Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 17:57
L'ouverture à gauche de Sarközy est révélatrice de ce qu'Yves-Marie Adeline appelle l'effet de cliquet. Le fondateur d'Alliance Royale l'explique dans son livre La droite piégée, 1996, (Entretien video Vox Galliae):

"Nous sommes des gestionnaires de droite dans un régime de gauche. A chaque parti politique d'en entretenir le contenant; mais on n'a pas de prise sur le contenu. ... [L]a droite ("droite" traditionnelle, légitimiste qui n'est pas la droite d'affaires, bourgeoise, libérale, orléaniste, celle qui a fait la Révolution et qui se trouve aujourd'hui au pouvoir) dans un régime comme celui-là ne peut être que locataire des institutions et ne peut pas en être la propriétaire.

La droite n'a pas l'inititative des changements; son rôle est juste pour faire tampon, par périodes, vis-à-vis de la gauche. C'est Lénine qui disait: "Deux pas en avant, un pas en arrière, puis deux pas en avant, un pas en arrière". 

Autrement dit, le pas en arrière qui est un peu le conservatisme de droite, est là en réalité pour consolider non pas les deux pas en avant, mais au moins le premier pas en avant. Puis ensuite, on repart en avant; la gauche récupère à chaque fois son témoin. ... 

Phénomène de cliquet: toute avancée produite par la gauche se fait selon un mouvement non rétrogradable comme un filet de tennis que l'on élève; on ne peut pas revenir en arrière. Et la droite ne revient jamais en arrière. Quand elle est tentée de le faire, et encore, sur les moeurs, le social ou l'économique, la droite a du mal à revenir en arrière; regardez les 35 heures. 

Donc on est vraiment dans un système de cliquet, ce qui fait que ce régime avance toujours vers la gauche, vers la Révolution, vers une sorte de Révolution permanente."

Cette brillante analyse d'Yves-Marie Adeline a déjà été développée en 1932 par Albert Thibaudet (Les Idées politiques de la France, Paris, Librairie Stock, 1932, p. 36) qui parlait de mouvement sinistrogyre (du latin sinister, qui est à gauche, s'oppose à dextrisme, du latin dexter, qui est à droite) pour décrire la démocratie, "une sorte, écrit P.-A. Taguieff, de création continuée qui "va globalement vers la gauche, la gauche étant comme attirée par l'extrême gauche, et la droite déportée vers la gauche. ... [O]n ne saurait être de gauche, on ne peut que le rester en étant de plus en plus à  gauche. On ne peut rester progressiste qu'en se montrant de plus en plus "progressiste". Tout arrêt sur la voie de la gauchisation indéfinie est aussitôt stigmatisé comme indice de position "réactionnaire". En témoigne le passage à droite du libéralisme, originellement situé à gauche" (Pierre-André Taguieff, Les Contre-réactionnaires, Le progressisme entre illusion et imposture, Denoël, Mesnil-sur-l'Estrée 2007, p 12).
 
*
Entretiens videos d'Yves-Marie-Adeline à Vox Galliae
Partager cet article
Repost0
21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 14:09
"Dans les milieux d’idées contre-révolutionnaires, le nom de Bernard Lugan est bien connu pour ses travaux sur l’Afrique. Ses travaux sont parmi les meilleurs sur le sujet, si ce n’est les meilleurs tout court. C’est à juste titre que ce sujet et cet auteur intéressent nos milieux, car l’histoire de l’Afrique française figure parmi les plus belles pages de l’histoire de France. Il est bon de le rappeler à l’heure où la France disparaît dans le mondialisme et perd sa substance et son identité, sur fond de repentance à tout va de la part des autorités civiles ou religieuses.
Cependant, dans un récent entretien accordé à la « Nouvelle Revue d’Histoire » Bernard Lugan condamne la colonisation avec des propos particulièrement vigoureux. Cette position vis-à-vis de la colonisation et les termes avec lesquels elle se trouve exprimée sont très surprenants, et même à peine croyables, de la part de cet auteur (1).

Voici les phrases en question :

- « En Afrique, au nom des principes philanthropiques qu’elle portait la colonisation a brisé l’ordre naturel, cassant le pouvoir des dominants et favorisant l’ascension des anciens dominés. Sur le continent africain où la force et le prestige sont respectés, elle a introduit piété et compassion, abaissant les anciens maîtres… »
- « C’est en effet par dizaine de milliers que nous avons envoyé les meilleurs des nôtres mourir des fièvres sur le continent africain afin d’y soigner les populations, de leur apporter la paix, l’instruction. L’erreur fut colossale car la démentielle surpopulation africaine qui achève de détruire le continent est une conséquence directe de la colonisation ».
- «…Charles Maurras disait qu’une politique se juge à ses résultats ; or ceux de la colonisation sont calamiteux et cela tant pour l’Europe que pour l’Afrique »[2].
 
Remarques préalables.
 
Ce discours semble assez scandaleux, ou en tout cas franchement maladroit. Peut-on affirmer que les Africains ne méritaient pas “piété et compassion” ? Peut-on affirmer qu’il y a opposition entre “piété et compassion” et “force et prestige”? Peut-on affirmer qu’il valait mieux laisser les Africains mourir des fièvres, des guerres tribales, de l’esclavage, et autres tares propres aux sociétés primitives, que Lugan signale si bien dans ses ouvrages, sous prétexte que ces misères auraient évité la surpopulation actuelle ? Autant dire que les Africains (tout au moins les dominés) ne sont pas des hommes !

Ces lignes ne s’accordent pas avec la morale catholique et ni même avec la morale naturelle la plus élémentaire. Monsieur Bernard Lugan, pour signifier la situation catastrophique de l’Afrique, parle de “surpopulation”. Certes l’Afrique n’arrive pas à nourrir sa population actuelle, mais le terme de surpopulation ne paraît pas adapté, à moins de préciser qu’il s’agit d’une conséquence de problèmes que nous étudierons plus loin. Effectivement la densité de population du continent africain est une des moins élevée au monde, alors que ce continent recèle de grandes richesses, et un potentiel agricole de plus en plus mal mis en valeur. Il est maladroit de relayer sans précisions un des thèmes majeurs de la manipulation actuelle : la pseudo surpopulation de la planète.[3]

La vérité c’est que le continent africain est extrêmement mal géré sans quoi il pourrait accueillir une population plus importante. Dans le Sahara il existe des ruines de villes romaines dont l’analyse révèle, par exemple, des thermes chauffés. Nourrir une ville et chauffer des thermes, cela demande de la nourriture et du bois que le Sahara a produit dans l’Antiquité[4].

Au temps de Saint Augustin il y avait 300 évêchés en Afrique du Nord. Autre exemple révélateur: certaines zones de l’Algérie ont été remises en culture grâce aux efforts de la colonisation après des siècles d’abandon, mais, depuis la décolonisation leur rendement a été divisé par cinq ![5]
 
La colonisation, un échec ?
 
On ne peut à première vue que s’incliner, les colonies ne forment plus le grand empire français, et mis à part le Maroc, elles ont donné naissance à des pays, des sociétés bien malades aujourd’hui.
Mais cette première vue doit être complétée.

Monsieur Lugan cite Charles Maurras pour résumer sa pensée: 
“ …une politique se juge à ses résultats…”. Une autre phrase du même auteur “ la démocratie c’est la mort ” devrait l’inciter à préciser son jugement. La sévérité de Monsieur Lugan se justifie, mais il faut mettre démocratisation à la place de colonisation. Effectivement, pour les politiques qui ont présidé l’oeuvre coloniale, ces deux mots étaient synonymes, et bien loin de poursuivre l’effort initial de Charles X, ils n’ont eu de cesse de démocratiser les colonies.

Si aujourd’hui l’Afrique périt c’est l’aboutissement, le fruit naturel de la démocratie : la mort.[6]

Voici quelques pensées révélatrices à ce sujet. Elles émanent d’éminents révolutionnaires et laïques :

- de Léon Hugonnet radical de 1880, acolyte de Jules Ferry “ la grandeur de la France est indispensable au progrès de l’humanité.
C’est pourquoi j’approuve une politique qui unira sous le drapeau français cent millions dedéfenseurs de la république ”.
- de Albert Bouyet au nom de la ligue des droits de l’homme “ Faire connaître aux peuples les droits de l’homme, ce n’est pas une besogne d’impérialisme, c’est une tache de fraternité ”.
- de Jules Ferry “ C’était un devoir supérieur de civilisation qui légitimait le droit d’aller chez les barbares (sic)” “ La race supérieure (sic) ne conquiert pas pour le plaisir, dans le désir d’exploiter le faible, mais bien de le civiliser et de l’élever jusqu’à elle ”.
- de Léon Blum “ Le droit et même le devoir des races supérieures (sic) est d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture.

Dans la bouche de Jules Ferry et de Léon Blum inutile de traduire ce que ces mots veulent réellement dire.[7]

Philippe Conrad résume “ la mission civilisatrice de la France est mise en avant avec une référence très claire au langage des lumières. La France se plaçait ainsi dans l’héritage de 1789[8]

Ainsi la colossale énergie que la France a dépensée pour ces colonies, les milliers de sacrifices que les français ont consentis pour notre empire, tout cela était vain ou condamné à périr à plus ou moins long terme, car, par-dessus ces bonnes intentions, ces éminents sacrifices, ces remarquables capacités, il y avait la volonté de répandre la démocratie, les “Lumières” de 1789, mais, Maurras le dit : ces lumières-là produisent la mort, “ la démocratie c’est la mort ”.
 
L’évangélisation, un échec ?
 
Bernard Lugan dit également : “ J’ai longtemps hésité à écrire que l’évangélisation porte sa part dans la destruction mentale des africains. Si du moins, elle avait permis de leur apporter la paix… Mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Ce sont en effet les pays les plus christianisés qui ont connu ou qui connaissent les pires massacres[9]

Le constat de Bernard Lugan est à première vue exact. Mais là encore c’est la révolution qui fut à l’oeuvre. De même qu’il ne faut pas confondre colonisation avec démocratisation, il ne faut pas confondre évangélisation avec modernisation.

Nous avons vu d’une part l’opposition qui s’est instaurée dès la monarchie de juillet entre le gouvernement et l’Eglise pour ce qui concerne l’évangélisation. Dans ces conditions, celle-ci ne pouvait pas être pleinement efficace. Il faut imaginer la difficulté d’un missionnaire européen pour convertir des africains, alors que les autorités administratives françaises manifestent une franche opposition pour la religion catholique, alors que bien des militaires et des hommes d’affaires français se comportent en opposition avec la morale catholique, et que ce comportement bien loin de leur valoir des sanctions leur vaut les faveurs de gouvernements sous perfusion permanente de la Franc-Maçonnerie.

D’autre part il est impossible de nier que, dès le 19ème siècle, bien des clercs intervenant en mission furent des libéraux, qui s’empressèrent de libérer les “dominés des dominants”, qui véhiculèrent plus les idées de la démocratie que celle de l’Evangile, et ceci avec d’autant plus de facilité qu’il s’agissait de populations sans grande culture, et que bien des clercs libéraux n’ont pas hésité à mettre toute leur autorité spirituelle pour influencer outre mesure la politique des pays en question[10].

Durant la deuxième moitié du vingtième siècle, le problème s’accentue terriblement. Le modernisme triomphant, il ne devient même plus possible de parler d’évangélisation, au sens où l’on emploie ce terme lorsque l’on parle de l’évangélisation de la Gaule, par St Hilaire, St Martin … ou de l’Irlande par St Patrick, ou des Indiens par les Jésuites. Non, cela fait rêver, mais cela n’est plus la même chose. La religion proposée par nombre de clercs est, bien souvent, une religion qui prend, sur bien des points, le contre-pied de la foi catholique, et a bien du mal, parfois, à cacher un zèle certain à poursuivre l’oeuvre destructrice des libéraux du 19ème siècle.

Les ruines accumulées dans les pays de tradition catholique ne laissent-elles pas présager une impuissance à “évangéliser” les pays païens ?

Un certain clergé ne déconseille-t-il pas, par ailleurs, de se convertir ? Pourquoi se convertir, en effet, si toutes les religions se valent ?

N’y a-t-il pas autre chose à apporter aux catéchumènes que la liberté, l’égalité et la fraternité ?

Qui avouera la responsabilité du clergé dans le génocide rwandais ?

Qui dira le soutien odieux apporté par des évêques et des monastères de France ou d’Algérie au FLN?[11]
Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que les résultats soient catastrophiques si les missionnaires n’apportent plus l’Evangile, mais la démocratie ?
Car, “ la démocratie c’est la mort ”.

Aussi, il semble impropre de dire, sans plus de précision, que l’évangélisation est en partie responsable de la destruction mentale des africains. Il faut d’une part rattacher ce problème au problème du catholicisme libéral qui affecte l’Eglise depuis deux siècles, et signaler que, depuis au moins, il ne s’agit bien souvent plus d’évangélisation mais de “modernisation” des esprits.

On ne peut pas dire non plus qu’il y a incompatibilité psychologique ou organique entre une religion et une civilisation qui ne seraient valables que dans les pays où elles se sont développées, et non en Afrique, par exemple. Effectivement l’histoire nous apporte bien des exemples qui prouvent que la religion catholique s’est parfaitement adaptée à des populations très différentes et hors d’Europe, justifiant sa qualité d’universelle.

L’histoire nous apprend également que par la colonisation, un pays civilisé peut très bien apporter et adapter cette civilisation dans des pays plus primitifs, comme ce fut le cas pour la colonisation de la Gaule par les Romains, ou de l’Amérique du Nord par les Français.

En conclusion il semble que Monsieur Lugan ait raison de parler de catastrophe, mais au lieu de colonisation il faut employer le mot de démocratisation, et au lieu d’évangélisation il faut employer le mot de “modernisation”.

Il ne faut pas s’attrister longuement sur le passé, mais, si la colonisation et l’évangélisation avaient été conduites et aidées par Charles X et ses successeurs légitimes, elles ne seraient pas tombées dans les travers qui ont ruiné ses efforts."

(Source: La Gazette Royale, Fichier PDF, octobre - novembre - décembre 206, n° 109, p. 15- 17).

[1] Notons bien que si Bernard Lugan s’oppose à la colonisation ce n’est pas du tout pour les mêmes raisons que celles qu’avancent les médias et Mr Boutéflika. Ceux-ci font croire aux jeunes français que la métropole s’enrichissait au détriment de ses colonies. Or, comme le prouve abondamment Bernard Lugan, ce sont plutôt les colonies qui se sont enrichies au dépend de la métropole.
 
[2] Ces citations sont extraites de la N.R.H., N°21, page 11 et suivantes. Du fait de la qualité de plusieurs de ses collaborateurs cette revue publie des articles tout à fait intéressants. Cependant il faut être très prudent car plusieurs de ces collaborateurs, pratiquent un anticatholicisme militant, d’autant plus dangereux qu’il n’apparaît pas souvent clairement.
 
[3] Il faut lire à ce sujet le livre de Pascal Bernardin « L’empire écologique, manipulation planétaire. »
 
[4] Dominique Soltner “Les bases de la production végétale” tome II page 191. éditions Sciences et Techniques Agricoles, Angers, 1995.
 
[5] Amicale des anciens élèves des écoles d’agriculture d’Algérie, ‘L’oeuvre agricole française en Algérie 1830-1962’, éditions de l’Atlanthrope, Versailles, 1990. Selon ces auteurs, qui savent de quoi ils parlent, « En 1957 le rendement moyen de l’Algérie, toute céréales confondues, était de 11,9 quintaux à l’hectare, en culture européenne et de 4,9 quintaux à l’hectare chez les fellah. Pour la période de 1969 à 1971…le rendement…était de 1,6 quintal à l’hectare. »
 
[6] Il est certain que Charles X et le maréchal de Bourmont ne concevait leur entreprise colonisatrice sans la doubler d’une évangélisation. Cf. à ce sujet le livre d’Yves Griffon “Charles X roi méconnu” éditions Rémi Perrin, Paris 1999. Le gouvernement de Juillet 1830 a aussitôt annulé les bonnes dispositions prises par Charles X. Ce sont de tels faits qui ont fait dire au marquis de Roux, historien de la Restauration, la phrase suivante « La Restauration a été le dernier gouvernement français qui ait compté parmi ses devoirs d’état l’appui à donner à l’Eglise pour le bien des âmes. » in “La Restauration”, p 439, Arthème Fayard, Paris, 1930. Ceux des historiens catholiques qui ne cessent de critiquer les rois de France pour leurs fautes devraient en prendre acte.
 
[7] Ces quelques citations sont extraites de la N.R.H., N° 22, pages 40 et suivantes.
 
[8] Philippe Conrad. N.R.H. N°22, page 39.
 
[9] N.R.H., N°21.
 
[10] Cf. à ce sujet le livre de Bernard Lugan sur l’Eglise catholique et le Rwanda.
 
[11] Un membre de l’UCLF a cessé toute pratique religieuse au cours de la guerre d’Algérie le jour ou il s’est aperçu que le monastère où il allait à la messe tous les dimanches en Algérie servait de cache d’armes au FLN. Il est revenu à la pratique religieuse par le biais de la tradition et de Monseigneur Lefebvre.
Plusieurs des collaborateurs de la N.R.H., dont les idées anticatholiques ont été signalées plus haut, sont d’anciens militaires de la guerre d’Algérie, ces faits n’ont pas du les aider à garder la foi, il ne faut pas l’oublier.
Partager cet article
Repost0
15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 08:04

La république dite "française" est un régime fondé sur
- l'illusion (des chimères comme l'article 1er de la Ddh),
- la mystification (le mythe)
- et le mensonge. La corruption de la liberté.


"Le libéralisme, dit Charles Maurras, est la doctrine morale politique qui fait de la Liberté le principe fondamental par rapport auquel tout doit s'organiser, en fait, par rapport auquel tout doit se juger, en droit. ... [L]e libéralisme supprime en fait toutes les libertés. Libéralisme égale despotisme. Je le démontre" : 

                              En religion

"Dans l'ordre religieux, la liberté-principe peut tout admettre, hors l'aliénation de la liberté elle-même. Un homme qui aliène sa liberté personnelle n'est plus un homme, dit la philosophie libérale. Il a perdu son rang, sa dignité. Mais, objectera-t-on, il fit acte de liberté en immolant sa liberté? Il n'avait pas ce droit de l'immoler. La liberté, c'est l'intangible. "Pas de liberté contre la liberté"... Dès lors, point de voeux monastiques, point de Congrégations... C'est le sophisme protestant des Renouvier et des Buisson. Mais qu'on y prenne garde: ce raisonnement est sophistique parce que le point de départ en est faux : il n'est point vrai que la liberté soit un principe fondamental. Mais si la prémisse était vraie, la conclusion le serait aussi. C'est très logiquement, très rigoureusement que M. Buisson a déduit la loi de 1901 du principe libéral. Dans le principe libéral, la liberté des ordres religieux serait chose immorale. Dans le principe libéral, cette liberté doit être étouffée. Et voilà donc une première 'liberté' dont la conquête exige au préalable le renversement du principe libéral...

                              En économie politique

Dans l'ordre économique, la liberté principe veut que la concurrence des libertés individuelles, d'où le bien doit sortir inévitablement, soit oeuvre sacrée. Il n'y a qu'à laisser faire et à laisser passer. Toute intervention de l'Etat de l'Etat ou de la Société mérite le nom d'attentat et presque de profanation. Le statut du travail doit donc être individuel. Autant par respect pour sa liberté propre que par vénération de la mécanique du monde, l'ouvrier doit respecter les injonctions du décret de
Chapelier et s'interdire sévèrement toute association, corporation, fédération, tout syndicat d'ordre professionnel, de nature à troubler le libre jeu de l'offre et de la demande, le libre échange du salaire et du travail. ... La liberté économique aboutit donc, par une déduction rapide, à la célèbre liberté de mourir de faim. ... Toute liberté réelle, toute liberté pratique, tout pouvoir libre et certain de conserver sa vie, de soutenir sa force, est refusé à l'ouvrier tant qu'on lui refuse la liberté d'association. 

Il a fallu le déclin des idées libérales pour obtenir, dans l'ordre économique, un certain degré de liberté d'association. Pour étendre cette liberté, pour l'étoffer, pour la nourrir, on devra écraser tout ce qui subsiste du libéralisme dans les esprits.

                              En science politique

Dans l'ordre politique, le libéralisme exprimé à la première phrase du Contrat social et au premier article de la Déclaration des Droits de l'homme, porte que l'homme naît libre. Le libéralisme veut dégager l'individu humain de ses antécédences ou naturelles ou historiques: il l'affranchira des liens de familles, des liens corporatifs et de tous les autres liens sociaux ou traditionnels. Seulement, comme il faut vivre en société, et que la société exige un gouvernement, le libéralisme établira le gouvernement de la société en accordant un suffrage à chaque liberté et en faisant le compte de ses souverains suffrages. La majorité, exprimant ce que
Rousseau appelle la volonté générale, exprimera ainsi, en quelque sorte, une liberté générale: la volonté de la majorité devient dès lors un décret-loi contre lequel personne ni rien ne saurait avoir de recours, si utile et si raisonnable, ou si précisue et si sacrée que puisse être cette chose ou cette personne. La liberté-principe établit une règle qui confisque méthodiquement les forces et les libertés particulières; elle se vante de créer toute seule et de constituer la liberté de chacun; mais en pratique, l'histoire le montre bien, cet individualisme affaiblit les individus. C'est son premier effet. Le second est de tyranniser, sans sortir du "droit", tous les individus n'appartenant pas au parti de la majorité, et ainsi de détruire les derniers refuges des libertés réelles. Tels sont les deux effets successifs de la Liberté politique (ou volonté du peuple) sous son aspect le plus connu qui est celui de la "démocratie libérale" ou démocratie fondée sur la Liberté, Liberté fondant son gouvernement.

Il y a une autre forme de libéralisme, plus aiguë, plus logique, à laquelle arrivent toujours, quand ils ont persisté dans l'opposition, les partis libéraux: ils se font anarchistes purs. Le principe libéral en ce cas, ne détruit pas seulement ces liens de famille, de tradition et de relation, créateurs de forces de résistance et centres de pouvoirs: il renverse l'Etat, il nie la Patrie. Il livre donc l'Etat à l'arbitraire du désordre et aux corps des révolutions, comme il ouvre la Patrie aux armes de l'Etranger. Par ce libéralisme absolu, l'homme né libre tend à perdre: 1° la liberté d'aller et venir dans la rue sans être assomé (même si les libertariens, comme ils se nomment, le nient...); son indépendance de citoyen d'une race déterminée.

Telle est la conséquence naturelle du libéralisme non mitigé: il tue la Société et, par là même, toutes les libertés contenues dans la société existante (il subvertit radicalement la Société en opposant les individus et les classes). Quant au libéralisme mitigé, s'il laisse subsister la société, il la caporalise sous la moins juste, la plus rude et la moins responsable des dictatures, celle du Nombre. 

Ainsi, le libéralisme et le despotisme, c'est tout un. Le dévouement aux libertés commande donc le sacrifice de l'idole et de la nuée Liberté" (
Charles Maurras, La Dentelle du rempart, Choix de pages civiques en prose et en vers 1886-1936, Préface de Bernard Grasset, Mayenne 1937, p. 206-211).

Pour être tout à fait complet, on ajoutera que toute l'astuce de la démocratie dite libérale est de faire croire aux personnes, c'est peut-être là le "Grand mensonge", que c'est la majorité qui dirige alors que la soit-disant volonté générale n'est pas la volonté du Nombre, ni de la majorité, c'est au contraire, le règne despotique d'une minorité (de droite ou de gauche, à tour de rôle), le règne d'une caste qui se coopte entre elle, et exploite la majorité en la divisant et en jouant des minorités contre elle. C'est toute l'imposture démocratique (cliquez sur le lien pour lire l'article). 

"Il est contradictoire que l'Etat fondé pour établir l'unité entre les hommes, unité dans le temps (la continuité), unité dans l'espace (l'accord) soit légalement constitué par les compétitions et les disputes des partis, qui sont essentiellement diviseuses" (Charles Maurras, ibid., p. 254).

Parler même de "Liberté" avec un grand L, exactement comme si rien ne pouvait limiter cette liberté est un mensonge, pour plusieurs raisons. Les révolutionnaires en même temps qu'il scandaient le mot "Liberté" en donnait une nette limitation dans l'article 4 de la Déclaration des Droits de l'homme: "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. D'où la contradiction : "l'homme né libre, mais il n'est pas libre..." L'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits: ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. Autrement dit, imposture de la Liberté érigée en norme suprême, si l'on veut garantir la sécurité, il faut d'abord commencer par créer un ordre politique qui, si libéral soit-il, ne peut exister qu'au prix d'une limitation de la dite "Liberté"...  

