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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 21:47

Extraits d'un texte de Max Montgomery, "Nous verrons la mort de la démocratie" qui s'inscrit dans la ligne de ce que nous disons ici, la légitimité politique fondée sur un principe supérieur, une base plus solide et stable que celle de l'Homme-Dieu, l'"anthropodéisme". Tout n'est toujours qu'une affaire de transcendance et d'esprit.

 

500 ans s’éteignent

 

500 ans s’éteignent, puisqu’un cycle finit. L’horizon a été dans cet espace de temps débarrassé de toute transcendance, Dieu n’était plus l’ami. L’homme triomphait de l’inexplicable, ridiculisait la Foi, moquait les religieux.

 

C’était le règne de l’anthropodéisme, la divinisation de l’Homme. L’Homme, c’était Dieu.

 

500 ans s’éteignent car nous vivons la fin des années sombres de l’anthropodéisme, fin qu’illustre magistralement la répression actuelle en France.

 

Anthropodéisme ? On parla d’humanisme tout court. C’était plus simple que de faire du grec.

 

L’homme sans Dieu est paresseux. Il est aussi pétri d’un égoïsme vaniteux : il para tous ses abandons, tous ses oublis, toutes ses carences des couleurs des beaux combats. Voilà, à la vérité, ce qui se cache derrière tant de grands hommes. Rousseau, Voltaire, Babeuf, Garibaldi ou Marx étaient tout génialement et tout bêtement bien plus ennemis de l’effort intrinsèque et de l’ordre anciens qu’amis des grands « principes humanistes », principes qui sont un maelström de revendications et de révolte adolescentes. Ils s’en sont simplement éblouis eux-mêmes ; et la discipline qu’exige le combat de la vie — maintenue intacte en Orient et qui nous revient aujourd’hui —, ainsi que la reconnaissance des vérités traditionnelles, leur étaient odieuses, comme toutes les lois vitales : principes premiers, hiérarchie naturelle, dogmes qui décrivent les règles, églises qui les modèlent, lois du beau, du bon, du vrai, ou encore Justice. En un mot, tout ce qui naît d’une Loi première. Ils voulaient une liberté qui les libérât de tout cela. Ils ignoraient que la liberté ne se conquérait pas sans cette Loi qu’ils abattaient ! (Ils ignoraient également que toute liberté nécessite des règles et des limites sous peine de s'annuler elle-même, NdCR.)

 

Ils ont détruit le trône au lieu d’y monter, contrairement à ce que firent quarante siècles de conquérants aussi sanglants que sages. En évaporant l’invisible transcendantal, les révoltés anéantissaient le monde qui est à son image. Les révolutionnaires leurs fils allaient plus loin, tuaient davantage et ne gardaient plus rien.

 

Ils avaient refusé qu’il y ait un Créateur, parce qu’un Créateur signifiait une supériorité, une éternité, des devoirs et un travail, des obligations, une réciprocité, un échange, un lien !

 

Qu’ils aient haï toute loi première, cela se sent bien lorsqu’ils donnent aux foules un argent immérité, qu’ils distribuent de la gratuité, qu’ils brandissent des droits : l’Homme n’est pas né pour subir une contrainte, disent-ils. Ils ignorent bien sûr que c’est l’effort qui libère de contraintes (et que la liberté est une conquête! NdCR.), que l’entraînement et la pratique permettent au champion de dépasser ses limites. Qu’importe : c’est ce principe-là qu’ils refusent.

 

... Ils croient, selon leurs principes inquiets, qu’il faut supprimer les notes, faciliter le passage des examens, accélérer les accès à la nationalité, libérer les coupables. Eliminer les élites naturelles qui montrent le mauvais exemple et écrasent de leur poids l’humanité sans exigence. Supprimer toute sanction, toute « pénibilité », toute douleur, toute pauvreté, tout rejet, toute frontière. Tout donner à tout le monde. C’est le règne de la tolérance universelle dans lequel chacun est heureux et parfait.

 

Sauf naturellement ceux qui contestent ce principe : pour ceux-là, deux mois de prison ferme, comme à Nicolas, n’est pas de trop. C’est le cas remarquable. Dans le paradis humaniste, celui qui dit « Non ! » à l’Homme-dieu mérite le châtiment qui n’existait plus. La tolérance n’est pas pour les intolérants, on connaît la fredaine. Le bandit peut tuer, piller, violer : il n’est qu’un innocent sauvage. Mais l’homme qui pense, qui peut dire où est la faiblesse, et qui peut prononcer un « Non ! » retentissant dans une paix bourgeoise, celui-là est dangereux. Il est la menace d’un retour d’une vérité et cette vérité, voici vingt décennies qu’on n’en veut plus.

 

... L’échec

 

Sans doute, la démocratie a paru une avancée, parce qu’elle a affirmé la valeur de la personne, quelle que soit son origine ou sa condition, en tant que membre légitime de la cité. Il fallait que l’homme participât.

 

Mais qu’il fût seul à décider, cela ne se pouvait pas durablement. Sans l’acceptation du Mystère qui dépasse et fonde tout — voilà ce que dit maintenant la science —, rien n’était possible, et l’obstination à se croire seul ne l’a conduit qu’à croyances sans Dieu, folies, excès, aveuglement et pour finir meurtres sans fin. Plus de meurtres que jamais. L’homme accusait Dieu d’avoir inventé la mort, et voilà qu’il s’éprenait d’elle. C’était le XXème siècle, le siècle des Hommes sans dieu.

 

Alors que les tempéraments les plus opposés ont voulu, pensé, institué, perfectionné la démocratie, ou même tempéré ses dérives — épuisant d’ailleurs d’excellents esprits qui lui doivent sa survie, alors même qu’ils lui étaient parfois opposés —, la démocratie ne produit pas ce bonheur universel qu’elle promettait. Nous sommes en droit de la juger : elle a eu le temps de développer à fond tous les principes qu’elle promeut. Il n’y a pas d’autres principes en elle que nous ayons à découvrir : tout est dit. Et, partant, tout a été tenté. Mais c’est l’échec. L’homme demeure insatisfait. Il n’est pas plus satisfait, ni plus heureux, qu’à l’époque de nos rois. 

 

... Ainsi, pour finir, alors que finissent cinq cents ans, la grande question redevient celle de la véritable légitimité. Non pas celle qui est donnée par l’homme, mais la légitimité que l’homme se donne à lui-même. Terrible question : qui es-tu, pour te dire en vie ? Qui es-tu, pour te dire être ?

 

En cela, les pouvoirs monarchiques avaient une supériorité. L’homme servait et ne se servait pas. Ils étaient durs par nécessité et généreux par nature. Il n’y avait pas besoin d’affirmer un nouvel être, puisque tout était. Ils n’avaient point besoin de tout légitimer, avec une mentalité de papier, puisqu’ils étaient légitimes. Ils n’avaient pas besoin de multiplier les lois puisqu’ils incarnaient une Loi.

 

Le mal des pouvoirs monarchiques issus du sacre ne consistait qu’en conséquences de l’action d’un pouvoir essentiellement légitime, les dérives se trouvaient toujours en aval d’un système légitime. Et il était légitime parce que correspondant à ce que dit aujourd’hui la science, le philosophe, le penseur, le religieux : l’Homme est indéfinissable et ne se suffit pas à lui-même, l’Homme passe l’homme. Cette affirmation, c’est la mort de la démocratie et la confirmation que tout pouvoir vient « d’en haut ».

 

En cela, les fondations monarchiques étaient solides. On pouvait tout repenser, hors l’essentiel. On le voit encore au Tibet : les Tibétains restent, sous le joug, liés à leurs principes.

 

L’organisation de la maison monarchique peut être faillible. Dans un tel système où les principes fondateurs sont bons, tout est toujours perfectible mais, du moins, une essence politique demeure et gouverne, par-delà les générations et les passions passagères.

 

Que sont de bons principes fondateurs ? Des principes légitimes.

 

Or, les systèmes issus de la Révolution ont ceci de particulier que leurs principes en eux-mêmes ne reposent que sur l’homme, qui est faillible, et illégitime. Il ne peut être légitime que sous le sceau des principes éternels qui le font. Rien de tel dans une vision de l’homme qui est son propre dieu. Rien n’y est enraciné, stable ni comblé. Au commencement est l’homme, à la fin est l’homme. Tout est là.

 

Voilà. L’homme n’est pas réductible à la vision qu’il a de lui-même. La preuve en est qu’il ne se résout pas lui-même à se définir. « L’homme passe l’homme ».

 

Les systèmes qui affirment un homme comme source et sommet de la politique pourraient avoir raison à la condition qu’ils affirment en même temps que l’homme est un inconnu pour lui-même. Mais cela leur est impossible, car cela signerait leur arrêt de mort. L’affirmation d’une véritable transcendance (ce que n’est pas le diable des Maçons) qui court en ce moment le monde est pour elle une menace. Pour nous, la guerre est déjà gagnée.

 

Source: http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=France-Nous-verrons-la-mort-de-la-democratie--114

 

 

- "La Volonté générale ne pouvait que finir par vouloir changer toutes les lois, aujourd'hui la loi naturelle, demain peut-être les lois de la gravitation universelle" (Jean-Claude Martinez)

- République absolue et nihilisme d'Etat : les moyens d'en sortir

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 16:58

File:Vote solennel loi mariage 23042013 24.jpg

Erwann Binet (à droite) lors du vote solennel de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

 

« L'église catholique mais aussi les musulmans de France, les autres religions, ont toute légitimité pour exprimer leur point de vue. En revanche, elles ne peuvent pas, je pense, refuser ou ignorer que la vraie légitimité législative, elle est issue de la représentation élective, de la représentation politique et donc du Parlement. »

(Erwann Binet, le député PS rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel, à propos des déclarations du pape François appelant à abroger des lois si nécessaire, le 15 juin 2013.)

Source: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/15/97001-20130615FILWWW00377-pape-francois-pas-lieu-de-polemiquer.php

 

 

C'est là tout le problème de la démocratie moderne qui fonde la légitimité politique sur la soit-disant "représentation" nationale portée au parlement ("souveraineté nationale": "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Article 3 DDH de 1789), ce qui conduit à une "souveraineté illimitée" (Benjamin Constant), à l'"absolutisme parlementaire" (Carré de Malberg), à une "démocratie illimitée" (Hayek)... et à des lois totalitaires...

 

Il va bien falloir un jour que d'aucuns se décident à se saisir de ce problème tant nous avons l'impression nous légitimistes de mouliner dans le vent ! A la "légitimité" politique fondée sur le nombre (Volonté générale, "souveraineté nationale", volontarisme, constructivisme...), nous proposons la loi naturelle comme fondement solide de la légitimité politique. Ceux qui viennent aujourd'hui dénoncer les lois totalitaires de la république feraient bien d'y songer, d'être conséquents et d'aller jusqu'au bout du raisonnement !


 

- "La Volonté générale ne pouvait que finir par vouloir changer toutes les lois, aujourd'hui la loi naturelle, demain peut-être les lois de la gravitation universelle" (Jean-Claude Martinez)

- Le parlement européen collabo s'en prend à la loi russe anti-propagande homosexuelle

- Tirage au sort des "élus": le député Laurent LOUIS ébranle le Parlement belge, émoi dans la communauté parlementaire

- Pourquoi s'attaquer aux effets et jamais aux causes ?

- La Volonté générale et l'asservissement de la liberté

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:51

 

Peut-on résister au nouveau totalitarisme (...) Guillaume de Thieulloy interroge Michel De Jaeghere sur la démocratieAu lendemain de la manifestation du 26 mai,

 

Les 4 vérités ont rencontré Michel De Jaeghere, vice-président de Renaissance Catholique. L’entretien porte sur la démocratie. Propos recueillis par Guillaume de Thieulloy.

 

Vous avez consacré une université d’été, et aujourd’hui un livre à « la démocratie totalitaire » (1). Ces deux termes ne sont-ils pas pourtant antinomiques ?

 

L’association peut effectivement sembler paradoxale, tant nos esprits sont habitués à définir la démocratie comme le règne de la liberté, par opposition à la tyrannie, le totalitarisme étant considéré au contraire comme l’absence de démocratie. Mais ces définitions sont en réalité trompeuses.

Le totalitarisme, en effet, ne se caractérise pas essentiellement par la violence, la privation des libertés formelles (celles de parler, d’aller et venir), le rejet des procédures électives. Il y a des élections en Chine. Il y en avait en Union soviétique. Le totalitarisme se définit, comme son nom l’indique, par la prétention de l’État à tout régenter : la vie sociale, économique, spirituelle tout autant que la vie politique. Il peut le faire par la violence ou par la persuasion, le lavage de cerveau, la douceur apparente. Ce qui le caractérise, ce n’est pas l’absence d’élections pour la désignation des dirigeants ; ce n’est pas non plus la violence policière. C’est la contestation de toute liberté intérieure, l’idée qu’il n’y a rien au-dessus de l’autorité de l’État – ni autorité supérieure, ni principe transcendant – qui justifierait que la personne, la famille, la communauté professionnelle refusent une soumission inconditionnelle et totale, qu’elles se réclament d’un ordre, d’une autorité, de principes, de traditions sur lesquels l’État n’aurait pas de prise. Le totalitarisme ce n’est pas le règne de la police (qui peut dans tout État commettre des abus). C’est la prétention de l’État à régner sur les âmes elles-mêmes.
Ce totalitarisme s’est montré à nous dans le nazisme et le communisme sous son visage violent, brutal, criminel. Cela a pu conduire à le confondre avec la dictature. Or il y a eu dans l’histoire nombre de régimes de force, qui ne tiraient pas leur origine d’une élection régulière et pratiquaient à l’égard de leurs opposants une répression policière peu soucieuse de la liberté d’expression – ce qui conduit à les définir comme des dictatures – sans pour autant qu’on puisse les considérer comme totalitaires, dans la mesure où ils ne visaient en aucune manière à régenter les consciences non plus qu’à assujettir les familles, l’Église ou les corps intermédiaires (la cité, la profession, l’entreprise), mais seulement à imposer la suprématie de l’État dans son propre domaine, celui des fonctions régaliennes (la police, la justice, la diplomatie et la guerre). Symétriquement, on observe que les démocraties modernes, dont les dirigeants sont choisis par l’élection, où la liberté de l’individu est, en principe, la règle, et qui sont si peu dictatoriales qu’elles peinent parfois à s’imposer dans l’exercice de ces mêmes fonctions régaliennes – au point qu’elles se montrent incapables de maîtriser leurs propres frontières, comme de faire régner l’ordre et la justice dans ce qu’on appelle des zones de non droit, parfois même au cœur des villes ; qu’elles se trouvent en outre contraintes d’abandonner des parts importantes de leur souveraineté à des institutions internationales dont le contrôle leur échappe –, en viennent dans le même temps à prétendre régenter des domaines qui ne devraient pas relever de l’État : l’éducation des enfants, qui appartient, selon le droit naturel, à leurs parents, la morale (avec la prohibition d’un nombre croissant de « phobies », la répression de paroles jugées attentatoires au politiquement correct, de comportements dénoncés comme discriminatoires alors qu’ils ne sont parfois que l’exercice de libertés essentielles, comme celle par exemple de choisir qui on loge dans un appartement qu’on loue, qui on engage dans son entreprise, ce qu’on accepte de vendre à ses clients, de prescrire à ses patients, d’enseigner à ses élèves), la définition de la vie (puisque c’est désormais la loi civile qui détermine, à la majorité des voix, et d’une manière d’ailleurs variable d’un pays à un autre, à quel âge un embryon est un être humain, une personne dont l’existence doit être protégée et garantie, ou un amas de cellules qu’on peut utiliser comme matériau de recherche, congeler ou détruire), celle de la famille (un homme, une femme et leur descendance ici ; ailleurs deux hommes, deux femmes et les enfants qu’ils auront adoptés, fait concevoir in vitro ou porter par autrui).
In fine, cette évolution est en train de conduire un certain nombre d’États démocratiques à usurper le pouvoir de définir, à la majorité, en fonction d’un consensus qu’ils auront contribué à susciter par les médias qu’ils influencent ou qu’ils contrôlent, les frontières du bien et le mal, ce qui me paraît constitutif du totalitarisme.
Il ne s’agit pas, par là, de prétendre que ces régimes sont identiques aux régimes criminels qui ont incarné au XXe siècle, le projet totalitaire (puisqu’il est évident qu’ils n’en partagent pas les pratiques policières, qu’ils maintiennent en principe les libertés formelles). Bien plutôt de montrer le nouveau visage qu’a pris le totalitarisme au XXIe siècle. Comme l’avait pressenti Tocqueville, il est en apparence « prévoyant et doux ». Il n’en partage pas moins avec ses devanciers le projet de démanteler, en les vidant de leur contenu, les institutions liées à l’ordre naturel (au premier rang d’entre elles, la famille traditionnelle), et d’étouffer en nous toute liberté intérieure, toute indépendance d’esprit. « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme, annonçait il y a près de deux siècles le génial auteur de La Démocratie en Amérique. Au dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. (…) Il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir, il travaille volontiers à leur bonheur mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre. Il pourvoit à leur sécurité, assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leur succession, divise leurs héritages. Que ne peut-il leur retirer le trouble de penser et la peine de vivre ? »


Vous affirmez, avec saint Augustin, que la démocratie n’est acceptable qu’à condition que le peuple soit capable de poursuivre le bien commun. Comment le peuple pourrait-il poursuivre un autre bien ?

Toute l’histoire des régimes démocratiques nous montre qu’il arrive, et même souvent, que la volonté d’une majorité soit abusée. Elle peut être aveuglée par ses passions, flattée par des démagogues, trompée par des imposteurs, conduite à sa perte par des incapables.
C’est le sujet même de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide, qui oppose la démocratie tempérée du temps de Périclès, où l’Assemblée du peuple d’Athènes se laisse guider par un homme supérieur, à celle de ses successeurs, qui excitent après lui les passions les plus basses de la foule, et lui font multiplier les folies, comme le lancement de l’expédition de Sicile, île dont les Athéniens décident la conquête, nous dit l’historien, sans avoir la moindre idée de son éloignement ni de son étendue, ou la condamnation à mort des généraux qui venaient de remporter sur les Spartiates la victoire décisive des Arginuses sous prétexte qu’ils avaient manqué de diligence pour récupérer les corps des soldats tombés pendant la bataille.
La démocratie moderne donne maints exemples de ces errements. Elle en donne d’autant plus que les moyens de communication de masse mettent désormais à disposition du pouvoir, des partis, des puissances d’argent et des lobbies, des moyens de manipulation des esprits d’une puissance sans précédent. On les a vus à l’œuvre, avant, pendant et après l’adoption des lois qui ont remodelé, depuis quarante ans, la société contemporaine pour lui faire admettre les bienfaits de la révolution sexuelle, l’avortement, les manipulations génétiques, le mariage homosexuel, et demain l’euthanasie (ce pourquoi l’appel au référendum que lancent aujourd’hui les adversaires du mariage homosexuel me paraît à haut risque – une campagne médiatique bien menée pouvant toujours, en ces matières, faire basculer une majorité – en même temps qu’il constitue une concession redoutable à l’idée qu’une règle morale ou une institution liée à l’ordre naturel comme le mariage pourraient subir des modifications légitimes pour peu qu’elles bénéficient de l’appui d’une majorité d’électeurs).
Comme le bon fonctionnement de la monarchie était lié à l’éducation des princes, celui de la démocratie repose en réalité sur l’éducation des foules. Pour que le gouvernement du peuple soit conforme au bien commun, il faut que ce peuple ait grandi dans le respect de ses pères, la volonté de prolonger et de transmettre l’héritage reçu indivis, l’amour des principes qui ont fait sa grandeur et l’éclat de sa civilisation. Nous en sommes loin aujourd’hui. Or à une éducation purement individualiste, exaltant en chacun la tyrannie de ses désirs comme un absolu, ne peut correspondre qu’un peuple d’égoïstes, auquel sera étrangère l’idée même qu’un bien commun existe, et qui ne verra dans la pratique de la démocratie que le moyen d’exprimer ses revendications catégorielles ou sa haine de classe.
« Lorsqu’une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dans ses chefs de mauvais échansons, écrit Platon, elle s’enivre au-delà de toute décence ; alors, si ceux qui la gouvernent ne se montrent pas tout à fait dociles et ne lui font pas large mesure de liberté, elle les châtie, les accusant d’être des criminels et des oligarques. […] Ceux qui obéissent aux magistrats, elle les traite d’hommes serviles et sans caractère. En revanche, elle loue et honore les gouvernants qui ont l’air de gouvernés et les gouvernés qui prennent l’air de gouvernants. Dès lors, il est inévitable que dans pareille cité l’esprit de liberté s’étende à tout. Qu’il pénètre dans les familles […] que le père s’accoutume à traiter son fils comme un égal et à redouter ses enfants ; que le fils s’égale à son père et n’ait ni respect ni crainte pour ses parents. Que le métèque devienne l’égal du citoyen, le citoyen du métèque et l’étranger pareillement. […] Le maître craint ses disciples et les flatte, les disciples font peu de cas des maîtres. Les jeunes gens copient leurs aînés et luttent avec eux en paroles et en actions. Les vieillards de leur côté s’abaissent aux façons des jeunes gens, imitant la jeunesse de peur de passer pour ennuyeux et despotiques. […] Or vois-tu le résultat de tous ces abus ? Ils rendent l’âme des citoyens tellement ombrageuse qu’à la moindre apparence de contrainte, ceux-ci s’indignent et se révoltent. Et ils en viennent à la fin à ne plus s’inquiéter des lois écrites ou non-écrites, afin de n’avoir absolument aucun maître. Alors, en toute beauté et toute jeunesse, les temps sont mûrs pour la tyrannie. »

Vous distinguez, à l’école de Jean Madiran, démocratie moderne et démocratie classique. Quelles sont les différences qui justifient cette opposition ?

