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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 17:16
L'existence de Dieu prouvée par l'existence du mal

Extrait de Robert AUGÉ, Osb, Dieu veut-il la souffrance des hommes ?, Du mystère à la contemplation, Artège, Lethielleux, Sed Contra, Paris 2020, pp. 53-54 et 84-85 : 

 

Le mal est une privation

On distingue deux formes de négativité, l'une absolue, l'autre relative. la première est une négativité du néant, la seconde est une négativité de privation.

[...] Le mal est donc l'absence d'une perfection indispensable à l'intégrité d'un être, à sa structure interne ou à son dynamisme vital. Ainsi, Thomas définit le mal comme une privation, dans la continuité de l'enseignement d'Augustin (Confessions, liv. III, chap. 7, n°12) et de Denys (Pseudo-Denys l'Aréopagite, Les Noms divins, chap. 4, n° 18-35). C'est précisément cette privation qui fait que le mal est un scandale : il s'agit d'une réalité qui devrait être et qui n'est pas.

On comprend alors que le mal ne peut être appréhendé qu'à partir du bien auquel il s'oppose. Celui-ci a deux caractéristiques essentielles : d'une part, c'est un bien que le sujet est apte à posséder et devrait avoir (ce qui distingue le mal d'une simple absence); d'autre part, c'est un bien qui n'est que particulier (De malo, q. 1, a 1 c.) (ce en quoi le mal diffère du néant). Voilà qui manifeste la relativité des maux : certains nous touchent superficiellement, d'autres nous atteignent au plus profond de notre être et contrarient nos légitimes aspirations.)

 

[...]

 

Le mal, preuve de l'existence de Dieu

L'argument de la présence du mal dans le monde apparaît à beaucoup de nos contemporains comme l'objection majeure à l'existence de Dieu. Reconnaissons qu'un tel raisonnement cache une noble aspiration de l'esprit créé : le refus d'un Dieu pervers qui se plairait à créer un univers de mal et de souffrance. Étrange paradoxe: cet argument de l'existence du mal constitue au contraire pour saint Thomas une preuve supplémentaire de la réalité de l'être divin et de son action. Voilà qui ne nous étonnera guère si nous avons à l'esprit les considérations précédentes sur la nature du mal comme privation, impliquant nécessairement l'existence d'un bien comme cause ou comme sujet. Au terme d'une longue énumération des raisons pour lesquelles la divine providence n'exclut pas totalement les maux (défectuosités des causes secondes, hiérarchies des êtres, perfection de l'univers, etc.), Thomas conclut :

 

Par là se trouve exclue l'erreur de certains qui, à la vue des maux survenus dans le monde, disaient que Dieu n'existe pas : ainsi Boèce, dans la Consolation de la Philosophie, I [prose 4], introduit un certain philosophe qui demande: "Si Dieu existe, d'où vient le mal ?" Il faudrait au contraire raisonner ainsi : Si le mal existe, Dieu existe. Il n'y aurait pas de mal, en effet, si l'on enlevait l'ordre du bien, dont la privation est le mal. Or cet ordre ne serait pas, si Dieu n'était pas. ( III Summa Contra Gentiles, cap. 71, § 10.)

 

Ce n'est donc pas par le problème du mal qu'il faut engager la réflexion, mais par la question de l'existence du bien, dont le mal est une privation. Puisque ce bien ne peut exister sans Dieu, la question du mal, à son tour, ne peut être abordée que sur le fondement de l'existence de Dieu. 

 

Ajoutons à l'argumentation objective de saint Thomas cette considération plus subjective d'Étienne Gilson, L'Athéisme difficile, Paris, Vrin, 2014, p. 89 : "[...] S'il est absurde qu'il y ait du mal dans un univers créé par Dieu, l'expérience universelle, constante, inéluctable de la douleur, du mal et de la mort, devrait rendre impossible la formation naturelle de la notion de Dieu. Le monde est trop mauvais, semble-t-il, pour être l'oeuvre d'un créateur divin. Or non seulement les hommes pensent à Dieu malgré l'existence du mal, mais à cause d'elle. Ils pensent particulièrement à lui lorsqu'ils souffrent, lorsqu'ils ont peur et particulièrement lors la peur de la mort les inquiète."

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 07:31

Source : Stefano Fontana 

La Nuova Bussola Quotidiana

13/08/2020

(Traduction) 

Le pouvoir politique peut être questionné: dans quelle mesure êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le seul fait qu'elles existent. L'autorité légitime ne parvient à utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec la vraie religion , mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion sur les autres. Voilà la situation dans laquelle on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites.

Ainsi, le temple satanique dit que les lois pro-vie violent le principe de la liberté religieuse parce que l'avortement est un rite pour eux. La chose, qui pourrait être déclassifiée comme l'une des nombreuses bizarreries passagères du moment, a plutôt la capacité d'exposer les difficultés et les incertitudes philosophiques et théologiques du concept de liberté de religion. On se réfère ici à la vision sérieuse de ce droit et non aux nombreuses versions relativistes et libertaires qui ne sont pas justifiées car, au fond, elles réclament une liberté sans règles. Je fais plutôt référence à la vision de la liberté religieuse en tant que droit naturel de la personne humaine lié à sa dignité. Oui, cela pose aussi des problèmes, et les satanistes nous obligent à en prendre note.

Ceux qui considèrent sérieusement la liberté de religion reconnaissent qu'elle ne peut être sans limites. Le pouvoir politique qui l'envisage peut se demander: jusqu'où êtes-vous prêt à reconnaître le droit à la liberté de religion? Si le pouvoir ne sait pas comment y répondre, c'est un gros problème car soit le pouvoir lui-même décidera à chaque fois de manière arbitraire (et donc totalitaire), soit il acceptera tout, même les religions sataniques pour le simple fait qu'elles existent.

La potestas publique : elle doit répondre et jusqu'à hier elle a toujours répondu ainsi: la liberté de religion ne doit pas contredire "l'ordre public juste" qui est le bien commun, les principes naturels de la coexistence humaine. Par exemple, une religion qui envisage la mutilation du corps humain ou qui ne reconnaît pas une dignité égale aux hommes et aux femmes ne peut être politiquement reconnue, du moins dans les dispositions spécifiques. Il est évident qu'en limitant un droit, on ne peut pas simplement recourir à une décision politique, mais il faut se référer aux principes d'un ordre objectif. "Vous ne pouvez pas le faire parce que je le dis" ne s'applique pas dans ces cas, car il n'est pas légal de refuser l'exercice d'un droit de manière arbitraire. Il ne suffit même pas de limiter un droit "parce que la Constitution le dit" parce qu'après tout la Constitution est aussi là parce que "quelqu'un l'a dit" , même s'il s'agit de quelqu'un d'une assemblée savante de gens éclairés ou de la majorité d'un peuple. La légitimité ultime de la Constitution réside dans sa capacité à protéger juridiquement et politiquement le bien de l'homme et de la communauté politique indépendamment de la  Constitution qui l'établit.

Si demain les satanistes demandent à participer aux huit pour mille sur quelle base alors leur dites-vous non? Vous leur dites sur la base d'un ordre du bien humain inscrit dans sa nature et qui était autrefois appelé loi naturelle. Cela semble une conclusion claire et que tout va bien, et c'est exactement là que vient le plaisir.

La raison humaine est grande mais aussi faible. Elle sait peut-être beaucoup de choses mais elle se perd souvent en ayant confiance en elle au point de penser qu'elle est incapable de connaître cette loi non écrite présente dans la nature humaine. Avortement, euthanasie, suicide, embryons, procréation, sexes… beaucoup disent aujourd'hui: "ça dépend…!" . Même les parlementaires disent aujourd'hui "ça dépend ...!" et approuvent toutes les demandes en se limitant à réglementer les circonstances. Une église sataniste? "Ça dépend …!" Une raison tellement affaiblie au point de n'être capable que de mesurer quantitativement les choses, comme le disait Benoît XVI, mais non plus de les évaluer. 

Mais pourquoi la raison, y compris la raison politique , n'est-elle plus capable de connaître un ordre naturel objectif des choses? Parce qu'elle a perdu sa relation avec la religion chrétienne. A propos de cela, Benoît XVI nous a raconté une avalanche de choses fondamentales. Le relativisme est le dogme d'une raison qui n'est plus soutenue par la foi: sans croire au Créateur, la nature finit aussi par n'être qu'un tas de pierres et l'homme juste un tas de cellules. En l'absence de Dieu, tous les dieux sont admis car la raison (pas la foi) n'a plus d'arguments pour les réfuter.

Nous sommes ici confrontés au nœud le plus important de la question de la liberté de religion qui - à mon humble avis - n’a pas encore été résolue, ni par le Concile ni par l’après-Concile. Les limites de la liberté religieuse sont fixées par une autorité légitime pour la défense du bien commun, c'est-à-dire de l'ordre public juste - comme le dit aussi la Dignitatis humanae - mais l'autorité légitime ne peut utiliser la raison politique à cette fin que si elle reste en contact avec religio vera, mais ce faisant, elle sape le principe de la liberté de religion, car elle donne la préférence à une religion par rapport aux autres. Voilà la situation dans lequel on tombe à vouloir placer la liberté de religion et aussi ses limites. Tant que ce cercle ne sera pas défini, il n'y aura aucune raison valable pour dire non même aux religions les plus irréligieuses.

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 18:47

La souffrance expérimentée dans nos vies ne trouve aucune explication dans les différentes religions. Seule la religion catholique lui donne un sens et l'intègre dans l'économie de la Rédemption comme une opportunité de progresser dans l'amour.

La souffrance, chemin vers la perfection de la charité

Amour et souffrance sont en interaction: d'un côté, la souffrance pousse l'âme à produire des actes de confiance amoureuse en Dieu et la dispose à recevoir un accroissement de charité; d'un autre côté, celui qui aime accepte d'endurer des souffrances toujours plus grandes pour réparer ses fautes, prouver son amour, être configuré au Christ souffrant et s'unir au sacrifice rédempteur.

Par ailleurs, la charité est un don infus: il ne saurait être question de l'acquérir par nos forces naturelles. Néanmoins, l'homme, sous l'effet de grâces actuelles, peut et doit se disposer à recevoir et à faire fructifier ce don. Comment ? Dans ses Sermons sur les Dix commandements, Thomas retient deux moyens pour se préparer à obtenir la charité, à savoir l'écoute de la Parole de Dieu et la méditation des choses saintes, et deux moyens pour se disposer à son accroissement, à savoir l'éloignement du cœur des choses terrestres et une ferme patience dans les adversités. Nous avons déjà cité le passage relatif à la patience. Arrêtons-nous au détachement nécessaire à l'éclosion de la contemplation et de l'amour de Dieu : 

 

Le cœur ne peut pas se porter parfaitement vers des choses diverses. Pour cette raison, nul ne peut Dieu et le monde. Et c'est pourquoi plus notre esprit est éloigné de l'amour des choses terrestres, plus il est affermi dans l'amour de Dieu. [...] Quiconque veut donc nourrir la charité s'efforce de diminuer les cupidités. Or, la cupidité consiste à aimer atteindre ou obtenir les biens temporels. Le commencement de sa diminution est de craindre Dieu, qui seul ne peut être craint sans amour. C'est pour cette raison qu'ont été institués les ordres religieux, dans lesquels et par lesquels l'esprit est retiré des choses mondaines et corruptibles, et élevé vers les divines. (In decem  prec. serm. IV, éd, J.P. Torell).

 

Cet arrachement ne va pas sans souffrances, spécialement pour les religieux, ici mentionnés. Ceux-ci doivent en effet renoncer aux biens terrestres (vœu de pauvreté), aux affections humaines et à l'amour conjugal (vœu de chasteté), à leur volonté propre et à leur liberté d'action (vœu d'obéissance). mais vivre selon l'esprit des conseils évangéliques n'est pas moins exigeant et crucifiant pour ceux qui sont immergés dans les affaires du monde, dans la mesure où ils sont confrontés à des tentations plus pressantes et dépourvues des secours que procure la vie religieuse.

Si les souffrances occasionnées par le détachement et par les adversités disposent l'âme à recevoir un accroissement de charité en stimulant sa générosité et sa patience, en retour, l'âme veut prouver son amour pour Dieu et pour le prochain en se portant à des actions toujours plus ardues, en supportant des épreuves toujours plus pénibles, imitant en cela le Christ :

 

Nous devons donc l'imiter dans la dilection. Et il dit (Ep 5,2) : Marchez, c'est-à-dire progressez sans cesse [...] Et cela dans la dilection, parce que cette dilection est ce bien dans lequel l'homme doit toujours progresser et cette dette qu'il doit toujours payer. Rm 13,5 "Ne devez rien à personne, sinon de vous aimer mutuellement". [...] Et parce que, selon Grégoire "la preuve de l'amour se manifeste dans les œuvres" (Grégoire le Grand, Homélies sur l'Évangile, hom. 30, n°1), l'Apôtre ajoute : et s'est livré lui-même pour nous. [...] Ainsi, devons-nous nous sacrififer à Dieu spirituellement : "Le sacrifice [digne] de Dieu, c'est un esprit brisé" (Ps 51 [50], 19).

 

Dans son traité  La Perfection de la vie spirituelle, saint Thomas détaille trois étapes vers l'amour parfait du prochain, étapes qui correspondent à un renoncement de plus en plus important, car "plus intensément on aime une chose, plus facilement on méprise les autres choses à cause d'elle". Le premier degré de l'amour du prochain veut que l'on soit prêt à sacrififer ses biens extérieurs pour subvenir aux besoins des autres (Cf. 1 Jn 4,17). Le second consiste à exposer son corps à de rudes travaux (cf. 2 Th 3,8) ou encore à supporter tribulations et persécutions pour l'amour du prochain (cf. 2 Co 3,16). Le troisième, enfin, est de donner sa vie pour ses frères (cf. 1 Jn 3,16; Jn 15,13). L'âme parvient alors, moyennant la souffrance et le renoncement, à l'ultime perfection de l'amour, qui consiste à aimer comme le Christ lui-même nous a aimés (cf. Jn 13, 34), c'est-à-dire, précise le maître dominicain, d'un amour gratuit (prévenant), efficace (en bonnes actions) et droit (pour l'amour de Dieu, et non pour notre utilité ou notre plaisir).

 

Jean de la Croix (1542-1591)

Ainsi, l'amour véritable se traduit par des œuvres, ce qui implique nécessairement de notre part, compte tenu de notre nature humaine blessée par le péché, des efforts et des souffrances. Dans l'économie de la Rédemption, on ne peut parvenir à la perfection de la charité sans passer par la souffrance. Sur ce point Jean de la Croix est catégorique ; "Pour entrer dans les trésors de la sagesse, il faut passer par la porte: cette porte est la croix, et elle est étroite. Il en est peu qui désirent passer par cette porte, tandis qu'aspirer aux délices dont elle est la source est le propre du grand nombre." (Le Cantique spirituel B, str. 36, n°13, œuvres complètes, cit. p. 1412. Cf. aussi ID, La Vive Flamme d'amour A, str. 2, n° 21-26, p.. 1122-1125).

 

Telle est la voie que Jésus nous a tracée : il n'en est pas d'autre pour parvenir à la sainteté et à la béatitude du ciel. La souffrance n'est certes pas recherchée pour elle-même, mais elle est librement embrassée en tant qu'elle accompagne une oeuvre bonne ou qu'elle offre une opportunité de progresser dans l'amour. Ceux qui sont parvenus au sommet de la charité, les saints, nous en offrent un témoignage éloquent : leurs souffrances comme celles des autres deviennent des occasions privilégiées d'aimer toujours davantage.  (Teresa de Calcutta, J'ai pris Jésus au mot, Messages recueillis et commentés par José Luis Gonzales-Balado, Maranatha 28, Paris, Mediaspaul, Montréal, éd. Paulines, 1992, p. 144 : "La sainteté n'est pas un luxe réservé à quelques-uns; nous sommes tous appelés à être saints. Je crois que la sainteté seule est capable de dominer le péché, les tristesses et les souffrances des hommes, à commencer par les nôtres. Nous aussi, nous devons souffrir, mais la souffrance est un cadeau de Dieu si nous savons nous en servir correctement. La croix est inséparable de nos vies; sachons donc en remercier Dieu.")

 

Nous avons examiné jusqu'ici le rapport de la charité à la souffrance que l'on éprouve personnellement. Il nous faut désormais aborder l'attitude qu'inspire la charité vis-à-vis de la souffrance des autres.

Source: Père Robert AUGÉ, Osb, Dieu veut-il la souffrance des hommes ?, Du mystère à la contemplation, Artège, Lethielleux, Sed Contra, Paris 2020, pp. 772-775.

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 21:52

Dans son ouvrage "Héros oubliés", Eric Vieux de Morzadec se penche sur les généraux français qui ont fait honneur à leur Partie en servant dans l'armée confédérée lors de la guerre de Sécession. A l'image du général Beauregard, ils voyaient l'esclavagisme comme une abomination et voulaient la "libération des noirs pour bâtir avec eux un sud fraternel et chrétien".  Un projet bien loin de la tyrannie de l'argent du nord yankee, transformant les citoyens en consommateurs et en esclaves... Le général Beauregard disait : "Nous sommes les Vendéens, ils sont les Jacobins..." Un éclairage nouveau pour rétablir la vérité sur un épisode de l'histoire encore prégnant.

"Gettysburg" est un excellent film, réalisé en 1993, sur le thème de la la bataille de Gettysburg (1863). L'extrait suivant, intitulé "la Charge de Pickett", montre bien le courage des Confédérés menés par des hommes d'élite, fervents catholiques, prêts au sacrifice de leur personne pour la cause :

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 21:15
Une société laïque?

Source: James Kalb pour CatholicWorldReport

 

Les progressistes trouvent vraiment que tout ce qui évoque le passé américain ou occidental constitue une menace intolérable nécessitant une suppression immédiate.

 

Les gouvernements occidentaux modernes affirment qu'ils laissent des questions de signification ultime à l'individu. C'est le point de l'affirmation de la Cour suprême (américaine. Ndlr.) selon laquelle notre ordre public est fondé sur "le droit de définir sa propre conception de l'existence, du sens, de l'univers et du mystère de la vie humaine". Il forme également une interprétation commune de Dignitatis Humanae, qui dit que ce gouvernement ne devrait pas favoriser une religion par rapport à une autre. 