Prétendre ensuite que "les hommes naissent libres et égaux en droits" (article 1er de la Déclaration des droits de l'Homme) est un mensonge que la réalité contredit. Il est d'abord impossible que "chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant..." (J.-J. Rousseau, Du contrat social, liv. I, ch. VI.) Ensuite, à l'âge d'une minute, les hommes sont-ils libres? Et selon la thèse égalitaire, à ce même âge, sont-ils aussi libres que père et mère??

Le britannique Edmund Burke qui se présenta comme un défenseur de la Loi naturelle dans ses grands combats "libéraux", s'éleva dès 1790 contre la prétendue filiation du libéralisme français avec le libéralisme anglais. Alors que Maurras précise "que le libéralisme anglais ne soit point un libéralisme, c'est ce qu'il est un peu trop facile de voir" (Charles Maurras, Kiel et Tanger, La République française devant l'Europe 1895-1921, Bibliothèque des Œuvres Politiques Versailles, Évreux 1928, p. 104), la thèse d'Edmund Burke, en 1790, était déjà de dire que le prétendu libéralisme en France en 1789 n'était qu'une corruption du libéralisme anglais. Pour lui la Révolution dite "française" repose sur des principes totalement étrangers au libéralisme. Il commence par observer que dans la Déclaration britannique des droits de 1689, "on ne trouve pas un mot ni même une allusion concernant un droit général 'de choisir nous-mêmes ceux qui nous gouvernent; de les destituer pour cause d'indignité; d'instituer notre propre forme de gouvernement'" (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 21). 

Il indique ensuite que "si l'on s'accordait sans scrupule la facilité de changer de régime autant et aussi souvent et d'autant de manières qu'il y a de fluctuations dans les modes et dans les imaginations, on romprait toute la chaîne et toute la continuité de la chose publique. Il n'y aurait plus aucun lien d'une génération à l'autre. Les hommes ne vaudraient guère mieux que les mouches d'un été...." (
Edmund Burke, ibid., p. 120).

"Nous sommes si loin de devoir à la Révolution de 1688 le droit de choisir nos rois qu'on pourrait dire au contraire que si jamais un tel droit avait appartenu à la nation anglaise avant cette Révolution, elle y a alors solennellement renoncé pour elle-même et pour toute sa postérité" (Edmund Burke, ibid., p. 25). "[L]a succession à la Couronne a toujours été ce qu'elle est aujourd'hui, une succession héréditaire conformément à la loi. Cette loi, dans l'ancienne lignée, était de droit coutumier; dans la nouvelle, elle est de droit écrit, établie suivant les principes mêmes du droit coutumier, sans rien changer au fond" (ibid., p. 27). "Chaque membre de la société renonce au premier droit fondamental de l'homme naturel, celui de juger par lui-même et de défendre son propre droit. Il abdique le droit d'être son propre gouverneur. ... Les hommes ne peuvent jouir à la fois des droits de l'état de nature (uncivil) et de ceux de la société civile. Pour obtenir justice, l'individu renonce au droit de la déterminer dans ce qui lui importe le plus. Et pour s'assurer d'un certain degré de liberté, il s'en déssaisit en totalité pour en confier la garde à d'autres instances" (ibid., p. 75-76).

Edmund Burke "Nous ne sommes, dit-il, ni les catéchumènes de Rousseau ni les disciples de Voltaire; et Helvétius n'a guère pénétré chez nous. Les athées ne sont pas nos prédicateurs, ni les fous nos législateurs. Nous savons bien qu'en morale nous ne pouvons nous prévaloir d'aucune découverte; mais c'est que nous pensons qu'en la matière il n'y a pas de découvertes à faire, et fort peu quant aux grands principes de gouvernement et aux idées de liberté, qu'on comprenait tout aussi bien longtemps avant que nous fussions au monde qu'on les comprendra lorsque la terre se sera refermée sur notre présomption et que le silence de la tombe aura mis fin à notre impudent verbiage" (ibid., p. 109). 

"Tels maîtres, tels élèves! Qui aurait songé à Voltaire et à Rousseau comme législateurs? Le premier a le mérite d'écrire agréablement et personne n'a, si bien que lui, uni aussi heureusement le blasphème à l'obscénité. Le second n'était pas qu'un peu dérangé dans son esprit, j'en suis à peu près sûr" (
Edmund Burke, The Correspondence of Edmund Burke, janvier 1790 in Edmund Burke, ibid., p. 657).

"J'entends dire que l'on prétend quelquefois en France que ce qui s'y passe actuellement est fait d'après l'exemple de l'Angleterre. Permettez-moi d'affirmer que presque rien de ce qui s'est fait chez vous ne dérive ni dans la pratique ni dans son esprit de notre manière de faire ou des idées généralement reçues dans notre pays" (ibid., p. 111-112).

"Nous savons, et, qui mieux est, nous sentons intimement que la Religion est la base de la Société civile et la source de tout bien et de toute consolation (Cicero, De legibus, II, 7., cité in Edmund Burke, ibid., p. 114).

"[L]a majorité du peuple anglais, loin de considérer l'institution d'une Eglise d'Etat établie, comme illégitime, incline tout au contraire à penser qu'il est illégitime de s'en passer. Vous abusez complètement en France si vous ne nous croyez pas attachés à cette institution par-dessus tout. ... Le peuple anglais considère son établissement religieux comme le fondement de toute sa constitution" (Edmund Burke, ibid., p. 126).

"La nation anglaise entend montrer aux arrogants potentats de ce monde, et à leurs verbeux sophistes, qu'une nation LIBRE, généreuse et instruite honore les hauts dignitaires de son Eglise; qu'elle ne permettra jamais à l'insolence des richesses et des titres, ... de regarder de haut et avec mépris ce que nous considérons avec vénération, ou d'oser fouler aux pieds cette noblesse personnelle acquise..., fruit ... du savoir, de la piété et de la vertu" (Edmund Burke, ibid., p. 131).

"Il n'y a pas dans notre royaume un seul homme public, parmi ceux auxquels vous aimeriez vous référer, pas un seul, dis-je, dans quelque parti ou quelque groupe que ce soit, qui ne réprouve comme malhonnête, perfide et cruelle la confiscation de biens que votre Assemblée nationale a été contrainte d'ordonner (en vertu des décrets des 13 mai et 16 juillet 1790, l'"Assemblée nationale" remit à l'Etat les biens de l'Eglise et les vendit aux particuliers. L'Angleterre avait connu une confiscation de ce genre sous Henry VIII), alors que son premier devoir était de les protéger. ... Par cet acte, ses yeux (de notre peuple) se sont ouverts, et s'ouvriront de plus en plus sur les abîmes d'égoïsme et d'étroitesse que recouvre la prétendue générosité d'esprit et de sentiment de ceux qui en portent la responsabilité. ... Ce qui a commencé sous le voile de l'hypocrisie et de la fraude a fini par la pratique ouverte de la violence et de la rapine" (Edmund Burke, ibid., p. 133-134). 

"Nous ne saurions trop nous remplir d'horreur pour les excès d'un peuple féroce, sanguinaire et tyrannique, qui, sans raison et sans principe, autorise les proscriptions, les confiscations, les pillages, les meurtres et les incendies. ... Ce n'est plus de l'intolérance dont la France nous donne l'exemple; mais, ce qui est mille fois pis, de l'athéisme, vice abominable, dont toute la nature démontre la monstruosité, qui dégrade l'homme et flétrit son âme en lui ravissant sa plus douce consolation. Depuis longtemps ce germe pestiféré a étendu des racines en France... spectacle d'un genre de tyrannie que l'espèce humaine n'a pas encore connue" (Edmund Burke, Discours sur la situation actuelle de la France prononcé à la Chambre des Communes, le 9 février 1790, lors du fameux débat sur les estimations de l'armée, cité in ibid., p. 327-329). 

Burke établit le bon diagnostic : "genre de tyrannie que l'espèce humaine n'a pas encore connue" puisque aussi bien les Etats classiques antiques que les monarchies chrétiennes, aussi bien les philosophes classiques que les érudits chrétiens du "Moyen Âge", reconnaissaient que l'authentique liberté consistait en la recherche et la découverte de la loi que la divinité avait mis en l'homme. Mais aussi dans le respect de cette loi par l'individu (liberté-effort sur soi, liberté-conquête) et par la politique de la cité, sous peine de détruire la liberté de l'individu et celle de la société tout entière... Lire le "Le sens métaphysique de la Révolution
" et "Ce pour quoi on se bat : la survie de 2000 ans de civilisation européenne classique et chrétienne".

On dit enfin que - privilège du Peuple souverain - "nous vivons au moins sous un régime représentatif et un pouvoir que le peuple s'est choisi". Rien n'est plus faux!! Les constitutions des révolutionnaires illustrent assez le caractère profondément hypocrite et mensonger de la doctrine des droits de l'homme: en théorie, l'égalité naturelle des hommes devrait donner à chacun un droit égal dans le désignation des représentants et soumettre ceux-ci à un pouvoir réel de l'électeur. En fait, que se passa-t-il? Les révolutionnaires, conscients de l'inanité de leurs formules, instaurèrent un régime "représentatif" par mandats indirects en interdisant les mandats impératifs qui étaient depuis Rousseau jugés trop dangereux.

"Il faut dire et redire que les élus des Assemblées révolutionnaires, héritières de ces états de 1789, n'ont, à aucun moment, pensé instaurer un semblant de suffrage universel. ... Dès les premiers débats, dès les premiers écrits des théoriciens, s'affirmaient des exclusives et la volonté de n'accorder le droit de vote qu'aux hommes dignes de comprendre.... On ne s'aventurait pas à courir le risque de disparaître en donnant la parole au vulgaire. La démocratie directe fut tout de suite hautement proclamée irréalisable, utopique ou, plutôt indécente, et, bien évidemment, contraire aux intérêts de 'la nation'. Les amis du peuple ne lui faisaient pas confiance et le lui montraient bien. L'idée était de décider en petits groupes d'initiés ce qui était bon pour les croquants et de clamer à grands cris faire leur bonheur sans leur demander leur avis... De si fortes entorses au grand principe révolutionnaire de l'Egalité n'ont soulevé aucun concert de protestations dans les clubs de ce temps ni, plus tard et jusqu'à aujourd'hui, ému vraiment la plus grosse part de nos historiens. ... La Convention, qui... se disait si haute... émanation du peuple, ne fut qu'une coterie menée de petits maîtres" (
Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 14-16).

En 1789, "les représentants qui siégeaient aux Etats généraux furent désignés, non par le peuple de France mais, au prix de toutes sortes de manoeuvres, de magouilles et de coup bas, par les salons et les sociétés de pensée. En somme par des partis et, pour dire plus vrai, par un seul. C'était la dictature des
Lumières" (Jacques Heers, Un Homme un vote?  Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 187). 


Après 1830, contrairement à une idée reçue, ce sont les légitimistes qui ont milité pour le suffrage universel et les révolutionnaires pour le suffrage censitaire" (Stéphane Rials in Révolution et Contre-Révolution au XIXème siècle - Editions D.U.C./Albatros, Paris, 1987.)
 
Add. 1 mai 2011. 14:55.
Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).
 
Pourquoi les révolutionnaires ont-ils, à ces époques, préféré certaines formes de monarchie à la république ? Le suffrage censitaire au suffrage universel ? Parce que les conditions n’étaient pas, alors, réunies pour que la manipulation puisse fonctionner. (Lire "Il y a toujours eu un lien étroit entre élection et manipulation") 


S'agissant maintenant du vote des femmes, "un acquis de la république", qu'en est-il? 

"En fait, lors de la nuit du Moyen Âge, les femmes étaient souvent convoquées aux conseils au même titre que les hommes et, de façon toujours active, à la gestion des affaires. ... On les voyait voter lors des assemblées politiques (le procès-verbal d'une réunion de la commune de Provins, au XIXe siècle, alors que les citadins devaient voter pour accepter ou refuser la tutelle royale, fait état de 2700 personnes, nommément désignées, dont 350 femmes. Participation certes faible 13% mais pas plus, certainement, que dans certains de nos conseils et assemblées aujourd'hui). L'exclusion de la femme ne date absolument pas des siècles obcurs mais vint plus tard, de la modernité. Au moment même où l'on proclamait les droits de l'Homme, l'égalité de tous et la libération des opprimés, nos lois françaises ont interdit, et pour de longues années, aux femmes de prendre part aux affaires de l'Etat. Les défenseurs des trois grandes vertus, inscrites aux frontons des édifices publics et des temples républicains, décidèrent qu'elles devaient rester en leurs foyers" (Jacques Heers, Un Homme un vote?  Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 19-20).


Et que se passe-t-il aujourd'hui concrètement en 2007? 

Un homme, un vote?L'historien Jacques Heers répond: "[L]a moindre attention apportée aux pratiques électorales montre que cette égalité des droits... n'est qu'un leurre. Les votes, à l'intérieur d'un même Etat, ne pèsent pas tous le même poids. Il s'en faut de beaucoup...  Les 'circonscriptions électorales' qui rassemblent plusieurs cantons ou fractions de cantons. Chacune désigne un député et l'on aimerait croire qu'elles sont de populations égales, ou à peu près. Il n'en est rien... Un habitant de Trappes en vaut presque deux de Rambouillet. Prime à un certain type de société? (Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 23-25). 

Maurras propose alors de rendre à l'Etat ce qui lui appartient: "Rendons à l'Etat ce qui appartient à l'Etat, ou plutôt ajoutons à son édifice un étage supérieur, un organe SOUVERAIN, - un roi - faute de quoi les libertés, les biens, l'existence même de chacun de nous, resteront sans défense et sans garantie....Il existe un parlementarisme sain, utile, nécessaire, c'est celui des assemblées représentatives des corps et des communautés. Ces assemblées, dans l'ordre de leur compétence, paraissent avoir un rôle consultatif de la plus haute importance. Elles peuvent aussi administrer les intérêts professionnels et locaux, et c'est non seulement leur avantage propre, mais, d'un point de vue général, c'est l'avantage de l'Etat, car elles le délivrent d'une lourde charge. En tant qu'il gouverne, l'Etat doit laisser les compagnies et les corps s'administrer sous son contrôle par leurs délégations et représentations. En tant qu'il légifère, il doit consulter à tout propos et aussi souvent que possible ces délégations compétentes. Tout manquement fait par l'Etat à cette double règle est une faute qu'il commet, et contre lui-même. Il se lie, il s'encombre, il se diminue en croyant s'agrandir, et les citoyens dont il pense faire le bonheur en sont liés, chargés et diminués avec lui.... En fait donc, nous voilà plus libéraux que les libéraux de doctrine" (
Charles Maurras, Kiel et Tanger, La République française devant l'Europe 1895-1921, Bibliothèque des Œuvres Politiques Versailles, Évreux 1928, p. 236).

"L'Etat français qui se mêle de tout aujourd'hui, même de faire des écoles et de de vendre des allumettes, et qui, en conséquence, fait tout infiniment mal, vendant des allumettes ininflammables et distribuant un enseignement insensé, l'Etat est lui-même impuissant à remplir sa fonction d'Etat. Il est abandonné aux représentants du pouvoir législatif" (
Charles Maurras, La Dentelle du rempart, Choix de pages civiques en prose et en vers (1886-1936), Préface de Bernard Grasset, Editions Bernard Grasset, Mayenne 1937, p. 131). 

"Considérant que les âges de vraies et solides propsérité nationale furent en France ceux où le pouvoir royal, indépendant et maître des attributions propres de l'Etat, n'empêchait point les différents corps, compagnies et communautés de la nation de gérer librement leurs intérêts particuliers.... Considérant que ces éclatantes leçons données au Roi et à la France par huit siècles d'expérience historique ne seront point perdues pour la France ni pour le Roi: le pouvoir royal ne peut désormais manquer de tendre.... à rétablir l'usage de ces libertés partout où l'intérêt supérieur de la patrie et de l'Etat n'exigera pas le déploiement de l'autorité" (
Charles Maurras, La Dentelle du rempart, Choix de pages civiques en prose et en vers (1886-1936), Préface de Bernard Grasset, Editions Bernard Grasset, Mayenne 1937, p. 128-129).

"Au résumé, le citoyen, dans toute la sphère où il est compétent et intéressé directement, dans tout ce qu'il a le pouvoir de connaître et donc de juger, est présentement un esclave. Le pouvoir royal lui rendra la disposition et la souveraineté de ce domaine qui lui fut arraché SANS DROIT, sans utilité, et au péril même de la force de la patrie" (
Charles Maurras, La Dentelle du rempart, Choix de pages civiques en prose et en vers (1886-1936), Préface de Bernard Grasset, Editions Bernard Grasset, Mayenne 1937, p. 130).


Conclusion


"Cette impuissance du peuple, cette dépossession du peuple, c'est la contradiction fondamentale des démocraties modernes. Elles veulent défendre la démocratie sous prétexte que la démocratie est le "pouvoir du Peuple". Et elles défendent la démocratie en empêchant qu'il puisse y avoir sur la scène politique autre chose que des partis démocratiques... La démocratie ainsi conçue se retourne contre le peuple. Elle lui assure une liberté qui n'est qu'un mot, elle lui donne un bulletin de vote qui est sans valeur" (
Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 32-33). 

"Nous sommes antilibéraux, mais pourquoi? Parce que nous voulons garantir les libertés publiques" (Oliveira Salazar, Une Révolution dans la paix, Paris 1957, p. XXXII).

Partager cet article
Repost0
29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 11:10
Partager cet article
Repost0
19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 11:20

     
                  Une équipe qui porte la marque de la "rupture"

"OUVERTURE, parité, intitulés des ministères chamboulés, administrations regroupées, nombre de portefeuilles réduit : Nicolas Sarkozy et François Fillon ont d'emblée imprimé la marque de la « rupture » en composant la première équipe gouvernementale du quinquennat." (Figaro, 19 mai 2007)

"François Fillon promet un "changement radical de la vie politique française" (
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.05.07).

"Rabaut-Saint-Etienne avait dit... à la tribune de la
Constituante

"Pour rendre le peuple heureux, il faut le RENOUVELER, CHANGER ses idées, CHANGER ses lois, CHANGER ses moeurs, CHANGER les hommes, CHANGER les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à recréer"...
" (Rabaut-Saint-Etienne cité in Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, réed. Expéditions pamphiliennes 2007, p. 280).

Voilà ce que la franc-maçonnerie se propose d'obtenir, par la Révolution" (Henri Delassus, ibid, p. 280).

Aujourd'hui, le 19 mai 2007, avec Sarközy, le candidat de la "RUPTURE", nous ne sommes pas dans la "rupture" mais dans une pleine "CONTINUITE" (!) politique et idéologique de la Révolution ... Le système qui se remplace par lui-même en quelque sorte... Belle manipulation en tout cas, et chef d'oeuvre de subversion intellectuelle s'il en est! Le tout relayé en choeur  par "les media"... "contre-pouvoirs" paraît-il...

Partager cet article
Repost0
15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 10:56
Dans tout ce que nous a appris l'école de la République sur notre histoire, tout est faux. Nous recensons ici l'ensemble des clichés, propagandes républicaines sous le titre de "dictionnaire des sornettes", terme employé par Jacques Heers dans son livre "Le Moyen Âge, une imposture" (Perrin Malesherbes 2001, p. 118-119). "Cet héritage mérite examen et il ne semble pas inutile de prendre conscience des "VERITES" que l'on voulait alors imposer en priorité; certaines trop outrancières, n'ont connu que de brèves fortunes mais quelques-uns de nos auteurs d'aujourd'hui restent toujours fidèles à plusieurs clichés inventés et peaufinés alors..." (ibid. p. 122).


Cliché La "réaction féodale au XVIIIe siècle"

"Les monographies nombreuses dont nous disposons témoignent à cet égard d'une réalité très différenciée: les paysans de Le Roy Ladurie, dans un Midi qui a été relativement peu 'féodalisé', semblent avoir liquidé la rente seigneuriale très tôt, dès le début du XVIe siècle (Emmanuel Le Roy Ladurie, Les Paysans de Languedoc, SEVPEN, t. I, p. 291-292). Dans la Sarthe de Paul Bois (Paysans de l'Ouest, Mouton 1960, p. 362 et suiv.), le taux de la redevance seigneuriale semble très faible et même infime à l'intérieur de la rente foncière, par rapport au montant du fermage. Et la révision des terriers quis 'opère au XVIIe siècle ne fait pas apparaître de droits supplémentaires. "On peut dire dire, conclut Paul Bois, en exagérant à peine, que la question des rentes seigneuriales ne concerne pas le paysan"...

"Il n'est donc pas possible, dans l'état actuel de nos connaissances, de parler de 'réaction féodale' au XVIIIe siècle".

(François Furet, La Révolution française, Préface de Mona Ozouf, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. 110).

"(Les Français) sont est-il besoin de le dire ? des hommes libres. Le servage qui s'est conservé dans presque tous les pays d'Europe n'existe plus en France. Il ne subsiste, sous une forme atténuée, que dans quelques coins du Jura et du Bourbonnais. C'est l'impossibilité de tester et c'est ce qu'on appelle la mainmorte. Si le mainmortable décède sans enfant, il est réputé sans héritier et ses biens reviennent au seigneur. Par un édit de 1779, préparé par Necker, Louis XVI supprima les dernières traces de servage sur les terres de la couronne."

(Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 22-23).

 

Cliché La Révolution abolit le servage

"Au fil du temps, les incapacités frappant les serfs se transforment en taxes. Puis le servage recule. Encouragé par l'Eglise, le mouvement d'émancipation s'accélère dès le IXe siècle. Le moine Suger, ami et conseiller de Louis VI puis de Louis VII, est fils de serf. Le roi donne l'exemple: il affranchit les serfs de son domaine. À la mort de Saint-Louis, le servage a pratiquement disparu en France"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 29). 


Cliché La Révolution abolit l'esclavage

Voir notre article "La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage". 

L'abolition de l'esclavage antique en France remonte, au VIIe siècle, à la Monarchie mérovingienne et plus particulièrement à une reine catholique, sainte Bathilde, épouse de Clovis II, qui provoque la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs.

Le roi de France Louis X le HutiN (1314-1316) signa une ordonnance "selon laquelle tout individu mettant le pied dans le royaume de France était libre". 

(
Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, Folio Histoire, Saint-Amand 2006, p. 257).

 

Cliché, "Les temps de barbarie"

"Féodalité et noblesse, nous dit-on, appellent barbarie, cruauté, corruption des moeurs.

"[...] Les livres pour enfants, manuels scolaires ou autres outils 'pédagogiques', ont repris l'image de la "guerre féodale", dès les premiers temps de l'Ecole républicaine de Jules Ferry: "Les barons féodaux étaient (forcément) brutaux et farouches; quelques-uns n'étaient pas moins atroces que les Huns venus jadis en Gaule...", "Le seigneur vit uniquement de brigandage, pille les chaumières, détrousse les voyageurs; la guerre, toujours la guerre, voilà ce que rêve cet homme épais et brutal... ses plaisirs sont barbares", ou encore: "Le seigneur est un guerrier brutal,c ruel, ignorant; la guerre est son unique occupation... il foule les moissons dorées..., il sème partout la ruine; le serf a moins de valeur qu'une bête"; et enfin: "Le serf vit comme un lièvre poltron; toujours il a l'oreille tendue; au premeir appel, il s'enfuit avec sa femme... il vit dans l'épouvante [Et aussi: "Que de charges pèsent sur ce misérable serf!... réduits à se nourrir d'herbes, d'animaix immondes, les misérables se révoltent". Cf J. Guiraud, Histoire partielle... Introduction au chap. XX "La féodalité, les seigneurs féodaux" qui présente des extraits des manuels scolaires...]. DE TELLES STUPIDITES ETAIENT ENSEIGNEES SANS SOURCILLER PAR LES MAITRES D'ECOLE qui, sans aucun sens du ridicule, devaient illsutrer et broder par quantité d'exemples édifiants; nos enfants étaeint jugés sur ce savoir...

"Les manières certes ont changé et, généralement (mais pas toujours...), les auteurs évitent ces outrances qui, peut-être feraient douter de leur bonne foi... MAIS, mis à part quelques livres édités ces toutes dernières années, et encore bien rares, LE FOND DU DISCOURS RESTE LE MÊME... Le seigneur féodal, brutal et inculte, occupé surtout à guerroyer s'impose encore à nous comme une image force de notre passé et, loin d'y voir un de ces vieux poncifs dépassé, nous y adhérons souvent... De nombreux livres nous le montrent ainsi et certains hsitoriens, pour expliquer l'évolution des sociétés et des économies, bâtissent leurs hypothèses sur ce postulat.

"[...] Il n'est pas rare de trouver, dans les livres récents, une analyse très commune des origines de la guerre de Cent Ans, à savoir que la noblesse de France, les seigneurs féodaux donc, voyant leurs revenus fonciers diminuer d'une façon dramatique (la crise, toujours la crise..!), n'avaient trouvé d'autre façon de se maintenir au même niveau de fortune que de pousser leur roi à la guerre contre les Anglais...

