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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 21:10

Le philosophe et essayiste Charles Robin était l'invité de MetaTv, un peu avant les présidentielles, le 8 février 2017, pour évoquer son dernier livre "Itinéraire d'un gauchiste repenti, Pour un anticapitalisme intégral" (2017). Dans ce livre, l'auteur revient sur le parcours qui l'a amené à défendre les idées qu'il défend dans "La Gauche du capital" (édition krisis 2014) et revient sur certaines d'entre elles et les approfondit, car "beaucoup de personnes ne comprenaient pas" d'où il parlait, sa position et pourquoi il critiquait "la gauche et l'extrême-gauche comme s'il était un auteur d'extrême-droite qui voulait régler ses comptes avec l'extrême-gauche." Dans cet entretien à Metatv, il explique pourquoi il ne vote plus.

Charles Robin itinéraire d'un gauchiste repenti - Meta TV

Extraits choisis :

 

"Le socialisme et la gauche ce n'est pas du tout la même chose. La gauche, c'est le libéralisme culturel historiquement et philosophiquement, et le socialisme c'est un mouvement au départ philosophique et politique qui va prendre la défense des classes populaires indépendamment du clivage droite-gauche. C'est fin XIXe, début XXe siècle - Michéa situe cela au moment de l'affaire Dreyfus, qu'il y a eu une alliance entre la gauche et le socialisme contre la droite et l'extrême-droite et qu'à partir de là, la gauche et le socialisme en sont venus à se confondre et à s'incarner comme dans le 'Front populaire', savant équilibre entre la gauche et le socialisme. Ensuite, dans la Ve république, les présidents de gauche qui se sont succédé, sont restés de gauche mais ont cessé d'être socialistes. C'est par exemple avec le tournant de la rigueur dans les années sous Mitterand, où cela a été de plus en plus difficile de cacher que la gauche avait cessé de défendre le peuple (ils se sont complètement ralliés au libéralisme au plan économique, ce n'est pas un scoop). Et le libéralisme a complètement contaminé l'échiquier politique. Et le libéralisme est une question centrale car c'est une question qui n'est jamais abordée explicitement. C'est-à-dire que tu peux regarder n'importe quel débat politique, à de très rares exceptions près on ne fera jamais porter le clivage sur les idées avec le critère du libéralisme, alors que c'est omniprésent !

Alors quand on voit des disputes entre des gens de gauche et les gens de droite sur certains aspects, ils ne s'aperçoivent pas qu'en fait ils sont absolument d'accord sur le fond, ils ne sont simplement pas d'accord sur la manière de mettre en oeuvre le programme libéral jusqu'au bout. Exemple: on voit avoir des personnalités de droite qui vont condamner le 'mariage pour tous' en disant que cela s'inscrit contre les valeurs traditionnelles, etc., mais à côté de cela, les mêmes personnalités de droite vont valider l'économie de marché, alors que l'économie de marché et la libéralisation des droits marchent ensemble. C'est-à-dire que le marché, pour s'étendre, ne veut pas que les individus soient pris dans des dogmes, des contraintes morales, il faut que l'individu soit complètement libéré de toutes les contraintes culturelles et morales. Il faut qu'il puisse jouir sans entraves, pour reprendre le slogan de Soixante-huit, et jouir sans entraves cela passe par la libéralisation des moeurs.

Donc en fait, il y a une corrélation directe entre le libéralisme politique qui veut toujours plus de droits individuels, toujours plus de libertés, toujours moins de communauté et toujours plus d'individu, et le libéralisme économique qui a besoin de former des consommateurs.

 

[...]

 

Les premiers qui sont à défendre les droits des femmes au nom des 'valeurs' libérales, on les entend beaucoup moins lorsqu'il s'agit de défendre la représentation médiatique des femmes comme objets sexuels... Car cela s'inscrit totalement dans la logique libérale. D'ailleurs à tel point que parfois on va présenter cela comme un signe d'émancipation des femmes. Et finalement, réduire la femme à une paire de fesses c'est oeuvrer pour l'émancipation de la femme ! Donc là en effet on est dans un retournement complet.

 

Il y avait déjà le vers dans le fruit avec le travail des femmes alors que finalement c'était pour mieux les convaincre d'adhérer à ce système-là, et on leur dit vous allez être libres ?

 

Edward Bernez, qui est le petit-neveu de Sigmund Freud, qui lui est un libéral dans toute sa quintessence et avec le cynisme qui va avec, c'est-à-dire qu'il assume, il assume que ce qu'il appelle les spin doctors, ceux qui forment et forgent même l'opinion publique, leur travail c'est de manipuler l'opinion publique. Cela passe par faire consentir la population à des changements civilisationnels, mais qui soient consentis. Et pour qu'ils soient consentis, il faut qu'on les leur présente sous un jour attrayant. C'est le 'capitalisme de la séduction' de Clouscard. Exemple: la cigarette. Dans les années 40 - 50, c'était très mal vu pour une femme de fumer : les seules femmes qui fumaient c'était les prostituées. Donc cela faisait très mauvais genres et c'était les hommes qui fumaient. Bernez travaillait pour Luky Strike et Luky Strike voulait savoir comment élargir son marché. Bernez a eu l'idée la plus simple, il y a la moitié du monde qui ne fume pas, il faut faire fumer cette moitié de la population, c'était les femmes. On a alors présenter la cigarette aux femmes comme un symbole d'émancipation, et comme un symbole d'appropriation par les femmes du phallus masculin, c'est-à-dire du pouvoir. Edouard Bernez a alors recruter des jeunes mannequins qui ont défiler avec des pancartes sur lesquelles étaient marquées 'torches de la liberté'... en fumant. Et c'est à partir de là qu'on a commencé à élargir le marché de la cigarette aux femmes, avec des affiches sur lesquelles on mettait des femmes très pulpeuses, très belles, qui fumaient... Et, aujourd'hui, les femmes fument autant, voire plus que les hommes...

 

[...]

 

C'est la phrase de Bossuet qui dit: 'Dieu se rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes'. Quand on fait quelque chose, on doit accepter les conséquences, quand on veut les causes on veut les effets. On ne peut pas vouloir les causes et pas les effets. Et dans l'idéologie de l'extrême-gauche il y a beaucoup la prétention à vouloir oeuvrer à l'égalité et à la justice, mais dans les modalités de lutte, on en arrive à produire l'inverse ! Exemple: on va oeuvrer pour l'égalité homme-femme, et dans les faits on va favoriser plutôt l'opposition homme-femme ! On va oeuvrer pour les la reconnaissance des droits homosexuels et on va dresser les homosexuels contre les hétérosexuels ! Et inversement. Sachant qu'il y aura toujours dans les deux camps des gens qui vont tomber dans le piège et qui vont participer à cela. Cela va donner des discours extrémistes de la part d'hétérosexuels avec une vision extrêmement rigoriste qui va faire que les homosexuels vont se sentir agressés, lesquels vont réagir, cela va surréagir, c'est l'horizontalisation de la lutte. Et le logiciel d'extrême-gauche fonctionne beaucoup sur ce principe-là.

 

[...] On s'aperçoit que le système idéologique libéral fonctionne sur la mise en opposition des catégories populaires les unes avec  les autres. Et la plupart des combats de l'extrême-gauche vont renforcer cette opposition, cette confrontation, en fait, des égaux et des individus

Charles Robin itinéraire d'un gauchiste repenti - Meta TV

[Beaucoup de gens, sans se renseigner, ni prendre la peine de lire les textes à leurs sources, déversent leur idéologie scientiste des Lumières, calomnient, mentent, étiquettent (extrême-droite, fachos, nazis, etc.), contribuant ainsi à désinformer la population (quand ils ne sont pas payés pour le faire), à diviser et à cliver, et à édifier la nouvelle tour de Babel sur un mensonge. NdCR.

Lire : Principe du moteur de la Révolution ]

 

On ne va plus parler au nom du peuple, on va parler au nom des 'minorités', on va parler au nom des femmes, au nom des jeunes, au nom des 'blacks', au nom de toutes les communautés. On va faire une sorte de segmentation du peuple pour en arriver aujourd'hui à l'idée par exemple que le peuple est une fiction, qu'il n'existe pas, et qu'il n'y a que des individus... Oui, mais il n'y a que des individus qui partagent une langue, un territoire, une culture, une histoire, même symbolique. C'est-à-dire qu'on a pas besoin d'être d'origine française pour partager la culture française, il suffit que n'importe quelle personne française aille à l'étranger, elle va se sentir française à l'étranger, puisque précisément c'est quand on n'est plus chez soi qu'on se rend compte qu'on était chez soi..

"Historiquement, le clivage droite - gauche s'est construit sur les partisans du progrès, les partisans du mouvement comme on les appelait, qui étaient les libéraux, et qui historiquement sont la 'gauche' puisqu'ils siégeaient à gauche à l'assemblée. Et ce qu'on appelait la droite, c'était les partisans de la monarchie. Donc, en fait, la 'gauche', ce sont les libéraux face aux royalistes. Ensuite, les clivages se sont déplacés. On se disait de 'gauche' quand on défendait le libéralisme culturel et politique et on était de droite quand on défendait le libéralisme économique (fausse "droite" orléaniste et libérale après 1830. NdCR.)

 

Il faut intégrer le fait que l'alliance qui s'est faite entre la 'gauche' et le socialisme au moment de l'affaire Dreyfus, a fait que la gauche s'est retrouvée à devoir endosser le rôle de défendre la cause du peuple sur le plan économique (ce qu'elle ne fit jamais jusqu'au début du XXe siècle.. NdCR.) Elle devait assumer une position paradoxale qui était à la fois d'incarner le progrès des libertés et en même temps défendre la cause du peuple qui n'avait que très peu à voir avec le combat pour les libertés.

 

[...] Ce clivage a complètement éclaté à partir du moment où, à partir des années 1980 la gauche a rallié le libéralisme économique. Et aujourd'hui la 'droite', elle-même, a de plus en plus de mal à cacher le fait qu'elle ne reviendra pas sur les mesures sociétales qui ont été prises par la gauche.

 

[Lire: la "droite impossible, l'effet cliquet et le "mouvement sinistrogyre" qui fait que la (fausse) droite va toujours plus à gauche, et qu'aujourd'hui le libéralisme retourne là d'où il est venu : à gauche... dégageant ainsi un espace politique énorme pour une droite authentique, décomplexée, qui assume les idées de droite de la légitimité. NdCR.]

 

Je fais partie de ces personnes qui n'attendent plus rien en terme de changement de fond de la part de la classe politique. Ce n'est pas du renoncement. C'est-à-dire que soit on veut l'émancipation, on veut recouvrer cette vraie liberté et dans ce cas-là on doit l'assumer nous-même, et ne pas attendre que ce soit des hommes politiques qui fassent le boulot à notre place, ou soit on poursuit la logique de l'inféodation à la classe politique, mais à partir de là on ne peut pas se plaindre des conséquences... Voilà, je ne vote plus.

Et dans ce cas-là je considère qu'une personne qui ne vote pas n'a pas le droit de se plaindre d'un homme politique. C'est la raison pour laquelle je ne suis pas du tout dans la lamentation, et la récrimination. En fait, les hommes politiques font leur travail. On leur donne un pouvoir et ils utilisent ce pouvoir. [...] Quand on dit que l'homme est mauvais par nature, non, il de vient mauvais, il devient égoïste lorsqu'il est mis dans un contexte où il a la possibilité d'écraser son prochain [l'homme, en fait, a la capacité de faire le bien ou le mal selon son libre arbitre. La nature humaine n'est ni bonne ni mauvaise, l'homme a le bon et le mauvais en lui. Parfois il penche vers le bien, parfois il penche vers le mal en fonction de sa sanctification personnelle, en fonction de sa lutte personnelle contre le péché, en raison de ses vertus personnelles, etc. NdCR.]

 

[...] Aujourd'hui, pour gagner une élection, poursuit Charles Robin, il faut mentir. Tu ne peux pas dire la vérité au peuple, parce que le peuple ne votera pas pour toi si tu lui dis la vérité. Et l'histoire du XXe siècle nous a montré que le pouvoir ne profite jamais au peuple.

 

C'est peut-être une vision très manichéenne, très populiste, etc.,  je l'assume. Car plus j'étudie l'histoire et plus j'ai l'impression que l'histoire confirme cela.

 

[...] Attention là j'annonce - c'est du complotisme - que si le FN passait, je verrais bien une instrumentalisation de sa victoire, qui expliquerait une situation de chaos, dont le responsable principal pourrait être désigné comme... le FN... Donc, lorsqu'on prend conscience de la perversion stratégique des gens qui nous gouvernent, on se dit que la victoire du FN  pourrait en dernière instance servir leurs intérêts !

 

Passer à l'action ?

 

Il n'y a pas à réfléchir d'abord et on agit ensuite. Le fait même de parler et de dire ce qu'on dit, c'est déjà de l'action, car cela a déjà un impact sur ce qui nous entoure.

Une action, c'est le résultat d'une pensée. Si on veut transformer le monde, il faut transformer la pensée qui agit sur ce monde. Chacun à son niveau, si on incarnait ce que l'on propose dans le discours, forcément il y aurait une évolution. Mais il faut tout de même prendre en compte les limites inhérentes à la situation dans laquelle on est. On fait ce qu'on peut, et on ne peut pas faire beaucoup plus que ce qu'on peut.

Mais déjà le dire, c'est déjà beaucoup. Parce que par exemple, il va y avoir des gens qui vont écouter cette émission et qui vont se dire, tiens là j'ai appris quelque chose, ou là, je n'aurais pas vu cela comme ça. Donc cela va produire une évolution dans leurs pensée qui fait qu'ensuite - pour moi c'est comme cela que s'est fait le processus -. 

Il ne faut pas oublier que dans un monde de la matière et du temps, les choses ne se font pas instantanément et c'est cela l'histoire, le déploiement des actions humaines dans le temps. Et entre ce qu'on dit et les effets de ce qu'on dit, il y a forcément du temps. Donc, patience est mère de vertus ou de sagesse, je sais plus ! [Il y a aussi le proverbe de Jean de La Fontaine, "patience et longueur de temps font plus que force ni que rage." Ce qui est certain, c'est que pour lutter efficacement contre la Révolution, il ne faut pas "une révolution contraire, mais le contraire de la révolution". Joseph de Maistre. Donc refuser l'action par la force (la violence) et l'impatience. NdCR.]

 

En fin d'entretien, Charles Robin avance que "beaucoup ont proposé que le christianisme ne pouvait que muter dans la laïcité puisque c'est une religion de l'amour universel, de l'amour de son prochain, et qu'en fait le christianisme, en tant que tel, était dans la bienveillance fondamentale, et que la bienveillance fondamentale aboutit à un moment donné à la laïcisation. C'est-à-dire le refus d'imposer un dogme pratique. Donc, pour beaucoup 1789 est la fille du christianisme. Et on pourrait presque dire que tout ce que subit la société libérale c'est la fille du libéralisme aussi. L'histoire s'accomplit et il y a une logique derrière."

 

Cette opinion c'est un peu faire mourir le Christ sur la Croix en vain, si ses enseignements ne devaient pas être suivis par les peuples et les nations. Or, Mgr Louis-Édouard Pie (1815-1880), évêque de Poitiers, cardinal et prélat antilibéral du XIXe siècle, a expliqué la doctrine intégrale de la Royauté de Jésus-Christ. Il a répondu ici à l'avance à Charles Robin. Cette opinion de la laïcisation "fille du christianisme" est, en fait, celle des catholiques libéraux - ce libéralisme que dénonce Charles Robin - qui objectent la parole du Christ "Mon Royaume n'est pas de ce monde". Cette parole de Jésus à Pilate indique simplement que le royaume de Jésus est avant tout un royaume qui vient d'en haut, et non de ce monde. Son pouvoir s'origine du Ciel et non d'ici-bas. Il s'agit d'un royaume spirituel, et non matériel. Il s'agit d'un royaume qui s'établit par la puissance divine et non par la force des armes, ou la violence révolutionnaire. Il ne résulte aucunement de cette parole que Jésus ne veuille pas régner socialement sur les nations : ce serait un blasphème qui prétendrait que le Christ serait mort en vain sur la Croix et que ses lois n'auraient pas à être suivies par les souverains et les nations. Ainsi, "dire que Jésus-Christ est le Dieu des individus et des familles, et n'est pas le Dieu des peuples et des sociétés, c'est dire qu'il n'est pas Dieu. Dire que le christianisme est la loi de l'homme individuel et n'est pas la loi de l'homme collectif, c'est dire que le christianisme n'est pas divin. [...] C'est le droit de Dieu de commander aux états comme aux individus. Ce n'est pas pour autre chose que N.-S. est venu sur la terre..." (Source:La Royauté sociale de N.S. Jésus-Christ, d'après le Cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Just, O.M.C., Lecteur émérite en théologie, Editions Saint-Rémi, p. 43-44; 73).

De même, ce n'est pas pour rien qu'en montant au Ciel, lors de son Ascension, Jésus adressa ces paroles explicites à ses disciples : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre", leur commandant : "Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps."" (Mt 28:18-19) Il y a un devoir d'évangéliser les nations. C'est-à-dire d'apprendre aux nations et à leurs souverains à "garder" - c'est le terme qu'emploie Jésus - les enseignements du Christ. Nulle laïcisation ici.

Le cardinal Pie a d'ailleurs prononcé une phrase demeurée célèbre "la France sera chrétienne ou elle ne sera pas". Le pape canonisé S. Jean-Paul II avait dit : "France, fille aînée de l'Eglise, qu'a-tu fais de ton baptême ?"

 

Il ne s'agit donc pas d'imposer un dogme, il s'agit d'affirmer qu'il y a une vérité et des enseignements que la société doit respecter si elle veut être libre, de la liberté divine de l'Esptit-Saint.

Enfin, nous notorons que l'idée (des loges maçonnique) de l'adogmatisme est déjà une croyance en elle-même et un dogme jacobin imposé à l'homme collectif (jacobinisation). Toute société même "laïcisée" ou adogmatique est déjà une métaphysique qui s'impose à la société. Le tout est de choisir la bonne métaphysique qui permette de tenir la société debout. En début d'entretien [à partir de 8 minutes 15 première video], Charles Robin explique : "...le marché, pour s'étendre, ne veut pas que les individus soient pris dans des dogmes, des contraintes morales"... Force est de constater que le vide moral au fondement de la démocratie laïque (le refus de définir le fondement ultime du pouvoir) ne permet pas de fonder la société sur un socle solide.

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 07:14

Source: La Nuova Bussola Quotidiana

Dalla rivista illuminista spunta un Voltaire cattolico

20-11-2017

Rino Cammilleri

Du magazine illuminé apparaît un Voltaire catholique

François-Marie Arouet (1694-1778) signait avec le pseudonyme de Voltaire et vous savez quel était son sport favori: tirer à bout portant sur le christianisme. C'est la fameuse phrase "Écrasez l'infâme !" (Écraser l'infâme, c'est-à-dire avant tout l'Église catholique). Cependant, comme Napoléon (mais aussi comme Cavour), à la fin de la vie, il voulait le prêtre. Oui, parce que vous ne savez jamais. Il ne sera pas le premier - ni le dernier - de ceux qui, après avoir donné le corps et leurs œuvres au diable, donneront du moins l'âme à Dieu. En fait, la nouvelle de sa conversion à l'article de la mort est une nouveauté, rapporté par Aleteia.org le 16 novembre 2017.

Le professeur Carlos Valverde a noté le volume XII d'un vieux magazine français: Correspondance littéraire, philosophique et critique (1753-1793). En avril 1778, pages 87-88, voici le document manuscrit (ou dicté) de Voltaire en personne: "je, soussigné, déclare que le fait d'avoir vomi du sang il y a quatre jours, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et ne pas être en mesure d'aller à l'église, le curé de la paroisse de Saint-Sulpice, a voulu ajouter à ses bonnes actions que de m'envoyer à monsieur Gauthier, prêtre. Je suis allé en confession avec lui, et si Dieu dispose de moi, je meurs dans la sainte religion catholique dans laquelle j'étais né, en espérant que la miséricorde divine daigne pardonner toutes mes fautes, et si j'ai scandalisé l'Église, je demande pardon à Dieu et à elle. Signé, Voltaire, 2 mars 1778, chez le marquis de Villevielle, en présence de monsieur l'abbé Mignot, mon neveu, et de monsieur le marquis de Villevielle, mon ami."

 

Voltaire mourut le 30 mai suivant , et rien n'indique qu'il ait changé d'avis à l'égard de ce 2 mars. Une profession de foi extraordinaire pour celui qui a consacré sa vie, avec les armes de l'ironie et du sarcasme, à vomir la haine de l'Église et du christianisme. Bien sûr, l'âme humaine est insondable. Ou peut-être simplement, la peur, quatre-vingt-dix. Serait-ce un bluffe, cette conversion sur le fil du rasoir? Cela ne semble pas, car le magazine en question a été édité par des encyclopédistes tels que Diderot et Grimm. Puis parce qu'il renvoie à cet autre document: "Nous déclarons cette copie conforme à l'original, qui est resté entre les mains de M. Abbe Gauthier et que nous avons tous deux signé, comme ce certificat. Paris, 27 mai 1778. L'abbé Mignot (le marquis de Villevielle). Le magazine, dans le numéro qui dépeint la mort de Voltaire, proteste à l'éloge de ce dernier, "le plus grand, le plus illustre, peut-être le seul monument de cette ère glorieuse, dans lequel tous les talents, tous les arts de l'esprit humain semblait s'être élevé au plus haut degré de perfection."

Dans le numéro de juin, apparaît une lettre de l'abbaye de Scellières à l'évêque de Troyes. Celle-ci interdisait à Voltaire d'être inhumé à l'abbaye comme le voulait sa famille, mais le prieuré averti de la profession de foi que Voltaire avait écrite (ou dictée) le 2 mars ne pouvait pas rejeter consciencieusement la demande. Ce document confirme également la conversion de Voltaire. Cependant, le corps de Voltaire resta peu dans cette abbaye. Quelques années plus tard, en 1791, la Révolution triomphante, ignorant peut-être ce qui se passa le 2 mars 1778 chez le marquis de Villevielle, le porta avec honneur au Panthéon parisien, c'est-à-dire à l'ancienne église de Sainte-Geneviève désacralisée, et le plaça devant Rousseau, un autre grand héros de cette "ère glorieuse".

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:57
Lénine. Timbre soviétique commémorant la révolution d'Octobre 1917

Lénine. Timbre soviétique commémorant la révolution d'Octobre 1917

La révolution bolchévique d’octobre 1917 est célébrée sans trop de bruit ces jours-ci. Elle a marqué pour les Chrétiens une longue persécution. Des figures de martyrs émergent de ces décennies d’athéisme d’Etat, en guerre contre les religions (Cath.ch), en guerre contre le peuple.

 

C'est dès les années 1920 que se met en place la lutte méthodique contre l’Eglise de Rome et contre toutes formes de croyance. L’homo sovieticus est le nouvel homme à créer, c'est le "Grand Soir".

Des figures de martyrs émergent : l'abbé Constantin Budkewicz, vicaire général du diocèse de Moguilev, est tué d'une balle dans la nuque par la GPU, police politique soviétique, le Vendred-Saint 31 mars 1923 pour avoir donné des cours de religion (un enseignement interdit depuis 1921), refusé de livrer des calices et des ostensoirs aux autorités. Comme en France en 1789, les biens de l'Eglise seront saisis. Dès 1919, l’archevêque de Moghilev, Mgr Edouard der von Ropp, est arrêté et condamné à la prison pendant quelques mois. Son successeur Mgr Cieplak est condamné à mort. Echangé contre un communiste polonais, il échappera à la peine capitale. Le quotidien communiste La Pravda propose d'intenter un procès au pape à Rome, jugé responsable de la résistance organisée par des prêtres contre-révolutionnaires contre la saisie des biens de l’Eglise.

Dans les années 1930, orthodoxes et catholiques voient leurs églises fermées, voire détruites, des prêtres et des croyants, déportés, condamnés aux travaux forcés ou fusillés.


Voici deux documentaire télévisés. Le premier en trois parties a été réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle pour France Télévisions. Diffusé en août-septembre 2009 sur plusieurs chaines francophones, il est intitulé "Apocalypse, la Seconde Guerre mondiale". Ce documentaire est le premier, à ma connaissance, à avoir le mérite de ne pas faire l’impasse habituelle sur les crimes de la Révolution bolchévique du 7 novembre 1917 commis par Lénine et Trotski... Ce silence sur les crimes des premiers initiateurs de la mise en place d'un régime communiste fondé sur les écrits de Karl Marx, dont le Manifeste du Parti communiste (1848) a servi à permettre que l'idéologie communiste ne sombre totalement.

 

Ce documentaire est sorti en DVD et Blu-ray le 23 septembre 2009. Composé de documents d'époque connus ou inédits, il relate les grands événements de la Seconde guerre mondiale, basés sur des images d'archives en noir et blanc restaurées et colorisées. Cette série de films est dédiée à toutes les victimes de tous les totalitarismes.

 

Le premier documentaire est présenté ici en trois parties. Le second documentaire, moins précis, intitulé "Staline, le tyran rouge", de Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny, est réalisé également à base d’images d’archives. Il a été diffusé sur la chaîne M6 en 2007 et a reçu le label du ministère de l’Education nationale pour être utilisé dans le milieu scolaire. Mais dans ce documentaire, à charge contre Staline, aucune mention de Lénine n'est faite.

 

Premier documentaire

Première partie : Staline, le possédé

C’est Lénine qui, promettant une "société sans classes", instaure en 1919 les premiers camps de concentration (goulags, initiales de "Administration principale des camps") qui seront reproduits sur l'ensemble du territoire de l'"URSS", la politique de la Terreur, l'établissement de la société communiste par la guerre civile et la violence, la mise à mort des "ennemis de classe", des opposants de droite comme de gauche, qualifiés d'"ennemis du peuple" et de "contre-révolutionnaires", en fait le plus souvent des petites gens comme en 1789, des paysans qualifiés de koulaks (profiteurs, exploiteurs) et considérés dans le vocable léninien comme des "insectes nuisibles", des "poux", des "vermines", des "microbes", dont il faut "épurer", "nettoyer", "purger" la société russe. (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

Le régime de Lénine repose sur trois piliers: (1) le parti communiste bolchévique (mars 1918), parti unique, (2) la police politique (la Tcheka, initiales russes de Commission de répression de la contre-révolution), et (3) les Gardes rouges (l'Armée rouge).

Son mot d'ordre est : "lançons une terreur de masse impitoyable, une révolution sans pelotons d'exécution n'a aucune chance"... 

"La notion de guerre civile est au coeur du projet communiste, tel qu'il apparaît dès 1848 dans le Manifeste du Parti communiste où, Marx, évoquant la lutte des classes, parle de 'la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu'au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie.'

La conclusion du Manifeste est fort claire : 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.'

[...] En 1871, après l'écrasement de la Commune de Paris, Marx publie La Guerre civile en France, où il rappelle qu'à ses yeux 'la guerre des asservis contre leurs oppresseurs [est] la seule guerre juste dans l'histoire', et où il dénonce 'la conspiration de la classe dominante pour abattre la révolution par une guerre civile poursuivie sous le patronage étranger', oubliant au passage que la Commune s'opposait à une Assemblée nationale régulièrement élue en février 1871.