Je me suis effectivement nourri du livre fondamental de Jean Madiran, Les deux démocraties. Publié en 1977, ce livre n’a pas pris une ride. La démocratie, telle qu’après avoir été inventée à Athènes, elle a existé ici et là durant l’Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance et l’Âge classique, telle qu’elle est décrite par Aristote dans sa classification des régimes politiques, telle qu’elle est évoquée par saint Augustin et analysée par saint Thomas d’Aquin, la démocratie que Madiran appelle classique est, dit-il, un mode de désignation des gouvernants. Il consiste à « n’avoir dans la cité, aucune autorité politique dont le titulaire ne soit directement ou indirectement désigné, pour un temps limité, par les citoyens, qui sont tous électeurs ». La démocratie classique, c’est cela : un mode de désignation des gouvernants par l’élection.
La démocratie moderne, celle dans laquelle nous vivons, celle qui a été façonnée par les Lumières et par les principes de 1789, fonctionne en apparence comme la démocratie classique. En apparence, c’est la même chose. En réalité, elle est tout autre chose. Sa charte fondatrice est en effet la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789. Or celle-ci contient des dispositions qui changent profondément la nature du régime dont elle a conservé les dehors et le nom. Ces principes sont ceux que proclament d’une part l’article 3 : « Le principe de toute souveraineté réside dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément », d’autre part l’article 6 : « La loi est l’expression de la volonté générale. » Ces deux dispositions fondent, en dépit des apparences, un régime entièrement nouveau qui se distingue non seulement de la démocratie classique, mais de tous les régimes politiques (monarchiques, aristocratiques) connus auparavant.
La première de ces dispositions conduit en effet la démocratie moderne à considérer le mode de désignation par l’élection comme l’unique fondement de toute légitimité. Dès lors que le principe de souveraineté réside dans la nation (entendue ici comme le corps électoral), nul ne pourra légitimement prétendre exercer cette souveraineté sans avoir été choisi par le suffrage de cette nation. Or on n’avait jamais pensé à cela auparavant. Même parmi les partisans de la République. Dans la démocratie moderne, la désignation des gouvernants par les gouvernés cesse d’être considérée comme une technique parmi d’autres, bonne dans certaines situations, pour certains types d’État, mauvaise ou imprudente, inadaptée pour d’autres. Elle est réputée le seul mode de désignation légitime. Les régimes non démocratiques deviennent donc immoraux. L’élection des gouvernants devient un droit imprescriptible qu’on ne saurait remettre en question sans remette en cause les fondements de l’ordre social. C’est un impératif moral. On jugera qu’un gouvernement est bon non plus dans la mesure où il poursuit le bien commun mais dans la mesure où il est démocratique. On estimera qu’un régime s’améliore à proportion qu’il se démocratise. Et non plus en fonction de la paix et de la prospérité qu’il apporte aux populations, du degré de civilisation qu’il promeut ou des vertus qu’il encourage. Moins encore de la préservation de la morale publique.
La deuxième caractéristique de la démocratie moderne, souligne Madiran, est que « la loi est l’expression de la volonté générale ». Et seulement cela. Elle doit être approuvée par la majorité. Elle n’a besoin que de cela pour être incontestable. Formidable révolution. « Toujours, dans toutes les civilisations, écrit-il, la loi était l’expression d’une réalité supérieure à l’homme, d’un bien objectif, d’un bien commun que l’homme traduisait, interprétait, codifiait librement, mais non arbitrairement. » La fonction du législateur – roi, dictateur, assemblée d’anciens magistrats, Parlement élu – était de mettre en œuvre une raison, une justice et un ordre supérieurs aux volontés humaines. Qu’il s’agisse de la volonté présumée de Dieu ou de l’ordre du monde tel qu’il avait été transmis par la sagesse des anciens. « La légitimité de la loi, rappelle encore Madiran, celle du pouvoir, celle des gouvernants, résidait dans leur conformité à cet ordre supérieur. » Dans les démocraties classiques, on confiait au corps électoral le soin d’approuver les lois qui lui paraîtraient les plus conformes à l’ordre du monde ou à la volonté de Dieu. Dans la démocratie moderne, on lui demande d’édicter les lois les plus conformes à sa propre volonté, déclarée universellement souveraine. L’apparence peut être identique. La réalité est très différente. Dans le premier cas, on demandait au peuple ce qu’il pensait correspondre à la justice. Dans le deuxième, on lui demande ce qu’il veut, et qui sera considéré comme juste pour la seule raison d’avoir obtenu une majorité de suffrages. On passe d’un souverain (individuel ou collectif) à qui l’on reconnaît le pouvoir de dire : je le veux, parce que c’est juste, à un souverain (collectif) qui dit : c’est juste parce que je le veux. C’est une révolution copernicienne. On a maintenu les termes ; on a renversé la logique.
La conséquence de ces deux dispositions est que la démocratie moderne possède un troisième caractère, qui est que, loin de nous en préserver, la démocratie moderne tend naturellement au totalitarisme, contrairement à ce que l’on croit. Et elle y tend du seul fait de ses principes.
Dire que la légitimité se confond avec le seul mode d’élection (démocratique) des dirigeants ou avec le mode d’adoption (démocratique) des lois, c’est dire en effet qu’en droit le pouvoir d’un gouvernement ou d’un Parlement régulièrement élu est illimité, qu’ils peuvent adopter n’importe quelle loi contraire à l’ordre naturel ou au bien commun sans rien perdre de leur légitimité du seul fait qu’elle a été démocratiquement adoptée. On dira que s’imposent à cette loi de la majorité des normes supérieures (les dispositions de la Constitution). Mais ces normes supérieures tiennent elles-mêmes leur autorité et leur légitimité de la manière démocratique dont elles ont été adoptées. On pourra donc, démocratiquement, en changer. C’est si vrai que le Conseil Constitutionnel a jugé en France qu’il n’avait pas le pouvoir de juger de la conformité avec la Constitution d’un texte approuvé par référendum. Parce que le référendum était le mode d’expression du peuple souverain. Et qu’il appartenait à ce peuple, d’où la Constitution tenait son autorité, de violer la Constitution si cela lui plaisait. À titre de comparaison, le Parlement de Paris cassa le testament de Louis XIV parce que la volonté qu’y avait exprimée le souverain de confier la régence à ses fils naturels n’était pas conforme aux lois fondamentales du Royaume. Nous avons changé tout cela : il n’y a plus rien au-dessus de la volonté du souverain, parce que c’est une volonté démocratique. La déclaration des Droits de l’homme a, en France, valeur constitutionnelle. Mais il appartient au corps électoral, si cela lui chante, de la transformer. C’est ce qu’on a fait en 1946 en ajoutant de nouveaux droits (au travail, à la grève). Si le peuple le veut, il pourra dans l’avenir en ajouter d’autres : le droit des femmes à avorter, le droit des homosexuels de se marier. Tout est affaire d’opinion et de majorité. En définitive, de campagne de propagande bien menée. Il n’y a rien au-dessus de la volonté de la majorité.
Dire en même temps que la loi est l’expression de la volonté générale, c’est dire que l’expression de la volonté générale a force de loi. Qu’il serait illégitime de prétendre lui opposer des lois non écrites, des principes éternels, qui ne peuvent être considérés, fussent-ils issus du Décalogue, que comme des opinions privées. L’adoption de la loi Taubira a montré qu’un usage plurimillénaire, antérieur même à la constitution de la cité antique, était sans autorité face à une loi adoptée par un vote à main levée. À partir du moment où ne s’impose aucune norme objective, extérieure, inchangeable, tout est affaire d’opinion, de manipulation et pour finir de moyens financiers. Les mécanismes qui ont été mis en œuvre pour faire adopter la loi Taubira sont ceux qui avaient été actionnés pour faire adopter les lois Veil, Pelletier, Roudy et Neiertz, qui le seront demain pour légaliser l’euthanasie, les mères porteuses ou la promotion de l’homosexualité dans les écoles. À ces lois de société, il est vain d’opposer la loi naturelle ou le Décalogue ; ils n’ont pas de réalité au regard de la démocratie moderne. La loi du nombre n’y abolit pas seulement la hiérarchie des normes, la supériorité de la Constitution sur la loi, elle ne se contente pas de la toute puissance temporelle. Elle entend, encore une fois, à l’image d’Adam et Ève, déterminer elle-même les limites du Bien et du Mal en une sorte d’institutionnalisation du péché originel. Or le totalitarisme c’est cela.

Comment résister à ce nouveau totalitarisme ?

À vue humaine, il y a longtemps que ce combat paraît perdu. Mais l’expérience de la chute du mur de Berlin l’a montré : il existe une fragilité constitutive du mensonge, une force intrinsèque liée à la vérité. La vague de fond soulevée dans tout le pays par la loi sur le mariage homosexuel n’a pas seulement surpris le gouvernement. Elle nous a stupéfaits nous-mêmes. La force tranquille des manifestants, face au mensonge d’État, à la diffamation, aux violences policières, aux gardes à vue injustifiées et aux poursuites judiciaires, a transformé l’adoption de la loi en défaite pour ses propres partisans. Sans doute, la contestation du projet de loi n’est-elle pas elle-même exempte de divisions ni d’ambiguïtés, marquée par l’imperfection de toutes les choses humaines ; elle s’est achevée sur un échec, puisque la loi est entrée en vigueur. Reste que l’espoir a changé de camp. La course à la décadence a cessé de paraître irrésistible.
La France catholique (puisque, en dépit des habiletés tactiques et des prudences de langages, c’est bien elle qui manifeste dans la rue) a montré qu’elle n’est pas morte, comme l’établissement médiatico-politique, qui vit en circuit fermé, se l’imaginait. Contre l’idée que cette réforme était irrésistible et constitue un nouveau maillon d’une chaîne continue de progrès, la contestation a réveillé avec elle les forces vives du pays réel. Elle a ouvert les yeux de ceux qui n’avaient pas su voir vers quelle décadence nous conduisaient l’institutionnalisation des utopies soixante-huitardes et la tyrannie des idées libertaires. Elle a formé au combat politique toute une nouvelle génération à qui il appartient désormais de prendre la relève. Elle a fait découvrir à ces futures élites nées des JMJ et des mouvements traditionnels, nourries par l’enseignement de Benoît XVI, libérées de tout complexe par l’affolement d’un gouvernement qui a véritablement paru, dans cette affaire, perdre ses nerfs, à quel point l’héritage dont nous sommes les dépositaires avait été dilapidé par leurs aînés et comment la modernité nous emmène aux antipodes de la société à laquelle ils aspirent. Il nous reste à prolonger ce magnifique sursaut, cet étrange printemps français, par une reconquête culturelle du terrain qui a été perdu depuis plus de quarante ans. De cette reconquête, bien malin qui pourrait aujourd’hui dessiner précisément les contours. Elle n’obéira à aucun plan préconçu et sera nécessairement multiforme (les efforts sympathiques pour l’organiser me paraissent voués à l’échec : il faut abandonner ce néo-kantisme qui nous conduit trop souvent à vouloir réduire la réaction vitale que nous appelons de nos vœux à un modèle unique, le nôtre autant que possible, pour apprendre à accepter la diversité des talents, des approches et des stratégies). Elle passera, quoi qu’il en soit, me semble-t-il, par un réapprentissage des fondamentaux, par l’amour du Beau, du Bien, du Vrai. Par une réforme intellectuelle et morale visant à nous préparer à un combat où il faudra se battre avec courage dans les tribulations du siècle en gardant au cœur la conviction que la Vérité, seule, nous rendra libres.

(1) La Démocratie peut-elle devenir totalitaire ?, Contretemps, 380 pages, 22 euros (27,00 € franco)

 


Source: http://www.renaissancecatholique.org/spip.php?page=courrier&id_courrier=99

 

 

- La démocratie totalitaire

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

- La dérive totalitaire du gouvernement Ayrault

- Audition des responsables religieux à l'Assemblée : une parodie de "débat"

- Le peuple français fait face à une entreprise totalitaire (Henri Hude)

- La Franc Maçonnerie : un Etat totalitaire déguisé en démocratie

- Dépasser la démocratie

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 11:10

"La loi est la règle conforme à la réalité naturelle". On n'a encore jamais vu deux hommes ou deux femmes avoir biologiquement des enfants. Cette loi Taubira n'est donc pas une loi, mais une mesure idéologique totalitaire ne servant pas le Bien commun et contredite par le réel.

 

Dès lors tout est possible, le gouvernement qui en est à l'origine n'a pas à être ni respecté ni obéi...

 

On peut se retrancher derrière le texte même de la déclaration des droits de l'homme 1789... en son article 2 :

 

  • "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression".

 

. La loi Taubira: une loi déjà périmée

. La loi Taubira portera-t-elle l'estocade à la Révolution ?

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:03

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a6/Oskar_Freysinger_IMG_2614.JPG/200px-Oskar_Freysinger_IMG_2614.JPGA l'occasion de la votation suisse sur l’interdiction de nouveaux minarets en 2009, les ténors de l'Union démocratique du Centre (UDC), premier parti de Suisse, représentant la droite conservatrice et nationaliste à l'origine de la votation, ont dénié à des «juges étrangers» la compétence de juger la Suisse dans ce domaine.
 
Très bien. Seulement l'argumentaire que reprend aujourd’hui le parlementaire UDC Oskar Freysinger pour dénier à des juges étrangers la compétence de juger la Suisse n'est pas juste. Cet argumentaire n'est même pas libéral... Puisque rappelons-le, l'argumentaire consistant à constitutionnaliser la souveraineté du peuple (comme en France d'ailleurs... Là-dessus il n'y a aucune différence entre la république dite "française" et la démocratie suisse...) contient une virtualité illibérale, celle du pire qui peut devenir possible.
 
Le conseiller national Oskar Freysinger explique en effet que « quand on voit certains pays qui ont un bilan catastrophique en matière de droits de l’homme faire la leçon à la Suisse, quand on voit en particulier des pays islamiques nous faire la morale, tout en ne respectant pas du tout pour eux-mêmes ce qu’ils exigent des autres, j’ai beaucoup de peine à accepter ce verdict ». «Nos institutions, dit-il, ont été créées pour garantir un filtre de sécurité énorme par rapport à l’arbitraire possible de l’Etat. Il n’y a pas d’autres pays avec une telle sécurité garantie juridiquement et politiquement au simple citoyen et à ses droits. » Oskar Freysinger tient qu’en Suisse, c’est le peuple qui a le dernier mot.

 

 

Pour le juriste suisse Walter Kälin, argumenter que la tradition démocratique suisse permet au peuple souverain de décider sans tenir compte des droits humains finit par remettre en cause l’universalité des droits de l’homme, comme l’a fait en son temps Lee Kuan Yew. Dans les années 90, le père-fondateur de la cité-Etat de Singapour brandissait en effet la supériorité des «valeurs asiatiques» pour répondre aux critiques des Occidentaux sur le respect des droits de l’homme en Asie.
 
A sa manière, Oskar Freysinger confirme les propos du juriste: «La conception des droits de l’homme que vous avez en Chine, en Inde, dans le monde islamique et chez nous montre qu’il n’y a pas d’universalité. »

 

Source: http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/L_universalite_des_droits_de_l_Homme_contestee.html?cid=34133224

 

C'est là qu'Oskar Freysinger se trompe, il y a bien une universalité des droits de l'homme à la vie, à la liberté, à l'éducation, à la sûreté, à la liberté d'adorer Dieu... Des droits qui sont universels depuis les Tables de la Loi de Moïse. Et si l'on décrète que le peuple est "souverain", comme il le fait, la loi peut être soupçonnée de potentialités liberticides (ce qui n'était apparemment pas son but au départ...), « étant donné que, bien qu''expression de la ' volonté générale', (dans le système hérité de 1789, Ndlr.) la loi est concrètement la volonté des majorités, qui peuvent léser la minorité, ou l' individu... » (Lucien Jaume, Les Origines philosophiques du libéralisme , 2000, réed. Champs essais, Paris 2010, p. 122.)

 

Toutes les "déclarations des droits de l'Homme" depuis 1789, fondées sur le faux principe de la souveraineté populaire, devraient être dans ces conditions automatiquement déclarées nulles et non avenues, car potentiellement liberticides et totalitaires. Y compris la Déclaration des droits de l'homme dite "universelle" de 1948 servant ici de fondement pour attaquer la votation du peuple suisse qui du coup n'est plus "souverain"... Ainsi, les mondialistes qui déclarent la souveraineté du peuple la suspendent et l'annulent dès lors que celle-ci se prononce contre leurs visions immigrationnistes.

 

Quoiqu'il en soit, cette déclaration des droits de l'homme de 1948 recycle le mensonge de la "souveraineté du peuple" déclinée sous le terme de la "volonté du peuple" "fondement de l'autorité des pouvoirs publics", via "des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement au suffrage universel" (article 21 de la DDH de 1948). Elle a été forgée par le juif René Cassin, président de la Cour européenne des droits de l'Homme, doctor honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem et président de l'Alliance israélite universelle... de 1943 à sa mort en 1976. Elle sert aujourd'hui à annuler le principe de la souveraineté du peuple (suisse) qu'elle déclare pourtant dans son article 21...

 

Si au-dessus du peuple, il y a bien des normes universelles à respecter (loi naturelle de Dieu, le Décalogue) sous peine de tomber dans la tyrannie du nombre (démocratie directe) ou la dictature d'une oligarchie (démocratie "représentative"), et si la Suisse a pu légitimement s'opposer à la construction de nouveaux minarets, cela ne peut être au nom de la "souveraineté" du peuple suisse comme le prétend Oskar Freysinger (DDH de 1948, article 21...), mais au nom de la loi naturelle (Décalogue) tout court et notamment le droit des suisses de pas voir leur pays transformé en islamistan qui verrait leurs libertés fortement réduites !

 

Redisons-le ici, ce n'est pas la "souveraineté populaire", ni même la "souveraineté nationale" comme le prétend mensongèrement l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 (""'le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation'") ou la "volonté du peuple" (article 21 DDH de 1948) qui fonde la légitimité politique; ce qui fonde cette dernière, c'est la loi naturelle. Il n'y a pas à sortir de là, toutes les autres tentatives de légitimation sur d'autres fondements ont échoué dans le totalitarisme (1793, 1917, 1933, 1948...?).

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:20

http://idata.over-blog.com/1/06/39/73/Scoutisme/La-lumiere-brille-dans-les-tenebres.JPGOn nous reproche souvent à nous Légitimistes d'être dans l'inaction politique (les nationalistes font ci, les "Identaires" font ça, et vous rien...), nous répondons que l'action politique n'est pas toujours le meilleur des choix surtout quand cette action conduit à la castration et à l'impuissance, place dans laquelle les républicains veulent vous voir...

 

De la même manière que dans la philosophie taoïste, la non-action est action suprême, par sa seule force de proposition, notre inaction (apparente) à nous est bien plus puissante que votre action apparente qui restera toujours stérile et vaine faute de principes politiques stables.

 

Nous publions ce commentaire très pertinent sur notre mode d'action politique à nous (merci à Viveleroy.fr). Être dans le pour finalement s'interprète en dernière analyse comme une solution préférable à être toujours dans le contre sans jamais rien proposer de solide à la place ! Nous, au moins, nous proposons une solution crédible à la république totalitaire. A sa "légitimité politique" fondée sur le nombre (Volonté générale, volontarisme, constructivisme), nous proposons la loi naturelle comme fondement de la légitimité politique.

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Vouloir défendre la société contre la dénaturation du mariage est certes louable, mais en prend-on vraiment les moyens ? Pourquoi s'attaquer aux effets et jamais aux causes ?

 

Je m'explique :
Deux cents ans de Révolution ont réduit les catholiques à l’état de réactionnaires. Chaque nouvelle loi inique les met en campagne pour alerter l’opinion et tenter de faire pression sur le gouvernement. Comme toujours la loi est votée (pas toujours le mouvement de l'école libre de 1984 contre le projet de l'"école pour tous" c'est-à-dire la suppression des écoles privées, a mis en échec le projet de loi Savary visant à intégrer les écoles privées à un "grand service public", mais il est vrai c'est très rare, il fallait qu'un million de personnes descendent dans la rue...NdCR.), et la fièvre activiste retombée, ils replongent dans un attentisme providentialiste et défaitiste d’où ils ne sortent que pour voter pour le moindre mal (...) en attendant le prochain coup de l’ennemi.

 

Plutôt que de s’acharner à combattre les symptômes (les mauvaises lois républicaines), pourquoi ne pas reconnaître enfin l’effet corrupteur de ces assemblées délibérantes qui font de l’opinion de la majorité, l’expression de la vérité ? Au lieu de subir les attaques, ne vaut-il pas mieux en reprendre l’initiative avec nos principes (la loi naturelle et l’autorité) et nos armes (la Grâce divine et la raison) pour restaurer des institutions traditionnelles ? La suite de cette réflexion sur : http://www.viveleroy.fr/Le-mythe-de-la-bonne-republique.html

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Note de Christroi. Plutôt que de s’acharner à combattre les symptômes (les mauvaises lois républicaines), pourquoi ne pas reconnaître enfin la loi naturelle comme source de la légitimité politique à la place de la Volonté générale?  

 

Au lieu d'être toujours dans le contre (contre les mauvaises lois républicaines en les subissant, contre ceci contre cela dans telles manifs - raison pour laquelle sans doute le président de la Conférence des Evêques de France, Mgr André Vingt-Trois, justement n'appelle pas à manifester... -) soyons dans le pour ! Soyons la force de proposition (la loi naturelle à la place de la Volonté générale, l'autorité à la place de l'irresponsabilité, le Christ-Roi à la place de Mamon-Roi !) Ne nous résignons jamais à la petitesse, cette place où souhaite nous mettre la république dite française. La lumière est faite pour briller dans les ténèbres et être posée sur le chandelier au milieu de la maison ! (Matt., V, 15.)

 

Par contre, s'agissant des Manifs contre la dénaturation inique du mariage et le "droit à l'enfant"..., sur Christroi, nous sommes et dans le contre et dans le pour ! Nous soutenons toutes les manifs, toutes les actions CONTRE ce projet de loi de la démocratie totalitaire. L'exemple de 1984 montre qu'on peut les faire reculer. Et nous sommes dans le POUR ! En réclamant le retour de la loi naturelle fondement de la légitimité politique à la place de la tyrannie et de l'escroquerie de la Volonté générale !

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 23:59

Extraits du nouveau livre d’Yves-Marie Adeline*, La droite impossible (éditions de Chiré). Un livre à lire de toute urgence alors que la gauche détient presque tous les pouvoirs politiques et métapolitiques.

 

(…) qu’est-ce qu’un homme de droite, ou ce qui en tient lieu, en 1789, à la convocation des États généraux ? Un sujet de Louis XVI. Il est encore trop tôt pour qu’il se dise royaliste, mais enfin c’en est un, naturellement. Dans quelques jours cependant, il sera déjà « d’extrême-droite », pour peu qu’il refuse le premier bouleversement imposé par la gauche : un serment au Jeu de Paume, et la constitution d’une assemblée nationale se substituant aux réunions par ordres – clergé, noblesse et tiers-état. Etre de droite ne commence donc que le jour où, ayant accepté, ou au moins subi passivement cette initiative de la gauche – donc acceptant d’entrer dans le mécanisme de la gauche – on se range, résolument tout de même, à la droite du Roi. Mais pour combien de temps ? Déjà la droite se subdivise entre les partisans d’une monarchie à l’anglaise et ceux qui souhaitent préserver les pouvoirs de la Couronne. À leur tour, les premiers sont d’extrême-droite : on a déjà oublié la période d’avant la Constituante, il n’est déjà plus permis d’y penser. Mirabeau, animateur du Serment du Jeu de Paume, donc de gauche, en tient pour une monarchie constitutionnelle : le temps n’est pas loin où cette idée-là passera de la gauche à la droite, puis à l’extrémité de la droite, puis au néant. « Tenir le pas gagné », dira Rimbaud : un phénomène de cliquet permet de passer d’un cran à un autre, selon un processus non-rétrogradable. Un jour, l’homme de droite, quand il sera de nouveau autorisé à l’être, après que la Révolution ait été réputée « finie », ne sera plus désigné que sous l’étiquette de « conservateur ». Mais pour conserver quoi ? Légitimiste sous Louis-Philippe, il sera royaliste au début de la IIIe République, puis républicain de droite. Hostile à l’avortement avant Giscard, partisan de la peine de mort avant Mitterrand, l’abrogation de l’un et le rétablissement de l’autre lui apparaissent aujourd’hui impensables, ou même indésirables : le cliquet est déjà fixé trop loin, il s’agit désormais du mariage des homosexuels, de leur possibilité d’adopter des enfants, de la légalisation de l’euthanasie, du droit de vote pour les immigrés, etc. La gauche poursuit sa révolution, la droite la subit, tout simplement parce que notre système politique a été imaginé par la gauche. La droite, volontiers appelée au pouvoir par le peuple, parce qu’elle ne manque pas de qualités de gouvernement, n’y sera jamais que locataire : le propriétaire est naturellement la gauche.

 

 

Imaginons que se rencontreraient aujourd’hui Danton et un homme de gauche. Quelle émotion ! Ils ont tant de choses la droite impossible à se dire, tant d’idées à comparer, et la comparaison est d’autant plus facile qu’elles s’enracinent toutes dans un terreau philosophique commun : une même méfiance à l’égard du pouvoir en soi, jugé aliénant pour l’individu, un même refus de toute valeur transcendante. Pour son interlocuteur, Danton est l’un de ces « Grands Ancêtres » que la République honore, et rassemble même par-delà la mort. Ainsi le nom de Robespierre est-il gravé sur le même marbre, tant il est vrai qu’aujourd’hui où les dissensions se sont éteintes, leurs fils spirituels retiennent ce qui les unissait, et oublient naturellement ce qui les séparait.

En revanche, la rencontre serait insolite entre l’homme de droite d’hier et celui d’aujourd’hui. Non pas que le deuxième soit devenu révolutionnaire : il ne l’a jamais été, il déteste les convulsions, il méprise l’arrogance et la bêtise des foules fanatisées autant que ses prédécesseurs. Mais il fête le 14 Juillet avec ferveur, car c’est la fête nationale, la célébration de la patrie. Pour son interlocuteur, cette gaîté est du plus mauvais goût : le 14 Juillet 1789 fut une journée de sang, la première où l’on commença à découper des têtes – avec un couteau de boucher – et à les planter sur des piques. Assurément, l’homme de droite est gêné par cette évocation, parce que, contrairement à l’homme de gauche, il réprouve la violence sauvage, aussi bien celle de la Saint-Barthélémy – qu’il regarde comme un débordement condamnable – que celle des « enragés » de la Bastille.

« Le fanatisme de la gauche est consubstantiel à son idéologie. »

C’est qu’en fait, l’intolérance n’a pas la même origine selon qu’elle vient de droite ou de gauche, même si une erreur coutumière veut qu’elles soient rangées dans un même sac d’opprobre. La gauche en effet rappelle volontiers les excès criminels parfois commis par la droite pour des raisons religieuses. Certes, il n’est pas question d’en nier l’immoralité. Pourtant, ce fanatisme-là s’appuie sur une fidélité mal comprise envers un dieu extérieur, quelqu’un ou quelque chose de supérieur à soi-même, de sorte que cette extériorité permanente, cette distance considérable entre lui-même et le sujet ou l’objet de son fanatisme fait office de chambre de décompression, permettant toujours à sa fièvre criminelle de retomber. Mais dès lors que l’idéologie de gauche supprime cette transcendance et fait de nous-mêmes notre propre dieu, au nom de la liberté de redéfinir ce qui est bien et ce qui est mal, tout ce qui menace ou contribue à menacer cette liberté fondatrice doit être impitoyablement extirpé. En cela, on observe que le fanatisme de la droite est occasionnel, circonstanciel : encore une fois, pour l’homme de droite, la Saint-Barthélémy est un excès regrettable, et il n’en éprouve aucune fierté, même s’il reste franchement du parti catholique. Tandis que le fanatisme de la gauche, fut-il moins visible quand rien ne menace sa domination, comme c’est le cas aujourd’hui, est consubstantiel à son idéologie, en raison de la nature même de cette idéologie, qui tend à s’ériger en une religion laïque dont l’individu est l’idole.

