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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 13:25

Des "profanes" Gilets jaunes (considérés comme des "animaux aveugles" par les francs-maçons), se sont rendus devant le siège du "Grand Orient" dit "de France" et ont tenté de "dialoguer" avec les "porteurs de lumières" sur le thème du transhumanisme et de l'intelligence artificielle :

La "laïcité" contredite par la franc-maçonnerie dans le livre "Rituel de consécration d'une loge maçonnique" (Publication Jean-Luc Leguay) :

 

En page de couverture de ce livre découvert dans une brocante, "à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, Grande Loge nationale française", concernant le rituel de la cérémonie d'ouverture d'une loge maçonnique avec ses textes religieux et ses symboles, dont la menorah, chandelier à sept branches des hébreux, on voit une illustration du "Grand Architecte de l'Univers" :

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" en franc-maçonnerie 

 

En page 40, nous lisons en effet : 

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

J'élève une maison au nom de l'Eternel, mon Dieu, pour lui consacrer, pour brûler devant lui le parfum odoriférant, pour présenter continuellement les pains de proposition et pour offrir les holocaustes du matin et du soir, des sabbats, des nouvelles lunes et des fêtes de l'Eternel notre Dieu, suivant une loi perpétuelle pour Israël.

Ailleurs :

Salomon envoya dire à Hiram, roi de Tyr : "Fais pour moi comme tu as fait pour David, mon père. A qui tu as envoyé des cèdres afin qu'il se bâtit une maison d'habitation.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Autrement dit, la finalité de la franc-maçonnerie sur un plan philosophique et spirituel, c'est la reconstruction du temple de Salomon (ou temple de Jérusalem), dont on a vu que celle-ci a débuté en décembre 2018. Dans le livre "Les Nouveaux marchands du temple, le Gouvernement des banquiers" de Marc-Gabriel Draghi, on apprend que David Rockefeller, encore vivant, a dit noir sur blanc qu'il finançait directement la reconstruction du temple de Salomon, le "troisième temple". L'information a été reprise dans le Times.

 

L'ouvrage maçonnique nous parle partout d'"Israël" et de "Jéhovah", dont on a vu que les Juifs eux-mêmes pourtant n'employaient pas le terme par respect pour Dieu, et que l'Eglise sous Benoît XVI, a abandonné elle-même l'emploi du terme "par respect pour le Nom de Dieu, pour la Tradition de l’Eglise, pour le Peuple Juif, et pour des raisons philologiques". (Le terme de "Jéhovah" n'est plus employé que par les "Témoins" dits de Jéhovah, organisation fondée par Charles Taze Russel, dont les ouvrages sont truffés de symboles maçonniques, dont la croix penchée et la couronne).

En page 53, l'ouvrage précise encore : 

Premier voyage. [...] Du temps d'Israël, la légende dit qu'aux maçons souffrant de la faim, de Jéhovah, douce prébende tombaient le blé, l'huile et le vin.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" n'est-ce pas ?

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 16:06
Jacques Attali, souverainiste en Israël, mondialiste en France : deux poids deux mesures

Jacques Attali est souverainiste en Israël, mais mondialiste lorsqu'il s'agit de la France. Incohérence ou antifrancisme primaire ? 

Pour Attali, "le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme." Sur son site internet, l’économiste s’est fendu d’un billet lunaire, où il compare purement et simplement le souverainisme… à l’antisémitisme.

Le souverainisme résumé à un refus de migrants et de musulmans

« Les juifs et les musulmans, menacés tous les deux par lui, doivent s’unir face aux fantasmes du grand remplacement », fait-il valoir. Si la comparaison est un peu obscure, Jacques Attali l’explique un peu plus loin : « Quand on parle de ‘souverainisme’, beaucoup de gens veulent croire qu’on ne parle, en Europe, que d’une maîtrise des importations et d’un refus des disciplines communautaires », mais « en réalité, dans la plupart des cas, ceux qui en font l’apologie parlent en fait ainsi à mots couverts d’un refus de migrants, et plus largement, d’un refus des musulmans », expose-t-il. L’adhésion à une théorie politique, la xénophobie et la discrimination religieuse se retrouvent ainsi dans le même sac, comme le souligne Marianne. Et l’économiste de poursuivre : « [La France] ne doit pas oublier non plus que ce qui se cache aujourd’hui derrière le ‘souverainisme’ désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, anti-polonaise, anti-arménienne, et antisémites des siècles passés ».

Attali veut faire taire Zemmour, Goldnadel et Finkielkraut

« Ces discours hostiles aux musulmans de France son mortifères », dénonce aussi Jacques Attali, « en particulier quand ils viennent de juifs, qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres ». « Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants d’Éric Zemmour, de Willian Goldnagel (sic), ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut », insiste celui qui est l’un des mentors d’Emmanuel Macron. Il concède ensuite la nécessité de « s’opposer à toutes les tentatives religieuses, d’où qu’elles viennent, pour imposer une conception du monde, ou un mode de vie, contraires aux règles de la laïcité, non respectueuses des droits des femmes, ou plus généralement, violant les lois de la République ». (Valeurs Actuelles)

Ce proche de Nicolas Sarkozy et d'Emmanuel Macron a rapidement été raillé sur les réseaux :

«Les juifs et les musulmans, menacés tous les deux par lui [le souverainisme], doivent s’unir face aux fantasmes du grand remplacement», ajoute-t-il dans le tweet, comparant ainsi les défenseurs du souverainisme aux partisans de la théorie du «grand remplacement».

Il suffit pourtant d'ouvrir un dictionnaire Larousse pour découvrir la définition du souverainisme : «Doctrine des défenseurs de l'exercice de la souveraineté nationale en Europe.» D'aucuns rajouteraient à la souveraineté nationale la défense de la souveraineté populaire, mais il s'agit là d'un débat philosophique qui ne saurait remettre en cause la définition proposée par le Larousse. Le titre premier de la Constitution française se nomme d'ailleurs : «De la souveraineté.» Plus généralement, ceux qui se revendiquent souverainistes en France, à gauche comme à droite, reprennent la conception philosophique, venue du Québec, en revendiquant un problème démocratique en France du fait de l'imposition de normes et d'une supranationalité par l'Union européenne. Ils expriment globalement une critique virulente du libre-échange et du libéralisme économique, imposés selon eux par l'UE. Pour Jacques Attali, les tenants du souverainisme seraient en premier lieu des antimusulmans et des xénophobes. Il dénonce de fait «les discours délirants, d’Eric Zemmour, de William Goldnagel [qui se nomme en réalité Gilles-William Goldnadel], ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut». Les trois personnalités citées sont d'origine juive. Elles seraient malgré tout, d'après Jacques Attali, des partisans de l'antisémitisme et, par voie de conséquence, du souverainisme. Fait cocasse, l'avocat Gilles-William Goldnadel, par exemple, est un libéral revendiqué, pas certain donc qu'il se définisse lui-même comme un «souverainiste»...

Celui-ci a d'ailleurs réagi sur Twitter, après l'accusation de Jacques Attali : «Tellement ravi de faire partie du top three avec Zemmour et Finkielkraut de la liste des honnis du contrefacteur Attali. Celui qui ferma les yeux par courtisanerie aux complaisances de Mitterrand pour Bousquet, l’organisateur de la déportation des petits juifs français.»

L'association d’étudiants de Sciences Po Paris «Critique de la raison européenne» constate de son côté : «Jacques Attali nous démontre la profondeur de sa pensée en un tweet. Donc si vous souhaitez restaurer la démocratie et osez critiquer l'Union européenne, c'est que vous êtes pour les chambres à gaz. Imparable !»

Le président des Patriotes, Florian Philippot, ironise : «Mince j’ignorais que la Constitution française, qui exige théoriquement la défense de la souveraineté nationale, était antisémite.»

Dans sa diatribe, l'essayiste oublie cependant que des défenseurs du souverainisme, donc de la souveraineté nationale, se situent également à gauche de l'échiquier politique, à l'instar de Jean-Pierre Chevènement ou de Jean-Luc Mélenchon. C'est enfin faire fi du fait que des personnalités musulmanes, bien que critiques de l'islamisme et de l’obscurantisme religieux, revendiquent être des promoteurs du souverainisme, à l'instar de Fatiha Agag-Boudjahlat par exemple. (RT)

En terme de "souverainisme", Jacques Attali ferait bien de regarder la poutre dans son oeil, lui qui, auteur pour la France du "Rapport Attali", cyniquement intitulé "Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française : 300 décisions pour changer la France", dévoilait en 2008, dans un discours adressé uniquement aux Juifs intitulé "Discours Les Juifs au XXIe siècle, un avenir incertain", "c'est quoi aujourd'hui être juif en France et dans le monde" (Les Juifs au XXIe siècle, un avenir incertain, Jacques Attali, économiste, Paris, mars 2007), une conception ethnique et racialiste de l'identité "juive" au travers de son inquiétude de la disparition de la communauté juive "en tant que peuple" (sic).

Nous notions ainsi en 2008 à propos de ce discours d'Attali : "Ce qui est intéressant, c'est de constater le double jeu d'Attali, selon que l'on se place du point de vue de la France ou selon le point de vue d'Israël."

Dans son rapport, l'auteur préconisait en effet à Nicolas Sarkozy une politique immigrationniste d'ouverture des frontières en France (comme solution à la "libération de l'économie française". Sic). Il s'agissait d'« élargir et favoriser la venue des travailleurs étrangers » pour la France (Source : Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, Sous la présidence de Jacques Attali, La Documentation française, p. 172.) Le rapport expliquait par exemple: "Si l’arrivée d’immigrants ne peut être considérée comme une solution de long terme au vieillissement de la population (il faudrait un nombre extrêmement important d’immigrants – 920 000 personnes par an – pour maintenir le rapport entre actifs et inactifs), l’immigration peut permettre de remédier à des pénuries de main d’œuvre." (Décision 222, "Accueillir plus de travailleurs étrangers, p. 174) et précisait sans rire : "l’immigration a aussi un effet positif sur la croissance si le marché du travail est assez flexible pour l’absorber. [...] Au total, l’immigration de travail renforce la croissance en accroissant la population active et l’emploi." (Décision 222, p. 173.) 

De l'autre côté, en Israël, c'est un autre son de cloche. Attali faisait alors montre d'un enthousiasme immigrationniste plus relatif, et d'une vive inquiétude quant au nombre de la "population juive par rapport aux populations environnantes, qui sont elles-mêmes de plus en plus nombreuses dans la région" et, sur la scène mondiale, l'inquiétude face à "des peuples aussi sophistiqués que sont les Chinois et les Indiens" (Sic).

Il est donc frappant qu'un tel personnage au double discours, qui selon les pays envisagés (la France ou Israël), prône deux politiques radicalement différentes, soit encore écouté de nos jours et autorisé à donner son avis.

Pour Attali, en 2008, cela restait une question "presque évidente" : "nous sommes juifs, nous savons que nous avons un rôle historique particulier que nous avons joué au moins depuis 3000 ans… Ce rôle est inscrit dans l'histoire de l'humanité". Seulement, Attali soulevait immédiatement une inquiétude, celle du "cauchemar de la disparition du peuple juif" : "se poser la question si le peuple juif survivra au XXIe siècle, en tant que peuple", car "rien n'est éternel dans l'histoire humaine, et la meilleure façon de résister à une menace, c'est de la connaître. [...] Se pose en Israël la question, en Israël, de la population juive par rapport aux populations environnante."

"Toutes les communautés juives du monde disparaissent ou décroissent, soit en nombre absolus, soit en nombre relatifs, sauf quelques-unes, étranges, la communauté juive allemande, la communauté juive australienne, ou quelques autres. [...] Donc la probabilité que la communauté juive représente une part décroissante de l'espèce humaine, est une évidence, accélérée par ce phénomène … de l'assimilation par les mariages mixtes. Il y a donc un processus d'assimilation et de disparition hors de l'Etat d'Israël considérable," précisait Jacques Attali. 

"En Israël proprement dit, se pose la question de la population juive par rapport aux populations environnantes, qui sont elles-mêmes de plus en plus nombreuses dans la région, et qui à l'échelle de cinquante ans, seront non seulement plus nombreuses dans l'ensemble palestinien que dans l'ensemble israélien et à l'échelle de soixante ou soixante-dix ans plus nombreuses sur le territoire israélien en population non-juive qu'en population juive. Donc nous avons clairement à affronter le fait que la population juive est de plus en plus minoritaire, faible, et en voie de disparaître", ajoutait Attali. 

"Qu'est-ce qu'une identité d'un peuple dont la trace numérique dans l'histoire disparaît, et dont la présence sur un sol, sur un territoire, se réduit de plus en plus à une population dont la conception est celle d'une nation qui a à défendre son intérêt en tant que nation et qui le défend sans véritablement se poser la question du destin d'un peuple à vocation universelle, mais seulement comme nation… Cette identité où est-elle aujourd'hui?"

Attali exprimait alors la crainte du peuple juif devant "la montée et l'arrivée sur la scène mondiale de peuples aussi sophistiqués que les peuples chinois et indiens."

"Pourquoi jusqu'à aujourd'hui le peuple juif a-t-il été capable de survivre", demandait alors Attali.  "Parce que l'obsession du peuple juif, cela a été et cela reste de transmettre. L'obsession c'est de transmettre. J'ai toujours été frappé par cette définition talmudique qui dit qu'à la question 'qu'est-ce qu'être un juif', la première réponse, c'est d'avoir un père juif, la seconde réponse, c'est d'avoir une mère juive, la troisième réponse, mais pas du tout, c'est d'avoir des enfants juifs", concluait Jacques Attali.

Ce discours de 2008 d'Attali indiquait parfaitement l'ambivalence du discours pour la France ou pour Israël. D'un côté (Rapport Attali, "De la Commission pour la libération de la croissance française : 300 décisions pour changer la France"), pour la France, la préconisation de l'entrée de millions d'immigrés pour détruire l'identité française et le peuple français (promotion d'une immigration massive, remplacement de la population sur une trentaine d'années, ultra-libéralisme sauvage, "égalitarisme", "démocratie", "tolérance", "ouverture", etc.) et de l'autre côté, pour Israël, défense de l'identité juive coûte que coûte (la "transmission talmudique"), défense de "la population juive par rapport aux populations environnantes, qui sont elles-mêmes de plus en plus nombreuses dans la région", et "sur la scène mondiale", défense du peuple juif par rapport aux "peuples aussi sophistiqués que les peuples chinois et indiens"...

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3 septembre 2019 2 03 /09 /septembre /2019 18:18

31 août 2019, pour la première fois une manifestation de Gilets jaunes française se déroule sans "violence". Cela ne se passe pas en France. La Suisse n'est pas une dictature, et ce pays laisse ses citoyens s'exprimer... même quand ils viennent d'un autre pays. Place des Nations à Genève, face à l'ONU, une chaîne humaine a été organisée pour manifester contre la répression sanglante de Macron depuis le démarrage des manifestations de Gilets jaunes le 17 novembre 2018 (où du gaz lacrymogène fut lancé contre des manifestants pacifiques dès 14 heurs sur les Champs-Elysées). 

 

LireTatiana Ventôse était sur les Champs-Élysées samedi 24 novembre : "un chaos organisé"

 

Les manifestants étaient sereins, aucun débordement n'a été signalé. La police n'y a pas infiltré les manifestants afin de créer des troubles à la façon des autres mainfestations de Gilets jaunes en France (une méthode totalitaire inventée par Clémenceau lors des grèves de 1906-1908).

 

Il faut faire des videos, car la presse ne parle pas du tout de ce genre de manifestation. Il faut partager ces videos pour que tout le monde puisse bénéficier des informations que la presse ne donne plus.

 

Pas de matraque, pas de flash-ball, pas de canon à eau, pas de gaz lacrymogène, pas de garde à vue, pas de mise en examen, pas d'amende, pas de grenade GLI-F4, pas de répression. Juste la liberté de manifester !... Merci la Suisse !

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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 09:14
L'esclavage islamique éclipsé par la franc-maçonnerie

Source: Marco Tosatti,

Stilum Curiae, 11/08/2019

Nobile: lo schiavismo islamico oscurato dalla massoneria.

 

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Agostino Nobile nous a envoyé une réflexion certainement très intéressante et qui suscitera sûrement un débat animé et fructueux. Il s'agit entre autres d'un sujet que vous ne trouverez probablement pas souvent dans la grande presse de l'information, à savoir la relation entre la franc-maçonnerie et le monde islamique. Bonne lecture.

 

L'esclavage islamique éclipsé par la franc-maçonnerie

 

Afin de détruire le christianisme, la franc-maçonnerie, bien plus présente dans le monde musulman qu'on ne le pense, a pratiquement effacée des textes l'histoire de l'esclavage mis en œuvre par les Arabes.

 

Rappelant que l'Église a toujours interdit l'esclavage sous toutes ses formes, je retranscris presque entièrement trois courtes étapes de l'esclavage dans l'islam, extraites de mon nouveau livre Moloch.

 

Les spécialistes du trafic d'esclaves estiment que le nombre des déportations qui ont eu lieu en Occident (qui ont acheté les "produits" de musulmans et d’Africains qui ont asservi les tribus rivales) se compte entre 10 et 12 millions d’êtres humains. Depuis la fondation de l'islam au siècle dernier, les Arabes ont asservi 15 à 18 millions d'Africains. Dans la plupart des cas, l’achat était effectué sur le territoire de l’Afrique subsaharienne, obligeant les esclaves à marcher sur 1 000 km. Les voyages dans des conditions atmosphériques pour le moins effrayantes, la pénurie d’eau et de nourriture, ont tué un grand nombre d’Africains. Si l'on ajoute 80% des pertes aux millions d'esclaves en chemin, et aux millions d'hommes, femmes et enfants massacrés lors des raids, les estimations atteignent un chiffre d'environ 100 à 120 millions de personnes en treize siècles.

 

Le professeur milanais John Alembillah Azumah, directeur des études islamiques à la London School of Theology, auteur de l'essai intitulé L'héritage de l'Arab-Islam en Afrique, publié en 2001, a déclaré: "L'Islam a étonnamment réussi à induire en erreur, à fausser et à déformer la réalité et l'histoire en même temps sur une période d'environ quatorze siècles, du moins jusqu'à nos jours. Ce qui est particulièrement tragique, c’est que la plupart des descendants d’esclaves, les Noirs des Amériques du monde et les Noirs d’Afrique, descendants d’esclaves, ignorent toute la vérité. Alors que la plupart des esclaves d'Amérique pouvaient se marier et avoir des enfants, la plupart des esclaves de sexe masculin du Moyen-Orient étaient castrés et la plupart des enfants nés de femmes esclaves étaient tués à la naissance. Alors que les esclaves d'Amérique ont fait beaucoup d'enfants - avec des millions de descendants aujourd'hui citoyens du Brésil et des États-Unis, très peu de descendants d'esclaves du Moyen-Orient ont survécu. Alors que la quasi-totalité des esclaves américains était utilisée dans l'agriculture, la majorité des esclaves du Moyen-Orient musulman étaient destinés à l'exploitation sexuelle dans les harems ou à servir dans l'armée. [...] La pire, la plus inhumaine, la plus diabolique institution du trafic d'esclaves a été créée, définie, perpétrée et mise en œuvre par les Arabes mahométans, aidés par la suite par les Noirs convertis à l'islam."

 

JW Brodman, dans Le rachat des Captifs croisés en Espagne : L'Ordre Mercedaire à la frontière islamo-chrétienne (1986), rappelle que lors de l'attaque de Thessalonique en 903, les dirigeants arabes partagèrent ou vendirent 22 000 chrétiens comme esclaves. Le sultan Al Arsalan dévasta la Géorgie et l'Arménie en 1064 et massacra les habitants; les survivants furent réduits en esclavage. Le calife Almoade Yaqub al-Mansur conquit Lisbonne en 1189, asservissant 3 000 femmes et enfants. Les habitants des terres européennes conquises, de Byzance à la péninsule ibérique, de la Sicile à la Russie, furent destinés au même but. Mais les mêmes dévastations et la même fin furent données aux peuples perse, indien, bouddhiste et hindou. De 1002 à 1015, les musulmans fournirent plus de 800 000 esclaves aux marchés de l’est. Entre 1530 et 1780, durant l’empire ottoman, les esclaves chrétiens, principalement italiens et du sud de l’Europe, sont estimés à un million. En 1535, environ 22 000 esclaves étaient présents à Tunis et à Tripoli. En 1544 à Ischia, environ 7 000 esclaves et en 1554 à Vieste, environ 6 000. En 1619, il y avait plus de 50 000 esclaves à Alger, dont 120 000, y compris les villes de Tunis, Tripoli et Fès. En 1627, certaines villes islandaises ont été attaquées (oui, là aussi) avec la capture d'environ 400 esclaves. En 1810 même, entre Tunis et Tripoli, il y avait plus de 2 000 esclaves et en 1816, à Alger, 1 642.

 

Pour l'historien Jan Hogendorn dans Le Marché hideux. Aspects économiques de la fabrication et de la vente des eunuques, le taux de survie après élimination du pénis et du scrotum chez les enfants de sept à douze ans était de 10%. L’économie des Arabes, des Turcs et des musulmans d’Afrique du Nord s’appuyait depuis des siècles sur le marché des esclaves blancs, à tel point que les incursions en Europe, notamment dans le bassin méditerranéen, dura jusqu’au début des années 1900. À la même période en Turquie, les harems étaient toujours présents. Pour se faire une idée de cette institution, rappelons qu'au XVIIe siècle, le harem du vizir turc Kara Mustafá comptait plus de 1500 concubines et esclaves, 700 gardes africains, ainsi que de nombreux serviteurs et secrétaires.

Dans le monde de la prostitution, l'esclavage existe aussi en Occident, mais dans le monde non chrétien, il est présent sous toutes ses formes. En Arabie saoudite, par exemple, le centre du culte islamique, l'esclavage n'a été aboli, du moins sur le papier, qu'en 1962. Aujourd'hui, ils se sont modernisés. Sur Twitter, les domestiques étrangères sont vendues 4 500 dollars, transport et livraison compris. https://www.tpi.it/2018/02/28/arabia-saudita-domestiche-vendute-twitter/ La monarchie Al Saud est un allié de fer des gouvernements maçonniques occidentaux.

 

Une vidéo en français sur le trafic islamiste d'Africains:

 

Agostino Nobile

Agostino Nobile

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 19:07

Le groupe Bilderberg s'est réuni à Montreux début juin, sur les rives du lac Léman, pour sa 67e édition. De nombreuses personnalités influentes étaient présentes afin de discuter de thèmes comme l'Europe, le climat, la Russie, le successeur d'Angela Merkel, en dehors de tout cadre institutionnel.

Macron, invité au Bilderberg en mai 2014, ministre de François Hollande trois mois plus tard en août 2014; Christine Lagarde, invitée au Bilderberg 2010, directrice générale du FMI en 2011; Edouard Philippe, invité au Bilderberg en 2016, Premier ministre en 2017; Margaret Thatcher, invitée au Bilderberg en 1975, Premier ministre de Grande-Bretagne en 1979; Bill Clinton, invité du Bilderberg en 1991, président des Etats-Unis en 1992; Angela Merkel, invitée du Bilderberg en mai 2005, chancelière d'Allemagne en novembre 2005; Ursual von der Leyen, nommée présidente de l'union européenne en 2019 était au Bilderberg cette même année. Ce ne sont là que quelques exemples. Les puissants s'organisent et se maintiennent au pouvoir. La ligne atlantiste, néo-libérale, pro-Union européenne se perpétue, les médias regardent ailleurs. Vincent Lapierre enquête :

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 07:12

En ce jour de 14 juillet, il n'est pas inutile de rappeler que pour une question de démocratie transparente, a minima, les francs-maçons doivent attester par écrit et sur l'honneur, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique, s'ils veulent servir le pays. Leur serment d'entraide et de secret, échangé entre eux durant leurs cérémonies, étant incompatible avec la démocratie.

 

Serge Petitdemange, dirigeant de l'association intitulée "Renaissance française" - bien qu'organisation "républicaine" avec les défauts de ce type d'organisation politique nécessairement réunie autour d'un chef de parti faisant le jeu du diviser pour régner, principe du moteur de la Révolution dite "française" -, énonce néanmoins un certain nombres d'idées, nécessaires au Bien commun, comme par exemple dans sa dernière video sur youtube, où il reprend une idée que nous avions lancée ici, et ici en 2014, ou  en 2015; à savoir contraindre les francs-maçons à se déclarer... devant le parlement s'ils veulent faire de la politique, ou avoir accès à de hautes fonctions administratives. 

 

Cette proposition, conforme aux libertés d'association et de réunion - l'ordre public étant sauf -, est une proposition qui à tous points de vue relève du salut public à l'heure où la corruption a ruiné des vies entières depuis bien trop longtemps et où l'effondrement du pays se décline dans tous les domaines et atteint un niveau d'alerte maximale.

Extrait

"Graves turbulences et énormes trous d'air pour la franc-maçonnerie spéculative à Monaco comme à Paris : même combat!"

 

"Citoyens patriotes, sous l'emprise de la franc-maçonnerie spéculative, aucun État de part le monde ne peut se prévaloir d'être un 'État de droit.'

"Toutes les institutions monégasques sont gangrenées par une véritable association de malfaiteurs en col blanc. [...] Pendant des années, des dizaines de victimes ont du subir des injustices indignes d'une démocratie. C'est pourquoi une association de victime s'est créée, afin de faire respecter le droit. [...] Des victimes qui ont des preuves matérielles irréfutables sont confrontées à un système corrompu, malhonnête, bien rodée. Corruptions, malversations et collusions dénoncées dans la presse durant ces dernières années. [...] Il s'agit de manipulations volontaires, des dysfonctionnement graves et répétés commis par des professionnels du droit contractuellement détachés par la France, par quelques monégasques aussi, et qui ont pour conséquences de porter également atteinte à leur probité par des manoeuvres frauduleuses telles que diffamations, dénonciations calomnieuses, faux et usages de faux, dissimulations de preuves, discriminations, dénis de justice, abus de pouvoirs, non respect des conventions collectives, non respect de la Convention européenne des droits de l'homme, notamment son article concernant chaque individu à avoir droit à un procès équitable, et autres violations des droits fondamentaux au regard du droit international en vigueur.

"[...] Cette affaire met en lumière sur la place publique l'existence de réseaux occultes dont le serment prêté au seins des loges est, à leurs yeux, plus important que celui prêté au Prince Albert, chef de l'État monégasque, garant de la constitution. En fait, le même problème que chez nous en France.

"[...] Le Prince Albert II a la chance inouïe de pouvoir remettre de l'ordre dans son appareil d'Etat, en refondant totalement les structures dirigeantes, exigeant des nouveaux promus, hommes et femmes, qu'ils attestent par écrit et sur l'honneur bien évidemment, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique au cours de leur prestation de serment à servir le Prince et la Principauté de Monaco. Nous ferons exactement la même chose en France." (Fin de citation)

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 13:06

Le professeur Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville, a rétabli le 2 juillet dernier la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert : l'homme, dont l'euthanasie a débuté mardi 2 juillet au matin, n'était pas "en fin de vie" ou en situation d'obstination déraisonnable. Son cas était stable. "Arrêter ses traitements", a simplement été le laisser mourir de faim et de soif. (Source )

Inquiétudes après la mise à mort de Vincent Lambert

Vincent Lambert est mort ce matin (Source Le Figaro). Qu'il repose en paix.

 

Le 28 juin, la Cour de cassation statua qu'une juridiction inférieure n'avait pas la compétence légale pour ordonner la réinsertion de ses sondes d'alimentation. Le 2 juillet, des médecins informèrent la famille de Lambert par courrier électronique qu'ils allaient arrêter de le nourrir et de l'hydrater.

 

La peine capitale et la torture viennent d'être rétablies en France, suite à une décision de "justice", Vincent Lambert a été mis à mort pour aucun crime, si ce n'est d'être dans un handicap lourd, mais stable. La méthode d'exécution aura été la privation d'eau et de nourriture jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Le CHU de Reims a entériné sa "solution" avant que le CDPH de l'ONU ne se prononce. Il n'y avait pourtant pas d'urgence à ce que l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert soient interrompues, et cela que l'on considère qu'il n'était plus qu'un corps sans conscience ou non... Ce que personne ne pouvait dire.

 

Ce qui est difficilement compréhensible et explicable, c'est que depuis 2011 où Vincent Lambert était au CHU de Reims, il n'ait jamais été tenté de le transférer dans un centre spécialisé pour qu'il puisse être apprécié si des soins (au-delà de l'alimentation et de l'hydratation) pouvaient lui faire faire des progrès. Au cours de toutes ces années, et alors que les parents de Vincent Lambert ont demandé plusieurs fois son transfert et que sept centres avaient répondu favorablement à son accueil, cela ne leur fut jamais accordé. Pourquoi ? Quelle pouvait être la volonté qui cherchait à maintenir de force Vincent Lambert au CHU de Reims ? Son transfert dans un des sept centres qui ont répondu favorablement pour l'accueillir aurait pu être essayé. Cela aurait pu donner un élément supplémentaire pour décider... 

 

Prétendre que Vincent Lambert était "en état végétatif" et "sous sédation profonde" durant les neuf jours de son agonie, et qu''il ne ressentait donc pas la privation de nourriture et d'eau est pure supposition. Aucun neurochirurgien, aucune personne qualifiée, personne ne peut dire que Vincent ne souffrait pas pendant les neuf jours de la mise à mort, personne ne peut dire non plus s'il n'était pas capable d'entendre ce qu'on lui disait. Personne jusqu'à preuve du contraire n'est revenu d'une sédation profonde pour nous dire qu'il ne ressentait rien d'avoir été privé d'eau et d'alimentation pendant neuf jours.

 

Les médecins doivent soulager les douleurs, soigner et guérir quand cela est possible. Or dans le cas de la mise à mort de Vincent Lambert par arrêt de l'alimentation et de l'hydratation, l'absence d'hydratation et d'alimentation des reins a provoqué un arrêt cardiaque. Conclusion : la nutrition-hydratation artificielle constitue désormais aujourd'hui, sur le plan médical, une "obstination déraisonnable" (termes de loi Leonetti de 2005). Une personne très sévèrement handicapée, mais qui serait pourtant en état stable dans son handicap, constitue dorénavant une situation de "fin de vie"... Chacun jugera. Il s'agit d'un signal très inquiétant envoyé aux personnes en situation de handicap, et leurs proches. C'est une remise en cause dramatique du serment d'Hippocrate, faisant du respect de la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier, un socle infrangible.

 

Dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les cas stables, similaires à celui de Vincent Lambert mais qui nécessitent une aide pour s'alimenter, se laver ou s'habiller seuls, sont très nombreux. Une société qui en arrive à éliminer ces personnes est-elle digne ? Triste jour pour notre civilisation. L'eugénisme est en marche (avortement, euthanasie, suppression des soins pour des personnes malades mais en état stable...) 

 

« Nous voudrions rappeler à nos concitoyens que devenir dépendant des autres pour des soins ou pour les actes de la vie ordinaire ne signifie pas perdre sa dignité », ont tenu à rappeler les responsables religieux rémois dont le rabbin Amar, l’imam Aomar Bendaoud et l’archevêque Eric de Moulins-Beaufort, dans une déclaration commune. Soulignant que la situation de Vincent Lambert « était singulière » et que « les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues », ils ont rappelé que « croyants en la vie éternelle, nous affirmons que la vie humaine est bien plus que la vie corporelle mais se joue pourtant dans la condition corporelle ». (Source)

 

Dans cette affaire, ce sont les croyances franc-maçonniques qu'on impose à la société. Ce ne sont pas les croyances chrétiennes, musulmanes ou juives.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 17:02

L'idée d'imputer à Notre-Seigneur une doctrine secrète date du IIe siècle de notre ère et fut réfutée par Origène dans "Contre Celse", mais le projet d'en faire un socialiste a cependant été suivie jusqu'à aujourd'hui. Cette idée figurait dans les Constitutions du calviniste Anderson, texte fondateur de la franc-maçonnerie anglaise en 1721 et était aussi présente dans l'illuminisme martiniste au XVIIIe siècle et l'illuminisme "germanique" d'Adam Weishaupt, qui prétendait détenir la vraie doctrine secrète de Jésus. Elle passera au XIXe siècle chez les Carbonari, les Saint-Simoniens, Lammenais, le Sillon de Marc Sangnier et ses continuateurs, et de nos jours dans la théologie de la libération. "Bitter Winter", "un magazine sur la liberté religieuse et les droits humains en chine", en rapporte le projet... en Chine :

Chine : "siniser" le christianisme en faisant de Jésus un socialiste ?

« Siniser » la Bible : apparemment, Jésus était socialiste…

20/06/2019 XIN LU

 

Le PCC force le clergé à interpréter la Bible selon les valeurs socialistes fondamentales et transforme ainsi la doctrine chrétienne pour qu’elle n’existe plus que de nom.

 

Les Deux Conseils chrétiens chinois [Le Conseil chrétien de Chine (CCC) et le Mouvement patriotique des Trois Autonomies (MPTA), deux organes protestants, collectivement appelés les « Deux conseils nationaux chrétiens » ou les « Deux conseils chrétiens chinois ». Ndlr.]

de la province orientale de Shandong ont publié un document le 21 mai dans lequel ils obligent le clergé chrétien de la juridiction à incorporer l’idéologie socialiste dans le contenu de leurs sermons. Intitulé Plan de mise en œuvre pour l’organisation d’activités sur les « Quatre exigences » dans les lieux de culte à travers la province, le document oblige le clergé à guider les croyants dans le renforcement de leur position idéologique en intégrant les valeurs socialistes fondamentales dans les activités religieuses collectives et la vie quotidienne. L’objectif final est d’inculquer ces valeurs dans l’esprit des croyants.

 

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan, les Églises ont été obligées d’accrocher des affiches de propagande préparées par le gouvernement avec des versets de la Bible illustrant les douze principes des valeurs socialistes fondamentales, à savoir : prospérité, démocratie, civilité, harmonie, liberté, égalité, justice, État de droit, patriotisme, engagement, intégrité et amitié.

 

Par exemple, selon le gouvernement, « la démocratie » correspond à Proverbes 15:22, « Les projets échouent, faute d’une assemblée qui délibère ; mais ils réussissent quand il y a de nombreux conseillers. »

 

La « civilité » est illustrée par Jacques 3:17, « La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. »

 

« La liberté » correspond à Galates 5:13, « Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. »

 

« L’État de droit » se réfère à Matthieu 5:17, « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. »

 

Cette situation dans le Shandong où les autorités chinoises associent les croyances chrétiennes à l’idéologie socialiste n’est pas un cas isolé. À la fin de l’année dernière, des informations sur l’Interprétation théologique des valeurs socialistes fondamentales, une publication de Wang Heping du Bureau de théologie de l’archidiocèse catholique de Pékin ont circulé en ligne. L’auteur tenterait d’établir des liens entre les principes du socialisme chinois et la doctrine catholique, en interprétant les valeurs socialistes fondamentales selon la perspective de la foi catholique. Ce à quoi certains chrétiens ont fait remarquer qu’élever les valeurs socialistes fondamentales au rang de la théologie équivalait à traiter le Parti communiste comme Dieu.

 

Le 17 avril, les services gouvernementaux de la ville de Xinxiang, dans la province centrale du Henan, ont convoqué les pasteurs des Églises de la région à une réunion pour leur donner l’ordre d’intégrer, à des degrés divers, l’idéologie du Parti et la culture traditionnelle chinoise dans le contenu des sermons.

 

L’un des pasteurs a dit à Bitter Winter que cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la politique de « sinisation » du christianisme. Le gouvernement a pour objectif de faire croire aux croyants qu’il n’y a pas de contradiction entre la culture traditionnelle chinoise et la Bible ; les deux coexistent en toute harmonie. Il prend l’exemple de la citation suivante de Confucius (551-479 av. J.-C.), le philosophe et maître chinois le plus influent : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse à toi-même » pour l’assimiler à Luc 6:31 : « Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux ». En outre, la citation de Mao Zedong sur la nécessité de « servir le peuple » est interprétée comme le commandement « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12:31).

 

Comme l’a rapporté Bitter Winter, les autorités du comté de Luoning, dans le Henan, ont ordonné à une Église protestante approuvée par le gouvernement de retirer le commandement « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » des dix commandements, n’en laissant ainsi que neuf.

 

Le PCC suit la voie de l’Allemagne nazie qui avait publié sa version dé-judaïsée du Nouveau Testament. Un an plus tard, elle avait produit un nouveau catéchisme qui contenait douze Commandements révisés, au lieu de dix. Parmi ces douze Commandements, figurait : « Respectez votre Führer et votre maître ».

 

En mars, la province du Hunan, dans le centre-sud du pays, a publié un Aperçu du plan de travail quinquennal pour promouvoir la « sinisation » du christianisme dans le Hunan. Le document donne l’ordre de « fouiller en profondeur dans la Bible pour en extraire un contenu compatible avec les valeurs socialistes fondamentales, d’unir ses forces pour compiler des documents de lecture faciles à comprendre qui seront distribués aux membres du clergé et aux croyants laïcs des Églises locales, et de les promouvoir largement auprès des chrétiens et d’étendre leur influence ».

 

La « sinisation » du christianisme a donné naissance à de nombreux sermons ridicules. Lin Chaoqun, pasteur d’une Église des Trois-Autonomies dans la province de Fujian, au sud-est du pays, a interprété l’histoire biblique de Jésus qui nourrit cinq mille hommes avec cinq miches de pain et deux poissons, et de ses disciples qui ramassent douze paniers remplis des restes de nourriture en morceaux comme un code de conduite pour prendre soin de l’environnement. À cette période, il faisait chaud, expliqua le pasteur, et s’ils n’avaient pas ramassé les morceaux de nourriture, la chaleur du soleil l’aurait fait pourrir et cela aurait ainsi pollué l’environnement. Le pasteur Lin s’est servi de l’histoire pour expliquer le concept de « civilité » qui fait partie des valeurs socialistes fondamentales.

 

« Démanteler des croix et hisser le drapeau national sont des pratiques visibles à la surface ». En revanche, incorporer les valeurs socialistes fondamentales dans la Bible est la plus insidieuse des ruses et cela perturbe facilement le cœur des croyants. C’est une déformation de la foi chrétienne. C’est l’œuvre du diable », affirme un pasteur des Trois-Autonomies. Et d’ajouter : « La situation devient de plus en plus dramatique ; le gouvernement augmente progressivement la pression. En fin de compte, il veut éliminer complètement les croyances religieuses. »

 

Le PCC renforce aussi l’éducation « rouge » du clergé. Le 18 mars, le Comité des affaires ethniques et religieuses de la ville de Wuhan, dans la province centrale de Hubei, a lancé une formation d’endoctrinement d’une semaine pour 44 membres du clergé des Églises membres de l’Association patriotique des catholiques chinois (contrôlée par le PC chinois. Ndlr.). Les cours comprenaient des sujets tels que « l’esprit du 19e Congrès national », « la pensée socialiste de Xi Jinping avec des spécificités chinoises dans une nouvelle ère », « les valeurs socialistes fondamentales », « I Ching et la philosophie », etc.

 

Reportage : Xin Lu

 

Source : Bitter Winter, un magazine sur la liberté religieuse et les droits humains en chine / Belgicatho

Note du Blog Christ-Roi. L'idée de faire de Jésus un socialiste était déjà celle des "illuministes" francs-maçons au XVIIIe siècle (à partir de la 16e minute dans la video ci-dessous). Un hasard sans doute : 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 11:07

Serge Petitdemange, ancien officier marinier de la Marine nationale, dirigeant du mouvement "Renaissance française", dénonce l'influence de la franc-maçonnerie qui gangrène la justice française et monégasque et a "saccagé des vies entières", "anéanti des vies" de justiciables.

Dans sa video du 21 juin, au sujet du royaume monégasque, il dit très justement  : "Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne."

Depuis le décès du prince Rainier, à Monaco, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais de la franc-maçonnerie. Serge Petitdemange conseille donc au prince Albert de "regarder à deux fois" avant de "ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté", et "d'"adopter" ce qu'il "propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants.

 

Extrait :

 

"La principauté de Monaco étant un Etat souverain disposant de sa propre Constitution du 17 décembre 1962.

"[...] Pour bien comprendre le problème, par opposition à l'article 1er de la constitution française du 4 octobre 1958 (qui dit ceci : 'La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale', ce qui signifie qu'en France la justice est rendue au nom de la république), l'article 9 de la principauté de Monaco précise que 'la religion catholique, apostolique et romaine est religion d'État.' À Monaco, la justice est rendue au nom de Dieu. Le Prince Albert de Monaco est constitutionnellement le garant de la Constitution monégasque.

"Seulement voilà, depuis le décès du prince Rainier, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais d'une secte pernicieuse que j'ai dénoncée dans ma video du 15 mai 2019 [dans laquelle Serge Petitdemange affirme: "Je m'adresse à ceux (des magistrats) dont le serment prêté à la franc-maçonnerie, principalement la Grande Loge nationale de France et le Grand Orient, est pour eux supérieur à celui prêté à la république. Je porte à la connaissance de mes concitoyens les signes de reconnaissance employés : triangle pointe en haut, triangle pointe en bas, et les trois points alignés. Ces codes de reconnaissance permettent de confirmer ou d'infirmer la décision prise en instance précédente, que la prochaine instance suivra à l'étape suivante. Si un jugement est renvoyé en appel ou en cassation, le juge saura immédiatement si son confrère demande la confirmation du dit jugement. Dès lors les cours d'appel ou de cassation ne jouent que le rôle d'exécutant en jouant ce jeu inique de trafics d'influence. C'est ignoble et totalement illégal. [...] Un juge qui décide de faire passer les intérêts d'une secte quasi-satanique avant les intérêts de la justice est un fourbe, un traître [...] vis-à-vis du serment prêté."] 

[...] Monaco dispose bien d'un pouvoir judiciaire. Comment alors faire comprendre au prince Albert que ses cours et tribunaux sont gangrénées par des magistrats français francs-maçons ? L'antinomisme est flagrant : un franc-maçon est par essence anticlérical, il vénère le G.A.D.L.U (le Grand Architecte de l'Univers), mais pas Dieu. Comment alors, en toute conscience, un magistrat français franc-maçon, rendant la justice au nom de la république, lorsqu'il exerce en France, une fois affecté à Monaco, toujours incroyant, peut-il rendre la justice dans un pays souverain, dont la Constitution le contraint à la rendre au nom de Dieu ?... Tous les rouages de la justice et des forces de l'ordre monégasques sont corrompus par cette secte maléfique, comme en France. Le pire, c'est que les magistrats français francs-maçons exerçant à Monaco violent la Constitution de la Principauté, mentent au Prince Albert.

"Comme en France, ils sont partout, la justice, la police, l'armée, le corps médical, les avocats, infiltrés, influençant les personnes en vue, dans le but évident de s'en servir à des fins néfastes pour la cohésion et le bonheur du peuple.

"[...] Je pense qu'avant de ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté, le Prince Albert va y regarder à deux fois. C'est ce que je ferais à sa place ! 

"[...] Je propose à l'état monégasque d'adopter ce que je propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants. 

"Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne.

"[...] L'Italie l'a bien compris, elle qui interdit toute appartenance franc-maçonne aux membres de son gouvernement. Renaissance française' au pouvoir y mettra bon ordre. Le 4e pouvoir est la clé du retour à la normalité de la vie courante de nos compatriotes. L'association monégasque des victimes de la franc-maçonnerie a décidé à l'unanimité de rejoindre le combat de Serge Petitdemange, le combat de Renaissance française."

Note du blog Christ-Roi. La proposition de Serge Petitdemange et du mouvement "Renaissance française" de créer un 4e pouvoir chargé de contrôler le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants (en écartant réellement les trafics occultes d'influence) est originale. Elle fait écho au fait que l'unité du peuple et des institutions était le principe de gouvernement de la France jusqu'en 1789, une royauté où la loi appartenait au peuple (le roi ne pouvait y toucher quant au fond), et où peuple et roi étaient un. C'est une secte maléfique, corrompue - la franc-maçonnerie - qui a cherché à dissocier les deux (en appliquant le principe moderne machiavélique "Diviser pour mieux régner".)

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 07:10

Excellents rappels de "JC2R" sur yoube : 

Extraits

 

"Il y a une question qui revient souvent au moment des élections. Est-ce que cela sert à quelque chose de voter, et surtout pour qui, puisque la grande partie des partis politiques est corrompue ? Est-ce que le droit de vote que nous offre la république (LOL) peut nous permettre d'élire des gens qui vont défendre nos intérêts et ceux de la France. Pour moi la réponse est claire. Il ne faut absolument pas aller voter.

 

"D'abord il faut savoir que le système républicain est profondément anti-France. Or, lorsque vous votez, vous le légitimez.

"La République, née dans les loges, est universelle. Elle souhaite imposer sa religion des droits de l'homme au monde entier. Les droits de l'homme c'est tout simplement le fait de placer l'homme au centre de tout et non plus Dieu.

"Les élites francs-maçonnes ont pour projet de détruire les nations pour instaurer un gouvernement mondial et une religion unique, celle de l'homme-dieu, la religion luciférienne.

"D'après Wikipedia l'universalisme républicain, couramment appelé Pacte républicain en France, est un des principes fondamentaux des différentes républiques "françaises", et dans une moindre mesure, d'autres régimes et pays, selon lesquels la république et ses valeurs sont universels. Ils se basent sur la conviction que tous les êtres humains sont également dotés de droits naturels, ainsi que sur une vision de la nation comme une libre construction politique plus que comme une communauté ethnique déterminée. Donc là, vous comprenez pourquoi ils veulent détruire les nations en faisant entrer tant de migrants. Ils veulent un mélange des peuples, car selon eux, le bonheur de l'homme ne passe pas par l'amour de son pays, de son peuple, de son ethnie, etc. Il ne doit plus exister de différences culturelles ou ethniques, tous les hommes doivent se ressembler pour ne former qu'un seul peuple, une seule nation mondiale.