[...] Marx tire une conclusion décisive : 'La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile.'

Dès 1914-1915, Lénine s'empare de cette conclusion de Marx pour inaugurer un slogan appelé à un grand retentissement : 'Transformer la guerre impérialiste en guerre civile.'

Dès août-septembre 1916, il écrit : 'A la guerre bourgeoise impérialiste, à la guerre du capitalisme hautement développé, ne peuvent objectivement être opposées, du point de vue du progrès, du point de vue de la classe d'avant-garde, que la guerre contre la bourgeoisie, c'est-à-dire avant tout la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie pour la conquête du pouvoir, guerre sans laquelle tout progrès sérieux est impossible.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 339.)

[...] Désormais pour Lénine, la révolution est définitivement inséparable de la 'guerre civile pour le socialisme'. Or, celle-ci est 'aussi une guerre, par conséquent, elle doit aussi ériger inévitablement la violence au lieu et place du droit. [...] Le but de la guerre civile est de s'emparer des banques, des fabriques, des usines, etc., d'anéantir toute possibilité de résistance de la bourgeoisie, d'exterminer ses troupes.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 25.) Il le rappelle en octobre 1917 : 'Cette guerre pourra être violente, sanguinaire, elle pourra coûter la vie de dizaines de milliers de propriétaires fonciers, de capitalistes et d'officiers qui épousent leur cause. Le prolétariat ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver la révolution'." (Source: Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76-78)

"Jusqu'en 1914, la conception de la violence chez Lénine se nourrit à quatre sources :

Karl Marx dans le Manifeste du Parti communiste - 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.' ;

Auguste Blanqui et ses tentatives d'insurrection menées par un groupe révolutionnaire;

la Commune de Paris et les leçons tirées par Marx sur l''Art de l'insurrection';

et enfin la révolution russe de 1905-1906, avec ses combats de rue en ville et ses émeutes paysannes - bunt - qui balaient tout sur leur passage." (Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, ibid., p. 118.)

 

Les pillages des appartements sont publiquement appelés "contributions de la bourgeoisie".

En six semaines, la Tcheka commet 50 000 assassinats. Plus de droit, plus de justice. Le procureur général déclare : "Nous ne devons pas simplement exécuter les coupables, l'exécution des innocents impressionnera bien mieux les masses".

"En seulement quelques semaines, la Tchéka exécute deux à trois fois plus de personnes que l'ancien régime n’en avait condamné à mort en 92 ans" (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

"Les camps de concentration et la peine de mort deviennent dès ce moment des composantes indispensables du système de Terreur, qui, pour Lénine, est inséparable de la dictature du peuple." (Hélène Carrère d'Encausse, Le Malheur russe: Essai sur le meurtre politique )

La guerre civile commence, elle durera quatre ans jusqu'à la soumission complète des Russes et fera dix millions de morts. Dans les mois et années qui suivent, une vague de "révolutions" éclateront à leur tour en Europe (en Allemagne, Hongrie, Finlande, Italie, etc.).

L'athéisme communiste fera dans le monde 100 millions de morts en un siècle.

Lénine et une poignée d'hommes ont plongé un continent dans le chaos.

 

Stéphane Courtois : Lénine, l'inventeur du totalitarisme

L'utilisation de la terreur, de la violence et des mesures dictatoriales pour assurer le triomphe de la révolution, tient une place primordiale dans la pensée de Lénine. (Nicolas Werth, Lénine est aussi coupable que Staline, L'Histoire, no 324, octobre 2007). 

Le philosophe et historien Tzvetan Todorov qualifie Lénine de "fondateur du premier État totalitaire" (L'Expérience totalitaire, in Le Siècle des totalitarismes, Robert Laffont, 2010, page 457). 

C'est Lénine qui élabore le concept de "Terreur de masse" dès 1905. La terreur est "l’instrument d’une politique d’hygiène sociale visant à éliminer de la nouvelle société en construction des groupes définis comme 'ennemis'" (Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Encyclopédie en ligne des violences de masse, publié le 21 décembre 2009 http://www.massviolence.org/Crimes-et-violences-de-masse-des-guerres-civiles-russes )

En tant qu'"inventeur de la dictature du parti unique", Lénine est le "prototype des tyrans modernes", un "fanatique", car il veut détruire la société capitaliste pour instaurer l'équivalent du Royaume de Dieu sur terre (le socialisme) quel qu'en soit le coût. (Cf. Dominique Colas, Lénine et le léninisme, Presses universitaires de France, ).

Le "programme démiurgique" de Lénine et la logique léniniste permettent de se demander si le parti tel que le concevait Lénine n'est pas la "matrice du totalitarisme". (D. Colas, ibid.)

Stéphane Courtois, historien, préfacier du Livre noir du communisme juge fondamental le rôle du léninisme dans le développement du totalitarisme (S. Courtois, Communisme et totalitarisme, Perrin, 2009, pages 63-95).

Le "léninisme" sera l'idéologie officielle de l'URSS et de l'ensemble des régimes communistes durant le XXe siècle. (D. Colas, Lénine et le léninisme, Presses universitaires de France, , p. 110-114)

 

Pour Staline, successeur de Lénine mort en 1924, le projet marxiste est au-dessus de la loi : "La fin justifie les moyens". Dès lors tout est possible.

 

Staline entre au Parti social démocrate clandestin à Tiflis en 1901. "Il lit les ouvrages de Karl Marx, dont le Manifeste du Parti communiste  écrit avec Friedrich Engels en 1848, texte qui appelle à la fin de la propriété privée, du capitalisme, à l'union des ouvriers du monde entier, et à la révolution par les armes."

 

Joseph Djougachvili (Staline), agitateur révolutionnaire, est arrêté le 5 avril 1902. Sa fiche de police indique "taille 1m62, cheveux bruns, corpulence moyenne, âge 24 ans". Il dira : "Les maisons du Tsar sont des maisons de repos !" En effet, la discipline et le traitement des prisonniers n'ont rien à voir avec les futures méthodes staliniennes, d'une autre cruauté. Un an dans sa cellule, il passe son temps à lire, comme ce manuel pratique du révolutionnaire intitulé 'Que faire ?' (1901), signé Lénine, un marxiste russe en exil, qui va devenir le guide de la "révolution". C'est sa statue que les Allemands, près d'un demi siècle plus tard, déboulonnent en priorité en 1941.

En 1903, entre deux séjours en prison, Djougachvili rejoint la tendance la plus dure du Parti social démocrate clandestin, les "Bolchéviques" de Lénine, toujours en exil. Lénine repère Djougachvili et favorise son ascension à la tête des Bolchéviques du Caucase. Lénine apprécie son sectarisme marxiste et surtout son apport au financement des Bolchéviques, avec ce qui est pudiquement appelé les "expropriations", en fait les braquages de banques, "légitimes" pour Djougachvili, parce que le projet marxiste est au-dessus de la loi : "la fin justifie les moyens". Son ancêtre révolutionnaire de 1789, l'anglomane Brissot, invoquant Machiavel, déclarait : "Rappelez-vous l'axiome : 'Qui veut la fin veut les moyens!'" (Source: Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89). C'est l'illuministe franc-maçon Adam Weishaupt, qui au XVIIIe siècle "avait inventé ce principe : 'La fin sanctifie les moyens', il l'appliquait au vol que ses adeptes pouvaient faire et faisaient dans les bibliothèques des princes ou des religieux. (...) Nous verrons la secte en faire des applications bien plus importantes..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1797, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 102).

Djougachvili se défend. Il dit : "Nous devons rester dans l'illégalité jusqu'à la révolution. Entrer dans la légalité serait devenir normal. Seule la lutte armée vaincra le tsarisme." Il devient l'un des parrains du banditisme géorgien. Il mérite son pseudonyme de Staline, "l'homme d'acier".

Eté 1917, l'influence des Bolchéviques grandit dans le pays, grâce au slogan de Lénine "je vous apporterai la paix, la terre, et le pain" (sic). Mais des pancartes se font plus menaçantes : "A bas le gouvernement provisoire, à bas les ministres capitalistes

 

Trotski

La "révolution d’Octobre" proprement dite démarre à Pétrograd, alors capitale de la Russie, par une insurrection armée dirigée par Léon Trotski dans la nuit du 24 au 25 octobre de l’ancien calendrier julien, qui correspond en fait à la nuit du 6 au 7 novembre. 

En France, le fan club de Trotski s’est enrichi dans les années 1960-70 de nombreux juifs et "intellectuels", et a réussi le tour de force – avec l’aide complaisante de médias dévoyés – à imposer une vision positive du personnage, occultant soigneusement les zones d'ombres de sa biographie.

Lev Davidovitch Bronstein naît en 1879 en Ukraine dans une famille de commerçants juifs. Bien que n'ayant rien d'un prolétaire, il participe à la révolution de 1905 et dès cette époque invente avec un coreligionnaire, Alexander Helphand, dit Parvus, le concept de "révolution permanente".

Après bien des péripéties au cours desquelles il adopte son nom "de guerre", Trotsky, on le retrouve à New York en 1916, où il nouera de très fructueux contacts. Il rentre en Russie en 1917 et participe activement avec Lénine au coup de force des bolcheviques qui les portera au pouvoir. Il aura l’occasion de déployer tous ses talents en tant que commissaire de la guerre de 1918 à 1925. En décembre 1917, il déclarait : "Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis".

Pour faire triompher la société "plus juste et plus humaine", des Russes par millions vont y passer.  Dès août 1918, les "éléments douteux" sont internés sans le moindre jugement dans les camps de concentration. L'Armée rouge dont Trotski est le chef, fait régner la terreur, surtout parmi les paysans, qui seront matés par le "balai de fer" employé par Trotsky notamment pour le nettoyage de l’Ukraine. C’est lui qui, en 1921, noiera la révolte de Cronstadt dans le sang : les marins de cette base navale, pourtant autrefois qualifiés par le même personnage de "valeur et gloire de la Russie révolutionnaire" furent à l’origine d’une révolte de la population due à l’insupportable misère qui régnait alors. Tous demandaient que le carcan de fer qui enserrait le pays se desserre quelque peu... La réponse de Trotsky et des bolcheviques fut une répression sanglante qui fit des milliers de morts.

Celui qui avait écrit, en 1920, Terrorisme et communisme, s’opposera à Staline par la suite et sera exclu du parti en 1927. Expulsé d’URSS en 1929, il commencera une longue errance qui s’achèvera en 1940 au Mexique sous le coup de piolet d'un agent de Staline.

En juillet 2010, 80 corps furent retrouvés à Saint-Petersbourg, exhumés de fosses communes datant de la révolution bolchevique. L'examen des restes humains montre que les victimes furent exécutées d'une balle dans la tête. La forteresse Pierre-et-Paul contient plusieurs bâtiments, parmi lesquels la cathédrale Pierre-et-Paul, où tous les tsars depuis Pierre le Grand furent enterrés. Les exécutions y eurent lieu lors de la "terreur rouge", organisée par la Tcheka et l'Armée rouge entre 1918-1921.

La révolution "russe" (février 1917 et octobre de la même année) puise son inspiration dans la Révolution "française". Comme elle, elle a été soutenue publiquement après février 1917 par les banques notamment la Banque Kuhn, Loeb & Co, Wall Street, New York City, et présidée par le "philanthrope" Jacob Schiff, le "roi du rail" propriétaire de vingt deux miles de chemins de fer. Hostile à Nicolas II, qu'il nomme "ennemi de l'Humanité" (Jacques Attali, Un homme d'influence : Sir Sigmund Warburg 1902-1982, Éditions Fayard, 1985, p. 96.), Jacob Schiff, est issu d'une famille juive rabbinique de Hesse dont la lignée remonte au XIVe siècle. Il utilisa "son influence pour empêcher que d'autres établissements financiers consentent des prêts à la Russie" jusqu'en 1917. Il "poursuivit cette politique pendant toute la Première Guerre mondiale' (Encyclopédie Judaïca, Jérusalem, 1971, vol. 14., p. 961) et fit pression sur les autres banques pour qu'elles agissent de même" (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, Juifs et Russes avant la Révolution, Fayard, 2002, p. 539.)

"Le célèbre banquier Jacob Schiff, qui régente le monde financier à New York, refuse catégoriquement toute idée de prêt à la Russie" tsariste (Doklad P.N. Milioukova v Voïenno-morskoï komissii Gosoud. Doumy 19 iouinia 1916, Krasny arkhiv, 1933, t. 58, pp. 13-14 cité in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, p. 539), mais se signale "tout particulièrement par un prêt de 200 millions de dollars au Japon pendant le conflit qui opposa celui-ci à la Russie en 1904-1905...  Il refusa constamment de participer à l'attribution de prêts à la Russie et usa de son influence pour dissuader d'autres établissements de de le faire, tout en accordant une aide financière aux groupes d'autodéfense des Juifs russes" (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, ibid., p. 382).

Une fois révolution de février 1917 déclenchée, J. Schiff "entreprit alors de soutenir le gouvernement Kerenski par une substantielle ligne de crédit..." (Encyclopédie Judaïca, Jérusalem, Keter Publishing House 1971, vol. 14., p . 961 cité in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard, 2003, p. 40.)

"Plus tard, dans la presse russe des émigrés de droite, parurent des études tendant à prouver que Schiff avait en fait activement financé la révolution elle-même. (...) Au demeurant, les démarches de Schiff, publiques et bien connues, invariablement hostiles à l'autocratie russe, avaient plus de poids qu'une éventuelle aide occulte à la révolution." (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 40)

"Au début du mois d'avril 1917, le Gouvernement provisoire constata, à son plus grand étonnement, qu'un mois seulement après la révolution, la situation financière de la Russie (...) était catastrophique; il décida alors de lancer, à grand renfort de publicité (...) un 'Emprunt pour la Liberté' (sic). (...) Aussitôt des dizaines de millions ont été pris pour couvrir cet emprunt par des banquiers juifs pour la plupart. (...) "Jacob Schiff prêta un million, le Rothschild de Londres - un million lui aussi; à Paris, 'à l'incitation du baron Guinzbourg, (...) plusieurs millions ont déjà été collectés'" (Rousskaïa volia, 23 avril 1917, p. 4 cité in A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 49-50).

"Dès le début de mai (1917), puis début juin et encore à la fin juillet, on publia dans la presse des listes de ceux qui avaient souscrit chacun pour plus de 25 000 roubles (en ajoutant : 'Honte !' aux riches qui s'étaient dérobés (par exemple: Rouskaïa volia, 10 mai 1917, p. 5; Birjevye vedomosti, 9 mai 1917, p. 5; 1er juin, p. 6.; Retch, 29 juillet 1917, p. 6.).

Alexandre Soljénitsyne explique qu''en parcourant ces listes, on est moins frappé par le grand nombre de noms de famille juifs (suivis du reste par ceux d'allemands russifiés dont la situation était plutôt confortable pendant la guerre) que par l'absence de la haute bourgeoisie russe, mis à part quelques grands négociants moscovites." (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 50.)

En avril 1917, "la position des sionistes" fut "confortée" par Jacob Schiff qui déclara publiquement son adhésion au sionisme. (A. Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, ibid., p. 53). Le Conseil international des sionistes avec à leur tête Israël Zangwill, recevait des subsides de Jacob Schiff et du baron de Rothschild." (Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I, p. 297.)

Lorsque Jacob Schiff mourut le 20 septembre 1920 à New York, les journaux célèbrent sa "philanthropie" et son "humanisme".

En fait d'"humanisme" et de "philanthropie", une petite minorité féroce et dépourvue de sens moral soumit par la Terreur l’immensité d’un empire séculaire.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Russie, David R. Francis, écrivit à Washington en janvier 1918 : "Les dirigeants bolchéviques ici, dont la plupart sont des juifs et dont 90% sont des exilés de retour, font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l'échelle mondiale."

Le Times du 29 mars 1919 renchérissait : "Une des caractéristiques les plus intéressantes du mouvement bolchevique est le haut pourcentage d’éléments non russes de l’équipe dirigeante. Sur environ trente commissaires ou dirigeants qui forment l’appareil central bolchevique, 75% pour le moins sont des juifs".

Alexandre Soljénitsyne a pu écrire dans "Deux siècles ensemble, 1917-1972" que "l'omniprésence des Juifs aux côtés des bolcheviks eut, au cours de ces journées et de ces mois terribles, les plus atroces conséquences. (...) Parmi elles, l'assassinat de la famille impériale. Deux personnages jouèrent un rôle décisif : Philippe Golochtchokine et Iakov Iourovski. (...) Golochtchokine s'entendait à merveille avec Sverdlov, il devint le secrétaire du Comité de province de Perm et de Iékaterinbourg, puis du Comité de région de l'Oural, autrement dit le maître absolu de la région. (...) Golochtchokine... était rentré le 12 juillet à Iékatérinbourg dans l'attente du dernier signal envoyé de Moscou. Ce fut Sverdlov qui transmit l'ultime instruction de Lénine." Par la suite, "Iourovski se vantait avec aplomb d'avoir été le meilleur : 'C'est la balle de mon colt qui a tué raide Nicolas'". Mais cet honneur-là échut aussi à Ermakov et à son camarade Mauser" (Mikhaïl Heifets, Tsareoubiistvo v 1918 godou [L'assassinat du tsar en 1918], Moscou-Jérusalem, 1991, p. 355, in Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard, La Flèche 2003, p. 99-102.)

Plus récemment, Vladimir Poutine a pu dire que 80 à 85% des chefs bolchéviques étaient juifs.

 

Deuxième partie :

1921. Après 4 ans de guerre civile en Russie, des millions de morts, d'émigrés, d'orphelins, la famine fait des ravages, le communisme de guerre a entraîné l'effondrement de l'économie.

Le rationnement est féroce, sauf pour les 20 000 cadres du Parti et de la police qui ont droit à 4 kilos de viande et 4 kilos de poisson par mois, alors qu'un ouvrier n'a que 200 grammes de poisson pourri. Les ouvriers ne peuvent plus nourrir leur famille, ils se révoltent, alors que la grève est interdite, depuis décembre 1917. Trotski dit : "Toute résistance peut être surmontée par ce mot : fusillé". C'est alors que les 18 000 marins et officiers de Kronstadt, la base navale de l'ancienne capitale Petrograd, se déclare solidaire des ouvriers en grève. Leur mot d'ordre: "Les soviets oui, mais sans les bolchéviques". Trotski ordonne l'assaut contre les Marins de Kronstadt le 7 mars 1921. Sur la Baltique gelée, 20 000 soldats de l'Armée rouge avancent, et derrière eux, pour les empêcher de reculer, les hommes de la police politique se positionne avec leurs mitrailleuses. Après dix jours de combats sanglants, les mutins, à bout de munitions, se rendent aux soldats de l'Armée rouge. 2168 marins sont fusillés et enterrés groupés. Ce sont les mêmes qui avaient pourtant permis la victoire des communistes en 1917.

La révolte des Marins de Kronstadt oblige Lénine à faire marche en arrière. Il dit : "Nous pouvons revenir quelque peu sur nos pas, sans détruire la dictature du prolétariat". Dès mars 1921, Lénine initie la NEP (initiales de Nouvelle politique économique), une libéralisation temporaire mais spectaculaire. Dénationalisations, fin des réquisitions forcées, fin du travail obligatoire, rétablissement de l'héritage.. Les paysans peuvent de nouveau librement vendre leurs récoltes. Les boutiques se remplissent de nouveau. Moscou respire.

Comme leurs ancêtres de 1789 qui confisquèrent les Biens de l'Eglise sur proposition de Talleyrand (décret du 2 novembre 1789) - un vol pur et simple -, la confiscation des biens des émigrés et des suspects (décrets du 30 mars 1792 et du 27 juillet 1792), les Bolchéviques ont besoin d'argent. Lénine envoie au politburo le 19 mars 1922 la directive suivante : "Nous devons confisquer les biens de l'Eglise ! Nous devons livrer bataille au clergé de la manière la plus résolue, écraser sa résistance avec une telle cruauté qu'il ne l'oubliera pas." Lénine conclut : "La violence est la vérité de la politique." Les événements se précipitent au kremlin, les rolls des dirigeants bolchéviques arrivent..

Le 3 avril 1922, celui qui est appelé "le meilleur disciple de Lénine, Staline, devient Secrétaire général du Parti communiste. Il est puissant, mais toujours respectueux de Lénine. Son futur ministre Molotov dit : "On me demande qui est le plus dur, Lénine ou Staline ? C'est Lénine biensûr !"... C'est lui qui nous tous formé.

Lénine est soudainement terrassé à cinquante-deux ans par un accident vasculaire cérébral. Le 25 mai 1922, il est à moitié paralysé. Six mois plus tard, il est victime d'un deuxième avc. Le Comité central du Parti confie à Staline le soin de veiller sur lui... Staline l'isole et empêche son entourage d'écrire quoique ce soit sous sa dictée... Et l'année se termine par la création le 22 décembre 1922 de l'URSS, l'Union des républiques socialistes soviétiques, dont l'emblème est la faucille du paysan.., et le marteau du prolétariat ouvrier.

C'est la fin de la guerre civile. Mais la terreur s'abat de plus belle. Les fourgons de la police politique déversent leurs cargaison de condamnés d'avance. Le Commissaire du peuple à la justice, Isaac Steinberg, leader du mouvement juif et écrivain soviétique, s'enfuit en Allemagne en 1923. Il avait dit à Lénine : "A quoi bon un Commissariat à la Justice, appelons-le plutôt Commissariat à l'Extermination sociale !" Lénine avait répondu : "Excellente idée." Steinberg écrira plus tard: "La Terreur, c'est le réseau étroit de la surveillance, la police secrète qui observe tous les faits et gestes, les provocations, les formes méprisantes, humiliantes, et douloureuses des interrogatoires, les prisons bondées où l'on affame, les déplacements de population, les réquisitions, les confiscations qui frappent les affamés et les épuisés."

Staline porte le cercueil de Lénine. La veuve de Lénine révèle qu'il aurait quand même réussi à dicter un testament où il aurait dit : "Staline est trop brutal. Je propose au camarades d'étudier un moyen de le démettre de son poste de Secrétaire général". Staline réagit très violemment et oblige sous la menace la veuve de Lénine à publier un démenti dans "La Pravda" (la Vérité). Tous ceux qui chercheront à utiliser ce testament pour écarter Staline en mourront : le vrai testament de Lénine, respecté à la lettres par son héritier, Staline ! Ce sont ces préceptes, l'épuration sans fin du corps social, la traque du "parasite", le "faux communiste", "infiltré dans les organes du parti état". La tache essentielle est de se débarrasser de ces "parasites", les survivants de la maudite société capitaliste. Pour Staline, comme pour Lénine, ce sera la purge permanente. La lutte contre l'"ennemi" ne sera jamais achevée.

Tandis que le corps de Lénine est embaumé, Staline fait dynamité le sol gelé devant le Kremlin pour y poser les fondations d'un mausolée, d'abord en bois, puis en granite rouge et marbre noir, avec une tribune sur laquelle les tout puissants dirigeants communistes viendront dominer le peuple. Devant le tombeau, les Komsomols, les jeunesses communistes défilent toute l'année.. Le culte de la personnalité de Lénine commence. Son nom est donnée à l'ancienne capitale Petrograd qui s'appellera désormais Léningrad.

Le 21 décembre 1929, Staline se débarrasse de la NEP, la tentative libérale, et se lance dans la collectivisation. La Pravda titre en première page : "Un grand salut soviétique au plus grand dirigeant communiste du monde". Vingt ans plus tard il sera réellement un des hommes les plus puissants de la planète.

25 novembre 1943. Staline se rend à Téhéran pour une conférence entre les principaux alliés contre l'Allemagne. Churchill en uniforme de la Royal Air force prend la pose. Il offre à Staline au nom du roi George VI une épée sur laquelle est gravée "Au courage héroïque des citoyens de Stalingrad". Ensuite, Churchill et Staline rejoigne le président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt. Staline cherche à se rapprocher de Roosevelt qu'il juge, d'après les écoutes, naïf et malléable. Il a besoin d'un appui contre Churchill sur la question du second front. Churchill voudrait attaquer par le Sud (Italie ou Balkans) qu'il appelle le ventre mou de l'Europe et prendre les Russes de vitesse, arriver le premier à Berlin. Mais Staline obtient le débarquement plus éloigné en Normandie pour le printemps 1944. L'atmosphère est à l'optimisme. Staline vient de mettre Hitler en échec à la bataille de Koursk. Churchill dit : "Dieu est aux côtés des alliés." Staline répond : "Le diable est avec moi, le diable est communiste !"

 

http://dieuetmoilenul.blogspot.fr/2017/11/tant-que-cette-chose-reste-debout-la.html

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Troisième partie :

Juillet 1944. La mobilité de l'Armée rouge est stupéfiante. Les Américains ont donné à Staline les moyens financiers, l'acier, les métaux rares pour construire 55 000 chars T34 parmi les plus performants de la guerre, des centaines de milliers de camions, des jeeps, des véhicules blindés. Les Soviétiques avancent en Pologne jusqu'à Varsovie, mais reçoivent l'ordre de s'arrêter. En 1939, Staline s'était déjà partagée la Pologne avec son allié d'alors, Hitler. En 1940, à Katyn, Staline avait fait exécuter 20 000 officiers polonais prisonniers pour se débarrasser des élites qui lui étaient hostiles. En 1944 il interdit de porter assistance aux résistants polonais, il ne fait rien pour aider les alliés qui tentent de parachuter des armes aux insurgés. Il les laisse massacrer par les SS qui détruisent complètement la ville. Le Maréchal Joukov écrit dans ses Mémoires: "Staline m'a dit : 'Nous ne pouvions pas nous permettre une Pologne bourgeoise à nos frontières!'" L'Armée rouge prend Varsovie, ou ce qu'il en reste, puis occupe toute la Pologne.

Dans leur avance, les soldats soviétiques découvrent l'horreur nazie, les camp d'exterminations des Juifs à Majdanek, Belzec, Sobibor, Treblinka.

A Yalta (4/11 février 1945), Staline dira à Roosevelt : "Les Juifs sont des profiteurs et des parasites". Quinze ans plus tôt, en 1929, il créé dans l'Extrême orient soviétique le Birobidjan, région autonome juive, langue officielle le yeddish, préféré à l'hébreu, considéré comme trop religieux. Sous prétexte de peupler cette région inhospitalière et de promouvoir l'agriculture (sic), il s'agit bien de déportation.

