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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:22

Elle était bien connue à Saint Jean-de-Luz (Pays Basque) pour bénéficier depuis 1995 (date de son élection comme maire de la ville), d'une protection de son logement par plusieurs fourgons de police 24h/24 sur le quai de Ciboure, ville jouxtant Saint-Jean-de-Luz. En 2011, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon 3, elle s'était illustrée trois jours avant la chute de Ben Ali en Tunisie, en lui offrant « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier ...», pour lui permette de « régler des situations sécuritaires de ce type ». Aujourd'hui, Michèle Alliot-Marie part de Saint Jean-de-Luz sans dire au revoir.

 

 

Saint-Jean-de-Luz : Michèle Alliot-Marie est partie sans dire au revoir

 

« Si Michèle [Alliot-Marie] avait voulu s’engager dans la campagne municipale de Saint-Jean-de-Luz, elle serait là, avec moi, pour vous le dire », a glissé le maire de la cité des corsaires, Peyuco Duhart, lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière. Une drôle de façon de tourner la page MAM au Pays basque, ouverte il y a près de trente ans.

 

« Nous avons appris qu’elle partait de Saint-Jean-de-Luz ce jour-là », s’étonnent certains élus du conseil municipal, qui l’accompagnaient depuis trois mandats pourtant. Alors que le maire était venu annoncer sa candidature, la plupart des questions ont tourné autour de l’avenir politique de Michèle Alliot-Marie, tête de liste lors des trois dernières élections municipales, avant de laisser le siège principal en 2002 et 2008 pour se glisser dans la peau d’une première adjointe-ambassadrice.

 

 

« C’est un peu pathétique : pour avoir des nouvelles de la commandante, il faut poser des questions au lieutenant », caricaturaient il y a quelques jours ses adversaires politiques. Depuis plusieurs mois en effet, l’ex-ministre s’est enfermée dans un silence médiatique au niveau local, alors qu’elle n’hésite jamais à apporter son expertise diplomatique sur tous les plateaux de télévision. Un mutisme qui ne faisait que nourrir les rumeurs sur ses envies d’ailleurs.

 

Elle part sans dire au revoir

 

Il y a trois ans encore, la ministre d’État semblait pourtant intouchable au Pays basque. Comme si la présence de son nom sur les bulletins de vote suffisait à lui faire gagner les élections (sept fois pour les législatives et trois fois pour les municipales). Depuis, sa trajectoire politique est en chute libre : chahutée par l’affaire de la Tunisie début 2011, affaiblie par son départ du gouvernement et sa défaite surprise aux législatives du printemps 2012 et une nouvelle fois secouée par l’ouverture d’une information judiciaire visant sa famille (1).

 

C’est un vent d’anti-alliot-marisme primaire qui soufflait depuis quelques mois dans le port basque. La preuve en est fournie par les réactions acrimonieuses des habitants, qui ne supportaient plus la présence des fourgons de CRS stationnant devant son appartement du quai Maurice-Ravel à Ciboure. Un logement de moins en moins habité depuis sa défaite aux législatives, la première de sa carrière et certainement la dernière au Pays basque.

 

Malgré un CV politique sans égal, MAM semble aujourd’hui avoir beaucoup plus de chances de relancer sa carrière du côté de Paris que dans le Sud-Ouest. Une région considérée jadis comme une base arrière confortable pour ses missions ministérielles, mais qui s’est transformée en quelques mois en terrain hostile. Michèle Alliot-Marie est partie de Saint-Jean-de-Luz sans dire au revoir. À moins qu’elle n’envoie une carte postale de Neuilly dans quelques jours.

 

(1) L’information a été révélée par « Le Parisien » le 11 octobre. Mais cette affaire d’abus de confiance semble au point mort, MAM et Bernard Marie, son père, n’ayant jamais été entendus par les enquêteurs.


 

Source: http://www.sudouest.fr/2013/12/15/pays-basque-un-depart-par-la-petite-porte-1259959-4778.php

 

 

. L'affaire Michèle Alliot-Marie: un fusible qui ne doit pas nous tromper

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