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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 07:59

Hymne de la monarchie française...... chanté en français a capella en Russie..., sur les paroles de 1774 !  

 

Source video : Gloria Tv

 

Paroles 1774

 

Chantons l'antienne

Qu'on chantera dans mille ans,

Que Dieu maintienne

En paix ses descendants

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

--------------------------------

Source video : Youtube

 

Très bon site Histoire et Musée sur Henri IV:

http://www.musee-chateau-pau.fr/homes...

 

(pour les infos sur "Vive Henri IV" qui est la chanson, voir la vidéo liée je ne peux pas tout écrire ici.)

 

Sources:

-Le quid

-La cellule patrimoine du conservatoire militaire de musique

-France Production

-Serp Production

 

--------------------------------

La Marche de Henri IV

--------------------------------

 

Date: 1580

 

L'air final est publié dans un recueil de noëls de "Christophle de Bordeaux" dès 1581 en France, il aurait comme base un fragment du morceau de musique intitulé « les Tricotets », sur lequel s'exécutait une danse en vogue au seizième siècle, et que l'on a entendu au Vaudeville, dans « le Mariage de Scaron ».

 

On retrouve l'air de la marche de Henri IV en 1588 dans l'Orchésographie de Thoinot Arbeau sous le titre : "Bransle coupé nommé Cassandre". Il s'adaptait alors à une pièce de Ronsard.

 

Devenu très populaire, l'air va être repris à de nombreuses occasions en France et à l'étranger.

Actuellement cette mélodie est peut-être la plus célèbre de l'histoire musicale Française.

Son timbre a servi à toutes les époques dans de nombreux pays à des chansons d'inspirations diverses.

En 1717, édité dans la clé des Chansoniers, il sert à une "mazarinade". Grétry l'intercarle dans un de ses opéras.

Sous la révolution, il sert de timbre au tombeau des aristocrates.

En 1815 durant les Cent-Jours, des paroles contre l'empereur Napoleon sont chantées sur l'air de La Marche De Henri IV.

On reconnaît dans l'air de cette musique "La Marche du régiment de Navarre".

Le 27 août 1829 l'air de "La marche de Henri IV" est joué à Opéra de Paris dans le ballet Français "La Belle au bois dormant".

En 1890 il est remis à la scène à Saint-Pétersbourg en Russie sous la musique de Tchaïkovski, cette version est un hommage à la France de l'Ancien Régime. Ce ballet s'imposera d'ailleurs comme son chef-d'œuvre.

L'air de "La Marche de Henri IV" est aussi l'air des Hymnes de la Monarchie Française.

("Vive Henri IV", "La Parisienne" et "Le retour des Princes Français à Paris").

Dans "La Parisienne" deux air de musique royaliste sont alternés ("Charmante Gabrielle" et "Vive Henri IV")

 

***Conclusion générale***

Pour comparer l'air et la chanson à la Marseillaise

 

La grande différence c'est que la marseillaise est un chant sanguinaire imposé par l'état que l'on force à apprendre dès l'école primaire.

Tandis que Vive Henri IV c'est tout le contraire, il a été souvent mis à l'écart par les Rois eux mêmes, la chanson n'a donc jamais été imposée.

Seul Louis XVI aimait vraiment cette chanson.

Mais le peuple l'avait mis lui même au 1er rang durant des centaines d'années, sans les moyens moderne comme la télé, radio, ou match de foot ou l'école ect...

Son air était partout, il y a eu un très grand nombre de chansons personnelle ou chansons chantées sur son air.

Il incarnait donc vraiment le rôle d'Hymne et cela démontrait aussi à quel point Henri IV avait marqué le peuple Français.

 

Hymne De La Monarchie Française - Place Rouge, Moscou (a cappella)

Paroles

 

1590

 

Vive Henri IV

Vive ce Roi vaillant !

Ce diable à quatre

A le triple talent

De boire et de battre,

Et d'être un vert-galant.

De boire et de battre,

Et d'être un vert-galant.

 

1800-1899

 

Au diable guerres,

Rancunes et partis.

Comme nos pères,

Chantons en vrais amis

Au choc des verres,

Les roses et les lys !

Au choc des verres,

Les roses et les lys !

 

1774

 

Chantons l'antienne

Qu'on chantera dans mille ans,

Que Dieu maintienne

En paix ses descendants

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

 

1770

 

Vive la France,

Vive le roi Henri !

Qu'à Reims on danse,

En disant comme Paris

Vive la France,

Vive le roi Henri !

Vive la France,

Vive le roi Henri !

 

1590

 

Vive Henri IV

Vive ce roi vaillant !

Vive Henri IV

Vive ce roi vaillant !

Ce diable à quatre

A le triple talent

De boire et de battre,

Et d'être un vers galant.

 

1770

 

J'aimons les filles,

Et j'aimons le bon vin

J'aimons les filles,

Et j'aimons le bon vin

De nos bons drilles

Voilà tout le refrain

J'aimons les filles

Et j'aimons le bon vin !

 

1800-1899

 

Moins de soudrilles

Eussent troublé le sein

Moins de soudrilles

Eussent troublé le sein

De nos familles

Si l'ligueux plus humain

Eût ainsi aimé les filles

Eût aimé le bon vin !

***

Musique utilisée dans cette vidéo

En savoir plus

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Titre

The Sleeping Beauty, Ballet Suite op 66a

Artiste

Peter Tchaikovsky, DP (1890)

Album

LS 1016 Landscape Classics Series No 17

Concédé sous licence à YouTube par

AdRev Masters Admin (au nom de APM in North America and EMI Production Music for Rest of World|Landscape Classics|EMI PRODUCTION MUSIC GMBH); Warner Chappell

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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 09:14
L'esclavage islamique éclipsé par la franc-maçonnerie

Source: Marco Tosatti,

Stilum Curiae, 11/08/2019

Nobile: lo schiavismo islamico oscurato dalla massoneria.

 

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Agostino Nobile nous a envoyé une réflexion certainement très intéressante et qui suscitera sûrement un débat animé et fructueux. Il s'agit entre autres d'un sujet que vous ne trouverez probablement pas souvent dans la grande presse de l'information, à savoir la relation entre la franc-maçonnerie et le monde islamique. Bonne lecture.

 

L'esclavage islamique éclipsé par la franc-maçonnerie

 

Afin de détruire le christianisme, la franc-maçonnerie, bien plus présente dans le monde musulman qu'on ne le pense, a pratiquement effacée des textes l'histoire de l'esclavage mis en œuvre par les Arabes.

 

Rappelant que l'Église a toujours interdit l'esclavage sous toutes ses formes, je retranscris presque entièrement trois courtes étapes de l'esclavage dans l'islam, extraites de mon nouveau livre Moloch.

 

Les spécialistes du trafic d'esclaves estiment que le nombre des déportations qui ont eu lieu en Occident (qui ont acheté les "produits" de musulmans et d’Africains qui ont asservi les tribus rivales) se compte entre 10 et 12 millions d’êtres humains. Depuis la fondation de l'islam au siècle dernier, les Arabes ont asservi 15 à 18 millions d'Africains. Dans la plupart des cas, l’achat était effectué sur le territoire de l’Afrique subsaharienne, obligeant les esclaves à marcher sur 1 000 km. Les voyages dans des conditions atmosphériques pour le moins effrayantes, la pénurie d’eau et de nourriture, ont tué un grand nombre d’Africains. Si l'on ajoute 80% des pertes aux millions d'esclaves en chemin, et aux millions d'hommes, femmes et enfants massacrés lors des raids, les estimations atteignent un chiffre d'environ 100 à 120 millions de personnes en treize siècles.

 

Le professeur milanais John Alembillah Azumah, directeur des études islamiques à la London School of Theology, auteur de l'essai intitulé L'héritage de l'Arab-Islam en Afrique, publié en 2001, a déclaré: "L'Islam a étonnamment réussi à induire en erreur, à fausser et à déformer la réalité et l'histoire en même temps sur une période d'environ quatorze siècles, du moins jusqu'à nos jours. Ce qui est particulièrement tragique, c’est que la plupart des descendants d’esclaves, les Noirs des Amériques du monde et les Noirs d’Afrique, descendants d’esclaves, ignorent toute la vérité. Alors que la plupart des esclaves d'Amérique pouvaient se marier et avoir des enfants, la plupart des esclaves de sexe masculin du Moyen-Orient étaient castrés et la plupart des enfants nés de femmes esclaves étaient tués à la naissance. Alors que les esclaves d'Amérique ont fait beaucoup d'enfants - avec des millions de descendants aujourd'hui citoyens du Brésil et des États-Unis, très peu de descendants d'esclaves du Moyen-Orient ont survécu. Alors que la quasi-totalité des esclaves américains était utilisée dans l'agriculture, la majorité des esclaves du Moyen-Orient musulman étaient destinés à l'exploitation sexuelle dans les harems ou à servir dans l'armée. [...] La pire, la plus inhumaine, la plus diabolique institution du trafic d'esclaves a été créée, définie, perpétrée et mise en œuvre par les Arabes mahométans, aidés par la suite par les Noirs convertis à l'islam."

 

JW Brodman, dans Le rachat des Captifs croisés en Espagne : L'Ordre Mercedaire à la frontière islamo-chrétienne (1986), rappelle que lors de l'attaque de Thessalonique en 903, les dirigeants arabes partagèrent ou vendirent 22 000 chrétiens comme esclaves. Le sultan Al Arsalan dévasta la Géorgie et l'Arménie en 1064 et massacra les habitants; les survivants furent réduits en esclavage. Le calife Almoade Yaqub al-Mansur conquit Lisbonne en 1189, asservissant 3 000 femmes et enfants. Les habitants des terres européennes conquises, de Byzance à la péninsule ibérique, de la Sicile à la Russie, furent destinés au même but. Mais les mêmes dévastations et la même fin furent données aux peuples perse, indien, bouddhiste et hindou. De 1002 à 1015, les musulmans fournirent plus de 800 000 esclaves aux marchés de l’est. Entre 1530 et 1780, durant l’empire ottoman, les esclaves chrétiens, principalement italiens et du sud de l’Europe, sont estimés à un million. En 1535, environ 22 000 esclaves étaient présents à Tunis et à Tripoli. En 1544 à Ischia, environ 7 000 esclaves et en 1554 à Vieste, environ 6 000. En 1619, il y avait plus de 50 000 esclaves à Alger, dont 120 000, y compris les villes de Tunis, Tripoli et Fès. En 1627, certaines villes islandaises ont été attaquées (oui, là aussi) avec la capture d'environ 400 esclaves. En 1810 même, entre Tunis et Tripoli, il y avait plus de 2 000 esclaves et en 1816, à Alger, 1 642.

 

Pour l'historien Jan Hogendorn dans Le Marché hideux. Aspects économiques de la fabrication et de la vente des eunuques, le taux de survie après élimination du pénis et du scrotum chez les enfants de sept à douze ans était de 10%. L’économie des Arabes, des Turcs et des musulmans d’Afrique du Nord s’appuyait depuis des siècles sur le marché des esclaves blancs, à tel point que les incursions en Europe, notamment dans le bassin méditerranéen, dura jusqu’au début des années 1900. À la même période en Turquie, les harems étaient toujours présents. Pour se faire une idée de cette institution, rappelons qu'au XVIIe siècle, le harem du vizir turc Kara Mustafá comptait plus de 1500 concubines et esclaves, 700 gardes africains, ainsi que de nombreux serviteurs et secrétaires.

Dans le monde de la prostitution, l'esclavage existe aussi en Occident, mais dans le monde non chrétien, il est présent sous toutes ses formes. En Arabie saoudite, par exemple, le centre du culte islamique, l'esclavage n'a été aboli, du moins sur le papier, qu'en 1962. Aujourd'hui, ils se sont modernisés. Sur Twitter, les domestiques étrangères sont vendues 4 500 dollars, transport et livraison compris. https://www.tpi.it/2018/02/28/arabia-saudita-domestiche-vendute-twitter/ La monarchie Al Saud est un allié de fer des gouvernements maçonniques occidentaux.

 

Une vidéo en français sur le trafic islamiste d'Africains:

 

Agostino Nobile

Agostino Nobile

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 15:15

Héroïne nationale depuis 1920, 2020 fêtera aussi les cent ans de la canonisation de Ste Jeanne d'Arc. Figure d'unité nationale, pourquoi Jeanne d'Arc peut-elle devenir un modèle pour la France ? Un dossier dirigé par Charlotte d'Ornellas en kiosque ou en commande sur : boutique.valeursactuelles.com

Source: Video GloriaTv

 

"En 2020, nous fêterons deux centenaires qui parleront de Jeanne d'Arc. D'abord, le centenaire de sa canonisation (le 16 mai 1920), ensuite le centenaire de sa proclamation comme héroïne nationale (un mois après le 24 juin 1920). Les députés avaient voté cette année la 'fête du patriotisme', ou loi, qui est encore en vigueur, même si nos hommes politiques ont tendance parfois à l'oublier malheureusement.

 

"En pleine Guerre de Cent Ans, une jeune paysanne de Lorraine est appelée par la Providence, à rencontrer le roi Charles VII et à le faire sacrer à Reims. Elle parvient à le convaincre de lever une armée et de reprendre Orléans. À la tête de 4000 hommes, Jeanne d'Arc libère en 1429, Orléans assiéger par les Anglais. Auxerre, Troyes, Châlons sont reprises, ainsi que Reims où Charles VII est sacré.

 

"Ces deux centenaires nous disent deux choses très importantes sur Jeanne. D'abord qu'elle a été reconnue la même année en France, quinze ans après 1905, comme sainte et comme héroïne nationale. Et cela dit tout de l'harmonie qu'il y a autour de cette femme, harmonie un peu exceptionnelle dans l'histoire. Elle est célébrée par de Gaulle et par Pétain, par Vichy et par la Résistance, par les Bourbons et par Michelet, historien républicain et socialiste, s'il en est. Elle apparaît sous la plume de Péguy et d'Aragon. C'est vraiment une femme qui a réussi à être admirée par tous, pour des raisons évidemment différentes. Mais elle a su faire comme au moment de sa vie, comme pendant sa vie, l'unité dans le pays de manière clairement miraculeuse.

Source: https://boutique.valeursactuelles.com/produit/valeurs-actuelles-n4315-4316/

Source: https://boutique.valeursactuelles.com/produit/valeurs-actuelles-n4315-4316/

"Maintenant, Jeanne d'Arc n'est pas seulement l'objet d'un roman national, un mythe, une légende, comme elle a pu l'être dans les envolées lyriques de beaucoup d'hommes politiques, de poètes ou d'écrivains : elle est aussi une des femmes historiques les mieux connues parce qu'elle a deux procès dont on a encore les minutes aujourd'hui, le procès où elle est condamnée à mort et le procès en réhabilitation où beaucoup de ses compagnons, de ses amis d'enfance, de ses parents ou de sa famille, viennent parler d'elle et ont témoigné. Donc on connait beaucoup de détails sur son enfance, sur son adolescence, sur le moment où elle part, et ensuite quand elle est chef de guerre jusque évidement au bûcher.

 

"Donc c'est une femme que l'on connaît parfaitement. Et c'est en cela qu'elle peut devenir un modèle, un exemple encore aujourd'hui six siècles après, parce qu'elle est étonnante de vertu, étonnante d'espérance, de charité, et de foi, bien évidemment."

"Figure d'unité nationale, pourquoi Jeanne d'Arc peut-elle devenir un modèle pour la France ?" (Charlotte d'Ornellas)

Note du blog Christ-Roi. L'unité, comme la paix, vient de l'obéissance à la volonté divine. Jeanne a été soumise au Christ Roi, et a accompli sa mission du rétablissement de l'ordre dans le royaume de France : le roi lieutenant du Christ, les français obéissant au roi, les Anglais chez eux.

C'est l'unique remède à la grande pitié, à l'apostasie, à la ruine actuelle. Vive le Christ-Roi, oportet illum regnare (Il doit régner. 1 Co 15,25)

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 08:49
Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Source: Dr. Adam A. J. DeVille

Newman and the problems of Catholic intellectual history

28 juillet 2019

Catholic World Report

L'automne dernier, j'ai applaudi l'annonce de la canonisation imminente de Jean Henry Newman, pour laquelle nous avons maintenant une date: le 13 octobre de cette année. Le mois d’octobre est le mois où, après de nombreuses années d'études et de souffrances, Newman a été reçu dans l'Église en 1845. Ce qui lui tient à cœur, c’est l’achèvement, à la veille de sa réception, de son Essai historique sur le développement de Doctrine chrétienne. Ce livre, ainsi que le reste de l'oeuvre de Newman, a beaucoup à nous apprendre, pas seulement sur l’histoire et les développements doctrinaux, mais aussi sur l'historiographie.

 

Newman serait, j'ose le dire, consterné par la façon dont de nombreux chrétiens aujourd'hui voient et gèrent notre histoire, comme ils le faisaient de son temps. Newman fut soupçonné par certains catholiques après 1845 parce qu'il était un homme des Pères et pas spécialement des Scolastiques. Sa formation patristique et ses dettes intellectuelles envers le premier millénaire semblaient le mettre en désaccord avec certains catholiques qui considéraient la tradition comme un livre écrit par Thomas d'Aquin et Trente.

 

Cette dynamique de périodisation de l'histoire, mais aussi de hiérarchisation, voire de glorification de certaines périodes, n'a pas beaucoup changé de nos jours. Aujourd'hui, chez certains catholiques, tout se passe comme si l'histoire se terminait quelque part entre 1958 et 1962, avec la mort de Pie XII et l'ouverture de Vatican II. Pour d'autres, l'Église ne prend vie qu'après 1965 lorsque le Concile prend fin, la période précédant le Concile étant considérée (comme je l'ai entendu dire de plusieurs Canadiens français, dont un archevêque important) comme la grande noirceur.

 

Chaque année qui passe, je suis de plus en plus convaincu que trop de problèmes dans l'Église aujourd'hui, et entre chrétiens, sont de nature historiographique. Nous préférons écrire et lire l'histoire d'une manière qui amplifie ou qui nie le désordre des conséquences actuelles. Nous fouillons dans l'histoire pour trouver des moyens de condamner ou d'élever le présent en fonction de notre politique, un processus souvent facilité par des doses effroyables de nostalgie et de romantisme.

 

La façon dont nous écrivons et lisons l'histoire révèle beaucoup de choses sur nous et sur notre psychologie. Plutôt que de lire et d'écrire l'histoire de façon ascétique, nous la lisons et l'écrivons souvent avec trop de passion. Écrire et lire l'histoire "ascétiquement", c'est le faire d'une manière qui nous permet d'écarter autant que possible nos propres ego et agendas. Si nous ne le faisons pas, alors nous écrivons "passionnément", dans le sens utilisé par Evagrius de Pontus : les passions désordonnées (logismoi) - ou ce qu'on appelle les péchés capitaux en Occident - nous contrôlent, nous privant de paix et de grâce et de la capacité de voir clairement la vérité, entraînant des distorsions et des troubles de toute nature - moraux, spirituels et intellectuels. Si nous souffrons de la passion de la colère (qu'Evagrius craignait plus que tout autre) contre, disons, le Pape François, nous pourrions avoir tendance à écrire et à lire l'histoire de manière à le dépeindre sous le pire jour possible.

 

Écrire l'histoire chrétienne ascétiquement ne signifie pas le faire d'une manière vidée de toute couleur, conviction ou commentaire. Ce n'est pas abandonner tout sens du jugement sur le bien et le mal. Cela ne cède ni à une peur exagérée ni à un espoir sans fondement.

 

La personne qui fait tout cela si bien est bien sûr Newman. Considérez seulement le dernier paragraphe de son fameux discours Biglietto à Rome en 1879, lorsqu'il fut nommé cardinal. Newman capture la tension incessante que les catholiques doivent maintenir en regardant notre sort aujourd'hui et en racontant notre histoire. Après avoir mis en évidence sans ménagement les ravages apparemment généralisés du "libéralisme" (voyez comme les choses changent peu !), Newman conclut ainsi :

 

Tel est l'état des choses en Angleterre, et il est bon que nous en soyons tous conscients ; mais il ne faut pas croire un instant que j'en ai peur. Je le regrette profondément, parce que je prévois que cela pourrait être la ruine de nombreuses âmes ; mais je n'ai aucune crainte qu'il puisse faire vraiment quel que grave dommage que ce soit à la Parole de Dieu, à la Sainte Église, à notre Roi tout-puissant, au Lion de la tribu de Juda, fidèle et vrai, ou à Son Vicaire sur terre. Le christianisme a été trop souvent dans ce qui semblait être un péril mortel tel que nous devrions craindre pour lui tout nouveau procès. Jusqu'ici est certain ; par contre, ce qui est incertain, et dans ces grandes compétitions reste souvent incertain, ce qui est souvent une grande surprise quand on en est témoin, c'est le mode particulier par lequel, en l'occurrence, la Providence sauve et sauve Son héritage élu. Parfois notre ennemi est transformé en ami; il est parfois dépouillé de cette virulence particulière du mal qui le menaçait; parfois il tombe en morceaux; parfois il fait tout ce qui est bénéfique, puis il est enlevé. En général, l'Église n'a rien d'autre à faire que de s'acquitter de ses propres devoirs, de confiance et de paix ; de rester immobile et voir le salut de Dieu.

 

S'arrêter et voir le salut de Dieu, dans l'espérance qu'Il ne nous abandonne pas : c'est aujourd'hui la tâche de tous les catholiques qui sont tentés de désespérer de l'état de l'Église !

 

Pour nous aider à garder notre espoir quand les choses semblent sombres, nous devons recommencer à lire l'histoire de l'Église avec des érudits sérieux. Au cours des dernières décennies, nous n'avons pas manqué d'historiens de premier ordre, rien qu'en anglais : Christopher Dawson, John Bossy, Jonathan Riley-Smith, Henry et Owen Chadwick (tous décédés) ; parmi ceux qui sont encore vivants, Eamon Duffy, John Pollard, Hermann Pottmeyer et Francis Oakley. La Compagnie de Jésus a semblé particulièrement habile à produire des historiens et des théologiens historiques de premier plan, notamment John O'Malley, Klaus Schatz, Brian Daley et Robert Taft. Ce qui les distingue tous, c'est la tension et la dynamique qu'ils essaient de maintenir : une reconnaissance sans faille du mal dans notre histoire, et la reconnaissance de ce que Dieu nous a fait traverser et où Sa Sainteté a triomphé.

 

Plus concrètement, c'est la même dynamique que nous devons maintenir en ce qui concerne l'histoire de la période post-conciliaire : reconnaître à la fois le bien et le mal produits par Vatican II. (Connaître l'histoire conciliaire, c'est reconnaître qu'il y a eu des conflits et du désordre à l'occasion de chaque concile, et après. Nicée Ier s'attaqua à l'arianisme, mais Constantinople Ier dut continuer l'œuvre cinquante ans plus tard. L'iconoclasme s'est aggravé à certains égards après Nicée II en 787 et n'a commencé son déclin final, mais jamais complet, qu'après le milieu du IXe siècle.) Bien que j'aie défendu Vatican II de bien des façons (voir, par exemple, mon essai dans Matthew Levering et Matthew Lamb, éd., La Réception de Vatican II, Oxford University Press, 2017), je n'ai jamais compris l'envie de tout détruire, ni de tout défendre.

 

Chrysostome

La pensée totale (pour emprunter une phrase de Robert Jay Lifton), dans laquelle tout est bon ou tout mauvais, n'est presque jamais la façon dont se déroule la pensée catholique sérieuse, en particulier l'historicisation catholique (la théologie morale est une autre affaire, et ici, comme nous le savons, il y a certaines choses condamnées avec raison et totalement comme "intrinsèquement mauvais". Le paragraphe 80 de Veritatis Splendor en donne une longue liste, y compris, nous devons le noter aujourd'hui à propos "des conditions de vie sous-humaines, l'emprisonnement arbitraire, la déportation"). Penser avec l'esprit de l'Église est un acte de discernement, trier le blé de l'ivraie, "dépouiller les Égyptiens" comme disaient les Pères, "baptiser les païens" comme d'autres l'ont fait. C'est la méthode qui permet et encourage sans crainte les chrétiens à plonger dans notre propre passé et, disons, dans Freud, Marx, Nietzsche, Hegel ou mille autres, et à en tirer des enseignements, tout comme Chrysostome, Augustin et Aquin l'ont fait avec Aristote et les autres de l'antiquité grecque. Cela ne signifie pas que nous acceptons tout, ni que nous les rejetons catégoriquement. Nous prenons ce qui est bon et laissons le reste derrière nous.

 

Nous devons non seulement mieux "lire, marquer et digérer intérieurement" notre propre histoire, mais aussi apprendre comment l'écrire et mieux la traiter. Plutôt que de faire cela, certaines personnes se plaisent aujourd'hui à arracher tendanciellement une partie, par exemple, du quatrième Concile du Latran, ou une lettre du pape Clément II, ou une autre éminence conservée au Denzinger, et à la frapper sur une page de blog avec une autre citation également brutalisée de Vatican II, ou la dernière déclaration du pape François. Tout cela se fait avec un élan triomphal dans ce que l'on pourrait appeler une "apologétique de base" fondée sur le romantisme d'un passé qui n'a jamais existé, un passé qui est considéré comme monolithique, sans équivoque et sans ambiguïté comme bon. C'est l'histoire de l'Église racontée dans l'un des deux seuls registres possibles : celui du "traumatisme choisi" ou de la "gloire choisie", pour reprendre les termes de Vamik Volkan de l'Université de Virginie.

 

Dans l'Église aujourd'hui, nous voyons cette approche se réaliser sous la forme de théories sur les infestations de francs-maçons au Vatican, les infiltrations de marxistes dans les séminaires, et de pontifes inéligibles qui montent sur le trône après une "abdication" illégale par Benoît XVI. Il ne manque pas ce que l'on pourrait appeler des capitalistes fous catholiques dont vous pouvez rejoindre les sites Web, les podcasts et les vidéos que vous pouvez acheter, et les livres que vous pouvez acheter vous donnant une version de l'histoire méconnaissable pour les Pères, pour Newman ou pour les savants aujourd'hui.

 

Nous pouvons, et devrions, rire d'une telle folie monétisée, mais nous devrions aussi y répondre. Comme beaucoup dans l'académie, et comme à peu près tous les évêques de la planète, je ne suis pas enclin à répondre aux farfelus et aux fous, mais en ne le faisant pas, nous condamnons trop de catholiques à périr dans ce désert intellectuel dans lequel ils sont entrés pour chercher désespérément des réponses quant à comment et pourquoi l'Église est dans cet état. Une fois de plus, Newman est ici un guide sûr : il n'a pas laissé à la machine à sous, permis aux "fausses nouvelles" de rester incontrôlées comme quand, par exemple, il a écrit à la main pendant six semaines les nombreux articles de journaux qui sont devenus plus tard son exaltante Apologia Pro Vita Sua pour réfuter le mensonge calomnieux sur la raison pour laquelle il était devenu catholique.
 

Si, aujourd'hui encore, Newman nous donne une vue d'ensemble, c'est l'historien jésuite byzantin Robert Taft, aujourd'hui décédé, qui donne les détails méthodologiques. C'est de lui, plus que de n'importe qui, que j'ai appris l'historiographie chrétienne, et à lui si souvent que j'ai rendu. Ailleurs, j'ai longuement réfléchi à l'historiographie de Taft et à la manière dont apprendre de lui pourrait aider dans les conflits catholiques-orthodoxes du passé, et dans les conflits entre chrétiens et musulmans concernant l'interprétation de l'histoire des croisades. Permettez-moi de ne citer ici qu'un seul passage crucial de son article de 1996 "Ecumenical Scholarship and the Catholic-Orthodox Epiclesis Dispute" (Ostkirchlische Studien 45). Après avoir exposé les mauvaises approches de l'écriture et de la narration de l'histoire, il nous donne ensuite quelques méthodes concrètes sur la façon de procéder, en faisant valoir que, suivant sa méthode historico-critique,

 

on traite des textes et des faits dans leur contexte, et que les théories cèdent aux données historiques, et non l'inverse. Une preuve objective signifie qu'il ne faut pas présenter des éléments de preuve tendanciellement inclinés pour appuyer une position, mais sans parti pris, pour trouver une réponse à la question, quelle qu'elle soit. Bien qu'aucune étude ne puisse jamais prétendre couvrir toutes les preuves, la sélection et la présentation des preuves doivent être exhaustives, c'est-à-dire suffisamment représentatives pour éviter de passer sous silence ou d'expliquer tout ce qui ne cadre pas bien avec une théorie préconçue. Enfin, il faut être scrupuleusement juste dans la présentation et l'évaluation de la preuve, en évitant la caricature et sans substituer la rhétorique aux faits.

 

Ceci n'est pas seulement une bonne historiographie : c'est le christianisme de base, une mise en action des dictons pauliniens les plus négligés (surtout des médias sociaux) sur la prédication de la vérité par amour. Taft et Newman reflètent ce que je ne peux que voir comme une approche véritablement catholique de la vie intellectuelle, qui évite l'idéologie et les solutions simplistes totales, et qui n'est pas gênée du tout par le fait que non seulement l'histoire papale mais toute l'histoire chrétienne est composée - comme Duffy l'a appelée sa magistrale histoire papale en un volume - de Saints et Pécheurs. Pour les catholiques d'aujourd'hui, il n'y a pas de piété à promouvoir ou à protéger en se concentrant uniquement sur les saints ; il n'y a pas de "scandale" à éviter en niant la présence des pécheurs à tous les niveaux de l'Église, et dans l'histoire de l'Église jusqu'à nos jours. Il n'y a rien à gagner à refuser de parler de nos problèmes.

 

Et il existe des problèmes, comme le souligne le nouveau livre important et très bienvenu de Stephen Bullivant, Exode massif: Désaffiliation catholique en Grande-Bretagne et en Amérique depuis Vatican II, le montre clairement. Nous pouvons maintenant entamer une discussion franche et directe sur les données que Bullivant a amassées et continuer à rechercher des études similaires et complémentaires afin de bien comprendre la réalité actuelle à laquelle nous sommes confrontés. (J'ai moi-même commencé à examiner des données similaires à la fin des années 1990 au Canada, alors que j'étais assistant de recherche pour un professeur qui écrivait un livre sur l'histoire du sacrement de la confession. L'effondrement stupéfiant et massif de sa pratique - et de celle d'autres sacrements - Après l’année 1960 et la Révolution tranquille au Québec, on s'attendait à l'effondrement décrit par Bullivant au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En 1960, nous assistions à une messe dominicale de 85% des catholiques sur l'Île de Montréal; au milieu des années 1970, la pratique planait autour de la vingtaine; aujourd'hui, elle se situe quelque part entre 2 et 4%. 