En 1929, fini les izbas et les fermes ancestrales,les paysans vivront en communauté dans les Kolkhozes, ils produiront les millions de tonnes de blé vendus par l'état pour acheter les machines qui fabriqueront les tracteurs, les chars, les avions. C'est le premier plan quinquennal de Staline.Mais il se heurte immédiatement aux paysans qui refusent de perdre leur terre, ils refusent la collectivisation. Staline leur donne un nom infâmant : koulak (profiteur, exploiteur). Et il fait préciser le terme de koulak: tout fermier qui a des salariés, qui possède un moulin, une fromagerie, une sécheuse de pommes de terres, des machines agricoles à moteur est du "bétail". Une définition vague qui ouvre la voie aux dénonciations, aux règlements de compte, aux viols. La police se déchaîne contre ceux qui tentent de cacher leurs réserves de grains. La résistance des paysans est telle que le pouvoir mobilise 27 000 dékoulakisateurs, des militants communistes venus des villes et une ordre misérable de journaliers payés en parts de butin. Staline encourage la délation. La propagande diffusée dans les salles de cinéma, montre une jeune tatare de Crimée, Olga Balykina, célèbre pour avoir accuser son père de voler du blé dans son kolkhoze. Félicitée par le parti, elle est fêtée par les pionniers, les 9-14 ans, et les komsomols, les 15-18 ans, organisations de masse créées par Lénine. Olga dit: "J'ai agi comme tous les pionniers doivent agir". Dans tous les villages, des satues de Pavel Morozov glorifie celui qui est appelé le "pionnier - héros numéro 001" de l'Union soviétique. Selon la légende forgée par la police, il aurait dénoncé son père hostile à la collectivisation et son oncle l'aurait assassiné à 14 ans. Deux millions de paysans ont été envoyés défraichir la Sibérie, 300 000 autres déportés au goulag, et 300 000 exécutés. La famine organisée par Staline dès le début des années 1930 en Ukraine est la plus terrible : 5 millions d'êtres humains meurent de faim. En ukrainien, on a appelé la famine holodomor, extermination par la faim. On leur avait tout pris, tout confisqué jusqu'à la dernière miette. Une mère a tué un de ses enfants à coups de haches, pour le faire cuire et le donner à manger aux autres. Et personne ne posait de questions.

Pendant ce temps, Staline affectionne de longs séjours à la campagne. Son chauffeur est Nikolaï Vlassik, policier et photographe du tyran. Alors que les membres du politburo affectionnent comme Lénine les rolls, Staline préfère une voiture américaine de luxe, la pacar. Il se fera construire une vingtaine de datchas, des villas somptueuses réparties dans toute la Russie selon les saisons. Il y est heureux et y chantent sans arrêts des airs d'opéras. Pendant que son peuple agonise de faim, il pèche de la truite et il lit beaucoup. Il trompe sa femme avec sa coiffeuse qui le rase tous les matins. Son passe-temps favoris est de planter des arbres, des citronniers et des orangers.

Les artistes qui avaient cru que la révolution leur apporterait la liberté créatrice se voient imposer par Staline la doctrine officielle du réalisme socialiste. Tous, peintres, musiciens, poètes, écrivains, que Staline appellent les "ingénieurs de l'âme" doivent exalter le travail, la famille, et la patrie, et surtout, la gloire de Staline. Ceux qui ne sont pas en prison ou en exil tentent encore de résister. Ossip Mandelstam, le plus grand poète russe de cette époque est arrêté, et meurt de faim au goulag. Il avait écrit Le Montagnard du Kremlin, un bref poème de seize vers, une épigramme contre Staline, "Ses doigts sont gras comme des vers, des mots de plombs tombent de ses lèvres, sa moustache de cafard nargue, chaque mise à mort est une fête et vaste est son appétit".

Les "procès de Moscou" (août 1936 / mars 1938) secouent les opinions publiques du monde entier. Le 11 mars 1938, quatre vingt-vingt dix huit membres du Comité central du Parti communistes, les principaux chefs de la police avec leur chef Iagoda, une grande partie de l'état-major de l'Armée rouge avec à sa tête le maréchal Toukhatchevski et ceux qui ont permis à Staline de prendre le pouvoir, Boukharine, Kamenev, Zinoviev, sont exécutés. L'accusé principal, Léon Trotski (expulsé d'URSS en janvier 1929), réussit à échapper aux procès du fait de son exil. Mais il fut retrouvé au Mexique par Ramón Mercader, un agent du NKVD qui l'exécuta avec un piolet le 21 août 1940 sur ordre de Staline.

La moscovite Nina Poglazova dit : "On vit dans un monde soviétique où il n'y a qu'une seule règle du jeu et tout le monde joue selon cette règle. Il est debout sur la tribune, il ment, tout le monde applaudit mais tout le monde sait qu'il ment, et lui il sait qu'on le sait. Mais il débite ses mensonges et il est tout content qu'on l'applaudisse".

Le second documentaire, "Staline, le tyran rouge", de Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny, a été diffusé sur la chaîne M6 en 2007. Bernard de Lavillardière, qui présente le documentaire, explique : 

 

"Staline a suscité un incroyable espoir, on  lu ia voué un culte sans précédent, notamment en France. Mais dans les faits, Staline a martyrisé son peuple. On estime aujourd'hui qu'il est responsable de la mort de vingt millions de personnes. Staline, le petit père des peuples était un être sanguinaire, paranoïaque, fanatique. Pendant près de trente ans, personne n'a sur l'arrêter.

 

Staline est mort il y a un demi-siècle mais le monde n'est pas plus hier qu'aujourd'hui à l'abri d'hallucinations collectives, de régimes tyranniques et de crimes de masse. (...) Ce documentaire a reçu l'aval du ministère de l'Education nationale, les professeurs peuvent l'utiliser en classe."

 

Malgré quelques erreurs et un ton clairement à charge qui occulte les crimes des autres monstres de la révolution bolchévique de 1917 (Staline présenté comme le créateur du goulag à la place de Lénine...), ce documentaire est un des premiers à apporter néanmoins en France un portrait négatif du tyran rouge. Il aura fallu une centaine d'années pour qu'enfin la vérité sur la monstruosité des dirigeants communistes - Lénine compris - éclate.

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 01:18

Source:

One PeterFive

Peter Kwasniewski, November 8, 2017

Between Christ the King and “We Have No King But Caesar”

Entre le Christ Roi et "Nous n'avons pas de roi mais César"

Ce mois de novembre commence avec la grande solennité de la Toussaint. Mais dans le calendrier romain traditionnel, la Toussaint est précédée d'une fête encore plus grande - celle du Christ Roi, Celui qui crée et sanctifie les citoyens, les ambassadeurs et les soldats de Son Royaume.

Quand le Pape Pie XI institua la fête du Christ Roi en 1925, il était, pourrait-on dire, fournir dans le calendrier de l'Eglise la cause invisible manquante de Tous les Saints, en plus de préciser la mission des saints dans l'histoire: être les membres vivants du Corps mystique sous la tête du Christ, et étendre ce corps sur toute la terre. Notre Seigneur Jésus-Christ est le Roi de tous les hommes, de tous les peuples, de toutes les nations, et Ses saints sont ceux qui, prenant leur croix et le suivant, ont conquis leur propre âme et gagné l'âme de beaucoup d'autres pour ce Royaume.

Le pape Pie XI savait que dans les circonstances politiques modernes il était absolument nécessaire de rendre cette vérité explicite, comme il l'a fait dans la grande encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925:

"Tous les hommes, collectivement ou individuellement, sont sous la domination du Christ. En Lui est le salut de l'individu; en Lui est le salut de la société. ... Il est l'auteur du bonheur et de la vraie prospérité pour chaque homme et pour chaque nation. Si, par conséquent, les dirigeants des nations veulent conserver leur autorité, promouvoir et accroître la prospérité de leurs pays, ils ne négligeront pas le devoir public de révérence et d'obéissance à la domination du Christ. ... Une fois que les hommes reconnaîtront, tant dans la vie privée que dans la vie publique, que le Christ est roi, la société recevra enfin les grandes bénédictions de la vraie liberté, de la discipline bien ordonnée, de la paix et de l'harmonie. ... Pour que ces bénédictions soient abondantes et durables dans la société chrétienne, il est nécessaire que la royauté de notre Sauveur soit reconnue et comprise aussi largement que possible et que rien ne serve mieux que l'institution d'une fête spéciale en l'honneur de la royauté du Christ.

Le droit qu'a l'Église du Christ lui-même, d'enseigner aux hommes, de faire des lois, de gouverner les peuples en tout ce qui concerne leur salut éternel, ce droit a été refusé [à l'époque des Lumières]. Puis peu à peu, la religion du Christ a été assimilée à de fausses religions et placée ignominieusement au même niveau qu'elles. Elle a ensuite été mis sous la puissance de l'État et tolérée plus ou moins au gré des princes et des dirigeants. ... Il y avait même des nations qui pensaient pouvoir se passer de Dieu, et que leur religion devait consister en l'impiété et en la négligence de Dieu. La rébellion des individus et des États contre l'autorité du Christ a produit des conséquences déplorables.

C'était en 1925. Dans l'avènement de 1969, une vague de changements dans le culte catholique a traversé l'Église. Comme nous le savons tous, parmi ces changements, il y a eu le déplacement de la fête du Christ-Roi du dernier dimanche d'octobre au dernier dimanche de l'année liturgique, à la fin du mois de novembre. Ou du moins c'est ce que nous pensons savoir; c'est ce que je pensais aussi. Mais ce n'est pas ce qui s'est réellement passé.

Comme Michael Foley le montre dans un brillant article paru dans le dernier numéro du magazine The Latin Mass, la fête n'a pas été simplement déplacée, mais métamorphosée. On lui a donné un nouveau nom, une nouvelle date, et de nouveaux propres, qui ont tous dévalorisé le règne social du Christ et mis à sa place un "Christ cosmique et eschatologique". Ce n'est pas tout:

"Selon l'autorité du pape Paul VI, la fête du Christ-Roi n'a pas été simplement changée ou déplacée; elle a été remplacée. Dans le Calendarium Romanum, le document annonçant et expliquant le nouveau calendrier, le Pape écrit: 'La Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers a lieu le dernier dimanche de l'année liturgique à la place de la fête instituée par le Pape Pie XI en 1925 et assignée au dernier dimanche d'octobre...' Le mot clé est loco, qui signifie 'à la place de' ou 'au lieu de'. Le Pape aurait pu simplement déclarer que la Fête a lieu à une date différente (comme avec le Fête de la Sainte Famille) ou qu'elle est déplacée (transfertur) comme il l'a fait avec Corpus Christi, mais il ne l'a pas fait. La Solennité du Christ-Roi du Novus Ordo, écrit-il, est le remplacement de la fête de Pie XI [1].

Paul VI abolit la fête de Pie XI et la remplaça par une nouvelle fête inventée du Concile. Il y a du matériel commun, bien sûr, mais ce n'est en aucun cas destiné à être la même fête un dimanche différent. [2]

Pourquoi est-ce arrivé? L'explication la plus simple, en effet la seule qui corresponde à la preuve, est que l'apparent "intégrisme" du pape Pie XI était devenu embarrassant pour des gens tels que Montini, Bugnini et d'autres progressistes des années 1960 et 1970. Ils avaient adhéré à la philosophie du sécularisme et voulaient s'assurer que la liturgie ne célébrait pas l'autorité du Christ sur l'ordre sociopolitique ou la position régnante de son Église en son sein. La fête modernisée doit porter sur des choses "spirituelles" ou "cosmiques" ou "eschatologiques", avec un assaisonnement de "justice sociale". Comme l'écrit Foley: "La nouvelle fête achève l'originale de son sens voulu. ... Les innovateurs liturgiques lancèrent la boîte du règne du Christ jusqu'à la fin des temps afin qu'elle n'interfère plus avec un accommodement facile à la laïcité." [3] Pas pour eux était la puissante doctrine de Saint Pie X:

"Que l'Etat soit séparé de l'Église est une thèse absolument fausse, une erreur des plus pernicieuses. Fondée sur le principe que l'État ne doive reconnaître aucun culte religieux, elle est en premier lieu coupable d'une grande injustice envers Dieu; car le Créateur de l'homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines, et il préserve leur existence en conservant la nôtre. Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social pour l'honorer. D'ailleurs, cette thèse est une négation évidente de l'ordre surnaturel. Elle limite l'action de l'État à la poursuite de la prospérité publique pendant cette vie seulement, qui n'est que l'objet immédiat des sociétés politiques; et il ne s'occupe nullement de l'objet ultime qui est le bonheur éternel de l'homme après que cette courte vie aura suivi son cours. Mais comme l'ordre actuel des choses est temporaire et subordonné à la conquête du bien suprême et absolu de l'homme, il s'ensuit que le pouvoir civil ne doive pas seulement faire obstacle à cette conquête, mais qu'il doit nous aider à l'accomplir. [...] Les Pontifes romains n'ont donc jamais cessé, comme l'exigent les circonstances, de réfuter et de condamner la doctrine de la séparation de l'Église et de l'État [4].

Que devons-nous alors faire des innombrables saints au cours des siècles qui ont complètement soutenu cette doctrine, qui ont vécu pour elle et qui, par elle, l'ont défendue et promue, l'ont avancée jusqu'à la victoire contre tous les païens et hérétiques? Qu'en est-il des saints qui ont dû la naissance et la croissance de leurs vocations - nous pourrions même dire, en quelque sorte, les conditions humaines de leur sainteté même - à la société et à la culture catholiques dans lesquelles ils vivaient ? Et que faisons-nous surtout de cette foule de saints et de bienheureux royaux dont la sainteté a consisté à soutenir la vraie foi dans l'exercice de la politique? Ceux qui voyaient l'État comme subordonné à l'Église, cette vie terrestre subordonnée à la vie du monde à venir, et croyaient que, selon les paroles de saint Pie X, "elles ne devaient pas non plus faire obstacle à cette conquête. [du ciel], mais devaient nous aider à la réaliser "? Sûrement, ces saints ont une place spéciale dans le Royaume de Dieu, où ils se réjouissent du règne juste et pacifique du Christ-Roi. Ils comprennent surtout la logique interne de la proximité du 1 er novembre au dernier dimanche d'octobre.

Lorsque j'enseigne la doctrine sociale catholique aux étudiants, je ne cesse d'être surpris de voir combien d'entre eux affichent la réaction instinctive de supposer automatiquement que la monarchie est "principalement mauvaise" et que la démocratie est "manifestement bonne". Cela semble être un dogme séculaire imposé à notre époque et forgé dans les années tendres, en particulier dans les écoles publiques. J'aime secouer les gens en leur remettant la liste suivante de saints et de bienheureux royaux: les rois, reines, princes, princesses, ducs, duchesses et autres aristocrates au pouvoir vénérés, béatifiés ou canonisés par des catholiques, des orthodoxes ou des anglicans. Oui, c'est une liste un peu éclectique et œcuménique, mais elle offre certainement matière à réflexion, puisque tous ces individus ont manifestement défendu et soutenu le christianisme (et souvent la chrétienté, sa pleine floraison) en utilisant leur autorité politique donnée par Dieu. [5]

 

D'abord, une liste de véritables dirigeants :

Abgarus d'Edesse, roi d'OsroeneAlexander NevskyAlfred le Grand de Wessex, 849 à 26 September, 899Amadeus IX, Duc de Savoie
Archil de Kakheti, martyrAshot I d'Ibérie, martyrBoris I de BulgarieCanute IV de Danemark, known as “St. Canute”
Charlemagne[6]Charles I d'Angleterre (Anglican)Charles I, Comte de Flandre, connu aussi comme, français, “St. Charles le Bon”, hollandais,”Karel de Goede”Constantin Brancoveanu Roi de Wallachie
Constantin Roi de Dumnonie, martyrConstantin I, Empereur romain (Orthodoxe)Constantin VI, Empereur romainConstantine XI Palaiologos, Empereur Romain, connu comme “St. Constantin XI l'Ethnomartyr”
David I d' Ecosse; Fils de Sainte Margaret d'EcosseDavid IV de Georgie, connu aussi comme “David le Constructeur”Demetre I de GeorgieDemetre II of Georgia, martyred, also known as “Demetre the Self-Sacrificer”
Edmond le Martyr d'Est AnglieEdouard le Confesseur d' AngleterreEdward le Martyr d'AngleterreEdwin de Northumbrie, connu comme “St. Edwin”
Eric IXde SuèdeÆthelberht de KentÆthelberht II d'Est AnglieFerdinand III de Castille
Henry II, Empereur du Saint Empire romain, mari de Cunégonde de LuxembourgHermenegild des VisigothsHumbert III de SavoyJadwiga de Pologne, aussi comme St. Hedwig
Justinien I, Empereur romainBd. Karl I of Austria, dernier kaiser (Empereur) d'Autriche et király (King) de HongrieLadislaus I de Hongrie, canonisé in 1192Lazar Hrebeljanović, Knez (“Prince” ou “Duc”) de Serbie; aussi connu comme “Tsar Lazar”
Leopold III, Margrave d'Autrice, saint patron de l'AutricheLuarsab II de Kartli, martyrSt. Louis IX de FranceLudwig IV de Thuringe, mari d'Elisabeth de Hongrie
Marcien empereurMirian III d'IbérieNeagoe Basarab Roi de WallachieNicholas II de Russie
St. Olaf II de NorvègeOswald de Northumbrie, martyr 5 August 642Peter I de BulgarieSigismond de Burgondie
Solomon II de ImeretiSt. Stephen I de HongrieStéphane le Grand, Roi de Moldavie, 2 juillet 1504; appelé l'"Athlète de la Chrétienté"Tamar de Georgie
Tiridates III d'ArménieVakhtang I d'IbérieVakhtang III de GeorgieVladimir I de Kiev
Wenceslaus I, Duc de Bohème, martyre 28 september 935   

Puis une liste d'autres rois et nobles :

Adelaide d'Italy, épouse de Otto I, Empereur du Saint Empire romainAgnes de Bohème, fille de Otokar I de BohèmeAlexandra Fyodorovna de Russie (Alix de Hesse)Alexei Nikolaevich de Russie
Anastasia Nikolaevna de RussieBalthilde, Reine de France et épouse du roi Clovis IIBegga; fille de Pepin of Landen et mère de Pepin de HerstalBerthe de Kent
Bojan Enravota, prince de BulgarieBoris et Gleb, prince de KievSt. Casimir, fils de Casimir IV of PolandClotilde, fille de Chilperic II de Burgondie; épouse de Clovis Ier
Cunigunde de Luxembourg, épouse de Henry IIDmitry de MoscouEdburga de Winchester, fille de Edward the ElderEdburge de Bicester, fille de Pende de Mercie
Edburga de Minster-in-Thanet, ou Heaburg, ou Bugga, fille de Centwine de WessexElizabeth Feidorovna de RussieElisabeth de Hongrie, épouse de Louis IV de ThuringieSt. Elizabeth de Portugal, fille de Pierre III d'Aragon; épouse de Denis de Portugal
Emeric de Hungary, fils de Stéphane I de HongrieReine Emma d'Hawaii (Anglican)St. Hedwig de Andechs, fille de Berthold III, Comte de Tyrol, épouse de Henri I de PologneSt. Hélène de Constantinople, mère de Constantin I
Isabelle de France, fille de Louis VIII de France, plus jeune soeur de St. Louis IXSt. Jeanne de Valois de France, fille de Louis XI de France; épouse de Louis XII de FranceJeanne de Portugal, fille d'Alphonse V de Portugal, joignit l'Ordre DominicainJolenta (Yolande) de Pologne, fille de Béla IV de Hongrie; épouse de Boleslas le Pieux de Pologne
Ketevan le Martyr, reine de KakhetiKinga (St. Kunigunda) de Pologne, fille de Béla IV de Hongrie; épouse de Boleslas V de PologneLudmila, princesse tchèqueMafalda de Portugal, fille de Sanche I de Portugal and reine-consort de Castille
Margaret de Hongrie, fille de Béla IV of HongrieMargarèthe de Savoie, Marquise de Montferrat

St. Margaret d'Ecosse, grand-mère d'Edmond II d'Angleterre; épouse de Malcolm III d'Ecosse et mère de David I d' Ecosse

 

Maria Nikolaevna de Russie
Mathilde de Ringelheim, reine-consort de Heinrich I de GermanieNana d'Iberie, reine-consort de Mirian III d'IbérieNuno Álvares Pereira, O. Carm., ancêtre de la Maison Portugaise de BraganceOlga de Kiev, régente pour son fils Svyatoslav I, Prince de Kiev
Olga Nikolaevna de RussieRagnhild de TäljeSanche de Portugal, fille de Sanche I de PortugalShushanik

Teresa de Portugal, fille de Sanche I de Portugal et reine-consort de León

 

Tatiana Nikolaevna de RussiePrince Vladimir PaleyPrince Jean Constantin de Russie
Prince Konstantin Konstantinovich de RussiePrince Igor Konstantinovich de Russie 

Est-ce que la démocratie moderne a un tel passé de sainteté ? Où sont les douzaines de saints présidents, premiers ministres, membres du cabinet, membres du Congrès, maires? Vous pouvez objecter: La monarchie a eu plusieurs siècles durant lesquels des saints ont pu surgir. La démocratie telle que nous la connaissons est encore relativement jeune. Donnez-lui une chance! A quoi je réponds: la démocratie moderne existe depuis plus de deux siècles, et son bilan est épouvantable. On pourrait compter sur les deux mains les hommes et les femmes impliqués dans les gouvernements démocratiques qui ont une réputation de sainteté héroïque, sans parler d'un culte reconnu. [7] En outre, regardez autour de vous: pensez-vous que les perspectives d'une grande sainteté émergent au sein de régimes démocratiques augmentant au fur et à mesure que le temps passe? Dans ce cas, il n'est pas exagéré de dire que le mythe du Progrès est plus mythique que jamais.

Dans un monde déchu où tous nos efforts sont poursuivis par le mal et condamnés (éventuellement) à l'échec, la monarchie chrétienne est, néanmoins, le meilleur système politique qui ait jamais été imaginé ou qui puisse être conçu. Comme nous pouvons le déduire de son antiquité beaucoup plus grande et de son universalité, c'est le système le plus naturel pour les êtres humains en tant qu'animaux politiques; c'est le système le plus apparenté au gouvernement surnaturel de l'Église; c'est le système qui se prête le plus facilement à la collaboration et à la coopération avec l'Église dans le salut des âmes des hommes. Oui, il va sans dire qu'il y a eu beaucoup de tensions entre l'Église et l'État - mais celles-ci seront-elles toujours absentes, dans quelque arrangement politique que ce soit? Sont-elles absentes de la démocratie - ou avons-nous obtenu ce qui semble être la paix au prix d'une influence réelle dans la société? L'Église n'a-t-elle pas simplement été rétrogradée au statut de ligue de boules privée qui peut être permise ou supprimée à volonté? La défense habituelle de la liberté religieuse aujourd'hui est seulement aussi forte que les concepts des Lumières dont elle dépend, et ces concepts ont déjà été qualifiés de mensonges par une série de papes depuis l'époque de la Révolution française jusqu'à Pie XI.

Les deux hommes les plus sages de l'antiquité païenne, Platon et Aristote, soutenaient que la démocratie, loin d'être une forme stable de gouvernement, vacille toujours à la limite de l'anarchie ou de la tyrannie. En dépit de sa prédilection pour la démocratie, le pape Jean-Paul II ne pouvait manquer de reconnaître le même danger dans trois encycliques distinctes:

"On tend à affirmer aujourd'hui que l'agnosticisme et le relativisme sceptique représentent la philosophie et l'attitude fondamentale accordées aux formes démocratiques de la vie politique, et que ceux qui sont convaincus de connaître la vérité et qui lui donnent une ferme adhésion ne sont pas dignes de confiance du point de vue démocratique, parce qu'ils n'acceptent pas que la vérité soit déterminée par la majorité, ou bien qu'elle diffère selon les divers équilibres politiques. A ce propos, il faut observer que, s'il n'existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l'action politique, les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l'histoire [8].

Dans de nombreux pays, après la chute des idéologies qui liaient la politique à une conception totalitaire du monde — la première d'entre elles étant le marxisme —, un risque non moins grave apparaît aujourd'hui à cause de la négation des droits fondamentaux de la personne humaine et à cause de l'absorption dans le cadre politique de l'aspiration religieuse qui réside dans le cœur de tout être humain : c'est le risque de l'alliance entre la démocratie et le relativisme éthique qui retire à la convivialité civile toute référence morale sûre et la prive, plus radicalement, de l'acceptation de la vérité [9].

Si l'accomplissement du moi est compris en termes d'autonomie absolue, on arrive inévitablement à la négation de l'autre, ressenti comme un ennemi dont il faut se défendre. La société devient ainsi un ensemble d'individus placés les uns à côté des autres, mais sans liens réciproques: chacun veut s'affirmer indépendamment de l'autre, ou plutôt veut faire prévaloir ses propres intérêts. ... C'est le résultat néfaste d'un relativisme qui règne sans rencontrer d'opposition: le 'droit' cesse d'en être un parce qu'il n'est plus fermement fondé sur la dignité inviolable de la personne mais qu'on le fait dépendre de la volonté du plus fort. Ainsi la démocratie, en dépit de ses principes, s'achemine vers un totalitarisme caractérisé. ... Même dans les régimes de participation, en effet, la régulation des intérêts se produit fréquemment au bénéfice des plus forts, car ils sont les plus capables d'agir non seulement sur les leviers du pouvoir mais encore sur la formation du consensus. Dans une telle situation, la démocratie devient aisément un mot creux [10].

Nous nous sommes peut-être trompés en pensant que nous avons la stabilité, la paix et la justice - "Où est l'anarchie? Où est la tyrannie?"- mais, comme l'écrivait un jour Hans Urs von Balthasar, tout l'ordre social occidental contemporain est fondé sur le sang de millions d'enfants à naître massacrés, dont le meurtre est permis et protégé par l'État. Et ce n'est qu'un des nombreux péchés omniprésents de notre ère démocratique qui crie vengeance à Dieu. Cela ne ressemble guère à un système dont les catholiques devraient être fiers. Au contraire, ils devraient le regretter, s'en repentir et implorer le Seigneur pour la délivrance.

À l'heure actuelle, les perspectives pour la monarchie catholique semblent pour le moins sombres. Mais nous devrions avoir le courage d'admettre que ce que nous faisons ne fonctionne pas, que collectivement nous nous creusons la fosse la plus profonde et la plus sombre que l'histoire humaine ait jamais vue. Comparé à cela, je préférerais mettre mes chances sur la monarchie et l'aristocratie. Dans tous ses épisodes à damiers, en matière de sainteté et de défense de la foi, elle a toujours fait ses preuves. Rien d'autre ne le fait.

 

Le Christ-Roi tel que représenté dans le tryptique de l'église Saint-Jacques-le-Grand à Saint Louis, Missouri. (Cliquez pour agrandir)

 

Cela me ramène à la suppression par le Pape Paul VI d'une fête du Christ-Roi et de sa création d'une autre. Qu'est-ce qui se passe vraiment ici? Il me semble que la fête originale du Christ-Roi représente la vision catholique de la société comme une hiérarchie dans laquelle le subordonné est subordonné au supérieur, la sphère privée et la sphère publique unies dans la reconnaissance des droits de Dieu et de son Église. Cette vision a été mise de côté en 1969 pour faire place à une vision dans laquelle le Christ est un roi de mon cœur et un roi du cosmos - du niveau le plus micro et le plus macro - mais pas le roi de quelque chose entre la culture, la société, l'industrie et le commerce, l'éducation, et le gouvernement civil.

En d'autres termes, pour des sphères aussi médiocres, "nous n'avons d'autre roi que César". Le cri impie des anciens Juifs est devenu notre credo fondateur. Nous avons acheté le mythe des Lumières de la séparation de l'Église et de l'État, qui, comme le dit Léon XIII, "équivaut à séparer la législation humaine de la législation chrétienne et divine". [11] Le résultat ne peut être que catastrophique, nous libérer des aides mêmes que Dieu a fournies à notre faiblesse humaine. Si nous voyons un monde s'écraser autour de nous dans une déviance inimaginable et que nous cherchons la cause, n'ayons pas peur de la ramener à la rébellion des révolutions modernes - de la Révolte protestante à la Révolution française et à la Révolution bolchevique - révolution contre l'ordre social de la chrétienté, qui s'épanouit dans la royauté sacrale des monarques chrétiens.

