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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:29

‎15 décembre 2011
Revue de presse – Reynald Secher confirme la thèse du génocide

Le Courrier de l'Ouest consacre aujourd'hui dans son édition de Cholet une pleine page à la question du génocide des Vendéens, en écho au succès du dernier livre de Reynald Secher qui présente ses arguments dans un long entretien avec Gabriel Boussonnière.

Courrier de l Ouest Reynald Secher Quelles sont les raisons du soulèvement vendéen en 1793 ?
Reynald Secher – Ce n'est pas une spécificité de la Vendée (1). Lorsque la Vendée s'insurge, il y a 70% des départements qui sont insurgés. Tous pour la même raison : la France a comme idée de créer un homme nouveau. On décide de faire la guerre au reste du monde pour mieux l'imposer à l'intérieur. Lorsqu'on fait cette déclaration de guerre, c'est la catastrophe militaire parce qu'il n'y a plus d'officiers. Il faut recruter, c'est la loi de conscription de 300.000 hommes en 1793. Or, le maire, qui est nommé par le pouvoir central, est exempté du service militaire et c'est lui qui va désigner de manière arbitraire ceux qui vont aller sous les drapeaux. Qui choisit-il ? Ses adversaires. Eux se disent, si je pars, je vais aller défendre un système que je n'aime pas à l'extérieur et je serai gendarme par rapport à mes frères. Tout ça est incohérent et ils disent non.

La conscription a donc plus pesé que la constitution civile du clergé ou l'exécution de Louis XVI ?
R. S. – C'est l'étincelle qui a mis le feu aux poudres. La constitution civile du clergé n'a pas eu un effet immédiat. De même que l'exécution du roi. Mais elles ont créé des déstabilisations. La nationalisation des biens du clergé a destructuré la société. Pour parler en langage moderne, c'est la fin de la Sécurité sociale, des allocations familiales, des maisons de retraite, des écoles.

Pourquoi une majorité de prêtres a refusé de prêter serment à l'État ?
R. S. – 80 % des prêtres ont refusé parce que prêter serment de fidélité à l'État, c'est un non-sens pour eux. De facto, ils deviennent hors la loi. Parce qu'on refuse de devenir fonctionnaire, on est condamné à mort alors qu'on est en pleine déclaration des Droits de l'homme. C'est pour ça que les gens s'insurgent, parce qu'on est dans un système qui nie les droits fondamentaux de l'Homme notamment la liberté de conscience et de circuler.

Comment s'organise la répression des Vendéens ?
R. S. – A partir de janvier 1794, on met un système mécanique, à grande échelle, pour massacrer la population. C'est un système militaire qui va se traduire par un nombre considérable de morts. J'estime qu'il y a eu au minimum 117.000 morts (2) sur une population de 815.000 personnes en Vendée militaire. Il y a peut-être eu 200.000 ou 250.000 victimes. Mais le plus important ce n'est pas ça, c'est la volonté de cibler les femmes et les enfants.

Des lois ont été votées pour « exterminer les brigands ». Que disent-elles ?
R. S. – La première, en date du 1er août 1793, prescrit trois choses : l'épuration de l'armée, la division de la population en deux groupes – on déporte les femmes, enfants et vieillards et on décide d'exterminer tous ceux qui restent – enfin on décide de transformer la Vendée en terre brûlée après avoir nationalisé tous les biens. Deux mois plus tard, un avenant à cette loi est voté qui prescrit l'extermination de tous les brigands (3), c'est-à-dire de tous les habitants de la Vendée militaire. La troisième chose, le 7 novembre, on débaptise la Vendée pour l'appeler Vengé.

Pourquoi estimez-vous qu'il s'agit d'un génocide ?
R. S. – Le seul fait d'avoir voté la loi est un crime de génocide. En l'occurrence, en Vendée, il y a bien une volonté d’éradiquer une population et une mise en œuvre d'extermination.

Mais cette thèse est très contestée…
R. S. – On me fait trois critiques majeures. Premièrement, ce n'est pas dû à la loi et à une décision politique, c'est tout le discours universitaire, mais aux dérapages d'un général. Deuxièmement, on dit que les massacres étaient réciproques et troisièmement qu'il n'y a pas de conscience.