 

Face à ces chiffres et à ces réalités aujourd'hui, le catholique n'a pas peur d'admettre que les choses semblent désastreuses dans certains endroits, mais que nous savons aussi que l'Église grandit dans d'autres, et qu'en toutes choses et en tous lieux, Dieu est aux commandes. Ainsi, nous pouvons reconnaître librement la présence du péché et de la grâce dans notre propre vie et dans celle de l'Église dans son ensemble. Nous ne minimisons ni n'amplifions les problèmes. Nous ne les rejetons pas passivement en disant "Eh bien, il y a toujours eu du péché", mais nous ne laissons pas non plus les réalités actuelles du péché nous paralyser de faire ce que nous pouvons et devons en cette heure actuelle. Nous continuons, comme Newman l'a dit dans l'une de ses "Méditations sur la Doctrine Chrétienne", à faire du mieux que nous pouvons pour
 

Dieu m'a créé pour que je Lui rende un service précis ; Il m'a confié un travail qu'Il n'a pas confié à un autre. J'ai ma mission - je ne le saurai peut-être jamais dans cette vie, mais on me la dira dans la prochaine. D'une manière ou d'une autre, je suis nécessaire à Ses desseins... ; j'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre ; je suis un maillon d'une chaîne...... Il ne m'a pas créé pour rien. Je ferai le bien, je ferai son œuvre ; je serai un ange de paix, un prédicateur de la vérité à ma place.

 

Puisse l'intercession de saint Jean Henry Newman nous permettre à tous de le faire aujourd'hui avec autant d'honnêteté et d'espoir que dans le sien.

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 08:01
État libéral et liberté religieuse

Source: Politique Magazine / RT France

Bien loin d’être neutre, l’État libéral se coupe de la culture commune religieuse et se retrouve désemparé face aux religiosités contemporaines. Analyse par Damien Clerget-Gurnaud.

 

Initialement, la reconnaissance par l’Église de la liberté religieuse était une façon de rompre avec sa conduite passée, en prenant solennellement ses distances avec toute forme de violence exercée au nom de la religion. Fondé sur le principe de la dignité de la personne et sur la nature volontaire de tout acte de foi, le respect de la liberté religieuse n’était pas le moins du monde – du moins dans l’intention de la déclaration Dignitatis Humanae – un renoncement à la vérité universelle du christianisme. Bien au contraire voulait-il en être l’expression la plus fidèle. C’est au nom même de la foi en Jésus Christ qu’il était requis de ne pas contraindre ceux qui refuseraient d’y croire.

 

La séparation radicale du politique et du religieux

Si ce principe est difficilement contestable, son application en revanche l’est bien davantage. Car de ce même principe on pouvait tirer deux mesures radicalement opposées. D’une part promouvoir l’instauration d’une politique authentiquement chrétienne, et même plus chrétienne que jamais puisque plus que jamais attentive à la dignité des personnes. De fait, il n’est pas déraisonnable d’imaginer que les progrès de la liberté religieuse seront d’autant mieux assurés que l’État sera plus ouvertement chrétien. Si le principe de la liberté religieuse est théoriquement fondé sur une anthropologie chrétienne, seule la commune acceptation de cette dernière rendrait vraiment et pratiquement possible la réalisation pleine et entière de la première. Autrement dit : la liberté religieuse ne rend nullement obsolète l’ambition de baptiser des États et des nations, puisqu’il y a apparence que dans les nations chrétiennes la liberté de conscience serait sinon respectée du moins défendue.

 

La religion catholique s’est retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre

D’autre part ôter au christianisme toute velléité politique, en séparant radicalement deux domaines tenus pour intrinsèquement distincts : le domaine politique, où l’usage de la force demeure un moyen ordinaire et parfois légitime ; et le domaine religieux, où aucune contrainte ne saurait jamais être exercée. C’est cette possibilité qui a malheureusement prévalu historiquement. Cette séparation des domaines, cette rupture du vieil édifice théologico-politique sous les coups de boutoir du libéralisme lockien est au cœur de notre modernité politique. Les circonstances historiques qui ont concouru à l’avènement de cette modernité ont en effet utilisé le thème de « la liberté religieuse » d’abord comme un instrument d’émancipation face aux religions politiques.

 

Contre la théologie politique

Au lieu d’incarner un principe de théologie politique, le respect de la liberté religieuse est d’abord apparu comme une déclaration de guerre contre toute forme de théologie politique. Au lieu d’apparaître comme la confirmation des droits politiques d’une religion soucieuse avant tout d’améliorer la conduite collective des hommes, il passa pour un renoncement à valoir encore, à se faire valoir politiquement en tant que foyer normatif et phare des sociétés humaines. Il arriva donc que la liberté religieuse fut moins la liberté garantie par le christianisme que la liberté en partie conquise contre lui. Et l’espace politique, au lieu d’être encore chrétien, au lieu même d’être encore voulu chrétien par les chrétiens eux-mêmes, s’émancipa solennellement, au nom de la liberté religieuse, de toute appartenance confessionnelle.

 

Pour son malheur, la religion catholique s’est depuis assez longtemps retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre qu’elle a fini par admettre comme une évidence indiscutable et une incarnation théologiquement acceptable de son propre respect pour la liberté religieuse. Pourtant, s’il y a bien dans le christianisme le fondement d’une distinction ferme entre ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, donc d’une distinction entre l’État et l’Église, on n’y trouverait pas la moindre trace d’une pareille distinction entre le domaine politique et le domaine religieux. Que le roi n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par le pape n’implique aucunement qu’il n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par Dieu, dans le pieux respect de Ses préceptes.

 

La prétendue neutralité idéologique de l’État

Le 14 mai 2019, la très officielle commission théologique internationale a rendu public un rapport de quarante pages consacré justement à cette question de la liberté religieuse dans le monde contemporain. Sous ses allures modestes, ce petit texte s’attaque frontalement à ce dogme libéral de l’État neutre. Enfin ! Et il le fait avec une hardiesse combative qu’on désespérait de jamais revoir :

 

« La prétendue neutralité idéologique d’une culture politique qui déclare vouloir se construire sur la formation de règles purement procédurales de justice, en écartant toute justification éthique et toute inspiration religieuse, manifeste la tendance à élaborer une idéologie de neutralité qui, de fait, impose la marginalisation sinon l’exclusion de l’expression religieuse de la sphère publique. Et donc de la pleine liberté de participer à la formation de la citoyenneté démocratique. Ici se découvre l’ambivalence d’une neutralité de la sphère publique qui n’est qu’apparente et d’une liberté civique objectivement discriminante. »

 

Ce propos revient à dénoncer, avec une fermeté peu commune, le pacte explicite qui renvoyait la croyance religieuse à une sphère privée éloignée d’une sphère publique où prévalait au contraire la neutralité confessionnelle. Ce partage, quoi qu’il prétende, est un jeu de dupes qui ne respecte aucunement la liberté religieuse puisqu’il contraint pratiquement tous les croyants à se résoudre à une forme d’existence mensongère : « Lorsque les chrétiens acceptent passivement cette dichotomie de leur être entre une extériorité gouvernée par l’État et une intériorité gouvernée par l’Église, ils ont, de fait, déjà renoncé à leur liberté de conscience et d’expression religieuse ».

 

Mais le pire n’est peut-être pas cette hypocrisie institutionnelle. L’indifférence religieuse de l’État, observent les auteurs, a eu cet effet paradoxal d’encourager le développement d’une religiosité politiquement immature, qui échappe à tout réel effort d’institutionnalisation. Telles ces inquiétantes déviations religieuses que constituent « les formes nouvelles de religiosité cultivées dans la ligne de contaminations arbitraires entre recherche du bien-être psycho-physique et constructions pseudo-scientifiques de la vision du monde ». Cette religiosité sur mesure, taillée aux proportions exclusives de la vie privée, avec les clôtures et la culture du secret que cette vie requiert d’habitude, qu’est-elle d’autre sinon une forme de sécession politique qui n’en finit pas d’alimenter les sectes en nouveaux convertis ?

 

Mondialisme et fondamentalisme

De même, et contrairement aux apparences, la nouvelle poussée du fondamentalisme n’est pas forcément la survivance d’une religiosité traditionnelle que l’on croyait dépassée. Ce phénomène pourrait être en réalité indissociable de la mondialisation contemporaine au point de ne pouvoir se comprendre sans référence à la manière dont les sociétés libérales ont nié à la croyance religieuse tout droit à exister dans le domaine public. C’est par une forme de symétrie conflictuelle, la radicalité d’une option répondant à la radicalité de l’autre, que le fondamentalisme a vu le jour. Il est littéralement l’hyper-politisation de la religion qui fait face à sa massive dépolitisation au sein des sociétés occidentales. Comme tout ce qui ne vit que par opposition à autre chose, le fondamentalisme ne peut donc se concevoir sans les sociétés libérales, dont il inverse méthodiquement tous les signes.

 

L’ennui est que, confrontés à ces nouvelles formes de religiosité parasite, les États libéraux se retrouvent désarmés, faute d’une culture religieuse suffisante. Face à une religiosité politiquement immature, ils n’ont à opposer que leur propre immaturité religieuse, produite par des siècles d’oubli volontaire et de rejet de l’héritage religieux (en l’occurrence chrétien) qui habite encore leurs pratiques politiques. Face à des religions qui ne savent plus rien du fait politique, ils offrent les réponses maladroites d’un monde politique amnésique qui manque si radicalement de mémoire religieuse qu’il est devenu incapable du moindre discernement : « Les théories de l’État libéral qui le pensent comme radicalement indépendant de ce qu’apportent l’argumentation et le témoignage de la culture religieuse, le doivent concevoir comme plus vulnérable aux pressions des formes de religiosité – ou de pseudo-religiosité – qui cherchent à s’affirmer dans l’espace publique en dehors des règles d’un dialogue culturel respectueux ».

 

Cette séparation entre la religion et la politique s’avère donc aussi injuste pour la religion qu’elle est dangereuse pour la politique. Car il ne fait aucun doute qu’en cantonnant la religion à la sphère privée, les États libéraux se sont en même temps privés d’un aspect essentiel de tout édifice politique. En effet, la religion est constitutive d’une culture dans laquelle elle assume sinon un rôle matriciel, du moins un rôle majeur. Par culture, il faut entendre un système global de symboles qui informent la vie sociale et permettent de lui donner du sens. Plus encore, la culture commune nourrit de « récits fondateurs » une identité collective qui n’est rien sans elle. C’est donc tout à la fois de cette culture commune et de cet enracinement dans une communauté d’appartenance que les politiques libérales se sont coupées en reléguant le christianisme à l’obscurité des pratiques individuelles : « L’indifférence de l’État le rend progressivement étranger aux fonctions symboliques dont se nourrit l’appartenance sociale et il devient de plus en plus incapable de les comprendre, et donc de les respecter, comme il déclare vouloir le faire ».

 

Plus profondément, la croyance religieuse est par sa nature même une façon d’assumer la condition humaine dans sa dimension la plus existentielle et la moins anecdotique : « L’expérience religieuse est gardienne du niveau de réalité où la convivance sociale vit et affronte les thèmes et les contradictions qui sont propres à la condition humaine (l’amour et la mort, le vrai et le juste, ce qu’on ne peut comprendre et ce qu’on ne peut espérer ) ». N’est-ce pas à la marginalisation systématique de cette dimension religieuse de l’existence que la vie publique de nos sociétés occidentales doit son apparente frivolité et son incapacité manifeste à élever le débat politique au-delà des querelles picrocholines ?

 

La politique moderne est une idolâtrie

Pour toutes ces raisons, le dogme libéral de l’État neutre paraît aujourd’hui de moins en moins tenable. Cette impasse pourrait logiquement nous conduire à tenter à nouveau d’inscrire la sphère publique sous un horizon explicitement religieux, autrement dit redonner toute sa chance à l’idée complaisamment abandonnée d’un « État chrétien ». Un tel projet est d’autant moins absurde que, tout compte fait, l’État moderne a laissé le christianisme derrière lui mais en conservant intactes, depuis deux cents ans, l’affirmation d’un dogme commun et la pratique d’un culte public. Que ce dogme ne renvoie plus à la religion chrétienne et que ce culte ne s’adresse plus explicitement à Dieu n’autorise aucunement à dire que la politique moderne serait sortie de la religion. Fondamentalement, l’idéologie d’État est une forme d’idolâtrie et, à ce titre, elle demeure encore pleinement justiciable de catégories religieuses : « Lorsque la place de Dieu, dans la conscience collective d’un peuple, est occupée abusivement par les idoles fabriquées par l’homme, le résultat n’est pas un climat de liberté plus avantageux pour chacun, mais bien plutôt une servitude plus insidieuse pour tous ».

 

De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique

Malheureusement, les membres de la commission théologique n’ont pas poussé l’audace du raisonnement jusque-là. Convaincus que la religion avait un rôle politique à jouer, ils se sont contentés de vouloir lui faire jouer un rôle social infra-politique. Ils ont parfaitement compris les limites d’une approche de la religion exclusivement fondée sur la liberté des individus et ignorante de la dimension intrinsèquement communautaire et relationnelle de toute vie personnelle : « Elle [la liberté] n’a aucune possibilité de grandir en force et sagesse sans la médiation de relations humanisantes qui aident cette liberté à s’engager, à s’éduquer, à s’affermir et aussi à se transmettre, au-delà des aliénations où l’individualité pure, ravalée à l’individualisme, ne peut que végéter. […] Le jugement de la conscience sur la rectitude de l’agir est élaboré sur la base de l’expérience personnelle, à travers la réflexion morale ; et ce jugement se définit par rapport à l’ethos communautaire qui instruit et qui rend manifeste la valeur des comportements vertueux conformes à la vérité de l’humain ». Mais cet élargissement de la vie religieuse au domaine social la tient encore éloignée de la sphère politique.

 

Dimension sociale sans dimension politique

Prisonniers de la perspective “personnaliste” de Dignitatis Humanae, les auteurs du rapport parviennent à étendre le domaine spécifiquement religieux au-delà de la seule personne, en direction de sa communauté d’appartenance. Ainsi la religion revêt-elle, au-delà de la relation de chacun avec Dieu, une réelle dimension sociale : « Ainsi, l’existence chrétienne unit-elle la liberté individuelle de l’acte de foi et l’insertion dans une tradition communautaire comme les deux faces d’un même dynamisme personnel ». Mais la vie sociale ou communautaire ne constitue pas en elle-même un ordre politique, elle n’est encore que la coexistence de personnes dans un espace relationnel élargi dont la norme est de « convivance ». Pour qu’il y ait un ordre politique, il faut davantage que cette convivance des personnes ; il faut une personnalité morale collective qui se nomme cité, nation ou empire et qui apparaît comme le « bien commun » de chacun à la condition qu’il soit effectivement bon pour chacun, c’est-à-dire « juste ». De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique.

 

Or, les auteurs de la commission théologique se sont bien gardés de pousser leur prétention au-delà de cette seule dimension sociale. Ce qu’ils attendent n’est finalement rien de plus que la reconnaissance publique du droit des communautés religieuses au sein de cet espace social. Comme dans le modèle libéral, l’État demeure garant de la paix publique, mais il ne doit plus empêcher l’expression sociale de cette foi. Tel est le modèle de « laïcité positive » qu’ils appellent de leur vœu, dans une perspective proche de celle du pape François. On peut se demander si une telle ambition ne restaure pas in fine les conditions d’une exclusion politique qui avait été si vaillamment critiquée dans les passages consacrés à l’État neutre. Car on voit mal en effet comment cette liberté religieuse élargie serait autre chose qu’un encouragement au « repli » communautaire.

 

À supposer même que ces libertés communautaires ne représentent pas, au sein d’une société multiculturelle, une réelle menace pour la convivance mutuelle (comme si la pratique du dialogue et le respect réciproque étaient une façon d’user correctement de toute croyance religieuse plutôt qu’une norme de comportement prescrite par l’une d’entre elles), le « bien commun » ne s’en trouverait pas pour autant restauré. Dans le cadre du libéralisme, c’est un fait, l’État est seulement le garant de la convivance sociale tandis que le « bien commun », lui, est proprement abandonné au nom du relativisme éthique. L’Église seule, en tant qu’elle affirme à contretemps l’existence de normes transcendantes, demeure en mesure de conserver quelque validité au principe du bien commun. La commission théologique ne se fait pourtant pas faute de rappeler cette immense responsabilité politique, qui empêche de concevoir la foi catholique comme un simple marqueur sociologique. Seulement voilà : effrayée par sa propre audace, elle s’est soigneusement gardée d’aller au bout de sa logique.

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 07:12

En ce jour de 14 juillet, il n'est pas inutile de rappeler que pour une question de démocratie transparente, a minima, les francs-maçons doivent attester par écrit et sur l'honneur, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique, s'ils veulent servir le pays. Leur serment d'entraide et de secret, échangé entre eux durant leurs cérémonies, étant incompatible avec la démocratie.

 

Serge Petitdemange, dirigeant de l'association intitulée "Renaissance française" - bien qu'organisation "républicaine" avec les défauts de ce type d'organisation politique nécessairement réunie autour d'un chef de parti faisant le jeu du diviser pour régner, principe du moteur de la Révolution dite "française" -, énonce néanmoins un certain nombres d'idées, nécessaires au Bien commun, comme par exemple dans sa dernière video sur youtube, où il reprend une idée que nous avions lancée ici, et ici en 2014, ou  en 2015; à savoir contraindre les francs-maçons à se déclarer... devant le parlement s'ils veulent faire de la politique, ou avoir accès à de hautes fonctions administratives. 

 

Cette proposition, conforme aux libertés d'association et de réunion - l'ordre public étant sauf -, est une proposition qui à tous points de vue relève du salut public à l'heure où la corruption a ruiné des vies entières depuis bien trop longtemps et où l'effondrement du pays se décline dans tous les domaines et atteint un niveau d'alerte maximale.

Extrait

"Graves turbulences et énormes trous d'air pour la franc-maçonnerie spéculative à Monaco comme à Paris : même combat!"

 

"Citoyens patriotes, sous l'emprise de la franc-maçonnerie spéculative, aucun État de part le monde ne peut se prévaloir d'être un 'État de droit.'

"Toutes les institutions monégasques sont gangrenées par une véritable association de malfaiteurs en col blanc. [...] Pendant des années, des dizaines de victimes ont du subir des injustices indignes d'une démocratie. C'est pourquoi une association de victime s'est créée, afin de faire respecter le droit. [...] Des victimes qui ont des preuves matérielles irréfutables sont confrontées à un système corrompu, malhonnête, bien rodée. Corruptions, malversations et collusions dénoncées dans la presse durant ces dernières années. [...] Il s'agit de manipulations volontaires, des dysfonctionnement graves et répétés commis par des professionnels du droit contractuellement détachés par la France, par quelques monégasques aussi, et qui ont pour conséquences de porter également atteinte à leur probité par des manoeuvres frauduleuses telles que diffamations, dénonciations calomnieuses, faux et usages de faux, dissimulations de preuves, discriminations, dénis de justice, abus de pouvoirs, non respect des conventions collectives, non respect de la Convention européenne des droits de l'homme, notamment son article concernant chaque individu à avoir droit à un procès équitable, et autres violations des droits fondamentaux au regard du droit international en vigueur.

"[...] Cette affaire met en lumière sur la place publique l'existence de réseaux occultes dont le serment prêté au seins des loges est, à leurs yeux, plus important que celui prêté au Prince Albert, chef de l'État monégasque, garant de la constitution. En fait, le même problème que chez nous en France.

"[...] Le Prince Albert II a la chance inouïe de pouvoir remettre de l'ordre dans son appareil d'Etat, en refondant totalement les structures dirigeantes, exigeant des nouveaux promus, hommes et femmes, qu'ils attestent par écrit et sur l'honneur bien évidemment, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique au cours de leur prestation de serment à servir le Prince et la Principauté de Monaco. Nous ferons exactement la même chose en France." (Fin de citation)

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 07:39

Dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l'État.

(Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989

Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'État français : Lex fit consensu populi et constitutione regis. "Consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33.)

 

Le self-government rural ou la "démocratie" et des élections à la pluralité des voix dans chaque village était un usage courant. (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.) Le parlement local était élu par la population locale. Chaque grande ville élisait ses dirigeants, désignés parfois sous le terme d'échevin. (Pierre GAXOTTE, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 9-10.) Mais, "dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989).

 

"Description de cette image, [...], il en est un d'une valeur unique quand il s'agit de la vie populaire, ville ou campagne; nous l'avons déjà cité, le célèbre, trop célèbres par certains côtés, Rétif de la Bretonne. Paysan bourguignon, demeuré en relations avec les gens de son village, il décrit avec une plume fidèle la vie des siens. L'un de ses livres, presque exclusivement consacré à la vie rurale, La Vie de mon père, est un chef d'oeuvre. Parlant des deux villages de Sacy et de Nitry (département de l'Yonne), Rétif écrit : '...Les habitants étaient possesseurs de leur finage, chacun cultivait ses terres, avait des bestiaux en proportion de ses fourrages et des engrais dont il avait besoin.' Outre les propriétés particulières, chacun de ces villages (on disait communauté) possédait des communes (biens communaux) appartenant généralement à tous. Mais laissons la parole à notre paysan : 'La petite paroisse de Sacy, dit Rétif, ayant des communes, elle se gouverne comme une famille.' Chaque mot ici est à retenir : 'Tout s'y décide à la pluralité des voix, dans des assemblées qui se tiennent sur la place publique, les dimanches et fêtes au sortir de la messe, et qui sont indiquées par le son de la grosse cloche. C'est à ces assemblées qu'elle - la petite paroisse - nomme les syndics, les collecteurs pour la taille, les garde-finages pour la sûreté des terres ensemencées et des vignes, enfin les pâtres publics.'

 

C'était comme on le voit, le self-government rural dans son intégrité. Notons que ce tableau de l'assemblée du village, donné par Rétif pour la Bourgogne, concorde, et jusque dans ses détails, avec celui que le cardinal Mathieu présentera pour la Lorraine d'après ses recherches dans les archives locales, avec le tableau que trace M. Jean Barruol pour la Provence et le Comtat-Venaissin, avec le tableau que donne Emile Cheysson de la vie rurale dans nos provinces du Sud-Ouest. 'Quarante mille associations naturelles, écrit Albert Babeau, délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents.' Et Jean Barruol en ses précieuses études sur La Vie rurale dans l'Ancienne France : '1789 donnera aux habitants des campagnes des droits politiques souvent illusoires, qui ne remplaceront pas les libertés et privilèges de plus modeste allure, mais aussi plus pratiques, élaborés par l'expérience et les rapports millénaires du Prince, du Seigneur et des antiques souches paysannes.' (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.)

 

 

... Et les documents d'archives, pièces inédites, ajoute M. Jean Barruol (La Vie rurale dans l'Ancienne France) confirment de tous points le tableau des ménages rustiques tracé par Rétif de la Bretonne et par Marmontel. (Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid., p. 395.)

 

Une instruction plus développée qu'on ne le croit

 

"Quant à l'instruction, elle était beaucoup plus développée qu'on ne le croit généralement. [D]ans La Vie de mon père, (de Rétif, (mort en 1806 Ndlr.) encore, nous trouvons des détails précis sur l'école populaire des villages de sacy et de Nitry en Bourgogne. M. T., receveur de l'enregistrement, à B... (Gironde), nous faisait l'honneur de nous écrire, écrit F. Funck-Brentano : 'En classant dernièrement de vieux papiers dans le Lot-et-Garonne, j'ai trouvé un document qui confirme votre opinion sur l'instruction primaire dans les campagnes sous l'Ancien Régime. Il s'agit d'un cahier d'écolier de novembre 1686.' Ce dernier appartenait à une famille de laboureurs, c'est-à-dire de paysans. Ce qui au surplus, est remarquable, écrit M. T., c'est que cet écolier demeurait dans un coin du Lot-et-Garonne, à Lastraules, où, il y a une soixantaine d'années, il n'y avait encore aucun chemin pour s'y rendre, mais de simples pistes. Nous sommes en un modeste petit village comme perdu parmi ses cultures. ... Dans le corps du cahier on trouve diverses manières d'additionner, de soustraire, une table pour apprendre à bien multiplier, laquelle il faut savoir par coeur. La réduction des monnaies y tient une grande place. Le tout est accompagné d'exemples et de problèmes.' J'appartiens à une très ancienne famille du Rouergue, poursuit notre correspondant, rapporte F. Funck-Brentano. Voilà un mois, je conduisais mon grand-père dans le petit cimetière d'un village près de Millau. Lorsque, dans la douloureuse nuit où nous veillions son corps inanimé, les premières lueurs de l'aube vinrent se mêler à la clarté vacillante des cierges, je demandai à mon père de me montrer les archives familiales. Une liasse de vieux papiers jaunis où revit une partit de ma race. Jamais encore je n'avais pu obtenir de mon grand-père de me les montrer. Parmi ces paysans, mes ancêtres, qui précédèrent la Révolution, tous sont doués d'une belle écriture, d'une phrase parfaitement correcte. ... Après la Révolution au contraire, vers 1840, je trouve un de mes pères complètement illettré, puis le père de mon grand-père écrit difficilement; mon grand-père aussi. Qu'est-ce à dire sinon que, sous l'Ancien Régime, l'instruction était très répandue. J'ai des testaments qui sont de vrais chefs- d'oeuvre de correction, de style et j'ajoute, de charité. Tous donnaient une part aux pauvres du village. Ne serait-ce pas la Révolution qui aurait fermé les écoles et ne donne-t-on pas à l'Ancien Régime une réputation d'ignorance et d'obscurantisme qui, en réalité, reviendrait à l'époque qui lui a succédé ?"

 

"Observations, explique F. Funck-Brentano, confirmées de la manière la plus précise par M. Lucien Noël dans le précieux ouvrage qu'il vient de publier, Montfermeil et sa région: Ces institutions (assistance et instruction publiques) léguées à la Révolution par les gouvernements antérieurs, formaient un splendide patrimoine que les assemblées révolutionnaires paraissent ne pas avoir apprécié à sa valeur... Elles ne s'occupèrent de l'instruction primaire que pour l'amoindrir." (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 46-48.)

 

Cliché le peuple d'illettrés

 

"...les livres scolaires, au lendemain des lois sur l'obligation scolaire (Lois scolaires Jules Ferry), endoctrinaient les enfants dès leurs jeune âge. Les manuels d'histoire accusaient, sans nuance et sans crainte du ridicule, l'Église médiévale d'avoir mis tout en oeuvre pour maintenir les hommes dans un état de totale inculture; tous disaient que, pour le clergé, "la diffusion des livres était le triomphe du diable". À les lire, s'imposait l'idée que l'Église avait "réservé jalousement pour ses moines, dans le mystère des cloîtres, des bribes de science qu'elle se garda bien de communiquer au grand public"... Ces responsables de l'enseignement, appliqués à forger des esprits, suivaient de très près leurs maîtres, Michelet surtout qui intitulait les chapitres de son Histoire de France, consacrés à l'Eglise: 'De la création d'un peuple de fous' ou encore 'La proscription de la nature'... Certains diraient qu'avant Jules Ferry rien n'avait été fait pour l'instruction du peuple! En tout cas, truisme constamment rappelé, aux temps 'médiévaux' (pourquoi pas 'moyenâgeux' ?) aucune école ni dans les villages, ni dans les divers quartiers des villes, si ce n'est pour quelques privilégiés... aussitôt destiné aux carrières ecclésiastiques.

 

"Or nous voici dans l'erreur la plus totale car toutes sortes de documents (archives comptables des municipalités et archives judiciaires, registres fiscaux) témoignent amplement, pour différents pays, de l'existence, outre le curé et ses assesseurs, de maîtres d'école de profession, régulièrement patentés et rémunérés.

 

"À Paris, en 1380, Guillaume de Salvadille, professeur de théologie au collège des Dix-Huit, chef des 'petites écoles' de la ville, réunit les directeurs de ces écoles où l'on apprenait aux enfants la lecture, l'écriture, le calcul et le catéchisme; sont présents vingt-deux 'maîtresses' et quarante et un 'maîtres', tous non-clercs, dont deux bacheliers en droit et sept maitres ès arts (J. Hillairet, L'Ile de la Cité, Paris 1969, p. 48.)" (Jacques HEERS, Le Moyen Age, une imposture, Vérités et Légendes, Perrin, Perrin Malesherbes 2001, p. 217-218).

 

Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République 

 

"L'enseignement était obligatoire et gratuit" (F. Funck-Brentano, ibid., p. 50) :

 

"Par les ordonnances du 15 avril 1695 et du 13 décembre 1698, Louis XIV déclare : 'Que les pères et mères ainsi que les tuteurs ou autres personnes chargées de l'éducation des enfants devront envoyer les enfants aux écoles jusqu'à quatorze ans.'

 

"Albert Babeau a noté qu'en Normandie il y avait, avant la Révolution, 94% de gens sachant lire et écrire; en Lorraine, 87%. 40.000 écoles gratuites avaient été construites pour une population sensiblement inférieures à celles de la France d'aujourd'hui.

 

"Au cours de son livre l'École sous la Révolution, V. Pierre constate qu'il y avait en 1789 des écoles dans chaque paroisse 'et presque dans chaque hameau'. (Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid. p. 50-51.)

 

"[N]ous regretterions de ne pas terminer en citant un auteur qui ne sera pas taxé d'une tendresse excessive pour la France de l'ancien temps, ni d'hostilité aux réformes nouvelles: il s'agit de Voltaire. 'Je ne sais, dit l'auteur de Candide et du Siècle de Louis XIV, je ne sais comment il arrivé que, dans nos villages, où la terre est ingrate, les impôts lourds, la défense d'exporter le blé qu'on a semé intolérable, il n'y ait pourtant un colon qui n'ait un bon habit de drap, qui ne soit bien chaussé, bien nourri' (Voltaire cité in Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid. p. 55), et nous ajouterons "bien instruit", comme on vient de le voir !" 

