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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 07:39
Ne soyez pas dupes - Karl Marx était un totalitaire haineux dont les idées ont tué des millions de personnes

9 juillet 2018 ( LifeSiteNews.com ) - La pensée de Karl Marx, un agitateur politique allemand dont la théorie du "socialisme scientifique" a fait des ravages dans le monde pendant la plus grande partie du XX e siècle, semble avoir été reléguée aux oubliettes de l'histoire après la chute des régimes communistes du bloc de l'Est de 1989 à 1991. Après des décennies de massacres de masse qui ont fait des dizaines de millions de victimes et l'oppression totalitaire de centaines de millions d'autres, la réputation du marxisme avait été détruite presque complètement, en assurant apparemment sa disparition finale.

 

Cependant, un regain d'intérêt pour la pensée de Marx est en cours depuis 2008, lorsque la crise économique mondiale a conduit de nombreuses personnes à remettre en question la viabilité du système capitaliste, toujours objet principal de la critique marxiste. Maintenant, le 200 e anniversaire de la naissance de Marx (le 5 mai) est salué ouvertement par les penseurs du courant dominant et même par le clergé catholique comme une cause de commémoration respectueuse, sinon de célébration pure et simple.

 

Le New York Times a publié une approbation ouverte de la pensée de Marx, "Joyeux anniversaire, Karl Marx. Vous aviez raison !" Dans lequel un professeur de philosophie loue la "critique impitoyable de Marx de tout ce qui existe" et félicite les militants pour l'application de la théorie des classes marxistes à la race et au genre.

 

Le journal de gauche britannique Guardian a également salué Marx dans un article récent commémorant son anniversaire, mais il était plus circonspect dans son ton, affirmant qu'il avait prophétisé les excès du capitalisme moderne, mais concernant sa solution pour "en sortir" comme "moins utile."

 

Les commémorations officielles de l'anniversaire de Marx ont également contribué à l'atmosphère festive. Le gouvernement allemand a émis un timbre-poste commémoratif avec une image de Marx sur un fond rouge. Le gouvernement de la Chine, qui est encore officiellement marxiste alors qu'il est capitaliste, a payé pour l'érection d'une statue de Marx dans sa ville natale de Trèves, en Allemagne.

 

Le président chinois Xi Jinping, qui prônait la renaissance du marxisme en Chine pour renforcer son régime de plus en plus dictatorial, a fait un discours en avril sous le portrait du saint communiste, louant Karl Marx comme "le plus grand penseur des temps modernes", ajoutant: "Nous devons continuellement améliorer la capacité d'utiliser le marxisme pour analyser et résoudre des problèmes pratiques."

 

Étonnamment, même des ecclésiastiques catholiques de haut rang, comme le cardinal Reinhard Marx, louent ouvertement les écrits du communisme comme "fascinants", estimant que le manifeste communiste de Karl Marx a "une énergie" et "une grande langue" qui "l'impressionne". Le cardinal Marx est proche du pape François, qui a fait à la fois des déclarations positives et négatives sur le marxisme, contribuant ainsi à une atmosphère d'ambiguïté sur le sujet.

 

En 2015, le pape François a accepté avec joie ce marteau et cette faucille communiste avec un crucifix de son ami le président bolivien Evo Morales

 

Marx était-il simplement un idéaliste égaré qui aimait les pauvres?

 

Serait-il possible de réhabiliter l'image de Karl Marx plusieurs décennies après la chute des États communistes du bloc de l'Est, pour distinguer l'idéologie communiste de Marx des gouvernements totalitaires qui l'ont adoptée au XXe siècle? Marx était-il un idéaliste aux yeux étoilés cherchant la justice pour les pauvres et les opprimés, un humanitaire bien intentionné dont les idées ont été plus tard appropriées par les tyrans en herbe? Peut-il maintenant être réexaminé à la lumière de la pureté de sa pensée et donné son dû en tant que réformateur bienveillant?

 

Les marxistes ont longtemps prétendu que la Russie soviétique et la Chine maoïste étaient de faux représentants du "socialisme scientifique" de Marx, que leur application de la rhétorique marxiste était en réalité un détournement de la théorie marxiste authentique. Cependant, cette thèse ne peut survivre que dans un environnement d'ignorance presque totale concernant le cadre philosophique et l'activisme politique de Marx. En réalité, Karl Marx a toujours été reconnu, même de son temps, comme un totalitaire cynique et impitoyable dont les ambitions étaient de devenir le dirigeant dictatorial d'une Allemagne communiste.

 

Bien que l'imagination populaire conçoive Marx comme un croisé contre l'injustice sociale, Marx lui-même a raillé de telles notions. En fait, la philosophie politique de Marx était fondée sur la notion que le bien et le mal sont des concepts en constante évolution dictés par les conditions matérielles de l'existence humaine plutôt que des réalités éternelles auxquelles les êtres humains doivent aspirer. Il détestait les tendances moralisatrices de son âge, ainsi que les appels à des notions abstraites de vérité et de justice, et s'enorgueillissait d'un cynisme impitoyable qui faisait de l'intérêt de classe le standard ultime de la légitimité morale.

 

Comme le sophiste Thrasymaque dans la République de Platon, Marx était un relativiste moral qui croyait que les principes moraux sont déterminés par les intérêts de la classe qui contrôle chaque système économique. Les acteurs du système jouent simplement les rôles que le système leur assigne. C'est pourquoi Marx évitait presque toujours le langage de la moralité dans ses écrits, et prétendait plutôt fonctionner comme un prophète de l'inévitable avènement du communisme qui, selon lui, devait amener le développement final de l'histoire, avec son propre code moral.

 

Marx a exprimé cette morale fondée sur la classe dans son Manifeste communiste en 1848, en attribuant les normes morales traditionnelles à la classe capitaliste ou à la "bourgeoisie" et en la comparant à la vision du monde communiste "prolétarien". "Le droit, la morale, la religion sont pour lui (le prolétaire) tant de préjugés bourgeois, derrière lesquels se cachent autant d'intérêts bourgeois", déclara Marx, ajoutant plus tard: "Les idées dominantes de chaque époque ont toujours été les idées de sa classe dirigeante."

 

"Mais ne vous disputez pas avec nous tant que vous appliquez, à notre abolition voulue de la propriété bourgeoise, la norme de vos notions bourgeoises de liberté, de culture, de droit, etc.", écrivait Marx. "Vos idées mêmes ne sont que le fruit des conditions de votre production bourgeoise et de votre propriété bourgeoise, de même que votre jurisprudence n'est que la volonté de votre classe faite pour tous, volonté dont le caractère et la direction sont déterminés par les conditions économiques. d'existence de votre classe."

 

Marx croyait que l'histoire humaine se dirigeait inexorablement vers le communisme athée et matérialiste, et qu'il était le chef d'une élite éclairée destinée à en prendre la charge. Dans le processus, il croyait que la religion serait abolie, que la famille serait éliminée comme une institution désuète, que les femmes seraient partagées entre les hommes comme concubines communales, et que toutes les forces de la production matérielle seraient placées entre les mains d'un état totalitaire dirigé par une avant-garde révolutionnaire qui prétendait représenter les classes opprimées de la société.

 

Marx a assuré à ses lecteurs que, suite à cette transformation, que son état totalitaire dépérirait pour être remplacé par une utopie démocratique sans distinctions de classe. Cependant, les citoyens des États marxistes attendent en vain ce paradis promis au fil des décennies, croupissant sous le fouet de leurs maîtres communistes alors que le monde capitaliste continue de prospérer et de croître économiquement, en contradiction avec les prédictions de Marx.

 

Le plan de Marx pour remplacer "l'opium" de la religion par l'état communiste

 

Un aspect fondamental de la théorie de Marx, tirée du philosophe Feuerbach, était l'affirmation que la religion n'était en réalité qu'une projection des idéaux de l'homme sur lui-même. À cela, il ajoutait l'affirmation que le christianisme était comme une forme "d'opium" donnée aux peuples d'Europe pour satisfaire leur désir d'une société parfaite, désir qui serait finalement satisfait par le communisme. En conséquence, la religion ne serait plus nécessaire.

 

Comme l'écrivait Marx dans sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, "l'homme, qui n'a trouvé que le reflet de lui-même dans la réalité fantastique du ciel, où il cherchait un Superman, ne se sent plus disposé à trouver la simple apparence de lui-même, le non-homme ["Unmensch"], où il cherche et doit chercher sa vraie réalité." 

 

"La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d'un monde sans cœur et l'âme des conditions sans âme", poursuit Marx. "C'est l'opium du peuple. L'abolition de la religion comme le bonheur illusoire du peuple est la demande de leur vrai bonheur. Leur demander d'abandonner leurs illusions sur leur condition, c'est leur demander d'abandonner une condition qui nécessite des illusions. La critique de la religion est donc en germe, la critique de cette vallée de larmes dont la religion est le halo."

 

Cependant, c'était l'utopie promise du communisme marxiste qui fonctionnait comme un "opium" des masses qui vivaient sous les régimes totalitaires du 20ème siècle, qui promettaient constamment que le paradis communiste arriverait bientôt, même si des millions étaient asservis et mouraient de faim, et que des millions d'autres étaient soumis à une tyrannie absolue sans pareil dans l'histoire de l'humanité. Entre-temps, les régimes marxistes ont démantelé l'Église catholique et d'autres institutions religieuses, détruit de nombreuses églises ou en ont fait des musées et ont exécuté ou emprisonné leurs ministres dans des camps de concentration.

 

Marx se réjouit de la destruction du mariage, de la famille et de la communauté par le capitalisme

 

Marx prétendait avoir découvert les lois de l'histoire en découvrant les contradictions internes à chaque étape historique du développement économique, se déplaçant finalement de la féodalité au capitalisme et finalement au communisme. Chaque système précédent crée les conflits de classe qui finissent par lâcher la ruine de ce système et inaugurent le suivant, jusqu'à ce que le communisme abolisse finalement toutes les différences de classe et que la "dialectique de l'histoire" touche à sa fin.

 

L'analyse de Marx de ce qu'il considère comme les contradictions internes du capitalisme peut le faire apparaître comme un critique moral, alors qu'en réalité Marx ne fait guère plus qu'une série d'observations dépassionnées sur ce qu'il considère comme les lois inexorables de l'histoire économique.

 

En fait, quand Marx semble critiquer le capitalisme, il exprime en fait son admiration, même lorsqu'il discute de ses tendances destructrices, qu'il considère comme des formes de progrès conduisant à une utopie communiste. Le capitalisme, pour Marx, est nécessaire à l'émergence du communisme, et est donc un développement positif.

 

Marx était heureux de constater que les économies capitalistes avaient créé un système de production de masse qui avait privé les petits entrepreneurs et les agriculteurs de leurs professions et réduit l'emploi dans les petites villes et les zones rurales, envoyant ainsi de plus en plus de gens dans les rangs la classe ouvrière urbaine ou "prolétariat". Le résultat était que les gens abandonnaient leurs petites communautés et perdaient leur propriété privée, devenant rien de plus que des locataires atomisés et des employés dans le "lien de trésorerie" de la société capitaliste.

 

Le résultat, a observé Marx, était que les femmes et même les enfants ont été chassés du marché, et que les familles ont été forcées de louer leurs maisons. Tout le monde était devenu une marchandise et avait perdu son identité de membre de la famille et de la communauté. Ils étaient maintenant devenus une masse amorphe d'ouvriers, sans un sens de la famille ou de la communauté, un collectif anonyme prêt à saisir les moyens de production et à les démocratiser, et à créer l'état communiste de Marx.

 

"La bourgeoisie, partout où elle a le dessus, a mis fin à toutes les relations féodales, patriarcales et idylliques", écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste communiste. "Elle a impitoyablement déchiré les liens féodaux hétéroclites qui liaient l'homme à ses 'supérieurs naturels', et il ne restait plus d'autre lien entre les hommes que l'intérêt personnel, que le "paiement en espèces". Il a noyé les extases les plus célestes de la ferveur religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, du sentimentalisme philistin, dans l'eau glacée du calcul égoïste.

 

C'est pourquoi Marx a parlé ouvertement dans le Manifeste Communiste de soutenir les capitalistes ou la "bourgeoisie" dans leur révolution contre les formes plus anciennes de la société - il a vu dans leur mouvement un grand pas vers l'établissement du communisme. Il a même ouvertement appuyé le libre-échange et l'abrogation des lois protectionnistes britanniques en 1848 parce qu'il espérait qu'elles accéléreraient la 'destruction' de la société par le capitalisme international et rapprocheraient le monde du communisme.

 

"En général, le système de protection de nos jours est conservateur, tandis que le système de libre-échange est destructeur", a déclaré Marx dans un discours à l'Association démocratique de Bruxelles en 1848. "Il rompt les vieilles nationalités et pousse l'antagonisme du prolétariat et la bourgeoisie à l'extrême. En un mot, le système de libre-échange accélère la révolution sociale. C'est dans ce seul sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange."

 

Marx se moquait de ceux qui s'opposeraient au but communiste de l'abolition du mariage en faveur d'une 'communauté de femmes' en prétendant cyniquement que la 'bourgeoisie' partageait déjà les femmes et que le communisme régulariserait simplement la situation.

 

"Le mariage bourgeois est, en réalité, un système de mise en commun des femmes et, tout au plus, ce qu'on reprocherait aux communistes, c'est qu'ils veulent introduire, en substitution d'une communauté hypocritement cachée, une communauté de femmes ouvertement légalisée", a écrit Marx dans le Manifeste communiste.

 

Marx a cherché à diviser la société en classes en guerre, encourageant l'envie et la division sociale

 

Marx reconnut que lui et d'autres communistes ne venaient pas de la classe prolétarienne, mais venaient de la "bourgeoisie". En fait, le plus grand supporter de Marx était le propriétaire de l'usine Frederick Engels, qui a passé des décennies à financer les activités politiques et intellectuelles de Marx. entreprises capitalistes, et a écrit de nombreuses œuvres popularisant le marxisme. Cependant, Marx considérait le prolétariat comme incapable de s'organiser et croyait que lui et ses compagnons de voyage, contrairement à d'autres membres de la classe bourgeoise, étaient une race spéciale avec la capacité de transcender leur statut social et de rejoindre les rangs du prolétariat, comme leurs dirigeants.

 

Pour accepter le leadership marxiste, la classe ouvrière devrait d'abord se voir comme une classe opprimée, victime de la bourgeoisie et ayant besoin de libération. Le but de Marx, d'Engels et de leurs disciples était d'inculquer aux prolétaires une "conscience de classe" en les encourageant constamment à s'identifier comme membres d'un groupe victime, et à voir tous les propriétaires d'entreprise comme leurs ennemis d'exploitation, qui étaient les voleurs de leur salaire en profitant de leur entreprise.

 

Marx a écrit un ouvrage entier en plusieurs volumes, Le Capital, pour prouver que les profits capitalistes n'étaient rien d'autre que de la "plus-value" prise par les propriétaires d'entreprises qui n'ont apporté aucune valeur aux produits produits par leurs travailleurs. Ceci est devenu la Bible de la nouvelle religion matérialiste et athée de Marx.

 

La peur et la haine inculquées aux partisans des partis politiques inspirés par le marxisme faciliteraient le système brutal de répression et de contrôle absolu de l'État qui accompagnerait toujours le triomphe de ces partis dans la politique nationale ou la lutte révolutionnaire. Les gouvernements marxistes utilisent à ce jour les notions d'antagonismes de classe et de théories des conspirations capitalistes internationales contre leurs régimes pour justifier leur politique tyrannique et rationaliser les échecs de leurs régimes.

 

L'héritage de l'approche de Marx en matière d'organisation politique est devenu l'héritage commun des partis politiques socialistes du monde entier. Aux États-Unis, les militants inspirés par le marxisme cherchent constamment à instiller la "conscience de classe" dans une variété de groupes "opprimés", qui sont encouragés à se considérer comme des victimes perpétuelles dépendantes des dirigeants politiques socialistes, seuls capables de protéger eux et parlent pour eux.

 

Comme dans le cas de Marx, d'Engels et de leurs compatriotes, les dirigeants autoproclamés de ces groupes de victimes ne sont généralement pas eux-mêmes membres de ces groupes, mais viennent des élites mêmes qui sont considérées comme les "oppresseurs". Elles sont généralement blanches, les hommes de la classe moyenne supérieure avec des enseignements universitaires d'élite, nés dans des familles de privilégiés.

 

Le nouveau "prolétariat" visé par les néo-marxistes sont les minorités raciales et ethniques, les femmes, les homosexuels, les personnes "transgenres" et d'autres groupes dans lesquels ils espèrent susciter le ressentiment et une forme oppositionnelle d'identité de groupe. Toutes les formes de hiérarchie, et en particulier la structure hiérarchique de la famille, sont décrites comme n'étant rien d'autre que des formes d'oppression de classe, qui doivent être éliminées en faveur des institutions de l'État socialiste.

 

Les résultats sont les mêmes que dans le marxisme classique : la cohésion sociale diminue, la confiance et la bonne volonté sont détruites, les institutions naturelles fondamentales diminuent en faveur du pouvoir totalitaire de l'État et la société se dirige vers une polarisation politique dangereuse.

L'idéologie de Marx a été reconnue comme totalitaire même en son temps

 

L'association de Karl Marx avec le totalitarisme des régimes communistes ultérieurs n'était pas un accident de l'histoire résultant d'un abus de son héritage intellectuel, comme on l'imagine populairement. Au contraire, il est né directement de la propre pensée de Marx, si bien qu'il était déjà reconnu comme un totalitaire en son temps.

 

Le critique principal de Marx était le socialiste et anarchiste Mikhail Bakounine, qui avait été un compagnon de route de Marx, mais qui l'a finalement désavoué et a commencé à avertir les autres socialistes des dangers totalitaires de son idéologie, plusieurs décennies avant la Révolution russe d'octobre 1917.

 

Bakounine identifia très tôt le marxisme comme une religion, notant le culte fanatique autour de Marx, qui renforça son efficacité malgré le petit nombre de ses disciples.

 

"Marx a naturellement réussi à créer une école communiste, ou une sorte de petite église communiste, composée d'adeptes fervents et répandue dans toute l'Allemagne", a écrit Bakounine dans le marxisme, la liberté et l'État. "Karl Marx jouit naturellement d'une autorité quasi suprême dans cette Église, et pour lui rendre justice, il faut avouer qu'il sait gouverner cette petite armée d'adhérents fanatiques de manière à toujours augmenter son prestige et son pouvoir sur l'imagination des travailleurs de l'Allemagne."

 

L'avertissement de Bakounine à propos de la tyrannie potentielle du "peuple" proposé par Marx, qui administrerait toute la vie économique et politique du pays, offre une prédiction presque parfaite du totalitarisme dégradant que produira le marxisme au XXe siècle :

 

Dans l'État populaire de Marx, il n'y aura, nous dit-on, aucune classe privilégiée. Tous seront égaux, non seulement du point de vue juridique et politique, mais du point de vue économique. Au moins, c'est ce qui est promis, bien que je doute beaucoup, compte tenu de la manière dont il est abordé et de la voie que l'on souhaite suivre, si cette promesse pourrait jamais être tenue. Il n'y aura donc plus de classe privilégiée, mais il y aura un gouvernement et, notons-le bien, un gouvernement extrêmement complexe, qui ne se contentera pas de gouverner et d'administrer politiquement les masses, comme le font aujourd'hui tous les gouvernements, mais les administrera également économiquement, en concentrant entre ses mains la production et la juste répartition des richesses, la culture des terres, l'établissement et le développement des usines, l'organisation et la direction du commerce, enfin l'application du capital à la production par le seul banquier, l'État. Tout cela exigera une connaissance immense et beaucoup de "têtes débordantes de cervelle" dans ce gouvernement. Ce sera le règne de l'intelligence scientifique, le plus aristocratique, despotique, arrogant et méprisant de tous les régimes. Il y aura une nouvelle classe, une nouvelle hiérarchie de scientifiques et de savants réels et supposés, et le monde sera divisé en une minorité gouvernante au nom de la connaissance et d'une immense majorité ignorante. Et puis, malheur à la masse des ignorants!

 

Un tel régime ne manquera pas de susciter un très grand mécontentement dans cette masse et, pour le maintenir en échec, le gouvernement éclairé et libérateur de Marx aura besoin d'une force armée non moins considérable. Car le gouvernement doit être fort, dit Engels, pour maintenir l'ordre parmi ces millions d'analphabètes dont le soulèvement brutal serait capable de détruire et de tout renverser, même un gouvernement dirigé par des têtes débordantes de cervelle...

 

Les avertissements de Bakounine sont largement restés lettre morte, et son mouvement a finalement été vaincu par les marxistes. Sa version anarchiste du socialisme, fortement représentée dans le mouvement "républicain" de l'Espagne pendant la guerre civile du pays dans les années 1930, a été mise en oeuvre par les marxistes beaucoup plus ordonnés et militaristes dirigés par les admirateurs du régime de Joseph Staline en Russie soviétique. Aujourd'hui, l'anarchisme bakouniniste vit principalement dans les marmonnements du critique politique utopique Noam Chomsky, qui défend souvent les régimes marxistes tout en cherchant à prendre ses distances par rapport à leur comportement destructeur.

 

L'idéologie marxiste a réduit en esclavage et tué des millions au XX e siècle

 

Les prédictions de Bakounine se sont avérées terriblement dans les régimes communistes ratés du XXe siècle, qui ont transformé des États-nations entiers en camps de prisonniers géants dans lesquels chaque aspect de la vie était sous le pouvoir absolu d'une tyrannie bureaucratique impitoyable. Dans certains pays, comme la Corée du Nord, le Vietnam, la Chine, le Venezuela et Cuba, des millions de personnes continuent à dépérir sous les formes d'oppression les plus cruelles imaginables, tout cela grâce à l'idéologie de Marx.

 

En Russie, l'Union soviétique communiste a commencé par annuler une élection populaire qui répudiait le régime communiste, exécutant la dynastie des Romanov qui avait gouverné le pays pendant des siècles, abolissant le système démocratique existant et imposant un État totalitaire et unitaire qui persécutait impitoyablement les chrétiens et autres dissidents.

 

En 1927, l'Union Soviétique a commencé à arrêter des millions de citoyens sur des accusations forgées de toutes pièces, les envoyant dans des camps de travaux forcés où ils ont été massacrés en grand nombre, comme décrit dans l'Archipel du goulag d'Aleksandre Soljénitsyne. Des millions d'autres ont été rassemblés et simplement exécutés purement et simplement. Dans les famines délibérément créées par le régime en Ukraine soviétique, jusqu'à dix millions de personnes sont mortes de faim. Les estimations du nombre total de victimes civiles par les persécutions du gouvernement soviétique sont difficiles à calculer, mais elles varient généralement entre 10 à 20 millions de personnes.

 

Le régime communiste chinois, qui a pris le pouvoir en 1949, a même réussi à dépasser les atrocités de l'Union soviétique. Après avoir tué des millions de personnes pour réaliser la collectivisation agricole, le dirigeant communiste Mao Zedong a commencé en 1958 ce qu'il a appelé le "Grand Bond en avant", un projet désespérément impossible de dépasser l'Occident capitaliste dans la productivité par l'industrialisation forcée.

 

Après avoir examiné les archives du gouvernement chinois sur la période, Frank Dikötter, professeur de sciences humaines à l'Université de Hong Kong et professeur d'histoire moderne de Chine à l'Université de Londres, a conclu que pas moins de 45 millions de Chinois ont été asservis, affamés, ou battus à mort pendant le grand bond en avant. En outre, un tiers de l'immobilier du pays a été démoli dans le processus. Jusqu'à 1,5 million de personnes supplémentaires sont mortes dans des purges ultérieures, comme la "Grande Révolution Culturelle Prolétarienne" de la fin des années 1960.

 

La cruauté meurtrière du régime communiste chinois ne s'est toutefois pas terminée avec la mort de Mao. Avec l'encouragement des États-Unis, le gouvernement communiste chinois a créé la fameuse "politique de l'enfant unique" dans les années 1970, ce qui entraîne des avortements forcés pour ceux qui dépassent les quotas de fécondité du gouvernement. Dans le cadre de la politique de l'enfant unique, plus de trois cent millions d'enfants à naître ont été assassinés par le gouvernement. Les filles sont ciblées de manière disproportionnée et il semblerait que 30 millions d'hommes chinois ne puissent plus trouver d'épouse. Le pays maintient aussi un grand nombre de camps de prisonniers dans lesquels il place des chrétiens et des membres d'autres groupes religieux qui refusent de se soumettre à son idéologie totalitaire.

 

Les autres pays qui ont suivi le sillage de la Russie ont produit des résultats tout aussi horribles. Le dictateur communiste cambodgien Pol Pot est connu pour avoir tué entre 13 et 30% des huit millions d'habitants du pays en l'espace de seulement quatre ans, de 1975 à 1979. Le régime de la Corée du Nord, inspiré par le marxisme et officiellement communiste jusqu'à récemment, maintient un culte absolu du gouvernement dans lequel la moindre expression de préoccupation peut confiner une personne et sa famille à l'internement dans des camps de détention brutaux. Le gouvernement coréen a réduit des millions de personnes à la famine au cours des dernières décennies. Le gouvernement du Venezuela, qui proclame ouvertement sa fondation marxiste, a détruit la démocratie et l'économie du pays, entraînant une augmentation de la faim, de la famine et des migrations massives vers d'autres pays sud-américains.

 

L'âme sombre de Marx exprimée dans la poésie satanique et dans la négligence de sa famille

 

Quel genre d'âme produirait une philosophie matérialiste aussi impitoyable qui provoquerait la misère, l'oppression et le meurtre de masse à une échelle jamais vue dans l'histoire humaine? La réponse, tout simplement, est une âme très sombre, une âme qui semblait littéralement être livrée au diable.