"[...] L'Encyclopaedia Universalis (qui passe pour la pluss cientifique des Encyclopédies...), qui se pique de donner le dernier état des questions..., en est encore là et renchérit sur les positions ordinairement exposées dans quelques manuels déjà anciens... L'article, consacré ici à la guerre de Cent Ans, affirme, sous le titre "La féodalité en mutation", que "les causes profondes de la guerre de Cent Ans" doivent être recherchées dans les réactions du monde féodal face "aux mutations que les historiens ont baptisées 'crise' ou 'crises' du XIVe siècles". Les nobles, gravement lésés par les transformations de l'économie et plus particulièrement par led éveloppement de l'économie monétaire, voyaient dans la guerre une solution à leurs difficultés. pendant plus de cent ans, ils furent poussés à renouveler les combats par le désir de réaliser quelques profits (pillages et rançons), par l'espoir de prendre ou de retrouver une bonne part du pouvoir politique, par l'espoir aussi de voir la guerre freiner les 'évolutions naturelles' qui leur étaient si contraires, et même par la quête d'un 'divertissement' apporté aux inquiétudes par les 'aventures militaires' (Encyclopaedia Universalis, éd. 1984, t. 8, p. 1150, article Guerre de Cent Ans de J. Le Goff...]

"Ignorance ou parti pris... TOUT EST A REVOIR, TOUT EST FAUX!

"D'une part, dire que la noble foncière avait vu ses revenus s'amenuiser d'une façon sensible à l'aube du XIVe siècle, est énoncer un de ces postulats passe-partout qui connaissaient certes un beau succès il y a un demi-siècle mais qui sont maintenant gravement mis en cause et même souvent contredits...

"Très vraisemblabement, cette idée d'une seigneurie "en crise" n'a connu une telle fortune que parce qu'elle s'inscrivait tout net dans une vue générale des fameuses, et pour la plupart mythiques..., crises de la fin du Moyen Age. En tout état de cause, à la veille de la guerre de Cent Ans, nous ne sommes encore qu'au tout début des années 1300; cette crise serait donc le fait des temps de Saint Louis et de ses successeurs immédiats, temps souvent reconnus comme de grande prospérité ou, du moins d'équilibre. De toutes façons, il apparaît clairement, à lire nombre d'études bien documentées, que les grands propriétaires et même les nobles moins bien lotis étaient capables de faire face à d'éventuelles difficultés de trésorerie, aux dévaluations de la monnaie, aux évolutions des marchés et des goûts.

"De plus et surtout, l'image du seigneur poussant à la guerre dans le but de s'enrichir est ABSTRACTION et INVENTION: elle traduit là encore un grave manque d'information. Le Roi de France Philippe VI, appelant ses vassaux nobles aux armes pour combattre les Anglais et défendre son royaume, se heurtait à quantité de mauvais vouloirs, à des refus délibérés. Les semonces des hommes astreints au service d'ost (servive militaire), loin de provoquer de grands mouvements d'enthousiasme, restèrent souvent sans grands effets; les nobles se dérobaient ou arrivaient très tard, mal armés, avec de trop petites suites; certains, tout de même mis en demeure, combattaient à peine, préféraient négocier et livrer leur château ou garnison [P.C. Timbal, La guerre de Cent Ans vue à travers les registres du Parlement (1337-1369), Paris 1961, p. 7, 14-19; M. Jusselin, Comment la France se préparait à la guerre de Cent Ans in Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1912; R. Cazelles, La société politique et la crise de la Royauté sous Philippe VI de Valois, Paris 1958 - "Lettres closes, lettres 'de par le Roy' Philippe VI de Valois in Annuaire Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1958].

"Au total, la guerre a plutôt ruiné la noblesse de France, lui infligeant des pertes considérables en hommes et en argent..., l'obligeant à aliéner ses biens, à s'endetter outre-mesure. Avec, pour conséquences, tout naturellement, la perte d'une part d'indépendance, un renforcement du pouvoir royal ou princier car seul ce service de l'Etat pouvait offrir d'intéressantes compensations aux pertes subies sur les champs de bataille"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 124-128).

 

Cliché Le "seigneur qui pressure le serf en lui confisquant tout"

"...jusqu'aux grains à semer ! Quel un propriétaire agricole à tarir sa propre source de revenu ?"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin, 1992, p. 29)

 

Cliché Les "corvées effrayantes"

"Les corvées auxquelles les manuels de jadis faisaient une réputation effrayante, se bornent à un ou deux jours de travail par an, six au maximum (à comparer aujourd'hui avec le nombre de jours que l'Etat nous vole par le biais de l'impôt sur les revenus)... Avant la lettre, c'est une forme de contribution locale."

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin, 1992, p. 27)

 

Cliché Le paysan "taillable et corvéable à merci"

"Le paysan paie la taille. Certains "à merci", ce qui signifie que cet impôt direct est fixé par le seigneur (l'impôt royal apparaît relativement tard, à la fin du XIVe s.) Dans la pratique, la taille est négociée sous forme d'un abonnement communautaire qui fixe la part de chacun. La ponction fiscale, remarque Jaques Heers, est de tout gouvernement: les taxes médiévales ne sont pas plus nombreuses ni plus élevées que dans l'Antiquité ou les temps modernes"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin, 1992, p. 28)

 

Cliché Le serf "esclave"

"Un serf n'est certes pas un homme libre. Il n'est pas non plus un esclave. Le droit romain reconnaissait le droit de vie et de mort sur l'esclave: rien de tel n'existe au Moyen Age.

L'étymologie des deux mots a beau être commune (servus), l'esclave est une chose tandis que le serf est un homme, mais un homme dont le statut social est grevé d'incapacités. Si le serf est tenu de rester sur le domaine et de le cultiver, s'il peut être vendu avec les terres, il ne peut en être expulsé et reçoit sa part de la moisson. Il est libre de se marier contrairement à l'esclave antique et de transmettre sa terre et ses biens à ses enfants (tenures héréditaires).

Le servage personnel, transmissible à ses descendants, se distingue du servage réel, qui tient à la terre que l'on exploite: prenant l'exploitation d'une terre servile, des hommes libres peuvent volontairement devenir des serfs."

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin, 1992, p. 28)

 

Cliché, Le "droit de cuissage" ("la plus belles des balivernes"!)

"Si le répertoire s'est un peu déquanté, nous demeure tout de même comme vérité attestée le fameux "droit de première nuit" qui permettait au seigneur de posséder, le premier, l'épouse de chacun des vassaux... Nombre d'ouvrages en parlent encore très sérieusement...; quantité de romans historiques et mêmes plusieurs scénarios de films ont agrémenté et renforcé leurs intrigues de tels épisodes scandaleux qui provoquaient à juste titre, la révolte des dits vassaux aidés de leurs amis. Nos historiens du XIXe siècle étaient, sur ce point, intarrissables et rappelaient régulièrement les abus d'"un droit qui prouve l'excès de la tyrannie des seigneurs et de l'esclavage de leurs sujets"... En France, écrivaient-ils, ce droit de cuissage s'est maintenu plus longtemps qu'ailleurs "par le caractère des Français qui attachent beaucoup de prix à de telles redevances!" (Sur ce "droit", toutes les anecdotes sont rapportées très sérieusement par J.A Dulaure, La noblesse..., pp. 605 et sq.)

"[...] TOUT CECI, insistons, ADMINISTRE sans ordre, sans précisions de dates bien souvent, SANS LA MOINDRE PREUVE SOLIDE, mais avec tant de sérieux et rencontrant des audiences SI BIEN préparées QUE LES PLUS BELLES BALIVERNES FIRENT LEUR CHEMIN PENDANT DES GENERATIONS...

"Dans le même temps, dans les dernières décennies, plusieurs recherches rigoureuses furent menées sur le sujet, conduisant à des conclusions toutes différentes et ne retenant que l'aspect financier d'une taxe sur le mariage des serfs [Il y a déjà plus d'un siècle: C. Schmidt, Der Streit über das Jus primae noctis in Zeitschrift für Ethnologie, t. XVI, 1884]; mais ces travaux sont restés (et restent encore...) confidentiels, jamais repris par les livres de large diffusion... Personne n'en tint compte et l'on continua, de façon plus ou moins directe, à accréditer toutes manières de légendes"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 135-136).

 

Cliché, Le "peuple d'illettrés"

"...les livres scolaires, au lendemain des lois sur l'obligation scolaire (Lois scolaires Jules Ferry), endoctrinaient les enfants dès leurs jeune âge. Les manuels d'histoire accusaient, sans nuance et sans crainte du ridicule, l'Eglise médiévale d'avoir mis tout en oeuvre pour maintenir les hommes dans un état de totale inculture; tous disaient que, pour le clergé, "la diffusion des livres était le triomphe du diable". À les lire, s'imposait l'idée que l'Eglise avait "réservé jalousement pour ses moines, dans le mystère des cloîtres, des bribes de science qu'elle se garda bien de communiquer au grand public"... Ces responsables de l'enseignement, appliqués à forger des esprits, suivaient de très près leurs maîtres, Michelet surtout qui intitulait les chapitres de son Histoire de France, consacrés à l'Eglise: "De la création d'un peuple de fous" ou encore "La proscription de la nature"... Certains diraient qu'avant Jules Ferry rien n'avait été fait pour l'instruction du peuple! En tout cas, truisme constamment rappelé, aux temps "médiévaux" (pourquoi pas 'moyenâgeux' ?) aucune école ni dans les villages, ni dans les divers quartiers des villes, si ce n'est pour quelques privilégiés... aussitôt destiné aux carrières ecclésiastiques.

"Or nous voici dans l'erreur la plus totale car toutes sortes de documents (archives comptables des municipalités et archives judiciaires, registres fiscaux) témoignent amplement, pour différents pays, de l'existence, outre le curé et ses assesseurs, de maîtres d'école de profession, régulièrement patentés et rémunérés. À Paris, en 1380, Guillaume de Salvadille, professeur de théologie au collège des Dix-Huit, chef des "petites écoles" de la ville, réunit les directeurs de ces écoles où l'on apprenait aux enfants la lecture, l'écriture, le calcul et le catéchisme; sont présents vingt-deux "maîtresses" et quarante et un "maîtres", tous non-clercs, dont deux bacheliers en droit et sept maitres ès arts (J. Hillairet, L'Ile de la Cité, Paris 1969, p. 48)"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Vérités et Légendes, Perrin, Perrin Malesherbes 2001, p. 217-218).

 

Cliché, Le "paysan attaché à sa glèbe"

"Le Moyen Age est le théâtre de grandes migrations : pour explorer des terres lointaines, des villages entiers se déplacent" (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 27).

"l'image du paysan attaché à sa terre s'est profondément ancrée dans notre bagage culturel; nous y croyons, nous en parlons volontiers: contraintes seigneuriales qui interdisaient de se dépalcer, impossibilité de s'établir à son gré... L'image s'est largement diffusée et appliquée à toute condition paysanne. C'est à tort. Les hommes de noscampagnes acceptaient alors l'aventure, en de nombreuses occasions. les grandes errances, les déplacements de communautés, les Croisades, les défrichements de terres lointaines, le repeuplement des pays repris aux musulmans jusqu'en Andalousie, tous ces phénomènes parfaitement situés et analysés nous éclairent sur cette aptitude, cette propension parfois à la mobilité; sur ce goût de l'inconnu même"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 166).

 

Cliché, Le paysan misérable

"Certes, quand un accident climatique ruine la récolte, la famine menace. Il en sera ainsi bien au-delà du Moyen Age, donc bien après la fin de la féodalité, tant qu'on aura pas maîtrisé les techniques de fertilisation des sols et de stockage des grains. Des paysans pauvres, il y en a toujours au XXIe siècle. Dès le Moyen Age, certains s'enrichissent soit en se mariant, soit en héritant, soit en travaillant beaucoup. On voit des laboureurs plus fortunés que les petits nobles ruinés par la guerre. L'alleu, terre (libre) appartenant à un paysan, se rencontre en Languedoc, en Provence, dans le Mâconnais, en Bourbonnais, dans le Forez, en Artois, en Flandre. Locataires de leur exploitation, les tenanciers ne peuvent en être expulsés. Ils possèdent le droit de le transmettre à leurs héritiers, ce qui institue de facto des tenures héréditaires."

(Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 27).

"De nos jours, le locataire d'une maison, d'un champ, d'une exploitation rurale quelconque, est-il assuré de le rester tout le temps lui sied, aux mêmes conditions, sans augmentation de son loyer quelles que soient la conjoncture et l'inflation de la monnaie ? Est-il assuré de ne pas devoir quitter les lieux si le propriétaire veut s'y installer, ou établir l'un des siens, ou vendre à une entreprise qui promettrait d'y construire un plus bel immeuble, de plus fort rapport ? Est-il assuré encore de transmettre cette maison ou cette ferme à ses enfants, ainsi de génération en génération, pour le même prix, sans que le propriétaire puisse rien y contrevenir ? peut-il vendre son droit d'occupation à bon prix, équivalent à la valeur réelle du bien au jour de l'opération, à un tiers qui prendrait sa palce, s'y installerait, ne versant au "seigneur" qu'un pourcentage, au demeurant assez faible, du prix de cette vente ? Peut-il sous-louer avec un fort bénéfice et exiger plusieurs fois le loyer qu'il paie, lui, et qui n'a pas varié depuis des lustres ? Partager le terrain en plusieurs lots pour en tirer de meilleurs revenus ? Enfin, vous est-il loisible, locataire d'aujourd'hui, d'hypothéquer ce bien, de le mettre en gage contre un prêt d'argent ? Tout ceci, nombre de tenanciers 'non propriétaires' pouvaient, à la ville comme à la campagne, le faire et ne s'en privaient pas...

La tenure, c'est indiscutable, était non seulement viagère mais héréditaire; seul le preneur pouvait rompre le contrat, fuir, déguerpir ailleurs, là où pouvaient l'appeler de meilleures possibilités. Régulièrement, les fils succédaient aux pères et leurs droits n'étaient pas contestés... De plus, au cours des âges, ces tenures pouvaient subir toutes sortes d'avatars. Face à de pressants besoins d'argent, le paysan laissait en gage la terre qu'il tenait de son seigneur. D'autres n'hésitaient pas à sous-louer si l'occasion s'en présentait... En tout état de cause, de ces analyses des conditions sociales ne se dégagent que des contours assez flous, une teinte d'ambiguïté, qui conduisent à penser que l'idée que les gens de l'époque se faisaient de la propriété seigneuriale différait quelque peu de celle, bien mieux tranchée, que nous en avons aujourd'hui"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 170-171).

"La distribution (du blé) se faisait régulièrement toutes les semaines sous l'inspection d'un préposé. Si la provision de quelque loge venait à s'épuiser, on prenait dans le tas du seigneur toute la quantité nécessaire pour la famille qui en manquait, à charge par elle d'en rendre la même quantité à la moisson nouvelle. Ainsi le paysan le plus pauvre était assuré de sa subsistance. Qu'on décide si ce régime ne vaut pas celui des mendiants libres & mourans de faim..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. II, p. 247).

Sur la richesse de l'Ancienne France et la richesse des paysans, notons ce témoignage capital d'un ennemi acharné de l'Eglise, Voltaire:

"Je ne sais comment il est arrivé que, dans nos villages, où la terre est ingrate, les impôts lourds, la défense d'exporter le blé qu'on a semé intolérable, il n'y ait guère pourtant un colon qui n'ait un bon habit de drap et qui ne soit bien chaussé et bien nourri..."

(Voltaire cité in Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 410-411).

"L'industrie augmente tous les jours, écrit Voltaire; à voir le luxe des particuliers, ce nombre prodigieux de maisons agréables bâties dans Paris et dans les provinces, cette quantité d'équipages, ces commodités, ces recherches qu'on appelle 'luxe', on croirait que l'opulence est vingt fois plus grande qu'autrefois... Le moyen ordre s'est enrichi par l'industrie.. Les gains du commerce ont augmenté. Il s'est trouvé moins d'opulence qu'autrefois chez les grands et plus dans le moyen ordre et cela a mis moins de distance entre les hommes... aujourd'hui, l'industrie a ouvert mille chemins qu'on ne connaissait pas il y a cent ans" (Voltaire cité in Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 485).

Ce témoignage du chef des impies est capital pour contrer le manichéisme farfelu des marxistes agitant aujourd'hui encore le spectre du peuple, pauvre, dominé et opprimé par la noblesse sous l'Ancien Régime...

"Puis voici le témoignage d'étrangers qui jugent nos conditions sociales sans arrière-pensée, celui de Lady Montague qui note en 1739 'l'air d'abondance et de constentement (contentement)répandu dans les campagnes en France'"

(Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 411).

[...] celui d'Horace Walpole traversant l'Artois en 1765: "Je trouve ce pays-ci prodigieusement enrichi... les moindres villages ont un air de prospérité'.

"Un intendant du Roussillon note les nombreux repas que font les campagnards, "quatre, cinq, six repas par jour et, à chaque repas, de la viande et du vin...'"

(Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 411).

"Telle est exactement la situation des paysans de l'Ancien Régime: une grande affectation de misère et, derrière ce manteau de guenilles, une vie paisible, souvent aisée, quelquefois large..."

( Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 22-23).

"En 1789, les Français n'étaient pas malheureux. Les documents les plus sûrs nous prouvent, au contraire, que la richesse s'était considérablement accrue depuis un demi-siècle et que l'état matériel de toutes les classes de la société, sauf celui de la noblesse rurale, s'était sensiblement amélioré. Le régime corporatif n'avait pas empêché la naissance et la mise en place de la grande industrie..." (Pierre Gaxotte, ibid., p. 19).

Et si "en 1789 la partie la moins favorisée de la population paysanne était en révolte virtuelle contre la transformation capitaliste de l'agriculture, il n'en reste pas moins que, depuis un siècle, les campagnes s'étaient enrichies..." (Pierre Gaxotte, ibid., p. 30).

"Aussi, on peut dire que la vie est devenue plus sûre pour tout le monde. Plus de famines. Les disettes qui au siècle précédent, avaient provoqué une raréfaction des mariages et une restriction des naissances ne sont plus que souvenirs ou imprécises menaces. les meilleurs rendements, le maïs, la pomme de terre, les communciations plus faciles en sont venus à bout. A défaut de signe, l'accroissement régulier de la population suffirait à le prouver" (Pierre Gaxotte, ibid., p. 31).

"Les paysans sont aussi le plus souvent des propriétaires. Ils profitent de la hausse des produits agricoles pour améliorer leur condition. Il est certain... qu'ils possèdent au moins la moitié du sol..." (Pierre Gaxotte, ibid., p. 23-24).



Cliché "Le paysan français est écrasé d'impôts par un pouvoir tyrannique"

"En trois années la Révolution a délivré plus de lettres de cachet pour affaires d'Etat, - et dont la plupart ont eu les plus tragiques conséquences - que le gouvernement royal en huit siècles"

(Frantz-Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 539).

Exemple de falsification-manipulation relevée dans les extraits de l'intervention d'un conférencier franc-maçon (La libre pensée de Haute-Garonne), via l'article "Franc-maçonnerie et République" du Blog maçonnique: "La monarchie, d’absolue, devint despotique, et ce au moment même où le mouvement des idées tendait à remettre en cause les anciens schémas". 

Notre article "Une légende républicaine: le paysan français de l'Ancien Régime écrasé d'impôt par un pouvoir tyrannique", s'appuyant sur les travaux de l'historien Jean-Christian Petitfils, et ceux d'autres historiens, démonte cette sornette inventée par les propagandistes de la république et prouve l'exact inverse de ce que dit la franc-maçonnerie : 

"L'image du paysan français écrasé d'impôts par un pouvoir tyrannique est une légende inventée par l'historiographie du XIXe siècle à partir des stéréotypes révolutionnaires".  En 1715, le contribuable français payait en moyenne deux fois et demie moins d'impôts que son homologue britannique. A cette date, en effet, la pression fiscale représentait un équivalent de 0,70 hectolitre de grain de froment pour la France contre 1,62 de l'autre côté de la Manche (Peter Mathias et Patrick O'Brien, Taxation in Britain and France 1715-1810, A Comparison of the Social and Economic Incidence of Taxes collected for the Central Government, The Journal of European Economic History, vol. 5, n° 3, 1976, p. 618-620). La monarchie absolue par conséquent fut moins oppressive fiscalement que la monarchie 'représentative et tempérée' à l'anglaise"

(Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, 2002, réed. Collection Tempus, La Flèche 2006, p. 703-705).

"Le règne personnel de Louis XIV est un règne de relatif calme fiscal; quant au XVIIIe, il correspond à une décrue. l'impôt en France, à la différence de ce qui se passe partout en Europe, ne suit pas l'accroissement de la population, de la richesse et des besoins. ... La France devient un paradis fiscal" 

(Pierre Chaunu, Le Grand déclassement, à propos d'une commémoration, Robert Laffont, Paris 1989, p. 82).

"L'absolutisme se révèle, par nature, un régime limité et tempéré, certainement pas la matrice d'un pouvoir totalitaire. Ce n'est pas lui qui parviendra à imposer la fiscalisation généralisée de la population, la conscription obligatoire, la levée en masse et le concept de guerre totale" 

(Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, Collection Tempus, La Flèche 2006, p. 148).

Aujourd'hui, un président de la République "française", dont les pouvoirs peuvent aller, outre la violation des lois divines, jusqu'à la violation du droit de propriété (impôt de succession...), la violation du droit naturel, la violation de la morale (avortement, eugénisme, manipulations génétiques), la cession de territoires (la liquidation de nos colonies), la destruction de coutumes et traditions françaises (suppression du lundi de Pentecôte), a plus de pouvoirs qu'un roi de France qui devait respecter les "libertés françaises", les coutumes du royaume et les lois fondamentales du Royaume. Le Roi n'était pas propriétaire du Royaume, il ne pouvait en disposer à sa guise: la loi d'inaliénabilité des biens de la Couronne interdisait au Roi de céder des territoires du Royaume de France déclarés inaliénables. Aujourd'hui, un président de la république peut aliéner des pans entiers de notre territoire (comme de Gaulle qui liquida l'Algérie française en 1962). En toutes ces choses, le président de la "République" est un bien plus grand despote que n'a pu l'être n'importe quel Roi de France.

"La monarchie française n'est pas 'absolue' au sens moderne du terme, qui évoque un pouvoir totalitaire. D'abord parce qu'elle reste fondée sur les 'lois fondamentales' du royaume, qu'il n'est au pouvoir d'aucun souverain de changer: les règles de succession au trône, les propriétés de ses 'sujets' sont par exemple hors de son atteinte. Mais surtout les rois de France n'ont pas développé leur pouvoir sur les ruines de la société traditionnelle. Ils l'ont au contraire construit" 

(François Furet, La Révolution française, Préface de Mona Ozouf, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. 125). 

"Loin d'être réactionnaire, ou prisionnier d'intérêts égoïstes, l'Etat monarchique du XVIIIe siècle est ainsi un des grands agent du changement et du progrès général" 

(François Furet, ibid., p. 127).

"Être français, c'est, avec des libertés, des privilèges reconnus, partager la fierté d'être gouverné par un roi qui ne ressemble en rien à ces despotes orientaux que l'on voit honorés par une foule servile.

"La patrie française est terre gouvernée par un roi qui respecte les coutumes de ses sujets et dont la gloire rejaillit sur l'ensemble de ses peuples"

(Jean-Paul Bertaud, La Révolution française, collection Tempus, La Flèche 2004, p. 15). 

"La monarchie chrétienne et française est par son essence même, une monarchie 'tempérée' qui n'a rien à voir avec ces gouvernements d'aventure qui promettent l'âge d'or et conduisent aux abîmes

(Comte de Chambord, dans son manifeste du 2 juillet 1874).

"Le monarque absolu au royaume de France n’est donc ni un tyran ni un despote. C’est pourquoi certains auteurs ont songé à remplacer monarchie absolue par monarchie 'administrative' ou même de monarchie 'tempérée'..." 

(François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 195).

Pour revenir au paysan croulant sous les impôts, Jacques Heers explique: "Mis à part certains manuels récents, pas un seul ouvrage de grande diffusion qui ne présente inlassablement le même thème de la pauvreté paysanne; tous, des livres de classe pour nos enfants jusqu'aux volumes agrémentés de belles illustrations, publiés sous la garantie d'un grand auteur, insistent, évoquent les "révoltes paysannes" et, surtout, alignent régulièrement d'impressionnantes listes de taxes et d'impôts. Si vous faites le compte de toutes ces retenues, vous vous apercevez qu'il ne restait vraiment à ces malheureux qu'à peine de quoi vivre, de quoi ne pas mourir de faim.