 

Source: Texte extrait de Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

***

 

Dans une conférence donnée au Centre d'Études et de Prospective sur la Science (CEP) à Issy-les-Moulineaux le 16 mars 2019, l'historienne Marion Sigaut a dressé l'état des lieux d'une évolution calamiteuse de l'école et de l'instruction en France depuis la Révolution. Extraits:

 

"Au siècle de Louis XIV et de Louis XV des écoles de village étaient prises en charge par les communautés des habitants. Les habitants achetaient ou construisaient ou louaient la maison d'école. Les parents apportaient une contribution pour leurs enfants et la communauté suppléait ceux qui ne pouvaient assumer la totalité. L'existence de ces écoles est attestée depuis le Moyen-Âge, c'est-à-dire que ce n'est pas une nouveauté du siècle de Louis XIV. Et à cette époque les curés choisissait des clercs pour faire la classe, mais au XVIe siècle, c'est-à-dire la fin du Moyen-Âge, ce que l'on appelle la 'Renaissance', un ambassadeur vénitien déclara qu'il n'y avait personne en France qui ne savait lire et écrire. C'est bien évidemment exagéré, mais c'est quand même éclairant sur l'impression que pouvait donner sur un voyageur étranger l'état des écoles en France. On disait que escoles et collèges étaient répandus par toutes les villes et villages du Royaume. Le clergé surveillait que les précepteurs ne demandaient pas de prix exagérés et que leurs enseignements soient bons. L'Église voulait aussi surveiller, je cite, la qualité des comédies, tragédies, dialogues ou colloques oraisons qu'on y représentait. Imaginez-vous la richesse de ce qu'on offrait aux écoles?

 

"Les guerres civiles (guerres de religion et Fronde) avaient dégradé le réseau des écoles primaires qui ne se relevèrent qu'au XVIIe siècle. Louis XIV, qui voulait éradiquer le protestantisme, encouragea le renouveau des petites écoles. Le 13 décembre 1698, Louis XIV décrète: 'Enjoignez à tous, pères, mères et tuteurs qui sont chargés de l'éducation des enfants et nommément de ceux dont les pères et mères ont fait profession de la religion prétendue réforme (c'est-à-dire le protestantisme) de les envoyer aux dites écoles et catéchismes jusqu'à l'âge de quatorze ans. C'est une façon (pour lutter contre le protestantisme) de déclarer l'école obligatoire.

 

"Louis XIV prescrit aux communautés, de s'imposer pour pourvoir à la subsistance des maîtres et des maîtresses et fixa leur salaire à cent cinquante livres par an pour les hommes et cent livres par an pour les femmes. Cette dépense devint obligatoire à partir de ce moment-là.

 

"En 1724, nous sommes sous Louis XV, un an après la fin de la Régence, une déclaration réitère les prescriptions de Louis XIV. Il est alors décidé de relever les noms des enfants qui ne vont pas à l'école et de faire poursuivre les parents pour les obliger de les envoyer à l'école, sachant que si c'est une question financière, la communauté pourvoira.

 

"Les curés sont enjoints par leur hiérarchie de prêcher l'école en chaire, l'école est indispensable à la jeunesse. Il les exhorte à ouvrir et à faire fonctionner des écoles ouvertes à tous, riches et pauvres.

 

"[...] Il est impensable qu'on impose aux parents un maître dont ils ne veulent pas. Ce sont les habitants qui fixent les honoraires du directeur d'école. Ce sont eux qui nomment le maître d'école en assemblée générale de village jusqu'à la Révolution... Et c'est là que cela va s'effondrer, je vous expliquerai comment.

 

"On peut faire appel à candidatures par voies ou d'affiches ou de journal dans la ville la plus proche.

 

"En ville, les candidats sont examinés par un curé ou les notables qui testent leurs connaissances devant un jury réunis dans l'église, et on les fait chanter, paraît-il aussi. Au village, on demande au curé ou au maître sortant de se charger de cet examen.

 

"Le village vote à haute-voix. C'est l'assemblée générale.

 

"La nomination fait l'objet d'un acte devant notaire. On a recruté un recteur d'école, on va passer un contrat, dont les termes sont débattus par les habitants. Il n'y a pas un contrat-type. Chaque village a décidé de son contrat avec son instituteur.

 

"L'école fonctionnait essentiellement en hiver. Le matin, la messe, c'est une école chrétienne, nous sommes en France. On apprend la lecture, l'écriture, et l'arithmétique, le calcul. Lire, écrire, compter. Et on apprend le latin. Et on fait copier des textes latins sur des pages blanches. Les élèves doivent savoir véritablement écrire. On leur fait copier des textes sur des pages. Et la demande est très forte de la part de la population du village d'apprendre à lire des vieux manuscrits, parce que dans les vieux textes qui sont conservés dans chaque paroisse, il y a les contrats passés avec le Seigneur, c'est-à-dire les droits de la communauté. Et quand on ne sait pas lire, on peut se faire avoir. Or, on apprend à lire à ces enfants, dans l'espoir qu'ils puissent se faire les défenseurs de la communauté en cas d'abus contre la communauté. Aujourd'hui on appellerait cela la paléographie (!), à l'époque on appelait cela savoir lire les anciennes chartes de la communauté.

 

"Le paiement des gages du recteur d'école était assuré par les parents qui payaient en fonction de leurs moyens. C'est l'Assemblée (du village) qui décidait qui paye quoi et combien. Aucune injonction ne venait de plus haut. Dans certains pays on pouvait payer en nature (oeufs, oies, pains, ce qu'on pouvait apporter au recteur d'école).

 

"De toutes façons le maître était payé la somme qui a été fixée par le roi. Le roi a fixé un salaire minimum. Le roi a voulu qu'on ne puisse pas mal payé les recteurs d'école.

 

"Or période scolaire, le maître se rendait utile à d'autres occupations qui étaient à sa portée. Il n'était plus payé mais il pouvait faire autre chose.

 

"Les instituteurs du doyenné étaient rassemblés une ou deux fois par an pour mise à niveau et instruction de leurs devoirs. Il était impensable qu'un instituteur ou qu'un recteur d'école fasse sa petite affaire de son côté sans mise à niveau et contrôles. Ils étaient interrogés par les évêques qui faisaient des tournées et interrogeaient aussi les enfants. C'est l'équivalent de l'Inspection d'Académie. S'il y avait des plaintes contre les directeurs d'école, on pouvait les révoquer. Les maisons d'école étaient soit données par les seigneurs, soit données par les curés, ou quelques personnes généreuses. Certaines étaient fournies par la fabrique, c'est-à-dire l'assemblée qui gère les biens de l'église. La majorité était l'affaire de la communauté et de ses seules ressources.

 

"[....] Donc l'éducation était l'affaire des parents, l'affaire de la religion et l'affaire de la communauté.

 

"Dans le département de l'Aube, en 1789, 72% des hommes savaient lire.

 

"À l'époque des Lumières, qui commence avec l'Encyclopédie à la fin des années 1740, on commence à entendre des récriminations contre la multiplicité des écoles publiques et gratuites qui nuisent à l'agriculture.

 

"[...] La critique contre la gratuité et le nombre d'école montre combien l'instruction était répandue dans le petit peuple. Les attaques sont conjuguées entre le mouvement des Lumières et les jansénistes. C'est un fait. On les retrouve la main dans la main dans tout ce qui a sapé l'autorité de l'Église et du roi, c'est-à-dire les jansénistes depuis qu'ils existent et les francs-maçons ou "Lumières", puisqu'on peut dire que c'est la même chose, depuis qu'ils existent également.

 

"Le janséniste La Chalotais, tombeur des jésuites (c'est lui qui a réussi à faire interdire les Jésuites, dont le rôle principal était l'éducation et l'instruction gratuite pour tous) publie en 1762 un Essai d'Éducation nationale. Écoutez ce qu'il dit : 'N'y a-t-il pas trop d'écrivains, trop d'Académies, trop de collèges ? Autrefois, il était difficile d'être savant faute de livres, maintenant la multitude des livres empêche de l'être. Il n'y a jamais autant d'étudiants dans le royaume où tout le monde se plaint de la dépopulation.' Plus les gens savent lire, moins ils font d'enfants ! Ah bon ?!... 'Le peuple même veut étudier. Des laboureurs, des artisans envoient leurs enfants dans les collèges des petites villes où il en coûte peu pour vivre. Parce que aux collèges des petites villes, les paysans pouvaient apporter leur nourriture à leurs enfants. En multipliant les collèges dans les petites villes, il y avait véritablement moyen d'apporter l'enseignement secondaire aux paysans. 'Quand ils ont fait de mauvaises études qui ne leur ont appris qu'à dédaigner la profession de leurs pères, ils se jettent dans les cloîtres (ce qui est une façon de dire qu'on ne devient clerc que quand on a raté : encore une calomnie !). Dans l'état ecclésiastique ils prennent des offices de justice et deviennent souvent des sujets nuisibles à la société. Les frères de la doctrine chrétienne qu'on appelle 'ignorantins' sont survenus pour achever de tout perdre, ils apprennent à lire et à écrire à des gens qui n'eussent dû apprendre qu'à dessiner et à manier le rabot et la lime, mais qui ne veulent plus le faire. Le bien de la société demande que les connaissances du peuple ne s'étendent pas plus loin que ses occupations. Tout homme qui voit au-delà de son triste métier ne s'en acquittera jamais avec courage et avec patience.' Si ce n'est pas de la haine du peuple, en tout cas c'est de la haine de l'éducation pour le peuple ! Clairement.

 

"Une des lettres de Voltaire du 4 mai 1762, concernant le texte de L'Essai sur l'Éducation nationale de La Chalotais est classée avec cette mention : 'Très belle lettre d'envoi de son ouvrage contre la constitution des Jésuites et le fanatisme qu'elle renferme et contre la barbarie de l'éducation française.' La 'barbarie' (!) : apprendre à lire et à compter aux enfants du peuple, c'est de la barbarie... Voltaire applaudit à tout rompre: 'Je vous remercie, écrit-il à La Chalotais, de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre (alors Voltaire qui cultive la terre, imaginons ! C'est l'époque où quand vous êtes propriétaire d'un terrain vous vous dites 'laboureur'), c'est cela la catastrophe, c'est que tous les bourgeois qui ont investi dans la terre prétendent parler pour l'agriculture; je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé, mais non pas qu'il soit instruit : il n'est pas digne de l'être.' (Voltaire)

 

"En 1766, Voltaire écrit à son ami Damilaville: 'Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'article du peuple que vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s'instruire : il mourrait de faim avant de devenir philosophe. Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. Si vous aviez comme moi une terre, si vous aviez des charrues, vous seriez de mon avis. Ce n'est pas le manœuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant des villes. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.' (Voltaire)

 

"Savez-vous que Rousseau, Jean-Jacques - vous savez, celui qui a abandonné ses enfants qui a écrit un traité sur l'éducation (!) -, en 1761, il a écrit dans La Nouvelle Héloïse :  'N'instruisez pas l'enfant du villageois car il ne lui convient pas d'être instruit.'

 

"En 1774, les 'Lumières' arrivent au pouvoir et réussissent à imposer l'économie de marché en lieu et place de l'économie morale sous la protection du roi. (Cela a fait l'objet de plusieurs de mes conférences). Turgot a convaincu Louis XVI de laisser filer le prix du blé, donc du pain du peuple, 'pour le bien de tous' : Majesté, quand le pain sera trop cher, ce n'est pas grave..., cela s'arrangera.

 

"Le problème de Turgot, c'est que le peuple n'est pas d'accord. Turgot a écrit : 'Le roi met sous les yeux de ses sujets leurs véritables intérêts (C'est-à-dire qu'en imposant le libéralisme, le roi présente à ses sujets leurs véritables intérêts ! Le peuple ne sait pas quels sont ses intérêts : il faut qu'on lui montre...), et entend prévenir ou calmer les inquiétudes que le peuple conçoit si aisément sur cette matière, et que la seule instruction peut dissiper.' On va expliquer au peuple ce qui est bon pour lui, et s'il n'est pas d'accord, on va l'éduquer... Et bien voilà le programme (des 'Lumières') ! On peut s'attendre au pire, et il va arriver.

 

"En 1783 (on approche de la catastrophe) paraissent des Vues patriotiques sur l'éducation du peuple, d'un certain Louis Philipon de la Madelaine. Au chapitre intitulé 'Dangers des écoles répandues dans les bourgs et villages', il dit : 'On se plaint que les campagnes manquent de bras, et que le nombre des artisans diminue, que la classe des vagabonds augmente, n'en cherchons la cause que dans cette multitude d'écoles dont fourmillent nos bourgs et nos villages. Il n'y a pas de hameau qui n'ait son grammairien et que fait-il d'autre que de semer parmi les manœuvres, les artisans et les laboureurs le dégoût de leurs professions. Je le dis hardiment : il n'y aura jamais de bonne éducation pour le peuple si l'on ne commence à faire disparaître du milieu des bourgs et des campagnes ces recteurs d'école qui dépeuplent nos champs et nos ateliers.' On appelle cela : les 'Lumières' ! (Fin de citation de Marion Sigaut dans sa conférence "L’École, de l'instruction pour tous au sexe pour tous".)

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:20

Dans la société de l'injonction au bonheur, l'oeil au-dessus des "déclarations des droits de l'homme" du XVIIIe siècle a un nom. Le "dieu marché" est la nouvelle religion. Mythe de la croissance infinie, désastre environnemental, sans doute faut-il ajouter ce chapitre à l'impasse des droits de l'homme ?

Au nom du dieu marché

Dans cet excellent article, Vincent Engel, professeur à l'UCL, nous explique comment comment l'Occident a adopté un nouveau dieu, le marché et obéit à un nouveau clergé (« les investisseurs, les analystes, les banques ») qui officient dans des temples (les Bourses, les agences de cotation et de contrôles divers…) et opèrent, comme leurs ancêtres romains, des opérations et des sacrifices pour satisfaire le dieu. Dieu dont tout le monde redoute la colère et les sautes d’humeur, la pire de toutes étant le « krach ».

 

Cette nouvelle religion, l’agorathéisme, repose sur le mythe d’une croissance infinie et indispensable. Tout discours politique ou économique qui prônerait un arrêt de la croissance, voire une décroissance, est jugé comme « hétérodoxe » (on est bien toujours dans le vocabulaire religieux) et leurs auteurs sont discrédités, rejetés et peinent à obtenir un poste académique.

 

Bien sûr, imaginer que l’Occident rationalisé puisse dépendre d’une caste sociale ressemblant trait pour trait à un clergé est très perturbant.

 

Certes, le monde dans lequel nous vivons n’a jamais été plus pacifique, plus confortable, plus riche, plus mobile… Du moins pour une toute petite partie de l’humanité.

 

Stéphane Foucart est un journaliste d’investigation français comme il en existe trop peu en Belgique. Son domaine de prédilection est le climat et la dénonciation argumentée des climatosceptiques et des lobbyings conduits par les entreprises les plus polluantes pour discréditer les travaux scientifiques des climatologues. Dans « Des marchés et des dieux : Quand l’économie devient religion » (Grasset, 2018), il enfonce le clou et démonte avec brio le long processus par lequel le Marché est devenu la première divinité absolue vénérée par le monde entier.

 

Dans l’empire romain, le pouvoir se partageait en deux instances : la « potestas », en quelque sorte l’exécutif, et l’« auctoritas », qui fonde la première et la justifie. Il n’était pas rare qu’un même individu passe d’une instance à l’autre. L’autorité était d’essence religieuse, mais une essence qui, à Rome, entretenait des rapports très libres avec les dieux, ses prêtres étant parfois capables de mentir aux dieux, soit de leur dicter leurs actions, soit encore d’en inventer de nouveaux pour justifier plus finement de nouvelles actions : « Aux magistrats élus par le peuple, la potestas ; au sénat (institution autant religieuse que politique) et aux prêtres, l’auctoritas – celle-ci étant octroyée par Jupiter lui-même, consulté par le biais des pratiques divinatoires. »

 

Le christianisme a investi cette auctoritas et a, pendant des siècles, joué le rôle que le sénat et les prêtres romains avaient joué par rapport à la puissance politique concrète ; rien ne se faisait sans son accord et rien ne comptait plus pour un prince que d’être adoubé par le pape, lequel était seul capable de confirmer que son pouvoir venait de Dieu et était voulu par Lui. Mais l’autorité de la religion a décliné. Serait-ce que nous nous trouvons aujourd’hui dans un monde sans auctoritas ? Que nenni : « depuis l’après-guerre et singulièrement depuis les années 1980, cette autorité s’enracine désormais […] dans l’économie [. La] conduite des affaires économiques est imprégnée par un culte nouveau, celui du Marché, dont la doxa est une vulgate issue de la théorie économique dominante. Ce culte, qu’on se propose de nommer agorathéisme, est une religion politique rationnelle, comme pouvait l’être la religion publique romaine. Mais ce n’est plus Jupiter qu’on consulte, ce n’est plus lui qui délivre l’autorité : le Marché l’a remplacé, incarné par une multitude de Marchés de toutes sortes – toute la cohorte des divinités de l’agorathéisme. » Citant David Loy, Foucart précise : « “La science économique, comme discipline, est moins une science que la théologie de cette religion. Son dieu, le Marché, est devenu un cercle vicieux de production et de consommation toujours croissantes, prétendant offrir un salut séculier.” Le Marché, ajoutait David Loy, formait le premier culte mondialisé, liant toutes les régions, les cultures, en bref les nations, dans un système de pensée et une représentation du monde authentiquement religieux. »

 

*

 

Comme le christianisme l’a fait avec le paganisme, cet agorathéisme a su récupérer les rituels, les fêtes, le calendrier de la religion chrétienne moribonde pour assurer l’efficacité de son culte et son emprise sur ses ouailles. Le Père Noël a remplacé le petit Jésus dans la crèche, et le culte de la consommation, celui de la pauvreté et du partage.

 

Les humeurs du dieu et les secrets de ses prêtres

 

Quel est le quidam qui comprend ne serait-ce que le dixième du jargon des financiers et des prêtres de ce culte mondial ? Tout repose sur trois piliers : le secret, la complexité et… le hasard. Les prêtres (on les appelle « les investisseurs, les analystes, les banques ») officient dans des temples (les Bourses, les agences de cotation et de contrôles divers…) et opèrent, comme leurs ancêtres romains, des opérations et des sacrifices pour satisfaire le dieu. Dieu dont tout le monde redoute la colère et les sautes d’humeur, la pire de toutes étant le « krach ». Il suffit de lire la presse financière pour se convaincre du caractère religieux et irrationnel de ce sacerdoce : « Bien sûr, imaginer que l’Occident rationalisé puisse dépendre d’une caste sociale ressemblant trait pour trait à un clergé est très perturbant.

 

[...] “[L]a finance”, donc – dispose à la fois d’un statut social élevé et d’une influence considérable sur la conduite des affaires publiques, sans rien produire de matériel ou d’immatériel, sans assurer de fonctions essentielles comme la recherche ou la transmission du savoir, la sécurité, la représentation du peuple, la production alimentaire, la manufacture d’objets, l’exercice de fonctions ou de responsabilités administratives, etc. Dans l’écrasante majorité des sociétés, ce genre de prérogatives et de privilèges – prospérer sans rien produire, dans l’assentiment général – n’appartient qu’à une catégorie de la population : le clergé. Le clergé, dont la fonction et la raison d’être sont de servir les dieux, et qui n’est accepté que parce que le reste de la société croit en ces dieux et en la relation privilégiée nouée entre ceux-ci et les prêtres. Une relation si forte que les paroles publiques et les sentences issues de ce clergé pèsent d’un poids considérable sur la vie publique. » Ce clergé, pourtant, est d’une impuissance absolue : pas un de ses prêtres n’a prédit le krach de 2008, ou les rares qui l’ont fait n’ont pas été entendus. Cette impuissance et cette incompétence avérées n’ont cependant conduit à aucune remise en cause de leur puissance. Des études sérieuses ont beau avoir démontré que des indices boursiers construits sur des modèles purement aléatoires étaient aussi performants, voire davantage, que ceux établis par ce clergé ; rien n’y change. Ces prêtres tout-puissants continuent à créer de la monnaie et à décider l’usage qui doit en être fait, à savoir prioritairement nourrir les marchés financiers et la spéculation, pas l’économie réelle. Et les responsables politiques continuent à écouter et à obéir fidèlement au dieu qu’ils ont choisi de prier, puisqu’il est celui qui fonde leur potestas.

 

Les articles de foi de la nouvelle religion

 

Cette nouvelle religion, l’agorathéisme, s’est élaborée petit à petit et a connu une concrétisation à travers les théories économistes de ce qu’on appelle l’école de Chicago, ou encore le « néolibéralisme », dont le modèle repose sur le mythe d’une croissance infinie et indispensable. Tout discours politique ou économique qui prônerait un arrêt de la croissance, voire une décroissance, est jugé comme « hétérodoxe » (on est bien toujours dans le vocabulaire religieux) et leurs auteurs sont discrédités, rejetés et peinent à obtenir un poste académique.

 

Pour cette doctrine, rien ne doit s’opposer à la création de nouveaux marchés. Foucart donne l’exemple du marché d’organes : les défenseurs de la création de ce marché n’hésitent pas à accuser ses opposants d’être responsables, coupables de la mort de patient en attente d’organe. Par contre, s’ils s’attaquent à quiconque s’oppose à la création d’un nouveau marché, ils encouragent tous ceux qui défendent les marchés « les plus coûteux en vies humaines : le Marché de la cigarette, de l’automobile, de l’alcool, etc. » Même l’emploi est devenu un Marché (on pourrait ajouter les enfants, la santé, la vie, la mort. Ndlr.); et comme tout doit être fait pour « satisfaire » les Marchés, rien ne doit entraver le marché de l’emploi : « Il faut accorder aux dirigeants d’entreprises le pouvoir de licencier toujours plus facilement leurs salariés pour… créer de l’emploi. […] En forçant le trait, pour satisfaire pleinement ce Marché, il faudrait que chacun d’entre nous perde en permanence son emploi, avant d’en retrouver un presque aussitôt. Perdu, retrouvé, perdu, retrouvé, perdu… Ad libitum. Cela de manière à maximiser le flux de transactions opérées sous la tutelle de ce Marché. »

 

La croissance et le PIB sont les maîtres mots du credo de l’agorathéisme. On n’est pas dans la rationalité, mais dans l’article de foi. La croissance est infinie, pour les siècles des siècles, et la technologie résoudra tous les problèmes. Il n’y a d’ailleurs pas de problèmes, juste des solutions technologiques qui viennent nourrir la croissance.

 

Ce qui mesure cette sacro-sainte croissante, c’est le PIB, lequel, pourtant, « n’indexe pas la richesse collective d’une nation, mais simplement les flux de biens et de services échangés sous les auspices du Marché. Le capital – humain, naturel, industriel – n’est pas pris en compte. […] Ainsi, le PIB est aveugle à toutes les destructions du patrimoine naturel si elles n’ont pas un impact immédiatement quantifiable sur la production de biens et de services. […] » Le choix d’indexer le succès des politiques publiques sur la croissance du PIB ne procède donc nullement d’un choix rationnel, décidé collectivement en connaissance de cause. Il est le produit d’une représentation du monde dans laquelle l’homme n’est pas la mesure de toute chose, mais une considération de second ordre. » Dans cet ordre d’idée, une population malade « placée sous médication permanente, sans que soient altérés sa capacité productive et son appétit de consommation » serait une aubaine. Et un remède universel et gratuit, une catastrophe.

 

Dans les pays développés, une croissance du PIB s’accompagne d’une augmentation de la mortalité. S’il est indéniable qu’une augmentation de ce PIB dans les pays où « les besoins de bases ne sont pas satisfaits » (comme ce fut notre cas jadis) est synonyme d’une amélioration incontestable de la qualité et de l’espérance de vie, une telle augmentation dans des pays nantis est néfaste. C’est exactement ce qu’écrivait Montesquieu lorsqu’il associait à la liberté et à l’égalité une troisième vertu cardinale, étrangement écartée par ceux qui ont fondé notre nouvelle religion : la frugalité.

 

La main invisible et la réfutation des sciences

 

Les apôtres du marché se réfèrent souvent à Smith et à sa « main invisible du marché », supposée tout régler sans que l’homme – et surtout pas l’État – intervienne. Mais qui sait que, dans toute l’œuvre d’Adam Smith, l’expression « main invisible » n’apparaît que trois fois, et jamais pour désigner le marché ? Ce concept n’apparaît que 1940, cent cinquante ans après la publication de l’essai de Smith. Et au même moment, surgit une autre expression : « croissance économique » : « L’apparition et la propagation rapide de ces deux expressions dans la langue écrite signalent l’émergence de l’agorathéisme. Après un siècle et demi de lente maturation, il prend son envol et commence à cristalliser sa doctrine et rassembler ses fidèles. Cette émergence correspond sans surprise à celle de l’« École de Chicago », l’école de pensée qui se développe dans l’après-guerre à l’université de Chicago et qui incarne la version moderne du courant dit « néoclassique », né au XIXe siècle et qui domine la science économique. »

 

*

 

Le climato-scepticisme

 

Et l’on pense évidemment aux travaux sur le climat : « Il devient de plus en plus difficile, voire ridicule, de contester le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et l’élévation de la température moyenne de la Terre, avec tout le cortège de catastrophes et de dégâts associés. La majorité des grands docteurs de la foi agorathéiste se rangent donc à ce consensus mais c’est pour réduire aussitôt le changement climatique à un problème de second ordre, soluble par… la création d’un grand Marché du carbone. Voilà qui ressemble fort à l’installation d’une nouvelle divinité dans le panthéon agorathéiste, chargée de réparer les dégâts produits par ses congénères. » C’est que le modèle de prévision des agoréthéistes ne prévoit pas de telles situations de déséquilibre, puisqu’il est construit selon le principe que la satisfaction du Marché étant liée à l’équilibre, rien dans sa « main invisible » ne peut mettre durablement cet équilibre en danger. Ce serait, métaphorise Foucart, comme un modèle de prévision météorologique qui n’aurait pas paramétré les tempêtes.

 

Ceci explique pourquoi les thuriféraires du Marché, comme Corentin de Salle ou David Clarinval chez nous, cette crise du climat est juste une excellente opportunité pour créer un nouveau Marché – celui du carbone, ou des énergies renouvelables, ou que sais-je encore –, lequel Marché, aidé de la technologie, réglera tout. Le PIB croîtra… et tant pis si cela nous conduit à l’effondrement, tant pis si la prochaine bulle à éclater s’appelle « humanité ». Tout ça entre autres, explique Foucart, d’une variable du modèle : le taux d’actualisation, qui « fixe la valeur de l’avenir par rapport à celle du présent. » Autrement dit, on n’investira dans la lutte contre le réchauffement que si chaque euro investi peut rapporter suffisamment, et suffisamment vite… Sans oublier le fait qu’une « dégradation du caractère hospitalier du monde naturel et de la société » peut parfaitement accompagner une hausse significative de la croissance et du PIB…

 

Le meilleur des mondes

 

Certes, le monde dans lequel nous vivons n’a jamais été plus pacifique, plus confortable, plus riche, plus mobile… Du moins pour une toute petite partie de l’humanité. « Le Marché est la somme de nos désirs. Nos désirs de voir remplies nos nécessités premières et vitales, c’est-à-dire d’échapper à la douleur, mais aussi, une fois celle-ci conjurée, d’accéder au plaisir, sous ses formes les plus diverses. […] Hélas ! La satisfaction ad aeternam du Marché implique que les hommes, même repus, continuent à chercher et obtenir toujours plus de plaisir. Or le plaisir n’est pas le bonheur. » Sans parler du fait que « le Marché ne peut rien aux lois de la nature : la finitude du monde nous entrave, de même que la fragilité de nos ressources et de notre climat, ou encore l’érosion formidable et accélérée du vivant. » L’agorathéisme et ses prêtres nous conduisent droit vers le désastre, en calculant les profits à court terme que cette perspective leur offrira.

 

 

Source: Le Soir / Diakonos

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:25
Charles-Éloi Vial, La Famille royale au Temple

Le 10 août 1792, l’émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa sœur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ». Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

 

Pour la première fois, un historien se penche sur l’histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l’ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l’instar d’Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l’antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d’histoire sur un lieu d’histoire et de mémoire, qui incarne et marque l’origine de la guerre entre les deux France.

 

Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

 

Source: Lys de France

 

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 16:15

Dans une conférence donnée au Centre d'Études et de Prospective sur la Science (CEP) à Issy-les-Moulineaux le 16 mars 2019, l'historienne Marion Sigaut dresse l'état des lieux d'une évolution calamiteuse de l'école et de l'instruction en France depuis la Révolution.

 

Extraits

 

"Au siècle de Louis XIV et de Louis XV des écoles de village étaient prises en charge par les communautés des habitants. Les habitants achetaient ou construisaient ou louaient la maison d'école. Les parents apportaient une contribution pour leurs enfants et la communauté suppléait ceux qui ne pouvaient assumer la totalité. L'existence de ces écoles est attestée depuis le Moyen-Âge, c'est-à-dire que ce n'est pas une nouveauté du siècle de Louis XIV. Et à cette époque les curés choisissait des clercs pour faire la classe, mais au XVIe siècle, c'est-à-dire la fin du Moyen-Âge, ce que l'on appelle la 'Renaissance', un ambassadeur vénitien déclara qu'il n'y avait personne en France qui ne savait lire et écrire. C'est bien évidemment exagéré, mais c'est quand même éclairant sur l'impression que pouvait donner sur un voyageur étranger l'état des écoles en France. On disait que escoles et collèges étaient répandus par toutes les villes et villages du Royaume. Le clergé surveillait que les précepteurs ne demandaient pas de prix exagérés et que leurs enseignements soient bons. L'Église voulait aussi surveiller, je cite, la qualité des comédies, tragédies, dialogues ou colloques oraisons qu'on y représentait. Imaginez-vous la richesse de ce qu'on offrait aux écoles.

 

"Les guerres civiles (guerres de religion et Fronde) avaient dégradé le réseau des écoles primaires qui ne se relevèrent qu'au XVIIe siècle. Louis XIV, qui voulait éradiquer le protestantisme, encouragea le renouveau des petites écoles. Le 13 décembre 1698, Louis XIV décrète: 'Enjoignez à tous, pères, mères et tuteurs qui sont chargés de l'éducation des enfants et nommément de ceux dont les pères et mères ont fait profession de la religion prétendue réforme (c'est-à-dire le protestantisme) de les envoyer aux dites écoles et catéchismes jusqu'à l'âge de quatorze ans. C'est une façon (pour lutter contre le protestantisme) de déclarer l'école obligatoire.

 

"Louis XIV prescrit aux communautés, de s'imposer pour pourvoir à la subsistance des maîtres et des maîtresses et fixa leur salaire à cent cinquante livres par an pour les hommes et cent livres par an pour les femmes. Cette dépense devint obligatoire à partir de ce moment-là.

