Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 16:37

Le webmestre du Forum catholique publie une réflexion "avec son aimable autorisation", "de M. l'abbé Jean-Marie Robinne faisant suite au suicide de M. Dominique Venner en la cathédrale Notre Dame de Paris, que nous reproduisons ici intégralement.

 

Il est étonnant de lire depuis hier des commentaires quasi laudatifs au sujet du suicide de Dominique Venner, y compris de la part de prêtres. Ceux-ci sans pour autant justifier son acte essaient d’en comprendre la portée, au moins compte tenu de l’orientation philosophique et historique de Venner. Si l’on se doit d’éprouver de la compassion pour sa famille et espérer que Dieu lui fasse miséricorde, il faut en revanche regarder son acte comme ce qu’il est. Une double profanation, qui du fait de la dimension politique voulue par Venner lui-même, doit être encore plus fortement condamnée.

Je m’explique. Supposer qu’en choisissant Notre Dame il ne connaissait pas la portée de son acte et l’aspect profanatoire de ce dernier serait faire injure à son intelligence et à sa culture. Prétendre qu’il voulait, en choisissant ce lieu, passer une dernière fois par l’Eglise sans se renier semble relever du fantasme. Dans l’explication de son acte, il parle de ce lieu qui a été choisi en rapport avec les rites immémoriaux symboles d’une civilisation. Il semblerait plus que douteux que ces rites soient ceux de l’Eglise catholique puisque son geste lui-même ferait offense à ce qu’il prétendait honorer. Mais passons, n’essayons pas d’analyser ce qui relève du secret des coeurs et que Dieu seul connait. En revanche ce que nous pouvons analyser et ce que nous devons analyser c’est l’acte lui-même.

Acte de profanation d’un lieu sacré, dont bon nombre de catholiques semblent s'accomoder alors qu’ils s’insurgent, à juste titre, de celle commise par une femen dans le même lieu le lendemain du suicide. Comme si la ligne de pensée de Venner justifiait ou excusait tout.
Profanation à l’égard de la vie, dont nous ne sommes que dépositaires et non maîtres. Nous combattons avec acharnement le suicide médicalement assisté et nous serions prêt à honorer un «héros des temps modernes» qui se suicide par conviction politique.
Il semblerait que la schizophrénie devienne un sport national quand un homme, proche de nos idées, pose un acte injustifiable.

Je disais plus haut que cet acte devait être encore plus durement condamné car Dominique Venner a voulu lui donner une dimension politique. Or, comme tout acte politique, il est censé avoir une vertu d’exemplarité. Comment pouvons nous, dans ce cas, ne pas condamner avec la plus grande force ce qui se veut être un modèle nécessaire au réveil de la conscience française. Comment prétendre que dans la lignée philosophique qui était la sienne cet acte puisse être compréhensible. Quel que soit le point de vue que l’on choisisse le néantissement est toujours l’aveu d’un échec. Dans la tradition européenne dont il se disait héritier il s’agit d’une fuite du combat, d’un abandon de poste, d’une trahison et non d’un choix héroïque. Vouloir rester maître de sa vie jusqu’au dernier instant et choisir comment se déroulera sa dernière minute ne peut être regardé que comme un acte d’égoïsme. Jusqu’au bout je me choisis. De ce fait je ne vois pas bien comment concilier l’abnégation que nécessite tout combat et le choix délibéré de rester maître de sa vie.

 

 

 

Nous n'avions rien dit jusqu'à présent du suicide mardi 21 mai dans la cathédrale de Paris de M. Dominique Venner, historien néo-païen et athée, qui s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête. Si Dominique Venner était proche de certaines de nos idées (comme la défense de nos racines helléniques, la préservation du peuple français européen), nous nous sommes étonnés que des catholiques jusqu'à des prêtres puissent expliquer voire pardonner l'acte de suicide dans une cathédrale par le fait même de l'athéisme du personnage. Nous n'avions pas voulu commenter cet acte à chaud, afin de nous laisser le temps de la réflexion, nous préférions attendre qu'un prêtre rappelle la doctrine de l'Eglise avant de donner notre avis. Et partageons entièrement la réflexion charitable de M. l'abbé Robinne qui sur le Forum catholique rappelle le conseil de saint François de Sales aux prêtres: "Soyez des loups en chaire, des agneaux au confessional".

 

Dominique Venner avait écrit ce mardi sur son site : « Il faudra certainement des geste nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes. » Son dernier texte mentionnait : « Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. »


Rappelons qu'en catholique nous ne jugeons pas les personnes, mais l'acte seul. Dieu seul est le juge des consciences. Or, la fin ne sanctifie pas les moyens. Si la fin politique (lutte contre la loi Taubira, lutte contre le "grand remplacement") peut être bonne, le moyen ne l'est pas. Un suicide volontaire et ici semble-t-il en pleine conscience et connaissance puisqu'il s'agit d'"être soi-même jusqu'au dernier instant", "en décidant soi-même", un suicide se voulant quasi-"héroïque" où il s'agit de jouer son destin "jusqu'à la dernière seconde", nous a apparu choquant et, depuis le début, effectivement comme doublement sacrilège : (1) sacrilège, l'orgueil païen qui défie Dieu et lui dit une dernière fois : "tu n'existes pas et je te le prouve!" (2) sacrilège le suicide dans une cathédrale, qui plus est au pied de l'autel. Le Christ est le seul maître de la vie. Il me semble qu'il y a plus de courage à continuer de vivre ici bas, dans les traverses et les difficultés y compris politiques (!) - la Croix nous montre le Chemin -, que d'en finir une bonne fois pour toutes.

 

L'augmentation du nombre de suicide ces dernières décennies, l'augmentation du nombre des dépressifs et des malades sous anti-dépresseurs montrent que cette anti-société qui a tourné le dos au christianisme pour retomber dans le paganisme et le polythéisme n'engendre pas la vie mais la mort, n'engendre pas l'espérance mais le désespoir. Finalement, l'augmentation du nombre des suicides est logique, elle est concomitante à la déchristianisation voulue par la république dite "libre, égale et fraternelle" qui a ôté à l'homme le seul remède transcendantal aux malheurs de ce monde et ne lui a fournis comme substitut que la religion de l'Homme.

 

RIP.

Partager cet article
Repost0

commentaires