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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:32

Nous célébrons le 16 octobre 2016, le 223e anniversaire de la mort de la reine de France et de Navarre, Marie-Antoinette, guillotinée le 16 octobre 1793 par les barbares révolutionnaires.

 

À plus de deux siècles de distance, son procès expéditif d'une durée de vingt heures entre les 14, 15 et 16 octobre 1793, la condamnant à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

Louis XVI n'a personne auprès de lui capable de tenir tête à la révolution. Mirabeau disait : - Il n'y a qu'un homme auprès du roi, c'est la reine. Contre elle les efforts vont se concentrer.

Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 3.

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

16 octobre 1793, 4h30 du matin.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

"Rentrée en son humide cachot de la Conciergerie, Marie-Antoinette, pour la première fois depuis soixante-zeize jours, obtint de la lumière, de l'encre, du papier. En quel état devait être son âme. Elle écrivit alors à sa belle-soeur, Madame Elisabeth, la lettre si calme, si élevée de pensée, si tranquille de coeur qui, après plus d'un siècle, émeut encore d'admiration et de respect. Nous tenons à la reproduire ici en entier: mieux que toute analyse elle éclaire d'une lumière tout à la fois vive et paisible l'âme et la pensée de la reine martyre au seuil de la mort :

 

Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin.

 

"C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse - elle ne l'est que pour les criminels - mais à aller rejoindre votre frère; comme lui innocente j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner les pauvres enfants. Vous savez que je n'existais que pour eux et pour vous, ma bonne et tendre soeur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous. Dans quel état je vous laisse ! J'ai appris par le playdoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction; j'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur.

"Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a (Madame Royale était sans sa quinzième année) elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; qu'ils sentent enfin tous deux que dans quelque position où ils pourront se trouver ils ne seront vraiment heureux que par leur union ; qu'ils prennent exemple sur nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation ! et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de plus tendre, de plus uni que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expréssément:

 

"Qu'il ne cherche jamais à venger notre mort."

 

"J'ai à vous parler d'une chose bien pénible : je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine (allusion aux propos que les commissaires de la Convention arrachèrent au Dauphin, un enfant de huit ans, qu'on avait abruti physiquement et moralement et qui n'avait plus sa pensée à lui). Pardonnez-lui, ma chère soeur, pensez à l'âge qu'il a et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux (le fils et la fille de la reine).

"Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès, mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.

"Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où l'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe; j'espère en sa bonté. Il voudra bien recevoir mes derniers voeux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais et à vous, ma soeur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'ai pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et soeurs. J'avais des amis : l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant; qu'ils sachent au moins que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux.

"Adieu, ma bonne et tendre soeur; puisse cette lettre vous arriver. Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon coeur ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu, qu'il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu ! je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre de mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot et que je le traiterai comme un être absolument étranger." (La reine n'admettait pas le caractère ecclésiastique des prêtres assermentés.)

 

Madame Elisabeth; bien loin d'entrer en possession de ces pages qu'on a nommées le Testament de Marie-Antoinette, n'apprit même pas la mort de sa belle-soeur. Quand elle fut à son tour transférée de la tour du Temple à la prison de la Conciergerie, elle demanda au concierge Richard des nouvelles de la reine :

 

- Oh ! elle est très bien, il ne lui manque rien.

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Madame Elisabeth n'apprendra la mort de sa belle-soeur qu'au moment de gravir à son tour les marches de l'échafaud. Franchissant le seuil de la Conciergerie pour aller à la mort, elle pria le concierge Richard de dire son fidèle souvenir à la soeur qu'elle ne reverrait plus. Alors l'une des dames qui allaient être conduites au supplice avec elle, - parmi lesquelles Mme de Sénozan, soeur du ministre Malesherbes qui, devant la Convention, avait été l'un des défenseurs du roi, et Mme veuve de Montmorin, - lui dit tout uniement :

 

- Madame, votre soeur a subi le sort que nous allons subir nous-mêmes dans un instant.

 

Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 103-106.

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

Sans doute doit-on voir dans le "procès" de Marie-Antoinette, un exemple de ces "valeurs de la République", dont les media et les politiciens ne cessent de nous parler. Un exemple des jugements "populaires" expéditifs où le verdict truqué, déjà rendu à l'avance, jette à la populace ses boucs émissaires.

Robespierre, ce "grand homme", "avait proclamé que la mort de Marie-Antoinette serait un hommage à la liberté et à l'égalité; ces deux grands principes chers au coeur des hommes libres, avaient ainsi reçu dans la journée du 16 octobre 1793, un hommage éclatant." (F. Funck-Brentano, ibid., p. 113.)

 

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Le 15 octobre, on recourut aux chefs d'inculpation politiques suivants, relevant littéralement de l'inversion accusatoire :

 


- Responsable de l'horrible conspiration du 10 août 1792, alors qu'on était là au coeur de la conspiration républicaine.
- Dilapidation du trésor national,

- Intelligence avec les ennemis de la République,
- Atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de la France, alors que c'est la Convention qui déclara la guerre à l'Europe pour sauver la république le 20 avril 1792. Cf.
"Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là" (Brissot de Warville, le stipendié des banquiers à la Convention "nationale", in Considérations sur la nature de la Révolution française, par M. Mallet du Pan, p. 37).

 

- Responsable des horreurs des premiers jours d'octobre 1789 en ayant créé une disette. [Cf. la propagande républicaine: "S'ils ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche]
- Responsable de la guerre civile, alors que là aussi c'est la secte oligarchique qui arma et paya les émeutiers de 1789.

Quelle liste impressionnante pour une seule personne, fût-elle Reine de France!
Mais cette liste aussi impressionnante soit-elle ne suffit pas aux assassins. C'est pouquoi on vit défiler à la barre toute une kyrielle de témoins à charge dont les dépositions sont à la hauteur du procès lui-même tant le ridicule le dispute au grotesque et au sordide: bouteilles de vin trouvées sous le lit de la Reine destinées à saouler les gardes suisses, comportement incestueux de la Reine vis-à-vis du "jeune Capet" (le Dauphin devenu, à la mort de son père, Louis XVII). La république se vautre dans la fange et les caniveaux pour perdre Marie-Antoinette, mais cette charge proférée par Jacques-René Hébert se retourna contre les révolutionnaires. Lorsque le président du tribunal questionna la Reine sur les motifs de son silence par rapport à cette terrible accusation, Marie-Antoinette eut cette réplique :


 

"Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici."

 

Marie-Antoinette, note le greffier, est vivement émue et cette émotion passe soudain dans le public pourtant peu disposé, c'est le moins que l'on puisse dire, à la compassion à l'égard de la Reine. Le tribunal n'insistera pas sur cette accusation mensongère. Quand Robespierre apprendra les faits et l'accusation stupide, il qualifiera Hébert d'imbécile. Pour un peu Marie-Antoinette aurait retourné le public en sa faveur!

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

"C'était Danton, secondé de Carrier, l'homme des noyades de Nantes, qui, au début des luttes de la montagne contre la Gironde, avait fait créer le tribunal révolutionnaire où Marie-Antoinette allait être renvoyée. Les jurés en étaient nommés par la Convention: fonctionnaires rétribués à raison de dix-huit livres par jour et qui devaient opiner à haute voix. Ils savaient que si le malheur voulait un jour qu'ils n'émissent pas une opinion orthodoxe, ils seraient eux-mêmes guillotinés. Ce n'est déclare le conventionnel Lamarque, qu'en adoptant que les jurés opineraient à haute voix, que les amis de la liberté ont consenti qu'il y eût des jurés dans ce tribunal." Danton marqua le but de l'institution : 'Ce tribunal doit suppléer au tribunal suprême de la vengeance du peuple.'

 

Durant de longs mois les têtes tombèrent par centaines et Danton ne trouva pas la moindre objection à élever contre la manière dont le tribunal 'suppléait' à la vengeance du peuple; mais voici qu'un jour ledit tribunal décida qu'on guillotinerait Danton lui-même, et le grand orateur de déclarer : 'C'est moi qui ai fait établir ce tribunal, ce n'était pas pour qu'il fût le fléau de l'humanité.'

 

[...] Excellent tribunal pour juger la reine. L'ancien président Montané, avait été jeté en prison. Le motif en était, disait-on, qu'il avait essayé de faire passer Charlotte Corday pour folle. Hermann, son successeur, venait d'être mandé à la barre de la Convention pour apprendre à mener plus rondement l'affaire Custine.

 

La reine comparut devant le tribunal révolutionnaire le 15 octobre 1793. L'accusateur public était un ancien procureur au Châtelet. Antoine Quentin Fouquier-Tinville. Au temps de la puissance monarchique il s'était distingué par un beau zèle pour la gloire du roi, et qu'il traduisait poétiquement en ballades et en petits vers.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Durant quatre séances sur deux jours ils furent quarante témoins à venir déposer à la barre. Dans le dossier il n'y avait pas de preuve, que des témoins. Les témoins n'apportérent aucune preuve décisive, ce n’étaient que racontars et affabulations. (Source: Louis XX Facebook )

 

 

Le "procès" de Marie-Antoinette, narré par Frantz Funck-Brentano dans "Les Derniers Jours de Marie-Antoinette". Extrait :

 

La veuve Capet, comme on appelait Marie-Antoinette, était accusée d'avoir :

 

1° De concert avec les frères de Louis Capet et l'infâme ex-ministre Calonne, dilapidé d'une manière effroyable les finances de la France - fruits des sueurs du peuple - [On sait que les impôts, de nos jours, sont dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 1789... NdCR.] et avoir fait passer des sommes incalculables à l'Empereur et avoir ainsi épuisé le trésor national;

2° D'avoir, tant par elle que par ses agents contre-révolutionnaires, entretenu des intelligences et des correspondances avec les ennemis de la République; d'avoir informé et fait informer ces mêmes ennemis des plans de campagne et d'attaques convenus et arrêtés dans le conseil ;

3° D'avoir, par ses intrigues, manoeuvres et celles de ses agents, tramé des 'conspirations' et 'complots' contre la sûreté intérieure et extérieure de la France et d'avoir, à cet effet, allumé la guerre civile sur divers points de la République et armé les citoyens les uns contre les autres ;

4° D'avoir, pour réussir plus promptement dans ses projets contre-révolutionnaires, organisé, grâce à ses agents, dans Paris et aux environs, les premiers jours d'octobre 1789, une disette qui a donné lieu à une nouvelle insurrection à la suite de laquelle une foule innombrable de citoyens et citoyennes se sont portés à Versailles.

Mais il faut lire le texte des débats pour se rendre compte du caractère, peut-être plus grotesque encore qu'odieux, des témoignages mis en action contre l'infortunée souveraine.

 

(Ainsi) Une cuisinière, la fille Reine Millot, déposa qu'en 1788, un jour qu'elle se trouvait de service à Versailles, elle entendit le comte de Coigny "qui, dans ce moment, était de bonne humeur", dire que la reine avait fait passer deux cents millions à son frère l'empereur d'Autriche pour faire la guerre aux Turcs.

Cette même Reine Millot fit une seconde déposition non moins grave que la première : 'J'ai su, déclara-t-elle, par différents personnages que l'accusée (Marie-Antoinette) avait conçu le dessein d'assassiner le duc d'Orléans [qui comme par hasard était aussi le Grand Maître du Grand Orient de France à l'origine de la journée du 14 juillet 1789 - émeutiers soudoyés -  et de la pratique de l'agio sur les blés pour affamer le peuple... NdCR.]. Le roi, qui en fut instruit, ordonna qu'elle fût incontinent fouillée. A la suite de cette opération, on trouva sur elle deux pistolets. Alors il la fit consigner dans son appartement pendant quinze jours.'

Imagine-t-on Marie-Antoinette assassinant à coups de pistolets le duc d'Orléans dans le palais de Versailles et le roi, trouvant les pistolets sur elle, la consignant dans ses appartements pour quinze jours ?

Un certain Labénette, totalement inconnu, déposa que trois particuliers étaient venus pour l'assassiner au nom de la reine. Fouquier-Tinville estima que ce témoignage était très important.

Il est vraiment surprenant qu'un paysan ne soit pas venu déclarer que la reine avait formé le projet de faire disparaître le soleil pour empêcher en France les blés de mûrir.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Fouquier-Tinville fut dignement secondé par les délégués de la Commune; Pache, maire de Paris; Chaumette, procureur syndic; Hébert, substitut du procureur: noms auxquels on a la tristesse de devoir joindre celui de l'illustre Louis David. Le crime que ces hommes et leurs mandataires ont commis est si grand qu'il est impossible de l'exprimer. Corrompre un enfant pour détruire sa santé, puis, de la corruption dont on l'a gangréné, faire le plus épouvantable des outrages à sa mère; non content de la faire insulter par son fils, répéter la calomnie atroce dans le plein jour du tribunal et s'en servir pour essayer, après avoir fait tomber sa tête, de salir la mémoire de la victime: il ne semblait pas que pareilles infamies fussent humainement possibles: elles ont été commises.

[...] Hermann désigna à la reine deux défenseurs d'office, Chauveau-Lagarde et Tronson-Ducoudray. Ils furent prévenus le 14 octobre 1793, c'est-à-dire la veille du jour où ils étaient appelés à parler. Chauveau-Lagarde était à la campagne. Sur les conseils de ses défenseurs, la reine demanda pour eux trois jours, afin qu'ils eussent le temps d'étudier un peu l'affaire. Etait-ce trop pour une semblable cause ? Sa lettre fut mise au panier et les débats commencèrent immédiatement. Ils commençèrent le 15 octobre à huit heures du matin et durèrent, sans interruption, jusqu'au lendemain quatre heures du matin. Sauf une pause d'un instant, ils se poursuivirent ainsi pendant près de ving heures. Et la reine était arrivée épuisée, épuisée physiquement par des mois de privations et une santé compromise par des pertes de sang, et brisée moralement. Qui n'eût été anéanti par ces tortures ?

[...] Le substitut de la commune de Paris, Hébert, un jeune grandin élégant et parfumé, apporta les immondices qu'il avait triturées en collaboration avec Chaumette et David. Hébert délayait l'ignominie d'un ton artiste, en expressions choisies. La reine était debout, les yeux fixes, la tête droite, pas un muscle ne se contractait.

Exaspéré par tant de dignité, l'un des jurés interpella l'accusée : - Si je ne réponds pas, dit la Reine, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère; j'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici.

La voix, quoique faible et épuisée, vibra et, pour la première fois dans l'agonie de l'audience, des larmes mouillèrent ses joues. 'Devant ce crime sublime, disent les Frères Humbert qui étaient présents, un courant magnétique passa dans l'assistance.' Les mégères mêmes qui écoutaient, les coudes sur les genoux, se sentirent remuées malgré elles. Peu s'en fallut qu'elles n'applaudissent. On entendit des cris perçants, plusieurs femmes s'évanouirent; dans un grand tumulte il fallut les emporter. La voix nasillarde du président Hermann menaça de faire évacuer la salle.

[...] A minuit, le président dit aux avocats : - Sous un quart d'heures les débats finiront, préparez votre défense. Marie-Antoinette fut condamnée à mort à l'unanimité. Les jurés exprimaient leur opinion, l'un après l'autre, à haute voix. Chacun d'eux savait que s'il se fût prononcé pour l'acquittement, il se fût exposé à être guillotiné lui-même.

[...] La lecture de l'arrêt de mort trouva la reine calme, immobile. Elle descendit de son banc le front haut, ouvrit elle-même la balustrade et traversa la salle comme sil elle ne voyait ni n'entendait rien, note Chaveau-Lagarde. La séance fut levée à quatre heures du matin.

 

(Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 93-102.)

La presse de l'époque s'accorde à dire que la Reine ne manifesta aucune émotion visible à la lecture de l'acte de condamnation. Ce fait est confirmé par Chauveau-Lagarde, un de ses avocats:



"Elle ne donna pas le moindre signe de crainte, ni d'indignation, ni de faiblesse [...] Elle descendit les gradins sans proférer une parole, ni faire aucun geste, traversa la salle comme sans rien voir ni rien entendre; et lorsqu'elle fut arrivée devant la barrière où était le peuple, elle releva la tête avec majesté."

 

Dès lors il ne lui reste que quelques heures à vivre.

 

Marie-Antoinette dans la charrette qui la conduit vers le supplice


"La charette avançait lentement sous une pluie d'injures grossières. Marie-Antoinette y était assise sur une planche. Elle portait une jupe blanche tombant sur son jupon noir, une camisole de nuit en piqué blanc, un ruban de faveur noir noué autour du poignet; la tête était coiffée d'une bonnette de linon blanc comme celles que portaient les femmes du peuple, ornée d'un petit ruban noir. Elle avait inutilement prié qu'on la laissât aller au supplice tête nue. Ses cheveaux blancs étaient coupés ras autour du bonnet. Elle était pâle, mais les pommettes étaient très rouges, les yeux injectés, les cils immobiles; le regard semblait celui d'une aveugle. Derrière elle, sur la charrette, se tenaient l'exécuteur des hautes oeuvres, Samson, une manière de colosse, et son aide auprès de lui.

Rue Saint-Honoré, la charrette s'étant arrêtée un instant, un enfant, que sa mère élevait dans ses bras, lui envoya un baiser de ses petites mains qui battirent l'air ensuite d'un petit geste joyeux. La reine lui répondit d'un sourire et pleura. Ce furent les seules larmes qu'elle versa durant le trajet - qui se poursuivit parmi les huées d'une populace excitée." (Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 109.)

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Elle n'est déjà plus sur terre. La place de la révolution (devenue depuis la "place de la Concorde" !... NdCR.) est noire de monde ce jour-là. Nul doute que la propagande révolutionnaire a fait son œuvre pour ameuter la populace qui se repaît de ces orgies sanglantes. Celle-ci, qui plus est, est particulièrement gratinée! Pensez donc! Ce n'est pas tous les jours que l'on coupe la tête d'une reine de France. C'est même une grande première dans le royaume des lys. A ne manquer sous aucun prétexte! Y eut-il dans cette foule quelques anonymes venus soutenir discrètement par la prière la condamnée afin qu'elle ne défaillît point à l'ultime instant? Peut-être, nous ne le saurons jamais! Mais une chose est certaine c'est que les spectateurs n'auront pas eu le plaisir sadique de voir la Reine de France prise de peur à la vue de l'échafaud. A la surprise générale, elle descend seule, sans soutien, de la charrette avec "promptitude et légèreté", dit Rouy dans la relation qu'il fit de la scène, bien que ses bras soient liés; Il ajoute plus loin: "Elle est même montée à la bravade, avec un air plus calme et plus tranquille qu'en sortant de prison." "Audacieuse et insolente jusqu'au bout", écrira le Père Duchesne, le journal révolutionnaire d'Hébert, cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette.

 

Frantz Funck-Brentano écrit la même chose : "Marie-Antoinette descendit de la charette 'avec légèreté et promptitude, sans avoir besoin d'être soutenue, bien que ses mains fussent toujours liées', écrit l'auteur du Magicien républicain. S'approchant de l'échafaud, elle en monta l'escalier de bois 'à la bravade', diront les journaux, 'avec calme et une tranquilité insolente.'" (F. Funck-Brentano, ibid., p. 111.)

Dans son empressement, la Reine marche involontairement sur le pied du bourreau. "Monsieur, je vous en demande pardon." Pardon, ce sera le dernier mot prononcé sur terre par la Reine.

 

"Le couperet tombe; un aide du bourreau tend à la foule une tête blême où battent encore les paupières. Quelques cris : 'Vive la république !', cris mal assurés, car, tout de même, on a le coeur barbouillé. La plus grande partie de la foule est demeurée bouche bée, silencieuse, on peut dire de respect et d'émotion." (F. Funck-Brentano, ibid., p. 111.)

 Exécution de Marie-Antoinette à la Place de la Révolution, le 16 octobre 1793. (Anonyme. Musée Carnavalet).

Exécution de Marie-Antoinette à la Place de la Révolution, le 16 octobre 1793. (Anonyme. Musée Carnavalet).

"A midi un quart exactement, Sanson montrait sa tête à la foule, qui la salua des cris de 'Vive la Liberté  ! Vive la République !'" (Jules Mazé, Louis XVI et Marie-Antoinette, La Famille royale et la Révolution, Librairie Hachette, Corbeil 1947, p. 198.)

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

Dans les Vêpres des défunts nous chantons le verset suivant au psaume 120:

 



"Non det in commotionem pedem tuum: neque dormitet qui custodit te."

"Qu'il ne laisse pas ton pied trébucher, qu'il ne sommeille pas ton gardien."

 

 

Soyons assurés que Dieu n'abandonna pas sa servante au dernier instant et qu'elle reçut la force d'affronter vaillamment cette mort inique, soutenue par son ange gardien. Non, son pied n'a pas trébuché, mais ayant reçu la grâce de mourir avec courage, elle accorda son pardon à ses bourreaux, car ne nous y trompons pas, au-delà des mots d'excuses qu'elle a prononcés et qui peuvent paraître conventionnels venant d'une femme rompue aux bonnes manières et au savoir-vivre de son milieu, c'est bien un pardon total que Marie-Antoinette offre à ses assassins.


 


OREMUS PRO MARIA ANTONIA GALLIAE REGINA

 

Source:

http://gestadeiperfrancos.blogspot.fr/2007/10/memento-domine.html 

Sortant de chez lui, le citoyen Joly traîne les pieds. Une fin d'après-midi nuageuse tombe sur Paris en ce 16 octobre. Ou peut-être était-ce même plus tard, le 17 ou le 18 au matin. On ne saura jamais. Le fossoyeur renâcle à venir accomplir la funèbre besogne ordonnée par la Convention. Il la facturera, dans quelques jours, à la date du 1er novembre : 15 livres 35 sols, sans compter l'achat de la bière au prix de 6 livres. Dans le cimetière de la Madeleine, proche de la Place de la Révolution, non loin de la sépulture où le ci-devant roi a été enseveli voici près de neuf mois, il découvre, abandonné, à demi dénudé et gisant dans l'herbe, la tête placée entre les jambes, le corps d'une femme : celui de la fille des Césars ! Ultime marque d'opprobre.

 

De mémoire d'homme, seul le tyran Créon avait osé infliger pareille déchéance posthume à Polynice, le frère d'Antigone. Après l'acharnement dans les privations, dans les supplices et les tourments, pareille vexation était-elle encore nécessaire pour abattre la ci-devant reine de France ?

 

« Pire que le régicide », jugera plus tard Napoléon !