 

"En 1724, nous sommes sous Louis XV, un an après la fin de la Régence, une déclaration réitère les prescriptions de Louis XIV. Il est alors décidé de relever les noms des enfants qui ne vont pas à l'école et de faire poursuivre les parents pour les obliger de les envoyer à l'école, sachant que si c'est une question financière, la communauté pourvoira.

 

"Les curés sont enjoints par leur hiérarchie de prêcher l'école en chaire, l'école est indispensable à la jeunesse. Il les exhorte à ouvrir et à faire fonctionner des écoles ouvertes à tous, riches et pauvres.

 

"[...] Il est impensable qu'on impose aux parents un maître dont ils ne veulent pas.  Ce sont les habitants qui fixent les honoraires du directeur d'école. Ce sont eux qui nomment le maître d'école en assemblée générale de village jusqu'à la Révolution... Et c'est là que cela va s'effondrer, je vous expliquerai comment.

 

"On peut faire appel à candidatures par voies ou d'affiches ou de journal dans la ville la plus proche.

 

"En ville, les candidats sont examinés par un curé ou les notables qui testent leurs connaissances devant un jury réunis dans l'église, et on les fait chanter, paraît-il aussi. Au village, on demande au curé ou au maître sortant de se charger de cet examen.

 

"Le village vote à haute-voix. C'est l'assemblée générale.

 

"La nomination fait l'objet d'un acte devant notaire. On a recruté un recteur d'école, on va passer un contrat, dont les termes sont débattus par les habitants. Il n'y a pas un contrat-type. Chaque village a décidé de son contrat avec son instituteur.

 

"L'école fonctionnait essentiellement en hiver. Le matin, la messe, c'est une école chrétienne, nous sommes en France. On apprend la lecture, l'écriture, et l'arithmétique, le calcul. Lire, écrire, compter. Et on apprend le latin. Et on fait copier des textes latins sur des pages blanches. Les élèves doivent savoir véritablement écrire. On leur fait copier des textes sur des pages. Et la demande est très forte de la part de la population du village d'apprendre à lire des vieux manuscrits, parce que dans les vieux textes qui sont conservés dans chaque paroisse, il y a les contrats passés avec le Seigneur, c'est-à-dire les droits de la communauté. Et quand on ne sait pas lire, on peut se faire avoir. Or, on apprend à lire à ces enfants, dans l'espoir qu'ils puissent se faire les défenseurs de la communauté en cas d'abus contre la communauté. Aujourd'hui on appellerait cela la paléographie, à l'époque on appelait cela savoir lire les anciennes chartes de la communauté.

 

"Le paiement des gages du recteur d'école était assuré par les parents qui payaient en fonction de leurs moyens. C'est l'Assemblée (du village) qui décidait qui paye quoi et combien. Aucune injonction ne venait de plus haut. Dans certains pays on pouvait payer en nature (oeufs, oies, pains, ce qu'on pouvait apporter au recteur d'école). 

 

"De toutes façons le maître était payé la somme qui a été fixée par le roi. Le roi a fixé un salaire minimum. Le roi a voulu qu'on ne puisse pas mal payé les recteurs d'école.

 

"Or période scolaire, le maître se rendait utile à d'autres occupations qui étaient à sa portée. Il n'était plus payé mais il pouvait faire autre chose.

 

"Les instituteurs du doyenné étaient rassemblés une ou deux fois par an pour mise à niveau et instruction de leurs devoirs. Il était impensable qu'un instituteur ou qu'un recteur d'école fasse sa petite affaire de son côté sans mise à niveau et contrôles. Ils étaient interrogés par les évêques qui faisaient des tournées et interrogeaient aussi les enfants. C'est l'équivalent de l'Inspection d'Académie. S'il y avait des plaintes contre les directeurs d'école, on pouvait les révoquer. Les maisons d'école étaient soit données par les seigneurs, soit données par les curés, ou quelques personnes généreuses. Certaines étaient fournies par la fabrique, c'est-à-dire l'assemblée qui gère les biens de l'église. La majorité était l'affaire de la communauté et de ses seules ressources.

 

"[....] Donc l'éducation était l'affaire des parents, l'affaire de la religion et l'affaire de la communauté.

 

"Dans le département de l'Aube, en 1789, 72% des hommes savaient lire.

 

"À l'époque des Lumières, qui commence avec l'Encyclopédie à la fin des années 1740, on commence à entendre des récriminations contre la multiplicité des écoles publiques et gratuites qui nuisent à l'agriculture.

 

"[...] La critique contre la gratuité et le nombre d'école montre combien l'instruction était répandue dans le petit peuple. Les attaques sont conjuguées entre le mouvement des Lumières et les jansénistes. C'est un fait. On les retrouve la main dans la main dans tout ce qui a sapé l'autorité de l'Église et du roi, c'est-à-dire les jansénistes depuis qu'ils existent et les francs-maçons ou "Lumières", puisqu'on peut dire que c'est la même chose, depuis qu'ils existent également.

 

"Le janséniste La Chalotais, tombeur des jésuites (c'est lui qui a réussi à faire interdire les Jésuites, dont le rôle principal était l'éducation et l'instruction gratuite pour tous) publie en 1762 un Essai d'Éducation nationale. Écoutez ce qu'il dit : 'N'y a-t-il pas trop d'écrivains, trop d'Académies, trop de collèges ? Autrefois, il était difficile d'être savant faute de livres, maintenant la multitude des livres empêche de l'être. Il n'y a jamais autant d'étudiants dans le royaume où tout le monde se plaint de la dépopulation.' Plus les gens savent lire, moins ils font d'enfants ! Ah bon ?!...'Le peuple même veut étudier. Des laboureurs, des artisans envoient leurs enfants dans les collèges des petites villes où il en coûte peu pour vivre. Parce que aux collèges des petites villes, les paysans pouvaient apporter leur nourriture à leurs enfants. En multipliant les collèges dans les petites villes, il y avait véritablement moyen d'apporter l'enseignement secondaire aux paysans. 'Quand ils ont fait de mauvaises études qui ne leur ont appris qu'à dédaigner la profession de leurs pères, ils se jettent dans les cloîtres (ce qui est une façon de dire qu'on ne devient clerc que quand on a raté : encore une calomnie). Dans l'état ecclésiastique ils prennent des offices de justice et deviennent souvent des sujets nuisibles à la société. Les frères de la doctrine chrétienne qu'on appelle 'ignorantins' sont survenus pour achever de tout perdre, ils apprennent à lire et à écrire à des gens qui n'eussent dû apprendre qu'à dessiner et à manier le rabot et la lime, mais qui ne veulent plus le faire. Le bien de la société demande que les connaissances du peuples ne s'étendent pas plus loin que ses occupations. Tout homme qui voit au-delà de son triste métier ne s'en acquittera jamais avec courage et avec patience.' Si ce n'est pas de la haine du peuple, en tout cas c'est de la haine de l'éducation pour le peuple ! Clairement.

 

"Une des lettres de Voltaire du 4 mai 1762, concernant le texte de L'Essai l'Éducation nationale de La Chalotais est classée avec cette mention : 'Très belle lettre d'envoi de son ouvrage contre la constitution des Jésuites et le fanatisme qu'elle renferme et contre la barbarie de l'éducation française.' La barbarie : apprendre à lire et à compter aux enfants du peuple, c'est de la barbarie... Voltaire applaudit à tout rompre: 'Je vous remercie, écrit-il à La Chalotais, de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre (alors Voltaire qui cultive la terre, imaginons ! C'est l'époque où quand vous êtes propriétaire d'un terrain vous vous dites 'laboureur'. C'est cela la catastrophe, c'est que tous les bourgeois qui ont investi dans la terre prétendent parler pour l'agriculture), je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé, mais non pas qu'il soit instruit : il n'est pas digne de l'être.' (Voltaire) 

 

"En 1766, Voltaire écrit à son ami Damilaville: 'Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'article du peuple que vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s'instruire : il mourrait de faim avant de devenir philosophe. Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. Si vous aviez comme moi une terre, si vous aviez des charrues, vous seriez de mon avis. Ce n'est pas le manœuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant des villes. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. (Voltaire)

 

"Savez-vous que Rousseau, Jean-Jacques - vous savez, celui qui a abandonné ses enfants qui a écrit un traité sur l'éducation ! -, en 1761, il a écrit dans La Nouvelle Héloïse 'n'instruisez pas l'enfant du villageois car il ne lui convient pas d'être instruit.'

 

"En 1774, les 'Lumières' arrivent au pouvoir et réussissent à imposer l'économie de marché en lieu et place de l'économie morale sous la protection du roi. (Cela a fait l'objet de plusieurs de mes conférences). Turgot a convaincu Louis XVI de laisser filer le prix du blé, donc du pain du peuple, 'pour le bien de tous' : Majesté, quand le pain sera trop cher, ce n'est pas grave..., cela s'arrangera. 

 

Lire : La souffrance ouvrière sous la république

 

"Le problème de Turgot, c'est que le peuple n'est pas d'accord. Turgot a écrit : 'Le roi met sous les yeux de ses sujets leurs véritables intérêts.' C'est-à-dire qu'en imposant le libéralisme, le roi présente à ses sujets leurs véritables intérêts. Le peuple ne sait pas quels sont ses intérêts : il faut qu'on lui montre... '[...] Et entend prévenir ou calmer les inquiétudes que le peuple conçoit si aisément sur cette matière, et que la seule instruction peut dissiper.' On va expliquer au peuple ce qui est bon pour lui, et s'il n'est pas d'accord, on va l'éduquer... Et bien voilà le programme (des 'Lumières') ! On peut s'attendre au pire, et il va arriver.

 

"En 1783 (on approche de la catastrophe) paraissent des Vues patriotiques sur l'éducation du peuple, d'un certain Louis Philipon de la Madelaine. Au chapitre intitulé 'Dangers des écoles répandues dans les bourgs et villages', il dit : 'On se plaint que les campagnes manquent de bras, et que le nombre des artisans déminue, que la classe des vagabonds augmente, n'en cherchons la cause que dans cette multitude d'écoles dont fourmillent nos bourgs et nos villages. Il n'y a pas de hameau qui n'ait son grammairien et que fait-il d'autre que de semer parmi les manœuvres, les artisans et les laboureurs le dégoût de leurs professions. Je le dis hardiment : il n'y aura jamais de bonne éducation pour le peuple si l'on ne commence à faire disparaître du milieu des bourgs et des campagnes ces recteurs d'école qui dépeuplent nos champs et nos ateliers.' On appelle cela : les 'Lumières' !  

 

 

La Révolution

 

"Le Roi Louis XVI accepte de renoncer à fixer le prix des subsistances, qu'on appelait la taxation, au profit du libre marché et de la loi de l'offre et de la demande. La France va sortir du monde du Bien commun pour entrer dans le monde du profit.

 

"[...] On a écrasé l'infâme (selon le mot de Voltaire 'Écrasez l'infâme'). D'un seul coup d'un seul, la Révolution a asséché tous le services publics gratuits.

 

"Le 1er mai 1775 (petit retour en arrière), Turgot avait déjà condamné les enfants au travail en appauvrissant dramatiquement les pères de famille. Va-t-on encore instruire les enfants, mais avec quoi ?

 

"En avril 1792, la Révolution a avancé. Le franc-maçon Condorcet remet à la Législative un projet intitulé 'Organisation générale de l'Instruction publique'. Condorcet, c'est un libéral, ami de Turgot, qui veut qu'on enseigne le libéralisme qui ne passe pas spontanément. (Dans la mentalité des 'Lumières'), il faut comprendre une chose, le peuple est bête. Quand le peuple ne veut pas quelque chose c'est parce qu'on la lui a mal expliquée. Cela, ça marche à tous les coups. On nous le refait (encore aujourd'hui) en permanence (le fameux 'il faut faire de la pédagogie'... Ndlr.).

 

"Le 18 décembre 1792, pendant le procès du Roi, Jean-Baptiste Leclerc, du comité d'instruction publique de la Convention, déclare : 'Au moyen de l'Instruction commune, vous déjouez toutes les passions funestes au Bien public et vous dérobez le coeur des enfants à l'aristocratie des parents, à leur orgueil et à leur fanatisme.Donc il est dorénavant bien clair que l'école va consister à retirer les enfants à l'influence délétère de leurs parents ! On est exactement à l'inverse de ce qu'a été tout l'esprit de l'instruction pendant les siècles de royauté.

 

"À propos du terme aristocratie, il faut savoir qu'à partir de 1789, le bien c'est patriote et mauvais c'est aristocrate.

 

"[...] Que disent les révolutionnaires de l'éducation ?

 

"Danton dit : 'Mon fils ne m'appartient pas, il est à la république.'

"Le 12 décembre 1793, Danton déclare: 'Il est temps de rétablir ce grand principe qu'on semble méconnaître que les enfants appartiennent à la république avant d'appartenir à leurs parents; [...] Nous devons dire aux parents: nous ne vous les arrachons pas vos enfants, mais vous ne pouvez les soustraire à l'influence nationale.' Mais si on les arrachait, ce serait quoi la différence ?

 

"[...] Le 7 mai 1794, Robespierre écrit : 'La Patrie a seule le droit d'élever ses enfants, elle ne peut confier ce dépôt à l'orgueil des familles ni aux préjugés des particuliers.' Tout ce que vous pensez, chers amis, n'est que préjugé si vous n'êtes pas d'accord avec eux...

 

"Le 1er juin 1794, Bertrand Barrère déclare : 'Les enfants appartiennent à la famille générale, à la république, avant d'appartenir aux familles particulières.'

 

"Et bien en avril 2013, Laurence Rossignol (sénatrice, porte-parole du PS. Ndlr.) déclarait : 'Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents.'

 

Laissons là l'histoire, parlons de l'école du mondialisme

 

"En mai 2010, l'UNESCO a publié les principes directeurs sur l'éducation sexuelle destiné à tous les professionnels de l'enseignement du monde. 

 

"C'est l'UNESCO, il s'agit d'une politique mondiale, c'est valable pour la planète entière et il est impensable de penser pouvoir s'y soustraire, même si ce n'est (théoriquement) pas contraignant.

 

"'Il faut, disent-ils, aux enfants une éducation sexuelle avant qu'ils soient sexuellement actifs, et leur donner des informations scientifiquement précises.' Voilà donc maintenant ce dont on va s'occuper. On va apprendre le sexe aux enfants. C'est cela maintenant l''éducation'. Et à partir de 3 ans vous n'avez plus les moyens de vous y opposer.

 

"Qu'est-ce que des informations scientifiquement précises concernant l'éducation sexuelle? Il n'existe pas de 'science de la sexualité' hormis les délires pervers d'un certain Kinsey. Vous avez un livre excellent de mon amie Judith Reisman, que je vous recommande de lire, en sachant que c'est extrêmement pénible.

 

Lire : 

 

Le scandale de la théorie du genre : les "travaux" d'Alfred Kinsey et la Fondation Rockefeller

Marion Sigaut – Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille

 

"Kinsey a inventé la pseudo science sexuelle. Il était un pervers et un escroc. Il n'existe pas de science de la sexologie, hors de Kinsey, qui n'a jamais été validée par aucun comité scientifique indépendant. Nous sommes là en pleine perversion à l'échelle de la planète.

 

"Quelques idées maîtresses et autres principes directeurs que l'on inculquera aux enfants d'après l'UNESCO

 

"On va apprendre aux enfants que chaque individu a le droit de prendre ses propres décisions.' Qu'est-ce que cela vient faire dans une éducation sexuelle ? En quel honneur d'abord, et où est l'autorité des parents là-dedans ?

 

"'Les parents et autres membres de la famille guident et orientent leurs enfants dans leurs décisions. Le rôle des parents est de guider et d'orienter, pas de décider. On évacue l'autorité parentale. Et on parle d'éducation sexuelle, pas d'autres choses.

 

"'Des adultes de confiance peuvent être sources d'aides et de soutien.' C'est qui les adultes de confiance ? Quelle garantie a-t-on qu'un 'adulte de confiance' ne soit pas un subordonneur, un pédophile ? Et qui va choisir ? C'est l'enfant ? Oui, puisqu'il n'a pas de papa ni de maman. L'enfant a le 'droit' de prendre ses propres décisions.

 

"Entre cinq et huit ans on aborde ce qu'est un abus sexuel.' On explique qu'il existe des pratiques positives et des pratiques néfastes, à cinq ans. 

 

Un 'abus sexuel', c'est un attouchement incorrect ou une relation sexuelle non-désirée ? Il y aurait donc de srelations sexuelles désirées et correctes à cinq ans ? On introduit ici l'idée que si l'enfant est d'accord, il n'y aura pas d'abus. Cinq ans...

 

'Toute personne, sans considération de son état de santé, de sa religion, de son origine, de sa race, de sa situation matrimoniale peut élever un enfant, lui donner l'amour auquel il la droit.' Il a le droit d'éduquer son enfant, ou celui d'un autre ? Ce n'est pas dit là. On est en train d'inculquer aux enfants que l'adoption est un droit, donc que chaque personne sans distinction possède un droit sur les enfants des autres... Les vôtres, mesdames et messieurs. Les vôtres.

 

"'Il existe des personnes qui ne sont pas capables de s'occuper des enfants.' Alors tout le monde a droit, mais il y en a qui n'en sont pas capables. On peut donc les retirer et les donner à d'autres. Et puisque les enfants appartiennent à la république ?

 

"L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié également en 2010 les Standards pour l'éducation sexuelle en Europe. C'est la même année, mais ce n'est pas le même texte.

 

Préambule."'Il faut donner l'éducation sexuelle notamment dans les écoles, ce qui n'est pas toujours aisé. La démarche rencontre souvent des résistances motivées le plus souvent par des peurs et des préjugés'. Alors quand vous n'êtes pas d'accord, c'est parce que vous avez des préjugés... On l'a déjà dit, mais bis repetita. Si vous n'êtes pas d'accord qu'on enseigne l'éducation sexuelle de cette manière-là à vos enfants, c'est que vous avez peur et que vous avez des préjugés ! C'est comme les gens qui avaient peur que le prix du pain soit prohibitif... Vous avez peur et vous avez des préjugés. Donc on va vous y obliger puisque vous n'êtes pas d'accord. Cela c'est le principe, quand le peuple n'est pas d'accord, on le force. 

"'Pour être suffisamment valorisée, l'éducation sexuelle devrait devenir une branche d'examen.' On a déjà des examens en biologie. On va faire passer des examens en quoi ? En masturbation, en changement de sexe, en pose de préservatif ? Cela a déjà a eu lieu. On fait poser des préservatifs dans des écoles, sur des objets en plastique. Et moi j'ai le témoignage d'une fille qui quand elle l'a fait à treize ans, elle était morte de honte, car les garçons hurlaient dans la classe. Évidemment puisque l'enseignement est mixte... Tout va bien !

 

"La psychologie, et plus spécialement la psychologiquement du développement montre que les enfants naissent sexués.' Alors si c'est pour dire qu'il y a garçon et fille, on le savait déjà. Mais ce n'est pas cela que ça veut dire. Cela veut dire que les enfants naissent sexuels. Et qui a dit que 'les enfants naissent sexuels' ? Alfred Kinsey. Il est l'alpha et l'omega de toutes ces horreurs. Kinsey a dit: 'Children are sexuals from birth', 'les enfants sont sexuels dès la naissance', et il l'atteste par un tableau qui a été publié dans ses ouvrages et que Judith Reisman a démonté. Il a violé et fait violé des centaines d'enfants par des pédophiles et à chaque hurlement il écrivait : 'orgasme'. Et c'est cela qui sert de référence pour dire que les enfants naissent sexuels dès la naissance !

 

"On veut réduire la sexualité au plaisir qu'on y trouve et évacuer le reste. Fort de ces grands principes on conclut que l'éducation commence dès la naissance. Alors c'est quoi ?

 

[...] De quoi parle-t-on ici si ce 'nest de vagabondage sexuel comme d'une activité de loisir. A-t-on pensé quelque part à dire qu'on peut avoir une relation sexuelle par amour ? Je ne vous parle même pas pour fonder une famille. Nulle part l'amour n'est mentionné.

 

"'L'éducation sexuelle est fondé sur l'égalité des sexes, l'autodétermination et l'acceptation de la diversité.' L'égalité des sexes, est-ce pour les hommes le droit d'avorter et pour les femmes le pouvoir d'avoir des problèmes de prostate ? Et la diversité, c'est quoi ? C'est la diversité des migrants et des autochtones, des homos et des hétéros ? Et bien oui, c'est cela la 'diversité'. C'est le monde de fous dans lequel on est en train de nous faire tomber.

 

"'L'éducation sexuelle est basée sur des informations précises et scientifiquement étayées.' Bis repetita, il n'y a rien à part Kinsey.

 

"'Les objectifs de l'éducation sexuelle sont de favoriser le respect de la diversité sexuelle.' Cela veut dire que toutes les perversions sexuelles vont être considérées comme se valant les unes les autres. Un ne pas discriminer, deux, égalité pour tous.

 

"... 'et les différences entre sexes, ainsi que la prise de conscience de l'identité sexualle et des rôles sexuellement attribués au genre.' Vous n'êtes pas une dame ou un monsieur, vous êtes simplement une dame qui a choisi d'être une dame et un monsieur qui a choisi d'être un monsieur. Ce qui est la négation du simple bon sens. Nous sommes nés homme ou femme avec les chromosomes afférents et rien n'a jamais changé en la matière.

 

"Donc, la diversité sexuelle c'est l'introduction de l'homosexualité dans les cours de sexualité à l'école. Or, qu'on le veuille ou non l'homosexualité ne représente et n'a jamais représenté au-delà de 5% de la population. C'est moins de 5% et on va présenter cela comme la norme.

 

"Les différences entre les sexes n'ont pas besoin d'être enseignées à l'école, qui est là pour enseigner les savoirs. Et les rôles associés aux genres, c'est la théorie du genre. or, aucune caution scientifique sérieuse n'a  jamais cautionné cette théorie. C'est juste un délire.

 

"'Favoriser le développement psychosexuel des individus en apprenant à exprimer des sentiments et des besoins, à mener une vie sexuelle agréable et à développer sa propre identité sexuelle et ses propres rôles de genre.' Voilà le programme de l'OMS. L'école est-elle là pour apprendre aux jeunes à mener une vie sexuelle agréable ? Pour vous, non, pour moi, non, pour eux, oui.

 

"Et c'est quoi développer ses propres rôles de genre ?

 

"Pour avoir un impact positif, l'éducation sexuelle doit d'abord avoir sa place attitrée dans les programmes scolaires et être traitée de manière approfondie tout au long de la scolarité.' Alors maintenant, on ne sait plus ni lire ni écrire, on ne sait pas que la France existait avant 1789. Mais on va devenir incollables sur le sexe.

 

"Entre 4 et 6 ans, qu'allons-nous apprendre aux enfants ? On les renseigne sur 'la reproduction humaine, la consolidation de leur identité sexuelle', à quatre ans... On va consolider leur identité sexuelle. On va leur apprendre la masturbation, le plaisir, et la satisfaction à se toucher. Alors Marlène Schiappa quand elle lançait un appel l'été dernier en disant 'non, il n'est pas question d'enseigner la masturbation à l'école' n'a pas lu les programmes. Et bien moi je les ai lus et j'ai écrit un petit livre 'Les droits sexuels', il y a toutes les références dedans.

 

"On va entre 4 et six ans, les différentes conceptions de la famille. Ce n'est définitivement plus papa et maman. Il y a différentes conceptions, il y a papa et papa, maman et maman, et puis papa et papa et papa, et oui pourquoi s'arrêter à deux ?... A quel titre ?

 

"On va leur apprendre des relations entre personnes de même sexe et les différentes normes en matière de sexualité. Alors si ce n'est pas la promotion de l'homosexualité et de toutes les perversions ?

 

"Et on va leur enseigner la conscience de pouvoir choisir 'Mon corps m'appartient.' J'ai reçu le témoignage d'un papa qui a pris son enfant sur les genoux après l'école et qui lui a dit : 'Papa, mon corps m'appartient.'

 

"Le corolaire de mon corps m'appartient, c'est j'ai le droit de dire non, mais le corolaire de j'ai le droit de dire non, c'est de dire j'ai le droit de dire oui.

 

"Je vais m'arrêter là. C'est de l'anti-éducation. L'école de la république, obligatoire désormais à partir de 3 ans, a totalement inversé les valeurs et a volé leurs enfants à leurs parents. Et il est temps de réagir parce que maintenant la loi est contre vous.

 

"[...] Je crois que le code civil est encore avec les parents. Il faut le faire valoir. Vous avez l'autorité parentale. Ces cours sont d'authentiques attentats à la pudeur. L'attentat à la pudeur est encore valable en France. Mais en face, vous avez le diable... Vous ne devez pas agir seuls. Il faut lancer des actions collectives. Je sais que François Billot de Lochner a commencé. Il faut lancer des actions collectives, en plainte pour attentat à la pudeur et détournement de mineur."

 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 11:07

Serge Petitdemange, ancien officier marinier de la Marine nationale, dirigeant du mouvement "Renaissance française", dénonce l'influence de la franc-maçonnerie qui gangrène la justice française et monégasque et a "saccagé des vies entières", "anéanti des vies" de justiciables.

Dans sa video du 21 juin, au sujet du royaume monégasque, il dit très justement  : "Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne."

Depuis le décès du prince Rainier, à Monaco, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais de la franc-maçonnerie. Serge Petitdemange conseille donc au prince Albert de "regarder à deux fois" avant de "ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté", et "d'"adopter" ce qu'il "propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants.

 

Extrait :

 

"La principauté de Monaco étant un Etat souverain disposant de sa propre Constitution du 17 décembre 1962.

"[...] Pour bien comprendre le problème, par opposition à l'article 1er de la constitution française du 4 octobre 1958 (qui dit ceci : 'La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale', ce qui signifie qu'en France la justice est rendue au nom de la république), l'article 9 de la principauté de Monaco précise que 'la religion catholique, apostolique et romaine est religion d'État.' À Monaco, la justice est rendue au nom de Dieu. Le Prince Albert de Monaco est constitutionnellement le garant de la Constitution monégasque.

"Seulement voilà, depuis le décès du prince Rainier, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais d'une secte pernicieuse que j'ai dénoncée dans ma video du 15 mai 2019 [dans laquelle Serge Petitdemange affirme: "Je m'adresse à ceux (des magistrats) dont le serment prêté à la franc-maçonnerie, principalement la Grande Loge nationale de France et le Grand Orient, est pour eux supérieur à celui prêté à la république. Je porte à la connaissance de mes concitoyens les signes de reconnaissance employés : triangle pointe en haut, triangle pointe en bas, et les trois points alignés. Ces codes de reconnaissance permettent de confirmer ou d'infirmer la décision prise en instance précédente, que la prochaine instance suivra à l'étape suivante. Si un jugement est renvoyé en appel ou en cassation, le juge saura immédiatement si son confrère demande la confirmation du dit jugement. Dès lors les cours d'appel ou de cassation ne jouent que le rôle d'exécutant en jouant ce jeu inique de trafics d'influence. C'est ignoble et totalement illégal. [...] Un juge qui décide de faire passer les intérêts d'une secte quasi-satanique avant les intérêts de la justice est un fourbe, un traître [...] vis-à-vis du serment prêté."] 

[...] Monaco dispose bien d'un pouvoir judiciaire. Comment alors faire comprendre au prince Albert que ses cours et tribunaux sont gangrénées par des magistrats français francs-maçons ? L'antinomisme est flagrant : un franc-maçon est par essence anticlérical, il vénère le G.A.D.L.U (le Grand Architecte de l'Univers), mais pas Dieu. Comment alors, en toute conscience, un magistrat français franc-maçon, rendant la justice au nom de la république, lorsqu'il exerce en France, une fois affecté à Monaco, toujours incroyant, peut-il rendre la justice dans un pays souverain, dont la Constitution le contraint à la rendre au nom de Dieu ?... Tous les rouages de la justice et des forces de l'ordre monégasques sont corrompus par cette secte maléfique, comme en France. Le pire, c'est que les magistrats français francs-maçons exerçant à Monaco violent la Constitution de la Principauté, mentent au Prince Albert.

"Comme en France, ils sont partout, la justice, la police, l'armée, le corps médical, les avocats, infiltrés, influençant les personnes en vue, dans le but évident de s'en servir à des fins néfastes pour la cohésion et le bonheur du peuple.

"[...] Je pense qu'avant de ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté, le Prince Albert va y regarder à deux fois. C'est ce que je ferais à sa place ! 

"[...] Je propose à l'état monégasque d'adopter ce que je propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants. 

"Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne.

"[...] L'Italie l'a bien compris, elle qui interdit toute appartenance franc-maçonne aux membres de son gouvernement. Renaissance française' au pouvoir y mettra bon ordre. Le 4e pouvoir est la clé du retour à la normalité de la vie courante de nos compatriotes. L'association monégasque des victimes de la franc-maçonnerie a décidé à l'unanimité de rejoindre le combat de Serge Petitdemange, le combat de Renaissance française."

Note du blog Christ-Roi. La proposition de Serge Petitdemange et du mouvement "Renaissance française" de créer un 4e pouvoir chargé de contrôler le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants (en écartant réellement les trafics occultes d'influence) est originale. Elle fait écho au fait que l'unité du peuple et des institutions était le principe de gouvernement de la France jusqu'en 1789, une royauté où la loi appartenait au peuple (le roi ne pouvait y toucher quant au fond), et où peuple et roi étaient un. C'est une secte maléfique, corrompue - la franc-maçonnerie - qui a cherché à dissocier les deux (en appliquant le principe moderne machiavélique "Diviser pour mieux régner".)

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 08:17

"La Révolution antifrançaise de 1789 - faisant suite au travail de sape entrepris depuis la 'Renaissance' par des écrivains, des penseurs, et des philosophes afin de détruire le catholicisme (et le droit divin NdCR.), rempart contre l'éclosion du capitalisme -, détruisit les protections sociales ouvrières (les corporations) afin d'assoir le pouvoir de l'argent et de l'usure. C'est par le décret d'Allarde (2/17 mars 1791) et la loi Le Chapelier (14/17 juin 1791) que les révolutionnaires détruiront le système corporatif qui servait de protection pour les ouvriers et imposeront un libéralisme économique sauvage rejeté jusqu'alors par nos rois. Les sociétés de pensées comprirent que pour permettre à l'argent de dominer, il fallait donc à la différence de l'Angleterre supprimer le roi garant des libertés populaires et protecteur sociale de son peuple : en Angleterre le rois se lia aux Lords et à l'argent contre le peuple, ce qui explique le maintien de la monarchie anglaise.