C’est pourquoi, pour l’homme de gauche, le sang qui coule à la Bastille ou ailleurs est un mal nécessaire ("La fin sanctifie les moyens" dixit Adam Weishaupt, Ndlr.) en vertu du principe selon lequel on ne fait pas une bonne omelette sans devoir casser des œufs. Plus encore, dans sa « mystique » révolutionnaire, il y a quelque chose de sacrificiel, au sens païen du terme, dans le sang ennemi qu’il répand, un « sang impur » qui doit être versé pour régénérer le monde.

 

C’est alors que l’homme de droite découvrira dans une encyclopédie quelconque qu’en réalité, le 14 juillet qu’il célèbre est celui de 1790, Fête de la Fédération. Mais rien n’est moins certain que la gauche y pense ce jour-là. Et d’ailleurs, pour l’homme de droite d’il y a deux siècles, cette journée de la Fédération, quoique pacifique, n’a rien non plus de réjouissant. D’abord, elle fêtait le 14 juillet précédent, celui de 1789… Ensuite, il se souvient de cette mascarade, de cette messe probablement invalide où le célébrant était l’évêque Talleyrand, futur défroqué, disant à ses proches : « Surtout, ne me faites pas rire ! »

L’homme de droite aujourd’hui chante à tue-tête la Marseillaise, l’hymne sacré de la Patrie française. On imagine la stupeur de son interlocuteur. Le « sang impur » dont on a « abreuvé les sillons » est le sien. Et voici que son fils spirituel en redemande ! Il peut rappeler posément que ce chant de la Révolution a toujours été entendu, dans toute l’Europe, puis dans le monde entier, comme un symbole non pas de la France elle-même, mais de ses idées révolutionnaires, avant d’être supplanté tardivement par l’Internationale. Durant les premiers jours de la Révolution russe de 1917, l’authentique révolution, celle de mars (1), l’air était rempli de Marseillaises, pas encore d’Internationales.

Enfin, l’homme de droite d’aujourd’hui baise pieusement les plis du drapeau tricolore, « qui s’est couvert de gloire sur les champs de bataille » de nos guerres franco-allemandes, mondiales et coloniales. Parce que la vie après la mort est un apaisement, son visiteur, l’homme de droite d’hier, répond sans élever la voix que pour la gauche, et pour la République française, le drapeau tricolore signifie autre chose. S’il avait fallu choisir un symbole de gloire purement militaire et nationale, les lys sur champ d’azur eussent amplement répondu à cette attente. Mais les Trois Couleurs ont un sens politique précis : elles sont d’abord cette cocarde que les Sans-Culottes enfoncèrent dans la coiffure de Louis XVI. Elles pavoisaient autour de l’échafaud quand le Roi fut guillotiné. Ces couleurs vinrent chercher leurs premières gloires militaires en Vendée, et en ce temps-là, lui, l’homme de droite, les regardaient comme ennemies, symbole de la Terreur dans toute la France, et dans le contexte du génocide vendéen, symbole de l’épouvante. Puis ce drapeau franchit les frontières : de l’Espagne à la Russie, il se fixa sur les frontons des églises transformées en écuries ; en Europe il répandit la révolution, quitte à épuiser toute la puissance française et tomber en loques à Waterloo. N’est-il pas d’autres drapeaux, exécrés aujourd’hui par l’homme de droite, qui se couvrirent d’une même gloire comme d’une même honte ? Le drapeau rouge des Russes n’a-t-il pas triomphé héroïquement à Stalingrad, puis flotté durant un demi-siècle à Berlin ? N’a-t-il pas conquis la moitié du Continent ? La Croix Gammée n’a-t-elle pas claqué aux vents du Cercle polaire jusqu’aux îles grecques ? En outre, quelles sont toutes ces guerres dont le drapeau tricolore est revenu vainqueur ? Je ne dis pas glorieux, mais vainqueur ? Celle de Crimée, celle de la Péninsule italienne au moment de son unification, et celle de 14. A tout prendre, les lys d’or ont ramené plus de gloire militaire que les Trois Couleurs n’en auront jamais.

Pourtant, de ces trois fourvoiements : fête nationale, Marseillaise et drapeau, l’homme de droite aujourd’hui ne peut pas même imaginer qu’il soit possible de s’en dégager. Il étonnera de nouveau son prédécesseur en lui exposant qu’il existe un sens de l’histoire contre lequel on ne peut rien. Voilà encore une idée de gauche, tant il est vrai que ce sens unique de l’histoire, c’est la gauche qui l’a emprunté, puis imposé à la droite : encore le fameux procédé du cliquet. Mais l’homme de droite d’aujourd’hui a un frère, un cousin – voire une cousine désormais : émancipation oblige – à Saint-Cyr. S’il est cultivé, il répondra à son prédécesseur une naïveté du même genre que pour le 14 juillet : les Trois Couleurs étaient les couleurs des livrées royales. Autrement dit, les Sans-Culottes étaient des royalistes qui s’ignoraient, de même que les Socialistes brandissent un drapeau rouge destiné sans doute à reproduire l’oriflamme de Saint-Denis… (…)

(1) On sait en effet qu’il n’y a pas eu à proprement parler de « révolution » d’octobre – l’expression a été forgée par la propagande communiste – mais un coup d’État.

 

 

* Yves-Marie Adeline est né le 24 mars 1960 à Poitiers.

Docteur de l’Université de Paris 1, il a enseigné l’esthétique musicale à l’université de Poitiers, de 1986 à 1989. Il fut aussi directeur de cabinet de Jean Arthuis, qu’il quitta avant que ce dernier n’entre au gouvernement Juppé : à cette occasion, il écrivit La droite piégée (1996).

Il préconise, en 2001, un engagement des royalistes sur la scène électorale comme moyen de faire ressurgir la question des institutions dans le débat politique contemporain en créant l’Alliance Royale, dont il fut président et candidat jusqu’à 2008. Depuis, il se consacre uniquement à l’écriture et à l’enseignement. Il a collaboré à différents périodiques, en particulier Le légitimiste, Royal-Hebdo et Lecture et Tradition. Auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique et d’histoire de la pensée, il a également publié quelques recueils de poésie et une pièce de théâtre.

 

Source: Ndf.fr, Les bonnes feuilles de La Droite impossible d'Yves-Marie Adeline

 

Note de Christroi. Si cette analyse d'Yves-Marie Adeline est pertinente quant à la droite locataire des institutions et d'une gauche propriétaire, d'où l'effet de cliquet et "la droite où l'on arrive jamais", il faut néanmoins préciser qu'aujourd'hui l'idée d'un "sens de l'histoire" contre lequel on ne peut rien - idée de gauche, issue du mythe de 1789 -, cette idée est morte en 1991 avec la chute de l'URSS, et qu'avec cette chute c'est le socle idéologique de la gauche qui est sapé. Ce qui a fait dire à Patrice Gueniffey: "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011).

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Le phénomène de cliquet

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 07:47

http://www.viveleroy.fr/local/cache-vignettes/L130xH200/arton140-c83af.jpgLE PARLEMENTARISME : VOILÀ L'ENNEMI

Deux cents ans de Révolution ont réduit les catholiques à l’état de réactionnaires. Chaque nouvelle loi inique les met en campagne pour alerter l’opinion et tenter de faire pression sur le gouvernement. Comme toujours la loi est votée, et la fièvre activiste retombée, ils se réfugient dans un attentisme providentialiste et défaitiste d’où ils ne sortent que pour voter pour le moindre mal (...) en attendant le prochain coup de l’ennemi. Plutôt que de s’acharner à combattre les symptômes (les mauvaises lois républicaines), pourquoi ne pas reconnaître enfin l’effet corrupteur de ces assemblées délibérantes qui font de l’opinion de la majorité, l’expression de la vérité ? Au lieu de subir les attaques, ne vaut-il pas mieux en reprendre l’initiative avec nos principes (la loi naturelle et l’autorité) et nos armes (la Grâce divine et la raison) pour restaurer des institutions traditionnelles ?

  Introduction 
La forme d’une institution est faite en vue d’une fin

Effectivement, selon nombre de catholiques la forme du « gouvernement » – monarchie, aristocratie, république – serait neutre, il suffirait que n’importe lequel de ces régimes soit aux mains d’hommes vertueux pour être vertueux. Or saint Thomas nous rappelle ce principe :

En toutes choses qui ne naissent pas du hasard, la forme dépend nécessairement de la fin de l’action. [1]
La fin du gouvernement dans la société traditionnelle

Ce qui distingue l’homme des autres animaux est qu’il est doué de raison, aussi Aristote définit-il l’homme comme un « animal raisonnable » [2]. En effet, contrairement aux bêtes – dont le comportement est déterminé par l’instinct – l’homme peut choisir son attitude face à une situation donnée ou régler son comportement vis-à-vis de ses semblables. Ainsi un homme réalise-t-il d’autant plus sa nature humaine qu’il agit suivant la raison ; on dit d’un tel homme qu’il est vertueux, c’est pourquoi le païen Cicéron comme le chrétien saint Thomas déclarent « la vertu est la raison même [3] ».

Dans une civilisation traditionnelle, le rôle de l’autorité est d’amener ceux dont elle a la charge à réaliser leur fin, leur nature d’animal raisonnable, et par conséquent, à les faire grandir en vertu. Comme le font les parents vis à vis de leurs enfants, la mission des rois consiste à favoriser les actes vertueux de leurs sujets par le biais des lois. Il s’agit de leur garantir les bonnes conditions de l’exercice de leur raison, autrement dit, de leur donner les moyens de mener une vie vertueuse. Ce droit naturel – ce droit pour tout homme de réaliser sa nature – est bien le fondement des lois humaines.

  • Le dirigeant qui favorise ce droit acquiert la légitimité de son commandement et obtient, non seulement l’obéissance volontaire de ses sujets, mais plus encore, leur amour.
  • Le dirigeant qui s’oppose au droit naturel ou le contrarie est appelé « tyran ».

Quand l’autorité reconnaît que la loi naturelle — la loi du bon comportement de l’homme — et les droits associés proviennent de l’Auteur de la nature, Dieu, Autorité suprême, alors on peut parler de droit naturel et divin. L’autorité devient l’auxiliaire de Dieu pour aider les hommes à accomplir leur nature, à vivre selon leur raison, à vivre vertueusement et donc à vivre heureusement ? En effet Aristote dit :

Qu’est-ce donc qui empêche de qualifier d’heureux celui qui agit conformément à la vertu parfaite, et qui est suffisamment pourvu de biens extérieurs, non pendant telle ou telle durée, mais pendant une vie complète ? [4]

Pour conserver le bien commun, cette communion des hommes dans un état qui favorise leur vertu, le roi doit veiller à la justice qui commande de rendre à chacun ce qui lui est dû – on pense à la figure archétypale de saint Louis rendant la justice sous un chêne. En tout premier lieu, il s’agit de rendre publiquement au Dieu créateur le culte qui lui est dû ; c’est la raison pour laquelle aucune monarchie ne peut exister sans la transcendance de Dieu reconnue en public — on parle d’hétéronomie.

Si, conformément à la Révélation du Nouveau Testament, l’autorité reconnaît en plus la royauté universelle du Christ [5], on aboutit à un type achevé d’autorité où le roi agit au nom du Christ : il devient son « lieu-tenant » pour gouverner ceux dont il a la charge et soutenir son Église.

C’est ainsi que, depuis Clovis – qui lors de son baptême reconnaît Dieu au dessus de lui et se soumet publiquement à sa loi –, tous les rois de France ont essayé, malgré leurs infirmités d’homme et compte-tenu de la conjoncture de leur époque, d’agir selon le droit naturel et divin et la Révélation. Telle est bien la motivation première de cette ordonnance de Philippe le Bel :

Attendu que toute créature humaine qui est formée à l’image de Notre-Seigneur doit généralement être franche par droit naturel [...] [6]

De même, un Richelieu dans son Testament exhorte le roi à la soumission à Dieu :

Tant de Princes se sont perdus, eux et leurs États, pour fonder leur conduite sur un jugement contraire à leur propre connaissance ; et tant d’autres ont été comblés de bénédictions, pour avoir soumis leur autorité à celle dont elle dérivait, pour n’avoir cherché leur grandeur qu’en celle de leur Créateur ; et pour avoir un peu plus de soin de son règne que du leur propre [...] [7]

Et tous les rois ont été bien conscients du caractère hétéronome de leur autorité à l’instar d’un Louis XV qui le rappelle à ses Cours de justice : « le pouvoir que j’ai reçu de Dieu, pour préserver mes peuples ». [8]

La forme des institutions politiques de la monarchie Très Chrétienne s’est donc modelée au fil des siècles autour d’une seule et unique fin très précise : le règne social de Jésus Christ.

La fin d’un gouvernement dans une société révolutionnaire

Tout au contraire, la Révolution réalise le vieux rêve gnostique de l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu dont Karl Marx nous donne une définition :

Un être ne se révèle autonome qu’à partir du moment où il est son propre maître ; et il n’est son propre maître que s’il n’est redevable qu’à lui-même de sa propre existence. Un homme qui vit par la grâce d’un autre se considère comme un être dépendant. Or je vis totalement par la grâce d’autrui non seulement quand il pourvoit à ma subsistance, mais aussi quand il a, de surcroît, créé ma vie, s’il en est la source ; et ma vie a nécessairement son fondement hors d’elle lorsqu’elle n’est pas ma propre création. [9]

Une « philosophie » dévoyée, héritière des Lumières et fondée sur un a priori religieux, lui fournit un cadre théorique ; Marx nous en révèle l’objectif :

La philosophie ne s’en cache pas. Elle fait sienne la profession de foi de Prométhée : « En un mot, je hais tous les dieux. » C’est sa propre devise qu’elle oppose à tous les dieux célestes et terrestres qui ne reconnaissent pas la conscience humaine comme la divinité suprême. Elle ne souffre pas de rivale. [10]

D’où les paradigmes de la société révolutionnaire :

  • À la fin de l’homme d’accomplir sa nature en agissant selon la raison (suivant la loi naturelle), succède la liberté, le libre examen, autrement dit : l’affranchissement de l’homme à l’égard de toute loi qu’il ne s’est pas lui-même fixé. Le réel — la nature des choses — devient l’ennemi ; c’est le triomphe des utopies qui forment autant de lits pour les totalitarismes.
  • La dignité de l’homme ne consiste plus dans le bon usage de la liberté, mais un homme acquiert d’autant plus de dignité qu’il est libre, débarrassé de toute contrainte sociale et religieuse. Le révolté et l’antisocial qui « brisent les tabous » par leur liberté (ou égoïsme), dépassent désormais en dignité le religieux ou le simple croyant, ces sous-hommes qui osent aliéner la leur.
  • Au règne social de Christ succède la souveraineté du peuple ou de la nation.
  • Au droit naturel succèdent les très artificiels Droits de l’homme que l’Occident révolutionnaire prétend imposer au reste du monde.
  • À l’autorité – qui fait grandir en vertu et établit la justice – succède l’égalité. Pire ! Dans cette nouvelle société, l’autorité devient insupportable en ce qu’elle perçue comme limitant la liberté. Logiquement la nouvelle justice prend pour fondement l’Égalité, et puisque tous sont égaux, il suffit d’avoir les mêmes droits pour que « justice » soit rendue.

Ce changement radical de la fin de la société — la libéralisation maximale d’individus tous égaux — ne pouvait pas rester sans conséquences sur les institutions politiques. En effet, les institutions de la monarchie Très Chrétienne formées en vue de cette fin particulière du règne social de Jésus Christ, étaient incapables d’accomplir le règne des Droits de l’homme, le règne de la souveraineté populaire.
C’est ce que résume parfaitement Vincent Peillon, notre actuel ministre socialiste de l’Éducation Nationale, dans son livre Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson :

À côté de la forme républicaine, il faut « la mentalité et la moralité républicaine ». La France a cette singularité qu’élevée dans la religion catholique, n’ayant pas su faire droit à la Réforme, elle n’a pas fait pénétrer dans ses mœurs une religion du libre examen, de l’égalité et de la liberté. Il faut donc à la fois déraciner l’empreinte catholique, qui ne s’accommode pas de la République, et trouver, en dehors des formes religieuses traditionnelles, une religion de substitution qui arrive à inscrire jusque dans les mœurs, les cœurs, la chair, les valeurs et l’esprit républicain sans lesquels les institutions républicaines sont des corps sans âme qui se préparent à tous les dévoiements. [...] Le républicain, c’est l’homme. En d’autres termes : la religion républicaine, la religion de l’homme, où chacun est digne, respectable, conscient de sa valeur, indéfiniment perfectible. [...] La religion républicaine est une religion des droits de l’homme, c’est-à-dire dire de l’Homme qui doit se faire Dieu, ensemble, avec les autres, ici bas, et non pas du Dieu qui se fait homme à travers un seul d’entre nous. [11]

Ainsi la fin de la révolution s’identifie pleinement à l’immanentisation de la divinité dans l’homme, à la religion de l’homme-dieu et c’est bien la forme républicaine qui permet de réaliser cette fin. En effet, dans une république démocratique, aucune autorité n’est reconnue au dessus de celle du parlement, et le jeu parlementaire en décidant du bien et du mal, réalise l’idéal de l’autonomie révolutionnaire.

Notre problématique : le mythe de la bonne république chez les Catholiques

Logiquement, pour rétablir le règne social de NSJC, il faudrait rétablir des institutions Très Chrétiennes. Or, de manière paradoxale, s’il y a encore des catholiques qui se disent contre-révolutionnaires aujourd’hui, non seulement ceux-ci participent au jeu des institutions parlementaires et démocratiques, mais ils affirment même que c’est le seul moyen possible d’agir pour le bien. À les écouter, il suffirait d’installer au cœur des institutions parlementaires un nombre de plus en plus important d’hommes vertueux pour que la politique soit de plus en plus vertueuse.

Il y a là un paradoxe : comment des institutions nées du mal, pour le mal, ayant accompli le mal pendant deux siècles, pourraient-elles devenir subitement le seul moyen d’action politique vertueuse ? Il y a plus qu’un paradoxe, il y a un mythe : celui de la bonne république.

C’est un mythe ancien, qui remonte au moins à Fénelon. Pour établir son vice, le vice de ce mythe, nous nous appuierons sur les faits puisque la politique est une science inductive qui consiste à partir des faits pour en induire des lois.

Nous examinerons donc trois circonstances où les catholiques « conservateurs » ont été largement majoritaires au sein des institutions démocratiques :

  • La monarchie parlementaire de Charles X (1824)
  • L’assemblée de la « République des ducs » (1871)
  • La Chambre bleu-horizon (1919)

 

Source et suite : http://www.viveleroy.fr/Le-mythe-de-la-bonne-republique.html 

Notes

[1Saint Thomas, Somme Théologique, I, 15, 1. Cité par Denis Sureau dans Retour à la politique, l’impossible neutralité des chrétiens, La Nef, DMM, p.103, 1995 (« In omnibus enim quae non a casu generantur, necesse est formam esse finem generationis cujuscumque »., Summ.Theo. diligenter emendata Nicolai/Sylvii/Billuart, et C.-J.Drioux, Decima Sexta, 1856 »). Aussi « En toutes choses qui ne naissent pas au hasard, il y a nécessité que la forme de l’être engendré soit la fin de la génération. », in Somm. Théol., A.-D. Sertillanges, O.P., Éditions de la revue des jeunes, 1933.

[2Aristote, Politique, Livre 1.

[3Cicéron, Tusculanarum diputationum, libri V, IV, 15 : « la vertu est la raison même ». Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 94 : « il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison. Ce qui est proprement agir selon la vertu. »

[4Aristote ; Éthique à Nicomaque ; livre I, 1101a ; Agora les classiques, Presses pocket ; 1992 ; pp.51-52.

[5« En ce temps-là, Pilate dit à Jésus [...] Tu es donc Roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis Roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité, écoute ma voix. » Évangile selon saint Jean, XVIII,33-37.

[6Philippe le Bel, Ordonnance sur l’affranchissement des serfs du Valois, rapportée par duc de Lévis Mirepoix, Le siècle de Philippe Le Bel, Amiot-Dumont, Paris, 1954, p.5.

[7Richelieu, Testament, Reprod. de l’éd. d’Amsterdam, 1689, Bibliothèque de philosophie politique et juridique, Centre de philosophie politique et juridique de Caen, 1985.<

[8Procès-verbal du lit de justice du 3 mars 1766. — Mercure historique de mars, p. 174-181. cité par J.C.L. Simonde de Sismondi, Histoire des Français, tome XXIX, Treuttel et Würtz libraires, Paris, 1842, pp. 360-364.

[9Karl Marx, Œuvres II, Économie II, Économie et philosophie, Éditions M. Rubel, Paris Gallimard, 1968, p.130.

[10Karl Marx, Œuvres III, Philosophie, Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure (1841), Paris, Gallimard éd. M. Rubel, p.14.

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- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 07:30

La tactique politique du Moindre Mal

 

Trouvé sur : http://javiergarisoain.blogspot.fr/

 

La tactique politique du Moindre Mal n'est plus limitée à la période électorale car elle consiste à proposer des maux (moindres) pour éviter que triomphent d'autres maux (pires). C'est la tentation politique qui nous assaille quand nous avons la responsabilité de faire des propositions. Et à ce sujet, je suis arrivé à une conclusion : du point de vue éthique, il ne peut jamais être licite de proposer un mal, même si c’est un mal mineur.

 

Voici quelques arguments démontrant pourquoi la tactique du Moindre Mal n’est pas bonne :

 

- Parce que la doctrine catholique est claire sur ce point quand elle affirme que la conscience ordonne "d’accomplir le bien et d’éviter le mal» (Cat 1. 1706 et 1777), que l’on ne peut "faire le mal" si l’on recherche le salut (Cat. 998) et qu’il n’est «jamais permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien". (Cat. 1789)

 

- Parce que la responsabilité des laïcs catholiques ne peut se limiter à choisir passivement parmi les maux que les ennemis de l'Église veulent bien offrir, mais doit être une participation active et directe, "ouvrant les portes au Christ".

 

- Parce que la tactique du Moindre Mal prétend attribuer aux catholiques un rôle médiocre et passif à l’intérieur du nouveau système "confessionnellement laïque."

 

- Parce que la tactique du Moindre Mal transforme en quotidienne une situation exceptionnelle.

 

- Parce qu'une situation de Moindre Mal prolongée fait que le moindre mal est de plus en plus grave. Les "moindres" maux d'aujourd'hui sont trop graves pour ne pas mettre en évidence une confrontation radicale avec l'Évangile : l'individualisme, la relativisation de l'autorité, la primauté de l’opinion publique, la vision scientifico-rationaliste du monde ... principes qui se manifestent par la perte de la foi, la crise de la famille, la corruption, l'injustice et les déséquilibres à l’échelle mondiale, etc.

 

- Parce que la tactique Moindre Mal s'est révélée inefficace dans le passé pour atteindre le pouvoir ou pour réduire le Mal.

 

- Parce qu'il est nécessaire d'expliquer dans son intégralité le message de l'Évangile, compte tenu que "là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la conversion des cœurs et à la grâce de Dieu" (...) et «Il n'y a pas de solution à la question sociale en dehors de l'Évangile". (Cat. 1896)

 

- Parce que la proposition d’un mal de la part de celui devrait proposer un bien donne lieu au très grave péché de scandale qu’est "l'attitude ou le comportement qui porte autrui à faire le mal". (Cat 2284). À cet égard, l’enseignement de Pie XII est très clair : "Se rendent coupables de scandale ceux qui instituent des lois ou des structures sociales menant à la dégradation des mœurs et à la corruption de la vie religieuse, ou à des conditions sociales qui, volontairement ou non, rendre ardue et pratiquement impossible une conduite chrétienne conforme aux commandements (...) Il en va de même (...) de ceux qui, manipulant l’opinion publique, la détournent des valeurs morales." (Discours du 01/06/1941. Tiré de : Cat. 2286).

 

- Parce qu'un mal est toujours un mal et "il est erroné de juger de la moralité des actes en ne considérant que l'intention ou les circonstances". (Cat. 1756).

 

 

Source: http://javiergarisoain.blogspot.fr/

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- Le moindre mal est-il un bien ? (Père Garrigou-Lagrange)

- "Moindre mal" et démocratie

- Le "moindre mal" de Nicolas Sarkozy remis à sa place

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:30

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/67/Hagiasophia-christ.jpg/280px-Hagiasophia-christ.jpgLa vraie laïcité chrétienne consiste en une distinction des pouvoirs temporel et spirituel (distinction que précisément ne comprennent pas les néo-païens... ou font mine de ne pas comprendre et d'ignorer). Explications.