 

À plus de deux siècles de distance, le procès des 14, 15 et 16 octobre 1793, condamnant Marie-Antoinette à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 13:40

Mis à jour le 18/03/2020.

Approbation des statuts de la Société de Jésus : Ignace de Loyola reçoit la bulle Regimini militantis Ecclesiæ des mains du pape Paul III.

Approbation des statuts de la Société de Jésus : Ignace de Loyola reçoit la bulle Regimini militantis Ecclesiæ des mains du pape Paul III.

 "Il y avait vingt-cinq ans à peine que Luther avait proclamé sa révolte contre la foi, et déjà, aux immenses progrès de la réformation, l'Église romaine paraissait sur le penchant de sa ruine; elle ne se défendait plus; elle était comme résignée à sa défaite.

"[...] Ignace de Loyola, gentilhomme du Guipuzcoa, en fut le fondateur. [...] À quarante ans, il vint à Paris se mettre sur les bancs de l'Université pour y apprendre la grammaire; il s'y lia avec plusieurs Espagnols qui se soumirent à son ascétisme exalté, tels que François-Xavier, Lainès, Salmeron, et avec eux il fit les plans les plus extraordinaires pour le salut de l'Eglise.

"[...] Un jour ces enthousiastes se réunirent dans l'église de Montmartre, et là firent le serment, entre les mains de l'un d'eux, de garder les voeux de pauvreté et de chasteté, de consacrer leur vie à secourir les chrétiens et d'offrir au pape leurs personnes pour être employées comme il le voudrait (1536). Ce fut l'origine de la compagnie de Jésus, ainsi nommée par Loyola, parce qu'elle était formée de soldats qui faisaient la guerre à Satan; l'ordre qu'il avait en pensée n'était qu'une chevalerie destinée à la défense de la foi. Deux ans après, Ignace était prêtre. [...] Il alla à Rome avec ses compagnons et fit voeu d'obéissance. L'obéissance, selon lui, était la vertu suprême; et il ajouta à ce voeu celui de 'faire en tout temps ce qu'ordonnera le pape, de parcourir le monde, d'aller prêcher chez les infidèles, sans objection, sans salaire et sans retard.' Ainsi, à l'esprit de révolte qui animait toute l'Europe, il opposait l'obéissance absolue; à l'esprit d'examen, l'abnégation complète; à l'anarchie de discipline du protestantisme, une hiérarchie inflexible. Ce fut le chef d'oeuvre de Loyola : il avait trouvé la pierre fondamentale de la restauration catholique; la Société de Jésus était fondée (1540, 27 sept.) 

"[...] Les jésuites seront les mathématiciens, les astronomes, les mécaniciens les plus savants de l'Europe. [...] Jamais société religieuse ne s'est élevée avec plus de rapidité, n'a eu une plus éclatante destinée, n'a été gouvernée avec plus d'habileté et de persévérance, plus de souplesse et d'opiniâtreté; nulle n'a compté de plus grands talents, n'a rendu de plus grands services, n'a paru plus dangereuse aux gouvernements politiques, ne s'est attiré plus de haines. [...] En moins de cinquante ans, les jésuites instruisaient la jeunesse dans toute l'Europe, étaient les confesseurs des rois, gouvernaient les cours, prêchaient les peuples, se mêlaient à tout, guerres, traités, révolutions; ils avaient restauré le catholicisme en Allemagne, en France, en Italie, ramené le clergé à l'orthodoxie, consolidé le trône ébranlé de saint Pierre, fondé des missions dans l'Inde, à la Chine, en Amérique, enfin associé leurs travaux à tous les progrès de la science." [1]

Au Concile de Trente, les jésuites (Jacques Lainez, Alfonso Salmeron) affirmèrent contre les protestants que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils.

Au Concile de Trente, les jésuites (Jacques Lainez, Alfonso Salmeron) affirmèrent contre les protestants que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils.

Expansion de la Compagnie de Jésus et conceptions

 

Fondée par Saint Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus témoigna en Europe et plus encore en Asie ou en Amérique d'un respect pour les peuples et leurs cultures qui n'avait d'égal nulle part ailleurs. En 1541, saint François-Xavier s'embarquait pour les Indes; en 1548, les jésuites débarquait au Maroc. En 1549, ils s'installaient au Brésil. En 1555, Jules III désignait plusieurs pères pour aller créer une hiérarchie catholique en Éthiopie. Ignace de Loyola leur conseillait de se faire éthiopiens avec les Éthiopiens.

Au Japonen 1563, quinze ans après le départ de François-Xavier, la communauté catholique japonaise comptait 150 000 membres. Mais le christianisme sera interdit par le shogun Tokugawa Ieyasu en 1614.

En Chine. Les jésuites qui utilisent la science comme un instrument de mission porteront la lunette astronomique mise au point par Galilée jusqu'en Chine. 

En 1583, les pères Ruggieri et Ricci arrivaient en Chine à Tchao-Keou, où ils gagnèrent Nankin puis Pékin, possédaient une vaste culture encyclopédique; ils étaient à l'avant-garde de leur époque pour les connaissances mathématiques, astronomiques et cosmologiques. Ils parlaient et écrivaient le chinois. Ils se rendirent compte de la valeur humaine du confucianisme, religion de l'empereur et de l'élite du pays. Ils s'efforcèrent d'intégrer au christianisme un certain nombre de concepts confucéens de telle sorte que la révélation chrétienne pusse devenir une réalité intellectuelle pour cette élite.

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Demeuré seul Ricci s'avança très loin dans cette voie, particulièrement dans le domaine de la liturgie qui est par excellence celui des symboles. Ayant adopté un nom chinois, il s'habillait à la manière des mandarins dont il respectait strictement les usages. Ricci dessina des mappemondes qui firent connaître aux Chinois le reste du monde, traduisit en chinois des livres de philosophie, de mathématiques et d'astronomie. Sa rencontre avec les proches de l'empereur fut à l'origine de l'essor de l'horlogerie moderne en Chine. Les ouvrages de Ricci aidèrent à faire progresser la cartographie chinoise, participant à la popularisation de la représentation de la Terre comme étant une sphère. [Timothy Brook (trad. Odile Demange), Sous l’œil des dragons : La Chine des dynasties Yuan et Ming, Paris, Payot, 2012, p. 233-237] Le lettré mathématicien et astronome Xu Guangqi dont Ricci devint grand ami, se convertit au christianisme et fut baptisé en 1603 sous le nom de Paul. Il traduira en chinois de nombreux ouvrages scientifiques occidentaux, principalement en astronomie et mathématiques (notamment les Éléments d'Euclide). 

Ses connaissances scientifiques et techniques lui valurent les faveurs de l'empereur et une influence si grande à la cour que lorsqu'il mourut en 1610 à Pékin, on lui fit des funérailles nationales. 

Le Pere Ferdinand Verbiest.gif

Les jésuites, ses successeurs eurent la même ligne de conduite. Vers 1670, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest devint président du tribunal mathématique. C'est lui qui modernisa l'observatoire de Pékin et fit traduire en chinois saint Thomas d'Aquin. Les jésuites brilleront également en médecine et obtiendront en 1692, après avoir guéri l'empreur Kang Hsi avec de l'écorce de quinquina ("l'écorce des jésuites"), l'autorisation de prêcher publiquement dans tout le pays. Vers 1700, il y avait plus de 300 000 Chinois baptisés et l'embryon d'un clergé indigène.

 

Les idées de Johannes Kepler et de Galilée pénétrèrent lentement en Chine grâce au jésuite polonais Michał Piotr Boym (1612–1659) en 1627 et au traité d'Adam Schall von Bell en 1640. Les travaux de Boym incluront une traduction du texte se trouvant sur la stèle nestorienne découverte dans Sian (Xi'an) en 1625, qui témoigne de la présence du christianisme nestorien dans la Chine du VIIIe siècle. Cette traduction est publiée dans le China illustrata d'Athanasius KircherJusqu'en 1680, cent soixante jésuites avaient réussi à atteindre la Chine pour y exercer leur activité. Or ils étaient partis six centsVers 1700, il y avait plus de 300 000 Chinois baptisés et l'embryon d'un clergé indigène. Cela marque un échange unique et sans précédent de connaissances scientifiques entre deux civilisations, unique parce qu'il s'est déroulé sur un pied d'égalité.

Aux Indes entre 1606 et 1656.

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Roberto de Nobili (1577-1656) était admis à Maduré dans la caste supérieure des brahmanes. Connaissant le sanskrit et le tamoul, il abandonna jusqu'à son nom pour se faire appeler Tatuva Podapar Suami, "le maître des 96 perfections du sage".

 

En 1609, 70 brahmanes de la province se convertirent au catholicisme sans avoir le sentiment d'être infidèles à l'enseignement des vedas ni renoncer à leurs pratiques rituelles (bains, encensement au santal, etc.)

A Lisbonne, le tribunal de l'Inquisition saisi de l'affaire par les adversaires de la Compagnie, donna raison à de Nobili.

Le pape Grégoire XV confirma le jugement et décida qu'il y aurait désormais plusieurs rites (c'est par impropriété de terme qu'on les a qualifiés de "rites malabars" au lieu de rites de Maduré).

Malheureusement, en 1780 en Chine, à la mort du père Martial Cibot, l'un des derniers jésuites qui survécurent quelques années en Chine après la destruction de leur ordre en 1773, la pénétration du christianisme avait été totalement interrompue dans les milieux lettrés du fait de l'interdiction par Rome en 1739 des rites locaux indiens malabars et chinois quelques années plus tard. Il faudra attendre 1942 pour que Pie XII, se référant explicitement à l'autorisation de Paul V en 1615, permît à nouveau de célébrer la messe en langue littéraire chinoise !

Actuellement les contacts de la Compagnie de Jésus avec la Chine continentale restent sporadiques.

Au Paraguay et en Uruguay en Amérique latine, entre 1600 et 1725, la confusion est complète entre les pouvoirs religieux et civil. La politique est en fait dirigée de Madrid par le Conseil des Indes. La confusion du spirituel et du temporel, grave dans son principe et dans ses effets, recèle néanmoins ici quelques avantages. Les jésuites, en effet, ont reçu de Madrid la charge d'administrer les régions que n'habitaient pas encore les Blancs. Ils y jouissaient d'une large autonomie à laquelle ils devraient bientôt renoncer si les colons espagnols s'installaient. Or l'expérience leur montra les conséquences fâcheuses du contact entre indigènes et colons. Ces derniers, par leur racisme et leur avidité au gain, donnaient le plus mauvais exemple et ne provoquaient que ressentiment. Tout poussa donc les évangélisateurs à perpétuer un isolement si favorable à leur dessein. Ainsi fondent-ils en 1610 le tout premier village chrétien composé uniquement d'Indiens guaranis, la "réduction" de Saint-Ignace. En 1700, il y aura trente réductions d'environ 3000 à 4000 habitants. Ces villages où les Européens n'étaient donc pas admis étaient tous constitués sur le même modèle : l'église et la résidence des pères était construite au centre; autour étaient installées l'école et les bâtiments sociaux, puis venait le cercle des habitations (une par famille), enfin, à la périphérie, il y avait les ateliers. Au-delà, les terres labourables étaient propriété collective. Le maire, indigène, était élu par les habitants. La justice était rendue par les jésuites, la peine la plus grave étant l'expulsion du village.

Le supérieur Antonio Ruiz de Montoya explique en 1609 qu'en fondant cette République, les jésuites voulaient christianiser et 'civiliser' les indiens pour qu'ils puissent être des sujets libres de la Couronne, égaux aux Espagnols. [...] La République, [...] son existence même offensait de nombreux officiels coloniaux et planteurs et leur offrait une occasion [...] d'exproprier les autochtones.

Ces petites républiques guaranis formaient un véritable État jésuite, à la fois collectiviste et théocratique. Elles prospérèrent jusqu'au jour où un accord conclu entre l'Espagne et le Portugal fera passer treize des plus importantes réductions sous l'autorité fort peu libérale du gouvernement de Lisbonne. 

Les jésuites réussirent à devancer et court-circuiter leurs opposants durant bien plus d'un siècle, avant que les choses ne se gâtent.

La chute de la République débuta en 1750 lorsque les Portugais et les Espagnols signèrent un nouveau traité qui prévoyait la redistribution du territoire de l'Amérique du Sud selon des frontières naturelles. Les sept réductions tombèrent du même coup sous la juridiction portugaise.

La rébellion indienne qui suivra l'emprise maladroite des fonctionnaires portugais sera imputée aux jésuites. Quant aux réductions demeurées sous la tutelle espagnole, elles tomberont après la dissolution de la Compagnie de Jésus en des mains peu scrupuleuses qui les exploiteront sans vergogne et l'aventure se terminera misérablement.

Apprenant la mort de leur pasteur, Antonio Ruiz de Montoya, le 11 avril 1652, les Guaranis envoyèrent une quarantaine de porteurs à Lima pour en ramener la dépouille mortelle à la Réduction de Loreto (en Argentine actuelle) pour y être enterré parmi les siens.

"Faisant valoir de faux témoignages concernant des conspirations jésuites contre les deux couronnes, l'opposition eut gain de cause : en 1754, l'Espagne envoya ses troupes à partir de l'Ouest contre les sept Réductions, et les Portugais à partir de l'Est. [...] Bien que les jésuites n'aient pas pris part aux batailles, on les accusa de traîtrise et ils furent bannis des territoires portugais et espagnols en 1758. Bientôt d'autres complots contre eux réussirent en Espagne. Tous les membres de l'ordre furent arrêtés en 1767 et déportés vers les États pontificaux. [...] Mais ce n'est que l'année suivante que les troupes espagnoles s'avancèrent contre les trente-trois Réductions restantes et en chassèrent les jésuites sans aucun ménagement : les pères âgés et malades furent liés à dos d'âne et transportés par-delà les montagnes par mauvais temps, nombre d'entre eux y trouvèrent la mort. Ainsi, les jésuites furent expulsés du continent américain. Bientôt en ruine, leur République fut pillée par les autorités civiles. Découragés par la maltraitance dont ils faisaient l'objet et par la perte des pères en robe noire, les Guaranis survivants partirent à la dérive." (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 201-202.) "La disparition des réductions jésuites marquera aussi la disparition des Indiens Guarani. [...]

 

Les jésuites partirent en mission également en Turquie, au Moyen-Orient.

 

Au Canada et en Amérique du Nord de 1634 à 1760 : c'est notamment les Saints Martyrs Canadiens, missionaires († 1642/1649), Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de la Lande, Patrons du Canada.

 

La Compagnie utilisait les cultures locales pour donner à l'Évangile et à la foi un support, une expression, un langage qui soient compris des populations. Cet effort pour intégrer au christianisme des civilisations exotiques (que reprend saint François-Xavier) avait été jadis celui de l'Eglise palestinienne à l'égard de Rome ou celui des premiers évangélisateurs de la Gaule, saint Martin, saint Hilaire qui firent construire des lieux de culte catholiques sur d'anciens sanctuaires druidiques.

 

La concordance du libre-arbitre avec les dons de la grâce (Luis Molina)

 

Au XVIe siècle, la Compagnie de Jésus arrivait dans un contexte où les conceptions luthérienne et calvinienne du péché originel faisaient prévaloir l'idée que la faute initiale de l'humanité (péché originel) avait totalement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et vicié toutes ses entreprises à la base. Luther affirmait que nul homme ne pouvait être "juste" aux yeux de Dieu. Même baptisé et élu, disait-il, un chrétien conserve sa tare fondamentale de pécheur. Au contraire de cette position, les Jésuites (Jacques LainezAlfonso Salmeron, Luis Molina) affirmaient que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils. Sous l'influence directe de saint Ignace de Loyola, l'humanité recevait une promesse inouïe de divinisation par la voie même du Concile de Trente (1542-1563) qui proclama que tout homme, fût-il non baptisé, avait la possibilité d'agir sans déplaire à Dieu.

Pendant le Concile de Trente, de Lainez et Salmeron au belge Lessius en 1587, et aux espagnols Molina, Banez ou Escobar, cible préférée de Pascal, les jésuites s'efforcèrent d'affirmer la prééminence de la liberté humaine contre des doctrines, souvent défendues par l'ordre rival des Dominicains, qui tendaient à subordonner au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre humain. Ces débats nous font maintenant l'impression d'un dialogue de sourds car les interlocuteurs ne parlaient pas de la même chose. Les jésuites, bien entendu, ne mettaient pas en question la toute-puissance de Dieu comme on les en accusait, ni le "néant" de la créature réduite à elle-même. Ils se contentaient de reconnaître implicitement ce qu'admettent aujourd'hui la plupart des théologiens, à savoir que cette toute-puissance ne s'exerce que dans le sens de l'Amour infini. L'homme, certes, ne peut se sauver que par la grâce de Dieu, mais cette grâce ne lui est jamais refusée. Dans le mécanisme du salut, c'est donc la volonté de l'homme qui est "souveraine" : elle, seule, peut faire obstacle à un Dieu qui ne se refuse pas (en enfer, il n'y a que des volontaires, pourrait-on résumer).

 

La doctrine inverse (défendue par les protestants et les jansénistes), qui subordonnait au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre aurait pu être le rappel d'une vérité évidente dans l'ordre de l'ontologie. Mais elle n'avait de sens que si elle supposait un Dieu qui ne veut pas le salut de tous les hommes. La logique de cette doctrine conduira les jansénistes à défendre contre les jésuites la thèse de la prédestination.

 

Les conceptions jansénistes ne pouvaient être que méfiantes, voire hostile à l'égard des cultures locales et profanes alors que les conceptions jésuites sur le libre arbitre et la "justification" portaient la marque foncièrement prophétique, accueillante et optimiste de la Compagnie de Jésus. Cette porte ouverte sur l'humanité non chrétienne permit à la Compagnie d'adopter des coutumes, des symboles et même des liturgies que l'on considérait jusqu'alors comme païennes, c'est-à-dire foncièrement mauvaises.

 

Au XVII et XVIIIe siècles, les jésuites, plus que les Dominicains, ont eu un rôle important pour faire stopper la chasse aux sorcières, en invitant à mieux distinguer possessions et maladies mentales et en rappelant que le diable n'a pas tout pouvoir. [2]

 

Cette audace fit adopter à la Compagnie (dans la liturgie) les langues et les coutumes exotiques de ces peuples et qu'elle appliqua à la confession pour l'appréciation des cas de conscience (casuistique) faillit lui coûter la vie. En 1773, le pape Clément XIV, cédant à la pression des Bourbons de France, d'Espagne et de Naples, décidera de suspendre ses activités pour des motifs qui n'avaient rien à voir avec la Foi (voir plus bas).

 

Pendant plus de deux siècles, le jansénisme a profondément marqué le catholicisme français. Son rigorisme a été repris et adopté par le clergé qui a écarté des sacrements une grande partie des croyants et arraché de leur esprit la figure du Christ miséricordieux au profit d'un Dieu vengeur. La confession a été le lieu de ce véritable drame qui a éloigné les uns de la religion et a stérilement culpabilisé les autres. La question du délai ou du refus de l'absolution a constitué l'enjeu de ce que l'on a appelé improprement la querelle du laxisme; des millions d'hommes et de femmes en ont été les victimes.

 

C'est l'assemblée du clergé dominée par Bossuet et réunie à Saint-Germain-en-Laye, qui, en 1700, orienta l'église gallicane vers un rigorisme qui, sur le plan de la fréquentation des sacrements, n'avait rien à envier à celui de Port-Royal.

 

Bossuet, tout en rejetant la doctrine janséniste, n'hésitait pas à en approuver la rigueur envers les pécheurs. Si le régime de l'absolution refusée, ou différée (quelques fois pendant plusieurs années) s'est implanté, c'est à lui et à l'assemblée de clergé gallican qu'on le doit. Sous leur influence, les évêques de France et les confesseurs refuseront l'absolution à des pécheurs repentants et "en progrès", parce que la sincérité de leur contrition n'est pas certaine. Le délai d'absolution était encore recommandé par les manuels des séminaires au milieu du XIXe siècle. On devra attendre 1832 et la publication par l'abbé Thomas Gousset (futur cardinal) d'une Justification de la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori (fondateur de l'ordre des Rédemptoristes) pour que le clergé de France commence à en revenir à une tradition évangélique, qui se matérialisera plus tard dans la recommandation de la pratique fréquente de l'Eucharistie. C'est Thomas Gousset, alors professeur au séminaire de Besançon, qui s'attaquera d'une manière décisive aux doctrines rigoristes et permettra leur reflux. C'est aux pécheurs récidivistes les plus enfoncés dans leurs faiblesses qu'il faut rendre facile l'accès à la confession, un "aliment pour les faibles" dira le pape jésuite François dans son Exhortation évangélique Evangelii Gaudium, n°47 (sur le fondement de saint Ambroise, De sacramentis, IV, 6, 28 : PL 16, 464 ; SC 25, 87 : « Je dois toujours le recevoir pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède » ; IV, 5, 24 : PL 16, 463 ; SC 25, 116 : « Celui qui a mangé la manne est mort ; celui qui aura mangé ce corps obtiendra la rémission de ses péchés ». saint Cyrille d’Alexandrie, In Joh. Evang. IV, 2 : PG 73, 584-585 : « Je me suis examiné et je me suis reconnu indigne. À ceux qui parlent ainsi je dis : et quand serez-vous dignes ? Quand vous présenterez-vous alors devant le Christ ? Et si vos péchés vous empêchent de vous approcher et si vous ne cessez jamais de tomber – qui connaît ses délits ?, dit le psaume – demeurerez-vous sans prendre part à la sanctification qui vivifie pour l’éternité ?).

Au XIXe siècle, le point de vue de saint Alphonse de Liguori et du cardinal Gousset était celui des jésuites au XVIIe. Ce point de vue allait exactement à l'encontre de la morale janséniste et gallicane du clergé français. C'était la faculté pour le confesseur de tenir compte des situations; de ne pas décourager le repentir par une exigence qui serait conforme aux principes moraux, mais inapplicable. C'est faire confiance au discernement humain et à la miséricorde divine; en deux mots : à la raison et à la grâce. Cette voie était celle d'Ignace de Loyola et ce sera l'un des mérites des jésuites que d'avoir contribué à la rouvrir à la suite d'Alphonse de Liguori et contre l'école des moralistes religieux français du XVIIIe siècle.