Je ne dis certainement pas que nous pouvons claquer des doigts et nous retrouver dans une nouvelle chrétienté. La version originale a mis des siècles à se construire. Il faudrait plusieurs siècles pour construire une nouvelle version de la chrétienté. Mais la seule façon dont nous allons y arriver est de voir l'idéal pour ce qu'il est, de le désirer et de prier pour que le règne du Christ-Roi descende parmi nous avec tout le réalisme de l'Incarnation, pour qu'il sanctifie de nouveau le monde qu'Il est venu sauver. Dans ce temps avant la fin des temps, quand toute la politique et tous les rites visibles céderont la place à la gloire éclatante de Son avènement, nous ne devons pas lever les mains, cédant tout au poids du "Progrès", qui est un autre mot pour décadence et dépravation. Il appartient aux soldats du Christ de reconnaître leur Roi et de se battre pour sa reconnaissance. Quoi qu'il arrive, voici comment chacun de nous gagnera une couronne impérissable dans le royaume éternel des cieux.

Notes

 

[1] Michael P. Foley, "Réflexion sur le destin de la fête du Christ-Roi", The Latin Mass, vol. 26, non. 3 (automne 2017): 38-42; ici, 41, emphase ajoutée.

[2] Pour divers exemples des types de changements apportés - certains flagrants et d'autres subtils - voir l'article de Foley mentionné dans la note 1; Dylan Schrader, "La révision de la fête du Christ-Roi", Antiphon 18 (2014): 227-53; Peter Kwasniewski, "La fête du Christ Roi devrait-elle être célébrée en octobre ou en novembre?".

[3] Foley, "Réflexion sur le destin", 41-42.

[4] Pie X, Encyclique Vehementer Nos aux évêques, au clergé et au peuple français (11 février 1906), n. 3.

[5] Ces listes sont tirées de l'article Saints et Martyrs de Wikipédia, ce qui suffit pour notre propos ici. Incidemment, il ressort du Magistère de l'Église que même les dirigeants non catholiques ont leur autorité de Dieu et l'ont reçue précisément pour promouvoir la morale naturelle et la religion chrétienne: voir, entre autres, l'encyclique Diuturnum Illud de Léon XIII .

[6] Le culte de Charlemagne était autorisé à Aix-la-Chapelle.

[7] Un exemple serait Robert Schuman , l'un des pères fondateurs de l'Union européenne - la forme rabaissée contemporaine dont il mépriserait.

[8] Jean-Paul II, Encyclique Centesimus Annus (1er mai 1991), n. 46

[9] Jean-Paul II, Encyclique Veritatis Splendor (6 août 1993), n. 101

[10] Jean-Paul II, Encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995), n. 20; n. 70

[11] Léon XIII, Encyclique Au Milieu des Sollicitudes à l'Église en France (16 février 1892), n. 28.

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 14:42

Le président russe Vladimir Poutine et le patriarche Kirill ont inauguré le 30 octobre, à Moscou, un impressionnant “Mur de douleur” en hommage aux victimes des répressions politiques. Ils ont omis l’essentiel, souligne le journaliste russe Konstantin Eggert : nommer ceux qui les ont ordonnées.

 

Récemment, j’ai pris le train avec ma femme et mes enfants pour rendre visite à des amis en banlieue de Moscou. Un homme avec un accordéon est entré dans le wagon et a commencé à chanter la chanson d’un vieux dessin animé soviétique. Entre les couplets, l’accordéoniste insérait des exclamations comme “Souvenons-nous de notre passé glorieux !” Cela donnait une sorte de rap soviétique. Avant de traverser le wagon pour demander l’aumône, le musicien souhaita à tous une “bonne fête de la révolution d’Octobre”. La suite montra qu’il avait eu du flair.

 

Lorsque ma femme, ne tenant plus, lui rétorqua que ce n’était pas une fête mais une tragédie, tout le wagon s’en prit à elle : “C’est la noblesse (sic !) qui a provoqué la guerre [civile]”, “Il y en a pour qui c’est peut-être une tragédie, mais pour nous c’est une vraie fête.” Personne n’a pris notre parti. C’est vrai que les trains de banlieue sont surtout fréquentés par des personnes modestes d’âge moyen à mûr pour qui la nostalgie de l’Union soviétique va de soi. Mais combien voit-on également d’Audi A8 et de Land Cruiser avec des autocollants affichant “URSS” ou une faucille et un marteau ?

 

Ce que Poutine et le patriarche Kirill n’ont pas dit

 

Le 30 octobre 2017, le Kremlin a voulu non sans succès faire une croix sur toutes les tentatives de comprendre ce qui s’est vraiment passé en Russie au XXe siècle. En inaugurant l’impressionnant monument conçu par le sculpteur Gueorgui Frangoulian, le président Vladimir Poutine et le patriarche Kirill (présent à la cérémonie) n’ont pas évoqué, ne serait-ce qu’une fois, ni Lénine, ni Staline, ni le Parti communiste.

 

Dans le discours du primat de l’Église orthodoxe russe, on a même entendu la phrase suivante : “Comment l’idée grandiose de construire un monde libre et juste a-t-elle pu mener au bain de sang et à l’arbitraire ?” Va-t-on vraiment devoir écouter les représentants d’une Église martyre, qui, comme d’autres confessions, a perdu des millions de clercs et de fidèles [dans les répressions], débiter des banalités de l’époque du dégel de Khrouchtchev et du XXe congrès du PCUS – l’idée était bonne mais sa mise en œuvre a été ratée ?

 

Les bourreaux ont des noms

 

Il y a quelques années, le président de Memorial [la principale organisation de défense des droits de l’homme russe travaillant sur la mémoire des purges staliniennes], Arseni Roginski, a très justement dit lors d’une conférence : des centaines de monuments à la mémoire des “victimes des répressions” ont été érigés à travers le pays, mais tant que les bourreaux n’auront pas été nommés, que le régime assassin de millions de personnes n’aura pas été condamné, qu’aucune leçon politique n’aura été tirée de soixante-quatorze ans de pouvoir soviétique, toutes ces statues, ces stèles et ces plaques commémoratives n’auront aucun effet sur les esprits et les consciences des Russes, ni sur l’avenir du pays.

 

Source et suite : Courrier International

Moscou commémore les victimes des purges staliniennes, sans nommer les bourreaux

Note du blog Christ-Roi. Il est facile dénoncer les crimes de Staline pour dédouaner ceux de son prédécesseur Lénine... Ce qui permet de sauver le mythe du marxisme-lénisme... Pourtant, la guerre civile et la violence sont des moyens inscrits dans le projet communiste dès le départ chez Marx et Lénine :

 

"La notion de guerre civile est au coeur du projet communiste, tel qu'il apparaît dès 1848 dans le Manifeste du Parti communiste où, Marx, évoquant la lutte des classes, parle de 'la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu'au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie.' La conclusion du Manifeste est fort claire : 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.'

 

[...] En 1871, après l'écrasement de la Commune de Paris, Marx publie La Guerre civile en France, où il rappelle qu'à ses yeux 'la guerre des asservis contre leurs oppresseurs [est] la seule guerre juste dans l'histoire', et où il dénonce 'la conspiration de la classe dominante pour abattre la révolution par une guerre civile poursuivie sous le patronage étranger', oubliant au passage que la Commune s'opposait à une Assemblée nationale régulièrement élue en février 1871. [...] Marx tire une conclusion décisive : 'La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile.' Dès 1914-1915, Lénine s'empare de cette conclusion de Marx pour inaugurer un slogan appelé à un grand retentissement : 'Transformer la guerre impérialiste en guerre civile.'

 

Dès août-septembre 1916, il écrit : 'A la guerre bourgeoise impérialiste, à la guerre du capitalisme hautement développé, ne peuvent objectivement être opposées, du point de vue du progrès, du point de vue de la classe d'avant-garde, que la guerre contre la bourgeoisie, c'est-à-dire avant tout la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie pour la conquête du pouvoir, guerre sans laquelle tout progrès sérieux est impossible.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 339.)

 

[...] Désormais pour Lénine, la révolution est définitivement inséparable de la 'guerre civile pour le socialisme'. Or, celle-ci est 'aussi une guerre, par conséquent, elle doit aussi ériger inévitablement la violence au lieu et place du droit. [...] Le but de la guerre civile est de s'emparer des banques, des fabriques, des usines, etc., d'anéantir toute possibilité de résistance de la bourgeoisie, d'exterminer ses troupes.' (Lénine, Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langue étrangères, 1959, t. 23. p. 25.) Il le rappelle en octobre 1917 : 'Cette guerre pourra être violente, sanguinaire, elle pourra coûter la vie de dizaines de milliers de propriétaires fonciers, de capitalistes et d'officiers qui épousent leur cause. Le prolétariat ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver la révolution'." (Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76-78)

 

"Jusqu'en 1914, la conception de la violence chez Lénine se nourrit à quatre sources :

Karl Marx dans le Manifeste du Parti communiste - 'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.' ;

Auguste Blanqui et ses tentatives d'insurrection menées par un groupe révolutionnaire;

la Commune de Paris et les leçons tirées par Marx sur l''Art de l'insurrection';

et enfin la révolution russe de 1905-1906, avec ses combats de rue en ville et ses émeutes paysannes - bunt - qui balaient tout sur leur passage." (Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, ibid., p. 118.)

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 17:57

Dans sa dernière video, Virginie Vota rapporte cette question du FigaroVox 'Est-il encore possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus ?'. "Dans Le pari bénédictin, le journaliste américain Rod Dreher constate que les Chrétiens ont perdu la bataille culturelle. Il les invite à reformer des communautés vivantes, loin de la "société liquide". Virginie Vota y donne cette réponse fulgurante : "La réponse est oui, bien entendu, (il est possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus) parce que Dieu existe". Et elle porte le débat sur l'essence des choses.

Extraits:

 

"Vous verrez que dans l'entretien, il (Rod Dreher) cherche à remonter aux causes profondes et aux causes premières de la déchristianisation du monde aujourd'hui et notamment en Occident. Et c'est pour cela qu'il aborde la question du nominalisme -c'est assez rare pour être souligné- qui est apparu à la fin du XIIIe siècle avec la querelle des universaux, entre notamment S. Thomas d'Aquin, puis Guillaume d'Occam et qui a servi de socle ou d'impulsion au développement de l'idéologie humaniste, c'est-à-dire le début de l'anthropocentrisme où l'homme est devenu le centre du monde et sa propre fin, (...) et qui a permis l'éclosion de la 'philosophie' des Lumières, dont le constitutionnalisme en est une conséquence avec par exemple la première constitution en Virginie en 1776 et les déclarations des droits de l'homme pour le préserver des pouvoirs arbitraires parce que la puissance divine n'est absolument plus reconnue. C'est l'homme qui est son propre maître et donc forcément il doit se protéger de l'homme parce que 'l'homme est un loup pour l'homme' (Hobbes). Et donc on érige des 'droits' sacrés et inviolables parce qu'il n'y a plus de commandement divin... C'est l'homme qui doit respecter l'homme, c'est une société nouvelle qui se crée avec un homme nouveau, c'est la naissance d'un nouvel Adam, avec ses droits, ses prérogatives (mais coupé des commandements divins... NdCR.)

 

(...) Il est intéressant de se demander 'où est-ce qu'on en est aujourd'hui par rapport à cette 'philosophie des Lumières' ? On observe une radicalisation et les horreurs que l'on peut observer aujourd'hui ne sont que l'aboutissement de cette philosophie des Lumières, de cette (fausse) liberté, c'est-à-dire que l'homme a absolument détruit tout ce qui l'entravait et tout ce qui constituait un déterminisme naturel pour se déterminer lui-même selon sa volonté toute-puissante. Par exemple : la sexualisation des enfants dès l'âge de trois ans à l'école. (Cf. Lire : Ariane Bilheran, "L'imposture des droits sexuels" ici et , une psychologue clinicienne, normalienne, Docteur en psychopathologie et psychothérapeute qui travaille sur les processus manipulateurs et totalitaires au sein du langage.) Tout cela est l'aboutissement de la 'philosophie des Lumières' qui détruit absolument tout principe lié à la nature de l'homme. Et qu'est-ce que la nature de l'homme avant tout ? C'est un corps et c'est une âme, parce que l'homme est la créature de Dieu, il n'est pas sa propre créature, il n'est pas le Créateur. Il est le Fils ou une Fille de Dieu lorsqu'il veut bien se reconnaître comme tel, parce qu'il peut choisir avec son libre arbitre. Mais même s'il ne le veut pas, il reste un homme, c'est-à-dire la créature de Dieu.

 

(...) La république a pour principe l'anthropocentrisme, c'est-à-dire que Dieu n'existe plus effectivement et c'est l'homme qui est son propre dieu, qui décide tout ce qu'il veut et sa Volonté est toute puissante.

 

(...) Je vous parlais de la question du langage, et bien la première chose à faire est de faire disparaître l'écran qu'il y a entre Dieu et et nous, et de le mettre entre nous et la société, pour que nous nous reconnaissions à Dieu. Le gros problème n'est pas de vivre dans une société qui matériellement est déchristianisée, c'est le fait d'être coupé de Dieu dans notre esprit même, parce que dans le langage, tout nous coupe de Dieu, tout nous fait oublier que ce qui nous entoure, ce que nous voyons, sont des créations de Dieu et que nous mêmes sommes une créature de Dieu.

 

Et le plus difficile en tant que chrétien ce n'est pas de vivre dans un monde où matériellement rien ne nous rappelle Dieu. On vit dans une société où l'on parle de la laïcité à la française, tout cela simplement parce que cette laïcité ne consiste pas à instaurer une neutralité des religions dans l'espace public, comme on nous le dit, la laïcité c'est un mot de novlangue, c'est tout simplement un anticléricalisme qui s'est manifesté très violemment sous la IIIe république avec les grandes lois anticléricales et la 'séparation de l'Eglise et de l'état' (1905) et la réforme de l'instruction publique pour justement abolir dans nos esprits l'idée de l'existence de Dieu et du lien qui nous unit à lui. Cela crée si vous voulez comme un écran, une séparation entre Dieu et nous. (...) Et ce qu'il y a de pervers -du moins en France - c'est que tout est fait pour nous faire oublier Dieu. (...) Et dans les mots, on nous ôte même la possibilité de ce lien, la possibilité de le trouver et même de pouvoir concevoir son existence en soi.

 

(...) Aujourd'hui, avec le nominalisme, l'homme se prétend créateur et il créé des concepts et donc il crée des noms, parce que en soi il n'est créateur de rien matériellement. Il crée des noms et il va déclarer que puisque ce nom existe, la chose en soi existe; c'est l'existence qui précède l'essence.

(...) On sépare complètement l'essence d'un être, d'une chose, de son existence en soi. D'un ressenti, d'une perception on prétend que c'est une réalité, on cherche à créer une réalité à partir d'un ressenti alors que normalement c'est la réalité qui nous met au diapason avec nos ressentis. Un exemple intéressant dans la Bible, illustrant le réalisme même si c'est symbolique : lorsque Dieu a créé les animaux, il les présente un à un à Adam et il lui demande de nommer les animaux et Adam trouve un nom aux animaux. Mais pourquoi il n'a aucune hésitation ? Pourquoi le fait-il si naturellement ? D'une part parce qu'il parle naturellement le langage de son Créateur, le langage de Dieu. Donc les mots sont déjà naturellement en accord avec la Création de Dieu. Mais aussi d'autre part parce que l'essence existe et il y avait un nom pour chaque essence, naturellement, alors que aujourd'hui ce serait parfaitement le contraire [C'est la subversion du langage par les révolutionnaires.NdCR.*]. Cet exemple est une très belle illustration du réalisme en soi.

 

La question que nous pose l'article finalement ce n'est pas est-il encore possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus, c'est comment rester chrétien dans notre esprit, spirituellement, dans un monde qui matériellement ne l'est plus, mais qui cherche aussi à nous déchristianiser intérieurement. Et c'est cela notre défi, ce que nous devons faire, c'est nous reconnecter avec Dieu, et pas simplement par nos gestes ou nos activités, c'est surtout nous battre dans nos esprits, dans notre âme, pour être toujours en contact avec lui et percevoir le monde comme Sa Création, et non plus nous percevoir comme notre propre dieu, comme l'idéologie dominante le veut, c'est-à-dire la 'jouissance du citoyen' comme le dit Jean de Viguerie. Et c'est cela le plus difficile car il va falloir épurer nos esprits et apprendre à retrouver le sens des mots, pour retrouver notre essence humaine, c'est-à-dire des créatures de Dieu, un corps et une âme. (...) Pour cela il va falloir désintoxiquer notre esprit de la pensée de gauche, de la 'philosophie des Lumières'. Il va falloir s'interroger sur le sens de chaque mot que l'on emploie.

 

(...) Le risque (dans le monde), c'est de penser 'Dieu m'a abandonné, Dieu n'existe pas', alors qu'on ne se remet soi-même pas en question, et on ne se dit pas 'mais c'est moi qui suis incapable parce que ma vision est tellement embrouillée, mon esprit est tellement embrouillé par le langage (novlangue) qui est le siège des pensées, tout ce qu'on m'a instillé à mon insu, c'est moi qui suis incapable de sentir Dieu, c'est moi qui suis incapable d'aller vers lui, de le trouver'.. Et c'est la question qu'il va falloir vous poser : c'est comment me reconnecter avec Dieu d'abord dans mon esprit, dans mon âme ? Qu'est-ce que que je dois réformer dans ma vie pour penser constamment à lui et pour vouloir sa volonté ? Et agir en fonction de sa volonté ? Pour faire que sa volonté soit mienne et que je l'accepte profondément, intérieurement et pas seulement en surface dans des gestes ? Des gestes qui, certes sont très importants parce que c'est par les gestes et les habitudes que l'on apprend et que en soi l'on ingère quelque chose, il ne faut pas le mettre de côté. Mais si vous voulez avoir une foi solide et profonde, c'est d'abord dans votre façon de penser que vous allez devoir réformer votre vie et à affronter (si c'est le cas) vos doutes, mais aussi apprendre à vous préserver de ce qui alimente ces doutes, apprendre à percevoir la réalité différemment de ce que la société vous inculque (la société complètement déchristianisée).

 

(...) C'est pour cela que j'insiste sur la nécessité de recevoir les sacrements, même si vous n'êtes pas encore parfaitement sûr, parce que vous aurez une aide incommensurable. On n'est pas tout-puissant, on est face même à des forces qui nous dépassent, et qui nous dépassent tellement qu'on a besoin de l'aide de Dieu, on a besoin d'aller vers Lui et de lui demander de nous aider à aller vers Lui.

 

Il faut agir corps, âme et esprit et la question du langage est centrale."

 

* Cf. Blanc de Saint-Bonnet : "Ce qu'il y a de plus funeste pour les peuples, après la Révolution, écrit Blanc de Saint-Bonnet, c'est la langue qu'elle a créée. Ce qu'il y a de plus redoutable après les révolutionnaires, ce sont les hommes qui emploient cette langue dont les mots sont autant de semences pour la Révolution... Ne jetons plus aux foules des termes dont on ne leur explique point le sens théologique et vrai. Ils ne cessent d'engendrer les idées qui tiennent les masses en ébullition et les arrachent au devoir de la vie" (Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité, 1873, p. 281-284, ouvrage honoré d'un Bref personnel de Pie IX.)

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 20:24

Renaissance, Réforme et Révolution, trois mots qui raisonnent à nos oreilles comme étant ceux de l’époque moderne. Nous allons analyser ce que renferment ces trois termes comme mettre en évidence ce qu’ils incarnent et le poison qu’ils contiennent… "Ces fameux 3 R sont la marque de la Révolte, du Refus, du Rejet, du Ressentiment, … de l’Homme face à Dieu, de la créature face à son Créateur. Ces trois évènements théologico-politico-historiques forment comme des repères, et sont autant de ruptures, de cassures, et de fractures dans la longue durée de l’Histoire humaine", écrivait Christophe Lacroix dans Ripostes au politiquement correct, Tome 3 – p 36

 

Le XVe et le XVIe siècle sont des périodes de transition entre l’époque Médiévale et les Temps Modernes, plus communément appelées Renaissance. Le terme de "Renaissance" en tant qu'époque a été utilisé pour la première fois en 1840 par l’historien Jean-Jacques Ampère dans son Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle (1839). "Le terme même de 'Renaissance' ne peut se comprendre que dans un sens 'révolutionnaire', où l’héritage du christianisme doit être remplacé par une 'renaissance' de l’Homme, affranchi et délesté de tout l’apport de 15 siècles de culture et civilisation chrétienne", écrivait Christophe Lacroix dans « Riposte au politiquement correct » Tome 3 – p 37, et un retour au paganisme et au césarisme antique qui donnera naissance à l'état totalitaire moderne basé sur l'association du volontarisme et du constructivisme, auto-normé, auto-justifié (NdCR.).

 

La "Renaissance", c'est durant cette période qu'apparaît le mouvement "humaniste", mais cet "humanisme" a contrario de l'humanisme chrétien place l'homme au centre de la pensée (nous dirions au centre de la société, alors qu'auparavant c'était Dieu que la pensée classique plaçait au centre de la société. En cela, la Renaissance est d'essence satanique de celle du Tentateur dans Genèse 3, qui prétend à Eve que l'homme peut bien se passer des commandements de Dieu, et qu'ainsi il deviendra dieu lui-même... NdCR.), ce que l'on appelle l'anthropocentrisme.

 

Lire aussi : Les origines occultistes de la franc-maçonnerie

 

Des représentations anthropomorphiques de Dieu apparaissent au début de la Renaissance. Il n'y a qu'à regarder comment Michel-Ange représenta Dieu dans la Chapelle Sixtine, en sa très célèbre Création d'Adam (1508-1512), sous les traits d'un vieil homme aux allures d'un Zeus antique, les éclairs en moins. Ce qui pendant des siècles auraient été considérés comme blasphématoire - Dieu (le Père) étant au-dessus du monde matériel, on ne peut donc le représenter sous les traits d'un homme fait de chair et de sang, en dehors de son Incarnation Jésus-Christ. Mais Michel-Ange faisait déjà partie à cette époque d'une génération admirant et préférant se tourner vers l'art et l'enseignement antique..

 

Le prêtre et théologien Jean-Joseph Gaume (1802-1879), et essayiste français, dans La Révolution, Recherches historiques sur l'Origine et la propagation du mal en Europe depuis la Renaissance jusqu'à nos jours (1856), sut parfaitement définir ce qu'était cette Révolution : "...Si arrachant son masque vous lui demandez  :qui es-tu ? Elle vous dira: Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent... Je ne suis ni le corbonarisme... ni l'émeute... ni le changement de la monarchie en république... ni la substitution d'une monarchie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l'incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes oeuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l'homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble... Je suis la proclamation des droits de l'homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l"homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l'homme à sa place (l'homme devenant à lui-même sa fin). Voilà pourquoi je m'appelle Révolution, c'est-à-dire renversement."

 

Face à cette trinité de notre déclin qui est avant tout la trinité du monde moderne matérialiste soumis au règne de l’argent, nous opposons la Sainte Trinité de la foi catholique. Ce déclin ne fut possible qu’avec l’affaiblissement de la foi de nos ancêtres au fil des siècles succédant à la Guerre de Cent-ans. Face aux évènements futurs que nous subirons, suite à l’avènement de ce Nouvel Ordre Mondial totalitaire enfanté par les 3R, il nous faudra toute la force des valeurs de la Croix du Christ ainsi que le pouvoir des Lys pour que le soleil de l’humanisme chrétien puisse briller à nouveau sur notre Patrie, ou libertés, indépendance et grandeur rimeront avec France.

 

Nous savons que le naturel triomphera des nuées matérialistes, notre force reste dans l’entente de nos liens communautaires et nous vaincrons…

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:27

Voici deux videos, une d'un historien et une autre d'une psychologue qui se rejoignent pour illustrer la seule alternative qui soit : l'alternative philosophique et spirituelle, toutes les autres solutions étant des fausses solutions, des produits de la pensée moderne.

Ainsi, Guillaume Bernard, professeur d'histoire du droit à l'ICES, invité de l'université d'été catholique Academia Christiana explique que "l'opposition entre 'libéraux' et 'socialistes' est en fait une opposition interne à la pensée moderne. L'opposition (réelle) est entre Classiques et Modernes."

Et dans cette opposition, le projet des Modernes, un anti-modèle, un anti-projet qui détruit l'ordre naturel et cosmologique.

Extrait :

 

"La matrice de l'alternative philosophique.

 

Je ne crois pas trop simplifier les choses en disant que dans le fond on a une vraie alternative entre les Classiques et les Modernes et que l'opposition entre 'libéraux' et 'socialistes' - je n'aurai pas le temps de le développer ce soir, j'en parle un peu dans le livre - est en fait une opposition interne à la pensée moderne. L'opposition est entre Classiques et Modernes.

 

Dans le fond, la clé des choix politiques se fait entre ceux qui pensent qu'il existe un ordre cosmologique des choses et ceux qui, à l'inverse, considèrent qu'il n'existe pas et que donc tout ordre social ne doit être et ne peut être qu'une construction de l'homme. Soit qu'il y ait un contrat social explicite (Hobbes, Rousseau, Locke), soit que - nous disent un certain nombre de penseurs libéraux -, il n'y a pas de contrat social explicite mais qu'il est implicite par la rencontre de volontés par l'entremise d'une 'main invisible' (Adam Smith, Hayek). In fine, chez Adam Smith et Hayek, même s'il n'y a pas l'idée explicite d'un contrat social que les hommes font par un abandon de leurs droits naturels, il n'empêche qu'il y a quand même cette idée chez eux que l'ordre social n'est pas une donnée, n'est pas donné à l'homme, mais que l'ordre social est quelque chose que les hommes construisent, que la volonté ne consiste pas simplement à se couler dans des institutions dont les règles de fonctionnement sont données par un ordre cosmologique des choses, mais que ces règles de fonctionnement sont le résultat de la rencontre de volontés.

 

Car il faut bien une volonté des hommes, poursuit Guillaume Bernard. Les classiques ne disent pas qu'il n'y a pas de volonté nécessaire manifestée par l'homme pour réaliser la vie en société. Tout le problème est de savoir à quoi sert cette volonté ? Est-ce que cette volonté produit l'ordre social et les règles de l'ordre social ou est-ce que cette volonté consiste à se couler, à s'inscrire (à se conformer, dirions-nous. NdCR) à un Ordre qui leur préexiste.

 

Je vous donne un exemple : pour qu'il y ait un mariage, il faut qu'il y ait le consentement des époux, il faut bien qu'il y ait la manifestation de volontés. Mais est-ce que cette volonté consiste à créer le corps social qu'est la famille, ou est-ce que cette volonté consiste à s'inscrire dans une institution sociale qui existe dans l'ordre des choses et qui est donné à l'homme et auquel les hommes se soumettent.

 

Cet enjeu de débat sur la famille lors des manifestations de 2013, 2014 est exactement le même que celui sur la nation. Est-ce que votre volonté consiste à vous inscrire dans un corps social qui vous préexiste ou est-ce que votre volonté consiste à créer le corps social.

 

Autrement dit, est-ce que l'identité du corps social est une identité qui est plus que la somme des parties et qui existe en tant que tel et que les membres de cette société ne font que recueillir un héritage et le transmettre ? Ou est-ce que ce corps social est le résultat de la somme des identités de ceux qui la composent à un moment donné ?"