 

Cette distinction fait que les deux pouvoirs temporel et spirituel, depuis l'arrivée du Messie, ne reposent plus sur une même tête comme du temps des Césars et autres despotes antique orientaux où, caractéristique de toutes les religions païennes d'alors, temporel et spirituel étaient confondus et reposaient sur une même tête... César était à la fois pape (souverain-pontife) et roi. Le domaine religieux n'était pas distingué du domaine politique. Cette situation de confusion et de mélange des genres, abolie par le christianisme ("Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu"), a pu trouver un nouvel écho vingt siècles plus tard sous le joug du Communisme athée où l'idéologie a fait office de religion de substitution. Mais également dans cette prétention du gouvernement de la république dite française à diriger toutes les religions, placées sous la tutelle du "ministère de l'Intérieur et des cultes", ou encore dans cette propension de l'Etat républicain à imposer son catéchisme, ses valeurs et ses dogmes, de force, de la primaire à l'âge adulte.

 

La distinction des pouvoirs fait que chacun travaille à réaliser sa vocation propre, l'un travaillant à gouverner la cité, l'autre au salut des âmes, mais cette distinction n'est pas exclusive comme en France aujourd'hui, où depuis l'arrivée de la fausse laïcité maçonnique en 1789 et surtout 1905, le christianisme est rejeté au domaine privé (la fameuse "sphère privée" où l'on entend reléguer le christianisme...), et ne collabore pas (ou plus) avec le temporel en vue du bien commun, pendant que le gouvernement républicain inculque de force aux enfants la nouvelle "religion" (dixit Vincent Peillon lui-même...) maçonnique, droit de l'hommiste et nouvel ordre mondialiste.

 

Dans ces conditions, le gouvernement républicain devient une sorte de nouveau césaropapisme où le temporel a la prééminence et tend à imposer ses normes à la société.

 

La "saine collaboration" entre les deux pouvoirs (expression de Jean-Paul II) a seule permis de garantir le progrès économique, scientifique et technique de la civilisation occidentale pendant deux millénaires. Cette saine collaboration a assuré à la France catholique et royale sa première place au XVIIIe siècle. Cette situation n'existe plus aujourd'hui, elle est balayée. Tout indique au contraire que nous entrons dans une ère de -civilisation totalitaire où la nouvelle religion des droits de l'Homme, imposée par le haut, est mélangée de force avec le politique, sans aucune distinction ni séparation... une nouvelle ère de confusion antique - et néo-paganisante - des pouvoirs temporel et spirituel.

 

Cette situation nouvelle, produisant ses fruits, conduit la société à sa dégénérescence, à sa déliquescence, sa destruction, dans tous les domaines, y compris économiques, industriels, techniques, scientifiques, mais aussi juridiques via la destruction de l'"Etat de droit" que la république parlementaire et dite "représentative" avait pourtant déclaré fonder.

  • Ex 2 : La ruine économique de la France et des pays européens fondés sur la nouvelle religion totalisante et nouvel ordre mondialiste.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:29

http://img88.xooimage.com/files/9/7/f/sans-titre-38dd182.pngComment envisager les "Identitaires" ? Peut-on les lier à la tradition Légitimiste ? Ils semblent se tourner vers le glorieux passé de la France, vers la tradition française. Mais est-elle la soit-disant "tradition républicaine" ou celle que nous défendons ?

 


Les Identitaires sont une branche hétéroclite de l'extrême droite française. Il sont régionalistes mais défendent une "Europe des Nations". Ils ne sont pas contre l'Islam même, il sont contre seulement quand il s'immisce en Europe. Leur programme politique est fondé aussi bien sur des passages de la Doctrine de l'Eglise Catholique (ça c'est ce qu'ils disent) puis directement après sur les écrits du socialisme français.

Tout comme certains groupes de musique néo-nazis ou de rock anticommuniste des années 80, ils utilisent abusivement l'image de Charles Martel et de la Bataille de Poitiers pour faire avancer leurs idées républicaines (eh oui ! les élections c'est cool !).

Leur symbole représente un bouclier de soldat Spartiate avec la lettre lambda en majuscule. Lambda comme Λακεδαίμων (Lacédémone autre nom de Sparte).

Les Identitaires sont tout sauf nos alliés. Non contents d'être républicains d'extrême-droite, "patriotes" et régionalistes, ils sont anti-chrétiens contrairement à ce qu'ils affirment, et à leur manière de se présenter aux nombreux catholiques qui s'y laissent prendre.
Dans cette mouvance vous trouverez l'association Terre et Peuple de Pierre Vial, ou leur société de pensée le GRECE (Groupement de Recherche et d'Etudes pour la Civilisation Européenne) d'Alain de Benoist. Ce sont des groupements notoirement néo-païens ce qui signifie qu'ils ont en eux la haine du catholicisme et qu'ils remettent au goût du jour les anciennes religions païennes (en fait ça n'a pas grand chose à voir avec les pratiques antiques).


Ce sont des gens obnubilés par la question des "indo-européens", et de l'identité européenne. Donc fascinés par tout ce qui pourrait apparaître comme une "virilité" indo-européenne et païenne si possible. Vous comprenez certainement mieux l'usage du symbole du bouclier spartiate (lutte contre les allogènes Perses...) ou de leur passion pour le "druidisme" et les "Nordiques".

 


Le mouvement Identitaire est un mouvement qui va sur ses 10 ans et qui a été créé au lendemain de l'attentat contre Jacques chirac un certain 14 juillet ! Ce mouvement a pour vocation d'être contre le système. Son but : sortir de l'extrême droite traditionnelle, rassembler en son sein un large éventail de militant anti-système. Son domaine de prédilection, l'agit prop (Agitation-propagande de type gauchiste, Ndlr.). Un large éventail de structures dans plusieurs domaines pour marquer son empreinte dans les esprits et sur le terrain. Un combat ... au final fourre-tout où cohabitent des militants venus de tout horizons dans un esprit très régionaliste, puisque sont membres du mouvement des structures régionalistes.

Cette année une scission de certaines structures régionalistes eut lieu suite a une divergence entre différent cadres. On y retrouve de tout dans un syncrétisme politique qui va du royalisme orléaniste à l'extémisme radical.

Tout n'y est pas mauvais mais on retombe forcément dans tous les travers de tout mouvement révolutionnaire...

 

Un fil intéressant à lire sur le Forum du Royaume de France, ici : http://royaume-de-france.clicforum.com/t990-Generation-identitaire.htm

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 22:58

Dans un discours prononcé au Parlement européen de Strasbourg le 15 février 2012, Nigel Farage critique la démocratie représentative en Grèce et les politiques qui conduisent la Grèce vers le chaos et la révolution.

   

 

 

Quelques précisions sur les options politiques originales de Nigel Farage, que nous partageons pour nombre d'entre elles sur Christ-Roi.

 

http://www.wikiberal.org/w/images/thumb/4/4c/Nigel_Farage.jpg/200px-Nigel_Farage.jpgDéputé européen, chef du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de 2006 à 2009, Nigel Farage défend les « valeurs de démocratie pour les nations », et s'est opposé à l'adoption d'une constitution européenne en invoquant le « non-respect des votes des peuples européens » (notamment français, irlandais et néerlandais), ainsi que l'absence de référendums pour l'immense majorité des pays européens.

 

Nigel Farage se décrit lui-même (ainsi que son parti) comme libertarien (contre l'étatisme, les libertariens ne sont pas pour une société gérée en commun, mais pour une société où les interactions entre les individus découlent de contrats librement consentis, conformément au Droit naturel et à l'axiome de non-agression) et rejette l'étiquette de conservateur. Il critique la construction européenne et l'euro, qui pour lui sont des échecs complets.

 


Les libertariens contestent la démocratie représentative. La représentation est un mythe au nom duquel les élus usurpent massivement le pouvoir de décision de la population. 


Dans une société libertarienne anarcho-capitaliste, où n'existe que la propriété privée, ni la démocratie représentative ni la démocratie directe n'ont de sens : les individus (ou leurs agents mandatés) défendent eux-mêmes leurs propres intérêts, par la négociation pacifique ou par voie de justice en cas de contestation.

 

Murray Rothbard a critiqué la théorie classique, selon laquelle la démocratie est la volonté du peuple, et la théorie moderne, selon laquelle la démocratie repose sur le libre choix de nos gouvernants. Il a contesté l'identification que l'on opère souvent, dans la démocratie contemporaine, entre l’État et la société :

"Avec ce aisonnement, les Juifs assassinés par les Nazis ne l'ont pas été : ils se sont plutôt 'suicidés' puisqu'ils étaient eux-mêmes le gouvernement (choisi démocratiquement), et donc tout ce qu'ils subissaient du gouvernement était volontaire de leur part. On pourrait penser qu'il est inutile d'insister sur ce point, pourtant presque tout le monde soutient cette contrevérité à un plus ou moins grand degré.
Par conséquent nous devons insister sur le fait que 'nous' ne sommes par le gouvernement et que le gouvernement n'est pas 'nous'. Le gouvernement ne 'représente' en aucune façon la majorité du peuple. Mais même si c'était le cas, même si 70 % du peuple décidait d'assassiner les 30 autres %, cela resterait un meurtre et non un suicide volontaire de la part de la minorité assassinée." (Murray Rothbard, The Anatomy of the State).

 

http://images.mises.org/DailyArticleBigImages/858.jpg

http://images.mises.org/people/hoppe_hans.jpgHans-Hermann Hoppe, dans son livre "Democracy: The God That Failed" (Démocratie: le Dieu qui a failli, voir aussi ici), dénonce trois mythes historiques entretenus autour du Léviathan démocratique :

  •  (1) l'émergence des états aurait entraîné un progrès économique et civilisationnel ; la réalité est que le monopole étatique de la justice et de la taxation produit oppression et exploitation ;
  • (2) le passage de la monarchie à la démocratie est vu comme un progrès ; en réalité, ce n'est qu'un transfert du monopole du pouvoir au bénéfice de ceux qui se montreront le plus démagogues et favoriseront la spoliation, faisant de plus montre d'une vision à très court terme (le temps de leur mandat)
  •  (3) il n'y aurait pas d'alternative aux états-providences occidentaux actuels ; en réalité, de tels états ne sont pas économiquement stables, ils menacent de s'effondrer sous le poids du parasitisme illimité, tout comme l'URSS s'est effondrée. 

 

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- Nigel Farage sur l'euro, le nouveau traité européen et la nouvelle constitution européenne

- La vertu de la discrimination (Hans-Hermann Hoppe)

- Nigel Farage vs Van Rompuy

- Herman Van Rompuy : “Le temps de l’Etat-nation homogène est terminé”

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 22:58

On admet communément que le grand mouvement révolutionnaire qui commença à la fin du XVIIIe siècle eut pour origine les philosophes de France, avec Morelly et tout particulièrement Rousseau. Mais c'est omettre la moitié de la question. Rousseau n'a pas été l'inventeur de ses doctrines et s'il fallait chercher la cause de la Révolution dans la seule philosophie, il faudrait alors remonter beaucoup plus loin que Rousseau, notamment à l'utopie de Thomas Moore, et même à Pythagore et à Platon.

Il est cependant indéniable que Rousseau fut le principal canal par lequel les théories de ces penseurs antérieurs furent introduites parmi l'intelligentsia du XVIIIe siècle en France et que son Contrat social et son Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes contenait en germe le Socialisme et de la tyrannie moderne sous toutes ses formes. La théorie de Rousseau qui a le plus de conséquences sur le thème de ce livre peut s'exprimer simplement par cette expression familière « la civilisation a tout faux » signifiant que le salut de l'espèce humaine repose sur son retour à l'état de nature.

D'après Rousseau, dans son Discours du moins, la civilisation a fait la preuve qu'elle est la ruine de l'humanité ; dans son état primitif, l'homme était libre et heureux, et ce n'est que sous l'influence paralysante des contraintes sociales que sa liberté a été supprimée, cependant que les lois de propriété individuelle étaient dues au fait qu'une large proportion de l'humanité était tombée en servitude.

 Le premier homme qui borna son champ en disant : «  ceci est à moi » et qui trouva autour de lui des gens assez naïfs pour le croire fut le véritable fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, de misères et d'horreurs l'espèce humaine n'aurait-elle pas évités si, bravant les épées et comblant les fossés, elle avait répondu à cet individu : « N'écoutez pas cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits de la terre appartiennent à tous et la terre à personne ».

 

Rousseau-franc-macon.JPG

 

On trouve dans ces mots le principe entier du Communisme et de la tyrannie.

Il y a évidemment un certain fond de vérité dans la condamnation de la civilisation par Rousseau, fond de vérité commun à toutes les erreurs dangereuses.

Dangereuses comme des sophismes : des raisonnements fallacieux construits pour tromper le badaud et séduire les âmes basses. Il y a, certes, un fond de vérité à dire que tout ce qui est chaud brûle les doigts. Le chaland ne voit pas aussitôt que la généralisation de cette proposition est abusive et sophistique. Un glaçon «  brûle » tout autant la main, mais c'est une sensation de gel. Et je ne puis donc pas dire :

Tout ce qui est chaud brûle ;
Or un glaçon brûle la main ;
Donc un glaçon est chaud.

Rousseau ne fait pas autre chose de l'idée de propriété ; nous faisant croire que l'idée de propriété est toujours foncière. Les nomades, sans maison pourtant, ont la propriété de leurs vêtements, de leur bétail ; ils ont leurs droits, leurs langues, etc.

Car s’il n’y avait eu une parcelle de vérité au fond des fausses philosophies, elles n’obtiendraient aucune audience et n’offriraient donc aucune menace pour le monde. L’erreur énorme de Rousseau est de dire que, parce que la civilisation présente certains défauts, elle est mauvaise de fond en comble depuis l'origine. C'est comme si, en désignant un coin négligé d'un jardin, on disait :

« Voyez les résultats désastreux de la culture ! »

Pour remédier aux tares du système social existant, c'est davantage de civilisation qu'il faut, et non sa suppression. La civilisation dans ses aspects les plus élevés, non pas l'acquisition des agréments de la vie ni même les connaissances artistiques et scientifiques, mais dans la sphère des aspirations morales est ce qui distingue l'homme de la brute.

Détruisez totalement la civilisation, et l'espèce humaine sombrera au niveau de la jungle, où la seule loi est celle du fort contre le faible et la seule motivation, l'assouvissement des besoins matériels. Car si l'injonction de Rousseau « Retournez dans les bois et devenez des hommes » peut être un excellent conseil lorsque interprétée comme une mesure temporaire, en revanche l'injonction : «  Retournez dans les bois et restez-y » est un conseil pour singes anthropoïdes.

Il serait cependant bien inutile de réfuter les folles théories de Rousseau pour montrer que dans la nature le Communisme n'existe pas et que la première créature à avoir établi la loi de propriété n'a pas été l'homme brandissant son titre, mais le premier oiseau s'appropriant la branche d'un arbre pour y construire son nid, le premier lapin choisissant un lieu où creuser son terrier, un droit qu'aucun oiseau ni aucun lapin n'a jamais pensé disputer. Quant à la répartition des « fruits de la terre », il suffit d'observer deux grives sur une pelouse se disputant un ver pour voir comment la question de la nourriture se règle dans la société primitive.

 

Source et suite : http://www.democratie-royale.org/article-jean-jacques-rousseau-ce-franc-ma-on-illumine-et-la-revolution-fran-aise-110739602.html

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 14:30

http://johanlivernette.files.wordpress.com/2012/08/democratie-bombes.jpg?w=490Dans la video ci-dessous (Extrait de "Ce soir ou jamais" du 10-04-2012 de Frédéric Taddeï), Michel Onfray casse la logique libérale fondée sur les droits de l'homme en relevant l'incohérence d'une doctrine politique philosophique (le libéralisme politique) qui au nom des droits de l'homme prétend libérer des populations en les bombardant...

 

  Michel Onfray casse BHL (CSOJ)

 

- Michel Onfray : « Je ne suis pas contre la monarchie, au contraire, je pense qu'elle est bonne »

- Michel Onfray tacle le franc-maçon en tablier Mélenchon

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 15:08

L'africaniste Bernard Lugan s'interroge sur son blog sur la signification de l'hommage rendu par le nouveau président de la république, François Hollande, au colonialiste franc-maçon Jules Ferry, et émet l'hypothèse d'un "grand retour aux sources idéologiques de la gauche française", une gauche qui "établit en effet une hiérarchie entre les 'races', entre les 'civilisations'".

 

Ce que nous avions appelé "République absolue : François Hollande et la division haineuse des citoyens en classes, catégories et groupements d'hommes".

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Derrière l’éloge fait à Jules Ferry

 

Lorsque l’on est président de la République, l’on se doit d’être prudent avec l’Histoire et de demander à ses conseillers de relire soigneusement leurs fiches. Nicolas Sarkozy et François Hollande l’ont tous deux appris à leurs dépens. Le premier avec son « Discours de Dakar », dans lequel, voulant paraître avoir compris des Afriques dont il ignorait tout, il humilia gravement les Africains. Le second avec son éloge de Jules Ferry, quand, pensant placer son mandat sous la figure tutélaire d’un homme de gauche consensuel, il provoqua la polémique, une grande partie de ses millions d’électeurs issus de notre ancien Empire colonial considérant le « père de l’Ecole républicaine » comme un odieux « raciste ». Adieu le consensus…

 

Faut-il que la culture historique des conseillers du nouveau président soit à ce point partielle qu’ils aient pu ignorer que Jules Ferry a, en son temps, tenu des propos qui, aujourd’hui, le feraient très sévèrement condamner par les tribunaux ? Dans son fameux discours du 28 juillet 1885 prononcé devant les députés, il déclara ainsi : « Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ; mais parce qu’il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Précisant sa pensée, il ajouta même que la colonisation est le « devoir d’hommes de race supérieure »…

 

Pour Jules Ferry, la conquête coloniale n’était brutale qu’en apparence puisque son but était civilisateur. La République n’avait-elle pas agi de même avec les « fanatiques » Vendéens pour les libérer de leur « obscurantisme », avec les Bretons, les Occitans ou les Basques et toutes ces « peuplades inférieures » qu’elle brisa et accultura par « altruisme », pour les transformer et les « sublimer » en Français ? Il devait donc en être de même avec les « sauvages » d’Afrique. Toujours par amour de la Liberté et du genre humain.

 

Chez Jules Ferry se retrouvent à la fois la notion de conquête émancipatrice et celle d’une France patrie des Droits de l’Homme ne pouvant se dérober devant les exigences de cette croisade laïque, libératrice et pour tout dire républicaine, qu’était la colonisation. D’ailleurs, pour lui, « la race supérieure ne conquiert pas pour le plaisir, dans le dessein d’exploiter le faible, mais bien de le civiliser et de l’élever jusqu’à elle » (Discours du 28 juillet 1885).

 

Ceux qui ont applaudi le discours prononcé au pied de sa statue dans l’attente fébrile de maroquins tant espérés, Madame Taubira en tête, ainsi que les édiles socialistes qui ont fait débaptiser des universités et des rues portant le nom d’Alexis Carrel, ont donc une mémoire curieusement sélective, pour ne pas dire hémiplégique…

 

Pour justifier une politique coloniale qui était à l’opposé du Contrat social, la gauche française établit en effet une hiérarchie entre les « races », entre « les civilisations ». Etant ses héritiers sans même le savoir, par simple imbibition à l’air du temps, messieurs Sarkozy et Guéant firent de même… et il leur en coûta médiatiquement… Pourtant, aussi tard que le 9 juillet 1925, Léon Blum, cette autre grande conscience républicaine elle aussi irréprochable, n’avait pas craint d’affirmer devant les députés : «Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie. »

 

Lors du congrès de la Ligue des droits de l’Homme qui se tint à Vichy en 1931, Albert Bayet, son président, déclara quant à lui sous les applaudissements nourris des ennemis de toutes les intolérances, que la colonisation française était légitime car porteuse du message des « grands ancêtres de 1789 » et que, coloniser revenant à : « Faire connaître aux peuples les droits de l’Homme, ce n’est pas une besogne d’impérialisme, c’est une tâche de fraternité ».

 

A la différence des partisans des lois mémorielles, mille-feuilles historicide interdisant toute recherche, l’universitaire est bien conscient qu’il ne s’agit évidemment pas ici d’oublier le contexte qui prévalait à l’époque. Condamner les propos de Jules Ferry, d’Albert Bayet ou de Léon Blum en ayant l’œil fixé sur l’étalon mètre du politiquement correct que leurs héritiers ont déposé dans le pavillon de Flore de la pensée unique serait en effet une aberration scientifique. Ceci ne doit cependant pas dispenser les héritiers des « grands ancêtres », aujourd’hui si prompts à la repentance et aux condamnations hors contexte, d’oublier de « balayer devant leur porte ».

 

En définitive, derrière l’éloge en apparence « innocent » de Jules Ferry prononcé par François Hollande, se cachent deux hypothèses :

 

1) La première est qu’à Sciences-Po et à l’ENA, les professeurs d’histoire du futur président devaient être particulièrement incompétents et que ses actuels conseillers ont de singulières lacunes historiques. Nous aurions là la preuve par 9 des résultats obtenus par ces « pédagogistes » enkystés au ministère de l’Education nationale depuis la Libération et qui, tant sous les régimes de gauche que sous les régimes dits de « droite », n’ont eu de cesse d’assassiner l’enseignement de l’histoire.

 

2) La seconde serait au contraire celle d’une volonté clairement affichée d’un grand retour aux sources idéologiques de la gauche française, François Hollande raccrochant ainsi une famille doctrinalement déboussolée par le « mitterrandisme » aux mythes fondateurs de la République, tout en occultant prudemment le fait que le « père de l’école républicaine » fut le chantre d’un certain « racisme philanthropique ».

 

Les années à venir nous diront laquelle de ces hypothèses était la bonne…

 

Bernard Lugan

17/05/2012

 

Source: http://bernardlugan.blogspot.fr/2012/05/derriere-leloge-fait-jules-ferry.html  

 

. République absolue : François Hollande et la division haineuse des citoyens en classes, catégories et groupements d'hommes

. Colonisation à rebours : Bernard Lugan dénonce "un système parfaitement pervers qui a commencé avec la Révolution française"

. François Hollande l’imposteur

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 07:09

Le "Renouveau français" nous informe de la publication sur son site d'un compte-rendu de la journée du dimanche 13 mai 2012, jour de "fête nationale de Jeanne d'Arc", "fête du patriotisme".

 

Nous nous demandions si à cette occasion, un nationaliste rappellerait enfin que "Jeanne était royaliste et non républicaine, que Jeanne plaçait Dieu et le Décalogue au-dessus de la loi et non en-dessous, comme le fait la République dans une espèce de renversement de l'ordre naturel ?" Nous avons le plaisir et la joie d'apprendre que cela a été fait dans une large mesure par Thibaut de Chassey, directeur du RF (Renouveau Français) dans un discours dissonant où l'essentiel de ce que nous reprochions au "nationalisme" contemporain (notamment la validation de l'idéologie révolutionnaire comme renversement de l'ordre naturel, l'idolâtrie de la nation placée au-dessus de Dieu) a été corrigé.

 

Dans ce compte-rendu, nous apprenons que Thibaut de Chassey a prononcé : "[u]n discours dénonçant clairement la République maçonnique, durant lequel a été rappelé que l’on ne pourrait voir de « progrès politique véritable et durable sans remonter à la source des maux que nous dénonçons ».

Thibaut de Chassey a bien sûr évoqué la figure de l’héroïne nationale, ... Il souligna qu’ «  au-delà de cette lutte de libération nationale ... elle a rétabli l’ordre politique, en rétablissant l’autorité politique légitime », «en rappelant la vocation de notre nation, la mission particulière de la France et de son chef légitime, en rappelant la nécessité pour le pouvoir politique d’être au service de la vérité transcendante »."

"La classe politicienne, ajoute ce comte-rendu, défigure et tronque trop souvent l’héritage politique (qui est pourtant un tout cohérent) et le message de Sainte Jeanne d’Arc à des fins partisanes, et cette tendance a été pointée du doigt :
« Rappelons que Jeanne d’Arc était exactement le contraire d’une laïcarde ! Rappelons qu’elle était tout sauf républicaine ! »"

 

Sur Christroi, nous remercions Thibaut de Chassey, Directeur du Renouveau Français, pour ce discours énergique qui apporte un peu d'air et de hauteur (!) parmi un marécage horizontal de sites et mouvements nationalistes tous plus croupissants, républicains et révolutionnaires les uns que les autres, et rappelle ce que doit être aujourd'hui un sain "nationalisme", ce fameux principe de transcendance trop souvent oubliés par les "nationalistes" depuis deux siècles... Et qui fut pourtant le premier message politique de l'héroïne nationale pour le salut de la France! Il y a quelque part dans cet oubli par un certain nombre de mouvements et partis dits "nationalistes", une sorte d'usurpation et de tromperie insupportable.

