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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 09:00

Merci à Famille chrétienne du 3 février 2020 (n° 2195) pour cette merveilleuse nouvelle : l'édition du Missel français 2021 « à paraître en novembre prochain » réintroduit les mentions du missel rénové de 1969 (missel de Paul VI) selon lesquelles à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée, et que donc la messe doit se célébrer ad orientem. Traduisez « tournés vers Dieu ». Célébrer la messe face au peuple est une simple permission :

Source: https://www.famillechretienne.fr/vie-chretienne/liturgie/ils-celebrent-la-messe-vers-l-orient-269032

Source: https://www.famillechretienne.fr/vie-chretienne/liturgie/ils-celebrent-la-messe-vers-l-orient-269032

Ces prêtres qui célèbrent en français tournés vers l'Orient

 

Joseph Ratzinger

• « La prière vers l’orient est de tradition depuis l’origine du christianisme, elle exprime la spécificité de la synthèse chrétienne, qui intègre cosmos et Histoire, passé et monde à venir dans la célébration du mystère du Salut. »

• « Dans la prière vers l’orient, nous exprimons donc notre fidélité au don reçu dans l’Incarnation et l’élan de notre marche vers le second avènement. »

 

Extraits de L’Esprit de la liturgie, Ad Solem, 2001.

 

Des prêtres diocésains disent parfois la messe en direction de l’est. Ils nous expliquent les raisons de ce choix.

 

lls ne sont pas « tradis », n’ont pas adopté la forme extraordinaire du rite romain, mais célèbrent pourtant de temps à autre la messe ad orientem. Traduisez « tournés vers Dieu ». D’aucuns disent « dos au peuple » 

 

« Je célèbre habituellement la messe face au peuple, mais j’ai toujours considéré que c’était naturel de célébrer vers l’orient », indique l’abbé Vincent de Mello, aumônier du patronage du Bon Conseil à Paris. « Je le fais systématiquement pour certaines messes : celle de l’aurore, à Noël, celle de l’Ascension, pour signifier que nous sommes tournés vers le Christ monté en gloire et que notre vocation est d’aller au Ciel, et lorsque c’est la fête d’un saint représenté sur la mosaïque placée derrière l’autel de la chapelle. » Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, déclare célébrer « assez régulièrement » la messe ad orientem dans les églises de son diocèse, selon l’emplacement de l’autel qui s’y trouve :

 

« À travers cette disposition, je signifie que le prêtre et la communauté sont dirigés dans la même direction qu’est le Christ. »

 

Tandis que, pour prier, les juifs et les musulmans se tournent vers un lieu spirituel (Jérusalem, La Mecque), les chrétiens ont pris l’habitude de se tourner vers l’orient, d’où, selon les Écritures, le Christ est venu sur Terre et d’où Il reviendra. « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme », nous dit saint Mathieu (24, 27).

 

Sur la base notamment d’une interprétation de la « participation active » des fidèles, souhaitée par Vatican II (Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, 1963), cette pratique de célébrer la messe vers l’orient a été très largement abandonnée dans l’Église catholique après le Concile.

 

Abandonnée, mais pas abolie, nuance l’abbé de Mello. « Après le concile, l’Église n’a pas absolutisé une manière de faire.

 

Célébrer face au peuple est une permission.

 

Dans le missel rénové de 1969, les rubriques précisent qu’à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée, ce qui signifie que la messe doit être célébrée dos au peuple. Ce sont les éditions françaises successives du missel romain qui ont supprimé ces mentions, mais je constate qu’elles ont été réintroduites dans l’édition du missel à paraître en novembre prochain. »

 

Fondateur de la communauté Aïn Karem et auteur d’une Initiation à la liturgie romaine (Ad Solem), le Père Michel Gitton explique que la célébration ad orientem est très ancienne et que les premières églises étaient déjà orientées vers l’est. « Cela a été remis en cause dans les années 1930 par le Mouvement liturgique sur la base d’études sans doute incomplètes montrant que le prêtre était tourné vers le peuple dans les premiers temps de l’Église. Certains ont alors commencé à célébrer face au peuple. Le concile Vatican II n’a pas tranché cette question, mais cette nouvelle pratique s’est généralisée dans les années qui l’ont suivi, avant que l’on retrouve, notamment sous l’influence du cardinal Joseph Ratzinger, l’importance de la célébration versus dominum. »

 

En 2016, le cardinal Robert Sarah, préfet pour la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a invité les prêtres à « retourner aussi vite que possible à une orientation [...] vers l’est ou du moins vers l’abside [...] dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur ».

 

Source: Diakonos.be facebook / Famille Chrétienne

 

Note du blog Christ-Roi. En 1992, le Cardinal Ratzinger rédigea une préface pour le livre de Mgr Klaus Gamber «Tournés vers le Seigneur», dans laquelle il écrit :

 

« L'orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles - dont la forme symbolique était généralement en direction de l'est, c'est-à-dire du soleil levant - était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable. Il y a dans la liturgie une anticipation de son retour; prêtre et fidèles vont à sa rencontre. Cette orientation de la prière exprime le caractère théocentrique de la liturgie; elle obéit à la monition : Tournons-nous vers le Seigneur !»

 

 

L'édition du Missel français 2021 réintroduit les mentions du missel rénové (Paul VI) de 1969 selon lesquelles à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée
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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 23:11

En raison des nombreux cas signalés de déshonneur envers l'Eucharistie qui ont été associés à la réception de l'Eucharistie dans les mains, il est temps de revenir à la méthode la plus respectueuse de recevoir l'Eucharistie, à savoir sur la langue.

Mgr Lwanga, archevêque catholique de Kampala

Il s'agit de Mgr Lwanga, et cela se passe en Ouganda!

 

''L'archevêque catholique de Kampala, Mgr Cyprian Kizito Lwanga, a ordonné qu'aucun catholique n'était autorisé à recevoir la Sainte Communion dans la main.

 

(…)

 

Les directives sont contenues dans un décret qu'il a publié ce samedi, le 1er février 2020, à la suite d'une réunion de haut niveau avec le clergé et les comités de direction des paroisses de la cathédrale de Rubaga à Kampala. (…)

 

Auparavant, les catholiques recevaient l'Eucharistie sur la paume de la main ou directement dans la bouche. Mais, en vertu du nouveau décret, le prêtre ne sera autorisé à distribuer la Sainte Eucharistie que dans la bouche. L'archevêque Lwanga a déclaré que la mesure est conforme aux normes liturgiques et canoniques de l'Église universelle en vertu du droit canonique.

 

''Désormais, il est interdit de distribuer ou de recevoir la Sainte Communion dans les mains. La Mère Église nous enjoint de célébrer la Très Sainte Eucharistie avec la plus grande révérence (Can. 898). En raison des nombreux cas signalés de déshonneur envers l'Eucharistie qui ont été associés à la réception de l'Eucharistie dans les mains, il est temps de revenir à la méthode la plus respectueuse de recevoir l'Eucharistie, à savoir sur la langue'', lit-on en partie dans la lettre du décret.

 

(…)

 

L'archevêque Lwanga met également en garde ceux qui cohabitent car ils ne peuvent pas recevoir la sainte communion.

 

«En suivant les normes claires du Can. 915, il faut réaffirmer que ceux qui vivent en cohabitation illicite et ceux qui persistent dans un péché grave et manifeste ne peuvent être admis à la sainte communion. De plus, afin d'éviter le scandale, l'Eucharistie ne doit pas être célébrée dans les foyers des personnes qui vivent dans une telle situation », lit-on en partie dans sa lettre.

 

Il a également été demandé aux prêtres d'éviter de permettre aux laïcs de distribuer la sainte communion pendant la messe.

 

«Selon la loi de l'Église, le ministre ordinaire de la Sainte Communion est l'évêque, le prêtre ou le diacre (Can. 910: 91). Compte tenu de cette norme, il est interdit à un membre des fidèles qui n'a pas été désigné comme ministre extraordinaire de la Communion (Can. 910§2) par l'autorité ecclésiastique compétente de distribuer la Sainte Communion. De plus, avant de distribuer la sainte communion, le ministre extraordinaire doit d'abord recevoir la sainte communion du ministre ordinaire (…).

 

Voici le texte (en anglais) du décret:

 

Source: ICI

En français : Le Forum catholique 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 20:30
"Una Voce France" vient de faire paraître un annuaire des choeurs liturgiques grégoriens

Una Voce France vient de faire paraître un annuaire des choeurs liturgiques grégoriens sur son site web.

 

Cet annuaire a pour buts :

– de faire connaître les chorales existantes à celles et ceux qui veulent prier en chantant le chant propre de la liturgie de l’Église catholique romaine

– de faciliter le recrutement de choristes par les chefs de chœur

– de permettre l’entraide entre chefs de chœur.

 

1 – Vous dirigez un chœur liturgique grégorien et souhaitez figurer dans cet annuaire ?

 

2 – Votre chœur est déjà inscrit et vous souhaitez corriger des informations ?

Indiquez le n° de département, le nom du lieu de culte, et ajoutez les informations à rectifier.

 

3 – les chœurs éligibles sont ceux qui chantent chaque dimanche tout le Kyriale et au moins une pièce du Propre. Il n’y a pas de nombre minimum de choristes.

 

Cet annuaire est encore loin d'être complet, mais nous souhaitons qu'il le devienne. Tous les chefs de chœur liturgique grégorien sont bienvenus à figurer dans l'annuaire.

 

Source: Una Voce FranceLe Forum Catholique

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 10:40
Démolisseurs de la liturgie, pervertisseurs et fossoyeurs de la vérité catholique

Pendant longtemps, il y a eu au sein de l’Eglise, et particulièrement parmi les membres du clergé le plus influent, des fidèles qui n’étaient pas d’accord avec les exigences de la doctrine catholique et qui, pour des raisons personnelles, assez souvent d’ordre moral, ne supportaient pas le poids de ces exigences. Cependant, ces fidèles souhaitaient coûte que coûte demeurer au sein de l’Eglise afin, pensaient-ils, de pouvoir la changer de l’intérieur, de pouvoir la « faire évoluer » - comme ils disaient - de pouvoir en faire une organisation flasque dans laquelle tout comportement et toute idée présentée comme novatrice pourraient devenir acceptable, c’est-à-dire considérés comme « catholique ».

Le concile Vatican II a donné à ces fidèles l’occasion inespérée de mettre leurs projets corrosifs en œuvre. En annonçant que « la liturgie était le sommet et la source de la vie de l’Eglise » (§ 10), l’Eglise donnait aux pervertisseurs et aux fossoyeurs de la vérité catholique l’outil dont ils avaient besoin, auquel ils rêvaient. Ceux-ci comprirent très vite qu’il leur suffirait de s’engager dans les structures pastorales afin de pouvoir librement travailler à fausser la liturgie, à travestir les rites, à dissocier la « lex orandi » de la « lex credendi », à plier les célébrations eucharistiques aux exigences de leurs lubies pour que la « source » soit polluée et que le « sommet » soit arasé. Il leur suffisait de tirer sur le bon bout pour réussir à « détricoter » déconstruire tout l’édifice ecclésial. « Minons la liturgie, le reste s’écroulera morceau par morceau. » C’est ce qu’ils firent et c’est ce qui se passa : abandon du sacré, négligence de la vie sacramentelle, discrédit jeté sur tout ce que l’Eglise avait enseigné durant deux millénaires, inobservance des règles liées à l’exercice du ministère sacerdotal, mystification des fidèles par des effets d’annonces, abêtissement des assemblées paroissiales par l’usage de chants doucereux et l’adoption de comportements infantiles ... Tout pouvait s’enchaîner à des fins de démolition.

Et tout s’est effectivement enchaîné avec la complaisance d’évêques qui n’osaient rien dire au sujet de cet empilement de fadaises pastorales, de peur de passer pour d’indécrottables « has been ». Une fois tout mis par terre, on pouvait en toute impunité mettre en place n’importe quelle pratique, n’importe quel enseignement. Ubu pouvait se proclamer père de l’Eglise.

Le résultat de ce silence des évêques - pour ne pas dire de cette « poltronnerie épiscopale » - qui aura duré des années est aujourd’hui sous nos yeux : des enfants qui ne vont à l’église que pour faire leur communion solennelle au cours de célébrations théâtralisées de façons grotesques pour faire plaisir aux parents munis d’un smartphone dernier cri ; une pratique dominicale qui ne concerne plus que 2 ou 3% des fidèles et, dans certaines régions, encore moins ; des séminaires vides ; des maisons religieuses ressemblant à des EHPAD en raison de l’absence de vocations ; un délabrement spirituel de certains pasteurs ; des prêtres sans arrêt au bord du « burn out » à force de s’employer à faire survivre 20, 30 clochers composant des « secteurs paroissiaux » ingérables ; des messes qui ne signifient plus rien de précis - du moins plus rien de vraiment catholique - pour celles et ceux qui les fréquentent ; une génération de prêtres dont personne ne souhaite la compagnie tellement leurs conversations sont sans intérêt ; des scandales de clercs s’achevant par des mises en examens ou, bien plus douloureux, par des suicides. Et à présent, la cerise sur le gâteau : un synode sur l’Amazonie qui, aux yeux des naïfs sera la réalisation de leurs fantasmes tandis qu’aux yeux des plus clairvoyants il viendra officialiser l’émergence de cette Eglise qui ne sera plus ni une mais plurielle, ni sainte mais douteuse, ni catholique mais fuligineuse, ni apostolique mais relativiste. Bref, une Eglise qui pourra se satisfaire de tous les schismes internes qui la mèneront, elle et ses fidèles, à l’égarement complet.

 

Source : Pro Liturgia, Actualité mercredi 25 septembre 2019

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 05:46
Main ou langue: le débat sur la réception eucharistique

Par André Levesque 28 août 2019

 

One Peter Five

 

Lorsque nous fouillons dans la Parole de Dieu, ce sont souvent ces petits détails qui nous procurent des surprises. Considérez la réaction de la plupart des personnages bibliques lors d’une rencontre avec des créatures divines telles que des anges, sans parler du Créateur lui-même. Reconnaissant qu'ils ont rencontré le surnaturel, ils tombent presque invariablement et immédiatement au sol dans une prostration [1]. Cela nous donne quelques idées. Premièrement, dans les cultures anciennes, il était de coutume de se prosterner ou de se prosterner devant une autorité supérieure en signe de respect et de soumission [2]. De plus, cela révèle la connaissance innée dans notre âme que nous sommes faits pour notre Créateur et désirons nous unir à Lui, mais que nous sommes infiniment indignes de Lui. Nos âmes reconnaissent notre indignité, et la manifestation de cette reconnaissance est notre face à la terre, en adoration.

 

Mettre les Œillères?

Quelle est notre réaction lorsque nous rencontrons Dieu? Rencontrons-nous même le Dieu trine de la même manière que les personnages bibliques ?

 

Chaque catholique fidèle reconnaîtrait que nous le rencontrons pleinement dans l’Eucharistie au moins une fois par semaine. Dans ce cas, il semblerait que nous ayons suffisamment de preuves expérimentales pour déterminer la disposition des catholiques aujourd'hui lorsqu'ils rencontrent Jésus face à face. Dans la plupart des paroisses nord-américaines, vous voyez la plus grande partie des participants se tenant devant le prêtre ou les ministres extraordinaires de la Sainte Communion, tendant leurs mains pour recevoir Jésus. C'est un contraste frappant avec ce que nous voyons dans la Bible.

 

Maintenant une question se pose. Ces personnages bibliques se plient-ils à leurs anciennes normes sociales ou expriment-ils une dulie réservée aux créatures ayant la vision béatifique et, d'une manière plus importante encore, la latrie due à Dieu? Il semblerait qu'ils exprimaient leur respect, leur culte. Pourquoi les catholiques aujourd'hui n'accordent-ils pas le même niveau d'adoration à notre Sauveur incarné dans l'Eucharistie?

 

Le changement à la main

Pourquoi l'Église a-t-elle institué la pratique de la communion dans la main? Comment a-t-elle pris le contrôle de toute l’Église, en si peu de temps?

 

Ce changement a été provoqué par la négligence des évêques néerlandais peu après Vatican II. La communion debout et dans la main était jusque-là une idée protestante implantée pendant la Révolution. Après Vatican II, la pratique commença à être utilisée dans les paroisses catholiques de toute la Hollande et n'a pas été arrêtée par la Conférence des évêques. Cet abus s'est étendu à l'Allemagne, à la France et à la Belgique. Comme il se généralisait, le pape Paul VI a chargé les évêques du monde entier de répondre aux questions concernant cette pratique. Au retour des évêques, le pape promulgua l'Instruction Memoriale Domini (29 mai 1969). Cette instruction comprenait les éléments suivants:

 

- Les évêques du monde étaient pour la plupart contre l'innovation.

- La manière traditionnelle de distribuer la Sainte Communion doit être conservée.

- L'innovation pourrait conduire à l'irrévérence, à la profanation et à l'adultération de la doctrine correcte.

 

En conclusion du document, il a même exhorté les évêques du monde à conserver l'ancienne pratique pour le bien de toute l'Église.

 

Il est donc étonnant que le pape Paul VI ait ensuite autorisé, pour des raisons "pastorales", un indult pour cette pratique. Les pays ayant déjà cette pratique et une majorité des deux tiers pourraient demander cet indult. Il fut immédiatement accordé aux Pays-Bas, à la France, à l'Allemagne et à la Belgique et, à la fin des années 1970, il se répandit essentiellement dans le monde entier comme moyen normatif de recevoir la communion dans l'Église catholique.

 

Le principal argument avancé pour défendre ce changement de pratique est le "ressourcement" - notion selon laquelle l’Eglise est en train de revenir à la pratique des premiers chrétiens. Examinons cet argument.

 

La réception de l'Eucharistie dans l'histoire de l'Église

L'église primitive

Comment les premiers chrétiens recevaient-ils l'Eucharistie? C'est une question difficile. L'église primitive (avant 313) a été proscrite et persécutée pendant longtemps. Ce n’est que lorsque Constantin publia l’édit de Milan que l’Église primitive jouit d’une relative stabilité. Même alors, les chrétiens étaient encore largement persécutés. Pour cette raison, il n’y eut pas beaucoup de documents survivants ou existants sur les pratiques liturgiques des premiers chrétiens. La Didache (96 ap. J.-C.) ne mentionne pas la façon de la réception, mais seulement celle qu'ils reçurent le jour du Seigneur. Cependant, il existe des indices intéressants que nous pouvons découvrir lorsque nous examinons l'Ancien Testament. Ces indications pourraient fournir des indications utiles sur la manière dont les premiers chrétiens auraient pu la recevoir.

 

Pour commencer, les trois principaux prophètes de l'Ancien Testament ont tous été nourris de la Parole de Dieu dans leur bouche au début de leur ministère [3]. De plus, les Juifs ne savaient pas s’approcher de ce qui était saint. L'histoire d'Oza me vient à l'esprit [4]. Seuls les Lévites, qui étaient consacrés par Dieu, pouvaient toucher l'Arche de l'Alliance [5]. Sachant cela, il semble légitime de demander si les apôtres, les consacrés de Jésus (évêques), auraient laissé des membres non consacrés de l'Église toucher le corps, le sang, l'âme et la divinité de notre Seigneur dans l'Eucharistie. Bien que cet argument ne soit pas définitif, cela prouve qu'il est raisonnable de penser que les premiers chrétiens auraient pu recevoir l'Eucharistie sur la langue [6] .

 

Ères patristique et médiévale

En entrant dans la patristique et dans les époques médiévales, où nous avons une documentation plus complète, nous pouvons établir de manière plus définitive le mode de réception de l’Eucharistie pratiqué dans l’Église. Les citations suivantes montrent que la communion sur la langue était la norme dans l'Église:

 

Le concile de Saragosse (380): Excommuniait tous ceux qui osaient continuer à recevoir la Sainte Communion à la main. Décision confirmée par le synode de Tolède (400).

Le pape saint Léon le Grand (440-461): "Hoc enim ore sumitur quodide creditur" se traduit par "Ceci est effectivement reçu au moyen de la bouche, à quoi nous croyons par la foi" [7] .

6 ème concile œcuménique, à Constantinople (680-681): Interdit aux fidèles de prendre l'Armée sacrée entre leurs mains, en menaçant les transgresseurs d'excommunication.

Le Synode de Cordoue (839): a condamné la secte de "Casiani" pour son refus de recevoir la Sainte Communion directement dans la bouche [8].

Le Synode de Rouen (878) a déclaré: "L'Eucharistie ne peut jamais être confiée à un laïc, ni à une femme, mais doit seulement être donnée à la bouche".

 

De manière plus indirecte, les citations suivantes prouvent également la pratique de la communion sur la langue dans l'Église. Il découle de la prémisse que si les vases et les mains du prêtre touchant l'Eucharistie devaient être consacrés, elle ne serait pas par la suite remis entre les mains du profane.

 

Le pape saint Sixte Ier (vers 115): "Les Vaisseaux Sacrés ne doivent pas être manipulés par des personnes autres que celles consacrées au Seigneur" [9] .

 

Saint Thomas d'Aquin (1225–1274): "Par respect pour ce sacrement [la Sainte Eucharistie], rien ne le touche, sauf ce qui est consacré. c'est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés, ainsi que les mains du prêtre, pour toucher ce sacrement " [10] .

 

La contre position

Toute personne plaidant en faveur d'un élément de religion, de morale ou de tradition devrait plaider avec force en faveur de sa contre-position afin de ne pas souffrir de partis pris pour la confirmation ou de plaider contre un homme de paille. J'aimerais donc examiner quelques-uns des textes utilisés pour soutenir la communion dans la main en ce qui concerne le ressourcement, puisqu'il s'agit généralement du principal argument en faveur de la communion dans la main.

 

Saint Cyrille de Jérusalem (350)

"Quand tu iras pour communier, ne va pas les poignets tendus, ni les doigts séparés, mais place ta main gauche comme un trône à ta droite, qui doit recevoir un si grand roi, et reçois dans le creux de la paume le corps du Christ en disant: Amen" [11].

 

À première vue, cette citation semble constituer un argument de poids pour la pratique de la communion à la main à l'ère patristique. Cet extrait provient d'un des cinq Conférences de Pâques (mystagogies) attribuées à saint Cyrille. Ses 18 conférences de catéchumènes préparant au baptême sont incontestables, mais on se demande si ces cinq conférences de suivi ont bien été attribuées au grand saint. Le Dr. Taylor Marshall est un érudit qui en doute. Il pose que certains manuscrits n'attribuent pas ces conférences à saint Cyrille [12]. En outre, il écrit que cette même citation continue en mentionnant que le corps de Christ devrait être porté aux yeux et au front et que le communicateur devrait toucher ses lèvres avec le sang précieux de notre Seigneur [13].