 

[Note du blog Christ Roi. Dans notre civilisation occidentale, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. .... Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal", a pu écrire Bernard Faÿ, dans La Grande révolution 1715-1815 (Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) 

Et dans notre civilisation catholique et française, pendant deux mille ans, le mystère de la Trinité, trois personnes en une (Père, Fils et Saint-Esprit), c'est-à-dire l'unité dans la diversité, cet incompréhensible, a été en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement, l'antidote à l'unité dans l'uniformité souhaitée par les révolutionnaires jacobins de 1789 nouvel ordre mondialistes et leurs héritiers.]

 

 

"Voilà pourquoi la République est l'ennemie des peuples, et donc l'ennemie de la France. Anacharsis Cloots, un révolutionnaire, explique dans son livre La République universelle (1792), que la Révolution et donc l'instauration de la République n'était pas une finalité mais une étape pour atteindre un niveau supérieur, une gouvernance mondiale. D'ailleurs, le titre de son livre parle de lui-même : la République et le Nouvel Ordre mondial, c'est la même chose. Il faut que vous compreniez bien cela. C'est essentiel. La République est l'ennemie de la France. C'est pourquoi il ne faut absolument pas entretenir ce régime par vos votes. Il faut le boycotter, à défaut de pouvoir le renverser.

 

"La France, fille aînée de l'Église, a été la première cible de ces élites sataniques avec le coup d'État franc-maçon de 1789, qui a remplacé la monarchie de droit divin par la "République".

 

"La vraie France catholique a été remplacée par cette fausse France républicaine, qui souhaite éradiquer le christianisme. D'ailleurs, la 'laïcité' 'républicaine' n'est qu'un instrument utilisé pour détruire l'âme de la France, la foi catholique. Plus le temps passe et plus nos traditions chrétiennes sont violées par la soit-disant 'laïcité'. Souvenez-vous des propos du franc-maçon Vincent Peillon qui déclarait vouloir remplacer la religion catholique par une religion laïque, franc-maçonne, une spiritualité en fait luciférienne.

 

"N'oubliez jamais que la France est née avec le baptême de Clovis en 496 [Lire : "Francia" : les origines de la France] et est morte (provisoirement) en même temps que le roi Louis XVI en 1793.

  

 

"Et surtout, n'oubliez jamais Jeanne d'Arc, qui nous a rappelé avec la triple donation que le seul pouvoir légitime en France c'est celui du "roi lieutenant du Christ", et rien d'autre. Si vous ne croyez pas en cela, alors vous n'êtes pas français. Cela peut paraître un peu radical, mais c'est juste la vérité, une vérité historique. Définissez-vous comme vous voulez, comme républicain ou autre, mais pas comme français. Le sang de nos ancêtres coule peut-être dans vos veines, mais il vous manque le plus important, la foi en Dieu.

 

"La République s'est bâtie sur le génocide de nos ancêtres. La plupart des gens qui ont été tués lors de la Révolution française étaient des gens du peuple ["Les décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24. Près de 80% étaient des petites gens.] Beaucoup de prêtres catholiques ont été tués, des femmes et des enfants massacrés, parce qu'ils ne voulaient pas renier leur foi, parce qu'ils ne voulaient pas renier le roi. 

 

 

Représentation des Noyades de Nantes, Paris, BnF, département des estampes, entre 1798 et 1817.

 

"Renseignez-vous sur l'histoire de la république 'française', renseignez-vous par exemple sur les mariages républicains [forme d’exécution humaine impulsée par Jean-Baptiste Carrier, républicain et tortionnaire français, qui a été utilisée pendant la Révolution française (noyades à Nantes entre novembre 1793 et février 1794), dans laquelle deux prisonniers étaient ligotés ensemble nus, exposés à la vue du public pendant un certain temps, puis tués par noyade. Voir les Noyades de Nantes], ces rituels sataniques qui avaient pour but de sacrifier des chrétiens devant une foule de francs-maçons en délire.

 

"Renseignez-vous sur le génocide vendéen, tous ces braves qui sont morts pour Dieu et pour le Roi.

 

"La République, c'est aussi et surtout deux guerres mondiales. La première avait pour but de génocider une grande partie de la jeunesse paysanne catholique [Lire : Les Deux Patries de Jean de Viguerie], la seconde le peuple et tout particulièrement les Juifs de la Torah, ennemis de ces élites talmudo-kabbalistes. Ces guerres ont aussi permis de faire avancer le projet sioniste. Et puis après cela vous avez eu aussi bien d'autres guerres auxquelles a participé la République pour imposer les droits de l'homme au monde entier.

 

"La République c'est aussi un génocide lent du peuple français avec une série de lois mortifères qui sont imposées, comme l'avortement, et bientôt l'euthanasie.

 

[Pour comprendre l'ampleur du crime de l'avortement, il faut lire l'historien protestant Pierre Chaunu dans "Pour l'Histoire", en 1984 : "La France, qui a failli mourir au XIXe siècle d'un refus précoce de la vie, s'était dotée de 1939 à 1947 d'une politique familiale qui assurait, vers 1950, une réduction sensible de l'inégalité pour cause d'enfant... Les gouvernements de la IV et de la Ve république ont laissé dépérir cette grande politique. Elle avait permis un redressement plus sensible en France qu'ailleurs (Angleterre ou Allemagne) de 1945 à 1965; même amenuisée, cette politique a freiné la chute (de 2,6à 1,8 enfant par femme de 1965 à 1976) que précipite, par contre, la mise en place des législations antinatales (encouragement officiel à la contraception hormonale toxique et légalisation de l'avortement). A la fin du septennat précédent (celui de Valery Giscard d'Estaing), des mesures très insuffisantes mais intelligentes avaient même provoqué un léger redressement de la fécondité de 1,8 à 1,95 (il faut 2,10 à 2,15 pour le simple remplacement de la génération)... Le gouvernement socialiste s'est acharné avec succès à scier la branche sur laquelle nous étions en fragile équilibre. Au nom de l'égalité et de la liberté, il détruit la liberté et l'égalité... Le gouvernement a entrepris une campagne de propagande anticonceptionnelle, il culpabilise le choix de l'enfant. Spots publicitaires, affiches dans les lieux publics contribuent au conditionnement malthusien de la population... Pour terminer ce jeu de massacre, le gouvernement propose le remboursement de l'avortement... On ne peut manifester plus clairement le mépris de l'Autre. Ce projet met un terme à l'état de droit. Quand près d'un citoyen sur deux considère que, comme la science le confirme, l'enfant à naître est pleinement humain depuis la conception, contraindre les hommes et les femmes qui ont cette conviction au coeur à devenir par leurs deniers les complices de ce qu'ils considèrent à juste titre comme un meurtre infanticide avec préméditation et circonstances aggravantes, constitue la plus lourde atteinte à la liberté de conscience depuis le Décret de Dioclétien et la révocation de l'édit de Nantes... La campagne entreprise par le gouvernement à l'automne 1981 n'est pas une campagne d'information mais d'incitation et de manipulation, en un mot, de propagande dans un pays auquel manquent chaque année 100 000 naissances pour remplacer la génération et permettre l'assimilation des enfants d'immigrés qui s'enkystent sans se fondre à la différence de l'assimilation facile du siècle dernier." Pierre CHAUNU, Pour l'Histoire, Perrin, Paris 1984, p. 270-271; 283.

D'un côté l'avortement supprime la naissance en France de 200 000 bébés par an, de l'autre le gouvernement fait rentrer les "migrants", l'équivalent chaque année d'une ville de 150 000 habitants.]

 

"La République fait tout pour pourrir la vie des Français avec des lois qui restreignent toujours plus les libertés, les empêchant ainsi de s'épanouir. 

 

"Les élites nous appauvrissent aussi, nous volent de tous nos biens, pour nous empêcher de fonder des familles et de transmettre un héritage. Et de l'autre côté ils font entrer des millions d'oiseaux migrateurs.

 

"Enfin le petit reste d'esprit de famille qui subsiste encore, la République cherche à le détruire en opposant l'homme et la femme, et en faisant des êtres égoïstes, consommateurs, qui ne pensent plus à leur proches, à leur famille, mais à leurs petits plaisirs personnels. Divorcer et se remarier n'est plus une honte. Forniquer devient même une norme. On pourrait encore citer bien d'autres raisons qui font que la France se transforme en un immense cimetière.

 

"En détruisant le peuple, ses traditions, et son histoire, la République détruit la France. La plupart des partis politiques se disent fiers d'êtres républicains, surtout les plus gros partis. Ils sont donc de fait anti-France et voter pour eux c'est être complices de leurs crimes. Et les partis qui se prétendent autre, comme les partis soit-disant 'royalistes' sont pour moi des arnaques, car tu ne peux pas être royalistes et participer à la vie de la République. Cela s'appelle pactiser avec l'ennemi.

 

"La France est en danger de mort et il faut choisir son camp. Ceux qui prétendent changer la République de l'intérieur se bercent d'illusions. C'est mal connaître nos ennemis qui ont tout pouvoir. Vous n'arriverez jamais à gagner en suivant leurs règles. Et des règles, il n'y en a pas, puisque ces élites républicaines ne font que tricher. Tous les grands partis sont financés par des multinationales qui possèdent les médias. L'Oligarchie peut ainsi promouvoir le candidat qu'elle veut mettre au pouvoir. Cela a été le cas avec Macron qui monopolisait tous les médias au moment des élections. Et je ne vous parle pas des votes truqués ou encore des financements illégaux. Bref, à moins d'être un gros pourri comme eux, vous ne pourrez jamais gagner.

 

"En ce qui concerne les partis qui ont plutôt une bonne image comme l'UPR d'Asselineau, ils n'existent que pour tromper ceux qui sont à minimum informés et qui s'opposent au mondialisme. le but de la République c'est de vous garder prisonnier. Le plus grand danger pour la République, ce serait de voir une partie des Français commencer à s'organiser pour quitter le système. C'est pour cela que ces élites crée une opposition contrôlée pour que vous restiez dans la République. Et l'UPR fait partie de cette opposition contrôlée. Déjà un parti qui se prétend républicain, pour moi c'est éliminatoire. Je ne lui fais pas confiance. Et je ne vous parle pas du Rassemblement national qui pour moi est le pire de tous. Le jour où il arrivera au pouvoir, cela sera la guerre civile. Je vous invite à regarder mes précédentes videos sur la national-sionisme pour comprendre pourquoi. Marine Le Pen est totalement soumise aux élites sionistes, elle est une grande alliée d'Israël, il faut bien le comprendre. Ce parti est rempli de francs-maçons et sert les intérêts de l'Oligarchie. Le national-sionisme est un piège. 'Si l'on vote Le Pen cela va ralentir les plans de l'Oligarchie' : c'est une très grave erreur que de penser cela. Justement Macron n'est qu'une étape pour arriver au national-sionisme. Attali fait la promotion du national-sionisme. C'est leur plan. Ils veulent mettre un faux parti nationaliste au pouvoir pour qu'il plonge la France dans le chaos. Comme cela, ces élites mondialistes pourront dire 'Vous voyez le nationalisme cela mène toujours à des guerres. Pour que le monde soit en paix, il faut éradiquer toutes les frontières et créer un gouvernement mondial.' C'est cela leur but. Ne vous laissez pas avoir. Ces faux nationalistes vont au contraire précipiter la fin de la France. Vous ne pouvez pas être complices de cela. Et à l'international, la politique de Marine Le Pen sera la même que celle de Donald Trump qui lui aussi se faisait passer pour un nationaliste, un patriote américain, qui disait 'moi je ne fera plus de guerre'. Et vous avez vu ce qu'il a fait au Moyen-Orient et au Venezuela, la mort de milliers de personnes sur la conscience ? Marine Le Pen c'est la suite de Macron et certainement pas un frein. 

 

[Note du blog Christ Roi. Ce qui est sûr, c'est que le RN au pouvoir, nous en prendrons ensuite pour un siècle d'"anti-lepénisme" avec l'argument 'vous avez vu le nationalisme c'est la guerre..." 

 

Voir par exemple ce que j'écrivais ici en 2011 : "Il se pourrait que le destin de Marine Le Pen, propulsée ces derniers mois sur le devant de la scène, soit de jouer le rôle politique qu'avait joué Pétain en son temps, appelé au pouvoir par une majorité d'hommes de gauche, et condamné une fois le travail fait, pour des générations et des générations de culpabilisation... à des fins de politiques maçonniques..."]

 

"Et comme je vous le dis si vous vous prétendez royaliste vous ne pouvez pas voter pour des républicains.

 

 

"La République franc-maçonne a aussi son dieu. Très peu de gens le savent, leur dieu c'est l'Être suprême, qui n'est rien d'autre que Lucifer. C'est ce dieu-là qu'ils prient dans les loges, c'est le dieu de la République [et de la déclaration des droits de l'homme de 1789 dans son préambule]. La République est spirituelle. C'est une église. Et lorsque vous votez vous participez à leurs rituels. C'est comme si vous faisiez une offrande à l'église. C'est pareil. Vous participez à un culte.

 

"Toute cette dimension spirituelle, on vous la cache, mais elle existe. En fait, en votant, vous niez que la France est chrétienne, qu'elle appartienne au Christ. Vous confiez votre vie et celle de vos proches à l'Être suprême, le dieu de la franc-maçonnerie. Vous faites une offrande à Lucifer, tout simplement. 

 

"Cela n'est pas pour rien que les élites parlent de rendre le vote obligatoire.... 

 

[... En 2013 Marine Le Pen était pour le vote obligatoire]

 

Car la secte républicaine ne nous laisse pas le choix, elle veut nous forcer à adorer son dieu, l'Être suprême. C'est pour cela qu'ils ont tant persécuté les chrétiens durant la Révolution, parce qu'ils voulaient remplacer le christianisme par le culte de l'Être suprême. 

 

"La meilleure façon de combattre ce système, c'est de s'en émanciper. Sortez de la République et elle mourra d'elle-même car elle n'aura plus votre énergie. L'émancipation est la clé de la liberté.

 

"Et surtout, il faut que le peuple retrouve sa foi en Dieu, c'est la seule condition pour que la vraie France puisse renaître. Après cela Dieu fera le reste. Que Dieu vous bénisse" (Fin de citation).

Note du blog Christ-Roi. L'idée d'émancipation et de la sortie de la "République" évoquée par JC2R est excellente. Rappelons notre stratégie à la russe : 

 

"Une solution à la Russe c'est faire comme les Russes dans les années 80, c'est résister pacifiquement mais sûrement en allant jusqu'au bout de la résistance, en fuyant toutes les institutions en place. Faute de participants qui ne voulaient plus être associés à une immense tromperie, une immense tuerie, et une immense erreur sur la nature de l'homme, une pièce de théâtre qui n'existait plus que dans la tête des cerveaux malades des apparatchiks du système communiste soviétique, l'Urss est tombée comme un château de cartes, ou plutôt comme une coquille vide en 1990-91... vidée de l'intérieur."

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 16:07

Celui qui cherche la vérité cherche Dieu, qu'il le sache ou non.

Sainte Edith Stein

Dans cette conférence du 18 septembre 2018, intitulée "Franc-Maçonnerie : quelle influence sur la société ?", Serge Abad-Gallardo, ancien "vénérable Maître" franc-maçon explique l'historique de la franc-maçonnerie. Il n'y a qu'une franc-maçonnerie et non pas plusieurs franc-maçonneries. Il explique également pourquoi on ne peut être catholique et franc-maçon, et aborde l'aspect luciférien de la franc-maçonnerie :

Extrait :

 

"Historique

La franc-maçonnerie est née à Londres en 1717.

Deux courants s'affrontent. Il y a le courant de la 'filiation directe' et le courant des 'emprunts'. Le courant de la filiation directe, ce sont des francs-maçons, très minoritaires maintenant, qui estiment que la franc-maçonnerie puise ses origines ésotériques dans la nuit des temps. J'ai lu des écrits qui la font remonter même à une époque d'avant la Chute, en passant par les constructeurs de cathédrales. D'un point de vue métaphysique c'est peut-être vrai, mais d'un point de vue historique c'est faux. Pour le courant des emprunts, la franc-maçonnerie a emprunté à diverses religions un certain ombre de symboles et se les ai appropriés. Ce qui n'est pas faux puisque la franc-maçonnerie est avant tout un syncrétisme. Pour la franc-maçonnerie, toutes les religions se valent, aucune ne détient la vérité. 

Après sa naissance en Angleterre en 1717, la franc-maçonnerie a essaimé très rapidement dans les trente ou quarante années dans toute l'Europe : 

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

En France, on trouve une première Loge anglo-saxonne Amitié et Fraternité" à Dunkerque. La première "Grande Loge française" est créée en 1738.

 

En 1762, on recense 122 loges.

 

En 1773, la "Grande Loge française" change de nom et prend le nom de "Grand Orient de France" (sic), alors que l'obédience Grand Orient est issue elle-même de loges anglo-saxonnes.

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

Il n'y a pas des francs-maçonneries. Souvent les dignitaires francs-maçons parlent en termes de franc-maçonnerie plurielle. Or, cela n'est pas le cas. Il y a une franc-maçonnerie qui se répartit en diverses obédiences. (Historique ci-dessus). 

 

Dire qu'il y a des francs-maçonneries c'est aussi erroné que de dire qu'il y a plusieurs religions catholiques au motif qu'il y a des Franciscains, des Bénédictins et d'autres congrégations. Les doctrines sont sensiblement identiques, les rituels sont également les mêmes.

 

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique

 

À l'analyse des fondements de la franc-maçonnerie, vous verrez que l'incompatibilité est évidente.

 

 

Le site de la "Grande Loge Nationale Française" (GLNF) décrit les fondements des rituels. 

 

Le "rite écossais ancien et accepté". Fondements : 

 

. Hermétisme égyptien

. Pythagorisme grec

. Alchimie islamique

. Kabbale hébraïque

. Gnosticisme chrétien (réfuté par Saint Irénée de Lyon)

. Chevalerie templière

 

Le "rite français". Fondements :

 

. Emblèmes bibliques (pris comme un ensemble d'allégories: la Bible n'est pas prise comme la transcription de la parole de Dieu, mais c'est une sorte de légende symbolique que les hommes peuvent s'approprier pour avancer vers la "Connaissance")

. Alchimie islamique (la purification par l'air, par le feu, par l'eau, éléments alchimiques dans les "initiations" du "Grand Orient")

. Légende maçonnique (Exemple: la légende d'Hiram)

 

Le rite écossais rectifié dit "chrétien". Rite privilégié à la "Grande Loge nationale française". Rite de la GLNF et d'autres obédiences. Fondements :

 

. Tradition chrétienne initiale (c'est-à-dire les Pères de l'Église). Sauf que l'interprétation qui est donnée n'est pas celle donnée par l'Église catholique et apostolique, et des successeurs des apôtres saints Pierre et Paul. C'est un petit peu comme si chacun prenait les saintes Écritures et faisait sa propre opinion en dehors de la tradition apostolique (Ce que faisaient les premiers gnostiques et ce que font les Protestants depuis le XVIe siècle)

. La doctrine ésotérique de Martines de Pasqually - totalement incompatible avec le christianisme - qui fut un occultiste, un magicien, et un théosophe du XVIIIe siècle qui a créé toute une cosmogonie, je dirais presque une théologie, une métaphysique qui est complètement différente de l'enseignement du Christ, avec non pas une Création de Dieu, mais une émanation à partir d'un principe. De ce principe a émané un dieu mauvais qui a créé la terre et le Ciel, etc. C'est-à-dire que Yahvé devient un dieu mauvais. C'est à peu près, résumée brièvement, la doctrine de Martines de Pasqually.

 

Le rite Émulation, dit "religieux". Rite le plus secret. le rite n'est pas écrit, il est su par les dignitaires et appris par coeur. Fondements :

 

. Grand architecte de l'Univers

. Tradition abrahamique

. Légende maçonnique (degrés, symboles maçonniques, légende d'Hiram)

. Conception de la vérité relative

. Références druidiques ou gnostiques

 

Le rite Memphis-Misraïm

 

. Hermétisme de l'Égypte antique

. Doctrine de Cagliostro (Joseph Balsamo), alchimiste, magicien et hermétiste du XVIIIe siècle.

 

Conclusion sur les rites

 

Dans le "rite français" et dans le "rite écossais et rectifié", la référence à la Bible est symbolique. Chacun peut se faire sa propre interprétation de la sainte Bible, en dehors de celle de la tradition apostolique.

 

Dans tous ces rites, on retrouve systématiquement des points communs : gnosticisme, kabbale, alchimie, magie, hermétisme, occultisme. Or, dans l'Écriture, Deutéronome 18, 10-15, Lévitique 19,31, Ac 16,16-18, Catéchisme de l'Église catholique n°2115-2118, tout ce qui est de l'ordre de la divination, de la magie, de l'hermétisme, de l'occultisme est condamné par l'Église. 

C'est-à-dire que vous ne pouvez pas être chrétien et pratiquer ces rites.  

Surtout, le gnosticisme est considéré comme une hérésie depuis le milieu du IIe siècle (Contre les Hérésies de saint Irénée de Lyon, v. 180).

La franc-maçonnerie est une religion qui ne veut pas dire qu'elle est une religion. Ceci permet d'échapper à la loi de séparation de l'Église et de l'État. Et cela permet aux francs-maçons de s'exprimer librement, sans être rabroués pour "atteinte à la laïcité", au titre de la loi de 1905.

 

Sauf que les sciences des religions définissent un faisceau d'indices qui font rentrer dans la catégorie "religion", un mouvement. Ces indices sont tous dans la franc-maçonnerie :

Rites,

Cérémonies (Ex: l'initiation, l'élévation à la "maîtrise"), 

Idéal ou croyance commune (Grand Architecte, Être suprême, bonheur de l'humanité, injonction au bonheur que l'on retrouve dans les déclarations des droits de l'homme du XVIIIe siècle);

des adeptes

et des liens réguliers entre les adeptes.   

 

C'est une religion qui a ses propres dogmes : a-dogmatisme, lumière maçonnique, dieu protéiforme, inaccessibilité de la Vérité, Vérité construite par l'homme et non révélée par Dieu, Hiram, similitude entre microcosme et macrocosme, similitude entre ce qui est en haut et ce qui est en bas (Voir le signe luciférien du 18e degré des Hauts Grades, grade de Chevalier Rose Croix), relativité de Dieu, 7 vérités gnostiques.

L'incompatibilité d'être franc-maçon et catholique (conférence Serge Abad-Gallardo du 18 septembre 2018)

Ces dogmes sont incompatible avec le christianisme.

Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.

Jean, 8,23

Et saint Paul nous dit: 

Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ. [...] Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.

Col 3, 1-2

Il y a une divergence de point de vue qui est évidente.

 

***

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 11:30

Sujets abordés :

 

- (À partir de 06:11) La franc-maçonnerie a inventé des rituels autour du temple de Salomon.

Dès lors la question est : comment la question du temple de Salomon a-t-elle pu apparaître dans un monde chrétien, catholique, puisque l'Ancienne Alliance vit dans la nouvelle Alliance et qu'il n'y a plus de question de rebâtir le temple de Salomon ? D'autant plus que le Christ était déjà le temple, Celui qui, né d'une Vierge par l'Esprit Saint, a établi son Royaume sur la terre sans le concours d'aucune puissance humaine, celui qui est la pierre qui a été rejetée par les "bâtisseurs", et qui est devenue un sommet d'angle (Lc XX, 17). Il n'y a de salut en aucun autre, car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4,11-12).

- (À partir de 06:30) Vers 1611-12-13 Les manifestes rose-croix apparaissent. Le fondateur de la "Rose-Croix" est Christian Rosencreutz, qui a beaucoup voyagé surtout en Afrique et parmi les musulmans et qui est revenu avec une nouvelle cabale, qui est (aussi) la cabale d'Isaac Louria. Et en fait, il s'agit de la gnose, de l'hermétisme, plus la cabale qui caractérise le mouvement rosicrucien. Et en fait, la franc-maçonnerie, c'est la gnose, le gnosticisme ou le néo-gnosticisme si on préfère (le premier issu du judéo-christianisme ayant disparu lors des premier siècles du christianisme). Et ce gnosticisme qui vers 1200 avait complètement disparu d'Occident réapparaîtrait à l'occasion des croisades vers 1250 avec l'empereur Frédéric de Hohenstaufen qui n'allait pas à l'Église et qui fut déjà excommunié pour son syncrétisme mélangeant l'islam, le christianisme et le judaïsme. Vers 1300 apparaît avec Dante et la Divine Comédie l'idée inspirée du soufisme d'Ibn Arabi.

- (À partir de 12:40) Au XVIe siècle, le rose-croix Francis Bacon qui a écrit "La Nouvelle Atlantide" reprend et développe l'idée du temple de Salomon.

- (À partir de 12:40) Un manifeste maçonnique rosicrucien du XVIIIe siècle annonce l'objectif de la destruction de l'alliance du trône (monarchie) et de l'autel (Église). Nous avons là les antécédents de la franc-maçonnerie.

- (À partir de 13:25) En 1738 apparaît l'idée que le franc-maçon est un bon noachide. Le noachisme est la soumission que doit faire l'humanité aux prêtres d'"Israël". C'est un nivellement religieux de toutes les religions. Et seuls les prêtres juifs doivent constituer les intermédiaires entre les goyim (le reste de l'Humanité) et Dieu.

- (À partir de 14:00) Avec la Révolution dite française, le temple maçonnique de Salomon va devenir vraiment et explicitement le temple universel de toute l'humanité. Ce sont les prémisses du mondialisme.

- La première loge maçonnique apparaît à Paris en 1723, à Paris, quartier Saint-Germain-des-Près; La "loge des Neuf Soeurs" très connue pour être la loge des révolutionnaires, Mirabeau, Benjamin Franklin, juif américain (mais non-pratiquant), dont le père imprimait déjà de la pornographie, Talleyrand, qui proposa la nationalisation (c'est-à-dire le vol) des biens du Clergé, Sieyès, à l'origine du régime dit "représentatif". 

- (À partir de la 23e minute) L'hermétisme (que l'on trouve dans la gnose) c'est l'homme au centre de tout. 

L'hermétisme rosicrucien (Rose-Croix) propose de rendre ce qui est en haut comme ce qui est en bas, et vice versa, c'est-à-dire de mettre l'homme à la place de Dieu. 

- (À partir de la 23e minute) Le gnostique Valentin (IIe siècle), ancêtre de la gnose (cabale juive) : sa doctrine sur les eons (principes divins qui deviendront les sephiroths juifs), a été réfutée par saint Irénée de Lyon, évêque et Martyr (120-202), dans son traité Contre les hérésies, Livre 1 (v. 180).

 

 

Lire : Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades de chevalier Rose-Croix, expliqué par Serge Abad-Gallardo : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." 

 

- (À partir de 36:10) Les "fraternelles" regroupant plusieurs obédiences maçonniques différentes au sein du "parlement" (assemblée dite "nationale", "sénat").

 

- (À partir de 48:44) Le planning familial financé par Rockefeller.

 

- (À partir de 49:34) La franc-maçonnerie, matrice idéologique du "Nouvel ordre mondial", la Tour de Babel.

 

- (À partir de 51:50) Présentation du livre de Serge Abad-Gallardo, Pr. J.-C. Lozac'Hmeur, Alain Pascal et Karl van der Eyken, Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie, Acte du colloque du 24 juin 2017, éditions de l'Héritage.

 

- (À partir de 53:50) L'architecte Viollet-le-Duc qui construisit la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris était franc-maçon : Sa flèche est tombée sur la table du rite moderne du rite romain (rite ordinaire Paul VI de 1970), alors que le maître-autel de Louis XIV a été retrouvé intact.

 

***

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 11:25
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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 14:42

Ce qui les intéresse dans le pouvoir ce n'est pas le pouvoir en lui-même, c'est la domination sur les nations, la direction des peuples par "une élite". Après Nicolas Sarkozy en 2007 et en 2009, ou François Hollande en 2008, Emmanuel Macron est un agent de leur "Nouvel Ordre mondial".

Aaron RUSSO, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, révélations CHOC sur le projet du NOUVEL ORDRE MONDIAL

Ne nous y trompons pas, le monde a les yeux rivés sur la France. La transformation que nous avons engagée est une condition centrale – j’en ai la conviction – de la transformation de l’Europe tournée vers l’avenir et vers les peuples. Et la transformation de l’Europe autour d’une vision partagée est la condition d’un nouvel ordre mondial.

Emmanuel Macron, Discours aux ambassadeurs

Aaron RUSSO, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, révélations CHOC sur le projet du NOUVEL ORDRE MONDIAL
Aaron RUSSO, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, révélations CHOC sur le projet du NOUVEL ORDRE MONDIAL

Même si le cinéaste américain Aaron Russo (1943-2007) garde de la république américaine une vision passablement enjolivée des origines qui n'est pas conforme à la réalité (les "Pères fondateurs" comme George Washington ou Benjamin Franklin étaient tous des francs-maçons esclavagistes déjà impérialistes), l'interview de ce cinéaste ami de Nick Rockefeller, mort en 2007, quelques mois après avoir révélé la machination du "Nouvel ordre mondial", est une info ancienne de 2008, mais qui mérite toujours d'être rappelée à notre mémoire (video) pour ce qu'elle rapporte de la mise en place de la tyrannie et du devoir de chaque citoyen de ne pas collaborer, en évitant les pièges de la division organisée :

Aaron RUSSO, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, révélations CHOC sur le projet du NOUVEL ORDRE MONDIAL

Ils divisent pour régner

Soyez des individus. Pensez par vous-même, ayez l'esprit critique. [...] Regardez, que s'est-il passé en Europe ? L'Europe a bien voté contre la Constitution européenne ? - Oui. Ils l'ont quand même adoptée. L'euro, c'est pareil. Ils se fichent du vote populaire : ils font ce qu'ils veulent. Ce que nous désirons ne compte plus, c'est leurs agendas, leurs plans qui comptent. Aucun doute, c'est une tyrannie.

[...] En fait, nous avons un avantage : ils ont besoin qu'on collabore, sinon ils ne peuvent pas gagner. La démocratie, la majorité dit ceci, croyez ci, faites ça, la guerre anti-terroriste, ayez peur, des manoeuvres florentines pour qu'on se laisse avoir. Quand on apprendra à ne plus collaborer, on gagnera la partie. Ne collaborez plus avec eux, n'acceptez plus leurs programmes, joignez vos efforts.

[...] Partis démocrate / républicain, c'est bonnet blanc, blanc bonnet, tous deux étant sous leur contrôle. [...] Restez unis.

Ne collaborez pas. Faites tout en votre pouvoir pour rétablir la liberté et votre individualité.

Aaron Russo

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 23:30

Les "foulards rouges" manifestent contre la "violence" des "Gilets jaunes" mais sont pour la violence d'état : cherchez l'erreur.

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 15:00

« J'étais franc-maçon. Être chrétien et franc-maçon n'est pas compatible ». Témoignage de Serge Abad Gallardo, qui, franc-maçon durant 24 ans et ayant atteint le "haut-grade" du 18e degré, explique l'incompatibilité entre l'appartenance à l'Église et l'appartenance à la franc-maçonnerie.

 

Serge Abad-Gallardo est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la franc-maçonnerie. Ses arguments sont implacables.  Dans,"J'ai Frappé À La Porte Du Temple - Parcours D'un Franc-Maçon En Crise Spirituelle" (Broché 2014), il met en évidence les antagonismes entre la vision ésotérique maçonnique et la pensée humaniste chrétienne.

Dans "La Franc-Maçonnerie Démasquée" (Editeur : Bonne Nouvelle, 2017), il montre l'incompatibilité entre foi chrétienne et franc-maçonnerie, et la lutte terrible entre les deux réalités, le combat caché de la franc-maçonnerie derrière le visage d'une association apparemment "philanthropique" et "humaniste".

Dans "Je Servais Lucifer Sans Le Savoir" (Pierre Téqui éditeur, 2017), où l'auteur a "environ deux cents citations maçonniques" qui démontrent tout ce qu'il dit, Serge Abad-Gallardo explique que s'il a pu mettre fin à son ascension au sein de la franc-maçonnerie, c'est grâce à la lumière de la foi chrétienne retrouvée. Celui qui a choisi de rendre le bien pour le mal en se mettant au service des malades s'appuie maintenant sur l'Église ; il peut désormais rendre compte de l'emprise occulte que peut exercer progressivement, la franc-maçonnerie, sur ses membres.

 

Quel est le sens de ces innombrables symboles tablier, Pavé mosaïque, Chaîne d'union - qui émaillent les rituels des réunions initiatiques ' Pourquoi les textes maçonniques eux-mêmes font-ils appel à Lucifer et à Tubal-Caïn ? [1] 

 

Comment expliquer les énergies ressenties en lien avec les frères décédés ? Qui est ce Christ du 18e degré ? Etc. Après 24 années d'allégeance, poursuivant la clef de la connaissance et du secret en se libérant de tout dogme, l'auteur revient dans cette video sur les dangers de l'ésotérisme maçonnique, son influence sociétale au sein de la politique et son objectif multiséculaire de transformer les mentalités au nom du « bonheur » de l'humanité.

Dans cette conférence filmée, Serge-Abad Gallardo, baptisé enfant, devenu franc-maçon durant vingt-quatre ans, adulte, et ayant atteint le "haut-grade" 18e degré, témoigne de sa redécouverte de la foi et de l'incompatibilité entre foi chrétienne et religion maçonnique.

 

 

 

Extraits :

 

« Tout d'abord, il faut être convaincu qu'il est existe deux mondes bien séparés, le monde du visible et le monde de l'invisible. Dans ce monde de l'invisible qui est celui du surenaturel, est celui de la divinité et auquel nous n'avons pas accès. Et entre les deux il y a des entités, des espaces dans lesquels il se déroule un certain nombre de choses et cette espace-à est souvent un espace relativement dangereux. C'est celui auquel se réfère l'ésotérisme et l'occultisme. Quelques chiffres: nous avons en France 5000 psychologues, psychiatres et psychanalystes confondus, environ 10 000 prêtres catholiques, mais nous avons 100 000 voyants et médiums. Cela démontre l'intérêt que va susciter l'occultisme chez le commun des mortels. Étant précisé que, selon l'exorciste de Paris, tout ce qui concerne la voyance, les médiums, la magie et l'occultisme peut être considéré à 80% comme du charlatanisme; c'est de l'esbroufe qui sert à faire de l'argent. Mais pour les 20% qui restent, il s'agit d'une mise en contact avec le démon.  Quelques pratiques occultes, citées également par l'exorciste de Paris, l'envoûtement, le channeling, les chakras, le magnétisme, et la franc-maçonnerie.

 

« Je précise qu'au sein de la franc-maçonnerie, on va trouver quelque chose qui ressemble au channeling, on va trouver quelque chose qui ressemble à l'action sur les chakras, et également quelque chose qui s'apparente à du magnétisme. Cela n'est pas dit précisément dans les rituels. [...] Le channeling, c'est la mise en contact avec les entités qui sont passées dans l'autre monde. [...]

 

« D'abord qu'est-ce que l'occultisme? L'occultisme, c'est l'ensemble des pratiques qui se basent sur ce qu'on appelle la théorie des correspondances, c'est-à-dire que tout serait lié. Cela renvoie, un peu, à ce que l'on pourrait appeler le naturalisme, le monisme : tout est Dieu, tout est divinité, tout est puissance entre guillemets "spirituelle". Et l'ésotérisme, c'est l'ensemble des doctrines qui comportent une initiation et qui permettent d'accéder à l'occultisme.

 

« En observations préliminaires, je vais vous donner quelques informations d'ordre politique, puisque la franc-maçonnerie intervient en politique.

« Cela n'est pas une invention de ma part, c'est la franc-maçonnerie qui le reconnait. Je précise une chose : je ne suis pas théologien, je suis architecte de formation, et juriste également, j'ai une carrière de haut-fonctionnaire. Je me pose comme témoin, je suis quelqu'un qui a vécu et compris des choses. Donc je les donne, je les offre, et afin que ce témoignage ne soit pas considéré comme uniquement subjectif, parce qu'il y a toujours une forme de subjectivité dans le témoignage, je confirme tout ce que je vous ai dit par des écrits qui sont issus à 90 ou 95% issus d'écrits maçonniques, le restant est issu de spécialistes de la franc-maçonnerie. Donc ce que je vais vous dire repose sur des données qui sont vérifiables.

 

« Par exemple, lorsque je vous dis que la franc-maçonnerie intervient dans la politique, je cite Pierre Simon, ancien grand-maître" de la "Grande Loge de France" : "Ce que nous nous attachons à transformer, c'est la société. Ce sont les frères de la grande loge de France qui ont été à l'origine des transformations législatives, et le tout dernier qui vient d'être proposé au peuple français, est le problème de l'euthanasie." Alors, on sait qu'en ce moment, il y a un débat, mais cette citation (de Pierre Simon) n'est pas récente. Cette citation date de l'an deux mille, donc cela veut dire que cela fait presque vingt-ans que la franc-maçonnerie essaye de modifier les textes (sur ce sujet de l'euthanasie.) Et même plus, puisque Henri Caillavet, qui a été sénateur et franc-maçon a déposé le premier projet de loi en faveur de l'euthanasie en 1976. Maurice Caillet, à qui je voudrais rendre honneur puisque c'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'amitié, que j'ai rencontré et qui a signé la préface de mon deuxième livre a expliqué que le suicide assisté et l'euthanasie sont des projets purement maçonniques. [...] Nous sommes en train d'assister aujourd'hui, en matière d'euthanasie à un véritable coup d'État maçonnique.

 

« [...] Sans rentrer dans le détail, [...] Monsieur Jean-Louis Touraine, député et franc-maçon, a déposé un projet de loi visant à légaliser l'euthanasie en France. Quelques mois plus tard, le 1er février 2018, il a été élu président du groupe d'étude "Fin de vie" à l'Assemblée nationale. Il faut savoir que le président de l'Assemblée nationale, monsieur de Rugy, est favorable à l'euthanasie. Donc nous avons une mise en place de personnes qui sont [...] également favorables à l'euthanasie. Donc, on voit bien que la franc-maçonnerie, non seulement intervient en politique, mais elle intervient de manière secrète. Alors les francs-maçons font la différence entre le secret et la discrétion, moi je ne la fais pas : c'est volontaire. Par manque de temps, je vais passer sur les citations maçonniques - et elles sont nombreuses - et elles viennent de dignitaires francs-maçons eux-mêmes. C'est un petit peu comme si le cardinal Sarah venait dire quelque chose du Vatican aujourd'hui, on serait forcé de le croire, il me semble !

 

« Je vous donne quelque citation concernant le domaine de la religion qui vous montreront que la franc-maçonnerie est une anti-Église catholique, tout simplement. je cite: "La franc-maçonnerie est la contre-Église, le contre-catholicisme, l'Église de l'hérésie" (citation de la revue maçonnique L'Acacia, début XXe siècle.)

 

« [...] Je vous donne une citation de celui a créé le rite écossais rectifié, qui est le rite qui se rapprocherait avec un conditieonnel extrême de la doctrine catholique, ou chrétienne - il s'agit de Jean-Baptiste Willermoz - qui disait: "Chaque homme, depuis la venue du Christ, peut, dans le don qui lui est propre [2], aller plus loin que le Christ. J'ose dire que dans le genre qui m'est propre, celui du développement de l'intelligence, j'ai été plus loin que le Christ." Bravo !

 

 

« L'incompatibilité

 

« Sur le plan de l'orgueil, c'est la rébellion contre Dieu. Je cite Saint Augustin : "Deux amours ont bâti deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu : la cité de la terre, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité de Dieu." Et bien voilà toute la différence entre la franc-maçonnerie, au sens luciférien, et la foi dans l'Église.

 

« La franc-maçonnerie estime qu'il y a plusieurs franc-maçonnerie. Et je pense que c'est une erreur (volontaire ou pas), en fait il existe une seule franc-maçonnerie, divisée en plusieurs obédiences, tout simplement parce que toutes les obédiences que nous connaissons aujourd'hui, sont issues du même tronc commun, de la naissance de la franc-maçonnerie en 1717. En fait, ce que la franc-maçonnerie appelle "les francs-maçonneries" sont des variations autour d'un même thème. En réalité, on constate simplement qu'il y a deux branches, une première branche qu'on va évacuer rapidement, celle qui laisse ses membres libres de croire ou de ne pas croire en Dieu, franc-maçonnerie qui se dit laïque mais qui est en réalité plutôt anticléricale, voire anti-catholique, et une deuxième branche, celle qui impose à ses membres de croire en Dieu, et c'est grâce à cette branche de la franc-maçonnerie, que la franc-maçonnerie attire certains chrétiens, voire certains catholiques en les trompant. Il s'agit de la "Grande Loge nationale française" (GLNF), de la "Grande loge traditionnelle symbolique opéra", et du "Grand prieuré des Gaules", essentiellement, parfois aussi la "Grande Loge de France".

« Et celle qui est la plus déiste, la GLNF nous nomme des éléments qui nous permettent de comprendre que le dieu des francs-maçons n'est pas le dieu des chrétiens. Je cite le grand maître de la Glnf, Jean-Pierre Servel (vous trouvez ce que je vous dis là sur le site officiel de la Glnf, www.glnf.fr ): "Entre les éléments de notre règle, la croyance (non dogmatique) en Dieu, Grand architecte de 'univers, est l'interdiction faite à un moment de traiter de sujets religieux au sein des loges". Et bien, le grand maître de la Glnf, quand il nous dit cela, il nous dit simplement que nous devons apostasier pour entrer en franc-maçonnerie, puisque je ne peux pas croire en Dieu, en dehors du dogme de la Trinité, il me semble, et c'est un minimum. Donc, croire en Dieu, d'une manière "non dogmatique", c'est une apostasie.

 

« (Historiquement), dès le début du XVIIIe siècle, lorsque va naître la franc-maçonnerie, elle va se diffuser partout en Europe, et comme par hasard, partout où la franc-maçonnerie arrive, on va voir arriver la destruction des monarchies. Mon ami qui a écrit "Iglesia y masoneria, Les deux Cités" (ed. San Roman, Madrid 2016) professor Alberto Barcena, démontre très bien dans son livre à quel point il y a une relation entre la profusion de ces républiques en Europe et l'avènement de la franc-maçonnerie quelques décennies auparavant.

 

« Sur l'importance numérique des loges et de la franc-maçonnerie, en France, nous avons selon les chiffres donnés par des sites maçonniques, nous avons 155 887 francs-maçons, les chiffres varient d'une année à l'autre, mais l'ordre de grandeur c'est 150 / 160 000. Cette franc-maçonnerie cherche à intervenir dans l'élaboration des loirs, et n trouve dans certains textes de lois, des termes, des phrases, des explications qui proviennent des "planches maçonniques", qui sont des écrits maçonniques discutés en loge. Or, nous avons un peu moins de 46 millions d'électeurs en France. Si on rapporte le chiffre du nombre de francs-maçons à celui des électeurs, la franc-maçonnerie représente un peu plus de 0,3% des électeurs, ce qui est quand même extrêmement pauvre, au point que l'on peut se demander si l'on est vraiment en démocratie dans notre pays ! Il y a des loges qui sont classées à droite et d'autres qui sont classées à gauche. Le détail n'est pas très important. 

 

« Je prends les principaux rites, les autres sont anecdotiques et par définition ne représentent rien,

« Le "rite écossais ancien et accepté", le plus ancien et le plus pratiqué au monde - c'est celui que j'ai pratiqué et que je connais très bien -, le rite français, le rite écossais rectifié, le rite Émulation et le rite Memphis Misraïm. Tous ces rites ont en commun ce que l'on appelle la "légende maçonnique". Lorsque vous allez parlez à des francs-maçons et leur dire que ce n'est pas compatible, je vous donne déjà la réponse de ce franc-maçon : il va vous répondre "oui mais moi je suis dans telle obédience, je pratique tel rite, et chez nous nous sommes déistes"; certains vont vous dire "nous sommes théistes". Certains vont vous dire "nous sommes christiques". Alors bien entendu, on peut être christique: moi demain, en dehors de toute religion je peux vous dire que le Christ est fabuleux et que je vais suivre son chemin, que je suis christique, mais je ne suis pas dans l'Église.

« Ce qui est important, ce sont les fondements de ces rites, et l'on va voir tout de suite apparaître que l'incompatibilité est indiscutable :  

« Le rite "écossais ancien et accepté" a pour fondement l'hermétisme égyptien, le pythagorisme grec, l'alchimie islamique, la cabale hébraïque, le gnosticisme chrétien et la chevalerie templière. Encore une fois, vous prenez le site de la Glnf et vous trouverez toutes ces références.

« Le "rite français", qui se dit laïque, en réalité a des tendances alchimiques, a comme fondements les "emblèmes bibliques", mais dixit le site de la Glnf, ces emblèmes bibliques ne sont pas compris comme la parole de Dieu, mais comme une simple allégorie: là, c'est déjà ennuyeux en tant que chrétien. L'"alchimie islamique" : par exemple, lors de l'initiation dans le "rite français", il y a bien la purification par les éléments alchimiques, l'eau, le feu et l'air, et la légende maçonnique avec le héros maçonnique qui s'appelle "Hiram".

« Le "rite écossais rectifié" : première source, la tradition chrétienne initiale. Cela peut nous intéresser fortement puisqu'il s'agit notamment des écrits des Pères de l'Église, sauf que ce n'est pas l'enseignement du Magistère. C'est comme si un athée, un bouddhiste, n'importe qui prenait un livre de S. Irénée ou S. Augustin et en faisait sa propre philosophie, pourquoi pas, mais le deuxième fondement est un peu plus problématique, puisqu'il s'agit de la doctrine ésotérique de Martines de Pasqually, qui est un occultiste et un hermétiste du XVIIIe siècle. Donc là, cela commence à nous poser une réelle difficulté.

« Le "rite Émulation" est fondé sur la tradition abrahamique sauf que tous les symboles qui font expressément référence au christianisme ont été supprimés au début du XIXe siècle. Je ne l'invente pas non plus. Ce sont des citations. Du reste, le rite Émulation est un rite qui possède également la légende maçonnique, c'est-à-dire que le modèle pour l'initiation, ce n'est pas Jésus, c'est Hiram.

