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15 novembre 2025 6 15 /11 /novembre /2025 01:00
Saint Albert le Grand, évêque et docteur de l'Église (1193-1280)

Dominicain, docteur de l'Église, Saint patron des savants chrétien surnommé le "Docteur universel", Professeur de S. Thomas d'Aquin à Paris, au moment où l'Occident redécouvre Aristote, il en est un des plus grand commentateur et critique.

 

Albert le Grand naquit à Lauingen, dans la partie Souabe du diocèse d'Augsbourg (Bavière), d’un officier de la cour qui avait une haute charge dans l'administration de la cité.

 

Dès son enfance, Albert montra dans ses études une rare perspicacité ; le goût des sciences lui fit abandonner les traditions chevaleresques de sa famille et le conduisit à l'université de Padoue où il sut tempérer son ardeur pour l'étude par une vive piété.

 

Jusqu'alors, la philosophie chrétienne, depuis les Pères, avait été platonicienne. Avec Albert, monstre de la connaissance, génie encyclopédiste de son temps, maître en sciences naturelles autant qu'en philosophie, l'Eglise en Occident découvre les textes d'Aristote. Il affirme qu'on peut utiliser Aristote comme S. Augustin a utilisé Platon. Mais en même temps, il n'hésite pas à distinguer et à rejeter ce qui, en lui, est contraire à la doctrine chrétienne.

 

Albert a laissé une somme de théologie qui servit de modèle à la Somme théologique de son disciple, saint Thomas d'Aquin. Il était déjà surnommé "le Grand" de son vivant.

 

Après des études à Paris, en 1221, à l'âge de trente ans, encore incertain de son avenir, mais inspiré par la grâce, Albert alla se jeter aux pieds de la très Sainte Vierge, et crut entendre la céleste Mère lui dire :

 

"Quitte le monde et entre dans l'Ordre de Saint-Dominique."

 

Dès lors, il n'hésita plus, et malgré les résistances de sa famille, il entra au noviciat des Dominicains. Tels furent bientôt ses progrès dans la science et la sainteté, qu'il dépassa ses maîtres eux-mêmes.

 

Muni du titre de docteur en théologie, il fut envoyé à Cologne, où sa réputation lui attira pendant longtemps de nombreux et illustres disciples. Mais un seul suffirait à sa gloire, c'est Thomas d'Aquin. Ce jeune religieux, déjà tout plongé dans les plus hautes études théologiques, était silencieux parmi les autres au point d'être appelé par ses condisciples : "le Bœuf muet de Sicile". Mais Albert les fit taire en disant : "Les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier."

 

 

De Cologne, Albert fut appelé en 1245 à l'Université de Paris, où il enseigna la philosophie. C'est là que son génie parut dans tout son éclat et qu'il composa un grand nombre de ses ouvrages. Dans le quartier latin la rue Maître-Albert porte encore son nom, nom qu'on retrouve aussi sur une plaque commémorant le couvent Saint Jacques, en l'Eglise Saint-Etienne-du-Mont.

 

Son autorité devient si énorme qu'une formule met fin à toutes les discussions : Magister lbertus dixit. Le "Docteur universel" a parlé tous se tairont.

 

Fidèle à l'augustinisme par bien des points, il s'élance cependant sur le terrain délicat des rapports de la science et de la foi, montre que la raison ne peut expliquer le mystère mais qu'elle aide à préparer les voies de Dieu.

 

 

Plus tard l'obéissance le ramène en Allemagne comme provincial de son Ordre ; il dit adieu, à sa cellule, à ses livres, à ses nombreux disciples, et voyage sans argent, toujours à pied, à travers un immense territoire pour visiter les nombreux monastères soumis à sa juridiction. Il était âgé de soixante-sept ans quand il dut se soumettre à l'ordre formel du pape et accepter, en des circonstances difficiles, le siège épiscopal de Ratisbonne (5 janvier 1260); là, son zèle infatigable ne fut récompensé que par de dures épreuves où se perfectionna sa vertu.

 

Rendu à la paix dans un couvent de son Ordre, il lui fallut bientôt, à l'âge de soixante-dix ans, reprendre ses courses apostoliques. Enfin il put rentrer définitivement dans la retraite pour se préparer à la mort. On s'étonne que, parmi tant de travaux, de voyages et d'œuvres de zèle, Albert ait pu trouver le temps d'écrire sur les sciences, la philosophie et la théologie des ouvrages qui ne forment pas moins de vingt et un volumes in-folio, et on peut se demander ce qui a le plus excellé en lui du savant, du saint ou de l'apôtre.

 

Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans, le 15 novembre 1280 ; son corps fut enterré à Cologne dans l'église des Dominicains.

 

 

Innocent VIII permit aux prêcheurs de Cologne et de Ratisbonne un office en l'honneur du bienheureux Albert, confesseur pontife (1484) ; après qu'il fut béatifié par Grégoire XV (15 septembre 1622), obtenaient cette faveur la ville de Lauingen en 1631, puis tous les couvents dominicains de l'Empire (1635), ceux des pays vénitiens (1664), ceux de l'Ordre entier (1670), l'archidiocèse de Cologne (1856) où la fête fut promue au rite double en 1870.

 

Il lui a fallu attendre jusqu'au 16 décembre 1931 les honneurs de la canonisation et l'extension de son culte à l'Église universelle. En proclamant sa sainteté, le pape Pie XI y ajouta le titre si glorieux et si bien mérité de docteur de l'Église.

 

Il sera déclaré patron des savants chrétiens et de tous ceux qui cultivent les sciences naturelles en 1941 par Pie XII, dans une lettre apostolique, à la demande des académiciens catholiques réunis à Trèves (16 décembre 1941) : "Si les règles ou directies que le grand évêque de Ratisbonne avait établies à propos de la nécessité de l’expérimentation, de l’observation pénétrante et de l’importance de l’induction pour arriver à la vérité dans l’étude des choses de la nature, avaient été, déjà en ce temps, bien comprises et appliquées, les admirables progrès scientifiques dont se glorifient les époques plus récentes et aussi la nôtre, auraient pu être des siècles auparavant découverts et réalisés pour le plus grand profit de l’humanité."

 

Sa fête a été fixée au 15 novembre, jour de sa mort.

 

Comme lui lisons, étudions, pensons!

Saint Albert le Grand, évêque et docteur de l'Église (1193-1280)

Sources : 1; 2; 3; 4; 5; 6; DANIEL-ROPS, L'Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV, sous la direction de Jean DUMONT, Editions Bernard Grasset 1962-1965, p. 292.

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