Cette affirmation convient aux gouvernements, car cela signifie qu'ils n'ont pas à expliquer et à défendre leurs objectifs ultimes. Mais cela ne peut pas être vrai. Des questions fondamentales surgissent inévitablement partout, de sorte que la neutralité du gouvernement est impossible.

Par exemple, le gouvernement exige l'obéissance, la loyauté et le sacrifice. Il revendique le droit d'employer une force meurtrière pour appuyer ses décisions. Comment peut-il faire ces choses sans revendiquer un lien spécial avec ce qui donne un sens à la vie?

Aujourd'hui, c'est plus vrai que jamais. Dans une société industrielle et démocratique, les liens sociaux traditionnels s'affaiblissent, les politiciens obtiennent des votes en offrant des avantages et une protection aux gens, et tous ceux qui comptent sont convaincus que le moyen le plus efficace de faire quoi que ce soit est de l'organiser globalement à la manière d'un processus industriel.

Le résultat est que le gouvernement trouve de plus en plus de choses à faire. Il nous élève jeune, nous éduque, prend soin de notre santé et de notre bien-être général, prend soin de nous dans les moments difficiles, régule nos attitudes les uns envers les autres et nous dit de plus en plus ce qu'il faut croire. Il ne pourrait pas faire ces choses sans une vision générale de l'homme, de sa place dans le monde et de la façon dont il devrait vivre sa vie.

Cela crée des problèmes pour les gouvernements laïques, car il n'y a rien dans leur éventail de préoccupations qui mérite d'être traité de cette façon. Donc, par nécessité, ils ont élaboré des normes ultimes qu'ils considèrent comme transcendant les considérations ordinaires. Celles-ci fonctionnent comme une religion et finissent par évincer la religion de la position sociale qu'elle occupait autrefois.

Au fur et à mesure que le gouvernement libéral laïc a évolué, ces normes sont devenues plus abstraites, complètes et absolues. Au début, la norme en Amérique était une combinaison de liberté et de prospérité dans un contexte d'égalité devant la loi. Ces derniers temps, l'égalité est devenue plus militante et plus importante, et l'accent est passé de l'égalité devant la loi à divers aspects de l'égalité sociale.

Aujourd'hui, la norme libérale est mieux décrite comme la "dignité", c'est-à-dire la liberté personnelle, le bien-être matériel assuré et le traitement respectueux par les autres, où "respectueux" comprend l'acceptation et le soutien de sa compréhension de qui on est.

Cette norme valorise l’égalité à certains égards: l’élimination de la pauvreté et l’abolition des distinctions sociales qui ne sont pas pertinentes pour le fonctionnement des marchés mondiaux et des bureaucraties transnationales. Nous devons tous être assurés de toutes les manières possibles, et il ne doit y avoir aucune distinction entre homme et femme, Français, Japonais et Anglais. Mais l'égalité politique et économique ne fait pas partie du mélange. La sécurité économique universelle est importante, et il est nécessaire que tout le monde ait le droit de vote, mais il est admis que George Soros et Bill Gates devraient garder leur argent et que leurs opinions politiques devraient avoir beaucoup de poids. Après tout, ne savent-ils pas comment gérer les choses?

Il est également admis que les experts et les journalistes qui déterminent la version officielle de la réalité devraient guider le vote des gens. Si les gens ignorent ce qu'on leur dit et suivent leur propre chemin, le résultat est considéré comme illégitime. C'est peut-être pour cette raison qu'il est admis que les juges et les bureaucrates devraient exercer ou du moins avoir un droit de veto sur les décisions importantes.

Le résultat de tout cela est un système dans lequel des autorités non élues élaborent et appliquent une idée globale de ce à quoi devrait ressembler la vie, même si officiellement le système est démocratique et laisse ces questions à l'individu.

Le système est basé sur des principes simples tels que l'égalité, le désir humain et les besoins des institutions commerciales et bureaucratiques qui sont considérés comme particulièrement adaptés pour maximiser le bien-être général. Le résultat est considéré comme étant uniquement rationnel, compréhensible et réalisable. S'y opposer est jugé irrationnel et en fait une preuve de sectarisme.

Mais le système est moins rationnel et digne de choix que ne le pensent ses partisans. Soi-disant, nous avons une liberté sans précédent: nous pouvons être ce que nous voulons! Mais l’exercice de cette liberté ne peut porter atteinte à la liberté d’autrui, qui est également illimitée.

Cela signifie bien sûr un conflit. Mon désir d'organiser une fête bruyante à 3 heures du matin entre en conflit avec votre désir de passer une bonne nuit de sommeil. Le désir de Bob d'accepter son identité de femme récemment adoptée entre en conflit avec le désir de Mary d'un vestiaire pour femmes exempt d'hommes nus.

Qu'est-ce qu'une notion de dignité fondée sur le respect du choix arbitraire exige dans de tels cas? Les règles ne permettent pas de les résoudre en se référant aux réalités humaines selon lesquelles l'homme est diurne plutôt que nocturne, et a deux sexes qui diffèrent profondément. Après tout, Bob et moi rejetons évidemment de telles réalités revendiquées, et nous avons un droit égal de définir ce qu'est la réalité. Ainsi, les différends ne peuvent être résolus qu'en lançant une pièce de monnaie ou en faisant référence à l'efficacité, à la stabilité et à la cohérence du système.

Ce dernier, au fond, signifie les intérêts des puissants, et c'est la norme choisie. Le résultat est que les libertés personnelles qui nous sont accordées se réduisent à celles qui s'intègrent parfaitement dans le système: mode de vie, consommation et choix de carrière, le tout dans le menu de choix jugés inoffensifs ou bénéfiques pour nos dirigeants.

Puisqu'il est dans l'intérêt de ceux qui dirigent les choses d'avoir des ouvriers bien reposés, les ordonnances sur le bruit sont généralement bonnes même si certaines personnes sont des noctambules. Et les normes et identités sexuelles traditionnelles soutiennent les loyautés et les modes de vie que nos dirigeants ne contrôlent pas, donc les violer est autorisé et même applaudi. Le résultat est que je ne peux pas organiser ma fête, mais si Bob dit qu'il est une femme, il peut traîner nu dans les vestiaires pendant que l'équipe de natation des filles du collège l'utilise.

Pour aggraver les choses, les opinions actuelles submergent l'homme dans le monde. Tout est construit par choix, convention sociale ou décision des puissants, et il n'y a pas de réalité au-delà de cela. Cela signifie qu'il n'y a rien qui limite le pouvoir du système de définir la réalité et l'ordre social de manière à supprimer les relations humaines naturelles et à écraser l'esprit humain.

Si l'année prochaine les exigences en constante évolution de la "dignité" exigent la suppression du mariage entre l'homme et la femme, parce que l'institution exprime l'hétéronormativité patriarcale chrétienne blanche, il est difficile de voir quelle raison il y a, dans les modes de pensée actuels, pour ne pas faire respecter l'exigence. Pour un catholique, objecter reviendrait à militariser une revendication abusive de "liberté religieuse" dans l'intérêt de la fragilité blanche.

Même aujourd'hui, cet exemple peut sembler fou pour certains, mais le bon sens n'est plus applicable. Les préoccupations actuelles concernant la "sécurité" montrent la logique derrière les demandes. Les progressistes trouvent vraiment que tout ce qui évoque le passé américain ou occidental constitue une menace intolérable nécessitant une suppression immédiate.

Notre classe éduquée est tombée dans une engrenage de pureté insensée avec des conséquences sociales horribles. Mais quelle est la solution?

La folie s'épuise, donc la folie actuelle ne durera pas éternellement. Elle est susceptible de faire d'énormes destructions tant que cela dure, cependant, et en attendant, le mieux que nous puissions faire est de souligner que l'empereur n'a pas de vêtements et présente une meilleure compréhension de la vie humaine, des relations sociales et du monde que celle-là qui conduit la folie. L'Église a certainement les ressources, et à un moment donné, les gens seront prêts à écouter.

Mais pour combler le besoin, l'Église devra être claire et directe sur ce qu'elle croit. Pour cette raison, l'âge de la subordination ecclésiastique aux tendances séculaires et aux modes de pensée doit prendre fin. Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de la médiocrité, de l'opportunisme ou des tentatives de gagner les faveurs du monde. Plus que jamais, l'heure est à la vérité.

 

 

À propos de James Kalb 
James Kalb est un avocat, un universitaire indépendant et un converti catholique qui vit à Brooklyn, New York. Il est l'auteur de The Tyranny of Liberalism (ISI Books, 2008) et, plus récemment, Against Inclusiveness: How the Diversity Regime is Flattening America and the West and What to Do About It (Angelico Press, 2013).
 
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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 11:47

Le 27 juillet 1920, face à l'avancée de l'Armée rouge, les évêques polonais consacrent la nation au Sacré-Cœur de Jésus et, en réponse à leurs lettres, Benoît XV promeut des prières pour la Pologne, ridiculisées par les communistes. Ceci, au temps de l'Assomption, devait cependant permettre de faire face à ce qui est passé dans l'histoire comme le "Miracle de la Vistule".

100e anniversaire du "Miracle de la Vistule" : la Pologne consacrée au Sacré-Cœur arrête les communistes

Source: Wlodzimierz Redzioch

29/07/2020

La Nuova Bussola Quotidiana

Consacrée au Sacré-Cœur. Et la Pologne a arrêté les communistes

 

Le lundi 27 juillet, dans l'église des Sœurs Visitandines à Cracovie, une messe d'action de grâces a été célébrée (sur la photo, par la Curie Archiépiscopale de Cracovie) à l'occasion du centenaire de l'acte de consécration de la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus.

100e anniversaire du "Miracle de la Vistule" : la Pologne consacrée au Sacré-Cœur arrête les communistes

En 1920, face à la menace bolchevique, les évêques polonais se sont réunis à Jasna Góra sous la direction du primat polonais, le cardinal Edmund Dalbor, et le 27 juillet ils ont consacré la nation et toute la patrie au Sacré-Cœur de Jésus, réitérant l'élection de Notre-Dame comme Reine de Pologne. "Au moment où des nuages ​​sombres se rassemblent sur notre patrie et notre Église, nous crions comme vos disciples surpris par une tempête en mer: Seigneur, sauve-nous, car nous mourons. Et comme autrefois, en tendant la main droite, vous avez calmé la tempête d'un seul mot, maintenant, Seigneur, enlevez le danger qui nous menace", plaidèrent les évêques.

 

L'épiscopat s'est donc engagé à répandre la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus parmi les fidèles (surtout dans les séminaires) et à encourager les familles à se consacrer à lui.

 

En 1918, un an après la révolution bolchevique, le Conseil des commissaires du peuple (le gouvernement bolchevique) a pris la décision de former au sein de l'Armée rouge la soi-disant Armée occidentale pour mener militairement la "révolution mondiale". Le 10 mars 1920, à Smolensk, a lieu une réunion des dirigeants de l'Armée rouge, du "Front occidental" et des commissaires communistes, dont Staline, qui prirent des décisions sur l'attaque de la Pologne et de l'Europe qui devait avoir lieu sur la trajectoire Varsovie-Poznan-Berlin-Paris.

 

À l'été 1920, l'Armée rouge s'avança menaçante vers la Vistuleaux portes de Varsovie. Et dans ces circonstances, les évêques polonais ont pris la décision de consacrer la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus. En même temps, pour éveiller les consciences de tous, ils ont envoyé des lettres: à la nation, aux épiscopats du monde entier et au Pape, demandant à Benoît XV la bénédiction et les prières pour la Pologne menacée par les bolcheviks. Dans la courageuse lettre aux Eglises du monde, les évêques ont donné une analyse très précise de la situation, en écrivant: «La Pologne n'avait pas l'intention de se battre; elle y a été forcée. De plus, nous ne luttons pas du tout contre la nation, mais plutôt contre ceux qui ont piétiné la Russie, qui ont sucé son sang et son âme, aspirant à occuper de nouvelles terres. Comme un essaim de sauterelles qui, après avoir détruit tout signe de vie dans un lieu, se déplace ailleurs, forcé par son action destructrice de migrer; de même maintenant le bolchevisme - «empoisonné» et pillé la Russie - se tourne de manière menaçante vers la Pologne ».

 

Au cours de l'été 1920, l'Armée rouge avança de façon menaçante vers la Vistule jusqu'aux portes de Varsovie. Et dans ces circonstances, les évêques polonais prirent la décision de consacrer la nation polonaise au Sacré-Cœur de Jésus. En même temps, pour éveiller les consciences de tous, ils envoyèrent des lettres : à la nation, aux épiscopats du monde entier et au Pape, demandant à Benoît XV sa bénédiction et ses prières pour la Pologne menacée par les bolcheviks. Dans la courageuse lettre aux Églises du monde, les évêques donnèrent une analyse très précise de la situation, en écrivant : "La Pologne n'avait pas l'intention de se battre ; elle y a été contrainte. De plus, nous ne luttons pas du tout contre la nation, mais plutôt contre ceux qui ont piétiné la Russie, qui ont sucé son sang et son âme, aspirant à occuper de nouvelles terres. Comme un essaim de sauterelles qui, après avoir détruit tout signe de vie en un endroit, se déplace ailleurs, forcées par leur action destructrice à migrer ; de même maintenant, le bolchevisme - la Russie "empoisonnée" et saccagée - se tourne de façon menaçante vers la Pologne".

 

Mais les évêques voulurent tout d'abord attirer l'attention du monde sur le fait que les Polonais n'étaient pas les seuls menacés : "Pour l'ennemi qui nous combat, la Pologne n'est pas la dernière destination de sa marche, c'est plutôt une étape et une rampe de lancement vers la conquête du monde." L'expression "conquête du monde" n'était en rien trop audacieuse car "le bolchevisme enveloppait les nations loin de la Russie d'une toile subversive comme une araignée (...) Et aujourd'hui tout est prêt pour cette conquête du monde. Dans tous les pays, des rangs sont déjà organisés, n'attendant que le signal de la bataille ; les préparatifs pour des frappes continues sont fervents, qui devront paralyser la vie normale des nations. La discorde entre les différentes classes sociales se transforme en une haine exacerbée, et les influences internationales bloquent astucieusement tout jugement et toute légitime défense des nations." Alors chacun devait être conscient que dans cette situation "la Pologne est la dernière barrière placée sur la route du bolchevisme vers la conquête du monde : si elle s'effondrait, le bolchevisme se répandrait dans le monde entier, avec toute sa puissance destructrice. Et la vague, qui menace aujourd'hui d'envahir le monde, est vraiment terrible".

 

Les évêques polonais ont souligné que l'Église était en danger avec le bolchevisme : "En plus de la doctrine et de l'action, le bolchevisme porte un cœur plein de haine dans sa poitrine. Et cette haine est dirigée avant tout contre le christianisme, dont il est définitivement une négation, il se retourne contre la croix du Christ et contre son Église. (...) Le bolchevisme est précisément l'incarnation et la manifestation sur terre de l'Antéchrist". Des mots clairs et vrais que tout le monde en Occident ne voulait pas entendre.

 

Malheureusement, le monde est resté sourd aux demandes d'aide des Polonais. Il semble que tout le monde, même les chancelleries occidentales, se résignèrent à la victoire communiste. Et, paralysés, elles ne firent rien. Au lieu de cela, les prières pour la Pologne commencèrent dans les différentes Églises, sollicitées par le Pape lui-même. Le 5 août, Benoît XV adressa une lettre au Cardinal Vicaire de Rome, Basilio Pompili, exprimant toute la proximité du Pape avec le peuple polonais : "Cardinal, avec une profonde satisfaction, nous avons appris qu'elle, suivant Notre suggestion, a ordonné que de ferventes prières solennelles soient élevées au Très-Haut dans la Vénérable Église de Jésus dimanche prochain pour invoquer la miséricorde du Seigneur sur la malheureuse Pologne. Des raisons très sérieuses nous poussent à désirer que l'exemple donné par vous, Cardinal, soit suivi par tous les évêques du monde catholique. En fait, on connaît l'inquiétude maternelle avec laquelle le Saint-Siège a toujours suivi les événements heureux de la nation polonaise." Lorsque toutes les nations civilisées s'inclinèrent silencieusement devant la force dominante de la loi, le Saint-Siège était seul pour protester contre le partage inégal de la Pologne et contre l'oppression non moins injuste du peuple polonais. Mais maintenant, il y eut beaucoup plus; non seulement l'existence nationale de la Pologne était en danger, mais toute l'Europe était menacée par les horreurs de nouvelles guerres. Ce n'est donc pas seulement l'amour pour la Pologne, mais l'amour pour toute l'Europe qui nous poussa à désirer que tous les fidèles se joignent à nous pour implorer le Très-Haut afin que par l'intercession de la Très Sainte Vierge, protectrice de la Pologne, ce désastre suprême soit épargné au peuple polonais, et en même temps élimine ce nouveau fléau de l'Europe ensanglantée."

 

La campagne de prière massive de toute l'Église fut ridiculisée par les cercles socialistes et communistes en Occident. Le journal socialiste Avanti!, tourna ainsi en dérision l'initiative du Pape: "Le Pape compte sur l'intercession de la Vierge. (...) Le Pontife romain est frais s'il croit en l'efficacité de la Vierge! Trois millions de soldats portent l'uniforme russe. (...) Ces soldats et leurs canons valent bien plus que tous les chapelets du monde. Nous en aurons la preuve dans quelques jours." Mais la réalité devait réfuter les paroles méprisantes des révolutionnaires italiens.

 

La bataille finale entre l'armée polonaise dirigée par le maréchal Piłsudski et l'Armée rouge a eu lieu à l'époque de l'Assomption de 1920. La bataille de Varsovie a duré plus de 10 jours: du 13 au 25 août. Malgré la supériorité numérique des soldats bolcheviks, l'armée polonaise vainquit les communistes. Cette année, nous célébrons le 100e anniversaire de cette bataille épique qui est entrée dans l'histoire comme "le miracle de la Vistule". Mais une question se pose: qui voudra se souvenir de la victoire des Polonais qui, il y a cent ans, ont sauvé l'Europe du communisme?

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 20:28
https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

https://www.marcotosatti.com/2020/06/25/nobile-i-blm-sanno-che-in-africa-gli-schiavisti-sono-i-neri/

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Agostino Nobile revient pour s'occuper des nouvelles les plus proches, et en particulier de ce phénomène si propulsé par les médias de Black Lives Matter, qui conduit à des comportements qui seraient ridicules s'ils n'étaient pas tragiques pour nous même. Bonne lecture.

 

§§§

Mais "Black Lives Matter" ignore-t-il qu'en Afrique les Noirs asservissent les Noirs ?

