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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 05:42

 

Projet de limitation de la participation financière étrangère dans les médias russes

 

 

Tirant les conséquences de la guerre d'information qui se livre aujourd'hui, ouvertement, entre la Russie et les Etats Unis, les députés russes ont décidé de reprendre doucement la main sur les médias nationaux. Ainsi, la participation au capital des personnes physiques et morales étrangères sera limitée à 20% du capital. Ce qui a provoqué la montée au filet des médias dits "libéraux", autrement dit des médias largement financés de l'étranger. Et pour cause, en fait, une grande partie d'entre eux sont off-shore et veulent le rester.
La Douma examine un projet de loi déposé par des députés communistes et LDPR visant à limiter la participation et le pouvoir de direction des personnes physiques et morales étrangères dans les médias russes, de tous types.
 
La limitation concerne les Etats étrangers, les organisations internationales, ainsi que les personnes morales sous leur contrôle, les personnes morales étrangères, les personnes morales russes avec participation étrangère d'au moins 20% au capital, les citoyens étrangers, les apatrides, les citoyens russes ayant également une nationalité étrangère.
 
Ces personnes ne peuvent fonder un média ou en contrôler plus de 20% du capital. Les voix détenues par les actionnaires ne peuvent être décomptées lors de la réunion des actionnaires en ce qui concerne la politique du média.
 
La loi doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Les médias ont jusqu'au 1er février 2017 pour se mettre en conformité avec la loi et doivent déclarer la nouvelle liste des actionnaires et fondateurs avant le 15 février 2017.
 
Le bruit fait par ce projet de loi est comparable à celui qui a entouré la règlementation du financement des ONG en Russie. Et pour cause, dans les deux cas, la présence étrangère est très forte et ces deux branches exercent une influence non négligeable sur la formation de l'opinion publique nationale.
 
Ainsi, cette réforme pourrait concerner les éditions Kommersant, PBK, Rambler & Co., STS Media et presque toutes les chaînes cablées. Par exemple, les éditions Kommersant regroupent 6 compagnies dont 3 sont enregistrées dans les Iles Vierges. Le Holding RBK est détenu à plus de 50% par une entreprise localisée à Chypre. Quant aux éditions en Russie des journaux Elle, Marie Claire, Psychologies et Maxim elles sont à 100% entre les mains d'une entreprise elle aussi située à Chypre.
 
Soyons réaliste, plus que dans la logique d'une "nationalisation" des ONG pour qu'elles défendent réellement les intérêts de la population, ce projet de loi, au-delà de la dimension idéologique ici incontestable, fait également beaucoup penser à la lutte contre l'off-shorisation de l'économie. Lutte lancée par V. Poutine lors de son retour à la présidence et lutte qui dérange beaucoup.

Source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2014/09/projet-de-limitation-de-la.html

 

Exemple de controverse en "France" suscitée par le projet de loi russe : 

 

 

Le pouvoir russe accroît son emprise sur les médias

 

Le Figaro

Publié le 22/09/2014 à 19:34

 

Considéré par Vladimir Poutine (ici auTadjikistan, le 12 septembre) comme un «projet spécial de la CIA», Internet suscite notamment toute l'attention du Kremlin.

 

Pour «renforcer la souveraineté» du pays, une loi veut réserver les groupes d'informations aux oligarques du pays.

 

Dans un énième tour de vis sur les médias, la Douma russe devrait examiner, mardi, en première lecture, un projet de loi visant à réduire l'influence étrangère dans le domaine de l'information. Selon ce texte, aucun investisseur étranger ne pourra détenir plus de 20 % du capital d'un média national, la même restriction devant s'appliquer à tout entrepreneur russe possédant une double nationalité. Déjà en 2011, le montant maximal des participations «non russes» avait été abaissé à 49 %.