 

Bien que Marx ait commencé sa vie comme un chrétien luthérien apparemment sincère, rempli d'ambition pour améliorer l'état de l'humanité, il subit une transformation radicale lorsqu'il étudia à l'Université de Berlin, où il fut influencé par les philosophes idéalistes allemands GFW Hegel et Ludwig Feuerbach. Leurs idées l'ont conduit à abandonner sa croyance en la vérité éternelle en faveur d'un panthéisme évolutionniste qui déifie l'humanité.

 

Alors que Hegel voyait l'histoire humaine comme le développement progressif de la parfaite conscience de soi et de la réalisation de soi de Dieu, Feuerbach avait poussé les idées de Hegel un peu plus loin, affirmant que le christianisme n'était rien d'autre que l'homme cette perfection, re-concevant Dieu comme rien de plus qu'un idéal humain. De telles notions ont été facilement adoptées par les "jeunes hégéliens" radicaux et matérialistes de l'université de Berlin, dans les rangs desquels Marx s'enrôla avec enthousiasme.

 

Marx a écrit à son père en 1837 pour décrire sa conversion de l'idéalisme plus spirituel de Kant et Hegel à un culte athée et matérialiste du "réel": "Un rideau était tombé, mon saint des saints était déchiré, et de nouveaux dieux avaient être mis à leur place. . . . Je suis arrivé au point de chercher l'idée dans l'actualité même. Si les dieux avaient auparavant habité la terre, ils étaient maintenant transformés en son centre."

 

C'est à cette période que Marx commença à se livrer à la célébration hédoniste des réjouissances et de l'ivrognerie, écrivant des poèmes sombres et maniaques qui invoquaient les thèmes démoniaques et mélangés de l'amour romantique et du meurtre cruel.

 

Dans un poème intitulé "Invocation de l'un dans le désespoir", Marx brandit le poing au divin, promettant la "vengeance" et la défaite de Dieu lui-même, alors qu'il règne sur son trône, infligeant la "plus noire agonie" au monde.

 

Donc, un dieu m'a tout arraché

Dans la malédiction et la crémaillère du Destin.

Tous ses mondes sont allés au-delà du rappel!

Ne me reste que la vengeance !

 

Sur moi-même, je vais fièrement me venger,

Sur cet être, qui a intronisé le Seigneur,

Fais de ma force un patchwork de ce qui est faible,

Laisse mon meilleur moi sans récompense!

 

Je construirai mon trône au-dessus de ma tête,

Froide, formidable sera son sommet.

Pour son rempart: la peur superstitieuse,

Pour son Marshall - l'agonie la plus noire.

 

...

 

Et l'éclair du Tout-Puissant doit rebondir

De ce géant de fer massif.

S'il apporte mes murs et mes tours,

L'éternité les élèvera, provocante.

 

Dans "le violoneux" (The Fiddler), Marx invoque joyeusement l'inspiration du Diable lui-même:

 

"Pourquoi est-ce que je bricole ou les vagues sauvages rugissent?

Qu'ils pourraient battre le rivage rocheux,

Cet oeil soit aveuglé, ce sein gonflé,

Le cri de cette âme mène à l'enfer. "

 

...

 

"Alors, je plonge, plonge sans faillir

Mon sabre sang-noir dans ton âme.

Cet art que Dieu ne veut ni ne veut,

Il saute au cerveau des brumes noires de l'Enfer.

 

"Jusqu'à ce que le coeur soit ensorcelé, jusqu'à ce que les sens reviennent:

Avec Satan, j'ai conclu mon marché.

Il craie les signes, bat le temps pour moi,

Je joue la marche de la mort rapidement et gratuitement.

 

La représentation macabre de Marx d'une romance empoisonnée qui se termine par la mort est d'autant plus terrifiante à la lumière des terribles souffrances qu'il infligerait à sa femme, Jenny von Westphalen. Dans le poème "Amour nocturne", il écrit:

 

Frénétique, il la tient près,

Regard sombre dans ses yeux.

"La douleur te brûle ma chère,

Et à mon souffle tu soupires.

 

"Oh, tu as bu mon âme.

La mienne est ta lueur, en vérité.

Mon bijou fait briller ta suffisance.

Brille, sang de la jeunesse. "

 

"Tu as bu du poison, Amour.

Avec moi, tu dois partir.

Le ciel est sombre au-dessus,

Je ne verrai plus le jour.

 

En frissonnant, il l'attire près de lui.

La mort dans la poitrine plane.

La douleur la poignarde, la transperce profondément,

Et les yeux sont fermés pour toujours.

 

Les ténèbres de l'âme de Marx s'étendirent à sa malheureuse famille en exil en Angleterre après la fuite de Marx d'Allemagne en 1849. Les mauvais traitements infligés par Marx à sa famille étaient présagés dans sa jeunesse par son style de vie universitaire hédoniste et la négligence de sa petite-amie d'alors. Jenny von Westphalen, qui était si flagrante que le père de Marx Heinrich le réprimanda à ce sujet dans une lettre qui suggérait que son fils était possédé par le diable, et prédit la future misère de sa famille:

 

Parfois je ne puis me débarrasser d'idées qui m'éveillent en moi des appréhensions douloureuses et de la peur quand je suis frappé comme par la foudre par la pensée: votre cœur est-il en accord avec votre tête, vos talents? A-t-il de la place pour les sentiments terrestres mais plus doux qui, dans cette vallée de la douleur, sont si fondamentalement consolants pour un homme de sentiment? Et puisque ce cœur est manifestement animé et gouverné par un démon non accordé à tous les hommes, ce démon est-il céleste ou faustien? Serez-vous jamais - et ce n'est pas le moindre doute douloureux de mon cœur - serez-vous jamais capable d'un bonheur véritablement humain et domestique? Volonté . . . Êtes-vous jamais capable de donner le bonheur à ceux qui sont autour de vous?

 

Les craintes de Heinrich étaient fondées. Bien que Marx fût extrêmement talentueux et reçût ​​une éducation prestigieuse à l'Université de Berlin, il dépensa peu d'efforts dans des entreprises rémunératrices, préférant consacrer son temps à son obsession frénétique de l'idéologie communiste et attaquer ses innombrables concurrents intellectuels dans le mouvement socialiste mondial. Le peu de revenus reçus par Marx provenait de son maigre travail journalistique et des dons et prêts de ses admirateurs capitalistes, en particulier Engels.

 

Marx était souvent déprimé et rempli d'apitoiement sur lui, se plaignant de sa situation financière personnelle dans sa correspondance avec des amis. Il était un alcoolique chronique dont les accès violents d'ivresse le menaient à des bagarres verbales et physiques avec ceux qui osaient être en désaccord avec ses doctrines très nuancées. Un rapport de police prussien sur la famille de Marx indiquait qu'il se baignait et se toilettait rarement, vivant une vie de Bohème dans son appartement délabré et clairsemé.

 

Dans l'atmosphère malsaine des bidonvilles de Marx, quatre de ses sept enfants moururent en bas âge. De ses trois filles qui ont survécu jusqu'à l'âge adulte, qui étaient totalement dévouées à Marx et complètement endoctrinées dans son idéologie athée et matérialiste, deux se sont suicidées et une est morte d'un cancer dans la trentaine.

 

Malgré tout, la femme de Marx, Jenny, l'a soutenu et l'a aidé dans son travail sans relâche. Cependant, cela n'a pas suffi à dissuader Marx de ce qui semble avoir été une relation sexuelle avec la femme de ménage de la famille, qui a finalement donné naissance à un enfant qui s'est révélé plus tard être le sien. Engels semble avoir pris la faute sur lui pour la grossesse, et a obtenu un foyer d'accueil pour l'enfant.

 

Finalement, Jenny Marx a contracté la variole et a subi une terrible défiguration faciale en conséquence. Elle est devenue déprimée et fâchée, fatiguée de l'existence appauvrie de sa famille et de la croisade idéologique obsessionnelle de Marx.

 

Karl Marx a vécu assez longtemps pour voir la mort de sa femme et de l'une de ses filles, Jenny Longuet, toutes deux atteintes de cancer, en 1881, qui l'ont dévasté psychologiquement. Il est mort deux ans plus tard et ses funérailles ont été suivies par un petit nombre de personnes.

 

En trois décennies, les deux filles restantes de Marx s'étaient suicidées après avoir passé leur vie dans l'activisme communiste.

 

Eleanor Marx s'est suicidée lorsqu'elle a découvert, à l'âge de 43 ans, que son petit ami marxiste, avec qui elle vivait mais qui ne s'était jamais marié, avait secrètement épousé une jeune actrice un an plus tôt. Laura Marx et son mari marxiste Paul Lafargue se sont suicidés en 1911 après que le couple eut décidé qu'ils étaient trop vieux et faibles pour offrir leur service au mouvement communiste. Paul a laissé une note expliquant ses motivations, qui se terminait par: "Je meurs avec la suprême joie de savoir qu'à un moment donné, la cause à laquelle j'ai été consacrée pendant quarante-cinq ans triomphera. Vive le communisme!"

 

Vladimir Lénine, le futur dictateur impitoyable de l'Union Soviétique, connaissait personnellement Laura et Paul Lafargue. Selon l'épouse de Lénine, Nadezhda Kroupskaïa, en apprenant leur suicide, Lénine lui dit : "Si vous ne pouvez plus travailler pour le Parti, vous devez être capable de faire face à la vérité et de mourir comme les Lafargues."

 

Kroupskaïa a ajouté:

 

Et il (Lénine) voulait dire par-dessus leurs tombes que leur travail n'avait pas été vain, que la cause qu'ils avaient lancée, la cause de Marx, avec qui Paul et Laura Lafargue avaient été si étroitement associés, grandissait et s'étendait à l'Asie lointaine. À cette époque, la vague du mouvement révolutionnaire de masse augmentait en Chine.

 

La "cause de Marx" - la religion matérialiste, collectiviste et centrée sur l'homme à laquelle la famille Marx avait consacré sa vie - s'étendrait en effet en Asie et en couvrirait une grande partie dans le sang et les larmes de dizaines de millions de victimes.

 

Karl Marx a écrit un jour : "Tous les grands faits et personnages historiques du monde apparaissent, pour ainsi dire, deux fois. . . la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce." Que le deuxième centenaire de la naissance de Karl Marx soit l'occasion d'une réflexion vraie et fidèle sur la vie, le travail et l'héritage de l'homme, qu'on peut dire à juste titre l'intellectuel le plus destructeur de tous les temps. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons éviter la répétition burlesque du chapitre tragique de l'histoire de l'homme connu sous le nom de "communisme".

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 15:19

À l’occasion du bicentenaire du retour de la statue équestre d’Henri IV au Pont-Neuf, en présence du maire du 1er arrondissement M. Legaret et de l’Amicale du 5e régiment d’infanterie, le duc d’Anjou Louis de Bourbon, prétendant légitimiste au trône de France, a donné une interview exclusive à Boulevard Voltaire. Source

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 20:51
Comment notre monde a cessé d'être chrétien ?

Seuls 3% des fidèles catholiques vont à la messe le dimanche. Les séminaires sont pratiquement vides. Le nombre de jeunes refusant d’aller au catéchisme et d’être confirmés est en augmentation. Les statistiques sont là, implacables. On nous dit que cette situation n’est pas imputable à nos évêques : ils ont fait ce qu’ils ont pu mais leurs directives n’ont pas été suivies. Vraiment ? Que celui ou celle qui se souvient d’avoir entendu un évêque rappeler les normes liturgiques et avoir ouvertement soutenu ses prêtres qui respectaient le missel romain lève le doigt. Personne ? En fait, les évêques ont été - et sont encore, à deux ou trois exceptions près - les grands responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui vient de ce que les directives qu’ils ont données allaient toutes dans des directions opposées à celle indiquée par l’Eglise, comme le montre le sociologue Guillaume Cuchet dans « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (éd. du seuil, 2018) et comme l’a laissé entendre Mgr Gaidon dans « Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise » (éd de l’Emmanuel) ou encore l’académicien André Frossard dans « Le parti de Dieu ; lettre ouverte aux évêques » (éd. Fayard). Voici pêle-mêle ce qui fut fait au cours des années 1970-90 (les plus anciens s’en souviennent) avec la bénédiction de nos pasteurs diocésains et qui a aura conduit, sans faire de bruit, à la situation calamiteuse qui se prolonge actuellement :


 

1. Liturgie :

- retournement des autels et généralisation des « messes face au peuple » ;

- suppression des messes en latin (nous parlons ici uniquement de la « forme ordinaire ») et limitation drastique du chant grégorien ;

- suppression de la confession individuelle au profit d’absolutions collectives célébrées les veilles de grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint) ;

- suppression des agenouilloirs afin que les fidèles ne puissent plus exprimer un sentiment d’adoration ;

- obligation de rester debout pour recevoir la communion et de prendre l’hostie dans les mains ;

- encouragements à chanter « par Lui, avec Lui et en Lui... » avec le célébrant à la fin de la prière eucharistique ;

- suppression du « Je confesse à Dieu » et du rite du lavement des mains à l’offertoire ;

- obligation de truffer la messe de mots d’accueil, de bienvenue et de souhaits de « bon dimanche » ;

- liberté laissée aux célébrants de modifier ou d’ « adapter » tel rite, telle oraison ;

- liberté laissée aux prêtres de ne pas revêtir la chasuble pour célébrer la messe ;

- appel lancé aux fillettes pour servir la messe ;

- systématisation de la distribution de la communion par des laïcs ;

- messes épiscopales célébrées dans des cirques, des aut-tamponneuses, des salles de sport, des salles de spectacles...

- liturgies « revisitées » par des « équipes d’animation pastorale » regroupant des laïcs qui n’ont jamais lu ni les textes conciliaires ni la Présentation Générale du Missel romain.


 

2. Catéchèse.

- publication de parcours catéchétiques (le plus bel exemple étant « Pierres vivantes ») passant sous silence les connaissances de base de la doctrine catholique ;

- catéchèses paroissiales assurées par des laïcs peu formés et parfois même non-pratiquants ;


 

3. Séminaires ; formation des candidats au sacerdoce.

- aucune formation liturgique solide ;

- discrédit jeté sur les candidats au sacerdoce qui veulent mettre en application des enseignements du Concile.


 

4. Clergé.

- obligation faite aux prêtres d’abandonner l’habit ecclésiastique, le costume-cravate de « cadre légèrement supérieur » devenant le signe distinctif des évêques.

- obligation de passer sous silence des documents magistériels tels que le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres », l’ Exhortation « Sacramentum Caritatis », l’Instruction « Redemptionis Sacramentum »...


 

Nous récoltons aujourd’hui ce qui fut semé hier par nos évêques...

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi 20 juin 2018

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 13:08
La sortie du Moyen âge, qu'on appelle aussi la Renaissance, voit l'émergence du protestantisme qui va scinder chrétienté en deux camps. Le seizième siècle sera celui des guerres de religions qui vont mettre l'Europe à feu et à sang. A l'origine du protestantisme, un moine allemand nommé Martin Luther. Qui était-il ? Que fit-il ? Que dit-il ? Le tournant de sa vie sera celui de la chrétienté : 1517. Retour sur un homme et sa doctrine.
 
 
*** 
 
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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 13:32
Augustin COCHIN, La Machine révolutionnaire, Oeuvres, Préface de Patrice Gueniffey

Lés éditions Tallandier ont publié en avril "Augustin Cochin La Machine révolutionnaire, Oeuvres", avec une préface de Patrice Gueniffey. Les textes sont réunis, présentés et annotés par Denis Sureau.

 

« Si un historien fut longtemps ignoré, et pour de mauvaises raisons, c’est bien Augustin Cochin. On peut même dire que l’homme et l’oeuvre seraient tombés dans un oubli complet si François Furet ne les avait tirés du sépulcre où l’historiographie révolutionnaire de la Révolution les avait ensevelis. À l’heure où l’on se gargarise de mots, à l’heure où le despotisme de “l’opinion”, ou de ce qui en tient lieu, se fait plus sentir que jamais, à l’heure où la démocratie partout célébrée est davantage un mantra qu’une réalité, en ces temps de disette et de médiocrité de la pensée, le retour aux grandes oeuvres, originales et puissantes, est toujours comme un bain de Jouvence. » Patrice Gueniffey

 

Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d'honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l'un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l'esprit démocratique moderne.

 

Extrait (p. 566) :

 

"Nous en voulons à la maçonnerie, vous le verrez tout de suite [...] : dans un pays où les anciens corps indépendants, provinces, ordres ou corporations, tombent en poussière, un parti organisé d'une certaine manière s'empare fatalement de l'opinion, la dirige artificiellement, par le seul fait de son jeu mécanique, sans rien devoir ni à des causes naturelles, économiques ou autres, ni à l'action légitime de ses idées, ni même au nombre de ses affiliés ou au talent de ses chefs. Le règne de l'intérêt général, celui de la majorité numérique, sont des chimères; le peuple passe des mains de la minorité qui a le droit de commander, aux mains de la minorité qui a l'art de tromper. Il faudrait montrer qu'une telle organisation existait en 89, d'autant plus dangereuse que la Société d'alors ne songeait qu'à se garder du côté de l'autorité légitime, depuis longtemps inoffensive; qu'il n'y a pas eu, de 89 à 95, un seul mouvement populaire, la Vendée exceptée, qui n'ait été décidé, organisé, déterminé dans tous ses détails, par les chefs d'un 'Caucus' secret; que les principes qui servent de façade à la République depuis Rousseau jusqu'à Paul Bert n'ont jamais été pris au sérieux et appliqués de bonne foi que par d'honnêtes conservateurs qui voyaient cette façade de la rue; et surtout - et c'est là le grand point - qu'il n'y a pas un miracle, un accident dans l'histoire de la Démocratie, mais une loi générale et l'effet nécessaire d'un certain état politique."

***

"Le peuple passe des mains de la minorité qui a le droit de commander, aux mains de la minorité qui a l'art de tromper". Pour illustrer cette phrase d'Augustin Cochin, voici un extrait de Patrice Gueniffey dans La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire (Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-210) :

 

« dans le régime démocratique, [...] (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions.

[...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, La Révolution française et les élections, éd. de l'EHESS, Paris 1993, p. 208-213). En effet, la participation démocratique [...], constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective'. La toute-puissance de la 'machine', ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne. Tout comme, à l'intérieur de la société de pensée ou du mouvement jacobin, le pouvoir réel se trouve entre les mains du 'cercle intérieur', dans la société globale le peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie.  

 "Pas de liberté sans organisation", admet Augustin Cochin, qui reconnaît ainsi la nécessité fonctionnelle des médiations pour engendrer de l'unité à partir de la multiplicité des volontés; mais, ajoute-t-il aussitôt, "pas de liberté avec l'organisation", puisque c'est en réalité l'appareil, la machine, qui fabrique seule l'opinion de ce peuple abstrait (A. Cochin, La Révolution et la libre pensée: la socialisation de la pensée (1750-1789), Plont-Nourrit, Paris 1924, p. 174).

Le fonctionnement oligarchique de la démocratie apparaît ainsi comme la conséquence nécessaire de l'illusion initiale de la démocratie : la construction du social à partir d'une entité sans existence concrète, l'Individu. C'est bien pourquoi le jacobinisme est emblématique aux yeux de Cochin. S'il incarne par son principe le fondement de la démocratie, il en dévoile aussi, à l'apogée de son influence, le mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple. La tyrannie de l'an II, ou la démocratie sans masque.

[...] Plus les citoyens sont investis d'un pouvoir théorique important, moins ils exercent d'influence réelle: ce qu'avait bien compris Cochin.

[...] Dans la réalité, [...] [l]es électeurs sélectionnent ceux qui décideront en leur nom sans réellement les choisir - puisque la sélection des candidats leur échappe - et sans exercer une véritable influence sur les décisions qui seront prises ultérieurement. »

 

***

Ci-dessous voici la dernière video de Sacr Tv  sur le "processus révolutionnaire", consistant à créer un "homme nouveau"  ou "le processus génocidaire de la Révolution de 1793 à aujourd'hui" :

Extrait:

 

"Nous sommes le seul pays au monde à avoir voté des lois d'extermination et d'anéantissement. On ne les a ni retirées, ni abrogées. [...] Et nous avons toujours ces lois d'extermination et d'anéantissement dans notre arsenal juridique.

 

[...] En conscience partagée, ceux qui se sentent les héritiers de la Révolution française vont créer un système de pensée qui va faire que le bourreau va devenir la victime et la victime le bourreau. Et donc on a créé toute une mécanique qui a été établie de toute pièce les 17 et 18 octobre 1793, avec une inversion qui va être amplifiée par les hommes politiques, par les historiens officiels, ou pas, et qui donne le discours officiel à l'heure actuelle." (Reynald Secher, sur Radio courtoisie, le 4 juillet 2017)

 

***

Comment lutter efficacement contre les idées révolutionnaires ?

Principe du moteur de la Révolution

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 14:15

Virginie Vota réagit aux propos d'Emmanuel Macron sur l'"esprit français de résistance", mercredi 28 mars, lors de l'éloge funèbre du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame tué par un soldat de Daech. (Sources 1, 2, 3)

On nous parle d'"esprit français de résistance". Donc, si je comprends bien, il y a une résistance. Si il y a une résistance, c'est qu'il y a une attaque et un ennemi. Et quand on parle de résistance, on pense immédiatement à l'Occupation, à la Seconde Guerre mondiale, aux nazis. Or, il y a eu des mesures qui ont été prises pour lutter contre l'Occupation, et il y a eu des résistants et des réseaux souterrains.

Mais où est l'esprit de résistance, ici ? Où est l'Occupation ? Et que fait l'État, que font les hommes politiques, que fait le gouvernement ? Que fait donc la république pour lutter contre l'ennemi ? Est-ce que l'"esprit de résistance" signifie que les citoyens, le peuple, doivent se sacrifier, s'immoler aux mains de l'ennemi ou se laisser égorger comme des agneaux, pendant que la République ne fait rien ? Pendant que la république fait rentrer des milliers, des centaines de milliers d'immigrés chaque année, qu'elle les naturalise et leur donne les mêmes droits que les Français ?

Tous les djihadistes qui ont sont passés à l'attaque, qui ont perpétré des attentats ces dernières années - c'est un article du Figaro qui met cela en relief - étaient fichés S, considérés comme radicalisés, délinquants multi-récidivistes, donc connus de la justice, des services de police, ils étaient probablement surveillés. Et ils étaient tous suivis en milieu ouvert, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas incarcérés.
Et la république, qu'est-ce qu'elle fait ? Pourquoi elle ne ferme pas les frontières ? Pourquoi elle ne met pas hors d'état de nuire ces futurs terroristes, qui passeront à l'acte, qui disent se préparer à l'acte ? Elle ne fait rien pour cela, mais elle prétend prendre des mesures.
[...] Enfin, Emmanuel Macron nous dit que "la liberté et la fraternité françaises ne survivraient qu’au prix de leurs vies" (citant Jean Moulin, Pierre Brossolette, mais aussi les "martyrs" du Vercors et les "combattants" du maquis), (aujourd'hui) la vie d'innocents, tandis que la république ne prend absolument aucune mesure sur le sol français pour protéger son peuple. Par contre, elle est dans ce culte des morts, dans ce souvenir des morts. D'ailleurs, Emmanuel Macron en parle un peu plus loin dans son discours, disant que "le souvenir" de l'acte héroïque du colonel Beltrame, etc., est un exemple, et qu'on va honorer toujours sa mémoire parce qu'il est mort. Et c'est exactement ce que dénonce (l'historien) Jean de Viguerie cette mentalité révolutionnaire de la partie nécrophile, c'est-à-dire qu'elle se nourrit de piles de morts qu'elle entasse, de piles de cadavres qui forment le socle de cette république, qui montre son vrai visage.
On sacre les morts, mais on ne fait rien pour prévenir ces morts. [...] Aujourd'hui, en réaction aux attentats, il y a des marches avec des bougies, des fleurs et des nounours, des manifestations pacifistes, etc. La république a transformé et formaté son peuple de citoyens pour le préparer à s'immoler, et à être fier à se penser héros en pensant accomplir ce sacrifice !
La Patrie, elle vous aime, elle vous donne quelque chose. La Patrie, c'est une Terre qui vous fait vivre, elle ne vous demande pas de mourir. La Patrie réelle, le Pays réel ne vous demande pas de mourir, mais de vivre. Et là, on est dans un patriotisme, une république qui recherche une idéologie de mort. Et la république déchristianisée, c'est justement tout ce qui ne tourne pas vers le Ciel. Tout ce qui ne porte pas au salut de l'âme ne peut tendre que vers la mort. Tout ce qui relève du mal est dans cette morbidité sans cesse affichée en république.

[...] Dans quelques mois, il y aura d'autres attentats, il y aura d'autres morts, d'autres sacrifices, et la république ne pourra que donner des médailles comme elle l'a fait aux victimes des attentats. [...] Sauf que cela ne change rien, et qu'aucune mesure ne sera prise. Ces morts sont des holocaustes.

