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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 00:00
Simon de Trente, Altobello Melone, 1521, peinture à l'huile, Castello del Buonconsiglio, Trente

 

Saint Siméon ou Simon figure dans le martyrologe romain. Il est fêté dans le calendrier du "rite extraordinaire" (messe traditionnelle tridentine ou "de saint Pie V") à la date du 24 mars. 

 

Vies de Saints pour tous les jours de l'année, avec une pratique de piété pour chaque jour, Des instructions sur les fêtes mobiles, par F.D.B, approuvé par Monseigneur l'archevêque de Tours, Alfred Mame et Fils Éditeurs, Tours 1867, p. 83

 

« Les Juifs de Trente, s'étant assemblés dans leur synagogue, le mardi de la semaine sainte de l'année 1472, pour délibérer sur les préparatifs de leur pâque, qui tombait le jeudi suivant, résolurent, pour assouvir leur haine contre Jésus-Christ et ses disciples, d'égorger un enfant chrétien le lendemain de leur fête, le vendredi saint. Un médecin d'entre eux se chargea du soin de fournir la victime. » [1]  

 

Plus de cent miracles furent directement attribués au « petit saint Simon » dans l’année qui suivit sa disparition. [2]

 

Le culte du jeune Simon de Trente se propagea à travers l'Italie et l'Allemagne et fut confirmé (ce qui équivaut à une béatification) en 1588 par le pape Sixte-Quint (1585-1590), qui le proclame martyr et saint patron des victimes enlevées et torturées. La même année, Sixte V le canonise et approuve qu'une messe spéciale en l'honneur du « petit Simon » soit dite dans le diocèse de Trente. [3] [4]

 

En 1965, l'Église rouvre l'enquête et réexamine les dossiers. L'affaire est reconnue comme frauduleuse par la Congrégation pour les causes des saints et le pape Paul VI abolit le culte de Simon de Trente, qui dès lors ne fait plus partie des saints du catholicisme.

 

Voici son histoire avant 1965, telle que relatée par Mgr Paul Guérin, camérier de Léon XIII, connu par sa série Les Petits Bollandistes : vie des Saints [5] dont les quinze volumes (1866-1869) furent plusieurs fois réédités :

 

"Né comme par prédestination, un vendredi, le 26 novembre 1472, l'enfant d'une pauvre et pieuse famille de Trente jouait devant la porte de ses parents, beau comme un ange. Il avait vingt-neuf mois moins trois jours. Un juif, nommé Tobie, l'enleva sans bruit et l'emporta dans la demeure d'un autre juif appelé Samuel, où la communauté israélite était rassemblée pour célébrer la Pâque.

Dans la nuit du jeudi au Vendredi saint, l'innocente victime fut portée à la synagogue et dépouillée de ses vêtements; on lui entoura la bouche et le cou d'un mouchoir pour étouffer ses cris. Alors le chef de la synagogue, Moïse, après des cruautés qu'on ne peut décrire, lui coupa la joue droite, et chacun vint enlever quelque partie de sa chair vive.

Puis on le dressa à demi mort sur ses pieds, on lui plaça les bras en croix, et les assistants se mirent à percer tous ses membres, les uns avec des aiguilles, les autres avec divers instruments à la pointe acérée.

Pendant cet horrible supplice, qui ne dura pas moins d'une heure, ces forcenés hurlaient sans cesse contre ce tendre martyr: « Tuons-le comme Jésus, le Dieu des chrétiens, qui n'est rien, et qu'ainsi nos ennemis soient à jamais confondus ». Enfin le pauvre enfant, levant les yeux au ciel, laissa retomber sa tête et expira.

Ce crime atroce fut découvert, et les assassins condamnés à mort. L'évêque de Trente recueillit en grande pompe les restes du petit saint et les transporta dans l'église de Saint-Pierre, où ils opérèrent de nombreux miracles...