 

Nous en sommes toujours là : l'ignorance fait plus de mal que les guerres, et cela grâce à des mensonges officiels considérés comme des vérités.

Dans mon article publié par Stilum Curiae en août 2019 https://www.marcotosatti.com/2019/08/11/nobile-lo-schiavismo-islamico-oscurato-dalla-massoneria/ Je décris très brièvement la traite négrière pratiquée durant des siècles par les musulmans, obscurcie par les informations et à travers l'école. Ces dernières semaines, en voyant les manifestations antiracistes aux États-Unis et dans le reste du monde (promues et soutenues par des partis progressistes), je me suis souvenu des Noirs africains. De vrais tortionnaires qui ne respectent même pas leurs frères et sœurs de race. La faute de la victime dans ce cas est l'appartenance à une tribu.

Les athées et les francs-maçons occidentaux qui ont amené des millions d'esclaves dans le Nouveau Monde ont acheté des esclaves aux Arabes et aux marchands d'esclaves noirs. Les Occidentaux qui accostaient leurs navires sur la côte ouest de l'Afrique n'étaient autorisés à descendre à terre que pour vérifier les "marchandises" capturées.

Aujourd'hui encore, selon l'UNICEF, la traite des êtres humains reste un problème dans tous les pays africains. Un rapport de 2004, couvrant 53 pays africains, note que les enfants sont les principales victimes, réduits en esclavage, recrutés comme enfants soldats ou vendus à des clans de prostitution. En Afrique, les enfants sont deux fois plus susceptibles d'être victimes de la traite que les femmes.

Imogen Foulkes, correspondant de la BBC à Genève depuis 2004, dit que 89% des pays africains ont du trafic à destination et en provenance des pays voisins, mais 34% ont également un commerce d'êtres humains vers l'Europe (merci à Bergy et aux progressistes).

Le Nigéria, par exemple, a accueilli des victimes de la traite de 12 pays africains, mais des trafiquants nigérians ont également été trouvés dans une douzaine de pays. Pour l'UNICEF, il est impossible de connaître le nombre de victimes, mais il est probable, disent-ils, qu'il s'agit de millions de personnes.

Mais voyons ce qui se passe dans les pays où les autorités locales et européennes ont eu l'occasion de faire quelques évaluations.

Au Tchad, les membres des clans arabisés achètent des enfants à des familles pauvres. Contraints de se convertir à l'islam et de changer de nom, ils sont gardés en esclavage ou vendus à d'autres clans africains arabisés.

En Mauritanie, nous avons les riches bidanes (blancs, pas européens mais arabes) et les harratins pauvres en canne. Actuellement, environ 90 000 harratins sont totalement réduits en esclavage tandis que tous les autres harratins, environ 600 000, sont partiellement soumis. Au Niger, bien que l'esclavage ait été déclaré illégal en 2003, sur une population de plus de 24 millions d'habitants, environ 8 % sont des esclaves.

Au Soudan, où la charia est imposée, le nombre d'esclaves augmente constamment.

Selon les organisations humanitaires, les enfants enlevés ou achetés peuvent coûter de 20 à 70 USD. Les plus chanceux sont utilisés comme domestiques, bien que les propriétaires ne les abusent pas souvent sexuellement. Les moins fortunés se retrouvent dans les mines, où ils peuvent mourir de misère, et sur les marchés de l'exploitation sexuelle. Dans les deux cas, le prix peut aller jusqu'à 3 500 $.

Historiquement parlant, aux États-Unis, ce ne sont pas les fascistes ou la droite qui ont soutenu l'esclavage, mais les progressistes démocrates. La même couleur politique qui, entre le 12 avril 1861 et le 23 juin 1885, a combattu les républicains du Nord dirigés par Abraham Lincoln, celui qui a aboli l'esclavage dans tous les territoires des USA. Ce que les États démocratiques du sud considéraient comme une violation de leurs droits constitutionnels.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de Noirs américains (en particulier des personnes éveillées et informées) et quelques réseaux de télévision non soumis aux Démocrates ont souligné à plusieurs reprises la réalité historique, mais Black Lives Matter continue de condamner le fascisme et la droite.

Les progressistes, qui promeuvent les aberrations éthiques et sociales qui dévastent littéralement l'Occident, ont une ferme fixation: l'annulation du christianisme. Nous avons des centaines d'exemples qui le confirment, le dernier à San Francisco, la ville la plus gay-friendly de la planète, où ils ont abattu la statue de San Junipero Serra, l'évangélisateur franciscain de Californie 

https://www.youtube.com/watch?v=RvSLf2O2Lts

Étant donné que l'immigration, le canular sur le suprématisme blanc et les manifestations anti-occidentales conduisent au suicide culturel le plus imbécile de l'histoire, les magistrats qui respectent leur pays devraient essayer de punir ceux qui ont répandu et continuent de répandre les mensonges historiques qui créent des sentiments de culpabilité pour les Occidentaux. S'ils ne le font pas, à moins d'une guerre civile, leurs enfants comme le reste de la population subiront probablement la même "liberté" imposée aux chrétiens en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie dans quelques années.

 

Agostino Nobile

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 09:03
https://www.corrispondenzaromana.it/galla-placidia-una-donna-che-ha-lasciato-un-segno-nella-storia/

https://www.corrispondenzaromana.it/galla-placidia-una-donna-che-ha-lasciato-un-segno-nella-storia/

Source: Corrispondenza Romana

 

(Cristina Siccardi) Malgré les lieux communs, il y a des figures de femmes de haut calibre dans l'histoire, qui n'ont posé aucun problème de rivaliser avec les hommes, mais ont, hommes et femmes, collaboré pour atteindre des objectifs importants dans la défense des principes et des valeurs éternelles au profit du vrai bien commun. Parmi elles, l'impératrice Galla Placidia (388 / 392-450), dont 1570 ans se sont écoulés depuis sa mort cette année.

 

Le signe que Galla Placidia a laissé dans la civilisation européenne n'est rien d'extraordinaire, mais il n'est pas mentionné dans les manuels scolaires, ayant été, ainsi que de nombreuses autres femmes - saintes et autres, y compris Matilde de Canossa (1046-1115) et Adélaïde de Turin (1016-1091) - courageuse et déterminée à défendre la foi chrétienne et la Sainte Église romaine. Une riche construction et activité artistique sont liées à son nom, et c'est à elle et à son royaume que la construction de nombreuses églises à Ravenne, Milan et Rome est attribuée.

 

Le signe que Galla Placidia a laissé dans la civilisation européenne est pour le moins extraordinaire, mais il n'est pas mentionné dans les livres scolaires, (Galla Placidia) ayant été, comme beaucoup d'autres femmes - saintes ou non, dont Matilde di Canossa (1046-1115) et Adélaïde de Turin (1016-1091) - courageuse et déterminée à défendre la foi chrétienne et la Sainte Eglise romaine. Son nom est lié à une riche activité architecturale et artistique, et c'est à elle et à son royaume que sont attribués les bâtiments de nombreuses églises de Ravenne, de Milan et de Rome.

 

Petite-fille de trois empereurs, fille de l'empereur Théodose Ier (347-395), soeur de deux empereurs, épouse d'un roi et d'un empereur, mère d'un empereur et tante d'un autre, la très noble, comme on l'appelait, Galla Placidia fut d'abord l'otage des Wisigoths, puis leur reine, épousant Ataulfo des Balti (374-415). Veuve, elle épouse le co-empereur Constance III (370-421), un excellent général et collaborateur de son frère, l'empereur Honorius (384-423), mais la mort de son compagnon est suivie d'une rapide détérioration des relations avec ce dernier et Galla doit se réfugier à Constantinople, à la cour de son neveu, l'empereur romain Théodose II (401-450). Après la mort d'Honorius, un usurpateur monta sur le trône à l'Ouest ; avec l'aide de l'armée de l'Est, Galla retourna en Europe, déposa le souverain illégitime et plaça sur le trône son jeune fils Valentinien III (419-455), dont il était le régent. Pendant les douze années où il a régné sur l'Empire romain d'Occident, Galla a géré avec beaucoup d'habileté et de sagesse l'affrontement entre trois généraux romains puissants et influents, Constantius Felix (?-430), Boniface (?-432) et Flavius Ezio (390 ca.-454). Ce dernier, sorti vainqueur du conflit avec les deux autres généraux, a été entravé, dans son intention d'influencer son fils Valentinien, par Galla Placidia elle-même. Si, d'une part, elle était capable de gérer le pouvoir et de gouverner avec prévoyance, d'autre part, elle était une femme très croyante, ainsi que ferme et rigoureuse dans l'opposition aux hérésies. En fait, elle a été un protagoniste de la lutte théologique et politique de son temps entre orthodoxie et monophysisme en Orient, où Théodose II s'est rangé du côté de l'hérésiarque byzantin Eutichès (378-454), fondateur de la théorie du monophysisme, selon laquelle dans la seule personne incarnée de Jésus-Christ il n'y a qu'une seule nature, la divine. Le pape Léon le Grand (390 env. -461) s'oppose à Théodose et demande l'intercession de la cour de Ravenne.

 

Le 8 août 449, Théodose II a convoqué un concile général à Éphèse, dans lequel il refusa l'autorité théologique, morale et hiérarchique de Léon. Le Pontife assembla ensuite à Rome un synode des évêques italiens pour condamner les actes d'Éphèse. Les décisions furent immédiatement communiquées à Constantinople à l'empereur, à sa sœur Pulchérie (399-453), au patriarche de Constantinople Saint-Flavien (? -449), au clergé et à tous ceux qui étaient restés orthodoxes en Orient. Le pape s'est également adressé directement aux souverains de Ravenne, qu'il reçoit à Rome le 22 février 450 à l'occasion de la fête de la cathédrale de Pétrie ; après l'audience privée, Galla Placidia, Valentinien et son épouse Eudossia (vers 422-493) avaient déjà écrit depuis Rome quatre lettres aux parents de Constantinople, les invitant à intervenir rapidement pour éviter le schisme. Les lettres, rassemblées dans les épîtres de Léon Ier (55, 56, 57, 58) étaient adressées à Théodose II et à Pulchérie : Galla Placidia a écrit aux deux et le contenu des lettres indique l'exhortation à revoir la question dans l'intérêt de l'union de l'Église et à respecter les principes de la doctrine apostolique romaine. Les lettres de Galla exposent le thème de la primauté de la ville de Rome à la fois comme siège antique de l'Empire et comme siège de Saint Pierre, le tout en accord avec le pape Léon. Bien que Théodose n'ait donné aucun signe de rétablissement, sa mort soudaine (28 juillet 450) et la montée sur le trône de Pulchérie et de son époux Marcien (392 vers 457) ont marqué la fin des théories d'Eutichès.

 

Il existe de nombreuses preuves de la cohérence de la foi de Galla Placidia non seulement sur le plan historique, mais aussi dans sa commande artistique, qui a donné au mausolée de Ravenne qui porte son nom le sommet de sa croyance et de son éternel sens de la beauté divine. Selon la tradition, elle a fait construire ce mausolée impérial pour son mari Constance III, son frère Honorius et pour elle-même. Cependant, en 450, elle mourut à Rome et fut enterrée dans le mausolée honoraire, érigé près de l'ancienne basilique Saint-Pierre au Vatican pour abriter les restes de l'empereur Honorius et de sa famille.

 

La tradition orale du mausolée de Galla Placidia est relatée par Agnello Ravennate, prêtre et historien, dans son Liber pontificalis ecclesiae ravennatis. Selon des études réalisées sur le mausolée, le bâtiment a été annexé à l'église de Sainte Croix, accessible via le narthex aujourd'hui détruit. En entrant dans ce lieu, on est frappé et enchanté par les compositions sublimes et la vivacité des couleurs de la magnifique structure en mosaïque, faite de pâte de verre, probablement le travail de travailleurs d'origines différentes, depuis le volume réaliste des figures de San Lorenzo , dans la lunette arrière, et du Bon Pasteur, au-dessus de l'entrée du sacellum, ramènent à un style plus romano-occidental qu'aux figures hiératiques et volumes imaginaires du style byzantin-oriental. Le dôme est dominé par la croix dans une voûte d'étoiles de taille décroissante vers le haut, qui forment un tourbillon sur fond bleu, selon un schéma qui se poursuivra tout au long du Moyen Âge et au-delà. La représentation du ciel nocturne se poursuit sans interruption vers les quatre panaches, où le tétramorphe est représenté: les symboles représentés ici se trouvent dans le Livre d'Ézéchiel (1, 10; 1, 26) et dans l' Apocalypse de Jean (chap.4). ). Les lunettes du dôme présentent des paires d'apôtres, les bras levés en adoration vers le centre idéal du bâtiment, la croix. Parmi les apôtres, saint Pierre et saint Paul se distinguent. Les colombes, sur la pelouse des apôtres, symbolisent les âmes devant la source de la grâce divine. Au centre il y a des fenêtres, couvertes de plaques translucides d'albâtre, et la lumière, comme dans tout l'art de Ravenne, joue le rôle symbolique de la présence de Dieu. Dans la lunette au-dessus de l'entrée il y a une représentation du Bon Pasteur et du ses doux moutons; c'est l'un des premiers témoignages de cette figure dans un décor monumental, puisqu'elle n'était très présente que dans les catacombes. Dans la lunette opposée, cependant, il y a l'image de San Lorenzo; mais il y a une autre hypothèse, qui considère la possibilité que Saint-Laurent soit, en réalité, le Christ lui-même, peigné dans le style syrien, qui indique les quatre évangiles comme symbole de la vérité, tandis que les livres hérétiques brûlent sur le gril, un danger pour le salut des âmes et pour l'intégrité des enseignements de l'Église. Galla Placida savait que l'existence même de l'Église peut être compromise par des idées et des mensonges déformés; son œuvre d'une clarté sage demeure pour les femmes et les hommes de notre temps si confus et plongés dans des mensonges à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, phare de la raison et de la foi.

 

La tradition orale sur le mausolée de Galla Placidia est rapportée par Agnello Ravennate, prêtre et historien, dans son Liber pontificalis ecclesiae ravennatis. Selon les études réalisées sur le mausolée, le bâtiment a été annexé à l'église de la Sainte Croix, accessible par le narthex maintenant détruit. En pénétrant dans ce lieu, on est frappé et enchanté par les compositions sublimes et les couleurs vives des magnifiques mosaïques, réalisées en pâte de verre, probablement l'œuvre d'ouvriers de différentes origines, puisque les volumes réalistes des figures de Saint Laurent, dans la lunette du fond, et du Bon Pasteur, sur l'entrée de la Chapelle, renvoient à un style plus romain-occidental que les figures hiératiques et les volumes imaginaires du style byzantin-oriental. Le dôme est dominé par la Croix dans une voûte d'étoiles de taille décroissante vers le haut, qui forment un tourbillon sur un fond bleu, selon un modèle qui se poursuivra tout au long du Moyen Âge et au-delà. La représentation du ciel nocturne se poursuit de manière fluide vers les quatre pendentifs, où le tétramorphe est représenté : les symboles représentés ici se trouvent dans le livre d'Ézéchiel (1, 10 ; 1, 26) et dans l'Apocalypse de Jean (ch. 4). Les lunettes du dôme représentent des paires d'apôtres, les bras levés en adoration vers le centre idéal de l'édifice, la Croix. Saint Pierre et Saint Paul se distinguent parmi les Apôtres. Les colombes, sur la pelouse chez les Apôtres, symbolisent les âmes devant la source de la grâce divine. Au centre se trouvent les fenêtres, recouvertes de plaques d'albâtre translucide, et la lumière, comme dans tout art à Ravenne, joue le rôle symbolique de la présence de Dieu. Dans la lunette au-dessus de l'entrée, il y a une représentation du Bon Pasteur et de ses doux moutons ; c'est l'un des premiers témoignages de cette figure dans le site monumental, puisqu'elle n'était très présente que dans les catacombes. Dans la lunette opposée, en revanche, on trouverait l'image de Saint Laurent ; mais il existe une autre hypothèse, qui envisage la possibilité que Saint Laurent soit, en réalité, le Christ lui-même, coiffé à la syrienne, qui indique les quatre Évangiles comme symbole de la Vérité, tandis que les livres hérétiques brûlent sur le gril, un danger pour le salut des âmes et pour l'intégrité des enseignements de l'Église. Galla Placida savait que l'existence même de l'Église peut être minée par des idées déformées et des mensonges; son œuvre d'une sage clarté reste pour les femmes et les hommes d'aujourd'hui si confus et plongés dans des mensonges à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, comme un phare de la raison et de la foi.

Le Bon Pasteur, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Bon Pasteur, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Martyre de Saint-Laurent, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Le Martyre de Saint-Laurent, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

 Colombes s'abreuvant, symbole du baptême, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Colombes s'abreuvant, symbole du baptême, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Mausolée de Galla Placidia, Coupole centrale, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

Mausolée de Galla Placidia, Coupole centrale, Mausolée de Galla Placidia, Ravenne, Italie

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:46
https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

[...]

 

Née en 1412 dans une famille de paysans aisés du Barrois mouvant, elle est fille des frontières et de la guerre. Depuis que Charles VI a été atteint de folie, les grands féodaux n’ont cessé de se déchirer. Les Anglais en ont profité pour envahir le royaume et se sont entendus avec le duc de Bourgogne pour déshériter le dauphin de ses droits à la couronne. Réfugié à Bourges, Charles VII n’est pas le roi « paresseux et endormi au sein de la belle Agnès » que dépeindront les historiographes des Bourbons, mais quoi qu’il entreprenne, il va de défaite en défaite. Il commence même à douter de sa légitimité. Les Anglais font en effet courir le bruit que sa mère, Isabeau de Bavière, étant une débauchée, il ne serait pas le fils de son père. En octobre 1428, Orléans est assiégée. Si les Anglais prennent la ville, rien ne les empêchera plus de franchir la Loire et lui qu’on n’appelle déjà plus que « le roi de Bourges » devra se réfugier en Écosse ou en Espagne. C’est alors que Jeanne surgit comme un météore.

 

À l’âge de 13 ans, elle a entendu une voix dans le jardin de son père : Dieu l’a choisie pour sauver le royaume. Il faut qu’elle lève une armée et se porte au secours du roi. Après avoir attendu quatre ans – cette mission lui semblait tellement inouïe -, elle part à Vaucouleurs puis à Chinon pour convaincre Charles VII :

 

Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils de roi, et il m’a envoyée à toi pour te conduire à Reims pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration si tu le veux.