 

De plus, la même Catéchèse mystagogique propose des textes apparemment déroutants aux partisans de la communion:

 

"Ne tendez pas les mains, mais en vous inclinant dans une posture d'adoration et de respect ..."

 

“… Veillez à n'en perdre aucune partie [le Corps du Seigneur]. Une telle perte serait la mutilation de votre propre corps. Pourquoi, si on vous avait donné de la poussière d'or, ne prendriez-vous pas le plus grand soin de la retenir, en ne laissant pas un grain glisser entre vos doigts, de peur que vous ne deveniez autant plus pauvre? Avec plus de soin, ne vous garderez-vous donc de la perte d'une miette de ce qui est plus précieux que l'or ou les pierres précieuses?” [14] .

 

Il semble raisonnable de douter de la légitimité de cette citation, car elle contient des déclarations confuses et étranges sur la réception de l'Eucharistie et certains érudits doutent qu'elle ait été attribuée à juste titre à Saint Cyrille de Jérusalem. Néanmoins, je suis prêt à concéder son authenticité.

 

Saint Basile (330–379)

Saint Basile est souvent utilisé comme source pour prouver l'existence de la communion dans la main à l'ère patristique. Néanmoins, il déclare clairement que recevoir la communion de sa propre main n'est autorisé qu'en cas de persécution ou, comme c'était le cas pour les moines dans le désert, lorsque aucun diacre ou prêtre n'était disponible pour la donner [15].

 

Autres travaux

Saint Athanase (298–373), Saint Cyprien (210–258), Saint Jean Chrysostome (349–407) et Théodore de Mopsuestia (350–428) peuvent tous témoigner de la pratique de la communion dans la main. Saint Athanase parle de se laver les mains avant de la recevoir. Saint Cyprien, Saint Jean Chrysostome et Théodore de Mopsuestia mentionnent des choses similaires, comme recevoir dans la main droite puis l'adorer et l'embrasser [16].

 

Il n'est pas clair quelle fut la pratique largement utilisée depuis les temps apostoliques jusqu'à la publication de l'édit de Milan (313). De ces œuvres, on peut clairement voir que la communion dans la main a été pratiquée dans la première partie de l'ère patristique de l'Église (environ 313–400). Cependant, il semble qu'à la fin des années 300, la communion sur la langue devenue populaire, devint le moyen normatif de la réception. La communion entre les mains s'était donc considérablement réduite à la fin de l'ère patristique et encourut finalement des conséquences graves, telles que l'excommunication.

 

Pourquoi ce changement de pratique à la fin de l'ère patristique? Des textes comme ceux de saint Cyrille de Jérusalem et de Théodore de Mopsuestia peuvent nous donner un bon aperçu. Ils mentionnent le contact du corps eucharistique et du sang de notre Seigneur avec les yeux, les lèvres et le front [17]. L'Eglise, sous l'inspiration du Saint-Esprit, a jugé bon de changer la pratique pour quelque chose de plus approprié à une adoration appropriée de notre Seigneur. Le charbon en feu des séraphins [18] constituait désormais la base d'une réception liturgique correcte de l'Eucharistie. Les autres facteurs qui ont été clairement pris en compte sont la possible dispersion des particules eucharistiques et la possibilité de voler les hosties. L’Eucharistie étant «la source et le sommet de la vie chrétienne» [19], il s’ensuit que sa protection aurait été la préoccupation première et primordiale de l’Église. Enfin, dans la pratique de la communion à genoux et sur la langue, l'Église a trouvé un moyen d'accroître la confiance en la présence réelle substantielle de notre Seigneur dans l'Eucharistie. Un bon moyen de confirmer cette affirmation est de regarder la révolution protestante. Zwingli et Calvin ont nié la présence réelle et leur solution pour réduire la croyance dans ce principe central de la foi était d'introduire la communion debout et dans la main [20] .

 

Que peut-on faire?

Il n’est pas étonnant que la croyance en la présence réelle ait chuté depuis Vatican II. L'indice des principaux indicateurs catholiques de Kenneth C. Jones montre une diminution de toutes les principales catégories statistiques de l'Église catholique de la fin des années 50 au milieu des années 60 et jusqu'en 2000. On peut dire que ces chiffres sont encore pires vingt ans plus tard. En outre, l'étude du nouveau centre de recherche Pew sur la croyance des catholiques en la présence réelle est renversante. Je sais que cette crise ne peut pas être mise uniquement sur le changement du mode de réception de la communion, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle y est pour quelque chose. Lex orandi, lex credendi ne peut pas être plus manifeste que dans ce cas particulier.

 

La question semble avoir une réponse évidente: abolir la communion debout et dans la main pour une communion nettement plus respectueuse et plus appropriée, à genoux et sur la langue. Ramener les rails de l'autel! Le cardinal Sarah pense que l'une des priorités absolues de Satan serait certainement d'attaquer la croyance en la présence réelle. Il est difficile de discuter une telle assertion.

 

Comme les indults donnés par le Saint-Siège à partir de 1969 ne sont pas infaillibles par nature, ils pourraient facilement être révoqués. Il faudrait un peu d'humilité pour admettre que le retour à la communion dans la main était une erreur imprudente. La tradition de l'église soutiendrait une telle révocation. Biensûr, même la documentation actuelle du Vatican soutient la communion sur la langue plutôt que la communion dans la main.

 

En guise de dernière remarque, considérons l’une des révélations privées les plus populaires de l’Église catholique. Fatima est bien connue pour son secret en trois parties, révélé par Notre-Dame. Ce qui l'est moins, c’est son traitement de l’Eucharistie.

 

Quand l'ange leur apparut à Loca do Cabeço, il tenait «un calice dans ses mains, surmonté d'une hostie d'où des gouttes de sang tombaient dans le vaisseau sacré». L'Ange laissa le calice et l'hostie suspendus en l’air, se prosterna sur le sol avec les enfants et pria avec eux à trois reprises la prière suivante:

 

"Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le corps, le sang, l'âme et la divinité les plus précieux de Jésus-Christ, présents dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, des sacrilèges et de l'indifférence avec laquelle il est Lui-même offensé. Et à travers les mérites infinis de son Cœur le plus sacré et du Cœur Immaculé de Marie, je vous prie de convertir les pauvres pécheurs. Amen."

 

L'ange se leva ensuite et, prenant l'hostie, la donna à Lucie, ainsi qu'à Jacinthe et à Francisco, il donna le contenu du calice en disant: "Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outré par hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu." Puis il se prosterna encore une fois avec les enfants et répéta trois fois la prière à la Très Sainte Trinité, puis il disparut.

 

L'Ange et les enfants se prosternent devant le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur pour faire un acte d'adoration en priant pour la réparation des péchés du monde. Le témoignage de Lucie et les œuvres d'art traditionnelles de cette scène montrent l'ange donnant la communion aux enfants dans la bouche, alors qu'ils sont encore à genoux. Ils font ensuite des actions de grâces. Quel beau témoignage d'un bon mode de réception de l'Eucharistie.

 

Alors que l’Église nous invite à imiter les anges et les saints, ne devrions-nous pas écouter son invitation et recevoir l’Eucharistie comme l’ange nous le montre?

 

Pour un traité plus complet sur le sujet, je recommande l'excellent travail de Monseigneur Athanasius Schneider intitulé «Dominus Est».

 

Notes

 

[1] Une étude rapide du Nouveau Testament et de l'Ancien Testament a révélé plusieurs cas où cela était vrai.

 

Nb. 22:31 (Balaam qui vit l’ange du Seigneur posté sur le chemin, son épée dégainée à la main. Balaam s’inclina et se prosterna sur son front.)

Is. 6: 2 (Même les séraphins se couvrent le visage devant Dieu)

Mt. 2:11 (Les hommes sages rencontrant l'Enfant Jésus)

Mt. 28: 9 (Marie-Madeleine voyant Jésus ressuscité des morts)

Apoc. 5:14 (Les anciens dans le ciel se prosternèrent)

11:16 (24 anciens qui étaient assis sur des trônes, se jetant face contre terre, se prosternèrent devant Dieu)

Ap. 1:17 (Jean voyant Jésus tomba à ses pieds comme mort)

Mt. 28: 4 (Les gardes romains apercevant Jésus ressuscité au tombeau tremblèrent et devinrent comme morts)

 

[2] Le terme approprié pour cette notion est Proskynesis.

 

[3] Est. 6: 7, Jer. 1: 9, Ez. 2: 8 à 9; 3: 1–3

 

[4] 2 Sam. 6: 7

 

[5] 1 Chro. 15: 2

 

[6] Par souci d'intégrité, je tiens à noter que dans Apocalypse 10:10, l'ange donne le livre à Jean pour qu'il le mange et Jean le lui prend des mains.

 

[7] "Le minerai" est ici dans l'ablatif; dans le contexte, cela désigne l'instrumentation. La bouche est donc le moyen par lequel la Sainte Eucharistie est reçue.

 

[8] Mgr Athanasius Schneider, «Dominus Est», p.47.

 

[9] Liber Pontificatis, éd. DUCHESNE, I (Paris, 1886), 128

 

[10] Summa Theologica, partie III, Q.82, art. 3, Rep. Obj.8.

 

[11] Catéchèse mystagogie V, xxi-xxii, Migne Patrologia Graeca, 33.

 

[12] Michael Davies est un autre érudit de ce type. Vous pouvez lire son traitement de cette question dans son travail: Communion dans la main et autres fraudes similaires, P.8

 

[13] https://taylormarshall.com/2011/01/did-church-fathers-practice-communion.html

 

[14] Mgr Athanasius Schneider, «Dominus Est», p. 23, 26 (citant Catechesis Mystagogica V, ii, xxii).

 

[15] Saint Basile, Lettre 93

 

[16] Mgr Athanasius Schneider, «Dominus Est», p.29.

 

[17] Cette pratique peut également être mentionnée dans des œuvres de Theodoret, évêque de Cyrrhus et de saint Jean de Damas.

 

[18] Is. 6: 7

 

[19] CEC 1324

 

[20] Mgr Athanasius Schneider, «Dominus Est», p. 37–38.

Note du blog Christ-Roi. Rappelons que la réception de la communion sur la langue et à genoux est un droit de tout catholique et qu'un prêtre n'a pas le droit de la refuser.

Au sujet de la distribution de la sainte Communion, il faut se rappeler que «les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir». Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. Par conséquent, il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche.

Instruction “Redemptionis Sacramentum”, § 91-92

Les fidèles ont le droit d’obtenir que l’autorité ecclésiastique gouverne la sainte Liturgie totalement et d’une manière efficace, afin que celle-ci n’apparaisse jamais comme «la propriété privée de quelqu’un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés»

Instruction “Redemptionis Sacramentum”, § 18

Tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d’une véritable liturgie - et cela vaut tout particulièrement pour la célébration de la sainte Messe - qui soit conforme à ce que l’Église a voulu et établi, c’est-à-dire telle qu’elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. De même, le peuple catholique a le droit d’obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d’altération d’aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l’Église.

Instruction Redemptionis Sacramentum

Enfin, la communauté catholique a le droit d’obtenir que la très sainte Eucharistie soit célébrée de telle manière que celle-ci apparaisse vraiment comme le sacrement de l’unité, en excluant complètement toutes sortes de défauts et d’attitudes, qui pourraient susciter des divisions et la formation de groupes dissidents dans l’Église.

Instruction Redemptionis Sacramentum, § 12

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 09:04
Seul un tiers des fidèles affirment que l’Eucharistie est le Corps et le Sang du Christ

Mardi, 20 août 2019. Au cours des années 1970-90, un certain nombre de théologiens bien en vue - certains enseignant dans des université catholiques - se sont moqués des fidèles qui croyaient qu’après la consécration, à la messe, le pain et le vin étaient réellement devenus le Corps et le Sang du Christ. Si l’on en croit les récentes statistiques, seul un tiers des fidèles affirment que l’Eucharistie est le Corps et le Sang du Christ. Deux tiers pensent que pendant la messe, le pain (et éventuellement le vin) donnés à la communion « ne sont que des symboles du Corps et du Sang de Jésus-Christ », des « moyens d’affirmer une convivialité entre les participants à une célébration commune. »

On a là le résultat d’une catéchèse qui fut longuement défaillante ajoutée à des liturgies désacralisées par leur adaptation systématique aux prétendus « goûts des fidèles » relevant plus de la subjectivité que de la foi catholique.

L’Eglise est donc confrontée à un réel problème : les catholiques ont une idée appauvrie ou fausse de ce qu’est l’Eucharistie et, par contrecoup, de ce qu’est le sacerdoce.

Une grande partie de la théologie qui aborde les questions relatives à l’Eucharistie - en particulier l’enseignement catholique sur la « transsubstantiation » - remonte au XIIIe siècle, une époque durant laquelle les fidèles communiaient rarement au cours des messes. Ils n’allaient souvent à l’église que pour adorer le Christ présent dans l’Eucharistie, la messe elle-même n’ayant pour seul objectif que la transformation du pain en Corps du Christ pour susciter l’adoration. Sur le plan purement dévotionnel, la messe n’était alors pas si différence qu’une adoration du Saint-Sacrement, lorsque l’hostie est placée dans un ostensoir afin de pouvoir être vue du plus grand nombre.

Pour expliquer comment ce qui ressemblait à du pain pouvait être réellement le Corps du Christ, les théologiens du XIIIe siècle ont utilisé une philosophie qui, à l’époque, passait pour « progressiste » : l’aristotélisme.

Dans la Grèce antique, Aristote avait décrit la réalité qui nous entoure en utilisant les concepts d’accident (la forme visible de la matière) et de substance (ce qui est « sous » la forme visible). En utilisant ces catégories de la philosophie aristotélicienne les théologiens catholiques pouvaient expliquer que la « substance » du pain - sa réalité fondamentale - était transformée en Corps du Christ, tandis que les « accidents » - les apparence que pouvaient avoir le pain - demeuraient inchangés. Pour qualifier ce mode de présence réelle du Christ dans le pain consacré, on a utilisé le mot « transsubstantiation » qui indique un changement de la « substance » du pain. A des enfants, on peut expliquer ces choses-là d’une façon peut-être plus simple et qui leur sera plus parlante : on peut leur montrer des photos de leur grand-père à des âges différents... Ça, c’est ton grand-père faisant sa première communion ; ça, c’est ton grand-père le jour de son mariage ; ça, c’est ton grand-père qui part à la pêche avec ton papa... C’est toujours « substantiellement » le même grand-père. Mais « accidentellement », on ne peut pas nier qu’il a changé ! Les « accidents » - les apparences - sont donc autre chose que la « substance » - ce que nos yeux ne voient pas mais qui cependant existe. Dans le cas de l’Eucharistie, de la « transsubstantiation », nous ne voyons que les apparences du pain, de l’hostie, mais nous croyons de foi catholique que la substance du pain a comme « cédé la place » à la réalité du Corps du Christ. Notons au passage que cette théologie faisait problème : le courant dit « nominaliste » prendra ses distances d’avec la conception de la « transsubstantiation » et aboutira, via Guillaume d’Occam et Gabriel Biel, à la théologie de l’ « impanation » professée par Martin Luther et selon laquelle le Christ est présent « dans » le pain tant que les membres d’une assemblée s’accordent pour y croire chacun à sa façon. Une fois l’assemblée dispersée, le pain retrouve ses simples qualités de pain ordinaire.

Utiliser au XXIe siècle les concepts aristotéliciens pour expliquer aux fidèles catholiques ce qu’est véritablement l’Eucharistie s’apparente, pour un prêtre ou un simple catéchiste, à un parcours d’obstacles. À quand remonte la dernière fois que, dans un séminaire catholique, des candidats au sacerdoce ont entendu un professeur leur expliquer clairement l’Eucharistie sur les bases de la philosophie aristotélicienne et thomiste ? Il est toutefois certain que quand Jésus a dit à ses disciples : « Ceci est mon Corps... Ceci est mon Sang... », il n’avait pas à l’esprit une philosophie particulière et faisait appel plus à la solidité de la foi permettant d’adhérer à un mystère qu’à une savante démonstration intellectuelle.

Quoi qu’il en soit, Jésus n’a pas dit « ceci est mon Corps : adorez-le » mais « ceci est mon Corps, prenez-le et mangez-le. » Il faudra attendre le XXe siècle pour que, grâce au pape Saint Pie X, la communion retrouve sa place et son sens dans l’Eglise catholique.

L’Eglise a également parlé de la liturgie eucharistique - la messe - comme étant l’acte qui rend présent et efficace le sacrifice du Christ sur la croix. Mais malgré cette précision, la notion de sacrifice est restée assez mal comprise. Au point qu’au synode de 2005, les évêques se demandaient encore si l’Eucharistie était un sacrifice ou un repas communautaire. Le pape Benoît XVI a dû intervenir et expliquer aux évêques que cette question relevait de ce qu’ils auraient dû apprendre au cours de leurs premières leçons de théologie sacramentelle. Le contexte de la dernière Cène est également essentiel pour comprendre ce que Jésus instituait. Benoît XVI a donc expliqué que la dernière Cène était un repas de la Pâque permettant aux Juifs de faire mémoire de l’Exode et de remercier Dieu d’avoir renouvelé son alliance avec son peuple.

Par conséquent, la messe, qui a ses racines dans la Pâque juive, doit être vue comme un repas sacrificiel nous permettant de rendre grâce à Dieu, en particulier pour le don de son fils, et de renouveler notre alliance avec Lui : nous nous attachons à Dieu par son Fils unique réactualisant sur l’autel son sacrifice auquel nous nous unissons.

La messe ne consiste donc pas à adorer Jésus, ni même à prier Jésus : au cours de la Prière eucharistique dite par le prêtre, nous prions le Père par et avec le Christ. Nous remercions et louons Dieu pour ses actions merveilleuses, en particulier pour nous avoir envoyé Jésus pour nous sauver.

La Prière eucharistique demande à ce que l’Esprit nous transforme pour que nous puissions devenir comme le Christ ou, comme l’a dit saint Augustin, « nous devenions semblables à Celui que nous recevons ». En fin de compte, la messe concerne moins le fait que le pain devienne le Corps du Christ que le fait que nous puissions devenir des membres à part entière du Corps mystique du Christ. L’Eucharistie a pour objectif premier de nous rendre plus semblables au Christ afin que nous puissions continuer sa mission qui est de conduire tous les hommes dans le Royaume de Dieu. Le souci de la justice et la paix, bien qu’étant important, n’est que secondaire puisqu’il a été très clairement annoncé que ce monde passera et que nous y demeurons que pendant un laps de temps plus ou moins court.

 

Source: Pro Liturgia, mardi 20 août 2019

Seul un tiers des fidèles affirment que l’Eucharistie est le Corps et le Sang du Christ
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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 08:05
Enquête choc: les catholiques ne savent pas ce qu'est l'Eucharistie

Source: Giuliano Guzzo, Inchiesta-choc: i cattolici non sanno cosa sia l'Eucaristia

La Nuova Bussola Quotidiana, 12/08/2019 

 

Un rapport du Pew Research Center révèle que seulement un tiers des catholiques américains croient que la communion est le corps et le sang du Christ. Au lieu de cela, 69% croient que le pain et le vin ne sont que des symboles et beaucoup sont également convaincus qu'il s'agit là de l'enseignement de l'Église. Des données inquiétantes, qui ne concernent pas seulement les États-Unis, en effet: il y a plusieurs éléments qui permettent de penser qu'en Europe, et aussi en Italie, les résultats seraient pires encore. C’est là la véritable urgence pour l’Eglise, dont les pasteurs devraient s'occuper. Tout le reste vient beaucoup plus tard.

 

Depuis quelques années maintenant, il semble que le problème numéro un de l'Église est de s'assurer que tout le monde, indistinctement, puissent communier, sans exclure personne. Mais combien de fidèles sont aujourd'hui conscients de la valeur et du sens du sacrement de l'Eucharistie? Il est logique de se le demander, étant donné que le père Pio di Pietrelcina (1887-1968), présumant une certaine ignorance à cet égard, avait jugé à son époque que si l'on connaissait la valeur réelle de la Sainte Messe, il faudrait les Carabiniers pour coordonner la foule qui se ruerait là.

 

 

Une blague, celle du saint, qui a décrit une situation alarmante il y a des décennies, imaginons alors aujourd'hui. Ceux qui n'ont pas trop pensé la situation actuelle et ont essayé d'examiner la situation actuelle de près, c'est le Pew Research Center, qui du 4 au 19 Février de cette année, a effectué une enquête au sujet des connaissances religieuses dans le peuple américain, compilant ce qui a été découvert dans 70 pages d'un rapport intitulé avec éloquence Ce que les Américains savent sur la religion.

 

Si les données recueillies dans ce document sont multiples et stimulantes, il en est une choquante. Cela concerne la connaissance que possèdent les catholiques de l'Eucharistie. Il est apparu que seulement un tiers des catholiques américains pensent que la communion est le corps et le sang du Christ, tandis que 69% pensent que le pain et le vin ne sont que des symboles. Et ce n'est pas fini. Beaucoup de catholiques qui croient que le pain et le vin sont des symboles sont également convaincus qu'il s'agit là de l'enseignement de l'Église.

 

Si d'un côté il y a une petite partie des catholiques (3%) qui déclarent croire à la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie tout en ignorant l'enseignement de l'Église sur la transsubstantiation, d'un autre côté un sur cinq parmi ceux qui savent ce qu'est la transsubstantiation, rejette cet enseignement comme non fondé. Globalement, qualifier ce tableau d'inquiétant serait un euphémisme.

 

À tel point par exemple que Mgr Robert Emmet Barron, évêque auxiliaire de Los Angeles, informé de ces données, a publiquement exprimé, sur Twitter, son incrédulité scandalisée: "Il est difficile de décrire combien je suis mécontent de ce qui est ressorti de la dernière étude du Centre de recherche Pew. Cela devrait être un signal d'alarme pour nous tous dans l'Église. Nous sommes tous coupables." En effet, il est difficile de ne pas voir des responsabilités claires de la part des pasteurs américains dans ces profondeurs de l'ignorance religieuse et l'ignorance sacramentelle.