Virginie Vota

Virginie Vota propose une liste (non exhaustive) d'ouvrages sur la patrie révolutionnaire (culte de la mort, massacres, régénération, etc.) qui servent de sources argumentées à ses propos en description de la vidéo et pour plus de références sur le sujet, elle recommande les livres listés sur cette page : https://livresalire.wordpress.com/category/histoire/f-revolution/

"Esprit de résistance" ? Que fait la république contre "l'occupation" terroriste ?
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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 10:40
Rabaut Saint-Etienne, conventionnel franc-maçon déclare la guerre à l'Angleterre et aux Provinces espagnoles des Pays-Bas (1er février 1793)

Rabaut Saint-Etienne, conventionnel franc-maçon déclare la guerre à l'Angleterre et aux Provinces espagnoles des Pays-Bas (1er février 1793)

Présentation de la video sur SacrTv :

 

Nous allons commencer par ce refus de la part des Chouans et Vendéens d’aller se battre pour la république en rejetant la conscription. La levée en masse de 1793 n’est que l’ancêtre de ce qu’on appellera plus tard les fameuses « mobilisations générales » devenues malheureusement célèbres avec les deux conflits mondiaux du XXè siècle. Pourtant, seuls les Royalistes de 1793 la refuseront, alors que ceux de 1914 et 1939 s’y soumettront. Au final, le constat est là. En refusant de se battre pour la république, et ceux qui l’incarnent, les chouans et les vendéens, qui n’étaient pourtant que de simples paysans pour la plupart, ont mené l’une des plus farouche et héroïque résistance contre le régime républicain. Mais stratégiquement parlant était-ce une bonne chose d’agir ainsi, sachant que la France était attaquée de toute part par les forces ennemis de l’extérieurs ? L’historien Claude Mazauric spécialisé dans la révolution de 1789 et encarté PCF, avait formulé cette réponse lors d’une interview faite par le magazine « Historia » de décembre 1998 sur le génocide vendéen :

Il parlait de « … la trahison en pleine guerre des prêtres, nobles et chefs de village qui créèrent en 1793 une « Armée catholique et royale » au service de la coalition antifrançaise qui envahissait le pays. »

Claude Mazauric – Historia N°624 décembre 1998 - p47

 

Beaucoup comme lui doivent avoir cet avis. Mais alors ? Y-a-t’il eu trahison de la part de cette « Armée catholique et royale » envers la France ?

 

Mais pour Charles Maurras, la priorité était avant tout de chasser l’ennemi de l’extérieur. Priorité somme toute logique et légitime dans un conflit entre deux ou plusieurs nations. Mais lui qui disait si justement que la république était le règne de l’étranger, il aurait dû admettre qu’au côté de cet ennemi de l’extérieur qu’était la Prusse, il y avait aussi et surtout un ennemi de l’intérieur qui était le parti républicain. Et qu’avant de chercher à combattre le premier, il fallait d’abord se débarrasser du second. C’est ce qu’avaient compris les contre-révolutionnaires de 1793, mais Charles Maurras, aveuglé par sa germanophobie, n’hésita pas à faire alliance avec cette incarnation du règne de l’étranger qu’est la république, au détriment de la vraie Patrie décrite par le général Charette. Il alla même jusqu’à écrire dans l’article cité précédemment :

« …nous saluons les Carnot, les Cambon et tous ces membres de la Convention qui réussirent le sauvetage de la Patrie. Nous n'avons jamais ménagé nos hommages au souvenir de cette dictature du salut public. »

Charles Maurras – L’Action française du 11 septembre 1914

 

Tous les combattants contre-révolutionnaires de 1793 apprécieront de là-Haut, d’autant plus de la part d’un penseur contre-révolutionnaire…

 

Notre combat, pour affronter efficacement les vicissitudes de demain doit se faire, pour Dieu, la France et le Roi ! Voilà une formule qui a fait ses preuves ! Il ne tient qu’à nous de ne pas réitérer les erreurs passées afin d’être plus efficace dans notre combat.

 

NOS RAISONS CONTRE LA REPUBLIQUE : https://fr.calameo.com/read/000869313...

Source: SACR Tv

Extrait de la video "Les enseignements des guerres de Vendée" (Sacr Tv) :

 

« La Convention déclare la guerre à l'Europe afin de propager les idées révolutionnaires et libérer -soit-disant - les peuples du joug des rois et des aristocrates. Le 1er février 1793, la Convention déclare la guerre à l'Angleterre et aux Provinces Unies. Pour faire face à cette coalition, la Convention déclare la "levée en masse" de 300 000 hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 25 ans, le 23 février 1793. C'était la première fois dans l'histoire de France qu'une mobilisation générale était décrétée, car aux yeux des révolutionnaires, tous les citoyens se devaient d'être égaux devant la guerre, surtout si cette guerre se fait en faveur de la république et de ses idéaux. Principe totalitaire issu du rousseauisme, Jean-Jacques Rousseau, écrivain, philosophe et figure emblématique des "Lumières", écrivait : "Tout citoyen doit être soldat par devoir, nul ne doit l'être par métier. »

 

[Note du blog Christ-RoiMallet du Pan écrivait en 1793 : « La France est une vaste caserne: tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues. Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous...» [Jacques MALLET DU PAN, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.]

 

Alors que cette révolution avait été bien accueillie au départ dans les provinces françaises, les persécutions religieuses, les vexations, l'assassinat du roi, et maintenant la levée en masse, imposant d'aller se battre obligatoirement au service de la république, ont été autant d'étincelles pour mettre le feu aux poudres.

Les révolutionnaires avaient pour slogan « La liberté ou la mort ».

Les révolutionnaires avaient pour slogan « La liberté ou la mort ».

« Certains révolutionnaires (en 1789) ont même dit : "La liberté ET la mort"... Il faut être libre, mais il faut aussi faire mourir les "ennemis de la Révolution". Et la grande inquiétude de la Révolution c'est d'être menacée, c'est d'être interrompue, c'est de ne pas pouvoir aboutir et de ne pas pouvoir durer. La Révolution vit dans la crainte perpétuelle de ses ennemis. Si on lit les débats des assemblées successives (l'assemblée Constituante, l'assemblée Législative, la Convention) on voit que cette crainte est permanente. La "Patrie", d'ailleurs est représentée toujours, une pique à la main, elle est en alerte permanente contre les "ennemis de la Révolution". Pourquoi cette crainte des ennemis ? Justement parce que nous sommes dans une utopie qui peut s'évanouir d'un moment à l'autre. Or, les révolutionnaires craignent la dissolution définitive de leur mouvement révolutionnaire. Ils sont en alerte contre les "ennemis de la Révolution", une alerte permanente. Ennemis intérieurs et ennemis extérieurs. Mais surtout ennemis intérieurs, parce que l'ennemi intérieur on ne le voit pas, on ne le connait pas bien. Alors que l'ennemi extérieur est aux frontières pour aller le combattre, le repousser. L'ennemi intérieur est caché, on ne le voit pas, ou on le voit mal. Et c'est donc lui qu'il faut atteindre, et c'est la raison, principalement, des massacres de septembre (1792) ».

Jean de Viguerie, dans l'émission "Un jour dans l'Histoire" en mai 2012 sur Canal Académie de Christophe Dickès

Ce sera surtout les campagnes de l'Ouest qui s'illustreront formidablement dans la résistance face à ce régime totalitaire incarné par la Convention. C'est le 3 mars 1793 avec les premières émeutes à Cholet que débuteront ce que l'histoire nommera "les guerres de Vendée", associées à la chouannerie.

 

[...] Mais alors, y a-t-il eut "trahison" de la part de cette Armée catholique et royale envers la France. Pour y répondre, analysons sur quoi repose cette affirmation. Pour ceux qui ne font aucune différence entre la France et la "république", alors oui il y eut trahison, car dans cette logique, trahir l'un c'est forcément trahir l'autre. Mais pour ceux qui savent distinguer les deux, alors seule la "république" fut trahie et ce en faveur de la France. Pourquoi en faveur de la France ? Parce qu'avant la Révolution, les pays européens coalisés contre elle n'étaient pas en guerre contre elle. C'est la Convention qui leur a déclaré la guerre en utilisant la France comme support de ses idéaux. De ce fait, cette guerre n'était que l'émanation de la logique universaliste de l'idéologie républicaine incarnée par l'irresponsabilité et le bellicisme des membres de la Convention. Un retour à la monarchie aurait stoppé rapidement ce conflit absurde. Donc, trahir la république, c'était sauver la France. »

Conventionnels de 1792

Conventionnels de 1792

[Cette guerre à l'extérieur (contre les européens) et à l'intérieur (contre les Français) s'est soldée chez nous par deux millions de morts.

 

«400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800;

 

un million pour les guerres napoléoniennes;

 

600 000 pour les guerres intestines;

 

et l'échafaud pour mémoire.

 

Voilà nos deux millions de morts. » [René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28]. ]

Ainsi, pour savoir si oui ou non les Vendéens furent des traîtres à la France, il suffit de savoir si la distinction entre France et république était pour eux pleinement acquise. La réponse, c'est le général Charette, chef de l'Armée catholique et royale, qui la formulera. Lors de ses discours à ses officiers, il disait : "Notre Patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c'est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous? Ils veulent détruire les coutumes, l'ordre, la tradition. Alors qu'est-ce que cette patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette patrie de billebaude et d'irréligion ? Beau discours, n'est-ce pas ? Pour eux la patrie semble n'être qu'une idée; pour nous, elle est une terre."

 

La distinction entre ces deux patries est totale. Le général Charette distingue bien la Patrie charnelle, historique, culturelle et religieuse de celle, idéologique et abstraite issue du philosophisme des "Lumières". En d'autres termes, la distinction entre la France et la république.

 

Il n'y a donc pas eu trahison, mais bel et bien résistance contre un ennemi de l'intérieur. » (Fin de citation)

* Note du blog Christ-Roi. Sur le concept d'ennemis de l'extérieur et de l'intérieur, voir cette analyse que nous avions faite en 2013 où nous écrivions : "à propos de la "trahison du peuple français par la guerre à l'extérieur  (guerre à l'Europe de 1792 à 1815) et la guerre à l'intérieur  (guerre civile, génocide vendéen, chômage, sous-emploi, misère ouvrière au XIXe siècle)" qui "continue aujourd'hui encore".

 

À quoi on peut ajouter une "crise morale", comme l'a relevé deux fois, le Prince Louis de Bourbon, Aîné des Capétiens. La première fois, en la fête de la Saint-Louis 2016, il a désigné le « double » mal qui « atteint la France » une « guerre de civilisation » et une « grave crise morale et d'identité », à la source de laquelle il situe « la laïcité républicaine » qui est « un leurre », qui « nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères. »

 

Une seconde fois, dans ses voeux 2018, où le duc d'Anjou, Louis de Bourbon, plus précis, a expliqué que « attaquée à l'extérieur et sur notre sol par un ennemi aussi insidieux que brutal et qui souvent trouve du renfort dans nos faiblesses et notre laxisme; rongée de l'intérieur par une crise morale qui lui fait parfois renier son identité, notre pays, la France, est tenue de réussir à se reprendre. »

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 06:01

Extrait d'un entretien de Peter Kwasniewski à OnePeterFive, le 8 février, "The Kingship of Christ and the Anti-Kingdom of Modernity", "Le Royaume du Christ et l'anti-royaume de la modernité" : 

 

"C'est le cardinal Newman qui, dans ses Ariens du IVe siècle, a offert un rappel bien documenté et opportun que ce fut principalement les laïcs, sous la direction de quelques évêques fidèles, qui gardèrent la vraie foi dans l'horrible époque de la crise arienne. Aujourd'hui, c'est et ce ne sera pas différent. Glorifions-nous dans notre privilège baptismal d'avoir et de garder la vraie foi, en union avec le Christ crucifié et ressuscité; Glorifions-nous dans notre Confirmation qui nous a enrôlés dans les rangs de notre Roi victorieux ensanglanté, pour le rendre témoin et livrer ses batailles sur terre. 'Ainsi vous parle le Seigneur : Ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense ; car ce combat n’est pas le vôtre, mais celui de Dieu." (2 Chron. 20:15)

Au IVe siècle, du temps de la crise arienne, ce fut principalement les laïcs, sous la direction de quelques évêques fidèles, qui gardèrent la vraie foi
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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 07:55
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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 07:53
Israël: découverte des vestiges d'un monastère vieux de 1.500 ans

"La richesse du site suggère que le complexe pourrait avoir été un lieu de pèlerinage important"

 

Des archéologues israéliens ont mis au jour près de Bet Shemesh (centre) les vestiges vieux de 15 siècles d'un monastère chrétien, notamment une gracieuse mosaïque figurant des oiseaux et des grenades."La richesse du site suggère que le complexe pourrait avoir été un lieu de pèlerinage important dans la région de Judée-Shephelah", à l'ouest de Jérusalem, ont indiqué les autorités archéologiques israéliennes dans un communiqué.

Sur le site datant de la période byzantine, les archéologues ont exhumé les vestiges de murs faits de pierres aux dimensions imposantes ainsi que des éléments architecturaux en marbre provenant pour partie de l'actuelle Turquie.Parmi ces éléments figure la base d'un pilier couvert d'une croix et de motifs décoratifs.

 

Le site, dont une petite partie seulement a été fouillée pour le moment, a été abandonné au VIIe siècle pour des raisons inconnues.

"Nous savions déjà qu'un certain nombre d'anciennes églises et monastères existaient (dans la région) mais ce qui a été découvert est remarquablement préservé", a dit Benyamin Storchan, directeur des fouilles, cité dans le communiqué.

Le site est proche de la maison salésienne de Beit Jamal, où vit une communauté catholique d'hommes et de femmes, séparément.

Les excavations menées depuis l'été avec l'aide d'un millier de jeunes ont précédé un projet d'extension, destiné aux juifs ultra-orthodoxes, d'un quartier de Bet Shemesh.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole des autorités archéologiques a dit ne pas savoir ce qui allait advenir du site. "Une chose est sûre: la mosaïque sera préservée. Mais nous ne savons pas si elle restera en place tout en étant protégée ou si elle sera transférée ailleurs", a-t-elle dit.

Source: I24news

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 14:17
Le protestantisme aujourd’hui

Cinq siècles après son apparition, le protestantisme, né du mouvement initié par Luther, est plus divisé que jamais. Petit panorama de sa situation actuelle.

Rien n’est simple quand on parle du protestantisme. Non seulement il n’y a pas unité de foi et unité de pratique entre les différentes dénominations ou « églises », mais c’est un monde en perpétuel mouvement institutionnel. Ce que disait Bossuet en 1688 aux premières lignes de son Histoire des variations des églises protestantes reste toujours vrai : les protestants « se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux », ensuite « ils ont tâché de réparer leurs divisions et de rassembler les membres épars de leur Réforme désunie », sans jamais y parvenir.

Le mot « protestants » est apparu en 1529, adopté par les princes luthériens allemands opposés à l’empereur catholique Charles Quint. En France, on parlera pendant longtemps des « huguenots », majoritairement « réformés » (c’est-à-dire « calvinistes »). Les « luthériens » ont toujours été une minorité dans le protestantisme français, forts surtout des communautés d’Alsace, intégrées dans le royaume à partir de 1681, et de Montbéliard, intégrées dans les années 1790.

Patrick Cabanel, dans sa volumineuse Histoire des protestants en France. XVIe-XXIe siècle (1), peut décrire cette histoire comme celle d’un « échec » : les protestants représentaient à leur apogée (en 1560) 10 % des Français ; 2 % après la révocation de l’édit de Nantes (1685) et au XVIIIe siècle ; un peu plus aujourd’hui, grâce à l’essor des « évangéliques ».

Un long processus d’union, mis en œuvre depuis la fin du XIXe siècle, a abouti partiellement il y a peu d’années. L’Église évangélique luthérienne de France (EELF) a été créée en 1872. En 1938 a été fondée l’Église réformée de France (ERF) qui regroupait les quatre principales unions d’Églises réformées. Le 1er janvier 2013, l’EELF et l’ERF se sont unies pour former l’Église protestante unie de France (EPUF).

Cette nouvelle entité, jugée la plus représentative du protestantisme français, pèse pourtant peu dans le paysage religieux. Elle ne rassemble que quelque 250 000 fidèles réguliers et moins de 500 pasteurs (un tiers sont des femmes) et quelque 480 paroisses ou « Églises locales ».

Ce n’est que par la très forte progression des « évangéliques » que le protestantisme français ne se réduit pas à cette peau de chagrin. Les « évangéliques » ne sont ni calvinistes, ni luthériens, mais baptistes, darbystes, méthodistes, pentecôtistes, etc. Jugés plus festifs, plus confessants et plus prosélytes que les réformés ou les luthériens, les évangéliques attirent nombre de populations d’origine africaine ou d’outre-mer. Ils regrouperaient quelque 500 000 fidèles aujourd’hui. Le 15 juin 2010 a été constitué un Conseil national des Évangéliques de France (CNEF) qui regroupe les représentants de quelque 30 Unions, Églises, Communions et de 130 œuvres d’évangélisation ou sociales.

DIVISIONS

Ces diverses unions masquent, en réalité, une grande diversité de pratiques, de croyances et d’enseignement. Depuis longtemps, le protestantisme français a été traversé de multiples courants, qui correspondent non seulement à des pratiques variées mais à des enseignements différents. Dans tel temple, il y a célébration de la cène et récitation du Credo tous les dimanches, alors que dans beaucoup d’autres le primat est donné à la lecture de l’Écriture sainte et au sermon, la cène n’étant célébrée que quatre fois par an.

Le pasteur Pierre Courthial (1914-2009), qui avait été en 1974 un des fondateurs de la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, en réaction contre les facultés de théologie protestante de Paris et de Montpellier jugées trop libérales, affirmait il y a dix ans : « Je suis un protestant confessant, c’est-à-dire fidèle aux confessions de foi de la Réformation et à travers elles aux conclusions des six premiers conciles œcuméniques (et donc aux définitions christologiques de Nicée-Constantinople et de Chalcédoine), alors que le protestantisme moderniste rejette l’autorité normative de l’Écriture et les dogmes confessés par les six premiers conciles. »

L’Église protestante unie, née en 2013, n’est pas restée unie longtemps. En mai 2015, par 94 voix contre 3, elle a autorisé les pasteurs à bénir les couples homosexuels. Les évangéliques de la CNEF ont déploré cette décision et au sein même de l’EPUF les opposants (environ 80 pasteurs sur 500) ont formé un courant dit des « Attestants » qui entend « retourner vers les fondamentaux que sont la prière et l’autorité des Écritures ».

CRISE EN SUISSE ET EN SUÈDE

Les évangéliques sont la seule portion du protestantisme qui progresse en France comme dans le monde. Au Brésil, en trente ans, plusieurs millions de catholiques ont rejoint les églises évangéliques. Évangéliques et pentecôtistes représentent quelque 700 millions de fidèles dans le monde, contre 50 à 70 millions de fidèles pour chacune des autres dénominations (luthériens, réformés, anglicans et épiscopaliens).

En Suisse, pays de naissance de la deuxième Réforme, celle du Français Calvin venu se réfugier à Genève, la crise est visible. Le Temps, grand quotidien de Lausanne, titrait, chiffres à l’appui, il y a deux ans sur « L’inexorable déclin de l’Église protestante ». Les temples suisses se vident : 50 % des protestants suisses ont plus de 50 ans, le nombre des baptêmes est tombé de 42 000 en 1950 à 15 000 en 2010. Le nombre des personnes qui quittent l’Église protestante est toujours plus élevé : 6000 en 1984, 12 000 en 2010. Genève, la capitale mondiale de la foi réformée, qui comptait 120 pasteurs il y a trente ans n’en compte plus que 40.

Jörg Stolz, professeur de sociologie des religions à l’université de Lausanne, a expliqué dans Religion et spiritualité à l’ère de l’ego (2) pourquoi le protestantisme suisse était davantage frappé par la désaffection que le catholicisme : « le protestantisme est très individualiste, ce qui est en principe compatible avec la société actuelle. Mais du même coup, il a un problème d’identité, de ligne théologique directrice. Or, pour qu’une offre spirituelle marche, il faut a priori un produit, une ligne, des têtes bien connues et du marketing. » La dernière formule reste à la surface des choses, mais on voit l’impasse où s’engage inéluctablement le protestantisme s’il n’ose se confronter à la modernité. Dans Évangile et liberté, pourtant organe du protestantisme libéral, le professeur Jacques Guin fait écho, le 1er septembre 2016, à ce diagnostic : « En ne cessant de courir après la dernière mode de la vie en société, de céder à toutes les facilités pour ne pas risquer de déplaire, aux jeunes en particulier, en acceptant que notre Église dérive au gré des courants qui bafouent la responsabilité individuelle, n’avons-nous pas laissé le protestantisme perdre sa saveur et surtout sa raison d’être “autre” ? »

L’Institut suisse de pastorale (SPI), catholique, confirme dans une enquête statistique publiée en 2015 que le nombre des protestants a beaucoup baissé (passant de 56,3 % en 1950 à 26,1 % en 2013), alors que celui des catholiques se maintient autour de 40 % et que celui des personnes se déclarant sans confession ne cesse d’augmenter (22,2 % de la population en 2013).

En Suède, pays qui fut quasi unanimement luthérien depuis le milieu du XVIe siècle, la situation change beaucoup aussi. Le catholicisme n’y est à nouveau autorisé que depuis 1873 et le luthéranisme y fut Église d’État jusqu’en 2000. Aujourd’hui encore le pays ne compte qu’un diocèse catholique, celui de Stockholm. Son titulaire, Mgr Arborelius, est un converti du protestantisme (à l’âge de 20 ans) et il a été créé cardinal le 28 juin dernier, premier cardinal dans toute l’histoire de la Suède.

Le déclin de l’Église luthérienne est bien visible dans ce pays (62 % de la population, mais 1 % seulement de pratiquants) tandis que le nombre des évangéliques et des catholiques ne cesse de croître, grâce à l’immigration (Polonais, Croates, Érythréens hier, Irakiens et Syriens aujourd’hui) mais aussi par un fort mouvement de conversion. En mars 2014, le pasteur Ulf Ekman, fondateur en 1983 d’une mega church évangélique, La Parole de la Vie, a annoncé sa conversion au catholicisme. En 2015, ce sont huit des dix membres d’une communauté œcuménique installée à Berget et leur pasteur qui ont été reçus dans l’Église catholique. Ce sont les questions éthiques (notamment l’attitude face à l’homosexualité) et celle de l’ordination des femmes qui ont fait prendre conscience des séparations toujours plus grandes. « Nous sommes entrés petit à petit dans le Mystère de l’Église », dira un des membres de la communauté.

Yves Chiron

(1) Fayard, 2012.

(2) Labor et Fides, 2013.

LA NEF n°295 Septembre 2017

À PROPOS YVES CHIRON

Yves Chiron

Historien, spécialiste de l’histoire religieuse des XIXe et XXe siècle, ses biographies de Pie IX, Pie X, Pie XI et Paul VI font référence. Collaborateur de La Nef, il est encore l’auteur notamment de Fatima, vérités et légendes (Artège, 2017), Histoire des conciles (Perrin, 2011), Padre Pio (Perrin, 1998, rééd. 2004), Enquête sur les apparitions de la Vierge (Perrin-Mame, 1997, rééd. Tempus, 2007).

 

SOURCE: LA NEF - BELGICATHO

Pour poursuivre la réflexion :

 

"Pourquoi une personne complètement digne de confiance et omnicompétente (Dieu) permettrait-elle aux églises "authentiques" de diminuer et de disparaître? Pourquoi une personne totalement digne de confiance et omnicompétente donnerait-elle des messages différents à différentes églises? Pourquoi une personne totalement digne de confiance et omnipotente voudrait-elle que nous soyons désunis quand elle a spécifiquement dit que nous devrions être unis?  (1 Corinthiens 1:10, Ephésiens 4: 11-13, Col 3: 13-14, Jean 17:23, Psaume 133: 1, 1 Pierre 3: 8, 1 Jean 4:12, Éphésiens 4: 3, Romains 12 : 16, Matthieu 23: 8, Philippiens 2: 1, Éphésiens 1:10, 2 Chroniques 30:12, Éphésiens 2:14, Romains 12: 4, Galates 3: 26-28, 1 Corinthiens 12: 12-13, Éphésiens 4:16, Romains 6: 5)". Pas besoin de regarder plus loin: le catholicisme est l'Eglise originelle

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 16:10
L'idéologie néo-conservatrice (Renaud Girard)

Grand reporter au Figaro, Renaud Girard était l'invité de Pierre Gentillet, président du Cercle Pouchkine qui œuvre à l'amélioration des relations franco-russes. L'auteur de "Quelle diplomatie pour la France" a donné à cette occasion une conférence intitulée :"L'idéologie néo-conservatrice et la politique étrangère française". TV Libertés s'est rendue sur place pour interroger Renaud Girard.

 

Extrait :

 

"L'idéologie néo-conservatrice, qui vient au départ de la gauche américaine (le sénateur Jackson), c'est l'idéologie portée par des hommes comme Bill Cristol, Robert Kaplan, Paul Wolfowitz, Richard Perle. Cette idéologie considère qu'il n'y a rien de plus important que la démocratie et la justice et que donc il faut la répandre au monde entier, quitte à devoir employer les armes pour ce faire, alors que les réalistes, les metternichiens, les kissingériens, pensent que la paix est supérieure aux droits de l'homme, la justice ou à la démocratie. C'est comme cela que l'on peut définir les néo-conservateurs.

 

[...] A la base, cette idéologie n'est pas celle de la république française (mais elle a fini par s'y imposer), celle du général de Gaulle en 1959 ('la France n'a pas d'amis mais n'a que des intérêts') et 1964 avec la Chine ('il faut prendre les réalités telles qu'elles sont'), c'est une politique réaliste et pas moralisatrice. Et le néo-conservatrice ne se trouve pas dans les gènes de la politique étrangère française. Petit à petit nous avons pris des postures morales en nous alignant sur les Etats-Unis..., des postures moralisatrices, donneuses de leçons, comme sur la Syrie par exemple, où nous avons rompu pour des raisons morales nos relations diplomatiques avec Damas, alors que nous avions beaucoup investi sur ce régime (puisque nous avions reçu sur les Champs-Elysées en 2008 Bachar el Assad), et ensuite nous avons fermé l'ambassade, nous privant ainsi d'un instrument d'influence sur le régime syrien, et cela va nous faire défaut au moment des attaques terroristes en France...