 

Leurs adversaires au XVIIe siècle trouvèrent en Blaise Pascal un polémiste de génie qui sut faire descendre le débat du plan théologique où il se situait au niveau de la morale pratique, domaine dans lequel la Compagnie était beaucoup plus vulnérable pour avoir voulu donner forme écrite et systématiser ce qui ressortissait à la seule conscience du confesseur. Le succès des Lettres à un Provincial contribua à imposer dans l'esprit public une caricature du jésuite qui n'est pas encore totalement effacée.

 

Rôle des jésuites dans l'éducation et l'enseignement

 

Le jésuite Pierre Canisius organisa la défense de l'Eglise par le livre et l'école. Chacun des grands collèges créés par lui devint un centre de résistance aux thèses luthériennes et calvinistes. Canisius n'avait à son arrivée en Allemagne en 1550 que deux compagnons pour le seconder. Près de mille deux cents jésuites y exerçaient leur activité trente ans plus tard. Et dans toute l'Europe, suivant une ligne stratégique qui traversait le nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, la Hongrie et la Pologne, furent fondés les universités et les collèges de la Contre-Réforme.

 

"Le triomphe de la papauté, a estimé l'historien anglais Macaulay, a été dû principalement à un grand reflux de l'opinion publique... Cinquante ans après la séparation des luthériens, a-t-il écrit, le catholicisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Méditerranée. Cinquante ans plus tard, le protestantisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Baltique."

 

Ce résultat fut en grande partie l'oeuvre de la Compagnie de Jésus, de ses collèges, de ses prédicateurs, de ses théologiens.

 

Dès 1590, les jésuites consacraient plus des trois quarts de leur activité à la formation des jeunes. L'accent était mis sur les humanités gréco-latines parce qu'elles constituaient alors la culture de l'honnête homme. Diverses congrégations plus ou moins liées à la Compagnie permettaient à celle-ci d'étendre son influence au-delà de la sphère universitaire. Charles Borromée, auteur du fameux catéchisme connu sous le nom de Catéchisme du Concile de Trente (1566), fut un de leurs membres et contribua à l'installation des jésuites dans les cantons catholiques de Suisse. C'est sur son insistance que le pape Clément XIII ordonna à la Compagnie de fonder des collèges à Lucerne et à Fribourg (en Suisse).

 

Un tel développement et une telle influence devait fatalement inquiéter les pouvoirs régnants et la Compagnie aura longtemps à souffrir de leur méfiance.

 

Pourtant, dès l'origine, elle tentera de se prémunir contre l'hostilité des princes en interdisant formellement à ses membres de se mêler de la politique intérieure des pays.. L'auteur de cette consigne, le père Claudio Aquaviva, cinquième général de l'ordre (1581), ira même plus loin en conseillant au pape de se soumettre aux injonctions de la République de Venise qui exigeait l'expulsion des jésuites comme condition de sa fidélité aux Saint-Siège.

 

En France, les jésuites, comme serviteurs de la papauté ne pouvaient qu'être suspects aux yeux du Parlement gallican et de la Sorbonne. Néanmoins, vers 1610, au nombre de 1400 environ, ils possédaient déjà trente-six collèges, l'un des plus célèbres étant celui de La Flèche où sera formé Descartes.

 

Rôle des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique"

 

On trouve dans l'ouvrage "Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions", de Pierre Lafue quelques développements instructifs sur le rôle positif des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique" contre les Gallicans et les Jansénistes au XVIIIe siècle.

 

Ainsi, "lors de la réaction des ordres privilégiés, ont-ils été l'objet de l'hostilité de nombreux prélats - particulièrement des 6 cardinaux jansénistes dont le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, est le chef relativement modéré. En outre, l'Université et le Parlement se sont prononcés contre les partisans de l'ultramontanisme (les jésuites NDLR.).

 

... La coalition formée contre eux va toutefois demeurer assez longtemps impuissante par suite de l'attitude du roi qui leur sait gré, non seulement de fournir des confesseurs à toute sa famille, mais encore de désavouer la coterie parlementaire dressée contre le trône qui a tenté d'imposer la loi commune en matière d'impôt." [3]

 

 

La Compagnie de Jésus, cible de la franc-maçonnerie

 

C'est au Portugal que le marquis de Pombal [franc-maçon] mène l'assaut en premier [en 1759]. [...] [L]es jésuites sont accusés de comploter contre le roi et expulsés du Portugal en 1759 tandis que Gabriel Malagrida, ancien missionnaire au Brésil et figure de premier plan, est brûlé à l'âge de 71 ans.. [...] En 1767, les jésuites sont expulsés par les Bourbons d'Espagne. Les décisions portugaises et espagnoles d'appliquent aussi en Amérique.

[...] En France, le Parlement de Paris, qui a gardé des sympathies jansénistes [et franc-maçonnes], lance une campagne qui obtient en 1763 de Louis XV l'interdiction des jésuites, également bannis de l'empire des Habsbourg en 1768." [4]

"La présomption d'une conjuration tendant à culbuter et anéantir l'ordre des jésuites fut soumise à Louis XV par un mémoire que le Dauphin lui remit dans le courant de juin 1760 et que ce prince tenait lui-même d'un conseiller au parlement de Paris", écrit Michel Antoine dans sa biographie de Louis XV. "Ce document mettait en cause le duc de Choiseul en révélant que dès le mois de décembre 1759, ce ministre, dans des conversations avec plusieurs membres du parlement, leur avait assuré que les jésuites étaient perdus dans l'esprit du Roi, que le gouvernement était résolu à éteindre leur société, mais que c'était au parlement à donner l'impulsion à la chose. [...] [S]i le mémoire remis à Louis XV par le dauphin n'attestait pas la réalité d'une conjuration antijésuite, il faudrait alors reconnaître à son auteur le don de prophétie (D. Van Kley).

"[...] Plusieurs faits isolés mais concordants, apparaissent dès les premiers mois de 1760, comme autant  d'indices de la réalisation d'un plan soigneusement concerté tendant d'une part à dénigrer et décrier ces religieux aux yeux du public et, d'autre part, à accoutumer celui-ci à les voir traînés devant les tribunaux." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 780-781.[5]

 

Le Principal ministre de Louis XV entre 1758 et 1770, le comte de Choiseul, "allié des magistrats, fera alors pression pour obtenir l'expulsion des Jésuites." [6] Choiseul était franc-maçon, "Vénérable de la Loge Les Enfants de la Gloire" en 1761. [7]

 

Tout en se disant "l'artisan du renouveau français et de la revanche contre l'Angleterre" [8], cet esprit des Ténèbres qui s'illustrait dans la destruction méthodique de la Nouvelle-France (Amérique française), était lié aux "philosophes" [9], et il était le complice des Parlements dans leur obstruction au roi... [10]

 

Les jésuites subirent ainsi les attaques conjuguées des jansénistes, des gallicans, des parlementaires et des "philosophes" de l’"Encyclopédie".

 

Le 6 août 1761, le parlement de Paris ordonna que les écrits de 23 jésuites dont Bellarmin, Toledo et Lessius fussent bannis comme "contraires à la morale et nuisibles à la jeunesse". Interdiction leur fut faite de recevoir des novices. Dans les villes où existaient d’autres écoles, les collèges jésuites durent fermer le 1er octobre 1761, et ailleurs ils furent fermés en avril 1762. Louis XV, favorable aux jésuites, intervint plusieurs fois, temporisa et obtint quelques délais. Cela tourna au conflit politique entre le parlement et le roi. Des compromis successifs, tous à tendance gallicane (pratiquement une séparation vis-à-vis de Rome), furent proposés aux jésuites et furent rejetés comme inacceptables.

 

Défiant le roi, le parlement de Paris, le 6 août 1762, déclara que la Compagnie de Jésus "nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse" et la bannit de France. Certains parlements régionaux (comme celui de Flandre) refusèrent d’emboiter le pas ; la plupart temporisèrent. Le roi, de nouveau, obtint un délai. Mais malgré l'intervention du pape Clément XIII, pape de 1758 à 1769 qui défendit vigoureusement la Compagnie de Jésus, il dut finalement s’incliner tout en mitigeant les mesures prises. En novembre 1764, Louis XV édicta ce qui devint la mesure pour toute la France : la Compagnie de Jésus était proscrite en France, et ses biens étaient confisqués. Les jésuites furent cependant autorisés à y demeurer comme "bons et fidèles sujets", sous l’autorité des évêques. Les jésuites anglais de Saint-Omer durent également partir : ils s’installèrent dans les Pays-Bas méridionaux (alors autrichiens).

 

Si l’exécution de l’édit royal se passa moins dramatiquement qu’au Portugal les conséquences en furent tout aussi graves. L’enseignement en France fut désorganisé, de nombreux jésuites ayant choisi de partir en exil. Outremer, les missions des jésuites français furent confiées aux pères de Missions étrangères de Paris, mais ils ne suffisaient pas à la tâche. De nombreux postes furent fermés.

 

L'alliance de circonstance entre jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières eut raison des jésuites. En 1761, dans une lettre à Voltaire, D’Alembert écrivit : "Que la canaille janséniste nous débarrasse des polissons jésuites. Ne fais rien pour empêcher que ces araignées se dévorent les unes les autres". En 1763 il triompha : "Les jésuites étaient les troupes régulières et disciplinées luttant sous l’étendard de la Superstition […] Les jansénistes ne sont que des cosaques dont la Raison va vite se débarrasser maintenant qu’ils doivent se battre seuls."

C'est l’"affaire Lavalette" (scandale financier à la suite de la banqueroute du prêtre jésuite Antoine Lavalette) qui contraignit Louis XV à interdire la Compagnie et à la bannir de France en 1763-1764, en fermant ses deux cents collèges. Déjà chassés du Portugal en 1759 par le ministre portugais franc-maçon, le marquis de Pombal, ils le furent encore d'Espagne en 1767 et du duché de Parme et de Plaisance en 1768. Cependant le roi Stanislas, avant 1766, les accueillit dans son duché de Lorraine, resté théoriquement indépendant du royaume de France.

 

Supérieur des Missions Françaises de l'Amérique du Sud en 1754, mais avec un ordre explicite d'arrêter toute entreprise commerciale, le Père Antoine Lavalette ignora cet ordre et poursuivit sa compagnie commerciale. Quelque temps plus tard, il emprunta pour acheter des terres. Or une épidémie en 1756 décima les ouvriers qui devaient les défricher et les mettre en culture pour exploiter la canne à sucre puis plusieurs de ses navires furent saisis par les pirates anglais à leur retour en Europe. La guerre de Sept Ans interrompant le trafic de sa maison de commerce avec la métropole, cette dernière fit faillite qui s'élevait à deux millions quatre cent mille livres. Deux de ses créanciers, de gros négociants marseillais, Gouffre et Lionci, poursuivirent La Valette devant le parlement à Aix qui le condamna. Le provincial des Jésuites fit appel, l'affaire remonta au Parlement de Paris. Ce dernier sous prétexte de se prononcer sur cette simple faillite, ordonna aux Jésuites de déposer au greffe un exemplaire des Constitutions de leur ordre et prononça un arrêt le 6 août 1762 qui déclarait la Compagnie de Jésus "inadmissible par sa nature dans tout État policé". [11]

 

Fritz Hochwälder a popularisé leur tragédie dans sa pièce Sur la terre comme au Ciel, véritable drame de l'obéissance. Les jésuites étaient soupçonnés à juste titre de fidélité romaine. La soumission ne leur épargna pas le bannissement qui précédera de peu la dissolution de la Compagnie !

 

L'opposition des cours européennes fut si forte que le pape Clément XIV en vint, le 21 juillet 1773, à supprimer la Compagnie de Jésus partout dans le monde ; c'est le bref Dominus ac Redemptor, qui dit que la Compagnie a souvent été sévèrement critiquée (mais ne dit pas si ces critiques étaient justifiées ou pas).

 

Leur salut viendra de l'Est. En Russie, la tsarine orthodoxe Catherine II interdit la promulgation de la bulle papale, et en Prusse le roi protestant Frédéric II fit de même, heureux de marquer sa désapprobation au Pape, tout en profitant de l'aubaine que constituaient tous ces savants et ces professeurs pour organiser l'enseignement et la recherche dans ses États.

 

En France, les maisons d'éducation des Jésuites furent fermées, et cette victoire fut représentée audacieusement par les partisans de l'opposition à la monarchie comme une mesure 'libérale'...[12]

Dans sa lutte pour la domination politique, l'oligarchie parlementaire s'appuyait sur la secte des Jansénistes, grâce à laquelle elle s'est emparée de l'opinion publique, qui sans cela n'eût sans doute pas été abusée par son faux libéralisme.

 

La calomnie joua son rôle. On réédita de prétendus statuts secrets, Monita Privata Societatis Jesu, imprimés à Cracovie en 1614. Ce document republié sous le titre Monita Secreta, voulait prouver les visées temporelles (pouvoir, domination) de la Compagnie de Jésus. Il s'agissait d'un faux dont l'auteur était un ex-jésuite polonais, Jérôme Zahorowski. [13]

 

Au XVIIIe siècle toute la magistrature était devenue janséniste. C'est cette secte religieuse, alliée de la franc-maçonnerie qui empêchera toute saine réforme de l'Etat royal et obstruera la volonté du roi d'établir l'égalité devant l'impôt et sera à l'origine de la Révolution dite française.

 

Lire : La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

 

La politique de la Compagnie au-delà des mers fit éclater la crise. Les jésuites ayant toujours défendu les droits et valeurs des civilisations indigènes sur les territoires de leurs missions, leur attitude, combattue par les protestants et les jansénistes, provoqua la haine des colons, commerçants ou négriers des possessions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, et n'avait pas été complètement comprise par Rome.

 

Restauration de la Compagnie et nouveaux ennuis

 

Après les guerres napoléoniennes, le climat politique changea. Les monarques qui avaient expulsé les Jésuites n'étaient plus au pouvoir. Le pape Pie VII procèda à la restauration universelle de la Compagnie en promulguant le décret Sollicitudo omnium ecclesiarum (en français: la sollicitude pour toutes les Églises) du 7 août 1814.

 

Pie VII avait d'abord discrètement approuvé son existence en Russie (bref Catholicae fidei du 7 mars 1801) et dans le royaume de Naples en 1804.

 

Le 7 août 1814, le pape Pie VII célébra une messe solennelle dans l'église du Gesù à Rome où se trouve le tombeau de saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus. Ensuite, il fit lire la bulle qui autorisait à nouveau l'existence de l'Ordre dans le monde entier. En même temps, il nomma le supérieur des jésuites de Russie, Tadeusz Brzozowski, "Supérieur général de la Compagnie de Jésus". La Bulle fut promulguée le lendemain, le 8 août.

 

En 1828 néanmoins, Charles X expulsa les jésuites. De 1835 à 1845, la Compagnie se développa jusqu'à ce que Louis-Philippe et la Deuxième république leur imposent de nouvelles épreuves. Le Second empire et les tout débuts de la Troisième république seront une période plus heureuse.

 

En 1880, lorsque Jules Ferry ordonna le 29 mars la "dissolution et l'évacuation" des collèges que la Compagnie de Jésus "occupe sur la surface du territoire de la République", ceux-ci étaient au nombre de 29.. Ils enseignaient près de 11 000 élèves et réunissaient 815 professeurs.

 

Le conservatisme des jésuites était l'objet des quolibets des polémistes et des attaques d'un Edgar Quinet ou d'un Jules Michelet qui dénonçaient le "jésuitisme" et s'en prenaient aux visées "secrètes" de la Compagnie.

 

Précisons simplement que les Constitutions de l'Ordre, dont le document définitif n'a été promulgué qu'en 1594, ont subi de nombreuses modifications car la souplesse est une marque de la Compagnie qui a toujours su rester maîtresse de sa règle fondamentale, notamment par des décrets qui vinrent périodiquement en corriger les archaïsmes. Les Constitutions ne devaient pas être considérées comme une loi figée. Chaque congrégation avait le pouvoir de modifier les Constitutions, de les compléter et même de les abroger... Cette charte est donc loin d'avoir le caractère sacré d'autres documents du même genre, par exemple les Constitutions d'Anderson, qui fondent les loges maçonniques.

 

Bien des adversaires de bonne foi ignorent encore, par exemple, que "les Constitutions n'obligent pas sous peine de péché." Autrement dit, leur violation par un jésuite n'est pas en soi une faute aux yeux de Dieu. Cette disposition relativise considérablement les règles de l'Ordre, y compris, évidemment, celles qui impliqueraient les visées "secrètes" de la Compagnie...

 

Aujourd'hui: les attaques et les calomnies contre les Jésuites continuent

 

La Compagnie de Jésus est accusée d'être à l'origine du Nouvel ordre mondial.., au prétexte qu'un ex-jésuite fonda l'ordre maçonnique des Illuminati.

 

Or, Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminati, était né dans une famille juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt. Converti, il devint jésuite. Il tomba dans la pratique de la sorcellerie et se sépara de l'Eglise. Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il fut accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait créé deux ans plus tôt l'ordre occulte des Illuminati, les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme) en copiant certains statuts des Jésuites. Il croyait être appelé à "régénérer" l'humanité. L'Abbé Barruel, prêtre jésuite, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1798), indique que "dans les jours où ce conspirateur (Weishaupt) conçut ses projets (+) il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13) Weishaupt recruta à Weimar, le duc Charles-Auguste (Eschylus), Goethe (Abaris), Herder (Damasus pontifex), Shardt (Appollonis), von Fritsh (Werner), le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, le baron de Dalberg, le duc Ferdinand de Brunswick, le comte (futur prince) de Metternich.

 

De nos jours, les attaques et des diffamations faites par la franc-maçonnerie contre les jésuites continuent par tous les moyens (Exemple: média, musiques).

Les jésuites

Sources

 

[1] Théophile LAVALLÉE, Histoire des Français, Depuis les temps des gaulois jusqu'à nos jours, tome deuxième, Les Valois, J. Hetzel, Libraire-éditeur, Charpentier Libraire-éditeur, Paris 1844, pp. 329-334

[2] Jean-Baptiste GOLFIER, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 114 

[3] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions, Pierre LAFUE, Nouvelle Librairie de France, tome 3, Paris 1960, p. 36, 37

[4] Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 334

[5] Michel ANTOINE, Louis XV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 780-781

[6] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions, Pierre LAFUE, ibid., p. 37

[7] Sur l'appartenance maçonnique de Choiseul : Grande Loge Suisse Alpina http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/artikel/artikel-2006-4-01.php

[8] Choiseul avait "en réalité, par calcul personnel,[...] laissé la crise morale et institutionnelle se développer jusqu'à mettre le royaume en péril" : Pierre PLUCHON, Histoire de la colonisation française, tome 1er, Le Premier empire colonial, Des origines à la Restauration, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996, p. 294.

[9] Pierre GAXOTTE de l'Académie française, Le siècle de Louis XV, Texto, Paris 2015, p . 295

[10] Choiseul "de coeur avec les Parlements et presque leur complice" in P. GAXOTTE, ibid., p. 343

[11] François RIBADEAU DUMAS, Grandeur et misère des Jésuites, Dervy, 1994, p. 262

[12] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions, Pierre LAFUE, ibid., p. 37

[13] Alain GUICHARD, Les Jésuites, Club français du livre, Editions Grasset et Fesquelle, Ligugé 1974, p. 70

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:12

Petite leçon d’histoire à l’adresse de Mgr Eychenne, Evêque de Pamiers, qui s’autorise à demander pardon au nom de l’Eglise (de quel droit ?) pour le massacre des Cathares au XIIIe siècle.

Résumons-lui les faits :

Au IIe siècle, Marcion avait affirmé qu’il existait deux dieux : celui, terrible et cruel, de l’Ancien Testament et le Dieu d’Amour du Nouveau Testament.

Au IIIe siècle, Manès reprend les enseignements de Marcion pour développer l’idée selon laquelle la matière est une création de Satan tandis que l’esprit est l’œuvre de Dieu.

Le Catharisme du XIIIe siècle sort en droite ligne de ces deux erreurs mais les aggrave : les Cathares, en effet, veulent purifier le christianisme en proie aux scandales et aux misères physiques et morales de la société grâce à une sorte de suicide collectif permettant d’échapper à l’emprise de la matière satanique. Dès le XIIe siècle, leur doctrine se répand dans les régions de Toulouse et du Lauraguais où ils sont désignés sous le nom d’ “Albigeois”. Mais on les retrouve aussi sous d’autres appellations en Bulgarie, en Aragon, dans le Brabant... où ils saccagent les églises et prennent d’assaut les villes demeurées catholiques.

Enferrés dans leurs erreurs qui deviennent des dogmes à leurs yeux, les Cathares enseignent :

- que la création matérielle est l’œuvre de Satan,

- que les misères peuvent être guéries pas la négation de la vie,

- que le mariage doit être condamné puisqu’il mène à perpétuer la race humaine,

- que le suicide est conseillé,

- que pour ne pas consolider la société, il faut éviter de travailler,

- que l’Eglise catholique romaine doit être combattue,

- que le libertinage est permis puisqu’il conduit à détruire la famille construite sur la notion de fidélité.

S’ensuivent les conséquences suivantes :

- sur le plan théologique, il est enseigné que l’Incarnation et la Résurrection ne sont que des illusions,

- sur le plan moral, la débauche prend des proportions telles que les enfants bâtards abandonnés après leur naissance ne se comptent plus et que les femmes enceintes sont accusées de porter l’enfant du démon ; parallèlement, les suicides prennent l’allure d’une véritable épidémie,

- sur le plan juridique, toutes les institutions civiles sont sapées puisqu’il ne saurait être question de prêter serment,

- sur le plan religieux enfin, en Aquitaine et en Languedoc les églises sont vides : les baptême et l’Eucharistie ne sont plus célébrés ; à l’article de la mort, le Cathare reçoit le “consolamentum” d’un adepte appelé “Parfait”. Il s’agit d’un geste qui n’a aucun sens.

Au début du XIIIe siècle, au temps de S. Dominique, les Cathares sont implantés dans une région qui va de Bordeaux à Marseille, des Pyrénées à l’Auvergne. Avec les grands seigneurs gagnés à leurs idées, ils forment une contre-Eglise qui possède sa hiérarchie, ses couvents, son culte, ses docteurs et dans laquelle on pratique la spoliation des biens ainsi que les assassinats.

Totalement terrorisé, le clergé demeuré catholique ne réagit plus.

S. Dominique, usant de douceur et de patience, remporte quelques succès qui exaspèrent les Cathares les plus fanatisés se conduisant comme des fous furieux qui pillent et tuent.

