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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 07:59

Hymne de la monarchie française...... chanté en français a capella en Russie..., sur les paroles de 1774 !  

 

Source video : Gloria Tv

 

Paroles 1774

 

Chantons l'antienne

Qu'on chantera dans mille ans,

Que Dieu maintienne

En paix ses descendants

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

--------------------------------

Source video : Youtube

 

Très bon site Histoire et Musée sur Henri IV:

http://www.musee-chateau-pau.fr/homes...

 

(pour les infos sur "Vive Henri IV" qui est la chanson, voir la vidéo liée je ne peux pas tout écrire ici.)

 

Sources:

-Le quid

-La cellule patrimoine du conservatoire militaire de musique

-France Production

-Serp Production

 

--------------------------------

La Marche de Henri IV

--------------------------------

 

Date: 1580

 

L'air final est publié dans un recueil de noëls de "Christophle de Bordeaux" dès 1581 en France, il aurait comme base un fragment du morceau de musique intitulé « les Tricotets », sur lequel s'exécutait une danse en vogue au seizième siècle, et que l'on a entendu au Vaudeville, dans « le Mariage de Scaron ».

 

On retrouve l'air de la marche de Henri IV en 1588 dans l'Orchésographie de Thoinot Arbeau sous le titre : "Bransle coupé nommé Cassandre". Il s'adaptait alors à une pièce de Ronsard.

 

Devenu très populaire, l'air va être repris à de nombreuses occasions en France et à l'étranger.

Actuellement cette mélodie est peut-être la plus célèbre de l'histoire musicale Française.

Son timbre a servi à toutes les époques dans de nombreux pays à des chansons d'inspirations diverses.

En 1717, édité dans la clé des Chansoniers, il sert à une "mazarinade". Grétry l'intercarle dans un de ses opéras.

Sous la révolution, il sert de timbre au tombeau des aristocrates.

En 1815 durant les Cent-Jours, des paroles contre l'empereur Napoleon sont chantées sur l'air de La Marche De Henri IV.

On reconnaît dans l'air de cette musique "La Marche du régiment de Navarre".

Le 27 août 1829 l'air de "La marche de Henri IV" est joué à Opéra de Paris dans le ballet Français "La Belle au bois dormant".

En 1890 il est remis à la scène à Saint-Pétersbourg en Russie sous la musique de Tchaïkovski, cette version est un hommage à la France de l'Ancien Régime. Ce ballet s'imposera d'ailleurs comme son chef-d'œuvre.

L'air de "La Marche de Henri IV" est aussi l'air des Hymnes de la Monarchie Française.

("Vive Henri IV", "La Parisienne" et "Le retour des Princes Français à Paris").

Dans "La Parisienne" deux air de musique royaliste sont alternés ("Charmante Gabrielle" et "Vive Henri IV")

 

***Conclusion générale***

Pour comparer l'air et la chanson à la Marseillaise

 

La grande différence c'est que la marseillaise est un chant sanguinaire imposé par l'état que l'on force à apprendre dès l'école primaire.

Tandis que Vive Henri IV c'est tout le contraire, il a été souvent mis à l'écart par les Rois eux mêmes, la chanson n'a donc jamais été imposée.

Seul Louis XVI aimait vraiment cette chanson.

Mais le peuple l'avait mis lui même au 1er rang durant des centaines d'années, sans les moyens moderne comme la télé, radio, ou match de foot ou l'école ect...

Son air était partout, il y a eu un très grand nombre de chansons personnelle ou chansons chantées sur son air.

Il incarnait donc vraiment le rôle d'Hymne et cela démontrait aussi à quel point Henri IV avait marqué le peuple Français.

 

Hymne De La Monarchie Française - Place Rouge, Moscou (a cappella)

Paroles

 

1590

 

Vive Henri IV

Vive ce Roi vaillant !

Ce diable à quatre

A le triple talent

De boire et de battre,

Et d'être un vert-galant.

De boire et de battre,

Et d'être un vert-galant.

 

1800-1899

 

Au diable guerres,

Rancunes et partis.

Comme nos pères,

Chantons en vrais amis

Au choc des verres,

Les roses et les lys !

Au choc des verres,

Les roses et les lys !

 

1774

 

Chantons l'antienne

Qu'on chantera dans mille ans,

Que Dieu maintienne

En paix ses descendants

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

Jusqu'à ce qu'on prenne,

La lune avec les dents.

 

1770

 

Vive la France,

Vive le roi Henri !

Qu'à Reims on danse,

En disant comme Paris

Vive la France,

Vive le roi Henri !

Vive la France,

Vive le roi Henri !

 

1590

 

Vive Henri IV

Vive ce roi vaillant !

Vive Henri IV

Vive ce roi vaillant !

Ce diable à quatre

A le triple talent

De boire et de battre,

Et d'être un vers galant.

 

1770

 

J'aimons les filles,

Et j'aimons le bon vin

J'aimons les filles,

Et j'aimons le bon vin

De nos bons drilles

Voilà tout le refrain

J'aimons les filles

Et j'aimons le bon vin !

 

1800-1899

 

Moins de soudrilles

Eussent troublé le sein

Moins de soudrilles

Eussent troublé le sein

De nos familles

Si l'ligueux plus humain

Eût ainsi aimé les filles

Eût aimé le bon vin !

***

Musique utilisée dans cette vidéo

En savoir plus

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Titre

The Sleeping Beauty, Ballet Suite op 66a

Artiste

Peter Tchaikovsky, DP (1890)

Album

LS 1016 Landscape Classics Series No 17

Concédé sous licence à YouTube par

AdRev Masters Admin (au nom de APM in North America and EMI Production Music for Rest of World|Landscape Classics|EMI PRODUCTION MUSIC GMBH); Warner Chappell

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 15:15

Héroïne nationale depuis 1920, 2020 fêtera aussi les cent ans de la canonisation de Ste Jeanne d'Arc. Figure d'unité nationale, pourquoi Jeanne d'Arc peut-elle devenir un modèle pour la France ? Un dossier dirigé par Charlotte d'Ornellas en kiosque ou en commande sur : boutique.valeursactuelles.com

Source: Video GloriaTv

 

"En 2020, nous fêterons deux centenaires qui parleront de Jeanne d'Arc. D'abord, le centenaire de sa canonisation (le 16 mai 1920), ensuite le centenaire de sa proclamation comme héroïne nationale (un mois après le 24 juin 1920). Les députés avaient voté cette année la 'fête du patriotisme', ou loi, qui est encore en vigueur, même si nos hommes politiques ont tendance parfois à l'oublier malheureusement.

 

"En pleine Guerre de Cent Ans, une jeune paysanne de Lorraine est appelée par la Providence, à rencontrer le roi Charles VII et à le faire sacrer à Reims. Elle parvient à le convaincre de lever une armée et de reprendre Orléans. À la tête de 4000 hommes, Jeanne d'Arc libère en 1429, Orléans assiéger par les Anglais. Auxerre, Troyes, Châlons sont reprises, ainsi que Reims où Charles VII est sacré.

 

"Ces deux centenaires nous disent deux choses très importantes sur Jeanne. D'abord qu'elle a été reconnue la même année en France, quinze ans après 1905, comme sainte et comme héroïne nationale. Et cela dit tout de l'harmonie qu'il y a autour de cette femme, harmonie un peu exceptionnelle dans l'histoire. Elle est célébrée par de Gaulle et par Pétain, par Vichy et par la Résistance, par les Bourbons et par Michelet, historien républicain et socialiste, s'il en est. Elle apparaît sous la plume de Péguy et d'Aragon. C'est vraiment une femme qui a réussi à être admirée par tous, pour des raisons évidemment différentes. Mais elle a su faire comme au moment de sa vie, comme pendant sa vie, l'unité dans le pays de manière clairement miraculeuse.

Source: https://boutique.valeursactuelles.com/produit/valeurs-actuelles-n4315-4316/

Source: https://boutique.valeursactuelles.com/produit/valeurs-actuelles-n4315-4316/

"Maintenant, Jeanne d'Arc n'est pas seulement l'objet d'un roman national, un mythe, une légende, comme elle a pu l'être dans les envolées lyriques de beaucoup d'hommes politiques, de poètes ou d'écrivains : elle est aussi une des femmes historiques les mieux connues parce qu'elle a deux procès dont on a encore les minutes aujourd'hui, le procès où elle est condamnée à mort et le procès en réhabilitation où beaucoup de ses compagnons, de ses amis d'enfance, de ses parents ou de sa famille, viennent parler d'elle et ont témoigné. Donc on connait beaucoup de détails sur son enfance, sur son adolescence, sur le moment où elle part, et ensuite quand elle est chef de guerre jusque évidement au bûcher.

 

"Donc c'est une femme que l'on connaît parfaitement. Et c'est en cela qu'elle peut devenir un modèle, un exemple encore aujourd'hui six siècles après, parce qu'elle est étonnante de vertu, étonnante d'espérance, de charité, et de foi, bien évidemment."

"Figure d'unité nationale, pourquoi Jeanne d'Arc peut-elle devenir un modèle pour la France ?" (Charlotte d'Ornellas)

Note du blog Christ-Roi. L'unité, comme la paix, vient de l'obéissance à la volonté divine. Jeanne a été soumise au Christ Roi, et a accompli sa mission du rétablissement de l'ordre dans le royaume de France : le roi lieutenant du Christ, les français obéissant au roi, les Anglais chez eux.

C'est l'unique remède à la grande pitié, à l'apostasie, à la ruine actuelle. Vive le Christ-Roi, oportet illum regnare (Il doit régner. 1 Co 15,25)

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 08:01
État libéral et liberté religieuse

Source: Politique Magazine / RT France

Bien loin d’être neutre, l’État libéral se coupe de la culture commune religieuse et se retrouve désemparé face aux religiosités contemporaines. Analyse par Damien Clerget-Gurnaud.

 

Initialement, la reconnaissance par l’Église de la liberté religieuse était une façon de rompre avec sa conduite passée, en prenant solennellement ses distances avec toute forme de violence exercée au nom de la religion. Fondé sur le principe de la dignité de la personne et sur la nature volontaire de tout acte de foi, le respect de la liberté religieuse n’était pas le moins du monde – du moins dans l’intention de la déclaration Dignitatis Humanae – un renoncement à la vérité universelle du christianisme. Bien au contraire voulait-il en être l’expression la plus fidèle. C’est au nom même de la foi en Jésus Christ qu’il était requis de ne pas contraindre ceux qui refuseraient d’y croire.

 

La séparation radicale du politique et du religieux

Si ce principe est difficilement contestable, son application en revanche l’est bien davantage. Car de ce même principe on pouvait tirer deux mesures radicalement opposées. D’une part promouvoir l’instauration d’une politique authentiquement chrétienne, et même plus chrétienne que jamais puisque plus que jamais attentive à la dignité des personnes. De fait, il n’est pas déraisonnable d’imaginer que les progrès de la liberté religieuse seront d’autant mieux assurés que l’État sera plus ouvertement chrétien. Si le principe de la liberté religieuse est théoriquement fondé sur une anthropologie chrétienne, seule la commune acceptation de cette dernière rendrait vraiment et pratiquement possible la réalisation pleine et entière de la première. Autrement dit : la liberté religieuse ne rend nullement obsolète l’ambition de baptiser des États et des nations, puisqu’il y a apparence que dans les nations chrétiennes la liberté de conscience serait sinon respectée du moins défendue.

 

La religion catholique s’est retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre

D’autre part ôter au christianisme toute velléité politique, en séparant radicalement deux domaines tenus pour intrinsèquement distincts : le domaine politique, où l’usage de la force demeure un moyen ordinaire et parfois légitime ; et le domaine religieux, où aucune contrainte ne saurait jamais être exercée. C’est cette possibilité qui a malheureusement prévalu historiquement. Cette séparation des domaines, cette rupture du vieil édifice théologico-politique sous les coups de boutoir du libéralisme lockien est au cœur de notre modernité politique. Les circonstances historiques qui ont concouru à l’avènement de cette modernité ont en effet utilisé le thème de « la liberté religieuse » d’abord comme un instrument d’émancipation face aux religions politiques.

 

Contre la théologie politique

Au lieu d’incarner un principe de théologie politique, le respect de la liberté religieuse est d’abord apparu comme une déclaration de guerre contre toute forme de théologie politique. Au lieu d’apparaître comme la confirmation des droits politiques d’une religion soucieuse avant tout d’améliorer la conduite collective des hommes, il passa pour un renoncement à valoir encore, à se faire valoir politiquement en tant que foyer normatif et phare des sociétés humaines. Il arriva donc que la liberté religieuse fut moins la liberté garantie par le christianisme que la liberté en partie conquise contre lui. Et l’espace politique, au lieu d’être encore chrétien, au lieu même d’être encore voulu chrétien par les chrétiens eux-mêmes, s’émancipa solennellement, au nom de la liberté religieuse, de toute appartenance confessionnelle.

 

Pour son malheur, la religion catholique s’est depuis assez longtemps retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre qu’elle a fini par admettre comme une évidence indiscutable et une incarnation théologiquement acceptable de son propre respect pour la liberté religieuse. Pourtant, s’il y a bien dans le christianisme le fondement d’une distinction ferme entre ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, donc d’une distinction entre l’État et l’Église, on n’y trouverait pas la moindre trace d’une pareille distinction entre le domaine politique et le domaine religieux. Que le roi n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par le pape n’implique aucunement qu’il n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par Dieu, dans le pieux respect de Ses préceptes.

 

La prétendue neutralité idéologique de l’État

Le 14 mai 2019, la très officielle commission théologique internationale a rendu public un rapport de quarante pages consacré justement à cette question de la liberté religieuse dans le monde contemporain. Sous ses allures modestes, ce petit texte s’attaque frontalement à ce dogme libéral de l’État neutre. Enfin ! Et il le fait avec une hardiesse combative qu’on désespérait de jamais revoir :

 

« La prétendue neutralité idéologique d’une culture politique qui déclare vouloir se construire sur la formation de règles purement procédurales de justice, en écartant toute justification éthique et toute inspiration religieuse, manifeste la tendance à élaborer une idéologie de neutralité qui, de fait, impose la marginalisation sinon l’exclusion de l’expression religieuse de la sphère publique. Et donc de la pleine liberté de participer à la formation de la citoyenneté démocratique. Ici se découvre l’ambivalence d’une neutralité de la sphère publique qui n’est qu’apparente et d’une liberté civique objectivement discriminante. »

 

Ce propos revient à dénoncer, avec une fermeté peu commune, le pacte explicite qui renvoyait la croyance religieuse à une sphère privée éloignée d’une sphère publique où prévalait au contraire la neutralité confessionnelle. Ce partage, quoi qu’il prétende, est un jeu de dupes qui ne respecte aucunement la liberté religieuse puisqu’il contraint pratiquement tous les croyants à se résoudre à une forme d’existence mensongère : « Lorsque les chrétiens acceptent passivement cette dichotomie de leur être entre une extériorité gouvernée par l’État et une intériorité gouvernée par l’Église, ils ont, de fait, déjà renoncé à leur liberté de conscience et d’expression religieuse ».

 

Mais le pire n’est peut-être pas cette hypocrisie institutionnelle. L’indifférence religieuse de l’État, observent les auteurs, a eu cet effet paradoxal d’encourager le développement d’une religiosité politiquement immature, qui échappe à tout réel effort d’institutionnalisation. Telles ces inquiétantes déviations religieuses que constituent « les formes nouvelles de religiosité cultivées dans la ligne de contaminations arbitraires entre recherche du bien-être psycho-physique et constructions pseudo-scientifiques de la vision du monde ». Cette religiosité sur mesure, taillée aux proportions exclusives de la vie privée, avec les clôtures et la culture du secret que cette vie requiert d’habitude, qu’est-elle d’autre sinon une forme de sécession politique qui n’en finit pas d’alimenter les sectes en nouveaux convertis ?

 

Mondialisme et fondamentalisme

De même, et contrairement aux apparences, la nouvelle poussée du fondamentalisme n’est pas forcément la survivance d’une religiosité traditionnelle que l’on croyait dépassée. Ce phénomène pourrait être en réalité indissociable de la mondialisation contemporaine au point de ne pouvoir se comprendre sans référence à la manière dont les sociétés libérales ont nié à la croyance religieuse tout droit à exister dans le domaine public. C’est par une forme de symétrie conflictuelle, la radicalité d’une option répondant à la radicalité de l’autre, que le fondamentalisme a vu le jour. Il est littéralement l’hyper-politisation de la religion qui fait face à sa massive dépolitisation au sein des sociétés occidentales. Comme tout ce qui ne vit que par opposition à autre chose, le fondamentalisme ne peut donc se concevoir sans les sociétés libérales, dont il inverse méthodiquement tous les signes.

 

L’ennui est que, confrontés à ces nouvelles formes de religiosité parasite, les États libéraux se retrouvent désarmés, faute d’une culture religieuse suffisante. Face à une religiosité politiquement immature, ils n’ont à opposer que leur propre immaturité religieuse, produite par des siècles d’oubli volontaire et de rejet de l’héritage religieux (en l’occurrence chrétien) qui habite encore leurs pratiques politiques. Face à des religions qui ne savent plus rien du fait politique, ils offrent les réponses maladroites d’un monde politique amnésique qui manque si radicalement de mémoire religieuse qu’il est devenu incapable du moindre discernement : « Les théories de l’État libéral qui le pensent comme radicalement indépendant de ce qu’apportent l’argumentation et le témoignage de la culture religieuse, le doivent concevoir comme plus vulnérable aux pressions des formes de religiosité – ou de pseudo-religiosité – qui cherchent à s’affirmer dans l’espace publique en dehors des règles d’un dialogue culturel respectueux ».

 

Cette séparation entre la religion et la politique s’avère donc aussi injuste pour la religion qu’elle est dangereuse pour la politique. Car il ne fait aucun doute qu’en cantonnant la religion à la sphère privée, les États libéraux se sont en même temps privés d’un aspect essentiel de tout édifice politique. En effet, la religion est constitutive d’une culture dans laquelle elle assume sinon un rôle matriciel, du moins un rôle majeur. Par culture, il faut entendre un système global de symboles qui informent la vie sociale et permettent de lui donner du sens. Plus encore, la culture commune nourrit de « récits fondateurs » une identité collective qui n’est rien sans elle. C’est donc tout à la fois de cette culture commune et de cet enracinement dans une communauté d’appartenance que les politiques libérales se sont coupées en reléguant le christianisme à l’obscurité des pratiques individuelles : « L’indifférence de l’État le rend progressivement étranger aux fonctions symboliques dont se nourrit l’appartenance sociale et il devient de plus en plus incapable de les comprendre, et donc de les respecter, comme il déclare vouloir le faire ».

 

Plus profondément, la croyance religieuse est par sa nature même une façon d’assumer la condition humaine dans sa dimension la plus existentielle et la moins anecdotique : « L’expérience religieuse est gardienne du niveau de réalité où la convivance sociale vit et affronte les thèmes et les contradictions qui sont propres à la condition humaine (l’amour et la mort, le vrai et le juste, ce qu’on ne peut comprendre et ce qu’on ne peut espérer ) ». N’est-ce pas à la marginalisation systématique de cette dimension religieuse de l’existence que la vie publique de nos sociétés occidentales doit son apparente frivolité et son incapacité manifeste à élever le débat politique au-delà des querelles picrocholines ?

 

La politique moderne est une idolâtrie

Pour toutes ces raisons, le dogme libéral de l’État neutre paraît aujourd’hui de moins en moins tenable. Cette impasse pourrait logiquement nous conduire à tenter à nouveau d’inscrire la sphère publique sous un horizon explicitement religieux, autrement dit redonner toute sa chance à l’idée complaisamment abandonnée d’un « État chrétien ». Un tel projet est d’autant moins absurde que, tout compte fait, l’État moderne a laissé le christianisme derrière lui mais en conservant intactes, depuis deux cents ans, l’affirmation d’un dogme commun et la pratique d’un culte public. Que ce dogme ne renvoie plus à la religion chrétienne et que ce culte ne s’adresse plus explicitement à Dieu n’autorise aucunement à dire que la politique moderne serait sortie de la religion. Fondamentalement, l’idéologie d’État est une forme d’idolâtrie et, à ce titre, elle demeure encore pleinement justiciable de catégories religieuses : « Lorsque la place de Dieu, dans la conscience collective d’un peuple, est occupée abusivement par les idoles fabriquées par l’homme, le résultat n’est pas un climat de liberté plus avantageux pour chacun, mais bien plutôt une servitude plus insidieuse pour tous ».

 

De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique

Malheureusement, les membres de la commission théologique n’ont pas poussé l’audace du raisonnement jusque-là. Convaincus que la religion avait un rôle politique à jouer, ils se sont contentés de vouloir lui faire jouer un rôle social infra-politique. Ils ont parfaitement compris les limites d’une approche de la religion exclusivement fondée sur la liberté des individus et ignorante de la dimension intrinsèquement communautaire et relationnelle de toute vie personnelle : « Elle [la liberté] n’a aucune possibilité de grandir en force et sagesse sans la médiation de relations humanisantes qui aident cette liberté à s’engager, à s’éduquer, à s’affermir et aussi à se transmettre, au-delà des aliénations où l’individualité pure, ravalée à l’individualisme, ne peut que végéter. […] Le jugement de la conscience sur la rectitude de l’agir est élaboré sur la base de l’expérience personnelle, à travers la réflexion morale ; et ce jugement se définit par rapport à l’ethos communautaire qui instruit et qui rend manifeste la valeur des comportements vertueux conformes à la vérité de l’humain ». Mais cet élargissement de la vie religieuse au domaine social la tient encore éloignée de la sphère politique.

 

Dimension sociale sans dimension politique

Prisonniers de la perspective “personnaliste” de Dignitatis Humanae, les auteurs du rapport parviennent à étendre le domaine spécifiquement religieux au-delà de la seule personne, en direction de sa communauté d’appartenance. Ainsi la religion revêt-elle, au-delà de la relation de chacun avec Dieu, une réelle dimension sociale : « Ainsi, l’existence chrétienne unit-elle la liberté individuelle de l’acte de foi et l’insertion dans une tradition communautaire comme les deux faces d’un même dynamisme personnel ». Mais la vie sociale ou communautaire ne constitue pas en elle-même un ordre politique, elle n’est encore que la coexistence de personnes dans un espace relationnel élargi dont la norme est de « convivance ». Pour qu’il y ait un ordre politique, il faut davantage que cette convivance des personnes ; il faut une personnalité morale collective qui se nomme cité, nation ou empire et qui apparaît comme le « bien commun » de chacun à la condition qu’il soit effectivement bon pour chacun, c’est-à-dire « juste ». De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique.

 

Or, les auteurs de la commission théologique se sont bien gardés de pousser leur prétention au-delà de cette seule dimension sociale. Ce qu’ils attendent n’est finalement rien de plus que la reconnaissance publique du droit des communautés religieuses au sein de cet espace social. Comme dans le modèle libéral, l’État demeure garant de la paix publique, mais il ne doit plus empêcher l’expression sociale de cette foi. Tel est le modèle de « laïcité positive » qu’ils appellent de leur vœu, dans une perspective proche de celle du pape François. On peut se demander si une telle ambition ne restaure pas in fine les conditions d’une exclusion politique qui avait été si vaillamment critiquée dans les passages consacrés à l’État neutre. Car on voit mal en effet comment cette liberté religieuse élargie serait autre chose qu’un encouragement au « repli » communautaire.

 

À supposer même que ces libertés communautaires ne représentent pas, au sein d’une société multiculturelle, une réelle menace pour la convivance mutuelle (comme si la pratique du dialogue et le respect réciproque étaient une façon d’user correctement de toute croyance religieuse plutôt qu’une norme de comportement prescrite par l’une d’entre elles), le « bien commun » ne s’en trouverait pas pour autant restauré. Dans le cadre du libéralisme, c’est un fait, l’État est seulement le garant de la convivance sociale tandis que le « bien commun », lui, est proprement abandonné au nom du relativisme éthique. L’Église seule, en tant qu’elle affirme à contretemps l’existence de normes transcendantes, demeure en mesure de conserver quelque validité au principe du bien commun. La commission théologique ne se fait pourtant pas faute de rappeler cette immense responsabilité politique, qui empêche de concevoir la foi catholique comme un simple marqueur sociologique. Seulement voilà : effrayée par sa propre audace, elle s’est soigneusement gardée d’aller au bout de sa logique.

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 07:12

En ce jour de 14 juillet, il n'est pas inutile de rappeler que pour une question de démocratie transparente, a minima, les francs-maçons doivent attester par écrit et sur l'honneur, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique, s'ils veulent servir le pays. Leur serment d'entraide et de secret, échangé entre eux durant leurs cérémonies, étant incompatible avec la démocratie.