 

Et en Italie ? Quelle est la situation? Malheureusement, ou peut-être heureusement - cela dépend de votre point de vue - nous n'avons pas de recherches aussi précises que les recherches américaines. Cependant, celles qui sont encore effectuées dans notre pays ne révèlent pas de scénarios très optimistes. Il suffit de penser à ce qui est ressorti d'une étude réalisée en 2007 par Famiglia Cristiana parmi 800 baptisés de 48 ans en moyenne, donc matures, du moins sur le papier.

 

On a découvert que seulement 5% des catholiques pratiquants lisaient les évangiles (sans parler des non-pratiquants) et à la question "comment cultiver la spiritualité ? 63% ont répondu "en aidant les autres" et 35% "en faisant du bénévolat", tandis que beaucoup moins ont répondu "en priant" (22%) et "en allant à la messe" (14%). Or, si l'on considère que tel était le scénario il y a une douzaine d'années, lorsque Benoît XVI régnait, il est facile d'imaginer - surtout à la lumière de l'étude américaine citée et de la philanthropie qui pendant des années a désorienté de nombreux croyants - quel niveau désastreux de connaissance de l'Eucharistie, même en Italie, nous avons atteint aujourd'hui.

 

Il s'ensuit que plutôt que de se perdre dans des priorités autres que celle-là, soucieux de plier la doctrine au sentiment commun nos pasteurs - à commencer par les plus hautes hiérarchies de l'Église - devraient faire un sérieux examen de conscience, décidant une fois pour toutes de revenir former leur troupeau. Parce qu'il n'y a pas aujourd'hui de travail de plus haute charité que l'évangélisation d'un peuple chrétien qui, malheureusement, est en train de se paganiser et de se perdre dans les méandres de la modernité. C'est vraiment une priorité. Tout le reste vient plus tard, beaucoup plus tard.

 

L’Eucharistie sera l’un des thèmes  abordés lors de la prochaine journée de la Boussole intitulée "Jusqu'au bout du monde" qui se déroulera le 6 octobre à Milan. Sœur Gloria Riva (Adoratrices perpétuelles du Saint Sacrement), le Père Roberto Coggi op (auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'Eucharistie), le docteur Franco Serafini (auteur de "Un cardiologue visite Jésus - Les miracles eucharistiques à l'épreuve de la science ) en parleront.

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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 12:54
La réforme liturgique et l'abandon de l'apologétique ne permettent plus à une majorité de fidèles de comprendre et de croire ce qui se passe à la Messe

Dans son ouvrage en anglais, Exode massif: Désaffiliation catholique en Grande-Bretagne et en Amérique depuis Vatican II, le théologien Stephen Bullivant décrit un effondrement stupéfiant de la pratique de la confession et des autres sacrements.

 

Après l'année 1960 et la Révolution tranquille au Québec, on s'attendait à l'effondrement décrit par Bullivant au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En 1960, nous assistions à une messe dominicale de 85% des catholiques sur l'Île de Montréal; au milieu des années 1970, la pratique planait autour de la vingtaine; aujourd'hui, elle se situe quelque part entre 2 et 4%. 

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 20:00

Monseigneur Nicolas Bux, théologien ancien consultant auprès de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous le pontificat de Benoît XVI, alerte sur l'Instrumentum laboris, le document préparatoire du synode sur l'Amazonie, où une proposition du document de travail vise à adapter le rite de la messe aux coutumes locales amazoniennes.

Il s'agit d'une tentative de "créer une autre église" en "démolissant" la véritable Église de l'intérieur, une "tentative de modification génétique de l'Église remettant en question la foi et l'unité du rite romain qui l'exprime";  "une apostasie"; "une attaque contre les fondements de la foi, qui réduit la religion catholique à un pur subjectivisme. Il semble presque que c'est Jésus-Christ qui doive se convertir à la nouvelle divinité amazonienne." (sic)

 

Un théologien: le Synode Amazonien tente de "démolir" l'Église de l'intérieur

Source: Diane Montagna

Theologian: Amazon Synod attempting to ‘demolish’ the Church from within

LifeSitenews, Jul 17, 2019 - 11:39 am EST

 

Synode Amazonien, Instrumentum Laboris, Nicola Bux, Pape François

 

ROME, 17 juillet 2019 ( LifeSiteNews ) - Un autre théologien respecté sonne l'alarme à propos du prochain Synode sur l'Amazonie, affirmant qu'il s'agit d'une tentative de "créer une autre église" en "démolissant" la véritable Église de l'intérieur.

 

Monseigneur Nicola Bux, théologien et ancien consultant auprès de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous le pontificat de Benoît XVI, a déclaré dans un entretien récent que "nous sommes confrontés à une tentative de modification génétique de l'Église."

 

Quand on lui a demandé pourquoi il croyait que le document de travail [Instrumentum laboris] du prochain synode avait été si vivement critiqué, Mgr. Bux, qui sert maintenant de consultant théologien auprès de la Congrégation pour la cause des saints, a déclaré que "dans un certain sens, la réponse a été donnée récemment par le pape Benoît XVI [dans un essai publié après le sommet sur les abus sexuels au Vatican]: c'est encore une tentative 'créer une autre Église, une expérience déjà tentée et qui a échoué'."


 

"Ces clercs ne se posent pas la grande question à la base du christianisme: qu'est-ce que Jésus nous a vraiment apporté si - comme nous pouvons le voir - il n'a pas apporté la paix mondiale, le bien-être de tous et un monde meilleur?", dit Mgr Bux.

 

"Jésus-Christ est venu amener Dieu sur la terre, afin que l'homme puisse trouver le chemin du ciel: c'est pourquoi il a fondé l'Église", a déclaré le prélat italien. "Au lieu de cela, les clercs d'aujourd'hui prennent soin de la terre comme s'il s'agissait du foyer permanent et durable de l'homme. Quel est le symptôme? Ils ne parlent pas de l'âme et donc de son salut."


 

Mgr Bux a en outre noté que les idées autrefois dénoncées par Joseph Ratzinger (en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi) sont en train de "mûrir" avec le Synode amazonien.

 

"L'Église n'est plus considérée comme le Corps mystique du Christ et du Peuple de Dieu orienté vers le salut, mais comme un phénomène sociologique ; elle doit donc s'occuper d'économie, d'écologie et de politique, où elle ne peut intervenir que pour un jugement moral ", a dit Mgr Bux.

 

Il a ajouté que, sous l'influence du modernisme, les partisans de ces idées affirment que "les temps ont changé" et qu'avec eux, "un nouveau dogme" est nécessaire. Pourtant, il a fait remarquer que "cela ne répond pas aux questions : qui a décidé que les temps ont changé ? Et le changement, est-il toujours bon ?"

 

Dans l'entretien, qui a été republié sur Pan-Amazon Synod Watch, Mgr Bux a également dit sa préoccupation au sujet du fait que le document de travail minimise la nécessité de la foi en Christ pour être sauvé. 

 

"Les doutes sur le fait que le Seigneur Jésus est le seul Sauveur de l'humanité se sont répandus dans l'Église depuis la période post-conciliaire", a expliqué Mgr Bux. "Pour certains secteurs de l'Église, l'évangélisation a été inversée pour devenir 'évangélisée', ce qui a conduit beaucoup de "paroisses et séminaires" à inviter "des penseurs athées ou douteux" à parler "plutôt que des catholiques clairs et précis".

 

Mgr. Selon Bux, "cela a conduit à la confusion et à la désorientation", en particulier compte tenu de la faible catéchèse reçue par de nombreux catholiques au cours des dernières décennies.


Si ce n’était pas le cas, a t-il noté, "on ne pourrait pas expliquer le spectacle de vices et de corruption qui sévit dans la société italienne et européenne". On ne pourrait pas non plus expliquer comment chacun est invité à "recevoir la communion à la messe, qu’ils soient ou non "en état de grâce" ou même catholique.


 

"Les pasteurs de l'Église doivent énoncer leur doctrine selon la forme apostolique dans laquelle elle leur a été confiée (Romains 6:17)", a déclaré le théologien. "Comme l'a récemment déclaré Monseigneur Carlo Maria Viganò dans un entretien [avec le Washington Post]: "Ceux qui sont présumés rebelles sont ceux qui prétendent briser ou changer la tradition éternelle de l'Église".

 

Parlant de l'utilisation de l'inculturation dans le document de travail, Mgr Bux a dit qu'elle est présentée à l'envers : l'intention est de ramener l'Église amazonienne à l'animisme et au spiritualisme, la faisant se retirer de la Parole qui lui a été annoncée par l'évangélisation. "Une religion naturelle avec un masque chrétien", comme l'a dit le cardinal Brandmüller dans sa récente déclaration."

 

Interrogé sur les éloges du document de travail pour la "cosmovision" des peuples autochtones, Mgr Bux a déclaré que cela représentait un "brouillage de la raison" et un retour à la "religion naturelle" et au "spiritualisme".

 

Pourtant, la nature a de précieuses leçons à nous apprendre sur l'Église, a affirmé le théologien italien. 

 

"Le développement même de la nature, qui se fait de manière organique (de sorte que ce qui est faux hier ne peut être vrai aujourd'hui) devrait nous aider à comprendre que l'enseignement de l'Église est un corpus doctrinal et organique", a-t-il dit. 

 

"Au lieu de cela, les clercs sont infectés par une sorte de darwinisme qui aboutit, comme l'a écrit le cardinal Brandmüller, à un évolutionnisme doctrinal et moral, exactement le contraire du développement organique d'un sujet qui reste fidèle à son identité propre", a-t-il observé. 

 

"Seul ce corps peut être appelé Église, du moins sur la base des Constitutions de Vatican I et II, Dei Filius, Lumen Gentium et Dei Verbum," a-t-il déclaré.

 

Mgr Bux, qui est aussi liturgiste, a dit que les signes de cette infection darwinienne peuvent être vus dans le traitement des sacrements, en particulier des Ordres sacrés, qui est décrit dans le document de travail. 

 

"Après tout le débat préconciliaire et le post-conflit sur l'inséparabilité du pouvoir de l'ordre et de la juridiction, dit-il, l'Instrumentum Laboris propose le contraire afin de justifier le ministère ordonné pour les femmes. Ainsi, nous nous éloignons davantage des Églises orientales." 

 

"L'identité épiscopale, sacerdotale et diaconale doit être donnée de Dieu qui appelle et l'Église la confirme par l'ordination ; pas de la communauté, comme si l'Église était une démocratie. 

 

Rejetant la proposition du document d'ordonner des hommes mariés, ou viri probati, Mgr Bux a dit que "l'histoire de l'Église enseigne que la crise des vocations sacerdotales est résolue par une foi vivante : là où la foi est vivante, des vocations missionnaires naissent, jusqu'à l'émergence d'instituts pour la formation du clergé autochtone. Le Seigneur appelle toujours les hommes à le suivre !"
 

En ce qui concerne la proposition du document de travail visant à adapter le rite de la messe aux coutumes locales amazoniennes, Mgr Bux a observé que le rite romain avait été transmis à divers peuples du monde et constituait "une expression de la communion de tous les croyants en Christ, au-delà de la langue, de la nation et de la race".


"Tout en respectant les cultures, la liturgie les invite à se purifier et à se sanctifier", a-t-il déclaré. "En vérité», dit-il, le traitement de la liturgie dans le document de travail "est une question d'opposition mal cachée à l'Église de Rome».

 

Mgr Bux a dit qu'il était "étrange" qu'ils veuillent faire cela après des siècles d'évangélisation du continent américain et l'adoption du rite romain. "Qui a informé les Amérindiens qu'ils étaient nus", c'est-à-dire sans leur propre rite?, a-t-il demandé.

 

Il a déclaré que l'adoption proposée de coutumes non chrétiennes dans la liturgie était "incompatible" et "contradictoire" avec le rite romain, à moins que l'on ne veuille s'engager dans "l'hybridation et le syncrétisme qui conduisent les fidèles à l'erreur".

 

"Nous sommes confrontés à une tentative de modification génétique de l'Église, remettant en question la foi et l'unité du rite romain qui l'exprime (cf. Sacrosanctum Concilium nn 37-38)", a-t-il déclaré.


 

Dans l'entretien, Mgr. Bux a également déclaré qu'il trouvait "incroyable" que l'Amazonie soit considérée comme un "lieu théologique", c'est-à-dire une source particulière de révélation.

 

Souscrivant à la critique de l'Instrumentum laboris faite par le cardinal Walter Brandmüller, Mgr Bux a déclaré qu'en remettant en question la Révélation divine, le document "se détache de la vérité de la foi catholique" et constitue "une apostasie".


Mgr Bux a noté que "l'Instrumentum laboris" avait reçu "l'approbation enthousiaste - et peut-être même les conseils - de Leonardo Boff, ancien prêtre franciscain, représentant historique de la théologie de la libération qui, dans les années 1970, avait été admonesté par la Congrégation pour la doctrine de la foi. "

 

Le théologien respecté a conclu l'entretien en disant:

 

Il n'y a pas de libération sans conversion au Christ. L'Instrumentum Laboris ne mentionne jamais ce terme, qui est au début de l'Évangile de Jésus-Christ, mais, comme les cardinaux, les prêtres et les fidèles l'ont déjà observé, contredisant en des points décisifs l'enseignement impératif de l'Église - c'est-à-dire auquel tout vrai catholique est lié - il peut être considéré comme hérétique. Une attaque contre les fondements de la foi, qui réduit la religion catholique à un pur subjectivisme. Il semble presque que c'est Jésus-Christ qui doive se convertir à la nouvelle divinité amazonienne. Mais est-ce là "la foi catholique transmise par les Apôtres", comme nous prions dans le Canon Romain ?

***

Sur la proposition du Vatican de changer en Amazonie le pain de la sainte Eucharistie par le yucca, un arbuste originaire d'Amérique du sud, lire : 

 

Une proposition du Vatican de changer l'eucharistie créerait une «nouvelle religion»

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 15:10
Pour la première fois en 50 ans, une messe en latin pour l'Académie de la marine marchande des États-Unis

Source: Pour la première fois en 50 ans, une messe en latin pour l'Académie de la marine marchande

One Peter Five, Joe Terlisner 27 juin 2019

 

Samedi 18 mai 2019, une grande messe solennelle a été célébrée dans la chapelle commémorative des marins, sur le campus de l'Académie de la marine marchande des États-Unis (USMMA), la première messe traditionnelle en latin célébrée depuis cinquante ans. Ce qui suit est une interview de l’aspirant Brian Rainwater, 1 / C, qui a organisé et coordonné cet événement historique.

 

Parlez-moi de vous et comment vous avez été présenté à la messe en latin.

 

J'ai grandi à Lawrenceville, en Géorgie, près d'Atlanta, et j'ai fréquenté le lycée St. Pie X. Je suis un aspirant de première classe (un supérieur) à l'USMMA et, après l'obtention de mon diplôme, je compte servir comme officier de guerre de surface en service actif dans la marine.

 

Ma première participation à la liturgie traditionnelle a été une messe célébrée au rite melkite à laquelle j'ai assisté au collège. J'ai été frappé par le respect, la richesse du symbolisme et l'adhésion à une tradition ininterrompue. C'était un avant-goût de ce que je recherchais dans la messe traditionnelle latine avant même d'avoir entendu dire qu'une telle chose existait.

 

Quelque temps après, j'ai lu Le Concile en question de Moyra Doorly et du P. Aiden Nichols, OP. Cela m'a ouvert les yeux sur la nature de la messe. Je me souviens d'avoir lu la critique selon laquelle le Novus Ordo aurait omis de souligner le caractère sacrificiel de la messe, et je me suis dit que je ne savais même pas que le La messe était un sacrifice du tout! Surtout, cela m'a montré à quel point il me manquait.

 

Plus tard cette année-là, j'ai trouvé une chapelle à Oyster Bay, NY, qui offrait la messe traditionnelle en latin. Un groupe d'entre nous du club Newman de l'Académie a fait là-bas une excursion d'une journée. Ce que nous n'avions pas compris, c'est que la chapelle que nous avions trouvée était gérée par la Fraternité Saint-Pie V. Ils ont demandé à voir la preuve que nous étions catholiques et, lorsque nous ne pouvions produire aucun document, ils nous ont refusé la Sainte Communion. C'était peut-être providentiel. Après cette expérience, j'ai fait un peu plus de recherches et j'ai découvert la paroisse Saints Innocents à New York et j'ai commencé à assister à la messe en latin chaque semaine.

 

C'est à ce moment que tout s'est mis en place. J'ai réalisé que la messe n'était pas une simple case à cocher tous les dimanches. Toute ma mentalité a changé. J'ai commencé à faire plus de lecture spirituelle et à prier le chapelet. Tout à coup, je me suis rendu compte que la vie spirituelle n'est pas simplement un accessoire de l'existence; l'existence est pour la vie spirituelle. Le sens de la vie est de louer Dieu et d’aller au paradis, et tout ce qui n’y est pas ordonné est une perte de temps. Une fois que vous réalisez que tout dans votre vie doit être orienté vers le ciel, les choses changent. Comme l'a dit Fulton Sheen: "Aujourd'hui, la plupart des gens veulent une religion qui convienne à leur façon de vivre, plutôt qu'une religion qui leur impose des exigences. La religion devient alors un luxe comme un opéra, pas une responsabilité comme la vie."

 

D'autre part, il est difficile de prendre au sérieux une mauvaise liturgie, car il est difficile de trouver un sens sans signification. Quand j'étais plus jeune et que je n'avais fait que fréquenter le Novus Ordo, je voyais la messe comme un peu parascolaire, alors qu'elle est désormais au centre de ma vie.

 

Qu'est-ce que la US Merchant Marine Academy?

 

L’académie de la marine marchande, également connue sous le nom de Kings Point, est probablement la moins connue des cinq académies de service américaines (les autres étant l’académie militaire américaine, l’académie navale, l’académie de l’armée de l’air et l'académie de la garde côtière). Notre mission est "d'éduquer et de former des leaders de caractère exemplaire inspirés à servir la sécurité nationale, le transport maritime et les besoins économiques des États-Unis en tant qu'officiers de la marine marchande titulaires de licence et officiers des forces armées. Nous obtenons un permis de garde côtière des États-Unis en tant que 3 e second ou 3 e ingénieur assistant sur des navires de tonnage illimité, un diplôme d'officier en service actif ou dans les réserves de toute branche des forces armées (selon le choix de carrière de l'aspirant) et un Baccalauréat dans une discipline du transport maritime ou du génie maritime.

 

Quelques autres choses notables à propos de l’Académie: elle a été dédiée en 1943 à la constitution d’officiers pour les navires construits pour la Seconde Guerre mondiale, qui était à son apogée à cette époque. Notre formation a toujours consisté en partie à obtenir le temps nécessaire pour obtenir une licence de la Garde côtière sur des navires de commerce naviguant activement. Pendant la guerre, ces navires naviguaient dans des eaux infestées de sous-marins et beaucoup d'entre eux ont été coulés avec des cadets [i] à bord. Cent quarante-deux cadets sont morts pendant la guerre à la suite du torpillage de leurs navires. Pour cette raison, USMMA est la seule académie de service à avoir obtenu le droit de porter un drapeau de bataille lors d’un défilé.

 

Quels sont certains des défis auxquels un catholique est confronté à Kings Point?

 

[...] Je sais que les marins ont la réputation d'être particulièrement immoraux, mais avec les gens, les apparences peuvent être trompeuses. Les marins peuvent sembler être une foule plus rugueuse, mais n'est-ce pas le cas de nos jours? Les possibilités d'évangélisation sont nombreuses: si vous vivez une bonne vie, les gens le remarqueront et vous en parleront. Ils vous surprendront souvent par leur réceptivité! J'ai eu beaucoup de bonnes conversations sur la foi sur le pont, et j'ai remarqué des Bibles ouvertes sur des bureaux assez improbables lors de l'inspection de gilets de sauvetage dans des cabines.

 

À l'école, le plus gros défi est probablement la gestion du temps. Il est déjà assez difficile de respecter toutes les rigueurs académiques et régimentaires de Kings Point, mais il est encore plus difficile de maintenir sa vie spirituelle au milieu d'eux. Le psaume 126 dit: "En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain de douleur." Si nous ne menons pas nos vies pour Dieu, nous les conduisons pour rien. Il est bien sûr important d’être productif en fonction de son état de vie, mais nous devons également garder le but à l’esprit.

 

Quels sont les avantages de devenir un catholique Kings point ?

 

Il y a un grand lien entre la mer et l'Église. Au moins quatre des douze apôtres et probablement davantage, y compris saint Pierre lui-même, étaient des marins. Notre-Dame a longtemps été vénérée sous le titre de Stella Maris, l'étoile de la mer, et l'Église est la barque de Pierre.

 

Debout sur le pont et observant les tempêtes, les levers et les couchers de soleil, la majesté de la mer est un aperçu de l’éternité. Lorsqu’un navire aux allures gigantesques est submergé par les vagues lors d’une tempête, ou lorsque vous ne regardez rien et que vous ne voyez rien, pas même un autre navire au-dessus de l’horizon et que vous réalisez qu’il n’y a personne d’autre à des centaines de milles, vous obtenez un véritable sentiment de bien-être. L'immensité de la création et la petitesse de l'homme. C'est humiliant et orientant. Dans une ancienne cathédrale, le regard est tiré vers le haut et vers l'extérieur pour donner une impression de majesté de Dieu, et il en va de même pour la mer.

 

À l'école, l'accent est mis sur la discipline. Bien que, à proprement parler, Kings Point ne soit pas une école militaire, nous menons le même genre de vie disciplinée que celle que l’on pourrait espérer trouver dans une école militaire, notamment des manœuvres et formations quotidiennes, des inspections de salles, le maintien de normes uniformes, etc. Cela encourage les aspirants à développer des habitudes d'autodiscipline qu'ils peuvent emporter après l'obtention de leur diplôme, ce qui est une nécessité dans le monde d'aujourd'hui. Aujourd'hui, beaucoup de gens recherchent la liberté sans discipline, mais il ne s'agit que d'une anarchie et cela conduira la société à l'effondrement.

 

Cette habitude de la discipline contribue également au développement de la vie spirituelle qui, sans discipline, dégrade en dissipation et en mondanité. De même, la structure hiérarchique de l'autorité que nous avons à l'école reflète la hiérarchie de l'Église. Au cours de l’endoctrinement dans la plèbe (les trois premières semaines à l’académie, qui sont essentiellement une forme de camp d’entraînement bien raccourcie), les anciens instructeurs d’exercices de midshipman affirment souvent qu’ils ne sont pas vos amis. Au contraire, ils sont là pour diriger, et dirigent sans partialité. Il me semble que la même chose devrait être vraie pour un évêque et non seulement pour certains membres de son troupeau; sinon, son autorité se dégrade. Au contraire, ils doivent être des meneurs.

