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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 22:59

Lors de son voyage apostolique à Chypre (4-6 juin 2010), Benoît XVI avait expliqué que pour que les chrétiens soient crédibles dans leur annonce de l'Evangile, il devaient être unis. Il avait estimé que c'était un des objectifs de la prochaine assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen Orient qui a lieu ces jours-ci à Rome (du 10 au 24 octobre).

Lors du lancement aujourd'hui des travaux du synode pour le soutien des chrétiens du Moyen-Orient, dans l’espoir d’y stopper l’exode continu des minorités chrétiennes, d’encourager une meilleure cohésion entre leurs diverses Églises et d’améliorer leurs rapports avec leur environnement musulman, Benoît XVI a rappelé que c'est au Moyen-Orient que le christianisme est né et s'est développé, mais que c'était également là qu'il s'est divisé. C'est là qu’eurent lieu sept des premiers conciles œcuméniques qui ont défini le Credo et au cours desquels des débats sur la nature du Christ ont eu lieu. Ils furent à l’origine de la naissance de ces différentes Églises orientales. Le Pape a alors immédiatement fait référence à la Vierge Marie, à qui il a confié les travaux, et à la figure du Christ, vrai homme et vrai Dieu, parlant de sa souffrance et de sa passion. Un discours qui a touché les Eglises orientales car ce qui fut facteur de division est aujourd’hui symbole d’unité et de leur situation.

C’est ensuite à une méditation que s’est livré le Pape, fustigeant le capitalisme anonyme qui réduit l’homme en esclavage, la drogue, les modes de vie actuelles et le terrorisme, toutes ces fausses divinités contre lesquelles il faut lutter avec une foi solide...

 

Tous les évêques des pays du Moyen-Orient sont convoqués pour débattre et réfléchir sur le thème de «l'Église catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage». Ils vont s'appuyer sur un document de travail "instrument de travail" (Instrumentum Laboris).
De manière significative, les travaux de ce Synode sont enrichis par la présence fraternelle de délégués d'autres Églises et communautés chrétiennes de cette région, en signe de notre engagement commun au service de la Parole de Dieu et de notre ouverture à la puissance de la grâce de la réconciliation.
Le patriarche d’Alexandrie n’a pas masqué les difficultés, le poids des situations politiques et sociales, l’émigration qui frappe ces communautés, les entraves nombreuses à la liberté religieuse et de conscience. Mais là encore il a appelé à un vrai témoignage de vie chrétienne, à ne pas s’enfermer dans des ghettos, à participer à l’édification d’une laïcité positive en faveur de plus de démocratie, à plus de dialogue avec juifs et musulmans. Il souhaite que ce synode donne l’occasion d’une sérieuse révision de vie, plus spirituelle en vue d’une conversion effective. Plus qu’un état des lieux des chrétiens du Moyen-Orient, C'est le programme de travail qui sera développé au cours des deux prochaines semaines.

Le Patriarche Fouad Twal ainsi que ses vicaires se sont montrés heureux du climat de fraternité et de l'excellente organisation du Synode.

"Il faut que les catholiques, aux côtés de leurs coreligionnaires chrétiens et de penseurs et réformistes musulmans, soient en mesure de soutenir des initiatives visant à étudier soigneusement le concept de ’laïcité positive’ de l’État", indique un document de travail soumis au synode. "Ceci pourrait contribuer à éliminer le théocratisme des gouvernements et permettrait une plus grande égalité entre citoyens de différentes religions, favorisant la promotion de démocraties saines et, par nature, positivement laïques." Ce texte soumis au synode attribue principalement l’exode des chrétiens du Moyen-Orient aux tensions politiques locales. "Aujourd’hui, l’émigration est particulièrement imputable au conflit israélo-palestinien et à l’instabilité qui en résulte à travers la région." Mais il relève que "la situation sociale menaçante en Irak", d’où ont fui la moitié des 850 000 chrétiens locaux depuis 2003, et "l’instabilité politique au Liban" ont aussi contribué à l’exode des fidèles. De plus, la montée de l’islamisme radical depuis les années 1970 met en péril toute la région, estiment les auteurs du texte en soulignant la nécessité d’une action commune contre "ces courants extrémistes, qui menacent clairement tout le monde, chrétiens et musulmans pareillement".

L’affaiblissement du christianisme dans la région est aussi imputable à ses propres divisions, souvent très anciennes. Ainsi les seuls catholiques sont écartelés entre Églises latine, copte, maronite, arménienne, syriaque, chaldéenne et melkite grecque. Le document encourage ces différentes "chapelles" rivales à travailler la main dans la main ainsi qu’avec les autres Églises chrétiennes pour mieux faire entendre la voix du christianisme dans la société moyen-orientale. Le Vatican conseillera aussi aux Églises relevant de son autorité de simplifier leurs diverses liturgies, de recourir beaucoup plus à la langue arabe durant les offices religieux, conformément à l’esprit du concile Vatican II, qui remonte à une cinquantaine d’années. Pour mieux illustrer l’ouverture nécessaire des Églises du Moyen-Orient, le Vatican a invité au synode un ayatollah iranien, un religieux musulman libanais et un rabbin de Jérusalem, qui assisteront aux débats et prendront la parole devant les 250 participants attendus. "Je ne sais pas si les gens en Occident se rendent compte à quel point les thématiques à l’ordre du jour du synode sont totalement nouvelles pour une bonne partie de l’Église au Moyen-Orient.

 

Sources: 1; 2

via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=569084

 

- Synthèse du voyage apostolique du pape Benoît XVI à Chypre (4-6 juin 2010)

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