Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:19
Pacem in terris, Jean XXIII 11 avril 1963 :

Dieu, fondement objectif de l'ordre moral

37
L'ordre propre aux communautés humaines est d'essence morale. En effet, c'est un ordre qui a pour base la vérité, qui se réalise dans la justice, qui demande à être vivifié par l'amour et qui trouve dans la liberté un équilibre sans cesse rétabli et toujours plus humain.

38
Cet ordre moral - universel, absolu et immuable dans ses principes - a son fondement objectif dans le vrai Dieu transcendant et personnel, Vérité première et Souverain Bien, source la plus profonde de vitalité pour une société ordonnée, féconde et conforme à la dignité des personnes qui la composent. (Radio message de Noël 1942). Saint Thomas d'Aquin s'exprime clairement à ce sujet: "La volonté humaine a pour règle et pour mesure de son degré de bonté la raison de l'homme; celle-ci tient son autorité de la loi éternelle, qui n'est autre que la raison divine... Ainsi, c'est bien clair, la bonté du vouloir humain dépend bien plus de la loi éternelle que de la raison humaine". I-II, 19,4

La volonté n'est valable que fondée sur la raison humaine. La raison humaine ne tire pas son autorité d'elle-même, mais de la loi éternelle, soit la raison divine. L'ordre moral trouve son fondement dans la vérité et non dans les raisonnements arbitraires. Le scepticisme ou relativisme moral ne peut fonder l'ordre moral social.
 
 
Partager cet article
Repost0
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:55

Du point de vue du Christ-Roi, on ne peut pas cautionner une rencontre politique qui affiche l'image d'une sainte royaliste et légitimiste, sainte Jeanne d'Arc, tout en laïcisant son message, et en supprimant ce qui est catholique (les points non-négociables). Ce n'est pas logique. (1)

 

L'attitude du Front national, lors de cette rencontre soit-disant "traditionnelle" du 1er mai, "fête de sainte Jeanne d'Arc" (alors que l'Eglise catholique ne fête sainte Jeanne d'Arc que le dernier dimanche de mai...), attitude consistant à se servir de la Pucelle d'Orléans, qui délivra Orléans, sacra Charles VII et sauva la France en criant : "Vive le Christ qui est roi de France", s'assimile à une tromperie délibérée (en conscience... ce qui est très grave).

 

 Alors de deux choses l'une, soit le Front national persiste dans le refus des points non-négociables de la Doctrine Sociale de l'Eglise (D.S.E.), et il faudra effectivement en tirer la conséquence, soit il se recentre sur cette D.S.E. et notamment sur la doctrine classique du pouvoir (lois de Dieu et lois morales supérieures à la loi civile et non l'inverse...) et on pourra le soutenir. Cela ne peut être les deux à la fois. 

 

Une idéologie présentant en effet l'Etat ou la "nation" comme norme supérieure aux lois de Dieu et aux lois morales, en plus d'être une idolâtrie, n'est pas une politique au service du bien commun, c'est un absolutisme et une tyrannie. Cet absolutisme étatique ou national qui fut celui des révolutionnaires de 1789 ou de 1917... (avec son lot de crimes de masses et de génocides), irrigue encore toute la vie politique actuelle. Il est temps d'en finir !

 

Rappelons qu'en 1988, Jean-Marie Le Pen réalisa une percée historique en obtenant 14,4% des voix; pour peser sur le second tour et faire une démonstration de force, il décida d'organiser une grande manifestation le 1er mai 1988, en présentant ce regroupement comme la célébration de la "fête du travail et de Jeanne d'Arc". Les fêtes de Jeanne d'Arc ont lieu chaque année à Orléans le 8 mai (8 mai 1429, jour de la délivrance de la ville), l'Eglise catholique, qui a béatifié Jeanne d'Arc en 1909, fête la Sainte Jeanne d'Arc le 30 mai ou le dernier dimanche de mai.

 

Alors pourquoi Le Pen a-t-il choisi le 1er mai ? Ce choix répond tout simplement à des considérations politiques : il souhaitait récupérer le mythe et avoir la plus large audience possible, c'est la raison pour laquelle il organisa la première manifestation le 1er mai 1988, c'est-à-dire entre les deux tours de l'élection présidentielle. En toute logique, il aurait du commémorer Jeanne d'Arc le 8 mai, mais cela tombait après le deuxième tour de l'élection présidentielle. Et voilà comment le Front national a instauré son traditionnel défilé en l'honneur de Jeanne d'Arc chaque "1er mai". (2)

 

Notes:

 

(1) Lire "Défilé du 1er mai : le discours de Marine Le Pen" sur Nationspresse.infos

(2) http://www.politique.net/2007050104-le-pen-et-le-1er-mai-jeanne-d-arc-et-l-extreme-droite.htm

-------------------------------------------------

- Charles VII, vainqueur de la Guerre de Cent Ans (1337-1453)

- "Nous sommes appelés à rendre nos choix conformes aux lois subtiles inscrites par le Créateur dans l'univers" (Benoît XVI)

- Benoît XVI corrige l'héritage des "Lumières" et de la "nation" conçue comme "unité de référence"

Partager cet article
Repost0
19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 14:46
Le féminisme dernier avatar de l'égalitarisme (2ème partie)
Stéphane Blanchonnet analyse le féminisme : "dernier avatar de l'égalitarisme".
Merci à Reconquista.
Partager cet article
Repost0
15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 11:00

Lors de son discours que le pape Benoît XVI a adressé ce jeudi après-midi aux responsables religieux qu’il a rencontrés à Nazareth, dont figuraient parmi eux des responsables chrétiens, musulmans, juifs et druzes, le Saint-Père a expliqué : "La paix durable a sa source dans la reconnaissance que le monde, en dernière analyse, ne nous appartient pas, mais qu’il est plutôt l’horizon à l’intérieur duquel nous sommes invités à participer à l’amour de Dieu et à lui apporter notre coopération pour guider le monde et l’histoire sous son inspiration. Nous ne pouvons pas agir avec le monde selon notre bon plaisir ; mais, plutôt, nous sommes appelés à rendre nos choix conformes aux lois subtiles mais néanmoins perceptibles inscrites par le Créateur dans l’univers [loi naturelle] et à mettre nos actions en accord avec la bonté divine qui imprègne tout le monde créé.
Représentant différentes traditions religieuses, vous partagez le désir de contribuer au mieux-être de la société, rendant ainsi témoignage aux valeurs spirituelles et religieuses qui sont un soutien pour la vie publique. Je peux vous assurer de l’engagement de l’Église catholique à s’unir à vous dans cette noble entreprise. Avec les hommes et les femmes de bonne volonté, elle cherchera à faire en sorte que la lumière de la vérité, de la paix et de la bonté continue à briller depuis la Galilée, conduisant ainsi les peuples de toute la planète à rechercher tout ce qui peut favoriser l’unité de la famille humaine. Que Dieu vous bénisse tous !"

