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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 08:59

Signe des temps révolutionnaires qui en 1793 vit les frères trois points de l'époque se dénoncer et s'éliminer mutuellement, être emportés les uns après les autres par le "processus de violence cumulative" (Cf. P. Gueniffey, La Politique de la Terreur) et finir sous le couperet de la Veuve..., Dominique Voynet a annoncé publiquement le 25 novembre qu'elle ne se présentait pas à sa réelection en mars, en réglant ses comptes au passage, en flinguant "les Parrains" comme Claude Bartolone, sans le nommer. Est-elle la première d'une longue lignée dans le contexte général de révolte fiscale et de défiance envers le Régime ?

Les prochaines élections municipales devraient voir, quoiqu'il en soit, quelques surprises et notamment l'éjection de leurs sièges locaux des oligarques qui détruisent la France par le cloisonnement, la division, la diabolisation, la stigmatisation, la culpabilisation victimaire, le deux poids deux mesures permanent, la destruction de la famille et de la propriété, autant de maux que les Français ne supportent plus aujourd'hui. Les oligarches devraient bien méditer ce geste fort de l'élue écolo et prochainement suivre cet exemple, en quittant eux aussi le navire tant qu'il est temps.. 

Malgré toute la propagande du Régime, la divulgation de la vérité sur l'Oligarchie commence en effet à porter ses fruits parmi la population où se dessine un "Printemps des consciences" (Mgr Marc Aillet).

Malgré l'enrichissement personnel que procure la participation à la ploutocratie, certains d'entre les oligarques, comme Dominique Voynet, - et c'est tout à son honneur -, se repentent de leurs erreurs, ouvrent les yeux, sentent le vent tourner, décident en conscience de quitter ce qui avait été qualifié en son temps de "mensonge universel" par Pie IX, en dénonçant les "corrompus", "les Parrains", comme Claude Bartolone sans le nommer, la "démagogie", les "mensonges", les "compromis", avec quelques regrets d'y avoir participé sans doute.

Chez l'élue écolo, empreinte de désillusion face au "changer la vie" de "mai 68", une critique sourd de ce que l'historien Patrice Gueniffey appelle le "constructivisme " ( Cf. La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003). Elle sent, consciemment ou inconsciemment, que les citoyens ne croient plus au mythe révolutionnaire (volontarisme, constructivisme) de l'efficacité politique, qu'ils ne font plus confiance aux politiciens pour "changer" la société, tout simplement parce que pour Dominique Voynet aussi, "les évènements se sont chargés de montrer qu'en réalité en politique, on ne peut pas tout faire, que les choses résistent, ne se laissent pas faire sans limites... La Révolution est morte" (P. Gueniffey). Encore un effort Dominique, tu seras des nôtres ! 


 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6b/Voynet_Montreuil_2008-01-06.jpg/220px-Voynet_Montreuil_2008-01-06.jpg« J’étais une très jeune femme quand je me suis engagée en politique, il y a plus de trente ans. Mai 68 était passé par là, et nous croyions de toutes nos forces qu’on pouvait « changer la vie"... »

 

Ainsi commence la lettre publiée le 25 novembre par laquelle Dominique Voynet, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), seule ville de plus de 100000 habitants détenue par les écolos, annonce qu'elle n'est "pas candidate"  aux élections municipales de sa ville en 2014.

 

"Je ne suis pas candidate à ma réélection à la mairie de Montreuil (...) J'ai pris la lourde décision de ne pas me représenter en mars", dit l'ancienne ministre, maire depuis 2008.