Aujourd'hui, vous affirmez apporter de nouvelles preuves. Quelles sont-elles ?
R. S. – Un certain nombre de généraux comme Turreau ou d'hommes politiques comme Carrier ont dit qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres conçus par les membres du Comité de salut public mais on n'avait pas la preuve.
Les preuves, je viens de les trouver aux Archives nationales, on a le dossier original de la volonté des membres du Comité de salut public d'éradiquer la race impure de la Vendée. Ce sont les députés eux-mêmes qui vont sur le terrain, assistés par l'armée, pour exterminer les gens, d'où Carrier à Nantes, d'où Francastel à Angers. On a la preuve incontestable puisqu'ils ont tout signé sur des petits bouts de papier.

Vous parlez aussi de « mémoricide » ? De quoi s'agit-il ?
R. S. – C'est la mise en œuvre de la mécanique pour occulter le génocide. Moi je suis bouleversé par le fait que l'on puisse nier ce genre de crimes.
C'est inacceptable. Ce qui s’est passé avec les Vendéens, c'est la même chose qu'avec les Arméniens ou les Juifs.

Que faudrait-il faire de votre point de vue pour lutter contre ce « mémoricide » ?
R. S. – Il faut d'abord rétablir la vérité et donc l’enseigner. Deuxièmement, il faut rendre justice en définissant la notion de bourreaux et de victimes. C'est fou que ces bourreaux aient droit à tous les honneurs de la nation en ayant leurs statues, leurs noms de rue. Troisièmement, il faut abroger symboliquement les lois du 1er août et du 1er octobre 1793.

Pourquoi menez-vous ce combat ?
R. S. – Je fais simplement œuvre de vérité. Il y a 20 ans, on n'en parlait pas de cette histoire. Maintenant, nous avons retrouvé tous les documents signés. C'est un travail d'universitaire objectif, un travail d'historien.

Avez-vous d'autres projets concernant la mémoire de la guerre de Vendée ?
R. S. – Je travaille avec un Américain sur la réalisation d'un film, une fiction, qui va poser la problématique pour la rendre universelle. Le scénario est écrit. C'est important que les descendants des victimes comprennent ce qui leur est arrivé.

(1) Entendez Vendée Militaire, c'est-à-dire tout le territoire insurgé en 1793, à cheval sur quatre départements, le Maine-et-Loire, la Vendée, la Loire-Atlantique et les Deux-Sèvres.
(2) C'est l'estimation la plus basse qui ait été donnée. La plupart des historiens, y compris les détracteurs de Reynald Secher, avancent des chiffres bien plus élevés.
(3) L'argument avancé par un adversaire de la thèse du génocide, au bas de cet article, consiste à dire que le nom de « brigands » servait à désigner dans le jargon de l'époque les opposants au gouvernement. C'est un dévoiement délibéré du sens de ce mot, puisqu'il désignait non pas les seuls combattants armés, mais bien l'ensemble de la population visée par les décrets exterminateurs, y compris les femmes et les enfants qu'on ne peut objectivement qualifier d'opposants politiques.

Source : Le Courrier de l'Ouest, édition de Cholet, jeudi 15 décembre 2011, p.8, avec l'aimable autorisation de Gabriel Boussonnière.
Le journal est également consultable dans sa version numérique sur son site : courrierdelouest.fr (colonne de droite : Votre journal en PDF)

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Merci à Dominique

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commentaires

H
Le génocide des vendéens a été une première étape vers la réalisation du Nouvel Ordre Mondial. Pour compléter nos connaissances:
http://ripoublik.com/2011/12/franck-abed-le-mondialisme-de-nemrod-a-la-royaute-de-nsjc/
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D
Absolument pas ! La source de cet article est Reynald Secher lui-même qui l'a diffusé sur Facebook et, comme il est mon ami, je l'ai massivement diffusé.
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D
Merci infiniment, Ingomer, de rendre hommage à tous ceux qui ont été génocidés par la république en raison de leur foi et de leur fidélité au Roi de France.
Il faut le dire, il faut le clamer !
"Qu'on nous fasse taire et on criera !"
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C
Voici la source de cet article :

http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2011/12/15/22971432.html
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