Le pape Benoît XIV (1740-1758) démontre, dans son traité de la Canonisation, que l'on ne doit point canoniser les enfants qui meurent après le baptême et avant l'usage de la raison, quoiqu'ils soient saints, parce qu'ils n'ont point pratiqué des vertus dans le degré d'héroïsme requis pour la canonisation. Mais il faut excepter les enfants, même non baptisés, qui ont été massacrés en haine du nom de Jésus-Christ: tels sont les saints Innocents, que l'Église honore comme martyrs; tel est aussi saint Siméon, dont le nom figure dans le Martyrologe romain.

(Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'annéeÉditions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 179-180.)

 

Saint Simon, dans Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Éditions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 179-180.

 

L'"affaire Toaff"

 

Source: Wikipedia

 

En février 2007, le professeur et chercheur israélien Ariel Toaff publie un livre dont le titre est Pasque di sangue: Ebrei d'Europa e omicidi rituali (Pâques sanglantes : Juifs d'Europe et meurtres rituels). Il avance la thèse que la communauté juive de Trente aurait pu commettre le crime rituel dont elle était accusée, revenant ainsi sur les conclusions de tous les historiens du XXe siècle pour qui les meurtres rituels attribués aux Juifs étaient sans fondement.

 

Toaff ne pense pas que le crime rituel ait été une pratique généralisée, mais il estime que certaines communautés ashkénazes, hantées par le souvenir des massacres lors des croisades et de la peste noire, auraient pu pratiquer ce genre de crime comme une vengeance antichrétienne au moment de la Pâque. [6]

 

Le témoignage de Giovani da Feltre, le procès pour meurtre rituel à Endingen en Alsace en 1470, sont pour lui des indices concordants. [7]

 

Ariel Toaff considère que les aveux, même extorqués sous la torture, peuvent recéler une part de vérité. Celle-ci est mesurable dans l'écart entre les attentes du juge et les réponses des suppliciés. 

 

Ariel Toaff affirme que les procédures judiciaires de la ville qui autorisaient la torture en présence d'indices graves et fondés, ont été respectées. 

 

Le livre soulève un grand émoi aussi bien dans le monde des historiens que dans la communauté juive.

 

La première édition tirée à 1 500 exemplaires est épuisé en une semaine grâce à la publicité faite par la polémique. L’auteur, très affecté par l’ampleur prise par cette affaire, demande à son éditeur de ne pas procéder à une réimpression.

 

En février 2008, une nouvelle version de son ouvrage est enfin disponible. Dans certaines parties, le conditionnel remplace l'indicatif; certaines pages sont purement et simplement supprimées. Dans la postface l'auteur affirme que : « L'homicide rituel est et demeure un stéréotype relevant de la calomnie ». [8]

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Simon_de_Trente#L'affaire_Ariel_Toaff

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Simon_de_Trente#L'affaire_Ariel_Toaff

L'auteur juif Bernard Lazare (1865-1903), dans son ouvrage L'Antisémitisme, son histoire, et ses causes paru en 1894, n'écarte pas lui-même la possibilité que des "Juifs meurtriers" aient commis des meurtres d'enfants chrétiens; mais il ne s'agit pas de crimes rituels liés aux rites religieux juifs, il s'agit de crimes réalisés par des "Juifs magiciens" (je cite) :

 

« [A]ssurément, pendant le Moyen-Âge, il dut y avoir des Juifs meurtriers, des Juifs que les avanies, les persécutions poussaient à la vengeance et à l'assassinat de leurs persécuteurs ou de leurs enfants même.  

[...] Or, il est fort probable, certain même, que des Juifs magiciens durent immoler des enfants ; de là, la formation de la légende du sacrifice rituel. On établit une relation entre les actes isolés de certains goëtes et leur qualité de Juif, on déclara que la religion juive, qui approuvait la mise en croix du Christ, recommandait en outre de répandre le sang chrétien, et on chercha obstinément des textes talmudiques et kabbalistiques qui puissent justifier de telles assertions. Or, ces recherches n’ont abouti que par suite de fausses interprétations, comme au moyen âge, ou de falsifications semblables à celles récentes du docteur Rohling que M. Delitzch a démenties. Donc quels que soient les faits énoncés, ils ne peuvent prouver que, chez les Juifs, le meurtre des enfants ait été ou soit encore rituel, pas plus que les actes du maréchal de Retz et des prêtres sacrilèges qui célèbrent la messe noire ne signifient que l’Église recommande dans ses livres l’assassinat et les sacrifices humains. Existe-t-il encore, dans des pays orientaux, quelques sectes où l’on pratique de telles coutumes ? C’est possible ; des Juifs font-ils partie de semblables associations ? rien ne permet de l’affirmer ; mais le préjugé général du meurtre rituel n’en reste pas moins sans fondement ; on ne peut attribuer les meurtres d’enfants, je parle des meurtres démontrés, et ils sont fort rares, qu’à la vengeance ou aux préoccupations de magiciens, préoccupations qui ne sont pas plus spécialement juives que chrétiennes» [9]