 

[...] Du point de vue politique, explique Guillaume Bernard, la question est de savoir si cet ordre existe ou pas. La conséquence est que le rôle du pouvoir politique n'est évidemment pas du tout le même dans l'un et l'autre.

 

S'il existe un ordre cosmologique des choses, cela veut dire que le rôle du pouvoir politique est de restaurer l'harmonie de cet ordre des choses.

 

(Lire : "Un combat aux proportions cosmiques, un combat pour notre planète, physique et spirituel" (Alexandre Soljénitsyne) )

 

... c'est de rendre justice, c'est de restaurer l'équilibre qui a été rompu. Alors que si il n'existe pas d'ordre naturel et que l'ordre social est exclusivement le résultat de la volonté de ceux qui vont constituer cet ordre social la fonction du pouvoir politique va donc être une fonction législatrice..., produire la norme dans ce corps social.

 

Si vous êtes dans la pensée d'Aristote, la pensée thomiste, c'est-à-dire la pensée classique, il existe des règles de vie en société inscrites dans l'ordre des choses de la même manière qu'il existe des lois physiques, des lois chimiques ou biologiques. Le but de l'homme est de rechercher la compréhension de cet ordre cosmologique. L'homme a la capacité de comprendre le fonctionnement naturel de ces choses et donc de découvrir dans ce fonctionnement les lois qui régissent cet ordre social ou cosmologique, que ces lois soient physiques ou qu'elles soient sociales.

 

Alors que dans la pensée moderne, l'objectif du pouvoir politique va être de produire. La fonction souveraine dans la pensée classique est une fonction judiciaire, la fonction souveraine dans la pensée moderne est une fonction législatrice.

 

Je suis en train de vous dire cela parce que peut-être il ne faut pas se tromper de combat ! L'objectif n'est pas simplement  de vouloir substituer notre légalité à leur légalité. L'objectif n'est pas simplement de se substituer à eux mais de restaurer l'ordre naturel des choses qui existe indépendemment des hommes.

 

Et donc vous comprenez bien que par exemple le thème de la souveraineté, toute la question est de savoir si la souveraineté est un moyen ou une fin ? Vous pensez bien que chez les Modernes la souveraineté est une fin en soi, alors que chez les Classiques, la souveraineté n'est qu'un moyen.

 

De la même manière, le régime politique chez les Modernes est la transposition au niveau des institutions de la logique contractuelle du corps social, de la même manière que la société est le résultat de ceux qui la composent il est logique, il est logique en théorie de donner le pouvoir souverain à ceux qui composent la société. Alors que chez les Classiques, le pouvoir souverain, le régime politique n'est qu'un moyen, un instrument pour réaliser le Bien commun. Il faut donc prendre en considération ce choix philosophiques fondamental.

 

[...] Vous, dans vos activités, conseille donc Guillaume Bernard, dans vos formations, dans la manière de rédiger vos articles, vous pouvez peut-être éviter de commettre un certain nombre d'impairs ou de maladresses idéologiques qui font que sans même vous en rendre compte vous êtes rendus à l'adversaire.

 

L'auteur prend l'exemple de l'avortement : "Si l'avortement est quelque chose d'inacceptable, ce n'est pas avant tout parce que l'enfant à naître à un droit à la vie (parce que les Modernes peuvent nier sa nature humaine pour dire qu'à partir de là qu'il n'a pas de droit attribué à son humanité), mais tout simplement parce qu'il est injuste de rétribuer son existence parce qu'il est innocent. Si le droit est une fonction attribuée à la personne en fonction du rôle qu'elle remplit, la justice consiste selon la formule du droit romain à rendre à chacun son dû, il est injuste de rétribuer l'existence de l'enfant à naître par une mise à mort. Ce qui fait que l'avortement est illégitime c'est le fait que l'enfant à naître est innocent. Qu'a-t-il commis comme acte qui justifie que la rétribution de cet acte soit qu'il soit mis à mort?.. Du point de vue catholique on peut considérer que l'homme créé à l'image divine a une dignité intrinsèque, mais du point de vue juridique, ce qui rend l'avortement illégitime, c'est l'innocence de l'enfant à naître, ce n'est pas son humanité. Si nous continuons à argumenter avec la pensée de l'adversaire on ne risque pas de la renverser et de la remplacer.

 

L'auteur conclut ainsi : "[...] Quand on est à droite, on peut être moderne, mais quand on est de droite on est classique. C'est pour cela que je pense qu'il est absolument indispensable d'avoir en tête cette alternative philosophique.

[...] La pensée moderne n'a pu qu'obscurcir l'appréhension, la connaissance, la présence de l'Ordre naturel; Mais l'Ordre naturel, ils ne peuvent pas le faire disparaître. Ils peuvent le nier et s'en passer dans leurs propres vies, ils peuvent essayer de nous imposer de réfléchir sans lui, mais ils ne peuvent pas le détruire. Dans le fond, reconquérir les idées, ce n'est pas nos petites idées que nous défendons, c'est un ordre cosmologique qui nous dépasse et qui fait que nous pouvons le servir, l'illustrer, le défendre, et le faire réapparaître à la conscience de nos contemporains par un combat intellectuel, par un combat politique, par un combat culturel ou par un combat social."

 

Note du blog Christ-Roi. Rappelons ici que selon l'historien Patrice Gueniffey et directeur d'études à l'EHESS, le constructivisme et le volontarisme sont les deux éléments de la Terreur révolutionnaire...: "l'association du 'volontarisme' et du 'constructivisme' constitue ainsi la première racine de la Terreur révolutionnaire.

L'histoire de la Terreur ... ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté". (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.)

 

Le projet des Modernes est de détruire l'ordre naturel et cosmologique. C'est le projet de Satan dans Génèse 3 : Satan prétend que l'homme peut et doit pouvoir modifier à sa guise les commandements divins et que de la sorte "vous serez comme des dieux" (Gn 3:5)... Cela donne le "mariage" homosexuel, la PMA pour les paires homo, la Gpa, la théorie du genre qui prétend que l'homme est auto-puissant, auto-créateur, détermine son sexe, que l'homme peut nier ses racines et peut déterminer ses déterminants naturels, etc., et les innombrables dérèglements que nous constatons tous aujourd'hui dans l'univers qui n'en sont que les conséquences.

 

C'est notre projet qui est écologique. Le leur est anti-écologique : il détruit la nature et prétend trouver dans cette destruction le principe de la "libération" !

 

La psychologue clinicienne, Docteur en psychopathologie et psychothérapeute Arianne Bilheran, intéressée par "les processus manipulateurs et totalitaires" au sein du langage (manipulation du langage, "novlangue"), auteur de nombreux ouvrages autour de la psychologie du pouvoir et des pouvoirs déviants, comme "Harcèlement moral", "L'autorité", "Harcèlement en entreprise. Comprendre prévenir, agir", "Harcèlement, Famille, Institution, Entreprise", "L'Imposture des droits sexuels", explique dans une video récente (Source) qu'"il y a derrière tout cela la question d'un projet de société, autour de quoi s'organise la société, la civilisation."

 

"Est-ce qu'elle (la société), explique-t-elle s'organise autour d'interdits civilisateurs comme l'interdit du meurtre, de l'inceste, est-ce qu'elle prône des hautes valeurs morales et des valeurs spirituelles ?

(NdCR. C'est tout le problème de la démocratie moderne qui n'a pas de fondement moral ultime)

 

Ou au contraire est-ce qu'elle est promotrice d'une idéologie du plaisir sans entrave et de la jouissance sans entrave, qui est évidemment le projet pervers ? On le voit très clairement dans la "déclaration des droits sexuels". Je vous cite : 'Le plaisir est un donc un aspect intrinsèque de la sexualité, le droit de rechercher et d'exprimer et de déterminer quand en faire l'expérience ne doit être nié à personne.' On est ici dans une confusion du besoin et du droit. D'ailleurs il est question dans ces textes de satisfaire les droits sexuels. Cela veut dire satisfaire les besoins sexuels. Il y a encore un glissement de langage... :

[...] 'Honorer la femme', 'aller au septième ciel ensemble', explique Arianne Bilheran, on est là vraiment dans une autre dimension. Et,... c'est très étrange que ces textes (sur les "droits sexuels") ne parlent jamais jamais de sentiments, de vie affective, du caractère précieux de la pudeur (mais d'argent, de droits, etc., NdCR.), du caractère précieux de ce mystère, précisément, qui donne accès, pour ceux qui le connaissent et qui savent, à ce que les philosophes appellent le 'sentiment du sublime', qui est un aperçu de la dimension de l'Infini.

 

Nous avons là, explique la psychologue (dans combat contre la théorie du genre) une vraie question spirituelle qui est est-ce que l'humain est tout puissant, autocréateur et s'auto-engendre, détermine son sexe, fait fi de toutes les lois de la nature, pour devenir un être complètement coupé de la nature et s'auto-détermine à tous les étages (NdCR. Donc en fait se prend pour Dieu... Le projet de Satan dans Genèse 3), ou est-ce que l'humain revient à un étage un peu plus humble où il sait très bien qu'il est un produit de la nature et de la culture, c'est-à-dire qu'il ne peut pas être un être de culture s'il renie sa nature et il ne peut pas être un être complètement de nature non plus. Le tout nature (nous ne sommes pas des êtres de culture) n'est pas juste mais le tout culture qui nie la nature me paraît extrêmement dangereux.

 

Et d'ailleurs à chaque fois qu'on nie la nature, on est dans des processus de destruction. Notre civilisation, en terme de destruction de la nature, en est à un point que je pense qu'on peut difficilement faire pire."

 

Conclusion du blog Christ-Roi

 

Nous défendons les caractères précieux des mystères naturels, les hautes valeurs morales universelles, le Beau, le Juste, le Bien. Nous voulons rechercher et restaurer cet Ordre naturel. Dans ce combat nous sommes les authentiques défenseurs de la nature telle qu'elle nous a été donnée. D'où l'importance d'inclure dans notre discours la dimension de l'écologie.

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 13:25
"Que pensent les royalistes du “jupitérien” Macron ?" (Inrockuptibles)

Un article des Inrockuptibles titre "Que pensent les royalistes du “jupitérien” Macron ?"

 

Le passage important est celui-ci : "A coup de références symboliques et de déclarations énigmatiques, Emmanuel Macron a réussi à capter l'attention de ceux qui souhaitent le retour d'un roi en France. Une curiosité qui est née avec son entretien accordé au 1, en juillet 2015, où le ministre de l'Économie de l'époque décrivait alors “l'incomplétude” de la démocratie, causée, selon lui, par “la figure absente du roi (…) dont le peuple français n'a pas voulu la mort”. Ce passage, très partagé et salué dans les différentes mouvances monarchistes, lui a valu à l'époque le titre de “royaliste du mois” par l'Action française."

 

Que pensent les royalistes du “jupitérien” Macron ? Puisque la question nous est posée, tentons-une réponse. Ce n'est pas l'absence d'un roi qui rend la démocratie "incomplète", car de même que du temps de l'ancien droit monarchique le roi n'était roi que dès lors qu'il était sacré (Ste Jeanne d'Arc n'appela jamais le Dauphin Charles "roi" tant qu'il ne fut pas sacré à Reims, l'héritier du trône ne devenait roi que par le Sacre), de même la démocratie ne serait réellement complète que si un principe supérieur la dirigeait.. Or, ce n'est pas demain la veille que l'on verra ça ! Comme c'est parti au contraire, la démocratie continue de rester coupée de tout principe moral ultime, sans fondement qui lui soit extérieur ou supérieur... [1]

 

C'est là sans doute toute l'imposture des "Insoumis" du franc-maçon et apparatchik oligarque Jean-Luc Mélenchon : "Macron Ier" ou pas, rien ne change ! Les oligarques continuent de faire de la "politique" dans les limites qu'ils ont définies, c'est-à-dire dans l'absence de limites (autres que maçonniques...).

 

Et puisque Emmanuel Macron parle de la "figure absente du roi (…) dont le peuple français n'a pas voulu la mort", rappelons ici que la consommation de ce crime sur l'auguste personne du monarque très chrétien Louis XVI a été l'oeuvre de la conjuration révolutionnaire qui agitait le monde maçonnique et oligarchique de l'époque, et de la fake news fabriquée des "Parisiens révoltés contre la monarchie"...

 

Lire : La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

 

""Ni à droite, ni à gauche, au-dessus de la mêlée. C'est d'ailleurs ce que croit reconnaître Frédéric Rouvillois, professeur de droit public proche du royalisme, chez Emmanuel Macron : “L'avantage du roi est de permettre l'unité. Le roi n'étant n'est ni à droite, ni à gauche, il est en quelque sorte au-dessus de la mêlée. C'est précisément la posture qu'Emmanuel Macron semble vouloir adopter.”" Cette posture ne changera rien si le soubassement de la politique est le néant, l'anarchie et le chaos...

 

Lire : Les origines occultistes de la franc-maçonnerie - Pr Lozac'hmeur

Notes

 

[1] Dans "Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses, Presses polytechniques et universitaires romandes" (Lausanne 2011, p. 86), Antoine CHOLLET donne cette définition de la démocratie : "il n'y a pas de fondement ultime à l'action politique. ... Nous ne pouvons nous référer qu'à nous-mêmes pour décider, ce que les Athéniens, ... avaient parfaitement compris puisque toutes leurs lois contenaient la formule liminaire suivante : 'edoxe te boule kai to demo...' (que l'on peut traduire par : 'il a paru bon au conseil et au peuple...', sans autre justification). ... Être démocrate, c'est aussi accepter cette indétermination et cette incertitude quant aux fins dernières du combat politique. Dire que la démocratie n'a pas de fondement qui lui soit extérieur, c'est ... reconnaître qu'elle est en réalité une an-archie. Elle n'a pas d'arkhè, de commencement et de commandement, elle ne connaît pas d'autorité... Pas même le passé et la tradition n'ont d'autorité absolue dans une démocratie, puisque aucune de leurs règles n'est à l'abri d'un réexamen." (Fin de citation que l'on trouve dans Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, Agoraphobie et agoraphilie politiques, LUX Humanités, Québec 2016, p. 131-132.)

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:35

Dans la démocratie républicaine, ce système où n'existe aucun fondement ultime à la politique, un candidat qui produirait les meilleurs arguments pourrait être parfaitement défait dans les urnes, du moment que son adversaire remporte non pas la bataille des arguments mais celle de l'image et du vide. La démocratie est le règne de la rhétorique et du sophisme.

 

Dans ces conditions, ce que redoute le plus le système ce n'est pas d'avoir en face de lui un adversaire redoutable, aux arguments affûtés, rigoureux et intelligents, un adversaire offensif et déterminé. Non, ce que redoute le système c'est de ne pas avoir d'adversaire du tout... L'absent est insupportable au système.

 

Le système basé sur l'action / réaction ne craint pas l'opposition, il craint l'absence d'opposition. D'où l'orchestration de divisions artificielles volontairement entretenues sur tous les sujets pour submerger les gens d'émotion et les pousser à réagir dans l'une ou l'autre des formations de l'offre politique que le système produit.

 

Cette hystérisation de la politique réduit les individus à ne plus être que des personnes se définissant par opposition. On est "de droite", "de gauche", "nationalistes", "mondialistes", pro-migrants, anti-migrants, etc.

 

Pour entretenir chaque jour  et maintenir un niveau élevé d'hystérisation, sont organisés des "débats" télévisés entre personnalités politiques différentes, entre journalistes et rédacteurs en chef à opinions "différentes". Les gens s'imaginent vivre dans une démocratie, quand tout ceci n'est que du théâtre.

 

Dans un tel système, celui qui contrôle son émotion, celui qui sait se dominer, a une bonne chance de vaincre l'orateur, le tribun..., l'acteur de la pièce de théâtre, y compris dans les urnes. Il ne répond pas à la dépersonnalisation de l'individu par une dépersonnalisation symétrique. Mais le système déshumanisant continue de se reproduire et de produire ses effets néfastes dans le futur. La non participation en revanche sera fatale au système. Un exemple qui le montre est la sortie du système par les Russes lors de la fin de l'Urss : ce qui produisit l'effondrement de l'Urss, telle une coquille vide, vidée de sa substance, c'est que plus personne n'y participait.

 

Idéalement, il faut refuser le terrain choisi par l'ennemi, refuser le plateau de jeu "républicain" qui organise la guerre civile à l'intérieur et n'attend que nos réactions. Il faut donc ne pas réagir à la provocation par une provocation symétrique, ne pas être dans le contre, mais dans le pour.

 

Et pendant que les acteurs de la pièce de théâtre se mettent en scène, soyons chacun à notre niveau des acteurs de la vie réelle sur laquelle nous pouvons agir.

 

"La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution" (Joseph de Maistre, Considérations sur la France, fin du chapitre X, in J. de Maistre, Oeuvres, Edition établie par Pierre Glaudes, Bouquins Robert Laffont, p. 276).

Le système ne craint pas l'opposition, il craint l'absence d'opposition
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 15:19

Une légende tenace laissa entendre qu'en des temps immémoriaux nos ancêtres étaient incultes, illettrés. les pauvres : ils ne connaissaient pas encore Jules Ferry ! Qu'en est-il vraiment ? Le concile de Vaison en 529 prescrivit aux prêtres d'enseigner les Saintes Ecritures aux jeunes lecteurs destinés à leurs succéder au sein de petites écoles paroissiales et épiscopales. Ces établissements eurent pour mission de former les clercs.

 

Ce fut donc avec la christianisation de la société que ces écoles virent le jour au VIe siècle. De jeunes laïques pouvaient aussi intégrer ces écoles. Plus tard, Charlemagne, dans un capitulaire en 789, ordonna aux prêtres de créer des écoles pour apprendre à lire aux enfants. 

 

En 797, l'évêque d'Orléans, Théodulf, tiendra ces propos :

 

"Que les prêtres établissent des écoles dans les villages et les bourgs, et si quelqu'un de leurs paroissiens veut leur confier ses enfants pour leur apprendre les lettres, qu'ils ne les refusent pas et qu'ils accomplissent cette tache avec une grande charité."

 

A partir du XIe s., ces petites écoles gratuites se développaient. Les élèves pouvaient y apprendre à lire en latin à partir d'un psautier. Ils pouvaient également écrire, compter et aussi chanter.

 

Dès le XIIIe s., dans certaines villes, les filles pouvaient aller à l'école, et nul besoin d'appartenir à la noblesse pour y avoir droit. La fréquentation de ces établissements scolaires n'étaient pas obligatoire, mais vivement encouragée. Ainsi, au XIVe s., l'évêque de Mende, Guillaume VI Durand recommanda l'ouverture d'une école par village. Au XVe s., on dénombrait pas moins de 100 petites écoles répandues rien qu'à Paris. A la fin du 'Moyen Âge', même les paysans apprenaient à lire. Selon l'Eglise, pour pratiquer sa foi correctement, il fallait savoir lire.

 

Toutefois l'alphabétisation progressa difficilement par manque de temps, et d'argent pour certains. Au 'Moyen Âge', l'ascenseur social existait déjà. Jean Gerson, futur philosophe et théologien, était issu d'un milieu paysan. Sa mère, paysanne de son état, savait lire et écrire. C'est elle qui s'occupa de son éducation.

 

En dehors des écoles du cloître, les enfants pouvaient être éduqués, soit par un maître, soit par une maîtresse laïque, soit par un chapelain dans un château, ou par un professeur privé. Pour enseigner, les maîtres devaient être titulaires d'une licence obtenue à l'Université. Ils étaient rémunérés par leurs élèves. C'est pourquoi, ils devaient parfois s'adonner à la publicité. Ainsi, un maître toulousain mettra sur sa porte cette affiche publicitaire : 'Il y a un maître en cette bonne ville qui apprend à bien lire et écrire et compter. Je vous apprendrai bien, vraiment, et sans tromperie. Pauvres pour Dieu, riches pour argent, vous serez reçus.'

 

Après la petite école, plusieurs choix pouvaient s'offrir à vous. Vous pouviez apprendre un métier : l'enseignement professionnel était accessible dès douze ans. Ou alors, vous continuiez les études vous alliez au Collège. Au 'Moyen Âge', le Collège est bien souvent une fondation pieuse, ayant pour objectif de favoriser l'éducation des enfants pauvres désirant étudier à l'Université. Au Collège de Robert de Sorbon, qui fondera la Sorbonne, en est l'illustre exemple. Pour les plus capables, ils pouvaient poursuivre et aller à l'Université, comme celle de Paris, par exemple, qui fut une des plus importantes universités de l'époque médiévale.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 14:07

Extrait du communiqué du duc d'Anjou pour la fête de la Saint-Louis :

 

 

Chers Français,

 

En ce 25 août, fête de mon aïeul Saint Louis, premier laïc canonisé, mais aussi modèle des gouvernants ayant su concilier, par sa foi, les rigueurs du pouvoir et le respect des hommes, nous pouvons, une nouvelle fois nous interroger sur la France.

 

Quinze siècles d’histoire de la royauté, dont on s’accorde à dire qu’elle l’a fondée et formée, me donnent toute légitimité pour m’exprimer au nom de la tradition dont je suis l’héritier et montrer ce qu’elle peut encore apporter aujourd’hui et pour demain.

 

En effet, les interrogations et inquiétudes partagées sont grandes.

 

Fidèle à ma ligne de conduite je m’abstiens de toute polémique vis-à-vis de ceux qui ont en charge les affaires publiques, me plaçant résolument sur un autre plan.

 

J’observe que la France est soumise à d’importantes tensions. Certaines proviennent de l’extérieur. Elles concernent à la fois sa sécurité mise à mal par des forces hostiles qui voudraient imposer leurs pratiques archaïques par des actes aveugles et barbares au coeur même de notre société et le développement des communautarismes brisant l’unité et la solidarité, piliers constitutifs de la France.

 

Mais les tensions viennent aussi de l’intérieur quand la France ne semble plus avoir exacte conscience de ce qu’elle est. Entre des repentances sans objet et l’abandon de ses racines gréco-latines et chrétiennes, le pays est plus que dérouté et ne sait plus ni d’où il vient ni sur quoi il s’est bâti.

 

[...] Une attitude négative, voire passéiste ou nostalgique d’un passé révolu, une attitude de regret permanent et de résignation, n’aide en rien à construire l’avenir. Cela d’autant plus que la France est, désormais, insérée dans le cadre de la mondialisation. Regarder plus en arrière qu’en avant, arc boutés sur des pratiques dépassées, ne ferait que jouer en notre défaveur. Bien au contraire, les rois nous ont appris à réagir et à anticiper dans les moments où tout semblait perdu. C’est alors qu’ils ont toujours fait preuve de plus d’audace. Retrouvons donc cet esprit conquérant qui fut celui des grandes heures de l’Histoire de France et qui demeure toujours en chacun d’entre nous.

 

Il passe par un état d’esprit à retrouver. Il commence par la confiance à redonner à la jeunesse notamment en répondant mieux à ses besoins et attentes, se poursuit par l’acceptation des évolutions et enfin en sachant redonner place aux valeurs et à un certain sens de la gratuité. Or mes déplacements en France au long de l’année et les rencontres que j’y fais dans tous les milieux, me montrent que tout cela est possible même si parfois une chape de plomb semble exister pour décourager les initiatives les plus heureuses. La génération montante me paraît être celle qui porte déjà cette nouvelle approche qu’il convient donc de favoriser.

 

La jeunesse est le temps de l’initiative et de l’action créatrice. Ces dernières années, elle a montré combien elle savait s’adapter. Ainsi, elle a su maîtriser et comprendre les enjeux des nouvelles technologies avec une aisance naturelle ponctuée d’une grande sagesse en comprenant qu’un instrument n’était pas un but. Elle a su employer la technologie comme un moyen tant pour créer une nouvelle économie, une nouvelle dynamique de travail, que pour recréer des réseaux humains adaptés au nouveau rapport à l’espace et au temps et à la prise en compte de la préservation de notre environnement. Surtout elle sait ne pas être dupe sur leurs limites, afin que la technologie demeure au service de l’homme et du bien commun, et non le contraire. Entrée totalement dans le monde moderne, elle n’en veut pas être esclave. Sur ce point elle est en avance et joue son rôle d’éveilleur et d’éclaireur de notre société.

 

Cette jeunesse a montré par ailleurs tout son dynamisme, toute sa générosité, toute son exigence dans des combats de civilisation essentiels comme la défense de la vie et de l’intégrité de la personne humaine, de la conception à la mort, la défense de la famille, composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants, comme cellule de base de toute société humaine. Les jeunes se retrouvent également dans la défense de la Foi et des valeurs de la Chrétienté, notamment en portant aide et assistance aux Chrétiens d’Orient menacés dans leur existence même par une idéologie barbare.

 

Voilà l’essentiel et les ferments de l’espérance. En effet, cette nouvelle société déroute peut-être les générations plus anciennes et sans doute, à la différence des plus jeunes, sont-ce elles qui sont le plus angoissées et désenchantées par, finalement, ce qu’elles ont laissé se créer sans le maîtriser. [...] De même qu’il faut repousser toutes les manipulations contre-nature, il convient de faire attention à ne pas créer cette société à deux vitesses que les observateurs dénoncent aussi, à juste titre. La réussite des uns ne doit pas se faire aux dépends des autres. Un pays est une aventure collective. Il ne doit pas y avoir de laissés pour compte. Ce ne serait pas conforme à la tradition française qui a toujours été le pays de l’ascenseur social. Le pouvoir a ainsi une responsabilité notamment en matière d’instruction – donner à chacun, selon ses talents, de quoi s’épanouir – et d’éducation en sachant faire de la formation non pas une matière froide et un simple acquis de connaissance, mais un des éléments de l’éthique qui permet à un jeune de devenir un adulte responsable. Tel est bien ce que ma femme et moi ressentons et que nous voulons transmettre à nos enfants. Ce supplément d’âme est nécessaire. Les décennies passées furent sans doute bien fautives sur ce point, ayant trop privilégié les aspects matériels, la consommation et les profits à court terme. Or l’homme n’est pas qu’un corps dont il faut satisfaire les besoins immédiats et à qui il faudrait octroyer toujours plus de droits, ignorant des devoirs essentiels vis-à-vis des autres et notamment des plus fragiles. Les jeunes adultes rappellent en permanence qu’il y a une nécessité à donner du sens à la vie, à retrouver de saines limites, à voir haut. Ainsi la société d’aujourd’hui et celle de demain seront réenchantées.

 

Dès lors les notions de solidarité et de bien commun doivent redevenir les moteurs de l’action politique et sociale. Le sens de cette action est celui de l’homme, de l’homme corps et âme, seule vraie mesure de l’action politique. Ce n’est pas un hasard si les deux rois les plus appréciés des Français sont Saint Louis et Henri IV. Le premier a assuré la justice dans un temps où la force primait encore trop souvent sur la justice ; le second a redonné la paix et la prospérité dont le peuple a été le premier bénéficiaire.

SOURCE et suite : Blog du Mesnil

 

Note de Christ-Roi. Ce communiqué du duc d'Anjou est important. Il dénonce "les tensions" contre la France "à l'intérieur" et "à l'extérieur", indique que l'économie doit être au service de l'homme et non l'inverse, et rappelle que la "seule mesure de l'action politique" réside dans le développement de l'"homme corps et âme". Ce "développement vraiment humain et intégral", dont parlait le pape Benoît XVI en 2009.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 13:47
Pourquoi le Prince n’habite-t-il pas en France ?