 

Il s'agissait de la première messe traditionnelle latine à Kings Point depuis presque exactement 50 ans! Dites-moi comment cela s'est concrétisé.

 

Honnêtement, c'était la Divine Providence. Tout a commencé avec un message dans le groupe Facebook de notre club Newman. J'ai demandé si quelqu'un connaissait ou connaissait des images de la messe traditionnelle en latin qui avait été dite dans la chapelle de notre école avant la sortie du Novus Ordo. Un ancien élève a commenté, demandant pourquoi ne pas en avoir un maintenant, alors ça m'a mis cette idée en tête, et après cela, j'étais à l'affût d'une opportunité. Plus tard, j'ai entendu parler de la messe traditionnelle latine célébrée à West Point. Un de mes amis d'école secondaire, cadet de West Point, lui a demandé s'il connaissait le capitaine Randy Shed, qui avait coordonné la messe de West Point. Il s'est avéré que le capitaine Shed était son officier de compagnie et j'ai pu y entrer, participer avec lui. Le capitaine Shed était très heureux d'avoir de mes nouvelles et a déclaré qu'il priait pour quelque chose d'autre à faire pour diffuser la messe traditionnelle alors qu'il était toujours affecté à West Point. Il m'a mis en contact avec le P. Donald Kloster, assistant du prêtre à St. Mary's à Norwalk, dans le Connecticut. Après une correspondance avec le P. Kloster, nous avons pu fixer une date et à partir de là, nous avons pris des dispositions avec les aumôniers et l'administration de l'Académie et avons obtenu l'approbation nécessaire de l'archidiocèse des services militaires.

 

Parlez-moi de la messe elle-même.

 

C'était merveilleux! Nous avions des serveurs, une petite schola et un organiste venu de St. Mary's à Norwalk. Le Fr. Kloster a célébré la messe avec le P. Michael Novajosky, pasteur de la cathédrale Saint-Augustin à Bridgeport, Connecticut, le diacre Sean Connely, prêtre adjoint de la paroisse Immaculée Conception et Assomption à Tuckahoe, NY, agissant en tant que sous-diacre.

 

Une soixantaine de personnes ont assisté à la messe, composée d'aspirants, d'enseignants, d'habitants de Long Island, du capitaine Shed et de deux cadets de West Point. La messe a eu lieu le 18 mai, en la fête de saint Venantius, martyr romain du IIIe siècle. Comme l'un des serveurs était pris dans le trafic, j'ai eu l'occasion de servir ma première messe traditionnelle latine en tant que porteur de la flamme.

 

Fr. Michael Novajosky a prêché une merveilleuse homélie liant la liturgie et le martyre de Saint Venantius à la devise de l'Académie, Acta non Verba, des actes et non des paroles. Bien qu'il soit vrai que la messe se compose de mots parlés et chantés, il est crucial de savoir comment ces mots sont dits et chantés. Ce que nous faisons est l'expression de ce qui est à l'intérieur. Il est crucial d’avoir une liturgie enracinée dans une tradition également bien exécutée. De même, dire ce que vous croyez est une chose, mais le vivre est une autre. Ce sont ses actes, pas ses paroles, qui ont valu à saint Venantius la couronne du martyre.

 

Comment la messe a-t-elle été reçue et comment la voyez-vous influencer la communauté sur le campus?

 

Elle a été très bien reçue par ceux qui y ont assisté. Le moment était particulièrement bien choisi pour les élèves de première classe, car il suivait immédiatement notre examen final et était une bouffée d’air frais avant de nous préparer à nos examens d’agrément de la Garde côtière. L'âme aspire à la beauté, ce qui a ramené sur le campus une beauté que l'on n'a pas vue ici depuis des décennies. Le thème de la journée semblait être l'exposition. Parmi les aspirants présents, plusieurs protestants ont eu un aperçu unique de la foi catholique et beaucoup se sont par la suite interrogés sur la foi. Pour la plupart des aspirants catholiques qui ont assisté à la cérémonie, il s'agissait de leur première messe traditionnelle en latin. C'était aussi une bonne exposition pour l'Académie elle-même auprès des habitants qui assistaient à la messe.

 

Personnellement, je n'aurais jamais été exposé à l'ancienne liturgie sans tomber dessus. Je suis très heureux d'aider à partager ce qui a changé ma vie pour le mieux avec les autres. Nous ne gagnerons pas beaucoup de convertis du protestantisme si le catholicisme cherche simplement à imiter ce que font les protestants. D'autre part, la messe traditionnelle latine a quelque chose de vraiment extraordinaire. Le Novus Ordo est si banal qu'il est accepté comme banal et ordinaire, mais la messe n'est pas censée l'être. La messe traditionnelle en latin brise la monotonie de la vie quotidienne parce qu'elle la transcende. C'est extraordinaire au sens littéral du terme.

 

Je pense qu’aujourd’hui, il y a une recherche de réalisation, en particulier du côté spirituel des choses. L'essor de choses comme le yoga et la spiritualité du nouvel âge tente de combler un vide qui existe chez tous les individus, qu'ils le reconnaissent ou non. Les gens ont toujours des besoins spirituels et un équilibre dans la vie spirituelle est essentiel pour équilibrer d'autres aspects de la vie. La messe latine remplit ce vide et constitue l'onguent pour nos âmes douloureuses. Les gens aspirent à ce que cela fournit parce que finalement, cela fournit Dieu.

 

Y a-t-il des projets pour de futures messes latines sur le campus?

 

Il n'y a rien de précis pour le moment, mais toutes les personnes impliquées étaient intéressées à en faire un événement plus régulier. Le Fr. Kloster est prêt à revenir, et il y a plusieurs paroisses ici à Long Island qui ont des messes latines, alors nous pourrons peut-être aussi les contacter. C'est ma dernière année ici, mais plusieurs élèves de quatrièmes (étudiants de première année) sont intéressés par le retour de la messe en latin et, espérons-le, ils pourront porter le flambeau une fois mon diplôme obtenu.

 

Un mot d'adieu?

 

J'ai été époustouflé par l'utilité des médias sociaux lorsqu'ils étaient utilisés correctement. J'ai fait du réseautage avec des gens de toute la ville, des États et même des parents qui sont venus du Maryland ! Les médias sociaux peuvent présenter de nombreux pièges, mais ils peuvent certainement être utilisés pour le bien. Je suis aussi agréablement surpris par le nombre d'anciens élèves de Kings Point qui rôdent dans la communauté traditionaliste.

 

Le P. Kloster m'a dit que maintenant qu'il a fréquenté deux des cinq académies, il est déterminé à se rendre au moins à l'Académie navale et à l'Académie de la Garde côtière, et peut-être que l'Académie de la Force aérienne pourra s'envoler !

 

St. Venantius, ora pro nobis !

 

St. Brendan le Navigateur, ora pro nobis !

 

J'ai été époustouflé par l'utilité des médias sociaux lorsqu'ils sont utilisés correctement. J'ai établi des réseaux avec des personnes de toute la ville, des États et même des parents venus du Maryland! Les médias sociaux peuvent comporter de nombreux pièges, mais ils peuvent certainement être utilisés pour de bon. Je suis également agréablement surpris par le nombre d'anciens élèves de Kings Point qui se cachent dans la communauté traditionaliste.

 

Fr. Kloster m'a dit que, maintenant qu'il était dans deux des cinq académies, il était déterminé à se rendre au moins dans les académies de la marine et des garde-côtes, et peut-être que l'Académie de la Force aérienne pourrait s'envoler!

 

Saint Venantius, ora pro nobis!

 

Saint Brendan le navigateur, ora pro nobis!

 

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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 09:35

Dieu soit béni de nous avoir donné un tel Cardinal qui sache nommer le mal qui ronge l'Eglise. Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, est le défenseur de la divine liturgie catholique célébrée dignement. Il voit en effet dans l'incendie de la cathédrale de Paris un "symbole", le symbole d'un "feu", d'"un incendie qui ravage l'Eglise." "Une Eglise qui ne serait pas orientée vers Dieu est une Eglise qui meurt et s’effondre" ! Le rapport à la divine liturgie saute aux yeux :

Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris : le Cardinal Robert Sarah y voit un "symbole" d'un "feu qui ravage l'Eglise"

« […] Il y a quelques heures j’étais à la cathédrale Notre-Dame de Paris. En entrant dans cette église éventrée, en contemplant ses voûtes effondrées, je n’ai pu m’empêcher d’y voir un symbole de la situation de la civilisation occidentale et de l’Eglise en Europe. Oui, aujourd’hui de tout côté, l’Eglise semble être en flamme. Elle semble ravagée par un incendie bien plus destructeur que celui de la cathédrale Notre-Dame. Quel est ce feu ? Il faut avoir le courage de lui donner son nom. Car, « mal nommer les choses, c’est augmenter le malheur du monde. 

 

« Ce feu, cet incendie qui ravage l’Eglise tout particulièrement en Europe, c’est la confusion intellectuelle, doctrinale et morale ; c’est la couardise de proclamer la vérité sur Dieu et sur l’homme et de défendre et transmettre les valeurs morales et éthiques de la tradition chrétienne ; c’est la perte de la foi, de l’esprit de foi, la perte du sens de l’objectivité de la foi et donc la perte du sens de Dieu.

« [...] Une Eglise qui ne serait pas orientée vers Dieu est une Eglise qui meurt et s’effondre. La flèche de la cathédrale de Paris s’est effondrée : ce n’est pas un hasard ! Notre-Dame de Paris symbolise tout l’Occident. A force de se détourner de Dieu, l’Occident s’effondre. Elle symbolise la grande tentation des chrétiens d’Occident : à force de ne plus être tournés vers Dieu, à force de se tourner vers eux-mêmes, ils meurent.

« Je suis persuadé que cette civilisation vit une crise mortelle. Comme à l’époque de la chute de Rome, les élites d’aujourd’hui ne se soucient que d’augmenter le luxe de leur vie quotidienne et les peuples sont anesthésiés par des divertissements de plus en plus vulgaires. Comme évêque, je me dois de prévenir l’Occident ! L’incendie de la barbarie vous menace ! Et qui sont les barbares ? Les barbares sont ceux qui haïssent la nature humaine, Les barbares sont ceux qui bafouent le sens du sacré, Les barbares sont ceux qui méprisent et manipulent la vie et veulent « augmenter l’homme » !

« [...] La civilisation occidentale est en profonde décadence et en ruine, malgré ses succès scientifiques et technologiques fantastiques et les apparences de prospérité ! Comme la cathédrale Notre-Dame : elle vacille. Elle a perdu sa raison d’être : montrer Dieu et conduire à Dieu.

« [...] Si Dieu perd son caractère central et son primat, l’homme perd sa juste place : il ne trouve plus sa place dans la création, dans les relations avec les autres. Le refus moderne de Dieu nous enferme dans un nouveau totalitarisme : celui du relativisme qui n’admet aucune loi si ce n’est celle du profit. Il faut briser les chaînes que cette nouvelle idéologie totalitaire veut nous imposer ! Si l’homme refuse et se coupe de Dieu, il ressemble à un fleuve immense et majestueux, mais coupé de sa source, tôt ou tard, il sèchera et disparaîtra.

« [...] La crise spirituelle que je décris concerne le monde entier. Mais elle a sa source en Europe. Le rejet de Dieu est né dans les consciences occidentales. L’effondrement spirituel a donc des traits proprement occidentaux. […] »

* * * *

Source: Extraits de la conférence prononcée le 25 mai à Paris par le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, Pro Liturgia, Actualité du Vendredi, 21 juin 2019.

* * * *

Note du blog Christ-Roi

 

 

Rappelons - signe divin et liturgique majeur ? -, que l'autel qui a été ravagé par l'incendie, la flèche s'étant écroulée sur lui, est l'autel du rite moderne où le prêtre tourne le dos à Dieu pour se tourner vers l'homme..., tandis que l'autel qui a été retrouvé intact et où la messe en latin a été célébrée pendant 800 ans, est le maître-autel, ou autel du rite ancien où le prêtre et l'assemblée sont tournés vers l'Orient, vers la Croix, vers Dieu. Ce qui n'est pas du tout la même chose.

Le Clergé de France ferait donc bien (pour une fois !) de méditer et de s'inspirer des paroles de ce sage Pontife pour songer à redresser l'Eglise-qui-est-en-France plutôt qu'à organiser d'xèmes "rencontres", comités théodule et autres "expériences" d'"équipes liturgiques", qui n'ont jamais réussi finalement qu'à faire baisser le nombre des personnes qui viennent à la messe et donc à détruire la foi.

« En Occident, depuis plusieurs siècles déjà, on ne considère plus la liturgie que sous l’angle pastoral et utilitaire : elle n'est rien de plus qu’un 'outil pastoral' au service de l’évangélisation (voir les messes "fast food" qui devait attirer les jeunes, les messes pour les jeunes, les retournement des autels, les chants “qui plaisent aux gens”, etc. NdCR.), et non le culte objectif et gratuit que l’Eglise rend au Père 'en esprit et en vérité', comme l’enseigne la Tradition. 

« Le 'compromis wojtylien' est cette illusion qui a consisté à croire qu’il était possible de maintenir une doctrine et une morale traditionnelles tout en ayant une liturgie faisant la part belle au modernisme (messes pour les jeunes, retournement des autels, chants “qui plaisent aux gens”, etc.) Ce fut la ligne plus ou moins officieusement (mais non officielle) non pas encouragée mais tacitement acceptée par les papes depuis le Concile, surtout sous les pontificats de Paul VI et Jean-Paul II.

« Les autorités religieuses, soucieuses de ramener l’homme moderne à la foi, ont cru qu’en tolérant une liturgie modernisée et adaptable, on pourrait convertir les hommes d’aujourd'hui à la foi traditionnelle. Or, il faut bien le reconnaître aujourd’hui : ça ne marche pas et ça ne marchera jamais, n’en déplaise à nos experts diocésains en pastorale. 

« Le silence, la tenue, l’orientation de la célébration, le sens du sacré, l’humilité devant le Mystère, la contemplation et la participation intérieure » sont les traits principaux de la nécessaire restauration d’une liturgie traditionnelle. » (Pro Liturgia, D'après Samuel N. Actualité du vendredi 21 juin 2019.)

Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.

Evangile selon S. Matthieu 6,33

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 13:43
La grande majorité des messes font aujourd’hui office de narcotiques

La grande majorité des messes font aujourd’hui office de narcotiques.

Transformées en simples occasions d’activisme et de bavardage, ces prétendues messes, tels des soporifiques spirituels, nous poussent à nous échapper de la profondeur de notre être afin de nous rendre peu à peu étrangers à la présence de Dieu.

Certes, en participant à de telles liturgies, nous restons encore dans l’Eglise ; mais c’est dans une Eglise sans Dieu et sans foi ; une Eglise où les célébrations liturgiques, vidées de leur sens, sont remplacée par un culte du « moi » par lequel les célébrants et leurs groupies imaginent encore susciter un quelconque intérêt de la part des fidèles qui y assistent.

***

« L’une des manifestations de la vie liturgique postconciliaire dont on puisse se réjouir, c’est qu’il y a toujours plus de fidèles à vouloir célébrer pleinement l’Eucharistie en recevant le Corps du Seigneur, communiant avec lui et en lui avec l’Eglise de Dieu tout entière.

Cependant, parfois, en voyant des communautés aller communier en masse, on ne peut s’empêcher d’être gagné par un secret malaise : trouve-t-on ici encore ce que saint Paul exigeait avec tant d’insistance des Corinthiens - « discerne-t-on » encore le Corps du Seigneur (1 Co 11,29) ?

On a quelquefois l’impression que la communion est considérée comme faisant partie du rituel, et qu’elle se déroule comme un rite qui ne ferait qu’exprimer l’appartenance à la communauté. Il faut que l’on comprenne beaucoup plus nettement que l’Eucharistie n’est pas sans valeur parce qu’on ne communie pas. En communiant sans discernement, nous ne nous élevons pas vers les hauteurs de la communion, mais nous ravalons le don du Seigneur à la banalité de ce qui relève de notre bon plaisir, du quotidien.

Parce que l’Eucharistie n’est pas un repas rituel, mais la prière commune de l’Eglise, au cours de laquelle le Seigneur prie avec nous et se communique à nous, elle demeure précieuse et grande, elle demeure don véritable, même si nous ne pouvons communier. Si nous comprenions à nouveau mieux cela, et qu’ainsi nous comprenions à nouveau plus exactement ce qu’est l’Eucharistie elle-même, certains problèmes de pastorale, tels que la situation dans l’Eglise des divorcés remariés, perdraient d’eux-mêmes beaucoup de leur lourde pesanteur. »

 

Cardinal Joseph Ratzinger

 

Source: PRO LITURGIA, Actualités du dimanche 18 novembre 2018

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 11:12
À propos du chant grégorien

Témoignage reçu d'un lecteur :

 

À propos du chant grégorien

 

J’ai assisté l’autre jour à un enseignement sur le chant grégorien lors d’une retraite de famille. Le moine nous parlait de l’histoire du chant grégorien. Le chant grégorien était à l’origine un chant aux intonations orientales mais depuis la révolution française, les partitions de ces chants ont été brûlées et perdues.

[L’église/les moines] a donc créé de nouveaux chants grégoriens inspirés par les premiers chants.

Nous avons ainsi deux sortes de chants grégoriens : les chants grégoriens orientaux ou grecs et les occidentaux.

Le moine a continué son enseignement en nous montrant comment on pouvait faire pour chanter ces chants, en paroisse, car ce chant est le chant par excellence de la liturgie. Les papes n’ont cessé de le rappeler, et pendant presque 2 000 ans le chant grégorien était le chant officiel de la liturgie.

Le moine a fait tenir à l’assemblée une note pendant que lui chantait un chant grégorien. Il nous a ainsi montré que peu de gens bien formés sur le chant grégorien pourraient animer le chant dans une paroisse.

Lorsque j’écoutais les chants grégoriens, durant cet enseignement, j’étais comme porté aux portes du Ciel, c’était ineffable, mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

Ensuite, j’en discutais avec mon épouse qui dit ne pas être très enthousiaste sur ce type de chant, qu’elle n’aimait pas vraiment. Elle est plus versée dans les chants à la Glorious un peu plus pop ou rock. Je me sens alors bien seul. J’ai réfléchi aux différences entre l’homme et la femme. Je pense que les femmes sont plus à agir et à penser avec le psychisme, le sensible et l’affectif. La femme donne la vie au bébé à naître et le fait de porter la vie en elle en fait une personne plus touchée par le message du Christ que l’homme. Mais pourtant, l’homme malgré sa nature moins sensible, est probablement un être plus spirituel et lorsqu’il se tourne vers Dieu, il n’a pas de demi-mesure. Le chant grégorien touche directement l’âme de la personne contrairement aux chants à la Glorious qui touchent la partie sensible de l’être et va nous rappeler des moments heureux ou des moments tristes. Pour le chant grégorien, il ne rappelle rien car est inchangé depuis 2 000 ans (sauf le changement suite à la révolution française qui n’a finalement pas changé grand-chose à ce chant), et le chanteur ou le compositeur, est souvent (ou presque toujours) anonyme, le chanteur s’efface devant le chant car la façon de le chanter est toujours la même.

Le lendemain, je parlais avec une personne que j’ai prise pour le moine qui nous avait parlé du chant grégorien la veille. Je ne peux m’empêcher de déplorer qu’aujourd’hui l’Église catholique (du moins en France) est à côté de la plaque. Le chant grégorien en paroisse à quasiment totalement disparu sauf dans certaines abbayes. Le prêtre me dit que ce n’est pas lui qui a fait l’enseignement de la veille. Il me dit que je suis un peu sévère car il existe de très beaux chants non grégoriens utilisés dans la liturgie. Je lui dis que je suis d’accord mais que le chant par excellence, le chant de prédilection, le chant qui a 10 sur 10 pour la liturgie est le chant grégorien. Même les très beaux chants non grégoriens sont inférieurs en pertinence pour la liturgie comme nous l’a expliqué le moine de la veille. Le prêtre que j’avais pris pour le moine de la veille a fini par acquiescer en disant que j’avais raison. Je n’ai pu m’empêcher de penser que tous les prêtres fidèles à la tradition savent que le chant grégorien est le chant par excellence de la liturgie mais préfèrent pour la majorité d’entre eux (et je ne parle pas des prêtres modernistes) laisser chanter des chants au mieux très beaux mais non liturgiques, au pire les chants les plus mièvres et parfois hérétiques qui restent pendant au moins un mois dans la tête avant d’en sortir.

Je me suis dit que faute de pouvoir influer mon prêtre sur le sujet (je me promets qu’un jour je lui en parlerai au moment opportun même si ça fait grincer des dents), ma façon de témoigner sur ce sujet est d’ignorer les répétitions de chants qui rompent le silence avant la messe, et de ne pas chanter ces même chants anti-liturgiques pendant la messe.

Si demain tous les fidèles ignorent et ne chantent plus tous ces chants non grégoriens, cela préparera les prêtres à instaurer le chant grégorien. Amen

(Fin de citation)

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Petite histoire du chant grégorien :

 

Grégoire Ier (590 - † 604)

Un mélange de musiques païennes, juives, grecques, et romaines, a engendré la musique officielle de l'Église Catholique Romaine, rassemblée et codifiée sous Grégoire Ier, d'où le nom de chants Grégoriens.

Les manuscrits occupent des pans entiers de bibliothèques. Le chant grégorien connaît de nombreuses modifications au fil du temps, mais les mélodies originales, simples et sacrées ont survécu et constituent la base de la musique rituelle de l'Église latine.

Le récent succès mondial de l'enregistrement Chants grégoriens fait par les moines bénédictins de Sancto Domingo de Silos en Espagne, illustre le regain d'intérêt non seulement au sein de l'Église, mais également dans le monde séculier pour les chants grégoriens. Beaucoup de personnes apprécient ces mélodies nobles sans avoir besoin de comprendre les paroles. Ce son enchanteur et mystique semble porteur d'une transcendance qui va bien au-delà de la signification du texte sacré.

 

De nombreuses maisons de disques ont participé à la résurrection de ces mélodies médiévales, ce qui permet au chant grégorien de retentir également dans les foyers et plus seulement dans les églises. 