 

https://fr.wikisource.org/wiki/L’Antisémitisme_(Lazare)/XIII

 

Sources :

 

(1) Vies de Saints pour tous les jours de l'année, avec une pratique de piété pour chaque jour, Des instructions sur les fêtes mobiles, par F.D.B, approuvé par Monseigneur l'archevêque de Tours, 384 gravures d'après les dessins de M. Rahoult, Alfred Mame et Fils Éditeurs, Tours 1867, p. 83 ; (2) Wikipedia ; (3) A Blood Libel Cult:Anderl von Rinn, d.1462, Medieval Sourcebook ; (4) Marco Polo und Rustichello: „notre livre“ und die Unfaßbarkeit der Wunder https://refubium.fu-berlin.de/handle/fub188/1 ; (5) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 179-180 ; (6) Giovanni Miccoli, Contre-enquête sur les meurtres rituels des Juifs, L'Histoire n°334, septembre 2008, p. 8 ; (7) Giovanni Miccoli, ibid., p. 14 ; (8) Giovanni Miccoli, ibid., p. 10 ; (9) Bernard Lazare, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes, 1894, rééd. Documents et Témoignages, Vienne 1969, p. 173-175.

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commentaires

D
" Pour les allégations antisémites, vous avez le choix sur un vaste éventail d'horreurs. Wikipedia a un article à ce sujet et il paraît qu'on a accusé les juifs d'être aussi responsables des tremblements de terre, de la peste noire du XIVème siècle, enfin bref, de tout et n'importe quoi. Aujourd'hui, on regarde cela d'un oeil effaré et dégoûté par la folie, la haine et l'aveuglement des hommes d'antan."<br /> Sans doute, mais il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse et occulter les méfaits d'un groupe d'hommes fanatisés. Personne n'a dit que TOUS les Juifs étaient des assassins d'enfants chrétiens, par la faute d'un seul groupe. Vous avez cette manie d'aujourd'hui qui fait taire un fait divers de peur d'ostraciser toute une minorité.
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I
@ Mymy<br /> <br /> En quoi ai-je "zappé" "le déroulé historique de l'affaire" et en quoi ma "source" est-elle "violemment partiale" ? Il me semble avoir précisé : "En 1965, l'Église rouvre l'enquête et réexamine les dossiers. L'affaire est reconnue comme frauduleuse par la Congrégation pour les causes des saints et le pape Paul VI abolit le culte de Simon de Trente, qui dès lors ne fait plus partie des saints du catholicisme." En quoi dans ces conditions ma "source" est-elle "violemment partiale" ? Cet article se propose de rapporter ce que l'Eglise a dit au sujet de Saint Simon pendant quatre siècles. Le temps du pilon et de la damnatio memoriae n'existe plus depuis les empereurs romains. Je vous retourne la question : pourquoi, et quel est votre but ? Quel sont ces "centaines d'historiens apostoliques" dont vous parlez ? Je ne connais pas à proprement parler d'"historiens apostoliques". Mais si vous me donnez le nom d'un seul des "historiens apostolique" sur les cent dont vous parlez, je suis tout prêt à le mentionner dans le corps de l'article, s'il apporte quelque chose de nouveau ? <br /> <br /> Les photos tirées des Vies des saints, même si selon vous elles n'ont "aucune valeur" "à cause de leur âge", dites-vous, – comme si, en histoire, l'âge était un défaut ! –, elles illustrent simplement l'article. Inutile d'aller chercher un prétexte autre. Les dessins ou photos figurent d'ailleurs dans toutes les "Vies des saints". Je ne vois pas en quoi cela est dérangeant au prétexte qu'"en 1475, il n'y avait ni photo, ni dessinateur qui ait laissé quelconque dessin", comme vous dites. Sinon, pour quelle raison représenterions-nous dans les Vies des saints sain Jean- le Baptiste, saint Paul, sainte Marie-Madeleine, et les autres ? Je ne vois pas ce que viennent faire en commentaires les accusations antisémites que vous