Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 14:40

Le Figaro Publié le 12 mai 2007 à 15h05

Le célèbre portrait géant de Mao Tse-Toung, accroché sur la place Tiananmen à Pékin, a mystérieusement pris feu cet après-midi. "Le portrait était en feu sur le côté gauche", ont déclaré un diplomate et un photographe qui circulaient en taxi aux abords de la place. Les deux témoins ont dit ne pas savoir comment ni pourquoi le feu s'était déclaré. Le commissariat de Tiananmen s'est refusé à tout commentaire. Le portrait original de Mao a été peint en 1950 par Zhang Zhenshi et a servi de modèle aux portraits qui se sont succédé sur la place Tiananmen à l'entrée de la Cité interdite.

(Avec AFP).

 

Partager cet article
Repost0
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 11:21

Mis à jour 6 septembre 2013 8h58.

 

Avec "Clovis et son temps", film de Jacques Barsac (conseiller historique Michel Rouche, Professeur à la Sorbonne, auteur d'un "Clovis"), aux riches documents iconographiques et images de synthèse, France 3 Production 1997 publie un documentaire aux détails parfois discutables, mais l'essentiel est respecté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous notons pour les francs-maçons qui tiennent que la "France" n'existe pas avant le XIIIe-XIXe siècle, voire 1789, cette petite information (video 1) : "Les géographes romains dressent des cartes qui leur permettent de maîtriser leur immense territoire. Sur la rive droite du Rhin apparaît le terme de "FRANCIA" pour désigner les territoires occupés par les Francs, un peuple germanique encore situé hors de l'Empire."

 

Video 3: "La res publica, Clovis est le refondateur de l'Etat de droit". Cette autre précision change des falsifications "républicaines" tenant que l'"Etat de droit" aurait été inventé par les révolutionnaires en 1789!

 

Video 3: "Le 10 juillet 511, il convoque un concile à Orléans…, les évêques votent des canons, des lois religieuses. Il les propose ensuite à Clovis pour approbation comme lois publiques conformément à l'union de l'Eglise et de l'Etat, qui datait de 392. Chacun donc, l'Eglise comme l'Etat sont AUTONOMES dans sa sphère (c'est cela la vraie laïcité : la reconnaissance de deux pouvoirs DISTINCTS, un temporel et un spirituel, cependant que les hérétiques ariens proposaient une théocratie à l'antique où le Roi était à la fois chef de religion et chef d'Etat… Ce que la video nomme un totalitarisme, est en fait un césarisme. On imagine donc quel progrès Clovis et le catholicisme ont apporté).

 

"Au Roi incombe la tâche de diriger les laïcs, à l'évêque…, appartient la responsabilité de dire le Bien divin pour tous (le tout, cette alliance des deux pouvoirs devant conduire au "Bien commun", notion de théologie catholique). Tels étaient les conséquences du baptême de Clovis. Distinguer l'activité des laïcs du rôle spirituel des clercs (comme le dit Jean-Paul II dans ses Mémoires, "distinction n'est pas 'séparation'…, mais saine collaboration").

 

 

Petite bibliographie sur Clovis :

 

* C. Guénot, Clovis le Fils aîné de l'Eglise, Epopées de l'histoire de France, Vve H. Castermann, Tournai 1883 (magnifique narration de l'histoire de Clovis et Clotilde. Livre rare).

* Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996

* Anne Bernet, Clotilde, Épouse de Clovis, Pygmalion, Bergame 2005

* Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996 (livre intéressant écrit par deux protestants)

* Abbé Dessailly, Authenticité du Grand Testament de Saint Rémy, Livres d'autrefois, Condé-sur-Noireau 1996

* Francis Dallais, Clovis ou le combat de gloire, Préface du professeur Jean-Pierre Brancourt, PSR Editions, La Roche Rigault 1996

* Georges Bordonove, Les rois qui ont fait la France, J'ai lu, Paris 2001.

* Michel Rouche, Clovis.

--------------------------------------------------

> "Francia" : les origines de la France

> Clovis , La France et la chrétienté

> Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

Partager cet article
Repost0
11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 15:10
Une légende républicaine démontée: "le paysan français de l'Ancien Régime écrasé d'impôt par un pouvoir tyrannique"

L'historien Jean-Christian Petitfils nous livre une perle dans sa biographie de Louis XIV: le paysan français sous l'Ancien Régime n'était pas écrasé d'impôt et le Roi n'était pas un tyran... L'exact inverse de ce que nous raconte les falsificateurs professionnels de la république. La vérité finit toujours par sortir.

"La monarchie n'a rien à voir avec la tyrannie à l'antique ou le despotisme à l'oriental. Simple dépositaire de la Couronne, le souverain doit respecter les lois fondamentales du royaume et le droit naturel, notamment le droit de propriété auquel il ne peut porter atteinte... La peur de la malédiction était, au plan politique, un puissant frein aux abus et aux détournements de pouvoir. A contrario, le scepticisme des Lumières, sur lequel s'appuie le "despotisme éclairé" - que l'on présente d'ordinaire comme une régime plus "moderne" et plus rationnel -, a contribué non pas à la limitation de l'arbitraire mais à son extension..." (Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, 2002, réed. Collection Tempus, La Flèche 2006, p. 222)."La vérité qui se fait jour aujourd'hui oblige à revenir sur le vieux cliché tenace du despotisme broyeur et de la tyrannie du pouvoir royal.... L'image du paysan français écrasé d'impôts par un pouvoir tyrannique est une légende inventée par l'historiographie du XIXe siècle à partir des stéréotypes révolutionnaires. En 1715, le contribuable français payait en moyenne deux fois et demie moins d'impôts que son homologue britannique... La monarchie absolue, par conséquent, fut moins oppressive fiscalement que la monarchie représentative et tempérée à l'anglaise" (ibid. p, 703-705). Le malheur est qu'en France aujourd'hui, le régime républicain continue d'endoctriner les enfants, d'une manière obligatoire, à ce type de clichés mensongers. L'entreprise de décervelage est toujours en place. Les Français ont reconduit les candidats du système "démocrate" au pouvoir.

Le point de vue de Jean-Christian Petitfils n'est pas isolé. Il rejoint ceux d'autres éminents historiens: François BluchePierre Gaxotte, Frantz Funck-Brentano, Jean-Louis Harrouel, Jacques Heers : Le Roi de France n'était pas un tyran. J.-L. Harrouel indique: "La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite 'absolue'... En effet, l’autorité étatique y est beaucoup plus à même d’imposer sa volonté..." (Jean-Louis Harrouel, L’esprit des institutions d’Ancien Régime, Le miracle capétien, Perrin, 1987). 

"En 1789, le paradoxe veut que la France soit 'un Etat pauvre dans un pays riche' (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Arthème Fayard, Paris 1928) les impôts sont trop légers (5% du revenu national, 10% dans les périodes où la pression est la plus forte, contre 45% à la fin du XXe siècle)" (Yves-Marie Adeline, Histoire mondiale des Idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 323).

Dans un autre livre (Le Royalisme en question), Yves-Marie Adeline précise que non seulement rien n'a changé aujourd'hui, mais qu'au contraire tout a changé: "nous ne payons plus seulement une taxe sur le sel, mais sur tous nos produits, et nous payons infiniment plus d'impôts que sous Louis XVI. Dans les périodes des plus lourdes taxes, l'impôt sous l'Ancien Régime allait jusqu'à atteindre 10% du revenu national, mais globalement il s'est maintenu au niveau de 5%. Aujourd'hui il est à 45%. Neuf fois plus! Mais nous sommes en république, donc c'est normal: tel est encore un effet de la tyrannie de l'ignorance. ... " (Yves-Marie Adeline, Le Royalisme en question, L'Âge d'Homme - Editions de Paris,  Libres Mobiles, 2e édition, Paris 2006, p. 100).

Aujourd'hui, un président de la République "française", dont les pouvoirs peuvent aller, outre la violation des lois divines, jusqu'à la violation du droit de propriété (impôt de succession...), la violation du droit naturel, violation de la morale (avortement, eugénisme, manipulations génétiques), la cession de territoires (la liquidation de nos colonies), la destruction de coutumes françaises (suppression du lundi de Pentecôte), a incontestablement plus de pouvoirs qu'un roi de France qui devait respecter les "libertés françaises", les coutumes des pays et les lois fondamentales du royaume. Le Roi n'était pas propriétaire du Royaume, il ne pouvait en disposer à sa guise. ... (Exemple: un roi n'eut pas pu céder à sa guise un territoire comme l'a fait de Gaulle avec l'Algérie). La loi d'inaliénabilité du territoire faisait que les territoires n'étaient pas cessibles par une volonté du Roi. En toutes ces choses, le président de la "République" est donc un bien plus grand despote que n'a pu l'être n'importe quel Roi de France.

Partager cet article
Repost0
6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 06:52

Comme à son habitude, la franc-maçonnerie falsifie l'histoire, en occultant des pans entiers d'histoires dont elle s'arroge ensuite la gloire. "Le décret n° 2006-388 du 31 mars 2006, publié au Journal Officiel du 1er avril 2006 fixe la date en France métropolitaine de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage au 10 mai.

Le Grand Orient de France organise le jeudi 10 mai 2007 à 16h un rassemblement devant le Panthéon pour commémorer cette date anniversaire de l'abolition de l'esclavage par le dépôt d'une gerbe de fleurs sur la tombe de Victor Schoelcher.

Cette cérémonie se déroulera en présence du Grand Maître, Jean-Michel Quillardet, d'une délégation du Conseil de l'Ordre, et des Frères du
Grand Orient de France. .

Une exposition Francs-maçons au Panthéon sera inaugurée le jeudi 10 mai 2007 à 17h (
Panthéon - salle Marie Curie). Le Grand Orient de France honorera au travers de cette exposition (jusqu'au 21 mai 2007) organisée au Panthéon la mémoire de 4 Francs-Maçons célébres dont les cendres reposent en ce lieu dédié aux grands personnages ayant marqué l'histoire de France. 4 colonnes seront érigées représentant ces 4 Francs-Maçons célèbres. Elles retraceront les hommes, leurs histoires et leurs vies maçonniques. L'inauguration de l'exposition aura lieu en présence de représentants des 4 Loges du Grand Orient de France portant le titre distinctif de ces 4 grands francs-maçons : Victor Schoelcher, François Voltaire, Félix Eboué, Léon Gambetta." (Blog maçonnique)

BathildeLe blog maçonnique, le Grand Orient de France, la "république" rappelleront-ils que l'abolition de l'esclavage antique en France remonte, au VIIe siècle, à la Monarchie mérovingienne et plus particulièrement à une reine catholique, sainte Bathilde, épouse de Clovis II ? La tradition lui attribue l'interdiction des marchés d'esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs. 
















 Le roi de France Louis X le Hutin (1314-1316) signa une ordonnance "selon laquelle tout individu mettant le pied dans le royaume de France était libre" ? (Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, Folio Histoire, Saint-Amand 2006, p. 257). Professeur à l’université de Bretagne Sud à Lorient, Olivier Pétré-Grenouilleau est actuellement considéré comme le meilleur spécialiste français de l'histoire de l'esclavage.

L'essentiel des esclaves passés dans les traites d'exportation ont été vendus de leur plein gré, par des négriers africains qui considéraient que l'affaire était pour eux suffisamment rentable"? (Olivier Pétré-Grenouilleau, ibid., p. 505). "La traite des esclaves a totalement dépendu des Africains car ce furent bien des Africains qui vendirent d'autres Africains à des négriers européens. Quatre royaumes côtiers eurent un rôle essentiel dans cette honteuse pratique, le Bénin, le Dahomey, l'Ashanti et l'Oyo qui durent leur fortune et leur développement au commerce des esclaves. De l'intérieur du continent jusqu'au littoral, les réseaux de distribution, les péages, les versements de taxes, les marchés continentaux faisaient qu'une partie de l'Afrique s'enrichissait en en vendant une autre. Certains de ces royaumes connurent une prospérité remarquable. Le roi du Dahomey Tegbessou, vers 1750, livrait ainsi chaque année plus de 9000 esclaves, ce qui lui procurait des revenus supérieurs à ceux des armateurs de Liverpool ou de Nantes et quatre à cinq fois plus riches propriétaires terriens d'Angleterre. Cette réalité est trop souvent niée par les élites africaines" (Bernard Lugan, Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, p. 36). 

"[M]ême limité, l'esclavage existait depuis longtemps en Afrique noire" (Olivier Pétré-Grenouilleau? ibid., p. 517). "L'esclavage fut important en Afrique noire, et ce dès le Moyen Âge. L'esclavage était déjà fondamental à l'ordre social, politique et économique de zones situées au nord de la savane, en Ethiopie et sur la côte est africaine, depuis plusieurs siècles avant 1600" (Olivier Pétré-Grenouilleau, ibid., p. 519-520). 

"L'esclavage se pratiquait, au sud du Sahara, entre les Noirs, d'un royaume ou d'une tribu à l'autre, depuis des temps certainement très reculés et a perduré pendant tout au long de la traite atlantique sans que celle-ci y soit pour quoi que ce soit" (Jacques Heers, Les Négriers en terre d'islam, La première traite des Noirs, VIIe-XVIe siècle, Perrin, Paris 2004, p. 7).

Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des amérindiens ainsi que "toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci".


"Les Droits de l'homme sont ceux de l'individu blanc: sous la Constituante et plus encore sous le Directoire, qui prêchent l'expansion coloniale, ils s'appliquent de manière discriminatoire, et établissent l'infériorité de la race noire, autorisant par là traite et esclavage... Sinon comment expliquer que l'article 15 de la Déclaration des droits - que les instructions esclavagistes envoyées à Blanchot ont l'audace d'invoquer! - n'ait pas entraîné l'abolition de la servitude, le jour même où l'Assemblée nationale l'adopta?" (Pierre Pluchon, Histoire de la colonisation française, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996, p. 978). "Est-ce étonnant quand on sait, depuis que Michel Bruguière l'a montré, que les maîtres administratifs des finances et du commerce révolutionnaires se recrutent principalement dans l'industrie textile, le commerce maritime et la banque!" (ibid., p. 894). Les "Philosophes" eux-mêmes étaient les premiers négriers et des racistes notoires.Le siècles des dites "Lumières" étaient aussi le siècle des Lumières racistes. "La Révolution française se solde par une faillite idéologique: la Régénération entreprise au nom de l'égalité et de la liberté n'a pas apporté ce qu'elle avait promis. ... Au nom de l'égalité, l'Africain échappe à la protection de la Déclaration des droits de l'homme qui ne s'étend qu'à l'humanité des Blancs, de préférence citoyens actifs! Le servage que l'Assemblée nationale naissante a anéanti en France dans ses ultumes séquelles, forme le droit commun dans les possessions tropicales! Ce manquement à l'exigence idéologique s'achève dans le reniement: la Révolution consulaire restaure l'esclavage et, du même coup, retire la citoyenneté aux gens de couleur. Ce mouvement de retour à un passé aggravé - le Code Noir  de Louis XIV accordait l'égalité civique aux gens de couleurs (ibid., p.  795) -, que les autorités et les maîtres applique avec rigueur, s'accompagne du maintien du système des plantations. Ainsi, après vingt-cinq ans de tumulte..., la société et l'économie des colonies n'offrent guère d'autre changement au regard, sinon l'avènement d'un conservatisme jusque-là inconnu" (ibid., p. 1001). 

"Dans le Bordeaux de la fin du XVIIIe siècle, il semble que la plupart des francs-maçons aient été négriers" (Hugh Thomas
, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309). Le franc-maçon La Fayette, auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le 10 mars 1790 à l'Assemblée, "vote le maintien de la traite des Noirs"; les frères Lameth "possédaient trop d'intérêt à Saint-Domingue..., Barnave aussi." Tous étaient francs-maçons. (Source : Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 182, 183, 185, 192, 250.)

