie spirituelle […]. Tout le retard dans notre perfection provient seulement du manque d’abandon, et il est sûrement vrai qu’il convient de commencer, de continuer et d’achever la vie spirituelle à partir de là, à l’imitation du Sauveur qui a réalisé cela avec une extraordinaire perfection, au début, durant et à la fin de sa vie" (Sermon pour le Vendredi Saint, 1622: Œuvres complètes, X, p. 389)."

Dans cette lettre, Jean-Paul II invitait "les pasteurs et les fidèles à se laisser enseigner par son exemple et par ses écrits, qui demeurent d'une grande actualité". (Zenit.org)

Vierge à l'Enfant avec saint François de Sales, Carlo Maratta, 1691, Forli, Pinacoteca Civica, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 57.

Vierge à l'Enfant avec saint François de Sales, Carlo Maratta, 1691, Forli, Pinacoteca Civica, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 57.

Citons quelques paroles de François lui-même :

 

"Soyez, disait-il, le plus doux que vous pourrez, et souvenez-vous que l'on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu'avec cent barils de vinaigre. S'il faut donner en quelque excès, que ce soit du côté de la douceur."

 

"Je le veux tant aimer, ce cher prochain, je le veux tant aimer ! Il a plu à Dieu de faire ainsi mon cœur ! Oh ! Quand est-ce que nous serons tout détrempés en douceur et en charité !"

 

"Comme le dit le Docteur angélique, le meilleur moyen pour aimer Dieu, c'est de connaître ses bienfaits. (...) Si nous nous rappelons ce que nous avons fait lorsque Dieu n'était pas avec nous, nous devrons bien reconnaître que ce que nous faisons quand il est avec nous ne vient pas de nous."

 

"Ne cherchez pas à vouloir opposer la vertu contraire à la tentation que vous éprouvez, car ce serait encore discuter avec elle. Dirigez plutôt votre coeur vers Jésus-Christ, et dans un élan d'amour embrassez ses pieds sacrés. C'est le meilleur moyen de vaincre l'ennemi, aussi bien dans les grandes que dans les petites tentations."

 

"L'un des meilleurs usages que nous puissions faire de la douceur, c'est de l'appliquer à nous-mêmes, en ne nous étonnant jamais de nos imperfections. (....) Il faut pourtant nous garder de toute aigreur, de tout dépit, de toute colère. Il en est beaucoup qui pour s'être trop énervés, s'énervent encore d'avoir été énervés, ont du dépit d'en avoir eu, sont en colère de l'avoir été. Par là ils tiennent leurs coeurs dans un mécontentement permanent. (...) Ainsi lorsque notre coeur aura commis quelque faute, reprenons-le avec douceur et patience, avec plus de compassion que de passion, en l'encourageant à se réformer. Le repentir qu'il en concevra sera bien plus profond."

 

"Il nous faut garder une continuelle et inaltérable égalité de coeur."

 

"Pour recevoir la grâce de Dieu en nos coeurs, il faut qu'ils soient vides de notre propre gloire. (...) Ainsi l'humilité repouse Satan. Elle nous fait garder les grâces et les dons du Saint-Esprit. C'est la raison pour laquelle Notre-Seigneur, Sa Mère et tous les saints, entre toutes les vertus morales, ont aimé et honoré l'humilité plus que toutes les autres."

 

 

PRATIQUE. Soyez doux : un zèle amer ne produit que du mal. 

 

Sources :