mentionnez. <br /> <br /> J'ai pris soin de préciser : "en 1965, l'Église rouvre l'enquête et réexamine les dossiers. L'affaire est reconnue comme frauduleuse par la Congrégation pour les causes des saints et le pape Paul VI abolit le culte de Simon de Trente". Que voulez-vous de plus ? <br /> <br /> Quels sont ces historiens que donnerait la version "de wikipedia", dont les références historiographiques sont solides" ? Je suis prêt à les mentionner en ajoutant leur argumentaire dans le corps de l'article. Pouvez-vous m'en citer un ? <br /> <br /> En quoi je joue sur le mot "famille" lorsque vous mêmes faites semblant de ne pas comprendre ce que dit Jésus dans l'Evangile au sujet de ceux qui sont de sa famille, c'est-à-dire ceux qui font la volonté de Dieu ? Où avez-vous vu que Jésus parlait là de Joseph, Marie ? Biensûr que Joseph, Marie, n'étaient pas bouddhistes !... En revanche, contrairement à ce que vous dites, Joseph, Jacques, Marie et les autres premiers chrétiens étaient bien chrétiens, puisqu'ils connaissaient Jésus : ils avaient le discernement de sa nature divine de "Christ", de "Fils de Dieu". Et non, les "crypto-chrétiens" comme vous les appelez, n'ont pas "quitté la Synagogue au début du Iie siècle", vu que l'Eglise s'est séparée des observances juives au concile de Jérusalem en 49 ap. J.-C., du vivant même des apôtres saints Pierre et Paul, qui, à propos du baptême des gentils, s'entendirent pour ne pas leur imposer la circoncision et les autres observances juives, mais seulement de s'abstenir de la vanité des idoles, l'interdiction de la fornication, et de ne pas faire à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse. "En vous gardant de ces choses, vous agirez bien et vous marcherez dans l'Esprit-Saint" (Irénée de Lyon Contre les hérésies, III, 12,14). Donc, il est faux de dire que "2 à 3 générations de "futurs chrétiens" sont restés juifs". <br /> <br /> Vous me parlez ensuite des musulmans qui "reprochent aux juifs de ne pas croire en « celui qu'il (Dieu) a envoyé » (= Mahomet)" et que pour cette raison il faudrait cesser de demander aux Juifs s'ils croient en Celui qu'Il a envoyé. De mon côté, je veux bien, car notre foi laisse à chacun le libre arbitre, mais dans ce cas-là, commencez par cesser vous-mêmes de parler de la "famille" de Jésus à propos de Juifs du XVIe siècle (!) ou d'aujourd'hui, qui n'ont pas reçu le Christ et qui continuent de le refuser volontairement... Ce n'est là que simple logique.<br /> <br /> Vous terminez en citant : "Je bénirai ceux qui te béniront (Israël), et je maudirai ceux qui te maudiront", Genèse." De quelle lignée cette bénédiction concerne-t-elle ? Qui est le verus Israël aujourd'hui ? "Les promesses ont été faites à Abraham ainsi qu’à sa descendance ; l’Écriture ne dit pas 'et à tes descendants', comme si c’était pour plusieurs, mais et à ta descendance, comme pour un seul, qui est le Christ. (Epître de Saint Paul aux Galates, III, 16). "Nous pensons que le PEUPLE ELU, le peuple de Dieu, c'est à présent nous. » (Benoît XVI, Audience générale du 19 octobre 2005). « Le Christ a voulu que le progrès de tout le peuple de Dieu dépende principalement du ministère des prêtres. Cela ressort des paroles par lesquelles Notre-Seigneur a constitué les apôtres ainsi que leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l'Évangile, chefs du NOUVEAU PEUPLE ELU et dispensateurs des mystères de Dieu. Cela est encore confirmé par les paroles des Pères et des saints. ainsi que les documents répétés des souverains pontifes.» (Note 1 du décret Optatam Totius du très Saint Concile Vatican II.)<br /> <br /> Je ne juge pas et ne sonde pas les reims et les cœurs à propos de savoir qui est vrai chrétien : Dieu seul peut le faire. Où ai-je "falsifié la vérité", menti "(par ommission)", méprisé mon frère ou mon prochain, agi "différemment à l'opposé de l'enseignement", "insulté" le Christ, comme vous dites ? Vous me demandez d'être un "honnête homme", mais c'est vous qui me jugez !