Cependant tout ceci sent trop bien la mauvaise foi ou, plus souvent peut-être, le conformisme et l'ignorance têtue. Certes ces catalogues de redevances complaisamment détaillés, si impressionnants, laissent à juste titre accablé. Mais tout y est truqué, faux, incohérent, truffé d'erreurs grossières et de contradictions. Comment expliquer qu'un auteur, même polygraphe, même très hâtif, ne puisse s'apercevoir que l'on a mis là ensemble, pour faire très lourd, des prélèvements qui n'ont rien à voir avec l'impôt ou qui découlent de taxes perçues non du fait de la seigneurie mais des pouvoirs publics ?

Pour les hommes libres, pour lesquels l'on parle communément d'arbitraire et de charges insupportables, chacun des prélèvements régulièrement cités mérite une attention particulière.

Nos manuels citent presque toujours, en premier lieu, le cens dû par le tenancier. or le cens, enc ertaines occasions d'ailleurs seulement symbolique ou très faible, n'est absolument pas un impôt mais un loyer. Il ne viendrait à aucun de nos contemporains l'idée de comptabiliser le loyer de sa maison ou de son commerce, ou de so natelier, de son champ, au titre des impôts. Manque de discernement ou supercherie? En fait, dès les premières attaques contre la féodalité, cette affectation d'ignorer la véritable nature du cens n'avait rien d'innocent mais participait d'une volonté de combat... Avant même la révolution, plusieurs auteurs, philosophes ou historiens des formes de la vie politique, ont volontairement entretenu la confusion et, pour certains même, laissé entendre que le fait de payer le cens sur ses tenures était une marque de servitude... De telles sornettes se trouvent dans Montesquieu qui écrit, d'une belle assurance: "c'était la même chose d'être serf et de payer le cens, d'être libre et de ne le payer pas".

Les catalogues des droits féodaux, des redevances en tout cas, font état tout naturellement, de la dîme, perçue par l'Eglise ou par des accapareurs. mais, là aussi, l'examen tourne vite court et n'envisage rarement ni le poids de cette levée, ni sa véritable nature. Les mises au point pourtant ne manquent pas. Sur le poids tout d'abord: le prélèvement ne s'appliquait pas à toutes les récoltes mais principalement aux blés et n'atteignait pas toujours les 10 pour cent, loin de là. Sur l'usage ensuite: outre l'entretien du clergé, l'exercice du culte, les messes et prières auxquels nombre de civilisations consacraient et consacrent encore, tout naturellement, des sommes appréciables, l'Eglise assurait alors une part notable de l'assistance publique (hospices, hôpitaux, maisons Dieu, aumônes, enfants abandonnés) et de l'enseignement dans les paroisses. Faut-il comparer ces prélèvements de 5 à 10 % à ceux d'aujourd'hui pour notre sécurité sociale et au coût de nos systèmes d'éducation ?

Quant aux impôts proprement dits, ceux effectivement perçus comme des taxes spécifiques par tel ou tel seigneur "féodal", notons, avant toute chose, que l'impôt royal est apparu en France, non sans grand mal d'ailleurs, relativement tard, à partir de 1357, avec le système fort complexe et très aléatoire des aides. Jusqu'alors l'impôt n'était pas perçu par le roi mais par ceux investis d'une part de l'autorité. Tous les maîtres des seigneuries ne pouvaient y prétendre et nombre d'auteurs, avec en particulier Robert Boutruche, ont bien su distinguer la seigneurie "foncière" (la propriété du sol) de la seigneurie banale (pouvoir de commandement, délégation ou usurpation des droits régaliens). Ces "impôts" étaient donc des "banalités"; ils ne relevaient pas des relations seigneurs-paysans mais de celles entre l'Etat et les sujets. Un long temps accaparés par différents féodaux, ils furent par la suite perçus au profit du roi et, depuis lors, ont connu de belles destinées, end es temps où il n'est question ni de féodalité ni de seigneurie. Il n'est pas nécessaire d'y penser longuement pour constater que nous en connaissons, sous diverses formes, l'équivalent ou la réplique, largement amplifiée et perfectionnée...

On a beaucoup disserté sur ces banalités, liées donc au pouvoir politique, féodaux si l'on veut et non seigneuriaux; nos manuels ne nous laissent rien ignorer ni de leurs diversités, de leurs ridicules même, ni de leur poids, des entraves quec es prélèvements imposaient à la vie économique. Nos temps de barbarie auraient beaucoup souffert de ces taxes abusives, invoquées à tout propos par des seigneurs qui en inventaient toujours quelques nouvelles et ne mettaient aucun frein à leurs exigences...

D'autres banalités frappaient les droits de passages à un carrefour de routes, à l'entrée d'une seigneurie, sur un pont ou sur le cours d'un fleuve. Ces péages ou tonlieux ont eux aussi fait couler beaucoup d'encre, souvent présentés comme les plus graves abus de la féodalité. Le péage féodal fut ainsi, à longueur d'ouvrages, l'objet d'attaques indignées qui ont forgé une image noire... aussi fausse mais aussi solidement ancrée que els autres. Un auteur du XIXe siècle, emporté par sa verve critique et cherchant comment convaincre davantage, n'hésitait pas à montrer à ses elcteurs le commerce ruiné par ces extorsions arbitraires, les communciations devenues impossibles, les routes en mauvais état et cosntamment barrées par des receveurs arrogants... Comment pouvons-nous charger d'un tel discrédit ces taxes et droits de passages seigneuriaux comme s'ils représentaient, dans l'histoire du passé, une malheureuse exception ? Pourquoi clamer de si vertueuses indignations alors que tout au long des siècles à travers le monde, et plus particulièrement en Occident, les droits de circulation, les échanges de ville à ville, les passages sur les ponts, etc. ont été sans cesse soumis à ponctions fiscales de toutes natures, dont on ne parle pas volontiers ? Au temps médiéval, le seigneur n'était certainement pas le mieux organisé. Quant à l'époque moderne et en Europe, faut-il rappeler les droits d'octroi maintenus si longtemps aux portes de nos cités, les péages sur les ponts et ouvrages d'art ? Rien n'a changé et l'habitude de payer paraît acceptée. Aujourd'hui, en Occident et ailleurs, les routes et passages privés, maintenus sans assistance de l'Etat, ne peuvent être empruntés que contre paiment d'un péage, au bénéfice du promoteur et propriétaire, individu ou organisme: droit éminemment privé, fixé ou gré du marché, que nous tolérons naturellement.

Tout indique que l'idée que nous nous faisons, de nos jours encore, des charges fiscales qui, au Moyen Age, pesaient sur les paysans, que ces condamnations des abus que, inlassablement, rappellent nos manuels ou nos récits romancés, résulte d'un parti pris... ou d'un manque de réflexions. celles-ci devraient, pour une vue plus sereine et plus exacte des choses, s'orienter en deux directions.

D'une part, admettre que la ponction fiscale est un procédé inhérent à toute sorte de gouvernement, de quelque nature qu'il soit: aux temps médiévaux, en Occident, les villes marchandes et les princes avaient établi des organismes de perception plus expérimentés et plus contraignants que ceux des seigneurs féodaux aux réputations pourtant si détestables. De toute évidence, les taxes n'étaient ni plus nombreuses ni plus élevées en ces temps de barbarie féodale que dans l'Antiquité ou dans les temps dits modernes. Hors d'Occident, ces organismes et officiers sévissaient certainement avec autant de soin et d'exigence.

D'autre part, considérer comme établi que tout renforcement de l'Etat contre les structures particularistes, en l'occurence la féodalité, a provoqué, au fil des siècles, un alourdissement des prélèvements et, en même temps, une plus grande sévérité dans les processus de perception"

(Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 171-179)

Conclusion

Relativement aux sornettes inventées par l'enseignement national républicain, cet article est appelé à être augmenté régulièrement, au fur et à mesure de nos découvertes historiographiques sur le sujet.

Partager cet article
Repost0
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 14:40

Le Figaro Publié le 12 mai 2007 à 15h05

Le célèbre portrait géant de Mao Tse-Toung, accroché sur la place Tiananmen à Pékin, a mystérieusement pris feu cet après-midi. "Le portrait était en feu sur le côté gauche", ont déclaré un diplomate et un photographe qui circulaient en taxi aux abords de la place. Les deux témoins ont dit ne pas savoir comment ni pourquoi le feu s'était déclaré. Le commissariat de Tiananmen s'est refusé à tout commentaire. Le portrait original de Mao a été peint en 1950 par Zhang Zhenshi et a servi de modèle aux portraits qui se sont succédé sur la place Tiananmen à l'entrée de la Cité interdite.

(Avec AFP).

 

Partager cet article
Repost0
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 11:21

Mis à jour 6 septembre 2013 8h58.

 

Avec "Clovis et son temps", film de Jacques Barsac (conseiller historique Michel Rouche, Professeur à la Sorbonne, auteur d'un "Clovis"), aux riches documents iconographiques et images de synthèse, France 3 Production 1997 publie un documentaire aux détails parfois discutables, mais l'essentiel est respecté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous notons pour les francs-maçons qui tiennent que la "France" n'existe pas avant le XIIIe-XIXe siècle, voire 1789, cette petite information (video 1) : "Les géographes romains dressent des cartes qui leur permettent de maîtriser leur immense territoire. Sur la rive droite du Rhin apparaît le terme de "FRANCIA" pour désigner les territoires occupés par les Francs, un peuple germanique encore situé hors de l'Empire."

 

Video 3: "La res publica, Clovis est le refondateur de l'Etat de droit". Cette autre précision change des falsifications "républicaines" tenant que l'"Etat de droit" aurait été inventé par les révolutionnaires en 1789!

 

Video 3: "Le 10 juillet 511, il convoque un concile à Orléans…, les évêques votent des canons, des lois religieuses. Il les propose ensuite à Clovis pour approbation comme lois publiques conformément à l'union de l'Eglise et de l'Etat, qui datait de 392. Chacun donc, l'Eglise comme l'Etat sont AUTONOMES dans sa sphère (c'est cela la vraie laïcité : la reconnaissance de deux pouvoirs DISTINCTS, un temporel et un spirituel, cependant que les hérétiques ariens proposaient une théocratie à l'antique où le Roi était à la fois chef de religion et chef d'Etat… Ce que la video nomme un totalitarisme, est en fait un césarisme. On imagine donc quel progrès Clovis et le catholicisme ont apporté).

 

"Au Roi incombe la tâche de diriger les laïcs, à l'évêque…, appartient la responsabilité de dire le Bien divin pour tous (le tout, cette alliance des deux pouvoirs devant conduire au "Bien commun", notion de théologie catholique). Tels étaient les conséquences du baptême de Clovis. Distinguer l'activité des laïcs du rôle spirituel des clercs (comme le dit Jean-Paul II dans ses Mémoires, "distinction n'est pas 'séparation'…, mais saine collaboration").

 

 

Petite bibliographie sur Clovis :

 

* C. Guénot, Clovis le Fils aîné de l'Eglise, Epopées de l'histoire de France, Vve H. Castermann, Tournai 1883 (magnifique narration de l'histoire de Clovis et Clotilde. Livre rare).

* Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996

* Anne Bernet, Clotilde, Épouse de Clovis, Pygmalion, Bergame 2005

* Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996 (livre intéressant écrit par deux protestants)

* Abbé Dessailly, Authenticité du Grand Testament de Saint Rémy, Livres d'autrefois, Condé-sur-Noireau 1996

* Francis Dallais, Clovis ou le combat de gloire, Préface du professeur Jean-Pierre Brancourt, PSR Editions, La Roche Rigault 1996

* Georges Bordonove, Les rois qui ont fait la France, J'ai lu, Paris 2001.

* Michel Rouche, Clovis.

--------------------------------------------------

> "Francia" : les origines de la France

> Clovis , La France et la chrétienté

> Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

Partager cet article
Repost0
11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 15:10
Une légende républicaine démontée: "le paysan français de l'Ancien Régime écrasé d'impôt par un pouvoir tyrannique"

L'historien Jean-Christian Petitfils nous livre une perle dans sa biographie de Louis XIV: le paysan français sous l'Ancien Régime n'était pas écrasé d'impôt et le Roi n'était pas un tyran... L'exact inverse de ce que nous raconte les falsificateurs professionnels de la république. La vérité finit toujours par sortir.

"La monarchie n'a rien à voir avec la tyrannie à l'antique ou le despotisme à l'oriental. Simple dépositaire de la Couronne, le souverain doit respecter les lois fondamentales du royaume et le droit naturel, notamment le droit de propriété auquel il ne peut porter atteinte... La peur de la malédiction était, au plan politique, un puissant frein aux abus et aux détournements de pouvoir. A contrario, le scepticisme des Lumières, sur lequel s'appuie le "despotisme éclairé" - que l'on présente d'ordinaire comme une régime plus "moderne" et plus rationnel -, a contribué non pas à la limitation de l'arbitraire mais à son extension..." (Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, 2002, réed. Collection Tempus, La Flèche 2006, p. 222)."La vérité qui se fait jour aujourd'hui oblige à revenir sur le vieux cliché tenace du despotisme broyeur et de la tyrannie du pouvoir royal.... L'image du paysan français écrasé d'impôts par un pouvoir tyrannique est une légende inventée par l'historiographie du XIXe siècle à partir des stéréotypes révolutionnaires. En 1715, le contribuable français payait en moyenne deux fois et demie moins d'impôts que son homologue britannique... La monarchie absolue, par conséquent, fut moins oppressive fiscalement que la monarchie représentative et tempérée à l'anglaise" (ibid. p, 703-705). Le malheur est qu'en France aujourd'hui, le régime républicain continue d'endoctriner les enfants, d'une manière obligatoire, à ce type de clichés mensongers. L'entreprise de décervelage est toujours en place. Les Français ont reconduit les candidats du système "démocrate" au pouvoir.

Le point de vue de Jean-Christian Petitfils n'est pas isolé. Il rejoint ceux d'autres éminents historiens: François BluchePierre Gaxotte, Frantz Funck-Brentano, Jean-Louis Harrouel, Jacques Heers : Le Roi de France n'était pas un tyran. J.-L. Harrouel indique: "La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite 'absolue'... En effet, l’autorité étatique y est beaucoup plus à même d’imposer sa volonté..." (Jean-Louis Harrouel, L’esprit des institutions d’Ancien Régime, Le miracle capétien, Perrin, 1987). 

"En 1789, le paradoxe veut que la France soit 'un Etat pauvre dans un pays riche' (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Arthème Fayard, Paris 1928) les impôts sont trop légers (5% du revenu national, 10% dans les périodes où la pression est la plus forte, contre 45% à la fin du XXe siècle)" (Yves-Marie Adeline, Histoire mondiale des Idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 323).

Dans un autre livre (Le Royalisme en question), Yves-Marie Adeline précise que non seulement rien n'a changé aujourd'hui, mais qu'au contraire tout a changé: "nous ne payons plus seulement une taxe sur le sel, mais sur tous nos produits, et nous payons infiniment plus d'impôts que sous Louis XVI. Dans les périodes des plus lourdes taxes, l'impôt sous l'Ancien Régime allait jusqu'à atteindre 10% du revenu national, mais globalement il s'est maintenu au niveau de 5%. Aujourd'hui il est à 45%. Neuf fois plus! Mais nous sommes en république, donc c'est normal: tel est encore un effet de la tyrannie de l'ignorance. ... " (Yves-Marie Adeline, Le Royalisme en question, L'Âge d'Homme - Editions de Paris,  Libres Mobiles, 2e édition, Paris 2006, p. 100).

Aujourd'hui, un président de la République "française", dont les pouvoirs peuvent aller, outre la violation des lois divines, jusqu'à la violation du droit de propriété (impôt de succession...), la violation du droit naturel, violation de la morale (avortement, eugénisme, manipulations génétiques), la cession de territoires (la liquidation de nos colonies), la destruction de coutumes françaises (suppression du lundi de Pentecôte), a incontestablement plus de pouvoirs qu'un roi de France qui devait respecter les "libertés françaises", les coutumes des pays et les lois fondamentales du royaume. Le Roi n'était pas propriétaire du Royaume, il ne pouvait en disposer à sa guise. ... (Exemple: un roi n'eut pas pu céder à sa guise un territoire comme l'a fait de Gaulle avec l'Algérie). La loi d'inaliénabilité du territoire faisait que les territoires n'étaient pas cessibles par une volonté du Roi. En toutes ces choses, le président de la "République" est donc un bien plus grand despote que n'a pu l'être n'importe quel Roi de France.

Partager cet article
Repost0
6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 06:52

Comme à son habitude, la franc-maçonnerie falsifie l'histoire, en occultant des pans entiers d'histoires dont elle s'arroge ensuite la gloire. "Le décret n° 2006-388 du 31 mars 2006, publié au Journal Officiel du 1er avril 2006 fixe la date en France métropolitaine de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage au 10 mai.

Le Grand Orient de France organise le jeudi 10 mai 2007 à 16h un rassemblement devant le Panthéon pour commémorer cette date anniversaire de l'abolition de l'esclavage par le dépôt d'une gerbe de fleurs sur la tombe de Victor Schoelcher.

Cette cérémonie se déroulera en présence du Grand Maître, Jean-Michel Quillardet, d'une délégation du Conseil de l'Ordre, et des Frères du
Grand Orient de France. .

Une exposition Francs-maçons au Panthéon sera inaugurée le jeudi 10 mai 2007 à 17h (
Panthéon - salle Marie Curie). Le Grand Orient de France honorera au travers de cette exposition (jusqu'au 21 mai 2007) organisée au Panthéon la mémoire de 4 Francs-Maçons célébres dont les cendres reposent en ce lieu dédié aux grands personnages ayant marqué l'histoire de France. 4 colonnes seront érigées représentant ces 4 Francs-Maçons célèbres. Elles retraceront les hommes, leurs histoires et leurs vies maçonniques. L'inauguration de l'exposition aura lieu en présence de représentants des 4 Loges du Grand Orient de France portant le titre distinctif de ces 4 grands francs-maçons : Victor Schoelcher, François Voltaire, Félix Eboué, Léon Gambetta." (Blog maçonnique)

BathildeLe blog maçonnique, le Grand Orient de France, la "république" rappelleront-ils que l'abolition de l'esclavage antique en France remonte, au VIIe siècle, à la Monarchie mérovingienne et plus particulièrement à une reine catholique, sainte Bathilde, épouse de Clovis II ? La tradition lui attribue l'interdiction des marchés d'esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs. 
















 Le roi de France Louis X le Hutin (1314-1316) signa une ordonnance "selon laquelle tout individu mettant le pied dans le royaume de France était libre" ? (Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, Folio Histoire, Saint-Amand 2006, p. 257). Professeur à l’université de Bretagne Sud à Lorient, Olivier Pétré-Grenouilleau est actuellement considéré comme le meilleur spécialiste français de l'histoire de l'esclavage.

L'essentiel des esclaves passés dans les traites d'exportation ont été vendus de leur plein gré, par des négriers africains qui considéraient que l'affaire était pour eux suffisamment rentable"? (Olivier Pétré-Grenouilleau, ibid., p. 505). "La traite des esclaves a totalement dépendu des Africains car ce furent bien des Africains qui vendirent d'autres Africains à des négriers européens. Quatre royaumes côtiers eurent un rôle essentiel dans cette honteuse pratique, le Bénin, le Dahomey, l'Ashanti et l'Oyo qui durent leur fortune et leur développement au commerce des esclaves. De l'intérieur du continent jusqu'au littoral, les réseaux de distribution, les péages, les versements de taxes, les marchés continentaux faisaient qu'une partie de l'Afrique s'enrichissait en en vendant une autre. Certains de ces royaumes connurent une prospérité remarquable. Le roi du Dahomey Tegbessou, vers 1750, livrait ainsi chaque année plus de 9000 esclaves, ce qui lui procurait des revenus supérieurs à ceux des armateurs de Liverpool ou de Nantes et quatre à cinq fois plus riches propriétaires terriens d'Angleterre. Cette réalité est trop souvent niée par les élites africaines" (Bernard Lugan, Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, p. 36). 

"[M]ême limité, l'esclavage existait depuis longtemps en Afrique noire" (Olivier Pétré-Grenouilleau? ibid., p. 517). "L'esclavage fut important en Afrique noire, et ce dès le Moyen Âge. L'esclavage était déjà fondamental à l'ordre social, politique et économique de zones situées au nord de la savane, en Ethiopie et sur la côte est africaine, depuis plusieurs siècles avant 1600" (Olivier Pétré-Grenouilleau, ibid., p. 519-520). 

"L'esclavage se pratiquait, au sud du Sahara, entre les Noirs, d'un royaume ou d'une tribu à l'autre, depuis des temps certainement très reculés et a perduré pendant tout au long de la traite atlantique sans que celle-ci y soit pour quoi que ce soit" (Jacques Heers, Les Négriers en terre d'islam, La première traite des Noirs, VIIe-XVIe siècle, Perrin, Paris 2004, p. 7).

Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des amérindiens ainsi que "toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci".


"Les Droits de l'homme sont ceux de l'individu blanc: sous la Constituante et plus encore sous le Directoire, qui prêchent l'expansion coloniale, ils s'appliquent de manière discriminatoire, et établissent l'infériorité de la race noire, autorisant par là traite et esclavage... Sinon comment expliquer que l'article 15 de la Déclaration des droits - que les instructions esclavagistes envoyées à Blanchot ont l'audace d'invoquer! - n'ait pas entraîné l'abolition de la servitude, le jour même où l'Assemblée nationale l'adopta?" (Pierre Pluchon, Histoire de la colonisation française, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996, p. 978). "Est-ce étonnant quand on sait, depuis que Michel Bruguière l'a montré, que les maîtres administratifs des finances et du commerce révolutionnaires se recrutent principalement dans l'industrie textile, le commerce maritime et la banque!" (ibid., p. 894). Les "Philosophes" eux-mêmes étaient les premiers négriers et des racistes notoires.Le siècles des dites "Lumières" étaient aussi le siècle des Lumières racistes. "La Révolution française se solde par une faillite idéologique: la Régénération entreprise au nom de l'égalité et de la liberté n'a pas apporté ce qu'elle avait promis. ... Au nom de l'égalité, l'Africain échappe à la protection de la Déclaration des droits de l'homme qui ne s'étend qu'à l'humanité des Blancs, de préférence citoyens actifs! Le servage que l'Assemblée nationale naissante a anéanti en France dans ses ultumes séquelles, forme le droit commun dans les possessions tropicales! Ce manquement à l'exigence idéologique s'achève dans le reniement: la Révolution consulaire restaure l'esclavage et, du même coup, retire la citoyenneté aux gens de couleur. Ce mouvement de retour à un passé aggravé - le Code Noir  de Louis XIV accordait l'égalité civique aux gens de couleurs (ibid., p.  795) -, que les autorités et les maîtres applique avec rigueur, s'accompagne du maintien du système des plantations. Ainsi, après vingt-cinq ans de tumulte..., la société et l'économie des colonies n'offrent guère d'autre changement au regard, sinon l'avènement d'un conservatisme jusque-là inconnu" (ibid., p. 1001). 

"Dans le Bordeaux de la fin du XVIIIe siècle, il semble que la plupart des francs-maçons aient été négriers" (Hugh Thomas
, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309). Le franc-maçon La Fayette, auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le 10 mars 1790 à l'Assemblée, "vote le maintien de la traite des Noirs"; les frères Lameth "possédaient trop d'intérêt à Saint-Domingue..., Barnave aussi." Tous étaient francs-maçons. (Source : Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 182, 183, 185, 192, 250.)

"La traite ne fut pas une tentative de colonisation puisque les Européens ne s'installèrent pas à demeure sur le littoral et ne pénétrèrent pas à l'intérieur du continent" (Bernard Lugan, Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, Lonrai 2006, p. 34). 

En Afrique, alors que le littoral leur était connu depuis le XVIe siècle, les Européens "ne commencèrent à pénétrer à l'intérieur du continent qu'à la fin du XIXe siècle" ... "en 1880, à l'exception de l'Algérie, d'une partie de l'actuel Sénégal, des implantations portugaises de la région de Luanda ou du Mozambique, de la colonie britannique du Cap et des Républiques boers, les Européens ne connaissaient pas l'Afrique. Dix ans plus tard, dans les années 1890, la situation aura totalement changé" (Bernard Lugan, ibid., p. 21). 

"La colonisation française est une grande idée de gauche". '"Après avoir longtemps hésité, la France se lança (XIXe siècle), d'abord sans précipitation, puis très activement, dans une grande politique d'expansion coloniale arc-boutée à une justification morale reposant sur l'idée de sa 'mission civilisatrice', et sur le mythe du Progrès"?  (Bernard Lugan, ibid., p. 95).