« Le rite Memphis-Misraïm : c'est l'hermétisme de l'Égypte antique et la doctrine de Cagliostro (Joseph Balsamo, alchismiste, magicien et hermétiste du XVIIIe siècle)

 

« Conclusion

 

« Sur l'ensemble de ces rites, tous les points communs sont le syncrétisme, le relativisme, l'hermétisme, l'occultisme, le manichéisme, et surtout le gnosticisme.

 

« Je vous donne quelques références dans les Écritures, qui dénoncent la pratique de l'occultisme: Deutéronome 18, Lévitique 19, Lévitique 20, Actes 16, Actes 19, également Catéchisme de l'Église catholique, CEC n° 2115 à 2118

 

« Surtout, le gnosticisme est considéré comme une hérésie par l'Église. Donc quand un franc-maçon viendra vous dire que dans sa loge on est plus proche de l'Église que dans une autre, j'ai des doutes, franchement.

 

« Je vous cite un ancien Grand maître qui dit: "Ce qu'il est important de comprendre, c'est que le combat qui se livre repose sur l'équilibre de deux cultures, l'une fondée sur l'Évangile, et l'autre reposant sur la tradition historique d'un humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées: ou la vérité est révélée et intangible à l'origine toutes choses, ou elle trouve son fondement dans les constructions de l'homme, toujours remises en question parce que perfectibles à l'infini." Donc vous voyez bien que lorsqu'on cherche un petit peu, la franc-maçonnerie, elle-même, reconnaît que cette incompatibilité n'est pas indiscutable. Néanmoins, on trouve dans certains sites maçonniques des déclarations de nature à troubler - et c'est fait volontairement- les catholiques, pour les aspirer vers la franc-maçonnerie.

 

« Or la franc-maçonnerie est une religion. Les sciences des religions considèrent un faisceau d'indices pour définir s'il y a ou non religion. Ces indices sont tous présents dans la franc-maçonnerie:

- l'existence de rites, de cérémonies,

- un idéal ou une croyance commune (le Grand architecte de l'univers, ou la croyance dans la circonstance que la franc-maçonnerie peut apporter le "bonheur" de l'humanité);

- l'existence d'adeptes et un lien régulier: il y a deux tenues par mois obligatoires, auxquelles les francs-maçons sont obligés d'assister.

 

« Il existe une campagne continue de déclarations publiques continues selon lesquelles la franc-maçonnerie n'est pas une religion mais seulement une organisation sociale.

« Or, c'est ici c'est clair. Comme toutes les religions, elle possède des dogmes, alors même qu'elle se dit adogmatique : cet adogmatisme concerne les dogmes de l'Église essentiellement, puisqu'elle possède ses propres dogmes.

 

« Les dogmes de la franc-maçonnerie

 

« La franc-maçonnerie considère que pour accéder à la vérité il faut se libérer des dogmes. Et bien cela est un dogme.

 

« J'étais franc-maçon : être chrétien et franc-maçon n'est pas compatible » - Serge Abad Gallardo

« - Le dogme de la lumière maçonnique : en dehors de la lumière maçonnique, pas de salut.

 

« - Le dogme d'un Dieu protéiforme. C'est un monisme.

 

« - Le dogme de l'inaccessibilité de la vérité : la vérité est construite par l'homme et non révélée par Dieu. Il peut y  avoir une bible dans une loge, mais une bible corrigée par une équerre et un compas, c'est-à-dire une bible lue à travers la légende maçonnique.

 

« - Le dogme d'Hiram. Hiram est le modèle de la franc-maçonnerie.

 

« - Le dogme de la similitude entre le microcosme et le macrocosme.

 

« - Le dogme de la relativité de Dieu, etc.

 

« L'incompatibilité entre la franc-maçonnerie et la foi catholique affecte toutes les obédiences et tous les rites.

« J'étais franc-maçon : être chrétien et franc-maçon n'est pas compatible » - Serge Abad Gallardo

« Dès lors qu'un fidèle catholique est initié franc-maçon, il est excommunié latae sententiae (automatiquement). Dans une obédience déiste, on jure sur la bible mais corrigée par l'équerre et le compas. Ce qui est incompatible. Dans une obédience adogmatique, on jure sur les règlements généraux dans lesquels est précisé le caractère adogmatique de la doctrine. On rejette le dogme, on s'excommunie soit-même. Ce qui est également incompatible.

 

[...]

 

« Le pape François a refusé, à l'automne 2017, la nomination de l'ambassadeur du Liban, au motif qu'il était franc-maçon.

 

« L'influence luciférienne 

 

« Il faut savoir lire entre les lignes maçonniques des rituels maçonniques 

 

« Exemples de glorification luciférienne :

 

« Au quatrième degré, qui est le premier des haut-grade. Question dans le rituel maçonnique : "Êtes-vous maître secret ?" Réponse : "Je m'en glorifie".

 

« Et bien, moi, ce que je retiens sur la glorification, c'est que S. Paul nous répond sur ce thème: "Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m'empêcher de m'enorgueillir. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi et il m'a dit: "Ma grâce te suffit'." (2 Co, 7,12) La différence entre la doctrine maçonnique et la foi, elle est là, dans cette phrase du rituel et dans cette phrase de S. Paul.

 

« Les francs-maçons, pour se reconnaître, ont des signes, des maux et des attouchements. Les signe se sont à distance, les mots de manière plus rapprochée et l'attouchement, c'est la poignée de main, des choses comme cela.

 

« Au 18e degré des hauts-grades, il y a un signe, qui consiste à montrer le ciel avec l'index et montrer la terre également avec l'index.

Baphomet, Eliphas Levi

Baphomet, Eliphas Levi

« L'image du Baphomet (qui est Lucifer) dessiné par Eliphas Levi, qui est un franc-maçon occultiste et magicien du XIXe siècle. On voit les attributs féminins et les attributs masculins étant simplement figurés (on peut voir le lien aujourd'hui avec la théorie du gender), mais on voit se préciser le geste du 18e degré. Sur le front, le pentagramme, qui est un signe maçonnique, de magie blanche, étant précisé qu'il n'y a ni blanche ni noire, mais magie simplement, et tout ce qui est magie vient du démon. On voit les attribut du démon assez facilement.

Hishtar

Hishtar

« Troisième personnage, la déesse Ishtar: ce dessin est tiré d'un livre qui s'appelle Le Symbolisme occulte de la Franc-maçonnerie, écrit par Oswald Wirth, un franc-maçon du XIXe, occultiste, hermétiste également. C'est l'équivalent pour la franc-maçonnerie d'un père de l'Église pour notre doctrine. C'est quelqu'un de référence. Voilà ce qu'il dit d'Ishtar : Ishtar est une déesse des enfers, déesse sumérienne qui était appelée "Lucifer", d'ailleurs, par les Romains. Je cite, dans ce livre, "le secret du bonheur, est en nous, Ishtar nous enseigne à le trouver lorsqu'elle descend volontairement aux enfers."

 

« Et là (image ci-dessous), vous avez - dernière image -, Baphomet, qui est la statue édifiée par l'"église de Satan" en 2015. Il y a quand même une ressemblance surprenante, qui doit tout de même nous interroger : 

 

"Baphomet", statue de l'"église de Satan" (2015)

"Baphomet", statue de l'"église de Satan" (2015)

« Je précise que Baphomet est également traduit par un auteur qui a fait des recherches dans ce domaine, par connaissance. Or, la connaissance est l'objectif de la recherche de la franc-maçonnerie.

 

« Quelle est la signification du signe index vers le haut, index vers le bas ? Je cite - c'est tiré du rituel du 18e degré, donc c'est un document que je possède, je ne l'invente pas : "Le signe du grade s'exécute en élevant la main droite fermée index levé verticalement montrant le ciel. Le contre-signe s'exécute en descendant la main et en montrant la terre avec l'index. Signe et contre-signe évoque la maxime hermétique 'Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.'" Si on se réfère à ce que nous dit le Christ, il nous dit tout le contraire. Je cite: (Jn 8,23) "Jésus leur disait : "Vous, c'est d'en bas que vous êtes, moi c'est d'en haut que je suis. Vous, c'est de ce monde que vous êtes, moi je ne suis pas de ce monde." J'ai d'autres éléments encore. Saint Paul aux Colossiens, chapitre 3, 1-2 : "Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en-haut, c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d'en-haut, et non dans celles de la terre." Cette conception maçonnique est tout à fait logique puisque su le mal et le bien sont d'égales valeurs, le haut et le bas s'équivalent. Et nous, au contraire, nous pensons que le bien est en haut, et le mal est en bas. 

 

« Tubal-Caïn est le mot de passe des maîtres. En fait, Tubal Caïn est un descendant de Caïn (Gn 4, 22). Je cite la Bible de Jérusalem (en note à propos de Gn 4, 23-24) : "la descendance de Tubal-Caïn se caractérise par un témoignage de violence croissante des descendants de Caïn". 

« La franc-maçonnerie, elle-même le reconnaît, je cite une planche maçonnique (source: http://www.ledifice.net/7076-3.html ) : "Tubalcaïn, le forgeron, travaillait les métaux, et s'inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite." Donc, nous connaissons tous l'histoire de Caïn: Caïn, inspiré par le diable, tua à Abel. Il a ensuite une postérité (Genèse 4, 16-26). Dans cette postérité nous allons retrouvé Tubal-Caïn (Gn 4, 22) et nous allons ensuite retrouver Hiram. Pourquoi ? Parce que la lignée caïnite est une lignée de forgerons et d'artisans de métaux. Ce qu'était Hiram.

« Donc, nous avons comme mot de passe des maîtres, la référence spirituelle à quelqu'un qui est descendant d'une lignée spirituelle de celui qui a tué son frère, sous l'inspiration du démon. C'est confirmé par ce qu'on appelle le mot sacré des maîtres qui est Mohabon ( une source maçonnique le rapporte : http://www.ledifice.net/7156-4.html ). "Mohabon", selon la franc-maçonnerie, se traduirait par "fils du père". 

« Donc la boucle est bouclée. Un maitre franc-maçon devient fils du père selon la lignée caïnite, il est donc fils de Lucifer. [...] Je ne l'invente pas. Je l'invente d'autant moins, qu'un Jean-Baptiste Willermoz , dont nous avons parlé tout à l'heure, qui est celui qui a inventé le rite écossais rectifié, a supprimé du troisième degré de maître, le terme de Tubalcaïn. Je cite: "Tubalcaïn est qualifié d'agent diabolique qui porte les vices charnels. Il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques."

 

« La franc-maçonnerie glorifie le serpent de la Genèse.

 

« Parmi de nombreux exemples, je cite Oswald Wirth: "Le serpent séducteur qui incita à mordre le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal est le symbole d'un instinct particulier, cet aiguillon secret est le promoteur de tous les progrès, de toutes les conquêtes qui étendent la sphère d'action des individus. Cela explique pourquoi le serpent inspira la désobéissance, l'insubordination et la révolte, et c'est pourquoi il fut maudit par les anciens théocrates (sous-entendu l'Église) alors qu'il était toujours honoré par les initiés." En d'autres termes, selon la franc-maçonnerie, le serpent est un bienfaiteur de l'humanité, sans qui la terre, aujourd'hui, ne serait pas ce qu'elle est !

 

« [...] Le magnétisme (en franc-maçonnerie)

 

 

« Le vénérable maître joue un rôle très important dans la chaine d'union puisqu'il fait le lien spirituel entre les francs-maçons qui constituent la chaine et des entités que l'on appellera des égrégores, entités malsaines (en référence au livre d'Hénoch). Je cite de mémoire la sorcière Hécate, qui se dit ouvertement "sataniste": "Chaque sorcier crée lui-même son propre égrégore par ses incantations." Cela n'est pas de moi, c'est une sorcière qui le dit.

 

« Et bien, les francs-maçons se tiennent de cette manière-là par les mains, et par les mains passent un fluide, à tel point que lorsque la chaine se termine, le vénérable maitre secoue trois fois les bras pour rompre la chaine, et à ce moment-là j'ai pris une décharge. Sur le coup je n'ai pas trop compris ce qui s'était passé, mais cela s'est reproduit à chaque fois. Je savais quand cela allait arriver. Cela aussi je ne l'invente pas.

 

« [...] C'est un procédé magique également, qui permet d'obtenir une puissance occulte. Je cite: "Quand elle célèbre la chaine d'union, une loge génère une personne communautaire - l'égrégore, Hiram, également parfois - dont les facultés de perception sont très supérieures à la somme des individus qui la composent."

 

« Dernière citation, sur la chaine d'union, si c'était nécessaire de vous convaincre : "C'est un procédé spirite, fluidique, de type magnétique. La chaine d'union est autre chose qu'un simple geste sans répercussion. Les rites unissent le visible à l'invisible, ils constituent le lien fluidique qui unit le corps maçonnique à l'esprit maçonnique libéré des loges matérielles." 

 

« Pour conclure. L'initiation maçonnique est une négation de l'effusion de l'Esprit-Saint lors du baptême que nous avons reçu. Et cela, aucun maçon ne s'en rend compte, et je peux en témoigner. Pour le discerner et le comprendre, il faut avoir une foi bien ancrée et réfléchir, et lire les rituels. 

 

L'initiation maçonnique : une négation du baptême catholique

« Le rituel d'initiation maçonnique (bien sûr là il s'agit du "rite écossais ancien et accepté" et on va vous dire "notre rituel ne dit pas la même chose", mais l'esprit est le même, c'est cela qui est important) :

 

« Question du vénérable Maître: "Pourquoi ce profane demande-t-il à entrer dans la franc-maçonnerie ?" - Réponse d'un officier qui répond pour le candidat: "Parce qu'il est libre et de bonne moeurs, qu'il est dans les ténèbres et cherche la lumière."

 

« Liturgie du baptême.

Le prêtre demande : "Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l'auteur du mal ?" Réponse du parrain ou du catéchumène : "Oui, je le rejette." Le prêtre poursuit: "Recevez la lumière du Christ, que cet enfant illuminé par le Christ avance dans la vie en enfant de lumière et persévère dans la foi."

 

« Donc, il n'y a pas de doute, dès lors que que j'ai reçu la lumière à mon baptême, de quelle lumière me parle-t-on dans la franc-maçonnerie ? Cela n'est pas la lumière de Dieu, puisque je l'ai déjà reçue; cela n'est pas la lumière de Dieu, puisque celui qui officie n'est que le vénérable maître, et qu'il n'est pas non plus prêtre et ne peut pas me donner par un sacrement, faire venir l'Esprit-Saint sur moi. De toute évidence, il s'agit de la lumière de Lucifer. Moi je n'ai pas de doute là-dessus, je crois l'avoir démontré dans mes ouvrages. 

 

« Je suis désolé d'avoir été si mal en point pour cette conférence, mais il se trouve que dans ma démarche je dois vaincre un certain nombre d'obstacles qui régulièrement viennent essayer de m'empêcher de parler, de différentes manières. Mais cela n'est pas grave, puisqu'on arrive au bout, par la grâce de Marie.

 

[...] Étant précisé encore une fois que nous devons parler aux francs-maçons de l'amour du Christ, [...] et de cet amour que l'on ne trouvera pas en franc-maçonnerie. Vingt-quatre ans en franc-maçonnerie me permettent de dire, oui, on y trouve une camaraderie, un amour "fraternel" entre guillemets, mais la franc-maçonnerie est une série d'entrées et de portes ouvertes au démon. »

Notes

 

[1] Dans la mythologie juive, Tubal-Caïn a une relation incestueuse avec sa sœur Nahama. Cette union engendre le démon Asmodée. (Encyclopédie des gens du monde: répertoire universel des sciences, des lettres et des arts; avec des notices sur les principales familles historiques et sur les personnages célèbres, morts et vivants, Volume 2 p. 392.)

[2] (Dans la franc-maçonnerie) Il n'y a pas de grâce, il n'y a pas de salut d'ordre divin, c'est moi-même par moi-même.

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 23:44

C'est un article tout ce qu'il y a de plus "complotiste" de Bfm-Tv qui le dit : "Le candidat d'En Marche !, qui avait d'abord été donné vainqueur avec un score de plus de 65%, a remporté 66,06% des suffrages exprimés, soit plus de 20,7 millions de voix. Sa rivale Marine Le Pen aurait remporterait 33,94% des suffrages, soit plus de 10,6 millions de voix, toujours selon ce même décompte non encore définitif." (Source

Source: https://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-emporte-le-second-tour-avec-6606percent-des-voix-1159358.html

Source: https://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-emporte-le-second-tour-avec-6606percent-des-voix-1159358.html

Le résultat définitif du ministère de l'Intérieur le 9 mai 2018 arrondira le chiffre à 66,10%. Un nombre moins révélateur !

 

Le nombre 666 est une inscription diabolique, révélée en Ap 13:18, qui "rend semblable à Satan et députe à la peine éternelle." (Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018, p. 556-557)

#666 Un Monarc (anagramme de Macron) “élu” par et pour un groupe occulte, qui œuvre contre les intérêts de la nation France. Et le pire, c’est que cela est montré ouvertement, pour qui veut le voir...

 

 

 

Plus récemment, un autre 666 était caché dans le logo du forum de Paris sur la paix (11-13 novembre 2018), conférence destinée à avoir lieu annuellement à Paris, en France. La première édition a eu lieu du 11 novembre au 13 novembre 2018 à la Grande halle de la Villette. L'idée de ce forum est née après le constat que le monde va mal, l'incapacité des Nations unies à régler le conflit syrien, les crises migratoires, l'émergence de gouvernements nationalistes et populistes. C'est donc cent ans après la signature de l'Armistice de 1918, que Paris organise une conférence avec pour but d'œuvrer à l'"amélioration de la gouvernance mondiale"... Tout un programme sous le signe du 666.

 

En 2009 Nicolas Sarkozy fit la promotion du Nouvel Ordre Mondial ("On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s'y opposer...") [1], tout en faisant lui aussi le signe du 666, le même que celui fait par Emmanuel Macron... Un hasard...

Il y a un an, lors de ses voeux du 31 décembre 2017 pour l'année 2018, Emmanuel Macron fit au moins deux promesses non tenues. Il promit "d'apporter un toit à tous les sans-abri" (source) : promesse non tenue, puisqu'il y a toujours autant de sans-abri.  Il promit (à 9:50 dans la video) que "sur le plan national l'année 2018 sera, à mes yeux, celle de la cohésion nationale. Nous nous sommes trop longtemps, trop souvent, divisés" : promesse non tenue ! Le mouvement des Gilets jaunes est un démenti spectaculaire aux voeux 2017 d'Emmanuel Macron.   

 

Chose commentée nulle part, Emmanuel Macron fit sa promesse de cohésion nationale avec en toile de fond... un poster comportant (dans le blanc) une étrange étoile à cinq branches, inscrite dans un cercle, également appelée pentacle par les ésotéristes ("pantacle" dans la Thelema de Aleister Crowley) et les satanistes (pentagramme inscrit sur un disque utilisé sur un autel ou en tant que tel comme espace sacré...) L'étoile elle-même comportait un dessin ressemblant à une tête : 

Un article de Reinformation.tv explique : "Sur l’image derrière Macron, on note donc immédiatement ce pentagramme avec la pointe en haut : ce n’est pas la stylisation de la tête de bouc que l’on trouve couramment dans la symbolique sataniste, mais un symbole fortement présent dans les représentations franc-maçonnes, souvent adopté par l’iconographie de la république américaine naissante... Pouvant symboliser les cinq plaies du Christ comme ce fut le cas aux origines du christianisme, il a pourtant été bien davantage utilisé dans des temps plus récents par l’occultisme kabbalistique chrétien et au sein de la tradition gnostique... Surmontant le visage, un triangle comme celui que l’on voit sur le dollar américain. Sans vouloir chercher les explications occultistes partout, on se demande ce que vient faire cette symbolique sur une représentation du drapeau français."

 

 

"... [C]omment ne pas voir qu’il (le symbole) illustre en même temps, de manière dialectique, une volonté de toute-puissance, dès lors qu’il est utilisé par le pouvoir lui-même." Mis à part cet article de Reinformation.tv, aucun media mainstream n'a jugé opportun de commenter cette nouveauté...

 

En revanche, imaginez une croix catholique à la place du pentagramme, l'émoi que cela aurait causé dans les medias. On en parlerait encore !

 

Notons brièvement s'agissant de cette étoile à cinq branches, que dans la tradition chrétienne, l'étoile est le symbole de l'astre que virent les mages venus d'orient et arrivant à Jérusalem quand ils demandèrent "où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage." (Mt 2:1-2 et 9-10) Le prophète Isaïe écrivit: "Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi" (Is 9, 1). Dans le livre des Nombres (Ancien Testament), une prophétie annonçait le Messie, astre issu de Jacob devenant roi, un sceptre levé, issu d'Israël (Nb 24:17.) Jésus, dans Apoclypse 22,16, dit : "Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin."

 

Une des tactiques du diable est d'utiliser une vérité (ici l'étoile) en y mélangeant un ou des mensonges en vue de tromper les hommes ou de de leur nuire (Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Artège-Lethielleux, 2018.) C'est le cas de l'étoile utilisée par les ésotéristes ou encore du triangle baroque, symbole de la Trinité, malheureusement plus connu aujourd'hui comme symbole maçonnique (la pyramide avec l'oeil en son centre). 

 

La Trinité

 

Autres exemples d'utilisation du triangle comme symbole de la Trinité, dans l'église Notre-Dame de l’Assomption de Bramans (73500).

 

 

Autel cathédrale d'Orléans

 

Et avec l'oeil de Dieu :

Cathédrale d'Aix-la-Chapelle

 

Eglise de Kraków (Pologne)

 

Images avec commentaires tirées du Forum Te Deum.

 

Conclusion. Comme dans tous les discours des élites maçonniques, pour connaître la réalité, il faut prendre l'inverse de ce qui nous est proposé. Ce qui donne, ce mois-ci, au lieu de la "cohésion de la nation" et de la paix, la révolte des Gilets jaunes... Emmanuel Macron élu à 66,06% des voix, un forum international annuel placé sous le signe du 666, qui peut s'attendre à mieux, qui peut s'attendre à la paix ? On ne peut pas se placer sous la "protection" du démon et s'attendre en même temps à la paix et à la sécurité... Du moins pas longtemps !

Quant aux temps et aux moments il n'est pas besoin, frères, de vous en écrire. Car vous savez très bien vous-mêmes que le jour du Seigneur vient ainsi qu'un voleur pendant la nuit. Quand les hommes diront: " Paix et sûreté! " c'est alors qu'une ruine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femme qui doit enfanter, et ils n'y échapperont point.

I Thessaloniciens 5:3

Notes

 

[1] Nicolas Sarkozy, au Palais de l'Elysée, le 16 janvier 2009

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 21:42

Le linguiste Noam Chomsky est l'auteur de "Manufacturing Consent, The Political Economy of the Mass media" ("la Fabrication du Consentement, l'économie politique des mass media"). Il a expliqué que les grandes sociétés d'information et les médias de masse font souvent plus oeuvre de propagandes gouvernementales que de journalisme. Dans un entretien diffusé sur Arte, il déclarait :

 

"La fabrication du consentement permettait de s'assurer que la majorité ignorante qui se mêle de tout soit exclue. Durant des années les gens ont voulu une assurance maladie ? Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Alors tenons-les à l'écart de ce débat. Ils veulent plus d'impôt pour les riches ? Ne les écoutons pas, ils ne comprennent pas le problème ! Ils sont contre les guerre ? C'est parce qu'ils ne comprennent pas à quel point il est important pour nous de bombarder la Libye ou tout autre pays !" 

 

Les medias de masse jouent sur les basses fréquences et les émotions des citoyens qui correspondent à l'offre politique. 

 

Une étude de l'Insee a montré que nous passons plus de 2h par jour, plus de 15h par semaine, plus de 60h par mois, plus de 720h par an derrière la télévision. Le but premier des médias, c'est de vendre votre attention aux publicitaires. Donc plus ils arrivent à vous maintenir longtemps devant la télévision, plus ils gagnent d'argent. Et la meilleure stratégie connue aujourd'hui, découverte par les neuro-scientifiques, est de vous proposer de l'information qui provoque des émotions négatives fortes comme la peur, la colère ou la révolte.

 

Le but premier des media n'est pas de vous informer, c'est de vous faire ressentir des émotions, sous le masque de l'information, c'est de vous diviser et de vous orienter vers les différentes offres du marché politique (partis politiques). Diviser pour régner est le but même des medias. L'ensemble politico-médiatique est soutenu par les grands groupes mondialistes, qui financent en priorité les partis et les groupes qui vont dans leurs intérêts.

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 17:34

Le Christ a averti les scribes et les pharisiens, il y a deux mille ans : "Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, ... Voilà que votre maison vous sera laissée déserte. Car, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous disiez : 'Béni celui qui vient au nom du Seigneur!'" (Mt., 23: 37-39). Or le moment du retour du Christ est aussi celui de l'Apocalypse. Et à propos du temple de Jérusalem, Jésus prophétisa : "Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit." (Mt. 24:2). Le temple de Jérusalem sera détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ, réduit en cendres (600 000 morts selon Tacite, 1 million 500 000 selon Flavius Josèphe). Cette destruction du temple marque la fin de l’État hébreu.

 

Modèle du temple de Jérusalem au Ier siècle ap. J.-C. (Israel Museum, Jérusalem)

 

Le Temple était le Lieu de la présence divine pour les Juifs, la demeure du Dieu d'Israël, le seul endroit où il fût possible de prononcer le Nom du Seigneur, puisque là seulement résidait Sa présence et que là seulement il était possible de Lui offrir le culte qu'il avait exigé d'Israël dans la Torah de Moïse. (André Chouraqui, Histoire du Judaïsme, 1957, Que Sais-je, Puf, 13e édition, Paris 2002, p. 22.)  

 

Tertullien, à la fin du IIe siècle, fit le lien de cause à effet entre la mise à mort du Christ et la chute de Jérusalem lors de la première révolte juive de 70 et lors de la seconde révolte juive de 135 (révolte du faux "messie" Bar Kohba ou "Ben Koziva", fils de l'Étoile") en affirmant : "Puisqu'il était prédit que les Judéens souffriraient  à cause du Christ, et que nous voyons leur ruine et dispersion consommées sous nos yeux, il est manifeste que les Judéens ont subi ces désastres à cause du Christ." (Contre les Judéens 13,28)." (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 269-270.)

 

Déjà au Ier siècle (suite à la destruction du Temple en 70 par Titus) "les Rabbis eurent si bien conscience que cet effondrement ouvrait une nouvelle ère de déréliction, qu'ils introduisirent l'usage de dater les évènements par rapport à la destruction du sanctuaire, dont la ruine, quotidiennement évoquée dans les liturgies de la Synagogue, est encore célébrée chaque année, le 9 ab, par une journée de jeûne et de deuil. [...] Les chefs d'Israël, fidèles aux enseignements prophétiques, ne virent dans l'ennemi qu'un fléau de Dieu : sa victoire était le châtiment des péchés d'Israël ; la ruine du Temple et l'Exil annonçait les débuts d'une expiation nécessaire. [...] Le peuple tout entier était ainsi placé dans la situation du Messie souffrant des prédications rabbiniques, de l'Homme des Douleurs de la vision d'Isaïe (53) ou des Psaumes. [...] Dans la déréliction, une seule issue demeurait possible: le Juif devait renoncer à sa volonté propre et vivre dans la soumission absolue à la volonté de Dieu exprimée dans la Torah." (André Chouraqui, Histoire du Judaïsme, 1957, Que Sais-je, Puf, 13e édition, Paris 2002, p. 22-23 et 46.)  

 

Saint Irénée (120-202), dans Contre les hérésies (livre 5, troisième partie) précise : « C'est précisément dans ce Temple (de Jérusalem) que siégera l'Adversaire, lorsqu'il tentera de se faire passer pour le Christ, selon ce que dit aussi le Seigneur : 'Quand vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, dressée dans le lieu saint — que celui qui lit comprenne ! —.' (Daniel 8,11Matthieu 24,15) [...] C'est précisément ce que fera l'Antéchrist au temps de son règne : il transportera sa royauté dans Jérusalem et siégera dans le Temple de Dieu, persuadant insidieusement à ses adorateurs qu'il est le Christ. [...] C'est cela même que dit l'Apôtre [Saint Paul vers 51, dans le plus ancien écrit du Nouveau Testament, l'épître aux Thessaloniciens] : 'Quand ils diront : Paix et sécurité, c'est alors qu'une ruine soudaine fondra sur eux.' » (1 Th 5,3)

Saint Irénée ajoute dans Contre les hérésies (livre IV, I, 6.) que les prophètes de l'Ancien Testament, avaient averti Jérusalem de l'inutilité des sacrifices si le coeur était loin de Dieu : « Isaïe, dit [...] : 'Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié.' Puis, après avoir repoussé les holocaustes, sacrifices et oblations, ainsi que les néoménies, les sabbats, les fêtes et toute la suite des autres observances, il ajoute, en leur conseillant ce qui procure le salut : 'Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire ; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve : venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur.[Isaïe 1, 11-17] [...] Si c'était par colère qu'il (Dieu) repoussât leurs sacrifices, comme de gens indignes d'obtenir sa miséricorde, il ne leur conseillerait pas ce par quoi ils pourraient être sauvés ; mais, parce que Dieu est miséricordieux, il ne les prive pas du bon conseil. C'est ainsi qu'après leur avoir dit par la bouche de Jérémie : 'Pourquoi m'apportez-vous l'encens de Saba et le cinnamome d'une terre lointaine ? Vos holocaustes et vos sacrifices ne m'ont pas été agréables' [Jérémie 6,20 et Isaïe, 1, 11], il ajoute : 'Ecoutez la parole du Seigneur, vous tous, Juda. Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : Redressez vos voies et vos habitudes de vie, et je vous ferai habiter en ce lieu. Ne vous fiez pas à des paroles mensongères qui ne vous seront d'aucun profit, en disant : C'est le temple du Seigneur, c'est le temple du Seigneur...' [Jr 7,4] 'Mais voici le commandement que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; marchez dans toutes mes voies que je vous prescrirai, pour que vous vous en trouviez bien. Mais ils n'ont pas écouté ni prêté attention; ils ont marché selon les pensées de leur cœur pervers, ils ont rétrogradé au lieu d'avancer.' [Jr 7,23-24] [...] Ainsi encore, chez le prophète Osée [6, 6], pour leur enseigner sa volonté, Dieu leur disait : 'Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.' [...] Malachie a parlé d'avance en ces termes : 'Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.' Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que son nom serait glorifié parmi les nations. Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l'entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l'homme? […] Ainsi donc, l'oblation de l'Église, que le Seigneur a enseigné à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. » (Fin de citation d'Irénée de LyonContre les hérésies, livre IV, I, 6.)

 

Or, depuis deux mille ans, des Juifs ont tenté de faire mentir la parole des prophètes et celle du Christ (« Il ne restera pas ici pierre sur pierre») en tentant de reconstruire le Temple de Jérusalem. Sous l'empereur Julien, au IVe siècle, ils tentèrent de reconstruire le temple en 362-363, mais la reconstruction fut ruinée par un tremblement de terre, et l'empereur mourut le 26 juin 363.

 

En 1910, « un journal américain, le Pearson's Weekly, a annoncé que les francs-maçons de Boston ont formé une "Compagnie" dans le but de rebâtir le temple de Salomon. » (Mgr Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, rééd. Expéditions Pamphiliennes, p. 644). En 2008 les héritiers de cette "Compagnie" ont fondé "l'Institut du Temple" pour élever le 3ème temple.

 

Nous l'annoncions sur ce site en 2008. Ce qui à l'époque vous faisait passer pour des "complotistes".

 

Destruction du second Temple de Jérusalem par les légions romaines, Francesco Hayez, 1867

 

Or nous apprenons dans une video de Christophe Cros Houplon que le troisième temple est en train d'être reconstruit depuis quelques jours en Israël, au lendemain de la fête dite des lumières de Hanouka (commémorant la révolte des Maccabées sur le roi grec de Syrie Antiochus IV Epiphane qui, au IIe siècle avant .J.-C. interdit le culte. 2 décembre 2018 / 10 décembre 2018). Des Juifs "orthodoxes" ne sont pas d'accord et disent que c'est une absolue calamité. Il faut savoir en effet par exemple qu'"il n'existe plus dans le judaïsme, depuis la destruction du Temple, d'autorité centrale capable de légiférer en matière religieuse pour tout Israël: on a bien pensé à reconstituer un Grand Sanhédrin mais, selon les exigences définies strictement par la loi traditionnelle (juive), seule une intervention surnaturelle, d'ordre messianique, pourrait renouer les transmissions abolies et ressusciter les pouvoirs juridictionnels de l'Ancien Sanhédrin. Toute la tradition vouait Israël à la condition de l'Exil jusqu'à l'apparition glorieuse du Messie, le chef qui serait muni de tous les pouvoirs nécessaires pour tirer les Juifs non seulement de leur Exil temporel, mais de leur diaspora spirituelle." (André Chouraqui, Histoire du Judaïsme, 1957, Que Sais-je, Puf, 13e édition, Paris 2002, p. 113.)

 

Après une recherche "third temple" sur youtube, nous avons découvert que le Sanhedrin israélien (non reconnu par les juifs "orthodoxes", les Natoré Karta, gardiens de la cité) a sacrifié des animaux pour le nouveau temple. Une dédicace du temple a été réalisée le 10 décembre, le dernier jour d'Hanouka. (BreakingIsraelNews) Les partis laïques israéliens pensent pourtant que la Halakha (loi religieuse juive) est incompatible avec les nécessités d'un État moderne (André Chouraqui, Histoire du Judaïsme, ibid., p. 114), ce qui ne les empêche pas de soutenir ce processus de reconstruction du Temple par un État laïque et de sacrifier des animaux pour le nouveau temple. Si bien qu'aujourd'hui, ceux qui sont à l'origine de ce mensonge et de cette "impasse" (terme d'André Chouraqui, dans Histoire du judaïsme, ibid., p. 114) s'éloignent aussi bien des Juifs "orthodoxes", que des Chrétiens eux-mêmes. L'incohérence ne peut en rien promouvoir un règne de paix et d'"unité" entre les religions.

 

Il n'y a aucun retour de cette reconstruction du troisième temple de Jérusalem dans les chaines dites d'info en France. Israël a annoncé en juin 2018 que le troisième temple serait prêt en 2019. Dans une video sur youtube, nous entendons un rabbin dire en anglais que Jésus n'est pas le Messie, que les Juifs peuvent reconstruire le temple, et qu'ils ne veulent pas changer leur esprit. Un rabbin, membre du nouveau Sanhedrin, interrogé, déclare lors de la dédicace que "ce temple est pour le monde entier" [ce qui revient à faire mentir le Christ s'ils ne disent pas "Béni celui qui vient au nom du Seigneur!" (Mat., 23: 37-39)]. Le but de ce troisième temple, ajoute ce rabbin, est l'"union", l'"unité" entre toutes les religions. "Tout le monde a peur des terroristes, alors c'est notre travail d'unifier tout le monde autour de l'unique vrai Dieu dans le troisième temple et toutes les nations autour de Dieu." Ce qui est aussi le but de la franc-maçonnerie, selon Mgr Henri Delassus dans son ouvrage La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique (1910). Le terrorisme lui-même ne peut en aucun cas être un prétexte pour "unir" les religions. L'ordre par le chaos ne fait pas partie des grandes traditions religieuses, mais est là encore plutôt un principe luciférien franc-maçonnique (ordo ab chao). 

« Lorsque vous verrez l’Abomination de la désolation, installée dans le Lieu saint comme l’a dit le prophète Daniel – que le lecteur comprenne ! » (Mt 24:15)

 

« Ne laissez personne vous égarer d’aucune manière. Car il faut que vienne d’abord l’apostasie, et que se révèle l’Homme de l’impiété, le fils de perdition,  celui qui s’oppose, et qui s’élève contre tout ce que l’on nomme Dieu ou que l’on vénère, et qui va jusqu’à siéger dans le temple de Dieu en se faisant passer lui-même pour Dieu. » (II Thessaloniciens 2:3-4)

 

Prions avec un chrétien dans la video, nous devons avoir les Juifs dans nos prières et demander au Seigneur la révélation et la lumière, de leur montrer que Jésus est venu, que Jésus a payé pour nos péchés sur la Croix. Ils ont besoin de l'accepter. Nous qui sommes chrétiens, Jésus est notre sacrifice pour nos péchés.

 

Lire : Pourquoi tous les Juifs devraient croire en Jésus Christ

 

Et si nous sommes nés de nouveau, nous sommes le temple du Saint-Esprit. Saint Etienne, premier martyr, a donné sa vie pour expliquer cette vérité. De sorte que nous n'avons pas besoin d'un autre temple pour faire des sacrifices pour nos péchés. Nous n'avons pas besoin de temple fait de pierres. Jésus est le Seigneur, le roi des rois. Il est mort pour nos péchés et a vaincu la mort. Prions pour que beaucoup de Juifs et de gens dans le monde ne tombent pas dans cette déception d'un nouvel âge d'une nouvelle religion mondiale hellénistique. Et que beaucoup découvrent le vrai Messie. Gloire à Jésus seul. Merci Jésus d'être mort pour nos péchés. 

 

Cela semble être actuellement la réalisation de prophéties sur l'Antechrist s'élevant dans le temple, l'« Abomination de la désolation », s'élevant dans le temple de Dieu.

 

Conclusion

 

Israël a annoncé en juin 2018 que le troisième temple serait prêt en 2019. Cette annonce oublie de dire qu'il faudrait détruire la mosquée Al Aqsa ("temple de Salomon" pour le roi de Jérusalem Baudouin II, puis siège des Templiers, sous le nom de "Maison du Temple de Jérusalem" durant les Croisades) pour reconstruire le temple, ce qui ne manquerait pas de faire exploser toute la région. Toutefois, la reconnaissance de Jérusalem comme la "capitale" de l'État d'Israël par les États-Unis, le sacrifice d'animaux, la dédicace du 10 décembre, l'annonce officielle elle-même par Israël que le nouveau temple serait prêt en 2019, et l'aspect eschatologique en arrière-plan, méritent dans ce contexte une attention toute particulière. 

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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 17:05

Boris Le Lay a publié le 12 décembre, au lendemain de l'"attentat de Strasbourg", une intéressante analyse au sujet des Gilets jaunes et de l'instrumentalisation médiatique de l'attentat.  

 

À la question "trente ans depuis la série d'attentats et toujours pas de vérité, comment est-ce possible ?", l'italien Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour de cassation italienne (décédé le 2 janvier 2018 dernier), avait répondu : 

 

« Non, une partie de la vérité, nous l'avons découverte, les choses sont plus claires maintenant. Il y a eu des complicités de l'État, ou de fractions de l'État, avec la mafia, le terrorisme et la franc-maçonnerie, complicités qui ont fusionné au travers d'une organisation dénommée "Gladio" (unités clandestines secrètes de l'OTAN mises en place sous l'égide de la CIA et existant dans tous les pays d'Europe de l'Ouest durant la guerre froide jusqu'en 1990. Ndlr.), ou "stay behind", une organisation internationale manoeuvrée par la CIA. Tout ceci est maintenant avéré. »

 

Derrière ces réseaux qui forment un État dans l'État (ce qui est le contraire d'une démocratie qui appartient au peuple), Ferdinando Imposimato explique que la réalité du pouvoir appartient au groupe Bilderberg :

 

« Le groupe Bilderberg est l'un des responsables de la stratégie de la tension, dont aucun journal ne parle des réunions, et donc aussi des attentats. Responsables des attentats... 

[...] [La série d'attentats] n'a pas servi à déstabiliser l'État, mais pour entraver la dynamique politique, afin de déplacer les équilibres politiques de la droite vers le centre gauche et la gauche. Ils ont fait cela, non pas pour un coup d'État, mais pour renforcer le pouvoir.

Il (le groupe Bilderberg) dirige le monde, et les démocraties de façon invisible. » (Fin de citation).

 

Des manifestants Gilets jaunes des samedi 8 et 15 décembre ont témoigné avoir été empêchés de manifester. Une video réalisée par une jeune femme montre un wagon de train vide, expliquant que des forces de l'ordre ont empêché des Gilets jaunes qui avaient des billets de monter dans le train en direction de la manifestation parisienne. Il s'agit d'une violation très grave d'un des rares droits de l'homme qui permettent à l'homme d'être libre, celui de manifester et de se révolter (droit de "résistance à l'oppression" de l'article 2 et droit de manifester article 10). Les tenants du système n'ont que le mot Révolution de 1789 à la bouche et république, et ils dénient aux Français de 2018 le droit de réaliser ceux que leurs ancêtres auraient réalisé. Y a-t-il un mensonge au sujet de la soit-disant "révolution française" ? La Révolution de 1789 est-elle vraiment une révolution du peuple ou une révolution de bourgeois parisiens ?

 

On ne l'a pas dit assez jusqu'ici mais ces manifestations des Gilets jaunes s'appuient également sur le "droit de constater, par eux-mêmes ou par leur représentants, la nécessité de contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée" (article 14 de la déclaration des droits de 1789). En refusant de donner le droit aux Gilets jaunes de constater par eux-mêmes, consentir et déterminer la quotité des impôts (audit des dépenses publiques refusé par Macron, où va le pognon ?!), le président Macron se rend coupable de violations répétées de la dite déclaration des droits de 1789 sur plusieurs semaines, sans qu'aucun journaliste du système ne s'en émeuve.

 

La caste, l'oligarchie composée de professionnels de la politique, a peur. Il y a eu des arrestations préventives sans aucune raison, des personnes placées en garde à vue, simplement parce qu'elles voulaient manifester. La police ne sert pas à protéger les citoyens, mais à protéger le régime et les institutions. La caste utilise la police, qui servilement accepte de servir à ce sinistre rôle de répression du peuple français. Un peuple français qui manifeste son désespoir avec des millions de gens qui n'en peuvent plus du racket fiscal et de tout cet argent dont les politiciens se gavent depuis si longtemps.

 

Dans ce contexte a eu lieu la prise de parole de Macron le lundi 10 décembre, le jour même où Macron signait le Pacte de Marrakech, sur l'accueil des migrants, sans que le peuple français se soit prononcé sur ce pacte engageant l'avenir du pays. C'est assumé : le peuple ne doit par être consulté car la caste a un agenda secret sur lequel le peuple n'a pas à être consulté. Tout au long de la semaine, les medias ont donc demandé aux Gilets jaunes de rentrer chez eux et d'arrêter de manifester, en annonçant que non seulement la police arrêtera, mais réprimera les manifestants avec des tirs de flash ball, quitte à éborgner des jeunes femmes), des tirs de grenades dans la tête, composées de 25 grammes de Tnt, donc des explosifs sur la population.

Les arrestations préventives avec l'ordre du préfet de police "interpellez, interpellez, interpellez". Résultat le 8 décembre, 2000 arrestations ont été recensées ! La Chine ou la Corée du Nord n'ont qu'à bien se tenir ! 

Le peuple français ne peut plus manifester. Le peuple n'a pas son mot à dire, la démocratie est une illusion...  

 

Et pour se féliciter, sur Bfmtv ou sur Lci, une série de félicitations obscènes à l'adresse des forces de police tournaient en boucles. Tous ces grands medias s'étonnent d'être détestés par la population et se félicitent des violences policières sur les manifestants du peuple pacifique !

 

Afin de calmer les Gilets jaunes, Emmanuel Macron a annoncé sa fake news d'augmentation du Smic de 100 euros, annonce mensongère, puisque la dite augmentation du Smic ne concerne pas le Smic mais la prime d'activité qui n'est pas réclamée aux Caf par la grande majorité des smicards, qui ne la connaissent pas, et cette augmentation préalablement prévue sur trois années est simplement ramenée à une seule année. Donc il n'y aucune annonce, il y a simplement un mensonge, une manipulation.

 

Donc ce système tremble et celui qui le représente est à la fois méprisant, menaçant, veut en découdre manifestement avec le peuple français (son "venez me chercher"). Il veut lancer sa police contre le peuple et blesser le peuple. Tous les témoignages convergent de gens pacifiques qui se font bloquer dans des avenues, des places, les forces de l'ordre empêchant les manifestants de s'en aller, et se font tirer dessus comme des lapins.

 

Sur Sputnik, ce dimanche, au lendemain de la manifestation des Gilets jaunes de samedi 15 décembre, des manifestants témoignent : «Ils nous ont tous rassemblés, ils ont attendus qu'on soit bien compacts et ils nous ont gazés comme jamais […] C'est ça la France», a-t-elle déploré.

 

«On nous demande d'attendre sans nous en dire plus. Au même moment les deux lignes de blindés et camions à eau se resserrent.[…] Sans sommation, une déferlante de gaz nous asphyxie, toujours sans qu'aucune sortie ne soit ouverte», a-t-elle martelé. (Source)  

 

Après cette vague de répression policière, après la vague de fake news sur le Smic, après la manipulation médiatique sur l'essoufflement du mouvement et des chiffres de participation à la baisse, voici venu le temps de l'"attentat de Strasbourg" mardi 11 décembre. Pendant trois jours entiers, mardi, mercredi, jeudi, l'"attentat de Strasbourg" a tenu le haut du pavé de l'information sur toutes les chaines d'info en continu sans interruption ! Si vous vouliez connaître l'information internationale ou celle des Gilets jaunes, autant éteindre vos téléviseurs !

 

L'instrumentalisation médiatique à outrance de l'"attentat de Strasbourg" a dégoûté la grande majorité du peuple. Puis, vendredi soir, les Gilets jaunes sont revenus à l'écran des chaines d'info. Samedi 15 décembre, le ministre de l'Intérieur Castener a vu 10 000 Gilets jaunes sur toute la France ! Sur internet le peuple voit la réalité de milliers de gens dans la rue partout en France, de Bordeaux à Toulouse, en passant par St-Etienne ou Lyon, dans chaque ville, et même dans chaque petite ville, des milliers de Gilets jaunes. Une campagne médiatique tente alors de démoraliser le peuple en parlant d'essoufflement de la mobilisation !

Castener avait lui-même accusé mardi 20 novembre, dans la matinale de France 2, les Gilets jaunes de faire le jeu des terroristes. (Les gilets jaunes affaiblissent le pays face au terrorisme, argue Christophe Castaner Par Magazine Marianne Publié le 20/11/2018.)