 

En attendant la restauration de l'"autorité politique légitime" incarnée par un principe, le duc d'Anjou, Louis XX, figure d'un Charles VII avant son sacre, figure "au service de la vérité transcendante", nous souhaitons au Renouveau Français de garder ce cap, cette verticalité, et cette espérance, sans rien y changer.

 

"Puis le chef du RF évoqua la victoire socialo-communiste à l’élection présidentielle.

Il en profita pour souligner les différences symboliques évidentes et très significatives entre nos ennemis et nous.

Eux aiment à se retrouver place de la Bastille, ainsi nommée en référence à un élément douteux de la mythologie républicaine, au milieu de symboles de l’invasion, de drapeaux étrangers, de drapeaux rouges et d’étendards du lobby dégénéré.

Ils aiment à se retrouver à cet endroit, au pied de la colonne de Juillet, elle-même surmontée par une statue représentant Lucifer… (Ce que nous n'avions pas remarqué ! Ndlr.)

« Eh bien, c’est d’autant plus fièrement que nous nous retrouvons sur une autre place, ici, au pied d’une autre statue : celle d’une véritable héroïne, merveilleuse en tous points » a affirmé Thibaut de Chassey, avant d’ajouter « et nous aussi nous proposons une diversité de drapeaux. Mais des drapeaux français et des drapeaux de nos diverses provinces ! » et de préciser que c’était là la véritable diversité française, la seule « diversité » tolérable.

 

L’allocution se conclut sur une note pleine d’espérance :

« évidemment, nous sommes moins nombreux et plus dispersés que nos ennemis, mais gardons en tête que cela peut changer rapidement, quand les circonstances seront plus favorables et si nous sommes parvenus à préparer suffisamment de consciences » et « surtout n’oublions pas que les révolutions sont l’œuvre du petit nombre, et que Sainte Jeanne d’Arc, c’est typiquement la victoire du petit nombre, par la radicalité de son engagement, par son extrême générosité, par son abnégation, par sa foi et son espérance inébranlables et bien sûr avec l’aide de la Providence, qui doit se mériter. »

Pour finir, les manifestants furent remerciés « d’être venus aujourd’hui pour témoigner que la flamme n’est pas éteinte, pour rendre hommage à sainte Jeanne d’Arc et demander son intercession et enfin – en cette période de honte, de confusion et de reniement, d’être venus poser un acte d’honneur français ».

Après quoi, une bonne partie des participants se retrouva pour un pique-nique convivial avant de rejoindre le défilé catholique de l’après-midi.

Chaque année, notre défilé parisien d’hommage à la « sainte de la Patrie » s’améliore.
Venez encore plus nombreux l’année prochaine !"

 

Fin de citation

 

Source: http://renouveau-francais.com/?p=834

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:14

Add. 17 mai 2012. Un article du site "Ripoublik" prétend que nous reconnaitrions "enfin" nos "erreurs" pour rejoindre les analyses de Franck Abed. Rien n'est plus faux. Nous nous sommes opposés à Franck Abed, pour avoir affirmé plusieurs fois et répété dans des articles publiés sur le site "Ripoublik", qu'avant 1789 il n'y avait pas de nation française, que le terme de "nation" était une invention révolutionnaire : ce que nous avions appelé le "négationnisme de la nation française" par Franck Abed dans l'article "Philippe Ploncard d'Assac répond à Franck Abed" (lire les commentaires pour retrouver l'historique réel de ce qui nous opposa à ce personnage).

Si nous prenons nos distances avec les sites et mouvements nationalistes, nous ne prétendons pas comme Franck Abed que la "nation" est une invention révolutionnaire. Il est évident que la nation et le terme même de nation existait bien avant 1789. On en trouve la mention dans le Pseudo-Frédégaire, prologue de la Loi salique, rédigé en 763-764 à la chancellerie royale... Et dans l'Evangile où le Christ montant au ciel demandait d'aller évangéliser toutes les nations, "les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit" (Matthieu. 28-19).

Quand nous parlons du "nationalisme" nous pensons aux mouvements, sites et partis politiques plaçant Dieu en-dessous de la nation. Le jour où un "nationalisme" replacera Dieu en valeur première, sur le principe johannique "Dieu premier servi", nous serons les premiers à nous dire "nationaliste". La monarchie en ce sens était bien nationaliste. Ce qu'ont tendance à oublier les "nationalistes" d'aujourd'hui et les négationnistes de la nation française avant 1789.

 

 -----------------------------------------------------------------

Nous souhaitons publier une mise au point : Pourquoi le "nationalisme" est une impasse pour l'avenir ? Pourquoi sur Christroi, nous prendrons désormais nos distances vis-à-vis des mouvements et sites "nationalistes" qui nous donnent l'impression de tourner en rond dans la plus parfaite incohérence ? 

 

Le nationalisme du début du XXe siècle a pu se présenter comme un système par défaut d'une Monarchie qui aux XVIII et XIXe siècles s'est compromise avec la franc-maçonnerie, avec les résultats que l'on sait (Faiblesses d'un Louis XV ou d'un Louis XVI face à la maçonnerie; Louis XVIII et Charles X "initiés" qui ont fini chassés...) La mort du comte de Chambord (1883), a laissé les monarchistes divisés entre Bourbons d'Espagne et Orléanistes. La IIIe république a pu tranquillement établir son pouvoir et déclencher la Iere Guerre mondiale. L'absence tout au long du XXe siècle d'un corpus doctrinal légitimiste étoffé, a pu laissé la droite (respectant l'ordre naturel) en déshérence pendant près d'un siècle, se divisant entre gaullistes, libéraux et "nationalistes". Mais, aujourd'hui, ce n'est plus le cas, le courant royaliste légitimiste est bien présent sur les réseaux sociaux et internet. Avec l'expérience du passé, on peut définitivement dire que le nationalisme est devenu une impasse faute de base doctrinale solide et par validation des idées de la Révolution. 

 

Ainsi si le nationalisme d'un Charles Maurras a pu être défendable lorsqu'il avançait que le "nationalisme intégral" (1) est le royalisme, le nationalisme contemporain est devenu inacceptable par son républicanisme et sa validation de l'idéologie révolutionnaire. Cette évolution négative et cette pente était d'ailleurs prévisible par la présence d'un soubassement intellectuel révolutionnaire dans la doctrine nationaliste même d'un Charles Maurras, comme nous allons le voir. Ce "nationalisme" boiteux et en béquilles était condamné dès le départ à dégénérer dans ce que nous connaissons aujourd'hui avec un Front national validant la république, des mouvements "nationalistes" ne pesant politiquement qu'1 ou 2% et validant à leur tour la république et les soubassements idéologiques de la Révolution ("Oeuvre française"), ou seulement l'idéologie révolutionnaire ("Action française"), bien qu'en feignant de la condamner.

 

Le nationalisme n'est plus ni acceptable ni défendable parce qu'il méconnaît les principes du royalisme, tels que reçus et déposés dans le Manifeste légitimiste (I), il valide l'idéologie révolutionnaire et idôlatre la nation de la même manière qu'un vulgaire barbare révolutionnaire (II). Enfin, le nationalisme continue d'encourager à la participation électorale malgré les échecs patents du vote (III). 

  

(I) Le nationalisme méconnaît les principes du royalisme, tels que reçus et déposés dans le Manifeste légitimiste

 

Sur le site nationaliste "Jeune nation", on trouve un extrait d'une intervention du fondateur de l'"Oeuvre française", Pierre Sidos, lors du "XIVème Forum de la Nation, qui s'est tenu à Lyon, le 15 octobre 2011 sur le thème : «Les nationalistes et le mouvement national»". Pierre Sidos y développe les bases du nationalisme. Nous y trouvons deux paragraphes emblématiques de ce qui nous semblent être les erreurs du "nationalisme" : 

 

"Il faut dit-il, donner constamment la priorité au national sur l'étranger, aux principes sur les princes, aux idées sur les individus" (2)

 

Dans l'expression donner la priorité "aux principes sur les princes" : de quel principes parle Pierre Sidos ? L'expression est vague, elle laisse la place à toutes les interprétations. S'il s'agit de donner la priorité aux principes républicains sur les princes et prétendants actuels (Louis XX pour la branche légitime et le comte de Paris pour les Orléans), autant dire que ce nationalisme-là est un républicanisme. Et on retournerait à la case départ 1789...

 

Au "donner la priorité des principes sur les princes", dans la même intervention, Pierre Sidos ajoute que "l'existence de la nation n'est pas liée à une forme particulière de régime". C'est déjà plus clair. Qu'est-ce si ce n'est-là une idée issue de la Révolution, idée qui prétend que peu importe si nous sommes en monarchie ou en république ? L'impasse et l'incohérence des nationalistes se révèlent ici en plein jour. D'un côté ils feignent de critiquer la "démoncratie" et la "ripoublique" et d'un autre côté ils en acceptent le régime qu'ils tenteraient seulement d'améliorer via leurs "principes nationalistes". Cela ne tient pas debout. Ce ne peut être à la fois un refus de la république et une acceptation. C'est l'un ou l'autre, mais ce ne peut être les deux à la fois.

 

Enfin, la prévalence donnée aux idées laisse la place à toute les dérives idéologiques, y compris aux idéologies totalitaires qui ont pu apparaître au XXe siècle (bolchévisme, communisme, national-socialisme, démocraties totalitaires et absolues, etc.)

 

Cette erreur du nationalisme sur la primauté des idées et l'inopportunité du choix du régime politique est reproduite, à notre grande surprise, chez un nationaliste comme Philippe Ploncard d'Assac que nous avons pu trouver mieux inspiré à d'autres occasions. Là encore, ce qui compte ce sont "les principes". 

 

 

Dans cet entretien à Johan Livernette à Toulon le 24/01/2012, Philippe Ploncard d'Assac prétend que "sur le plan des idées", "un Louis XX n'apporte rien." Et ajoute, citant son livre "Le nationalisme français, régime et institutions" que "ce qui importe c'est remettre les principes constitutifs de la nation à l'honneur ... Cela peut être n'importe quoi, dit-il, un monarque, une république, un groupe d'hommes des sages des Doges de Venise. ... Ce qui prime ce sont les principes. C'est cela qu'il faut tendre à restaurer... Tant que des braves gens se fieront à un homme, ils perdront leur temps et leur argent" (sic)... Comme si l'engagement politique royaliste était une question d'argent...

 

Là encore, de quels "principes" parle le "nationaliste" ?

 

Des "principes constitutifs de la nation" ? Mais n'est-ce pas la monarchie qui a permis l'éclosion du sentiment national en France, la monarchie qui dès le VIIe siècle, dans le Pseudo-Frédégaire incorpore dans le prologue de la Loi salique, rédigé en 763-764 à la chancellerie royale, base constitutionnelle des Lois fondamentales du royaume, la mention de l'"illustre nation des francs, fondée par Dieu le Céateur" ?

 

Qu'enseigne le royalisme légitimiste ? Que même un roi mauvais vaut mieux qu'un bon président. La qualité et les avantages à long terme des institutions monarchiques traditionnelles font que même si nous avions un mauvais roi, ce mauvais roi serait encore préférable à un bon président d'une république... Et cela a été prouvé par l'expérience de nombreuses fois. Le choix du régime politique n'est donc pas inopportun, quoiqu'en pensent les Pierre Sidos, Philippe Ploncard d'Assac et autres nationalistes, il est même capital si l'on prétend être un défenseur de la nation française...

 

D'où il ressort de ces éléments que les nationalistes ne connaissent pas les principes monarchistes tels que définis dans Le Manifeste légitimiste (3). Ils en arrivent à sortir des énormités telles que "sur le plan des idées, un Louis XX n'apporte rien", "donner la priorité aux principes sur les princes"... Un Louis XX aujourd'hui incarne tout à la fois des principes (les principes politiques légitimistes) et un prince.

 

(II) Le nationalisme idôlatre la "nation" ou la "Patrie" de la même manière qu'un barbare révolutionnaire

 

Dans son intervention, Pierre Sidos explique : "Il s'ajoute l'adhésion complète aux principes généraux du nationalisme de marque authentiquement française, qui sont : le salut de la nation est la loi suprême, la légitimité prend sa source dans la durée au service de la nation, le droit de la nation est supérieur aux droits externes." 

 

Dans la "Contre-révolution spontanée", Charles Maurras écrivait : "Fondée en 1899, en pleine crise politique, militaire et religieuse, l'Action française s'inspirait du sentiment nationaliste; son oeuvre propre fut de soumettre ce sentiment à une discipline sérieuse. 'Un vrai nationaliste', posa-t-elle en principe 'place la Patrie avant tout'".

 

Dans "La Seule France", Charles Maurras écrivait encore : "c'est la préséance absolue, la suprématie totale, décisive, incontestée, du principe national et de l'idée de nation sur toute autre idée". (4)

 

Le nationalisme était déjà condamné en germe au début du XXe siècle, lorsque Maurras affirmait que la nation se trouvait au-dessus de tout : Maurras venait de condamner le "nationalisme", c'était déjà un luciférisme et un satanisme que de renverser l'ordre naturel en plaçant ce qui est en-dessous (la nation) au-dessus de tout, et ce qui est au-dessus (Dieu) en dessous...

 

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de l'échec permanent d'une telle doctrine si on se rappelle la réplique du Cardinal Pie à Napoléon III : "Le moment n'est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? ... le moment n'est pas venu pour les gouvernements de durer". 

 

Le principe nationaliste plaçant la nation au-dessus de tout renversait ainsi le principe politique de Jeanne d'Arc, fondement de l'ordre naturel : "Dieu premier servi". Il est dès lors vain imaginer un quelconque avenir dans une telle doctrine révolutionnaire.

 

Un renversement qui conduit aujourd'hui un Front national à renier la loi naturelle et l'ordre naturel. Et des mouvements comme "Oeuvre française" ou "Action française" à continuer d'idolâtrer la nation. 

  

(III) Le nationalisme continue d'encourager à la participation électorale

 

Sur la base du "par tous les moyens, même légaux" (5) de Charles Maurras, le nationalisme continue aujourd'hui de recommander de participer électoralement "partout où on le peut".

 

Sur Christroi, à notre tour, et empiriquement nous pouvons rejeter une tactique périmée qui conduit aujourd'hui des catholiques à voter pour le "moindre mal" ou le "moindre pire" Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle 2012...

 

Pour ces trois raisons, et même si certains nationalistes" préfèrent choisir l'abstention à la participation électorale, le nationalisme par les deux premières erreurs, et l'ensemble des mouvements et sites se revendiquant de cette doctrine servent, malgré eux (?), de voies de garage pour contestataires (qui s'ils n'existaient pas auraient été inventés par le système pour fonctionner...)

Si les "nationalistes" n'existaient pas, la république les inventerait ! Les nationalistes perpétuent ainsi la république génocideuse et diviseuse, soit par le vote (électeurs, partis politiques), soit par acceptation des soubassements idéologiques de la Révolution.

 

Rappelons que la France vit sous une double invasion-occupation : règne spirituel de l'étranger par invasion intellectuelle et spirituelle satanique visant à subvertir l'ordre naturel et divin en France, et règne physique de l'étranger par immigration-invasion visant à changer le peuple via le génocide par substitution

 

Dès lors, sur Chrisroi, nous ne pouvons plus nous accomoder d'une fausse doctrine politique conduisant au satanisme (le renversement de l'ordre naturel) et à la validation des soubassements idéologiques de la Révolution ("peu importe le régime"; "les idées, les principes priment sur les princes"; "la nation au-dessus de tout et avant tout", etc.), ni soutenir en aucune manière un quelconque de ces mouvements qui par leur incohérence en deviennent suffoquants. Un peu d'air et un peu de hauteur !

    

Sources :  

(1) Sur le "nationalisme intégral": Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 145.

(2) Extraits de l'intervention de Pierre SIDOS, fondateur de l'OEuvre française, lors du XIVème Forum de la Nation, qui s'est tenu à Lyon, le 15 octobre 2011 sur le thème : «Les nationalistes et le mouvement national». Source: http://jeune-nation.com/achat/produit_details.php?id=1127

(3) http://www.monarchiefrancaise.fr/Manifeste%202%E8me%20%E9dition%2020-07.pdf en fichier pdf; en commande sur http://beaudricourt.hautetfort.com/archive/2010/09/29/manifeste-legitmiste.html 

(4)  Sur la Patrie et le principe national placé avant tout: Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 63; Charles Maurras, La Seule France, H. Lardanchet, Macon 1941, p. 223. 

(5) Sur le "par tous les moyens même légaux" : Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 106.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 07:10

   [Tribune libre] L'UMP, dernier rempart de l'Occident chrétin ?

Ce texte de “mise au point” sur le vote catholique en France est une “tribune libre” de l’une de nos lectrices et correspondantes. – Novopress

Au premier tour de l’élection présidentielle, les catholiques ont voté comme suit : 47% pour Nicolas Sarkozy ; 15% pour Marine Le Pen ; 14% pour François Hollande ; 7% pour Jean-Luc Mélenchon (sondage Harris Interactive réalisé en exclusivité pour La Vie).

 

Le grand vent du « chrétinisme » a donc soufflé le 22 avril. Jean-Luc Mélenchon, le “bouffeur de curés”, obtient 7% des voix catholiques. Quant aux 47% obtenus par Nicolas Sarkozy, ils sont surréalistes si on les met en relation avec le score relatif (moins que la moyenne des Français) de la seule candidate « de souche » ET catholique revendiquée. Bêtise et masochisme sont-ils les deux mamelles du vote “catho” ? Cette élection semble le confirmer.

 

Depuis que les sondages donnent François Hollande vainqueur des suffrages, c’est d’ailleurs la panique à bord du navire chrétin : nous retrouvons le réflexe conditionné du droitard, génétiquement programmé pour voter contre son camp jusqu’à la fin des temps.L’appel se propage dans toute la cathosphère, des “cathos mous” et libéraux aux “nationaux-catholiques” : Nicolas Sarkozy est leur nouveau messie.

 

La droite des valeurs : mais de quelles valeurs ?

 

Christine Boutin : « on connaît, mon exigence par rapport à ces principes fondamentaux, j’essaye de les faire vivre à travers ma longue vie politique (…) Nicolas Sarkozy propose une société basée sur les principes judéo-chrétiens ». Christine Boutin on le sait, a vendu sa candidature à la présidentielle contre un plat de lentilles. Et contre tous les principes catholiques qu’elle prétend défendre, a cédé à l’un des cotés les plus abjects de la modernité : l’impudeur, en détaillant par le menu sa vie sexuelle sur les plateaux de télévision et dans la presse à scandales.

 

Frigide Barjot, pourtant sympathique, verse également dans le registre de catho terrorisée : « Devant l’urgence de la situation éthique et politique, brisons la tradition chrétienne de non-appel au vote… Hier soir sur KTO, je me suis lancée dans l’annonce explicite de ce que je voterai en conscience et en tant que catholique ce dimanche 6 mai, jour de la Sainte Prudence : contre le programme de François Hollande donc, pour celui de Nicolas Sarkozy. »


À ce stade d’hystérie et de peur panique, il serait temps de voir un peu le bilan de la droite en matière de valeurs « catholiques ».  


L’alpha et l’oméga du combat catho : la légalisation de l’avortement. Qui l’a faite ? Un indice : nous sommes en 1975… sous la présidence de V. Giscard D’Estaing, gouvernement Chirac. C’est donc la droite qui l’a votée.

« La droite est contre le mariage homosexuel, ça nous rassure ! » L’on se souvient de Christine Boutin brandissant sa bible dans l’hémicycle lors du vote du PACS (on attend toujours les larmes de rage de Christine Boutin pour pleurer les jeunes filles victimes de tournantes ou de crimes d’honneur dans les caves des cités). Rappelons à nos amis chrétins qu’en 2010 le mariage homosexuel était dans les tuyaux d’un gouvernement de droite. Plusieurs personnalités du gouvernement s’étaient d’ailleurs prononcées pour l’application effective de cette partie du programme de Nicolas Sarkozy en 2007 : Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Frédéric Mitterrand, Roselyne Bachelot, Chantal Jouanno, Nadine Morano, Jeanette Bougrab, François Fillon.

« Nous sommes pour les valeurs familiales ». Donc le divorce c’est mal, enfin, c’est mal quand il s’agit de Marine Le Pen : les plumes de Rivarol ne le lui pardonnent pas et l’insultent copieusement à longueur de pages. Mais que Nicolas Sarkozy ait divorcé à deux reprises, aucun problème ; que chacune de ses deux dernières épouses soit plutôt dans le registre « aventurière », pas de problème là non plus. Qu’en plus, chacune des deux donzelles en A (Carlita et Cécilia) ait déclaré ne pas avoir une goutte de sang français et en être fière, ça aussi ça n’a pas l’air d’inquiéter les « catholiques et Français toujours »…


Continuons avec une déclaration de Nadine Morano. En mars 2009 elle s’est déclarée favorable à la gestation pour autrui « si et seulement si ça répond à aider un couple qui pourrait devenir parents et qui ne peut pas l’être », et à condition que cette pratique soit strictement encadrée. De plus, la secrétaire d’État chargée de la famille a précisé qu’elle préférait le terme « femme porteuse » parce « qu’elle ne sera que la gestatrice et en aucun cas la génitrice ». Légaliser les mères porteuses ? Donc livrer l’utérus des femmes à la concurrence libre et non faussée et à la marchandisation, c’est ce qui s’appelle défendre la famille et les valeurs traditionnelles sans aucun doute.

 

Quid du travail le dimanche ? C’est bien Nicolas Sarkozy qui a voulu faire travailler les Français le dimanche, et donc supprimer cette journée non-marchande et familiale au profit de la civilisation du tube digestif.

Laissons le dernier mot à Jean-Claude Michéa sur le sujet : « Dans sa rhétorique et ses promesses électorales, un parti de droite n’hésitera jamais à défendre la famille ou la religion (laissant à la gauche moderne le soin de développer, à ses risques et périls, le vrai point de vue libéral sur la question). Mais dès qu’il s’agit de passer à l’acte, elle hésitera encore moins à étendre au jour du Seigneur lui-même (ou si l’on préfère, au jour de la famille) le droit d’exploiter son prochain. Toute la question est donc de savoir si l’on doit juger la philosophie réelle d’un parti de droite sur sa seule rhétorique électorale (l’universitaire de gauche s’en tient généralement là) ou, au contraire, sur la politique concrète qu’il applique sans phrase une fois parvenu au pouvoir. Dans une société libérale développée, c’est en effet aux universitaires de gauche qu’il incombe de fournir la véritable bande-son des modernisations capitalistes, c’est à dire de jouer les idiots utiles du système en revendiquant à voix haute (Foucault et Deleuze à l’appui) ce que la droite met silencieusement en pratique sous le masque hypocrite d’un discours « conservateur ». (Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée : la Gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès, Flammarion 2011)

 

 

Voter pour “le moindre pire” n’est pas dans les Évangiles

 

Si nous devions résumer le cas de conscience “catho” du moment : “il faut voter pour le moindre pire, donc pour Nicolas Sarkozy”.


Bernard Antony : « Tout annonce la forte plausibilité de la victoire de François Hollande qui mènera une politique encore pire que celle de Sarkozy avec des lois encore plus liberticides et mortifères. Voilà pourquoi nous appelons pour le 6 mai à un vote du « moindre pire », celui de l’utilisation d’un bulletin Sarkozy pour ne pas voter Hollande. » Yves Daoudal : « Si on m’avait dit qu’un jour je voterais Sarkozy, j’aurais eu un fou rire cosmique, suivi d’une abyssale compassion pour le triste hurluberlu qui aurait proféré une telle ânerie. Or je ne vois pas d’autre solution pour dimanche prochain. Car on en est à devoir choisir le moindre pire, comme dit Bernard Antony. »

Le moindre pire ? Vraiment ? Voyons sommairement le bilan de la droite selon le prisme des préoccupations de l’électeur catholique moyen.

Qui a voté la toute première loi anti-raciste qui institue le délit d’injure raciste, le délit d’incitation à la haine raciale et celui de provocation à la discrimination ? C’est la même loi qui a instauré la possibilité pour les associations anti-racistes de se porter partie civile. Cette loi et celles qui suivront vont être copieusement utilisées par le système pour museler la parole de la presse libre de droite et la liberté d’expression des périodiques nationalistes. Elle ne sert même qu’à cela. Un indice : c’était en 1972. Pompidou était président …bingo ! C’est la droite qui a fait voter la loi Pleven.

 

Qui a légalisé et institué le regroupement familial, qui a permis d’ouvrir le robinet de l’immigration massive sur notre pays ? Un indice : c’était en 1976. Giscard était président et Chirac premier ministre. C’est encore la “droite”. Il est vrai que regrouper des familles est une façon comme une autre de défendre les valeurs familiales !

Qui a supprimé la « double peine », c’est à dire abrogé l’interdiction automatique de séjour pour les étrangers condamnés pour crimes à l’issue de leur peine de prison ? C’est plus récent, 2006. Le président était Jacques Chirac, et le ministre de l’Intérieur à l’initiative de cette loi n’était autre que Nicolas Sarkozy.