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 29 ; (2) L'Evangile au quotidien ; (3) Jean-Christian PETITFILS, Louis XIII, Perrin, Lonrai 2008, p. 264 ; (4) Wikipedia ; (5) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réforme, François-Xavier de Guibert, Paris 2013, p. 18-21 ; (6) Aimé RICHARDT, Calvin, François-Xavier de Guibert, Clamecy 2009, p. 76-78 ; (7) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 15 et 21 ; (8) RUCHAT, t. VI, p. 334 ; (9) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 76 ; (10) Jean SÉVILLIA, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 104 ; (11) Bartolomé BENNASSAR, Jean JACQUART, Le XVIe siècle, Armand Colin Poche, Paris 2013, p. 154-158 ; (12) Pierre GAXOTTE, de l'Académie française, Histoire des Français, Flammarion, Saint-Amand, 1972, p. 374; 377 ; (13) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 91 ; (14) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, Traduit du russe par Constantin Andronikoff, Nrf, Gallimard, Paris 1942, p. 19; 91-92; 113; 117- 118; 124-125 ; (15) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 8; 223-234 ; (16) Yves-Marie ADELINE, Histoire mondial edes idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 254 ; (17) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 102-103 ; (18) Jean DUMONT, L'Église au risque de l'histoire, préface de Pierre CHAUNU de l'Institut, Éditions de Paris, 2002, p. 579 ; (19) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, ibid, p.  118;157-158; 167; 176 ; (20) Aimé RICHARDT, Calvin, ibid., p. 180-181 ; (21) François ANGELIER, Saint François de Sales, Pygmalion, Paris, 1997, p. 100, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 23 ; (22) Oeuvres, t. VII, p. 73, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 131 ; (23) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 52-53 ; (24) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 206 ; (25) Cité in Charles-Auguste DE SALES, Histoire du Bienheureux François de Sales, Lyon 1634, p. 81, cité in Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 79 ; (26) Mgr TROCHU, Saint François de Sales, Lyon, 1955, p. 324, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 82 ; (27) Cité par André RAVIER, François de Sales, Nouvelle Cité, 2009, p. 77 ; (28) Mgr TROCHU, ibid., p. 333 ; (29) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 84 ; (30) Cité par Mgr TROCHU, Vie de Saint François de Salesibid., p. 372, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 90 ; (31) Mgr TROCHU, ibib, p. 393, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 92 ; (32) Samuel Pruvot, Nos Ancêtres les Saints, Petite histoire de la France missionnaire, Cerf, Paris 2017, p. 90-91 ; (33) Dom Jean de Saint-François, La Vie du bienheureux Messire François de Sales, 1624, p. 90, cité in, Aimé RICHARDT, ibid., p. 95 ; (34) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 95 ; (35) Charles-Auguste de SALES, ibid., p. 128, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 99 ; (36) Selon Aimé Richardt, qui rapporte cette discussion (p. 101-102), "on connaît l'essentiel des propos échangés par les deux hommes grâce surtout aux relations de Charles-Auguste de SALES, ibid., p. 130-134 ; (37) d'après Mgr Francis TROCHU, Vie de Saint François de Sales, t. 1, p. 462-465, Dominicains d'Avrillé ; (38) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 102 ; (39) Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, tome II, Moyen-Âge, Renaissance, Réfome, Quatrième édition, Gabriel Beauchesnes & Cie Éditeurs, Paris 1912 ; (40) Dimitri MEREJKOVSKI, Calvin, ibid., p. 153-154 ; (41) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 103 ; (42) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 215-216 ; (43) Mgr PICARD, La Mission de Saint François de Sales en Chablay, p. 86, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., 85 ; (44) Les Controverses, édition d'Annecy, p. 21-27, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 87 ; (45) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome VI, La Réforme catholique, Librairie Arthème Fayard, Éditions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 357-358 ; (46) Marguerite & Roger Isnard, Nouvel almanach du Comté de Nice, Serre Éditeur, 2006, p. 31 ; (47) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome VI, ibid., p. 324 ; (48) S. François de Sales, cité par André RAVIER, op. cit., p. 183, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 175 ; (49) Mère de CHAUGY, 2e Procès, t. IV, p. 791, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 186 ; (50) Des Premiers Martyrs à nos jours, Saints et Saintes de France, Hatier, Renens, 1988, p. 79 ; (51) Jean-Christian PETITFILS, ibib., p. 150 ; (52) Oeuvres, op. cit., t. XIII, p. 237, cité in, A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 143 ; (53) Mgr Paul GUERIN, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argenté-sur-Plessis 2003p. 61 ; (54) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Eglise catholique, Artège, Paris 2019, p. 261 ; (55) Mgr TROCHU, op. cit., t. II, p. 471, cité in A. RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 197 ; (56) Abbé EDOUARD, cité dans Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, Éditions de l'Émmanuel, Dijon 2009, p. 36 ; (57) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid.,, p. 22-23 ; (58) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid., p. 100-101; et 113 ; (59) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 196 ; (60) Charles-Auguste de SALES, op. cit., p. 576, cité in A. RICHARDT, ibid., p. 231 ; (61) Un évêque modèle : Saint François de Sales, Corrispondenza Romana ; (62) Gilles JEANGUENIN, Saint François de Sales, Son Combat contre le démon, ibid., p. 102 ; (63) Aimé RICHARDT, Saint François de Sales et la Contre-Réformeibid., p. 234.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 17:16
L'archevêque de San Francisco répond à Pelosi : "Aucun catholique en bonne conscience ne peut favoriser l'avortement"

Dans un podcast diffusé le 18 janvier avec l'ancienne sénatrice et candidate à la présidence Hillary Clinton, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a déclaré que le soutien des électeurs pro-vie à l'ancien président Donald Trump était une question qui "me chagrine beaucoup en tant que catholique"

 

San Francisco, Calif.., 21 janvier 2021 / 01:20 pm (CNA). L'archevêque de San Francisco a répondu jeudi au président de la Chambre des représentants qui accusait les électeurs pro-vie de Trump d'être des vendus.

 

"Je pense que Donald Trump est président à cause de la question du droit des femmes à choisir", a-t-elle déclaré à propos de l'avortement, laissant entendre que les électeurs pro-vie ont poussé Trump à la victoire en 2016.

 

Jeudi, l'archevêque de Pelosi a répondu à ses commentaires sur l'avortement et le vote : "Aucun catholique en bonne conscience ne peut être favorable à l'avortement", a déclaré l'archevêque Salvatore Cordileone de San Francisco, le diocèse de Pelosi, dans un communiqué publié jeudi. "Notre terre est trempée du sang des innocents, et cela doit cesser."