Aux célébrations liturgiques du 24 août, s’ajoute l’anniversaire de la sainte mort de Sa Majesté le Roi Henri V, couramment appelé par le titre de courtoisie qu’il prit en exil : « comte de Chambord ».

 

A cette occasion, je souhaite attirer votre attention, chers Amis, sur un point particulier pour lequel la noble et exemplaire attitude de ce Prince, qui n’a jamais sacrifié les principes de la royauté capétienne traditionnelle, demeure une forte leçon en nos temps, et nous permet de répondre aujourd’hui de manière particulièrement claire et juste à la question qui nous est tant de fois opposée, à propos de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à la manière d’un reproche ou comme un pseudo argument contre la validité de son caractère dynaste : « Et d’abord, votre Prince, pourquoi n’habite-t-il pas en France ? »

 

Dans son journal, Monseigneur le comte de Chambord, à la date du 30 octobre 1849, note ceci : « Berryer, par un discours très adroit fait repousser à une g[ran]de majorité la proposition de rappel de nos familles ».

 

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement de ce que l’on appelle du terme générique « lois d’exil » ; et à ce propos, il n’est pas inutile de faire ici un petit rappel historique.

 

- Loi d’exil contre la branche aînée des Bourbons (1832) :

Le 10 avril 1832, la « monarchie de juillet » promulgua une loi condamnant à un bannissement perpétuel et à la déchéance de leurs droits civils, Sa Majesté le Roi Charles X et tous les membres de la branche aînée des Bourbons.

 

- Loi d’exil contre les Orléans (1848) :

Le 26 mai 1848, la deuxième république adopte une loi qui interdit à perpétuité au roi Louis-Philippe et à sa famille l’entrée sur le territoire français ; ce texte ne leur ôte cependant pas leurs droits civils, comme cela avait été fait en 1832 pour les Princes de la branche aînée.

 

A la séance du 24 octobre 1849, le parlement de la deuxième république, où siégeaient de nombreux députés légitimistes et orléanistes, examina une proposition d’abrogation des lois d’exil de 1832 et 1848.

C’est à cette occasion que l’avocat et député légitimiste Pierre-Antoine Berryer (1790-1868) argumenta contre l’abrogation de ces lois d’exil en ces termes :

 

« [...] Dans tout gouvernement un principe doit dominer : le principe électif ou le principe héréditaire. L’un exclut l’autre. Y a-t-il un membre de cette Assemblée qui puisse croire que, sous le principe qui régit la France, il y ait un seul membre de la famille des Bourbons qui consente à rentrer en France ! [...]

« Messieurs, vous républicains, vous pouvez bien regarder les princes de la Maison de Bourbon comme de simples citoyens, comme des hommes ordinaires ; mais vous ne pouvez pas faire qu’il restent eux-mêmes fidèles à leur principe.

« Les révolutions peuvent bien déshériter l’avenir, elles n’ont pas la puissance d’anéantir le passé. Vous ne pouvez pas faire que la Maison de Bourbon ne soit pas la plus ancienne et la plus illustre représentation du principe héréditaire, et qu’elle ne s’honore d’avoir régné tant de siècles sur cette grande nation qu’on appelle la France » (cité dans « Henri, comte de Chambord – Journal (1846 – 1883) Carnets inédits ». Ed. François-Xavier de Guibert 2009 p. 133 note 106).

 

Dans son diaire, à la date du 30 octobre (puisque les journaux de France qu’il lit avec attention mettent quelques jours pour lui parvenir à Frosdhorf ou à Venise, ses principaux lieux de résidence à l’époque), Monseigneur le comte de Chambord montre donc qu’il est au courant du débat qui a eu lieu à la chambre des députés 6 jours plus tôt ; il note la teneur de l’intervention de Berryer, et… il ne la blâme pas ni ne la regrette.

 

Au contraire.

En effet, sur le fond, Henri V est en plein accord avec l’argumentation de Berryer : puisque la France renie les principes incarnés par l’aîné des Capétiens, il est préférable que l’aîné des Capétiens soit officiellement exilé.

La cohabitation des principes de la révolution et des principes de la monarchie traditionnelle incarnés par le Prince est impossible.

 

Pourtant, à première vue, beaucoup de royalistes seraient enclins à penser que l’abrogation de ces lois d’exil est une bonne chose, et qu’un prince français – surtout s’il veut reprendre la place qui est la sienne à la tête du Royaume – , se devrait de résider en France plutôt que de demeurer dans un exil qui le tient éloigné de ses fidèles sujets et de ceux qui, en France, se battent pour lui dans la sphère politique.

Or, vraiment, il n’en est rien !

Au contraire, une présence continue de l’aîné des Capétiens sur le territoire français dans le temps où les pseudo institutions qui régissent la France sont l’exacte négation des principes de la royauté traditionnelle qu’incarne le Prince, se révèlerait à la longue plus néfaste et plus destructrice que l’exil.

 

En juin 1871, sur proposition de Monsieur Alfred Giraud, député de la Vendée, les deux lois d’exil de 1832 et 1848 furent abrogées.

Cela permit aux princes Henri d’Orléans, « duc d’Aumale », et François-Ferdinand d’Orléans, « prince de Joinville », tous deux fils de Louis-Philippe, de siéger à la chambre des députés.

Toutefois, Monseigneur le comte de Chambord, s’il fit un rapide et très discret voyage en France, ne revint pas s’y installer.

Pourquoi ?

Parce que l’aîné des Capétiens, successeur légitime de tous nos Rois, depuis Clovis jusqu’à Charles X, ne peut résider durablement en France qu’en étant officiellement le Roi de France, dans un Royaume de France pleinement restauré en toutes ses traditions.

 

Le 26 juin 1886, la troisième république adopta une nouvelle loi d’exil à l’encontre de tous les chefs des familles royales et impériales ayant régné en France, et à l’encontre de leurs fils aînés. Cette même loi interdisait à tous les hommes de ces familles de servir dans l’armée française.

Cette loi du 26 juin 1886 fut abrogée par la loi du 24 juin 1950 sur proposition du député MRP du Morbihan Paul Hutin-Desgrées, fondateur de Ouest-France.

 

Aux termes des lois républicaines actuelles, rien ne s’oppose donc à ce que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, et sa famille s’installent en France, ainsi que l’ont d’ailleurs fait les princes de la maison d’Orléans depuis 1950.

Cependant, même s’il vient fréquemment en France, à l’occasion de commémorations ou de visites officielles, ou pour des réunions de travail avec ses collaborateurs français, Monseigneur le Prince Louis, tout comme feu son père Monseigneur le Prince Alphonse, et comme son grand’père avant eux, tout en affirmant de manière claire et ferme ses droits à la Couronne de France, s’en tient aussi fidèlement à la ligne directrice initiée par Monseigneur le comte de Chambord.

 

De fait, si l’aîné des Capétiens, Roi de droit, choisissait de résider en permanence en France avec sa famille, cela signifierait par le fait même qu’il consentirait à devenir un « citoyen de la république » et à se soumettre dans la vie quotidienne à toutes les lois de la république.

Or, si le Prince Louis, son épouse et ses enfants, possèdent la nationalité française (quoi que prétendent un certain nombres d’ignorants), il leur est, par principe, impossible de vivre dans une sujétion continue au régime républicain.

Il est, au contraire, de leur devoir le plus strict de continuer à montrer que, même si l’exil ne leur est pas à proprement parler imposé par la loi, il leur est cependant imposé par les faits : il ne peut y avoir de cohabitation entre les principes de la royauté traditionnelle incarnés par le Prince, et les faux principes de la république maçonnique.

 

Certains diront : mais les princes de la maison d’Orléans vivent bien en France, eux !

Mais c’est que, justement, les princes de la maison d’Orléans n’incarnent en rien les principes de la royauté traditionnelle !

Les princes de la maison d’Orléans sont sans doute les successeurs de Louis-Philippe, ils ne sont cependant en aucune manière les successeurs légitimes de Charles X et de tous les Rois de France qui avaient précédé.

Les princes de la maison d’Orléans tiennent pour une forme de royauté qui n’est pas la monarchie traditionnelle, mais une royauté constitutionnelle qui a intégré une bonne partie des faux principes de la révolution. Il n’y a donc aucun antagonisme avec les pseudo principes de l’actuelle république et les idées des princes de la maison d’Orléans concernant le gouvernement. D’ailleurs on connaît leurs liens « traditionnels » avec la maçonnerie, depuis « Philippe Egalité » jusqu’à nos jours.

 

Par ailleurs, les faits corroborent la justesse de l’attitude maintenue par Monseigneur le comte de Chambord et par tous les princes de la branche aînée jusqu’à nos jours.

En effet, lors de ses déplacements en France, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, lorsqu’il est reçu par les autorités républicaines, est malgré tout toujours reçu en tant qu’aîné des Capétiens, descendant direct de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; et les représentants de la république eux-mêmes, quand ils s’adressent à lui, l’appelent : « Monseigneur ».

S’il vivait ordinairement en France et y exerçait sa profession, nous verrions bientôt ce « Monseigneur » remplacé par un ordinaire « Monsieur », utilisé dans la vie courante.

C’est ce qui est arrivé à Sa Majesté le Roi Siméon II des Bulgares : roi à 6 ans, en 1943, il fut exilé de son pays en 1946. Lorsque, au terme de 50 années d’exil, il revint dans son pays en 1996, il y fut accueilli et acclamé en souverain, bien que le pays soit officiellement une république : les hommes politiques et les membres du gouvernement le saluaient en l’appelant « Sire ». Mais à partir du moment où le Roi Siméon II décida de s’installer de manière stable en Bulgarie et de s’engager dans la vie politique de son pays, jusqu’à devenir premier ministre de la république bulgare (!), il fut dès lors officiellement appelé « Monsieur ».

 

Nous ne pouvons souhaiter cela pour l’actuel aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, et nous lui savons un gré infini de maintenir, envers et contre tout, et malgré les pressions de certains royalistes opportunistes qui tablent sur des combinaisons politiques très humaines et sur pas mal de compromissions avec les idées de la révolution, les principes pérennes qu’ont toujours incarnés les Princes de la branche aînée des Bourbons depuis Monseigneur le comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 08:00
La légitimité politique (Yves-Marie Adeline)

Dans son livre Philosophie de la Royauté, Yves-Marie Adeline donne cette définition de la légitimité politique :

 

"La légitimité politique est indissociable d'une légitimité morale : il ne suffit pas de reconnaître dans une personne l'incarnation d'un principe politique commun, il faut aussi que l'exercice de la souveraineté obéisse à des règles communément acceptées.

 

[...] [L]e caractère sacré de l'autorité royale se traduit en termes inverses de ceux qui honorent l'Inca ou le Mikado. Ainsi, c'est en vertu de sa personne a priori sacrée que le Mikado est souverain, tandis que sous la légitimité, la déférence obéit à un mouvement contraire : le roi n'est honorable que parce qu'il est roi. En cela, on honore la fonction, la légitimité elle-même, et non pas le souverain en tant qu'il est seulement un homme...

 

[...] L'intérêt de la philosophie est de pouvoir démontrer que le principe de légitimité reste le même quel que soit le système étudié.

 

[...] [U]n ordre politique suppose un ordre moral qui, en dernière mesure, le justifie. 

[...] La légitimité du pouvoir [...] ne connaît son plein épanouissement que dans la mesure où la souveraineté répond aux exigences morales de la cité."

 

Yves-Marie ADELINE, Philosophie de la Royauté, Via Romana, Versailles 2015, p. 17, 202-203.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 18:33

L'hebdomadaire Le Point a publié jeudi 10 août un numéro consacré à la Révolution dite française, sous le titre "Les fantômes de la Révolution française, Secrets, Tabous, épisodes oubliés" (Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344).

La preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée (Jacques VILLEMAIN, Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344)

On retiendra au sujet du "génocide vendéen, le dossier rouvert", la "preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée" apportée par le diplomate et juriste Jacques VILLEMAIN, auteur de "Vendée 1793-1794" (éd. du Cerf). Le "bloc" si cher à Clemenceau (1) en sort bien lézardé ! (Source: Vendéens et Chouans)

 

Extrait :

 

"La nature criminelle de ces massacres n'est plus niée par personne (contrairement au XIXe siècle, par exemple sous la plume d'auteurs comme Michelet ou Jaurès). Cependant, certains (Jean-Clément MARTIN et, d'une manière générale, l'école dite 'jacobine') limitent la qualification de ces massacres à celle de 'crimes de guerre'. D'autres historiens (Patrice GUENIFFEY par exemple) reconnaissent qu'il s'agit de 'crimes contre l'humanité'. La qualification de 'génocide' est clairement minoritaire dans la communauté historienne universitaire, mais elle semble en voie d'enracinement. Reynald SECHER était le seul à la soutenir il y a trente ans (1986), et aujourd'hui on trouve le mot sous la plume d'auteurs comme Jean-Noël BREGEON ('Nouvelle histoire des Guerre de Vendée', Perrin 2017) ou Michel CHAMARD ('Les Guerres de Vendée pour les Nuls', First 2017) à titre d'hypothèse sérieuse.

 

"[...] [D]es trois lois des 19 mars, 1er août et 1er octobre 1793.

 

"[...] Le principe est que les révoltés sont privés de toute protection légale. Ce sera le système de défense de Carrier quand on lui reprochera les atrocités qu'il a commises à Nantes et qu'il répondra 'les brigands de la Vendée (...) étaient hors la loi' et qu'aucune des violences auxquelles il s'est livré ne pouvait être illégale. Cette loi du 19 mars justifie la répudiation de toutes les lois et coutumes de la guerre: on massacre les prisonniers, les blessés dans les hôpitaux, on n'épargne pas les civils. La loi du 1er août va plus loin. Elle peut être résumée par l'anaphore du discours de Barère à la Convention qui en précède le vote : 'Détruisez la Vendée!' On entre dans la logique d'une attaque généralisée et systématique de la population vendéenne, ce qui caractérise le crime contre l'humanité. Elle est réitérée et aggravée par celle du 1er octobre. Enfin, après que les Vendéens ont été militairement défaits à Savenay (décembre 1793), les autorités parisiennes valident la tactique de Turreau, qui passera à la postérité sous le nom de 'colonnes infernales' : douze colonnes militaires ratissent la région insurgée avec pour ordre de tout incendier et de tuer tous les habitants qu'elles rencontrent (y compris les municipalités républicaines qui ne seront pas épargnées). Plus aucun motif militaire ou politique ne peut justifier cette violence, car les révoltés sont défaits. Il s'agit désormais de massacrer tous les Vendéens en les visant 'comme tels', ce qui est la définition du génocide.

 

"[...]  [L]a preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée.

 

"[...] Les lois votées par la Convention le sont en termes très généraux. Mais la correspondance des représentants en mission qui, sont des députés de la Convention investis par elle pour faire appliquer ces lois et cette politique sur le terrain, est bien plus explicite sur les intentions criminelles. [...] Il y a la mise en œuvre pratique sur le terrain de ces lois telles que précisées par les instructions du Comité de salut public et des représentants en mission : une loi n'a que le sens qu'on lui donne en pratique. Il suffit de démontrer que ce qui a été fait en Vendée a bien été conforme aux ordres donnés pour démontrer la responsabilité pénale de toute la chaîne de commandement.

 

"[...] Ici l'entreprise criminelle commune, c'est le 'Détruisez la Vendée!' qui en droit comme en pratique, veut dire 'Détruisez les Vendéens!'. Le Comité de salut public est un organisme collégial et, par la suite, la responsabilité politique et pénale engage tous les membres du comité. Robespierre n'est pas institutionnellement le chef du Comité de salut public, mais il en est la personnalité 'prépondérante'. C'est lui qui fait renouveler pendant un an jusqu'en juillet 1794, les pouvoirs de ce comité par la Convention. Il a à titre personnel, demandé l''extermination' des Vendéens en mai 1793 et il soutiendra cette politique à partir de juillet 1793. Il a refusé de faire enquêter et de faire punir les crimes commis en Vendée qui lui étaient dénoncés, comme le prouvent les papiers retrouvés chez lui après sa mort.

 

"[...] Reynald SECHER n'a pas tort de parler d'un 'génocide par petits bouts de papier'. [...] Il apparaît clairement qu'à aucun moment les militaires sur le terrain n'ont fait autre chose que ce que la hiérarchie politique, qui les surveillait de près et n'hésitait pas à les envoyer à la guillotine, leur ordonnait.

 

"[...] La Shoah est l'entreprise génocidaire la plus vaste et la plus incontestable que l'Histoire ait connue, mais ce n'est pas la seule : il y en a eu avant (les Arméniens en 1915) et après (Yougoslavie et Rwanda), pour ne parler que de celles juridiquement reconnues. [...] Si on considère que ce qui s'est passés à Srebrenica ou au Rwanda est bien un génocide - et c'est incontestable puisque ça a été jugé tel par les tribunaux de l'ONU -, il n'y a plus aucun argument qui tienne, même selon la méthode comparatiste chère aux historiens, pour nier que ce qui s'est passé en Vendée en 1793-94 est bien de même nature."

 

(Jacques VILLEMAIN, in Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344, Les fantômes de la Révolution française, Secrets, Tabous, épisodes oubliés, p. 70-71.)

Notes

 

(1) Lors d'un débat à l'Assemblé le 29 janvier 1891, Georges Clemenceau proclame : "Messieurs, que nous le voulions ou non, que cela nous plaise ou que cela nous choque, la Révolution française est un bloc... un bloc dont on ne peut rien distraire, parce que la vérité historique ne le permet pas." À partir de cette phrase, Édouard Drumont broda une citation dans laquelle Clemenceau aurait approuvé les massacres de Septembre, les noyades de Nantes, les horreurs de Lyon, etc.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 15:09

Dans son ouvrage "Décadence", le philosophe Michel Onfray s'en prend violemment au christianisme antique et à son héritage. Selon lui, la personne de Jésus n'est qu'un mythe sans consistance historique et la religion chrétienne se trouverait à l'origine des violences et de l'intolérance qui obscurciraient jusqu'à nos jours le devenir de l'Occident.

 

Lire : Réponse à Michel Onfray sur quelques erreurs sur le christianisme

 

Le normalien Jean-Marie Salamito, agrégé de lettres classiques, professeur d'histoire du christianisme antique à la Sorbonne (PARIS IV), spécialiste de Saint Augustin, "sollicité de divers côtés", a rédigé et publié en mai dernier "une réponse, une réfutation" à Michel Onfray.  Voici un extrait de son livre intitulé "Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme", éd. Salvator, Paris 2017. Nous recommandons ce précieux ouvrage à tout chrétien soucieux aussi bien de s'enrichir personnellement par la découverte d'aspects peu connus de notre religion que de répondre aux diffamations, aux "généralisations abusives", "grossiers amalgames" et deux poids deux mesures de Michel Onfray quand il s'agit des chrétiens.

Onfray - Décadence - Jean-Marie Salamito : La réponse d'un professeur d'histoire du christianisme

"Les personnes qui, avec inquiétude ou perplexité, ont appelé mon attention sur ce que Décadence dit de Jésus et des premiers chrétiens, m'ont amené à lire des pages dont je n'imaginais pas à quel point elles déforment ou noircissent la réalité historique. [...] Ce livre (Décadence de Michel Onfray. Ndlr.) ne témoigne d'aucune compréhension, d'aucune sérénité, mais plutôt d'une lancinante hostilité combinée avec d'innombrables ignorances..

 

[...] [L]'existence historique de Jésus fait de nos jours l'objet d'un consensus dans le public et, plus encore, chez les spécialistes de l'Antiquité, du Nouveau Testament et des origines chrétiennes. Les négateurs de cette existence forment une infime minorité, active sur la Toile mais extérieure aux milieux scientifiques.

 

[...] Les chercheurs de tous les continents, malgré les désaccords qu'ils gardent sur de multiples points, considèrent unanimement que Jésus a existé. Les contredire revient à défier la vraisemblance. S'appuyer pour cela sur cinq ouvrages à la fois tendancieux et périmés, ignorer volontairement l'état actuel des connaissances, c'est tourner le dos à la raison. C'est faire de l'obscurantisme comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir. Dans un autre domaine, qui oserait prétendre, de nos jours, que le soleil tourne autour de la terre? Qui voudrait se former à la médecine avec des manuels du début du siècle dernier?

 

Sincèrement, je pourrais m'arrêter là. Sur Jésus, Décadence rime avec invraisemblance. Il n'existe à peu près aucune chance pour que Michel Onfray (ou quiconque) ait raison à lui seul, ou presque seul, contre toute la communauté scientifique internationale, contre un libre consensus intellectuel qu'aucune autorité au monde ne contrôle ni ne manipule. Je vais tout de même accorder à son livre le bénéfice du doute. Par conscience, j'analyse maintenant ses positions."

L'auteur conclut son livre en s'adressant directement à Michel Onfray :

 

"Les affirmations à l'emporte-pièce que vous multipliez contre l'existence de Jésus de Nazareth, vous les décochez - admettons que ce soit sans le vouloir - contre un message qui, dès sa première proclamation, a permis aux misérables, aux petits, aux souffrants et aux exclus de bénéficier, peu à peu, d'une autre image dans les esprits et d'une autre place dans l'humanité. Votre mépris pour deux mille ans de christianisme retombe, sans doute malgré vous, sur la multitude de celles et ceux qui, au nom de ce Jésus auquel vous déniez toute réalité historique, ont souvent payé et continuent de payer cher leur engagement pour un monde moins inhumain."

Invité de SputnikNews en juin 2017, Jean-Marie Salamito explique à propos de Michel Onfray :

 

"Ce qui me gêne beaucoup chez Michel Onfray, c'est que tout en se réclamant de la raison, de la rationalité et de l'intelligence, [...] il est lui-même en train de donner dans l'irrationnel. Il travaille d'une manière qui ne tient pas sur le plan méthodologique. [...] Autrement dit, il est dans la position de l'arroseur arrosé. Il est l'homme qui prétend donner des leçons à la religion au nom de la raison et il a besoin qu'on lui donne, au nom de la raison, quelques leçons d'histoire et de rationalité.

 

"Moi ce que je lui reproche, c'est de ne pas douter. Michel Onfray, dans tout son livre, en tout cas pour tout ce qui concerne le christianisme antique, les origines du christianisme, les premiers siècles du christianisme -c'est mon domaine d'expertise [...]-, Michel Onfray ne doute pas, il est très affirmatif, il est très dogmatique. Il est une sorte d'intégriste de l'anti-christianisme. Il a quelque chose d'un rouleau compresseur anti-chrétien. Il ne connaît pas, justement, la nuance. Et il ne connaît pas le doute. Quand il y a plusieurs hypothèses des historiens, il n'en prend qu'une, et il prend uniquement celle qui l'arrange.

 

Alors sur Jésus, oui, il est dans la mythologie. Parce que à l'heure actuelle, à travers le vaste monde, je ne connais pas un seul spécialiste de l'Antiquité romaine ou de l'Antiquité juive, ou du Nouveau Testament, quelques soient les convictions de ce spécialiste, que ce soit un catholique, un protestant, un athée ou un agnostique, aucun historien à l'heure actuelle, digne de ce nom, ne met en cause l'existence historique de Jésus de Nazareth."

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 16:16

Simone Veil est décédée vendredi 30 juin 2017. Dans une video du 1er juillet, la jeune et talentueuse journaliste indépendante Virginie Vota explique qu'"en novembre 1974, devant l'Assemblée nationale, Simone Veil a souhaité que l'Ivg (interruption volontaire de grossesse ou avortement) soit légalisée 'pour le contrôler', parce qu'il faut 'en dissuader la femme'. Et, cette loi devait être provisoire, elle devait entrer en vigueur de trois à cinq ans maximum, le temps de trouver une autre solution. Simone Veil a dit qu'il fallait 'dissuader la femme d'avorter'. Il fallait la dissuader réellement, c'est ce que Simone Veil pensait."

 

"Elle a également déclaré qu'il était 'inadmissible d'encourager la femme à avorter'. (Ou de l'inciter à avoir recours à ce moyen) Ce sont ses motspoursuit Virginie Vota. Ce moyen (de l'avortement) est une extrême tragédie pour Simone Veil, et elle avait des sanglots et des trémolos dans la voix en demandant la légalisation pour mettre l'IVG sous contrôle.

Quand l'IVG n'était pas légale, cela n'empêchait pas des femmes d'y avoir recours, d'une manière obscure, c'était une véritable boucherie, elles y mouraient pour la plupart.

 

Que s'est-il passé depuis ? Depuis l'IVG est devenu ce que l'on appelle 'un droit', même un 'droit fondamental' : vous pouvez le lire sur le site de la Santé publique ! Tous les liens sont sous cette video".

 

"(Ce qui s'est passé depuis 1975). C'est complètement opposé à la pensée de Simone Veil en 1974. Est-ce que Simone Veil a été interrogée sur la politique mise en place ? Non. Jamais. Regardez bien. Quand elle a donné des entretiens récents c'était sur son passé, sur ce qu'elle a vécu dans les camps. Mais surtout, on ne lui a plus demandé son avis, parce que son avis aurait été très gênant pour la gauche !

 

[...] C'est de la manipulation. Et la gauche fait cela avec tout. Prenez le cas de Voltaire (et des "Lumières". Ndlr.), il a tenu des propos extrêmement dérangeants. Il était antisémite, raciste, xénophobe : tout cela est écarté et excusé. La gauche falsifie la réalité et la remplace par des abstractions idéologiques, qui servent son intérêt, qui servent à justifier ses positions qui sont absolument injustifiables. C'est INJUSTIABLE qu'il y ait 225 000 IVG par an et que l'on parle de 'droit fondamental'. C'est injustifiable. Alors beaucoup dans nos milieux qui sont à juste titre horrifiés par cette IVG, disent c'est la faute de Simone Veil. 'C'est à cause d'elle'. Mais cela n'a rien à voir. Et en plus on se discrédite nous-mêmes en adoptant la position manichéenne de la gauche.. La gauche nous présente une réalité falsifiée par le prisme de sa perception qui est complètement perverse, tordue. Elle prend les propos, les déforme, pour servir ses intérêts. Et tout ce qui ne lui plaît pas, elle le couvre, elle le dissimule, elle prétend que la personne est manipulée.., que c'est une erreur, qu'elle n'avait plus sa présence d'esprit..." (Fin de citation.)

Description de la Video par Virginie Vota :

Mon article sur Simone VEIL : https://www.facebook.com/notes/virgin...

L’article de SLATE : http://www.slate.fr/story/147900/simo...

Les VERITABLES propos de Simone VEIL en 1974 : http://www.huffingtonpost.fr/pascal-b...

Simone Veil reçois les asosciations PRO-VIE : http://www.famillechretienne.fr/polit...

Un article qui confirme mes propos : https://fr.aleteia.org/2017/06/30/ivg...

"La Simone Veil réelle, la gauche n'en a rien à faire parce qu'elle ne sert pas du tout son idéologie.