"Si Jules Ferry fut le père de la colonisation républicaine française, il ne fit en réalité que mettre en pratique l'engouement que la gauche française nourrissait alors pour l'expansion coloniale"? (Bernard Lugan, ibid., p. 97).

"La France 'patrie des Lumières' se devait de faire connaître aux peuples qui l'ignoraient encore ce message universaliste. ... On trouve chez Jules Ferry la notion de colonisation émancipatrice, de lutte pour la justice, d'élévation de l'esprit grâce aux Lumières. "Comme l'écrit Raoul Girardet: "Comment la France, patrie des Droits de l'Homme, annonciatrice de la grande espérance de 1789 pourrait-elle se dérober devant les exigences de cette nouvelle croisade libératrice (qu'est la colonisation)?" (Raoul Girardet, L'idée coloniale, p. 49). Comme les autres membres de la gauche coloniale, Jules Ferry... dans son fameux discours du 28 juillet 1885, ne craint pas de déclarer: "Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures; mais parce qu'il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (Jules Ferry cité in Bernard Lugan, ibid., p. 102).

"Ce ne fut pas un homme de droite, mais Jean Jaurès, cette grande icône républicaine qui déclara: "la France a autant le droit de prolonger au Maroc son action économique et morale qu'en dehors de toute entreprise, de toute violence militaire, la civilisation qu'elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l'état présent du régime marocain" (Discours de Clemenceau devant la Chambre des députés en 1903 cité in Girardet, L'idée coloniale, op. cit., p. 108, cité in Bernard Lugan, ibid., p. 104). La gauche coloniale établissait donc une hiérarchie entre les "races" et les civilisations.  

Ne s'embarrassant pas davantage de nuances, vingt-deux ans plus tard, le 9 juiller 1925, Léon Blum ne craignit pas d'affirmer devant les députés: "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie".

Albert Bayet, président de la Ligue des droits de l'Homme alla encore plus loin. Lors du Congrès du mouvement qui se tint à Vichy en 1931, il ne craignit pas de déclarer que la colonisation française était légitime puisqu'elle était porteuse du message des "grands ancêtres de 1789". Dans ces conditions: "Faire connaître aux peuples les droits de l'Homme, ce n'est pas une besogne d'impérialisme, c'est une tâche de fraternité". (Bernard Lugan, ibid., p. 105).

Le 10 mars 1883, 351 députés votèrent le budget colonial de Jules Ferry contre 42 et 122 abstentions, et qu'"avaient voté 'non' les monarchistes, dont Albert de Mun et Albert de Broglie, et les radicaux comme Clemenceau, Camille Pelletan et Georges Périn"? (Bernard Lugan, ibid., p. 99-100). 

Quant à la maçonnerie, elle voyait dans la colonisation le moyen de mondialiser les idées républicaines. En 1931, à Vichy, lors du Congrès annuel de la Ligue des droits de l'homme.., Albert Bayet déclara: "La colonisation est légitime quand le peuple qui colonise apporte avec lui un trésor d'idées.... La France moderne, fille de la Renaissance, héritière du XVIIIe siècle et de la Révolution, représente dans le monde un idéal qui a sa valeur propre et qu'elle peut et doit répandre dans l'univers. ... Le pays qui a proclamé les Droits de l'Homme..., qui a fait l'enseignement laïque, le pays qui, devant les nations est le grand champion de la liberté a, de par son passé, la mission de répandre où il peut les idées qui ont fait sa grandeur" (Albert Bayet Cité par Pierre Biarnès, Les Français en Afrique de Richelieu à Mittérand, Armand Colin, Paris 1987, p. 241, cité in Bernard Lugan, ibid., p. 10).

Au XXIe siècle, c'est encore sur ces thèmes de liberté et de droits de l'homme que Bush justifia sa "croisade de la démocratie" en Irak.


----------------------------------------------

"L'imposture de la devise "Liberté Egalité Fraternité"
"
Le mensonge de la "Liberté" : la corruption de la liberté par les libéraux "
"
La volonté générale et l'asservissement de la liberté "
"
Liberté, Egalité, Fraternité... ou la mort!"
"
L'imposture démocratique"
"
Le pouvoir de l'argent dans nos démocraties"  
"
1789 Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie "

Partager cet article
Repost0
26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 19:23

26/03/2007 19:34

CITE DU VATICAN, 26 mars 2007 (AFP) - Le Vatican salue la formation du gouvernement palestinien d'union nationale

 

Un responsable du secrétariat d'Etat du Vatican a salué lundi la formation du gouvernement palestinien d'union nationale, dirigé par le Hamas et composé de représentants du Fatah, tout en espérant qu'il soit un "interlocuteur digne de confiance", selon un communiqué officiel.

"Il est certainement positif" que le gouvernement d'union nationale "soit le produit d'un compromis entre les principaux groupes politiques palestiniens", a déclaré jeudi le sous-secrétaire pour les Rapports avec les Etats, Mgr Pietro Parolin, selon un communiqué diffusé par le Vatican.

Ce gouvernement "met fin à plusieurs mois de conflit violent, armé et dur, qui a fait de nombreuses victimes, souvent innocentes, au sein du peuple palestinien qui a déjà tant souffert", a ajouté Mgr Parolin.

"La communauté internationale espère que le nouveau gouvernement sera un interlocuteur légitime et digne de confiance, capable de guider son peuple (...) à la conclusion d'une paix juste avec les Israéliens, qui ont le droit de vivre en paix dans leur propre Etat, et à la mise en place d'un Etat libre, indépendant et souverain" pour les Palestiniens, a-t-il déclaré.

L'intervention de Mgr Parolin a eu lieu lors d'un conférence internationale pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien organisée à Rome les 22 et 23 mars au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le gouvernement d'union palestinien est dirigé par le Hamas et composé de représentants du Fatah du président de l'Autorité palestienne Mahmoud Abbas et d'autres fractions palestiniennes.

Depuis son investiture, l'Union européenne a repris des contacts avec les membres non-Hamas du nouveau gouvernement palestinien, le Hamas figurant sur la liste européenne des organisations terroristes.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 15:28

Le siècle des "Lumières" est aussi le siècle du racisme philosophique.

Voltaire écrit ans l'Essai sur les moeurs et l'Esprit des nations (1756), que les peuplades d'Amérique "vivent sous des huttes; elles se vêtissent de peaux de bêtes dans les climats froids, et vont presque nues dans les tempérés. Les unes se nourrissent de chasse, les autres de racines qu'elles pétrissent : elles n'ont point recherché un autre genre de vie, parce qu'on ne désire point ce qu'on ne connaît pas. Leur industrie n'a pu aller au-delà de leurs besoins pressants. Les Samoyèdes, les Lapons, les habitants du Nord de la Sibérie, ceux du Kamtchatka, sont encore moins avancés que les peuples de l'Amérique.  La plupart des Nègres, tous les Cafres sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps." Voltaire, grand esclavagiste, résume ses théories d'une phrase allègre : "La race des nègres est une espèce d'hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l'est des lévriers…" "Comment se peut-il qu'Adam, s'interroge Voltaire, qui était roux et qui avait des cheveux, soit le père des nègres qui sont noirs comme de l'encre et qui ont de la laine noire sur la tête ?" (Essai sur les mœurs, 1756).

L'intendant Poivre, le philanthrope manchot qui prêche aux colons des Mascareignes de traiter les esclaves avec humanité et dont la veuve s'inscrira aux Amis des Noirs, exprime son mépris en ces termes : "Les nègres... ces hommes stupides qui s'estiment assez peu pour se vendre en détail les uns et les autres, ne pensent guère à la culture de leur terres. Contents de vivre au jour la journée sous un ciel qui donne peu de besoins, ils cultivent que ce qu'il leur faut pour ne pas mourir de faim" (Voyages d'un Philosophe). 

Les maîtres des grands esprits, ceux qui ont les Lumières, n'ont pas hésité à côtoyer le Hollandais Cornelius de Pauw, lu en son temps..., un peu oublié aujourd'hui, qui dénonce dans les Sauvages, "une espèce dégénérée du genre humain, lâche, impuissante, sans force physique, sans vigueur, sans élévation dans l'esprit" (Recherches philosophiques sur les Américains, 1768).

 

Montesquieu est peut-être des "philosophes" des "Lumières" le plus odieux, il dit de l'Africain, condamné à l'abattement du corps et de l'esprit par le climat, qu'il est un "animal noir qui a de laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu'un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d'idées qu'eux, et plus de facilité pour les exprimer".

 

Cet aspect des prétendues "Lumières" est soigneusement caché par les propagandistes apôtres de la "tolérance"... Les "Philosophes" étaient tous de grands esclavagistes, racistes notoires et investisseurs dans les compagnies de traite négrière.

 

Sources :

 

Pierre Pluchon, Histoire de la colonisation française, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996.

Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, Paris 2004.

Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003.

 

- Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

Partager cet article
Repost0
13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 17:04
"Pour demander leurs secrets au temps modernes.., il faut débrouiller ses mensonges et reconnaître son véritable état malgré les illusions qu'ils cherchent à répandre. L'euphorie des temps modernes en France et dans les autres démocraties, cache une malhonnêteté fondamentale qui est la cause de notre décadence. Les régimes que nous appelons 'démocratiques' sont une comédie au même titre que les 'démocraties populaires'. La volonté nationale y est escamotée. Une caste de privilégiés s'y est emparée de la nation. 

"Son pouvoir a pour condition la libre pénétration du pouvoir de l'étranger (et le jeu des minorités contre la majorité) qui aboutit à notre division politique, à notre impuissance, à notre domestication. 

"Finalement, sous prétexte de Liberté, nous ne sommes plus maîtres de rien chez nous, ni de nos économies, ni de nos territoires, ni de notre destin. Nous ne sommes plus rien dans nos nations. Les temps modernes, c'est le temps de l'expropriation, c'est de cela que nous devons d'abord prendre conscience" (Maurice Bardèche , Les Temps modernes, Editions Les Sept couleurs, Montargis 1956, p. 10-11). 

"La puissance de l'argent dans nos démocraties est immense, mais toujours oblique, tortueuse, omniprésente et sourde

"L'argent règne, mais sans ministres, sans appareil, sans charte. Il pénètre tout, mais comme l'humidité, comme le sel. Les groupes financiers ou du moins certains groupes financiers font les élections et ils font les partis: mais ensuite les partis gouvernent comme ils peuvent et ils ne font pas toujours, ils ne peuvent pas toujours faire la politique pour laquelle ils ont été payés. 

"Les barons financiers autorisent et soutiennent telle idéologie et tolèrent ou combattent telle autre. ... On découvre alors que les gouvernements ne peuvent se mouvoir que dans des limites très étroites. ..." (Maurice Bardècheibid., p. 85-86).  
"L'empire de l'argent est un empire sans loi morale. Sa seule loi est le gain. Les hommes de l'argent n'ont pas intérêt à la puissance de nos patries. Ils ont intérêt à traiter avec un pouvoir faible et, si possible, vénal. C'est pourquoi la démocratie est leur instrument. ... 
"Ils aiment diviser pour régner. Le régime des partis leur offre cette occasion" (Maurice Bardècheibid., p. 92).

Résumé

La démocratie "moderne" française est donc nocive et dangereuse pour la nation, car elle divise pour régner, elle détruit la communauté nationale en la démembrant en autant d'intérêts particuliers devant s'exprimer à chaque élection
... En cela elle est fatale à l'unité, à la paix et la tranquillité de notre nation. Et c'est là un "devoir civique" que de participer au démembrement et à la division !! 

Entre les élections ? Rien. Ou plutôt une division sectaire et haineuse entre camps constitués et institutionnalisés, une division portant aux affaires le groupe le plus sournois, le groupe rompu aux techniques subversives de communication et de manipulation médiatique de l'opinion, le groupe qui a réussi le mieux à s'emparer des avenues du pouvoir, le plus soutenu par la
bourgeoisie d'affaires et d'Argent, qui peut être, à tout de rôle, de droite comme de gauche, démocratie oblige (!) 
 


L'imposture du suffrage universel

"Le suffrage universel..., a pour signification essentielle de faire connaître l'avis du peuple sur la politique du régime. C'est là sa fonction... Et à ce titre..., il est utile à tout régime de connaître l'opinion du peuple (au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le Roi aussi aimait à connaître l'avis de ses peuples en convoquant les Etats généraux, mais qui n'avaient qu'un but consultatif et informatif). 

Mais, pratiquement, dans nos régimes 'modernes', le suffrage universel ne sert PAS seulement à cela, il sert essentiellement, il sert surtout à désigner les hommes parmi lesquels seront choisis obligatoirement les dirigeants politiques et techniques de la nation... 

Rien dans la définition du suffrage universel, rien même dans nos constitutions ne force à choisir les ministres parmi les députés (élus de la nation). Mais en fait,... on ne peut devenir un dirigeant politique de la nation sans être d'abord député... Le peuple, une fois tous les quatre ans ou une fois tous les six ans, épuise d'un seul coup tout son pouvoir en mettant un nom dans une enveloppe, puis il est la proie silencieuse des maîtres qu'il a choisis... 

Le peuple aimerait bien parler peut-être de temps en temps, il aimerait bien donner son avis sur certaines affaires qu'il trouve importantes. Mais c'est trop tard alors. Il gît désarmé, épuisé par l'acte électoral, comme ces princes des contes de fées qui n'ont qu'une flèche pour se défendre, comme ces pêcheurs auxquels un génie des eaux n'a accordé qu'un seul souhait. 

Le suffrage universel qui devait fonder une démocratie, c'est-à-dire un pouvoir du peuple, fonde en fait une oligarchie, c'est-à-dire le pouvoir d'une caste que le peuple croit désigne
r
. Les régimes actuels ont perfectionné la désignation de cette caste... Les électeurs connaissent personnellement les candidats et il leur arrivait parfois, simplement par instinct, de préférer d'honnêtes gens à des fripouilles chargées de reliques. Cela amenait au Parlement de mauvaises têtes qui faisaient des discours inconvenants. On a évité cet inconvénient en invitant deux cent mille personnes à voter pour quelqu'un qu'elles ne connaissent pas. Et, comme ils auraient pu s'obstiner à désigner quelqu'un qu'ils estiment, on a décidé qu'on ne tiendrait pas compte des suffrages égarés sur des amateurs qui n'ont pas reçu l'investiture des grands partis... Appartenir à cette caste des gouvernants est donc devenu obligatoirement le commencement de toute carrière politique" (Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 16-18). 

"[L]es Français voient fleurir de nouveaux partis et de nouveaux sigles qui n'ont pas toujours de sens bien précis et changent au gré des modes. L'art consiste, pour les uns, à maintenir une référence au "socialisme", présenté comme un garant de la justice sociale, des privilèges et des monopoles; pour les autres, à fondre en un seul titre et quel que soit l'ordre plusieurs mots porteurs de grands symboles: Démocratie, Peuple, France ou Français, plus rassemblement ou Union. Ces partis décident de tout et tiennent d'une main ferme les ressorts des scrutins. [N]i le président ni même les députés, représentants du Peuple, ne sont  désignés par les seules élections. Les citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés" (
Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189). 

Ces instances, ces stratèges, les amis du parti sont les actionnaires de grandes compagnies qui attendent un retour sur leurs commandites. Les hommes mis en place ne sont que des guignols, des pantins manipulés par ces groupes. Ce système est dirigé comme standard planétaire et est imposé par la force aux Etats rebelles, au nom de la démocratie et de la liberté.

"On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation" (
Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 25-26).
 
"Cette impuissance du peuple, cette dépossession du peuple, c'est la contradiction fondamentale des démocraties modernes. Elles veulent défendre la démocratie sous prétexte que la démocratie est le pouvoir du peuple. Et elles défendent la démocratie en empêchant qu'il puisse y avoir sur la scène politique autre chose que des partis démocratiques... La démocratie ainsi  conçue se retourne contre le peuple. Elle lui assure une liberté qui n'est qu'un mot, elle lui donne un bulletin de vote qui est sans valeur" (Maurice Bardèche, ibid., p. 32-33). 


L'imposture de la démocratie en temps de guerre

"Quoiqu'il en soit, il est évident que cette division, plus ou moins factice ou inutile, des citoyens en de multiples factions plus ou moins étanches et hostiles, division qui se répercute dans l'enceinte des parlements, et même au sein des gouvernements, ne saurait être propice à la bonne conduite des affaires du pays, à la sauvegarde de l'intérêt national. 

Et c'est si vrai que, dans les moments de crise grave, où l'existence du pays est menacée, en particulier en temps de guerre, les gouvernements de nos démocraties - généralement investis pour la circonstance de ce que l'on appelle 'les pleins pouvoirs', c'est-à-dire en fait, transformés en dictatures (!) - proclament la "Patrie en danger", invitent les citoyens à "surmonter leurs querelles partisanes", et lancent des appels angoissés à l'union sacrée! Mais qu'est-ce donc que ce régime qui n'est capable de gouverner que lorsque tout va bien? Et qui, dans les moments de crise, c'est-à-dire précisément quand il lui faudrait prouver sa capacité et son efficacité, est obligé de se renier lui-même?!... Et s'imagine-t-on que les travaux de la paix sont moins importants, moins ardus et moins difficiles que les travaux de la guerre, et que si les partis, et les divisions qu'ils engendrent, sont néfastes en temps de guerre, ils sont salutaires en temps de paix?!..." (Jean Haupt, Le procès de la Démocratie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 85-86).
 
 
Résumé général

Le concept de démocratie est biaisé.

- Le "suffrage universel" remet le pouvoir à des partis qui se partagent le pouvoir; il devait fonder une démocratie, un pouvoir du peuple, il fonde en réalité une oligarchie, le pouvoir d'une minorité microscopique, une caste ploutocrate qui se coopte entre elle ("l'élu" est d'abord l'élu du parti) et que le peuple croit désigner. 

- La démocratie est de la poudre aux yeux. Les dirigeants sont préalablement choisis par les partis, l'élite se coopte entre elle et grimpe dans la hiérarchie en fonction de son degré d'initiation et de son degré d'adhésion aux "valeurs" du parti. Le "peuple" sert à terminaliser l'opération, il donne une onction de légitimité au processus. Le vote "démocratique" donne aux masses l'illusion de la liberté de choix et d'opinion. Les vrais décideurs se situant, à un niveau bien supérieur.

- La démocratie n'est donc pas le règne de la Volonté générale, c'est le règne d'une minorité microscopique (de droite ou de gauche, à tour de rôle), qui exploite cyniquement les divisions dans la société au nom de la "démocratie"..
 
- La démocratie "moderne" (à ne pas confondre avec la représentation traditionnelle, organique et réellement représentative, avec au-dessus l'arbitrage royal qui existait dans nos pays d'Etat sous l'"Ancien Régime"), c'est le règne de l'imposture & du mensonge, le règne de l'inconséquence et de la division, la perversion et l'immoralité institutionnalisée, l'école du vice et du crime, l'Argent-Roi, l'individualisme, le matérialisme, la destruction de la Société...

Partager cet article
Repost0
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 11:15

09/03/2007 10:30

 

JERUSALEM (AFP) - Une bactérie mortelle fait des dizaines de morts et sème la peur en Israël

 

Une bactérie mortelle résistante aux antibiotiques a fait des dizaines de morts et contaminé des centaines de malades dans les hôpitaux israéliens, semant la peur dans le pays.

 

Cinq cents personnes, hospitalisés dans une dizaine d'établissements, ont été contaminées par la bactérie Klebsiella au cours des six derniers mois et 30% d'entre elles en sont mortes, a déclaré Yair Amikam, chargé de la communication au ministère israélien de la Santé.

 

Selon les spécialistes, cette bactérie provoque de graves infections pulmonaires et urinaires qui ne peuvent être traitées en raison de sa résistance à tous les antibiotiques utilisés sur le marché.

 

Les médecins ont en effet averti que si des mesures immédiates n'étaient pas prises l'épidémie pourrait se propager très rapidement.

 

La bactérie mortelle, dont l'existence a été révélée cette semaine par les médias israéliens, fait depuis la une des journaux et des sites internet dans le pays.

 

"Crainte d'épidémie bactérienne", "Propagation d'une bactérie résistante. Des dizaines de morts", ont titré les quotidiens ces derniers jours.

 

Le ministère de la Santé avait au départ décidé de ne pas donner d'informations sur l'épidémie de peur de provoquer une vague de panique dans la population.

 

"Nous risquons d'être confrontés à un problème endémique au lieu d'un problème pouvant être contenu", a déclaré le docteur Itamar Shalit, président de l'association israélienne des maladies infectieuses.

 

Il a précisé que les experts ne s'étaient aperçus qu'au bout de 8 à 10 mois qu'il s'agissait d'une nouvelle bactérie résistante aux antibiotiques.

Partager cet article
Repost0
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 15:49

27/02/2007 14:57

 

TEHERAN (AFP) - L'Iran répète qu'il ne suspendra pas son enrichissement d'uranium

L'Iran, inflexible, a répété mardi qu'il refusait de suspendre l'enrichissement d'uranium au lendemain de la réunion des six grandes puissances à Londres qui ont travaillé sur une nouvelle résolution contraignante contre Téhéran.

"Les Européens nous ont donné une liste de suggestions dans laquelle ils promettaient d'aider l'Iran à fabriquer des centrales nucléaires et demandaient en échange un arrêt de l'enrichissement, ce qui est illégal et illégitime (...) et ne se réalisera jamais", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, en marge d'une conférence sur l'Amérique latine.

Mais le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a souligné mardi qu'il y avait "beaucoup de chances" pour que les membres permanents du Conseil de sécurité puissent s'entendre "rapidement" sur une deuxième résolution sur l'Iran, accompagnée de sanctions économiques.

Interrogé sur l'éventualité de frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens, M. Douste-Blazy a assuré sur la chaîne française LCI que ce n'était "absolument pas d'actualité aujourd'hui. Nous sommes dans la négociation d'une résolution sur des sanctions économiques".

Partager cet article
Repost0
22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 10:59

"En politique, rien n'arrive par HASARD. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi" (Franklin D. Roosevelt).

 

"Nous aurons un Gouvernement Mondial, que cela plaise ou non. La seule question est de savoir s'il sera créé par conquête ou par consentement" (Paul Warburg, Membre du C.F.R. et du groupe Bilderberg, Sénat américain 17.02.1950)

 

Dès 1883, un très grand journal juif écrivait : "Le grand idéal du judaisme, c'est que le Monde entier soit imbu des enseignements juifs et qu'une Fraternité universelle des nations fasse disparaître toutes les séparations de races et de religions" (Jewish World, London, 9 février 1883).

 

Ces citations sont tirées de Yann Moncomble, La trilatérale et les Secrets du Mondialisme, Faits et Documents, Paris 1980, avec une préface de Henri Coston.

 

Il semble donc que si aujourd'hui, les politiques en France pronent avec acharnement l'immigration et le métissage, ce ne soit là que pur HASARD, bien évidemment....

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 11:45


Après avoir démontré que la "
volonté générale" est une tromperie servant d'abord une idéologie, celle des "initiés", nous allons présenter un exemple concret et actuel prouvant la main mise du Pouvoir occulte, et d'un Pouvoir occulte étranger sur la politique du pays, en citant Paul Chaussée indiquant deux coupures de presses du Monde et de Tribune juive :

"Par un entrefilet dans le journal Le Monde (26.3.86), le B'naï B'rith rappelait à la droite victorieuse l'engagement qu'elle avait souscrit de ne s'allier en aucun cas au Front national. ... la signature de cet engagement avait été la condition sine qua non du soutien du Pouvoir occulte à l'exercice d'un pouvoir relatif et à l'élection ultérieure de Chirac à la présidence. Pendant dix ans les politiciens de 'droite' et le B'naï B'rith sont restés sourds aux demandes d'explications. Ce n'est qu'en 1997, un an après l'élection de Jacques Chirac, qu'on a pu lire dans Tribune juive (du 20.3.97) : "Y a-t-il des organisations juives qui cherchent à peser sur la vie politique de notre pays pour empêcher que la droite traditionnelle ne contracte des alliances avec l'extrême-droite ?  - La réponse est oui. - Cela est-il répréhensible? - Que nenni !" (cité in Présent 26.3-97). En d'autres mots, Tribune juive trouve normal qu'une organisation maçonnique juive américaine fasse la politique de la France. Cet aveu cynique prouve que, contrairement aux beaux principes démocratiques, le pouvoir n'appartient plus ni à la Nation ni à ses élus, mais qu'il a été confisqué par une puissance étrangère secrète qui donne ses ordres auxquels nos politiciens obtempèrent. ... Les politiciens qui prétendent n'obéir qu'à la "Volonté générale" de la "Nation", se sont volontairement inféodés à une puissance étrangère au mépris des intérêts réels du pays. Voilà l'une de des trahisons (inhérentes à la Démocratie) qui rend les gouvernements impuissants et les Etats décadents" (Paul Chaussée, Miracle et Message du Saint Suaire, Ulysse, Bordeaux 1999, p. 57-58).

