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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 23:58

Une étude de 1998, faisant le lien entre l'autisme et le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, était «truquée».

 

«Fraude», «trucage élaboré»: c'est en ces termes cinglants que le British Medical Journal (BMJ) vient de qualifier une étude qui a semé la panique en Grande-Bretagne et aux États-Unis à la fin des années 1990, en laissant entendre qu'il existait un lien entre le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (ROR) et la survenue d'une forme d'autisme chez l'enfant.

La revue médicale The Lancet qui avait publié, en 1998, les travaux controversés du Dr Andrew Wakefield et de ses douze collègues du Royal Free Hospital et de la School of Medecine de Londres, s'était déjà formellement rétractée en février dernier. Se rangeant derrière l'avis du General Medical Council (GMC) britannique qui jugeait certains éléments «inexacts» et une approche contraire à l'éthique médicale, The Lancet avait décidé de retirer cette publication responsable d'une psychose anti-ROR en Grande-Bretagne.

Mais cette fois, le BMJ qui consacre, dans son dernier numéro, un dossier à cette retentissante affaire, va plus loin, accusant Wakefield, non pas de s'être trompé, mais d'avoir délibérément falsifié ses données. Fait inhabituel pour une revue scientifique, le BMJ a largement ouvert ses colonnes à un journaliste, Brian Deer, dont l'enquête minutieuse, parue dans le Sunday Times en 2004, a lancé la polémique. Ses révélations ont déclenché l'enquête du GMC qui a valu à Wakefield et à John Walker-Smith, l'un des principaux cosignataires de l'étude, d'être radiés en mai dernier du registre des médecins britanniques.

 

 

Un seul enfant autiste régressif sur les neuf cas prétendus

 

 

Le lien, prétendument mis en avant par l'équipe de Wakefield, entre le vaccin ROR et un «nouveau syndrome» d'entérocolite (inflammation du côlon) et d'autisme «régressif», se basait sur l'étude d'un échantillon ne comprenant que 12 enfants, sans cas témoin, en tenant compte essentiellement des souvenirs ou des opinions de leurs proches. Un peu court.

C'est en allant interviewer un par un les parents des enfants que Deer a découvert l'ampleur de la supercherie. Et notamment comment Wakefield «a altéré de nombreux faits concernant l'histoire médicale des patients dans le but d'accréditer l'idée qu'il avait identifié un nouveau syndrome» écrivent les éditorialistes du BMJ. C'est ainsi que sur les neuf enfants considérés comme autistes régressifs dans l'étude, un seul l'était réellement. De même, alors que les auteurs prétendent que les 12 enfants étaient «normaux» avant la vaccination, il s'avère que cinq d'entre eux souffraient déjà de troubles du développement. Idem pour l'apparition des symptômes : Wakefield prétend qu'ils surviennent dans les jours qui suivent la vaccination alors que les données de l'étude indiquent que l'intervalle peut-être de plusieurs mois… Du coup, l'exclusion de ces cas a permis aux auteurs de calculer un délai fictif de 14 jours. Enfin Deer a mis en évidence que la plupart de ces jeunes patients avaient été «recrutés» par des ligues antivaccinales et que l'étude avait été financée dans le but de soutenir une action en justice. Le plus étonnant est qu'il aura fallu douze ans pour que ces manipulations grossières soient pleinement reconnues et sanctionnées.

Interviewé sur CNN, Andrew Wakefield est resté droit dans ses bottes accusant Brian Deer d'être «un tueur gages» à la solde de l'industrie pharmaceutique. Rien de moins. Une chose est sûre, le refus de nombreux parents de faire vacciner leurs enfants, à la suite de cette fausse alerte, a provoqué une explosion du nombre de cas de rougeole aux États-Unis et en Grande-Bretagne. «En 2008, pour la première fois depuis quatorze ans, cette maladie (qui peut être mortelle, NDLR), a été déclarée endémique en Angleterre et au pays de Galles» déplore le BMJ. Aujourd'hui encore, au Royaume-Uni, des centaines de milliers d'enfants vivent sans protection vaccinale ROR.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/01/07/01008-20110107ARTFIG00634-un-vaccin-a-seme-la-panique-a-cause-de-donnees-falsifiees.php

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