 

[...] Les grands moments de la diplomatie française, c'est juste le contraire de l'idéologie néo-conservatrice, le grand moment de ce refus par la France de ce rêve du Moyen-Orient démocratique que brandissait les néo-conservateurs autour de W. Bush, c'est le discours de de Villepin de février 2003 aux Nations-Unies. Ca c'est une grande initiative française qui nous a coûté très cher puisque les Américains avaient dit 'Nous allons oublier les Russes, pardonner aux Allemands, et punir les Français'. Il y a eu alors un glissement où l'on a vu sous Sarkozy et Hollande une politique émotionnelle, moraliste, moralisante avec Kadhafi le méchant qu'il faut aller tuer en Libye. [...] Je suis  allé plusieurs fois en Libye et en Irak après les interventions occidentales et je peux vous dire que je ne trouvais pas une seule mère de famille qui ne regrettait pas le système ancien. Parce que c'est vrai que personne n'aime la dictature politique, mais il y a pire que la dictature c'est l'anarchie, et il y a pire que l'anarchie c'est la guerre civile. Et il y a une troisième chose, en attaquant Kadhafi nous n'avons pas ménagé à moyen et long terme les intérêts de la France. Toute la bande sahélienne a été déstabilisée, tous nos alliés sont déstabilisés et Kadhafi avait tous les torts du monde mais il avait trois qualités. La première, il combattait les islamistes de manière farouche, la deuxième est qu'il avait accepté de coopérer avec l'Europe pour combattre les trafiquants d'êtres humains. Il avait même accepté tout un réseau de radars qui coopérait avec sa police qui repérait toutes les embarcations de trafiquants d'êtres humains que les Libyens allaient détruire grâce aux radars fournis par l'Union européenne. Et ce sont nos hélicoptères d'attaque qui ont détruit ces radars fournis et payés par le contribuable français ! Et Kadhafi avait lui-même abandonné son programme nucléaire. Il avait même contacté les services secrets britanniques et américains pour leur donner le réseau de trafic de matières nucléaires du pakistanais Abdel kader Khan, le père de la bomba pakistanaise, qui vendait des centrifugeuses et d'autres équipements nucléaires un peu partout. Et à cause de Kadhafi ce trafic a été stoppé. Alors en le tuant, parce que c'est l'aviation française en fait qui a bombardé son convoi et qui l'a pratiquement tué [1], la France a donné un message très clair à Kim Jong-Un le dictateur nord-coréen disant 'n'abandonne jamais tes armes nucléaires parce que tu ne peux jamais faire de deals avec les Occidentaux, ils finiront par te tuer !'... Et ce message Kim Jong-Un l'a compris cinq sur cinq.

 

[...] Je crois que la France s'est ridiculisée lorsque le président Hollande nous expliquait qu'on allait faire la guerre contre Bachar el Assad, en septembre 2013. (NdCR. dans des circonstances humiliantes où le vote négatif des députés britanniques et le désistement surprise d'Obama avait laissé François Hollande seul en rase en campagne en Syrie !...) et donc nous allions faire la guerre au méchant Bachar el assad avec les Américains et les Britanniques... Et puis nos alliés Anglais et Américains ont changé d'avis... La Chambre des Communes a refusé à Cameron le droit de faire la guerre, et Obama a commencé à atermoyer, disant qu'il allait consulter le Congrès !... Et là, il y a eu un accord qui s'est fait à Genève directement entre les Américains et les Russes (c'est l'accord Lavrov-Kéry) sans que même la France n'ait été invitée ! La France devenue les petits supplétifs des Anglo-Saxons n'est même pas à la table des négociations sur le problème syrien. Et donc on est resté tout seul...

 

Si les raisons qui nous poussaient à faire la guerre, explique Renaud Girard, étaient si bonnes que cela, il fallait les continuer ! Ce n'est pas parce que les Anglais et les Américains changent d'avis, pourquoi la France changerait-elle d'avis si elle avait de si bonnes raisons de faire la guerre à la Syrie ? Là il y a quelque chose qui cloche profondément ! Ou bien, vraiment il fallait faire la guerre et il fallait y aller. Alors pourquoi Hollande n'a pas fait la guerre tout seul ? Parce qu'il s'est dit peut-être qu'administrer tout seul la Syrie je ne saurais pas très bien faire. Les Américains n'ont déjà pas su le faire très bien en Irak ! Alors il faudra un jour lui demander pourquoi un jour il veut faire la guerre à la Syrie et le lendemain il ne veut plus la faire ? !

 

je pense que Laurent Fabius a eu une posture très néo-conservatrice et moralisatrice quand en 2013 il a voulu que ne soit pas invité l'Iran à la Conférence sur la Syrie de Genève et je crois que la Norvège était invitée ! Et moi j'ai été le trouver et je lui ai dit: Mr le ministre il faut prendre les réalités telles qu'elles sont : si vous n'invitez pas l'Iran à la conférence de Genève, jamais vous n'arriverez à faire la paix, c'est impossible puisque l'Iran est le principal partenaire stratégique de la Syrie. Donc il faut prendre les réalités telles qu'elles sont.

Et effectivement, oui, Laurent Fabius m'a paru être le tenant d'une posture morale, moralisatrice.

 

[...]

 

(Aujourd'hui), le président Emmanuel Macron s'en éloigne (de cette idéologie néo-conservatrice), il y a même un tournant à 180 degrés. J'en veux pour preuve le fait qu'il ait invité Poutine à Versailles pour le 300e anniversaire des relations diplomatiques, alors que Hollande n'était pas allé à la célébration de la victoire du 9 mai 1945. [...] (Du point de vue de la diplomatie française) je pense que oui il y a aujourd'hui un sans faute d'Emmanuel Macron en politique étrangère."  

Notes

 

[1]  Dans un article du 20 octobre 2011, le journal Le Monde a donné cette information: "[L]e convoi "de plusieurs dizaines de véhicules" dans lequel se trouvait Mouammar Kadhafi a été bombardé par les forces de l'OTAN non loin de Syrte. Le ministre de la défense français, Gérard Longuet, a indiqué que l'aviation française avait identifié et "stoppé" la colonne dans laquelle se trouvait Kadhafi, mais précise que les tirs ne l'ont pas détruite. Les tirs français auraient divisé la colonne, et une fraction des véhicules aurait ensuite affronté des hommes du CNT. Les Etats-Unis ont assuré qu'un drone avait également participé à l'opération." [Le Monde] Autrement dit, Kadhafi, a été blessé lors du bombardement par des avions français et de drones étasuniens prêtés à l’OTAN, puis récupéré sur le sol par les alliés islamistes des forces étrangères à la Libye..., avant d’être lynché puis abattu d’une balle dans la tête comme dans les pires dictatures, sans aucune forme de procès..., sans aucun respect pour les règles humanitaires sur les conflits armés de la Convention de Genève 1949. 

 

Lire : Exécution de Kadhafi par les alliés islamistes aux cris d’Allah Akbar: L'OTAN et les "alliés" sont bien des démocraties !

 

Le président russe Vladimir Poutine s'était indigné des images qui passaient en boucles dans les médias occidentaux : "La quasi-totalité de la famille de Mouammar Kadhafi a été tuée. Son corps a été exposé sur toutes les chaînes de télévision du monde. Il était impossible de regarder ces images sans écœurement. Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (...) et on exhibe tout ça sur les écrans."

Une demi-décennie après la chute et la mort de Kadhafi, le chaos continue de régner en Libye. L'organisation Etat islamique s'est implantée. "L’organisation terroriste Daesh et le grand nombre de milices islamiques présentes à travers le territoire compliquent la sortie de crise", écrit aujourd'hui RT dans un article consacré au fils de Kadhafi, qui pourrait se présenter à la prochaine élection libyenne en mars 2018. 

Des réseaux de passeurs se servent des côtes libyennes pour envoyer des dizaines de milliers de migrants vers une traversée périlleuse de la Méditerranée à destination de l'Europe...(Source: Rapport parlementaire britannique critique sur l'intervention en Libye)

De ce point de vue l'intervention néo-conservatrice de Nicolas Sarkozy en Libye est une catastrophe.

En 2011, l'historien Bernard Lugan écrivait : "L’aveuglement et la bêtise n’ont d’ailleurs pas de limites car, depuis plusieurs décennies, au nom des « droits de l’Homme », religion-vérité postulée universelle, les « Occidentaux » n’ont cessé de faire fausse route dans le monde arabo-musulman où ils ont préparé la voie à l’anarchie et à l’islamisme !"

Add. 24 décembre 2018. Inutile de le préciser, le lecteur qui nous suit régulièrement l'aura compris, ce que recouvre cette "idéologie néo-conservatrice" qui "considère qu'il n'y a rien de plus important que la démocratie et la justice et que donc il faut la répandre au monde entier, quitte à devoir employer les armes pour ce faire", est ce que nous dénonçons régulièrement sur ce blog, comme la mentalité caractéristique des révolutionnaires de 1789, et de tous les révolutionnaires depuis, pour qui la fin sanctifie les moyens..." Ce qui est faux et a pu amener aux pires totatitarismes.  

 

Lire : Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIe partie)

 La Grande Histoire des guerres de Vendée - Pas de théorisation de la violence chez les révolutionnaires de 1789 ?

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 19:40

Dans une conférence sur le sujet "République et démocratie : la fin des mythes ?" à la fête du livre organisée par Renaissance Catholique, à Villepreux le dimanche 10 décembre 2017, Patrick Buisson, Président de la Chaîne Histoire, a tout d'abord exposé une petite historiographie officielle de la Révolution de 1789, puis a expliqué "sans faire montre d'un optimisme excessif", des raisons d'espérer. 

Extrait

 

"Pendant près de deux siècles, les guerres de Vendée furent l'objet d'un consensus qui justifie tout à fait la sentence terrible de Joseph de Maistre : 'l'histoire est une conspiration permanente contre la vérité'. endant deux siècles, l'historiographie officielle qui avait chaire à la Sorbonne - les Aulard, les Mathiez, les Soboul, les Lefebvre -, ont cherché une deuxième fois à ensevelir les Vendéens dans un sépulcre d'occultation, de négation, un sépulcre du non-dit et du déni : il fallait à tout prix exonérer le mythe fondateur de la République, son moment inaugural de ce que Pierre Chaunu, le grand historien, a appelé la 'messe de sang' qui l'a accompagné, faire oublier que la devise initiale des révolutionnaires ('la liberté ou la mort'), portait en elle-même toutes les virtualités idéologiques du plan d'extermination qui allait suivre.

 

La négation du martyre vendéen a d'abord été une nécessité politique pour un régime qui s'est longtemps senti faible, à tel point que le révision constitutionnelle de 1884 (presque un siècle après les évènements) a cru devoir introduire un article qui interdisait de remettre en cause la forme républicaine du régime. Cet article figure toujours dans la constitution de la 5ème république, dans notre constitution. (NdCR. article anti-démocratique que l'on retrouve à l'article 89 de la constitution de 1958... toujours d'actualité et toujours pas abrogé...[1]).  Cet article renforce le particularisme français. Par exemple, à la différence de la constitution espagnole qui n'interdit nullement de remettre en cause la forme monarchique des institutions, en France c'est la forme qui est sacralisée. Pas le fond. La 'république' en France est une religion, une religion séculière, certes, mais une religion quand même. On peut tout faire : le fond importe peu, la forme de la république est intouchable !

 

Or, contre toute attente, le temps est en train de sceller la victoire des vaincus de 1793. Longtemps il y a eu cette excuse absolutoire des circonstances de 'salut public', la 'Patrie en danger'... Par quoi, on a prétendu justifier la Terreur. ("la fin sanctifie les moyens"... La théorisation de la violence révolutionnaire en 1789NdCR.) Elle ne rencontre - même dans l'historiographie jacobine - plus beaucoup de soutien. L'exécution du plan d'extermination voulu par la Convention intervient sans aucune relation avec les nécessités militaires ni avec les impératifs de la défense nationale. L'holocauste vendéen commence après que les armées catholiques et royales aient été écrasées dans les bois de Savenay en décembre 1793, au terme de la Virée de Galerne, alors que les armées de la république sont victorieuses aux frontières. Si bien que l'argument de la conjonction des périls (intérieurs et extérieurs) ne tient pas. Il s'agit d'une politique dictée pour des raisons strictement idéologiques.

 

Il n'y a plus grand monde aujourd'hui pour contester que la Vendée ait été victime de crimes de masses. L'estimation la plus sérieuse - celle de l'historien démographe Jacques Hussenet - à partir d'une étude au niveau de chaque canton, oscille entre 150 000 et 190 000 victimes.

 

Pour faire image, le grand historien Pierre Chaunu que je citais tout à l'heure, le maître de l'histoire statistique disait que ces évènements de la Terreur et de la Vendée avait fait plus de victimes au total, un volume de victimes supérieur à tous les mouvements, toutes les jacqueries sous l'Ancien Régime.[2]

 

Au reste, l'histoire jacobine a dû en rabattre ces dernières années, elle a dû passer d'un négationnisme partial à un négationnisme partiel : elle ne nie plus les massacres. Ce qu'elle nie c'est l'intention génocidaire de la Convention. Crimes de masses, oui, crimes de guerre, oui, et on s'arrête là. Or la réalité du génocide (en Vendée), aujourd'hui n'est plus contestable, notamment du point de vue juridique.

 

[...] Ce sont les ultra-royalistes dur reste, qui se firent, dès la Restauration, les partisans du suffrage universel. Il faut bien avoir cela présent à l'esprit. Les républicains n'ont toujours été favorables qu'à une forme de démocratie censitaire.

 

Carl Schmitt disait "le mythe de la représentation supprime le peuple comme le mythe de l'individualisme supprime l'individu". Et bien nous y sommes. Car c'est bien ce à quoi nous assistons sous la 5ème république, avec la combinaison de deux choses : la scrutin majoritaire, adopté depuis 1958, et l'explosion de l'abstention qui aboutit à un rétablissement de facto du suffrage censitaire, sans qu'il ait été nécessaire de l'inscrire dans la loi ! Faute d'un mode de scrutin qui permettrait aux catégories populaires d'être représentées dans les élections intermédiaires, seuls votent les inclus qui se reconnaissent dans l'offre électorale (PS, Républicains, La République en marche). En clair, les bobos, les retraités, les fonctionnaires, les catégories qui participent du système. Aux dernières Législatives, par exemple, selon les enquêtes d'opinion, l'abstention des bas revenus a été de plus de 70%. Les pauvres savent que le mode de scrutin ne permet pas de représenter les partis populistes : ils n'ont pas voté. Rappelons les chiffres des élections présidentielles. Avec 15% des inscrits aux premier tour, LREM rafle la majorité des sièges à l'Assemblée nationale ! Je dis 'des inscrits' car vous savez qu'il y a près de quatre millions des français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales, c'est-à-dire que le pourcentage est encore plus bas. Mélenchon, Le Pen et Dupont-Aignan totalisent à eux trois 45% des suffrages à la présidentielle, là où tout le monde va voter. Un mois et demi après, aux législatives, ils ne vont obtenir que 26 députés, c'est-à-dire à eux trois 4% de la représentation nationale. Regardez: 45% à l'élection présidentielle donne 4% de députés !... Et on appelle cela une démocratie représentative ! Mais vous voyez bien la filiation depuis 1789 ! Je le disais tout à l'heure, la Convention nationale (1792) a été élue par moins de 10% du corps électoral. Notre démocratie ne consacre pas la loi du nombre, elle consacre la loi du petit nombre ! Notre démocratie est un décor, c'est une démocratie Potemkime. Elle n'est plus qu'un rituel, un rituel dont la classe dirigeante a besoin pour assoir son pouvoir et lui donner une apparence légale.

 

Cette dénaturation de la démocratie correspond parfaitement à la définition qu'en donnait le poète Paul Valéry : 'La démocratie, c'est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.'

N'importe quel autre mode de désignation, y compris le tirage au sort, c'est-à-dire le retour à la démocratie athénienne, permettrait de redonner au peuple le sentiment qu'il participe, ou est associé pour le moins au gouvernement de la cité.

On comprend désormais que l'usage abusif qui fait aujourd'hui du mot démocratie recouvre très précisément une réalité contraire à ce qu'il énonce. Il s'agit d'une anti-phrase qui désigne la privatisation des instruments de gouvernement par une minorité résolue à imposer sa loi au plus grand nombre, et à exclure le peuple du processus de décisions.

C'est la privatisation du pouvoir au bénéfice d'un système. Napoléon disait à Fouché 'Supprimez tous les journaux, mais en tête du décret, mettez six pages de considérations libérales sur les principes'. Telle était la méthode de Napoléon. On supprime, on interdit, mais on proclame la 'Liberté'. C'est exactement la post-démocratie: on affirme des principes, on les proclame d'autant plus sacrés qu'on a la ferme résolution de ne pas les mettre en oeuvre. 

L'antique principe élaboré au temps de la cité grecque, qui voulait que la politique soit déterminée par l'accord de la majorité est aujourd'hui répudié en pratique. La majorité n'est plus une réalité arithmétique mais un concept politique, résultant d'une application truquée et tronquée du principe majoritaire.

 

[...]

 

Et bien il se trouve qu'il y a de moins en moins de français pour voter. C'est-à-dire de moins en moins de français pour croire au miracle.

[...] Dire que la république n'a pas accouché de la démocratie, mais qu'elle l'a détournée et empêchée ne relève donc pas de la polémique mais d'un simple constat que nous impose l'histoire.

 

Et la réflexion qui vient au terme de cette réflexion est Qu'est-ce que la république aujourd'hui ? Depuis les attentats terroristes, il est de bon ton d'exalter les 'valeurs républicaines', des valeurs que l'on ne situe pas vraiment, des valeurs aussi ronflantes que creuses. Il est d'usage commun de les présenter comme l'antithèse et l'antidote absolu du fanatisme islamiste [3], comme si les promoteurs de la guillotine, comme si les promoteurs du rasoir national en 1793, comme si les organisateurs de la Terreur révolutionnaire avaient obéi à des motivations radicalement différentes de celles des sectateurs de Daech, et autres adeptes de la décollation. Comme si l'implacable terrorisme d'état qui s'est mis en place en France en 1793, n'avait pas de servi de matrice et de modèle à toutes les entreprises totalitaires de siècles suivants (nazisme et communisme compris). Comme s'il eut fallu l'été 2016 en France pour que les prêtres fussent égorgés derrière des autels ! Il a fallu vraiment que le sectarisme le discute à l'ignorance à un niveau rarement atteint pour que celui qui nous a tenu lieu de président de la république pendant cinq ans dans un mélange de bassesse et de médiocrité qui a fait honte à toute la France - je veux dire François Hollande - se croit autorisé à dire après l'égorgement du Père Hamel : 'Attaquer l'Eglise, tuer un prêtre, c'est profaner la république !'. Dans ce cas, Monsieur Hollande, la république, durant les trois premières années d'existence n'a cessé de s'auto-profaner en expulsant, en déportant, en guillotinant les prêtres par milliers pour tenter d'assoir son pouvoir sur les esprits. 

 

[...]

 

Avec la crise de la représentation que nous subissons aujourd'hui de plein fouet se pose aujourd'hui la question de la légitimité. [...] Hier la légitimité procédait du sacre, et donc de la religion. En démocratie la légitimité résulte du contrat social, ou de l'expression de la Volonté générale. Or ce mode de légitimation  - on vient de le voir à l'instant - ne fonctionne plus (crise de le représentation, mode de scrutin). Une grande partie de nos concitoyens ont l'impression d'être exclus du jeu démocratique.

 

Quand le pouvoir s'avère impuissant à garantir le Bien commun, c'est-à-dire à assurer et garantir les protections et sécurités vitales, protections sociales, protections culturelles (notre identité), protections physiques (le terrorisme) s'amorce dès lors un processus de délégitimation. Emmanuel MACRON semble avoir pris conscience de cette crise de la légitimité puisqu'il dit vouloir inventer une nouvelle forme d'autorité démocratique. Si l'objectif est de réintégrer le peuple dans le jeu démocratique en lui assurant les protections vitales évoquées à l'instant, alors la politique de l'oxymore qui est celle Emmanuel MACRON, qui consister à associer des termes et des objectifs absolument contradictoires, ne va pas faciliter les choses : on ne peut en même temps vouloir libérer le travail et protéger les Français (les salariés), déclarer la guerre à l'islamisme et vanter les mérites du multiculturalisme qui en constitue le terreau, déclarer vouloir retrouver le sens du récit historique et promouvoir un projet post-national où la France n'est plus une communauté, mais l'absence de communautés, la nation de la sortie des nations !

En fait, pour restaurer le Bien commun, il faudrait pour cela rompre avec l'individualisme libéral, avec la dérive moderne fondée sur la négation de l'axiome aristotélicien selon lequel l'homme est un animal politique, un être naturellement social. Le Bien commun n'est toujours plus vivable que celui de l'individu disait S. Thomas d'Aquin. Or, il ne peut y avoir de Bien commun quand le politique est réduit au champ d'affrontements des intérêts privés, c'est-à-dire à l'économie, à l'économisme.

La crise de la légitimité ouverte en 1793, et mon point de départ n'était pas innocent, n'a jamais été résolue.

Alors peut-être faut-il rendre grâce d'une certaine manière à notre nouveau président de la république d'avoir reconnu - on n'a jamais entendu ces propos dans ses prédécesseurs - que la crise de la légitimité ouverte en 1793, dans une interview un an avant son élection, 'l'incomplétude de notre démocratie', - je reprends ses mots -, 'le vide émotionnel que la disparition de la figure du roi a laissé dans l'inconscient politique français'.

[...]  En France, pays de traditions chrétiennes, le pouvoir ne se délègue pas par délégation (c'est pour cela que l'on a un peu de mal avec le régime représentatif) mais pas incarnation. C'est selon la formule magistrale de Marcel Gauchet un concentré de religion à visage politique. oui, il faut savoir gré à Macron de l'avoir compris, jusqu'à faire durant les premiers mors (Cour du Louvres, Versailles) de la démonstration in vivo que la république ne peut se survivre qu'en cherchant à reproduire la monarchie et en lui reconnaissant au fond une sorte de supériorité ontologique et existentielle. 

Si l'on veut que le politique retrouve une légitimité, il faut le restaurer en tant que service, en tant que sacerdoce au service de la communauté.

Si l'on veut, il faut retrouver l'autorité comme fonctionnalité, il faut la rétablir comme transcendance.

 

[...]

 

Je n'ai pas traité des trois piliers fondateurs de la république, de leur république,. Le progrès, aujourd'hui, c'est très simple, au début du siècle dernier tous les cafés s'appelaient Cafés du progrès ou Cafés de l'avenir. Aujourd'hui, quand vous interrogez les Français, près de 80% pensent que les générations qui viennent derrière auront une vie moins facile. L'idée du progrès est morte. La religion du progrès est morte comme notre pratique de la démocratie et de la république arrive à bout de souffle. Et c'est la grande leçon d'espérance. Même si l'on met ni nom ni étiquette sur ce qui va venir, les mythes fondateurs de nos adversaires, les trois piliers, progrès, république, démocratie (ou ce qu'ils appellent 'démocratie'), sont en pleine décomposition. C'est un fait politique essentiel. Et je pense que nous pouvons dire sans faire montre d'un optimisme excessif que le jour approche où nous pourrons reprendre à notre compte la formule de - ce n'est pas un de mes auteurs favoris - René Viviani [4], président du Conseil en 1914, laïque, un des hommes de la loi de 1905 -, qui a dit : "Nous avons éteint des étoiles au Ciel de France. Personne ne les rallumera plus jamais." 

 

Lire: Le record d'abstention aux Législatives sous la Cinquième république n'a été battu que lors de la Révolution dite "française"

Notes

 

[1] "La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision". Article 89 cité in "Les Constitutions de la France depuis 1789", édition mise à jour au 1er septembre 1995, GF Flammarion, p. 450. Article que l'on trouve en ligne sur le site de l'Assemblée nationale.

[2] "La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe..." (Pierre CHAUNU, Eglise, culture et société, SEDES 1981.)

[3] Pierre CHAUNU disait par exemple à propos de la laïcité, qu'elle "revêt un sens qui l'oppose à la laïcité telle qu'elle est comprise en Europe et en Amérique et plus particulièrement dans les pays de tradition protestante. Il suffit pour s'en convaincre de tenir en main un dollar ou d'entendre l'hymne britannique qui résonne comme un cantique : "God save our noble Queen" Notre acharnement laïcard choque nos voisins et nous ridiculise... Aujourd'hui, on peut mesure l'échec d'un enseignement incapable de transmettre une morale sociale sans fondement ontologique !" (P. CHAUNU, Préface du livre de Jean DUMONT, L'Eglise au risque de l'histoire, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 17-18.)

[4] Socialiste anticlérical fanatique sous la IIIe république, René Viviani (1863-1925) participa, en 1904 avec Jaurès, à la création du journal l’Humanité... Il fonda le parti républicain socialiste.

