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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 13:54

Robert Kennedy Jr à Berlin samedi 29 août 2020 : "ils utilisent la peur comme les nazis ! [...] pour obtenir l'obéissance des populations."

Les gouvernements aiment les pandémies pour la même raison qu'ils aiment la guerre. Parce que cela leur donne la possibilité d'imposer un contrôle sur la population qu'elle n'accepterait jamais autrement.

SourceStilum Curiae - Marco Tossati

Marco Tosatti

Chers Stilumcuriali, hier à Berlin (et de même qu'à Londres et à Zurich), il y a eu des manifestations contre l'utilisation politique et dictatoriale que de nombreux gouvernements font de la crise du coronavirus; quelque chose dont nous avons l'expérience directe en Italie, où le gouvernement, les télévisions contrôlées par la gauche et les journaux soumis aux intérêts économiques et politiques depuis des mois poursuivent un programme similaire.

L'un des orateurs à Berlin était Robert Kennedy, petit-fils de John Fitzgerald Kennedy [erreur, il s'agit en fait de son neveu. Ndlr]. Vous trouverez ici la vidéo, sous-titrée en italien [pour les anglophones, dans les paramètres cocher Anglais (généré automatiquement). Et un peu plus bas la version sous-titrée en français. Ndlr.], ainsi que quelques photographies, captures d'écran de la vidéo et des photographies prises de ce qui, selon la police allemande, était une manifestation de 18 000 (dix-huit mille personnes). Maintenant, en cinquante ans de cette profession, j'ai participé à un certain nombre de manifestations, et s'il n'y en avait que 18 000 Mattarella est le meilleur président de la République, Jorge Mario Bergoglio le meilleur pape de l'histoire, et je suis Marilyn Monroe. Bonne écoute. 

§§§




 

***

 

Robert Kennedy Jr à Berlin à la manif COVID 29/08/20 Sous titres français

Traduction du discours de Robert Kennedy Jr à Berlin :

 

"Chez moi dans les Etats-Unis, les journaux affirment que je suis venu ici pour parler à environ 5000 nazis. Demain, ils vont rapporter que j'étais en effet ici, et que j'ai peut-être parlé à entre 3000 et 5000 nazis. Mais je regarde cette foule et je vois le contraire de nazis. Je vois des gens qui aiment la démocratie, des gens qui désirent un gouvernement ouvert, des gens qui veulent des dirigeants qui ne vont pas leur mentir, des dirigeants qui ne vont pas inventer des règles et des réglementations arbitraires pour orchestrer l'obéissance de la population. Nous voulons des responsables de la santé qui n'ont pas de conflit d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique, qui travaillent pour nous et non pas pour Big Pharma. On veut des responsables qui se soucient de la santé de nos enfants et non pas du profit pharmaceutique ou du contrôle gouvernemental.

 

"Je regarde cette foule; je vois tous les drapeaux d'Europe; je vois des humains de toutes couleurs; je vois des personnes de différentes nations, différentes religions, qui se soucient tous de la dignité humaine, de la santé des enfants, de la liberté politique. C'est le contraire du nazisme.

 

"Les gouvernements aiment les pandémies pour la même raison qu'ils aiment la guerre. Parce que cela leur donne la possibilité d'imposer un contrôle sur la population qu'elle n'accepterait jamais autrement.

 

"Les grandes institutions et mécanismes de contrôle sont en train d'orchestrer et d'imposer notre obéissance.

 

"Je vais vous dire quelque chose: c'est un mystère pour moi, comment toutes ces grandes personnes importantes, comme Bill Gates, Anthony Fauci, ont pu planifié et penser cette pandémie pendant des décennies pour pouvoir tous nous sauver le jour où cette pandémie arriverait..., et malgré cela, maintenant qu'elle est là, ces personnes n'ont pas l'air de savoir de quoi elles parlent.

 

"C'est comme si elles avançaient constamment de nouveaux éléments en avançant, elles inventent les nombres, elles ne peuvent pas vous dire quel est le taux de létalité du Covid, elles ne peuvent même pas nous donner un test PCR qui fonctionne.

 

"Ils sont constamment obligés de changer la définition du Covid sur les certificats de décès pour que ce virus ait l'air de plus en plus dangereux. Une chose qu'ils maîtrisent est faire monter la peur.

 

"Il y a 75 ans, Hermann Göring a témoigné pendant les procès de Nuremberg et on lui a demandé : Comment avez-vous réussi à embarquer le peuple allemand dans tout ça ? Et il a dit: c'est facile, cela n'a rien à voir avec le nazisme. Cela correspond à la nature humaine. Vous pouvez faire cela dans un régime nazi, dans un régime socialiste, dans un régime communiste, dans une monarchie et une démocratie. La seule chose dont un gouvernement a besoin pour transformer le peuple en esclave est la peur. Et si vous pouvez trouver quelque chose pour les effrayer, vous leur faites faire tout ce que vous voulez.

 

"Il y a 50 ans, mon oncle, John F. Kennedy est venu dans cette ville; il est venu ici à Berlin, parce que Berlin représentait la dernière ligne avant le totalitarisme mondial, et encore une fois aujourd'hui, Berlin fait front contre le totalitarisme mondial.

 

"Mon oncle est venu ici, et il a dit fièrement au peuple berlinois: Ich bin ein Berliner. Et nous tous qui sommes ici aujourd'hui, nous pouvons une fois de plus dire fièrement : ich bien ein Berliner!

 

"Et vous êtes le front contre le totalitarisme.

 

"Je voudrais dire une dernière chose : ils n'ont pas fait un bon travail pour protéger la santé publique mais ils ont fait du très bon travail en utilisant le confinement pour installer la 5G dans toutes nos communes. Et ils ont commencé le processus pour nous faire adopter la monnaie numérique, ce qui est le début de l'esclavage parce qu'ils contrôlent votre compte en banque, ils contrôlent votre comportement.

 

"Et nous voyons toutes ces pubs à la télé  qui nous disent la 5G va être installée dans votre commune, cela va être un truc super pour vous tous. Cela va changer votre vie, cela va nettement améliorer la vie de tout le monde. Et c'est vraiment convaincant, je dois le reconnaître, parce que je regarde ces pubs, et je me dis, c'est chouette, je suis impatient d'avoir cela chez nous. Parce que je vais être capable de télécharger un jeu video en 6 secondes au lieu de 16 secondes. Est-ce pour cela qu'ils dépensent 5 billions de dollars pour la 5G. Non, la vraie raison c'est pour la surveillance et la collecte de données. Ce n'est pas pour vous et moi. C'est pour Bill Gates, pour Zuckerberg... et tous les autres. Bill Gates dit que sa flotte de satellites pourra observer n'importe quel centimètre carré de la planète 24 heures sur 24.

 

"Et c'est seulement le début. Il va être capable aussi de vous suivre sur tous vos appareils intelligents à travers la reconnaissance faciale biométrique, à travers votre Gps. Vous pensez que Alexa travaille pour vous? Elle ne travaille pas pour vous, elle travaille pour Bill Gates qui vous espionne.

 

"Cette pandémie est une crise confortable pour les élites qui dictent cette politique. Cela leur donne la possibilité d'éliminer la classe moyenne, de détruire les institutions démocratiques, de transférer les richesses de nous tous vers une poignée de milliardaires qui s'enrichissent en appauvrissant le reste de la société.

 

"Et la seule chose qui se dresse entre eux et nos enfants est cette foule venue à Berlin. Et nous leur disons aujourd'hui: Vous n'allez pas voler notre liberté, vous n'allez pas empoisonner nos enfants, nous allons réclamer notre démocratie. Merci beaucoup à vous tous de vous battre !"

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 13:15
Dressage en cours : la MUSELIERE et l'INFANTICIDE - Curé Enragé #62

On nous dresse ! Port de la muselière obligatoire, même si l'épidémie est terminée... Infanticide autorisé par nos députés jusqu'à la veille de l'accouchement normal, pour raisons "psycho sociales", c'est-à-dire pour n'importe quelles raisons...

Circulez, il n'y a plus rien à voir ! Le règne du mensonge nous dresse !

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 10:17
Les masques consacrent une paranoïa collective

La paranoïa est un trouble du fonctionnement mental qui se manifeste par une méfiance exagérée des autres, une sensation de menace permanente ( https://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1005_delire_paranoiaque_paranoia.htm )

 

Or, selon Sciences et avenir, le port du masque, avec l'étrangeté qui s'en dégage, risque d'accentuer les délires des personnes souffrant de schizophrénie, notamment ceux liés à des symptômes de paranoïa ( https://www.sciencesetavenir.fr/sante/port-du-masque-comment-gerer-les-effets-indesirables_144282 )

 

A l’époque de Jésus, « Juifs et Samaritains se haïssent cordialement : la « distanciation sociale » est absolue, l’autre est par nature un étranger voire un ennemi ; or, nous retrouvons quelque chose de cela aujourd’hui dans la psychose où l’on nous entretient sous prétexte de risque sanitaire. Notre situation est même bien plus grave car la peur du virus va jusqu’à ébranler les familles, les paroisses, les Etats : privation de contacts, absence de chaleur humaine, défiance de l’autre supposé nous donner la mort, culpabilisation des générations moins exposées etc. Et derrière cette orchestration de la peur, des fins mercantiles, politiciennes et criminelles désormais évidentes ». ( https://leglaivedelacolombe.fr/2020/08/25/ne-privez-pas-le-monde-de-votre-sourire/ )

 

Il y a dans le masque imposé par la puissance publique cette pensée irrationnelle que celui qui ne le porte pas est une menace pour soi et les autres. Or, techniquement à ce jour, l'épidémie est terminée, la mortalité a chuté de façon spectaculaire.

 

On est tous porteurs sains de différentes bactéries et virus qui interagissent avec notre organisme. Instaurer une peur collective autour des dits "porteurs sains" n'a aucun sens.

 

Comme l'explique le professeur Toussaint, l'irrationalité a investi tous les champs de la décision politique : "Entretenir la peur n’est plus légitime pour pouvoir réagir de façon adaptée, avec des précautions qui doivent être fondées sur des éléments scientifiquement démontrés. Or, nous n'en avons absolument aucun sur l'utilité par exemple des masques en milieu extérieur en fin de phase pandémique. […] Le danger n'est plus présent et on continue à instaurer une peur irraisonnée." (Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à Université de Paris, dans le "Grand Oral des GG" du lundi 10 août 2020, RMC.)

 

La question qui se pose dès lors est : peut-on bâtir une société pérenne sur l'irrationalité et la peur de l'autre ? Cette paranoïa collective n'est-elle pas la source de la violence qui se fait jour dans la société depuis la fin du confinement ?

 

Une autre question se pose pour le clergé : l'amour du prochain peut-il se conjuguer avec le soupçon de l'autre ? Lorsque les évêques demandent la distanciation, n'imposent-ils pas une restriction qui rend impossible l'expérience de la communion fraternelle entre croyants commandée par Romains 16:16, 1 Corinthiens 16:20, 2 Corinthiens 13:12 et 1 Thessaloniciens 5: 26 ?

 

La paranoïa, en langage psychiatrique est décrite comme un trouble de la personnalité. Les psychanalystes, eux, parlent de psychose. Les gens qui se regardent en chien de faïence dans la rue en se croisant parce que l'un porte le masque et l'autre non, dans des villes où la maladie est mineure et le nombre de mort de zéro, les dénonciations à la police (pour des messes pendant le confinement ou des restaurant avec terrasse qui ne respecteraient pas le port obligatoire du masque), cette psychose collective, cette anxiété générale, l'air que nous respirons n'est pas sain..., n'est pas chrétien, et n'augure rien de bon.

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 20:51
David Pujadas démontre en une minute l'escroquerie de la "carte des 21 départements classés en zone rouge"

Extrait tiré de l'émission "24H Pujadas", diffusée sur LCI le 27 Août 2020 :

 

"Quand on regarde la carte qui nous a été présentée aujourd'hui ce matin lors du point presse, on nous présente une carte et on nous dit qu'il y a désormais '21 départements en alerte (zone rouge)'. Sauf que on a oublié de nous dire que les indicateurs n'étaient plus du tout les mêmes. Et c'est là que l'on peut s'interroger sur la démarche. 

 

"À gauche, la carte qui nous est présentée ce matin c'est le nombre de contaminations, à droite qui est la carte qu'on nous présentait tous les jours il y a trois mois, ce n'était pas du tout le nombre de contaminations, c'était trois indicateurs dont on nous disait qu'ils étaient essentiels et qui avaient trait I - Aux entrées dans l'hôpital, II – Aux entrées en réanimation, III – à la capacité de tests.

 

"Donc aujourd'hui sans rien dire on nous indique que 21 départements sont passés dans le rouge, sauf que l'échelle a complétement changé. Si on reprend nos deux cartes et si on reprend les mêmes indicateurs on aurait exaxtement la même carte. Mais non, on nous a présenté une autre carte.

 

"Voilà. C'est un petit exemple. Mais est-ce qu'il n'y a pas là une petite confusion qui nourrit l'anxiété ?", demande justement David Pujadas.

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 07:31

Source : Stefano Fontana 

La Nuova Bussola Quotidiana

13/08/2020

(Traduction) 

Le pouvoir politique peut être questionné: dans quelle mesure êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le seul fait qu'elles existent. L'autorité légitime ne parvient à utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec la vraie religion , mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion sur les autres. Voilà la situation dans laquelle on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites.

Ainsi, le temple satanique dit que les lois pro-vie violent le principe de la liberté religieuse parce que l'avortement est un rite pour eux. La chose, qui pourrait être déclassifiée comme l'une des nombreuses bizarreries passagères du moment, a plutôt la capacité d'exposer les difficultés et les incertitudes philosophiques et théologiques du concept de liberté de religion. On se réfère ici à la vision sérieuse de ce droit et non aux nombreuses versions relativistes et libertaires qui ne sont pas justifiées car, au fond, elles réclament une liberté sans règles. Je fais plutôt référence à la vision de la liberté religieuse en tant que droit naturel de la personne humaine lié à sa dignité. Oui, cela pose aussi des problèmes, et les satanistes nous obligent à en prendre note.

Ceux qui considèrent sérieusement la liberté de religion reconnaissent qu'elle ne peut être sans limites. Le pouvoir politique qui l'envisage peut se demander: jusqu'où êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le simple fait qu'elles existent.

La potestas publique : elle doit répondre et jusqu'à hier elle a toujours répondu ainsi: la liberté de religion ne doit pas contredire "l'ordre public juste" qui est le bien commun, les principes naturels de la coexistence humaine. Par exemple, une religion qui envisage la mutilation du corps humain ou qui ne reconnaît pas une dignité égale aux hommes et aux femmes ne peut être politiquement reconnue, du moins dans les dispositions spécifiques. Il est évident qu'en limitant un droit, on ne peut pas simplement recourir à une décision politique, mais il faut se référer aux principes d'un ordre objectif. "Vous ne pouvez pas le faire parce que je le dis" ne s'applique pas dans ces cas, car il n'est pas légal de refuser l'exercice d'un droit de manière arbitraire. Il ne suffit même pas de limiter un droit "parce que la Constitution le dit" parce qu'après tout la Constitution est aussi là parce que "quelqu'un l'a dit" , même s'il s'agit de quelqu'un d'une assemblée savante de gens éclairés ou de la majorité d'un peuple. La légitimité ultime de la Constitution réside dans sa capacité à protéger juridiquement et politiquement le bien de l'homme et de la communauté politique indépendamment de la  Constitution qui l'établit.

Si demain les satanistes demandent à participer aux huit pour mille sur quelle base alors leur dites-vous non? Vous leur dites sur la base d'un ordre du bien humain inscrit dans sa nature et qui était autrefois appelé loi naturelle. Cela semble une conclusion claire et que tout va bien, et c'est exactement là que vient le plaisir.

La raison humaine est grande mais aussi faible. Elle sait peut-être beaucoup de choses mais elle se perd souvent en ayant confiance en elle au point de penser qu'elle est incapable de connaître cette loi non écrite présente dans la nature humaine. Avortement, euthanasie, suicide, embryons, procréation, sexes… beaucoup disent aujourd'hui: "ça dépend…!" . Même les parlementaires disent aujourd'hui "ça dépend ...!" et approuvent toutes les demandes en se limitant à réglementer les circonstances. Une église sataniste? "Ça dépend …!" Une raison tellement affaiblie au point de n'être capable que de mesurer quantitativement les choses, comme le disait Benoît XVI, mais non plus de les évaluer. 

Mais pourquoi la raison, y compris la raison politique , n'est-elle plus capable de connaître un ordre naturel objectif des choses? Parce qu'elle a perdu sa relation avec la religion chrétienne. A propos de cela, Benoît XVI nous a raconté une avalanche de choses fondamentales. Le relativisme est le dogme d'une raison qui n'est plus soutenue par la foi: sans croire au Créateur, la nature finit aussi par n'être qu'un tas de pierres et l'homme juste un tas de cellules. En l'absence de Dieu, tous les dieux sont admis car la raison (pas la foi) n'a plus d'arguments pour les réfuter.

Nous sommes ici confrontés au nœud le plus important de la question de la liberté de religion qui - à mon humble avis - n’a pas encore été résolue, ni par le Concile ni par l’après-Concile. Les limites de la liberté religieuse sont fixées par une autorité légitime pour la défense du bien commun, c'est-à-dire de l'ordre public juste - comme le dit aussi la Dignitatis humanae - mais l'autorité légitime ne peut utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec religio vera, mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion par rapport aux autres. Voilà la situation dans lequel on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites. Tant que ce cercle ne sera pas défini, il n'y aura aucune raison valable pour dire non même aux religions les plus irréligieuses.

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 07:01
https://www.catholicnewsagency.com/news/i-cannot-remain-silent-madison-catholic-bishop-condemns-destruction-of-religious-statues-77800

https://www.catholicnewsagency.com/news/i-cannot-remain-silent-madison-catholic-bishop-condemns-destruction-of-religious-statues-77800

Catholic News Agency

 

Par Jonah McKeown

 

Denver Newsroom, 24 juin 2020 / 16h08 MT ( CNA ). - Alors que des émeutiers à travers les États-Unis ciblent des statues représentant des personnages historiques, l'évêque de Madison, Wisconsin a dénoncé mardi cette destruction, ainsi que des appels à détruire certaines représentations de Jésus-Christ et de la Bienheureuse Vierge Marie.

 

"Certaines statues devraient-elles être placées dans des musées ou des entrepôts? Peut-être. Devrions-nous laisser un groupe de vandales prendre ces décisions pour nous? Non", a déclaré Mgr Donald Hying de Madison, dans une lettre du 23 juin.

 

"Si nous permettons à l'histoire commémorative et visuelle de notre nation d'être détruite par des groupes aléatoires dans le moment actuel de colère, comment pourrons-nous jamais apprendre de cette histoire? Le renversement et le vandalisme d'une statue de George Washington parce qu'il possédait des esclaves, servent-ils vraiment notre pays et notre mémoire collective?"

 

Hying a également répondu à un récent tweet viral de l'animateur de podcasts et activiste Shaun King, qui a déclaré le 22 juin que "les statues de l'Européen blanc qu'ils prétendent être Jésus" sont une forme de "suprématie blanche" et devraient être démolies, avec "toutes les peintures murales et les vitraux de Jésus blanc, de sa mère européenne et de leurs amis blancs."

 

Hying a noté que chaque culture, pays, origine ethnique et race "a revendiqué Jésus et la Bienheureuse Vierge Marie", les représentant avec la couleur de peau de leur culture et vêtus de leur costume.

 

Le Catéchisme déclare au paragraphe 1149 , que "la liturgie de l'Église suppose, intègre et sanctifie des éléments de la création et de la culture humaine, leur conférant la dignité de signes de grâce, de la nouvelle création en Jésus-Christ".

 

Par exemple, l'évêque a mentionné que Notre-Dame de Guadalupe est apparue comme de race "métissée" ou "mixte"; L'art africain représente Jésus en noir et Marie en costume culturel africain; et il existe également de nombreuses représentations asiatiques de Marie.

 

Alors qu'à certains moments de l'histoire de l'Église, certains ont confondu à tort "la plénitude du catholicisme avec la culture européenne", les catholiques devraient plutôt s'efforcer de "l'unité dans ce qui est essentiel et la diversité dans ce qui ne l'est pas", a déclaré Hying.

 

"Dans ce contexte, les représentations blanches du Christ et de sa mère sont-elles intrinsèquement des signes de suprématie blanche? Je crois que non. Parce que le Fils de Dieu s'est incarné dans notre chair humaine, toute l'humanité - chaque race, tribu et langue - n'a-t-elle pas la capacité spirituelle de Le représenter à travers la lentille particulière de sa propre culture?", demanda l'évêque.

 

Les représentations de Jésus sont saintes pour les chrétiens, a-t-il dit - elles sont des manifestations physiques de l'amour de Dieu et nous rappellent la "proximité du divin".

 

"L'iconoclasme laïque du moment actuel n'apportera pas la réconciliation, la paix et la guérison. Une telle violence ne fera que perpétuer les préjugés et la haine qu'elle vise ostensiblement à mettre fin... Seul l'amour du Christ peut guérir un cœur blessé, pas un morceau de métal vandalisé", a conclu Hying.

 

Mardi, à Madison, des émeutiers ont abattu une statue de Hans Christian Heg - un abolitionniste qui s'est battu contre les confédérés et les esclavagistes - et l'ont jetée dans le lac Monona de Madison. Bien que la statue de Heg ait été récupérée, elle a depuis subi de graves dommages et il lui manque la tête et une jambe.

 

Une statue connue sous le nom de "Lady Forward" - une réplique d'une célèbre statue créée par une femme et illustrant le progrès - a également été démolie et traînée au moins un pâté de maisons par des émeutiers au centre de Madison.

 

À travers le pays, les manifestants ont renversé ces derniers jours les statuts des dirigeants confédérés et des personnalités liées à l'esclavage, mais ont également, à certains endroits, abattu des statues de saints catholiques, d'abolitionnistes et d'autres personnalités.

 

La violence à Madison a atteint son paroxysme mardi soir lorsque des manifestants ont attaqué et blessé le sénateur de l'État Tim Carpenter (D-Milwaukee) près de la capitale de l'État du Wisconsin, apparemment parce que Carpenter filmait les manifestations avec son téléphone.

 

S'adressant à CNA mardi, Hying a souligné que bon nombre des manifestations les plus réussies de l'ère des droits civiques étaient fondées sur des idées chrétiennes de non-violence et une compréhension biblique de la personne humaine.

 

Les principes de l'enseignement social catholique - la dignité de la personne humaine; la valeur de la solidarité, "nous sommes tous dans le même bateau"; une option préférentielle pour les pauvres - doit être présente dans la réponse de tout catholique à l'injustice", a-t-il dit.

 

"Si ce n'est pas fondé là-dessus, alors cela finit vraiment par le pouvoir - que je dois affirmer mon pouvoir, dans des situations où je me sens impuissant", a-t-il expliqué.

 

"Cela devient une lutte pour le pouvoir, plutôt qu'une relation transformationnelle dans la façon dont Dieu veut que nous vivions comme frères et sœurs."

 

Certaines personnalités catholiques sur les réseaux sociaux ont appelé les évêques à assister aux rassemblements dans leurs villes et à empêcher physiquement les émeutiers de démolir des statues.

 

Hying a déclaré que tout ce qu'un évêque fait en public doit être enraciné dans une "réponse spirituelle priante" et non dans une motivation politique.

 

Tout mouvement politique qui ne reconnaît pas la dignité de chaque personne est sujet à la "politique de pouvoir" et à la violence, a déclaré Hying.

 

"Je pense que notre présence doit toujours être liée à une présence de prière. Si nous voulons être quelque part en public, je ne pense pas que ce soit dans un contexte de rassemblement, je ne pense pas que ce soit dans un contexte politique ... il doit être un contexte de prière. Sinon, je pense qu'il peut être coopté par la politique du moment."

 

De nombreux catholiques et même certains évêques ont assisté et prié à des rassemblements pacifiques à travers le pays.

 

Hying a dit qu'il était clair pour lui que la violence et les mauvais traitements contre les Amérindiens et l'oppression des Afro-Américains par l'esclavage sont deux des plus grands défauts moraux du pays.

 

La situation exige, écrit-il dans sa lettre, une meilleure connaissance de l'histoire et des discussions respectueuses sur les statues, les bâtiments et les monuments commémoratifs.

 

"Nous devons étudier et connaître cette histoire afin de la transcender, d'en tirer des enseignements et de nous engager pour la justice, l'égalité et la solidarité à cause d'elle", a déclaré Hying.

 

"En même temps, même les pires aspects de l'histoire doivent être mémorisés et gardés sous nos yeux. Auschwitz reste ouvert à la fois en tant que mémorial et musée, afin que l'humanité n'oublie jamais l'horreur de la Shoah."

 

Les manifestants du Golden Gate Park de San Francisco ont détruit une statue de Saint Junipero Serra le 20 juin, ainsi que des statues de Francis Scott Key et Ulysses S. Grant. À Los Angeles, le même jour, des émeutiers ont abattu une statue de Serra dans le centre-ville.

 

Alors que de nombreux militants associent aujourd'hui Serra aux abus dont les Amérindiens ont été victimes, les biographies et les documents historiques suggèrent en fait que Serra a plaidé au nom des autochtones contre l'armée espagnole et contre l'empiétement des colonies européennes.

 

L'archevêque Salvatore Cordileone de San Francisco a dénoncé la "règle de la mafia" qui a conduit à la destruction de la statue de Serra dans sa ville. L'évêque Thomas Daly de Spokane, Washington, originaire de Californie, a également condamné la destruction des statues.

 

"L'Église, en aucun cas, ne souhaite que l'injustice reste sans réponse, mais deux torts ne font pas un droit. Si nous ne pouvons pas reconnaître le bien d'un saint tel que Junipero Serra, nous risquons de préférer l'idéologie à la vérité", a déclaré Daly le 22 juin.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 13:19

Une "initiative citoyenne" internationale, qui vient d'Allemagne, montre des experts de la Santé s'exprimer sur le site "ACU", au sujet de la gestion sanitaire et politique de l'épidémie de Covid-19, en des termes qui ne sont pas exactement ceux que l'on entend dans les médias. 

 

Source: Außerparlamentarischer Corona Untersuchungsausschuss, "Commission d'enquête extra-parlementaire sur le Coronavirus" https://acu2020.org/version-francaise/ 

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 20:07
Des manifestants ont mis le feu et brûlé un drapeau américain lors d'une manifestation près de la Maison Blanche le 31 mai 2020 à Washington, DC. https://www.lifesitenews.com/blogs/the-cancel-culture-is-losing-its-mind

Des manifestants ont mis le feu et brûlé un drapeau américain lors d'une manifestation près de la Maison Blanche le 31 mai 2020 à Washington, DC. https://www.lifesitenews.com/blogs/the-cancel-culture-is-losing-its-mind

Source: Life Site News

 

(Traduction)

 

Il n'y a pas de terrain d'entente avec ce mouvement irrationnel et destructeur. Plus vite nous nous en rendons compte, mieux c'est.

 

20 juillet 2020 ( LifeSiteNews ) - Maintenant que la boîte de Pandore a été ouverte et que la "culture de l'annulation" a été relâchée, il n'y a plus moyen de cacher sa portée. Elle est effrénée et implacable. Si vous osez la franchir, même le moins du monde, vous serez la prochaine cible - même violemment. La culture de l'annulation est hors de contrôle.

 

Vous ne pouvez pas la raisonner ni y faire appel. La logique, la vérité et les faits importent peu. La seule façon de l'arrêter est de l'affronter et de l'exposer, ouvertement, clairement, hardiment et sans honte.

 

Si vous faites un compromis sur un problème, vous serez obligé de capituler sur tous les problèmes. Il n'y a pas de terrain d'entente avec ce mouvement irrationnel et destructeur. Plus vite nous nous en rendons compte, mieux c'est.

 

Considérez ces exemples récents:

 

Selon Breitbart, "Miss Swimsuit UK a été déchue de son titre après avoir publié le message «TOUTES les vies comptent » sur sa page Facebook."

 

Elle avait écrit: "Oui, ce qui est arrivé à George Floyd était faux et impardonnable, mais il en est de même pour de nombreuses autres personnes de races différentes dans des situations similaires. Pourtant, ils ne peuvent pas protester, piller, s'emparer des médias sociaux, créer une journée pour leur course ou même collecter 10,3 millions de dollars au profit de la personne qui est décédée. La majorité des crimes et des décès concernant les Noirs sont causés par des crimes noirs contre noirs qui se produisent en Amérique."

 

Un tel discours est verboten. Elle, au loin ! Off sa couronne!

 

Selon Policemag.com, après que deux policiers aient été pris dans une embuscade et tués de sang-froid, Savannah Chavez, la fille de 16 ans de l'un de ces policiers (qui n'avait que 39 ans), a tweeté: "Les mots ne peuvent pas décrire la douleur J'y suis, mais je suis content que mon père soit en paix. Elle a poursuivi: "Vous étiez un homme formidable et quiconque est déjà tombé sur vous le savait." Et puis ceci: "Tu vas tellement me manquer. vous êtes mort en faisant ce que vous aimiez le plus, vous êtes mort en héros. Je t'aime papa, à bientôt. #bluelivesmatter".

 

Quel fiel! Comment osait-elle prétendre que l'exécution de sang-froid de son père pouvait être comparée à la mort de quelqu'un aux mains d'un policier? Et comment osait-elle coopter un slogan, puisque son père, de naissance, n'était pas bleu.

 

Cette adolescente en deuil a reçu tellement d'opposition qu'elle a fini par supprimer le tweet.

 

Que diable arrive-t-il à notre société?

 

ZeroHedge.com rapporte que Facebook a déplatformé un ancien employé qui remettait en question le récit standard BLM / diversité. Patrick Shyu, qui a également travaillé pour Google dans le passé, avait affirmé dans une vidéo que "les politiques de «diversité» créaient plus de problèmes que de solutions."

 

En conséquence, il a été banni de Facebook et banni de l'ombre de YouTube. Comme il l'a expliqué, "… juste parce que vous n'aimiez pas quelque chose que j'ai dit ... pendant 10 ans, j'ai dit toutes les bonnes choses, puis une fois, je dis quelque chose que vous n'aimez pas nécessairement, vous désactivez tout mon compte et je perds l'accès à toutes les informations des 10 dernières années ... et il n'y a pas d'explication, pas de service client et pas beaucoup de processus d'appel."

 

 

C'est la culture de l'annulation en un mot. Si vous osez vous écarter du script standard, même pour un instant, vous êtes banni à vie. Plus de vous! Vous pouvez passer d'allié à ennemi en un clin d'œil.

 

Pour reprendre les mots de John Gray, professeur émérite à la London School of Economics, donnant une perspective du Royaume-Uni, "Aujourd'hui, nous ne vivons plus dans une société libre. Au lieu de cela, nous sommes dirigés par ceux qui essaient de faire respecter leurs opinions extrêmes en humiliant et en ruinant ceux qui pensent différemment.

 

"Il n'est pas exagéré de comparer les méthodes de ce «mouvement éveillé» à celles des gardes rouges du président Mao, qui ont terrorisé le peuple chinois il y a un demi-siècle.

 

Quant aux exemples spécifiques, a-t-il écrit, "la «théorie critique de la race»- une idéologie sous-marxiste dans laquelle le «privilège blanc» est invoqué pour expliquer toutes sortes d'injustice - est de plus en plus enseignée dans le cadre de la «décolonisation du programme»."

 

"En effet, aucun sujet n'est à l'abri de cette campagne de rééducation dans nos écoles et universités."

 

"Des universitaires de la Birmingham City University ont proposé que Mozart soit éliminé de l'enseignement de la musique et remplacé par le rappeur Stormzy. Eton College a annoncé qu'il changerait l'enseignement de l'histoire, de la géographie, de la religion, de la politique et de l'anglais, ainsi que les assemblées et sociétés scolaires, afin de garantir que la «décolonisation» soit appliquée à tous les niveaux."

 

Et en Australie, comme le rapporte le Daily Mail, il y a une «nouvelle poussée pour RENOMMER des parties du corps comme la pomme d'Adam et le tendon d'Achille parce qu'elles sont «hors de propos et misogynes»."

 

Où cela s'arrête-t-il? Ce n'est pas le cas - jusqu'à ce qu'il se dévore complètement.

 

Le plus triste est que pratiquement tous les jours, je pourrais écrire un autre article comme celui-ci, en ajoutant des exemples plus flagrants à l'heure.

 

Ce qui est effrayant, c'est que la foule de la culture d'annulation n'a aucun mal à recourir à la violence, qu'il s'agisse d'incendier des bâtiments d'église, de vandaliser des statues considérées comme sacrées ou d'attaquer une réunion de soutien à la police.

 

Alors, encore une fois, je vous exhorte à vous réveiller, à vous lever et à parler - tant que vous le pouvez.

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 20:27
https://www.lanuovabq.it/it/cattolici-in-piazza-conta-la-verita-da-difendere

https://www.lanuovabq.it/it/cattolici-in-piazza-conta-la-verita-da-difendere

(traduction)

 

Pour s'opposer au projet de loi Zan, il faut du courage, comme pour les manifestations Restons Libres. Le catholique qui veut descendre dans la rue aujourd'hui contre les lois inhumaines qui sont proposées doit savoir qu'il le fait contre l'Église officielle. Le problème est que l'Église n'éduque plus à la vérité et change sa théologie morale. La morale qui mène à la rue est celle d'avant Amoris laetitia.

 

Lorsqu'il s'agit de descendre dans la rue, pour les catholiques, les problèmes commencent. Certaines personnes ont le courage, comme dans le cas des prochaines manifestations de Restiamo Liberi (Restons Libres) samedi 11 juillet dans de nombreuses villes italiennes. Mais les nombreux incidents qui se sont produits en cours de route, les tentatives de dissuasion, les boycotts en coulisses, le manque de soutien de l'épiscopat en général et les silences de nombreux évêques en particulier, montrent qu'aujourd'hui les catholiques descendent dans la rue à leurs risques et périls et avec beaucoup de difficultés, même si la raison, à savoir l'opposition populaire au très dangereux projet de loi Zan contre la soi-disant homophobie, est plus que justifiée. Pourquoi est-il aujourd'hui si difficile pour les catholiques de descendre dans la rue ?  

 

Le catholique qui veut descendre dans la rue aujourd'hui contre l'une ou l'autre des lois inhumaines qui sont proposées doit savoir qu'il le fait contre l'Église officielle. Il s'agit d'une première donnée de prise de conscience requise par la situation. Et c'est aussi une donnée qui explique les difficultés à organiser une présence d'un peuple sur la place publique. Beaucoup de fidèles n'ont pas envie de s'écarter de la ligne pastorale de l'Église, des évêques italiens, de leur évêque diocésain... Rassembler les troupes est devenu une entreprise. Les associations laïques qui gravitent directement ou indirectement dans l'ombre de la CEI (Conférence des évêques d'Italie. Ndlr.) ne participent pas ni ne boycottent. Les mouvements sont ignorés. Jusqu'à ce qu'un prélat contacte l'homme politique ou l'autre qui promet un report de la loi en question et le front restant est divisé.

 

Aujourd'hui, seul le catholique ou l'association qui a pris cette décision adhère à une mobilisation de rue : en matières de principes non négociables pour la foi et la juste raison, j'agis non seulement sans le soutien du clergé mais aussi contre la ligne ecclésiastique officielle, même au prix de mettre en évidence l'existence d'une fracture dans l'Église. Le courage catholique est nécessaire pour descendre dans la rue aujourd'hui.

 

En outre, notre peuple catholique ne sait rien de ces choses. La messe catholique n'informe pas de la mobilisation prévue le 11 juillet. L'entretien de Zan, le premier signataire de la loi, à Avvenire, qui se dit ouvert à différentes contributions, puis interroge Lupi, qui adoucit le problème comme il l'a fait à l'époque de Cirinnà, les hebdomadaires diocésains n'en parlent pas ou publient une intervention ecclésialement correcte de Agensir, l'agence de presse de la CEI. Les paroisses sont silencieuses, pas de réunion d'information sur le sujet le soir, pas même un mot de l'ambon pendant les homélies, pas d'affiches de Restiamo Liberi sur les tableaux d'affichage de l'église. L'Église n'éduque plus, elle dit simplement que Dieu nous aime, que Dieu nous aime, que Dieu nous aime. Bien sûr, il y a une contre-information catholique de qualité et croissante qui - grâce à Dieu - maintient le sujet en vie, mais c'est précisément une contre-information et, comme toute contre-information, ce n'est pas un régime et donc même pas une majorité. Le fait de descendre dans la rue se heurte donc à une information institutionnelle contraire de l'Église.

 

L'Église change rapidement sa théologie morale. Aujourd'hui, il y a trois mœurs catholiques: celle d'avant Amoris laetitia, celle d'Amoris laetitia, et celle d'après Amoris laetitia. La morale catholique qui mène à la rue est celle d'avant Amoris laetitia, les deux autres ne sont plus capables de le faire, en effet elles considèrent que c'est une erreur morale et pastorale que de le faire (mais morale et pastorale pour la nouvelle théologie morale sont identiques). Ce qui était autrefois considéré comme une obligation est maintenant considéré comme un péché. L'Église - dit-on - ne parle pas à l'extérieur, mais aux consciences; elle n'enseigne pas les règles abstraites à appliquer mais forme les consciences capables d'évaluer librement une situation; elle n'enseigne pas le bien et le mal du haut de sa présomption mais les fait découvrir en dialogue avec les autres; il n'y a pas de lois à rejeter, mais seulement des lois à examiner et éventuellement à améliorer; le bien ne précède pas les lois, mais les traverse de l'intérieur; Le christianisme est une interprétation continue de l'intérieur de l'histoire, etc. À partir de ces croyances, aucun carré n'existe. Pour ce faire, il faudrait croire qu'il y a une vérité à annoncer et à défendre même sur la place publique, une vérité que seule l'Église peut annoncer et défendre, et que si elle ne le fait pas, personne d'autre ne le fera jamais.

 

Je ne pense pas qu'il existe actuellement d'autres voies : tous ceux - laïcs et associations - qui sont disposés à faire le choix que j'ai indiqué ci-dessus doivent se connecter les uns aux autres, multiplier les informations pour les catholiques en dehors des canaux institutionnels, augmenter, plutôt que réduire la présence dans la rue et créer une véritable culture catholique. En assumant aussi le risque d'être accusé de diviser et en gardant à l'esprit que de nombreux catholiques, y compris des prêtres et des évêques, qui aujourd'hui par peur se taisent, soutiennent secrètement  ces gestes du fond du cœur, même si ce n'est pas de mise, applaudissent, attendant de pouvoir revenir pour le faire, même dans la rue.

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 17:12
Le général de l'Obamagate parle de guerre eschatologique

Source: 

Benedetta Frigerio 

La Nuova Bussola Quotidiana

 

(Traduction)

03/07/2020

Exonéré après les actes qui ont ouvert l'enquête sur Obama, Biden et le FBI, le général Michael Flynn parle d'une guerre épique à mener par des actions et des prières. Derrière la lutte contre le racisme se cache une attaque électorale visant "à établir le socialisme" et dernièrement "à chasser Dieu de nos familles, de nos écoles et de nos tribunaux... même de nos églises". "Nous sommes découragés mais il y a une issue."

 

Le général Michael Flynn n'est pas seulement le visage clé de l'"Obamagate", le scandale qui éclata à la suite de la récente déclassification de documents montrant que le conseiller à la sécurité nationale de Trump était alors surveillé par le chef du FBI James Comey (à la demande d'Obama et avec la complicité de Biden et d'autres démocrates) et déclaré coupable de collusion avec la Russie. Flynn est en fait l'un des généraux les plus renommés et charismatiques de l'armée américaine, à tel point qu'il réussit à déterminer la politique étrangère des présidents qu'il servit, s'écartant des conceptions de politique étrangère de l’administration Obama-Clinton : ses paroles sur l'avènement de l'Etat islamique en Syrie lui coûtèrent sa destitution en 2014 du poste de directeur de la Dia (Defense Intelligence Agency). Interviewé par Al Jazeera Flynn, il déclara avoir informé Obama de la montée du terrorisme syrien, mais "l'administration ignora délibérément nos informations en continuant à faire ce qu'elle faisait", c'est-à-dire en favorisant l'Etat islamique.

 

Flynn est également parmi les premiers qui ont déjà commencé en 2016 à parler de l'existence d'un "État profond" corrompu, à tel point que via Twitter, il a dénoncé comme véridique le scandale "PizzaGate", dans lequel Clinton et certains de ses employés de campagne auraient été impliqués dans d'énormes séries de pédophilie et de blanchiment d'argent. Il a également accusé Comey et d'autres agents du FBI d'avoir commis plusieurs erreurs lors d'enquêtes au cours desquelles des courriels ont fuité prouvant la corruption à la Maison Blanche. La confirmation des scandales par un général bien connu, qui servit le pays en première ligne pendant 33 ans, a également élevé la suspiscion de ceux qui avaient initialement pensé que "Pizzagate" était une attaque électorale d'un complotiste de droite. Quelques mois plus tard, Trump gagna et plaça Flynn à un endroit clé de son administration, mais en quelques mois, il fut condamné par les mêmes qu'il avait sévèrement accusés.

 

Il est maintenant disculpé et réhabilité, après qu'une conversation à son sujet ait été publiée dans les actes d'Obamagate faite par deux agents du FBI qui se demandaient "Quel est notre objectif ? Vérité/Admission ou le pousser à mentir, afin qu'il puisse faire l'objet d'une enquête ou être mis à la porte"; Flynn a écrit deux articles expliquant comment mener un combat plus crucial que celui des élections précédentes, se souvenant qu'il ne peut pas être gagné si vous ne le regardez pas d'abord d'un point de vue eschatologique.

 

Tout comme le père Livio a parlé du monde et de Viganò dans la lettre envoyée au président Trump, Flynn a précisé dans le Western Journal qu '"il y a un petit groupe de gens acharnés qui travaillent dur pour détruire notre mode de vie américain". Ce serait 2% qui voudraient prendre possession de la population indifférente restante. Le général indique clairement que bien que la majorité du peuple américain soit bonne, la "majorité silencieuse", telle que définie par Trump, doit agir sachant qu'il s'agit d'un affrontement entre "deux forces opposées: l'une des" enfants de la lumière "et l'autre des" enfants des ténèbres".

 

"Comme une policière de Virginie me l'a dit - a-t-il poursuivi -" les gens ne se sentent pas en sécurité chez eux et nos forces de police sont tellement démoralisées que nous ne pouvons pas fonctionner comme nous le devrions. Au cours de mes 23 années dans mon département, je n'ai jamais vu un moral si bas". Le Général décrit la guérilla urbaine comme une attaque contre la démocratie, pour laquelle "il faut soutenir la police" mais aussi "défier chaque politicien à tous les niveaux": cette attaque contre l'ordre et les symboles de l'histoire américaine vise "à établir le socialisme". Et à la fin "il s'agit de chasser Dieu de nos familles, de nos écoles et de nos tribunaux... même de nos églises, dans l'espoir essentiellement de retirer Dieu de notre vie quotidienne".

 

Selon Flynn, "dans la guerre, comme dans la vie, la plupart des échecs dérivent de l'inertie", mais grâce à l'action décrite ci-dessus, il assure, "nous pouvons l'emporter", car "rappelez-vous qu'il est inévitable que même nos ennemis (la force noire) ont des difficultés que nous ignorons". Et même si "pour la majorité des Américains, ces forces semblent être fortes", selon le stratège "seule une petite poussée de notre part est nécessaire, c'est tout ce qu'il nous faut pour vaincre ces forces". Flynn rappelle que cette poussée est faite d'action mais aussi de prière.

 

En fait, comme le général l'avait déjà écrit dans un article précédent, "bien que nous sentions que nous sommes descendus dans un état infernal d'existence, nous ne devons jamais oublier que l'enfer n'est pas invincible", à travers la prière, la conscience de Dieu, la "Capacité de sacrifice" et celle de vivre selon les "idéaux (du bien et du mal, ndlr) que nous avons reçus de Dieu, qui sont la base de notre république constitutionnelle".

 

Le scénario pour les enfants de la lumière fait maintenant peur, mais il ne faut pas craindre "l'incertitude qui dérive de l'inconnu, l'accepter à la place et lutter contre ce sentiment de peur". Même l'optimisme, qui ne doit pas se terminer par l'exaltation qui se transforme en désespoir à la première difficulté, est nécessaire en temps de guerre. En fait, a-t-il conclu, "nous devons nous souvenir: le pouvoir de l'enfer, bien que fort, est limité. Dieu est le dernier juge et décideur. Sa providence sacrée est notre pays, les États-Unis d'Amérique. Tant que nous accepterons Dieu comme moteur de notre nation, nous serons en sécurité. "Sinon, nous allons vraiment "rencontrer une existence infernale".

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 12:46
Candace Owens démonte brillamment l'arnaque #GeorgeFloyd

La commentatrice politique américaine Candace Owens réagit aux manifestations de soutien à George Floyd, qui ont dégénéré en manifestations violentes, attaques de commerce et destructions de statues aux Etats-Unis :

Extrait

 

"J'ai décidé de faire cette video, cela a pesé lourdement sur mon cœur et sur mon esprit. Il y avait beaucoup de choses que je voulais dire plus tôt mais il y avait tellement d'émotions et énormément de pression sur moi pour soutenir des opinions populaires au sujet de qui était George Floyd.

