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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 20:28
https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Agostino Nobile revient pour s'occuper des nouvelles les plus proches, et en particulier de ce phénomène si propulsé par les médias de Black Lives Matter, qui conduit à des comportements qui seraient ridicules s'ils n'étaient pas tragiques pour nous même. Bonne lecture.

 

§§§

Mais "Black Lives Matter" ignore-t-il qu'en Afrique les Noirs asservissent les Noirs ?

 

Nous en sommes toujours là : l'ignorance fait plus de mal que les guerres, et cela grâce à des mensonges officiels considérés comme des vérités.

Dans mon article publié par Stilum Curiae en août 2019 https://www.marcotosatti.com/2019/08/11/nobile-lo-schiavismo-islamico-oscurato-dalla-massoneria/ Je décris très brièvement la traite négrière pratiquée durant des siècles par les musulmans, obscurcie par les informations et à travers l'école. Ces dernières semaines, en voyant les manifestations antiracistes aux États-Unis et dans le reste du monde (promues et soutenues par des partis progressistes), je me suis souvenu des Noirs africains. De vrais tortionnaires qui ne respectent même pas leurs frères et sœurs de race. La faute de la victime dans ce cas est l'appartenance à une tribu.

Les athées et les francs-maçons occidentaux qui ont amené des millions d'esclaves dans le Nouveau Monde ont acheté des esclaves aux Arabes et aux marchands d'esclaves noirs. Les Occidentaux qui accostaient leurs navires sur la côte ouest de l'Afrique n'étaient autorisés à descendre à terre que pour vérifier les "marchandises" capturées.

Aujourd'hui encore, selon l'UNICEF, la traite des êtres humains reste un problème dans tous les pays africains. Un rapport de 2004, couvrant 53 pays africains, note que les enfants sont les principales victimes, réduits en esclavage, recrutés comme enfants soldats ou vendus à des clans de prostitution. En Afrique, les enfants sont deux fois plus susceptibles d'être victimes de la traite que les femmes.

Imogen Foulkes, correspondant de la BBC à Genève depuis 2004, dit que 89% des pays africains ont du trafic à destination et en provenance des pays voisins, mais 34% ont également un commerce d'êtres humains vers l'Europe (merci à Bergy et aux progressistes).

Le Nigéria, par exemple, a accueilli des victimes de la traite de 12 pays africains, mais des trafiquants nigérians ont également été trouvés dans une douzaine de pays. Pour l'UNICEF, il est impossible de connaître le nombre de victimes, mais il est probable, disent-ils, qu'il s'agit de millions de personnes.

Mais voyons ce qui se passe dans les pays où les autorités locales et européennes ont eu l'occasion de faire quelques évaluations.

Au Tchad, les membres des clans arabisés achètent des enfants à des familles pauvres. Contraints de se convertir à l'islam et de changer de nom, ils sont gardés en esclavage ou vendus à d'autres clans africains arabisés.

En Mauritanie, nous avons les riches bidanes (blancs, pas européens mais arabes) et les harratins pauvres en canne. Actuellement, environ 90 000 harratins sont totalement réduits en esclavage tandis que tous les autres harratins, environ 600 000, sont partiellement soumis. Au Niger, bien que l'esclavage ait été déclaré illégal en 2003, sur une population de plus de 24 millions d'habitants, environ 8 % sont des esclaves.

Au Soudan, où la charia est imposée, le nombre d'esclaves augmente constamment.

Selon les organisations humanitaires, les enfants enlevés ou achetés peuvent coûter de 20 à 70 USD. Les plus chanceux sont utilisés comme domestiques, bien que les propriétaires ne les abusent pas souvent sexuellement. Les moins fortunés se retrouvent dans les mines, où ils peuvent mourir de misère, et sur les marchés de l'exploitation sexuelle. Dans les deux cas, le prix peut aller jusqu'à 3 500 $.

Historiquement parlant, aux États-Unis, ce ne sont pas les fascistes ou la droite qui ont soutenu l'esclavage, mais les progressistes démocrates. La même couleur politique qui, entre le 12 avril 1861 et le 23 juin 1885, a combattu les républicains du Nord dirigés par Abraham Lincoln, celui qui a aboli l'esclavage dans tous les territoires des USA. Ce que les États démocratiques du sud considéraient comme une violation de leurs droits constitutionnels.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de Noirs américains (en particulier des personnes éveillées et informées) et quelques réseaux de télévision non soumis aux Démocrates ont souligné à plusieurs reprises la réalité historique, mais Black Lives Matter continue de condamner le fascisme et la droite.

Les progressistes, qui promeuvent les aberrations éthiques et sociales qui dévastent littéralement l'Occident, ont une ferme fixation: l'annulation du christianisme. Nous avons des centaines d'exemples qui le confirment, le dernier à San Francisco, la ville la plus gay-friendly de la planète, où ils ont abattu la statue de San Junipero Serra, l'évangélisateur franciscain de Californie 

https://www.youtube.com/watch?v=RvSLf2O2Lts

Étant donné que l'immigration, le canular sur le suprématisme blanc et les manifestations anti-occidentales conduisent au suicide culturel le plus imbécile de l'histoire, les magistrats qui respectent leur pays devraient essayer de punir ceux qui ont répandu et continuent de répandre les mensonges historiques qui créent des sentiments de culpabilité pour les Occidentaux. S'ils ne le font pas, à moins d'une guerre civile, leurs enfants comme le reste de la population subiront probablement la même "liberté" imposée aux chrétiens en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie dans quelques années.

 

Agostino Nobile

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 09:03
https://www.corrispondenzaromana.it/galla-placidia-una-donna-che-ha-lasciato-un-segno-nella-storia/

https://www.corrispondenzaromana.it/galla-placidia-una-donna-che-ha-lasciato-un-segno-nella-storia/

Source: Corrispondenza Romana

 

(Cristina Siccardi) Malgré les lieux communs, il y a des figures de femmes de haut calibre dans l'histoire, qui n'ont posé aucun problème de rivaliser avec les hommes, mais ont, hommes et femmes, collaboré pour atteindre des objectifs importants dans la défense des principes et des valeurs éternelles au profit du vrai bien commun. Parmi elles, l'impératrice Galla Placidia (388 / 392-450), dont 1570 ans se sont écoulés depuis sa mort cette année.

 

Le signe que Galla Placidia a laissé dans la civilisation européenne n'est rien d'extraordinaire, mais il n'est pas mentionné dans les manuels scolaires, ayant été, ainsi que de nombreuses autres femmes - saintes et autres, y compris Matilde de Canossa (1046-1115) et Adélaïde de Turin (1016-1091) - courageuse et déterminée à défendre la foi chrétienne et la Sainte Église romaine. Une riche construction et activité artistique sont liées à son nom, et c'est à elle et à son royaume que la construction de nombreuses églises à Ravenne, Milan et Rome est attribuée.

 

Le signe que Galla Placidia a laissé dans la civilisation européenne est pour le moins extraordinaire, mais il n'est pas mentionné dans les livres scolaires, (Galla Placidia) ayant été, comme beaucoup d'autres femmes - saintes ou non, dont Matilde di Canossa (1046-1115) et Adélaïde de Turin (1016-1091) - courageuse et déterminée à défendre la foi chrétienne et la Sainte Eglise romaine. Son nom est lié à une riche activité architecturale et artistique, et c'est à elle et à son royaume que sont attribués les bâtiments de nombreuses églises de Ravenne, de Milan et de Rome.

 

Petite-fille de trois empereurs, fille de l'empereur Théodose Ier (347-395), soeur de deux empereurs, épouse d'un roi et d'un empereur, mère d'un empereur et tante d'un autre, la très noble, comme on l'appelait, Galla Placidia fut d'abord l'otage des Wisigoths, puis leur reine, épousant Ataulfo des Balti (374-415). Veuve, elle épouse le co-empereur Constance III (370-421), un excellent général et collaborateur de son frère, l'empereur Honorius (384-423), mais la mort de son compagnon est suivie d'une rapide détérioration des relations avec ce dernier et Galla doit se réfugier à Constantinople, à la cour de son neveu, l'empereur romain Théodose II (401-450). Après la mort d'Honorius, un usurpateur monta sur le trône à l'Ouest ; avec l'aide de l'armée de l'Est, Galla retourna en Europe, déposa le souverain illégitime et plaça sur le trône son jeune fils Valentinien III (419-455), dont il était le régent. Pendant les douze années où il a régné sur l'Empire romain d'Occident, Galla a géré avec beaucoup d'habileté et de sagesse l'affrontement entre trois généraux romains puissants et influents, Constantius Felix (?-430), Boniface (?-432) et Flavius Ezio (390 ca.-454). Ce dernier, sorti vainqueur du conflit avec les deux autres généraux, a été entravé, dans son intention d'influencer son fils Valentinien, par Galla Placidia elle-même. Si, d'une part, elle était capable de gérer le pouvoir et de gouverner avec prévoyance, d'autre part, elle était une femme très croyante, ainsi que ferme et rigoureuse dans l'opposition aux hérésies. En fait, elle a été un protagoniste de la lutte théologique et politique de son temps entre orthodoxie et monophysisme en Orient, où Théodose II s'est rangé du côté de l'hérésiarque byzantin Eutichès (378-454), fondateur de la théorie du monophysisme, selon laquelle dans la seule personne incarnée de Jésus-Christ il n'y a qu'une seule nature, la divine. Le pape Léon le Grand (390 env. -461) s'oppose à Théodose et demande l'intercession de la cour de Ravenne.

 

Le 8 août 449, Théodose II a convoqué un concile général à Éphèse, dans lequel il refusa l'autorité théologique, morale et hiérarchique de Léon. Le Pontife assembla ensuite à Rome un synode des évêques italiens pour condamner les actes d'Éphèse. Les décisions furent immédiatement communiquées à Constantinople à l'empereur, à sa sœur Pulchérie (399-453), au patriarche de Constantinople Saint-Flavien (? -449), au clergé et à tous ceux qui étaient restés orthodoxes en Orient. Le pape s'est également adressé directement aux souverains de Ravenne, qu'il reçoit à Rome le 22 février 450 à l'occasion de la fête de la cathédrale de Pétrie ; après l'audience privée, Galla Placidia, Valentinien et son épouse Eudossia (vers 422-493) avaient déjà écrit depuis Rome quatre lettres aux parents de Constantinople, les invitant à intervenir rapidement pour éviter le schisme. Les lettres, rassemblées dans les épîtres de Léon Ier (55, 56, 57, 58) étaient adressées à Théodose II et à Pulchérie : Galla Placidia a écrit aux deux et le contenu des lettres indique l'exhortation à revoir la question dans l'intérêt de l'union de l'Église et à respecter les principes de la doctrine apostolique romaine. Les lettres de Galla exposent le thème de la primauté de la ville de Rome à la fois comme siège antique de l'Empire et comme siège de Saint Pierre, le tout en accord avec le pape Léon. Bien que Théodose n'ait donné aucun signe de rétablissement, sa mort soudaine (28 juillet 450) et la montée sur le trône de Pulchérie et de son époux Marcien (392 vers 457) ont marqué la fin des théories d'Eutichès.

 

Il existe de nombreuses preuves de la cohérence de la foi de Galla Placidia non seulement sur le plan historique, mais aussi dans sa commande artistique, qui a donné au mausolée de Ravenne qui porte son nom le sommet de sa croyance et de son éternel sens de la beauté divine. Selon la tradition, elle a fait construire ce mausolée impérial pour son mari Constance III, son frère Honorius et pour elle-même. Cependant, en 450, elle mourut à Rome et fut enterrée dans le mausolée honoraire, érigé près de l'ancienne basilique Saint-Pierre au Vatican pour abriter les restes de l'empereur Honorius et de sa famille.

 

La tradition orale du mausolée de Galla Placidia est relatée par Agnello Ravennate, prêtre et historien, dans son Liber pontificalis ecclesiae ravennatis. Selon des études réalisées sur le mausolée, le bâtiment a été annexé à l'église de Sainte Croix, accessible via le narthex aujourd'hui détruit. En entrant dans ce lieu, on est frappé et enchanté par les compositions sublimes et la vivacité des couleurs de la magnifique structure en mosaïque, faite de pâte de verre, probablement le travail de travailleurs d'origines différentes, depuis le volume réaliste des figures de San Lorenzo , dans la lunette arrière, et du Bon Pasteur, au-dessus de l'entrée du sacellum, ramènent à un style plus romano-occidental qu'aux figures hiératiques et volumes imaginaires du style byzantin-oriental. Le dôme est dominé par la croix dans une voûte d'étoiles de taille décroissante vers le haut, qui forment un tourbillon sur fond bleu, selon un schéma qui se poursuivra tout au long du Moyen Âge et au-delà. La représentation du ciel nocturne se poursuit sans interruption vers les quatre panaches, où le tétramorphe est représenté: les symboles représentés ici se trouvent dans le Livre d'Ézéchiel (1, 10; 1, 26) et dans l' Apocalypse de Jean (chap.4). ). Les lunettes du dôme présentent des paires d'apôtres, les bras levés en adoration vers le centre idéal du bâtiment, la croix. Parmi les apôtres, saint Pierre et saint Paul se distinguent. Les colombes, sur la pelouse des apôtres, symbolisent les âmes devant la source de la grâce divine. Au centre il y a des fenêtres, couvertes de plaques translucides d'albâtre, et la lumière, comme dans tout l'art de Ravenne, joue le rôle symbolique de la présence de Dieu. Dans la lunette au-dessus de l'entrée il y a une représentation du Bon Pasteur et du ses doux moutons; c'est l'un des premiers témoignages de cette figure dans un décor monumental, puisqu'elle n'était très présente que dans les catacombes. Dans la lunette opposée, cependant, il y a l'image de San Lorenzo; mais il y a une autre hypothèse, qui considère la possibilité que Saint-Laurent soit, en réalité, le Christ lui-même, peigné dans le style syrien, qui indique les quatre évangiles comme symbole de la vérité, tandis que les livres hérétiques brûlent sur le gril, un danger pour le salut des âmes et pour l'intégrité des enseignements de l'Église. Galla Placida savait que l'existence même de l'Église peut être compromise par des idées et des mensonges déformés; son œuvre d'une clarté sage demeure pour les femmes et les hommes de notre temps si confus et plongés dans des mensonges à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, phare de la raison et de la foi.

 

La tradition orale sur le mausolée de Galla Placidia est rapportée par Agnello Ravennate, prêtre et historien, dans son Liber pontificalis ecclesiae ravennatis. Selon les études réalisées sur le mausolée, le bâtiment a été annexé à l'église de la Sainte Croix, accessible par le narthex maintenant détruit. En pénétrant dans ce lieu, on est frappé et enchanté par les compositions sublimes et les couleurs vives des magnifiques mosaïques, réalisées en pâte de verre, probablement l'œuvre d'ouvriers de différentes origines, puisque les volumes réalistes des figures de Saint Laurent, dans la lunette du fond, et du Bon Pasteur, sur l'entrée de la Chapelle, renvoient à un style plus romain-occidental que les figures hiératiques et les volumes imaginaires du style byzantin-oriental. Le dôme est dominé par la Croix dans une voûte d'étoiles de taille décroissante vers le haut, qui forment un tourbillon sur un fond bleu, selon un modèle qui se poursuivra tout au long du Moyen Âge et au-delà. La représentation du ciel nocturne se poursuit de manière fluide vers les quatre pendentifs, où le tétramorphe est représenté : les symboles représentés ici se trouvent dans le livre d'Ézéchiel (1, 10 ; 1, 26) et dans l'Apocalypse de Jean (ch. 4). Les lunettes du dôme représentent des paires d'apôtres, les bras levés en adoration vers le centre idéal de l'édifice, la Croix. Saint Pierre et Saint Paul se distinguent parmi les Apôtres. Les colombes, sur la pelouse chez les Apôtres, symbolisent les âmes devant la source de la grâce divine. Au centre se trouvent les fenêtres, recouvertes de plaques d'albâtre translucide, et la lumière, comme dans tout art à Ravenne, joue le rôle symbolique de la présence de Dieu. Dans la lunette au-dessus de l'entrée, il y a une représentation du Bon Pasteur et de ses doux moutons ; c'est l'un des premiers témoignages de cette figure dans le site monumental, puisqu'elle n'était très présente que dans les catacombes. Dans la lunette opposée, en revanche, on trouverait l'image de Saint Laurent ; mais il existe une autre hypothèse, qui envisage la possibilité que Saint Laurent soit, en réalité, le Christ lui-même, coiffé à la syrienne, qui indique les quatre Évangiles comme symbole de la Vérité, tandis que les livres hérétiques brûlent sur le gril, un danger pour le salut des âmes et pour l'intégrité des enseignements de l'Église. Galla Placida savait que l'existence même de l'Église peut être minée par des idées déformées et des mensonges; son œuvre d'une sage clarté reste pour les femmes et les hommes d'aujourd'hui si confus et plongés dans des mensonges à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, comme un phare de la raison et de la foi.

Le Bon Pasteur, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Bon Pasteur, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Martyre de Saint-Laurent, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Martyre de Saint-Laurent, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

 Colombes s'abreuvant, symbole du baptême, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Colombes s'abreuvant, symbole du baptême, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Mausolée de Galla Placidia, Coupole centrale, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Mausolée de Galla Placidia, Coupole centrale, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:46
https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

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Née en 1412 dans une famille de paysans aisés du Barrois mouvant, elle est fille des frontières et de la guerre. Depuis que Charles VI a été atteint de folie, les grands féodaux n’ont cessé de se déchirer. Les Anglais en ont profité pour envahir le royaume et se sont entendus avec le duc de Bourgogne pour déshériter le dauphin de ses droits à la couronne. Réfugié à Bourges, Charles VII n’est pas le roi « paresseux et endormi au sein de la belle Agnès » que dépeindront les historiographes des Bourbons, mais quoi qu’il entreprenne, il va de défaite en défaite. Il commence même à douter de sa légitimité. Les Anglais font en effet courir le bruit que sa mère, Isabeau de Bavière, étant une débauchée, il ne serait pas le fils de son père. En octobre 1428, Orléans est assiégée. Si les Anglais prennent la ville, rien ne les empêchera plus de franchir la Loire et lui qu’on n’appelle déjà plus que « le roi de Bourges » devra se réfugier en Écosse ou en Espagne. C’est alors que Jeanne surgit comme un météore.

 

À l’âge de 13 ans, elle a entendu une voix dans le jardin de son père : Dieu l’a choisie pour sauver le royaume. Il faut qu’elle lève une armée et se porte au secours du roi. Après avoir attendu quatre ans – cette mission lui semblait tellement inouïe -, elle part à Vaucouleurs puis à Chinon pour convaincre Charles VII :

 

Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils de roi, et il m’a envoyée à toi pour te conduire à Reims pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration si tu le veux.

 

Jeanne d’Arc incarne l’union maximale du ciel et de la terre, tant au niveau personnel que collectif. Rien n’est plus naturel en elle que le surnaturel, ni de plus enraciné que sa foi. Chacun de ses actes semble ramener le monde à quelque chose de l’unité de ses origines, et sa mission de libérer sa patrie et de faire sacrer son roi répond au même impératif d’unité. La patrie est à ses yeux le chemin le plus naturel pour rejoindre Dieu par la société de ses pères et la médiation de son roi.

 

Par-delà la levée du siège d’Orléans et le sacre de Reims, sa mission était de faire advenir le Royaume. Le Royaume céleste dans le Royaume terrestre, l’un dans l’autre et l’un par l’autre. Sachant que le Royaume de Dieu ne sera jamais totalement de ce monde, sa mort sur le bûcher, comme celle du Christ en croix, étant là pour nous le rappeler.

 

Jeanne nous montre comment reprendre notre destin en main. En remettant Dieu au cœur de nos vies. Pour elle, Dieu seul rend libre, et défendre les droits de Dieu sur terre est le meilleur moyen de défendre les droits de l’homme. C’est parce qu’elle avait Dieu pour seul maître qu’elle a pu démasquer les idéologies de son temps et défier tous les puissants pour libérer son pays. Parce qu’elle n’avait accordé sa foi qu’à Dieu qu’elle a pu justifier son droit de s’échapper de prison. Et parce qu’il devait être « premier servi » qu’elle a trouvé la force de préférer la liberté dans la mort plutôt que la soumission.

 

 

Jeanne d’Arc, sur la terre comme au ciel, Pauline de Préval, presses de la Renaissance, mars 2020.

 

Source: Aleteia

*****

Edit. du dimanche 31 mai 2020. Une lectrice me fait observer non sans raison : "Quel contresens de vouloir lier la mission de Jehanne à La Défense des droits de l'homme ! C'est un anachronisme grossier et un contre sens. La religion de Jehanne est catholique et non droitdelhommiste".

 

Compte tenu de l'impasse philosophique et spirituelle de la déclaration des droits de l'homme de 1789, pour contrebalancer la vision étroite de cet article simplement rattaché aux droits de l'homme, on peut lire "Les saints de sainte Jehanne d’Arc" par le Révérend Père Joseph – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020, et surtout répéter les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d'Arc, le 13 décembre 1908 : 

"Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 09:53

L'épisode récent de maintien par les gouvernements de l’interdiction du culte public après la fin du confinement - ce qu'en France le Conseil d’État vient de juger illégal - a montré que la laïcité entendue comme la distinction des pouvoirs temporel et spirituel a été méprisée par des gouvernements occidentaux tentés par un monisme du pouvoir, que l'on n'avait pas vu depuis le fascisme italien. "De ce point de vue, la menace totalitaire est autant devant nous que derrière nous."

Une occasion pour l'Eglise de jouer son rôle et de "regagner, en servant ainsi le vrai bien commun, le crédit qu’elle semble avoir perdu auprès des peuples d’Occident" :

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/benoit-schmitz-l-eclipse-du-pouvoir-spirituel-et-le-sort-des-libertes-publiques-20200519

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/benoit-schmitz-l-eclipse-du-pouvoir-spirituel-et-le-sort-des-libertes-publiques-20200519

De Benoît Schmitz, historien, sur le Figaro Vox :

 

L'éclipse du pouvoir spirituel et le sort des libertés publiques

 

19 mai 2020

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - L’historien replace la question de l’autorisation du culte public dans la longue histoire des relations entre l’Église et l’État dans les pays occidentaux. Benoît Schmitz est normalien, agrégé d’histoire et ancien membre de l’École française de Rome. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2013, porte sur «Le Pouvoir des clefs au XVIe siècle. La suprématie pontificale et son exercice face aux contestations religieuses et politiques». Dans ses recherches, il s’est intéressé au rôle joué par la papauté dans l’Europe du XVIe siècle en examinant l’usage qu’elle fit du pouvoir d’excommunier et de déposer les princes.

 

Le maintien par le gouvernement de l’interdiction du culte public après la fin du confinement, que le Conseil d’État vient de juger illégal, a suscité de nombreuses protestations de la part des autorités ecclésiastiques et des fidèles catholiques. Mais, même s’il y eut quelques exceptions - certains évêques relevant, en substance, que l’Église n’est pas soumise à l’État dans les choses spirituelles, qu’«il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Actes des Apôtres 5, 29) et que le gouvernement s’inspire, dans ses autorisations et prohibitions, d’une anthropologie pour le moins réductionniste -, la ligne dominante, exprimée par la Conférence des évêques de France et son président, ne s’en est pas moins cristallisée très rapidement en un appel à l’apaisement et à l’obéissance au pouvoir civil. Certes, beaucoup de bonnes raisons justifiaient la plus grande prudence: la nocivité d’un virus encore mal connu, l’incurie des autorités publiques, la fragilité d’une société d’autant plus exposée au mal qu’elle se croyait devenue invulnérable aux épidémies, une opinion publique tenaillée par la peur et acquise au sacrifice de certaines libertés pourvu que l’État protégeât les citoyens de la mort, tout invitait sans doute à poursuivre loyalement l’effort national pour endiguer la propagation de la maladie.

 

Les arguments qui ont été avancés mais aussi ceux qui ont été passés sous silence ne laissent toutefois pas de surprendre l’historien qui étudie, dans la longue durée, les relations entre l’Église et l’État. En premier lieu, la communication officielle des instances ecclésiales a mis l’accent sur la blessure que le mépris du gouvernement aurait infligée aux croyants. Selon une pente propre au catholicisme contemporain, enclin au sentimentalisme, les décisions du pouvoir n’ont pas été considérées politiquement et juridiquement, mais affectivement, comme si l’Église devait, comme d’autres groupes et minorités, voir d’abord en l’État une sorte de mère dont il faudrait rechercher désespérément la reconnaissance et l’approbation. De surcroît, une bonne part des réactions épiscopales semble avoir été dictée par le refus de tout conflit avec le pouvoir civil. Aucune condamnation formelle de l’atteinte portée à la liberté de l’Église n’a été prononcée, ce qui pouvait se faire même sans appeler les fidèles à la désobéissance civile. Les voies de recours qu’autorise le droit positif et que viennent de suivre avec succès certaines associations de prêtres ou de citoyens, ainsi qu’un parti politique, n’ont pas même été tentées par les évêques. Enfin, si on a rappelé, à juste titre, la tradition chrétienne de soumission aux pouvoirs publics, on a mis sous le boisseau la doctrine tout aussi chrétienne qui fixe de justes limites au pouvoir de l’État et distingue le pouvoir spirituel du pouvoir temporel.

 

La chose est encore plus saisissante en Italie car ce dualisme y est incorporé à l’ordre constitutionnel, l’article 7 de la Constitution de 1947, élaborée sur les décombres du totalitarisme fasciste, précisant que «l’État et l’Église catholique sont, chacun dans son ordre propre, indépendants et souverains». Le principe a été réaffirmé par l’article 1 du concordat de 1984 entre le Saint-Siège et la République italienne. Sa portée est nettement indiquée par l’article 2: «est garantie à l’Église la liberté […] d’exercice public du culte». Le gouvernement italien n’en a pas moins suspendu par décret-loi les cérémonies religieuses. Le déconfinement venu, le pouvoir civil a décidé de maintenir l’interdiction, ce qui a conduit la Conférence épiscopale italienne, jusque-là très conciliante avec le président du Conseil, Giuseppe Conte, à émettre une vive protestation, le 26 avril 2020. Deux jours plus tard, lors de sa messe, le pape François a formulé une intention de prière demandant «la grâce de la prudence et de l’obéissance aux dispositions», qui a sonné comme un désaveu et un appel à se soumettre au pouvoir civil, y compris dans les matières spirituelles.

 

La crise sanitaire agit ici à la manière d’un révélateur de mutations déjà advenues mais restées inaperçues, soit qu’on vive encore sur des catégories devenues inopérantes, soit qu’on ne conçoive même plus l’ancien dualisme qui organisait la répartition des pouvoirs entre l’Église et l’État. Cet effacement du rapport dialectique entre la puissance temporelle et la puissance religieuse - ou de ce qu’on appelle parfois la question théologico-politique - s’explique d’abord par la suspicion dans laquelle le catholicisme contemporain tient la notion même de pouvoir spirituel. Dans un article de 1993, Pierre Manent en avait déjà fait le constat: l’Église «cesse de se présenter comme le gouvernement le plus nécessaire et le plus salutaire […] ; elle se fait simplement le critique de tous les gouvernements, y compris de ce que fut au long des siècles le gouvernement de l’Église ; elle se fait “belle âme” collective, se présentant aux hommes comme “porteuse d’idéaux et de valeurs”». La promotion d’un christianisme évidé de toute prétention au pouvoir se nourrit du contre-modèle que serait «l’ère constantinienne», durant laquelle l’Église se serait compromise avec les puissances de cette terre, au point d’être, selon les moments, ou toute-puissante, ou captive. Or ce récit méconnaît le dédoublement du pouvoir qui fut le grand apport du christianisme et la principale cible de la philosophie politique moderne: de Machiavel à Rousseau, en passant par Spinoza et Hobbes, l’Église fut accusée d’avoir semé le désordre en brisant la nécessaire unité du pouvoir et d’avoir plongé les hommes dans les affres d’une double allégeance. L’histoire de l’Occident est d’abord celle de la lutte opposant l’Église et l’État pour le monopole du pouvoir et de son heureux effet, les deux pouvoirs se bornant l’un l’autre et mettant, par leur conflit même, la liberté des hommes à l’abri de la tentation de la toute-puissance, qu’elle soit temporelle ou spirituelle. Fénelon a résumé la chose d’une formule tranchante: «l’Église peut excommunier le prince, et le prince peut faire mourir le pasteur».

 

[...] 

 

Dans un ultime article, paru de manière posthume en 2017, le grand historien italien Paolo Prodi (1932-2016) a rappelé avec force ce que l’Occident doit à la distinction et à la dialectique des pouvoirs spirituel et temporel et s’est inquiété du vide laissé par l’écroulement des piliers soutenant l’édifice occidental. Avec le dualisme chrétien s’estompe ce qui avait longtemps évité à l’Europe la pétrification du pouvoir et posé, à chaque conscience, le problème de la légitimité du commandement et de l’obéissance. Se raccrocher au rationalisme des Lumières et à l’État de droit conçu selon les canons du constitutionnalisme moderne est, aux yeux de Prodi, une réponse illusoire. Il y a en effet beaucoup de naïveté à croire que la raison peut s’instituer ellemême et qu’elle peut se passer d’une référence extérieure. Comme l’a montré Alain Supiot, à la suite de Pierre Legendre, les sociétés humaines et leurs ordres juridiques ont des fondements dogmatiques. L’autonomie des hommes ne se déploie que sur le fond d’une hétéronomie fondatrice. Refuser par principe toute transcendance, toute possibilité d’un pouvoir spirituel référé à une instance tierce, garante de ce qui fait en l’homme l’humain, c’est ouvrir la voie à un système autoréférentiel où le bien commun disparaît au profit d’idéologies scientistes faisant du pouvoir et du droit de simples instruments de domination.

 

De ce point de vue, la menace totalitaire est autant devant nous que derrière nous. Avec une grande lucidité et un réel courage civique par ces temps de psychose, des esprits aussi divers que Pierre Manent, Joshua Mitchell, Maxime Tandonnet, Jean-Philippe Vincent, Renaud Girard, Giorgio Agamben, François Sureau, Jean Quatremer et bien d’autres encore ont relevé les abus de pouvoir auxquels s’est livré l’État en imposant «le confinement général sous surveillance policière»* (Pierre Manent). Face à une pandémie comme face à d’autres menaces pressantes, il peut être légitime d’instituer une forme de dictature (provisoire et limitée), restreignant l’exercice des libertés: l’état d’exception reste alors dans le cadre de l’État de droit. Mais la tentation est grande de basculer dans une tyrannie (permanente et illimitée), qui, au nom de la protection contre la mort et de la préservation de la «vie nue» (Giorgio Agamben), s’arroge le droit de suspendre les libertés publiques, de définir, pour chacune de nos existences et au nom d’un matérialisme d’État, le nécessaire et le superflu (c’est bien ce qui est en cause dans l’interdiction des cultes), et qui finit par ne plus viser qu’un seul bien (une santé physique elle-même conçue, de manière atrophiée, comme la simple survie à la Covid19, et évaluée à la seule aune du nombre, en baisse ou en hausse, des morts de cette maladie) au détriment de tous les autres biens qui entrent dans la composition de la vie bonne et du bien commun. Nul besoin d’imputer un noir dessein au gouvernement, ou de divaguer sur les complots que fomenteraient des forces occultes: l’État ne fait que céder au courant dominant d’une société tétanisée par le spectre de la mort et prête à échanger ses libertés fondamentales contre son soulagement.