 

Serge Petitdemange, dirigeant de l'association intitulée "Renaissance française" - bien qu'organisation "républicaine" avec les défauts de ce type d'organisation politique nécessairement réunie autour d'un chef de parti faisant le jeu du diviser pour régner, principe du moteur de la Révolution dite "française" -, énonce néanmoins un certain nombres d'idées, nécessaires au Bien commun, comme par exemple dans sa dernière video sur youtube, où il reprend une idée que nous avions lancée ici, et ici en 2014, ou  en 2015; à savoir contraindre les francs-maçons à se déclarer... devant le parlement s'ils veulent faire de la politique, ou avoir accès à de hautes fonctions administratives. 

 

Cette proposition, conforme aux libertés d'association et de réunion - l'ordre public étant sauf -, est une proposition qui à tous points de vue relève du salut public à l'heure où la corruption a ruiné des vies entières depuis bien trop longtemps et où l'effondrement du pays se décline dans tous les domaines et atteint un niveau d'alerte maximale.

Extrait

"Graves turbulences et énormes trous d'air pour la franc-maçonnerie spéculative à Monaco comme à Paris : même combat!"

 

"Citoyens patriotes, sous l'emprise de la franc-maçonnerie spéculative, aucun État de part le monde ne peut se prévaloir d'être un 'État de droit.'

"Toutes les institutions monégasques sont gangrenées par une véritable association de malfaiteurs en col blanc. [...] Pendant des années, des dizaines de victimes ont du subir des injustices indignes d'une démocratie. C'est pourquoi une association de victime s'est créée, afin de faire respecter le droit. [...] Des victimes qui ont des preuves matérielles irréfutables sont confrontées à un système corrompu, malhonnête, bien rodée. Corruptions, malversations et collusions dénoncées dans la presse durant ces dernières années. [...] Il s'agit de manipulations volontaires, des dysfonctionnement graves et répétés commis par des professionnels du droit contractuellement détachés par la France, par quelques monégasques aussi, et qui ont pour conséquences de porter également atteinte à leur probité par des manoeuvres frauduleuses telles que diffamations, dénonciations calomnieuses, faux et usages de faux, dissimulations de preuves, discriminations, dénis de justice, abus de pouvoirs, non respect des conventions collectives, non respect de la Convention européenne des droits de l'homme, notamment son article concernant chaque individu à avoir droit à un procès équitable, et autres violations des droits fondamentaux au regard du droit international en vigueur.

"[...] Cette affaire met en lumière sur la place publique l'existence de réseaux occultes dont le serment prêté au seins des loges est, à leurs yeux, plus important que celui prêté au Prince Albert, chef de l'État monégasque, garant de la constitution. En fait, le même problème que chez nous en France.

"[...] Le Prince Albert II a la chance inouïe de pouvoir remettre de l'ordre dans son appareil d'Etat, en refondant totalement les structures dirigeantes, exigeant des nouveaux promus, hommes et femmes, qu'ils attestent par écrit et sur l'honneur bien évidemment, qu'ils n'appartiennent à aucune loge maçonnique au cours de leur prestation de serment à servir le Prince et la Principauté de Monaco. Nous ferons exactement la même chose en France." (Fin de citation)

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 07:39

Dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l'État.

(Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989

Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'État français : Lex fit consensu populi et constitutione regis. "Consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33.)

 

Le self-government rural ou la "démocratie" et des élections à la pluralité des voix dans chaque village était un usage courant. (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.) Le parlement local était élu par la population locale. Chaque grande ville élisait ses dirigeants, désignés parfois sous le terme d'échevin. (Pierre GAXOTTE, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 9-10.) Mais, "dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989).

 

"Description de cette image, [...], il en est un d'une valeur unique quand il s'agit de la vie populaire, ville ou campagne; nous l'avons déjà cité, le célèbre, trop célèbres par certains côtés, Rétif de la Bretonne. Paysan bourguignon, demeuré en relations avec les gens de son village, il décrit avec une plume fidèle la vie des siens. L'un de ses livres, presque exclusivement consacré à la vie rurale, La Vie de mon père, est un chef d'oeuvre. Parlant des deux villages de Sacy et de Nitry (département de l'Yonne), Rétif écrit : '...Les habitants étaient possesseurs de leur finage, chacun cultivait ses terres, avait des bestiaux en proportion de ses fourrages et des engrais dont il avait besoin.' Outre les propriétés particulières, chacun de ces villages (on disait communauté) possédait des communes (biens communaux) appartenant généralement à tous. Mais laissons la parole à notre paysan : 'La petite paroisse de Sacy, dit Rétif, ayant des communes, elle se gouverne comme une famille.' Chaque mot ici est à retenir : 'Tout s'y décide à la pluralité des voix, dans des assemblées qui se tiennent sur la place publique, les dimanches et fêtes au sortir de la messe, et qui sont indiquées par le son de la grosse cloche. C'est à ces assemblées qu'elle - la petite paroisse - nomme les syndics, les collecteurs pour la taille, les garde-finages pour la sûreté des terres ensemencées et des vignes, enfin les pâtres publics.'

 

C'était comme on le voit, le self-government rural dans son intégrité. Notons que ce tableau de l'assemblée du village, donné par Rétif pour la Bourgogne, concorde, et jusque dans ses détails, avec celui que le cardinal Mathieu présentera pour la Lorraine d'après ses recherches dans les archives locales, avec le tableau que trace M. Jean Barruol pour la Provence et le Comtat-Venaissin, avec le tableau que donne Emile Cheysson de la vie rurale dans nos provinces du Sud-Ouest. 'Quarante mille associations naturelles, écrit Albert Babeau, délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents.' Et Jean Barruol en ses précieuses études sur La Vie rurale dans l'Ancienne France : '1789 donnera aux habitants des campagnes des droits politiques souvent illusoires, qui ne remplaceront pas les libertés et privilèges de plus modeste allure, mais aussi plus pratiques, élaborés par l'expérience et les rapports millénaires du Prince, du Seigneur et des antiques souches paysannes.' (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.)

 

 

... Et les documents d'archives, pièces inédites, ajoute M. Jean Barruol (La Vie rurale dans l'Ancienne France) confirment de tous points le tableau des ménages rustiques tracé par Rétif de la Bretonne et par Marmontel. (Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid., p. 395.)

 

Une instruction plus développée qu'on ne le croit

 

"Quant à l'instruction, elle était beaucoup plus développée qu'on ne le croit généralement. [D]ans La Vie de mon père, (de Rétif, (mort en 1806 Ndlr.) encore, nous trouvons des détails précis sur l'école populaire des villages de sacy et de Nitry en Bourgogne. M. T., receveur de l'enregistrement, à B... (Gironde), nous faisait l'honneur de nous écrire, écrit F. Funck-Brentano : 'En classant dernièrement de vieux papiers dans le Lot-et-Garonne, j'ai trouvé un document qui confirme votre opinion sur l'instruction primaire dans les campagnes sous l'Ancien Régime. Il s'agit d'un cahier d'écolier de novembre 1686.' Ce dernier appartenait à une famille de laboureurs, c'est-à-dire de paysans. Ce qui au surplus, est remarquable, écrit M. T., c'est que cet écolier demeurait dans un coin du Lot-et-Garonne, à Lastraules, où, il y a une soixantaine d'années, il n'y avait encore aucun chemin pour s'y rendre, mais de simples pistes. Nous sommes en un modeste petit village comme perdu parmi ses cultures. ... Dans le corps du cahier on trouve diverses manières d'additionner, de soustraire, une table pour apprendre à bien multiplier, laquelle il faut savoir par coeur. La réduction des monnaies y tient une grande place. Le tout est accompagné d'exemples et de problèmes.' J'appartiens à une très ancienne famille du Rouergue, poursuit notre correspondant, rapporte F. Funck-Brentano. Voilà un mois, je conduisais mon grand-père dans le petit cimetière d'un village près de Millau. Lorsque, dans la douloureuse nuit où nous veillions son corps inanimé, les premières lueurs de l'aube vinrent se mêler à la clarté vacillante des cierges, je demandai à mon père de me montrer les archives familiales. Une liasse de vieux papiers jaunis où revit une partit de ma race. Jamais encore je n'avais pu obtenir de mon grand-père de me les montrer. Parmi ces paysans, mes ancêtres, qui précédèrent la Révolution, tous sont doués d'une belle écriture, d'une phrase parfaitement correcte. ... Après la Révolution au contraire, vers 1840, je trouve un de mes pères complètement illettré, puis le père de mon grand-père écrit difficilement; mon grand-père aussi. Qu'est-ce à dire sinon que, sous l'Ancien Régime, l'instruction était très répandue. J'ai des testaments qui sont de vrais chefs- d'oeuvre de correction, de style et j'ajoute, de charité. Tous donnaient une part aux pauvres du village. Ne serait-ce pas la Révolution qui aurait fermé les écoles et ne donne-t-on pas à l'Ancien Régime une réputation d'ignorance et d'obscurantisme qui, en réalité, reviendrait à l'époque qui lui a succédé ?"

 

"Observations, explique F. Funck-Brentano, confirmées de la manière la plus précise par M. Lucien Noël dans le précieux ouvrage qu'il vient de publier, Montfermeil et sa région: Ces institutions (assistance et instruction publiques) léguées à la Révolution par les gouvernements antérieurs, formaient un splendide patrimoine que les assemblées révolutionnaires paraissent ne pas avoir apprécié à sa valeur... Elles ne s'occupèrent de l'instruction primaire que pour l'amoindrir." (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 46-48.)

 

Cliché le peuple d'illettrés

 

"...les livres scolaires, au lendemain des lois sur l'obligation scolaire (Lois scolaires Jules Ferry), endoctrinaient les enfants dès leurs jeune âge. Les manuels d'histoire accusaient, sans nuance et sans crainte du ridicule, l'Église médiévale d'avoir mis tout en oeuvre pour maintenir les hommes dans un état de totale inculture; tous disaient que, pour le clergé, "la diffusion des livres était le triomphe du diable". À les lire, s'imposait l'idée que l'Église avait "réservé jalousement pour ses moines, dans le mystère des cloîtres, des bribes de science qu'elle se garda bien de communiquer au grand public"... Ces responsables de l'enseignement, appliqués à forger des esprits, suivaient de très près leurs maîtres, Michelet surtout qui intitulait les chapitres de son Histoire de France, consacrés à l'Eglise: 'De la création d'un peuple de fous' ou encore 'La proscription de la nature'... Certains diraient qu'avant Jules Ferry rien n'avait été fait pour l'instruction du peuple! En tout cas, truisme constamment rappelé, aux temps 'médiévaux' (pourquoi pas 'moyenâgeux' ?) aucune école ni dans les villages, ni dans les divers quartiers des villes, si ce n'est pour quelques privilégiés... aussitôt destiné aux carrières ecclésiastiques.

 

"Or nous voici dans l'erreur la plus totale car toutes sortes de documents (archives comptables des municipalités et archives judiciaires, registres fiscaux) témoignent amplement, pour différents pays, de l'existence, outre le curé et ses assesseurs, de maîtres d'école de profession, régulièrement patentés et rémunérés.

 

"À Paris, en 1380, Guillaume de Salvadille, professeur de théologie au collège des Dix-Huit, chef des 'petites écoles' de la ville, réunit les directeurs de ces écoles où l'on apprenait aux enfants la lecture, l'écriture, le calcul et le catéchisme; sont présents vingt-deux 'maîtresses' et quarante et un 'maîtres', tous non-clercs, dont deux bacheliers en droit et sept maitres ès arts (J. Hillairet, L'Ile de la Cité, Paris 1969, p. 48.)" (Jacques HEERS, Le Moyen Age, une imposture, Vérités et Légendes, Perrin, Perrin Malesherbes 2001, p. 217-218).

 

Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République 

 

"L'enseignement était obligatoire et gratuit" (F. Funck-Brentano, ibid., p. 50) :

 

"Par les ordonnances du 15 avril 1695 et du 13 décembre 1698, Louis XIV déclare : 'Que les pères et mères ainsi que les tuteurs ou autres personnes chargées de l'éducation des enfants devront envoyer les enfants aux écoles jusqu'à quatorze ans.'

 

"Albert Babeau a noté qu'en Normandie il y avait, avant la Révolution, 94% de gens sachant lire et écrire; en Lorraine, 87%. 40.000 écoles gratuites avaient été construites pour une population sensiblement inférieures à celles de la France d'aujourd'hui.

 

"Au cours de son livre l'École sous la Révolution, V. Pierre constate qu'il y avait en 1789 des écoles dans chaque paroisse 'et presque dans chaque hameau'. (Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid. p. 50-51.)

 

"[N]ous regretterions de ne pas terminer en citant un auteur qui ne sera pas taxé d'une tendresse excessive pour la France de l'ancien temps, ni d'hostilité aux réformes nouvelles: il s'agit de Voltaire. 'Je ne sais, dit l'auteur de Candide et du Siècle de Louis XIV, je ne sais comment il arrivé que, dans nos villages, où la terre est ingrate, les impôts lourds, la défense d'exporter le blé qu'on a semé intolérable, il n'y ait pourtant un colon qui n'ait un bon habit de drap, qui ne soit bien chaussé, bien nourri' (Voltaire cité in Frantz FUNCK-BRENTANO, ibid. p. 55), et nous ajouterons "bien instruit", comme on vient de le voir !" 

 

Source: Texte extrait de Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

***

 

Dans une conférence donnée au Centre d'Études et de Prospective sur la Science (CEP) à Issy-les-Moulineaux le 16 mars 2019, l'historienne Marion Sigaut a dressé l'état des lieux d'une évolution calamiteuse de l'école et de l'instruction en France depuis la Révolution. Extraits:

 

"Au siècle de Louis XIV et de Louis XV des écoles de village étaient prises en charge par les communautés des habitants. Les habitants achetaient ou construisaient ou louaient la maison d'école. Les parents apportaient une contribution pour leurs enfants et la communauté suppléait ceux qui ne pouvaient assumer la totalité. L'existence de ces écoles est attestée depuis le Moyen-Âge, c'est-à-dire que ce n'est pas une nouveauté du siècle de Louis XIV. Et à cette époque les curés choisissait des clercs pour faire la classe, mais au XVIe siècle, c'est-à-dire la fin du Moyen-Âge, ce que l'on appelle la 'Renaissance', un ambassadeur vénitien déclara qu'il n'y avait personne en France qui ne savait lire et écrire. C'est bien évidemment exagéré, mais c'est quand même éclairant sur l'impression que pouvait donner sur un voyageur étranger l'état des écoles en France. On disait que escoles et collèges étaient répandus par toutes les villes et villages du Royaume. Le clergé surveillait que les précepteurs ne demandaient pas de prix exagérés et que leurs enseignements soient bons. L'Église voulait aussi surveiller, je cite, la qualité des comédies, tragédies, dialogues ou colloques oraisons qu'on y représentait. Imaginez-vous la richesse de ce qu'on offrait aux écoles?

 

"Les guerres civiles (guerres de religion et Fronde) avaient dégradé le réseau des écoles primaires qui ne se relevèrent qu'au XVIIe siècle. Louis XIV, qui voulait éradiquer le protestantisme, encouragea le renouveau des petites écoles. Le 13 décembre 1698, Louis XIV décrète: 'Enjoignez à tous, pères, mères et tuteurs qui sont chargés de l'éducation des enfants et nommément de ceux dont les pères et mères ont fait profession de la religion prétendue réforme (c'est-à-dire le protestantisme) de les envoyer aux dites écoles et catéchismes jusqu'à l'âge de quatorze ans. C'est une façon (pour lutter contre le protestantisme) de déclarer l'école obligatoire.

 

"Louis XIV prescrit aux communautés, de s'imposer pour pourvoir à la subsistance des maîtres et des maîtresses et fixa leur salaire à cent cinquante livres par an pour les hommes et cent livres par an pour les femmes. Cette dépense devint obligatoire à partir de ce moment-là.

 

"En 1724, nous sommes sous Louis XV, un an après la fin de la Régence, une déclaration réitère les prescriptions de Louis XIV. Il est alors décidé de relever les noms des enfants qui ne vont pas à l'école et de faire poursuivre les parents pour les obliger de les envoyer à l'école, sachant que si c'est une question financière, la communauté pourvoira.

 

"Les curés sont enjoints par leur hiérarchie de prêcher l'école en chaire, l'école est indispensable à la jeunesse. Il les exhorte à ouvrir et à faire fonctionner des écoles ouvertes à tous, riches et pauvres.

 

"[...] Il est impensable qu'on impose aux parents un maître dont ils ne veulent pas. Ce sont les habitants qui fixent les honoraires du directeur d'école. Ce sont eux qui nomment le maître d'école en assemblée générale de village jusqu'à la Révolution... Et c'est là que cela va s'effondrer, je vous expliquerai comment.

 

"On peut faire appel à candidatures par voies ou d'affiches ou de journal dans la ville la plus proche.

 

"En ville, les candidats sont examinés par un curé ou les notables qui testent leurs connaissances devant un jury réunis dans l'église, et on les fait chanter, paraît-il aussi. Au village, on demande au curé ou au maître sortant de se charger de cet examen.

 

"Le village vote à haute-voix. C'est l'assemblée générale.

 

"La nomination fait l'objet d'un acte devant notaire. On a recruté un recteur d'école, on va passer un contrat, dont les termes sont débattus par les habitants. Il n'y a pas un contrat-type. Chaque village a décidé de son contrat avec son instituteur.

 

"L'école fonctionnait essentiellement en hiver. Le matin, la messe, c'est une école chrétienne, nous sommes en France. On apprend la lecture, l'écriture, et l'arithmétique, le calcul. Lire, écrire, compter. Et on apprend le latin. Et on fait copier des textes latins sur des pages blanches. Les élèves doivent savoir véritablement écrire. On leur fait copier des textes sur des pages. Et la demande est très forte de la part de la population du village d'apprendre à lire des vieux manuscrits, parce que dans les vieux textes qui sont conservés dans chaque paroisse, il y a les contrats passés avec le Seigneur, c'est-à-dire les droits de la communauté. Et quand on ne sait pas lire, on peut se faire avoir. Or, on apprend à lire à ces enfants, dans l'espoir qu'ils puissent se faire les défenseurs de la communauté en cas d'abus contre la communauté. Aujourd'hui on appellerait cela la paléographie (!), à l'époque on appelait cela savoir lire les anciennes chartes de la communauté.

 

"Le paiement des gages du recteur d'école était assuré par les parents qui payaient en fonction de leurs moyens. C'est l'Assemblée (du village) qui décidait qui paye quoi et combien. Aucune injonction ne venait de plus haut. Dans certains pays on pouvait payer en nature (oeufs, oies, pains, ce qu'on pouvait apporter au recteur d'école).

 

"De toutes façons le maître était payé la somme qui a été fixée par le roi. Le roi a fixé un salaire minimum. Le roi a voulu qu'on ne puisse pas mal payé les recteurs d'école.

 

"Or période scolaire, le maître se rendait utile à d'autres occupations qui étaient à sa portée. Il n'était plus payé mais il pouvait faire autre chose.

 

"Les instituteurs du doyenné étaient rassemblés une ou deux fois par an pour mise à niveau et instruction de leurs devoirs. Il était impensable qu'un instituteur ou qu'un recteur d'école fasse sa petite affaire de son côté sans mise à niveau et contrôles. Ils étaient interrogés par les évêques qui faisaient des tournées et interrogeaient aussi les enfants. C'est l'équivalent de l'Inspection d'Académie. S'il y avait des plaintes contre les directeurs d'école, on pouvait les révoquer. Les maisons d'école étaient soit données par les seigneurs, soit données par les curés, ou quelques personnes généreuses. Certaines étaient fournies par la fabrique, c'est-à-dire l'assemblée qui gère les biens de l'église. La majorité était l'affaire de la communauté et de ses seules ressources.

 

"[....] Donc l'éducation était l'affaire des parents, l'affaire de la religion et l'affaire de la communauté.

 

"Dans le département de l'Aube, en 1789, 72% des hommes savaient lire.

 

"À l'époque des Lumières, qui commence avec l'Encyclopédie à la fin des années 1740, on commence à entendre des récriminations contre la multiplicité des écoles publiques et gratuites qui nuisent à l'agriculture.

 

"[...] La critique contre la gratuité et le nombre d'école montre combien l'instruction était répandue dans le petit peuple. Les attaques sont conjuguées entre le mouvement des Lumières et les jansénistes. C'est un fait. On les retrouve la main dans la main dans tout ce qui a sapé l'autorité de l'Église et du roi, c'est-à-dire les jansénistes depuis qu'ils existent et les francs-maçons ou "Lumières", puisqu'on peut dire que c'est la même chose, depuis qu'ils existent également.

 

"Le janséniste La Chalotais, tombeur des jésuites (c'est lui qui a réussi à faire interdire les Jésuites, dont le rôle principal était l'éducation et l'instruction gratuite pour tous) publie en 1762 un Essai d'Éducation nationale. Écoutez ce qu'il dit : 'N'y a-t-il pas trop d'écrivains, trop d'Académies, trop de collèges ? Autrefois, il était difficile d'être savant faute de livres, maintenant la multitude des livres empêche de l'être. Il n'y a jamais autant d'étudiants dans le royaume où tout le monde se plaint de la dépopulation.' Plus les gens savent lire, moins ils font d'enfants ! Ah bon ?!... 'Le peuple même veut étudier. Des laboureurs, des artisans envoient leurs enfants dans les collèges des petites villes où il en coûte peu pour vivre. Parce que aux collèges des petites villes, les paysans pouvaient apporter leur nourriture à leurs enfants. En multipliant les collèges dans les petites villes, il y avait véritablement moyen d'apporter l'enseignement secondaire aux paysans. 'Quand ils ont fait de mauvaises études qui ne leur ont appris qu'à dédaigner la profession de leurs pères, ils se jettent dans les cloîtres (ce qui est une façon de dire qu'on ne devient clerc que quand on a raté : encore une calomnie !). Dans l'état ecclésiastique ils prennent des offices de justice et deviennent souvent des sujets nuisibles à la société. Les frères de la doctrine chrétienne qu'on appelle 'ignorantins' sont survenus pour achever de tout perdre, ils apprennent à lire et à écrire à des gens qui n'eussent dû apprendre qu'à dessiner et à manier le rabot et la lime, mais qui ne veulent plus le faire. Le bien de la société demande que les connaissances du peuple ne s'étendent pas plus loin que ses occupations. Tout homme qui voit au-delà de son triste métier ne s'en acquittera jamais avec courage et avec patience.' Si ce n'est pas de la haine du peuple, en tout cas c'est de la haine de l'éducation pour le peuple ! Clairement.

 

"Une des lettres de Voltaire du 4 mai 1762, concernant le texte de L'Essai sur l'Éducation nationale de La Chalotais est classée avec cette mention : 'Très belle lettre d'envoi de son ouvrage contre la constitution des Jésuites et le fanatisme qu'elle renferme et contre la barbarie de l'éducation française.' La 'barbarie' (!) : apprendre à lire et à compter aux enfants du peuple, c'est de la barbarie... Voltaire applaudit à tout rompre: 'Je vous remercie, écrit-il à La Chalotais, de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre (alors Voltaire qui cultive la terre, imaginons ! C'est l'époque où quand vous êtes propriétaire d'un terrain vous vous dites 'laboureur'), c'est cela la catastrophe, c'est que tous les bourgeois qui ont investi dans la terre prétendent parler pour l'agriculture; je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé, mais non pas qu'il soit instruit : il n'est pas digne de l'être.' (Voltaire)

 

"En 1766, Voltaire écrit à son ami Damilaville: 'Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'article du peuple que vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s'instruire : il mourrait de faim avant de devenir philosophe. Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. Si vous aviez comme moi une terre, si vous aviez des charrues, vous seriez de mon avis. Ce n'est pas le manœuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant des villes. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.' (Voltaire)

 

"Savez-vous que Rousseau, Jean-Jacques - vous savez, celui qui a abandonné ses enfants qui a écrit un traité sur l'éducation (!) -, en 1761, il a écrit dans La Nouvelle Héloïse :  'N'instruisez pas l'enfant du villageois car il ne lui convient pas d'être instruit.'

 

"En 1774, les 'Lumières' arrivent au pouvoir et réussissent à imposer l'économie de marché en lieu et place de l'économie morale sous la protection du roi. (Cela a fait l'objet de plusieurs de mes conférences). Turgot a convaincu Louis XVI de laisser filer le prix du blé, donc du pain du peuple, 'pour le bien de tous' : Majesté, quand le pain sera trop cher, ce n'est pas grave..., cela s'arrangera.