 

Qui s’est déclaré en faveur d’une laïcité positive, c’est-à-dire une abrogation partielle de la loi de 1905 (à la grande joie du peuple “catholique”) ? Marché de dupes : il ne s’est agit depuis le début que de donner plus de place à l’islam, de favoriser le communautarisme (notamment avec le Conseil Français du Culte musulman), et d’aider à la construction de mosquées. Il n’a jamais été question de favoriser les catholiques. Qui a fait cela ? La “droite”.

 

Quand cette politique anti-nationale s’est condensée dans l’affaire Mohamed Merah (immigration + communautarisme réislamisé), quelle fut la première idée de Nicolas Sarkozy ? « Faire de la diffusion d’idéologies extrémistes, d’appel à la violence ou à la haine un délit pénal (et non un simple délit de presse) et permettre de réprimer ce délit avec les moyens qui sont ceux de la lutte contre le terrorisme » (programme Sarkozy 2012). Entendez par là mettre dans le même panier terroristes islamistes et autres fous du djihad, et les sites internet de la mouvance identitaire / patriote. Il faut être con tout de même pour voter pour celui qui annonce qu’il va vous mettre en prison s’il est élu.

 

 

« Catholiques et Français toujours » ?

 

Français ? Vu la politique pour laquelle ils votent… certainement pas. Catholiques ? Quand on vote pour les marchands du temple et les corrompus, contre son propre peuple… là aussi ce n’est pas sur qu’on le soit encore, catholique. Laissons le dernier mot à Léon Bloy, qui lui était un vrai catholique : « Quand on demande à Dieu la souffrance, on est toujours sur d’être exaucé ». Amis chrétins, méditez…

Spoutnik, pour Novopress

 

Source : http://fr.novopress.info/112322/tribune-libre-lump-dernier-rempart-de-loccident-chretin/

via http://www.democratie-royale.org/article-l-ump-dernier-rempart-de-l-occident-chretin-104682664.html

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Le "moindre mal" de Nicolas Sarkozy remis à sa place

- "Moindre mal" et démocratie

- Second tour et vote catholique : "On peut être empêché de faire le bien; il n'est jamais permis de faire le mal"

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 11:13

Au sujet de notre article "Second tour Sarkozy - Hollande : Les cocus de 2007 en veulent encore", et des querelles picrocholines ridicules et sans fin autour du "moindre mal" et "moindre pire" (sic!), un lecteur (merci à Domremy) nous signale, un texte qui fait du bien, rigoureux et conséquent, publié sur le Salon Beige hier 4 mai, qui fixe parfaitement les limites morales du vote, et change du matraquage de ces derniers jours pour voter Sarkozy au second tour de la présidentielle. 

 

Ce texte, remarquable, écrit par un clerc anonyme, auquel nous souscrivons à 100% sur Christroi, est dignement présenté sur le Salon Beige comme "tribune écrite à l'intention du Salon beige et de ses lecteurs, tribune d'une profondeur et d'un recul si rares dans cette période d'agitation électoraliste" :

"Je suis sidéré de voir qu'une quasi unanimité semble se faire en vue de dimanche prochain, dans le sens de préférer le moindre mal au pire. Les argumentaires convergents nous viennent d'horizons assez diversifiés et même de milieux que l'on aurait qualifié a priori de sérieux pour ne pas dire rigoristes. Or leur propos me semble relever, sans qu'ils s'en rendent compte, de ce que Jean Paul II appelle, dans Veritatis Splendor, aux numéros 71 à 75 les théories éthiques « téléologiques » conséquentialistes et proportionnalistes : on qualifie un acte moral, et donc la légitimité de le poser, en fonction de ses conséquences positives et négatives, en faisant la proportion entre les résultats que l'on pense obtenir et que l'on obtiendra effectivement. Or ces théories ne peuvent se réclamer de la tradition et de la doctrine catholique, qui elle, qualifie l'acte moral essentiellement à partir de son objet : « la fin prochaine d'un choix délibéré », autrement dit ce que je veux faire concrètement et que je vais faire immédiatement (Veritatis Splendor, nn. 76 à 83).

Ainsi donc, la pondération du moindre mal et du pire s'applique seulement et exclusivement aux conséquences de l'acte, mais jamais à l'objet précis de l'acte concret, qui doit toujours être bon, et ne doit jamais être un mal, fût-il moindre qu'un autre. Dans le cas qui nous occupe, la légitimité de notre choix ne vient donc pas des conséquences que l'on aura empêchées ou permises, mais du contenu précis de notre bulletin. Or le bulletin ne dit pas: « je m'oppose à la victoire de un tel », il dit: « je donne pouvoir à un tel de faire ce qu'il dit qu'il va faire et je lui donne, pour autant qu'il m'appartient, les moyens de mener son action ». De plus, en fait de peser les conséquences, on donne pour évident d'écarter un pire qui n'existe pas encore, qui n'est pas encore advenu et qui n'adviendra peut-être pas -Dieu est grand- et on promeut ouvertement un mal qui est bien réel celui-là, puisqu'il est mis en oeuvre depuis cinq ans et qu'il demande explicitement à continuer de perdurer encore cinq ans; on le qualifie de moindre par rapport au pire défini avant, et on pense alors « devoir » le faire.

N'est-ce pas Balthasar qui raconte cette histoire qui illustre bien le problème? Un officier SS traîne une petite juive devant un prisonnier et ordonne à ce dernier de tuer la fille, sinon on fusillera cent otages après quoi le prisonnier aussi sera tué. En bonne morale, le prisonnier est responsable de la vie de la petite juive, et il ne lui est jamais permis de la tuer; ce n'est pas lui qui est responsable de la vie des cent otages, mais le SS; il n'est pas sûr que le SS fera fusiller les otages; il n'est pas sûr non plus qu'il ne les fera pas fusiller quand même; il n'est pas sûr non plus que le prisonnier sera tué ou épargné; pourquoi le SS ne sera-t-il pas touché par le courage et le témoignage du prisonnier refusant de tuer la fille? Et même si ce n'est pas le cas, le prisonnier ne doit pas la tuer, non seulement parce qu'elle est innocente, mais pour ne pas devenir lui-même un meurtrier, et rester libre parce qu'il est soumis non pas aux pouvoirs d'ici bas mais à l'ordre moral inviolable dont l'auteur est Dieu lui-même.

Le vrai problème est donc d'oublier que les points non-négociables ne se négocient justement pas : on ne peut jamais donner son suffrage à un programme qui va ouvertement à l'encontre de l'un ou de plusieurs d'entre eux. Et c'est précisémnt cela qui est pour nous tellement nouveau que nous n'arrivons même pas à l'envisager! En effet, il ne s'agit pas à ce propos de peser les conséquences futures possibles ou sûres du vote, mais de considérer l'objet lui-même, c'est-à-dire le contenu en lui-même du programme auquel nous accordons notre suffrage. De fait, contrairement à ce que presque tous nous disent, en votant dimanche, on ne choisit pas « d'empêcher peut-être 60 propositions iniques », on va choisir « de promouvoir et amplifier le bilan des cinq dernières années ». Se pose alors la question: ce bilan, qui lui est sûr, et le programme annoncé pour la suite, qui lui est probable,  sont-ils opposés à l'un ou plusieurs des points non-négociables? Et si oui, je n'ai pas le droit de le choisir en mon âme et conscience, ni d'en faire la promotion, ni de lui donner le pouvoir et les moyens de le faire, pour ce qui m'appartient.

N'oublions jamais la dignité et la liberté des enfants de Dieu : on peut être empêché de faire le bien, il n'est jamais permis de faire le mal. C'est typiquement ici le cas. L'attitude cohérente est celle de l'abstention, puisque le bulletin blanc n'est pas inclus aussi clairement qu'elle dans les résultats du vote. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ce système rend impraticable le vote en conscience cohérent, en tout cas selon la doctrine catholique. Et ce n'est pas un hasard : le régime actuellement en place travaille de plus en plus ouvertement contre le bien commun véritable. Dans ce cas, la bonté formelle de l'acte de voter, comme participation à l'édification du bien commun, est elle-même disqualifiée, et c'est l'abstention qui devient un devoir, comme dissidence seule expression du « non-négociable ».

La gravité de la situation ne nous échappe pas, mais loin de nous décourager ou de nous imposer la compromission à la place de la trahison, elle devrait nous enthousiasmer : car le salut ne vient pas du président de la République ni des représentants du Peuple, il vient de Jésus Christ et de ceux qui le servent fidèlement. Quand les institutions politiques nous sont inaccessibles pour les raisons qu'on a dites, il nous reste le champ immense de la société réelle, où le Saint Père ne cesse de nous appeler à édifier une véritable contre-société qui donne envie d'y vivre. Non pas un ghetto catholique, mais bien la vraie vie à laquelle tout être humain est invité par son humanité même: il ne faut pas souscrire au credo catholique pour en être, il faut seulement être conscient et respectueux de la dignité naturelle de la personne humaine, dans l'intégralité de ses dimensions, et travailler à sa promotion en soi et dans les autres.

En n'étant pas dociles à l'écoute de Rome depuis si longtemps: Veritatis Splendor est de 1993 , qu'en avons-nous fait? Et Jean Paul II cite au coeur de son argumentation Paul VI en 1968 dans Humanae Vitae, tiens tiens.. une thèse de Science Politique pourrait être intitulée « de la contraception à la dictature »; la Note Doctrinale est de 2002 , eh oui déjà! On risque d'avoir oublié les enjeux de nos vrais combats, et surtout l'ampleur et la réalité très immédiate du pouvoir temporel qui est confié aux laïcs chrétiens par le Christ lui-même. Vous n'empêcherez pas le clerc que je suis,  d'être sûr, je l'ai lu d'ailleurs il y a quelques mois sur notre blog préféré, que si les laïcs catholiques, de leur propre initiative, -car il n'est pas besoin de mandat ecclésiastique pour cela, le Baptême et la Confirmation y suffisent-, avaient déclaré d'avance et massivement qu'ils ne voteraient pas pour des programmes s'opposant ne serait-ce qu'à l'un ou plusieurs des points non-négociables, sur lesquels par définition tous les catholiques sont unis, la donne idéologique et politique en France serait aujourd'hui très différente, et certainement pas moins favorable à l'Evangile".

 

Posté le 4 mai 2012 à 10h00 par Lahire | Catégorie(s): France : Politique en France , France : Société

Source: http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2012/05/pour-prendre-du-recul-on-peut-%C3%AAtre-emp%C3%AAch%C3%A9-de-faire-le-bien-il-nest-jamais-permis-de-faire-le-mal.html 

 

- "Il n'est pas sain de mettre aux voix de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Je ne crois pas que la source de la morale soit la majorité" (Monseigneur André Vingt-Trois, archevêque de Paris)

- "Moindre mal" et démocratie

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:52

En cette veille d'"élections présidentielles", certains se posent la question : peut-on abandonner les "principes non négociables" pour aller voter ? Ces principes non négociables définis par le pape Benoît XVI qui sont la protection de la vie de la conception à la mort naturelle, la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille, et le droit des parents d'éduquer leurs enfants (Benoît XVI, Discours aux participants au Congrès promu par le parti populaire européen le 30 mars 2006).

 

La réponse est claire : les principes non négociables sont un minimum, un niveau qui doit être atteint pour pouvoir voter.

 

 Mais ils se demandent encore, si pour aller voter, et (soit-disant) "pour gagner la guerre", ils ne doivent pas mettre de côté leurs principes, leurs valeurs,... tout ce qu'ils sont, bref se renier.

 

Promettre tout et son contraire, renier ses principes, etc. est ce qui certes peut permettre de gagner une bataille et d'être élu républic-hainement (Ex: Nicolas Sarkozy élu non pas en vertu de ses qualités mais de ses défauts, ou, ce qui revient au même: Sarkozy "n'a pas été élu en dépit de ses défauts mais grâce à eux". Emmanuel Todd), mais ce n'est certainement pas ce qui peut permettre de gouverner la France et finalement ... de gagner la guerre.

 

La droite n'est que la locataire des institutions, tout ce qu'elle fait est défait par la gauche, alors que ce que fait la gauche - qui est la propriétaire des institutions -, n'est jamais défait par la droite ensuite.

 

Après un candidat, proche de nos idées, arrivé au pouvoir par l'abandon de principes..., que verrons-nous arriver ? Nous verrons arriver à nouveau la gauche, un autre candidat menteur professionnel, chargé d'effacer et de supprimer ce qu'il aura fait.

 

Sur cette question de l'abandon des principes et du gouvernement de la France, voici la réponse limpide qui est aussi la nôtre, celle d'un royaliste, le comte de Chambord :

 

"Sachons que l’abandon des principes est la vraie cause de nos désastres"

(Henri V Comte de Chambord)

Tout est dit. 

   

Source et autres citations : Citations catholiques et royalistes (2e partie) ; Citations catholiques et royalistes (1ère partie)

 

Sur ce même sujet  :

 

- L'abstention : "une affirmation et une protestation éclatante" (Comte de Chambord)

- Mettre de l'amour entre les personnes et cesser de voter

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:00

Un article publié sur Contre-Info rapporte la politique anti-immigrationniste de Louis XVI avant 1789, et demande légitimement : "que pensent les actuels prétendants au trône de ces 'atroces lois'" ?

 

Pour notre part sur Christroi, nous nous solidarisons totalement avec ces décrets et déclarations "racialistes" de Louis XVI, pour la simple et bonne raison que la France, "peuple européen de race blance" (dixit Charles de Gaulle) n'a naturellement pas vocation à devenir un peuble africain noir, ni même un "peuple métissé".

 

Les bonnes âmes antiracistes (souvent en lien avec les milieux d'affaires cosmopolites, bancaires et maçonniques... tout se tient) s'indignent assez du sort réservé aux indiens d'Amérique ? Mais que ne s'indignent-elles pas du sort réservé aux Français européens blancs en voie d'être génocidés dans leur propre pays par une démocratie métisseuse totalitaire ?

 

Louis XVI avançait le fait des "plus grands désordres" pour justifier son décret. On parlerait aujourd'hui d'insécurité : "leur séjour dans les villes de notre royaume, surtout dans la capitale, y cause les plus grands désordres", écrivait-il.

Il faut savoir qu'un historien comme Pierre Chaunu a établi que le niveau de sûreté et de sécurité des Français au temps de Louis XVI était bien supérieur à ce qu'il est de nos jours : "Aucune ville au monde n'est aussi sûre que Paris, de jour et de nuit, de 1730 à 1789". Lire : "Être français s'est d'abord confondu avec le privilège de vivre protégé sous les fleurs de lys" (Pierre Chaunu)

 

Le fait qu'il faille à l'échelon national des lois et règlements publics qui viennent limiter l'immigration (article 2241 du Catéchisme de l'Eglise catholique, publié par Jean-Paul II, 1992*) n'empêche pas, qu'à titre personnel, l'on puisse être parfaitement urbain et ouvert envers les personnes : c'est même parce que l'on est certain d'avoir à la tête de l'Etat, une politique d'ordre et de justice qu'au niveau local, l'amour évangélique entre les personnes peut d'autant plus librement se manifester. Et, inversement, c'est parce qu'à la tête de l'Etat on a aujourd'hui une politique désordonnée, faite d'injustice pour le peuple indigène (droit à l'existence nié, histoire méprisée, culture dégradée) et faite de néo-esclavagisme pour les immigrés (politique libérale qui laisse toute liberté au marché d'organiser l'immigration et de dégrader les conditions de travail), que nous nous retrouvons avec un niveau de haine et de division aussi important entre les personnes...

La division des personnes à chaque élection (élections-instrumentalisation des inégalités, réclamations communautaires, culpabilisation, indemnisations, etc.), le diviser pour régner, ce que nous appelons le cycle de la haine engendré par le "suffrage universel", cette division n'a-t-elle jamais atteint le niveau aussi important que l'on connait aujourd'hui dans l'Open society d'un George Soros ? Société dite "ouverte", dont l'objectif est de promouvoir la "gouvernance démocratique" et les "droits de l'homme", et qui dans les faits aboutit au contraire de ses objectifs ?

 

* "2241 ... Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges".

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Article de Contre-Info :

 

C’était un 5 avril : décret racialiste du roi de France

   

Que pensent les actuels prétendants au trône de ces atroces lois ?

En août 1777, un décret royal interdisait l’entrée de nouveaux « noirs, mulâtres ou autres gens de couleur »  dans le royaume de France :  « le nombre des noirs s’y est tellement multiplié, par la facilité de la communication de l’Amérique avec la France, qu’on enlève journellement aux colonies cette portion d’hommes la plus nécessaire pour la culture des terres, en même temps que leur séjour dans les villes de notre royaume, surtout dans la capitale, y cause les plus grands désordres ; et, lorsqu’ils retournent dans les colonies, ils y portent l’esprit d’indépendance et d’indocilité, et y deviennent plus nuisibles qu’utiles. »

Le 5 avril 1778, un nouveau décret paraissait, interdisant cette fois les unions mixtes :

« Arret du conseil du Roi
Interdisant aux Blancs tous mariages avec des Noirs, Mulâtres ou autres Gens de Couleur,

« Le Roi s’étant fait représenter sa déclaration du 9 août dernier par laquelle sa Majesté aurait défendu à l’avenir l’introduction de tous Noirs, Mulâtres ou autres Gens de Couleur, de l’un et l’autre sexe, dans son royaume, et se serait néanmoins réservé d’expliquer ses intentions sur ceux qui sont actuellement en France ; et sa Majesté était informée que quelques-uns des Noirs, de l’un et l’autre sexe, qui s’y trouvaient avant ladite Déclaration, se sont proposé de contracter mariage avec des Blancs, ce qu’il serait contre le bon ordre de tolérer.


A quoi voulant pourvoir : Ouï le rapport ; le Roi étant en son Conseil, a fait et fait défense à tous ses sujets Blancs de l’un et l’autre sexe, de contracter mariage avec les Noirs, Mulâtres ou autres gens de Couleur, jusqu’à ce qu’il ait été pourvu, par telle loi qu’il appartiendra, sur l’état desdits Noirs, Mulâtres ou autres gens de Couleur de l’un ou l’autre sexe, qui étaient en France avant la déclaration du 9 août dernier ; fait défense à tout Notaire de passer aucun contrat de mariage entre eux, à peine d’amende : Veut Sa Majesté que si aucun de ses sujets contrevient aux dites défenses, les contractants soient sur le champ renvoyés aux Colonies.
Enjoint Sa Majesté eu Sieur Lenoir, Conseiller d’Etat, Lieutenant Général de Police de la ville de Paris, et aux Intendants et Commissaires départis dans les provinces de tenir la main à l’exécution du présent Arrêt, et de donner sur le champ avis au Secrétaire d’Etat ayant le Département de la Marine, des contraventions qui auraient été faites au présent Arrêt, pour y être par sa Majesté pourvu ainsi qu’elle avisera bon être.
Fait au Conseil d’Etat du Roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le cinq avril mil sept cent soixante-dix-huit.

Signé: de Sartine »

 

Et pour information, ci-dessous la déclaration de 1777 interdisant l’entrée des non Blancs dans le royaume.

« Déclaration royale du 9 août 1777
INTERDICTION DU SÉJOUR DES ESCLAVES EN FRANCE

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre : à tous, présents et à venir, salut.

Par nos lettres patentes du 3 septembre dernier, nous avons ordonné qu’il serait sursis au jugement de toutes causes ou procès concernant l’état des noirs de l’un ou de l’autre sexe, que les habitants de nos colonies ont amenés avec eux en France pour leur service ; nous sommes informés aujourd’hui que le nombre des noirs s’y est tellement multiplié, par la facilité de la communication de l’Amérique avec la France, qu’on enlève journellement aux colonies cette portion d’hommes la plus nécessaire pour la culture des terres, en même temps que leur séjour dans les villes de notre royaume, surtout dans la capitale, y cause les plus grands désordres ; et, lorsqu’ils retournent dans les colonies, ils y portent l’esprit d’indépendance et d’indocilité, et y deviennent plus nuisibles qu’utiles.
Il nous a donc paru qu’il était de notre sagesse de déférer aux sollicitations des habitants de nos colonies, en défendant l’entrée de notre royaume à tous les noirs. Nous voulons bien cependant ne pas priver ceux desdits habitants que leurs affaires appellent en France, du secours d’un domestique noir pour les servir pendant la traversée, à la charge toutefois que lesdits domestiques ne pourront sortir du port où ils auront été débarqués, que pour retourner dans la colonie d’où ils auront été amenés. Nous pourvoirons aussi à l’état des domestiques noirs qui sont actuellement en France.
Enfin, nous concilierons, par toutes ces dispositions, le bien général de nos colonies, l’intérêt particulier de leurs habitants, et la protection que nous devons à la conservation des mœurs et du bon ordre dans notre royaume.
A ces causes, etc.

Article 1. – Faisons défenses expresses à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu’ils soient, mêmes à tous étrangers, d’amener dans notre royaume, après la publication et enregistrement de notre présente déclaration, aucun noir, mulâtre, ou autres gens de couleur de l’un ou de l’autre sexe, et de les y retenir à leur service ; le tout à peine de 3.000 livres d’amende, même de plus grande peine s’il y échoit.

Article 2. – Défendons pareillement, sous les mêmes peines, à tous noirs, mulâtres ou autres gens de couleur de l’un ou de l’autre sexe, qui ne serait point en service, d’entrer à l’avenir dans notre royaume, sous quelque cause et prétexte que ce soit.

Article 3. – Les noirs ou mulâtres qui auraient été amenés en France, ou qui s’y seraient introduits depuis ladite publication, seront, à la requête de nos procureurs ès sièges des amirautés, arrêtés et reconduits dans le port le plus proche, pour être ensuite rembarqués pour nos colonies, à nos frais, suivant les ordres particuliers que nous ferons expédier à cet effet.

Article 4. – Permettons néanmoins à tout habitant de nos colonies qui voudra passer en France, d’embarquer avec lui un seul noir ou mulâtre de l’un et de l’autre sexe, pour le servir pendant la traversée, à la charge de le remettre, à son arrivée dans le port, au dépôt qui sera à ce destiné par nos ordres, et y demeurer jusqu’à ce qu’il puisse être rembarqué ; enjoignons à nos procureurs des amirautés du port où lesdits noirs auraient été débarqués, de tenir la main à l’exécution de la présente disposition, et de les faire rembarquer sur le premier vaisseau qui fera voile dudit port pour la colonie de laquelle ils auront été amenés.

Article 5. – Les habitants desdites colonies, qui voudront profiter de l’exception contenue en l’article précédent, seront tenus, ainsi qu’il a toujours été d’usage dans nos colonies, de consigner la somme de 1.000 livres, argent de France, ès mains du trésorier de la colonie, qui s’en chargera en recette, et de se retirer ensuite par devers le gouverneur général ou commandant dans ladite colonie, pour en obtenir une permission qui contiendra le nom de l’habitant, celui du domestique noir ou mulâtre qu’il voudra emmener avec lui, son âge et son signalement ; dans laquelle permission la quittance de consignation sera visée, à peine de nullité, et seront lesdites permission et quittance enregistrées au greffe de l’amirauté du lieu du départ.

Article 6. – Faisons très expresses défenses à tous officiers de nos vaisseaux de recevoir à bord aucun noir ou mulâtre ou autres gens de couleur, s’ils ne leur représentent ladite permission duement enregistrée, ainsi que la quittance de consignation ; desquelles mention sera faite sur le rôle d’embarquement.

Article 7. – Défendons pareillement à tous capitaines de navire marchand de recevoir à bord aucun noir, mulâtre ou autres gens de couleur, s’ils ne leur représentent la permission enregistrée, ensemble ladite quittance de consignation, dont mention sera faite dans le rôle d’embarquement ; le tout à peine de 1.000 livres d’amende pour chaque noir ou mulâtre, et d’être interdits pendant trois ans de toutes fonctions, même du double desdites condamnations en cas de récidive ; enjoignons à nos procureurs ès sièges des amirautés du lieu de débarquement, de tenir la main à l’exécution de la présente disposition.

Article 8. – Les frais de garde desdits noirs dans le dépôt, et ceux de leur retour dans nos colonies, seront avancés par le commis du trésorier général de la marine dans le port, lequel en sera remboursé sur la somme consignée en exécution de l’article 5 ci-dessus ; et le surplus ne pourra être rendu à l’habitant, que sur le vu de l’extrait du rôle du bâtiment sur lequel le noir ou mulâtre domestique aura été rembarqué pour repasser dans les colonies, ou de son extrait mortuaire, s’il était décédé : et ne sera ladite somme passée en dépenses aux trésoriers généraux de notre marine, que sur le vu desdits extraits en bonne et due forme.