Les racines du chant grégorien sont antérieures au christianisme. Les mélodies et la structure sont le résultat d'un amalgame de styles de chants païens, juifs, grecs et romains utilisés jusqu'en 590, que l'Église a récupérés pour ses chants rituels. Ainsi, le chant grégorien existe depuis les origines de l'Église. La Synagogue utilisait déjà une forme de chant grégorien. Dans l'Ancien Testament – et et S. Paul précise même qu'il était un pharisien converti au judaïsme –, il a dit qu'on chantait des chants et des cantiques. Il y avait toujours une lecture des saintes Écritures, quelques commentaires sur leurs significations, puis des chants. Et l'Église a réutilisé cette forme de culte. N'oubliez pas que les premiers convertis étaient juifs. Avec l'essor du christianisme, les Juifs se sont dispersés. Ils étaient déjà convertis, ou bien c'étaient les Apôtres qui partaient. Paul, en particulier était un grand voyageur. Les musiques des différents pays furent intégrées dans le culte. Le chant grégorien n'avait d'unique que son caractère de musique sacrée. C'était un style de musique ordinaire utilisé pour accompagner des textes sacrés. Nous avons perdu le lien avec la musique séculaire qui a continué une évolution propre. Par exemples, la plupart des miracles étaient accompagnés par une musique chantée qui était la musique à la mode, c'était un moyen d'instruire les gens illettrés. (Père Sayles, historien et moine bénédictin, dans le documentaire "Sanctus! The History, Spirit, and Music of The Gregorian Chant", Recherche historique Marc Retish, Musique additionnelle Jon Menell, 1994.)  

 

À l'origine du chant grégorien, il y a les 150 psaumes dont la composition est attribuée au roi David (env. 1000 avant J.C.) Ces psaumes, qui sont des "prières poétiques" pour diverses circonstances, ont eu une place très importante dans la liturgie des Juifs. Jésus lui-même en cite régulièrement des passages et l'on sait que sur la croix, il a récité le Psaume 21: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné..." Les premières liturgies chrétiennes - qui se déroulent avant que les Évangiles n'aient été mis par écrit - reprennent elles-mêmes les textes des psaumes.

Lorsque les Évangiles sont composés (fin premier siècle), la liturgie chrétienne en saisit certains passages pour les ajouter aux textes déjà connus des psaumes. Ces passages sont choisis en respectant deux grands critères: soit on choisit un passage narratif qui rappelle un épisode de la vie du Christ ou qui reprend une parole tirée de son enseignement, soit on choisit un passage qui exprime une démarche intérieure de foi ou une attitude extérieure capable d'exprimer cette démarche.

On peut aussi trouver des textes plus tardifs qui sont des compositions ecclésiastiques plus ou moins inspirées de textes bibliques.

On aboutit ainsi à la constitution d'un corpus de textes qui possède deux caractéristiques: premièrement, certains textes sont "adaptés" à la liturgie et ne reprennent pas exactement le texte biblique original, et deuxièmement, les "organisateurs" de ces textes sont - à quelques rares exceptions près -anonymes.

Le chant qui est l'ancêtre du grégorien - et au sujet duquel nous ne savons pour ainsi dire rien - n'a pu naître que lorsque l'Église a employé la langue latine. Sans latin, pas de chant grégorien...

Au cours des premiers siècles, la liturgie se fait en grec qui est la langue ordinairement comprise dans le bassin méditerranéen. C'est au cours du IIIe siècle que l'on passe assez rapidement du grec au latin. Mais, contrairement à ce qui a souvent été dit, l'usage du latin ne se fait pas pour permettre aux fidèles qui parlent cette langue de comprendre la liturgie. Car le latin qui va être utilisé par l'Église n'est pas le latin qui est parlé dans la rue et que les gens comprennent: en liturgie, c'est un latin spécial qui va être utilisé dans le but de donner à la chrétienté un outil linguistique pouvant garantir la justesse des notions théologiques. Pour les chrétiens, ce ne sont pas tellement les mots de la liturgie qu'il faut absolument comprendre, mais la liturgie elle-même: c'est par son mouvement, par son déroulement harmonieux qu'elle crée un "climat" capable d'entraîner le fidèle dans la prière. La liturgie s'adresse donc plus à l'oeil qu'à l'ouïe; d'où l'utilité de sa ritualisation et de mise en valeur de sa beauté intrinsèque. Et il en sera ainsi jusqu'au XXè siècle... jusqu'à l'installation des micros et des hauts-parleurs dans les églises qui vont conduire à donner de l'importance à ce qui s'entend - et donc doit être compris des fidèles, alors même que ça ne s'adresse pas à eux directement - au détriment de ce qui doit se voir.

L'histoire du chant grégorien se divise en quatre périodes. Une période de formation entre le début de l'Église et environ 590 ap. J.-C. Il s'est développé plus particulièrement après la fin des persécutions contre les chrétiens en 313, où ils acquirent la liberté de culte (édit de Milan). Cette période marque pour toute la chrétienté une sorte d'éclosion printanière à la fois théologique et liturgique. Dans le même temps, les cinq Eglises-mères (les Patriarcats apostoliques de Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome et Constantinople) doivent combattre ensemble les premières grandes hérésies gnostiques (S. Irénée de Lyon) afin de maintenir la vraie foi, l'"orthodoxie". C'est toujours le respect de la liturgie reçue des "Anciens" qui va garantir la fidélité à la vraie foi. Ainsi donc, au moment où la liturgie passe du grec au latin au IIIe siècle, puis pendant tout le premier millénaire, l'unité de la foi sera maintenue en même temps que l'unité de la prière liturgique. Unité dans la variété (et non dans l'uniformité), si l'unité liturgique demeure bien marquée, elle n'exclut jamais des différences légitimes, principalement dans les formes et les expressions extérieures du culte. La liturgie de l'Église présente des visages variés avec une grande variété de rites, chacun ayant son chant propre.  

Parmi ces chants existe le "romain", propre à la liturgie romaine. On sait peu de choses à son sujet. Probablement n'était-il pas très démonstratif, très orné: à Rome, on se voulait plus attentif aux textes sacrés qu'aux mélodies. À Jérusalem, puis à Antioche, à Alexandrie, à Rome, et plus tard à Byzance, le même enseignement évangélique, la même filiation apostolique et la même prière liturgique, unissent toutes les communautés chrétiennes tant orientales qu'occidentales. Le noyau central de la liturgie - la "fraction du pain" - est sensiblement le même partout. Mais autour de la prière eucharistique qui constitue le coeur de la liturgie (offrande, récit de la Cène, consécration et communion), s'ajoutent peu à peu d'autres éléments (lectures de lettres des Apôtres, d'extraits de l'Évangile, prières d'intercessions, processions, proclamation du Symbole des Apôtres, de la "Prière de Jésus", prières d'action de grâces... etc.) dont l'agencement va donner la forme spécifique de chaque rite.

 

En 590, Grégoire Ier fut élu pape après avoir été moine, puis abbé. Il a donné son nom au chant grégorien bien qu'il soit improbable qu'il ait composé quoique ce soit, mais il a organisé des mélodies qui existait déjà, les a ressemblées dans des livres pour qu'elles soient facilement accessibles, et aussi attribué des textes et des mélodies au divers actes du culte. Il a en fait organisé tout un ensemble de musiques qui existaient depuis des siècles. Et aussi il a créé des écoles de chants. (Père Sayles.)

L'introït (procession d'entrée), l'offertoire et la communion, les chants les plus importants de la messe, n'ont été écrits que des années après la mort de S. Grégoire.

S. Augustin de Cantorbéry

Avec la diffusion du christianisme dans toute l'Europe, les chants utilisés au cours des cérémonies variaient d'une région à l'autre. Le pape Grégoire envoya l'abbé bénédictin Augustin (fondateur de l'église anglo-saxonne, † 605) accompagné de quarante moines romains en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons. Ils traversèrent les Alpes et la France et eurent l'occasion au cours de ce voyage d'assister à des services bien différents de ceux auxquels ils étaient habitués à Rome. Cette découverte leur ouvrit de nouvelles perspectives, et lorsqu'ils s'installèrent en Angleterre, Augustin envoya un messager demander au pape quelle forme de musique et de prière liturgique ils devaient utiliser, la romaine ou la gauloise. Le pape lui donna la permission d'utiliser les prières et la musique que préféraient les fidèles, et susceptibles de plaire à Dieu. 

Chaque école possède sa propre originalité. Vous avez l'école romaine sous le règne de Pépin et de son fils Charlemagne. Ils ont pensé qu'adopter ce type de musique pour le culte pouvait unifier l'empire. Ils ont donc encouragé Pierre, qui était diacre et qui connaissait parfaitement le grégorien à généraliser son utilisation. Ils l'ont fait venir en France, puis voyager pour apprendre aux gens le chant grégorien. Des manuscrits apparurent avec du texte et des gribouillis. Il y a donc une école romaine et une école gallicane ou française. Il y a également l'école ambrosienne (rite ambrosien) antérieure à l'école romaine. La forme du chant diffère du chant romain, elle est influencée par les Arabes qui envahirent le sud de l'Espagne

Le chant grégorien se caractérise par l'absence de rythme. Il semble flotter dans l'air sans effort et n'est interrompu par aucune pause. Il transporte les gens dans un autre monde.

Quand on écoute le chant grégorien, on ressent quelque chose de fort même si on ne comprend pas ce qui se dit. Le son de la musique suffit à nous transcender au-delà de nous, à un niveau plus élevé, spirituel. La musique du chant grégorien comprend des accents aigus caractéristiques, légers et courts, et pourtant forts. Ils apportent ce côté aérien qui fait que les pensées et les sentiments sont plus proches du surnaturel que du monde terrestre.

Il existe essentiellement deux types de mélodies pour les plains-chants, la syllabique (où chaque syllabe est portée par une seule note) et la mélismatique (où chaque syllabe est portée par plusieurs notes).

Le chant syllabique était un type de chant simple dans lequel à chaque syllabe correspond une seule note, parfois plusieurs à certains endroits. Dans le chant mélismatique, les syllabes sont chantées sur plusieurs notes.

 

Aujourd'hui, l'originalité et la simplicité de ces chants ont traversé les âges et procurent toujours le même sentiment de sérénité et de plénitude.

Dans les communautés qui observent la forme de Paul VI, certaines parties de l’ordinaire de la messe (Kyrie, Gloria, Credo, Pater noster, Sanctus, Agnus Dei) sont chantées en latin sur les airs traditionnels grégoriens, mélangés aux chants liturgiques en langue vernaculaire.

 

Le Père Sayles, dans le documentaire "Sanctus! The History, Spirit, and Music of The Gregorian Chant" (Recherche historique Marc Retish, Musique additionnelle Jon Menell, 1994) indique que le chant grégorien peut être chanté dans les langues vernaculaires. Selon lui: 

"si le chant grégorien n'est pas traduit dans les langues parlées, il va disparaître. Plus personne ne l'utilisera. Aux États-Unis, peu de personnes le font. Certaines y sont opposées. Je chante parfois en anglais. Cela gêne les personnes qui ont un sens poétique, particulièrement les hymnes parce qu'elles ne riment pas. Dans le texte latin des hymnes, il n'y a aucune volonté de rimes, ce n'était pas le style de l'époque l'époque. Mais biensûr il existait une métrique définie. Ce que fait Soeur Cécile (elle est très forte pour cela et je l'aide pour la traduction), elle ne transpose pas exactement le latin, mais les idées selon la métrique latine. Il n'y a donc pas de décalage entre l'anglais et la musique des chants."

 

« "Au troisième congrès de musique sacrée, qui s'est tenue à Paris en 1957, Joseph Samson a dit en substance : "Si entendre ou chanter du chant grégorien ne mène pas à une vie spirituelle plus intense, rien ne sert de chanter. Si la prière n'apporte pas d'aide, autant se taire. Si elle ne calme pas le tumulte intérieur, autant ne rien faire. Si elle n'a pas le même pouvoir que le silence qu'elle brise, place au silence. Et si le chant grégorien n'encourage pas le silence, il est inutile." C'est une pensée très profonde.

« [...] Ce qu'il est essentiel de retenir, c'est que le chant grégorien est (par-dessus tout) une prière chantée. » (Père Sayles, historien et moine bénédictin, dans le documentaire "Sanctus! The History, Spirit, and Music of The Gregorian Chant", Recherche historique Marc Retish, Musique additionnelle Jon Menell, 1994.)

C'est pour cette raison que les cérémonies religieuses et les actes de foi sont un moment idéal pour l'exécution de ces mélodies sans âge. Il n'existe nulle part dans le monde d'oeuvres musicales aussi anciennes, aussi vastes et pourtant aussi pures que le chant grégorien.

 

Un proverbe bulgare dit que le silence irrite le diable.

Nombre de célébrations liturgiques sont si peu propices au silence que le malin pourrait s’y sentir à l’aise.

Une liturgie faite de silence est souvent le dernier refuge du croyant. Malheureusement, on trouve aujourd’hui trop peu de prêtres qui savent cela. (Source: Pro Liturgia - Actualité du jeudi 19/05/2016 )

 

"Le vrai et bon silence appartient toujours à celui qui veut sa place aux autres, et surtout à tout autre, à Dieu." (Cardinal R. Sarah)

 

 

LireDans la liturgie, Dieu parle à son peuple, le bruit l'en empêche

 

« Le chant grégorien n'est plus audible par celui qui, relativiste, n'admet que ce qu'il comprend ou ressent. Or la liturgie chantée en grégorien nous apprend à déjouer cette prétention: elle nous fait approcher Dieu en shuntant le circuit usé de la connaissance sceptique ou sensuelle (pour reprendre ici une expression du P. Diradourian). Le chant grégorien conserve cette possibilité de connecter l'homme directement au mystère de Dieu qui ne se révèle pas "aux sages et aux intelligents" mais qui se fait "sensible au coeur". Ainsi le chant grégorien, né de la contemplation des mystères divins, est-il une théologie mise à la portée des plus humbles. Voilà pourquoi le concile Vatican II, dans sa Constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie, a jugé nécessaire d'en rappeler toute la valeur. » (Source: Pro Liturgia )

PRO LITURGIA, Vendredi 10/4/2015 : Quelques conseils pour chanter le grégorien...

 

1. CONTRÔLER SA VOIX.

Souvent, nous perdons le contrôle de notre voix dès que nous chantons : nous nous mettons à chanter fort, plus fort que les autres, quand nous pensons bien connaître un chant, ou quand une pièce nous plaît particulièrement, ou encore quand l’accompagnement de l’orgue est trop fort, ou que la puissance des micros de l’église est mal réglée et que celui qui chante à l’ambon incite à chanter... encore plus fort que lui.

Souvenons-nous que même si nous avons à remplir le volume d’un sanctuaire, Dieu n’est pas sourd ! Il nous faut donc sans cesse garder le contrôle de ce que nous chantons, de la façon dont nous chantons. Et garder aussi un bon “tempo” : un chant ne devient pas plus “religieux” parce qu’il est chanté avec lenteur.

Chacun doit donc apprendre à garder le contrôle de sa propre voix : le célébrant à l’autel, le chantre à l’ambon, le choriste à la tribune, le fidèle dans la nef. Pour cela, avant de vouloir chanter à tout prix, il faut apprendre à écouter et à respecter le silence du sanctuaire dans lequel se déploie la louange. Ecouter : c’est essentiel !

 

2. NE JAMAIS CHANTER UNE SUCCESSION DE NOTES.

Le grégorien n’est pas un chant constitué d’une succession de notes, mais d’inflexions vocales. N’oublions jamais que le chant grégorien a été composé et a été chanté en des siècles où les notes n’existaient pas.

Le grégorien est d’abord une parole chantée ou, si l’on préfère, une “parole qui chante”, une “parole devenue chant”. C’est donc bien le mot latin qu’il faut faire chanter ; et au-delà du mot, toute la phrase. Ce qui n’est pas la même chose que chanter une succession de notes et de syllabes sans y mettre le moindre relief !

 

3. APPRENDRE À ARTICULER.

Le respect de la valeur des syllabes - valeur élastique même quand elle est traduite par un simple “punctum” dans les livres de chant - de la couleur des voyelles, du timbre des consonnes... est essentiel.

Chaque mot doit être correctement articulé pour pouvoir être correctement chanté et clairement entendu. C’est ainsi qu’il aura sa propre vie au sein de la phrase grégorienne.

Le latin est une langue qui ne connaît pas les liaisons. Il faut donc éviter de “coller” la fin d’un mot au début du mot suivant. Par exemple, pour “Agnus Dei”, le “s” de “Agnus” achève le mot “Agnus” et ne doit pas coller au mot “Dei”. Il ne faut donc pas entendre “Agnu - sdei” ou encore, comme c’est si souvent le cas dans Messe XVII pour l’Avent et le Carême, “A - gnusde - i”. Même chose dans le “Credo” où l’on entend trop souvent “Patre - momnipotentem”...

 

4. BIEN ACHEVER LES MOTS ET LES PHRASES.

Tout mot latin, toute phrase, a une syllabe finale qui a autant d’importance que l’ensemble du texte de la pièce qu’on chante. Les finales doivent être particulièrement soignées, posées sans heurts et non pas brusquement rompues ou appuyées.

La finale d’un mot achève l’épanouissement de l’accent réalisé sur la syllabe importante de ce mot (= l’accent verbal indiqué par un accent aigu dans les livres de chants : exemple “iustificatiónibus”). Le développement de la syllabe finale d’une phrase met en relief l’atmosphère qui se dégage de l’ensemble de la pièce : son traitement mérite donc un soin particulier.

 

5. NE PAS CHANTER DE FAÇON DISTRAITE.

Il est important de toujours chanter en faisant attention en même temps à ce qui est écrit dans le livre et aux indications données par le maître de chœur.

Ce n’est pas parce qu’on croit bien savoir une pièce grégorienne qu’il faut relâcher son attention : les chantres qui sont sûrs d’eux parce qu’ils connaissent une pièce par cœur sont souvent ceux qui répètent inlassablement les mêmes erreurs. Croyant pouvoir se dispenser de faire attention, ils ne tiennent pas compte des indications données par le maître de chœur et souvent même entraînent les autres choristes dans leurs fautes... C’est ce qui explique que les pièces les plus courantes sont généralement les moins réussies : la fameuse “Messe des Anges” et le populaire “Credo III” sont souvent exécutés d’une façon fort peu... “grégorienne”.

Il faut donc se concentrer et, à la fin d’une pièce, ne pas bouger tant que le maître de chœur n’a pas fait signe qu’on peut poser son livre de chant et tant que le silence qui suit la dernière note chantée n’est pas total. Même le chant d’un “amen” demande de la concentration et de l’application : le “amen” le plus simple se chante sur deux notes. Existe-t-il beaucoup de chorales capables de respecter ces deux notes ? Non. Car en général, par manque de concentration, d’attention, on se laisse entraîner à doubler, à tripler la valeur de ces deux notes, ce qui a pour effet de produire un “amen” pâteux, lent... Surtout si l’organiste croit utile d’accompagner cette acclamation en plaquant deux accords. On entend alors : “aaaaaaaaa - meeeeeeeen”.

 

6. NE PAS RALENTIR LE CHANT.

Le ralentissement est un phénomène naturel : une foule a toujours tendance à ralentir le chant. Il faut donc que les choristes veillent à ne pas chanter lentement, surtout au démarrage des pièces. Le grégorien doit demeurer un chant souple, léger, vivant : évitons de le traîner sous prétexte qu’il est un “chant sacré” et qu’un chant sacré est nécessairement lent (ce que l’on prétendait au XIXe siècle).

Certes, chaque pièce possède sont propre “tempo” et l’on ne chante pas un graduel comme on chante un introït. On ne chante pas non plus un “Credo” - qui est une proclamation - comme on chante un “Sanctus”, qui est une louange où nos voix sont associées à celles des anges (cf. Préfaces).

Enfin, pour ce qui concerne la vitesse du chant, il faut tenir compte de deux autres facteurs importants : l’acoustique de l’église et le nombre de choristes. Une acoustique généreuse impose un “tempo” plus lent. Ceci pour éviter que le chant ne devienne une véritable “soupe”. Une schola composée de 5 ou 6 choristes chevronnés, habitués à chanter ensemble, permet un chant plus souple, plus allant, qu’une chorale de 30 personnes. De ce fait - pour ne prendre que cet exemple - un verset d’ “Alleluia” chanté par 5 chantres (ce qui est suffisant) devra être plus fluide que l’ “Alleluia” orné de son “iubilus”. Il ne faut pas hésiter à marquer ces contrastes pour respecter le style de chaque pièce.

 

7. RESPIRER CALMEMENT.

La respiration est d’autant plus importante que le grégorien impose parfois de chanter de longues successions de notes : des mélismes.

Pour réussir à chanter une longue phrase musicale, mieux vaut ne pas attendre le dernier moment pour reprendre son souffle : mieux vaut respirer souvent - et surtout calmement - pour bien remplir ses poumons. Cette façon de faire permet d’aller plus loin dans la phrase suivante.

Pour bien respirer, il faut “quitter le chant” doucement - ce qui ne peut se faire que si l’on n’est pas déjà à court d’air -, continuer à chanter dans sa tête pour ne perdre ni le “tempo” ni le texte, puis revenir dans le chant en fondant sa voix dans le chœur sans attaquer brutalement la note sur laquelle on repart. De cette façon, il n’y aura pas de “trou” dans le chant... ce qui se produit généralement quand tous les chantres attendent consciencieusement d’être à bout de souffle pour respirer et reprennent inévitablement de l’air tous au même moment.

 

8. AVOIR UNE BONNE TENUE.

Pour bien chanter, il est nécessaire d’avoir une bonne tenue : être bien droit et avoir une bonne assise sur les deux jambes... sans être raide.

Il faut tenir son livre des deux mains et à hauteur de la poitrine, ce qui permet de suivre le texte et les notes tout en gardant toujours un œil sur les indications gestuelles données par le geste du maître de chœur.

La tête doit rester droite : ce sont les yeux qui travaillent et qui bougent pour suivre la direction du maître de chœur, et non le cou ou la nuque. Il faut absolument s’interdire tout geste, tout mouvement qui conduirait à faire sa propre direction du chant, indépendante de celle du maître de chœur. Dom Cardine, à Solesmes, disait que même emporté par le chant, le choriste n’a le droit que de remuer discrètement un orteil dans sa chaussure... Enfin, il ne faut jamais regarder ailleurs que devant soi, même si le voisin fait une fausse note ou s’il y a un bruit distrayant quelque part : la pratique du chant grégorien n’est pas difficile en elle-même, mais elle exige toujours une certaine discipline.