 

"Le problème de Turgot, c'est que le peuple n'est pas d'accord. Turgot a écrit : 'Le roi met sous les yeux de ses sujets leurs véritables intérêts (C'est-à-dire qu'en imposant le libéralisme, le roi présente à ses sujets leurs véritables intérêts ! Le peuple ne sait pas quels sont ses intérêts : il faut qu'on lui montre...), et entend prévenir ou calmer les inquiétudes que le peuple conçoit si aisément sur cette matière, et que la seule instruction peut dissiper.' On va expliquer au peuple ce qui est bon pour lui, et s'il n'est pas d'accord, on va l'éduquer... Et bien voilà le programme (des 'Lumières') ! On peut s'attendre au pire, et il va arriver.

 

"En 1783 (on approche de la catastrophe) paraissent des Vues patriotiques sur l'éducation du peuple, d'un certain Louis Philipon de la Madelaine. Au chapitre intitulé 'Dangers des écoles répandues dans les bourgs et villages', il dit : 'On se plaint que les campagnes manquent de bras, et que le nombre des artisans diminue, que la classe des vagabonds augmente, n'en cherchons la cause que dans cette multitude d'écoles dont fourmillent nos bourgs et nos villages. Il n'y a pas de hameau qui n'ait son grammairien et que fait-il d'autre que de semer parmi les manœuvres, les artisans et les laboureurs le dégoût de leurs professions. Je le dis hardiment : il n'y aura jamais de bonne éducation pour le peuple si l'on ne commence à faire disparaître du milieu des bourgs et des campagnes ces recteurs d'école qui dépeuplent nos champs et nos ateliers.' On appelle cela : les 'Lumières' ! (Fin de citation de Marion Sigaut dans sa conférence "L’École, de l'instruction pour tous au sexe pour tous".)

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:20

Dans la société de l'injonction au bonheur, l'oeil au-dessus des "déclarations des droits de l'homme" du XVIIIe siècle a un nom. Le "dieu marché" est la nouvelle religion. Mythe de la croissance infinie, désastre environnemental, sans doute faut-il ajouter ce chapitre à l'impasse des droits de l'homme ?

Au nom du dieu marché

Dans cet excellent article, Vincent Engel, professeur à l'UCL, nous explique comment comment l'Occident a adopté un nouveau dieu, le marché et obéit à un nouveau clergé (« les investisseurs, les analystes, les banques ») qui officient dans des temples (les Bourses, les agences de cotation et de contrôles divers…) et opèrent, comme leurs ancêtres romains, des opérations et des sacrifices pour satisfaire le dieu. Dieu dont tout le monde redoute la colère et les sautes d’humeur, la pire de toutes étant le « krach ».

 

Cette nouvelle religion, l’agorathéisme, repose sur le mythe d’une croissance infinie et indispensable. Tout discours politique ou économique qui prônerait un arrêt de la croissance, voire une décroissance, est jugé comme « hétérodoxe » (on est bien toujours dans le vocabulaire religieux) et leurs auteurs sont discrédités, rejetés et peinent à obtenir un poste académique.

 

Bien sûr, imaginer que l’Occident rationalisé puisse dépendre d’une caste sociale ressemblant trait pour trait à un clergé est très perturbant.

 

Certes, le monde dans lequel nous vivons n’a jamais été plus pacifique, plus confortable, plus riche, plus mobile… Du moins pour une toute petite partie de l’humanité.

 

Stéphane Foucart est un journaliste d’investigation français comme il en existe trop peu en Belgique. Son domaine de prédilection est le climat et la dénonciation argumentée des climatosceptiques et des lobbyings conduits par les entreprises les plus polluantes pour discréditer les travaux scientifiques des climatologues. Dans « Des marchés et des dieux : Quand l’économie devient religion » (Grasset, 2018), il enfonce le clou et démonte avec brio le long processus par lequel le Marché est devenu la première divinité absolue vénérée par le monde entier.

 

Dans l’empire romain, le pouvoir se partageait en deux instances : la « potestas », en quelque sorte l’exécutif, et l’« auctoritas », qui fonde la première et la justifie. Il n’était pas rare qu’un même individu passe d’une instance à l’autre. L’autorité était d’essence religieuse, mais une essence qui, à Rome, entretenait des rapports très libres avec les dieux, ses prêtres étant parfois capables de mentir aux dieux, soit de leur dicter leurs actions, soit encore d’en inventer de nouveaux pour justifier plus finement de nouvelles actions : « Aux magistrats élus par le peuple, la potestas ; au sénat (institution autant religieuse que politique) et aux prêtres, l’auctoritas – celle-ci étant octroyée par Jupiter lui-même, consulté par le biais des pratiques divinatoires. »

 

Le christianisme a investi cette auctoritas et a, pendant des siècles, joué le rôle que le sénat et les prêtres romains avaient joué par rapport à la puissance politique concrète ; rien ne se faisait sans son accord et rien ne comptait plus pour un prince que d’être adoubé par le pape, lequel était seul capable de confirmer que son pouvoir venait de Dieu et était voulu par Lui. Mais l’autorité de la religion a décliné. Serait-ce que nous nous trouvons aujourd’hui dans un monde sans auctoritas ? Que nenni : « depuis l’après-guerre et singulièrement depuis les années 1980, cette autorité s’enracine désormais […] dans l’économie [. La] conduite des affaires économiques est imprégnée par un culte nouveau, celui du Marché, dont la doxa est une vulgate issue de la théorie économique dominante. Ce culte, qu’on se propose de nommer agorathéisme, est une religion politique rationnelle, comme pouvait l’être la religion publique romaine. Mais ce n’est plus Jupiter qu’on consulte, ce n’est plus lui qui délivre l’autorité : le Marché l’a remplacé, incarné par une multitude de Marchés de toutes sortes – toute la cohorte des divinités de l’agorathéisme. » Citant David Loy, Foucart précise : « “La science économique, comme discipline, est moins une science que la théologie de cette religion. Son dieu, le Marché, est devenu un cercle vicieux de production et de consommation toujours croissantes, prétendant offrir un salut séculier.” Le Marché, ajoutait David Loy, formait le premier culte mondialisé, liant toutes les régions, les cultures, en bref les nations, dans un système de pensée et une représentation du monde authentiquement religieux. »

 

*

 

Comme le christianisme l’a fait avec le paganisme, cet agorathéisme a su récupérer les rituels, les fêtes, le calendrier de la religion chrétienne moribonde pour assurer l’efficacité de son culte et son emprise sur ses ouailles. Le Père Noël a remplacé le petit Jésus dans la crèche, et le culte de la consommation, celui de la pauvreté et du partage.

 

Les humeurs du dieu et les secrets de ses prêtres

 

Quel est le quidam qui comprend ne serait-ce que le dixième du jargon des financiers et des prêtres de ce culte mondial ? Tout repose sur trois piliers : le secret, la complexité et… le hasard. Les prêtres (on les appelle « les investisseurs, les analystes, les banques ») officient dans des temples (les Bourses, les agences de cotation et de contrôles divers…) et opèrent, comme leurs ancêtres romains, des opérations et des sacrifices pour satisfaire le dieu. Dieu dont tout le monde redoute la colère et les sautes d’humeur, la pire de toutes étant le « krach ». Il suffit de lire la presse financière pour se convaincre du caractère religieux et irrationnel de ce sacerdoce : « Bien sûr, imaginer que l’Occident rationalisé puisse dépendre d’une caste sociale ressemblant trait pour trait à un clergé est très perturbant.

 

[...] “[L]a finance”, donc – dispose à la fois d’un statut social élevé et d’une influence considérable sur la conduite des affaires publiques, sans rien produire de matériel ou d’immatériel, sans assurer de fonctions essentielles comme la recherche ou la transmission du savoir, la sécurité, la représentation du peuple, la production alimentaire, la manufacture d’objets, l’exercice de fonctions ou de responsabilités administratives, etc. Dans l’écrasante majorité des sociétés, ce genre de prérogatives et de privilèges – prospérer sans rien produire, dans l’assentiment général – n’appartient qu’à une catégorie de la population : le clergé. Le clergé, dont la fonction et la raison d’être sont de servir les dieux, et qui n’est accepté que parce que le reste de la société croit en ces dieux et en la relation privilégiée nouée entre ceux-ci et les prêtres. Une relation si forte que les paroles publiques et les sentences issues de ce clergé pèsent d’un poids considérable sur la vie publique. » Ce clergé, pourtant, est d’une impuissance absolue : pas un de ses prêtres n’a prédit le krach de 2008, ou les rares qui l’ont fait n’ont pas été entendus. Cette impuissance et cette incompétence avérées n’ont cependant conduit à aucune remise en cause de leur puissance. Des études sérieuses ont beau avoir démontré que des indices boursiers construits sur des modèles purement aléatoires étaient aussi performants, voire davantage, que ceux établis par ce clergé ; rien n’y change. Ces prêtres tout-puissants continuent à créer de la monnaie et à décider l’usage qui doit en être fait, à savoir prioritairement nourrir les marchés financiers et la spéculation, pas l’économie réelle. Et les responsables politiques continuent à écouter et à obéir fidèlement au dieu qu’ils ont choisi de prier, puisqu’il est celui qui fonde leur potestas.

 

Les articles de foi de la nouvelle religion

 

Cette nouvelle religion, l’agorathéisme, s’est élaborée petit à petit et a connu une concrétisation à travers les théories économistes de ce qu’on appelle l’école de Chicago, ou encore le « néolibéralisme », dont le modèle repose sur le mythe d’une croissance infinie et indispensable. Tout discours politique ou économique qui prônerait un arrêt de la croissance, voire une décroissance, est jugé comme « hétérodoxe » (on est bien toujours dans le vocabulaire religieux) et leurs auteurs sont discrédités, rejetés et peinent à obtenir un poste académique.

 

Pour cette doctrine, rien ne doit s’opposer à la création de nouveaux marchés. Foucart donne l’exemple du marché d’organes : les défenseurs de la création de ce marché n’hésitent pas à accuser ses opposants d’être responsables, coupables de la mort de patient en attente d’organe. Par contre, s’ils s’attaquent à quiconque s’oppose à la création d’un nouveau marché, ils encouragent tous ceux qui défendent les marchés « les plus coûteux en vies humaines : le Marché de la cigarette, de l’automobile, de l’alcool, etc. » Même l’emploi est devenu un Marché (on pourrait ajouter les enfants, la santé, la vie, la mort. Ndlr.); et comme tout doit être fait pour « satisfaire » les Marchés, rien ne doit entraver le marché de l’emploi : « Il faut accorder aux dirigeants d’entreprises le pouvoir de licencier toujours plus facilement leurs salariés pour… créer de l’emploi. […] En forçant le trait, pour satisfaire pleinement ce Marché, il faudrait que chacun d’entre nous perde en permanence son emploi, avant d’en retrouver un presque aussitôt. Perdu, retrouvé, perdu, retrouvé, perdu… Ad libitum. Cela de manière à maximiser le flux de transactions opérées sous la tutelle de ce Marché. »

 

La croissance et le PIB sont les maîtres mots du credo de l’agorathéisme. On n’est pas dans la rationalité, mais dans l’article de foi. La croissance est infinie, pour les siècles des siècles, et la technologie résoudra tous les problèmes. Il n’y a d’ailleurs pas de problèmes, juste des solutions technologiques qui viennent nourrir la croissance.

 

Ce qui mesure cette sacro-sainte croissante, c’est le PIB, lequel, pourtant, « n’indexe pas la richesse collective d’une nation, mais simplement les flux de biens et de services échangés sous les auspices du Marché. Le capital – humain, naturel, industriel – n’est pas pris en compte. […] Ainsi, le PIB est aveugle à toutes les destructions du patrimoine naturel si elles n’ont pas un impact immédiatement quantifiable sur la production de biens et de services. […] » Le choix d’indexer le succès des politiques publiques sur la croissance du PIB ne procède donc nullement d’un choix rationnel, décidé collectivement en connaissance de cause. Il est le produit d’une représentation du monde dans laquelle l’homme n’est pas la mesure de toute chose, mais une considération de second ordre. » Dans cet ordre d’idée, une population malade « placée sous médication permanente, sans que soient altérés sa capacité productive et son appétit de consommation » serait une aubaine. Et un remède universel et gratuit, une catastrophe.

 

Dans les pays développés, une croissance du PIB s’accompagne d’une augmentation de la mortalité. S’il est indéniable qu’une augmentation de ce PIB dans les pays où « les besoins de bases ne sont pas satisfaits » (comme ce fut notre cas jadis) est synonyme d’une amélioration incontestable de la qualité et de l’espérance de vie, une telle augmentation dans des pays nantis est néfaste. C’est exactement ce qu’écrivait Montesquieu lorsqu’il associait à la liberté et à l’égalité une troisième vertu cardinale, étrangement écartée par ceux qui ont fondé notre nouvelle religion : la frugalité.

 

La main invisible et la réfutation des sciences

 

Les apôtres du marché se réfèrent souvent à Smith et à sa « main invisible du marché », supposée tout régler sans que l’homme – et surtout pas l’État – intervienne. Mais qui sait que, dans toute l’œuvre d’Adam Smith, l’expression « main invisible » n’apparaît que trois fois, et jamais pour désigner le marché ? Ce concept n’apparaît que 1940, cent cinquante ans après la publication de l’essai de Smith. Et au même moment, surgit une autre expression : « croissance économique » : « L’apparition et la propagation rapide de ces deux expressions dans la langue écrite signalent l’émergence de l’agorathéisme. Après un siècle et demi de lente maturation, il prend son envol et commence à cristalliser sa doctrine et rassembler ses fidèles. Cette émergence correspond sans surprise à celle de l’« École de Chicago », l’école de pensée qui se développe dans l’après-guerre à l’université de Chicago et qui incarne la version moderne du courant dit « néoclassique », né au XIXe siècle et qui domine la science économique. »

 

*

 

Le climato-scepticisme

 

Et l’on pense évidemment aux travaux sur le climat : « Il devient de plus en plus difficile, voire ridicule, de contester le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et l’élévation de la température moyenne de la Terre, avec tout le cortège de catastrophes et de dégâts associés. La majorité des grands docteurs de la foi agorathéiste se rangent donc à ce consensus mais c’est pour réduire aussitôt le changement climatique à un problème de second ordre, soluble par… la création d’un grand Marché du carbone. Voilà qui ressemble fort à l’installation d’une nouvelle divinité dans le panthéon agorathéiste, chargée de réparer les dégâts produits par ses congénères. » C’est que le modèle de prévision des agoréthéistes ne prévoit pas de telles situations de déséquilibre, puisqu’il est construit selon le principe que la satisfaction du Marché étant liée à l’équilibre, rien dans sa « main invisible » ne peut mettre durablement cet équilibre en danger. Ce serait, métaphorise Foucart, comme un modèle de prévision météorologique qui n’aurait pas paramétré les tempêtes.

 

Ceci explique pourquoi les thuriféraires du Marché, comme Corentin de Salle ou David Clarinval chez nous, cette crise du climat est juste une excellente opportunité pour créer un nouveau Marché – celui du carbone, ou des énergies renouvelables, ou que sais-je encore –, lequel Marché, aidé de la technologie, réglera tout. Le PIB croîtra… et tant pis si cela nous conduit à l’effondrement, tant pis si la prochaine bulle à éclater s’appelle « humanité ». Tout ça entre autres, explique Foucart, d’une variable du modèle : le taux d’actualisation, qui « fixe la valeur de l’avenir par rapport à celle du présent. » Autrement dit, on n’investira dans la lutte contre le réchauffement que si chaque euro investi peut rapporter suffisamment, et suffisamment vite… Sans oublier le fait qu’une « dégradation du caractère hospitalier du monde naturel et de la société » peut parfaitement accompagner une hausse significative de la croissance et du PIB…

 

Le meilleur des mondes

 

Certes, le monde dans lequel nous vivons n’a jamais été plus pacifique, plus confortable, plus riche, plus mobile… Du moins pour une toute petite partie de l’humanité. « Le Marché est la somme de nos désirs. Nos désirs de voir remplies nos nécessités premières et vitales, c’est-à-dire d’échapper à la douleur, mais aussi, une fois celle-ci conjurée, d’accéder au plaisir, sous ses formes les plus diverses. […] Hélas ! La satisfaction ad aeternam du Marché implique que les hommes, même repus, continuent à chercher et obtenir toujours plus de plaisir. Or le plaisir n’est pas le bonheur. » Sans parler du fait que « le Marché ne peut rien aux lois de la nature : la finitude du monde nous entrave, de même que la fragilité de nos ressources et de notre climat, ou encore l’érosion formidable et accélérée du vivant. » L’agorathéisme et ses prêtres nous conduisent droit vers le désastre, en calculant les profits à court terme que cette perspective leur offrira.

 

 

Source: Le Soir / Diakonos

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:38
Natacha Polony : "On interdit les propos quand on ne peut plus lutter contre le fait que la société est en train de se désagréger"

On interdit les propos quand on ne peut plus lutter contre le fait que la société est en train de se désagréger.

Et on va continuer à perpétuer un système profondément destructeur qui petit à petit ruine la rationalité comme unique moyen de s'entendre et de poser les bases d'un dialogue, grâce à une censure confiée à des multinationales toutes puissantes qui seront donc seules juges de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Natacha Polony

Après le creusement des inégalités, une des conséquences funestes parmi tant d'autres de l'impasse des droits de l'homme est la censure et l'interdiction des propos, une réforme que souhaite le gourou de la "république en marche", pas en reste question discours haineux pendant sa campagne électorale ou plus tard sur les Gaulois récalcitrants et les Gilets jaunes "racistes".

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:25
Charles-Éloi Vial, La Famille royale au Temple

Le 10 août 1792, l’émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa sœur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ». Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

 

Pour la première fois, un historien se penche sur l’histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l’ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l’instar d’Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l’antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d’histoire sur un lieu d’histoire et de mémoire, qui incarne et marque l’origine de la guerre entre les deux France.

 

Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

 

Source: Lys de France

 

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 16:15

Dans une conférence donnée au Centre d'Études et de Prospective sur la Science (CEP) à Issy-les-Moulineaux le 16 mars 2019, l'historienne Marion Sigaut dresse l'état des lieux d'une évolution calamiteuse de l'école et de l'instruction en France depuis la Révolution.

 

Extraits

 

"Au siècle de Louis XIV et de Louis XV des écoles de village étaient prises en charge par les communautés des habitants. Les habitants achetaient ou construisaient ou louaient la maison d'école. Les parents apportaient une contribution pour leurs enfants et la communauté suppléait ceux qui ne pouvaient assumer la totalité. L'existence de ces écoles est attestée depuis le Moyen-Âge, c'est-à-dire que ce n'est pas une nouveauté du siècle de Louis XIV. Et à cette époque les curés choisissait des clercs pour faire la classe, mais au XVIe siècle, c'est-à-dire la fin du Moyen-Âge, ce que l'on appelle la 'Renaissance', un ambassadeur vénitien déclara qu'il n'y avait personne en France qui ne savait lire et écrire. C'est bien évidemment exagéré, mais c'est quand même éclairant sur l'impression que pouvait donner sur un voyageur étranger l'état des écoles en France. On disait que escoles et collèges étaient répandus par toutes les villes et villages du Royaume. Le clergé surveillait que les précepteurs ne demandaient pas de prix exagérés et que leurs enseignements soient bons. L'Église voulait aussi surveiller, je cite, la qualité des comédies, tragédies, dialogues ou colloques oraisons qu'on y représentait. Imaginez-vous la richesse de ce qu'on offrait aux écoles.

 

"Les guerres civiles (guerres de religion et Fronde) avaient dégradé le réseau des écoles primaires qui ne se relevèrent qu'au XVIIe siècle. Louis XIV, qui voulait éradiquer le protestantisme, encouragea le renouveau des petites écoles. Le 13 décembre 1698, Louis XIV décrète: 'Enjoignez à tous, pères, mères et tuteurs qui sont chargés de l'éducation des enfants et nommément de ceux dont les pères et mères ont fait profession de la religion prétendue réforme (c'est-à-dire le protestantisme) de les envoyer aux dites écoles et catéchismes jusqu'à l'âge de quatorze ans. C'est une façon (pour lutter contre le protestantisme) de déclarer l'école obligatoire.

 

"Louis XIV prescrit aux communautés, de s'imposer pour pourvoir à la subsistance des maîtres et des maîtresses et fixa leur salaire à cent cinquante livres par an pour les hommes et cent livres par an pour les femmes. Cette dépense devint obligatoire à partir de ce moment-là.

 

"En 1724, nous sommes sous Louis XV, un an après la fin de la Régence, une déclaration réitère les prescriptions de Louis XIV. Il est alors décidé de relever les noms des enfants qui ne vont pas à l'école et de faire poursuivre les parents pour les obliger de les envoyer à l'école, sachant que si c'est une question financière, la communauté pourvoira.

 

"Les curés sont enjoints par leur hiérarchie de prêcher l'école en chaire, l'école est indispensable à la jeunesse. Il les exhorte à ouvrir et à faire fonctionner des écoles ouvertes à tous, riches et pauvres.

 

"[...] Il est impensable qu'on impose aux parents un maître dont ils ne veulent pas.  Ce sont les habitants qui fixent les honoraires du directeur d'école. Ce sont eux qui nomment le maître d'école en assemblée générale de village jusqu'à la Révolution... Et c'est là que cela va s'effondrer, je vous expliquerai comment.

 

"On peut faire appel à candidatures par voies ou d'affiches ou de journal dans la ville la plus proche.

 

"En ville, les candidats sont examinés par un curé ou les notables qui testent leurs connaissances devant un jury réunis dans l'église, et on les fait chanter, paraît-il aussi. Au village, on demande au curé ou au maître sortant de se charger de cet examen.

 

"Le village vote à haute-voix. C'est l'assemblée générale.

 

"La nomination fait l'objet d'un acte devant notaire. On a recruté un recteur d'école, on va passer un contrat, dont les termes sont débattus par les habitants. Il n'y a pas un contrat-type. Chaque village a décidé de son contrat avec son instituteur.

 

"L'école fonctionnait essentiellement en hiver. Le matin, la messe, c'est une école chrétienne, nous sommes en France. On apprend la lecture, l'écriture, et l'arithmétique, le calcul. Lire, écrire, compter. Et on apprend le latin. Et on fait copier des textes latins sur des pages blanches. Les élèves doivent savoir véritablement écrire. On leur fait copier des textes sur des pages. Et la demande est très forte de la part de la population du village d'apprendre à lire des vieux manuscrits, parce que dans les vieux textes qui sont conservés dans chaque paroisse, il y a les contrats passés avec le Seigneur, c'est-à-dire les droits de la communauté. Et quand on ne sait pas lire, on peut se faire avoir. Or, on apprend à lire à ces enfants, dans l'espoir qu'ils puissent se faire les défenseurs de la communauté en cas d'abus contre la communauté. Aujourd'hui on appellerait cela la paléographie, à l'époque on appelait cela savoir lire les anciennes chartes de la communauté.

 

"Le paiement des gages du recteur d'école était assuré par les parents qui payaient en fonction de leurs moyens. C'est l'Assemblée (du village) qui décidait qui paye quoi et combien. Aucune injonction ne venait de plus haut. Dans certains pays on pouvait payer en nature (oeufs, oies, pains, ce qu'on pouvait apporter au recteur d'école). 

 

"De toutes façons le maître était payé la somme qui a été fixée par le roi. Le roi a fixé un salaire minimum. Le roi a voulu qu'on ne puisse pas mal payé les recteurs d'école.

 

"Or période scolaire, le maître se rendait utile à d'autres occupations qui étaient à sa portée. Il n'était plus payé mais il pouvait faire autre chose.

 

"Les instituteurs du doyenné étaient rassemblés une ou deux fois par an pour mise à niveau et instruction de leurs devoirs. Il était impensable qu'un instituteur ou qu'un recteur d'école fasse sa petite affaire de son côté sans mise à niveau et contrôles. Ils étaient interrogés par les évêques qui faisaient des tournées et interrogeaient aussi les enfants. C'est l'équivalent de l'Inspection d'Académie. S'il y avait des plaintes contre les directeurs d'école, on pouvait les révoquer. Les maisons d'école étaient soit données par les seigneurs, soit données par les curés, ou quelques personnes généreuses. Certaines étaient fournies par la fabrique, c'est-à-dire l'assemblée qui gère les biens de l'église. La majorité était l'affaire de la communauté et de ses seules ressources.

 

"[....] Donc l'éducation était l'affaire des parents, l'affaire de la religion et l'affaire de la communauté.

 

"Dans le département de l'Aube, en 1789, 72% des hommes savaient lire.

 

"À l'époque des Lumières, qui commence avec l'Encyclopédie à la fin des années 1740, on commence à entendre des récriminations contre la multiplicité des écoles publiques et gratuites qui nuisent à l'agriculture.