La citation complète de Viviani est la suivante : "La IIIe république a appelé autour d'elle les enfants des paysans, les enfants des ouvriers et, dans ces cerveaux obscurs, dans ces consciences enténébrées, elle a versé, peu à peu, le germe révolutionnaire de l'instruction. Cela n'a pas suffi. Tous ensemble, nous nous sommes attachés, dans le passé, à une oeuvre d'anticléricalisme, à une oeuvre d'irreligion. Nous avons arraché les consciences à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait le genou, nous l'avons relevé, nous lui avons dit que, derrière les nuages, il n'y avait que des chimères. Ensemble et d'un geste magnifique, nous avons éteint, dans le ciel, des étoiles qu'on ne rallumera plus. Voilà notre oeuvre, notre oeuvre révolutionnaire." (J. d'Arnoux, L'Heure des Héros, p. 42, cité in Jean Ousset, Pour qu'Il règne, DMM, Niort 1998, p. 138.)

République et démocratie : la fin des mythes (Patrick Buisson)
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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:45
L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise - Roberto de Mattei

Les Éditions Le Drapeau blanc publient l’ouvrage de vulgarisation historique intitulé L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise, du professeur Roberto de Mattei.

Aujourd’hui, la barque de Pierre affronte des crises internes aussi bien que des persécutions sanglantes, notamment en Orient. Les papes successifs parlent volontiers d’affaiblissement de la foi, et le message de Notre-Dame de Fatima semble chaque jour plus actuel.

Mais le combat de Satan contre l’Église n’est pas nouveau. Celle-ci a dû dès le départ s’établir par le martyre, avant de connaître des hérésies terribles et des compromissions odieuses, mais aussi de grandes manifestations de sainteté – comme le monachisme.

Connaître l’histoire de l’Église aide à rester sur la voie droite dès lors que la tempête se déchaîne. La dimension naturelle du Corps mystique du Christ, liée à la fragilité des hommes, ne fait que rehausser l’éclat de sa dimension surnaturelle.

Des premiers martyrs à la libération de Jérusalem, le professeur de Mattei nous invite en toute simplicité à mieux connaître les ombres et lumières qui ont marqué le premier millénaire de l’Église.

L’auteur : Roberto de Mattei est né en 1948 à Rome. Historien, il a enseigné à l’Université européenne de Rome et à l’université de Cassino, où il a été titulaire de la chaire d’histoire moderne. Président de la fondation Lépante, il anime également la revue Radici Cristiane ainsi que les agences d’information Correspondance européenne et Corrispondenza Romana. De 2004 à 2007 et de 2008 à 2011, il a été le vice-président de l’équivalent du CNRS en Italie. Enfin, entre 2002 et 2005, il a été conseiller du gouvernement italien pour les questions internationales.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 16:04
"La Légende noire du Moyen-Age – Cinq siècles de falsification" - Claire Colombi

« J’ai, par l’histoire de la propagande anti-médiévale, vu se dérouler à travers le temps une guerre. Une guerre des mots, une guerre des idées, une guerre de principes métaphysiques et des modèles civilisationnels. Et chaque campagne de propagande était une nouvelle bataille, opposant des modèles de société. » On pourrait en faire une somme. Depuis cinq cent ans, philosophes, historiens, artistes, professeurs s’affairent sur cette très longue tranche d’histoire qu’on nomma d’un seul bloc « Moyen-Age »… le plus souvent avec une propagande coupable qui en épaissit, année après année, la sombre réputation. La jeune historienne Claire Colombi nous en donne un petit aperçu sur un ton libre et railleur, souvent agacé, parfois emporté, mais toujours très convaincu.

 

La Légende noire du Moyen-Age – Cinq siècles de falsification montre aussi que ses aînés, à l’instar de la chartiste Régine Pernoud ou de l’historien Jacques Heers, n’ont toujours pas été entendus…

 

 

« Obscur, laid, froid, ignare, frustre et grossier » Claire Colombi

 

 

Un repoussoir. Le grand et long Moyen-Age a fait office de repoussoir : il fallait bien fournir un saisissant contraste avec les sacro-saintes Lumières maçonniques qui devaient illuminer le monde commençant du Progrès, délivré des croyances et des préjugés de l’ancienne ère. Il a fallu « condamner les abus et les anciennes pratiques. On les tourna en ridicule, on les appela archaïques et on inventa un passé triste, inefficace, injuste, violent et sombre ».

 

Le philosophe français Pierre Dortiguier est même allé jusqu’à proposer de le nier avec la thèse du « récentisme » (dont l’origine remonte à la Russie révolutionnaire), à savoir que le Moyen-Age n’a, en fait, jamais existé et que toutes ses belles réalisations furent antidatées.

 

C’est dire le peu (ou le rien du tout) qu’on veut laisser à cette période qui fut le temps des cathédrales, un âge d’or qui déplaît précisément parce qu’il a partie liée avec l’épanouissement de la chrétienté en France. Claire Colombi parle d’« une montagne de connaissances et de culture, toujours éclairée par la lumière des Évangiles et de la foi chrétienne »…

 

 

« Avant ne connaît que deux classes sociales : les riches oppresseurs et les pauvres opprimés ».

 

 

Ignorance, censure et mensonge. Mystification. « Il ne faut connaître l’histoire de ce temps-là que pour la mépriser », disait déjà Voltaire. C’est ce qui a rapidement poussé à présenter la Renaissance comme La période qui permit la prise de conscience soudaine de la liberté et de la modernité. La preuve : elle a cherché à revenir à l’antique, sous sa forme pure, originale… Le Moyen-Age l’avait pourtant fait bien avant elle (le poète normand Jean Bodel parlait au XII e siècle des « trois matières littéraires que tout homme savant doit connaître : celle de France, de Bretagne et de la grande Rome »), mais la manière en était assurément dévoyée par le christianisme.

 

Et puis, il fallait « une genèse à l’anthropologie du Progrès ».

 

Condorcet ne dit pas autre chose : « Des rêveries théologiques, des impostures superstitieuses sont le seul génie des hommes, l’intolérance religieuse est leur seule morale : et l’Europe, comprimée entre la tyrannie sacerdotale et le despotisme militaire, attend dans le sang et dans les larmes, le moment, où de nouvelles lumières lui permettront de renaître à la liberté. »

 

 

« La Légende noire du Moyen-Age Cinq siècles de falsification »

 

 

Des mythes sur les paysans affamés aux prétendus droits scandaleux des seigneurs, en passant par ces listes fourre-tout d’impôts, tout cela n’a qu’un seul but : disqualifier le clergé et la noblesse d’épée, distiller la haine de l’ancien système et des deux piliers qui le soutenaient, à savoir la royauté et l’Église, qui doivent être ramenées à la tyrannie et au fanatisme. Claire Colombi n’oublie pas la Franc-Maçonnerie dont elle souligne le rôle éminent dans l’abolition des privilèges et dans tout ce qu’il ressortit de la célèbre nuit du 4 août.

 

On touche bien là à une guerre idéologique. L’auteur parle d’« une cage mentale », qui empêche toute comparaison, l’exercice par essence de l’historien. Et se plaît à transposer des phénomènes de lutte des classes dans un monde qui en ignorait tout et faisait en l’occurrence souvent bien mieux que notre société actuelle, ultra libéraliste et individualiste…

 

 

« Les ténèbres du Moyen-âge ne sont que celles de notre ignorance » Gustave Cohen

 

 

A travers les vieux manuels consacrés d’Ernest Lavisse ou de Jules Steeg, l’École de la III e République a donné un corps plus ferme encore à cette totale mystification, puisqu’elle a déformé des générations de jeunes esprits – Jules Ferry savait ce qu’il faisait : c’est en 1789 que doit tout commencer.

 

Et le public est malheureusement toujours bien entretenu, à l’heure d’aujourd’hui, sur le petit comme sur le grand écran. Claire Colombi évoque la célèbre émission « La Caméra explore le temps », diffusée entre 1957 et 1966, qui pleura le sort des Cathares et stigmatisa les Templiers. Mais aussi « Secrets d’Histoire » dirigé par Stéphane Bern, qui, s’il parle du Moyen-Age, ne le fait que pour de doux secrets d’alcôves et d’avenantes coucheries…

 

L’histoire à la télé, c’est avant tout de l’audimat : il faut que ça émoustille. Le cinéma a su aussi parfaitement ancré tous ces poncifs entre l’odieux Au nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud et le sulfureux La Passion Béatrice, de Bertrand Tavernier

 

Partout, le Moyen Age n’est qu’un prétexte, pour dénoncer le fanatisme sous toutes ses formes et louer par contraste le libre penser moderne – un vrai sectarisme, pourtant, celui-là…

 

 

Clémentine Jallais

 

Reinformation.Tv

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 15:21

Partout où le christianisme faiblit, le paganisme se renforce. Cette vérité que l'on n'entend plus prêcher aujourd'hui nulle part, il faut que cela soit un rabbin qui nous la rappelle :

Le rabbin Elad Dokow, professeur à l'Institut Technologique Technion d'Israël, a commenté une statue de la déesse grecque Pallas Athéna, qui fait partie d'une exposition au siège de New York, aux États-Unis.

 

Interrogé par Breaking Israel News, il a relié la statue à "une montée indubitable du paganisme et du culte des idoles dans le monde". Il a expliqué que le paganisme permet à l'homme "de créer sa propre vérité" et que les Nations Unies sont comme le paganisme "un lieu de réalité subjective créé par un vote".

 

Dokow a conclu ainsi : "Ce que nous voyons dans le monde aujourd'hui, c'est que partout où le christianisme s'affaiblit, le paganisme et l'idolâtrie se renforcent et là où le christianisme disparaît, des choses horribles se produisent."

Rabbin : "Partout où le christianisme faiblit, le paganisme se renforce"

Gloria.tv

 

Et des choses horribles se produisent... On peut dire : goût du morbide (Halloween), sacrifices humains, violences sexuelles envers les femmes, envers les enfants... Les prophéties de Paul VI se sont réalisées...

 

Voici la source de l'article en anglais qui rapporte les propos du rabbin Elad Dokow 

https://www.breakingisraelnews.com/98498/pagan-war-goddess-statue-unveiled-un-idol-worship-makes-global-comeback/

avec ma traduction de cet article écrit par Adam Eliyahu pour Breaking Israel News

 

Dans cette traduction j'ai mis en liens des traductions de la Sainte Bible faites par l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones :

Les Émirats arabes apportent la déesse païenne de la guerre aux Nations Unies
Statue de la déesse grecque Athena exposée à Nashville, Tennessee. (Ron Cogswell/Flickr)

Statue de la déesse grecque Athena exposée à Nashville, Tennessee. (Ron Cogswell/Flickr)

28 Novembre 2017


 

" Il rebâtit les lieux sacrés qu’avait fait disparaître Ézékias, son père, et il fit élever des autels à Baal."
 
II Rois 21:3 (la Bible d'Israël ™)

 

Le même groupe multinational qui a recréé l'arche de la victoire de Palmyre et l'a envoyée pour une tournée mondiale a maintenant recréé une statue d'Athéna, la déesse romaine de la guerre, pour une exposition aux Nations Unies, une organisation qui prétend travailler à la paix mondiale, mais qu'un rabbin compare au paganisme moderne.
 
Les Émirats Arabes Unis (UAE) inaugurent officiellement l'exposition d'archéologie numérique, "l'esprit dans la pierre" au siège de l'Organisation des Nations Unies à New York, jeudi dernier. Les Émirats Arabes Unis, la mission italienne à l'ONU, et l'Institut d'archéologie numérique (IDA) ont coopéré en recréant une statue de la déesse romaine Athena pour l'exposition.
 
La statue originale d'Athéna était à Palmyre en Syrie, jusqu'à ce qu'elle fût détruite par ISIS en 2015. L'annonce des Émirats Arabes Unis décrivait la déesse comme "synonyme de raison, de refuge et de primauté du droit, toutes les mêmes valeurs sur lesquelles cette institution historique a été construite", mais la statue représente Athéna dans sa posture classique saisissant une lance, trahissant son rôle éminent de Déesse romaine de la guerre.
 
On pense également que la déesse romaine Athena (Athéna est une déesse grecque identifiée à Minerve chez les Romains. NdCR.) était basée sur la déesse de la Mésopotamie antérieure Ashera et a été incorporée plus tard dans l'Islam précoce comme Al-Lāt, vénérée en Arabie saoudite comme l'épouse d'Allah mentionnée dans le Coran. Cela serait compatible avec l'histoire de la statue sur le site de Palmyre, qui a été utilisé comme un temple par les mésopotamiens, les Romains et les musulmans à la suite.
 
Rabbi Elad Dokow, le rabbin en chef et conférencier à l'Institut de technologie Technion d'Israël, n'a pas été étonné que l'ONU tienne une exposition de symboles païens.
 
"Il y a actuellement une croissance indubitable du paganisme et de l'adoration d'idole dans le monde, plus que n'importe quelle autre religion, et il est naïf de croire que cet affichage soit déconnecté de ce phénomène," a déclaré le rabbin Dokow à Breaking Israel News. "Le paganisme donne la capacité pour chaque homme de créer sa propre vérité, par opposition au judaïsme et au christianisme, qui déclarent qu'il y a pour l'homme une vérité objective à laquelle il doit se conformer. L'ONU, comme le paganisme, est un lieu de réalité subjective créé par un vote."
 
"Ce que nous voyons dans le monde d'aujourd'hui, c'est que chaque endroit où le christianisme s'affaiblit, le paganisme et l'idolâtrie se renforcent, et là où le christianisme disparaît, des choses horribles se produisent."
 
Bien que l'initiative rassemblant Émirats Arabes Unis et Italie de recréer une idole païenne romaine semble incongrue, une telle Union a été décrite dans la prophétie juive, et une allusion en a été faite dans les Psaumes.
 
Oui, tous ensemble ils intriguent; ils ont fait alliance contre toi, 
ceux d'Édom et d'Ismaël, ceux de Moab et d'Agar. Ps 83 (82):6-7
 
Le sage juif du premier siècle Jonathan Ben Ouzziel a décrit comment cette Alliance biblique entre Ismaël et Esaü réapparaîtrait dans la guerre de la fin des temps.
 
"Des grands navires pleins d'armes partiront comme une grande flotte de l'Italie romaine et se joindront à une Légion qui s'écartera de Constantin [c'est Ismaël]." Ils nuiront aux habitants d'autres terres, et asserviront les descendants de Eber [une référence à Israël].
 
Les Émirats Arabes Unis ont travaillé avec l'IDA dans le passé. Leur première collaboration, l'arc imprimé 3-D de Palmyre, fut mis en évidence lors de l'exposition des Nations Unies par une projection sur grand écran. L'arche originale de Palmyre était une arche de la victoire romaine qui se tint pendant 1 800 ans devant le temple du dieu païen Ba'al à Palmyre jusqu'à ce que, comme la statue d'Athéna, il fût détruit par ISIS.
 
Ba'al était la forme d'adoration idolâtrique fréquemment mentionnée dans la Bible comme accompagnant le culte de la fausse déesse féminine, Ashera.
 
Ils ont abandonné tous les commandements du Seigneur leur Dieu et se sont fait des idoles en métal, deux statues de veaux ; ils ont fait des poteaux sacrés, se sont prosternés devant toute l’armée des cieux et ont servi Baal. II Rois 17:16
 
La reproduction de l'Arche a d'abord été présentée en avril de l'année dernière à Trafalgar Square (Londres) lors de la semaine du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la science et la culture (UNESCO) dans le Monde. Le dévoilement a coïncidé (un hasard.... NdCR...) avec les fêtes païennes les plus importantes de l'année, Beltane, inaugurant une période de 13 jours connue dans l'occultisme comme "le sacrifice du sang à la bête", qui est traditionnellement célébré avec des sacrifices d'enfants et des orgies bisexuelles.

Similaire à l'affichage actuel d'Athéna à l'ONU, l'arche de Palmyre a également été exposée lors d'événements associés à un gouvernement mondial. Elle était la pièce maîtresse du Sommet du Gouvernement Mondial à Dubaï en février dernier, et est apparu à Sarona, en Italie, en juin, son exposition coïncidant intentionnellement avec le Sommet du G7 des dirigeants du monde.

 
Rapporté par: Adam Eliyahu-Breaking Israel News

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L'information a également été rapportée avant-hier sur un site protestant en anglais "OpenHeaven".

 

Rappelons que lors des temps bibliques, Abel, Noé, Abraham et les autres patriarches offraient des sacrifices au Seigneur et que Satan, le singe de Dieu voulut se faire lui aussi adorer et avoir les siens. Les Hébreux, sortis de leur captivité en Egypte furent mis en contact avec des nations de Chanaan plongées dans la plus sanguinaire idolâtrie et se laissèrent parfois corrompre. Afin de leur éviter de se fourvoyer dans ces faux cultes, le Seigneur dicta à Moïse cet article de la loi : "Celui qui sacrifie aux dieux sera voué à l’anathème" (Exode 22: 19). Mais malgré les défenses réitérées contre les prévaricateurs, les Hébreux, fascinés par le démon, se laissèrent entraîner dans l'idolâtrie. Déserteurs du vrai Dieu, on les vit offrir des victimes aux idôles. C'est le reproche que Moïse leur fit au moment de mourir : "Ils sacrifient à des démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissent pas" (Deut, 32:17). Quelles étaient ces victimes ? David nous l'apprend: des victimes humaines, et surtout de jeunes enfants des deux sexes (Ps 105:35-36). Trois cents ans après le règne de David, le prophète Isaïe montra le sacrifice humain toujours en vigueur chez les Juifs, ses contemporains qui immolaient des enfants dans les torrents : Immolantes parvulos in torrentibus (Is 57:5-6).

Cent ans après Isaïe, le prophète Jérémie constate la persistance du sacrifice humain chez ses compatriotes : "Car ils m’ont abandonné ; ils ont rendu ce lieu méconnaissable ; ils y ont brûlé de l’encens pour d’autres dieux que ni eux, ni leurs pères, ni les rois de Juda n’avaient connus ; ils l’ont rempli du sang des innocents. Ils ont édifié les lieux sacrés du dieu Baal, pour consumer par le feu leurs fils en holocauste à Baal : cela, je ne l’avais pas ordonné, je ne l’avais pas dit, ce n’était pas venu à mon esprit !" (Jr, 19:4-5).

Cent ans après Jérémie, le prophète Ezéchiel élève la voix : "Tu as pris tes fils et tes filles que tu m’avais enfantés, et tu les as sacrifiés pour qu’elles s’en nourrissent. Était-ce donc trop peu que ta prostitution ? Tu as égorgé mes fils et tu les as livrés en les faisant passer par le feu pour elles." (Ez, 16:20-21)

Même reproche dans le prophète Osée qui nous apprend qu'on ne sacrifiait pas seulement des enfants, mais encore des hommes faits, à l'instar de tous les peuples païens : "Quand Éphraïm parlait, c’était la terreur, car lui, il était chef en Israël. Mais il s’est compromis avec Baal et il en est mort. À présent, ils continuent de pécher, ils se font des images de métal fondu, des idoles avec leur argent et par habileté : œuvre d’artisans que tout cela ! C’est à leur propos que l’on dit : 'Eux qui sacrifient des hommes, ils vénèrent des veaux.'' (Os 13:1-2)

Le Livre de la Sagesse nous révèle les abominables pratiques qui accompagnaient les sacrifices humains : "...meurtres rituels d’enfants, célébrations de mystères occultes, délires et cortèges au cérémonial extravagant ; ainsi, ils ne respectent plus la pureté ni de la vie ni du mariage, mais ils conspirent pour s’entretuer et s’infligent les tourments de l’adultère. Tout est mêlé : sang et meurtre, vol et fraude, corruption, déloyauté, sédition, parjure, confusion des valeurs, oubli des bienfaits, souillure morale, perversion sexuelle, désordre dans le mariage, adultère et débauche. Oui, le culte des idoles sans nom est le commencement, la cause et le comble de tout mal." (Sg, 14:23-27). Dans l'Antiquité, il en était de même dans tous les peuples païens, Chananéens, Phéniciens, Grecs, Romains, Gaulois, tous pratiquaient le sacrifice humain. "Après avoir pris un bain de sang humain, on allait prendre un bain de luxure. Voilà ce qui se passait chaque jour, dans la belle Antiquité." (Mgr GaumeMort au cléricalisme, ou Résurrection du sacrifice humain, 1877, rééd. Saint-Rémi, p. 38.)

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 19:09

Stéphane Courtois, l'historien du "Livre noir du communisme" traduit en 26 langues et à 10 millions d'exemplaires, était aujourd'hui l'invité de Tv-Libertés pour présenter son dernier livre "Lénine, l'inventeur du totalitarisme". Le récit glaçant d'un criminel, d'un monstre hors du commun. 100 ans après la naissance du communisme, la lecture de cet ouvrage qui mériterait le Goncourt est tout simplement indispensable.

Extrait

 

"(Le culte de la personnalité) C'est le propre des régimes totalitaires, qui sont créés, imaginés, menés par un leader charismatique et Lénine était ce leader charismatique initial. C'est lui qui a tout pensé. Quand il prend le pouvoir à St Petersbourg le 7 novembre 1917, cela fait trente ans qu'il y travaille, trente ans qu'il rumine sa vengeance contre le tsar. Donc quand il arrive il est prêt à appliquer sa doctrine absolument, qui est une doctrine collectiviste de suppression de la propriété privée, de renversement de la bourgeoisie et de l'extermination de tous les opposants. Donc il ne faut pas s'étonner de cette violence initiale que l'on trouve dans cette période 1917-1922. Quant à Staline, il est un des principaux lieutenants de Lénine bien avant 1917. C'est un révolutionnaire très dur, très conséquent, acharné, impitoyable. C'est pour cela que Lénine l'a d'ailleurs choisi."

 

Stéphane Courtois explique :

 

"Une grande partie de mon livre, c'est-à-dire jusqu'au 7 novembre 1917, c'est les trente années de l'histoire d'une radicalisation qui va en s'intensifiant en permanence. Cela démarre effectivement par un double choc psychologique. Un premier dans lequel le régime n'a rien à voir c'est la mort brutale de son père d'un avc à cinquante-trois ans, quand il a quinze ans, et l'année suivante, en 1887 c'est la condamnation à mort de son frère pour avoir participé à la préparation d'un attentat contre le tsar. Et là il y a un choc beaucoup plus important.

 

[...]

 

Vous avez employé le terme de 'monstre', moi c'est un mot que j'hésite à utiliser parce que l'idée de monstre semble indiquer que cette personne en réalité n'est pas un homme, il est hors de l'humanité. L'ennui est que ces gens-là sont des hommes - que ce soit Lénine, Staline - comme vous et moi. Simplement que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui les a rendu aussi enragés, aussi violents, avec une telle haine ? Parce que ce sont des gens qui sont animés, vraiment, par une haine extraordinaire de la société, du régime en place, des bourgeois, etc. Ce sont aussi des gens animés par ce que j'appelle un hyper-narcissisme.

 

[...]

 

Sur la référence de Lénine à la Révolution française : 

 

"Lénine qualifie les bolchéviques, avant même 1917, de 'jacobins prolétariens'. Les jacobins de 1793 étaient des jacobins 'bourgeois' pour Lénine, lui il est 'jacobin prolétarien'. En fait, il ne connait pas les ouvriers, mais peu importe ! Le prolétariat chez Lénine n'est pas une notion sociologique, c'est une notion idéologique. Être prolétarien, en réalité, c'est être membre du parti de Lénine."

 

Sur la théorie des "contraintes des circonstances" (expliquant la violence...), (mais aussi voir "la fin justifie les moyens", théorisation de la violence...NdCR.)

 

"tarte à la crème de l'historiographie communiste française sur la Révolution française". En France, quand le roi convoque les Etats généraux en 1789 - parce que c'est le roi qui convoque les états généraux -, personne à ce moment-là n'imagine que trois ans plus tard tout aura sauté. Avec Lénine, c'est tout à fait différent, parce que comme je le disais, Lénine, depuis trente ans il prépare cela. Et donc il n'y a pas de circonstances, même si des circonstances il y en a toujours, il y a ici surtout une stratégie clairement établie dès 1905 ou en tout cas 1906 de prise du pouvoir par la force, dictature du prolétariat, guerre civile, extermination des ennemis !... Et instauration bien évidemment du... communisme. Parce que c'est quand même cela - le communisme - qui est l'idéologie porteuse." 

 

Comment peut-on arriver à un tel aveuglement, comment explique-t-on encore des avenues Lénine en France comme à deux pas des studios de Tv-Libertés ?

 

"Je crois que ce n'est plus de l'aveuglement. C'est simplement la protection de positions acquises, parce qu'évidemment ces gens-là sont en place, si ils admettent ce que les historiens racontent, tout leur récit et tout leur engagement s'effondre. Donc là c'est une espèce de position de survie personnelle, et de survie collective de tout un tas de gens qui ont participé à tous ces groupes depuis 1968, et bien avant. Il y a un homme qui en avait tiré les conséquences, c'est Robert Hue, qui avait été propulsé Secrétaire national du Parti communiste français et qui finalement a quitté ce parti. Et dans un colloque où je l'avais invité il avait clairement dit 'voilà, Staline, Lénine, ce n'est pas possible, il faut absolument couper avec cela.' Et il mettait même Marx en cause. Voilà un homme honnête entre guillemets qui reconnait les choses. Simplement, ce n'est pas un intellectuel. Le problème des intellectuels, surtout français, c'est qu'ils ne reconnaitront jamais qu'ils ont pu se tromper ! Il y a (de leur part) une arrogance phénoménale. Or, en principe, l'intellectuel devrait avoir des doutes, il devrait être capable de faire son autocritique ! Mais c'est la chose du monde la moins partagée dans ce pays !"

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:39
L’orientation mystérieuse du château de Versailles bientôt expliquée ?

Mystère. L’étude de l’orientation du château du Roi-Soleil fait apparaître un alignement troublant avec l’un des lieux les plus connus de la chrétienté. Simple coïncidence ? Maître d’œuvre en bâtiment, amateur d’histoire, Philippe Chocat a voulu en avoir le cœur net.