"La traite ne fut pas une tentative de colonisation puisque les Européens ne s'installèrent pas à demeure sur le littoral et ne pénétrèrent pas à l'intérieur du continent" (Bernard Lugan, Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, Lonrai 2006, p. 34). 

En Afrique, alors que le littoral leur était connu depuis le XVIe siècle, les Européens "ne commencèrent à pénétrer à l'intérieur du continent qu'à la fin du XIXe siècle" ... "en 1880, à l'exception de l'Algérie, d'une partie de l'actuel Sénégal, des implantations portugaises de la région de Luanda ou du Mozambique, de la colonie britannique du Cap et des Républiques boers, les Européens ne connaissaient pas l'Afrique. Dix ans plus tard, dans les années 1890, la situation aura totalement changé" (Bernard Lugan, ibid., p. 21). 

"La colonisation française est une grande idée de gauche". '"Après avoir longtemps hésité, la France se lança (XIXe siècle), d'abord sans précipitation, puis très activement, dans une grande politique d'expansion coloniale arc-boutée à une justification morale reposant sur l'idée de sa 'mission civilisatrice', et sur le mythe du Progrès"?  (Bernard Lugan, ibid., p. 95).


"Si Jules Ferry fut le père de la colonisation républicaine française, il ne fit en réalité que mettre en pratique l'engouement que la gauche française nourrissait alors pour l'expansion coloniale"? (Bernard Lugan, ibid., p. 97).

"La France 'patrie des Lumières' se devait de faire connaître aux peuples qui l'ignoraient encore ce message universaliste. ... On trouve chez Jules Ferry la notion de colonisation émancipatrice, de lutte pour la justice, d'élévation de l'esprit grâce aux Lumières. "Comme l'écrit Raoul Girardet: "Comment la France, patrie des Droits de l'Homme, annonciatrice de la grande espérance de 1789 pourrait-elle se dérober devant les exigences de cette nouvelle croisade libératrice (qu'est la colonisation)?" (Raoul Girardet, L'idée coloniale, p. 49). Comme les autres membres de la gauche coloniale, Jules Ferry... dans son fameux discours du 28 juillet 1885, ne craint pas de déclarer: "Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures; mais parce qu'il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (Jules Ferry cité in Bernard Lugan, ibid., p. 102).

"Ce ne fut pas un homme de droite, mais Jean Jaurès, cette grande icône républicaine qui déclara: "la France a autant le droit de prolonger au Maroc son action économique et morale qu'en dehors de toute entreprise, de toute violence militaire, la civilisation qu'elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l'état présent du régime marocain" (Discours de Clemenceau devant la Chambre des députés en 1903 cité in Girardet, L'idée coloniale, op. cit., p. 108, cité in Bernard Lugan, ibid., p. 104). La gauche coloniale établissait donc une hiérarchie entre les "races" et les civilisations.  

Ne s'embarrassant pas davantage de nuances, vingt-deux ans plus tard, le 9 juiller 1925, Léon Blum ne craignit pas d'affirmer devant les députés: "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie".

Albert Bayet, président de la Ligue des droits de l'Homme alla encore plus loin. Lors du Congrès du mouvement qui se tint à Vichy en 1931, il ne craignit pas de déclarer que la colonisation française était légitime puisqu'elle était porteuse du message des "grands ancêtres de 1789". Dans ces conditions: "Faire connaître aux peuples les droits de l'Homme, ce n'est pas une besogne d'impérialisme, c'est une tâche de fraternité". (Bernard Lugan, ibid., p. 105).

Le 10 mars 1883, 351 députés votèrent le budget colonial de Jules Ferry contre 42 et 122 abstentions, et qu'"avaient voté 'non' les monarchistes, dont Albert de Mun et Albert de Broglie, et les radicaux comme Clemenceau, Camille Pelletan et Georges Périn"? (Bernard Lugan, ibid., p. 99-100). 

Quant à la maçonnerie, elle voyait dans la colonisation le moyen de mondialiser les idées républicaines. En 1931, à Vichy, lors du Congrès annuel de la Ligue des droits de l'homme.., Albert Bayet déclara: "La colonisation est légitime quand le peuple qui colonise apporte avec lui un trésor d'idées.... La France moderne, fille de la Renaissance, héritière du XVIIIe siècle et de la Révolution, représente dans le monde un idéal qui a sa valeur propre et qu'elle peut et doit répandre dans l'univers. ... Le pays qui a proclamé les Droits de l'Homme..., qui a fait l'enseignement laïque, le pays qui, devant les nations est le grand champion de la liberté a, de par son passé, la mission de répandre où il peut les idées qui ont fait sa grandeur" (Albert Bayet Cité par Pierre Biarnès, Les Français en Afrique de Richelieu à Mittérand, Armand Colin, Paris 1987, p. 241, cité in Bernard Lugan, ibid., p. 10).

Au XXIe siècle, c'est encore sur ces thèmes de liberté et de droits de l'homme que Bush justifia sa "croisade de la démocratie" en Irak.


----------------------------------------------

"L'imposture de la devise "Liberté Egalité Fraternité"
"
Le mensonge de la "Liberté" : la corruption de la liberté par les libéraux "
"
La volonté générale et l'asservissement de la liberté "
"
Liberté, Egalité, Fraternité... ou la mort!"
"
L'imposture démocratique"
"
Le pouvoir de l'argent dans nos démocraties"  
"
1789 Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie "

Partager cet article
Repost0
26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 19:23

26/03/2007 19:34

CITE DU VATICAN, 26 mars 2007 (AFP) - Le Vatican salue la formation du gouvernement palestinien d'union nationale

 

Un responsable du secrétariat d'Etat du Vatican a salué lundi la formation du gouvernement palestinien d'union nationale, dirigé par le Hamas et composé de représentants du Fatah, tout en espérant qu'il soit un "interlocuteur digne de confiance", selon un communiqué officiel.

"Il est certainement positif" que le gouvernement d'union nationale "soit le produit d'un compromis entre les principaux groupes politiques palestiniens", a déclaré jeudi le sous-secrétaire pour les Rapports avec les Etats, Mgr Pietro Parolin, selon un communiqué diffusé par le Vatican.

Ce gouvernement "met fin à plusieurs mois de conflit violent, armé et dur, qui a fait de nombreuses victimes, souvent innocentes, au sein du peuple palestinien qui a déjà tant souffert", a ajouté Mgr Parolin.

"La communauté internationale espère que le nouveau gouvernement sera un interlocuteur légitime et digne de confiance, capable de guider son peuple (...) à la conclusion d'une paix juste avec les Israéliens, qui ont le droit de vivre en paix dans leur propre Etat, et à la mise en place d'un Etat libre, indépendant et souverain" pour les Palestiniens, a-t-il déclaré.

L'intervention de Mgr Parolin a eu lieu lors d'un conférence internationale pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien organisée à Rome les 22 et 23 mars au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le gouvernement d'union palestinien est dirigé par le Hamas et composé de représentants du Fatah du président de l'Autorité palestienne Mahmoud Abbas et d'autres fractions palestiniennes.

Depuis son investiture, l'Union européenne a repris des contacts avec les membres non-Hamas du nouveau gouvernement palestinien, le Hamas figurant sur la liste européenne des organisations terroristes.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 15:28

Le siècle des "Lumières" est aussi le siècle du racisme philosophique.

Voltaire écrit ans l'Essai sur les moeurs et l'Esprit des nations (1756), que les peuplades d'Amérique "vivent sous des huttes; elles se vêtissent de peaux de bêtes dans les climats froids, et vont presque nues dans les tempérés. Les unes se nourrissent de chasse, les autres de racines qu'elles pétrissent : elles n'ont point recherché un autre genre de vie, parce qu'on ne désire point ce qu'on ne connaît pas. Leur industrie n'a pu aller au-delà de leurs besoins pressants. Les Samoyèdes, les Lapons, les habitants du Nord de la Sibérie, ceux du Kamtchatka, sont encore moins avancés que les peuples de l'Amérique.  La plupart des Nègres, tous les Cafres sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps." Voltaire, grand esclavagiste, résume ses théories d'une phrase allègre : "La race des nègres est une espèce d'hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l'est des lévriers…" "Comment se peut-il qu'Adam, s'interroge Voltaire, qui était roux et qui avait des cheveux, soit le père des nègres qui sont noirs comme de l'encre et qui ont de la laine noire sur la tête ?" (Essai sur les mœurs, 1756).

L'intendant Poivre, le philanthrope manchot qui prêche aux colons des Mascareignes de traiter les esclaves avec humanité et dont la veuve s'inscrira aux Amis des Noirs, exprime son mépris en ces termes : "Les nègres... ces hommes stupides qui s'estiment assez peu pour se vendre en détail les uns et les autres, ne pensent guère à la culture de leur terres. Contents de vivre au jour la journée sous un ciel qui donne peu de besoins, ils cultivent que ce qu'il leur faut pour ne pas mourir de faim" (Voyages d'un Philosophe). 

Les maîtres des grands esprits, ceux qui ont les Lumières, n'ont pas hésité à côtoyer le Hollandais Cornelius de Pauw, lu en son temps..., un peu oublié aujourd'hui, qui dénonce dans les Sauvages, "une espèce dégénérée du genre humain, lâche, impuissante, sans force physique, sans vigueur, sans élévation dans l'esprit" (Recherches philosophiques sur les Américains, 1768).

 

Montesquieu est peut-être des "philosophes" des "Lumières" le plus odieux, il dit de l'Africain, condamné à l'abattement du corps et de l'esprit par le climat, qu'il est un "animal noir qui a de laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu'un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d'idées qu'eux, et plus de facilité pour les exprimer".

 

Cet aspect des prétendues "Lumières" est soigneusement caché par les propagandistes apôtres de la "tolérance"... Les "Philosophes" étaient tous de grands esclavagistes, racistes notoires et investisseurs dans les compagnies de traite négrière.

 

Sources :

 

Pierre Pluchon, Histoire de la colonisation française, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996.

Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, Paris 2004.

Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003.

 

- Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

Partager cet article
Repost0
13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 17:04
"Pour demander leurs secrets au temps modernes.., il faut débrouiller ses mensonges et reconnaître son véritable état malgré les illusions qu'ils cherchent à répandre. L'euphorie des temps modernes en France et dans les autres démocraties, cache une malhonnêteté fondamentale qui est la cause de notre décadence. Les régimes que nous appelons 'démocratiques' sont une comédie au même titre que les 'démocraties populaires'. La volonté nationale y est escamotée. Une caste de privilégiés s'y est emparée de la nation. 

"Son pouvoir a pour condition la libre pénétration du pouvoir de l'étranger (et le jeu des minorités contre la majorité) qui aboutit à notre division politique, à notre impuissance, à notre domestication. 

"Finalement, sous prétexte de Liberté, nous ne sommes plus maîtres de rien chez nous, ni de nos économies, ni de nos territoires, ni de notre destin. Nous ne sommes plus rien dans nos nations. Les temps modernes, c'est le temps de l'expropriation, c'est de cela que nous devons d'abord prendre conscience" (Maurice Bardèche , Les Temps modernes, Editions Les Sept couleurs, Montargis 1956, p. 10-11). 

"La puissance de l'argent dans nos démocraties est immense, mais toujours oblique, tortueuse, omniprésente et sourde

"L'argent règne, mais sans ministres, sans appareil, sans charte. Il pénètre tout, mais comme l'humidité, comme le sel. Les groupes financiers ou du moins certains groupes financiers font les élections et ils font les partis: mais ensuite les partis gouvernent comme ils peuvent et ils ne font pas toujours, ils ne peuvent pas toujours faire la politique pour laquelle ils ont été payés. 

"Les barons financiers autorisent et soutiennent telle idéologie et tolèrent ou combattent telle autre. ... On découvre alors que les gouvernements ne peuvent se mouvoir que dans des limites très étroites. ..." (Maurice Bardècheibid., p. 85-86).  
"L'empire de l'argent est un empire sans loi morale. Sa seule loi est le gain. Les hommes de l'argent n'ont pas intérêt à la puissance de nos patries. Ils ont intérêt à traiter avec un pouvoir faible et, si possible, vénal. C'est pourquoi la démocratie est leur instrument. ... 
"Ils aiment diviser pour régner. Le régime des partis leur offre cette occasion" (Maurice Bardècheibid., p. 92).

Résumé

La démocratie "moderne" française est donc nocive et dangereuse pour la nation, car elle divise pour régner, elle détruit la communauté nationale en la démembrant en autant d'intérêts particuliers devant s'exprimer à chaque élection
... En cela elle est fatale à l'unité, à la paix et la tranquillité de notre nation. Et c'est là un "devoir civique" que de participer au démembrement et à la division !! 

Entre les élections ? Rien. Ou plutôt une division sectaire et haineuse entre camps constitués et institutionnalisés, une division portant aux affaires le groupe le plus sournois, le groupe rompu aux techniques subversives de communication et de manipulation médiatique de l'opinion, le groupe qui a réussi le mieux à s'emparer des avenues du pouvoir, le plus soutenu par la
bourgeoisie d'affaires et d'Argent, qui peut être, à tout de rôle, de droite comme de gauche, démocratie oblige (!) 
 


L'imposture du suffrage universel

"Le suffrage universel..., a pour signification essentielle de faire connaître l'avis du peuple sur la politique du régime. C'est là sa fonction... Et à ce titre..., il est utile à tout régime de connaître l'opinion du peuple (au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le Roi aussi aimait à connaître l'avis de ses peuples en convoquant les Etats généraux, mais qui n'avaient qu'un but consultatif et informatif). 

Mais, pratiquement, dans nos régimes 'modernes', le suffrage universel ne sert PAS seulement à cela, il sert essentiellement, il sert surtout à désigner les hommes parmi lesquels seront choisis obligatoirement les dirigeants politiques et techniques de la nation... 

Rien dans la définition du suffrage universel, rien même dans nos constitutions ne force à choisir les ministres parmi les députés (élus de la nation). Mais en fait,... on ne peut devenir un dirigeant politique de la nation sans être d'abord député... Le peuple, une fois tous les quatre ans ou une fois tous les six ans, épuise d'un seul coup tout son pouvoir en mettant un nom dans une enveloppe, puis il est la proie silencieuse des maîtres qu'il a choisis... 

Le peuple aimerait bien parler peut-être de temps en temps, il aimerait bien donner son avis sur certaines affaires qu'il trouve importantes. Mais c'est trop tard alors. Il gît désarmé, épuisé par l'acte électoral, comme ces princes des contes de fées qui n'ont qu'une flèche pour se défendre, comme ces pêcheurs auxquels un génie des eaux n'a accordé qu'un seul souhait. 

Le suffrage universel qui devait fonder une démocratie, c'est-à-dire un pouvoir du peuple, fonde en fait une oligarchie, c'est-à-dire le pouvoir d'une caste que le peuple croit désigne
r
. Les régimes actuels ont perfectionné la désignation de cette caste... Les électeurs connaissent personnellement les candidats et il leur arrivait parfois, simplement par instinct, de préférer d'honnêtes gens à des fripouilles chargées de reliques. Cela amenait au Parlement de mauvaises têtes qui faisaient des discours inconvenants. On a évité cet inconvénient en invitant deux cent mille personnes à voter pour quelqu'un qu'elles ne connaissent pas. Et, comme ils auraient pu s'obstiner à désigner quelqu'un qu'ils estiment, on a décidé qu'on ne tiendrait pas compte des suffrages égarés sur des amateurs qui n'ont pas reçu l'investiture des grands partis... Appartenir à cette caste des gouvernants est donc devenu obligatoirement le commencement de toute carrière politique" (Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 16-18). 