 

"[...] La critique contre la gratuité et le nombre d'école montre combien l'instruction était répandue dans le petit peuple. Les attaques sont conjuguées entre le mouvement des Lumières et les jansénistes. C'est un fait. On les retrouve la main dans la main dans tout ce qui a sapé l'autorité de l'Église et du roi, c'est-à-dire les jansénistes depuis qu'ils existent et les francs-maçons ou "Lumières", puisqu'on peut dire que c'est la même chose, depuis qu'ils existent également.

 

"Le janséniste La Chalotais, tombeur des jésuites (c'est lui qui a réussi à faire interdire les Jésuites, dont le rôle principal était l'éducation et l'instruction gratuite pour tous) publie en 1762 un Essai d'Éducation nationale. Écoutez ce qu'il dit : 'N'y a-t-il pas trop d'écrivains, trop d'Académies, trop de collèges ? Autrefois, il était difficile d'être savant faute de livres, maintenant la multitude des livres empêche de l'être. Il n'y a jamais autant d'étudiants dans le royaume où tout le monde se plaint de la dépopulation.' Plus les gens savent lire, moins ils font d'enfants ! Ah bon ?!...'Le peuple même veut étudier. Des laboureurs, des artisans envoient leurs enfants dans les collèges des petites villes où il en coûte peu pour vivre. Parce que aux collèges des petites villes, les paysans pouvaient apporter leur nourriture à leurs enfants. En multipliant les collèges dans les petites villes, il y avait véritablement moyen d'apporter l'enseignement secondaire aux paysans. 'Quand ils ont fait de mauvaises études qui ne leur ont appris qu'à dédaigner la profession de leurs pères, ils se jettent dans les cloîtres (ce qui est une façon de dire qu'on ne devient clerc que quand on a raté : encore une calomnie). Dans l'état ecclésiastique ils prennent des offices de justice et deviennent souvent des sujets nuisibles à la société. Les frères de la doctrine chrétienne qu'on appelle 'ignorantins' sont survenus pour achever de tout perdre, ils apprennent à lire et à écrire à des gens qui n'eussent dû apprendre qu'à dessiner et à manier le rabot et la lime, mais qui ne veulent plus le faire. Le bien de la société demande que les connaissances du peuples ne s'étendent pas plus loin que ses occupations. Tout homme qui voit au-delà de son triste métier ne s'en acquittera jamais avec courage et avec patience.' Si ce n'est pas de la haine du peuple, en tout cas c'est de la haine de l'éducation pour le peuple ! Clairement.

 

"Une des lettres de Voltaire du 4 mai 1762, concernant le texte de L'Essai l'Éducation nationale de La Chalotais est classée avec cette mention : 'Très belle lettre d'envoi de son ouvrage contre la constitution des Jésuites et le fanatisme qu'elle renferme et contre la barbarie de l'éducation française.' La barbarie : apprendre à lire et à compter aux enfants du peuple, c'est de la barbarie... Voltaire applaudit à tout rompre: 'Je vous remercie, écrit-il à La Chalotais, de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre (alors Voltaire qui cultive la terre, imaginons ! C'est l'époque où quand vous êtes propriétaire d'un terrain vous vous dites 'laboureur'. C'est cela la catastrophe, c'est que tous les bourgeois qui ont investi dans la terre prétendent parler pour l'agriculture), je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé, mais non pas qu'il soit instruit : il n'est pas digne de l'être.' (Voltaire) 

 

"En 1766, Voltaire écrit à son ami Damilaville: 'Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'article du peuple que vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s'instruire : il mourrait de faim avant de devenir philosophe. Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. Si vous aviez comme moi une terre, si vous aviez des charrues, vous seriez de mon avis. Ce n'est pas le manœuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant des villes. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. (Voltaire)

 

"Savez-vous que Rousseau, Jean-Jacques - vous savez, celui qui a abandonné ses enfants qui a écrit un traité sur l'éducation ! -, en 1761, il a écrit dans La Nouvelle Héloïse 'n'instruisez pas l'enfant du villageois car il ne lui convient pas d'être instruit.'

 

"En 1774, les 'Lumières' arrivent au pouvoir et réussissent à imposer l'économie de marché en lieu et place de l'économie morale sous la protection du roi. (Cela a fait l'objet de plusieurs de mes conférences). Turgot a convaincu Louis XVI de laisser filer le prix du blé, donc du pain du peuple, 'pour le bien de tous' : Majesté, quand le pain sera trop cher, ce n'est pas grave..., cela s'arrangera. 

 

Lire : La souffrance ouvrière sous la république

 

"Le problème de Turgot, c'est que le peuple n'est pas d'accord. Turgot a écrit : 'Le roi met sous les yeux de ses sujets leurs véritables intérêts.' C'est-à-dire qu'en imposant le libéralisme, le roi présente à ses sujets leurs véritables intérêts. Le peuple ne sait pas quels sont ses intérêts : il faut qu'on lui montre... '[...] Et entend prévenir ou calmer les inquiétudes que le peuple conçoit si aisément sur cette matière, et que la seule instruction peut dissiper.' On va expliquer au peuple ce qui est bon pour lui, et s'il n'est pas d'accord, on va l'éduquer... Et bien voilà le programme (des 'Lumières') ! On peut s'attendre au pire, et il va arriver.

 

"En 1783 (on approche de la catastrophe) paraissent des Vues patriotiques sur l'éducation du peuple, d'un certain Louis Philipon de la Madelaine. Au chapitre intitulé 'Dangers des écoles répandues dans les bourgs et villages', il dit : 'On se plaint que les campagnes manquent de bras, et que le nombre des artisans déminue, que la classe des vagabonds augmente, n'en cherchons la cause que dans cette multitude d'écoles dont fourmillent nos bourgs et nos villages. Il n'y a pas de hameau qui n'ait son grammairien et que fait-il d'autre que de semer parmi les manœuvres, les artisans et les laboureurs le dégoût de leurs professions. Je le dis hardiment : il n'y aura jamais de bonne éducation pour le peuple si l'on ne commence à faire disparaître du milieu des bourgs et des campagnes ces recteurs d'école qui dépeuplent nos champs et nos ateliers.' On appelle cela : les 'Lumières' !  

 

 

La Révolution

 

"Le Roi Louis XVI accepte de renoncer à fixer le prix des subsistances, qu'on appelait la taxation, au profit du libre marché et de la loi de l'offre et de la demande. La France va sortir du monde du Bien commun pour entrer dans le monde du profit.

 

"[...] On a écrasé l'infâme (selon le mot de Voltaire 'Écrasez l'infâme'). D'un seul coup d'un seul, la Révolution a asséché tous le services publics gratuits.

 

"Le 1er mai 1775 (petit retour en arrière), Turgot avait déjà condamné les enfants au travail en appauvrissant dramatiquement les pères de famille. Va-t-on encore instruire les enfants, mais avec quoi ?

 

"En avril 1792, la Révolution a avancé. Le franc-maçon Condorcet remet à la Législative un projet intitulé 'Organisation générale de l'Instruction publique'. Condorcet, c'est un libéral, ami de Turgot, qui veut qu'on enseigne le libéralisme qui ne passe pas spontanément. (Dans la mentalité des 'Lumières'), il faut comprendre une chose, le peuple est bête. Quand le peuple ne veut pas quelque chose c'est parce qu'on la lui a mal expliquée. Cela, ça marche à tous les coups. On nous le refait (encore aujourd'hui) en permanence (le fameux 'il faut faire de la pédagogie'... Ndlr.).

 

"Le 18 décembre 1792, pendant le procès du Roi, Jean-Baptiste Leclerc, du comité d'instruction publique de la Convention, déclare : 'Au moyen de l'Instruction commune, vous déjouez toutes les passions funestes au Bien public et vous dérobez le coeur des enfants à l'aristocratie des parents, à leur orgueil et à leur fanatisme.Donc il est dorénavant bien clair que l'école va consister à retirer les enfants à l'influence délétère de leurs parents ! On est exactement à l'inverse de ce qu'a été tout l'esprit de l'instruction pendant les siècles de royauté.

 

"À propos du terme aristocratie, il faut savoir qu'à partir de 1789, le bien c'est patriote et mauvais c'est aristocrate.

 

"[...] Que disent les révolutionnaires de l'éducation ?

 

"Danton dit : 'Mon fils ne m'appartient pas, il est à la république.'

"Le 12 décembre 1793, Danton déclare: 'Il est temps de rétablir ce grand principe qu'on semble méconnaître que les enfants appartiennent à la république avant d'appartenir à leurs parents; [...] Nous devons dire aux parents: nous ne vous les arrachons pas vos enfants, mais vous ne pouvez les soustraire à l'influence nationale.' Mais si on les arrachait, ce serait quoi la différence ?

 

"[...] Le 7 mai 1794, Robespierre écrit : 'La Patrie a seule le droit d'élever ses enfants, elle ne peut confier ce dépôt à l'orgueil des familles ni aux préjugés des particuliers.' Tout ce que vous pensez, chers amis, n'est que préjugé si vous n'êtes pas d'accord avec eux...

 

"Le 1er juin 1794, Bertrand Barrère déclare : 'Les enfants appartiennent à la famille générale, à la république, avant d'appartenir aux familles particulières.'

 

"Et bien en avril 2013, Laurence Rossignol (sénatrice, porte-parole du PS. Ndlr.) déclarait : 'Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents.'

 

Laissons là l'histoire, parlons de l'école du mondialisme

 

"En mai 2010, l'UNESCO a publié les principes directeurs sur l'éducation sexuelle destiné à tous les professionnels de l'enseignement du monde. 

 

"C'est l'UNESCO, il s'agit d'une politique mondiale, c'est valable pour la planète entière et il est impensable de penser pouvoir s'y soustraire, même si ce n'est (théoriquement) pas contraignant.

 

"'Il faut, disent-ils, aux enfants une éducation sexuelle avant qu'ils soient sexuellement actifs, et leur donner des informations scientifiquement précises.' Voilà donc maintenant ce dont on va s'occuper. On va apprendre le sexe aux enfants. C'est cela maintenant l''éducation'. Et à partir de 3 ans vous n'avez plus les moyens de vous y opposer.

 

"Qu'est-ce que des informations scientifiquement précises concernant l'éducation sexuelle? Il n'existe pas de 'science de la sexualité' hormis les délires pervers d'un certain Kinsey. Vous avez un livre excellent de mon amie Judith Reisman, que je vous recommande de lire, en sachant que c'est extrêmement pénible.

 

Lire : 

 

Le scandale de la théorie du genre : les "travaux" d'Alfred Kinsey et la Fondation Rockefeller

Marion Sigaut – Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille

 

"Kinsey a inventé la pseudo science sexuelle. Il était un pervers et un escroc. Il n'existe pas de science de la sexologie, hors de Kinsey, qui n'a jamais été validée par aucun comité scientifique indépendant. Nous sommes là en pleine perversion à l'échelle de la planète.

 

"Quelques idées maîtresses et autres principes directeurs que l'on inculquera aux enfants d'après l'UNESCO

 

"On va apprendre aux enfants que chaque individu a le droit de prendre ses propres décisions.' Qu'est-ce que cela vient faire dans une éducation sexuelle ? En quel honneur d'abord, et où est l'autorité des parents là-dedans ?

 

"'Les parents et autres membres de la famille guident et orientent leurs enfants dans leurs décisions. Le rôle des parents est de guider et d'orienter, pas de décider. On évacue l'autorité parentale. Et on parle d'éducation sexuelle, pas d'autres choses.

 

"'Des adultes de confiance peuvent être sources d'aides et de soutien.' C'est qui les adultes de confiance ? Quelle garantie a-t-on qu'un 'adulte de confiance' ne soit pas un subordonneur, un pédophile ? Et qui va choisir ? C'est l'enfant ? Oui, puisqu'il n'a pas de papa ni de maman. L'enfant a le 'droit' de prendre ses propres décisions.

 

"Entre cinq et huit ans on aborde ce qu'est un abus sexuel.' On explique qu'il existe des pratiques positives et des pratiques néfastes, à cinq ans. 

 

Un 'abus sexuel', c'est un attouchement incorrect ou une relation sexuelle non-désirée ? Il y aurait donc de srelations sexuelles désirées et correctes à cinq ans ? On introduit ici l'idée que si l'enfant est d'accord, il n'y aura pas d'abus. Cinq ans...

 

'Toute personne, sans considération de son état de santé, de sa religion, de son origine, de sa race, de sa situation matrimoniale peut élever un enfant, lui donner l'amour auquel il la droit.' Il a le droit d'éduquer son enfant, ou celui d'un autre ? Ce n'est pas dit là. On est en train d'inculquer aux enfants que l'adoption est un droit, donc que chaque personne sans distinction possède un droit sur les enfants des autres... Les vôtres, mesdames et messieurs. Les vôtres.

 

"'Il existe des personnes qui ne sont pas capables de s'occuper des enfants.' Alors tout le monde a droit, mais il y en a qui n'en sont pas capables. On peut donc les retirer et les donner à d'autres. Et puisque les enfants appartiennent à la république ?

 

"L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié également en 2010 les Standards pour l'éducation sexuelle en Europe. C'est la même année, mais ce n'est pas le même texte.

 

Préambule."'Il faut donner l'éducation sexuelle notamment dans les écoles, ce qui n'est pas toujours aisé. La démarche rencontre souvent des résistances motivées le plus souvent par des peurs et des préjugés'. Alors quand vous n'êtes pas d'accord, c'est parce que vous avez des préjugés... On l'a déjà dit, mais bis repetita. Si vous n'êtes pas d'accord qu'on enseigne l'éducation sexuelle de cette manière-là à vos enfants, c'est que vous avez peur et que vous avez des préjugés ! C'est comme les gens qui avaient peur que le prix du pain soit prohibitif... Vous avez peur et vous avez des préjugés. Donc on va vous y obliger puisque vous n'êtes pas d'accord. Cela c'est le principe, quand le peuple n'est pas d'accord, on le force. 

"'Pour être suffisamment valorisée, l'éducation sexuelle devrait devenir une branche d'examen.' On a déjà des examens en biologie. On va faire passer des examens en quoi ? En masturbation, en changement de sexe, en pose de préservatif ? Cela a déjà a eu lieu. On fait poser des préservatifs dans des écoles, sur des objets en plastique. Et moi j'ai le témoignage d'une fille qui quand elle l'a fait à treize ans, elle était morte de honte, car les garçons hurlaient dans la classe. Évidemment puisque l'enseignement est mixte... Tout va bien !

 

"La psychologie, et plus spécialement la psychologiquement du développement montre que les enfants naissent sexués.' Alors si c'est pour dire qu'il y a garçon et fille, on le savait déjà. Mais ce n'est pas cela que ça veut dire. Cela veut dire que les enfants naissent sexuels. Et qui a dit que 'les enfants naissent sexuels' ? Alfred Kinsey. Il est l'alpha et l'omega de toutes ces horreurs. Kinsey a dit: 'Children are sexuals from birth', 'les enfants sont sexuels dès la naissance', et il l'atteste par un tableau qui a été publié dans ses ouvrages et que Judith Reisman a démonté. Il a violé et fait violé des centaines d'enfants par des pédophiles et à chaque hurlement il écrivait : 'orgasme'. Et c'est cela qui sert de référence pour dire que les enfants naissent sexuels dès la naissance !

 

"On veut réduire la sexualité au plaisir qu'on y trouve et évacuer le reste. Fort de ces grands principes on conclut que l'éducation commence dès la naissance. Alors c'est quoi ?

 

[...] De quoi parle-t-on ici si ce 'nest de vagabondage sexuel comme d'une activité de loisir. A-t-on pensé quelque part à dire qu'on peut avoir une relation sexuelle par amour ? Je ne vous parle même pas pour fonder une famille. Nulle part l'amour n'est mentionné.

 

"'L'éducation sexuelle est fondé sur l'égalité des sexes, l'autodétermination et l'acceptation de la diversité.' L'égalité des sexes, est-ce pour les hommes le droit d'avorter et pour les femmes le pouvoir d'avoir des problèmes de prostate ? Et la diversité, c'est quoi ? C'est la diversité des migrants et des autochtones, des homos et des hétéros ? Et bien oui, c'est cela la 'diversité'. C'est le monde de fous dans lequel on est en train de nous faire tomber.

 

"'L'éducation sexuelle est basée sur des informations précises et scientifiquement étayées.' Bis repetita, il n'y a rien à part Kinsey.

 

"'Les objectifs de l'éducation sexuelle sont de favoriser le respect de la diversité sexuelle.' Cela veut dire que toutes les perversions sexuelles vont être considérées comme se valant les unes les autres. Un ne pas discriminer, deux, égalité pour tous.

 

"... 'et les différences entre sexes, ainsi que la prise de conscience de l'identité sexualle et des rôles sexuellement attribués au genre.' Vous n'êtes pas une dame ou un monsieur, vous êtes simplement une dame qui a choisi d'être une dame et un monsieur qui a choisi d'être un monsieur. Ce qui est la négation du simple bon sens. Nous sommes nés homme ou femme avec les chromosomes afférents et rien n'a jamais changé en la matière.

 

"Donc, la diversité sexuelle c'est l'introduction de l'homosexualité dans les cours de sexualité à l'école. Or, qu'on le veuille ou non l'homosexualité ne représente et n'a jamais représenté au-delà de 5% de la population. C'est moins de 5% et on va présenter cela comme la norme.

 

"Les différences entre les sexes n'ont pas besoin d'être enseignées à l'école, qui est là pour enseigner les savoirs. Et les rôles associés aux genres, c'est la théorie du genre. or, aucune caution scientifique sérieuse n'a  jamais cautionné cette théorie. C'est juste un délire.

 

"'Favoriser le développement psychosexuel des individus en apprenant à exprimer des sentiments et des besoins, à mener une vie sexuelle agréable et à développer sa propre identité sexuelle et ses propres rôles de genre.' Voilà le programme de l'OMS. L'école est-elle là pour apprendre aux jeunes à mener une vie sexuelle agréable ? Pour vous, non, pour moi, non, pour eux, oui.

 

"Et c'est quoi développer ses propres rôles de genre ?

 

"Pour avoir un impact positif, l'éducation sexuelle doit d'abord avoir sa place attitrée dans les programmes scolaires et être traitée de manière approfondie tout au long de la scolarité.' Alors maintenant, on ne sait plus ni lire ni écrire, on ne sait pas que la France existait avant 1789. Mais on va devenir incollables sur le sexe.

 

"Entre 4 et 6 ans, qu'allons-nous apprendre aux enfants ? On les renseigne sur 'la reproduction humaine, la consolidation de leur identité sexuelle', à quatre ans... On va consolider leur identité sexuelle. On va leur apprendre la masturbation, le plaisir, et la satisfaction à se toucher. Alors Marlène Schiappa quand elle lançait un appel l'été dernier en disant 'non, il n'est pas question d'enseigner la masturbation à l'école' n'a pas lu les programmes. Et bien moi je les ai lus et j'ai écrit un petit livre 'Les droits sexuels', il y a toutes les références dedans.

 

"On va entre 4 et six ans, les différentes conceptions de la famille. Ce n'est définitivement plus papa et maman. Il y a différentes conceptions, il y a papa et papa, maman et maman, et puis papa et papa et papa, et oui pourquoi s'arrêter à deux ?... A quel titre ?

 

"On va leur apprendre des relations entre personnes de même sexe et les différentes normes en matière de sexualité. Alors si ce n'est pas la promotion de l'homosexualité et de toutes les perversions ?

 

"Et on va leur enseigner la conscience de pouvoir choisir 'Mon corps m'appartient.' J'ai reçu le témoignage d'un papa qui a pris son enfant sur les genoux après l'école et qui lui a dit : 'Papa, mon corps m'appartient.'

 

"Le corolaire de mon corps m'appartient, c'est j'ai le droit de dire non, mais le corolaire de j'ai le droit de dire non, c'est de dire j'ai le droit de dire oui.

 

"Je vais m'arrêter là. C'est de l'anti-éducation. L'école de la république, obligatoire désormais à partir de 3 ans, a totalement inversé les valeurs et a volé leurs enfants à leurs parents. Et il est temps de réagir parce que maintenant la loi est contre vous.

 

"[...] Je crois que le code civil est encore avec les parents. Il faut le faire valoir. Vous avez l'autorité parentale. Ces cours sont d'authentiques attentats à la pudeur. L'attentat à la pudeur est encore valable en France. Mais en face, vous avez le diable... Vous ne devez pas agir seuls. Il faut lancer des actions collectives. Je sais que François Billot de Lochner a commencé. Il faut lancer des actions collectives, en plainte pour attentat à la pudeur et détournement de mineur."

 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 11:07

Serge Petitdemange, ancien officier marinier de la Marine nationale, dirigeant du mouvement "Renaissance française", dénonce l'influence de la franc-maçonnerie qui gangrène la justice française et monégasque et a "saccagé des vies entières", "anéanti des vies" de justiciables.

Dans sa video du 21 juin, au sujet du royaume monégasque, il dit très justement  : "Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne."

Depuis le décès du prince Rainier, à Monaco, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais de la franc-maçonnerie. Serge Petitdemange conseille donc au prince Albert de "regarder à deux fois" avant de "ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté", et "d'"adopter" ce qu'il "propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants.

 

Extrait :

 

"La principauté de Monaco étant un Etat souverain disposant de sa propre Constitution du 17 décembre 1962.

"[...] Pour bien comprendre le problème, par opposition à l'article 1er de la constitution française du 4 octobre 1958 (qui dit ceci : 'La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale', ce qui signifie qu'en France la justice est rendue au nom de la république), l'article 9 de la principauté de Monaco précise que 'la religion catholique, apostolique et romaine est religion d'État.' À Monaco, la justice est rendue au nom de Dieu. Le Prince Albert de Monaco est constitutionnellement le garant de la Constitution monégasque.

"Seulement voilà, depuis le décès du prince Rainier, la France n'a de cesse de s'immiscer dans les affaires du Rocher par le biais d'une secte pernicieuse que j'ai dénoncée dans ma video du 15 mai 2019 [dans laquelle Serge Petitdemange affirme: "Je m'adresse à ceux (des magistrats) dont le serment prêté à la franc-maçonnerie, principalement la Grande Loge nationale de France et le Grand Orient, est pour eux supérieur à celui prêté à la république. Je porte à la connaissance de mes concitoyens les signes de reconnaissance employés : triangle pointe en haut, triangle pointe en bas, et les trois points alignés. Ces codes de reconnaissance permettent de confirmer ou d'infirmer la décision prise en instance précédente, que la prochaine instance suivra à l'étape suivante. Si un jugement est renvoyé en appel ou en cassation, le juge saura immédiatement si son confrère demande la confirmation du dit jugement. Dès lors les cours d'appel ou de cassation ne jouent que le rôle d'exécutant en jouant ce jeu inique de trafics d'influence. C'est ignoble et totalement illégal. [...] Un juge qui décide de faire passer les intérêts d'une secte quasi-satanique avant les intérêts de la justice est un fourbe, un traître [...] vis-à-vis du serment prêté."] 

[...] Monaco dispose bien d'un pouvoir judiciaire. Comment alors faire comprendre au prince Albert que ses cours et tribunaux sont gangrénées par des magistrats français francs-maçons ? L'antinomisme est flagrant : un franc-maçon est par essence anticlérical, il vénère le G.A.D.L.U (le Grand Architecte de l'Univers), mais pas Dieu. Comment alors, en toute conscience, un magistrat français franc-maçon, rendant la justice au nom de la république, lorsqu'il exerce en France, une fois affecté à Monaco, toujours incroyant, peut-il rendre la justice dans un pays souverain, dont la Constitution le contraint à la rendre au nom de Dieu ?... Tous les rouages de la justice et des forces de l'ordre monégasques sont corrompus par cette secte maléfique, comme en France. Le pire, c'est que les magistrats français francs-maçons exerçant à Monaco violent la Constitution de la Principauté, mentent au Prince Albert.

"Comme en France, ils sont partout, la justice, la police, l'armée, le corps médical, les avocats, infiltrés, influençant les personnes en vue, dans le but évident de s'en servir à des fins néfastes pour la cohésion et le bonheur du peuple.

"[...] Je pense qu'avant de ratifier une prochaine affectation d'un magistrat français en principauté, le Prince Albert va y regarder à deux fois. C'est ce que je ferais à sa place ! 

"[...] Je propose à l'état monégasque d'adopter ce que je propose depuis plus d'un an pour la France et son peuple, à savoir l'adoption d'un quatrième pouvoir, celui du peuple souverain chargé de surveiller le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants. 

"Quand le peuple et les institutions marchent la main dans la main, le simple bonheur de vivre règne.

"[...] L'Italie l'a bien compris, elle qui interdit toute appartenance franc-maçonne aux membres de son gouvernement. Renaissance française' au pouvoir y mettra bon ordre. Le 4e pouvoir est la clé du retour à la normalité de la vie courante de nos compatriotes. L'association monégasque des victimes de la franc-maçonnerie a décidé à l'unanimité de rejoindre le combat de Serge Petitdemange, le combat de Renaissance française."