 

Tocqueville nous avait mis en garde (De la démocratie en Amérique, 2e t., 1840): «Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs». «Plus étendu et plus doux» que les anciennes tyrannies, le despotisme des temps démocratiques dégrade «les hommes sans les tourmenter»: «le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse». Réduits en cette servitude émolliente, les citoyens «perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux mêmes» et «tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité». Le conformisme se répand par «une sorte de pression immense de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun».

 

Les régimes démocratiques laissent certes une part à la liberté ; dans les régimes totalitaires, les tendances despotiques ont libre cours. Mais, là encore, celles-ci ont leur siège dans les désirs et le consentement du peuple. «Si le totalitarisme consistait en la persécution d’une nation innocente par une poignée de tyrans, écrit le sinologue Simon Leys, qui fut parmi les premiers à dénoncer l’imposture de la Révolution culturelle, il devrait être relativement facile d’en venir à bout. En réalité, l’exceptionnelle force de résistance que possède le système résulte précisément de ce qu’il a réussi à associer les victimes elles-mêmes à l’organisation et à la gestion de la terreur ; il les a fait participer à ses crimes, il en a fait des collaborateurs et des complices actifs des bourreaux. En conséquence, les victimes finissent par avoir ellesmêmes intérêt à préserver le régime qui les torture et les écrase». En février 1974, à la veille d’être banni de l’Union soviétique, Soljénitsyne écrivait: «Ce n’est pas de leur faute à eux, c’est de la nôtre, de la nôtre SEULEMENT!». «Nous sommes si irrémédiablement déshumanisés que, pour toucher notre modeste ration de nourriture aujourd’hui, nous sommes prêts à sacrifier tous nos principes, notre âme, tous les efforts de nos ancêtres, toutes les espérances de nos descendants, tout, pourvu qu’on ne touche pas à notre chétive existence». «Et c’est là justement que se trouve, négligée par nous, mais si simple, si accessible, la clef de notre libération: LE REFUS DE PARTICIPER PERSONNELLEMENT AU MENSONGE!».

 

Face aux formes contemporaines de tyrannie, il serait périlleux de ne compter, pour sauvegarder les libertés publiques, que sur les garanties constitutionnelles et les décisions du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, même s’il est heureux pour notre République que ces juridictions aient rendu, en ce temps de déconfinement, plusieurs décisions au rebours des mesures abusives du gouvernement. La résistance aux velléités totalitaires de l’État et de la société dépend d’abord du courage civique et de l’intelligence politique de chaque citoyen.

 

C’est là que nous retrouvons le pouvoir spirituel et ce qu’il peut représenter pour chacun de nous, croyant ou non. Le dualisme propre à la tradition occidentale établit que le pouvoir temporel n’est pas le seul pouvoir. La faculté de dire non, de refuser son consentement et sa participation, à un État dévoyé peut trouver un puissant renfort dans le pouvoir de l’Église. En 1978, le futur Benoît XVI avait exposé l’alternative fondamentale: «ou bien […] on attribue à l’État le pouvoir séculier unique et tout-puissant, ou bien, selon la solution romaine, on érige la papauté en vis-à-vis, à la fois impuissant et puissant, du pouvoir séculier». Dans la seconde hypothèse, le pouvoir pontifical est un signe de contradiction, «une opposition explicite au pouvoir du monde comme pouvoir unique».

 

Sans doute vivons-nous un moment d’éclipse du pouvoir spirituel. Mais le propre d’une éclipse est de ne pas durer. Déjà, des pasteurs se sont élevés pour défendre la liberté de culte et, avec elle, les autres libertés publiques. Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban, a par exemple publié le 11 mai 2020 une lettre pastorale où il dénonce «l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe», rappelle que la loi civile injuste n’oblige pas, s’inquiète «d’une atteinte aux droits humains fondamentaux qui pourrait entraîner d’autres dérives» et invite ses diocésains à «vivre librement [leur] foi». Encouragés par l’ordonnance du Conseil d’État, d’autres suivront. Et, qui sait? Peut-être l’Église pourrait-elle regagner, en servant ainsi le vrai bien commun, le crédit qu’elle semble avoir perdu auprès des peuples d’Occident.

 

 

Source: Le Figaro / Belgicatho

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 16:05
https://www.catholicworldreport.com/2020/05/15/recalling-the-glory-of-st-joan-of-arc-on-the-100th-anniversary-of-her-canonization/

https://www.catholicworldreport.com/2020/05/15/recalling-the-glory-of-st-joan-of-arc-on-the-100th-anniversary-of-her-canonization/

Catholic World Report -15 mai 2020 Père Seán Connolly

 

Le 16 mai 2020, c'est le 100e anniversaire de la canonisation de sainte Jeanne d'Arc, l'une des figures les plus inspirantes et énigmatiques de l'histoire de l'Église. Le "père de la littérature américaine", Mark Twain, a écrit sur elle un ouvrage majeur qu'il considérait comme son livre le plus important et le meilleur. "Elle est facilement et de loin", a-t-il dit à propos de la sainte, "la personne la plus extraordinaire que la race humaine ait jamais produite." Le révolutionnaire hongrois Louis Kossuth a expliqué succinctement pourquoi on pourrait être d'accord avec Twain: "Considérez cette distinction unique et imposante. Depuis le début de l'écriture de l'histoire humaine, Jeanne d'Arc est la seule personne, de l'un ou l'autre sexe, à avoir jamais exercé le commandement suprême des forces militaires d'une nation à l'âge de dix-sept ans."

La fille du fermier du petit village de Domrémy est devenue célèbre dans toute l'Europe comme la sauveuse d'une nation avant d'être capturée, condamnée et brûlée sur le bûcher. Sa rééducation a été rapide. À sa mort, l'un des secrétaires du roi Henry a déploré: "Nous sommes perdus; nous avons brûlé une sainte!" Tout le monde a reconnu qu'il y avait quelque chose de spécial en elle, que Dieu travaillait en elle et par elle. Sinon, comment une simple adolescente aurait-elle pu inverser le cours de l'histoire? Tout le monde a également reconnu que la cour ecclésiastique qui la condamna était corrompue et contrôlée par les ennemis de sa nation.

Malgré cette parodie, nous devons être comme Jeanne et ne jamais perdre confiance dans le mandat divin détenu par l'Église. "À propos de Jésus-Christ et de l'Église", a-t-elle dit, "je sais simplement que ce n'est qu'une chose." Des appels ont été interjetés pour un réexamen formel de l'affaire portée contre elle. Le pape Callistus III n'a pas tardé à favoriser ces pétitions et a nommé une commission pour étudier la question. Leur verdict fut accepté par le pape en 1456 qui déclara nul et non avenu le simulacre de procès contre Jeanne. Cette longue procédure a rassemblé les preuves des témoins et les opinions des théologiens, qui ont jeté les bases de sa cause de canonisation. La dévotion à Jeanne a continué de croître, en particulier parmi les soldats, et au fil des ans, des pièces de théâtre reconstituant sa vie et ses victoires sur le champ de bataille sont devenues un incontournable de certaines fêtes françaises. Enfin, ce jour-là en 1920, le pape Benoît XV l'a élevée sur les hauteurs de l'autel en tant que sainte.

Cet anniversaire est une bonne occasion de renouveler notre intérêt pour Jeanne d'Arc et les leçons importantes que nous pouvons tirer de sa vie courte mais percutante.

Lorsque Jeanne naquit en 1412, la guerre de Cent Ans entre l'Angleterre et la France faisait rage depuis 75 ans. Le conflit commença en 1337, lorsque le roi Édouard III d'Angleterre, dont la mère était une princesse française, se déclara le souverain légitime de la France. Cependant, il y avait déjà un roi français sur le trône. Les batailles sur les prétentions rivales au trône de France se poursuivraient et ne s'éteindraient qu'en 1453. Dans la petite enfance de Jeanne, l'Angleterre prit un avantage décisif dans le conflit.

Au milieu de sa guerre avec l'Angleterre, la France était également plongée dans sa propre guerre civile. Connu dans l'histoire par le surnom de "Charles le fou", le roi Charles VI était faible et souffrit de crises de folie tout au long de son règne tumultueux. Il ne put pas maintenir la paix entre deux branches rivales de la famille royale, les maisons d'Orléans (dite faction Armagnac) et de la Bourgogne; ainsi, la guerre entre elles éclata. Désireux de capitaliser sur les divisions à l'intérieur de la France, le roi Henri V d'Angleterre lança une invasion massive du pays. La nouvelle période de domination de l'Angleterre dans la longue guerre vint avec sa victoire à la bataille d'Azincourt en 1415. Jeanne avait alors trois ans et son rival anglais contrôlait toute la Normandie. Cinq ans plus tard, traître à la cause de sa nation, la Maison de Bourgogne conclut une alliance avec l'Angleterre. Un roi Charles épuisé et démoralisé signa le traité de Troyes. Son fils, le Dauphin Charles VII, était déshérité de la couronne française et selon le traité, à sa mort, le roi Henri V d'Angleterre et ses héritiers deviendraient les rois de France.

Charles VII, dit "le Dauphin", et la maison d'Orléans ont rejeté ce traité. Ils continueraient à se battre et à ne pas vendre leur pays aux Anglais. Les chances étaient cependant contre eux. L'Angleterre et leur alliée la Maison de Bourgogne contrôlaient tout le nord de la France, y compris la ville la plus peuplée de Paris. Même lorsque Charles VII a réclamé le trône de France à la mort de son père en 1422, il n'a pas pu être correctement couronné car la ville de Reims, où les couronnements des nouveaux rois avaient lieu par tradition, était sous le contrôle anglais. Sa cour de fortune fut assemblée au sud de la Loire dans la ville de Bourges. Comme il s'agissait de l'un des rares domaines sous contrôle français, Charles VII était dénommé avec dénigrement le "roi de Bourges".

C'était son lot. C'était la situation désespérée dont il avait hérité. Sans espoir, il tergiverse dans sa petite cour sans faire aucun effort pour expulser les Anglais du nord de la France. Puis un jour, une adolescente fut autorisée à assister à une audience et prétendit être envoyée de Dieu pour voir son pays libéré et Charles couronné roi. C'était la fille du fermier de Domrémy.

En 1425, alors que Jeanne avait 13 ans, sa ville natale fut attaquée par une bande de Bourguignons, qui dévasta le village et provoqua une terreur généralisée. Peu de temps après ce raid, Jeanne commença à entendre des voix. Ces manifestations surnaturelles ouvriraient la voie au reste de sa vie. Avec le temps, elle discerna que c'était les voix de Sts. Michael l'Archange, Catherine et Marguerite. Les saints ont fait connaître à Jeanne une mission spéciale que Dieu avait pour elle: elle devait sauver la France!

La réponse de Jeanne est la "matière" dont les saints sont faits. Elle n'a pas hésité. Elle ne doutait pas de Dieu avec la rationalisation facile qui, en tant que simple paysanne, ne pouvait rien faire pour son pays. Avec une simplicité enfantine, elle a accepté la Volonté de Dieu et avec la détermination de l'accomplir. Jeanne est un grand modèle d'action catholique.

Bien sûr, elle était aussi une mystique avec une séquence contemplative. En entendant les voix des saints, elle fit vœu de virginité, redoubla ses prières et s'appuya sur les grâces des sacrements de l'Église.

Dans un beau discours prononcé lors d'une audience générale du mercredi en 2011, le pape Benoît XVI avait ceci à dire sur la vie intérieure de la sainte et son engagement à l'action:

 

Nous savons par les propres mots de Jeanne que sa vie religieuse s'est développée comme une expérience mystique à partir de l'âge de 13 ans (PCon, I, p. 47-48). Par la "voix" de saint Michel Archange, Jeanne s'était sentie appelée par le Seigneur à intensifier sa vie chrétienne et aussi à s'engager au premier titre pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son "oui", a été son vœu de virginité, avec un nouvel engagement pour la vie sacramentelle et la prière: participation quotidienne à la messe, confessions et communions fréquentes et longues périodes de prière silencieuse devant le Crucifié ou l'image de Notre Dame.

 

La compassion et le dévouement de la jeune paysanne française face aux souffrances de son peuple furent intensifiés par sa relation mystique avec Dieu. L'un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune femme était précisément ce lien entre expérience mystique et mission politique.

 

 

La mission de Jeanne a commencé en 1429. Le roi Henri V et le roi Charles VI étaient morts; Henri VI était le roi de France. D'un autre côté, Charles VII (dit "le Dauphin") se considérait comme le roi de France légitime mais sans couronne. Il languit toujours dans sa cour de fortune et itinérante au sud de Paris. Jeanne savait qu'elle devait le rejoindre pour pouvoir commencer à diriger l'armée française.

De toute évidence, une adolescente souhaitant rencontrer le roi de France afin qu'elle puisse diriger son armée semblait ridicule. Par la seule force de sa volonté et la sincérité avec laquelle elle parlait, cependant, Jeanne réussit à gagner une audience alors que Charles et sa cour étaient dans un château à Chinon. Leur rencontre est l'une des anecdotes les plus célèbres de la vie des saints.

Connaissant à l'avance ces étranges affirmations, Charles voulut tester l'authenticité de Jeanne. Quand Jeanne fut autorisée à entrer dans la salle du château où la cour était réunie, Charles fut caché parmi ses courtisans habillés comme un noble ordinaire. Jeanne ignora l'homme déguisé en roi assis à la place d'honneur au centre de la salle et alla droit vers le vrai roi et s'agenouilla à ses pieds. Cela impressionna tout le monde. Alors que Jeanne commença à parler, ils ne furent que plus impressionnés et touchés par sa confiance.

Charles avait Jeanne interviewé par un panel de théologiens à Poitiers. Ils croyaient que sa mission de Dieu était authentique. Avec cela, dans une décision qui est trop étrange pour la fiction, Charles envoya Jeanne sur le champ de bataille avec un étendard spécial fait pour elle qui portait les saints noms de Notre-Seigneur et Dame: "Jésus: Marie." Elle a été envoyée là-bas pour diriger.

 

 

La présence de Jeanne fit des merveilles dans l’armée. Les soldats devinrent plus disciplinés et avaient cessé de jurer. Ils l'appelaient affectueusement La Pucelle, c'est-à-dire vierge. Avec la Pucelle au combat, les soldats français commencèrent à remporter victoire sur victoire. La présence de Jeanne changea complètement le cours de la guerre en faveur de la France, et avec lui le cours de l'histoire.

 

Lire : Jeanne d'Arc, héroïne du Christ Roi : Délivrance d'Orléans. - Bataille de Patay. - Sacre de Charles VII (Par Théophile Lavallée)

 

Jeanne voulut d'abord venir en aide à la ville assiégée d'Orléans. C'était une grande ville pour l'époque, avec une population de 30 000 habitants. Les Anglais l'avaient complètement encerclée et coupée de vivres. Elle était très près de tomber entre leurs mains. L'arrivée de Jeanne stimula fortement le moral de la ville. Avant de s'engager dans la bataille, Jeanne fit d'abord appel au roi anglais pour la paix. Lorsqu'elle fut rejetée, elle exhorta les soldats français à avancer sur les forts anglais environnants. Plus qu'une simple figure de proue, Jeanne prit en charge les combats. Elle se précipita au combat et fut même blessée par une flèche. Étonnamment, le siège anglais fut levé et tous les forts environnants capturés.

Les voix des saints avaient dit à Jeanne que d'autres victoires suivraient mais qu'elle ne durerait pas longtemps. Imperturbable, elle appela à une nouvelle campagne et remporta une victoire décisive à Patay. Sur ce, elle a fit pression pour le couronnement immédiat du Dauphin. La cérémonie par tradition devait avoir lieu dans la ville de Reims. Un couronnement serait une déclaration puissante à l'Angleterre et aux Bourguignons que la France n'accepterait jamais un roi étranger. La résilience retrouvée de l'armée française contraint Troyes à se rendre. Ce dernier obstacle sur le chemin de Reims disparu, Charles VII fut solennellement couronné roi de France dans la cathédrale de la ville le 17 juillet 1429. Jeanne se tint à ses côtés avec son étendard à la main. De cette réalisation, Benoît XVI déclara: "La libération de son peuple a été une œuvre de justice humaine que Jeanne a accomplie dans la charité, par amour pour Jésus. Sa sainteté est un bel exemple pour les laïcs engagés dans la politique, en particulier dans les situations les plus difficiles."

Ce grand événement a accompli la mission que Dieu lui avait confiée. Mais comme les voix des saints lui ont fait connaître, elle ne durerait pas beaucoup plus longtemps. Malgré cela, Jeanne continua le combat.

Avec beaucoup d'audace, elle marcha sur Paris. Le roi Charles avait promis d'être présent avec des troupes supplémentaires, mais ne s'est pas montré. Au dernier moment, il aura probablement jugé une attaque contre la ville trop dangereuse. Les Français ne purent pas prendre la ville et Jeanne fut blessée dans les combats et dût être traînée en lieu sûr. Après son rétablissement, elle se rallia à la défense de Compiègne assiégée par les Bourguignons. Là, elle fut capturée et détenue comme prisonnière du duc de Bourgogne. L'ingratitude du roi Charles fit qu'il ne tenta rien pour garantir sa liberté. Le duc l'a vendit à l'ennemi anglais, qui organisa un procès pour la condamner comme hérétique et sorcière.

Bien sûr, les clercs qui dirigeaient le procès étaient politiquement opposés à Jeanne et s'étaient fait une opinion à son sujet avant même que la procédure ne commença. Benoît XVI décrit le procès comme "… une page pénible dans l'histoire de la sainteté et aussi une page éclairante sur le mystère de l'Église qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est 'à la fois sainte et toujours appelée à se purifier' (Lumen Gentium, n. 8)."

La procédure extrêmement injuste l'a conduisit à être brûlée sur le bûcher de la place du marché de Rouen le matin du 30 mai 1431. Jeanne, depuis son enfance, est consacrée au Saint Nom. Alors que les flammes la consumaient, elle fut entendue de tous invoquant le Nom de Jésus. Avec le Saint Nom sur ses lèvres, la Pucelle rendit son âme. Elle avait 19 ans.

"Chers frères et sœurs", a déclaré Benoît XVI en 2011, "le Nom de Jésus, invoqué par notre sainte jusqu'aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme la respiration continue de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie… avec son témoignage lumineux, Sainte Jeanne d'Arc nous invite à un haut niveau de vie chrétienne: faire de la prière le fil conducteur de nos jours; avoir pleinement confiance dans l'accomplissement de la Divine Volonté, quelle qu'elle soit; vivre la charité sans favoritisme, sans limites et en tirant, comme elle, de l'Amour de Jésus un amour profond pour l'Église. »

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 12:20
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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 16:11

Nous fêtons le centenaire de la canonisation de sainte Jeanne d'Arc. A cette occasion de traditionnelles fêtes johanniques à Orléans devaient se tenir du 26 avril au 17 mai, à Domremy, le 10 mai, et à Rouen le 17 mai. Mais le confinement général décidé par le gouvernement (le déconfinement pas prévu avant le 11 mai), supprime ces festivités. 

Voici en ces temps la narration de la délivrance d'Orléans, par l'historien Théophile Lavallée :

(Extrait de Théophile Lavallée, Histoire des Français, Depuis les temps des gaulois jusqu'à nos jours, tome deuxième, Les Valois, J. Hetzel, Libraire-éditeur, Charpentier Libraire-éditeur, Paris 1844, pp. 117-129)

 

 

Jeanne d'Arc  -Délivrance d'Orléans - Bataille de Patay - Sacre de Charles VII.

 

Au village de Domremy, dans le Barrois [1], vivait une jeune fille, nommée Jeanne d'Arc, née en 1409, de parents pauvres, vertueux et attachés au parti royaliste. Elle avait, disait-elle, depuis cinq ans, des visions dans lesquelles des saints lui ordonnaient d'aller délivrer Orléans et de mener le roi à Reims pour y être sacré. Dans l'opinion populaire, le roi était la personnification de la patrie; on le vénérait, on l'aimait; on le disait beau, doux, gracieux; on lui donnait toutes les vertus qu'il n'avait pas; on voulait le sauver malgré lui. Jeanne résumait en elle tous ces sentiments et ces idées du peuple Elle était belle, forte, simple, d'une piété exaltée, d'une vertu sans tache, ayant voué à Dieu sa virginité (1429, janvier).

 

Elle déclara sa mission à Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, qui d'abord la crut folle : "Il faut, lui dit-elle, que je soirs devers le roi avant la mi-carême, dussé-je user mes jambes jusqu'aux genoux pour y aller; car personne au monde, ni roi, ni ducs, ni aucun autre, ne peut relever le royaume de France; il n'y a de secours pour lui qu'en moi." Baudricourt finit par être touché de sa constance et de sa candeur. Deux gentilshommes crurent en elle : pleins de respect pour sa foi et sa vertu, ils offrirent de la mener au roi et de lui fournir un équipement d'homme d'armes. Malgré les larmes de ses parents, elle partit, en compagnie de son frère, des deux gentilshommes et de leurs serviteurs, au milieu des craintes et des bénédictions des habitants de Vaucouleurs. Il fallait faire cent cinquante lieues dans des provinces soumises à des Anglais, à travers mille bandes d'aventuriers qui couraient le pays; mais Jeanne ne craignait rien et elle arriva sans obstacle à Chinon (24 février). On la présenta au roi, qui lui fit subir de longues épreuves; mais les dégoûts, les répulsions, les moqueries de cette cour impie et débauchée ne firent rien sur elle; elle persista dans ses dires avec une simplicité pleine de sens. On ne cessa de la trouver ferme dans sa foi, pure dans ses moeurs, ardente pour sa mission : "Dieu a pitié de vous, dit-elle au roi, de votre royaume et de votre peuple. Et elle traita merveilleusement des manières de faire vider les Anglais hors du royaume, dont le roi et son conseil fust tout émerveillé;  car elle fut autant simple en toutes autres manières comme une pastourelle." [2] On la conduisit à Poitiers, où le parlement et l'Université siégeaient; théologiens et juristes l'interrogèrent, et furent étonnés de sa sagesse naïve : "ils ne trouvèrent en elle, disaient-ils, que humilité, virginité, dévotion, simplesse." [3] La surprise et l'admiration étaient universelles; la reine, la duchesse d'Alençon, toutes les femmes étaient en extase devant l'héroïne; les plus incrédules finissaient par se prosterner devant cette jeune fille si bonne et courageuse, si modeste et ardente. Tous ceux qui voyaient cette figure enthousiaste et gracieuse devenaient ses admirateurs; "et il n'y eut aucun qui l'eût ouïe qui ne dit en pleurant que c'étoit une créature de Dieu." [4] Elle ne s'attribuait aucun pouvoir miraculeux; mais elle ne doutait jamais de sa mission : "Mon fait, disait-elle, est un ministère." Saintement convaincue de l'avenir de notre belle patrie, elle disait simplement : "Je dois sauver la France." Après Dieu, la France était tout pour elle, ou plutôt elle confondait ces deux amours en un seul : guerroyer contre le saint royaume de France, disait(elle, c'est guerroyer contre le roi Jésus. [5]

 

La renommé de la Pucelle (c'est ainsi qu'elle se nommait elle-même) se répandit bientôt par tout le royaume; et le cœur de la France battit d'espoir et de confiance en Dieu. Le peuple se sentit renaître; il se reconnut dans Jeanne d'Arc, qu'il nommait "la Fille de Dieu, la fille au grand cœur;" [6] il n'eut plus que des regards et vœux pour elle. Ce fut l'opinion universelle dans le monde chrétien que la France, su rudement châtiée depuis cent ans, avait été regardée en pitié par le ciel, et que Jeanne allait faire des miracles. Les Anglais furent saisis de terreur; la confiance passe de leur camp dans celui des Français : que la Pucelle vînt du ciel ou de l'enfer, ils se crurent perdus. Orléans tressaillit de joie, et attendit la sainte fille.

 

On avait donné à Jeanne un état, c'est-à-dire une maison : un écuyer, deux pages, deux hérauts d'armes et un aumônier composaient cette maison, dont était chef Jean d'Authon, vieux gentilhomme et bon chevalier. Sa suite était de douze chevaux. Quant à elle, "elle étoit armée tout en blanc, une petite hache en sa main, montée sur un grand coursier noir, un gracieux page portant son étendard était ployé; son frère, tout armé comme elle, la suivoit." [7]

 

Son étendard était blanc, semé de fleur de lys, avec une figure du Christ et ces mots : "Jésus, Marie." Et elle portoit aussi gentiment son harnois que si elle n'eût fait autre chose tout le temps de sa vie." [8] On lui donna une petite armée qui devait faire entrer un convoi dans Orléans; l'amiral de Culant, le maréchal de Boussac, La Hire, etc., en faisaient partie. Après avoir remis un peu d'ordre et de dévotion dans cette troupe de soldats brutaux et licencieux, elle partit de Blois. Les Anglais, épouvantés à son approche, abandonnèrent leur bastide du midi et laissèrent passer le convoi; Jeanne renvoya sa troupe et entra seule dans Orléans (1429, 29 avril).

 

Jeanne entre à Orléans, Par J.-J. Scherrer, 1887.

 

 

Elle y fut reçue en triomphe : on se jetait à ses pieds, on baisait ses habits, on la regardait comme un ange de Dieu. Sa conduite ne se démentit pas : toujours pieuse et simple, courageuse et patiente, d'une pureté angélique au milieu des désordres de la guerre, humble, aimée et admirée de tous, même des chefs qui la conduisaient, car son affaire, à elle, c'était de se lancer dans la bataille, entraînant tout avec elle. La première à l'attaque, la dernière à la retraite, elle combattait avec humanité, écartant l'ennemi avec sang-froid de la lance ou de la hache. L'aspect du sang français la mettait hors d'elle-même : "Hélas ! disait-elle, jamais je n'ai vu le sang d'un Français sans que les cheveux se dressent sur ma tête." Les Anglais étaient pleins de troubles et de colère; en deux jours leurs bastides furent enlevées par Jeanne, qui reçut dans le combat deux blessures; le troisième jour, épouvantés du secours surnaturel qui rendait Orléans invincible, ils levèrent le siège en abandonnant leurs canons et leurs bagages, et se retirèrent à Jargeau et à Beaugency (8 mai).

 

La Pucelle alla à Tours, rendit compte de ses succès au roi et l'engagea à marcher sur Reims: dans son opinion comme dans celle du peuple, le sacre faisait la royauté, et elle n'appelait toujours Charles que le gentil dauphin : "Je ne durerai qu'un an, lui dit-elle; il me faut bien employer." Mais le voyage était difficile: il fallait traverser quatre-vingt lieues de pays occupé par les garnisons anglaises. On résolut de s'emparer des villes entre Loire et Seine, pour faciliter cette expédition aventureuse, faite sur la foi d'une pauvre fille. Quatre mille hommes commandés par le duc d'Alençon mirent le siège devant Jargeau. Richemont vint avec deux mille hommes pour se joindre à cette petite armée; malgré La Trémoille, qui voulait qu'on le combattit, il passa outre, arriva au camp français, et, par la médiation de Jeanne, obtint de rester. Jargeau fut prise d'assaut; la Pucelle y monta la première sur la brèche et fut encore blessée. Beaugency se rendit. Lord Talbot rassembla les garnisons anglaises et se mit en retraite sur Paris avec cinq à six mille hommes. La Pucelle fit décider qu'on marcherait sur lui et qu'on livrerait bataille. C'était une résolution hasardeuse, tant les Français étaient habitués à être vaincus; mais à la voix de Jeanne, ils se mirent à la poursuite des ennemis, les atteignirent à Patay, et se jetèrent sur eux avec fureur. Les Anglais furent mis en pleine déroute; deux mille cinq cents furent tués; Talbot resta prisonnier (1429, 18 juin). La bataille de Patay, bien que médiocre en elle-même, eut un grand retentissement : elle passa pour un miracle de Jeanne, qui décidément avait ramené la victoire dans les rangs français. Toutes les villes entre Seine et Loire se soulevèrent, et les débris des Anglais eurent grand'peine à gagner Corbeil.

 

Cette victoire ouvrait le chemin de Reims : les Anglais étaient terrifiés; Bedford, abandonné des Bourguignons, réduit à ses seules forces, voyait les villes du nord prêtes à se soulever; les gens du midi venaient en foule grossir l'armée royale. Mais Charles VII restait plongé dans l'inaction, et, conseillé par La Trémoille, qui ne voulait pas qu'il s'approchât de l'armée, il refusait de se mettre en marche. Jeanne vient à Gien et le supplia de se laisser conduire à Reims. Mais ce fut seulement quand Richemont et Culant eurent balayé d'ennemis le cours de la Loire, que, sur les instances réitérées de se serviteurs, et malgré La Trémoille, il se décida à partir. Toute sa noblesse l'accompagna : elle accourait en foule, ne voulant pas de solde; et plusieurs gentilshommes, qui "n'avoient de quoi s'armer, y alloient comme archers et coutilliers; car chacun avoit grande attente que par le moyen de Jeanne il adviendroit tout à coup beaucoup de biens au royaume de France." [9] Il n'y eut que le connétable à qui l'on fît défense de venir; il eut beau prier, disant qu'il ferait tout ce qu'il plairait au roi, "jusqu'à le baiser aux genoux;" Charles se souvenait de la mort de ses favoris: "J'aimerois mieux, dit-il, n'être sacré de ma vie que de l'être en sa présence." [10] Le connétable resta dans le Maine et l'Anjou à guerroyer contre les Anglais de la Normandie.

 

L'armée royale forte de douze mille hommes, se mit en marche (28 juin) à travers le pays ennemi, sans vivres, sans argent, sans retraite assurée; mais les Anglais, diminués de nombre par les défaites d'Orléans et de Patay, et inquiets du soulèvement des peuples, n'osèrent troubler sa marche. On arriva devant Troyes, qui se prépara à la résistance (9 juillet). L'armée royale, dénuée d'artillerie, était fort embarrassée, et l'on parlait déjà de retraite, quand la Pucelle promit de prendre la ville, et disposa tout pour l'assaut. A sa vue, les habitants de Troyes renvoyèrent leur garnison et se rendirent sous condition d'une amnistie complète. Enfin l'on arriva devant Reims : les habitants chassèrent leur garnison bourguignonne et ouvrirent leur portes. Le roi y entra en grande pompe, et, le lendemain, fut sacré. La Pucelle était près de l'autel, son étendard à la main; ses parents assistaient à son triomphe (17 juillet). Après la cérémonie, elle embrassa les genoux du roi et lui dit : "J'ai accompli ce que Dieu m'avoit commandé, qui étoit de lever le siège d'Orléans et de faire sacrer le gentil roi : je voudrois bien qu'il voulut me faire ramener auprès de mes père et mère à garder leurs brebis et bétail." Mais Charles et ses capitaines mettaient la plus haute importance à conserver l'héroïne qui excitait tant d'enthousiasme parmi leurs soldats : on refusa de la laisser partir. Dès lors elle n'eut plus la même foi en elle-même, et, en gardant toute son intrépidité, toute sa piété, tout son dévouement, elle se sentit inquiète et irrésolue.