 

9. APPRENDRE À “ECOUTER LA PARTITION” AVEC LES YEUX.

Avant de vouloir chanter, il convient d’avoir une vue d’ensemble de la partition musicale, de la pièce : il faut donc, avant tout, avoir préalablement repéré les notes essentielles, les formules mélodiques qui reviennent en plusieurs endroits, les montées et les descentes importantes, les mots soulignées par des notes particulières ou des mélismes, les phrases musicales qui se répondent ou s’opposent... etc.

Quand l’œil a bien fait ce premier travail de déchiffrage, alors l’ “oreille intérieure” se met à l’ouvrage à son tour : elle permet d’entendre déjà en soi-même, grosso modo, la mélodie de la pièce. Certaines subtilités apparaissent alors et se mettent déjà en place : en travaillant la pièce avec les autres choristes, on ne sera plus surpris par tel ou tel passage délicat.

Quand l’oreille intérieure a correctement achevé son travail, c’est alors la voix qui entre en action. A ce moment, il faut bien s’écouter soi-même et prendre conscience de ce que l’on fait : il faut contrôler si ce que l’on chante correspond bien à ce que l’on avait entendu intérieurement et se souvenir qu’une bonne exécution d’une pièce grégorienne résulte d’un subtil dosage de 20% de chant... et de 80% d’écoute attentive.

Enfin, le maître de chœur corrige, achève et parfait le travail.

 

10. L’ORGANISTE.

L’organiste donne le ton d’une pièce sans faire de fioritures.

Il accompagne le plus discrètement possible en veillant à être dans le mode de la pièce. (Un bel exemple d’accompagnement qui ne respecte habituellement pas le mode d’une pièce est celui du “Credo I” : dans les livres d’accompagnements, il est systématiquement donné en majeur alors que le 4e mode dans lequel il est écrit impose le mineur).

Aux respirations, l’organiste devance très subtilement les choristes afin que ceux-ci ne soient pas hésitants à la reprise de la note qui débute la phrase musicale suivante.

L’organiste ne traîne pas, surtout lorsqu’il s’agit d’accompagner une assemblée qui a l’habitude de ralentir. Il s’abstient d’utiliser des jeux de 2’ ou des fournitures, lesquelles ont généralement pour effet de faire “brailler” les assemblées qui, à ce moment, ne font plus attention à la façon dont elles chantent.

 

11. LE MAÎTRE DE CHŒUR.

Il reste un mot à dire à propos du maître de chœur. Ou plutôt de sa direction. Partons du principe qu’il connaît les bases de l’interprétation du chant grégorien : l’importance de l’accent latin, le sens à donner à chaque épisème en fonction de sa place dans le texte, le rôle joué par les “coupures neumatiques” qui structurent les pièces ornées ainsi que les mélismes... etc. Ne donnons donc ici que quelques conseils - ou “trucs” - qui aideront à obtenir la meilleure interprétation possible du chant. Il conviendra surtout :

- d’éviter une direction à deux temps ou qui fait des “moulinets” ;

- d’éviter une direction faite de gestes trop “morcelés” qui conduiraient à briser l’unité des mots et des phrases ;

- de donner de l’élan au chant, surtout dans les passages ascendants ; et pour cela mieux vaut s’interdire de faire comme des vagues en agitant les bouts des doigts ; mieux vaut toujours “porter” le chant en le dirigeant paumes des mains dirigées vers le haut ;

- d’éviter de laisser tomber - ou mourir - les fins de phrases (même là, la paume de la main est dirigée vers le haut afin de faire sentir que la dernière syllabe doit être correctement posée) ;

- de préparer le bon tempo d’une pièce afin que l’interprétation ne donne pas l’impression de démarrer de façon “poussive” et de n’atteindre sa “vitesse de croisière” qu’après échauffement des choristes.

 

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 15:27

Depuis quelques semaines, à l’église Saint-Joseph de Biarritz (ancien couvent des dominicains), desservie par les prêtres de la Communauté saint Martin, les messes de semaine sont célébrées versus orientem à l’autel du saint sacrement. Un exemple à suivre.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 14 septembre 2018

Église Saint-Joseph de Biarritz : Messe versus orientem
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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 15:21

On dit, avec raison, que dans la liturgie, Dieu parle à son peuple.

Mais si, au cours des célébrations liturgiques, le peuple ne s’emploie plus qu’à chanter, à remuer, à faire des commentaires... alors, le bruit qu’il fait ne permet plus à Dieu de se faire entendre. Et le peuple, tout occupé qu'il est à s'exprimer, ne peut plus écouter Dieu.

On dit qu’il faut « animer » les célébrations liturgiques. Réfléchissons : « animer » signifie « donner une âme ». Si donc il faut « animer » les célébrations, c’est que les messes n’ont plus d’âme... Quand une messe n’a plus d’âme, elle devient morte, ennuyeuse, pénible. Voilà pourquoi certains célébrant essaient de trouver un « truc » qui rendra la célébration moins rebutante : rondes, fabrication de panneaux, mots d’accueil et souhaits de bon dimanche... Il faut bien trouver des occupations pour passer le temps en attendant le « allez dans la paix du Christ » libérateur.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du jeudi 6 septembre 2018

Dans la liturgie, Dieu parle à son peuple, le bruit l'en empêche
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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 21:06
Témoignage d'un organiste

Témoignage d’un fidèle :

« Bien qu’étant organiste, je ne suis attaché à aucune paroisse. Le dimanche, je ne joue nulle part. Ce qui m’évite de devoir accompagner des célébrations sans intérêt du fait que le célébrant s’attache davantage à suivre le programme élaboré par l’équipe liturgique locale que le missel romain. Et puis, restant dans la nef au lieu d’être sur une tribune, il m’est plus facile de quitter les lieux lorsque la célébration devient indigente au point d’être insupportable.

N’ayant pas de service dominical régulier à assurer, il m’arrive assez régulièrement de recevoir des appels téléphoniques : « Nous ne trouvons pas d’organiste pour dimanche prochain ; est-ce que vous accepteriez de nous dépanner ? » Comme je fais partie de cette génération d’organistes qu’on a “gentiment” évincés dans les années 1970-80 au motif que pour attirer les jeunes à l’église il fallait faire des “messes rythmées” au cours desquelles les guitares et les batteries devaient remplacer l’orgue, j’ai parfois envie de répondre : « Vous devriez plutôt faire appel à des membres des anciens groupes de rock qui ont pris la place de nos anciennes chorales. » Je m’abstiens, bien sûr, et je demande plutôt quel “type de messe” il s’agit d’accompagner. Et là, j’obtiens généralement deux sortes de réponses : soit il s’agit d’accompagner une messe “de S. Pie V”, soit il s’agit d’accompagner une messe paroissiale “ordinaire”.

Lorsqu’on me précise qu’il est question d’accompagner une messe “de S. Pie V”, j’accepte. Les choses sont simples : il suffit d’arriver à l’heure à l’église, de monter à la tribune, de se mettre aux claviers de l’orgue, d’ouvrir le “paroissien romain” (le missel) à la bonne page et... d’accompagner la messe. Pas besoin d’aller chercher un programme de chants à la sacristie ; pas besoin de demander au célébrant ce qu’il fera et comment il fera... Tout juste est-il nécessaire de prévoir, avant la messe, une demi-heure de répétition avec les choristes afin d’accorder le chant avec l’accompagnement. Quant à la messe, elle se déroule toujours comme elle doit se dérouler : il n’y a ni mauvaises surprises, ni fantaisies du célébrant.

Lorsqu’on me précise qu’il s’agit d’accompagner une messe paroissiale “ordinaire”, je me risque habituellement à demander : « Qu’est-ce que vous chantez ? Quel est le programme ? » Et là, les réponses varient du tout au tout d’une paroisse à l’autre avec, cependant, un point commun : le grégorien ne subsiste plus, dans le meilleur des cas, que pour le “Credo”.

Récemment, lorsque j’ai demandé à la personne qui me téléphonait quel était le “programme”, il m’a été répondu : « Nous chantons ce qui se chante dans les autres paroisses. » « C’est-à-dire ? » ai-je demandé. Et là, j’ai eu droit au programme concocté par l’équipe liturgique locale : en guise de pièces du Propre, les rengaines habituelles et en guise de l’Ordinaire, des machins en français qui ne respectaient pas les textes officiels et dont les refrains rappelaient l’air de la poule sur un mur qui picotte du pain dur. Bien entendu j’ai répondu à la personne que j’avais au bout du fil que je n’accompagnais pas ce genre de messe parce qu’elle ne respectait pas la liturgie de l’Eglise catholique. J’ai alors senti que ce que je venais de dire là passait à des années-lumières de mon interlocuteur, les explications que je tentais de donner me faisant passer pour un indécrottable “traditionaliste qui refuse les messes conciliaires”. “Traditionaliste” ? J’assume de porter cette étiquette qui fait bien rire les personnes qui me connaissent.

Parfois, lorsque le “programme” de la messe paroissiale “ordinaire” me paraît relativement classique et que je sais que le célébrant n’est pas spécialement un innovateur en liturgie, j’accepte de venir dépanner. Mais même dans ce cas, il faut que je m’attende tout au long de la célébration, à des variations plus ou moins insolites auxquelles je devrai m’adapter : ici, c’est le “Je confesse à Dieu” qui passe à la trappe ; là c’est l’embolisme qui suit le “Notre Père » qui est systématiquement omis ; ailleurs le pain et le vin sont offerts ensemble au moment de l’offertoire... Et presque partout, il faut subir un animateur qui, sans aucune formation musicale, fait traîner une assemblée ne sait plus s’il faut le suivre lui ou s’il faut se caler sur l’orgue. Presque partout le service d’autel d’une liturgie minimaliste est assurée par deux ou trois fillettes obligées de donner des coups de tête pour remettre leur queue de cheval en place. Presque partout, les lectures sont assurées par des dames qui, arrivée à l’ambon, commencent par mettre sur le nez leurs lunettes à verres progressifs... Partout ces mêmes tics, ces mêmes mauvaises habitudes qui donnent aux célébrations paroissiales cette désagréable impression d’être défectueuses sur le plan liturgique.

Mais surtout, ce je vois surtout et c’est ce qui est inquiétant, c’est que les jeunes pour lesquels on organise des messes-spectacles à l’occasion des communions solennelles ou des confirmations ne sont pas là : pas un seul ! Ces messe paroissiales “pauvrettes” font systématiquement le vide autour d’elles.

Telles sont les choses que je constate quand il m’arrive d’accepter d’accompagner à l’orgue une messe dominicale. Service qui, bien souvent, se limite à n’être plus qu’une B.A. dominicale qui, sur le plan, de la foi ne m’apporte vraiment pas grand-chose. »

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 19 juin 2018

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 20:51
Comment notre monde a cessé d'être chrétien ?

Seuls 3% des fidèles catholiques vont à la messe le dimanche. Les séminaires sont pratiquement vides. Le nombre de jeunes refusant d’aller au catéchisme et d’être confirmés est en augmentation. Les statistiques sont là, implacables. On nous dit que cette situation n’est pas imputable à nos évêques : ils ont fait ce qu’ils ont pu mais leurs directives n’ont pas été suivies. Vraiment ? Que celui ou celle qui se souvient d’avoir entendu un évêque rappeler les normes liturgiques et avoir ouvertement soutenu ses prêtres qui respectaient le missel romain lève le doigt. Personne ? En fait, les évêques ont été - et sont encore, à deux ou trois exceptions près - les grands responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui vient de ce que les directives qu’ils ont données allaient toutes dans des directions opposées à celle indiquée par l’Eglise, comme le montre le sociologue Guillaume Cuchet dans « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (éd. du seuil, 2018) et comme l’a laissé entendre Mgr Gaidon dans « Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise » (éd de l’Emmanuel) ou encore l’académicien André Frossard dans « Le parti de Dieu ; lettre ouverte aux évêques » (éd. Fayard). Voici pêle-mêle ce qui fut fait au cours des années 1970-90 (les plus anciens s’en souviennent) avec la bénédiction de nos pasteurs diocésains et qui a aura conduit, sans faire de bruit, à la situation calamiteuse qui se prolonge actuellement :


 

1. Liturgie :

- retournement des autels et généralisation des « messes face au peuple » ;

- suppression des messes en latin (nous parlons ici uniquement de la « forme ordinaire ») et limitation drastique du chant grégorien ;

- suppression de la confession individuelle au profit d’absolutions collectives célébrées les veilles de grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint) ;

- suppression des agenouilloirs afin que les fidèles ne puissent plus exprimer un sentiment d’adoration ;

- obligation de rester debout pour recevoir la communion et de prendre l’hostie dans les mains ;

- encouragements à chanter « par Lui, avec Lui et en Lui... » avec le célébrant à la fin de la prière eucharistique ;

- suppression du « Je confesse à Dieu » et du rite du lavement des mains à l’offertoire ;

- obligation de truffer la messe de mots d’accueil, de bienvenue et de souhaits de « bon dimanche » ;

- liberté laissée aux célébrants de modifier ou d’ « adapter » tel rite, telle oraison ;

- liberté laissée aux prêtres de ne pas revêtir la chasuble pour célébrer la messe ;

- appel lancé aux fillettes pour servir la messe ;

- systématisation de la distribution de la communion par des laïcs ;

- messes épiscopales célébrées dans des cirques, des aut-tamponneuses, des salles de sport, des salles de spectacles...

- liturgies « revisitées » par des « équipes d’animation pastorale » regroupant des laïcs qui n’ont jamais lu ni les textes conciliaires ni la Présentation Générale du Missel romain.


 

2. Catéchèse.

- publication de parcours catéchétiques (le plus bel exemple étant « Pierres vivantes ») passant sous silence les connaissances de base de la doctrine catholique ;

- catéchèses paroissiales assurées par des laïcs peu formés et parfois même non-pratiquants ;


 

3. Séminaires ; formation des candidats au sacerdoce.

- aucune formation liturgique solide ;

- discrédit jeté sur les candidats au sacerdoce qui veulent mettre en application des enseignements du Concile.


 

4. Clergé.

- obligation faite aux prêtres d’abandonner l’habit ecclésiastique, le costume-cravate de « cadre légèrement supérieur » devenant le signe distinctif des évêques.

- obligation de passer sous silence des documents magistériels tels que le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres », l’ Exhortation « Sacramentum Caritatis », l’Instruction « Redemptionis Sacramentum »...


 

Nous récoltons aujourd’hui ce qui fut semé hier par nos évêques...

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi 20 juin 2018

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 14:20

Viens Esprit de sainteté, viens, Esprit de lumière

 

R. Viens, Esprit de sainteté,

viens, Esprit de lumière,

Viens, Esprit de feu,

viens, nous embraser.

 

1. Viens, Esprit du Père, sois la lumière,

Fais jaillir des cieux ta splendeur de gloire.

 

2. Viens, onction céleste, source d'eau vive,

Affermis nos cœurs et guéris nos corps.

 

3. Esprit d'allégresse, joie de l'Eglise,

Fais jaillir des cœurs, le chant de l'Agneau.

 

4. Fais-nous reconnaître l'amour du Père,

Et révèle-nous la face du Christ.

 

5. Feu qui illumines, souffle de la vie,

Par toi resplendit la croix du Seigneur.

 

6. Témoin véridique, tu nous entraînes

A proclamer : Christ est ressuscité !

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 14:44

Source: Aurelio Porfiri

La Nuova Bussola Quotidiana

14-05-2018

La beauté de la liturgie comme instrument de conversion

La bellezza della liturgia come strumento di conversione, La Nuova Bussola Quotidiana

 

Il fut un temps où l'on pensait que la pleine beauté des rites liturgiques de l'Église catholique était un instrument efficace de conversion. Après tout, Benoît XVI a également dit que les deux grandes preuves de la vérité du catholicisme sont la beauté et la sainteté. Cela était connu par le frère Jean de Marignol (Giovanni de Marignolli), envoyé en mission dans l'empire chinois (alors dominé par la dynastie Yuan d'origine mongole). Déjà ici d'autres frères franciscains étaient actifs, tels que Jean de Montecorvino (Giovanni da Montecorvino), Jean de Plan Carpin (Giovanni da Pian del Carpine) et Odoric de Pordenone (Odorico da Pordenone), entre autres. Mais la mission chinoise sera toujours parmi les plus difficiles, pour diverses raisons.

 

Giovanni de Marignolli était probablement d'origine florentine, sa famille était active dans le village de San Lorenzo. En 1338, il fut chargé d'une mission spéciale: "Après avoir pris l'habit franciscain de Sainte Croix à Florence, il fut lecteur à l'étude de Bologne, où deux documents attestent sa présence entre mars et décembre 1332. En 1338, il était à Avignon. d'où il est parti avec un grand groupe de confrères pour une mission diplomatique décidée par le Saint-Siège dans l'empire mongol du khan Togan Temur (décembre 1338). Le but de la mission était de répondre aux pressions répétées de la cour mongole et des dignitaires chrétiens y travaillent pour rétablir une présence franciscaine après la mort de l'archevêque de Pékin, Giovanni da Montecorvino, décédé dix ans plus tôt. Le prélat n'a pas encore été remplacé bien que Jean XXII, le 18 septembre 1333, ait nommé le successeur en la personne du frère mineur Nicolò, qui est décédé l'année suivante avant d'arriver à cet endroit.

Pour des raisons non précisées, le chef de la délégation nommée en 1338 par Benoît XII, Nicolas Bonet, doit rapidement revenir à Avignon et M. prend sa place, même s'il n'y a pas eu de disposition officielle pour le sanctionner. Déjà à Constantinople, en mai 1339, il tenta un rapprochement avec le patriarche grec Jean (XIV) Calecas. Le 24 juin, M., passant par Caffa et Azov, arriva à Saraj, accueilli par Uzbek Khan qui lui fournit des chevaux et des vivres. En 1340, la mission atteignit Almalyk, dans le territoire de Khazko, où se trouvait déjà un important peuplement franciscain détruit par Ali Sultan qui, contrairement à son prédécesseur Kazan Khan, avait banni toutes les religions non musulmanes du Khanat. La mission, n'ayant pas respecté l'édit de proscription, avait été dévastée et trois frères, un tertiaire, deux convertis, un marchand et l'évêque Riccardo de Burgundia avaient été tués l'année précédant l'arrivée de Marignolli. Après la mort d'Ali Sultan, M. a été en mesure de rétablir de bonnes relations avec les nouveaux dirigeants et de financer et reconstruire la communauté, l'achat de terres pour de nouveaux logements et la construction d'une nouvelle église.

Quelques frères de la délégation s'arrêtèrent ainsi à Almalyk pour reprendre le travail des frères tués. En 1342, M. atteint Pékin, après avoir traversé le désert de Gobi. Accueillis en audience solennelle par Togan Temur le 12 août, les trente-deux frères ont remis les lettres du pape et ont repris l'activité d'assistance spirituelle aux chrétiens résidant à la cour. Le khan fournissait directement aux mineurs, en leur fournissant également des sommes substantielles (que M. estimait à environ 4000 marks), comme coutume des tribunaux mongols, coutumier d'accorder aux frères frères, c'est-à-dire des vitalités et des subsides impériaux" (Paolo Evangelisti, Giovanni de Marignolli, Dictionnaire biographique des Italiens, Volume 70, 2008).

Bref, le bon frère Jean avait réussi à rétablir une relation qui n'était pas facile compte tenu des différentes distances, non seulement géographiques, mais aussi culturelles, qui étaient peut-être encore plus importantes. Là où Jean, m'intéresse particulièrement ici, c'est lorqu'il nous donne ce beau témoignage dans sa Relatio de sa rencontre avec le Khan: "Nous avons été admis en présence du Khan, je portais les vêtements sacrés, j'étais précédé d'une belle croix et accompagné de bougies et de l'encens, en chantant le Credo in unum Deum en présence du Khan, qui attendait dans son glorieux palais. Quand le chant fut fini, je lui donnai ma bénédiction solennelle, qu'il reçut avec humilité" (dans Jean Pierre Charbonnier, Chrétiens en Chine, Ignatius Press, 2007, ma traduction). Comme il est bon de penser que l'annonce faite par le frère italien est partie de la beauté de la liturgie, des vêtements sacrés, des bougies et de l'encens, de la solennité du latin, du chant liturgique. Le Khan l'a reçu avec beaucoup de respect, même s'il ne s'est pas converti personnellement. Mais comme dit, les distances culturelles entre les deux mondes étaient certainement énormes.

J'aime à penser que la "diversité catholique" fortement affirmée à travers sa liturgie a certainement mérité ce respect et ce soutien de l'empereur mongol, une étape dans une histoire qui verra alors beaucoup de lumières et d'ombres.

 

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 05:10
La cohérence de la liturgie est indispensable

Source: Pro Liturgia, Actualité du samedi 10 février 2018

 

Dans certaines paroisses, on trouve des messes célébrées dans le respect du missel romain. Il ne manque rien ; tout est à sa place. On ne peut faire aucun reproche au célébrant. Et pourtant... certaines de ces messes sont comme “fades”, “atones”. Elles se déroulent dans un climat qui n’a rien ou pas grand-chose de réellement convaincant, d’attirant.

 

Peut-être manque-t-il tout de même quelque chose à ces messes impeccables sur le plan du rituel ? A y regarder de plus près, on s’aperçoit que ce qui fait défaut est la “cohérence”. Tout y est mais... sans “cohérence”.

 

Que doit-on entendre par “cohérence” ? En latin, “cohaere” signifie “être étroitement uni, faire corps avec, être en concordance avec, former un tout uniforme”.

Pour le terme “cohérent”, le dictionnaire Larousse donne comme définition : “qui se compose de parties unies, harmonisées entre elles”.

 

 

Il peut donc arriver que, lors de messes où le rituel est parfaitement respecté, on sente que les différentes parties ou étapes de la liturgie ne sont pas parfaitement harmonieusement unies entre elles. La célébration liturgique apparaît alors non plus comme un tout se déroulant selon un processus de continuité allant du signe de croix initial à l’ “ite missa est final”, mais plutôt comme un ensemble de “morceaux” venant s’ajouter les uns aux autres.

Le mot “cohérent” se rapporte à l’ “aptitude à être en interférence” ou encore à la “faculté de corrélation des interdépendances réciproques”. Autrement dit, au cours d’une célébration, chaque élément composant la liturgie ne devrait pas être pris pour lui-même mais être mis en œuvre en respectant les interactions qu’il entretient avec l’ensemble des rites.

C’est cette cohérence qui donne vie à une célébration, qui permet qu’une liturgie puisse être autre chose que la simple mise en œuvre de rites successifs (chants, déplacements, gestes...)