 

Jeanne d’Arc incarne l’union maximale du ciel et de la terre, tant au niveau personnel que collectif. Rien n’est plus naturel en elle que le surnaturel, ni de plus enraciné que sa foi. Chacun de ses actes semble ramener le monde à quelque chose de l’unité de ses origines, et sa mission de libérer sa patrie et de faire sacrer son roi répond au même impératif d’unité. La patrie est à ses yeux le chemin le plus naturel pour rejoindre Dieu par la société de ses pères et la médiation de son roi.

 

Par-delà la levée du siège d’Orléans et le sacre de Reims, sa mission était de faire advenir le Royaume. Le Royaume céleste dans le Royaume terrestre, l’un dans l’autre et l’un par l’autre. Sachant que le Royaume de Dieu ne sera jamais totalement de ce monde, sa mort sur le bûcher, comme celle du Christ en croix, étant là pour nous le rappeler.

 

Jeanne nous montre comment reprendre notre destin en main. En remettant Dieu au cœur de nos vies. Pour elle, Dieu seul rend libre, et défendre les droits de Dieu sur terre est le meilleur moyen de défendre les droits de l’homme. C’est parce qu’elle avait Dieu pour seul maître qu’elle a pu démasquer les idéologies de son temps et défier tous les puissants pour libérer son pays. Parce qu’elle n’avait accordé sa foi qu’à Dieu qu’elle a pu justifier son droit de s’échapper de prison. Et parce qu’il devait être « premier servi » qu’elle a trouvé la force de préférer la liberté dans la mort plutôt que la soumission.

 

 

Jeanne d’Arc, sur la terre comme au ciel, Pauline de Préval, presses de la Renaissance, mars 2020.

 

Source: Aleteia

*****

Edit. du dimanche 31 mai 2020. Une lectrice me fait observer non sans raison : "Quel contresens de vouloir lier la mission de Jehanne à La Défense des droits de l'homme ! C'est un anachronisme grossier et un contre sens. La religion de Jehanne est catholique et non droitdelhommiste".

 

Compte tenu de l'impasse philosophique et spirituelle de la déclaration des droits de l'homme de 1789, pour contrebalancer la vision étroite de cet article simplement rattaché aux droits de l'homme, on peut lire "Les saints de sainte Jehanne d’Arc" par le Révérend Père Joseph – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020, et surtout répéter les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d'Arc, le 13 décembre 1908 : 

"Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 09:53

L'épisode récent de maintien par les gouvernements de l’interdiction du culte public après la fin du confinement - ce qu'en France le Conseil d’État vient de juger illégal - a montré que la laïcité entendue comme la distinction des pouvoirs temporel et spirituel a été méprisée par des gouvernements occidentaux tentés par un monisme du pouvoir, que l'on n'avait pas vu depuis le fascisme italien. "De ce point de vue, la menace totalitaire est autant devant nous que derrière nous."

Une occasion pour l'Eglise de jouer son rôle et de "regagner, en servant ainsi le vrai bien commun, le crédit qu’elle semble avoir perdu auprès des peuples d’Occident" :

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/benoit-schmitz-l-eclipse-du-pouvoir-spirituel-et-le-sort-des-libertes-publiques-20200519

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/benoit-schmitz-l-eclipse-du-pouvoir-spirituel-et-le-sort-des-libertes-publiques-20200519

De Benoît Schmitz, historien, sur le Figaro Vox :

 

L'éclipse du pouvoir spirituel et le sort des libertés publiques

 

19 mai 2020

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - L’historien replace la question de l’autorisation du culte public dans la longue histoire des relations entre l’Église et l’État dans les pays occidentaux. Benoît Schmitz est normalien, agrégé d’histoire et ancien membre de l’École française de Rome. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2013, porte sur «Le Pouvoir des clefs au XVIe siècle. La suprématie pontificale et son exercice face aux contestations religieuses et politiques». Dans ses recherches, il s’est intéressé au rôle joué par la papauté dans l’Europe du XVIe siècle en examinant l’usage qu’elle fit du pouvoir d’excommunier et de déposer les princes.

 

Le maintien par le gouvernement de l’interdiction du culte public après la fin du confinement, que le Conseil d’État vient de juger illégal, a suscité de nombreuses protestations de la part des autorités ecclésiastiques et des fidèles catholiques. Mais, même s’il y eut quelques exceptions - certains évêques relevant, en substance, que l’Église n’est pas soumise à l’État dans les choses spirituelles, qu’«il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Actes des Apôtres 5, 29) et que le gouvernement s’inspire, dans ses autorisations et prohibitions, d’une anthropologie pour le moins réductionniste -, la ligne dominante, exprimée par la Conférence des évêques de France et son président, ne s’en est pas moins cristallisée très rapidement en un appel à l’apaisement et à l’obéissance au pouvoir civil. Certes, beaucoup de bonnes raisons justifiaient la plus grande prudence: la nocivité d’un virus encore mal connu, l’incurie des autorités publiques, la fragilité d’une société d’autant plus exposée au mal qu’elle se croyait devenue invulnérable aux épidémies, une opinion publique tenaillée par la peur et acquise au sacrifice de certaines libertés pourvu que l’État protégeât les citoyens de la mort, tout invitait sans doute à poursuivre loyalement l’effort national pour endiguer la propagation de la maladie.

 

Les arguments qui ont été avancés mais aussi ceux qui ont été passés sous silence ne laissent toutefois pas de surprendre l’historien qui étudie, dans la longue durée, les relations entre l’Église et l’État. En premier lieu, la communication officielle des instances ecclésiales a mis l’accent sur la blessure que le mépris du gouvernement aurait infligée aux croyants. Selon une pente propre au catholicisme contemporain, enclin au sentimentalisme, les décisions du pouvoir n’ont pas été considérées politiquement et juridiquement, mais affectivement, comme si l’Église devait, comme d’autres groupes et minorités, voir d’abord en l’État une sorte de mère dont il faudrait rechercher désespérément la reconnaissance et l’approbation. De surcroît, une bonne part des réactions épiscopales semble avoir été dictée par le refus de tout conflit avec le pouvoir civil. Aucune condamnation formelle de l’atteinte portée à la liberté de l’Église n’a été prononcée, ce qui pouvait se faire même sans appeler les fidèles à la désobéissance civile. Les voies de recours qu’autorise le droit positif et que viennent de suivre avec succès certaines associations de prêtres ou de citoyens, ainsi qu’un parti politique, n’ont pas même été tentées par les évêques. Enfin, si on a rappelé, à juste titre, la tradition chrétienne de soumission aux pouvoirs publics, on a mis sous le boisseau la doctrine tout aussi chrétienne qui fixe de justes limites au pouvoir de l’État et distingue le pouvoir spirituel du pouvoir temporel.

 

La chose est encore plus saisissante en Italie car ce dualisme y est incorporé à l’ordre constitutionnel, l’article 7 de la Constitution de 1947, élaborée sur les décombres du totalitarisme fasciste, précisant que «l’État et l’Église catholique sont, chacun dans son ordre propre, indépendants et souverains». Le principe a été réaffirmé par l’article 1 du concordat de 1984 entre le Saint-Siège et la République italienne. Sa portée est nettement indiquée par l’article 2: «est garantie à l’Église la liberté […] d’exercice public du culte». Le gouvernement italien n’en a pas moins suspendu par décret-loi les cérémonies religieuses. Le déconfinement venu, le pouvoir civil a décidé de maintenir l’interdiction, ce qui a conduit la Conférence épiscopale italienne, jusque-là très conciliante avec le président du Conseil, Giuseppe Conte, à émettre une vive protestation, le 26 avril 2020. Deux jours plus tard, lors de sa messe, le pape François a formulé une intention de prière demandant «la grâce de la prudence et de l’obéissance aux dispositions», qui a sonné comme un désaveu et un appel à se soumettre au pouvoir civil, y compris dans les matières spirituelles.

 

La crise sanitaire agit ici à la manière d’un révélateur de mutations déjà advenues mais restées inaperçues, soit qu’on vive encore sur des catégories devenues inopérantes, soit qu’on ne conçoive même plus l’ancien dualisme qui organisait la répartition des pouvoirs entre l’Église et l’État. Cet effacement du rapport dialectique entre la puissance temporelle et la puissance religieuse - ou de ce qu’on appelle parfois la question théologico-politique - s’explique d’abord par la suspicion dans laquelle le catholicisme contemporain tient la notion même de pouvoir spirituel. Dans un article de 1993, Pierre Manent en avait déjà fait le constat: l’Église «cesse de se présenter comme le gouvernement le plus nécessaire et le plus salutaire […] ; elle se fait simplement le critique de tous les gouvernements, y compris de ce que fut au long des siècles le gouvernement de l’Église ; elle se fait “belle âme” collective, se présentant aux hommes comme “porteuse d’idéaux et de valeurs”». La promotion d’un christianisme évidé de toute prétention au pouvoir se nourrit du contre-modèle que serait «l’ère constantinienne», durant laquelle l’Église se serait compromise avec les puissances de cette terre, au point d’être, selon les moments, ou toute-puissante, ou captive. Or ce récit méconnaît le dédoublement du pouvoir qui fut le grand apport du christianisme et la principale cible de la philosophie politique moderne: de Machiavel à Rousseau, en passant par Spinoza et Hobbes, l’Église fut accusée d’avoir semé le désordre en brisant la nécessaire unité du pouvoir et d’avoir plongé les hommes dans les affres d’une double allégeance. L’histoire de l’Occident est d’abord celle de la lutte opposant l’Église et l’État pour le monopole du pouvoir et de son heureux effet, les deux pouvoirs se bornant l’un l’autre et mettant, par leur conflit même, la liberté des hommes à l’abri de la tentation de la toute-puissance, qu’elle soit temporelle ou spirituelle. Fénelon a résumé la chose d’une formule tranchante: «l’Église peut excommunier le prince, et le prince peut faire mourir le pasteur».

 

[...] 

 

Dans un ultime article, paru de manière posthume en 2017, le grand historien italien Paolo Prodi (1932-2016) a rappelé avec force ce que l’Occident doit à la distinction et à la dialectique des pouvoirs spirituel et temporel et s’est inquiété du vide laissé par l’écroulement des piliers soutenant l’édifice occidental. Avec le dualisme chrétien s’estompe ce qui avait longtemps évité à l’Europe la pétrification du pouvoir et posé, à chaque conscience, le problème de la légitimité du commandement et de l’obéissance. Se raccrocher au rationalisme des Lumières et à l’État de droit conçu selon les canons du constitutionnalisme moderne est, aux yeux de Prodi, une réponse illusoire. Il y a en effet beaucoup de naïveté à croire que la raison peut s’instituer ellemême et qu’elle peut se passer d’une référence extérieure. Comme l’a montré Alain Supiot, à la suite de Pierre Legendre, les sociétés humaines et leurs ordres juridiques ont des fondements dogmatiques. L’autonomie des hommes ne se déploie que sur le fond d’une hétéronomie fondatrice. Refuser par principe toute transcendance, toute possibilité d’un pouvoir spirituel référé à une instance tierce, garante de ce qui fait en l’homme l’humain, c’est ouvrir la voie à un système autoréférentiel où le bien commun disparaît au profit d’idéologies scientistes faisant du pouvoir et du droit de simples instruments de domination.

 

De ce point de vue, la menace totalitaire est autant devant nous que derrière nous. Avec une grande lucidité et un réel courage civique par ces temps de psychose, des esprits aussi divers que Pierre Manent, Joshua Mitchell, Maxime Tandonnet, Jean-Philippe Vincent, Renaud Girard, Giorgio Agamben, François Sureau, Jean Quatremer et bien d’autres encore ont relevé les abus de pouvoir auxquels s’est livré l’État en imposant «le confinement général sous surveillance policière»* (Pierre Manent). Face à une pandémie comme face à d’autres menaces pressantes, il peut être légitime d’instituer une forme de dictature (provisoire et limitée), restreignant l’exercice des libertés: l’état d’exception reste alors dans le cadre de l’État de droit. Mais la tentation est grande de basculer dans une tyrannie (permanente et illimitée), qui, au nom de la protection contre la mort et de la préservation de la «vie nue» (Giorgio Agamben), s’arroge le droit de suspendre les libertés publiques, de définir, pour chacune de nos existences et au nom d’un matérialisme d’État, le nécessaire et le superflu (c’est bien ce qui est en cause dans l’interdiction des cultes), et qui finit par ne plus viser qu’un seul bien (une santé physique elle-même conçue, de manière atrophiée, comme la simple survie à la Covid19, et évaluée à la seule aune du nombre, en baisse ou en hausse, des morts de cette maladie) au détriment de tous les autres biens qui entrent dans la composition de la vie bonne et du bien commun. Nul besoin d’imputer un noir dessein au gouvernement, ou de divaguer sur les complots que fomenteraient des forces occultes: l’État ne fait que céder au courant dominant d’une société tétanisée par le spectre de la mort et prête à échanger ses libertés fondamentales contre son soulagement.

 

Tocqueville nous avait mis en garde (De la démocratie en Amérique, 2e t., 1840): «Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs». «Plus étendu et plus doux» que les anciennes tyrannies, le despotisme des temps démocratiques dégrade «les hommes sans les tourmenter»: «le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse». Réduits en cette servitude émolliente, les citoyens «perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux mêmes» et «tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité». Le conformisme se répand par «une sorte de pression immense de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun».

 

Les régimes démocratiques laissent certes une part à la liberté ; dans les régimes totalitaires, les tendances despotiques ont libre cours. Mais, là encore, celles-ci ont leur siège dans les désirs et le consentement du peuple. «Si le totalitarisme consistait en la persécution d’une nation innocente par une poignée de tyrans, écrit le sinologue Simon Leys, qui fut parmi les premiers à dénoncer l’imposture de la Révolution culturelle, il devrait être relativement facile d’en venir à bout. En réalité, l’exceptionnelle force de résistance que possède le système résulte précisément de ce qu’il a réussi à associer les victimes elles-mêmes à l’organisation et à la gestion de la terreur ; il les a fait participer à ses crimes, il en a fait des collaborateurs et des complices actifs des bourreaux. En conséquence, les victimes finissent par avoir ellesmêmes intérêt à préserver le régime qui les torture et les écrase». En février 1974, à la veille d’être banni de l’Union soviétique, Soljénitsyne écrivait: «Ce n’est pas de leur faute à eux, c’est de la nôtre, de la nôtre SEULEMENT!». «Nous sommes si irrémédiablement déshumanisés que, pour toucher notre modeste ration de nourriture aujourd’hui, nous sommes prêts à sacrifier tous nos principes, notre âme, tous les efforts de nos ancêtres, toutes les espérances de nos descendants, tout, pourvu qu’on ne touche pas à notre chétive existence». «Et c’est là justement que se trouve, négligée par nous, mais si simple, si accessible, la clef de notre libération: LE REFUS DE PARTICIPER PERSONNELLEMENT AU MENSONGE!».

 

Face aux formes contemporaines de tyrannie, il serait périlleux de ne compter, pour sauvegarder les libertés publiques, que sur les garanties constitutionnelles et les décisions du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, même s’il est heureux pour notre République que ces juridictions aient rendu, en ce temps de déconfinement, plusieurs décisions au rebours des mesures abusives du gouvernement. La résistance aux velléités totalitaires de l’État et de la société dépend d’abord du courage civique et de l’intelligence politique de chaque citoyen.

 

C’est là que nous retrouvons le pouvoir spirituel et ce qu’il peut représenter pour chacun de nous, croyant ou non. Le dualisme propre à la tradition occidentale établit que le pouvoir temporel n’est pas le seul pouvoir. La faculté de dire non, de refuser son consentement et sa participation, à un État dévoyé peut trouver un puissant renfort dans le pouvoir de l’Église. En 1978, le futur Benoît XVI avait exposé l’alternative fondamentale: «ou bien […] on attribue à l’État le pouvoir séculier unique et tout-puissant, ou bien, selon la solution romaine, on érige la papauté en vis-à-vis, à la fois impuissant et puissant, du pouvoir séculier». Dans la seconde hypothèse, le pouvoir pontifical est un signe de contradiction, «une opposition explicite au pouvoir du monde comme pouvoir unique».

 

Sans doute vivons-nous un moment d’éclipse du pouvoir spirituel. Mais le propre d’une éclipse est de ne pas durer. Déjà, des pasteurs se sont élevés pour défendre la liberté de culte et, avec elle, les autres libertés publiques. Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban, a par exemple publié le 11 mai 2020 une lettre pastorale où il dénonce «l’atteinte aux droits des fidèles catholiques de participer librement à la messe», rappelle que la loi civile injuste n’oblige pas, s’inquiète «d’une atteinte aux droits humains fondamentaux qui pourrait entraîner d’autres dérives» et invite ses diocésains à «vivre librement [leur] foi». Encouragés par l’ordonnance du Conseil d’État, d’autres suivront. Et, qui sait? Peut-être l’Église pourrait-elle regagner, en servant ainsi le vrai bien commun, le crédit qu’elle semble avoir perdu auprès des peuples d’Occident.

 

 

Source: Le Figaro / Belgicatho

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 16:08
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article15541

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article15541

SourceÉtatisme (L’) coupable : la France en meurt ; le système politique en vit (D’après « Le Gaulois », paru en 1906)

Publié / Mis à jour le DIMANCHE 12 AVRIL 2020,

par LA RÉDACTION LA FRANCE PITTORESQUE

 

Dénonçant en 1906 le dépérissement progressif d’une France jadis puissante mais aujourd’hui gouvernée par une caste n’ayant pourtant « à la bouche que les mots retentissants de liberté, de progrès et d’émancipation », le journaliste et député Jules Delafosse y voit l’œuvre de l’étatisme régnant en maître, mainmise de l’État sur toutes les manifestations de l’activité humaine, héritage de la Révolution française privilégiant une fonction publique budgétivore au détriment des initiatives individuelles et favorisant des responsables politiques qui, mangeant au râtelier du pays, sont directement coupables de sa ruine

Il y a quelques mois, un jeune Français qui faisait un voyage d’étude et d’agrément autour du monde trouva, dans le salon du bateau qui le transportait de Yokohama à San-Francisco, un atlas américain. C’était le grand atlas universel de Gram, aussi répandu aux États-Unis que peut l’être celui de Vidal-Lablache chez nous.