Quant à l’horrible “Croisade des Albigeois”, dont on ne rappelle généralement qu’un épisode alors qu’elle en compte trois, elle est le fait non de l’Eglise qui a usé de patience, mais de guerriers du nord de la France trop heureux d’avoir trouvé un prétexte pour régler un vieux compte de suprématie politique avec les seigneurs du Midi devenus hérétiques et menaçant pour le royaume.

 

Nous ne saurions assez conseiller à Mgr Eychenne de revoir ses cours d’Histoire et, en passant, de théologie.

Les cathares - petite leçon d'histoire
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 14:58
[Mensonge républicain] Voltaire : "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites…"

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. » Qui donc n’a jamais lu ou entendu cette fameuse citation que d’aucuns attribuent à Voltaire ?

 

Peut-être le saviez-vous, Voltaire ne l’a ni écrit… ni même pensé ! L’erreur sur la paternité de cette citation se nourrit d’un mensonge beaucoup plus grand : l’image - distillée par l’école républicaine - d’un philosophe tolérant et généreux proclamant la liberté contre l’obscurantisme.

 

D’où vient cette maxime ? Que pense réellement Voltaire et son siècle ?

 

L’ouvrage Voltaire, Œuvres Complètes explique :

 

« Certains commentateurs[1], prétendent que cette citation est extraite d’une lettre du 6 février 1770 à un abbé Le Riche où Voltaire écrivait : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à l’écrire. » En fait, cette lettre existe, mais la phrase n’y figure pas, ni même l’idée. Le Traité de la tolérance auquel est parfois rattachée la citation ne la contient pas non plus. De fait, la citation est absolument apocryphe (elle n’apparaît nulle part dans son œuvre publiée) et trouve sa source en 1906, non dans une citation erronée, mais dans un commentaire de l’auteure britannique Evelyn Hall, dans son ouvrage The Friends of Voltaire, où pensant résumer la posture de Voltaire à propos de l’auteur d’un ouvrage publié en 1758 condamné par les autorités religieuses et civiles, elle écrivait « « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it », was his attitude now. »[2]

 

La maladresse de l’auteur britannique Evelyn Hall dans l’usage des guillemets répandit à tort cette déclaration. Le professeur Marjorie Garber de l’Université d’Harvard rapporte à sujet :

 

« Interrogée à propos de la citation plusieurs années après la publication de son livre, Hall expliquait qu’elle ne voulait pas sous-entendre que Voltaire utilisa textuellement ces mots et qu’elle serait très surprise si cette citation se retrouvait dans ses œuvres. »[3]

 

Que Voltaire n’ait jamais exhorté un abbé à exprimer sa pensée, voilà chose démontrée. Dès lors, la vertu de tolérance enseignée par la République dans les pas de Voltaire est-elle intéressée ou objective ? Voici, pour éclairer votre jugement, un florilège de phrases tracées sous la plume de Voltaire, révélant non ce qu’il prétend mais ce qu’il pense : mépris pour le peuple, les races et les femmes :

 

1/ Le peuple…

 

« Le peuple est entre l’homme et la bête ».

 

« La multitude des bêtes brutes appelées hommes, comparée avec le petit nombre de ceux qui pensent, est au moins dans la proportion de cent à un chez beaucoup de nations. »

 

« Ce monde ci (il faut que j’en convienne) est un composé de fripons, de fanatiques et d’imbéciles, parmi lesquels il y a un petit troupeau séparé qu’on appelle la bonne compagnie ; ce petit troupeau étant riche, bien élevé, instruit, poli, est comme la fleur du genre humain ; c’est pour lui que les plaisirs honnêtes sont faits. »

 

« Nous n’avons de compatriotes que les philosophes, le reste n’existe pas. »

 

« L’essentiel est d’être bien avec soi-même, et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent, et tantôt nous lèchent. »

 

2/ Les races…

 

« La lèpre, ainsi que le fanatisme et l’usure, avait été le caractère distinctif des Juifs. » Les juifs forment « de tous les peuples, le plus grossier, le plus féroce, le plus fanatique, le plus absurde. »

 

« C'est à regret que je parle des juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre ».

 

« La maladie des systèmes peut-elle troubler l’esprit au point de faire dire qu’un Suédois et un Nubien sont de même espèce ? »

 

« Le blanc qui le premier vit un nègre fut bien étonné ; mais le premier raisonneur qui dit que ce nègre venait d’une paire blanche m’étonne bien davantage, son opinion est contraire à la mienne ».

 

« Il y a des races jaunes, rouges, grises. (…) Tous sont également hommes mais comme un sapin, un chêne et un poirier sont également arbres ».

 

« Notre aumônier prétend que les Hottentots, les Nègres et les Portugais descendent du même père. Cette idée est bien ridicule ».

 

« La race des nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l’est des lévriers (…). [L]a forme de leurs yeux n’est point la nôtre ; leur laine noire ne ressemble point à nos cheveux, et on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est fort inférieure : ils ne sont pas capables d’une grande attention ; ils combinent peu, et ne paraissent faits ni pour les avantages ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l’Afrique, comme les éléphants et les singes (…) ».

 

3/ Les femmes…

 

« Sur cent mâles il s’en trouve à peine un qui ait du génie ; sur cinq cents femelles à peine une ».

 

« Quant à la supériorité de l’homme sur la femme, c’est une chose entièrement naturelle (…). Les hommes en général ont des organes plus capables d’une attention suivie que les femmes, et sont plus propres aux travaux de la tête et du bras ».

 

« Les guerres qui sont le plus horrible fléau du genre-humain, laissent en vie l’espèce femelle qui le répare. »

 

Qui donc peut encore louer la tolérance de Voltaire ?

 

Joseph Colombe

 

Pour aller plus loin :

 

Xavier Martin, Voltaire méconnu : Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800), Dominique Martin Morin, 2006.

 

Xavier Martin, Naissance du sous-homme au cœur des Lumières : les races, les femmes, le peuple, Dominique Martin Morin, 2014.

 

Marion Sigaut, Voltaire : Une imposture au service des puissants, Broché, 2014.

 

LesObservateurs.ch, « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire. »

 

[1] GUTERMAN Norbert, A Book of French Quotations, 1963.

 

[2] Voltaire, Oeuvres completes, Arvensa, 2014, p.9566.

 

[3] GARBER Marjorie, Quotation marks, Routledge, 2003, p.20.

 

Source: Vexilla-Galliae

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 07:18
L'Espagne musulmane et le mensonge de la cohabitation heureuse

De 711 à 1492, l’Espagne a été occupée par les musulmans.

 

Aujourd’hui, nos historiens idéologisés voudraient faire passer cette période de plus de 700 ans comme une ère de cohabitation heureuse, d’échanges culturels et de paradis multiculturel.

 

En réalité, les conquérants musulmans ont multipliés les persécutions à l’encontre des chrétiens et juifs non-convertis, et ont établi un régime de terreur et de ségrégation. En se basant sur les travaux d’un historien espagnol délaissé, Christopher Lannes pour TV-Libertés revient avec un nouvel épisode de La Petite Histoire consacré à Al-Andalus, l’Espagne sous domination musulmane.

Extrait :

 

"Rafael Sanchez Saus, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Espagne médiévale, estime que les musulmans ont installé un régime très pervers qui n'a eu de cesse d'humilier et de persécuter les Juifs et les Chrétiens.

 

Un autre historien a fait un travail remarquable sur le sujet. Il s'agit de Serafin Fanjul, professeur de littérature arabe à l'Université autonome de Madrid, membre depuis 2011 de l'Académie royale d'histoire. Pour lui, le régime mis en place par les musulmans en Espagne (Al-Andalous) est un régime qui s'apparente à l'Apartheid en Afrique du Sud.

 

[Serafín Fanjul définit la société du royaume de Grenade (1238-1492) comme "une société monoculturelle, avec une seule langue, une seule religion. Une société terriblement intolérante, par instinct de survie, puisqu'elle était acculée à la mer". "Plus le pourcentage (des musulmans) était important, moins la société était tolérante". Les concessions sont toujours octroyées à des groupes. L'individu, lui, n'est jamais mis sur le même pied que les musulmans. Serafin Fanjul montre contrairement aux interprétations d'un Arnold Toynbee que cette société est loin d'être affranchie des préjugés raciaux. La pression religieuse est constante : "Les pouvoirs religieux d'al-Ándalus cherchèrent toujours l'islamisation totale et il y eut des exodes massifs de chrétiens vers le nord, jusqu'au XIIe siècle." (Serafín Fanjul, entretien, « Le « mythe d'Al-Ándalus », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 62, septembre-octobre 2012, p. 31-34.) NDCR.]

 

Pour Serafin Fanjul, il s'agissait d'une période terrifiante pour les minorités en terre d'islam, en terre nouvellement conquise. Cet historien prend à rebrousse-poil l'idéologie dominante qui veut nous montrer Al-Andalous comme une terre riche, pacifique, raffinée, qui a en plus apporté toute la culture du Moyen-Âge. Et cette civilisation supérieure aurait chuté à partir du moment où les royaumes chrétiens du nord (ces barbares incultes), auraient repris possession de ces terres.

 

De 711 à 756, il s'agit pour l'historien d'une véritable orgie de sang, et pas seulement envers les Juifs et les Chrétiens, mais entre musulmans. Il y a des tensions et des rixes entre la caste arabe, qui est minoritaire mais qui a le pouvoir et les Berbères, qui sont majoritaires mais qui ont été écartés de ce pouvoir. Et concernant les quatre à cinq millions d'Hispanos-romains et d'Hispanos-wisigoths, ils ont très vite détesté l'envahisseur qui a dû faire face à de nombreuses révoltes.

 

[Quelques martyrs chrétiens victimes de l'islam Al-Andalous: les saints Olive, Euloge de Cordoue, Rodrigue et Salomon, Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, Parfait de Cordoue, Flora et Maria, Laure de Cordoue, Fandilas. NDCR.]

Saint Euloge de Cordoue, martyr en 859

Saint Euloge de Cordoue, martyr en 859

Le ton va se durcir crescendo à chaque fois, suite à l'arrivée de croyants plus fondamentalistes, qui reprochaient à ceux déjà sur place de ne pas avoir assez islamisé le pays. On a eu les Omeyyades en 756, les Almoravides en 1086 et les Almohades en 1145. Et sous le règne de tous ces dirigeants "éclairés", on peut citer de nombreuses persécutions antichrétiennes comme à Cordoue au IXe siècle, le massacre des Frères missionnaires qui avaient osé pénétré dans Grenade pour précher la parole du Christ, la déportation des chrétiens en Afrique et les pogroms lancés contre les Juifs.

 

Et si on se réfère aux chroniques de l'époque, tant musulmanes que chrétiennes, on nous parle de guerres permanentes. Et aujourd'hui, par magie, c'est devenu un état de paix, un modèle de "vivre ensemble".

 

Le plus étonnant dans tout cela est que l'on nous présente Al-Andalous comme un état multiconfessionnel, multiculturel, alors qu'il était avant tout et surtout un état musulman de langue arabe. Les juifs et les chrétiens restés sur place étaient islamisés de force, tolérés ou acceptés selon les circonstances. Un royaume de paix absolue.

 

La majorité de la population d'Al-Andalous qui était islamisée pour 90% d'entre eux au XIIe siècle, et concernant les minorités, certes ils avaient le droit à l'existence en fonction des circonstances, mais une ségrégation de fait était placée entre les musulmans et eux. Le vivre ensemble est derrière le mur.

 

S'agissant des droits des chrétiens, ce sont des droits tout à fait honorables et pas du tout discriminatoires. Le musulman avait le droit de se déplacer à cheval alors que le chrétien était lui monté sur un âne. L'église, quand elle n'était pas rasée, devait être plus petite que la mosquée, le chrétien, dhimmi, devait payer un impôt supérieur (jizya) et les amendes qui le touchaient étaient également supérieures (elles étaient inférieures de moitié pour les musulmans). Les mariages mixtes étaient interdits, et un chrétien qui tuait un musulman (même en cas de légitime défense) était condamné à mort (par contre un musulman qui tue un chrétien, là pas de problème). Un chrétien n'avait pas le droit non plus d'avoir une maison plus haute que celle d'un musulman, et il devait se lever quand un musulman entrait dans une pièce (c'était la moindre des choses !)

Saint Fandila, peinture du début du XIXe siècle

Saint Fandila, peinture du début du XIXe siècle

Voilà le portrait de la société multiculturelle où règne le vivre ensemble et l'harmonie que nous vantent nos idéologues aujourd'hui.

 

Pour Serafin Fanjul,

 

"qu'on le veuille ou non, sur le plan religieux, l'Europe n'a pratiquement rien pris de l'islam, ni les dogmes, ni des arguments théologiques ni des références textuelles. Elle n'a rien pris plus non plus dans le domaine juridique, institutionnel ou politique. Quant à la culture populaire traditionnelle espagnole à laquelle on a prêté de nombreuses influences musulmanes, ces influences ont été tout à fait marginales."

 

Elles ont été marginales surtout par rapport à l'immense héritage latin et chrétien qui constitue la majorité de ces sources.

A lire également, la Provence musulmane, mais là il n'y a pas encore de mensonge officiel : les Sarrasins en Provence (889-975).

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 09:28

A la veille de la rentrée scolaire, Jean-Pierre Maugendre, Président de l'Association "Renaissance catholique", invité de TV-Libertés, expose le scandale des livres d'histoire qui sur un mode de destruction délibérée de la mémoire collective dans sa mémoire nationale, d'une manière tout à fait assumée par des déconstructeurs qui annoncent s'en prendre à ce qu'ils appellent "le poison de l'identité", passent sous silence des dates importantes constitutives de notre identité nationale.

Extrait :

 

Deux caractéristiques dans les programmes : le cosmopolitisme et l'hypertrophie de la Révolution française

 

Ces programmes, tels qu'ils sont définis, ont vocation à mener un enseignement cosmopolite.

 

Il ne faut pas centrer l'enseignement et les programmes sur l'histoire de la France, voire même sur l'histoire de l'Europe. Il s'agit au contraire d'amener l'ensemble des élèves à prendre conscience, qu'au final, l'histoire de leur pays, n'est qu'une partie d'un ensemble plus général et que toutes les valeurs se valent bien. On le voiyait par exemple dans un exemple très concret dans l'ancien programme qui datait de 2010, où en 5ème il fallait étudier les regards sur l'Afrique et l'enseignant avait le choix entre l'étude d'un empire africain, que ce soit l'empire du Ghana, l'empire du Mali, l'empire Songhaï ou l'empire Monomotapa, avec un axe majeur de ne pas mettre en avant l'histoire de France, mais d'intégrer cette histoire de France dans un ensemble plus large.

 

La deuxième caractéristiques (de ces programmes NDCR.) est que l'observateur ne peut qu'être frappé par l'hypertrophie accordée à l'histoire de la "Révolution française".
 
On a vraiment le sentiment que la France commence à la Révolution !
 
Un exemple : en fin de 3ème existe un document récapitulatif des 43 évènements ou dates que l'élève doit connaître à l'issue de ce cycle d'enseignement, c'est-à-dire au bout de quatre années d'enseignement (plus tout le primaire qui normalement a également inculqué quelques notions). Sur ces 43 évènements, il y en a 16 qui concernent la période avant la Révolution française. On est sur un rapport deux tiers un tiers. Un tiers des dates (seulement) concernent les 18 siècles et plus de l'histoire de France avant la Révolution française (Cf. Lire à ce sujet le superbe ouvrage de Frantz Funck-Brentano, "Les Origines")
 
En revanche, le gros des dates à retenir, concerne la "Révolution française" et dans ce document, il est accordé une place importante à la "philosophie des Lumières" qui précède la Révolution française mais procède du même état d'esprit.
 
En ce qui concerne les manuels, on est frappé par la qualité iconographique des manuels avec de nombreux textes. Mais le pendant est qu'il n'y a plus de textes de cours, ni de textes de résumé. Autre carence qu'on ne peut qu'observer, c'est le faible nombre des repères chronologiques (Depuis l'Ecole dite des Annales, il s'agit de supprimer l'histoire événementielle et de la remplacer par l'histoire thématique vue sous le prisme économique et social. NDCR.).
 
Les documents mis à disposition sont toujours des documents à charge concernant ce que l'on peut appeler très globalement la civilisation occidentale, le monde chrétien.
 
Exemple: le manuel Belin de 5ème propose autour du dossier sur la conquête de l'empire aztèque par les Espagnols une carte du Mexique, des illustrations, une scène de rencontre entre Cortès et l'empereur Moctezuma, une scène de bataille entre les espagnols et les Espagnols et des guerriers, puis trois textes. Un texte d'un compagnon de Cortès qui dit son admiration devant l'abondance et l'achalandage du marché de Tenochtitlan, la reddition à Cortès du jeune empereur Guatimozin. Et puis deux textes décrivent la situation des Indiens après la conquête espagnole: un texte de Sepulveda à l'occasion de la controverse de Valladolid et un texte de Las Casas, le célèbre dominicain. Tous ces textes sont des documents à charge.
 
Et on retrouve le même type d'approche dans tous les documents qui concernent la colonisation, et en particulier la colonisation en Afrique du Nord. ... On retrouve dans tous les manuels une volonté de culpabiliser la civilisation occidentale et de présenter les civilisations que le monde occidental a pu rencontrer comme des paradis sur terre avant l'arrivée des puissances coloniales. C'est une trame homogène que l'on retrouve dans tous les manuels et les programmes tels qu'ils sont conçus.
 

(Le présentateur de l'émission de TV-Libertés, Philippe Conrad, rappelle au passage que l'on avait affaire, s'agissant du Mexique pré-colombien, à une société fondée sur la domination terroriste des aztèques sur les peuples voisins, le tout fonctionnant sur le fond de sacrifices humains, à l'échelle industrielle. Cela, ils n'en parlent pas, ni dans le programme, ni a fortiori dans les manuels.

 

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale

L'archétype de cette présentation est le film Mission, sur les réductions guaranis (réalisées par les Jésuites. NDCR) au Paraguay, où l'on donne l'impression d'un paradis sur terre dans lequel les puissances coloniales, en l'occurence espagnoles, viennent apporter des germes de destruction et de déstabilisation sociale.

 

Les dates importantes de l'histoire de France passées sous silence

 

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Dans les dates retenues, vous n'avez ni 496 (le baptême de Clovis), ni 732 (la victoire de Charles Martel à Poitiers), ni 1214 (la bataille de Bouvines, dont les fêtes du 800e anniversaire a vu Premier ministre Manuel Valls se désister au dernier moment pour assister au "Tour de France". NDCR), ni 1515 (la bataille de Marignan), qui sont quand même, au regard de l'identité de la France, des dates singulières importantes.

 

Le fondement intellectuel (dans les programmes)

 

La lutte des races, la luttes des minorités sexuelles pour se libérer de l'oppression de l'homme blanc, hétérosexuel, se poursuit, et l'histoire a pour vocation de rendre à ces minorités la place qu'elles auraient dû avoir, et pour culpabiliser en profondeur les représentants de cet ordre traditionnel que constitue les hommes blancs hétérosexuels. Et aujourd'hui, les programmes et les manuels d'histoire procèdent de cet esprit et de cette volonté de culpabiliser l'homme blanc et de montrer que la civilisation occidentale, chrétienne, à laquelle nous appartenons, fait peser à toute la planète un joug insupportable, dont cherchent à se libérer les minorités opprimées.

Pour réagir à toutes ces tendances mortifères que l'on observe aujourd'hui, la résistance est là, quand même. On la voit s'exprimer de manière très diverse, mais de manière de plus en plus nombreuse. Jean-Pierre Maugendre a publié il y a quatre ans un Manuel d'Histoire de France, destiné au cours moyen, qui en 74 chapitres, reprenait l'ensemble de l'histoire de France, avec le schéma traditionnel, une trame chronologique, et le schéma classique, c'est-à-dire des illustrations, un texte, un résumé, un rappel des dates à retenir, et suivant les chapitres, quelques documents illustrant le sujet. L'originalité de ce manuel est qu'il est écrit par des gens qui aiment la France.

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale

Et vient d'être publié pour le cours élémentaire, une Histoire de France pour nos enfants. La trame est la même, en 62 chapitres plus courts. On peut se procurer ces ouvrages sur le site "Renaissance catholique.org".

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 10:10
Louis XIV, roi de France et de Navarre (1638-1715), vers 1662, par Charles Le Brun - Château de Versailles

Louis XIV, roi de France et de Navarre (1638-1715), vers 1662, par Charles Le Brun - Château de Versailles

L’"ouverture au monde" et le "développement urbain et économique", sont un des aspects si actuel du grand règne de Louis XIV retenu par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, lors de son discours à l'Orient le samedi 30 mai 2015, à l'occasion de l'inscription par le Comité des Célébrations nationales du tri-centenaire de la mort de Louis XIV au rang des grands anniversaires à commémorer.

Discours de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, prononcé au musée de la Compagnie des Indes à Lorient le samedi 30 mai 2015 (Réception par la municipalité de Lorient)

 

Madame et Messieurs les Maires et Adjoints,

 

Mesdames et Messieurs les Elus,

 

Colonel,

 

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

 

Le Comité des Célébrations nationales a inscrit cette année Louis XIV au rang des grands anniversaires à commémorer pour le tri-centenaire de sa mort en 1715. Il y aura de multiples occasions de rappeler, en de nombreux endroits, la gloire du grand roi… le Roi Soleil.

 

Mon épouse, la Princesse Marie-Marguerite, et moi-même, sommes heureux d’être ici, sur cette terre où l’esprit du roi, et celui de son Père, Louis XIII, sont encore présents. Ainsi nous pouvons y évoquer un des aspects si actuel du grand règne bien que pourtant moins souvent mis en avant que d’autres : celui de l’ouverture au monde et du développement urbain et économique qu’elle suscita.

 

La Compagnie des Indes, le développement des routes d’Orient, voulues par le Roi, font preuve d’une extraordinaire vision d’avenir. Dans un Etat qui était en train de stabiliser définitivement ses frontières, porter ses regards outre-mer, était faire preuve d’un sens politique d’une rare acuité. Le Roi a voulu engager son pays vers de nouveaux horizons. Précurseur, il a souhaité que l’économie trouve de nouvelles voies.

 

La grandeur des politiques se perçoit aux fruits qu’elles portent sur le moment et dans la durée. En ce sens Louis XIV est un grand monarque car, en bien des domaines, son œuvre est pérenne.