"[L]es Français voient fleurir de nouveaux partis et de nouveaux sigles qui n'ont pas toujours de sens bien précis et changent au gré des modes. L'art consiste, pour les uns, à maintenir une référence au "socialisme", présenté comme un garant de la justice sociale, des privilèges et des monopoles; pour les autres, à fondre en un seul titre et quel que soit l'ordre plusieurs mots porteurs de grands symboles: Démocratie, Peuple, France ou Français, plus rassemblement ou Union. Ces partis décident de tout et tiennent d'une main ferme les ressorts des scrutins. [N]i le président ni même les députés, représentants du Peuple, ne sont  désignés par les seules élections. Les citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés" (
Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189). 

Ces instances, ces stratèges, les amis du parti sont les actionnaires de grandes compagnies qui attendent un retour sur leurs commandites. Les hommes mis en place ne sont que des guignols, des pantins manipulés par ces groupes. Ce système est dirigé comme standard planétaire et est imposé par la force aux Etats rebelles, au nom de la démocratie et de la liberté.

"On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation" (
Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 25-26).
 
"Cette impuissance du peuple, cette dépossession du peuple, c'est la contradiction fondamentale des démocraties modernes. Elles veulent défendre la démocratie sous prétexte que la démocratie est le pouvoir du peuple. Et elles défendent la démocratie en empêchant qu'il puisse y avoir sur la scène politique autre chose que des partis démocratiques... La démocratie ainsi  conçue se retourne contre le peuple. Elle lui assure une liberté qui n'est qu'un mot, elle lui donne un bulletin de vote qui est sans valeur" (Maurice Bardèche, ibid., p. 32-33). 


L'imposture de la démocratie en temps de guerre

"Quoiqu'il en soit, il est évident que cette division, plus ou moins factice ou inutile, des citoyens en de multiples factions plus ou moins étanches et hostiles, division qui se répercute dans l'enceinte des parlements, et même au sein des gouvernements, ne saurait être propice à la bonne conduite des affaires du pays, à la sauvegarde de l'intérêt national. 

Et c'est si vrai que, dans les moments de crise grave, où l'existence du pays est menacée, en particulier en temps de guerre, les gouvernements de nos démocraties - généralement investis pour la circonstance de ce que l'on appelle 'les pleins pouvoirs', c'est-à-dire en fait, transformés en dictatures (!) - proclament la "Patrie en danger", invitent les citoyens à "surmonter leurs querelles partisanes", et lancent des appels angoissés à l'union sacrée! Mais qu'est-ce donc que ce régime qui n'est capable de gouverner que lorsque tout va bien? Et qui, dans les moments de crise, c'est-à-dire précisément quand il lui faudrait prouver sa capacité et son efficacité, est obligé de se renier lui-même?!... Et s'imagine-t-on que les travaux de la paix sont moins importants, moins ardus et moins difficiles que les travaux de la guerre, et que si les partis, et les divisions qu'ils engendrent, sont néfastes en temps de guerre, ils sont salutaires en temps de paix?!..." (Jean Haupt, Le procès de la Démocratie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 85-86).
 
 
Résumé général

Le concept de démocratie est biaisé.

- Le "suffrage universel" remet le pouvoir à des partis qui se partagent le pouvoir; il devait fonder une démocratie, un pouvoir du peuple, il fonde en réalité une oligarchie, le pouvoir d'une minorité microscopique, une caste ploutocrate qui se coopte entre elle ("l'élu" est d'abord l'élu du parti) et que le peuple croit désigner. 

- La démocratie est de la poudre aux yeux. Les dirigeants sont préalablement choisis par les partis, l'élite se coopte entre elle et grimpe dans la hiérarchie en fonction de son degré d'initiation et de son degré d'adhésion aux "valeurs" du parti. Le "peuple" sert à terminaliser l'opération, il donne une onction de légitimité au processus. Le vote "démocratique" donne aux masses l'illusion de la liberté de choix et d'opinion. Les vrais décideurs se situant, à un niveau bien supérieur.

- La démocratie n'est donc pas le règne de la Volonté générale, c'est le règne d'une minorité microscopique (de droite ou de gauche, à tour de rôle), qui exploite cyniquement les divisions dans la société au nom de la "démocratie"..
 
- La démocratie "moderne" (à ne pas confondre avec la représentation traditionnelle, organique et réellement représentative, avec au-dessus l'arbitrage royal qui existait dans nos pays d'Etat sous l'"Ancien Régime"), c'est le règne de l'imposture & du mensonge, le règne de l'inconséquence et de la division, la perversion et l'immoralité institutionnalisée, l'école du vice et du crime, l'Argent-Roi, l'individualisme, le matérialisme, la destruction de la Société...

Partager cet article
Repost0
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 11:15

09/03/2007 10:30

 

JERUSALEM (AFP) - Une bactérie mortelle fait des dizaines de morts et sème la peur en Israël

 

Une bactérie mortelle résistante aux antibiotiques a fait des dizaines de morts et contaminé des centaines de malades dans les hôpitaux israéliens, semant la peur dans le pays.

 

Cinq cents personnes, hospitalisés dans une dizaine d'établissements, ont été contaminées par la bactérie Klebsiella au cours des six derniers mois et 30% d'entre elles en sont mortes, a déclaré Yair Amikam, chargé de la communication au ministère israélien de la Santé.

 

Selon les spécialistes, cette bactérie provoque de graves infections pulmonaires et urinaires qui ne peuvent être traitées en raison de sa résistance à tous les antibiotiques utilisés sur le marché.

 

Les médecins ont en effet averti que si des mesures immédiates n'étaient pas prises l'épidémie pourrait se propager très rapidement.

 

La bactérie mortelle, dont l'existence a été révélée cette semaine par les médias israéliens, fait depuis la une des journaux et des sites internet dans le pays.

 

"Crainte d'épidémie bactérienne", "Propagation d'une bactérie résistante. Des dizaines de morts", ont titré les quotidiens ces derniers jours.

 

Le ministère de la Santé avait au départ décidé de ne pas donner d'informations sur l'épidémie de peur de provoquer une vague de panique dans la population.

 

"Nous risquons d'être confrontés à un problème endémique au lieu d'un problème pouvant être contenu", a déclaré le docteur Itamar Shalit, président de l'association israélienne des maladies infectieuses.

 

Il a précisé que les experts ne s'étaient aperçus qu'au bout de 8 à 10 mois qu'il s'agissait d'une nouvelle bactérie résistante aux antibiotiques.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:49

27/02/2007 14:57

 

TEHERAN (AFP) - L'Iran répète qu'il ne suspendra pas son enrichissement d'uranium

L'Iran, inflexible, a répété mardi qu'il refusait de suspendre l'enrichissement d'uranium au lendemain de la réunion des six grandes puissances à Londres qui ont travaillé sur une nouvelle résolution contraignante contre Téhéran.

"Les Européens nous ont donné une liste de suggestions dans laquelle ils promettaient d'aider l'Iran à fabriquer des centrales nucléaires et demandaient en échange un arrêt de l'enrichissement, ce qui est illégal et illégitime (...) et ne se réalisera jamais", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, en marge d'une conférence sur l'Amérique latine.

Mais le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a souligné mardi qu'il y avait "beaucoup de chances" pour que les membres permanents du Conseil de sécurité puissent s'entendre "rapidement" sur une deuxième résolution sur l'Iran, accompagnée de sanctions économiques.

Interrogé sur l'éventualité de frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens, M. Douste-Blazy a assuré sur la chaîne française LCI que ce n'était "absolument pas d'actualité aujourd'hui. Nous sommes dans la négociation d'une résolution sur des sanctions économiques".

Partager cet article
Repost0
22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 10:59

"En politique, rien n'arrive par HASARD. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi" (Franklin D. Roosevelt).

 

"Nous aurons un Gouvernement Mondial, que cela plaise ou non. La seule question est de savoir s'il sera créé par conquête ou par consentement" (Paul Warburg, Membre du C.F.R. et du groupe Bilderberg, Sénat américain 17.02.1950)

 

Dès 1883, un très grand journal juif écrivait : "Le grand idéal du judaisme, c'est que le Monde entier soit imbu des enseignements juifs et qu'une Fraternité universelle des nations fasse disparaître toutes les séparations de races et de religions" (Jewish World, London, 9 février 1883).

 

Ces citations sont tirées de Yann Moncomble, La trilatérale et les Secrets du Mondialisme, Faits et Documents, Paris 1980, avec une préface de Henri Coston.

 

Il semble donc que si aujourd'hui, les politiques en France pronent avec acharnement l'immigration et le métissage, ce ne soit là que pur HASARD, bien évidemment....

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 11:45


Après avoir démontré que la "
volonté générale" est une tromperie servant d'abord une idéologie, celle des "initiés", nous allons présenter un exemple concret et actuel prouvant la main mise du Pouvoir occulte, et d'un Pouvoir occulte étranger sur la politique du pays, en citant Paul Chaussée indiquant deux coupures de presses du Monde et de Tribune juive :

"Par un entrefilet dans le journal Le Monde (26.3.86), le B'naï B'rith rappelait à la droite victorieuse l'engagement qu'elle avait souscrit de ne s'allier en aucun cas au Front national. ... la signature de cet engagement avait été la condition sine qua non du soutien du Pouvoir occulte à l'exercice d'un pouvoir relatif et à l'élection ultérieure de Chirac à la présidence. Pendant dix ans les politiciens de 'droite' et le B'naï B'rith sont restés sourds aux demandes d'explications. Ce n'est qu'en 1997, un an après l'élection de Jacques Chirac, qu'on a pu lire dans Tribune juive (du 20.3.97) : "Y a-t-il des organisations juives qui cherchent à peser sur la vie politique de notre pays pour empêcher que la droite traditionnelle ne contracte des alliances avec l'extrême-droite ?  - La réponse est oui. - Cela est-il répréhensible? - Que nenni !" (cité in Présent 26.3-97). En d'autres mots, Tribune juive trouve normal qu'une organisation maçonnique juive américaine fasse la politique de la France. Cet aveu cynique prouve que, contrairement aux beaux principes démocratiques, le pouvoir n'appartient plus ni à la Nation ni à ses élus, mais qu'il a été confisqué par une puissance étrangère secrète qui donne ses ordres auxquels nos politiciens obtempèrent. ... Les politiciens qui prétendent n'obéir qu'à la "Volonté générale" de la "Nation", se sont volontairement inféodés à une puissance étrangère au mépris des intérêts réels du pays. Voilà l'une de des trahisons (inhérentes à la Démocratie) qui rend les gouvernements impuissants et les Etats décadents" (Paul Chaussée, Miracle et Message du Saint Suaire, Ulysse, Bordeaux 1999, p. 57-58).

"Le B'naï B'rith (mots hébreux signifiant "fils ou princes de l'alliance, ou de la promesse"), c'est une obédience maçonnique fondée à New York en 1843 et réservée aux seuls israélites (Loges dans une cinquantaine de pays). Les élections du 16 mars 1986 avaient envoyé à la chambre 35 députés du Front National, d'où la réaction du CRIF et du B'naï B'rith dont Le Monde du 26 mars publiait le communiqué sous le titre "Inquiétude dans la communauté juive". Ce communiqué déclarait : "Les associations B'naï B'rith lancent un appel à la vigilance, attirent l'attention des partis de la nouvelle majorité contre toute tentation de vouloir reprendre les slogans extrémistes sur l'insécurité et les idées xénophobes à l'encontre des immigrés, et rappellent aux représentants de ces partis leurs engagements pris, au cours des forums du B'naï B'rith , devant la communauté, déclarations reprises après proclamation des résultats du vote, de ne s'allier en aucun cas au Front National." (Paul Chaussée, ibid, note 7, p. 62.)

Aujourd'hui, en 2007, Naggy-Sarközy est selon un article de Libération (Antoine Guiral) du 4 décembre 2006, le "candidat naturel des électeurs juifs". Il ne représente donc pas les intérêts nationaux des Français. Pas plus que Ségolène Royal, les deux formant un binome, Janus à deux visages, chargé d'empêcher le retour des nationalistes au pouvoir et toute reconstitution de la Société sur ses bases naturelles. On vit déjà cette collusion de la gauche et de (fausse) droite, l'alliance des plouto-démocrates, dès le XIXe siècle, en 1830, 1848, 1870, au XXe siècle, en 1934, 1944, 1986, 2002.

Partager cet article
Repost0
8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 15:15
"Le vrai peuple en 1789 n'existe que virtuellement, dans la conscience ou l'imagination des "hommes libres", des "patriotes", dit-on alors, des "citoyens conscients", c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, pris jeunes, entraînés sans répit, formés toute leur vie dans les sociétés philosophiques - les sociétés de pensée - à la discipline de la liberté. [...] Contre le commun des hommes, qui ne sont pas ces privilégiés de la conscience et de la raison, il est nécessaire d'employer la ruse et la force. C'est un devoir pour les initiés. Il faut les forcer d'être libres, a dit Rousseau (Contrat social, éd. Dreyfus-Brisac, p. 38). Les Jacobins de 1793 s'y prendront par la terreur; ceux de 1909, qui ont le temps de penser aux enfants, par l'enseignement forcé et la mainmise légale..." (Augustin Cochin, L'esprit du jacobinisme, PUF, Sociologies, Vendôme 1979, p. 96-97).    

                                                                **** 
    "Ce qui frappe lorsqu'on étudie l'histoire de la Révolution française, c'est que tout ce bouleversement a été l'oeuvre de quelques hommes. Jamais, à aucun moment, on ne s'est trouvé devant une volonté déterminée de la majorité de la nation. Ce sont toujours de petits groupes qui ont dicté leurvolonté à la masse et se sont imposés par la force la plus brutale... et la plus ouverte" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 94).

  "1789, c'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute... Conduite AU NOM du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même CONTRE le peuple..."
(Jean Sévillia, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 177). 
 Pierre Gaxotte explique que "la Volonté générale n'est pas la volonté du plus grand nombre, c'est la voix profonde de la Conscience humaine, telle qu'elle devrait parler en chacun de nous et telle qu'elle s'exprime par la bouche des citoyens les plus vertueux et les plus éclairés... Comment connaître la volonté générale dans les cas où elle n'est point expliquée ? Faudra-t-il assembler toute la nation à chaque évènement . Il le faudra d'autant moins qu'il n'est pas sûr que sa décision fût l'expression de la volonté générale... Aussi, de 1792 à 1795, le recours aux électeurs sera-t-il considéré comme le crime contre-révolutionnaire par excellence: ce serait un retour vers l'opinion de la masse, vers l'opinion réelle, vers l'opinion du plus grand nombre. En définitive, la Volonté générale se définit donc par la conformité à un système philosophique. Le vrai peuple est un être idéal qui n'existe que virtuellement dans la conscience des "hommes libres" comme on disait alors, c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, entraînés sans répit au despotime de la liberté et c'est ainsi que la "volonté générale", par ruse, par crainte ou par force, asservit la "pluralité"... L'Etat prime la famille car l'Etat demeure et la famille se dissout". L'Etat est le maître des consciences car la justice, le bien public, l'obéissance aux lois, les vertus sociales et tous les devoirs de l'homme et du citoyen, il appartient au gouvernement d'en connaître... Sans pouvoir obliger personne à croire à ces dogmes, le peuple peut bannir de l'Etat quiconque ne les croit pas; il peut le bannir non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincèrement les lois, la justice est d'immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort... La République s'identifie avec une doctrine; la société est soumise à un dogme; le faire passer dans les faits, le traduire en actes, réorganiser le monde conformément à ses postulats: voilà la politique révolutionnaire. Sa première tâche et, pour ainsi dire, sa tâche unique, consiste à DETRUIRE et EMPECHER toute résurrection des organismes naturels qui jusque-là, encadraient et soutenaient les individus et qui sont désormais considérés comme oppressifs et immoraux..." (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 54-55). 