 

«Il s'agit d'un moyen important pour renforcer la souveraineté de la Russie dans la mesure où, dans une société de l'information, les médias influent sur les préférences des citoyens et façonnent l'opinion publique», a déclaré le vice-président du Parlement, Sergueï Jelezniak, qui feint, à cette occasion, de découvrir une vérité première. Dans la vision des concepteurs de la loi, aucun média ne devrait échapper à la surveillance renforcée des pouvoirs publics. «La presse glamour qui, dans une large mesure, imprime des photos et des publicités, glisse également vers la politique au risque de saper les fondements de la Fédération russe», s'inquiète le député nationaliste Vadim Dienguine.

 

De décisions anecdotiques en projets législatifs, le pouvoir russe ne laisse rien au hasard. Au lendemain même de la signature d'un accord de cessez-le-feu en Ukraine, soutenu conjointement par Kiev et Moscou, les télévisions publiques ont ainsi totalement banni de leur vocabulaire l'expression «junte», qui avait servi jusque-là à désigner le pouvoir ukrainien. Plus récemment, le holding public NMG, qui détient notamment 25 % de Pervyi Kanal, première chaîne du pays, et contrôle le quotidien pro-Kremlin Izvestia, a annoncé la nomination, à la tête du conseil d'administration, de la députée Alina Kabayeva. Cette parlementaire de Russie unie est d'abord connue comme une ancienne championne de gymnastique artistique, à qui la rumeur moscovite prête une liaison avec Vladimir Poutine.

 

«Une fois leur participation limitée à 20 %, la valeur des actifs détenues par les investisseurs étrangers va diminuer, et ces derniers seront alors rachetés par des oligarques russes proches du pouvoir»


Anton Nossik, spécialiste des médias

 

La nouvelle loi sur les participations relève autant du souci, manifesté par le Kremlin, de verrouiller le discours public que du Meccano industriel. «Il s'agit d'un mélange de paranoïa politique et d'intérêts économiques», explique Anton Nossik, un spécialiste des médias. «Une fois leur participation limitée à 20 %, la valeur des actifs détenues par les investisseurs étrangers va diminuer, et ces derniers seront alors rachetés par des oligarques russes proches du pouvoir», pronostique cet expert. Déjà, en 2011, plutôt que de devoir perdre le contrôle de ses radios russes, très profitables, le groupe Lagardère avait préféré vendre ses actifs à un spécialiste des machines-outils, Vladimir Gridine. Aujourd'hui, plusieurs médias sont possédés par Youri Kovaltchouk, un homme d'affaires très proche de Vladimir Poutine, visé par les sanctions occidentales, ainsi que par Gazprom Medias, la branche communication du géant gazier.

 

Longtemps limitée au contrôle des médias classiques, l'offensive touche également l'Internet. Le réseau social VKontakte, qui avait joué un rôle important dans les manifestations anti-pouvoir de l'hiver 2011, vient d'être repris en main par Boris Dobrodeïev, le fils du patron d'un autre holding de médias publics, VGTRK. Pour sa part, le fondateur de ce «Facebook russe», Pavel Dourov, s'est exilé à l'étranger. Considéré par Vladimir Poutine comme un «projet spécial de la CIA», Internet suscite toute l'attention du Kremlin. Après les lois destinées à renforcer le contrôle sur les blogs et à lutter contre la diffusion de messages «extrémistes», le pouvoir russe se dit aujourd'hui déterminé à «protéger» l'Internet domestique contre «l'imprévisibilité» des Occidentaux. Une formulation très vague qui sonne comme une menace aux oreilles des pionniers d'Internet.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/22/01003-20140922ARTFIG00328-le-pouvoir-russe-accroit-son-emprise-sur-les-medias.php

 

Il est vrai qu'en "France" l'Oligarchie n'a aucun pouvoir sur les médias officiels... L'Assemblée dite "nationale"  a voté jeudi 18 septembre un projet de loi de "lutte contre le terrorisme", dont l'article 9 prévoit le blocage des sites internet par l'exécutif sans décision préalable du pouvoir judiciaire. Mais ce projet de loi-là inquiète moins l'oligarchie "française" que le projet de loi russe de limitation de la participation financière étrangère dans les médias russes...

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