Add. La Commission théologique internationale, dont le Président est le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, vient de publier les résultats de son travail, mis à l'ordre du jour en 2004 par le Pape Jean Paul II et le cardinal Ratzinger, sur la loi morale naturelle.

Le document est publié en France par les éditions du Cerf (mai 2009) et est intitulé : "Commission théologique internationale. A la recherche d'une éthique universelle. Nouveau regard sur la loi naturelle". Avec une courte préface de Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon et une longue postface du thomiste Serge-Thomas Bonino o.p.

Via
Le Forum catholique

Partager cet article
Repost0
17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 07:03

Dans le document Liberté et Vérité (1999), Benoît XVI, alors cardinal, fait une critique des "Lumières". Il constate leur échec au XXe siècle dans le "plus grand système d'esclavage des temps modernes" que fut ce "mouvement de libération" qu'a été le communisme, à côté du national-socialisme (p. 85). Mais il ne répudie pas "l'héritage des Lumières en tant que tel et en totalité", il propose d'en corriger le cours sur trois points :

1- Corriger la Liberté conçue sans normes, "une conception fausse".

2- Corriger le mythe progressiste d'un ordre idéal des choses à atteindre, un ordre "qui n'existera jamais". Les concepts qui l'accompagent tels que 'changement' et 'révolution' doivent eux aussi être démythifiés. La transformation du monde est un mythe. (Ex: la France d'après de Nicolas Nagy-Bocsa Sarkozy!... Nouveau totalitarisme républicain à méditer...)

3- Corriger le rêve de "l'autonomie absolue de la raison et de son autosuffisance". La raison humaine a besoin de s'appuyer sur les grandes traditions éthiques et religieuses de l'humanité qui coïncident avec le Décalogue, cette idée que Dieu a de la vérité de l'homme "dans lequel le bien de tous et la liberté sont indissolublement liés". "Même l'éthique philosophique ne peut être complètement autonome. Elle ne peut renoncer à l'idée de Dieu, ni à l'idée d'une vérité de l'être ayant un caractère éthique. S'il n'y a pas de vérité de l'homme, alors l'homme n'a pas de liberté. Seule la vérité rend libre.

Dans cet important document, titre original Freiheit und Wahrheit, Benoît XVI fait également une critique de la nation conçue comme "unité de référence". Avis aux "nationalistes" (sic) républicains qui considèrent qu'au-dessus de la nation il n'y a rien.

"Pendant l'ère des Etats-nations, on partait du principe que la nation était l'unité de référence, que son bien commun était aussi le juste critère de la liberté commune. Les évènements de notre siècle ont suffisamment montré qu'on ne pouvait se contenter de ce point de vue. Saint Augustin dit à ce propos qu'un Etat qui ne se détermine que par rapport à ses intérêts communs, et non à la justice elle-même, n'est pas structurellement différent d'une bande de brigands bien organisée, qui ne fait rien d'autre que considérer son bien propre indépendamment de celui des autres. Si nous considérons l'époque coloniale et les dégâts qu'elle a laissé derrière elle dans le monde, nous voyons bien que des Etats, aussi ordonnés et civilisés soient-ils, se rapprochent effectivement des bandes de brigands lorsqu'ils ne pensent pas au bien en soi, mais seulement à leur bien propre. La liberté ainsi garantie a donc en elle-même quelque chose de la liberté du brigand.

... Le critère du droit véritable ne peut donc être que le bien du tout, le bien en soi. C'est à partir de là que hans Jonas a proposé le concept de responsabilité comme concept central de l'éthique (H. Jonas, Le principe responsabilité, Ed. du Cerf, 1991). Cela signifie que la liberté, pour être bien comprise, doit toujours être pensée en rapport avec la responsabilité."

(Cardinal Joseph Ratzinger, Liberté et vérité, in Communio n° XXIV, mars-avril 1999, p. 95-96, fichier Pdf).

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:20

Le Figaro Afp, 22/12/2088

Le pape pape Benoît XVI a plaidé le 22 décembre pour "une écologie de l'Homme" fondée sur le respect de la distinction entre hommes et femmes, prenant avec vigueur le contre-pied de la théorie du "genre" [Ndlr. "Gender" en anglais] qui risque selon lui de conduire le genre humain à "l'autodestruction".

La théorie du genre, qui a pris naissance aux Etats-Unis avant de gagner les sciences sociales en Europe, établit une distinction entre l'appartenance sexuelle et le rôle assigné par la société aux individus selon leur sexe, ainsi qu'entre l'identité biologique et la façon dont elle est vécue par chacun [Ndlr. On ne serait pas biologiquement déterminé... Ce qui laisse à chacun la possibilité de choisir. Caroline Fourest est une représentante des "gender studies" "pro choix"]
Les mouvements homosexuels et transsexuels ont été des vecteurs de la diffusion de cette théorie vivement combattue par l'Eglise catholique.

Le pape a dénoncé "ce que l'on désigne communément par le terme +gender+ qui se traduit en définitive par l'émancipation de l'homme de la création et de son créateur".
Il a souligné que lorsque l'Eglise catholique prend la défense de la Création, oeuvre de Dieu, "elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air (...) mais aussi protéger l'homme contre sa propre destruction".

Benoît XVI a consacré à ce thème un large passage de son traditionnel discours de fin d'année devant la Curie, le gouvernement de l'Eglise catholique rassemblée dans la somptueuse salle Clémentine du palais apostolique au Vatican pour entendre le bilan qu'il a tiré de l'année 2008.

Alors que la préoccupation écologique se généralise à travers le monde, le pape a souligné que "si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme (...) ne la mérite pas moins".

"Une écologie de l'homme, justement comprise, est nécessaire", a-t-il estimé, ajoutant que "parler de la nature de l'être humain comme homme et femme et demander que cet ordre de la création soit respecté ne relève pas d'une métaphysique dépassée".