Dans cette lettre, l'élue écologiste explique qu'elle « souffre profondément de la dégradation de la vie politique et du climat qui conduit, à Montreuil comme ailleurs, à englober tous les politiques d'une même suspicion, et de plus en plus souvent d'un même mépris, ceux qui ne cumulent pas comme ceux qui cumulent, ceux qui sont intègres comme ceux qui sont corrompus, ceux qui brossent leurs clientèles dans le sens du poil comme ceux qui refusent d'accorder des passe-droits, y compris à leurs plus proches amis

Parce que je mesure que, pour être réélue, je devrais me résoudre à des compromis, à des alliances, à des prises de position, qui bousculent mes valeurs et mes convictions et me conduiraient à ne plus me ressembler ;

Parce que je n’ai juste plus envie d’être la personne qu’il faudrait être pour résister imperturbablement aux banderilles plantées, à longueur de temps, au cours de conseils municipaux interminables, aux terrasses des cafés, dans les halls d’immeuble, à la sortie des écoles, par des gens dont le seul projet est de reconquérir ce qu’ils considèrent comme leur bien, leur fief, à n’importe quel prix.

 

Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs « à la mairie » à tour de bras, comme le font certains de mes adversaires depuis des mois ; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée « en priorité », que son dossier, même mal foutu, sera placé « sur le dessus de la pile » ; de promettre à chaque dirigeant d’association évoquant sans pudeur l’imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle.

 

Je refuse de « rendre coup pour coup », d’user du mensonge, de la calomnie et de l’insulte, tout comme je refuse l’intimidation physique et les menaces de « placardisation » dressées aux agents municipaux constamment instrumentalisés.

 

 

Je refuse d’user de la démagogie la plus abjecte et d’arguments aux relents lepénistes – sur l’insécurité, sur les Roms – pour frapper à l’estomac les électeurs les plus fragiles ; de cautionner l’entrisme associatif et l’instrumentalisation des corps intermédiaires, qui colorent d’une caution citoyenne des manœuvres bassement politiciennes.

 

Il se trouvera sans doute des commentateurs de la vie locale pour ricaner de mon choix, pour évoquer « la peur de perdre » ou « la fatigue émotionnelle ». Comme si le risque de perdre n’était pas inscrit dans le génome de ceux qui, comme moi, assument leur engagement dans un parti loin d’être majoritaire et leur refus obstiné de baiser la bague de quelque parrain que ce soit.» (1)

 

 

« La vie politique doit changer. Il y a tellement de corrompus qui sont réélus», explique-t-elle sur RTL le 26 novembre, avant d'évoquer les cumulards. Au micro, la voix de l'éue de Seine-Saint-Denis trahit une lassitude profonde. «Il est temps de réduire le fossé entre ce à quoi aspirent nos concitoyens et ce qui se passe dans nos villes», dit-elle.

 

«Compliqué de faire son trou sans parrain»

 

Après avoir évoqué la vie politique en générale, Dominique Voynet s'est attardée sur le cas de Montreuil. Elle a évoqué Claude Bartolone (PS), président de l'Assemblée nationale, considéré comme le «patron» de la Seine-Saint-Denis. Quand on lui demande si c'est lui qui lui a mis des bâtons dans les roues, sa réponse fuse : «C'est amusant que vous ayez songé à lui !» Avant d'ajouter : «Je décris des mécanismes. Quand on n'a pas de parrain qui porte sur vous une aile protectrice, c'est compliqué de faire son trou en politique et de la faire proprement.»

 

Si elle s'était représentée, Dominique Voynet aurait dû affronter le député socialiste Razzy Hammadi, poussé justement par le Parrain Claude Bartolone.  «Je ne suis pas sûre qu'il serait allé jusqu'au bout. Le débat est grand dans cette ville où la gauche se déchire depuis 25 ans.», estime-elle. Aurait-elle pu former un tandem avec lui ? Dans une interview à Libération, publiée ce mardi, sa réponse est cinglante. «Même pour être réélue, je refuse de faire alliance avec des personnes dont je ne partage pas la façon de faire de la politique et avec lesquelles je m’éloignerais de mes valeurs et de mes convictions (2)

 