 

La carte de chaque nation était accompagnée d’une notice. Notre jeune compatriote eut la curiosité de savoir ce que l’on pensait en Amérique de notre pays, et voici ce qu’il lut : « Lorsqu’on observe les événements et que l’on connaît la marche de l’humanité, il est impossible de ne pas pressentir la décadence imminente de l’État français et de sa population. Les symptômes sont nombreux et indéniables. »

 

Il y a des atlas et des géographies qui sont des œuvres de polémique nationale. Cela s’est vu et cela se voit encore, par exemple, en Allemagne et en Italie. C’est une façon très adroite et très efficace d’imprégner l’âme des jeunes générations de ce que l’on veut y mettre, de créer en elles un état d’esprit qui les associe d’avance et les prépare aux revendications futures. Mais c’est un souci qu’on ignore aux États-Unis. On n’y connaît personne qui nourrisse contre la France de mauvais sentiments ou de mauvais desseins. On pourrait même dire que les Yankees, s’ils étaient capables de s’intéresser à une autre nation que la leur, seraient plutôt enclins à une vague sympathie pour nous, renchérit Jules Delafosse. Ils se souviennent de l’aide chevaleresque que prêta la France aux insurgents de la guerre de l’Indépendance, et ils la célèbrent à l’occasion.

 

Ils admirent du mieux qu’ils peuvent nos artistes et paient royalement leurs œuvres. Ils sont pleins de prévenances pour nos littérateurs en tournée de conférences. Il n’est point de folie qui les arrête lorsqu’il s’agit de faire fête à nos comédiens et à nos comédiennes. Il ne faudrait pas se méprendre, d’ailleurs, sur le caractère de cette admiration : elle se tempère d’un peu de pitié. C’est la pitié instinctive qu’éprouvent tous les êtres vigoureux et puissants, en pleine force et en plein essor, pour les grandeurs déchues. C’est évidemment sous cet aspect que l’auteur de la notice envisageait la France et les Français de notre temps. Et il le disait avec le sans-façon qui caractérise ses compatriotes, sans y mettre ni hostilité ni malice, poursuit Delafosse.

 

Lorsque le jeune voyageur fut de retour en France, il s’aperçut que chaque dimanche nos ministres se dispersaient aux quatre coins de l’horizon pour aller inaugurer une statue, un lycée de filles ou un lavoir. Et chacune de ces cérémonies était l’occasion de discours ostentatoires où l’on célébrait avec une triomphante impudence la puissance, la beauté, la grandeur, le rayonnement, la gloire même de la France démocratique et républicaine. Les ministres de la République parlent de la France comme l’auraient pu faire ceux de Louis XIV ou de Napoléon, c’est-à-dire à des époques où la France exerçait sur le monde une hégémonie incontestable et incontestée. Ils sont ses ministres et se contemplent amoureusement en elle. C’est leur propre génie qu’ils célèbrent, et ils sont assez contents d’eux-mêmes pour embrasser l’univers entier, dans le témoignage d’admiration qu’ils se décernent.

 

Malheureusement cette infatuation est un thème abondant pour la gouaillerie des autres, et ils ne s’y épargnent guère. On dirait qu’ils se vengent de notre longue supériorité et de l’envie recuite qu’il nous ont si longtemps portée par l’injurieux affront de leurs dédains. Quiconque a passé la frontière et s’est enquis de l’opinion de l’étranger sur notre compte, suivant les manifestations diverses et multiples qu’on en peut saisir dans les journaux, les revues, les livres, le théâtre et même les conversations, y reconnaît, sous des formes variées qui vont de l’insolence à la pitié, que le jugement sommaire du géographe américain sur la France répond à cet état d’opinion à peu près universel. La France est une nation qui s’éteint, parce qu’elle n’a plus la force de vivre.

 

On incline généralement à croire que les nations vieillissent de la même façon que les individus. Or, nous sommes, après la Chine, la plus vieille nation de la terre, je veux dire l’État dont la formation remonte le plus loin. Si donc la décadence nationale était une loi de nature, notre fortune de peuple serait désespérée. Mais cette conception est absurde. En fait, il n’est de peuples ni vieux ni jeunes, puisque les individus qui les composent se renouvellent incessamment.

 

Un Français de vingt ans est aussi jeune qu’un Américain du même âge. Les générations d’une même année, de ce côté-ci comme de l’autre côté de l’Atlantique, comportent, à dose égale, les mêmes puissances physiques, les mêmes aptitudes intellectuelles et les mêmes virtualités. Cependant, il est certain que la génération américaine sera merveilleusement féconde en œuvres de toute sorte, tandis que la génération française restera lamentablement stérile, assène Jules Delafosse.

 

Pourquoi ? Parce qu’il y a de vieilles habitudes, de vieilles routines et de vieux moules, et que les peuples qui laissent enfermer leur jeunesse dans ces vieilleries sont voués fatalement à l’ankylose, à l’atrophie et au dépérissement. Et ce sont là précisément les symptômes de la vieillesse. C’est en cela, et par cela que certains peuples sont vraiment vieux, alors que d’autres, soumis à d’autres disciplines, sont jeunes. C’est aussi de cette façon que la Chine a vieilli. Elle s’est figée au cours des siècles dans l’étroitesse des moules archaïques et rituels où l’oligarchie mandarine avait cloîtré son activité. On peut noter chez nous les mêmes phénomènes d’appauvrissement, dus à des causes sensiblement analogues. Mais ce ne sont point des fatalités. Il dépend de nous de nous rajeunir. Seulement il faudrait pour cela casser beaucoup de moules.

 

Le cadre d’un article de journal est beaucoup trop étroit pour embrasser une pareille réforme dans son ensemble, poursuit Jules Delafosse. Il y faudrait un livre. Je me contenterai de dénoncer, parmi ces moules à détruire, celui qui est à la fois le plus banal et le plus nuisible, je veux dire le « fonctionnarisme ». Le mot est barbare, mais il dit bien ce qu’il veut dire. Le fonctionnarisme doit s’entendre à la fois de l’abus des formalités administratives et de la multiplicité croissante des fonctions publiques.

 

Tout le monde sait, pour en avoir souffert, ce qu’est la paperasserie administrative. Comme l’État français a mis la main sur toutes les formes de l’activité individuelle ou collective des citoyens, il faut, pour travailler, commencer par lui demander sa permission. Or, cette formalité comporte une procédure administrative interminable, avec enquêtes, rapports, communications de bureau à bureau, de ministère à ministère, et stations prolongées à chaque étape ; si bien qu’au bout de six mois ou deux ans, l’État a dépensé une tonne de papier pour une affaire qui ne comportait pas même une minute d’examen.

 

Mais la paperasserie bureaucratique, toute exaspérante qu’elle apparaisse, est de beaucoup le moindre vice du fonctionnarisme. Ce qui fait de lui le grand fléau de notre nation, c’est l’effroyable consommation d’hommes qu’il fait. La bureaucratie française dévore plus d’existences humaines qu’une guerre permanente, et la perte qui en résulte pour la société est incalculable. Pour s’en rendre compte, il faut savoir comprendre que tout homme, qui entre à vingt ans dans une fonction publique, est une force irrémédiablement perdue. Sa jeunesse, son activité, sa puissance créatrice, ses facultés physiques et morales sont, à l’heure même, frappées d’une paralysie professionnelle qui les rend à jamais stériles. II passe à l’état de parasite, vivant de la substance des autres et ne produisant jamais.

 

Supposez, par contre, que cet homme jeune, actif, vigoureux, intelligent, n’ait pas trouvé une fonction publique où se caser : qu’eût-il fait ? Je n’en sais rien. Mais je sais bien qu’il eût été forcé pour vivre de faire quelque chose, et ce quelque chose, si peu que ce fût, aurait augmenté d’autant le patrimoine général de la nation. Industriel ou commerçant, il aurait produit, au lieu de consommer ; colon, il aurait contribué à mettre en valeur nos colonies inutiles ; émigrant, il aurait servi l’influence française, le commerce français, à l’étranger, dans la mesure de ses moyens ; il aurait fait ce que font les émigrants allemands, qui multiplient les relations de leur pays avec toutes les contrées du monde. En un mot,. il serait une force féconde, au lieu d’être un parasite.

 

C’est ce que font les jeunes Anglais et les jeunes Américains. Ils seraient humiliés qu’on offrît à leur jeunesse ardente une place de 1 800 francs, avec perspective d’un traitement final de 3 000 francs et la retraite, ajoute Delafosse. Une pareille destinée leur paraîtrait ignominieuse. Ils se sentent faits pour tirer d’eux-mêmes leur propre fortune, et non pour vivre au râtelier. Et c’est aussi pour cela que l’Allemagne, l’Angleterre, les États-Unis sont des nations de plein essor, alors que la France, stérilisée par le parasitisme d’État, s’isole, s’étiole, se ratatine et meurt de dessèchement. Et ce phénomène de dépérissement sénile s’accomplit sous la tutelle de gens qui n’ont à la bouche que les mots retentissants de liberté, de progrès et d’émancipation !...

 

C’est la République qui a donné aux fonctions publiques cette extension meurtrière. L’administration générale de l’État coûte aujourd’hui cinq ou six cents millions de plus que sous l’Empire, non compris les budgets de la marine et de la guerre. Il faut en chercher la cause dans le népotisme de parti qu’elle cultive comme un jardin. Tout sénateur et tout député ministériel traîne après lui une bande de clients électoraux dont on paie les services ou la parenté en grugeant le budget. C’est pour cette marmaille budgétivore qu’on a élargi les cadres, multiplié les emplois, et tout cela mange au râtelier de l’État. La France en meurt : mais le régime en vit.

 

On parle de réformes. En voilà une, et des plus pressantes qui soient au monde. Réduire des trois quarts les fonctions publiques, quelle économie d’argent ! s’exclame Delafosse. Et surtout quelle économie d’hommes ! Quelle magnifique rénovation d’activité et d’énergie pourrait s’ensuivre ! Malheureusement ce n’est pas du régime actuel qu’il faut l’attendre. Son idéal est tout contraire ; c’est l’étatisme, c’est-à-dire la mainmise de l’État sur toutes les manifestations de l’activité humaine.

 

C’est pour cela qu’il songe à racheter les chemins de fer, à exproprier les Sociétés minières, à créer des monopoles d’État qui se substituent à l’industrie libre. Son rêve est de faire de la République une nourrice universelle dont la fonction essentielle sera de donner la becquée à un peuple d’infirmes ou de mineurs éternels. Et ces gens-là s’appellent des prophètes du progrès ! O misère !... conclut Jules Delafosse.

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 15:17
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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 21:31

"C'est caractéristique de ce que nous traversons. Il est très intéressant de constater que c'est déclenché par une pandémie, c'est-à-dire un choc externe qui n'est pas un choc de nature économique. Mais qui va avoir des conséquences économiques et financières considérables".

 

"Une nouvelle page se tourne". "Je ne pense pas que le parlement européen repartira comme avant. L"Union européenne vient une nouvelle fois de faire la preuve qu'elle est incapable de protéger les européens".

"Je ne pense pas que cela redeviendra comme avant. Et je partage avec quelques amis essayistes (cette idée) : cela n'est probablement pas sur un sujet économique ou financier que l'Union européenne va exploser. Cela peut être sur un renouveau de la crise migratoire ou sur quelque chose comme la pandémie où l'Union européenne fera d'une manière magistrale la démonstration qu'elle ne protège pas les européens. Je crois que la globalisation naïve c'est fini, mais c'est déjà acté depuis longtemps."

"Nous voyons aujourd'hui que face à la crise migratoire comme face à la pandémie il n'y a que les Etats-nations qui agissent et qui réagissent. La situation est extrêmement claire. Et elle est impitoyable."

"J'entendais récemment sur France culture un des vrais experts français en écologie, qui est Dominique Bourg, dire qu''on ne pourra rien faire en faveur d'un environnement plus sain, d'une terre mieux conservée et la préoccupation écologique si l'on n'a pas un état fort en pleine possession de son territoire.' Je suis absolument convaincu de cela : ce n'est qu'au niveau national et au niveau local qu'on peut traiter les grandes questions écologiques. Et là, il faut déconstruire l'imposture écologique (ouverture des frontières, solution globale), c'est un bon moyen pour mettre beaucoup d'argent pour ne rien faire. C'est le scandale des mille milliards du 'pacte vert' de madame Van der Leyen, dont les multinationales et les intermédiaires financiers se frottent les mains. Je ne suis pas sûr que cela ramène des oiseaux en Bretagne ou des poissons dans les rivières." (Hervé Juvin) :

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 20:54
https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2743779-20200319-coronavirus-debut-destabilisation-cours-apres-selon-philosophe-dominique-bourg

https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2743779-20200319-coronavirus-debut-destabilisation-cours-apres-selon-philosophe-dominique-bourg

20 Minutes

Coronavirus : « C’est le début d’une déstabilisation en cours, il n’y aura pas d’après », selon le philosophe Dominique Bourg

INTERVIEW Assiste-t-on à l'effondrement de notre monde? Le philosophe Dominique Bourg se penche sur la question

 

Publié le 19/03/20 à 16h16 — Mis à jour le 20/03/20 à 10h06

 

[...] La crise du coronavirus marque-t-elle le début de cet effondrement, à entendre comme la convergence de toutes les crises : climatiques, écologiques, biogéophysiques, économiques… ? Dominique Bourg*, philosophe et professeur honoraire à l’université de Lausanne, n’en doute pas.

 

Je refuse de parler d’effondrement au singulier. Depuis plus d’un demi-siècle, on nous dit que notre système n’est pas durable. C’est logique qu’il s’effondre. Vous ne pouvez pas dire d’un côté, ce n’est pas durable, et de l’autre, il va se maintenir à l’infini. C’est absurde. Ce qu’il se passe aujourd’hui ridiculise tous les propos un peu hautains et rigolards autour de la question de l’effondrement. Il faut quand même être prudent. Il ne faut pas dire : ça y est, c’est l’effondrement au sens de Yves Cochet. Ça nourrit des réactions pitoyables. Vous avez des gens qui vont vider les rayons, il y a des vols de masques dans les hôpitaux... [Sur ce blog nous pensons plutôt que c'est l'hésitation du gouvernement qui a fini par créer la panique. Ndlr.]

 

Selon vous, il s’agirait plutôt d’effondrement au sens du livre « Comment tout peut s’effondrer » écrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens : l’effondrement de la civilisation telle qu’on la connaît.

C’est en cours. Il faut être très clair là-dessus. Ce qui se passe en ce moment est une étape très importante dans le processus de délitement. Je n’ai aucun doute là-dessus. 

 

[...] Lors de son allocution, Emmanuel Macron a répété à plusieurs reprises qu’il [saura] en « tirer toutes les conséquences ». Mardi, Olivier Véran, invité de France Inter, a insisté sur le fait qu’on devrait changer de modèle de société. Cette crise est-elle « intéressante » pour la prise de conscience ?

Plus que la prise de conscience. Comparons la crise de 2008-2009 et celle d’aujourd’hui. Elles n’ont rien à voir. En 2008-2009, on a une crise financière qui débouche sur une crise économique, qui, elle-même, débouche sur des dommages sociaux. Là, nous avons une crise sanitaire, avec la question de la vie et de la mort des gens. Cette crise sanitaire débouche sur le fait de figer l’économie. La mondialisation montre qu’il est plus difficile d’y faire face. [Et en ayant des économies davantage intriquées les unes les autres. Ndlr.[...] les états vont dépenser énormément en étant déjà extrêmement endettés. C’est-à-dire que l’idée même de remboursement de la dette n’a pas forcément de sens après cette crise. Ensuite, le coronavirus arrive avec un basculement culturel qui n’avait pas du tout eu lieu en 2007-2008.

 

C'est-à-dire ?

L'enquête de Philippe Moati, publiée dans Le Monde au mois de novembre, propose un choix entre trois modèles de société : l’utopie techno-libérale, l’utopie écologique et l’utopie sécuritaire. Elle montre que 55 % des sondés préfèrent la sobriété et la relocalisation des activités. Selon un sondage Odoxa, plus de 50 % des sondés sont favorables à la décroissance, contre 45 % pour la croissance verte. Et lorsque vous ramenez ces chiffres à l’étude de l’institut Jean-Jaurès sur la sensibilité dans différents pays à l’effondrement, vous avez 65 % des Français qui sont d’accord avec l’assertion selon laquelle « la civilisation telle que nous la connaissons actuellement va s’effondrer dans les années à venir ». C’est énorme. On est déjà entré dans une dynamique culturelle où les gens ont commencé à comprendre que le monde tel qu’ils l’ont connu va disparaître.

 

[...] Voulez-vous dire que ce n’est que le début ?

On rentre dans une dynamique de changement extrêmement profond et on y entre en fanfare. Et quelle est la leçon de tout ça ? Ce que nous montre le Covid-19, c’est ce que nous devrions faire pour le climat. [...] Réduire nos émissions à l’échelle mondiale, vous ne le faites pas avec des techniques, vous le faites avec des comportements. C’est la leçon.

 

[...] Si cette crise sanitaire permet une prise de conscience, ne peut-on pas imaginer inverser la tendance ?

[...] Covid-19 c’est le début d’une déstabilisation en cours. Il n’y aura pas d’après, il y aura un rappel permanent des difficultés, de la fragilité, du caractère non durable de notre société. Je ne vois pas du tout un retour à la normale.

[...] Covid-19 [...] nous contraint à revenir sur les fondamentaux, à comprendre qu’on est en train de changer d’époque, et qu’on ne peut pas continuer nos modes de vie. S’il y a vraiment quelque chose qui met un coup d’arrêt à l’idéologie du progrès, c’est ce qu’il se passe aujourd’hui. On n’est pas du tout dans la notion de progrès, le temps accumulation, c’est fini.