 

L'"attentat de Strasbourg" pendant une semaine est tombé à pic ! Sur les chaines d'info, c'était décidément trop visible !  Gladio serait-il à la manoeuvre ? Ce qui est certain c'est que le peuple de France est en train de s'unir, des gens de "gauche" défilent avec des gens de "droite", ce qui est du jamais vu. La caste tente donc d'activer la division, par tous les moyens. Ne tombez pas dans le piège, dénoncez les mensonges des imposteurs. Occupez-vous les uns des autres, et restez unis !

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 19:28
Un 666 caché dans le logo du "Forum de Paris sur la Paix"

Un 666 est caché dans le logo du "Forum de Paris sur la Paix 11 novembre - 13 novembre 2018", sous-titrée "la plateforme mondiale des projets de gouvernance". (Source: https://parispeaceforum.org/fr/ )

 

Il est important de noter une division profonde au sein des élites mondiales depuis l'élection de Donald Trump : cette plateforme mondiale voit en effet s'opposer le projet européen soit-disant "multilatéraliste" porté par un Emmanuel Macron impérialiste et le projet nationaliste, plus isolationniste et pacifiste d'un Donald Trump qui rompt avec l'ordre mondial issu de la seconde Guerre mondiale.

 

Illustrant cette opposition, Donald Trump n'a pas serré la main du président ukrainien Porochenko mis en place par l'administration Obama en 2014, et qui a installé une guerre au coeur de l'Europe qui faillit dégénérer en une guerre avec la Russie.

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.

Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit.

Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper.

1 Th 5:1-3

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 06:45

Article mis à jour le 26-12-2020

Statue de Thomas Jefferson devant le préambule de la Déclaration d'indépendance américaine (1776). Jefferson Memorial, Washington, D.C.

Statue de Thomas Jefferson devant le préambule de la Déclaration d'indépendance américaine (1776). Jefferson Memorial, Washington, D.C.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile. Timbre de la Poste 1989

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile. Timbre de la Poste 1989

Le bonheur est inséparable de la possession de la vérité.

Saint Augustin, Les Confessions, liv. Xe, chap. XXIII

Se persuaderait-on, par hasard, [...] que la monarchie renversée par des monstres doit être rétablie par leurs semblables ? [...] Pour faire la Révolution française, il a fallu renverser la religion, outrager la morale, violer les propriétés et commettre tous les crimes : pour cette oeuvre diabolique, il a fallu employer un tel nombre d'hommes vicieux, que jamais peut-être autant de vices n'ont agi ensemble pour opérer un mal quelconque. Au contraire, pour rétablir l'ordre, le Roi convoquera toutes les vertus. [...] Son intérêt le plus pressant sera d'allier la justice à la miséricorde. [...] Le rétablissement de la monarchie, qu'on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution.

Joseph de Maistre, Considérations sur la France, Préface de Pierre Manent, Omnia Poche, Paris 2017, p. 128; et 157.

Depuis longtemps déjà Louis XVI porte sur les évènements révolutionnaires un regard surnaturel. À ses yeux, le mal est spirituel et le remède ne peut être que spirituel.

Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 164.

Il y a deux conceptions religieuses de la manière d'agir sur le monde: la manière chrétienne et la manière millénariste. La manière chrétienne consiste à se changer soi-même pour se consacrer aux autres. [...] [L]a solution millénariste est de changer le monde en changeant la société, ce qui veut dire concrètement en changeant les autres par la contrainte et même la violence.

Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 138

Les Lumières ont parié – mais elles ignoraient en général que ce fut un pari – sur la possibilité de l'amélioration intellectuelle et morale de tous. La déclaration était l'un des instruments de ce pari.

Stéphane RIALS, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Pluriel Inédit, Hachette, La Flèche 1988, p. 17

Les droits de l'homme sont une discipline par nature fortement idéologique : on peut faire dire à la Convention une chose et son contraire.

Grégor Puppinck, Valeurs Actuelles - n°4343 du 20 au 26 février 2020, p 31.

Introduction

 

http://idata.over-blog.com/4/27/14/37/Visuels-Royalistes/1789--coup-d-etat-.JPGComme nos lecteurs le savent, 1789 marque non pas la prise du pouvoir par le « peuple souverain » (mythe républicain : souverain, le peuple ne l'a jamais moins été que sous leur « démocratie » dite « représentative »), ni l'avènement du « bonheur de tous » promis dans le préambule de la déclaration des droits de l'homme de 1789 ou dans la déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776, mais un coup d'État d'une oligarchie (un petit nombre) animée d'un affligeant « désir de tout changer » (Jean de Viguerie, Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Robert Laffont, Bouquins, Paris 1995, p. 1134-1135.). 

Patrice Gueniffey, disciple de François Furet, considéré comme « l’un des meilleurs connaisseurs contemporains » de la Révolution et de l'Empire (André Larané, « Histoires de la Révolution et de l'Empire. Portraits et événements d'une époque oubliée », herodote.net, 28 avril 2017) a parfaitement défini cette oligarchie issue de 1789, en ces termes : 

« En théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions. [...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir P. Gueniffey, Le Nombre et la raison. La Révolution française et les élections, Paris, Éd de l'EHESS, 1993, p. 208-213.) En effet, la participation démocratique repose sur une présomption de compétence universelle, laquelle, associée au postulat spontané de la volonté collective, constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective". La toute-puissance de la "machine", ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne. Tout comme à l'intérieur de la société de pensée ou du mouvement jacobin, le pouvoir réel se trouve entre les mains du "cercle intérieur", [...] le peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie. [...] C'est bien pourquoi le jacobinisme [...], [s]'il incarne par son principe le fondement de la démocratie, il en dévoile aussi, à l'apogée de son influence, le mensonge : la dictature d'une minorité prétendant énoncer la volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple. » (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207).   

 

Le 23 août 2018, Edgar Cabanas, chercheur en psychologie et sciences sociales Max Planck Institute, et Eva Illouz, Professeure de sociologie Hebrew University of Jerusalem, ont publié un intéressant ouvrage intitulé « Happycratie. Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies », aux éditions Premier Parallèle, où ils évoquent une oligarchie consumériste, mercantile.

Dans un article pour Le Point du 24 août dernier, ils expliquent que le terme « happycratie », qu'ils ont forgé dans ce livre « s'attache avant tout à montrer comment, à l'ère du bonheur, sont apparus, de concert avec une nouvelle notion de la citoyenneté, de nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles.» « Ces dernières années, de nombreux écrits ont été consacrés à la question du bonheur, sous un angle critique, que ce soit par des sociologues, des philosophes, des anthropologues, des psychologues, des journalistes ou des historiens. Parmi les plus notables – et qui ont inspiré ces pages –, on pourra citer les travaux de Barbara Ehrenreich et Barbara Held consacrés à la tyrannie de la pensée positive, les analyses de Sam Binkley et William Davies des rapports entre bonheur et marché, ainsi que les réflexions de Carl Cederström et André Spicer sur l'idéologie du bien-être. »

Les deux auteurs indiquent que «si le présent ouvrage apporte une contribution à l'actuel débat, très vivace, sur le bonheur, c'est en vertu de sa perspective sociologique critique. Nous nous sommes appuyés ici sur les travaux que nous avons précédemment menés – des travaux consacrés aux émotions, au néolibéralisme et à la culture thérapeutique –, en creusant certaines idées déjà exposées ailleurs et en en introduisant de nouvelles, notamment quant aux rapports entre la poursuite du bonheur et les modalités d'exercice du pouvoir dans les sociétés capitalistes néolibérales

 

« Le bonheur est un marché très juteux. […] Poursuivre le bonheur, c'est avant tout, aujourd'hui, contribuer à la consolidation de ce concept en tant que marché très juteux, industrie et mode de vie consumériste envahissant et mutilant. Si le bonheur est devenu un moyen de gouverner notre vie, c'est parce que nous sommes devenus les esclaves de cette quête obsessionnelle.

Ce n'est pas le bonheur qui s'est adapté à nous, au clair-obscur et à la complexité de notre vie, aux ambiguïtés de nos pensées, mais bien le contraire : c'est nous qui nous sommes adaptés servilement à cette logique consumériste, qui avons consenti à ses exigences idéologiques aussi tyranniques que masquées, et qui avons accepté sans barguigner ses postulats étroits, réductionnistes et psychologisants. En prendre conscience pourrait causer une douloureuse déception chez certains, au regard des attentes que les chantres du bonheur ont fait naître. Mais ne pas en prendre conscience, ne pas envisager ces questions sous un angle critique, c'est laisser la voie libre à la grande machinerie du bonheur.»

 

« [D]ans sa forme et ses usages actuels, le bonheur est un puissant outil pour les organisations et les institutions – un outil qui leur permet de construire des travailleurs, militaires et citoyens bien obéissants. À notre époque, l'obéissance adopte la forme d'un travail sur le moi et d'une maximisation de ce moi

« Aux XVIIIe et XIXe siècles, poursuivent Edgar Cabanas et Eva Illouz, la revendication au bonheur avait un parfum de transgression ; la ruse de l'Histoire a fait ensuite de ce bonheur un instrument au service du pouvoir contemporain.

Précisons tout de suite que la recherche du bonheur n'est pas en soi une mauvaise chose, c'est même une chose naturelle. Mais les auteurs perçoivent une première incohérence de la pursuit of happiness des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789 : « S'il (le bonheur) était d'une telle évidence, comme l'ont infatigablement affirmé les scientifiques du bonheur, nous n'aurions pas besoin de spécialistes pour l'approcher.

Et quand bien même s'imposerait un jour la nécessité d'un savoir-faire en la matière, il nous semble qu'il est chose trop importante pour être abandonné à une science réductionniste, incertaine, se caractérisant par des préjugés idéologiques, par un manque total d'autonomie par rapport au marché et à la politique technocratique, qui la recycle sans grands scrupules, et par sa promptitude à se prosterner devant le monde de l'entreprise, celui de l'armée, et l'éducation néolibérale.»

Nous verrons que l'on peut tenir le même argument s'agissant de la constitutionnalisation de la liberté et de l'égalité...  Si ces deux valeurs étaient si naturelles, pourquoi avons-nous besoin de les écrire ? Par ces réflexions, nos auteurs produisent ici un véritable ouvrage « contre-révolutionnaire » au bon sens du terme, en ce sens qu'ils portent un regard critique sur le système politique issu des Lumières et les déclarations des droits de l'homme.

 

« Tout incite à se méfier de ceux qui prétendent détenir les secrets du bonheur, » préviennent les auteurs; en effet, on doit se méfier des marchands de sommeil, surtout si ces secrets du bonheur sont utilisés à des fins politiques ! Or, c'est précisément le cas des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789. Elles ont été rédigées par des grands partisans du commerce et du libéralisme anglo-saxon, dans le but de promouvoir le commerce et la main invisible qui devrait nous conduire au bonheur et au bien-être matériel. On peut appeler cela la politique de la carotte ! Nous verrons plus bas avec Mona Ozouf que la démocratie moderne, ainsi, se « condamne [...] à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre ! » C'est-à-dire pas grand chose. Et au final une grande désillusion et une défiance généralisée envers les institutions.

 

« De façon plus fondamentale [...], s'il nous faut absolument nous méfier des apôtres du bonheur, c'est parce qu'en dépit de leurs sempiternelles promesses de nous remettre les clés de la bonne vie, ces clés restent et resteront parfaitement introuvables.»  Sur ce point les auteurs ont tort : nous verrons plus bas (par des citations bibliques) que la sainte Bible nous donne les clés pour trouver le bonheur (en Dieu), mais ce bonheur est toujours libre; il respecte notre libre arbitre, et il n'est pas obligatoire comme dans la religion des droits de l'homme.

 

« Alors qu'il est bien difficile de déterminer le nombre exact de personnes qui sont persuadées d'avoir concrètement bénéficié de leurs conseils, les praticiens de la psychologie positive, les économistes du bonheur et les autres professionnels du développement personnel ont touché et continuent de toucher de leur activité des revenus absolument considérables,» poursuivent les auteurs. « [...] Les scientifiques et spécialistes du bonheur s'expriment souvent comme s'ils l'étaient, parlant à n'en plus finir de “découvertes révolutionnaires”, de “preuves irréfutables” ou encore d'“acquis incontestés”. Il est vrai que tout ce qu'ils disent n'est pas faux. Le problème est qu'ils se contentent très souvent de reformuler dans un jargon sentencieux et solennel ce qui est tout simplement – dans le meilleur des cas – du bon sens.

 

Le problème est surtout que ces lieux communs sont accueillis avec une surprenante facilité par de nombreuses personnes très disposées à y croire, en dépit du vaste corpus scientifique qui met en garde contre elles, solides arguments à l'appui.» 

 

« Comme a pu l'écrire Terry Eagleton (théoricien critique de la littérature britannique, actuellement considéré comme l'un des plus influents du monde britannique) il est sûr que nous avons besoin d'espoir, nous n'avons certainement aucun besoin de l'optimisme tyrannique, conformiste et presque religieux qui accompagne désormais l'idée de bonheur. »

 

Et les auteurs définissent cet espoir qui laisse une large place au libre arbitre que la philosophie des Lumières tend à éliminer : « L'espoir dont nous avons besoin se fonde sur l'analyse critique, la justice sociale et une politique qui ne soit pas paternaliste, qui ne décide pas en notre nom de ce qui est bon pour nous et qui, loin de vouloir nous épargner les difficultés de la vie, nous y prépare – non en tant qu'individus isolés mais en tant que société

 

« L'industrie du bonheur qui cherche aujourd'hui à prendre le contrôle de nos subjectivités est l'équivalent contemporain de la “machine à expériences” de Robert Nozick, qu'un Aldous Huxley put en son temps mettre en scène à sa façon, à travers le roman [Le Meilleur des mondes, NDLR].

 

La justice étant la vertu qui rend à chacun ce qui lui appartient, il reste cet espoir d'une société qui nous rende notre libre arbitre : « [c]e sont la justice et le savoir, non le bonheur, qui demeurent l'objectif moral révolutionnaire de nos vies », concluent les deux chercheurs dans l'article du Point.

 

Edgar Cabanas et Eva Illouz ont vu juste :  S'il (le bonheur) était d'une telle évidence, comme l'ont infatigablement affirmé les scientifiques du bonheur, nous n'aurions pas besoin de spécialistes pour l'approcher. »

 

Les révolutionnaires d'Amérique ou de France, remplis de préjugés francs-maçonniques, prétendent que la politique doit se charger (pour nous) de nous montrer où est le bonheur public : dans le respect des droits de l'homme. Raisonnement circulaire parfaitement totalitaire aux conséquences tragiques.

 

Ainsi, "'La richesse et la pauvreté étaient destinées à disparaître dans un régime d'égalité', lit-on dans un décret de la ville de Paris en novembre 1793, et : 'Il ne faut plus ni riches ni pauvres. L'opulence est une infamie,' dirait Saint-Just cette même année. ... Montesquieu et Rousseau - d'accord sur ce point - avaient raison. La démocratie, pour être effective, avait besoin d'une égalité qui dépasse le seul plan des droits, pour arriver à toucher la substance de la vie matérielle des citoyens." (Aldo SCHIAVONE, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle" (traduit de l'italien par Giulia Puma, Fayard, L'épreuve de l'histoire, Saint-Amand-Montrond 2020, p. 153.)

 

Outre le décalage sans cesse croissant entre les promesses de bonheur (le pouvoir du bonheur ou happycratie) et la réalisation inexistante, des personnes qui se suicident, une crise de l'autorité, une sécession des citoyens (leur désaffiliation bien analysée par le géographe Christophe Guilluy dans son dernier livre No Society, le "There is no society" de Margaret Thatche en 1987, la société, ça n’existe pas...), les contradictions internes des droits de l'homme détruisent la société (ce qui fait le lien social) : il n'y a plus de société.

Et dans ce contexte aujourd'hui d'une société française qui n'existe plus, comme le proposait en son temps François Furet avec son livre Penser la révolution française (1978), il est urgent de penser l'impasse des droits de l'homme.

 

Le sujet est vaste, il ressortit à plusieurs disciplines (philosophie, histoire, sociologie, psychologie.) Dans un but de recherche des moyens qui rendent possible la vie en société, et devant la destruction généralisée du lien social, cet article se propose de présenter l'optimisme philosophique des hommes des Lumières, l'impasse de la « religion des droits de l'homme », et d'en apporter les premiers remèdes.

 

Lire aussi"La crise de la démocratie n'est pas liée à nos institutions. Ça va mal dans toutes les sociétés occidentales !" (Henri Guaino)

 

 

La recherche politique du bonheur et la disparition mécanique du libre arbitre : l'individu effacé

 

 

La recherche d'un Âge d'or et la quête du bonheur sont les fondements des droits de l'homme des « Lumières »

 

« "La science divine de la politique est la science du bonheur social", écrivait un de nos premiers apôtres scientifiques du bonheur, John Adams (futur deuxième président des États-Unis après G. Washington), dans Pensées sur le Gouvernement en janvier 1776. » (Cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, p. 325.) 

 

Le Dictionnaire de la philosophie de Didier Julia (Larousse, Sciences de l'homme, Evreux 1992) définit le terme « Lumières » (p. 227) ainsi : « [...] couramment, quand on parle de progrès de la civilisation, de la nature humaine, il s'agit d'un progrès vers le Bien: vers l'accroissement des connaissances de l'esprit, du bonheur de l'homme. La croyance au progrès était un des principes de l'esprit encyclopédique au XVIIIe siècle, du positivisme au XIXe siècle: par progrès, les philosophes du XVIIIe siècle (Diderot, Voltaire, les encyclopédistes) n'entendaient pas seulement un progrès de sciences, mais surtout un progrès social dans le sens des libertés politiques et du bien-être économique. » Dès le départ, on note l'importance donnée à l'économique et à un mouvement indéfini de progrès.

 

« Au XVIIIe siècle, les philosophes écartent la Révélation (autrement dit... la Bible. NdCR.), devenue synonyme d'obscurantisme et de superstition: le mot Lumières est systématiquement appliqué à l'activité intellectuelle et culturelle de l'homme.

« [...] Les Lumières sont donc le seul moyen de parvenir au bonheur, but de l'existence humaine, accessible à tous, puisque la raison éclaire tous les hommes. Rejetant l'autorité, la tradition, la raison se fonde sur l'expérience. Partant du réel, et non de principes a priori, elle observe, analyse, compare et cherche à découvrir les lois de la nature en s'efforçant de discerner la vérité de l'erreur. » (Guy Cabourdin, Georges Viard, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 203.)

 

Jean Ousset

Or « cette "évolution" [...], ne suffit-il pas qu'on l'examine d'un peu près pour constater qu'elle est le fruit d'un effort organisé de la subversion ? Envisagé sous cet angle, rien n'est moins naturel que ce prétendu cours "naturel" des évènements. Jamais peut-être leur déroulement ne fut aussi minutieusement et farouchement préparé et conduit par la volonté révolutionnaire d'un petit nombre d'hommes ! (l'oligarchie.) 

« Loin de parler d'évolution naturelle de l'histoire, ce sont les violences faites à ce cours de l'histoire que nous aurions profit à étudier !

« Qu'on jette un regard attentif sur l'enchaînement des principaux évènements depuis 1717 (date de la création de la Grande-Loge d'Angleterre, avènement officiel de l'institution maçonnique) n'y voit-on pas, au lieu de fonctionnement harmonieux de lois naturelles, les violences répétées qu'on sut faire à l'ordre des choses une foule de sectes et d'agents subversifs ? » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, DMM, Niort 1998, p. p. 409.) Voilà le décors planté : une promesse de bonheur économique, la carotte du progrès, une évolution spontanée qui n'est en réalité que le plan des hommes religieux des Lumières.

 

La première application de ce matérialisme philosophique des Lumières se trouve dans la Déclaration d'Indépendances des 13 États unis d'Amérique du 4 juillet 1776. Thomas Jefferson, assisté de Benjamin Franklin et de John Adams, était le principal rédacteur de cette déclaration, par laquelle les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord firent sécession de la Grande-Bretagne. Elle énumérait les « droits inaliénables » :

 

«Nous tenons pour totalement évidentes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur" (the pursuit of happiness), et la sûreté (ou droit à la sécurité). « Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. [...] [L]orsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 339.)

 

 

« À partir du 5 septembre 1774, un premier Congrès continental réunit au Carpenter's Hall de Philadelphie les cinquante-cinq délégués de douze des treize colonies (la géorgie mise à part). Parmi eux on remarquait quelques brillantes figures qui allaient s'illustrer dans la guerre d'Indépendance: George Washington et Patrick Henry pour la Virginie, John Adams pour le Massachussets, John jay pour New York, John Dickinson pour la Pennsylvanie. Dans uen ardente effervescence [...] on décida le boycott généralisé des produits anglais, la levée d'une armée de volontaires et l'achat d'armes en Europe. On ne revendiquait pas encore l'indépendance mais les "libertés américaines". Le Congrès se dota d'une sorte de bras armée, l'Association continentale, ligue patriotique destinée à former des comités locaux et à lever des milcies.

Un article en anglais d'un site maçonnique mentionne : "CARPENTER'S HALL [...] Parmi ses membres, il y avait des maçons, des tailleurs et divers artisans, un certain nombre d'entre eux appartenant à des loges maçonniques de Philadelphie. Le frère Robert Smith, l'un des architectes les plus parfaits de l'Amérique a conçu la salle des charpentiers, ainsi que le Christ Church steeple et d'autres importants bâtiments, dont la maison du frère Benjamin Franklin sur la rue haute (marché)...»  (Fin de citation) (source: http://www.masonicworld.com/education/files/apr02/include/masonic%20sites%20in%20philadelphia.htm)

 

Au 1er janvier (1775), leurs membres arborèrent leur nouveau drapeau, portant en alternance des bandes rouges et blanches, sur lesquelles se superposa en haut du côté de la hampe un canton d'azur couvert d'un cercle de treize étoiles, symbole des treize colonies (ce drapeau sera officiellement adopté le 14 juin 1777 par le Congrès). [...] Une seule nation, plusieurs États formant d'abord une confédération puis, à partir de la Constitution de 1787, une fédération» (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 364.)

 

« L'Amérique moderne, c'est un rêve que fit l'Europe du dix-huitième siècle et que réalisèrent […] le vingtième siècle et les États-Unis.

[…] Cette civilisation matérielle, […] orientée vers le bien-être, appuyée sur l'optimisme, et soumise avant tout à la disciple du travail utile, c'est l'idéal même du dix-huitième siècle philosophique franco-anglais.

 

[...] Cette frénésie de travail, ce goût pour l'action qui fait toujours oublier le repos, le loisir, les plaisirs, et qui remplace même le sens de la jouissance par celui du jeu, c'est la discipline même que patronnèrent les philosophes français du dix-huitième siècle. Le plus spirituel d'entre eux, M. de Voltaire, [...] concluait que rien n'avait de prix ni de sens, sauf le travail : "Cultivons notre jardin", disait Candide, et il ne voulait plus qu'on se laissât aller au rêve, à la philosophie, à la pensée, à l'amour même. "Cultivons", disait Candide. "Travaillons, reprenait tout le dix-huitième siècle en choeur.

 

[…] Le dix-huitième siècle prêcha que l'homme devait se préoccuper moins d'être et davantage de faire.  Il substitua à la vertu spirituelle, et intérieure la vertu bienfaisante et sociale, à l'acte moral accompli sous le regard de Dieu l'action ultime accomplie sous le regard des hommes. Il arracha les moines de leurs cellules, les savants de leurs laboratoires, les gens du monde de leurs salons pour en faire des politiciens, des industriels et des journalistes. 

 

[...] En Amérique, [...] Nous le voyons aujourd'hui: l'activité y règne en maître, le travail est sa discipline et la réussite pratique son but.. Tout a été sacrifier pour encourager et exalter le travail; la machine permet à l'homme de multiplier à l'infini l'efficacité de chaque geste. Politiciens, prêtres, juges, professeurs, écrivains, femmes et enfants, tout se plie à la règle, chacun se hâte, chacun agit. C'est l'apothéose du travail utile. Et c'est une catastrophe... » 

 

[...] En 1933, deux siècles après que l'Europe philosophique a commencé son pêche, l'Amérique, sa docile élève, offre l'image d'un pays qu'un cyclone a dévasté; les usines sont vides et silencieuses; 20 millions de chômeurs; [...] les riches continuent de travailler, et chaque objet qu'ils produisent ajoute au désarroi de l'univers... »

 

Triste bilan que l'explosion des inégalités... au pays qui déclara le premier l'égalité des droits ! « L'Amérique a fait faillite, dit-on. Soit. Mais l'Amérique qui a fait faillite c'est celle que le dix-huitième siècle européen avait inventée et façonnée. Elle commença comme un rêve, elle finit par un cauchemar. » (Bernard Faÿ, Roosevelt et son Amérique, Librairie Plon, Paris 1933, p. 10-12.)

 

« La Déclaration (d'Indépendance) fut saluée un peu partout par force réjouissances; à Philadelphie, le 8 juillet (1776) on proclama l'entrée dans une ère de liberté, au son du canon.» (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 194.)

 

Avant d'être adoptée, la déclaration d'Indépendance avait été « bloquée par la délégation de Pennsylvanie, toujours temporisatrice. On ne pouvait rien faire sans elle. Franklin décida de lui forcer la main.

« Malgré la campagne d'opinion et le Sens commun les citoyens avaient réélu en mai 1776 une énorme majorité de ces tièdes. Ce parti tenait la colonie et on ne pouvait le briser par des moyens parlementaires. On en employa d'autres. Franklin et ses amis utilisèrent les Loges qui répandaient dans la haute bourgeoisie une doctrine libertaire et les "Associateurs", c'est-à-dire ces volontaires, boutiquiers et ouvriers, qui groupés dès 1749 par Franklin, formaient la police bénévole de Pennsylvanie. Seuls de toute la population ils étaient armés et entraînés. Ils étaient patriotes aussi. [...] Sous l'autorité de leur vieux maître et organisateur Franklin ils réunirent des meetings pour protester contre l'attitude des parlementaires de Pennsylvanie (mai, juin 1776) et de leur délégation au Congrès. Puis une convention préliminaire s'assembla par leur soin (19 juin), qui prépara et fit exécuter une élection (8 juillet). Tous les membres de l'Association, qu'ils qu'ils fussent, y furent électeurs et éligibles, tandis que les autres citoyens devaient montrer patte blanche, il leur fallait démontrer leur "patriotisme" et faire preuve d'une fortune relativement considérable. On eut donc de "bonnes élections". La convention provinciale ainsi élue, se réunit aussitôt et commença son travail (15 juillet) qui consistait à administrer la province et à lui donner une constitution. Son premier acte fut de choisir Franklin comme président [délégué au Second Congrès Continental organisé du 10 mai 1775 au 1er mars 1781. En 1785, de retour aux États-Unis après avoir été ambassadeur en France de 1776 à 1785, il sera de nouveau élu pour trois ans président du Conseil exécutif de Pennsylvanie et participera en 1787 à la rédaction de la Constitution américaine à Philadelphie (Pennsylvanie), avant de mourir en 1790], puis elle le nomma représentant de la Pennsylvanie au Congrès en lui adjoignant une délégation fort patriote. Ainsi la difficulté était tournée. L'Assemblée, atteinte au coeur, protesta avec éloquence, lutta avec noblesse et mourut d'inanition. Grâce à cette manoeuvre, le Congrès avait pu enfin voter une Déclaration d'Indépendance (4 juillet 1776). Ce texte, rédigé par Jefferson et corrigé par Franklin, était destiné à servir de signe de ralliement pour les Américains et à répandre par le moindre cri de guerre de la nouvelle République. Il était avant tout un texte de propagande, d'où son caractère si curieux et si ambigu. Jusqu'alors les Américains avaient combattu le Ministère et le Parlement, ménageant au contraire le Roi comme innocent et comme leur suprême ressource. Maintenant, soudain, ils se tournaient contre lui et l'invectivaient. » (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 152-154.)

 

Lors de son ambassade en France, « Franklin alla s'établir sur la jolie colline de Passy auprès de Paris. [...] Passy était le centre d'une chapelle philosophique, économiste et franc-maçonne. les Loges y travaillaient activement, à la fois à l'écart de la grande ville et proches d'elle. Or, [...] la franc-maçonnerie française, [...] sous l'impulsion de la famille d'Orléans, se réorganisait et essaimait partout. 

« Comme philosophe et comme déiste, Franklin fut des leurs immédiatement et ils furent tout acquis à lui. C'était là un poste d'observation et un poste de commandement d'où il lui était facile de faire de la bonne besogne. Ainsi, lui était garanti l'accès aux journaux; car ceux de France, contrôlés officiellement par le gouvernement, étaient en pratique rédigés par des maçons et des Philosophes : Morellet, Suard, La Dixmerie, tous amis de Franklin, étaient de ceux-là. La plupart des journaux français publiés hors de France étaient possédés et rédigés par des Maçons. Sans coup férir Franklin eut ses entrées à la Gazette de France, au Mercure de France, aux Affaires de l'Angleterre et de l'Amérique, feuille de propagande publiée par le Ministère français pour houspiller les Anglais; il fit insérer tout ce qu'il voulait au Courrier de l'Europe, à la Gazette de Leyde, qui passait pour la meilleure d'Europe, à la Gazette Française d'Amsterdam, au Courrier du Bas-Rhin. Pour ce travail il avait des collaborateurs illustres, le duc de La Rochefoucauld, l'abbé Raynal (le philosophe français le plus en vue du temps), un certain abbé Niccoli, ministre à Paris du grand-duc de Toscane, Courtney Melmoth, polygraphe et acteur anglais, qu'il avait à sa solde. Mais surtout il mettait lui-même la main à la pâte. Dès 1777 circulaient en manuscrit et paraissaient furtivement deux petits écrits de source inconnue, mais de facture révélatrice: Comparaison entre la Grande-Bretagne et les États-Unis en ce qui touche le crédit des deux pays. - Lettre du comte de Schaumberg au baron Henhendorff, commandant les troupes hessoises en Amérique. [...] Par ses affiliations philosophiques et maçonniques, Franklin avait accès à des organes tels que le Journal de Paris, la feuille à la mode en France à cette époque. [...] Membre de la loge des Neuf Soeurs, il en était aussi le Vénérable (1779-1781). Il guidait leurs activités. [...] La loge des neuf soeurs n'avait point tardé [...] à grouper tous les esprits hardis de France: officiers, magistrats, écrivains, artistes, philosophes. » (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 179-180; 213; 251-252.)

 

En tant que « père fondateur » du pays, l'effigie du frère Franklin a figuré sur plusieurs timbres d'usage courant, dont le cinq cents brun, un des deux premiers timbres des États-Unis. Son effigie apparaît sur le billet de cent dollars.

 

 

« La devise E Pluribus unum  (« un seul à partir de plusieurs » ou dans une traduction plus directe « De plusieurs, un ») remonterait à  l'été 1776, lorsque Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams reçurent mission de trouver un sceau de la nouvelle nation. Ils se tournèrent vers un artiste d'origine genevoise Pierre-Eugène Du Simitière. Franlin avait proposé un Moïse étendant les mais sur les eaux déferlant sur le pharaon avec cette légende : "La rébellion contre les tyrans et l'obéissance à Dieu." Adams avait choisi un jugement d'Hercule, d'après une gravure de Simon Gribelin, tandis que Jefferson songeait aux Israélites dans le désert, et à Hengist et Horsa, les deux dirigeants légendaires des premiers Anglo-Saxons en Grande-Bretagne. Finalement, le choix se porta sur un oeil dans un triangle très maçonnique - que l'on retrouve sur les billets de banque. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., note 2, p. 467.)

 

Grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States), recto

 

 

Grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States), verso

 

Le grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States) est utilisé pour prouver l'authenticité de certains documents au sein du gouvernement américain. C'est en 1782 qu'il a été utilisé publiquement pour la première fois.

 

Billet de un dollar américain

 

Le grand sceau figure sur le verso du billet de un dollar américain. À la suite d'une décision de Franklin D. Roosevelt, président au moment de sa conception en 1935, le sceau y figure inversé ; le verso du sceau (la face qui inclut l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide) est à gauche et le recto à droite.

 

Si « la déclaration d'Indépendance mentionnait encore en 1776 des "lois de la nature et du Dieu de la nature", [r]ien de tel une dizaine d'années plus tard dans la Constitution ou dans le Bill of Rights. » (B. Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 317.)

 

Bernard Cottret ajoute : « Le caractère séculier de la société américaine [...] intéresse [...] les historiens : ne doit-on pas admettre le caractère partiellement mythique du passé puritain ? Jean Delumeau avait mentionné voici plusieurs années l'illusion rétrospective qui consiste à créditer les siècles passés de ferveur, en soulignant par contrecoup la déchristianisation ultérieure. Il n'est pas sûr que la société américaine ait toujours été aussi chrétienne qu'on a pu le prétendre, et les études récentes tendraient à démontrer que l'évangélisme conquérant des XIXe-XXe siècles a passablement brouillé les repères.

 

[...] Il faut renoncer désormais à la thèse d'un retrait linéaire du sacré, caractéristique de la modernité. [...] Le cas américain l'illustre parfaitement : [...] l'on n'est pas passé d'un monde saturé par le sacré à un monde de plus en plus profane. C'est exactement l'inverse : les États-Unis sont à tout prendre moins laïcs de nos jours qu'ils ne l'étaient lors de la Révolution. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 318.) Toute la question est de savoir quelle religion a remplacé quelle autre ? « Ainsi l'historien P. Maier note-t-elle fort justement la sacralisation croissante de la déclaration d'Indépendance depuis deux siècles. » (Pauline Maier, American Scripture, Making the Declaration of Independence, 1997, New York, Vintage 1998, p. IX, cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., note 70, p. 477.) 

 

« La Révolution américaine dut beaucoup plus à la philosophie des Lumières qu'à l'influence de la Bible. Elle demeure l'un des temps forts de la sécularisation des mondes modernes, tout en accouchant d'une "religion civile" prompte à vouer un culte à ses grands hommes. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 318.) Et en effet, la Révolution américaine, comme la Révolution française, méconnaissent les fondements bibliques du bonheur que sont la recherche de Dieu (« connaître le Dieu saint » Pr. 9:10) et le respect des commandements divins.

« Le "modèle américain" est, comme chez nous la République, un "produit du siècle des Lumières", qui puise dans le même fonds commun politique et philosophique... » (D. Lacorne, L'Invention de la République, Hachette, Paris 1991, p. 10 in Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 13.)

 

 

« Turgot [...] reprochait [...] aux Anglais, [...] d'avoir oublié la "science la plus intéressante de toutes, celle du bonheur public. » (Turgot, Lettre à R. Price, 22 mars 1778. Appendice à H. G. Riqueti, comte de Mirabeau, Considérations sur l'ordre de Cincinnatus, , p.  187)

 

« La quête du bonheur devenait ainsi le fondement de ce que l'on allait appeler peu après les droits de l'homme. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 185; 429 note 14.) Le bonheur se définissait désormais comme matérialiste, par la possession des biens de ce monde, l'importance de l'économique et la recherche du commerce :

 

« Et un autre observateur français de surenchérir : "Le droit naturel est le droit de l'homme à son plus grand bonheur possible." (C. Guilloton-Beaulieu, Influence du despotisme de l'Angleterre sur les deux mondes, Boston, 1781, p. 11. Et l'auteur de poursuivre: "La satisfaction intérieure de l'âme, qui naît du libre et paisible exercice de ce droit, ainsi que de la possession des biens, des avantages légitimement acquis, est le bonheur. C'est ce mobile impérieux qui est le principe de toutes les actions. Mais l'homme se trompe souvent dans le choix des moyens qui conduisent vers ce but." Et encore: "L'origine des lois naturelles date de ce droit de l'homme. Ces lois sont des règles de direction qui indiquent la route du bonheur; et celui qui veut ardemment la fin d'une chose doit aussi en vouloir les moyens.")

« L'orgueil de l'homme, l'esprit du mal, la révolte contre Dieu » (Gustave Bord), dans la société moderne

 

Dès 1787, le futur conventionnel « Jacques-Pierre Brissot, exhortait les Français à s'intéresser à un pays (les États-Unis) dont le destin lui paraissait prometteur "pour le bonheur de la France.

[...] Le but de Brissot était nettement d'encourager les Français à "renoncer à leur langueur pour le commerce de l'Amérique" en exportant outre-atlantique une partie de leur production. [...] Chaque fois que l'on parle de la conception américaine du bonheur, c'est pour délivrer la vie économique de ses entraves. Le plaidoyer de Brissot possède déjà toute la rhétorique empruntée de la Lettre aux actionnaires de quelque multinationale de notre temps... » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 10.) 

 

« Quant à l'abbé Sieyès, il devait s'exclamer en juillet 1789 : "L'objet de l'union sociale est le bonheur des associés." » (Orateurs de la Révolution française, F. Furet, R. Halévi, Gallimard, La Pléiade, Paris 198, I, p. 1008, in B. Cottret, La Révolution américaine, ibid.,,  note 3, p. 363.) Et pour la poursuite de ce bonheur des associés, quoi de mieux que la théorisation du gouvernement représentatif ? (Sieyès, Discours du 7 septembre 1789.) Commerce et démocratie représentative vont ensemble. Au XIXe siècle, François Guizot aurait dit : « Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne et vous deviendrez électeurs.» Comme si devenir électeur était la nouvelle fin de l'homme, les révolutionnaire qui ont inventé la démocratie nous disent de nous occuper de rien : ils s'occupent pour nous de notre bonheur !

Cette prétention des Lumières à représenter les citoyens plongés dans l'obscurantisme (élitisme maçonnique millénariste) est tout sauf démocratique, parce que l'idée des Lumières est que seuls ceux qui ont les Lumières ont le droit de s'exprimer et de décider pour les autres; les autres sont dans les Ténèbres et il faut leur imposer les Lumières s'ils n'en veulent pas. C'est l'autoritarisme de la Révolution française où un Robespierre prétend avoir les Lumières et impose aux autres l'obéissance à sa liberté (ou la guillotine). On retrouve ce type de raisonnement dans pratiquement tous les processus révolutionnaires qui sont des révolutions menées par des athées rationalistes, des scientistes. Ce qui est paradoxal puisque les défenseurs des Lumières sont précisément ceux qui prétendent défendre la démocratie.

 

 

On remarquera ainsi que dans la soit-disant société démocratique, jamais les Français n'auront été informés ni prévenus de qui est cet Être suprême qui pourtant chapeaute leur droit, à la tête même de la déclaration dite des droits de l'homme; depuis deux siècles, ils vivent sous les « auspices de l'Être suprême » sans qu'il y ait eu aucune discussion à ce sujet pour savoir si ce dieu était le vrai Dieu... Dans le projet jacobin de 1789, la centralisation a la première place, tôt ou tard le bonheur est garanti, et les Français ne sont que des administrés qu'il faut éclairer des Lumières de ceux qui ont la connaissance. Une petite élite connaît la vérité, (ou qui croit la connaître) et elle est chargée de communiquer cette soit-disant connaissance, à nous les profanes (sic vocabulaire maçonnique) qui sommes plongés dans les ténèbres (re sic vocabulaire maçonnique). 

 

 

En France, en 1789, le « Dieu de la nature » des philosophes commence par être remplacé dans le préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen par les « auspices de l'Être suprême » maçonnique.

 

« Le profane, en effet, celui qui est dans les ténèbres, fait partie d'une humanité différente d'un monde maçonnique; lui n'est pas un égal; c'est à peine si le maçon le considère comme une plante de la vaste pépinière dont il sélectionne les rejetons; mais afin de déterminer les vocations, il contamine la pépinière entière en la développant en vue des doctrines qui doivent dominer en lui; en faisant naître chez le profane des doutes au sujet de ses croyances religieuses, il le conduit ainsi à la religion maçonnique. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 99.)

 

Que devient notre libre arbitre ? Dans les étapes que le maçon doit parcourir pour gagner ses grades, l'historien Gustave Bord précise cette inégalité dans la conduite du profane par le maçon : « ce qu'il faut qu'il (le maçon) comprenne, c'est comment on conduit les hommes, comment on les fait concourir, malgré eux, à la prospérité de l'Ordre. On leur explique comment un petit groupe organisé en aristocratie secrète mène la foule non-organisée; comment un pouvoir occulte, irresponsable mais actif, mène le pouvoir responsable et le rend le principal artisan de sa décadence et de sa mort. On leur apprend que les vices de l'humanité sont les grands leviers des habiles; que, dans la pratique, on ne rencontre qu'un obstacle : la révolte de la conscience humaine, cette chose qu'ils n'ont pu saisir ni comprendre dans les deux premières chapelles, et que tout l'art consiste à endormir cette conscience pour l'empêcher de se révolter. On leur apprend que lorsqu'il suffira à l'homme de déposer un bulletin anonyme dans une urne pour entretenir ses vices et flatter son orgueil, il le mettra.

Lorsque l'initié saura tout cela, il sera un maçon parfait; sa mentalité maçonnique sera parachevée. [...] Voilà ce qu'au XVIIIe siècle on appelait le travail de loge. Voilà comment au nom de l'égalité, le maçon escamotait cette égalité à son profit. Il veut l'égalité entre initiés, il veut l'égalité entre profanes, mais il ne veut pas l'égalité entre initié et profane. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 200.)

 

Le président catholique américain John Fitgerald Kennedy pointa le problème d'une société qui détruit le libre-arbitre dans un discours du 27 avril 1961 au Waldorf Hastoria Hotel :

 

« [W]e are opposed around the world by a monolithic and ruthless conspiracy that relies primarily on covert means for expanding its sphere of influence--on infiltration instead of invasion, on subversion instead of elections, on intimidation instead of free choice, on guerrillas by night instead of armies by day. It is a system which has conscripted vast human and material resources into the building of a tightly knit, highly efficient machine that combines military, diplomatic, intelligence, economic, scientific and political operations.

 

« Its preparations are concealed, not published. Its mistakes are buried, not headlined. Its dissenters are silenced, not praised. No expenditure is questioned, no rumor is printed, no secret is revealed. »

 

Traduction :

 

« Nous sommes confrontés dans le monde entier à une conspiration monolithique et impitoyable qui s'appuie d'abord sur des moyens secrets pour étendre sa sphère d'influence, par l'infiltration plutôt que l'invasion, la subversion plutôt que les élections, et l'intimidation au lieu du libre-arbitre.

C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable, elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignement, économiques, scientifiques et politiques.

Leurs planifications sont occultées et non publiées. Leurs erreurs sont passées sous silence ou non relayées par la presse. Leurs détracteurs sont réduits au silence et leurs avis non sollicités. Aucune dépense n'est remise en question, aucun secret n'est révélé. »

sources: https://www.jfklibrary.org/Research/Research-Aids/JFK-Speeches/American-Newspaper-Publishers-Association_19610427.aspx

et 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_John_Fitzgerald_Kennedy#Le_Président_et_la_Presse_(27_avril_1961) 

 

Entre les élites (maçonniques), c'est-à-dire dans le jargon de la religion maçonnique, ceux qui savent (ceux qui ont la connaissance) ne doivent pas être mis sur un pied d'égalité avec les profanes, les gens du peuple.

On commence à voir la différence entre les deux projets de société. Dans le christianisme, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre (Voir plus loin le paragraphe sur le mensonge de la liberté de l'article 1 de la déclaration des droits de 1789), il dépend de notre obéissance au commandements divins, il n'est pas garanti ici-bas et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin, au contraire, comme nous le verrons plus loin, le bonheur est terrestre, mais il est collectif et il est obligatoire. Marque de tous les totalitarismes. 

 

Du simple point de vue de l'administration des territoires, on observe la même différence entre les deux types de sociétés : « les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal. » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) Après l'économique, l'uniformité caractérise la république des Lumières.

 

 

« Ce n'est pas que le pays fût malheureux : le servage, qui subsistait dans plus autres pays de l'Europe, en avait disparu. Le XVIIIe siècle avait été pour le paysan une ère de prospérité relative. Les hommes de la glèbe s'étaient enrichis jusqu'à acquérir et posséder plus de la moitié du sol. Voltaire dit leur bien-être.  L'instruction populaire sous l'Ancien Régime était plus développée qu'on ne le croit communément. L'industrie était généralement prospère, le commerce avec l'étranger très florissant; depuis Louis XIV, il avait plus que quadruplé. [...] La population du pays se montait à vingt-cinq millions d'habitants – chiffre égal à celui de l'Angleterre et de l'Allemagne réunies. De quoi pouvait-on souffrir ? D'une crise intellectuelle et morale. L'école économique et philosophique composée de ceux qu'on a dénommés les encyclopédistes – du fait que les principaux d'entre eux étaient les collaborateurs de l'Encyclopédie dirigée par Diderot – avait répandu des doctrines et théories faites d'abstractions et d'idées préconçues; à quoi ne tarda pas à se mêler la sensiblerie humanitaire de Jean-Jacques Rousseau. Les nouvellistes, depuis plus d'un siècle actifs à façonner l'opinion publique, s'emparèrent de cette mystique pour lui donner une multiple publicité: groupes de nouvellistes d'où sortiront les clubs dont Augustin Cochin a montré l'action sur les évènements révolutionnaires. [...] "Périssent les colonies plutôt qu'un principe !" "Et si le principe est faux, ajoutera bonnement le gouverneur Morris – ambassadeur américain en France – la maxime est parfaitement sublime." » (Frantz Funck-Brentano (1862-1947), de l'Institut, La Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 3-4.)

 

Les partisans de la première « république » en France en 1792, croyaient dans les promesses du progrès. Voyez cette citation de Voltaire : « Le monde avec lenteur marche vers la sagesse. » (Voltaire. Les Lois de Minos, Act III., Sc. 5.)