 

Pelosi soutient depuis longtemps l’avortement en dépit de sa foi catholique. En 2008, elle a déclaré sur la chaîne NBC "Meet the Press" concernant le moment où la vie commence, "au fil des siècles, les médecins de l’église n’ont pas été en mesure de faire cette définition." Elle a dit que sa foi catholique "ne devrait pas avoir d’impact sur le droit de choisir d’une femme".

 

Jeudi, Mgr Cordileone a précisé que " Nancy Pelosi ne parle pas au nom de l’Eglise catholique".

 

"Et sur la question de l’égalité de dignité de la vie humaine dans l’utérus, elle [Pelosi] parle aussi en contradiction directe avec un droit humain fondamental que l’enseignement catholique défend depuis 2 000 ans", a déclaré Cordileone.

 

L’archevêque a ajouté que l’utilisation par Pelosi de l’expression "droit de choisir" en référence à l’avortement "était un écran de fumée pour perpétuer toute une industrie qui profite de l’un des maux les plus odieux imaginables".

 

En 2010, l’ancien archevêque de San Francisco, George Niederauer, avait qualifié le soutien de Pelosi à l’avortement de "totalement incompatible avec l’enseignement catholique".

 

Pelosi a indiqué en août qu’elle avait l’intention de présenter en 2021 des projets de loi de dépenses qui n’incluent pas l’amendement Hyde, permettant ainsi des avortements financés par les contribuables à Medicaid. Il n’est pas clair si les démocrates auraient les voix dans les deux chambres du Congrès pour finalement abroger Hyde.

 

Dans sa déclaration de jeudi, M. Cordileone a déclaré qu'il ne "présumerait pas" des raisons pour lesquelles des personnes ont voté pour Trump. "Il y a de nombreuses questions aux conséquences morales très graves que les catholiques doivent peser en toute conscience lorsqu'ils votent", a-t-il déclaré.

 

Cordileone a également soutenu Mgr Jose Gomez, président de la Conférence épiscopale des États-Unis, qui a adressé une déclaration de prière et de félicitations au nouveau président Joe Biden, et a noté des points d’accord et de désaccord entre Biden et les évêques.

 

Gomez, dans sa déclaration sur l’investiture de Biden, a réitéré que la fin de l’avortement est la "priorité prééminente" de la conférence en raison de sa menace pour les familles et le grand nombre de victimes de l’avortement.

 

Le langage sur l’avortement a reçu l’opposition de l’intérieur de la conférence, y compris par le cardinal Blasé Cupich de Chicago qui a publié une déclaration cinglante de la critique des paroles de Gomez, l’AIIC a rapporté.

 

Le langage sur l'avortement a suscité une opposition au sein de la conférence, notamment de la part du cardinal Blase Cupich de Chicago qui a publié une déclaration cinglante critiquant les paroles de Gomez, rapporte CNA.

 

Cordileone a remercié jeudi Gomez d’avoir réaffirmé la priorité de la conférence et a ajouté que ce n’est pas parce que l’avortement est une préoccupation "prééminente" qu’il s’agit de la "seule" préoccupation de la conférence.

 

"Dans son discours inaugural d’hier, le président Biden a lancé un appel émouvant à l’unité et à la guérison", a déclaré Cordileone, et a ajouté que les accusations de Pelosi contre les pro-vie n’étaient pas "le langage de l’unité et de la guérison. Elle doit des excuses à ses électeurs."

 

Les chrétiens ont toujours compris que le commandement "Tu ne tueras pas" s'applique à toute vie, y compris la vie dans l'utérus", a déclaré Mme Cordileone. "Le pape François poursuit cet enseignement ininterrompu."

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 10:59
Quelles prières le Bon Dieu exauce-t-il ?

À l'occasion des 150 ans de l'apparition  de Notre Dame à Pontmain, l'abbé Salenave rappelle comment nos prières sont exaucées : 

"Pourquoi nous plaignons-nous tous souvent de cette inefficacité de cette prière ? J'ai demandé à réussir à mes examens, et je n'ai pas réussi. J'ai demandé à gagner tel procès, je n'ai pas réussi. J'ai voulu telle chose et je ne l'ai pas obtenu ! J'ai fait neuvaines sur neuvaines et rien n'est venu. C'est parce que mes biens chers frères, ce que nous demandons n'est pas dans l'ordre des choses. C'est la première raison. Il ne s'agit pas simplement d'avoir la foi, il faut demander ce qui est bon au Bon Dieu. Par exemple, le corse qui demande de réussir dans sa vendetta - dans sa vengeance - : c'est une prière qui offense Dieu.

 

"Quand par exemple vous avez 800 candidats qui se présentent tous à un examen, si tous font la prière pour réussir à leurs examens, Dieu est-il tenu de faire que les 800 réussissent à leurs examens ? Nous voyons bien qu'il y a quelque chose d'indécent. La prière de ces 800 candidats pour un examen, même si elle est entendue de Dieu, ne peut pas être exaucée comme ces candidats l'exigent. Le Bon Dieu est-il tenu de faire réussir aux examens ceux qui son paresseux et ceux qui n'ont pas travaillé ? Non. Cela irait contre sa justice.