"Parfois cela peut être difficile de dire ce que vous pensez quand il y a autant de pressions extérieures, et c'est un exemple de ce qui m'a amené à penser que mon silence serait meilleur au début, mais plus j'y pensais et plus je réalisais que beaucoup de mensonges nous sont racontés au détriment de la communauté noire, au détriment de la communauté blanche, et enfin au détriment de l'Amérique toute entière. Je veux donc sortir de l'ombre et dire que je ne soutiens pas George Floyd et sa description comme étant un martyr des noirs-américains. Je vais vous expliquer pourquoi et j'espère que certains d'entre vous comprendront les raisons.

"J'ai passé un temps considérable à lire des auteurs noirs, qui je pense, sont les plus brillants noirs-américains, Walter WilliamsShelby Steele, Thomas Sowell, et je suis récemment passée à travers une idée implantée dans ma tête par Shelby Steele, et c'est quelque chose que je ne peux pas oublier, et cela restera jusqu'à la fin de ma vie, et c'est une idée dont j'espère que les Noirs américains qui regardent (cette video) garderont en tête pour le reste de leur vie. Shelby Steele disait que la communauté noire est unique comparée aux autres communautés. Notre culture est différente des autres communautés parce que nous sommes la seule communauté qui s'occupe du plus petit dénominateur de notre société, laissez-moi vous en expliquer le sens. Cela veut dire que tous les Noirs américains ne sont pas des criminels, ils ne commettent pas tous des délits, mais nous sommes les seuls qui nous battons, crions, et demandons du soutien et la justice pour les gens de notre communauté qui agissent mal. Vous vous mettriez à l'épreuve par exemple en cherchant une personne juive ayant fait cinq séjours en prison, qui a commis un crime, ou est morte en le commettant, et pour laquelle le peuple juif la défendrait et demanderait justice. Il serait difficile d'en trouver chez les Blancs américains, il serait même difficile d'en trouver chez les Latinos américains. Si une personne est allée plusieurs fois en prison vous ne verrez pas une file de de latinos demander justice pour elle. Même si, et je veux être très claire, ce que je dis ne se veut aucunement une défense de Derek Chauvin, et j'espère que Derek Chauvin sera jugé comme il le mérite, ainsi que la famille de George Floyd mérite justice pour la façon dont il est mort. Mais je ne vais pas non plus accepter la narration qui dit que cela est le meilleur de ce que la communauté noire a à offrir.

"Qu'importe les raisons pour lesquelles il est à la mode depuis cinq ou six ans de transformer nos criminels en héros en une nuit. C'est une chose que je trouve méprisable, et je refuse de la soutenir plus longtemps. Je ne veux pas jouer de rôle là-dedans. peu importe les pressions des Noirs libéraux ou conservateurs, comme un gage de personnes qui veulent que vous croyez que la seule façon dont vous pouvez être noir c'est de dire que cela était injuste et que cette personne était merveilleuse : je ne ferai pas cela. George Floyd n'était pas une personne merveilleuse. [...] Lors de son arrestation George Floyd était drogué au fentanyl et à la méthamphétamine, comme cela est apparu sur les deux rapports d'autopsie. [...] Il a essayé d'utilise un billet qui était un faux billet pour l'achat de quelque chose, et est ensuite sorti en agissant bizarrement. Quand la police a été appelée et est intervenue elle a dit qu'il devait certainement être sous l'emprise de drogues. Quand ils lui ont mis les menottes et l'ont poussé contre le mur, une petite poche de ce qui semblerait être de la cocaïne, une petite poche blanche tombe sur le sol. Vous pouvez le voir sur les images si vous regardez les séquences. Les médias refusent de le faire circuler mais vous pouvez la trouver sur Twitter en cherchant 'George Floyd baggie'.

"[...] En 1998, George Floyd a passé 10 mois en prison pour vol avec arme à feu. C'est le première peine de prison que j'ai trouvée à son sujet. En 2002, il a passé huit mois en prison pour une affaire de cocaïne. En 2004, juste deux ans plus tard, il passe encore dix mois en prison pour une autre affaire de cocaïne. En 2005, encore dix mois de prison pour possession de moins d'un gramme de cocaïne. En 2007, cela a été la plus grosse peine que j'ai trouvée, et c'est là que j'ai réalisé que c'était une horrible personne, je ne voulais plus prétendre que c'était quelqu'un de bien. En 2007, ce fut une attaque en groupe sur une femme enceinte avec une arme à feu appuyée contre son ventre, cherchant de l'argent ou de la drogue chez elle qu'ils n'ont pas trouvé. [...] Le voisin heureusement releva la plaque d'immatriculation quand ils arrivèrent et appela la police qui put identifier la voiture comme celle de George Floyd, qui en était le conducteur. Et deux ans plus tard il a été condamné (pour cette affaire) à cinq ans de prison. Il a été libéré en 2014. Il n'a pas eu de problème pendant cinq ans avant que la police ne retombe sur lui. Vous défiez le bon sens si vous pensez que cette personne est soudainement devenue exemplaire en étant droguée au fentanyl et à la méthamphétamine en essayant d'utiliser un faux billet !

"Alors, mon opinion est que George Floyd était un criminel. [...] Et cela signifie que je ne jouerai pas un rôle dans le jeu de la culture noire brisée qui veut toujours transformer les criminels en martyrs, qui veut prétendre qu'ils étaient des personnes honnêtes, qui veulent aider la société, qui veulent accéder à un rang plus élevé dans la société. Je veux dire qu'il avait un long casier judiciaire, qu'il était dangereux, et qu'il a été l'exemple du criminel toute sa vie, jusqu'à la fin.

"Alors, pourquoi devons-nous prétendre que ce criminel doit être respecté en tant que citoyen, en tant que martyr chez les Noirs américains ? Un martyr résultant d'une fausse histoire au passage. La violence policière motivée par le racisme est un mythe. [...] Donc, voici les chiffres pour vous qui croyez toujours que la violence policière motivée par le racisme est réelle.

"Premièrement, et avant tout, vous avez 25% de chance en plus en tant que criminel violent blanc de mourir d'un policier que si vous êtes noir. L'année dernière un total de 9 hommes noirs désarmés ont été tués contre 19 hommes blancs. [...] Ce n'est pas important quel pourcentage de la population vous représentez, ce qui est important c'est quel pourcentage de la communauté criminelle vous représentez. Malheureusement, la communauté noire commet un nombre disproportionné de crimes comparé aux Blancs. Laissez-moi vous dire que 6% de la population noire, des hommes noirs, comptent pour 44% des meurtres de ce pays d'après les statistiques de 2018. C'est ce que vous appelez un 'gap', un écart. Et pourtant les Blancs représentent 60% de la population, nous en représentons 13, les hommes noirs sont 6%, mais commettent 50% des meurtres. Cela n'a pas de sens, une minorité de 6% qui représente une minorité extrême qui comment 50% des violences et nous ne représentons que 13% de la population! Ok?

"Vous voulez parler des vraies statistiques ? Les policiers ont beaucoup plus à craindre des minorités noires que l'inverse. En moyenne, un policier a 18 fois plus de chance de se faire tuer par une personne noire que l'inverse.

"Donc, toutes ces histoires ne sont que des rideaux de fumée, tout est truqué, c'est juste de la séduction d'électorat, les Noirs contre les Blancs, parce que c'est une année à élections. Et non parce que les Noirs américains souffrent plus que les Blancs américains sous les coups de la police.

"[...] Vous voulez connaître la meilleure façon de ne pas être brutalisé par un policier? C'est de limiter vos chances de les rencontrer, surtout quand cela retourne de crimes violents.

"Je ne vais pas continuer à soutenir une narrative qui prétend que nous martyriserions des personnes qui ont 5, 6, voire 7 séjours en prison, tout en prétendant qu'ils étaient de grands héros. Ce sont des conneries !  Excusez mon langage, mais ce sont des conneries et je suis fatiguée de les entendre.

"Si vous voulez continuer à mettre des posters de criminels sur vos murs, et de les traiter en martyr, faites-le, [...] vous pouvez garder une photo de George Floyd et prétendre qu'il était une bonne personne qui a juste pointé une arme sur le ventre d'une femme enceinte. Vous pouvez imaginer cette femme maintenant ? Cette femme noire d'ailleurs... , et regarder tout le monde prétendre que cet homme était honnête, qui a l'âge de 42 ans, après 5 séjours en prison allait miraculeusement devenir un saint ? C'est embarrassant, nous sommes embarrassant. Nous avons une culture toxique parce que personne ne veut dire la vérité sur l'Amérique noire. C'est tellement facile d'être une éternelle victime. C'est tellement facile de demander aux Blancs de s'agenouiller et de demander pardon, et toutes ces choses, c'est nul, c'est un mensonge, c'est une farce. Notre plus gros problème c'est nous, c'est pour ça que nous n'en parlons pas quand des crimes faits par des Noirs arrivent. [...] Cela impliquerait des responsabilités personnelles et nous ne faisons pas cela dans notre communauté, nous ne le faisons simplement pas. Nous blâmons les personnes blanches, nous ne faisons que pointer la caméra sur les Blancs quand ils font quelque chose, même si nous le faisons aussi et de manière beaucoup plus fréquente. On célèbre nos dealers. Nous sommes la seule communauté qui créerait des hashtags pour libérer les gens de prison parce qu'ils ont commis un crime. Est-ce vraiment si difficile de ne pas aller en prison plusieurs fois ? Est-ce trop compliqué pour nous ? Je veux dire est-ce vraiment une si grande montagne à grimper que de faire des choses positives et d'être honnête ? C'est l'appel à l'action que je lance aux Noirs américains. Pourquoi continuons-nous à nourrir ces histoires ? Comment pensez-vous que les gens nous perçoivent ? Vous lisez les commentaires et allez voir ce que les gens disent ? 'Oh, juste des Noirs agissant en Noirs', 'oh, les Noirs font des émeutes, ils doivent se comporter comme des Noirs, vous savez comment ils sont'. [...] Ils pensent que nous n'apprendront jamais des erreurs que nous faisons, que nous ne sommes pas capables de nous éduquer...

"[...] Nous devons aller de l'avant, nous devons faire mieux, nous devons éduquer nos enfants,  ou nous n'avancerons jamais."

Le facebook de Candace Owens : https://fr-fr.facebook.com/realCandac... La chaîne youtube de Candace Owens : https://www.youtube.com/channel/UCL0u...

Source: YouTube / GloriaTv

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 20:28
https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Agostino Nobile revient pour s'occuper des nouvelles les plus proches, et en particulier de ce phénomène si propulsé par les médias de Black Lives Matter, qui conduit à des comportements qui seraient ridicules s'ils n'étaient pas tragiques pour nous même. Bonne lecture.

 

§§§

Mais "Black Lives Matter" ignore-t-il qu'en Afrique les Noirs asservissent les Noirs ?

 

Nous en sommes toujours là : l'ignorance fait plus de mal que les guerres, et cela grâce à des mensonges officiels considérés comme des vérités.

Dans mon article publié par Stilum Curiae en août 2019 https://www.marcotosatti.com/2019/08/11/nobile-lo-schiavismo-islamico-oscurato-dalla-massoneria/ Je décris très brièvement la traite négrière pratiquée durant des siècles par les musulmans, obscurcie par les informations et à travers l'école. Ces dernières semaines, en voyant les manifestations antiracistes aux États-Unis et dans le reste du monde (promues et soutenues par des partis progressistes), je me suis souvenu des Noirs africains. De vrais tortionnaires qui ne respectent même pas leurs frères et sœurs de race. La faute de la victime dans ce cas est l'appartenance à une tribu.

Les athées et les francs-maçons occidentaux qui ont amené des millions d'esclaves dans le Nouveau Monde ont acheté des esclaves aux Arabes et aux marchands d'esclaves noirs. Les Occidentaux qui accostaient leurs navires sur la côte ouest de l'Afrique n'étaient autorisés à descendre à terre que pour vérifier les "marchandises" capturées.

Aujourd'hui encore, selon l'UNICEF, la traite des êtres humains reste un problème dans tous les pays africains. Un rapport de 2004, couvrant 53 pays africains, note que les enfants sont les principales victimes, réduits en esclavage, recrutés comme enfants soldats ou vendus à des clans de prostitution. En Afrique, les enfants sont deux fois plus susceptibles d'être victimes de la traite que les femmes.

Imogen Foulkes, correspondant de la BBC à Genève depuis 2004, dit que 89% des pays africains ont du trafic à destination et en provenance des pays voisins, mais 34% ont également un commerce d'êtres humains vers l'Europe (merci à Bergy et aux progressistes).

Le Nigéria, par exemple, a accueilli des victimes de la traite de 12 pays africains, mais des trafiquants nigérians ont également été trouvés dans une douzaine de pays. Pour l'UNICEF, il est impossible de connaître le nombre de victimes, mais il est probable, disent-ils, qu'il s'agit de millions de personnes.

Mais voyons ce qui se passe dans les pays où les autorités locales et européennes ont eu l'occasion de faire quelques évaluations.

Au Tchad, les membres des clans arabisés achètent des enfants à des familles pauvres. Contraints de se convertir à l'islam et de changer de nom, ils sont gardés en esclavage ou vendus à d'autres clans africains arabisés.

En Mauritanie, nous avons les riches bidanes (blancs, pas européens mais arabes) et les harratins pauvres en canne. Actuellement, environ 90 000 harratins sont totalement réduits en esclavage tandis que tous les autres harratins, environ 600 000, sont partiellement soumis. Au Niger, bien que l'esclavage ait été déclaré illégal en 2003, sur une population de plus de 24 millions d'habitants, environ 8 % sont des esclaves.

Au Soudan, où la charia est imposée, le nombre d'esclaves augmente constamment.

Selon les organisations humanitaires, les enfants enlevés ou achetés peuvent coûter de 20 à 70 USD. Les plus chanceux sont utilisés comme domestiques, bien que les propriétaires ne les abusent pas souvent sexuellement. Les moins fortunés se retrouvent dans les mines, où ils peuvent mourir de misère, et sur les marchés de l'exploitation sexuelle. Dans les deux cas, le prix peut aller jusqu'à 3 500 $.

Historiquement parlant, aux États-Unis, ce ne sont pas les fascistes ou la droite qui ont soutenu l'esclavage, mais les progressistes démocrates. La même couleur politique qui, entre le 12 avril 1861 et le 23 juin 1885, a combattu les républicains du Nord dirigés par Abraham Lincoln, celui qui a aboli l'esclavage dans tous les territoires des USA. Ce que les États démocratiques du sud considéraient comme une violation de leurs droits constitutionnels.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de Noirs américains (en particulier des personnes éveillées et informées) et quelques réseaux de télévision non soumis aux Démocrates ont souligné à plusieurs reprises la réalité historique, mais Black Lives Matter continue de condamner le fascisme et la droite.

Les progressistes, qui promeuvent les aberrations éthiques et sociales qui dévastent littéralement l'Occident, ont une ferme fixation: l'annulation du christianisme. Nous avons des centaines d'exemples qui le confirment, le dernier à San Francisco, la ville la plus gay-friendly de la planète, où ils ont abattu la statue de San Junipero Serra, l'évangélisateur franciscain de Californie 

https://www.youtube.com/watch?v=RvSLf2O2Lts

Étant donné que l'immigration, le canular sur le suprématisme blanc et les manifestations anti-occidentales conduisent au suicide culturel le plus imbécile de l'histoire, les magistrats qui respectent leur pays devraient essayer de punir ceux qui ont répandu et continuent de répandre les mensonges historiques qui créent des sentiments de culpabilité pour les Occidentaux. S'ils ne le font pas, à moins d'une guerre civile, leurs enfants comme le reste de la population subiront probablement la même "liberté" imposée aux chrétiens en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie dans quelques années.

 

Agostino Nobile

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 20:22

Professeur Didier Raoult, une épidémie de coronavirus fait l'actualité en Chine. Doit-on craindre quelque chose ?

Interrogé par Yanis Roussel, étudiant en thèse de science à l'IHU Méditerranée Infection, le Professeur Didier Raoult, Directeur de l'IHU Méditerranée Infection, répond ainsi à la question :

 

"Vous savez, c'est un monde de fous. Moi ce qui se passe, le fait que des gens soient morts de coronavirus en Chine, je ne me sens pas tellement concerné. Pour vous dire la vérité, on estime qu'il y a entre six et sept morts par les coronavirus qui circulent en Europe par an, à Marseille. Comme on soigne à peu près 1% de la population, cela veut dire qu'il y en a environ probablement 600 par an qui sont morts en France. Personne n'en parle ! 

 

"Là, on vient d'avoir une réunion sur le virus respiratoire syncytial, qui tue en moyenne depuis quelques années 19 personnes par an. Ce qui veut dire qu'il y a vraisemblablement 1900 personnes qui en meurent par an en France, et dont personne ne parlent. Et donc le monde est devenu complètement fou. C'est-à-dire qu'il se passe un truc où il y a trois morts, cela fait une affaire mondiale, l'OMS s'en mêle, cela passe à la radio, à la télévision. S'il y a un bus qui tombe au Pérou, on va dire que les accidents de la route tuent de plus en plus. Tout cela est fou. Il n'y a plus aucune lucidité. Et alors, en particulier pour les maladies infectieuses, parce que les maladies infectieuses sont des maladies d'écosystème, vous n'avez pas les mêmes  maladies dans les zones inter-tropicales humides, s'il y a des moustiques ou s'il n'y en a pas. Ainsi, pendant l'hiver il n'y a pas de moustiques et les maladies transmises par les moustiques sont des maladies d'importation qui peuvent donner quelques cas secondaires mais qui ne s'implantent pas. Si vous ne touchez pas le sang de gens morts d'Ebola, la chance que vous attrapiez Ebola est proche de zéro. Or, l'on ressort Ebola tous les quatre cinq ans... Et donc si à chaque fois qu'il y a une maladie dans le monde on se demande si en France on va avoir la même chose, cela devient complètement délirant. On ne peut pas s'occuper des maladies qui existent et on regarde ce qui se passe en Chine ! 

 

"Ce qui se passe actuellement en Chine, c'est tellement dérisoire que cela en est hallucinant ! Il n'y a plus aucune connexion entre l'information et la réalité du risque. C'est totalement délirant.

 

"[...] Les débuts de la grande dérive de l'OMS cela a été quand une chinoise spécialiste de la grippe aviaire qui est arrivée à la tête de l'OMS et qui essayé de persuader le monde entier que la grippe aviaire, pour lesquels il y avait eu des cas chinois attrapés auprès des oiseaux, était devenue une maladie inter-humaine, qui allait décimer la population, et qui a été amplifié. Tout le monde était devenu fous, les gens en Europe disaient qu'on allait mourir par millions. 

 

"C'est juste du délire. Les gens n'ont pas de quoi s'occuper et vont alors chercher en Chine de quoi avoir peur parce qu'ils n'arrivent pas à regarder ce dont ils pourraient avoir peur en restant en France. Voilà. Ce n'est pas sérieux."

 

(Fin de citation)

 

Merci beaucoup au professeur Raoult pour ces précisions.

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 15:29

QAnon, Trump et l'affaire Epstein sur Radio-Québec : 

Sujets abordés : Epstein a-t-il été assassiné parce qu'il en savait trop sur Trump? Jusqu'où s'étend le pouvoir de l'État profond sur l'administration Trump? Les patriotes américains sont-ils sous contrôle? 

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 07:11

Il est interdit de montrer des photos du Bataclan, celles des victimes des islamistes par respect pour la dignité des victimes (Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté des photos de victimes d'islamistes. Ndlr.), mais il est autorisé de montrer les photos du "petit Aylan", qui est pourtant aussi une victime qui mérite tout autant le respect de sa dignité, ou celle des "Noyés du Rio Grande contre Trump", un père et sa fille de deux ans venus du Salvador retrouvés noyés côte à côte alors qu'ils tentaient de passer aux Etats-Unis en passant le Rio Grande. Deux victimes qui méritent tout autant le respect de leur dignité. Deux poids deux mesures.

"Petit Aylan", "Noyés du Rio Grande" et photos du Bataclan : le deux poids deux mesures avec les photos des victimes

La journaliste Charlotte D'Ornellas a dénoncé cette instrumentalisation des Noyés du RioGrande contre Trump sur CNEWS, le 26 juin 2019.

Charlotte d'Ornellas : "Moi ce qui me choque terriblement dans cette photo - elle est monstrueuse évidemment, elle est abominable, etc. - mais c'est précisément votre question initiale qui était 'est-ce que cela fait bouger les lignes ?', mais c'est précisément parce que cela fait bouger les lignes que ces photos-là on peut les voir et que les photos du Bataclan, par exemple, c'est interdit. Pourquoi est-ce que là personne ne dit 'c'est abominable pour la dignité de ces personnes-là de voir cette photo-là ?' C'était exactement la même question qui se posait au moment du 'petit Aylan', c'est-à-dire qu'il y a des choses que l'on supportent parce qu'elles vont dans un sens et d'autres que l'on ne supportent pas parce qu'elles vont dans un autre sens."

 

Lire :  Respect pour tous, pour le petit Aylan aussi

 

Et là, la photo, évidement que le but est de faire bouger les lignes. Et le but est là de contester à l'aide d'une photo d'un cas particulier atroce une politique à l'échelle d'un pays. Mais la politique ne peut pas se prendre sur des cas particuliers, à moins de renoncer effectivement à la politique d'un pays."

 

Cette séquence "Noyés du Rio Grande" / victimes du Bataclan montre combien nos médias sont unanimes lorsqu'il s'agit de décrire, ou pas, des scènes qui servent, ou pas, la propagande mondialiste immigrationniste.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:38
Natacha Polony : "On interdit les propos quand on ne peut plus lutter contre le fait que la société est en train de se désagréger"

On interdit les propos quand on ne peut plus lutter contre le fait que la société est en train de se désagréger.

Et on va continuer à perpétuer un système profondément destructeur qui petit à petit ruine la rationalité comme unique moyen de s'entendre et de poser les bases d'un dialogue, grâce à une censure confiée à des multinationales toutes puissantes qui seront donc seules juges de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Natacha Polony

Après le creusement des inégalités, une des conséquences funestes parmi tant d'autres de l'impasse des droits de l'homme est la censure et l'interdiction des propos, une réforme que souhaite le gourou de la "république en marche", pas en reste question discours haineux pendant sa campagne électorale ou plus tard sur les Gaulois récalcitrants et les Gilets jaunes "racistes".

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 06:48

En avez-vous entendu parlé pendant les deux jours de commémoration du débarquement du 6 juin 1944 ? Les historiens estiment à 3500 les viols commis en France par les soldats américains entre le Débarquement de Normandie le 6 juin 1944 et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Drôle de "Libération" quand on sait que de l'autre côté, aucun viol n'a été recensé durant l'Occupation par les Allemands, qui d'une manière générale respectaient les populations civiles (hormis Oradour-sur-Glane).

Libération - 6 juin 1944 - D-Day : les GI’s violeurs

D-Day, l’autre histoire : tous les GI’s n’ont pas été des héros

 

Les historiens estiment à 3500 les viols commis en France par les soldats américains entre le Débarquement de Normandie et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Par Laurent Sailly.

 

L’information sur les viols commis en France par les GI’s a longtemps été cantonnée aux cercles familiaux des témoins et des victimes. Il y a eu des viols et des crimes partout où les GI étaient stationnés, à Reims, Cherbourg, Brest, Le Havre, Caen… À la fin de l’été 1944, peu après l’invasion de la Normandie, des femmes commencent à se plaindre de viols commis par des soldats américains. Des centaines de cas sont rapportés. Mais difficile d’écorner l’image des libérateurs qui consentirent au sacrifice ultime. Il existe une abondante littérature et une tout aussi imposante cinématographie qui perpétuent contre toute évidence le mythe de la « bonne guerre » (Le Jour le plus long). Journalistes, réalisateurs de cinéma et historiens populaires ont sanctifié le GI pour en faire l’incarnation de « la plus grande des générations produite jusqu’à ce jour par n’importe quelle société », comme l’affirme très sérieusement l’auteur du best-seller The Greatest Generation. Il en va par contre très différemment des anciens combattants de la guerre du Vietnam qui furent longtemps présumés coupables de tous les crimes.

 

DE LA GUERRE ET DES HOMMES

Dans Des GI’s et des femmes, l’historienne américaine Mary Louise Roberts rapporte :

 

« La nuit, des soldats ivres errent dans les rues en quête d’aventures sexuelles et les femmes ‘respectables’ ne peuvent plus sortir seules. Les GI ont grandi avec les récits des aventures de leurs pères, qui ont combattu en France en 1917-1918. Ces récits, qui font la part belle aux aventures sexuelles, ont amené toute une génération d’hommes à voir la France comme le pays du vin, des femmes et des chansons. »

 

D’ailleurs, l’encadrement militaire américain n’a rien fait pour casser les stéréotypes des « petites Françaises » peu farouches. Un GI assure : « Nous avions aussi entendu dire que ce que nous considérions comme de la perversion sexuelle était normal pour eux. » Joe Weston, un journaliste de Life, en 1945 : « La France est un gigantesque bordel habité par 40 millions d’hédonistes qui passent leur temps à manger, boire et faire l’amour. » Les Françaises ont la réputation d’être sans préjugés raciaux et sexuellement libérées. À la lecture de la presse militaire, en particulier le magazine Stars and Stripes, on réalise que toute l’expédition américaine en Normandie a été vendue aux soldats comme une formidable opportunité sexuelle. Ailleurs, sur le front du Pacifique, il est facile de motiver les troupes, car après tout les Japonais avaient attaqué l’Oncle Sam. Le Guide pratique à l’usage des GI’s en France, en 1944, est à cet égard un chef-d’œuvre de duplicité alléchante : « On dit que les Françaises sont faciles. Mais en fait, pas du tout ! » On ne manque pas de le mentionner tout de même… Et les soldats qui rampent sous le feu allemand le 6 juin 1944 portent tous un lot de cinq préservatifs distribué avec leurs munitions…

 

DES HÉROS VENUS D’OUTRE-ATLANTIQUE DANS UNE FRANCE SAIGNÉE

Sur les photos de l’après-débarquement qui inondent bientôt la presse outre-Atlantique, les Françaises embrassant les soldats deviennent à leur corps défendant des éléments de propagande uniforme, mise en œuvre par le Signal Corps (le département de la communication de l’armée). Les recrues se trouvent alors alimentées en clichés, dans tous les sens du terme. L’historienne écrit : « La Française est le symbole d’une nation abandonnée par ses hommes », dont deux millions ont été faits prisonniers en 1940, auxquels il convient d’ajouter ceux, aussi nombreux, envoyés en Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire. Ce n’est pas propre à la France, bien sûr. Tous les théâtres de guerre étaient érotisés. C’était l’époque des photos de pin-up accrochées dans les dortoirs, de Rita Hayworth… Mais une image revient avec constance dans le journal de l’armée : les GI’s embrassés par des Françaises. Sur l’une, on voit un groupe de femmes, visiblement réjouies. Et la légende dit : « Voilà ce pour quoi nous nous battons. »

 

Ainsi, l’opération « Overlord » (« Suzerain » en anglais) d’une « conquête territoriale [devient] une conquête érotique. Le mythe […] rassure les GI’s sur leur masculinité en leur offrant une fille à la fin de leur journée de combat ». Il s’en est suivi un tsunami de libido masculine, qui va se traduire par une vague de viols en Normandie, en août et septembre 1944. Selon l’historien américain Robert Lilly1, il y aurait eu 3500 viols commis par des soldats américains en France entre juin 1944 et la fin de la guerre. Leur nombre est difficile à établir car de nombreuses victimes n’ont jamais rapporté les faits auprès de la police. Les troupes américaines engagées ont commis 208 viols et une trentaine de meurtres dans le département de la Manche. Pour le seul mois de juin 1944, en Normandie, 175 soldats américains sont accusés de viol.

 

Il y a de bonnes raisons de penser que les viols ici rapportés ne représentent qu’une fraction du nombre réel de ceux qui furent commis à la Libération par les troupes américaines. D’une part, les documents ne contiennent que les cas les plus brutaux. D’autre part, il est probable que de nombreuses victimes ne rapportèrent jamais les faits auprès de la police. Étudiant ce phénomène en Angleterre, Sir Leon Radinowicz estime que durant les années de guerre, 5 % seulement des victimes de viol portèrent plainte. Les contraintes sociales et culturelles de l’époque, et surtout la peur du scandale, n’encourageaient guère les femmes violées à parler, et il arrivait aussi que pour les mêmes raisons des membres de leur famille les en dissuadent. Il est impossible d’estimer le nombre exact de viols que commirent les troupes américaines en France à la Libération.

 

Oui, il faut fêter les 75 ans du D-DAY, ses héros et ses victimes… toutes ses victimes !

 

Robert Lilly, La face cachée des GI’s. Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, Payot, 2008.

 

Source: ContrePoints

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 10:55

"Des gens ont attaqué un hôpital, les forces de l'ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation. Des infirmières ont dû préserver le service de réanimation", a affirmé le ministre de l'Intérieur Castaner lors de la manifestation du mercredi 1er mai. Or, 

la situation désormais à 24 heures de l'évènement est désormais connue, et elle a été fact-checkée par nombre de nos confrères. Check-new de Libération, Le Monde, qui parle d'un "repli chaotique" et en aucun cas d'une "attaque" et même les deux journalistes du Figaro qui étaient sur place. On sait pour quelles raisons les manifestants ont défoncé cette grille pour échapper à un air irrespirable avec des personnes prises en tenailles par des policiers leurs distribuant des coups de matraques. Et ce qui est sûr, c'est qu'on voit les coups de matraques.

(Dans la version de l'attaque livrée par Castaner) on est au-delà de l'exagération. On est dans la contre-vérité. Encore une fois les faits sont établis. Christophe Castaner dit "on a attaqué un hôpital". C'est faux. Ce sont des personnes qui se sont réfugiées. Rien n'a été attaqué. Il dit "les forces de l'ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation". C'est faux. Il a dit "on a agressé le personnel soignant". C'est faux. Tous les témoignages des personnels soignants justement disent qu'ils ne se sont jamais sentis menacés.

Conclusion: on est de l'ordre de ce qu'il faut bien appeler un mensonge officiel. [...] Castaner cherche à jeter le discrédit sur un mouvement social en utilisant des faits dont on sait maintenant qu'ils ne sont pas établis.

Ce gouvernement semble avoir un rapport à la vérité assez curieux. Jeudi dernier, Emmanuel Macron, pour justifier l'allongement de la durée de cotisation nous expliquait que "la France travaille beaucoup moins que ses voisins". Cela été amplement vérifié et là aussi tout le monde sait que c'est un argument erroné. Donc Emmanuel Macron, Christophe Castaner utilisent des arguments qui sont des mensonges pour tenter de justifier leur politique et pour tenter de jeter le discrédit sur un mouvement social. Ce rapport perverti à la vérité me semble extrêmement grave.

Clément Viktorovitch sur C-News

Pour une fois que les médias font leur travail :

 

- Le Monde: un "repli chaotique" plus qu'une "attaque délibérée"

- "Tous les éléments, notamment vidéo, recueillis par Le Monde plaident en faveur d’une autre thèse : celle de nombreux manifestants s’étant réfugiés dans l’enceinte hospitalière pour s’abriter des gaz lacrymogènes. Un air devenu irrespirable. ... des dizaines de manifestants cherchaient des endroits de repli."

(Source : La Pitié-Salpêtrière : la thèse de l’« attaque » s’effondre, les gardes à vue levées)

- "Hôpital attaqué" : la version de Castaner démentie par des témoignages et des vidéos

Non, la Pitié-Salpêtrière n’a pas été “attaquée” le 1er-Mai (Le Monde)

Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : la thèse de "l’attaque" s’effondre, Castaner vivement critiqué 

Source: https://francais.rt.com/france/61719-quand-executif-ment-fake-news-marquantes-macronie

Source: https://francais.rt.com/france/61719-quand-executif-ment-fake-news-marquantes-macronie

Quand l'exécutif ment : ces «fake news» marquantes de la Macronie (RT)

 

Emmanuel Macron a fait de la guerre contre les fausses informations un véritable cheval de bataille.

Comble de l'ironie, le gouvernement a même fait voter en décembre 2018 une loi relative à la manipulation de l’information. Or, depuis sa prise de fonction, le président de la République et ses ministres les ont accumulées. Recension non-exhaustive des grosses fake news véhiculées par le pouvoir exécutif : 

 

Geneviève Legay poussée par un policier

Lors d'un rassemblement de Gilets jaunes à Nice, le 23 mars, Geneviève Legay, porte-parole d'Attac, est blessée.

Au cours d'une conférence de presse tenue le 25 mars, le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, annonce que la militante «n'a pas été touchée par des policiers», cette dernière s'étant «cognée contre un pylône fixe». De son côté, Emmanuel Macron, dans un entretien à Nice Matin, publié le 25 mars, déclare que Geneviève Legay «n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre».  Néanmoins, dans un procès-verbal daté du 23 mars, auquel Mediapart a eu accès, un policier explique que la victime, âgée de 73 ans, a été heurtée par «un homme portant un bouclier».  Jean-Michel Prêtre revient sur ses propos le 29 mars lors d'une conférence de presse. «Hier soir, des éléments ont établi que contrairement à ce qui pouvait être interprété des premières images, il y a eu un contact direct entre un membre des forces de l'ordre et Mme Legay [...] C'est bien le geste d'un policier qui est à l'origine de la chute de Mme Legay», explique ainsi le procureur de la République.

 

La vidéo truquée de l'affaire Benalla

Selon des révélation du Monde du 29 mars, Ismaël Emelien a récupéré illégalement auprès de la préfecture des images des incidents du 1er mai 2018 place de la Contrescarpe à Paris. Celles-ci montrent notamment un jeune couple lancer des projectiles sur les policiers, quelques instants avant l'intervention d'Alexandre Benalla. Un montage vidéo, avec des images d'une autre scène, montrant cette fois-ci un autre homme poursuivant un policier avec une chaise, a été réalisé, dans le but possible de justifier l'usage de la violence par Alexandre Benalla.   D'après Le Monde, Ismaël Emelien a ensuite transféré la vidéo à Pierre Le Texier, responsable du pôle e-influence d'En Marche, pour faire diffuser et propager ce montage... qui présente bien des caractéristiques d'une fausse nouvelle : montage trompeur et propagation sur les réseaux sociaux.  Un comble puisque le 6 avril, sur le plateau d'On n'est pas couché sur France 2, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron s'était dit très inquiet de la manipulation de l'information. «Les fake news, c'est un problème monstrueux [...] Il y a beaucoup de gens sur les réseaux sociaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses entre ce qui est vrai et ce qui n'est pas vrai», avait-il déclaré.

 

L'hommage aux maréchaux de la Grande Guerre

A l'occasion du centenaire de l'armistice de 1918, une cérémonie était prévue afin de rendre hommage «aux huit maréchaux qui ont dirigé les combats pendant la Première Guerre mondiale, œuvré pour la victoire finale tout au long de la guerre, et dont cinq sont inhumés aux Invalides», d'après le site internet de la Mission du Centenaire comme celui de l'Education nationale.  Florence Parly, ministre de la Défense, conteste cette affirmation le 30 novembre sur BFMTV : «Si ce que vous voulez me faire dire, c'est qu'il y avait une intention d'honorer la mémoire du maréchal Pétain, il n'en a jamais été question. Jamais», s'était-elle indignée.

Or, le président de la République avait lui même qualifié, au début du mois de novembre, le maréchal Pétain de «grand soldat» pendant la Première Guerre mondiale ayant commis des «choix funestes» pendant la Deuxième Guerre mondiale.

"La France qui travaille moins que ses voisins" :

Temps de travail et "revalorisation" du travail : la fake new de Macron débunkée

 

La récession en 2019 provoquée par les "Gilets jaunes"

Récession 2019 : la faute aux "Gilets jaunes" ou la faute à Macron ?

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 22:25
Source: https://francais.rt.com/economie/61716-sapir-temps-travail-france-bonnet-dane

Source: https://francais.rt.com/economie/61716-sapir-temps-travail-france-bonnet-dane

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, Emmanuel Macron a estimé que les Français travaillaient moins que leurs voisins européens. Le 2 mai, pour RT France, l'économiste Jacques Sapir fait le point.


 

Pour sa chronique du 2 mai sur RT France, l'économiste Jacques Sapir revient sur l'intervention du 25 avril d'Emmanuel Macron au cours de laquelle le président a affirmé que les Français travaillaient moins que leurs voisins européens. La France est-elle réellement le bonnet d’âne européen ? Jacques Sapir apporte son décryptage sur cette thématique :

 

"La France se situe à peu de choses près dans la moyenne européenne. [...] Par contre on travaille moins qu'au Japon, en Italie ou aux Etats-Unis.

"Le temps de travail est fixé à 35 heures par semaine, légalement, mais en réalité les Français travaillent 38,7 h par semaine. Ce qui fait une différence de quasiment 10%. Et ces heures supplémentaires sont payées en heures supplémentaires. De même, le nombre de jours fériés légaux n'est pas en France si extraordinaire que cela : il y a toute une série de pays européens où il y en a plus qu'en France.

"(Le discours politique qui dit qu'il faut que nous les Français on travaille plus) remonte à Nicolas Sarkozy. Or, si on augmente la durée légale de travail, cela veut dire que l'on va faire disparaître les heures supplémentaires avec pour résultat que les gens auront moins d'argent sur leur feuille de paye. Si on augmente l'âge de départ à la retraite, ou si l'on pousse par un système de points les gens à travailler plus longtemps, il n'est pas du tout sûr qu'ils puissent travailler plus longtemps puisqu'on sait que de plus en plus les entreprises licencient dès que les gens atteignent 50 - 55 ans. Résultat : les retraites seront nettement plus basses.

 

"Donc globalement, tout ce discours qui est tenu au nom du 'il faut revaloriser le travail contribue en réalité à dévaloriser le travail.

 

"Le problème est que l'on est dans un système induit par toute une série de structures économiques (l'euro, mais aussi l'Union européenne), il y a une concurrence acharnée provoquée par cela sur le marché du travail. Cela aboutit toujours à donner moins aux gens qui travaillent et à pousser les gens à rester en activité mais comme ils ne peuvent pas rester en activité, c'est essentiellement les retraites qui vont baisser. Et là on le voit, c'est très lié au système économique dans lequel nous sommes."

Source: RT

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 00:10

Mise à jour permanente

Jour de deuil. Ce lundi 15 avril, après le dimanche des Rameaux, en ce premier jour de la Semaine sainte qui doit conduire le Christ à la Croix Vendredi saint, à la vigile pascale Samedi Saint, et à la résurrection du Seigneur dimanche de Pâques, la cathédrale Notre-Dame de Paris, premier monument touristique d'Europe et un des premiers au monde avec Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), a été incendiée :

L'incendie soulève des questions. RIC, impôts, ISF, retraites : Emmanuel Macron s'apprêtait à faire une allocution considérée comme centrale dans son mandat présidentiel, à 20h en direct, pour annoncer les mesures décidées à la fin du "grand débat". Il devait y avoir l'avant et l'après cette allocution. C'est à ce moment qu'un feu a pris dans la charpente à 18h50 dans la flèche de la cathédrale. 

On a donné à la charpente de Notre-Dame de Paris un nom qui évoque bien la quantité de poutres nécessaires à sa construction : la forêt. Cette charpente possède des dimensions exceptionnelles : elle mesure 100 m de long sur 13 m de large dans la nef, 40 m dans le transept, avec une hauteur de 10 m. Au total, 21 hectares de chêne (un matériau réputé difficilement inflammable) ont été nécessaires pour construire cette charpente. Certaines poutres, provenant d'arbres abattus vers 1160-1170, font toujours partie de l'édifice. (Source)

 

Source: https://www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/architecture/la-charpente/

 

La "forêt " était composé de poutres en chêne de mille ans (on estime que certains bois pouvaient avoir 300 à 400 ans, ce qui nous amène au VIIIe ou IXe siècle). Cette première charpente a disparu, mais des bois ont été réutilisés dans la seconde charpente mise en place en 1220 (Source).

 

 

Le chêne des poutres était comme vitrifié, proche de la minéralisation. Des poutres d'une telle dimension se consument et ne brûlent pas (pas de flammes) sans un carburant ou une substance étalée sur ces mêmes poutres. Quand le chêne se consume, il ne fait pas de flammes jaunes, mais avec un produit pétrochimique, oui. Or les photos montrent un feu avec flammes et fumées jaunes.

 

Source: http://www.rfi.fr/france/20190416-diaporama-notre-dame-paris-ravagee-flammes

 

 

Les poutres elles-mêmes, du temps des anciens bâtisseurs étaient traitées contre l'incendie. Les bâtisseurs de cathédrales, conscients du danger que représentait le feu en cas d'incendie (fléau qu'ils craignaient le plus) sélectionnaient les chênes, et les vidaient de leur sève sur pieds pendant un an (extraction de la sève) en leur retirant une bande d’écorce avant de les abattre. Puis ces chênes sélectionnés passaient ensuite des années, jusqu’à 20 ans, trempés dans un bain, pour donner aux poutres une qualité quasi imputrescibles et quasi impossibles à brûler en cas d’incendies. Faites vous-mêmes l'essai. Achetez des poutres en chênes anciennes, débitez-les à la tronçonneuse, le bois est dur comme la pierre. Essayez d'y mettre le feu : il vous faudra beaucoup de bois en flammes tout autour (y compris avec du pin réputé très combustible avec flammes), pour réussir simplement à entamer le morceau de chêne qui ne brûle pas.

 

Les chaînes d'info ont montré un feu avec flammes qui au fil des minutes se propageait très vite de poutres en poutres comme s’il y avait eu une substance pour accélérer le feu. 

Une première alarme incendie (détecteurs de fumée) s'est déclenchée au PC Sécurité incendie de la cathédrale à 18h24, le rondier n'a rien relevé de particulier. Une deuxième alarme a sonné à 18h50 et le rondier a découvert un départ de feu. La thèse du feu "couvant" dans les combles n'a pas été retenue : aucune autre alarme incendie (détecteurs de fumée) n'a sonné au PCS, auparavant. La rapidité de propagation du feu avec des flammes jaunes énormes en une demi/heure interroge les experts :

 

 

 

Autre question : sur les images diffusées en direct sur les chaînes d'info, on ne voit aucun pompier avant de longues minutes. À 19h29 le feu se propage à la toiture, qui cède au bout d'une demi heure. Sachant que les pompiers de Paris interviennent dans les 5 minutes, 10 minutes en comptant large, une heure se passe avant qu'ils mettent en place deux nacelles et des canons à eau ridicules qui apparaissent à l'écran au bout d'une heure. Où sont les moyens mis en oeuvre, pourquoi une attente si longue ?

 

D’après le chef de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris « deux foyers d’incendie auraient été repérés ». Un incendie qui trouverait son origine dans « les combles de la cathédrale » précise Alain Finot, le porte-parole de Notre-Dame. (Vl-media)

 

Deux foyers d'incendie. Source: https://vl-media.fr/notre-dame-de-paris-est-ravagee-par-les-flammes-un-incendie-historique/

 

Selon LCI, deux foyers d'incendie auraient été repérés. Le feu, dont la gravité restait encore à déterminer, a pris dans les combles de la cathédrale, monument historique le plus visité d'Europe, ont indiqué les pompiers. Selon le porte-parole de Notre-Dame, l'incendie se serait déclaré aux alentours de 18H50. (JeanMarcMorandini.com

Deux foyers d'incendie. Source: https://www.jeanmarcmorandini.com/article-392648-en-direct-notre-dame-de-paris-le-procureur-de-la-republique-de-paris-annonce-que-la-piste-accidentelle-est-privilegiee.html

Deux foyers d'incendie. Source: https://www.jeanmarcmorandini.com/article-392648-en-direct-notre-dame-de-paris-le-procureur-de-la-republique-de-paris-annonce-que-la-piste-accidentelle-est-privilegiee.html

Deux départs d'incendie : si c'est avéré, cela va être difficile pour l'incident accidentel.

L’ancien ingénieur chef de Notre-Dame sur la thèse de l'accident à 18h24, invité de David Pujadas sur Lci :

« Du vieux chêne, il faut beaucoup de petit bois pour le faire brûler … Là je sais pas s'il y en avait ... Cela a été vite... En 2010, on a remis à plat toute l'installation électrique de Notre-Dame, donc il n'y a pas de possibilité de court-circuit. On a remis à plat et aux normes contemporaines même en allant très loin toute la détection et la protection incendie de la cathédrale, avec des éléments de témoins de mesures, d'aspiration, etc., qui permettaient de détecter un départ de feu. ... Je suis stupéfait. »

Notre Dame incendiée : premières questions

Sur Youtube", "un forgeron démontre que le chêne ne brûle pas comme ça". 

"Je fais cette petite video pour vous prouver que ce qui s'est passé à Notre-Dame de Paris n'est pas accidentel. Nombre d'artisans que je connais autour de moi, de charpentiers, de maçons, sont du même avis que moi. Il faut savoir une chose, c'est que nous les forgerons nous travaillons avec le feu tous les jours" :

"Ce n'est pas possible de faire prendre du chêne vieux de 800 ans, de 400 de diamètre en un quart d'heure. Une 'Forêt' entière. Ce n'est pas possible. Il n'y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr ou d'être chef de pompiers pour dire ça. Et la fumée jaune qui s'est dégagée, il y a un combustible derrière, c'est-à-dire de l'essence." 