Le problèmes, c’est que la “cohérence” ne s’apprend pas : elle se ressent ; elle se vit ; elle s’expérimente à travers l’ “ars celebrandi”, lequel ne peut germer et grandir que dans la prière et le silence.

Il y a des prêtres - et une majorité de fidèles - qui sont insensibles à l’ “incohérence” de certaines messes où pourtant, le célébrant fait exactement ce qu’il doit faire. Ces prêtres-là et ces fidèles-là déploreront - à juste titre - que ces messes “bien célébrées” n’attirent pas grand monde le dimanche. Ils ne verront pas que le problème vient du manque de “cohérence” qui peut tenir à peu de choses : au dessin d’une chasuble, à la pièce que va jouer l’organiste, au ton de voix du célébrant, à l’agencement du chœur...

Une liturgie ne peut être attirante et ne peut subjuguer que s’il elle apparaît comme un tout formées de parties proportionnées et harmonieuses s’enchaînant selon un rapport logique excluant toute irrégularité touchant aux formes, aux couleurs, aux sons, aux attitudes, au temps.

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 04:32
Une pétition mondiale aux évêques: nous demandons des agenouilloirs pour les fidèles qui veulent recevoir la communion à genoux

Aujourd'hui, nous voulons relancer une initiative qui nous semble à la fois légitime et souhaitable, à un moment où le sens du sacré est continuellement érodé, également au sein de l'Église, par d'autres préoccupations et priorités, souvent liées aux modes passagères. Nous reproduisons ici une lettre que l'ex-préfet de la Congrégation pour le Culte divin, le cardinal Canizares, aujourd'hui archevêque de Valence, a envoyée à ses prêtres en janvier, et que l'on peut trouver à Nuova Bussola Quotidiana. Entre autres choses, se référant à une lettre pastorale d'il y a quelque temps, l'archevêque a écrit :

 

"Dans cette même lettre je me suis rappelé comment échanger le signe de la paix et comment recevoir la communion. Je vous avoue qu'il y a des moments où je suis en colère de voir comment certaines personnes s'avancent, sans aucun souvenir ni dévotion, sans aucun geste d'adoration, comme si elles prenaient un biscuit ou quelque chose de semblable. J'insiste sur ce que j'ai dit dans cette lettre sur l'Eucharistie: on peut recevoir la communion directement dans la bouche, ou avec la main pour ensuite placer le Corps du Christ dans la bouche. Mais je dois ajouter que la forme la plus conforme au mystère du Corps du Christ que l'on reçoit est de le recevoir agenouillé et dans la bouche. En disant cela, je ne remets pas l'horloge en marche; Je dis simplement ce qui est en accord avec [la nature de] la communion."

 

Et précisément ces jours-ci, une demande a été faite, à tous les évêques catholiques, à laquelle n'importe qui peut montrer son soutien en la signant. C'est le texte.

 

Lettre adressée aux évêques de l'Église catholique

 

Nous demandons des agenouilloirs pour les fidèles qui souhaitent recevoir l'Eucharistie à genoux; une pétition promue par le "Comité uni au Jésus eucharistique à travers les très saintes mains de Marie".

Nous demandons prie-dieu pour les fidèles qui désirent recevoir Jésus eucharistie à genoux; une pétition promu par le “Comité d'Organisation de la célébration Eucharistique, Jésus, par la très Sainte Mains de Marie.”

 

Sur la réception de la communion dans la main

 

Afin de comprendre l'importance de la manière dont la Sainte Communion est reçue, il est nécessaire de commencer par une brève réflexion sur la signification de la Messe, au cours de laquelle le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Le document Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II affirme deux choses centrales: la Messe en tant que sacrifice et la Présence réelle. En outre, la formulation du Catéchisme de l'Église catholique, sous la direction du [Cardinal] Ratzinger, a réaffirmé ces connotations catholiques concernant l'Eucharistie. C'est le pape même qui conclut le Concile, Paul VI, qui se sentait même enclin à publier une lettre encyclique dans laquelle il réaffirmait le caractère sacrificiel de la messe et la validité légitime de l'adoration eucharistique par les fidèles en dehors de la messe.

 

Entre-temps, les conférences épiscopales nationales ont eu la faculté d'accorder un indult pour la réception de l'Eucharistie dans la main, les bancs de communion et les prie-Dieu ont été éliminés, les tabernacles ont été déplacés du centre des églises, nonobstant le fait que le Catéchisme (toujours en 1992) a réaffirmé que le tabernacle devait être situé "dans un endroit particulièrement digne dans l'église et devrait être construit de telle façon qu'il souligne et manifeste la vérité de la Présence Réelle du Christ dans le Saint Sacrement." Concernant la question de la réception de l'Eucharistie, il faut surtout se rappeler que dans les documents conciliaires - y compris ceux qui font les déclarations les plus progressistes concernant les innovations les plus significatives proposées dans la liturgie - on ne parle pas de la communion dans la main. Et pourtant, elle est considérée comme quelque chose que le Concile voulait, même si le Concile ne l'a même pas abordé. En réalité, la réception de la Sainte Eucharistie dans la main reste seulement un indult du Siège Apostolique. Lorsque les évêques italiens ont approuvé la communion dans la main (avec une majorité de deux voix seulement), il y avait ceux, comme le Président de la Conférence épiscopale qui était évidemment contre et très inquiet, qui avaient inséré une recommandation aux fidèles, en particulier aux enfants et aux adolescents, qu'ils doivent être sûrs que leurs mains étaient propres. Au lieu d'arrêter l'abus, ils ne se sont préoccupés d'abord que d'essayer de limiter l'ampleur de la profanation. C'est précisément cette génération de jeunes catholiques, élevée dans les années 80 et 90 qui (hormis la contre-tendance des groupes de prière liés à la Tradition ou aux apparitions de Medugorje) manifestent un certain désintérêt pour le dévouement et l'adoration de la Sainte Eucharistie, n'ayant aucune perception de Qui est reçu. Le document en question - l'Instruction sur la Communion Eucharistique - est celui de mai 1989, suivi du décret de la Conférence Épiscopale Italienne qui le contient, daté du 19 juillet 1989 et entré en vigueur le 3 décembre de la même année, le Premier Dimanche de l'Avent.

 

Le texte de l'Instruction sur la Communion Eucharistique concernant cette nouvelle manière de recevoir l'hostie consacrée explique: "Il semble particulièrement approprié de se présenter processionnellement à l'autel et de recevoir l'Eucharistie debout, avec un geste de révérence, professant avec un "Amen" "la foi dans la présence sacramentelle de Christ." Nous rappelons que nous avons ici affaire à un indult. Par l'intermédiaire de l'Instruction Memoriale Domini promulguée par la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin le 29 mai 1969, le Saint-Siège a autorisé les conférences épiscopales individuelles à demander à la faculté d'introduire la pratique de la communion dans la main. Une possibilité n'oblige pas! Pourtant, ce n'est pas une question non pertinente, car elle ne concerne personne d'autre que la présence réelle de Jésus. Ce n'est donc pas une simple pratique des traditionalistes; c'est plutôt l'affaire centrale de toute l'Église qui, avant de s'occuper des questions écologiques, ou de la question des immigrés, doit garder et protéger le Seigneur eucharistique avec cet amour et cette fidélité avec lesquels saint Joseph protégeait l'Enfant Jésus. Dans l'Eucharistie, en effet, par amour pour les âmes, Jésus se rend vulnérable comme il était quand il était petit enfant, attaqué par la haine meurtrière d'Hérode.

 

Cet aspect a été configuré par Mgr Schneider comme ius Christi, c'est-à-dire la loi du Christ. Récemment, commentant cette intuition de Schneider, le cardinal Burke, reconnaissant de cette intuition, a déclaré: "rappelant l'humilité totale de l'amour du Christ qui se donne à nous dans la petite Hostie, fragile par nature, Mgr Schneider rappelle notre attention à l'obligation grave de protéger et d'adorer Notre Seigneur. En effet, dans la sainte communion, il est ému par son amour incessant et incommensurable pour l'homme, il se fait le plus petit, le plus faible, le plus délicat d'entre nous. Les yeux de la Foi reconnaissent la Présence Réelle dans les fragments, même les plus petits, de l'Armée Sacrée, et nous conduisent ainsi à aimer l'Adoration." Comme saint Thomas d'Aquin l'a enseigné, Jésus est réellement présent dans son moindre fragment d'Hostie consacrée. Le grand théologien dominicain a affirmé que l'Eucharistie est sacrée et ne peut donc être touchée que par des mains consacrées; il a fait référence à la pratique de recevoir la communion seulement sur la langue, de sorte que la distribution du Corps du Seigneur ne serait faite que par le prêtre consacré. Il en est ainsi pour plusieurs raisons, parmi lesquelles le Docteur Angélique mentionne aussi le respect envers le Sacrement, qui "ne doit pas être touché par tout ce qui n'est pas consacré: et donc le corporal, le calice, et aussi les mains du prêtre sont consacrés, afin de pouvoir toucher ce sacrement. Il n'est permis à personne d'y toucher en dehors des cas de nécessité: si, par exemple, il doit tomber sur le sol, ou dans d'autres situations similaires."

 

Une expérience menée aux États-Unis a démontré que, en plaçant la communion dans la main, divers fragments, difficiles à voir à l'œil nu, restent d'abord imprimés dans la paume de la main, puis tombent au sol. En outre, avec le risque de profanation continue, il y a aussi le problème des "messes noires" et des cercles sataniques qui, presque étonnés de la nouvelle pratique, peuvent maintenant plus facilement voler l'hostie et l'emporter. Récemment, diverses voix isolées mais significatives ont été soulevées dans l'Église, appelant à une réflexion sur les dommages causés et les risques de communion dans la main. Le travail pluriannuel de Mgr Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, qui, dans plusieurs essais traduits en plusieurs langues, a courageusement dénoncé les grands dangers de la communion dans la main mérite une mention particulière. De même, Benoît XVI, bien qu'il se soit prononcé en faveur des deux pratiques (à la fois agenouillées et à la main), a toujours voulu privilégier la pratique de l'agenouillement lors des messes pontificales. Plus récemment, le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin (qui signifie l'homme n ° 1 de la liturgie catholique!) a parlé à Milan avec des mots sans équivoque sur les dangers de la communion dans la main. Aussi digne de mention en Italie est le fr. Giorgio Maffei qui se bat depuis longtemps sur ce sujet. Il a fait de nombreux appels, tous tombant dans l'oreille d'un sourd, dans lequel, avec un zèle sacerdotal authentique, il a fait appel à ses frères prêtres, comme par exemple dans une de ses diverses contributions sur ce thème: "avec la pratique de la communion dans la main, les fragments restent sur les mains des fidèles, qui habituellement ne les regardent même pas, ne s'en soucient même pas ou ne s'en aperçoivent pas, de sorte que les fragments finissent au sol où ils sont piétinés, emportés et profanés. Ceci est bien connu, et tous les prêtres le savent bien, car comme on l'a dit, ils en ont une expérience quotidienne.

 

Aussi les jeunes prêtres, qui ont été chargés de donner la communion et de ne pas utiliser le plateau de communion, connaissent aussi ce problème particulier de perdre des fragments de l'Hostie, même quand on ne la touche pas. Les fidèles ont moins d'expérience et sont moins coupables que les prêtres." Ce prêtre traditionaliste bien connu a également favorisé au moins la réintroduction du plateau de communion, argument pour lequel il a subi l'humiliation et le ridicule d'un prêtre jugé démodé qui ne comprend pas ce que sont les "vrais problèmes". Cependant, le fr. Maffei a fermement soutenu que l'utilisation du plateau de communion peut réduire de manière significative le risque concret de fragments tombant au sol lors de la Communion. A plusieurs reprises, non sans raison, ce prêtre de Bologne a même exprimé son inquiétude quant au risque d'excommunication pour ceux qui ont permis la profanation des fragments de l'Hostie par la pratique de la communion dans la main, car, a-t-il dit, un péché commis contre Dieu et son Christ est un signe avant-coureur d'excommunication, et quel péché plus sérieux pourrait-il y avoir que celui d'un outrage contre les espèces eucharistiques? Parmi les mystiques, nous rappelons le témoignage de l'Autrichienne Maria Simma, qui avait un rapport exclusif avec les âmes du Purgatoire, qui lui révéla que tous les pasteurs de l'Église qui avaient approuvé la communion dans la main, s'ils mouraient en l'état de grâce resterait néanmoins au purgatoire jusqu'au jour où l'Église révoquerait l'indult le permettant.

 

Il est possible de penser que cette innovation, qui ne provenait pas du Concile Vatican II, du moins pas directement, est née du mouvement [après Vatican II] qui s'est infiltré dans les rangs des Conférences épiscopales nationales, en particulier celles de l'Europe du Nord. Ce mouvement prétendait revenir à la pratique de l'ancienne foi, mais cherchait en fait à délégitimer toutes les réformes faites par le Concile de Trente. Je vais essayer de m'expliquer mieux. Tous les cercles qui demandaient la communion dans la main étaient liés de façon radicale à la théologie progressiste avec son origine dans le modernisme. En réalité, le slogan d'un retour souhaité aux sources patristiques (aussi attrayantes et méritoires que cela puisse paraître) signifiait de la part de ces personnes le discrédit de l'époque du Concile de Trente. Et pourquoi? Car le discrédit de l'époque du Concile de Trente permettrait la réhabilitation de Martin Luther. C'était une considération de Ratzinger, le théologien, juste après le Concile. Et ainsi, en tout cas, la réforme liturgique s'orientait unilatéralement dans la direction de l'ère patristique, mais comme un rejet voilé de l'ère tridentine. Comme pour dire, oui, les cinq premiers siècles sont normatifs, ne faites pas attention au reste. Cette thèse d'une opposition inexistante [entre la pratique de l'ancienne Église et les réformes du Concile de Trente], même voilée, accompagnait la réforme liturgique trafiquée par les modernistes. Ils tenaient en haute estime la pratique en usage dans les premiers siècles du christianisme, abondamment attestée par les Pères de l'Église, de recevoir l'Eucharistie dans les mains.

 

Dans les premières communautés chrétiennes, il était normal de recevoir directement le Corps du Christ dans les mains; à cet égard, il existe de nombreux témoignages, tant dans l'Église orientale que occidentale: beaucoup de Pères de l'Église (Tertullien, Cyprien, Cyrille de Jérusalem, Basile, Théodore de Mopsuestia), divers canons juridiques pendant les synodes et les conciles (le Synode de Constantinople de 629, les Synodes des Gaulois entre les VIe et VIIe siècles, le Concile d'Auxerre qui eut lieu entre 561 et 605), jusqu'aux témoignages du VIIIe siècle de Saint Bède le Vénérable et de Saint Jean Damascène: tout cela témoigne de la même tradition largement pratiquée. Et il était certainement utile de reconnaître cette pratique. Mais à ce stade, il faut se demander ce qui s'est passé - en termes de légitimation théologique et liturgique - comme la prochaine étape de la foi de l'Église. Lorsque, dans la période médiévale, certaines écoles de théologie ont commencé à discuter de la modalité de la présence réelle du Christ dans le Très Saint Sacrement - certaines finissant en le définissant seulement comme un signe vide qui rappelle vaguement la réalité substantielle du Seigneur présent parmi nous [seulement spirituellement] - la réaction de la communauté ecclésiale était de souligner fortement la vénération et l'adoration donnée aux espèces eucharistiques, au point d'introduire le nouveau rite de la Communion directement dans la bouche en s'agenouillant, précisément pour souligner la grandeur de la Présence Réelle du Corps du Christ. S'il n'y avait pas eu une telle intervention, il y aurait eu le risque réel que l'Eucharistie aurait été complètement profanée.

 

Nous voudrions ajouter, humblement, que d'un point de vue hygiénique, il vaut mieux que l'Hostie ne soit touchée que par le prêtre et ne passe pas entre des mains qui n'ont peut-être pas été lavées avant la messe. Mains comme les miennes, qui [sur le chemin de la messe] ont manipulé une bicyclette, ou conduit une voiture et utilisé des clés et des serrures, qui ne sont certainement pas les choses les plus hygiéniques... de toute façon, voici le lien.

 

Traduit par Giuseppe Pellegrino. Publié à l'origine sur MarcoTosatti.com et édité pour 1P5.

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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 16:32

Peter Kwasniewski

OnePeterFive

17 janvier 2018

 

La réalité de l'enfer et la crainte de Dieu: bannies d'une église près de chez vous

Note du traducteur. Pour une meilleure compréhension dans la traduction de ce texte, des liens des sources bibliques en français ont été ajoutés ainsi que des liens vers wikipedia français. 

Dans mon article "L'évolution de Cinquante Ans à la Note 351: La progressive désensibilisation à la Très Sainte Eucharistie", j'ai parlé de la façon dont les nombreux changements soudains et radicaux apportés à la réforme liturgique ont contribué à une érosion continuelle de la croyance en la Messe comme un Sacrifice vrai et réel et dans la Présence Réelle de Notre Seigneur dans le Saint Sacrement. Dans le présent article, je souhaite aborder un sujet étroitement lié, à savoir, comment la sainte crainte de Dieu, qui commence dans la crainte de ses justes punitions pour le péché et mûrit dans l'amour de Lui pour Lui-même et un désir de demeurer avec Lui pour toujours dans le ciel, a été miné par l'enlèvement systématique des textes liturgiques concernant la réalité de l'enfer et notre besoin de vigilance et de renoncement de soi afin d'éviter cela.

De nombreux articles montrent à quel point les prières ont été radicalement modifiées dans le missel du Novus Ordo, soit pour minimiser la subordination des choses terrestres aux choses célestes (comme par exemple avec saint Albert), soit pour "purger l'élément mythique" (comme avec Sainte Catherine), ou pour éviter de s'adresser directement au Christ en tant que Dieu (comme cela se produit à l'Avent), ou pour minimiser la royauté du Christ sur les sociétés et les gouvernements (comme la réinvention du Christ Roi) [Cf. traduction de ce dernier lien : ici. NDT.]. La liste s'allonge encore et encore, comme Lauren Pristas, Anthony Cekada, et d'autres auteurs l'ont montré. Ici, mon propos est plus modeste: je me concentrerai sur des textes qui parlent d'enfer, et nous verrons comment ils se sont tenus dans le temps entre le Missale Romanum de 1962 et son remplacement prévu moins d'une décennie plus tard.

La Messe de Requiem

Le témoignage le plus évident et éloquent de la doctrine de l'Église sur les Quatre fins dernières (la mort, le jugement, le ciel et l'enfer, ainsi que leur adjonction,  le purgatoire) est la traditionnelle Messe de Requiem, qui a été priée dans le Rite Latin pendant tant de siècles inchangée et est toujours utilisée partout où la messe latine fleurit. La Messe de requiem s'est organiquement développée de telle sorte qu'il y a un équilibre dans ses textes entre, d'une part, la consolation et la confiance dans le ciel, et, d'autre part, la peur de la punition par des prières pour le salut de l'âme de l'enfer. Elle est simplement catholique à cet égard, en tenant compte de la plénitude de l'enseignement de l'Évangile sur l'au-delà. Inutile de dire que tous ces textes doivent être récités ou chantés à chaque Messe de Requiem - rien n'est "optionnel", tout comme la mort, le jugement et la destinée éternelle de la béatitude ou de la souffrance ne sont pas facultatifs.

Le Requiem ne manque certainement pas de prières consolantes ou confiantes. Regardez l'Introït, l'Épître (1 Thessaloniciens 4: 13-18), le Graduel (Psaume 111: 7), l'Evangile (Jean 11: 21-27), le Secret, la Communion et la Postcommunion: toutes celles-là demandent un pardon miséricordieux et un repos éternel, et expriment votre confiance que l'âme avec foi en Christ "sera dans le souvenir éternel" et "ne craindra pas l'audition maléfique" (Graduel). Le Trait semble osciller entre la lumière et les ténèbres:

"Absous, Ô Seigneur, les âmes de tous les fidèles défunts de tout lien de péché, et que, secourues par ta grâce, elles méritent, Seigneur, d’échapper au jugement vengeur et de goûter aux joies de la lumière éternelle ".

La Séquence, le fameux "Dies Irae", laisse libre cours aux vérités terrifiantes et tremblantes:

Le jour de la colère, ce terrible jour, réduira le monde en cendres, comme David et la Sibylle l'ont prophétisé. Que la terreur sera grande, quand le juge viendra examiner tout rigoureusement! ... Le livre écrit doit être présenté, contenant tout ce pour quoi le monde doit être jugé. Quand, donc, le Juge sera assis, tout ce qui est caché sera mis au jour, rien ne restera impuni. Que vais-je donc, malheureux homme, alléguer? Qui invoquerai-je comme protecteur, alors que le juste sera à peine assuré? Ô Roi de la majesté terrible, qui de ton don gratuit sauve ceux qui doivent être sauvés, sauve-moi, ô source de miséricorde! ... Mes prières ne sont pas dignes, mais toi qui es bon, accorde dans ta bonté que je ne puisse pas brûler dans le feu éternel. Donne-moi une place parmi tes brebis et sépare-moi des boucs, en me plaçant à ton côté droit. Quand le réprouvé, couvert de confusion, aura été condamné aux flammes cruelles, appelle-moi avec le bienheureux.

L'Offertoire continue dans la même veine:

Ô Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivre les âmes de tous les fidèles qui se sont éloignés des douleurs de l'enfer et de la fosse sans fond. Délivre-les des mâchoires du lion, que l'enfer ne les engloutisse pas, afin qu'ils ne soient pas plongés dans les ténèbres. Mais que le porte-étendard Saint-Michel les conduise dans cette lumière sainte, Répons. que tu as promis une fois à Abraham et à sa postérité. Célébrant. Seigneur, nous t'offrons des sacrifices de louanges et de prières; accepte-les en faveur de ceux dont nous nous souvenons ce jour: Seigneur, fais-les passer de la mort à la vie, Répons. ce que tu as autrefois promis à Abraham et à sa postérité.[1]

Peut-être le plus parlant de tout est le Collect nommé pour le jour de la mort ou de l'enterrement:

O Dieu, dont la propriété doit toujours avoir pitié et épargner, nous te supplions humblement en faveur de ton serviteur N., que tu as commandé aujourd'hui de sortir de ce monde, afin que tu ne le livres pas entre les mains de l'ennemi, ne l'oublie jamais, mais ordonne qu'il soit pris par tes saints anges et porté à la patrie du paradis; comme il met son espoir et sa foi en Toi, il ne souffrira pas les douleurs de l'enfer, mais il pourra posséder des joies éternelles.