 

"Certes, il est vrai qu'en 1776, Turgot, alors contrôleur général des finances obtint du roi Louis XVI suppression des communautés de métiers avec l'édit de Turgot supprimant les corporations. Il le justifiait ainsi : 'La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d'un même métier de s'assembler et de se réunir en corps.' (Turgot, Recueil de réglemens pour les corps et communautés d'arts et métiers). Le roi Louis XVI (1774-1793), ayant compris son erreur, car ayant été très certainement mal conseillé, revint sur cet édit. L'édit du roi enregistré au parlement le 23 août 1776 annula donc l'abolition des corporations. Louis XVI se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création, nous voulons donner aux ouvriers un moyen de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun de leur intelligence, qui est le bien le plus précieux de l'homme.' Pas étonnant avec une telle réponse d'apprendre que Louis XVI fut le premier à utiliser le terme de 'justice sociale'.

 

"Le vol du bien commun des ouvriers a donc été décidé par le décret d'Allarde du 2/17 mars 1791, qui déclarait propriété nationale les biens corporatifs. Ce décret d'Allarde faisait aussi du libéralisme économique le fondement du nouveau régime de travail, de la production et du commerce.

 

 

"Le 14 et 17 juin 1791, la loi Le Chapelier interdisait aux hommes de métiers de s'associer en vue de former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs. Cette loi, calquée sur la logique de Turgot, s'inspirait du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, dont Isaac Le Chapelier reprit des passages entiers dans son exposé. Privés de leurs patrimoines, les corps de métiers ne pouvaient plus vivre. L'historien Hippolyte Taine (1828-1893) évalua à 16 milliards de l'époque la valeur du patrimoine des métiers confisquée aux corporations. Somme énorme si l'on considère le chiffre peu élevé des effectifs ouvriers au moment de la Révolution. Rappelons également que sur le nombre total de guillotinés durant la période de la Révolution, 31% étaient des ouvriers, 28% des paysans, et 20% des marchands, soit près de 80% étaient des petites gens (René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24), le tout au nom de la liberté des droits de l'homme, comme il se doit.

 

[La répression des Canuts de Lyon, dans les années 1830, ces ouvriers tisserands qui se battaient pour un "salaire minimal" aux cris de "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant". En 1830, Lyon est la première ville ouvrière de France. L'arrivée des métiers à tisser de grande taille révolutionne le travail de la soie. On s'installe dans les anciens couvents de la Croix-Rousse, aux plafonds très élevés. C'est le quartier des "Canuts", des ouvriers qui travaillent quatorze, quinze heures par jour et qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille sur leur salaire, ce qui fait qu'il y a des familles où le père, la mère et les enfants sont obligés de travailler pour survivre. Au milieu du siècle, on compte environ 40 000 compagnons lessivés par les ignobles conditions de travail. Ils partirent en 1831 de la Croix-Rousse, derrière le drapeau noir. Le pouvoir envoya contre eux 20 000 hommes de troupe et 150 canons. (Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, Le Vrai roman national, Fayard, Lonrai 2018, p. 545.)

"En novembre 1831, les républicains ont tenté de récupérer la révolte des ouvriers tisserands de Lyon, en vain, car ceux-ci, dont l'esprit corporatif était tout le contraire de l'esprit révolutionnaire et dont le meneur, Pierre Charnier (un des fondateurs du mutuellisme, assurance maladie et chômage) était [...] un catholique légitimiste, avaient des revendications purement professionnelles. Le conflit, au demeurant, avait trouvé sa solution par la négociation, sans effusion de sang." (Jean SÉVILLIA, Histoire passionnée de la France, Perrin, Paris 2013, p. 294) ; En revanche, "le 9 avril 1834, une nouvelle insurrection des Canuts s'étend à d'autres catégories populaires de Lyon. Thiers commence par abandonner la ville aux insurgés, avant de mater la révolte dans le sang au prix de 600 victimes." (Jean SÉVILLIA, Histoire passionnée de la France, ibid., p. 295) ; La révolte des Canuts de Lyon avait été précédée en 1819, d’émeutes écrasées par l'armée à Vienne, lors de l’introduction de nouvelles machines à tondre les draps (Gérard GAYOT, Le Second Empire drapier des Neuflize à Sedan (1800-1830) dans Histoire, économie & société Année 1986 5-1 pp. 103-123, p. 11.)]

 

Pierre-Joseph Proudhon

"Dans De la Capacité politique de la classe ouvrière rédigé en 1865, Proudhon avait raison d'écrire : 'Ce qui a créé la distinction toute nouvelle de classes bourgeoises et de classes ouvrières ou prolétaires, c'est le nouveau droit inauguré en 1789.

 

'Avant 1789, l'ouvrier existait dans la corporation et dans la maîtrise, comme la femme, l'enfant, le serviteur dans la famille. Il aurait répugné alors d'admettre une classe de travailleurs en face d'une classe d'entrepreneurs puisque celle-ci contenait celle-là.

'Mais depuis 1789, le faisceau des corporations ayant été brisé, sans que les fortunes et les conditions fussent devenues égales entre maîtres et ouvriers, sans que l'on eut rien fait ou prévu pour la répartition des capitaux, pour une organisation nouvelle de l'industrie et des droits des travailleurs, la distinction s'est établie d'elle-même entre la classe des patrons, des détenteurs des instruments de travail, capitalistes et grands propriétaires et celle des ouvriers, simples salariés. On ne peut nier aujourd'hui cet antagonisme profond des deux classes, inconnu au Moyen-Âge, et la raison qui l'amena fut une grande iniquité.(Pierre-Joseph Proudhon, De la Capacité politique des classes ouvrières, 1865, p. 60-61.) 

 

Louis-René Villermé

"En effet, ces lois révolutionnaires qui nous le rappelons ont été prononcées et votées à gauche de l'hémicycle ne furent pas sans conséquences.

 

Pour s'en convaincre, il suffit pour cela de lire des rapports effectués par le docteur Villermé (1782-1863) pour ce qui est des conditions de travail des enfants durant le XIXe siècle.

'Chez les enfants, dit monsieur Villermé, l'état de souffrance résulte surtout de l'excès du travail ; chaque jour on les garde de 15 heures à 15 heures et demie, et l'on exige d'eux 13 heures de travail effectif.

'C'est un spectacle bien affligeant que celui de cette multitude d'enfants maigres, hâves, couverts de haillons, marchant pieds nus par la pluie et la boue, portant à la main, et quand il pleut, sous leur vêtement, rendu imperméable par l'huile des métiers tombée sur eux, le morceau de pain qui les doit nourrir jusqu'à leur retour.

'16 à 18 heures debout chaque jour, dont 13 au moins dans une pièce fermée, sans presque changer de place ni d'attitude. Ce n'est plus là un travail, une tâche, c'est une torture; et on l'inflige à des enfants de six à huit ans, mal nourris, mal vêtus, obligés de parcourir, dès cinq heures du matin, la longue distance qui les sépare de leurs ateliers, et qu'achève d'épuiser le soir leur retour de ces mêmes ateliers.' (Louis Villermé, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers, 1840, volume 2, p. 87, 88 et 91.)

Alban de Villeneuve-Bargemont

"Alban de Villeneuve-Bargemont (1784-1850), auteur de Economie politique chrétienne, précisait également dans un de ces discours :

 

'Pour les tenir éveillés, on les (enfants) frappe avec des cordes, avec des fouets, avec des bâtons, sur le dos, sur la tête même.

'Plusieurs ont été amenés devant les commissaires de l'enquête, avec des yeux crevés, des membres brisés par les mauvais traitements qui leur avaient été infligés.' (Charles Lemercier de Longpré, La Grande Bretagne en 1833, cité dans Alban de Villeneuve-Bargemont, Economie politique chrétienne, 1834, volume 1, p. 392.)

 

"Voilà ce qu'engendra cette disante révolution du peuple, par le peuple et pour le peuple, au nom de la liberté et des droits de l'homme. Et Napoléon Ier qui ne fut qu'un avorton de cette révolution resta dans la lignée d'Isaac Le Chapelier et de Pierre d'Allarde. En 1803, il institua le livret ouvrier, afin de restreindre la libre circulation des ouvriers en France, bref de les contrôler. Tout ouvrier voyageant sans livret est réputé vagabond et condamné comme tel. Il ne peut quitter un employeur qu'après que celui-ci eut signé un quitus sur le livret. La signature devant être certifiée par une autorité, il ne peut quitter une commune sans le visa du maire et/ou de la gendarmerie avec indication du lieu de destination. L'employeur doit inscrire sur le livret la date d'entrée dans l'entreprise puis la date de sortie et indiquer que l'ouvrier le quitte libre de tout engagement Quelle dictature ! La perte du livret interdit de travailler, de quitter la commune du dernier domicile jusqu'à obtention d'un nouveau livret.

 

"Lors des Journées de juin 1848, près de 23 000 ouvriers descendirent dans la rue, et près de 400 barricades furent érigées à Paris. Le général Cavaignac engagea une terrible répression contre ces ouvriers. Après sa victoire, le gouvernement déclara : 'L'ordre a triomphé de l'anarchie, vive la république !' Plus de 4000 ouvriers et ouvrières moururent en cinq jours, 1500 furent fusillés sans jugement. Et les tribunaux condamnèrent 16 000 personnes dont 4 000 à la déportation en Algérie. La deuxième république ne dura que 4 ans, mais ce fut assez pour elle pour poursuivre l'oeuvre antisociale de la première.

 

"Le 21 mars 1884, c'est le vote de la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats professionnels. Cette loi ne fut en fait qu'un soulagement des lois révolutionnaires de 1791. Même si elle donne l'illusion d'être un progrès, cette loi ne fit que renforcer la division entre patrons et ouvriers qu'exploiteront volontiers une multitude d'idéologues. Cette division, la loi de 1884 ne l'interdira pas contrairement à la logique du système corporatif. Patrons et ouvriers peuvent désormais mieux s'organiser pour pouvoir mieux s'affronter.

 

"Le 1er mai 1891 les ouvriers pacifiques de la cité ouvrière de Fourmies organisèrent une grève pour une journée de 8 heures et la hausse des salaires. La diminution de la journée de travail était d'ailleurs réclamée depuis les années 1880 par les députés royalistes contre l'avis des républicains de gauche... comme de droite. Sous l'impulsion des patrons, le maire de la ville envoya deux compagnies d'infanterie du 145e régiment de ligne. 150 à 200 manifestants arrivèrent sur place et firent face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel contenant neuf balles de calibre 8 millimètres. Le commandant Chaput s'écria: 'Feu, feu, feu rapide, visez le porte-drapeau.' Bilan : neuf morts et au moins trente-cinq blessés.

 

"Au début du XXe siècle, les vignerons du sud de la France furent frappés par une grave crise agricole (révolte des vignerons de 1907), mais le gouvernement de Paris plus proche des riches betteraviers du Nord se désintéressait sur sort des vignerons du sud. La misère, la colère et la révolte montèrent à travers les villages. Le 11 mars 1907 ils furent 87 à manifester à Argeliers.

 

 

 

 

Le 9 juin 1907, ils étaient entre 600 à 800 000 personnes dans les rues de Montpellier. L'historienne Geneviève Gavignaud-Fontaine dira : 'Cette mobilisation de masse dépasse d'ailleurs les courants politiques ou idéologiques puisque l'on voit marcher côte à côte des sympathisants de la gauche socialiste et de la droite royaliste.'

Sur ordre de Georges Clémenceau, l'armée française ouvrit le feu sur le peuple vigneron du Midi et ordonna l'arrestation des responsables du mouvement. Bilan : cinq morts, dont une jeune fille de vingt ans (Cécile Bourrel), et 33 blessés gisant à terre. Clémenceau y gagnera le surnom mérité de 'fusilleur'.

 

"Toujours en 1907 à Raon-l'Étape, les ouvriers en chaussures réclamèrent un salaire minimal de 32 centimes de l'heure, la journée de 10 heures et la suppression des amendes. La direction ayant refusé leurs demandes, ils se mirent en grève au début du mois de juillet. Le préfet fit envoyer deux bataillons, les Deuxièmes chasseurs à Pieds de Lunéville et le 20e bataillon de Chasseurs à Pieds de Baccarat ainsi que deux escadrons du 17e chasseur. Le 28 juillet 1907, l'armée tira sur un défilé pacifique tuant 3 ouvriers et en blessant 32 autres. Des barricades furent érigées dans la ville et des drapeaux noirs arborés.

 

"En 1908, lors de la grève de Draveil-Vigneux, ce sont des carriers qui lancèrent une grève pour l'amélioration de leurs conditions de travail. Le 2 juin 1908 deux grévistes furent tués dans leur permanence par un gendarme et une dizaine d'autres sont blessés.

 

"Le 30 juillet 1908, ce fut la journée sanglante, trois à 400 manifestants se heurtèrent violemment aux cinq régiments de dragons. 4 grévistes furent tués et plus de deux cents blessés. Clémenceau ordonna alors des arrestations massives dans les rangs de la Cgt.

 

Le socialiste allemand karl Kautsky (1854-1938) avait raison de dire : 'C'est la république française qui depuis douze ans (depuis la fusillade de Fourmies de 1891) a versé le plus de sang ouvrier en Europe.' (Karl Kautsky, N° spécial du Socialiste, mai 1903.)

 

"Le lendemain, le 31 juillet, Charles écrivait à propos de Clémenceau : 'Cette tuerie n'est pas le résultat de la méprise ou d'une erreur. On ne peut l'imputer à une faute de calcul. Il (Clémenceau) l'a voulue. Il l'a visée. S'il avait voulu faire sérieusement son métier de gendarme, de premier flic, il l'aurait fait. Ce n'était pas très difficile avec les 350 000 hommes que le recrutement a placés dans sa main.' (Charles Maurras, Journal de l'Action française, juillet 1908.)

 

"Contrairement à Louis XVI et à Louis-Philippe Ier qui refusèrent de faire tirer sur la foule, la république n'eut jamais l'état d'âme de s'en abstenir au nom de ses idéaux humanistes, comme si cela ne suffisait pas de les fusiller.

 

"En 1914, la république les envoya au carnage dans le cadre de la 'mobilisation générale'. Et ce fut aux femmes de s'activer à l'usine comme aux champs. Après 4 années de guerres, un million cinq cent mille hommes constituant la force vive de la France avaient péri.

 

"1936 c'est l'avènement du 'Front populaire', une coalition de gauche avec à sa tête Léon Blum. Ce Front populaire restera dans les mémoires collectives à cause des ses réformes sociales :

- Congés payés (11 juin 1936),

- semaine de 40 heures (au lieu de 48 pour tous les salariés) (12 juin 1936),

- réforme de l'organisation de la Banque de France (24 juillet 1936),

- nationalisation des usines d'armement (11 août 1936),

- création d'un Office inter professionnel du Blé (15 août 1936) pour maîtriser le cours des céréales.

 

"Certes, elles furent bien sympathiques ces petites réformettes, mais que de temps perdu si on compare à ce qui avait été proposé dès le XIXe siècle par l'école contre-révolutionnaire. 

 

"Car il faut bien le dire, ces avancées sociales étaient réclamées durant ce XIXe siècle par les catholiques sociaux royalistes, mais... refusées systématiquement par l'opposition libérale et de gauche. 

 

Albert de Mun

"Le royaliste Albert de Mun (1841-1914), homme politique et académicien, théoricien du corporatisme chrétien, le 24 février 1886, le 7 décembre 1889, le 29 octobre 1892 et en mars 1912 demandait la diminution des heures de travail, mais le monde ouvrier dut attendre... 1936 ! Jusque-là, la gauche républicaine des Lumières (Clémenceau) avait écrasé et massacré allègrement toute réclamation ouvrière. Le roi Louis XVI n'était-il pas monté à l'échafaud au même moment qu'un artisan ?

 

Comte de Chambord

"Rappelons également le cas du comte de Chambord (1820-1883), avec sa Lettre aux ouvriers, rédigée en 1865 : "À l'individualisme, opposer l'association, à la concurrence effrénée le contrepoids de la défense commune; au privilège industriel, la constitution volontaire et réglée des corporations libres.

 

'Il faut rendre aux ouvriers le droit de se concerter, en conciliant ce droit avec les impérieuses nécessités de la paix publique, de la concorde entre les citoyens et du respect des droits de tous.

'En un mot, ce qui est démontré, c"'est la nécessité d'associations volontaires et libres des ouvriers pour la défense de leurs intérêts communs.

 

'Dès lors il est naturel que, dans ces associations, il se forme sous un nom quelconque, des syndicats, des délégations, des représentations, qui puissent entrer en relation avec les patrons pour régler à l'amiable les différends relatifs aux conditions du travail, et notamment aux salaire. Ici la communauté d'intérêts entre les patrons et les ouvriers sera une cause de concorde, et non d'antagonisme.' 

 

"C'est en 1865 qu'il écrivit ces lignes qui sont, il faut bien l'avouer, dans la lignée d'un Louis XVI se justifiant devant Turgot. 

 

"Si l'empire de Napoléon III avait mis en pratique la politique sociale du comte de Chambord pour les ouvriers, il n'y aurait jamais eu toutes ces grèves et fusillades citées précédemment. La mise en place des corporations aurait scellé l'alliance entre patrons et ouvriers d'une même profession, excluant la division de la lutte des classes que le syndicalisme n'a jamais su éradiquer et que des idéologies ont surexploité violemment.

 

 

"Sans oublier les propositions de loi d'Albert de Mun, entre autres, qui si elles avaient été voté en leur temps auraient quasiment résolu la question sociale avant 1900.

 

"S'ajoutant à cela l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII de 1891, et les analyses du sociologue René de la Tour du Pin (1824-1934), le XXe siècle aurait été synonyme de paix sociale bien avant 1936. Mais pour le plus grand malheur du monde ouvrier, l'école contre-révolutionnaire n'a pas su s'imposer efficacement.

 

"Quarante ans après les fusillades de Draveil-Vigneux, c'est encore un gouvernement socialiste qui se chargera de fusiller une fois de plus les ouvriers. Lors de la grève des mineurs de 1948, 60 000 hommes sont envoyés dans les bassins pour réprimer la grève. Bilan de la répression : 6 morts, des milliers de blessés, 3 000 mineurs arrêtés, 1 500 emprisonnés, 3 000 licenciés, une centaine de délégués syndicaux révoqués.

 

"Nous le voyons bien, chaque fois que les ouvriers en France eurent à subir de violentes répressions, ce fut toujours de la part d'un gouvernement républicain et souvent dit 'de gauche'. Le décret d'Allarde et la loi le Chapelier qui ouvrirent la voie au libéralisme économique en 1791 furent également votés à gauche, et ce n'est certainement pas l'oeuvre du Front populaire qui épongera à jamais, le sang des ouvriers martyrs. René de la Tour du Pin avait donc raison lorsqu'il écrivait : 'On se plaît à considérer le socialisme comme une utopie; c'est une erreur : ce qu'on peut considérer comme une utopie, c'est le bonheur qu'il procurerait à l'humanité.' (Vers un Ordre social chrétien, 1882, éd. Nouvelle Librairie nationale, p. 435.)

 

"Au fil du temps, le sort des ouvriers s'est bien amélioré grâce au développement et à l'organisation syndicale, mais que de sang versé pour obtenir ce résultat. 

 

 

"Pierre Gaxotte, de l'Académie française disait : 'Pendant un siècle, jamais la classe ouvrière n'a rien obtenu en développant ses raisons. Elle a amélioré son sort en s'organisant, en manifestant, en prenant part aux insurrections et aux révoltes. Ce que la prudence et l'intérêt public bien entendu n'avait pu lui procurer, elle l'a arraché en faisant peur. C'est chose merveilleuse d'ailleurs de contempler les miracles que provoque cette peur. Les lois économiques cessent subitement d'être fatales et plient à toutes sortes d'arrangement. Ce qui était impossible la veille devient supportable le lendemain. Ce qui promettait les entreprises à une ruine nécessaire n'est plus une cause irrémédiable de décadence.' 

 

 

"Mais après les fusillades, la république trouva encore un autre moyen pour écraser les ouvriers devenus trop chers pour le Cac40. Elle allait tout simplement mettre en place une politique au service du patronat véreux, visant à faire de l'immigration la source d'un profit considérable au détriment des ouvriers nés sur notre sol national. 

 

 

Le 28 avril 2010 on lisait sur le blog de Marianne cette ligne d'un rapport patronal sur l'immigration : 'L'immigration permet de payer les salariés toujours moins.'

 

'On se souvient du président Pompidou (1969-1974) avouant peu avant sa mort qu'il avait ouvert les vannes de l'immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d'une main d'oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d'une réserve quasi inépuisable à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs Français souvent organisés.'

 

"Cela fait froid dans le dos. 

 

"Lisons plus loin :

 

'Ainsi les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n'ont eu de cesse depuis plusieurs décennies d'en appeler à toujours plus d'immigration...'

 

"Le grand patronat souhaite toujours plus d'immigration afin de faire baisser les salaires.

 

'... Au lieu d'augmenter les salaires, le patronat a tout intérêt à créer une pénurie, qu'il comblera en allant chercher ailleurs une main d'oeuvre prêtre à accepter des salaires plus faibles.'

 

 

"Au début, la gauche elle-même s'en inquiéta. On se souvient de l'intervention du Premier secrétaire du Parti communiste français Georges Marchais (1920-1997), qui dans son discours du 27 mars 1980 à la porte de Pantin disait : 'Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de deux millions de chômeurs français et immigrés.'

 

"La suite, on la connait, afin de rendre inoffensive cette gauche qui aurait pu mettre des battons dans les roues de cette politique de l'immigration voulue par le patronat, le gouvernement socialiste va durant tout le mandat de Mitterand inoculer dans la pensée dominante l'idéologie de l''antiracisme' ('Touche pas à mon pote', et 'marche pour l'égalité contre le racisme'). Avec cette idéologie devenue un dogme qui demeure encore de nos jours, plus de remise en cause de l'immigration et avec en prime la mise en place d'un terrorisme intellectuel à l'égard de ceux qui s'y risqueraient. Ce terrorisme intellectuel est une manière terrible pour les peuples de subir la loi des riches et leurs délocalisations massives, dont nous avons maintes fois parlé. Une manière terrible de déstabiliser les pays accueillants et sinistrer les pays voyant fuir leurs jeunes cerveaux et main d'oeuvre. Pourtant une saine politique permettrait à chacun de vivre libre là où il le désire, et si nos moyens étaient mis au service d'autrui et non des banques. 

 

 

"En conséquence, les ouvriers et travailleurs se détachèrent petit à petit de cette gauche qui eut pour longtemps la réputation de les protéger, mais qui au final préféra s'occuper du sort des immigrés que du sort des travailleurs déjà présents en France. Du culte du prolétaire, la gauche est passée au culte de l'immigré incarnant l'homme nouveau des mondialistes.

 

"Avec les progrès grandissants de la technologie et plus particulièrement de la robotique, bientôt les ouvriers, et pas simplement eux, seront remplacés par des machines anthropomorphiques ayant des capacités humaines équivalentes ou supérieures.

 

"L'homme devenant lui-même un obstacle pour la haute-finance, où sera alors notre place dans ce monde d'argent et de robots ?

 

"Bernanos avait raison quand il écrivait : 'Un monde gagné pour la technique est perdu pour la liberté.'

 

"De la loi Le Chapelier de 1791 à aujourd'hui, ce sont les mêmes qui tirent les ficelles du monde du travail. Tous les maux dont nous souffrons et avons souffert sont la conséquence de la chute du régime corporatif et d'une monarchie protectrice.

 

"La reconquête sera certainement douloureuse, mais il faudra tôt ou tard retrouver la sagesse des hommes comme René de la Tour du Pin, le Comte de Chambord, Proudhon, le pape Léon XIII, Albert de Mun et bien d'autres encore...

 

"Afin que puisse être réhabilités les enseignements de l'école catholique sociale contre-révolutionnaire, afin qu'un humanisme chrétien régisse à jamais un monde du travail libéré du joug de la haute finance mondialiste. Notre jour viendra."

La politique sociale est l'art d'un gouvernement plus appliqué à servir les hommes dans leurs rapports entre eux qu'à les exploiter au profit de ses propres visées.

René de la Tour du Pin

La souffrance ouvrière sous la république

Bibliographie

 

Antoine MURAT, La Tour du Pin en son temps, éd. Via Roma.

 

Xavier VALLAT, La Croix des Lys et la peine des hommes, éd. des Quatre Fils Aymon.

 

René de la TOUR DU PIN, Vers un ordre social chrétien, jalons de route, éd. du Trident.

 

Steven L. KAPLAN, Le Pain, le Peuple et le Roi, la bataille du libéralisme sous Louis XV, Préface de Emmanuel LE ROY LADURIE, éd. Librairie académique Perrin.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 20:08

Un étudiant écossais, viré de classe pour avoir dit qu'"il n’y a que deux genres" sexuels, a une explication avec le professeur. La tentative d’explication de ce dernier est assez révélatrice (et effrayante) du totalitarisme "progressiste" qui se met en place.

Source: Gloria.tv

En 39-45, on avait les mêmes collabos qui nous disaient qu'il fallait obéir simplement parce que les lois venaient du gouvernement.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 11:11

Nous sommes bien loin de la version officielle racontée dans les livres d’histoire et par la plupart des journalistes, intellectuels et politiques de notre époque.

Détruisez la Vendée, il faut exterminer cette race rebelle, incendier leurs forêts, couper leurs récoltes, enlever leurs troupeaux. Plaçons la Terreur à l'Ordre du Jour.

Barère, homme politique révolutionnaire à la Convention nationale

Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé.

Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. « Hervé de Bélizal »), p. 232.

C'est par principe d'humanité que je purge la France de ces monstres. J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode.

Jean-Baptiste Carrier, Lettre de Carrier à la Convention, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre ; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre, (« à la une ») p. 393, col. 1.

"Au-delà de cette guerre civile, il y a quelque chose de nouveau qui va se mettre en place, qui est réfléchi au plus haut niveau de l'Etat, qui est organisé, planifié, c'est l'extermination de l'autre, non pas pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il est." (Reynald Secher, tiré du reportage d'Armel Joubert des Ouches "Révolution française : silence sur le génocide vendéen" pour Réinformation Tv)

 

Ce qu'il est ? C'est tout ce que la république vomit. Le Vendéen est catholique, attaché à Dieu, à ses prêtres à ses ordres religieux. Il est attaché à ses traditions de toujours. Profondément attaché au roi de France, il faut donc le traiter comme ennemi du peuple et rapidement l'éliminer. 

Voici des documents exceptionnels, les preuves des plans d'extermination que Reynald Secher a retrouvé dans les archives nationales à Paris. La lecture de ces documents officiels glace le sang : 

Décret-loi de la Convention le 1er octobre 1793 créant l'armée de l'Ouest et visant à "l'extermination des brigands vendéens". Pour la Convention, le mot générique "brigand" signifie tous les habitants résidant en Vendée, c'est-à-dire "la race impure qui souille le territoire de la République" (sic)...

Décret-loi de la Convention le 1er octobre 1793 créant l'armée de l'Ouest et visant à "l'extermination des brigands vendéens". Pour la Convention, le mot générique "brigand" signifie tous les habitants résidant en Vendée, c'est-à-dire "la race impure qui souille le territoire de la République" (sic)...

"Il faut que tous les brigands soient exterminés" (Comité de Salut Public 22 brumaire, Archives nationales)

"Il faut que tous les brigands soient exterminés" (Comité de Salut Public 22 brumaire, Archives nationales)

"Il faut que la France soit République ou qu'elle soit un vaste cimetière (Commission administrative du Morbihan, Armon, Jourdain, Jaion, 25 novembre 1793)

"Il faut que la France soit République ou qu'elle soit un vaste cimetière (Commission administrative du Morbihan, Armon, Jourdain, Jaion, 25 novembre 1793)

Vendée : le génocide planifié
Vendée : le génocide planifié

Sur acceptation de la Convention nationale, le général Turreau crée les "colonnes infernales". Des villages entiers sont rasés, pillés, mis à feu et à sang. Les vieillards, les femmes et les enfants, tout le monde y passe.

 

Les Vendéens sont coupés en morceaux, bûlés vifs, noyés, ou jetés dans les fours à pains vivants. Des bébés sont empalés sur des baïonnettes, des femmes enceintes sont écrasées sur des presses.

 

On estime que les hommes de Turreau ont massacré à eux seuls plus de 50 000 civils.

 

Des tanneries de peau humaine furent ouvertes pour en faire des selles de cheval. Des savons furent fabriqués à partir de la graisse des vendéens, avec l'aval de Saint-Just et du Comité de Salut-Public.

Vendée : le génocide planifié

27 femmes et enfants brûlés vifs à Champtoceaux (ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire) le 27 mai 1794. Au total, 171 victimes sur la commune (Source: Jean-Camille EMERIAU, P'tit Jean le Brigand, éd. La Chouette de Vendée, 2013) :

Monument à la mémoire des Femmes et enfants de Champtoceaux brûlés vifs dans une grotte le 17 mai 1794 (Souvenir Vendéen septembre 2005)

Monument à la mémoire des Femmes et enfants de Champtoceaux brûlés vifs dans une grotte le 17 mai 1794 (Souvenir Vendéen septembre 2005)

Le massacre des Lucq-sur-Boulogne

 

Dans la chapelle construite sur l'ancienne église, noms des 564 victimes des Lucs-sur-Boulogne (Vendée, région Pays de la Loire) qui y ont été brûlés vifs le 28 février 1794, dont 110 enfants de moins de sept ans, 33 enfants de moins de deux ans, et des bébés tout juste nés :

Lucq-sur-Boulogne, plaque en mémoire des 564 victimes brûlées vives dans la chapelle.

Lucq-sur-Boulogne, plaque en mémoire des 564 victimes brûlées vives dans la chapelle.

Le massacre de la forêt de Vezins, Maine-et-Loire, le 25 mars 1794, un camp de réfugiés, de paysans et leurs familles et hôpital de campagne : 2000 personnes y sont assassinées par les républicains, le feu est mis à la forêt.

Vendée : le génocide planifié

De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ». Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises…  

 

C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.  C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.  Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins. Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort. Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.  On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres. Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

Les mariages républicains

 

Les noyades dans la Loire, imaginées par Jean-Baptiste Carrier, consistaient à attacher les femmes et les hommes ensemble nus et on faisait couler les embarcations. Les républicains appelaient cette pratique les "mariages républicains". Les républicains en folie appelaient la Loire "la Baignoire nationale"...