 

A court terme, ce fut la création de la ville de Lorient qui supplanta progressivement la citadelle et le mouillage de Port-Louis ; à long terme les conséquences sont nombreuses. La création de grandes compagnies comme celle des Indes Orientales ouvrait la voie à de nouvelles formes de commerce et d’échanges et a permis de développer la construction navale toujours présente ici. La France entrait ainsi dans le concert des grandes nations maritimes, en renforçant sa présence sur toutes les mers. On imagine les efforts de persuasion du Roi et de son Ministre Colbert, pour faire admettre cela à notre vieille nation terrienne et continentale. L’histoire nous apprend combien il est souvent difficile de faire bouger les choses. Pourtant ce sont ces nouveautés qui font les grandes nations. Ce sont elles qui font les grands règnes !

 

De cette volonté naquit une nouvelle cité, et se développèrent de nouvelles activités liées notamment à la présence toujours importante de la Marine nationale. J’ai beaucoup apprécié d’y être reçu ce matin par un des corps d’élite des Armées françaises qui a pu me présenter son action si décisive pour le maintien de la place de la France dans le concert des grandes nations. La présence des forces navales renforce les activités de construction navale et au-delà toutes celles du port. Elles complètent celles liées à la pêche et, de plus en plus, celles du nautisme. Derrière il y a la capacité de toujours savoir s’adapter aux besoins qui changent d’une époque à l’autre.

 

Quant à la Compagnie des Indes puisque nous sommes, dans l’ancien arsenal, dans des locaux qui l’exaltent, si elle n’existe plus en tant que telle, elle demeure bien présente dans le domaine de l’art et du savoir-faire français. Ce Musée en atteste. Les objets créés grâce à la Compagnie des Indes, rappellent s’il en était besoin le développement des arts sous Louis XIV.

 

Oui, les grandes politiques se jugent à leurs fruits et les grands souverains à la pérennité de leurs actions.

 

Je suis heureux de pouvoir le rappeler en évoquant ici, Louis XIV, mon grand-père. Cette année du tricentenaire de la mort du monarque préfigure l’anniversaire de la Ville de Lorient l’an prochain, qui sera, Monsieur le Maire, j’en suis sûr, un grand succès.

 

Merci de m’avoir écouté.

 

Louis, duc d’Anjou

 

Ndlr : Article initialement publié le 30 mai 2015

 

Source: Discours de Louis XX à Lorient, Vexilla Galliae

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:21

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination : "Q'un Sang impur abreuve nos sillons!". La Révolution faite au nom du peuple a touché en premier le Tiers Etat et non les nobles : "Au total, 80 % des victimes appartiennent au Tiers État" (Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, édition Quadrige, PUF, 2005, p. 1023).

 

Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

 

 

La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe..

Pierre Chaunu

L'insurrection vendéenne lors de la Révolution dite française, et sa répression par la Terreur constitue l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de France. Le nombre des victimes des exécutions politiques (guillotine) s'élève à "35 000 ou 40 000" (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 208.)

 

En Vendée, le nombre des victimes du génocide, bien plus important, est encore incertain : 200 000... 400 000... 600 000 ? La Vendée continue d'interroger l'histoire... Une page ignorée de notre histoire...

 

Au total, la Révolution qui a déclaré la guerre à l'extérieur (à l'Europe en 1792) et la guerre à l'intérieur, aux Français qui ne voulaient pas de la conscription générale ni de la "république", s'est soldée chez nous, par deux millions de morts :

 

"400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800; un million pour les guerres napoléoniennes; 600 000 pour les guerres intestines; et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts."

 

(René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

 

Des géants se levèrent. Les Vendéens, téléfilm coproduction Media Films Tv, avec la participation du Centre national de la Cinématographie, réalisé par Jacques Dupont et diffusé pour la première fois le 30 décembre 1993 sur France 3, raconte ce soulèvement maté dans le sang.

 

Les Vendéens, le téléfilm de France 3 réalisé par Jacques Dupont et diffusé le 30 décembre 1993

Extrait (la video se trouve en fin d'article):

 

Au mois d'août 1792, en vertu de la loi d'Exil, près 400 prêtres insermentés sont expédiés d'Angers à Paimbeuf pour être déportés. Leur crime: ils ont refusé de prêter serment à la Constitution, ils ont refusé de quitter l'Eglise. Les braves gens, les gens braves qui ont vu ce spectacle ne l'oublieront pas.

Après des débuts prometteurs, la Grande Révolution de 1789 commence à porter des fruits amers.

Ce 21 janvier 1793, Place de la Révolution à Paris, la tête coupée du roi est montrée au peuple stupéfait, jetée en défit à tous les souverains d'Europe. "La liberté ou la mort" sera la devise de la république.

 

Un mois plus tard (dans le décret qui fixe le mode de recrutement de l'armée du 24 février 1793), pour faire la guerre (1), la Révolution prétend arracher des hommes à leur foyer, par une loi de conscription (le service militaire de tous les Français et qui fit de la France une immense caserne. NDLR.) :

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

(En 1793), "La France est une vaste caserne: tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

Un peu partout dans l'Ouest, la foule des jeunes appelés va se heurter aux "Patriotes", gendarmes et Gardes nationaux, et de proche en proche, dans 600 paroisses aux sud de la Loire, les cloches vont sonner le tocsin appelant les populations aux armes.

 

- "Et maintenant, que faut-il faire", demande-t-on à Jacques Cathelineau, un personnage à la réputation de saint de l'Anjou.

 

- "Résister. La guerre est à présent pour nous le seul moyen de salut. Et s'il faut périr, que cela soit au moins en combattant."

 

Du 10 au 15 mars, les émeutes spontanées des conscrits vont tourner au soulèvement général d'une population excédée.

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Il faut alors des chefs expérimentés, de vrais militaires: les nobles. Le marquis de Bonchamps sera sceptique. Il refuse de prendre la tête d'une jacquerie. Mais devant l'insistance de ces gens, il demande la nuit pour réfléchir. Ce soldat de métier âgé de 33 ans, a déjà longuement guerroyé en Inde, avec des troupes réglées. Mais, que valent ces paysans qui n'ont jamais porté les armes que dans la braconne ? Ils vont au massacre, ils courent au martyre. Comment leur faire entendre raison, alors que constamment dans la nuit arrivent exaltantes des victoires du petit peuple ?

 

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Bonchamps meurt le 18 octobre 1793 d'une blessure mortelle reçue la veille à la bataille de Cholet. Porté à Saint-Florent-le-Vieil, il obtint la grâce et la libération de 5000 soldats républicains faits prisonniers et renfermés dans l'Eglise : avant de mourir, il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l'on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d'Autichamp, il ajouta : "Mon ami, c'est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l'assurance qu'il sera exécuté".

 

En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l'effet qu'on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s'écrièrent : "Grâce ! Grâce ! Bonchamps l'ordonne !". Et les prisonniers républicains furent sauvés, qui eux, en revanche, ne lui en tinrent pas grâce puisque selon Monsieur de Barante, rédacteur des Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, quelques jours après, les républicains l'exhumèrent pour lui trancher la tête et l'envoyer à la Convention...

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Parmi les prisonniers graciés par Bonchamps se trouve le père de l'artiste David d'Angers. Ce dernier érigea la célèbre statue du "Pardon de Bonchamps" dont on peut voir l'original à Saint-Florent-le-Vieil et une copie à la galerie David d'Angers, à Angers.

Maurice Joseph Louis Gigost d'Elbée, par Paulin Guérin.Le Généralissime Maurice d'Elbée avec ses quatorze blessures, incapable de se tenir debout, est exécuté dans un fauteuil, le 6 janvier 1794.

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Le fauteuil de l'exécution s'est conservé jusqu'à nos jours. Le siège repris par la famille d'Elbée qui le garda dans leur résidence jusque dans les années 1975, chez le marquis Charles Maurice d'Elbée. lorsque celui-ci apprenant qu'un musée vendéen était en construction à Noirmoutier, fit don de ce fauteuil, désormais conservé au château de Noirmoutier.

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Au jugement de plusieurs biographes, d'Elbée fut un homme pieux, d'un courage constant. Ses soldats l'avaient surnommé le général la Providence.

François Athanase Charette de La Contrie par Alfred de Chasteignier, 1819.François Athanase Charette de La Contrie, surnommé "Le Roi de la Vendée", dont Napoléon Ier écrira de lui qu'"il laisse percer du génie", est mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes.

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Fasse Dieu nous donner le même courage et la même foi que les généraux vendéens, véritables martyrs au moment de la mort, notamment Charette et D'Elbée.

 

(1) Le révolutionnaire Brissot écrivit aux généraux de la Révolution: "Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là' (Brissot in Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution). Reprenant cette méthode politique de la guerre pour asseoir un ordre nouveau, "il nous faut des Vendée!", proclamera Lénine... (Figaro Histoire , "Vendée l'épopée des géants le Figaro, éditorial, Juin-Juillet 2016, n°26)

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:12

Quel 14 juillet pour les royalistes ?

 

Le parti Alliance Royale organise cette année un 14 juillet "royaliste" Tous en blanc à Versailles. Sur Christ-Roi, nous ne nous associons pas à cette initiative car se constituer "contre" en participant à une journée du 14 juillet, même qualifié de "royaliste", n'est-ce pas faire "avec" et ses composés ? Nous ne voyons donc aucune raison de célébrer un contre-14 juillet dans un 14 juillet "royaliste".

 

Le site Lyon Capitale.fr rapporte dans un article publié hier que Frederic de Natal, chroniqueur lyonnais spécialiste du royalisme (revues La ToilePoint de vue HistoireRoyaliste), refuse opportunément "de participer aux commémorations du 14 juillet, que ce soit pour célébrer la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération :

 

Un royaliste, digne de ce nom, ne saurait souscrire à cette fête qui ressasse chaque année les pages les plus sombres de notre histoire. ” Rejetant l’héritage d’un “pseudo passé révolutionnaire victorieux”, il confie : “Quant aux Français qui se délecteront de la beauté des feux d’artifice, peut-être auront-ils une pensée pour tous ces Vendéens et autres Chouans, tous ces Français inconnus de l’histoire, victimes des exactions d’un Robespierre et de ses acolytes dont la fête est plus un symbole de division.”" (Source)

 

Nous invitons en revanche nos lecteurs à commencer dès aujourd'hui à prier sept jours de suite des louanges à la gloire à Dieu, pour les institutions de la France (par exemple dans une dizaine de chapelet et/ou en récitant les louanges de Dieu de saint François d'Assise) en se souvenant que le 14 juillet "fête de la république" est un jour où retentit l'hymne de la "Marseillaise", un hymne où les Français chantent leur auto-élimination (en 1789, 80% des guillotinés furent des petites gens. Les "décapitations ... concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands. ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé." René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Et effectivement, face à ces louanges à la gloire de Dieu, les murs de la république-Jéricho s'effondreront.

 

Le message spirituel de Jéricho

 

Récemment, Ségolène Royal, a exliqué sa version de la démocratie : les élites définissent les limites du débat démocratique en dehors duquel les Français ne peuvent avoir leur mot ni ne peuvent en sortir. Tels les habitants de la ville de Jéricho, les Français sont prisonniers à l'intérieur de la "république"-Jéricho et ne peuvent en sortir, même s'ils le voulaient. Que faire ?

 

Dans l'Ancien Testament, Josué, le successeur de Moïse dans la conduite du peuple hébreu vers la Terre promise prit la ville de Jéricho dont les murs s'effondrèrent devant les louanges à la gloire de Dieu. Jéricho fut la première ville du pays de Canaan conquise par les Hébreux.

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Comment Josué prit Jericho ?

 

Le livre de Josué raconte la prise de Jéricho et comment le mur de la ville s'effondra le septième jour après l'arrivée des Hébreux (Livre de Josué, 6, 5.), par la volonté de Dieu après le défilé autour de la cité sept jours de suite, de l'Arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (trompettes). Le septième jour, les Israélites firent sept fois le tour de la ville en sonnant des trompettes. (Jos., 6, 3-4.)

 

"Or Jéricho s'était enfermée et barricadée (contre les Israélites): personne n'en sortait et personne n'y entrait." (Jos., 6, 1.)

 

Josué reçut ses consignes du "chef de l'armée de Yahvé" (Livre de Josué, 5, 14-15.)

 

 

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

Dans une homélie, Origène, le fondateur de l’école biblique de Césarée, a commenté le récit de cette prise de Jéricho par les Hébreux. La ville que Josué conquit est le symbole du monde idolâtre, le repaire des doctrines mensongères dont les remparts d’illusion et d’orgueil vont s’effondrer devant les trompettes de l’évangile proclamé par Jésus-Josué.

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Dans la liturgie juive des Tentes, la chute de Jéricho symbolisait la destruction du mal. La septuple procession autour de l’autel au chant du Hoshana mimait la prise de Jéricho, au dire du Talmud. Les participants à la cérémonie portaient des palmes à la main. Or Jéricho est connue sous le nom de ville des palmes.

 

Pour Origène, la prise de Jéricho livre un triple message d’ordre christologique, spirituel et eschatologique qui correspond à la triple venue du Christ dans la chair, dans l’âme du croyant et dans la gloire.

 

Les murs du mensonge, les remparts d'illusion et d'orgueil de la cité idolâtre s'effondrent devant les louanges à Dieu. Le sens christologique de la prise de Jéricho, Origène le voit dans la  Passion du Christ, nouveau Josué, qui détruit l’idolâtrie des païens.

 

La Résurrection du Christ est une victoire sur le diable. C’est à la Pentecôte que culmine cette victoire, car le tremblement de terre au Cénacle signifie l’effondrement des idoles:

 

"Jéricho est la figure du monde présent. Nous voyons la force de ses remparts détruite par les trompettes des prêtres. Car les fortifications puissantes qui servaient à ce monde de murailles, c’étaient le culte des idoles,… les inventions mensongères des augures, des aruspices et des mages, toutes choses dont ce monde s’entourait comme de murailles colossales… Mais lorsque vint Jésus-Christ - dont Josué symbolisait l’avènement (Josué et Jésus sont identiques en grec) - il envoie ses prêtres, les apôtres, portant des trompettes étirées, c’est-à-dire l’enseignement majestueux et céleste de sa prédication…

 

Si les prêtres sonnèrent de la trompette pour faire tomber les murs de Jéricho, tout le peuple aussi, au son de la trompette, poussa des cris de clameur, ou, selon d’autres versions, poussa des cris de joie… Il me semble que ces cris de joie signifiaient l’union des coeurs et des âmes. Si cette union se produit entre deux ou trois disciples du Christ, tout ce qu’ils demandent au nom du Sauveur leur est accordé par le Père des cieux. Mais si le bonheur est si grand qu’un peuple tout entier reste uni de coeur et d’âme, si bien que tous aient le même langage et soient unis dans un même esprit et un même sentiment, lorsqu’un tel peuple élèvera la voix d’un accord unanime, il se produira ce qui est écrit dans les Actes des Apôtres : il se fit un grand tremblement de terre lorsque priaient d’un même coeur les apôtres avec les femmes et Marie, mère de Jésus. Par ce tremblement de terre tout sera détruit, tout s’effondrera des choses terrestres et le monde lui-même sera aboli… Puisque nous avons Jésus pour chef, le monde pour nous est déjà vaincu et les murailles de ce monde se sont écroulées."

 

(Origène, Homélie sur Josué 7,1-2).

 

On croit entendre un écho du livre de l’Apocalypse de Jean 10,7 : "Quand le septième ange sonna la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu qu’il a donné à ses serviteurs les prophètes".

 

Si l’Ecriture nous révèle le Christ, elle a un message également pour chaque chrétien. L’interprétation spirituelle du texte est résumée ainsi:

 

"Fais-toi des trompettes étirées si tu es prêtre; bien plus, puisque tu es prêtre - car tu es devenu une race royale et un sacerdoce saint - fais-toi des trompettes étirées en les tirant de l’Ecriture. Tire de là tes pensées, tire de là tes paroles…

 

Fais résonner ces trompettes, c’est-à-dire fais résonner les psaumes, les hymnes et les cantiques spirituels, fais résonner les symbolismes des prophètes, les mystères de la loi et la doctrine des apôtres. Si telles sont les trompettes que tu fais résonner, si tu fais sept fois le tour de la ville avec l’arche d’alliance,… si tu fais jaillir de toi-même un choeur harmonieux d’acclamations joyeuses,… si tout en toi s’harmonise et s’accorde, jette des cris de joie, car pour toi le monde est détruit et abattu…"

 

Chacun porte en soi la Jéricho de ses propres idoles. C’est avec les trompettes sacerdotales de la doctrine et avec la clameur du peuple unifié, symbole de la charité, que cette ville intérieure s’effondre.

 

L’Ecriture annonce les réalités eschatologiques. Avec l’arrivée de Jésus les murs de Jéricho se sont effondrés. Mais le mal ne semble pas vaincu, bien que le message de l’évangile résonne. L’ivraie est encore présente dans le champ du Père. Tant que tous les peuples ne sont pas entrés dans l’Eglise, les puissances mauvaises auront encore du pouvoir. L’épisode de Josué qui arrête le soleil permet à Origène d’expliquer le retard de la Parousie:

 

"Dès que le Sauveur est venu, c’était déjà la fin du monde… Mais il a retenu et retardé le jour de sa consommation, il lui a défendu de paraître. Car Dieu le Père, voyant que le salut des nations ne peut venir que par Jésus, lui dit: "Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage". Donc jusqu’à l’accomplissement de la promesse du Père, jusqu’à ce que les Eglises s’accroissent des diverses nations et qu’y entre toute la plénitude des païens, pour qu’enfin tout Israël soit sauvé, le jour est prolongé, sa chute est différée, jamais le soleil ne se couche, mais toujours il se lève, "soleil de justice" qui verse la lumière de la vérité dans le coeur de ceux qui croient."

 

(Origène, Homélie sur Josué 11,3).

 

C’est une théologie de l’histoire qu’Origène propose ici. La mission retarde la venue du jour où le mal sera détruit totalement. Il faut que la plénitude des nations entre dans l’Eglise. L’histoire est caractérisée par un double mouvement : d’une part c’est la croissance du Règne du Christ qui est manifeste et d’autre part c’est l’expansion des forces du mal. Les deux puissances se livrent un combat jusqu’au jour où le nouveau Josué décidera d’intervenir. L’Esprit de la Pentecôte assiste l’Eglise durant cette période. C’est là le sens de la nouvelle évangélisation voulue par Jean-Paul II. (Source)

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 06:49
La petite histoire : La chasse aux sorcières et l'Inquisition (TVL)

On entend souvent dire que la chasse aux sorcières a été menée au Moyen âge par l'Inquisition et qu'elle a fait près d'un million de victimes. Merci Michelet, merci Voltaire, et tant d'autres. Quelle est la réalité ? Tout d'abord la chasse aux sorcières n'a pas eu lieu au Moyen âge mais à la Renaissance, elle n'a pas été menée par l'Inquisition mais par des tribunaux laïcs, et elle a fait beaucoup moins d'un million de morts. Dans ce nouveau épisode de La petite Histoire, Christopher Lannes revient sur l'un des plus gros mensonges accolés à l'histoire médiévale.

Extrait:

 

"Officiellement, le Moyen Âge prend fin en 1492, et pour leur très grande majorité, les bûchers ont été allumé de 1550 à 1650, soit à la période moderne, la Renaissance.

 

Le deuxième mensonge, le chiffre de un million est totalement fantasmatique. Si on s'appuie sur les travaux de tous les historiens qui ont travaillé sur le sujet, on arrive en gros à un chiffre compris entre 30 000 et 50 000 sorcières brûlées. Ce qui est déjà énorme, mais on est loin du chiffre multiplié par vingt qu'on nous donne habituellement."

 

Lire aussi sur le même thème :

 

. Marion Sigaut : La Chasse aux sorcières et l’Inquisition

. Inquisition : rareté des exécutions des peines capitales (10 à 12.000 en trois siècles)

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 10:56
Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

Michel De Jaeghere dans son éditorial pour la revue du Figaro Histoire titrée "Vendée l'épopée des géants le Figaro (Juin-Juillet 2016, n°26) explique :

 

"Il nous faut des Vendée!" avait proclamé Lénine. Il avait tenu parole en multipliant les massacres. On avait noyé les contre-révolutionnaires dans la Volga comme Carrier l'avait fait dans la Loire. La terreur jacobine tenait lieu de modèle. On n'aurait seulement pas la naïveté de Robespierre: on tuerait les apprentis thermidoriens avant qu'ils ne se manifestent. On irait, cette fois, jusqu'au bout. Et l'on réécrirait l'histoire comme on l'avait fait en France. On maquillerait crimes et châtiments. Les koulaks seraient des 'bandits', comme les Vendéens avait été des 'brigands'. On nierait les procès truqués, les déportations, les famines organisées, le goulag, comme on avait nié, on nie parfois encore, les tannages de peau humaine, le massacre des prisonniers, l'empoisonnement des puits, la déportation des femmes et des enfants, le génocide d'une population exclue de la condition humaine pour sa fidélité à l'ordre ancien, ses attachements immatériels à des réalités qu'on avait abrogées par décret."

L'émission de Radio courtoisie, "Le Libre Journal des idées politiques" du 8 juillet 2016 sur le thème "La Révolution, matrice du totalitarisme ?", avec Reynald Secher *, historien, présente les dernières actualités de l'historiographie sur les guerres de Vendée, la Terreur, l'histoire de la Révolution et du génocide vendéen. Elle est à écouter ici.

 

* Reynald Secher a rencontré un certain nombre de pressions, de tentatives de corruption, des menaces, en 1985, pour qu'il renonce à soutenir sa thèse publique "Contribution au génocide franco-français : La Vendée-Vengé" (Cf. "La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen", 2009)

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:43

L'histoire est un enseignant merveilleux. Voici donc cette histoire peu connue des invasions des Sarrasins en Provence (889-975) à l'avènement des Capétiens; une histoire jamais enseignée parce qu'elle met à mal la narrative sur l'entente historique avec l'islam chez nous.

 

Les Sarrasins en Provence (889-975)

 

Selon Reinaud, Invasions des Sarrasins en France, p. 158 - en lecture libre sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France - in L'Histoire de France racontée par les contemporains, Extraits des chroniques, des mémoires et des documents originaux, L. DUSSIEUX, Firmin Didiot Frères, Fils et Cie Libraires, tome second, Paris 1861, p., 71-78.