"L'homme veut se faire seul et disposer seul de ce qui le concerne, mais en agissant ainsi il vit contre la vérité, il vit contre son créateur", a-t-il déclaré.

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 09:46

ROME, Vendredi 5 décembre 2008 (ZENIT.org) - L’Eglise ne fait pas de politique lorsqu’elle accomplit sa mission de défendre la dignité de la personne, a déclaré Benoît XVI dans son discours au nouvel ambassadeur d’Argentine près le Saint-Siège qui lui a présenté ce vendredi ses lettres de créance.

[L]e pape a expliqué que « dans l’exercice de la mission qui lui est propre, l’Eglise cherche à tout moment à promouvoir la dignité de la personne et à l’élever de manière intégrale pour le bien de tous ».

« Sans prétendre se transformer en un sujet politique, l’Eglise aspire, avec l’indépendance de son autorité morale, à coopérer fidèlement et ouvertement avec tous les responsables de l’ordre temporel au noble dessein de parvenir à une civilisation de justice, de paix, de réconciliation, de solidarité et de ces autres normes que l’on ne pourra jamais abolir ni laisser à la merci de consensus partisans, car elles sont gravées dans le cœur humain et répondent à la vérité », a expliqué Benoît XVI.

En ce sens, a-t-il poursuivi, « la présence de Dieu aussi bien dans la conscience de chaque homme que dans le domaine public est un soutien ferme pour le respect des droits fondamentaux de la personne et l’édification d’une société fondée sur ces droits ».

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 09:18

ROME, Vendredi 5 décembre 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a écrit une lettre au philosophe et sénateur italien Marcello Pera pour le remercier de la contribution apportée par son dernier livre, où il montre que la base du libéralisme se trouve dans la relation de la personne avec Dieu.

... « Dans une logique indéniable, reconnaît le pape dans sa lettre, vous montrez que le libéralisme perd sa base et se détruit lui-même s’il abandonne ce fondement ».

« Votre analyse sur ce que peuvent être l’Europe et une Constitution européenne où l’Europe ne se transformerait pas en une réalité cosmopolite, mais trouverait, à partir de son fondement chrétien libéral, sa propre identité est d’une importance capitale », ajoute-t-il.

L’œuvre du philosophe, souligne-t-il, « explique très clairement qu’un dialogue interreligieux au sens strict du terme est impossible, alors que le dialogue entre les cultures, qui approfondit les conséquences culturelles de la décision religieuse de fond, se révèle beaucoup plus urgent ».

« Alors que dans le premier cas un vrai dialogue n’est pas possible sans mettre entre parenthèses sa propre foi, il faut affronter dans le débat public les conséquences culturelles des décisions religieuses de fond », explique-t-il.

Selon Benoît XVI, Marcello Pera « montre que le libéralisme, sans cesser d’être un libéralisme mais au contraire, pour être fidèle à soi-même, peut renvoyer à une doctrine du bien, en particulier à la doctrine chrétienne qui lui est congénère, offrant ainsi vraiment une contribution au dépassement de la crise ».

Dans un entretien accordé à Radio Vatican le 28 novembre, Marcello Pera a confié ses espoirs que Benoît XVI aide le libéralisme à trouver ses racines. « Ce n’est pas un hasard, ce pape est le pape du dialogue interculturel, autrement dit de ce dialogue qui doit mettre en évidence quels sont les droits fondamentaux de l’homme qui doivent être acceptés par tous », ajoute-t-il.

Le philosophe italien a aussi expliqué les motifs pour lesquels le libéralisme est parfois devenu antichrétien.

« Pour ce qui est de l’Europe en particulier, il y a une explication historique, a-t-il souligné. ...« Certains Etats nationaux, l’Italie et la France, se sont ... constitués comme Etats-nations en s’opposant, en entrant en conflit avec l’Eglise catholique ».

«... [S]i nous passons de l’anticléricalisme à l’antichristianisme, ce qui équivaudrait à une apostasie du christianisme, nous perdons les qualités mêmes, les vérités mêmes, les fondements mêmes de ces libertés et de ces droits sur lesquels se fondent nos Etats libéraux ». [C'est ce que disait il y a plus de deux siècles, en 1791, le libéral et contre-révolutionnaire britannique Edmund Burke dans ses Réflexions sur la Révolution française contre les soit-disant "libéraux" de France tournant le dos et écrasant toutes les gloires qui ont fait la France... Comme l'écrivait Charles Maurras: "le libéralisme supprime en fait toutes les libertés. Libéralisme égale despotisme"]

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 00:01

Discours à la Commission théologique internationale

ROME, Vendredi 5 décembre 2008
(ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI
estime qu'il faut redécouvrir la valeur de la loi morale naturelle pour pouvoir jeter les bases d'une véritable éthique universelle.

Le Catéchisme de l'Eglise catholique explique au n. 1954 que « la loi naturelle exprime le sens moral originel qui permet à l'homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal, la vérité et le mensonge ».

Le n. 1957 ajoute : « Présente dans le cœur de chaque homme et établie par la raison, la loi naturelle est universelle en ses préceptes et son autorité s'étend à tous les hommes. Elle exprime la dignité de la personne et détermine la base de ses droits et de ses devoirs fondamentaux ».

Partager cet article
Repost0
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 11:10

[L]'universalime catholique n'a rien à voir avec l'universalisme que sous-tendent les immortels principes de 1789. Il n'est pas fondé sur une certaine idée de l'homme qui exclut toute humanité qui n'est pas elle. Il est fondé sur l'effort personnel (le Samaritain pense les plaies avec de l'huile et du vin et il donne deux deniers à l'aubergiste pour qu'il s'occupe du blessé), sur l'émotion (notre Samaritain est "ému de miséricorde"). Le Samaritain est présenté comme un modèle au-delà de toutes les différences idéologiques (sur la haine idéologique entre les Juifs et les Samaritain, cf. Eccli 50, 27-28).
En 1793, par exemple, Reynald Secher l'a démontré clairement, plusieurs fois réédité jamais réfuté, c'est au nom de l'idéologie, c'est au nom d'une certaine idée de l'homme révolutionnaire que l'on a systématiquement organisé le massacre des "brigands" et des "brigandes" vendéens et vendéennes, considérés comme participant d'un sang impur, comme dit la chanson, un sang tout juste bon à abreuver nos sillons. Les colonnes infernales du général Tureau avaient pour mission de ne pas laisser âme qui vive dans ce pays. Le mot d'ordre était l'extermination. L'humanisme idéologique peut facilement devenir exterminateur, s'il considère que l'on s'écarte de l'idée que l'on se fait de l'homme.
C'est je crois le message ultime de la parabole du Bon Samaritain, lorsque le Christ nous enseigne que l'important ce n'est pas de désigner qui est mon prochain (selon l'idée qu'on s'en fait), mais de se faire soi-même le prochain de l'individu en difficulté.
Suite Blog de l'abbé Guillaume de Tanoüarn