 

"Souvent, ce que nous demandons à Dieu, ce sont des miracles. Nous demandons par exemple la guérison d'un malade, alors que l'organisme est déjà arrivé en bout de course. nous demandons à être préservé d'un accident alors que la personne conduit mal. Nous demandons que le train ne déraille pas alors que tous les rails sont dévissés. La Providence pourrait faire ces miracles - elle le fait dans certaines circonstances, on le voit à Lourdes par exemple avec des miracles de guérisons -, mais elle n'est pas tenue de détruire l'ordre de sa Providence, l'ordre normal de la Providence pour faire que tous les malades guérissent. Cela serait une aberration, une anarchie. Imaginez par exemple que toutes les prières seraient exaucées : on aurait des gens de l'âge de Mathusalem, de 800 ans.

 

"Une prière ne peut pas être exaucée lorsqu'elle va contre la loi générale établie par la Providence. Il y a des lois naturelles que Dieu n'est pas tenu de suspendre. Sinon cela s'appelle un miracle. Et Dieu n'est pas tenu de faire tout le temps des miracles à chacune de nos prières.

"Par contre la prière dont on est sûr qu'elle sera exaucée, c'est la prière qui concerne les véritables biens spirituels, l'obtention des biens éternels. Préservez-nous du péché : oui, cette prière sera exaucée. Donnez-nous le Ciel : oui, cette prière sera exaucée. Les progrès de la vertu, c'est la loi du rachat des âmes.

"C'est ce que dit l'apôtre saint Jean, lorsque nous prions selon l'ordre de la volonté de Dieu, Il nous écoute et Il nous exauce." (1 Jn 5,14) Il faut méditer cette phrase pour mériter notre salut éternel.

Voici l’assurance que nous avons auprès de Dieu : si nous faisons une demande selon sa volonté, il nous écoute.

1 Jn 5,14

"Et c'est la raison de l'Incarnation de Notre-Seigneur. Pourquoi Notre-Seigneur est-il venu sur Terre ? Judas, pourquoi a-t-il trahi Notre-Seigneur ? Parce qu'il voulait avoir une sorte de reconnaissance sociale avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et quand il a vu que non, Notre-Seigneur se laissait crucifier, prêchait l'humilité et les vertus (nous montrait l'exemple à suivre. NdCR.), il a été déçu.

"Et alors que notre Dieu est venu sur Terre, s'est incarné, a souffert et a été crucifié à mort, vous voyez qu'il serait aberrant que nous demandions sans cesse dans nos prières le plaisir et la joie terrestre sans raison. C'est une injure à la grandeur de Dieu. Et c'est ce que ne comprennent pas nos contemporains aujourd'hui : ils veulent la santé, ils veulent le vaccin, parce qu'ils oublient que leur finalité c'est d'abord de posséder le Bon Dieu, donc de connaître la vérité, de l'aimer et d'aller au ciel.

"Priez Dieu. Il vous aidera à trouver le chemin de la sainteté. Il ne va pas forcément vous donner des choses terrestres, comme réussir aux examens. Il vous donnera ce qui est essentiel. Il vous donnera la sainteté.

"Donc, mettons-nous cela à l'esprit, le matin quand nous nous levons, la journée, quand nous travaillons : quels sont les véritables biens pour lesquels je travaille ? Les biens éternels. Tous les autres biens (terrestres) disparaîtront.

"C'est ce que dit Saint Grégoire :   

Réfléchissez donc bien, et voyez si vous priez au Nom de Jésus. Ce n'est pas Jésus que vous demandez dans la demeure de Jésus lorsque dans l'Église, vestibule de l'éternité, vous demandez avec importunité des biens temporels. L'un prie pour obtenir un mariage avantageux, un autre pour obtenir un château, celui-ci demande de beaux habits. Celui-là demande le pain de chaque jour. Ô sans doute, quand ces biens vous manque, sollicitez-les du Dieu Tout-Puissant. Mais n'oubliez pas le commandement du maître : 'Cherchez avant tout le Règne de Dieu et la justice de Dieu (et tout le reste vous sera donné de surcroît.' Matthieu 6,33).

Donc oui, la prière est infaillible. Dieu est un père. Mais pour être efficace cette prière doit être dans l'ordre général établi par la Providence. Et quand elle s'en écarte, ce n'est plus une prière. C'est une désobéissance à la volonté de Dieu, et de fait, elle perd tout ses droits.

"C'est pourquoi les prières des musulmans, les prières des bouddhistes ne valent rien, parce qu'elle ne sont pas dans l'ordre des choses, et elles sont même une offense à Dieu, à la Trinité sainte.

"Donc par exemple, pour nos enfants, ayons surtout la crainte de leurs biens éternels. Et ainsi, ils obtiendront les travaux, le métier, les relations qui seront en conformité avec leurs biens éternels.