 

Vingt pirates partis d'Espagne sur un frêle bâtiment, et se dirigeant sur les côtes de Provence, furent poussés par la tempête dans le golfe de Grimaud, autrement appelé le golfe de Saint-Tropez, et débarquèrent au fond du golfe sans être aperçus. Autour de ce bras de mer s'étendait au loin une forêt qui subsiste en partie, et qui était tellement épaisse que les hommes les plus hardis avaient de la peine à y pénétrer. Vers le nord était une suite de montagnes s'élevant les unes au-dessus des autres, et qui, arrivées à une distance de quelques lieues, dominaient une grande partie de la basse Provence.

Les Sarrasins en Provence (889-975)

Les Sarrasins envahirent pendant la nuit le village le plus rapproché de la côte, et, massacrant les habitants, se répandirent dans les environs. Quand ils furent arrivés sur les hauteurs qui couronnent le golfe du côté du nord, et que de là, leur regard s'étendit d'un côté vers la mer et de l'autre vers les Alpes, ils comprirent tout de suite la facilité qu'un tel tel lieu devait leur offrir pour un établissement fixe. La mer leur ouvrait son sein pour recevoir tous les secours dont ils auraient besoin; la terre leur livrait passage dans des contrées qui n'avaient pas encore été pillées et où il n'avait été pris aucune mesure de défense. L'immense forêt qui environnait les hauteurs et le golfe leur assurait une retraite au besoin.

 

Les pirates firent un appel à tous leurs compagnons qui parcouraient les parages voisins; ils envoyèrent demander du secours en Espagne et en Afrique; en même temps ils se mirent à l'ouvrage, et en peu d'années les hauteurs furent couvertes de châteaux et de forteresses. Le principal de ces châteaux est nommé par les écrivains du temps Fraxinetum, du nom des frênes qui probablement occupaient les environs. On croit que Fraxinetum répond au village actuel de la Garde-Frainet, qui est situé au pied de la montagne la plus avancée du côtée des Alpes... Quand les travaux furent terminés, les Sarrasins commencèrent à faire des courses dans le voisinage. Ils n'eurent garde d'abord de s'éloigner du centre de leurs forces; mais bientôt les seigneurs les associèrent à leurs querelles particulières. Ils aidèrent à abattre les hommes puissants; ensuite, se débarrassant de ceux qui les avaient appelés, ils se déclarèrent les maîtres du pays; en peu de temps une grande partie de la Provence se trouva exposée à leurs ravages. La terreur devint bientôt générale; le plat pays étant dévasté, les Sarrasins s'avancèrent vers le chaîne des Alpes.

 

Les Sarrasins occupèrent le mont Cenis et le mont Saint-Bernard, devinrent les maîtres de tous les passages des Alppes, et de là pillèrent le Dauphiné, le Piémont, le Montferrat, le Valais, la Suisse, les Grisons, la Savoie, la Maurienne, la Ligurie. Ils prirent et saccagèrent Turin, Marseille, Aix, Sisteron, Gap, Embrun, Gênes, Fréjus, Toulon, Grenoble, etc., égorgeant vifs les habitants, et dévastant tellement le pays, que les loups en devinrent à peu près les maîtres.

 

Hugues, devenu comte de Provence, s'était rendu en Italie pour y disputer la couronne du royaume de Lombardie. Les cris de ses sujets l'ayant enfin rappelé de côté des Alpes, il annonça l'intention de chasser entièrement les Sarrasins. Il s'agissait de s'emparer d'abord du château Fraxinet, à l'aide duquel les Sarrasins se maintenaient en relation avec l'Espagne et l'Afrique et d'où ils dirigeaient leurs expéditions dans l'intérieur des terres. Comme il fallait que ce château fut attaqué par la mer et par terre, Hugues envoya demander une flotte à l'empereur de Constantinople, son beau-frère; il demandait aussi du feu grégeois, l'arme alors la plus efficace pour combattre les flottes sarrasines.

 

En 942, la flotte grecque jeta l'ancre dans le golfe de Saint-Tropez; en même temps Hugues accourut avec une armée. Les Sarrasins furent attaqués avec la plus grande vigueur; leurs navires et tous leurs ouvrages du côté de la mer furent détruits par les Grecs. De son côté, Hugues força l'entrée du château et obligea les barbares à se retirer sur les hauteurs voisines. C'en était fait de la puissance des Sarrasins en France; mais tout à coup Hugues apprit que Béranger, son rival à la couronne d'Italie, qui s'était enfui en Allemagne, se disposait à lui disputer le trône. Alors, ne songeant plus aux maux qui pesaient sur ses malheureux sujets, il renvoya la flotte grecque, et maintint les Sarrasins dans toutes les positions qu'ils occupaient, à la seule condition que, s'établissant au haut du grand Saint-Bernard et sur les principaux sommets des Alpes, ils fermeraient le passage de l'Italie à son rival... Dès ce moment les Sarrasins montrèrent encore plus de hardiesse qu'auparavant, et l'on dut croire qu'ils étaient établis pour toujours dans le coeur de l'Europe. Non seulement ils épousèrent les femmes du pays, mais ils commencèrent à s'adonner à la culture des terres. Les princes de la contrée se contentèrent d'exiger d'eux un léger tribut; ils les recherchaient même quelquefois. Quant à ceux qui occupaient les hauteurs, ils donnaient la mort aux voyageurs qui leur déplaisaient, et exigeaient des autres une forte rançon. "Le nombre des chrétiens qu'ils tuèrent fut si grand, dit Liutprand, que celui-là seul peut s'en faire une idée, qui a inscrit leurs noms dans le livre de vie."...

 

Vers l'an 960, les Sarrasins furent chassés du mont Saint-Bernard. L'histoire ne nous a pas conservé les détails de cet évènement... En 965, ils furent chassé du diocèse de Grenoble. Les évêques de cette ville s'étaient retirés à Saint-Donat, du côté de Valence. Cette année, Isarn, impatient de reprendre possession de son siège, fit appel aux nobles, aux guerriers et aux paysans de la contrée; et, comme les Sarrasins occupaient les cantons les plus fertiles et les plus riches, il fut convenu que chaque guerrier aurait sa part des terres conquises, à proportion de sa bravoure et de ses services. Après l'expulsion des Sarrasins de Grenoble et de la vallée du Graisivaudan, le partage eut lieu, et certaines familles du Dauphiné, telles que celle des Aynard ou Montaynard, font remonter l'origine de leur fortune à cette espèce de croisade....

 

Tous ces succès annonçaient que les affaires des Sarrasins allaient en déclinant, et ne faisaient que qu'irriter davantage le désir qui se manifestait de tous les côtés d'en être tout à fait délivré.

 

En 936, l'empereur Othon annonça l'intention de se dévouer à une entreprise si patriotique; mais il mourut sans avoir rempli sa promesse, et il fallut que les Sarrasins se portassent à un nouvel attentat, pour que les peuples se décidassent à en faire eux-mêmes justice.

 

Un homme s'était rencontré, qui jouissait d'une considération universelle; il suffisait de le nomme pour attirer le respect des nations et des rois. C'est saint Mayeul, abbé de Cluny, en Bourgogne. Telle était la réputation qu'il avait acquise par ses vertus, qu'on songea un moment à le faire pape. Mayeul s'était rendu à Rome pour satisfaire sa dévotion aux églises des saints et pour visiter quelques couvents de son ordre. A son retour, il s'avança par le Piémont et résolut de rentrer dans son monastère par le mont Genèvre et les vallées du Dauphiné. En ce moment, les Sarrasins étaient établis entre Gap et Embrun, sur une hauteur qui domine la vallée du Drac, en face du pont d'Orcières. A l'arrivée du saint au pied de la chaîne des Alpes, un grand nombre de pélerins et de voyageurs, qui depuis longtemps attendaient une occasion favorable pour franchir le passage, curent qu'il ne pouvait pas s'en présenter de plus heureuse. La caravane se met donc en route; mais, parvenue sur les bords du Drac, dans un lieu resserré entre la rivière et les montagnes, les barbares, au nombre de mille, qui occupaient les hauteurs, lui lance une grêle de traits. En vain les chrétiens, pressés de toutes parts, essaient de fuir; la plupart sont pris, entre autres le saint; celui-ci est même blessé à la main en voulant garantir la personne d'un de ses compagnons. Les prisonniers furent conduits dans un lieu écarté; la plupart étant de pauvres pélerins, les barbares s'adressèrent au saint, comme au personnage le plus important, et lui demandèrent quels étaient ses moyens de fortune. Le saint répondit ingénument que, bien que né de parents forts riches, il ne possédait rien en propre, parce qu'il avait abandonné toutes ses possessions pour se vouer au service de Dieu; mais qu'il était abbé d'un monastère qui avait dans sa dépendance des terres et des biens considérables. Là-dessus, les Sarrasins, qui voulaient avoir chacun leur part, fixèrent la rançon de lui et du reste des prisonniers à 1 000 livres d'argent, ce qui faisait environ 80 000 francs de notre monnaie actuelle. En même temps, le saint fut invité à envoyer le moine qui l'accompagnait à Cluny, pour apporter la somme convenue. Ils fixèrent un terme passé lequel tous les prisonniers seraient mis à mort.

 

Au départ du moine, le saint lui remit une lettre commençant par ces mots :

 

"Aux Seigneurs et aux frères de Cluny, Mayeul, malheureusement captif et chargé de chaînes; les torrents de Bélial m'ont entouré, et les lacets de la mort m'ont saisi." (Rois, 22, 5.)

 

A la lecture de cette lettre, toute l'abbaye fondit en larmes. On se hâta de recueillir l'argent qui se trouvait dans le monastère; on dépouilla l'église du couvent de ses ornements; enfin l'on fit un appel à la générosité des personnes pieuses du pays, et on parvint à réunir la somme exigée. Elle fut remise aux barbares un peu avant le terme fixé, et tous les prisonniers furent mis en liberté.... La prise de saint Mayeul a eu lieu en 972. Cet évènement causa une sensation extaordinaire; de toutes parts les chrétiens, grands et petits, se levèrent pour demander vengeance d'un pareil attentat.

 

Il y avait alors aux environs de Sisteron, dans le village des Noyers, un gentihomme appelé Bobon ou Beuvon, qui déjà plus d'une fois avait signalé son zèle pour l'affranchissement du pays. Profitant de l'enthousiasme général, et ralliant à lui les paysans, les bourgeois, en un mot tous les hommes amis de la religion et de la patrie, qui voulaient prendre part à la gloire de l'entreprise, il fit construire non loin de Sisteron, un château situé en face d'une forteresse occupée par les Sarrasins. Son intention était d'observer de là leurs mouvements et de profiter de la première occasion pour les exterminer. Dans l'ardeur de son zèle pieux, il avait fait voeu à Dieu, s'il venait à bout de chasser les barbares, de consacrer le reste de sa vie  àla défense des veuves et des orphelins. En vain les Sarrasins essayèrent de le troubler dans ses efforts; toutes leurs tentatives furent inutiles. La montagne où s'élevait le château occupé par les Sarrasins se nommait Petra impia, et s'appelle encore dans le langage du pays Peyro impio. Peu de temps après, le chef des Sarrasins de la forteresse ayant enlevé la femme de l'homme préposé à la garde de la porte, celui-ci, pour se venger, offrit à Bobon de leui en faciliter l'entrée. Une nuit, Bobon se présenta avec ses guerriers et entra sans obstacle. Tous les Sarrasins qui voulurent résister, furent passés au fil de l'épée; les autres, y compris le chef, demandèrent le baptême....

 

De provence guillaume le lib.jpg

Le Dauphiné était libre; la Provence ne pouvait tarder de l'être aussi. Il est bien à regretter que l'histoire ne nous ait presque rien transmis sur un évènement aussi intéressant. On sait seulement qu'à la tête de l'entreprise était Guillaume, comte de Provence....

 

Guillaume se faisait chérir de ses sujets par son amour de la justice et de la religion. Faisant un appel aux guerriers de la Provence, du Bas-Dauphiné et du Comté de Nice, il se disposa à attaquer les Sarrasins qui se voyaient poursuivis dans leurs derniers retranchements, réunirent toutes leurs forces et descendirent de leurs montagnes en bataillons serrés.

 

Il paraît qu'un premier combat fut livré aux environs de Draguignan, dans le lieu appelé Tourtour (en 973 Ndlr.) là où il existe encore une tour qu'on dit avoir été élevée en mémoire de la bataille. Les Sarrasins ayant été battus, se réfugièrent dans le château fort. Les chrétiens se mirent à leur poursuite. En vain les barbares opposèrent la plus vive résistance; les chrétiens renversèrent tous les obstacles. A la fin, les barbares, étant pressés de toutes parts, sortirent du château pendant la nuit et essayèrent de se sauver dans la forêt voisine. Poursuivis avec vigueur, la plupart furent tués ou faits prisonniers, le reste mit bas les armes.

Les Sarrasins en Provence (889-975)
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 14:20
L'usure. Par Marion Sigaut

En France, au "Moyen-Âge" et sous l'"Ancien Régime", le droit canonique de l'Eglise catholique interdisait formellement de prêter de l'argent avec intérêt. Ce concept avait déjà été édicté par Aristote et fut repris et développé par saint Thomas d'Aquin. Depuis le Concile de Nicée en 325 ap. J.-C. (canon 17) jusqu'à la révolution de 1789, en passant par l'Admonitio generalis d'Aix-la-Chapelle de 789, le capitulaire de Nimègue de Charlemagne (806) et le capitulaire d'Olonne de Lothaire (825), le décret de Gratien vers 1140, le "droit divin" avait donc été le rempart aux maîtres de la monnaie.

En accord avec les règles de l'Eglise, l'Europe a interdit les intérêts sur prêts de monnaie en qualifant ce délit d'"usure". Les textes scripturaires fondant ce délit se trouvent dans l'Ancien Testament (Deutéronome 23-20 "Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, qu'il s'agisse d'un prêt d'argent, ou de vivres, ou de quoi que ce soit dont on exige intérêt"; Psaumes 14-2,5; Ézéchiel) comme dans le Nouveau (Luc 6. 34,35 "Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour").

 

L'intérêt était contraire à la raison et à la justice. Cette condamnation et cette interdiction du prêt à intérêt fonda l'économie française jusqu'à la Révolution française où les banques prirent le pouvoir. Ainsi, à propos de Napoléon et du bourgeois du début du XIXe siècle, Régine Pernoud précise :

 

"Même s'il n'appartient pas nommément à la haute banque, alors tout entière juive ou protestante, même s'il ne fait pas partie de ces dynasties de Brumairiens qui, une quarantaine d'années auparavant ont installé Napoléon, lequel en retour a aussitôt installé la Banque de France, la fortune de notre bourgeois repose avant tout sur son activité financière." (Régine Pernoud, La Bourgeoisie, Que Sais-je ?, p. 8-9.)

 

Dans le cadre de ses chroniques pour MPI-TV, l'historienne Marion Sigaut a abordé cette question de l'usure. Elle explique que la France a été le dernier pays à interdire le prêt à intérêt, autorisé à partir de la Révolution de 1789.

 

Dans l'Antiquité on parlait d'esclavage pour dette. L'Eglise, dès ses débuts avait pris position contre l'usure. Dans le monde romain, le prêt à intérêt était d'usage constant; on sait par Cicéron qu'en un temps il atteignait 12%. (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV La cathédrale et le Croisade, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 246) et que les empereurs chrétiens luttèrent contre l'usure (Michel de Jaeghere, Les Derniers jours, La fin de l'Empire romain d'Occident, Perrin Collection Tempus, Malesherbes 2016, p. 89).

 

Or il faut savoir que le prêt à intérêt est une de ces grandes conquêtes des Encyclopédistes et des "Lumières", qui font le malheur des peuples depuis et nous ont mis en esclavage.

 

Le Moyen Âge entier reçut le sublime enseignement de la Cité de Dieu de Saint Augustin, qui condamne formellement le prêt à intérêt, selon les vues habituelles des Pères de l'Eglise, qui s'expliquent pour beaucoup par l'extension affreuse qu'avait prise l'usure dans le Bas Empire. (Cf. Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 52.)

 

D'une façon générale, l'influence de l'Eglise contribua à faire respecter et à protéger tout ce qui était faible et menacé par principe : les veuves et les orphelins; les débiteurs pour lesquels il était interdit aux créancier d'abuser de leurs droits et de les exploiter (nombreuses furent les décisions des conciles qui condamnèrent le prêt à intérêt comme une exploitation du pauvre); les femmes,  trop souvent laissée sans défense devant la brutalité des hommes, les esclaves, peu à peu affranchis du fait des canons de l'Eglise les concernant.

 

La condamnation de l'usure : une idée fondamentale de la chrétienté médiévale

 

"Nous condamnons cette détestable et approprieuse , mauvaise, déloyale rapacité des prêteurs d'argent, condamnés par les lois divines et humaines, dans l'Ecriture, le Vieux et le Nouveau Testament, et nous en retranchons les adeptes de toute consolation ecclésiastique, pour que nul archevêque, nul évêque, nul abbé de quelque ordre que ce soit, ou quiconque dans les ordres ou le clergé, ne les reconnaisse, à moins d'infamie perpétuelle, et ils seront privés de sépulture chrétienne, à moins qu'ils ne se repentent."

(Acte du Concile de Latran, in Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV La cathédrale et le Croisade, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 244.)

 

Marion Sigaut évoque deux conciles qui ont confirmé la position de l'Eglise contre le prêt à intérêt et l'usure. Le concile de Latran en 1315 et celui de Paris en 1532 ont condamné le prêt à intérêt comme usure. Dès que vous prêtez de l'argent et que vous récupérez plus que vous avez prêté, il y a usure. Ceci, explique-t-elle, est propre à la société catholique.

 

"Calvin a légitimité le prêt à intérêt. Les protestants font ce qu'ils veulent avec leur argent. Et (à partir du XVIe siècle) en Europe, seuls les rois de France ont continué à appliquer la doctrine de l'Eglise. La France a été le dernier pays à interdire l'usure et le prêt à intérêt.

 

Les jansénistes français qui ont fait beaucoup de protestantisme sans y avoir l'air d'y toucher, sur ce point-là, sont restés fidèles à l'Eglise, et ont continué de condamner le prêt à intérêt.

 

En France, à partir des Encyclopédistes (1745), les "Lumières" ont commencé à attaquer la position de l'Eglise. Refuser le prêt à intérêt, c'est être archaïque, c'est être obscurantiste. Turgot a publié en 1769 un mémoire sur les prêts d'argent. Il disait que "l'intérêt représente le gain que l'on aurait pu faire, si l'on ne s'était pas dessaisi de cette somme." LEncyclopédie définit que "le taux à intérêt est un loyer parfaitement légitime". Les Encylopédistes dénoncent l'interdiction totale par l'Eglise, mais ce qu'ils demandent c'est la liberté totale (du prêt à intérêt). Ils disent que le commerce de l'argent doit être libre et le taux d'intérêt fixé uniquement par l'offre et la demande." Cela s'appelle le renard libre dans le poulailler libre. Laissons faire les marchands, laissons faire ceux qui ont de l'argent.

 

Et qu'est-ce qui a légitimé définitivement le prêt à intérêt ? C'est la Révolution française, qui le 2 octobre 1789 la législation du prêt à intérêt fixe abolissait ce que les rois de France avaient défendu depuis toujours. Et le 25 avril 1794 la Convention nationale décrète que l'argent est une marchandise comme les autres et que l'on peut en faire ce que l'on veut. La suite c'est le monde dans lequel nous vivons et l'esclavage est la conséquence de la dette, comme dans l'Antiquité. L'usure va simplement devenir un prêt à intérêt abusif et le prêt à intérêt est devenu normal.

 

Pourtant la résistance à cela, remonte à loin. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, Caton avait écrit un traité d'agriculture dans lequel il fait parler deux personnages. Le premier demande: 'Que dis-tu de l'usure?', le second répond : 'Et toi, que penses-tu de l'assassinat ?'"

 

La dernière condamnation de l'usure par l'Eglise remonte à 1837 où le pape a renouvelé ses antiques prescriptions contre le prêt à intérêt. Le pape fut alors traité de réactionnaire par les bourgeois et les anticléricaux : "Une Eglise qui se trompe de siècle ! Des prohibitions remontant à ces temps obscurs du Moyen Âge pendant lesquels le commerçant était brimé et la manipulation de l'argent interdite !" (R. Pernoud, La Bourgeoisie, Que Sais-je ?, Paris 1985, p. 19.)

 

"Cette législation, précisée dans le Code de droit canon de 1917, qui maintient à l'adresse des clercs l'interdiction de la pratique de l'usure, entend ce mot dans le sens de 'prêt à intérêt', autrement dit : profit tiré d'un prêt d'argent." (R. Pernoud, La Bourgeoisie, ibid., p. 94.)

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 23:08

Il y a 222 ans, Mme Elisabeth, soeur de Louis XVI à qui elle apporta un soutien indéfectible, était décapitée.

Mme Elisabeth - l'enfer d'une sainte (Jules Mazé)

Le 9 mai (1794), vers 8 heures du soir, Mme Elisabeth arrivait à la Conciergerie; à 10 heures, elle était interrogée, en présence de Fouquier, par Deliège flanqué du greffier Ducray, et, le lendemain matin, vers 9 heures, elle montait au Tribunal, où elle se trouva en bonne et nombreuse compagnie, Fouquier l'ayant comprise dans une 'fournée'. Il y avait là les marquises de l'Aigle, de Crussol, de Sémozan, de Canisy; les comtesses de Montmorin, de Sérilly, Mmes de Rossel-Ceroy, Rosset et Buard; les comtes Loménie de Brienne, de Sérilly, d'Etigny, de Sourdeval, l'abbé de Loménie, le chevalier de Loménie, l'abbé de Chambertrand, le jeune Montmorin, âgé de dix-huit ans, M. de Cressy-Champmillon, officier de la Marine, le pharmacien Follope, un industriel, Théodore Hall, un tailleur, Letellier, deux domestiques, Lhôte et Dubois.

 

La veille, dans la soirée, après l'interrogatoire de Madame Elisabeth, un incident s'était produit qui montre le peu de cas que faisait Fouquier-Tinville des formes de la justice et des dispositions de la loi. Le juge Deliège ayant désigné comme défenseur Chauveau-Lagarde, celui-ci, immédiatement prévenu, se hâta d'accourir à la Conciergerie pour conférer avec sa cliente Le concierge n'avait pas d'ordres et dut lui conseiller de s'adresser à Fouquier pour obtenir le permis de communiquer. L'accusateur public, ancien procureur du Châtelet, n'ignorait pas que la justice et l'humanité se sont rencontrées dans les colonnes du code d'instruction criminelle pour assurer la liberté de la défense, il savait qu'il n'avait pas le droit de refuser, il savait... et, pourtant, il refusa, affirmant à Chauveau que sa cliente ne serait pas jugée de sitôt.