"Le B'naï B'rith (mots hébreux signifiant "fils ou princes de l'alliance, ou de la promesse"), c'est une obédience maçonnique fondée à New York en 1843 et réservée aux seuls israélites (Loges dans une cinquantaine de pays). Les élections du 16 mars 1986 avaient envoyé à la chambre 35 députés du Front National, d'où la réaction du CRIF et du B'naï B'rith dont Le Monde du 26 mars publiait le communiqué sous le titre "Inquiétude dans la communauté juive". Ce communiqué déclarait : "Les associations B'naï B'rith lancent un appel à la vigilance, attirent l'attention des partis de la nouvelle majorité contre toute tentation de vouloir reprendre les slogans extrémistes sur l'insécurité et les idées xénophobes à l'encontre des immigrés, et rappellent aux représentants de ces partis leurs engagements pris, au cours des forums du B'naï B'rith , devant la communauté, déclarations reprises après proclamation des résultats du vote, de ne s'allier en aucun cas au Front National." (Paul Chaussée, ibid, note 7, p. 62.)

Aujourd'hui, en 2007, Naggy-Sarközy est selon un article de Libération (Antoine Guiral) du 4 décembre 2006, le "candidat naturel des électeurs juifs". Il ne représente donc pas les intérêts nationaux des Français. Pas plus que Ségolène Royal, les deux formant un binome, Janus à deux visages, chargé d'empêcher le retour des nationalistes au pouvoir et toute reconstitution de la Société sur ses bases naturelles. On vit déjà cette collusion de la gauche et de (fausse) droite, l'alliance des plouto-démocrates, dès le XIXe siècle, en 1830, 1848, 1870, au XXe siècle, en 1934, 1944, 1986, 2002.

Partager cet article
Repost0
8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 15:15
"Le vrai peuple en 1789 n'existe que virtuellement, dans la conscience ou l'imagination des "hommes libres", des "patriotes", dit-on alors, des "citoyens conscients", c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, pris jeunes, entraînés sans répit, formés toute leur vie dans les sociétés philosophiques - les sociétés de pensée - à la discipline de la liberté. [...] Contre le commun des hommes, qui ne sont pas ces privilégiés de la conscience et de la raison, il est nécessaire d'employer la ruse et la force. C'est un devoir pour les initiés. Il faut les forcer d'être libres, a dit Rousseau (Contrat social, éd. Dreyfus-Brisac, p. 38). Les Jacobins de 1793 s'y prendront par la terreur; ceux de 1909, qui ont le temps de penser aux enfants, par l'enseignement forcé et la mainmise légale..." (Augustin Cochin, L'esprit du jacobinisme, PUF, Sociologies, Vendôme 1979, p. 96-97).    

                                                                **** 
    "Ce qui frappe lorsqu'on étudie l'histoire de la Révolution française, c'est que tout ce bouleversement a été l'oeuvre de quelques hommes. Jamais, à aucun moment, on ne s'est trouvé devant une volonté déterminée de la majorité de la nation. Ce sont toujours de petits groupes qui ont dicté leurvolonté à la masse et se sont imposés par la force la plus brutale... et la plus ouverte" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 94).

  "1789, c'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute... Conduite AU NOM du peuple, la Révolution s’est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même CONTRE le peuple..."
(Jean Sévillia, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 177). 
 Pierre Gaxotte explique que "la Volonté générale n'est pas la volonté du plus grand nombre, c'est la voix profonde de la Conscience humaine, telle qu'elle devrait parler en chacun de nous et telle qu'elle s'exprime par la bouche des citoyens les plus vertueux et les plus éclairés... Comment connaître la volonté générale dans les cas où elle n'est point expliquée ? Faudra-t-il assembler toute la nation à chaque évènement . Il le faudra d'autant moins qu'il n'est pas sûr que sa décision fût l'expression de la volonté générale... Aussi, de 1792 à 1795, le recours aux électeurs sera-t-il considéré comme le crime contre-révolutionnaire par excellence: ce serait un retour vers l'opinion de la masse, vers l'opinion réelle, vers l'opinion du plus grand nombre. En définitive, la Volonté générale se définit donc par la conformité à un système philosophique. Le vrai peuple est un être idéal qui n'existe que virtuellement dans la conscience des "hommes libres" comme on disait alors, c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, entraînés sans répit au despotime de la liberté et c'est ainsi que la "volonté générale", par ruse, par crainte ou par force, asservit la "pluralité"... L'Etat prime la famille car l'Etat demeure et la famille se dissout". L'Etat est le maître des consciences car la justice, le bien public, l'obéissance aux lois, les vertus sociales et tous les devoirs de l'homme et du citoyen, il appartient au gouvernement d'en connaître... Sans pouvoir obliger personne à croire à ces dogmes, le peuple peut bannir de l'Etat quiconque ne les croit pas; il peut le bannir non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincèrement les lois, la justice est d'immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort... La République s'identifie avec une doctrine; la société est soumise à un dogme; le faire passer dans les faits, le traduire en actes, réorganiser le monde conformément à ses postulats: voilà la politique révolutionnaire. Sa première tâche et, pour ainsi dire, sa tâche unique, consiste à DETRUIRE et EMPECHER toute résurrection des organismes naturels qui jusque-là, encadraient et soutenaient les individus et qui sont désormais considérés comme oppressifs et immoraux..." (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 54-55). 


  "Les régimes que nous appelons 'démocratiques' sont une comédie au même titre que les 'démocraties populaires'. La

volonté nationale y est escamotée. Une caste de privilégiés s'y est emparée de la nation. Son pouvoir a pour condition la libre pénétration du pouvoir de l'étranger (et le jeu des minorités contre la majorité) qui aboutit à notre division politique, à notre impuissance, à notre domestication. Finalement, sous prétexte de 'Liberté', nous ne sommes plus maîtres de rien chez nous, ni de nos économies, ni de nos territoires, ni de notre destin. Nous ne sommes plus rien dans nos nations. Les 'temps modernes', c'est le temps de l'expropriation, c'est de cela que nous devons d'abord prendre conscience" (Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept couleurs, Montargis 1956, p. 10-11). 



Add. 1 mai 2011.  14:55.

Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

L'imposture du suffrage universel

  "Le suffrage universel..., a pour signification essentielle de faire connaître l'avis du peuple sur la politique du régime. C'est là sa fonction... Et à ce titre..., il est utile à tout régime de connaître l'opinion du peuple (au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le Roi aussi aimait à connaître l'avis de ses peuples en convoquant les Etats généraux, mais qui n'avaient qu'un but consultatif et informatif). Mais, pratiquement, dans nos régimes 'modernes', le suffrage universel ne sert PAS seulement à cela, il sert essentiellement, il sert surtout à désigner les hommes parmi lesquels seront choisis obligatoirement les dirigeants politiques et techniques de la nation... Rien dans la définition du suffrage universel, rien même dans nos constitutions ne force à choisir les ministres parmi les députés (élus de la nation). Mais en fait,... on ne peut devenir un dirigeant politique de la nation sans être d'abord député... Le peuple, une fois tous les quatre ans ou une fois tous les six ans, épuise d'un seul coup tout son pouvoir en mettant un nom dans une enveloppe, puis il est la proie silencieuse des maîtres qu'il a choisis... Le peuple aimerait bien parler peut-être de temps en temps, il aimerait bien donner son avis sur certaines affaires qu'il trouve importantes. Mais c'est trop tard alors. Il gît désarmé, épuisé par l'acte électoral, comme ces princes des contes de fées qui n'ont qu'une flèche pour se défendre, comme ces pêcheurs auxquels un génie des eaux n'a accordé qu'un seul souhait. Le suffrage universel qui devait fonder une démocratie, c'est-à-dire un pouvoir du peuple, fonde en fait une oligarchie, c'est-à-dire le pouvoir d'une caste que le peuple croit désigner. Les régimes actuels ont perfectionné la désignation de cette caste... Les électeurs connaissent personnellement les candidats et il leur arrivait parfois, simplement par instinct, de préférer d'honnêtes gens à des fripouilles chargées de reliques. Cela amenait au Parlement de mauvaises têtes qui faisaient des discours inconvenants. On a évité cet inconvénient en invitant deux cent mille personnes à voter pour quelqu'un qu'elles ne connaissent pas. Et, comme ils auraient pu s'obstiner à désigner quelqu'un qu'ils estiment, on a décidé qu'on ne tiendrait pas compte des suffrages égarés sur des amateurs qui n'ont pas reçu l'investiture des grands partis... Appartenir à cette caste des gouvernants est donc devenu obligatoirement le commencement de toute carrière politique" (Maurice Bardèche, ibid., p. 16-18). 

 "On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation" (Maurice Bardèche, ibid., p. 25-26). 

                                                                         ***

Articles connexes 

"Le mensonge de la "Liberté" : la corruption de la liberté par les libéraux "
"L'imposture de la devise "Liberté Egalité Fraternité" "
"L'imposture démocratique"
"Le pouvoir de l'argent dans nos démocraties"  
"1789 Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie "
Partager cet article
Repost0
7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 17:57
"L'Encyclopédie soviétique rappelle justement que Marx et Engels admettaient parfaitement la "collaboration des communistes avec les démocrates petits bourgeois dans le cadre d'une même organisation", pourvu qu'ils n'oublient pas que "la Révolution démocratique bourgeoise n'est qu'une étape indispensable de la lutte et non le but final. 

Au XIXe siècle, alors que le Comte de Chambord cherche à améliorer le sort des classes ouvrières en les organisant, en les protégeant contre l'arbitraire patronal, en faisant de l'Etat l'arbitre des intérêts divergents, Karl Marx, lui, entend exploiter les contradictions internes du système capitaliste... pour faire la Révolution et installer son parti au pouvoir" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-104).
 
Les notes du comte de Chambord sont importantes pour l'histoire des idées. Elles confirment que la question sociale non seulement n'avait pas échappé à la droite légitimiste dont le nationalisme contemporain est, sur ce point, l'héritier incontestable, mais que, seule, elle insistait sur cette question et, qu'en définitive elle manqua le pouvoir par la conjugaison de la gauche républicaine et de la "droite" orléaniste, celle des affaires" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 131).
 
Le constitutionnaliste Maurice Duverger, stratège progressiste, dans son Introduction à la politique (Paris 1964) claquemure la droite dans un vocable qui lui est encore attaché et qui permet de la discréditer face aux "progressistes" (de gauche évidemment). "Réduit à sa plus grande simplicité, à son élément fondamental, écrit-il, le combat politique oppose ceux qui sont à peu près satisfaits de l'ordre social existant, qui veulent le conserver, et ceux à qui cet ordre ne convient pas, qui veulent le changer. Les premiers constituent "la droite" les seconds "la gauche", au sens le plus général des termes...." (fin de citation) Rien n'est plus arbitraire comme classification. Voilà un exemple de la tactique "progressiste" consistant à donner à la droite une image inexacte contre laquelle on déchaîne l'hostilité de l'opinion." (Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 24).
 
On peut dire alors que lorsque la droite (la dernière fois c'était en 1940...) dénonce et interdit la démo-ploutocratie, elle porte au système de la Fortune anonyme et vagabonde né en 1789 un coup décisif, parce qu'il vise le milieu même où se développe le règne de l'Argent.
 
L'ordre social démo-ploutocratique s'est donc toujours allié, finalement, avec l'autre matérialisme : le marxisme, et il le fait encore aujourd'hui afin de conserver le pouvoir : c'est l'Umps, la collusion de la gauche et de la droite dans la trahison des Français.
. Immigration : le réel interdit, par Eric Zemmour  (l'immigration au service du marché et du capitalisme industriel et libéral)
.
Collusion patronat-syndicat 
 
Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 17:50
1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie
"Votre confusion présente, a atteint telle une paralysie, les sources mêmes de la vie. Tous ceux qui parmi vous étaient faits pour obéir à l'honneur ont été déchus et humiliés... Mais cette génération de la noblesse sera bientôt éteinte. Celle qui doit la suivre ne pourra plus être distinguée des charlatans et des bouffons, des agioteurs, des usuriers et des Juifs qui seront toujours ses compagnons et parfois même ses maîtres.Croyez-m'en, Monsieur, ceux qui prétendent niveler n'instaurent jamais l'égalité. Dans toutes les sociétés composées de différentes classes de citoyens, il faut qu'il y en ait une qui tienne le premier rang. C'est pourquoi les niveleurs ne font que changer et que pervertir l'ordre naturel des choses" (Edmund Burke en 1790 dans ses Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, paris 2004, p. 62).
 
"A l'ancienne aristocratie se substitue l'aristocratie des riches. C'est une chose qui n'a pas été assez vue. On a dit : la Révolution de 1789 a donné le pouvoir à la bourgeoisie. C'est vrai, mais dans la bourgeoisie elle l'a donné à l'Argent" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 105).
 
C'est cette situation que Stendhal décrit parfaitement lorsqu'il fait parler M. Leuwen, le banquier : "... depuis Juillet, la bourgeoisie a remplacé le faubourg Saint Germain, et la Banque est la noblesse de la classe bourgeoise... Le ministère ne peut pas défaire la Bourse, et la Bourse peut défaire un Ministère." Et M. Leuwen explique que ce régime coûtera cher, parce qu'il faut donner des places à tout l'état-major de la bourgeoisie: "Il y a là six mille bavards qui feront de l'éloquence contre vous si vous ne leur fermez la bouche avec une place à six mille francs" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid. p. 147).
 
"Étrange conclusion: la Révolution, faite au nom de l'égalité, a enrichi les riches et appauvri les pauvres... C'est un résultat qu'on retrouvera sur d'autres terrains... (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 173-174).
 
"Une nouvelle bourgeoisie se substitue à celle de l'Ancien Régime: acquéreurs de biens nationaux, fournisseurs aux armées, nouveaux fonctionnaires, généraux, hommes de loi, etc." (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 430). 

La Révolution instaure l'aristocratie des riches. "La Révolution aboutit dans sa première phase à la mise en place du système électoral censitaire élaboré par l'Assemblée nationale constituante: la possibilité de voter comme d'être élu dépendait du niveau d'impôt acquitté, et donc des biens possédés." (Manex Goyhenetche, Histoire Générale du Pays Basque, La Révolution de 1789, tome IV,  Elkar, Donostia 2002, p. 39). "Le suffrage censitaire consacra... l'inégalité politique fondée sur la fortune" (M. Goyhenetche, ibid., p. 39). Dans une seconde phase, que nous traitons dans un autre article, la Révolution bourgeoise instaure le "suffrage universel" qui donne aux masses l'
illusion de la liberté de choix et d'opinion, cependant que les vrais décideurs se situent à un niveau bien supérieur. Dans son Histoire générale du Pays basque, pour décrire cette prise du pouvoir par la bourgeoisie d'affaires, Manex Goyhenetche, fournit l'exemple des villes de Saint-Jean-De-Luz et de Bayonne: "Imprégnés des 'Lumières', épris de liberté et de libéralisme, conformément aux intérêts financiers et commerciaux, les bourgeois de Saint-Jean-De-Luz et de Bayonne participaient dans les années 1788-1789 au vaste mouvement.... Ils furent parmi les principaux bénéficiaires de la Révolution qui incarnait l'émergence du nouveau système de pouvoir" (M. Goyhenetche, ibid., p. 46). [L]e monde des marchands, des négociants... furent des hommes avisés, partisans du progrès des Lumières.... que l'on retrouve aux postes de commandes en 1789, puis sous le Directoire pour ceux qui échappèrent à la guillotine" (M. Goyhenetche, ibid., p. 47).  Les charlatans, bouffons, agioteurs et usuriers d'Edmund Burke. Ce groupe social se pérennise au pouvoir par le biais des sociétés secrètes qui contrôlent les grandes compagnies et groupes bancaires qui financent les grands partis libéraux et socialistes.
 
"La Révolution française fut, avant tout, une Révolution économique"... L'aboutissement "d'une lutte entre deux formes du capital, le capital immobilier et le capital mobilier, le capital foncier et le capital industriel et agioteur. Avec la suprématie de la noblesse disparut la suprématie du capital foncier, et la suprématie de la bourgeoisie amena la suprématie du capital industriel et agioteur" (Bernard Lazare, L'antisémitisme, son histoire et ses causes, 1894, rééd. Documents et Témoignages, Vienne 1969, p. 115). "Dans la lutte qu'elle avait entreprise, la bourgeoisie avait besoin d'auxiliaires; le Juif fut pour elle un aide précieux, un aide qu'elle avait intérêt à délivrer. Dès la Révolution (de 1789), le Juif et le bourgeois marchèrent ensemble, ensemble ils soutinrent Napoléon. ... Les Juifs ... se montrèrent les plus sûrs alliés de la bourgeoisie, d'autant qu'en travaillant pour elle ils travaillaient pour eux et, dans toute l'Europe, ils furent au premier rang du mouvement 'libéral' qui, de 1815 à 1848, acheva d'établir la domination du capitalisme bourgeois" (ibid., p. 116).
 
"...La vraie révolution française, celle qui va marquer tout le siècle, se situe sur le plan financier: à la primauté du sang, qui caractérisait théoriquement l'Ancien Régime, succède la primauté de l'argent. A la noblesse, qui détenait en principe les privilèges succède la bourgeoisie. Aux nobles succèdent les notables. Marat lui-même s'interroge: "Qu'allons-nous gagner à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches?"…
 
René Sédillot explique: "Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée.
 
"Il s'agit d'une explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. L'explosion se traduit par la promotion du banquier et du spéculateur: tout banquier, dans la tourmente, est nécessairement spéculateur; mais tous les spéculateurs ne sont pas banquiers.
 
"Avant la révolution, les banquiers privés étaient nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé. Beaucoup d'entre eux étaient de confession protestante, d'origine cévenole ou suisse, et ils fondaient des dynasties bancaires: le Genevois Isaac Mallet s'était établi à Lyon en 1735, le Neuchâtelois Perregaux à Paris en 1781. Genevois encore, Bidermann et Clavière apparaissaient dans la capitale en 1782, et le Zurichois Hottinguer en 1783. Le calviniste Tronchin était, à Lyon puis à Paris, le banquier favori de Voltaire, qui ne méprisait pas les manieurs d'argent. 
"La révolution assure d'emblée la promotion des bourgeois fortunés, qui ne tardent pas à prendre le contrôle des municipalités à Marseille, Lyon, Bordeaux ou Nantes. "Ce sont les hommes riches qui vont gouverner Bordeaux" (Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française), Bordeaux qui choisit pour maire Saige, "dix fois millionnaire". A Nantes, le Comité de salut public est entre les mains des plus riches négociants, - la plupart affiliés aux loges maçonniques – dont Buteiller père, le plus opulent..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 242-243).
 
"Le règne de l'argent n'implique pas seulement la promotion des banquiers et des spéculateurs. Il se traduit par une montée de la corruption... (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 247).
 
"La vertu fait cruellement défaut dans l'histoire de la révolution. Les corrupteurs ont le champ libre, pour acheter les consciences, les concours, les suffrages. Les corruptibles sont légion, et ils ne résistent pas toujours à la tentation" (René Sédillot, ibid., p. 248).
 
"Les puissances occultes qui dominent la société contemporaine ont parfaitement compris que dans un système politique basé sur la loi du Nombre, seul l'Argent pouvait influencer le Nombre, que l'Intelligence ne gagnerait la masse à ses idées qu'aidée par l'Argent : l'Argent qui signifie le moyen de communication, le véhicule de la pensée" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 13-14).
 
Ceci explique la peur actuelle du système ploucrate UMPS devant les Nouvelles Technologies de l'Information et Télécommunications (N.T.I.C.), qui permettent au citoyen de base d'avoir accès, via internet, à des informations qui échappent à loi du silence. Nouvelles technologies que le système cherche donc à présent à contrôler par des lois (antiracisme, homophobie, etc.), devant empêcher la vérité de sortir, y compris sur les blogs d'information privés. 
 
"Le système est irréformable, il produit toujours les mêmes effets.Thomas Molnar, La Contre-Révolution, Poche, Union Générale d'Éditions, Saint-Amand 1972, p. 110). On ne le domine qu'en s'emparant de l'opinion. Le parti républicain qui le sait aura toujours une politique de la presse et de la librairie. La droite..., repliée sur un système contraire à ses principes formateurs, s'épuise en vains combats d'arrière garde. Voilà un siècle que cela dure... L'Argent, les Pouvoirs Occultes, derrière la presse formatrice de l'opinion, voilà ce que l'on retrouve toujours dès qu'on cherche un peu la réalité des démocraties" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 194-195). Thomas Molnar dresse le même constat de l'échec des contrerévolutionnaires faute d'avoir su maîtriser les techniques d'information de l'opinion : "On peut dire que la stratégie principale de la révolution depuis deux cents ans est l'utilisation consciente des moyens de communication(Or)… ce que les contre-révolutionnaires ne comprenaient pas était que le système qu'ils rejetaient, et qui était incontestablement fragile, reposait sur la possibilité d'une rapide mobilisation de l'opinion publique, c'est-à-dire sur l'action des moyens de communication au sens étroit (au début surtout les journaux) et d'amplificateurs tels que les masses urbaines, les partis politiques, et des groupes d'intellectuels capables de formuler dans l'instant des idéologies capables de séduire. Ainsi le contenu de la révolution était-il inséparable de sa méthode de propagation dans tous les coins de la société et, en retour, cette méthode ne pouvait que servir le dessein révolutionnaire" 
 
"La démocratie a bel et bien reculé devant les riches, ou, plus exactement, ils l'ont achetée. Ils ont acheté les votes, les consciences, les idées. Tout dépendant de l'opinion, ils ont acheté les moyens de fabriquer l'opinion. Il n'est plus rester de la démocratie qu'un mécanisme des dirigeants, mais les Forces occultes et la Fortune anonyme et Vagabonde font jouer le mécanisme à volonté. La féodalité s'est naturellement reconstituée... Groupes de pression, coalitions d'intérêts, forces bancaires, c'est sous cent formes diverses que s'est reconstituée la pire des féodalités, celle de l'Argent, qui ne reconnaît aucun devoir, aucune fonction sociale, parasite pur de la société, 'fleur du mal du pire capitalisme'" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 79).
"Examinant les structures des républiques modernes, M. Jean-Jacques Servan-Schreiber faisait cet aveu : "Les nouveaux barons, les nouveaux ducs autonomes, séparatistes, hors de toute loi, sont aujourd'hui en Occident, les maîtres de la finance et de l'industrie. Les Parlements, quand ils existent, sont mis par eux en coupe réglée. Ils s'en servent comme d'un autre champ de bataille pour leurs rivalités. Le vieil instrument de 'progrès', le parlementarisme, est en ruine. Il n'est plus qu'un trompe-l'oeil, et devient un mensonge. Face aux barons, il faut un roi"  (J.-J. Servan-Schreiber, L'Express du 26.10.64 cité in Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 31).
 
Si vous arrêtez là les propos de M. Servan-Schreiber, ils ont un sens. ... mais M. Servan-Schreiber poursuit insidieusement : "Le problème politique de l'heure n'est plus de rêvasser sur les freins qu'il y a lieu d'imposer au chef politique élu, responsable du gouvernement d'une nation. Mais sur la réalité de son pouvoir qu'il puisse effectivement imposer l'intérêt public aux intérpets féodaux ; sur la manière dont il doit être choisi pour que ce choix soit le mielleur, le plus démocratique, le plus éclairé possible..."  
Quelle bonne plaisanterie ! Le "Roi" de M. Servan-Schreiber sera l'élu d'une opinion façonnée par la presse des barons et des ducs de la Finance. Quelle indépendance aura-t-il en face de ceux-ci? ... L'opération vise tout simplement au renforcement du pouvoir ploutocratique par la dictature d'un seul commis des "200 Familles..." (Jacques Ploncard d'Assacibid. p. 31-32). 

Aujourd'hui, Yves-Marie Adeline, fondateur d'Alliance Royale, indique dans son livre La droite piégée, 1996 (
Entretien video Vox Galliae):

"Nous sommes des gestionnaires de droite dans un régime de gauche. A chaque parti politique d'en entretenir le contenant; mais on n'a pas de prise sur le contenu. ... [L]a droite ("droite" traditionnelle, légitimiste qui n'est pas la droite d'affaires, bourgeoise, libérale, orléaniste, celle qui a fait la Révolution et qui se trouve aujourd'hui au pouvoir) dans un régime comme celui-là ne peut être que locataire des institutions et ne peut pas en être la propriétaire."