Notre Dame incendiée : premières questions

Le forgeron démontre dans cette expérience filmée qu'un petit bout de chêne de 2 cm passé au chalumeau pendant 80 secondes ne brûle pas, et alors que le chalumeau est éteint le petit bois de chêne ressort juste noirci "en surface". 

Notre Dame incendiée : premières questions

Une autre video montre une expérience prouvant qu'il est impossible que les poutres aient pris feu suite à des "travaux", thèse de l'"accident de chantier". Même avec un démarreur chimique, du petit bois, une étincelle, un chiffon imbibé d'essence, rien n'entame une poutre de chêne vieille d'une trentaine d'années : 

Qu'on donc bien pu utiliser les malfaiteurs pour que la charpente longue de 100 mètres prenne feu en moins d'une heure ?

Le fait que l'expérience soit produite en extérieur avec du vent n'est pas en soi un motif qui permettrait de révoquer en doute l'expérience : les pompiers redoutent particulièrement le vent lors d'incendies.

La charpente de Notre-Dame était ventilée comme toute charpente ancienne, c'est-à-dire qu'il y avait des courants d'air sous la toiture, ce n'est pas un espace clos (plusieurs centaines de milliers de m3 d'espace largement ventilé, principe de toute charpente des cathédrales). 

Enfin, si une poutre de section 300x300 ne s'enflamme pas aussi facilement, plusieurs poutres de même section, par définition distantes de plusieurs décimètres et mètres (sauf à leur jonction) ne vont pas s'enflammer facilement non plus.

 

Les enquêteurs semblent éviter un peu trop vite la cause intentionnelle. Deux jours après l'incendie de Notre-Dame, un individu a été arrêté dans une cathédrale à New York avec de l'essence et des briquets. La cathédrale Saint Patrick de New York, en 2003. (Reuters 18/04/2019) Un homme de 37 ans a été arrêté mercredi soir après s'être introduit à l'intérieur de la cathédrale St. Patrick, à New York, avec deux jerrycans d'essence et des briquets, a rapporté la police. L'individu a pénétré dans la cathédrale peu avant 20h00 locales. Il a été placé en détention provisoire et interrogé. Prié de dire si un acte "terroriste" avait pu être évité, John Miller, un responsable de la police new-yorkaise, a estimé qu'il était "prématuré d'affirmer cela", mais il a fait remarquer que cette arrestation était survenue deux jours après l'incendie de Notre-Dame de Paris. L'individu interpellé, connu des services de police, a expliqué qu'il avait traversé la cathédrale afin de couper et de se rendre plus rapidement de la 5e Avenue à Madison Avenue où son véhicule était tombé en panne d'essence, a dit Miller. Lorsque la police a inspecté le véhicule en question, elle a constaté qu'il n'était pas du tout en panne d'essence. Trois églises, fréquentées surtout par des Noirs, ont été incendiées du 26 mars au 4 avril en Louisiane. (L'Orient le Jour)

Accès interdit aux enquêteurs

 

« L’enquête sur l’incendie de Notre-Dame va être un véritable casse-tête. Une cinquantaine de policiers ont été saisis mais l’accès aux entrailles calcinées de Notre-Dame leur est interdit. Saisie par le parquet de Paris, la Direction de la police judiciaire de Paris a mobilisé cinquante enquêteurs et confié à la brigade criminelle le soin de mener de délicates investigations. Deux groupes d’enquête de droit commun, spécialisés pour dénouer les dossiers les plus sensibles, s’emploient à élucider les causes de cet incendie. Fidèles à leur théorie du «rouleau compresseur», les limiers explorent un épais faisceau d’indices pour établir une éventuelle erreur humaine ou une faille technique », explique Le FIGAROOn ne voit pas bien pourquoi à ce stade, la thèse criminelle serait d'emblée écartée au profit de la thèse accidentelle.

 

« Pour l’instant, les policiers de la brigade criminelle n’ont pas accès au monument, poursuit Le Figaro, car il n’est pas encore sécurisé, en raison des «vulnérabilités» évoquées par le secrétaire d’État Laurent Nuñez au niveau de la voûte et du pignon du transept nord. «Tant que les architectes et les pompiers n’auront pas donné leur feu vert, il n’y a aura pas de constatations ni de prélèvements sur place.» «L’objectif est double: essayer de déterminer l’origine de l’incendie et comprendre son mode de développement», a confié Christophe Pezron, directeur du laboratoire central de la Préfecture de police. » Comment déterminer l'origine de l'incendie et comprendre son mode de développement si l'enquête humaine sur place est interdite ? 

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-enquete-va-etre-un-veritable-casse-tete-20190416

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-enquete-va-etre-un-veritable-casse-tete-20190416

En mettant de côté les premières questions sur les raisons des flammes sur des poutres vieilles de mille ans, comment un tel "accident" a-t-il pu se produire quand on sait le sérieux et la rigueur des mesures de protection prises dans n'importe quel établissement accueillant du public pour la réalisation de travaux ? (Une ronde toutes les heures minimum. Source: règlementation sécurité incendie des établissements accueillant du public. Et encore il ne s'agit là que de la réglementation pour des bâtiments lambdas). Il y a décidément beaucoup d'éléments qui clochent.

 

Le feu s'est propagé très vite et d'une manière anormale. "On aurait pu éviter ça" s'indigne Didier Rykner, le rédacteur en chef du magazine la Tribune de l'art, mardi sur franceinfo. Selon lui, les normes de sécurité sur les chantiers de rénovation des monuments historiques sont notoirement insuffisantes. "C'est l'incendie de trop ! (...) Il y a déjà eu une série d'incendies de ce type. Les prescriptions pour les travaux sur monuments historiques étaient insuffisantes. J'avais demandé une loi et on n'a rien fait. Si la piste se précise, il va falloir que les responsables soient désignés. Un architecte du patrimoine m'a dit qu'on aurait pu éviter ça avec certaines mesures" explique le journaliste. La flèche de Notre-Dame était en cours de rénovation. Sur ce type de chantier de rénovation, il existe des "points chauds", explique Didier Rykner. "On fait du soudage, on fait des travaux et c'est une fois que les ouvriers sont partis que le feu peut prendre. Il y a des moyens de détection immédiate qui permettent d'agir très vite. Manifestement, le feu s'est propagé très vite et d'une manière anormale. Il y a un problème. J'ai étudié cela et la plupart des spécialistes disent que ce qu'il s'est passé n'est pas normal".

Source: https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/incendie-de-notre-dame-de-paris/notre-dame-c-et-l-incendie-de-trop-pourquoi-les-historiens-de-l-art-et-specialistes-du-patrimoine-sont-en-colere_3400595.html

Source: https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/incendie-de-notre-dame-de-paris/notre-dame-c-et-l-incendie-de-trop-pourquoi-les-historiens-de-l-art-et-specialistes-du-patrimoine-sont-en-colere_3400595.html

Cet article n'a pas pour objet de dire qu'il s'agit d'un "complot" contre Notre-Dame, il s'agit simplement de réfléchir, de douter - le fameux doute cartésien, signe de bonne santé mentale et non l'inverse... - et de se poser des questions.

 

S'il s'agit réellement d'un accident, il n'y a pas de hasard dans le calendrier, tout indique un signe surnaturel majeur de mise en garde pour les innombrables atteintes aux Commandements divins dont se rend coupable notre pays avec de multiples "lois" allant directement contre la Loi naturelle (divorces, avortements, mariage "gay", éducation sexuelle et genre à l'école).

 

Un des premiers à s'interroger sur l'origine criminelle de l'incendie, Christophe Cros Houplon vient de réaliser une video "Notre Dame et la chrétienté dans la mire des élites". Pour lui : 

 

"Cet incendie est tout à fait programmé et volontaire après six mois exactement de travaux de rénovation du toit. [...] La flèche est tombée. [...] Cette flèche a une signification tout à fait particulière, elle est une protection sur Paris et sur la France, des Douze Apôtres qui l'entourent. Elle n'est momentanément plus là" :

Seize statues de Notre-Dame décapitées pour restauration. Source: https://fr.aleteia.org/2019/04/11/decrochage-impressionnant-des-statues-de-notre-dame-de-paris/

Seize statues de Notre-Dame décapitées pour restauration. Source: https://fr.aleteia.org/2019/04/11/decrochage-impressionnant-des-statues-de-notre-dame-de-paris/

Jeudi 11 avril dernier, seize statues de Notre-Dame de Paris avaient déjà été décrochées avant restauration, celles des 12 Apôtres et des quatre évangélistes. (Bfm-tv) Ces statues ont dû être décapitées avant d’être descendues. (Aleteia)

 

En février, plusieurs églises ont été profanées en quelques jours. Depuis fin janvier, plusieurs lieux de cultes catholiques ont été la cible de dégradations. Pas moins de six églises ont été visées entre le 28 janvier et le 10 février. (Bfmtv)

 

Il y a trois semaines, l'église Saint-Sulpice (VIe arrondissement) en proie aux flammes, le 17 mars 2019. L’incendie à l’église Saint-Sulpice n’était pas accidentel (Le Parisien, 18 mars 2019).

 

Ne comptez pas sur le gouvernement ni sur les médias pour vous expliquer l'origine du feu. Les indices d'un incendie criminel :

 

Notre-Dame: des intrusions régulières ont eu lieu sur le chantier. Mais pas de force "Sentinelle" pour protéger la cathédrale :

Source: https://www.bfmtv.com/societe/notre-dame-des-intrusions-regulieres-ont-eu-lieu-sur-le-chantier-1675811.html

Source: https://www.bfmtv.com/societe/notre-dame-des-intrusions-regulieres-ont-eu-lieu-sur-le-chantier-1675811.html

Depuis le début des travaux il y a plus d'un an, des explorateurs urbains, amateurs de sensations fortes, avaient grimpé à plusieurs reprises dans les échafaudages de la cathédrale Notre-Dame. Les intrusions étaient même un "fléau", selon une des personnes qui travaillaient sur ce chantier.

A l'automne 2018, un groupe baptisé "Les Cheminaux" avait publié une vidéo de son ascension de la cathédrale sur Youtube. Passés en partie par l'échafaudage, deux garçons avaient réussi à grimper tout en haut de la flèche pour se filmer. Quelques jours plus tôt, un autre youtubeur, Simon Nogueira, avait également publié une vidéo sur les toits de Paris avant d'être arrêté par les policiers, comme on peut le voir à la fin de sa vidéo.

Une intrusion la veille de l'incendie

Ces vidéastes ne sont pas les seuls à avoir tenté l'expérience de s'introduire sur le chantier de la cathédrale. Selon nos informations, la veille de l'incendie qui a ravagé la toiture et détruit la flèche de l'édifice, un homme avait réussi à se hisser sur l'échafaudage, avant d'être délogé puis interpellé.

Pour faire face aux multiples tentatives d'intrusion, des mesures avaient pourtant été prises: des barbelés et une alarme de détection avaient été installés.

Cependant, ces intrusions sur le chantier et la cathédrale ne sont pas un axe prioritaire pour les enquêteurs, d'après nos informations, car l'alarme ne s'est pas déclenchée lundi soir. S'ajoute à cet élément l'horaire inhabituel: ces explorateurs tentent plutôt leur chance tard dans la nuit, voire au petit matin, comme on peut le voir sur certaines vidéos. Or, lundi soir, le feu s'est déclenché en début de soirée, vers 18h50, après le départ des ouvriers. (Bfmtv)

 

NdCR. Normalement dans un crime "fait divers", les enquêteurs ne négligent aucune piste et avec une info comme celle-ci ils seraient déjà sur les dents. Mais là non, on évacue car ce n'est pas la bonne heure ! Rien n'empêche pourtant des criminels de faire une préparation à l'avance, comme si les enquêteurs ne le savaient pas...

 

Curieuse coïncidence, la mosquée al-Aqsa à Jérusalem a brûlé en même temps que Notre-Dame de Paris (vidéo). (Sputnik) Un incendie, beaucoup moins important, s’est déclaré dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, l’un des principaux lieux de culte des musulmans. L'incident s'est produit à peu près au même moment que lorsqu'à Paris les pompiers se battaient pour sauver Notre-Dame des flammes. Selon les autorités, le feu est parti de la cour de la mosquée, mais a été rapidement éteint et le site est resté ouvert. 

Source: https://fr.sputniknews.com/france/201904171040786914-notre-dame-paris-chantier-commentaire/

Source: https://fr.sputniknews.com/france/201904171040786914-notre-dame-paris-chantier-commentaire/

Pas de soudure ni de point chaud: l'entreprise qui restaurait Notre-Dame livre sa version

 

Aucun travail sur la charpente n'avait commencé au moment où l’incendie s’est déclaré à la cathédrale Notre-Dame, endommageant grièvement l’édifice, a déclaré dans un commentaire à l’AFP un représentant de l’entreprise en charge non seulement de l'échafaudage, mais aussi de la rénovation de la charpente en bois de la flèche et de sa couverture.

 

L'entreprise Le Bras Frères, qui montait l'échafaudage autour de la flèche de Notre-Dame de Paris, a «exclu» mercredi «toute responsabilité» dans l'incendie qui a ravagé l'édifice.

 

«Ils excluent de fait toute responsabilité», cite l’AFP un porte-parole de l'entreprise, assurant qu'après «le premier choc», elle envisageait la situation avec «sérénité» puisque «les procédures ont été respectées».

 

Selon lui, les douze salariés présents sur le site lundi, jour de l'incendie, ont été entendus par la police judiciaire à Paris et «collaborent parfaitement» avec les enquêteurs.

 

«Ils ont confirmé qu'il n'y avait pas de point chaud sur l'échafaudage» et n'avoir effectué «aucun travail de soudure», a-t-il poursuivi.

 

«Quand on quitte un chantier on doit couper toute l'électricité, le disjoncteur du chantier, fermer la porte à clef et remettre les clefs à la sacristie de la cathédrale, ce qui a été fait et dûment noté dans les cahiers», a assuré ce porte-parole.

 

«Le dernier a quitté les lieux à 17h50 (soit une heure avant le déclenchement de l'incendie, NDLR) et le premier à 17h20», descendant «par les deux ascenseurs qui desservaient l'échafaudage», a-t-il détaillé.

 

L'échafaudage, a-t-il précisé, était en cours de construction, devant «être livré à la mi-juillet» et «aucun travail sur la charpente n'avait encore commencé».  L'entreprise Le Bras Frères, installée à Jarny (Meurthe-et-Moselle), avait remporté un appel d'offres portant sur trois lots, l'échafaudage mais aussi la rénovation de la charpente en bois de la flèche et sa couverture extérieure. Ces deux dernières opérations n'avaient pas encore été engagées, rappelle l'agence. (Sputnik)

 

La grande question qui reste : pourquoi au bout d'une heure, tous les médias parlent-ils d'"accident de chantier" suite aux "travaux", alors que l'enquête n'a pas démarré ? C'est totalement incohérent et montre que l'on cherche à nous cacher quelque chose, en écartant d'emblée la cause intentionnelle.

Un signe surnaturel divin ?

 

La flèche de la cathédrale a été détruite et est tombée dans la cathédrale. Miracle, l'autel, la Croix et la statue de la Vierge Marie, ont été retrouvées intacts.

Notre Dame incendiée : premières questions
Source: https://gloria.tv/article/QAAwJcrp8adM1UoumgScjf8aW

Source: https://gloria.tv/article/QAAwJcrp8adM1UoumgScjf8aW

L’autel (maître-autel) de la cathédrale, sur lequel la messe en latin a été célébrée pendant 800 ans, a survécu, tandis que la table de nouveau rite a été détruite et a fini sous le toit effondré (photo).  En août 2017, le plafond de l'église de Rabat, à Maltes'est effondré en brisant la nouvelle table du rite et en laissant l'autel intact. (GloriaTv)

Cathédrale Notre-Dame de Paris, maître-autel. (Wikimédia Commons)

Cathédrale Notre-Dame de Paris, maître-autel. (Wikimédia Commons)

Notre Dame incendiée : premières questions
Table moderne détruite

Table moderne détruite

Notre Dame incendiée : premières questions

Pour l'évêque du du Kazakhstan, Mgr Schneider, l'incendie de Notre-Dame est le "signe d'une conflagration spirituelle dans l'Église".

Notre Dame incendiée : premières questions

Mgr Schneider n'exclut pas l'existence d'un complot visant à détruire Notre Dame. "Cette tragédie est survenue après une série de centaines d'attaques d'incendies systématiques visant divers objets sacrés appartenant à l'Église catholique en France au cours de l'année écoulée."

L'évêque du Kazakhstan, Athanasius Schneider, dans LifeSiteNews.com (17 avril) ... n'exclut pas l'existence d'un "complot visant à détruire la cathédrale". Admettant qu'il n'existe aucune preuve à ce sujet, il ajoute : "Pourtant, il reste un sentiment nauséeux."

Schneider remarque que la politique et les médias français sont tous deux étroitement contrôlés par des puissances "antichrétiennes" et "franc-maçonnes".

Le feu est pour Schneider un avertissement divin pour les évêques et un symbole de ce qui s’est passé dans la vie de l’Église au cours des 50 dernières années, à savoir une "conflagration" de la foi, de la liturgie et de mœurs catholiques.

Expliquant le message "émouvant" de la tragédie, il identifie comme "incendiaires spirituels" dans l'Église les membres de l'établissement "libéral" de théologiens hétérodoxes et de membres du clergé qui ont contribué à la crise dans l'Église ou qui refusent de s'attaquer à ses causes profondes. Mgr Schneider insiste sur le fait que l'incendie de Notre-Dame est un "cri de cœur pour une conversion authentique", en particulier chez les "Bergers de l'Église". C'est aussi un appel à l’ensemble de l’Église de faire pénitence pour la conflagration spirituelle qui a déchiré l’Église au cours des cinquante dernières années. "Il faut faire pénitence et réparation, en particulier pour avoir trahi le commandement de Dieu le Père selon lequel toute l'humanité devrait croire en son Fils divin, le seul Sauveur de l'humanité. Car Dieu ne veut positivement que la seule et unique religion qui croit que son fils incarné est Dieu et le seul Sauveur", écrit-il, en se référant clairement à la déclaration controversée d'Abou Dhabi selon laquelle Dieu "veut" une "diversité de religions".

"La pénitence et la réparation doivent également être faites pour la trahison du commandement explicite du Christ d'évangéliser toutes les nations sans exception", y compris les peuples "juif" et "musulman", ajoute-t-il.

"La pénitence et la réparation doivent être faites, en particulier pour avoir trahi le commandement de Dieu le Père selon lequel toute l'humanité devrait croire en son Fils divin, le seul Sauveur de l'humanité. Car Dieu ne veut positivement que l'unique et unique religion qui croit que son Fils incarné est Dieu et le seul Sauveur de l'humanité. Il faut aussi faire pénitence et réparation pour avoir trahi le commandement explicite du Christ d'évangéliser toutes les nations sans exception, au premier rang desquelles le peuple juif."

En raison de ces trahisons, la hiérarchie catholique doit "se repentir ou périr" (Lc 13), ajoute Schneider.

"Si les bergers de l'Église ne reconnaissent pas dans la conflagration de Notre-Dame un avertissement divin, ils se comporteront comme les gens de l'Histoire du Salut qui ne reconnaissaient pas les avertissements que Dieu leur avait souvent donnés à travers les paroles inconfortables et irréprochables des prophètes, à travers catastrophes naturelles et événements divers." 

Et l'évêque avertit : "Si les bergers de l'Église refusent de faire pénitence pour la conflagration spirituelle des cinquante dernières années et pour la trahison du commandement universel du Christ d'évangéliser, nous ne devrions pas craindre que Dieu n'envoie un autre et un signe plus choquant, comme une conflagration dévastatrice. ou un tremblement de terre qui détruirait la basilique Saint-Pierre à Rome? Tant de bergers de l'Église de notre époque ne se moqueront indéfiniment et sans vergogne de Dieu, par leur trahison de la Foi, leur service sycophantique du monde et leur culte néo-païen des réalités temporelles et terrestres."

Il conclut en évoquant ce qu’il considère comme "l’un des signes les plus touchants et les plus puissants sur le plan spirituel" au milieu de cette tragédie: des jeunes et même des enfants chantant l’Ave Maria, leur cathédrale bien-aimée, dédiée à Notre-Dame, ont été brûlés sous leurs yeux. Il conclut que cette prière est le fondement de la reconstruction "des ruines spirituelles dans la vie de l'Église de nos jours". (GloriaTv / Article en anglais Life Site News).

 

Que symbolisait la flèche de la cathédrale ?

 

La flèche représentait l'aspiration du peuple au Ciel. Elle avait été édifiée seulement au XIXe siècle, en 1859, sous Napoléon III, par Viollet-le-duc (1814-1879), architecte de Notre-Dame. Napoléon III est l'empereur qui se vit répliquer par le Cardinal Pie : " Le moment n'est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? ... le moment n'est pas venu pour les gouvernements de durer".

 

L'édification de la flèche avait déjà soulevé de nombreuses controverses à l’époque. La première, édifiée au XIIIe siècle, avait été démontée à la fin du XVIIIe siècle. La flèche initiale avait été édifiée vers 1250 sous Saint Louis, au dessus de la croisée du transept. Jusqu'au XVIIe siècle, elle comportait cinq cloches mais elle fut démontée entre 1786 et 1792. (Aleteia

 

Il suffit de mentionner le nom de Viollet-le-Duc pour que viennent à l’esprit les images du Mont Saint-Michel, de la cité de Carcassonne ou encore du château de Pierrefonds. Architecte le plus célèbre du XIXe siècle, Viollet-le-Duc a toujours été un personnage clivant, adoré ou détesté, ces restaurations de monuments historiques n’ayant pas toujours fait l’unanimité. Parmi ses réalisations les plus célèbres, Notre-Dame de Paris reste l’une des plus controversées.

 

Grâce à la redécouverte du gothique au XIXe siècle, impulsée par les romantiques (Victor Hugo), Napoléon III lança la restauration de grands monuments gothiques dont l’entretien n’était, jusqu’alors, pas une priorité. Eugène Viollet-le-Duc, architecte réputé et passionné par le médiéval, fut à la tête de ce programme. À Paris, il œuvra à la restauration de la cathédrale. La façade ouest fut reprise, les arcs-boutants furent rénovés et les chimères des tours furent changées. Notre-Dame de Paris aurait pu s’arrêter là mais, dans une désir de rendre à la cathédrale sa flèche initiale, l’architecte décida de se lancer dans sa reconstruction. Car depuis 1792, les Parisiens avaient pris l’habitude d’admirer Notre-Dame sans sa flèche. Construite au XIIIe siècle, elle avait l’allure d’un véritable clocher et comportait, à la fin du XVIIIe siècle, cinq cloches. Très dégradée, elle fut démontée entre 1786 et 1792. Aujourd’hui son souvenir reste gravé dans des enluminures célèbres, notamment dans les Très Riches Heures du duc de Berry sur la planche illustrant La rencontre des rois mages. (Aleteia)

S’éloignant fondamentalement de la flèche du XIIIe, Viollet-le-Duc décida de la réaliser dans un style néo-gothique mais sans cloches. Il s’inspira de celle de la cathédrale d’Orléans construite au début XIXe siècle. À Paris, la polémique enfla et on reprocha à l’architecte de n’en faire qu’à sa tête. On l’accusa de trahir le travail de ses prédécesseurs en imposant son propre style. "Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné", écrivait-il dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868. Les travaux de la flèche furent considérables. Culminant à 93 mètres de hauteur, la structure était double : la première, faite de bois, était recouverte d’un manteau de plomb de plusieurs centaines de tonnes afin d’éviter que celle-ci ne soit abîmée par la pluie. Les gargouilles chargées d’évacuer l’eau de pluie étaient également habillées de plomb. Ces gargouilles grimaçantes et les foudres métalliques qui les enserraient provoquaient une étrange impression. Ces êtres de cauchemar semblaient venir du ciel. M. Maurice Duvanel explique que pour les anciens ces foudres métalliques agissaient comme des leurres à l'égard des vrais foudres célestes qui, se croyant déja tombées là, iront tomber ailleurs. Ces leurres figuraient sur d'autres cathédrales, soit sous formes de foudres métalliques, soit sous forme de serpents ondulants, descendants du sommet de la flèche, comme au sommet de la grande flèche de la cathédrale d'Amiens. Les gargouilles et chimères dans les églises ont aussi la signification du diable qui tente de démolir l'Église, qui cherche à nous attaquer soit de l'intérieur soit de l'extérieur. Tout autour, des statues monumentales des douze apôtres accompagnées du tétramorphe étaient disposées en quatre rangées. En cuivre, elles furent l’œuvre du sculpteur Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume qui a également réalisé la sculpture du Beau-Dieu au trumeau du grand portail du Jugement Dernier. Elles ont été déposées au sol quatre jours avant l’incendie en vue d’être restaurées. Ces statues sont aujourd’hui les seuls éléments subsistants de la flèche. Parmi les apôtres, Viollet-le-Duc s'est représenté en saint Thomas, patron des architectes. Il est le seul à se tourner vers la flèche; il contemple son oeuvre. Sur sa règle, Viollet-le-Duc a inscrit : "Non amplivs dvbito", c'est-à-dire "Je (ne) doute pas (de pouvoir faire) plus ample" (Hermetism.free Viollet-le-Duc architecte). Il sous-entend qu'il ne doute pas de pouvoir faire plus grand. Or, dans la tradition de l'Église, ceux qui sont enorgueillis de monter jusqu'au ciel en construisant la Tour de Babel, leur tour a été détruite (Genèse 11).

Notre Dame incendiée : premières questions
Notre Dame incendiée : premières questions
Notre Dame incendiée : premières questions
Notre Dame incendiée : premières questions

En résumé, tout ce qui était maçonnique dans la flèche de Viollet-le-Duc a été détruit, tout ce qui était catholique (l'autel de l'ancien rite, la Croix, le statue de la Vierge Marie, le coq avec ses reliques) a été retrouvé intacts ! Le diable porte Pierre.

 

Mais alors pourquoi le toit lui-même de la cathédrale a-t-il brûlé ? Notre manque de foi ne soutient plus la toiture. La "forêt" détruite (les poutres) peut symboliser la colère du Ciel pour la déchristianisation du peuple français. On ne peut pas s'empêcher de penser à Jean-Paul II qui lors de sa visite en France avait dit : "France, Fille aînée de l'Église, qu'as-tu fait de ton baptême?" 

Notre Dame incendiée : premières questions
Source: https://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-emporte-le-second-tour-avec-6606percent-des-voix-1159358.html

Source: https://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-emporte-le-second-tour-avec-6606percent-des-voix-1159358.html

Macron élu à 66,06%, cela ne s'invente pas !

Notre Dame incendiée : premières questions
Notre Dame incendiée : premières questions

Oui, la Fille aînée de l'Église est entre les mains des tenants de Lucifer, de ce symbole qui trône à l'Élysée lors des voeux de Emmanuel Macron à la nation, à l'arrière-plan du bureau présidentiel. C'est cet oeil, l'oeil qui surveille Macron et qui fait que la France est dévolue aux forces du mal au lieu de l'être aux forces du bien. 

Notre Dame incendiée : premières questions

Conclusion :

 

La charpente de la cathédrale a traversé 9 siècles, une guerre de religions, plusieurs révolutions antichrétiennes, deux guerres mondiales, mais n'a pas résisté à la "République", Ve du nom. 

Tout indique que le feu n'était pas "normal" :

1) Les travaux n'avaient pas encore commencé, les ouvriers en étaient aux préparations et aucun point chaud n'est envisageable.

2) Aucun court circuit relatif au travaux n'est possible. Le circuit était coupé, la boite fermée, la clé remise au responsable de la sécu.

3) Aucun court circuit relatif aux installation permanente (systeme anti incendie) n'est possible non plus, aucun raccord électrique dans les combles.

4) De plus même un court circuit n'aurait certainement pas suffit à mettre le feu.

5) L’accès au toit n’était pas très difficile; intrusions régulières

6) L'accès aux enquêteurs est interdit.

7) D'emblée les médias parlent d'accident au bout d'une heure "suite aux travaux". De même la justice ouvre d'emblée une enquête pour incendie involontaire ce qui revient a tirer une conclusion avant d'avoir commencé l'enquête. Pourquoi ?

Feu "qui s'est propagé très vite et de manière anormale", ou signe surnaturel d'avertissement, quoiqu'il en soit, à l'heure actuelle, il n'y a plus ni la flèche, ni la toiture, ni les quatre évangélistes, ni les Douze Apôtres : il n'y a plus de protection sur la France.

Prions pour que ce drame fasse réfléchir de nombreux Français.

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 19:28
Source: https://www.coulisses-tv.fr/index.php/divertissements/item/11670-“laissez-vous-guider-au-cœur-de-la-révolution“-avec-stéphane-bern-lorànt-deutsch-le-2-mai-sur-france-2

Source: https://www.coulisses-tv.fr/index.php/divertissements/item/11670-“laissez-vous-guider-au-cœur-de-la-révolution“-avec-stéphane-bern-lorànt-deutsch-le-2-mai-sur-france-2

Certains, se targuant de leur situation d’enseignants fonctionnaires, s’inquiètent de ce que les deux compères insistent trop lourdement sur les massacres de cette époque. Je les comprends tout à fait. Car ce n’est pas seulement le sang versé qui a servi à cimenter l’édification de notre régime, c’est plutôt un mélange de sang et de mensonge.

 

On serait tenté de relever au passage que « menteur » et « homicide » sont les deux caractéristiques que Jésus attribue à Satan (Jean 8), mais restons-en à la science historique.

 

Ceux qui s’alarment devraient, au contraire, se réjouir devant la perspective d’être libérés du grand mensonge.

 

Souvenons-nous, par exemple, de M. Mélenchon, avec toute sa fougue d’orateur, citant pompeusement à la tribune de l’Assemblée le prétendu « carnet intime » de Louis XVI, tout simplement parce qu’il ignore encore que ce « carnet » n’a jamais existé, que c’est une forgerie du régime.

 

Il est toujours souhaitable qu’en politique comme en d’autres matières, chacun se détermine librement, et pour ce faire, il convient que les opinions ne soient pas sournoisement orientées par la propagande subie dans les centres d’éducation nationale. Cela permettrait, par exemple, à beaucoup de gilets jaunes de cesser de brandir, comme signe d’émancipation, les symboles mêmes de ce qui les opprime.

 

Source: Boulevard Voltaire, Yves-Marie Adeline

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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 19:10
Commémoration du centenaire de 14 - 18 : À Paris, Trump ne serre pas la main de Porochenko (vidéo)

 

Donald Trump n’a pas serré la main de Piotr Porochenko, malgré le sourire de salutation du Président d’Ukraine avant la cérémonie de photographie lors de la commémoration de la fin de la Grande Guerre à Paris. Il n’est toutefois pas évident de savoir si M.Trump n’a pas voulu saluer son homologue ukrainien ou s’il ne l’a tout simplement pas vu.

 

Lors de la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale qui se déroule ce dimanche à Paris, le Président ukrainien Piotr Porochenko n'a pas pu serrer la main de Donald Trump.

 

Avant la cérémonie de photographie collective, le locataire de la Maison-Blanche et son épouse Melania se sont déplacés le long du rang des chefs d'État et de gouvernement venus à la célébration et les ont salués. Après avoir serré la main d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel, le Président américain a pris place près de la chancelière allemande.

 

Quant à M.Porochenko, il a souri au chef d'État américain, qui n'a néanmoins pas réagi à ce geste de salutation de son homologue ukrainien. Ce dernier a dû rester dans le dos de M.Trump et d'autres hauts invités sans lui avoir serré la main.

Ce 11 novembre 2018, les chefs d'État et de gouvernement de près de 80 pays se sont rendus à Paris pour le centenaire de l'Armistice. Malgré un temps pluvieux, Emmanuel et Brigitte Macron ont en personne accueilli à l'entrée de l'Élysée, sourire aux lèvres, tous leurs hôtes sortant des voitures noires.

 

La cérémonie a commencé à 10h00 GMT par un cérémonial militaire sur la place. Ensuite, les hôtes ont continué les célébrations sous un abri installé pour l'occasion au pied de l'Arc de triomphe. Au total, plus de 120 dignitaires étrangers représentant les États belligérants de la Première Guerre mondiale, les Nations unies et d'autres organisations internationales seront réunis devant l'Arc de triomphe.

 

Source: Sputnik

 

Porochenko est un président mis en place par l'administration démocrate Obama en Ukraine lors d'un coup d'Etat soutenu par l'Union européenne en 2014 (ce qu'Obama a lui-même admis en 2015). Ce multilatéralisme est responsable d'une guerre civile qui a fait des milliers de morts en Ukraine, un pays ruiné au coeur de l'Europe. Une estimation du HCR en août 2014 a fait état de 190 000 personnes déplacées à l'intérieur de l'Ukraine. En septembre 2014, selon Le Figaro, 260 000 personnes avaient demandé l'asile ou un statut de réfugié en Russie.  "Selon les données des Nations Unies établies au 11 septembre (2014)", les hostilités avaient "fait environ 3200 morts et plus de 8000 blessés parmi les civils".  Le multilatéralisme d'Emmanuel Macron n'est pas garant de la paix pour tout le monde. Et le "nationalisme" de Trump n'est pour rien dans ce bilan. Les "années 30" semblent plus être celles des amis d'Emmanuel Macron que de Trump.

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 06:45

Article mis à jour le 26-12-2020

Statue de Thomas Jefferson devant le préambule de la Déclaration d'indépendance américaine (1776). Jefferson Memorial, Washington, D.C.

Statue de Thomas Jefferson devant le préambule de la Déclaration d'indépendance américaine (1776). Jefferson Memorial, Washington, D.C.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile. Timbre de la Poste 1989

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile. Timbre de la Poste 1989

Le bonheur est inséparable de la possession de la vérité.

Saint Augustin, Les Confessions, liv. Xe, chap. XXIII

Se persuaderait-on, par hasard, [...] que la monarchie renversée par des monstres doit être rétablie par leurs semblables ? [...] Pour faire la Révolution française, il a fallu renverser la religion, outrager la morale, violer les propriétés et commettre tous les crimes : pour cette oeuvre diabolique, il a fallu employer un tel nombre d'hommes vicieux, que jamais peut-être autant de vices n'ont agi ensemble pour opérer un mal quelconque. Au contraire, pour rétablir l'ordre, le Roi convoquera toutes les vertus. [...] Son intérêt le plus pressant sera d'allier la justice à la miséricorde. [...] Le rétablissement de la monarchie, qu'on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution.

Joseph de Maistre, Considérations sur la France, Préface de Pierre Manent, Omnia Poche, Paris 2017, p. 128; et 157.

Depuis longtemps déjà Louis XVI porte sur les évènements révolutionnaires un regard surnaturel. À ses yeux, le mal est spirituel et le remède ne peut être que spirituel.

Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 164.

Il y a deux conceptions religieuses de la manière d'agir sur le monde: la manière chrétienne et la manière millénariste. La manière chrétienne consiste à se changer soi-même pour se consacrer aux autres. [...] [L]a solution millénariste est de changer le monde en changeant la société, ce qui veut dire concrètement en changeant les autres par la contrainte et même la violence.

Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 138

Les Lumières ont parié – mais elles ignoraient en général que ce fut un pari – sur la possibilité de l'amélioration intellectuelle et morale de tous. La déclaration était l'un des instruments de ce pari.

Stéphane RIALS, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Pluriel Inédit, Hachette, La Flèche 1988, p. 17

Les droits de l'homme sont une discipline par nature fortement idéologique : on peut faire dire à la Convention une chose et son contraire.

Grégor Puppinck, Valeurs Actuelles - n°4343 du 20 au 26 février 2020, p 31.

Introduction

 

http://idata.over-blog.com/4/27/14/37/Visuels-Royalistes/1789--coup-d-etat-.JPGComme nos lecteurs le savent, 1789 marque non pas la prise du pouvoir par le « peuple souverain » (mythe républicain : souverain, le peuple ne l'a jamais moins été que sous leur « démocratie » dite « représentative »), ni l'avènement du « bonheur de tous » promis dans le préambule de la déclaration des droits de l'homme de 1789 ou dans la déclaration d'indépendance des États-Unis de 1776, mais un coup d'État d'une oligarchie (un petit nombre) animée d'un affligeant « désir de tout changer » (Jean de Viguerie, Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Robert Laffont, Bouquins, Paris 1995, p. 1134-1135.). 

Patrice Gueniffey, disciple de François Furet, considéré comme « l’un des meilleurs connaisseurs contemporains » de la Révolution et de l'Empire (André Larané, « Histoires de la Révolution et de l'Empire. Portraits et événements d'une époque oubliée », herodote.net, 28 avril 2017) a parfaitement défini cette oligarchie issue de 1789, en ces termes : 

« En théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions. [...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir P. Gueniffey, Le Nombre et la raison. La Révolution française et les élections, Paris, Éd de l'EHESS, 1993, p. 208-213.) En effet, la participation démocratique repose sur une présomption de compétence universelle, laquelle, associée au postulat spontané de la volonté collective, constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective". La toute-puissance de la "machine", ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne. Tout comme à l'intérieur de la société de pensée ou du mouvement jacobin, le pouvoir réel se trouve entre les mains du "cercle intérieur", [...] le peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie. [...] C'est bien pourquoi le jacobinisme [...], [s]'il incarne par son principe le fondement de la démocratie, il en dévoile aussi, à l'apogée de son influence, le mensonge : la dictature d'une minorité prétendant énoncer la volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple. » (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207).   

 

Le 23 août 2018, Edgar Cabanas, chercheur en psychologie et sciences sociales Max Planck Institute, et Eva Illouz, Professeure de sociologie Hebrew University of Jerusalem, ont publié un intéressant ouvrage intitulé « Happycratie. Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies », aux éditions Premier Parallèle, où ils évoquent une oligarchie consumériste, mercantile.

Dans un article pour Le Point du 24 août dernier, ils expliquent que le terme « happycratie », qu'ils ont forgé dans ce livre « s'attache avant tout à montrer comment, à l'ère du bonheur, sont apparus, de concert avec une nouvelle notion de la citoyenneté, de nouvelles stratégies coercitives, de nouvelles décisions politiques, de nouveaux styles de management, de nouvelles obsessions individuelles et hiérarchies émotionnelles.» « Ces dernières années, de nombreux écrits ont été consacrés à la question du bonheur, sous un angle critique, que ce soit par des sociologues, des philosophes, des anthropologues, des psychologues, des journalistes ou des historiens. Parmi les plus notables – et qui ont inspiré ces pages –, on pourra citer les travaux de Barbara Ehrenreich et Barbara Held consacrés à la tyrannie de la pensée positive, les analyses de Sam Binkley et William Davies des rapports entre bonheur et marché, ainsi que les réflexions de Carl Cederström et André Spicer sur l'idéologie du bien-être. »

Les deux auteurs indiquent que «si le présent ouvrage apporte une contribution à l'actuel débat, très vivace, sur le bonheur, c'est en vertu de sa perspective sociologique critique. Nous nous sommes appuyés ici sur les travaux que nous avons précédemment menés – des travaux consacrés aux émotions, au néolibéralisme et à la culture thérapeutique –, en creusant certaines idées déjà exposées ailleurs et en en introduisant de nouvelles, notamment quant aux rapports entre la poursuite du bonheur et les modalités d'exercice du pouvoir dans les sociétés capitalistes néolibérales

 

« Le bonheur est un marché très juteux. […] Poursuivre le bonheur, c'est avant tout, aujourd'hui, contribuer à la consolidation de ce concept en tant que marché très juteux, industrie et mode de vie consumériste envahissant et mutilant. Si le bonheur est devenu un moyen de gouverner notre vie, c'est parce que nous sommes devenus les esclaves de cette quête obsessionnelle.

Ce n'est pas le bonheur qui s'est adapté à nous, au clair-obscur et à la complexité de notre vie, aux ambiguïtés de nos pensées, mais bien le contraire : c'est nous qui nous sommes adaptés servilement à cette logique consumériste, qui avons consenti à ses exigences idéologiques aussi tyranniques que masquées, et qui avons accepté sans barguigner ses postulats étroits, réductionnistes et psychologisants. En prendre conscience pourrait causer une douloureuse déception chez certains, au regard des attentes que les chantres du bonheur ont fait naître. Mais ne pas en prendre conscience, ne pas envisager ces questions sous un angle critique, c'est laisser la voie libre à la grande machinerie du bonheur.»

 

« [D]ans sa forme et ses usages actuels, le bonheur est un puissant outil pour les organisations et les institutions – un outil qui leur permet de construire des travailleurs, militaires et citoyens bien obéissants. À notre époque, l'obéissance adopte la forme d'un travail sur le moi et d'une maximisation de ce moi

« Aux XVIIIe et XIXe siècles, poursuivent Edgar Cabanas et Eva Illouz, la revendication au bonheur avait un parfum de transgression ; la ruse de l'Histoire a fait ensuite de ce bonheur un instrument au service du pouvoir contemporain.

Précisons tout de suite que la recherche du bonheur n'est pas en soi une mauvaise chose, c'est même une chose naturelle. Mais les auteurs perçoivent une première incohérence de la pursuit of happiness des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789 : « S'il (le bonheur) était d'une telle évidence, comme l'ont infatigablement affirmé les scientifiques du bonheur, nous n'aurions pas besoin de spécialistes pour l'approcher.

Et quand bien même s'imposerait un jour la nécessité d'un savoir-faire en la matière, il nous semble qu'il est chose trop importante pour être abandonné à une science réductionniste, incertaine, se caractérisant par des préjugés idéologiques, par un manque total d'autonomie par rapport au marché et à la politique technocratique, qui la recycle sans grands scrupules, et par sa promptitude à se prosterner devant le monde de l'entreprise, celui de l'armée, et l'éducation néolibérale.»

Nous verrons que l'on peut tenir le même argument s'agissant de la constitutionnalisation de la liberté et de l'égalité...  Si ces deux valeurs étaient si naturelles, pourquoi avons-nous besoin de les écrire ? Par ces réflexions, nos auteurs produisent ici un véritable ouvrage « contre-révolutionnaire » au bon sens du terme, en ce sens qu'ils portent un regard critique sur le système politique issu des Lumières et les déclarations des droits de l'homme.

 

« Tout incite à se méfier de ceux qui prétendent détenir les secrets du bonheur, » préviennent les auteurs; en effet, on doit se méfier des marchands de sommeil, surtout si ces secrets du bonheur sont utilisés à des fins politiques ! Or, c'est précisément le cas des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789. Elles ont été rédigées par des grands partisans du commerce et du libéralisme anglo-saxon, dans le but de promouvoir le commerce et la main invisible qui devrait nous conduire au bonheur et au bien-être matériel. On peut appeler cela la politique de la carotte ! Nous verrons plus bas avec Mona Ozouf que la démocratie moderne, ainsi, se « condamne [...] à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre ! » C'est-à-dire pas grand chose. Et au final une grande désillusion et une défiance généralisée envers les institutions.

 

« De façon plus fondamentale [...], s'il nous faut absolument nous méfier des apôtres du bonheur, c'est parce qu'en dépit de leurs sempiternelles promesses de nous remettre les clés de la bonne vie, ces clés restent et resteront parfaitement introuvables.»  Sur ce point les auteurs ont tort : nous verrons plus bas (par des citations bibliques) que la sainte Bible nous donne les clés pour trouver le bonheur (en Dieu), mais ce bonheur est toujours libre; il respecte notre libre arbitre, et il n'est pas obligatoire comme dans la religion des droits de l'homme.

 

« Alors qu'il est bien difficile de déterminer le nombre exact de personnes qui sont persuadées d'avoir concrètement bénéficié de leurs conseils, les praticiens de la psychologie positive, les économistes du bonheur et les autres professionnels du développement personnel ont touché et continuent de toucher de leur activité des revenus absolument considérables,» poursuivent les auteurs. « [...] Les scientifiques et spécialistes du bonheur s'expriment souvent comme s'ils l'étaient, parlant à n'en plus finir de “découvertes révolutionnaires”, de “preuves irréfutables” ou encore d'“acquis incontestés”. Il est vrai que tout ce qu'ils disent n'est pas faux. Le problème est qu'ils se contentent très souvent de reformuler dans un jargon sentencieux et solennel ce qui est tout simplement – dans le meilleur des cas – du bon sens.

 

Le problème est surtout que ces lieux communs sont accueillis avec une surprenante facilité par de nombreuses personnes très disposées à y croire, en dépit du vaste corpus scientifique qui met en garde contre elles, solides arguments à l'appui.» 