 

Le lendemain matin, Chauveau se rend néanmoins au tribunal, et, en entrant, aperçoit Madame Elisabeth, entre deUx gendarmes (Chateau-Lagarde, Procès de Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth). Tous les accusés furent condamnés à mort. Fouquier, fixé d'avance sur le sort qui les attendait, avait voulu par son mensonge, mensonge odieux puisqu'une vie humaine était en jeu, éviter une perte de temps au tribunal. On a essayé de le réhabiliter lui aussi. C'est décidément une manie.

 

Chauveau plaida pourtant, soulevant la colère du féroce Dumas, qui présidait.

 

"Quoique le débat n'eût duré qu'un instant, expose Chauveau, je pris la parole, faisant observer qu'il n'y avait au procès qu'un protocole banal d'accusation, sans pièces, sans témoins, et que, par conséquent, là où il n'existait au élément légal de conviction, il ne pouvait y avoir de conviction légale".

 

Le défenseur ayant, en terminant, déclaré que Mme Elisabeth avait été à la cour de France, le modèle de toutes les vertus, Dumas bondit, écumant de rage, et tonna conrtre l'audace de ce défenseur, "qui osait parler des prétendues vertus de l'accusée et corrompait ainsi la morale publique."

 

Comment, en rappelant les vertus de Mme Elisabeth, le défenseur pouvait-il corrompre la morale publique ? Mystère. On peut, en tout cas, constater que le Tribunal révolutionnaire violait les lois divines et humaines et ne traitait pas beaucoup mieux les règles de la logique.

 

L'audience ouverte à 10 heures du matin, prit fin un peu avant 1 heure de l'après-midi. En moins de trois heures, on avait interrogé vingt-quatre accusés, entendu les témoins, l'accusateur public, les défenseurs, on avait libéré, prononcé et notifié le verdict. La toilette des condamnés prit un peu plus de temps, et pourtant le bourreau connaissait son affaire et ne manquait pas d'entraînement.

 

Au greffe, Madame Elisabeth s'employa de son mieux à consoler, à encourager les personnes qui allaient mourir avc elle. La comtesse de Sérilly se croyait en état de grossesse, mais se refusait à en faire l'aveu pour obtenir un sursis. Mme Elisabeth lui démontra que c'était pour elle un devoir : "A quoi bon, disait la pauvre femme, pourquoi prolonger mes souffrances ?" Finalement, elle obéit à Madame Elisabeth, obtint son sursis et fut sauvée par la chute de Robespierre.

 

Devant l'échafaud, Madame Elisabeth fit preuve d'un magnifique courage. Par un raffinement de cruauté, Dumas et Fouquier avaient décidé qu'elle serait exécutée la dernière. Elle vit tomber vingt-deux têtes avant de gravier les quelques marches qui la séparaient de cet au-delà mystérieux où sa foi ardente avait si souvent entraîné son rêve.

 

 

Mme Elisabeth. Portrait par Adélaïde Labille-Guiard.

Mme Elisabeth. Portrait par Adélaïde Labille-Guiard.

Sa vie avait été sans tache, sa mort fut celle d'une sainte.

 

Le cimetière de la Madeleine, dont nous contons plus loin l'histoire, commençait à s'emplir, et les habitants de la rue d'Anjou se plaignant amèrent du défilé des charrettes chargées des corps mutilés dont ils avaient presque chaque jour l'affreux spectacle, la Commune s'était mise en quête d'un autre champ de repos pour les victimes du Tribunal révolutionnaire.

 

Depuis le 20 mars, la rouge moisson de la guillotine était acheminée vers un terrain vague situé dans le quartier Monceau, entre la rue des Errancis, qui est devenue, depuis, la partie nord de la rue du Rocher, et la rue de Monceau.

 

C'est là que furent jetés, dans une fosse contenant déjà d'autres cadavres, le 10 mai 1794, les restes de Madame Elisabeth

 

Le cimetière des Errancis, fermé définitivement le 23 avril 1797, reçut les dépouilles de 1119 guillotinés, parmi lesquels on relève les noms de Danton, de Camille et Lucile Desmoulins, de Malesherbes, de Lavoisier, des deux Robespierre, de Couthon, de Saint-Just.

Mme Elisabeth - l'enfer d'une sainte (Jules Mazé)

En 1817, on essaya de retrouver, ou plutôt d'identifier les restes de Mme Elisabeth pour les réunir, dans le caveau des Bourbons, à Saint-Denis, à ceux de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Ce fut en vain.

 

Les ossements de la princesse sont mêlés depuis longtemps, sous les voûtes des Catacombes, à ceux d'autres morts du drame révolutionnaire; la nuit éternelle du souterrain enveloppe la poussière des victimes et celle des bourreaux, la poussière de la sainte fille de France qui a mérité, par ses vertus, de vivre dans la mémoire des hommes et celle du tyran sans grandeur qui essaya de s'élever dans le sang et n'a laissé que le souvenir de ses crimes.

Source: Jules Mazé, Louis XVI et Marie-Antoinette, La Famille royale et la Révolution, Librairie Hachette, Corbeil 1947, p. 208-211

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 09:47

Fin de la « bataille » qui oppose depuis deux mois l'Angleterre et le Puy du Fou. Le Conseil des Arts britannique a indiqué ce jeudi qu'il renonçait à récupérer la relique de la Pucelle d'Orléans acquise par le parc vendéen le 26 février.

 

«Revenu en France, après six siècles d'exil, l'anneau de Jeanne d'Arc va finalement rester au Puy du Fou, a annoncé Nicolas de Villiers. Il fera l'objet d'une présentation provisoire cet été, puis il sera exposé dans un monument spécialement construit à l'extérieur du Grand Parc du Puy du Fou pour permettre à chacun d'admirer gratuitement ce trésor de l'Histoire de France

 

Porté par la Pucelle d'Orléans quand elle commandait les troupes françaises contre l'envahisseur britannique, récupéré à sa mort par les Anglais, racheté par des Français, réclamé par les Anglais, retenu par les Français, le modeste anneau de laiton de Jeanne d'Arc a connu une histoire mouvementée qui semble toucher à sa fin aujourd'hui.

 

À quelques jours à peine des fêtes qui se tiendront le 8 mai en l'honneur de la sainte, les Anglais renoncent définitivement à la relique.

 

Nicolas de Villiers avait acquis le bijou lors d'enchères à Londres le 26 février 2016 pour la somme de 376.833 euros, et l'avait rapporté en France, mais en ne demandant qu'après coup la licence d'exportation exigée par la loi. Arguant de cet oubli, le Conseil des Arts britannique l'avait sommé de rendre la relique dans les délais les plus brefs. La réponse de Nicolas de Villiers était ferme:

 

«Cet anneau est tout ce qu'il nous reste de Jeanne d'Arc. Il est absolument hors de question de le céder. Nous ne livrerons pas une deuxième fois la Pucelle d'Orléans aux Anglais».

 

Après un long bras de fer de deux mois, le Conseil des Arts vient de céder en remettant au Puy du Fou la pièce manquante pour que le transfert du bijou soit définitivement légal. «La bataille fut rude mais loyale.», concluent avec soulagement les représentants du parc vendéen dans un communiqué.

 

Le 14 avril, Nicolas de Villiers avait envoyé à la reine d'Angleterre une lettre que s'est procurée le Figaro. Au nom de «l'histoire commune» de le France et de l'Angleterre, il y suppliait Elisabeth II «que la relique de notre grande héroïne puisse demeurer dans notre pays et que les difficultés juridiques soient vite aplanies par son arbitrage». Il rappelle notamment que son «ancêtre la Reine Victoria avait manifesté le désir de restituer l'anneau à la France.» Nul ne saura si c'est cette missive qui a fait pencher la balance en faveur du Puy du Fou.

L'anneau de Jeanne d'Arc restera en France

 

Source: L'anneau de Jeanne d'Arc restera en France, Le Figaro, Par Marie-Amélie Blin Mis à jour le 06/05/2016 à 09:31 Publié le 05/05/2016 à 15:30

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 19:26

Nous présentons ici le documentaire filmé d'Armel Joubert des Ouches pour Reinformation.Tv, "Révolution française : Silence sur le génocide", augmenté d'un certain nombre de citations des génocidaires, trouvées dans les ouvrages du professeur Xavier Martin consacrés à la "Révolution française".

Révolution française : silence sur le génocide vendéen

La France n'a pas commis de crime contre l'Humanité, la France n'a pas commis de génocide.

Nicolas Sarkozy, Discours du 9 mars 2007

Au moins 180.000 personnes déportées, tuées, assassinées. Des centaines de prêtres, des religieux, mais avant cela, pour la plupart, des paysans, car ce sont les paysans qui, les premiers, se révoltent contre la République naissante. 180.000, c’est le nombre minimum de victimes des guerres dites « de Vendée ». Il y aura aussi plus de 200.000 soldats républicains tués dans les combats.

 

La République construite dans le sang

 

Il y a 227 ans. Ce qu’on appelle, à tort, la Révolution française, éclate à Paris. Une manœuvre de quelques centaines de personnes au départ, afin de renverser la Monarchie.

En 1789, selon le mot de Camille Desmoulins, il n’y avait pas dix républicains avoués en France.

Jacques Bainville, Histoire de France

Les révolutionnaires parviennent à étendre les incidents au pays tout entier. Incidents qui se transforment peu à peu en guerre civile. Un bain de sang. Des milliers de familles sont victimes de la barbarie qui est en train de se mettre en place. En fait, c’est une idéologie nouvelle que Robespierre, Danton et d’autres sont en train d’imposer, par la force, au peuple de France. Parce que l’Eglise est persécutée (on impose aux prêtres la constitution civile du clergé) – les prêtres refusent de prêter serment. Parce qu’ils s’opposent à la levée en masse de 300.000 hommes que la Convention, le nouveau pouvoir en place à Paris, impose afin de combattre l’Autriche catholique, les Vendéens se révoltent.

 

Jean Jacques Rousseau et la tyrannie

 

« Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple ».

 

C’est, en une phrase, toute la pensée de Rousseau. Il est indéniable que son « contrat social » comportait en germes le socialisme et la tyrannie qui se préparait dans le pays. Le 1er octobre 1793, la Convention décrète l’extermination « de toute la Vendée ».

Révolution française : silence sur le génocide vendéen

Il y aura le général républicain Turreau et ses colonnes infernales. Jean Baptiste Carrier et les noyades par millier. Il y aura aussi les massacres des Lucs-sur-Boulogne où 564 personnes, hommes, femmes, enfants seront assassinés par les Bleus des généraux Cordellier et Crouzat.

Le 28 février 1794, c'est le jour du grand massacre aux Lucs : le républicain Chapelain, marchant à la suite des assassins du général Cordelier, ceux-là même qui venaient de ravager la petite bourgade, notait dans son carnet-journal : « Aujourd'hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement. »

Le massacre des Lucs, ressemble au drame d'Oradour sur Glane. Dans la chapelle, plus de 500 noms sont gravés sur des plaques de marbre blanc. Ils furent brûlés vifs. Des familles entières ont péri. La chapelle Notre Dame du Petit Luc est un endroit bien émouvant, où chaque nom nous rappelle qu'en ces lieux l'homme s'est vautré dans l'ignominie. Et cette ignominie a vu la naissance de la république dite "française".

Les colonnes infernales avaient pour mission de détruire les rebelles et les soldats les poursuivaient à travers toute la campagne.

« J'ai fait fûreter les fossés, les haies et les bois. C'est là que je les ai trouvés blottis, tout a été passé par le fer. » (général Grignon, chef de la 1ère colonne).

Les gens qui étaient restés dans les villages n'étaient pas mieux traités : incendiés avec leurs maisons, ou fusillés, ou tués à coups de sabre et de baïonnettes, pour épargner la poudre et pour faire durer le plaisir.

Les tueurs étaient des tortionnaires qui coupaient des membres et des têtes, éventraient les victimes et les torturaient.

Massacre-aux-Lucs-sur-Boulogne--28-fevrier-1794-.jpg
 

Le 28 février 1794, aux Lucs sur Boulogne, 110 enfants âgés de moins de 7 ans furent massacrés. (Cf. Marie Auguste Huchet, "Le massacre des Lucs-sur-Boulogne et le martyrologue du curé Barbedette, 1983)

 

Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblèrent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population comptait principalement des vieillards, des femmes, des enfants. Matincourt choisit de ne pas faire de quartier ; il souhaita que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent entrer la population dans l'église jusqu'à ce que l'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population, les Républicains mirent leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent refermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement.

Il y aura enfin le massacre dans la forêt de Vezin, près de Chanteloup-les-Bois où seront tuées près de 2.000 personnes.

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination, puisque 80% des guillotinés étaient des petites gens.

 

La Révolution française ne fut par seulement une tentative d ‘« épuration » de la Vendée, mais une épuration d’une partie du peuple de France opposé à la République.

Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposée.

Saint-Just à la Convention, 8 ventôse an II, 26 février 1794 : dans ses Oeuvres complètes, publ. A Kupiec et M. Abensour, Paris 2004, p. 659 ; et Arch. Parlem., 1ère série, t. 85, p. 517., col. 1.

Si nous nous purgeons, dit sous peu son collègue Garnier de Saintes, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République.

Garnier de Saintes aux Jacobins, 16 germinal an II, 5 avril 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 47.

La Convention nationale est sublime dans ce moment ; elle vomit de son sein tout qui s'y trouve d'impur.

Couthon, Propos du 29 messidor an II, 17 juillet 1794 : cité de seconde main d'après M. Braconnier, notice « Couthon », dans A. Soboul, dir., Dictionnaire de la Révolution française, Paris, p. 310.

Purgeons, purgeons à jamais le pays de cette race infâme (…). Purgeons, mes amis, saignons jusqu'à blanc. » (Il faut) purger, saigner jusqu'au blanc cette génération vendéenne.

Francastel, Lettre des 22 et 20 décembre 1793 in Xavier MARTIN, Droits de l'Homme et la Vendée, éd. DMM, Bouère, 1995, p. 60.

Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir.

Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793 : cité de seconde main d'après A. Gérard, op. cit., p, 25.

L'antidote pour contrer l'assassinat et le meurtre chanté à chaque Marseillaise, l'antidote pour repousser le maléfice de ce qui reste une louange et un chant du mal, c'est de prier et de réciter un Ave Maria, en exorcisme de l'esprit de la Révolution.

Les "décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..."

René Sédillot, Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24

Lire: La république destructrice

 

Marseille et Lyon, mais aussi la Bretagne étaient entrés en résistance. Ils s’étaient battus pour Dieu et pour le Roi de France. Symbole de leur résistance, un cœur surmonté d’une croix rouge marqué de la devise « Dieu le Roy ».

Révolution française : silence sur le génocide vendéen
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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 06:01

Lors du Banquet Camelot du 25 juin 2015, Jean-Philippe Chauvin fait un bilan global du caractère antisocial de la république depuis son avènement.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 22:56
Le roi Arthur, star du futur plus grand parc d’attractions de Bretagne

La petite commune de Guipry-Messac pourrait accueillir, d’ici quelques années, un mix entre parc Astérix, Futuroscope et Puy du Fou, dédié aux légendes du roi Arthur.

 

Les légendes bretonnes racontent que le roi Arthur dormirait dans son château d’Avalon depuis l’an 535, attendant que sa terre natale ait besoin de lui pour sortir de son profond sommeil et dégainer Excalibur. Ce que ces légendes ne disent pas c’est qu’il pourrait ne rester que quelques années avant le réveil d’Arthur. Et que, loin d’Avalon, c’est à Guipry-Messac, petite commune entre Rennes et Redon, que le mythique roi de Bretagne pourrait faire son grand retour

 

Source et suite

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 10:42

Louis XIV avait accordé à chaque foyer qui se fonderait à Fort-Mardyck (Dunkerque) un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui).

Louis XIV avait accordé à chaque foyer qui se fonderait à Fort-Mardyck un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui)

RICHESSE de L’ANCIEN REGIME

 

Ecoutons la citation de Pierre de Vaissière dans « Gentilshommes campagnards de l’Ancienne France » :

 

« L’exemple des bons vieux pères et prud’hommes romains, comme Cincinnatus, Attilius Collatinus, Scipion l’Africain et autre personnage de tel calibre qui, de leur charrue appelés aux armes, des armes s’en retournoient à la charrue ».

 

A la veille de la Révolution, la Féodalité ne subsistait plus que par quelques droits. Ces droits étaient considérés comme vexatoires par la paysannerie, dont la réussite sociale était incontestable. Dans la plupart des cas, ces droits n’étaient pas ou peu perçus. Le Duc de Cossé-Brissac disait à ses régisseurs :

 

« Vous ferez beaucoup de bruits, mais vous ne ferez de contrainte que dans les cas urgents et indispensables »

 

Pierre Gaxotte cite dans son livre « La Révolution Française », de nombreux cas de non paiements durant une trentaine d’années…

 

C’était surtout des sujets de tracasseries pour certains arrivistes nobliaux, hobereaux s’ennuyant et perdant du temps dans des procédures juridiques interminables. L’ancienne France était un enchevêtrement de droits et privilèges.

 

Albert Babeau parlait de « self-government » en étudiant le monde rural :

 

« 40 000 associations naturelles délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents ».

 

Certains paysans achetaient leurs terres et les cas n’étaient pas rares. La situation de beaucoup de nobles, à la veille de la Révolution, faisait plus pitié qu’envie, car leur puissance comme leur richesse s’étaient au fil du temps, considérablement réduite face à la bourgeoisie triomphante. A chaque critique désolante sur la France de jadis, nous trouvons des textes qui contredises ces généralisations hasardeuses de notre passé. On ne peut généraliser aucun jugement dans une France si diversifiée de part ses climats, ses sols, ses coutumes, ses lois et ses habitudes de vie. Nos ancêtres n’avaient pas la tristesse d’aujourd’hui, tout était occasion à rire et à chanter, écoutons Stevens :

 

« On dansait au Carnaval, aux fêtes publiques ; on dansait à la fauchaison, aux semailles, aux vendanges. En Novembre on se groupait pour « émoiser », et on dansait encore ; dames de châteaux, demoiselles, messieurs, paysans, paysannes domestiques, tous dansaient ensemble sans distinction de rang ou de naissance. Quand on ne pouvait plus danser, on chantait ; et il en était ainsi du Nord au Midi, de l’Est à l’Ouest. Heureux peuple ».

 

Comme le dit Frantz Funck Brentano dans son magnifique livre « L’Ancien Régime », véritable bible du pays jadis, on dansait aux villanelles, aux chansons, bourrées berrichonnes et auvergnates, sauteuses du Nivernais, gavottes du Dauphiné, branles de Bourgogne, farandoles de Provence, gaillardes , laitières, sabotières, rigodons…On le voit un peu dans le film « Chouan » ou paysans et nobles s’amusent ensemble dans l’Ouest profond… Qui n’avait pas connu l’Ancien Régime, n’avait pas connu la douceur de vivre (Talleyrand).

 

Les archives révèlent des banquets de mariage durant une semaine et le fait n’est pas rare…N’oublions pas que l’impôt rural, la Taille était fixée en fonction des signes extérieures de richesse et que ses collecteurs étaient des paysans choisis à tour de rôle, d’où l’intérêt de se plaindre et l’étalage de signes de pauvreté aux regards indiscrets…Il n’est pas rare que le seigneur campagnard, soit aussi pauvre que ses paysans, avec lesquels il vivait en parfaite harmonie. Il était d’ailleurs souvent soumis aux mêmes contraintes fiscales que ses paysans. J.Schmidt dans l’introduction à « Gentilshommes Campagnards » de Pierre de Vaissière :

 

« …Les gentilshommes campagnards sont proches de leurs métayers, de leurs ouvriers agricoles, de leurs journaliers et sortent souvent de leurs manoirs et de leurs gentilhommières, très différents des châteaux princiers, pour pousser eux-mêmes la charrue, la désembourber s’il le faut, discuter de la dernière moisson ou de la prochaine vendange, sans avoir le sentiment de déroger, sans non plus sombrer dans la démagogie ou le paternalisme : ils aiment simplement, dignement la terre, ce qu’elle produit, ses fécondités, ses générosités et se sentent de plain-pied avec ceux qui, comme eux, en vivent ».

 

LA MONARCHIE et la BUREAUCRATIE

 

« On ne peut faire un pas dans ce vaste royaume, sans y trouver des lois différentes, des usages contraires, des privilèges, des exceptions, des affranchissements d’impôts, des droits et des prétentions de toute espèce » disait Calonne.

 

Il nous est difficile d’imaginer aujourd’hui, après deux cent ans de fonctionnarisme triomphant et d’assistanat complet, l’état de la France libre d’alors. L’Etat Royal très puissant dans ses attributions propres ne pouvait en aucun cas déborder ses pouvoirs sans risque de contestations au moins aussi puissantes que lui dans ses fonctions. On arrivait à ce mélange exceptionnel d’autorité et de libertés dans cette imbrication de coutumes et lois diverses. Le bureaucrate socialisé détient aujourd’hui l’autorité. Ses pouvoirs sont arbitraires et suprêmes, inimaginables pour nos ancêtres imbus de libertés publiques et très attachés à leurs droits et privilèges acquis parfois au prix du sang. Actuellement, le pouvoir fonctionnarisé détient le droit de vous prendre vos biens, vos enfants, de percevoir plus que de raison, de contraindre votre femme au travail car votre salaire est insuffisant, au lieu de reconnaitre son droit au salaire maternel !, de vous envoyer à la mort sur le terrain du carnage par les guerres d’enfer issues de la Révolution (autrefois celles-ci étaient affaire de professionnels, limités dans le temps, avec des principes et bien codés).

 

Ce pouvoir fonctionnarisé est puissant et sans limite. Il est le vainqueur de l’Ancien Régime. Ecoutons Pierre Gaxotte :

 

« Il connait nos revenus et fait l’inventaire de nos héritages. Il sait si nous possédons un piano, une automobile, un chien ou une bicyclette. Il instruit nos enfants et fixe le prix de notre pain. Il fabrique nos allumettes et nous vend notre tabac. Il est industriel, armateur, commerçant et médecin. Il a des tableaux, des forêts, des chemins de fer, des hôpitaux et le monopole des téléphones. Il accapare la charité. Si nous appartenons au sexe masculin, il nous fait comparaître devant lui, nous pèse, nous mesure et examine le fonctionnement de notre cœur, de nos poumons et de notre rate. Nous ne pouvons faire un pas ou un geste sans qu’il en soit averti et sans qu’il trouve prétexte d’intervenir » (La Révolution Française).