Article 9. – Ceux de nos sujets, ainsi que les étrangers, qui auront des noirs à leur service, lors de la publication et enregistrement de notre présente déclaration, seront tenus dans un mois, à compter du jour de la dite publication et enregistrement, de se présenter par devant les officiers de l’amirauté dans le ressort de laquelle ils sont domiciliés, et, s’il n’y en a pas, par devant le juge royal dudit lieu, à l’effet d’y déclarer les noms et qualités des noirs, mulâtres, ou autres gens de couleur de l’un et de l’autre sexe qui demeurent chez eux, le temps de leur débarquement, et la colonie de laquelle ils ont été exportés : voulons que, passé ledit délai, ils ne puissent retenir à leur service lesdits noirs que de leur consentement.

Article 10. – Les noirs, mulâtres, ou autres gens de couleur, qui ne seraient pas en service au moment de ladite publication, seront tenus de faire, aux greffes desdites amirautés, ou juridictions royales, et dans le même délai, une pareille déclaration de leurs noms, surnom, âge, profession, du lieu de leur naissance, et de la date de leur arrivée en France.

Article 11. – Les déclarations prescrites par les deux articles précédents seront reçues sans aucun frais, et envoyées par nos procureurs èsdit sièges, au secrétaire d’État ayant le département de la marine, pour, sur le compte qui nous en sera rendu, être par nous ordonné ce qu’il appartiendra.

Article 12. – Et attendu que la permission que nous avons accordée aux habitants de nos colonies par l’article 4 de notre présente déclaration, n’a pour objet que leur service personnel pendant la traversée, voulons que lesdits noirs, mulâtres ou autres gens de couleur demeurent, pendant leur séjour en France, et jusqu’à leur retour dans les colonies, en l’état où ils étaient lors de leur départ d’icelles, sans que ledit état puisse être changé par leurs maîtres, ou autrement.

Article 13. – Les dispositions de notre présente déclaration seront exécutées nonobstant tous édits, déclarations, règlements, ou autres à ce contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons expressément. Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre cours de parlement à Paris, etc. 


Donné à Versailles, le 9 août 1777 »

 

Source: http://www.contre-info.com/cetait-un-5-avril-decret-racialiste-du-roi-de-france

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- Génocide par substitution: programmé par le Grand Orient de France, discuté dans les "clubs de réflexion" et loges maçonniques, appliqué par le gouvernement de la "république française"

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 13:07

Le testament politique de Louis

Testament politique de Louis XVI : analyse d'Yves Marie Adeline (A.R)
  " Ne prononcez pas cette péroraison : Je veux les convaincre, non pas les attendrir. "

Et Mr de Sèze, avocat du Roi-martyr, jeta au panier la conclusion pathétique qu’il souhaitait donner à sa plaidoirie devant les Conventionnels. Oui, le roi voulait convaincre, pas attendrir.

Mais il a perdu ce combat. On décida sa mort, à une voix de majorité, celle de son cousin le duc d’Orléans, le prédécesseur des actuels princes d’Orléans : comte de Paris, duc de Vendôme, etc…


Et depuis ce temps, dans le meilleur des cas, Louis XVI vous attendrit. Mais il ne vous a pas convaincu. Le régime républicain à gagné cette ultime partie, capitale à ses yeux.  

Une partie capitale, parce que c’est sur ce socle, c’est sur cette tombe qui enferme le testament politique de Louis XVI (rédigé le 20 juin 1791, la veille de la "fuite à Varennes", à ne pas confondre avec le testament rédigé à la cour du Temple le 25 décembre 1792. Ndlr.), que repose sa solidité. Tant que vous ne connaîtrez pas ce testament, tant que vous aurez à l’esprit l’image mensongère que la république vous a donnée de Louis XVI, ce régime sera tranquille.

(Note de la rédaction du blogue: cet éditorial d'Yves Marie Adeline a été écrit en 2002 et figurait sur le premier site internet de l'Alliance Royale au moment où elle présenta ses candidats aux élections européennes de 2004; Le film "Louis XVI, le roi qui ne voulait pas être roi" passé sur FR2 le 29 novembre dernier, rétablit une partie de la Vérité sur ce grand Roi qui aima tant la France et ses Peuples; le texte suivant d'Yves Marie Adeline rétablit le reste de la Vérité qui manque encore au film. Les Français doivent enfin réaliser que tous nos rois jusqu'au dernier ont toujours voulu oeuvrer pour le bien commun et l'unité harmonieuse des peuples sous leurs juridictions et l'ont fait mieux que les 5 républiques)

C’est pourquoi, lorsque chaque année, le 21 janvier, jour de son supplice, des Français fidèles viennent comme en pèlerinage exprimer leur fidélité, leur piété filiale, c’est bien, c’est beau, c’est juste.

Et pourtant il y a toujours quelque chose qui me gêne ce jour-là : c’est le regard que la république porte sur ce geste annuel. Non pas, certes, un regard de bienveillance, ni de sympathie ; mais une sorte d'indulgence amusée: " Bah! laissez-les tranquilles, ils ne sont pas bien dangereux... ".

Et après tout, la République elle-même a rompu depuis longtemps avec sa haine de Louis XVI. Elle ne revendique plus son sang: c'est désormais inutile. Car elle a obtenu, et depuis longtemps, ce qu'elle cherchait à obtenir à tout prix. Et quand je dis: à tout prix, c'est le prix du sang et du mensonge qui, en s'agglomérant, ont constitué le ciment le plus solide de son régime.

Ce qu'elle voulait obtenir, c'est que tous les Français, royalistes ou non, aient dans leur esprit un portrait identique de Louis XVI: un portrait que la Révolution a dessiné à l'usage de tous.

Regardez-le bien, ce portrait: un homme bon sans doute, mais faible, irrésolu, qui n'était pas l'homme de la situation. Un homme bien gentil, mais qui incarne à merveille le mythe selon lequel la royauté était exténuée, expirante, surannée, vieillie, dépassée par une histoire nouvelle. Bref, une monarchie inadaptée aux nouveaux temps, et a fortiori à l'avenir.

Écoutez-moi bien: tant que ce portrait restera imprimé dans toutes les têtes, la République pourra respirer tranquille. A la limite, elle pourrait aujourd'hui accepter toutes les révisons de notre histoire, qu'elle a abondamment falsifiée depuis deux siècles. Toutes les révisions. Mais pas celle-là.

Oh, combien de fois ai-je lu, dans nos propres rangs, des ouvrages qui répondent inconsciemment à cette attente de la République?

Alors, vous vous dites fils de Saint Louis? Oui, ça ne la dérange pas.

Fils de Louis XIV? Mais oui, pourquoi pas?

Fils de Louis XVI? Ah non! Celui-là, c'est le dernier. Il ne doit pas exister une descendance politique de Louis XVI.

Chaque année donc, vous entendez le testament spirituel, pourrait-on dire, de Louis XVI. C'est bien. Mais il existe aussi une sorte de testament politique auquel personne, même parmi nous, ne fait attention... pour le plus grand bonheur de la République... Car c'est celui-là, c'est la seule chose que la République redoute par-dessus tout.

Et c'est de ce testament-là que je veux vous parler aujourd'hui.

Examinons, s'il vous plaît, le portrait mensonger que la République a dessiné pour nous " re "-présenter Louis XVI.

D'abord son aspect physique. J'ai été très frappé, en observant un jour une peinture datant de la Restauration, de constater que Louis XVI y était représenté de la même taille que les personnages qui l'entouraient. Cette peinture, pourtant, n'était pas l'œuvre d'un républicain. Mais l'infestation de la propagande républicaine avait déjà atteint son objectif. Alors que le Roi-martyr mesurait plus d'un mètre quatre-vingt-dix, que sa force musculaire était colossale. On raconte même qu'il jouait à tordre un fer à cheval pour amuser son fils, le Dauphin. Je ne sais si cela est vrai, mais ce témoignage exprime au moins l'étonnement de ses contemporains pour sa force naturelle.

Et que dire du mythe de Louis XVI en gros glouton? Souvenez-vous de ces listes de plats qu'il était censé ingurgiter à chaque repas sans défaillir. C'était oublier opportunément que Versailles était une immense machine administrative où l'on ne faisait pas ses courses au marché comme la ménagère. Alors, à table, on présentait au Roi une carte des plats, et il choisissait.
Imaginez que, dans deux siècles, de prétendus historiens écrivent que nous étions d'infatigables mangeurs, en exhibant comme preuve les cartes des plats disponibles dans nos restaurants! Eh oui, voilà comment la République refait l'histoire.

Plus récemment, j'ai vu un film qui le mettait en scène parmi d'autres personnages. Le comédien qui jouait le rôle affectait de zozoter, pour inspirer la moquerie au grand public! Jamais, bien sûr, le Roi n'a zozoté, jamais personne n'a jamais dit qu'il avait, comme on dit, un cheveu sur la langue. Mais c'est égal: l'important est de le rendre ridicule.

Ensuite, il y a le portrait intellectuel. Alors là, on atteint des sommets. Car après tout, le fait de zozoter n'est pas en soi un obstacle au talent! Prenons l'exemple de l'écrivain Émile Zola. Et remarquons d'ailleurs, au passage, que lorsqu'un comédien incarne cet auteur républicain, il ne zozote jamais... C'est amusant, n'est-ce pas? II semble que la vérité soit décidément insupportable à notre temps, jusque dans ses moindres détails.

Le portrait intellectuel de Louis XVI, tous ceux qui se souviennent de leurs années passées à l'école le connaissent: c'est celui d'un parfait imbécile. Sa seule passion, paraît-il, était de monter et démonter les serrures du Palais de Versailles. Il faudra attendre la fin du XX° siècle, avec les historiens Girault de Coursac, pour s'apercevoir que ceci est une légende, et que les passions intellectuelles du Roi sont plutôt la marine, la géographie, la découverte et l'exploration des terres encore inconnues.

Ah, la marine! Combien le Roi a-t-il dépensé d'efforts pour cela! Les défaites du règne précédent, qui nous avaient fait perdre les Indes et le Canada, n'avaient jamais été acceptées par le petit-fils du Bien-Aimé. II rêvait d'une revanche, non pas tant par vanité stérile que pour abattre la prépondérance anglaise sur les mers. Voilà qui explique la magnifique marine qu'il donna à la France. Notre longue histoire a toujours montré cette difficulté qu'éprouve la France à fournir simultanément deux efforts majeurs: la puissance terrestre et la puissance maritime. Depuis le Roi-Soleil, ni le Régent ni Louis XV n'étaient parvenus à ce qu'avait réussi Louis XVI. Pourquoi l'a-t-on oublié? Parce que c'est la République qui nous a instruits à l'école.

Dans le soulèvement américain, Louis XVI vit une première occasion de rééquilibrer le rapport des forces entre les deux nations sur les océans. Certes, il n'était pas envisageable, dans l'état des choses, de reprendre pied au Canada et aux Indes. Le prix qu'il fallut payer pour la seule indépendance américaine montre bien que la lutte pour la maîtrise des eaux eût été longue, et constituait l'un de ces grands desseins qui, lorsqu'ils réussissent, font l'avenir d'un grand pays.

La guerre fut coûteuse et l'entourage du Roi se découragea souvent. C'est Louis XVI qui s'obstina à aller jusqu'au bout. Aujourd'hui, la République, parlant au nom de la France, se vante volontiers de cette page d'histoire, parce que l'Amérique, non seulement est devenue la première puissance du monde, mais aussi représente la quintessence de l'État idéologique, déguisé sous ses parodies de religion héritées du Protestantisme. II apparaît que les deux républiques, française
et américaine, souhaitent maintenir sous une chape de silence le rôle du Roi de France dans cette affaire. A-t-on jamais traversé une Rue Louis XVI dans une ville des États-Unis? Mais après tout, le mépris dans lequel l'Amérique tient le Roi est bien réciproque, puisque Louis XVI se moquait bien sûr du tiers comme du quart des états d'âme de cette colonie anglaise: l'important, pour lui, était de saisir une bonne occasion d'affaiblir la puissance maritime de notre rivale.

La guerre fut coûteuse et l'opinion publique ne se passionna guère. De sorte que la Cour elle-même ne donna pas au pays l'exemple du patriotisme. Tandis que Marie-Antoinette refusait d'acheter le fameux Collier au motif qu'il valait mieux offrir un navire de plus à la France, les autres grands ne mesuraient pas l'enjeu que représentait notre aide aux Insurgés.

De plus, l'effort financier consenti par l'État était mal relayé par un système fiscal totalement inadapté aux dépenses d'une époque moderne. Il fallait donc une réforme, mais les privilégiés traînaient des pieds. Comment, alors, l'imposer? Nous y reviendrons.

Louis XVI gagna cette guerre, et la marine qu'il avait donnée à la France fut à la hauteur de sa tâche. S'il n'y avait pas eu la Révolution, que se serait-il passé? Il est difficile, bien sûr, de parler ainsi dans le vide. Mais le dessein du Roi ne laisse aucune doute sur ses intentions, et c'est là que ses vraies passions personnelles prennent tout leur sens. Il aurait multiplié les expéditions outre-mer, convaincu que l'avenir était là. Avec lui et après lui, la France aurait entamé plus tôt la constitution d'un empire colonial qui, peut-être, eût été plus important que celui que l'Angleterre put conquérir sans contrainte après l'écrasement de notre pays en 1815. Et qui sait même s'il n'aurait pas réussi à récupérer un jour nos anciennes possessions? Certes, les Français, qui se plaisent tellement dans leur pays de cocagne, n'ont jamais eu l'esprit colonial. Voilà encore une
incompréhension entre notre peuple et le plus savant de ses rois. Et, comme tous les savants, en particulier les savants scientifiques, Louis XVI répugnait aux longues explications.

Enfin, il y a le portrait politique du Roi. En quelques mots, il se résume à ceci: Louis XVI n'a rien compris à la Révolution, il a vu passer les événements de son regard hébété de gros bêta. En revanche, bien sûr, tout le monde autour de lui et partout ailleurs comprenait ce qui se passait. Sauf lui. Ah, s'il avait écouté ceux qui le conseillaient! Mais c'était un imbécile, vous dis-je. Il n'était pas l'homme de la situation. En définitive, il était la dernière incarnation d'un régime politique dépassé.

Avouons-le, mes amis, combien d'auteurs qui se voulaient ou se veulent royalistes ont répété ces fadaises républicaines, inconscients d'être infestés eux-mêmes par la propagande du camp qu'ils croyaient combattre? Au mieux, ils se résignaient à passer ce règne par pertes et profits, défendant la monarchie, mais pas celle de Louis XVI. Voilà pourquoi la République n'aura jamais peur de vous, tant que vous lui serez fidèles au moins sur ce point crucial.

Mais nous, ce soir, essayons d'y voir plus clair. Le mythe veut que Louis XVI n'ai eu aucune pensée politique, aucun regard personnel sur les événements. Est-ce vrai? Et si ce n'est pas vrai, où trouver trace de cette pensée?

J'ai parlé des passions du Roi, en oubliant d'en citer une: la vénerie. Excellent cavalier, Louis XVI chassait le plus souvent possible: c'est ainsi qu'il dépensait une énergie qu'exigeait sa puissante carrure, pour remédier à l'inaction physique à laquelle le contraignait son travail.

Et tous ceux qui sont d'une famille de veneurs le savent: un grand chasseur aime à tenir scrupuleusement un journal de chasse, quitte à mentionner que, tel jour, il n'a pas chassé. Les faiseurs d'histoires stipendiés par la République ont saisi dans cette passion la matière d'un subterfuge extraordinaire: ils ont fait passer le carnet de chasse du Roi pour un journal intime!
Quelle aubaine! Ainsi, le jour de son mariage avec Marie-Antoinette, le Roi écrit: " Rien ". Et le 14 juillet, il écrit encore: " Rien ". Je me souviens de mon professeur d'histoire au collège, qui nous amusait avec cela. Quelle rigolade secouait alors notre classe! Quel imbécile que ce dernier des rois! C'est bien la preuve qu'il ne comprenait rien à rien, puisqu'il écrivait: " rien " le soir du 14 juillet!

Louis XVI n'a jamais tenu de journal intime ; mais alors, comment savoir s'il avait une réflexion personnelle sur la Révolution? Eh bien lisons ses annotations sur les rapports de ses ministres! Et lisons surtout ses lettres! Et l'on découvre avec stupéfaction une pensée propre, si peu ordinaire à cette époque que nous en sommes réduits aujourd'hui à n'admettre plus qu'une seule alternative: soit le Roi ne comprenait rien au moment où les autres comprenaient tout ; soit le Roi a tout compris tandis que les autres ne comprenaient rien.

Car la vérité est là, aveuglante, impossible à méconnaître pour celui qui a l'occasion de la voir en face. Louis XVI avait bel et bien une vision propre de la Révolution. Pour vous en faire une idée, je la diviserai en deux parties: qu'était-ce donc que cette révolution, et comment y répondre? Et d'abord, s'agissant de la question de savoir ce que signifiait cette révolution, la théorie du Roi s'articulait autour de trois méditations.

Il a médité l'histoire de son royaume, qui couvrait déjà treize siècles. Il revient sur ce qu'il appelle " l'histoire de ses aïeux ", qui n'est rien d'autre que celle de la France. C'est ainsi que le 18 novembre 1790, soit deux ans avant la proclamation de la République, mais déjà un an après le début des événements, il écrit au duc de Polignac: " Plusje inédite l'histoire de mes aïeux, plus je suis convaincu que nous sommes à la veille de la subversion la plus cruelle dans ses résultats. Il était si facile d'opérer le bien, lorsque moi-même j'allais au-devant de tout ce que le peuple pouvait raisonnablement ambitionner. Je n'ai dit moins rien à me reprocher " .

Ainsi, dès le début de la Révolution, Louis XVI voit dans ces bouleversements quelque chose d'à la fois énorme et inédit. Il sent tout de suite qu'il a affaire à un événement auquel aucun de ses aïeux n'a jamais eu à faire face.

Sa deuxième méditation se concentrait sur son rôle de roi, tel que l'entendait la tradition française treize fois séculaire, remontant au baptême de Clovis en 496. Il n'est pas un despote, et puisqu'il est convaincu qu'il n'a pas affaire à une simple fronde ou quelque chose qui y ressemblerait, il sait bien que la force ne saurait rien résoudre. nous reviendrons sur cette
extraordinaire prescience de Louis XVI. Alors, devant ces événements d'une nature particulière et nouvelle, quelle conduite faut-il tenir? son entourage lui parle d'employer la force en toutes circonstances, mais il ne partage pas ce point de vue, car il est persuadé, et le restera toujours, que rien ne peut plus arrêter le cours des choses. C'est dans cet état d'esprit méconnu qu'il se pose de telle sorte que, dans la chaleur des passions exacerbées, plus personne ne comprendra son attitude. Dès le mois de septembre 1789, il écrit à son frère le Comte d'Artois: "
Vous parlez de courage, de résistance aux projets des factieux, de volonté. Mon frère, vous n'êtes pas roi! Le Ciel, en me plaçant sur le trône, m'a donné un cœur sensible, les sentiments d'un bon père. Tous les Français sont mes enfants ; je suis le père commun de la grande famille confiée à mes soins. L'ingratitude, la hargne arment contre moi ; mais les yeux sont obscurcis, les esprits sont égarés, la tourmente révolutionnaire a tourné toutes les têtes ".

Notre cœur se serre en découvrant une telle grandeur d'âme, un sentiment aussi élevé de sa position, de sa mission sur Terre. D'ailleurs, remarquons que depuis Louis XVI, tous les rois détrônés se sont efforcés de suivre son exemple: ne pas répandre le sang du peuple. Même des monarques parvenus, comme le dernier souverain de Perse, par exemple, qui n'était jamais que le fils d'un officier usurpateur, se feront un honneur de se configurer au personnage emblématique du Roi-martyr. Il n'est pas un despote, et la couronne de France, il n'en est que le dépositaire après une longue suite d'aïeux qui en ont eu la garde. C'est pourquoi, pour rien au monde il n'accepterait de l'éclabousser du sang français. Réprimer, oui. Mais la Révolution à laquelle il est confronté est d'un autre ordre qu'une insoumission ordinaire. Et il va d'ailleurs expliquer sa vision des choses
dans d'autres lettres.

Cela fait l'objet de sa troisième méditation: sur l'empoisonnement général des esprits. Dans une lettre au Prince de Condé datant du 15 août 1791, il assure ne pas douter que l'élite de sa noblesse saurait mettre en pièces les bandes armées des Sans-Culottes. Mais après? Ilécrit: " Ils n'attendaient que la Constitution pour être parfaitement heureux; la retarder était à leurs yeux le plus grand des crimes, parce que tous les bonheurs devaient arriver avec elle: le temps leur apprendra combien ils se sont trompés. Mais leur erreur n'en est pas moins profonde: si l'on entreprenait aujourd'hui de la renverser, ils n'en conserveraient l'idée que comme celle du plus grand moyen de bonheur ; et lorsque les troupes qui l'auraient renversée seraient hors du Royaume, on pourrait avec cette chimère les remuer sans cesse, et le gouvernement se trouverait dans un système opposé à l'esprit public et salis moyens pour les contenir. On ne gouverne jamais une nation contre ses habitudes. Cette maxime est aussi vraie à Constantinople que dans une république: les habitudes actuelles de cette nation sont dans les droits de l'homme, tout insensés qu'ils sont. Une force immense ne pourrait la gouverner longtemps dans une opinion contraire " .

En lisant et en me répétant ces phrases datant de deux cents ans, j'en reviens toujours éberlué par l'incroyable intelligence de cette analyse. Incroyable, car à l'époque on n'avait pas comme aujourd'hui deux siècles d'expérience des révolutions pour permettre une approche correcte du phénomène révolutionnaire. Comment, par quelle grâce, sinon par une grâce d'état réservée à celui qui a reçu l'Onction de Reims, Louis XVI a-t-il pu toucher aussi juste? Car enfin! Reprenons l'étude de toutes les révolutions et de toutes les subversions qui ont suivi, et l'on retrouve mot à mot l'essentiel de cette analyse. Le Roi semble nous dire: je réprimerai, et après? Tant que le peuple n'aura pas été convaincu que la Constitution est une erreur, faudra-t-il maintenir derrière chacun de mes sujets un homme en armes? Et cet homme en armes, dans quel esprit est-il lui-même?

A ce stade de sa réflexion, le Roi va même jusqu'à poser au Prince de Condé cette question si pertinente: " D'ailleurs, cette noblesse d'émigration qui prétend me défendre, est-elle toute dans le même esprit? N'a-t-elle pas, elle aussi, ses partis contraires, ses opinions exclusives? ".

Autrement dit: vous qui prétendez être royalistes, l'êtes-vous vraiment? N'avez-vous pas vous-même succombé à cette tentation générale qui veut que l'on décide soi-même de ce qui convient ou qui ne convient pas au bon gouvernement des affaires publiques?

Oh, mes amis, prenons pour nous cette apostrophe extraordinairement clairvoyante de Louis XVI. Dressons en effet un bilan de deux siècles de royalisme, de doctrines diverses et l'engagements militants. N'avons-nous jamais procédé nous-mêmes de la même manière que les républicains? N'avons-nous jamais prétendu imposer à nos princes nos propres visions de la monarchie? Relisons nos livres, et sans qu'il soit nécessaire de citer ici certains auteurs, nous y découvrons souvent tout un programme de gouvernement préfabriqué, que le roi à venir serait bien avisé de mettre en pratique sans rechigner, faute de quoi on juge qu'il ne serait pas même bon qu'il monte sur le trône. Combien de fois ai-je lu ce genre de littérature, truffée de chartes, de systèmes préparés à l'avance et figés dans une gloire intellectuelle parfaitement dérisoire? Combien de fois ai-je lu ou entendu des discours tels qu'en définitive, on se demande qui devrait être le roi dans ce genre de monarchie: l'auteur des propos en question, ou le prince légitime. Mes amis, est-ce que j'invente en rappelant cela, ou suis-je dans le vrai?

Mais alors, quand on pense et agit de cette manière, de qui se moque-t-on, sinon du Roi lui-même? Ne sommes-nous pas à notre tour, fût-ce à notre corps défendant, des constitutionnels, dispersant ainsi gravement cet héritage de la monarchie française que Louis XVI a voulu sauver à n'importe quel prix, et entre autres au prix de sa vie?

A ceux qui lui reprochaient son attitude face à la Révolution, le Roi n'a jamais manqué de s'expliquer clairement. C'est d'ailleurs pour cela que vous ne le savez pas. Mais rien ne nous empêche, nous, d'essayer d'en savoir plus. Que disait-il? Reprenons la lettre au Prince de Condé que je citais tout à l’heure. Louis XVI y prévoyait que l'idéologie constitutionnelle ne pouvait être combattue efficacement, ou vaincue durablement, par le seul emploi des armes. Napoléon ne dira-t-il pas plus tard que l'esprit sera toujours vainqueur de l'épée? En outre, le Roi se rendait bien compte que ses défenseurs eux-mêmes étaient empoisonnés par la nouvelle idéologie. C'est en prenant acte de cette réalité incontournable qu'il écrivait: "J'ai vu que la guerre ne présentait d'autres avantages que des horreurs, et toujours de la discorde. J'ai donc cru qu'il fallait éloigner cette idée, et j'ai cru devoir essayer encore des seuls moyens qui me restaient: la réunion de ma volonté aux principes de la Constitution".