 

« Comme a pu l'écrire Terry Eagleton (théoricien critique de la littérature britannique, actuellement considéré comme l'un des plus influents du monde britannique) il est sûr que nous avons besoin d'espoir, nous n'avons certainement aucun besoin de l'optimisme tyrannique, conformiste et presque religieux qui accompagne désormais l'idée de bonheur. »

 

Et les auteurs définissent cet espoir qui laisse une large place au libre arbitre que la philosophie des Lumières tend à éliminer : « L'espoir dont nous avons besoin se fonde sur l'analyse critique, la justice sociale et une politique qui ne soit pas paternaliste, qui ne décide pas en notre nom de ce qui est bon pour nous et qui, loin de vouloir nous épargner les difficultés de la vie, nous y prépare – non en tant qu'individus isolés mais en tant que société

 

« L'industrie du bonheur qui cherche aujourd'hui à prendre le contrôle de nos subjectivités est l'équivalent contemporain de la “machine à expériences” de Robert Nozick, qu'un Aldous Huxley put en son temps mettre en scène à sa façon, à travers le roman [Le Meilleur des mondes, NDLR].

 

La justice étant la vertu qui rend à chacun ce qui lui appartient, il reste cet espoir d'une société qui nous rende notre libre arbitre : « [c]e sont la justice et le savoir, non le bonheur, qui demeurent l'objectif moral révolutionnaire de nos vies », concluent les deux chercheurs dans l'article du Point.

 

Edgar Cabanas et Eva Illouz ont vu juste :  S'il (le bonheur) était d'une telle évidence, comme l'ont infatigablement affirmé les scientifiques du bonheur, nous n'aurions pas besoin de spécialistes pour l'approcher. »

 

Les révolutionnaires d'Amérique ou de France, remplis de préjugés francs-maçonniques, prétendent que la politique doit se charger (pour nous) de nous montrer où est le bonheur public : dans le respect des droits de l'homme. Raisonnement circulaire parfaitement totalitaire aux conséquences tragiques.

 

Ainsi, "'La richesse et la pauvreté étaient destinées à disparaître dans un régime d'égalité', lit-on dans un décret de la ville de Paris en novembre 1793, et : 'Il ne faut plus ni riches ni pauvres. L'opulence est une infamie,' dirait Saint-Just cette même année. ... Montesquieu et Rousseau - d'accord sur ce point - avaient raison. La démocratie, pour être effective, avait besoin d'une égalité qui dépasse le seul plan des droits, pour arriver à toucher la substance de la vie matérielle des citoyens." (Aldo SCHIAVONE, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle" (traduit de l'italien par Giulia Puma, Fayard, L'épreuve de l'histoire, Saint-Amand-Montrond 2020, p. 153.)

 

Outre le décalage sans cesse croissant entre les promesses de bonheur (le pouvoir du bonheur ou happycratie) et la réalisation inexistante, des personnes qui se suicident, une crise de l'autorité, une sécession des citoyens (leur désaffiliation bien analysée par le géographe Christophe Guilluy dans son dernier livre No Society, le "There is no society" de Margaret Thatche en 1987, la société, ça n’existe pas...), les contradictions internes des droits de l'homme détruisent la société (ce qui fait le lien social) : il n'y a plus de société.

Et dans ce contexte aujourd'hui d'une société française qui n'existe plus, comme le proposait en son temps François Furet avec son livre Penser la révolution française (1978), il est urgent de penser l'impasse des droits de l'homme.

 

Le sujet est vaste, il ressortit à plusieurs disciplines (philosophie, histoire, sociologie, psychologie.) Dans un but de recherche des moyens qui rendent possible la vie en société, et devant la destruction généralisée du lien social, cet article se propose de présenter l'optimisme philosophique des hommes des Lumières, l'impasse de la « religion des droits de l'homme », et d'en apporter les premiers remèdes.

 

Lire aussi"La crise de la démocratie n'est pas liée à nos institutions. Ça va mal dans toutes les sociétés occidentales !" (Henri Guaino)

 

 

La recherche politique du bonheur et la disparition mécanique du libre arbitre : l'individu effacé

 

 

La recherche d'un Âge d'or et la quête du bonheur sont les fondements des droits de l'homme des « Lumières »

 

« "La science divine de la politique est la science du bonheur social", écrivait un de nos premiers apôtres scientifiques du bonheur, John Adams (futur deuxième président des États-Unis après G. Washington), dans Pensées sur le Gouvernement en janvier 1776. » (Cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, p. 325.) 

 

Le Dictionnaire de la philosophie de Didier Julia (Larousse, Sciences de l'homme, Evreux 1992) définit le terme « Lumières » (p. 227) ainsi : « [...] couramment, quand on parle de progrès de la civilisation, de la nature humaine, il s'agit d'un progrès vers le Bien: vers l'accroissement des connaissances de l'esprit, du bonheur de l'homme. La croyance au progrès était un des principes de l'esprit encyclopédique au XVIIIe siècle, du positivisme au XIXe siècle: par progrès, les philosophes du XVIIIe siècle (Diderot, Voltaire, les encyclopédistes) n'entendaient pas seulement un progrès de sciences, mais surtout un progrès social dans le sens des libertés politiques et du bien-être économique. » Dès le départ, on note l'importance donnée à l'économique et à un mouvement indéfini de progrès.

 

« Au XVIIIe siècle, les philosophes écartent la Révélation (autrement dit... la Bible. NdCR.), devenue synonyme d'obscurantisme et de superstition: le mot Lumières est systématiquement appliqué à l'activité intellectuelle et culturelle de l'homme.

« [...] Les Lumières sont donc le seul moyen de parvenir au bonheur, but de l'existence humaine, accessible à tous, puisque la raison éclaire tous les hommes. Rejetant l'autorité, la tradition, la raison se fonde sur l'expérience. Partant du réel, et non de principes a priori, elle observe, analyse, compare et cherche à découvrir les lois de la nature en s'efforçant de discerner la vérité de l'erreur. » (Guy Cabourdin, Georges Viard, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 203.)

 

Jean Ousset

Or « cette "évolution" [...], ne suffit-il pas qu'on l'examine d'un peu près pour constater qu'elle est le fruit d'un effort organisé de la subversion ? Envisagé sous cet angle, rien n'est moins naturel que ce prétendu cours "naturel" des évènements. Jamais peut-être leur déroulement ne fut aussi minutieusement et farouchement préparé et conduit par la volonté révolutionnaire d'un petit nombre d'hommes ! (l'oligarchie.) 

« Loin de parler d'évolution naturelle de l'histoire, ce sont les violences faites à ce cours de l'histoire que nous aurions profit à étudier !

« Qu'on jette un regard attentif sur l'enchaînement des principaux évènements depuis 1717 (date de la création de la Grande-Loge d'Angleterre, avènement officiel de l'institution maçonnique) n'y voit-on pas, au lieu de fonctionnement harmonieux de lois naturelles, les violences répétées qu'on sut faire à l'ordre des choses une foule de sectes et d'agents subversifs ? » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, DMM, Niort 1998, p. p. 409.) Voilà le décors planté : une promesse de bonheur économique, la carotte du progrès, une évolution spontanée qui n'est en réalité que le plan des hommes religieux des Lumières.

 

La première application de ce matérialisme philosophique des Lumières se trouve dans la Déclaration d'Indépendances des 13 États unis d'Amérique du 4 juillet 1776. Thomas Jefferson, assisté de Benjamin Franklin et de John Adams, était le principal rédacteur de cette déclaration, par laquelle les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord firent sécession de la Grande-Bretagne. Elle énumérait les « droits inaliénables » :

 

«Nous tenons pour totalement évidentes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur" (the pursuit of happiness), et la sûreté (ou droit à la sécurité). « Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. [...] [L]orsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 339.)

 

 

« À partir du 5 septembre 1774, un premier Congrès continental réunit au Carpenter's Hall de Philadelphie les cinquante-cinq délégués de douze des treize colonies (la géorgie mise à part). Parmi eux on remarquait quelques brillantes figures qui allaient s'illustrer dans la guerre d'Indépendance: George Washington et Patrick Henry pour la Virginie, John Adams pour le Massachussets, John jay pour New York, John Dickinson pour la Pennsylvanie. Dans uen ardente effervescence [...] on décida le boycott généralisé des produits anglais, la levée d'une armée de volontaires et l'achat d'armes en Europe. On ne revendiquait pas encore l'indépendance mais les "libertés américaines". Le Congrès se dota d'une sorte de bras armée, l'Association continentale, ligue patriotique destinée à former des comités locaux et à lever des milcies.

Un article en anglais d'un site maçonnique mentionne : "CARPENTER'S HALL [...] Parmi ses membres, il y avait des maçons, des tailleurs et divers artisans, un certain nombre d'entre eux appartenant à des loges maçonniques de Philadelphie. Le frère Robert Smith, l'un des architectes les plus parfaits de l'Amérique a conçu la salle des charpentiers, ainsi que le Christ Church steeple et d'autres importants bâtiments, dont la maison du frère Benjamin Franklin sur la rue haute (marché)...»  (Fin de citation) (source: http://www.masonicworld.com/education/files/apr02/include/masonic%20sites%20in%20philadelphia.htm)

 

Au 1er janvier (1775), leurs membres arborèrent leur nouveau drapeau, portant en alternance des bandes rouges et blanches, sur lesquelles se superposa en haut du côté de la hampe un canton d'azur couvert d'un cercle de treize étoiles, symbole des treize colonies (ce drapeau sera officiellement adopté le 14 juin 1777 par le Congrès). [...] Une seule nation, plusieurs États formant d'abord une confédération puis, à partir de la Constitution de 1787, une fédération» (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 364.)

 

« L'Amérique moderne, c'est un rêve que fit l'Europe du dix-huitième siècle et que réalisèrent […] le vingtième siècle et les États-Unis.

[…] Cette civilisation matérielle, […] orientée vers le bien-être, appuyée sur l'optimisme, et soumise avant tout à la disciple du travail utile, c'est l'idéal même du dix-huitième siècle philosophique franco-anglais.

 

[...] Cette frénésie de travail, ce goût pour l'action qui fait toujours oublier le repos, le loisir, les plaisirs, et qui remplace même le sens de la jouissance par celui du jeu, c'est la discipline même que patronnèrent les philosophes français du dix-huitième siècle. Le plus spirituel d'entre eux, M. de Voltaire, [...] concluait que rien n'avait de prix ni de sens, sauf le travail : "Cultivons notre jardin", disait Candide, et il ne voulait plus qu'on se laissât aller au rêve, à la philosophie, à la pensée, à l'amour même. "Cultivons", disait Candide. "Travaillons, reprenait tout le dix-huitième siècle en choeur.

 

[…] Le dix-huitième siècle prêcha que l'homme devait se préoccuper moins d'être et davantage de faire.  Il substitua à la vertu spirituelle, et intérieure la vertu bienfaisante et sociale, à l'acte moral accompli sous le regard de Dieu l'action ultime accomplie sous le regard des hommes. Il arracha les moines de leurs cellules, les savants de leurs laboratoires, les gens du monde de leurs salons pour en faire des politiciens, des industriels et des journalistes. 

 

[...] En Amérique, [...] Nous le voyons aujourd'hui: l'activité y règne en maître, le travail est sa discipline et la réussite pratique son but.. Tout a été sacrifier pour encourager et exalter le travail; la machine permet à l'homme de multiplier à l'infini l'efficacité de chaque geste. Politiciens, prêtres, juges, professeurs, écrivains, femmes et enfants, tout se plie à la règle, chacun se hâte, chacun agit. C'est l'apothéose du travail utile. Et c'est une catastrophe... » 

 

[...] En 1933, deux siècles après que l'Europe philosophique a commencé son pêche, l'Amérique, sa docile élève, offre l'image d'un pays qu'un cyclone a dévasté; les usines sont vides et silencieuses; 20 millions de chômeurs; [...] les riches continuent de travailler, et chaque objet qu'ils produisent ajoute au désarroi de l'univers... »

 

Triste bilan que l'explosion des inégalités... au pays qui déclara le premier l'égalité des droits ! « L'Amérique a fait faillite, dit-on. Soit. Mais l'Amérique qui a fait faillite c'est celle que le dix-huitième siècle européen avait inventée et façonnée. Elle commença comme un rêve, elle finit par un cauchemar. » (Bernard Faÿ, Roosevelt et son Amérique, Librairie Plon, Paris 1933, p. 10-12.)

 

« La Déclaration (d'Indépendance) fut saluée un peu partout par force réjouissances; à Philadelphie, le 8 juillet (1776) on proclama l'entrée dans une ère de liberté, au son du canon.» (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 194.)

 

Avant d'être adoptée, la déclaration d'Indépendance avait été « bloquée par la délégation de Pennsylvanie, toujours temporisatrice. On ne pouvait rien faire sans elle. Franklin décida de lui forcer la main.

« Malgré la campagne d'opinion et le Sens commun les citoyens avaient réélu en mai 1776 une énorme majorité de ces tièdes. Ce parti tenait la colonie et on ne pouvait le briser par des moyens parlementaires. On en employa d'autres. Franklin et ses amis utilisèrent les Loges qui répandaient dans la haute bourgeoisie une doctrine libertaire et les "Associateurs", c'est-à-dire ces volontaires, boutiquiers et ouvriers, qui groupés dès 1749 par Franklin, formaient la police bénévole de Pennsylvanie. Seuls de toute la population ils étaient armés et entraînés. Ils étaient patriotes aussi. [...] Sous l'autorité de leur vieux maître et organisateur Franklin ils réunirent des meetings pour protester contre l'attitude des parlementaires de Pennsylvanie (mai, juin 1776) et de leur délégation au Congrès. Puis une convention préliminaire s'assembla par leur soin (19 juin), qui prépara et fit exécuter une élection (8 juillet). Tous les membres de l'Association, qu'ils qu'ils fussent, y furent électeurs et éligibles, tandis que les autres citoyens devaient montrer patte blanche, il leur fallait démontrer leur "patriotisme" et faire preuve d'une fortune relativement considérable. On eut donc de "bonnes élections". La convention provinciale ainsi élue, se réunit aussitôt et commença son travail (15 juillet) qui consistait à administrer la province et à lui donner une constitution. Son premier acte fut de choisir Franklin comme président [délégué au Second Congrès Continental organisé du 10 mai 1775 au 1er mars 1781. En 1785, de retour aux États-Unis après avoir été ambassadeur en France de 1776 à 1785, il sera de nouveau élu pour trois ans président du Conseil exécutif de Pennsylvanie et participera en 1787 à la rédaction de la Constitution américaine à Philadelphie (Pennsylvanie), avant de mourir en 1790], puis elle le nomma représentant de la Pennsylvanie au Congrès en lui adjoignant une délégation fort patriote. Ainsi la difficulté était tournée. L'Assemblée, atteinte au coeur, protesta avec éloquence, lutta avec noblesse et mourut d'inanition. Grâce à cette manoeuvre, le Congrès avait pu enfin voter une Déclaration d'Indépendance (4 juillet 1776). Ce texte, rédigé par Jefferson et corrigé par Franklin, était destiné à servir de signe de ralliement pour les Américains et à répandre par le moindre cri de guerre de la nouvelle République. Il était avant tout un texte de propagande, d'où son caractère si curieux et si ambigu. Jusqu'alors les Américains avaient combattu le Ministère et le Parlement, ménageant au contraire le Roi comme innocent et comme leur suprême ressource. Maintenant, soudain, ils se tournaient contre lui et l'invectivaient. » (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 152-154.)

 

Lors de son ambassade en France, « Franklin alla s'établir sur la jolie colline de Passy auprès de Paris. [...] Passy était le centre d'une chapelle philosophique, économiste et franc-maçonne. les Loges y travaillaient activement, à la fois à l'écart de la grande ville et proches d'elle. Or, [...] la franc-maçonnerie française, [...] sous l'impulsion de la famille d'Orléans, se réorganisait et essaimait partout. 

« Comme philosophe et comme déiste, Franklin fut des leurs immédiatement et ils furent tout acquis à lui. C'était là un poste d'observation et un poste de commandement d'où il lui était facile de faire de la bonne besogne. Ainsi, lui était garanti l'accès aux journaux; car ceux de France, contrôlés officiellement par le gouvernement, étaient en pratique rédigés par des maçons et des Philosophes : Morellet, Suard, La Dixmerie, tous amis de Franklin, étaient de ceux-là. La plupart des journaux français publiés hors de France étaient possédés et rédigés par des Maçons. Sans coup férir Franklin eut ses entrées à la Gazette de France, au Mercure de France, aux Affaires de l'Angleterre et de l'Amérique, feuille de propagande publiée par le Ministère français pour houspiller les Anglais; il fit insérer tout ce qu'il voulait au Courrier de l'Europe, à la Gazette de Leyde, qui passait pour la meilleure d'Europe, à la Gazette Française d'Amsterdam, au Courrier du Bas-Rhin. Pour ce travail il avait des collaborateurs illustres, le duc de La Rochefoucauld, l'abbé Raynal (le philosophe français le plus en vue du temps), un certain abbé Niccoli, ministre à Paris du grand-duc de Toscane, Courtney Melmoth, polygraphe et acteur anglais, qu'il avait à sa solde. Mais surtout il mettait lui-même la main à la pâte. Dès 1777 circulaient en manuscrit et paraissaient furtivement deux petits écrits de source inconnue, mais de facture révélatrice: Comparaison entre la Grande-Bretagne et les États-Unis en ce qui touche le crédit des deux pays. - Lettre du comte de Schaumberg au baron Henhendorff, commandant les troupes hessoises en Amérique. [...] Par ses affiliations philosophiques et maçonniques, Franklin avait accès à des organes tels que le Journal de Paris, la feuille à la mode en France à cette époque. [...] Membre de la loge des Neuf Soeurs, il en était aussi le Vénérable (1779-1781). Il guidait leurs activités. [...] La loge des neuf soeurs n'avait point tardé [...] à grouper tous les esprits hardis de France: officiers, magistrats, écrivains, artistes, philosophes. » (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 179-180; 213; 251-252.)

 

En tant que « père fondateur » du pays, l'effigie du frère Franklin a figuré sur plusieurs timbres d'usage courant, dont le cinq cents brun, un des deux premiers timbres des États-Unis. Son effigie apparaît sur le billet de cent dollars.

 

 

« La devise E Pluribus unum  (« un seul à partir de plusieurs » ou dans une traduction plus directe « De plusieurs, un ») remonterait à  l'été 1776, lorsque Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams reçurent mission de trouver un sceau de la nouvelle nation. Ils se tournèrent vers un artiste d'origine genevoise Pierre-Eugène Du Simitière. Franlin avait proposé un Moïse étendant les mais sur les eaux déferlant sur le pharaon avec cette légende : "La rébellion contre les tyrans et l'obéissance à Dieu." Adams avait choisi un jugement d'Hercule, d'après une gravure de Simon Gribelin, tandis que Jefferson songeait aux Israélites dans le désert, et à Hengist et Horsa, les deux dirigeants légendaires des premiers Anglo-Saxons en Grande-Bretagne. Finalement, le choix se porta sur un oeil dans un triangle très maçonnique - que l'on retrouve sur les billets de banque. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., note 2, p. 467.)

 

Grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States), recto

 

 

Grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States), verso

 

Le grand sceau des États-Unis (Great Seal of the United States) est utilisé pour prouver l'authenticité de certains documents au sein du gouvernement américain. C'est en 1782 qu'il a été utilisé publiquement pour la première fois.

 

Billet de un dollar américain

 

Le grand sceau figure sur le verso du billet de un dollar américain. À la suite d'une décision de Franklin D. Roosevelt, président au moment de sa conception en 1935, le sceau y figure inversé ; le verso du sceau (la face qui inclut l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide) est à gauche et le recto à droite.

 

Si « la déclaration d'Indépendance mentionnait encore en 1776 des "lois de la nature et du Dieu de la nature", [r]ien de tel une dizaine d'années plus tard dans la Constitution ou dans le Bill of Rights. » (B. Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 317.)

 

Bernard Cottret ajoute : « Le caractère séculier de la société américaine [...] intéresse [...] les historiens : ne doit-on pas admettre le caractère partiellement mythique du passé puritain ? Jean Delumeau avait mentionné voici plusieurs années l'illusion rétrospective qui consiste à créditer les siècles passés de ferveur, en soulignant par contrecoup la déchristianisation ultérieure. Il n'est pas sûr que la société américaine ait toujours été aussi chrétienne qu'on a pu le prétendre, et les études récentes tendraient à démontrer que l'évangélisme conquérant des XIXe-XXe siècles a passablement brouillé les repères.

 

[...] Il faut renoncer désormais à la thèse d'un retrait linéaire du sacré, caractéristique de la modernité. [...] Le cas américain l'illustre parfaitement : [...] l'on n'est pas passé d'un monde saturé par le sacré à un monde de plus en plus profane. C'est exactement l'inverse : les États-Unis sont à tout prendre moins laïcs de nos jours qu'ils ne l'étaient lors de la Révolution. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 318.) Toute la question est de savoir quelle religion a remplacé quelle autre ? « Ainsi l'historien P. Maier note-t-elle fort justement la sacralisation croissante de la déclaration d'Indépendance depuis deux siècles. » (Pauline Maier, American Scripture, Making the Declaration of Independence, 1997, New York, Vintage 1998, p. IX, cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., note 70, p. 477.) 

 

« La Révolution américaine dut beaucoup plus à la philosophie des Lumières qu'à l'influence de la Bible. Elle demeure l'un des temps forts de la sécularisation des mondes modernes, tout en accouchant d'une "religion civile" prompte à vouer un culte à ses grands hommes. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 318.) Et en effet, la Révolution américaine, comme la Révolution française, méconnaissent les fondements bibliques du bonheur que sont la recherche de Dieu (« connaître le Dieu saint » Pr. 9:10) et le respect des commandements divins.

« Le "modèle américain" est, comme chez nous la République, un "produit du siècle des Lumières", qui puise dans le même fonds commun politique et philosophique... » (D. Lacorne, L'Invention de la République, Hachette, Paris 1991, p. 10 in Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 13.)

 

 

« Turgot [...] reprochait [...] aux Anglais, [...] d'avoir oublié la "science la plus intéressante de toutes, celle du bonheur public. » (Turgot, Lettre à R. Price, 22 mars 1778. Appendice à H. G. Riqueti, comte de Mirabeau, Considérations sur l'ordre de Cincinnatus, , p.  187)

 

« La quête du bonheur devenait ainsi le fondement de ce que l'on allait appeler peu après les droits de l'homme. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, ibid., p. 185; 429 note 14.) Le bonheur se définissait désormais comme matérialiste, par la possession des biens de ce monde, l'importance de l'économique et la recherche du commerce :

 

« Et un autre observateur français de surenchérir : "Le droit naturel est le droit de l'homme à son plus grand bonheur possible." (C. Guilloton-Beaulieu, Influence du despotisme de l'Angleterre sur les deux mondes, Boston, 1781, p. 11. Et l'auteur de poursuivre: "La satisfaction intérieure de l'âme, qui naît du libre et paisible exercice de ce droit, ainsi que de la possession des biens, des avantages légitimement acquis, est le bonheur. C'est ce mobile impérieux qui est le principe de toutes les actions. Mais l'homme se trompe souvent dans le choix des moyens qui conduisent vers ce but." Et encore: "L'origine des lois naturelles date de ce droit de l'homme. Ces lois sont des règles de direction qui indiquent la route du bonheur; et celui qui veut ardemment la fin d'une chose doit aussi en vouloir les moyens.")

« L'orgueil de l'homme, l'esprit du mal, la révolte contre Dieu » (Gustave Bord), dans la société moderne

 

Dès 1787, le futur conventionnel « Jacques-Pierre Brissot, exhortait les Français à s'intéresser à un pays (les États-Unis) dont le destin lui paraissait prometteur "pour le bonheur de la France.

[...] Le but de Brissot était nettement d'encourager les Français à "renoncer à leur langueur pour le commerce de l'Amérique" en exportant outre-atlantique une partie de leur production. [...] Chaque fois que l'on parle de la conception américaine du bonheur, c'est pour délivrer la vie économique de ses entraves. Le plaidoyer de Brissot possède déjà toute la rhétorique empruntée de la Lettre aux actionnaires de quelque multinationale de notre temps... » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 10.) 

 

« Quant à l'abbé Sieyès, il devait s'exclamer en juillet 1789 : "L'objet de l'union sociale est le bonheur des associés." » (Orateurs de la Révolution française, F. Furet, R. Halévi, Gallimard, La Pléiade, Paris 198, I, p. 1008, in B. Cottret, La Révolution américaine, ibid.,,  note 3, p. 363.) Et pour la poursuite de ce bonheur des associés, quoi de mieux que la théorisation du gouvernement représentatif ? (Sieyès, Discours du 7 septembre 1789.) Commerce et démocratie représentative vont ensemble. Au XIXe siècle, François Guizot aurait dit : « Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne et vous deviendrez électeurs.» Comme si devenir électeur était la nouvelle fin de l'homme, les révolutionnaire qui ont inventé la démocratie nous disent de nous occuper de rien : ils s'occupent pour nous de notre bonheur !

Cette prétention des Lumières à représenter les citoyens plongés dans l'obscurantisme (élitisme maçonnique millénariste) est tout sauf démocratique, parce que l'idée des Lumières est que seuls ceux qui ont les Lumières ont le droit de s'exprimer et de décider pour les autres; les autres sont dans les Ténèbres et il faut leur imposer les Lumières s'ils n'en veulent pas. C'est l'autoritarisme de la Révolution française où un Robespierre prétend avoir les Lumières et impose aux autres l'obéissance à sa liberté (ou la guillotine). On retrouve ce type de raisonnement dans pratiquement tous les processus révolutionnaires qui sont des révolutions menées par des athées rationalistes, des scientistes. Ce qui est paradoxal puisque les défenseurs des Lumières sont précisément ceux qui prétendent défendre la démocratie.

 

 

On remarquera ainsi que dans la soit-disant société démocratique, jamais les Français n'auront été informés ni prévenus de qui est cet Être suprême qui pourtant chapeaute leur droit, à la tête même de la déclaration dite des droits de l'homme; depuis deux siècles, ils vivent sous les « auspices de l'Être suprême » sans qu'il y ait eu aucune discussion à ce sujet pour savoir si ce dieu était le vrai Dieu... Dans le projet jacobin de 1789, la centralisation a la première place, tôt ou tard le bonheur est garanti, et les Français ne sont que des administrés qu'il faut éclairer des Lumières de ceux qui ont la connaissance. Une petite élite connaît la vérité, (ou qui croit la connaître) et elle est chargée de communiquer cette soit-disant connaissance, à nous les profanes (sic vocabulaire maçonnique) qui sommes plongés dans les ténèbres (re sic vocabulaire maçonnique). 

 

 

En France, en 1789, le « Dieu de la nature » des philosophes commence par être remplacé dans le préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen par les « auspices de l'Être suprême » maçonnique.

 

« Le profane, en effet, celui qui est dans les ténèbres, fait partie d'une humanité différente d'un monde maçonnique; lui n'est pas un égal; c'est à peine si le maçon le considère comme une plante de la vaste pépinière dont il sélectionne les rejetons; mais afin de déterminer les vocations, il contamine la pépinière entière en la développant en vue des doctrines qui doivent dominer en lui; en faisant naître chez le profane des doutes au sujet de ses croyances religieuses, il le conduit ainsi à la religion maçonnique. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 99.)

 

Que devient notre libre arbitre ? Dans les étapes que le maçon doit parcourir pour gagner ses grades, l'historien Gustave Bord précise cette inégalité dans la conduite du profane par le maçon : « ce qu'il faut qu'il (le maçon) comprenne, c'est comment on conduit les hommes, comment on les fait concourir, malgré eux, à la prospérité de l'Ordre. On leur explique comment un petit groupe organisé en aristocratie secrète mène la foule non-organisée; comment un pouvoir occulte, irresponsable mais actif, mène le pouvoir responsable et le rend le principal artisan de sa décadence et de sa mort. On leur apprend que les vices de l'humanité sont les grands leviers des habiles; que, dans la pratique, on ne rencontre qu'un obstacle : la révolte de la conscience humaine, cette chose qu'ils n'ont pu saisir ni comprendre dans les deux premières chapelles, et que tout l'art consiste à endormir cette conscience pour l'empêcher de se révolter. On leur apprend que lorsqu'il suffira à l'homme de déposer un bulletin anonyme dans une urne pour entretenir ses vices et flatter son orgueil, il le mettra.

Lorsque l'initié saura tout cela, il sera un maçon parfait; sa mentalité maçonnique sera parachevée. [...] Voilà ce qu'au XVIIIe siècle on appelait le travail de loge. Voilà comment au nom de l'égalité, le maçon escamotait cette égalité à son profit. Il veut l'égalité entre initiés, il veut l'égalité entre profanes, mais il ne veut pas l'égalité entre initié et profane. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 200.)

 

Le président catholique américain John Fitgerald Kennedy pointa le problème d'une société qui détruit le libre-arbitre dans un discours du 27 avril 1961 au Waldorf Hastoria Hotel :

 

« [W]e are opposed around the world by a monolithic and ruthless conspiracy that relies primarily on covert means for expanding its sphere of influence--on infiltration instead of invasion, on subversion instead of elections, on intimidation instead of free choice, on guerrillas by night instead of armies by day. It is a system which has conscripted vast human and material resources into the building of a tightly knit, highly efficient machine that combines military, diplomatic, intelligence, economic, scientific and political operations.

 

« Its preparations are concealed, not published. Its mistakes are buried, not headlined. Its dissenters are silenced, not praised. No expenditure is questioned, no rumor is printed, no secret is revealed. »

 

Traduction :

 

« Nous sommes confrontés dans le monde entier à une conspiration monolithique et impitoyable qui s'appuie d'abord sur des moyens secrets pour étendre sa sphère d'influence, par l'infiltration plutôt que l'invasion, la subversion plutôt que les élections, et l'intimidation au lieu du libre-arbitre.

C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable, elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignement, économiques, scientifiques et politiques.

Leurs planifications sont occultées et non publiées. Leurs erreurs sont passées sous silence ou non relayées par la presse. Leurs détracteurs sont réduits au silence et leurs avis non sollicités. Aucune dépense n'est remise en question, aucun secret n'est révélé. »

sources: https://www.jfklibrary.org/Research/Research-Aids/JFK-Speeches/American-Newspaper-Publishers-Association_19610427.aspx

et 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_John_Fitzgerald_Kennedy#Le_Président_et_la_Presse_(27_avril_1961) 

 

Entre les élites (maçonniques), c'est-à-dire dans le jargon de la religion maçonnique, ceux qui savent (ceux qui ont la connaissance) ne doivent pas être mis sur un pied d'égalité avec les profanes, les gens du peuple.

On commence à voir la différence entre les deux projets de société. Dans le christianisme, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre (Voir plus loin le paragraphe sur le mensonge de la liberté de l'article 1 de la déclaration des droits de 1789), il dépend de notre obéissance au commandements divins, il n'est pas garanti ici-bas et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin, au contraire, comme nous le verrons plus loin, le bonheur est terrestre, mais il est collectif et il est obligatoire. Marque de tous les totalitarismes. 

 

Du simple point de vue de l'administration des territoires, on observe la même différence entre les deux types de sociétés : « les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal. » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) Après l'économique, l'uniformité caractérise la république des Lumières.

 

 

« Ce n'est pas que le pays fût malheureux : le servage, qui subsistait dans plus autres pays de l'Europe, en avait disparu. Le XVIIIe siècle avait été pour le paysan une ère de prospérité relative. Les hommes de la glèbe s'étaient enrichis jusqu'à acquérir et posséder plus de la moitié du sol. Voltaire dit leur bien-être.  L'instruction populaire sous l'Ancien Régime était plus développée qu'on ne le croit communément. L'industrie était généralement prospère, le commerce avec l'étranger très florissant; depuis Louis XIV, il avait plus que quadruplé. [...] La population du pays se montait à vingt-cinq millions d'habitants – chiffre égal à celui de l'Angleterre et de l'Allemagne réunies. De quoi pouvait-on souffrir ? D'une crise intellectuelle et morale. L'école économique et philosophique composée de ceux qu'on a dénommés les encyclopédistes – du fait que les principaux d'entre eux étaient les collaborateurs de l'Encyclopédie dirigée par Diderot – avait répandu des doctrines et théories faites d'abstractions et d'idées préconçues; à quoi ne tarda pas à se mêler la sensiblerie humanitaire de Jean-Jacques Rousseau. Les nouvellistes, depuis plus d'un siècle actifs à façonner l'opinion publique, s'emparèrent de cette mystique pour lui donner une multiple publicité: groupes de nouvellistes d'où sortiront les clubs dont Augustin Cochin a montré l'action sur les évènements révolutionnaires. [...] "Périssent les colonies plutôt qu'un principe !" "Et si le principe est faux, ajoutera bonnement le gouverneur Morris – ambassadeur américain en France – la maxime est parfaitement sublime." » (Frantz Funck-Brentano (1862-1947), de l'Institut, La Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 3-4.)

 

Les partisans de la première « république » en France en 1792, croyaient dans les promesses du progrès. Voyez cette citation de Voltaire : « Le monde avec lenteur marche vers la sagesse. » (Voltaire. Les Lois de Minos, Act III., Sc. 5.)

 

L'allemand Emmanuel Kant (1724-1804), penseur de l'Aufklärung (Lumières allemandes), pariait lui aussi sur ce processus historique d'émancipation volontaire et progressive de l'homme, sa capacité à promouvoir le bonheur, la paix et la vertu. « À une philosophie (classique) qui a pour fondement Dieu, Kant substitue une philosophie qui part d'un point de vue : celui de l'homme. En ce sens, il effectue une véritable révolution copernicienne » (Info Bac, Les Philosophies et leurs idées, 65 portraits de philosophes, 82 citations, un mini-glossaire, Philosophie, Nathan.) L'anthropocentrisme trouve son regime dans la république des Lumières. Et le paradoxe est que l'homme disparaît, l'individu disparaît au profit d'une collectivité fabriquée, donc factice. On en verra des résultats meurtriers au XXe siècle dans le communisme et le nazisme. En 1799, l'abbé Barruel avait déja ainsi pu ironiser prophétiquement sur cette philosophie kantiste des Lumières : 

 

« Dans le système de ce fameux docteur : [...] Des milliers et des milliers d'années s'écouleront peut-être avant l'heureuse période de cette paix perpétuelle; mais quelque idée qu'on se fasse du libre exercice de la volonté, si est-il certain que les résultats apparents de cette volonté, les actions des hommes, sont ainsi que tous les autres faits de la nature, déterminés par des lois générales. Cette nature marche d'un pas lent, mais certain, à son objet. [...] Tôt ou tard, l'époque de la confédération générale, de la paix perpétuelle, arrivera. Cependant à cette époque même, l'espèce humaine n'en sera encore qu'à moitié chemin de son perfectionnement. – Je ne sais pas s'il plaît au dieu Kant de nous dire quelle est l'autre moitié de la route qui reste à parcourir (Voyez Idées d'une histoire universelle dans les vues du citoyen du monde, par M. Kant, spectateur du Nord, Avril 1798). Mais en attendant, ses disciples en grand nombre nous disent que "l'Europe doit nécessairement se dissoudre en autant de républiques qu'il y a maintenant de monarchies; et qu'alors seulement le genre humain se montrera dans toute sa force et sa grandeur; qu'alors on ne verra plus des êtres incapables à la tête des nations; qu'elles arriveront à ce haut degré de perfection dans lequel se trouve aujourd'hui la France, où la naissance n'est plus rien, où l'on parvient à tout par le génie et les talents." (Mémoires sur le jacobinisme en Allemagne). En attendant encore, d'autres disciples sentent parfaitement ce que c'est que cette autre moité du chemin à parcourir, pour arriver au perfectionnement de l'espèce; et pour ceux-ci, l'homme perfectionné, c'est l'homme n'ayant plus d'autre maître que lui-même, d'autre loi que sa raison; c'est l'homme du professeur de Iéna, l'homme de Weishaupt et de Babeuf. 

 

« [...] Malgré la différences des procédés, il est en effet aisé de voir que le système du docteur Kant, aujourd'hui encore (1799) professeur de Koenigsberg, vient ultérieurement se confondre avec celui du docteur Weishaupt, ci-devant professeur à Ingoldstadt. C'est près de l'un et de l'autre cette même haine de la Révélation, ce même esprit d'impiété, qui ne peut souffrir l'idée d'un monde à venir, où toutes les énigmes de celui-ci se résolvent par la sagesse et la justice du Créateur, où le grand objet de chaque homme et de tout le genre humain se dévoile au tribunal d'un Dieu vengeur et rémunérateur. C'est dans Kant et Weishaupt la même prétention au génie, punie par le délire de leurs suppositions également gratuites et absurdes, qui ne laisse à la génération présente, pour toute consolation de tous ses désastres, que le règne imaginaire de ces Cosmopolites, dont il leur plat de voir la terre se peupler au bout de milliers et des milliers d'années. [...] C'est la même ineptie d'un fatalisme qui nous montre partout une nature faisant toujours ce qu'elle veut, malgré toutes nos volontés, dominant toutes nos actions par ses lois générales. [...] Toute la différence que je vois ici entre ces deux héros du jacobinisme tudesque, c'est que l'un, au milieu de son école de Koenigsberg, s'enveloppe de tous les dehors pacifiques, tandis que l'autre, dans ses mystères, presse et anime ses adeptes, souffle son enthousiasme et ses fureurs à ses Époptes, en leur montrant le jour où il faudra recourir aux moyens de la force, subjuguer et étouffer tout ce qui leur résiste. [...] Les disciples s'échauffent, les Jacobins sourient; et à mesure que le système s'étend, les élèves de l'une et l'autre école s'unissent, forment leurs alliances souterraines. Sous prétexte de cette paix perpétuelle qui attend les générations futures, ceux-là ont commencé par déclarer et faire à l'univers une guerre de cannibales; et de ceux-ci à peine en est-il un qui ne soit prêt à livrer sa patrie, ses lois et ses concitoyens, pour hâter l'empire de leurs Cosmopolites, annoncé par l'oracle de Kant ou celui de l'Homme-Roi, prédit par le hiérophante Weishaupt. » (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, éd. de Chiré, tome 2, Poitiers 2005 ,p. 521-522.)  « Et de ceux-ci à peine en est-il un qui ne soit prêt à livrer sa patrie, ses lois et ses concitoyens, pour hâter l'empire de leurs Cosmopolites... » : Prophétique !

 

Au Canada, ils ont eu du mal avec ces Français (les Gaulois réfractaires au changement de Macron) : « il n'est pas toujours facile de séduire les Français; "Je ne suivrai pas la disposition naturelle de mon coeur, qui dicte la clémence", s'était écrit James Murray, premier gouverneur militaire du pays (6 novembre 1759. Cité par H. Neatby, Quebec. The Revolutionary Age, Oxford University Press, Oxford 1966, p. 142 in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 17.) Après avoir combattu au siège de Louisbourg et sur les plaines d'Abraham, devant Québec, J. Murray (1722-1794) devenait gouverneur militaire de la région en 1760, puis gouverneur civil en 1764 avant d'être rappelé en 1766 et perdre sa charge deux ans plus tard. « Le bonheur, instrument de conquête ou de libération ? Succédant à la gloire des armes, le bonheur des peuples faisait visiblement partie du vocabulaire éclairé du gouvernement. » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 34.) 

 

« En 1774, le successeur de Murray, Carleton, parla pareillement de l'octroi d'un régiment aux Canadiens, pour que "leur bonheur fût complet..." » (H. Neatby, Quebec. The Revolutionary Age, Oxford University Press, Oxford 1966, p. 142 in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 375.)

 

Le son du canon célébrant à Philadelphie la Déclaration d'Indépendance, l'envoi de régiments, le triangle maçonnique associé au dollar anticipent déjà la propagation du règne de la liberté et de la démocratie dans le monde, par la guerre et le capitalisme.

 

 

 

 

 

Le 3 mars 1794 (le 13 ventôse, an II), le révolutionnaire Saint-Just s'écriait : « Le bonheur est une idée neuve en Europe !» (Discours et rapports, A. Soboul, Paris, Messidor, 1998, p. 150,  cité in Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 325.) 

 

Tous promettaient le bonheur ici-bas.

Mais le bonheur de qui ? Il est légitime de se le demander. Ainsi, un exemple entre mille, la loi de ventôse an II prévoyait de voler les biens des « suspects » reconnus ennemis de la république pour les donner aux patriotes indigents. La mise en place d'États policiers criminels, les violations de la morale commune, les violations du droit naturel de propriété et des libertés publiques, des inégalités jamais vues autrefois, sont autant d'avancées de la démocratie dans le monde.

 

Depuis 1792 et l'apparition des républiques en Europe, l'ambition de mener l'humanité vers le « Bonheur pour tous », la construction d'une « France nouvelle » (expression de Philippe Pichot-Bravard dans La Révolution française, Via Romana, 2014, p. 79), la fabrication de l'« homme nouveau », « nouvel Adam » (expression de Mona Ozouf dans L'homme régénéré, Gallimard, Paris 1976, p. 116-118), la recherche d'un Âge d'or, sorte de paradis terrestre perdu qu'il s'agit de retrouver par tous les moyens..., quitte à faire la guerre aux autres qui n'en veulent pas, sont avec les droits de l'homme de 1789 les signes du « bonheur obligatoire » (expression du professeur Jean-Louis Harouel.)  

 

Adam et Ève au Paradis Terrestre, par Johann Wenzel Peter (1745–1829)

 

« La révolution [...] offre une promesse vague de liberté et de bonheur qui ouvre un espace infini aux spéculations.[...] Sitôt formulée, toute définition de la révolution s'expose à la concurrence d'autre discours, à des définitions qui en approfondiront la nature et en radicaliseront les objectifs. Là réside le moteur de la dynamique révolutionnaire qui, d'outrances en surenchère dans la définition des fins et le choix des moyens, conduit inexorablement, à travers un processus de radicalisation cumulative du discours, à la violence. » (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 230.) 

 

« Il n'y a jamais de retour en arrière durant ces années, mais, comme dans toute la Révolution (faut-il dire dans toute révolution ?), une radicalisation croissante. » (Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Paris 1989, p. 42.)

 

La promesse vague de liberté et la recherche d'un bonheur est la matrice gnostique et millénariste, qui associée au volontarisme et au constructivisme de la Révolution est à l'origine de tous les génocides, de 1789 à 1917, en passant par le nazisme et la promesse aujourd'hui, en 2018, du "nouveau monde" d'Emmanuel Macron avec son lot de remplacement de peuples et de destruction de sociétés...

 

Au départ pourtant se trouvaient toujours de belles idées, de beaux discours toujours teintés d'anciennes hérésies gnostiques antichrétiennes..., qui n'ont trompé que les personnes naïves. Et à chaque fois, la recherche millénariste de l'Âge d'or a abouti à un enfer.

 

Jean-Jacques Rousseau, le père de l'illuminisme [1] et du communisme nous dit qu'à l'état de nature les hommes vivaient comme le font les animaux. Pour lui, c'était l'âge d'or. Un âge de bonheur indépassable, un état de liberté et d'égalité, où "les fruits étaient à tous et la terre à personne" (Discours sur l'inégalité, ndlr.) Un état "chaque homme était citoyen de l'univers..." (cité in Mgr Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, réd. Expéditions Pamphiliennes, 1999, p. 281.)

 

L'âge d'or des révolutionnaires, où les hommes étaient libres et égaux n'a rien à voir évidemment avec le vrai Jardin d'Eden biblique (Cf. la Chute originelle) où la Chute de l'humanité est due à la première désobéissance à un commandement divin. 

 

Dans le monde nouveau des révolutionnaires, au contraire, la Chute n'est plus due à la désobéissance à Dieu, le fautif n'est plus l'homme, l'homme devient une victime..., le mal se trouve forcément à l'extérieur, dans la société qu'il s'agit de changer pour régler les problèmes et retrouver l'âge d'or de la « liberté ». Il s'agit de la « liberté » du démon de Genèse 3 et pas de celle de Dieu, bien évidemment. 

 

Et en France, la Déclaration des droits de l'homme de 1789 est placée « sous les auspices de l'Être suprême » très maçonnique. Et le « bonheur de tous », opium du peuple, est garanti

 

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 27 août 1789, Archives parlementaires, t. XXXII, p. 525-526, cité in Les Déclarations des droits de l'homme, présentées par Frédéric Rouvillois, Champs Classiques, Paris 2009, p. 58

Or, la recherche du bonheur simplement matérialiste de ces déclarations révolutionnaires méconnaît les vrais fondements immatériels et spirituels du bonheur (purification intérieure par la pénitence et la mortification, recherche de Dieu et respect de Ses commandements), fondements individuels, libres par nature (libre arbitre chrétien), et nécessairement non obligatoires (afin de respecter le libre arbitre de l'homme).

Nous verrons plus bas que le Décalogue (Dix commandements) est la vraie déclaration de droits universelle.

 

« La sagesse commence avec la crainte du Seigneur, connaître le Dieu saint, voilà l’intelligence ! » (Proverbes 9:10)

 

« La sagesse commence avec la crainte du Seigneur. + Qui accomplit sa volonté en est éclairé. À jamais se maintiendra sa louange. » (Ps 110 :10)

 

« Alléluia ! Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté ! » (Psaumes 111:1)

 

« Fais-toi un cœur droit, et tiens bon ; ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide. » (Livre de Ben Sira le Sage 2:2-6

 

« Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ? Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides. Évite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la. Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire. Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre. (Psaumes 33 :13-18)

 

« La lumière des justes est joyeuse ; la lampe des méchants s’éteint. » (Proverbes 13:9) La lumière et la lampe sont des symboles bibliques de la vie et de la joie.