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:55

Dans un article du Figaro du 29/01/2008, une tribune est donnée au franc-maçon Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France et au père dominicain Philippe Verdin, sur le thème de la "laïcité" républicaine. Le franc-maçon explique que la religion est "l'opium du peuple" en reprenant le mot du communiste Karl Marx... 

Le père Verdin répond que le discours de Sarkozy s'insère au contraire dans une aspiration du peuple à 60, 70% pour une autre conception de la laïcité, plus ouverte sur le fait religieux.Le président serait "au diapason des Français". Ce qui est une certitude dans ce monde déboussolé. "« L'homme ne vit pas simplement de pain », disent les Evangiles. On imagine mal Nicolas Sarkozy et les curés de 2008 vouloir embrigader qui que ce soit. Mais de quoi vit-on aujourd'hui, et quelle est l'espérance ? Des dizaines de millions de gens sont morts au cours du dernier siècle à cause des idéologies sans Dieu. Elles se sont effondrées. Que reste-t-il ? 60 à 70 % de nos concitoyens estiment que les questions religieuses les intéressent, ou les font vivre. Il est légitime que le président de la République s'en soucie. C'est un problème de fond. Les religions sont essentielles, elles structurent et contribuent au lien social."

Quillardet réplique :"Votre foi vous appartient, elle est votre jardin secret."

"Une spiritualité sans Dieu !" rétorque le père Verdin. "Il faudra que vous m'expliquiez ce curieux concept. Quand vous dites que la religion est uniquement un « jardin secret », je le récuse. Elle concerne mille domaines de la vie sociale. En outre, la laïcité à la française est spécifique. Nos voisins européens vivent très bien sans cette laïcité timorée."

Le père Verdin aurait pu tout aussi bien expliquer que la "laïcité" républicaine est l'opium de peuple... "[L]e retour du religieux. Que cela plaise ou non aux francs-maçons, c'est un fait. L'une des passions de Jean-Paul II comme de Benoît XVI est l'articulation de la foi et de la raison, dans la tradition de saint Augustin. C'est cela, le grand défi. Beaucoup de Français qui n'ont pas obligatoirement grandi dans une éducation chrétienne, juive, ou musulmane, tout d'un coup y reviennent. Pourquoi ? Parce que l'interprétation de la philosophie des Lumières s'est épuisée."

Quillardet se défend en disant: "la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte, tout en garantissant l'exercice de ceux-ci dans le cadre de la liberté de conscience." Le père aurait pu lui répondre en lui parlant de la confiscation des biens du clergé en 1906..., l'obligation pour le clergé de se constituer en "associations cultuelles" (ce qu'elle a toujours refusé): où est la liberté religieuse prônée par les "républicains"? 

Aujourd'hui, les pharisiens de la république sentent le terrain s'effondrer sous leurs pieds du fait de l'islamisation qui les dépasse. La république souhaite conserver le terrain, elle prône une "laïcité ouverte" et propose à nouveau les "associations cultuelles" afin de financer la construction des mosquées et garder ainsi la mainmise sur les religions. De fait l'Eglise de France serait un peu plus marginalisée... Ce qui n'est pas "laïcité", mais césarisme gnostique de droit occulte relativiste à but de déchristianisation de la France...

 

Le franc-maçon Quillardet l'avoue dans cet article du Figaro, en ces termes: "La laïcité n'a nul besoin d'adjectif dans la mesure où elle est au-dessus." Au-dessus des religions..., elle les dirige comme une déesse tutélaire... La laïcité dans ce pays n'est donc qu'un prétexte pour décatholiciser la France, l'islamisation un moyen pour parvenir à ce but.

Comme remède dans un monde en perte de repères - l'équerre et le compas relativistes ayant détruit la boussole - qui ne parvient pas (plus) à créer du lien social, je propose que l'on reconnaisse le christianisme comme religion historique de notre pays. Ce n'est pas la "laïcité" qui est "au-dessus", n'en déplaise aux francs-maçons, c'est le christianisme. La croix dans une salle de classe est par exemple la meilleure garantie de la laïcité entendue comme distinction du temporel et du spirituel (qui n'existe dans aucune autre civilisation), et donc le christianisme est le meilleur garant des droits de l'homme et de la démocratie. Après libre à chacun de croire ou non..., d'être adepte d'une idole ou pas... Mais la France est chrétienne. Le christianisme est au-dessus, la Constitution de notre nation depuis 496. Pour reprendre la formule "Je suis royaliste parce que catholique", tout authentique patriote nationaliste doit se dire catholique parce que nationaliste ! Et inversement, un catholique doit se dire patriote parce que catholique. Toutes les religions ne se valent pas. Ne serait-ce déjà que pour une seule bonne raison : le catholicisme a construit la France ! Pas l'islam !  Il mérite à ce titre de (re)devenir religion d'Etat. 

Partager cet article
Repost0
3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 08:39

« Ses fondements sont sur les montagnes saintes ; le Seigneur chérit les portes de Sion » (Ps 86,1-2)… « Vous êtes les concitoyens des saints, vous faites partie de la maison de Dieu. Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et la pierre angulaire c’est le Christ Jésus lui-même » (Ep 2,19-20)… Le Christ, pierre angulaire, et les montagnes, c'est-à-dire les apôtres et les grands prophètes qui portent tout l'ensemble de la cité, forment une sorte d'édifice vivant. Cet édifice vivant a une voix qui retentit maintenant dans vos coeurs. C'est Dieu, ouvrier habile, qui se sert de mon langage afin de vous presser de prendre place dans cette construction : comme autant de pierres taillées aux quatre côtés égaux…

 

Source : Evangile au quotidien



Partager cet article
Repost0
10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 15:33

"Les nouveaux docteurs ne cessent de se vanter de leur esprit de tolérance. Mais il n'y a guère de mérite à tolérer toutes les opinions quand on pense qu'il n'en est aucune qui soit digne d'estime" (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, paris 2004, p. 191).