Note du blog Christ-Roi. La proposition de Serge Petitdemange et du mouvement "Renaissance française" de créer un 4e pouvoir chargé de contrôler le bon fonctionnement des trois pouvoirs existants (en écartant réellement les trafics occultes d'influence) est originale. Elle fait écho au fait que l'unité du peuple et des institutions était le principe de gouvernement de la France jusqu'en 1789, une royauté où la loi appartenait au peuple (le roi ne pouvait y toucher quant au fond), et où peuple et roi étaient un. C'est une secte maléfique, corrompue - la franc-maçonnerie - qui a cherché à dissocier les deux (en appliquant le principe moderne machiavélique "Diviser pour mieux régner".)

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 08:17

"La Révolution antifrançaise de 1789 - faisant suite au travail de sape entrepris depuis la 'Renaissance' par des écrivains, des penseurs, et des philosophes afin de détruire le catholicisme (et le droit divin NdCR.), rempart contre l'éclosion du capitalisme -, détruisit les protections sociales ouvrières (les corporations) afin d'assoir le pouvoir de l'argent et de l'usure. C'est par le décret d'Allarde (2/17 mars 1791) et la loi Le Chapelier (14/17 juin 1791) que les révolutionnaires détruiront le système corporatif qui servait de protection pour les ouvriers et imposeront un libéralisme économique sauvage rejeté jusqu'alors par nos rois. Les sociétés de pensées comprirent que pour permettre à l'argent de dominer, il fallait donc à la différence de l'Angleterre supprimer le roi garant des libertés populaires et protecteur sociale de son peuple : en Angleterre le rois se lia aux Lords et à l'argent contre le peuple, ce qui explique le maintien de la monarchie anglaise.

 

"Certes, il est vrai qu'en 1776, Turgot, alors contrôleur général des finances obtint du roi Louis XVI suppression des communautés de métiers avec l'édit de Turgot supprimant les corporations. Il le justifiait ainsi : 'La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d'un même métier de s'assembler et de se réunir en corps.' (Turgot, Recueil de réglemens pour les corps et communautés d'arts et métiers). Le roi Louis XVI (1774-1793), ayant compris son erreur, car ayant été très certainement mal conseillé, revint sur cet édit. L'édit du roi enregistré au parlement le 23 août 1776 annula donc l'abolition des corporations. Louis XVI se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création, nous voulons donner aux ouvriers un moyen de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun de leur intelligence, qui est le bien le plus précieux de l'homme.' Pas étonnant avec une telle réponse d'apprendre que Louis XVI fut le premier à utiliser le terme de 'justice sociale'.

 

"Le vol du bien commun des ouvriers a donc été décidé par le décret d'Allarde du 2/17 mars 1791, qui déclarait propriété nationale les biens corporatifs. Ce décret d'Allarde faisait aussi du libéralisme économique le fondement du nouveau régime de travail, de la production et du commerce.

 

 

"Le 14 et 17 juin 1791, la loi Le Chapelier interdisait aux hommes de métiers de s'associer en vue de former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs. Cette loi, calquée sur la logique de Turgot, s'inspirait du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, dont Isaac Le Chapelier reprit des passages entiers dans son exposé. Privés de leurs patrimoines, les corps de métiers ne pouvaient plus vivre. L'historien Hippolyte Taine (1828-1893) évalua à 16 milliards de l'époque la valeur du patrimoine des métiers confisquée aux corporations. Somme énorme si l'on considère le chiffre peu élevé des effectifs ouvriers au moment de la Révolution. Rappelons également que sur le nombre total de guillotinés durant la période de la Révolution, 31% étaient des ouvriers, 28% des paysans, et 20% des marchands, soit près de 80% étaient des petites gens (René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24), le tout au nom de la liberté des droits de l'homme, comme il se doit.

 

[La répression des Canuts de Lyon, dans les années 1830, ces ouvriers tisserands qui se battaient pour un "salaire minimal" aux cris de "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant". En 1830, Lyon est la première ville ouvrière de France. L'arrivée des métiers à tisser de grande taille révolutionne le travail de la soie. On s'installe dans les anciens couvents de la Croix-Rousse, aux plafonds très élevés. C'est le quartier des "Canuts", des ouvriers qui travaillent quatorze, quinze heures par jour et qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille sur leur salaire, ce qui fait qu'il y a des familles où le père, la mère et les enfants sont obligés de travailler pour survivre. Au milieu du siècle, on compte environ 40 000 compagnons lessivés par les ignobles conditions de travail. Ils partirent en 1831 de la Croix-Rousse, derrière le drapeau noir. Le pouvoir envoya contre eux 20 000 hommes de troupe et 150 canons. (Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, Le Vrai roman national, Fayard, Lonrai 2018, p. 545.)

"En novembre 1831, les républicains ont tenté de récupérer la révolte des ouvriers tisserands de Lyon, en vain, car ceux-ci, dont l'esprit corporatif était tout le contraire de l'esprit révolutionnaire et dont le meneur, Pierre Charnier (un des fondateurs du mutuellisme, assurance maladie et chômage) était [...] un catholique légitimiste, avaient des revendications purement professionnelles. Le conflit, au demeurant, avait trouvé sa solution par la négociation, sans effusion de sang." (Jean SÉVILLIA, Histoire passionnée de la France, Perrin, Paris 2013, p. 294) ; En revanche, "le 9 avril 1834, une nouvelle insurrection des Canuts s'étend à d'autres catégories populaires de Lyon. Thiers commence par abandonner la ville aux insurgés, avant de mater la révolte dans le sang au prix de 600 victimes." (Jean SÉVILLIA, Histoire passionnée de la France, ibid., p. 295) ; La révolte des Canuts de Lyon avait été précédée en 1819, d’émeutes écrasées par l'armée à Vienne, lors de l’introduction de nouvelles machines à tondre les draps (Gérard GAYOT, Le Second Empire drapier des Neuflize à Sedan (1800-1830) dans Histoire, économie & société Année 1986 5-1 pp. 103-123, p. 11.)]

 

Pierre-Joseph Proudhon

"Dans De la Capacité politique de la classe ouvrière rédigé en 1865, Proudhon avait raison d'écrire : 'Ce qui a créé la distinction toute nouvelle de classes bourgeoises et de classes ouvrières ou prolétaires, c'est le nouveau droit inauguré en 1789.

 

'Avant 1789, l'ouvrier existait dans la corporation et dans la maîtrise, comme la femme, l'enfant, le serviteur dans la famille. Il aurait répugné alors d'admettre une classe de travailleurs en face d'une classe d'entrepreneurs puisque celle-ci contenait celle-là.

'Mais depuis 1789, le faisceau des corporations ayant été brisé, sans que les fortunes et les conditions fussent devenues égales entre maîtres et ouvriers, sans que l'on eut rien fait ou prévu pour la répartition des capitaux, pour une organisation nouvelle de l'industrie et des droits des travailleurs, la distinction s'est établie d'elle-même entre la classe des patrons, des détenteurs des instruments de travail, capitalistes et grands propriétaires et celle des ouvriers, simples salariés. On ne peut nier aujourd'hui cet antagonisme profond des deux classes, inconnu au Moyen-Âge, et la raison qui l'amena fut une grande iniquité.(Pierre-Joseph Proudhon, De la Capacité politique des classes ouvrières, 1865, p. 60-61.) 

 

Louis-René Villermé

"En effet, ces lois révolutionnaires qui nous le rappelons ont été prononcées et votées à gauche de l'hémicycle ne furent pas sans conséquences.

 

Pour s'en convaincre, il suffit pour cela de lire des rapports effectués par le docteur Villermé (1782-1863) pour ce qui est des conditions de travail des enfants durant le XIXe siècle.

'Chez les enfants, dit monsieur Villermé, l'état de souffrance résulte surtout de l'excès du travail ; chaque jour on les garde de 15 heures à 15 heures et demie, et l'on exige d'eux 13 heures de travail effectif.

'C'est un spectacle bien affligeant que celui de cette multitude d'enfants maigres, hâves, couverts de haillons, marchant pieds nus par la pluie et la boue, portant à la main, et quand il pleut, sous leur vêtement, rendu imperméable par l'huile des métiers tombée sur eux, le morceau de pain qui les doit nourrir jusqu'à leur retour.

'16 à 18 heures debout chaque jour, dont 13 au moins dans une pièce fermée, sans presque changer de place ni d'attitude. Ce n'est plus là un travail, une tâche, c'est une torture; et on l'inflige à des enfants de six à huit ans, mal nourris, mal vêtus, obligés de parcourir, dès cinq heures du matin, la longue distance qui les sépare de leurs ateliers, et qu'achève d'épuiser le soir leur retour de ces mêmes ateliers.' (Louis Villermé, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers, 1840, volume 2, p. 87, 88 et 91.)

Alban de Villeneuve-Bargemont

"Alban de Villeneuve-Bargemont (1784-1850), auteur de Economie politique chrétienne, précisait également dans un de ces discours :

 

'Pour les tenir éveillés, on les (enfants) frappe avec des cordes, avec des fouets, avec des bâtons, sur le dos, sur la tête même.

'Plusieurs ont été amenés devant les commissaires de l'enquête, avec des yeux crevés, des membres brisés par les mauvais traitements qui leur avaient été infligés.' (Charles Lemercier de Longpré, La Grande Bretagne en 1833, cité dans Alban de Villeneuve-Bargemont, Economie politique chrétienne, 1834, volume 1, p. 392.)

 

"Voilà ce qu'engendra cette disante révolution du peuple, par le peuple et pour le peuple, au nom de la liberté et des droits de l'homme. Et Napoléon Ier qui ne fut qu'un avorton de cette révolution resta dans la lignée d'Isaac Le Chapelier et de Pierre d'Allarde. En 1803, il institua le livret ouvrier, afin de restreindre la libre circulation des ouvriers en France, bref de les contrôler. Tout ouvrier voyageant sans livret est réputé vagabond et condamné comme tel. Il ne peut quitter un employeur qu'après que celui-ci eut signé un quitus sur le livret. La signature devant être certifiée par une autorité, il ne peut quitter une commune sans le visa du maire et/ou de la gendarmerie avec indication du lieu de destination. L'employeur doit inscrire sur le livret la date d'entrée dans l'entreprise puis la date de sortie et indiquer que l'ouvrier le quitte libre de tout engagement Quelle dictature ! La perte du livret interdit de travailler, de quitter la commune du dernier domicile jusqu'à obtention d'un nouveau livret.

 

"Lors des Journées de juin 1848, près de 23 000 ouvriers descendirent dans la rue, et près de 400 barricades furent érigées à Paris. Le général Cavaignac engagea une terrible répression contre ces ouvriers. Après sa victoire, le gouvernement déclara : 'L'ordre a triomphé de l'anarchie, vive la république !' Plus de 4000 ouvriers et ouvrières moururent en cinq jours, 1500 furent fusillés sans jugement. Et les tribunaux condamnèrent 16 000 personnes dont 4 000 à la déportation en Algérie. La deuxième république ne dura que 4 ans, mais ce fut assez pour elle pour poursuivre l'oeuvre antisociale de la première.

 

"Le 21 mars 1884, c'est le vote de la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats professionnels. Cette loi ne fut en fait qu'un soulagement des lois révolutionnaires de 1791. Même si elle donne l'illusion d'être un progrès, cette loi ne fit que renforcer la division entre patrons et ouvriers qu'exploiteront volontiers une multitude d'idéologues. Cette division, la loi de 1884 ne l'interdira pas contrairement à la logique du système corporatif. Patrons et ouvriers peuvent désormais mieux s'organiser pour pouvoir mieux s'affronter.

 

"Le 1er mai 1891 les ouvriers pacifiques de la cité ouvrière de Fourmies organisèrent une grève pour une journée de 8 heures et la hausse des salaires. La diminution de la journée de travail était d'ailleurs réclamée depuis les années 1880 par les députés royalistes contre l'avis des républicains de gauche... comme de droite. Sous l'impulsion des patrons, le maire de la ville envoya deux compagnies d'infanterie du 145e régiment de ligne. 150 à 200 manifestants arrivèrent sur place et firent face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel contenant neuf balles de calibre 8 millimètres. Le commandant Chaput s'écria: 'Feu, feu, feu rapide, visez le porte-drapeau.' Bilan : neuf morts et au moins trente-cinq blessés.

 

"Au début du XXe siècle, les vignerons du sud de la France furent frappés par une grave crise agricole (révolte des vignerons de 1907), mais le gouvernement de Paris plus proche des riches betteraviers du Nord se désintéressait sur sort des vignerons du sud. La misère, la colère et la révolte montèrent à travers les villages. Le 11 mars 1907 ils furent 87 à manifester à Argeliers.

 

 

 

 

Le 9 juin 1907, ils étaient entre 600 à 800 000 personnes dans les rues de Montpellier. L'historienne Geneviève Gavignaud-Fontaine dira : 'Cette mobilisation de masse dépasse d'ailleurs les courants politiques ou idéologiques puisque l'on voit marcher côte à côte des sympathisants de la gauche socialiste et de la droite royaliste.'

Sur ordre de Georges Clémenceau, l'armée française ouvrit le feu sur le peuple vigneron du Midi et ordonna l'arrestation des responsables du mouvement. Bilan : cinq morts, dont une jeune fille de vingt ans (Cécile Bourrel), et 33 blessés gisant à terre. Clémenceau y gagnera le surnom mérité de 'fusilleur'.

 

"Toujours en 1907 à Raon-l'Étape, les ouvriers en chaussures réclamèrent un salaire minimal de 32 centimes de l'heure, la journée de 10 heures et la suppression des amendes. La direction ayant refusé leurs demandes, ils se mirent en grève au début du mois de juillet. Le préfet fit envoyer deux bataillons, les Deuxièmes chasseurs à Pieds de Lunéville et le 20e bataillon de Chasseurs à Pieds de Baccarat ainsi que deux escadrons du 17e chasseur. Le 28 juillet 1907, l'armée tira sur un défilé pacifique tuant 3 ouvriers et en blessant 32 autres. Des barricades furent érigées dans la ville et des drapeaux noirs arborés.

 

"En 1908, lors de la grève de Draveil-Vigneux, ce sont des carriers qui lancèrent une grève pour l'amélioration de leurs conditions de travail. Le 2 juin 1908 deux grévistes furent tués dans leur permanence par un gendarme et une dizaine d'autres sont blessés.

 

"Le 30 juillet 1908, ce fut la journée sanglante, trois à 400 manifestants se heurtèrent violemment aux cinq régiments de dragons. 4 grévistes furent tués et plus de deux cents blessés. Clémenceau ordonna alors des arrestations massives dans les rangs de la Cgt.

 

Le socialiste allemand karl Kautsky (1854-1938) avait raison de dire : 'C'est la république française qui depuis douze ans (depuis la fusillade de Fourmies de 1891) a versé le plus de sang ouvrier en Europe.' (Karl Kautsky, N° spécial du Socialiste, mai 1903.)

 

"Le lendemain, le 31 juillet, Charles écrivait à propos de Clémenceau : 'Cette tuerie n'est pas le résultat de la méprise ou d'une erreur. On ne peut l'imputer à une faute de calcul. Il (Clémenceau) l'a voulue. Il l'a visée. S'il avait voulu faire sérieusement son métier de gendarme, de premier flic, il l'aurait fait. Ce n'était pas très difficile avec les 350 000 hommes que le recrutement a placés dans sa main.' (Charles Maurras, Journal de l'Action française, juillet 1908.)

 

"Contrairement à Louis XVI et à Louis-Philippe Ier qui refusèrent de faire tirer sur la foule, la république n'eut jamais l'état d'âme de s'en abstenir au nom de ses idéaux humanistes, comme si cela ne suffisait pas de les fusiller.

 

"En 1914, la république les envoya au carnage dans le cadre de la 'mobilisation générale'. Et ce fut aux femmes de s'activer à l'usine comme aux champs. Après 4 années de guerres, un million cinq cent mille hommes constituant la force vive de la France avaient péri.

 

"1936 c'est l'avènement du 'Front populaire', une coalition de gauche avec à sa tête Léon Blum. Ce Front populaire restera dans les mémoires collectives à cause des ses réformes sociales :

- Congés payés (11 juin 1936),

- semaine de 40 heures (au lieu de 48 pour tous les salariés) (12 juin 1936),

- réforme de l'organisation de la Banque de France (24 juillet 1936),

- nationalisation des usines d'armement (11 août 1936),

- création d'un Office inter professionnel du Blé (15 août 1936) pour maîtriser le cours des céréales.

 

"Certes, elles furent bien sympathiques ces petites réformettes, mais que de temps perdu si on compare à ce qui avait été proposé dès le XIXe siècle par l'école contre-révolutionnaire. 

 

"Car il faut bien le dire, ces avancées sociales étaient réclamées durant ce XIXe siècle par les catholiques sociaux royalistes, mais... refusées systématiquement par l'opposition libérale et de gauche. 

 

Albert de Mun

"Le royaliste Albert de Mun (1841-1914), homme politique et académicien, théoricien du corporatisme chrétien, le 24 février 1886, le 7 décembre 1889, le 29 octobre 1892 et en mars 1912 demandait la diminution des heures de travail, mais le monde ouvrier dut attendre... 1936 ! Jusque-là, la gauche républicaine des Lumières (Clémenceau) avait écrasé et massacré allègrement toute réclamation ouvrière. Le roi Louis XVI n'était-il pas monté à l'échafaud au même moment qu'un artisan ?

 

Comte de Chambord

"Rappelons également le cas du comte de Chambord (1820-1883), avec sa Lettre aux ouvriers, rédigée en 1865 : "À l'individualisme, opposer l'association, à la concurrence effrénée le contrepoids de la défense commune; au privilège industriel, la constitution volontaire et réglée des corporations libres.

 

'Il faut rendre aux ouvriers le droit de se concerter, en conciliant ce droit avec les impérieuses nécessités de la paix publique, de la concorde entre les citoyens et du respect des droits de tous.

'En un mot, ce qui est démontré, c"'est la nécessité d'associations volontaires et libres des ouvriers pour la défense de leurs intérêts communs.

 

'Dès lors il est naturel que, dans ces associations, il se forme sous un nom quelconque, des syndicats, des délégations, des représentations, qui puissent entrer en relation avec les patrons pour régler à l'amiable les différends relatifs aux conditions du travail, et notamment aux salaire. Ici la communauté d'intérêts entre les patrons et les ouvriers sera une cause de concorde, et non d'antagonisme.' 

 

"C'est en 1865 qu'il écrivit ces lignes qui sont, il faut bien l'avouer, dans la lignée d'un Louis XVI se justifiant devant Turgot. 

 

"Si l'empire de Napoléon III avait mis en pratique la politique sociale du comte de Chambord pour les ouvriers, il n'y aurait jamais eu toutes ces grèves et fusillades citées précédemment. La mise en place des corporations aurait scellé l'alliance entre patrons et ouvriers d'une même profession, excluant la division de la lutte des classes que le syndicalisme n'a jamais su éradiquer et que des idéologies ont surexploité violemment.

 

 

"Sans oublier les propositions de loi d'Albert de Mun, entre autres, qui si elles avaient été voté en leur temps auraient quasiment résolu la question sociale avant 1900.

 

"S'ajoutant à cela l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII de 1891, et les analyses du sociologue René de la Tour du Pin (1824-1934), le XXe siècle aurait été synonyme de paix sociale bien avant 1936. Mais pour le plus grand malheur du monde ouvrier, l'école contre-révolutionnaire n'a pas su s'imposer efficacement.

 

"Quarante ans après les fusillades de Draveil-Vigneux, c'est encore un gouvernement socialiste qui se chargera de fusiller une fois de plus les ouvriers. Lors de la grève des mineurs de 1948, 60 000 hommes sont envoyés dans les bassins pour réprimer la grève. Bilan de la répression : 6 morts, des milliers de blessés, 3 000 mineurs arrêtés, 1 500 emprisonnés, 3 000 licenciés, une centaine de délégués syndicaux révoqués.

 

"Nous le voyons bien, chaque fois que les ouvriers en France eurent à subir de violentes répressions, ce fut toujours de la part d'un gouvernement républicain et souvent dit 'de gauche'. Le décret d'Allarde et la loi le Chapelier qui ouvrirent la voie au libéralisme économique en 1791 furent également votés à gauche, et ce n'est certainement pas l'oeuvre du Front populaire qui épongera à jamais, le sang des ouvriers martyrs. René de la Tour du Pin avait donc raison lorsqu'il écrivait : 'On se plaît à considérer le socialisme comme une utopie; c'est une erreur : ce qu'on peut considérer comme une utopie, c'est le bonheur qu'il procurerait à l'humanité.' (Vers un Ordre social chrétien, 1882, éd. Nouvelle Librairie nationale, p. 435.)

 

"Au fil du temps, le sort des ouvriers s'est bien amélioré grâce au développement et à l'organisation syndicale, mais que de sang versé pour obtenir ce résultat. 

 

 

"Pierre Gaxotte, de l'Académie française disait : 'Pendant un siècle, jamais la classe ouvrière n'a rien obtenu en développant ses raisons. Elle a amélioré son sort en s'organisant, en manifestant, en prenant part aux insurrections et aux révoltes. Ce que la prudence et l'intérêt public bien entendu n'avait pu lui procurer, elle l'a arraché en faisant peur. C'est chose merveilleuse d'ailleurs de contempler les miracles que provoque cette peur. Les lois économiques cessent subitement d'être fatales et plient à toutes sortes d'arrangement. Ce qui était impossible la veille devient supportable le lendemain. Ce qui promettait les entreprises à une ruine nécessaire n'est plus une cause irrémédiable de décadence.' 

 

 

"Mais après les fusillades, la république trouva encore un autre moyen pour écraser les ouvriers devenus trop chers pour le Cac40. Elle allait tout simplement mettre en place une politique au service du patronat véreux, visant à faire de l'immigration la source d'un profit considérable au détriment des ouvriers nés sur notre sol national. 

 

 

Le 28 avril 2010 on lisait sur le blog de Marianne cette ligne d'un rapport patronal sur l'immigration : 'L'immigration permet de payer les salariés toujours moins.'

 

'On se souvient du président Pompidou (1969-1974) avouant peu avant sa mort qu'il avait ouvert les vannes de l'immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d'une main d'oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d'une réserve quasi inépuisable à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs Français souvent organisés.'

 

"Cela fait froid dans le dos. 

 

"Lisons plus loin :

 

'Ainsi les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n'ont eu de cesse depuis plusieurs décennies d'en appeler à toujours plus d'immigration...'

 

"Le grand patronat souhaite toujours plus d'immigration afin de faire baisser les salaires.

 

'... Au lieu d'augmenter les salaires, le patronat a tout intérêt à créer une pénurie, qu'il comblera en allant chercher ailleurs une main d'oeuvre prêtre à accepter des salaires plus faibles.'

 

 

"Au début, la gauche elle-même s'en inquiéta. On se souvient de l'intervention du Premier secrétaire du Parti communiste français Georges Marchais (1920-1997), qui dans son discours du 27 mars 1980 à la porte de Pantin disait : 'Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de deux millions de chômeurs français et immigrés.'

 

"La suite, on la connait, afin de rendre inoffensive cette gauche qui aurait pu mettre des battons dans les roues de cette politique de l'immigration voulue par le patronat, le gouvernement socialiste va durant tout le mandat de Mitterand inoculer dans la pensée dominante l'idéologie de l''antiracisme' ('Touche pas à mon pote', et 'marche pour l'égalité contre le racisme'). Avec cette idéologie devenue un dogme qui demeure encore de nos jours, plus de remise en cause de l'immigration et avec en prime la mise en place d'un terrorisme intellectuel à l'égard de ceux qui s'y risqueraient. Ce terrorisme intellectuel est une manière terrible pour les peuples de subir la loi des riches et leurs délocalisations massives, dont nous avons maintes fois parlé. Une manière terrible de déstabiliser les pays accueillants et sinistrer les pays voyant fuir leurs jeunes cerveaux et main d'oeuvre. Pourtant une saine politique permettrait à chacun de vivre libre là où il le désire, et si nos moyens étaient mis au service d'autrui et non des banques. 

 

 

"En conséquence, les ouvriers et travailleurs se détachèrent petit à petit de cette gauche qui eut pour longtemps la réputation de les protéger, mais qui au final préféra s'occuper du sort des immigrés que du sort des travailleurs déjà présents en France. Du culte du prolétaire, la gauche est passée au culte de l'immigré incarnant l'homme nouveau des mondialistes.

 

"Avec les progrès grandissants de la technologie et plus particulièrement de la robotique, bientôt les ouvriers, et pas simplement eux, seront remplacés par des machines anthropomorphiques ayant des capacités humaines équivalentes ou supérieures.