 

« Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier, gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles. Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.» (Proverbes 2:7-9)

 

La promesse divine de bonheur, d'aide et de soutien dans les difficultés de cette vie n'est pas une garantie matérielle contre toute épreuve ou malheur ici-bas (conséquence de la Chute). Notre Seigneur nous avertit même que ceux qui veulent devenir ses disciples s'apprêtent à porter leur croix ! « Alors Jésus dit à ses disciples : "Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive." (Évangile selon S. Matthieu 16:25)

Contrairement au christianisme qui promet un bonheur individuel dans l'autre monde et nullement ici-bas sur terre, la révolution millénariste promet le bonheur terrestre et collectif.

 

« La crainte du Seigneur, c’est la haine du mal. Je hais l’orgueil, l’arrogance, le chemin du mal et la bouche perverse. À moi le conseil et l’efficacité ; c’est moi l’intelligence, à moi la vigueur ! Par moi, les rois agissent en rois et les souverains édictent ce qui est juste. » (Proverbes 8:13-15)

 

« Si ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; s’il s’effondre, ne jubile pas : le Seigneur verrait cela d’un mauvais œil et détournerait de lui sa colère ! Ne t’indigne pas à la vue des malfaiteurs, ne jalouse pas les méchants, car le mauvais n’a pas d’avenir : la lampe des méchants s’éteindra. Crains le Seigneur, mon fils, et aussi le roi, ne fréquente pas le contestataire, car soudain surgira son désastre. » (Proverbes 24 :17-22)

 

« De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t’appuie pas sur ton intelligence. Reconnais-le, où que tu ailles, c’est lui qui aplanit ta route. Ne te complais pas dans ta sagesse, crains le Seigneur, écarte-toi du mal ! » (Proverbes 3:5-7 )

 

Notre libre arbitre peut choisir de faire le mal mais il n'y a pas de liberté de pécher : « [À] toi, Seigneur, la grâce ! * [...] tu rends à chaque homme selon ce qu'il fait. » (Ps 61:13) Dans les déclarations des droits de l'homme au contraire, il n'y a plus de libre arbitre, la recherche du bonheur conçu comme le bien-être matériel devient le nouveau dogme obligatoire et l'homme est libre de faire le mal, les nouvelles bornes de la loi étant celles de l'homme (souveraineté nationale que nous présenterons plus bas dans le chapitre « Mensonges et contradictions de la déclaration des droits de l'homme de 1789 ») et non plus celles de Dieu (Décalogue).

 

«  [I]l rendra à chacun selon ses actes. » (Pr 24:12)

 

« [L]ui qui rendra à chacun selon ses œuvres. » (Rom 2:6)

 

« Le Seigneur lui rendra selon ses oeuvres. » (2 Thim 4:14)

 

« [J]e donnerai à chacun de vous selon ses œuvres. » (Apocalypse 2:23)

 

« Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » (Apocalypse 22:12-13)

Mélanger des erreurs à la vérité a toujours été le propre des gnostiques, qui dès les premiers siècles avançaient masqués au sein de l'Église, afin d'y répandre le mensonge.

 

« Pour les Pères de l'Église qui, [...] avaient assimilé le paradis de la Genèse à l'âge d'or décrit par la littérature païenne, l'humanité était censée avoir d'abord vécu dans l'abondance sans qu'il y eût ni travail ni propriété privée.

Après quoi, à cause du péché des hommes, il avait fallu instituer la propriété et son corollaire : l'inégalité. Le thème de l'origine commune et publique de tous les biens a été dans l'histoire de l'Église, le sujet d'un grand nombre de sermons.

Ainsi, en 1718, devant le petit Louis XV, le Régent et la Cour, le célèbre prédicateur Massilon expose que toute chose a été commune avant que les biens ne soient partagés et que ne naisse la propriété, pour le bien des peuples et de leur commun consentement.

Personne dans l'Église ne songeait à rétablir ce communisme prétendu des origines, puisque son abandon avait été nécessité par le péché des hommes.

L'évocation d'une origine commune des biens n'était qu'un moyen rhétorique de stimuler la charité envers les pauvres. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 142-143)

 

La quête d'un bonheur matérialiste qui fonde les droits de l'homme des Lumières dans un état hors de soi est sans aucun doute une illusion. Comme le dit saint Augustin« le bonheur est inséparable de la possession de la vérité » (Les Confessions, liv. Xe, chap. XXIII.) Le bonheur est donc individuel. Il y a indéniablement une dimension spirituelle toute personnelle au bonheur que la recherche du bonheur collectif des déclarations des droits de l'homme ignore.

 

Le philosophe Alain (1868-1951) d'ailleurs dit qu'on ne peut trouver le bonheur dans le monde, hors de nous-même : « Dès qu'un homme cherche le bonheur, il est condamné à ne pas le trouver. [...] Le bonheur n'est pas comme cet objet en vitrine, que vous pouvez choisir, payer, emporter; si vous l'avez bien regardé il sera bleu ou rouge chez vous comme dans la vitrine. Tandis que le bonheur n'est bonheur que quand vous le tenez; si vous le cherchez dans le monde, hors de vous-même, jamais rien n'aura l'aspect du bonheur. En somme on ne peut ni raisonner ni prévoir au sujet du bonheur; il faut l'avoir maintenant. » (Alain, Propos sur le Bonheur, Folio, Essai, 1997, Victoires LXXXVII, p. 198-199.)

 

La Sainte Bible précise qu'on peut trouver ce bonheur, mais ce bonheur est individuel : « Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !  » (Psaumes 127)

 

Platon précise que « ce n'est pas de vivre selon la science qui procure le bonheur; ni même de réunir toutes les sciences à la fois, mais de posséder la seule science du bien et du mal. » (Platon, Dialogues, De la Sagesse.) » Il y a un bonheur tout individuel dans le respect des commandements de Dieu.

Inversement, pour les soit-disant « Lumières », « pour le libre-esprit, le vrai péché mortel est l'ignorance par l'homme de sa propre divinité.

[...] À celui qui se pense Dieu, tout est permis sans péché. Sa volonté est celle de Dieu. Tout ce qu'il fait, c'est Dieu qui le fait. [...] En conséquence, le libre-esprit professe un total mépris de la Bible, du Décalogue, de sa morale et de sa justice. À l'extrême, l'adepte du libre-esprit fait ce qu'il lui plaît, sans aucune limite. Il suit ses pulsions, ses caprices. Toute la Création lui appartient : il prend ce qu'il convoite, et si on veut l'en empêcher de s'en emparer, il peut voler et tuer sans péché. Le reste de l'humanité n'existait que pour être exploité par lui.

[...] Tout ce qu'ils font est saint. Même le vol, le meurtre et le viol sont saints, du moment que les victimes sont extérieures à leur groupe. Car seul leur groupe est saint. Seul les saints - c'est-à-dire les révolutionnaires millénaristes - régneront avec Jésus pendant mille ans. Le reste de l'humanité ne compte pas. Les chefs millénaristes ont le droit et le devoir de mener rudement, dans son propre intérêt, la masse aveugle et pécheresse des hommes ordinaires : ceux qui ne sont pas saints, ceux qui ne possèdent pas la connaissance. On retrouve chez les meneurs millénaristes l'élitisme méprisant qui caractérisait le gnostique. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 44, 105)

 

La première incohérence de l'illusion moderne est la recherche d'un Âge d'or largement fantaisiste et fantasmé, une promesse de bonheur où les hommes seraient libres et égaux. En effet, tout ce que la science a enseigné depuis sur la préhistoire a réduit à néant le mythe rousseauiste du « bon sauvage ». (Voir Laurence Keeley, Les guerres préhistoriques, Le Rocher, Paris 2000; Jean Guilaine et Jean Zammit, Le Sentier de la guerre, Le Seuil, Paris 2001)  

Mais le mythe du bon sauvage n'est pas la seule illusion qui peut être relevée. 

Changer la société. Changer les autres pour améliorer nos conditions et trouver le bonheur doit être définitivement réprouvé et condamné comme une position anti-humaine qui a conduit aux pires régimes. Cette grave erreur était déjà celle de Lucrèce, poète philosophe latin du Ier siècle av. J.-C., disciple d'Épicure, dont les idées inséraient la recherche du bonheur des hommes dans une vision matérialiste du monde. C'est cet épicurisme qui a imprégné la culture moderne, les "Lumières" et le darwinisme. La conclusion même de du poème De rerum natura de Lucrèce, se termine dans l'absurde : loin d'éloigner la peur de la mort, les épicuriens l’accentuent : « l'attitude  prométhéenne d'un certain siècle des Lumières, du positivisme, du néo-positivisme et de tous les courants qui deviennent les porte-parole d'une vie meilleure grâce aux efforts de la raison humaine pour se libérer du Mystère. L'objectif n'a pas été atteint. La sérénité et la joie dans le poème ne dominent pas. Le sens de l'absurde et de l'irrationnel semble finir par triompher dans les dernières scènes tragiques. » (Lire: Giovanni Fighera, « Lucrèce, l'impossible recherche du bonheur » ) Cette erreur fut ensuite celle de tous les totalitarismes. 

 

La première « république française » (1792-1802), la Révolution dite « russe » de 1917 et le communisme, le nazisme, ont montré que le secret du « bonheur » dans la divinité de l'homme succédant à celle de Dieu est une absurdité dangereuse. 

 

C'est l'historien François Furet qui, le premier, a vu le problème dans "Le Passé d'une illusion, essai sur l'idée communiste au XXe siècle (Robert Laffont / Clamann-Lévy, Mesnil-sur-l'Estée 1995, p. 41) : « En matière de démonstration des lois de l'histoire, Marx est inégalable. Il offre de quoi plaire aux esprits savants comme aux esprits simples, selon qu'on lit Le Capital ou le Manifeste. Tous, il semble donner le secret de la divinité de l'homme, succédant à celle de Dieu... »

« François Furet a observé que communisme et nazisme prétendaient offrir "quelque chose comme un salut en face des misères de l'égoïsme bourgeois." Par-delà les différences de contenu entre nazisme et communisme, il s'agissait dans les deux cas de réaliser le paradis sur la terre... et les mêmes mots furent employés pour décrire la société harmonieuse que l'on entendait fonder. D'où entre eux, une relation complexe, faite d'antagonisme, mais aussi de parenté. Et aussi bien Staline que Hitler ont été débarrassés "de tout scrupule sur les moyens" par la croyance que leur procurait l'idéologie : "La construction du socialisme implique la liquidation des 'Koulaks', et l'organisation de l'Europe nationale socialiste, celle des Juifs." » (François Furet, Le Passé d'une illusion, éd. Robert Laffont / Calmann-Lévy, Paris 1995, p. 217, 224, 228, cité dans Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 154.)

Dans ce progrès des Lumières, seul compte le mouvement, qui donne l'impression que le gouvernement a prise sur le réel (mythe de l'efficacité révolutionnaire). 

En 2017, Patrick Buisson a pu ironiser sur les marcheurs : 

« vingt millions de marcheurs le 7 mai. Vingt millions, ils se sont mis en marche. Vers où, vers quoi ? La question est superflue. Cela n'a aucune espèce d'importance. L'important, c'est le mouvement. En marche, n'est qu'à bien y regarder la déclinaison remise au goût du jour du slogan de François Hollande en 2012 : "Le changement, c'est maintenant", disait-il. [...] Nous sommes ici au coeur du bougisme. Cette ultime métamorphose de l'idée de progrès. Une idée à bout de souffle, mais qui connaît un nouveau regain à travers le bougisme, règne du mouvement devenu l'essence même de l'existence, avènement du changement perpétuel non comme un moyen pour parvenir à sa fin mais comme sa propre fin ! 

« [...] Emmanuel Macron, le candidat pro business, le candidat geek des technologies de pointe, porteur d'une promesse d'un paradis de prospérité et de croissance économique, pourvoyeuse de confort et de vie heureuse (les "jeunes vieux"), à peine entré en fonction, a déjà une utopie de retard. Ces gens-là aiment se présenter comme la jeunesse du monde alors qu'il ne sont que la vieillesse de l'homme ! Il (E. Macron) a une utopie de retard car la promesse fondatrice du progrès, l'assurance absolue d'une amélioration, inéluctable, générale et universelle, cette promesse ne fait plus recette parce qu'elle a failli sur la question du bonheur. L'indicateur de cet échec, on le trouve dans la croissance exponentielle de la production, de la consommation et du trafic de la drogue à l'échelle de la planète. Le chiffre d'affaires mondial du trafic des stupéfiants, faut-il le rappeler, n'est dépassé que par le commerce de l'alimentation et celui du pétrole. Il se situe devant celui des médicaments. L'explosion du trafic de la drogue au coeur du village global, au coeur du village planétaire procède du principe fondateur de la modernité : la déception, l'attente toujours insatisfaite de plaisirs croissants, immédiats, l'incompréhension et le rejet de la nature humaine lorsqu'elle amène le vieillissement et l'affaiblissement du corps. En cela, il (E. Macron) exprime le décalage entre le bonheur promis et le bonheur réel dans nos sociétés...

« Comme l'écrit Pierre de La Coste, dans le livre "L'Apocalypse du Progrès", 'le progrès est en lui-même un crack, mélange d'addictifs d'héroïne individualiste et de cocaïne déterministe qui fait de l'homme un dieu." Ajoutons pour compléter ce bilan que la France compte aujourd'hui six millions (soit 10% de la population), de consommateurs d'anti-dépresseurs et d'anxiolytiques et qu'elle détient le record mondial de consommation de médicaments psychotropes avec 65 millions de boîtes vendues par an (une par habitant).

« La promesse du progrès et la dictature du bonheur qui l'a suivait comme un ciel de traîne auront été le paradis artificiel par excellence du demi-siècle qui vient de s'écouler. Érigée en impératif catégorique, l'injonction au bonheur a amplifié le désarroi de ses victimes et transformé l'hédonisme en pensum. Voilà comment nos sociétés, comme le dit Pascal Bruckner, sont "les premières de l'histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux !

« Socialisme et capitalisme, ces "deux idées chrétiennes devenues folles" (Chesterton) sont en train d'achever leurs courses : le mystère chrétien est disponible pour une autre aventure de l'esprit. Toute la question est de savoir maintenant laquelle ! » (Patrick Buisson le mardi 16 mai 2017 au Théâtre Montansier à Versailles.)

 

Les promesses du progrès et du bonheur collectif terrestre ont leurs sources  dans « le millénarisme et la gnose » qui « ont un point commun [...], qui est le refus de considérer que le mal peut résider en l'homme, ainsi que l'enseignent le judaïsme et le christianisme.  [...] Pour les gnostiques, le mal résulte exclusivement de l'enfermement de parcelles de l'esprit divin dans la matière et dans le temps, et par voie de conséquence de la formation des sociétés humaines et des règles qui les régissent. Le responsable du mal est le démiurge Yahvé, créateur d'un monde terrestre calamiteux. [Dans la gnose, Dieu devient le mal; la Création est mauvaise, il faut la changer !]

Et « dans cette affaire, l'homme n'est qu'une victime.[...] S. Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que "le péché n'est pas notre fait, mais l'oeuvre en nous de je ne sais quelle substance étrangère...

[...] C'est l'idéologie selon laquelle le fautif est en réalité une victime ! » (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 51.)

Les gnostiques confondent les créatures avec le Créateur (panthéisme); ils disent que le chemin de la libération pour l'homme c'est de se prendre pour Dieu. Ils enseignent un monde moniste (sans distinction du temporel et du spirituel), l'unité de l'homme et de Dieu. « Le gnostique appartient à la race supérieure des êtres "hypercosmiques". C'est l'homme-Dieu. La gnose divinise l'individu, ou du moins certains individus... (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 19.) Ceux qui ont la connaissance.

« À toutes les époques il y eut des hommes qui cherchèrent à expliquer les phénomènes de la nature et à deviner le secret de Dieu. L'homme, dès son berceau, voulut connaître les causes de son origine, le but de son existence, et sa destinée après sa mort. Il voulut goûter au fruit de l'arbre de la science et du mal, entrer en lutte avec la Divinité, et résoudre un problème dont il ne pouvait poser l'équation.

[…] [L]a secte des francs-maçons incarne depuis le XVIIIe siècle les sectes recherchant le secret éternel de l'humanité, de ces gens, qui ne pouvant comprendre et définir Dieu, las de le chercher en vain, trouvèrent plus commode de […] déifier l'homme. 

Envisagée de ce point de vue, la franc-maçonnerie est une secte fort ancienne, la plus ancienne même qui fût sur la terre ; sectaires en lutte acharnée avec l'homme résigné qui se contente de son travail, de l'amour, de la foi et de la prière, les francs-maçons représentent, au point de vue chrétien, l'orgueil de l'homme, l'esprit du mal, la révolte contre Dieu. » (Gustave BordLa franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 5.)

 

Et alors que « l'homme de droite rejette l'idée de gauche d'une extériorité du mal », « la gauche [...], du fait de ses racines mentales gnostiques et millénaristes, considère que le mal ne réside pas en l'homme, que celui-ci en est la victime et non l'auteur.

« Pour la gauche, le mal n'est pas "un problème interne à l'âme, mais un problème externe, inhérent à un état de choses insatisfaisantes". Il y a là, selon l'expression d'Eric Voegelin, un processus d'"extériorisation du mal..." (Eric Voegelin, La Formation de l'idée de race, 1940, Cités, n° 38, 2008, p. 160).

« Alors que la gauche veut toujours tout changer, la droite prend le monde comme il est : son objectif est de le faire durer tout en essayant de le rendre le plus vivable possible malgré la présence du mal en l'homme. La droite est l'anti-utopie.

« Et cela, fondamentalement, parce que la droite ne croit pas au dogme de la gauche de la bonté de l'homme, un dogme qui - par-delà Rousseau - provient de la gnose et de son idée de divinité des âmes, une âme divine étant par définition parfaite. Cette foi en la divinité de l'âme engendre la croyance d'origine gnostique [...] en l'existence originelle de facultés supérieures, voire surnaturelles, dont on trouve trace chez le primitif et le jeune enfant : des pouvoirs perdus que l'homme moderne se doit de reconquérir (Serge Hutin, Les Gnostiques, Puf, Paris 1959, p. 124).

« [...] Refusant d'accepter le fait que le mal est en l'homme, la gauche est frappée d'une immense cécité envers le mal. [...] Décidant que le mal résultait d'un vice de la société - trop inégale ou comportant trop d'éléments malsains (aristocrates, bourgeois, ecclésiastiques, Juifs, contre-révolutionnaires, complotistes, ou même simples modérés) -, les grandes utopies qui ont prétendu extirper le mal de la société ont déchaîné le mal dans des proportions inouïes. Cela a donné les atrocités et les exterminations des grandes religions séculières, l'horreur des camps où tout reposait sur le mal - les kapos des camps nazis, les camps soviétiques livrés aux bandits -, le martyre de populations entières depuis l'holocauste des Vendéens jusqu'à celui des Cambodgiens, en passant par la Shoah. Et tout est à redouter du grand programme de remplacement par des populations immigrées des peuples européens condamnés à disparaître par le sens de l'histoire de l'utopie droit-de-l'hommiste.

« [...] Dans l'anthropologie chrétienne, le "mal dans le monde est intimement lié à la condition de l'homme en général, et de chaque homme en particulier." (Eric Voegelin» La Formation de l'idée de race, art. cit., p. 160.)

« Et si le mal est en l'homme, rien ne sert de bouleverser la société sinon à accroître encore le mal ! 

« La recherche du bien de tous passe par l'acceptation des réalités. Il n'y a pas d'utopie de droite : l'homme de droite est fondamentalement réaliste. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, ibid., 123-126.)

 

Dans l'idéologie progressiste des Lumières, le passé, en plus d'être falsifié, est systématiquement noirci. 

 

Il n'y a rien de positif dans les idées révolutionnaires. La polémique révolutionnaire est négative. « Qu'il s'agisse de La Fayette, de Robespierre, du patriote Palloy, du vertueux La Rochefoucauld ou des commères des Halles, tous ils se grisent d'un enthouaisme dont l'éclat tient à leur haine pour un passé. [...] C'est le seul lien solide entre tous lés révolutionnaires.  [...] Et c'est encore à l'heure actuelle, la haine du passé qui, seule, peut maintenir le culte du progrès.

[...] La Révolution [...] commença comme un effort violent pour libérer les hommes de leur passé, mais elle devint à son tour un passé qui prétendit supplanter tous les autres » (Bernard Faÿ, L'homme mesure de l'histoire, La Recherche du Temps, Labergerie, Paris 1939, p. 77-80.) 

François Furet a ainsi pu écrire « Le Passé d'une illusion » au sujet du communisme. 

Le Sens commun de Thomas Paine – ce britannique « citoyen de l'univers » apôtre des Lumières qui avait débarqué à Philadelphie le 30 novembre 1774, à trente-sept ans, avec en poche une lettre de Banjamin Franklin (B. Vincent, Thomas Paine, ou la religion de la liberté, Paris, Aubier, 1987, p. 11) – célèbre cette genèse du monde qui permettrait à chaque jour d'inventer son avenir, sans les projections d'un passé fallacieux, marqué par la pesanteur et l'inertie.

Thomas Paine croyait à la jeunesse du monde. La monarchie, la filiation, l'inégalité étaient des absurdités qui perpétuaient l'injustice : il suffisait de s'en défaire. « Il existe en effet  une "parenté honteuse" entre la succession héréditaire et le péché originel : l'Amérique, nouvel Eden, permettait de surmonter les effets désastreux de la Chute. La Révolution américaine était un nouveau départ pour l'humanité tout entière ! » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 187.) Thomas Paine, « sorte d'idéaliste à la Rousseau, qui avait rejeté la religion quaker de son père, s'était installé à Philadelphie. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 377.) C'est là qu'il publia son manifeste de la Révolution à venir, le Common sense, qui connut un succès phénoménal. Imprégné de la philosophie des Lumières et de messianisme millénariste prophétique, il était franc-maçon. (Bernard Faÿ, Benjamin Franklin, Citoyen du Monde**, Nouvelle Collection Historique, ad. Calmann-Lévy, Paris 1931, p. 132.) « Il appelait au rejet des vieux mondes englués dans leur passé – celui des monarchies, des aristocraties, des castes inégalitaires – , et à l'édification d'un rêve américain, aurore éblouissante d'une ère nouvelle pour l'humanité entière... » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 377.) La jeunesse du monde de Thomas Paine, en réalité, était vieille comme la Genèse. Ses idées étaient celles du Serpent de Genèse 3. Le serpent, d'ailleurs (et ce n'est sans doute pas un hasard !) est le premier symbole américain (pré-révolutionnaire) de Benjamin Franklin :

 

"Joignez-vous, ou mourez": ce dessin politique de Franklin a exhorté les colonies à se réunir pendant la guerre de sept ans (1756-1763). Image : Benjamin Franklin. “Join or Die”. Pennsylvania Gazette (Philadelphia), May 9, 1754. Newspaper. Serial and Government Publications Division, Library of Congres.  Benjamin Franklin a consulté des livres d'emblème baroques pour trouver un symbole approprié pour l'union des colonies. Une source française a fourni l'image d'un serpent avec la devise qui se traduit comme "Joignez-vous, ou mourez". (Source: http://www.loc.gov/exhibits/uscapitol/s1.html )

 

Le terme hasard qu'aimaient employer les Lumières du XVIIIe siècle ne tombe-t-il pas bien dans le cas du Serpent de Benjamin Franklin ? Une gravure de 1782 qui suggère la futilité des nouveaux efforts britanniques pour réprimer les Américains par la force, et montre un serpent étouffant les Britanniques en formant un 666 (Source de la gravure) n'est-elle pas significative ?

 

« En cette fin d'hiver 1780-1781, la situation des Américains paraissait désespérée : pas d'argent, plus de médicaments dans les hôpitaux, une armée en débandade. Washington avait été confronté à plusieurs mutineries, notamment celle des troupes de Pennsylvanie à Morristown » (dans le New Jersey). (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 413.) Washington informa Rochambeau de la gravité de la situation. (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 239.) « Pendant ce temps, l'armée régulière de George III tenait New York et les États du sud, et la Royal Navy conservait la suprématie maritime. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 413.) « Une bataille se déroula à la mi-janvier (1781) aux Cowpens, aux confins des deux Carolines, lorsque Morgan résista victorieusement à l'assaut du général anglais Banastre Tarleton. Charles Cornwallis fut plus heureux à Guilford Court House en mars (1781). » (Bernard Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 240.)

 

Gravure publiée au début des négociations de paix (en 1782). Le serpent à sonnettes américain dispose : "deux Armées britanniques pour lesquelles j'ai ainsi Burgoyn'd (?) Et une salle de plus j'ai derrière." Un écriteau est affiché sur un troisième encerclement vide : "un Appartement pour Messieurs les Militaires." Le dessin montre le serpent "américain", l'emblème utilisé par les Américains comme symbole sur leur drapeau avant l'adoption des étoiles et des rayures, avec deux de trois bobines autour des unités des soldats britanniques, commandé par Burgoyne et Cornwallis au moment de leur reddition. Gillray lance des satires contre l'effort de guerre britannique. Le vers imprimé au-dessous de l'image reflète la sympathie répandue en Angleterre pour la cause américaine. Source: http://www.loc.gov/pictures/item/96510312/

 

Jean-Christian Petitfils, dans sa biographie sur Louis XVI indique que « La Fayette [...] en juin (1782) [...] se fit recevoir à la loge de Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social, mère loge du rite écossais en France, peut-être par fidélité pour Washington qui lui aussi était maçon... » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 420-421.)

 

Il suffit de voir le fossé, le gap des inégalités aux États-Unis pour voir qu'il y a un gros problème dans le logiciel des Lumières. Voici une analyse des erreurs et de l'impasse des déclarations des droits de l'homme de 1776 et 1789.

 

La société de la promesse de bonheur conduit à l'amour obligatoire... Totalitarisme de l'injonction au bonheur

 

« [...] Religion de l'amour divin, le christianisme n'a guère cherché à introduire des valeurs d'amour dans le droit des nations européennes. [...] [C]ela était conforme à la disjonction chrétienne du politique et du religieux, fondée sur l'idée que les responsabilités politiques et juridiques sont d'ordre purement terrestre - de la compétence du prince ou du peuple -, tandis qu'à l'inverse le royaume de Dieu n'est pas de ce monde. 

 

[...] Un monde parfait n'est d'ailleurs même pas chose désirable aux yeux de S. Augustin, car si Dieu (qui est la Vérité) est le dispensateur du bonheur terrestre, il ne veut pas que celui-ci soit considéré comme important. L'instabilité des choses humaines est voulue par Dieu (depuis la Chute originelle) afin que les hommes ne se concentrent pas sur la recherche du bonheur terrestre au détriment du seul bonheur véritable: celui du salut éternel.

[...] Le projet chrétien n'est pas de changer la société, mais de changer les âmes. Il  y a dans le dogme chrétien, l"'impossibilité essentielle d'une théologie politique chrétienne." (Pierre Manent, dans Commentaire, cité par Paul-François Paoli, Quand la gauche agonise, éd. Le Roche, 2016, p. 151). 

 

[...] Malgré son appel constant à la charité et son idéal égalitaire et fraternel, le christianisme a toujours refusé l'idée de mesures coercitives pour les imposer à la société.» (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, ibid., 129-131)

 

L'amour obligatoire, c'es-à-dire l'amour coercitif imposé par la religion des droits de l'homme contre le peuple, la société de l'injonction au bonheur, c'est cette grande hérésie gnostique qui continue d'imprégner nos institutions et d'inspirer les régimes dits libéraux à prétention universelle, fomantant à chaque fois avec l'argent de la banque toutes sortes de révolutions, de coup d'état et autres révolutions de couleurs, pour changer le monde... en changeant les autres biensûr, de force et souvent, contre leur volonté !

 

Ainsi l'histoire montre que « de demi-siècles en siècles » (selon l'expression de Reynald Secher dans Vendée, Du génocide au Mémoricide, Cerf politique, Paris 2011, p. 306) républiques et démocraties (populaires, représentatives directes ou indirectes) ont toutes été accouchées dans la violence, des bains de sang, des guerres internationales, des guerres civiles, des génocides de classes ou de races, au plus grand profit de la banque et des financiers.

C'est que, nécessairement, il doit y avoir dans la construction de cette chose de tous moderne, la res publica, un génome de la terreur. Ce génome, l'historien Patrice Gueniffey le trouve dans l'association du volontarisme (la Volonté générale) et du constructivisme (la prétention de construire une nouvelle société meilleure que l'ancienne...), dont la réunion contient virtuellement toute la terreur révolutionnaire : « L'association du "volontarisme" et du "constructivisme" constitue ainsi la première racine de la Terreur révolutionnaire. L'histoire de la Terreur ... ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté» (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.)  

Le constructivisme est toujours l'idée reçue des politiques, dans la campagne infantilisante de François Hollande (« Le changement c'est maintenant »), la thématique de Nicolas Sarkozy avec sa « France d'après » en 2007, le sujet du clip « Changer le monde avec les jeunes de l'UMP », ou encore l'utopique « nouveau monde » et l'idéologie progressiste d'Emmanuel Macron, définissant les Gaulois « réfractaires au changement »... : 

 

« Emmanuel Macron qui avait promis le nouveau monde, manifestement il a gardé les habitudes, peut-être les pires de l'ancien monde, puisque cette affaire (Benalla) rappelle de sombres affaires que l'on a connues déjà sous la Ve république ! », a pu ironiser le journaliste Bruno Jeudy, dans l'émission C dans l'Air.

Dans le Nouveau Monde d'Emmanuel Macron, les apparatchiks ont une vénération quasi superstitieuse et religieuse pour le mot « changement », sorte de mot magique des marchands de sommeil, professionnels de la politique.

 

«  Je t'aime plus que jamais et jusqu'à la mort », écrivait le rosicrucien Robespierre au conventionnel Régicide Danton [2], un an avant de la lui faire infliger. (Danton sera exécuté le 5 avril 1794.)

 

Le bonheur: racine de la Terreur révolutionnaire et obligatoire

 

« C'est que « les acteurs de la Révolution ont la conviction [...] que la régénération du royaume apportera à tous le bonheur.

La tentation est grande, dès lors, de considérer comme un mal tout ce qui peut faire obstacle à cette régénération, à regarder comme nocifs et dangereux tous ceux qui ne partagent pas cet enthousiasme.

Cette conviction porte les plus radicaux à vouloir détruire ces obstacles, éliminer ces êtres qui ne peuvent être que pervers puisqu'ils s'opposent au bonheur de tous.

Quelques massacres individuels ont lieu pour en débarrasser l'humanité et pour frapper de terreur ceux qui seraient tentés de les suivre. [...] La poursuite de la Révolution exige donc leur neutralisation, leur opposition multipliant, en effet, les obstacles sur la route du bonheur collectif.

[...] Elle appelle donc un nouveau durcissement, une radicalisation, [...] de nouveaux massacres, qui suscitent en retour des réactions de rejet.

[...] La machine est lancée, plus rien, ni personne, ne peut l'arrêter.

Plus la Révolution se radicalise, moins elle est suivie; plus son assise populaire réelle est faible, plus la contrainte doit être forte, plus le climat de terreur doit être pesant.

Le paroxysme de cette radicalisation sera atteint, par étapes successives, au cours de l'hiver 1793 - 1794 au moment des colonnes infernales qui sillonèrent la Vendée, des Noyades de Nantes, des fusillades d'Angers et des canonnades de Lyon. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana, 2014, p. 66-67)

 

« Cet étrange phénomène a été parfaitement analysé par le doyen Carbonnier. Ainsi qu'il l'observe, il existe indiscutablement, depuis le départ, dans les droits de l'homme, l'idée d'une fraternité humaine et donc d'un devoir d'amour de l'autre. Mais cette dimension d'amour des droits de l'homme est longtemps restée strictement dans le registre de la morale individuelle. Elle ne relevait que de la conscience de chacun, qui était absolument libre de s'y conformer ou non. [...] Ce devoir restait purement éthique: il n'entraînait pas d'obligation juridique et donc pas de sanction judiciaire. L'autre ne disposait pas du droit de s'adresser aux tribunaux pour exiger l'accomplissement du devoir d'amour qui lui était moralement dû. Cette fraternité pouvait être fervente et sans limite, mais elle était librement consentie.

Or tout a changé dans le seconde moitié du XXe siècle après l'entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l'homme de 1950. [...] Il en est résulté une nouvelle version de la morale des droits de l'homme, centrée sur l'obsession de la non-discrimination. L'Etat s'est approprié cette "morale renouvelée". [...] Dès 1972, la loi Pleven a introduit la sanction pénale de tout propos jugé susceptible d'encourager à une quelconque discrimination. [...] Le nouveau code pénal de 1994 sanctionne comme des délits pénaux "une sérieur de pratiques discriminatoires". [...] Du code civil ainsi que de diverses autres lois, il en résulte une obligation juridique de non-discrimination : celui qui "propose au public quelque avantage" ne doit en exclure personne pour cause de sexe, de race, de religion, etc. Désormais, si quelqu'un estime avoir fait l'objet d'une discrimination de la part d'un autre individu, d'une entreprise ou d'un organisme quelconque, cette personne ou une association désireuse d'agir pour elle peut déclencher un procès pénal.

[...] L'amour qui est au coeur de la religion séculière des droits de l'homme n'est pas l'amour chrétien, même s'il présente des ressemblances avec lui. C'est une version profondément déformée de l'amour évangélique.

[...] (L'amour dans) [L]e christianisme évangélique, [...] c'est une démarche purement personnelle, intérieur et libre. La religion séculière des droits de l'homme transforme radicalement cette démarche en lui fixant pour objet non plus Dieu, mais l'homme-Dieu de la gnose, en la rendant collective et en lui donnant un caractère obligatoire.

[I]l s'agit comme on l'a vu d'obtenir le paradis sur la terre en instaurant hic et nunc un amour de l'autre jusqu'au mépris de soi au nom de l'humanité divinisée. C'est au nom de cet amour que l'on est requis de voir l'autre comme le même, fût-ce contre l'évidence. 

[...] Avatar actuel de la religion de l'humanité, la religion séculière des droits de l'home est un système politico-religieux réglementariste, coercitif et répressif dont l'État est en même temps l'Église.

[...] Il y a une véritable trahison du peuple par l'État. Car si tout État a des devoirs envers l'humanité, il a des devoirs prioritaires envers le pays dont il constitue le visage institutionnel. Il doit veiller prioritairement à ses intérêts, sa prospérité, son inscription dans la durée. Mais en Europe occidentale - et en France moins qu'ailleurs -, l'État n'a presque aucun souci des intérêts concrets du peuple. Son avenir importe peu. L'État veille seulement à sa sainteté, à sa vertu, par le respect obligatoire des dogmes du millénarisme de l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi. Les manifestations d'opinions non conformes à ces dogmes sont les nouveaux crimes religieux, sanctionnés par un nouveau droit pénal religieux...

[...] [D]ès 1965 [...] Léo Strauss [...] expose que le libéralisme repose essentiellement "sur la reconnaissance d'une sphère privée, protégée par la loi, mais où la loi ne peut pénétrer." Or une interdiction légale de toute discrimination signifie une inquisition policière et judiciaire constante au sein de la vie privée, et donc "l'abolition de la sphère privée, la négation de la différence entre l'État et la société, la destruction de l'État libéral." (Leo Strauss, cité par Pierre Manent, La raison des nations, p. 82-83) Bref, un système totalitaire. Il est fou et suicidaire de faire de l'amour absolu de l'autre la norme juridique suprême sanctionnée par le juge.

[...] Or, une fois laïcisées et transformées en religion séculière d'État dont les violations sont sanctionnées par le droit, les valeurs évangéliques sont socialement catastrophiques. Il y a un côté impraticable de l'Évangile pour la vie normale. Aimer son ennemi, tendre l'autre joue : ce sont des chemins de sanctification individuelle, pas des règles de droit que l'on peut imposer à toute une population. [...] Le Christ conseille de pardonner sans fin et de tendre l'autre joue quand on est frappé. Mais cela concerne la morale individuelle et non la justice publique. » (Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016)

 

La religion civile ou religion séculière des droits de l'homme 

 

« "La doctrine des droits de l'homme est la dernière en date de nos religions civiles", observait dès 1989 Régis Debray (R. Debray, Que vive la république, éd. Odole Jacob, Paris 1989, p. 173).

 

« Le même constat sera effectué peu après par le célèbre historien François Furet : "Les droits de l'homme sont devenus notre religion civile." (Inventaires du Communisme, éd. Ehess, Paris 2012, p. 68.)

 

« "La morale des droits de l'homme a revêtu les signes d'une religion d'État", a noté au même moment un juriste réputé, le doyen jean Carbonnier (J. Carbonnier, Droit et passion du droit sous la Ve république, éd. Flammarion, Paris 2010 [1996], p. 120).

 

« "Les droits de l'homme sont devenus notre 'dernière religion séculière", dira pour sa part Élie Wiesel (cité par Justine Lacroix, Jean-Yves Pranchère, Le Procès des droits de l'homme, éd. du Seuil, 2016, p. 23.) 

 

« [...] Le recul des croyances et de la pratique religieuse chrétienne qu'a connu l'Europe occidentale n'a pas fait disparaître le sacré, mais a seulement entraîné son déplacement. [...] Il existe aujourd'hui une véritable religion séculière des droits de l'homme, que l'on peut appeler aussi la religion humanitaire. 

 

[...] Le socialisme, observait Durkheim, "est tout entier orienté vers le futur" (Émile Durkheim, Le Socialisme, édité par M. Mauss, Félix Alcan, Paris 1928, p. 4). Et, selon une formule déjà présente chez Zola, la gauche se considère comme le parti de demain. La gauche est animée par la croyance progressiste en l'existence d'un grand mécanisme historique providentiel et irrésistible conduisant le genre humain vers un avenir radieux. (Jean-Claude Michéa, Les Mystères de la gauche, éd. Flammarion, Paris 2014, p. 30-32.)

 

[...] Se rattache à la religion de l'humanité cette religion républicaine instaurée sous le nom de laïcité par Ferdinand Buisson, maître d'oeuvre de la construction de l'école laïque de la IIIe république. Voyant dans la déclaration des droits de l'homme du 26 août 1789 la transposition sociale de l'Évangile, la morale laïque de Ferdinand Buisson se voulaient explicitement une religion civile se confondant plus ou moins avec le socialisme.. Cette religion laïque visait à instaurer le paradis sur la terre grâce à une rédemption collective assurant le salut de la société et non de l'individu. (Vincent Peillon, Une religion pour la République, éd. du Seuil, Paris 2008, p. 125, 141, 232, 248, in Jean-Louis Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 41.)

 

Le christianisme a toujours enseigné que c'est la vérité qui donne un sens à l'amour et non l'inverse. On s'efforce d'aimer son prochain parce qu'on aime Dieu et que l'on souhaite conformer nos actes et nos pensées aux commandements divins.

L'amour des autres, le pardon, la compassion, le don gratuit, et le soutien utile, sont des capacités fondées sur les enseignements du Christ, conduites par la foi en un pouvoir extérieur à l'homme. Toutes les déclarations de droits et codes législatifs pourront proclamer l'amour obligatoire sanctionné pénalement, rien ne sera plus fort que l'amour gratuit, libre et non-coercitif, l'amour du prochain pour l'amour de Dieu. Jean-Louis Harouel l'explique très bien :

« En plaçant dans la perspective du salut son idéal d'amour absolu, le christianisme a pu apporter à la société des valeurs ineffables, mais sans compromettre le fonctionnement de la cité terrestre qui a besoin pour survivre de valeurs de durée.

[...] [M]algré son appel constant à la charité et son idéal égalitaire et fraternel, le christianisme a toujours refusé l'idée de mesures coercitives pour les imposer à la société. Il entend toucher les coeurs et non contraindre les corps. La poursuite de la liberté et de l'égalité à tout prix - même au prix de la violence et de la tyrannie - est une trahison du christianisme (que l'on trouve chez les gnostiques francs-maçons de la république dite française. NdCR.), lequel est certes porteur de ces valeurs, mais qui les inscrit dans l'optique du salut, dans le registre des âmes. Dans cette logique, on ne cherche pas à tout changer par la contrainte (le volontarisme et le constructivisme dans la Révolution. NdCR.) et la spoliation sous le prétexte toujours menteur au bout du compte de tout rendre parfait. On s'adapte à la société et aux institutions existantes, quitte à essayer d'y faire souffler un vent de générosité inspiré par l'amour de Dieu.

[...] On aime son prochain non à cause de lui-même, mais à cause de l'amour primordial que l'on porte à Dieu. 

[...] Il y a deux conceptions religieuses de la manière d'agir sur le monde: la manière chrétienne et la manière millénariste. La manière chrétienne consiste à se changer soi-même pour se consacrer aux autres. Pour tâcher de rendre meilleur le monde, la solution chrétienne est le don: un don qui dans l'absolu peut être le don intégral de soi-même et de ce que l'on possède. 

À la solution millénariste est de changer le monde en changeant la société, ce qui veut dire concrètement en changeant les autres par la contrainte et même la violence. Le projet millénariste de transformation sociale - qui est devenu mutatis mutandis celui de la gauche - repose sur la volonté de contraindre et de prendre. Prendre aux gens ce qu'ils possèdent, leur prendre leur liberté d'agir, de penser, de parler, pour les obliger à une sainteté collective (la vertu de Robespierre. NdCR.) censée être porteuse de l'avenir radieux du paradis égalitaire.

Le projet chrétien, inspirateur de la pensée de droite, repose sur l'idée généreuse du don : donner des secours, donner du savoir. Le projet millénariste, obsédé d'égalitarisme et inspirateur de la pensée de gauche, a pour méthode et pour objectif de prendre, de spolier. La passion égalitariste conduit au vol pur et simple. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 131-132; 138-139.)

 

En 1789, le culte de l'« Être suprême » légitime le pouvoir de l'oligarchie terroriste (Patrice Gueniffey)

 

« La Terreur vertueuse exige un pouvoir absolu, soustrait à tout examen comme à toute discussion. C'est à ces différents résultats que tend le culte de l'Être suprême institué le 7 mai 1794 sur la proposition de Robespierre. [Culte de l'être suprême déjà présent dès 1789 dans la déclaration des droits de l'homme de 1789 avec l'expression - en préambule - "sous les auspices de l'être suprême". NdCR.]

 

« En donnant à la Terreur la caution de la volonté divine, le nouveau culte la soustrait à toute critique qui s'appuierait par exemple sur la disparition de toute menace pour en contester l'utilité; en redéfinissant la révolution comme une guerre déclarée à la "corruption", il parachève l'absorption de la politique dans la sphère de la morale. Dans ce sens, le culte de l'Être suprême, qui est simultanément destiné à la régulation de la république future, [...] constitue une idéologie pour la Terreur au moment où, avec les victoires militaires et la fin des troubles intérieurs, la disparition de toute justification par les circonstances impose une redéfinition globale des fins et des moyens de la Révolution.

Premièrement, le culte de l'Être suprême légitime la perpétuation de la Terreur au-delà des circonstances (guerre, révoltes intérieures, crise de l'État) : [...] non plus vaincre des opposants déclarés ou même supposés, mais traquer le "vice" et la "corruption" jusqu'en chacun.

Deuxièmement, il légitime le pouvoir de l'oligarchie terroriste [...] qui se voit investie de la mission d'accomplir cette grande oeuvre.

Troisièmement, le culte de l'Être suprême confère une justification morale à la Terreur, dont la réalité quotidienne est contraire à toute morale.

Enfin, quatrièmement, la caution divine établit le caractère infaillible de l'entreprise révolutionnaire tout en rassurant les terroristes sur la justice ultime de leurs actes: la Providence, qui veille sur la Révolution française, garantit que les ennemis du peuple, tous les ennemis du peuple mais seulement les ennemis du peuple, seront finalement punis...» (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003

 

À la disparition du libre arbitre et à l'individu effacé correspond la surenchère dans la revendication des droits, des droits qui se contredisent entre eux et auxquels s'ajoutent les contradictions internes des droits de l'homme. Ces erreurs produisent leurs effets tragiques (inégalités et décalage croissant entre les promesse et la réalisation, suicides, violences.) 

 

Les contradictions et les erreurs des déclaration des droits de l'homme conduisent nos sociétés dans une impasse

Dans son anthologie inédite présentant en France « les déclarations des droits de l'homme » en 2009, le juriste Frédéric Rouvillois explique : 

 

« L'un des paradoxes de la Déclaration de 1789, ou plutôt de la sacralisation rapide puis de l'immense succès de cet "nouvel évangile" (A. Esmein, Éléments de droit constitutionnel, 4e éd. Larose et Tenin, Paris 1906, p. 458), tient à son caractère sinon bâclé, du moins incomplet.