 

L'allemand Emmanuel Kant (1724-1804), penseur de l'Aufklärung (Lumières allemandes), pariait lui aussi sur ce processus historique d'émancipation volontaire et progressive de l'homme, sa capacité à promouvoir le bonheur, la paix et la vertu. « À une philosophie (classique) qui a pour fondement Dieu, Kant substitue une philosophie qui part d'un point de vue : celui de l'homme. En ce sens, il effectue une véritable révolution copernicienne » (Info Bac, Les Philosophies et leurs idées, 65 portraits de philosophes, 82 citations, un mini-glossaire, Philosophie, Nathan.) L'anthropocentrisme trouve son regime dans la république des Lumières. Et le paradoxe est que l'homme disparaît, l'individu disparaît au profit d'une collectivité fabriquée, donc factice. On en verra des résultats meurtriers au XXe siècle dans le communisme et le nazisme. En 1799, l'abbé Barruel avait déja ainsi pu ironiser prophétiquement sur cette philosophie kantiste des Lumières : 

 

« Dans le système de ce fameux docteur : [...] Des milliers et des milliers d'années s'écouleront peut-être avant l'heureuse période de cette paix perpétuelle; mais quelque idée qu'on se fasse du libre exercice de la volonté, si est-il certain que les résultats apparents de cette volonté, les actions des hommes, sont ainsi que tous les autres faits de la nature, déterminés par des lois générales. Cette nature marche d'un pas lent, mais certain, à son objet. [...] Tôt ou tard, l'époque de la confédération générale, de la paix perpétuelle, arrivera. Cependant à cette époque même, l'espèce humaine n'en sera encore qu'à moitié chemin de son perfectionnement. – Je ne sais pas s'il plaît au dieu Kant de nous dire quelle est l'autre moitié de la route qui reste à parcourir (Voyez Idées d'une histoire universelle dans les vues du citoyen du monde, par M. Kant, spectateur du Nord, Avril 1798). Mais en attendant, ses disciples en grand nombre nous disent que "l'Europe doit nécessairement se dissoudre en autant de républiques qu'il y a maintenant de monarchies; et qu'alors seulement le genre humain se montrera dans toute sa force et sa grandeur; qu'alors on ne verra plus des êtres incapables à la tête des nations; qu'elles arriveront à ce haut degré de perfection dans lequel se trouve aujourd'hui la France, où la naissance n'est plus rien, où l'on parvient à tout par le génie et les talents." (Mémoires sur le jacobinisme en Allemagne). En attendant encore, d'autres disciples sentent parfaitement ce que c'est que cette autre moité du chemin à parcourir, pour arriver au perfectionnement de l'espèce; et pour ceux-ci, l'homme perfectionné, c'est l'homme n'ayant plus d'autre maître que lui-même, d'autre loi que sa raison; c'est l'homme du professeur de Iéna, l'homme de Weishaupt et de Babeuf. 

 

« [...] Malgré la différences des procédés, il est en effet aisé de voir que le système du docteur Kant, aujourd'hui encore (1799) professeur de Koenigsberg, vient ultérieurement se confondre avec celui du docteur Weishaupt, ci-devant professeur à Ingoldstadt. C'est près de l'un et de l'autre cette même haine de la Révélation, ce même esprit d'impiété, qui ne peut souffrir l'idée d'un monde à venir, où toutes les énigmes de celui-ci se résolvent par la sagesse et la justice du Créateur, où le grand objet de chaque homme et de tout le genre humain se dévoile au tribunal d'un Dieu vengeur et rémunérateur. C'est dans Kant et Weishaupt la même prétention au génie, punie par le délire de leurs suppositions également gratuites et absurdes, qui ne laisse à la génération présente, pour toute consolation de tous ses désastres, que le règne imaginaire de ces Cosmopolites, dont il leur plat de voir la terre se peupler au bout de milliers et des milliers d'années. [...] C'est la même ineptie d'un fatalisme qui nous montre partout une nature faisant toujours ce qu'elle veut, malgré toutes nos volontés, dominant toutes nos actions par ses lois générales. [...] Toute la différence que je vois ici entre ces deux héros du jacobinisme tudesque, c'est que l'un, au milieu de son école de Koenigsberg, s'enveloppe de tous les dehors pacifiques, tandis que l'autre, dans ses mystères, presse et anime ses adeptes, souffle son enthousiasme et ses fureurs à ses Époptes, en leur montrant le jour où il faudra recourir aux moyens de la force, subjuguer et étouffer tout ce qui leur résiste. [...] Les disciples s'échauffent, les Jacobins sourient; et à mesure que le système s'étend, les élèves de l'une et l'autre école s'unissent, forment leurs alliances souterraines. Sous prétexte de cette paix perpétuelle qui attend les générations futures, ceux-là ont commencé par déclarer et faire à l'univers une guerre de cannibales; et de ceux-ci à peine en est-il un qui ne soit prêt à livrer sa patrie, ses lois et ses concitoyens, pour hâter l'empire de leurs Cosmopolites, annoncé par l'oracle de Kant ou celui de l'Homme-Roi, prédit par le hiérophante Weishaupt. » (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, éd. de Chiré, tome 2, Poitiers 2005 ,p. 521-522.)  « Et de ceux-ci à peine en est-il un qui ne soit prêt à livrer sa patrie, ses lois et ses concitoyens, pour hâter l'empire de leurs Cosmopolites... » : Prophétique !

 

Au Canada, ils ont eu du mal avec ces Français (les Gaulois réfractaires au changement de Macron) : « il n'est pas toujours facile de séduire les Français; "Je ne suivrai pas la disposition naturelle de mon coeur, qui dicte la clémence", s'était écrit James Murray, premier gouverneur militaire du pays (6 novembre 1759. Cité par H. Neatby, Quebec. The Revolutionary Age, Oxford University Press, Oxford 1966, p. 142 in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 17.) Après avoir combattu au siège de Louisbourg et sur les plaines d'Abraham, devant Québec, J. Murray (1722-1794) devenait gouverneur militaire de la région en 1760, puis gouverneur civil en 1764 avant d'être rappelé en 1766 et perdre sa charge deux ans plus tard. « Le bonheur, instrument de conquête ou de libération ? Succédant à la gloire des armes, le bonheur des peuples faisait visiblement partie du vocabulaire éclairé du gouvernement. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 34.) 

 

« En 1774, le successeur de Murray, Carleton, parla pareillement de l'octroi d'un régiment aux Canadiens, pour que "leur bonheur fût complet..." » (H. Neatby, Quebec. The Revolutionary Age, Oxford University Press, Oxford 1966, p. 142 in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 375.)

 

Le son du canon célébrant à Philadelphie la Déclaration d'Indépendance, l'envoi de régiments, le triangle maçonnique associé au dollar anticipent déjà la propagation du règne de la liberté et de la démocratie dans le monde, par la guerre et le capitalisme.

 

 

 

 

 

Le 3 mars 1794 (le 13 ventôse, an II), le révolutionnaire Saint-Just s'écriait : « Le bonheur est une idée neuve en Europe !» (Discours et rapports, A. Soboul, Paris, Messidor, 1998, p. 150,  cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 325.) 

 

Tous promettaient le bonheur ici-bas.

Mais le bonheur de qui ? Il est légitime de se le demander. Ainsi, un exemple entre mille, la loi de ventôse an II prévoyait de voler les biens des « suspects » reconnus ennemis de la république pour les donner aux patriotes indigents. La mise en place d'États policiers criminels, les violations de la morale commune, les violations du droit naturel de propriété et des libertés publiques, des inégalités jamais vues autrefois, sont autant d'avancées de la démocratie dans le monde.

 

Depuis 1792 et l'apparition des républiques en Europe, l'ambition de mener l'humanité vers le « Bonheur pour tous », la construction d'une « France nouvelle » (expression de Philippe Pichot-Bravard dans La Révolution française, Via Romana, 2014, p. 79), la fabrication de l'« homme nouveau », « nouvel Adam » (expression de Mona Ozouf dans L'homme régénéré, Gallimard, Paris 1976, p. 116-118), la recherche d'un Âge d'or, sorte de paradis terrestre perdu qu'il s'agit de retrouver par tous les moyens..., quitte à faire la guerre aux autres qui n'en veulent pas, sont avec les droits de l'homme de 1789 les signes du « bonheur obligatoire » (expression du professeur Jean-Louis Harouel.)  

 

Adam et Ève au Paradis Terrestre, par Johann Wenzel Peter (1745–1829)

 

« La révolution [...] offre une promesse vague de liberté et de bonheur qui ouvre un espace infini aux spéculations.[...] Sitôt formulée, toute définition de la révolution s'expose à la concurrence d'autre discours, à des définitions qui en approfondiront la nature et en radicaliseront les objectifs. Là réside le moteur de la dynamique révolutionnaire qui, d'outrances en surenchère dans la définition des fins et le choix des moyens, conduit inexorablement, à travers un processus de radicalisation cumulative du discours, à la violence. » (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 230.) 

 

« Il n'y a jamais de retour en arrière durant ces années, mais, comme dans toute la Révolution (faut-il dire dans toute révolution ?), une radicalisation croissante. » (Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Paris 1989, p. 42.)

 

La promesse vague de liberté et la recherche d'un bonheur est la matrice gnostique et millénariste, qui associée au volontarisme et au constructivisme de la Révolution est à l'origine de tous les génocides, de 1789 à 1917, en passant par le nazisme et la promesse aujourd'hui, en 2018, du "nouveau monde" d'Emmanuel Macron avec son lot de remplacement de peuples et de destruction de sociétés...

 

Au départ pourtant se trouvaient toujours de belles idées, de beaux discours toujours teintés d'anciennes hérésies gnostiques antichrétiennes..., qui n'ont trompé que les personnes naïves. Et à chaque fois, la recherche millénariste de l'Âge d'or a abouti à un enfer.

 

Jean-Jacques Rousseau, le père de l'illuminisme [1] et du communisme nous dit qu'à l'état de nature les hommes vivaient comme le font les animaux. Pour lui, c'était l'âge d'or. Un âge de bonheur indépassable, un état de liberté et d'égalité, où "les fruits étaient à tous et la terre à personne" (Discours sur l'inégalité, ndlr.) Un état "chaque homme était citoyen de l'univers..." (cité in Mgr Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, réd. Expéditions Pamphiliennes, 1999, p. 281.)

 

L'âge d'or des révolutionnaires, où les hommes étaient libres et égaux n'a rien à voir évidemment avec le vrai Jardin d'Eden biblique (Cf. la Chute originelle) où la Chute de l'humanité est due à la première désobéissance à un commandement divin. 

 

Dans le monde nouveau des révolutionnaires, au contraire, la Chute n'est plus due à la désobéissance à Dieu, le fautif n'est plus l'homme, l'homme devient une victime..., le mal se trouve forcément à l'extérieur, dans la société qu'il s'agit de changer pour régler les problèmes et retrouver l'âge d'or de la « liberté ». Il s'agit de la « liberté » du démon de Genèse 3 et pas de celle de Dieu, bien évidemment. 

 

Et en France, la Déclaration des droits de l'homme de 1789 est placée « sous les auspices de l'Être suprême » très maçonnique. Et le « bonheur de tous », opium du peuple, est garanti

 

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 27 août 1789, Archives parlementaires, t. XXXII, p. 525-526, cité in Les Déclarations des droits de l'homme, présentées par Frédéric Rouvillois, Champs Classiques, Paris 2009, p. 58

Or, la recherche du bonheur simplement matérialiste de ces déclarations révolutionnaires méconnaît les vrais fondements immatériels et spirituels du bonheur (purification intérieure par la pénitence et la mortification, recherche de Dieu et respect de Ses commandements), fondements individuels, libres par nature (libre arbitre chrétien), et nécessairement non obligatoires (afin de respecter le libre arbitre de l'homme).

Nous verrons plus bas que le Décalogue (Dix commandements) est la vraie déclaration de droits universelle.

 

« La sagesse commence avec la crainte du Seigneur, connaître le Dieu saint, voilà l’intelligence ! » (Proverbes 9:10)

 

« La sagesse commence avec la crainte du Seigneur. + Qui accomplit sa volonté en est éclairé. À jamais se maintiendra sa louange. » (Ps 110 :10)

 

« Alléluia ! Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté ! » (Psaumes 111:1)

 

« Fais-toi un cœur droit, et tiens bon ; ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide. » (Livre de Ben Sira le Sage 2:2-6

 

« Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ? Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides. Évite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la. Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire. Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre. (Psaumes 33 :13-18)

 

« La lumière des justes est joyeuse ; la lampe des méchants s’éteint. » (Proverbes 13:9) La lumière et la lampe sont des symboles bibliques de la vie et de la joie.

 

« Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier, gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles. Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.» (Proverbes 2:7-9)

 

La promesse divine de bonheur, d'aide et de soutien dans les difficultés de cette vie n'est pas une garantie matérielle contre toute épreuve ou malheur ici-bas (conséquence de la Chute). Notre Seigneur nous avertit même que ceux qui veulent devenir ses disciples s'apprêtent à porter leur croix ! « Alors Jésus dit à ses disciples : "Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive." (Évangile selon S. Matthieu 16:25)

Contrairement au christianisme qui promet un bonheur individuel dans l'autre monde et nullement ici-bas sur terre, la révolution millénariste promet le bonheur terrestre et collectif.

 

« La crainte du Seigneur, c’est la haine du mal. Je hais l’orgueil, l’arrogance, le chemin du mal et la bouche perverse. À moi le conseil et l’efficacité ; c’est moi l’intelligence, à moi la vigueur ! Par moi, les rois agissent en rois et les souverains édictent ce qui est juste. » (Proverbes 8:13-15)

 

« Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; s’il s’effondre, ne jubile pas : le Seigneur verrait cela d’un mauvais œil et détournerait de lui sa colère ! Ne t’indigne pas à la vue des malfaiteurs, ne jalouse pas les méchants, car le mauvais n’a pas d’avenir : la lampe des méchants s’éteindra. Crains le Seigneur, mon fils, et aussi le roi, ne fréquente pas le contestataire, car soudain surgira son désastre. » (Proverbes 24 :17-22)

 

« De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t’appuie pas sur ton intelligence. Reconnais-le, où que tu ailles, c’est lui qui aplanit ta route. Ne te complais pas dans ta sagesse, crains le Seigneur, écarte-toi du mal ! » (Proverbes 3:5-7 )

 

Notre libre arbitre peut choisir de faire le mal mais il n'y a pas de liberté de pécher : « [À] toi, Seigneur, la grâce ! * [...] tu rends à chaque homme selon ce qu'il fait. » (Ps 61:13) Dans les déclarations des droits de l'homme au contraire, il n'y a plus de libre arbitre, la recherche du bonheur conçu comme le bien-être matériel devient le nouveau dogme obligatoire et l'homme est libre de faire le mal, les nouvelles bornes de la loi étant celles de l'homme (souveraineté nationale que nous présenterons plus bas dans le chapitre « Mensonges et contradictions de la déclaration des droits de l'homme de 1789 ») et non plus celles de Dieu (Décalogue).

 

«  [I]l rendra à chacun selon ses actes. » (Pr 24:12)

 

« [L]ui qui rendra à chacun selon ses œuvres. » (Rom 2:6)

 

« Le Seigneur lui rendra selon ses oeuvres. » (2 Thim 4:14)

 

« [J]e donnerai à chacun de vous selon ses œuvres. » (Apocalypse 2:23)

 

« Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » (Apocalypse 22:12-13)

Mélanger des erreurs à la vérité a toujours été le propre des gnostiques, qui dès les premiers siècles avançaient masqués au sein de l'Église, afin d'y répandre le mensonge.

 

« Pour les Pères de l'Église qui, [...] avaient assimilé le paradis de la Genèse à l'âge d'or décrit par la littérature païenne, l'humanité était censée avoir d'abord vécu dans l'abondance sans qu'il y eût ni travail ni propriété privée.

Après quoi, à cause du péché des hommes, il avait fallu instituer la propriété et son corollaire : l'inégalité. Le thème de l'origine commune et publique de tous les biens a été dans l'histoire de l'Église, le sujet d'un grand nombre de sermons.

Ainsi, en 1718, devant le petit Louis XV, le Régent et la Cour, le célèbre prédicateur Massilon expose que toute chose a été commune avant que les biens ne soient partagés et que ne naisse la propriété, pour le bien des peuples et de leur commun consentement.

Personne dans l'Église ne songeait à rétablir ce communisme prétendu des origines, puisque son abandon avait été nécessité par le péché des hommes.

L'évocation d'une origine commune des biens n'était qu'un moyen rhétorique de stimuler la charité envers les pauvres. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 142-143)

 

La quête d'un bonheur matérialiste qui fonde les droits de l'homme des Lumières dans un état hors de soi est sans aucun doute une illusion. Comme le dit saint Augustin« le bonheur est inséparable de la possession de la vérité » (Les Confessions, liv. Xe, chap. XXIII.) Le bonheur est donc individuel. Il y a indéniablement une dimension spirituelle toute personnelle au bonheur que la recherche du bonheur collectif des déclarations des droits de l'homme ignore.

 

Le philosophe Alain (1868-1951) d'ailleurs dit qu'on ne peut trouver le bonheur dans le monde, hors de nous-même : « Dès qu'un homme cherche le bonheur, il est condamné à ne pas le trouver. [...] Le bonheur n'est pas comme cet objet en vitrine, que vous pouvez choisir, payer, emporter; si vous l'avez bien regardé il sera bleu ou rouge chez vous comme dans la vitrine. Tandis que le bonheur n'est bonheur que quand vous le tenez; si vous le cherchez dans le monde, hors de vous-même, jamais rien n'aura l'aspect du bonheur. En somme on ne peut ni raisonner ni prévoir au sujet du bonheur; il faut l'avoir maintenant. » (Alain, Propos sur le Bonheur, Folio, Essai, 1997, Victoires LXXXVII, p. 198-199.)

 

La Sainte Bible précise qu'on peut trouver ce bonheur, mais ce bonheur est individuel : « Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !  » (Psaumes 127)

 

Platon précise que « ce n'est pas de vivre selon la science qui procure le bonheur; ni même de réunir toutes les sciences à la fois, mais de posséder la seule science du bien et du mal. » (Platon, Dialogues, De la Sagesse.) » Il y a un bonheur tout individuel dans le respect des commandements de Dieu.

Inversement, pour les soit-disant « Lumières », « pour le libre-esprit, le vrai péché mortel est l'ignorance par l'homme de sa propre divinité.

[...] À celui qui se pense Dieu, tout est permis sans péché. Sa volonté est celle de Dieu. Tout ce qu'il fait, c'est Dieu qui le fait. [...] En conséquence, le libre-esprit professe un total mépris de la Bible, du Décalogue, de sa morale et de sa justice. À l'extrême, l'adepte du libre-esprit fait ce qu'il lui plaît, sans aucune limite. Il suit ses pulsions, ses caprices. Toute la Création lui appartient : il prend ce qu'il convoite, et si on veut l'en empêcher de s'en emparer, il peut voler et tuer sans péché. Le reste de l'humanité n'existait que pour être exploité par lui.

[...] Tout ce qu'ils font est saint. Même le vol, le meurtre et le viol sont saints, du moment que les victimes sont extérieures à leur groupe. Car seul leur groupe est saint. Seul les saints - c'est-à-dire les révolutionnaires millénaristes - régneront avec Jésus pendant mille ans. Le reste de l'humanité ne compte pas. Les chefs millénaristes ont le droit et le devoir de mener rudement, dans son propre intérêt, la masse aveugle et pécheresse des hommes ordinaires : ceux qui ne sont pas saints, ceux qui ne possèdent pas la connaissance. On retrouve chez les meneurs millénaristes l'élitisme méprisant qui caractérisait le gnostique. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 44, 105)

 

La première incohérence de l'illusion moderne est la recherche d'un Âge d'or largement fantaisiste et fantasmé, une promesse de bonheur où les hommes seraient libres et égaux. En effet, tout ce que la science a enseigné depuis sur la préhistoire a réduit à néant le mythe rousseauiste du « bon sauvage ». (Voir Laurence Keeley, Les guerres préhistoriques, Le Rocher, Paris 2000; Jean Guilaine et Jean Zammit, Le Sentier de la guerre, Le Seuil, Paris 2001)  

Mais le mythe du bon sauvage n'est pas la seule illusion qui peut être relevée. 

Changer la société. Changer les autres pour améliorer nos conditions et trouver le bonheur doit être définitivement réprouvé et condamné comme une position anti-humaine qui a conduit aux pires régimes. Cette grave erreur était déjà celle de Lucrèce, poète philosophe latin du Ier siècle av. J.-C., disciple d'Épicure, dont les idées inséraient la recherche du bonheur des hommes dans une vision matérialiste du monde. C'est cet épicurisme qui a imprégné la culture moderne, les "Lumières" et le darwinisme. La conclusion même de du poème De rerum natura de Lucrèce, se termine dans l'absurde : loin d'éloigner la peur de la mort, les épicuriens l’accentuent : « l'attitude  prométhéenne d'un certain siècle des Lumières, du positivisme, du néo-positivisme et de tous les courants qui deviennent les porte-parole d'une vie meilleure grâce aux efforts de la raison humaine pour se libérer du Mystère. L'objectif n'a pas été atteint. La sérénité et la joie dans le poème ne dominent pas. Le sens de l'absurde et de l'irrationnel semble finir par triompher dans les dernières scènes tragiques. » (Lire: Giovanni Fighera, « Lucrèce, l'impossible recherche du bonheur » ) Cette erreur fut ensuite celle de tous les totalitarismes. 

 

La première « république française » (1792-1802), la Révolution dite « russe » de 1917 et le communisme, le nazisme, ont montré que le secret du « bonheur » dans la divinité de l'homme succédant à celle de Dieu est une absurdité dangereuse. 

 

C'est l'historien François Furet qui, le premier, a vu le problème dans "Le Passé d'une illusion, essai sur l'idée communiste au XXe siècle (Robert Laffont / Clamann-Lévy, Mesnil-sur-l'Estée 1995, p. 41) : « En matière de démonstration des lois de l'histoire, Marx est inégalable. Il offre de quoi plaire aux esprits savants comme aux esprits simples, selon qu'on lit Le Capital ou le Manifeste. Tous, il semble donner le secret de la divinité de l'homme, succédant à celle de Dieu... »

« François Furet a observé que communisme et nazisme prétendaient offrir "quelque chose comme un salut en face des misères de l'égoïsme bourgeois." Par-delà les différences de contenu entre nazisme et communisme, il s'agissait dans les deux cas de réaliser le paradis sur la terre... et les mêmes mots furent employés pour décrire la société harmonieuse que l'on entendait fonder. D'où entre eux, une relation complexe, faite d'antagonisme, mais aussi de parenté. Et aussi bien Staline que Hitler ont été débarrassés "de tout scrupule sur les moyens" par la croyance que leur procurait l'idéologie : "La construction du socialisme implique la liquidation des 'Koulaks', et l'organisation de l'Europe nationale socialiste, celle des Juifs." » (François Furet, Le Passé d'une illusion, éd. Robert Laffont / Calmann-Lévy, Paris 1995, p. 217, 224, 228, cité dans Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 154.)

Dans ce progrès des Lumières, seul compte le mouvement, qui donne l'impression que le gouvernement a prise sur le réel (mythe de l'efficacité révolutionnaire). 

En 2017, Patrick Buisson a pu ironiser sur les marcheurs : 

« vingt millions de marcheurs le 7 mai. Vingt millions, ils se sont mis en marche. Vers où, vers quoi ? La question est superflue. Cela n'a aucune espèce d'importance. L'important, c'est le mouvement. En marche, n'est qu'à bien y regarder la déclinaison remise au goût du jour du slogan de François Hollande en 2012 : "Le changement, c'est maintenant", disait-il. [...] Nous sommes ici au coeur du bougisme. Cette ultime métamorphose de l'idée de progrès. Une idée à bout de souffle, mais qui connaît un nouveau regain à travers le bougisme, règne du mouvement devenu l'essence même de l'existence, avènement du changement perpétuel non comme un moyen pour parvenir à sa fin mais comme sa propre fin ! 

« [...] Emmanuel Macron, le candidat pro business, le candidat geek des technologies de pointe, porteur d'une promesse d'un paradis de prospérité et de croissance économique, pourvoyeuse de confort et de vie heureuse (les "jeunes vieux"), à peine entré en fonction, a déjà une utopie de retard. Ces gens-là aiment se présenter comme la jeunesse du monde alors qu'il ne sont que la vieillesse de l'homme ! Il (E. Macron) a une utopie de retard car la promesse fondatrice du progrès, l'assurance absolue d'une amélioration, inéluctable, générale et universelle, cette promesse ne fait plus recette parce qu'elle a failli sur la question du bonheur. L'indicateur de cet échec, on le trouve dans la croissance exponentielle de la production, de la consommation et du trafic de la drogue à l'échelle de la planète. Le chiffre d'affaires mondial du trafic des stupéfiants, faut-il le rappeler, n'est dépassé que par le commerce de l'alimentation et celui du pétrole. Il se situe devant celui des médicaments. L'explosion du trafic de la drogue au coeur du village global, au coeur du village planétaire procède du principe fondateur de la modernité : la déception, l'attente toujours insatisfaite de plaisirs croissants, immédiats, l'incompréhension et le rejet de la nature humaine lorsqu'elle amène le vieillissement et l'affaiblissement du corps. En cela, il (E. Macron) exprime le décalage entre le bonheur promis et le bonheur réel dans nos sociétés...

« Comme l'écrit Pierre de La Coste, dans le livre "L'Apocalypse du Progrès", 'le progrès est en lui-même un crack, mélange d'addictifs d'héroïne individualiste et de cocaïne déterministe qui fait de l'homme un dieu." Ajoutons pour compléter ce bilan que la France compte aujourd'hui six millions (soit 10% de la population), de consommateurs d'anti-dépresseurs et d'anxiolytiques et qu'elle détient le record mondial de consommation de médicaments psychotropes avec 65 millions de boîtes vendues par an (une par habitant).

« La promesse du progrès et la dictature du bonheur qui l'a suivait comme un ciel de traîne auront été le paradis artificiel par excellence du demi-siècle qui vient de s'écouler. Érigée en impératif catégorique, l'injonction au bonheur a amplifié le désarroi de ses victimes et transformé l'hédonisme en pensum. Voilà comment nos sociétés, comme le dit Pascal Bruckner, sont "les premières de l'histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux !

« Socialisme et capitalisme, ces "deux idées chrétiennes devenues folles" (Chesterton) sont en train d'achever leurs courses : le mystère chrétien est disponible pour une autre aventure de l'esprit. Toute la question est de savoir maintenant laquelle ! » (Patrick Buisson le mardi 16 mai 2017 au Théâtre Montansier à Versailles.)

 

Les promesses du progrès et du bonheur collectif terrestre ont leurs sources  dans « le millénarisme et la gnose » qui « ont un point commun [...], qui est le refus de considérer que le mal peut résider en l'homme, ainsi que l'enseignent le judaïsme et le christianisme.  [...] Pour les gnostiques, le mal résulte exclusivement de l'enfermement de parcelles de l'esprit divin dans la matière et dans le temps, et par voie de conséquence de la formation des sociétés humaines et des règles qui les régissent. Le responsable du mal est le démiurge Yahvé, créateur d'un monde terrestre calamiteux. [Dans la gnose, Dieu devient le mal; la Création est mauvaise, il faut la changer !]

Et « dans cette affaire, l'homme n'est qu'une victime.[...] S. Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que "le péché n'est pas notre fait, mais l'oeuvre en nous de je ne sais quelle substance étrangère...

[...] C'est l'idéologie selon laquelle le fautif est en réalité une victime ! » (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 51.)

Les gnostiques confondent les créatures avec le Créateur (panthéisme); ils disent que le chemin de la libération pour l'homme c'est de se prendre pour Dieu. Ils enseignent un monde moniste (sans distinction du temporel et du spirituel), l'unité de l'homme et de Dieu. « Le gnostique appartient à la race supérieure des êtres "hypercosmiques". C'est l'homme-Dieu. La gnose divinise l'individu, ou du moins certains individus... (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 19.) Ceux qui ont la connaissance.

« À toutes les époques il y eut des hommes qui cherchèrent à expliquer les phénomènes de la nature et à deviner le secret de Dieu. L'homme, dès son berceau, voulut connaître les causes de son origine, le but de son existence, et sa destinée après sa mort. Il voulut goûter au fruit de l'arbre de la science et du mal, entrer en lutte avec la Divinité, et résoudre un problème dont il ne pouvait poser l'équation.

[…] [L]a secte des francs-maçons incarne depuis le XVIIIe siècle les sectes recherchant le secret éternel de l'humanité, de ces gens, qui ne pouvant comprendre et définir Dieu, las de le chercher en vain, trouvèrent plus commode de […] déifier l'homme. 

Envisagée de ce point de vue, la franc-maçonnerie est une secte fort ancienne, la plus ancienne même qui fût sur la terre ; sectaires en lutte acharnée avec l'homme résigné qui se contente de son travail, de l'amour, de la foi et de la prière, les francs-maçons représentent, au point de vue chrétien, l'orgueil de l'homme, l'esprit du mal, la révolte contre Dieu. » (Gustave BordLa franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 5.)

 

Et alors que « l'homme de droite rejette l'idée de gauche d'une extériorité du mal », « la gauche [...], du fait de ses racines mentales gnostiques et millénaristes, considère que le mal ne réside pas en l'homme, que celui-ci en est la victime et non l'auteur.

« Pour la gauche, le mal n'est pas "un problème interne à l'âme, mais un problème externe, inhérent à un état de choses insatisfaisantes". Il y a là, selon l'expression d'Eric Voegelin, un processus d'"extériorisation du mal..." (Eric Voegelin, La Formation de l'idée de race, 1940, Cités, n° 38, 2008, p. 160).

« Alors que la gauche veut toujours tout changer, la droite prend le monde comme il est : son objectif est de le faire durer tout en essayant de le rendre le plus vivable possible malgré la présence du mal en l'homme. La droite est l'anti-utopie.

« Et cela, fondamentalement, parce que la droite ne croit pas au dogme de la gauche de la bonté de l'homme, un dogme qui - par-delà Rousseau - provient de la gnose et de son idée de divinité des âmes, une âme divine étant par définition parfaite. Cette foi en la divinité de l'âme engendre la croyance d'origine gnostique [...] en l'existence originelle de facultés supérieures, voire surnaturelles, dont on trouve trace chez le primitif et le jeune enfant : des pouvoirs perdus que l'homme moderne se doit de reconquérir (Serge Hutin, Les Gnostiques, Puf, Paris 1959, p. 124).

« [...] Refusant d'accepter le fait que le mal est en l'homme, la gauche est frappée d'une immense cécité envers le mal. [...] Décidant que le mal résultait d'un vice de la société - trop inégale ou comportant trop d'éléments malsains (aristocrates, bourgeois, ecclésiastiques, Juifs, contre-révolutionnaires, complotistes, ou même simples modérés) -, les grandes utopies qui ont prétendu extirper le mal de la société ont déchaîné le mal dans des proportions inouïes. Cela a donné les atrocités et les exterminations des grandes religions séculières, l'horreur des camps où tout reposait sur le mal - les kapos des camps nazis, les camps soviétiques livrés aux bandits -, le martyre de populations entières depuis l'holocauste des Vendéens jusqu'à celui des Cambodgiens, en passant par la Shoah. Et tout est à redouter du grand programme de remplacement par des populations immigrées des peuples européens condamnés à disparaître par le sens de l'histoire de l'utopie droit-de-l'hommiste.

« [...] Dans l'anthropologie chrétienne, le "mal dans le monde est intimement lié à la condition de l'homme en général, et de chaque homme en particulier." (Eric Voegelin» La Formation de l'idée de race, art. cit., p. 160.)

« Et si le mal est en l'homme, rien ne sert de bouleverser la société sinon à accroître encore le mal ! 

« La recherche du bien de tous passe par l'acceptation des réalités. Il n'y a pas d'utopie de droite : l'homme de droite est fondamentalement réaliste. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, ibid., 123-126.)

 

Dans l'idéologie progressiste des Lumières, le passé, en plus d'être falsifié, est systématiquement noirci. 

 

Il n'y a rien de positif dans les idées révolutionnaires. La polémique révolutionnaire est négative. « Qu'il s'agisse de La Fayette, de Robespierre, du patriote Palloy, du vertueux La Rochefoucauld ou des commères des Halles, tous ils se grisent d'un enthouaisme dont l'éclat tient à leur haine pour un passé. [...] C'est le seul lien solide entre tous lés révolutionnaires.  [...] Et c'est encore à l'heure actuelle, la haine du passé qui, seule, peut maintenir le culte du progrès.

[...] La Révolution [...] commença comme un effort violent pour libérer les hommes de leur passé, mais elle devint à son tour un passé qui prétendit supplanter tous les autres » (Bernard Faÿ, L'homme mesure de l'histoire, La Recherche du Temps, Labergerie, Paris 1939, p. 77-80.) 

François Furet a ainsi pu écrire « Le Passé d'une illusion » au sujet du communisme. 

Le Sens commun de Thomas Paine – ce britannique « citoyen de l'univers » apôtre des Lumières qui avait débarqué à Philadelphie le 30 novembre 1774, à trente-sept ans, avec en poche une lettre de Banjamin Franklin (B. Vincent, Thomas Paine, ou la religion de la liberté, Paris, Aubier, 1987, p. 11) – célèbre cette genèse du monde qui permettrait à chaque jour d'inventer son avenir, sans les projections d'un passé fallacieux, marqué par la pesanteur et l'inertie.

Thomas Paine croyait à la jeunesse du monde. La monarchie, la filiation, l'inégalité étaient des absurdités qui perpétuaient l'injustice : il suffisait de s'en défaire. « Il existe en effet  une "parenté honteuse" entre la succession héréditaire et le péché originel : l'Amérique, nouvel Eden, permettait de surmonter les effets désastreux de la Chute. La Révolution américaine était un nouveau départ pour l'humanité tout entière ! » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 187.) Thomas Paine, « sorte d'idéaliste à la Rousseau, qui avait rejeté la religion quaker de son père, s'était installé à Philadelphie. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 377.) C'est là qu'il publia son manifeste de la Révolution à venir, le Common sense, qui connut un succès phénoménal. Imprégné de la philosophie des Lumières et de messianisme millénariste prophétique, il était franc-maçon. (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 132.) « Il appelait au rejet des vieux mondes englués dans leur passé – celui des monarchies, des aristocraties, des castes inégalitaires – , et à l'édification d'un rêve américain, aurore éblouissante d'une ère nouvelle pour l'humanité entière... » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 377.) La jeunesse du monde de Thomas Paine, en réalité, était vieille comme la Genèse. Ses idées étaient celles du Serpent de Genèse 3. Le serpent, d'ailleurs (et ce n'est sans doute pas un hasard !) est le premier symbole américain (pré-révolutionnaire) de Benjamin Franklin :

 

"Joignez-vous, ou mourez": ce dessin politique de Franklin a exhorté les colonies à se réunir pendant la guerre de sept ans (1756-1763). Image : Benjamin Franklin. “Join or Die”. Pennsylvania Gazette (Philadelphia), May 9, 1754. Newspaper. Serial and Government Publications Division, Library of Congres.  Benjamin Franklin a consulté des livres d'emblème baroques pour trouver un symbole approprié pour l'union des colonies. Une source française a fourni l'image d'un serpent avec la devise qui se traduit comme "Joignez-vous, ou mourez". (Source: http://www.loc.gov/exhibits/uscapitol/s1.html )

 

Le terme hasard qu'aimaient employer les Lumières du XVIIIe siècle ne tombe-t-il pas bien dans le cas du Serpent de Benjamin Franklin ? Une gravure de 1782 qui suggère la futilité des nouveaux efforts britanniques pour réprimer les Américains par la force, et montre un serpent étouffant les Britanniques en formant un 666 (Source de la gravure) n'est-elle pas significative ?

 

« En cette fin d'hiver 1780-1781, la situation des Américains paraissait désespérée : pas d'argent, plus de médicaments dans les hôpitaux, une armée en débandade. Washington avait été confronté à plusieurs mutineries, notamment celle des troupes de Pennsylvanie à Morristown » (dans le New Jersey). (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 413.) Washington informa Rochambeau de la gravité de la situation. (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 239.) « Pendant ce temps, l'armée régulière de George III tenait New York et les États du sud, et la Royal Navy conservait la suprématie maritime. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 413.) « Une bataille se déroula à la mi-janvier (1781) aux Cowpens, aux confins des deux Carolines, lorsque Morgan résista victorieusement à l'assaut du général anglais Banastre Tarleton. Charles Cornwallis fut plus heureux à Guilford Court House en mars (1781). » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 240.)

 

Gravure publiée au début des négociations de paix (en 1782). Le serpent à sonnettes américain dispose : "deux Armées britanniques pour lesquelles j'ai ainsi Burgoyn'd (?) Et une salle de plus j'ai derrière." Un écriteau est affiché sur un troisième encerclement vide : "un Appartement pour Messieurs les Militaires." Le dessin montre le serpent "américain", l'emblème utilisé par les Américains comme symbole sur leur drapeau avant l'adoption des étoiles et des rayures, avec deux de trois bobines autour des unités des soldats britanniques, commandé par Burgoyne et Cornwallis au moment de leur reddition. Gillray lance des satires contre l'effort de guerre britannique. Le vers imprimé au-dessous de l'image reflète la sympathie répandue en Angleterre pour la cause américaine. Source: http://www.loc.gov/pictures/item/96510312/

 

Jean-Christian Petitfils, dans sa biographie sur Louis XVI indique que « La Fayette [...] en juin (1782) [...] se fit recevoir à la loge de Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social, mère loge du rite écossais en France, peut-être par fidélité pour Washington qui lui aussi était maçon... » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 420-421.)

 

Il suffit de voir le fossé, le gap des inégalités aux États-Unis pour voir qu'il y a un gros problème dans le logiciel des Lumières. Voici une analyse des erreurs et de l'impasse des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789.

 

La société de la promesse de bonheur conduit à l'amour obligatoire... Totalitarisme de l'injonction au bonheur

 

« [...] Religion de l'amour divin, le christianisme n'a guère cherché à introduire des valeurs d'amour dans le droit des nations européennes. [...] [C]ela était conforme à la disjonction chrétienne du politique et du religieux, fondée sur l'idée que les responsabilités politiques et juridiques sont d'ordre purement terrestre - de la compétence du prince ou du peuple -, tandis qu'à l'inverse le royaume de Dieu n'est pas de ce monde. 

 

[...] Un monde parfait n'est d'ailleurs même pas chose désirable aux yeux de S. Augustin, car si Dieu (qui est la Vérité) est le dispensateur du bonheur terrestre, il ne veut pas que celui-ci soit considéré comme important. L'instabilité des choses humaines est voulue par Dieu (depuis la Chute originelle) afin que les hommes ne se concentrent pas sur la recherche du bonheur terrestre au détriment du seul bonheur véritable: celui du salut éternel.

[...] Le projet chrétien n'est pas de changer la société, mais de changer les âmes. Il  y a dans le dogme chrétien, l"'impossibilité essentielle d'une théologie politique chrétienne." (Pierre Manent, dans Commentaire, cité par Paul-François Paoli, Quand la gauche agonise, éd. Le Roche, 2016, p. 151). 

 

[...] Malgré son appel constant à la charité et son idéal égalitaire et fraternel, le christianisme a toujours refusé l'idée de mesures coercitives pour les imposer à la société.» (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, ibid., 129-131)

 

L'amour obligatoire, c'es-à-dire l'amour coercitif imposé par la religion des droits de l'homme contre le peuple, la société de l'injonction au bonheur, c'est cette grande hérésie gnostique qui continue d'imprégner nos institutions et d'inspirer les régimes dits libéraux à prétention universelle, fomantant à chaque fois avec l'argent de la banque toutes sortes de révolutions, de coup d'état et autres révolutions de couleurs, pour changer le monde... en changeant les autres biensûr, de force et souvent, contre leur volonté !

 

Ainsi l'histoire montre que « de demi-siècles en siècles » (selon l'expression de Reynald Secher dans Vendée, Du génocide au Mémoricide, Cerf politique, Paris 2011, p. 306) républiques et démocraties (populaires, représentatives directes ou indirectes) ont toutes été accouchées dans la violence, des bains de sang, des guerres internationales, des guerres civiles, des génocides de classes ou de races, au plus grand profit de la banque et des financiers.

C'est que, nécessairement, il doit y avoir dans la construction de cette chose de tous moderne, la res publica, un génome de la terreur. Ce génome, l'historien Patrice Gueniffey le trouve dans l'association du volontarisme (la Volonté générale) et du constructivisme (la prétention de construire une nouvelle société meilleure que l'ancienne...), dont la réunion contient virtuellement toute la terreur révolutionnaire : « L'association du "volontarisme" et du "constructivisme" constitue ainsi la première racine de la Terreur révolutionnaire. L'histoire de la Terreur ... ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté» (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.)  

Le constructivisme est toujours l'idée reçue des politiques, dans la campagne infantilisante de François Hollande (« Le changement c'est maintenant »), la thématique de Nicolas Sarkozy avec sa « France d'après » en 2007, le sujet du clip « Changer le monde avec les jeunes de l'UMP », ou encore l'utopique « nouveau monde » et l'idéologie progressiste d'Emmanuel Macron, définissant les Gaulois « réfractaires au changement »... : 

 

« Emmanuel Macron qui avait promis le nouveau monde, manifestement il a gardé les habitudes, peut-être les pires de l'ancien monde, puisque cette affaire (Benalla) rappelle de sombres affaires que l'on a connues déjà sous la Ve république ! », a pu ironiser le journaliste Bruno Jeudy, dans l'émission C dans l'Air.

Dans le Nouveau Monde d'Emmanuel Macron, les apparatchiks ont une vénération quasi superstitieuse et religieuse pour le mot « changement », sorte de mot magique des marchands de sommeil, professionnels de la politique.

 

«  Je t'aime plus que jamais et jusqu'à la mort », écrivait le rosicrucien Robespierre au conventionnel Régicide Danton [2], un an avant de la lui faire infliger. (Danton sera exécuté le 5 avril 1794.)

 

Le bonheur: racine de la Terreur révolutionnaire et obligatoire

 

« C'est que « les acteurs de la Révolution ont la conviction [...] que la régénération du royaume apportera à tous le bonheur.

La tentation est grande, dès lors, de considérer comme un mal tout ce qui peut faire obstacle à cette régénération, à regarder comme nocifs et dangereux tous ceux qui ne partagent pas cet enthousiasme.

Cette conviction porte les plus radicaux à vouloir détruire ces obstacles, éliminer ces êtres qui ne peuvent être que pervers puisqu'ils s'opposent au bonheur de tous.

Quelques massacres individuels ont lieu pour en débarrasser l'humanité et pour frapper de terreur ceux qui seraient tentés de les suivre. [...] La poursuite de la Révolution exige donc leur neutralisation, leur opposition multipliant, en effet, les obstacles sur la route du bonheur collectif.

[...] Elle appelle donc un nouveau durcissement, une radicalisation, [...] de nouveaux massacres, qui suscitent en retour des réactions de rejet.

[...] La machine est lancée, plus rien, ni personne, ne peut l'arrêter.

Plus la Révolution se radicalise, moins elle est suivie; plus son assise populaire réelle est faible, plus la contrainte doit être forte, plus le climat de terreur doit être pesant.

Le paroxysme de cette radicalisation sera atteint, par étapes successives, au cours de l'hiver 1793 - 1794 au moment des colonnes infernales qui sillonèrent la Vendée, des Noyades de Nantes, des fusillades d'Angers et des canonnades de Lyon. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana, 2014, p. 66-67)

 

« Cet étrange phénomène a été parfaitement analysé par le doyen Carbonnier. Ainsi qu'il l'observe, il existe indiscutablement, depuis le départ, dans les droits de l'homme, l'idée d'une fraternité humaine et donc d'un devoir d'amour de l'autre. Mais cette dimension d'amour des droits de l'homme est longtemps restée strictement dans le registre de la morale individuelle. Elle ne relevait que de la conscience de chacun, qui était absolument libre de s'y conformer ou non. [...] Ce devoir restait purement éthique: il n'entraînait pas d'obligation juridique et donc pas de sanction judiciaire. L'autre ne disposait pas du droit de s'adresser aux tribunaux pour exiger l'accomplissement du devoir d'amour qui lui était moralement dû. Cette fraternité pouvait être fervente et sans limite, mais elle était librement consentie.

Or tout a changé dans le seconde moitié du XXe siècle après l'entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l'homme de 1950. [...] Il en est résulté une nouvelle version de la morale des droits de l'homme, centrée sur l'obsession de la non-discrimination. L'Etat s'est approprié cette "morale renouvelée". [...] Dès 1972, la loi Pleven a introduit la sanction pénale de tout propos jugé susceptible d'encourager à une quelconque discrimination. [...] Le nouveau code pénal de 1994 sanctionne comme des délits pénaux "une sérieur de pratiques discriminatoires". [...] Du code civil ainsi que de diverses autres lois, il en résulte une obligation juridique de non-discrimination : celui qui "propose au public quelque avantage" ne doit en exclure personne pour cause de sexe, de race, de religion, etc. Désormais, si quelqu'un estime avoir fait l'objet d'une discrimination de la part d'un autre individu, d'une entreprise ou d'un organisme quelconque, cette personne ou une association désireuse d'agir pour elle peut déclencher un procès pénal.

[...] L'amour qui est au coeur de la religion séculière des droits de l'homme n'est pas l'amour chrétien, même s'il présente des ressemblances avec lui. C'est une version profondément déformée de l'amour évangélique.

[...] (L'amour dans) [L]e christianisme évangélique, [...] c'est une démarche purement personnelle, intérieur et libre. La religion séculière des droits de l'homme transforme radicalement cette démarche en lui fixant pour objet non plus Dieu, mais l'homme-Dieu de la gnose, en la rendant collective et en lui donnant un caractère obligatoire.

[I]l s'agit comme on l'a vu d'obtenir le paradis sur la terre en instaurant hic et nunc un amour de l'autre jusqu'au mépris de soi au nom de l'humanité divinisée. C'est au nom de cet amour que l'on est requis de voir l'autre comme le même, fût-ce contre l'évidence. 

[...] Avatar actuel de la religion de l'humanité, la religion séculière des droits de l'home est un système politico-religieux réglementariste, coercitif et répressif dont l'État est en même temps l'Église.