 

Et ce qu'il y a d'assez rigolo et qui a été exhumé d'elle après sa mort, c'est une photo d'elle défilant à la Manif pour tous. C'est très dérangeant pour la gauche. Je vous laisse lire un article de "Slate" sur le sujet" :

Virginie Vota explique la falsification du réel par la gauche : le cas Simone Veil

Un article de Boulevard Voltaire du 30 juin rapporte la même information : le 14 janvier 2013, l’ancien ministre de la Santé, accompagné de son époux, est descendue saluer les manifestants qui passaient devant son domicile. BFM TV les montre, tous les deux au milieu du cortège, un drapeau de la Manif pour tous à la main. Inutile de préciser que les partisans de la loi Taubira et les lobbies LGBT l’ont accusée de se tromper de combat. Qu’allait-elle faire avec ces réacs et ces fachos ? C’est tout juste s’ils ne lui ont pas appliqué l’excuse de sénilité. Pourtant, à y regarder de près, il n’y a guère de contradiction. Il faut relire le discours qu’elle prononça devant l’Assemblée nationale, le 26 novembre 1974, face à une Assemblée presque exclusivement composée d’hommes. Elle défend, certes, la dépénalisation de l’avortement, mais souligne, à plusieurs reprises, que cet acte n’est pas ordinaire. Elle insiste sur son caractère exceptionnel : « Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. » Elle souhaite que ce recours soit contrôlé et qu’on puisse, si possible, « en dissuader la femme ». (SOURCE)

 

"Dissuader la femme" d'avorter. Tel était le voeu de Simone Veil.

 

Dans son discours qu’elle prononça donc devant l’Assemblée nationale, le 26 novembre 1974, Simone Veil demandait qu’un « délai de réflexion de huit jours » soit imposé « pour faire prendre conscience à la femme de ce qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix », ajoutant que « personne n’a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l’avortement soit un échec quand il n’est pas un drame ».

 

Quand, le 26 novembre 2014, l’Assemblée nationale vota une « résolution réaffirmant le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe », elle oublia que Simone Veil avait précisément déclaré à propos de sa loi : « Si elle n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement. »

 

Au nom de la liberté et de l’égalité, les gouvernements successifs se sont progressivement écartés de ses intentions. La loi de 1982 a introduit le remboursement, celle de 1993 a créé un délit d’entrave à l’IVG, celle de 2001 a porté le délai légal de 10 à 12 semaines de grossesse… Enfin, la loi égalité hommes/femmes de 2014 a supprimé la notion de « situation de détresse » et, en février 2016, le Parlement a étendu le délit d’entrave à Internet.

Virginie Vota a publié hier une nouvelle video dans laquelle elle poursuit sa réflexion sur la "gauche" et en donne une intéressante définition politique, philosophique et idéologique :

"Officiellement, le clivage gauche - droite est né le 11 septembre 1789 sur la question du veto royal à l'Assemblée. Ceux qui étaient partisans pour un veto absolu du roi, donc pour qu'il conserve un maximum de pouvoir, se sont placés à droite du président de l'Assemblée. On les appelait les 'monarchiens'. Ils voulaient une France catholique et monarchique. Ceux qui étaient favorables à un veto dit suspensif, c'est-à-dire pour limiter au maximum les pouvoirs du roi et du pouvoir exécutif se sont placés à gauche du président de l'Assemblée. Et c'est ainsi qu'il y a eu cette division entre d'un côté les partisans de la monarchie, de la France catholique, et de l'autre côté, à gauche, ceux qui voulaient conserver et renforcer les acquis de 'la révolution' et qui deviendront les Jacobins. On les appelle aussi les Sans-culottes, ou 'les révolutionnaires'... Tout est parti de là, parce que la 'Révolution française', a été à l'origine d'une sorte de scission de la France contre le 'pays légal', la 'république', pour reprendre les mots de Charles Maurras, la France étant 'le pays réel'.

 

[...] Dans mes videos, vous vous en doutez, la 'gauche' englobe aussi la 'droite' apocryphe par opposition à la droite authentique dont je vous parle aussi. Cette 'droite' 'Les Républicains', je dis est de gauche. Au plan philosophique, la gauche n'est pas seulement une conviction politique, une opinion politique : cela c'est ce qu'on veut nous faire croire. [...] La gauche découle de la 'Révolution française', et plus précisément des Jacobins, qui voulaient 'régénérer la société'. On retrouve ce mot de régénération de la société absolument partout dans les textes de l'époque. C'est pour cela par exemple qu'il y a eu le massacre des Vendéens, qui eux étaient attachés à l'Ancien Régime, donc un ordre français catholique et qui refusaient cette république régénérée. Et donc ils ont été massacrés parce qu'ils ne pouvaient pas faire partie de cette nouvelle société. On parle - corollaire de cette régénération-, d''homme nouveau'. Pour les révolutionnaires, un 'homme nouveau' c'est l'homme de cette nouvelle société. Il faut comprendre que cette 'révolution française' c'est une perversion du catholicisme. Michelet disait que la révolution n'avait pas instauré de nouvelle religion parce qu'elle était une religion elle-même. Beaucoup d'éléments sont repris du catholicisme, et inversés, ils sont corrompus. La révolution a érigé la nouvelle société comme donnant le bonheur pour tous, et les hommes doivent être parfaitement égaux parce qu'ils forment une grande famille humaine. On parle souvent du Contrat social de Rousseau, qui pense qu'avant les hommes s'entretuaient à l'état sauvage et qu'il fallait qu'en renonçant à leurs libertés naturelles ils s'associent en un corps politique unitaire, en vue de ce qu'il appelle un bien commun' et que chaqun renonce à sa volonté individuelle pour la placer dans la Volonté générale, l'état qui est une personne qui a une autorité morale, juridique, bien supérieure à celle des individus. C'est ce projet qui a inspiré la république issue de la philosophie des 'Lumières'. [...] Et il faut dispenser cette philosophie par le biais de l'éducation. C'est pour cela que l'éducation a été un élément absolument essentiel, c'était une préoccupation centrale pour les révolutionnaires, comme notamment Condorcet, qui voulait écrire des Catéchismes du citoyen..., etc. Et l'homme nouveau, c'est l''homme illuminé', c'est l'homme qui a atteint la majorité, l'homme qui est façonné par cette philosophie des Lumières, et qui utilise son entendement, sa raison individuelle, conformément à ce mode de pensée qui lui a été inculqué. [...] Et la monarchie (et le catholicisme) constitue une entrave, parce que ses valeurs sont complètement opposées.

 

La philosophie des Lumières est héritée notamment de l'anthropocentrisme apparu à la 'Renaissance', et provient lui-même de la gnose et de la kabbale, avec le néo-platonisme. Cette philosophie et cette république, c'est l'avènement de l'homme-dieu. On décapite Louis XVI pour instaurer le règne de l'homme-dieu. C'est ainsi qu'ils veulent abolir tous les peuples, toutes les frontières, toutes les particularités culturelles et même linguistiques, etc. L'homme-dieu c'est l'homme qui est libre de se déterminer lui-même, de suivre sa propre volonté, puisqu'on lui aura inculqué un mode de pensée conforme à cette philosophie de cette nouvelle société, la philosophie des Lumières.

 

Or, on ne peut pas changer la réalité. Matériellement la réalité est ce qu'elle est. La Création de Dieu reste la Création de Dieu. Mais on peut changer notre perception de cette réalité. Et c'est pour cela que la 'révolution française', elle commence avant tout dans les esprits par la philosophie des Lumières et par l'éducation. A ce sujet, je vous renvoie aux travaux de Jean de Viguerie qui a travaillé sur ces questions de l'éducation philosophique pour la formation du citoyen. Le citoyen, c'est la créature de la république : c'est l'autre nom de l''homme nouveau'.

 

Cet homme nouveau n'a plus d'entraves, il n'est pas déterminé par Dieu, c'est-à-dire qu'il peut repousser toutes les limites biologiques... C'est un ordre nouveau qui se met en place a contrario de l'ordre naturel. [...] Ce n'est pas le libre arbitre, c'est la conception de la république des Lumières. Et la gauche reprend tous ces acquis de la révolution. Et c'est pour cela qu'on a aujourd'hui des choses absolument absurdes et non naturelles, parce qu'il n 'y a plus de limites.

 

[...] La gauche prétend qu'il y a une 'liberté de conscience', une 'liberté de penser'. Oui, mais uniquement dans les limites du mode de pensée que vous devez avoir et qu'on vous inculque dès l'enfance par l'éducation nationale, et qui se perpétue encore par les médias. Et c'est pareil pour les partis politiques. Si vous avez bien suivi, on nous donne d'avoir une illusion de choix, de pouvoir choisir entre le PS, les Républicains, République en marche, la gauche, la droite, mais en fait tous ces partis ne sont que des variantes d'une même gauche, des variantes tolérées. Par contre au moment où vous sortez trop du cadre de philosophie des Lumières, du cadre idéologique et religieux de cette gauche, vous devenez 'extrême droite'. C'est l'alarme qui clignote, si vous voulez ! C'est la limite à ne pas franchir, où vous commettez le péché mortel. Voilà de quoi je parle quand je parle de la 'gauche', de cette gauche qui est une perversion de l'ordre naturel."

POUR ALLER PLUS LOIN :

- Qu'est-ce que la gauche ? : https://degauchisezvous.wordpress.com...
- Adrien Abauzit : "Comment peut-on être de gauche ?" : https://www.youtube.com/watch?v=hY204...
- BEAU DE LOMENIE (Emmanuel), Les Responsabilités des dynasties bourgeoises (tome I à 5)
- HECQUARD Maxence, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne
- VIGUERIE (DE) Jean, Histoire du citoyen

Sur l'absurdité et l'amoralisme de la démocratie qui "en même temps" (expression fétiche d'Emmanuel Macron) donne des leçons de morale à la terre entière :

 

- Le roi libérateur

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 10:25
La sécession gagne l'Assemblée nationale

Le Premier ministre Édouard Philippe a prononcé le 04 juillet 2017 son discours de politique générale devant une "Assemblée nationale" dubitative. Son intervention est intervenue au lendemain du discours du président Emmanuel Macron fixant l'orientation de sa politique générale devant le Congrès du Parlement réuni à Versailles. (SOURCE). Sur 566 votants, avec 370 voix pour, 129 abstentions et seulement 67 voix contre, les médias mainstream relèvent que nous avons "le plus faible nombre de votes contre sur un discours de politique générale depuis 1959". "Édouard Philippe aurait obtenu "une large confiance". C'est sans compter le "record d'abstention" lors de ce vote... Une donnée qui soulève de nombreuses questions.

 

"Les Républicains" se sont abstenus

 

Au sein du principal groupe "d'opposition" LR (95 élus + 5 apparentés), sans compter les "constructifs" (pro Macron qui après avoir créé un autre groupe avec les UDI ont voté le soutien), les trois quarts des 100 députés "LR" se sont abstenus. Selon RT, "23 tenants d'une opposition relativement «dure» ont voté contre" (SOURCE).

"Une très petite partie (des députés "Les Républicains") ont décidé de voté contre", a relevé Mme Le Pen. "Ca veut dire que l'immense majorité des Républicains (...) soutient la politique d'Emmanuel Macron", a-t-elle conclu.

 

La France insoumise (LFI), avec ses 17 membres, a voté unanimement contre, comme annoncé. Douze des 16 élus du groupe communiste ont aussi voté contre. Également contre, les huit députés FN, ou encore Nicolas Dupont-Aignan (DLF). SOURCE

 

La sécession commence à gagner les députés eux-mêmes

 

Il y a un enseignement qui n'est pas analysé c'est le "record d'abstention" au sein même de l'"Assemblée nationale" sur ce vote de "soutien" au gouvernement Philippe. Avec 370 voix pour et 129 abstentions, l'abstention s'élève à 34,86%... Outre la totalité des députés République en marche (REM) et MoDem, le Premier ministre n'a reçu l’appui que de 12 "constructifs" LR-UDI et de 3 élus du groupe Nouvelle Gauche (ex-PS).  Au Parti socialiste (lequel se cache à l'Assemblée sous le nom de "Nouvelle gauche"), presque tous se sont abstenus (23), tandis que 5 votaient contre la confiance et trois seulement pour. Manuel Valls, qui ne fait plus partie du PS a lui accordé sa confiance.

 

Les élus abstentionnistes (eux-mêmes élus par une minorité des inscrits si l'on tient compte de l'abstention record aux dernières législatives) ne voient plus l'intérêt du vote dans un système lui-même incohérent sans raison morale ultime -tout en donnant et en imposant des leçons de morale en permanence à tout le monde- et qui conduit la France à l'abîme. (Hormis les députés "Insoumis" qui se satisfont de ce système) il ne sera pas dit que l'absurdité sera leur crédo ! La sécession se fait donc à présent parmi les députés eux-mêmes.

 

Un exemple illustrant cette désertion hier vers 16h35, nombre de parlementaires socialistes et LR ont quitté l'hémicycle à l'issue du discours de politique générale d'Edouard Philippe (qui aura duré 1h15), zappant ainsi l'intervention de Richard Ferrand, président du groupe LREM à l'Assemblée.

 

Quand l'oligarchie elle-même se met à pratiquer la tactique du siège vide (comme en Urss dans les années 1980), que plus grand monde ne se donne la peine d'assister ni ne croire dans les discours officiels, quelle reste-t-il de crédibilité à un tel système ? La crise de la représentation est plus bien plus profonde, il s'agit d'une crise de la démocratie elle-même.

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 08:35

Ce lundi a été publiée l’enquête annuelle d’Ipsos en partenariat avec la fondation Jean-Jaurès et Le Monde intitulée "Fractures françaises". Les "Insoumis" de Jean-Luc Mélenchon qui estiment qu'il faudrait supprimer le rôle de chef de l'état, de président, ou de roi (au nom de la soit-disant "Grande Révolution") peuvent aller se rhabiller : 88% des Français estiment avoir "besoin d’un vrai chef pour remettre la France en ordre" ! Autrement dit : un roi. On ne refait pas la nature de la France et des Français !

Cette information ne sera pas commentée dans les médias mainstream. Elle signifie essentiellement que dans l'inconscient des Français, la monarchie représente une sorte de "nature" de la France, et les peuples qui ne s'y reconnaissent pas ne trouvent pas leur place dans le royaume. Cette conception du pouvoir et de la politique est un héritage du "Moyen Âge et au-delà même de nos ancêtres les Gaulois..., qui nous ont légué le respect de la hiérarchie, un esprit religieux de verticalité porté sur les discussions philosophiques et métaphysiques que la démocratie précisément par son amoralisme final interdit.

S'agissant du classement du PIB mondial, indicateur de la richesse des nations, rappelons simplement que l'Angleterre -qui est restée une monarchie- avec donc un "monarque" à sa tête, nous est passée devant (2 849,345 milliards de PIB pour le Royaume-Uni en 2015 contre 2 421,560 pour la république dite "française"... bientôt dépassée par l'Inde...)... Selon le FMi en 2016, la situation économique de la France est même pire puisque notre pays serait passé au rang de "neuvième puissance économique mondiale" ! En 1789, nous étions à la première place du podium dans tous les domaines !

L'information suivante est tirée du site "Breizh-info.com".

 

Ce lundi a été publiée l’enquête annuelle d’Ipsos en partenariat avec la fondation Jean-Jaurès et Le Monde  intitulée « Fractures françaises ». Une étude orientée, aux questions posées de façon étrange, mais qui appelle des conclusions. Les résultats de ce sondage confirment ce que les dernières élections, mais aussi les comportements de chacun laissent présager au quotidien : la France semble en voie de sécession avancée notamment sur les questions de croyance en les institutions et de politique migratoire et religieuse.

Le sondage a été réalisé fin juin, sur un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Concernant la confiance dans les institutions, 85% ont confiance dans la police et 84% dans l’armée, mais à peine 52% l’ont dans la justice, et moins d’un sur deux dans les conseillers généraux, départementaux, ou dans les grandes entreprises. Le maire, avec 67%, s’en sort plutôt bien. Le président de la République (44%), l’Union Européenne (41%), l’Assemblée nationale ( 35%) n’inspirent plus la confiance majoritaire, ce qui est le signe profond d’un malaise dans le pays (même si le pourcentage était encore plus faible en 2013).

Concernant le regard sur les hommes politiques, 69% d’entre eux pensent qu’ils sont corrompus – ce qui en dit long sur l’image de ces derniers (progression de 7 points par rapport à 2013). 83% estiment qu’ils agissent avant tout pour leurs intérêts personnels, et 76% estiment que leurs idées ne sont pas représentées et que la démocratie fonctionne mal.

69% des sondés estiment que la France est en déclin (et parmi eux seuls 49% d’entre pensent que ce n’est pas irréversible ..). Autre fait intéressant, 88% estiment avoir « besoin d’un vrai chef pour remettre la France en ordre », 84% regrettent la critique de l’autorité aujourd’hui, et 49% se prononcent pour la peine de mort. Pas vraiment les valeurs de gauche libérale qui ont pourtant triomphé lors des dernières élections …

Par ailleurs, ils sont 33% (contre 24 en 2014) à penser qu’une autre voie est possible, alternative à la démocratie

 

(Ndlr. Pour l'alternative à la démocratie, lire : Le roi libérateur)

 

...tandis que seuls 41% pensent que les médias jouent un rôle important dans la démocratie, 32% les associations et les intellectuels, mais 58% les citoyens et 51% les hommes politiques.

71% pensent que le système gauche/droite est dépassé.

Vis à vis du monde extérieur – et même si les questions sont particulièrement mal posées – ils sont une minorité (22%) à estimer que l’on peut faire confiance à tout le monde, 48% à voir en la mondialisation une menace, et 53% à penser que la France doit se protéger vis à vis du monde extérieur.

 

70% estiment que les priorités nationales doivent l’emporter sur l’Europe mais 80% veulent rester dans la zone euro et 58% voient d’un bon oeil l’appartenance à l’UE

Sur les questions sociales et sociétales :

55% estiment que « les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment » (NDLR : le niveau des questions fait penser à des discussions de comptoir) et 57% qu’il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres pour plus de justice sociale . 55% souhaitent plus d’intervention de l’Etat dans certains domaines et dans le même temps, 62% estiment qu’il y’a trop d’assistanat (?).

Sur le protectionnisme et le libre échange, c’est du 50/50

Sur les questions sociétales :

Illustrant le sondage « les valeurs du passé » avec une femme cuisinant et son homme à côté d’elle, on retrouve des questions farfelues : « est-ce que vous vous inspirez des valeurs du passé dans votre vie ? » sans que l’on sache ce que cela signifie. (65% répondent oui et le même pourcentage que c’était mieux avant).

Sur le Front national : 

59% pensent qu’il s’agit d’un parti dangereux pour la démocratie, et 60% un parti xénophobe (on remarquera que les sondeurs n’ont pas posé les mêmes questions pour les autres partis). 44% le voient comme un parti utile, 30% avec des solutions réalistes, et 25% capable de gouverner le pays.

« Racisme et xénophobie », « Faits religieux et laïcité » : des thématiques pas du tout orientées …

Voici le titre d’un des sujets du sondage, portant sur l’immigration (ce qui signifie donc qu’être contre l’immigration serait ou bien du racisme, ou bien de la xénophobie). 65% des sondés pensent qu’il y’a trop d’étrangers en France (discussion de comptoir bis), 60% qu’on ne se sent plus chez soi comme avant, 61% que les immigrés ne font pas d’effort pour s’intégrer, 43% qu’il faut réduire le nombre d’immigrés pour réduire le nombre de chômeurs, tandis que 54% pensent qu’il est difficile de s’intégrer en france pour un immigré.

Concernant la partie religion, rebaptisée timidement pour le coup « faits religieux et laïcité », 40% des sondés pensent que la religion musulmane est compatible avec la société française (81% pour le judaisme et 90% pour le catholicisme). 74% des sondés trouvent que la religion musulmane cherche à imposer son fonctionnement aux autres (18% pour les catholiques et 14% pour les juifs). 85% pensent que « l »intégrisme religieux » progresse et que c’est un problème préoccupant. Enfin, ils ne sont que 54% à penser que l’islam est une religion pacifiste (contre 66% en 2015) et que le djihadisme est une perversion, tandis qu’ils sont 46% à penser que cette religion porte en elle les germes de violence et d’intolérance.

Il ressort donc de ce sondage la fragmentation de la société française, ainsi que le rejet croissant de l’Islam, de l’immigration, et du monde politique par une majorité d’entre eux, majorité qui ne se sent nullement représentée politiquement, y compris par le Front national. Les mois qui viennent risquent d’être agités dans France dont le ciment semble désormais totalement artificiel.


[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

SOURCE

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 14:07

 

"A en croire l'imaginaire populaire il semblerait qu'au 'Moyen Âge', cette longue période rustre, sale et inculte, paraît-il, les hommes pensaient que la terre était plate. Vraiment ?

 

Pourtant, dès le Ve siècle avant notre ère, des savants grecs avaient déjà montré la rotondité de la terre.

 

Eratosthène

Eratosthène (v. -276 – Alexandrie, Égypte, v. -194), scientifique grec, sera le premier à en calculer la circonférence deux siècles plus tard. Avec une marge d'erreur de 20% certes, mais pour les connaissances de l'époque, admirons la prouesse !

 

Dès le VIIe siècle, à l'apparition des premières mappemondes, ils utilisaient déjà les termes de globes, de sphères pour la désigner.

 

D'où vient le terme 'mappemonde' ? A l'origine, le mot mappa désignait une étoffe, une serviette, une nappe. A partir du IXe siècle, on allait passer de la désignation du support à celle du contenu : la mappemonde allait être le support graphique représentant le monde.

 

Au XIIe siècle, les croisades allaient aider à répandre la pensée des savants grecs dans toute l'Occident, grâce à la traduction des textes en latin.

 

De fait, au 'Moyen Âge', la notion de sphéricité de la terre ne faisait aucun doute. D'ailleurs, Charlemagne -pour signifier son pouvoir sur le monde-  tenait un globe terrestre dans sa main et non un disque.

Au Moyen-Age, les hommes pensaient-ils vraiment que la Terre était plate ?

Joannes de Sacrobosco, mathématicien et astronome, écrit à Paris en 1224 le "Traité de la Sphère". Cet ouvrage majeur se diffusera dans toute la Chrétienté. L'Eglise n'y trouva rien à redire.

 

Plus tard, le navigateur Christophe Colomb allait hériter de toutes ces découvertes scientifiques anciennes pour mener à bien son expédition. Il n'aura d'ailleurs pas à convaincre les théologiens de la Cour d'Espagne de la rotondité de la terre, mais simplement de la faisabilité du voyage. Isabelle Ière de Castille, dite 'la catholique', le financera, même si elle ne crut pas beaucoup en son succès.

 

Quant à Galilée, dont on pense encore qu'il fut à l'origine de la découverte de la forme sphérique de la terre, il n'a jamais été condamné par l'Eglise pour avoir affirmé que la terre était ronde, mais pour avoir remis en question la théorie du géocentrisme. Galilée défendait l'héliocentrisme, à savoir que la terre tourne autour du soleil, ce qui était fort juste. Condamné à la prison, le pape allègera tout de suite sa peine en résidence surveillée, puis il finira sa peine chez lui à Florence : il n'ira donc pas en prison et continuera à percevoir des revenus ecclésiastiques que le pape lui avait octroyés.

 

Mais d'où vient donc cette simplification des faits, cette hostilité envers 1000 ans de notre histoire ? La réponse vient du côté des auteurs de la 'Renaissance' repris par des historiens du XIXe siècle. Pour mettre en valeur une 'Renaissance' éclaboussée par la connaissance et un XIXe siècle tellement civilisé, il fallait pour cela mépriser ce 'Moyen Âge' sous influence religieuse forcément néfaste. Ah! Elle a bon dos la religion!"

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 07:05

La politique est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire.

Richelieu

L'édit de Nantes de 1598, cédé par Henri IV, permet à la communauté protestante française de prospérer, jusqu'à devenir un véritable État dans l’État possédant son armée et sa diplomatie propre. Lorsqu'en 1617, les Protestants refusent ouvertement d'appliquer une clause de l'édit de Nantes (jusqu'alors non appliquée), le jeune roi Louis XIII décide d'écraser militairement la Rébellion. L'épisode des "Rebellions Huguenotes", doublé d'une guerre franco-anglaise (1627-1629), est parfois considéré comme la dernière guerre de religion en France.

Extrait :

 

«Avril 1598. Le Roi de France Henri IV promulgue l'édit de Nantes, accordant aux protestants le droit de pratiquer leur culte dans certains lieux réservés. L'édit met fin à la guerre entre catholiques et protestants qui ensanglanta la France durant toute la seconde moitié du 16e siècle. Mais il engendre une situation complexe et instable. En effet, l'édit rétablit de fait le catholicisme comme religion d'état... Mais il restaure les droits civils des huguenots (protestants français), et leur octroie certains privilèges, comme des tribunaux spécifiques. Il leur attribue également 160 villes fortifiées, et une puissance militaire autonome, distincte de l'armée royale. Cette force de défense de 30 000 hommes peut paraître justifiée au lendemain des guerres de religion, mais à long terme, elle met en péril l'unité de l'état.

 

Lorsque le jeune Louis XIII accède au pouvoir en 1617, il prend en main les affaires du royaume, d'abord entouré d'un conseil restreint... puis progressivement avec un seul "premier ministre": le Cardinal Richelieu. Les deux hommes partagent une même conception de la grandeur de la France et de la "raison d'état". Ils vont être amenés à reprendre les hostilités contre les protestants, moins de façon planifiée que pour assurer l'autorité de la royauté. En effet, Louis XIII a la volonté de rendre le libre exercice du culte catholique à tout le Béarn, province entièrement passée à la Réforme protestante sous l'influence de la reine de Navarre Jeanne d'Albret (épouse d'Antoine de Bourbon et mère d'Henri IV. Ndlr.). Cette décision prévue par l'édit de Nantes, mais non appliquée par Henri IV déclenche un mouvement de résistance au nom de la "cause réformée". En 1620, le Conseil de Béarn, composé entièrement de protestants, refuse d'entériner la décision royale et soutient les chefs huguenots rebelles.

Louis XIII doit s'imposer par la force : Pau est militairement occupée, et les membres du Conseil sont remplacés par des catholiques. Certaines familles protestantes se plient à la décision du souverain, mais d'autres continuent de le défier.

Louis XIII écrase un Etat dans l'Etat (1628)

Les rebelles se placent sous le commandement des frères Henri et Benjamin de Rohan, et se réunissent à La Rochelle, principale place forte huguenote. Ils y organisent des levées de taxes et de soldats, et font même appel à la protection du roi d'Angleterre. Louis XIII ne peut tolérer ce qui apparaît désormais comme un "état dans l'état". La guerre est inévitable.

 

En mai 1621, le roi envahit le Béarn à la tête de ses troupes. La campagne commence bien avec les redditions de Saumur et Thouar, puis la prise de Saint-Jean d'Angély. Mais Montauban résiste avec acharnement, et l'armée royale doit se retirer le 9 novembre, après avoir subi de lourdes pertes. Henri de Rohan reste maître du Languedoc, tandis que son frère Benjamin, le "duc de Soubise", pille le Poitou et amasse un butin considérable.