Dominique Voynet a évoqué ce matin sur RMC et BFM TV son expérience visiblement amère en tant qu'élue. Elle a dénoncé "l'exercice morbide" du pouvoir, et évoqué l'influence incontournable, selon elle, de Claude Bartolone en Seine-Saint-Denis, sans le nommer : 

"La vie politique est ainsi faite que vous allez ensuite (après l'élection, NDLR) vous débarrasser de ce qui fait de vous une personne normale. Devoir être disponible jour et nuit, tous les jours, masquer ses faiblesses, le fait que vous pouvez avoir une rage de dents ou une opération de la prostate. Masquer le fait que vous avez besoin parfois de vous poser, de prendre des avis, d'avoir une vraie vie, de rêver, de lire, d'échanger avec des amis".

 

 

 

Dominique Voynet: "Pour durer, il faut devenir un cannibale" - 04/12

 

Dominique Voynet sur RMC ce matin a expliqué que "pour durer, il faut aussi à son tour devenir un cannibale".

"Tout le monde" pousse à cette transformation : "Tout le monde : collègues, adversaires, aussi une partie des habitants qui prétendent haïr le clientélisme, mais qui vous demande des services personnels, qui prétendent haïr la corruption, mais qui élisent des corrompus, qui prétendent haïr le cumul des mandats. C'est un logement, un emploi, une place en crèche, faire sauter une prune.  C'est tous les jours, dans toutes les villes de France."


 

 

Ci-dessous, video du passage de Dominique Voynet sur RMC ce matin :


 

Dominique Voynet a expliqué que "la vie politique est ainsi faite qu'on sollicite de vous pour être élu des qualités dont on vous demandera de vous débarasser ensuite pour exercer votre mandat. La démocratie devrait conduire à élire au conseil municipal des hommes, des femmes, qui sont profs de gym, charcutiers, journalistes, employés, ouvriers." Disant cela, elle confond sans doute la démocratie telle qu'elle était pratiquée sous l'Ancien Régime avant 1791 et ensuite... "La vie politique est ainsi faite que vous allez devoir ensuite vous débarasser de ce qui fait de vous une personne normale. ... Pour durer en politique, il faut accepter de faire des choses qui vous éloignent de vos valeurs, qui vous éloignent des raisons pour lesquelles vous vous êtes engagé."

 

À la question "si je comprends bien, vous ne voulez pas baiser la bague du  parrain" (Claude Bartolone, l'homme fort du département), elle répond : "Je l'ai dit. Je me suis bien abstenu de prononcer quelque nom que ce soit, mais c'est amusant parce que tout le monde l'a entendu [...] Il est très perché (à la présidence de l'Assemblée nationale NdCR.)

 

Interrogée sur son éventuel refus de faire allégeance à Claude Bartolone, Dominique Voynet a répondu : "Vous imaginez bien que ce n'est pas impunément que l'on commente les faits et gestes des Parrains." [...] "Beaucoup de choses se font avec son assentiment, parce qu'il a placé à tous les niveaux des hommes et des femmes qui lui doivent beaucoup ou qui croient lui devoir beaucoup". [...] J'ai l'impression que notre pays qui met au fronton de toutes les mairies 'Liberté, Egalité, Fraternité', c'est éloigné de ces valeurs-là"... Elle a précisé être "fière d'avoir réussi à résister. Ca m'a coûté cher. C'est difficile de survivre en ne respectant pas toutes les règles du jeu." Mais qu'il lui était arrivé de respecter ces "règles du jeu"...  "Pour obtenir de l'aide et du soutien pour (sa) ville", elle a passé "des compromis qui étaient nécessaires" , comme par exemple pour la construction actuelle d'un collège dans sa ville. "Je trouve absolument désastreux que le programme de construction des collèges du département (compétence du conseil général, NDLR) ait été fait en partenariat public-privé selon des règles assez opaques, assez étranges. Mais c'est vrai que j'avais besoin du collège. [...] Et le département qui la finance choisit un mode de financement qui ne me convient pas du tout. [...] Je n'accuse pas du tout le président du conseil général de corruption. Je pense que Stéphane Troussel est un type réglo, honnête. [...] Mais je trouve que la facilité qui consiste à confier au privé la construction d'équipements publics sans transparence sur les coûts générés pour la collectivité par ce système me paraît extrêmement dangereux." (3)