"La droite n'a pas l'inititative des changements; son rôle est juste pour faire tampon, par périodes, vis-à-vis de la gauche. C'est Lénine qui disait: "Deux pas en avant, un pas en arrière, puis deux pas en avant, un pas en arrière". Autrement dit, le pas en arrière qui est un peu le conservatisme de droite, est là en réalité pour consolider non pas les deux pas en avant, mais au moins le premier pas en avant. Puis ensuite, on repart en avant; la gauche récupère à chaque fois son témoin. ... Phénomène de cliquet: toute avancée produite par la gauche se fait selon un mouvement non rétrogradable comme un filet de tennis que l'on élève; on ne peut pas revenir en arrière. Et la droite ne revient jamais en arrière. Quand elle est tentée de le faire, et encore, sur les moeurs, le social ou l'économique, la droite a du mal à revenir en arrière; regardez les 35 heures. Donc on est vraiment dans un système de cliquet, ce qui fait que ce régime avance toujours vers la gauche, vers la Révolution, vers une sorte de Révolution permanente."

Dans ce système, la droite est au mieux "locataire du régime quand elle en prend la gestion". Elle se trouve piégée dans le mesure où elle ne peut pas faire s'épanouir les valeurs auxquelles elle croit. Pire : elle ne peut jamais revenir sur les "conquêtes" fondamentales de la gauche ("effet cliquet").  Pour en sortir, il faut abolir la République, restaurer, ou instaurer, la Monarchie

Le tout est de savoir où se situera la souveraineté,dans le Roiou dans l'opinionen Dieu ou dans l'Homme ? Si la deuxième solution l'emporte, si  au-dessus de la loi des hommes il n'y a pas le Décalogue, cette loi morale qui lui est supérieure, nous n'aurons pas fait l'ombre d'un progrès...., mais nous aurons au contraire produit une nouvelle étape dans la régression démocrate libérale.
Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 17:44

C'est chez les monarchistes légitimistes et catholiques (catholicisme social) que va se manifester la première réaction contre le traitement inhumain que la ploutocratie, bourgeoisie d'affaires, impose aux ouvriers. Avant l'utilisation de la question sociale par Karl Marx, c'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première, prend la défense des travailleurs. 

"
Bonald (1754-1840) est le premier à se préoccuper de la misère ouvrière, consécutive au triomphe de la bourgeoisie et des nouvelles méthodes de travail, permettant l'exploitation des ouvriers depuis la destruction des barrières corporatistes. Ainsi est-il également le précurseur des doctrinaires sociaux de droite du XIXe siècle, comme Le Play et La Tour du Pin" (Yves-Marie Adeline, Histoire mondiale des Idées politiques, Ellipses, Paris 2007, p. 349).

"Karl Marx... leur contestation rencontrait celle des aristocrates catholiques qui avaient, vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont et vicomte Armand de Melun, dénoncé les premiers l'exploitation manufacturière et fait voter les premières lois sociales. Dès 1841, c'est Alban de Villeneuve-Bargemont qui fait voter la loi règlementant le travail des enfants, réclamée aussi par le comte de Montalembert, autre grand aristocrate catholique. C'est Villeneuve-Bargemont qui pose le premier, devant la Chambre française, le problème ouvrier dans toute son ampleur (22 décembre 1840). Alors que l'ide de la lutte des classes n'est lancée qu'en 1843 par Flora Tristan, dans sa Lutte ouvrière. En 1850 et 1851, c'est le catholique vicomte Armand de Melun qui fait voter le premier grand train de lois sociales : logements insalubres, caisse de retraite, délit d'usure, assistance judiciaire, assistance hospitalière, contrats d'apprentissage. En 1852, c'est le même qui rédige le décret légalisant et développant le grand mouvement mutualiste" (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, préface de Pierre Chaunu de l'Institut, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 115-116). 
 
Villeneuve-Bargemont dénonce "l'état de dépendance et d'abandon dans lequel la société livre les ouvriers aux chefs et entrepreneurs de manufactures... la facilité illimitée laissée à des capitalistes spéculateurs de réunir autour d'eux des populations entières pour en employer les bras suivant leur intérêt, pour en disposer, en quelque sorte, à discrétion, sans qu'aucune garantie d'existence, d'avenir, d'amélioration morale ou physique soit donnée de leur part, ni à la population, ni à la société qui doit les protéger".

"Voyez par exemple, la fameuse Lettre sur les ouvriers, de M. le Comte de Chambord (Henri d'Artois). Elle date du 20 avril 1865, voilà plus d'un siècle ; ... c'est la réplique d'un contemporain de Karl Marx. M. le Comte de Chambord rappelait d'abord que la royauté avait toujours été "la patronne des classes ouvrières".

"Les établissements de Saint Louis, rappelait-il, les règlements des métiers, le système des corporations, en sont les preuves manifestes. ... Qu'avec le temps, et à la longue, les institutions aient dégénéré; que des abus s'y soient introduits, c'est ce que personne ne conteste. Louis XVI, un de nos rois qui ont le plus aimé le peuple, avait porté ses vues sur les améliorations nécessaires; mais les économistes qu'il consulta servirent mal ses paternelles intentions, et tous leurs plans échouèrent. L'Assemblée constituante ne se contenta pas, ainsi que l'avaient demandé les cahiers, de donner plus de liberté à l'industrie, au commerce et au travail; elle renversa toutes les barrières, et au lieu de dégager les associations des entraves qui les gênaient, elle prohiba jusqu'au droit de réunion et à la faculté de concert et d'entente" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 97). 

"Cette identification de la vraie droite à la justice sociale sera étouffée par la droite des affaires, opportuniste, qui se battra farouchement pour empêcher, à chaque occasion historique, la conjonction des traditionalistes et du peuple. On l'a vu en 1875 lorsqu'elle a refusé la restauration corporative du Comte de Chambord et en 1944, la même tentative corporative de la Révolution nationale. Il faut tout de même que cela soit sû" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 107-108.)

Henri d'Artois, duc de Bordeaux

 

Henri V, Comte de Chambord

"... Ainsi, voilà plus d'un siècle, le Comte de Chambord parle comme un syndicaliste moderne, et le fait que cela surprenne montre à quel point la 'droite des affaires', les orléanistes, ont perverti la doctrine sociale de la vraie droite que Léon XIII ne fera que démarquer dans l'encyclique Rerum novarum. L'antériorité appartient au Comte de Chambord. C'est un fait." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 98).

"Dès 1865, M. le Comte de Chambord montre le chemin à suivre : "Quant aux remèdes, dit-il, voici ceux que les principes et l'expérience paraissent indiquer. "A l'individualisme, opposer l'association; à la concurrence effrénée le contre-poids de la défense commune; au privilège industriel la constitution volontaire et réglée des corporations libres". Personne ne peut nier que toute la question sociale soit contenue et résolue dans ces trois lignes : On ne dira jamais mieux." (Comte de Chambord cité in Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-102).

La Tour du Pin, qui a du coup d'oeil, voit l'édifice à construire, trouve le nom : l'Ordre social-chrétien, le thème : "Aux doctrines subversives, aux enseignements funestes, il faut opposer les saintes leçons de l'Evangile; au matérialisme, les notions de sacrifice; à l'esprit cosmopolite, l'idée de Patrie; à la négation athée, l'affirmation catholique..." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 124).

"La vraie contre-révolution, écrit M. Dimier, ne vas pas sans un programme social, par la raison que le Révolution a fait état de méconnaître la catégorie des rapports économiques... Le syndicalisme, l'organisation du travail sont d'accord avec tous les principes de l'ordre, contraires à la Révolution.

... C'est un des artifices les plus monstrueux de la propagande que d'avoir dressé les travailleurs contre la vraie droite, leur alliée naturelle, car, seule, elle préconise l'établissement d'un ordre social basé sur les lois naturelles, mais "la Révolution dont ils éprouvent le mal, a façonné leur intelligence à ne maudire que ses ennemis".

On sait que Proudhon a été souvent revendiqué, comme un des maîtres de la pensée contrerévolutionnaire... Cela n'est étonnant qu'en apparence. Si l'on veut bien considérer que le socialisme - je ne dis pas le marxisme, qui est tout autre chose - traduit la révolte spontanée des prolétaires contre la société démo-capitaliste instaurée par les hommes de 1789, les choses deviennent plus claires.

La contre-révolution ne va pas sans programme social et le Marquis de La Tour du Pin ou l'abbé de Pascal étaient certainement beaucoup plus "avancés" au point de vue social que les gouvernements libéraux de leur temps. Ce qui fait la nocivité du marxisme, c'est l'esprit de lutte des classes, destructeur de toute communauté nationale. Le socialisme n'est pas lié nécessairement à l'idée de lutte des classes et c'est précisément ce qui nous permet de revendiquer bien des pages de Proudhon comme authentiquement contre-révolutionnaire.

Voyez par exemple ce qu'il dit du véritable contrat social qu'il oppose aux sophismes de J.-J. Rousseau :

"... Le contrat social doit embrasser l'universalité des citoyens, de leurs intérêts et de leurs rapports. Si un seul homme était exclu du contrat, si un seul des intérêts sur lesquels les membres de la nation, êtres intelligents, industrieux, sensibles sont appelés à traiter, étaient omis, le contrat serait plus ou moins relatif et spécial; il ne serait pas social.

"Le contrat social doit augmenter pour chaque citoyen le bien-être et la liberté. S'il s'y glissait des conditions léonines, si une partie des citoyens se trouvait, en vertu du contrat, subalternisée, exploitée par l'autre, ce ne serait plus un contrat, ce serait une fraude contre laquelle la résiliation pourrait être à toute heure et de plein droit invoquée."

Et Proudhon, s'en prenant directement à J.-J. Rousseau écrit :

"Rousseau définit ainsi le contrat social : 'Trouver une forme d'association qui défende et protège, de toute la force commune, la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous, n'obéisse, qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant'.

"Oui, ce sont bien là des conditions du pacte social, quant à la protection et à la défense des biens et des personnes. mais, quant au mode d'acquisition et de transmission des biens, quant au travail, à l'échange, à la valeur et au prix des produits, à l'éducation, à cette foule de rapports qui, bon gré, mal gré, constituent l'homme en société perpétuelle avec ses semblables, Rousseau ne dit mot, sa théorie est de la plus parfaite insignifiance..."

La Révolution a défait l'ancien ordre social. Elle n'a rien reconstitué et n'a songé à défendre que les biens de ceux qui l'avait faite. Alors, en face d'eux s'est levée la classe des oubliés. Il y a là une conséquence trop néfaste et trop évidente pour que l'école contrerévolutionnaire ne s'en soit pas emparée comme d'un argument irrésistible contre les Principes de 1789. Proudhon nous rejoint, ou nous rejoignons Proudhon, comme on voudra. 

... Et Proudhon de conclure sur Rousseau en ces termes : "Jamais homme n'avait réuni à un tel degré l'orgueil de l'esprit, la sécheresse de l'âme, la bassesse des inclinations, la dépravation des habitudes, l'ingratitude de coeur; jamais l'éloquence des passions, l'ostentation de la sensibilité, l'effronterie du paradoxe, n'excitèrent une telle fièvre d'engouement... Disons pour finir, qu'à la honte du XVIIIe siècle et du nôtre, le Contrat social de Rousseau, chef d'oeuvre de jonglerie oratoire, a été admiré, porté aux nues, regardé comme la table des libertés publiques; que Constituante, Girondins, Jacobins, Cordeliers le prirent tous pour oracle. Qu'il a servi de texte à la constitution de 1793, déclarée absurde par ses propres auteurs..., et que c'est encore de ce livre que s'inspirent aujourd'hui les plus zélés réformateurs de la science politique et sociale. Le cadavre de l'auteur que le peuple trainera à Montfaucon le jour où il aura compris le sens de ces mots, Liberté, Justice, Morale, Raison, Société, Ordre, repose glorieux et vénéré sous les catacombes du Panthéon, où n'entrera jamais un de ces honnêtes travailleurs qui nourrissent de leur sang leur pauvre famille, tandis que les profonds génies qu'on expose à leur adoration, envoient dans leur rage lubrique, leurs bâtards à l'hôpital". Comment ne pas comprendre que l'Ecole contrerévolutionnaire se réclame, aussi, du socialiste national Proudhon ?" (Jacques Ploncard d'Assac, Les Idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 39-40).

"Il y a dans ces années 1860 trois courants qui s'affrontent : l'individualisme libéral ploutocratique ("droite" orléaniste), le socialisme marxiste et le corporatisme traditionaliste. Avec des fortunes variées, ces trois courants vont continuer d'exister dans les cent années qui suivent. On verra les deux premiers s'allier contre le troisième dans lequel ils ont reconnu leur commun ennemi et cette collusion seule désigne le corporatisme comme la solution vraie, exacte, correcte du problème économico-social. ...

"L'Encyclopédie soviétique rappelle justement que Marx et Engels admettaient parfaitement la "collaboration des communistes avec les démocrates petits bourgeois dans le cadre d'une même organisation", pourvu qu'ils n'oublient pas que "la Révolution démocratique bourgeoise n'est qu'une étape indispensable de la lutte et non le but final". Alors que le Comte de Chambord cherche sincèrement à améliorer le sort des classes ouvrières en les organisant, en les protégeant contre l'arbitraire patronal, en faisant de l'Etat l'arbitre des intérêts divergents, Karl Marx, lui, entend exploiter les contradictions internes du système capitaliste... pour faire la Révolution et installer son parti au pouvoir" (Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-104).

"Ces notes sont importantes pour l'histoire des idées. Elles confirment que la question sociale non seulement n'avait pas échappé à la droite légitimiste dont le nationalisme contemporain est, sur ce point, l'héritier incontestable, mais que, seule, elle insistait sur cette question et, qu'en définitive elle manqua le pouvoir par la conjugaison de la gauche républicaine et de la "droite" orléaniste, celle des affaires" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 131).

"On a dit qu'il (le Comte de Chambord) avait fait échouer la restauration en refusant de céder sur la question du drapeau blanc. On peut dire avec plus de raison que ce sont les orléanistes qui l'ont fait échouer en refusant de céder sur le drapeau tricolore" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 175).

Le constitutionnaliste Maurice Duverger, stratège progressiste, dans son Introduction à la politique (Paris 1964) claquemure la droite dans un vocable qui lui est encore attaché et qui permet de la discréditer face aux "progressistes" (de gauche évidemment). "Réduit à sa plus grande simplicité, à son élément fondamental, écrit-il, le combat politique oppose ceux qui sont à peu près satisfaits de l'ordre social existant, qui veulent le conserver, et ceux à qui cet ordre ne convient pas, qui veulent le changer. Les premiers constituent 'la droite' les seconds 'la gauche', au sens le plus général des termes...."
Rien n'est plus arbitraire comme classification. Quand la droite authentique dénonce la démo-ploutocratie, elle porte au système de la Fortune anonyme et vagabonde un coup décisif, parce qu'il vise le milieu même où se développe le règne de l'Argent.
L'ordre social démo-ploutcratique s'est toujours allié, finalement, avec l'autre matérialisme : le marxisme, et il le fait encore aujourd'hui (pour conserver le pouvoir). Voilà un exemple de la tactique progressiste consistant à donner à la droite une image inexacte contre laquelle on déchaîne l'hostilité de l'opinion" (
Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 24).

Aujourd'hui, on pourrait dire que les "progressistes" authentiques ne sont ni à "gauche" ni à "droite" (droite libérale d'affaires) qui toutes les deux ont intérêt au contraire à conserver telles quelles les institutions politiques. Les progressistes sont ceux qui veulent changer le système en place, jusque dans le régime politique pour restaurer le régime traditionnel et naturel de la France qui a fait ses preuves pendant quatorze siècles. Les authentiques "progressistes" pour reprendre le terme des partisans des "Lumières" et de la "modernité", sont donc les royalistes et les catholiques traditionalistes qui veulent rompre avec l'Ordre maçonnique athée, défendant par exemple la culture de vie contre la culture de mort en place. Et les conservateurs sont la (fausse) "droite" et la gauche, qui depuis 1789 ont toujours collaboré ensemble pour empêcher tout retour au pouvoir des catholiques, et des partisans de la Société fondée sur ses bases naturelles.

Voir aussi:

- La
doctrine sociale de l'Eglise qui dénonce les excès du capitalisme et encourage le syndicalisme chrétien et le catholicisme social.

-
Contre-information. Le mythe de la République 'sociale'

Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 14:44

Le constat


"En démocratie, le gouvernement gouverne au nom du 'peuple souverain', ou au nom de 'la majorité', et conformément à la volonté de la majorité. Et c'est une opinion aujourd'hui généralisée qu'il est impossible de gouverner sans l'assentiment de la majorité du pays.


C'est partir du principe que l'opinion, la volonté de la majorité est toujours conforme à l'intérêt de la nation. C'est évidemment faux.


Placé devant l'alternative d'avoir à choisir entre son intérêt, sa tranquillité, son bien-être immédiats - c'est-à-dire la solution de facilité - et l'intérêt permanent de la nation - c'est-à-dire la solution du sacrifice - la majorité optera pour la solution de facilité, au risque d'engager l'avenir, l'indépendance, la survivance même de la Nation.
Dans une telle alternative, le gouvernement qui gouverne a le devoir et doit avoir la possibilité d'imposer la solution qui sauvegarde l'avenir, l'intégrité, l'indépendance de la Nation, même au sacrifice des intérêts immédiats, même contre la volonté de la majorité. Le gouvernement démocratique, émanant de la volonté de la majorité, est, par définition, incapable de le faire. Sa survivance même dépendant du vote de la majorité, il est évident qu'il évitera de faire quoi que ce soit qui puisse mécontenter profondément cette 'majorité'.

En 'démocratie', le gouvernement ne gouverne pas. Il est gouverné. Gouverné par son parti, gouverné par le parlement, gouverné par la presse, gouverné par les syndicats, gouverné par la 'majorité'" (Jean Haupt, Le procès de la Démocratrie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 161-162).

André Figueras : "Qu'est-ce que le régime parlementaire 'français'? C'est un système dans lequel la dictature est exercée par 314 personnes (le nombre de députés à l'époque). Quel est le fondement éthique du système parlementaire 'français'? C'est la loi du plus fort, loi immorale entre toutes. Le régime parlementaire, en France, n'est pas destiné à servir les intérêts généraux de la Nation, mais les intérêts d'une majorité. Comment marche le régime parlementaire 'français'? Il boîte, il trottine, il claudique, il rampe, il se traîne, et il n'y a pas moyen de le jeter par terre, parce qu'il est déjà couché...

Qui participe au régime parlementaire 'français'? Environ six cent vingt bonshommes, dont trois peut-être ont la compétence requise pour diriger un pays. Les six cent dix-sept autres ne sont là que parce qu'un astucieux moyen de recrutement permet d'écarter à coup sûr du Palais-Bourbon tout ce qui n'est pas d'une médiocrité certaine.

Que sont en effet les élections? Une bonne mascarade faite pour amuser le bon peuple, qui s'imagine choisir 'ses représentants', quand il ne fait qu'avaliser la liste des maîtres que des comités lui désignent..." (André Figueras, Zoologie du Palais-Bourbon, 1956, cité in Jean Haupt, ibid., p. 110-111).


"Ce qui frappe lorsqu'on étudie l'histoire de la Révolution française
, c'est que tout ce bouleversement a été l'oeuvre de quelques hommes. Jamais, à aucun moment, on ne s'est trouvé devant une volonté déterminée de la majorité de la nation. Ce sont toujours de petits groupes qui ont dicté leur volonté à la masse et se sont imposés par la force la plus brutale... et la plus ouverte" (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 94).


"1789..., c'est une minorité qui s'empare du pouvoir et se le dispute.... Conduite au nom du peuple, la Révolution s'est effectuée sans le consentement du peuple, et souvent même CONTRE le peuple" (
Jean Sévillia, Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique).

 

Add. 1 mai 2011. 15:00. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).


En réalité, la loi n'est pas l'expression de la Volonté générale
car cette 'volonté générale' n'est pas la volonté du plus grand nombre!

A. Cochin: "Rousseau l'a dit: La volonté générale n'est pas la volonté du nombre et a raison contre elle; la liberté du citoyen n'est pas l'indépendance de l'homme et la supprime...

Le vrai peuple en 1789 n'existe que virtuellement, dans la conscience ou l'imagination des "hommes libres", des "patriotes", dit-on alors, des "citoyens conscients", c'est-à-dire d'un petit nombre d'initiés, pris jeunes, entraînés sans répit, formés toute leur vie dans les sociétés philosophiques - les sociétés de pensée - à la discipline de la liberté. [...] Contre le commun des hommes, qui ne sont pas ces privilégiés de la conscience et de la raison, il est nécessaire d'employer la ruse et la force. C'est un devoir pour les initiés. Il faut les forcer d'être libres, a dit Rousseau (Contrat social, éd. Dreyfus-Brisac, p. 38). Les Jacobins de 1793 s'y prendront par la terreur; ceux de 1909, qui ont le temps de penser aux enfants, par l'enseignement forcé et la mainmise légale..." (
Augustin Cochin, L'esprit du jacobinisme, PUF, Sociologies, Vendôme 1979, p. 96-97).

...
L'abbé Barruel, fin XVIIIe siècle, explique qu'à la Révolution, l'opinion des Français était bien pour le Roi: ce sont les Francs-Maçons qui par tous les artifices de leurs sophismes ont travaillé dans les Loges à modifier cette opinion. Il dit qu'il connaissait "des Maçons qui dans le grade de Kadosch, avaient juré haine à tout culte & à tout Roi; qui peu d'instans après n'en oubliaient pas moins ce serment & n'en étaient pas moins décidés pour la Monarchie. L'esprit Français dans la plupart des Frères, l'emportait sur l'esprit maçonnique. L'opinion comme le coeur restait encore pour le Roi. Il fallait triompher de cette opinion dans l'esprit de ces Frères; il fallait pour cela toute la force des sophismes & toute l'illusion des Hiérophantes. C'était dans son grade d'Epopte que
Weishaupt paraissait avoir épuisé son génie, pour faire passer ses élèves du mépris des Autels à la haine du Trône" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 96-97).

En terme de dictature, la république “démocratique” est ce qui se fait de mieux
. Un Jacques Chirac a par exemple bien plus de pouvoirs qu’un Louis XIV qui ne pouvait par exemple pas abolir les traditions du pays ni ses coutumes..., ni ses libertés, ce que pratique allègrement et sans vergogne la "république".


En fait, la république dite “française” n’est pas la “res publica”, la chose publique des Français, c’est la chose d’une minorité (et non d'une majorité), une oligarchie, une caste, la bourgeoisie d’affaires : l’aristocratie de l’argent, ploutocratie qui a remplacé l’aristocratie terrienne de l’Ancien régime. Une aristocratie contre une autre. Il n’est pas sûr que celle de l’argent-roi et du matérialisme le plus abject soit un progrès… 


"Les puissances occultes qui dominent la société contemporaine ont parfaitement compris que dans un système politique basé sur la loi du Nombre, seul l'Argent pouvait influencer le Nombre, que l'Intelligence ne gagnerait la masse à ses idées qu'aidée par l'Argent : l'Argent qui signifie le moyen de communication, le véhicule de la pensée" (
Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 13-14).

Ce qui explique aussi la peur actuelle du système ploucrate UMPS devant les Nouvelles Technologies de l'Information et Télécommunications (N.T.I.C.), qui permettent au citoyen de base d'avoir accès, via internet, à des informations qui échappent au système. NTIC que le système cherche donc à présent à contrôler par des lois (antiracisme, homophobie, etc.), devant empêcher le peuple d'accéder à la vérité. 

Résumé. La république dite “française” est la pire des dictatures que les Français aient eu à vivre, la plus ignoble (celle de l'Argent-roi), la plus dangereuse parce que la plus hypocrite et la plus insidieuse
:

la forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision” (article bien nommé 89 de la Constitution de la Ve République), ce qui signifie que même si le peuple voulait revenir à la monarchie, les "démocrates" et les hommes d'affaires ont verrouillé le système en l’interdisant. Le peuple n’est donc pas 'souverain'.

 

Voilà le constat. Quel remède, quelles propositions?

"Dès 1865, M. le Comte de Chambord montre le chemin à suivre : "Quant aux remèdes, dit-il, voici ceux que les principes et l'expérience paraissent indiquer. "A l'individualisme, opposer l'association; à la concurrence effrénée le contre-poids de la défense commune; au privilège industriel la constitution volontaire et réglée des corporations libres".

Personne ne peut nier que toute la question sociale soit contenue et résolue dans ces trois lignes : On ne dira jamais mieux." (Comte de Chambord cité in Jacques Ploncard d'Assac, Les idées qui tuent, Société de philosophie politique, Lisbonne 1971, p. 101-102).

La Tour du Pin, qui a du coup d'oeil, voit l'édifice à construire, trouve le nom : l'Ordre social-chrétien, le thème : "Aux doctrines subversives, aux enseignements funestes, il faut opposer les saintes leçons de l'Evangile; au matérialisme, les notions de sacrifice; à l'esprit cosmopolite, l'idée de Patrie; à la négation athée, l'affirmation catholique" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 124).