[...] Il y a une véritable trahison du peuple par l'État. Car si tout État a des devoirs envers l'humanité, il a des devoirs prioritaires envers le pays dont il constitue le visage institutionnel. Il doit veiller prioritairement à ses intérêts, sa prospérité, son inscription dans la durée. Mais en Europe occidentale - et en France moins qu'ailleurs -, l'État n'a presque aucun souci des intérêts concrets du peuple. Son avenir importe peu. L'État veille seulement à sa sainteté, à sa vertu, par le respect obligatoire des dogmes du millénarisme de l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi. Les manifestations d'opinions non conformes à ces dogmes sont les nouveaux crimes religieux, sanctionnés par un nouveau droit pénal religieux...

[...] [D]ès 1965 [...] Léo Strauss [...] expose que le libéralisme repose essentiellement "sur la reconnaissance d'une sphère privée, protégée par la loi, mais où la loi ne peut pénétrer." Or une interdiction légale de toute discrimination signifie une inquisition policière et judiciaire constante au sein de la vie privée, et donc "l'abolition de la sphère privée, la négation de la différence entre l'État et la société, la destruction de l'État libéral." (Leo Strauss, cité par Pierre Manent, La raison des nations, p. 82-83) Bref, un système totalitaire. Il est fou et suicidaire de faire de l'amour absolu de l'autre la norme juridique suprême sanctionnée par le juge.

[...] Or, une fois laïcisées et transformées en religion séculière d'État dont les violations sont sanctionnées par le droit, les valeurs évangéliques sont socialement catastrophiques. Il y a un côté impraticable de l'Évangile pour la vie normale. Aimer son ennemi, tendre l'autre joue : ce sont des chemins de sanctification individuelle, pas des règles de droit que l'on peut imposer à toute une population. [...] Le Christ conseille de pardonner sans fin et de tendre l'autre joue quand on est frappé. Mais cela concerne la morale individuelle et non la justice publique. » (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016)

 

La religion civile ou religion séculière des droits de l'homme 

 

« "La doctrine des droits de l'homme est la dernière en date de nos religions civiles", observait dès 1989 Régis Debray (R. Debray, Que vive la république, éd. Odole Jacob, Paris 1989, p. 173).

 

« Le même constat sera effectué peu après par le célèbre historien François Furet : "Les droits de l'homme sont devenus notre religion civile." (Inventaires du Communisme, éd. Ehess, Paris 2012, p. 68.)

 

« "La morale des droits de l'homme a revêtu les signes d'une religion d'État", a noté au même moment un juriste réputé, le doyen jean Carbonnier (J. Carbonnier, Droit et passion du droit sous la Ve république, éd. Flammarion, Paris 2010 [1996], p. 120).

 

« "Les droits de l'homme sont devenus notre 'dernière religion séculière", dira pour sa part Élie Wiesel (cité par Justine Lacroix, Jean-Yves Pranchère, Le Procès des droits de l'homme, éd. du Seuil, 2016, p. 23.) 

 

« [...] Le recul des croyances et de la pratique religieuse chrétienne qu'a connu l'Europe occidentale n'a pas fait disparaître le sacré, mais a seulement entraîné son déplacement. [...] Il existe aujourd'hui une véritable religion séculière des droits de l'homme, que l'on peut appeler aussi la religion humanitaire. 

 

[...] Le socialisme, observait Durkheim, "est tout entier orienté vers le futur" (Émile Durkheim, Le Socialisme, édité par M. Mauss, Félix Alcan, Paris 1928, p. 4). Et, selon une formule déjà présente chez Zola, la gauche se considère comme le parti de demain. La gauche est animée par la croyance progressiste en l'existence d'un grand mécanisme historique providentiel et irrésistible conduisant le genre humain vers un avenir radieux. (Jean-Claude Michéa, Les Mystères de la gauche, éd. Flammarion, Paris 2014, p. 30-32.)

 

[...] Se rattache à la religion de l'humanité cette religion républicaine instaurée sous le nom de laïcité par Ferdinand Buisson, maître d'oeuvre de la construction de l'école laïque de la IIIe république. Voyant dans la déclaration des droits de l'homme du 26 août 1789 la transposition sociale de l'Évangile, la morale laïque de Ferdinand Buisson se voulaient explicitement une religion civile se confondant plus ou moins avec le socialisme.. Cette religion laïque visait à instaurer le paradis sur la terre grâce à une rédemption collective assurant le salut de la société et non de l'individu. (Vincent Peillon, Une religion pour la République, éd. du Seuil, Paris 2008, p. 125, 141, 232, 248, in Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 41.)

 

Le christianisme a toujours enseigné que c'est la vérité qui donne un sens à l'amour et non l'inverse. On s'efforce d'aimer son prochain parce qu'on aime Dieu et que l'on souhaite conformer nos actes et nos pensées aux commandements divins.

L'amour des autres, le pardon, la compassion, le don gratuit, et le soutien utile, sont des capacités fondées sur les enseignements du Christ, conduites par la foi en un pouvoir extérieur à l'homme. Toutes les déclarations de droits et codes législatifs pourront proclamer l'amour obligatoire sanctionné pénalement, rien ne sera plus fort que l'amour gratuit, libre et non-coercitif, l'amour du prochain pour l'amour de Dieu. Jean-Louis Harouel l'explique très bien :

« En plaçant dans la perspective du salut son idéal d'amour absolu, le christianisme a pu apporter à la société des valeurs ineffables, mais sans compromettre le fonctionnement de la cité terrestre qui a besoin pour survivre de valeurs de durée.

[...] [M]algré son appel constant à la charité et son idéal égalitaire et fraternel, le christianisme a toujours refusé l'idée de mesures coercitives pour les imposer à la société. Il entend toucher les coeurs et non contraindre les corps. La poursuite de la liberté et de l'égalité à tout prix - même au prix de la violence et de la tyrannie - est une trahison du christianisme (que l'on trouve chez les gnostiques francs-maçons de la république dite française. NdCR.), lequel est certes porteur de ces valeurs, mais qui les inscrit dans l'optique du salut, dans le registre des âmes. Dans cette logique, on ne cherche pas à tout changer par la contrainte (le volontarisme et le constructivisme dans la Révolution. NdCR.) et la spoliation sous le prétexte toujours menteur au bout du compte de tout rendre parfait. On s'adapte à la société et aux institutions existantes, quitte à essayer d'y faire souffler un vent de générosité inspiré par l'amour de Dieu.

[...] On aime son prochain non à cause de lui-même, mais à cause de l'amour primordial que l'on porte à Dieu. 

[...] Il y a deux conceptions religieuses de la manière d'agir sur le monde: la manière chrétienne et la manière millénariste. La manière chrétienne consiste à se changer soi-même pour se consacrer aux autres. Pour tâcher de rendre meilleur le monde, la solution chrétienne est le don: un don qui dans l'absolu peut être le don intégral de soi-même et de ce que l'on possède. 

À la solution millénariste est de changer le monde en changeant la société, ce qui veut dire concrètement en changeant les autres par la contrainte et même la violence. Le projet millénariste de transformation sociale - qui est devenu mutatis mutandis celui de la gauche - repose sur la volonté de contraindre et de prendre. Prendre aux gens ce qu'ils possèdent, leur prendre leur liberté d'agir, de penser, de parler, pour les obliger à une sainteté collective (la vertu de Robespierre. NdCR.) censée être porteuse de l'avenir radieux du paradis égalitaire.

Le projet chrétien, inspirateur de la pensée de droite, repose sur l'idée généreuse du don : donner des secours, donner du savoir. Le projet millénariste, obsédé d'égalitarisme et inspirateur de la pensée de gauche, a pour méthode et pour objectif de prendre, de spolier. La passion égalitariste conduit au vol pur et simple. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 131-132; 138-139.)

 

En 1789, le culte de l'« Être suprême » légitime le pouvoir de l'oligarchie terroriste (Patrice Gueniffey)

 

« La Terreur vertueuse exige un pouvoir absolu, soustrait à tout examen comme à toute discussion. C'est à ces différents résultats que tend le culte de l'Être suprême institué le 7 mai 1794 sur la proposition de Robespierre. [Culte de l'être suprême déjà présent dès 1789 dans la déclaration des droits de l'homme de 1789 avec l'expression - en préambule - "sous les auspices de l'être suprême". NdCR.]

 

« En donnant à la Terreur la caution de la volonté divine, le nouveau culte la soustrait à toute critique qui s'appuierait par exemple sur la disparition de toute menace pour en contester l'utilité; en redéfinissant la révolution comme une guerre déclarée à la "corruption", il parachève l'absorption de la politique dans la sphère de la morale. Dans ce sens, le culte de l'Être suprême, qui est simultanément destiné à la régulation de la république future, [...] constitue une idéologie pour la Terreur au moment où, avec les victoires militaires et la fin des troubles intérieurs, la disparition de toute justification par les circonstances impose une redéfinition globale des fins et des moyens de la Révolution.

Premièrement, le culte de l'Être suprême légitime la perpétuation de la Terreur au-delà des circonstances (guerre, révoltes intérieures, crise de l'État) : [...] non plus vaincre des opposants déclarés ou même supposés, mais traquer le "vice" et la "corruption" jusqu'en chacun.

Deuxièmement, il légitime le pouvoir de l'oligarchie terroriste [...] qui se voit investie de la mission d'accomplir cette grande oeuvre.

Troisièmement, le culte de l'Être suprême confère une justification morale à la Terreur, dont la réalité quotidienne est contraire à toute morale.

Enfin, quatrièmement, la caution divine établit le caractère infaillible de l'entreprise révolutionnaire tout en rassurant les terroristes sur la justice ultime de leurs actes: la Providence, qui veille sur la Révolution française, garantit que les ennemis du peuple, tous les ennemis du peuple mais seulement les ennemis du peuple, seront finalement punis...» (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003

 

À la disparition du libre arbitre et à l'individu effacé correspond la surenchère dans la revendication des droits, des droits qui se contredisent entre eux et auxquels s'ajoutent les contradictions internes des droits de l'homme. Ces erreurs produisent leurs effets tragiques (inégalités et décalage croissant entre les promesse et la réalisation, suicides, violences.) 

 

Les contradictions et les erreurs des déclaration des droits de l'homme conduisent nos sociétés dans une impasse

Dans son anthologie inédite présentant en France « les déclarations des droits de l'homme » en 2009, le juriste Frédéric Rouvillois explique : 

 

« L'un des paradoxes de la Déclaration de 1789, ou plutôt de la sacralisation rapide puis de l'immense succès de cet "nouvel évangile" (A. Esmein, Éléments de droit constitutionnel, 4e éd. Larose et Tenin, Paris 1906, p. 458), tient à son caractère sinon bâclé, du moins incomplet.

Un inachèvement que reconnaissent ses auteurs eux-mêmes: le 27 août, après sept jours d'un travail mené sur "un fonds de réticence, mêlé parfois de grands enthousiasmes, mais aussi de beaucoup de mauvaise foi" (Ch. Fauré, Les Déclarations des droits de l'homme de 1789, p. 16), l'Assemblée nationale décide... d'en rester là. Ce jour-là, en effet, elle accepte, suivant la proposition d'un député aixois, un certain Bouche, d'attendre l'adoption de la Constitution avant d'examiner d'éventuels articles additionnels. Et lorsque Bouche propose ensuite d'adopter l'arrêté suivant : "L'Assemblée reconnaît que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'est pas finie" (Archives parlementaires, 27 août 1789, t. VIII, p. 492), le président de l'Assemblée se contente de répondre que ceci ne ferait que répéter en d'autres termes ce que l'on vient de décréter. Le texte de la Déclaration, un préambule et dix-sept articles, est provisoire, partiel. Inachevé... C'est pourtant sur cette base que va se construire le "mythe de la Déclaration des droits", qui se déploie dans la France révolutionnaire, au fil des ruptures et de bouleversements qui se succèdent à un rythme accéléré.

En août 1791, on décide de l'intégrer sans changement à la nouvelle Constitution : le rapporteur de cette dernière, le juriste normand Thouret, reconnaît certes qu'il a fallu insérer dans le texte constitutionnel des "garanties" permettant de "perfectionner quelques dispositions de la Déclaration qui pouvaient paraître, les unes insuffisantes, les autres équivoques" (Arch. parlementaires, 8 août 1791, t. XXIX, p. 262); pour autant, il n'est déjà plus question de toucher à la Déclaration elle-même, qui est "depuis deux ans devenue le symbole de tous les Français", qui "a acquis en quelque sorte un caractère sacré et religieux", et qui constitue par conséquent "la véritable Déclaration des droits de l'homme et du citoyen." (Arch. parlementaires, 8 août 1791, t. XXIX, p. 226.) » (Frédéric Rouvillois, Les Déclarations des droits de l'homme, Champs Classiques, Paris 2009, p. 55-56)

 

C'est sans doute au caractère "inachevé" (F. Rouvillois) de la déclaration des droits de l'homme de 1789 que l'on doit ses nombreux mensonges et incohérences, pourtant érigée aujourd'hui au rang de nouvelle religion :

La lettre même de la Déclaration des droits de l'homme de 1789, nouvelle Table de la Loi, est une absurdité sans nom.

Qu'est-ce que les Droits de l'homme ? Une vérité ou un mensonge ? 

... La réponse est en tête de la Déclaration :

 

« Les représentants du Peuple français constitués en assemblée nationale; considérant que : l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu, etc. »

Ce considérant est unique. ... Or, ce considérant est faux, archifaux ! Non seulement l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme ne sont pas "les seules causes des malheurs publics ou de la corruption des gouvernements", mais ils n'en sont pas même les principales ! Les causes principales sont:

1° "L'ignorance, l'oubli ou le mépris" des Droits de Dieu et de son Christ ! De ce Christ qui a fait la France.

2° "L'ignorance, l'oubli ou le mépris" de cet unique droit de l'homme qui est de remplir ses devoirs, tous ses devoirs envers Dieu, envers son prochain, envers soi-même...

Voilà les deux causes principales des malheurs publics et de la corruption des gouvernements. Donc il est vrai que ce considérant est un mensonge ... aussi colossal que celui qui consisterait à dire : deux et deux font cinq ! Donc toute la Constitution des droits de l'homme qui repose sur ce mensonge, n'est elle-même qu'un mensonge :

 

Mensonge l'article 1er qui dit que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

 

La loi humaine, détermine les "bornes" de ces droits qui sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (article 4).

En fait, les hommes naissent sans raison, donc sans liberté. [...] Et quand la liberté lui arrive avec la raison, il a la liberté du bien seulement et le pouvoir simplement de faire le mal; mais il n'en a pas le droit, donc pas la liberté, qui ne peut jamais être que l'exercice d'un droit. [...]

L'homme ne fait jamais ni tout le bien, ni tout le mal qu'il voudrait ! Sa liberté est donc relative, très relative et nullement absolue, ainsi que se l'imaginent de très petits esprits à qui l'orgueil révolutionnaire a bouleversé la cervelle ! Il n'est pas vrai que les hommes naissent et demeurent libres sans autre restriction que celle de la loi humaine, c'est-à-dire de la volonté humaine limitant elle-même sa liberté : cette liberté est limitée par une volonté supérieure à la volonté humaine, la loi de Dieu.» (Abbé Vial, Jeanne d'Arc et la Monarchie, 1910, Éditions Saint-Rémi, p. 33-40).

 

La sainte Bible enseigne à propos de la liberté, que Dieu a donné à l'homme le libre arbitre ( « c’est lui (Dieu) qui, au commencement, a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. » Livre de Ben Sira le Sage 15:14-15] ). 

 

Mais « Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher.» (Livre de Ben Sira le Sage, Siracide 15:20)

 

Dans les Frères Karamazov, roman qui explore des thèmes philosophiques et existentiels tels que Dieu, le libre arbitre ou la moralité, Dostoïevski a vu qu'avec la tyrannie des besoins dans la publicité - ce qu'on appelle la société de consommation - , l'homme libre est l'homme auquel on fait en sorte qu'il ait le plus possible de besoins, donc il est enchaîné à ses besoins et en fait il est de moins en moins libre...; il ne peut plus se passer des besoins que la publicité lui présente sinon il est malheureux, et c'est un esclavage intérieur. Donc, en réalité, on est dans un monde tyrannique qui détruit la liberté (libre arbitre) de l'homme.

 

Le monde moderne qui prône la liberté est à la fois laxiste et tyrannique. Le côté laxiste c'est ce qui lui permet de séduire les foules. En politique, par exemples, on va supprimer la peine de mort, on va réduire les peines le plus possible, on va libérer des prisonniers de la prison, mais le laxisme; le côté tyrannique c'est fait pour mettre les gens à raison. Ce double aspect du monde moderne correspond au visage du diable Woland, consultant de profession, tel qu'il a été décrit dans un roman russe de Boulgakov, Le Maître et Marguerite; il a un visage avec deux yeux; un oeil est vert et l'autre est noir. Pourquoi ? L'oeil vert, c'est pour séduire les hommes avec l'espérance et les fausses promesses (le vert étant la couleur de l'espérance); il va faire miroiter aux hommes des espoirs extraordinaires (on peut y voir les promesses jamais tenues de tous les candidats aux élections présidentielles); toutes les révolutions viennent de là; et l'oeil noir, c'est pour conduire les hommes vers la mort (la destruction de nos sociétés...) Le communisme a fait espérer une société parfaite et il a conduit vers les camps de Lénine, les charniers de Pol Pot et de Staline. 

 

De même, une critique philosophique de la liberté des droits de l'homme montre qu' « en décrétant législativement que les hommes naissaient libres par nature et par droit, les révolutionnaires ont fantasmé la nature et attribué au droit ce qu'il ne peut pas faire.

On n'est libre que par don et l'on se trompe si l'on croit garantir la pérennité d'un don en décrétant qu'il est naturel ou en en proclamant le droit. Un don est beaucoup plus pérenne que la nature (qui donne et reprend à commencer par le premier de ses dons qui est la vie); quant au droit écrit, un autre écrit peut l'annuler, c'est là toute sa faiblesse. Ce qui existe par l'écrit peut cesser d'exister par un autre écrit. En revanche, ce qui est donné ne peut être repris car le don est une extension de soi qui ne peut jamais être récupérée. [Exemple: le don du service gratuit ne peut jamais être repris.] Si Dieu nous a créés libres, c'est parce qu'Il s'est donné lui-même et ne peut se reprendre sans nous détruire et sans se détruire. Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister. En confondant et en mélangeant les libertés publiques (qui existaient sous la royauté et dont le roi était le garant puisqu'elles tenaient sur sa parole, autrement plus solide que l'écrit) et la liberté personnelle (dont le siège est ma conscience), les révolutionnaires ont pris le risque qu'elles se contredisent l'une l'autre et s'empêchent de fonctionner.» (Fr. Jean-Michel Potin, o.p., historien archiviste de la Province dominicaine de France, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 421.)

 

En écrivant que l'homme est libre dès la naissance, les constituants de 1789 ont fantasmé un droit qui n'existe pas. Ils ont constitué un droit tyrannique, puisque il ne respecte pas le libre arbitre de l'homme, qui peut choisir entre le bien et le mal.

 

On peut également se demander pourquoi « des principes simples » seraient-ils « incontestables » (préambule) ? Ces principes des droits de l'homme seraient "incontestables" parce qu'ils seraient écrits ? Mais comme l'explique Jean-Michel Potin, c'est plutôt le contraire : ce qui est écrit peut cesser d'exister par un autre écrit.

 

La frénésie de l'écriture chez les révolutionnaires s'explique par l'imprégnation chez les élites modernes de la kabbale qui tient que tout ce qui n'est pas écrit, tout ce qui n'est pas gravé n'existe pas. Or, nos ancêtres les Gaulois n'avaient pas de constitution écrite, la spiritualité et la culture étaient transmises par oral par les druides, le langage avait la première place : écrire les libertés eut été un contre-sens. 

 

De même, notre Moyen-Âge (comme notre Ancien Régime) n'avaient pas de constitution écrite. Il y a là-dedans des éléments d'une « sagesse intuitive et expérimentale » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 53). Une sagesse politique, propre aux nations celtiques, à méditer. 

 

« C'est l'un des premiers penseurs contre-révolutionnaires, Joseph de Maistre, qui a vu que le problème des Lumières était le problème de l'écrit :

"Quant à celui qui entreprend d'écrire des lois ou des constitutions civiles, et qui se figure que parce qu'il les a écrites il a pu leur donner l'évidence et la stabilité convenables, quel que puisse être cet homme, particulier ou législateur, et soit qu'on le dise ou qu'on ne le dise pas, il s'est déshonoré, car il approuve par là qu'il ignore également ce que c'est que l'inspiration et le délire, le juste et l'injuste, le bien et le mal : or, cette ignorance est une ignominie, quand même la masse entière du vulgaire applaudirait." (Platon, Phaed., dans Joseph de Maistre, Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1809, Lyon, Pélagand, 1880, p. 26-27).

"Toute institution fausse écrit beaucoup, parce qu'elle sent sa faiblesse, ajoute Joseph de Maistre, et qu'elle cherche à s'appuyer. [...] Nulle institution grande et réelle ne saurait être fondée sur une loi écrite, puisque les hommes mêmes, instruments successifs de l'établissement, ignorent ce qu'il doit devenir, et que l'accroissement insensible est le véritable signe de la durée, dans tous les ordres possibles des choses." (Joseph de Maistre, Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1809, Lyon, Pélagand, 1880, p. 31-32.) La Loi écrite, fondement d'une société, devient une entrave au développement et à la perpétuation de la dite société. Nous le verrons en présentant un peu plus loin l'impasse des droits de l'homme.

[...] La grande erreur de la théorie de la liberté républicaine est d'avoir fait croire qu'un régime de libertés publiques (qui ressemble fort à ce programme : "Nous nous occupons de tout, y compris de votre liberté") puisse instaurer la liberté. 

[...] Le roi n'était pas le garant de la liberté de l'homme (il n'avait pas cette toute-puissance) mais il garantissait les libertés publiques, celles qui permettaient le vivre-ensemble dans une négociation constante entre les sujets. » (Fr. Jean-Michel Potin, o.p., historien archiviste de la Province dominicaine de France, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 421-423).

 

En soutenant en 1776 les Insurgents (Patriots) américains, Louis XVI offrit l'indépendance à la jeune nation du Nouveau Monde, mais porta au pouvoir les idées nouvelles et endommagea celles du « vieux monde » avec ses valeurs naturelles. Bien que soutenu par Louis XVI pour obtenir l'indépendance des États-Unis, George Washington, premier président des États-Unis (1789-1797) resta fidèle aux idées de ses « frères », portées en France par les Jacobins et autres révolutionnaires de 1789, ne donnant simplement pas suite aux sollicitations du marquis de La Rouërie, son "vieil ami", mais devenu contre-révolutionnaire... Washington apporta son concours de manière implicite au camp révolutionnaire français en suspendant le remboursement des frais de guerre engagés par la monarchie française, l'affaiblissant davantage avec ses finances exsangues. Il les reprendra néanmoins sous le gouvernement révolutionnaire issu des Lumières, ses « frères », qui a contrario, refusa de reconnaître les dettes de la Monarchie... [3] Belle gratitude George Washington.

 

« Même ceux qui avaient aidé directement les Américains à se libérer furent peu ou mal récompensés. Jacques Leray de Chaumont qui avait hébergé gratuitement Franklin pendant deux ans, ne fut jamais payé des munitions, habits et médicaments qu'il avait envoyés en grande quantité aux États-Unis. Beaumarchais et ses associés, qui eux non plus n'avaient pas ménagé leur peine, hasardant leur capitaux avec générosité et désintéressement, risquant navires, équipages et cargaisons au milieu des batailles navales, ne parvinrent jamais à se faire rembourser la totalité des armes et des marchandises transportées, en espèces ou en biens [...] Les États-Unis devenus pourtant une nation prospère, feignirent de croire qu'ils 'agissait de dons du gouvernement français et ne voulurent rien entendre. "Américains, s'exclamait encore l'auteur du Barbier de Séville dans un mémoire du 10 avril 1795, je vous ai servis avec un zèle infatigable; je n'en ai reçu dans ma vie qu'amertume pour récompense, et je meurs votre créancier." Ses héritiers bataillèrent jusque sous la Monarchie de Juillet (1830) et, en dépit d'innombrables suppliques et de l'intervention de plusieurs ministres n'obtinrent qu'une partielle compensation. Sur une dette reconnue de 2 280 000 livres (qui obéra tant les finances du royaume qu'elle entraîna la convocation des tristes États généraux de 1789 qui finirent comme l'on sait), les Américains n'en versèrent finalement, un demi-siècle plus tard, que 800 000 sans indemnité de retard. À prendre ou à laisser. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 442.) Belle gratitude de George Washington et des Fils de la liberté envers ceux auxquels ils devaient tout et l'indépendance de leur chère patrie.

 

Et malheureusement, Louis XVI boira le calice jusqu'à la lie, condamné « pour la liberté » qui n'est pas une « liberté ». Selon la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en effet, la « liberté » est acquise pour l'homme dès sa naissance

 

Pourtant, « Louis XVI aima toujours, depuis son enfance, s'entretenir avec les laboureurs, les ouvriers, le peuple des campagnes et celui des villes. À Reims, il ne put s'empêcher de pousser un cri de joie devant l'enthousiasme et leur bonhomie. "J'ai été fâché que vous n'ayez pas pu partager avec moi la satisfaction que j'ai goûtée ici, écrit-il à Maurepas (ministre de Louis XVI), le 15 juin 1775. Il est bien juste que je travaille à rendre heureux un peuple qui contribue à mon bonheur !" 

 

Pendant tout son règne, et jusqu'au 21 janvier 1793 (date de son assassinat. Ndlr.), Louis XVI ne fit rien qui ne tendît au bonheur de la nation. Bien plus, il se sentit toujours proche d'elle, car le peuple de France était encore en 1775 cette population que le Moyen-Âge avait façonnée, qu'il avait enrichie de cette sagesse intuitive et expérimentale, où la foi la plus ardente dans le Christ rejoignait le scepticisme le plus avisé quant aux choses de ce monde. Tel était encore le petit peuple de France, tel était Louis XVI à vingt ans. » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 53.) 

« Louis XVI était « profondément charitable. Il lui arrivait, de bon matin, de se rendre à pied chez les familles les plus pauvres de Versailles. "Parbleu, Messieurs, dit-il un jour en riant à l'adresse des gardes qui venaient de le retrouver, il est cruel que je ne puisse aller en bonne fortune sans que vous le sachiez !" Un roi visitant les chaumières, cela ne s'était pas vu, depuis Henri IV ! Un jour, le directeur des Bâtiments, La Billarderie d'Angiviller, se vit tancer pour avoir dépensé en son absence 30.000 livres afin de restaurer une pièce des petits appartements : "J'aurais rendu trente familles heureuses !' clamait-il avec indignation dans tout le château. Sur sa cassette personnelle qu'on appelait le Comptant du roi, il entretenait quantité de familles nobles ou d'officiers sans fortune, des femmes ou des filles de militaires, réglait les dégâts et accidents de chasse, alimentait les bonnes œuvres du curé de Versailles. En avril 1781, il visita incognito l'Hôtel-Dieu où s'entassaient à trois ou quatre par lit des centaines de malades et de malheureux, dans des chambres qui ressemblaient à des cloaques. Il en ressortit en pleurs, décidant de prendre à sa charge la création de lits individuels et de dortoirs spécialisés pour chaque type d'infection. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 246.)

 

Étude de Louis XVI par Joseph-Siffred Duplessis (dans Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin 2005.)

 

« L'organisation du procès du roi se heurtait à un obstacle juridique incontournable, celui de l'inviolabilité du monarque. [...] Le 7 novembre 1792, le girondin Jean-Baptiste Mailhe s'employa à contourner l'obstacle de l'inviolabilité. Toute sa démonstration reposait sur le caractère absolu de la souveraineté de la nation : "La nation a parlé; la nation vous a choisis pour être les organes de ses volontés souveraines. Ici toutes les difficultés disparaissent, ici l'inviolabilité royale est comme si elle n'avait jamais été." (Archives parlementaires, t. LIII, p. 277.) En somme, aucune règle de droit ne résiste à la volonté de la nation. (Le rapport du girondin Jean-Baptiste Mailhe, le 7 novembre 1792, s'asseyait donc sur les droits de l'homme de 1789 qui déclarait l'homme libre dès la naissance. NdCR). « Louis XVI, avant même que le procès ait lieu, était coupable, coupable par principe, puisqu'il était roi. Ces sophismes n'avaient aucune valeur juridique, mais la Convention était composée, en grande majorité de députés déterminés à juger le Roi. Le 3 décembre suivant, Robespierre plaça la question sur le terrain du "salut public" :

"Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à rendre, un acte de providence nationale à exercer (applaudissements)

"[...] Louis ne peut être jugé; il est déjà condamné ou la République n'est point absoute. [...] Si Louis est absout, si Louis peut être présumé innocent, que devient la Révolution ? Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la Liberté deviennent des calomniateurs; les rebelles étaient les amis de la vérité et les défenseurs de l'innocent opprimé." » (Robespierre, Archives parlementaires, t. LIV, p. 74-77, dans Philippe --Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 157-158.) 

 

Le 29 mars 1793, « les auteurs d'écrits royalistes furent promis à la peine de mort. Le 1er avril était supprimée l'immunité des députés. Les libertés individuelles, déjà passablement écornées, se trouvaient réduites à néant. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 172-173.)

En Amérique, nombre de Patriots furent actifs, avant 1775, au sein de groupes comme les Sons of Liberty. Les plus importants dirigeants des "Patriots" que Louis XVI avait aidé à prendre le pouvoir sont aujourd'hui connus sous l'appellation de Pères fondateurs des États-Unis.

L'appellation "Fils de la Liberté" a été diffusée dans les cercles de la franc-maçonnerie. (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, note 43, p.p. 385 ; P. Maier, From Resistance to Revolution, New York, Norton, 1991, p. 81) Quel hasard ! 

 

« Depuis longtemps déjà Louis XVI porte sur les évènements révolutionnaires un regard surnaturel. À ses yeux, le mal est spirituel et le remède ne peut être que spirituel. » (Philippe Pichot-bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 164.)

À propos de l'égalité. L'idée égalitariste domine l'histoire des nations modernes depuis le XVIIIe siècle. Pourtant, dès le Moyen-Âge, en pleine monarchie absolue de droit divin, Saint Thomas d'Aquin définit la loi comme une "ordonnance de la raison, promulguée par celui qui a autorité sur la communauté, pour le bien commun" (I-II, Q. 90, a. 4). La loi ne lie pas de sa propre autorité mais de celle de Dieu, et nous sommes tenus d'obéir à la loi dans la mesure où elle porte l'autorité de Dieu. Par conséquent, si une loi viole la loi de Dieu - la loi naturelle ou divine - alors non seulement elle ne nous lie pas en conscience, mais nous sommes plutôt tenus de désobéir à ces lois, au moins par une résistance passive (comme le refus de participer à l'avortement ou l'euthanasie). Thomas d'Aquin dit que les lois sont contraignantes si elles remplissent trois critères:

 

Premièrement, la "fin": la loi doit servir le bien commun de la société pour laquelle elle est promulguée et destinée, et elle ne doit pas seulement être "bonne en général". Il peut être bénéfique pour les étudiants de faire de la gymnastique le matin, mais il serait étrange qu'un collège l'exige comme partie du régime du matin de chaque classe. 

 

Deuxièmement, "l'auteur": la loi doit être promulguée par l'autorité compétente. Un évêque ne peut décréter des lois liturgiques et autres que dans les limites géographiques (ou spirituelles) de son propre diocèse. Il y a des cardinaux et des archevêques qui voudraient imposer leurs protocoles de Covid à des provinces, des États ou des nations entières, mais eh bien, tant pis.

 

Troisièmement, la "charge" de la loi - car toute loi a sa dimension coercitive - ne peut être disproportionnée par rapport au bien recherché ou au mal évité (le remède ne doit pas être pire que le mal). La loi ne doit pas non plus retomber de manière disproportionnée sur une partie de la population plutôt qu'une autre. Les impôts doivent être imposés de manière équitable, de même que la conscription, la fonction de juré, et personne ne devrait bénéficier d'un traitement préférentiel indu. Tous sont égaux devant la loi, sans que certains soient plus égaux que d'autres.

 

Une égalité juridique entre les hommes peut et doit exister (l'égalité devant l'impôt que cherchèrent à réaliser les rois Louis XV et Louis XVI mais qui en furent empêchés par la magistrature parlementaire avant que les mêmes ne s'en empare en 1789... Cf. Michel Antoine, Louis XV).

 

Notons que le principe égalitaire n'était pas une chose évidente pour les droits de l'hommistes eux-mêmes. Historiquement, les mêmes qui déclaraient l'égalité de tous étaient de grands esclavagistes. « Après avoir hardiment affirmé que "les hommes naissent et demeurent libres en droit", les députés de l'Assemblée nationale constituante se déjugeront le 15 mai 1791 en renonçant à changer le statut des personnes que le législateur qualifie pudiquement de "non-libres". Si le maintien de l'esclavage dans les colonies est une entorse spectaculaire au principe, elle n'est pas la seule. Quelques mois plus tôt, l'Assemblée avait fondé l'exercice de la citoyenneté sur un principe censitaire distinguant entre les citoyens actifs et les citoyens passifs. On le voit : les hommes ne sont pas demeurés égaux en droit bien longtemps ! » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 94.)

 

Aux États-Unis, l'historien Bernard Cottret a remarqué la même « contradiction entre les principes affichés et la réalité profonde ». Cette contradiction est « plus éclatante encore à l'intérieur même de la société américaine (G. B. Nash, Race and Revolution, Madison, Wis, Madison House, The Merril Jensen Lectures in Constitutional Studies, 1990, p. 3).

 

D'ailleurs un peu avant le déclenchement de la Guerre d'Indépendance américaine,« les propagandistes anglais (loyalistes) ne manquèrent pas de le faire remarquer : comment refuser l'esclavage prétendu de la métropole quand on maintenait plusieurs centaines de milliers de Noirs dans la plus abjecte des sujétions ? » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, p. 178.)

 

Le principal rédacteur de la Déclaration d'Indépendance de 1776 qui proclame l'égalité de tous les hommes, Thomas Jefferson, est un planteur qui possédait des esclaves. Or, « en 1773, plusieurs esclaves du Massachussets avaient demandé à l'assemblée de leur province d'examiner leur cas, en se référant aux déclarations préalables contre l'esclavage auquel l'Angleterre voulait censément réduire tous les Américains » (H. G. Punger, John Hancock, Merchant King and American Patriot, New York, J. Wiley, 2000, p. 185, in B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., note 69, p. 425.) « Comment se réclamer du droit naturel quand on s'opposait aux "sauvages" amérindiens au nom de la civilisation ? [...] Pouvait-on valablement décréter la liberté de tous les hommes dès leur naissance et enchaîner une partie de l'humanité ? Le paradoxe était flagrant, et les Britanniques, [...] ne manquèrent pas de s'indigner pieusement des moeurs esclavagistes de leurs cousins rebelles... » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 178.)

 

« [...] [L]e débat [...] avait des répercussions militaires immédiates : les Britanniques tentèrent d'ouvrir un second front au sein même de la société américaine, en appelant les esclaves à la révolte. Ou du moins, en leur promettant la liberté s'ils se joignaient aux troupes de Sa Majesté contre leurs maîtres. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 180.)

 

« Dans sa défense des constitutions de gouvernement des États-Unis, publiée opportunément en décembre 1787 en Angleterre, John Adams, [...] le futur président des États-Unis associait dans sa réflexion les Anglais et les Germains. [...] La meilleure forme possible de gouvernement était celle qui associait la démocratie et la République – comme le faisait la Constitution. [...] Esclaves et Amérindiens étaient les grands exclus... De plus, le suffrage demeurait censitaire. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 319.)

 

George Washington

George Washington lui-même « n'était pas hostile à la dépossession des Amérindiens; mais il voulait, flegmatique, qu'elle s'effectuât dans le calme et la bonne humeur, sans laisser les "bandits" profiter des circonstances en abusant de la crédulité des autochtones. Il fallait dépouiller ceux-ci avec distinction, circonspection, bonté et courtoisie, en usant de cette douce bienveillance que l'on voue aux plus faibles. Le général conseillait de concilier trois impératifs: l'établissement de nouveaux États, l'occupation des terres, et la paix. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 276.)

 

« Était opulent en Virginie, celui qui avait à la fois de l'argent, des terres, des esclaves, des maisons et du crédit. Quiconque ne possédait qu'une de ces formes de la richesse était à la merci de la plus petite circonstance. [...] [I]l n'y avait de de sécurité que si l'on possédait abondamment toutes les sortes d'objets et d'êtres qu'il y avait à posséder. Washington le vit tout de suite. [...] Il cherche partout des terres neuves, en Floride, en Ohio, en pennsylvanie. Il est inlassable. [...] En 1760, il a 49 esclaves; en 1770 87, en 1774 135. » (Bernard Faÿ, Georges Washington, Gentilhomme, Éditions Bernard Grasset, Paris 1932, p. 167-169.)

 

 

Paradoxalement, alors que le libre arbitre biblique disparaît, l'idolâtrie de l'ego, l'orgueil de l'homme apparaît; elle est mise en forme juridique par les déclaration des droits de l'homme qui légitimeront les caprices les plus fous et anti-bibliques qui soient, comme l'esclavage, le divorce, l'avortement, le mariage homosexuel, la procréation pour autrui, etc. Et comme l'ego est souvent excessif, cela donne - on s'en doute - des droits qui se contredisent les uns les autres, des résultats catastrophiques pour la vie en société.

 

Dred Scott

Un exemple historique frappant : un peu avant la Guerre de Sécession (1861-1865), le sud des États-Unis pratiquait l'esclavage et le nord ne le pratiquait pas (ou peu); et le parlement de l'État de Missouri, entre le nord et le sud, abolit l'esclavage; les esclaves se libèrent, et les propriétaires d'esclaves allèrent devant les tribunaux, disant qu'on les avait privés de leur biens ! Le contentieux entre les propriétaires d'esclaves et l'État de Missouri remonta alors jusqu'à la Cour suprême des États-Unis, qui dans un arrêt Dred Scott vs Ferguson du 6 mars 1857 trancha qu'un parlement d'un état (le Missouri) n'a absolument pas le droit d'exclure l'esclavage, parce que l'esclavage fait partie des droits de l'homme, le droit de propriété étant un droit absolu ! La Cour La cour rejeta la demande de Scott par 7 voix contre 2. Les esclaves étaient une propriété, et les maîtres avaient la garantie du droit de propriété dans le cadre du cinquième amendement. 

Dans le même style, un arrêt Plessy v. Ferguson de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 18 mai 1896, autorise les États à imposer par la loi des mesures de ségrégation raciale.

 

Si une certaine égalité (devant l'impôt par exemple) peut exister, l'égalitarisme, en revanche, cette idéologie issue de la constitutionnalisation de l'idée d'égalité, qui déforme l'idée originale chrétienne de l'égalité de tous les hommes devant Dieu, et établit ici-bas, en système, une stricte égalité à tous points de vue doit être rejetée. Cette idéologie égalitariste est dangereuse pour les destinées des nations européennes, car elle les prive de tout développement naturel possible en leur imposant indéfiniment une immigration pléthorique inassimilable, censée établir le règne de la liberté & de l'égalité. Une immigration qui donnera les mêmes droits à des individus qui ne partagent rien avec les européens.

Le professeur Jean-Louis Harouel, dans la conclusion de son livre « Les Droits de l'Homme contre le peuple »dit que c'est un « dissolvant social » :  « On ne peut pas fonder une société sur les droits de l'homme dès lors qu'ils sont un dissolvant social. Très grand nom du droit international privé, Henri Battifol observait qu'un faisceau de droits subjectifs ne résout aucunement le problème premier de toute société qui est celui de la vie en commun et que l'erreur du libéralisme individualiste a été de croire que la protection de l'individu suffirait à organiser la vie en commun.  (Cité par Yves Lequette, De la Proximité au fait accompli, Mélanges en l'honneur du professeur Pierre Mayer, Lgdj, Paris 2015, p. 514-515.)

[...]  Avec la religion des droits de l'homme, s'estompe l'idée de citoyenneté. L'idée d'une appartenance commune rassemblant les citoyens d'un même pays fait place à une juxtaposition d'individus ne se définissant plus que par leur "droit à avoir des droits" (Yves Lequette, De la proximité au fait accompli, mélanges en l'honneur du professeur Pierre Mayer, Paris, LGDJ, 2015, p. 515), selon la célèbre formule de Hannah Arendt (Les Origines du totalitarisme, Paris, éd. Gallimard, 2002). » (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 135-136.)

La juxtaposition d'individus qui n'ont que des droits fait que notre société est profondément fracturée sur le plan économique et social, mais aussi sur le plan sociétal. Une question d'éthique actuelle est de savoir si l'égalité républicaine ne va pas justifier que la PMA ne conduise à la GPA, cette marchandisation du corps humain.

Nous sommes dans une société où le nous a perdu son sens et ce qui compte c'est l'ego, le moi; il y a sans doute une réflexion à mener sur le nous. On ne construit pas une société en mettant les gens à côté les uns les autres, mais en bâtissant un projet collectif viable.

 

Gustave Bord, en 1908, faisait déjà la même analyse à propos des droits de l'homme, lorsqu'il parlait d'une « chose grave », d'une « pensée dangereuse, qui conduit les sociétés aux pires cataclysmes », d'une « idée implacable », qui a entraîné les maçons « jusqu'au bord de l'abîme où doivent succomber les sociétés modernes, car le dogme de l'égalité est par essence destructeur de toute idée sociale. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 3.)

 

Sur le plan du combat citoyen : « [o]n dit toujours qu'un peuple ne doit pas s'enfermer dans son passé, or c'est ce que nous faisons avec notre culte béat de la religion des droits de l'homme. La France ne peut espérer survivre qu'en rompant avec son culte de la non-discrimination. Elle doit tout particulièrement maintenir et surtout restaurer la nécessaire discrimination entre nationaux et étrangers, qui est le fondement de la cité. Là est le véritable combat citoyen, n'en déplaise aux dévôts de l'immigrationnisme. » (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 135-136.)

S'agissant par exemple de l'islam, "[n]ous devons appliquer un régime particulier à l'islam en France. Ce n'est pas contraire à la liberté religieuse. L'islam n'est pas une religion au sens habituel du terme: c'est avant tout un code de règles de droit et de comportement qui prétend régir la totalité de la vie sociale. L'islam est porteur d'un projet politique mortel pour les nations occidentales. Il est suicidaire de continuer à laisser monter des minarets et proliférer le voile islamique dans les rues et les entreprises. l'actuelle arabo-islamisation visuelle de l'espace public constitue un des aspects de la transformation progressive des pays européens en des pays musulmans dans lesquels aura vocation à s'appliquer le droit musulman.» (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 137.)

Quand Emmanuel macron a dit qu'il n'y avait pas de culture française, il voulait dire qu'il n'y a plus de culture française. En effet, la liberté de 1789 détruit le lien social; chacun pouvant théoriquement poursuivre ses propres valeurs, il n'y a plus de valeurs communes, il n'y a plus de société.

Les partisans des Lumières, dans une surenchère, répondront que ce qui fait nos valeurs communes c'est l'absence de valeurs; mais l'absence de valeurs communes signifie la disparition de ce qui fait communauté... Il est temps de se réveiller ! 

Récemment, Jean-Louis Harouel a donné une conférence video (extraits) pour le Cercle de l'Aéropage dans laquelle il explique son analyse: « On ne peut pas fonder une société sur les droits de l'homme, pour une bonne raison que les droits de l'homme sont un dissolvant social. »

Mensonge l'article 2 qui dit « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels,»  etc. C'est son but prochain, non son but suprême qui est d'aider par-dessus tout à la conquête des biens surnaturels de l'autre vie (qui est la vraie fin dernière). Cette thèse est la négation très claire de l'ordre surnaturel; la négation d'une vérité, donc un mensonge.

« La Déclaration des droits de l'homme de 1789 est traversée par deux tensions. La première : la tension entre l'article 2 et l'article 6. L'article 2 proclame des droits naturels (influence très lockienne), la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. L'article 6 "la loi est l'expression de la Volonté générale". Là il n'est plus question de respects de droits naturels. Il y a donc cette tension entre l'affirmation de droits naturels et puis la définition de la loi que donne Rousseau comme "expression de la volonté générale". La loi est donc simplement l'expression d'une volonté. Il suffit que la notion veuille ou ses représentants pour que la loi existe. Il n'y a rien au-dessus de la loi. Pas de lois fondamentales, pas de droits naturels, pas de commandements de Dieu. La chose a d'ailleurs bien été refusée. Le député Mirabeau dit Tonneau avait proposé de mettre le Décalogue. Cela avait été écarté. On ne voulait pas en entendre parler. Cet article 6, en définissant la loi comme l'expression de la Volonté générale ruine, nie l'autotité juridique du droit naturel et crée un véritable absolutisme qui va bien plus loin que le pouvoir absolu du monarque de droit divin d'avant la Révolution puisque ce monarque de droit divin était soumis au respect des lois fondamentales, au respect du droit naturel, au respect des principes de justice et d'équité... La deuxième tension nous éclaire beaucoup sur nos institutions. Le système représentatif mis en place par l'abbé Sieyès supprime les mandats impératifs des États généraux, les remplacent par des mandats représentatifs (un député est le représentant de la nation toute entière et pas le représentant de tel ou tel baillage, il pourra résider à Paris et être élu "député de la Nièvre") et inaugure, non pas un régime démocratique, mais un régime oligarchique, un régime dans lequel le pays est gouverné par un petit groupe, qui agit, et échappe à ceux qui les ont désigné aux États généraux (violant deux fois la constitution: celle des lois fondamentales de la souveraineté du Roi, et celle des États généraux pour lesquels ils avaient été mandatés pour discuter des impôts et non pour créer une nouvelle constitution !) » (Philippe Pichot-Bravard, Conférence "Fondements idéologiques et légitimité du pouvoir", le vendredi 21 février 2014.) 

 

Mensonge l'article 3. 