 

Si les noyades prenaient trop de temps, on perçait les malheureux à la baïonnette. 5000 vendéens périrent dans ces noyades, que Jean-Baptiste Carrier appelaient les "déportations verticales". 

Vendée : le génocide planifié

Il y a l'histoire officielle et puis il y a la véritable histoire en France... sur beaucoup de sujets. Le génocide vendéen est nié en dépit des preuves. 180 000 hommes, femmes, enfants, vieillards massacrés. Pas un mot dans les manuels scolaires de l'extermination d'une partie de ce peuple de France. C'est le "mémoricide" (R. Secher), l'effacement volontaire par la république de pans entiers de l'histoire de France.

 

La république "française", les républicains, grands donneurs de leçons, en particulier aujourd'hui, n'ont pas grand chose à envier à ce que firent Lénine, Staline ou Hitler.

Vendée : le génocide planifié
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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:43

"Il faut réunir tous les populistes". Invité de David Pujadas sur LCI, Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, a résumé ce que nous disions au lendemain des européennes, à savoir que "l'"alliance des droites" est le dernier miroir aux alouettes. [...] L'ensemble des droites a fait 37%, ce qui ne fait pas 50% et ne permettra pas à l'"alliance des droites" seule d'arriver au pouvoir. C'est le grand enseignement de ces élections européennes 2019 : la seule "union des droites" ne sera pas suffisante. Un candidat qui souhaiterait arriver au pouvoir en 2022 devra parler à la droite ET à la gauche." 

 

Lire : Européennes 2019 : les enseignements pour 2022

 

Un entretien à bien écouter car ce qui est dit du point de vue de l'"axe stratégique" est capital pour une (vraie) droite (légitimiste) qui voudrait jouer le jeu des élections : 

Extrait :

 

"Le commentaire que je pourrais faire des élections européennes, et que je n'ai pas trop entendu ailleurs, c'est que la 'république en marche' a mobilisé un électeur sur dix. Et lorsqu'on rassemble tous les partis du bloc central, c'est-à-dire ceux qui ont gouverné la France depuis 50 ans, république en marche, républicains, socialistes, on arrive à moins d'un français sur cinq dans une élection qui leur était favorable, car la participation y est favorable aux séniors, aux retraités, qui vont voter aux européennes beaucoup plus que l'électorat populaire, qui s'abstiennent massivement. C'est une élection (les européennes) qui favorise l'expression des inclus. Dans ce contexte, l'analyse que je peux faire ce n'est pas une crise de la représentation mais une crise de la légitimité.

 

"Car on en est bien là, qu'est-ce qui fonde la légitimité en démocratie ? C'est le suffrage universel. Or notre démocratie est malade parce que son mode de légitimation ne fonctionne plus, parce que l'ensemble des partis de gouvernement ne réunit maintenant que moins d'un français sur cinq. Et cela a bien été un des aspects essentiels du mouvement des Gilets jaunes que cette demande de refondation de la démocratie sur d'autres bases.

 

"[...] Aujourd'hui la démocratie représentative ne représente plus grand chose, c'est si vous voulez la phrase de Valéry qui disait avant-guerre que 'cette démocratie représentative, c'est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde'.

 

"[...] Le vrai clivage est entre libéraux et anti-libéraux, et cela vaut particulièrement pour la droite. Il y a une droite anti-libérale qui privilégie les solidarités collectives et puis il y a une droite libérale, celle qu'est en train d'absorber Macron, qui, elle, met l'accent sur les sociabilités contractuelles. (Ce clivage) a toujours existé. Cette droite - François Mitterand la définissait - il disait : 'Cette droite n'a pas d'idées, elle n'a que des intérêts'. C'est la droite de la reductio ad pecuniam. C'est le syndic de défense des intérêts privés et des catégories sociales qu'elle représente.

 

"Tout le monde nous ressort la grande classification des droites de René Rémond (la 'droite orléaniste', la 'droite bonapartiste' et la 'droite légitimiste'). Or je crois que René s'est trompé. L'orléanisme, en fait, c'est le libéralisme. Et cette droite libérale qui en fait a exercé une domination fonctionnelle sur la droite, est une droite situationnelle, c'est-à-dire qu'elle est classée à droite, mais elle n'est pas ontologiquement de droite. Ce n'est pas parce qu'on l'a classée à droite qu'elle est de droite. Elle représente en effet le libéralisme. On pourrait d'ailleurs dire à peu près la même chose du césaro-bonapartisme, qui vient plutôt de la gauche jacobine, patriote et centralisatrice. (Alain Madelin, Alain Juppé) ne sont pas de droite, ce sont des libéraux. Et il y a une antinomie fondamentale entre la droite originelle, anti-libérale, qui mêlait le légitimisme et le catholicisme social.

 

"Si on arrive à bien cerner ces différentes sensibilités, on voit qu'à gauche comme à droite existent des forces anti-libérales puissantes. Et j'entends certains parler comme de la recette miracle de l''union des droites', et on dit que ce qu'il faut refaire c'est 2007. Et bien moi je réponds: pas du tout, 2007 est totalement dépassé, pour une première qu'en 2007 le rapport des forces entre Sarkozy (c'est-à-dire l'UMP) et le Front national et de trois à un, trente pour Sarkozy et dix pour le Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui le rapport est toujours de trois à un, mais en faveur du Front national, 24 pour Marine, 8 pour Bellamy. 

 

"[...] L''union des droites' est un schéma absolument obsolète. Et si on veut construire une alternance, ou une force alternative à Macron, la difficulté est qu'on ne peut pas le faire avec une Marine Le Pen comme tête d'affiche, mais on ne peut pas le faire sans Marine Le Pen aujourd'hui, puisque c'est la principale force à la droite de Macron. Donc, il faut chercher ailleurs. Probablement l''union des droites', peut être un élément de l'alternance mais certainement pas l'axe stratégique.

 

"(Que Marion Maréchal souhaite incarner) cet ailleurs, je n'en doute pas, mais son discours sociologique recouvre exactement celui de Bellamy, c'est-à-dire que dans le rapport de force elle pèse un tiers de ce que pèse Marine Le Pen. Je ne pense pas que sa tante va s'effacer en disant 'je vous en prie madame, passez, voici la place'. Donc il faut imaginer autre chose et surtout pas sur la base de l''union des droites'.

 

"Je crois que la force d'alternance pour réunir les populismes de gauche et les populistes de droite, les souverainistes de droite et les souverainistes de gauche, cela a déjà existé dans l'histoire, même si c'est très lointain. [...] En novembre 1831, la révolte des Canuts à Lyon, opère ce renversement d'alliance contre le nouvel ordre économique, on voit se liguer le chef de la révolte, Pierre Charnier (un des fondateurs du mutuellisme, assurance maladie et chômage), un légitimiste défenseur de l'alliance du trône et de l'autel, et du petit peuple des paysans, des ouvriers et et artisans de la Croix-Rousse. ["Ils partirent en 1831 de la Croix-Rousse, derrière le drapeau noir. Le pouvoir envoya contre eux 20 000 hommes de troupe et 150 canons." Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, le Vrai Roman national, Fayard, Lonrai 2018, p. 545.] On a vu, comme dans le mouvement des Gilets jaunes, et plusieurs fois dans notre histoire, ces forces converger, et qui a priori peuvent apparaître comme antinomiques. Aujourd'hui, ce qui les rassemble, ou peut les rassembler c'est l'anti-libéralisme.

 

"Jean-Luc Mélenchon n'est pas propriétaire de son électorat. Jean-Luc Mélenchon et la 'France insoumise', 99% des cadres de la 'France insoumise' côtisent au gauchisme culturel, mais quand on regarde les consultations sur les projets de société, la moitié de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, n'a pas les positions de Jean-Luc Mélenchon sur l'immigration. On le voit d'ailleurs dans le reports des votes et dans le dernier sondage de l'Ifop sur la simulation de la présidentielle au lendemain des européennes. Il faut distinguer les appareils (de parti) des comportements électoraux, qui ne sont pas dictés par les oukazes d'appareil."

 

À la question de David Pujadas : "on dit que vous prépareriez une initiative peut-être avec Eric Zemmour, ou avec d'autres penseurs de ce que l'on appelle la droite hors-les-murs ?", Patrick Buisson répond :  

"Oui, c'est vrai. Mais cette initiative porte d'abord sur une réflexion, sur une stratégie, et sur une plateforme. On ne pose pas le problème de l'incarnation. Le problème de savoir qui portera ce projet, cette stratégie, cette plateforme, viendra après. C'est vrai qu'on y a travaillé, qu'on y travaille, qu'on y travaillera demain pour ne rien vous cacher. C'est un nouveau-né, laissez lui le temps de grandir, de se développer, de passer les premiers écueils, mais on pense qu'il y a là une initiative à la fois féconde et forte qu'il va falloir prendre si nous parvenons à nos fins d'ici quelques mois.

 

La question de l'incarnation ne se pose pas à ce stade. Si on arrive à se mettre d'accord sur une stratégie et un processus, un certain nombre de personnes qui ont la clé qui nous permettrait peut-être d'échapper à un second tour Marine Le Pen / Emmanuel Macron, on parlera de la question de l'incarnation après."

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 08:43
Roissy : retour de Croisade en fanfare

Roissy : derniers coups de marteau avant un retour de croisade en fanfare

 

Ce week-end, près de 10 000 personnes sont attendues pour la cinquième édition du festival Les Visitables.

Place aux chevaliers, cracheurs de feu et saltimbanques. Ce week-end à Roissy-en-France (Val d'Oise, Île-de-France), on remonte le temps avec le retour du festival « Les Visitables » qui se déroule tous les deux ans depuis 2011 au cœur de la commune.

 

Pour cette cinquième édition, c’est à une nouvelle plongée dans l’esprit du Moyen Âge qu’invitent son créateur Luc Brévart et toute son équipe de joyeux lurons. Et de proposer cette année aux visiteurs de vivre le retour de Croisade du seigneur local dans toute sa splendeur et sa démesure. Près de 10 000 personnes sont attendues.

 

Car pour un tel évènement, les petits plats sont mis dans les grands. Au menu, des dizaines d’animations gratuites et en continu sur deux jours éparpillés aux quatre coins du parc : démonstrations de combats en armure, archers en action, déambulations de géants et de troubadours, tour médiévale à gravir ou encore grand spectacle musical et feu d’artifice.

 

Alors, ce vendredi, le site est en effervescence pour les derniers préparatifs. Ici, on monte un campement viking, là on termine d’installer une mini-ferme moyenâgeuse et une buvette. Un peu plus loin, les bottes de paille qui serviront de sièges moelleux aux participants sont transportées.

 

Plus de 170 artistes en costume

 

« C’est une grosse machinerie mais nous serons prêts », se réjouit le concepteur. En effet, cette année, ce sont plus de 170 artistes en costume qui seront présents pour transporter petits et grands dans le passé. Et cela sans compter tous les commerçants et les plus de quatre-vingts bénévoles indispensables au festival.

 

Le public pourra ainsi profiter de quelques incontournables comme les joutes équestres mais aussi découvrir des nouveautés avec des compagnies différentes des années précédentes. Un atelier confection de vitrail dans un décor de cathédrale par exemple s’installe pour la première fois. « On renouvelle le principe mais on conserve l’esprit : un médiéval improbable mais toujours joyeux », affirme Luc Brévart.

 

Pas de grand banquet cette année

 

À noter, le festival ne proposera pas de grand banquet le samedi soir comme les années précédentes. « Cette fois-ci, nous avons préféré développer l’offre proposée par nos partenaires avec un grand espace nourriture et boissons en plein centre du site », précise Denis Côme, adjoint au maire de Roissy en charge du tourisme. Et une nouvelle fois, les victuailles seront souvent locales avec un jus de pomme venant de Seine-et-Marne et des bières brassées à Louvres.

 

Ce samedi de 14 heures à minuit et ce dimanche de 10 heures à 18 heures. Entrée libre. Programme complet : www.roissyenfrance.fr

 

Source

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 06:48

En avez-vous entendu parlé pendant les deux jours de commémoration du débarquement du 6 juin 1944 ? Les historiens estiment à 3500 les viols commis en France par les soldats américains entre le Débarquement de Normandie le 6 juin 1944 et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Drôle de "Libération" quand on sait que de l'autre côté, aucun viol n'a été recensé durant l'Occupation par les Allemands, qui d'une manière générale respectaient les populations civiles (hormis Oradour-sur-Glane).

Libération - 6 juin 1944 - D-Day : les GI’s violeurs

D-Day, l’autre histoire : tous les GI’s n’ont pas été des héros

 

Les historiens estiment à 3500 les viols commis en France par les soldats américains entre le Débarquement de Normandie et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Par Laurent Sailly.

 

L’information sur les viols commis en France par les GI’s a longtemps été cantonnée aux cercles familiaux des témoins et des victimes. Il y a eu des viols et des crimes partout où les GI étaient stationnés, à Reims, Cherbourg, Brest, Le Havre, Caen… À la fin de l’été 1944, peu après l’invasion de la Normandie, des femmes commencent à se plaindre de viols commis par des soldats américains. Des centaines de cas sont rapportés. Mais difficile d’écorner l’image des libérateurs qui consentirent au sacrifice ultime. Il existe une abondante littérature et une tout aussi imposante cinématographie qui perpétuent contre toute évidence le mythe de la « bonne guerre » (Le Jour le plus long). Journalistes, réalisateurs de cinéma et historiens populaires ont sanctifié le GI pour en faire l’incarnation de « la plus grande des générations produite jusqu’à ce jour par n’importe quelle société », comme l’affirme très sérieusement l’auteur du best-seller The Greatest Generation. Il en va par contre très différemment des anciens combattants de la guerre du Vietnam qui furent longtemps présumés coupables de tous les crimes.

 

DE LA GUERRE ET DES HOMMES

Dans Des GI’s et des femmes, l’historienne américaine Mary Louise Roberts rapporte :

 

« La nuit, des soldats ivres errent dans les rues en quête d’aventures sexuelles et les femmes ‘respectables’ ne peuvent plus sortir seules. Les GI ont grandi avec les récits des aventures de leurs pères, qui ont combattu en France en 1917-1918. Ces récits, qui font la part belle aux aventures sexuelles, ont amené toute une génération d’hommes à voir la France comme le pays du vin, des femmes et des chansons. »

 

D’ailleurs, l’encadrement militaire américain n’a rien fait pour casser les stéréotypes des « petites Françaises » peu farouches. Un GI assure : « Nous avions aussi entendu dire que ce que nous considérions comme de la perversion sexuelle était normal pour eux. » Joe Weston, un journaliste de Life, en 1945 : « La France est un gigantesque bordel habité par 40 millions d’hédonistes qui passent leur temps à manger, boire et faire l’amour. » Les Françaises ont la réputation d’être sans préjugés raciaux et sexuellement libérées. À la lecture de la presse militaire, en particulier le magazine Stars and Stripes, on réalise que toute l’expédition américaine en Normandie a été vendue aux soldats comme une formidable opportunité sexuelle. Ailleurs, sur le front du Pacifique, il est facile de motiver les troupes, car après tout les Japonais avaient attaqué l’Oncle Sam. Le Guide pratique à l’usage des GI’s en France, en 1944, est à cet égard un chef-d’œuvre de duplicité alléchante : « On dit que les Françaises sont faciles. Mais en fait, pas du tout ! » On ne manque pas de le mentionner tout de même… Et les soldats qui rampent sous le feu allemand le 6 juin 1944 portent tous un lot de cinq préservatifs distribué avec leurs munitions…

 

DES HÉROS VENUS D’OUTRE-ATLANTIQUE DANS UNE FRANCE SAIGNÉE

Sur les photos de l’après-débarquement qui inondent bientôt la presse outre-Atlantique, les Françaises embrassant les soldats deviennent à leur corps défendant des éléments de propagande uniforme, mise en œuvre par le Signal Corps (le département de la communication de l’armée). Les recrues se trouvent alors alimentées en clichés, dans tous les sens du terme. L’historienne écrit : « La Française est le symbole d’une nation abandonnée par ses hommes », dont deux millions ont été faits prisonniers en 1940, auxquels il convient d’ajouter ceux, aussi nombreux, envoyés en Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire. Ce n’est pas propre à la France, bien sûr. Tous les théâtres de guerre étaient érotisés. C’était l’époque des photos de pin-up accrochées dans les dortoirs, de Rita Hayworth… Mais une image revient avec constance dans le journal de l’armée : les GI’s embrassés par des Françaises. Sur l’une, on voit un groupe de femmes, visiblement réjouies. Et la légende dit : « Voilà ce pour quoi nous nous battons. »

 

Ainsi, l’opération « Overlord » (« Suzerain » en anglais) d’une « conquête territoriale [devient] une conquête érotique. Le mythe […] rassure les GI’s sur leur masculinité en leur offrant une fille à la fin de leur journée de combat ». Il s’en est suivi un tsunami de libido masculine, qui va se traduire par une vague de viols en Normandie, en août et septembre 1944. Selon l’historien américain Robert Lilly1, il y aurait eu 3500 viols commis par des soldats américains en France entre juin 1944 et la fin de la guerre. Leur nombre est difficile à établir car de nombreuses victimes n’ont jamais rapporté les faits auprès de la police. Les troupes américaines engagées ont commis 208 viols et une trentaine de meurtres dans le département de la Manche. Pour le seul mois de juin 1944, en Normandie, 175 soldats américains sont accusés de viol.

 

Il y a de bonnes raisons de penser que les viols ici rapportés ne représentent qu’une fraction du nombre réel de ceux qui furent commis à la Libération par les troupes américaines. D’une part, les documents ne contiennent que les cas les plus brutaux. D’autre part, il est probable que de nombreuses victimes ne rapportèrent jamais les faits auprès de la police. Étudiant ce phénomène en Angleterre, Sir Leon Radinowicz estime que durant les années de guerre, 5 % seulement des victimes de viol portèrent plainte. Les contraintes sociales et culturelles de l’époque, et surtout la peur du scandale, n’encourageaient guère les femmes violées à parler, et il arrivait aussi que pour les mêmes raisons des membres de leur famille les en dissuadent. Il est impossible d’estimer le nombre exact de viols que commirent les troupes américaines en France à la Libération.

 

Oui, il faut fêter les 75 ans du D-DAY, ses héros et ses victimes… toutes ses victimes !

 

Robert Lilly, La face cachée des GI’s. Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, Payot, 2008.

 

Source: ContrePoints

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 21:59
Source: https://www.facebook.com/sainteelisabethdehongrie/

Source: https://www.facebook.com/sainteelisabethdehongrie/

Du 11 au 19 mai, à 16h45, en l’église Saint-Symphorien de Versailles, est organisé une neuvaine publique à Madame Élisabeth de France. (Source)

Vendredi 10 Mai 2019, Sainte-Élisabeth de Hongrie, l'église "paroissiale" de la Tour du Temple, dernière demeure "royale" de Madame Élisabeth de France, était sous la pluie. Le ciel abattait ses larmes sur les fidèles qui se rendaient à sa messe de béatification (messe pour la cause en béatification d'Élisabeth de France NdCR.). Ce même jour de l'an de grâce 1794, la fureur révolutionnaire s'était abattue sur elle, la "servante du Seigneur", lui ouvrant en majesté les portes du Ciel. La Princessse Françoise de Bourbon-Lobkowicz, fidèle à la mémoire de son aïeule et de la monarchie chrétienne, assistait pieusement à ce rendez-vous de la sainteté.

 

Dans son homélie, Mgr Jean-Louis Bruguès a trouvé les mots justes pour évoquer la soeur du Roi et cette période infâme. Son auteur a d'abord fait un parallèle avec le temps pascal lorsque la foule enthousiasme accueillait Jésus, "fils de David", sous ses acclamations lui réservant une entrée royale. Puis, quatre jours plus tard, exactement cette même foule criait "qu'on le crucifie", "à mort !"

 

"La Princesse Élisabeth de France a suivi elle aussi un itinéraire christique au début donc l'éblouissement de Versailles" mais comme le précise aussi Mgr Jean-Louis Bruguès "Sa Foi est profonde comme est profond son amour des pauvres qu'elle s'efforcera de secourir par tous les moyens possible en puisant largement dans sa cassette personnelle. Elle médite souvent cette phrase qu'écrivait son père "il n'y a de grand chez les princes que ce qui vient de Dieu"

 

Sa place est auprès des siens, lors de l'invasion des Tuileries, elle se saisit du bas de l'habit de son frère et criera "je ne le quitterai pas, je ne le quitterai pas". Sa place est donc auprès de ses proches qu'elle accompagnera dans leur descente aux enfers comme Jésus avait promis à ses disciples de rester avec eux jusqu'à la consommation des temps.

 

À bien des égards la Révolution française reste une énigme qui ne sont pas les bouleversements sociaux qu'elle entraîne mais sa soudaineté. Comment un siècle si raffiné, si élégant, si novateur au cours duquel la musique, l'architecture, la peinture, la décoration, langue atteignirent des sommets a-t-il pu déboucher en un rien de temps sur une telle tragédie...les Lumières avaient-elles réussi à éliminer tous les esprits au point de leurs laisser croire comme le proclamait Saint-Just "le bonheur était devenu une idée neuve en Europe". La grande majorité des français s'était-elle lassée de sa foi chrétienne ?

 

Au matin de 4 mai 1789 sous un dais de tissu d'or, Mgr l'Archevêque de Paris portait le Saint-Sacrement dans un ostensoir flambant comme le soleil et au cours de la messe du Saint-Esprit les 3 ordres du royaume très chrétien demandait à Dieu d'éclairer les travaux de l'assemblée qui allait s'ouvrir le lendemain convoquée par le Roi.

 

Moins de 4 ans plus tard, c'est-à-dire le temps d'un soupir aux yeux de l'Histoire, Louis XVI avait été conduit à l'échafaud, sa femme et sa soeur s'apprêtaient à le suivre, la guillotine, les fusillades et les noyades marchaient à plein régime pour les aristocrates comme pour des dizaine de milliers de simples citoyens. La monarchie était abolie, la République instaurée, le Droit transformé de font en comble, la Patrie proclamée en danger, la Vendée dévastée, la foi chrétienne, les prêtres, ses religieux, ses fidèles persécutés. Un long calvaire pour les victimes.

 

Cette jeune femme qui reste calme malgré les faiblesses du roi, les maladresses de la reine, qui parvient même à chanter dans le fétide des pièces exigües du temple qui s'emploie à l'éducation de sa nièce, qui prie et qui mène une sorte de vie monastique avec un vrai sens politique. Elle garde une hauteur de vue remarquable et comprend avant bien d'autre que le premier objectif du mouvement n'était pas l'abolition de la monarchie mais plutôt la destruction de la religion chrétienne. Mirabeau l'avait d'ailleurs annoncer "il faut décatholiser la France" . Élisabeth énonce de toute ses forces le schisme en gestation.

 

Une femme qui s'oublie totalement pour penser aux autres "rien n'a pu la séparer de moi" dira le Roi à son avocat, elle s'est attachée à mes valeurs comme d'autres à mes prospérités" Le procès est une farce, le doux visage amaigri de la princesse n'a pas tressailli quand la sentence a été prononcée, elle était prête depuis si longtemps. Le matin du 8 mai elle apparaissait aux yeux des témoins, si détendue si reposée que tous furent frappés de son regard lumineux et de la fraicheur de son teint, toute de blanc vêtue, on dirait une fiancée prête pour ses noces. Elle encourage chacun des 24 autres prévenus d'un mot, d'une phrase venant du plus profond de son coeur "Ayez confiance, Dieu sait récompenser tous les sacrifices auxquelles nous avons consenti" L'un après l'autre les hommes, les aristocrates mais aussi les serviteurs ploient le genou devant elle avant de grimper sur l'estrade, les femmes font la grande révérence des occasions solennelles et lui demandent la permission de l'embrasser. Elle montrera la dernière, elle avait à peine 30 ans. Les relations et les mémoires de ce temps s'accordent à dire qu'à l'instant où elle reçut le coup fatal une odeur de rose se répandit sur toute la ci-devant place Louis XV. Comme saisit de stupeur la foule s'est écoulée en silence. Jetée dans une fosse commune le corps d'Élisabeth de France ne sera jamais identifié c'est que les anges n'ont pas de corps."

 

Une magnifie homélie à méditer...

 

Nicolas Chotard,

Président des Lys de France.

 

Source: Lys de France

Portrait par Élisabeth Vigée Le Brun.

Portrait par Élisabeth Vigée Le Brun.

Élisabeth de France (1764-1794)

 

Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, née le 3 mai 1764 à Versailles et morte guillotinée le 10 mai 1794 à Paris. Elle est le huitième et dernier enfant du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe et la sœur du roi Louis XVI à qui elle apporta un soutien indéfectible.

 

Reconnue pour sa piété, ses actes de charité et sa mort associée à un martyre, elle est déclarée servante de Dieu par l'Église catholique le 23 décembre 1953. Source

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 16:07

Celui qui cherche la vérité cherche Dieu, qu'il le sache ou non.

Sainte Edith Stein

Dans cette conférence du 18 septembre 2018, intitulée "Franc-Maçonnerie : quelle influence sur la société ?", Serge Abad-Gallardo, ancien "vénérable Maître" franc-maçon explique l'historique de la franc-maçonnerie. Il n'y a qu'une franc-maçonnerie et non pas plusieurs franc-maçonneries. Il explique également pourquoi on ne peut être catholique et franc-maçon, et aborde l'aspect luciférien de la franc-maçonnerie :

Extrait :

 

"Historique

La franc-maçonnerie est née à Londres en 1717.

Deux courants s'affrontent. Il y a le courant de la 'filiation directe' et le courant des 'emprunts'. Le courant de la filiation directe, ce sont des francs-maçons, très minoritaires maintenant, qui estiment que la franc-maçonnerie puise ses origines ésotériques dans la nuit des temps. J'ai lu des écrits qui la font remonter même à une époque d'avant la Chute, en passant par les constructeurs de cathédrales. D'un point de vue métaphysique c'est peut-être vrai, mais d'un point de vue historique c'est faux. Pour le courant des emprunts, la franc-maçonnerie a emprunté à diverses religions un certain ombre de symboles et se les ai appropriés. Ce qui n'est pas faux puisque la franc-maçonnerie est avant tout un syncrétisme. Pour la franc-maçonnerie, toutes les religions se valent, aucune ne détient la vérité. 

Après sa naissance en Angleterre en 1717, la franc-maçonnerie a essaimé très rapidement dans les trente ou quarante années dans toute l'Europe : 

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

En France, on trouve une première Loge anglo-saxonne Amitié et Fraternité" à Dunkerque. La première "Grande Loge française" est créée en 1738.

 

En 1762, on recense 122 loges.

 

En 1773, la "Grande Loge française" change de nom et prend le nom de "Grand Orient de France" (sic), alors que l'obédience Grand Orient est issue elle-même de loges anglo-saxonnes.

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

Il n'y a pas des francs-maçonneries. Souvent les dignitaires francs-maçons parlent en termes de franc-maçonnerie plurielle. Or, cela n'est pas le cas. Il y a une franc-maçonnerie qui se répartit en diverses obédiences. (Historique ci-dessus). 

 

Dire qu'il y a des francs-maçonneries c'est aussi erroné que de dire qu'il y a plusieurs religions catholiques au motif qu'il y a des Franciscains, des Bénédictins et d'autres congrégations. Les doctrines sont sensiblement identiques, les rituels sont également les mêmes.

 

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique

 

À l'analyse des fondements de la franc-maçonnerie, vous verrez que l'incompatibilité est évidente.

 

 

Le site de la "Grande Loge Nationale Française" (GLNF) décrit les fondements des rituels. 

 

Le "rite écossais ancien et accepté". Fondements : 

 

. Hermétisme égyptien

. Pythagorisme grec

. Alchimie islamique

. Kabbale hébraïque

. Gnosticisme chrétien (réfuté par Saint Irénée de Lyon)

. Chevalerie templière

 

Le "rite français". Fondements :

 

. Emblèmes bibliques (pris comme un ensemble d'allégories: la Bible n'est pas prise comme la transcription de la parole de Dieu, mais c'est une sorte de légende symbolique que les hommes peuvent s'approprier pour avancer vers la "Connaissance")

. Alchimie islamique (la purification par l'air, par le feu, par l'eau, éléments alchimiques dans les "initiations" du "Grand Orient")

. Légende maçonnique (Exemple: la légende d'Hiram)

 

Le rite écossais rectifié dit "chrétien". Rite privilégié à la "Grande Loge nationale française". Rite de la GLNF et d'autres obédiences. Fondements :

 

. Tradition chrétienne initiale (c'est-à-dire les Pères de l'Église). Sauf que l'interprétation qui est donnée n'est pas celle donnée par l'Église catholique et apostolique, et des successeurs des apôtres saints Pierre et Paul. C'est un petit peu comme si chacun prenait les saintes Écritures et faisait sa propre opinion en dehors de la tradition apostolique (Ce que faisaient les premiers gnostiques et ce que font les Protestants depuis le XVIe siècle)

. La doctrine ésotérique de Martines de Pasqually - totalement incompatible avec le christianisme - qui fut un occultiste, un magicien, et un théosophe du XVIIIe siècle qui a créé toute une cosmogonie, je dirais presque une théologie, une métaphysique qui est complètement différente de l'enseignement du Christ, avec non pas une Création de Dieu, mais une émanation à partir d'un principe. De ce principe a émané un dieu mauvais qui a créé la terre et le Ciel, etc. C'est-à-dire que Yahvé devient un dieu mauvais. C'est à peu près, résumée brièvement, la doctrine de Martines de Pasqually.

 

Le rite Émulation, dit "religieux". Rite le plus secret. le rite n'est pas écrit, il est su par les dignitaires et appris par coeur. Fondements :

 

. Grand architecte de l'Univers

. Tradition abrahamique

. Légende maçonnique (degrés, symboles maçonniques, légende d'Hiram)

. Conception de la vérité relative

. Références druidiques ou gnostiques

 

Le rite Memphis-Misraïm

 

. Hermétisme de l'Égypte antique

. Doctrine de Cagliostro (Joseph Balsamo), alchimiste, magicien et hermétiste du XVIIIe siècle.

 

Conclusion sur les rites

 

Dans le "rite français" et dans le "rite écossais et rectifié", la référence à la Bible est symbolique. Chacun peut se faire sa propre interprétation de la sainte Bible, en dehors de celle de la tradition apostolique.