"Quand vous faites des sacrifices pour vos enfants pour leurs biens éternels, Dieu vous aide temporellement.

 

"Donc, il y a une imprudence grave à demander des biens dans ce monde sans restriction, sans réserve. C'est comme si on voulait le forcer. C'est ce que dit saint Augustin :

Il est à craindre que sa colère ne nous accorde ce que sa miséricorde nous refuse.

"On peut l'obtenir, oui. Comme les protestants qui demandent la prospérité temporelle. Signe de la bénédiction divine. Oui, mais cela peut aussi être un signe de sa colère.

 

"Donc, prions avec confiance. Prions avec persévérance. Prions notre chapelet en famille. Prier sans jamais nous décourager.

 

"Si nous prions habituellement, jusqu'à la fin de notre vie, et cela c'est certain, c'est ce que dit saint Thérèse d'Avila - celui qui fait oraison tous les jours jusqu'au bout et qui tient dans la prière - nous échapperons certainement aux châtiments éternels.

 

"La vraie prière nous ouvrira les portes du Ciel. C'est ce que dit Notre-Dame de Pontmain:

Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 18:23

Dans un communiqué du 13 janvier la Conférence des évêques de France appelle à quatre vendredi de jeûne et de prière (15 janvier, 22 janvier, 29 janvier et 5 février).

Bioéthique aveuglée : la Conférence des évêques de France appelle à quatre vendredi de jeûne et de prière

Dans le Document de la CEF vous trouverez les intentions de prière avec une synthèse de la Loi Bioéthique :

 

Le projet de loi révisant la loi de bioéthique revient bientôt devant le Sénat, en deuxième lecture. Le Gouvernement voudrait le faire aboutir sans retard. Ce projet de loi entraîne des risques graves pour notre société en bouleversant l’ordre de la filiation humaine, en ouvrant de fait un droit à l’enfant au lieu de défendre les droits de l’enfant, et en organisant sur les embryons humains des recherches qui ne respectent pas leur intégrité et qui n’ont pas pour première visée leur santé, mais plutôt une amélioration des succès de la technique de procréation médicalement assistée.

 

N’assistons-nous pas à un aveuglement diffus sur la dignité de tout être humain qui vient gratuitement à l’existence et qui doit être accueilli fraternellement ? Les évêques de France, réunis en assemblée plénière, ont souhaité appeler tous les catholiques ainsi que les hommes et femmes de bonne volonté à se tourner vers Dieu en priant et en jeûnant pour Lui demander la grâce de nous ouvrir les yeux à tous et d’être ensemble des artisans du respect de tous les êtres humains dès leur conception.

 

La Conférence des évêques de France (CEF) publie ce document préparé par son Groupe bioéthique afin d’aider chacun à vivre entre janvier et début février quatre vendredis (15, 22, 29 janvier et 5 février) de jeûne et de prière. Cette démarche spirituelle pourra se vivre chacun chez soi, seul ou en famille, ou, si les normes sanitaires le permettent, en communauté.

 

Avec un cœur paisible mais sans relâche, les catholiques souhaitent aider notre société française à être une société de l’amour et de l’espérance dans la vérité et le respect de la dignité humaine, sans quoi la fraternité prônée dans notre devise républicaine ne serait qu’illusion.

 

Jejomau le Forum Catholique

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 16:16

Tim Brown 18 janvier 2021

Alors que la désobéissance civile se développe non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier, c'est un rappel important des moments incroyables de l'histoire où les hommes se sont opposés à la tyrannie.

 

Lawrence W. Reed de la Fondation pour l'éducation économique nous rappelle 11 des actes de désobéissance civile les plus mémorables de l'histoire.

 

La «désobéissance civile» suscite une gamme de réactions lorsque les gens entendent le terme. Certains grimacent instinctivement, la considérant comme antisociale ou subversive.

 

D'autres, comme moi, veulent en savoir plus avant de juger. Qu'est-ce qui pousse quelqu'un à s'y engager? Qui sera affecté et comment? Qu'est-ce que la personne «désobéissante» espère accomplir? Existe-t-il des actions alternatives qui pourraient être plus efficaces?

 

Un de mes premiers souvenirs d'enfance était un acte de désobéissance civile. Ma famille résidait près de Beaver Falls, en Pennsylvanie, à environ 18 km de la ville frontalière de l'Ohio de Negley. À l'époque, la Pennsylvanie interdisait l'introduction et la vente non autorisées de lait de l'Ohio. Lors de nombreux samedis de la fin des années 50 et du début des années 60, mon père et moi nous rendions à Negley et remplissions la banquette arrière de notre voiture avec du lait bon marché. Pendant le trajet de retour à la maison, il m'a averti de "garder couvert et de ne rien dire si les flics nous arrêtent".