 

*Auteur du livre Le marché contre l’humanité (PUF) et coauteur de Collapsus (Albin Michel)

 

***

Une analyse du site "Alliance pour la France" va dans le même sens : 

 

"Le coronavirus, par sa gravité, est en train de changer un certain nombre d’habitudes en particulier dans le domaine de la sociabilité et du travail. Les interactions sociales doivent être divisées par quatre pour faire ralentir l’épidémie selon les estimations de certains épidémiologistes (voir Le Figaro, 12 mars 2020, Tristan Rey). Cette obligation de raréfier les interractions sociales vient heurter le bavardage socio-entrepreneurial de la nécessaire coopération de tous avec tous, la religion des synergies de tout et n’importe quoi. La proximité, le mélange, la fusion est le sabir des relations interpersonnelles postmodernes. Le coronavirus nous oblige à la distance, nous contraint à sortir de religion vaine de l’interaction permanente. Cela pose les bases d’une démythification de l’Autre dont il faudra essayer de tirer un parti social et politique. L’homo festivus, avec la fermeture des bars, des restaurants consécutive au stade 3, perd ses lieux de prédilections et l’ouverture des seuls lieux essentiels à la survie détruit l’univers et l’environnement du divertissement si essentiel à l’homo ludens . L’homo economicus, autre pilier de la postmodernité, n’est pas en reste. Le confinement auquel nous allons devoir faire face pendant quelques semaines conduit au développement forcé du télétravail : la communauté physique traditionnelle, les lieux professionnels d’interaction se transforment en communauté virtuelle. Le travail poursuit sa dématérialisation et travailler ne se réduit plus à être présent sur son lieu de travail. L’épidémie de coronavirus sera une parenthèse mais il est évident que certaines pratiques collectives vont être modifiés marginalement peut-être ou plus fondamentalement.

 

"Le coronavirus a ensuite heurté de plein fouet l’idéologie cartésienne et plus généralement scientiste d’une maîtrise et possession de la nature. Les maladies de masse avaient disparu en Europe, et quelque chose de l’ordre du « plus jamais ça » flottait dans l’air scientiste et optimiste de notre monde technicisé, rationalisé et prédictif. Le coronavirus nous avertit que le positivisme scientiste s’est trompé, que l’histoire technologique n’est pas linéaire, que la nature n’est en soi ni bonne ni mauvaise mais qu’elle est, et qu’elle reprend ses droits lorsque l’on croit la maîtriser. L’idéologie progressiste de rupture avec la nature, de l’homme augmenté, omnipotent par la grâce de sa raison, se heurte au mur du réel. Collectivement, on ne sortira pas idéologiquement indemne de cette expérience d’humilité.

 

"Le coronavirus est le miroir inversé de la mondialisation. Le virus, parti de Chine et issu d’un animal, s’est étendu en Occident à l’homme, passant les frontières ouvertes. On a cru à la libre circulation des biens, des hommes, des capitaux. On ne voulait pas voir son reflet inversé. La libre circulation des dettes, des conflits et maintenant des virus. Plutôt qu’une nouveauté, il s’agit d’une prise de conscience d’un versant que nous ne voulions pas voir, la mondialisation anxiogène et malheureuse que le coronavirus a mise en évidence. Les reproches parfois faits – y compris par des médias de gauche – aux autorités politiques est de ne pas avoir fermé certaines frontières assez tôt signeraient-ils un retour à l’éloge de la frontière ? La frontière protège, limite, immunise même si le Président de la République jeudi 12 mars a donné un répit à la propagande mondialiste en déclarant vouloir « éviter le repli nationaliste » !

 

"Le coronavirus est le tragique par excellence. Il est la peste de Thèbes dans le monde postmoderne. Nous perdrons beaucoup dans cet épisode – on ne sait encore à quel point – et la France est en souffrance comme tant d’autres nations. Mais nous avons les ressources du courage qui devra arrêter son déclin et préparer la régénération …"

***

"C'est caractéristique de ce que nous traversons. Il est très intéressant de constater que c'est déclenché par une pandémie, c'est-à-dire un choc externe qui n'est pas un choc de nature économique. Mais qui va avoir des conséquences économiques et financières considérables". La même analyse sur l'effondrement en cours est faite par Hervé Juvin et Charles Gave : "Une nouvelle page se tourne" :

"Un simple microbe est capable de mettre à genoux l’humanité. A l’ère des grandes réalisations technologiques et scientifiques, c’est surtout l’orgueil humain qu’il met à genoux. L’homme moderne, si fier de ses réalisations, qui installe des câbles de fibre optique jusqu’au fond des océans, construit des porte-avions, des centrales nucléaires, des gratte-ciels et des ordinateurs, qui après avoir posé son pied sur la lune poursuit sa conquête jusqu’à Mars, cet homme est impuissant devant un microbe invisible. Le tumulte médiatique de ces derniers jours et la peur que nous pouvons avoir nous-mêmes ne doivent pas nous faire manquer cette leçon profonde et facile à comprendre pour les cœurs simples et purs qui considèrent avec foi les temps présents. La Providence enseigne encore aujourd’hui à travers les événements. L’humanité – et chacun d’entre nous – a l’occasion historique de revenir à la réalité, au réel et non au virtuel fait de rêves, de mythes et d’illusions.

 

"Traduit en termes évangéliques, ce message correspond aux paroles de Jésus qui nous demande de rester unis à Lui le plus étroitement possible, car sans lui, nous ne pouvons rien faire ni résoudre aucun problème (cf. Jn 15, 5). Nos temps incertains, l’attente d’une solution et le sentiment de notre impuissance et de notre fragilité doivent nous inciter à chercher Notre-Seigneur, à l’implorer, à lui demander pardon, à le prier avec plus de ferveur et surtout à nous abandonner à sa Providence." (Lettre du Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X aux fidèles en ce temps d'épidémie, 17-03-2020)

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 10:15

Dans l'émission CNEWS Face à l'Info du 03/03/2020, Eric Zemmour était face à Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, député "En marche" de Lyon, ex-député du PS, rapporteur de la "loi bio-éthique", pro-euthanasie, pro-PMA post-mortem, pour la FIV à trois parents. Son dernier livre en 2019 : "Donner la vie, choisir sa mort, Pour une bioéthique de liberté". Eric Zemmour a résumé le projet "progressiste" franc-maçonnique de Jean-Louis Touraine : "Un Dieu: l'argent, un maître: le lobby Lgbt". 

 

"Quand vous parlez de progressisme, pourquoi le fait de faire un enfant sans père serait un progrès ? Pourquoi le fait d'acheter des enfants à des femmes qui louent leur ventre serait un progrès ? Moi j'y vois une régression phénoménale. On revient à l'homme de cro-magnon qui ne savait pas que le père était le membre actif de la procréation et où l'on croyait que c'était le soleil qui engrossait les femmes. Pour moi, le progrès humain c'est le fait d'avoir inventer la famille et d'avoir mis un père qui n'était pas évident au départ parce qu'on ne savait pas que c'était le père qui engrossait la mère. C'est cela le progrès. Et vous, vous revenez en arrière.

"Les anarchistes disaient jadis 'ni Dieu ni maître'. Et vous, en regardant vos déclarations, j'en ai déduit que vous avez un Dieu: l'argent, un maître: le lobby Lgbt.

"[…] Moi je ne fais pas une famille, on est une famille ou on n'est pas une famille.

"C'est tout à fait le vocabulaire progressiste, (faire une famille), on fait nation, on fait société, on fait famille, et bien non. Ce projet est celui de déraciner les gens de leurs attachements originaires, la nation, la société, la famille. Il faut les arracher à ces enracinements. Vous avez un projet qui est tout à fait en conformité avec le progressisme franc-maçon auquel vous vous attachez, c'est-à-dire arracher les gens à leurs enracinements.

"Les études (que vous citez), je les ai lues comme vous, d'abord ce sont des études commandées et manipulées par le lobby Lgbt, donc qui n'ont aucune crédibilité scientifique.

 

"[...] (Sur l'euthanasie) Vous connaissez la fable de La Fontaine avec ce malheureux qui appelle la mort et qui, quand la mort arrive, trouve tous les prétextes pour ne pas mourir. Je pense que la nature humaine c'est plutôt cela et que votre 'geste d'amour' va vite devenir un geste de mort. Vous ouvrez la boîte de Pandore à toutes les manipulations, à tous les scandales, à tous les crimes, sous couvert de geste d'amour. Cela me choque beaucoup. [...] Et ce sentiment de toute-puissance est terrifiant. Parce que vous avez l'impression, et cela est en adéquation avec votre philosophie, que l'homme est un démiurge et que l'homme a tout pouvoir, sur sa vie, sur ses enfants, sur sa mort... J'ai un effroi. Et quand je vous écoute, je ne peux pas m'empêcher d'être effrayé. 'Science sans conscience n'est que ruine de l'âme' (disait Rabelais) : je trouve que c'est exactement ce que vous incarnez."

 

(Eric Zemmour face à Jean-Louis Touraine, CNEWS, Face à l'Info du 03/03/2020). 

Note du blog Christ Roi. On peut noter que l'homme "démiurge" qui "a tout pouvoir, sur sa vie, sur ses enfants, sur sa mort", est une réactualisation du droit romain où l'homme avait effectivement tout pouvoir sur sa femme... et sur ses enfants, lesquels il pouvait exposer aux bêtes fauves pour qu'ils meurent. Leur "progrès", c'est un retour à l'Âge de pierre. 

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 13:45

Le progressisme a décliné son argumentaire sophiste sur Les Echos. On peut très facilement développer, à notre tour, un argumentaire critique du dit "progressisme", en tenant compte de paramètres ignorés :

C'était mieux avant ! Argumentaire critique du progressisme

* "la pauvreté a baissé dans le monde ces 50 dernières années" : cet argument progressiste est nul s'agissant de la situation économique des seuls Français. Il s'agit donc d'un argument fallacieux et de mauvaise foi qui consiste à opposer aux Français (qui se plaignent de leur situation économique qui s'est dégradée ces 50 dernières années, et qui donc, disent que c'était mieux avant), le fait que la situation des Chinois s'est considérablement améliorée pendant la même période. "Quoi, les 50 millions de Français se plaignent qu'ils mangeaient de la viande tous les jours il y a 50 ans alors qu'ils n'en mangent plus qu'une fois par semaine aujourd'hui ? Alors que le milliard de Chinois mangent de la viande tous les jours aujourd'hui alors qu'ils n'en mangeaient qu'une fois par semaine il y a 50 ans ! Salauds de populistes !"

Cette argumentation sophiste consiste à opposer à une affirmation formulée dans un cadre national, par un Peuple donné, au regard de sa propre situation la considération d'un point de vue mondial d'autres Peuples au regard de la situation de ces derniers.

 

* "la pauvreté a baissé en France grâce à un système social performant". Argument bidon : outre le fait que ce système social n'est pas en équilibre et n'est financé que par la cavalerie de la dette, cette argumentation prend en considération un indicateur (le taux de pauvreté) qui n'est pas en rapport avec une base fixe, mais avec un taux (50 %) du niveau de vie médian. Or, même si le taux de pauvreté stagne, voire baisse, si le niveau de vie médian baisse ou s'effondre, les pauvres sont bien encore plus pauvres.

 

* "la productivité, et donc la richesse, augmente en France". Ces 30 dernières années ont surtout vu la part du capital accaparer les richesses produites au détriment de la part du travail salarié. Gilbert a ainsi une meilleure productivité en travaillant chez Total (+ 5 % cette année), mais Total se taillant la part du Lion en appréhendant + 4 % et en laissant + 1 % à Gilbert (ce qui permettra aux Echos de dire que les salaires augmentent dans le privé, soit dit en passant), permet-il honnêtement de dire que la richesse augmente en France ? L'argumentation progressiste cache simplement le fait que la plus grosse partie de la population est surexploitée.

 

* "les salaires augmentent et l'inflation est faible, le niveau de vie des Français augmente". Les principaux postes de dépense des Français, à savoir le logement et les impôts, ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'inflation ( + 300 % d'augmentation de l'immobilier en 20 ans à Paris au bas mot, de + 90 à +250 % en province) : qui a vu ses salaires augmenter dans de telles proportions ? Quant aux impôts… no comment.

Pour le reste, le calcul de l'inflation est faussé car les dépenses quotidiennes (notamment la nourriture, pour une qualité égale, dépense contrainte) sont sous-pondérées.

 

* "aujourd'hui on peut voyager plus facilement, on a internet, la médecine fait des progrès" Argument anachronique puisque on compare ce qui n'est pas comparable, à savoir deux périodes dans le temps qui ne sont pas au même niveau d'avancée scientifique. Depuis que l'Homme existe, le progrès technique s'est toujours déroulé de manière continue. Personne chez ceux qui disent "c'était mieux avant" ne souhaite revenir à l'âge de pierre. Moins d'ailleurs ceux-là que les écolos intégristes. Le progrès technique a lieu de toutes façons, nonobstant toute autre considération économique, sociale, sociétale, identitaire. Le "c'était mieux avant" ne concerne bien évidemment pas le progrès technique et scientifique mais concerne le reste, l'économique, le social, le sociétal et l'identitaire.

Au surplus, le progrès technique et scientifique n'est pas toujours corrélé à un absolu progrès économique, social, sociétal et identitaire : l'informatique dans le monde du travail, peut revêtir une forme d'esclavage des salariés, le progrès médical ne constitue un progrès social que si son financement est assuré.

 

* "le monde ouvert est un monde d'opportunité pour les jeunes". Le monde ouvert est aussi et surtout un moyen de perdre son identité, sa culture, le sens de ce qu'on est, sa spiritualité, pour devenir un résidu d'"homo economicus", interchangeable, producteur et consommateur, sans autre perspective que de trimer, d'acheter des choses inutiles et vaines, manger, déféquer, dormir et re-trimer.

 

En conclusion.

Le niveau de vie n'a pas suivi la croissance, les salaires sont restés plutôt stables, la création d'emploi n'a pas suivi. Tout n'est pas économique, tout n'est pas matériel, il y a une impression aussi, l'image que l'on a de son pays, de sa nation, de l'école, de l'avenir de ses enfants. La thèse des Echos selon laquelle la mondialisation est formidable, parce qu'elle nous a tous enrichi est fausse. Elle a enrichi certains, les habitants des métropoles mais pas des périphéries. Lire le géographe Christophe Guilluy.

Eric Zemmour sur CNews le 10/12/2019.

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 11:57

Dans le cadre du colloque sur la Terreur à l'ICES, Reynald Secher intervient sur la Terreur et la Révolution française. 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 12:33

Quelques belles remarques ont été faites sur la monarchie d'Ancien Régime et celle du Moyen-Âge, en France, dans l'émission de Christine Kelly, sur la chaîne C News, dans l'émission "Facealinfo" du lundi au jeudi à 19h. 

À propos de la date du 6 février 1778, date où fut signé à Versailles avec Louis XVI le "traité d'alliance franco-américaine", l'émission de Christine Kelly rappelle ce traité célébrant l'amitié entre les États-Unis et la France. 

Les développements intéressants sont ceux d'Éric Zemmour sur Philippe II Auguste en réponse à l'économiste libéral Jean-Marc Daniel, partisan du modèle anglo-saxon, et ceux de Marc Menant, journaliste CNews, sur Louis XVI et Beaumarchais, faisant une description baroque merveilleuse de cette société d'Ancien Régime qui vit la France être à l'origine de la puissance américaine.

Extraits

 

Marc Menant :

 

"Il est vrai que ce sont les circonstances et le destin qui l'avaient désigné (Louis XVI). Il n'avait jamais ambitionné de se retrouver sur le trône. Et cet homme-là (Louis XVI) était un compagnon des livres, était un compagnon de la sciences. Il s'émerveillait dans cette époque où à chaque instant il y avait une trouvaille, à chaque instant on voyait le monde sortir de la terre pour s'ouvrir toutes les conquêtes du progrès. Et bien, lui, il cherchait les expériences. Cela le rendait peut-être taciturne. Au point que cet homme-là (Louis XVI) ne parlait pas beaucoup. Quand il arrivait au conseil des ministres, c'était le silence le plus absolu, l'oeil rêveur. Et à ses côtés, son vieux maître, Maurepas, qui était là, lui susurrait quelques mots à l'oreille, et il prenait la décision. 

 

Alors là, en ce jour-là 6 février 1778, était-ce Maurepas ? Que nenni.

 

[- Pourtant il en a fait faire des bêtises, Maurepas, interjette Éric Zemmour (Maurepas destitué en 1749 par Louis XV, fut rappelé par Louis XVI. Mal conseillé par Maurepas, Louis XVI congédia Maupéou et Terray, à l'origine du "coup de majesté" de 1770, et restaura les Parlements et leur puissance de blocage des réformes (notamment d'égalité devant l'impôt...), au nom de la défense des privilèges.) NdCR.]

 

- Oui, on est d'accord, poursuit Marc Menant. Mais cela fait quatre ans qu'il est donc à la tête de notre nation. Et en coulisses, il y a un homme qui s'active, [...] monsieur Pierre-Augustin Caron (de Beaumarchais). [...] Son père est horloger. Et à 21 ans, il invente la montre révolutionnaire, celle qui marche à la seconde près. Et cela va lui valoir d'être nommé horloger du roi; on est sous Louis XV. [...] Louis XV remarque ce personnage et le délègue comme espion à Londres, et le voilà à l'affût de toutes informations, sa plume qui s'agite, et c'est comme cela qu'il apprend ce qui se trame là-bas États-Unis, qui ne sont pas encore les États-Unis, mais qui vont le devenir. Et c'est ainsi qu'il alerte le roi (Louis XVI) et qu'il lui dit qu'il faut prendre des initiatives. Et lui-même investit des sommes énormes. Il achète des armes, il achète des bateaux, il paye des équipages, il fait en sorte qu'il y ait des hommes qui puissent mener la troupe, parce que ceux qui se rebellent (en Amérique), ce ne sont pas des militaires, et donc il faut les former. Et c'est lui qui paye tout cela à 9/10e et il demande 1/10e au roi. Et c'est comme cela que Louis XVI qui succède à son grand-père se retrouve en connivence avec Beaumarchais. Il le maintient en place. Et quand Beaumarchais lui dit voilà l'accord, il faut le signer, Louis XVI n'hésite pas une seconde."

 

Lire: Les réformes de Louis XVI, qui le premier, employa l'expression de "justice sociale"

Un peu plus loin dans cette émission, un passage intéressant est à noter sur l'opposition entre le modèle universaliste égalitariste français et le modèle oligarchique anglo-saxon.

 

Jean-Marc Daniel, défenseur du libéralisme anglo-saxon, affirme qu'"effectivement, ils (les Anglais) se sont opposés à tous les projets européens qui étaient des projets impérialistes; ils se sont opposés à Philippe II, ils se sont opposés à Louis XIV, ils se sont opposés à Napoléon. Et je pense qu'ils ont eu raison parce qu'ils s'y sont opposés au nom d'une vision de la vie."