  "Les régimes que nous appelons 'démocratiques' sont une comédie au même titre que les 'démocraties populaires'. La

volonté nationale y est escamotée. Une caste de privilégiés s'y est emparée de la nation. Son pouvoir a pour condition la libre pénétration du pouvoir de l'étranger (et le jeu des minorités contre la majorité) qui aboutit à notre division politique, à notre impuissance, à notre domestication. Finalement, sous prétexte de 'Liberté', nous ne sommes plus maîtres de rien chez nous, ni de nos économies, ni de nos territoires, ni de notre destin. Nous ne sommes plus rien dans nos nations. Les 'temps modernes', c'est le temps de l'expropriation, c'est de cela que nous devons d'abord prendre conscience" (Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept couleurs, Montargis 1956, p. 10-11). 



Add. 1 mai 2011.  14:55.

Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

L'imposture du suffrage universel

  "Le suffrage universel..., a pour signification essentielle de faire connaître l'avis du peuple sur la politique du régime. C'est là sa fonction... Et à ce titre..., il est utile à tout régime de connaître l'opinion du peuple (au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le Roi aussi aimait à connaître l'avis de ses peuples en convoquant les Etats généraux, mais qui n'avaient qu'un but consultatif et informatif). Mais, pratiquement, dans nos régimes 'modernes', le suffrage universel ne sert PAS seulement à cela, il sert essentiellement, il sert surtout à désigner les hommes parmi lesquels seront choisis obligatoirement les dirigeants politiques et techniques de la nation... Rien dans la définition du suffrage universel, rien même dans nos constitutions ne force à choisir les ministres parmi les députés (élus de la nation). Mais en fait,... on ne peut devenir un dirigeant politique de la nation sans être d'abord député... Le peuple, une fois tous les quatre ans ou une fois tous les six ans, épuise d'un seul coup tout son pouvoir en mettant un nom dans une enveloppe, puis il est la proie silencieuse des maîtres qu'il a choisis... Le peuple aimerait bien parler peut-être de temps en temps, il aimerait bien donner son avis sur certaines affaires qu'il trouve importantes. Mais c'est trop tard alors. Il gît désarmé, épuisé par l'acte électoral, comme ces princes des contes de fées qui n'ont qu'une flèche pour se défendre, comme ces pêcheurs auxquels un génie des eaux n'a accordé qu'un seul souhait. Le suffrage universel qui devait fonder une démocratie, c'est-à-dire un pouvoir du peuple, fonde en fait une oligarchie, c'est-à-dire le pouvoir d'une caste que le peuple croit désigner. Les régimes actuels ont perfectionné la désignation de cette caste... Les électeurs connaissent personnellement les candidats et il leur arrivait parfois, simplement par instinct, de préférer d'honnêtes gens à des fripouilles chargées de reliques. Cela amenait au Parlement de mauvaises têtes qui faisaient des discours inconvenants. On a évité cet inconvénient en invitant deux cent mille personnes à voter pour quelqu'un qu'elles ne connaissent pas. Et, comme ils auraient pu s'obstiner à désigner quelqu'un qu'ils estiment, on a décidé qu'on ne tiendrait pas compte des suffrages égarés sur des amateurs qui n'ont pas reçu l'investiture des grands partis... Appartenir à cette caste des gouvernants est donc devenu obligatoirement le commencement de toute carrière politique" (Maurice Bardèche, ibid., p. 16-18). 

 "On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation" (Maurice Bardèche, ibid., p. 25-26). 

                                                                         ***

Articles connexes 

"Le mensonge de la "Liberté" : la corruption de la liberté par les libéraux "
"L'imposture de la devise "Liberté Egalité Fraternité" "
"L'imposture démocratique"
"Le pouvoir de l'argent dans nos démocraties"  
"1789 Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie "
Partager cet article
Repost0
7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 17:57
"L'Encyclopédie soviétique rappelle justement que Marx et Engels admettaient parfaitement la "collaboration des communistes avec les démocrates petits bourgeois dans le cadre d'une même organisation", pourvu qu'ils n'oublient pas que "la Révolution démocratique bourgeoise n'est qu'une étape indispensable de la lutte et non le but final. 

Au XIXe siècle, alors que le Comte de Chambord cherche à améliorer le sort des classes ouvrières en les organisant, en les protégeant contre l'arbitraire patronal, en faisant de l'Etat l'arbitre des intérêts divergents, Karl Marx, lui, entend exploiter les contradictions internes du système capitaliste... pour faire la Révolution et installer son parti au pouvoir" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-104).
 
Les notes du comte de Chambord sont importantes pour l'histoire des idées. Elles confirment que la question sociale non seulement n'avait pas échappé à la droite légitimiste dont le nationalisme contemporain est, sur ce point, l'héritier incontestable, mais que, seule, elle insistait sur cette question et, qu'en définitive elle manqua le pouvoir par la conjugaison de la gauche républicaine et de la "droite" orléaniste, celle des affaires" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 131).
 
Le constitutionnaliste Maurice Duverger, stratège progressiste, dans son Introduction à la politique (Paris 1964) claquemure la droite dans un vocable qui lui est encore attaché et qui permet de la discréditer face aux "progressistes" (de gauche évidemment). "Réduit à sa plus grande simplicité, à son élément fondamental, écrit-il, le combat politique oppose ceux qui sont à peu près satisfaits de l'ordre social existant, qui veulent le conserver, et ceux à qui cet ordre ne convient pas, qui veulent le changer. Les premiers constituent "la droite" les seconds "la gauche", au sens le plus général des termes...." (fin de citation) Rien n'est plus arbitraire comme classification. Voilà un exemple de la tactique "progressiste" consistant à donner à la droite une image inexacte contre laquelle on déchaîne l'hostilité de l'opinion." (Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 24).
 
On peut dire alors que lorsque la droite (la dernière fois c'était en 1940...) dénonce et interdit la démo-ploutocratie, elle porte au système de la Fortune anonyme et vagabonde né en 1789 un coup décisif, parce qu'il vise le milieu même où se développe le règne de l'Argent.
 
L'ordre social démo-ploutocratique s'est donc toujours allié, finalement, avec l'autre matérialisme : le marxisme, et il le fait encore aujourd'hui afin de conserver le pouvoir : c'est l'Umps, la collusion de la gauche et de la droite dans la trahison des Français.
. Immigration : le réel interdit, par Eric Zemmour  (l'immigration au service du marché et du capitalisme industriel et libéral)
.
Collusion patronat-syndicat 
 
Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 17:50
1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie
"Votre confusion présente, a atteint telle une paralysie, les sources mêmes de la vie. Tous ceux qui parmi vous étaient faits pour obéir à l'honneur ont été déchus et humiliés... Mais cette génération de la noblesse sera bientôt éteinte. Celle qui doit la suivre ne pourra plus être distinguée des charlatans et des bouffons, des agioteurs, des usuriers et des Juifs qui seront toujours ses compagnons et parfois même ses maîtres.Croyez-m'en, Monsieur, ceux qui prétendent niveler n'instaurent jamais l'égalité. Dans toutes les sociétés composées de différentes classes de citoyens, il faut qu'il y en ait une qui tienne le premier rang. C'est pourquoi les niveleurs ne font que changer et que pervertir l'ordre naturel des choses" (Edmund Burke en 1790 dans ses Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, paris 2004, p. 62).
 
"A l'ancienne aristocratie se substitue l'aristocratie des riches. C'est une chose qui n'a pas été assez vue. On a dit : la Révolution de 1789 a donné le pouvoir à la bourgeoisie. C'est vrai, mais dans la bourgeoisie elle l'a donné à l'Argent" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 105).
 
C'est cette situation que Stendhal décrit parfaitement lorsqu'il fait parler M. Leuwen, le banquier : "... depuis Juillet, la bourgeoisie a remplacé le faubourg Saint Germain, et la Banque est la noblesse de la classe bourgeoise... Le ministère ne peut pas défaire la Bourse, et la Bourse peut défaire un Ministère." Et M. Leuwen explique que ce régime coûtera cher, parce qu'il faut donner des places à tout l'état-major de la bourgeoisie: "Il y a là six mille bavards qui feront de l'éloquence contre vous si vous ne leur fermez la bouche avec une place à six mille francs" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid. p. 147).
 
"Étrange conclusion: la Révolution, faite au nom de l'égalité, a enrichi les riches et appauvri les pauvres... C'est un résultat qu'on retrouvera sur d'autres terrains... (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 173-174).
 
"Une nouvelle bourgeoisie se substitue à celle de l'Ancien Régime: acquéreurs de biens nationaux, fournisseurs aux armées, nouveaux fonctionnaires, généraux, hommes de loi, etc." (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 430). 

La Révolution instaure l'aristocratie des riches. "La Révolution aboutit dans sa première phase à la mise en place du système électoral censitaire élaboré par l'Assemblée nationale constituante: la possibilité de voter comme d'être élu dépendait du niveau d'impôt acquitté, et donc des biens possédés." (Manex Goyhenetche, Histoire Générale du Pays Basque, La Révolution de 1789, tome IV,  Elkar, Donostia 2002, p. 39). "Le suffrage censitaire consacra... l'inégalité politique fondée sur la fortune" (M. Goyhenetche, ibid., p. 39). Dans une seconde phase, que nous traitons dans un autre article, la Révolution bourgeoise instaure le "suffrage universel" qui donne aux masses l'
illusion de la liberté de choix et d'opinion, cependant que les vrais décideurs se situent à un niveau bien supérieur. Dans son Histoire générale du Pays basque, pour décrire cette prise du pouvoir par la bourgeoisie d'affaires, Manex Goyhenetche, fournit l'exemple des villes de Saint-Jean-De-Luz et de Bayonne: "Imprégnés des 'Lumières', épris de liberté et de libéralisme, conformément aux intérêts financiers et commerciaux, les bourgeois de Saint-Jean-De-Luz et de Bayonne participaient dans les années 1788-1789 au vaste mouvement.... Ils furent parmi les principaux bénéficiaires de la Révolution qui incarnait l'émergence du nouveau système de pouvoir" (M. Goyhenetche, ibid., p. 46). [L]e monde des marchands, des négociants... furent des hommes avisés, partisans du progrès des Lumières.... que l'on retrouve aux postes de commandes en 1789, puis sous le Directoire pour ceux qui échappèrent à la guillotine" (M. Goyhenetche, ibid., p. 47).  Les charlatans, bouffons, agioteurs et usuriers d'Edmund Burke. Ce groupe social se pérennise au pouvoir par le biais des sociétés secrètes qui contrôlent les grandes compagnies et groupes bancaires qui financent les grands partis libéraux et socialistes.
 
"La Révolution française fut, avant tout, une Révolution économique"... L'aboutissement "d'une lutte entre deux formes du capital, le capital immobilier et le capital mobilier, le capital foncier et le capital industriel et agioteur. Avec la suprématie de la noblesse disparut la suprématie du capital foncier, et la suprématie de la bourgeoisie amena la suprématie du capital industriel et agioteur" (Bernard Lazare, L'antisémitisme, son histoire et ses causes, 1894, rééd. Documents et Témoignages, Vienne 1969, p. 115). "Dans la lutte qu'elle avait entreprise, la bourgeoisie avait besoin d'auxiliaires; le Juif fut pour elle un aide précieux, un aide qu'elle avait intérêt à délivrer. Dès la Révolution (de 1789), le Juif et le bourgeois marchèrent ensemble, ensemble ils soutinrent Napoléon. ... Les Juifs ... se montrèrent les plus sûrs alliés de la bourgeoisie, d'autant qu'en travaillant pour elle ils travaillaient pour eux et, dans toute l'Europe, ils furent au premier rang du mouvement 'libéral' qui, de 1815 à 1848, acheva d'établir la domination du capitalisme bourgeois" (ibid., p. 116).
 
"...La vraie révolution française, celle qui va marquer tout le siècle, se situe sur le plan financier: à la primauté du sang, qui caractérisait théoriquement l'Ancien Régime, succède la primauté de l'argent. A la noblesse, qui détenait en principe les privilèges succède la bourgeoisie. Aux nobles succèdent les notables. Marat lui-même s'interroge: "Qu'allons-nous gagner à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches?"…
 
René Sédillot explique: "Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée.
 
"Il s'agit d'une explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. L'explosion se traduit par la promotion du banquier et du spéculateur: tout banquier, dans la tourmente, est nécessairement spéculateur; mais tous les spéculateurs ne sont pas banquiers.
 
"Avant la révolution, les banquiers privés étaient nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé. Beaucoup d'entre eux étaient de confession protestante, d'origine cévenole ou suisse, et ils fondaient des dynasties bancaires: le Genevois Isaac Mallet s'était établi à Lyon en 1735, le Neuchâtelois Perregaux à Paris en 1781. Genevois encore, Bidermann et Clavière apparaissaient dans la capitale en 1782, et le Zurichois Hottinguer en 1783. Le calviniste Tronchin était, à Lyon puis à Paris, le banquier favori de Voltaire, qui ne méprisait pas les manieurs d'argent. 
"La révolution assure d'emblée la promotion des bourgeois fortunés, qui ne tardent pas à prendre le contrôle des municipalités à Marseille, Lyon, Bordeaux ou Nantes. "Ce sont les hommes riches qui vont gouverner Bordeaux" (Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française), Bordeaux qui choisit pour maire Saige, "dix fois millionnaire". A Nantes, le Comité de salut public est entre les mains des plus riches négociants, - la plupart affiliés aux loges maçonniques – dont Buteiller père, le plus opulent..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 242-243).
 
"Le règne de l'argent n'implique pas seulement la promotion des banquiers et des spéculateurs. Il se traduit par une montée de la corruption... (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 247).
 
"La vertu fait cruellement défaut dans l'histoire de la révolution. Les corrupteurs ont le champ libre, pour acheter les consciences, les concours, les suffrages. Les corruptibles sont légion, et ils ne résistent pas toujours à la tentation" (René Sédillot, ibid., p. 248).
 
"Les puissances occultes qui dominent la société contemporaine ont parfaitement compris que dans un système politique basé sur la loi du Nombre, seul l'Argent pouvait influencer le Nombre, que l'Intelligence ne gagnerait la masse à ses idées qu'aidée par l'Argent : l'Argent qui signifie le moyen de communication, le véhicule de la pensée" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 13-14).
 
Ceci explique la peur actuelle du système ploucrate UMPS devant les Nouvelles Technologies de l'Information et Télécommunications (N.T.I.C.), qui permettent au citoyen de base d'avoir accès, via internet, à des informations qui échappent à loi du silence. Nouvelles technologies que le système cherche donc à présent à contrôler par des lois (antiracisme, homophobie, etc.), devant empêcher la vérité de sortir, y compris sur les blogs d'information privés. 
 