 

"La tolérance assure à toutes les religions une protection respectueuse et attachent de l'importance à tous les dogmes religieux, mais à des degrés différents (ibid., p. 191) : la tolérance ne doit pas entraîner l'égalité religieuse, encore moins une persécution de la religion de l'Etat. Ce n'est pas en témoignant d'une égale indifférence à toute chose qu'on fait preuve de son indulgence ou de son impartialité..., c'est tout en affirmant leurs préférences qu'ils se montrent tolérants à l'égard de ceux qui ne font pas la même choix" (p. 191-192). 

"Je pense que tout gouvernement national, conscient de sa mission et de ses responsabilités, a le devoir de posséder une censure, comme il possède une police. On ne va pas supprimer la police sous prétexte qu'il y a des honnêtes gens, et qu'ils sont la majorité. Car si l'on supprimait la police, tout le monde sait que les honnêtes gens seraient bien vite victimes des criminels (et des criminels il y en aura toujours).

"Il en est de même de la censure. A partir du moment où n'importe qui peut écrire n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quel journal, la société qui le tolère déclenche le processus de sa propre décadence et court, tôt ou tard, à sa ruine.

"Les partisans bien intentionnés de la liberté de la presse semblent partir du principe qu'il n'y a que des journalistes honnêtes, qui n'écrivent que pour des lecteurs intelligents. Ils oublient ou ils ne veulent pas reconnaître qu'il y a (et il y aura toujours) des journalistes de mauvaise foi, dont le but délibéré, le rôle, ou la mission, est précisément de déformer la vérité, et qui sont lus par une masse de lecteurs ignares (tout au moins politiquement), prêts à accepter comme parole d'Evangile toutes les déformations de la vérité...

"En toute sincérité, je pense que la censure doit exister, aussi large, aussi clairvoyante, aussi tolérante que possible, mais elle doit exister. Car je ne vois pas d'autes solutions pratique pour mettre les pourrisseurs professionnels hors d'état de nuire.

"Des médecins, qui ne s'occupent pas du corps, on exige de longues études, des examens, des concours. Mais les journalistes qui exercent leur action sur les esprits et sur les âmes, on n'exige rien du tout. N'importe qui peut s'emparer d'une plume et gratter du papier...

"Si la formation des enfants et de la jeunesse, ce qu'on appelle l'Education nationale, est assurée, orientée, réglementée, contrôlée et sanctionnée par l'Etat..., comment peut-on admettre que l'information - qui est la formation des citoyens en général - puisse être entièrement libre et anarchique ?"

(Jean Haupt, "Le Procès de la démocratie", Cahiers Découverte, Lisbonne 1971).

Partager cet article
Repost0
10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 14:20

S'il y a bien une liberté à inventer, ou à restaurer c'est bien la liberté des peuples à durer dans leur être (importance de l'identité dans les débats actuels...) Cette liberté existe pour tous les peuples de la planète, sauf le Français... qui, seul au monde, devrait accepter d'être submergé démographiquement, d'être substitué dans sa population, insulté dans son propre pays. Cette profonde injustice, ce deux poids deux mesures dans le traitement du racisme, risque à terme d'amener de violentes réactions.

L'autre liberté à restaurer serait la liberté de ne pas se laisser vomir dessus, dans son propre pays. Cette liberté n'est-elle d'ailleurs pas inscrite dans la déclaration des Droits de l'homme qui stipule (art. 4) que "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme N'A DE BORNES QUE CELLES QUI ASSURENT AUX AUTRES MEMBRES DE LA SOCIETE LA JOUISSANCE DE CES MÊMES DROITS"....  Les révolutionnaires finirent donc par l'admettre eux-mêmes - et ainsi se contredisant totalement avec la liberté d'expression ou de penser par exemple -, le paradoxe de la liberté est qu'elle ne peut exister sans sa limitation ("bornes"). L'autorité et la censure viennent au secours de la liberté.

En fait, le trait majeur de la "démocratie" "française" est sa profonde hypocrisie, mais aussi une fantastique imposture, une incroyable illusion : partant de l'abstraction individualiste et égalitaire, l'autosuffisance individuelle (l'individu-Roi et souverain), elle est incapable d'organiser une véritable représentation des intérêts présents dans la nation et qu'elle tend AU CONTRAIRE, pour conserver le pouvoir, à démembrer la nation (on le voit aujourd'hui : les faits donnent raison aux principes traditionnels), en la divisant, en la décomposant, subvertissant la Société en opposant les individus et les classes, la réduisant à un conglomérat d'unités artificielles et communautaires, le tout devant s'exprimer dans le cadre des institutions "démocratiques"... La démocratie "moderne" est nocive parce qu'elle détruit la communauté nationale, elle démembre la nation : c'est l'absolutisation ou universalisation de la liberté politique. En absolutisant les revendications individualistes et d'autonomie (un homme un vote), l'individualisme-roi détruit les moeurs et la Société qui a permis l'amélioration de sa condition (échec actuel complet de la démocratie, dans tous les domaines, déclin, décadence et destruction de la Société). Inversement, et paradoxalement, l'ordre politique de l'Europe classique (monarchies, "éclairées" par des élites parlementaires ou non...), permet en fait une approximation meilleure de la volonté générale que la domination pure et simple d'une Assemblée dite "représentative".

En voulant garantir les "droits de l'Homme", les "démocrates" Révolutionnaires raisonnèrent comme si la situation des hommes dans leur condition "naturelle" était préférable à celle dont ils jouissent dans l'état civil : il est donc logique qu'ils aient cherché à recréer dans les corps politiques les déchirements et les divisions qui caractérisent en fait "l'état de nature".... Inversement, si on veut réellement garantir les droits de l'homme (et donc par exemple les libertés publiques, la liberté de penser, etc....), si l'on veut garantir la sécurité (le droit de tout peuple à durer dans son être, la "Souveraineté nationale"...), il faut, avant de faire des grandes déclarations, d'abord créer un ordre politique qui, si libéral soit-il..., ne peut exister qu'au prix d'une LIMITATION de la liberté, au travers, nécessairement, d'un Etat "autoritaire". La Monarchie traditionnelle française est cet ordre politique.