 

Guerre de Charles dans le nord de la France - Attaque sur Paris - Retour du roi dans le Midi.

 

Bedford était dans une situation critique : au lieu de conquérir le midi, il ne songeait plus qu'à conserver le nord, qui remuait déjà à l'approche du roi, et d'où il tirait auparavant ses meilleurs soldats. Laon et Soissons avaient envoyé leur soumission à Charles; les bourgeois de Crécy, de Coulommiers, de Provins, de Château-Thierry, avaient chassé leurs garnisons. [...] A l'approche du roi, Compiègne et Beauvais se soumirent. Ces deux villes ouvraient le chemin de la Normandie : la Pucelle et Dunois pressèrent le roi d'enlever aux Anglais cette province, leur première conquête, le pays où leur puissance était la mieux établie, leur route vers l'Angleterre. Bedford, qui prévoyait déjà qu'il lui faudrait bientôt évacuer la France, voulait au moins conserver la Normandie : il s'avança jusqu'à Senlis pour fermer le chemin de Rouen à l'armée royale, et se retrancha dans une forte position. Les deux armées furent bientôt en présence et s'apprêtèrent à une grande bataille par de vives escarmouches; mais Charles, n'ayant pu attirer les Anglais en rase campagne, décampa et revint à Compiègne.

A l'approche du roi, plusieurs villes de la Normandie s'étaient soulevées; pendant que Bedford les ramenait à soumission, l'armée royale s'empara de Saint-Denis et menaça Paris. Les courtisans, qui voulaient éterniser la guerre, s'opposèrent à une attaque sur la capitale, où l'on n'avait pas des intelligences assez sûres. En effet, la ville, quoique lasse du joug des Anglais, n'était pas encore revenue de sa haine contre les Armagnacs, qui, disait-on, avaient résolu de la détruire de fond en comble; d'ailleurs, les chefs de la bourgeoisie et du parlement étaient de fougueux Bourguignons, qui avaient à craindre la vengeance des royalistes: ils excitèrent la populace à se bien défendre. [...] La Pucelle [...] emporta le boulevard; mais, blessée et arrêtée par le fossé, elle fut ramenée, malgré elle, en arrière par ses soldats (1429, 29 août).

Bedford arrivait en force; on décampa, et La Trémoille décida le roi à revenir sur la Loire: c'était, disait-il, pour favoriser les négociations entamées avec le duc de Bourgogne, et qui semblaient voisines d'une heureuse issue (12 septembre). Mais aussi l'on abandonnait la campagne au moment où le soulèvement de toutes les villes du nord allait décider le Bourguignon à faire la paix. Le commandement des troupes dans le nord fut laissé au comte de Saint-Denis, et le roi revint à Gien avec son armée. [11]

 

[...] Pendant ce temps, le roi fit attaquer les places de la Loire: Cône, La Charité, Saint-Pierre-le-Moutier furent enlevés aux Anglais par la valeur de ses capitaines et l'héroïsme de Jeanne d'Arc.

 

Jeanne d'Arc prisonnière.

 

[...] La guerre reprit au printemps. Les bourgeois étaient résolus à sauver la France malgré le roi : à Melun et à Louviers ils chassèrent les Anglais, et il s'engagea de tous les côtés une petite guerre de sièges et de châteaux. [...] Mais le duc de Bourgogne arriva, s'empara de plusieurs petites villes, et vint mettre le siège devant Compiègne, principale place des Français, et qui fut vigoureusement défendue. La Pucelle [...] fut prise par les soldats du sire de Luxembourg (1430, 24 mai). [...] Elle fut réclamée par l'inquisition et par l'évêque de Beauvais, Cauchon, l'un des plus cruels partisans des Anglais.

[...] Charles VII ne fit aucune démarche pour racheter l'héroïne. [...] engourdi dans les plaisirs, il semblait étranger à cette guerre atroce, où le peuple souffrait autant de ses amis que de ses ennemis; il ne s'émouvait point des sacrifices qu'on faisait pour lui, de l'énergie opiniâtre de ses villes, de la mort de ses capitaines, du sort qui attendait la pauvre fille qui lui avait mis la couronne sur la tête. La Trémoille prenait à tâche de le tenir dans l'oisiveté, dans l'ignorance, dans l'insouciance de tout; il éloignait ses meilleurs serviteurs, dissipait le trésor, laissait les soldats sans paye et les villes sans magistrats. [...] Mais le duc de Bourgogne [...] sa domination sur les Pays-Bas s'étendait de plus en plus; il prenait de plus en plus l'aspect d'un souverain étranger; de plus en plus il cessait de s'intéresser aux affaires de France. [...] Compiègne avait été réduite aux dernières extrémités, mais elle se défendait avec acharnement. [...] Les Bourguignons se débandèrent, le siège fut levé (1430, 28 oct.) et les Français s'emparèrent de plusieurs places de la Picardie. [...] Pendant ce temps, le sire de Barbazan, l'un des plus braves capitaines de Charles VII, battait près de Troyes une autre armée bourguigonne : il était maître de toute la Champagne.

 

Procès et Mort de Jeanne d'Arc.

 

Les Anglais étaient irrités de tant de revers : ils sentaient leur domination en France s'écrouler; Paris même se lassait d'eux. C'était Jeanne d'Arc la première cause de leurs défaites, c'était son apparition qui avait fait cesser leurs prospérités et excité l'enthousiasme patriotique des Français; ils demandaient sa mort avec fureur. [...] Ils croyaient que cette mort leur rendrait la victoire, et qu'ils montreraient au peuple, par sa condamnation, que ce n'était pas le ciel, mais l'enfer, que Charles VII avait pris pour auxiliaire. Le procès de la Pucelle commença devant l'évêque de Beauvais et Jean Magistri, vicaire de l'inquisiteur de France, assistés de plus de cinquante docteurs et conseillers (1431, 12 janv.) Ce fut un modèle d'iniquité et la honte du clergé, qui déploya contre la pauvre fille l'acharnement le plus infâme. "L'évêque et sa compagnie, dit l'historien du procès, ne se montrèrent pas moins affectés à faire mourir la Pucelle que Caïphe et les pharisiens à faire mourir Notre-Seigneur."[12] [...] On lui fit subir seize interrogatoires tortueux, subtils, impitoyables (21 fév. au 27 mars); on l'embarrassa des questions les plus ardues, les plus étrangers, les plus obscurément théologiques; on tronquait ses réponses, on les omettait, on forçait les greffiers à faire des faux. La sainte fille fut toujours admirables d'héroïsme, de piété, de raison, de modestie : on ne parvint pas à surprendre une erreur sur la foi à cette pauvre paysanne qui ne savait que ses prières; on ne parvint pas à tirer un désavoeu de cette femme, qui savait pourtant que sa persistance la mènerait à la mort; ses réponses étaient toujours sensées, naïves, sublimes, quelquefois railleuses : elles étourdissaient ses juges, surtout l'infâme évêque, à qui elle disait souvent : "Avisez bien ce que dites être mon juge, car vous prenez une grande charge." On lui fit jurer de dire tout ce qu'elle savait, espérant tirer d'elle des secrets du conseil de Charles VII : "Je vous dirai tout ce qui regarde mon procès, répondit-elle; mais il y a des choses que je ne vous dirai pas." Et comme on persistait : "Passez outre, ajouta-t-elle, cela n'est pas du procès : allez au roi, il vous le dira." Elle fit un appel au pape; Cauchon défendit au greffier, "de par le diable!" de faire mention de cet appel. [...] L'évêque lui demanda si elle savait être en la grâce de Dieu : [...] "si je n'y suis, répondit la sainte fille, Dieu m'y veuille mettre; et si j'y suis, Dieu m'y veuille tenir." [13] [...] Cependant le crime de sorcellerie fut écarté, et toute l'accusation porta sur son obstination à garder des vêtements d'homme et à ne pas se soumettre au jugement de l'Eglise, qui déclarait ses visions fausses et illusoires. Menaces, instances, promesses, tout fut employé pour la mener là. [...] "Tout ce que j'ai fait, disait-elle, j'ai bien fait de le faire. Je sais bien que les Anglais me feront mourir, croyant après ma mort, gagner le royaume de France; mais, fussent-ils cent mille Goddem de plus qu'à présent, ils n'auront pas ce royaume." [...] Et on lui écrit où elle promettait de ne plus porter d'habits d'homme, et déclarait qu'elle se soumettait au jugement de l'Eglise; puis on substitua à cet écrit une autre cédule, qu'on donna à signer à cette pauvre créature, qui ne savait pas lire, et dans laquelle elle se déclarait hérétique, sorcière et dissolue. "Vous voyez ce qu'elle avoue!", s'écria l'évêque; et les deux juges prononcèrent la sentence qui la condamnait à être mise "en chartre perpétuelle avec pain de douleur et eau d'angoisse (1431, 23 mai.)" A cette sentence, les Anglais, furieux, tirèrent leurs épées et voulurent tuer les juges : "Nous la retrouverons", leur dit l'évêque.

 

Jeanne fut conduite en prison et forcée de prendre des habits de femme. Mais là commença un nouveau supplice : des soldats voulurent lui faire violence; alors elle reprit ses habits d'homme, qu'on lui avait laissé à dessein. Les Anglais [...] la menèrent à l'évêque. Elle lui déclara qu'elle n'avait rien compris à son abjuration, et qu'elle aimait mieux mourir que de rester en prison. Cauchon, aussitôt, la déclara relapse et hérétique, et la livra au bras séculier pour être brûlée. [...] Aussitôt les soldats anglais se jetèrent sur elle et la traînèrent au bûcher (30 mai).Le peuple était indigné et pleurait; mais il contenu par la force. Jeanne se confessa, communia, demanda les prières des assistants; sa douceur, son calme, sa piété étaient tels que les Anglais eux-mêmes s'en montraient émus et stupéfaits; son faux confesseur perça la foule et se jeta à ses pieds en lui demandant pardon de ses perfidies. Sa mort ne démentit pas sa vie. Lorsque le feu était au bûcher, elle déclara hautement que sa mission venait de Dieu. 'Elle était dans les flammes, dit le prêtre qui l'assista dans son martyre; oncques ne cessa de résonner jusqu'à la fin et confesser à haute voix le nom de Jésus en implorant et invoquant sans cesse l'aide des saints et des saintes du paradis; et, en rendant son esprit à Dieu et inclinant la tête, elle proféra encore le nom de Jésus.' Ses cendres furent jetées dans la Seine.

 

Cette mort fit un mal infini à la cause anglaise. Elle accrédita la sainteté de Jeanne et la vérité de sa mission; elle accrut la haine contre ses ennemis qui s'étaient vengés si lâchement de leurs défaites. Leurs partisans même en furent émus, et les Bourguignons ne parlaient jamais de Jeanne que comme d'une femme merveilleuse et innocente. Il n'y eut pas une tentative de Charles VII pour sauver l'héroïne, pas une négociation, pas une menace, pas un regret pour elle !  [...] La mort de Jeanne d'Arc fut pourtant la rédemption de la France. La pauvre fille avait révélé au peuple ce qu'il était; elle avait allumé en lui le feu sacré; elle lui avait appris à souffrir, à se dévouer, à mourir pour la patrie ! C'est la renommée la plus touchante et la plus pure de l'histoire ! C'est l'être en qui le sentiment national a été le plus profond ! c'est la France elle-même, la France incarnée ! [14]

Sainte Jeanne d'Arc, les deux faces de la bannière

Sainte Jeanne d'Arc, les deux faces de la bannière

Notes

 

[1] Le duché de Bar était vassal de la couronne de France depuis l'an 1301 par un traité entre Philippe le Bel et Henri III, treizième duc de Bar. La famille de ces ducs, qui commence en 951, finit en 1419, par Louis Ier (cardinal de Châlons, successeur de son frère Edouard III, tué à Azincourt, qui laissa son héritage à René d'Anjou, petit-fils de sa soeur Yolande.

[2] Chronique de la Pucelle.

[3] Opinion des docteurs de Poitiers dans l'App. de Buchon, p. 405.

[4] Chron. de la Pucelle, p. 300.

[5] Lettre de Jeanne au duc de Bourgogne.

[6] Procès de la Pucelle, p. 99.

[7] Lettre de Gui de Laval, témoin oculaire.

[8] Chron. de la Pucelle, p. 302.

[9] Chron. de la Pucelle, p. 359.

[10] Chron. de Richemont, p. 283.

[11] A son retour il anoblit la famille d'Arc à perpétuité et lui donna le nom de Du Lys. Ses armes étaient : "Escu d'azur à deux fleurs de lys d'or, et une espée d'argent à la garde dorée, la pointe en haut, férue en une couronne d'or." (Lettres-patentes de Louis XIII en faveur de Charles et Luc Du Lys, fils d'un arrière-petit-fils de Pierre d'Arc, frère de Jeanne)

Blason de Jeanne d'Arc. "D'azur à une épée d'argent garnie d'or mise en pal et ferue dans une couronne royale du même, accostée de deux fleurs de lys aussi d'or."

 

[12] Procès, p. 40.  

[13] Procès, p. 68. 

[14] La mémoire de Jeanne d'Arc fut réhabilitée en 1456, par une commission d'évêques nommée par le pape Calixte III, à la sollicitation de la famille de la Pucelle (Voy. Raynaldi, t. VI, p. 77). De ses deux frères anoblis par Charles VII, l'aîné, Jean devint prévôt de Vaucouleurs; le cadet, Pierre, qui avait suivi Jeanne presque partout, fut créé chevalier, en 1443, par le duc d'Orléans, et continua à suivre la profession des armes. Cependant, il paraît que la famille d'Arc fut réduite à la pauvreté: un acte témoigne qu'en 1450 la ville d'Orléans donnait 3 livres par mois à la mère de Jeanne, "pour lui aider à vivre".

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 16:08
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article15541

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article15541

SourceÉtatisme (L’) coupable : la France en meurt ; le système politique en vit (D’après « Le Gaulois », paru en 1906)

Publié / Mis à jour le DIMANCHE 12 AVRIL 2020,

par LA RÉDACTION LA FRANCE PITTORESQUE

 

Dénonçant en 1906 le dépérissement progressif d’une France jadis puissante mais aujourd’hui gouvernée par une caste n’ayant pourtant « à la bouche que les mots retentissants de liberté, de progrès et d’émancipation », le journaliste et député Jules Delafosse y voit l’œuvre de l’étatisme régnant en maître, mainmise de l’État sur toutes les manifestations de l’activité humaine, héritage de la Révolution française privilégiant une fonction publique budgétivore au détriment des initiatives individuelles et favorisant des responsables politiques qui, mangeant au râtelier du pays, sont directement coupables de sa ruine

Il y a quelques mois, un jeune Français qui faisait un voyage d’étude et d’agrément autour du monde trouva, dans le salon du bateau qui le transportait de Yokohama à San-Francisco, un atlas américain. C’était le grand atlas universel de Gram, aussi répandu aux États-Unis que peut l’être celui de Vidal-Lablache chez nous.

 

La carte de chaque nation était accompagnée d’une notice. Notre jeune compatriote eut la curiosité de savoir ce que l’on pensait en Amérique de notre pays, et voici ce qu’il lut : « Lorsqu’on observe les événements et que l’on connaît la marche de l’humanité, il est impossible de ne pas pressentir la décadence imminente de l’État français et de sa population. Les symptômes sont nombreux et indéniables. »

 

Il y a des atlas et des géographies qui sont des œuvres de polémique nationale. Cela s’est vu et cela se voit encore, par exemple, en Allemagne et en Italie. C’est une façon très adroite et très efficace d’imprégner l’âme des jeunes générations de ce que l’on veut y mettre, de créer en elles un état d’esprit qui les associe d’avance et les prépare aux revendications futures. Mais c’est un souci qu’on ignore aux États-Unis. On n’y connaît personne qui nourrisse contre la France de mauvais sentiments ou de mauvais desseins. On pourrait même dire que les Yankees, s’ils étaient capables de s’intéresser à une autre nation que la leur, seraient plutôt enclins à une vague sympathie pour nous, renchérit Jules Delafosse. Ils se souviennent de l’aide chevaleresque que prêta la France aux insurgents de la guerre de l’Indépendance, et ils la célèbrent à l’occasion.

 

Ils admirent du mieux qu’ils peuvent nos artistes et paient royalement leurs œuvres. Ils sont pleins de prévenances pour nos littérateurs en tournée de conférences. Il n’est point de folie qui les arrête lorsqu’il s’agit de faire fête à nos comédiens et à nos comédiennes. Il ne faudrait pas se méprendre, d’ailleurs, sur le caractère de cette admiration : elle se tempère d’un peu de pitié. C’est la pitié instinctive qu’éprouvent tous les êtres vigoureux et puissants, en pleine force et en plein essor, pour les grandeurs déchues. C’est évidemment sous cet aspect que l’auteur de la notice envisageait la France et les Français de notre temps. Et il le disait avec le sans-façon qui caractérise ses compatriotes, sans y mettre ni hostilité ni malice, poursuit Delafosse.

 

Lorsque le jeune voyageur fut de retour en France, il s’aperçut que chaque dimanche nos ministres se dispersaient aux quatre coins de l’horizon pour aller inaugurer une statue, un lycée de filles ou un lavoir. Et chacune de ces cérémonies était l’occasion de discours ostentatoires où l’on célébrait avec une triomphante impudence la puissance, la beauté, la grandeur, le rayonnement, la gloire même de la France démocratique et républicaine. Les ministres de la République parlent de la France comme l’auraient pu faire ceux de Louis XIV ou de Napoléon, c’est-à-dire à des époques où la France exerçait sur le monde une hégémonie incontestable et incontestée. Ils sont ses ministres et se contemplent amoureusement en elle. C’est leur propre génie qu’ils célèbrent, et ils sont assez contents d’eux-mêmes pour embrasser l’univers entier, dans le témoignage d’admiration qu’ils se décernent.

 

Malheureusement cette infatuation est un thème abondant pour la gouaillerie des autres, et ils ne s’y épargnent guère. On dirait qu’ils se vengent de notre longue supériorité et de l’envie recuite qu’il nous ont si longtemps portée par l’injurieux affront de leurs dédains. Quiconque a passé la frontière et s’est enquis de l’opinion de l’étranger sur notre compte, suivant les manifestations diverses et multiples qu’on en peut saisir dans les journaux, les revues, les livres, le théâtre et même les conversations, y reconnaît, sous des formes variées qui vont de l’insolence à la pitié, que le jugement sommaire du géographe américain sur la France répond à cet état d’opinion à peu près universel. La France est une nation qui s’éteint, parce qu’elle n’a plus la force de vivre.

 

On incline généralement à croire que les nations vieillissent de la même façon que les individus. Or, nous sommes, après la Chine, la plus vieille nation de la terre, je veux dire l’État dont la formation remonte le plus loin. Si donc la décadence nationale était une loi de nature, notre fortune de peuple serait désespérée. Mais cette conception est absurde. En fait, il n’est de peuples ni vieux ni jeunes, puisque les individus qui les composent se renouvellent incessamment.

 

Un Français de vingt ans est aussi jeune qu’un Américain du même âge. Les générations d’une même année, de ce côté-ci comme de l’autre côté de l’Atlantique, comportent, à dose égale, les mêmes puissances physiques, les mêmes aptitudes intellectuelles et les mêmes virtualités. Cependant, il est certain que la génération américaine sera merveilleusement féconde en œuvres de toute sorte, tandis que la génération française restera lamentablement stérile, assène Jules Delafosse.

 

Pourquoi ? Parce qu’il y a de vieilles habitudes, de vieilles routines et de vieux moules, et que les peuples qui laissent enfermer leur jeunesse dans ces vieilleries sont voués fatalement à l’ankylose, à l’atrophie et au dépérissement. Et ce sont là précisément les symptômes de la vieillesse. C’est en cela, et par cela que certains peuples sont vraiment vieux, alors que d’autres, soumis à d’autres disciplines, sont jeunes. C’est aussi de cette façon que la Chine a vieilli. Elle s’est figée au cours des siècles dans l’étroitesse des moules archaïques et rituels où l’oligarchie mandarine avait cloîtré son activité. On peut noter chez nous les mêmes phénomènes d’appauvrissement, dus à des causes sensiblement analogues. Mais ce ne sont point des fatalités. Il dépend de nous de nous rajeunir. Seulement il faudrait pour cela casser beaucoup de moules.

 

Le cadre d’un article de journal est beaucoup trop étroit pour embrasser une pareille réforme dans son ensemble, poursuit Jules Delafosse. Il y faudrait un livre. Je me contenterai de dénoncer, parmi ces moules à détruire, celui qui est à la fois le plus banal et le plus nuisible, je veux dire le « fonctionnarisme ». Le mot est barbare, mais il dit bien ce qu’il veut dire. Le fonctionnarisme doit s’entendre à la fois de l’abus des formalités administratives et de la multiplicité croissante des fonctions publiques.

 

Tout le monde sait, pour en avoir souffert, ce qu’est la paperasserie administrative. Comme l’État français a mis la main sur toutes les formes de l’activité individuelle ou collective des citoyens, il faut, pour travailler, commencer par lui demander sa permission. Or, cette formalité comporte une procédure administrative interminable, avec enquêtes, rapports, communications de bureau à bureau, de ministère à ministère, et stations prolongées à chaque étape ; si bien qu’au bout de six mois ou deux ans, l’État a dépensé une tonne de papier pour une affaire qui ne comportait pas même une minute d’examen.

 

Mais la paperasserie bureaucratique, toute exaspérante qu’elle apparaisse, est de beaucoup le moindre vice du fonctionnarisme. Ce qui fait de lui le grand fléau de notre nation, c’est l’effroyable consommation d’hommes qu’il fait. La bureaucratie française dévore plus d’existences humaines qu’une guerre permanente, et la perte qui en résulte pour la société est incalculable. Pour s’en rendre compte, il faut savoir comprendre que tout homme, qui entre à vingt ans dans une fonction publique, est une force irrémédiablement perdue. Sa jeunesse, son activité, sa puissance créatrice, ses facultés physiques et morales sont, à l’heure même, frappées d’une paralysie professionnelle qui les rend à jamais stériles. II passe à l’état de parasite, vivant de la substance des autres et ne produisant jamais.

 

Supposez, par contre, que cet homme jeune, actif, vigoureux, intelligent, n’ait pas trouvé une fonction publique où se caser : qu’eût-il fait ? Je n’en sais rien. Mais je sais bien qu’il eût été forcé pour vivre de faire quelque chose, et ce quelque chose, si peu que ce fût, aurait augmenté d’autant le patrimoine général de la nation. Industriel ou commerçant, il aurait produit, au lieu de consommer ; colon, il aurait contribué à mettre en valeur nos colonies inutiles ; émigrant, il aurait servi l’influence française, le commerce français, à l’étranger, dans la mesure de ses moyens ; il aurait fait ce que font les émigrants allemands, qui multiplient les relations de leur pays avec toutes les contrées du monde. En un mot,. il serait une force féconde, au lieu d’être un parasite.

 

C’est ce que font les jeunes Anglais et les jeunes Américains. Ils seraient humiliés qu’on offrît à leur jeunesse ardente une place de 1 800 francs, avec perspective d’un traitement final de 3 000 francs et la retraite, ajoute Delafosse. Une pareille destinée leur paraîtrait ignominieuse. Ils se sentent faits pour tirer d’eux-mêmes leur propre fortune, et non pour vivre au râtelier. Et c’est aussi pour cela que l’Allemagne, l’Angleterre, les États-Unis sont des nations de plein essor, alors que la France, stérilisée par le parasitisme d’État, s’isole, s’étiole, se ratatine et meurt de dessèchement. Et ce phénomène de dépérissement sénile s’accomplit sous la tutelle de gens qui n’ont à la bouche que les mots retentissants de liberté, de progrès et d’émancipation !...

 

C’est la République qui a donné aux fonctions publiques cette extension meurtrière. L’administration générale de l’État coûte aujourd’hui cinq ou six cents millions de plus que sous l’Empire, non compris les budgets de la marine et de la guerre. Il faut en chercher la cause dans le népotisme de parti qu’elle cultive comme un jardin. Tout sénateur et tout député ministériel traîne après lui une bande de clients électoraux dont on paie les services ou la parenté en grugeant le budget. C’est pour cette marmaille budgétivore qu’on a élargi les cadres, multiplié les emplois, et tout cela mange au râtelier de l’État. La France en meurt : mais le régime en vit.

 

On parle de réformes. En voilà une, et des plus pressantes qui soient au monde. Réduire des trois quarts les fonctions publiques, quelle économie d’argent ! s’exclame Delafosse. Et surtout quelle économie d’hommes ! Quelle magnifique rénovation d’activité et d’énergie pourrait s’ensuivre ! Malheureusement ce n’est pas du régime actuel qu’il faut l’attendre. Son idéal est tout contraire ; c’est l’étatisme, c’est-à-dire la mainmise de l’État sur toutes les manifestations de l’activité humaine.

 

C’est pour cela qu’il songe à racheter les chemins de fer, à exproprier les Sociétés minières, à créer des monopoles d’État qui se substituent à l’industrie libre. Son rêve est de faire de la République une nourrice universelle dont la fonction essentielle sera de donner la becquée à un peuple d’infirmes ou de mineurs éternels. Et ces gens-là s’appellent des prophètes du progrès ! O misère !... conclut Jules Delafosse.

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 16:15

Dans la ligne du Message de Fontgombault "Dieu nous aurait-il abandonnés ?", le professeur Mattei s'interroge dans cette video : "le coronavirus est-il un châtiment divin ? Considérations politiques, historiques et philosophiques".

Dans cette video, le professeur dit qu'il n’aborde pas la question d’un point de vue médical ou scientifique : il n'en a pas la compétence, mais il traite cette question sous trois autres angles, celui du spécialiste de sciences politiques et sociales, celui de l’historien, et celui du philosophe de l’histoire.

 

Extraits:

 

"Le système global est fragile parce qu'il est trop inter-connecté.

 

"Il n'y a pas que l'écroulement du système santiraire, il peut aussi y avoir un écroulement de l'Etat et de l'autorité publique. En un mot l'anarchie, la révolte dans les prisons en Italie, en est un indicateur. Les épidémies ont des conséquences psychologiques et sociales du fait de la panique qu'elle peuvent provoquer. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle la psychologie sociale a fait son apparition et un de ses premiers représentants est le français Gustave Le Bon, auteur de 'Psychologie des foules', où il analyse les comportements collectifs et explique que dans une foule l'individu subit un changement psychologique.

 

"La théorie de la contagion sociale moderne qui s'inspire de Le Bon explique que protégé par l'anonymat de la masse, même l'individu le plus calme peut devenir agressif en agissant par imitation et suggestion. La panique est l'un de ces sentiments qui se transmet par contagion sociale, comme cela fut le cas dans la Révolution française dans la période dite de la 'Grande peur'.

 

"Et si, outre la crise sanitaire, nous avons aussi une crise économique, une vague incontrôlée de panique peut déchaîner les pulsions violentes de la foule. L'Etat est supplanté par les tribus, les bandes, surtout dans les périphéries, dans les grands centres urbains. Nous pensons à la ville de Paris. L'anarchie a ses agents et est déjà à l'oeuvre de la Bolivie au Chili, du Venezuela à l'Equateur, et peut se répandre rapidement à l'Europe.

 

"Ce processus révolutionnaire répond certainement au projet des lobbys globalistes, mais si c'est là une vérité, il faut dire aussi que cette crise signe précisément la défaite de l'utopie de la globalisation présentée comme la voie principale qui doit mener à l'unification du genre humain. En effet, la globalisation détruit l'espace et abat les distances. Aujourd'hui, pour échapper à l'épidémie, la règle est la distance sociale, l'isolement de l'individu. La quarantaine s'oppose diamétralement à la société ouverte, appelée de ses voeux par George Soros. La conception de l'homme comme relation caractéristique d'un certain personnalisme disparaît. 

 

"Le pape François comptait beaucoup sur le congrès dédié au 'Global compact' prévu au Vatican le 14 mai. Il se trouve que ce congrès a été décalé. Et non seulement il s'éloigne dans le temps, mais ses hypothèses idéologiques se dissolvent : le coronavirus nous ramène à la réalité.

 

https://www.assau.org/le-pact-educatif-lance-par-le-pape

 

"Ce n'est pas la fin des frontières telle qu'elle avait été annoncée après la chute du mur de Berlin. C'est plutôt la fin d'un monde sans frontières. Ce n'est pas le triomphe du Nouvel ordre mondial, c'est le triomphe du nouveau désordre mondial.

 

"Le scénario politique et social est celui d'une société qui se désagrège et se décompose. Tout cela a-t-il été planifié ? C'est possible. Mais l'histoire n'est pas une suite déterministes d'événements. Le maître de l'Histoire est Dieu, et non les maîtres du chaos. C'est la fin du village global. Le killer de la globalisation est un virus global, le coronavirus.

 

"Une expression biblique nous dit 'Iudicia Dei abyssus multa', les jugements de Dieu sont un vaste abîme (Ps 35,7 Ta justice, une haute montagne ; tes jugements, le grand abîme ! Ndlr.)

 

Le théologien de l'histoire se soumet à ces jugements et cherche à en comprendre le sens. Saint Grégoire le Grand, nous invitant à comprendre la signification de l'oeuvre divine affirme : 'Celui qui dans les oeuvres de Dieu ne cherche pas à découvrir la raison pour laquelle Dieu les accomplit trouvera dans sa mesquinité et bassesse une cause suffisante à expliquer pourquoi ses recherches sont vaines.'

 

La philosophie et la théologie moderne, principalement sous l'influence de Hegel, ont remplacé les jugements de Dieu par ceux de l'histoire. On a renversé le principe selon lequel l'Eglise juge l'histoire. Selon la nouvelle théologie, ce n'est pas l'Eglise qui juge l'histoire, mais l'histoire qui juge l'Eglise parce que l'Eglise ne trace pas l''histoire mais en est immanente, et fait partie intégrante de l'histoire.

 

"L'histoire en réalité est une créature de Dieu, comme la nature, comme tout ce qui existe, parce que rien de ce qui existe n'échappe à Dieu. Tout ce qui arrive dans l'histoire, est prévu, réglé, et ordonné par Dieu de toute éternité.