"Le système est irréformable, il produit toujours les mêmes effets.Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 110). On ne le domine qu'en s'emparant de l'opinion. Le parti républicain qui le sait aura toujours une politique de la presse et de la librairie. La droite..., repliée sur un système contraire à ses principes formateurs, s'épuise en vains combats d'arrière garde. Voilà un siècle que cela dure... L'Argent, les Pouvoirs Occultes, derrière la presse formatrice de l'opinion, voilà ce que l'on retrouve toujours dès qu'on cherche un peu la réalité des démocraties" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 194-195). Thomas Molnar dresse le même constat de l'échec des contrerévolutionnaires faute d'avoir su maîtriser les techniques d'information de l'opinion : "On peut dire que la stratégie principale de la révolution depuis deux cents ans est l'utilisation consciente des moyens de communication(Or)… ce que les contre-révolutionnaires ne comprenaient pas était que le système qu'ils rejetaient, et qui était incontestablement fragile, reposait sur la possibilité d'une rapide mobilisation de l'opinion publique, c'est-à-dire sur l'action des moyens de communication au sens étroit (au début surtout les journaux) et d'amplificateurs tels que les masses urbaines, les partis politiques, et des groupes d'intellectuels capables de formuler dans l'instant des idéologies capables de séduire. Ainsi le contenu de la révolution était-il inséparable de sa méthode de propagation dans tous les coins de la société et, en retour, cette méthode ne pouvait que servir le dessein révolutionnaire" 
 
"La démocratie a bel et bien reculé devant les riches, ou, plus exactement, ils l'ont achetée. Ils ont acheté les votes, les consciences, les idées. Tout dépendant de l'opinion, ils ont acheté les moyens de fabriquer l'opinion. Il n'est plus rester de la démocratie qu'un mécanisme des dirigeants, mais les Forces occultes et la Fortune anonyme et Vagabonde font jouer le mécanisme à volonté. La féodalité s'est naturellement reconstituée... Groupes de pression, coalitions d'intérêts, forces bancaires, c'est sous cent formes diverses que s'est reconstituée la pire des féodalités, celle de l'Argent, qui ne reconnaît aucun devoir, aucune fonction sociale, parasite pur de la société, 'fleur du mal du pire capitalisme'" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 79).
"Examinant les structures des républiques modernes, M. Jean-Jacques Servan-Schreiber faisait cet aveu : "Les nouveaux barons, les nouveaux ducs autonomes, séparatistes, hors de toute loi, sont aujourd'hui en Occident, les maîtres de la finance et de l'industrie. Les Parlements, quand ils existent, sont mis par eux en coupe réglée. Ils s'en servent comme d'un autre champ de bataille pour leurs rivalités. Le vieil instrument de 'progrès', le parlementarisme, est en ruine. Il n'est plus qu'un trompe-l'oeil, et devient un mensonge. Face aux barons, il faut un roi"  (J.-J. Servan-Schreiber, L'Express du 26.10.64 cité in Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 31).
 
Si vous arrêtez là les propos de M. Servan-Schreiber, ils ont un sens. ... mais M. Servan-Schreiber poursuit insidieusement : "Le problème politique de l'heure n'est plus de rêvasser sur les freins qu'il y a lieu d'imposer au chef politique élu, responsable du gouvernement d'une nation. Mais sur la réalité de son pouvoir qu'il puisse effectivement imposer l'intérêt public aux intérpets féodaux ; sur la manière dont il doit être choisi pour que ce choix soit le mielleur, le plus démocratique, le plus éclairé possible..."  
Quelle bonne plaisanterie ! Le "Roi" de M. Servan-Schreiber sera l'élu d'une opinion façonnée par la presse des barons et des ducs de la Finance. Quelle indépendance aura-t-il en face de ceux-ci? ... L'opération vise tout simplement au renforcement du pouvoir ploutocratique par la dictature d'un seul commis des "200 Familles..." (Jacques Ploncard d'Assacibid. p. 31-32). 

Aujourd'hui, Yves-Marie Adeline, fondateur d'Alliance Royale, indique dans son livre La droite piégée, 1996 (
Entretien video Vox Galliae):

"Nous sommes des gestionnaires de droite dans un régime de gauche. A chaque parti politique d'en entretenir le contenant; mais on n'a pas de prise sur le contenu. ... [L]a droite ("droite" traditionnelle, légitimiste qui n'est pas la droite d'affaires, bourgeoise, libérale, orléaniste, celle qui a fait la Révolution et qui se trouve aujourd'hui au pouvoir) dans un régime comme celui-là ne peut être que locataire des institutions et ne peut pas en être la propriétaire."

"La droite n'a pas l'inititative des changements; son rôle est juste pour faire tampon, par périodes, vis-à-vis de la gauche. C'est Lénine qui disait: "Deux pas en avant, un pas en arrière, puis deux pas en avant, un pas en arrière". Autrement dit, le pas en arrière qui est un peu le conservatisme de droite, est là en réalité pour consolider non pas les deux pas en avant, mais au moins le premier pas en avant. Puis ensuite, on repart en avant; la gauche récupère à chaque fois son témoin. ... Phénomène de cliquet: toute avancée produite par la gauche se fait selon un mouvement non rétrogradable comme un filet de tennis que l'on élève; on ne peut pas revenir en arrière. Et la droite ne revient jamais en arrière. Quand elle est tentée de le faire, et encore, sur les moeurs, le social ou l'économique, la droite a du mal à revenir en arrière; regardez les 35 heures. Donc on est vraiment dans un système de cliquet, ce qui fait que ce régime avance toujours vers la gauche, vers la Révolution, vers une sorte de Révolution permanente."

Dans ce système, la droite est au mieux "locataire du régime quand elle en prend la gestion". Elle se trouve piégée dans le mesure où elle ne peut pas faire s'épanouir les valeurs auxquelles elle croit. Pire : elle ne peut jamais revenir sur les "conquêtes" fondamentales de la gauche ("effet cliquet").  Pour en sortir, il faut abolir la République, restaurer, ou instaurer, la Monarchie

Le tout est de savoir où se situera la souveraineté,dans le Roiou dans l'opinionen Dieu ou dans l'Homme ? Si la deuxième solution l'emporte, si  au-dessus de la loi des hommes il n'y a pas le Décalogue, cette loi morale qui lui est supérieure, nous n'aurons pas fait l'ombre d'un progrès...., mais nous aurons au contraire produit une nouvelle étape dans la régression démocrate libérale.
Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 17:44

C'est chez les monarchistes légitimistes et catholiques (catholicisme social) que va se manifester la première réaction contre le traitement inhumain que la ploutocratie, bourgeoisie d'affaires, impose aux ouvriers. Avant l'utilisation de la question sociale par Karl Marx, c'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première, prend la défense des travailleurs. 

"
Bonald (1754-1840) est le premier à se préoccuper de la misère ouvrière, consécutive au triomphe de la bourgeoisie et des nouvelles méthodes de travail, permettant l'exploitation des ouvriers depuis la destruction des barrières corporatistes. Ainsi est-il également le précurseur des doctrinaires sociaux de droite du XIXe siècle, comme Le Play et La Tour du Pin" (Yves-Marie Adeline, Histoire mondiale des Idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 349).

"Karl Marx... leur contestation rencontrait celle des aristocrates catholiques qui avaient, vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont et vicomte Armand de Melun, dénoncé les premiers l'exploitation manufacturière et fait voter les premières lois sociales. Dès 1841, c'est Alban de Villeneuve-Bargemont qui fait voter la loi règlementant le travail des enfants, réclamée aussi par le comte de Montalembert, autre grand aristocrate catholique. C'est Villeneuve-Bargemont qui pose le premier, devant la Chambre française, le problème ouvrier dans toute son ampleur (22 décembre 1840). Alors que l'ide de la lutte des classes n'est lancée qu'en 1843 par Flora Tristan, dans sa Lutte ouvrière. En 1850 et 1851, c'est le catholique vicomte Armand de Melun qui fait voter le premier grand train de lois sociales : logements insalubres, caisse de retraite, délit d'usure, assistance judiciaire, assistance hospitalière, contrats d'apprentissage. En 1852, c'est le même qui rédige le décret légalisant et développant le grand mouvement mutualiste" (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, préface de Pierre Chaunu de l'Institut, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 115-116). 
 
Villeneuve-Bargemont dénonce "l'état de dépendance et d'abandon dans lequel la société livre les ouvriers aux chefs et entrepreneurs de manufactures... la facilité illimitée laissée à des capitalistes spéculateurs de réunir autour d'eux des populations entières pour en employer les bras suivant leur intérêt, pour en disposer, en quelque sorte, à discrétion, sans qu'aucune garantie d'existence, d'avenir, d'amélioration morale ou physique soit donnée de leur part, ni à la population, ni à la société qui doit les protéger".

"Voyez par exemple, la fameuse Lettre sur les ouvriers, de M. le Comte de Chambord (Henri d'Artois). Elle date du 20 avril 1865, voilà plus d'un siècle ; ... c'est la réplique d'un contemporain de Karl Marx. M. le Comte de Chambord rappelait d'abord que la royauté avait toujours été "la patronne des classes ouvrières".

"Les établissements de Saint Louis, rappelait-il, les règlements des métiers, le système des corporations, en sont les preuves manifestes. ... Qu'avec le temps, et à la longue, les institutions aient dégénéré; que des abus s'y soient introduits, c'est ce que personne ne conteste. Louis XVI, un de nos rois qui ont le plus aimé le peuple, avait porté ses vues sur les améliorations nécessaires; mais les économistes qu'il consulta servirent mal ses paternelles intentions, et tous leurs plans échouèrent. L'Assemblée constituante ne se contenta pas, ainsi que l'avaient demandé les cahiers, de donner plus de liberté à l'industrie, au commerce et au travail; elle renversa toutes les barrières, et au lieu de dégager les associations des entraves qui les gênaient, elle prohiba jusqu'au droit de réunion et à la faculté de concert et d'entente" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 97). 

"Cette identification de la vraie droite à la justice sociale sera étouffée par la droite des affaires, opportuniste, qui se battra farouchement pour empêcher, à chaque occasion historique, la conjonction des traditionalistes et du peuple. On l'a vu en 1875 lorsqu'elle a refusé la restauration corporative du Comte de Chambord et en 1944, la même tentative corporative de la Révolution nationale. Il faut tout de même que cela soit sû" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 107-108.)

Henri d'Artois, duc de Bordeaux

 

Henri V, Comte de Chambord

"... Ainsi, voilà plus d'un siècle, le Comte de Chambord parle comme un syndicaliste moderne, et le fait que cela surprenne montre à quel point la 'droite des affaires', les orléanistes, ont perverti la doctrine sociale de la vraie droite que Léon XIII ne fera que démarquer dans l'encyclique Rerum novarum. L'antériorité appartient au Comte de Chambord. C'est un fait." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 98).

"Dès 1865, M. le Comte de Chambord montre le chemin à suivre : "Quant aux remèdes, dit-il, voici ceux que les principes et l'expérience paraissent indiquer. "A l'individualisme, opposer l'association; à la concurrence effrénée le contre-poids de la défense commune; au privilège industriel la constitution volontaire et réglée des corporations libres". Personne ne peut nier que toute la question sociale soit contenue et résolue dans ces trois lignes : On ne dira jamais mieux." (Comte de Chambord cité in Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-102).

La Tour du Pin, qui a du coup d'oeil, voit l'édifice à construire, trouve le nom : l'Ordre social-chrétien, le thème : "Aux doctrines subversives, aux enseignements funestes, il faut opposer les saintes leçons de l'Evangile; au matérialisme, les notions de sacrifice; à l'esprit cosmopolite, l'idée de Patrie; à la négation athée, l'affirmation catholique..." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 124).

"La vraie contre-révolution, écrit M. Dimier, ne vas pas sans un programme social, par la raison que le Révolution a fait état de méconnaître la catégorie des rapports économiques... Le syndicalisme, l'organisation du travail sont d'accord avec tous les principes de l'ordre, contraires à la Révolution.

... C'est un des artifices les plus monstrueux de la propagande que d'avoir dressé les travailleurs contre la vraie droite, leur alliée naturelle, car, seule, elle préconise l'établissement d'un ordre social basé sur les lois naturelles, mais "la Révolution dont ils éprouvent le mal, a façonné leur intelligence à ne maudire que ses ennemis".

On sait que Proudhon a été souvent revendiqué, comme un des maîtres de la pensée contrerévolutionnaire... Cela n'est étonnant qu'en apparence. Si l'on veut bien considérer que le socialisme - je ne dis pas le marxisme, qui est tout autre chose - traduit la révolte spontanée des prolétaires contre la société démo-capitaliste instaurée par les hommes de 1789, les choses deviennent plus claires.

La contre-révolution ne va pas sans programme social et le Marquis de La Tour du Pin ou l'abbé de Pascal étaient certainement beaucoup plus "avancés" au point de vue social que les gouvernements libéraux de leur temps. Ce qui fait la nocivité du marxisme, c'est l'esprit de lutte des classes, destructeur de toute communauté nationale. Le socialisme n'est pas lié nécessairement à l'idée de lutte des classes et c'est précisément ce qui nous permet de revendiquer bien des pages de Proudhon comme authentiquement contre-révolutionnaire.

Voyez par exemple ce qu'il dit du véritable contrat social qu'il oppose aux sophismes de J.-J. Rousseau :

"... Le contrat social doit embrasser l'universalité des citoyens, de leurs intérêts et de leurs rapports. Si un seul homme était exclu du contrat, si un seul des intérêts sur lesquels les membres de la nation, êtres intelligents, industrieux, sensibles sont appelés à traiter, étaient omis, le contrat serait plus ou moins relatif et spécial; il ne serait pas social.

"Le contrat social doit augmenter pour chaque citoyen le bien-être et la liberté. S'il s'y glissait des conditions léonines, si une partie des citoyens se trouvait, en vertu du contrat, subalternisée, exploitée par l'autre, ce ne serait plus un contrat, ce serait une fraude contre laquelle la résiliation pourrait être à toute heure et de plein droit invoquée."

Et Proudhon, s'en prenant directement à J.-J. Rousseau écrit :

"Rousseau définit ainsi le contrat social : 'Trouver une forme d'association qui défende et protège, de toute la force commune, la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous, n'obéisse, qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant'.

"Oui, ce sont bien là des conditions du pacte social, quant à la protection et à la défense des biens et des personnes. mais, quant au mode d'acquisition et de transmission des biens, quant au travail, à l'échange, à la valeur et au prix des produits, à l'éducation, à cette foule de rapports qui, bon gré, mal gré, constituent l'homme en société perpétuelle avec ses semblables, Rousseau ne dit mot, sa théorie est de la plus parfaite insignifiance..."

La Révolution a défait l'ancien ordre social. Elle n'a rien reconstitué et n'a songé à défendre que les biens de ceux qui l'avait faite. Alors, en face d'eux s'est levée la classe des oubliés. Il y a là une conséquence trop néfaste et trop évidente pour que l'école contrerévolutionnaire ne s'en soit pas emparée comme d'un argument irrésistible contre les Principes de 1789. Proudhon nous rejoint, ou nous rejoignons Proudhon, comme on voudra. 

... Et Proudhon de conclure sur Rousseau en ces termes : "Jamais homme n'avait réuni à un tel degré l'orgueil de l'esprit, la sécheresse de l'âme, la bassesse des inclinations, la dépravation des habitudes, l'ingratitude de coeur; jamais l'éloquence des passions, l'ostentation de la sensibilité, l'effronterie du paradoxe, n'excitèrent une telle fièvre d'engouement... Disons pour finir, qu'à la honte du XVIIIe siècle et du nôtre, le Contrat social de Rousseau, chef d'oeuvre de jonglerie oratoire, a été admiré, porté aux nues, regardé comme la table des libertés publiques; que Constituante, Girondins, Jacobins, Cordeliers le prirent tous pour oracle. Qu'il a servi de texte à la constitution de 1793, déclarée absurde par ses propres auteurs..., et que c'est encore de ce livre que s'inspirent aujourd'hui les plus zélés réformateurs de la science politique et sociale. Le cadavre de l'auteur que le peuple trainera à Montfaucon le jour où il aura compris le sens de ces mots, Liberté, Justice, Morale, Raison, Société, Ordre, repose glorieux et vénéré sous les catacombes du Panthéon, où n'entrera jamais un de ces honnêtes travailleurs qui nourrissent de leur sang leur pauvre famille, tandis que les profonds génies qu'on expose à leur adoration, envoient dans leur rage lubrique, leurs bâtards à l'hôpital". Comment ne pas comprendre que l'Ecole contrerévolutionnaire se réclame, aussi, du socialiste national Proudhon ?" (Jacques Ploncard d'Assac, Les Idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 39-40).