 

"L'homme devenant lui-même un obstacle pour la haute-finance, où sera alors notre place dans ce monde d'argent et de robots ?

 

"Bernanos avait raison quand il écrivait : 'Un monde gagné pour la technique est perdu pour la liberté.'

 

"De la loi Le Chapelier de 1791 à aujourd'hui, ce sont les mêmes qui tirent les ficelles du monde du travail. Tous les maux dont nous souffrons et avons souffert sont la conséquence de la chute du régime corporatif et d'une monarchie protectrice.

 

"La reconquête sera certainement douloureuse, mais il faudra tôt ou tard retrouver la sagesse des hommes comme René de la Tour du Pin, le Comte de Chambord, Proudhon, le pape Léon XIII, Albert de Mun et bien d'autres encore...

 

"Afin que puisse être réhabilités les enseignements de l'école catholique sociale contre-révolutionnaire, afin qu'un humanisme chrétien régisse à jamais un monde du travail libéré du joug de la haute finance mondialiste. Notre jour viendra."

La politique sociale est l'art d'un gouvernement plus appliqué à servir les hommes dans leurs rapports entre eux qu'à les exploiter au profit de ses propres visées.

René de la Tour du Pin

La souffrance ouvrière sous la république

Bibliographie

 

Antoine MURAT, La Tour du Pin en son temps, éd. Via Roma.

 

Xavier VALLAT, La Croix des Lys et la peine des hommes, éd. des Quatre Fils Aymon.

 

René de la TOUR DU PIN, Vers un ordre social chrétien, jalons de route, éd. du Trident.

 

Steven L. KAPLAN, Le Pain, le Peuple et le Roi, la bataille du libéralisme sous Louis XV, Préface de Emmanuel LE ROY LADURIE, éd. Librairie académique Perrin.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 20:08

Un étudiant écossais, viré de classe pour avoir dit qu'"il n’y a que deux genres" sexuels, a une explication avec le professeur. La tentative d’explication de ce dernier est assez révélatrice (et effrayante) du totalitarisme "progressiste" qui se met en place.

Source: Gloria.tv

En 39-45, on avait les mêmes collabos qui nous disaient qu'il fallait obéir simplement parce que les lois venaient du gouvernement.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 11:11

Nous sommes bien loin de la version officielle racontée dans les livres d’histoire et par la plupart des journalistes, intellectuels et politiques de notre époque.

Détruisez la Vendée, il faut exterminer cette race rebelle, incendier leurs forêts, couper leurs récoltes, enlever leurs troupeaux. Plaçons la Terreur à l'Ordre du Jour.

Barère, homme politique révolutionnaire à la Convention nationale

Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé.

Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. « Hervé de Bélizal »), p. 232.

C'est par principe d'humanité que je purge la France de ces monstres. J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode.

Jean-Baptiste Carrier, Lettre de Carrier à la Convention, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre ; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre, (« à la une ») p. 393, col. 1.

"Au-delà de cette guerre civile, il y a quelque chose de nouveau qui va se mettre en place, qui est réfléchi au plus haut niveau de l'Etat, qui est organisé, planifié, c'est l'extermination de l'autre, non pas pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il est." (Reynald Secher, tiré du reportage d'Armel Joubert des Ouches "Révolution française : silence sur le génocide vendéen" pour Réinformation Tv)

 

Ce qu'il est ? C'est tout ce que la république vomit. Le Vendéen est catholique, attaché à Dieu, à ses prêtres à ses ordres religieux. Il est attaché à ses traditions de toujours. Profondément attaché au roi de France, il faut donc le traiter comme ennemi du peuple et rapidement l'éliminer. 

Voici des documents exceptionnels, les preuves des plans d'extermination que Reynald Secher a retrouvé dans les archives nationales à Paris. La lecture de ces documents officiels glace le sang : 

Décret-loi de la Convention le 1er octobre 1793 créant l'armée de l'Ouest et visant à "l'extermination des brigands vendéens". Pour la Convention, le mot générique "brigand" signifie tous les habitants résidant en Vendée, c'est-à-dire "la race impure qui souille le territoire de la République" (sic)...

Décret-loi de la Convention le 1er octobre 1793 créant l'armée de l'Ouest et visant à "l'extermination des brigands vendéens". Pour la Convention, le mot générique "brigand" signifie tous les habitants résidant en Vendée, c'est-à-dire "la race impure qui souille le territoire de la République" (sic)...

"Il faut que tous les brigands soient exterminés" (Comité de Salut Public 22 brumaire, Archives nationales)

"Il faut que tous les brigands soient exterminés" (Comité de Salut Public 22 brumaire, Archives nationales)

"Il faut que la France soit République ou qu'elle soit un vaste cimetière (Commission administrative du Morbihan, Armon, Jourdain, Jaion, 25 novembre 1793)

"Il faut que la France soit République ou qu'elle soit un vaste cimetière (Commission administrative du Morbihan, Armon, Jourdain, Jaion, 25 novembre 1793)

Vendée : le génocide planifié
Vendée : le génocide planifié

Sur acceptation de la Convention nationale, le général Turreau crée les "colonnes infernales". Des villages entiers sont rasés, pillés, mis à feu et à sang. Les vieillards, les femmes et les enfants, tout le monde y passe.

 

Les Vendéens sont coupés en morceaux, bûlés vifs, noyés, ou jetés dans les fours à pains vivants. Des bébés sont empalés sur des baïonnettes, des femmes enceintes sont écrasées sur des presses.

 

On estime que les hommes de Turreau ont massacré à eux seuls plus de 50 000 civils.

 

Des tanneries de peau humaine furent ouvertes pour en faire des selles de cheval. Des savons furent fabriqués à partir de la graisse des vendéens, avec l'aval de Saint-Just et du Comité de Salut-Public.

Vendée : le génocide planifié

27 femmes et enfants brûlés vifs à Champtoceaux (ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire) le 27 mai 1794. Au total, 171 victimes sur la commune (Source: Jean-Camille EMERIAU, P'tit Jean le Brigand, éd. La Chouette de Vendée, 2013) :

Monument à la mémoire des Femmes et enfants de Champtoceaux brûlés vifs dans une grotte le 17 mai 1794 (Souvenir Vendéen septembre 2005)

Monument à la mémoire des Femmes et enfants de Champtoceaux brûlés vifs dans une grotte le 17 mai 1794 (Souvenir Vendéen septembre 2005)

Le massacre des Lucq-sur-Boulogne

 

Dans la chapelle construite sur l'ancienne église, noms des 564 victimes des Lucs-sur-Boulogne (Vendée, région Pays de la Loire) qui y ont été brûlés vifs le 28 février 1794, dont 110 enfants de moins de sept ans, 33 enfants de moins de deux ans, et des bébés tout juste nés :

Lucq-sur-Boulogne, plaque en mémoire des 564 victimes brûlées vives dans la chapelle.

Lucq-sur-Boulogne, plaque en mémoire des 564 victimes brûlées vives dans la chapelle.

Le massacre de la forêt de Vezins, Maine-et-Loire, le 25 mars 1794, un camp de réfugiés, de paysans et leurs familles et hôpital de campagne : 2000 personnes y sont assassinées par les républicains, le feu est mis à la forêt.

Vendée : le génocide planifié

De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ». Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises…  

 

C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.  C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.  Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins. Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort. Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.  On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres. Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

Les mariages républicains

 

Les noyades dans la Loire, imaginées par Jean-Baptiste Carrier, consistaient à attacher les femmes et les hommes ensemble nus et on faisait couler les embarcations. Les républicains appelaient cette pratique les "mariages républicains". Les républicains en folie appelaient la Loire "la Baignoire nationale"...

 

Si les noyades prenaient trop de temps, on perçait les malheureux à la baïonnette. 5000 vendéens périrent dans ces noyades, que Jean-Baptiste Carrier appelaient les "déportations verticales". 

Vendée : le génocide planifié

Il y a l'histoire officielle et puis il y a la véritable histoire en France... sur beaucoup de sujets. Le génocide vendéen est nié en dépit des preuves. 180 000 hommes, femmes, enfants, vieillards massacrés. Pas un mot dans les manuels scolaires de l'extermination d'une partie de ce peuple de France. C'est le "mémoricide" (R. Secher), l'effacement volontaire par la république de pans entiers de l'histoire de France.

 

La république "française", les républicains, grands donneurs de leçons, en particulier aujourd'hui, n'ont pas grand chose à envier à ce que firent Lénine, Staline ou Hitler.

Vendée : le génocide planifié
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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:43

"Il faut réunir tous les populistes". Invité de David Pujadas sur LCI, Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, a résumé ce que nous disions au lendemain des européennes, à savoir que "l'"alliance des droites" est le dernier miroir aux alouettes. [...] L'ensemble des droites a fait 37%, ce qui ne fait pas 50% et ne permettra pas à l'"alliance des droites" seule d'arriver au pouvoir. C'est le grand enseignement de ces élections européennes 2019 : la seule "union des droites" ne sera pas suffisante. Un candidat qui souhaiterait arriver au pouvoir en 2022 devra parler à la droite ET à la gauche." 

 

Lire : Européennes 2019 : les enseignements pour 2022

 

Un entretien à bien écouter car ce qui est dit du point de vue de l'"axe stratégique" est capital pour une (vraie) droite (légitimiste) qui voudrait jouer le jeu des élections : 

Extrait :

 

"Le commentaire que je pourrais faire des élections européennes, et que je n'ai pas trop entendu ailleurs, c'est que la 'république en marche' a mobilisé un électeur sur dix. Et lorsqu'on rassemble tous les partis du bloc central, c'est-à-dire ceux qui ont gouverné la France depuis 50 ans, république en marche, républicains, socialistes, on arrive à moins d'un français sur cinq dans une élection qui leur était favorable, car la participation y est favorable aux séniors, aux retraités, qui vont voter aux européennes beaucoup plus que l'électorat populaire, qui s'abstiennent massivement. C'est une élection (les européennes) qui favorise l'expression des inclus. Dans ce contexte, l'analyse que je peux faire ce n'est pas une crise de la représentation mais une crise de la légitimité.

 

"Car on en est bien là, qu'est-ce qui fonde la légitimité en démocratie ? C'est le suffrage universel. Or notre démocratie est malade parce que son mode de légitimation ne fonctionne plus, parce que l'ensemble des partis de gouvernement ne réunit maintenant que moins d'un français sur cinq. Et cela a bien été un des aspects essentiels du mouvement des Gilets jaunes que cette demande de refondation de la démocratie sur d'autres bases.

 

"[...] Aujourd'hui la démocratie représentative ne représente plus grand chose, c'est si vous voulez la phrase de Valéry qui disait avant-guerre que 'cette démocratie représentative, c'est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde'.

 

"[...] Le vrai clivage est entre libéraux et anti-libéraux, et cela vaut particulièrement pour la droite. Il y a une droite anti-libérale qui privilégie les solidarités collectives et puis il y a une droite libérale, celle qu'est en train d'absorber Macron, qui, elle, met l'accent sur les sociabilités contractuelles. (Ce clivage) a toujours existé. Cette droite - François Mitterand la définissait - il disait : 'Cette droite n'a pas d'idées, elle n'a que des intérêts'. C'est la droite de la reductio ad pecuniam. C'est le syndic de défense des intérêts privés et des catégories sociales qu'elle représente.

 

"Tout le monde nous ressort la grande classification des droites de René Rémond (la 'droite orléaniste', la 'droite bonapartiste' et la 'droite légitimiste'). Or je crois que René s'est trompé. L'orléanisme, en fait, c'est le libéralisme. Et cette droite libérale qui en fait a exercé une domination fonctionnelle sur la droite, est une droite situationnelle, c'est-à-dire qu'elle est classée à droite, mais elle n'est pas ontologiquement de droite. Ce n'est pas parce qu'on l'a classée à droite qu'elle est de droite. Elle représente en effet le libéralisme. On pourrait d'ailleurs dire à peu près la même chose du césaro-bonapartisme, qui vient plutôt de la gauche jacobine, patriote et centralisatrice. (Alain Madelin, Alain Juppé) ne sont pas de droite, ce sont des libéraux. Et il y a une antinomie fondamentale entre la droite originelle, anti-libérale, qui mêlait le légitimisme et le catholicisme social.

 

"Si on arrive à bien cerner ces différentes sensibilités, on voit qu'à gauche comme à droite existent des forces anti-libérales puissantes. Et j'entends certains parler comme de la recette miracle de l''union des droites', et on dit que ce qu'il faut refaire c'est 2007. Et bien moi je réponds: pas du tout, 2007 est totalement dépassé, pour une première qu'en 2007 le rapport des forces entre Sarkozy (c'est-à-dire l'UMP) et le Front national et de trois à un, trente pour Sarkozy et dix pour le Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui le rapport est toujours de trois à un, mais en faveur du Front national, 24 pour Marine, 8 pour Bellamy. 

 

"[...] L''union des droites' est un schéma absolument obsolète. Et si on veut construire une alternance, ou une force alternative à Macron, la difficulté est qu'on ne peut pas le faire avec une Marine Le Pen comme tête d'affiche, mais on ne peut pas le faire sans Marine Le Pen aujourd'hui, puisque c'est la principale force à la droite de Macron. Donc, il faut chercher ailleurs. Probablement l''union des droites', peut être un élément de l'alternance mais certainement pas l'axe stratégique.

 

"(Que Marion Maréchal souhaite incarner) cet ailleurs, je n'en doute pas, mais son discours sociologique recouvre exactement celui de Bellamy, c'est-à-dire que dans le rapport de force elle pèse un tiers de ce que pèse Marine Le Pen. Je ne pense pas que sa tante va s'effacer en disant 'je vous en prie madame, passez, voici la place'. Donc il faut imaginer autre chose et surtout pas sur la base de l''union des droites'.

 

"Je crois que la force d'alternance pour réunir les populismes de gauche et les populistes de droite, les souverainistes de droite et les souverainistes de gauche, cela a déjà existé dans l'histoire, même si c'est très lointain. [...] En novembre 1831, la révolte des Canuts à Lyon, opère ce renversement d'alliance contre le nouvel ordre économique, on voit se liguer le chef de la révolte, Pierre Charnier (un des fondateurs du mutuellisme, assurance maladie et chômage), un légitimiste défenseur de l'alliance du trône et de l'autel, et du petit peuple des paysans, des ouvriers et et artisans de la Croix-Rousse. ["Ils partirent en 1831 de la Croix-Rousse, derrière le drapeau noir. Le pouvoir envoya contre eux 20 000 hommes de troupe et 150 canons." Jean-Christian PETITFILS, Histoire de la France, le Vrai Roman national, Fayard, Lonrai 2018, p. 545.] On a vu, comme dans le mouvement des Gilets jaunes, et plusieurs fois dans notre histoire, ces forces converger, et qui a priori peuvent apparaître comme antinomiques. Aujourd'hui, ce qui les rassemble, ou peut les rassembler c'est l'anti-libéralisme.

 

"Jean-Luc Mélenchon n'est pas propriétaire de son électorat. Jean-Luc Mélenchon et la 'France insoumise', 99% des cadres de la 'France insoumise' côtisent au gauchisme culturel, mais quand on regarde les consultations sur les projets de société, la moitié de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, n'a pas les positions de Jean-Luc Mélenchon sur l'immigration. On le voit d'ailleurs dans le reports des votes et dans le dernier sondage de l'Ifop sur la simulation de la présidentielle au lendemain des européennes. Il faut distinguer les appareils (de parti) des comportements électoraux, qui ne sont pas dictés par les oukazes d'appareil."

 

À la question de David Pujadas : "on dit que vous prépareriez une initiative peut-être avec Eric Zemmour, ou avec d'autres penseurs de ce que l'on appelle la droite hors-les-murs ?", Patrick Buisson répond :  

"Oui, c'est vrai. Mais cette initiative porte d'abord sur une réflexion, sur une stratégie, et sur une plateforme. On ne pose pas le problème de l'incarnation. Le problème de savoir qui portera ce projet, cette stratégie, cette plateforme, viendra après. C'est vrai qu'on y a travaillé, qu'on y travaille, qu'on y travaillera demain pour ne rien vous cacher. C'est un nouveau-né, laissez lui le temps de grandir, de se développer, de passer les premiers écueils, mais on pense qu'il y a là une initiative à la fois féconde et forte qu'il va falloir prendre si nous parvenons à nos fins d'ici quelques mois.

 

La question de l'incarnation ne se pose pas à ce stade. Si on arrive à se mettre d'accord sur une stratégie et un processus, un certain nombre de personnes qui ont la clé qui nous permettrait peut-être d'échapper à un second tour Marine Le Pen / Emmanuel Macron, on parlera de la question de l'incarnation après."

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 08:29
Le comte de Chambord préconise l’abstention aux élections

Source: UCLF

 

Le comte de Chambord prône l’abstention aux royalistes

 

"Il est des positions où il faut se résigner à subir quelques inconvénients pour en éviter de plus grands encore, et savoir sacrifier ce qui peut paraître l’utilité du moment à l’utilité permanente et véritable[…]

 

Ayons foi en nos doctrines, en nos traditions. Le sentiment moral est notre condition d’existence et notre force, ne l’abdiquons pas. C’est ce qui fait notre valeur aux yeux du pays, et c’est ce qui ramènera le pays vers nous, lorsqu’il sera rendu à la liberté et à lui-même.

 

Telle que je la comprends l’abstention n’est pas un défaut d’affirmation ; elle est au contraire une affirmation et une protestation éclatante. C’est s’affirmer, c’est protester que de dire au pouvoir :

 

les royalistes ne veulent pas se prêter à vos mensonges ;

ils ne veulent pas avoir l’air de prendre au sérieux vos prétendues institutions ;

ils ne veulent pas, en acceptant une lutte trop inégale, ajouter l’apparence d’une opposition vaincue à votre facile triomphe. […]

Croyez-le bien : lorsque le moment sera venu, l’abstention d’aujourd’hui deviendra pour les royalistes un titre et une recommandation de plus devant leurs concitoyens. […]

 

Croyez qu’il m’en coûte de détourner pour un temps les royalistes des fonctions électives et de la vie publique. […]

 

Mais, j’en suis convaincu, la protestation incessante par l’abstention publique, telle est la vraie mission des royalistes, sous un régime monstrueux qui semble contrarier à plaisir les instincts et les besoins de la France, qui remplace le sentiment moral par le cynisme, la liberté par l’intimidation électorale, les réalités fécondes du gouvernement représentatif par les misérables simulacres d’un constitutionnalisme mensonger."

 

Sources : Comte de Chambord cité par Daniel de Montplaisir, Le comte de Chambord, dernier roi de France, Perrin, 2008, p. 281-282.

D’après les Archives de Lucques déposées en 1962 par la famille de Béatrice de Bourbon, princesse Massimo (1874-1961), fille de Charles de Bourbon, duc de Madrid (1848-1909) et héritière du château de Frohsdorf en 1931. Elles comportent 28 cartons composés chacun d’une vingtaine de liasses.

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 13:32
Qui veut "tuer l’Occident" ? Jacques Sapir | Henri Guaino

Dans les studios de Sputnik, Jacques Sapir reçoit Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et ancien député Les Républicains, à l’occasion de la sortie de son livre "Ils veulent tuer l’Occident" (éd. Odile Jacob, 2019).

Parmi les sujets abordés : "La civilisation occidentale est-elle en train de se dissoudre dans une mondialisation uniformisatrice qu’elle a elle-même initiée ? Comment réconcilier unité et diversité ? Les élites oublieraient-elles les leçons de leur propre passé ? Et d’ailleurs, qu’entend-on exactement par « Occident » ?", demande Jacques Sapir.

Henri Guaino aborde le thème de la Trinité qui pendant deux mille ans a imprégné notre modèle de développement personnel et collectif, de l'articulation de l'individuel et du collectif dans la société des droits de l'homme.

Note du blog Christ-Roi. 

 

Dans notre civilisation occidentale, "les rois voulaient unir en respectant les traditions et les particularités locales, sans user de violence. Ils cherchaient à supprimer de façon graduelle, et tout en les tolérant d'abord, les frontières administratives, financières, douanières, etc., qui séparaient les diverses provinces de France. Les révolutionnaires, sans comprendre que la variété est une forme de la liberté, et peut-être la plus essentielle pour chacun, s'orientaient vers une unité dans l'uniformité. Le niveau, emblème de la Maçonnerie, correspondait à leur projet principal", a pu écrire Bernard Faÿ, dans "La Grande révolution 1715-1815" (Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 244.) 

Le mystère de la Trinité, trois personnes en une (Père, Fils et Saint-Esprit), l'unité dans la diversité, cet incompréhensible a été pendant deux millénaires en Occident le modèle qui a imprégné notre mode de développement, l'antidote à l'unité dans l'uniformité souhaitée par les révolutionnaires jacobins, les francs-maçons de 1789 et leur "république" "en marche" vers ce qu'ils appellent le "progrès". Un "progrès" qui aboutit aujourd'hui à ce que dénonce Jacques Sapir, une société "sans attache, sans culture, sans passé" (à partir de la 43e minute), un phénomène qui conduit à "tuer l'Occident", au travers du danger pointé par Henri Guaino du naturalisme, de la "loi du plus fort" et de la "sélection naturelle" : "C'est bien d'avoir le dionysisme quand c'est équilibré par Apollon et l'apollininisme, sinon ce n'est pas vivable."

 

Dans le royaume du Christ, dans le christianisme, le développement personnel, le bonheur est individuel, il est laissé à notre libre arbitre, il dépend de notre obéissance au commandements divins, il n'est pas garanti ici-bas et n'est pas obligatoire. Dans le projet jacobin maçonnique issu de 1789, au contraire (et quoiqu'en disent les droits de l'hommistes), le bonheur est terrestre, mais il est collectif et il est obligatoire. Marque de tous les totalitarismes. 

 

Lire : L'impasse des droits de l'homme

Dans la société chrétienne, la défense du plus faible contre la loi du plus fort est consubstantiel au modèle de développement.

Pour répondre à Jacques Sapir : et si la Trinité recommençait à inspirer notre modèle civilisationnel ?

Et si le règne du Christ, qui n'empêche ni les libertés individuelles ni la laïcité, redevenait notre modèle de civilisation ?

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 21:03
400ème anniversaire de la naissance de Colbert jeudi 4 Avril 2019

Jeudi 4 Avril 2019 400ème anniversaire de la naissance de Colbert, 19h30, Cercle de l'Union Interalliée


Dîner-débat animé par François d'Aubert, ancien secrétaire d'Etat au Budget, ancien ministre, ancien maire de Laval

 

Sous le gouvernement Mazarin (1642-1661), la Fronde parlementaire et princière (1648-1653) marque le jeune Louis XIV obligé à 3 heures du matin de fuir Paris en proie à l'insurrection. Au calendrier, c'est l'Epiphanie, "le jour de la fête des Rois", pour l'enfant-roi c'est le jour de l'humiliation et de la peur arrivant à Saint-Germain dans un château glacial et vide. Il s'endort sur un lit de camp pendant que ses compagnons d'infortune ont le "confort" de l'Enfant-Jésus au soir de Noël : un lit de paille. Ce traumatisme, Louis XIV le conservera toute sa vie ne cessant de neutraliser la noblesse de robe et les Grands du royaume. Peu avant sa mort, Mazarin présente au roi son "gestionnaire de fortune" en lui tenant ce propos : "Sire, je dois tout à votre Majesté, mais je m'acquitte de ma dette en lui présentant Colbert". Le 8 mars 1661 il est nommé intendant des Finances. Le lendemain, malade, le Cardinal trépasse au château de Vincennes. Désormais, Louis XIV gouvernera sans "principal" ou "Premier" ministre mais entouré de ses grands serviteurs. En présence de Colbert, Villeroy, Tellier, Lionne et Grammont, le roi dira : "Vous êtes tous de mes amis, ceux de mon royaume que j'affectionne le plus et en qui j'ai le plus de confiance."

 

Selon la légende la fastueuse réception donnée au château de Vaux-le-Vicomte aurait rendu jaloux le Roi-Soleil entraînant la chute de Fouquet. En réalité l'intendant Colbert n'est pas étranger à l'arrestation du surintendant pour des motifs personnels. 10 jours plus tard, Louis XIV supprime la surintendance et crée un conseil royal des finances composé de quelques membres : le chancelier, le chef du Conseil, 3 conseillers dont Colbert, intendant des Finances, puis en 1665, contrôleur général. Dés lors, la plupart des décisions seront prises par le roi et Colbert. L'abbé de Choisy écrit "À peine Colbert fut-il au Conseil qu'il voulut presque y être le maître." Fin 1661, après 9 mois au pouvoir, Colbert dispose de larges prérogatives s'étendant des finances aux domaines de la Marine, des bâtiments, des arts, des lettres, de l'instruction, préconisant un enseignement diversifié, avec de l'histoire, de la géographie, des sciences qui servent au quotidien.