 

"Dieu, non seulement existe, mais s'occupe de ses créatures, récompense ou châtie les créatures rationnelles selon les mérites et les fautes de chacun.

 

"La théologie de l'histoire affirme que Dieu récompense et punit non seulement les hommes mais les collectivités et les groupes sociaux, familles, nations, civilisations. Mais tandis que les hommes reçoivent leurs récompenses  ou châtiments parfois sur cette terre mais toujours dans l'éternité, les nations qui n'ont pas de vie éternelle ne peuvent recevoir punitions et récompenses que sur cette terre. Dieu est juste et donne à chacun ce qui lui revient. Tremblements de terre, famines, épidémies, guerres et révolutions ont toujours été considérés comme des châtiments divins.

 

Comme l'écrit le Père Pedro de Ribadeynera (1526-1611) un jésuite espagnol,  'Guerres, pestilences, sécheresses, famines, incendies, et toutes autres calamités sont les châtiments pour les péchés des populations.'

 

"Le grand péché contemporain est la perte de foi des hommes d'Eglise, dans l'ensemble, en dehors de quelques exceptions grâce auxquelles l'Eglise ne perd pas sa partie visible. Cette infidélité produit l'aveuglement de l'esprit, un endurcissement du coeur, et l'indifférence devant la violation de l'ordre divin de l'univers. C'est une indifférence qui masque la haine de Dieu. Comment se manifeste-t-elle ? Non pas de façon directe. Ces hommes d'Eglise sont trop lâches pour défier Dieu directement. Ils préfèrent déverser leur haine sur ceux qui osent parler de Dieu. Qui ose parler de châtiment de Dieu, est lapidé. C'est un déversement de haine contre lui. Ces hommes d'Eglise, tout en professant verbalement qu'ils croient en Dieu, vivent en fait dans l'athéisme pratique, concret, le dépouille de tous Ses attributs, le réduisant à un pur être, et en somme, à rien. Tout ce qui arrive est le fruit de la nature émancipée de son auteur et seule la science, non l'Eglise, est en mesure d'en déchiffrer les lois. Et pourtant la saine théologie comme le sensus fedei nous enseignent bien que tout le monde physique et matériel qui est indépendant de la volonté de l'homme dépend de la volonté de Dieu. 'Tout ce qui arrive ici contre notre volonté, écrit saint Alphonse de Liguori, sache que cela n'arrive que par la volonté de Dieu.'

 

"Le 19 juillet, la liturgie de l'Eglise commémore saint Loup, évêque de Troyes. C'était le frère de saint Vincent de Lérins, qui a avait épousé une cousine de saint Hilaire d'Arles, une famille sénatoriale de grande sainteté. Durant son long épiscopat de 52 ans, la Gaule fut envahie par les Huns. Attila, à la tête d'une armée de 400 000 hommes franchit le Rhin, dévastant tout sur son passage. Comme il arriva devant la ville de Troyes, l'évêque Loup, ayant revêtu se shabits pontificaux et suivi de son clergé en procession vint  à sa rencontre et lui demanda : 'Qui es-tu pour menacer cette ville?' Et Attila lui répondit: 'Tu ne sais pas qui je suis ? Je suis Attila, dit le Fléau de Dieu.' Et Loup lui répondit : 'Sois le bienvenu fléau de Dieu parce que nous méritons le courroux de Dieu, mais ne déverse tes coups que sur ma personne et non sur la cité.' Les Huns traversèrent la cité sans faire de mal à personne.

 

"Aujourd'hui les évêques, non seulement ne parlent pas des fléaux divins, mais n'invitent pas même les fidèles à prier pour que Dieu les libère de l'épidémie. Il y a en cela une cohérence. Pourquoi donc Dieu devrait-il écouter nos prières si Il se désintéresse de l'univers qu'Il a créé ? Si, en revanche Dieu peut, par des miracles, changer les lois de la nature, en évitant les souffrances et la mort d'un homme, ou l'hécatombe d'une cité, Il peut aussi décider de punir une cité ou un peuple parce que le péché collectif appelle des châtiments collectifs.

 

"Pour les péchés, dit saint Charles Borromée, Dieu permit que la peste se répandit dans toute la ville de Milan et à la veille du concile du Vatican le 6 janvier 1870, saint Jean Bosco, eut une vision où il lui fut révélé que la guerre, la peste, la famine sont les fléaux pour lesquels seront ébranlés l'orgueil et la malice des hommes.

 

"Et ainsi s'exprima le Seigneur : Vous prêtres, pourquoi ne courez-vous pas pleurer entre le vestibule et l'Autel, demandant l'arrêt des fléaux ? Pourquoi ne prenez-vous pas le bouclier de la foi et ne passez-vous pas sur les toits, dans les maisons, dans les rues, sur les places, partout, même inaccessibles, pour porter la semence de ma parole ? Ignorez-vous que c'est l'épée à deux tranchants qui abat mes ennemis et abat la colère de Dieu et des hommes ? 

 

"Aujourd'hui les prêtres se taisent, les évêques se taisent, le pape se tait. 

 

"La Semaine sainte de Pâques approche et bien pour la première fois depuis de siècles, des églises sont fermées en Italie, les messes sont suspendues et même la basilique saint Pierre est fermée. Les cérémonies religieuses de Pâques urbi et orbi ne rassembleront pas les pèlerins du monde entier.

 

"'Mais Dieu punit aussi par spoliation, affirme saint Bernardin de Sienne. Il semble bien aujourd'hui qu'Il nous ait enlevé les églises, enlevé la Mère de toute l'Eglise, l'a enlevée aux pasteurs suprêmes, tandis que le peuple catholique erre désorienté dans l'obscurité, privé de cette lumière de la vérité, qui de la basilique saint Pierre devrait illuminer le monde.

 

"Comment ne pas voir dans ces effets du coronavirus une conséquence symbolique de l'auto-démolition de l'Eglise ?

 

"Iudicia Dei abyssus multa', (les jugements de Dieu sont un vaste abîme. Ps 35,7 ), nous devons avoir la certitude que les événements actuels n'annoncent pas les succès des fils des ténèbres, mais bien leur défaite. Parce que comme l'explique le père Carlo Ambrosio de Catane de la compagnie de Jésus, le nombre des péchés d'un homme ou d'un peuple est compté. [...] Le centre de l'histoire ce ne sont pas les ennemis de l'Eglise, mais bien les saints. C'est autour des élus que tourne l'histoire, dit saint Paul. Et l'histoire dépend des saints de la divine Providence. 

 

"'Le chemin de l'Eglise, à travers les siècles, dit Pie XII, est un chemin de croix mais il est aussi, en tout temps, un chemin de triomphe. Le Christ est votre guide, de victoires en victoires. Suivez-le.'

 

"Ne reculons pas, et confions-nous à Marie, à l'heure tragique des événements annoncé par le message de Fatima."

 

Professeur Roberto de Mattei, Président de la Fondation Lépante.

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 15:17
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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 20:54
https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2743779-20200319-coronavirus-debut-destabilisation-cours-apres-selon-philosophe-dominique-bourg

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20 Minutes

Coronavirus : « C’est le début d’une déstabilisation en cours, il n’y aura pas d’après », selon le philosophe Dominique Bourg

INTERVIEW Assiste-t-on à l'effondrement de notre monde? Le philosophe Dominique Bourg se penche sur la question

 

Publié le 19/03/20 à 16h16 — Mis à jour le 20/03/20 à 10h06

 

[...] La crise du coronavirus marque-t-elle le début de cet effondrement, à entendre comme la convergence de toutes les crises : climatiques, écologiques, biogéophysiques, économiques… ? Dominique Bourg*, philosophe et professeur honoraire à l’université de Lausanne, n’en doute pas.

 

Je refuse de parler d’effondrement au singulier. Depuis plus d’un demi-siècle, on nous dit que notre système n’est pas durable. C’est logique qu’il s’effondre. Vous ne pouvez pas dire d’un côté, ce n’est pas durable, et de l’autre, il va se maintenir à l’infini. C’est absurde. Ce qu’il se passe aujourd’hui ridiculise tous les propos un peu hautains et rigolards autour de la question de l’effondrement. Il faut quand même être prudent. Il ne faut pas dire : ça y est, c’est l’effondrement au sens de Yves Cochet. Ça nourrit des réactions pitoyables. Vous avez des gens qui vont vider les rayons, il y a des vols de masques dans les hôpitaux... [Sur ce blog nous pensons plutôt que c'est l'hésitation du gouvernement qui a fini par créer la panique. Ndlr.]

 

Selon vous, il s’agirait plutôt d’effondrement au sens du livre « Comment tout peut s’effondrer » écrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens : l’effondrement de la civilisation telle qu’on la connaît.

C’est en cours. Il faut être très clair là-dessus. Ce qui se passe en ce moment est une étape très importante dans le processus de délitement. Je n’ai aucun doute là-dessus. 

 

[...] Lors de son allocution, Emmanuel Macron a répété à plusieurs reprises qu’il [saura] en « tirer toutes les conséquences ». Mardi, Olivier Véran, invité de France Inter, a insisté sur le fait qu’on devrait changer de modèle de société. Cette crise est-elle « intéressante » pour la prise de conscience ?

Plus que la prise de conscience. Comparons la crise de 2008-2009 et celle d’aujourd’hui. Elles n’ont rien à voir. En 2008-2009, on a une crise financière qui débouche sur une crise économique, qui, elle-même, débouche sur des dommages sociaux. Là, nous avons une crise sanitaire, avec la question de la vie et de la mort des gens. Cette crise sanitaire débouche sur le fait de figer l’économie. La mondialisation montre qu’il est plus difficile d’y faire face. [Et en ayant des économies davantage intriquées les unes les autres. Ndlr.[...] les états vont dépenser énormément en étant déjà extrêmement endettés. C’est-à-dire que l’idée même de remboursement de la dette n’a pas forcément de sens après cette crise. Ensuite, le coronavirus arrive avec un basculement culturel qui n’avait pas du tout eu lieu en 2007-2008.

 

C'est-à-dire ?

L'enquête de Philippe Moati, publiée dans Le Monde au mois de novembre, propose un choix entre trois modèles de société : l’utopie techno-libérale, l’utopie écologique et l’utopie sécuritaire. Elle montre que 55 % des sondés préfèrent la sobriété et la relocalisation des activités. Selon un sondage Odoxa, plus de 50 % des sondés sont favorables à la décroissance, contre 45 % pour la croissance verte. Et lorsque vous ramenez ces chiffres à l’étude de l’institut Jean-Jaurès sur la sensibilité dans différents pays à l’effondrement, vous avez 65 % des Français qui sont d’accord avec l’assertion selon laquelle « la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s’effondrer dans les années à venir ». C’est énorme. On est déjà entré dans une dynamique culturelle où les gens ont commencé à comprendre que le monde tel qu’ils l’ont connu va disparaître.

 

[...] Voulez-vous dire que ce n’est que le début ?

On rentre dans une dynamique de changement extrêmement profond et on y entre en fanfare. Et quelle est la leçon de tout ça ? Ce que nous montre le Covid-19, c’est ce que nous devrions faire pour le climat. [...] Réduire nos émissions à l’échelle mondiale, vous ne le faites pas avec des techniques, vous le faites avec des comportements. C’est la leçon.

 

[...] Si cette crise sanitaire permet une prise de conscience, ne peut-on pas imaginer inverser la tendance ?

[...] Covid-19 c’est le début d’une déstabilisation en cours. Il n’y aura pas d’après, il y aura un rappel permanent des difficultés, de la fragilité, du caractère non durable de notre société. Je ne vois pas du tout un retour à la normale.

[...] Covid-19 [...] nous contraint à revenir sur les fondamentaux, à comprendre qu’on est en train de changer d’époque, et qu’on ne peut pas continuer nos modes de vie. S’il y a vraiment quelque chose qui met un coup d’arrêt à l’idéologie du progrès, c’est ce qu’il se passe aujourd’hui. On n’est pas du tout dans la notion de progrès, le temps accumulation, c’est fini.

 

*Auteur du livre Le marché contre l’humanité (PUF) et coauteur de Collapsus (Albin Michel)

 

***

Une analyse du site "Alliance pour la France" va dans le même sens : 

 

"Le coronavirus, par sa gravité, est en train de changer un certain nombre d’habitudes en particulier dans le domaine de la sociabilité et du travail. Les interactions sociales doivent être divisées par quatre pour faire ralentir l’épidémie selon les estimations de certains épidémiologistes (voir Le Figaro, 12 mars 2020, Tristan Rey). Cette obligation de raréfier les interractions sociales vient heurter le bavardage socio-entrepreneurial de la nécessaire coopération de tous avec tous, la religion des synergies de tout et n’importe quoi. La proximité, le mélange, la fusion est le sabir des relations interpersonnelles postmodernes. Le coronavirus nous oblige à la distance, nous contraint à sortir de religion vaine de l’interaction permanente. Cela pose les bases d’une démythification de l’Autre dont il faudra essayer de tirer un parti social et politique. L’homo festivus, avec la fermeture des bars, des restaurants consécutive au stade 3, perd ses lieux de prédilections et l’ouverture des seuls lieux essentiels à la survie détruit l’univers et l’environnement du divertissement si essentiel à l’homo ludens . L’homo economicus, autre pilier de la postmodernité, n’est pas en reste. Le confinement auquel nous allons devoir faire face pendant quelques semaines conduit au développement forcé du télétravail : la communauté physique traditionnelle, les lieux professionnels d’interaction se transforment en communauté virtuelle. Le travail poursuit sa dématérialisation et travailler ne se réduit plus à être présent sur son lieu de travail. L’épidémie de coronavirus sera une parenthèse mais il est évident que certaines pratiques collectives vont être modifiés marginalement peut-être ou plus fondamentalement.

 

"Le coronavirus a ensuite heurté de plein fouet l’idéologie cartésienne et plus généralement scientiste d’une maîtrise et possession de la nature. Les maladies de masse avaient disparu en Europe, et quelque chose de l’ordre du « plus jamais ça » flottait dans l’air scientiste et optimiste de notre monde technicisé, rationalisé et prédictif. Le coronavirus nous avertit que le positivisme scientiste s’est trompé, que l’histoire technologique n’est pas linéaire, que la nature n’est en soi ni bonne ni mauvaise mais qu’elle est, et qu’elle reprend ses droits lorsque l’on croit la maîtriser. L’idéologie progressiste de rupture avec la nature, de l’homme augmenté, omnipotent par la grâce de sa raison, se heurte au mur du réel. Collectivement, on ne sortira pas idéologiquement indemne de cette expérience d’humilité.

 

"Le coronavirus est le miroir inversé de la mondialisation. Le virus, parti de Chine et issu d’un animal, s’est étendu en Occident à l’homme, passant les frontières ouvertes. On a cru à la libre circulation des biens, des hommes, des capitaux. On ne voulait pas voir son reflet inversé. La libre circulation des dettes, des conflits et maintenant des virus. Plutôt qu’une nouveauté, il s’agit d’une prise de conscience d’un versant que nous ne voulions pas voir, la mondialisation anxiogène et malheureuse que le coronavirus a mise en évidence. Les reproches parfois faits – y compris par des médias de gauche – aux autorités politiques est de ne pas avoir fermé certaines frontières assez tôt signeraient-ils un retour à l’éloge de la frontière ? La frontière protège, limite, immunise même si le Président de la République jeudi 12 mars a donné un répit à la propagande mondialiste en déclarant vouloir « éviter le repli nationaliste » !

 

"Le coronavirus est le tragique par excellence. Il est la peste de Thèbes dans le monde postmoderne. Nous perdrons beaucoup dans cet épisode – on ne sait encore à quel point – et la France est en souffrance comme tant d’autres nations. Mais nous avons les ressources du courage qui devra arrêter son déclin et préparer la régénération …"

***

"C'est caractéristique de ce que nous traversons. Il est très intéressant de constater que c'est déclenché par une pandémie, c'est-à-dire un choc externe qui n'est pas un choc de nature économique. Mais qui va avoir des conséquences économiques et financières considérables". La même analyse sur l'effondrement en cours est faite par Hervé Juvin et Charles Gave : "Une nouvelle page se tourne" :

"Un simple microbe est capable de mettre à genoux l’humanité. A l’ère des grandes réalisations technologiques et scientifiques, c’est surtout l’orgueil humain qu’il met à genoux. L’homme moderne, si fier de ses réalisations, qui installe des câbles de fibre optique jusqu’au fond des océans, construit des porte-avions, des centrales nucléaires, des gratte-ciels et des ordinateurs, qui après avoir posé son pied sur la lune poursuit sa conquête jusqu’à Mars, cet homme est impuissant devant un microbe invisible. Le tumulte médiatique de ces derniers jours et la peur que nous pouvons avoir nous-mêmes ne doivent pas nous faire manquer cette leçon profonde et facile à comprendre pour les cœurs simples et purs qui considèrent avec foi les temps présents. La Providence enseigne encore aujourd’hui à travers les événements. L’humanité – et chacun d’entre nous – a l’occasion historique de revenir à la réalité, au réel et non au virtuel fait de rêves, de mythes et d’illusions.

 

"Traduit en termes évangéliques, ce message correspond aux paroles de Jésus qui nous demande de rester unis à Lui le plus étroitement possible, car sans lui, nous ne pouvons rien faire ni résoudre aucun problème (cf. Jn 15, 5). Nos temps incertains, l’attente d’une solution et le sentiment de notre impuissance et de notre fragilité doivent nous inciter à chercher Notre-Seigneur, à l’implorer, à lui demander pardon, à le prier avec plus de ferveur et surtout à nous abandonner à sa Providence." (Lettre du Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X aux fidèles en ce temps d'épidémie, 17-03-2020)

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 18:57
Distribution de la Communion : historique

Suite aux récentes mesures de l’épiscopat français sur l’interdiction de la communion sur la langue dans certains diocèses, les lecteurs sont nombreux à réagir.

 

Pour justifier ses “mesures de précautions” le diocèse de Paris a publié une vidéo pleine de mensonges et d’approximations [Disant que "jusqu'au Haut Moyen-Âge dans l'Eglise catholique au cours de la célébration de la sainte messe on a toujours communier dans la main" (sic) et laissant donc entendre que la Communion dans la bouche est une invention du "Moyen-Âge".]

 

Le site "Riposte catholique" a apporté des éléments historiques précis :

 

Voici donc ces quelques éléments:

 

On vous raconte qu’au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, le rite de la communion aurait comporté la manipulation des hosties consacrées par les fidèles se tenant debout. Avec cette présentation historique, on peut évidemment faire passer ensuite la nouveauté pour une vieille tradition remise à l’honneur.

 

En fait, il s’agit là d’une tentative malhonnête de justifier par une coutume prétendument "antique" la pratique récente, bien postérieure au concile Vatican II (1962-1965) et, de plus, absolument pas ordonnée ni même prévue par celui-ci.

Le Concile Vatican II ne s'est pas pas exprimé sur le sujet de la communion dans la bouche ou dans les mains. Il faut attendre 1969 pour que ce sujet soit abordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin dans l’instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969. "[L]es fidèles ont pu autrefois recevoir cet aliment divin dans la main et le porter eux-mêmes à la bouche. […] Cependant, les prescriptions de l'Église et les textes des Pères attestent abondamment le très profond respect et les très grandes précautions qui entouraient la sainte Eucharistie."

 

Feuilletez donc attentivement les documents conciliaires et vous constaterez que nous disons vrai. [Sacrosanctum concilium, Constitution sur la sainte liturgie. Lire également Sacrosanctum caritatis, exhortation apostolique du pape Benoît XVI. NdCR.]

 

Quant au véritable rite antique de la communion à genoux et sur la langue, on vous raconte de manière tout aussi trompeuse que ce serait un phénomène médiéval.

 

Or, pour mentionner brièvement ici quelques éléments de réfutation, signalons que le pape Sixte I (117-126) avait déjà interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé (ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris).

 

Le pape Saint Eutychian (275-283) interdira que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo).

 

Déjà Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus).

 

Le pape Saint Léon I (440-461) notait, pour sa part, que l’on reçoit en bouche ce qui est cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur).

 

Plus tard, à savoir en 536, le pape Saint Agapet I accomplira un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os). C’est le pape Saint Grégoire I (590-604) qui le relate, attestant également la pratique de l’Église dans les premiers siècles de l’ère chrétienne. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il rapporte que le Pape saint Agapet accomplit un miracle durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche d'une personne. Jean le Diacre nous parle également de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion. 

 

En l’an 380, le concile de Saragosse avait en son canon 3 lancé l’anathème contre ceux qui voudraient encore toucher la sainte eucharistie comme en temps de persécution. Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), avait expliqué qu’en des circonstances pareilles et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis "recevoir la communion au moyen de sa propre main". L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attestait déjà au livre VI de son "Histoire ecclésiastique" que cela se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et sur la langue. Devant des abus locaux, le concile de Rouen rappellera en 650 cette norme apostolique, interdisant la communion avec les mains (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).

 

En Orient, le concile de Constantinople statuera pareillement en 692, frappant d’excommunication tous ceux qui s’aviseraient de prendre l’hostie en main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre sont disponibles pour la leur dispenser en bouche. Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait déjà cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : "Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant."

 

Ces éléments et ces témoins remontent à la fin de l'Antiquité. Dès les premiers siècles du christianisme la communion est prise sur la lange, bien avant le "Moyen âge" qui pratiquait peu la communion, et en tous les cas, pas à la main, sauf en temps de persécution, et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades.

La communion fréquente, et des enfants, est une pratique instaurée par le pape Saint Pie X (1903-1914).

88% du volume de l’instruction Memoriale Domini (29 mai 1969) du pape Paul VI est consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres

 

Comment peut-on raisonnablement affirmer que la communion dans la main était la pratique officielle qui s'est poursuivie jusqu'au dixième siècle ? Comment peut-on affirmer que la communion sur la langue est une invention médiévale ? Nous ne prétendons pas que jamais, en aucune circonstance, les fidèles n'ont reçu la communion dans la main. Mais dans quelles conditions cela se passait-il ? 

Il est certain que les apôtres ont pris le pain et ont bu la coupe à la main, mais eux étaient des ministres désignés par Notre-Seigneur.

 

On ne vous rapporte pas des citations de ce genre. On ne vous donne aucune référence pertinente, pas même celle alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386), à savoir les « Catéchèses mystagogiques » dont on vous épingle un passage cité hors de son contexte qui aurait pu vous faire réaliser que ce n’est pas un texte chrétien normal. En effet, on vous cite seulement ce qui fait penser à la pratique moderne : « Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen.»

 

Les passages sautés sont notamment ceux-ci : « Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps » et puis, après avoir bu au calice, « lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier.» (sic)” 

Source: Jusqu’au Haut Moyen-Âge on communiait dans la main : fake news, Riposte catholiqueLe Forum catholique

En 1969, Paul VI indique dans Memoriale Domini que :

 

"les prescriptions de l'Église et les textes des Pères attestent abondamment le très profond respect et les très grandes précautions qui entouraient la sainte Eucharistie.

[...] De plus, le soin et le ministère du Corps et du Sang du Christ étaient confiés d'une façon toute spéciale aux ministres sacrés ou aux hommes désignés à cet effet : « Après que celui qui préside a récité les prières et que le peuple tout entier a acclamé, ceux que nous appelons les diacres distribuent â tous ceux qui sont présents, et portent aux absents, le pain, le vin et l'eau sur lesquels ont été données les grâces »

[...] Aussi, la fonction de porter la Sainte Eucharistie aux absents ne tarda-t-elle pas à être confiée uniquement aux ministres sacrés, afin de mieux assurer le respect dû au Corps du Christ, et en même temps de mieux répondre aux besoins des fidèles. Par la suite, lorsque la vérité et l'efficacité du mystère eucharistique, ainsi que la présence du Christ en lui, ont été plus approfondies, on a mieux ressenti le respect dû à ce Très Saint Sacrement et l'humilité avec laquelle il doit être reçu, et la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré.

Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie.

[...] Ce respect exprime bien qu'il s'agit non pas « d'un pain et d'une boisson ordinaires », mais du Corps et du Sang du Seigneur, par lesquels « le peuple de Dieu participe aux biens du sacrifice pascal, réactualise l'alliance nouvelle scellée une fois pour toutes par Dieu avec les hommes dans le Sang du Christ, et dans la foi et l'espérance préfigure et anticipe le banquet eschatologique dans le Royaume du Père ». 

[...] De plus, cette façon de faire, qui doit déjà être considérée comme traditionnelle, assure plus efficacement que la Sainte Communion soit distribuée avec le respect, le décorum et la dignité qui lui conviennent ; que soit écarté tout danger de profanation des espèces eucharistiques, dans lesquelles, « d'une façon unique, totalement et intégralement le Christ, Dieu et homme, se trouve présent substantiellement et sous un mode permanent » ; et qu'enfin soit attentivement respecté le soin que l'Église a toujours recommande à l'égard des fragments de Pain consacré : « Ce que tu as laissé tomber, considère que c'est comme une partie de tes membres qui vient à te manquer. »

[...] [U]ne forte majorité d'évêques estiment que rien ne doit être changé à la discipline actuelle et que si on la changeait cela offenserait le sentiment et la sensibilité spirituelle de ces évêques et de nombreux fidèles.

C'est pourquoi, compte-tenu des remarques et des conseils de ceux que « l'Esprit-Saint a constitués intendants pour gouverner » les Églises, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la Sainte Communion aux fidèles.

Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l'Église.

Mais là où s'est déjà introduit un usage différent - celui de déposer la Sainte Communion dans la main - le Saint-Siège, afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles, confie à ces mêmes Conférences la charge et le devoir de peser avec soin les circonstances particulières qui pourraient exister, à condition cependant d'écarter tout risque de manque de respect ou d'opinions fausses qui pourraient s'insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie, et d'éviter soigneusement tous autres inconvénients."

 

Depuis une lettre de la Sacrée Congrégation du 6 juin 1969, en réponse à une demande de la Conférence épiscopale de France sur la permission de distribuer la Communion en déposant l'Hostie dans la main, le Saint-Siège, tout en rappelant l'instruction en date du 29 mai 1969 sur le maintien en vigueur de l'usage traditionnel de la communion "sur la langue", 

 

"accorde que, sur le territoire de Votre Conférence Épiscopale, chaque Évêque, selon sa prudence et sa conscience, puisse autoriser dans son diocèse l'introduction du nouveau rite pour distribuer la Communion, à condition que soient évités toute occasion de surprise de la part des fidèles et tout danger d'irrévérence envers l'Eucharistie.

 

Pour cela, on tiendra compte des normes suivantes :

1. La nouvelle manière de communier ne devra pas être imposée d'une manière qui exclurait l'usage traditionnel. Il importe notamment que chaque fidèle ait la possibilité de recevoir la Communion sur la langue, là où sera concédé légitimement le nouvel usage et lorsque viendront communier en même temps d'autres personnes qui recevront l'Hostie dans la main. En effet, les deux manières de communier peuvent coexister sans difficulté dans la même action liturgique. Cela, pour que personne ne trouve dans le nouveau rite une cause de trouble à sa propre sensibilité spirituelle envers l'Eucharistie et pour que ce Sacrement, de sa nature source et cause d'unité, ne devienne pas une occasion de désaccord entre les fidèles." (Fin de citation)

 

Les conférences épiscopales peuvent donc autoriser officiellement l’introduction de la communion dans la main à partir de 1969. Mais la Sacrée Congrégation pour le culte divin précise bien, dans la lettre du 6 juin 1969, que l’usage traditionnel est maintenu "en vigueur", et que "la nouvelle manière de communier ne devra pas être imposée d'une manière qui exclurait l'usage traditionnel", ... "les deux manières de communier" pouvant "coexister dans la même action liturgique".

 

Ainsi, nous arrivons presque à la fin du texte de Paul VI et on se demande si c’est bien dans ce document-là que Paul VI a introduit la réception dans la main ? Et voilà que, dans les dernières lignes, un indult est accordé, en totale incohérence avec tout le raisonnement qui précède. Tolérance restreinte, encadrée, assortie d’un contrôle strict etc. mais toutes ces précautions étaient évidemment illusoires. Ce qui est important, ce n’est pas le barrage qui est solide en tous points sauf un, c’est la brèche. On sait ce qui est advenu après cette instruction romaine de 1969... La norme est à présent si bien inversée que c’est la communion "sur la langue" qui est vue comme une bizarrerie à peine tolérée par les évêques de France et que c'est l'indult (la communion dans les mains) qui est devenu quasiment la norme.

 

Lire: La brèche par laquelle s'est introduite la "communion dans la main"

Il n’y a finalement pas si longtemps, lorsque se déclarait une épidémie, on allait prier dans les églises, on faisait dire des messes, on utilisait l’eau bénite...

Aujourd’hui, on fait tout le contraire : le coronavirus conduit à fermer les églises, à supprimer les messes et à vider les bénitiers.

On fera difficilement croire aux païens que les catholiques ont des comportements accordés à leur foi en un Dieu tout puissant.

 

SourcePro Liturgia, Actualité du vendredi 6 mars 2020

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 09:23

Sainte Jeanne d'Arc a été canonisée par le pape Benoît XV le 16 mai 1920. Il y a bientôt cent ans. Sa fête religieuse est fixée au 30 mai, jour anniversaire de sa mort.

Source: https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/le-centenaire-de-la-canonisation-de-jeanne-d-arc-approche-270649

Source: https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/le-centenaire-de-la-canonisation-de-jeanne-d-arc-approche-270649

Les principales cérémonies du centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc par Benoît XV en 1920 se dérouleront à Domrémy le 10 mai, à Rouen le 17 mai, à Orléans lors des traditionnelles fêtes johanniques, du 26 avril au 17 mai, et à Soissons le 17 mai. Mais, ici et là, cet anniversaire est déjà marqué de diverses façons.

 

Après un colloque qui lui était consacré début janvier, l’aumônerie de l’École militaire organise le 7 mars un pèlerinage sur ses pas à Domrémy-la-Pucelle, son village natal, et Notre-Dame de Bermont où elle eut ses visions. Au passage, le diocèse aux Armées rappelle que le centenaire est aussi celui de l’institution d’une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc le deuxième dimanche de mai.

 

Dans le diocèse de Saint-Dié, où le centenaire a été officiellement ouvert le 1er novembre à Domrémy-la-Pucelle, se déroulent les « vendredis de Jeanne ». Une fois par mois, une conférence a pour but de « mettre en avant son influence dans notre culture », indique ce diocèse : architecture et édifices le 6 mars (à la faculté de droit d’Épinal), littérature le 3 avril (à Remiremont), peintures et toiles le 5 juin (à Domrémy), etc.

 

Dans le diocèse d’Orléans, plusieurs expositions sont organisées, notamment à la cathédrale Saint-Croix, du 25 avril au 18 mai. Dans cet édifice, un parcours historique et spirituel sera proposé aux visiteurs, de Pâques à la Toussaint.