"Il y a dans ces années 1860 trois courants qui s'affrontent : l'individualisme libéral ploutocratique ("droite" orléaniste), le socialisme marxiste et le corporatisme traditionaliste. Avec des fortunes variées, ces trois courants vont continuer d'exister dans les cent années qui suivent. On verra les deux premiers s'allier contre le troisième dans lequel ils ont reconnu leur commun ennemi et cette collusion seule désigne le corporatisme comme la solution vraie, exacte, correcte du problème économico-social. ...

"L'Encyclopédie soviétique rappelle justement que Marx et Engels admettaient parfaitement la "collaboration des communistes avec les démocrates petits bourgeois dans le cadre d'une même organisation", pourvu qu'ils n'oublient pas que "la Révolution démocratique bourgeoise n'est qu'une étape indispensable de la lutte et non le but final". Alors que le Comte de Chambord cherche sincèrement à améliorer le sort des classes ouvrières en les organisant, en les protégeant contre l'arbitraire patronal, en faisant de l'Etat l'arbitre des intérêts divergents, Karl Marx, lui, entend exploiter les contradictions internes du système capitaliste... pour faire la Révolution et installer son parti au pouvoir" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-104).

"Ces notes sont importantes pour l'histoire des idées. Elles confirment que la question sociale non seulement n'avait pas échappé à la droite légitimiste dont le nationalisme contemporain est, sur ce point, l'héritier incontestable, mais que, seule, elle insistait sur cette question et, qu'en définitive elle manqua le pouvoir par la conjugaison de la gauche républicaine et de la "droite" orléaniste, celle des affaires" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 131).

"On a dit qu'il (le Comte de Chambord) avait fait échouer la restauration en refusant de céder sur la question du drapeau blanc. On peut dire avec plus de raison que ce sont les orléanistes qui l'ont fait échouer en refusant de céder sur le drapeau tricolore" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 175).

Le constitutionnaliste Maurice Duverger, stratège progressiste, dans son Introduction à la politique (Paris 1964) claquemure la droite dans un vocable qui lui est encore attaché et qui permet de la discréditer face aux "progressistes" (de gauche évidemment). "Réduit à sa plus grande simplicité, à son élément fondamental, écrit-il, le combat politique oppose ceux qui sont à peu près satisfaits de l'ordre social existant, qui veulent le conserver, et ceux à qui cet ordre ne convient pas, qui veulent le changer. Les premiers constituent 'la droite' les seconds 'la gauche', au sens le plus général des termes...."
Rien n'est plus arbitraire comme classification. Quand la droite authentique dénonce la démo-ploutocratie, elle porte au système de la Fortune anonyme et vagabonde un coup décisif, parce qu'il vise le milieu même où se développe le règne de l'Argent.
L'ordre social démo-ploutcratique s'est toujours allié, finalement, avec l'autre matérialisme : le marxisme, et il le fait encore aujourd'hui (pour conserver le pouvoir). Voilà un exemple de la tactique progressiste consistant à donner à la droite une image inexacte contre laquelle on déchaîne l'hostilité de l'opinion" (
Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 24).

Aujourd'hui, on pourrait dire que les "progressistes" authentiques ne sont ni à "gauche" ni à "droite" (droite libérale d'affaires) qui toutes les deux ont intérêt au contraire à conserver telles quelles les institutions politiques. Les progressistes sont ceux qui veulent changer le système en place, jusque dans le régime politique pour restaurer le régime traditionnel et naturel de la France qui a fait ses preuves pendant quatorze siècles. Les authentiques "progressistes" pour reprendre le terme des partisans des "Lumières" et de la "modernité", sont donc les royalistes et les catholiques traditionalistes qui veulent rompre avec l'Ordre maçonnique athée, défendant par exemple la culture de vie contre la culture de mort en place. Et les conservateurs sont la (fausse) "droite" et la gauche, qui depuis 1789 ont toujours collaboré ensemble pour empêcher tout retour au pouvoir des catholiques, et des partisans de la Société fondée sur ses bases naturelles.

Voir aussi:

- La
doctrine sociale de l'Eglise qui dénonce les excès du capitalisme et encourage le syndicalisme chrétien et le catholicisme social.

-
Contre-information. Le mythe de la République 'sociale'

Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 14:44

Le constat


"En démocratie, le gouvernement gouverne au nom du 'peuple souverain', ou au nom de 'la majorité', et conformément à la volonté de la majorité. Et c'est une opinion aujourd'hui généralisée qu'il est impossible de gouverner sans l'assentiment de la majorité du pays.


C'est partir du principe que l'opinion, la volonté de la majorité est toujours conforme à l'intérêt de la nation. C'est évidemment faux.


Placé devant l'alternative d'avoir à choisir entre son intérêt, sa tranquillité, son bien-être immédiats - c'est-à-dire la solution de facilité - et l'intérêt permanent de la nation - c'est-à-dire la solution du sacrifice - la majorité optera pour la solution de facilité, au risque d'engager l'avenir, l'indépendance, la survivance même de la Nation.
Dans une telle alternative, le gouvernement qui gouverne a le devoir et doit avoir la possibilité d'imposer la solution qui sauvegarde l'avenir, l'intégrité, l'indépendance de la Nation, même au sacrifice des intérêts immédiats, même contre la volonté de la majorité. Le gouvernement démocratique, émanant de la volonté de la majorité, est, par définition, incapable de le faire. Sa survivance même dépendant du vote de la majorité, il est évident qu'il évitera de faire quoi que ce soit qui puisse mécontenter profondément cette 'majorité'.

En 'démocratie', le gouvernement ne gouverne pas. Il est gouverné. Gouverné par son parti, gouverné par le parlement, gouverné par la presse, gouverné par les syndicats, gouverné par la 'majorité'" (Jean Haupt, Le procès de la Démocratrie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 161-162).

André Figueras : "Qu'est-ce que le régime parlementaire 'français'? C'est un système dans lequel la dictature est exercée par 314 personnes (le nombre de députés à l'époque). Quel est le fondement éthique du système parlementaire 'français'? C'est la loi du plus fort, loi immorale entre toutes. Le régime parlementaire, en France, n'est pas destiné à servir les intérêts généraux de la Nation, mais les intérêts d'une majorité. Comment marche le régime parlementaire 'français'? Il boîte, il trottine, il claudique, il rampe, il se traîne, et il n'y a pas moyen de le jeter par terre, parce qu'il est déjà couché...

Qui participe au régime parlementaire 'français'? Environ six cent vingt bonshommes, dont trois peut-être ont la compétence requise pour diriger un pays. Les six cent dix-sept autres ne sont là que parce qu'un astucieux moyen de recrutement permet d'écarter à coup sûr du Palais-Bourbon tout ce qui n'est pas d'une médiocrité certaine.

Que sont en effet les élections? Une bonne mascarade faite pour amuser le bon peuple, qui s'imagine choisir 'ses représentants', quand il ne fait qu'avaliser la liste des maîtres que des comités lui désignent..." (André Figueras, Zoologie du Palais-Bourbon, 1956, cité in Jean Haupt, ibid., p. 110-111).


"Ce qui frappe lorsqu'on étudie l'histoire de la Révolution française
, c'est que tout ce bouleversement a été l'oeuvre de quelques hommes. Jamais, à aucun moment, on ne s'est trouvé devant une volonté déterminée de la majorité de la nation. Ce sont toujours de petits groupes qui ont dicté leur volonté à la masse et se sont imposés par la force la plus brutale... et la plus ouverte" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 94).


"1789..., c'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute.... Conduite au nom du peuple, la Révolution s'est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même CONTRE le peuple" (
Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique).

 

Add. 1 mai 2011. 15:00. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).


En réalité, la loi n'est pas l'expression de la Volonté générale
car cette 'volonté générale' n'est pas la volonté du plus grand nombre!

A. Cochin: "Rousseau l'a dit: La volonté générale n'est pas la volonté du nombre et a raison contre elle; la liberté du citoyen n'est pas l'indépendance de l'homme et la supprime...

Le vrai peuple en 1789 n'existe que virtuellement, dans la conscience ou l'imagination des "hommes libres", des "patriotes", dit-on alors, des "citoyens conscients", c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, pris jeunes, entraînés sans répit, formés toute leur vie dans les sociétés philosophiques - les sociétés de pensée - à la discipline de la liberté. [...] Contre le commun des hommes, qui ne sont pas ces privilégiés de la conscience et de la raison, il est nécessaire d'employer la ruse et la force. C'est un devoir pour les initiés. Il faut les forcer d'être libres, a dit Rousseau (Contrat social, éd. Dreyfus-Brisac, p. 38). Les Jacobins de 1793 s'y prendront par la terreur; ceux de 1909, qui ont le temps de penser aux enfants, par l'enseignement forcé et la mainmise légale..." (
Augustin Cochin, L'esprit du jacobinisme, PUF, Sociologies, Vendôme 1979, p. 96-97).

...
L'abbé Barruel, fin XVIIIe siècle, explique qu'à la Révolution, l'opinion des Français était bien pour le Roi: ce sont les Francs-Maçons qui par tous les artifices de leurs sophismes ont travaillé dans les Loges à modifier cette opinion. Il dit qu'il connaissait "des Maçons qui dans le grade de Kadosch, avaient juré haine à tout culte & à tout Roi; qui peu d'instans après n'en oubliaient pas moins ce serment & n'en étaient pas moins décidés pour la Monarchie. L'esprit Français dans la plupart des Frères, l'emportait sur l'esprit maçonnique. L'opinion comme le coeur restait encore pour le Roi. Il fallait triompher de cette opinion dans l'esprit de ces Frères; il fallait pour cela toute la force des sophismes & toute l'illusion des Hiérophantes. C'était dans son grade d'Epopte que
Weishaupt paraissait avoir épuisé son génie, pour faire passer ses élèves du mépris des Autels à la haine du Trône" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 96-97).

En terme de dictature, la république “démocratique” est ce qui se fait de mieux
. Un Jacques Chirac a par exemple bien plus de pouvoirs qu’un Louis XIV qui ne pouvait par exemple pas abolir les traditions du pays ni ses coutumes..., ni ses libertés, ce que pratique allègrement et sans vergogne la "république".


En fait, la république dite “française” n’est pas la “res publica”, la chose publique des Français, c’est la chose d’une minorité (et non d'une majorité), une oligarchie, une caste, la bourgeoisie d’affaires : l’aristocratie de l’argent, ploutocratie qui a remplacé l’aristocratie terrienne de l’Ancien régime. Une aristocratie contre une autre. Il n’est pas sûr que celle de l’argent-roi et du matérialisme le plus abject soit un progrès… 


"Les puissances occultes qui dominent la société contemporaine ont parfaitement compris que dans un système politique basé sur la loi du Nombre, seul l'Argent pouvait influencer le Nombre, que l'Intelligence ne gagnerait la masse à ses idées qu'aidée par l'Argent : l'Argent qui signifie le moyen de communication, le véhicule de la pensée" (
Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 13-14).

Ce qui explique aussi la peur actuelle du système ploucrate UMPS devant les Nouvelles Technologies de l'Information et Télécommunications (N.T.I.C.), qui permettent au citoyen de base d'avoir accès, via internet, à des informations qui échappent au système. NTIC que le système cherche donc à présent à contrôler par des lois (antiracisme, homophobie, etc.), devant empêcher le peuple d'accéder à la vérité. 

Résumé. La république dite “française” est la pire des dictatures que les Français aient eu à vivre, la plus ignoble (celle de l'Argent-roi), la plus dangereuse parce que la plus hypocrite et la plus insidieuse
:

la forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision” (article bien nommé 89 de la Constitution de la Ve République), ce qui signifie que même si le peuple voulait revenir à la monarchie, les "démocrates" et les hommes d'affaires ont verrouillé le système en l’interdisant. Le peuple n’est donc pas 'souverain'.

 

Voilà le constat. Quel remède, quelles propositions?

"Dès 1865, M. le Comte de Chambord montre le chemin à suivre : "Quant aux remèdes, dit-il, voici ceux que les principes et l'expérience paraissent indiquer. "A l'individualisme, opposer l'association; à la concurrence effrénée le contre-poids de la défense commune; au privilège industriel la constitution volontaire et réglée des corporations libres".

Personne ne peut nier que toute la question sociale soit contenue et résolue dans ces trois lignes : On ne dira jamais mieux." (Comte de Chambord cité in Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-102).

La Tour du Pin, qui a du coup d'oeil, voit l'édifice à construire, trouve le nom : l'Ordre social-chrétien, le thème : "Aux doctrines subversives, aux enseignements funestes, il faut opposer les saintes leçons de l'Evangile; au matérialisme, les notions de sacrifice; à l'esprit cosmopolite, l'idée de Patrie; à la négation athée, l'affirmation catholique" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 124).

Partager cet article
Repost0
1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 11:43

Blog d'Hervé Ryssen

Un "grand Européen"

Quand on parle du "grand" Stefan Zweig, les premiers mots qui viennent sous la plume de ses biographes les plus conformistes, pour décrire le personnage, sont : "citoyen du monde", "cosmopolite" et "grand Européen".
Cependant, Zweig rejetait le sionisme de Theodor Herzl. Il s’en expliquait dans une lettre à Martin Buber, datée du 24 janvier 1917 : "Je n’ai jamais voulu voir le peuple juif redevenir une nation… j’aime la diaspora et l’approuve en tant que sens de son idéalisme, et vocation de citoyen du monde et d’homme universel." (revue littéraire Europe de juin-juillet 1995, p. 28).

 

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:53

"Depuis cette date fatale du 21 janvier 1793, pas un de nos échecs nationaux qui n'ait scellé quelque ruine, sinon définitive, tout au moins fort durable, puisque le dommage en a subsisté jusqu'à nous. Et pas un succès, pas une gloire, pas une conquête, pas un bonheur national qui n'ait eu les lendemains les plus douloureux. La suite de nos Rois représente la plus admirable continuité d'un accroissement historique, et l'assassinat de l'un d'eux donne le signal des mouvements inverses, qui malgré la multitude des compensations provisoires, prennent dans leur ensemble la formme d' une régression.

* Pour le progrès social
* comme pour les moeurs,
* pour l'ordre politique
* comme pour l'étendue territoriale
* ou le nombre des habitants par rapport à celui des autres Etats de l'Europe, la France est tombée au-dessous de ce qu'elle était en 1793. Premier fait !

Second fait: avec des ressources admirables et d'incomparables moyens, la France tend à persévérer dans la chute"
(Mgr Delassus écrit cela il y a bientôt cent ans!...)

La France tend à persévérer dans la chute en raison même des principes qui la déterminèrent, il y a cent seize ans, à son régicide.

Il est donc vrai, qu'en coupant la tête à son Roi, la France a commis un suicide."

(Mgr Delassus, L'esprit familial, dans la famille, dans la cité et dans l'Etat, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer, Lille 1910, réédité aux ESR, note 1, p. 42.)

La France est le « Royaume chéri et béni de Dieu dont l’exaltation est inséparable de celle de l’Église » (Alexandre III,
Pape 1159-1181, Epst. XXX t. X, Conc. Col. 1 212, in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, 2000, p. 132.)

C’est également ce qu’affirmait Grégoire XI
(1370-1371) : t. XI, Conc. Col. 367
 
"M. Leroy-Beaulieu, a pu dire: "Le jour où la France, pour obéir aux sommations de l'anticléricalisme, aura lâchement abdiqué ses fonctions de grande nation catholique, ce sera pour nous le signal de la décadence définitive, de l'irrémédiable déchéance, préparée par des mains françaises. La politique de l'anticléricalisme est, pour la France, une politique de suicide national." Nous le voyons que trop! (A. Leroy-Beaulieu cité in Mgr Delassus, ibid., p. 228.)