 

Ces derniers jours, une énième violence scolaire sur un professeur braqué avec une arme factice secoue le monde « éducatif » (qui n'éduque pas puisque l'autorité n'existe plus mais réside dans le peuple, une abstraction). Les médias découvrent (ou font semblant de découvrir) des violences qui étaient inimaginables et inexistantes à l'école dans les années 1950 jusqu'aux années 1980  (le temps que le soixante-huitardisme produise ses pleins effets); toutes les crises que nous connaissons dans la société (crises de l'autorité à l'école, refus d'obéissance des enfants, crises éducatives, crises morales, violences aux personnes, suicides, crises culturelles et même crises économiques, etc.), toutes ces crises trouvent leur source dans une seule et même cause, qui est une conception erronée de l'autorité formulée par les Barbares révolutionnaires de 1789 et l'oubli du Décalogue. 

Et le drame est que cette erreur fondamentale se répand lentement par métastases dans tout le corps social jusqu'à tuer la société à présent.

 

« Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu ». (Epître aux Romains, 13:1.) Dans la Révélation (rejetée par les soit-disant Lumières), le pouvoir vient de Dieu. En 1789, la Révolution détruit cet enseignement divin; elle détruit l’autorité et prétend que l'autorité vient d'en dessous, des inférieurs :

 

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.»  (Article 3)

 

Cette nouvelle conception de la « souveraineté » a pu conduire en 1789 des fanatiques à détruire un million de fois plus d'oeuvres d'art qu'aujourd'hui les djihadistes de l'état islamiste.

 

Cette nouvelle conception de la souveraineté a conduit les soixante-huitards et les pédagogistes à déclarer l'égalité entre l'enseignant et l'élève.

Cette fausse conception de l'autorité fait des « citoyens » des commandés et des commandeurs à la fois.

Or, l'homme ne peut à la fois être son propre principe de commandement (conception schizophrène,) s'il n'a pas d'abord un principe supérieur. Aujourd'hui cette erreur sur l'autorité conduit des enfants à donner quasiment des ordres à leurs parents ou à leurs professeurs, sous couvert d'égalité et de recherche de l'épanouissement personnel des enfants. Ceci se fait dans le cadre d'une politique gouvernementale issue de l'Éducation nationale, relayée par des « éducateurs », des conseillers d'« éducation », des pédagogues et autres professionnels de l'« éducation ».

 

La conception erronée de l'autorité issue de 1789 conduit l'école républicaine dans l'impasse. Et des ministres républicains de l'«Éducation  nationale » cherche à y remédier avec des cautères sur une jambe de bois, des mesures inefficaces. Des républicains cherche à y remédier en établissant une nouvelle religion, la « religion de la république »(version Claude Bartolone), la « religion de la république » (version Vincent Peillon), sorte de nouveau principe supérieur nécessaire à l'équilibre de l'édifice franc-maçonnique (C. Bartolone et V. Peillon sont deux adeptes de la franc-maçonnerie). Ce nouveau principe supérieur vient remplacer l'ancien qui avait été éliminé par l'école républicaine, « laïque » et obligatoire...

C'est la verticalité de l'autorité que l'on trouve dans la religion catholique et la société chrétienne, qui fait qu'une société tient debout et peut progresser. Cette verticalité du pouvoir se rencontre dans la monarchie classique française. La république avec sa religion de la république™ cherche à en reproduire le modèle (après l'abaissement de la fonction présidentielle sous François Hollande, Emmanuel Macron : "J’assume la 'verticalité' du pouvoir"Emmanuel Macron : “Il y a de la transcendance dans l’engagement politique“; Emmanuel Macron : un président très spirituel...) L'autorité vient d'en haut et non d'en dessous. Même la république en vient à le reconnaître ! L'autorité qui se trouve en-dessous, ou à côté de moi, à mon hauteur, n'est pas respectée très longtemps car elle n'a aucune force, aucun principe supérieur pour être respectée (aucune légitimité). La "Souveraineté nationale" (article 3) est une erreur qui ne peut en aucun cas fonder un ordre politique pérenne, à moins de devenir dictatoriale et totalitaire (Exemples: démocraties populaires, régimes hitlérien nazi, communiste, nouvel ordre mondial et « moyens plus contraignants encore » de Nicolas Sarkozy, ce que lui permet la fiction de la démocratie représentative).

 

L'auteur royaliste Louis de Bonald a expliqué :

« des hommes ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple ... mais, il se trouve que le peuple n'a jamais été et qu'il ne peut jamais être souverain: car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l'on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu'il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle le part le peuple n'a fait de lois". [...] Donc cette proposition générale ou abstraite "La souveraineté réside dans le peuple" n'a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application, donc c'est une erreur ». (Louis de Bonald, Théorie du pouvoir, cité in Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 490.)

On peut tempérer le propos de Louis de Bonald en précisant que si le peuple n'a jamais effectivement élaboré seul des lois nulle part [à Athènes « Sous le nom de démocratie c’était en fait le premier citoyen qui gouvernait ». Thucydide II, 45, 5 ; 8-9], au Moyen Âge en France et encore sous l'Ancien Régime, théoriquement la loi appartenait au peuple, le roi n'était que le dépositaire de la souveraineté, le premier serviteur du peuple. Il était un avec son peuple, et ne pouvait par exemple pas aller contre les coutumes du peuple.

 

Comment en est-on donc arrivé à ce mensonge de l'article 3 ? La tactique a consisté d'abord à séparer la personne du roi du peuple, pour y substituer à la foi chrétienne la religion civile de l'Être suprême. Ce fut la tactique des parlements d'Ancien Régime (de Louis XV à Louis XVI) et des jacobins de 1789. Aujourd'hui le processus s'achève dans la farce bouffonne d'un Jean-Luc Mélenchon se prenant pour "la république" et déclarant sa "personne sacrée"

 

Jean de Viguerie a présenté le détail du conflit entre les cours (parlements) et le roi comme une « lutte sans merci » où « la caste parlementaire manifeste une agressivité jamais atteinte. » (Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Bouquins, Robert Laffont, 1995, p. 213 et 214.). 

 

« [...] Les cours [...], poursuit Jean de Viguerie, exposaient dans leurs remontrances (imprimées et largement diffusées dans le public) une théorie politique nouvelle étrangère à la tradition monarchique et remettant en cause la Constitution du royaume. Selon cette théorie, le roi n'est plus la tête du corps politique, mais il y a deux pouvoirs distincts, celui du roi et celui de la nation. Un pacte lie ces deux pouvoirs, contrat dont les lois fondamentales sont l'expression. Car ces lois fondamentales, selon le parlement de Rennes, "fixent les droits respectifs du monarque et de la nation." (Cité par Roger Bickart, Les Parlements et la notion de souveraineté nationale au XVIIIe siècle, thèse de droit, Paris, 1932, p. 51.) Quant aux parlement, [...] ils sont les représentants de la nation ! Les cours sont, selon l'expression de Malesherbes, les "assemblées représentatives de la nation." (Dionis du Séjour, Mémoires pour servir à l'histoire du droit public de la France. Recueil de ce qui s'est passé de plus intéressant à la cour des aides de Paris, Bruxelles, 1779, p. 39.) »

Mieux que les Jacobins de 1789, ces parlementaires d'Ancien Régime se proclamaient être les représentants de la nation, tout étant non élus ! Pourquoi se gêner ?!

"Même à la fin de son règne, Louis XV ne manquait ni de séduction ni de majesté." (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin 2005, p.541.)

 

C'est ainsi qu'«en 1766, dans un discours célèbre, Louis XV rappelle que les droits et intérêts de la nation ne forment pas un corps séparé du roi, qu'ils sont unis avec les droits et intérêts du monarque et reposent entièrement entre ses mains. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 198.) Dans l'esprit du roi et de ses ministres, il s'agit moins de punir que de restaurer. Dans ce discours du 3 mars 1766, Louis XV déclare : « Je ne souffrirai pas, dit le prince, qu'il se formât dans mon royaume une association qui ferait dégénérer en une confédération de résistances le lien naturel des mêmes devoirs et des obligations communes, ni qu'il s'introduise dans la monarchie un corps imaginaire qui ne pourrait qu'en troubler l'harmonie. » (Jean de Viguerie, Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Bouquins, Robert Laffont, 1995, p. 215.)

Le roi dit encore : « "Entreprendre d'ériger en principes des nouveautés si pernicieuses, c'est faire injure à la magistrature, démentir son institution, trahir ses intérêts et méconnaître les véritables lois fondamentales de l'État. Comme s'il était permis d'oublier que c'est en ma personne seule que réside la puissance souveraine, dont le caractère propre est l'esprit de conseil, de justice et de raison; que c'est de moi seul que mes cours tiennent leur existence et leur autorité; que la plénitude de cette autorité, qu'elles n'exercent qu'en mon nom, demeure toujours en moi, et que l'usage n'en peut jamais être tourné contre moi; que c'est à moi seul qu'appartient le pouvoir législatif, sans dépendance et sans partage; que c'est par ma seule autorité que les officiers de mes cours procèdent [...], que l'ordre public tout entier émane de moi et que les droits et les intérêts de la nation, dont on ose faire un corps séparé du monarque, sont nécessairement unis avec les miens et ne reposent qu'en mes mains.

« [...] La séance n'avait pas duré une heure et s'était déroulée dans un calme impressionnant. Les magistrats, en effet, n'étaient pas là pour procéder à l'enregistrement de quelque édit ou déclaration qui aurait pu fournir matière à délibération. Ils étaient là en spectateurs et en auditeurs et ce qu'ils avaient vu et entendu les avait terrassés. "Discours de la Flagellation", "séance de la Flagellation" : c'est sous ces dénominations que ce discours et cette séance du lundi 3 mars 1766 entrèrent aussitôt dans l'histoire. » (Michel AntoineLouis XV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 853.) On trouve également le texte de ce discours fameux dans Lucien Laugier, Un ministère réformateur sous Louis XV. Le triumvirat 1770-1771 (La Pensée universelle, paris 1975, p. 54-55, note 5.)

Maupéou

Louis XV parachèvera ce discours avec le coup de majesté de Maupéou (1770-1771), qui exila le parlement de Paris, supprima les parlements régionaux, la vénalité des offices de judicature, instaura la justice gratuite et établit pour la première dans le droit français le principe d'égalité devant l'impôt que les parlements avait systématiquement refusé jusqu'ici ! (ce qu'on a appelé l'« obstruction parlementaire au XVIIIe siècle »).

 

En 1789, à la suite des magistrats d'Ancien Régime, cassant l'unité ancestrale entre le peuple et le roi, les hommes de 1789 ont transformé les États généraux en une assemblée coupée de l'autorité royale... afin de confisquer le pouvoir d'élaborer la loi et se l'approprier avec leur démocratie dite représentative mais ne représentant en fait qu'eux-mêmes et leurs intérêts.

 

Le danger des assemblées rejetant Dieu, a été relevé par Jean-Paul II : « Dans la mentalité des Lumières, [...] le grand drame de l'histoire du Salut avait disparu. L'homme était resté seul: seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. [...] Si l'homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer qu'un groupe d'hommes soit anéanti. [...] Des décisions analogues furent prises sous le IIIe Reich, [...] par le parti communiste de l'union Soviétique et des pays soumis à l'idéologie marxiste. » (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 23-24).

 

« Le remplacement du royaume de France par une république égalitaire, vertueuse, despotique et conquérante a constitué un ébranlement majeur de la civilisation européenne, dont ont découlé beaucoup de malheurs pour la France et l'Europe. (Alain Besançon, Le Malheur du siècle, éd. Perrin, Paris 2005.)

L'idéal républicain a débouché sur la dictature jacobine qui fut un modèle pour Lénine et sur une nation hégémonique qui a suscité le choc en retour des nationalisme européens, et tout particulièrement du pangermanisme. C'est que les révolutionnaires ne voulaient pas seulement le pouvoir: ils voulaient s'emparer du pouvoir pour réaliser une utopie, pour changer le monde en changeant en l'homme, pour faire surgir un homme nouveau, pour accomplir l'émancipation de l'humanité. La Révolution a constitué un moment majeur dans la sécularisation du vieux rêve millénariste d'instaurer sur la terre un paradis égalitaire. D'abord en France et ensuite par contagion dans le monde entier. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 200-201)

 

Le résultat est un enfer qui est l'inverse des buts qui avaient été définis par la Révolution. 

Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restants ! Jamais dans l'histoire du monde l'écart de richesse entre les plus riches et les plus pauvres n'a été aussi important. Les États-Unis, aujourd'hui, sont les champions du monde de l'inégalité : 

 

 

« Un Bill Gates était inimaginable à l'époque, ces fortunes qui dépassent la richesse de nombreuses nations n'existaient pas. » (Yves-Marie Adeline, Le Royalisme en question, L'Âge d'Homme - éd. de Paris,  Libres Mobiles, 2e édition, Paris 2006, p. 96).

On rappellera en comparaison que sous l'Ancien Régime, faire du commerce, faire de l'argent était interdit aux nobles. La noblesse pouvait se perdre par déchéance à la suite d'une condamnation infamante. Elle se perdait encore par dérogeance, lorsqu'un noble était convaincu d'avoir exercé un métier roturier ou un trafic quelconque : il lui était interdit de sortir du rôle qui lui est dévolu, et il ne devait pas non plus chercher à s'enrichir. (Régine Pernoud, Lumière du Moyen Âge, Grasset, Paris 1981, p. 39-40).

D'Artagnan arrête Fouquet

Le « Lexique historique de la France d'Ancien Régime » de Guy Cabourdin et Georges Viard (Armand Colin, 3e éd. Paris 1998, p. 105) précise que "pour un noble, déroger c'est perdre ses prérogatives et ses privilèges par l'exercice d'activités "ignobles", puisque, selon Loyseau, "le propre de la noblesse est de vivre de ses rentes". Plus que des édits royaux, il s'agit d'une maxime coutumière selon laquelle "le commerce dérogeait".» Un exemple frappant de dérogeance fut celui de Nicolas Fouquet. Enrichi grâce à des malversations et de prêts à l'État à des taux usuraires, le surintendant des finances de Louis XIV, fut arrêté par d'Artagnan, mousquetaire du roi, le 5 septembre 1661, déchu de sa charge, condamné au bannissement perpétuel du royaume pour avoir par trop affiché une opulence choquante, enrichie sa famille, et confondu ses finances et celles de l'État.

« Suivant la loi des clans, sa famille bénéficia de sa prodigieuse réussite et se trouva richement pourvue de charges et de bénéfices. [...] L'élimination de Fouquet et de son groupe de financiers attesterait de façon spectaculaire sa volonté (de Louis XIV) de rompre avec un passé de désordre, de corruption, d'improvisation et de laxisme. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XIV,  éd. Perrin, Saint-Amand-Montrond 2010, p. 199, 207.) Louis XIV commua la peine de Nicolas Fouquet en emprisonnement à vie. (Lexique du siècle de Louis XIV, BH Créations Lexiques essentiels, p. 48-49). L'usure était interdite par l'Église, les usuriers étaient emprisonnés à vie sous Louis XIV , aujourd'hui ils sont les maitres du monde.

De nos jours, « il est [...] amusant de constater que la gauche, et plus généralement la république, aggrave, toujours les inégalités plutôt qu'elles ne les réduit. Par exemple, sous le septennat de Valery Giscard d'Estaing, l'éventail des revenus était moins large que sous son successeur François Mittérand.

[...] Aujourd'hui, [...] la moitié du patrimoine national (50%) est détenue par 10% des ménages. Et 40% des Français n'ont aucun patrimoine. 40% des Français sans patrimoine: ce chiffre était le même en 1800, au lendemain de la Révolution... On me parlera pour se consoler d'égalité devant la loi. Il y aurait au moins cela. Avez-vous suivi les affaires politico-financières? Qui va en prison? Les protagonistes secondaires, jamais les plus hautes personnalités. » (Yves-Marie AdelineLe Royalisme en question (1792-2002), Perspectives pour le XXIe siècle, Préface de Vladimir Volkoff, Postface de Jean Raspail, L'Âge d'Homme - Editions de Paris, Libres Mobiles, 2e édition corrigée, Paris 2002, p. 96-97.)

 

Quand on est passé de Giscard à Mitterrand en 1981, les marxistes chantaient victoire dans le vide, les riches ne pouvaient pas se douter qu’en fait les choses iraient mieux pour eux, ni les pauvres qu’elles iraient pire, ni les classes moyennes qu’elles étaient destinées à s’appauvrir. 

En 2014, un peu plus de deux siècles après leur Révolution, les plus riches s'inquiétaient de ce qu'était devenue leur « égalité  » : la pauvreté était le sujet phare de leur réunion annuelle qui se tint du 22 janvier au 25 janvier 2014 à Davos. Près de la moitié des richesses mondiales est détenue par 1% de la population !

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/01/21/20002-20140121ARTFIG00164-pres-de-la-moitie-des-richesses-mondiales-est-detenue-par-1-de-la-population.php

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/01/21/20002-20140121ARTFIG00164-pres-de-la-moitie-des-richesses-mondiales-est-detenue-par-1-de-la-population.php

Aujourd'hui, les États-Unis peuvent être qualifiés de ploutocratie.

 

[...] Ploutocratie signifie littéralement le pouvoir des riches. Le « pouvoir » peut avoir diverses nuances de signification : ceux qui exercent l’autorité d’une fonction publique sont riches ; leur richesse explique pourquoi ils occupent cette fonction ; ils exercent cette autorité dans l’intérêt des riches ; ils ont la principale influence sur qui occupe ces fonctions et sur les mesures qu’ils prennent. Ces aspects de la « ploutocratie » ne sont pas limitatifs. De plus, le gouvernement des riches et pour les riches n’a pas besoin d’être dirigé directement par les riches. [...] Aujourd’hui, les États-Unis remplissent les critères d’une ploutocratie – pour plusieurs raisons. Regardons quelques éléments de preuve frappants. La redistribution du revenu brut vers le haut de la hiérarchie a été une caractéristique de la société américaine au cours des dernières décennies. Des statistiques bien connues nous indiquent que près de 80 % de la richesse nationale générée depuis 1973 est passée aux 2 % les plus riches et 65 % aux 1 % supérieurs. Les estimations de l’augmentation du revenu réel des travailleurs salariés au cours des 40 dernières années varient de 20 à 28 %. Au cours de cette période, le PIB réel a augmenté de 110 % – il a plus que doublé. En d’autres termes, selon le Congressional Budget Office, selon le revenu le plus élevé de 1 % des ménages aux revenus les plus élevés a gagné environ 8 fois plus que celui des ménages du 60e centile après impôts fédéraux et transferts de revenu entre 1979 et 2007 et 10 fois celui des ménages du centile inférieur. En bref, l’écrasante fraction de toute la richesse créée sur deux générations est allée à ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide des revenus. Cette tendance s’est nettement accélérée depuis la crise financière de 2008. Entre 2000 et 2012, la richesse nette réelle de 90 % des Américains a diminué de 25 %. Warren Buffet, Jeff Bezos et Bill Gates et al, c’est-à-dire le 1% le plus riche de la population mondiale, possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse mondiale (selon un rapport du Crédit Suisse en novembre 2017).

Un État policier au service de Wall Street. L’un des exemples les plus stupéfiants de l’implication ploutocratique directe dans l’État a été l’audace de Wall Street qui a coopté une partie du service de police de New York se dotant d’une unité semi autonome pour contrôler le quartier financier. Financée par Goldman Sachs et consorts, dirigée en partie par des employés de banques privées occupant des postes administratifs clés et ayant pour mandat explicite de prévenir et de traiter toute activité qui les menace, elle fonctionne avec du matériel à la pointe de la technologie, dans un établissement dédié fourni par ses commanditaires. Pendant des années, l’installation a été gardée « sous le comptoir » afin de ne pas inciter les personnes curieuses à la dénoncer. C’est l’unité qui a coordonné la répression des manifestations du mouvement Occupy à Manhattan. Elle représente l’appropriation d’un organisme public pour servir des intérêts privés. L’hyper-anxiété de l’après-11 septembre 2001 a servi de couverture politique et idéologique à un accord conçu par le maire Mike Bloomberg (lui-même un milliardaire de Wall Street qui a défendu Wall Street contre toute accusation d’abus financier) en collusion avec ses anciens associés. S’agit-il simplement de Bloomberg exposant la dépendance fiscale de la ville de New York à l’égard des emplois du secteur financier ? C’est le même Bloomberg qui a tué dans l’œuf une initiative largement soutenue visant à fixer un salaire minimum décent de 10 $ l’heure avec assurance maladie (11,50 $ sans) pour les projets de développement qui reçoivent plus d’un million de dollars en subventions des contribuables. Il a stigmatisé la mesure comme « un retour à l’époque où le gouvernement considérait le secteur privé comme une vache à lait… La dernière fois que nous avons vraiment eu une grande économie dirigée, c’était l’URSS et ça n’a pas si bien marché ». On pourrait difficilement être plus ploutocratique – et dans le New York de gauche.

Source: Michael Brenner, Consortium News, 05-09-2018 - Les Crises. fr

 

Mais la France est une ploutocratie depuis 1789. « À l'ancienne aristocratie se substitue l'aristocratie des riches. C'est une chose qui n'a pas été assez vue. On a dit : la Révolution de 1789 a donné le pouvoir à la bourgeoisie. C'est vrai, mais dans la bourgeoisie elle l'a donné à l'Argent. » (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 105).

« C'est cette situation que Stendhal décrit parfaitement lorsqu'il fait parler M. Leuwen, le banquier : "... depuis Juillet, la bourgeoisie a remplacé le faubourg Saint Germain, et la Banque est la noblesse de la classe bourgeoise... Le ministère ne peut pas défaire la Bourse, et la Bourse peut défaire un Ministère." Et M. Leuwen explique que ce régime coûtera cher, parce qu'il faut donner des places à tout l'état-major de la bourgeoisie: "Il y a là six mille bavards qui feront de l'éloquence contre vous si vous ne leur fermez la bouche avec une place à six mille francs". » (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 147).

« Une nouvelle bourgeoisie se substitue à celle de l'Ancien Régime: acquéreurs de biens nationaux, fournisseurs aux armées, nouveaux fonctionnaires, généraux, hommes de loi, etc. » (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 430.)

« Étrange conclusion: la Révolution, faite au nom de l'égalité, a enrichi les riches et appauvri les pauvres... C'est un résultat qu'on retrouvera sur d'autres terrains... » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 173-174).

« Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée.

Il s'agit d'une explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. L'explosion se traduit par la promotion du banquier et du spéculateur: tout banquier, dans la tourmente, est nécessairement spéculateur; mais tous les spéculateurs ne sont pas banquiers.

Avant la révolution, les banquiers privés étaient nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé. Beaucoup d'entre eux étaient de confession protestante, d'origine cévenole ou suisse, et ils fondaient des dynasties bancaires: le Genevois Isaac Mallet s'était établi à Lyon en 1735, le Neuchâtelois Perregaux à Paris en 1781. Genevois encore, Bidermann et Clavière apparaissaient dans la capitale en 1782, et le Zurichois Hottinguer en 1783. Le calviniste Tronchin était, à Lyon puis à Paris, le banquier favori de Voltaire, qui ne méprisait pas les manieurs d'argent. La révolution assure d'emblée la promotion des bourgeois fortunés, qui ne tardent pas à prendre le contrôle des municipalités à Marseille, Lyon, Bordeaux ou Nantes. "Ce sont les hommes riches qui vont gouverner Bordeaux" (Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française), Bordeaux qui choisit pour maire Saige, "dix fois millionnaire". À Nantes, le Comité de salut public est entre les mains des plus riches négociants, - la plupart affiliés aux loges maçonniques – dont Buteiller père, le plus opulent. » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 242-243).

 

Au XXe siècle, l'historien François Furet, ancien communiste qui déconstruisit le communisme, ainsi que la Révolution de 1789 en montrant notamment que la Terreur était bien en germe dès les débuts de la Révolution, et qui devait récolter en retour l'agressivité des historiographes robespierristes, « avait longuement expliqué les potentialités despotiques de la démocratie révolutionnaire. Il n'en méconnaissait pas les potentialités utopiques. Il savait que la démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.)

 

L'impasse de principes désorganisateurs

 

Mona Ozouf relève ce qui semble bien être la contradiction fondamentale des principes démocratiques issus des Lumières (et la preuve de leur échec)

« En écrivant que la Révolution française était terminée, François Furet n'entendait pas dire que la passion révolutionnaire était désormais privée d'avenir. Il avait longuement expliqué les potentialités despotiques de la démocratie révolutionnaire. Il n'en méconnait pas les potentialités utopiques. Il savait que la démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus inégaux, alors même qu'elle a posé en principe leur égalité. Elle se condamne donc à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre... » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.)

 

« Aussi est-elle (la démocratie) une idée sans terme prévisible, exposée à la surenchère, et ouverte à toutes les dérives passionnelles: ce qui laisse prévoir que le répertoire des passions révolutionnaires est loin d'être fermé,» ajoute Mona Ozouf.

 

Si les droits de l'homme proclament l'égalité, c'est pour organiser la libre concurrence entre eux et les forcer à se combattre, car cela est bon pour le marché. La démocratie en quelque sorte rétablit les combats de gladiateurs, non plus à l'échelle de l'arène mais à l'échelle du marché. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus toujours plus inégaux, et d'inégalités sans cesse croissantes. L'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres ! Belle réussite du marché, mais impasse totale des principes de 1789.

 

Un livre paru en 2020, de l'historien italien Aldo SCHIAVONE, intitulé "Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", traduit de l'italien par Giulia Puma, Fayard (L'épreuve de l'histoire, Saint-Amand-Montrond 2020, p. 153; 161-165) évoque lui aussi "la contradiction insurmontable que 1789 laissa en héritage au XIXe siècle, ... jusqu'à nous."

"Émergeait ainsi en pleine lumière, dès les formules sèches de ce texte, ... ce que François Furet pointait comme le grand dilemme du XVIIIe siècle : comment penser la sociabilité - c'est-à-dire plus exactement, le lien, la connexion, le commun - ... en partant uniquement de l'individuel, de la singularité, de la solitude du fragment.

"'La richesse et la pauvreté étaient destinées à disparaître dans un régime d'égalité', lit-on dans un décret de la ville de Paris en novembre 1793, et : 'Il ne faut plus ni riches ni pauvres. L'opulence est une infamie,' dirait Saint-Just cette même année. ... Montesquieu et Rousseau - daccord sur ce point - avaient raison. La démocratie, pour être effective, avait besoin d'une égalité qui dépasse le seul plan des droits, pour arriver à toucher la substance de la vie matérielle des citoyens.

"... Une égalité comme celle projetée en 1789 ... tendait à être rendue vaine, pour ce qui est de son effectivité...

Mais si le problème existait vraiment..., la voie choisie pour le résoudre était tragiquement erronée. Cette dernière imaginait que pour en voir le bout il suffisait d'armer le pouvoir - d'un pouvoir inouï - une avant-garde révolutionnaire, auto-persuadée d'agir au nom de la nation tout entière, et d'imposer, au moyen de son commandement, la politique et la volonté dont il était l'expression, en dehors duquel ne pouvait exister aucun espace de salut, aucune marge autonome de l'humain." Dans ce livre, Aldo Schiavone tente de trouver une solution à la contradiction fondamentale de la déclaration de 1789 : "Si l'individuel demeure la seule forme avec laquelle concevoir l'humain [...], comment concilier la pleine valorisation avec une égalité qui dépasse le niveau d'une parité formelle uniquement politique et juridique ?" (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 283.) "La construction de l'individu moderne, cuirassé dans ses libertés - auxquelles ont contribué organisation capitaliste, tradition chrétienne et pensée libérale puis démocratique - reste peut-être la conquête la plus importante d'un parcours d'émancipation auquel l'Occident a voué la meilleure partie de lui-même.

"Si nous définissons l'humain uniquement par l'individuel, son universalité - aussi emphatisée soit-elle par la tradition moderne et son arrière-plan chrétien - en pâtit forcément, et risque de se réduire à tout instant à une construction seulement abstraite. Afin d'écarter ce danger, deux voies ont été suivies. La première a fini par attribuer à l'Etat - comme c'est le cas de la pensée de Hegel, qui représente, à cette aune, l'apogée de la modernité chrétienne-bourgeoise - un rôle de conciliation et de producteur d'éthicité. [...] L'autre a déplacé, au contraire, cette instance de réunification supérieure au-delà du plan de l'histoire, dans un royaume des cieux théologiquement inféré, lieu exclusif où l'on trouverait la plénitude de la vérité et de la vie. Mais si on parvient plutôt à construire et à articuler, tout en restant bien dans l'horizon de l'histoire, une forme alternative de l'humain, les choses changent. Une figure qui ne se confonde ni avec le 'je' de l'individuel ni avec le 'nous' de la tradition rousseauiste-socialiste, mais avec l'impersonnalité du 'il', [...] qui à l'extérieur de tout homme, permet à chacun d'exister et de penser, et de ne pas se noyer dans la prison d'une autoreprésentation sans fin. [...] Tout l'effort des mystiques a toujours visé à obtenir qu'il n'y ait plus dans leur âme aucune partie qui dise 'je'. Mais la partie de l'âme qui dit 'nous' est encore infiniment plus dangereuse.' (Simone Weil, La Personne et le sacré, 1942-43, paru en 1950, Paris 2017, p. 37) Au contraire, elle finirait même par en perpétuer les effets, en se limitant à juxtaposer les individualités [...] sans les dépasser si ce n'est en surface, en croyant les unifier à travers le seul lien de la sérialité du travail à l'usine..." (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 309-311.)

"Il est certain que les inégalités imprévues qui ont soudain vu le jour dans les sociétés occidentales [...] ont eu un poids décisif. Il faut injecter des idées dans la démocratie, et ne pas la considérer comme une forme immuable, la 'fin de l'histoire', le lieu d'une vérité acquise pour toujours, mais simplement un mécanisme imparfait, fruit d'une combinaison instable entre éléments hétérogènes. [...] Une seule réponse, totale et définitive, n'existe pas. Il n'y a pas de proportion idéale - une espèce de règle d'or - à trouver et à mettre en pratique, valable dans toutes les situations. [...] Si nous essayons de [...] réduire l'égalité démocratique à l'intérieur de ses frontières strictement formelles, [...] - droits politiques, parité des citoyens face à la loi, et rien d'autre - nous empruntons une impasse

"[...] Le moment est venu de commencer à penser un nouveau pacte d'égalité pour sauver le futur de la démocratie. [...] Un pacte d'égalité qui sache se transformer en programme politique [...] et qui parle non pas de la parité des individus, mais de la divisibilité [...] de certaines choses, de certains biens, matériels et immatériels, à commencer par le bien que constitue la vie, à partager équitablement entre tous les vivants. [...] 

"À la dernière page de La Personne et le sacré, [...] Simone Weil [...] se demande si, au fond, il est bien vrai que le Dieu-Personne de la tradition chrétienne ne laisse pas de place à la pensée de l'impersonnel - une question qui parcourt silencieusement la pensée du philosophe allemand (Hegel). Et elle conclut qu'une jonction est concevable. À l'appui, elle cite le texte de Matthieu 5,45 : 'afin de devenir fils de votre père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes', considérant ce passage comme un exemple limpide de l'allusion évangélique à un 'ordre impersonnel et divin de l'univers', et donc à la possibilité que la figure de Dieu et celle de l'homme puissent se retrouver au-delà d'une théologie de la personne conçue comme dénuée d'alternatives. Je crois bien qu'elle avait raison."  (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid., p. 331-332.)

 

Antoine de Rivarol

Le rêve du retour à l'état de nature de Jean-Jacques Rousseau se transforme en cauchemar de la concurrence de tous contre tous et à la loi du plus fort ! Antoine de Rivarol avait vu qu'avec les droits de l'Homme on obtiendrait le contraire de ce que la république se proposait : c'est le retour de la barbarie.

 

« Principes désorganisateurs » disait l'abbé Barruel, qui devaient conduire à la destruction de toute autorité et de toute religion dogmatique et au rétablissement des droits imprescriptibles de l'homme primitif... C'est en fait un retour à l'Âge des cavernes, à l'état anarchique, primitif et barbare : la loi du plus fort; une incroyable régression.

 

« Là où la religion est bannie de la société civile, et la doctrine et l'autorité de la révélation divine rejetées, la vraie notion de la justice et du droit humain s'obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la justice et du vrai droit » (Pie IX, Lettre Encyclique Quanta Cura, Rome 8 décembre 1864.)

 

« Loin d'avancer indéfiniment dans la voie du progrès, comme l'on a accoutumé de s'en vanter, l'humanité semble retourner à la barbarie ! » (Pie XI, Encyclique Urbi arcano, 1922)

 

« Revenir à Dieu, c'est revenir à la civilisation; c'est en finir avec l'horreur, le chaos et la barbarie ! » (Anne Bernet, Revue Fideliter, Janvier-Février 1996, N° 109, p. 74.)

 

Toutes les crises que nous connaissons dans la société (crises de l'autorité à l'école, refus d'obéissance des enfants, crises éducatives, crises morales, crises culturelles et même crises économiques, etc.), toutes ces crises trouvent leur source dans une seule et même crise, qui est une conception erronée de l'autorité formulée par les Barbares révolutionnaires et leurs principes désorganisateurs de 1789.

 

Dans ces conditions il n'est pas surprenant d'apprendre que lors de l'élaboration de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, rien de la déclaration des devoirs qui devait y être intégrée ne subsista dans l'adoption du document final. (Source : Stéphane RIALS, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Pluriel Inédit, Hachette, La Flèche 1988, p. 15.)

 

Si l’on veut rétablir l’ordre naturel chrétien, supprimer le désorde maçonnique, et refonder la société sur ses bases naturelles (et donc pérennes), il faut commencer par supprimer la conception erronée de l'autorité issue de 1789, et affirmer clairement que l'autorité vient de Dieu et non du peuple. (Cf. Dieu, principe et modèle de toute autorité). Il s'agit d'affirmer que la démocratie comme "religion" horizontale est une impasse qui conduit à la destruction de la société et que les droits de l'homme de 1789 dans leur article 3 conduisent à la mort de la société par un retour inévitable à la barbarie.

 

Dans son Du Contrat social, Jean-Jacques Rousseau, utilise le terme de « démocratie » dans son sens sens originel pour désigner la démocratie directe, exercée sans intermédiaires par l'ensemble des citoyens. Il avait vu juste en rapportant cette fatalité de la démocratie représentative : « la souveraineté ne peut être représentée » :  « Le peuple anglais pense être libre; il se trompe, il ne l'est que durant l'élection des membres du Parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les cours moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite qu'il la perde. » (J.-.J Rousseau, Du Contrat social, 1762, Oeuvres Complètes, Paris, Gallimard, Pléiade, 1964, III, p. 429-430.) 

 

« 'Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation', dit la révolution. [...] L'ordre des sociétés politiques est réglé par les lois premières, aussi indépendantes de la volonté de l'homme, générale ou particulière, que le sont les lois qui règlent l'ordre du firmament. L'harmonie, l'accord, le bien-être du corps social sont assujettis à des lois aussi nécessaires en elles-mêmes, que le sont les lois qui font le bien-être et la santé du corps physique, ou qui distinguent le concert du charivari. On peut par ignorance ou par mauvais vouloir méconnaître et violer les unes et les autres; on n'empêchera pas que l'effet ne soit une perturbation, perturbation souvent mortelle, ou qui finira par le devenir. La plus grande injure qu'on puisse faire à un pays, c'est d'affirmer qu'il est représenté par des hommes qui donnent comme des principes incontestables les palpables absurdités que nous venons d'indiquer.

« [...] Tous les législateurs qui n'ont eu que des lumières purement humaines ont manifestement fort mal résolu le problème. Un signe d'horreur est empreint sur toutes leurs législations. ils ont broyé, écrasé la partie la plus nombreuse du genre humain, celle des faibles. Ils l'ont mise sous les pieds des forts, d'une minorité; ils ont gardé ou introduit l'esclavage: esclavage des vaincus, des enfants, des femmes. À vrai dire, ils ont établi des règles destinées au petit nombre seulement; ils ont légiféré pour régler comment les grands se partageraient les petits et conserveraient la proie. Barbares et homicides, ils ne sont pas des législateurs.

« [...] La déclaration n'est pas seulement en opposition avec la raison et la foi; elle est en contradiction avec ses propres principes. » (Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 254, 257, 258)

Mensonge l'article 4 qui dit que « les bornes (de la liberté) ne peuvent être déterminées que par la loi » (humaine). Elles ne peuvent être déterminées que par la loi de Dieu qui seule établit la distinction entre le bien et le mal, le permis et le défendu, le possible et l'impossible.

Par exemple, mensonge la loi qui déclarerait libre le divorce, le « mariage » homosexuel, donc mensonge de dire que la loi humaine détermine les « bornes » de la liberté.

Une gravure de Legrand, conservée à la Bibliothèque nationale, illustre la « loi sur le mariage et le divorce » autorisant le divorce en France, adoptée le 20 septembre 1792 par l'Assemblée nationale (jour de la proclamation de la « république »). La gravure, reproduite ci-dessous, montre « le mariage et le divorce républicain en forme de tables du Sinaï, tables de Moïse, surmontées du bonnet rouge, une sorte de déesse portant flambeau et couronnant les jeunes mariés, un simulacre d'autel où officie un fonctionnaire, un soldat en armes surveillant la scène. Tel sera le "mariage républicain". La Révolution voudra répudier le catholicisme; elle cherchera à lui substituer ses propres rites, imités de la liturgie chrétienne. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 12.)

La société de l'injonction au bonheur ou du bonheur obligatoire : penser l'impasse des droits de l'homme
Moïse portant les Tables de la loi

Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restauration par la loi du 8 mai 1816. Il ne fut rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884. 

 

Mensonge l'article 5 qui dit que « tout ce qui n'est pas défendu par la loi (humaine) ne peut être empêché ». Ce qui n'est pas « défendu » par la loi humaine, peut être « empêché » par la loi divine. Le paganisme par exemple, non empêché par la loi humaine est formellement interdit par le 7e commandement de Dieu. Le divorce est interdit par les 6e et 9e commandement de Dieu. Dernier exemple : le vol des biens de l'Église en 1905, n'est-il pas interdit par la loi de Dieu ? « Non furtum facies » (Tu ne voleras pas. Exod. 20:15).

 

Mensonge l'article 6 qui dit que « la loi est l'expression de la volonté générale », que par conséquent le nombre crée le droit. La loi ne peut être que l'expression de la volonté de Dieu, qui n'a souvent rien de commun avec la volonté générale. (Abbé Vial, Jeanne d'Arc et la Monarchie, 1910, réed. Editions Saint-Rémi, p. 33-40, 561)

« Définir la loi comme l'expression de la volonté générale, (c'est) affranchir le législateur du respect d'un ordre naturel supérieur. L'ordre juridique tout entier se trouve ainsi sécularisé.

[...] L'affirmation du caractère de cette souveraineté marque un renversement complet de l'ordre du monde : le pouvoir ne vient plus d'en haut mais d'en bas. Dès lors, le souverain est affranchi du respect d'un ordre juridique supérieur extérieur à sa volonté. La définition de la loi s'en trouve radicalement bouleversée.

[...] La loi ne se définit plus en fonction de sa finalité mais en fonction de son origine. La loi n'est plus l'acte qui participe au règne de la justice mais l'acte qui exprime la volonté du souverain... Il y a ici une tension évidente entre l'affirmation de l'existence de droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme,  et le principe légicentriste formulé par l'article 6. L'absence de procédure juridictionnelle de contrôle de la constitutionnalité des lois (d'ailleurs) empêchera de vérifier que les volontés du législateur sont effectivement pleinement respectueuses de ces "droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme". Cette absence est volontaire, comme le montrera le débat du 8 août 1791. Les députés ne veulent pas qu'un organe conservateur de l'ordre constitutionnel vienne faire obstacle à leur volonté souveraine. » (Philippe Pichot-Bravard, Conserver l'ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle), LGDJ, Paris 2011, p. 356-371.) 

« [...] Aucune procédure n'est prévue pour veiller à ce que les pouvoirs constitués respectent les dispositions de la Constitution. Les Constituants n'ont pas établi d'organes conservateur vérifiant la constitutionnalité des lois. »

Dans la préface de l'ouvrage La Machine révolutionnaire, Oeuvres d'Augustin Cochin (textes réunis par Denis Sureau), Patrice Gueniffey, le disciple de François Furet, écrit p. 11 : « le club jacobin [...] accompagne l'abstraction toujours croissante des rapports sociaux au nom d'une égalité en droits théoriquement inclusive, mais aboutissant en fait à la dépossession toujours croissante des individus et au règne, sous le nom fallacieux de "volonté générale", d'une opinion collective factice et impérieuse à la fois : la fabrique du consentement sans la participation ni le consentement de ceux qui devront s'y soumettre ! »

Et Denis Sureau dans son introduction aux Oeuvres d'Augustin Cochin, rapporte ce mot de Cochin (p. 32) : « Au terme de son long travail, Augustin Cochin conclut ainsi : "La France transformée en une vaste loge – l'opinion sociale substituée à l'opinion réelle – le Machinisme à l'autorité reconnue – la liberté de principe et la servitude de fait […] : tels sont bien en effet les caractères du "grand œuvre" qui venait de s'accomplir ! » (A. Cochin, Les sociétés de Pensée et la Révolution en Bretagne 1788-1789, t. I, Paris, Plon, 1928, p. 456.)

 

La France transformée en vaste loge (A. Cochin) : c'était aussi le regard que portait sur les évènements en 1793, Mallet du Pan, ce journaliste calviniste qui, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir (10 août 1792) écrivait, dans un style aussi vif que celui de Cochin : « la France est une vaste caserne : tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues ! Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous.» (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

« Si la loi était l'expression de la volonté générale, il serait à peine nécessaire de l'écrire. Il n'y aurait qu'à laisser faire la volonté générale. [...] La loi expression de la volonté générale ! Le peuple souverain dictant la loi Il aurait donc édicté qu'il dépenserait une partie notable de ses revenus à payer plusieurs centaines de milliers de surveillants, de gendarmes, chargés de lui faire vouloir ce qu'il veut? qu'il hérisserait son sol de prisons destinées à le renfermer et à le punir de ne pas vouloir ce qu'il veut ? Déjà en 1797, un grand ami de la France, Joseph de Maistre écrivait du peuple français :

"Ses maîtres le foudroient en se moquant de lui. Ils lui ont dit : Vous croyez ne pas vouloir cette loi; mais soyez sûrs que vous la voulez; si vous osez la refuser, nous vous tirerons à mitraille pour vous punir de ne pas vouloir ce que vous voulez; et ils l'ont fait." (Considér. sur la France, ch. VIII, p. 126, éd. de 1853).  

 

« C'est ce qui se fait équivalemment depuis une siècle pour une multitude de lois édictées par la révolution. [...] Gendarmes, garnisaires, étaient là pour punir le peuple français de ne pas vouloir ce qu'il voulait. Comme l'on surprendrait la multitude des paysans et des ouvriers de France, qui forment la volonté générale du pays, si on leur disait qu'ils donnent librement mandat pour payer des centaines de millions o l'Université césarienne, toujours si impopulaire après un siècle d'existence; aux théâtres; aux comédiennes de Paris; et qu'ils consentent volontiers à frustrer pour cela leurs fils, leurs filles, leurs femmes, d'un bien-être qui ne serait pas du superflu ! La volonté générale aurait donc statué que, de tous les peuples de la terre, le citoyen français seraient notoirement le plus imposé !!! Quelle lumière quand on rapproche le gros des faits des prétendus principes de la déclaration (des droits de l'homme). Elle ne promet avec plus de solennités et d'ampleur, que pour dénier d'une manière plus cynique et effrontée. » (Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 260-262.)

 

Le mensonge du peuple

 

«Le 14 juillet 1789 : Spontanéité avec préméditation.

Les thèses "révisionnistes" [...] à propos de la prise de la Bastille [...] ont été formulées dès la fin de l'année 1789 et pendant la Révolution elle-même; elles ont été réétudiées par des historiens comme Lombard de Langres (Des Jacobins, depuis 1789 jusqu'à nos jours, Paris 1822), Taine, au XIXe siècle, Frantz Funck-Brentano (qui possède un fonds remarquable des papiers de la Bastille, dont le registre d'écrou, et écrivit un livre sur les évènements de juillet: La Prise de la Bastille, Paris, Fontemoing, 1899), plus explicitement encore par Gustave Bord (La Prise de la Bastille et les conséquences de cet évènement en province, Paris, 1882), plus tard par Bernard Faÿ, Pierre Gaxotte (La Révolution française, Paris 1928) ou Jean Mistler. À la suite de la plupart des contemporains des évènements, amis ou ennemis du "peuple", tels Montjoie, Marmontel, le marquis de Ferrières (Mémoires pour servir à l'histoire de l'Assemblée constituante et de la Révolution de 1789, Paris an VII, et Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vol., Paris 1821), Sourdat (Les Véritables auteurs de la Révolution de France de 1789, Paris 1797), Barruel, Dusaulx lui-même, [...] [Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet, 1950], ces thèses soulignent toutes la préparation de l'émeute par des "factions".» (Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, historiens, professeur à l'université de Tours et chargée de recherche au CNRS, dans Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008,  p. 35-36.)

Dans son avant-propos à son ouvrage "Le Quatorze juillet" (Lardanchet 1950, p. 7), Pierre Dominique précise que « la réaction populaire [...] est conduite par des éléments politiques correspondant à ce que nous appellerions aujourd'hui la Gauche et l'Extrême-gauche et qui se groupent autour du duc d'Orléans avec, à l'arrière-plan, la franc-maçonnerie. »

« Le duc d'Orléans [Grand maître du grand Orient de France, cousin de Louis XVI] a pour lui sa fortune. C'est le plus riche seigneur du royaume. [...] En ce début de la Révolution, il paie à bureaux ouverts les journalistes, brochuriers, libellistes de tout Paris et de tout Versailles, les crieurs, parleurs, aboyeurs qui remplissent les cafés, les coupe-jarrets dont il a des dizaines à sa solde et que se chargeront de recruter en payant à boire et, le moment venu, d'encadrer les braillards dans la rue. [...] Il sait agir sur le peuple autrement qu'en le payant; il lui retire son pain, le lui redonne. Comment ? En pratiquant l'agio sur les blés; Montjoie le dit, qui est royaliste, il est vrai, mais Malouet confirme : "Les agents du duc d'Orléans faisaient aussi sur cet objet (les blés), leurs spéculations; ils faisaient vendre et acheter en divers lieux suivant qu'ils avaient besoin de la faveur ou des fureurs de la populace." On l'accusa même d'avoir fait courir de fausses circulaires, signées Necker, arrêtant les approvisionnements sur Paris du 20 avril au 15 mai, au moment où se réunissaient les États généraux.