 

Source: Famille chrétienne

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 13:45

Le progressisme a décliné son argumentaire sophiste sur Les Echos. On peut très facilement développer, à notre tour, un argumentaire critique du dit "progressisme", en tenant compte de paramètres ignorés :

C'était mieux avant ! Argumentaire critique du progressisme

* "la pauvreté a baissé dans le monde ces 50 dernières années" : cet argument progressiste est nul s'agissant de la situation économique des seuls Français. Il s'agit donc d'un argument fallacieux et de mauvaise foi qui consiste à opposer aux Français (qui se plaignent de leur situation économique qui s'est dégradée ces 50 dernières années, et qui donc, disent que c'était mieux avant), le fait que la situation des Chinois s'est considérablement améliorée pendant la même période. "Quoi, les 50 millions de Français se plaignent qu'ils mangeaient de la viande tous les jours il y a 50 ans alors qu'ils n'en mangent plus qu'une fois par semaine aujourd'hui ? Alors que le milliard de Chinois mangent de la viande tous les jours aujourd'hui alors qu'ils n'en mangeaient qu'une fois par semaine il y a 50 ans ! Salauds de populistes !"

Cette argumentation sophiste consiste à opposer à une affirmation formulée dans un cadre national, par un Peuple donné, au regard de sa propre situation la considération d'un point de vue mondial d'autres Peuples au regard de la situation de ces derniers.

 

* "la pauvreté a baissé en France grâce à un système social performant". Argument bidon : outre le fait que ce système social n'est pas en équilibre et n'est financé que par la cavalerie de la dette, cette argumentation prend en considération un indicateur (le taux de pauvreté) qui n'est pas en rapport avec une base fixe, mais avec un taux (50 %) du niveau de vie médian. Or, même si le taux de pauvreté stagne, voire baisse, si le niveau de vie médian baisse ou s'effondre, les pauvres sont bien encore plus pauvres.

 

* "la productivité, et donc la richesse, augmente en France". Ces 30 dernières années ont surtout vu la part du capital accaparer les richesses produites au détriment de la part du travail salarié. Gilbert a ainsi une meilleure productivité en travaillant chez Total (+ 5 % cette année), mais Total se taillant la part du Lion en appréhendant + 4 % et en laissant + 1 % à Gilbert (ce qui permettra aux Echos de dire que les salaires augmentent dans le privé, soit dit en passant), permet-il honnêtement de dire que la richesse augmente en France ? L'argumentation progressiste cache simplement le fait que la plus grosse partie de la population est surexploitée.

 

* "les salaires augmentent et l'inflation est faible, le niveau de vie des Français augmente". Les principaux postes de dépense des Français, à savoir le logement et les impôts, ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'inflation ( + 300 % d'augmentation de l'immobilier en 20 ans à Paris au bas mot, de + 90 à +250 % en province) : qui a vu ses salaires augmenter dans de telles proportions ? Quant aux impôts… no comment.

Pour le reste, le calcul de l'inflation est faussé car les dépenses quotidiennes (notamment la nourriture, pour une qualité égale, dépense contrainte) sont sous-pondérées.

 

* "aujourd'hui on peut voyager plus facilement, on a internet, la médecine fait des progrès" Argument anachronique puisque on compare ce qui n'est pas comparable, à savoir deux périodes dans le temps qui ne sont pas au même niveau d'avancée scientifique. Depuis que l'Homme existe, le progrès technique s'est toujours déroulé de manière continue. Personne chez ceux qui disent "c'était mieux avant" ne souhaite revenir à l'âge de pierre. Moins d'ailleurs ceux-là que les écolos intégristes. Le progrès technique a lieu de toutes façons, nonobstant toute autre considération économique, sociale, sociétale, identitaire. Le "c'était mieux avant" ne concerne bien évidemment pas le progrès technique et scientifique mais concerne le reste, l'économique, le social, le sociétal et l'identitaire.

Au surplus, le progrès technique et scientifique n'est pas toujours corrélé à un absolu progrès économique, social, sociétal et identitaire : l'informatique dans le monde du travail, peut revêtir une forme d'esclavage des salariés, le progrès médical ne constitue un progrès social que si son financement est assuré.

 

* "le monde ouvert est un monde d'opportunité pour les jeunes". Le monde ouvert est aussi et surtout un moyen de perdre son identité, sa culture, le sens de ce qu'on est, sa spiritualité, pour devenir un résidu d'"homo economicus", interchangeable, producteur et consommateur, sans autre perspective que de trimer, d'acheter des choses inutiles et vaines, manger, déféquer, dormir et re-trimer.

 

En conclusion.

Le niveau de vie n'a pas suivi la croissance, les salaires sont restés plutôt stables, la création d'emploi n'a pas suivi. Tout n'est pas économique, tout n'est pas matériel, il y a une impression aussi, l'image que l'on a de son pays, de sa nation, de l'école, de l'avenir de ses enfants. La thèse des Echos selon laquelle la mondialisation est formidable, parce qu'elle nous a tous enrichi est fausse. Elle a enrichi certains, les habitants des métropoles mais pas des périphéries. Lire le géographe Christophe Guilluy.

Eric Zemmour sur CNews le 10/12/2019.

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 11:57

Dans le cadre du colloque sur la Terreur à l'ICES, Reynald Secher intervient sur la Terreur et la Révolution française. 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 18:54

À propos de l'émission de Co2 d'origine humaine dans l'atmosphère, le milliardaire Bill Gates propose d'utiliser les vaccins et la "santé reproductive", pour réduire la population mondiale de 10 à 15%. 

 

Un Bill Gates dont la richesse dépasse le PIB de nations n'aurait pas existé avant 1789, un temps où l'enrichissement indéfini était considéré comme suspect parmi la noblesse et où l'enrichissement d'un Nicolas Fouquet pouvait provoquer le déclenchement d'une procédure de destitution et de déchéance de la noblesse, qu'on appelait la "dérogeance" (le commerce était d'ailleurs interdit à la noblesse). Depuis 1789, il y a la "liberté" (l'homme était considéré chez nous comme naissant libre "selon le droit de nature" depuis un édit de Louis X en 1315... Et un esclave était considéré comme affranchi du seul fait qu'il mettait le pied sur le sol français métropolitain. Rien de nouveau donc du côté de la liberté), mais la liberté de 1789 présuppose l'inégalité économique pour tout le monde... D'où des écarts de richesse... entre les plus riches et les plus pauvres... qui ne font que croître. L'hyper-classe née de 1789, arrivée à la super-puissance politique veut maintenant éradiquer les sans-dents. Voyez aussi le monument maçonnique des "Georgia Guidestones" où est inscrit en programme la diminution de la population mondiale.

 

Première citation :

"L'une des incantations républicaines consiste à faire croire que la République a apporté l'égalité entre les citoyens. ... [J]e ne suis pas certain que les inégalités aient été plus criantes sous Louis XVI que sous notre république. Précisément parce que l'institution de la noblesse, cet ordre prestigieux auquel toute famille désireuse de se hisser dans la société rêvait d'accéder, empêchait par là même qu'elles continuent à s'enrichir interminablement. Un Bill Gates était inimaginable à l'époque, ces fortunes qui dépassent la richesse de nombreuses nations n'existaient pas... Rien de plus politique que d'arrêter, par un moyen aussi puissant que volontaire, par le motif de l'honneur, l'accroissement immodéré des richesses dans les mêmes mains (BONALD, La Vraie révolution, 1818). Ainsi l'institution de la noblesse empêchait-elle la constitution de fortunes insensées, aberrantes, outrancières, et ce n'est pas le moindre paradoxe que de voir dans l'ancienne monarchie un monde mieux armé pour prévenir ces aberrations. (Yves-Marie ADELINE, Le Royalisme en question, 1792-2002, Perspectives pour le XXIe siècle, L'Âge d'Homme - Editions de Paris, Libres Mobiles, 2e édition corrigée, Paris 2002, p. 96-97).

 

Deuxième citation sur ce sujet :

"La noblesse peut se perdre par déchéance à la suite d'une condamnation infamante. ... Elle se perd encore par dérogeance, lorsqu'un noble est convaincu d'avoir exercé métier roturier ou un trafic quelconque : il lui est interdit de sortir du rôle qui lui est dévolu, et il ne doit pas non plus chercher à s'enrichir..." (Régine PERNOUD, Lumière du Moyen Âge, Grasset, Paris 1981, p. 39-40).

 

Ci-dessous une video du professeur Didier Raoult sur les vaccins. Citations :  

"Je suis extrêmement réservé sur les interventions politiques. La pire que j'ai vue, c'est l'intervention de Bernard Kouchner sur l'hépatite B, ou l'intervention de Roselyne Bachelot pour H1N1."

"La confiance (dans le gouvernement) s'érode... parce que plus personne ne comprend l'intérêt d'un certain nombre de vaccins, puisque on ne voit pas de stratégies vaccinales autour des maladies qui existent. La poliomyélite, ce n'est pas inintéressant mais il n'y en a plus en Europe depuis 40 ans. Pas plus que de diphtérie. Et il doit y avoir un mort par an de tétanos. La stratégie de vaccination des nourrissons pour méningocoque C, c'est un mort par an. [...] (En revanche) Il y a une stratégie vaccinale à avoir pour la grippe. Cela, c'est une priorité de santé publique parce que l'on parle de millions de cas par an, et de milliers de morts par an. [...] La varicelle, c'est une maladie qui frappe environ 7000 personnes par an, il y a plus de morts avec la varicelle qu'avec la rougeole. Pourquoi donc personne ne parle de vaccination contre la varicelle ? La poliomyélite est en voie d'éradication totale et on ne parle pas de la grippe qui en tue 20 000 par an en France."

"La diphtérie : il n'y a plus de cas en France depuis 30 ans. Pas la peine d'injecter le vaccin à un bébé de trois mois !"

"Le tétanos non plus. En plus le tétanos, qui a totalement disparu, n'est pas une maladie contagieuse."

"Il y a trois virus de polio. Le virus de la poliomyélite 1 est totalement éradiqué, il n'existe plus. [...] Les seules poliomyélites (méningites) depuis 30 ans en Europe sont des poliomyélites liées au vaccin, à un revertant vaccinal. Le vaccin était tolérable quand il y avait un risque. À partir du moment où il n'y a plus de risque, il n'y a pas de bénéfice."

"Le virus de poliomyélite 2, il n'y a plus de cas naturel déclaré dans le monde depuis plusieurs années. Donc il reste le virus de poliomyélite 3, qui n'existe plus que dans trois pays, l'Afghanistan, le Pakistan, et le Nigéria, pour des raisons politiques de refus vaccinal. Des réseaux islamistes y propagent l'idée que le vaccin est fait pour stériliser les gens et que c'est des thérapeutiques occidentales."

"Le vaccin contre le polio3 pour des nourrissons en France n'a aucun sens."

"Actuellement le vaccin antipoliomyélitique n'a pas d'intérêt."

"Coqueluche. Oui il faut le faire, surtout pour les femmes enceintes."

"L'hépatite B a été une gestion politique qui a amené la France à une situation catastrophique, on était le pays de l'OCDE pour lequel on vaccinait le moins. C'était devenu une question clivante entre les gens de gauche qui pensait que c'était une manipulation de l'industrie pharmaceutique et les gens de droite qui disaient que c'était bien. Aujourd'hui, le nombre d'hépatite B chez les Français est assez bas, entre 120 à 150 cas diagnostiqués, ce qui représente environ 700 cas. On l'attrape par les rapports sexuels essentiellement, et par les piqûres, un peu moins. [...] Or il y a des coïncidences entre vaccins contre l'hépatite B et scléroses en plaques."

"La pneumonie est une cause de mortalité très importante. Le vaccin pneumocoque couvre la plupart des problèmes (otites, sinusites, etc.). Il y a des maladies fréquentes. Pneumonie, haemophilus, c'est contre celles-là qu'il faut se mobiliser. Les maladies qui sont en train de disparaître, ce n'est pas la peine de faire des obligations pour elles."

"Les effets secondaires ne sont pas répertoriés en France au sein d'un registre comme aux États-Unis."

"La solution à tout n'est pas le vaccin. Il y a des maladies pour lesquelles les vaccins ne sont pas efficaces : le sida, le paludisme, tuberculose. Le bcg n'est donc pas efficace."

"Il y a des vaccins dangereux. Le vaccin contre la dengue, avec des risques de mutants résistants. Les vaccins ne sont donc pas la panacée définitive."

"Une des premières causes de mortalité en France par infection, vous n'en avez probablement jamais entendu parler, c'est clostridium difficile, qui tue 2500 personnes par an en France, diagnostiqués, 30 000 par an en Europe, et 30 000 par an aux Etats-Unis, et pour cela il y a des mesures à prendre en particulier arrêter la prescription de deux groupes d'antibiotiques."

"Toutes les maladies émergentes qui font le buzz depuis 20 ans sur internet, cela n'a pas tué quinze personnes en tout en France."

 

Le professeur Didier Raoult est le scientifique européen qui compte le plus de publications scientifiques à son actif. Il a reçu Prévention santé à l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection qu'il dirige à Marseille. Il vient de publier un livre intitulé "La vérité sur les vaccins" aux éditions Michel Lafon. Lors de cet entretien de 55 minutes, le Professeur Raoult nous apporte son éclairage sans langue de bois sur la politique vaccinale du gouvernement. Pour lui, l'obligation ne se justifie pas et 6 vaccins sur les 11 sont inutiles. Une interview iconoclaste et exhaustive, du meilleur connaisseur des maladies infectieuses en France que nous vous faisons découvrir en exclusivité sur notre média.

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 12:33

Quelques belles remarques ont été faites sur la monarchie d'Ancien Régime et celle du Moyen-Âge, en France, dans l'émission de Christine Kelly, sur la chaîne C News, dans l'émission "Facealinfo" du lundi au jeudi à 19h. 

À propos de la date du 6 février 1778, date où fut signé à Versailles avec Louis XVI le "traité d'alliance franco-américaine", l'émission de Christine Kelly rappelle ce traité célébrant l'amitié entre les États-Unis et la France. 

Les développements intéressants sont ceux d'Éric Zemmour sur Philippe II Auguste en réponse à l'économiste libéral Jean-Marc Daniel, partisan du modèle anglo-saxon, et ceux de Marc Menant, journaliste CNews, sur Louis XVI et Beaumarchais, faisant une description baroque merveilleuse de cette société d'Ancien Régime qui vit la France être à l'origine de la puissance américaine.

Extraits

 

Marc Menant :

 

"Il est vrai que ce sont les circonstances et le destin qui l'avaient désigné (Louis XVI). Il n'avait jamais ambitionné de se retrouver sur le trône. Et cet homme-là (Louis XVI) était un compagnon des livres, était un compagnon de la sciences. Il s'émerveillait dans cette époque où à chaque instant il y avait une trouvaille, à chaque instant on voyait le monde sortir de la terre pour s'ouvrir toutes les conquêtes du progrès. Et bien, lui, il cherchait les expériences. Cela le rendait peut-être taciturne. Au point que cet homme-là (Louis XVI) ne parlait pas beaucoup. Quand il arrivait au conseil des ministres, c'était le silence le plus absolu, l'oeil rêveur. Et à ses côtés, son vieux maître, Maurepas, qui était là, lui susurrait quelques mots à l'oreille, et il prenait la décision. 

 

Alors là, en ce jour-là 6 février 1778, était-ce Maurepas ? Que nenni.

 

[- Pourtant il en a fait faire des bêtises, Maurepas, interjette Éric Zemmour (Maurepas destitué en 1749 par Louis XV, fut rappelé par Louis XVI. Mal conseillé par Maurepas, Louis XVI congédia Maupéou et Terray, à l'origine du "coup de majesté" de 1770, et restaura les Parlements et leur puissance de blocage des réformes (notamment d'égalité devant l'impôt...), au nom de la défense des privilèges.) NdCR.]

 

- Oui, on est d'accord, poursuit Marc Menant. Mais cela fait quatre ans qu'il est donc à la tête de notre nation. Et en coulisses, il y a un homme qui s'active, [...] monsieur Pierre-Augustin Caron (de Beaumarchais). [...] Son père est horloger. Et à 21 ans, il invente la montre révolutionnaire, celle qui marche à la seconde près. Et cela va lui valoir d'être nommé horloger du roi; on est sous Louis XV. [...] Louis XV remarque ce personnage et le délègue comme espion à Londres, et le voilà à l'affût de toutes informations, sa plume qui s'agite, et c'est comme cela qu'il apprend ce qui se trame là-bas États-Unis, qui ne sont pas encore les États-Unis, mais qui vont le devenir. Et c'est ainsi qu'il alerte le roi (Louis XVI) et qu'il lui dit qu'il faut prendre des initiatives. Et lui-même investit des sommes énormes. Il achète des armes, il achète des bateaux, il paye des équipages, il fait en sorte qu'il y ait des hommes qui puissent mener la troupe, parce que ceux qui se rebellent (en Amérique), ce ne sont pas des militaires, et donc il faut les former. Et c'est lui qui paye tout cela à 9/10e et il demande 1/10e au roi. Et c'est comme cela que Louis XVI qui succède à son grand-père se retrouve en connivence avec Beaumarchais. Il le maintient en place. Et quand Beaumarchais lui dit voilà l'accord, il faut le signer, Louis XVI n'hésite pas une seconde."

 

Lire: Les réformes de Louis XVI, qui le premier, employa l'expression de "justice sociale"

Un peu plus loin dans cette émission, un passage intéressant est à noter sur l'opposition entre le modèle universaliste égalitariste français et le modèle oligarchique anglo-saxon.

 

Jean-Marc Daniel, défenseur du libéralisme anglo-saxon, affirme qu'"effectivement, ils (les Anglais) se sont opposés à tous les projets européens qui étaient des projets impérialistes; ils se sont opposés à Philippe II, ils se sont opposés à Louis XIV, ils se sont opposés à Napoléon. Et je pense qu'ils ont eu raison parce qu'ils s'y sont opposés au nom d'une vision de la vie."

 

"Si on revient à la Magna Carta (1215) de Jean sans Terre, poursuit Jean-Marc Daniel, il y a trois idées force dans cette charte. Il y a l'habeas corpus : personne ne peut contester que c'est un progrès de la démocratie, de la liberté de l'homme, le fait que les impôts doivent être contrôlés par des représentants du peuple (principe du consentement à l'impôt qui existait également chez nous sous les Valois pendant les troubles de la Guerre de Cents ans lors des Etats généraux du royaume. Ndlr.), et la troisième chose, il était marqué que les marchands en Angleterre n'auraient pas de péage à payer. C'est-à-dire que le fondement de la civilisation britannique c'est la démocratie, le respect de la liberté et la liberté de commerce. Et c'est un projet qui s'est opposé à Philippe II, à tout un tas de gens, qui, au contraire, avaient un projet liberticide et qui était un projet de régression sur le plan économique.

 

Note du blog Christ-Roi. Or, « aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe. » (Théodore Zeldin, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points Histoire, Paris-Mesnil 1981, p. 446.)

 

Lire : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre...

 

Et un peu plus loin dans l'émission, Jean-marc Daniel ajoute : "Il vaut mieux les Anglais à Philippe II ou Napoléon Ier." Ce à quoi s'oppose Éric Zemmour,  qui répond : "Et bien non, et c'est cela la différence entre nous. Moi je préfère Napoléon, parce que c'est la France qui domine. Et pas l'Angleterre. [...] Vous, vous pensez d'abord à l'individu, moi je pense d'abord à la nation. Je suis plus gaullien que vous."

 

Voici le texte de la réponse magnifique d'Éric Zemmour (à partir de la 36e minute) qui corrige l'économiste :

 

"Deux points, un historique, et un aujourd'hui.

Le roi Philippe II Auguste après la bataille de Bouvines (27 juillet 1214)

Nous refaisons la vieille querelle qui a été faite au XVIIIe siècle, entre Voltaire et Rousseau, et Rousseau expliquant très bien que les Anglais votent un jour et que le reste du temps ils sont tyrannisés par une aristocratie inégalitaire qui domine le pays. En vérité, ce n'est pas la démocratie qu'a inventé l'Angleterre, c'est l'oligarchie ! Et l'oligarchie anglaise, effectivement, vous avez raison de le noter, n'a jamais supporter les tendances égalitaristes françaises...

 

Lire en 2014 : "Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie"...

 

Et c'est cela la vérité : sous couvert de 'liberté' (habeas corpus de 1215), ils (les barons anglais) ont fait passé leurs intérêts de commerçants et leurs intérêts particuliers d'aristocratie, qui ne supportaient pas les discours égalitaires et la domination de la France sur l'Europe.

 

[NdCR. La Magna carta britannique de 1215 n'a pas été écrite par le peuple mais par les barons, qui sous couvert de défendre le peuple ne défendaient en réalité que leurs intérêts oligarchiques, exactement comme nos parlementaires d'Ancien Régime qui s'opposèrent pendant un siècle (jusqu'en 1789) aux tentatives royales de réforme de l'impôt pour plus d'égalité].

 

Deuxièmement, pour aujourd'hui. C'est de l'Acte unique (1986) que naît la catastrophe. À partir de ce moment-là on est rentré dans des systèmes globaux de libre-échange - on l'appelle la mondialisation aujourd'hui, l'OMC, d'ailleurs c'est ce qui permet à l'Angleterre de dire (après le Brexit) qu'elle va pouvoir aisément commercer en-dehors de l'Europe, et elle a raison là-dessus.

 

Alors vous dites, cela a amélioré le pouvoir d'achat des gens. Oui, mais à quel prix ? Au prix des industries qui ont été détruites du fait des délocalisations dans les pays d'Asie (au prix d'un environnement qui a été détruit également. Ndlr.). Les gens peuvent payer moins cher les produits en grandes surfaces. Oui, mais leurs produits sont mauvais pour la santé, et en plus ils ont perdu leur boulot ! Quel résultat ! Mais, c'est un choix. Vous avez raison, avec l'Angleterre, c'est toujours le même choix, vous avez le choix entre la liberté et l'oligarchie ou un régime plus égalitaire. C'est toujours le même discussion éternelle !" (Fin de citation)

 

Cf. Voir l'impasse des droits de l'homme" de 1789 : la contradiction entre la liberté et l'égalité.

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 22:04

Louis XVI était loin de l'imagerie révolutionnaire, malheureusement encore trop souvent d'actualité. Ce grand roi eut un réel souci du sort du peuple français; les réformes qu'il fit durant son règne en sont la preuve la plus évidente.  Une video Sacr Tv:

Chaque année au mois de janvier, les royalistes français rendent hommage au roi Louis XVI.

 

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du "droit de joyeux avènement", impôt perçu à chaque changement de règne.

 

Louis XVI créa le corps des pompiers. Il autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

 

Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l'usure, et venir en aide aux petites gens.

 

Louis XVI aida l'oeuvre de l'Abbé de l'Epée, pour l'éducation des "Sourds-muets sans fortune", auxquels il fit enseigner un langage par signes de son invention. Le roi lui versa une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

 

Louis XVI dota l'oeuvre de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

 

Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.

 

Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis "comme les propres sujets du roi", 90 ans avant la première convention de Genève.

 

Louis XVI fit abolir le droit de servage, le droit de suite et la mainmorte (qui dans la pratique n'existait plus dans la majorité des terres depuis trois siècles). [1]

 

Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture).

 

Louis XVI accorda le premier le droit de vote aux femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée aux États-généraux.

 

Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.

 

Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.

 

Louis XVI employa le premier l'expression justice sociale.

 

Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.

 

Louis XVI créa le musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.

 

Louis XVI fonda l'école des Mines.

 

Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.

 

Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy d'Abbans pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

 

Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux Juifs l'accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du parlement de Nancy.

 

Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

 

Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.

 

Louis XVI accorda l'état-civil aux protestants.

 

Louis XVI ressuscitant 144 corporations se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création nous voulons donner aux ouvriers les moyens de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun, de leur intelligence qui est le bien le plus précieux de l'homme."

 

Durant la Révolution, en 1791, la bourgeoisie d'affaire voltairienne supprima les corporations au nom du libéralisme. C'est le début de la misère sociale. "La Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois quarts de siècle". René Sédillot), le règne sans frein de la bourgeoisie capitaliste (sous couvert de liberté et d'égalité. Cf. L'impasse des droits de l'homme), la naissance du prolétariat.

 

Louis XVI était devenu un obstacle aux projets de la bourgeoisie capitaliste, qui le fit donc assassiner le 21 janvier 1793, sur l'actuelle Place de la Concorde à Paris.

 

La mort du Roi, c'est : un procès inique qui déshonore la justice, la rupture avec 1300 ans d'histoire de France, le point de départ de tous les totalitarismes (Cf. "La première logique totalitaire apparaît sous la Révolution française". Stéphane Courtois).

Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France.

Louis XVI

14 juillet 1789 : La Révolution dite "française" On peut ajouter la tentative royale de réforme fiscale pour une égalité devant l'impôt (Subvention territoriale, 1786, refusée par les parlementaires depuis un siècle...("dixième" en 1710, "vingtième" en 1750) (Cf. Jean-Louis Harouel, La pré-Révolution 1788-1789 in Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989).

Notes

 

[1] "Les caractères de l'ancienne servitude ont progressivement disparu (sous l'Ancien Régime). Il ne reste plus guère, en quelques régions, que des sujets soumis à la mainmorte." C'est-à-dire des gens qui ne peuvent transmettre leurs biens à d'autres qu'à leurs enfants. La mainmorte décline aux XVIIe et XVIIIe siècle, mais reste en certaines régions (Bourgogne) une arme aux mains du seigneur. (Guy Cabourdin, Georges Viard, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 303 et p. 206.)

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 10:38

On lit souvent que l'Inquisition fut l'un des chapitres les plus terribles et sanglants de l'histoire occidentale ; que Pie XII, dit « le pape d'Hitler », était antisémite ; que l'obscurantisme a freiné la science jusqu'à l'arrivée des Lumières ; et que les croisades furent le premier exemple de l'avidité occidentale. Ces affirmations sont pourtant sans fondements historiques. Dans cet ouvrage, l'éminent professeur de sociologie des religions Rodney Stark démontre que certaines idées fermement établies - surtout lorsque l'Église entre en scène - sont en réalité des mythes. Il s'attaque aux légendes noires de l'histoire de l'Église et explique de quelles façons elles se sont substituées à la réalité des faits. Un livre passionnant, écrit « non pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire ».

AUTEUR Rodney Stark a enseigné la sociologie et les religions comparées à l'Université de Washington (Seattle) jusqu'en 2004. Il est désormais professeur de sciences sociales à l'Université Baylor au Texas. Traduit dans le monde entier, il est l'auteur du best-seller L'essor du christianisme (Excelsis, 2013).

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

"N'étant pas moi-même catholique romain, je n'ai pas écrit ce livre pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire". C'est par ces mots que Rodney STARK, sociologue des religions protestant américain présente en introduction (disponible en lecture libre sur "amazon") son ouvrage "Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques" (éd. Salvator, Paris 2019).

 

Dans l'introduction, l'auteur, par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le triomphe de la raison : pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme" (traduction de Gérard Hocmard, Paris, Presses de la Renaissance, 2007), explique les raisons de la rédaction du livre "Faux témoignages" :

 

"Au cours de la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire médiévale et sur les origines du christianisme, je suis fréquemment tombé sur de graves distorsions liées à l'anticatholicisme évident, les auteurs exprimant souvent explicitement leur haine de l'Église. Ayant rédigé, dans ces livres antérieurs, des notes critiques sur nombre des exemples cités plus haut, j'ai fini par considérer que le problème posé par ces réactions anticatholiques de savants de renommée est trop important et ses conséquences trop envahissantes pour qu'on puisse se contenter de les réfuter ponctuellement. C'est pourquoi j'ai commencé à rassembler, à réviser et à substantiellement étendre mes notes antérieures et à en rajouter de nouvelles sans toutefois tenter de 'disculper' l'histoire de l'Église. J'ai longuement écrit sur des thèmes comme la corruption du clergé, les agressions brutales d''hérétiques', et sur des méfaits et manquements plus récents de l'Église, comme le fait de couvrir des prêtres pédophiles ou la promotion mal avisée de la théologie de la libération. mais quelle que soit l'importance qu'on accorde à ces aspects négatifs de l'histoire de l'Église, cela ne justifie pas les exagérations extrêmes, les fausses accusations et les fraudes évidentes auxquelles seront consacrés les chapitres à suivre.

 

"[...] J'avoue que lorsque j'ai rencontré pour la première fois l'assertion selon laquelle l'Inquisition espagnole, non seulement aurait répandu peu de sang, mais aurait été une force majeure à l'appui de la modération et de la justice, je l'ai rejetée spontanément comme une variante de d'un révisionnisme excentrique. [...] Mais après un examen approfondi, j'ai découvert avec stupéfaction que, parmi d'autres choses, c'était l'Inquisition qui avait empêché que ne se répande en Espagne et en Italie la fureur meurtrière liée à la sorcellerie qui sévissait partout dans toute l'Europe des XVIe et XVIIIe siècles, et qu'au lieu de brûler eux-mêmes les sorcières, les inquisiteurs avaient fait pendre certains de ceux qui les avaient condamnées au feu.

 

"[...] J'ai si largement documenté mes conclusions que chacun peut les vérifier. [...] Chaque chapitre proposera une brève bibliographie des principaux contributeurs." 

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

Table des chapitres avec quelques extraits :

 

1. Les péchés d'antisémitisme

L'invention de l'antisémitisme

Conflit religieux précoce

L'Église et les attaques antisémites

Musulmans et Juifs

Le onzième commandement

Le "Pape d'Hitler"

Conclusion

"L'Église catholique romaine a une histoire longue et honorable d'opposition résolue aux attaques contre les juifs. Et le pape Pie XII s'est montré tout à fait à la hauteur de cette tradition."

 

 

 

2. Les évangiles supprimés

Conclusion

"Aujourd'hui, le pendant moderne des évangiles gnostiques sont des oeuvres de fiction qui entendent être prises pour des présentations de faits réels, tel le roman Da Vinci Code, un réquisitoire cinglant contre une conspiration de l'Église catholique romaine afin de supprimer la vérité sur Jésus."

 

3. La persécution des païens tolérants

Constantin reconsidéré

La folie de Julien

Le déclin du paganisme

Assimilation

Conclusion

"L'Église n'a pas tiré profit de son statut officiel pour éradiquer le paganisme, tout comme les empereurs ne s'y prêtèrent pas au nom de la nouvelle foi. C'est la raison pour laquelle le paganisme a survécu sans trop d'ennuis durant des siècles après la conversion de Constantin, et n'a sombré que lentement dans l'obscurité, tout en réussissant à créer des niches au sein du christianisme pour quelques-unes de ses traditions.