"La France reviendra aux traditions de saint Louis, ou elle périra dans la honte et dans la ruine." (
Léon XIII)

«La France reviendra aux traditions de saint Louis, ou elle périra dans la honte et dans la ruine… La France est née, elle a vécu catholique et monarchique. Sa croissance et sa prospérité ont été en raison directe du degré où elle s’est rattachée à son Église et à son Roi. Toutes les fois, qu’au contraire, ses énergies se sont exercées à l’encontre de ces deux idées directrices, l’organisation nationale a été profondément, dangeureusement troublée. D’où cette impérieuse conclusion, que la France ne peut cesser d’être catholique et monarchique sans cesser d’être la France ! » (Léon XIII
, le 21 avril 1903, parlant des dirigeants républicains devant six cents Français, cité in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, p. 277-278.)
Ainsi à la fin de son pontificat, Léon XIII donnait aux Catholiques de France la nouvelle direction à suivre. C’est cette politique que son successeur, saint Pie X, va continuer. Il ne va pas cesser de donner les instructions les plus nettes à tous les Catholiques de France, de s’unir sur le terrain religieux, et non plus sur le terrain constitutionnel.

C’était à dessein que saint Pie X
suppliait les Français d’avoir toujours présents à la mémoire le Testament de saint Rémy et la mission divine de Jeanne d’Arc :

« Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des Testaments de saint Rémy, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est Roi de France (Saint Pie X à Mgr Touchet le 13 décembre 1908 lors de la lecture du décret de Béatification de Jeanne d’Arc).

A ce titre seulement la France est grande parmi les nations, à cette clause Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse..." (Saint Pie X
, Act., t. V, p. 204.)

"Ne l'oubliez pas ! c'est par le retour à ses traditions de Foi et d'honneur, que la grande nation (i.e. la France) un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire." (Le Comte de Chambord, manifeste du 9 octobre 1870).

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 16:12

Au moment où le journal libéral capitaliste et mondialiste Le Point, tenu par Claude Imbert, membre honoraire de la Trilatérale, publie un numéro spécial intitulé "La Renaissance : Quand la France s'éveillait", (N° 1788-1789, 21-28 décembre 2006), il nous paraît opportun de préciser tout au contraire de ce que dit ce numéro (bien nommé) 1789 du Point (!), que sous la dite "Renaissance", la France commençait son long et lent déclin : "la Renaissance, quand la France s'éteignait", le "mouvement d'unification matérielle" (Mgr Gaume, Le Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome I, Paris 1890, p. 458-472 ; Voir aussi l'histoire détaillée de la Renaissance dans notre son ouvrage La Révolution, t. IX), c'est-à-dire de la mondialisation devant préparer le règne de l'Antichrist.

C'est qu'à ce moment, premier phénomène, un cri général de réprobation contre le "moyen âge" part de l'Italie et retentit dans toute l'Europe. L'injure, le sarcasme, la calomnie, tout ce que la haine et le mépris peuvent inventer de plus outrageant, tombe à flots sur l'époque où le Saint-Esprit régna avec le plus d'empire. Théologie, philosophie, arts, poésie, littérature, institutions sociales, langage même, sont grossièreté, ignorance, superstition, esclavage, barbarie. Les fils ont rougi de leurs pères et répudié leur héritage. « Et pourtant les croyances anciennes, les créations anciennes, les aristocraties anciennes, les institutions anciennes, malgré ce qui a pu leur manquer, comme à tout ce qui est humain, qu'était-ce donc après tout ? C'était le travail de nos ancêtres ; c'était l'intelligence, c'était le génie, c'était la gloire, c'était l'âme, c'était la vie, c'était le coeur de nos pères » (Le P. Félix, XIe conf. à Notre-Dame de Paris, 1860.) Il faut ajouter : c'était le christianisme dans la vie de nos pères, et le règne du Saint-Esprit sur le monde.

Deuxième phénomène : au cri frénétique de réprobation contre le moyen âge, succède l'acclamation non moins frénétique et non moins générale de l'antiquité païenne. L'époque où Satan fut tout à la fois Dieu et Roi du monde devient l'âge le plus brillant de l'humanité. Dans les seules républiques de la Grèce et de l'Italie, honteusement prosternées aux pieds de Jupiter et de César, a brillé de tout son éclat le soleil de la "civilisation".... Philosophie, arts, poésie, éloquence, vertus publiques et privées, caractères, institutions sociales, lumières, libertés : chez elles, tout est grand, héroïque, inimitable.... Retourner à leur école et recevoir leurs leçons comme des oracles, est pour les nations baptisées le seul moyen de sortir de la barbarie et d'entrer dans la voie du progrès.

Troisième phénomène. Un changement radical ne tarde pas à se manifester dans la vie de l'Europe. Remis en honneur, l'esprit de l'antiquité redevient l'âme du monde qu'il fait à son image. Alors commence un impur déluge de philosophies païennes, de peintures et de sculptures païennes, de livres païens, de théâtres païens, de théories politiques païennes, de dénominations païennes, de panégyriques sans cesse renouvelés du paganisme, de ses hommes et de ses oeuvres. Ce vaste enseignement s'incarne dans les faits. On voit les nations chrétiennes briser tout à coup les grandes lignes de leur civilisation indigène, pour organiser leur vie sur un plan nouveau ; et, jetant, comme un haillon d'ignominie, le manteau royal dont l'Église leur mère les avait revêtues, s'affubler des oripeaux souillés du paganisme gréco-romain. De là est sortie ce qu'on appelle la civilisation moderne : civilisation factice, qui n'est le produit spontané ni de notre religion, ni de notre histoire, ni de notre caractère national ; civilisation à rebrousse-poil, qui, au lieu d'appliquer de plus en plus le christianisme aux arts, à la littérature, aux sciences, aux lois, aux institutions, à la société, les informe de l'esprit païen et nous fait rétrograder de vingt siècles ; civilisation corrompue et corruptrice, qui, se faisant tout au profit du bien-être matériel, c'est-à-dire de la chair et de toutes ses convoitises, ramène l'Europe, à travers les ruines de l'ordre moral, au culte de l'or et aux habitudes indescriptibles de ces jours néfastes, où la vie du monde, esclave de l'Esprit infernal, se résumait en deux mots manger et jouir, panem et circenses.

Quatrième phénomène. La première conséquence des faits que nous venons de rappeler devait être l'oubli de plus en plus profond du Saint-Esprit : il en fut ainsi. La nuit et le jour sont incompatibles dans le même lieu : quand l'une entre, l'autre sort. Plus Satan avance, plus le Saint-Esprit recule. Du cénacle au concile de Florence, l'enseignement du Saint-Esprit coule à pleins bords sur l'Europe qu'il vivifie. Avec la Renaissance, on voit les eaux du fleuve se retirer, et le grand enseignement du Saint-Esprit rentrer dans des limites de plus en plus étroites. La Renaissance arrive; et la guerre contre le christianisme, qui, depuis plusieurs siècles, se réduisait à des combats partiels, recommence, avec vigueur, sur toute la ligne.

Cinquième phénomène. Rentré dans la Cité du bien, Satan commence par en ébranler la base.

L'unité de foi, la puissance sociale de l'Église, le droit chrétien, la constitution chrétienne de la famille, étaient les quatre grandes assises de l'édifice religieux et social de nos ancêtres : que sont-elles devenues? Où est aujourd'hui l'unité de foi ? Le symbole catholique est brisé en morceaux comme un verre. La moitié de l'Europe n'est plus catholique ; l'autre moitié est à peine catholique à demi. Où est la puissance sociale de l'Église ? où est sa propriété ? Son sceptre est un roseau, et la mère des peuples n'a plus où reposer sa tête. Où est le droit chrétien ? Honni, foulé aux pieds, il est remplacé par le droit nouveau, disons mieux, par le droit de César, le droit de la force, du caprice et de la convenance. Où est la constitution chrétienne de la famille ? Le divorce est rentré dans les codes de la moitié de l'Europe. Ailleurs, sous le nom de mariage civil, vous avez le concubinage légal. Partout l'autorité paternelle désarmée ; et la famille, sans perpétuité, devenue une institution viagère. Quel est l'artisan de ces grandes ruines qui en supposent et qui en ont déterminé tant d'autres ? Si ce n'est pas l'Esprit du bien, c'est l'Esprit du mal : il n'y a pas à sortir de là.

Cependant, fasciner et détruire n'est que la première partie de l'œuvre satanique. Sur les ruines qu il a faites, l'usurpateur s'empresse d'élever son trône. Qui ne serait épouvanté en voyant, au dix-neuvième siècle de l'ère chrétienne, le règne du démon se manifester au cœur même de la Cité du bien, avec tous les caractères qu'il eut dans l'antiquité païenne? Ces caractères, on ne l'a pas oublié, furent le RATIONALISME, le SENSUALISME, le CÉSARISME, la HAINE DU CHRISTIANISME.

De ces différents caractères quel est celui qui nous manque? Le Rationalisme, ou l'émancipation de la raison de toute autorité divine en matière de croyances, peut-il être beaucoup plus complet ? L'autorité divine enseigne par l'organe de l'Église : quel est aujourd'hui le gouvernement qui l'écoute ? Sous le nom de liberté de conscience, toutes les religions ne sont-elles pas, politiquement et aux yeux d'un grand nombre, également vraies, également bonnes, et dignes d'une égale protection ? Qu'est-ce que cela, sinon l'Esprit de mensonge donnant, dans la Rome antique, le droit de bourgeoisie à tous les cultes et admettant tous les dieux au même Panthéon ?

"Sont-ils relativement nombreux les particuliers qui règlent leur foi sur la parole de l'Église ? Les hommes, les livres, les brochures, les journaux antichrétiens, ne sont-ils pas les oracles de la multitude ? D'ailleurs, la foi se connaît aux oeuvres, comme l'arbre aux fruits. Interrogez les membres du sacerdoce consultez les statistiques de la justice ; regardez autour de vous. Si cela ne vous suffit pas pour mesurer la puissance de la foi sur le monde actuel et fixer les limites de son empire, prenez une mappemonde et jugez !

Le Sensualisme
"Le Sensualisme, ou l'émancipation de la chair de toute autorité divine en matière de moeurs, ne marche-t-il pas de pair avec le Rationalisme ? Sous ce rapport, le monde actuel court à toutes jambes aux antipodes du christianisme. Le concile de Trente définit la vie chrétienne une pénitence continuelle, perpetua poenitentia ; et notre époque, une jouissance continuelle, la plus large possible et par tous les moyens possibles.... L'homme devient chair. Inutile d'insister sur ce caractère du règne satanique, dont le développement rapide alarme tous les esprits sérieux.

Le Césarisme
Le Césarisme, ou l'émancipation de la société de l'autorité divine en matière de gouvernement, par la concentration de tous les pouvoirs spirituels et temporels dans la main d'un homme, empereur et pontife, ne relevant que de lui-même. Qu'en est-il de ce nouveau caractère ? Regardez : la moitié des rois de l'Europe se sont faits papes (Ex : Angleterre, Pays Scandinaves) ; l'autre moitié aspire à le devenir.... Fouler aux pieds les immunités de l'Église, empiéter sur les droits de l'Église, souffleter l'Église, dépouiller l'Église, enchaîner l'Église : n'est-ce pas là ce qu'ont fait ou laissé faire tous les gouvernements de l'Europe, depuis la Renaissance ? N'est-ce pas ce qu'ils font encore? Si ce n'est pas là du Césarisme païen, nous ne comprenons plus le sens des mots.

La Haine du christianisme
"La Haine du christianisme. Le paganisme ancien haïssait le christianisme d'une haine implacable, universelle, à qui tous les moyens étaient bons pour insulter, pour écraser son ennemi. Il le haïssait dans son Dieu, dans ses ministres, dans ses disciples, dans ses dogmes, dans sa morale, dans ses manifestations publiques. Son nom était devenu celui de tous les crimes. Il était responsable de toutes les calamités publiques. La prison, l'exil, la mort au milieu des tortures, étaient justement dus à une secte, dit Tacite, coupable de la haine du genre humain. Satan est toujours Satan. Sa haine du christianisme est aussi jeune, aussi universelle, aussi implacable aujourd'hui qu'autrefois.

Il hait le Dieu des chrétiens. Depuis un siècle surtout, quels blasphèmes restent à proférer contre la personne adorable du Verbe incarné ? Citez un seul de ses mystères qui n'ait été mille fois attaqué, un seul de ses droits qui n'ait été nié et qui ne soit foulé aux pieds ? Il le hait dans ses ministres. Dans le paroxysme de sa fureur, n'a-t-il pas dit qu'il voudrait tenir le dernier boyau du dernier des rois, pour étrangler le dernier des prêtres ? (Diderot.) Autant qu'il a pu, n'a-t-il pas réalisé son voeu sanguinaire ? Est-il un seul pays, en Europe, où, depuis la Renaissance, les évêques, les prêtres, les religieux n'aient pas été dépouillés, chassés, poursuivis comme des bêtes fauves, insultés et massacrés ? Le Vicaire même du Fils de Dieu, le Père du monde chrétien, Pierre, du moins, aura été respecté. Voyez plutôt comme ils l'ont traité dans la personne de Pie VI et de Pie VII ; comme ils le traitent encore dans la personne de Pie IX. Qu'est-ce que l'Europe actuelle, sinon une famille en révolte contre son père ? Chaque jour, depuis neuf ans, des millions de voix ne font-elles pas retentir le cri déicide : Nous ne voulons plus qu'il règne sur nous ? Assiégée par cent mille excommuniés, la papauté n'est-elle pas un Calvaire ? Judas le vendeur; Caïphe l'acheteur; Hérode le moqueur; Pilate le lâche; le soldat spoliateur et bourreau, ne reparaissent-ils pas sur la scène ? Il le hait dans ses disciples. Les vrais catholiques subissent le sort de leurs prêtres. Toutes les injures adressées à leurs pères par les païens d'autrefois leur sont adressées par les païens d'aujourd'hui (On peut en voir la nomenclature dans Mamachi, Antiquitates et origines christianae, etc. Mieux que tous les raisonnements, ce fait seul manifeste l'identité de l'Esprit dominateur des deux époques.) On les tient pour inhabiles ou pour suspects. Autant qu'on le peut, on les exclut des charges publiques, on les traite d'arriérés, d'ennemis du "progrès", de la "liberté", des institutions modernes, demeurants d'un autre âge qui voudraient ramener le monde à l'esclavage et à la barbarie. On les opprime dans leur liberté, en annulant les dons qu'ils ont faits à l'Église, leur mère, ou aux pauvres, leurs frères ; en supprimant leurs associations de charité, qu'on ne rougit pas de mettre au-dessous des sociétés excommuniées. On les opprime dans leur droit de propriété, on prend leurs couvents pour en faire des casernes ; leurs églises, pour en faire des écuries ; leurs cloches, pour en faire des canons ; leurs vases sacrés, pour en faire de la monnaie ou des objets de luxe, à l'usage de leurs ennemis. On les opprime dans leur conscience, en leur imposant un travail défendu, en insultant, chaque jour, sous leurs yeux, tout ce qu'ils aiment, tout ce qu'ils respectent, tout ce qu'ils adorent. Pour que rien ne manque ni à leur martyre ni à la haine qui les poursuit, dans toute l'Europe, depuis la Renaissance, on les a pendus, brûlés, guillotinés. Encore aujourd'hui, en Italie, on les fusille ; en Pologne, on les pend ; en Irlande, on les tue par la faim. Si Dieu ne se lève, on en fera des boucheries, et des milliers de voix crieront: C'est justice ! Reus est mortis !