Un inachèvement que reconnaissent ses auteurs eux-mêmes: le 27 août, après sept jours d'un travail mené sur "un fonds de réticence, mêlé parfois de grands enthousiasmes, mais aussi de beaucoup de mauvaise foi" (Ch. Fauré, Les Déclarations des droits de l'homme de 1789, p. 16), l'Assemblée nationale décide... d'en rester là. Ce jour-là, en effet, elle accepte, suivant la proposition d'un député aixois, un certain Bouche, d'attendre l'adoption de la Constitution avant d'examiner d'éventuels articles additionnels. Et lorsque Bouche propose ensuite d'adopter l'arrêté suivant : "L'Assemblée reconnaît que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'est pas finie" (Archives parlementaires, 27 août 1789, t. VIII, p. 492), le président de l'Assemblée se contente de répondre que ceci ne ferait que répéter en d'autres termes ce que l'on vient de décréter. Le texte de la Déclaration, un préambule et dix-sept articles, est provisoire, partiel. Inachevé... C'est pourtant sur cette base que va se construire le "mythe de la Déclaration des droits", qui se déploie dans la France révolutionnaire, au fil des ruptures et de bouleversements qui se succèdent à un rythme accéléré.

En août 1791, on décide de l'intégrer sans changement à la nouvelle Constitution : le rapporteur de cette dernière, le juriste normand Thouret, reconnaît certes qu'il a fallu insérer dans le texte constitutionnel des "garanties" permettant de "perfectionner quelques dispositions de la Déclaration qui pouvaient paraître, les unes insuffisantes, les autres équivoques" (Arch. parlementaires, 8 août 1791, t. XXIX, p. 262); pour autant, il n'est déjà plus question de toucher à la Déclaration elle-même, qui est "depuis deux ans devenue le symbole de tous les Français", qui "a acquis en quelque sorte un caractère sacré et religieux", et qui constitue par conséquent "la véritable Déclaration des droits de l'homme et du citoyen." (Arch. parlementaires, 8 août 1791, t. XXIX, p. 226.) » (Frédéric Rouvillois, Les Déclarations des droits de l'homme, Champs Classiques, Paris 2009, p. 55-56)

 

C'est sans doute au caractère "inachevé" (F. Rouvillois) de la déclaration des droits de l'homme de 1789 que l'on doit ses nombreux mensonges et incohérences, pourtant érigée aujourd'hui au rang de nouvelle religion :

La lettre même de la Déclaration des droits de l'homme de 1789, nouvelle Table de la Loi, est une absurdité sans nom.

Qu'est-ce que les Droits de l'homme ? Une vérité ou un mensonge ? 

... La réponse est en tête de la Déclaration :

 

« Les représentants du Peuple français constitués en assemblée nationale; considérant que : l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu, etc. »

Ce considérant est unique. ... Or, ce considérant est faux, archifaux ! Non seulement l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme ne sont pas "les seules causes des malheurs publics ou de la corruption des gouvernements", mais ils n'en sont pas même les principales ! Les causes principales sont:

1° "L'ignorance, l'oubli ou le mépris" des Droits de Dieu et de son Christ ! De ce Christ qui a fait la France.

2° "L'ignorance, l'oubli ou le mépris" de cet unique droit de l'homme qui est de remplir ses devoirs, tous ses devoirs envers Dieu, envers son prochain, envers soi-même...

Voilà les deux causes principales des malheurs publics et de la corruption des gouvernements. Donc il est vrai que ce considérant est un mensonge ... aussi colossal que celui qui consisterait à dire : deux et deux font cinq ! Donc toute la Constitution des droits de l'homme qui repose sur ce mensonge, n'est elle-même qu'un mensonge :

 

Mensonge l'article 1er qui dit que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

 

La loi humaine, détermine les "bornes" de ces droits qui sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (article 4).

En fait, les hommes naissent sans raison, donc sans liberté. [...] Et quand la liberté lui arrive avec la raison, il a la liberté du bien seulement et le pouvoir simplement de faire le mal; mais il n'en a pas le droit, donc pas la liberté, qui ne peut jamais être que l'exercice d'un droit. [...]

L'homme ne fait jamais ni tout le bien, ni tout le mal qu'il voudrait ! Sa liberté est donc relative, très relative et nullement absolue, ainsi que se l'imaginent de très petits esprits à qui l'orgueil révolutionnaire a bouleversé la cervelle ! Il n'est pas vrai que les hommes naissent et demeurent libres sans autre restriction que celle de la loi humaine, c'est-à-dire de la volonté humaine limitant elle-même sa liberté : cette liberté est limitée par une volonté supérieure à la volonté humaine, la loi de Dieu.» (Abbé Vial, Jeanne d'Arc et la Monarchie, 1910, Éditions Saint-Rémi, p. 33-40).

 

La sainte Bible enseigne à propos de la liberté, que Dieu a donné à l'homme le libre arbitre ( « c’est lui (Dieu) qui, au commencement, a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. » Livre de Ben Sira le Sage 15:14-15] ). 

 

Mais « Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher.» (Livre de Ben Sira le Sage, Siracide 15:20)

 

Dans les Frères Karamazov, roman qui explore des thèmes philosophiques et existentiels tels que Dieu, le libre arbitre ou la moralité, Dostoïevski a vu qu'avec la tyrannie des besoins dans la publicité - ce qu'on appelle la société de consommation - , l'homme libre est l'homme auquel on fait en sorte qu'il ait le plus possible de besoins, donc il est enchaîné à ses besoins et en fait il est de moins en moins libre...; il ne peut plus se passer des besoins que la publicité lui présente sinon il est malheureux, et c'est un esclavage intérieur. Donc, en réalité, on est dans un monde tyrannique qui détruit la liberté (libre arbitre) de l'homme.

 

Le monde moderne qui prône la liberté est à la fois laxiste et tyrannique. Le côté laxiste c'est ce qui lui permet de séduire les foules. En politique, par exemples, on va supprimer la peine de mort, on va réduire les peines le plus possible, on va libérer des prisonniers de la prison, mais le laxisme; le côté tyrannique c'est fait pour mettre les gens à raison. Ce double aspect du monde moderne correspond au visage du diable Woland, consultant de profession, tel qu'il a été décrit dans un roman russe de Boulgakov, Le Maître et Marguerite; il a un visage avec deux yeux; un oeil est vert et l'autre est noir. Pourquoi ? L'oeil vert, c'est pour séduire les hommes avec l'espérance et les fausses promesses (le vert étant la couleur de l'espérance); il va faire miroiter aux hommes des espoirs extraordinaires (on peut y voir les promesses jamais tenues de tous les candidats aux élections présidentielles); toutes les révolutions viennent de là; et l'oeil noir, c'est pour conduire les hommes vers la mort (la destruction de nos sociétés...) Le communisme a fait espérer une société parfaite et il a conduit vers les camps de Lénine, les charniers de Pol Pot et de Staline. 

 

De même, une critique philosophique de la liberté des droits de l'homme montre qu' « en décrétant législativement que les hommes naissaient libres par nature et par droit, les révolutionnaires ont fantasmé la nature et attribué au droit ce qu'il ne peut pas faire.

On n'est libre que par don et l'on se trompe si l'on croit garantir la pérennité d'un don en décrétant qu'il est naturel ou en en proclamant le droit. Un don est beaucoup plus pérenne que la nature (qui donne et reprend à commencer par le premier de ses dons qui est la vie); quant au droit écrit, un autre écrit peut l'annuler, c'est là toute sa faiblesse. Ce qui existe par l'écrit peut cesser d'exister par un autre écrit. En revanche, ce qui est donné ne peut être repris car le don est une extension de soi qui ne peut jamais être récupérée. [Exemple: le don du service gratuit ne peut jamais être repris.] Si Dieu nous a créés libres, c'est parce qu'Il s'est donné lui-même et ne peut se reprendre sans nous détruire et sans se détruire. Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister. En confondant et en mélangeant les libertés publiques (qui existaient sous la royauté et dont le roi était le garant puisqu'elles tenaient sur sa parole, autrement plus solide que l'écrit) et la liberté personnelle (dont le siège est ma conscience), les révolutionnaires ont pris le risque qu'elles se contredisent l'une l'autre et s'empêchent de fonctionner.» (Fr. Jean-Michel Potin, o.p., historien archiviste de la Province dominicaine de France, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 421.)

 

En écrivant que l'homme est libre dès la naissance, les constituants de 1789 ont fantasmé un droit qui n'existe pas. Ils ont constitué un droit tyrannique, puisque il ne respecte pas le libre arbitre de l'homme, qui peut choisir entre le bien et le mal.

 

On peut également se demander pourquoi « des principes simples » seraient-ils « incontestables » (préambule) ? Ces principes des droits de l'homme seraient "incontestables" parce qu'ils seraient écrits ? Mais comme l'explique Jean-Michel Potin, c'est plutôt le contraire : ce qui est écrit peut cesser d'exister par un autre écrit.

 

La frénésie de l'écriture chez les révolutionnaires s'explique par l'imprégnation chez les élites modernes de la kabbale qui tient que tout ce qui n'est pas écrit, tout ce qui n'est pas gravé n'existe pas. Or, nos ancêtres les Gaulois n'avaient pas de constitution écrite, la spiritualité et la culture étaient transmises par oral par les druides, le langage avait la première place : écrire les libertés eut été un contre-sens. 

 

De même, notre Moyen-Âge (comme notre Ancien Régime) n'avaient pas de constitution écrite. Il y a là-dedans des éléments d'une « sagesse intuitive et expérimentale » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 53). Une sagesse politique, propre aux nations celtiques, à méditer. 

 

« C'est l'un des premiers penseurs contre-révolutionnaires, Joseph de Maistre, qui a vu que le problème des Lumières était le problème de l'écrit :

"Quant à celui qui entreprend d'écrire des lois ou des constitutions civiles, et qui se figure que parce qu'il les a écrites il a pu leur donner l'évidence et la stabilité convenables, quel que puisse être cet homme, particulier ou législateur, et soit qu'on le dise ou qu'on ne le dise pas, il s'est déshonoré, car il approuve par là qu'il ignore également ce que c'est que l'inspiration et le délire, le juste et l'injuste, le bien et le mal : or, cette ignorance est une ignominie, quand même la masse entière du vulgaire applaudirait." (Platon, Phaed., dans Joseph de Maistre, Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1809, Lyon, Pélagand, 1880, p. 26-27).

"Toute institution fausse écrit beaucoup, parce qu'elle sent sa faiblesse, ajoute Joseph de Maistre, et qu'elle cherche à s'appuyer. [...] Nulle institution grande et réelle ne saurait être fondée sur une loi écrite, puisque les hommes mêmes, instruments successifs de l'établissement, ignorent ce qu'il doit devenir, et que l'accroissement insensible est le véritable signe de la durée, dans tous les ordres possibles des choses." (Joseph de Maistre, Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1809, Lyon, Pélagand, 1880, p. 31-32.) La Loi écrite, fondement d'une société, devient une entrave au développement et à la perpétuation de la dite société. Nous le verrons en présentant un peu plus loin l'impasse des droits de l'homme.

[...] La grande erreur de la théorie de la liberté républicaine est d'avoir fait croire qu'un régime de libertés publiques (qui ressemble fort à ce programme : "Nous nous occupons de tout, y compris de votre liberté") puisse instaurer la liberté. 

[...] Le roi n'était pas le garant de la liberté de l'homme (il n'avait pas cette toute-puissance) mais il garantissait les libertés publiques, celles qui permettaient le vivre-ensemble dans une négociation constante entre les sujets. » (Fr. Jean-Michel Potin, o.p., historien archiviste de la Province dominicaine de France, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 421-423).

 

En soutenant en 1776 les Insurgents (Patriots) américains, Louis XVI offrit l'indépendance à la jeune nation du Nouveau Monde, mais porta au pouvoir les idées nouvelles et endommagea celles du « vieux monde » avec ses valeurs naturelles. Bien que soutenu par Louis XVI pour obtenir l'indépendance des États-Unis, George Washington, premier président des États-Unis (1789-1797) resta fidèle aux idées de ses « frères », portées en France par les Jacobins et autres révolutionnaires de 1789, ne donnant simplement pas suite aux sollicitations du marquis de La Rouërie, son "vieil ami", mais devenu contre-révolutionnaire... Washington apporta son concours de manière implicite au camp révolutionnaire français en suspendant le remboursement des frais de guerre engagés par la monarchie française, l'affaiblissant davantage avec ses finances exsangues. Il les reprendra néanmoins sous le gouvernement révolutionnaire issu des Lumières, ses « frères », qui a contrario, refusa de reconnaître les dettes de la Monarchie... [3] Belle gratitude George Washington.

 

« Même ceux qui avaient aidé directement les Américains à se libérer furent peu ou mal récompensés. Jacques Leray de Chaumont qui avait hébergé gratuitement Franklin pendant deux ans, ne fut jamais payé des munitions, habits et médicaments qu'il avait envoyés en grande quantité aux États-Unis. Beaumarchais et ses associés, qui eux non plus n'avaient pas ménagé leur peine, hasardant leur capitaux avec générosité et désintéressement, risquant navires, équipages et cargaisons au milieu des batailles navales, ne parvinrent jamais à se faire rembourser la totalité des armes et des marchandises transportées, en espèces ou en biens [...] Les États-Unis devenus pourtant une nation prospère, feignirent de croire qu'ils 'agissait de dons du gouvernement français et ne voulurent rien entendre. "Américains, s'exclamait encore l'auteur du Barbier de Séville dans un mémoire du 10 avril 1795, je vous ai servis avec un zèle infatigable; je n'en ai reçu dans ma vie qu'amertume pour récompense, et je meurs votre créancier." Ses héritiers bataillèrent jusque sous la Monarchie de Juillet (1830) et, en dépit d'innombrables suppliques et de l'intervention de plusieurs ministres n'obtinrent qu'une partielle compensation. Sur une dette reconnue de 2 280 000 livres (qui obéra tant les finances du royaume qu'elle entraîna la convocation des tristes États généraux de 1789 qui finirent comme l'on sait), les Américains n'en versèrent finalement, un demi-siècle plus tard, que 800 000 sans indemnité de retard. À prendre ou à laisser. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 442.) Belle gratitude de George Washington et des Fils de la liberté envers ceux auxquels ils devaient tout et l'indépendance de leur chère patrie.

 

Et malheureusement, Louis XVI boira le calice jusqu'à la lie, condamné « pour la liberté » qui n'est pas une « liberté ». Selon la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en effet, la « liberté » est acquise pour l'homme dès sa naissance

 

Pourtant, « Louis XVI aima toujours, depuis son enfance, s'entretenir avec les laboureurs, les ouvriers, le peuple des campagnes et celui des villes. À Reims, il ne put s'empêcher de pousser un cri de joie devant l'enthousiasme et leur bonhomie. "J'ai été fâché que vous n'ayez pas pu partager avec moi la satisfaction que j'ai goûtée ici, écrit-il à Maurepas (ministre de Louis XVI), le 15 juin 1775. Il est bien juste que je travaille à rendre heureux un peuple qui contribue à mon bonheur !" 

 

Pendant tout son règne, et jusqu'au 21 janvier 1793 (date de son assassinat. Ndlr.), Louis XVI ne fit rien qui ne tendît au bonheur de la nation. Bien plus, il se sentit toujours proche d'elle, car le peuple de France était encore en 1775 cette population que le Moyen-Âge avait façonnée, qu'il avait enrichie de cette sagesse intuitive et expérimentale, où la foi la plus ardente dans le Christ rejoignait le scepticisme le plus avisé quant aux choses de ce monde. Tel était encore le petit peuple de France, tel était Louis XVI à vingt ans. » (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 53.) 

« Louis XVI était « profondément charitable. Il lui arrivait, de bon matin, de se rendre à pied chez les familles les plus pauvres de Versailles. "Parbleu, Messieurs, dit-il un jour en riant à l'adresse des gardes qui venaient de le retrouver, il est cruel que je ne puisse aller en bonne fortune sans que vous le sachiez !" Un roi visitant les chaumières, cela ne s'était pas vu, depuis Henri IV ! Un jour, le directeur des Bâtiments, La Billarderie d'Angiviller, se vit tancer pour avoir dépensé en son absence 30.000 livres afin de restaurer une pièce des petits appartements : "J'aurais rendu trente familles heureuses !' clamait-il avec indignation dans tout le château. Sur sa cassette personnelle qu'on appelait le Comptant du roi, il entretenait quantité de familles nobles ou d'officiers sans fortune, des femmes ou des filles de militaires, réglait les dégâts et accidents de chasse, alimentait les bonnes œuvres du curé de Versailles. En avril 1781, il visita incognito l'Hôtel-Dieu où s'entassaient à trois ou quatre par lit des centaines de malades et de malheureux, dans des chambres qui ressemblaient à des cloaques. Il en ressortit en pleurs, décidant de prendre à sa charge la création de lits individuels et de dortoirs spécialisés pour chaque type d'infection. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 246.)

 

Étude de Louis XVI par Joseph-Siffred Duplessis (dans Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin 2005.)

 

« L'organisation du procès du roi se heurtait à un obstacle juridique incontournable, celui de l'inviolabilité du monarque. [...] Le 7 novembre 1792, le girondin Jean-Baptiste Mailhe s'employa à contourner l'obstacle de l'inviolabilité. Toute sa démonstration reposait sur le caractère absolu de la souveraineté de la nation : "La nation a parlé; la nation vous a choisis pour être les organes de ses volontés souveraines. Ici toutes les difficultés disparaissent, ici l'inviolabilité royale est comme si elle n'avait jamais été." (Archives parlementaires, t. LIII, p. 277.) En somme, aucune règle de droit ne résiste à la volonté de la nation. (Le rapport du girondin Jean-Baptiste Mailhe, le 7 novembre 1792, s'asseyait donc sur les droits de l'homme de 1789 qui déclarait l'homme libre dès la naissance. NdCR). « Louis XVI, avant même que le procès ait lieu, était coupable, coupable par principe, puisqu'il était roi. Ces sophismes n'avaient aucune valeur juridique, mais la Convention était composée, en grande majorité de députés déterminés à juger le Roi. Le 3 décembre suivant, Robespierre plaça la question sur le terrain du "salut public" :

"Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à rendre, un acte de providence nationale à exercer (applaudissements)

"[...] Louis ne peut être jugé; il est déjà condamné ou la République n'est point absoute. [...] Si Louis est absout, si Louis peut être présumé innocent, que devient la Révolution ? Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la Liberté deviennent des calomniateurs; les rebelles étaient les amis de la vérité et les défenseurs de l'innocent opprimé." » (Robespierre, Archives parlementaires, t. LIV, p. 74-77, dans Philippe --Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 157-158.) 

 

Le 29 mars 1793, « les auteurs d'écrits royalistes furent promis à la peine de mort. Le 1er avril était supprimée l'immunité des députés. Les libertés individuelles, déjà passablement écornées, se trouvaient réduites à néant. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 172-173.)

En Amérique, nombre de Patriots furent actifs, avant 1775, au sein de groupes comme les Sons of Liberty. Les plus importants dirigeants des "Patriots" que Louis XVI avait aidé à prendre le pouvoir sont aujourd'hui connus sous l'appellation de Pères fondateurs des États-Unis.

L'appellation "Fils de la Liberté" a été diffusée dans les cercles de la franc-maçonnerie. (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, note 43, p.p. 385 ; P. Maier, From Resistance to Revolution, New York, Norton, 1991, p. 81) Quel hasard ! 

 

« Depuis longtemps déjà Louis XVI porte sur les évènements révolutionnaires un regard surnaturel. À ses yeux, le mal est spirituel et le remède ne peut être que spirituel. » (Philippe Pichot-bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 164.)

À propos de l'égalité. L'idée égalitariste domine l'histoire des nations modernes depuis le XVIIIe siècle. Pourtant, dès le Moyen-Âge, en pleine monarchie absolue de droit divin, Saint Thomas d'Aquin définit la loi comme une "ordonnance de la raison, promulguée par celui qui a autorité sur la communauté, pour le bien commun" (I-II, Q. 90, a. 4). La loi ne lie pas de sa propre autorité mais de celle de Dieu, et nous sommes tenus d'obéir à la loi dans la mesure où elle porte l'autorité de Dieu. Par conséquent, si une loi viole la loi de Dieu - la loi naturelle ou divine - alors non seulement elle ne nous lie pas en conscience, mais nous sommes plutôt tenus de désobéir à ces lois, au moins par une résistance passive (comme le refus de participer à l'avortement ou l'euthanasie). Thomas d'Aquin dit que les lois sont contraignantes si elles remplissent trois critères:

 

Premièrement, la "fin": la loi doit servir le bien commun de la société pour laquelle elle est promulguée et destinée, et elle ne doit pas seulement être "bonne en général". Il peut être bénéfique pour les étudiants de faire de la gymnastique le matin, mais il serait étrange qu'un collège l'exige comme partie du régime du matin de chaque classe. 

 

Deuxièmement, "l'auteur": la loi doit être promulguée par l'autorité compétente. Un évêque ne peut décréter des lois liturgiques et autres que dans les limites géographiques (ou spirituelles) de son propre diocèse. Il y a des cardinaux et des archevêques qui voudraient imposer leurs protocoles de Covid à des provinces, des États ou des nations entières, mais eh bien, tant pis.

 

Troisièmement, la "charge" de la loi - car toute loi a sa dimension coercitive - ne peut être disproportionnée par rapport au bien recherché ou au mal évité (le remède ne doit pas être pire que le mal). La loi ne doit pas non plus retomber de manière disproportionnée sur une partie de la population plutôt qu'une autre. Les impôts doivent être imposés de manière équitable, de même que la conscription, la fonction de juré, et personne ne devrait bénéficier d'un traitement préférentiel indu. Tous sont égaux devant la loi, sans que certains soient plus égaux que d'autres.

 

Une égalité juridique entre les hommes peut et doit exister (l'égalité devant l'impôt que cherchèrent à réaliser les rois Louis XV et Louis XVI mais qui en furent empêchés par la magistrature parlementaire avant que les mêmes ne s'en empare en 1789... Cf. Michel Antoine, Louis XV).

 

Notons que le principe égalitaire n'était pas une chose évidente pour les droits de l'hommistes eux-mêmes. Historiquement, les mêmes qui déclaraient l'égalité de tous étaient de grands esclavagistes. « Après avoir hardiment affirmé que "les hommes naissent et demeurent libres en droit", les députés de l'Assemblée nationale constituante se déjugeront le 15 mai 1791 en renonçant à changer le statut des personnes que le législateur qualifie pudiquement de "non-libres". Si le maintien de l'esclavage dans les colonies est une entorse spectaculaire au principe, elle n'est pas la seule. Quelques mois plus tôt, l'Assemblée avait fondé l'exercice de la citoyenneté sur un principe censitaire distinguant entre les citoyens actifs et les citoyens passifs. On le voit : les hommes ne sont pas demeurés égaux en droit bien longtemps ! » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 94.)

 

Aux États-Unis, l'historien Bernard Cottret a remarqué la même « contradiction entre les principes affichés et la réalité profonde ». Cette contradiction est « plus éclatante encore à l'intérieur même de la société américaine (G. B. Nash, Race and Revolution, Madison, Wis, Madison House, The Merril Jensen Lectures in Constitutional Studies, 1990, p. 3).

 

D'ailleurs un peu avant le déclenchement de la Guerre d'Indépendance américaine,« les propagandistes anglais (loyalistes) ne manquèrent pas de le faire remarquer : comment refuser l'esclavage prétendu de la métropole quand on maintenait plusieurs centaines de milliers de Noirs dans la plus abjecte des sujétions ? » (Bernard Cottret, La Révolution américaine : La Quête du Bonheur 1763 – 1787, Perrin, Collection Tempus, Paris 2012, p. 178.)

 

Le principal rédacteur de la Déclaration d'Indépendance de 1776 qui proclame l'égalité de tous les hommes, Thomas Jefferson, est un planteur qui possédait des esclaves. Or, « en 1773, plusieurs esclaves du Massachussets avaient demandé à l'assemblée de leur province d'examiner leur cas, en se référant aux déclarations préalables contre l'esclavage auquel l'Angleterre voulait censément réduire tous les Américains » (H. G. Punger, John Hancock, Merchant King and American Patriot, New York, J. Wiley, 2000, p. 185, in B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., note 69, p. 425.) « Comment se réclamer du droit naturel quand on s'opposait aux "sauvages" amérindiens au nom de la civilisation ? [...] Pouvait-on valablement décréter la liberté de tous les hommes dès leur naissance et enchaîner une partie de l'humanité ? Le paradoxe était flagrant, et les Britanniques, [...] ne manquèrent pas de s'indigner pieusement des moeurs esclavagistes de leurs cousins rebelles... » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 178.)

 

« [...] [L]e débat [...] avait des répercussions militaires immédiates : les Britanniques tentèrent d'ouvrir un second front au sein même de la société américaine, en appelant les esclaves à la révolte. Ou du moins, en leur promettant la liberté s'ils se joignaient aux troupes de Sa Majesté contre leurs maîtres. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 180.)

 

« Dans sa défense des constitutions de gouvernement des États-Unis, publiée opportunément en décembre 1787 en Angleterre, John Adams, [...] le futur président des États-Unis associait dans sa réflexion les Anglais et les Germains. [...] La meilleure forme possible de gouvernement était celle qui associait la démocratie et la République – comme le faisait la Constitution. [...] Esclaves et Amérindiens étaient les grands exclus... De plus, le suffrage demeurait censitaire. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 319.)

 

George Washington

George Washington lui-même « n'était pas hostile à la dépossession des Amérindiens; mais il voulait, flegmatique, qu'elle s'effectuât dans le calme et la bonne humeur, sans laisser les "bandits" profiter des circonstances en abusant de la crédulité des autochtones. Il fallait dépouiller ceux-ci avec distinction, circonspection, bonté et courtoisie, en usant de cette douce bienveillance que l'on voue aux plus faibles. Le général conseillait de concilier trois impératifs: l'établissement de nouveaux États, l'occupation des terres, et la paix. » (B. Cottret, La Révolution américaine, ibid., p. 276.)

 

« Était opulent en Virginie, celui qui avait à la fois de l'argent, des terres, des esclaves, des maisons et du crédit. Quiconque ne possédait qu'une de ces formes de la richesse était à la merci de la plus petite circonstance. [...] [I]l n'y avait de de sécurité que si l'on possédait abondamment toutes les sortes d'objets et d'êtres qu'il y avait à posséder. Washington le vit tout de suite. [...] Il cherche partout des terres neuves, en Floride, en Ohio, en pennsylvanie. Il est inlassable. [...] En 1760, il a 49 esclaves; en 1770 87, en 1774 135. » (Bernard Faÿ, Georges Washington, Gentilhomme, Éditions Bernard Grasset, Paris 1932, p. 167-169.)

 

 

Paradoxalement, alors que le libre arbitre biblique disparaît, l'idolâtrie de l'ego, l'orgueil de l'homme apparaît; elle est mise en forme juridique par les déclaration des droits de l'homme qui légitimeront les caprices les plus fous et anti-bibliques qui soient, comme l'esclavage, le divorce, l'avortement, le mariage homosexuel, la procréation pour autrui, etc. Et comme l'ego est souvent excessif, cela donne - on s'en doute - des droits qui se contredisent les uns les autres, des résultats catastrophiques pour la vie en société.

 

Dred Scott

Un exemple historique frappant : un peu avant la Guerre de Sécession (1861-1865), le sud des États-Unis pratiquait l'esclavage et le nord ne le pratiquait pas (ou peu); et le parlement de l'État de Missouri, entre le nord et le sud, abolit l'esclavage; les esclaves se libèrent, et les propriétaires d'esclaves allèrent devant les tribunaux, disant qu'on les avait privés de leur biens ! Le contentieux entre les propriétaires d'esclaves et l'État de Missouri remonta alors jusqu'à la Cour suprême des États-Unis, qui dans un arrêt Dred Scott vs Ferguson du 6 mars 1857 trancha qu'un parlement d'un état (le Missouri) n'a absolument pas le droit d'exclure l'esclavage, parce que l'esclavage fait partie des droits de l'homme, le droit de propriété étant un droit absolu ! La Cour La cour rejeta la demande de Scott par 7 voix contre 2. Les esclaves étaient une propriété, et les maîtres avaient la garantie du droit de propriété dans le cadre du cinquième amendement. 

Dans le même style, un arrêt Plessy v. Ferguson de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 18 mai 1896, autorise les États à imposer par la loi des mesures de ségrégation raciale.

 

Si une certaine égalité (devant l'impôt par exemple) peut exister, l'égalitarisme, en revanche, cette idéologie issue de la constitutionnalisation de l'idée d'égalité, qui déforme l'idée originale chrétienne de l'égalité de tous les hommes devant Dieu, et établit ici-bas, en système, une stricte égalité à tous points de vue doit être rejetée. Cette idéologie égalitariste est dangereuse pour les destinées des nations européennes, car elle les prive de tout développement naturel possible en leur imposant indéfiniment une immigration pléthorique inassimilable, censée établir le règne de la liberté & de l'égalité. Une immigration qui donnera les mêmes droits à des individus qui ne partagent rien avec les européens.

Le professeur Jean-Louis Harouel, dans la conclusion de son livre « Les Droits de l'Homme contre le peuple »dit que c'est un « dissolvant social » :  « On ne peut pas fonder une société sur les droits de l'homme dès lors qu'ils sont un dissolvant social. Très grand nom du droit international privé, Henri Battifol observait qu'un faisceau de droits subjectifs ne résout aucunement le problème premier de toute société qui est celui de la vie en commun et que l'erreur du libéralisme individualiste a été de croire que la protection de l'individu suffirait à organiser la vie en commun.  (Cité par Yves Lequette, De la Proximité au fait accompli, Mélanges en l'honneur du professeur Pierre Mayer, Lgdj, Paris 2015, p. 514-515.)

[...]  Avec la religion des droits de l'homme, s'estompe l'idée de citoyenneté. L'idée d'une appartenance commune rassemblant les citoyens d'un même pays fait place à une juxtaposition d'individus ne se définissant plus que par leur "droit à avoir des droits" (Yves Lequette, De la proximité au fait accompli, mélanges en l'honneur du professeur Pierre Mayer, Paris, LGDJ, 2015, p. 515), selon la célèbre formule de Hannah Arendt (Les Origines du totalitarisme, Paris, éd. Gallimard, 2002). » (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 135-136.)

La juxtaposition d'individus qui n'ont que des droits fait que notre société est profondément fracturée sur le plan économique et social, mais aussi sur le plan sociétal. Une question d'éthique actuelle est de savoir si l'égalité républicaine ne va pas justifier que la PMA ne conduise à la GPA, cette marchandisation du corps humain.

Nous sommes dans une société où le nous a perdu son sens et ce qui compte c'est l'ego, le moi; il y a sans doute une réflexion à mener sur le nous. On ne construit pas une société en mettant les gens à côté les uns les autres, mais en bâtissant un projet collectif viable.

 

Gustave Bord, en 1908, faisait déjà la même analyse à propos des droits de l'homme, lorsqu'il parlait d'une « chose grave », d'une « pensée dangereuse, qui conduit les sociétés aux pires cataclysmes », d'une « idée implacable », qui a entraîné les maçons « jusqu'au bord de l'abîme où doivent succomber les sociétés modernes, car le dogme de l'égalité est par essence destructeur de toute idée sociale. » (Gustave Bord, La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, 1852, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908, p. 3.)

 

Sur le plan du combat citoyen : « [o]n dit toujours qu'un peuple ne doit pas s'enfermer dans son passé, or c'est ce que nous faisons avec notre culte béat de la religion des droits de l'homme. La France ne peut espérer survivre qu'en rompant avec son culte de la non-discrimination. Elle doit tout particulièrement maintenir et surtout restaurer la nécessaire discrimination entre nationaux et étrangers, qui est le fondement de la cité. Là est le véritable combat citoyen, n'en déplaise aux dévôts de l'immigrationnisme. » (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 135-136.)

S'agissant par exemple de l'islam, "[n]ous devons appliquer un régime particulier à l'islam en France. Ce n'est pas contraire à la liberté religieuse. L'islam n'est pas une religion au sens habituel du terme: c'est avant tout un code de règles de droit et de comportement qui prétend régir la totalité de la vie sociale. L'islam est porteur d'un projet politique mortel pour les nations occidentales. Il est suicidaire de continuer à laisser monter des minarets et proliférer le voile islamique dans les rues et les entreprises. l'actuelle arabo-islamisation visuelle de l'espace public constitue un des aspects de la transformation progressive des pays européens en des pays musulmans dans lesquels aura vocation à s'appliquer le droit musulman.» (J.L. Harouel, Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 137.)

Quand Emmanuel macron a dit qu'il n'y avait pas de culture française, il voulait dire qu'il n'y a plus de culture française. En effet, la liberté de 1789 détruit le lien social; chacun pouvant théoriquement poursuivre ses propres valeurs, il n'y a plus de valeurs communes, il n'y a plus de société.

Les partisans des Lumières, dans une surenchère, répondront que ce qui fait nos valeurs communes c'est l'absence de valeurs; mais l'absence de valeurs communes signifie la disparition de ce qui fait communauté... Il est temps de se réveiller ! 

Récemment, Jean-Louis Harouel a donné une conférence video (extraits) pour le Cercle de l'Aéropage dans laquelle il explique son analyse: « On ne peut pas fonder une société sur les droits de l'homme, pour une bonne raison que les droits de l'homme sont un dissolvant social. »

Mensonge l'article 2 qui dit « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels,»  etc. C'est son but prochain, non son but suprême qui est d'aider par-dessus tout à la conquête des biens surnaturels de l'autre vie (qui est la vraie fin dernière). Cette thèse est la négation très claire de l'ordre surnaturel; la négation d'une vérité, donc un mensonge.

« La Déclaration des droits de l'homme de 1789 est traversée par deux tensions. La première : la tension entre l'article 2 et l'article 6. L'article 2 proclame des droits naturels (influence très lockienne), la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. L'article 6 "la loi est l'expression de la Volonté générale". Là il n'est plus question de respects de droits naturels. Il y a donc cette tension entre l'affirmation de droits naturels et puis la définition de la loi que donne Rousseau comme "expression de la volonté générale". La loi est donc simplement l'expression d'une volonté. Il suffit que la notion veuille ou ses représentants pour que la loi existe. Il n'y a rien au-dessus de la loi. Pas de lois fondamentales, pas de droits naturels, pas de commandements de Dieu. La chose a d'ailleurs bien été refusée. Le député Mirabeau dit Tonneau avait proposé de mettre le Décalogue. Cela avait été écarté. On ne voulait pas en entendre parler. Cet article 6, en définissant la loi comme l'expression de la Volonté générale ruine, nie l'autotité juridique du droit naturel et crée un véritable absolutisme qui va bien plus loin que le pouvoir absolu du monarque de droit divin d'avant la Révolution puisque ce monarque de droit divin était soumis au respect des lois fondamentales, au respect du droit naturel, au respect des principes de justice et d'équité... La deuxième tension nous éclaire beaucoup sur nos institutions. Le système représentatif mis en place par l'abbé Sieyès supprime les mandats impératifs des États généraux, les remplacent par des mandats représentatifs (un député est le représentant de la nation toute entière et pas le représentant de tel ou tel baillage, il pourra résider à Paris et être élu "député de la Nièvre") et inaugure, non pas un régime démocratique, mais un régime oligarchique, un régime dans lequel le pays est gouverné par un petit groupe, qui agit, et échappe à ceux qui les ont désigné aux États généraux (violant deux fois la constitution: celle des lois fondamentales de la souveraineté du Roi, et celle des États généraux pour lesquels ils avaient été mandatés pour discuter des impôts et non pour créer une nouvelle constitution !) » (Philippe Pichot-Bravard, Conférence "Fondements idéologiques et légitimité du pouvoir", le vendredi 21 février 2014.) 

 

Mensonge l'article 3. 

 

Ces derniers jours, une énième violence scolaire sur un professeur braqué avec une arme factice secoue le monde « éducatif » (qui n'éduque pas puisque l'autorité n'existe plus mais réside dans le peuple, une abstraction). Les médias découvrent (ou font semblant de découvrir) des violences qui étaient inimaginables et inexistantes à l'école dans les années 1950 jusqu'aux années 1980  (le temps que le soixante-huitardisme produise ses pleins effets); toutes les crises que nous connaissons dans la société (crises de l'autorité à l'école, refus d'obéissance des enfants, crises éducatives, crises morales, violences aux personnes, suicides, crises culturelles et même crises économiques, etc.), toutes ces crises trouvent leur source dans une seule et même cause, qui est une conception erronée de l'autorité formulée par les Barbares révolutionnaires de 1789 et l'oubli du Décalogue. 

Et le drame est que cette erreur fondamentale se répand lentement par métastases dans tout le corps social jusqu'à tuer la société à présent.

 

« Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu ». (Epître aux Romains, 13:1.) Dans la Révélation (rejetée par les soit-disant Lumières), le pouvoir vient de Dieu. En 1789, la Révolution détruit cet enseignement divin; elle détruit l’autorité et prétend que l'autorité vient d'en dessous, des inférieurs :

 

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.»  (Article 3)

 

Cette nouvelle conception de la « souveraineté » a pu conduire en 1789 des fanatiques à détruire un million de fois plus d'oeuvres d'art qu'aujourd'hui les djihadistes de l'état islamiste.

 

Cette nouvelle conception de la souveraineté a conduit les soixante-huitards et les pédagogistes à déclarer l'égalité entre l'enseignant et l'élève.

Cette fausse conception de l'autorité fait des « citoyens » des commandés et des commandeurs à la fois.

Or, l'homme ne peut à la fois être son propre principe de commandement (conception schizophrène,) s'il n'a pas d'abord un principe supérieur. Aujourd'hui cette erreur sur l'autorité conduit des enfants à donner quasiment des ordres à leurs parents ou à leurs professeurs, sous couvert d'égalité et de recherche de l'épanouissement personnel des enfants. Ceci se fait dans le cadre d'une politique gouvernementale issue de l'Éducation nationale, relayée par des « éducateurs », des conseillers d'« éducation », des pédagogues et autres professionnels de l'« éducation ».

 

La conception erronée de l'autorité issue de 1789 conduit l'école républicaine dans l'impasse. Et des ministres républicains de l'«Éducation  nationale » cherche à y remédier avec des cautères sur une jambe de bois, des mesures inefficaces. Des républicains cherche à y remédier en établissant une nouvelle religion, la « religion de la république »(version Claude Bartolone), la « religion de la république » (version Vincent Peillon), sorte de nouveau principe supérieur nécessaire à l'équilibre de l'édifice franc-maçonnique (C. Bartolone et V. Peillon sont deux adeptes de la franc-maçonnerie). Ce nouveau principe supérieur vient remplacer l'ancien qui avait été éliminé par l'école républicaine, « laïque » et obligatoire...

C'est la verticalité de l'autorité que l'on trouve dans la religion catholique et la société chrétienne, qui fait qu'une société tient debout et peut progresser. Cette verticalité du pouvoir se rencontre dans la monarchie classique française. La république avec sa religion de la république™ cherche à en reproduire le modèle (après l'abaissement de la fonction présidentielle sous François Hollande, Emmanuel Macron : "J’assume la 'verticalité' du pouvoir"Emmanuel Macron : “Il y a de la transcendance dans l’engagement politique“; Emmanuel Macron : un président très spirituel...) L'autorité vient d'en haut et non d'en dessous. Même la république en vient à le reconnaître ! L'autorité qui se trouve en-dessous, ou à côté de moi, à mon hauteur, n'est pas respectée très longtemps car elle n'a aucune force, aucun principe supérieur pour être respectée (aucune légitimité). La "Souveraineté nationale" (article 3) est une erreur qui ne peut en aucun cas fonder un ordre politique pérenne, à moins de devenir dictatoriale et totalitaire (Exemples: démocraties populaires, régimes hitlérien nazi, communiste, nouvel ordre mondial et « moyens plus contraignants encore » de Nicolas Sarkozy, ce que lui permet la fiction de la démocratie représentative).

 

L'auteur royaliste Louis de Bonald a expliqué :

« des hommes ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple ... mais, il se trouve que le peuple n'a jamais été et qu'il ne peut jamais être souverain: car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l'on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu'il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle le part le peuple n'a fait de lois". [...] Donc cette proposition générale ou abstraite "La souveraineté réside dans le peuple" n'a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application, donc c'est une erreur ». (Louis de Bonald, Théorie du pouvoir, cité in Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 490.)

On peut tempérer le propos de Louis de Bonald en précisant que si le peuple n'a jamais effectivement élaboré seul des lois nulle part [à Athènes « Sous le nom de démocratie c’était en fait le premier citoyen qui gouvernait ». Thucydide II, 45, 5 ; 8-9], au Moyen Âge en France et encore sous l'Ancien Régime, théoriquement la loi appartenait au peuple, le roi n'était que le dépositaire de la souveraineté, le premier serviteur du peuple. Il était un avec son peuple, et ne pouvait par exemple pas aller contre les coutumes du peuple.

 

Comment en est-on donc arrivé à ce mensonge de l'article 3 ? La tactique a consisté d'abord à séparer la personne du roi du peuple, pour y substituer à la foi chrétienne la religion civile de l'Être suprême. Ce fut la tactique des parlements d'Ancien Régime (de Louis XV à Louis XVI) et des jacobins de 1789. Aujourd'hui le processus s'achève dans la farce bouffonne d'un Jean-Luc Mélenchon se prenant pour "la république" et déclarant sa "personne sacrée"

 

Jean de Viguerie a présenté le détail du conflit entre les cours (parlements) et le roi comme une « lutte sans merci » où « la caste parlementaire manifeste une agressivité jamais atteinte. » (Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Bouquins, Robert Laffont, 1995, p. 213 et 214.). 

 

« [...] Les cours [...], poursuit Jean de Viguerie, exposaient dans leurs remontrances (imprimées et largement diffusées dans le public) une théorie politique nouvelle étrangère à la tradition monarchique et remettant en cause la Constitution du royaume. Selon cette théorie, le roi n'est plus la tête du corps politique, mais il y a deux pouvoirs distincts, celui du roi et celui de la nation. Un pacte lie ces deux pouvoirs, contrat dont les lois fondamentales sont l'expression. Car ces lois fondamentales, selon le parlement de Rennes, "fixent les droits respectifs du monarque et de la nation." (Cité par Roger Bickart, Les Parlements et la notion de souveraineté nationale au XVIIIe siècle, thèse de droit, Paris, 1932, p. 51.) Quant aux parlement, [...] ils sont les représentants de la nation ! Les cours sont, selon l'expression de Malesherbes, les "assemblées représentatives de la nation." (Dionis du Séjour, Mémoires pour servir à l'histoire du droit public de la France. Recueil de ce qui s'est passé de plus intéressant à la cour des aides de Paris, Bruxelles, 1779, p. 39.) »

Mieux que les Jacobins de 1789, ces parlementaires d'Ancien Régime se proclamaient être les représentants de la nation, tout étant non élus ! Pourquoi se gêner ?!

"Même à la fin de son règne, Louis XV ne manquait ni de séduction ni de majesté." (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin 2005, p.541.)

 

C'est ainsi qu'«en 1766, dans un discours célèbre, Louis XV rappelle que les droits et intérêts de la nation ne forment pas un corps séparé du roi, qu'ils sont unis avec les droits et intérêts du monarque et reposent entièrement entre ses mains. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 198.) Dans l'esprit du roi et de ses ministres, il s'agit moins de punir que de restaurer. Dans ce discours du 3 mars 1766, Louis XV déclare : « Je ne souffrirai pas, dit le prince, qu'il se formât dans mon royaume une association qui ferait dégénérer en une confédération de résistances le lien naturel des mêmes devoirs et des obligations communes, ni qu'il s'introduise dans la monarchie un corps imaginaire qui ne pourrait qu'en troubler l'harmonie. » (Jean de Viguerie, Histoire et Dictionnaire du temps des Lumières, Bouquins, Robert Laffont, 1995, p. 215.)

Le roi dit encore : « "Entreprendre d'ériger en principes des nouveautés si pernicieuses, c'est faire injure à la magistrature, démentir son institution, trahir ses intérêts et méconnaître les véritables lois fondamentales de l'État. Comme s'il était permis d'oublier que c'est en ma personne seule que réside la puissance souveraine, dont le caractère propre est l'esprit de conseil, de justice et de raison; que c'est de moi seul que mes cours tiennent leur existence et leur autorité; que la plénitude de cette autorité, qu'elles n'exercent qu'en mon nom, demeure toujours en moi, et que l'usage n'en peut jamais être tourné contre moi; que c'est à moi seul qu'appartient le pouvoir législatif, sans dépendance et sans partage; que c'est par ma seule autorité que les officiers de mes cours procèdent [...], que l'ordre public tout entier émane de moi et que les droits et les intérêts de la nation, dont on ose faire un corps séparé du monarque, sont nécessairement unis avec les miens et ne reposent qu'en mes mains.

« [...] La séance n'avait pas duré une heure et s'était déroulée dans un calme impressionnant. Les magistrats, en effet, n'étaient pas là pour procéder à l'enregistrement de quelque édit ou déclaration qui aurait pu fournir matière à délibération. Ils étaient là en spectateurs et en auditeurs et ce qu'ils avaient vu et entendu les avait terrassés. "Discours de la Flagellation", "séance de la Flagellation" : c'est sous ces dénominations que ce discours et cette séance du lundi 3 mars 1766 entrèrent aussitôt dans l'histoire. » (Michel AntoineLouis XV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 853.) On trouve également le texte de ce discours fameux dans Lucien Laugier, Un ministère réformateur sous Louis XV. Le triumvirat 1770-1771 (La Pensée universelle, paris 1975, p. 54-55, note 5.)