 

4. Le "sombre Moyen Âge"

Le Mythe du sombre Moyen Âge

Les progrès de la technologie

Le progrès moral

Les progrès dans la culture savante

Le mythe de la "Renaissance"

Le mythe des "Lumières" séculières

Théologie, raison et progrès

Conclusion

"[L]es termes de "sombre Moyen Âge", de "Renaissance", de "Lumières" et d'"Âge de la Raison" [...] [i]l s'agit là de grandes époques historiques qui n'ont jamais vraiment existé comme telles.

 

5. Les croisades en quête de terres, de butin et de convertis

Les provocations

Aspects économiques des croisades

Pourquoi s'engagèrent-ils?

Le royaume des croisés

Les "crimes de guerre" des croisés

Redécouvrir les croisades

Conclusion

"Les croisades furent donc bel et bien provoquées. Elles ne constituèrent pas le premier volet du colonialisme européen et ne furent pas non plus menées en vue de conquérir des terres, de rapporter du butin ou de pratiquer des conversions. Les croisés n'étaient pas des barbares qui persécutèrent des musulmans cultivés. Les croisades ne sont donc pas une tache indélébile dans l'histoire de l'Église catholique et il n'y a pas lieu de s'en excuser."

 

6. Les monstres de l'Inquisition

Le nombre de morts

La torture

La sorcellerie

L'hérésie

La sexualité

Autodafés de livres

Conclusion

 

7. Les hérésies scientifiques

La quête du savoir

Théologie et philosophie naturelle

L'invention des universités

En route vers la "révolution" scientifique

Robert Grossetete (1168-1253)

Albert le Grand (vers 1200-1280)

Roger Bacon (1214-1294)

Guillaume d'Ockam (1295-1349)

Nicole d'Oresme (1325-1382)

Nicola de Cues (1401-1464)

Nicolas Copernic (1473-1543)

La science devient majeure

Scientifiques "éclairés"

Protestantisme

Pourquoi l'Angleterre?

Les origines religieuses de la science

Alors qu'en est-il de Galilée ?

Conclusion

 

8. La bénédiction de l'esclavage

L'opposition papale à l'esclavage

Codes pour le traitement des esclaves

La civilisation jésuite / indienne

Conclusion

 

9. Un saint autoritarisme

Deux Églises

Sur les dirigeants de ce monde

Les philosophes des "Lumières" et la gauche antireligieuse

Les révolutionnaires français et l'Église (1789-1799)

Vers une Russie sans Dieu

La guerre civile espagnole

Conclusion

"Il est tout simplement faux que l'Église s'oppose à la liberté et à la démocratie. Elle tend plutôt à lutter contre les tyrans, en particulier quand ceux-ci tentent de la détruire."

 

10. La modernité protestante

Réforme et libertés

Max Weber et le capitalisme

Le capitalisme

L'essor du "capitalisme religieux"

Les vertus du travail et de la sobriété

Capitalisme et progrès théologique

Les cités-États capitalistes

Conclusion

 

Post-scriptum

Bibliographie et conseils de lecture

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 12:53
"La seule révolution susceptible d’éclairer les lanternes du troupeau humain dans les ténèbres de ses expectatives a eu lieu il y a vingt et un siècles, quelque part en terre d’Israël. Et le “nouveau monde” a débuté avec la propagation des paroles de Jésus, [...] l'esprit d'enfance [...] et l'amour" (Denis Tillinac)

Après avoir servi de mantra dans les milieux socialo-communistes où le « droit » était un vain mot, le terme « révolution » fait son grand retour en sociologie, en politique et même... dans l’Église. N’entend-on pas certains clercs nous dire que Vatican II fut une « révolution » ?

 

« En réalité, une seule révolution aura métamorphosé du tout au tout le destin des hommes “jusqu’aux extrémités de la terre” : la venue de Jésus, sa prédication, sa Passion, sa mort, sa Résurrection. L’événement que nous commémorons le jour de Noël fut la mutation de l’Histoire la plus féconde. Elle a enfanté une ère inédite en abolissant le fatum décrété invincible par toutes les société antérieures, comme l’atteste la littérature de l’hellénisme et de la romanité. L’Enfant Jésus emmailloté dans une crèche sous le regard attendri d’une mère et d’un père, puis émerveillé de mages venus de pays lointains, c’est l’espérance d’un monde à venir où l’homme, selon la prophétie de Marx, “ne sera plus un loup pour l’homme”. Son message met au rebut les systèmes de valeurs qui sous des latitudes variables ont tous cautionné le règne de la force et de l’argent. Il ouvre des cœurs jusque là en pénitence dans les clôtures de la raison. Il prône l’esprit d’enfance, capable d’arraisonner, avec sa charge de pureté et d’innocence, l’iniquité brutale de César et de clouer le bec à la cohorte de moralistes à sa solde. Les Évangiles inaugurent l’avènement de la liberté la plus printanière, la plus ensoleillée, celle qui procède de l’amour.

« Pour avoir trahi ce message en oubliant que le Mal est “originel” et non social, la Révolution dont la France s’enorgueillit a engendré des Robespierre, des Lénine, des Mao, des Pol Pot. Pour l’avoir dédaigné, les “nouveaux mondes” proposés par des marchands d’illusion à grands renforts de communication sont de pâles contrefaçons de l’espérance inouïe qui, la nuit de la Nativité, allume des étoiles au plus intime de notre sensibilité. En somme, la seule révolution susceptible d’éclairer les lanternes du troupeau humain dans les ténèbres de ses expectatives a eu lieu il y a vingt et un siècles, quelque part en terre d’Israël. Et le “nouveau monde” a débuté avec la propagation des paroles de Jésus par le truchement de saint Paul et des Apôtres.

« Encore faut-il y croire, dira-t-on ! Ce n’est pas nécessaire. L’émotion ressentie par tout un chacun aux approches de Noël, en dépit d’un barnum commercial de plus en plus vulgaire, est une grâce. Elle incité à la trêve des agressivités militantes, elle ouvre chez le butor claquemuré dans ses certitudes les portes d’un sourire qui rajeunit son âme. Elle incite l’agnostique, voire l’athée, à accompagner ses loupiots à la messe de minuit - et quand ils chantent à l’unisson “Il est né le Divin Enfant”, une sorte de tendresse le surprend. Il n’est peut-être pas mûr pour la foi qui soulève les montagnes, mais il aurait envie d’y croire.

« (...) Il l’oubliera vite, et la vie reprendra son cours avec ses sempiternelles scories de l’ancien monde (...). Bref, la chute dans la folie du quantitatif.

« (...) Tout de même, la magie de Noël aura déposé en son for la promesse imprécise d’un bonheur sans commune mesure avec l’obtention d’un avantage, salaire augmenté, pension de retraite revalorisée. Ce qui ne signifie pas que ses revendications sont illégitimes ; mais que la félicité suggérée par “Les Anges dans nos campagnes” n’a cure du PIB, de points de croissance et de balance des paiements. Elle est à notre portée. Ne la laissons pas se perdre dans le temps profane où nous titubons comme des aveugles. (...) »

 

Source : Denis Tillinac, Valeurs actuelles, 12 décembre 2019 / Pro Liturgia, Actualité du vendredi 13 décembre 2019

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 08:00
Les trois ordres : Oratores, Bellatores, Laboratores

Les trois ordres : Oratores, Bellatores, Laboratores

 

Les Gilets Jaunes demeurent la partie émergée d'une crise sociale profonde. Cette "révolte" des mécontents est aussi une manifestation de défiance envers leurs représentants tant au niveau des corps intermédiaires que du monde politique. Cette crise inédite est le reflet du délitement du lien social qui existait depuis la nuit des temps nonobstant les régimes politiques et les civilisations. Reprenant le schéma des anciennes civilisations des peuples Gaulois, Grecs, Celtes, Germains, Slaves ou sous l'Empire romain et jusqu'à la Révolution française, la société se structurait autour de trois ordres aux fonctions primordiales. Soubassement social de la société cette trifonctionnalité se complétait mutuellement :

 

- les oratores, les hommes d'Église priaient pour ceux qui combattaient et ceux qui travaillaient ;

- les bellatores, les nobles combattaient et défendaient ceux qui priaient et qui travaillaient ;

- les laboratores, les paysans et les artisans travaillaient pour nourrir ceux qui priaient et qui combattaient.

 

Adalbéron, chancelier du roi Lothaire en 974 et évêque de Laon (977-1030) a été le premier auteur à avoir formulé cette tripartition dans son poème au roi Robert (Robert II le Pieux 996-1031) : "la cité de Dieu qui se présente comme un seul corps, est en réalité répartie en trois ordres : l’un prie, l’autre combat, le dernier travaille. Ces trois ordres qui coexistent ne peuvent se démembrer ; c’est sur les services rendus par l’un que s’appuie l’efficacité de l’œuvre des deux autres : chacun d’eux contribue successivement à soulager les trois, et pareil assemblage, pour être composé de trois parties, n’en est pas moins un."

Adalbéron, l'un des principaux artisans de l'avènement d'Hugues Capet sur le trône après avoir écarté Charles de Lorraine, le prince légitime héritier de la Couronne de France, précisait : "l’Eglise ne forme qu’un corps ; mais la constitution de l’Etat en comprend trois, car l’autre loi, la loi humaine, distingue deux autres classes : nobles et serfs sont en effet de conditions différentes. Parmi les nobles, deux sont au premier rang : l’un est le roi, l’autre l’empereur ; et c’est leur autorité qui assure la solidité de l’Etat. Le reste des nobles a le privilège de ne subir la contrainte d’aucun pouvoir, à condition de s’abstenir des crimes réprimés par la justice royale. Ils forment l’ordre guerrier et protecteur de l’Eglise : ce sont les défenseurs de la foule du peuple, des puissants et des humbles, et ils assurent par le même fait le salut de tous. L’autre classe est celle des serfs : c’est là une race d’hommes malheureuse, et qui ne possède rien qu’au prix de sa peine. Qui pourrait faire la somme de leurs occupations, de leurs fatigues et de leurs travaux ? Finances, garde-robe, approvisionnements, tout cela est fourni à tous par les serfs, si bien qu’aucun homme libre ne saurait vivre sans leur concours. Il semble alors que rois et prélats soient les propres serfs de leurs serfs. C’est à eux que leurs maîtres doivent leur nourriture, alors qu’ils s’imaginent les entretenir."

Pour l'académicien Georges Dumézil (1898-1986) "le schéma tripartite est mort en Occident avec les États généraux de 1789, quand la noblesse et le clergé ont baissé le pavillon devant le tiers État. On a enfin répondu à la question : qu'est-ce que le tiers état ? Eh bien, c'était la ruine du système trifonctionnel." Une formule cinglante à nuancer : une partie de la noblesse et du clergé étaient acquises aux idées nouvelles issues des Lumières, et la Bourgeoisie, la "nouvelle élite économique" composante du tiers état aspirait à des prérogatives au sein du pouvoir décisionnel et politique.

 

Nicolas Chotard,

 

 

 

Président des Lys de France

 

La société trifonctionnelle médiévale : un prêtre, un chevalier, un travailleur. Illustration médiévale française d'école tirée du Li Livres dou Santé (fin 13e siècle, vellum), auteur inconnu.

La société trifonctionnelle médiévale : un prêtre, un chevalier, un travailleur. Illustration médiévale française d'école tirée du Li Livres dou Santé (fin 13e siècle, vellum), auteur inconnu.

Les trois états de la société médiévale

 

Enluminure Gilles de Rome, "Le Régime des princes", Rouen, premier quart du XVe siècle, Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 126, fol. 7

 

Cette enluminure représente un triptyque sur deux registres, fondé sur la théorie des "trois ordres". Il est composé d’une image panoramique dédiée aux deux premiers états de la société au registre supérieur, et de deux images carrées dédiées au troisième état de la société au registre inférieur. Cette disposition obéit à la hiérarchie interne de la société médiévale : en haut, ceux qui gouvernent (le gouvernant, à savoir le roi et son fils) entourés de ceux qui prient (les oratores) et de ceux qui combattent (les bellatores), en bas ceux qui sont gouvernés (ceux qui travaillent, les laboratores).

 

Depuis 1789, la bourgeoisie a remplacé le prince. D'aucuns parlent de naissance de la bourgeoisie d'affaires et d'argent, la ploutocratie, le pouvoir de l'argent.

"Des riches qui décident depuis deux cents ans", "la cause de nos problèmes", "les 1% les plus riches qui se gavent comme jamais", "les patrons des banques qui devraient être en prison pour faillite frauduleuse arrivent maintenant aux gouvernements des différents pays", "droite-gauche qui font la même politique des multinationales", "l'impuissance politique du peuple programmée dans la constitution": l'économiste Etienne Chouard brise l'omerta dans l'émission "Ce soir ou jamais" diffusée sur France 2, le 5 septembre 2014.

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 10:11

Une récente cérémonie au Vatican, le 4 octobre dernier, lors de l'ouverture du synode en Amazonie, a montré une représentation de la divinité locale "Pachamama" et a soulevé dans l'Eglise un scandale qui n'est pas encore retombé, évoquant le paganisme, l'hérésie et le panthéisme.  

 

Sur ce blog, nous avons eu tendance à donner sans doute trop largement écho aux personnes portant un regard négatif sur cette cérémonie. Nous nous en excusons.

 

Dès le 6 octobre, en effet, un laïc et médecin catholique, Pedro Gabriel, MD, né et résidant au Portugal, qui  travaille actuellement dans un hôpital public portugais, écrivain de romans catholiques à saveur tolkiénite, et lecteur de paroisse, dans un article très bien rédigé pour le site anglophone "Where Peter is", intitulé "Paganisme au Vatican? L'herméneutique de la suspicion à son apogée", apporte un regard différent, de ce que l'on a pu lire jusqu'ici. Vous en trouverez ci-dessous une traduction. Nous avons pu intégrer des liens dans cette traduction qui ne se trouvent pas dans l'article original.

Source: https://wherepeteris.com/paganism-in-the-vatican-hermeneutic-of-suspicion-at-its-peak/

Source: https://wherepeteris.com/paganism-in-the-vatican-hermeneutic-of-suspicion-at-its-peak/

Le vendredi 4 octobre, une cérémonie s'est déroulée dans les jardins du Vatican en vue du Synode sur l'Amazone. Cette cérémonie n'a pas été organisée par le Vatican lui-même, mais par l'ordre des frères mineurs, le mouvement catholique mondial pour le climat et le réseau ecclésial panamazonien. Ici se trouve le communiqué de presse du Vatican, (du 1er octobre) publié avant la cérémonie. Une vidéo de l'ensemble du service est visible ci-dessous.

Le point culminant de la cérémonie, comme l'indique le communiqué de presse du Vatican, a été la plantation d'un arbre vert d'Assise (voir dans la vidéo de 1:03:00 à 1:09:00), considérée comme "un signe visible d'écologie intégrale" destiné à consacrer le prochain Synode à la protection et à l’intercession de saint François. Il y avait aussi la prière et la prédication, ainsi qu'un segment très intéressant et émouvant où la terre de l'Amazonie et d'autres endroits sur la planète (symbolisant une foule de problèmes sociaux dans le monde entier) était ajoutée à l'endroit où l'arbre allait être planté.

 

Les détracteurs du pape sur les médias sociaux ont toutefois choisi de concentrer leur attention sur un segment de 5 minutes au début de la cérémonie, au cours duquel certains dirigeants autochtones effectuent un rituel (voir la vidéo de 07h00 à 12h40) qu'ils interprètent comme étant d'origine païenne.

 

Y a-t-il du vrai dans cette affirmation?

 

Le contexte

 

Avant l'élection de François, l'idée qu'une semence de Vérité résidait dans chaque religion et culture du monde a été présentée par les apologistes comme une notion parfaitement orthodoxe. Le Concile Vatican II a mentionné, dans son décret Ad Gentes n° 11, les semina verbi ("semences du Verbe") cachée dans d'autres traditions nationales et religieuses. Je me souviens de l'époque où les médias catholiques ont fait la promotion de "L'homme éternel" de Chesterton comme l'une des plus excellentes recommandations de livres pour les catholiques : un livre qui a pris grand soin de classer les religions en 4 types - religion de Dieu, des dieux, des démons et des philosophes ; seul le troisième étant totalement irrécupérable. Tout comme je me souviens avec tendresse lorsque des vidéos comme celle-ci étaient partagées, en utilisant la vérité partielle contenue dans chaque religion comme argument pour l'existence de Dieu.

Tout cela, et de nombreux autres enseignements catholiques qui étaient constitutifs du mouvement apologétique quand je grandissais dans ma foi (comme la doctrine des circonstances atténuantes ou le consentement de l’esprit et de la volonté dus aux enseignements du Pape en matière de foi et de morale, même les non-infaillibles,) ont été oubliés depuis l'élection du pape François. Le dégoût croissant pour ce pontife a poussé de nombreux apologistes, autrefois fidèles, à cultiver quelque chose de complètement différent: une "herméneutique du soupçon".

Selon cette herméneutique, chaque acte et chaque parole du pontife doit être examiné avec la lentille interprétative suivante : il essaie de saper le dépôt de la foi, directement ou indirectement. Année après année, ils ont consacré tout leur temps à faire tourner chaque acte du Pape dans la pire lumière possible, à tel point qu'on s'émerveille de ce "miracle inversé" où un seul homme (surtout celui qui est couvert par la promesse de Jésus que les portes de l'enfer ne prévaudront pas, et qui, selon Donum Veritatis, reçoit une assistance divine même pour promulguer la discipline dans l'Église) puisse tout faire mal et ne jamais rien faire de bien.

Pour un certain secteur de notre Église, en particulier en Occident, cette propagande constante et incessante a façonné leur perception du pontife actuel de manière indélébile, de sorte qu’ils acceptent maintenant ces distorsions de manière non critique. Et chaque nouvelle action du pape est suivie d'une nouvelle interprétation qui consolide de plus en plus leur vision. Sur ce site Web, nous nous sommes consacrés à réfuter leurs accusations, tout en étant parfaitement conscients que la loi de Brandolini nous place dans une position désavantageuse. Cependant, pour les personnes touchées par l'herméneutique du soupçon, les faits ne suffiront pas. Toute tentative de contextualiser leurs revendications et de les réfuter sera considérée comme une activité en vrille, la même activité qu’ils ont mené sans relâche depuis des années. S'il est prouvé que le pape n'a pas fait ce dont il a été accusé, alors les poteaux de but seront déplacés: le pape ne l'a pas fait, mais il était volontairement ambigu pour donner l'impression qu'il l'avait fait. Le pape est suspect et les soupçons deviennent des revendications non falsifiables. C'est ainsi que fonctionne l'herméneutique de la suspicion.

 

C'est important, car les promoteurs de cette herméneutique ont déjà préparé le terrain pour le Synode de l'Amazonie, préparant leur public au tour qu'ils allait donner au cours des trois prochaines semaines. Ils ont construit un récit autour de ce synode: c'est un instrument de promotion du paganisme et de l'hérésie. Il y a eu des croisades de prière et de jeûne et même des exorcismes pour empêcher que les prétendues erreurs du document de travail du Synode (qui n'est pas magistériel et ne vise qu'à diriger la discussion) soient approuvées. Puisque le Synode n'est qu'un organe consultatif qui conseille le Pape, qui prendra la décision finale et rédigera ou approuvera le document final sur le sujet, on se demande comment ces craintes peuvent être fondées, à moins qu'ils ne croient pas que François soit digne de confiance pour filtrer les hérésies et les hétérodoxies.

 

La controverse autour de la cérémonie du 4 octobre est le produit de cette herméneutique du soupçon. Plus que cela, c'est un exemple classique de mise en action de l'herméneutique de la suspicion. Le fait que beaucoup aient déjà commencé à lire les actions de François comme une validation de leur récit à un stade aussi précoce est un signe inquiétant de temps difficiles à venir (mais malheureusement, pas surprenant.) En ce sens, il nous incombe de nous en occuper.

 

Le reste de cet article a deux objectifs: 1) dissiper les fausses déclarations concernant la cérémonie; et 2) montrer comment les reportages des médias, même issus de sources qui ne sont peut-être pas directement impliquées dans la construction de cette culture de l'herméneutique de la suspicion, sont utilisés pour attiser le feu de cette vision pernicieuse du monde.

 

Les prétendues idoles païennes

L’accusation principale portée contre la cérémonie est qu’il s’agit d’un "rituel païen" et qui ne devrait pas avoir sa place au Vatican. Premièrement, cette cérémonie n'était pas une messe, où évidemment aucun paganisme ne devrait être permis. Outre sa mission catholique, le Vatican possède en effet une richesse d'art païen dans sa collection.

Cela dit, on peut affirmer qu'il est très différent pour le Vatican de collectionner et d'exposer de l'art païen et d'accueillir un rituel païen, en particulier devant le pape. C'est une évaluation juste. Mais était-ce un rituel païen au départ?

L'Agence catholique de presse (ANC) a d'abord rapporté que "les gens se tenaient par la main et s'inclinaient devant des images sculptées de femmes enceintes". Et ailleurs, ils "s'agenouillaient et s'inclinaient en cercle autour des images de deux femmes enceintes à moitié nues". Une capture d'écran du texte original peut être vue ci-dessous.

 

 

 

Cette formulation semble laisser place à l'interprétation pour ce qui est de l'identité des femmes enceintes.

Plus loin dans l'article, cette lacune identitaire (que les journalistes le veuillent ou non) est complétée par des informations supplémentaires: « Les participants ont chanté et se sont tenus la main en dansant en cercle autour des images, dans une danse ressemblant au pago a la tierra , «offre traditionnelle à la Terre nourricière commune aux peuples autochtones de certaines régions d’Amérique du Sud. “

 

Plus loin dans l'article, cette lacune identitaire est (que les journalistes l'aient voulu ou non) est complétée par des informations supplémentaires : "Les participants ont chanté et se sont tenus la main en dansant en cercle autour des images, dans une danse ressemblant au 'pago a la tierra', une offrande traditionnelle à la Terre nourricière commune aux peuples autochtones de certaines parties de l'Amérique du Sud."

 

À partir de ce moment, de nombreuses personnes sur les médias sociaux qui adhéraient à l'herméneutique de la suspicion étaient irréversiblement convaincues qu'il s'agissait d'un rituel païen dirigé vers la Terre nourricière et que les statues de femmes enceintes étaient des idoles de la fertilité. Plus tard, ils ont trouvé une confirmation de leur soupçon dans la légende d’une photo de Getty Images:

 

 

Pourtant, ce point de vue ne résiste pas à l'examen minutieux. Le rituel est précédé de discours en italien qui n'ont que de la terminologie chrétienne. Le reste de la cérémonie est également parfaitement chrétien. Faut-il croire qu'il y a eu un rituel païen inséré au milieu d'un service de prière catholique, sans aucune mention du changement brusque du contexte religieux, sans introduction aux prétendues déesses de la fertilité, sans aucune explication ? L'explication la plus raisonnable, étant donné le contexte, est que ce rituel était également chrétien.

 

Plus tard, une des statues a été apportée par l'une des femmes indigènes au Pape pour sa bénédiction. La statue est ensuite annoncée (en espagnol ou en portugais fortement accentué) comme "Notre-Dame de l’Amazone, [inaudible] de l'Église" (visible de 13h20 à 13h35 dans la vidéo). 

 

L'identité de la statue en tant que Notre-Dame de l'Amazonie est renforcée par un tweet du journaliste du Vatican Christopher Lamb, où une représentation similaire de Marie est présentée dans une chapelle catholique. Son tweet peut être vu ci-dessous :

 

 

Ceci explique qu'il ne s'agit pas de l'idole d'une déesse de la fertilité, mais d'une icône de Notre-Dame. En d'autres termes, le personnage n'est pas païen, mais catholique. Étant donné le précédent de notre iconographie, je pense qu'on peut supposer que la représentation de deux femmes enceintes dans laquelle l'une d'entre elles est Notre-Dame est une représentation de la Visitation.

 

Plus tard dans la journée, l’agence de presse catholique a modifié l’article en le révisant pour indiquer: «Les gens se tenaient la main et se prosternaient devant des images sculptées de femmes enceintes, dont l'une représenterait la Bienheureuse Vierge Marie". Ils ont également inséré un nouveau paragraphe plus tard dans l'article:

 

 

Je pense qu'un changement aussi important dans l'article, en particulier compte tenu de la controverse suscitée par l'idole païenne qui aurait provoqué son apparition, n'aurait pas dû être fait discrètement, mais aurait dû figurer clairement et clairement au début de l'article. Certes, CNA note à la fin de l'article qu'il a été mis à jour, mais il ne dit pas où et comment. Dans l'intérêt de la vérité, je pense que CNA a la responsabilité d'essayer de dissiper les interprétations erronées que son article a contribué à créer, en faisant preuve de plus de force et de précision dans ses informations actualisées.

De plus, la mention du "pago de tierra" n’était pas utile et doit être clarifiée. Dire qu'une danse "ressemble" à un "pago de tierra" est une évaluation subjective et ne doit être évoqué que si le "pago de tierra" est explicitement mentionné par les organisateurs en relation avec le rituel. Peut-être est-ce la cas, mais sinon, j'exhorte CNA à supprimer la référence au "pago de tierra", mention hors sujet et potentiellement trompeuse.

Quoi qu'il en soit, il est déjà établi que l'une des statues est Notre Dame, et les deux femmes enceintes sont très probablement une représentation de la Visitation. Beaucoup de gens continuent à marteler qu'il s'agit d'une pratique idolâtre, puisque les participants se prosternaient devant des statues. Bien sûr, les catholiques en particulier, et les apologistes en particulier, disent qu'il n'y a rien de mal à s'incliner devant une statue de Notre Dame, et qu'il y a une différence entre l'adoration (latria) et la vénération (dulia). (Note du blog Christ-Roi. On pourra également faire mention de Juan Diego, l'indigène catholique à qui Notre-Dame de Guadalupe apparut en 1531, apparition devant laquelle l'indigène se prosterna )

 

L'homme phallique

Lorsqu’ils seront confrontés aux faits ci-dessus, beaucoup de ceux qui ont souscrit à l'herméneutique de la suspicion s’adresseront à une autre statue, présumée et apparemment représentant un homme menteur en érection. De telles représentations sont typiques des cultes païens de fertilité et de nombreux contre-apologistes ont essayé de lier les deux femmes enceintes à l'homme phallique comme une sorte de triade de fertilité.

 

 

Cette affirmation pose deux problèmes. Premièrement, le prétendu "homme phallique" n’occupe pas une position centrale dans le mandala comme le font les deux femmes enceintes. Je pense qu'il n'est pas exact de lier les trois statues comme si elles ne formaient qu'un seul ensemble.

 

Deuxièmement, et plus important encore, cette accusation s’écroule d'elle-même, puisque ce n’est pas du tout un homme phallique. Ce n’est nul autre que Michael Voris qui a attiré notre attention sur ce point:

 

 

Que la protubérance soit un bras et non un pénis, cela se voit clairement dans la vidéo à 06:43. Quelques secondes auparavant, un frère mentionne que le centre du mandala contient divers symboles, dont ce qui semble être le mot italien pour "martyr". Ce personnage, couché , la main tendue vers le ciel, serait-il la représentation d'un des martyrs? Je ne peux pas le dire, mais c'est une possibilité.

 

Quoi qu'il en soit, cette figure n'occupe pas le centre. Il semble que le peuple s'incline devant la représentation de Notre Dame. Non seulement c'est plausible, mais il est beaucoup plus charitable de l'interpréter ainsi plutôt que d'accuser les autres d'"hérésie" ou de "paganisme" pour s'être engagé dans un rituel qu'on ne comprend pas.

 

La pertinence de la représentation

Après avoir montré la preuve accablante que la statue est en fait une représentation de Notre-Dame, certains ont à nouveau déplacé les poteaux de but et ont commencé à remettre en question le caractère approprié de la représentation. Ils prétendent qu'il est blasphématoire de dépeindre la Vierge Marie comme une femme nue.

Il convient de mentionner que le but de la représentation n'est pas de montrer Marie nue, mais de la montrer en tant qu'indigène d'Amazonie. L’Église catholique a une tradition vénérable de représenter Jésus et Marie de manière à faire écho auprès des fidèles qui prient et adorent.

 

 

La Vierge Marie est ici représentée en Amazonienne. Sa nudité est la même nudité tribale que les peuples de l’Amazonie. Certains pourraient insister sur le fait qu'il est toujours inapproprié de représenter la Vierge Marie de cette manière. Cela fait écho à la même critique que Michel-Ange reçut, il y a des siècles, lors de la peinture de la chapelle Sixtine. Même s'il a peint une Vierge Marie entièrement vêtue, toutes les autres figures, y compris Jésus et les saints, ont été peintes complètement nues: un scandale à l'époque. Représenter Catherine d’Alexandrie et les apôtres nus n’était pas non plus considéré comme approprié par beaucoup à l’époque.

 

 

En regardant la statue, il ne m'est pas évident que la nudité de Mary soit exposée de manière à mettre en valeur son corps de manière inappropriée. L'icône est très représentative et avec très peu de détails. Elle est agenouillée d'une manière respectueuse et le centre d'attention est son bébé, qui se présente comme si son ventre était translucide.

 

[Note du Blog Christ-RoiLe 24 avril 2007 à la basilique Notre-Dame de Guadalupe à Mexico, après la décision du conseil municipal de cette ville de légaliser l'avortement jusque-là interdit, un nouveau miracle est survenu. À la fin de la messe offerte pour les enfants avortés non-nés, l'assistance de la basilique se demandait ce qu'attendait d'elle la Très Sainte Vierge de Guadalupe. Tandis que beaucoup de fidèles prenaient des photographies de l'ayate de Tepeyac exposé et vénéré dans la Basilique, l'image de la Vierge a commencé à s'effacer pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo brillant ayant la forme d'un embryon.]

 

 

Certains critiques ont tenté d'attirer l'attention sur les seins de la statue. Je ne pense pas qu'ils soient représentés de manière inappropriée, et j'attire également l'attention sur le fait que les représentations nues de la Vierge Marie sont aussi très traditionnelles et ne sont pas considérées comme inappropriées.

 

 

Charges de syncrétisme

Depuis que toutes leurs accusations se sont écroulées sous le poids des faits, les partisans de l'herméneutique de la suspicion se sont réfugiés en disant: "C'était peut-être une statue de Marie, mais c'est toujours faux, car ce n'est pas du catholicisme, mais du syncrétisme." Le syncrétisme est un mot vague qu’ils peuvent apposer sur cette cérémonie pour en finir. Mais est-ce vraiment le cas?

Nous devons distinguer entre syncrétisme et l'inculturation. La Commission théologique internationale a publié en 1988 un document sur la foi et l'inculturation dans lequel il est indiqué comment, même si le catholicisme contient des vérités qui transcendent toutes les cultures, le christianisme s'est établi dans l'histoire et est donc soumis aux cultures. À savoir, le christianisme primitif a subi une inculturation des milieux juif et gréco-romain. En ce qui concerne l'inculturation de la foi dans les religions non chrétiennes, la Commission a déclaré:

 

"Depuis ses origines, l’Église a rencontré à de nombreux égards la question de la pluralité des religions (…). Compte tenu de la grande place de la religion dans la culture, une Église locale ou particulière implantée dans un milieu socioculturel non chrétien doit prendre sérieusement en compte éléments religieux de ce milieu. De plus, cette préoccupation devrait être en accord avec la profondeur et la vitalité de ces éléments religieux."