 

Pour moi, la contrebande de lait était une aventure passionnante. C'était carrément excitant de se soustraire à une loi stupide tout en gardant un œil sur un flic qui n'aurait peut-être rien de mieux à faire que de démanteler quelques marchands laitiers notoires. Je sais que mon père a gagné quelques dollars en revendant le lait à des voisins heureux. Nous n’avons jamais eu de regrets ni de douleurs de conscience pour avoir commis ce crime sans victime. Nous soutenions simplement une cause que même Abraham Lincoln aurait peut-être soutenue lorsqu'il déclara: "La meilleure façon de faire abroger une mauvaise loi est de l'appliquer strictement."

 

Les représentants du gouvernement détestent la désobéissance civile parce que c'est la façon d'un citoyen mécontent de lever le nez. Si nous ne sommes pas satisfaits des lois ou des politiques stupides, destructrices, corrompues, contre—productives, inconstitutionnelles ou indéfendables, ils nous conseillent de faire la chose “démocratique” - ce qui signifie espérer le meilleur lors d'une élection future, se présenter en ligne pour être condescendu à une audition publique ennuyeuse, ou tout simplement se taire.

 

Mon expert en la matière n’est ni un politicien, ni un prédicateur, ni un universitaire. C'est Henry David Thoreau, qui a demandé : "Le citoyen doit-il jamais pour un moment, ou dans une moindre mesure, démissionner de sa conscience au législateur? Pourquoi chaque homme a-t-il alors une conscience? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, et des sujets ensuite."

 

Si le choix est l'obéissance ou la conscience, je fais de mon mieux pour choisir la conscience.

 

Historiquement, la désobéissance civile - le refus de se conformer à une loi ou à un commandement d'une autorité politique - est extrêmement courante. Parfois, elle est calme et largement invisible. D'autres fois, elle est bruyante et publique. Pour qu'un acte soit un acte de désobéissance civile, il doit être accompagné d'objections de principe ou philosophiques à une loi ou à un ordre (pour exclure des actes tels que le simple vol, la fraude, etc.).

 

Certains théoriciens politiques soutiennent que pour être qualifié de désobéissance civile, un acte doit être pacifique; d'autres autorisent la violence dans leur définition du terme. Les révolutions sont certainement des actes de désobéissance, même si, du fait qu'elles ont tendance à s'accompagner de violence, elles ne sont souvent pas très "civiles". En tout état de cause, la violence indéfendable de cette semaine à Washington ne doit pas nous aveugler sur l’histoire très honorable d’une véritable désobéissance civile et ses motivations plus élevées.

 

Voici une courte liste de ce que j'appelle «de grands moments de désobéissance civile». Il n'y a pas d'ordre particulier autre que chronologique, et je ne dirais même pas que ce sont tous parmi les «meilleurs» exemples de l'histoire. Ils sont, au moins, matière à réflexion intéressante. Voyez combien d'entre eux vous pourriez approuver.

 

1. Défier un pharaon dans l'Égypte ancienne

Le premier chapitre du livre de l'Exode de l'Ancien Testament fournit ce qui est probablement le plus ancien exemple enregistré de désobéissance civile. Cela remonte à environ 3 500 ans. Deux sages-femmes en Égypte, nommées Shiphra et Pouah, ont désobéi à l'ordre du pharaon de tuer tous les bébés hébreux mâles à la naissance. Lorsqu'elles ont été appelées à rendre des comptes, elles ont menti pour couvrir leurs traces. Le récit de l'Exode dit que leur défiance a plu à Dieu, qui les a récompensées pour cela. Donc, quiconque dit que Dieu est toujours du côté des politiciens doit lutter contre cet exemple, ainsi que le suivant.

 

2. La représentation d'Antigone par Sophocle *

Le dramaturge Sophocle a écrit de nombreuses tragédies littéraires, dont l'une (bien que fictive) raconte l'histoire d'Antigone. Créon, le roi de Thèbes, tente de l'empêcher de donner à son frère Polynice un enterrement convenable. Antigone a déclaré que sa conscience était plus importante que n'importe quel décret royal. Elle a été condamnée à mort pour son mépris mais ne s'est jamais rétractée.

 

3. La Judée et le massacre des innocents

Le livre de Matthieu dans le Nouveau Testament révèle que lorsqu'on lui a dit qu'un Messie juif était né à Bethléem, le roi Hérode s'est senti personnellement menacé. Il a ordonné aux mages (les trois sages en visite) d'aller en ville, de trouver le bébé, puis de lui faire rapport. Comme nous le savons tous, les mages se sont effectivement rendus à Bethléem où ils ont présenté des cadeaux à Joseph, Marie et l'enfant Jésus, mais ils ont ensuite désobéi à Hérode et ont disparu. Dans un accès de colère, le roi ordonna alors l'exécution de tous les garçons de moins de deux ans dans les environs de Bethléem. Si Joseph et Marie et les autres qui les ont aidés n'avaient pas refusé de se plier, l'histoire du christianisme serait bien différente.