Il le hait dans ses dogmes. Depuis quatre siècles, au sein de l'Europe baptisée, il s'est dépensé, pour détruire l'édifice de la vérité chrétienne, plus d'encre, plus de papier, plus de temps, plus d'argent, plus d'efforts, qu'il n'en faudrait pour convertir le monde : cette guerre impie n'a pas cessé. Sans parler des livres, des théâtres, des discours antichrétiens: que font ces myriades de feuilles empoisonnées qui, chaque soir, partent de toutes les capitales de l'Europe, pour tomber le lendemain, comme des nuées de sauterelles venimeuses, dans les villes et les campagnes, et semer partout le mépris et la haine de la religion, le doute et l'incrédulité ?

Il le hait dans sa morale. Redevenu ce qu'il était aux jours de la souveraineté satanique, le monde actuel semble organisé pour la corruption des moeurs : Totus in maligno positus. Si les tristesses et les alarmes de tout ce qui porte encore un coeur chrétien ne vous le disent pas assez haut, regardez vous-mêmes.

La fièvre des affaires ; la soif de l'or et du plaisir ; l'industrie qui constitue des millions d'âmes dans l'impossibilité morale de remplir les devoirs essentiels du christianisme ; le luxe babylonien dont les coupables folies vont toujours croissant ; les modes impudiques ; les danses obscènes ; cinq cent mille cafés ou cabarets (en France seulement), gouffres béants où se perdent l'amour du travail, la pudeur, la santé, l'esprit de famille, le respect de soi-même et de toute autorité ; dans toutes les classes de la société des habitudes de mollesse qui énervent les âmes ; des scandales retentissants qui familiarisent avec le mal et tuent la conscience ; le mépris des lois qui ont pour but l'asservissement de la chair ; la profanation du dimanche ; la sanctification du lundi ; l'abandon de la prière et des sacrements : qu'est-ce que cela sinon la haine de la morale chretienne, haine infernale dont le dernier mot est d'étouffer le christianisme dans la boue ?

Il le hait dans ses manifestations publiques et privées. Là, il interdit le son des cloches et condamne le prêtre qui, en public, porterait son costume ; ailleurs, il abat les croix. Ici, il défend au Fils de Dieu de sortir de ses temples pour recevoir les hommages de ses enfants, et, sous peine d'être insulté, il doit se cacher avec soin lorsqu'il va les visiter sur leur lit de douleur. Tout cela se passe dans des sociétés qui se disent chrétiennes !

"Il s'y passe bien autre chose. En signe de victoire, Satan a replacé ses statues dans les jardins, dans les promenades, sur les places des grandes villes, dans l'Europe entière. Pénétrant jusque dans l'intérieur du foyer domestique, il en a banni les images du Verbe incarné et mis les siennes à leur place.

« Il n'y a plus de Christ au foyer, s'écriait naguère un éloquent prédicateur; il n'y a plus de Christ suspendu à la muraille ; il n'y a plus de Christ se révélant dans les moeurs. Quoi! vous avez sous vos yeux les portraits de vos grands hommes ; vos maisons se décorent de statues et de tableaux profanes ! Que dis-je ? vous gardez, exposés aux regards de vos enfants et aux admirations de la famille, les Amours du paganisme, les Vénus du paganisme, les Apollons du paganisme ; oui, toutes les hontes du paganisme trouvent un asile au foyer des chrétiens ; et, sous ce toit qui abrite tant de héros humains et de divinités païennes, il n'y a plus de place pour l'image du Christ, que Tibère lui-même ne refusait pas d'admettre avec ses divinités au Panthéon de Rome » (Le P. Félix,ibid. supra.)

Oui, il est vrai, vrai non-seulement en France où enseigne l'Université, mais vrai en Europe où enseignent les ordres religieux, vrai longtemps avant l'Université et la révolution française : chez les chrétiens lettrés des temps modernes, le Christ n'est plus au foyer. Mais il y était chez nos aïeux ignorants du moyen âge. Comment en a-t-il été banni ? comment a-t-il été remplacé par les dieux du paganisme, c'est-à-dire par Satan lui-même sous ces formes multiples, omnes dii gentium daemonia ? A quelle époque remonte cette substitution sacrilège ? Qui a formé les générations qui s'en rendent coupables ? Dans quels lieux et dans quels livres ontelles appris à se passionner pour les choses, les hommes, les idées et les arts du paganisme ? Quel Esprit a dicté l'enseignement qui aboutit à un pareil résultat ? Est-ce l'esprit du Cénacle ou l'esprit de l'Olympe ? C'est l'un ou l'autre.

Le début de la "mondialisation" ou "première mondialisation".
Il est un dernier phénomène qui, chaque jour, se manifeste avec plus d'éclat : c'est le double mouvement auquel le monde actuel obéit : mouvement d'unification matérielle, et mouvement de dissolution morale.
* En même temps, il absorbe les petites nationalités, supprime la famille, la commune, la province, la corporation, toute espèce de franchise et d'autonomie ;
* il ressuscite les armées permanentes de l'ancien monde, rebâtit ses grandes capitales, et, au cou des peuples affranchis par le Christianisme, rive les chaînes de la centralisation césarienne.
* Armées permanentes, grandes capitales, rapidité des communications, centralisation universelle, unification matérielle des peuples, poussée avec une ardeur fiévreuse; dissolution morale, arrivée au morcellement indéfini de tout symbole et de toute foi : qui oserait soutenir que ce double phénomène n'est pas le précurseur de la plus colossale tyrannie ? Peut-être la pierre d'attente du règne antichrétien, annoncé pour les derniers temps ? A nos yeux, c'est César à cheval avec Lucifer en croupe."

Source :
Mgr Gaume, Le Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome I, Paris 1890, p. 458-472; Voir aussi l'histoire détaillée de la Renaissance dans notre son ouvrage La Révolution, t. IX.

 

Conclusion

Avec la "Renaissance", la France hélas ne s'est pas éveillée comme le dit si perfidement le trilatéral Le Point, elle s'est éteinte, sombrant peu à peu dans les pièges que lui tendaient le Prince des Ténèbres qui lui préparait une place de choix en enfer !! La France des dites "Lumières"..., contre la France Fille aînée de l'Eglise, tel est bien le combat qui se livre depuis quatre siècles maintenant.

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 15:12
Le baptême de Clovis représenté dans une enluminure des Grandes Chroniques de France de Charles V, vers 1370-1379.

Le baptême de Clovis représenté dans une enluminure des Grandes Chroniques de France de Charles V, vers 1370-1379.

A l'heure de la disparition des nations devant la mondialisation, à l'heure où le système broyeur des peuples et destructeur des sociétés apprend aux petits Français des mythes construits sur leurs origines (1789 aurait fondé la "nation française"!!...), à l'heure de la destruction de notre société, nous pensons qu'il est un devoir premier de rappeler à tous qu'avant la "nation française" révolutionnaire de 1789, il y eut la nation gauloise qui, il y a plus de 2000 ans, résista à la conquête romaine dans un magnifique sursaut national concrétisé par la levée d'une armée des Gaules par Vercingétorix.

César lui-même appela cette terre "la Gaule" dans les écrits qu'il rassembla dans De bello Gallico ou Commentaires sur la Guerre des Gaules. Cette Gaule reçut, un siècle plus tard, le catholicisme comme aboutissement et parachèvement de sa propre religion druidique, elle se fit chrétienne avant la conversion de l'Empire romain au IVe siècle et forma cette magnifique civilisation Gallo-Romaine que tous les rois germaniques cherchèrent à imiter. Avant sa propre conversion en 496, le roi des Francs Clovis (481-511), se fit le champion et le défenseur de la culture gallo-romaine de la Gaule, le protecteur de sa religion chalcédonienne (trinitaire) contre les rois germaniques voisins burgondes et wisigoths, ariens (hérétiques niant la Trinité et la divinité de Jésus-Christ), et donc le défenseur de Rome sur ses terres, ce qu'on appelait alors la Romania. La Gaule et les Gaulois au IVe siècle étaient romanisés, on parlait des "Gallo-Romains" ou des "Romains", c'est-à-dire qu'ils étaient catholiques de cette foi romaine fixée définitivement au grand Concile Œcuménique tenu à Chalcédoine en 451... Il est donc d'un devoir premier et urgent de rappeler ces faits et de rappeler à tous d'où nous venons, la culture et la civilisation primitive de nos ancêtres.

La nation française n'a pas deux siècles d'histoire, mais vingt et notre culture est celto-romaine ou gallo-romaine, et catholique.


Pour le démontrer, nous nous appuierons sur les travaux d'Anne Bernet, journaliste et historienne de l'histoire religieuse dans son livre Clovis et le Baptême de la France (Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996) qui, disons-le tout de suite, a le mérite de souligner le lien entre la religion primitive des Gaulois et le catholicisme qui "a finalement converti les pays celtes, mieux préparés que d'autres à recevoir les mystères chrétiens."

De la religion primitive de la Gaule, deux divinités ont conservé les faveurs du peuple.

D'abord une déesse-mère chtonienne, maîtresse de la vie et de la mort, associée à l'agriculture, protectrice des troupeaux et des chevaux, parfois identifiée à la lune, aux sources, au feu, et guérisseuse. Comme tous les cultes rendus à une Grande Mère, le sien s'est estompé lorsque la société, de type matriarcal, est devenue patriarcale. Réduite au rang de parèdre d'un dieu, la Mère a pourtant continuée d'être vénérée sous diverses appelations qui cachent mal la croyance en une déesse unique. Elle est ainsi évoquée, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona, patronne des cavaliers et psychopompe, le cheval étant, pour les Celtes, un animal lié au monde funéraire; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes, reine du monde souterrain, des marais, de la nuit et de la mort; sous celui de Brigida, patronne de la médecine, de l'univers féminin et des sages femmes; et parfois sous ceux de Belisama (la "Très Brillante") ou de Rosmerta.

C'est encore sous une autre appellation, "la Vierge qui enfantera", que la connaissent les druides du collège national de la forêt des Carnutes.

Encore très populaire aux premiers temps du christianisme, la déesse a été convertie. Le sanctuaire de la "Virgo paritura" correspond à la cathédrale de Notre-Dame de Chartres; tant la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation.

Les sanctuaires d'Anna sont devenus ceux de sainte Anne, aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu, et que les Bretons nomment toujours "Mamm Goz", grand-mère.

Quant à Brigida, elle a cédé la place à son homonyme, sainte Brigitte, abbesse de Kildare en Irlande; certaines anciennes légendes bretonnes voient aussi en elle la fille infirme de l'aubergiste de Bethléem, qui, seule du village, proposa son aide à Notre-Dame et, en remerciant, se vit donner deux bras, elle qui était née manchote.

La déesse primitive avait un compagnon, Cernunnos, un Dieu doté d'une ramure de cerf, associé au printemps, à la nature sauvage, aux animaux libres, à la croissance des arbres. Cerrunos était un Dieu magicien, dispensateur de sagesse.

César et Lucain, ont résumé le panthéon gaulois sous la forme d'une triade masculine : Toutatis, Hésus et Taranis. Il semble cependant qu'il ne s'agissait pas d'une véritable triade, trois divinités associées et distinctes, mais plutôt d'une ébauche de conception trinitaire. Les druides auraient ainsi vénéré un seul dieu en trois personnes, ce qui expliquerait la relative facilité avec laquelle l'Eglise a finalement converti les pays celtes, mieux préparés que d'autres à recevoir les mystères chrétiens.

Appelé par ses fidèles "dieu-père" ou "bon dieu", devenu "Dispater" chez César, Taranis-Sucellos commandait au jour et à la nuit, à la mort et à la vie. Roi du ciel, créateur universel, il était à la fois seigneur et prêtre. Ses représentations tardives, car les druides n'aimaient pas voir réduire la divinité à des simulacres de pierre ou de bois, le montrent à cheval, écrasant sous les sabots de sa monture un serpent que le dieu transperce de sa lance. Cette image est deveue l'iconographie traditionnelle du patron chrétien des cavaliers, saint Georges.

Le surnom de Taranis indique clairement que le dieu commandait à la foudre et au tonerre, raison pour laquelle les Romains l'identifièrent à Jupiter tonnant.

Dieu-père, Taranis a un fils, "le Grand Fils". Appelé Bélénos ou Grannos, ce qui signifie "Brillant", "Brûlant", ce dieu solaire que l'on célébrait le 1er mai par des feux de joie, avait ses temples sur les lieux élevés. Ses sanctuaires sont devenus ceux de Saint Michel.

Esus est un dieu bûcheron, du moins sur les images qui le représentent. Cette iconographie signifierait qu'il était à la fois un destructeur et un libérateur.

Quant à Toutatis, plus célèbre chez les Celtes sous le nom d'Ogmios, vieillard chauve à la langue percée, il était le dieu de l'éloquence, de la persuasion, de la justice et de la guerre. Enfin, Lug (le Lumineux), fêté le 1er août, et dont le nom se retrouve dans l'étymologie de nombreux noms de villes (Lyon, Laon, Loudun...) était le maître de l'intelligence, desarts et des techniques, civiles et militaires.

Cette apparente diversité, peut-être plus accessible au commun des fidèles, dissimulait en réalité pour les initiés une unique figure divine, créateur universel, parfaitement juste et parfaitement bienveillant.

De la foi véritablement pratiquée par les druides, et des enseignements religieux dispensés par les collèges druidiques, nous ne savons pratiquement rien. S'ils possédaient un alphabet dit "ogamique" parce qu'il aurait été inventé par Ogmios, les druides se refusaient à mettre par écrit leurs doctrines qui se transmettaient oralement, au terme d'un apprentissage qui pouvait durer vingt ans. Ce que nous en savons, pour l'essentiel, a été transmis par les Romains et déformé, soit par malveillance afin de noircir les druides, ennemis déclarés des conquérants et seul ferment d'unité dans le monde celtique; soit par incompréhension.

Quelques certitudes surnagent cependant.

Les druides et les initiés croyaient en un dieu unique. Ils savaient que le monde ne se bornait pas à l'univers visible mais qu'il existait un univers invisible, plus désirable que le monde présent. Réfutant les croyances héritées des constructeurs de mégalithes, adeptes de métempsycoses, les druides croyaient en une seule vie terrestre, suivie, pour les justes, par une éternité de survie bienheureuse dans un Au-delà de joie et de consolation. Cet Au-delà se nomme "Sid" (le pays de la Paix"), "Avalon" (le pays des pommes) ou encore "Terre des jeunes", "Terre des Vivants", "terre du Bonheur". Les bienheureux y sont défintivement libérés des souffrances terrestres et unis à la divinité.

Cette foi intense en l'immortalité de l'âme est la seule prêchée publiquement par les drudies. Réduisant la mort à un simple passage vers un état meilleur, elle libère ses adeptes de l'angoisse de mourir. Face aux Champs-Elysées romains ou grecs, face au Tartare, endroits sans charme pour l'un et terrible pour l'autre, le Sid est évidemment plus souhaitable pour y vivre son éternité... Le monde romain de la conquête, lecteur de Lucrèce et qui croit que la mort ne débouche que sur le néant, sera quelque peu terrifié par des peuples guerriers délivrés de la plus fondamentale des frayeurs humaines.

Pour mériter le Sid, les Celtes doivent suivre un commandement, le seul public, qui résume assez bien la loi naturelle : "Sois pieux. Sois courageux. Ne fais pas le mal".

Ceux qui ne l'auront pas scrupuleusement suivi n'auront pas une part convenable du bonheur éternel, ne seront pas réunis au dieu et connaîtront une éternité plus proche de notre conception des Limbes que de l'Enfer ou du Purgatoire.

Les druides annoncent que le monde sera détruit par le feu et l'eau et qu'une nouvelle vie succédera à ce cataclysme....

"Pieux et braves, les Celtes de Gaule possèdent déjà les qualités qui, après leur conversion au christianisme, feront d'eux les défenseurs naturels de l'Eglise." (Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 28-36.)

"Les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les Carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres."

(Anne Bernet, ibid., p. 81.)

Partager cet article
Repost0