Maupéou

Louis XV parachèvera ce discours avec le coup de majesté de Maupéou (1770-1771), qui exila le parlement de Paris, supprima les parlements régionaux, la vénalité des offices de judicature, instaura la justice gratuite et établit pour la première dans le droit français le principe d'égalité devant l'impôt que les parlements avait systématiquement refusé jusqu'ici ! (ce qu'on a appelé l'« obstruction parlementaire au XVIIIe siècle »).

 

En 1789, à la suite des magistrats d'Ancien Régime, cassant l'unité ancestrale entre le peuple et le roi, les hommes de 1789 ont transformé les États généraux en une assemblée coupée de l'autorité royale... afin de confisquer le pouvoir d'élaborer la loi et se l'approprier avec leur démocratie dite représentative mais ne représentant en fait qu'eux-mêmes et leurs intérêts.

 

Le danger des assemblées rejetant Dieu, a été relevé par Jean-Paul II : « Dans la mentalité des Lumières, [...] le grand drame de l'histoire du Salut avait disparu. L'homme était resté seul: seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. [...] Si l'homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer qu'un groupe d'hommes soit anéanti. [...] Des décisions analogues furent prises sous le IIIe Reich, [...] par le parti communiste de l'union Soviétique et des pays soumis à l'idéologie marxiste. » (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 23-24).

 

« Le remplacement du royaume de France par une république égalitaire, vertueuse, despotique et conquérante a constitué un ébranlement majeur de la civilisation européenne, dont ont découlé beaucoup de malheurs pour la France et l'Europe. (Alain Besançon, Le Malheur du siècle, éd. Perrin, Paris 2005.)

L'idéal républicain a débouché sur la dictature jacobine qui fut un modèle pour Lénine et sur une nation hégémonique qui a suscité le choc en retour des nationalisme européens, et tout particulièrement du pangermanisme. C'est que les révolutionnaires ne voulaient pas seulement le pouvoir: ils voulaient s'emparer du pouvoir pour réaliser une utopie, pour changer le monde en changeant en l'homme, pour faire surgir un homme nouveau, pour accomplir l'émancipation de l'humanité. La Révolution a constitué un moment majeur dans la sécularisation du vieux rêve millénariste d'instaurer sur la terre un paradis égalitaire. D'abord en France et ensuite par contagion dans le monde entier. » (Jean-Louis Harouel, Droite – Gauche, Ce n'est pas fini, Desclée de Brouwer, Paris 2017, p. 200-201)

 

Le résultat est un enfer qui est l'inverse des buts qui avaient été définis par la Révolution. 

Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restants ! Jamais dans l'histoire du monde l'écart de richesse entre les plus riches et les plus pauvres n'a été aussi important. Les États-Unis, aujourd'hui, sont les champions du monde de l'inégalité : 

 

 

« Un Bill Gates était inimaginable à l'époque, ces fortunes qui dépassent la richesse de nombreuses nations n'existaient pas. » (Yves-Marie Adeline, Le Royalisme en question, L'Âge d'Homme - éd. de Paris,  Libres Mobiles, 2e édition, Paris 2006, p. 96).

On rappellera en comparaison que sous l'Ancien Régime, faire du commerce, faire de l'argent était interdit aux nobles. La noblesse pouvait se perdre par déchéance à la suite d'une condamnation infamante. Elle se perdait encore par dérogeance, lorsqu'un noble était convaincu d'avoir exercé un métier roturier ou un trafic quelconque : il lui était interdit de sortir du rôle qui lui est dévolu, et il ne devait pas non plus chercher à s'enrichir. (Régine Pernoud, Lumière du Moyen Âge, Grasset, Paris 1981, p. 39-40).

D'Artagnan arrête Fouquet

Le « Lexique historique de la France d'Ancien Régime » de Guy Cabourdin et Georges Viard (Armand Colin, 3e éd. Paris 1998, p. 105) précise que "pour un noble, déroger c'est perdre ses prérogatives et ses privilèges par l'exercice d'activités "ignobles", puisque, selon Loyseau, "le propre de la noblesse est de vivre de ses rentes". Plus que des édits royaux, il s'agit d'une maxime coutumière selon laquelle "le commerce dérogeait".» Un exemple frappant de dérogeance fut celui de Nicolas Fouquet. Enrichi grâce à des malversations et de prêts à l'État à des taux usuraires, le surintendant des finances de Louis XIV, fut arrêté par d'Artagnan, mousquetaire du roi, le 5 septembre 1661, déchu de sa charge, condamné au bannissement perpétuel du royaume pour avoir par trop affiché une opulence choquante, enrichie sa famille, et confondu ses finances et celles de l'État.

« Suivant la loi des clans, sa famille bénéficia de sa prodigieuse réussite et se trouva richement pourvue de charges et de bénéfices. [...] L'élimination de Fouquet et de son groupe de financiers attesterait de façon spectaculaire sa volonté (de Louis XIV) de rompre avec un passé de désordre, de corruption, d'improvisation et de laxisme. » (Jean-Christian Petitfils, Louis XIV,  éd. Perrin, Saint-Amand-Montrond 2010, p. 199, 207.) Louis XIV commua la peine de Nicolas Fouquet en emprisonnement à vie. (Lexique du siècle de Louis XIV, BH Créations Lexiques essentiels, p. 48-49). L'usure était interdite par l'Église, les usuriers étaient emprisonnés à vie sous Louis XIV , aujourd'hui ils sont les maitres du monde.

De nos jours, « il est [...] amusant de constater que la gauche, et plus généralement la république, aggrave, toujours les inégalités plutôt qu'elles ne les réduit. Par exemple, sous le septennat de Valery Giscard d'Estaing, l'éventail des revenus était moins large que sous son successeur François Mittérand.

[...] Aujourd'hui, [...] la moitié du patrimoine national (50%) est détenue par 10% des ménages. Et 40% des Français n'ont aucun patrimoine. 40% des Français sans patrimoine: ce chiffre était le même en 1800, au lendemain de la Révolution... On me parlera pour se consoler d'égalité devant la loi. Il y aurait au moins cela. Avez-vous suivi les affaires politico-financières? Qui va en prison? Les protagonistes secondaires, jamais les plus hautes personnalités. » (Yves-Marie AdelineLe Royalisme en question (1792-2002), Perspectives pour le XXIe siècle, Préface de Vladimir Volkoff, Postface de Jean Raspail, L'Âge d'Homme - Editions de Paris, Libres Mobiles, 2e édition corrigée, Paris 2002, p. 96-97.)

 

Quand on est passé de Giscard à Mitterrand en 1981, les marxistes chantaient victoire dans le vide, les riches ne pouvaient pas se douter qu’en fait les choses iraient mieux pour eux, ni les pauvres qu’elles iraient pire, ni les classes moyennes qu’elles étaient destinées à s’appauvrir. 

En 2014, un peu plus de deux siècles après leur Révolution, les plus riches s'inquiétaient de ce qu'était devenue leur « égalité  » : la pauvreté était le sujet phare de leur réunion annuelle qui se tint du 22 janvier au 25 janvier 2014 à Davos. Près de la moitié des richesses mondiales est détenue par 1% de la population !

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/01/21/20002-20140121ARTFIG00164-pres-de-la-moitie-des-richesses-mondiales-est-detenue-par-1-de-la-population.php

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/01/21/20002-20140121ARTFIG00164-pres-de-la-moitie-des-richesses-mondiales-est-detenue-par-1-de-la-population.php

Aujourd'hui, les États-Unis peuvent être qualifiés de ploutocratie.

 

[...] Ploutocratie signifie littéralement le pouvoir des riches. Le « pouvoir » peut avoir diverses nuances de signification : ceux qui exercent l’autorité d’une fonction publique sont riches ; leur richesse explique pourquoi ils occupent cette fonction ; ils exercent cette autorité dans l’intérêt des riches ; ils ont la principale influence sur qui occupe ces fonctions et sur les mesures qu’ils prennent. Ces aspects de la « ploutocratie » ne sont pas limitatifs. De plus, le gouvernement des riches et pour les riches n’a pas besoin d’être dirigé directement par les riches. [...] Aujourd’hui, les États-Unis remplissent les critères d’une ploutocratie – pour plusieurs raisons. Regardons quelques éléments de preuve frappants. La redistribution du revenu brut vers le haut de la hiérarchie a été une caractéristique de la société américaine au cours des dernières décennies. Des statistiques bien connues nous indiquent que près de 80 % de la richesse nationale générée depuis 1973 est passée aux 2 % les plus riches et 65 % aux 1 % supérieurs. Les estimations de l’augmentation du revenu réel des travailleurs salariés au cours des 40 dernières années varient de 20 à 28 %. Au cours de cette période, le PIB réel a augmenté de 110 % – il a plus que doublé. En d’autres termes, selon le Congressional Budget Office, selon le revenu le plus élevé de 1 % des ménages aux revenus les plus élevés a gagné environ 8 fois plus que celui des ménages du 60e centile après impôts fédéraux et transferts de revenu entre 1979 et 2007 et 10 fois celui des ménages du centile inférieur. En bref, l’écrasante fraction de toute la richesse créée sur deux générations est allée à ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide des revenus. Cette tendance s’est nettement accélérée depuis la crise financière de 2008. Entre 2000 et 2012, la richesse nette réelle de 90 % des Américains a diminué de 25 %. Warren Buffet, Jeff Bezos et Bill Gates et al, c’est-à-dire le 1% le plus riche de la population mondiale, possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse mondiale (selon un rapport du Crédit Suisse en novembre 2017).

Un État policier au service de Wall Street. L’un des exemples les plus stupéfiants de l’implication ploutocratique directe dans l’État a été l’audace de Wall Street qui a coopté une partie du service de police de New York se dotant d’une unité semi autonome pour contrôler le quartier financier. Financée par Goldman Sachs et consorts, dirigée en partie par des employés de banques privées occupant des postes administratifs clés et ayant pour mandat explicite de prévenir et de traiter toute activité qui les menace, elle fonctionne avec du matériel à la pointe de la technologie, dans un établissement dédié fourni par ses commanditaires. Pendant des années, l’installation a été gardée « sous le comptoir » afin de ne pas inciter les personnes curieuses à la dénoncer. C’est l’unité qui a coordonné la répression des manifestations du mouvement Occupy à Manhattan. Elle représente l’appropriation d’un organisme public pour servir des intérêts privés. L’hyper-anxiété de l’après-11 septembre 2001 a servi de couverture politique et idéologique à un accord conçu par le maire Mike Bloomberg (lui-même un milliardaire de Wall Street qui a défendu Wall Street contre toute accusation d’abus financier) en collusion avec ses anciens associés. S’agit-il simplement de Bloomberg exposant la dépendance fiscale de la ville de New York à l’égard des emplois du secteur financier ? C’est le même Bloomberg qui a tué dans l’œuf une initiative largement soutenue visant à fixer un salaire minimum décent de 10 $ l’heure avec assurance maladie (11,50 $ sans) pour les projets de développement qui reçoivent plus d’un million de dollars en subventions des contribuables. Il a stigmatisé la mesure comme « un retour à l’époque où le gouvernement considérait le secteur privé comme une vache à lait… La dernière fois que nous avons vraiment eu une grande économie dirigée, c’était l’URSS et ça n’a pas si bien marché ». On pourrait difficilement être plus ploutocratique – et dans le New York de gauche.

Source: Michael Brenner, Consortium News, 05-09-2018 - Les Crises. fr

 

Mais la France est une ploutocratie depuis 1789. « À l'ancienne aristocratie se substitue l'aristocratie des riches. C'est une chose qui n'a pas été assez vue. On a dit : la Révolution de 1789 a donné le pouvoir à la bourgeoisie. C'est vrai, mais dans la bourgeoisie elle l'a donné à l'Argent. » (Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 105).

« C'est cette situation que Stendhal décrit parfaitement lorsqu'il fait parler M. Leuwen, le banquier : "... depuis Juillet, la bourgeoisie a remplacé le faubourg Saint Germain, et la Banque est la noblesse de la classe bourgeoise... Le ministère ne peut pas défaire la Bourse, et la Bourse peut défaire un Ministère." Et M. Leuwen explique que ce régime coûtera cher, parce qu'il faut donner des places à tout l'état-major de la bourgeoisie: "Il y a là six mille bavards qui feront de l'éloquence contre vous si vous ne leur fermez la bouche avec une place à six mille francs". » (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 147).

« Une nouvelle bourgeoisie se substitue à celle de l'Ancien Régime: acquéreurs de biens nationaux, fournisseurs aux armées, nouveaux fonctionnaires, généraux, hommes de loi, etc. » (Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 430.)

« Étrange conclusion: la Révolution, faite au nom de l'égalité, a enrichi les riches et appauvri les pauvres... C'est un résultat qu'on retrouvera sur d'autres terrains... » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 173-174).

« Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée.

Il s'agit d'une explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. L'explosion se traduit par la promotion du banquier et du spéculateur: tout banquier, dans la tourmente, est nécessairement spéculateur; mais tous les spéculateurs ne sont pas banquiers.

Avant la révolution, les banquiers privés étaient nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé. Beaucoup d'entre eux étaient de confession protestante, d'origine cévenole ou suisse, et ils fondaient des dynasties bancaires: le Genevois Isaac Mallet s'était établi à Lyon en 1735, le Neuchâtelois Perregaux à Paris en 1781. Genevois encore, Bidermann et Clavière apparaissaient dans la capitale en 1782, et le Zurichois Hottinguer en 1783. Le calviniste Tronchin était, à Lyon puis à Paris, le banquier favori de Voltaire, qui ne méprisait pas les manieurs d'argent. La révolution assure d'emblée la promotion des bourgeois fortunés, qui ne tardent pas à prendre le contrôle des municipalités à Marseille, Lyon, Bordeaux ou Nantes. "Ce sont les hommes riches qui vont gouverner Bordeaux" (Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française), Bordeaux qui choisit pour maire Saige, "dix fois millionnaire". À Nantes, le Comité de salut public est entre les mains des plus riches négociants, - la plupart affiliés aux loges maçonniques – dont Buteiller père, le plus opulent. » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 242-243).

 

Au XXe siècle, l'historien François Furet, ancien communiste qui déconstruisit le communisme, ainsi que la Révolution de 1789 en montrant notamment que la Terreur était bien en germe dès les débuts de la Révolution, et qui devait récolter en retour l'agressivité des historiographes robespierristes, « avait longuement expliqué les potentialités despotiques de la démocratie révolutionnaire. Il n'en méconnaissait pas les potentialités utopiques. Il savait que la démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.)

 

L'impasse de principes désorganisateurs

 

Mona Ozouf relève ce qui semble bien être la contradiction fondamentale des principes démocratiques issus des Lumières (et la preuve de leur échec)

« En écrivant que la Révolution française était terminée, François Furet n'entendait pas dire que la passion révolutionnaire était désormais privée d'avenir. Il avait longuement expliqué les potentialités despotiques de la démocratie révolutionnaire. Il n'en méconnait pas les potentialités utopiques. Il savait que la démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus inégaux, alors même qu'elle a posé en principe leur égalité. Elle se condamne donc à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre... » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.)

 

« Aussi est-elle (la démocratie) une idée sans terme prévisible, exposée à la surenchère, et ouverte à toutes les dérives passionnelles: ce qui laisse prévoir que le répertoire des passions révolutionnaires est loin d'être fermé,» ajoute Mona Ozouf.

 

Si les droits de l'homme proclament l'égalité, c'est pour organiser la libre concurrence entre eux et les forcer à se combattre, car cela est bon pour le marché. La démocratie en quelque sorte rétablit les combats de gladiateurs, non plus à l'échelle de l'arène mais à l'échelle du marché. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus toujours plus inégaux, et d'inégalités sans cesse croissantes. L'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres ! Belle réussite du marché, mais impasse totale des principes de 1789.

 

Un livre paru en 2020, de l'historien italien Aldo SCHIAVONE, intitulé "Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", traduit de l'italien par Giulia Puma, Fayard (L'épreuve de l'histoire, Saint-Amand-Montrond 2020, p. 153; 161-165) évoque lui aussi "la contradiction insurmontable que 1789 laissa en héritage au XIXe siècle, ... jusqu'à nous."

"Émergeait ainsi en pleine lumière, dès les formules sèches de ce texte, ... ce que François Furet pointait comme le grand dilemme du XVIIIe siècle : comment penser la sociabilité - c'est-à-dire plus exactement, le lien, la connexion, le commun - ... en partant uniquement de l'individuel, de la singularité, de la solitude du fragment.

"'La richesse et la pauvreté étaient destinées à disparaître dans un régime d'égalité', lit-on dans un décret de la ville de Paris en novembre 1793, et : 'Il ne faut plus ni riches ni pauvres. L'opulence est une infamie,' dirait Saint-Just cette même année. ... Montesquieu et Rousseau - daccord sur ce point - avaient raison. La démocratie, pour être effective, avait besoin d'une égalité qui dépasse le seul plan des droits, pour arriver à toucher la substance de la vie matérielle des citoyens.

"... Une égalité comme celle projetée en 1789 ... tendait à être rendue vaine, pour ce qui est de son effectivité...

Mais si le problème existait vraiment..., la voie choisie pour le résoudre était tragiquement erronée. Cette dernière imaginait que pour en voir le bout il suffisait d'armer le pouvoir - d'un pouvoir inouï - une avant-garde révolutionnaire, auto-persuadée d'agir au nom de la nation tout entière, et d'imposer, au moyen de son commandement, la politique et la volonté dont il était l'expression, en dehors duquel ne pouvait exister aucun espace de salut, aucune marge autonome de l'humain." Dans ce livre, Aldo Schiavone tente de trouver une solution à la contradiction fondamentale de la déclaration de 1789 : "Si l'individuel demeure la seule forme avec laquelle concevoir l'humain [...], comment concilier la pleine valorisation avec une égalité qui dépasse le niveau d'une parité formelle uniquement politique et juridique ?" (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 283.) "La construction de l'individu moderne, cuirassé dans ses libertés - auxquelles ont contribué organisation capitaliste, tradition chrétienne et pensée libérale puis démocratique - reste peut-être la conquête la plus importante d'un parcours d'émancipation auquel l'Occident a voué la meilleure partie de lui-même.

"Si nous définissons l'humain uniquement par l'individuel, son universalité - aussi emphatisée soit-elle par la tradition moderne et son arrière-plan chrétien - en pâtit forcément, et risque de se réduire à tout instant à une construction seulement abstraite. Afin d'écarter ce danger, deux voies ont été suivies. La première a fini par attribuer à l'Etat - comme c'est le cas de la pensée de Hegel, qui représente, à cette aune, l'apogée de la modernité chrétienne-bourgeoise - un rôle de conciliation et de producteur d'éthicité. [...] L'autre a déplacé, au contraire, cette instance de réunification supérieure au-delà du plan de l'histoire, dans un royaume des cieux théologiquement inféré, lieu exclusif où l'on trouverait la plénitude de la vérité et de la vie. Mais si on parvient plutôt à construire et à articuler, tout en restant bien dans l'horizon de l'histoire, une forme alternative de l'humain, les choses changent. Une figure qui ne se confonde ni avec le 'je' de l'individuel ni avec le 'nous' de la tradition rousseauiste-socialiste, mais avec l'impersonnalité du 'il', [...] qui à l'extérieur de tout homme, permet à chacun d'exister et de penser, et de ne pas se noyer dans la prison d'une autoreprésentation sans fin. [...] Tout l'effort des mystiques a toujours visé à obtenir qu'il n'y ait plus dans leur âme aucune partie qui dise 'je'. Mais la partie de l'âme qui dit 'nous' est encore infiniment plus dangereuse.' (Simone Weil, La Personne et le sacré, 1942-43, paru en 1950, Paris 2017, p. 37) Au contraire, elle finirait même par en perpétuer les effets, en se limitant à juxtaposer les individualités [...] sans les dépasser si ce n'est en surface, en croyant les unifier à travers le seul lien de la sérialité du travail à l'usine..." (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid.,p. 309-311.)

"Il est certain que les inégalités imprévues qui ont soudain vu le jour dans les sociétés occidentales [...] ont eu un poids décisif. Il faut injecter des idées dans la démocratie, et ne pas la considérer comme une forme immuable, la 'fin de l'histoire', le lieu d'une vérité acquise pour toujours, mais simplement un mécanisme imparfait, fruit d'une combinaison instable entre éléments hétérogènes. [...] Une seule réponse, totale et définitive, n'existe pas. Il n'y a pas de proportion idéale - une espèce de règle d'or - à trouver et à mettre en pratique, valable dans toutes les situations. [...] Si nous essayons de [...] réduire l'égalité démocratique à l'intérieur de ses frontières strictement formelles, [...] - droits politiques, parité des citoyens face à la loi, et rien d'autre - nous empruntons une impasse

"[...] Le moment est venu de commencer à penser un nouveau pacte d'égalité pour sauver le futur de la démocratie. [...] Un pacte d'égalité qui sache se transformer en programme politique [...] et qui parle non pas de la parité des individus, mais de la divisibilité [...] de certaines choses, de certains biens, matériels et immatériels, à commencer par le bien que constitue la vie, à partager équitablement entre tous les vivants. [...] 

"À la dernière page de La Personne et le sacré, [...] Simone Weil [...] se demande si, au fond, il est bien vrai que le Dieu-Personne de la tradition chrétienne ne laisse pas de place à la pensée de l'impersonnel - une question qui parcourt silencieusement la pensée du philosophe allemand (Hegel). Et elle conclut qu'une jonction est concevable. À l'appui, elle cite le texte de Matthieu 5,45 : 'afin de devenir fils de votre père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes', considérant ce passage comme un exemple limpide de l'allusion évangélique à un 'ordre impersonnel et divin de l'univers', et donc à la possibilité que la figure de Dieu et celle de l'homme puissent se retrouver au-delà d'une théologie de la personne conçue comme dénuée d'alternatives. Je crois bien qu'elle avait raison."  (Aldo Schiavone, Une Histoire de l'égalité, Leçons pour le XXIe siècle", ibid., p. 331-332.)

 

Antoine de Rivarol

Le rêve du retour à l'état de nature de Jean-Jacques Rousseau se transforme en cauchemar de la concurrence de tous contre tous et à la loi du plus fort ! Antoine de Rivarol avait vu qu'avec les droits de l'Homme on obtiendrait le contraire de ce que la république se proposait : c'est le retour de la barbarie.

 

« Principes désorganisateurs » disait l'abbé Barruel, qui devaient conduire à la destruction de toute autorité et de toute religion dogmatique et au rétablissement des droits imprescriptibles de l'homme primitif... C'est en fait un retour à l'Âge des cavernes, à l'état anarchique, primitif et barbare : la loi du plus fort; une incroyable régression.

 

« Là où la religion est bannie de la société civile, et la doctrine et l'autorité de la révélation divine rejetées, la vraie notion de la justice et du droit humain s'obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la justice et du vrai droit » (Pie IX, Lettre Encyclique Quanta Cura, Rome 8 décembre 1864.)

 

« Loin d'avancer indéfiniment dans la voie du progrès, comme l'on a accoutumé de s'en vanter, l'humanité semble retourner à la barbarie ! » (Pie XI, Encyclique Urbi arcano, 1922)

 

« Revenir à Dieu, c'est revenir à la civilisation; c'est en finir avec l'horreur, le chaos et la barbarie ! » (Anne Bernet, Revue Fideliter, Janvier-Février 1996, N° 109, p. 74.)

 

Toutes les crises que nous connaissons dans la société (crises de l'autorité à l'école, refus d'obéissance des enfants, crises éducatives, crises morales, crises culturelles et même crises économiques, etc.), toutes ces crises trouvent leur source dans une seule et même crise, qui est une conception erronée de l'autorité formulée par les Barbares révolutionnaires et leurs principes désorganisateurs de 1789.

 

Dans ces conditions il n'est pas surprenant d'apprendre que lors de l'élaboration de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, rien de la déclaration des devoirs qui devait y être intégrée ne subsista dans l'adoption du document final. (Source : Stéphane RIALS, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Pluriel Inédit, Hachette, La Flèche 1988, p. 15.)

 

Si l’on veut rétablir l’ordre naturel chrétien, supprimer le désorde maçonnique, et refonder la société sur ses bases naturelles (et donc pérennes), il faut commencer par supprimer la conception erronée de l'autorité issue de 1789, et affirmer clairement que l'autorité vient de Dieu et non du peuple. (Cf. Dieu, principe et modèle de toute autorité). Il s'agit d'affirmer que la démocratie comme "religion" horizontale est une impasse qui conduit à la destruction de la société et que les droits de l'homme de 1789 dans leur article 3 conduisent à la mort de la société par un retour inévitable à la barbarie.

 

Dans son Du Contrat social, Jean-Jacques Rousseau, utilise le terme de « démocratie » dans son sens sens originel pour désigner la démocratie directe, exercée sans intermédiaires par l'ensemble des citoyens. Il avait vu juste en rapportant cette fatalité de la démocratie représentative : « la souveraineté ne peut être représentée » :  « Le peuple anglais pense être libre; il se trompe, il ne l'est que durant l'élection des membres du Parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les cours moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite qu'il la perde. » (J.-.J Rousseau, Du Contrat social, 1762, Oeuvres Complètes, Paris, Gallimard, Pléiade, 1964, III, p. 429-430.) 

 

« 'Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation', dit la révolution. [...] L'ordre des sociétés politiques est réglé par les lois premières, aussi indépendantes de la volonté de l'homme, générale ou particulière, que le sont les lois qui règlent l'ordre du firmament. L'harmonie, l'accord, le bien-être du corps social sont assujettis à des lois aussi nécessaires en elles-mêmes, que le sont les lois qui font le bien-être et la santé du corps physique, ou qui distinguent le concert du charivari. On peut par ignorance ou par mauvais vouloir méconnaître et violer les unes et les autres; on n'empêchera pas que l'effet ne soit une perturbation, perturbation souvent mortelle, ou qui finira par le devenir. La plus grande injure qu'on puisse faire à un pays, c'est d'affirmer qu'il est représenté par des hommes qui donnent comme des principes incontestables les palpables absurdités que nous venons d'indiquer.

« [...] Tous les législateurs qui n'ont eu que des lumières purement humaines ont manifestement fort mal résolu le problème. Un signe d'horreur est empreint sur toutes leurs législations. ils ont broyé, écrasé la partie la plus nombreuse du genre humain, celle des faibles. Ils l'ont mise sous les pieds des forts, d'une minorité; ils ont gardé ou introduit l'esclavage: esclavage des vaincus, des enfants, des femmes. À vrai dire, ils ont établi des règles destinées au petit nombre seulement; ils ont légiféré pour régler comment les grands se partageraient les petits et conserveraient la proie. Barbares et homicides, ils ne sont pas des législateurs.

« [...] La déclaration n'est pas seulement en opposition avec la raison et la foi; elle est en contradiction avec ses propres principes. » (Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 254, 257, 258)

Mensonge l'article 4 qui dit que « les bornes (de la liberté) ne peuvent être déterminées que par la loi » (humaine). Elles ne peuvent être déterminées que par la loi de Dieu qui seule établit la distinction entre le bien et le mal, le permis et le défendu, le possible et l'impossible.

Par exemple, mensonge la loi qui déclarerait libre le divorce, le « mariage » homosexuel, donc mensonge de dire que la loi humaine détermine les « bornes » de la liberté.

Une gravure de Legrand, conservée à la Bibliothèque nationale, illustre la « loi sur le mariage et le divorce » autorisant le divorce en France, adoptée le 20 septembre 1792 par l'Assemblée nationale (jour de la proclamation de la « république »). La gravure, reproduite ci-dessous, montre « le mariage et le divorce républicain en forme de tables du Sinaï, tables de Moïse, surmontées du bonnet rouge, une sorte de déesse portant flambeau et couronnant les jeunes mariés, un simulacre d'autel où officie un fonctionnaire, un soldat en armes surveillant la scène. Tel sera le "mariage républicain". La Révolution voudra répudier le catholicisme; elle cherchera à lui substituer ses propres rites, imités de la liturgie chrétienne. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 12.)

La société de l'injonction au bonheur ou du bonheur obligatoire : penser l'impasse des droits de l'homme
Moïse portant les Tables de la loi

Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restauration par la loi du 8 mai 1816. Il ne fut rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884. 

 

Mensonge l'article 5 qui dit que « tout ce qui n'est pas défendu par la loi (humaine) ne peut être empêché ». Ce qui n'est pas « défendu » par la loi humaine, peut être « empêché » par la loi divine. Le paganisme par exemple, non empêché par la loi humaine est formellement interdit par le 7e commandement de Dieu. Le divorce est interdit par les 6e et 9e commandement de Dieu. Dernier exemple : le vol des biens de l'Église en 1905, n'est-il pas interdit par la loi de Dieu ? « Non furtum facies » (Tu ne voleras pas. Exod. 20:15).

 

Mensonge l'article 6 qui dit que « la loi est l'expression de la volonté générale », que par conséquent le nombre crée le droit. La loi ne peut être que l'expression de la volonté de Dieu, qui n'a souvent rien de commun avec la volonté générale. (Abbé Vial, Jeanne d'Arc et la Monarchie, 1910, réed. Editions Saint-Rémi, p. 33-40, 561)

« Définir la loi comme l'expression de la volonté générale, (c'est) affranchir le législateur du respect d'un ordre naturel supérieur. L'ordre juridique tout entier se trouve ainsi sécularisé.

[...] L'affirmation du caractère de cette souveraineté marque un renversement complet de l'ordre du monde : le pouvoir ne vient plus d'en haut mais d'en bas. Dès lors, le souverain est affranchi du respect d'un ordre juridique supérieur extérieur à sa volonté. La définition de la loi s'en trouve radicalement bouleversée.

[...] La loi ne se définit plus en fonction de sa finalité mais en fonction de son origine. La loi n'est plus l'acte qui participe au règne de la justice mais l'acte qui exprime la volonté du souverain... Il y a ici une tension évidente entre l'affirmation de l'existence de droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme,  et le principe légicentriste formulé par l'article 6. L'absence de procédure juridictionnelle de contrôle de la constitutionnalité des lois (d'ailleurs) empêchera de vérifier que les volontés du législateur sont effectivement pleinement respectueuses de ces "droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme". Cette absence est volontaire, comme le montrera le débat du 8 août 1791. Les députés ne veulent pas qu'un organe conservateur de l'ordre constitutionnel vienne faire obstacle à leur volonté souveraine. » (Philippe Pichot-Bravard, Conserver l'ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle), LGDJ, Paris 2011, p. 356-371.) 

« [...] Aucune procédure n'est prévue pour veiller à ce que les pouvoirs constitués respectent les dispositions de la Constitution. Les Constituants n'ont pas établi d'organes conservateur vérifiant la constitutionnalité des lois. »

Dans la préface de l'ouvrage La Machine révolutionnaire, Oeuvres d'Augustin Cochin (textes réunis par Denis Sureau), Patrice Gueniffey, le disciple de François Furet, écrit p. 11 : « le club jacobin [...] accompagne l'abstraction toujours croissante des rapports sociaux au nom d'une égalité en droits théoriquement inclusive, mais aboutissant en fait à la dépossession toujours croissante des individus et au règne, sous le nom fallacieux de "volonté générale", d'une opinion collective factice et impérieuse à la fois : la fabrique du consentement sans la participation ni le consentement de ceux qui devront s'y soumettre ! »

Et Denis Sureau dans son introduction aux Oeuvres d'Augustin Cochin, rapporte ce mot de Cochin (p. 32) : « Au terme de son long travail, Augustin Cochin conclut ainsi : "La France transformée en une vaste loge – l'opinion sociale substituée à l'opinion réelle – le Machinisme à l'autorité reconnue – la liberté de principe et la servitude de fait […] : tels sont bien en effet les caractères du "grand œuvre" qui venait de s'accomplir ! » (A. Cochin, Les sociétés de Pensée et la Révolution en Bretagne 1788-1789, t. I, Paris, Plon, 1928, p. 456.)

 

La France transformée en vaste loge (A. Cochin) : c'était aussi le regard que portait sur les évènements en 1793, Mallet du Pan, ce journaliste calviniste qui, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir (10 août 1792) écrivait, dans un style aussi vif que celui de Cochin : « la France est une vaste caserne : tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues ! Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous.» (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

« Si la loi était l'expression de la volonté générale, il serait à peine nécessaire de l'écrire. Il n'y aurait qu'à laisser faire la volonté générale. [...] La loi expression de la volonté générale ! Le peuple souverain dictant la loi Il aurait donc édicté qu'il dépenserait une partie notable de ses revenus à payer plusieurs centaines de milliers de surveillants, de gendarmes, chargés de lui faire vouloir ce qu'il veut? qu'il hérisserait son sol de prisons destinées à le renfermer et à le punir de ne pas vouloir ce qu'il veut ? Déjà en 1797, un grand ami de la France, Joseph de Maistre écrivait du peuple français :

"Ses maîtres le foudroient en se moquant de lui. Ils lui ont dit : Vous croyez ne pas vouloir cette loi; mais soyez sûrs que vous la voulez; si vous osez la refuser, nous vous tirerons à mitraille pour vous punir de ne pas vouloir ce que vous voulez; et ils l'ont fait." (Considér. sur la France, ch. VIII, p. 126, éd. de 1853).  

 

« C'est ce qui se fait équivalemment depuis une siècle pour une multitude de lois édictées par la révolution. [...] Gendarmes, garnisaires, étaient là pour punir le peuple français de ne pas vouloir ce qu'il voulait. Comme l'on surprendrait la multitude des paysans et des ouvriers de France, qui forment la volonté générale du pays, si on leur disait qu'ils donnent librement mandat pour payer des centaines de millions o l'Université césarienne, toujours si impopulaire après un siècle d'existence; aux théâtres; aux comédiennes de Paris; et qu'ils consentent volontiers à frustrer pour cela leurs fils, leurs filles, leurs femmes, d'un bien-être qui ne serait pas du superflu ! La volonté générale aurait donc statué que, de tous les peuples de la terre, le citoyen français seraient notoirement le plus imposé !!! Quelle lumière quand on rapproche le gros des faits des prétendus principes de la déclaration (des droits de l'homme). Elle ne promet avec plus de solennités et d'ampleur, que pour dénier d'une manière plus cynique et effrontée. » (Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 260-262.)

 

Le mensonge du peuple

 

«Le 14 juillet 1789 : Spontanéité avec préméditation.

Les thèses "révisionnistes" [...] à propos de la prise de la Bastille [...] ont été formulées dès la fin de l'année 1789 et pendant la Révolution elle-même; elles ont été réétudiées par des historiens comme Lombard de Langres (Des Jacobins, depuis 1789 jusqu'à nos jours, Paris 1822), Taine, au XIXe siècle, Frantz Funck-Brentano (qui possède un fonds remarquable des papiers de la Bastille, dont le registre d'écrou, et écrivit un livre sur les évènements de juillet: La Prise de la Bastille, Paris, Fontemoing, 1899), plus explicitement encore par Gustave Bord (La Prise de la Bastille et les conséquences de cet évènement en province, Paris, 1882), plus tard par Bernard Faÿ, Pierre Gaxotte (La Révolution française, Paris 1928) ou Jean Mistler. À la suite de la plupart des contemporains des évènements, amis ou ennemis du "peuple", tels Montjoie, Marmontel, le marquis de Ferrières (Mémoires pour servir à l'histoire de l'Assemblée constituante et de la Révolution de 1789, Paris an VII, et Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vol., Paris 1821), Sourdat (Les Véritables auteurs de la Révolution de France de 1789, Paris 1797), Barruel, Dusaulx lui-même, [...] [Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet, 1950], ces thèses soulignent toutes la préparation de l'émeute par des "factions".» (Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, historiens, professeur à l'université de Tours et chargée de recherche au CNRS, dans Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008,  p. 35-36.)

Dans son avant-propos à son ouvrage "Le Quatorze juillet" (Lardanchet 1950, p. 7), Pierre Dominique précise que « la réaction populaire [...] est conduite par des éléments politiques correspondant à ce que nous appellerions aujourd'hui la Gauche et l'Extrême-gauche et qui se groupent autour du duc d'Orléans avec, à l'arrière-plan, la franc-maçonnerie. »

« Le duc d'Orléans [Grand maître du grand Orient de France, cousin de Louis XVI] a pour lui sa fortune. C'est le plus riche seigneur du royaume. [...] En ce début de la Révolution, il paie à bureaux ouverts les journalistes, brochuriers, libellistes de tout Paris et de tout Versailles, les crieurs, parleurs, aboyeurs qui remplissent les cafés, les coupe-jarrets dont il a des dizaines à sa solde et que se chargeront de recruter en payant à boire et, le moment venu, d'encadrer les braillards dans la rue. [...] Il sait agir sur le peuple autrement qu'en le payant; il lui retire son pain, le lui redonne. Comment ? En pratiquant l'agio sur les blés; Montjoie le dit, qui est royaliste, il est vrai, mais Malouet confirme : "Les agents du duc d'Orléans faisaient aussi sur cet objet (les blés), leurs spéculations; ils faisaient vendre et acheter en divers lieux suivant qu'ils avaient besoin de la faveur ou des fureurs de la populace." On l'accusa même d'avoir fait courir de fausses circulaires, signées Necker, arrêtant les approvisionnements sur Paris du 20 avril au 15 mai, au moment où se réunissaient les États généraux.

[...] Les frères se tiennent, marchent en ordre, murmurent leurs mots de passe, suivent aveugklément leurs chefs. le pouvoir ne peut rien contre cette organisation souterraine. Il peut d'autant moins qu'elle pénètre Cour, qu'elle est maîtresse à Versailles comme à Paris. [...] Dès 88, les Maçons avec toujours en bouche les grands thèmes d'ordre et de centralisation, sont la colonne vertébrale du parti national, de ce parti dont LaFayette est le dieu, qui vit des idées politiques anglaises et américaines.

[...] L'opposition secrète de la maçonnerie à la Monarchie traditionnelle se trouve ainsi secrètement manoeuvrée par l'Angleterre, alors que l'Angleterre battue dans une guerre précédente, a sa revanche à prendre sur terre et sur mer. Grave sujet de méditation pour un patriote, mais les patriotes de l'époque ignorent tout cela: ils marchent la tête dans les nuées. » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 30, 34-35.) « Louis XVIII pourra écrire à Saint-Priest : "Je crois que le ministère britannique a fomenté et peut-être payés les commencements de la Révolution. » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 216.) « Les Financiers, Laborde, Dufresnoy, d'autres, qui ont pris position à la hausse et pour qui Necker c'est la hausse, paient d'honnêtes contributions; on a de quoi acheter qui l'on veut...» (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, ibid., p. 62.) « Aussitôt les banquiers ouvrent plus large que jamais leur caisse aux révolutionnaires; toute la finance prend position contre le Roi.[...] "Il paraît même, dit Mme de Staël, qu'on avait fait distribuer parmi le peuple des imprimés qui annonçaient que M. Necker était la cause de la cherté du pain parce qu'il avait accablé le peuple d'impôts et amassé du blé..." » (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, ibid., p. 77-79.)

« Rivarol accuse [...] les banquiers Laborde de Méréville, Boscary et Dufresnoy, entre autres, d'avoir "soudoyé" l'émeute. Delessert fournit un témoignage en ce sens. (Voir Jacques Godechot, La Prise de la Bastille, p. 249, dans Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 43)

«[...]Tandis que le duc conspirateur se voyait cantonné au rôle de pourvoyeurs de fonds, le déroulement des émeutes de juillet 1789 rend saisissante la présence continuelle de membres des loges à tous les échelons de l'action, et dans toutes les initiatives importantes : les noms que l'on connaît des chefs ou meneurs, [...] des délégués du Comité permanent de la commune qui constituèrent des ambassades auprès de Launay, [...] des chefs de la milice bourgeoise, dont La Fayette, à partir du 15 juillet, est le plus illustre, tous ces noms, confrontés aux listes des loges conservées au Fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale de France, révèlent une étrange similitude. Bertrand de Molleville put ainsi affirmer : "C'est dans une séance de la loge des Amis réunis que fut décidée la prise de la Batille." (B. de Molleville, Histoire de la Révolution de France, t. I, p. 27). Cette préparation systématique est confirmée par l'innocent Dusaulx [homme de lettres et homme politique français. Membre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, traducteur de Juvénal et disciple de Rousseau] qui confesse: "Le gros du peuple ne se doutait pas que l'on allait marcher sur la forteresse, mais il est certain que la prise de la Bastille avait été projetée." (Dusaulx, De l'Insurrection parisienne et de la Prise de la Bastille, 1790, p. 24.)

[...] L'appartenance des chefs du tiers au "parti patriote", est-elle [...] un secret ? Bailly, Sieyès, Le Chapelier, Mirabeau, La Fayette, [...] Guillotin, tous appartenaient à la loge parisienne des Amis réunis. [...] Tous furent les personnages clés de ces évènements de juillet. » (Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008,  p. 41, 49.)

 

Dans sa Conférence "Fondements idéologiques et légitimité du pouvoir" donnée le vendredi 21 février 2014, Philippe Pichot-Bravard explique que « le Club des Jacobins était un réseau de sociétés affiliées (maçonniques) et donc un puissant moyen de manipulation de l'opinion. » Il dit l'avoir « constaté cela à plusieurs reprises en consultant les archives parlementaires ». « Avant chaque coup de force, avant chaque mouvement un peu brusque, le 10 août 1792, le 31 mai 1793, lors de l'élimination des Girondins, on assiste à une préparation psychologique de l'opinion par le biais des sociétés affiliées. Le Club a donné des consignes: faites remonter à l'Assemblée des pétitions demandant telles et telles choses. Ainsi, le 10 août, nous demandons la déchéance du roi, le 31 mai nous demandons l'élimination des Girondins. En août-septembre 1793 on recommence... - et là c'est génial... - on vient élaborer une constitution... La constitution a été ratifiée par referendum. 75% des gens n'ont pas voté, mais les autres ont voté... Or les Girondins qu'on a éliminés, aux élections ils vont revenir à l'Assemblée avec des royalistes qui eux aussi auront été élus. Les Jacobins n'ont pas fait tout ça pour ça ! Donc il faut trouver un tour de passe-passe pour que la constitution ne puisse pas être mise en oeuvre. Comment fait-on ? Et bien, consignes aux sociétés (maçonniques) locales et les pétitions qui remontent 15 jours après la proclamation de la constitution ! Et elles disent toutes la même chose ! "Que la Montagne reste à son poste, et notre triomphe est assuré !" On retrouve cela partout. Alors évidemment "la société populaire de" ne dit pas la société populaire, elle dit "le peuple d'Angers" ou "la société populaire et les citoyens d'Angers". D'ailleurs ce n'est pas complètement faux puisque dans le discours révolutionnaire, le peuple ce sont les militants révolutionnaires. Les autres, ce ne sont pas le peuple : ce sont les "ennemis du peuple" ! La seule chose c'est que sur 30000 habitants, ils sont 30. Mais à 30 ils sont "le peuple" ! 

On crée donc un mouvement d'opinion artificielle, avec quelques centaines de pétitions, et avec ce mouvement, on justifie le coup de force qui est prévu depuis le départ (!), mais qui fait mine de s'appuyer sur une demande du peuple populaire... On l'a fait pour le 10 août 1792, pour la déchéance du roi, le 31 mai et le 2 juin 1793pour l'élimination des Girondins, et on le fait le 10 octobre 1793 pour la suspension de la Constitution et l'établissement du gouvernement révolutionnaire, qui donnant aux Jacobins les moyens d'action va mettre en place ce programme de régénération qui est vraiment le coeur du dessein révolutionnaire depuis 1789, c'est-à-dire faire naître un monde nouveau, régénérer la France et régénérer l'homme pour rendre cet homme compatible avec ce monde nouveau ! »

Dans cette conférence, à la question de l'entrisme dans les partis politiques existant pour changer le système de l'intérieur, Philippe Pichot-Bravard, lucide, répond qu'il ne croit pas trop à cette thèse : « Je suis assez méfiant avec tout ça, parce que les règles sont faites pour empêcher le pays réel de faire ce que vous dites. Le jour où le pays réel aura peut-être, de ce point de vue, une carte à jouer, et bien les règles seront changées pour qu'il ne parvienne pas au pouvoir. Le bon terrain : il faut reprendre les hiérarchies des priorité, il est d'abord spirituel. Il est ensuite culturel. Il faut mener cette action culturelle, réveiller les esprits. » Le combat est spirituel et culturel, c'était déjà le constat de Louis XVI.

 

Le nouveau pouvoir fondé sur la souveraineté populaire n'accepte pas le résultat des élections

 

Afin de conserver le pouvoir, l'oligarchie jacobine donne du canon et fait tirer sur le peuple qui vote royaliste. À Paris, le gouvernement révolutionnaire appelle l'armée à venir le secourir les 1er avril et 20 mai 1795, la troupe s'oppose à une révolte populaire. Dans l'une et l'autre journée, les soldats sont commandés par des généraux « suspects » de sympathie royaliste (Pichegru, puis Menou). Le 13 vendémiaire an III (5 octobre 1795), les soldats commandés par Barras et Bonaparte répriment une insurrection royaliste. Bonaparte, est nommé général en chef de l'armée de l'Intérieur.

Jean-Charles Pichegru

Deux ans plus tard, les royalistes sortis vainqueurs aux élections, le gouvernement révolutionnaire est de nouveau menacé. Le 20 mai 1797, le général royaliste Pichegru obtenait la présidence du Conseil des Cinq-cents et Barbé-Marbois celle du Conseil des Anciens. Le tirage au sort élimina Letourneur du Directoire. Et le 26 mai le royaliste Barthélemy était élu comme directeur en remplacement de Letourneur. (Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1899, Bouquins, Robert Laffont, Paris 2004, p. 391.) 