 

Dans tous ces rites, on retrouve systématiquement des points communs : gnosticisme, kabbale, alchimie, magie, hermétisme, occultisme. Or, dans l'Écriture, Deutéronome 18, 10-15, Lévitique 19,31, Ac 16,16-18, Catéchisme de l'Église catholique n°2115-2118, tout ce qui est de l'ordre de la divination, de la magie, de l'hermétisme, de l'occultisme est condamné par l'Église. 

C'est-à-dire que vous ne pouvez pas être chrétien et pratiquer ces rites.  

Surtout, le gnosticisme est considéré comme une hérésie depuis le milieu du IIe siècle (Contre les Hérésies de saint Irénée de Lyon, v. 180).

La franc-maçonnerie est une religion qui ne veut pas dire qu'elle est une religion. Ceci permet d'échapper à la loi de séparation de l'Église et de l'État. Et cela permet aux francs-maçons de s'exprimer librement, sans être rabroués pour "atteinte à la laïcité", au titre de la loi de 1905.

 

Sauf que les sciences des religions définissent un faisceau d'indices qui font rentrer dans la catégorie "religion", un mouvement. Ces indices sont tous dans la franc-maçonnerie :

Rites,

Cérémonies (Ex: l'initiation, l'élévation à la "maîtrise"), 

Idéal ou croyance commune (Grand Architecte, Être suprême, bonheur de l'humanité, injonction au bonheur que l'on retrouve dans les déclarations des droits de l'homme du XVIIIe siècle);

des adeptes

et des liens réguliers entre les adeptes.   

 

C'est une religion qui a ses propres dogmes : a-dogmatisme, lumière maçonnique, dieu protéiforme, inaccessibilité de la Vérité, Vérité construite par l'homme et non révélée par Dieu, Hiram, similitude entre microcosme et macrocosme, similitude entre ce qui est en haut et ce qui est en bas (Voir le signe luciférien du 18e degré des Hauts Grades, grade de Chevalier Rose Croix), relativité de Dieu, 7 vérités gnostiques.

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

Ces dogmes sont incompatible avec le christianisme.

Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.

Jean, 8,23

Et saint Paul nous dit: 

Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ. [...] Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Col 3, 1-2

Il y a une divergence de point de vue qui est évidente.

 

***

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 08:29
Le comte de Chambord préconise l’abstention aux élections

Source: UCLF

 

Le comte de Chambord prône l’abstention aux royalistes

 

"Il est des positions où il faut se résigner à subir quelques inconvénients pour en éviter de plus grands encore, et savoir sacrifier ce qui peut paraître l’utilité du moment à l’utilité permanente et véritable[…]

 

Ayons foi en nos doctrines, en nos traditions. Le sentiment moral est notre condition d’existence et notre force, ne l’abdiquons pas. C’est ce qui fait notre valeur aux yeux du pays, et c’est ce qui ramènera le pays vers nous, lorsqu’il sera rendu à la liberté et à lui-même.

 

Telle que je la comprends l’abstention n’est pas un défaut d’affirmation ; elle est au contraire une affirmation et une protestation éclatante. C’est s’affirmer, c’est protester que de dire au pouvoir :

 

les royalistes ne veulent pas se prêter à vos mensonges ;

ils ne veulent pas avoir l’air de prendre au sérieux vos prétendues institutions ;

ils ne veulent pas, en acceptant une lutte trop inégale, ajouter l’apparence d’une opposition vaincue à votre facile triomphe. […]

Croyez-le bien : lorsque le moment sera venu, l’abstention d’aujourd’hui deviendra pour les royalistes un titre et une recommandation de plus devant leurs concitoyens. […]

 

Croyez qu’il m’en coûte de détourner pour un temps les royalistes des fonctions électives et de la vie publique. […]

 

Mais, j’en suis convaincu, la protestation incessante par l’abstention publique, telle est la vraie mission des royalistes, sous un régime monstrueux qui semble contrarier à plaisir les instincts et les besoins de la France, qui remplace le sentiment moral par le cynisme, la liberté par l’intimidation électorale, les réalités fécondes du gouvernement représentatif par les misérables simulacres d’un constitutionnalisme mensonger."

 

Sources : Comte de Chambord cité par Daniel de Montplaisir, Le comte de Chambord, dernier roi de France, Perrin, 2008, p. 281-282.

D’après les Archives de Lucques déposées en 1962 par la famille de Béatrice de Bourbon, princesse Massimo (1874-1961), fille de Charles de Bourbon, duc de Madrid (1848-1909) et héritière du château de Frohsdorf en 1931. Elles comportent 28 cartons composés chacun d’une vingtaine de liasses.

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 11:59

Après que les dubia (cinq questions) des quatre cardinaux eurent une réponse en quatre lignes qui élève (de la propre autorité du pape) la correspondance privée de François avec les évêques d'Argentine au rang de "Magistère authentique" (Source) - indépendamment du contenu (qui permet la distribution de la communion à des divorcés remariés) et de l'accord du reste de l'Église -, et qu'une correctio filialis adressée au pape en 2017 rédigée par 40 théoligiens catholiques, a été ignorée, des érudits ont demandé lors de l'octave de Pâques, dimanche 28 avril, à des évêques de déclarer le pape François "hérétique".

 

"Amoris Laetitia" : l'interprétation argentine reconnue "magistère authentique". Source: https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Linterpretation-argentine-dAmoris-Laetitia-reconnue-magistere-authentique-2017-12-04-1200896925

 

Comment l'Église peut-elle déclarer un pape hérétique ? Quels exemples trouve-t-on dans l'histoire ?

 

Un moyen par lequel le crime d'hérésie d'un pape peut être établi: ce sont les avertissements ecclésiastiques. Le pape doit être officiellement mis en garde par des autorités ecclésiastiques. 

Les avertissements ecclésiastiques sont émis par les cardinaux (qui sont les plus hautes autorités de l'Église), qui accusent le suspect d'hérésie et l'obligent à répondre avec une correction de ses erreurs, dans le six mois. ["Si, après six mois, à compter du moment où la peine a été contractée, la personne soupçonnée d'hérésie n'a pas été amendée, il faut la considérer comme un hérétique, passible des peines prévues dans le canon 2314. Tandis que les peines énumérées sous (b) sont ferendae sententiae , à infliger selon can. 2223, 3, les peines énoncées sous (c) sont un jure et latae sententiae." (Augustin, Un commentaire sur le nouveau code de droit canonique , vol. VIII, bk. 5, pp. 288-289. "Six mois de plus peuvent être accordés, et si à la fin de cette période la partie soupçonnée d'hérésie n'a montré aucun signe d'amendement, elle doit être considéré comme un hérétique et puni en conséquence."]

C'est ce à quoi faisait référence le Cardinal Burke dans son interview au Catholic Herald du 16 novembre 2016 lorsqu'il dit: "Il y a, dans la Tradition de l'Église, la pratique de la correction du Pontife Romain. C'est quelque chose qui est clairement assez rare. Mais s'il n'y a pas de réponse à ces questions, alors je dirais qu'il s'agirait d'un acte formel de correction d'une erreur grave." Si le Pape ne répondait pas à ces avertissements, l'Église supposerait que le pape est incorrigible et endurci dans son hérésie.

 

La capacité de l'Église à mettre en garde et à juger un pape pour hérésie en établissant son obstination a été enseignée par :

 

- le pape Innocent III ; 

- le pape Adrien ; 

- saint Bellarmin [qui a écrit: "Premièrement, qu'un Pape hérétique peut être jugé est expressément tenu dans Can. Si papa dist . 40, et par Innocent III (Sermon II de Consécré Pontif.) En outre, dans le 8ème Concile, (Actes 7), les actes du Concile romain sous le pape Adrien sont récités, dans lequel on trouve que le pape Honorius semble être justement anathématisé, parce qu'il avait été reconnu coupable d'hérésie..." (De Romano Pontifice, livre 2, chapitre 30)]. [Le pape Honorius Ier fut condamné post-mortem sous le pontificat de l'un de ses successeurs, Léon II comme monothéliste au troisième concile de Constantinople (680-681) et il subit l'anathème posthume en tant que pape de Rome. Dans sa réponse au patriarche Sergius qui soutenait qu'il n'y avait qu'une activité dans le Christ, il approuva sa politique de silence sur la question de savoir s'il fallait admettre une ou deux activités dans le Christ, une humaine et une divine. Le Concile de Constantinople de 680-681 définira qu'il y a dans le Seigneur Jésus-Christ deux activités et deux volontés distinctes, l'une divine, l'autre humaine, celle-ci subordonnée à la première, unies inséparablement mais sans confusion et conrourant ensemble au salut du genre humain. L'excès de prudence pastorale d'Honorius lui valut d'être déclaré anathème par le concile, approuvé par Léon II en 681, y compris l'anathème contre  Honorius qui "n'a pas essayé de purifier cette Église apostolique en enseignant la tradition apostolique, mais qui, par une trahison profane, a laissé souiller ce qui était sans tache". (Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 207-210.)] 

 - Francisco Suarez,

- Jean de Saint-Thomas,

- le célèbre chapitre Si Papa du décret de Gratien ["Qu'aucun mortel ne prétende accuser le Pape de faute, car, puisqu'il lui incombe de juger tout le monde, il ne doit être jugé par personne, à moins qu'il ne soit soudainement surpris en train de dévier de la foi" (Si Papa Dist 40). Le latin trouvé dans Brian Tierney, La crise de l'Église et de l'État, Englewood Cliffs, New Jersey: Prentice-Hall, 1964, p. 124. Autre source : Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, qui a écrit dans Oeuvres, Livre I, chapitre VI : "Pierre d'Ailly & les autres docteurs insistent beaucoup sur ce décret et sa glose; mais ils s'appuient essentiellement sur ce principe : le pape pouvant errer, est soumis à l'Église & au Concile, qui ne peut errerCes expressions peut errer, ne peut errer, si souvent répétées par nos Docteurs, sont tirées du chapitre Si papa. Le voici tel qu'on le trouve dans Gratien : 'Si le pape néglige son salut & celui de ses frères; si, inutile à l'Eglise & nonchalant dans l'accomplissement de ses devoirs, il garde encore un silence criminel sur la vérité; silence plus préjudiciable à lui & aux autres, que tout le reste, quoiqu'il soit suivi de peuples innombrables, qui, comme lui, seront livrés au prince des ténèbres, pour être sévèrement punis pendant l'éternité; cependant qu'aucun mortel ne soit assez téméraire pour le reprendre de ses fautes; car c'est à lui qu'appartient le droit de juger tout le monde, sans que personne puisse le juger, à moins qu'il ne soit convaincu d'errer dans la foi.' Voilà la source de cette expression appliquée au pape. Il peut errer; d'où l'on a tiré cette conséquence indubitable, que l'Église, qui ne peut errer, a droit de lui imposer & de lui prescrire des lois."] ;

- et d'autres, et reste l'enseignement commun des docteurs et des théologiens de l'Église.

 

Il est plus difficile d'établir l'opiniâtreté du pape que de juger de l'hérésie (par exemple, les enseignements), car cela implique quelque chose qui existe dans le for interne (le domaine de la conscience). Si une personne ne quitte pas ouvertement l'Église, ou admet publiquement qu'elle rejette sciemment ce que l'Église enseigne définitivement sur la foi ou la morale (ce que François n'a jamais fait), la pertinacité devra être établie d'une autre manière. L'autre manière, selon la loi divine et le droit canonique, est d'émettre un avertissement ecclésiastique au suspect ou, comme le décrit le cardinal Burke, un "acte formel de correction".

 

Un avertissement ecclésiastique sert de moyen efficace pour établir la pertinacité, puisque la réponse déterminera, avec un degré de certitude suffisant, si la personne qui a professé l'hérésie (pas une moindre erreur) est réellement opiniâtre (il s'en écarte consciemment dogme de la foi), plutôt que de se tromper simplement - ce qui pourrait être encore un péché, mais pas nécessairement le péché d'hérésie. Parce que la pertinacité est elle-même un élément nécessaire de l'hérésie, il ne suffit pas que sa présence soit présumée, surtout par les catholiques sans autorité ecclésiastique; il doit être prouvé, et par les autorités de l'Église. Les avertissements ecclésiastiques accomplissent cela en supprimant toute chance d'ignorance innocente.

 

C'est pourquoi saint Robert Bellarmin a dit qu'un clerc "se montre manifestement obstiné" dans son hérésie en vertu des deux avertissements. Bellarmin a écrit: "Car, en premier lieu, il est prouvé avec des arguments d'autorité et de raison que l'hérétique manifeste est ipso facto déposé. L'argument de l'autorité est basé sur Saint Paul (Tite 3:10), qui ordonne que l'hérétique soit évité après deux avertissements, c'est-à-dire après s'être manifestement entêté... " (De Romano Pontifice , bk. 2, ch. 30)

 

Dans son Commentaire sur l'épître de saint Paul à Tite, saint Thomas d'Aquin confirme que les avertissements dont il est question dans Tite 3:10 proviennent de l'autorité officielle, ecclésiastique, et non d'un catholique dans le banc. Parlant d'une personne qui a dévié de la foi, saint Thomas a écrit: "Une telle personne devrait être avertie, et si elle ne renonce pas, elle devra être évitée. Et il [l'Apôtre] dit, après le premier et le deuxième avertissement, car c'est ainsi que l'Église procède en excommuniant ."

 

Dans la Summa, saint Thomas confirme le même point quand il note que "l'Église" condamne non pas immédiatement, mais après le premier et le second avertissement, selon l'enseignement de saint Paul. Il a écrit: "Cependant, de la part de l'Église , il y a une miséricorde qui regarde la conversion du vagabond, c'est pourquoi elle ne condamne pas tout de suite, mais 'après la première et la seconde exhortation', comme l'apôtre le dit: pourtant têtu, l'Église n'espérant plus sa conversion, regarde au salut des autres, en l'excommuniant et en le séparant de l'Église, et de plus le livre au tribunal séculier pour être exterminé du monde par la mort." [ST, II-II, q. 11, a. 3, sed contra . Comme nous pouvons le voir, contrairement à l'enseignement du pape François, saint Thomas affirme également la justice de la peine capitale dans la mesure où elle est proportionnelle à la gravité du crime (et la peine de mort est proportionnelle au crime de nuire au "salut des autres"). Voir, par exemple, ST, II-II, q. 11, a. 3; q. 64, a. 3; Genèse 9: 6; Lc 19:27; Rom 13: 4.]

 

Dans un article de 1909 publié dans The American Catholic Quarterly Review , le p. Maurice Hassett a également confirmé que les admonitions dont parle saint Paul doivent provenir des autorités ecclésiastiques appropriées: "Dès les premiers temps chrétiens, l'hérésie était universellement considérée comme le plus odieux des péchés. L'hérétique, dit saint Paul, sera averti une première et une seconde fois du caractère grave de son offense; s'il ne tient pas compte, il doit être évité par les chrétiens en tant qu'homme manifestement de mauvaise foi, qui se condamne lui-même - Tite 3:10. (...) Les hérétiques étaient par conséquent coupés de toute association avec les fidèles, qui ne doivent pas avoir de relations avec eux tant qu'ils refusent obstinément de tenir compte des remontrances officielles des autorités de l'Église. " [Hassett, "Church and State in the Fourth Century", publié dans The American Catholic Quarterly Review , vol. 34, janvier - octobre 1909, p. 301-302.]

 

Ainsi, pour établir la pertinacité (que l'hérétique est "manifestement obstiné"), le droit canonique exige que l'Église adresse des avertissements à un prélat avant qu'il ne soit déposé pour le crime d'hérésie.  [Le Canon 2314.1-2 (Code de droit canon de 1917"Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux: 1° Encourent par le fait même une excommunication; 2° Si après monition, ils ne viennent pas à résipiscence, qu’on les prive de tout bénéfice, dignité, pension, office ou autre charge, s’ils en avaient dans l’Église, et qu’on les déclare infâmes; après deux monitions, ceux qui sont clercs doivent être déposés."]

 

 

Comme Bellarmin l'indique, cet aspect du droit canonique est fondé sur la loi divine, telle qu'elle est révélée dans les Écritures (voir Tt 3:10), et est considéré comme si nécessaire que même dans le cas extrême où un clerc rejoint publiquement une fausse religion (ce que François n'a pas fait non plus), il doit être dûment averti par l'Église avant d'être dégradé. ["Un clerc doit, en outre, être dégradé si, après avoir été dûment averti, il persiste à être membre d'une telle société (secte non-catholique). Tous les postes qu'il peut occuper deviennent vacants, ipso facto, sans aucune  nouvelle déclaration. Il s'agit d'une démission tacite reconnue par la loi (canon 188.4) (Code de droit canon de 1917. NdCR.) et, par conséquent, la vacance est de facto et jure (de fait et de droit)." Augustin, Commentaire sur le nouveau code de droit canonique, vol. 8, bk. 5, p. 280 (pas d'italique dans l'original)]

 

Parce que l'Église n'a aucune autorité sur le pape, ces avertissements ne constituent pas un acte de juridiction (comme ils le feraient pour les autres catholiques), mais seulement un acte de charité, comme saint Thomas l'enseigne à propos de la correction fraternelle. [Sur la question de savoir si un homme est tenu de corriger son prélat, saint Thomas enseigne: "Un sujet n'est pas compétent pour administrer à son prélat la correction qui est un acte de justice par la nature coercitive du châtiment: mais la correction fraternelle est un acte de charité qui est de la compétence de tout le monde à l'égard de toute personne envers laquelle il est lié par la charité, à condition qu'il y ait quelque chose dans cette personne qui nécessite une correction." ST, II-II, q. 33, a. 4.]

 

Bien que le Pape ne soit pas soumis à la loi positive de l'Église, parce que ces avertissements sont enracinés dans la Loi Divine, et sont accordés aux moindres clercs dans l'espoir de leur amendement, ils sont très certainement accordés au Vicaire du Christ, aussi bien par la justice que par le principe philosophique omne majus continet in se minus - "le plus grand comprend le moindre".

 

En fait, Cajetan dit que c'est parce qu'un Pape n'est pas soumis au droit canon que les avertissements ecclésiastiques sont pour lui absolument nécessaires avant qu'il soit déclaré hérétique. Il explique que parce que d'autres hérétiques peuvent automatiquement encourir l'excommunication latae sententiae (la censure) par l'application du droit canonique [Ici, nous pouvons penser à certains politiciens catholiques qui reconnaissent et défient ouvertement l'enseignement catholique (par exemple, l'avortement) au monde, établissant ainsi leur opiniâtreté comme notoire par la notoriété des faits. En tant que non-clercs, leur excommunication peut être reconnue par l'Église sans avoir besoin d'un avertissement ou d'une censure ecclésiastique.] (auquel le pape n'est pas soumis), il n'est pas absolument nécessaire que l'Église leur adresse des avertissements avant de les déclarer excommuniés. ["Il n'est pas non plus toujours demandé dans le for externe qu'il y ait un avertissement et une réprimande comme décrit ci-dessus pour que quelqu'un soit puni comme hérétique et obstiné, et une telle exigence n'est en aucun cas toujours admise dans la pratique par le Saint-Office." (De Lugo , dossier XX, section IV, n ° l57-158, cité dans "Essay on Heresy", par Arnaldo da Silveira).]

 

Cependant, parce que le pape n'est pas sujet à la censure ecclésiastique, l'enseignement de St Paul à Tite devrait logiquement être suivi à la lettre. Dans les propres mots de Cajetan: "La deuxième conséquence est qu'un pape hérétique ne devrait pas être déposé avant les admonestations: car il n'est pas excommunié pour cause d'hérésie, mais devrait être excommunié en étant déposé. Par conséquent, l'ordre de l'apôtre concernant la double admonition, qui ne doit pas être respectée [à la lettre] pour les autres, qui sont inférieurs, en raison de l'adjonction d'excommunication latae sententiae, que l'Église impose aux hérétiques, doit être observé à la lettre avec lui." [De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii , p. 103.] 

 

Ainsi, avant que le pape François puisse être considéré publiquement comme hérétique, il faut qu'il reçoive "une première et une deuxième correction" (avertissements) des "cardinaux" (ou d'une autre autorité officielle de l'Église, comme un "synode romain"), et il lui faudrait ensuite "continuer opiniâtrement dans une opinion contraire à un dogme manifeste ou défini" après au moins six mois (comme ses hérésies matérielles que personne ne soit condamné pour toujours ou que des actes intrinsèquement mauvais admettent des exceptions). Parce que ces avertissements sont publics et émis par les autorités compétentes, un refus de les écouter établirait une "opiniâtreté publique" qui est nécessaire pour condamner quelqu'un publiquement (c'est-à-dire le crime d'hérésie). (Source: John F. Salza, 1P5, 25 octobre 2017)

 

La condamnation formelle de l'Église qui déclare officiellement le Pape coupable du crime d'hérésie est si importante et nécessaire que le théologien scolastique espagnol Jean de Saint-Thomas dit que cette déclaration doit provenir d'un concile général. Le brillant théologien dominicain utilise aussi des exemples historiques pour prouver son cas :

"Il faut dire que la déclaration du crime ne vienne pas des cardinaux, mais d'un concile général. Cela est évident, d'abord, par la pratique de l'Église. En effet, dans le cas du pape Marcellin, qui offrait de l'encens aux idoles, un synode était réuni pour discuter de l'affaire, comme il est dit dans la distinction 21, chapitre 7 ("Nunc autem")...

"De même, dans le cas du pape Symmaque, un concile fut réuni à Rome pour traiter l'affaire contre lui, comme rapporté par Antonio Agustín (Antoine Augustin), dans son Epitome Juris Pontifice Veteris (Titre 13, Chapitre 14); et les sections du droit canon citées ci-dessus montrent que les Pontifes qui voulaient se défendre contre les crimes qui leur étaient imputés l'ont fait devant un concile.

"Deuxièmement, il est communément admis que le pouvoir de traiter les cas de Papes, et celui qui a trait à leur déposition, n'a pas été confié aux cardinaux. Car la déposition appartient à l'Église, dont l'autorité est représentée par un concile général ; en effet, seule l'élection est confiée aux cardinaux et pas plus, comme on peut le voir clairement en lisant ces choses que nous avons tirées de la loi..." (Cursus Theologici II-II, Jean de Saint-Thomas, De Auctoritate Summi Pontificis , Disp. II, Art. III, De Depositione (soulignement ajouté)

 

La question évidente est la suivante: comment l'Église peut-elle convoquer un concile général pour surveiller la déchéance d'un Pape hérétique, lorsqu'un concile général doit être convoqué et supervisé par un pape, personnellement ou par l'intermédiaire de ses légats? Pour répondre à cette question, Cajetan fait la distinction classique entre un concile parfait et un concile imparfait ; ou, comme il le dit, un concile absolument parfait, et un concile parfait par rapport à l'état actuel de l'Église. (De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii , p. 67.)

 

Cajetan explique qu'un concile parfait est absolument celui dans lequel le corps est uni à sa tête, et donc se compose du Pape et des évêques. [De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii , ibid.Un tel concile a le pouvoir de définir des dogmes et de publier des décrets qui règlent l'Église universelle. [ibid. p.68] Cajetan explique ensuite qu '"un concile parfait selon l'état actuel" de l'Église (c.-à-d. Un concile "imparfait") est composé uniquement des membres qui peuvent être trouvés lorsque l'Église est dans une condition donnée (par exemple, avec plusieurs papes douteux, ou avec un pape apparemment hérétique) et ne peut que "s'impliquer dans l'Église universelle jusqu'à un certain point". [ibid. p. 68] Ainsi, un concile imparfait ne peut définir de doctrines ou édicter des décrets réglant l'Église universelle, mais possède seulement l'autorité pour décider de la question qui a causé sa convocation. Cajetan note qu'il n'y a que deux cas qui justifient la convocation d'un tel concile : "...quand il y a un seul pape hérétique à déposer, et quand il y a plusieurs pontifes suprêmes douteux".

 

Dans de tels cas exceptionnels, un concile général peut être appelé sans l'approbation, et même contre la volonté, du pape. Cajetan explique:

"Un concile parfait selon l'état actuel de l'Église [c'est-à-dire un concile imparfait] peut être convoqué sans le Pape et contre sa volonté, si, bien que demandé, il ne veut pas lui-même l'invoquer; mais il n'a pas l'autorité pour réglementer l'Église universelle, seulement pour répondre au problème alors en jeu. Bien que les cas humains varient de façon infinie... il y a seulement deux cas qui se sont produits ou peuvent se produire, dans lesquels, je déclare qu'un tel concile devrait être convoqué. Le premier est quand le Pape doit être déposé pour cause d'hérésie ; car alors, s'il refusait, quoique demandé, les cardinaux, l'empereur ou les prélats peuvent faire assembler un concile qui n'aura pas pour objet le soin de l'Église universelle, mais seulement le pouvoir de déposer le Pape. " [Ibid., p. 70. Cajetan explique que le second cas est celui où un ou plusieurs papes souffrent d'incertitude quant à leur élection, et il utilise le concile de Constance pendant le grand schisme d'Occident comme un autre exemple historique d'un "concile imparfait".]

 

Comme nous l'avons vu, Jean de Saint-Thomas a évoqué le Concile de Sinuessa comme exemple de "concile imparfait" convoqué par les évêques afin de superviser la déposition du pape Marcellin (304). [Dans une lettre à l'empereur Michel en 865, le pape Nicolas a écrit: "Dans le règne des souverains Dioclétien et Maximien, l'évêque de Rome, Marcellin, qui devint ensuite un illustre martyr, fut si persécuté par les païens qu'il entra dans un de leurs temples et y offrit de l'encens." (Rev. Reuben Parsons, Studies in Church History , vol. II, (Philadelphie, Pennsylvanie: John Joseph McVey, 1900), page 510. Voir aussi Bréviaire romain, 5 avril, cité in "Can the Church Depose an Heretical Pope?", Written by  Robert J. Siscoe, The Remnant,  18 novembre 2014, note 40.]

 

Après que le pape Marcellin a commis le péché public grave contre la foi en offrant l'encens à l'autel de Jupiter, un concile a été convoqué et le pape compromis, par honte, fut déposé. [Voir Hidgen, Polychronicon Ranulphi Higden maonachi Cestrensis , vol. 5 (Londres: Longman, 1865), p. 107.] 

 

"Les registres du concile de Sinuessa (IVe siècle) - concile considéré comme imaginaire par George Finch, dans Sketch of the Romish Controversy (publié chez G. Norman en 1831, p. 303) - sont fabriqués au début du VIe siècle", selon l'article Wikipedia sur le pape Marcellin. La source de cette assertion est le livre de G. Finch, publié par la British society pour la promotion des principes religieux de la Réforme, 1850. Selon Victor Martin, "personne n'admet plus, aujourd'hui, l'authenticité, du prétendu concile de Sinuessa" (Victor Martin, Comment s'est formée la doctrine de la supériorité du concile sur le Pape, Revue des Sciences Religieuses Année 1937 Volume 17 Numéro 2 p. 122).

À propos du pape Marcellin qui a offert de l'encens aux idôles, l'auteur de l'article "Can the Church Depose an Heretical Pope?", Robert J. Siscoe, qui va dans le même sens que celui de l'article présent, donne cette source : "Bréviaire romain, 5 avril". Il explique : "Aujourd'hui, de telles actions papales seraient probablement expliquées ('10 raisons pour lesquelles le pape Marcellin n'offrait pas vraiment d'encens aux idoles"), ou louées comme un geste œcuménique positif. Cependant, à l'époque de l'Église primitive, il y eut une réaction différente : un concile fut appelé, et le pape, par honte, fut déposé. Mais cette histoire tragique a eu une fin heureuse. Car les évêques étaient tellement édifiés par sa repentance publique qu'ils l'ont réélu à la papauté. Le pape Marcellin est mort en martyr pour la foi et est maintenant un saint canonisé. Ici nous voyons le bon fruit qui a suivi un tel concile. Combien sa fin aurait été différente si ses actions scandaleuses avaient été expliquées ou, pire encore, défendues et louées comme un bien positif ?"

 

Dans la deuxième partie du IVe siècle, sous la pression politico-théologique des ariens, le pape Libère (352-356) condamna le héraut de l’orthodoxie saint Athanase d'Alexandrie. Il signa sous la contrainte de l'empereur arien Constance II une déclaration équivoque sur la Trinité qui pouvait être interprétée dans un sens arien aussi bien que catholique.

 

Au VIIe siècle, pour justifier un arrangement avec les hérétiques, le pape Honorius (625-638) déclara en 634 : “Nous devons faire attention de ne pas raviver les querelles anciennes.” A partir de cet argument, le pape permit la libre propagation des erreurs avec comme résultat le bannissement de la vérité et de l'orthodoxie... S. Sophrone de Jérusalem, presque seul, s’opposa à Honorius et l’accusa d’hérésie. Le pape, finalement, se repentit, mais il mourut sans réparer le préjudice incommensurable qu’il avait fait à l’Eglise, en cherchant toujours les compromis. Le troisième concile de Constantinople (680-681) le considèrera anathème, jugement qui sera confirmé par le pape saint Léon II.

 

Au IXe siècle, le pape Nicolas Ier (858-867) enseigna que le baptême était valide, qu’il soit administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité ou au seul nom du Christ. Il se trompait. Le baptême administré au seul nom du Christ est invalide.

 

(Lire : "Il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des papes qui ont enseigné des hérésies" (Mgr René Henry Gracida))

 

Une autre question dans l'esprit des catholiques est de savoir combien de cardinaux et d'évêques seraient nécessaires pour convoquer un concile général imparfait qui déclarerait le crime d'hérésie d'un pape ? Une majorité des cardinaux et des évêques seraient-ils tenus d'appeler un tel concile? Ou bien une minorité suffirait-elle? Et le refus de participer de ceux qui soutiennent le pape  aboutirait-il à un schisme formel dans l'Église?