 

4. Robert Bruce défie un pape

En 1317, le pape a exigé que le roi Robert I d'Ecosse (mieux connu sous le nom de Robert Bruce) embrasse une trêve avec les Anglais lors de la première guerre d'indépendance écossaise. Pour son refus de suivre les ordres du pape, Robert a été excommunié. Les nobles écossais ont porté le défi de leur roi au niveau supérieur en 1320 dans une lettre connue sous le nom de Déclaration d'Arbroath. C'était la première fois dans l'histoire qu'un groupe organisé de personnes affirmait que c'était le devoir d'un roi de gouverner avec le consentement des gouvernés et le devoir des gouvernés de se débarrasser de lui s'il ne le faisait pas. "Ce n'est pas pour les honneurs, la gloire ou la richesse que nous combattons", déclarèrent- ils, "mais pour la liberté seule, à laquelle aucun homme bon ne renonce que par sa vie." Voir Sept siècles depuis William Wallace.

 

5. Le stand de Flushing pour les quakers

Le gouverneur Peter Stuyvesant des colonies hollandaises d'Amérique du Nord n'aimait pas les Quakers. En 1656, il a commencé à les persécuter et a exigé la participation des autorités locales. L'année suivante, les citoyens de Flushing (aujourd'hui Queens, New York) ont rédigé et signé un document connu sous le nom de Flushing Remonstrance. Comme je l'ai récemment écrit, ces braves gens ont essentiellement dit à Stuyvesant: "Vous nous commandez de persécuter les Quakers. Nous ne le ferons pas. Alors prends ton intolérance et mets-la là où le soleil ne brille pas." Le gouverneur a fermé le conseil municipal de Flushing et a arrêté certains des signataires du document, mais la Compagnie des Indes occidentales néerlandaises lui a finalement ordonné d'annuler sa politique de persécution.

 

6. Smashing Tea Party de Boston
Personne ne prend le thé comme les colons mécontents de Beantown. En 1773, le Parlement britannique a conféré à la Compagnie britannique des Indes orientales un monopole commercial sur le commerce du thé. Cela, ainsi que la "taxation sans représentation", a incité les Fils de la Liberté à organiser le célèbre Boston Tea Party, un événement organisé par Samuel Adams et d'autres patriotes américains. Sous le couvert de la nuit, les colons montèrent à bord d'un navire britannique et jetèrent sa cargaison de thé dans le port de Boston. Trois ans plus tard, la désobéissance civile avait évolué vers une Déclaration d'indépendance et une guerre ouverte entre la Grande-Bretagne et ses colonies américaines.

 

 

7. L'évasion audacieuse de Robert Smalls

Robert Smalls est né esclave en Caroline du Sud en 1839. Vingt-trois ans plus tard, lors d'une audacieuse évasion, lui et d'autres amis esclaves ont réquisitionné un navire de transport confédéré dans le port de Charleston. Ils l'ont fait passer devant les canons confédérés et se sont engagés dans l'étreinte du blocus de l'Union. Je partage cet exemple comme étant emblématique de la désobéissance civile historique de tous les esclaves en fuite, ainsi que du soutien courageux qu'ils ont reçu de la part d'autres personnes qui ont défié les lois sur les esclaves en fuite et leur ont apporté une aide vitale. Le combat pour la liberté des Noirs américains ne s'est pas terminé avec la guerre de Sécession. N'oublions pas ceux qui ont résisté aux lois Jim Crow, comme Rosa Parks. Elle a commis une désobéissance civile en refusant de céder son siège d'autobus à Montgomery, en Alabama.

 

 

8. Partout, aux États-Unis

De 1920 à 1933, l'Amérique s'est engagée dans la croisade quichotte à l'échelle nationale contre l'importation, la fabrication, le transport et la vente de boissons alcoolisées connue sous le nom de Prohibition. Les gens ont bu quand même. Les femmes, qui auparavant ne se présentaient presque jamais dans les bars, mangeaient maintenant dans les bars clandestins et les ruelles de tout le pays. Les hommes ont construit leurs propres alambics illégaux et se sont tirés dessus pour gagner des parts de marché. Les taux de criminalité ont grimpé en flèche. Les jurys ont souvent refusé de condamner des contrevenants évidents, et au moins un jury a bu la preuve avant de déclarer l'accusé innocent. Lorsque Woodrow Wilson a quitté la Maison Blanche en janvier 1921, il a emporté sa réserve d'alcool avec lui. Son successeur, Warren Harding, en a amené un autre. Au moment où tout a été aboli, les gens avaient vraiment besoin de la bonne boisson dure qu'ils buvaient depuis le début. (Voir Les ennemis de la prohibition.)

 

9. La fameuse marche du sel de Gandhi
En Inde, sous domination britannique, les entreprises britanniques jouissaient de privilèges de monopole. En 1882, la loi sur le sel a interdit aux Indiens de collecter ou de vendre le sel, un aliment de base. Le ressentiment contre la loi et la domination britannique en général a finalement donné lieu à la célèbre Marche du sel de Mohandas Gandhi en 1930. Un grand nombre d'Indiens ont suivi Gandhi dans une manifestation pacifique sur une distance de 240 miles jusqu'à la mer d'Arabie. Plus de 55 000 personnes ont été arrêtées, mais l'Inde a finalement obtenu son indépendance en 1947.