"Les seuls moyens qui me restaient"... Oui, le Roi savait qu'il n'en avait pas d'autres, et qu'en tout état de cause, il refuserait toujours d'être mêlé au bain de sang général qu'il redoutait. Et son attitude était d'autant plus méritoire que, avec sa clairvoyance habituelle, il savait à l'avance que la seule voie qui lui était ouverte était elle-même sans issue. Car il ajoutait: "Je sens toutes les difficultés de gouverner ainsi une grande nation, je dirais même que j'en sens 1'impossibilité ; mais l'obstacle que j'y aurais mis aurait porté la guerre que je voulais éviter, et aurait empêché le peuple de bien juger cette Constitution, parce qu'il n'aurait vit que mon opposition constante ". Toujours cette préoccupation majeure: son peuple est malade de ses idéologies, le salut n'est envisageable que lorsqu'il aura compris son erreur. Et Louis XVI concluait: " En adoptant ses idées, en les suivant de bonne foi, il connaîtra la cause de ses malheurs ; l'esprit public changera, et puisque sans ce changement on ne pouvait espérer que des convulsions nouvelles, je marcherai mieux vers lin meilleur ordre des choses par mon acceptation que par mon refus ".

Voilà quel était le programme politique de Louis XVI, et jamais il n'admettra s'être trompé sur ce point. La thèse officiellement enseignée depuis deux siècles prétend qu'il avait tord. Mais nous qui avons désormais l'expérience des révolutions, nous qui en connaissons le processus et la nature intime, posons-nous à nouveau cette question: qui avait raison?

A ses contemporains qui stigmatisaient sa prétendue faiblesse, parce qu'ils analysaient la Révolution avec moins de pertinence que leur maître, Louis XVI disait: " J'avoue que ces reproches m'affectent moins que les malheurs du peuple, et mon cœur se soulève en pensant aux horreurs dont je serais la cause " . Ce qui signifie que le Roi-martyr était convaincu que, sous les coups révolutionnaires, son sacre avait perdu sa force politique, mais qu'il le revêtait encore d'une seule et dernière qualité: celle d'être le père du peuple, le père de toute la famille française. Que ceux qui n'ont jamais éprouvé aucun sentiment paternel continuent à penser comme la République veut qu'ils pensent. Les autres me comprendront.

Méditons encore cette phrase: " J'ai donc préféré la paix à la guerre, parce qu'elle m'a paru à la fois plans vertueuse et plus utile: je fines suis réuni ail peuple, parce que c'était le seul moyen de le ramener ; et entre deux systèmes, j'ai préféré celui qui ne m'accusait ni devant mon peuple, ni devant ma conscience ".

Encore et toujours ce dernier souci du Roi, qui est de rester fidèle au dernier devoir qu'il peut remplir, un devoir moral. " Du moins, je n'ai rien à me reprocher " , écrivait-il. Oh non, Sire, vous n'avez rien à vous reprocher. Dans cette épouvantable tragédie qui a fini par vous emporter, vous avez été d'une probité et d'un courage sans exemple ; vous avez été le modèle de tous les rois, selon ce plan mystérieux de la Providence qui dispose que, depuis le Baptême de Clovis, la monarchie française soit regardée comme le modèle de toutes les monarchies. Un jour viendra où le monde vous rendra l'hommage qui vous est dû, pour avoir été un grand roi méconnu, dont la lumière commence à peine à poindre devant les yeux de notre génération. Un jour viendra aussi, où l'Église d'ici-bas reconnaîtra vos vertus exemplaires, et vous élèvera sur nos autels. Car enfin, qui peut le nier? vous étiez également un saint...

Nous parlons d'un testament politique de Louis XVI. Il me reste à vous en dévoiler le sommet.

Nous avons vu comment le Roi a profondément médité sur les événements auxquels il a dû faire face. C'est alors qu'il lance une bouteille à la mer, pour l'avenir, pour préserver l'avenir, pour empêcher que les vrais principes de la monarchie française ne soient emportés, eux aussi, par la tourmente révolutionnaire, par ces deux siècles de régime constitutionnel ou républicain. En fait, dès le commencement de la Révolution, le 12 octobre 1789, il a fait quelque chose 'extraordinaire, qu'il faut absolument que vous sachiez, et que la République ne veut à aucun prix que vous sachiez.

II écrit au roi d'Espagne, Charles IV, une lettre qui revêt pour nous la plus haute importance. Car en vérité, ce n'est pas au roi d'Espagne qu'il s'adresse, mais au chef de la branche cadette de sa maison. On sait en effet que depuis la victoire de Louis XIV dans la guerre de succession d'Espagne, des princes français de la famille royale règnent désormais sur le trône de Charles-Quint. Voici donc ce qu'écrit Louis XVI:
"
Je dois à tries enfants, je dois à tria famille et à toute ma maison de ne pouvoir laisser avilir entre tries mains la dignité royale qu'une longue suite de siècles a confirmée dans tria dynastie... J'ai choisi votre majesté comme chef de la seconde branche pour déposer entre vos mains la protestation solennelle que j'élève contre toits les actes contraires à l'autorité royale qui m'ont été arrachés par la force depuis le 15 juillet de cette année".

Est-ce que vous mesurez bien l'importance de ce document? Dès les premiers mois de la Révolution, et bien qu'il ait choisi de se laisser entraîner par le courant constitutionnel plutôt que de verser le sang de son peuple, le Roi-martyr délie à l'avance les princes de son sang de tous les engagements compromettants qu'il a dû faire et qu'il devra faire encore. Autrement dit, quand on lit cela et qu'on le met en face de ce que nous lisions tout à l’heure, on comprend qu'il ait voulu dire: la voie que j'ai suivie n'engage que moi, elle ne saurait obliger mes successeurs, elle ne traduit qu'un pis-aller, certainement pas une fidélité aux principes immémoriaux de notre monarchie. La constitution, ce n'est pas la monarchie française, et le Roi tient à transmettre ce message à ses cadets, pour le cas où la coutume successorale, un jour, viendrait à les saisir.

Et puis il s'est produit ce qui se produit dans l'histoire naturelle de toutes les familles: la branche aînée s'est éteinte avec le Comte de Chambord et le principe se déposa sur cette branche cadette devenue l'aînée. Or voilà, mes amis, voilà l'héritage politique qui repose désormais entre les mains du chef actuel de la famille royale. Ce n'est pas l'héritage de Charles X, ni de Louis XVIII, ce n'est pas le produit bâtard issu d'un accouplement adultère entre la royauté et la constitution, non! c'est la royauté instituée, c'est le sacre de Reims, c'est la monarchie que Jeanne d'Arc avait sauvée ; Jeanne qui rappelait que le Christ est le premier roi de France, et le roi terrestre son second.

Ces principes fondateurs, le Comte de Chambord nous les transmettra à son tour, quand il refusera de monter sur un trône de pacotille, quand il refusera de jouer la comédie d'une monarchie de carnaval, otage de l'esprit révolutionnaire, constitutionnel, républicain. C'est pourquoi il disait: " Ma personne n'est rien, c'est mon principe qui est tout ". Oh, comme nous lui sommes redevables, à lui aussi, d'avoir gardé intact le trésor des rois légitimes! J'ai souvent dit que ce fut sa manière à lui de régner, en conservant le dépôt sacré, en transmettant ce qu'il avait reçu: telle fut la mission sur terre d'Henri V.

Mais ce qu'il avait reçu venait-il directement de son aïeul Charles X? Non, certes non. Oh, bien sûr, Charles X, celui-là même qui, lorsqu'il n'était que le Comte d'Artois, reprochait tant à son frère aîné de ne pas combattre la Révolution par les armes, Charles X n'était certes pas un partisan du régime constitutionnel. Mais il fallait bien faire avec, puisque la formule lui était imposée. Toutefois, et peut-être justement parce qu'il avait trop bien vu ce qui découlait de cet accouplement, aggravé encore par l'expérience de l'usurpation orléaniste, Henri V avait puisé plus haut les principes de son refus du drapeau révolutionnaire, et de tout ce qui en découlait politiquement. Ces principes-là, qu'il fallait garder intacts, c'est Louis XVI qui fut le dernier à les incarner. Et il est attachant de voir comment, passant d'un prince incompris à un autre prince également incompris, l'héritage de Clovis et de Clotilde, de Saint Rémi, de Saint Louis et de Sainte Jeanne, cet héritage brille encore, qui dans la nuit de nos constitutions nous montre le chemin du salut.

Voilà donc, le testament de Louis XVI, auquel il est de notre devoir, une fois que nous avons pu en prendre connaissance, de lui être fidèle. Car il ne suffit pas que vous vous disiez fils de Saint Louis ou de Louis XIV. La Providence vous a donné un dernier roi différent des autres, et dont le sort abominable fut aussi différent des autres: c'est de lui que vous tenez votre héritage. Et si la République vous a menti sur lui, si elle vous empêché de le connaître, c'était précisément pour que vous méprisiez votre héritage, et par là même, que vous méprisiez sans le vouloir tous les autres qui précédaient. Car une race qui finissait sous la figure méprisable ou dérisoire de Louis XVI ne pouvait pas être une bonne race.

Voilà notre héritage et certes, à notre époque des nouveaux rois fainéants, il n'est pas facile de défendre et illustrer devant le monde ce principe que l'idéologie moderne a si totalement vaincu. Pendant longtemps, d'ailleurs, nos théories royalistes n'eussent pas même songé à revendiquer autre chose qu'une restauration sur le modèle de Louis XVIII. Pendant longtemps, le testament de Louis XVI fut non seulement un testament inconnu, mais un testament impossible: lui seul avait su mesurer les conséquences de l'intrusion de l'esprit constitutionnel dans l'édifice monarchique ; lui seul avait compris qu'en définitive, une monarchie constitutionnelle n'était plus la monarchie française de Reims, modèle des monarchies chrétiennes. Mais puisque cet esprit délétère avait empoisonné jusqu'à son entourage, jusqu'à ceux qui se croyaient sincèrement contre-révolutionnaires, que pouvait-il faire? Quand il décida toutefois d'accompagner le mouvement constitutionnel, pour les raisons pacifiques que l'on sait, il réussit à tenir trois ans avant de sombrer. Son frère le Comte d'Artois, le futur Charles X qui conseillait d'être inébranlable, tiendra trois jours en 1830. Il n'est pas inutile de remettre quelquefois les choses en perspective pour mesurer la vraie taille des uns et des autres.

Longtemps, l'héritage de Louis XVI fut impossible: soit que nous étions nous-mêmes infectés par l'esprit constitutionnel, soit que nous ne disposions pas de l'outil doctrinal nécessaire pour formaliser intellectuellement la différence essentielle entre l'institution et la constitution. S'il n'est qu'une chose que j'aurais faite parmi mes compagnons du combat royaliste, c'est d'avoir théorisé cette différence, mais je n'ai rien inventé en faisant cela: je n'ai fait qu'expliquer un principe profondément original et fondateur de la monarchie française, ce principe même que Louis XVI a sauvé, et transmis à sa famille. Ce même principe qu'Henri V a sauvé une seconde fois en refusant de régner plus bas encore que Louis XVIII,au niveau d'un Louis-Philippe.

Toutefois, les triomphes théoriques sont une chose, l'engagement politique dans la réalité de tous les jours est encore autre chose. Je n'oublie pas que l'état d'esprit qui doit être le nôtre est difficile à maintenir, comme un cap que le marin doit garder dans la tempête. Notre engagement est exigeant, parfois douloureux. Et je sais que certains parmi nous seront tentés d'abandonner leur cause: j'en ai connu, par exemple pour qui les lambris dorés des palais républicains valaient bien un reniement.

C'est pour cela, c'est contre l'esprit du monde qu'il nous est demandé plus que jamais d'être nobles. Non pas d'avoir le panache du désespoir: réservez les baroud d'honneur à ceux qui sont vaincus. Nous, au contraire, il nous est demandé de se battre intelligemment, prudemment, mais de toujours se battre: car tant qu'un homme se bat, il n'est pas vaincu.

Il nous est demandé d'être noble: je n'ai pas dit " aristocrate " , qui n'est pas la même chose, et qui renvoie au classement social anglais, ou bien traduit la perte progressive du sens de la noblesse en France dans les siècles les plus modernes de la monarchie, où l'on pouvait acheter des charges anoblissantes. Non! Et je ne circonscris pas non plus cette exigence d'aujourd'hui à un ordre ancien subsistant. L'homme noble dont je parle est aujourd'hui celui .que chacun reconnaît spontanément comme tel, et qui combat en gardant toujours dans son cœur les trois vertus théologales: foi, espérance, et charité. Car l'ennemi d'aujourd'hui peut devenir le frère de demain.

Et si votre pire ennemi: le désespoir vous prend, si le spectacle du monde qui vous entoure vous appelle à baisser les bras, songez précisément à ce monde hostile, et demandez-vous s'il existe une autre raison de vivre que de combattre encore et toujours. Encore une fois, je ne parle pas d'un combat désespéré, contre des moulins à vent, d'un combat dérisoire de Don Quichotte. Non, je parle d'un combat mené pour vaincre.

Vaincre, oui! Oh, tant de choses et tant d'hommes vous persuaderont que votre combat est sans issue. Et pourtant... C'est vrai, nous œuvrons dans le noir, encore que ce soit moins vrai aujourd'hui qu'hier. Mais n'oubliez jamais ce mot éternel de Charette: à l'officier républicain qui l'arrêtait, et qui criait du fond de son cœur: " Ah, Monsieur, que d'héroïsme perdu! " , le Chevalier vendéen répondit: " Monsieur, rien ne se perd. Jamais ".

Il disait aussi: " Nous sommes la jeunesse dit monde " . Et c'était vrai! vous êtes la jeunesse du monde, précisément parce que vous êtes des héritiers: la semence est en vous!

Alors, venez, fils de Louis XVI, venez chercher votre héritage, l'héritage de Reims, de Clovis et de Clotilde, auquel un régime hideux voudrait vous voir renoncer! Venez, jeunesse du monde, allons chercher notre héritage, et que l'âme limpide de Louis XVI éclaire nos pas.

Yves-Marie Adeline  

 

Yves Marie Adeline est le Fondateur en 2002 de l'ALLIANCE ROYALE, président jusqu'en 2008, il a démissionné pour raisons familiales et professionnelles, il a été remplacé par l'ancien député- Maire Pierre Bernard à la tête du Parti Royaliste; Yves Marie Adeline est toujours président honoraire de l'Alliance Royale.

 

Source : Alliance royale Nivernais-Berry : http://www.allianceroyalenievre.com/article-le-testament-politique-de-louis-xvi-analyse-d-yves-marie-adeline-91796540.html via http://www.democratie-royale.org/article-testament-politique-de-louis-xvi-analyse-d-yves-marie-adeline-a-r-91879557.html

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:22

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Docteur en philosophie, Michel Onfray, matérialiste, hédoniste et fervent athée, a créé une « Université populaire »  à  Caen dans laquelle il donne des cours de contre-histoire de la philosophie. Dans une série de questions posées par les auditeurs de l'amphithéâtre de Caen dans le cadre « des ultras des lumières  » la Révolution française fut abordée, ce à quoi Michel Onfray a répondu qu'elle était une révolution bourgeoise, qui n'a fait que faire naître de nouveaux privilèges et qui aurait bien pu être évitée si les conditions climatiques avaient été différentes. En somme, elle n'était pas si justifiée que cela. Il s'est ensuite livré à une critique de la volonté générale chez Rousseau.

 

A la question de savoir si la monarchie n'était pas, en fin de compte, un régime bien meilleur que la république. Voici un résumé de la réponse de Michel Onfray :

 

Les violations envers les droits de l'homme sont en effet aujourd'hui le fait de républiques plutôt que de monarchies. D'ailleurs la plupart des régimes dictatoriaux ou totalitaires étaient des républiques. Les monarchies constitutionnelles actuelles ont donc sans doute des leçons à nous donner, notamment en Europe. Je ne suis pas contre la monarchie, au contraire, je pense qu'elle est bonne mais à condition qu'elle fonctionne bien, c'est-à-dire qu'elle représente bien l'essence de la nation en la personne du roi (ne dit-on pas "le roi est mort, vive le roi" ? Il est la tradition, la continuité).

 

Le problème c'est qu'il ne faut pas que cette monarchie vive en prenant sur l'argent de ses citoyens, qu'il n'y ait pas d'abus de pouvoir. Mais pour moi, l'un des plus grands héros politiques de l'époque est Juan Carlos : il aurait pu abuser de son pouvoir, mais il n'en a rien fait. Il a fait beaucoup plus que la plupart des républicains.

 

Il faudrait que la république fasse une critique interne aujourd'hui, une critique républicaine.

 

[...] La République peut d'ailleurs être monarchiste, au sens de la "res publica" : c'est la chose publique. Rousseau disait que "la monarchie est une république" en effet. En fait, ce qui a tout fait basculer est Varennes. À l'époque tout le monde était monarchiste, même Robespierre. L'alternative se trouvait entre une monarchie de droit divin et une monarchie constitutionnelle en fait. Après Varennes tout change, tout bascule, la confiance n'est plus : Condorcet peut alors inventer la République.

 

Il faudrait donc réfléchir à ce qu'est la République, car aujourd'hui elle n'est pas du tout républicaine ("res publica"). D'ailleurs je crois qu'on est en train d'y réfléchir à nouveau.

 

Source : http://forum.royaliste.org/viewtopic.php?f=35&t=4697 via http://www.democratie-royale.org/article-michel-onfray-je-ne-suis-pas-contre-la-monarchie-aucontraire-je-pense-qu-elle-est-bonne-88602537.html

 

Note de Christroi. Rappelons que "Varennes" est un complot antiroyaliste monté par le franc-maçon Lafayette pour faire fuir Louis XVI, l'arrêter au lieu convenu, le décrédibiliser et le juger. Source: Mémoires pour servir à l'Histoire du jacobinisme de l'Abbé Barruel.

 

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- Michel Onfray sur la décadence de l'Europe depuis la Révolution

- La volonté générale et l'asservissement de la liberté

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:56

Un article intéressant publié sur le site "24heuresactu" et intitulé "Vive l’abstention en 2012 !" rejoint ce que nous disions en février 2007 dans notre article "1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie ". L'erreur de l'auteur de cet article est de penser que la démocratie existe quelque part - dans les nuées sans doute comme le père Noël ! - et qu'il faudrait l'instaurer contre l'oligarchie en place... C'est bien imaginé, il est toujours bon de se donner un ersatz et de rêver de réinstaurer ce qui n'a jamais existé ! On se rassure ainsi à bon compte. Mais on sait qu'hormis en Suisse aujourd'hui avec la démocratie directe referendaire (et encore vu le niveau d'imprégnation de l'argent dans tous les partis, il n'est pas certain qu'aucun lien ne lie ces partis avec d'obscures officines), la démocratie n'a existé nulle part dans le monde, même à Athènes...

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Les systèmes politiques actuels, que nous nommerons dorénavant « oligarchies déguisées », car ils poussent la majorité à conférer les pouvoirs dans les mains d’une minorité, sans contrôle, tout en faisant croire qu’ils sont démocratiques, ont été savamment réfléchis. Mais ils n’ont pas été réfléchis pour le bien commun. Au cours du 18ème siècle de multiples facteurs ont mis en avant une volonté de progrès dans plusieurs parties du monde. Le progrès est synonyme de liberté. Seulement voilà, les révolutions qui ont abouties à la chute de systèmes politiques monarchiques (ou oligarchiques, sans la participation des citoyens à choisir les membres de l’oligarchie) ont été menées ou récupérées, comme c’est très souvent le cas, par un petit nombre de personnes, plus puissantes (économiquement ou politiquement) ou plus libre de s’investir. Les constitutions des nouveaux systèmes politiques ont été créées par des personnes qui avaient des intérêts particuliers (économiques). Ainsi il a fallu réfléchir à une manière de contenter la population avide de liberté tout en s’assurant de la continuité des privilèges économiques et politiques. La « démocratie représentative » est ce qu’il leur fallait.

La « démocratie représentative » est une expression qui est apparue au cours du 19ème siècle. Lors de la mise en place des oligarchies légitimées par une participation minimale des citoyens, personne ne parlait de démocratie, puisque ceux qui s’intéressaient à l’étude des systèmes politiques savaient la différence fondamentale entre ces nouveaux régimes et la démocratie véritable à l’image de la démocratie athénienne. C’est avec la sortie du livre « De la démocratie en Amérique », en 1835 par Alexis de Tocqueville qu’on assimile les « oligarchies déguisées » à la démocratie. Un gros problème qui n’arrange pas les choses: on nomme dorénavant la défaillance (oligarchie déguisée) par son contraire et par la solution: la démocratie. De fait, la plupart des gens pensent que nous vivons en démocratie.

Le système de l’oligarchie déguisée (démocratie représentative), a de nombreux avantages pour que l’oligarchie déjà formée (nobles et bourgeois) lors de la révolution subsiste et continue à se développer dans le temps:

-Le semblant de pouvoir accordé aux citoyens va faire taire la plupart des personnes réclamant la démocratie, car le matraquage médiatique persuade que le vote est fait pour changer les choses et donner le pouvoir au peuple.

-La création de partis politiques va permettre l’apparition de lignes de pensée qui vont s’imposer sur les élus. Les élus, s’ils veulent bénéficier des avantages liés à l’appartenance à un parti ( avantages quant à la communication, à l’organisation, au réseau..) doivent taire leurs revendications personnelles en désaccord avec la ligne du parti.

-La délégation du pouvoir à une minorité permet et encourage l’ignorance de la population sur certains sujets, comme les débats n’ont lieu qu’entre les dirigeants (parlementaires et gouvernement), les citoyens n’ont pas besoin d’avoir accès ou de se voir diffuser des études ou rapports sur tous les sujets. La connaissance des citoyens est freinée, et cela fait l’affaire de l’oligarchie.

-La convergence des puissants de l’économie, de la politique et des médias permettent le développement d’une pensée unique et la marginalisation de toute alternative.

-Le système fait voter pour des personnes et non pour des idées, – et encore moins pour des idées séparément – cela pousse les citoyens à faire des choix en terme de priorité, et d’entrer souvent en contradiction sur certains points entre leurs propres opinions et celles du candidats pour lequel ils vont voter. Cela permet à l’oligarchie de faire passer en bloc tout un tas d’idées.

-Les systèmes actuels, face à l’impuissance légale des citoyens, oblige ces derniers à faire des actes (manifestations, occupations, grèves) pénibles et contre-productifs pour se faire entendre (sans aucune assurance d’écoute ). Les oppositions sont donc contenues et freinées par la pénibilité et l’illégalité de l’acte.

Le système comporte aussi de nombreuses défaillances qui peuvent nuire à sa propre survie:

-L’élite qui se voit accorder les tout-pouvoirs vit très confortablement grâce à la décision qu’elle a prise: les citoyens vont financer le train de vie des décideurs. Cet abu crée un sentiment de rejet de la part des citoyens et favorise la critique du système.

-Le système politique représentatif est fondé sur le concept de la majorité, mais celle-ci n’est souvent pas atteinte lors des élections. Ainsi si on fait un calcul fiable et complet, en 2007 Sarkozy a été élu par moins de 41% de la population pouvant voter.

-L’absence de contre-pouvoir légal (les partis principaux ne forment pas des contre-pouvoirs puisqu’ils ont en majorité les mêmes intérêts) permet le développement et la mise en place de processus pouvant découler sur des crises graves (écologique, économique, sociale, morale).

-La polarisation du pouvoir amplifie la possibilité de choix non réfléchis et de conflits d’intérêts. S’en suit une instabilité du système lui-même. Si le système politique actuel est le fruit d’un long combat, c’est bien celui du combat que mène la classe capitaliste (depuis le 18ème siècle est liée à la classe politique), pour conserver leurs provilèges.

L’oligarchie nous a « accordé » le « droit » de vote, c’est un leurre dont il ne faut pas se contenter. Nous réclamions le bras, ils nous ont donné le doigt, et sous l’argument que le doigt c’est déjà bien, certains participent au cirque électoral alors qu’il est là pour contenir le progrès. Les médias et l’éducation y sont pour beaucoup: nous devons arriver à ne plus voter, car voter c’est quelque part légitimer leur système, une fausse démocratie.

 

Source: http://24heuresactu.com/2011/11/10/vive-labstention-en-2012/

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- 1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie

- 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

- La démocratie n'a jamais existé 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 19:54

Les droits de l'homme ont remplacé le droit naturel : gravissime erreur comme nous l'explique Stéphane Piolenc.

 

 

Seconde partie : http://www.dailymotion.com/video/xj0dqa_droits-de-l-homme-droit-naturel-ecologie-deuxieme-partie_news

 

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