 

C’est le genre de sujet qu’un journaliste ne sait jamais trop comment aborder. Ça commence par un appel, un jour de printemps où l’on est forcément occupé à autre chose qu’à la résolution d’une énigme historique. « Bonjour, j’ai découvert le mystère de l’orientation du château de Versailles, je voudrais savoir si vous êtes prêts à en parler dans votre journal. » Forcément, on marque une pause. Le mystère de l’orientation du château de Versailles ? On répond que oui, bien sûr. On s’intéresse, poliment. On ajoute qu’on n’est pas certain d’avoir de la place dans nos pages mais qu’on veut bien recevoir un mail avec un peu plus d’informations, pour se faire une idée. Réponse de l’interlocuteur : « Je préfèrerais ne pas en dire trop par téléphone, vous comprenez ? Et puis vous vous rendrez mieux compte de visu, avec les plans. » Ah oui, le secret, forcément. C’est bête mais on ne peut pas s’empêcher, à ce moment-là, d’imaginer en souriant les membres d’une quelconque confrérie secrète aux aguets, prêts à empêcher que le secret ne soit trahi.

 

Comme, malgré tout, il arrive qu’un journaliste soit curieux, et que l’interlocuteur, qui se présente comme maître d’œuvre en bâtiment et amateur d’histoire, semble tout-à-fait rationnel, qu’il affirme avoir été très étonné lui-même de sa découverte, on fixe un rendez-vous. Dans l’intervalle, on se documente un petit peu. Versailles, on connait sans connaître. L’orientation du château ? Ah oui, le grand canal, évidemment. On lit. Son orientation aurait été choisie de telle sorte que, le 5 septembre, jour de la naissance de Louis XIV, le soleil se couche dans l’axe de cette très grande et très belle installation. On tape « polémique », « controverse », mais rien d’intéressant ne semble émerger, si ce n’est pour la date : ce serait plutôt le 25 août, jour de la Saint-Louis, ou même le 15 août, solennité de l’Assomption, que le soleil est supposé se coucher dans l’axe du plan d’eau. Bon.

“Que la galerie des glaces, supposée recevoir la lumière, soit orientée au nord-est, ça me paraissait bizarre, comme une grosse bourde de Le Vau”

 

L’arrière-salle d’un café du XVe arrondissement de Paris. Notre homme est déjà installé. Philippe Chocat, 56 ans, a la poigne franche et le regard solide. « J’ai apporté mon ordinateur, vous allez mieux vous rendre compte », explique-t-il. Le temps que les fichiers se chargent, je le questionne sur cette histoire de date et de coucher de soleil. « Oui, je sais, répond-il tranquillement, mais ça ne change rien, c’est quelque chose de très différent, vous verrez. » Tournant face à moi l’écran de son ordinateur, il reprend : « j’ai toujours trouvé étrange l’orientation du château, ou du canal, comme on veut, les deux vont ensemble puisque le corps principal est perpendiculaire au canal. Que la galerie des glaces, supposée recevoir la lumière, soit orientée au nord-est, ça me paraissait bizarre, comme une grosse bourde de Le Vau. Bref, ça m’intriguait et je trouvais un peu courte la seule explication « solaire ». J’ai eu la curiosité de prolonger très loin, bien au-delà de Versailles et des environs le segment de droite que constitue le canal et c’est là que j’ai vu… »

 

La lenteur du réseau wifi du café rendait l’opération un peu laborieuse et, voyant la droite sortir de l’hexagone, je sentais me revenir l’idée qu’on allait tomber sur une chapelle cathare perdue dans le Tyrol ou quelque chose comme ça ; ainsi quand Philippe Chocat me montra, carte planétaire à l’appui, que la droite partie du canal se perdait quelque part dans le désert anatolien, j’ai presque trouvé cela rassurant même si je ne voyais plus, du coup, où il voulait en venir.

 

L’explication, toute simple, n’a pas tardé. « Évidemment cette ligne droite, tracée ainsi, ne tient pas compte de la rotondité de la Terre. Mais l’avantage de Google Earth, c’est qu’il est facile de faire en sorte que cette rotondité soit intégrée dans le calcul. On obtient alors une toute autre droite, enfin une parabole, comme vous voyez… » Et, de fait, je vis le segment de droite, ainsi recalculé, suivre une trajectoire qui, davantage orientée vers le sud, abordait l’orient non plus en Turquie mais exactement à la hauteur de… Jérusalem. Philippe Chocat s’agaçait de la lenteur du système de calcul qui rendait chaotique un tracé qu’il aurait voulu limpide. J’étais pour ma part déjà convaincu que je n’avais pas perdu mon temps. Je reprenais : « le château a été orienté pour faire face à la Terre Sainte ? C’est le cas de nombreux édifices religieux – c’est même l’origine du verbe « orienter », il me semble… ».

 

Le découvreur ne se démonta pas. « Oui mais c’est beaucoup plus précis que cela, regardez ». Encore quelques zooms sur la cité trois fois sainte et sous mes yeux le trait violet matérialisant le segment de droite vint se superposer exactement… sur, sur… « Vous reconnaissez ? » J’ai beau ne pas être spécialiste, ce dôme me disait en effet quelque chose. Je hasardais : « C’est l’église du Saint-Sépulcre ? » Chocat opinait. « Exactement. Portée jusqu’en Israël, la droite née du grand canal, l’axe même de Versailles vient frapper exactement sur le tombeau du Christ. Ce n’est pas moi qui le dis, d’ailleurs, c’est le calculateur. Ce que je dis, moi, c’est que ça me semble un peu gros pour n’être qu’une coïncidence. »

 

De fait, visuellement, l’effet est saisissant. Le grand canal, donc aussi les pièces du château situées sur cet axe, fait face, à 3 500 kilomètres de distance à l’emplacement supposé (et, en tout cas, vénéré comme tel) du tombeau de Jésus. Or, parmi les pièces concernées, il y a bien évidemment la chambre du roi. Louis XIV, dont la piété était connue (son premier geste, le matin, était de tremper la main droite dans une coupelle d’eau bénite portée par son chambellan et de se signer), pouvait ainsi, tous les jours, saluer par la fenêtre ce Dieu, fils de Dieu, de l’autorité de qui il tenait son pouvoir. « Chaque matin les volets des portes fenêtres face au lit sont ouverts par le premier valet de chambre, la lumière fait place à la nuit, et l’extrémité de cette perspective qui se dévoile c’est le Saints des Saints de la chrétienté, s’enthousiasme Pierre Chocat. Ces volets sont la pierre du tombeau qui roule, la lumière est celle de la résurrection, la victoire de la lumière sur la nuit, la victoire de la vie sur la mort. En quelque sorte, chaque jour la résurrection est commémorée au monarque ».

“Portée jusqu’en Israël, la droite née du grand canal, l’axe même de Versailles vient frapper exactement sur le tombeau du Christ”

 

L’image est certes séduisante mais, en réalité, elle est un peu hors-sujet. Le grand canal, dont l’axe traverse la chambre du roi avant de cingler, donc, vers Jérusalem, n’est perpendiculaire qu’à un bâtiment qui préexistait au château voulu par le Roi-Soleil. La clé, s’il y en a une, n’est donc pas tellement dans le grand canal que dans le petit pavillon de chasse construit par Louis XIII. Raisonnons. Et questionnons. « Que sait-on des personnes qui ont construit ce château ? Les architectes, les maçons ? » Les sciences de l’époque, mathématique, (triangulation notamment), géographie, offraient sans doute de déterminer, depuis Versailles, rotondité de la Terre incluse, la direction précise de Jérusalem. Au degré près ? Au vu de la distance mise en jeu, une erreur infime d’orientation aurait fait manquer le Saint-Sépulcre de plusieurs kilomètres.

 

En vérité, je ne suis pas sûr de tout cela et Philippe Chocat non plus. « Il faudrait savoir si ces personnes ont écrit des mémoires sur la question, ou quels sont les autres édifices prestigieux qu’ils ont été amenés à bâtir, etc. » Philippe Chocat opine mais ne cache pas une légère déception. La précision toute mathématique du tracé et la piété de Louis XIV ou de Louis XIII, qui était très grande, lui semblaient constituer des arguments suffisants.

 

Il paraît étonnant qu’une telle volonté, un tel symbole, n’ait pas, en ces temps très chrétiens, été davantage mis en avant

 

En histoire, pourtant, il est rare de disposer de la preuve ultime, absolue. Il faut, bien souvent, se contenter d’un faisceau d’indices, et le souhaiter le plus dense possible. En réalité, il paraît étonnant qu’une telle volonté, un tel symbole, n’ait pas, en ces temps très chrétiens, été davantage mis en avant. Qu’il ne l’ait pas été, ou si peu que les traces aient pu s’en perdre, ne semble pas tenir la route. Pourquoi Louis XIII aurait-il gardé pour lui un tel secret ? Pourquoi personne ne semble avoir été au courant que l’axe du petit pavillon (dont Louis XIII, qui avait personnellement participé à l’élaboration du plan, désirait faire un lieu de retraite spirituelle) menait tout droit au tombeau de Jésus ? Un secret de l’architecte ? Mais, encore une fois, pourquoi le secret ? Bref, il faut vérifier.

 

Avant Le Vau, les architectes s’appelaient Philibert Le Roy, Métezeau père et fils, ou Nicolas Huaut le maître-maçon. Un examen superficiel des sources n’a rien fait émerger de significatif. Qu’en pensent les historiens de métier ? « J’avais soumis l’idée à Monsieur Guillou, reprend Chocat. Il l’a trouvée séduisante mais m’a dit ne rien savoir de sa pertinence. Je ne sais pas s’il a suivi la piste. » Il serait peut-être temps de le faire ? Si ce face-à-face a été voulu, il est incroyable que le souvenir s’en soit perdu ; et si au contraire c’est un pur hasard, un tel degré de précision ne laisserait plus guère de doute sur la nature divine de la chose…

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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 08:27
La Grande Histoire des guerres de Vendée - Pas de théorisation de la violence chez les révolutionnaires de 1789 ?

Invité de France Inter mardi 21 novembre pour la sortie de son livre"La Grande Histoire des guerres de Vendée", Patrick Buisson a dénoncé justement le "terrorisme d'État" de la Révolution, comparable au djihad de Daech. Une analogie que l'historien Loris Chavanette juge pourtant "mal fondée", dans un article du Point. Selon cet historien, "les révolutionnaires de 1789 [...] n'ont jamais théorisé la violence comme une nécessité de l'histoire." (Sic) "La nuance est de taille et doit être rappelée pour ne pas confondre les révolutions entre elles" (Resic).

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41GCVZEBMWL._SL500_AA300_.jpgOr, pas de chance, il ressort des discours des révolutionnaires de 1789 un volontarisme et un constructivisme qui sont "la première racine de la Terreur révolutionnaire". Ceci a été bien défini par Patrice Gueniffey dans  La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire (Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.). "L'histoire de la Terreur ... ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté".

 

Par leur volonté de construire un homme nouveau arraché à tout ce qui le définit, à son passé comme à la religion de ses ancêtres, par leur volonté de construire un corps social régénéré, les révolutionnaires de 1789 sont les premiers à théoriser la violence comme moyen pour parvenir à leur projet de société. Et parmi ces moyens, il y a la guerre.

 

Avant tout propos, nous pouvons rappeler ici que d'un point de vue spirituel, il y a chez les révolutionnaires de 1789, comme chez les Modernes, une volonté de détruire l'ordre naturel et cosmologique.

 

Lire: "L'alternative philosophique" et "spirituelle" (Guillaume Bernard et Ariane Bilheran)

 

"La fin sanctifie les moyens". La guerre, comme moyen

 

L'abbé Barruel, célèbre auteur contre-révolutionnaire en 1797, voit dans la conjuration des Illuminés de Bavière, la source de la Révolution "française" de 1789. "C'est, dit-il, de la secte qu'est venu le serment de dénoncer parents, amis, frères et soeurs, et de regarder, sans exception, comme proscrit, tout homme qui ne partage point les opinions révolutionnaires. Ce serment était celui des loges, avant d'être celui des Jacobins. (Abbé Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1797, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 479).

 

ll relate ce que Sieyès, l'abbé franc-maçon révolutionnaire, répondit aux reproches de M. Mallet du Pan, horrifié des moyens révolutionnaires :

"Vous nous parlez toujours de nos moyens; eh ! Monsieur, c'est la fin, c'est l'objet et le but qu'il faut apprendre à voir'"

 

L'abbé Barruel précise que "ce principe qui console nos Sieyès de tant d'atrocités, c'est encore de la secte elle-même qu'ils l'ont appris; c'est du code et des loges de Weishaupt que nous l'avons vu passer au code Jacobin". Il ajoute que c'est de la bouche même de cet auteur, qu'il a appris la réponse que Sieyès faisait à ses reproches. (A. BARRUEL, Mémoires pour servir à l'Histoire du jacobinisme, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 479.)

 

A la page 102 : "(Weishaupt). Il avait inventé ce principe : 'La fin sanctifie les moyens', il l'appliquait au vol que ses adeptes pouvaient faire et faisaient dans les bibliothèques des princes ou des religieux. ... Nous verrons la secte en faire des applications bien plus importantes..."

 

En 1789, Brissot, invoquant l'autorité de Machiavel, rétorqua à Clermont-Tonerre : "Rappelez-vous, l'axiome : 'qui veut la fin, veut les moyens'" (Source: Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89).

 

Ce qui est mal sous le régime "despotique" (sous l'Ancien Régime, le délateur était vil et abject) devient un bien dès lors que le peuple devient "souverain". L'inversion générale des valeurs se retrouve ici. "La dénonciation, loin d'être un crime en morale, est devenue une vertu et un devoir" ! (Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 204.)

 

La terreur révolutionnaire de 1789 trouve son héraut le 12 septembre lorsque Marat publie le premier numéro de son journal intitulé Le Publiciste parisien qui prendra le titre de L'Ami du peuple à partir du n° 6, le 16 septembre 1789.

 

"Marat n'est pas le seul à s'être donné pour mission la surveillance et la dénonciation des 'complots' (contre-révolutionnaires, Ndlr.). Argus, Surveillants, Dénonciateurs, Sentinelles et même Aveugles clairvoyants: telles sont les publications qui se bousculent aux étalages des libraires. (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 69-71.)

 

Le révolutionnaire Brissot, qui avait des biens à Ouarville dans l'Eure-et-Loir, et qui en bon anglomane, se disait Brissot de Warville, était le stipendié des banquiers et des hommes d'affaires .(R. Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 213, 214). Il était également le secrétaire général et trésorier de chancellerie du duc d'Orléans, alors "Grand Maitre du Grand Orient de France". (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959; p. 183, 345 et suivantes, 367, 369, 407)Brissot appelait à la guerre "révolutionnaire" "pour libérer les peuples" (sic). C'est donc une théorisation de la libération des peuples par la guerre. C'est ce même principe que l'on trouvera chez les communistes de 1917, inspirés du Manifeste de Karl Marx de 1848.  'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.'" (Cf. Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76)

 

Lire: Révolution d’octobre : un documentaire ne fait pas l'impasse sur les crimes de Lénine

 

Jusque-là pourtant, Brissot s'était illustré comme "philanthrope", "ami de l'humanité", un grand créateur (et financeur) de sociétés dites "philosophiques"..., en réalité véritables postes centraux maçonniques dispersés sur l'ensemble du territoire.

 

Dans son livre Le Discours jacobin et la démocratie, Lucien Jaume explique :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518vmFiw1IL._AA278_PIkin4,BottomRight,-54,22_AA300_SH20_OU08_.jpg"La guerre de la liberté, (dit Brissot, ce 16 décembre 1791. Ndlr.) est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. [...] Au  sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes" (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in Lucien Jaume, Le Discours Jacobin, Fayard, p. 71.) 

 

La guerre avait également chez Brissot une visée économique :

 

'Enfin, n'y a-t-il pas un commerce au milieu des guerres ?'..." Il faut cependant signaler que les 'brissotins' ne furent pas les seuls initiateurs de la guerre; comme l'ont signalé F. Furet et D. Rocher (La Révolution française), c'est tout le courant d'esprit démocratique en France qui s'enflamma pour elle..." (L. Jaume, ibid., p. 73.)

 

Comme l'explique Patrice Gueniffey, les Brissotins (ou "Girondins")  avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792), porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la 'trahison du roi'"... (P. Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670).

 

L'abbé Barruel écrit, qu'après la "conspiration du 10 août" 1792, dite "insurrection du 10 août" [journée au cours de laquelle fut envahie l'Assemblée ainsi que le Palais des Tuileries, siège du pouvoir Exécutif, pris d'assaut. Lucien Jaume dans Le Discours jacobin et la démocratie, parle d"insurrection" qui "n'est pas spontanée", d'"une collusion supposée entre Lafayette et les amis de Brissot", d'un "Directoire secret" dont les "manifestants" "ont été préparés politiquement et militairement , "une synthèse a été fournie par G. Maintenant" : Les Jacobins, coll. Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58. L'abbé Barruel parle d'une "conspiration" "ourdie par Brissot"]:

 

"dès lors, on les entend dire dans leur club, ce que Brissot écrivait ensuite aux généraux de sa Révolution: 'Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là' (Voyez Considér. sur la nature de la Révol. par M. Mallet du Pan, p. 37).

 

"L'historien pourra trouver toute l'histoire de cette atroce révolution du 10 août, dans les discours du député Louvet (journaliste, conventionnel régicide, député aux Cinq-Cents): 'nous la voulions, nous autres jacobins, parce qu'à coup sûr la paix tuait la république...'" (Jean-Baptiste Louvet, dit Louvet de Couvray, cité in A. Barruel, ibid., p. 473.)

Comme l'explique Patrick Buisson sur France Inter,  "en matière de terrorisme d'État, la Terreur, c'est nous qui l'avons inventée" !

 

Preuves, quelques citations de nos révolutionnaires :

 

"Je ne juge pas, je tue. Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres." (Saint Just)

 

"Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai." (Marc-Antoine Baudot (1765-1837). Député envoyé en mission dans le sud-ouest et près de l’armée des Pyrénées d’avril 1793 à mars 1794. H. TAINE, Les Origines de la France contemporaine, p. 53.)

 

"Le Comité de Salut Public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle (Vendéens), à faire disparaître ses repères, à incendier ses forêts, à couper ses récoltes. Le vaisseau de la Révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang." (Bertrand Barrère) Question : pourquoi est-on obligé de n'y arriver que "sur une mer de sang" ? N'y a-t-il pas des moyens plus pacifiques ? Pas de théorisation de la violence ?

 

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivants les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant dans plusieurs endroits qu'ils font pyramides." (Général François-Joseph Westermann, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Le Comité de Salut public a pensé que, pour célébrer la Journée du 10 août qui a abattu le trône, il fallait pour son anniversaire détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis. Les porte-sceptre, qui ont fait tant de maux à la France et à l'Humanité semblent encore, même dans la tombe, s'enorgueillir d'une grandeur évanouie. La main puissante de la république doit effacer impitoyablement ces épitaphes superbes et démolir ces mausolées qui rappelleraient des rois l'effrayant souvenir.

Décision prise par la Convention nationale visant à profaner les tombes royales, au nom des "valeurs républicaines", le 31 juillet 1793. Pas de violence dans la profanation de tombes ?

 

"Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé." (Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. "Hervé de Bélizal"), p. 232.) Pas de théorisation de la violence ?

 

"Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la partie sera sauvée." (Jean-Baptiste Carrier, le 9 novembre 1793, qui préconise d'empoisonner les puits et les sources d'eau... Pas de théorisation de la violence ?)

 

"Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé." (Saint Just)

 

Carrier "purge" la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou: il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer "par centaines" les naïfs qui se rendent. "La défaite des brigands est si complète qu'ils arrivent à nos avant-postes par centaines. Je prends le parti de les faire fusiller... C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode." (Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.) Pas de théorisation de la violence ?

 

 

Le professeur de philosophie Benaben, commissaire : 'Il paraît qu'on a fusillé plus de deux mille brigands. On appelle cela : envoyer à l'ambulance.' (Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

Il faut "régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang" (Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794: cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78.)

 

"La guerre de Vendée est enfin terminée sur la rive droite de la Loire. Un petit séjour dans ses cantons fera disparaître les fantassins qui auraient pu s'évader à la faveur des bois... C'en sera fini de l'engeance fuyarde, de la race maudite, des fanatiques et des traîtres." (Général Marceau, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Les brigands de la Vendée ne la reverront plus; hommes, femmes, marquis, comtesses, tout est tombé sous le sabre que vous nous aviez confié." (Un aide de camp du Général Kléber à la Convention, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 456.)

 

"Nous pourrons être humains quand nous serons assurés d'être vainqueurs." (Lettre de Hérault de Séchelle à Carrier, le 29 septembre 1793, citée d'après C.L. CHASSIN, La Vendée patriote, t. 3, Paris, 1894, reprint Mayenne 1973, p. 559.) Pas de théorisation de la violence ?

 

"Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir." (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25).

"Fouché dit 'par humanité' ; Carrier dit 'par principe d'humanité' ; le médecin du camp (nazi), remarque le professeur Xavier Martin, exprime-t-il autre chose lorsque disant éradiquer 'un appendice purulent', il déclare agir 'par respect pour la vie humaine'?" (Xavier Martin, Régénérer l'espèce humaine, Utopie médicale et Lumières 1750-1850, La médecine au pouvoir ?, DMM, Mayenne 2008, p. 114).

L'animalisation dont parle Patrick Buisson:

 

Comme l'a montré Xavier Martin dans "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008), la République bestialise les récalcitrants. "Ne sont-ils que bêtes, ou bien sont-ils des bêtes ? "Elle parle de 'troupeau', et de 'femelles'. Le mot est fréquent. Significative, cette formulation de deux commissaires municipaux s'adressant à la Convention (4 germinal an II, 24 mars 1794), à propos des femmes et enfants jetés vivants dans les fours : 'Les femelles des royalistes manquants, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes.' (cité dans HVM/2/118)." ... "Et de juger les mâles et les femelles" (Lettres de la Commission militaire Parein-Félix, dans Anjou Historique, 1917-1918, [p. 231-248], p. 242.), et d'"animaux à face humaine" (Camille Desmoulins, cité par A. Gérard, La Vendée, 1789-1793, Seyssel, 1992, p. 144.), ou d'"un ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas figure humaine" (Bourdon (de l'Oise), au Club des Jacobins, le 11 septembre 1793 : Aulard, éd., La Société des Jacobins..., t. 5, op. cit., p. 399), ... elle empile leurs corps 'à peu près comme des cochons qu'on aurait voulu saler' (rapporté en l'an III par un républicain d'Anjou, réprobateur: Rapport du citoyen Benaben..., op. cit. p. 81)

 

La république en vient "à dénier aux Vendéens tout caractère humain" (A. Gérard, op. cit., p. 277) Un "naturaliste célèbre" en ces années de drame, n'avait-il pas renom d'avoir imaginé qu'entre l'homme et le singe, le Bas-Poitevin, peut-être, est le chaînon manquant ? (c'est ce que rapporte, indigné il est vrai, le républicain J.-B. Leclerc : Essai sur la propagation de la musique, op. cit. (an VI), p. 66-67). Voltaire avait écrit (et le thème est commun sous sa plume) : "Le peuple est entre l'homme et la bête" (Voltaire's Notebooks, éd. Bestermann, 2 vol., Genève, 1952, t. 2, p. 381.); il estimait que seuls les philosophes "ont changé les bêtes en hommes" (Voltaire, Correspondance, t. 7, p. 913, lettre du 7 novembre 1764 à Damilaville). Dès l'origine des évènements, il s'était volontiers agi de battue, de chasse aux "bêtes fauves", de "traquer ces brigands comme des loups" (Lettre des Commissaires dans les Deux-Sèvres et la Vendée, 19 mars 1793 : Aulard, éd., Recueil des actes du Comité de Salut public..., t. 2, Paris, 1889, p. 416.), de "leur courir sus, non pas comme dans une guerre, mais comme dans une chasse" (Desmoulins, référence de la note 155.), de les poursuivre "comme on poursuit les sangliers. Il faut des éclaireurs qui fassent lever ce gibier" (Un militaire aux Jacobins, le 1er juin 1793 : Aulard, La Soc. des Jacobins, t. 5, op. cit., p. 221.) Barrère, à la tribune, a alors, sur mesure, ajusté l'expression "chasse civile" (Convention, 15 brumaire an II, 5 novembre 1793: AP/1/78/403/1.) (Source: Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Mallet du Pan, penseur calviniste incarnant une Contre-révolution réformatrice en 1789, partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise qu'il aurait voulu voir introduire en France (dont il croyait l’application possible), et sous la plume duquel l’expression "suffrage universel" fit son apparition, s'indigna très vite des excès des philanthropes rédacteurs des "droits de l'homme", se jeta avec emportement dans le parti royaliste et se mit en 1793 à faire une critique sévère de la Révolution et les hommes qui en avaient adopté les principes. Le roi conçut pour lui une si grande estime qu’en 1792, il le chargea d’une mission de confiance en Allemagne et d'y inciter les souverains étrangers à la modération.

 

En 1793, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir par la conspiration républicaine du 10 août 1792 qui mettait en danger la civilisation européenne tout entière, Mallet du Pan, écrivait, dans un style vif, plein de verve et de franchise :

 

En 1792, "la France est une vaste caserne :

 

tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans.

 

Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats.

 

Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues.