"Un des premiers objets de la société civile, est que personne ne soit juge dans sa propre cause. Chaque membre de la société renonce au premier droit fondamental de l'homme naturel, celui de juger par lui-même, et de défendre son propre droit: il abdique le droit d'être son propre gouverneur. ... Les hommes ne peuvent jouir à la fois des droits de l'état de nature [uncivil] et de ceux de la société civile. Pour obtenir justice, l'individu renonce au droit de la déterminer... Et pour s'assurer d'une certain degré de liberté, il s'en déssaisit en totalité pour en confier la garde à d'autres instances" (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. XVI).

Les liens, les limitations créés par la civilisation sont précisément la condition de la sécurité et de la liberté de l'homme et d'une société et, au-delà, de l'amélioration de l'humanité. Dès lors, dans le "contrat social" tel que le conçoit Burke, il est impossible que "chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant...." (J.J. Rousseau, Du contrat social, liv. I, ch. VI). C'est par là que les Révolutionnaires se contredisent (contradiction-polarité entre la liberté et la société civile) et que Burke est le plus éloigné de la pensée des Constituants de 1789, dont la doctrine de la loi "expression de la volonté générale" hérite de Rousseau... L'opposition entre "liberté" et "pouvoir-limitation" interdit de considérer la participation aux affaires publiques comme un droit fondamental, puisque les droits de l'homme, sa sécurité, sa liberté, ne peuvent être réellement garantis que par une LIMITATION de sa liberté politique, et qu'a contrario, le droit du citoyen à participer aux affaires publiques entraîne mécaniquement le démembrement de la nation (jeu incessant des minorités contre les majorités). Pour reprendre une phrase de Jean Haupt, la démocratie est donc "contraire à la fois aux intérêts légitimes des citoyens et aux intérêts supérieurs de la nation" (Jean Haupt, Le Procès de la démocratie, Cahiers Découvertes - Lisbonne 1971, p. 15). Mais ne nous méprenons pas, il n'est pas question pour nous de ressusciter subitement le passé médiéval ou même l'Ancien Régime, mais simplement de préserver dans les conditions de la "modernité" les anciennes règles de vie, les principes traditionnels de gouvernement qui s'opposaient tous à la l'absolutisation de la liberté politique, à l'individualisme-roi. La "modernité" devra conserver un lien vivant avec le monde traditionnel qui lui a permis de naître, ou bien la Société disparaîtra, sous l'effet des principes absurdes et contradictoires de la Révolution, disloquée, par l'anarchie produite par les illusions de l'autosuffisance individuelle, ou par le despotisme de la loi qui aura voulu compensé l'absolutisation de la liberté. Ou bien mourra-t-elle des deux ?...

Les Réflexions sur la Révolution française d'Edmund Burke sont un des apports les plus célèbres à la pensée conservatrice et contrerévolutionnaire et, au-delà, à la critique de philosophie politique dite "moderne" héritée des dites "Lumières". Elle constitue une des critiques les plus profondes de la Révolution, et surtout, une attaque d'un type inédit contre ce qui, dans l'Esprit des Lumières, avait pu préparer 1789.

Partager cet article
Repost0
2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 11:37

Contrairement à ce qu'avance les évêques de France et des curés inconscients, la société n'a pas vocation à accueillir indéfiniment des vagues successives d'immigration sans aucune limitation. Après avoir présenté la doctrine de l'Eglise sur la peine de mort, voici la (vraie) position de l'Eglise sur l'immigration dans son Catéchisme (article 2241).

"Les nations mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'étranger en quête de sécurité et des ressources vitales qu'il ne peut trouver dans son pays d'origine." (Catéchisme de l'Eglise catholique, Mame Plon 1992, article 2241, p 560).

Le texte précise : "Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d' adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges."

Donc le catéchisme indique deux limites à l'immigration : la capacité d'accueil se trouve dans le mot "autant que faire se peut" et la limitation de l'immigration dès lors que le pays d'adoption connaît des difficultés à assimiler les immigrés. C'est le "respect des migrants à l'égard du pays d'adoption".

Or, "la France est-elle en mesure de recevoir des vagues d'étrangers supplémentaires ? En 2005, Richard Castera, inspecteur général de l'administration, se voit confier par le ministre de l'Intérieur une mission d'évaluation des "capacités d'accueil de la France et ses besoins". En 2006, il rend un rapport d'étape dans lequel il estime que la France doit prendre acte du fait que ses capacités d'accueil ne lui permettent pas d'intégrer dans de bonnes conditions le flux migratoire qu'elle admet chaque année. Conclusion : "La France n'a pas plus les moyens, dans l'état actuel de son économie, d'accueillir des immigrés" (Le Monde, 18 mars 2006, cité in Jean Sévillia, Moralement correct, Recherche valeurs désespérément,  Perrin 2007, p. 156).

Ce constat se borne à l'aspect économique de la question : avec 5 millions de chômeurs, la France ne peut plus accueillir toute la misère du monde. A soi seul, l'aspect économique justifierait, au nom du bien commun, une politique de réduction de l'immigration. Mais il y a aussi d'autres aspects qui justifieraient une telle réduction : l'aspect démographique, l'immigration massive chaque année entraîne une substitution de population; l'aspect culturel : l'introduction durable de cultures différentes de celle du pays d'accueil entraîne progressivement une disparition de la culture dominante. Ces quelques aspects, économique, démographique, culturel, justifient largement une politique de limitation de l'immigration dans les pays d'accueil, sous peine de submersion et de disparition.

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 16:05

(Via dici.org, thomatique)

On l’accusa alors de faire de la politique ;

et Dieu sait si ce n’est pas un crime bien au contraire, de faire la politique de Jésus-Christ et de susciter des hommes politiques qui utilisent tous les moyens légitimes, même légaux, pour chasser de la cité les ennemis de Notre Seigneur Jésus-Christ !1

les faits parlent d’eux mêmes :

ce que la monarchie française n’avait pas réussi à faire, la démocratie l’a réalisé : cinq révolutions sanglantes (1789, 1830, 1848, 1870, 1945), quatre invasions étrangères (1815, 1870, 1914, 1940), deux spoliations de l’Eglise, bannissements des ordres religieux, suppressions des écoles catholiques, et laïcisations des institutions (1789 et 1901), etc...