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M
Vous indiquez que wikipedia serait la source de votre page mais wikipedia ne raconte absolument rien du délire de la vôtre, si ce n'est la partie concernant l'affaire Toaf.<br /> Pourquoi induisez-vous les gens en erreur en propageant des mensonges antisémites ? Dans quels buts ? Pensez-vous qu'ainsi l'esprit du Christ vous habite en jetant la pire opprobre sur sa famille ?<br /> C'est simplement lamentable.
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M
Réponse à Ingomer du 08/02/2019 17:04<br /> <br /> Merci d'avoir honnêtement publié mon commentaire et avoir pris la peine d'y répondre. A mon tour de le faire.<br /> <br /> Votre source est violemment partiale : vous n'avez pris de wikipedia que la partie Toaff de l'article sur Simon de Trente. Pourquoi avoir zappé le déroulé historique de l'affaire et son mot de la fin ? Parce que cela ne vous arrangeait pas. Vous ne voulez pas communiquer la vérité ; vous voulez continuez à propager des mensonges qui ont été réfutés par l'Eglise elle-même après enquête à partir de 1965.<br /> La même question : pourquoi ?<br /> <br /> Au milieu des centaines d'historiens (et même apostoliques) qui réfutent l'allégation de crime rituel sur Simon de Trente ou quiconque, vous avez un seul bonhomme (Toaff) qui dit le contraire. Et c'est celui-ci sur lequel vous vous appuyez ? Pourquoi ?<br /> <br /> Ensuite, vous produisez des photos d'un ouvrage du XIXème siècle, qui n'a plus aucune valeur historique à cause de son âge et encore moins puisqu'il est d'inspiration religieuse donc il n'a rien à voir avec l'Histoire mais avec la croyance. Il y figure même un dessin représentant le petit garçon alors qu'en 1475, il n'y avait ni photo, ni dessinateur qui ait laissé un quelconque dessin. C'est une invention pour illustrer et attendrir le lecteur. Aucun historien sérieux ne peut s'inspirer d'un tel ouvrage que pour constater ce qu'il en était auparavant du manque total de rigueur pour perpétrer la foi.<br /> Avez-vous écrit une page expliquant que la terre est plate et publiant des photos d'un ouvrage ancien et religieux qui l'affirme mordicus ? Ce serait de même acabit. <br /> <br /> Pour les allégations antisémites, vous avez le choix sur un vaste éventail d'horreurs. Wikipedia a un article à ce sujet et il paraît qu'on a accusé les juifs d'être aussi responsables des tremblements de terre, de la peste noire du XIVème siècle, enfin bref, de tout et n'importe quoi. Aujourd'hui, on regarde cela d'un oeil effaré et dégoûté par la folie, la haine et l'aveuglement des hommes d'antan. Et vous, que faites-vous ? vous dites que c'est vrai, en vous inspirant de ce qui va dans votre sens. Pourquoi ?<br /> <br /> Il aurait été autrement plus honnête et judicieux de raconter l'histoire de Simon de Trente en commençant par une introduction explicite qui n'aurait laissé aucun doute sur la version fantasmée (et délirante, soyons lucides) de Guérin que vous aurez fait suivre, puisque vous y tenez, puis celle de wikipedia dont les références historiographiques sont solides. Non, vous avez préféré ne présenter qu'un seule version, celle du mensonge.