Ce sont des prières fortes qui traitent sans vergogne des mâchoires béantes de l'enfer et de la possibilité que nous puissions être consommés par elles pour des péchés non repentis. Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église; mais elles peuvent très bien prévaloir contre vous ou moi.

Une telle liturgie présente toute la foi catholique. Encore une fois: lex orandi, lex credendi. [NDT. La loi de la prière détermine la loi de la croyance] Nous croyons comme nous prions. Et ce que nous ne prions pas, nous cesserons tôt ou tard de le croire - il sera remplacé par un ersatz de doctrine au pedigree douteux.

Le témoin de la Lex Orandi

Une reconnaissance salutaire des conséquences éternelles peut être vue dans n'importe quel nombre d'endroits dans le missel romain traditionnel. Voici la collecte pour la fête de Saint-Nicolas le 6 décembre:

O Dieu, qui a paré d'innombrables miracles le bienheureux évêque Nicolas: accorde-nous, nous t'en supplions, que par ses mérites et ses prières nous puissions être délivrés des flammes de l'enfer.

(Dans le Novus Ordo, cela a été affadi: "Nous implorons humblement votre miséricorde, Seigneur: protégez-nous en tous les dangers par les prières de l'évêque saint Nicolas, afin que la voie du salut puisse s'ouvrir devant nous.")

Le Vendredi de la Semaine de la Passion comprend cette galvanisation de la prière d'ouverture [Collecte]:

Verse miséricordieusement, nous t'en supplions, Ô Seigneur, Ta Grâce dans nos coeurs: que nous qui nous préservons du péché par le châtiment volontaire, souffrions plutôt pendant un certain temps que de nous condamner à la punition éternelle.

La Collecte pour la Messe du Jeudi Saint parle avec clarté du sort de Judas :

Ô Dieu, de qui Judas a reçu le châtiment de sa culpabilité, et le voleur la récompense de sa confession; accorde-nous le plein fruit de ta clémence; que, comme dans sa Passion, notre Seigneur Jésus-Christ a donné à chaque rétribution selon ses mérites, ainsi, ayant purifié notre ancienne culpabilité, il peut nous accorder la grâce de Sa résurrection.

Le deuxième dimanche après Pâques prie dans sa Collecte :

Ô Dieu, qui, par l'humilité de ton Fils, a relevé un monde déchu, accorde une joie sans fin à tes fidèles; que ceux que tu as arrachés aux périls de la mort sans fin, tu peux les faire jouir des délices sans fin.

Le troisième dimanche après la Pentecôte offre une de ces magnifiques Collectes qui en dit tellement en si peu de mots, et qui peut être priée avec ferveur par quiconque a la moindre connaissance de soi:

O Dieu, protecteur de tout ceux qui se confient en Toi, sans qui rien n'est fort, rien n'est saint, multiplie Tes miséricordes sur nous: que t'ayant pour chef et guide, nous pouvons ainsi passer à travers les choses temporelles, et que nous ne perdions pas finalement. celles qui sont éternels.

Bien sûr, la seule Prière Eucharistique jamais utilisée dans l'usus antiquior [usage ancien NDT] est le Canon Romain du 6ème siècle, qui implore sans détour la Majesté Divine:

Nous Te supplions, Seigneur, d'être apaisés et d'accepter cette oblation de notre service, comme aussi de toute ta famille, et de disposer de nos jours dans ta paix, de nous arracher à la damnation éternelle et de nous compter dans le troupeau de tes élus.

En outre, on pourrait citer des versets pertinents des Séquences Stabat Mater et Lauda Sion, qui, bien que donnés en option dans le Novus Ordo, sont généralement sautés, en raison de leur longueur; ils sont, comme d'habitude, exigés dans la vieille messe latine certains jours de l'année. 

Cher lecteur, me croiriez-vous si je disais qu'aucun des textes liturgiques précédents n'a survécu à la réforme liturgique? Mais c'est vrai. Dans certains cas, les textes ont été supprimés complètement et ne peuvent être trouvés nulle part dans les nouveaux livres. Dans d'autres cas, certains textes (tels que l'Offertoire du Requiem) peuvent être trouvés dans un livre recherché et rare comme le Graduale Romanum, ou caché comme une quatorzième option quelque part, mais en pratique ils ont disparu de la vie de l'Eglise. Le seul endroit où ils s'épanouissent est l'endroit où ils sont au centre dans leur culte public, notamment dans les communautés qui profitent de la liturgie traditionnelle. 

 

"La Parole de Dieu n'est pas enchaînée" (2 Tim 2: 9)

Au-delà de ces prières, l'enfer est mentionné plusieurs fois par an dans les lectures évangéliques de la Messe latine traditionnelle, qui, heureusement, conserve l'ancien cycle de lectures d'un an, plutôt que les cycles gargantuesques de deux et trois ans du Novus Ordo. Dans l'usus antiquior, la déclaration solennelle de Notre-Seigneur dans le chapitre 12 de l'Évangile de saint Luc: "Je vous le dis, mes amis, ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ensuite ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre; craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne. Oui, je vous le dis, craignez-le" - on le lit au moins quatre fois dans l'année, à savoir, pour la fête de saint Justin Martyr (14 avril), SS. Jean et Paul (26 juin), les saints Maccabées (1er août) et SS. Tiburtius et Susanna (11 août), ainsi que n'importe quel autre moment, le commun de plusieurs martyrs pourrait être utilisé. En comparaison, ce passage est lu une fois tous les deux ans dans le Novus Ordo. Le passage parallèle du chapitre 10 de l'Évangile de saint Matthieu: "Et ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et qui ne peuvent tuer l'âme; mais craignez plutôt celui qui peut détruire l'âme et le corps en enfer". lisons pour quatre fêtes, celles de Saint-Polycarpe (26 janvier), de Saint-Cyrille de Jérusalem (18 mars), de Saint-Athanase (2 mai) et de Saint-Irénée (3 juillet). Dans le Novus Ordo, il est lu un samedi de chaque année et un dimanche tous les trois ans.

Matthieu 5:22, "Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu", fait partie de l'Evangile du cinquième dimanche après la Pentecôte. Dans le Novus Ordo, cela apparaît heureusement deux jours de la semaine par an, et un dimanche tous les trois ans. La péricope de Matthieu 18: 1-10, qui comprend ces mots obsédants-

Malheur au monde à cause des scandales. Car il faut que les scandales viennent: mais malheur à l'homme par qui le scandale vient. Et si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi entrer dans la vie mutilé ou boiteux, que d'avoir deux mains ou deux pieds, pour être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi avoir un œil pour entrer dans la vie que d'avoir deux yeux pour être jeté dans le feu de l'enfer.

- est lu au moins deux fois par an dans l'usus antiquior, à savoir, pour la dédicace de St. Michel Archange (29 septembre) et les anges gardiens saints (2 octobre). Dans le Novus Ordo, étonnamment, ces versets ne sont jamais lus : les versets "amicaux" 1-5, 10 et 12-14 sont lus à plusieurs reprises, mais les versets sur le feu de l'enfer sont supprimés. Trop effrayant, je suppose.

Si j'ai fait les calculs correctement, sur une période de trois ans, celui qui assiste à la messe latine traditionnelle entendra 33 fois ces Evangiles en particulier, alors que celui qui fréquente le Novus Ordo les entendra 13 fois. [2] Évidemment, il y a beaucoup d'autres facteurs dont il faudrait tenir compte pour une comparaison complète de la présentation des quatre dernières choses dans les deux formes du Roman Rite, un projet qui dépasse le but de cet article. Néanmoins, la comparaison que nous venons d'exposer expose déjà le genre de différences profondes dans la lex orandi que je prétends pertinentes pour comprendre la confusion de notre temps dans la doctrine (lex credendi) et en morale (lex vivendi). [3]

Conséquences spirituelles pour les fidèles

Nous avons vu que la liturgie traditionnelle prie pour les vivants et les morts de manière réaliste et nous instruit en conséquence, soulignant la miséricorde de Dieu et la possibilité d'atteindre la vie éternelle sans négliger le "jugement vengeur" du Seigneur et la possibilité réelle de la damnation. La liturgie nous inculque une conscience vive de notre faiblesse et de notre dépendance à la grâce, de la gravité du péché, du besoin de pénitence et d'ascétisme, et du rôle fondamental que la crainte du Seigneur doit jouer dans notre vie intérieure. L'attitude de base de l'adorateur est celle louée par le psalmiste: "Servez le Seigneur avec crainte, rendez-lui votre hommage en tremblant." (Ps 2, 11). [4]

Instruits par la messe des âges et d'autres textes liturgiques, [5] nous croyons que (a) tout le monde ne va pas automatiquement au ciel, (b) il y a un juge tout-puissant, omniscient, juste qui examinera nos œuvres et nous donnera ce que nous avons cherché dans nos choix, que ce soit la gloire ou la honte, la béatitude ou la damnation. (c) l'âme défunte a désespérément besoin de nos prières parce que nous souhaitons qu'elles soient libérées des angoisses du purgatoire, et l'une des manières qui se produit est quand les membres de l'Église militante offrent des prières et des pénitences pour les morts.

Nos actions dans cette vie ont des conséquences éternelles, pour le bien ou pour le mal. Une de ces actions que nous devons discerner est de savoir si nous vivons maintenant en accord avec les commandements de Dieu, en particulier les Dix Commandements. Ce n'est pas un examen de conscience facultatif pour l'extra-pieux mais un examen exigé pour chaque être humain qui a atteint l'usage de la raison. En d'autres termes, personne ne peut s'excuser devant le Juge en disant: "Je ne savais pas que j'étais censé examiner ma conscience pour savoir si j'acceptais ou non les Dix Commandements." Il y a certaines choses dont personne ne peut être blâmées de ne pas le savoir, si on ne leur a jamais dit, mais il y a d'autres choses - la loi morale naturelle, en particulier - que nous sommes obligés de connaître et que tous sont capables de connaître. En outre, le catholique, après avoir examiné sa conscience de cette manière, doit discerner s'il est dans un état de grâce sanctifiante, afin qu'il puisse s'approcher du banquet céleste pour recevoir la chair blessée et glorifiée du Sauveur. Ceci, après tout, est l'enseignement de non moins une autorité que l'apôtre saint Paul dans 1 Corinthiens 11: 27-29:

Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.  On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur.

Mais ces versets ont été entièrement enlevés du Novus Ordo. On commence à détecter un motif dans tout cela. Le fait effrayant, Mesdames et Messieurs, est que le Novus Ordo minimise systématiquement la réalité de l'enfer. [6]

La disparition virtuelle de certaines prières et lectures liturgiques, et la réduction significative des autres, fait sûrement partie de la raison, sans doute la raison principale, que les catholiques d'aujourd'hui sont enclins à croire au salut universel et à une attitude "tout le monde est le bienvenu", concernant ceux qui peuvent recevoir la Sainte Communion. Ces deux points de vue vont main dans la main.

La débâcle d'Amoris Laetitia ne peut être résolue que lorsqu'il y a un large retour à l'enseignement traditionnel (c'est-à-dire catholique) sur tous ces sujets. La restauration de cet enseignement dépend de sa pénétration, de son efficacité et de sa longévité dans l'adhésion zélée aux liturgies traditionnelles (orientales et occidentales) où elles fleurissent déjà, et leur restauration complète partout où elles ne le sont pas. Aussi loin que paraisse cet objectif, nous ne devons jamais nous lasser de le poursuivre, car le lien qui unit la lex orandi, la lex credendi et la lex vivendi est intrinsèque, indissoluble et inévitable.

NOTES

[1] Incidemment, la grande antiquité de cet Offertoire est évidente dans un certain nombre de dispositifs. Premièrement, il conserve la forme d'un respons, qui était la forme originale de toutes les antiphons de l'offertoire. Au fil du temps, les autres chants d'offrandes furent raccourcis, mais celui-ci resta toujours entier. (Les versets originaux pour d'autres chants d'Offertoire sont disponibles dans Offertoriale publié par Solesmes.) Deuxièmement, ses résonances de l'Ancien Testament sont caractéristiques de la prière classique de l'Église romaine, en particulier la mention de la promesse à Abraham et à sa postérité (c.-à-d. Christ, comme l'enseigne saint Paul dans Galates), et l'utilisation de l'expression "sacrifice de louange", qui décrit comment le canon romain du 6e siècle décrit l'oblation eucharistique. Nous examinons ici le cœur même de la liturgie catholique romaine.

[2] Les nombres que j'ajoute ensemble sont (4 + 4 + 4) + (4 + 4 + 4) + (1 + 1 + 1) + (2 + 2 + 2) pour les évangiles de l'usus antiquior, et (1 + 0 + 1) + (1 + 1 + 2) + (2 + 2 + 3) + (0 + 0 + 0) pour le Novus Ordo.

[3] L'outil d'étude idéal pour cette question est l'Index Lectionum de Matthew P. Hazell : Un Tableau Comparatif des Lectures pour les Formes Ordinaires et Extraordinaires du Rite Romain (np: Lectionary Study Press, 2016). Ma préface à ce volume va dans un certain nombre d'autres aspects inquiétants du lectionnaire révisé. Récemment j'ai écrit sur la signification du fait que l'Évangile de la fête de mariage à Cana est lu chaque année dans la Messe traditionnelle (deuxième dimanche après l'Epiphanie) mais seulement une fois tous les trois ans dans le Novus Ordo (Second Dimanche du Temps Ordinaire, Année C).

[4] Saint Augustin commente ce verset: "Servez le Seigneur avec crainte, de peur que ce qui est dit: vous, rois et juges de la terre, ne vous tourniez dans l'orgueilet ne vous réjouissiez pas en tremblant. On se réjouit très excellemment, de peur que servir le Seigneur avec crainte ne semble tendre à la misère. Mais encore une fois, de peur que cette même réjouissance ne coule sur une inconsidération sans retenue, il est ajouté avec tremblement, qu'il pourrait servir à un avertissement, et à la garde prudente de la sainteté."

[5] Tels que le Credo de S. Athanase Quicumque, dont les premières paroles sont comme un renversement du gant de l'indifférentisme et de l'universalisme: "Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité."

[6] Nous voyons souvent la même chose dans les versions édulcorées des prières traditionnelles qui sont utilisées dans de nombreuses classes de catéchisme aujourd'hui. Je suis tombé sur un acte de contrition dans une salle de classe du CCD qui lisait plus ou moins comme suit: "Mon Seigneur, je suis désolé pour mes péchés. Aide-moi à vivre comme Jésus et à aimer tous ceux que je rencontre. Amen." Une prière de ce genre n'exprime convenablement ni la contrition parfaite ni la contrition imparfaite. Comparez-la avec l'une des versions traditionnelles de l'Acte de Contrition: "O mon Dieu, je suis sincèrement désolé de t'avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du ciel et les douleurs de l'enfer, mais surtout parce que ces péchés t'ont offensé, mon Dieu, qui est tout bon et qui mérite tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Ta grâce, de faire pénitence, de ne plus pécher, et d'éviter tout ce qui me conduit au péché. Amen."

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 15:00

Dans sa divine Providence, Dieu Tout-puissant a fondé l’Eglise et institué la Liturgie Sacrée à travers laquelle nous pouvons Lui offrir un culte véritable dans la Nouvelle Alliance établie par le Christ. Ce faisant, en entrant dans les exigences des rites sacrés déployés dans la tradition de l’Eglise, nous donnons un vrai sens à notre identité de fils et de filles du Père. La liturgie garde ainsi résolument les yeux fixés sur Dieu Tout-puissant, et non sur la modernité, la postmodernité ou je ne sais quel autre courant culturel ou philosophique. Elle occupe, comme l’a enseigné Sacrosanctum Concilium, une place fondamentale dans la vie du chrétien comme source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise. La liturgie catholique est normative pour la vie du chrétien, et bénéficie d’une objectivité dans la mesure où son contenu n’est pas affecté par les modes passagères propres à chaque génération – ou les formes particulières que lui donneraient certains prêtres ou évêques – mais est maintenue ferme et intègre dans la tradition tout en restant raisonnablement adaptable à des besoins pastoraux avérés. Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique, la liturgie catholique est un élément constituant de la sainte et vivante Tradition.

Il est ainsi évident que la Sainte Liturgie est de par sa nature contraire à cette exaltation de la subjectivité en toutes circonstances propre aux cultures postmodernes ; et cela se confirme tout particulièrement pour la prétention centrale de l’Eglise qui affirme que la Vérité est constituée par la Révélation de Dieu à l’humanité. »

Catherine Pickstock, théologienne professeur à Cambridge, présente à ce propos une appréciation fascinante de cette confrontation entre deux mondes quand elle écrit : « Une réforme liturgique authentique… devrait, soit être amenée à renverser notre modernité antirituelle, ou, cela étant impossible, à concevoir une liturgie qui refuserait d’être inculturée dans nos schémas de pensée et de discours modernes. » Elle plaide pour la création d’une liturgie qui « serait plus apte à nous confronter au défi que représente le choc avec un langage non familier », et aussi « à faire de toute notre vie une adoration, et à nous réunir dans le seul but de recevoir le don du Corps du Christ ». Catherine Pickstock voit juste lorsqu’elle dit que la liturgie doit refuser de suivre servilement les chemins de la modernité, et reste persuadée que le côté peu familier de la liturgie peut et doit servir à secouer de façon salutaire ceux qui se sont déjà avancés trop loin sur ces chemins.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du jeudi 21 décembre 2017

Réforme Liturgique : "renverser notre modernité anti-rituelle" (Catherine Pickstock)
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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 08:11
"La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle" (François)

Le site Zenit a publié la traduction intégrale de la catéchèse en italien prononcée par le pape, lors de l’audience générale de ce mercredi 22 novembre 2017 sur la Place Saint-Pierre :

 

Le pape a invité à réfléchir :

 

"si, au moment de la messe, nous allons au calvaire – réfléchissons avec notre imagination – et si nous savons que cet homme, là, est Jésus. Mais est-ce que nous nous permettrions de bavarder, de faire des photos, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous resterions certainement en silence, en pleurs et aussi dans la joie d’être sauvés. Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent, les commentaires et ce genre de choses qui nous éloignent de cette chose si belle qu’est la messe, le triomphe de Jésus."

 

Et le pape de conclure :

 

"La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle."

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 12:09

Dans l’édition typique du Missel romain servant de référence aux traductions dans les différentes langues courantes, on lit « Hic est enim calix sanguinis mei ... qui pro vobis et pro multis effundetur » (Ceci est la coupe de mon sang ... qui sera versé pour vous et pour beaucoup. NdCR.). Beaucoup de versions postconciliaires ont choisi de lire le « pro multis » comme un « pro omnibus » avec comme conséquence une différence non négligeable à un moment crucial touchant la foi catholique : la même messe... mais des formules liturgiques divergentes au moment de la consécration eucharistique, en fonction des groupes linguistiques.

Ainsi, en italien, le célébrant doit dire « per tutti » (pour tous) ; ceux qui vont à la messe dans un pays germanophone entendront dans certaines régions « für viele » (pour beaucoup) et dans d’autres régions « alle für » (pour tous). De telles discordances existent également en espagnol : certaines conférences épiscopales ont choisi de traduire « por muchos » (pour beaucoup), d’autres « por todos los hombres » (pour tous les hommes). En France, on dit « pour la multitude », faisant ainsi écho à la multitude évoquée par François.

 

La position du pape Benoît XVI

 

En 2006, Benoît XVI a demandé au cardinal Francis Arinze, alors préfet de la congrégation pour le Culte divin, d’envoyer une lettre à toutes les conférences épiscopales dans laquelle était signifiée une nette préférence pour une traduction littérale de « pro multis » et appelant à faire un changement là où était utilisée l’expression « pour tous ». Mais cette demande est souvent tombée dans le vide. Benoît XVI a repris cette question dans une lettre envoyée en 2012 aux évêques d’Allemagne. Le document, signé de sa propre main, résume les raisons théologiques pour la fidélité nécessaire à l’original latin, précisant en outre que le changement de la traduction doit être accompagnée d'une catéchèse spécifique aux fidèles. Pour le pape Ratzinger, l’expression « pour beaucoup » permet de conserver et de signifier une conception juste du salut qui laisse le croyant libre de dire « oui » à l’amour de Dieu.

 

Que dit François ?

 

Les enseignements de François ne semblent pas mettre fin au débat. Surtout quand on sait qu’il célèbre lui-même la messe en utilisant, selon le cas, l’une ou l’autre traduction. Ainsi, à Cuba, le 20 Septembre, 2015, il utilisé la formule espagnole « por todos los hombres », mais trois jours plus tard, à Washington, alors qu’il célébrait également en espagnol, il a dit « por muchos », plus proche de la formule latine « pro multis » utilisée au cours du même voyage apostolique lorsque la prière eucharistique était dite en latin. Et si vendredi dernier, pour la messe à Saint-Pierre, François a utilisé la prière en latin avec le « pro multis », la veille, au cimetière de Nettuno, en utilisant la même prière eucharistique, mais en italien cette fois, il avait utilisé les mots « pour tous » qui se trouvent dans le Missel actuellement en vigueur en Italie.

 

L’homélie du pape François

 

Le pape François va-t-il prendre position pur l’une ou l’autre traduction ? Il faut rappeler qu’en 2015, les participants au Ve Congrès de l’Eglise d’Italie à Florence ont déclaré : « Vous savez que le Seigneur n’a pas versé son sang pour certains, ni pour quelques-uns, ni pour beaucoup, mais pour tous. » Or l’homélie faite par le pape, vendredi dernier à Saint-Pierre, serait, selon le théologien Andrea Grillo, une façon de « conclure des discussions inutiles sur le “pro multis”, qui caractérisaient les dernières années du pontificat de Benoît XVI. »

 

Ouvrir à nouveau le débat ?

 

A présent, le pape Bergoglio semble rouvrir le débat. Un débat encadré par son Motu proprio de septembre “Magnum principium” qui pousse à une plus grande liberté dans les traductions liturgiques et a été vu par beaucoup comme un renversement du précédent document sur la matière, “Liturgiam authenticam”. Un Motu proprio défendu par le cardinal Robert Sarah qui, pour avoir minimisé la nouveauté introduite par François, a été humilié publiquement par le pape François.

La question de la traduction du « pro multis » qui est au cœur de la consécration, et donc de notre foi catholique, risque bien d’occasionner un nouveau désordre dans la liturgie et, par ricochet, dans l’Eglise.

 

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi 6 novembre 2017

Pour un “grand nombre” ou pour “tous” ?
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