Partager cet article
Repost0
1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 11:43

Blog d'Hervé Ryssen

Un "grand Européen"

Quand on parle du "grand" Stefan Zweig, les premiers mots qui viennent sous la plume de ses biographes les plus conformistes, pour décrire le personnage, sont : "citoyen du monde", "cosmopolite" et "grand Européen".
Cependant, Zweig rejetait le sionisme de Theodor Herzl. Il s’en expliquait dans une lettre à Martin Buber, datée du 24 janvier 1917 : "Je n’ai jamais voulu voir le peuple juif redevenir une nation… j’aime la diaspora et l’approuve en tant que sens de son idéalisme, et vocation de citoyen du monde et d’homme universel." (revue littéraire Europe de juin-juillet 1995, p. 28).

 

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:53

"Depuis cette date fatale du 21 janvier 1793, pas un de nos échecs nationaux qui n'ait scellé quelque ruine, sinon définitive, tout au moins fort durable, puisque le dommage en a subsisté jusqu'à nous. Et pas un succès, pas une gloire, pas une conquête, pas un bonheur national qui n'ait eu les lendemains les plus douloureux. La suite de nos Rois représente la plus admirable continuité d'un accroissement historique, et l'assassinat de l'un d'eux donne le signal des mouvements inverses, qui malgré la multitude des compensations provisoires, prennent dans leur ensemble la formme d' une régression.

* Pour le progrès social
* comme pour les moeurs,
* pour l'ordre politique
* comme pour l'étendue territoriale
* ou le nombre des habitants par rapport à celui des autres Etats de l'Europe, la France est tombée au-dessous de ce qu'elle était en 1793. Premier fait !

Second fait: avec des ressources admirables et d'incomparables moyens, la France tend à persévérer dans la chute"
(Mgr Delassus écrit cela il y a bientôt cent ans!...)

La France tend à persévérer dans la chute en raison même des principes qui la déterminèrent, il y a cent seize ans, à son régicide.

Il est donc vrai, qu'en coupant la tête à son Roi, la France a commis un suicide."

(Mgr Delassus, L'esprit familial, dans la famille, dans la cité et dans l'Etat, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer, Lille 1910, réédité aux ESR, note 1, p. 42.)

La France est le « Royaume chéri et béni de Dieu dont l’exaltation est inséparable de celle de l’Église » (Alexandre III,
Pape 1159-1181, Epst. XXX t. X, Conc. Col. 1 212, in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, 2000, p. 132.)

C’est également ce qu’affirmait Grégoire XI
(1370-1371) : t. XI, Conc. Col. 367
 
"M. Leroy-Beaulieu, a pu dire: "Le jour où la France, pour obéir aux sommations de l'anticléricalisme, aura lâchement abdiqué ses fonctions de grande nation catholique, ce sera pour nous le signal de la décadence définitive, de l'irrémédiable déchéance, préparée par des mains françaises. La politique de l'anticléricalisme est, pour la France, une politique de suicide national." Nous le voyons que trop! (A. Leroy-Beaulieu cité in Mgr Delassus, ibid., p. 228.)

"La France reviendra aux traditions de saint Louis, ou elle périra dans la honte et dans la ruine." (
Léon XIII)

«La France reviendra aux traditions de saint Louis, ou elle périra dans la honte et dans la ruine… La France est née, elle a vécu catholique et monarchique. Sa croissance et sa prospérité ont été en raison directe du degré où elle s’est rattachée à son Église et à son Roi. Toutes les fois, qu’au contraire, ses énergies se sont exercées à l’encontre de ces deux idées directrices, l’organisation nationale a été profondément, dangeureusement troublée. D’où cette impérieuse conclusion, que la France ne peut cesser d’être catholique et monarchique sans cesser d’être la France ! » (Léon XIII
, le 21 avril 1903, parlant des dirigeants républicains devant six cents Français, cité in Marquis de la Franquerie, La mission divine de la France, ESR, p. 277-278.)
Ainsi à la fin de son pontificat, Léon XIII donnait aux Catholiques de France la nouvelle direction à suivre. C’est cette politique que son successeur, saint Pie X, va continuer. Il ne va pas cesser de donner les instructions les plus nettes à tous les Catholiques de France, de s’unir sur le terrain religieux, et non plus sur le terrain constitutionnel.

C’était à dessein que saint Pie X
suppliait les Français d’avoir toujours présents à la mémoire le Testament de saint Rémy et la mission divine de Jeanne d’Arc :

« Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des Testaments de saint Rémy, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est Roi de France (Saint Pie X à Mgr Touchet le 13 décembre 1908 lors de la lecture du décret de Béatification de Jeanne d’Arc).

A ce titre seulement la France est grande parmi les nations, à cette clause Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse..." (Saint Pie X
, Act., t. V, p. 204.)

"Ne l'oubliez pas ! c'est par le retour à ses traditions de Foi et d'honneur, que la grande nation (i.e. la France) un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire." (Le Comte de Chambord, manifeste du 9 octobre 1870).

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 16:12

Au moment où le journal libéral capitaliste et mondialiste Le Point, tenu par Claude Imbert, membre honoraire de la Trilatérale, publie un numéro spécial intitulé "La Renaissance : Quand la France s'éveillait", (N° 1788-1789, 21-28 décembre 2006), il nous paraît opportun de préciser tout au contraire de ce que dit ce numéro (bien nommé) 1789 du Point (!), que sous la dite "Renaissance", la France commençait son long et lent déclin : "la Renaissance, quand la France s'éteignait", le "mouvement d'unification matérielle" (Mgr Gaume, Le Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome I, Paris 1890, p. 458-472 ; Voir aussi l'histoire détaillée de la Renaissance dans notre son ouvrage La Révolution, t. IX), c'est-à-dire de la mondialisation devant préparer le règne de l'Antichrist.

C'est qu'à ce moment, premier phénomène, un cri général de réprobation contre le "moyen âge" part de l'Italie et retentit dans toute l'Europe. L'injure, le sarcasme, la calomnie, tout ce que la haine et le mépris peuvent inventer de plus outrageant, tombe à flots sur l'époque où le Saint-Esprit régna avec le plus d'empire. Théologie, philosophie, arts, poésie, littérature, institutions sociales, langage même, sont grossièreté, ignorance, superstition, esclavage, barbarie. Les fils ont rougi de leurs pères et répudié leur héritage. « Et pourtant les croyances anciennes, les créations anciennes, les aristocraties anciennes, les institutions anciennes, malgré ce qui a pu leur manquer, comme à tout ce qui est humain, qu'était-ce donc après tout ? C'était le travail de nos ancêtres ; c'était l'intelligence, c'était le génie, c'était la gloire, c'était l'âme, c'était la vie, c'était le coeur de nos pères » (Le P. Félix, XIe conf. à Notre-Dame de Paris, 1860.) Il faut ajouter : c'était le christianisme dans la vie de nos pères, et le règne du Saint-Esprit sur le monde.

Deuxième phénomène : au cri frénétique de réprobation contre le moyen âge, succède l'acclamation non moins frénétique et non moins générale de l'antiquité païenne. L'époque où Satan fut tout à la fois Dieu et Roi du monde devient l'âge le plus brillant de l'humanité. Dans les seules républiques de la Grèce et de l'Italie, honteusement prosternées aux pieds de Jupiter et de César, a brillé de tout son éclat le soleil de la "civilisation".... Philosophie, arts, poésie, éloquence, vertus publiques et privées, caractères, institutions sociales, lumières, libertés : chez elles, tout est grand, héroïque, inimitable.... Retourner à leur école et recevoir leurs leçons comme des oracles, est pour les nations baptisées le seul moyen de sortir de la barbarie et d'entrer dans la voie du progrès.

Troisième phénomène. Un changement radical ne tarde pas à se manifester dans la vie de l'Europe. Remis en honneur, l'esprit de l'antiquité redevient l'âme du monde qu'il fait à son image. Alors commence un impur déluge de philosophies païennes, de peintures et de sculptures païennes, de livres païens, de théâtres païens, de théories politiques païennes, de dénominations païennes, de panégyriques sans cesse renouvelés du paganisme, de ses hommes et de ses oeuvres. Ce vaste enseignement s'incarne dans les faits. On voit les nations chrétiennes briser tout à coup les grandes lignes de leur civilisation indigène, pour organiser leur vie sur un plan nouveau ; et, jetant, comme un haillon d'ignominie, le manteau royal dont l'Église leur mère les avait revêtues, s'affubler des oripeaux souillés du paganisme gréco-romain. De là est sortie ce qu'on appelle la civilisation moderne : civilisation factice, qui n'est le produit spontané ni de notre religion, ni de notre histoire, ni de notre caractère national ; civilisation à rebrousse-poil, qui, au lieu d'appliquer de plus en plus le christianisme aux arts, à la littérature, aux sciences, aux lois, aux institutions, à la société, les informe de l'esprit païen et nous fait rétrograder de vingt siècles ; civilisation corrompue et corruptrice, qui, se faisant tout au profit du bien-être matériel, c'est-à-dire de la chair et de toutes ses convoitises, ramène l'Europe, à travers les ruines de l'ordre moral, au culte de l'or et aux habitudes indescriptibles de ces jours néfastes, où la vie du monde, esclave de l'Esprit infernal, se résumait en deux mots manger et jouir, panem et circenses.

Quatrième phénomène. La première conséquence des faits que nous venons de rappeler devait être l'oubli de plus en plus profond du Saint-Esprit : il en fut ainsi. La nuit et le jour sont incompatibles dans le même lieu : quand l'une entre, l'autre sort. Plus Satan avance, plus le Saint-Esprit recule. Du cénacle au concile de Florence, l'enseignement du Saint-Esprit coule à pleins bords sur l'Europe qu'il vivifie. Avec la Renaissance, on voit les eaux du fleuve se retirer, et le grand enseignement du Saint-Esprit rentrer dans des limites de plus en plus étroites. La Renaissance arrive; et la guerre contre le christianisme, qui, depuis plusieurs siècles, se réduisait à des combats partiels, recommence, avec vigueur, sur toute la ligne.

Cinquième phénomène. Rentré dans la Cité du bien, Satan commence par en ébranler la base.

L'unité de foi, la puissance sociale de l'Église, le droit chrétien, la constitution chrétienne de la famille, étaient les quatre grandes assises de l'édifice religieux et social de nos ancêtres : que sont-elles devenues? Où est aujourd'hui l'unité de foi ? Le symbole catholique est brisé en morceaux comme un verre. La moitié de l'Europe n'est plus catholique ; l'autre moitié est à peine catholique à demi. Où est la puissance sociale de l'Église ? où est sa propriété ? Son sceptre est un roseau, et la mère des peuples n'a plus où reposer sa tête. Où est le droit chrétien ? Honni, foulé aux pieds, il est remplacé par le droit nouveau, disons mieux, par le droit de César, le droit de la force, du caprice et de la convenance. Où est la constitution chrétienne de la famille ? Le divorce est rentré dans les codes de la moitié de l'Europe. Ailleurs, sous le nom de mariage civil, vous avez le concubinage légal. Partout l'autorité paternelle désarmée ; et la famille, sans perpétuité, devenue une institution viagère. Quel est l'artisan de ces grandes ruines qui en supposent et qui en ont déterminé tant d'autres ? Si ce n'est pas l'Esprit du bien, c'est l'Esprit du mal : il n'y a pas à sortir de là.

Cependant, fasciner et détruire n'est que la première partie de l'œuvre satanique. Sur les ruines qu il a faites, l'usurpateur s'empresse d'élever son trône. Qui ne serait épouvanté en voyant, au dix-neuvième siècle de l'ère chrétienne, le règne du démon se manifester au cœur même de la Cité du bien, avec tous les caractères qu'il eut dans l'antiquité païenne? Ces caractères, on ne l'a pas oublié, furent le RATIONALISME, le SENSUALISME, le CÉSARISME, la HAINE DU CHRISTIANISME.

De ces différents caractères quel est celui qui nous manque? Le Rationalisme, ou l'émancipation de la raison de toute autorité divine en matière de croyances, peut-il être beaucoup plus complet ? L'autorité divine enseigne par l'organe de l'Église : quel est aujourd'hui le gouvernement qui l'écoute ? Sous le nom de liberté de conscience, toutes les religions ne sont-elles pas, politiquement et aux yeux d'un grand nombre, également vraies, également bonnes, et dignes d'une égale protection ? Qu'est-ce que cela, sinon l'Esprit de mensonge donnant, dans la Rome antique, le droit de bourgeoisie à tous les cultes et admettant tous les dieux au même Panthéon ?

"Sont-ils relativement nombreux les particuliers qui règlent leur foi sur la parole de l'Église ? Les hommes, les livres, les brochures, les journaux antichrétiens, ne sont-ils pas les oracles de la multitude ? D'ailleurs, la foi se connaît aux oeuvres, comme l'arbre aux fruits. Interrogez les membres du sacerdoce consultez les statistiques de la justice ; regardez autour de vous. Si cela ne vous suffit pas pour mesurer la puissance de la foi sur le monde actuel et fixer les limites de son empire, prenez une mappemonde et jugez !

Le Sensualisme
"Le Sensualisme, ou l'émancipation de la chair de toute autorité divine en matière de moeurs, ne marche-t-il pas de pair avec le Rationalisme ? Sous ce rapport, le monde actuel court à toutes jambes aux antipodes du christianisme. Le concile de Trente définit la vie chrétienne une pénitence continuelle, perpetua poenitentia ; et notre époque, une jouissance continuelle, la plus large possible et par tous les moyens possibles.... L'homme devient chair. Inutile d'insister sur ce caractère du règne satanique, dont le développement rapide alarme tous les esprits sérieux.

Le Césarisme
Le Césarisme, ou l'émancipation de la société de l'autorité divine en matière de gouvernement, par la concentration de tous les pouvoirs spirituels et temporels dans la main d'un homme, empereur et pontife, ne relevant que de lui-même. Qu'en est-il de ce nouveau caractère ? Regardez : la moitié des rois de l'Europe se sont faits papes (Ex : Angleterre, Pays Scandinaves) ; l'autre moitié aspire à le devenir.... Fouler aux pieds les immunités de l'Église, empiéter sur les droits de l'Église, souffleter l'Église, dépouiller l'Église, enchaîner l'Église : n'est-ce pas là ce qu'ont fait ou laissé faire tous les gouvernements de l'Europe, depuis la Renaissance ? N'est-ce pas ce qu'ils font encore? Si ce n'est pas là du Césarisme païen, nous ne comprenons plus le sens des mots.

La Haine du christianisme
"La Haine du christianisme. Le paganisme ancien haïssait le christianisme d'une haine implacable, universelle, à qui tous les moyens étaient bons pour insulter, pour écraser son ennemi. Il le haïssait dans son Dieu, dans ses ministres, dans ses disciples, dans ses dogmes, dans sa morale, dans ses manifestations publiques. Son nom était devenu celui de tous les crimes. Il était responsable de toutes les calamités publiques. La prison, l'exil, la mort au milieu des tortures, étaient justement dus à une secte, dit Tacite, coupable de la haine du genre humain. Satan est toujours Satan. Sa haine du christianisme est aussi jeune, aussi universelle, aussi implacable aujourd'hui qu'autrefois.

Il hait le Dieu des chrétiens. Depuis un siècle surtout, quels blasphèmes restent à proférer contre la personne adorable du Verbe incarné ? Citez un seul de ses mystères qui n'ait été mille fois attaqué, un seul de ses droits qui n'ait été nié et qui ne soit foulé aux pieds ? Il le hait dans ses ministres. Dans le paroxysme de sa fureur, n'a-t-il pas dit qu'il voudrait tenir le dernier boyau du dernier des rois, pour étrangler le dernier des prêtres ? (Diderot.) Autant qu'il a pu, n'a-t-il pas réalisé son voeu sanguinaire ? Est-il un seul pays, en Europe, où, depuis la Renaissance, les évêques, les prêtres, les religieux n'aient pas été dépouillés, chassés, poursuivis comme des bêtes fauves, insultés et massacrés ? Le Vicaire même du Fils de Dieu, le Père du monde chrétien, Pierre, du moins, aura été respecté. Voyez plutôt comme ils l'ont traité dans la personne de Pie VI et de Pie VII ; comme ils le traitent encore dans la personne de Pie IX. Qu'est-ce que l'Europe actuelle, sinon une famille en révolte contre son père ? Chaque jour, depuis neuf ans, des millions de voix ne font-elles pas retentir le cri déicide : Nous ne voulons plus qu'il règne sur nous ? Assiégée par cent mille excommuniés, la papauté n'est-elle pas un Calvaire ? Judas le vendeur; Caïphe l'acheteur; Hérode le moqueur; Pilate le lâche; le soldat spoliateur et bourreau, ne reparaissent-ils pas sur la scène ? Il le hait dans ses disciples. Les vrais catholiques subissent le sort de leurs prêtres. Toutes les injures adressées à leurs pères par les païens d'autrefois leur sont adressées par les païens d'aujourd'hui (On peut en voir la nomenclature dans Mamachi, Antiquitates et origines christianae, etc. Mieux que tous les raisonnements, ce fait seul manifeste l'identité de l'Esprit dominateur des deux époques.) On les tient pour inhabiles ou pour suspects. Autant qu'on le peut, on les exclut des charges publiques, on les traite d'arriérés, d'ennemis du "progrès", de la "liberté", des institutions modernes, demeurants d'un autre âge qui voudraient ramener le monde à l'esclavage et à la barbarie. On les opprime dans leur liberté, en annulant les dons qu'ils ont faits à l'Église, leur mère, ou aux pauvres, leurs frères ; en supprimant leurs associations de charité, qu'on ne rougit pas de mettre au-dessous des sociétés excommuniées. On les opprime dans leur droit de propriété, on prend leurs couvents pour en faire des casernes ; leurs églises, pour en faire des écuries ; leurs cloches, pour en faire des canons ; leurs vases sacrés, pour en faire de la monnaie ou des objets de luxe, à l'usage de leurs ennemis. On les opprime dans leur conscience, en leur imposant un travail défendu, en insultant, chaque jour, sous leurs yeux, tout ce qu'ils aiment, tout ce qu'ils respectent, tout ce qu'ils adorent. Pour que rien ne manque ni à leur martyre ni à la haine qui les poursuit, dans toute l'Europe, depuis la Renaissance, on les a pendus, brûlés, guillotinés. Encore aujourd'hui, en Italie, on les fusille ; en Pologne, on les pend ; en Irlande, on les tue par la faim. Si Dieu ne se lève, on en fera des boucheries, et des milliers de voix crieront: C'est justice ! Reus est mortis !

Il le hait dans ses dogmes. Depuis quatre siècles, au sein de l'Europe baptisée, il s'est dépensé, pour détruire l'édifice de la vérité chrétienne, plus d'encre, plus de papier, plus de temps, plus d'argent, plus d'efforts, qu'il n'en faudrait pour convertir le monde : cette guerre impie n'a pas cessé. Sans parler des livres, des théâtres, des discours antichrétiens: que font ces myriades de feuilles empoisonnées qui, chaque soir, partent de toutes les capitales de l'Europe, pour tomber le lendemain, comme des nuées de sauterelles venimeuses, dans les villes et les campagnes, et semer partout le mépris et la haine de la religion, le doute et l'incrédulité ?

Il le hait dans sa morale. Redevenu ce qu'il était aux jours de la souveraineté satanique, le monde actuel semble organisé pour la corruption des moeurs : Totus in maligno positus. Si les tristesses et les alarmes de tout ce qui porte encore un coeur chrétien ne vous le disent pas assez haut, regardez vous-mêmes.

La fièvre des affaires ; la soif de l'or et du plaisir ; l'industrie qui constitue des millions d'âmes dans l'impossibilité morale de remplir les devoirs essentiels du christianisme ; le luxe babylonien dont les coupables folies vont toujours croissant ; les modes impudiques ; les danses obscènes ; cinq cent mille cafés ou cabarets (en France seulement), gouffres béants où se perdent l'amour du travail, la pudeur, la santé, l'esprit de famille, le respect de soi-même et de toute autorité ; dans toutes les classes de la société des habitudes de mollesse qui énervent les âmes ; des scandales retentissants qui familiarisent avec le mal et tuent la conscience ; le mépris des lois qui ont pour but l'asservissement de la chair ; la profanation du dimanche ; la sanctification du lundi ; l'abandon de la prière et des sacrements : qu'est-ce que cela sinon la haine de la morale chretienne, haine infernale dont le dernier mot est d'étouffer le christianisme dans la boue ?

Il le hait dans ses manifestations publiques et privées. Là, il interdit le son des cloches et condamne le prêtre qui, en public, porterait son costume ; ailleurs, il abat les croix. Ici, il défend au Fils de Dieu de sortir de ses temples pour recevoir les hommages de ses enfants, et, sous peine d'être insulté, il doit se cacher avec soin lorsqu'il va les visiter sur leur lit de douleur. Tout cela se passe dans des sociétés qui se disent chrétiennes !

"Il s'y passe bien autre chose. En signe de victoire, Satan a replacé ses statues dans les jardins, dans les promenades, sur les places des grandes villes, dans l'Europe entière. Pénétrant jusque dans l'intérieur du foyer domestique, il en a banni les images du Verbe incarné et mis les siennes à leur place.

« Il n'y a plus de Christ au foyer, s'écriait naguère un éloquent prédicateur; il n'y a plus de Christ suspendu à la muraille ; il n'y a plus de Christ se révélant dans les moeurs. Quoi! vous avez sous vos yeux les portraits de vos grands hommes ; vos maisons se décorent de statues et de tableaux profanes ! Que dis-je ? vous gardez, exposés aux regards de vos enfants et aux admirations de la famille, les Amours du paganisme, les Vénus du paganisme, les Apollons du paganisme ; oui, toutes les hontes du paganisme trouvent un asile au foyer des chrétiens ; et, sous ce toit qui abrite tant de héros humains et de divinités païennes, il n'y a plus de place pour l'image du Christ, que Tibère lui-même ne refusait pas d'admettre avec ses divinités au Panthéon de Rome » (Le P. Félix,ibid. supra.)

Oui, il est vrai, vrai non-seulement en France où enseigne l'Université, mais vrai en Europe où enseignent les ordres religieux, vrai longtemps avant l'Université et la révolution française : chez les chrétiens lettrés des temps modernes, le Christ n'est plus au foyer. Mais il y était chez nos aïeux ignorants du moyen âge. Comment en a-t-il été banni ? comment a-t-il été remplacé par les dieux du paganisme, c'est-à-dire par Satan lui-même sous ces formes multiples, omnes dii gentium daemonia ? A quelle époque remonte cette substitution sacrilège ? Qui a formé les générations qui s'en rendent coupables ? Dans quels lieux et dans quels livres ontelles appris à se passionner pour les choses, les hommes, les idées et les arts du paganisme ? Quel Esprit a dicté l'enseignement qui aboutit à un pareil résultat ? Est-ce l'esprit du Cénacle ou l'esprit de l'Olympe ? C'est l'un ou l'autre.

Le début de la "mondialisation" ou "première mondialisation".
Il est un dernier phénomène qui, chaque jour, se manifeste avec plus d'éclat : c'est le double mouvement auquel le monde actuel obéit : mouvement d'unification matérielle, et mouvement de dissolution morale.
* En même temps, il absorbe les petites nationalités, supprime la famille, la commune, la province, la corporation, toute espèce de franchise et d'autonomie ;
* il ressuscite les armées permanentes de l'ancien monde, rebâtit ses grandes capitales, et, au cou des peuples affranchis par le Christianisme, rive les chaînes de la centralisation césarienne.
* Armées permanentes, grandes capitales, rapidité des communications, centralisation universelle, unification matérielle des peuples, poussée avec une ardeur fiévreuse; dissolution morale, arrivée au morcellement indéfini de tout symbole et de toute foi : qui oserait soutenir que ce double phénomène n'est pas le précurseur de la plus colossale tyrannie ? Peut-être la pierre d'attente du règne antichrétien, annoncé pour les derniers temps ? A nos yeux, c'est César à cheval avec Lucifer en croupe."

Source :
Mgr Gaume, Le Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome I, Paris 1890, p. 458-472; Voir aussi l'histoire détaillée de la Renaissance dans notre son ouvrage La Révolution, t. IX.

 

Conclusion

Avec la "Renaissance", la France hélas ne s'est pas éveillée comme le dit si perfidement le trilatéral Le Point, elle s'est éteinte, sombrant peu à peu dans les pièges que lui tendaient le Prince des Ténèbres qui lui préparait une place de choix en enfer !! La France des dites "Lumières"..., contre la France Fille aînée de l'Eglise, tel est bien le combat qui se livre depuis quatre siècles maintenant.

Partager cet article
Repost0