<br /> <br /> Ensuite, vous jouez sur le mot "famille". Nous connaissons tous ces versets que vous citez mais vous savez très bien ce que je voulais dire. Joseph, Jacques, Marie... n'étaient pas bouddhistes. Ils n'étaient même pas chrétiens alors puisque les crypto-chrétiens ont quitté la Synagogue au début du IIème siècle. Donc, 2 à 3 générations de "futurs chrétiens" sont restés juifs puisque le christianisme primitif était une secte du judaïsme pendant tout ce temps. Vous devez le savoir ; j'espère que je ne vous apprends rien. <br /> <br /> Ensuite encore, vous demandez avec insistance si les juifs croient en « celui qu'il (Dieu) a envoyé » (= Jésus). Bien sûr que non ; vous le savez très bien. Les juifs ne croient pas "au messie des juifs" qu'ils ne reconnaissent pas comme tel. C'est un autre sujet. Mais il se trouve que justement, les musulmans reprochent aussi aux juifs de ne pas croire en « celui qu'il (Dieu) a envoyé » (= Mahomet). <br /> Que peuvent faire les juifs au milieu de ces 2 grandes puissances idéologiques qui leur reprochent la même chose, à part être pointés du doigt ou se faire massacrer pour leur foi ?<br /> Vous comprenez qu'à un moment donné, il faudrait un peu fiche la paix aux gens, les respecter et accepter qu'ils n'aient pas la même religion que soi, sans pour autant être des criminels.<br /> <br /> Je sais comme vous ce que Jésus a dit ou plutôt, ce que les évangélistes ont dit mais il ne faut pas oublier :<br /> - "Je bénirai ceux qui te béniront (Israël), et je maudirai ceux qui te maudiront", Genèse<br /> - "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", Levitique & Matthieu<br /> - "Le salut vient des juifs", Jean<br /> - "Vous (les juifs) êtes nos frères préférés, on pourrait dire nos frères aînés", Jean-Paul II<br /> <br /> Un vrai chrétien doit se comporter comme un chrétien digne de ce nom. Quand vous falsifiez la vérité, quand vous mentez (par omission), quand vous méprisez votre frère ou votre prochain, quand vous agissez différemment à l'opposé de l'enseignement, vous insultez le Christ.<br /> Et si vous n'êtes pas chrétien, soyez au moins un honnête homme.<br /> <br /> Merci de votre attention.
I
Vous dites vous-mêmes que la source de ma page est l'"affaire Toaff". Dans ce contexte d'"affaire Toaff", du nom de cet historien israélien, professeur d'histoire à l'université Bar-Ilan, qui "estime que certaines communautés ashkénazes, auraient pu pratiquer ce genre de crime comme une vengeance antichrétienne au moment de la Pâque" (Giovanni Miccoli, "Contre-enquête sur les meurtres rituels des Juifs", dans "L'Histoire" n°334, septembre 2008, p. 8), il était juste de rapporter ce que disaient nos "Vies des saints", au 24 mars, au sujet de "Saint Siméon, ou Simon, Enfant martyr", avant 1965. Non ? <br /> <br /> Quant à votre question « pensez-vous qu'ainsi l'esprit du Christ vous habite en jetant la pire opprobre sur sa famille ? », pour y répondre, il faut discerner quelle est la « famille » de Jésus ? Or, « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère », dit Jésus dans l'Évangile selon saint Marc (3, 34-35). Et quelle est la volonté de son Père ? « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé », répondit Jésus dans l'Évangile selon saint Jean (6, 29). Les Juifs du XVe siècle, ou même ceux d'aujourd'hui, croient-ils en « celui qu'il (Dieu) a envoyé » ? Peut-on dire de ceux qui ne croient pas en « celui qu'il a envoyé » qu'ils sont de la « famille » de Jésus ? Jésus n'a-t-il pas dit « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jean, 6,40). Et, «celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné » (Marc 16,16) ? Les Juifs du XVe siècle, ou ceux d'aujourd'hui, croient-ils en Jésus ? <br /> <br /> <br /> Pourquoi induisez-vous vous-mêmes les gens en erreur en propageant des erreurs sur la « famille » de Jésus ? Je vous retourne votre question, « dans quels buts ? Pensez-vous qu'ainsi l'esprit du Christ vous habite ? »