 

Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous." (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 07:14

Source: La Nuova Bussola Quotidiana

Dalla rivista illuminista spunta un Voltaire cattolico

20-11-2017

Rino Cammilleri

Du magazine illuminé apparaît un Voltaire catholique

François-Marie Arouet (1694-1778) signait avec le pseudonyme de Voltaire et vous savez quel était son sport favori: tirer à bout portant sur le christianisme. C'est la fameuse phrase "Écrasez l'infâme !" (Écraser l'infâme, c'est-à-dire avant tout l'Église catholique). Cependant, comme Napoléon (mais aussi comme Cavour), à la fin de la vie, il voulait le prêtre. Oui, parce que vous ne savez jamais. Il ne sera pas le premier - ni le dernier - de ceux qui, après avoir donné le corps et leurs œuvres au diable, donneront du moins l'âme à Dieu. En fait, la nouvelle de sa conversion à l'article de la mort est une nouveauté, rapporté par Aleteia.org le 16 novembre 2017.

Le professeur Carlos Valverde a noté le volume XII d'un vieux magazine français: Correspondance littéraire, philosophique et critique (1753-1793). En avril 1778, pages 87-88, voici le document manuscrit (ou dicté) de Voltaire en personne: "je, soussigné, déclare que le fait d'avoir vomi du sang il y a quatre jours, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et ne pas être en mesure d'aller à l'église, le curé de la paroisse de Saint-Sulpice, a voulu ajouter à ses bonnes actions que de m'envoyer à monsieur Gauthier, prêtre. Je suis allé en confession avec lui, et si Dieu dispose de moi, je meurs dans la sainte religion catholique dans laquelle j'étais né, en espérant que la miséricorde divine daigne pardonner toutes mes fautes, et si j'ai scandalisé l'Église, je demande pardon à Dieu et à elle. Signé, Voltaire, 2 mars 1778, chez le marquis de Villevielle, en présence de monsieur l'abbé Mignot, mon neveu, et de monsieur le marquis de Villevielle, mon ami."

 

Voltaire mourut le 30 mai suivant , et rien n'indique qu'il ait changé d'avis à l'égard de ce 2 mars. Une profession de foi extraordinaire pour celui qui a consacré sa vie, avec les armes de l'ironie et du sarcasme, à vomir la haine de l'Église et du christianisme. Bien sûr, l'âme humaine est insondable. Ou peut-être simplement, la peur, quatre-vingt-dix. Serait-ce un bluffe, cette conversion sur le fil du rasoir? Cela ne semble pas, car le magazine en question a été édité par des encyclopédistes tels que Diderot et Grimm. Puis parce qu'il renvoie à cet autre document: "Nous déclarons cette copie conforme à l'original, qui est resté entre les mains de M. Abbe Gauthier et que nous avons tous deux signé, comme ce certificat. Paris, 27 mai 1778. L'abbé Mignot (le marquis de Villevielle). Le magazine, dans le numéro qui dépeint la mort de Voltaire, proteste à l'éloge de ce dernier, "le plus grand, le plus illustre, peut-être le seul monument de cette ère glorieuse, dans lequel tous les talents, tous les arts de l'esprit humain semblait s'être élevé au plus haut degré de perfection."

Dans le numéro de juin, apparaît une lettre de l'abbaye de Scellières à l'évêque de Troyes. Celle-ci interdisait à Voltaire d'être inhumé à l'abbaye comme le voulait sa famille, mais le prieuré averti de la profession de foi que Voltaire avait écrite (ou dictée) le 2 mars ne pouvait pas rejeter consciencieusement la demande. Ce document confirme également la conversion de Voltaire. Cependant, le corps de Voltaire resta peu dans cette abbaye. Quelques années plus tard, en 1791, la Révolution triomphante, ignorant peut-être ce qui se passa le 2 mars 1778 chez le marquis de Villevielle, le porta avec honneur au Panthéon parisien, c'est-à-dire à l'ancienne église de Sainte-Geneviève désacralisée, et le plaça devant Rousseau, un autre grand héros de cette "ère glorieuse".

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:57
Lénine. Timbre soviétique commémorant la révolution d'Octobre 1917

Lénine. Timbre soviétique commémorant la révolution d'Octobre 1917

La révolution bolchévique d’octobre 1917 est célébrée sans trop de bruit ces jours-ci. Elle a marqué pour les Chrétiens une longue persécution. Des figures de martyrs émergent de ces décennies d’athéisme d’Etat, en guerre contre les religions (Cath.ch), en guerre contre le peuple.

 

C'est dès les années 1920 que se met en place la lutte méthodique contre l’Eglise de Rome et contre toutes formes de croyance. L’homo sovieticus est le nouvel homme à créer, c'est le "Grand Soir".

Des figures de martyrs émergent : l'abbé Constantin Budkewicz, vicaire général du diocèse de Moguilev, est tué d'une balle dans la nuque par la GPU, police politique soviétique, le Vendred-Saint 31 mars 1923 pour avoir donné des cours de religion (un enseignement interdit depuis 1921), refusé de livrer des calices et des ostensoirs aux autorités. Comme en France en 1789, les biens de l'Eglise seront saisis. Dès 1919, l’archevêque de Moghilev, Mgr Edouard der von Ropp, est arrêté et condamné à la prison pendant quelques mois. Son successeur Mgr Cieplak est condamné à mort. Echangé contre un communiste polonais, il échappera à la peine capitale. Le quotidien communiste La Pravda propose d'intenter un procès au pape à Rome, jugé responsable de la résistance organisée par des prêtres contre-révolutionnaires contre la saisie des biens de l’Eglise.

Dans les années 1930, orthodoxes et catholiques voient leurs églises fermées, voire détruites, des prêtres et des croyants, déportés, condamnés aux travaux forcés ou fusillés.


Voici deux documentaire télévisés. Le premier en trois parties a été réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle pour France Télévisions. Diffusé en août-septembre 2009 sur plusieurs chaines francophones, il est intitulé "Apocalypse, la Seconde Guerre mondiale". Ce documentaire est le premier, à ma connaissance, à avoir le mérite de ne pas faire l’impasse habituelle sur les crimes de la Révolution bolchévique du 7 novembre 1917 commis par Lénine et Trotski... Ce silence sur les crimes des premiers initiateurs de la mise en place d'un régime communiste fondé sur les écrits de Karl Marx, dont le Manifeste du Parti communiste (1848) a servi à permettre que l'idéologie communiste ne sombre totalement.

 

Ce documentaire est sorti en DVD et Blu-ray le 23 septembre 2009. Composé de documents d'époque connus ou inédits, il relate les grands événements de la Seconde guerre mondiale, basés sur des images d'archives en noir et blanc restaurées et colorisées. Cette série de films est dédiée à toutes les victimes de tous les totalitarismes.

 

Le premier documentaire est présenté ici en trois parties. Le second documentaire, moins précis, intitulé "Staline, le tyran rouge", de Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny, est réalisé également à base d’images d’archives. Il a été diffusé sur la chaîne M6 en 2007 et a reçu le label du ministère de l’Education nationale pour être utilisé dans le milieu scolaire. Mais dans ce documentaire, à charge contre Staline, aucune mention de Lénine n'est faite.

 

Premier documentaire

Première partie : Staline, le possédé

C’est Lénine qui, promettant une "société sans classes", instaure en 1919 les premiers camps de concentration (goulags, initiales de "Administration principale des camps") qui seront reproduits sur l'ensemble du territoire de l'"URSS", la politique de la Terreur, l'établissement de la société communiste par la guerre civile et la violence, la mise à mort des "ennemis de classe", des opposants de droite comme de gauche, qualifiés d'"ennemis du peuple" et de "contre-révolutionnaires", en fait le plus souvent des petites gens comme en 1789, des paysans qualifiés de koulaks (profiteurs, exploiteurs) et considérés dans le vocable léninien comme des "insectes nuisibles", des "poux", des "vermines", des "microbes", dont il faut "épurer", "nettoyer", "purger" la société russe. (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

Le régime de Lénine repose sur trois piliers: (1) le parti communiste bolchévique (mars 1918), parti unique, (2) la police politique (la Tcheka, initiales russes de Commission de répression de la contre-révolution), et (3) les Gardes rouges (l'Armée rouge).

Son mot d'ordre est : "lançons une terreur de masse impitoyable, une révolution sans pelotons d'exécution n'a aucune chance"... 

"La notion de guerre civile est au coeur du projet communiste, tel qu'il apparaît dès 1848 dans le Manifeste du Parti communiste où, Marx, évoquant la lutte des classes, parle de 'la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu'au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie.'

La conclusion du Manifeste est fort claire : 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.'

[...] En 1871, après l'écrasement de la Commune de Paris, Marx publie La Guerre civile en France, où il rappelle qu'à ses yeux 'la guerre des asservis contre leurs oppresseurs [est] la seule guerre juste dans l'histoire', et où il dénonce 'la conspiration de la classe dominante pour abattre la révolution par une guerre civile poursuivie sous le patronage étranger', oubliant au passage que la Commune s'opposait à une Assemblée nationale régulièrement élue en février 1871.

[...] Marx tire une conclusion décisive : 'La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile.'

Dès 1914-1915, Lénine s'empare de cette conclusion de Marx pour inaugurer un slogan appelé à un grand retentissement : 'Transformer la guerre impérialiste en guerre civile.'

Dès août-septembre 1916, il écrit : 'A la guerre bourgeoise impérialiste, à la guerre du capitalisme hautement développé, ne peuvent objectivement être opposées, du point de vue du progrès, du point de vue de la classe d'avant-garde, que la guerre contre la bourgeoisie, c'est-à-dire avant tout la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie pour la conquête du pouvoir, guerre sans laquelle tout progrès sérieux est impossible.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 339.)

[...] Désormais pour Lénine, la révolution est définitivement inséparable de la 'guerre civile pour le socialisme'. Or, celle-ci est 'aussi une guerre, par conséquent, elle doit aussi ériger inévitablement la violence au lieu et place du droit. [...] Le but de la guerre civile est de s'emparer des banques, des fabriques, des usines, etc., d'anéantir toute possibilité de résistance de la bourgeoisie, d'exterminer ses troupes.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 25.) Il le rappelle en octobre 1917 : 'Cette guerre pourra être violente, sanguinaire, elle pourra coûter la vie de dizaines de milliers de propriétaires fonciers, de capitalistes et d'officiers qui épousent leur cause. Le prolétariat ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver la révolution'." (Source: Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76-78)

"Jusqu'en 1914, la conception de la violence chez Lénine se nourrit à quatre sources :

Karl Marx dans le Manifeste du Parti communiste - 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.' ;

Auguste Blanqui et ses tentatives d'insurrection menées par un groupe révolutionnaire;

la Commune de Paris et les leçons tirées par Marx sur l''Art de l'insurrection';

et enfin la révolution russe de 1905-1906, avec ses combats de rue en ville et ses émeutes paysannes - bunt - qui balaient tout sur leur passage." (Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, ibid., p. 118.)

 

Les pillages des appartements sont publiquement appelés "contributions de la bourgeoisie".

En six semaines, la Tcheka commet 50 000 assassinats. Plus de droit, plus de justice. Le procureur général déclare : "Nous ne devons pas simplement exécuter les coupables, l'exécution des innocents impressionnera bien mieux les masses".

"En seulement quelques semaines, la Tchéka exécute deux à trois fois plus de personnes que l'ancien régime n’en avait condamné à mort en 92 ans" (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

"Les camps de concentration et la peine de mort deviennent dès ce moment des composantes indispensables du système de Terreur, qui, pour Lénine, est inséparable de la dictature du peuple." (Hélène Carrère d'Encausse, Le Malheur russe: Essai sur le meurtre politique )

La guerre civile commence, elle durera quatre ans jusqu'à la soumission complète des Russes et fera dix millions de morts. Dans les mois et années qui suivent, une vague de "révolutions" éclateront à leur tour en Europe (en Allemagne, Hongrie, Finlande, Italie, etc.).

L'athéisme communiste fera dans le monde 100 millions de morts en un siècle.

Lénine et une poignée d'hommes ont plongé un continent dans le chaos.

 

Stéphane Courtois : Lénine, l'inventeur du totalitarisme

L'utilisation de la terreur, de la violence et des mesures dictatoriales pour assurer le triomphe de la révolution, tient une place primordiale dans la pensée de Lénine. (Nicolas Werth, Lénine est aussi coupable que Staline, L'Histoire, no 324, octobre 2007). 

Le philosophe et historien Tzvetan Todorov qualifie Lénine de "fondateur du premier État totalitaire" (L'Expérience totalitaire, in Le Siècle des totalitarismes, Robert Laffont, 2010, page 457). 

C'est Lénine qui élabore le concept de "Terreur de masse" dès 1905. La terreur est "l’instrument d’une politique d’hygiène sociale visant à éliminer de la nouvelle société en construction des groupes définis comme 'ennemis'" (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

En tant qu'"inventeur de la dictature du parti unique", Lénine est le "prototype des tyrans modernes", un "fanatique", car il veut détruire la société capitaliste pour instaurer l'équivalent du Royaume de Dieu sur terre (le socialisme) quel qu'en soit le coût. (Cf. Dominique Colas, Lénine et le léninisme, Presses universitaires de France, ).

Le "programme démiurgique" de Lénine et la logique léniniste permettent de se demander si le parti tel que le concevait Lénine n'est pas la "matrice du totalitarisme". (D. Colas, ibid.)

Stéphane Courtois, historien, préfacier du Livre noir du communisme juge fondamental le rôle du léninisme dans le développement du totalitarisme (S. Courtois, Communisme et totalitarisme, Perrin, 2009, pages 63-95).

Le "léninisme" sera l'idéologie officielle de l'URSS et de l'ensemble des régimes communistes durant le XXe siècle. (D. Colas, Lénine et le léninisme, Presses universitaires de France, , p. 110-114)

 

Pour Staline, successeur de Lénine mort en 1924, le projet marxiste est au-dessus de la loi : "La fin justifie les moyens". Dès lors tout est possible.

 

Staline entre au Parti social démocrate clandestin à Tiflis en 1901. "Il lit les ouvrages de Karl Marx, dont le Manifeste du Parti communiste  écrit avec Friedrich Engels en 1848, texte qui appelle à la fin de la propriété privée, du capitalisme, à l'union des ouvriers du monde entier, et à la révolution par les armes."

 

Joseph Djougachvili (Staline), agitateur révolutionnaire, est arrêté le 5 avril 1902. Sa fiche de police indique "taille 1m62, cheveux bruns, corpulence moyenne, âge 24 ans". Il dira : "Les maisons du Tsar sont des maisons de repos !" En effet, la discipline et le traitement des prisonniers n'ont rien à voir avec les futures méthodes staliniennes, d'une autre cruauté. Un an dans sa cellule, il passe son temps à lire, comme ce manuel pratique du révolutionnaire intitulé 'Que faire ?' (1901), signé Lénine, un marxiste russe en exil, qui va devenir le guide de la "révolution". C'est sa statue que les Allemands, près d'un demi siècle plus tard, déboulonnent en priorité en 1941.

En 1903, entre deux séjours en prison, Djougachvili rejoint la tendance la plus dure du Parti social démocrate clandestin, les "Bolchéviques" de Lénine, toujours en exil. Lénine repère Djougachvili et favorise son ascension à la tête des Bolchéviques du Caucase. Lénine apprécie son sectarisme marxiste et surtout son apport au financement des Bolchéviques, avec ce qui est pudiquement appelé les "expropriations", en fait les braquages de banques, "légitimes" pour Djougachvili, parce que le projet marxiste est au-dessus de la loi : "la fin justifie les moyens". Son ancêtre révolutionnaire de 1789, l'anglomane Brissot, invoquant Machiavel, déclarait : "Rappelez-vous l'axiome : 'Qui veut la fin veut les moyens!'" (Source: Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89). C'est l'illuministe franc-maçon Adam Weishaupt, qui au XVIIIe siècle "avait inventé ce principe : 'La fin sanctifie les moyens', il l'appliquait au vol que ses adeptes pouvaient faire et faisaient dans les bibliothèques des princes ou des religieux. (...) Nous verrons la secte en faire des applications bien plus importantes..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1797, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 102).

Djougachvili se défend. Il dit : "Nous devons rester dans l'illégalité jusqu'à la révolution. Entrer dans la légalité serait devenir normal. Seule la lutte armée vaincra le tsarisme." Il devient l'un des parrains du banditisme géorgien. Il mérite son pseudonyme de Staline, "l'homme d'acier".

Eté 1917, l'influence des Bolchéviques grandit dans le pays, grâce au slogan de Lénine "je vous apporterai la paix, la terre, et le pain" (sic). Mais des pancartes se font plus menaçantes : "A bas le gouvernement provisoire, à bas les ministres capitalistes

 

Trotski

La "révolution d’Octobre" proprement dite démarre à Pétrograd, alors capitale de la Russie, par une insurrection armée dirigée par Léon Trotski dans la nuit du 24 au 25 octobre de l’ancien calendrier julien, qui correspond en fait à la nuit du 6 au 7 novembre. 

En France, le fan club de Trotski s’est enrichi dans les années 1960-70 de nombreux juifs et "intellectuels", et a réussi le tour de force – avec l’aide complaisante de médias dévoyés – à imposer une vision positive du personnage, occultant soigneusement les zones d'ombres de sa biographie.

Lev Davidovitch Bronstein naît en 1879 en Ukraine dans une famille de commerçants juifs. Bien que n'ayant rien d'un prolétaire, il participe à la révolution de 1905 et dès cette époque invente avec un coreligionnaire, Alexander Helphand, dit Parvus, le concept de "révolution permanente".

Après bien des péripéties au cours desquelles il adopte son nom "de guerre", Trotsky, on le retrouve à New York en 1916, où il nouera de très fructueux contacts. Il rentre en Russie en 1917 et participe activement avec Lénine au coup de force des bolcheviques qui les portera au pouvoir. Il aura l’occasion de déployer tous ses talents en tant que commissaire de la guerre de 1918 à 1925. En décembre 1917, il déclarait : "Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis".

Pour faire triompher la société "plus juste et plus humaine", des Russes par millions vont y passer.  Dès août 1918, les "éléments douteux" sont internés sans le moindre jugement dans les camps de concentration. L'Armée rouge dont Trotski est le chef, fait régner la terreur, surtout parmi les paysans, qui seront matés par le "balai de fer" employé par Trotsky notamment pour le nettoyage de l’Ukraine. C’est lui qui, en 1921, noiera la révolte de Cronstadt dans le sang : les marins de cette base navale, pourtant autrefois qualifiés par le même personnage de "valeur et gloire de la Russie révolutionnaire" furent à l’origine d’une révolte de la population due à l’insupportable misère qui régnait alors. Tous demandaient que le carcan de fer qui enserrait le pays se desserre quelque peu... La réponse de Trotsky et des bolcheviques fut une répression sanglante qui fit des milliers de morts.

Celui qui avait écrit, en 1920, Terrorisme et communisme, s’opposera à Staline par la suite et sera exclu du parti en 1927. Expulsé d’URSS en 1929, il commencera une longue errance qui s’achèvera en 1940 au Mexique sous le coup de piolet d'un agent de Staline.

En juillet 2010, 80 corps furent retrouvés à Saint-Petersbourg, exhumés de fosses communes datant de la révolution bolchevique. L'examen des restes humains montre que les victimes furent exécutées d'une balle dans la tête. La forteresse Pierre-et-Paul contient plusieurs bâtiments, parmi lesquels la cathédrale Pierre-et-Paul, où tous les tsars depuis Pierre le Grand furent enterrés. Les exécutions y eurent lieu lors de la "terreur rouge", organisée par la Tcheka et l'Armée rouge entre 1918-1921.

La révolution "russe" (février 1917 et octobre de la même année) puise son inspiration dans la Révolution "française". Comme elle, elle a été soutenue publiquement après février 1917 par les banques notamment la Banque Kuhn, Loeb & Co, Wall Street, New York City, et présidée par le "philanthrope" Jacob Schiff, le "roi du rail" propriétaire de vingt deux miles de chemins de fer. Hostile à Nicolas II, qu'il nomme "ennemi de l'Humanité" (Jacques Attali, Un homme d'influence : Sir Sigmund Warburg 1902-1982, Éditions Fayard, 1985, p. 96.), Jacob Schiff, est issu d'une famille juive rabbinique de Hesse dont la lignée remonte au XIVe siècle. Il utilisa "son influence pour empêcher que d'autres établissements financiers consentent des prêts à la Russie" jusqu'en 1917. Il "poursuivit cette politique pendant toute la Première Guerre mondiale' (Encyclopédie Judaïca, Jérusalem, 1971, vol. 14., p. 961) et fit pression sur les autres banques pour qu'elles agissent de même" (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, Juifs et Russes avant la Révolution, Fayard, 2002, p. 539.)

"Le célèbre banquier Jacob Schiff, qui régente le monde financier à New York, refuse catégoriquement toute idée de prêt à la Russie" tsariste (Doklad P.N. Milioukova v Voïenno-morskoï komissii Gosoud. Doumy 19 iouinia 1916, Krasny arkhiv, 1933, t. 58, pp. 13-14 cité in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, p. 539), mais se signale "tout particulièrement par un prêt de 200 millions de dollars au Japon pendant le conflit qui opposa celui-ci à la Russie en 1904-1905...  Il refusa constamment de participer à l'attribution de prêts à la Russie et usa de son influence pour dissuader d'autres établissements de de le faire, tout en accordant une aide financière aux groupes d'autodéfense des Juifs russes" (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, ibid., p. 382).

Une fois révolution de février 1917 déclenchée, J. Schiff "entreprit alors de soutenir le gouvernement Kerenski par une substantielle ligne de crédit..." (Encyclopédie Judaïca, Jérusalem, Keter Publishing House 1971, vol. 14., p . 961 cité in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard, 2003, p. 40.)

"Plus tard, dans la presse russe des émigrés de droite, parurent des études tendant à prouver que Schiff avait en fait activement financé la révolution elle-même. (...) Au demeurant, les démarches de Schiff, publiques et bien connues, invariablement hostiles à l'autocratie russe, avaient plus de poids qu'une éventuelle aide occulte à la révolution." (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 40)

"Au début du mois d'avril 1917, le Gouvernement provisoire constata, à son plus grand étonnement, qu'un mois seulement après la révolution, la situation financière de la Russie (...) était catastrophique; il décida alors de lancer, à grand renfort de publicité (...) un 'Emprunt pour la Liberté' (sic). (...) Aussitôt des dizaines de millions ont été pris pour couvrir cet emprunt par des banquiers juifs pour la plupart. (...) "Jacob Schiff prêta un million, le Rothschild de Londres - un million lui aussi; à Paris, 'à l'incitation du baron Guinzbourg, (...) plusieurs millions ont déjà été collectés'" (Rousskaïa volia, 23 avril 1917, p. 4 cité in A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 49-50).

"Dès le début de mai (1917), puis début juin et encore à la fin juillet, on publia dans la presse des listes de ceux qui avaient souscrit chacun pour plus de 25 000 roubles (en ajoutant : 'Honte !' aux riches qui s'étaient dérobés (par exemple: Rouskaïa volia, 10 mai 1917, p. 5; Birjevye vedomosti, 9 mai 1917, p. 5; 1er juin, p. 6.; Retch, 29 juillet 1917, p. 6.).

Alexandre Soljénitsyne explique qu''en parcourant ces listes, on est moins frappé par le grand nombre de noms de famille juifs (suivis du reste par ceux d'allemands russifiés dont la situation était plutôt confortable pendant la guerre) que par l'absence de la haute bourgeoisie russe, mis à part quelques grands négociants moscovites." (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 50.)

En avril 1917, "la position des sionistes" fut "confortée" par Jacob Schiff qui déclara publiquement son adhésion au sionisme. (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 53). Le Conseil international des sionistes avec à leur tête Israël Zangwill, recevait des subsides de Jacob Schiff et du baron de Rothschild." (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, p. 297.)

Lorsque Jacob Schiff mourut le 20 septembre 1920 à New York, les journaux célèbrent sa "philanthropie" et son "humanisme".

En fait d'"humanisme" et de "philanthropie", une petite minorité féroce et dépourvue de sens moral soumit par la Terreur l’immensité d’un empire séculaire.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Russie, David R. Francis, écrivit à Washington en janvier 1918 : "Les dirigeants bolchéviques ici, dont la plupart sont des juifs et dont 90% sont des exilés de retour, font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l'échelle mondiale."

Le Times du 29 mars 1919 renchérissait : "Une des caractéristiques les plus intéressantes du mouvement bolchevique est le haut pourcentage d’éléments non russes de l’équipe dirigeante. Sur environ trente commissaires ou dirigeants qui forment l’appareil central bolchevique, 75% pour le moins sont des juifs".

Alexandre Soljénitsyne a pu écrire dans "Deux siècles ensemble, 1917-1972" que "l'omniprésence des Juifs aux côtés des bolcheviks eut, au cours de ces journées et de ces mois terribles, les plus atroces conséquences. (...) Parmi elles, l'assassinat de la famille impériale. Deux personnages jouèrent un rôle décisif : Philippe Golochtchokine et Iakov Iourovski. (...) Golochtchokine s'entendait à merveille avec Sverdlov, il devint le secrétaire du Comité de province de Perm et de Iékaterinbourg, puis du Comité de région de l'Oural, autrement dit le maître absolu de la région. (...) Golochtchokine... était rentré le 12 juillet à Iékatérinbourg dans l'attente du dernier signal envoyé de Moscou. Ce fut Sverdlov qui transmit l'ultime instruction de Lénine." Par la suite, "Iourovski se vantait avec aplomb d'avoir été le meilleur : 'C'est la balle de mon colt qui a tué raide Nicolas'". Mais cet honneur-là échut aussi à Ermakov et à son camarade Mauser" (Mikhaïl Heifets, Tsareoubiistvo v 1918 godou [L'assassinat du tsar en 1918], Moscou-Jérusalem, 1991, p. 355, in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard, La Flèche 2003, p. 99-102.)