[...] Les frères se tiennent, marchent en ordre, murmurent leurs mots de passe, suivent aveugklément leurs chefs. le pouvoir ne peut rien contre cette organisation souterraine. Il peut d'autant moins qu'elle pénètre Cour, qu'elle est maîtresse à Versailles comme à Paris. [...] Dès 88, les Maçons avec toujours en bouche les grands thèmes d'ordre et de centralisation, sont la colonne vertébrale du parti national, de ce parti dont LaFayette est le dieu, qui vit des idées politiques anglaises et américaines.

[...] L'opposition secrète de la maçonnerie à la Monarchie traditionnelle se trouve ainsi secrètement manoeuvrée par l'Angleterre, alors que l'Angleterre battue dans une guerre précédente, a sa revanche à prendre sur terre et sur mer. Grave sujet de méditation pour un patriote, mais les patriotes de l'époque ignorent tout cela: ils marchent la tête dans les nuées. » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 30, 34-35.) « Louis XVIII pourra écrire à Saint-Priest : "Je crois que le ministère britannique a fomenté et peut-être payés les commencements de la Révolution. » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 216.) « Les Financiers, Laborde, Dufresnoy, d'autres, qui ont pris position à la hausse et pour qui Necker c'est la hausse, paient d'honnêtes contributions; on a de quoi acheter qui l'on veut...» (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, ibid., p. 62.) « Aussitôt les banquiers ouvrent plus large que jamais leur caisse aux révolutionnaires; toute la finance prend position contre le Roi.[...] "Il paraît même, dit Mme de Staël, qu'on avait fait distribuer parmi le peuple des imprimés qui annonçaient que M. Necker était la cause de la cherté du pain parce qu'il avait accablé le peuple d'impôts et amassé du blé..." » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, ibid., p. 77-79.)

« Rivarol accuse [...] les banquiers Laborde de Méréville, Boscary et Dufresnoy, entre autres, d'avoir "soudoyé" l'émeute. Delessert fournit un témoignage en ce sens. (Voir Jacques Godechot, La Prise de la Bastille, p. 249, dans Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 43)

«[...]Tandis que le duc conspirateur se voyait cantonné au rôle de pourvoyeurs de fonds, le déroulement des émeutes de juillet 1789 rend saisissante la présence continuelle de membres des loges à tous les échelons de l'action, et dans toutes les initiatives importantes : les noms que l'on connaît des chefs ou meneurs, [...] des délégués du Comité permanent de la commune qui constituèrent des ambassades auprès de Launay, [...] des chefs de la milice bourgeoise, dont La Fayette, à partir du 15 juillet, est le plus illustre, tous ces noms, confrontés aux listes des loges conservées au Fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale de France, révèlent une étrange similitude. Bertrand de Molleville put ainsi affirmer : "C'est dans une séance de la loge des Amis réunis que fut décidée la prise de la Batille." (B. de Molleville, Histoire de la Révolution de France, t. I, p. 27). Cette préparation systématique est confirmée par l'innocent Dusaulx [homme de lettres et homme politique français. Membre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, traducteur de Juvénal et disciple de Rousseau] qui confesse: "Le gros du peuple ne se doutait pas que l'on allait marcher sur la forteresse, mais il est certain que la prise de la Bastille avait été projetée." (Dusaulx, De l'Insurrection parisienne et de la Prise de la Bastille, 1790, p. 24.)

[...] L'appartenance des chefs du tiers au "parti patriote", est-elle [...] un secret ? Bailly, Sieyès, Le Chapelier, Mirabeau, La Fayette, [...] Guillotin, tous appartenaient à la loge parisienne des Amis réunis. [...] Tous furent les personnages clés de ces évènements de juillet. » (Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008,  p. 41, 49.)

 

Dans sa Conférence "Fondements idéologiques et légitimité du pouvoir" donnée le vendredi 21 février 2014, Philippe Pichot-Bravard explique que « le Club des Jacobins était un réseau de sociétés affiliées (maçonniques) et donc un puissant moyen de manipulation de l'opinion. » Il dit l'avoir « constaté cela à plusieurs reprises en consultant les archives parlementaires ». « Avant chaque coup de force, avant chaque mouvement un peu brusque, le 10 août 1792, le 31 mai 1793, lors de l'élimination des Girondins, on assiste à une préparation psychologique de l'opinion par le biais des sociétés affiliées. Le Club a donné des consignes: faites remonter à l'Assemblée des pétitions demandant telles et telles choses. Ainsi, le 10 août, nous demandons la déchéance du roi, le 31 mai nous demandons l'élimination des Girondins. En août-septembre 1793 on recommence... - et là c'est génial... - on vient élaborer une constitution... La constitution a été ratifiée par referendum. 75% des gens n'ont pas voté, mais les autres ont voté... Or les Girondins qu'on a éliminés, aux élections ils vont revenir à l'Assemblée avec des royalistes qui eux aussi auront été élus. Les Jacobins n'ont pas fait tout ça pour ça ! Donc il faut trouver un tour de passe-passe pour que la constitution ne puisse pas être mise en oeuvre. Comment fait-on ? Et bien, consignes aux sociétés (maçonniques) locales et les pétitions qui remontent 15 jours après la proclamation de la constitution ! Et elles disent toutes la même chose ! "Que la Montagne reste à son poste, et notre triomphe est assuré !" On retrouve cela partout. Alors évidemment "la société populaire de" ne dit pas la société populaire, elle dit "le peuple d'Angers" ou "la société populaire et les citoyens d'Angers". D'ailleurs ce n'est pas complètement faux puisque dans le discours révolutionnaire, le peuple ce sont les militants révolutionnaires. Les autres, ce ne sont pas le peuple : ce sont les "ennemis du peuple" ! La seule chose c'est que sur 30000 habitants, ils sont 30. Mais à 30 ils sont "le peuple" ! 

On crée donc un mouvement d'opinion artificielle, avec quelques centaines de pétitions, et avec ce mouvement, on justifie le coup de force qui est prévu depuis le départ (!), mais qui fait mine de s'appuyer sur une demande du peuple populaire... On l'a fait pour le 10 août 1792, pour la déchéance du roi, le 31 mai et le 2 juin 1793pour l'élimination des Girondins, et on le fait le 10 octobre 1793 pour la suspension de la Constitution et l'établissement du gouvernement révolutionnaire, qui donnant aux Jacobins les moyens d'action va mettre en place ce programme de régénération qui est vraiment le coeur du dessein révolutionnaire depuis 1789, c'est-à-dire faire naître un monde nouveau, régénérer la France et régénérer l'homme pour rendre cet homme compatible avec ce monde nouveau ! »

Dans cette conférence, à la question de l'entrisme dans les partis politiques existant pour changer le système de l'intérieur, Philippe Pichot-Bravard, lucide, répond qu'il ne croit pas trop à cette thèse : « Je suis assez méfiant avec tout ça, parce que les règles sont faites pour empêcher le pays réel de faire ce que vous dites. Le jour où le pays réel aura peut-être, de ce point de vue, une carte à jouer, et bien les règles seront changées pour qu'il ne parvienne pas au pouvoir. Le bon terrain : il faut reprendre les hiérarchies des priorité, il est d'abord spirituel. Il est ensuite culturel. Il faut mener cette action culturelle, réveiller les esprits. » Le combat est spirituel et culturel, c'était déjà le constat de Louis XVI.

 

Le nouveau pouvoir fondé sur la souveraineté populaire n'accepte pas le résultat des élections

 

Afin de conserver le pouvoir, l'oligarchie jacobine donne du canon et fait tirer sur le peuple qui vote royaliste. À Paris, le gouvernement révolutionnaire appelle l'armée à venir le secourir les 1er avril et 20 mai 1795, la troupe s'oppose à une révolte populaire. Dans l'une et l'autre journée, les soldats sont commandés par des généraux « suspects » de sympathie royaliste (Pichegru, puis Menou). Le 13 vendémiaire an III (5 octobre 1795), les soldats commandés par Barras et Bonaparte répriment une insurrection royaliste. Bonaparte, est nommé général en chef de l'armée de l'Intérieur.

Jean-Charles Pichegru

Deux ans plus tard, les royalistes sortis vainqueurs aux élections, le gouvernement révolutionnaire est de nouveau menacé. Le 20 mai 1797, le général royaliste Pichegru obtenait la présidence du Conseil des Cinq-cents et Barbé-Marbois celle du Conseil des Anciens. Le tirage au sort élimina Letourneur du Directoire. Et le 26 mai le royaliste Barthélemy était élu comme directeur en remplacement de Letourneur. (Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1899, Bouquins, Robert Laffont, Paris 2004, p. 391.) 

François Furet narre ainsi les évènements :

« Quand les premières élections du Directoire ont lieu, en germinal (mars-avril) 1797, [...] les royalistes prennent le contrôle des assemblées, le général Pichegru préside les Cinq-Cents, Barbé-Marbois les Anciens. Ils votent l'abolition de la loi du 3 brumaire an IV et quelques mesures adoucissant le sort des prêtres réfractaires;

les émigrés [...] ont commencé à rentrer par petits paquets, profitant d'une procédure de "radiation" de la liste fatale qui les rendait passibles de la peine de mort prévue par une loi de la Convention.

Va-t-on vers une restauration ? [...] ceux qu'on appelle les "jacobins blancs", Pichegru, Imbert-Colomès, Willot sont décidés au coup d'État pour ramener Louis XVIII et l'émigration. 

[...] Au Directoire, [...] est prêt au coup d'État pour défendre la Révolution : Reubell [...], [l]'ancien député du Tiers-État de Colmar à la Constituante, [...] représentant aux armées, investit dans la défense de la République et des frontières naturelles [...] est rejoint par Barras qui a [...] pris langue avec l'armée d'Italie et son choix est fait au printemps 1797, quand un de ses amis ramène de Milan, transmise par le général en chef, la nouvelle que Pichegru est au service de Louis XVIII. [...] La seule grande force [...] au service de la République est désormais l'armée, qui vient de se couvrir de gloire en Italie.  [...] C'est Hoche, à la tête de l'armée de Sambre et Meuse, qui fournit le coup de main décisif, en faisant marcher neuf mille hommes vers Paris en juillet, sous le prétexte d'un transfert de troupes vers Brest. [...] Dans la nuit du 17 au 18 fructidor (4 au 5 septembre 1797), Paris est occupé militairement. Augereau (bras droit de Bonaparte) arrête Pichegru et ses amis des Conseils » (François Furet, La Révolution française, ibid., p. 415), ainsi que des députés et des journalistes royalistes. Le 18 fructidor an V (4 septembre 1797), le Directoire, pressé par Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, a donc fait contre le peuple qui a mal voté un coup d'État. Belle preuve de liberté de penser, belle marque de respect pour le vote et la démocratie, belle preuve de loi « expression de la volonté générale » ! On aura en outre remarqué que le seul « complot » autorisé, le seul « complot » qui existe, est le complot royaliste :

[...] Au matin du 18, une grande affiche-proclamation du Directoire-croupion annonce aux Parisiens et au Pays qu'un complot royaliste a été brisé, et que tout individu coupable de vouloir rétablir la royauté ou la Constitution de 1793 sera fusillé sans jugement !... » (François Furet, La Révolution française, Penser la Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. 415.) [4]

 

Augereau au pont d’Arcole, 15 novembre 1796 par Charles Thévenin

 

« Ce qu'on peut réunir des Conseils siège dans la journée (18 fructidor, 4 septembre 1797) et celles qui suivent pour voter des mesures de "salut public" : l'annulation des "mauvaises" élections, qui exclut un tiers du Corps législatif, la déportation en Guyanne de cinquante-trois députés et de deux Directeurs, Carnot et Barthélémy, plus quelques royalistes notoires. Le Directoire – ce qu'il en reste – casse en même temps les élections des pouvoirs administratifs et judiciaires locaux, désormais à sa discrétion. La presse est muselée. Enfin, une série de textes frappent à nouveau les émigrés et les prêtres réfractaires, passibles de la peine de mort ou de la déportation. 

[...] Comme le 2 juin 1793, le 18 fructidor an V (1797) est un coup d'État antiparlementaire, une épuration de la représentation du peuple au nom du salut public. [...] La différence principale tient à ce que, dans le rôle de bras séculier de la Révolution, les sans-culottes ont été remplacés par l'armée. Barras et Reubell triomphent, mais en débiteurs des généraux. Hoche meurt inopinément en septembre, mais un petit général corse, devenu déjà une gloire de la nation en conquérant l'Italie, peut à son tour faire figure de sauveur. [...] Michelet l'imagine royaliste, parce qu'au témoignage de Bourrienne, son camarade de l'école de Brienne, il s'exclame que Louis XVI aurait dû faire tirer sur l'émeute, le 20 juin 1792. » (François Furet, La Révolution française, ibid., p. 415-417)

 

En Europe, les républiques soeurs connaissent le même régime militaire. Les généraux font et défont les gouvernements. Ils apprennent ainsi, bien avant le 18 Brumaire (9 novembre 1799), la technique du coup d'État : en 1798, par exemple, Joubert en Hollande, Berthier et Brune en République Cisalpine, Schauenbourg en Suisse. S'ouvre ainsi le temps des « missionnaires armés » dont l'Italie devient le théâtre des stratégies de carrière. L'armée d'Italie fut quelquefois présentée comme un porte-parole tardif de la sans-culotterie, un conservatoire de l'esprit égalitaire, et volontiers déchristianisateur, de l'an II, un réceptacle des idées jacobines. La Banque (les « Régents de la Banque de France », tels que Le Couteulx de Canteleu et Guillaume Mallet, fondateurs de la Banque de France), la haute finance et le commerce deviendront les piliers du Consulat puis de l'Empire. La misère ouvrière au XIXe siècle viendra passablement écorner l'optimisme des Lumières : le progrès du bien-être n'était pas au rendez-vous !

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile

 

Mensonge l'article 10 qui n'admet que des « opinions, même religieuses » et les suppose toutes également respectables. En dehors des opinions toujours discutables, il y a des convictions indiscutables, des vérités certaines, acquises, patrimoine de l'humanité, bases des sociétés qu'un gouvernement digne de ce nom ne doit jamais laisser mettre en discussion. Exemple: l'existence de Dieu, audacieusement remplacé dans le préambule de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 par la « présence » et les « auspices de l'Être suprême. »    

Il y a également un fossé entre dire « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses », et la réalité des persécutions antichrétiennes sous la Révolution, l'élimination des réfractaires, le génocide en Vendée. 

Tandis qu'on proclamait la liberté religieuse (article VII de la Constitution de l'an I, 1793), dès « le 28 octobre 1789, "l'émission des voeux dans tous les monastères" fut suspendue : au nom de la liberté individuelle. Le député Treilhard, membre influent de la commission ecclésiastique de l'Assemblée, prépara un décret qui les supprimait; [...] il le fit voter le 13 février 1790. Des officiers municipaux se présenteraient dans les maisons religieuses et demanderaient à chacun ou à chacun des membres de la communauté, s'il désirait sortir ou rester. Ceux qui partiraient recevraient une indemnité, pour vivre. Les religieux fidèles seraient groupés, tous ordres confondus, dans les maisons conservées. Quant aux monastères abandonnés, ils seraient mis en vente, au titre de biens nationaux. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 23.)

La Constitution civile du clergé est votée le 12 juillet 1790, elle réorganise unilatéralement le clergé séculier français, instituant une nouvelle Église (l'Église constitutionnelle) et en novembre 1790, l'Assemblée impose au clergé de prêter serment à la Nation : belle preuve de liberté de conscience et de laïcité !

L'historien membre de l'Académie française Daniel-Rops avance que « l'affaire du serment allait précipiter le cours des évènements et entraîner la chute de la monarchie, puisque c'est pour sauvegarder sa liberté de conscience que Louis XVI tentera de fuir Paris et la France, se brouillant avec la Révolution. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 32.)

Le 29 novembre 1791, les « réfractaires » sont déclarés « suspects de sédition », perdent leur pension et peuvent être exilés sur décision administrative. 

« [...] À l'Assemblée, le Vendredi saint 6 avril (1792), un débat avait commencé sur l'interdiction du vêtement ecclésiastique et la suppression de toutes les congrégations religieuses; le 28 avril, les deux mesures étaient votées. [...] Le 27 mai (1792) la Législative, sur la proposition de Guadet et Benoiston, votait un décret soumettant à la "déportation" (sans jugement) – c'est-à-dire à l'exil – au-delà des frontières tout ecclésiastique que vingt citoyens dénonceraient comme insermenté (dénonciation pour incivisme). [...] Tout prêtre passible de déportation qui serait pris en France serait condamné à dix ans de détention. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 39.) Belle preuve de « liberté » et de liberté religieuse ! Désormais les prêtres se trouvaient directement livrés à la malveillance des dénonciateurs, au bon plaisir des administrateurs.

« Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, l'abbé Barruel écrit : "Dans la Révolution française, tout, jusqu'à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué. » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220) 

L'abbé Barruel, traqué et poursuivi durant la Révolution dut se réfugier en Angleterre, où il rédigea ses Mémoires en 1796. Jean Ousset écrit à son sujet : « Barruel a eu des révélations directes de plusieurs personnages de l'époque (témoignages de convertis et de pénitents. Ndlr.) et trouvé en Allemagne surtout, des documents de premier ordre (sur les Illuminés de Bavière d'Adam Weishaupt. Ndlr.).

« Pendant l'empire, il (Barruel) se tint à l'écart. Napoléon le soupçonna d'avoir propagé le Bref de Pie VII et le fit emprisonner à l'âge de 70 ans... Il fut inquiété de nouveau sous les Cent Jours. Sur lui pèse bien entendu la conspiration du silence qui poursuit tous ceux qui se sont attachés un peu sérieusement à démasquer les agissements de la Secte. » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220.)

 

 

Augustin Barruel indique par exemple que la fuite de Varennes fut organisée par la franc-maçonnerie (La Fayette) afin de perdre la monarchie.

Daniel-Rops précise qu'«à Pâques de 1791, le roi, ayant voulu aller à Saint-Cloud recevoir le sacrement des mains d'un prêtre fidèle, la populace, ameutée par le tocsin de Saint-Roch, s'y était opposée. Blessé dans ses convictions les plus profondes, Louis XVI s'était alors résolu à accepter le plan d'évasion qu'on lui proposait depuis déjà longtemps. Le 20 juin (1791), il partait avec toute sa famille, vers la frontière de l'Est, où l'armée des émigrés devait l'accueillir.[...] Lorsqu'à Varennes le maître de poste Drouet eut arrêté la voiture du monarque la monarchie elle-même était perdue. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 32.)

Le traître La Fayette (membre de la loge La Candeur) ne laissa le roi dans l'illusion que pour le ramener couvert d'opprobre, et resserrer ses liens à son retour : « Les monuments publics pourraient manquer à l'historien sur la conduite de La Fayette dans cette circonstance. Bien des personnes ont voulu faire croire qu'il (La Fayette) n'avait pas été prévenu du départ du roi; voici la vérité des faits: une femme allemande mariée à un Français nomme Rochereuil, était attachée à la reine en qualité de porte-chaise-d'affaires. Cette femme avait témoigné tant d'imagination et versé de larmes sur les horreurs des 5 et 6 octobre (1789 marche sur Versailles), que la reine touchée de ces preuves d'attachement, lui donna sa confiance, la chargea du soin de préparer ses bouillons, et la logea au rez-de-chaussée de son appartement, dans une chambre qui communiquait à l'appartement qu'avait occupé M. le duc de Villequier. Au commencement de juin, la reine méditant son évasion, fit transporter dans une autre chambre la femme Rochereuil. Celle-ci soupçonna des projets; elle épia le roi et la reine. La confiance qu'on avait en elle, la mit à portée de connaître exactement ce qui se méditait pour la fuite du roi. Le 10 juin, elle en dénonça les préparatifs à MM. de La Fayette, de Gouvion, et au Comité des recherches de l'Assemblée nationale. Elle eut avec eux onze conférences, dans l'espace de neuf jours. D'après ces dénonciations, M. de La Fayette chargea treize officiers de confiance, de faire toutes les nuits des patrouilles dans l'enceinte des Tuileries, avec l'ordre secret de favoriser l'évasion. Ses ordres furent donnés de même sur la route. Drouet fut prévenu du rôle qu'il avait à jouer. Tout le reste de la fatale journée de Varennes et de l'arrestation du roi se conçoit aisément, si ce n'est cependant l'excès de cette insolence avec laquelle La Fayette usa de sa victoire, et des outrages qu'il fit essuyer à Louis XVI, en le ramenant dans sa prison des Tuileries. » (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, éd. de Chiré, tome 1, Poitiers 2005, p. 466-467.)

« Déjà s'élevaient les premières voix demandant la déchéance d'un souverain qui avait fui. [...] L'échec de Varennes faisait le lit de la république. » (J. Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Robert Laffont, Paris 1998, p. 838.)

« Louis XVI, à son retour de Varennes, confessa [...] : "Que n'ai-je cru, il y a onze ans? Tout ce que je vois aujourd'hui, on me l'avait annoncé." » (Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, t. II, p. 74 à 81 cité dans Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220.) 

« Enfermé, de fait, aux Tuileries, depuis le triste retour de Varennes, Louis XVI avait certainement beaucoup évolué. Il se reprochait d'avoir été trop faible, lorsque les évènements avaient commencé. Sur le plan religieux sa conscience souffrait de l'approbation qu'il avait donnée à la Constitution civile, et toutes ses sympathies allaient certainement aux prêtres qui refusaient le serment. (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 38.)

 

La chute de la royauté et actes de cannibalisme à Paris

 

Massacre des Tuileries (10 Août 1792)

Le 10 août 1792 est la journée au cours de laquelle fut envahie l'Assemblée ainsi que le Palais des Tuileries, siège de l'Exécutif pris d'assaut. Un directoire secret entre les amis de La Fayette et du girondin Brissot lâcha des « manifestants » préparés politiquement et militairement pour susciter cette insurrection parisienne non spontanée (Cf. Gérard Maintenant, Les Jacobins, collection Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58) qui devait aboutir à la proclamation de leur « république », le 20 septembre 1792.

 

Gérard Maintenant précise que jusqu'à la parution de son ouvrage "Les Jacobins", « la participation jacobine à cette journée n'a jamais été réellement abordée. On a beaucoup écrit sur le rôle joué par les dirigeants Robespierre, Danton, et sur leur soit-disant effacement relatif. M; Reinhard a insisté sur l'existence d'un Directoire secret composé entre autres d'Anhoine, Chabot, Carra, lequel organisa l'insurrection. Il tint sa première réunion au faubourg Saint-Antoine, à l'auberge du Soleil d'Or, le 26 juillet. Il est permis de rester sceptique quant aux déclarations de  Carra qui écrivit le 30 novembre 1792 un "Précis historique et très exact sur l'origine et les véritables auteurs de la célèbre insurrection du 10 août dernier, qui a sauvé la république."

"Ce directoire secret fut formé par le Comité central des Fédérés, établi dans la salle de correspondance aux Jacobins Saint-Honoré... J'écrivis de ma main tout le plan de l'insurrection, la marche des colonnes et l'attaque du château. Simon fit une copie de ce plan et nous l'envoyâmes à Santerre...."

« La question du rôle précis joué par les Jacobins dans cette journée mérite certainement d'être examinée. [...] Il semble bien établi que les Jacobins se rallièrent, dès le 29 juillet, aux thèses de Robespierre qui proposa la "destitution" du roi. [...] Mais une insurrection ne s'improvisant pas, les Jacobins participèrent à la création du "Directoire secret" insurrectionnel. [...] Le club pratiqua, fin juillet, une double action : l'une, légaliste, au grand jour, faite de motions de pétitions, de résolutions s'inscrivant dans le cadre des institutions; l'autre, secrète, annonçant la stratégie babouviste de prise du pouvoir. Choudieu, député jacobin à l'Assemblée législative et futur conventionnel montagnard, dans ses Mémoires, [...] donna [...] une vision assez juste de la préparation du 10 Août, en mettant en évidence le mouvement sectionnaire.

"Mais où donc fut préparé le 10 août me demandera-t-on ? Ce fut dans les quarante-huit sections, non pas secrètement, mais au su de tout le monde et de la cour elle-même. Parmi les représentants, Bazire, Chabot et Merlin (de Thionville) ont levé les premiers l'étendard de la révolte... Des assemblée secrètes se tenaient dans le faubourd Saint-Antoine, et les trois députés... s'y rendaient toutes les nuits. Mais malgré toute leur audace, ils n'auraient pas réussi s'ils n'eussent été secondés par les assemblées des différentes sections de Paris qui poussaient aussi au mouvement. Celle de Mauconseil se déclara la première en insurrection..."

 

« Agissant au sein même de leur section respective, les Jacobins contribuèrent, d'une façon décisive, à la mise en pratique d'un stratégie insurrectionnelle. Buchez et Roux écrivent: "Les Jacobins sont les provocateurs du 10 Août; les agents principaux de cette insurrection sont sortis de son sein." »

(Gérard Maintenant, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58.)

 

Frantz Funck-Brenatano rapporte : « Le 10, les Tuileries étaient envahies par les éléments extrêmes de la faction révolutionnaire, à l'instigation de Robespierre, qui aura le droit de se proclamer l'auteur du coup de force. [...] L'assemblée s'empressa de décréter l'abolition de la royauté; [...] Puis, sous la pression de la Commune de Paris, qui obéissait à Robespierre, elle décida l'élection d'une assemblée nouvelle qui sera la Convention. » (Frantz Funck-BrentanoLa Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 30.)

 

Jean Tulard sur les « sections » : « Le 9 août (1792) au soir, les députés de la Législative se séparèrent tout en sachant que les sections se préparaient au combat. À 23h45, la grosse cloche des Cordeliers se mit à sonner. D'autres églises répondirent. C'est Danton qui aurait donné le signal. Tout était prêt. De 20 heures à 21 heures, les sections s'étaient réunies pour désigner des commissaires avec mission d'intimider ou remplacer les membres du conseil général de la Commune de Paris jugés trop modérés. À 23 heures, les commissaires étaient à l'Hôtel-de-Ville où ils obtenaient sans problème une salle destinée à abriter leurs délibérations. Ainsi s'établissait parallèlement à la commune légale un pouvoir insurrectionnel qui allait la supplanter. [...] Les insurgés (fédérés et membres des sections) entreprirent de cerner les Tuileries. On réveilla le roi pour lui faire passer en revue la garde nationale et stimuler l'ardeur de cette dernière à défendre le château. Mais le roi ne trouva pas les mots qui convenaient. [...] À 8 heures du matin, les Tuileries avaient été investies. |...] À l'Assemblée [...], sous la pression des députés, le roi signa un billet ordonnant aux Suisses de cesser le feu et de regagner leurs casernes. Ils obéirent mais comme ils opéraient leurs mouvements, ils furent cernés et massacrés dans des conditions ignobles par les émeutiers. [...] La Terreur était lancée. [...] Le roi fut finalement suspendu "jusqu'à ce que la Convention nationale eût prononcé." » (Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1899, Bouquins, Robert Laffont, Paris 2004, p. 98.)

 

Sur ces évènements ignobles du 10 août, et le rôle joué par Danton, Bernard Faÿ évoque la minorité qui dirige :  « À minuit, Danton donna l'ordre de sonner le tocsin des Cordeliers. D'autres cloches répondirent. Tout se déroula ensuite selon ses ordres, et selon ses espoirs. [...] En décidant de partir pour l'Assemblée, le Roi accomplit l'acte le plus pénible, mais aussi le plus patriotique de sa vie; jusqu'au bout, il refusait de verser le sang français qui ne lui semblait jamais "impur". La ruine de la Monarchie ne résulta du reste point de sa retraite dans l'Assemblée, mais de l'émeute sanglante qui se produisit aux Tuileries après son départ, émeute suscitée par l'artifice des meneurs qui voulaient du sang pour intimider les députés. [...] Les gardes suisses [...] manquant de cartouches et accablés par le nombre, ils succombèrent; le roi, prévenu, essaya d'arrêter le carnage. Il donna ordre de cesser le feu; quelques suisses réussirent à se réfugier à l'Assemblée, les autres furent massacrés et déchiquetés, comme des animaux vaincus dans une lutte entre bêtes féroces. [...] 600 Suisses et 200 défenseurs du Château dépecés, les Tuileries entièrement pillées, 98 morts chez les assaillants, avec quelque 200 ou 300 blessés, tel fut le bilan de cette victoire que ses héros célébrèrent en promenant dans Paris les têtes et les organes des vaincus. [...] Ainsi s'écroulèrent et la Monarchie, vieille de douze siècles, et la Constitution, vieille de dix mois, et la législative, qui ne dura pas un an. [...] L'Assemblée élue jadis par une minorité d'électeurs, eux-mêmes une minorité dans le pays, ne se composait plus que d'une minorité de députés; elle usurpait les fonctions de l'exécutif qu'elle remplaçait par un "Comité exécutif".» (Bernard Faÿ, La Grande Révolution, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 363-364.)

« Rien de spontané dans ce soulèvement, pas plus que dans les précédentes manifestations populaires: le peuple, ou ce qui est censé le représenter, est mis en condition, encadré, conduit là où l'on veut qu'il aille. Ce 10 Août a été prémédité, et même commandité. les chômeurs marseillas qu'on a fait "monter" à Paris, et qui vont constituer la première force de frappe, sont payés trente sous par jour (ce qui est alors un salaire fort confortable) et ils recevront, avec le prix de leurs amres, une gratification supplémentaire de trois mille livres (soit deux à trois années du salaire moyen d'un ouvrier qualifié). Les Sans-Culottes parisiens, qui représentent la seconde force de frappe, touchent eux-mêmes quarante sous pour chaque séance de section, s'ils assurent n'avoir pas d'autre ressource. La colère ds émeutiers n'est pas gratuite ! [...] L'aube se lève sur la journée du Dix Août: inauguration de la Terreur. [...] Le roi a donné aux Suisses l'ordre de ne pas tirer. C'est les offrir à la "canaille" des faubourgs. [...] Les Suisses sont scalpés, éventrés, émasculés, dépecés ! Une fille publique, rue Fromenteau s'occupe tranquillement à délayer une cervelle du bout de son pied (Philippe Morice, dans ses Souvenirs). [...] Le jeune capitaine Bonaparte, qui habite alors rue du Mail, et qui s'est rendu au Carrousel, traverse le jardin des Tuileries: le spectacle des cadavres suisses lui donne la nausée. Bilan global : [...] sept ou huit cents tués dans le camp royal. Dans son Histoire des Girondins, Lamartine évoquera généreusement "les quatre mille cadavres" que, le lendemain, collectent les tombereaux de la Commune à la lumière du feu qui embrase les abords du palais, et qui donne "aux eaux de la Seine l'apparence du sang". » (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée, p. 9-10.)

Ghislain de Diesbach dans Le Livre Noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008, p. 61-63) rapporte les actes ignobles commis sur les corps des Suisses : « Les Fédérés traquent les Suisses à travers les appartements, les assomment, puis se livrent à une véritable boucherie; les Suisses sont éventrés, empalés, ou saignés à mort. Des viragos les déculottent, leur tranchent le sexe ou se font des cocardes avec leurs boyaux, d'autres dépècent l'enseigne Georges-François de Montmollin et lui dévorent le coeur. De petits tambours sont lacés par les fenêtres sur les piques et les fourches, d'autres jetés dans les chaudières des cuises royales, qui ont continué de fonctionner, et bouillis tout vifs. Un tambour de neuf ans, qui sanglote accroché au cadavre de son père, est cloué à coups de baïonnettes sur celui-ci. Les médecins sont massacrés, tandis qu'ils donnent leurs soins aux blessés. les scènes de sadisme et de cannibalisme se multiplient. [...] [D]es ivrognes dansent la carmagnole aux carrefours en agitant des lambeaux de chair humaine au bout de leurs piques. [...] Le 10 août produisit en Suisse un déplorable effet, inspirant aux familles des victimes une invincible répugnance à l'égard de la République française, issue d'un bain de sang, répugnance accrue par l'invasion de la Suisse en 1798. Non contents de piller systématiquement le pays, de l'écraser d'impôts et de réquisitions, les Français, brandissant d'une main une torche et de l'autre la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, tout en répétant à satiété les mots vertu, justice, liberté, y firent plusieurs massacres spectaculaires, enfermant la population dans l'église et y mettant le feu, comme à Stans, et dans l'Unterwald où neuf églises furent brûlées avec les habitants des villages. » 

« Le 11 août, [...] était établie une commission martiale pour juger les Suisses échappés au massacre la veille, coupables d'avoir rempli leur devoir et de ne pas s'être laissé massacrer docilement, commission qui sera à l'origine du tribunal révolutionnaire ayant été transformé dès le 15 août, à la requête encore de Robespierre, en un tribunal destiné à juger "les complices de la conjuration du 10 août" ! » (Frantz Funck-BrentanoLa Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 31.)

« Cette minorité active va alors mettre tout en oeuvre pour parvenir au pouvoir au moment où vont se tenir les élections pour la Convention. Elle commence par Paris, désormais sous la coupe des patrouilles jacobines (Danton écrit à propos des massacres de septembre : "C'est dans Paris qu'il faut se maintenir par tous les moyens. Les républicains sont une minorité infime, et, pour combattre, nous ne pouvons compter que sur eux; le reste de la France est attaché à la royauté." » (Robinet, Procès des dantonistes, p. 45, cité dans Hippolyte Taine, Les Origines de la France contemporaine, t. III, La Révolution: La Conquête jacobine, 101-1904, Paris, Robert Laffont 1986, p. 330, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 110-111.)

Depuis les élections de juin 1791 qui se traduisirent par une forte abstention, « les consultations organisées les années suivantes »,... n'ont « jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. » « La promotion aux responsabilités se faisait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. [...] L'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. [...] On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une "classe" politique distincte du reste de la société. » (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 88-88).

 

Frédéric Bluche résume ainsi la non-spontanéité des journées révolutionnaires: 

« Il est ainsi possible, à partir de plus caractères dominants, de brosser à larges traits le déroulement d'une journée révolutionnaire type. Quelque soit la part de la spontanéité dans les mouvements populaires, l'origine d'une journée révolutionnaire ne peut être considérée comme spontanée. L'initiative ne vient pas exclusivement d'en bas; elle vient parfois d'assez haut. Si les mystères demeurent sur les véritables organisateurs des journées d'octobre 1789, la journée du 20 juin 1792 a sans doute été inspirée par les Brissotins-Girondins et leurs amis de la Commune de Paris (Pétion et Manuel, respectivement maire et procureur); celle du 10 Août et celle du 2 juin 1793 sont ouvertement cautionnées par des ténors de la Montagne. » (Frédéric Bluche, et Stéphane Rials, Les Révolutions françaises, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989, p. 234-235.)

 

Jean de Viguerie ajoute: « L'histoire de la France pendant la Révolution est l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire du christianisme. Une grande persécutions sévit alors contre la religion. Cette persécution fut inattendue, surprenante et d'une extrême cruauté.

« Elle fut inattendue. Quatorze siècles s'étaient écoulés depuis la dernière persécution du paganisme, celle de Dioclétien. [...] La persécution exercée par la Révolution française est la première en date en occident depuis l'édit de Constantin.

Cette persécution fut surprenante. N'advenait-elle pas au siècle des Lumières, au siècle qui avait exalté la tolérance ? Elle fut d'une extrême cruauté. Elle fit périr 8 000 prêtres, religieux et religieuses, et plusieurs milliers de laïcs mis à mort en haine de la foi. L'accusation de férocité lui fut portée un jour par l'une de ses victimes. C'était au Puy-en-Velay en 1794. Suspectée d'avoir reçu chez elle son fils, prêtre réfractaire, Mme Beauzac, âgée de soixante ans, venait d'être condamnée à mort. Au moment de monter à la guillotine, elle se tourna verses juges, et les apostropha ainsi : "Une chienne peut nourrir ses petits, et une mère ne pourrait nourrir son enfant. Vous êtes plus féroces que des tigres." (Cité dans Jacqueline Bayon-Tollet, Le Puy-en-Velay et la Révolution française 1789-1799, Saint-Etienne, Université de Saint-Etienne, 1982, p. 338.)  

[...] On ne saurait oublier le serment exigé des prêtres contre leur conscience. On ne peut passer sous silence la déchristianisation systématique, l'instauration des cultes sacrilèges, et tant d'autres mesures violatrices des consciences et des âmes. La prison, la déportation et la mort ne sont que les conséquences extrêmes d'une détermination affirmée, explicite de changer les esprits et d'imposer la volonté de l'État. [...] [C]ette volonté existe et se manifeste dès le début de la Révolution. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 213-214.)

« [L]a Terreur est bien en germe dès les débuts de la Révolution. » Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XVIII.)

Nommé surintendant (ministre) des finances à la place de Jacques Necker, Joseph-François Foulon, un vieillard de soixante-quatorze ans, a été pendu à la lanterne de la place de Grève face à l'hôtel de Ville le 22 juillet 1789, puis décapité devant l'Hôtel de ville de Paris, en présence du nouveau maire Jean-Sylvain Bailly et de Lafayette, commandant de la Garde nationale, en même temps que l'intendant de Paris, Berthier de Sauvigny, avant d'avoir, comme lui, sa tête promenée au bout d'une pique. "Un coup d'Etat est chose sérieuse. La Cour va s'en apercevoir. Et d'ailleurs l'adversaire sait tout. Montgaillard, historien royaliste, dit que les mémoires de Foulon furent lus devant Narbonne, qui avertit sa maîtresse, Mme de Staël, laquelle en informa Necker ou Mirabeau. Peu importe le canal par où se font les fuites; l'autre camp voit clair dans le jeu du Roi." (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 75.)

 

Les journées d'Octobre 1789. « On se mit en route le 5 octobre : sept ou huit mille individus, des femmes en majeure partie; troupe débraillée, hurlante, [....] Des harangères, chevauchaient des pièces d'artillerie tirées à la bricole. L'armement de la bande était des plus variés: fusils, hallebardes, piques, sabres et pertuisanes, faux à faucher le blé, broches, couteux de cuisine emmanchés au bout d'un bâton. À Versailles, dans le désarroi, la défense du château fut lamentable comme l'avait été celle de la Bastille. Quelques gardes du roi furent tués, leurs têtes, en style révolutionnaire, fichées au bout de piques sanglantes, cependant qu'une partie de nos conquérantes envahissaient l'Assemblée où elles s'installaient familièrement à côté des députés. [...] Louis XVI avait été contraint de se montrer à la foule, avec ses enfants, sur l'un des balcons du château. Contre la reine, qui vint à ses côtés, furent criées des menaces de mort. L'un des héros la mit en joue : la reine demeura impassible; le fusilleur n'osa tirer. La manifestation, en sa violence, dura jusqu'à deux heures du matin. La famille royale dut monter en carrosse, escortée d'une foule hurlante et qui portait au bout de piques sanglantes les têtes des gardes du corps massacrés. On les avait pour leur entrée dans la capitale, frisées, enrubannées. Le cortège allait au pas; on mit neuf heures de Versailles aux Tuileries. Le roi et les siens s'y installèrent. [...] Comme l'écrit P. Gaxotte : "les clubs tiennent leurs otages.» (Frantz Funck-Brentano (1862-1847), de l'Institut, La Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 17.)

 

« En 1789 la Révolution commençante abolit l'ordre du clergé, supprime la dîme qui représentait plus de la moitié des revenus des prêtres, et nationalise les biens ecclésiastiques. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Éditions du Cerf, Paris 2008, p. 213-214.) On se demande où est la laïcité – comme principe de distinction des pouvoirs temporel et spirituel – là dedans ?

« La suppression de l'ordre du clergé et la confiscation de ses biens placent les ministres du culte dans la dépendance entière de l'État. Il n'y aura plus désormais d'Église face à l'État. [...] [E]n confisquant les biens, c'est l'ordre du clergé que l'on veut achever de détruire. Comme le déclare le députe Le Chapelier, "si le clergé demeure propriétaire, il continuera à former un ordre dans la nation." (Cité dans Pierre de la Gorce, Histoire religieuse de la Révolution française, t. I, p. 150.)

[...] La nationalisation n'affecte pas seulement le clergé. La spoliation du clergé va contre les intentions des donateurs et des fondateurs qui, en constituant par leurs libéralités le patrimoine ecclésiastique, ont donné à l'Église et non à l'État. Elle lèse les pauvres, l'Église se servant de ses biens pour un grand nombre d'oeuvres d'assistance et d'éducation, et l'État, quoi qu'il en Veuille, n'étant pas encore en mesure de prendre en charge la totalité de ces oeuvres.

1790 est une année plus mauvaise encore. Le décret du 13 février 1790 interdit de prononcer des voeux solennels de religion, et supprime tous les ordres où l'on fait ce genre de voeux, c'est-à-dire tous les ordres monastiques ! [...] les religieux pressés de quitter leurs couvents, et bientôt rejetés de force dans la vie du siècle.

[...] La même année, la loi intitulée "Constitution civile du clergé" [...] crée une nouvelle Église en France, l'Église de l'ordre nouveau, simple administration du culte (!) [...] une Église d'État, [...] et une Église schismatique, les évêques se voyant interdire de solliciter du pape leur institution canonique et leur juridiction spirituelle. [...] L'Église de France est séparée de Rome en vertu de la loi. Ainsi est-elle condamnée au schisme. Car le schisme est vite rendu obligatoire. Par le décret Voidel, voté le 26 novembre, évêques et curés sont mis en demeure d'y adhérer.. Sous peine d'être démis de leurs fonctions, ils doivent jurer fidélité "à la nation, à la loi et au roi et à la Constitution." [...] C'est le serment constitutionnel. Si l'évêque veut garder son diocèse, si le curé veut garder sa paroisse, ils sont obligés de le prêter. Jurer ou s'en aller, telle est l'alternative. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Éditions du Cerf, Paris 2008, p. 214-215) On se demande là encore où sont la laïcité et la liberté de conscience dans toutes ces mesures ?!... 

« Donc, en cette fin de l'année 1790, un an et demi à peine après le commencement de la Révolution, et alors que ce n'est pas encore manifestée la persécution sanglante – les premiers assassinats de prêtres datent de l'été 1792 – l'Église est déjà humiliée, asservie, mutilée. Humiliée par la confiscation de ses biens, asservie par l'État, mutilée par l'abolition des ordres religieux et par la suppression de 52 diocèses et de près de 4 000 paroisses. Mutilée, amputée, adjugée au plus offrant, vendue à l'encan: dès 1790, on commence à disperses aux enchères les biens des ordres religieux et ceux des paroisses supprimées, on vend des monastères, on vend des églises abbatiales. La France monastique est vendue. On vend même des églises paroissiales et des chapelles. À Angers, au début de 1791, l'église Saint-Denis, paroisse supprimée, est vendue à un menuisier. En Bretagne, dans le seul district de Locrognan, 13 chapelles sont vendues.

(En 1792) La Convention les déporte (les prêtres) et ordonne la mort pour tous ceux qu, refusant de quitter la France, se sont soustraits à la déportation. On est ainsi passé par trois étapes : 1) il faut prêter serment sous peine d'être démis; 2) il faut prêter serment sous peine d'exil; 3) il faut quitter le territoire ou se laisser déporter sous peine de mort. On est passé d'une liberté sous condition à une contrainte absolue. [...] Ce n'est pas la liberté ou la mort, c'est la liberté et la mort. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 215-218)

En 1793, la Terreur s'installe, qui suspend toutes les grandes libertés: liberté individuelle à laquelle met fin la "loi des suspects" du 17 septembre 1793. « La guillotine dressée en permanence est devenue moyen de gouvernement. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 53.) 

Les ouvriers ont été envoyés à la guillotine par charrettes entières (fournées). Les « décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé. »  (René Sédillot, Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

"La véritable guillotine". Gravure anonyme. Musée Carnavalet. (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 72.)

 

« Le bilan estimé des morts liées à la Révolution demeure toujours incertain. [...] On s'en remet souvent aux calculs de Donald Greer en 1935 qui recense 30 000 à 40 000 victimes des procédures juridiques (fusillées et guillotinées). Il s'agit d'une base minimale à laquelle il faut ajouter environ 170 000 victimes vendéennes. »  (Patrice Gueniffey in La Révolution française, Préface de Michel Winock, L'Histoire Edition, 2014, p. 119-120.)

 

Pie VI (1175-1799)

« Pie VI [...] s'écriait, après avoir lu le récit de la mort de M. de Sandricourt, évêque d'Agde, une des dernières victimes de Robespierre, arrêté uniquement parce qu'il fallait un évêque légitime dans la fournée, et alors qu'il vivait totalement à l'écart de la politique, occupé seulement à prier : "Qu'on me dise que tous ces prêtres ne meurent pas pour la foi ! Voilà bien de vrais martyrs !" » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 71.)

 

« Le "catéchisme national", comme disait (le révolutionnaire) Barnave, reposait sur des bases irréligieuses. L'historien Mathiez, connu pour son agnosticisme, l'a noté en une formule parfaite: "Les principes de 1789 sont présentés comme un corps de doctrine qui se suffit à lui-même, qui tient sa valeur de l'évidence rationnelle et nullement de la révélation. Ainsi l'humanité devient son propre Dieu." (Albert Mathiez, historien socialiste de la religion civile révolutionnaire, cité dans Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 20.)

Albert Mathiez fut l'éditeur des œuvres de Saint-Just, le président de la Société des études robespierristes, et l'initiateur de la comparaison bolchevisme/jacobinisme. En 1920, il voyait dans l'institutionnalisation des soviets par Lénine un moyen d'« éviter les  inconvénients de la bureaucratie et du parlementarisme, et réaliser autant que possible ce gouvernement du peuple par le peuple qui est pour lui, comme pour Rousseau et pour Robespierre, le propre de la démocratie véritable. » (Article paru dans Le Progrès civique des 11 et 18 septembre 1920, cité dans