 

Colbert unifie la Marine royale du Levant (Méditerranée) avec celle du Ponant (Manche et Atlantique) lui donnant sa puissance militaire avec 120 vaisseaux capable de contenir les flottes anglaise et hollandaise réunies lors de la bataille du cap Béveziers (ou bataille de Beachy Head pour les Anglais) sur la côte sud de l'Angleterre. Soucieux d'une meilleure justice fiscale, il est favorable à certaines suppressions de privilèges et franchises des villes et provinces aux statuts particuliers envisageant, par exemple, de supprimer les privilèges du Boulonnais : "qui sont fort grands, les peuples étant exempts...de toutes sortes d'imposition..." mais Louis XIV s'y oppose. Il allège les impôts des familles nombreuses et pensionne de 1 000 livres les gentilshommes ayant eu 10 enfants vivants "qui ne seront ni prêtres ni religieux" passant à 2 000 livres pour 12 enfants. Protectionniste, il taxe les produits étrangers de tarifs douaniers. Bien avant Rungis, Colbert a eu l'idée de créer un grand marché de bestiaux à Sceaux pour approvisionner les boucheries parisiennes et faire entrer des recettes fiscales dans les caisses de la ville. Pour favoriser les échanges, il améliore le réseau routier, mais aussi les voies navigables avec le creusement de nouveaux canaux tel le canal des deux mers qui unira la Méditerranée à l'Océan Atlantique par la Garonne. Colbert, "l'européen" encourage l'immigration de travail, non pas pour l'exploiter à vil prix mais pour l'utiliser à prix d'or et déstabiliser économiquement leurs pays d'origine : des tisserands italiens, des orfèvres allemands, des chapeliers espagnols, des dentellières hollandaises... Si la contrefaçon est organisée : imitation des cuirs à l'anglaise, la ferblanterie allemande, des tapis persans..., les malfaçons sont réprimées car "il faut des objets de qualité susceptibles de chasser les produits étrangers du marché national." Selon l'Edit du 17 février 1671 :"les étoffes manufacturées en France qui seraient défectueuses et non conformes aux règlements seront exposées sur un poteau de la hauteur de 9 pieds, avec un écriteau contenant le nom et surnom du marchand ou de l'ouvrier trouvé en faute", puis "coupées, déchirées, brûlées ou confisquées". Pendant 20 ans il subventionne les manufactures à hauteur de 16 millions de livres. 350 ans plus tard, Saint-Gobain, l'ancienne manufacture royale de glaces de miroirs, est devenue un fleuron de notre puissance industrielle. Le "Garde-Meuble de la Couronne" (les Gobelins) existe encore sous le nom de "Mobilier national" avec pour mission de meubler les bâtiments officiels de la République française.

 

Le XVIIème siècle est une société ouverte entre tradition et innovation. Au sommet de la société française de 1661 à sa mort en 1683, Colbert, ce roturier descendant de maçons champenois, fera de ses 3 filles des duchesses : Chevreuse, Beauvillier et Mortemart. Défenseur de la culture vivante, les Lys de France organiseront le Jeudi 4 Avril une conférence animée par François d'Aubert à l'Interalliée dans le salon Duc de Luynes, autre titre du Duc de Chevreuse, gendre de Colbert.

 

Source: Nicolas Chotard, Lys de France.

Jeudi 4 avril Cercle de l'union interalliée dîner-débat François d'Aubert

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 19:26

La sécularisation du mariage (mariage civil), c'est-à-dire la "loi sur le mariage et le divorce" autorisant le divorce en France, fut adoptée le 20 septembre 1792, qui est aussi le jour de la proclamation de la première "république" (!), comme s'il n'y avait rien de plus important que de... légaliser le divorce le jour de la proclamation de la "république". Tout le programme de destruction de la France est là dès le premier jour de la dite "république".

L'intégrisme républicain contre le catholicisme
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 01:03

Y a-t-il un fascisme de la république dite française ?

« Le fascisme […] promet l'ordre et la force, la prospérité et le renouveau, il exalte la grandeur de la patrie en ranimant les souvenirs de l'Empire romain. Son fondateur, Benito Mussoloni. [...] Son premier programme s'inspire des thèmes du socialisme et du nationalisme. […] C'est […] l'affirmation de la suprématie de l'État, valeur absolue, qui réclame toutes les énergies à son service, fût-ce au mépris des personnes, et qui sollicite tous les moyens, y compris la violence.

 

Benito Mussolini en 1938.

 

Mussolini se présente comme le « sauveur » de l'Italie, le duce, le guide, le chef auquel il faut obéir. Dans la république, il y a aussi cette dimension du leader, du sauveur de la Révolution, depuis Robespierre, en passant par Napoléon Bonaparte à l'homme providentiel, qui n'est jamais que l'homme d'un parti qui devient président de la Ve république.

 

Pie XI

« […] Le Syllabus (de Pie XI en 1864) (39e proposition) avait déjà condamné une telle conception qui fait de l'État l'origine et la source de tous les droits et qui lui reconnaît une autorité sans limites.

 

« […] En mai 1931, il (Mussolini) fait fermer les cercles catholiques de jeunes et il supprime la procession de la fête-Dieu. À Rome et dans toute l'Italie, des escouades fascistes déploient leur violence contre les sièges des œuvres catholiques et contre les adhérents, garçons et filles. Mussoloni couvre lui-même les excès en concluant une interview de façon catégorique : "L'enfant, dès qu'il est en âge d'apprendre, appartient à l'État, à lui seul, sans partage possible."

 

Pie XI décide alors de réagir fermement. Son encyclique du 5 juillet 1931, Non abbiamo bisogno, rédigée en italien, condamne le totalitarisme étatique, repousse "une idéologie qui se résoud en une vraie statolâtrie païenne".

 

« […] Le conflit entre l'Église et le fascisme reprend avec le renversement de la politique italienne et la réalisation de l'Axe Rome-Berlin. […] À la veille du dixième anniversaire des accords du latran, Pie XI s'apprête à dénoncer l'attitude du fascisme à l'égard de l'Église. Mais il meurt le 10 février 1939. » (1)

 

Formule condamnée n°XXXIX du Syllabus : «L’État, étant l’origine et la source de tous les droits, jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite.» 

 

Hormis les prétentions de ranimer l'Empire romain et la promesse affichée de la force, cette définition du fascisme correspond étrangement à la république dite française, particulièrement dans la promesse de prospérité (progrès) et de renouveau, dans le culte de l'homme providentiel, la prétention d'éduquer « l'enfant dès qu'il est en âge d'apprendre » (Mussolini), dès 3 ans chez Emmanuel Macron.

 

La promesse de renouveau est celle des politiciens républicains et francs-maçons qui ont une vénération quasi superstitieuse et religieuse pour le mot "changement", depuis Nicolas Sarkozy, sa "France d'après", son "monde nouveau" ("De cette crise va naître un monde nouveau". N. Sarkozy, voeux à la nation 31-12-2008; "Changer le monde" LipDub avec les jeunes de l'UMP en 2009) ; en passant par François Hollande et sa promesse "le changement c'est maintenant", le Nouveau Monde d'Emmanuel Macron. Un côté haineux contre la nature et la Création, qu'il faut changer, recréer. Au final, les naïfs se font systématiquement avoir avec ce type de promesses fallacieuses qu'affectionnent les francs-maçons depuis 1789 avec Rabaut de Saint-Etienne et son "pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveler, changer ses idées, changer ses lois, changer ses moeurs, changer les hommes, changer les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à recréer". (Rabaut-Saint-Etienne cité dans Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, rééd. Expéditions pamphiliennes 2007, p. 280). Pour Emmanuel Macron le "Nouveau Monde" fait furieusement penser à l'ancien monde en pire.

 

La conception du pouvoir où (sous couvert de «souveraineté nationale»), l’État est en fait (dans les faits) la source et l'origine de tous les droits via la démocratie dite «représentative» est celle de la république. Pour Jacques Chirac en 1995, «il n'y a pas de loi morale au-dessus de la loi civile» («non à une loi morale qui primerait la loi civile», Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995). Tout est possible, y compris le pire.

 

En 1789 déjà, « "aucune barrière ni droit naturel ni règle constitutionnelle" ne devait s'opposer, selon Mirabeau, à une majorité législative (en l'occurrence issue d'une minorité activiste dans le pays). Ce régime n'est qu'une forme de la tyrannie. Sous l'angle de l'État de droit, elle marque une régression par rapport à la pratique au XVIIIe siècle, de l'Ancien Régime. C'est ce que Hayek appelle une "démocratie illimitée", et ce que Benjamin Constant avait stigmatisé comme une "souveraineté illimitée". » (2)

 

En France, par exemple en 2019, la sécurité de manifestants contre les politiques économiques et sociales du gouvernement, les manifestants pacifiques se retrouvent blessés, éborgnés par des tirs de flashball des forces dites de l'"ordre". Cette force employée à la défense d'institutions qui ne respectent même pas la dignité humaine la plus élémentaire a pu faire l'objet de plaintes auprès de la Cour pénale internationale sur la base de la l'article 7 du "Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale". En réponse, sans viser un pays en particulier, l'Europe et l'ONU ont condamné le 14 février 2019 « l'usage disproportionné de la force par la police. »

 

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2019/02/14/01003-20190214ARTFIG00278-l-europe-condamne-l-usage-disproportionne-de-la-force-par-la-police.php

 

Selon les auteurs du communiqué de presse diffusé le 14 par le groupe d'experts des droits de l'homme de l'Onu, «les restrictions imposées aux droits ont également entraîné un nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites "non-létales" telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou flashballs».

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201902151040029128-experts-denonciation-restrictions-droits-manifestants-france/

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201902151040029128-experts-denonciation-restrictions-droits-manifestants-france/

CONCLUSION. Face à une statolâtrie envahissante et sans limites, et un État prêt à blesser des manifestants pacifiques, il est urgent de retrouver le sens de l'humanité et de remettre de l'humain dans nos institutions.

Add. Le Figaro 6 mars 2019: «Gilets jaunes»: l'ONU réclame à Paris une enquête sur «l'usage excessif de la force».

Dans un discours à Genève, la Haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Michelle Bachelet, a mis en cause les conditions du maintien de l'ordre lors des manifestations des «gilets jaunes». Des critiques déjà formulées en février au sein de l'ONU, mais aussi de l'UE et de la CEDH.

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/06/01016-20190306ARTFIG00119-gilets-jaunes-l-onu-reclame-a-paris-une-enquete-sur-l-usage-excessif-de-la-force.php

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/06/01016-20190306ARTFIG00119-gilets-jaunes-l-onu-reclame-a-paris-une-enquete-sur-l-usage-excessif-de-la-force.php

Notes

 

(1) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 1004-1008.

(2) Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre CHAUNU, Jean TULARD, Émmanuel LEROY-LADURIE, Jean SÉVILLIA, Cerf, Paris 2008, p. 14.

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 13:35

 

Dans notre pays, les rois sont héréditaires, cependant en période de troubles il est arrivé qu'un roi soit déposé, et qu'un autre soit élu à sa place pour les services rendus, et ses vertus (Pépin le Bref en 751; Eudes, le sauveur de Paris, en 888; Hugues Capet en 987). 

 

Ainsi en 987, l'archevêque de Reims Adalbéron, acquitté par Hugues Capet, dans son procès contre Lothaire, propose que le duc de France soit nommé roi à titre provisoire. Il soutient que le carolingien Charles de Lorraine n’a pas de droit au trône puisque vassal du roi de Germanie. Il convoque les plus hauts seigneurs de la Francie à Senlis et leur dit « Nous n'ignorons pas que Charles [de Lorraine] a des partisans : ils soutiennent qu'il a des droits à la couronne, transmis par ses parents. Mais on ne doit porter sur le trône qu'un homme exceptionnel par la noblesse du sang et la vertu de l'âme. Or, Charles n'obéit pas à l'honneur, il a perdu la tête au point de s'être remis au service d'un roi étranger Otton II. » [1] Adalbéron de Reims se démarque de l'opinion de son temps en refusant la règle de l'hérédité royale. Ceci va à l'encontre de l'interdiction pontificale qui affirme « d'oser jamais élire à l'avenir un roi d'autres reins » que ceux des Carolingiens. L'archevêque sait que par deux fois, les papes du Xe siècle ont soutenu le carolingien Louis IV contre Hugues le Grand. La thèse d'Adalbéron est la suivante : « Des empereurs de race illustre furent déposés à cause de leur absence de vertu (virtus), ils eurent des successeurs tantôt égaux, tantôt inférieurs par leurs origines » (allusion à Charles le Gros (887) et à Charles le Simple (922)). En bref, si le prétendant est un Carolingien, mais manque de virtus le trône doit revenir à quelqu'un de plus illustre. [2] Il plaide une dernière fois en faveur d'Hugues : « Le trône ne s'acquiert point par droit héréditaire, et l'on ne doit mettre à la tête du royaume que celui qui se distingue par ses qualités. Donnez-vous donc pour chef le duc Hugues, recommandable par ses actions, par sa noblesse et par ses troupes, en qui vous trouverez un défenseur, non seulement de l'intérêt public mais aussi des intérêts privés. » [3] Ainsi Hugues Capet est élu contre le carolingien Charles de Lorraine, en tant que prince national, grâce au soutien de l’archevêque de Reims, Adalbéron. Richer écrit qu'Hugues est couronné et sacré le 1er juin mais Yves Sassier n'imagine pas qu'on puisse à l'époque sacrer le nouveau souverain dix jours seulement après la mort du Carolingien. Il semble plutôt qu'Hugues ait été acclamé roi par l'assemblée de Senlis (peut-être le 3 juin) puis couronné et sacré roi le 3 juillet à Noyon. [4] Mais les sources font également mention d'une cérémonie à Reims, d'où l'idée émise de deux cérémonies : une à Noyon (laïque) et l'autre à Reims (religieuse).

 

Il y avait d’ailleurs une centaine d’années que la Couronne était devenue élective non seulement en France depuis l’agonie des Carolingiens au IXe siècle, avec l’élection d'Eudes en 888, mais en Lotharingie, en Italie, et en Allemagne où elle devait le rester.

Ainsi, en 887, en France, le carolingien Charles III le Gros est déposé pour avoir acheté le départ des Normands au lieu de les combattre, il abdique couvert de honte et est remplacé par Eudes (888-898), fils de Robert le Fort, comte de Paris, élu roi par les Grands à Compiègne en 888 parce qu'il avait sauvé Paris de l'envahisseur viking, lors de l'hiver 885-886. Là aussi, deux cérémonies, déjà, le couronnèrent : une laïque élit Eudes, roi des Francs, à Compiègne, puis une religieuse le sacre à Reims le 13 novembre 888

 

Un peu plus tard, en 922, Robert Ier (922-923), frère d'Eudes, sera élu roi contre Charles III (883-922). Robert Ier est le grand-père d'Hugues Capet, et donc l'ancêtre des Capétiens.

 

Saint David, fils de Jessé

 

En 751, « Pépin partage avec Saül et David le fait de ne pas avoir été appelé à régner par sa naissance. Comme ce dernier il devait recevoir une promesse de pérennité. » [5] Il se fait élire roi par les grands de Soissons et est sacré par Saint Boniface : il devint le premier roi de la dynastie carolingienne (751-887). Les rois mérovingiens étaient héréditaires depuis Clovis.

 

Auparavant encore, en remontant dans le temps, les monarchies gauloises étaient électives, parfois également héréditaires (Ambigat, Bellovèse, Segovèse pour les Bituriges au VIe s. av. J.-C., Luernos, Bituitos, Congentianos pour les Arvernes au IIe s. av. J.-C.). « La légitimité des princes était avant tout généalogique. » [6] « C'était du souvenir de l'unité primitive que s'inspiraient les traditions ou les légendes indigènes. - Elles racontaient que la Celtique avait formé autrefois un seul royaume, et n'ayant qu'un souverain. Ce roi lui était donné par les hommes du Centre, les Bituriges: le chef qui commandait tous les Celtes siégeait au milieu même du pays. On conserva longtemps la mémoire d'un de ces rois, Ambigat. » [7] « Divers auteurs ont cru pouvoir faire remonter l'apparition des Celtes au deuxième millénaire (avant J.-C.). Pour d'autres, on peut la chercher dans les phénomènes complexes qui touchent le domaine nord-alpin au Chalcolithique, au troisième millénaire [Brun 2006] » [8] 

 

Autrement dit, la monarchie sur notre territoire, depuis les Gaulois, a entre quatre et cinq millénaires. La république dite française, à côté, représente, en fait, 3,09% de l'histoire de France et de la Gaule. [9]

Nous sommes de loin la nation la plus vieille d'Europe, grâce à la monarchie.

Notes

 

[1] Richer de Reims, Histoire, IV, en 991-998, cité dans J.-M. LAMBIN, Histoire-Géographie, 5e, Hachette Collèges, Paris, 1992, p. 69.

[2] Y. SASSIER, Royauté et idéologie au Moyen Âge, Colin, Paris, 2000, p. 206-207.

[3] Richer de Reims, Histoire, IV, en 991-998 cité dans J.-M. LAMBIN, Histoire-Géographie, 5e, Hachette Collèges, Paris, 1992, p. 69.

[4] Michel PARISSE, La France de l'an Mil, Seuil, Paris, 1990, p. 38. 

[5] Patrick DUMOUY, Le Sacre du Roi, La Nuée bleue, Place des Victoires, Éditions du Quotidien, Strasbourg 2016, p. 30.

[6] Jean-Louis BRUNAUX, Les Religions gauloises (Ve- Ier siècles av. J.-C.), Biblis Cnrs Editions, Paris 2016, p. 62.

[7] Camille JULLIAN, La Gaule avant César, Editions du Trident, Paris 2012, p. 69;

[8] L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.

[9] En comptant 8 ans entre 1792 et 1800 (1ère république), 3 ans entre 1848 et 1851 (2e république), 70 ans entre 1870 et 1940 (3e république), 73 ans entre 1946 et 2019 (4e et 5e républiques), la république a 154 ans d'histoire. Rapporté à 5000 ans de monarchie, cela fait 3,09%.

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 02:50

Outre que le chant en lui-même de la Marseillaise est un ignoble appel à la tuerie d'autres Français opposants à la révolution, les « traîtres » du couplet 2 (nobles et prêtres réfractaires et tout opposant) parce que leur « sang impur » souillait le sol de la république (!), l'idée d'écrire ces quelques précisions sur le contexte de la création de la Marseillaise nous est venue suite à la volonté des Gilets jaunes de se doter, eux-mêmes, d'une nouvelle hymne. 

 

Fabuleux exemple de fabrication d'une fake new au berceau de la république et aux conséquences incalculables pour les Français (qui le payent encore), voici la coalition d'armées autrichiennes, « des cohortes étrangères », « ces phalanges mercenaires » (couplet 3), qui étaient prêtes à fondre sur le pays, en 1792, pour (soit-disant) enrayer la révolution : 

"Le Départ des Volontaires de 1792", également connue comme "La Marseillaise" : sculpture par François Rude, Arc de Triomphe de l'Etoile, Paris.

"Le Départ des Volontaires de 1792", également connue comme "La Marseillaise" : sculpture par François Rude, Arc de Triomphe de l'Etoile, Paris.

L'école républicaine enseigne encore un mythe qui n'est pourtant plus d'actualité parmi la majorité des historiens. Ce mythe, qui a eu court durant tout le XXe siècle, qui a endoctriné des générations d'écoliers et qui a servi à légitimer la république en 1792 est celui d'une Marseillaise composée en 1792 (de son vrai nom Chant de guerre pour l'armée du Rhin) pour les soldats qui se préparaient à affronter les armées autrichiennes soit-disant prêtes à envahir le pays pour enrayer la révolution et préserver la monarchie en France et dans toute l'Europe. Ceci est un mythe.

 

Et maintenant la vérité historique : Un sang impur souillait le sol de la république

 

Le révolutionnaire anglomane Brissot écrivait aux généraux de sa Révolution:

 

« Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là[1]

 

Dans la mystique révolutionnaire, les républicains se prétendaient "régénérés" grâce a la régénération républicaine. Ils se voyaient eux-mêmes pourvus d'un sang purifié. Sur ce thème de la régénération révolutionnaire, il faut lire l'ouvrage du professeur Xavier MARTIN, "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008.) On trouve l'origine du thème du sang impur chez les Lumières, en lien au mépris de classe envers les pauvres (les paysans), par exemple chez Voltaire. « Le grand malheur (...) est d'être imbéciles » (Correspondance, t. 12, Paris 1988, p. 69, lettre du 18 mars 1775). « Le petit peuple ne raisonnera jamais », disait Voltaire, « le peuple non pensant », « la multitude sera toujours composée de brutes. » (Voltaire's Notebooks, éd. Bestermann, 2 vol. Genève, 1952,n t. 2, p. 131, 391 et 395.) D'où la haine de la démocratie directe chez les Lumières et les hommes de la Révolution. D'Holbach parlait de « l'homme sans culture, sans expérience, sans raison ». Un tel homme, interrogeait-il, « n'est-il pas plus méprisable et plus digne de la haine (sic) que les insectes les plus vils ou que les bêtes les plus féroces ? » (D'Holbach, Le Bon sens, ou idées naturelles opposées aux idées surnaturelles, 1772, Paris, éd. Rationalistes, 1971, p. 91) 

« À d'Alembert, Voltaire, déjà, ne confiait-il pas que tous chrétiens "fanatiques" sont "pétris" de matière fécale, poussée même au superlatif, puisque "détrempée de sang corrompu" (Lettre du 12 décembre 1757 : "Fanatiques papistes, fanatiques calvinistes, tous sont pétris de la même m... détrempée de sang corrompu". Voltaire, Correspondance, t. 4, p. 1187) : toujours donc, ou déjà, le thème du sang impur. » [2] 

Le mépris tenace de la paysannerie demeurera encore au XIXe siècle un thème tout à fait « progressiste ». Ainsi Fourier, le socialiste, évoquera-t-il « l'âne, emblème du paysan, de son patois ou braiment risible, de sa nourriture chétive. » (Le Nouveau monde industriel et sociétaire, ou Invention du procédé d'industrie attrayante, 1829, Paris 1973, p. 529.)

 

Pour les révolutionnaires, la guerre de la liberté purifie les âmes : 

« La guerre de la liberté est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. ... Au  sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes. » (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791). [3]

 

« Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé. » (Jean-Baptiste Carrier) [4]

 

Carrier « purge » la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou: il annonce qu'il fait massacrer « par centaines » les naïfs qui se rendent. « La défaite des brigands est si complète qu'ils arrivent à nos avant-postes par centaines. Je prends le parti de les faire fusiller... C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode. » (Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.)

 

Fouché avoue simplement : « Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir. » (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793) [5]

 

Il faut « régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang » (Lettre de Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794.) [6] 

 

« Je ne juge pas, je tue. Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres» (Saint Just)

 

Les opposants politiques à la révolution sont animalisés : « La  République, en effet, bestialise les insurgés.» Elle « parle de "troupeau", et de "femelles", et de "juger les mâles et les femelles", et d'"animaux à face humaine" (Camille Desmoulins) [7], ou d'"un ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas de figure humaine" (Bourdon de l'Oise, au club des Jacobins, le 11 septembre 1793 : Aulard, éd. La Société des Jacobins, t. 5, p. 399), ou qu'elle empile leurs corps "à peu près comme des cochons qu'on aurait voulu saler" (rapporté en l'an III par un républicain d'Anjou, réprobateur : Rapport du citoyen Benaben, p. 81). » [8]

 

Un observateur calviniste protestant contemporain des évènements de 1789, qu'on ne peut pas taxer de sympathie pour la monarchie catholique, Mallet du Pan, dans ses « Considérations sur la nature de la Révolution française », écrit :

 

 

(C'est le girondin) « Brissot qui s'est vanté solennellement d'avoir fait déclarer la guerre, pour avoir l'occasion au premier chef d'accuser le roi de collusion avec les ennemis, et de le précipiter du trône. » [9]

 

Il ne s'agit pas là d'une thèse « complotiste » ni d'une fake new. Cette thèse a été admise aujourd'hui par l'ensemble des historiens.