François Furet narre ainsi les évènements :

« Quand les premières élections du Directoire ont lieu, en germinal (mars-avril) 1797, [...] les royalistes prennent le contrôle des assemblées, le général Pichegru préside les Cinq-Cents, Barbé-Marbois les Anciens. Ils votent l'abolition de la loi du 3 brumaire an IV et quelques mesures adoucissant le sort des prêtres réfractaires;

les émigrés [...] ont commencé à rentrer par petits paquets, profitant d'une procédure de "radiation" de la liste fatale qui les rendait passibles de la peine de mort prévue par une loi de la Convention.

Va-t-on vers une restauration ? [...] ceux qu'on appelle les "jacobins blancs", Pichegru, Imbert-Colomès, Willot sont décidés au coup d'État pour ramener Louis XVIII et l'émigration. 

[...] Au Directoire, [...] est prêt au coup d'État pour défendre la Révolution : Reubell [...], [l]'ancien député du Tiers-État de Colmar à la Constituante, [...] représentant aux armées, investit dans la défense de la République et des frontières naturelles [...] est rejoint par Barras qui a [...] pris langue avec l'armée d'Italie et son choix est fait au printemps 1797, quand un de ses amis ramène de Milan, transmise par le général en chef, la nouvelle que Pichegru est au service de Louis XVIII. [...] La seule grande force [...] au service de la République est désormais l'armée, qui vient de se couvrir de gloire en Italie.  [...] C'est Hoche, à la tête de l'armée de Sambre et Meuse, qui fournit le coup de main décisif, en faisant marcher neuf mille hommes vers Paris en juillet, sous le prétexte d'un transfert de troupes vers Brest. [...] Dans la nuit du 17 au 18 fructidor (4 au 5 septembre 1797), Paris est occupé militairement. Augereau (bras droit de Bonaparte) arrête Pichegru et ses amis des Conseils » (François Furet, La Révolution française, ibid., p. 415), ainsi que des députés et des journalistes royalistes. Le 18 fructidor an V (4 septembre 1797), le Directoire, pressé par Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, a donc fait contre le peuple qui a mal voté un coup d'État. Belle preuve de liberté de penser, belle marque de respect pour le vote et la démocratie, belle preuve de loi « expression de la volonté générale » ! On aura en outre remarqué que le seul « complot » autorisé, le seul « complot » qui existe, est le complot royaliste :

[...] Au matin du 18, une grande affiche-proclamation du Directoire-croupion annonce aux Parisiens et au Pays qu'un complot royaliste a été brisé, et que tout individu coupable de vouloir rétablir la royauté ou la Constitution de 1793 sera fusillé sans jugement !... » (François Furet, La Révolution française, Penser la Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. 415.) [4]

 

Augereau au pont d’Arcole, 15 novembre 1796 par Charles Thévenin

 

« Ce qu'on peut réunir des Conseils siège dans la journée (18 fructidor, 4 septembre 1797) et celles qui suivent pour voter des mesures de "salut public" : l'annulation des "mauvaises" élections, qui exclut un tiers du Corps législatif, la déportation en Guyanne de cinquante-trois députés et de deux Directeurs, Carnot et Barthélémy, plus quelques royalistes notoires. Le Directoire – ce qu'il en reste – casse en même temps les élections des pouvoirs administratifs et judiciaires locaux, désormais à sa discrétion. La presse est muselée. Enfin, une série de textes frappent à nouveau les émigrés et les prêtres réfractaires, passibles de la peine de mort ou de la déportation. 

[...] Comme le 2 juin 1793, le 18 fructidor an V (1797) est un coup d'État antiparlementaire, une épuration de la représentation du peuple au nom du salut public. [...] La différence principale tient à ce que, dans le rôle de bras séculier de la Révolution, les sans-culottes ont été remplacés par l'armée. Barras et Reubell triomphent, mais en débiteurs des généraux. Hoche meurt inopinément en septembre, mais un petit général corse, devenu déjà une gloire de la nation en conquérant l'Italie, peut à son tour faire figure de sauveur. [...] Michelet l'imagine royaliste, parce qu'au témoignage de Bourrienne, son camarade de l'école de Brienne, il s'exclame que Louis XVI aurait dû faire tirer sur l'émeute, le 20 juin 1792. » (François Furet, La Révolution française, ibid., p. 415-417)

 

En Europe, les républiques soeurs connaissent le même régime militaire. Les généraux font et défont les gouvernements. Ils apprennent ainsi, bien avant le 18 Brumaire (9 novembre 1799), la technique du coup d'État : en 1798, par exemple, Joubert en Hollande, Berthier et Brune en République Cisalpine, Schauenbourg en Suisse. S'ouvre ainsi le temps des « missionnaires armés » dont l'Italie devient le théâtre des stratégies de carrière. L'armée d'Italie fut quelquefois présentée comme un porte-parole tardif de la sans-culotterie, un conservatoire de l'esprit égalitaire, et volontiers déchristianisateur, de l'an II, un réceptacle des idées jacobines. La Banque (les « Régents de la Banque de France », tels que Le Couteulx de Canteleu et Guillaume Mallet, fondateurs de la Banque de France), la haute finance et le commerce deviendront les piliers du Consulat puis de l'Empire. La misère ouvrière au XIXe siècle viendra passablement écorner l'optimisme des Lumières : le progrès du bien-être n'était pas au rendez-vous !

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile

 

Mensonge l'article 10 qui n'admet que des « opinions, même religieuses » et les suppose toutes également respectables. En dehors des opinions toujours discutables, il y a des convictions indiscutables, des vérités certaines, acquises, patrimoine de l'humanité, bases des sociétés qu'un gouvernement digne de ce nom ne doit jamais laisser mettre en discussion. Exemple: l'existence de Dieu, audacieusement remplacé dans le préambule de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 par la « présence » et les « auspices de l'Être suprême. »    

Il y a également un fossé entre dire « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses », et la réalité des persécutions antichrétiennes sous la Révolution, l'élimination des réfractaires, le génocide en Vendée. 

Tandis qu'on proclamait la liberté religieuse (article VII de la Constitution de l'an I, 1793), dès « le 28 octobre 1789, "l'émission des voeux dans tous les monastères" fut suspendue : au nom de la liberté individuelle. Le député Treilhard, membre influent de la commission ecclésiastique de l'Assemblée, prépara un décret qui les supprimait; [...] il le fit voter le 13 février 1790. Des officiers municipaux se présenteraient dans les maisons religieuses et demanderaient à chacun ou à chacun des membres de la communauté, s'il désirait sortir ou rester. Ceux qui partiraient recevraient une indemnité, pour vivre. Les religieux fidèles seraient groupés, tous ordres confondus, dans les maisons conservées. Quant aux monastères abandonnés, ils seraient mis en vente, au titre de biens nationaux. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 23.)

La Constitution civile du clergé est votée le 12 juillet 1790, elle réorganise unilatéralement le clergé séculier français, instituant une nouvelle Église (l'Église constitutionnelle) et en novembre 1790, l'Assemblée impose au clergé de prêter serment à la Nation : belle preuve de liberté de conscience et de laïcité !

L'historien membre de l'Académie française Daniel-Rops avance que « l'affaire du serment allait précipiter le cours des évènements et entraîner la chute de la monarchie, puisque c'est pour sauvegarder sa liberté de conscience que Louis XVI tentera de fuir Paris et la France, se brouillant avec la Révolution. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 32.)

Le 29 novembre 1791, les « réfractaires » sont déclarés « suspects de sédition », perdent leur pension et peuvent être exilés sur décision administrative. 

« [...] À l'Assemblée, le Vendredi saint 6 avril (1792), un débat avait commencé sur l'interdiction du vêtement ecclésiastique et la suppression de toutes les congrégations religieuses; le 28 avril, les deux mesures étaient votées. [...] Le 27 mai (1792) la Législative, sur la proposition de Guadet et Benoiston, votait un décret soumettant à la "déportation" (sans jugement) – c'est-à-dire à l'exil – au-delà des frontières tout ecclésiastique que vingt citoyens dénonceraient comme insermenté (dénonciation pour incivisme). [...] Tout prêtre passible de déportation qui serait pris en France serait condamné à dix ans de détention. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 39.) Belle preuve de « liberté » et de liberté religieuse ! Désormais les prêtres se trouvaient directement livrés à la malveillance des dénonciateurs, au bon plaisir des administrateurs.

« Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, l'abbé Barruel écrit : "Dans la Révolution française, tout, jusqu'à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué. » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220) 

L'abbé Barruel, traqué et poursuivi durant la Révolution dut se réfugier en Angleterre, où il rédigea ses Mémoires en 1796. Jean Ousset écrit à son sujet : « Barruel a eu des révélations directes de plusieurs personnages de l'époque (témoignages de convertis et de pénitents. Ndlr.) et trouvé en Allemagne surtout, des documents de premier ordre (sur les Illuminés de Bavière d'Adam Weishaupt. Ndlr.).

« Pendant l'empire, il (Barruel) se tint à l'écart. Napoléon le soupçonna d'avoir propagé le Bref de Pie VII et le fit emprisonner à l'âge de 70 ans... Il fut inquiété de nouveau sous les Cent Jours. Sur lui pèse bien entendu la conspiration du silence qui poursuit tous ceux qui se sont attachés un peu sérieusement à démasquer les agissements de la Secte. » (Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220.)

 

 

Augustin Barruel indique par exemple que la fuite de Varennes fut organisée par la franc-maçonnerie (La Fayette) afin de perdre la monarchie.

Daniel-Rops précise qu'«à Pâques de 1791, le roi, ayant voulu aller à Saint-Cloud recevoir le sacrement des mains d'un prêtre fidèle, la populace, ameutée par le tocsin de Saint-Roch, s'y était opposée. Blessé dans ses convictions les plus profondes, Louis XVI s'était alors résolu à accepter le plan d'évasion qu'on lui proposait depuis déjà longtemps. Le 20 juin (1791), il partait avec toute sa famille, vers la frontière de l'Est, où l'armée des émigrés devait l'accueillir.[...] Lorsqu'à Varennes le maître de poste Drouet eut arrêté la voiture du monarque la monarchie elle-même était perdue. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 32.)

Le traître La Fayette (membre de la loge La Candeur) ne laissa le roi dans l'illusion que pour le ramener couvert d'opprobre, et resserrer ses liens à son retour : « Les monuments publics pourraient manquer à l'historien sur la conduite de La Fayette dans cette circonstance. Bien des personnes ont voulu faire croire qu'il (La Fayette) n'avait pas été prévenu du départ du roi; voici la vérité des faits: une femme allemande mariée à un Français nomme Rochereuil, était attachée à la reine en qualité de porte-chaise-d'affaires. Cette femme avait témoigné tant d'imagination et versé de larmes sur les horreurs des 5 et 6 octobre (1789 marche sur Versailles), que la reine touchée de ces preuves d'attachement, lui donna sa confiance, la chargea du soin de préparer ses bouillons, et la logea au rez-de-chaussée de son appartement, dans une chambre qui communiquait à l'appartement qu'avait occupé M. le duc de Villequier. Au commencement de juin, la reine méditant son évasion, fit transporter dans une autre chambre la femme Rochereuil. Celle-ci soupçonna des projets; elle épia le roi et la reine. La confiance qu'on avait en elle, la mit à portée de connaître exactement ce qui se méditait pour la fuite du roi. Le 10 juin, elle en dénonça les préparatifs à MM. de La Fayette, de Gouvion, et au Comité des recherches de l'Assemblée nationale. Elle eut avec eux onze conférences, dans l'espace de neuf jours. D'après ces dénonciations, M. de La Fayette chargea treize officiers de confiance, de faire toutes les nuits des patrouilles dans l'enceinte des Tuileries, avec l'ordre secret de favoriser l'évasion. Ses ordres furent donnés de même sur la route. Drouet fut prévenu du rôle qu'il avait à jouer. Tout le reste de la fatale journée de Varennes et de l'arrestation du roi se conçoit aisément, si ce n'est cependant l'excès de cette insolence avec laquelle La Fayette usa de sa victoire, et des outrages qu'il fit essuyer à Louis XVI, en le ramenant dans sa prison des Tuileries. » (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, éd. de Chiré, tome 1, Poitiers 2005, p. 466-467.)

« Déjà s'élevaient les premières voix demandant la déchéance d'un souverain qui avait fui. [...] L'échec de Varennes faisait le lit de la république. » (J. Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Robert Laffont, Paris 1998, p. 838.)

« Louis XVI, à son retour de Varennes, confessa [...] : "Que n'ai-je cru, il y a onze ans? Tout ce que je vois aujourd'hui, on me l'avait annoncé." » (Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, t. II, p. 74 à 81 cité dans Jean Ousset, Pour qu'Il règne, Dominique Martin Morin 1986, Niort 1998, p. 220.) 

« Enfermé, de fait, aux Tuileries, depuis le triste retour de Varennes, Louis XVI avait certainement beaucoup évolué. Il se reprochait d'avoir été trop faible, lorsque les évènements avaient commencé. Sur le plan religieux sa conscience souffrait de l'approbation qu'il avait donnée à la Constitution civile, et toutes ses sympathies allaient certainement aux prêtres qui refusaient le serment. (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 38.)

 

La chute de la royauté et actes de cannibalisme à Paris

 

Massacre des Tuileries (10 Août 1792)

Le 10 août 1792 est la journée au cours de laquelle fut envahie l'Assemblée ainsi que le Palais des Tuileries, siège de l'Exécutif pris d'assaut. Un directoire secret entre les amis de La Fayette et du girondin Brissot lâcha des « manifestants » préparés politiquement et militairement pour susciter cette insurrection parisienne non spontanée (Cf. Gérard Maintenant, Les Jacobins, collection Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58) qui devait aboutir à la proclamation de leur « république », le 20 septembre 1792.

 

Gérard Maintenant précise que jusqu'à la parution de son ouvrage "Les Jacobins", « la participation jacobine à cette journée n'a jamais été réellement abordée. On a beaucoup écrit sur le rôle joué par les dirigeants Robespierre, Danton, et sur leur soit-disant effacement relatif. M; Reinhard a insisté sur l'existence d'un Directoire secret composé entre autres d'Anhoine, Chabot, Carra, lequel organisa l'insurrection. Il tint sa première réunion au faubourg Saint-Antoine, à l'auberge du Soleil d'Or, le 26 juillet. Il est permis de rester sceptique quant aux déclarations de  Carra qui écrivit le 30 novembre 1792 un "Précis historique et très exact sur l'origine et les véritables auteurs de la célèbre insurrection du 10 août dernier, qui a sauvé la république."

"Ce directoire secret fut formé par le Comité central des Fédérés, établi dans la salle de correspondance aux Jacobins Saint-Honoré... J'écrivis de ma main tout le plan de l'insurrection, la marche des colonnes et l'attaque du château. Simon fit une copie de ce plan et nous l'envoyâmes à Santerre...."

« La question du rôle précis joué par les Jacobins dans cette journée mérite certainement d'être examinée. [...] Il semble bien établi que les Jacobins se rallièrent, dès le 29 juillet, aux thèses de Robespierre qui proposa la "destitution" du roi. [...] Mais une insurrection ne s'improvisant pas, les Jacobins participèrent à la création du "Directoire secret" insurrectionnel. [...] Le club pratiqua, fin juillet, une double action : l'une, légaliste, au grand jour, faite de motions de pétitions, de résolutions s'inscrivant dans le cadre des institutions; l'autre, secrète, annonçant la stratégie babouviste de prise du pouvoir. Choudieu, député jacobin à l'Assemblée législative et futur conventionnel montagnard, dans ses Mémoires, [...] donna [...] une vision assez juste de la préparation du 10 Août, en mettant en évidence le mouvement sectionnaire.

"Mais où donc fut préparé le 10 août me demandera-t-on ? Ce fut dans les quarante-huit sections, non pas secrètement, mais au su de tout le monde et de la cour elle-même. Parmi les représentants, Bazire, Chabot et Merlin (de Thionville) ont levé les premiers l'étendard de la révolte... Des assemblée secrètes se tenaient dans le faubourd Saint-Antoine, et les trois députés... s'y rendaient toutes les nuits. Mais malgré toute leur audace, ils n'auraient pas réussi s'ils n'eussent été secondés par les assemblées des différentes sections de Paris qui poussaient aussi au mouvement. Celle de Mauconseil se déclara la première en insurrection..."

 

« Agissant au sein même de leur section respective, les Jacobins contribuèrent, d'une façon décisive, à la mise en pratique d'un stratégie insurrectionnelle. Buchez et Roux écrivent: "Les Jacobins sont les provocateurs du 10 Août; les agents principaux de cette insurrection sont sortis de son sein." »

(Gérard Maintenant, Les Jacobins, Presses Universitaires de France, Paris 1984, p. 52-58.)

 

Frantz Funck-Brenatano rapporte : « Le 10, les Tuileries étaient envahies par les éléments extrêmes de la faction révolutionnaire, à l'instigation de Robespierre, qui aura le droit de se proclamer l'auteur du coup de force. [...] L'assemblée s'empressa de décréter l'abolition de la royauté; [...] Puis, sous la pression de la Commune de Paris, qui obéissait à Robespierre, elle décida l'élection d'une assemblée nouvelle qui sera la Convention. » (Frantz Funck-BrentanoLa Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 30.)

 

Jean Tulard sur les « sections » : « Le 9 août (1792) au soir, les députés de la Législative se séparèrent tout en sachant que les sections se préparaient au combat. À 23h45, la grosse cloche des Cordeliers se mit à sonner. D'autres églises répondirent. C'est Danton qui aurait donné le signal. Tout était prêt. De 20 heures à 21 heures, les sections s'étaient réunies pour désigner des commissaires avec mission d'intimider ou remplacer les membres du conseil général de la Commune de Paris jugés trop modérés. À 23 heures, les commissaires étaient à l'Hôtel-de-Ville où ils obtenaient sans problème une salle destinée à abriter leurs délibérations. Ainsi s'établissait parallèlement à la commune légale un pouvoir insurrectionnel qui allait la supplanter. [...] Les insurgés (fédérés et membres des sections) entreprirent de cerner les Tuileries. On réveilla le roi pour lui faire passer en revue la garde nationale et stimuler l'ardeur de cette dernière à défendre le château. Mais le roi ne trouva pas les mots qui convenaient. [...] À 8 heures du matin, les Tuileries avaient été investies. |...] À l'Assemblée [...], sous la pression des députés, le roi signa un billet ordonnant aux Suisses de cesser le feu et de regagner leurs casernes. Ils obéirent mais comme ils opéraient leurs mouvements, ils furent cernés et massacrés dans des conditions ignobles par les émeutiers. [...] La Terreur était lancée. [...] Le roi fut finalement suspendu "jusqu'à ce que la Convention nationale eût prononcé." » (Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1899, Bouquins, Robert Laffont, Paris 2004, p. 98.)

 

Sur ces évènements ignobles du 10 août, et le rôle joué par Danton, Bernard Faÿ évoque la minorité qui dirige :  « À minuit, Danton donna l'ordre de sonner le tocsin des Cordeliers. D'autres cloches répondirent. Tout se déroula ensuite selon ses ordres, et selon ses espoirs. [...] En décidant de partir pour l'Assemblée, le Roi accomplit l'acte le plus pénible, mais aussi le plus patriotique de sa vie; jusqu'au bout, il refusait de verser le sang français qui ne lui semblait jamais "impur". La ruine de la Monarchie ne résulta du reste point de sa retraite dans l'Assemblée, mais de l'émeute sanglante qui se produisit aux Tuileries après son départ, émeute suscitée par l'artifice des meneurs qui voulaient du sang pour intimider les députés. [...] Les gardes suisses [...] manquant de cartouches et accablés par le nombre, ils succombèrent; le roi, prévenu, essaya d'arrêter le carnage. Il donna ordre de cesser le feu; quelques suisses réussirent à se réfugier à l'Assemblée, les autres furent massacrés et déchiquetés, comme des animaux vaincus dans une lutte entre bêtes féroces. [...] 600 Suisses et 200 défenseurs du Château dépecés, les Tuileries entièrement pillées, 98 morts chez les assaillants, avec quelque 200 ou 300 blessés, tel fut le bilan de cette victoire que ses héros célébrèrent en promenant dans Paris les têtes et les organes des vaincus. [...] Ainsi s'écroulèrent et la Monarchie, vieille de douze siècles, et la Constitution, vieille de dix mois, et la législative, qui ne dura pas un an. [...] L'Assemblée élue jadis par une minorité d'électeurs, eux-mêmes une minorité dans le pays, ne se composait plus que d'une minorité de députés; elle usurpait les fonctions de l'exécutif qu'elle remplaçait par un "Comité exécutif".» (Bernard Faÿ, La Grande Révolution, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 363-364.)

« Rien de spontané dans ce soulèvement, pas plus que dans les précédentes manifestations populaires: le peuple, ou ce qui est censé le représenter, est mis en condition, encadré, conduit là où l'on veut qu'il aille. Ce 10 Août a été prémédité, et même commandité. les chômeurs marseillas qu'on a fait "monter" à Paris, et qui vont constituer la première force de frappe, sont payés trente sous par jour (ce qui est alors un salaire fort confortable) et ils recevront, avec le prix de leurs amres, une gratification supplémentaire de trois mille livres (soit deux à trois années du salaire moyen d'un ouvrier qualifié). Les Sans-Culottes parisiens, qui représentent la seconde force de frappe, touchent eux-mêmes quarante sous pour chaque séance de section, s'ils assurent n'avoir pas d'autre ressource. La colère ds émeutiers n'est pas gratuite ! [...] L'aube se lève sur la journée du Dix Août: inauguration de la Terreur. [...] Le roi a donné aux Suisses l'ordre de ne pas tirer. C'est les offrir à la "canaille" des faubourgs. [...] Les Suisses sont scalpés, éventrés, émasculés, dépecés ! Une fille publique, rue Fromenteau s'occupe tranquillement à délayer une cervelle du bout de son pied (Philippe Morice, dans ses Souvenirs). [...] Le jeune capitaine Bonaparte, qui habite alors rue du Mail, et qui s'est rendu au Carrousel, traverse le jardin des Tuileries: le spectacle des cadavres suisses lui donne la nausée. Bilan global : [...] sept ou huit cents tués dans le camp royal. Dans son Histoire des Girondins, Lamartine évoquera généreusement "les quatre mille cadavres" que, le lendemain, collectent les tombereaux de la Commune à la lumière du feu qui embrase les abords du palais, et qui donne "aux eaux de la Seine l'apparence du sang". » (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée, p. 9-10.)

Ghislain de Diesbach dans Le Livre Noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008, p. 61-63) rapporte les actes ignobles commis sur les corps des Suisses : « Les Fédérés traquent les Suisses à travers les appartements, les assomment, puis se livrent à une véritable boucherie; les Suisses sont éventrés, empalés, ou saignés à mort. Des viragos les déculottent, leur tranchent le sexe ou se font des cocardes avec leurs boyaux, d'autres dépècent l'enseigne Georges-François de Montmollin et lui dévorent le coeur. De petits tambours sont lacés par les fenêtres sur les piques et les fourches, d'autres jetés dans les chaudières des cuises royales, qui ont continué de fonctionner, et bouillis tout vifs. Un tambour de neuf ans, qui sanglote accroché au cadavre de son père, est cloué à coups de baïonnettes sur celui-ci. Les médecins sont massacrés, tandis qu'ils donnent leurs soins aux blessés. les scènes de sadisme et de cannibalisme se multiplient. [...] [D]es ivrognes dansent la carmagnole aux carrefours en agitant des lambeaux de chair humaine au bout de leurs piques. [...] Le 10 août produisit en Suisse un déplorable effet, inspirant aux familles des victimes une invincible répugnance à l'égard de la République française, issue d'un bain de sang, répugnance accrue par l'invasion de la Suisse en 1798. Non contents de piller systématiquement le pays, de l'écraser d'impôts et de réquisitions, les Français, brandissant d'une main une torche et de l'autre la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, tout en répétant à satiété les mots vertu, justice, liberté, y firent plusieurs massacres spectaculaires, enfermant la population dans l'église et y mettant le feu, comme à Stans, et dans l'Unterwald où neuf églises furent brûlées avec les habitants des villages. » 

« Le 11 août, [...] était établie une commission martiale pour juger les Suisses échappés au massacre la veille, coupables d'avoir rempli leur devoir et de ne pas s'être laissé massacrer docilement, commission qui sera à l'origine du tribunal révolutionnaire ayant été transformé dès le 15 août, à la requête encore de Robespierre, en un tribunal destiné à juger "les complices de la conjuration du 10 août" ! » (Frantz Funck-BrentanoLa Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 31.)

« Cette minorité active va alors mettre tout en oeuvre pour parvenir au pouvoir au moment où vont se tenir les élections pour la Convention. Elle commence par Paris, désormais sous la coupe des patrouilles jacobines (Danton écrit à propos des massacres de septembre : "C'est dans Paris qu'il faut se maintenir par tous les moyens. Les républicains sont une minorité infime, et, pour combattre, nous ne pouvons compter que sur eux; le reste de la France est attaché à la royauté." » (Robinet, Procès des dantonistes, p. 45, cité dans Hippolyte Taine, Les Origines de la France contemporaine, t. III, La Révolution: La Conquête jacobine, 101-1904, Paris, Robert Laffont 1986, p. 330, dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 110-111.)

Depuis les élections de juin 1791 qui se traduisirent par une forte abstention, « les consultations organisées les années suivantes »,... n'ont « jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. » « La promotion aux responsabilités se faisait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. [...] L'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. [...] On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une "classe" politique distincte du reste de la société. » (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 88-88).

 

Frédéric Bluche résume ainsi la non-spontanéité des journées révolutionnaires: 

« Il est ainsi possible, à partir de plus caractères dominants, de brosser à larges traits le déroulement d'une journée révolutionnaire type. Quelque soit la part de la spontanéité dans les mouvements populaires, l'origine d'une journée révolutionnaire ne peut être considérée comme spontanée. L'initiative ne vient pas exclusivement d'en bas; elle vient parfois d'assez haut. Si les mystères demeurent sur les véritables organisateurs des journées d'octobre 1789, la journée du 20 juin 1792 a sans doute été inspirée par les Brissotins-Girondins et leurs amis de la Commune de Paris (Pétion et Manuel, respectivement maire et procureur); celle du 10 Août et celle du 2 juin 1793 sont ouvertement cautionnées par des ténors de la Montagne. » (Frédéric Bluche, et Stéphane Rials, Les Révolutions françaises, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989, p. 234-235.)

 

Jean de Viguerie ajoute: « L'histoire de la France pendant la Révolution est l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire du christianisme. Une grande persécutions sévit alors contre la religion. Cette persécution fut inattendue, surprenante et d'une extrême cruauté.

« Elle fut inattendue. Quatorze siècles s'étaient écoulés depuis la dernière persécution du paganisme, celle de Dioclétien. [...] La persécution exercée par la Révolution française est la première en date en occident depuis l'édit de Constantin.

Cette persécution fut surprenante. N'advenait-elle pas au siècle des Lumières, au siècle qui avait exalté la tolérance ? Elle fut d'une extrême cruauté. Elle fit périr 8 000 prêtres, religieux et religieuses, et plusieurs milliers de laïcs mis à mort en haine de la foi. L'accusation de férocité lui fut portée un jour par l'une de ses victimes. C'était au Puy-en-Velay en 1794. Suspectée d'avoir reçu chez elle son fils, prêtre réfractaire, Mme Beauzac, âgée de soixante ans, venait d'être condamnée à mort. Au moment de monter à la guillotine, elle se tourna verses juges, et les apostropha ainsi : "Une chienne peut nourrir ses petits, et une mère ne pourrait nourrir son enfant. Vous êtes plus féroces que des tigres." (Cité dans Jacqueline Bayon-Tollet, Le Puy-en-Velay et la Révolution française 1789-1799, Saint-Etienne, Université de Saint-Etienne, 1982, p. 338.)  

[...] On ne saurait oublier le serment exigé des prêtres contre leur conscience. On ne peut passer sous silence la déchristianisation systématique, l'instauration des cultes sacrilèges, et tant d'autres mesures violatrices des consciences et des âmes. La prison, la déportation et la mort ne sont que les conséquences extrêmes d'une détermination affirmée, explicite de changer les esprits et d'imposer la volonté de l'État. [...] [C]ette volonté existe et se manifeste dès le début de la Révolution. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 213-214.)

« [L]a Terreur est bien en germe dès les débuts de la Révolution. » Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XVIII.)

Nommé surintendant (ministre) des finances à la place de Jacques Necker, Joseph-François Foulon, un vieillard de soixante-quatorze ans, a été pendu à la lanterne de la place de Grève face à l'hôtel de Ville le 22 juillet 1789, puis décapité devant l'Hôtel de ville de Paris, en présence du nouveau maire Jean-Sylvain Bailly et de Lafayette, commandant de la Garde nationale, en même temps que l'intendant de Paris, Berthier de Sauvigny, avant d'avoir, comme lui, sa tête promenée au bout d'une pique. "Un coup d'Etat est chose sérieuse. La Cour va s'en apercevoir. Et d'ailleurs l'adversaire sait tout. Montgaillard, historien royaliste, dit que les mémoires de Foulon furent lus devant Narbonne, qui avertit sa maîtresse, Mme de Staël, laquelle en informa Necker ou Mirabeau. Peu importe le canal par où se font les fuites; l'autre camp voit clair dans le jeu du Roi." (Pierre Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet 1950, p. 75.)

 

Les journées d'Octobre 1789. « On se mit en route le 5 octobre : sept ou huit mille individus, des femmes en majeure partie; troupe débraillée, hurlante, [....] Des harangères, chevauchaient des pièces d'artillerie tirées à la bricole. L'armement de la bande était des plus variés: fusils, hallebardes, piques, sabres et pertuisanes, faux à faucher le blé, broches, couteux de cuisine emmanchés au bout d'un bâton. À Versailles, dans le désarroi, la défense du château fut lamentable comme l'avait été celle de la Bastille. Quelques gardes du roi furent tués, leurs têtes, en style révolutionnaire, fichées au bout de piques sanglantes, cependant qu'une partie de nos conquérantes envahissaient l'Assemblée où elles s'installaient familièrement à côté des députés. [...] Louis XVI avait été contraint de se montrer à la foule, avec ses enfants, sur l'un des balcons du château. Contre la reine, qui vint à ses côtés, furent criées des menaces de mort. L'un des héros la mit en joue : la reine demeura impassible; le fusilleur n'osa tirer. La manifestation, en sa violence, dura jusqu'à deux heures du matin. La famille royale dut monter en carrosse, escortée d'une foule hurlante et qui portait au bout de piques sanglantes les têtes des gardes du corps massacrés. On les avait pour leur entrée dans la capitale, frisées, enrubannées. Le cortège allait au pas; on mit neuf heures de Versailles aux Tuileries. Le roi et les siens s'y installèrent. [...] Comme l'écrit P. Gaxotte : "les clubs tiennent leurs otages.» (Frantz Funck-Brentano (1862-1847), de l'Institut, La Révolution française, Voir... et... Savoir, Paris : Flammarion, 1935, p. 17.)

 

« En 1789 la Révolution commençante abolit l'ordre du clergé, supprime la dîme qui représentait plus de la moitié des revenus des prêtres, et nationalise les biens ecclésiastiques. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Éditions du Cerf, Paris 2008, p. 213-214.) On se demande où est la laïcité – comme principe de distinction des pouvoirs temporel et spirituel – là dedans ?

« La suppression de l'ordre du clergé et la confiscation de ses biens placent les ministres du culte dans la dépendance entière de l'État. Il n'y aura plus désormais d'Église face à l'État. [...] [E]n confisquant les biens, c'est l'ordre du clergé que l'on veut achever de détruire. Comme le déclare le députe Le Chapelier, "si le clergé demeure propriétaire, il continuera à former un ordre dans la nation." (Cité dans Pierre de la Gorce, Histoire religieuse de la Révolution française, t. I, p. 150.)

[...] La nationalisation n'affecte pas seulement le clergé. La spoliation du clergé va contre les intentions des donateurs et des fondateurs qui, en constituant par leurs libéralités le patrimoine ecclésiastique, ont donné à l'Église et non à l'État. Elle lèse les pauvres, l'Église se servant de ses biens pour un grand nombre d'oeuvres d'assistance et d'éducation, et l'État, quoi qu'il en Veuille, n'étant pas encore en mesure de prendre en charge la totalité de ces oeuvres.

1790 est une année plus mauvaise encore. Le décret du 13 février 1790 interdit de prononcer des voeux solennels de religion, et supprime tous les ordres où l'on fait ce genre de voeux, c'est-à-dire tous les ordres monastiques ! [...] les religieux pressés de quitter leurs couvents, et bientôt rejetés de force dans la vie du siècle.

[...] La même année, la loi intitulée "Constitution civile du clergé" [...] crée une nouvelle Église en France, l'Église de l'ordre nouveau, simple administration du culte (!) [...] une Église d'État, [...] et une Église schismatique, les évêques se voyant interdire de solliciter du pape leur institution canonique et leur juridiction spirituelle. [...] L'Église de France est séparée de Rome en vertu de la loi. Ainsi est-elle condamnée au schisme. Car le schisme est vite rendu obligatoire. Par le décret Voidel, voté le 26 novembre, évêques et curés sont mis en demeure d'y adhérer.. Sous peine d'être démis de leurs fonctions, ils doivent jurer fidélité "à la nation, à la loi et au roi et à la Constitution." [...] C'est le serment constitutionnel. Si l'évêque veut garder son diocèse, si le curé veut garder sa paroisse, ils sont obligés de le prêter. Jurer ou s'en aller, telle est l'alternative. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Éditions du Cerf, Paris 2008, p. 214-215) On se demande là encore où sont la laïcité et la liberté de conscience dans toutes ces mesures ?!... 

« Donc, en cette fin de l'année 1790, un an et demi à peine après le commencement de la Révolution, et alors que ce n'est pas encore manifestée la persécution sanglante – les premiers assassinats de prêtres datent de l'été 1792 – l'Église est déjà humiliée, asservie, mutilée. Humiliée par la confiscation de ses biens, asservie par l'État, mutilée par l'abolition des ordres religieux et par la suppression de 52 diocèses et de près de 4 000 paroisses. Mutilée, amputée, adjugée au plus offrant, vendue à l'encan: dès 1790, on commence à disperses aux enchères les biens des ordres religieux et ceux des paroisses supprimées, on vend des monastères, on vend des églises abbatiales. La France monastique est vendue. On vend même des églises paroissiales et des chapelles. À Angers, au début de 1791, l'église Saint-Denis, paroisse supprimée, est vendue à un menuisier. En Bretagne, dans le seul district de Locrognan, 13 chapelles sont vendues.

(En 1792) La Convention les déporte (les prêtres) et ordonne la mort pour tous ceux qu, refusant de quitter la France, se sont soustraits à la déportation. On est ainsi passé par trois étapes : 1) il faut prêter serment sous peine d'être démis; 2) il faut prêter serment sous peine d'exil; 3) il faut quitter le territoire ou se laisser déporter sous peine de mort. On est passé d'une liberté sous condition à une contrainte absolue. [...] Ce n'est pas la liberté ou la mort, c'est la liberté et la mort. » (Jean de Viguerie dans Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 215-218)

En 1793, la Terreur s'installe, qui suspend toutes les grandes libertés: liberté individuelle à laquelle met fin la "loi des suspects" du 17 septembre 1793. « La guillotine dressée en permanence est devenue moyen de gouvernement. » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 53.) 

Les ouvriers ont été envoyés à la guillotine par charrettes entières (fournées). Les « décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé. »  (René Sédillot, Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

"La véritable guillotine". Gravure anonyme. Musée Carnavalet. (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 72.)

 

« Le bilan estimé des morts liées à la Révolution demeure toujours incertain. [...] On s'en remet souvent aux calculs de Donald Greer en 1935 qui recense 30 000 à 40 000 victimes des procédures juridiques (fusillées et guillotinées). Il s'agit d'une base minimale à laquelle il faut ajouter environ 170 000 victimes vendéennes. »  (Patrice Gueniffey in La Révolution française, Préface de Michel Winock, L'Histoire Edition, 2014, p. 119-120.)

 

Pie VI (1175-1799)

« Pie VI [...] s'écriait, après avoir lu le récit de la mort de M. de Sandricourt, évêque d'Agde, une des dernières victimes de Robespierre, arrêté uniquement parce qu'il fallait un évêque légitime dans la fournée, et alors qu'il vivait totalement à l'écart de la politique, occupé seulement à prier : "Qu'on me dise que tous ces prêtres ne meurent pas pour la foi ! Voilà bien de vrais martyrs !" » (Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, sous la direction de Jean Dumont, L'Église des Révolutions, tome IX, Librairie Arthème Fayard, 1965, p. 71.)

 

« Le "catéchisme national", comme disait (le révolutionnaire) Barnave, reposait sur des bases irréligieuses. L'historien Mathiez, connu pour son agnosticisme, l'a noté en une formule parfaite: "Les principes de 1789 sont présentés comme un corps de doctrine qui se suffit à lui-même, qui tient sa valeur de l'évidence rationnelle et nullement de la révélation. Ainsi l'humanité devient son propre Dieu." (Albert Mathiez, historien socialiste de la religion civile révolutionnaire, cité dans Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, IX, L'Église des Révolutions, ibid., p. 20.)

Albert Mathiez fut l'éditeur des œuvres de Saint-Just, le président de la Société des études robespierristes, et l'initiateur de la comparaison bolchevisme/jacobinisme. En 1920, il voyait dans l'institutionnalisation des soviets par Lénine un moyen d'« éviter les  inconvénients de la bureaucratie et du parlementarisme, et réaliser autant que possible ce gouvernement du peuple par le peuple qui est pour lui, comme pour Rousseau et pour Robespierre, le propre de la démocratie véritable. » (Article paru dans Le Progrès civique des 11 et 18 septembre 1920, cité dans François Furet, Le passé d'une illusion, Essai sur l'idée communiste au XXe siècle, Robert Laffont/Calmann-Lévy, Mesnil-sur-l'Estrée 1995, p. 92.)

 

« D'autre part, l'article 10 affirme de manière alambiquée une liberté de culte strictement encadrée par l'"ordre public établi par la loi" : le Religieux est soumis au politique. » (Drôle de conception de la "laïcité" !)

 

[...] Le triomphe de la loi positive, "expression de la volonté générale," expression d'une souveraineté qui réside "essentiellement dans la nation" renverse la source de la légitimité. [...] La loi suprême, la loi positive n'est plus soumise au respect d'un ordre naturel. Rien ne peut faire obstacle à la volonté de la nation souveraine, beaucoup plus absolue que la volonté tempérée du Roi sous l'Ancien Régime. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana 2014, p. 87; 92; 101; 107.) « Cette monarchie tempérée que Louis XVI avait décrite lors de la séance royale du 23 juin 1789. » (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, ibid., p. 249.)

Constituant un « appel au peuple », l'historien Jean-Christian Petitfils qui commente cette Déclaration du roi adressée à tous les Français du 23 juin 1789, indique qu'« écrite de sa propre main, sans pression ni contrainte, [...] le roi y travailla quatre ou cinq mois, à l'insu de ses ministres. [...] Louis XVI commence par énumérer les gestes de bonne volonté qu'il a accomplis afin d'éviter la guerre civile et les sujets de défiance : la convocation des états généraux, le doublement du tiers, la réunion des ordres, le renvoi des troupes en juillet 1789, sa visite de conciliation à Paris, son installation aux Tuileries malgré les incommodités du lieu, alors qu'il aurait pu s'échapper de Versailles, le renvoi de ses fidèles gardes du corps... [Imaginez-vous aujourd'hui un quelconque président de la république agir de la même façon pour s'en remettre à des Français insurgés et les inviter à discuter avec lui ? NdCR.] Évitant de se référer à ses droits de souverain légitime, il (Louis XVI) évoque alors les cahiers de doléances, qui stipulaient que la confection des lois devait se faire de concert avec lui... Or l'Assemblée nationale, au mépris de cette demande, lui a imposé tous les articles qu'elle jugeait appartenir au domaine constitutionnel. [...] Que restait-il au roi sinon "le vain simulacre de la royauté" ?

[...] L'Assemblée triomphe, explique le roi, elle s'imagine omnipotente, mais elle est en réalité dominée par la Société des Amis de la Constitution - autrement dit le Club des Jacobins (club réunissant l'ensemble de la franc-maçonnerie. NdCR.) et ses multiples filiales, qui ont tissé sur le pays une véritable toile d'araignée, avec d'autant plus de facilité que l'administration s'est effondrée. Les clubs dominent tout, envahissent tout, s'arrogent tout, grâce à leurs comités de correspondance, leurs journaux, leurs pamphlets "calomniateurs et incendiaires" qui tyrannisent les esprits libres et s'acharnent à renverser les "derniers restes de la royauté", au nom d'idéaux abstraits éloignés de l'expérience et du bon sens.

"Français, s'exclame-t-il, est-ce là ce que vous attendiez en envoyant vos représentants à l'Assemblée nationale ? Désirez-vous que l'anarchie et le despotisme des clubs remplacent le gouvernement monarchique sous lequel la Nation a prospéré pendant quatorze cent ans ?" Et de conclure : "Français, et vous surtout Parisiens, [...] revenez à votre roi; il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n'aura-t-il pas à oublier toutes ses injures personnelles et de se revoir au milieu de vous lorsqu'une Constitution, qu'il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée [que de naïveté de la part du roi au sujet des intentions antichrétiennes réelles des francs-maçons du club des Jacobins!], que le gouvernement sera rétabli sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l'état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu'enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables !". 

(Dans cette déclaration du roi du 23 juin 1789), « [o]n y trouve des éléments traditionnels et d'autres plus nouveaux : le roi, comme dans la pure conception monarchique, est inséparable de l'État et de la Nation, dont il est l'incarnation. Il veut le bien du peuple. Il n'a cessé de le dire et de le répéter depuis deus ans. Il est son protecteur naturel, son vrai père. [Aujourd'hui c'est la tentative d'un Emmanuel Macron qui tente d'incarner la volonté du peuple, mais sans la légitimité !] Mais il ne rejette pas la nécessité d'une représentation des forces et des intérêts du pays. En cela, il se sépare de l'absolutisme de ses prédécesseurs. Certes, il ne précise pas les contours des institutions nouvelles, mais on peut penser qu'il s'accommoderait d'une Chambre des députés permanente, sans distinction d'ordres ni de classes, chargées à ses côtés de confectionner les lois et de voter les impôts. En revanche, il pense que l'exécutif doit être fort et revenir intégralement au roi, à qui incomberaient le droit de paix et de guerre, celui de soumettre au parlement les projets de loi. Les ministres seraient nommés par lui et responsables seulement devant lui.

[...] Sa critique des Jacobins et des sociétés populaires est révélatrice des limites de son ouverture politique. Il a mis le doigt sur l'un des fléaux de la Révolution qui ont empêché sa stabilisation : la toute-puissance des factions, petites minorités agissantes et turbulentes, forces de négation et de révolte, éprises de violences, affichant superbement leur volonté de puissance et qui, sous prétexte d'éduquer le peuple, parlent en son nom, l'endoctrinent, manipulent l'opinion, suscitent des pétitionnaires qui viennent régulièrement interpeller les députés. Non seulement ces minorités s'approprient le pouvoir de l'Assemblée, mais elles détourent à leur profit la souveraineté du peuple. Étrangement prémonitoires, ces pertinentes observations rejoignent les analyses des historiens modernes, d'Augustin Cochin à François Furet, qui ont été frappés par le rôle des clubs dans la montée de cette démocratie intolérante et totalitaire, radicalement contraire à la Déclaration des droits de l'homme » (Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, Lonrai 2012, p. 809-812.)

 

« Parcourez tous les articles de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dans tous vous trouverez plus ou moins déguisés le mensonge du considérant fondamental.» (Abbé Vial, Jeanne d'Arc et la Monarchie, 1910, réed. Editions Saint-Rémi, p. 33-40, 561.)

 

Les révolutionnaires de 1789 dans leur combat contre l'« absolutisme » utilisent le même vocabulaire que celui des nobles et des parlementaires d'Ancien Régime, qui au nom des libertés, de la nation, des droits fondamentaux, du peuple, de la suprématie de la loi et de la souveraineté de la nation, refusaient toute réforme royale d'égalité devant l'impôt !, et se revendiquaient comme les membres d'un Corps (en réalité arcbouté sur la défense de ses privilèges) susceptible de s'opposer au corps du Roi. Ces parlementaires proclamaient les « lois fondamentales du royaume » dont ils se disaient être les gardiens, l'indépendance de la justice, la dévolution du droit à consentir l'impôt. Il liait le sort des parlements entre eux et déclaraient les magistrats inamovibles. Le vocabulaire des révolutionnaires de 1789, identique à celui des privilégiés de l'Ancien régime, était susceptible de rassembler l'opinion publique d'autant plus qu'il était polysémique. (Cf. L'obstruction parlementaire sous Louis XV et Louis XVi. Lire: Michel Antoine, Louis XV ; et Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Les révolutions françaises.)