Plus récemment, Vladimir Poutine a pu dire que 80 à 85% des chefs bolchéviques étaient juifs.

 

Deuxième partie :

1921. Après 4 ans de guerre civile en Russie, des millions de morts, d'émigrés, d'orphelins, la famine fait des ravages, le communisme de guerre a entraîné l'effondrement de l'économie.

Le rationnement est féroce, sauf pour les 20 000 cadres du Parti et de la police qui ont droit à 4 kilos de viande et 4 kilos de poisson par mois, alors qu'un ouvrier n'a que 200 grammes de poisson pourri. Les ouvriers ne peuvent plus nourrir leur famille, ils se révoltent, alors que la grève est interdite, depuis décembre 1917. Trotski dit : "Toute résistance peut être surmontée par ce mot : fusillé". C'est alors que les 18 000 marins et officiers de Kronstadt, la base navale de l'ancienne capitale Petrograd, se déclare solidaire des ouvriers en grève. Leur mot d'ordre: "Les soviets oui, mais sans les bolchéviques". Trotski ordonne l'assaut contre les Marins de Kronstadt le 7 mars 1921. Sur la Baltique gelée, 20 000 soldats de l'Armée rouge avancent, et derrière eux, pour les empêcher de reculer, les hommes de la police politique se positionne avec leurs mitrailleuses. Après dix jours de combats sanglants, les mutins, à bout de munitions, se rendent aux soldats de l'Armée rouge. 2168 marins sont fusillés et enterrés groupés. Ce sont les mêmes qui avaient pourtant permis la victoire des communistes en 1917.

La révolte des Marins de Kronstadt oblige Lénine à faire marche en arrière. Il dit : "Nous pouvons revenir quelque peu sur nos pas, sans détruire la dictature du prolétariat". Dès mars 1921, Lénine initie la NEP (initiales de Nouvelle politique économique), une libéralisation temporaire mais spectaculaire. Dénationalisations, fin des réquisitions forcées, fin du travail obligatoire, rétablissement de l'héritage.. Les paysans peuvent de nouveau librement vendre leurs récoltes. Les boutiques se remplissent de nouveau. Moscou respire.

Comme leurs ancêtres de 1789 qui confisquèrent les Biens de l'Eglise sur proposition de Talleyrand (décret du 2 novembre 1789) - un vol pur et simple -, la confiscation des biens des émigrés et des suspects (décrets du 30 mars 1792 et du 27 juillet 1792), les Bolchéviques ont besoin d'argent. Lénine envoie au politburo le 19 mars 1922 la directive suivante : "Nous devons confisquer les biens de l'Eglise ! Nous devons livrer bataille au clergé de la manière la plus résolue, écraser sa résistance avec une telle cruauté qu'il ne l'oubliera pas." Lénine conclut : "La violence est la vérité de la politique." Les événements se précipitent au kremlin, les rolls des dirigeants bolchéviques arrivent..

Le 3 avril 1922, celui qui est appelé "le meilleur disciple de Lénine, Staline, devient Secrétaire général du Parti communiste. Il est puissant, mais toujours respectueux de Lénine. Son futur ministre Molotov dit : "On me demande qui est le plus dur, Lénine ou Staline ? C'est Lénine biensûr !"... C'est lui qui nous tous formé.

Lénine est soudainement terrassé à cinquante-deux ans par un accident vasculaire cérébral. Le 25 mai 1922, il est à moitié paralysé. Six mois plus tard, il est victime d'un deuxième avc. Le Comité central du Parti confie à Staline le soin de veiller sur lui... Staline l'isole et empêche son entourage d'écrire quoique ce soit sous sa dictée... Et l'année se termine par la création le 22 décembre 1922 de l'URSS, l'Union des républiques socialistes soviétiques, dont l'emblème est la faucille du paysan.., et le marteau du prolétariat ouvrier.

C'est la fin de la guerre civile. Mais la terreur s'abat de plus belle. Les fourgons de la police politique déversent leurs cargaison de condamnés d'avance. Le Commissaire du peuple à la justice, Isaac Steinberg, leader du mouvement juif et écrivain soviétique, s'enfuit en Allemagne en 1923. Il avait dit à Lénine : "A quoi bon un Commissariat à la Justice, appelons-le plutôt Commissariat à l'Extermination sociale !" Lénine avait répondu : "Excellente idée." Steinberg écrira plus tard: "La Terreur, c'est le réseau étroit de la surveillance, la police secrète qui observe tous les faits et gestes, les provocations, les formes méprisantes, humiliantes, et douloureuses des interrogatoires, les prisons bondées où l'on affame, les déplacements de population, les réquisitions, les confiscations qui frappent les affamés et les épuisés."

Staline porte le cercueil de Lénine. La veuve de Lénine révèle qu'il aurait quand même réussi à dicter un testament où il aurait dit : "Staline est trop brutal. Je propose au camarades d'étudier un moyen de le démettre de son poste de Secrétaire général". Staline réagit très violemment et oblige sous la menace la veuve de Lénine à publier un démenti dans "La Pravda" (la Vérité). Tous ceux qui chercheront à utiliser ce testament pour écarter Staline en mourront : le vrai testament de Lénine, respecté à la lettres par son héritier, Staline ! Ce sont ces préceptes, l'épuration sans fin du corps social, la traque du "parasite", le "faux communiste", "infiltré dans les organes du parti état". La tache essentielle est de se débarrasser de ces "parasites", les survivants de la maudite société capitaliste. Pour Staline, comme pour Lénine, ce sera la purge permanente. La lutte contre l'"ennemi" ne sera jamais achevée.

Tandis que le corps de Lénine est embaumé, Staline fait dynamité le sol gelé devant le Kremlin pour y poser les fondations d'un mausolée, d'abord en bois, puis en granite rouge et marbre noir, avec une tribune sur laquelle les tout puissants dirigeants communistes viendront dominer le peuple. Devant le tombeau, les Komsomols, les jeunesses communistes défilent toute l'année.. Le culte de la personnalité de Lénine commence. Son nom est donnée à l'ancienne capitale Petrograd qui s'appellera désormais Léningrad.

Le 21 décembre 1929, Staline se débarrasse de la NEP, la tentative libérale, et se lance dans la collectivisation. La Pravda titre en première page : "Un grand salut soviétique au plus grand dirigeant communiste du monde". Vingt ans plus tard il sera réellement un des hommes les plus puissants de la planète.

25 novembre 1943. Staline se rend à Téhéran pour une conférence entre les principaux alliés contre l'Allemagne. Churchill en uniforme de la Royal Air force prend la pose. Il offre à Staline au nom du roi George VI une épée sur laquelle est gravée "Au courage héroïque des citoyens de Stalingrad". Ensuite, Churchill et Staline rejoigne le président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt. Staline cherche à se rapprocher de Roosevelt qu'il juge, d'après les écoutes, naïf et malléable. Il a besoin d'un appui contre Churchill sur la question du second front. Churchill voudrait attaquer par le Sud (Italie ou Balkans) qu'il appelle le ventre mou de l'Europe et prendre les Russes de vitesse, arriver le premier à Berlin. Mais Staline obtient le débarquement plus éloigné en Normandie pour le printemps 1944. L'atmosphère est à l'optimisme. Staline vient de mettre Hitler en échec à la bataille de Koursk. Churchill dit : "Dieu est aux côtés des alliés." Staline répond : "Le diable est avec moi, le diable est communiste !"

 

http://dieuetmoilenul.blogspot.fr/2017/11/tant-que-cette-chose-reste-debout-la.html

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Troisième partie :

Juillet 1944. La mobilité de l'Armée rouge est stupéfiante. Les Américains ont donné à Staline les moyens financiers, l'acier, les métaux rares pour construire 55 000 chars T34 parmi les plus performants de la guerre, des centaines de milliers de camions, des jeeps, des véhicules blindés. Les Soviétiques avancent en Pologne jusqu'à Varsovie, mais reçoivent l'ordre de s'arrêter. En 1939, Staline s'était déjà partagée la Pologne avec son allié d'alors, Hitler. En 1940, à Katyn, Staline avait fait exécuter 20 000 officiers polonais prisonniers pour se débarrasser des élites qui lui étaient hostiles. En 1944 il interdit de porter assistance aux résistants polonais, il ne fait rien pour aider les alliés qui tentent de parachuter des armes aux insurgés. Il les laisse massacrer par les SS qui détruisent complètement la ville. Le Maréchal Joukov écrit dans ses Mémoires: "Staline m'a dit : 'Nous ne pouvions pas nous permettre une Pologne bourgeoise à nos frontières!'" L'Armée rouge prend Varsovie, ou ce qu'il en reste, puis occupe toute la Pologne.

Dans leur avance, les soldats soviétiques découvrent l'horreur nazie, les camp d'exterminations des Juifs à Majdanek, Belzec, Sobibor, Treblinka.

A Yalta (4/11 février 1945), Staline dira à Roosevelt : "Les Juifs sont des profiteurs et des parasites". Quinze ans plus tôt, en 1929, il créé dans l'Extrême orient soviétique le Birobidjan, région autonome juive, langue officielle le yeddish, préféré à l'hébreu, considéré comme trop religieux. Sous prétexte de peupler cette région inhospitalière et de promouvoir l'agriculture (sic), il s'agit bien de déportation.

En 1929, fini les izbas et les fermes ancestrales,les paysans vivront en communauté dans les Kolkhozes, ils produiront les millions de tonnes de blé vendus par l'état pour acheter les machines qui fabriqueront les tracteurs, les chars, les avions. C'est le premier plan quinquennal de Staline.Mais il se heurte immédiatement aux paysans qui refusent de perdre leur terre, ils refusent la collectivisation. Staline leur donne un nom infâmant : koulak (profiteur, exploiteur). Et il fait préciser le terme de koulak: tout fermier qui a des salariés, qui possède un moulin, une fromagerie, une sécheuse de pommes de terres, des machines agricoles à moteur est du "bétail". Une définition vague qui ouvre la voie aux dénonciations, aux règlements de compte, aux viols. La police se déchaîne contre ceux qui tentent de cacher leurs réserves de grains. La résistance des paysans est telle que le pouvoir mobilise 27 000 dékoulakisateurs, des militants communistes venus des villes et une ordre misérable de journaliers payés en parts de butin. Staline encourage la délation. La propagande diffusée dans les salles de cinéma, montre une jeune tatare de Crimée, Olga Balykina, célèbre pour avoir accuser son père de voler du blé dans son kolkhoze. Félicitée par le parti, elle est fêtée par les pionniers, les 9-14 ans, et les komsomols, les 15-18 ans, organisations de masse créées par Lénine. Olga dit: "J'ai agi comme tous les pionniers doivent agir". Dans tous les villages, des satues de Pavel Morozov glorifie celui qui est appelé le "pionnier - héros numéro 001" de l'Union soviétique. Selon la légende forgée par la police, il aurait dénoncé son père hostile à la collectivisation et son oncle l'aurait assassiné à 14 ans. Deux millions de paysans ont été envoyés défraichir la Sibérie, 300 000 autres déportés au goulag, et 300 000 exécutés. La famine organisée par Staline dès le début des années 1930 en Ukraine est la plus terrible : 5 millions d'êtres humains meurent de faim. En ukrainien, on a appelé la famine holodomor, extermination par la faim. On leur avait tout pris, tout confisqué jusqu'à la dernière miette. Une mère a tué un de ses enfants à coups de haches, pour le faire cuire et le donner à manger aux autres. Et personne ne posait de questions.

Pendant ce temps, Staline affectionne de longs séjours à la campagne. Son chauffeur est Nikolaï Vlassik, policier et photographe du tyran. Alors que les membres du politburo affectionnent comme Lénine les rolls, Staline préfère une voiture américaine de luxe, la pacar. Il se fera construire une vingtaine de datchas, des villas somptueuses réparties dans toute la Russie selon les saisons. Il y est heureux et y chantent sans arrêts des airs d'opéras. Pendant que son peuple agonise de faim, il pèche de la truite et il lit beaucoup. Il trompe sa femme avec sa coiffeuse qui le rase tous les matins. Son passe-temps favoris est de planter des arbres, des citronniers et des orangers.

Les artistes qui avaient cru que la révolution leur apporterait la liberté créatrice se voient imposer par Staline la doctrine officielle du réalisme socialiste. Tous, peintres, musiciens, poètes, écrivains, que Staline appellent les "ingénieurs de l'âme" doivent exalter le travail, la famille, et la patrie, et surtout, la gloire de Staline. Ceux qui ne sont pas en prison ou en exil tentent encore de résister. Ossip Mandelstam, le plus grand poète russe de cette époque est arrêté, et meurt de faim au goulag. Il avait écrit Le Montagnard du Kremlin, un bref poème de seize vers, une épigramme contre Staline, "Ses doigts sont gras comme des vers, des mots de plombs tombent de ses lèvres, sa moustache de cafard nargue, chaque mise à mort est une fête et vaste est son appétit".

Les "procès de Moscou" (août 1936 / mars 1938) secouent les opinions publiques du monde entier. Le 11 mars 1938, quatre vingt-vingt dix huit membres du Comité central du Parti communistes, les principaux chefs de la police avec leur chef Iagoda, une grande partie de l'état-major de l'Armée rouge avec à sa tête le maréchal Toukhatchevski et ceux qui ont permis à Staline de prendre le pouvoir, Boukharine, Kamenev, Zinoviev, sont exécutés. L'accusé principal, Léon Trotski (expulsé d'URSS en janvier 1929), réussit à échapper aux procès du fait de son exil. Mais il fut retrouvé au Mexique par Ramón Mercader, un agent du NKVD qui l'exécuta avec un piolet le 21 août 1940 sur ordre de Staline.

La moscovite Nina Poglazova dit : "On vit dans un monde soviétique où il n'y a qu'une seule règle du jeu et tout le monde joue selon cette règle. Il est debout sur la tribune, il ment, tout le monde applaudit mais tout le monde sait qu'il ment, et lui il sait qu'on le sait. Mais il débite ses mensonges et il est tout content qu'on l'applaudisse".

Le second documentaire, "Staline, le tyran rouge", de Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny, a été diffusé sur la chaîne M6 en 2007. Bernard de Lavillardière, qui présente le documentaire, explique : 

 

"Staline a suscité un incroyable espoir, on  lu ia voué un culte sans précédent, notamment en France. Mais dans les faits, Staline a martyrisé son peuple. On estime aujourd'hui qu'il est responsable de la mort de vingt millions de personnes. Staline, le petit père des peuples était un être sanguinaire, paranoïaque, fanatique. Pendant près de trente ans, personne n'a sur l'arrêter.

 

Staline est mort il y a un demi-siècle mais le monde n'est pas plus hier qu'aujourd'hui à l'abri d'hallucinations collectives, de régimes tyranniques et de crimes de masse. (...) Ce documentaire a reçu l'aval du ministère de l'Education nationale, les professeurs peuvent l'utiliser en classe."

 

Malgré quelques erreurs et un ton clairement à charge qui occulte les crimes des autres monstres de la révolution bolchévique de 1917 (Staline présenté comme le créateur du goulag à la place de Lénine...), ce documentaire est un des premiers à apporter néanmoins en France un portrait négatif du tyran rouge. Il aura fallu une centaine d'années pour qu'enfin la vérité sur la monstruosité des dirigeants communistes - Lénine compris - éclate.

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 19:36
 Al Andalus, l'invention d'un mythe, de Serafin Fanjul: contes, légendes, clichés et réalité d'une civilisation

Dans son essai Al Andalus, l'invention d'un mythe, Serafin Fanjul déconstruit le mythe romantique d'un islam éclairé dans l'Espagne médiévale.

 

Nous avons tous entendu parler d'al-Andalus, mais qui sait précisément ce que recouvrent ces deux mots magiques? Un paradis perdu au cœur d'un Moyen Âge obscur où musulmans, juifs et chrétiens devisaient à l'ombre de la grande mosquée de Cordoue. Une sorte d'anti-Daech en somme… Mais les historiens sont méchants. Voilà que le rêve se dissipe et qu'une autre réalité apparaît. Avec Al Andalus, l'invention d'un mythe, Serafin Fanjul ne va pas se faire que des amis, en Espagne évidemment mais aussi en France. «Les hommes croient ce qu'ils désirent», disait Jules César. Le mythe d'al-Andalus est calqué sur le désir que naisse ou renaisse ce fameux «islam des Lumières» que tant d'esprits appellent de leurs vœux. N'a-t-il pas existé dans une Hispanie conquise au VIIIe siècle par quelques dizaines de milliers de guerriers arabes et berbères venus d'Afrique du Nord qui créèrent une civilisation inédite à laquelle coopérèrent les trois religions du Livre?

 

À travers 700 pages d'une terrible précision, Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe et ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire, broie la légende d'un multiculturalisme précoce et éclairé. Il défait un mythe qui doit beaucoup au romantisme et à son exotisme de pacotille. Antifranquiste, Serafin Fanjul n'est pas précisément un militant de l'Espagne catholique. Armé d'une immense érudition, il s'est intéressé de près à ce que disent les chroniques de l'époque et les a confrontées aux clichés ambiants. Le résultat est à la fois comique et salutaire. Car on rit dans ce livre qui n'est …

 

Source : Al Andalus, l'invention d'un mythe, de Serafin Fanjul: contes, légendes, clichés et réalité d'une civilisation, Le Figaro, Par Paul-François Paoli Mis à jour le 26/10/2017 à 10:35 Publié le 26/10/2017 à 06:01

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 16:08
"Livre d'heures de François Ier" : Le Louvre fait appel aux dons pour acquérir un trésor de François Ier

Manuscrit de petit format (8,5 cm de hauteur x 6,5 cm de largeur), le "Livre d'heures de François Ier", petit recueil de prières, joyau de l’enluminure et de l’orfèvrerie de la "Renaissance", comprend seize peintures et de nombreuses initiales décorées. Sa reliure en or émaillé est ornée de pierres précieuses et de deux grandes plaques de cornalines gravées (pierres semi-précieuses). Il est accompagné d’un signet ou marque-page en forme de colonne sertie de rubis et de turquoises.

 

Ce petit livre, richement décoré, est une pièce d’exception vendue 10 millions d’euros par un collectionneur londonien. Le Louvre fait appel à la générosité des Français. Le musée national espère récolter la somme d’un million d’euros pour acquérir le Livre d’heures de François Ier. La fondation LVMH apportera la moitié de la somme.

 

François Ier a acquis ce recueil de bijoux en 1538 probablement pour l'offrir à sa nièce Jeanne d'Albret, protestante. A partir de là, sa préservation tient du miracle puisqu'il va passer de main en main, dans les collection d'Henri IV, puis de son épouse Marie de Médicis. C'est elle qui le vend au Cardinal Mazarin. Apparu ensuite dans plusieurs collections privées britanniques, le Livre d’heures est en Angleterre depuis le XVIIIe siècle. Il est passé en vente pour la dernière fois en 1942 et est actuellement présenté dans l’exposition "François Ier et l’art des Pays-Bas" au Louvre.

 

Classé "oeuvre d’intérêt patrimonial majeur", le Livre d’heures est la "seule pièce d’orfèvrerie – avec une salière de Cellini à Vienne – à pouvoir être directement associée au souverain […] et la seule reliure précieuse française connue à ce jour pour les règnes de François Ier et des derniers Valois", souligne le Louvre.

 

"Ce joyau de l’orfèvrerie et d’enluminure de la Renaissance est le seul témoignage encore existant des biens de la dynastie des Valois, disparus à la fin du XVIe siècle", a souligné mardi le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, lors d’une conférence de presse.

 

La somme demandée pour pour faire entrer le petit livre de prières de François Ier dans les collections nationales est "sans équivalent dans les collections françaises et étrangères". Elle représente pas moins du double du budget annuel d’acquisition du Louvre (5,2 millions d’euros). D’où l’appel à la générosité des Français et le lancement de cette opération "Tous mécènes", du 24 octobre 2017 au 15 février 2018. "Le livre d'heures de François Ier a quitté la France au XVIIe siècle, il est en Angleterre depuis le début du XVIIIe siècle, l'opération 'Tous Mécènes' est une occasion unique, presque inespérée de le faire revenir en France", explique Jean-Luc Martinez.

 

La Fondation Louis Vuitton a d’ores et déjà annoncé qu’elle comptait apporter 5 millions d’euros. "Faire revenir en France ce trésor national unique a immédiatement emporté l’adhésion de Bernard Arnault et de LMVH", a dit Jean-Paul Claverie, le conseiller culturel de Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe Louis Vuitton Moët Hennessy. "A projet exceptionnel, partenariat exceptionnel", ajouté Jean-Luc Martinez.

"Livre d'heures de François Ier" : Le Louvre fait appel aux dons pour acquérir un trésor de François Ier

Source: SUD-OUEST, Le Louvre fait appel aux dons pour acquérir un trésor de François Ier, Publié le .

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 06:59

Michael Hesemann, Les points noirs de l'histoire de l'Eglise, Pour en finir avec vingt siècles de polémiques

 

Les points noirs de l'histoire de l'Eglise

Michael Hesemann

Jean-Baptiste Valette (Traduction)

 

Date de parution : 08.02.2017

EAN : 9782360403578

Nombre de pages : 424

Catégorie : Histoire

 

Présentation :

L'Église catholique a 2000 ans d'histoire et sa part d'ombre. Mais de nombreux mythes, légendes et falsifications s'y sont ajoutés, assombrissant encore l'image d'une institution souvent qualifiée d'« obscurantiste ».

Pie XII est-il le pape d'Hitler ? Les francs-maçons descendent-ils des Templiers ? L'Inquisition est-elle l'oeuvre de moines fanatiques ? Le procès Galilée condamne-t-il la science au nom de la foi ? Les croisades en Terre Sainte ou contre les Cathares sont-elles des agressions injustifiables ?

Preuves de la persistance actuelle de ces vieux mythes : le Da Vinci code de Dan Brown ou le film Amen de Costa-Gavras, avatars modernes de ces légendes. Leur point commun ? Des succès commerciaux planétaires et un souci du détail historique plus que discutable.

Dans ce livre à la fois érudit et captivant, Michael Hesemann s'attache à déconstruire méthodiquement vingt des plus grands mythes sur l'Église, sans nier les dérives. Au fil des pages, l'auteur dévoile ainsi l'identité des véritables « obscurantistes » qui occultent la vérité historique. C'est ce que rappelle cet ouvrage essentiel.

 

 

Traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Valette

 

Michael Hesemann, né en 1964, est historien, écrivain et journaliste. Spécialiste d'histoire ecclésiastique, il a aussi étudié l'anthropologie culturelle, la littérature et le journalisme à l'université de Göttingen en Basse-Saxe. Il vit aujourd'hui entre Rome et Düsseldorf.

 

SOURCE: Editions Artege

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 12:07

Il s’appelle Daniel Rabourdin. Il est réalisateur, franco-américain. Il vit à Los Angeles mais n’a jamais oublié ses racines françaises. C’est de passage en France, il y a quelques années, qu’il tombe sur cette histoire volontairement cachée par l’Etat et les gouvernements qui se succèdent : l’histoire d’une rébellion, mais surtout, l’histoire d’un massacre de grande dimension. Le massacre de plus de 150.000 Français, des paysans, des ouvriers. Ils étaient Vendéens. Mais c’était aussi des Français résidant en Bretagne, dans les régions de Lyon, de Marseille et de Paris.

 

La Révolution, une gigantesque manipulation

 

 

En 1789, lorsqu’elle éclate, la révolution française, qui depuis longtemps était fomentée dans les loges, ne met en œuvre que quelques centaines de personnes, des aristocrates, des intellectuels, des commerçants enrichis. L’idée ? Arracher le pouvoir à la monarchie pour l’accaparer, tout en faisant croire que les droits du peuple étaient bafoués. Le peuple ne se rendit pas compte qu’il allait être manipulé. Mais en Bretagne, en Vendée, une insurrection se leva.

 

Une révolte paysanne … avant tout

 

 

Parce que les Vendéens refusèrent le pouvoir totalitaire qui se mettait en place, ils décidèrent de se révolter et de défendre leurs acquis. Ils se révoltèrent surtout pour défendre la monarchie et la Foi catholique qui était la leur. La Convention ne l’entendit pas ainsi. En 1793, Robespierre et ses amis, les Turreau, Kléber, Westermann et Carrier mirent en place un vaste plan d’extermination de la population. Un génocide sera commis … au nom de la justice sociale.

 

« La rébellion cachée », un film à la mémoire des martyrs du génocide vendéen

 

 

Dans ce film-documentaire d’une heure et quart, Daniel Rabourdin met en évidence le coup d’Etat que fut la révolution française, le martyr vécu par cette population de France et l’héroïsme de ces paysans vendéens. Pour appuyer son document, le réalisateur s’est notamment approché de Reynald Secher, grand spécialiste en France des guerres de Vendée – il a écrit plusieurs ouvrages sur ce thème et notamment « Du génocide au mémoricide ». Il s’est également entretenu avec Stéphane Courtois, historien et universitaire français. Loin des budgets pharaoniques du cinéma hollywoodien, « La rébellion cachée » est un film à budget réduit. Il n’en reste pas moins un document réalisé avec une grande finesse, émouvant et courageux, à l’heure où plus de 200 ans après la révolution française, le déni de mémoire est toujours aussi criant dans notre pays.

 

Depuis 6 mois, boudé par les médias, Daniel Rabourdin fait le tour de France des salles indépendantes pour promouvoir son film.

 

Armel Joubert des Ouches dans le département du Bas-Rhin

 

Source : REINFORMATION.TV

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