 

"Si on revient à la Magna Carta (1215) de Jean sans Terre, poursuit Jean-Marc Daniel, il y a trois idées force dans cette charte. Il y a l'habeas corpus : personne ne peut contester que c'est un progrès de la démocratie, de la liberté de l'homme, le fait que les impôts doivent être contrôlés par des représentants du peuple (principe du consentement à l'impôt qui existait également chez nous sous les Valois pendant les troubles de la Guerre de Cents ans lors des Etats généraux du royaume. Ndlr.), et la troisième chose, il était marqué que les marchands en Angleterre n'auraient pas de péage à payer. C'est-à-dire que le fondement de la civilisation britannique c'est la démocratie, le respect de la liberté et la liberté de commerce. Et c'est un projet qui s'est opposé à Philippe II, à tout un tas de gens, qui, au contraire, avaient un projet liberticide et qui était un projet de régression sur le plan économique.

 

Note du blog Christ-Roi. Or, « aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe. » (Théodore Zeldin, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points Histoire, Paris-Mesnil 1981, p. 446.)

 

Lire : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre...

 

Et un peu plus loin dans l'émission, Jean-marc Daniel ajoute : "Il vaut mieux les Anglais à Philippe II ou Napoléon Ier." Ce à quoi s'oppose Éric Zemmour,  qui répond : "Et bien non, et c'est cela la différence entre nous. Moi je préfère Napoléon, parce que c'est la France qui domine. Et pas l'Angleterre. [...] Vous, vous pensez d'abord à l'individu, moi je pense d'abord à la nation. Je suis plus gaullien que vous."

 

Voici le texte de la réponse magnifique d'Éric Zemmour (à partir de la 36e minute) qui corrige l'économiste :

 

"Deux points, un historique, et un aujourd'hui.

Le roi Philippe II Auguste après la bataille de Bouvines (27 juillet 1214)

Nous refaisons la vieille querelle qui a été faite au XVIIIe siècle, entre Voltaire et Rousseau, et Rousseau expliquant très bien que les Anglais votent un jour et que le reste du temps ils sont tyrannisés par une aristocratie inégalitaire qui domine le pays. En vérité, ce n'est pas la démocratie qu'a inventé l'Angleterre, c'est l'oligarchie ! Et l'oligarchie anglaise, effectivement, vous avez raison de le noter, n'a jamais supporter les tendances égalitaristes françaises...

 

Lire en 2014 : "Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie"...

 

Et c'est cela la vérité : sous couvert de 'liberté' (habeas corpus de 1215), ils (les barons anglais) ont fait passé leurs intérêts de commerçants et leurs intérêts particuliers d'aristocratie, qui ne supportaient pas les discours égalitaires et la domination de la France sur l'Europe.

 

[NdCR. La Magna carta britannique de 1215 n'a pas été écrite par le peuple mais par les barons, qui sous couvert de défendre le peuple ne défendaient en réalité que leurs intérêts oligarchiques, exactement comme nos parlementaires d'Ancien Régime qui s'opposèrent pendant un siècle (jusqu'en 1789) aux tentatives royales de réforme de l'impôt pour plus d'égalité].

 

Deuxièmement, pour aujourd'hui. C'est de l'Acte unique (1986) que naît la catastrophe. À partir de ce moment-là on est rentré dans des systèmes globaux de libre-échange - on l'appelle la mondialisation aujourd'hui, l'OMC, d'ailleurs c'est ce qui permet à l'Angleterre de dire (après le Brexit) qu'elle va pouvoir aisément commercer en-dehors de l'Europe, et elle a raison là-dessus.

 

Alors vous dites, cela a amélioré le pouvoir d'achat des gens. Oui, mais à quel prix ? Au prix des industries qui ont été détruites du fait des délocalisations dans les pays d'Asie (au prix d'un environnement qui a été détruit également. Ndlr.). Les gens peuvent payer moins cher les produits en grandes surfaces. Oui, mais leurs produits sont mauvais pour la santé, et en plus ils ont perdu leur boulot ! Quel résultat ! Mais, c'est un choix. Vous avez raison, avec l'Angleterre, c'est toujours le même choix, vous avez le choix entre la liberté et l'oligarchie ou un régime plus égalitaire. C'est toujours le même discussion éternelle !" (Fin de citation)

 

Cf. Voir l'impasse des droits de l'homme" de 1789 : la contradiction entre la liberté et l'égalité.

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 22:04

Louis XVI était loin de l'imagerie révolutionnaire, malheureusement encore trop souvent d'actualité. Ce grand roi eut un réel souci du sort du peuple français; les réformes qu'il fit durant son règne en sont la preuve la plus évidente.  Une video Sacr Tv:

Chaque année au mois de janvier, les royalistes français rendent hommage au roi Louis XVI.

 

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du "droit de joyeux avènement", impôt perçu à chaque changement de règne.

 

Louis XVI créa le corps des pompiers. Il autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

 

Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l'usure, et venir en aide aux petites gens.

 

Louis XVI aida l'oeuvre de l'Abbé de l'Epée, pour l'éducation des "Sourds-muets sans fortune", auxquels il fit enseigner un langage par signes de son invention. Le roi lui versa une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

 

Louis XVI dota l'oeuvre de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

 

Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.

 

Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis "comme les propres sujets du roi", 90 ans avant la première convention de Genève.

 

Louis XVI fit abolir le droit de servage, le droit de suite et la mainmorte (qui dans la pratique n'existait plus dans la majorité des terres depuis trois siècles). [1]

 

Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture).

 

Louis XVI accorda le premier le droit de vote aux femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée aux États-généraux.

 

Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.

 

Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.

 

Louis XVI employa le premier l'expression justice sociale.

 

Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.

 

Louis XVI créa le musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.

 

Louis XVI fonda l'école des Mines.

 

Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.

 

Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy d'Abbans pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

 

Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux Juifs l'accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du parlement de Nancy.

 

Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

 

Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.

 

Louis XVI accorda l'état-civil aux protestants.

 

Louis XVI ressuscitant 144 corporations se justifia ainsi devant Turgot : "En faisant cette création nous voulons donner aux ouvriers les moyens de défense, nous voulons qu'ils puissent jouir en commun, de leur intelligence qui est le bien le plus précieux de l'homme."

 

Durant la Révolution, en 1791, la bourgeoisie d'affaire voltairienne supprima les corporations au nom du libéralisme. C'est le début de la misère sociale. "La Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois quarts de siècle". René Sédillot), le règne sans frein de la bourgeoisie capitaliste (sous couvert de liberté et d'égalité. Cf. L'impasse des droits de l'homme), la naissance du prolétariat.

 

Louis XVI était devenu un obstacle aux projets de la bourgeoisie capitaliste, qui le fit donc assassiner le 21 janvier 1793, sur l'actuelle Place de la Concorde à Paris.

 

La mort du Roi, c'est : un procès inique qui déshonore la justice, la rupture avec 1300 ans d'histoire de France, le point de départ de tous les totalitarismes (Cf. "La première logique totalitaire apparaît sous la Révolution française". Stéphane Courtois).

Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France.

Louis XVI

14 juillet 1789 : La Révolution dite "française" On peut ajouter la tentative royale de réforme fiscale pour une égalité devant l'impôt (Subvention territoriale, 1786, refusée par les parlementaires depuis un siècle...("dixième" en 1710, "vingtième" en 1750) (Cf. Jean-Louis Harouel, La pré-Révolution 1788-1789 in Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989).

Notes

 

[1] "Les caractères de l'ancienne servitude ont progressivement disparu (sous l'Ancien Régime). Il ne reste plus guère, en quelques régions, que des sujets soumis à la mainmorte." C'est-à-dire des gens qui ne peuvent transmettre leurs biens à d'autres qu'à leurs enfants. La mainmorte décline aux XVIIe et XVIIIe siècle, mais reste en certaines régions (Bourgogne) une arme aux mains du seigneur. (Guy Cabourdin, Georges Viard, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Collin, 3e éd., Paris 1998, p. 303 et p. 206.)

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 10:38

On lit souvent que l'Inquisition fut l'un des chapitres les plus terribles et sanglants de l'histoire occidentale ; que Pie XII, dit « le pape d'Hitler », était antisémite ; que l'obscurantisme a freiné la science jusqu'à l'arrivée des Lumières ; et que les croisades furent le premier exemple de l'avidité occidentale. Ces affirmations sont pourtant sans fondements historiques. Dans cet ouvrage, l'éminent professeur de sociologie des religions Rodney Stark démontre que certaines idées fermement établies - surtout lorsque l'Église entre en scène - sont en réalité des mythes. Il s'attaque aux légendes noires de l'histoire de l'Église et explique de quelles façons elles se sont substituées à la réalité des faits. Un livre passionnant, écrit « non pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire ».

AUTEUR Rodney Stark a enseigné la sociologie et les religions comparées à l'Université de Washington (Seattle) jusqu'en 2004. Il est désormais professeur de sciences sociales à l'Université Baylor au Texas. Traduit dans le monde entier, il est l'auteur du best-seller L'essor du christianisme (Excelsis, 2013).

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

"N'étant pas moi-même catholique romain, je n'ai pas écrit ce livre pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire". C'est par ces mots que Rodney STARK, sociologue des religions protestant américain présente en introduction (disponible en lecture libre sur "amazon") son ouvrage "Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques" (éd. Salvator, Paris 2019).

 

Dans l'introduction, l'auteur, par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le triomphe de la raison : pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme" (traduction de Gérard Hocmard, Paris, Presses de la Renaissance, 2007), explique les raisons de la rédaction du livre "Faux témoignages" :

 

"Au cours de la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire médiévale et sur les origines du christianisme, je suis fréquemment tombé sur de graves distorsions liées à l'anticatholicisme évident, les auteurs exprimant souvent explicitement leur haine de l'Église. Ayant rédigé, dans ces livres antérieurs, des notes critiques sur nombre des exemples cités plus haut, j'ai fini par considérer que le problème posé par ces réactions anticatholiques de savants de renommée est trop important et ses conséquences trop envahissantes pour qu'on puisse se contenter de les réfuter ponctuellement. C'est pourquoi j'ai commencé à rassembler, à réviser et à substantiellement étendre mes notes antérieures et à en rajouter de nouvelles sans toutefois tenter de 'disculper' l'histoire de l'Église. J'ai longuement écrit sur des thèmes comme la corruption du clergé, les agressions brutales d''hérétiques', et sur des méfaits et manquements plus récents de l'Église, comme le fait de couvrir des prêtres pédophiles ou la promotion mal avisée de la théologie de la libération. mais quelle que soit l'importance qu'on accorde à ces aspects négatifs de l'histoire de l'Église, cela ne justifie pas les exagérations extrêmes, les fausses accusations et les fraudes évidentes auxquelles seront consacrés les chapitres à suivre.

 

"[...] J'avoue que lorsque j'ai rencontré pour la première fois l'assertion selon laquelle l'Inquisition espagnole, non seulement aurait répandu peu de sang, mais aurait été une force majeure à l'appui de la modération et de la justice, je l'ai rejetée spontanément comme une variante de d'un révisionnisme excentrique. [...] Mais après un examen approfondi, j'ai découvert avec stupéfaction que, parmi d'autres choses, c'était l'Inquisition qui avait empêché que ne se répande en Espagne et en Italie la fureur meurtrière liée à la sorcellerie qui sévissait partout dans toute l'Europe des XVIe et XVIIIe siècles, et qu'au lieu de brûler eux-mêmes les sorcières, les inquisiteurs avaient fait pendre certains de ceux qui les avaient condamnées au feu.

 

"[...] J'ai si largement documenté mes conclusions que chacun peut les vérifier. [...] Chaque chapitre proposera une brève bibliographie des principaux contributeurs." 

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

Table des chapitres avec quelques extraits :

 

1. Les péchés d'antisémitisme

L'invention de l'antisémitisme

Conflit religieux précoce

L'Église et les attaques antisémites

Musulmans et Juifs

Le onzième commandement

Le "Pape d'Hitler"

Conclusion

"L'Église catholique romaine a une histoire longue et honorable d'opposition résolue aux attaques contre les juifs. Et le pape Pie XII s'est montré tout à fait à la hauteur de cette tradition."

 

 

 

2. Les évangiles supprimés

Conclusion

"Aujourd'hui, le pendant moderne des évangiles gnostiques sont des oeuvres de fiction qui entendent être prises pour des présentations de faits réels, tel le roman Da Vinci Code, un réquisitoire cinglant contre une conspiration de l'Église catholique romaine afin de supprimer la vérité sur Jésus."

 

3. La persécution des païens tolérants

Constantin reconsidéré

La folie de Julien

Le déclin du paganisme

Assimilation

Conclusion

"L'Église n'a pas tiré profit de son statut officiel pour éradiquer le paganisme, tout comme les empereurs ne s'y prêtèrent pas au nom de la nouvelle foi. C'est la raison pour laquelle le paganisme a survécu sans trop d'ennuis durant des siècles après la conversion de Constantin, et n'a sombré que lentement dans l'obscurité, tout en réussissant à créer des niches au sein du christianisme pour quelques-unes de ses traditions.

 

4. Le "sombre Moyen Âge"

Le Mythe du sombre Moyen Âge

Les progrès de la technologie

Le progrès moral

Les progrès dans la culture savante

Le mythe de la "Renaissance"

Le mythe des "Lumières" séculières

Théologie, raison et progrès

Conclusion

"[L]es termes de "sombre Moyen Âge", de "Renaissance", de "Lumières" et d'"Âge de la Raison" [...] [i]l s'agit là de grandes époques historiques qui n'ont jamais vraiment existé comme telles.

 

5. Les croisades en quête de terres, de butin et de convertis

Les provocations

Aspects économiques des croisades

Pourquoi s'engagèrent-ils?

Le royaume des croisés

Les "crimes de guerre" des croisés

Redécouvrir les croisades

Conclusion

"Les croisades furent donc bel et bien provoquées. Elles ne constituèrent pas le premier volet du colonialisme européen et ne furent pas non plus menées en vue de conquérir des terres, de rapporter du butin ou de pratiquer des conversions. Les croisés n'étaient pas des barbares qui persécutèrent des musulmans cultivés. Les croisades ne sont donc pas une tache indélébile dans l'histoire de l'Église catholique et il n'y a pas lieu de s'en excuser."

 

6. Les monstres de l'Inquisition

Le nombre de morts

La torture

La sorcellerie

L'hérésie

La sexualité

Autodafés de livres

Conclusion

 

7. Les hérésies scientifiques

La quête du savoir

Théologie et philosophie naturelle

L'invention des universités

En route vers la "révolution" scientifique

Robert Grossetete (1168-1253)

Albert le Grand (vers 1200-1280)

Roger Bacon (1214-1294)

Guillaume d'Ockam (1295-1349)

Nicole d'Oresme (1325-1382)

Nicola de Cues (1401-1464)

Nicolas Copernic (1473-1543)

La science devient majeure

Scientifiques "éclairés"

Protestantisme

Pourquoi l'Angleterre?

Les origines religieuses de la science

Alors qu'en est-il de Galilée ?

Conclusion

 

8. La bénédiction de l'esclavage

L'opposition papale à l'esclavage

Codes pour le traitement des esclaves

La civilisation jésuite / indienne

Conclusion

 

9. Un saint autoritarisme

Deux Églises

Sur les dirigeants de ce monde

Les philosophes des "Lumières" et la gauche antireligieuse

Les révolutionnaires français et l'Église (1789-1799)

Vers une Russie sans Dieu

La guerre civile espagnole

Conclusion

"Il est tout simplement faux que l'Église s'oppose à la liberté et à la démocratie. Elle tend plutôt à lutter contre les tyrans, en particulier quand ceux-ci tentent de la détruire."

 

10. La modernité protestante

Réforme et libertés

Max Weber et le capitalisme

Le capitalisme

L'essor du "capitalisme religieux"

Les vertus du travail et de la sobriété

Capitalisme et progrès théologique

Les cités-États capitalistes

Conclusion

 

Post-scriptum

Bibliographie et conseils de lecture

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 12:53
"La seule révolution susceptible d’éclairer les lanternes du troupeau humain dans les ténèbres de ses expectatives a eu lieu il y a vingt et un siècles, quelque part en terre d’Israël. Et le “nouveau monde” a débuté avec la propagation des paroles de Jésus, [...] l'esprit d'enfance [...] et l'amour" (Denis Tillinac)

Après avoir servi de mantra dans les milieux socialo-communistes où le « droit » était un vain mot, le terme « révolution » fait son grand retour en sociologie, en politique et même... dans l’Église. N’entend-on pas certains clercs nous dire que Vatican II fut une « révolution » ?

 

« En réalité, une seule révolution aura métamorphosé du tout au tout le destin des hommes “jusqu’aux extrémités de la terre” : la venue de Jésus, sa prédication, sa Passion, sa mort, sa Résurrection. L’événement que nous commémorons le jour de Noël fut la mutation de l’Histoire la plus féconde. Elle a enfanté une ère inédite en abolissant le fatum décrété invincible par toutes les société antérieures, comme l’atteste la littérature de l’hellénisme et de la romanité. L’Enfant Jésus emmailloté dans une crèche sous le regard attendri d’une mère et d’un père, puis émerveillé de mages venus de pays lointains, c’est l’espérance d’un monde à venir où l’homme, selon la prophétie de Marx, “ne sera plus un loup pour l’homme”. Son message met au rebut les systèmes de valeurs qui sous des latitudes variables ont tous cautionné le règne de la force et de l’argent. Il ouvre des cœurs jusque là en pénitence dans les clôtures de la raison. Il prône l’esprit d’enfance, capable d’arraisonner, avec sa charge de pureté et d’innocence, l’iniquité brutale de César et de clouer le bec à la cohorte de moralistes à sa solde. Les Évangiles inaugurent l’avènement de la liberté la plus printanière, la plus ensoleillée, celle qui procède de l’amour.

« Pour avoir trahi ce message en oubliant que le Mal est “originel” et non social, la Révolution dont la France s’enorgueillit a engendré des Robespierre, des Lénine, des Mao, des Pol Pot. Pour l’avoir dédaigné, les “nouveaux mondes” proposés par des marchands d’illusion à grands renforts de communication sont de pâles contrefaçons de l’espérance inouïe qui, la nuit de la Nativité, allume des étoiles au plus intime de notre sensibilité. En somme, la seule révolution susceptible d’éclairer les lanternes du troupeau humain dans les ténèbres de ses expectatives a eu lieu il y a vingt et un siècles, quelque part en terre d’Israël. Et le “nouveau monde” a débuté avec la propagation des paroles de Jésus par le truchement de saint Paul et des Apôtres.