 

Quelques années auparavant, le pape Saint Jean-Paul II avait publié son exhortation apostolique Sapientia Christiana, dans laquelle il faisait d'importantes distinctions:

 

"En outre, son exposition [de la Révélation divine] doit être telle que, sans aucun changement de vérité, il y ait une adaptation à la nature et au caractère de chaque culture, en tenant particulièrement compte de la philosophie et de la sagesse de divers peuples. Cependant, tout syncrétisme et tout type de faux particularisme doivent être exclus.

 

"Les valeurs positives dans les différentes cultures et philosophies doivent être recherchées, examinées avec soin et reprises. Cependant, les systèmes et méthodes incompatibles avec la foi chrétienne ne doivent pas être acceptés."

 

Pouvons-nous vraiment dire que cette cérémonie a dépassé l’adaptation à la nature et au caractère de la culture autochtone amazonienne et a plutôt transformé la vérité? Pouvons-nous dire que ce rituel n'a pas repris les valeurs positives de leur culture et de leur philosophie et a adopté des méthodes incompatibles avec la foi chrétienne?

Si quelqu'un dit cela, c'est alors à cette personne de fournir des preuves irréfutables. "Ceci est évidemment païen" ou "cela ne me semble pas catholique", cela ne suffit pas. Elle trahit plutôt une vision du catholicisme qui confond notre religion avec une certaine expression de celle-ci, typique de la culture occidentale. Certes, historiquement, la culture occidentale et européenne a dominé le catholicisme. Mais cela ne signifie pas que c'est la seule expression possible, ou que les expressions de catholicisme non occidentales ou non européennes ne sont pas légitimes.

Au contraire: "catholique" signifie "universel". Il n’y a rien de plus catholique que de transmettre l’Évangile, un message qui transcende les cultures et s’adapte à toutes les cultures de l’univers, en les façonnant conformément aux principes chrétiens. "Cela ne me semble pas catholique", face à une cérémonie légitimement inculturée, est l’une des choses les moins catholiques à dire, si nous prenons au sérieux l’étymologie du mot "catholique".

Il n'y a aucune preuve que cette cérémonie ait été une expression de syncrétisme. Ce que nous savons, c’est que les gens se sont prosternés devant une image de Notre-Dame et que le reste de la cérémonie était imprégné de messages et d’un langage chrétiens. Pour moi, rien ne prouve qu'il s'agisse d'une tentative de rendre le paganisme égal au christianisme, mais d'inculturer les aspects de la culture indigène amazonienne (qui aurait pu être partiellement influencée par son passé païen), tout en restant complètement chrétien. Les accusations de syncrétisme sont totalement dénuées de fondement et servent de sortie de secours pour sauver la face.

 

L'anneau noir

L'article du CNA mentionne également qu'une des femmes indigènes se sont approchées du Saint-Père et lui ont offert un "anneau noir". Cela n'a pas attiré autant d'attention que le rituel prétendument païen, mais certaines personnes se sont concentrées dessus pour consolider le récit.

 

 

Nous ne savons pas réellement si c'était un anneau de tucum ou non. CNA dit que "cela semble" en être un. Deuxièmement, nous devons nous rappeler que le fait que le Saint-Père reçoive un don ne signifie pas qu’il l’approuve.

Cependant, s’il s’agit d’un anneau de tucum et que le pape n’a rien contre ce cadeau (deux hypothèses plausibles à mon avis), il faut se demander: était-ce une si mauvaise chose?

CNA associe l'anneau tucum à la théologie de la libération. Cependant, l'anneau de tucum précède la théologie de la libération. Pendant la période coloniale (comme aujourd'hui), les bagues en or symbolisaient le mariage et l'engagement. Les esclaves afro-brésiliens et les autochtones, incapables de se payer ces bagues en or, ont commencé à sculpter des bagues fabriquées dans le sombre palmier "tucum". Finalement, il est devenu un symbole de leur culture commune, de leur fraternité et de leur résistance contre ceux qui les opprimaient. Plus tard, en plus d'être associé à la théologie de la libération, il est également devenu un symbole de causes sociales et un engagement envers les pauvres.

La bague a été offerte par une femme autochtone à un pape qui, malgré une propagande répandue, n'est pas marxiste, mais s'engage sérieusement pour les pauvres. Encore une fois, j'estime que l'association avec la théologie de la libération était inutile et que l'explication la plus raisonnable est que l'anneau de tucum était présenté comme un symbole de l'engagement du pape François envers le peuple amazonien.

 

Les remarques absentes du pape

De nombreuses personnes ont également tiré des conclusions sur la réponse du pape à cette cérémonie. À la clôture du service, après que les organisateurs eurent annoncé que le pape ferait quelques remarques finales (vers 1 h 09 min), il a simplement prié le Notre Père sans faire aucune autre déclaration. Certains ont supposé que le pape essayait juste de sortir de là en craignant d'être associé à un tel rituel.

Cela pourrait très bien être le cas, mais ceci est une hypothèse. Il existe de nombreuses autres explications possibles: manque de temps, tendance du pape à improviser, même sa santé. D'autres organes de presse ont mentionné que le pape semblait fatigué, assis devant un soleil brûlant à midi . En fait, la voix du pape pendant le Notre Père est très enrouée (cf. 01:09:07).

De nombreux problèmes ont déjà été causés en complétant le vide d'informations par des hypothèses. Nous ne devons pas nécessairement considérer cet acte du pape comme une condamnation ou une répudiation de la cérémonie. En attendant des éclaircissements supplémentaires de la part du Saint-Siège, nous devrions nous abstenir de tout jugement.

 

Conclusions

Comme d'habitude, le récit construit par l'herméneutique de la suspicion ne tient pas avec le temps qui passe et de nouveaux faits le dissipent peu à peu. Malheureusement, nous avons vu à quel point il était facile pour ces herméneutes d'assumer une cérémonie simple et de créer, en quelques heures, un compte-rendu complet des événements susceptibles de suivre leur vision du monde, qui est ensuite devenue virale. Nous devrions nous attendre à d'autres choses de ce genre, à mesure que le Synode de l'Amazonie continue de se dérouler.

Nous ne pouvons pas réfuter toutes leurs accusations en temps réel; ils sont inévitablement accablants. À chaque nouveau commentateur, de nouvelles accusations sont formulées ex nihilo au fur et à mesure qu’il se trouve un sujet à débattre, en se basant sur son opinion non informée de la situation, qui est ensuite facilement partagée sans discernement par toute personne ayant les mêmes idées. Plusieurs fois, la vérité met du temps à faire surface. Les faits ne sont souvent perceptibles qu'une fois la poussière retombée. D'ici là, beaucoup de gens seront déjà convaincus et fermés à la vérité et aux faits à mesure qu'ils se présenteront.

Cet article est basé sur ma vision de l’ensemble de la cérémonie (y compris ma connaissance de l’italien, de l’espagnol et du portugais) et sur des conversations avec de nombreuses personnes plus informées que moi sur ce qui s’est passé. Cependant, je ne suis toujours pas au courant de nombreux détails. En tant qu'occidental, une grande partie de la culture qui a façonné ce rituel m'a peut-être échappé. De nouvelles informations peuvent émerger et prouver que certains de ces points sont erronés. Je suis ouvert à la correction, tant que cela est fait avec des sources primaires et par des personnes impartiales en quête de vérité, et non de validation d'un récit idéologique préconçu.

J'ai déjà sous-entendu l'une des principales conclusions de cet article: ne sautez pas aux conclusions. L'herméneutique de la suspicion s'intensifiera dans les prochains jours. Ne désespérez pas, même si les arguments avancés par les catastrophistes semblent irréfutables. Vous n'avez pas besoin de vous faire une opinion sur tout et vous n'avez pas besoin de le faire en temps réel ou très rapidement. Attendez que la poussière se dépose et essayez d'écouter des sources faisant autorité ou principales, avant de vous décider. Surtout, sachez qu'il y a une campagne visant à saper le Saint-Père, dirigée par des personnes qui déforment chacune de ses actions et de ses paroles de la pire des manières. La désinformation est inévitable à votre porte, alors procédez avec prudence.

Ma deuxième conclusion est un appel aux médias, en particulier aux médias catholiques. Je vous exhorte à prendre en compte le contexte et à faire preuve de responsabilité dans la manière dont vous rapportez ces événements. Essayez de ne pas faire d'associations lâches et essayez de ne pas combler les lacunes d'informations par des suppositions, peu importe à quel point vous les trouvez fondées. Essayez de vous en tenir à ce qui est objectif (dans cette histoire, il y avait beaucoup de choses sur la cérémonie qui auraient pu être rapportées et qui ont simplement été passées sous silence en faveur d'un segment de 5 minutes). Si vous constatez une erreur ou une imprécision qui aurait alimenté l’herméneutique de la suspicion, n’ayez pas peur de vous excuser ou de vous rétracter. Si vous mettez à jour, faites-le d'une manière perceptible. Ce n'est pas seulement la réputation du Saint-Père qui est en jeu, mais également son engagement envers la vérité.

Dans ce contexte particulier, CNA a déclaré que "les organisateurs de l'événement n'avaient pas expliqué pourquoi la danse avait été exécutée (…) ni ce qu'elle symbolisait". Je pense qu'il serait intéressant de poursuivre dans cette voie et d'essayer de comprendre les détails. de cette cérémonie et la signification des symboles des personnes qui l’ont arrangée et y ont participé.

Note du blog Christ-Roi. L'article original du 6 octobre de Pedro Gabriel a été actualisé par l'auteur ici.

 

Extraits :

 

"Une simple recherche Google montre qu’il existe au moins une chapelle appelée Notre-Dame de l’Amazone ('Nossa Senhora da Amazônia') dans une zone missionnaire à Manaus, au Brésil. Il n'est pas invraisemblable qu'il puisse exister d'autres expressions de cette dévotion dans la région panamazonienne qui, en raison de leur éloignement, ne possèdent aucune expression en ligne. [...] L'image vêtue de Notre-Dame de l'Amazone dans la chapelle de Manaus a été conçue en 2011, dans le cadre d'un concours approuvé par le Vatican. [...] Dans ce contexte, il n’est pas étonnant qu’une image de Notre-Dame de l’Amazone, créée par le peuple amazonien lui-même, ne puisse qu’émerger. Il n’est pas non plus inattendu que cette image représente la Vierge en tant qu’indigène au sens propre du terme. Cela devait également contester les idées occidentales sur la manière dont Marie devrait être représentée, d'autant plus que les peuples autochtones d'Amazonie ont une vision culturelle différente de la nudité qui n'entraîne pas nécessairement la concupiscence ou l'immodestie.

 

[Mise à jour: Catholic News Agency a publié un article de presse selon lequel un responsable des communications au Vatican a nié que ce personnage fût la Vierge Marie; Cependant, si vous lisez l'intégralité de l' article de presse et que vous regardez la vidéo complète de l'échange , vous pouvez le voir et je cite: « Ruffini a déclaré que l'interprétation était son opinion personnelle et qu'il ne parlait pas en tant que chef du Vatican. communications ou communications synodales. ”Il a ensuite poursuivi en disant ce que“ il pensait ”que cela voulait dire. Fr. Costa, qui est censé avoir nié qu'il s'agisse de la Vierge Marie, a déclaré qu '«il n'a même pas vu la statue» et ne semblait pas très certain de cette réponse.

 

Il est intéressant de noter que le Dr Ruffini a également déclaré: 'Je crois que d'essayer de voir des symboles païens ou de voir… du mal, ce n'est pas le cas.' Mais les critiques utilisent ses mots pour valider le récit, selon lequel c’est païen.

 

[...] Autre critique

Il y avait d'autres voix qui essayaient de contourner l'interprétation de la femme autochtone de son propre rituel, afin de faire avancer le leur.

 

Le frère Alexis Bugnolo, qui se présente comme ayant un baccalauréat en anthropologie, fait partie de ces personnes. Dans un texte publié en ligne, il a confirmé que l'image était une idole de Pachamama et qu'elle suscitait la vénération de la latria .

 

Il n'explique pas comment il en est arrivé à cette conclusion et ne cite aucune référence ou preuve susceptible de valider ses prétentions. Il affiche simplement ses lettres de créance et continue ensuite d'affirmer gratuitement ses conclusions. Ce n'est pas une façon savante de faire les choses. Surtout que nous pouvons voir clairement qu'il s'agit d'une source biaisée et probablement peu fiable, car la majeure partie de son article est consacrée non pas à prouver que cette image est Pachamama, mais à expliquer que s'il était un évêque, il déclarerait le pape. excommunié.

 

Bien sûr, aucun anthropologue, aussi savant que soit son érudit, ne peut prétendre être un conférencier aux cultures qu’il étudie sur la signification réelle de leurs rituels et de leurs pratiques. En d'autres termes, si la femme autochtone qui a présidé le rituel dit que la statue est Notre-Dame, son interprétation fait plus autorité que celle de n'importe quel universitaire.

 

LifeSiteNews , de son côté, utilisait un type de tour de passe-passe différent. Ils ont interviewé un véritable chef de tribu, Jonas Marcolino Macuxi, qui a affirmé que le rituel était païen .

 

LifeSiteNews , bien sûr, n’est pas une source fiable. Ils ont contribué à créer la même mentalité d '"herméneutique de la suspicion" à laquelle j'avais mis en garde dans mon précédent article. Ils tournent constamment les actes et les paroles du pape de manière défavorable. Pour présenter leur mode de fonctionnement (et leur désir désespéré de trouver des excuses pour critiquer le pape), il suffit de renvoyer à cet article .

 

Il est impossible d'ignorer le fait que ce chef de tribu a été interviewé dans le cadre d'une conférence parrainée par Tradition, Family and Property, une organisation de droite et traditionaliste qui a été à l'avant-garde de la résistance au Synode en Amazonie .

 

Il n’est pas surprenant que Jonas ait décrit les indigènes de cette cérémonie comme manipulés par des religieux de gauche du clergé de la théologie de la libération, ou qu’il validerait le récit que LifeSiteNews voulait promouvoir. Néanmoins, il y a d'autres faits extrêmement importants qui ne peuvent être ignorés. Tout d'abord, ce chef de tribu n'est pas catholique, mais évangélique. Il serait intéressant de lui demander s’il considère comme une idolâtrie une vénération quelconque envers Notre-Dame (même des expressions catholiques non controversées comme Notre-Dame de Fatima). Deuxièmement, contrairement à ce que dit le traducteur dans la vidéo, le chef ne dit pas que le rituel était «païen». Il n’utilise jamais cette expression. Il peut l’impliquer en disant que c’est «primitif» et que certains éléments (comme l’utilisation de la fumée pour éloigner les esprits) ne sont plus pratiqués par sa tribu et rappellent les chamanes anciens. Néanmoins, des expressions telles que «c'est 100% païen» sont ajoutées par le traducteur et non par le chef. La principale préoccupation de Jonas semble concerner les objets fumants, et non l'image de Notre-Dame. Peut-être qu'en tant qu'évangélique, il ne peut pas croire qu'il existe une manière chrétienne d'utiliser ces objets anciens, mais les catholiques ont des choses telles que des brûleurs d'encens. Je ne considère pas que ces objets soient incapables d'avoir un but cérémoniel chrétien une fois que les indigènes se sont convertis au catholicisme.

 

Les paroles de la femme indigène

Tandis que ces sources faisaient tourner le récit qui était accepté sans discernement par ceux qui voient ce qui se passe dans l’Église aujourd’hui à travers le regard de l'herméneutique de la suspicion, je recevais de plus en plus de confirmations comme quoi l’image était bien Notre-Dame de l’Amazone.

 

La première s'est produite lors d'un échange sur Twitter avec une autre source de langue portugaise qui, à l'époque, faisait avancer avec force l'idée qu'il s'agissait d'une cérémonie païenne. Après une discussion avec moi, elle a concédé que la femme autochtone avait vraiment présenté la statue au pape comme 'Notre-Dame de l'Amazone.'

 

Bien que j'admire l'honnêteté intellectuelle de Catholic Sat, je ne suis pas d'accord avec sa traduction dans son intégralité. Premièrement, il est nécessaire de souligner que la femme ne parle pas en portugais mais en espagnol. Bien entendu, cela ne change rien, car les similitudes entre les deux langues permettent à la plupart des lusophones de comprendre intuitivement l'espagnol.

 

Cependant, malgré tout, certaines pièces sont assourdies par les clics des caméras. Je ne peux pas personnellement confirmer que l'autre personne a dit « Avé Maria » ou que la femme a dit plus tard « Donnez-le au pape, à l'Église ».

 

Par ailleurs, je ne pense pas que la femme dise « l’épouse de l’Église » (« noiva da Igreja » en portugais ou « novia de la Iglesia » en espagnol). Cela ne correspond tout simplement pas aux syllabes et aux voyelles qu'elle prononce. La seule chose qui soit claire, c'est qu'elle a dit «… de l'Église » («… de la Iglesia »).

 

J'ai écouté le clip plusieurs fois, en essayant de donner un sens à la partie inaudible. J'ai essayé de faire correspondre les mots les plus probables: reine (« reina »), patronne (« patrona »), mère (« madre »)… aucun ne semble être correct. Cela pourrait être « prier pour l’Eglise » (« ruega por la Iglesia »), mais malheureusement, nous avons déjà établi qu’elle disait «… de l’Église » («… de la Iglesia ») et non «… pour l’Église » ( “… Por la Iglesia “). L'expression « priez de l' Église » est une formulation maladroite.

 

Après l'avoir écouté plusieurs fois, la traduction qui semble plus plausible (et qui a été confirmée par une amie hispanophone) est qu'elle dit "Nuestra Señora de la Amazonia, con el huevo de la Iglesia". Qui se traduit par "Notre-Dame de l'Amazonie, avec l'œuf de l'Église."

 

Cependant, cette traduction est provisoire. Peut-être une autre personne hispanophone pourrait-elle parvenir à une formulation plus précise. Une chose est cependant certaine: la femme a présenté la statue au pape comme « Notre Dame de l’Amazone, [inaudible] de l’Église ».

 

Autre confirmation

Alors que le débat faisait rage, la personne au centre de la controverse ne resta pas silencieuse. Le 7 octobre, il a de nouveau été aperçu, cette fois dans la basilique Saint-Pierre.

 

 

Si l'insertion d'un rituel païen dans une cérémonie autrement chrétienne était déjà étrange, il serait encore plus étrange d'introduire une idole païenne dans la basilique. Bien sûr, pour les herméneutes de la suspicion, cela ne faisait que renforcer leurs soupçons sur la gravité des problèmes. Pour une personne raisonnable, cela montre à quel point il est plus plausible que l'image représente Notre-Dame et ne soit pas une idole païenne.

Il semble également que le personnage se trouve maintenant dans l'église de Santa Maria in Transpontina. Cela correspond à ce que Christopher Lamb avait déjà signalé dans un tweet que j’ai noté comme renforçant les preuves en faveur de l’état de Notre-Dame de l’Amazone.

Dans ce lien, il est possible de voir une vidéo d'un service célébré dans l'église de Santa Maria in Transpontina (il est à noter que je ne suis pas le créateur de cette vidéo et que je ne l'ai pas montée): 28 secondes plus tard marque, il est possible de voir l'image. À la 49ème seconde, nous voyons beaucoup de gens se tenir la main autour de l'image et prier Avé Maria.

Nous pouvons également constater que, comme lors de la cérémonie dans les jardins du Vatican, ce service est organisé dans un contexte profondément chrétien et non païen. À 33 secondes, nous voyons une jeune fille assise dans le même canot que la nôtre. En plus d'elle, une femme d'âge moyen (qui dirige manifestement l'activité) demande « Quem seer arriscar agora? ”(“ Qui veut prendre le risque maintenant? “). Plus tard, à la 37e seconde, la fille est élevée avec le canoë, tandis que la femme d'âge moyen dit: « Olhe gente, Jesus está chamando. Está chamando forte. Agora há muita gente escorte o chamado de Jesus "(" Regardez les gars, Jésus appelle. Il appelle très fort. Maintenant, beaucoup de gens entendront l'appel de Jésus "). C'est une activité chrétienne, probablement liée à l'appel de Dieu. La jeune femme répond à l'appel de Jésus et s'assied dans le même canot où l'image de Notre-Dame était auparavant (Notre-Dame étant le modèle de tous ceux qui répondent à l'appel de Dieu.)

Enfin, le 10 octobre, la journaliste Melissa Blutz, correspondante de Rome Reports, a fait ce que j'avais suggéré dans mon précédent article. Elle a interviewé l'un des organisateurs de la cérémonie du jardin du Vatican: le p. Carrasco Rojas, un prêtre missionnaire pour les peuples autochtones au Pérou. Il a dit:

 

"Ils ont sculpté dans le bois l'image d'une Mère Bénie enceinte. Elle est la Vierge et nous l’avons appelée Notre-Dame de l’Amazone. Elle représente l'Amazonie, car qu'est-ce que l'Amazone? L'Amazonie est une femme, elle est une femme, elle a un visage féminin. Pourquoi? Parce que la terre est une mère, la terre donne la vie. C'est donc l'Amazone."

 

S'il vous plaît notez que même si la figure représente l'Amazonie, c'est la Vierge, la Mère Bénie. Ceci est conforme à l'original espagnol, où le Père utilise le terme de manière non équivoque, montrant que ce n'est pas n'importe quelle vierge, mais la Vierge. Quoi qu'il en soit, il est présenté à nouveau comme Notre-Dame de l'Amazone.

 

Conclusions

Une semaine après la controverse, les gens sont toujours à la recherche de moyens pour tenter de présenter l'image comme païenne. Tout cela aurait dû cesser à partir du moment où il fut établi que la femme indigène qui avait présenté la statue au Saint-Père avait déclaré qu'il s'agissait de Notre-Dame de l'Amazone. Elle devait le savoir. Cependant, cette réponse n'était pas compatible avec le récit mis en place par les herméneutes de la suspicion. Ils continuent de s'accrocher aux opinions d'autres personnes: évêques, anthropologues ou chefs de tribus lors de conférences organisées par des organisations de droite. Ils ne se reposeront pas jusqu'à ce qu'ils obtiennent la réponse qu'ils veulent.

Cependant, plus nous nous rapprochons des sources réelles, plus il devient clair que les personnes impliquées dans la cérémonie des Jardins du Vatican voient l'image comme Notre-Dame. Bien sûr, il comporte des significations symboliques associées supplémentaires (l'Amazone, la féminité, la maternité), mais nous ne pouvons pas exclure le sens marial de l'image, ni ne pouvons nier que c'est le sens qui lui est associé le plus systématiquement. Nous ne pouvons certainement pas prétendre que l’image est Pachamama, quand ce nom n’a pas été prononcé par eux, même une fois.

Le fait que tant de personnes se couvrent les oreilles et refusent d’entendre ce que les organisateurs de la manifestation ont à dire à propos de la manifestation qu’ils ont organisée est révélateur. Le fait que beaucoup de gens refusent de croire la femme indigène qui a présenté l'image au pape en tant que Notre Dame de l'Amazonie - préférant des explications alternatives idéologiques d'autres personnes qui n'ont contribué d'aucune façon au rituel - montre combien ce Synode est important et nécessaire. Comme François l'a dit à maintes reprises, l'un des principaux objectifs du Synode est d'écouter le peuple amazonien. Les idéologues ne les écoutent pas, si sûrs d'eux-mêmes qu'ils saisissent exactement tout ce qui se passe.

Il n'est pas nécessaire de dire aux peuples autochtones que leur rituel était païen, alors qu'ils ne le considèrent manifestement pas comme tel. Il ne serait pas non plus plausible de supposer qu'ils avaient été invités à accomplir un rituel païen devant le pape, au milieu d'une cérémonie ailleurs chrétienne, sans même une explication de ce qu'ils faisaient. Ils se considèrent comme chrétiens. Nous devrions les croire. Et nous devrions les croire quand ils nous parlent de leur culture et de leurs rituels. Ils n'ont pas besoin de personnes extérieures qui ne connaissent absolument pas leur culture pour leur dire que l'image est "clairement païenne". S'ils disent que c'est Notre-Dame de l'Amazone, c'est notre-Dame de l'Amazone. Point final.

Malheureusement, pour le moment, les opinions sont déjà cristallisées et nous ne pouvons rien y faire. Ceux qui, contre toute évidence, continuent de croire que c’était un rituel païen continueront de le croire et trouveront de nouvelles façons de justifier leur notion préconçue. Parce qu'il ne s'agit pas de la vérité des faits, il s'agit d'avoir une autre raison de critiquer le pape François.

Même s'il y avait un soupçon de doute, nous devrions utiliser l'interprétation la plus charitable. En l'absence de preuve concrète qu'il y a quelque chose qui cloche dans ce qui a été accompli dans les jardins du Vatican, nous devrions supposer qu'il s'agissait d'une cérémonie chrétienne, faite avec l'accompagnement de l'Église et sans aucun élément incompatible avec la foi catholique. Crier "c'est clairement païen" ou "c'est clairement syncrétique", sans aucune preuve, ne suffit tout simplement pas. Cela peut être très pratique pour une certaine vision du monde, mais au final, ce n’est pas correct. En les accusant de paganisme, ils portent potentiellement (et probablement) de faux témoignages contre eux.

Plus grave encore, ils utilisent ces peuples autochtones comme accessoires dans une guerre culturelle. Ils ne doivent pas être considérés comme tels, car ils ne sont pas des accessoires: ce sont des personnes, dotées de la dignité humaine par leur Créateur. Ils sont frères et sœurs en Christ et méritent notre respect. Et le respect commence par l'écoute. Le pape François comprend cela. Suivons ses traces et continuons à prier et à œuvrer pour la conclusion fructueuse de ce synode si nécessaire.

 

Notre-Dame de l'Amazone, priez pour nous.

Dans un nouvel article du 10 novembre dernier, intitulé "Pachamama, la pièce manquante du Puzzle, Pedro Gabriel ajoute les informations suivante :

 

[...] les diverses précisions apportées par les représentants de REPAM et par le service de presse du Vatican: « Nous avons déjà répété à plusieurs reprises ici que ces statues représentaient la vie, la fertilité, la Terre nourricière. “

 

Les voix officielles du synode n'attribuaient aucune signification religieuse aux figures sculptées. En fait, comme je l'ai abondamment documenté, ils ont invoqué invariablement et à plusieurs reprises une signification païenne. Cependant, ils ont en effet identifié les statues avec «Mère Terre», en tant que représentation de la vie, de la nature et de la fertilité. Par conséquent, leurs mentions de Pachamama doivent être interprétées dans ce sens.

 

Quelle est la force pour cela? Cela signifie-t-il que le terme «Pachamama» peut être utilisé de manière orthodoxe?

 

Un peu de contexte

Si les sources officielles de REPAM ne considèrent pas la Terre nourricière comme une déesse païenne, pourquoi mentionnent-elles la Terre nourricière? Pourquoi voient-ils la «Terre mère» comme un concept louable à utiliser en premier lieu?

 

D'après mes recherches, l'utilisation de «Mère Terre» par REPAM découle de deux influences majeures.

 

Le premier de cette influence est le cantique des créatures de saint François d'Assise, nommé dans la langue originale sous le nom de Laudato Si ' (d'où le pape François a nommé son influente encyclique ). Dans ce cantique, le saint chante:

 

«Loué sois-tu, mon Seigneur,

à travers notre soeur, notre mère la Terre ,

qui nous soutient et nous dirige

apportant toutes sortes de fruits

et des fleurs et des herbes colorées.

 

Bien entendu, cet usage de la Terre nourricière est orthodoxe, sinon saint François d'Assise n'aurait pas été canonisé, mais anathématisé.

 

La deuxième influence est le mouvement environnementaliste. En Amérique latine, des pressions juridiques majeures ont été prises en vue de conférer à la Terre nourricière le caractère juridique que la loi lui confère en tant que sujet d'intérêt public collectif.

[Note du blog Christ-Roi. En 2007, Benoît XVI plaçait enfin l'environnement au coeur des priorités catholiques (Hervé Yannou, Correspondant du Figaro au Vatican, Publié le 13 septembre 2007). Au cours des mille dernières années, l'Occident chrétien a en effet perdu son lien spirituel avec la nature. Il n'existe qu'un seul saint un peu écologiste : François d'Assise. C'est une exception. Les docteurs de l'Église sont restés quasi muets sur la question. La notion de respect de la Création a été presque totalement perdue au XVIIIe siècle, à la suite de Descartes, qui présentait l'homme comme « le maître et le possesseur de la nature ». Dès lors, la société moderne n'y a plus vu une oeuvre de Dieu à préserver, mais un milieu exploitable par l'homme capable de se substituer à son créateur. Les théologiens ne traitèrent donc pas du rapport de l'homme à son milieu. Au point que certains militants écologistes ont pu avancer l'idée que le saccage de la Terre était lié à la mentalité judéo-chrétienne. Ils défendaient la thèse que si l'homme détruisait son écosystème, c'était parce que la Bible affirmait qu'il devait dominer le reste du monde vivant. Pour y répondre, Jean-Paul II commença donc à développer une réflexion catholique sur l'écologie. Reprenant ces arguments, il voulut montrer que dans la Bible, le sort de l'homme et celui de la nature sont intimement liés. Dans le jardin d'Éden, l'homme vivait en paix avec Dieu et en harmonie avec son environnement. Après qu'Ève eut mangé la pomme, l'homme perdit d'une part la connaissance de Dieu et d'autre part l'équilibre avec la nature. Tout se détractait déjà. « Maudit soit le sol à cause de Toi ! À force de peines, tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs », lança Dieu au couple pécheur en le chassant du Paradis terrestre (Genèse, 3, 17-18). Le destin entre l'homme et la Terre existait donc bien. En 1985, le pape polonais marqua son engagement en faveur de la préservation de l'environnement en expliquant à des jeunes réunis à Viterbe, au nord de Rome, que Dieu avait remis entre les mains de l'homme la maîtrise et la gérance de la Terre, créée pour lui, mais pas sa possession. Par la suite, il devait appeler les chrétiens à « une conversion écologique » et signer en 2002, à Venise, avec le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomé Ier, une déclaration commune pour la sauvegarde de la Création qui n'eut alors que très peu d'échos. Avec Benoît XVI, ce discours a pris une autre ampleur. Il y a certes la destruction de l'environnement, mais surtout les manipulations génétiques et embryonnaires. Loin du recours aux énergies alternatives, Benoît XVI insiste sur le fond même du respect de l'oeuvre de Dieu : celui de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle.]