 

Ce sont des questions troublantes pour des temps troublés. Un schisme matériel se développe déjà au sein de l'Église parmi les cardinaux et les évêques au sujet de l'attaque de François sur la doctrine et la morale, tout comme l'a prophétisé Notre-Dame d'Akita. ["L'œuvre du diable s'infiltrera jusque dans l'Église de telle manière que l'on verra des Cardinaux s'opposer aux Cardinaux, aux évêques contre les évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et contrés par leurs confrères ... des églises et des autels saccagés; l'Église sera pleine de ceux qui font des compromis et le démon pressera beaucoup de prêtres et d'âmes consacrées de quitter le service du Seigneur." (Notre-Dame d'Akita, à Sœur Agnes Sasagawa, 13 octobre 1973).] Il a été rapporté que des prélats de haut rang se sont publiquement opposés, comme l'échange récent entre le cardinal désigné Kevin Farrell et l'archevêque Charles Chaput de Philadelphie. [Le Cardinal américain Kevin Farrell a publiquement réprimandé l'Archevêque Charles Chaput pour son refus de donner la Sainte Communion aux adultères publics (contrairement au programme de François). Chaput a répondu en disant que les paroles de Jésus étaient claires et que Farrell ne comprenait pas les lignes directrices de Philadelphie (NB: la révélation de Jésus-Christ) il s'interrogeait. Voir http://www.catholicnews.com/services/englishnews/2016/bishops-need-shared-approach-to-amoris-laetitia-new-cardinal-s.cfm ]

 

Dans une récente interview de TV Libertes, Mgr Athanasius Schneider a admis que "nous assistons aujourd'hui à une forme étrange de schisme" et qu'"un certain schisme existe déjà dans l'Église" sur l'enseignement du pape François dans Amoris Laetitia. [https://www.lifesitenews.com/news/bishop-schneider-we-are-witnessing-today-a-strange-form-of-schism-within-th. ] 

 

(NdCR. Lire : "Une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise" (Mgr Athanasius Schneider))

 

Cependant, il ne semble pas nécessaire que même une majorité, encore moins la totalité des cardinaux et des évêques soit obligée de déclarer ce que l'incorrigibilité du pape aurait déjà prouvé, à savoir, qu'il est coupable du crime d'hérésie. Parce qu'un concile légitime et imparfait a le pouvoir de lier les fidèles sans l'approbation du Pape, il s'ensuit qu'il ne nécessiterait pas non plus l'approbation ou la participation de chaque évêque, ni même de la majorité d'entre eux. Rappelez-vous que Cajetan décrit ce type de concile comme "convoqué selon l'état actuel de l'Église". Cela signifie que le concile est composé uniquement de membres qui peuvent être trouvés dans la condition actuelle, qui se réunissent ici "seulement pour répondre à la question alors en jeu", de déclarer que le pape est coupable du crime d'hérésie.

 

Peu importe si un nombre significatif de cardinaux et d'évêques s'oppose au concile; l'hérésie publique du pape a déjà été établie par l'autorité de l'Église et a simplement besoin d'être déclarée (officiellement reconnue et communiquée) par ces autorités. De plus, les prélats qui refuseraient de se soumettre à la sentence déclaratoire et au commandement du concile pour éviter le pape hérétique se séparaient de l'Église par un schisme formel, en restant en communion avec un hérétique.

 

Jean XXII (pape 1316-1334) nia la doctrine de la vision béatifique immédiate du bienheureux après la mort. Il se rétracta avant de mourir. Dans un sermon à Notre-Dame des Doms prononcé le 1er novembre 1331, commentant un texte de Bernard de Clairvaux, Jean XXII affirma, contrairement à l’opinion générale des théologiens, que les âmes des justes ne contemplent pas Dieu avant la résurrection des corps et que c’est seulement après celle-ci qu’elles auront la contemplation de l’essence divine. Cette idée fut reprise dans deux autres sermons les 15 décembre 1331 et 5 janvier 1332. Dans ce prêche, il conclut sa nouvelle orientation théologique en déclarant que les damnés n’iraient en enfer qu’après la résurrection des corps. Il y eut une insurrection dans l’Église. Il fut accusé d’hérésie. Napoléon Orsini, le cardinal qui avait été à l’origine de son élection, le lâcha. On parla de destitution. Philippe de Majorque fut pressenti pour lui succéder. Ce frère de la Pauvre Vie, était le candidat du cardinal Napoleone qui œuvra ouvertement pour un concile déposant le "pape hérétique". Une assemblée de prélats et de théologiens réunie le 19 décembre 1333 et présidée par le dominicain Pierre La Palud, se prononça contre la doctrine pontificale. La Sorbonne ne manqua pas de faire part au roi de France de ses inquiétudes. Les théologiens de l’Université de Paris reprirent le Souverain Pontife en lui montrant que son enseignement était hérétique (Exemple: le bon larron Dismas sur la croix auquel le Christ Notre Seigneur dit: "Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis". Lc 23:43). Le pape se rétracta le 3 décembre 1334, la veille de sa mort, en ces termes : "Nous déclarons comme suit la pensée qui est et qui était la nôtre. […] Nous croyons que les âmes purifiées séparées des corps sont rassemblées au ciel […] et que, suivant la loi commune, elles voient Dieu et l'essence divine face à face." (Jean XXII : bulle Ne super his du 3 décembre 1334, rédigée peu avant sa mort). 

 

En 1409, "les théologiens nombreux au Concile (de Pise) savent que le pape ne peut être jugé par personne, sauf en cas d'hérésie. Mais depuis longtemps l'idée s'était imposée aux canonistes, que le refus des papes de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour rétablir l'unité les rendait fauteurs d'hérésie et qu''un schisme invétéré devient une hérésie.

"Le concile proclama la déposition de Grégoire XII (pape) et de Benoît XIII (antipape d'Avignon) pour leur endurcissement dans le schisme et l'hérésie." (Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 516.)

 

"Le 31 juillet (1437), [...] la majorité (au concile de Bâle), dans un Commonitorium, citait le pape à comparaître devant le concile, dans un délai de soixante jours, pour répondre des accusations de simonie [qui est l'achat ou la vente de réalités spirituelles - CEC 2121 -, d'un sacrement, la grâce, par ex., ou d'un office, fonction ecclésiastique] de népotisme, d'impôts excessifs et de mépris du concile. 

"L'assemblée de Bâle(-Ferrare-Florence-Rome) suspend le pape Eugène, le 24 janvier 1438, et interdit à la chrétienté de lui obéir.

"[...] Restée à Bâle, malgré les défections qui se multiplient, l'ancienne majorité entame le procès d'Eugène IV : un long procès, car, pour les juristes, il est capital d'établir contre lui l'accusation d'hérésie. Leur procédé va consister à proclamer 'vérités de foi' les décisions de la cinquième session du concile de Constance (1414-1418). En vertu de quoi l'assemblée de Bâle proclame hérétique la position d'Eugène IV qui affirme que le pape peut transférer, ajourner ou dissoudre un concile légitimement convoqué.

"Finalement, la majorité, demeurée à Bâle et en voie de désagrégation, dépose Eugène IV comme hérétique, obstiné et rebelle aux ordres de l'Église universelle, le 25 juin 1439." (Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 533-534.)

 

Que se passe-t-il si l'Église déclare que François est un hérétique?

 

L'Opinion jésuite tenue par Bellarmin et Suarez, soutient que le Pape hérétique tombe du pontificat ipso facto (immédiatement et "par le fait") sur la déclaration de l'Église du crime (qui sert de cause déterminante). [L'opinion la plus répandue, cependant, est que l'Église est non seulement capable d'établir le crime d'hérésie, mais aussi de prononcer une sentence déclaratoire, puisqu'une peine purement déclaratoire n'implique pas de coercition ou de punition. Voir, par exemple, Wernz-Vidal, Ius Canonicum . Rome: Grégorien 1943. 2: 453; et, Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii , ch. XXI.] Par exemple, Suarez dit:

 

"S'il est hérétique et incorrigible, le pape cesse d'être pape dès qu'une sentence déclaratoire de son crime est prononcée contre lui par la juridiction légitime de l'Église. Telle est la position commune des docteurs." Et encore: "Par conséquent, en déposant un pape hérétique, l'Église n'agirait pas comme supérieure à lui, mais juridiquement et par le consentement du Christ, elle le déclarerait hérétique et donc indigne des honneurs pontificaux; il serait alors ipso facto et immédiatement déposé par le Christ." [De Fide , disp. X, sect. VI, nn. 3-10, pages 316-317. C'est pourquoi Bellarmin a écrit: "La juridiction est certainement donnée au Pontife par Dieu, mais avec l'accord des hommes [c'est-à-dire l'élection] comme il est évident; parce que cet homme, qui n'était pas pape auparavant, a des hommes qu'il deviendrait pape, donc il n'est pas enlevé par Dieu à moins que ce soit par les hommes ... dans le cas de l'hérésie, un pontife romain peut être jugé." Romano Pontifice , bk. 2 ch. 30.]

 

Jean de Saint-Thomas affirme que Bellarmin et Suarez croient que le pape tombe immédiatement de son poste après que l'Église a déclaré le crime:

"Bellarmin et Suarez, cependant, croient que le Pape, par le fait même qu'il est un hérétique manifeste et a été déclaré incorrigible [crime d'hérésie], est déposé immédiatement par le Christ le Seigneur et non par aucune autorité de l'Eglise." [Cursus Theologici (Cours de théologie), II-II, De Auctoritate Summi Pontificis, Disputatio, Disp. II, Art. III, De Depositione Papae , p. 138.] 

 

L'opinion dominicaine tenue par Cajetan et Jean de Saint-Thomas maintient que le pape tombe de son poste, pas quand l'Église établit et déclare le crime, mais après un pas supplémentaire. Cette étape supplémentaire se réalise lorsque l'Église, après avoir déclaré le crime, ordonne également aux fidèles, par l'autorité d'un concile, d'éviter l'hérétique (vitandus), selon les instructions de saint Paul à Tite (Tite 3:10). Ce commandement, qui est enraciné dans la loi divine, est un acte juridique (la cause déterminante de la déposition) qui a un pouvoir coercitif sur les fidèles. De même que l'Église (l'ecclesia docens) dit nécessairement aux fidèles (l'ecclesia discens) qui recevoir comme pape, elle doit aussi nécessairement dire aux fidèles qui éviter comme pape (un pape hérétique, jugé comme tel par l'Église). Dans les mots de Jean de St. Thomas:

 

"Il faut que, de même que l'Église désigne l'homme et le propose aux fidèles comme étant élu pape, il faut aussi que l'Église le déclare hérétique et leur propose comme un être à éviter. Par conséquent, nous voyons par la pratique de l'Église que c'est ainsi que cela a été fait; car, dans le cas de la déposition d'un pape, sa cause fut traitée dans un concile général avant d'être considéré comme n'étant pas pape, comme nous l'avons dit plus haut. Ce n'est donc pas parce que le Pape est hérétique, même publiquement, qu'il cessera ipso facto d'être Pape, avant la déclaration de l'Église et avant qu'elle le proclame comme 'à éviter' par les fidèles." [Jean de Saint-Thomas, Cursus Theologici II-II, Sur l'autorité du Souverain Pontife, Disp. 2, Art. ]

 

En résumé, selon l'Opinion des Jésuites, le Pape se sépare de l'Église par la déclaration de l'Église du crime, et selon l'opinion dominicaine, l'Église se sépare du Pape par le commandement de l'Église aux fidèles pour l'éviter comme un vitandus, après la déclaration du crime. Mais ces différences portent sur des questions de théologie spéculative; les deux opinions exigent que l'Église juge et déclare le pape coupable du crime d'hérésie avant que le Christ le destitue. Et, d'un point de vue pratique, il semble clair que l'Église pourrait tout accomplir à la fois, c'est-à-dire qu'un concile pourrait délivrer un seul document qui : 1) déclarerait que le pape est coupable du crime d'hérésie; 2) commanderait à l'Église qu'il doive être évité (vitandus); et 3) déclarerait le siège vacant et excommunierait publiquement l'ancien pape. Bien sûr, la procédure exacte serait déterminée par les autorités de l'Église, qui, sans doute, s'appuieront sur la sagesse de certains de ses plus grands théologiens.

 

Ce que cela signifie, c'est que nous avons un chemin à parcourir avant que François puisse être considéré comme un "hérétique" public qui a perdu son poste. Combien de temps? Tant qu'il faut que l'Église émette les deux avertissements (Les dubia des cardinaux et la correctio filialis peuvent-ils tenir lieu des deux avertissements requis ? NdCR.), puis convoque un concile pour déclarer son crime et ordonner aux fidèles de l'éviter s'il refuse la correction. (Source: 12 John F. Salza)

 

En septembre 2013, "Pape François a assuré aux athées : Vous n'avez pas besoin de croire en Dieu pour aller au ciel." (Source:

https://www.independent.co.uk/news/world/europe/pope-francis-assures-atheists-you-don-t-have-to-believe-in-god-to-go-to-heaven-8810062.html

https://www.independent.co.uk/news/world/europe/pope-francis-assures-atheists-you-don-t-have-to-believe-in-god-to-go-to-heaven-8810062.html

Plus récemment, dans le document sur "la fraternité humaine pour la paix dans le monde et le vivre ensemble" que le pape François et le grand imam d'Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb, ont signé le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le pape François affirme que "le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains." (Source)

 

Dans l'article sous le titre : "Vives inquiétudes à propos du document d’Abou Dhabi du pape François", le Professeur Josef Seifert, philosophe autrichien, docteur de l’université de Salzbourg, demande :  

 

"Comment Dieu peut-il vouloir des religions qui nient la divinité et la résurrection du Christ ? Comment cela est-il compatible avec la logique ? Dieu peut-il vouloir que les hommes aient des croyances contradictoires à propos de Jésus-Christ, de Dieu ou de toute autre chose?

 

"Comment Dieu dès sa création a-t-il voulu que les hommes tombent dans le péché, adorent les faux dieux, deviennent victimes d'erreurs et de superstitions de toutes sortes, qu'ils adhèrent à des religions subtilement athées ou panthéistes telles que le bouddhisme ou à des religions maudites par l'Ancien Testament et attribuées aux démons et au culte des démons?

 

"Comment Dieu, qui veut que ses disciples aillent prêcher au monde entier et les baptisent, a-t-il voulu une hérésie chrétienne, sans parler des religions qui nient la foi dont Jésus dit à Nicodème que celui qui croit en lui sera sauvé et celui qui ne le fera pas sera damné (Jn 3,18) ? Si nous lisons l'Ancien et le Nouveau Testament, ou regardons les enseignements universels de l'Église sur l'ordre divin, donné par Christ lui-même, de prêcher l'Évangile à toutes les nations, sur la nécessité du baptême et de la foi pour le salut, etc., c’est clairement le cas contraire.

 

"Comment peut-il être vrai que Dieu, dans sa sagesse, a voulu depuis la création que beaucoup de gens ne croient pas en leur seul Rédempteur ?

 

"Je ne vois aucune acrobatie mentale astucieuse qui soit capable de nier que cette déclaration contient non seulement toutes les hérésies, mais allègue également la volonté divine qu'une grande majorité de l'humanité épouse tous les types de croyances religieuses fausses et non chrétiennes.

 

"En outre, en attribuant à Dieu la volonté qu'il existe des religions contredisant sa révélation divine, au lieu de lui attribuer la volonté que toutes les nations en viennent à croire en l'unique vrai Dieu, en son Fils et en notre Rédempteur, Dieu est transformé en un relativiste qui ne sait pas qu'il n'y a qu'une seule vérité et que son contraire ne peut pas être vrai pour différentes nations, ou qui se moque de savoir si les hommes croient en la vérité ou en la fausseté. Cette expression prétend que Dieu veut les erreurs religieuses.

 

"En signant la déclaration selon laquelle Dieu veut une pluralité de religions, le pape a défié à la fois la fides et la ratio et a rejeté le christianisme qui est indissociable de la croyance en Jésus-Christ, qui est l’unus Dominus. (Je suppose que les plus hautes autorités islamiques vont aussi expulser cet imam parce que l'islam revendique également la vérité de manière absolue).

 

"En fait, si vraiment Dieu 'veut toutes les religions', alors il doit haïr l'Église catholique surtout parce qu'elle prétend être l’Église unique, catholique et apostolique et qu'elle rejette, dans ses dogmes et ses enseignements magistériels pérennes, toute relativisation de la religion chrétienne qui transformerait le christianisme en une des nombreuses religions contradictoires." (Fin de citation)

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 10:55

"Des gens ont attaqué un hôpital, les forces de l'ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation. Des infirmières ont dû préserver le service de réanimation", a affirmé le ministre de l'Intérieur Castaner lors de la manifestation du mercredi 1er mai. Or, 

la situation désormais à 24 heures de l'évènement est désormais connue, et elle a été fact-checkée par nombre de nos confrères. Check-new de Libération, Le Monde, qui parle d'un "repli chaotique" et en aucun cas d'une "attaque" et même les deux journalistes du Figaro qui étaient sur place. On sait pour quelles raisons les manifestants ont défoncé cette grille pour échapper à un air irrespirable avec des personnes prises en tenailles par des policiers leurs distribuant des coups de matraques. Et ce qui est sûr, c'est qu'on voit les coups de matraques.

(Dans la version de l'attaque livrée par Castaner) on est au-delà de l'exagération. On est dans la contre-vérité. Encore une fois les faits sont établis. Christophe Castaner dit "on a attaqué un hôpital". C'est faux. Ce sont des personnes qui se sont réfugiées. Rien n'a été attaqué. Il dit "les forces de l'ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation". C'est faux. Il a dit "on a agressé le personnel soignant". C'est faux. Tous les témoignages des personnels soignants justement disent qu'ils ne se sont jamais sentis menacés.

Conclusion: on est de l'ordre de ce qu'il faut bien appeler un mensonge officiel. [...] Castaner cherche à jeter le discrédit sur un mouvement social en utilisant des faits dont on sait maintenant qu'ils ne sont pas établis.

Ce gouvernement semble avoir un rapport à la vérité assez curieux. Jeudi dernier, Emmanuel Macron, pour justifier l'allongement de la durée de cotisation nous expliquait que "la France travaille beaucoup moins que ses voisins". Cela été amplement vérifié et là aussi tout le monde sait que c'est un argument erroné. Donc Emmanuel Macron, Christophe Castaner utilisent des arguments qui sont des mensonges pour tenter de justifier leur politique et pour tenter de jeter le discrédit sur un mouvement social. Ce rapport perverti à la vérité me semble extrêmement grave.

Clément Viktorovitch sur C-News

Pour une fois que les médias font leur travail :

 

- Le Monde: un "repli chaotique" plus qu'une "attaque délibérée"

- "Tous les éléments, notamment vidéo, recueillis par Le Monde plaident en faveur d’une autre thèse : celle de nombreux manifestants s’étant réfugiés dans l’enceinte hospitalière pour s’abriter des gaz lacrymogènes. Un air devenu irrespirable. ... des dizaines de manifestants cherchaient des endroits de repli."

(Source : La Pitié-Salpêtrière : la thèse de l’« attaque » s’effondre, les gardes à vue levées)

- "Hôpital attaqué" : la version de Castaner démentie par des témoignages et des vidéos

Non, la Pitié-Salpêtrière n’a pas été “attaquée” le 1er-Mai (Le Monde)

Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : la thèse de "l’attaque" s’effondre, Castaner vivement critiqué 

Source: https://francais.rt.com/france/61719-quand-executif-ment-fake-news-marquantes-macronie

Source: https://francais.rt.com/france/61719-quand-executif-ment-fake-news-marquantes-macronie

Quand l'exécutif ment : ces «fake news» marquantes de la Macronie (RT)

 

Emmanuel Macron a fait de la guerre contre les fausses informations un véritable cheval de bataille.

Comble de l'ironie, le gouvernement a même fait voter en décembre 2018 une loi relative à la manipulation de l’information. Or, depuis sa prise de fonction, le président de la République et ses ministres les ont accumulées. Recension non-exhaustive des grosses fake news véhiculées par le pouvoir exécutif : 

 

Geneviève Legay poussée par un policier

Lors d'un rassemblement de Gilets jaunes à Nice, le 23 mars, Geneviève Legay, porte-parole d'Attac, est blessée.

Au cours d'une conférence de presse tenue le 25 mars, le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, annonce que la militante «n'a pas été touchée par des policiers», cette dernière s'étant «cognée contre un pylône fixe». De son côté, Emmanuel Macron, dans un entretien à Nice Matin, publié le 25 mars, déclare que Geneviève Legay «n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre».  Néanmoins, dans un procès-verbal daté du 23 mars, auquel Mediapart a eu accès, un policier explique que la victime, âgée de 73 ans, a été heurtée par «un homme portant un bouclier».  Jean-Michel Prêtre revient sur ses propos le 29 mars lors d'une conférence de presse. «Hier soir, des éléments ont établi que contrairement à ce qui pouvait être interprété des premières images, il y a eu un contact direct entre un membre des forces de l'ordre et Mme Legay [...] C'est bien le geste d'un policier qui est à l'origine de la chute de Mme Legay», explique ainsi le procureur de la République.

 

La vidéo truquée de l'affaire Benalla

Selon des révélation du Monde du 29 mars, Ismaël Emelien a récupéré illégalement auprès de la préfecture des images des incidents du 1er mai 2018 place de la Contrescarpe à Paris. Celles-ci montrent notamment un jeune couple lancer des projectiles sur les policiers, quelques instants avant l'intervention d'Alexandre Benalla. Un montage vidéo, avec des images d'une autre scène, montrant cette fois-ci un autre homme poursuivant un policier avec une chaise, a été réalisé, dans le but possible de justifier l'usage de la violence par Alexandre Benalla.   D'après Le Monde, Ismaël Emelien a ensuite transféré la vidéo à Pierre Le Texier, responsable du pôle e-influence d'En Marche, pour faire diffuser et propager ce montage... qui présente bien des caractéristiques d'une fausse nouvelle : montage trompeur et propagation sur les réseaux sociaux.  Un comble puisque le 6 avril, sur le plateau d'On n'est pas couché sur France 2, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron s'était dit très inquiet de la manipulation de l'information. «Les fake news, c'est un problème monstrueux [...] Il y a beaucoup de gens sur les réseaux sociaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses entre ce qui est vrai et ce qui n'est pas vrai», avait-il déclaré.

 

L'hommage aux maréchaux de la Grande Guerre

A l'occasion du centenaire de l'armistice de 1918, une cérémonie était prévue afin de rendre hommage «aux huit maréchaux qui ont dirigé les combats pendant la Première Guerre mondiale, œuvré pour la victoire finale tout au long de la guerre, et dont cinq sont inhumés aux Invalides», d'après le site internet de la Mission du Centenaire comme celui de l'Education nationale.  Florence Parly, ministre de la Défense, conteste cette affirmation le 30 novembre sur BFMTV : «Si ce que vous voulez me faire dire, c'est qu'il y avait une intention d'honorer la mémoire du maréchal Pétain, il n'en a jamais été question. Jamais», s'était-elle indignée.

Or, le président de la République avait lui même qualifié, au début du mois de novembre, le maréchal Pétain de «grand soldat» pendant la Première Guerre mondiale ayant commis des «choix funestes» pendant la Deuxième Guerre mondiale.

"La France qui travaille moins que ses voisins" :

Temps de travail et "revalorisation" du travail : la fake new de Macron débunkée

 

La récession en 2019 provoquée par les "Gilets jaunes"

Récession 2019 : la faute aux "Gilets jaunes" ou la faute à Macron ?

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 13:32
Qui veut "tuer l’Occident" ? Jacques Sapir | Henri Guaino

Dans les studios de Sputnik, Jacques Sapir reçoit Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et ancien député Les Républicains, à l’occasion de la sortie de son livre "Ils veulent tuer l’Occident" (éd. Odile Jacob, 2019).

Parmi les sujets abordés : "La civilisation occidentale est-elle en train de se dissoudre dans une mondialisation uniformisatrice qu’elle a elle-même initiée ? Comment réconcilier unité et diversité ? Les élites oublieraient-elles les leçons de leur propre passé ? Et d’ailleurs, qu’entend-on exactement par « Occident » ?", demande Jacques Sapir.

Henri Guaino aborde le thème de la Trinité qui pendant deux mille ans a imprégné notre modèle de développement personnel et collectif, de l'articulation de l'individuel et du collectif dans la société des droits de l'homme.

Note du blog Christ-Roi. 

 

Dans notre civilisation occidentale, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal", a pu écrire Bernard Faÿ, dans "La Grande révolution 1715-1815" (Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) 

Le mystère de la Trinité, trois personnes en une (Père, Fils et Saint-Esprit), l'unité dans la diversité, cet incompréhensible a été pendant deux millénaires en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement, l'antidote à l'unité dans l'uniformité souhaitée par les révolutionnaires jacobins, les francs-maçons de 1789 et leur "république" "en marche" vers ce qu'ils appellent le "progrès". Un "progrès" qui aboutit aujourd'hui à ce que dénonce Jacques Sapir, une société "sans attache, sans culture, sans passé" (à partir de la 43e minute), un phénomène qui conduit à "tuer l'Occident", au travers du danger pointé par Henri Guaino du naturalisme, de la "loi du plus fort" et de la "sélection naturelle" : "C'est bien d'avoir le dionysisme quand c'est équilibré par Apollon et l'apollininisme, sinon ce n'est pas vivable."

 

Dans le royaume du Christ, dans le christianisme, le développement personnel, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre, il dépend de notre obéissance au commandements divins, il n'est pas garanti ici-bas et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin maçonnique issu de 1789, au contraire (et quoiqu'en disent les droits de l'hommistes), le bonheur est terrestre, mais il est collectif et il est obligatoire. Marque de tous les totalitarismes. 

 

Lire : L'impasse des droits de l'homme

Dans la société chrétienne, la défense du plus faible contre la loi du plus fort est consubstantiel au modèle de développement.

Pour répondre à Jacques Sapir : et si la Trinité recommençait à inspirer notre modèle civilisationnel ?

Et si le règne du Christ, qui n'empêche ni les libertés individuelles ni la laïcité, redevenait notre modèle de civilisation ?

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 11:30

Sujets abordés :

 

- (À partir de 06:11) La franc-maçonnerie a inventé des rituels autour du temple de Salomon.

Dès lors la question est : comment la question du temple de Salomon a-t-elle pu apparaître dans un monde chrétien, catholique, puisque l'Ancienne Alliance vit dans la nouvelle Alliance et qu'il n'y a plus de question de rebâtir le temple de Salomon ? D'autant plus que le Christ était déjà le temple, Celui qui, né d'une Vierge par l'Esprit Saint, a établi son Royaume sur la terre sans le concours d'aucune puissance humaine, celui qui est la pierre qui a été rejetée par les "bâtisseurs", et qui est devenue un sommet d'angle (Lc XX, 17). Il n'y a de salut en aucun autre, car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4,11-12).

- (À partir de 06:30) Vers 1611-12-13 Les manifestes rose-croix apparaissent. Le fondateur de la "Rose-Croix" est Christian Rosencreutz, qui a beaucoup voyagé surtout en Afrique et parmi les musulmans et qui est revenu avec une nouvelle cabale, qui est (aussi) la cabale d'Isaac Louria. Et en fait, il s'agit de la gnose, de l'hermétisme, plus la cabale qui caractérise le mouvement rosicrucien. Et en fait, la franc-maçonnerie, c'est la gnose, le gnosticisme ou le néo-gnosticisme si on préfère (le premier issu du judéo-christianisme ayant disparu lors des premier siècles du christianisme). Et ce gnosticisme qui vers 1200 avait complètement disparu d'Occident réapparaîtrait à l'occasion des croisades vers 1250 avec l'empereur Frédéric de Hohenstaufen qui n'allait pas à l'Église et qui fut déjà excommunié pour son syncrétisme mélangeant l'islam, le christianisme et le judaïsme. Vers 1300 apparaît avec Dante et la Divine Comédie l'idée inspirée du soufisme d'Ibn Arabi.

- (À partir de 12:40) Au XVIe siècle, le rose-croix Francis Bacon qui a écrit "La Nouvelle Atlantide" reprend et développe l'idée du temple de Salomon.

- (À partir de 12:40) Un manifeste maçonnique rosicrucien du XVIIIe siècle annonce l'objectif de la destruction de l'alliance du trône (monarchie) et de l'autel (Église). Nous avons là les antécédents de la franc-maçonnerie.

- (À partir de 13:25) En 1738 apparaît l'idée que le franc-maçon est un bon noachide. Le noachisme est la soumission que doit faire l'humanité aux prêtres d'"Israël". C'est un nivellement religieux de toutes les religions. Et seuls les prêtres juifs doivent constituer les intermédiaires entre les goyim (le reste de l'Humanité) et Dieu.

- (À partir de 14:00) Avec la Révolution dite française, le temple maçonnique de Salomon va devenir vraiment et explicitement le temple universel de toute l'humanité. Ce sont les prémisses du mondialisme.

- La première loge maçonnique apparaît à Paris en 1723, à Paris, quartier Saint-Germain-des-Près; La "loge des Neuf Soeurs" très connue pour être la loge des révolutionnaires, Mirabeau, Benjamin Franklin, juif américain (mais non-pratiquant), dont le père imprimait déjà de la pornographie, Talleyrand, qui proposa la nationalisation (c'est-à-dire le vol) des biens du Clergé, Sieyès, à l'origine du régime dit "représentatif". 

- (À partir de la 23e minute) L'hermétisme (que l'on trouve dans la gnose) c'est l'homme au centre de tout. 

L'hermétisme rosicrucien (Rose-Croix) propose de rendre ce qui est en haut comme ce qui est en bas, et vice versa, c'est-à-dire de mettre l'homme à la place de Dieu. 

- (À partir de la 23e minute) Le gnostique Valentin (IIe siècle), ancêtre de la gnose (cabale juive) : sa doctrine sur les eons (principes divins qui deviendront les sephiroths juifs), a été réfutée par saint Irénée de Lyon, évêque et Martyr (120-202), dans son traité Contre les hérésies, Livre 1 (v. 180).

 

 

Lire : Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades de chevalier Rose-Croix, expliqué par Serge Abad-Gallardo : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." 

 

- (À partir de 36:10) Les "fraternelles" regroupant plusieurs obédiences maçonniques différentes au sein du "parlement" (assemblée dite "nationale", "sénat").

 

- (À partir de 48:44) Le planning familial financé par Rockefeller.

 

- (À partir de 49:34) La franc-maçonnerie, matrice idéologique du "Nouvel ordre mondial", la Tour de Babel.

 

- (À partir de 51:50) Présentation du livre de Serge Abad-Gallardo, Pr. J.-C. Lozac'Hmeur, Alain Pascal et Karl van der Eyken, Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie, Acte du colloque du 24 juin 2017, éditions de l'Héritage.

 

- (À partir de 53:50) L'architecte Viollet-le-Duc qui construisit la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris était franc-maçon : Sa flèche est tombée sur la table du rite moderne du rite romain (rite ordinaire Paul VI de 1970), alors que le maître-autel de Louis XIV a été retrouvé intact.

 

***

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 20:03

La France ne le sait pas, mais elle est en guerre avec l'Amérique.

François Mitterrand

Extrait

Il faut que les téléspectateurs le creusent, le réfléchissent : La France n'existe plus depuis 1815.

Francis Cousins

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