 

1622. Le roi repart immédiatement en campagne contre Soubise, réunissant 7000 hommes au sud de Nantes. A l'approche des troupes royales, les huguenots se réfugient dans les Marais de l'Île de Riez, au large des Sables-D'Olonne. Mais dans la nuit du 15 au 16 avril, Louis XIII et ses hommes franchissent audacieusement un bras de mer à gué et encerclent le camp ennemi. Totalement surpris, les huguenots tentent une percée... Mais ils sont taillés en pièces par l'armée royale. 3000 huguenots sont massacrés et 1500 sont faits prisonniers. Soubise, lui, est parvenu à s'enfuir dès le début du combat. Louis XIII a pacifié le Poitou, mais les protestants restent en révolte, au sud d'une ligne La Rochelle-Aigues Mortes.

 

Fin 1622. Les combats continuent dans le Midi : le siège de Montpellier est le théâtre de combats acharnés. Epuisés, les deux camps conviennent alors d'une trêve en octobre, et Montpellier accepte d'ouvrir ses portes en échange du pardon du roi.

 

Les hostilités reprennent en 1624 quand la flotte huguenote -commandée par Soubise- prend le contrôle des Îles de Ré et d'Oléron. Louis XIII réagit: 1500 soldats royaux débarquent et reprennent une partie de l'île de Ré, dont la forteresse de Saint Martin. Peu après, la flotte huguenote est battue en mer par "la Royale", commandée par le seigneur de Toiras. Charles Ier d'Angleterre déclare alors la guerre à Louis XIII, autant par solidarité envers les huguenots que pour entraver la montée en puissance de la marine française.

 

Maréchal de Toiras

Le 12 juillet 1627, une puissante flotte anglaise -menée par le duc de Buckingham- parvient à débarquer 7000 soldats sur l'île de Ré. Les Anglais mettent le siège devant la citadelle, mais Toiras et ses hommes tiennent bon. En octobre, un intrépide convoi français réussit à traverser le blocus anglais pour ravitailler les assiégés. Buckingham veut alors en finir: il ordonne une attaque massive, mais celle-ci se brise à nouveau sur les défenses françaises. Voyant le moral ennemi au plus bas, Toiras opère une sortie rageuse. Pris de panique, les Anglais fuient vers leurs navires, sous le harcèlement constant des Français. Durant cette désastreuse campagne les Anglais auront perdu 5000 hommes sur leurs 7000 engagés. Leur bourreau, Toiras, est nommé Maréchal de France par Louis XIII. Celui-ci met alors le siège devant la ville de La Rochelle, afin de "couper la tête du dragon".

 

Richelieu déploie 20 000 hommes autour des puissantes murailles de la ville, coupant toutes les voies de communication terrestres. Pour empêcher le ravitaillement par la mer, le Cardinal fait construire une digue d'1,5 KM de large et 20 m de hauteur, hérissée de canons. L'ouvrage prouve son efficacité en mai 1628 : une flotte anglaise, menée par Buckingham, ne parvient pas à forcer le blocus. Même résultat en septembre : la flotte du comte de Lindsey doit rebrousser chemin sous la mitraille. Pour les Rochelais, la famine s'ajoute aux terribles bombardements de l'artillerie royale. Fin octobre, leur maire, Jean Guiton, comprend que tout est perdu, et finit par se rendre. Dans la cité qui défia le pouvoir royal, il ne reste que 150 soldats capables de se tenir debout et 5000 civils survivants sur 25 000.

 

Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle (Henri-Paul Motte, 1881)

En Languedoc, Henri de Rohan avait entamé des négociations avec l'Espagne, devenue adversaire de la France. Mais les secours espagnols n'ont pas le temps d'arriver : Privas tombe aux mains des troupes de Louis XIII, qui rasent la cité et massacrent les habitants. A cette nouvelle, les autres bastions protestants du Languedoc rendent les armes sans coup férir. Louis XIII met alors le siège devant Alès (Gard), dernière place forte huguenote de France. Celle-ci se rend en juin 1629.

 

Par l'édit d'Alès, le roi accorde l'amnistie aux protestants qui ...gardent le droit de pratiquer leur religion dans le Royaume de France. Cependant, Louis XIII supprime l'intégralité des privilèges, politiques, juridiques et militaires dont ils bénéficiaient. Henri de Rohan est gracié mais doit s'exiler à Venise. Son frère cherche à poursuivre le combat mais il meurt peu après en Angleterre...

 

La monarchie française sort renforcée de ces années de guerre : le parti protestant est définitivement éradiqué, l'ennemi anglais sévèrement affaibli. La toute nouvelle marine royale s'est bien comportée et semble prête à concurrencer la Hollande sur toutes les mers du globe.

 

L'action énergique et intransigeante du roi durant les révoltes huguenotes portent les germes du "Grand siècle" français.

 

A la fin du XVIIe siècle les tensions religieuses reprennent en Europe de l'Ouest. A partir de 1685, Louis XIV entreprend de convertir de force les protestants français, accélérant leur exil vers l'étranger. Au total, 275 000 protestants ont quitté la France du 16 au 17e siècle, pour le plus grand profit de leur pays d'accueil (surtout l'Angleterre et les Pays-Bas).

 

Etrangement, l'arrivée en France de 70 000 catholiques britanniques et irlandais -chassés du Royaume-Uni entre 1690 et 1745- est beaucoup moins étudiée. Ces exilés -dont 40% sont des nobles- furent accueillis à bras ouverts dans les villes côtières de l'Ouest et s'y assimilèrent remarquablement. Très dynamiques ils contribuèrent à l'extraordinaire essor du commerce maritime français du 18e siècle. Aussi, 23 000 immigrés irlandais intégrèrent l'armée française, y démontrant leur immense courage à maintes reprises jusqu'à la Révolution. C'est ainsi que l'on trouve dans les armées françaises 2 maréchaux» , 18 lieutenants généraux et 12 maréchaux de camp d'origine irlandaise. »

 

Texte et montage Le Cajun.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:52

Invitée de Tv-Libertés, l'historienne Marion Sigaut évoque son ouvrage "Le tournant de la régence", quatrième opus de la collection "Les manuels d'Histoire de Marion Sigaut".

Extrait:

 

"Les jansénistes, c'est l'hypocrisie de la bigoterie. Les jansénistes voulaient non pas seulement régenter l'Eglise, ils voulaient que la société civile puisse connaître des affaires de sacrements et de dogme.

Les jansénistes voulaient que la religion soit soumise à l'état. C'est-à-dire que les points de dogme et de sacrements soient sous l'autorité des juges et même des avocats. Une chanson chantée à l'époque pour se moquer des jansénistes disait 'Avant vous croyiez que les papes ou les cardinaux étaient compétents pour juger des points de dogme, aujourd'hui pas du tout, c'est les avocats, les avocats, les avocats !' C'est-à-dire que ce sont des gens qui ont voulu soumettre la religion à l'état et ils appelaient cela 'la laïcité'. [...] Et les jansénistes ont poursuivi en justice des curés qui avaient refusé en leur âme et conscience de donner la communion à des pénitents qui n'étaient pas en état de la recevoir.

Sans aller jusqu'à aujourd'hui, on va trouver une illustration très parlante de la victoire des jansénistes dans la 'Constitution civile du clergé' [Décret unilatéral de l'Assemblée dite "nationale" du 12 juillet 1790. Ndlr.], selon laquelle le clergé n'est plus payé par l'Eglise..., par l'intermédiaire de la dîme [mais par l'état. Cette "constitution" donnait statut de citoyen-fonctionnaire-élu aux membres du clergé. Ndlr.], les prêtres vont être élus par la population. Si par exemple dans un village il y avait un libre penseur, trois protestants et une communauté juive, ils auront accès à l'élection du prêtre qui sera payé par le budget de l'état... [Les évêques seront être élus par l'assemblée des électeurs du département (un électeur pour cent citoyen actif, l'électeur devant justifier un revenu de 150 ou 200 journées de travail). Source: Augustin Gazier, Études sur l'histoire religieuse de la Révolution française d'après les documents originaux et inédits depuis la réunion des États généraux jusqu'au Directoire, Paris, 1887, p. 32, Ndlr.] C'est cela la séparation de l'église et de l'état ?" (Fin de citation)

Ainsi, ce qui caractérise au premier chef l'état moderne, et dans le cadre de l'émergence de la république absolue des Lumières qui entend régenter la religion, ce n'est pas d'abord la sécularisation des doctrines ecclésio- ou théologico-politiques (le roi de France sera sacré jusqu'au dernier, Charles X), "c'est au contraire la détermination strictement théologique de cette nouvelle figure de l'état absolu, qui passe prioritairement par une re-sacralisation de l'état..." (Cf. Fanny COSANDEY, Robert DESCIMON, L'Absolutisme en France, Histoire et historiographie, L'histoire en débats, Points Histoire, Paris 2002, p. 102) Un état qui en quelque sorte devient lui-même religion et qui fait qu'aujourd'hui par exemple une république soit disant "laïque" créer de toute pièce un "islam de France" (mise à mort de la loi de 1905) et voit un de ses ministres de l'intérieur réclamer le financement public des imams, c'est-à-dire la fonctionnarisation de l'islam... C'est sans doute dans cette direction que l'historiographie de l'absolutisme en France s'orientera les prochaines années.

 

 

Enfin, Marion Sigaut rappelle que "cette "Constitution civile du clergé" (1790) est ce qui a déclenché la guerre civile" en 1793-1794. Or, trois ans avant le déclenchement de la Guerre de Vendée, le pape Pie VI écrivit le 9 juillet 1790 à Louis XVI : "Nous devons vous dire avec fermeté et amour paternel que, si vous approuvez les décrets concernant le Clergé, vous induirez en erreur votre Nation entière, vous précipiterez votre Royaume dans le schisme et peut-être dans une guerre civile de religion." (Cité in Jean de Viguerie, Christianisme et Révolution, Paris, 1986, p. 82.)

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 06:46
L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

En 2014 a été découverte à Lavau, dans la banlieue de Troyes (Champagne, région "Grand Est"), la tombe du "prince de Lavau" (Cf. Ci-dessous le documentaire d'Arte 2017, "L'énigme de la tombe celte"). La tombe du prince de Lavau, celte du Ve siècle av. J.-C., rejoint le phénomène dit des "tombes princières", manifestations spectaculaires du phénomène princier celte (Vix en Bourgogne, 1953, et Hochdorf à Stuttgart, Baden-Wurtemberg 1977).

 

Nos ancêtres les Gaulois vivaient sous une monarchie. Le "peuple français " (Régine Pernoud) a pris la relève; jusqu'en 1789 et la démocratie du néant, il se gouvernait sous une monarchie sacralisée... La France avec son histoire gauloise, c'est trois mille ans d'épopée. Les dernières données de la science font remonter la présence celtique dans le domaine nord-alpin au "troisième millénaire" avant Jésus-Christ.

Compte tenu de la continuité entre les cultures archéologiques qui se succèdent dans le domaine nord-alpin depuis l'âge du Bronze final et l'âge du Bronze moyen, divers auteurs ont cru pouvoir faire remonter l'apparition des Celtes au deuxième millénaire. Pour d'autres, on peut la chercher dans les phénomènes complexes qui touchent le domaine nord-alpin au Chalcolithique, au troisième millénaire [Brun 2006]"

L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.

Le documentaire d'Arte :

L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

Bibliographie

 

. Patrice BRUN, Princes et Princesses de la Celtique, Le premier Âge du fer en Europe, 850 – 450 av. J.-C., Collection des Hespérides, Editions Errance, Paris 1987

. Jean-Louis BRUNAUX, Les Celtes, Histoire d'un mythe, Belin, Paris 2014

. L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.] Un ouvrage qui confronte les sources classiques aux données les plus récentes de l'archéologie.

. Camille JULLIAN, La Gaule avant Jules César, éd. du Trident, Paris 2012

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 09:03
Quelle "ouverture" ?

Afin de trouver un levier politique, les progressistes, de "droite" et de gauche utilisent sans arrêt le mot "ouverture" de la société (ouverture aux frontières, ouverture dans le marché, l'économie, etc.) pour disqualifier la "fermeture" des souverainistes (fermeture aux frontières, limites sociales et économiques). Or, quelle est l'ouverture qui n'a pas de limites ? La liberté peut-elle se définir sans limites ? Les limites ne sont-elles pas la garantie de la liberté ? Quelles sont les "valeurs" qui ne sont fondées sur rien et défendues par rien quant au fondement ultime de la politique ?

 

Depuis leur Ière "république", les modernes fondent la démocratie sur rien..., l'indétermination du fondement de la politique serait gage de "liberté". On est là au coeur du projet "libéral", entendu au sens du libéralisme "philosophique" des prétendues "Lumières" du XVIIIe siècle. L'absurdité est le fondement politique ultime de leur "société". Résultat : Après avoir tout détruit, tout déconstruit au nom de l'idéologie, le "progrès" des "libéraux" - progrès dont tout le monde voit bien que la promesse a échoué - aboutit à une tyrannie.

 

Lire : Conférence de Patrick Buisson du 16 mai 2017

 

Quelle est la différence entre l'URSS d'un Lénine abrogeant toute référence à la morale classique chrétienne dans la politique et le projet d'un Emmanuel Macron dont le logiciel politique est celui du "fascisme" de la théorie du genre ? (Le "fascisme" de la théorie du genre est une expression du docteur en psychologie Yann Carrière)

 

Qu'est-ce qu'a fait le communisme qui est le fascisme le plus violent qu'ait connu l'humanité au XXe siècle ? Au nom du bien et de la défense des prolétaires, qui est une bonne cause, il a massacré des paysans, des bourgeois, des millions de personnes. Et cela c'est pervers dans le sens étymologique, puisque pervers c'est retourner la logique naturelle. Le communisme était censé faire le bien et il a fait le mal. Aujourd'hui, le gender promet de prendre la suite. Il ne promet pas une société sans classe, il promet une société sans sexe puisqu'il y aura une infinités de genres.

 

Le sous-titre du livre de la théoricienne du genre, Judith Butler, "Trouble dans le Genre", c'est "le féminisme et la subversion de l'identité" (1990), ce n'est pas subversion de l'identité sexuée, c'est subversion de l'identité tout court... C'est-à-dire que dans cette idéologie post-moderne, la personne, le sujet n'existe pas.Le chemin pris par Descartes, "je pense donc je suis" a été amené jusqu'au bout, mais "je" n'existe pas. Et donc nous sommes juste un petit noyau de vie manipulé par des rapports de pouvoir qui nous font homme ou femme. Nous arrivons à l'"abolition de l'homme" dont parlait l'universitaire britannique C.S. Lewis (1898-1963).

 

La confusion (des genres), c'est dans le but, c'est dans la méthode. Judith Bulter a été interviewée par le Nouvel Observateur dans un numéro de décembre 2013, où on lui pose la question : "Vous dites que les différences sexuelles n'existent pas biologiquement?". Elle répond : "C'est vrai, le sexe biologique existe". Elle n'est pas toujours aussi claire, mais là elle le dit. "Simplement, ajoute-t-elle, sa définition nécessite un langage et un cadre de pensée - autant de choses qui par principe peuvent être contestées et qui le sont." Traduction : oui les différences biologiques existent, mais si vous en parlez je vais vous démolir. Cela peut être contesté et cela l'est. Votre code de pensée est contestable et il va être contesté. Les mots que vous employez, ils sont contestables, et ils vont être contestés. (2+2=5) Et vous n'aurez plus qu'à vous taire. C'est cela le "gender". Mais que la personne n'existe pas, cela est génial pour un Etat totalitaire... Et cela va à l'encontre de toute la civilisation chrétienne qui est fondée sur la dignité de la personne faite à l'image de Dieu. La personne n'est pas intéressante pour un système capitaliste, que ce soit du point de vue employeur et consommateur. Et d'ailleurs vous n'avez plus une direction du personnel mais une direction des ressources humaines qui s'occupent des compétences des gens. Vous avez des portefeuilles de compétences sur pattes en gros, ambulants, qu'on va exploiter au mieux. Mais la personne c'est gênant notamment parce que cela a des besoins spirituels.

 

Lire : Yann Carrière : Du sexisme au fascisme 

Yann Carrière sur la "théorie du genre", une "théorie fascisante"

"Le genre : une idéologie totalitaire fascisante qui détruit la pensée" (Yann Carrière)

 

Conclusion

 

Une telle utilisation du mot "ouverture" par les progressistes est donc une escroquerie intellectuelle et politique fondée sur rien, qui conduit au fascisme, qui lui-même conduit à l'effondrement de la société et au désespoir, la destruction de la société que les mêmes modernes avaient prétendu pourtant construire sur des bases nouvelles de liberté et d'égalité...

 

"Ouverture" , Quelle "ouverture" ?

 

Lire : Michel Onfray : Macron a créé une cellule contre Zemmour et moi-même

Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:32

Dans un entretien pour Tv-Libertés, le philosophe Francis Cousin, auteur du livre "l'Être contre l'Avoir", fait une critique "radicale" des gens de la "Manif pour tous" :

Merci à R. pour le lien.

Extrait :

 

"Il y a entre Marx et Lénine autant de différences qu'entre Jésus et Calvin. Jésus est venu sur terre dans l'Incarnation radicale du soleil christique pour l'abolition du temple de la marchandise. Calvin se réclame de Jésus et c'est l'apothéose boursière de la Genève financière... Il y a donc manifestement chez Calvin, l'antithèse radicale du Christ. Et, pour les groupes radicaux dont je vous parlais tout à l'heure, à l'époque où Charles Maurras découvre Lénine, cela fait plus de vingt ans que des groupes radicaux dénoncent le bolchévisme comme 'un capitalisme d'état'. Donc les groupes ouvriers radicaux ont toujours été contre la social-démocratie du capital, et ils ont toujours été contre le capitalisme d'état bolchévique, léniniste, trotskyste, maoïste, etc. C'est-à-dire que au moment où toute une population était effectivement encartée dans le mythe fallacieux de la Russie soviétique, ces groupes disaient mais non : la Russie soviétique, c'est le capitalisme d'état soviétique.

 

Et le fétichisme de la marchandise, c'est le moment où la valeur d'échange potentiel qui a commencé à naître lors de la révolution au néolithique, et qui n'a pas cessé de s'étendre siècle par siècle, au moment de la guerre de 14 commence à prendre le pouvoir absolu sur le monde. Aujourd'hui, tout est fétichisme, tout est marchandisation... La GPA, la PMA, ce ne sont pas des ratés, c'est la logique absolue. Et puisqu'on est sur Tv-Libertés, il m'arrive parfois de tomber sur des gens de la Manif pour tous et je leur dis: mais vous n'avez rien compris, vous êtes là, une bonne famille française, vous êtes classiques, vous souhaiteriez que la France se soit arrêtée à un temps antérieur, vous êtes fiers que votre fils soit avocat en droit d'affaires, vous êtes fiers que votre fille fasse HEC, mais vous n'avez rien compris. La PMA et la GPA sont constitutifs de ce monde traditionnel que vous défendez parce que vous n'avez pas compris que dans ce monde traditionnel que vous défendiez il y avait souterrainement la vampirisation qui arrivait et qui est là. On ne peut pas dire : je veux une société où il y a de l'argent et en même temps condamner les effets de l'argent. Donc la vraie problématique contre l'avoir, contre l'Argent, on en revient au Christ incendiaire chassant les marchands du temple, à Hegel et à Marx, à Babeuf. On est ici dans une télévision qui a dans son soubassement culturel une propension particulière à poser le fait vendéen. Le fait vendéen, ce n'est ni Cathelineau ni Charette qui l'ont compris. Ils n'ont strictement rien compris à la dialectique industrielle du capitalisme populicide. C'est un communiste radical qui s'appelait Babeuf, qui a été guillotiné parce qu'il soutenait les insurrections sans-culottes de Paris contre la bourgeoisie thermidorienne, qui a compris en quoi le 'populicide' vendéen venait marquer le passage dans la dynamique industrielle de la dictature du fétichisme de la marchandise. Et il n'y a que Babeuf qui a compris le 'populicide'".

 

Le journaliste Martial Bild pose alors une question essentielle à Francis Cousin : "Parmi vos références, est-ce que le marxisme est une clé de lecture suffisante pour comprendre les coulisses de cette guerre de l'être sur l'avoir ?"

 

Francis Cousin : "Pas le marxisme, puisque comme le disait Marx dans toute sa correspondance à la fin de sa vie : ce que je sais c'est que je ne suis pas marxiste.

 

Le marxisme, c'est une gigantesque imposture qui s'est créée pour étouffer la pensée subversive radicale de Marx. Marx est aux antipodes de toutes les droites et aux antipodes de toutes les gauches et il a fait une critique radicale de ce que devenait la social-démocratie et il a fait une critique radicale de ce que devenait le bolchévisme, le capitalisme d'état concentrationnaire. L'objet de Marx, en reprenant les pré-socratiques, dans la poursuite de Hegel, c'est de poser l'insurrection de l'être générique contre l'avoir.

 

[...] Je me définis comme communiste, au sens ontologique de ce qu'est le communisme, c'est-à-dire la communion des hommes. [...] Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon se disent communistes comme Calvin se dit chrétien. Le mot communiste surgit dans l'histoire bien avant Marx. Il surgit dans tous ces mouvements, la guerre des paysans, la croisade des Pastoureaux. Durant tout le Moyen-Âge nous avons des insurrections paysannes qui se disent communeuses, qui se disent communières, qui se disent communistes, il faut restaurer le Royaume du Christ sur terre, il faut abolir l'état, il faut abolir l'argent.

 

Durant tour le temps médiéval, il ne se passe pas une année sans que dans une région ou que dans une province le tocsin insurrectionnel des paysans se mette en mouvement pour que les paysans se réapproprient leur vie, dans une sacralité, dans une sacralité de l'être.

 

Je pense qu'on en revient si vous voulez à ce que disait Hegel, 'le vrai c'est le tout'. Il n'y a pas un sujet de notre quotidienneté qui ne trouve sa signification si on le rapporte pas au tout de cette contradiction essentielle qui fait la vie, il y a l'être et il y a l'avoir, il y a le beau et il y a le laid, il y a la domestication et il y a l'émancipation. Il y a donc toute une série de problématiques qui sont toujours à résoudre dans cette articulation-là, et c'est c'est ce que les présocratiques ont compris." (Fin de citation)

 

Note de Christ-Roi. Les présocratiques ne sont pas la religion indépassable. Hormis un impératif moral pour soi-même, poser l'insurrection de l'être contre l'avoir comme un impératif collectif, poser l'instauration ou la "restauration" du Royaume du Christ sur terre par la force, l'"abolition" de l'état et de l'argent par la force, c'est méconnaître l'action et la volonté réelle de Dieu. C'est méconnaître l'enseignement du Christ et de l'Eglise. A la place d'un tout indistinguable, religion du monde antique, le Christ a distingué le temporel et le spirituel. Se constituer contre (ce que voulait faire les Juifs de l'empire romain) est déjà donner une existence et une constitution à ce que l'on combat. A la culture de l'affrontement matériel insurrectionnel, pour détruire ce qu'il y a de mal dans la matière (héritage du péché originel) le Christ n'a pas cherché à abolir l'empire romain par la force ou à le combattre avec les armes matérielles de l'ennemi..., il a plutôt condamné ceux qui voulaient se servir de l'épée pour le défendre ("Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée." Mt, 26:52), et a privilégié l'arme spirituelle, le don gratuit de soi et l'exemple communicatif. [A noter que cela ne signifie pas non plus comme le prétendent certaines sectes, que tout usage de la force soit prohibé dans le christianisme. (Cf. S. Thomas d'Aquin, II, 9-40, sur le concept de guerre : intention droite, cause juste, être le seul moyen, un espoir raisonnable de victoire, des moyens non intrinsèquement mauvais, des moyens proportionnés). Dans l'Evangile, saint Jean le Baptiste dit clairement que le métier des armes n'est pas interdit : "Et des soldats aussi l’interrogeaient, disant : Et nous, que ferons-nous ? Et il leur dit : N’usez de violence ni de fraude envers personne, et contentez-vous de votre paye". Luc 3:14.]

 

Sachant qu'elle ne pouvait pas abolir d'un coup matériellement l'esclavage, l'Eglise s'est contentée de le condamner moralement dans différents conciles (conciles d'Orange 441, Arles 442, Agde 506, Orléans 541, Mâcon 585, Paris 615, Reims 625, Chalon-Sur-Saône 650), ainsi que dans différentes bulles des papes, jusqu'à ce que ce soit des pouvoirs séculiers temporels des sociétés chrétiennes elles-mêmes qui finissent par décréter l'abolition de l'esclavage.

 

De même, s'agissant de l'argent, l'Eglise en condamnant l'usure a permis à l'Occident d'être libre de l'esclavage des changeurs de monnaie pendant quinze siècles. Le Code de droit canon de 1917 continue d'interdire l'usure pour les clercs.

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

Et lorsque Jésus chassa les changeurs de monnaie et les marchands du temple, parce que "lieu de prière" et non de commerce, son Sacré-Coeur le fit avec force et charisme en renversant les tables par la douceur associée à la Parole. La foi sans la charité n'est rien, mais la charité sans la foi débouche sur rien de solide et de durable. On ne dit pas assez que même à ce moment-là, le divin Coeur de Jésus était plein de douceur.

Francis Cousin fait une critique radicale des gens de la "Manif pour tous"

L'Eglise catholique s'est donc efforcée de suivre cet enseignement du Christ, enseignement du don gratuit de soi pour les autres, tout en encourageant vivement les possédants dans la société (les riches, les marchands, etc.) à donner gratuitement de leur richesse aux autres, à émanciper leurs esclaves,mais sans jamais imposer la charité publique et politique. Cette manière de combattre la matière était fondamentalement bien plus puissante et durable que n'importe quelle autre. Elle a transformé la société antique de l'avoir, abouti à la société du don gratuit du 'Moyen Âge' féodal où les artisans donnaient gratuitement de leur temps et offraient leurs savoir-faire et où les nobles et les possédants faisaient des dons d'argent et des legs divers.

 

Et c'est effectivement l'état moderne, celui de l'avoir, qui a transformé l'ancienne charité publique gratuite médiévale en charité publique obligatoire payée sur l'impôt... Nos états modernes sont fondés sur ce changement. Puis de la charité obligatoire dans l'état moderne nous sommes passés au stade de l'insurrection obligatoire au XXe siècle. On a vu ce que cela a donné.

 

Le Christ ne combat donc pas matériellement l'avoir dans la société à coups d'épée ou d'insurrection matérielle, il agit spirituellement en nous par la vie intérieure, en appelant chacun à des valeurs plus hautes, et la transformation intérieure. C'est pourquoi il est Notre Maître, Notre Seigneur, le "chemin", la "vie", la "vérité", parce qu'il est Celui qui nous conduit vers l'authentique progrès, le progrès qui dure et ne périt pas...

 

L'homme intérieur qui a une vie spirituelle intérieure transforme en profondeur une société bien mieux et d'une façon bien plus durable que n'importe quel insurrectionnel matériel.

 

Les révolutionnaires et le capital ont d'ailleurs fait 1789 pour détruire ce qui véritablement était pour eux un obstacle : la force de l'esprit sur la matière.

 

Ceci nous renvoie encore à la citation du royaliste Joseph de Maistre : "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution".

 

Enfin, bien qu'habillé d'un anti-matérialisme apparent, le radicalisme de Francis Cousin a tout l'air d'une tentation sous apparence de bien. Il s'agirait essentiellement d'un globalisme inversé qui aboutit à un matérialisme inversé, énième avatar des vieilles lunes des Juifs de l'empire romain (et encore aujourd'hui des Juifs talmudistes) dans l'attente d'un Messie politique ou d'un messianisme politique qui sauvera le monde.

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