 

Il n’y a rien de plus étranger à l’ancienne France que cette situation là. A chaque nouvelle province acquise, le Roi garantissait les droits et coutumes existants et ainsi ne dérangeait aucune organisation, habitude de vie et de pensée. Cette conception de vie, où l’on voit un Louis XV pensionner un inventeur d’explosifs terrifiants pour qu’il ne divulgue pas son arme de mort au risque de rendre la guerre inhumaine, nous surprend par son humanisme :

 

« Un joaillier grenoblois du nom de Dupré, inventa un feu grégeois qui eut un certain succès en 1759. Le Maréchal de Belle-Isle eut, après quelques expériences de bons résultats. Louis XV, par sentiment d’humanité, trouva que : « le génie de l’homme était trop inventif pour la destruction ».Le susnommé Dupré reçut une pension de 2000 livres et le cordon de saint-michel, après destruction complète de l’invention… »

 

Rappelons aussi ce que Louis XV enseignait à son Fils de Dauphin de France, lors de la bataille de Fontenoy en 1745 :

 

« Voyez ce qu’il en coûte à un bon cœur de remporter des victoires. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes, la vraie gloire est de l’épargner ».

 

On est loin de Hiroshima et Nagazaki au nom des démocraties et des Droits de l’Homme…

 

Voici un petit extrait de « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier ou il est question d’une mitrailleuse présentée à Louis XVI :

 

« Plus près de nous, en 1775, un ingénieur français, Du Perron, présenta au jeune Louis XVI, un «orgue militaire » qui, actionné par une manivelle, lançait simultanément vingt-quatre balles. Un mémoire accompagnait cet instrument, embryon des mitrailleuses modernes. La machine parut si meurtrière au Roi, à ses ministres Malesherbes et Turgot, qu’elle fut refusée et son inventeur considéré comme un ennemi de l’humanité.

 

A tout vouloir émanciper, nous avons aussi émancipé la guerre. Jadis occasion de sacrifice et de salut pour quelques-uns, elle est devenue la damnation de tous. »

 

Voilà comment Louis XVI, qui fut qualifié de « Tyran » par les révolutionnaires, considèrerait notre époque : comme « ennemi de l’humanité »

 

Nous sommes habitués au contraire, armé de la religion nouvelle des droits de l’homme et broyé par l’administration qui peut décider de nous envoyer dans les guerres ou plus rien d’humain n’existe (camp de la mort, massacres de femmes et enfants, destruction de cités…).

 

Situation inimaginable dans « l’obscur moyen-âge » sous l’aval d’un roi de France si cruel soit-il. Louis XIV disait :

 

« Sa Majesté promet et jure sur les Saints Evangiles qu’elle et ses augustes successeurs les tiendront et maintiendront bien et loyalement en tous et quelconques leurs privilèges, franchises et libertés, anciennes possessions, usages, coutumes et ordonnance, et généralement qu’Elle fera tout ce qu’un Prince et Comte Palatin de Bourgogne est tenu de faire. »

 

La Monarchie issue de la Féodalité unifia au fil du temps les pays et les hommes qui constituèrent la diversité Française. Ecoutons encore Pierre Gaxotte :

 

« Elargissez cet exemple, représentez-vous les provinces, les villes, les classes, les associations, les métiers, les offices, pourvus de chartes, de droits, de statuts, d’immunités de toute nature, et vous aurez une idée, de ce qu’était la France de Louis XV et de Louis XVI et de la manière dont pouvait s’y exercer la volonté royale. »

 

Il est toujours bon de sortir la vérité des archives afin de confronter les incohérences de la pensée dominante. Inlassablement nous montrerons le caractère indéniable de l’humanisme réel d’une institution ancrée dans l’inconscient collectif de notre peuple : Le caractère social de la monarchie à Dunkerque :

 

“…les heureuses conséquences sociales, par un privilège que Louis XIV avait octroyé aux habitants de Fort-Mardyck et qui s’était perpétué. Pour peupler ce nouveau port, le Roi-Soleil avait décidé que chaque foyer qui s’y fonderait recevrait en cadeau de mariage un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui), prélevé sur les dunes, et où trouverait place sa chaumière et son jardin. Si bien que la Ligue du Coin de Terre aurait dû honnêtement se mettre sous le patronage du plus absolu de nos rois ! “

 

Notre jour viendra !

 

Frédéric Winkler

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 16:09

Les Spartiates, ce peuple guerrier de la Grèce antique a disparu en laissant un héritage misérable. Ils pratiquaient l'eugénisme. L'écrivain Marcel Pagnol a mis en lumière pourquoi cette pratique eugéniste fut la cause de leur disparition.

La force physique est finalement bien peu de chose si elle n’est pas au service de l’intelligence et de la culture. Et la culture elle-même est vouée à disparaître si elle n’est pas mise au service de la religion ou d’un projet de nature religieuse, c’est-à-dire absolu, universel et définitif.

Hervé Ryssen, Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

 

Nous soumettons maintenant à votre jugement un très beau texte de Marcel Pagnol (1895-1974) qui constitue les deux dernières pages d’une petite nouvelle intutulée Les Secrets de Dieu. On négligera « l’antiracisme » des premières phrases. Marcel Pagnol écrivait en effet en un temps où l’Europe n’était pas confrontée à une invasion migratoire. Mais la critique de l’eugénisme est imparable.

 

« Un soir d’hiver, à la campagne, devant de flamboyantes bûches, je pensais tout à coup à Sparte, à ses lois, à ses moeurs, à son idéal. Ce fut une ville d’héroïques guerriers et de farouches patriotes, soucieux avant tout, comme Hitler, de la pureté et de la beauté de leur race.

 

Lorsqu’un enfant naissait, une commission d’experts venait donc l’examiner, dans la chambre même de l’accouchée. Les filles étaient estimées selon leur taille et leur poids, comme des juments poulinières. Les garçons devaient paraître capables de porter un jour le bouclier, le casque de bronze, et la lourde épée de fer. Soumis dès l’enfance à une discipline militaire, leur seul idéal était de mourir sur un champ de bataille, après avoir tué autant d’hommes que le permettaient les armes de ce temps. Quant aux enfants « réformés » par ce « conseil de révision », les vieux sages les emportaient sous le bras, et allaient les jeter dans un gouffre voisin, qui s’appelait le Barathre.

 

Finalement, cette race si belle, et si soigneusement épurée, que nous a-t-elle laissé ? Des noms de rois, auteurs de lois aussi sévères qu’un règlement pénitentiaire, des noms de généraux, dont les armées ne dépassèrent jamais les effectifs d’un régiment, des noms de batailles, dont la plus célèbre est le glorieux désastre des Thermopyles, et les murs effondrés d’une petite ville. Ces pierres éparses sous des ronces ne cachaient pas une Vénus, un Discobole, une Victoire ailée, mais un bouclier verdi, des casques fendus, des glaives amincis par la rouille du temps. Au centre d’un paysage quelconque, ces ruines anonymes ne sont pas dominées par un lumineux Parthénon, haut dans le ciel sur une Acropole, mais accroupies dans l’ombre au bord d’un trou.

 

Ces hommes furent des Grecs de la grande époque, à deux pas d’Athènes, mère de l’intelligence et des arts. Pourquoi leur héritage est-il si misérable ? C’est parce qu’ils ont sacrifié leurs poètes, leurs philosophes, leurs peintres, leurs architectes, leurs sculpteurs; c’est parce qu’ils ont peut-être précipité sur les rocs aigus, au fond du Barathre, un petit bossu qui était Esope, ou le bébé aveugle qui eût chanté à travers les siècles les Dieux et la gloire de leur patrie… Et parmi les trop pâles petites filles qui tournoyèrent un instant, frêles papillons blancs, à travers la nuit verticale du gouffre, il y avait peut-être les mères ou les aïeules de leur Phidias, de leur Sophocle, de leur Aristote ou de leur Platon ; car toute vie est un mystère, et nul ne sait qui porte le message; ni les passants, ni le messager. »

 

Tout cela pour vous dire que la force physique est finalement bien peu de chose si elle n’est pas au service de l’intelligence et de la culture. Et la culture elle-même est vouée à disparaître si elle n’est pas mise au service de la religion ou d’un projet de nature religieuse, c’est-à-dire absolu, universel et définitif.

 

Voilà. On espère que les thuriféraires de la Sparte héroïque (Identitaires, trous du Gud et autres skins à barbe) ne sont pas trop déçus, car le temps de la guerre approche, et les patriotes français devront bientôt faire front, tous ensemble… et dans le respect des hiérarchies naturelles.

 

Hervé Ryssen, Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 07:26

D'une façon générale, si nous partageons et diffusions certaines analyses de certains intervenants expliquant la situation calamiteuse dans laquelle se trouve notre pays actuellement, ça ne signifie pas que nous cautionnons toutes leurs analyses ni toutes leurs solutions à adopter.

 

Nous rappelons que face à la volonté de détruire notre pays, la seule solution viable et honnête est le rétablissement de la Monarchie Catholique, représentée par le seul héritier des rois qui ont fait la France, son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. Le reste n'étant que poudre aux yeux servant des intérêts plus que douteux.

La démocratie contre le peuple (Philippe Ploncard d'Assac)

"La démocratie contre le peuple" conférence de Philippe Ploncard d'Assac du 16 janvier 2016.

 

. 5 minutes pour comprendre l'illusion du vote

. Démocratie: les deux types de représentation politique

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:32
Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

 

suivi d'une séance de dédicace et d'un repas

 

Source: Alliance Royale Facebook

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 06:45
Couronnement de la Vierge (Cathédrale de Poitiers)

Couronnement de la Vierge (Cathédrale de Poitiers)

Sous des badigeons du XVIIIe siècle, un trésor gothique a été mis à jour dans la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers.

 

C’est un ensemble sans équivalent en France qui a été découvert dans la cathédrale de Poitiers : plus de 750 m2 de peinture médiévale étaient cachés sous un enduit postérieur. Le chantier de restauration encore en cours sera révélé aux yeux du public en mai 2016. 

Une découverte inédite… ou presque 

Tout a commencé lors des travaux initiés en janvier 2012 sur la voûte du transept sud de la cathédrale à la suite d’infiltrations d’eau. Les sondages réalisés avec l’ouverture de « 55 fenêtres » ont révélé la présence de peintures murales médiévales sous le badigeon XVIIIe. En janvier 2015, les travaux de dégagement de l’enduit sont lancés et coordonnés par un architecte en chef des monuments historiques. Or, ces travaux n’avancent pas aussi rapidement que prévu : le dégagement progresse d’un mètre carré par semaine et par personne ! Il s’agit en effet de retirer le badigeon avec un scalpel mais aussi de recoller la peinture ancienne au fur et à mesure à l’aide d’une seringue. La tâche est rendue difficile par le brossage et le grattage effectués au XVIIIe siècle afin que le nouvel enduit apposé à l’époque adhère le mieux possible à la pierre.

Il ne s’agit pas non plus d’une surprise totale puisque la présence d’un décor peint médiéval était mentionnée dans des sources écrites comme l’explique Anne Embs, conservatrice des monuments historiques de la région Poitou-Charentes, et que le décor avait déjà bénéficié de quelques sondages fragmentaires en 1990.

Des décors très bien conservés 

Les peintures murales (et non fresques comme cela est mentionné à tort dans de nombreux articles, et oui la technique diffère !) illustrent quatre grandes scènes :

  • Le Sein d’Abraham, soit la demeure des Justes après la mort et jusqu’à la résurrection
  • Le Couronnement de la Vierge, avec des éléments d’architecture de style gothique rayonnant visibles en dessous
  • Le Christ Juge entouré de la Vierge et de saint Jean
  • Un cortège d’anges tenant des couronnes 

 

Ces scènes sont entourées d’une pluie d’étoiles exécutée à l’aide de feuilles d’étain superposées avec une feuille d’or et d’argent. Les figures sont monumentales (environ 3 m de haut) et leur dessin raffiné est de grande qualité. On ne peut qu’admirer la fraîcheur des couleurs et la variété de la palette aux rares nuances de rose, vert, mauve et orange. D’après les analyses scientifiques, des pigments précieux ont été utilisés tels que le bleu azurite, le rouge de cinabre, et des feuilles d’or et d’argent.

Du point de vue stylistique, ces représentations sont à rapprocher du « style de saint Louis » (présent de 1250 au XIVe siècle), ce qui permet de dater les peintures du dernier tiers du XIIIe siècle, soit en pleine période du gothique rayonnant. Ce style est caractérisé par l’allongement des figures, de petites têtes, un véritable raffinement, et un trait linéaire et graphique. Cet ensemble peint est donc en parfaite corrélation avec les vitraux quasi contemporains.

L’opération de restauration de ce témoignage exceptionnel est chiffrée à 800 000 euros et financée par l’État. Le public doit encore attendre fin mai 2016 pour pouvoir découvrir ces peintures sans les échafaudages au sein de la cathédrale. Il semble cependant que l’édifice n’ait pas encore livré tous ses secrets. D’après de nouveaux sondages, d’autres peintures seraient présentes sur les voûtes du transept central…

 

Source: Découverte exceptionnelle de peintures murales médiévales dans la cathédrale de Poitiers, Aleteia, Marie Fournier, 9 janvier 2016

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:14

Avant 1830, il n’y avait pas d’Algérie. Ce pays a été inventé par la France. Il était contrôlé par le régime ottoman sous le nom de "la Régence d'Alger". Il y avait la Côte des Pirates barbaresques, dont la réputation était excécrable dans toute la Méditerranée occidentale, à cause des raids sur les navires de voyageurs et de marchandises, des enlèvements d’hommes, de femmes et d’enfants réduits en esclavage par la Régence depuis le XVIe siècle. Voilà où commence cette histoire franco-algérienne, et les pays civilisés ont approuvé l’expédition de Charles X car elle sécurisait enfin une région où tout le monde craignait de naviguer depuis des siècles. Alger capitulait le 5 juillet 1830.

Ce documentaire video se propose de retracer la vie du conquérant de l'Afrique du Nord, Thomas Robert Bugeaud (1784-1849). "Cet homme d'action au caractère pragmatique" "qui vécut durant une période politique très instable", vit se succéder 8 régimes politiques différents (royauté, monarchie constitutionnelle, 1ère république, empire, monarchie constitutionnelle, monarchie de Juillet, 2e république, Second empire), et mit fin aux raids barbaresques en Méditerranée, aux enlèvements d'hommes, femmes et enfants réduits en esclavage.

Bugeaud s'accomoda des différents régimes toujours animé d'un seul but: être utile à la France. L'influence libérale anéantit totalement son oeuvre en Afrique du nord.

 

La conquête de l'Algérie - le Maréchal Bugeaud

L'équilibre politique opéré par l'institution des "bureaux arabes" créés par Bugeaud dans le but "d'améliorer le renseignement mais aussi de rendre une justice impartiale" et qui durant trois décennies défendit "régulièrement les intérêts arabes contre les européens" se termina, après la chute du Second empire (1870) par la proclamation de la 3e république (1875). Sous la pression des colons européens, les bureaux furent progressivement abandonnés par la IIIe république. La république mit fin à la politique arabe de Bugeaud et imposa les nouveaux principes philanthropiques démocratiques.

 

En 1880, Léon Hugonnet radical, acolyte de Jules Ferry déclara: “la grandeur de la France est indispensable au progrès de l’humanité. C’est pourquoi j’approuve une politique qui unira sous le drapeau français cent millions de défenseurs de la république ”.

Albert Bouyet au nom de la ligue des droits de l’homme, déclara : “Faire connaître aux peuples les droits de l’homme, ce n’est pas une besogne d’impérialisme, c’est une tache de fraternité ”.

Jules Ferry consacra le "droit supérieur" de la "race supérieure" de civiliser les autres : “C’était un devoir supérieur de civilisation qui légitimait le droit d’aller chez les barbares (sic)” “ La race supérieure (sic) ne conquiert pas pour le plaisir, dans le désir d’exploiter le faible, mais bien de le civiliser et de l’élever jusqu’à elle ”.
Et Léon Blum, d'ajouter : “Le droit et même le devoir des races supérieures (sic) est d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture.(Nouvelle Revue d'Histoire, N° 22, pages 40 et suivantes.)
 
Dans la bouche de Jules Ferry et de Léon Blum, inutile de traduire ce que ces mots veulent réellement dire... L'historien Philippe Conrad a résumé :
 
la mission civilisatrice de la France est mise en avant avec une référence très claire au langage des lumières. La France se plaçait ainsi dans l’héritage de 1789(Nouvelle Revue d'Histoire, N° 22, pages 39.)

 

La colossale énergie que la France a dépensée pour ces colonies, les milliers de sacrifices que les français ont consentis pour notre empire, tout cela était vain ou condamné à périr à plus ou moins long terme. Au-dessus de ces bonnes intentions, et des éminents sacrifices, il y avait la volonté de répandre la démocratie et les “Lumières” de 1789. L'Algérie fut alors administrée par des fonctionnaires civils, qui gouvernèrent largement au profit des européens, mais qui ne furent jamais acceptés par les indigènes comme le furent leurs vainqueurs militaires.

 

Le gouvernement libéral (maçonnique) de Juillet 1830 a annulé les bonnes dispositions prises par Charles X. Ce sont de tels faits qui ont fait dire au marquis de Roux, historien de la Restauration, la phrase suivante : "La Restauration a été le dernier gouvernement français qui ait compté parmi ses devoirs d’état l’appui à donner à l’Eglise pour le bien des âmes."  (“La Restauration”, Arthème Fayard, Paris, 1930, p 439.)

 

Aujourd'hui, après avoir expérimenté différemment les "Lumières" des philanthropes européens et la "civilisation" de la "race supérieure" (Jules Ferry) et face à des régimes corrompus, les pays d'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) comme les pays occidentaux, sont sous la pression de l'"Etat islamique" (EI), un califat qui leur propose un messianisme concurrent, une sorte de retour aux sources.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:02

(Aux Etats généraux en 1789),

 

« depuis le plus petit village jusqu'à la capitale, tous les habitants de quelque état et condition qu'ils fussent participaient à l'exercice des droits politiques. Ils avaient le droit de concourir directement à la rédaction des cahiers, c'est-à-dire d'exposer leurs vues et leurs opinions sur toutes les affaires de l'Etat. Ils concouraient indirectement à l'élection des représentants de la nation : c'était le suffrage universel libre à plusieurs degrés. On était électeur, éligible sans aucune condition de propriété, de cens, de capacité. »

 

Antoine Claire Thibaudeau (1765-1854), député Conventionnel dans "Histoire des Etats généraux, et des institutions représentatives en France, depuis l'origine de la monarchie jusqu'à 1789", 1814.

Etats généraux et droits politiques en 1789 comparés à aujourd'hui

A comparer avec aujourd'hui où le gouvernement s'immiscant dans des élections régionales n'est pas loin de supprimer l'élection pour nommer lui-même les administrateurs locaux. Des administrateurs qui doivent suivre la ligne franc-maçonnique imposée depuis Paris ou être désistés.

 

(Lire: Grand Est : Masseret se maintient, le PS lui retire son investiture aux régionales, Le Parisien.fr, J.Cl. | 08 Déc. 2015, 13h37 | MAJ : 09 Déc. 2015, 02h10)

Etats généraux et droits politiques en 1789 comparés à aujourd'hui

Les communes au Moyen-Âge eurent des libertés très étendues, et constituaient de véritables petits Etats. Elles bénéficiaient de droits et privilèges qui feraient pâlir nos maires d'aujourd'hui.

Ecoutons François Guizot (1787-1874), homme politique et historien français :

 

Imaginons la venue d'un bourgeois du XIIe siècle ou du XIIIe, dans une de nos communes actuelles.

 

"Il s'enquiert, dit-il, de ce qui s'y passe, de la manière dont elle est gouvernée et du sort des habitants.

 

On lui dit qu'il y a hors des murs un pouvoir qui les taxe comme il lui plaît sans leur consentement, qui convoque leur milice et l'envoie à la guerre, aussi sans leur aveu. [1]

 

On lui parle des magistrats, du maire, et il apprend avec étonnement qu'ils ne sont pas nommés par les bourgeois de la ville. Il apprend que les affaires de la Commune ne se défendent pas dans la commune, qu'un fonctionnaire les administre de loin.

 

On lui dit que les habitants n'ont pas le droit de s'assembler, de délibérer en commun sur tout ce qui les touche."

 

Le bourgeois du XIIe siècle, habitué à toutes ses franchises, reste confondu. [2]

 

Mais la scène change, un Français du XIXe siècle pénètre dans une ville du Moyen Âge. Il se trouve dans une espèce de place forte, défendue par les bourgeois armés; ces bourgeois se taxent eux-mêmes, élisent leurs magistrats, jugent, punissent, s'assemblent pour délibérer sur leurs affaires. Tous viennent à ces assemblées. [3]

 

Lire : Le self-government rural ou la "démocratie" et des élections à la pluralité des voix dans chaque village (F. Funck-Brentano, La société d'Ancien Régime)


 Ils font la guerre pour leur compte contre leurs seigneurs; ils ont une milice; en un mot, ils se gouvernent eux-mêmes, ils sont souverains. Le Français du XIXe siècle n'en peut croire ses yeux."

 

(François Guizot, Histoire de France)

 

Extrait de la video "Chroniques de la Monarchie populaire" :

Notes

 

[1] La circonscription et la levée en masse décrétée par la Convention dite "nationale" de 1792 est à l'origine du soulèvement et de la révolte vendéenne qui sera écrasée dans le sang en 1793-94 par les "humanistes" : il fallait "purger la France" (Garnier de Saintes) du "sang impur", du "clergé", de la "noblesse" (Fouché), des récalcitrants. (Source: Xavier Martin, Régénérer l'espèce humaine, Utopie médical des Lumières, DMM, Mayenne, 2008. Extraits)

[2] Le terme bourgeois au XIXe siècle désigne les habitants du bourg.

[3] Il n'y avait pas d'abstention dans les élections médiévales parce que ces élections étaient organisées dans les corps réels de la société, contrairement à aujourd'hui où un pouvoir lointain, obscur et secret (franc-maçonnerie) dicte sa volonté, sans le consentement de la base.

 

Lire aussi : Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

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