 

Depuis l'Équateur en 2008, et plus particulièrement depuis la Bolivie (où a été écrite la loi sur les droits de la Terre nourricière dans un cadre juridique), de nombreuses autres initiatives juridiques similaires ont été lancées dans d'autres pays, y compris dans certaines juridictions des États-Unis. Ces initiatives utilisent comme point de départ la vision sacrée des autochtones sur la Terre nourricière / Pachamama, mais sa signification religieuse a été "réduite afin de pouvoir être utilisée comme un outil politique et écologique pour aider à sauver l'environnement".

 

Il convient également de noter l’un des concepts clés fréquemment associés à ces initiatives environnementalistes de Pachamama: l’éthique autochtone du "Bien vivre".

 

Cette deuxième influence peut être plus problématique, car certaines des initiatives dérivent d'éco-idéologies de gauche incompatibles avec le catholicisme. Cependant, même s'ils peuvent être problématiques, ils ne le sont pas nécessairement. La doctrine sociale de l'Église s'est toujours préoccupée des problèmes environnementaux depuis au moins saint Jean Paul II. Et accorder le statut de personne morale à la Terre nourricière n'est pas plus gênant d'un point de vue catholique que de l'accorder à des entreprises. Il ne s'agit donc pas tant de savoir si ces initiatives sont mauvaises en soi, mais si elles sont ordonnées à juste titre selon les principes catholiques.

 

Remarquez, ces deux influences ne sont pas contradictoires, puisque saint François d’Assise a été correctement qualifié de saint patron de l’écologie.

 

[...] Pour les peuples de Living Well, la Terre est Pachamama, Mère de la vie, notre mère. Nous sommes nés d'elle et nous avons besoin d'elle pour vivre. La grande invitation est la suivante: vivre et socialiser dans des relations harmonieuses avec la Terre, ce qui exige des relations de coopération entre nous: personnes, communautés, peuples, hommes. Et vivons nos relations avec Dieu dans ces relations de coopération entre nous et dans les relations harmonieuses avec la Terre.

 

Tout est interconnecté, et Dieu s'est fait l'un de nous pour révéler qu'il est présent dans toutes ces relations

 

[...] Comment les catholiques doivent-ils agir à leur égard dans le contexte de l'appel du pape François à se rendre dans les périphéries? C'est le thème principal de l'article d'où provient cette citation.

 

En ce sens, je pense que notre contributeur David Lafferty a été très perspicace en essayant de contextualiser cette controverse à la lumière de l’encyclique papale Laudato Si '. Certaines des références REPAM à Pachamama mentionnées ci-dessus tentent d'établir une connexion avec Laudato Si ' (voir ici et ici ). En outre, il convient de noter comment le document final du Synode s'appelle « Amazonie: nouveaux chemins pour une église et une écologie intégrale ». La présentation de rituels païens aux gens n'est pas le point central, ni de REPAM, ni Synode. L'objectif (ou plutôt l'un des objectifs) est la relation appropriée entre l'homme et la nature dans le contexte d'une destruction généralisée de l'environnement. Les références à la Terre Mère / Pachamama doivent être comprises dans ce contexte.

 

En ce qui concerne l'influence de saint François d'Assise, REPAM est lié à une thèse de maîtrise en théologie sur le cantique des créatures, écrite par le p. Manuel Reales et défendu à l'Université pontificale javérienne de Bogotá. Le passage pertinent relatif à Pachamama est le suivant:

 

"Para os povos do Bem Viver, a Terra é Pachamama, Mãe da vida, nossa mãe. E nós somos nascido dela e dela precisamos para viver… O grande convite é este: viver e conviver com relações harmoniosas com a Terra, o que exige relações de cooperação entre nós: pessoas, comunidades, povos, humanidade… E viver nossas relações com Deus nestas relações de cooperação entre nós e nas relações harmoniosas com a Terra…

Tudo está interrelacionado, e Deus mesmo se fez um de nós para revelar que está presente em todas estas relações…

 

(ma traduction)

 

"Une chose très particulière chez François d'Assise, c'est quand il appelle la terre, non seulement une sœur, mais aussi une mère. Cela signifie que c'est la terre qui soutient la survie des êtres humains, ce qui signifie que l'homme n'est pas autosuffisant : "Nous ne pouvons vivre que si la terre vit". Nous devons revenir dans les bras de la Pachamama avec la conscience tranquille de notre transcendance."  

 

[...] Il apparaît que les trois organisateurs de l'événement (REPAM, le Mouvement catholique mondial pour le climat et l'Ordre des Frères Mineurs) ont publié une déclaration, précisément le jour de la cérémonie, expliquant son sens. Pourquoi cela n'a pas été découvert et diffusé plus tôt par les médias est absolument inexplicable. Pourtant, voici le lien vers la déclaration. Elle se penche uniquement sur la cérémonie de plantation d'arbres, qui a constitué la majeure partie de l'événement. Mais il y a aussi un lien vers un message d'Ednamar de Oliveira Viana, la femme indigène qui a présidé l'activité et qui a présenté la statue controversée au pape comme "Notre-Dame de l'Amazone". Le message dit:

 

"Planter, c'est avoir de l'espoir.  C'est croire en une vie croissante et féconde pour satisfaire la faim de la création de la Terre-Mère.  Le Synode plante cet arbre, l'arrose et le cultive, afin que les peuples amazoniens soient entendus et respectés dans leurs coutumes et traditions, en expérimentant le mystère de la divinité présente dans la terre amazonienne... Le planter au Jardin du Vatican est un symbole qui invite l'Eglise à s'engager encore plus pour les peuples des forêts et pour l'humanité entière.  Mais c'est aussi la dénonciation de ceux qui détruisent notre maison commune par cupidité à la recherche de leur propre profit."

 

Les lecteurs de LifeSiteNews sont rapidement passé à la conclusion que cela prouvait en quelque sorte que la cérémonie était païenne. Comment en sont-ils arrivés à cette conclusion, je ne le sais pas. Tout d'abord, cela n'avait aucun lien direct avec la figure en bois sculpté. C'était une explication du rituel de plantation. Deuxièmement, il est vrai qu'elle mentionne la Terre Mère, mais je ne vois aucune indication qu'elle le fait comme si elle était une déesse païenne. Il n'y a aucune référence à Pachamama, à moins que nous prenions la traduction littérale de celui-ci comme Terre Mère (mais, comme je l'ai démontré ci-dessus, ne signifie pas qu'il est considéré comme une déesse païenne, mais est utilisé dans le contexte même de la défense de l'environnement).

 

[...] Cette référence à la Terre nourricière ne se fait pas dans le vide. Elle a été réalisée dans le cadre d'une activité organisée par le REPAM, qui a nié toute interprétation païenne de l'événement, mais a utilisé "Mère Terre / Pachamama" de manière cohérente et cohérente comme symbole de vie et de fertilité dans la tradition du Cantique des Créatures de saint François d'Assise, du Laudato Si' et des mouvements populaires en faveur d'une écologie intégrale. La déclaration d'Ednamar semble également mentionner la Terre nourricière en relation avec les préoccupations environnementales, tout comme le reste du REPAM.  Cela explique aussi les clarifications continues du Bureau de presse du Vatican, qui nie également tout élément païen, mais fait référence à la statue comme symbole de vie, de fertilité, de Mère Terre.

 

[...] Il n'y a, à l'heure actuelle, aucune preuve en faveur de l'hypothèse "Une déesse païenne a été vénérée au Vatican". Il y a, en fait, plusieurs démentis officiels de cette thèse, tant par REPAM que par le Vatican. Cela me rappelle les controverses protestantes fondamentalistes autour de l'usage du mot Lucifer dans un certain hymne catholique pour faire référence à Jésus. De la même manière, Pachamama est un terme chargé qui peut être utilisé de manière orthodoxe par ceux qui l'utilisent réellement, et a été mal interprété pour prouver que quelque chose de démoniaque était sous les pieds par des gens qui en étaient déjà arrivés à cette conclusion. Et je pense que nous avons maintenant une meilleure idée de ce que pourrait être la provenance possible (bien que non prouvée) du terme "Pachamama", tel que le comprennent les catholiques de la région amazonienne.

Enfin, dans un article du 1er novembre intitulé "Représentations du paganisme au Vatican: que pouvons-nous apprendre d'elles?", Pedro Gabriel est revenu sur les figures païennes au Vatican, en ces termes : 

 

Au cours du mois d'octobre, j'ai écrit plusieurs articles sur la controverse entourant les statues indigènes exposées lors de la cérémonie aux jardins du Vatican lors du début du synode sur l'Amazonie. Cette controverse reposait sur l'idée qu'il était inacceptable de manifester le paganisme au Vatican, cœur géographique de l'Église catholique. Bien sûr, l'affirmation selon laquelle cette figure est païenne ne tient pas debout, comme je l'ai clairement démontré dans plusieurs articles récents.

 

Cependant, l'idée qu'il n'y ait aucune manifestation de paganisme au Vatican est fausse. Non, je ne parle pas de statues païennes dans les musées du Vatican. Même si ceux-ci sont situés à l'intérieur du Vatican, ils existent dans un contexte purement profane. Ils sont là à des fins historiques, touristiques et culturelles et non à des fins religieuses.

 

Ce dont je parle, ce sont de véritables figures païennes représentées dans des églises où des cérémonies et des liturgies catholiques ont lieu régulièrement. Des figures qui, bien que païennes, ont un message catéchétique pour les fidèles. Puisque ces représentations existent au Vatican, que pouvons-nous apprendre d’elles? Pouvons-nous appliquer cette connaissance aux controverses autour du Synode Amazonien, vis-à-vis de l'inculturation et du syncrétisme?

 

En abordant la controverse autour de la nudité d'une figure sculptée, j'ai mentionné que la chapelle Sixtine représentait Jésus et de nombreux saints complètement nus (voir la figure ci-dessous).

"Pachamama" : Un autre regard sur la cérémonie du 4 octobre au Vatican

Au moment de l'achèvement de la fresque, cela provoqua beaucoup de scandale. Le maître des cérémonies papales aurait déclaré que de telles représentations étaient plus adaptées aux "bains publics et tavernes" qu'à un "lieu sacré" comme la chapelle Sixtine. Cette rhétorique est à l'image de celle utilisée ces dernières semaines. Il n'y a donc rien de nouveau sous le soleil. Néanmoins, de nos jours, cette scène de "bains publics et de tavernes" dans la chapelle Sixtine est considérée comme l'une des expressions les plus sublimes du génie humain de tous les temps et compte comme l'un des joyaux de la couronne des collections du Vatican.

Cependant, je ne souhaite pas m'attarder sur cet argument ici. Cet exemple sert simplement à expliquer l'inspiration pour cet article, car c'est en considérant la Chapelle Sixtine qu'une autre référence artistique m'est venue à l'esprit. Si nous nous éloignons de la fresque du Jugement dernier et que nous levons les yeux, nous verrons le magnifique plafond, également peint par Michel-Ange. Au lieu de nous concentrer sur les scènes principales, passons aux périphéries, aux pendentifs qui soutiennent et encadrent ces scènes principales.

 

 

Autour du centre, nous pouvons voir douze figures, représentant douze prophètes du monde antique.

Sept d'entre elles sont des personnages bibliques masculins de l'Ancien Testament: Esaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Jonas, Joël et Zacharie.

Les cinq autres sont des femmes… appelées sibylles.

Qui sont les sibylles? Elles ne sont ni chrétiennes ni juives. C'étaient des prophétesses païennes du monde antique, avant la naissance du Christ.

Pourquoi sont-elles ici? Toutes les sources que j'ai consultées à ce sujet sont cohérentes: il s'agit de montrer que Jésus n'est pas venu uniquement pour les Juifs, mais aussi pour les Gentils. C'est une expression de l'universalité (c'est-à-dire de la catholicité) de notre religion et de la rédemption de Jésus-Christ. Selon la mentalité médiévale et renaissance, beaucoup de déclarations des sibylles pourraient être interprétées comme prédisant la venue du Christ. En ce sens, la présence des sibylles montre que le désir du Messie ne se limitait pas au peuple élu, mais s'étendait également aux peuples qui, à une époque, erraient dans l'ombre du paganisme, incapables de séparer le vrai Dieu de leur compréhension imparfaite (quand elle n'est pas carrément erronée et mauvaise) de la réalité métaphysique.

Cette belle catéchèse, cependant, peut être noyée si nous nous en tenons trop fermement à certains faits indéniables: même si certaines prédictions de la Sibylle pouvaient être interprétées comme une préfiguration du christianisme, elles étaient complètement païennes. La Sybille que je connais le mieux (et qui est également représentée sur la chapelle Sixtine) est la Sibylle de Delphes, de l’Oracle de Delphes. Elle a prononcé des révélations divines au nom d'Apollon (un des dieux païens du même panthéon que les Manichéens ont rejeté et contre lequel ils sont allés à la guerre et ont subi le martyre). Elle s'assiérait sur un endroit rempli de vapeurs descendant de la terre, ce qui l'inciterait à prophétiser - selon certaines sources, en induisant un état d'esprit altéré. La sibylle n’a peut-être pas dansé nue avec une coiffe à plumes et ne portait pas de maquillage pour le visage, mais il s’agit toujours d’une pratique chamanique. Les critiques papaux d’aujourd’hui, en dehors du contexte, n'hésiteraient pas à qualifier la sibylle de Delphes de démoniaque.

 

Sybille delphique - Chapelle Sixtine

 

Et pourtant, le peu de choses qu'elle contenait de bon a été christianisé, de sorte qu'elle a pu être représentée dans l'un des lieux les plus sacrés du Vatican, sans aucun scandale. En fait, la présence des Sibylles parmi les prophètes de l'Ancien Testament n'a pas causé autant de scandale que la nudité des saints, car ce genre de représentations était courant tout au long de la Renaissance et même au Moyen Âge.

 

[Il existe une tradition de représentations orthodoxes de la Terre nourricière dans l'Église, ainsi que d'expressions orthodoxes inculturées de Pachamama, qui ne sont ni païennes ni des idolâtries. Dans son essai intitulé 'Non la Mère Terre n'est pas païenne. Mon dernier mot sur la fausse controverse des idoles de la Pachamama du Vatican", Eric Giunta montre la riche tradition orthodoxe, qui remonte à l'époque médiévale, de représenter la Terre Mère / la Nature dans les églises.

 

L'Église Montculo de La Paz en Bolivie présente la Terre-Mère comme une création de Dieu. Père Ivan Bravo, Vicaire de la paroisse Montículo à La Paz.

 

Et dans un addendum à son essai (traduction automatique google) Eric Giunta, docteur en droit de l'Université de l'état de Floride, et membre du barreau de Floride, par ailleurs critique du pontificat de François, mentionne des expressions légitimes d'inculturation en Amérique du Sud, où se mêlent les figures de Pachamama et de la Vierge Marie. Contrairement à certains anthropologues de salon qui ont pesé sur cette question en affichant simplement leurs références, Eric Giunta fournit en fait de nombreuses citations et une bibliographie scientifique à son article. Lire aussi  "Semences dispersées : le catholicisme et la pachamama", Bolivian Express. "Pachamama était considérée comme une mère fertile à cause de la terre fertile. Et quelle est la figure catholique qui ressemble le plus à une mère attentionnée ? La Vierge Marie." NdCR.]

 

Je le répète : non seulement la présence des Sibylles était communément représentée, mais elles étaient généralement représentées dans les scènes avec les prophètes de l'Ancien Testament, sans aucune distinction entre eux.

C'est parce que nous représentons les sibylles, pas à cause de ce qu'elles ont de mal, mais à cause de ce qu'elles ont de bon. C'est la différence entre l'inculturation et le syncrétisme. Le syncrétisme reviendrait à prétendre que les sibylles devraient être représentés sur un pied d'égalité avec les prophètes et que, par conséquent, tout ce qu'elles prophétiseraient, dirigé vers le Christ ou non, aurait la même valeur que les livres inerrants et inspirés que les prophètes ont écrits. Ce n'est pas le cas. Nous ne les rapportons que relativement à ce qui peut être légitimement lié au christianisme.

Ceci est similaire à la christianisation d'un autre motif artistique commun avec une signification très similaire à celle des sibylles: les mages d'Orient. Ils ont été tellement christianisés qu'ils ont joué un rôle essentiel dans le récit de la jeunesse de Matthieu dans le Nouveau Testament. Les chrétiens les voient comme une préfiguration de ce qui se passera dans le futur: que le monde entier, et pas seulement les Juifs, reconnaisse Jésus-Christ comme le Messie. Voici comment on se souvient des mages. On ne se souvient pas d'eux pour s'être engagés dans des pratiques astrologiques que nous considérons superstitieuses et antichrétiennes. Je me demande ce qu'un Juif chrétien respectueux de la loi aurait pensé à inclure cet épisode dans le Canon des Écritures, parallèlement aux interdictions lévitiques de Lev 19:26 et 20:27.

Bien entendu, ces exemples ne sont pas des parallèles exacts entre la cérémonie du jardin du Vatican et la chapelle Sixtine Sibylle. Je signale simplement que le simple fait de posséder un caractère ou un symbole d'origine païenne et de le représenter dans un contexte religieux ne le rend pas faux, syncrétique ou idolâtre. De tels symboles et représentations peuvent faire partie de la catéchèse chrétienne - tout comme les sibylles - et le plus important est de savoir si une telle catéchèse est cohérente avec le message chrétien.

C'est pourquoi nous devons nous garder de tirer des conclusions irréfléchies. Les limites de ce qui est légitime ou non ne sont peut-être pas aussi nettes qu'elles le semblent. La prudence est primordiale. Pour savoir si quelque chose est compatible avec le catholicisme ou non (inculturation ou syncrétisme), il est important de savoir quel message est transmis. En ce sens, il ne suffit pas de dire que la chapelle Sixtine présente des prophétesses païennes aux côtés de prophètes de l'Ancien Testament. Nous devons savoir pourquoi ils sont là. Une fois que nous avons compris cela, nous pouvons reconnaître le message chrétien qu’ils essaient de transmettre. Ce faisant, les soupçons excessifs de paganisme au Vatican sont levés, à moins que de tels soupçons ne servent à rien.

C'est pourquoi il est important d'écouter les indigènes qui représentent le personnage controversé avant de les condamner. C'est pour cette raison que nous ne devrions pas passer au crible leurs actions et supprimer leurs mots à la recherche de références païennes avant de comprendre réellement tout ce qu'ils nous disent. C'est pourquoi le Synode en Amazonie était important: avant de condamner, voire de corriger, nous devons écouter. Car comment pouvons-nous condamner ou corriger ce que nous ne comprenons pas? Nous devrions également nous rappeler l’importance d’écouter l’autorité magistrale sur ces questions; le pape et les évêques enseignant en communion avec lui. Si le pape affirme clairement qu'un symbole a été utilisé sans intention idolâtre (même s'il ne l'a pas déclaré de manière officielle), les catholiques devraient respecter et prendre en compte sa position.

Les Sibylles païennes et les saints nus ont pris une place d'honneur sur le siège apostolique du catholicisme. Au cours des siècles, ils ont assisté à des messes sacrées, des cérémonies solennelles et des élections de papes. Ils donnent gloire au noyau de vérité qui est présent dans le cœur de chaque homme. Ceux qui faisaient des pratiques quasi-chamaniques prêchent maintenant des vérités chrétiennes que nul ne peut nier sans risquer de perdre son âme: Dieu aime tout le genre humain et que celui-ci aspire à Dieu, même imparfaitement. Il y a quelque chose que nous pouvons apprendre de ces références païennes au Vatican. Et si nous pouvons le faire au Vatican, nous pouvons le faire aussi en Amazonie et partout ailleurs.

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 16:00

D’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.

Luc 1,2

Nous fêtons aujourd'hui Saint Luc, l'évangéliste, l'occasion pour nous de nous rappeler que Jésus vient à nous non pas à travers un ouvrage de théologie, grâce à une thèse de philosophie, par le biais d'un code de morale, mais par un récit, un récit conduit par ses amis. L'Évangile de Saint Luc commence ainsi : "Voici le récit des événements que j'adresse à toi, excellent Théophile." (Lc, 1,3).

Ainsi, l'Évangile, et plus largement la Bible presque toute entière se présente à nous comme un récit. Quelqu'un raconte. Voici l'histoire d'Abraham, voici l'histoire d'Isaac, telle fut l'histoire de Jacob.

[...] Le récit accrédite l'expérience des témoins. 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 07:02

Extrait :

 

"Vous croyez au système républicain comme vous êtes persuadé qu'il peut encore offrir des possibilités d'actions pour résoudre nos problèmes, voire sortir la France du marasme dans lequel elle patauge depuis bien trop longtemps.

"[...] Si vous êtes sceptique quant à la viabilité de cette pseudo-démocratie, alors analysons les choses. Ne croyez-vous pas que les problèmes des cités, de l'immigration, du chômage, de l'insécurité, de l'éducation, du droit des femmes, comme du salaire maternel, etc., auraient pu être résolus depuis bien longtemps déjà ?

"En politique, tout est possible. Mais, est-ce dans la logique des partis pour qui ces problèmes en sont le moteur ? En conséquence, qu'attendons-nous de plus de la part des partis politiques ?

"Croyez-vous réellement qu'un chef de parti au pouvoir arborant de ce fait le titre de président de la république d'être réellement indépendant dans ses actions, pour la mise en oeuvre de son programme politique pour lequel il fut élu, sauf si sa victoire est le fruit d'une punition contre un autre candidat ? Un président de la république est tout sauf indépendant. Il ne fait pas ce qu'il veut, mais il doit au contraire se soumettre aux lobbys en tous genres, qui dictent sa politique. Danièle Mitterand en fit l'aveu dans une interview. 'Après 1981, je demandai à François Mitterand, pourquoi maintenant que tu as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis. Il me répondait qu'il n'avait pas le pouvoir d'affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néo-libéralisme, qu'il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J'appris ainsi qu'être le gouvernement, être président ne sert pas à grand chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J'ai vécu l'expérience directement durant quatorze ans. [...] En France, on élit et les élus font des lois qu'ils n'ont jamais et dont nous avons jamais voulu.'

"On se souvient également du discours de François Hollande du 22 janvier 2012 au Bourget lorsqu'il annonçait que son principal adversaire était la finance internationale. Une fois élu, sa politique allait plus dans le sens de cette finance qu'à son encontre, ce qui expliqua en partie son impopularité.

"Les présidents seront tous soumis aux lobbys et grandes puissances mondiales qui contrôlent notre pays. Il n'y a donc rien à attendre d'une république en France. Envisager une VIe, VIIe, VIIIe république, etc. ne servira à rien. Ce système est trop faible et inadapté.

L'illusion démocratique de la Ve république

"[...] La mascarade des présidentielles n'est que du vent. Un peu comme une mauvaise publicité présentant une belle cabane de jardin pour enfant et lorsque vous la recevez chez vous on est plus proche de la vielle niche à chiens.

"Et puis, si on veut être puriste, réellement démocrate, ou plutôt démophile pourquoi les pères et mères de familles n'auraient-ils pas le droit de voter pour leurs enfants jusqu'à leur majorité. Ils en sont les responsables. C'est eux qui permettent à la retraite de tenir ses engagements. Il n'y a de richesses que d'hommes. La société est représentée de familles qui socialement font la diversité vivante d'une nation. Pourquoi au XXIe siècle ne permet-on pas d'organiser, de moduler le travail pour les femmes qui le désir, de travailler selon leur choix 10, 20, 30, 50, 80% de leur temps et d'ailleurs pourquoi ne reconnait-on pas le droit aux femmes de percevoir salaires et retraites associées (salaire + retraite maternelle) pour celles qui désirent élever leurs enfants. C'est cela la juste reconnaissance pour les femmes, pour celles qui donnent la vie et se sacrifient bien trop souvent pour leurs familles. On est loin du désir de cantonner les femmes à la maison comme le droit romain le désirait, mais plutôt dans l'esprit d'ouverture vers un réel choix féminin libérateur. C'est aux femmes au travers de referendums de choisir leur destin loin des lobbys prétendant parler en leur nom. Cette fenêtre permettrait de régler nombre de difficultés éducatives, nombre d'abandons de personnes âgées, nombre de délinquance, comme elle agirait sur le taux de chômage, mais il est vrai : c'est trop socialement naturel. la république travaille plutôt à la destructuration des familles afin de changer la nature même de l'homme. Toujours cette volonté totalitaite, comme l'endoctrinement des esprits à l'école..."

L'illusion démocratique de la Ve république
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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 10:59
L’Eglise a-t-elle enseigné le mépris de la femme ?

Il est nécessaire, une bonne fois pour toutes, de déconstruire le discours fumeux, très en vogue depuis plusieurs années, selon lequel l’Eglise aurait depuis des siècles enseigné le mépris de la femme et sa relégation loin des domaines les plus importants de la vie de l’Eglise. Ce discours, qui n’est que la traduction d’une idéologie de pacotille portée par des personnes en rupture profonde avec la Tradition de l’Eglise ainsi qu’avec la réalité historique, sert aujourd’hui à réclamer l’ordination diaconale - et plus tard sacerdotale - de femmes, sur le modèle de ce que l’on peut voir dans certaines confessions protestantes qui, elles ne connaissent pas le sacerdoce.

Il s'avère que ce discours repose sur des préjugés historiques dont il n'est pas difficile de démontrer la fausseté. Loin d'enseigner leur mépris, la Tradition a toujours respecté et promu les femmes, et ce dès les débuts du christianisme. Dès les commencements de l’histoire de l'Eglise, les saintes femmes martyres sont vénérées par l’Eglise primitive au même titre que les hommes. Ainsi, le Canon romain de la Messe (ou Prière eucharistique numéro 1), qui remonte dans ses grandes lignes au IVe siècle, invoque l’intercession, en plus de la Vierge Marie, de pas moins de sept femmes saintes ayant vécu dans les tous premiers siècles de l’Eglise.

Durant les premiers siècles, les chrétiens n’ont jamais vu aucun inconvénient à ce que des femmes jouent un rôle important et soient par la suite canonisées. Ainsi en est-il, par exemple, de sainte Geneviève, dont la force de caractère permit à Paris d’éviter le saccage par les Huns qui sévissaient en Europe occidentale. Visiblement, les chrétiens de cette époque n’ont pas eu besoin du féminisme contemporain pour considérer sainte Geneviève comme un personnage de premier plan et de l’élever à la gloire des autels. Même chose au Moyen-Age, époque où les femmes avaient bien plus de liberté que ce que lui accordera l’époque moderne à ses débuts. On connaît, entre autres, le prestige et la sainteté d’Hildegarde de Bingen (XIIe siècle) déclarée docteur de l’Eglise par Benoit XVI, ainsi que le rôle prépondérant de Blanche de Castille, mère de Saint-Louis, rôle très politique qui visiblement n’a choqué personne au XIIIe siècle. Il y aurait également beaucoup à dire du rôle de tout premier plan assumé, au XIVe siècle, par sainte Catherine de Sienne, elle aussi docteur de l’Eglise, et qui joua un rôle décisif dans le retour des papes d’Avignon à Rome. De même il ne semble pas que l’Eglise de la très catholique Espagne du XVe siècle ait trouvé quoi que ce soit à redire du règne personnel de la non moins catholique reine Isabelle, qui n’était pas précisément l’incarnation de la faiblesse et de la « tolérance » au sens actuel du terme. Et ainsi de suite...

Toutes ces femmes de premier plan, tout en jouant un rôle actif dans l’Eglise de leur temps, ont vécu dans une fidélité totale à la Tradition de l’Eglise, et il ne serait venu à l’idée d’aucune d’entre elles de réclamer le sacerdoce pour les femmes. Au contraire, pour ces grandes saintes, toute crise de l’Eglise est essentiellement une crise spirituelle, et c’est donc bien dans ce domaine, et non dans la revendication de « droits à », qu’il faut trouver des pistes de renouveau de l’Eglise.

On sait aujourd’hui que le fameux « concile » au cours duquel l’Eglise se serait posé la question de savoir si les femmes ont une âme s’avère être une légende forgée par les auteurs anti-chrétiens du XVIIIe siècle, un tel concile n'ayant tout simplement jamais existé. De même, on oublie bien souvent que le phénomène de « chasses aux sorcières » est inexistant au Moyen-Age et qu’il a été un phénomène moderne dans le contexte de la Renaissance et essentiellement, d’ailleurs, dans des régions acquises au protestantisme. Enfin, les féministes actuels accusent bien souvent l’Eglise d’avoir développé le culte marial uniquement afin d’imposer l’image d'une femme certes mise sur un piédestal, mais uniquement afin de la cantonner à un rôle secondaire de maîtresse de maison effacée et soumise. Mais dans ce cas, que dire alors du très discret et très silencieux saint Joseph, qui pour le coup, est l’incarnation même de l’effacement derrière la figure de Marie et de la soumission à la volonté divine ?

Il est certes probable qu’effectivement il y ait eu, à certaines époques de l’histoire, une certaine forme de misogynie au sein du clergé ; mais affirmer que l’Eglise a enseigné le mépris de la femme durant vingt siècles est un discours qui ne tient tout simplement pas la route, tant sur les plans historique que théologique. C'est plutôt le contraire qui est vrai.

Enfin, il faut rappeler que le diaconat comme le sacerdoce sont bien des ministères (reposant sur une configuration ontologique intimement liée à la masculinité du Christ), c’est-à-dire qu’ils sont des services « in persona Christi » de la communauté ecclésiale et du sacerdoce baptismal, comme le rappelle le catéchisme de l’Eglise catholique ; il n’y a donc certainement pas de « droit au sacerdoce », pas plus qu’il n'existe de « droit au diaconat » auquel telle ou telle catégorie de fidèles baptisés pourrait prétendre. La question du sacerdoce conférée à des femmes est contraire à toute la Tradition chrétienne depuis les temps apostoliques, comme l’a rappelé de manière définitive S. Jean-Paul II.

Quand à un « diaconat féminin » compris comme un ministère ordonné, tous les « comités Théodule » mis en place ces dernières années dans le but d’en justifier la réintroduction à notre époque se sont heurtés à l’absence totale de la moindre trace historique allant dans ce sens. Il serait donc bon que les catholiques cessent de se laisser intimider par ce discours - même lorsqu’il a sa source dans un bureau du Vatican - qui relève bien plus de l’idéologie et de l’inculture théologique de notre époque que d’un véritable esprit de foi et de fidélité à l’Eglise.

Le XIVe siècle, par bien des aspects, ressemble au nôtre : époque troublée, crise de l’Eglise, risques de schisme... A l’époque, l’Eglise a pu s’en sortir et a finit par connaître un nouvel essor. Il est vrai que les chrétiens du XIVe siècle avaient, eux, sainte Catherine de Sienne. De quelle grande chrétienne contemporaine pourrions nous nous enorgueillir, nous autres chrétiens du XXIe siècle... à part Christine Pedotti, bien entendu ?

 

S.N.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi 23 septembre 2019

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