 

10. Le stand héroïque de Sophie et Hans Scholl

Sophie Scholl et son frère Hans étaient étudiants à l'Université de Munich lorsque, au plus fort du pouvoir d'Hitler en 1942, ils formèrent le Mouvement de la Rose Blanche. Par milliers, ils ont imprimé et distribué des tracts dénonçant la domination nazie et les atrocités contre les juifs. Ils ne se sont jamais livrés à la violence alors qu'ils s'efforçaient de saper le soutien au régime. Ils ont finalement été découverts, arrêtés, traduits en justice et décapités. Leur histoire est tristement mais joliment racontée dans le film de 2005, Sophie Scholl: Les derniers jours.

 

11. La "révolution du chant" en Europe de l'Est

L'"empire du mal" de l'Union soviétique s'est effondré au cours de l'année charnière de 1989, mais avant cela, les citoyens des États baltes jusqu'en Roumanie ont rendu la vie impossible pour les seigneurs communistes. En Estonie, la "Révolution chantante" a mis en musique une désobéissance civile généralisée. En Pologne, une clandestinité florissante a produit des marchés noirs massifs jusqu'à ce que le régime communiste déclare le pays "ingouvernable" et organise des élections libres. Lorsque le dictateur roumain Nicolae Ceausescu a envoyé des troupes pour arrêter un pasteur à Timisoara, des fidèles non armés ont appelé l'église pour le défendre. Les soldats ont refusé de tirer sur eux et la révolution roumaine était en cours; le dictateur était mort en un mois.

 

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Je vous demande maintenant, cher lecteur, où vous situez-vous à chacune de ces occasions historiques de désobéissance civile ? Personnellement, je peux dire que j'applaudis chacune d'elles, de tout cœur et sans réserve. Mais en tant qu'ancien contrebandier de lait, je suis peut-être partial.

 

Les sermons du prédicateur colonial américain, le révérend Jonathan Mayhew (1720-1766), sont à l'origine de la devise révolutionnaire "La résistance aux tyrans, c'est l'obéissance à Dieu".

Je voterais pour Mayhew en un instant - deux fois, si je le pouvais.

Aujourd'hui, plus que jamais, le monde lui-même est confronté à un assaut de tyrannie, comme nous n'en avons jamais vu auparavant.  Il appartient aux hommes et aux femmes de conviction et de principes moraux de s'opposer à la tyrannie, et c'est ce que nous ferons par la grâce de Dieu !  Ce que les morts-vivants nous ont appris sur l'Islam.

 

Article publié avec l'autorisation de Sons of Liberty Media

 

Source : Dcdirtylaundry 

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* Lire : Lorsque l’ordre institué par les mortels viole la loi de la nature, faut-il se soumettre au droit positif, fut-il inique ? L’ordre injuste et le réveil des consciences

Du devoir de résistance : Antigone, héroïne de la loi naturelle

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 10:00

L'effondrement de l’Église était déjà en cours depuis des décennies à cause de choix pastoraux désastreux, mais l'élément extérieur du Covid-19 et les mesures de restrictions du culte ont accéléré le phénomène.

Une analyse de Pro liturgia :

Capture d’écran 2021-01-15 à 09.19.31

L'ACTUALITE

 

* * * * NOUVEAU Vendredi, 15 janvier 2021. Un récent article de « La Croix » nous annonçait qu’un tiers des pratiquants (déjà peu nombreux en temps ordinaire) n’avait pas repris le chemin des églises depuis le début de la pandémie.

L’effondrement de la pratique était prévisible. Nos célébrations paroissiales étaient déjà pour la plupart des moments d’ennui pour beaucoup de fidèles à cause de la fadeur de la liturgie ; elles sont désormais, en plus, devenues des moments barrés d’interdits et de pesantes contraintes qui rendent à peu près impossible à beaucoup de fidèles une participation effective au Mystère célébré. La politique - suicidaire sur le plan pastoral - consistant à rendre obligatoire une pré-inscription des fidèles pour assister aux offices engendre une exclusion des plus démunis, des plus simples et en décourage beaucoup d’autres.

 

Il résulte de tout cela qu’à l’occasion de cette pandémie, et ce malgré le dévouement remarquable d’une minorité de prêtres et de fidèles, l’Église a clairement manqué son rendez-vous avec l'histoire. Une fois de plus.

Nous payons aujourd’hui le prix de décennies de choix pastoraux désastreux qui ont engendré un catholicisme mou, attachés à une doctrine vague, à une spiritualité irénique et niaise, à des liturgies fades, médiocres et indigentes. Il est évident qu’un tel modèle ecclésial ne pouvait que s’effondrer dès qu’un événement un tant soit peu dramatique allait frapper la société. Cet effondrement - ou plutôt cette accélération d’un effondrement déjà en cours depuis longtemps - se réalise aujourd'hui sous nos yeux. Et les catholiques eux-mêmes - à commencer par leurs pasteurs, surtout ceux d’une certaine génération - en sont les premiers responsables.

Covid-19 : l’Église a clairement manqué son rendez-vous avec l'histoire
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