 

Ainsi, le spécialiste de la Révolution et de l'empire, Patrice Gueniffey, dans La Politique de la Terreur, écrit :

 

« La plupart des historiens s'accordent aujourd'hui pour reconnaître avec Jaurès que la guerre (de 1792), loin d'avoir été provoquée par l'étranger (et le roi), fut déclenchée à l'initiative de la Révolution et qu'elle le fut, non par la nation unanime que célèbre Michelet, mais par les hommes de la Révolution. […] [L]'incendie qui devait mettre le feu à toute l'Europe pendant un quart de siècle résulta des calculs et des intérêts des différents partis. […] Certains historiens ont pu s'appuyer sur cette distinction pour avancer l'idée que la guerre, même voulue par les révolutionnaires en l'absence de toute réelle et pressante menace extérieure, était inéluctable. » [10] 

 

« [L]es Girondins orchestrent la campagne d'opinion destinée à imposer la guerre. » [11]

 

Et dans Histoires de la Révolution et de l'Empire, Patrice Gueniffey ajoute :

 

« Cette crise […] a pour effet de renforcer le parti qui veut renverser la monarchie – les futurs Girondins – et qui, pour y parvenir, conçoit l'idée d'engager la France dans une guerre (celle de 1792) dont ils espèrent qu'elle sera perdue, défaite dont la responsabilité serait rejetée sur le roi. » (!) [12]

 

Parallèlement : 

 

les Girondins qu'on appelait aussi Brissotins du nom de l'anglomane Brissot, stipendié des banques et d'intérêts qui n'étaient pas ceux du peuple... (Cf. Le génocide en Vendée qui a fait entre 180 000 et 300 000 morts civils Français) ont orchestré « à partir de la fin de l'été 1791 une campagne contre les "ennemis de l'intérieur", nobles émigrés et prêtres réfractaires, qui leur permet […] de faire adopter des lois d'exception. » [13] (Comme nos patriot act d'aujourd'hui ou nos lois d'états d'urgence.) 

 

Enfin :

 

« En 1792, la rupture de l'alliance avec l'Autriche avait été décidée par les révolutionnaires en fonction de principes idéologiques et de calculs partisans : les Girondins avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792) sous prétexte d'une IMAGINAIRE coalition internationale contre la Révolution, non seulement porter un coup fatal à l'alliance forgée par la monarchie, mais attaquer le roi dans ses alliances familiales et démontrer ainsi […] qu'il était […] le représentant et l'allié des ennemis de la Révolution. 'Nous avons besoin de grandes trahisons', avait avoué Brissot, […] en se réjouissant par avance des défaites qui établiraient ainsi la preuve de la trahison royale. » [14] 

 

Ajoutons que l'ultimatum ou « Manifeste de Brunswick », connu à Paris dans la journée du 1er août 1792, et prévoyant de livrer la ville de Paris à « une exécution militaire et à une subversion totale » s'il était fait le moindre outrage au roi et à la reine, est en réalité un faux signé le 25 juillet à Coblence par le duc de Brunswick, « philosophe, franc-maçon » [15]. Ce texte provocateur servit de prétexte à l'insurrection et au coup d'État maçonnique du 10 août 1792 qui renversa la monarchie : « Connu à Paris le 1er aout, le manifeste servit de détonateur, de prétexte à l'insurrection du 10 août », mentionne le Dictionnaire de la Révolution française de Jean Tulard, J.F. Fayard et A. Fierro. [16] Un hasard sans doute ! « Le rédacteur du texte final, écrit l'historien Jean-Christian Petitfils, fut un obscur financier émigré proche de Fersen et de Breteuil, le marquis Geoffroy de Limon, ancien agent d'affaires du duc d'Orléans, renvoyé pour escroquerie. [17] Le duc d'Orléans était le « Grand-Maître du Grand Orient de France » (sic) : un hasard là encore. Louis XVI adressa à l'Assemblée nationale un ferme démenti niant toute collusion avec les puissances étrangères. Le 3 août, Pétion et la Commune présentaient à l'Assemblée une demande de déchéance du monarque...

 

La Marseillaise mettant en scène des soldats engagés sur les frontières contre une coalition imaginaire prête à envahir la France et à renverser la Révolution est donc une imposture qui servit à la république à renverser la monarchie contre l'usure, et aux bourgeois des clubs parisiens à prendre le pouvoir et le donner au capitalisme financier. Le malheur est que l'Europe a connu par la suite 23 années de guerre continue jusqu'en 1815, que la France, en guerre à l'extérieur, a elle-même connu une guerre civile à l'intérieur, simplement pour que la république dite française puisse émerger et que le capitalisme financier puisse tenir le haut du pavé. 

Sources:

(1) Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution, 1793, réed. Editions du Trident, Paris 2007, p. 75 ; (2) Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 64 ; (3) Brissot cité dans Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 71 ; (4) Jean-Baptiste Carrier cité dans G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République, coll. Hervé de Bélizal, p. 232) ; (5) Fouché cité dans A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25 ; (6) Cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78 ; (7) Camille Desmoulins, cité dans A. Gérard, La Vendée, 1789-1793, Seyssel, 1992, p. 144 ; (8) Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52 ; (9) Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 68 ; (10) Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Tel Gallimard 2000, p. 133; (11) P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, ibid., p. 161 ; (12) P. Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'Empire, Tempus Perrin 2011, p. 176 ; (13) P. Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'Empire, ibid., p. 176 ; (14) P. Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'Empire, ibid., p. 670 ; (15) Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, Lonrai 2012, p. 863 ; (16) J. Tulard, J.-F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française, 1789-1799, Robert Laffont, Paris 2004 ; (17) J.-C. Petitfils, Louis XVI, ibid., p. 863.

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 19:52

Au matin du 21 janvier 1793, sur l'ancienne place Louis XV, du nom de son grand-père, celui qui en tant que Roi avait ratifié la Déclaration des Droits de l'Homme a rendez-vous avec son Créateur. Albert Camus dans "l'Homme révolté" écrira "Le 21 janvier avec le meurtre du roi-prêtre s'achève ce qu'on a appelé significativement la Passion de Louis XVI. Certes, c'est d'un répugnant scandale d'avoir présenté comme un grand moment de notre histoire l'assassinat public d'un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s'en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation du Dieu chrétien. Dieu se mêlait jusqu'ici à l'Histoire par les rois. Mais on tue son représentant historique, il n'y a plus de roi. Il n'y a donc plus qu'une apparence de Dieu reléguée dans le ciel des principes." En faisant tomber la tête du roi, gardien de l'ordre social chrétien, on fait aussi tomber la société traditionnelle ! C'était la fin de l'ancienne France et l'avènement d'une ère nouvelle, mère de tous les totalitarismes contemporains et des idéologies "progressistes".

 

Pour "commémorer" la mort du "tyran", le 21 janvier 1794 à Laval, la justice républicaine fait guillotiner 14 "fanatiques", des prêtres qui ont choisi le chemin du martyr à celui de la souillure d'un parjure. L'Eglise les béatifiera. L'arrêté du 22 décembre 1793 les condamnant à mort, illustre ce nouveau monde inspiré des philosophes du XVIIIème siècle. Suivant l'esprit du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau, l'Etat tire sa légitimité de la loi, expression de la volonté générale. En l'espèce la Commission judiciaire Volcler se comporte comme Créon, le tyran qui appliquait sans états d'âme la rigueur de la loi : "Par lequel il est prouvé que, requis par la loi de prêter le serment exigé des fonctionnaires publics prêtres, par l'Assemblée constituante, et celui de liberté et égalité exigé pour tous les républicains français, par la Convention nationale, et que, requis encore une fois de prêter devant le tribunal, s'ils s'y sont constamment refusés. Sur ce, considérant que ces individus, par le refus opiniâtre de se conformer aux lois de la République, de les reconnaître et de les observer, sont coupables de conspiration secrète contre la République française, conspiration d'autant plus dangereuse que, présentée sous les couleurs séduisantes de l'hypocrisie et du fanatisme, elle pourrait induire en erreur un peuple crédule, toujours facile à séduire dans ses opinions religieuses, enfin, que les principes que ces hommes professaient ouvertement étaient les mêmes qui avaient allumé dans l'intérieur de la République la guerre désastreuse de la Vendée...."

 

Ce même jour, les Colonnes infernales pénètrent dans la Vendée disparue administrativement devenue le département "Vengé" sur proposition du député aristocrate Antoine Merlin de Thionville. Les "Forces de l'ordre" ne font qu'exécuter les ordres reçus : "Je vous donne l'ordre de brûler tout ce qui peut brûler, de passer à la baïonnettes tous les habitants que vous rencontrerez. Je sais qu'il peut y avoir des patriotes, tant pis : il faut tout sacrifier" ainsi est la mission de la colonne de Grignon.

 

Par une loi du 21 nivôse an III (10 janvier 1795), le 21 janvier devient une "fête révolutionnaire" intitulée fête du "2 pluviôse (21 janvier) ou fête du serment de haine à la Royauté et à l'Anarchie". On y prête alors le serment suivant : "Je jure haine à la Royauté et à l'Anarchie, je jure attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l'an III". L'instituteur breton Hémery compose même une chanson :

Français, c'est aujourd'hui le jour anniversaire



de la mort de Capet, le tyran, le faussaire.



Réjouissons-nous tous, il n'est plus de Tarquin ;



nous devenons républicains (bis).







La voyez-vous là-bas l'hideuse politique ?



menacer le berceau de votre République ;



plus près, le fanatisme éguiser ses poignards



et agiter ses étendards (bis)







Ces monstres infernaux ont des agents perfides



qui, du sang fraternel, sont des Caïns avides ;



défiez-vous, français, ces coquins sont nombreux ;



lisez les noms les plus fameux (bis) :



Dumouriez, La Fayette et Pichegru, ô traitre,



Talmont, Stofflet, Charette, abominables êtres !







Périssent tous les traitres et les rois conjurés,



c'est fait d'eux, vous l'avez juré (bis)



Je vous laisse, courez, volez à la victoire



en chantant ce refrain si digne de mémoire :



"Aux armes, citoyens ! formons nos bataillons,



Marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons !"







Etre suprême, viens, souris à notre fête,



fais briller ton soleil par-dessus nos têtes,



nous te faisons des voeux pour que tous nos guerriers



reviennent, couverts de lauriers (bis),



l'an prochain, célébrer, au temple décadaire,



de la mort de Capet le jour anniversaire



et chanter avec nous, il n'est plus de Tarquin,



le dernier en mourant nous fit républicain.

La Restauration fera du 21 janvier une fête expiatoire mais Louis-Philippe d'Orléans, fils de Philippe-Egalité, régicide, "gardien de l'héritage révolutionnaire" l'abolira. Cruel destin, le Comte de Paris, son descendant, vient de rejoindre en ce jour expiatoire la Maison du Père pour paraître devant le Christ-Roi, son Sauveur.

 

 

 

Source : Lys de france, Nicolas Chotard, Président des Lys de France. Trésorier de la Chouannerie du Maine.

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1905_num_21_4_1231

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1905_num_21_4_1231

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 22:39

À l'occasion de la réception du 20 janvier 2019 suivant la Messe célébrée à la Chapelle Expiatoire à la mémoire du Roi Louis XVI, assassiné par les révolutionnaires le 21 janvier 1793, le prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, Aîné des Capétiens, a déclaré : 

Chers Amis,

Louis XVI, nous réunit une nouvelle fois et, comme toujours, vous êtes nombreux à être fidèles à son souvenir et à ce que représente son assassinat. A travers la mémoire du roi sacrifié à son devoir, vous honorez la royauté française et ce qu’elle incarne et vous montrez aussi le manque que cette mort a produit.

Louis XVI, par sa vie et son action, a révélé combien il était soucieux de ce qu’il devait à la France. Jusqu’à la mort il a pensé à Elle et aux Français. Son Testament en témoigne, une ultime et tragique dernière fois.

Je remercie le Père Pic qui, par son homélie, nous a montré la double nature du roi, à la fois homme avec toutes ses failles et chrétien avec ses certitudes. N’est-ce pas là l’ambiguïté du pouvoir que le règne du Roi Louis XVI traduit ?

Cette convergence entre la société humaine avec ses égoïsmes et la nécessité de garder le cap du Bien commun, est au cœur de la notion de pouvoir politique. Il doit toujours être un service, une fonction pour la collectivité. La royauté française avait réussi cette synthèse, parce qu’elle était à la fois sacrée et profondément pragmatique, assise sur ses lois fondamentales qui lui donnaient une constitution avant même que le mot n’existe. Ainsi la France fut longtemps le modèle des nations.

Au moment où la tête du Roi est tombée, il y eut une rupture dans la vie sociale. Elle a perdu une de ses assises. Elle a perdu la nécessaire transcendance.

Désormais il n’y avait plus de limites au pouvoir et tout devenait permis du moment qu’une loi ou un décret l’autorisait. Nous connaissons le ravage d’une telle approche. Elle est mère de tous les totalitarismes ; elle cautionne les lois contre-nature qui minent la France et nombre d’autres états. Plus profondément, elle entraîne une crise morale tant le fossé se creuse entre la société légale et le pays. Il devient bien difficile de vivre, d’entreprendre, d’éduquer ses enfants, de protéger ses handicapés et ceux qu’au nom de principes abstraits pour lesquels l’homme n’a plus sa place, il faudrait laisser de côté, voire tuer.

Pourtant une société ne peut vivre longtemps, mue par les seules idéologies sans risquer de disparaître livrée notamment aux dangers extérieurs d’ennemis prêts à fondre sur elle dès lors qu’elle n’affirme plus clairement sa souveraineté ; disparaître aussi en ayant perdu conscience de l’avenir ce qui l’entraîne à des mesures mortifères.

Mais une société peut aussi retrouver les voies de son destin. Depuis plusieurs années, nous voyons en France, un désir ardent de renouer avec les traditions et le concret. Les jeunes notamment sont les acteurs de ce renouveau et cela dans tous les secteurs, privés ou publics, d’entrepreneurs, d’artisans comme de ruraux. Cela repose sur un sens du bien commun retrouvé et sur la nécessité de remettre l’homme comme échelle de toute chose. Héritage de l’antiquité gréco-romaine d’une part, héritage chrétien d’autre part.

Les fondamentaux existent donc toujours comme au temps de Louis XVI. Il convient désormais qu’ils puissent s’épanouir. Cela ne se fera que si chacun d’entre nous, dans nos familles, dans nos activités, dans nos pensées, dans nos façons de faire, nous prenons la société à bras le corps. Il n’y a pas de fatalisme dès lors qu’une espérance guide les hommes.

Il ne faut pas désespérer. Bien au contraire. La Fille aînée de l’Eglise, la patrie de Saint Louis, de Sainte Jeanne d’Arc et de tant et tant de saints et saintes, doit continuer à montrer l’exemple. Cela est nécessaire pour elle-même comme pour l’Europe qui doit, elle aussi, retrouver ses racines si elle veut tenir son rang face à la mondialisation. Ce n’est pas en abdiquant sa souveraineté que l’on peut se faire respecter des autres, mais, au contraire en affirmant, ce que l’on est.

Tel est le message de la royauté française. Vrai hier au temps de Louis XVI. Toujours vrai aujourd’hui.

Merci de m’avoir donné l’occasion de le rappeler. Ce retour sur l’essentiel est ce que je souhaite à vous tous, à vos familles et à la France pour la nouvelle année.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Le blog du Mesnil

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 20:12

Lors du Grand Débat du Président de la République avec les maires de Normandie à Grand-Bourgtheroulde dans l'Eure le 15 janvier 2019, Emmanuel Macron a reconnu que le contournement du référendum négatif sur le traité européen en 2005 par la voie parlementaire en 2007 a été une erreur. Toutefois, il se livre immédiatement après à une critique du Référendum d'Initiative Citoyenne en ces termes (à 4:54:27 dans la video youtube) :

Emmanuel Macron :

 

« Sur le référendum d'Initiative Citoyenne que vous avez évoqué, vous avez parfaitement raison, il ne faut absolument pas l'éluder. Moi, je pense qu'on doit collectivement avoir une réflexion sur nos différentes formes de démocratie. Je n'ai pas la solution et j'attends beaucoup de ce débat qu'on aura avec vous et avec vos citoyens qui vont se mener dans vos communes. Je pense qu'il y a une frustration, si vous voulez le fond de ma pensée, qui est née dans le pays, entre 2005 et 2007. En 2005, la France a voté non à ce traité européen. Moi, ce n'était pas mon opinion. Mais qu'importe, la France a voté non. Et en 2007 on est revenu à l'équivalent du oui par une voie parlementaire. Et, je dois bien dire que, plus de dix ans après, ce qui s'est passé, là, a créé une frustration. Les gens disent même quand on s'est exprimé, qu'on a dit quelque chose, nos représentants reviennent (dessus) quand cela les arrange pas ce qu'on dit. On vit avec cela. Je pense qu'il ne faut pas l'éluder. C'est dans le pays. Il faut l'entendre. Qu'est-ce que cela veut dire? Cela veut dire que l'on ne doit pas créer une situation de concurrence entre les formes de démocratie (indirecte et directe. Ndlr.). Et là, on s'est trompé et donc il faut qu'on mette une forme de verrou quand le peuple s'est exprimé sous forme de référendum sur un sujet, le peuple souverain par la voie de ses représentants ne peut pas y revenir avant une période, en tout cas pas dans les mêmes termes. De la même façon, si on disait que l'on peut créer un référendum d'initiative citoyenne, qui chaque matin peut revenir sur ce que les parlementaires ont voté. Là, on tue la démocratie parlementaire. [...] Vos représentants ne servent plus à rien. On tue la démocratie. » (Fin de la citation)

 

Or il se trouve que si le RIC « tue la démocratie » parlementaire c'est que cette démocratie n'est pas authentiquement démocratique pour les raisons qu'en a donné l'historien Patrice Gueniffey. Faisons donc oeuvre d'un peu de pédagogie en direction d'Emmanuel Macron et des « marcheurs » de la « république en marche » : 

 

« Un peuple est libre lorsqu'il dispose des moyens qui lui permettront d'approuver ou de sanctionner régulièrement l'usage fait par les gouvernants des pouvoirs qu'il leur avait confiés. La démocratie ne se définit pas seulement par le droit d'élire; elle réside aussi dans ce qu'on nommait au XVIIIe siècle la "censure", c'est-à-dire le pouvoir de révoquer ou, au contraire, de renouveler la confiance précédemment accordée. » (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 210.)

Macron critique le RIC

Note du blog Christ-Roi. Au moment où Macron déclare qu'«on tue la démocratie», il utilise ce mot dans un sens contraire à ce qu'il signifie, un vrai langage de subversion maçonnique du sens des mots. (Cf. le poème d'Armand Robin qui explique le programme des deux derniers siècles).

Source: http://www.leparisien.fr/politique/macron-exprime-des-reserves-sur-le-referendum-d-initiative-citoyenne-15-01-2019-7989525.php

Source: http://www.leparisien.fr/politique/macron-exprime-des-reserves-sur-le-referendum-d-initiative-citoyenne-15-01-2019-7989525.php

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 19:56

Cet article est une réponse à l’article de Jacques Sapir «Les débats sur la souveraineté révélés par les évolutions des représentations de la Res Publica »

 

 

Cet article se veut un commentaire critique de l’article de Jacques Sapir commentant un ouvrage de Madame Claudia Moatti, professeur « d’histoire intellectuelle », qui traite de « l’évolution de la chose publique, de la Res Publica dans le monde romain »… c’est-à-dire des interprétations de la notion de « chose publique mais aussi des notions de légitimité et de droit ». Le présent article ne commentera pas ledit ouvrage, que l’auteur n’a pas lu, mais se revendique en tant que critique constructive à la présentation de cet ouvrage faite par Jacques Sapir.

 

Il est en effet intéressant, et sans doute non contestable, de savoir que le concept de « Res Publica » a subi, au temps de la Rome antique, de sérieuses variations tant quantitatives que qualitatives.

 

Néanmoins, ce genre d’analyse comporte, en particulier lorsqu’elle est mise en parallèle avec les temps républicains actuels, un biais intellectuel et cognitif. Une telle mise en perspective historique du concept de république a pour effet direct de tronquer les débats institutionnels en les enkystant définitivement autour du seul concept de République, avec, en arrière-fond, l’idée que la République instaurée en 1789 est incontournable.

 

Or, précisément, les républiques du XVIIIe siècle ne sont pas nées par hasard ou par la simple nostalgie des temps antiques. Les républiques du XVIIIe siècle sont nées de la volonté d’une nouvelle caste dominante, celle de la bourgeoisie menée par les banquiers, de prendre le pouvoir politique à un ordre ancien dominé par l’aristocratie et le clergé.

 

Il est ici impératif de constater que l’ordre politique de l’Ancien Régime était donc, tout imparfait qu’il était, fondé sur deux forces de valeur quasi égale et qui se faisaient face ; ces deux pouvoirs agissaient comme un contre-pouvoir l’un sur l’autre, libérant au passage un espace public libre. C’est justement sur cet espace de liberté qu’a pu se développer la bourgeoise commerçante et financière.

 

Or, avec l’avènement des républiques du XVIIIe siècle, la domination par, d’une part l’aristocratie et, d’autre part, le clergé catholique, a laissé la place, sous couvert de « bien public », à la domination de la seule caste de la bourgeoisie, menée par les banquiers commerçants. Pour résumer, une domination bicéphale a laissé la place à une domination monocéphale, dont nous voyons aujourd’hui l’aboutissement. Or, cette domination des banquiers commerçants est restée anonyme, elle s’est hypocritement cachée derrière :

 

Des institutions politiques organisées autour du principe de « mandat représentatif » ;

De belles pétitions de principes telles que la revendication de la liberté pour tous, alors qu’il s’agissait principalement de la liberté du commerce… de la libre concurrence qui bénéficie au bien commun, en oubliant de préciser qu’en système concurrentiel, seuls les plus forts s’en sortent…. Alors précisément que les critères de détermination « des plus forts » étaient fondés sur des règles, non dites, d’interprétation extrêmement flexible : ainsi, acquérir une fortune par malversations, assassinats et autres vilénies, n’en reste pas moins un signe que l’auteur de ces méfaits est « le plus fort ». La liberté de laquelle sont nées les républiques du XVIIIe siècle fait bon cas de la morale, de la droiture et de la Justice au profit de ce qui s’apparente juridiquement de facto à la glorification de la « voie de fait ».

Pour résumer, il faut constater que la liberté proclamée par les républiques du XVIIIe siècle se cache derrière des institutions politiques fondées sur la prééminence des Parlements dont les membres sont cooptés par des partis politiques avant que leur élection ne soit entérinée, sur fond de nombreuses et très opaques tractations médiatico-politiques, par un public pris en otage. Ce public – le peuple – étant dans l’incapacité totale et définitive de sanctionner les actions particulières prises par ses représentants autrement que quelques années après les faits en votant pour d’autres individus élus dans des conditions tout aussi fallacieuses et pernicieuses.

 

Pour parler clairement, les parlements, d’origine anglaise, généralement déployés dans le monde depuis le XVIIIe siècle ne sont rien d’autres que la vitrine présentable du fait que le pouvoir politique échoit désormais à des « partis politiques ». Or, lesdits partis ne peuvent vivre que s’ils sont financés, ce qui permet aisément aux puissances d’argent d’en prendre le contrôle. Cette prise de contrôle est d’autant plus aisée que l’accaparement généralisé des richesses, par ces mêmes puissances d’argent, est atteinte.

 

Ainsi, le retour à l’analyse de la Res Publica des temps antiques ne doit pas cacher les raisons et le contexte de la naissance des Républiques des temps modernes ! Il est donc impératif, pour éviter toute manipulation intellectuelle, de rappeler que si l’on peut trouver des points de ressemblance – notamment dans la terminologie utilisée – entre la Res Publica antique et les républiques modernes, il faut impérativement garder à l’esprit que les raisons profondes de la réapparition, en Occident, de la République ne sont pas tant dues à la nostalgie d’un passé glorieux et libre, plus ou moins bien interprété et réapproprié, qu’aux contraintes de la prise de pouvoir politique par une nouvelle caste arrivée à maturité : celle des banquiers commerçants.

 

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique

 

Source : Medias Presse Info

Note du blog Christ-RoiL'impasse des "droits dits de l'homme", c'est précisément qu'ils sont les principes de la pseudo démocratie dite "représentative", de la société marchande et du capitalisme financier qui rendent esclave l'humanité, en organisant la libre concurrence entre eux des pauvres, divisés avec les partis politiques, et forcés à se combattre les uns les autres. Bref, c'est la loi du plus fort, celui qui a l'argent.

Si les droits de l'homme proclament l'égalité, c'est pour organiser la libre concurrence des citoyens et les forcer à se combattre. La démocratie rétablit les combats de gladiateurs, non plus à l'échelle de l'arène mais à l'échelle du marché. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus toujours plus inégaux, et d'inégalités sans cesse croissantes. L'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres, la liberté de l'enrichissement indéfini des 1%, l'appauvrissement des 99%, un écart toujours plus grand entre les plus riches et les pauvres. 

 

Lire : Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restants (Le Point) 

Belle réussite du capital, mais impasse totale des principes de 1789.

La solution se trouve dans le règne du Christ, la monarchie française catholique traditionnelle, de droit divin, qui laisse une plus grande place au libre-arbitre, interdit l'usure et le prêt à intérêt, défend les pauvres, la veuve et l'orphelin.

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