« Encore faut-il y croire, dira-t-on ! Ce n’est pas nécessaire. L’émotion ressentie par tout un chacun aux approches de Noël, en dépit d’un barnum commercial de plus en plus vulgaire, est une grâce. Elle incité à la trêve des agressivités militantes, elle ouvre chez le butor claquemuré dans ses certitudes les portes d’un sourire qui rajeunit son âme. Elle incite l’agnostique, voire l’athée, à accompagner ses loupiots à la messe de minuit - et quand ils chantent à l’unisson “Il est né le Divin Enfant”, une sorte de tendresse le surprend. Il n’est peut-être pas mûr pour la foi qui soulève les montagnes, mais il aurait envie d’y croire.

« (...) Il l’oubliera vite, et la vie reprendra son cours avec ses sempiternelles scories de l’ancien monde (...). Bref, la chute dans la folie du quantitatif.

« (...) Tout de même, la magie de Noël aura déposé en son for la promesse imprécise d’un bonheur sans commune mesure avec l’obtention d’un avantage, salaire augmenté, pension de retraite revalorisée. Ce qui ne signifie pas que ses revendications sont illégitimes ; mais que la félicité suggérée par “Les Anges dans nos campagnes” n’a cure du PIB, de points de croissance et de balance des paiements. Elle est à notre portée. Ne la laissons pas se perdre dans le temps profane où nous titubons comme des aveugles. (...) »

 

Source : Denis Tillinac, Valeurs actuelles, 12 décembre 2019 / Pro Liturgia, Actualité du vendredi 13 décembre 2019

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 08:00
Les trois ordres : Oratores, Bellatores, Laboratores

Les trois ordres : Oratores, Bellatores, Laboratores

 

Les Gilets Jaunes demeurent la partie émergée d'une crise sociale profonde. Cette "révolte" des mécontents est aussi une manifestation de défiance envers leurs représentants tant au niveau des corps intermédiaires que du monde politique. Cette crise inédite est le reflet du délitement du lien social qui existait depuis la nuit des temps nonobstant les régimes politiques et les civilisations. Reprenant le schéma des anciennes civilisations des peuples Gaulois, Grecs, Celtes, Germains, Slaves ou sous l'Empire romain et jusqu'à la Révolution française, la société se structurait autour de trois ordres aux fonctions primordiales. Soubassement social de la société cette trifonctionnalité se complétait mutuellement :

 

- les oratores, les hommes d'Église priaient pour ceux qui combattaient et ceux qui travaillaient ;

- les bellatores, les nobles combattaient et défendaient ceux qui priaient et qui travaillaient ;

- les laboratores, les paysans et les artisans travaillaient pour nourrir ceux qui priaient et qui combattaient.

 

Adalbéron, chancelier du roi Lothaire en 974 et évêque de Laon (977-1030) a été le premier auteur à avoir formulé cette tripartition dans son poème au roi Robert (Robert II le Pieux 996-1031) : "la cité de Dieu qui se présente comme un seul corps, est en réalité répartie en trois ordres : l’un prie, l’autre combat, le dernier travaille. Ces trois ordres qui coexistent ne peuvent se démembrer ; c’est sur les services rendus par l’un que s’appuie l’efficacité de l’œuvre des deux autres : chacun d’eux contribue successivement à soulager les trois, et pareil assemblage, pour être composé de trois parties, n’en est pas moins un."

Adalbéron, l'un des principaux artisans de l'avènement d'Hugues Capet sur le trône après avoir écarté Charles de Lorraine, le prince légitime héritier de la Couronne de France, précisait : "l’Eglise ne forme qu’un corps ; mais la constitution de l’Etat en comprend trois, car l’autre loi, la loi humaine, distingue deux autres classes : nobles et serfs sont en effet de conditions différentes. Parmi les nobles, deux sont au premier rang : l’un est le roi, l’autre l’empereur ; et c’est leur autorité qui assure la solidité de l’Etat. Le reste des nobles a le privilège de ne subir la contrainte d’aucun pouvoir, à condition de s’abstenir des crimes réprimés par la justice royale. Ils forment l’ordre guerrier et protecteur de l’Eglise : ce sont les défenseurs de la foule du peuple, des puissants et des humbles, et ils assurent par le même fait le salut de tous. L’autre classe est celle des serfs : c’est là une race d’hommes malheureuse, et qui ne possède rien qu’au prix de sa peine. Qui pourrait faire la somme de leurs occupations, de leurs fatigues et de leurs travaux ? Finances, garde-robe, approvisionnements, tout cela est fourni à tous par les serfs, si bien qu’aucun homme libre ne saurait vivre sans leur concours. Il semble alors que rois et prélats soient les propres serfs de leurs serfs. C’est à eux que leurs maîtres doivent leur nourriture, alors qu’ils s’imaginent les entretenir."

Pour l'académicien Georges Dumézil (1898-1986) "le schéma tripartite est mort en Occident avec les États généraux de 1789, quand la noblesse et le clergé ont baissé le pavillon devant le tiers État. On a enfin répondu à la question : qu'est-ce que le tiers état ? Eh bien, c'était la ruine du système trifonctionnel." Une formule cinglante à nuancer : une partie de la noblesse et du clergé étaient acquises aux idées nouvelles issues des Lumières, et la Bourgeoisie, la "nouvelle élite économique" composante du tiers état aspirait à des prérogatives au sein du pouvoir décisionnel et politique.

 

Nicolas Chotard,

 

 

 

Président des Lys de France

 

La société trifonctionnelle médiévale : un prêtre, un chevalier, un travailleur. Illustration médiévale française d'école tirée du Li Livres dou Santé (fin 13e siècle, vellum), auteur inconnu.

La société trifonctionnelle médiévale : un prêtre, un chevalier, un travailleur. Illustration médiévale française d'école tirée du Li Livres dou Santé (fin 13e siècle, vellum), auteur inconnu.

Les trois états de la société médiévale

 

Enluminure Gilles de Rome, "Le Régime des princes", Rouen, premier quart du XVe siècle, Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 126, fol. 7

 

Cette enluminure représente un triptyque sur deux registres, fondé sur la théorie des "trois ordres". Il est composé d’une image panoramique dédiée aux deux premiers états de la société au registre supérieur, et de deux images carrées dédiées au troisième état de la société au registre inférieur. Cette disposition obéit à la hiérarchie interne de la société médiévale : en haut, ceux qui gouvernent (le gouvernant, à savoir le roi et son fils) entourés de ceux qui prient (les oratores) et de ceux qui combattent (les bellatores), en bas ceux qui sont gouvernés (ceux qui travaillent, les laboratores).

 

Depuis 1789, la bourgeoisie a remplacé le prince. D'aucuns parlent de naissance de la bourgeoisie d'affaires et d'argent, la ploutocratie, le pouvoir de l'argent.

"Des riches qui décident depuis deux cents ans", "la cause de nos problèmes", "les 1% les plus riches qui se gavent comme jamais", "les patrons des banques qui devraient être en prison pour faillite frauduleuse arrivent maintenant aux gouvernements des différents pays", "droite-gauche qui font la même politique des multinationales", "l'impuissance politique du peuple programmée dans la constitution": l'économiste Etienne Chouard brise l'omerta dans l'émission "Ce soir ou jamais" diffusée sur France 2, le 5 septembre 2014.

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 16:00

D’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.

Luc 1,2

Nous fêtons aujourd'hui Saint Luc, l'évangéliste, l'occasion pour nous de nous rappeler que Jésus vient à nous non pas à travers un ouvrage de théologie, grâce à une thèse de philosophie, par le biais d'un code de morale, mais par un récit, un récit conduit par ses amis. L'Évangile de Saint Luc commence ainsi : "Voici le récit des événements que j'adresse à toi, excellent Théophile." (Lc, 1,3).

Ainsi, l'Évangile, et plus largement la Bible presque toute entière se présente à nous comme un récit. Quelqu'un raconte. Voici l'histoire d'Abraham, voici l'histoire d'Isaac, telle fut l'histoire de Jacob.

[...] Le récit accrédite l'expérience des témoins. 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 07:02

Extrait :

 

"Vous croyez au système républicain comme vous êtes persuadé qu'il peut encore offrir des possibilités d'actions pour résoudre nos problèmes, voire sortir la France du marasme dans lequel elle patauge depuis bien trop longtemps.

"[...] Si vous êtes sceptique quant à la viabilité de cette pseudo-démocratie, alors analysons les choses. Ne croyez-vous pas que les problèmes des cités, de l'immigration, du chômage, de l'insécurité, de l'éducation, du droit des femmes, comme du salaire maternel, etc., auraient pu être résolus depuis bien longtemps déjà ?

"En politique, tout est possible. Mais, est-ce dans la logique des partis pour qui ces problèmes en sont le moteur ? En conséquence, qu'attendons-nous de plus de la part des partis politiques ?

"Croyez-vous réellement qu'un chef de parti au pouvoir arborant de ce fait le titre de président de la république d'être réellement indépendant dans ses actions, pour la mise en oeuvre de son programme politique pour lequel il fut élu, sauf si sa victoire est le fruit d'une punition contre un autre candidat ? Un président de la république est tout sauf indépendant. Il ne fait pas ce qu'il veut, mais il doit au contraire se soumettre aux lobbys en tous genres, qui dictent sa politique. Danièle Mitterand en fit l'aveu dans une interview. 'Après 1981, je demandai à François Mitterand, pourquoi maintenant que tu as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis. Il me répondait qu'il n'avait pas le pouvoir d'affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néo-libéralisme, qu'il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J'appris ainsi qu'être le gouvernement, être président ne sert pas à grand chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J'ai vécu l'expérience directement durant quatorze ans. [...] En France, on élit et les élus font des lois qu'ils n'ont jamais et dont nous avons jamais voulu.'

"On se souvient également du discours de François Hollande du 22 janvier 2012 au Bourget lorsqu'il annonçait que son principal adversaire était la finance internationale. Une fois élu, sa politique allait plus dans le sens de cette finance qu'à son encontre, ce qui expliqua en partie son impopularité.

"Les présidents seront tous soumis aux lobbys et grandes puissances mondiales qui contrôlent notre pays. Il n'y a donc rien à attendre d'une république en France. Envisager une VIe, VIIe, VIIIe république, etc. ne servira à rien. Ce système est trop faible et inadapté.

L'illusion démocratique de la Ve république

"[...] La mascarade des présidentielles n'est que du vent. Un peu comme une mauvaise publicité présentant une belle cabane de jardin pour enfant et lorsque vous la recevez chez vous on est plus proche de la vielle niche à chiens.

"Et puis, si on veut être puriste, réellement démocrate, ou plutôt démophile pourquoi les pères et mères de familles n'auraient-ils pas le droit de voter pour leurs enfants jusqu'à leur majorité. Ils en sont les responsables. C'est eux qui permettent à la retraite de tenir ses engagements. Il n'y a de richesses que d'hommes. La société est représentée de familles qui socialement font la diversité vivante d'une nation. Pourquoi au XXIe siècle ne permet-on pas d'organiser, de moduler le travail pour les femmes qui le désir, de travailler selon leur choix 10, 20, 30, 50, 80% de leur temps et d'ailleurs pourquoi ne reconnait-on pas le droit aux femmes de percevoir salaires et retraites associées (salaire + retraite maternelle) pour celles qui désirent élever leurs enfants. C'est cela la juste reconnaissance pour les femmes, pour celles qui donnent la vie et se sacrifient bien trop souvent pour leurs familles. On est loin du désir de cantonner les femmes à la maison comme le droit romain le désirait, mais plutôt dans l'esprit d'ouverture vers un réel choix féminin libérateur. C'est aux femmes au travers de referendums de choisir leur destin loin des lobbys prétendant parler en leur nom. Cette fenêtre permettrait de régler nombre de difficultés éducatives, nombre d'abandons de personnes âgées, nombre de délinquance, comme elle agirait sur le taux de chômage, mais il est vrai : c'est trop socialement naturel. la république travaille plutôt à la destructuration des familles afin de changer la nature même de l'homme. Toujours cette volonté totalitaite, comme l'endoctrinement des esprits à l'école..."

L'illusion démocratique de la Ve république
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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 10:59
L’Eglise a-t-elle enseigné le mépris de la femme ?

Il est nécessaire, une bonne fois pour toutes, de déconstruire le discours fumeux, très en vogue depuis plusieurs années, selon lequel l’Eglise aurait depuis des siècles enseigné le mépris de la femme et sa relégation loin des domaines les plus importants de la vie de l’Eglise. Ce discours, qui n’est que la traduction d’une idéologie de pacotille portée par des personnes en rupture profonde avec la Tradition de l’Eglise ainsi qu’avec la réalité historique, sert aujourd’hui à réclamer l’ordination diaconale - et plus tard sacerdotale - de femmes, sur le modèle de ce que l’on peut voir dans certaines confessions protestantes qui, elles ne connaissent pas le sacerdoce.

Il s'avère que ce discours repose sur des préjugés historiques dont il n'est pas difficile de démontrer la fausseté. Loin d'enseigner leur mépris, la Tradition a toujours respecté et promu les femmes, et ce dès les débuts du christianisme. Dès les commencements de l’histoire de l'Eglise, les saintes femmes martyres sont vénérées par l’Eglise primitive au même titre que les hommes. Ainsi, le Canon romain de la Messe (ou Prière eucharistique numéro 1), qui remonte dans ses grandes lignes au IVe siècle, invoque l’intercession, en plus de la Vierge Marie, de pas moins de sept femmes saintes ayant vécu dans les tous premiers siècles de l’Eglise.

Durant les premiers siècles, les chrétiens n’ont jamais vu aucun inconvénient à ce que des femmes jouent un rôle important et soient par la suite canonisées. Ainsi en est-il, par exemple, de sainte Geneviève, dont la force de caractère permit à Paris d’éviter le saccage par les Huns qui sévissaient en Europe occidentale. Visiblement, les chrétiens de cette époque n’ont pas eu besoin du féminisme contemporain pour considérer sainte Geneviève comme un personnage de premier plan et de l’élever à la gloire des autels. Même chose au Moyen-Age, époque où les femmes avaient bien plus de liberté que ce que lui accordera l’époque moderne à ses débuts. On connaît, entre autres, le prestige et la sainteté d’Hildegarde de Bingen (XIIe siècle) déclarée docteur de l’Eglise par Benoit XVI, ainsi que le rôle prépondérant de Blanche de Castille, mère de Saint-Louis, rôle très politique qui visiblement n’a choqué personne au XIIIe siècle. Il y aurait également beaucoup à dire du rôle de tout premier plan assumé, au XIVe siècle, par sainte Catherine de Sienne, elle aussi docteur de l’Eglise, et qui joua un rôle décisif dans le retour des papes d’Avignon à Rome. De même il ne semble pas que l’Eglise de la très catholique Espagne du XVe siècle ait trouvé quoi que ce soit à redire du règne personnel de la non moins catholique reine Isabelle, qui n’était pas précisément l’incarnation de la faiblesse et de la « tolérance » au sens actuel du terme. Et ainsi de suite...

Toutes ces femmes de premier plan, tout en jouant un rôle actif dans l’Eglise de leur temps, ont vécu dans une fidélité totale à la Tradition de l’Eglise, et il ne serait venu à l’idée d’aucune d’entre elles de réclamer le sacerdoce pour les femmes. Au contraire, pour ces grandes saintes, toute crise de l’Eglise est essentiellement une crise spirituelle, et c’est donc bien dans ce domaine, et non dans la revendication de « droits à », qu’il faut trouver des pistes de renouveau de l’Eglise.

On sait aujourd’hui que le fameux « concile » au cours duquel l’Eglise se serait posé la question de savoir si les femmes ont une âme s’avère être une légende forgée par les auteurs anti-chrétiens du XVIIIe siècle, un tel concile n'ayant tout simplement jamais existé. De même, on oublie bien souvent que le phénomène de « chasses aux sorcières » est inexistant au Moyen-Age et qu’il a été un phénomène moderne dans le contexte de la Renaissance et essentiellement, d’ailleurs, dans des régions acquises au protestantisme. Enfin, les féministes actuels accusent bien souvent l’Eglise d’avoir développé le culte marial uniquement afin d’imposer l’image d'une femme certes mise sur un piédestal, mais uniquement afin de la cantonner à un rôle secondaire de maîtresse de maison effacée et soumise. Mais dans ce cas, que dire alors du très discret et très silencieux saint Joseph, qui pour le coup, est l’incarnation même de l’effacement derrière la figure de Marie et de la soumission à la volonté divine ?

Il est certes probable qu’effectivement il y ait eu, à certaines époques de l’histoire, une certaine forme de misogynie au sein du clergé ; mais affirmer que l’Eglise a enseigné le mépris de la femme durant vingt siècles est un discours qui ne tient tout simplement pas la route, tant sur les plans historique que théologique. C'est plutôt le contraire qui est vrai.

Enfin, il faut rappeler que le diaconat comme le sacerdoce sont bien des ministères (reposant sur une configuration ontologique intimement liée à la masculinité du Christ), c’est-à-dire qu’ils sont des services « in persona Christi » de la communauté ecclésiale et du sacerdoce baptismal, comme le rappelle le catéchisme de l’Eglise catholique ; il n’y a donc certainement pas de « droit au sacerdoce », pas plus qu’il n'existe de « droit au diaconat » auquel telle ou telle catégorie de fidèles baptisés pourrait prétendre. La question du sacerdoce conférée à des femmes est contraire à toute la Tradition chrétienne depuis les temps apostoliques, comme l’a rappelé de manière définitive S. Jean-Paul II.

Quand à un « diaconat féminin » compris comme un ministère ordonné, tous les « comités Théodule » mis en place ces dernières années dans le but d’en justifier la réintroduction à notre époque se sont heurtés à l’absence totale de la moindre trace historique allant dans ce sens. Il serait donc bon que les catholiques cessent de se laisser intimider par ce discours - même lorsqu’il a sa source dans un bureau du Vatican - qui relève bien plus de l’idéologie et de l’inculture théologique de notre époque que d’un véritable esprit de foi et de fidélité à l’Eglise.

Le XIVe siècle, par bien des aspects, ressemble au nôtre : époque troublée, crise de l’Eglise, risques de schisme... A l’époque, l’Eglise a pu s’en sortir et a finit par connaître un nouvel essor. Il est vrai que les chrétiens du XIVe siècle avaient, eux, sainte Catherine de Sienne. De quelle grande chrétienne contemporaine pourrions nous nous enorgueillir, nous autres chrétiens du XXIe siècle... à part Christine Pedotti, bien entendu ?

 

S.N.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi 23 septembre 2019

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