Pourtant, diront certains, le pape Léon XIII demanda le "ralliement" des catholiques français au régime républicain3 (ce qui, entre parenthèses, provoqua une catastrophe politique et religieuse). D’autres critiquent du reste cet acte de Léon XIII en le qualifiant, ainsi que son auteur, de libéral. - Je ne crois pas que Léon XIII fût un libéral, ni, encore moins, un démocrate. Non : il crut simplement susciter une bonne combinaison politique pour le bien de la religion en France ; mais il est clair qu’il oubliait l’origine et la constitution irrémédiablement libérales, maçonniques et anti-catholiques de la démocratie française.

L’idéologie démocratique
Issue du postulat libéral de l’individu-roi, l’idéologie démocratique se construit ensuite logiquement : les individus passent à l’état social par un pacte conventionnel : le contrat social, qui est, dit Rousseau, une "aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté" . De là viennent :
— la nécessaire souveraineté populaire : le peuple est nécessairement souverain, il ne tient son pouvoir que de lui-même, et il le garde même après qu’il ait élu ses gouvernants.
— l’illégitimité de tout régime qui n’a pas pour base la souveraineté populaire ou dont les gouvernants assurent recevoir leur pouvoir de Dieu.
De là par conséquent, en pratique
— la lutte pour l’établissement universel de la démocratie.
— la "croisade des démocraties" (dernier exemple en date : la "croisade de la démocratie et de la Liberté en Irak" selon les mots de Bush au début de la IIe guerre d'Irak) contre tout régime qui fait référence à l’autorité divine, qualifié alors de régime" sacral" ," absolutiste" . A cet égard, le traité de Versailles de 1919, qui supprimait les dernières monarchies vraiment chrétiennes, fut une victoire libérale, précisément maçonnique4.
— le règne politique des majorités, qui sont censées exprimer la sacro-sainte et infaillible volonté générale.
J’aime à répéter à l’occasion, face à ce démocratisme qui pénètre maintenant l’Eglise par la collégialité, j’aime à dire que la majorité ne fait pas la vérité : et hors de la vérité et de la vraie justice envers Dieu et le prochain, que peut-on construire de solide ?

Condamnation de l’idéologie démocratique par les papes
Les papes n’ont cessé de condamner cette idéologie démocratique. Léon XIII l’a fait ex professo dans son encyclique Diuturnum dont je vous ai déjà parlé ;

" Bon nombre de nos contemporains, marchant sur les traces de ceux qui, au siècle dernier, se sont décerné le titre de philosophes, prétendent que tout pouvoir vient du peuple ; que, par suite, l’autorité n’appartient pas en propre à ceux qui l’exercent, mais à titre de mandat populaire, et sous cette réserve que la volonté du peuple peut toujours retirer à ses mandataires la puissance qu’elle leur a déléguée.
C’est en quoi les catholiques se séparent de ces nouveaux maîtres ; ils vont chercher en Dieu le droit de commander et le font dériver de là comme de sa source naturelle et de son nécessaire principe.
Toutefois, il importe de remarquer ici que, s’il s’agit de désigner ceux qui doivent gouverner la chose publique, cette désignation pourra dans certains cas être laissée au choix et aux préférences du grand nombre, sans que la doctrine catholique y fasse le moindre obstacle. Ce choix, en effet, détermine la personne du souverain, il ne confère pas les droits de la souveraineté ; ce n’est pas l’autorité que l’on constitue, on décide par qui elle devra être exercée"5.

Donc, toute autorité vient de Dieu, même en démocratie !
Toute autorité vient de Dieu. Cette vérité est une vérité révélée et Léon XIII s’applique à l’établir solidement par l’Écriture Sainte, la tradition des Pères, et enfin par la raison : une autorité émanée du peuple seul n’aurait pas la force d’obliger en conscience sous peine de péché6.

"Il n’est pas un homme qui ait en soi ou de soi ce qu’il faut pour enchaîner par un lien de conscience le libre vouloir de ses semblables, Dieu seul, en tant que créateur et législateur universel, possède une telle puissance ; ceux qui l’exercent ont besoin de la recevoir de lui et de l’exercer en son nom"7.

Enfin Léon XIII s’attache à montrer la fausseté du contrat social de Rousseau, qui est la base de l’idéologie démocratique contemporaine.

L’Église ne condamne pas le régime démocratique
Ce que je veux vous montrer maintenant, c’est que toute démocratie n’est pas libérale. Il y a l’idéologie démocratique, et il y a le régime démocratique ; si l’Église condamne l’idéologie, elle ne condamne pas le régime, c’est-à-dire la participation du peuple au pouvoir.
Déjà saint Thomas justifie la légitimité du régime démocratique

"Que tous aient une certaine part au gouvernement, par là est en effet conservée la paix du peuple, et tous aiment une telle organisation et veillent à la conserver, comme dit Aristote au livre II de sa Politique"8.

Sans préférer la démocratie, le Docteur commun estime que concrètement le meilleur régime politique est une monarchie dans laquelle tous les citoyens ont une certaine part au pouvoir, par exemple en élisant ceux qui gouvernent sous le monarque : c’est, dit saint Thomas, "un régime qui bien allie la monarchie, l’aristocratie et la démocratie"9.
La monarchie française d’Ancien Régime, comme beaucoup d’autres, était plus ou moins de ce type quoi qu’en disent les libéraux : il existait alors, entre le monarque et la multitude des sujets, tout un ordre et une hiérarchie de multiples corps intermédiaires, qui faisaient valoir en haut lieu leurs avis compétents.
L’Eglise catholique, quant à elle, ne marque pas de préférence pour tel ou tel régime ; elle admet que les peuples choisissent la forme de gouvernement la plus adaptée à leur génie propre et aux circonstances

"Rien n’empêche que l’Eglise n’approuve le gouvernement d’un seul ou celui de plusieurs, pourvu que le gouvernement soit juste et ordonné au bien commun. C’est pourquoi, si la justice est sauve, il n’est point interdit aux peuples de se donner telle ou telle forme politique qui s’adaptera mieux à leur génie propre ou à leurs traditions et à leurs coutumes"10.