 

Sébastien Maire, le directeur de cabinet à la mairie de Montreuil de D. Voynet, affirme que ce n’est pas tant la campagne qu'elle craignait (on y croira tous NdCR...), mais plutôt l’ambiance et les pratiques politiques qu’il aurait fallu gérer durant les six ans à venir : « Depuis la rentrée, la violence était exacerbée, chaque échange avec l’opposition se transformait en une lutte sanglante et ça, elle n’en voulait plus. »

 

Ses adversaires estiment que sa décision est guidée à la fois par la peur de perdre et par le fait qu’elle n’assume pas son bilan. « Et le meilleur moyen pour faire passer ce sentiment, c’est de se victimiser en pointant du doigt la violence en politique », assène Mouna Viprey, son ancienne première adjointe, passée à l’opposition et candidate DVG. (4)

 

L'ex-ministre écologiste dénonce un climat politique irrespirable. "La politique, ce ne peut pas être une sorte de fight club où le seul objectif, c'est de traîner l'adversaire dans la poussière", a-t-elle argumenté. Elle a quitté la route un beau soir de mai 2007 : elle fait le plus petit score jamais réalisé par les écolos : 1,57% (pire qu'Eva Joly). Les heures de gloire de Dominique Voynet, ce sont les années 90, quand elle s'empare des Verts en renversant Waechter. Quand elle entre au gouvernement avec Lionel Jospin en 1997. Elle est la marraine verte de la majorité plurielle. Chez les Verts, on l'appelle alors "maman" : celle qui peut remettre de l'ordre quand ça dérape. Ensuite, Dominique Voynet a payé sa brutalité et son incapacité à louvoyer, que ce soit au gouvernement ou chez les Verts. D'ailleurs quand vous appelez le parti, vous vous apercevez que personne ne la pleure. Ils ont même tout fait pour s'en débarrasser. Chez les Verts, on ne pratique pas le développement durable entre personne. Il y en a qui tue. Eux, ils ont tué la mère. (5)

 

Rappelons les conditions de l'élection du "Parrain" Claude Bartolone à la présidence de l'Assemblée nationale en juin 2012 : une trentaine de députés «initiés» francs-maçons, emmenés par le fabiusien Philippe Guglielmi, élu de Romainville, patron de la fédération PS de Seine-Saint-Denis, terre d’élection de Claude Bartolone, et ancien Grand Maître du GO (de 1997 à 1999), ont manœuvré dans les dernières heures en coulisses, et dans le dos de la démocratie (et des non-"initiés") pour favoriser l’élection au perchoir de leur ami... La "liberté" & l"Egalité" ne se sont jamais aussi bien portées !

 

 

Sources :

 

(1) http://dominiquevoynet.eelv.fr/je-ne-suis-pas-candidate-a-ma-reelection-a-la-mairie-de-montreuil/

(2) http://www.leparisien.fr/municipales-2014/municipales-trop-de-corrompus-sont-reelus-denonce-dominique-voynet-26-11-2013-3351143.php

(3) http://www.lepoint.fr/politique/dominique-voynet-raconte-sa-vision-morbide-du-pouvoir-04-12-2013-1764754_20.php

(4) http://www.leparisien.fr/municipales-2014/seine-saint-denis-93/municipales-comment-voynet-a-pris-sa-decision-27-11-2013-3354591.php

(5) http://www.rtl.fr/actualites/info/politique/article/europe-ecologie-les-verts-le-hara-kiri-de-dominique-voynet-7767338444

 

 

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