Qu’est-ce qu’une démocratie non libérale ?
J’avoue qu’une démocratie non libérale est une espèce rare, aujourd’hui disparue, mais elle n’est quand même pas tout à fait une chimère : comme le prouve la république du Christ-Roi, celle de l’Equateur de Garcia Moreno au siècle dernier.
Voici les traits caractéristiques d’une démocratie non libérale
1. Principe premier. Le principe de la souveraineté populaire d’abord : il se limite au régime démocratique, et respecte la légitimité de la monarchie. Ensuite, il est radicalement différent de celui de la démocratie rousseauiste : le pouvoir réside dans le peuple, soit ; mais ni originellement ni définitivement : c’est donc de Dieu que le pouvoir vient au peuple ; de Dieu auteur de la nature sociale de l’homme, et non des individus-rois. Et une fois que des gouvernants sont élus par le peuple, ce dernier ne conserve pas l’exercice de la souveraineté11.
— Première conséquence : ce n’est pas une multitude amorphe d’individus qui gouverne, mais le peuple en corps constitués ses chefs de familles (qui pourront légiférer directement dans de très petits Etats, comme celui d’Appenzell en Suisse), ses paysans et commerçants, industriels et ouvriers, grands et petits propriétaires, militaires et magistrats, religieux, prêtres et évêques, c’est, dit
Mgr de Ségur," la nation avec toutes ses forces vives, constituée en une représentation sérieuse et capable par ses vrais représentants d’exprimer ses vœux, d’exercer librement ses droits"12. Pie XII à son tour distingue bien le peuple et la masse :

"Peuple et multitude amorphe, ou, comme on a coutume de dire," masse" , sont deux concepts différents. Le peuple vit et se meut de sa vie propre ; la masse est en elle-même inerte, et elle ne peut être mue que de l’extérieur. Le peuple vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun, à la place et de la manière qui lui est propre, est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. La masse, au contraire, attend l’impulsion du dehors, jouet facile entre les mains de quiconque en exploite les instincts et les impressions, prompte à suivre tour à tour, aujourd’hui ce drapeau et demain cet autre"13.

— Deuxième conséquence : des gouvernants élus, même si on les appelle, comme le fait saint Thomas," vicaires de la multitude" , le sont seulement en ce sens qu’ils font pour elle ce qu’elle ne peut pas faire elle-même, à savoir gouverner. Mais le pouvoir leur vient de Dieu" de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom" (Eph. 3. 15). Les gouvernants sont donc responsables de leurs actes d’abord devant Dieu dont ils sont les ministres, et ensuite seulement devant le peuple, pour le bien commun duquel ils gouvernent.
2. Deuxième principe : Les droits de Dieu (et ceux de son Eglise, dans une nation catholique) sont posés comme le fondement de la constitution. Le décalogue est donc
l’inspirateur de toute la législation.
Première conséquence : la "volonté générale" est nulle si elle va contre les droits de Dieu. La majorité ne "fait" pas la vérité, elle doit se maintenir dans la vérité, sous peine d’une perversion de la démocratie. Pie XII souligne avec raison le danger, inhérent au régime démocratique, et contre lequel la constitution doit réagir : le danger de dépersonnalisation, de massification et de manipulation de la multitude par des groupes de pression et des majorités artificielles.
Seconde conséquence : la démocratie n’est pas laïque, mais ouvertement chrétienne et catholique. Elle se conforme à la doctrine sociale de l’Eglise concernant la propriété privée, le principe de subsidiarité, et l’éducation laissée au soin de l’Eglise et des parents, etc...

Je me résume : la démocratie, non moins que tout autre régime, doit réaliser le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. La démocratie doit quand même avoir un Roi : Jésus-Christ.

1. Ce n’est pas parce que les évêques gauchistes font de la politique socialiste ou communiste, que l’Eglise devrait s’abstenir de faire de la politique ! L’Eglise a un pouvoir, sans doute indirect, mais réel sur le domaine temporel et sur la vie de la cité. Le règne social de N.S.J.C. est une préoccupation essentielle de l’Eglise.  

2. Quotidien et mouvement politique dirigés par Charles Maurras L’Action Française luttait, sur des bases naturelles saines, contre le démocratisme libéral. On l’accusa faussement de naturalisme. Le Pape Pie XI, trompé, condamna L’Action Française. Son successeur, Pie XII devait lever cette sanction. Mais le mal était fait : 1926 marque en France une étape décisive dans “ l’occupation ” de l’Eglise par la fraction libérale, dite a catholique libérale ”.

3. Cf. Encyclique Au milieu des sollicitudes, du 16 février 1892, aux évêques et fidèles de France.

4. Cf. H. Le Caron, Le plan de domination mondiale de la contre-église, p. 22.

5. PIN. 94.

6. Elle pourrait bien contraindre par la menace des peines, mais ce n’est pas ainsi, dira Jean XXIII dans Pacem in Terris, que l’on suscite la recherche par chacun du bien commun ! L’autorité est avant tout une force morale.

7. Diuturnum, PIN. 96.

8. I II, 105, I.

9. Ibid.

10. Léon XIII, Encyclique Diuturnum, PIN. 94.

11.Cf. Diuturnum, citée plus haut et également Mgr de Ségur, La Révolution, p. 73.

12. Op. cit. p. 73.

13. Radio-message de Noël, 24 décembre 1944.

 

 

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 18:17

- Les libéraux disent : "Pas de Politique!"

- L'Eglise catholique répond : « La politique est la première des charités car elle vise au bien du plus grand nombre » (Pie XI)

* « Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la «politique», à savoir à l'action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun. […] Quant au bien commun, il comprend l'ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s'accomplir plus complètement et plus facilement»
Jean-Paul II, EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE CHRISTIFIDELES LAICI DE SA SAINTETE LE PAPE JEAN-PAUL II SUR LA VOCATION ET LA MISSION DES LAÏCS DANS L'EGLISE ET DANS LE MONDE, 30 décembre 1988, paragraphe 42.

* « La charité doit animer l’existence entière des fidèles laïcs et donc aussi leur activité politique, vécue comme charité sociale» Benoît XVI.

* « La justice est le but et donc aussi la mesure intrinsèque de toute politique. Le politique est plus qu’une simple technique pour la définition des ordonnancements publics : son origine et sa finalité se trouvent précisément dans la justice, et cela est de nature éthique»
Benoît XVI, Deus caritas est, paragraphe 28.

Partager cet article
Repost0