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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:54

L'Iowa a donné le coup d'envoi de la primaire républicaine hier soir, 3 janvier 2012. Un processus qui s'étalera jusqu'à la Convention républicaine qui aura lieu à Tampa, en Floride du 27 au 30 août et pendant laquelle sera désigné le candidat qui affrontera Barack Obama à l'élection présidentielle.

 

Avec 15 % des intentions de vote dans l'Iowa, le catholique Rick Santorum, fils d'un immigré italien, est apparu brusquement samedi 31 décembre comme la nouvelle surprise de la primaire républicaine pour l'élection présidentielle américaine de 2012.

Dans de récents sondages Rick Santorum s'approchait du mormon Mitt Romney et devançait les autres candidats cherchant à rassembler l'électorat chrétien fondamentaliste protestant, Michele Bachmann, évangélique luthérienne, et Rick Perry, gouverneur du Texas, anciens favoris des sondages, dont les campagnes se sont effondrées ces derniers mois. Les chrétiens conservateurs des multiples églises protestantes américaines (luthérienne, méthodiste, baptiste et mennonite), ainsi que les catholiques, comme M. Santorum, représentaient une des clés du scrutin dans l'Iowa. En rassemblant cet électorat sous son nom, M. Santorum espèrait s'imposer comme un concurrent viable à l'échelle nationale.

Pari réussi puisque Rick Santorum qui selon un sondage publié samedi 31 décembre par le Des Moines Register, se plaçait en troisième position derrière M. Romney (24 %) et Ron Paul (22 %), enregistrant "la plus forte hausse d'intentions de vote", est arrivé en deuxième position aux primaires républicaines d'hier soir à seulement huit voix de Mitt Romney.

La victoire du favori Mitt Romney , pro-IVG (depuis 2005), lui confère une position confortable pour le prochain scrutin, le 10 janvier dans le New Hampshire. Le vainqueur et son dauphin ont chacun réuni 25 % des suffrages. Ron Paul, libertarien isolationniste violemment opposé à toute emprise de l'État fédéral sur la société et l'économie, qui remonte aux origines de la Constitution américaine, termine à la troisième place, avec 21 % des voix. Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants, a attiré 13 % des bulletins, devant le Texan Rick Perry (10 %) et Michele Bachmann (5 %).

Le 7 février 2088, devant la Conservative Political Action Conference, Mitt Romney avait déclaré craindre un destin européen pour l'Amérique : « L'Europe affronte un désastre démographique qui est le produit d'une foi affaiblie dans le Créateur, de familles en faillite, d'une absence de respect pour la sainteté de la vie et d'une morale érodée (...). Si nous ne changeons pas de politique, nous deviendrons la France du XXIe siècle. Encore un grand pays, mais pas le leader mondial, la superpuissance » (« Mitt Romney laisse la voie libre à John McCain chez les républicains », Le Monde, 8 février 2008.)

 

Sans moyens, longtemps resté cantonné dans la queue de «la classe» des candidats en lice, Santorum a gagné sa place dans ce doublé de tête en sillonnant l'Iowa à l'ancienne, se rendant patiemment et systématiquement dans ses 99 comtés pour y défendre sa vision d'une Amérique renouant avec ses valeurs traditionnelles chrétiennes.

L'effondrement progressif des autres candidats chrétiens conservateurs a fini par jeter sous les feux de la rampe ce père de sept enfants, passionné, plutôt bon orateur, qui parle «de reconstruire l'Amérique du bas vers le haut». Santorum affiche des positions très  va-t-en-guerre sur l'Iran, pour éliminer son potentiel nucléaire. Il nie  le réchauffement climatique et défend la pratique du waterboarding,  la torture de la baignoire, utilisée par la CIA à Guantanamo.

Si Rick Santorum est connu pour être un fervent opposant à l'avortement (même en cas de viol), à la contraception et au "mariage" homosexuel, il s'est récemment distingué en déclarant être prêt à frapper les installations nucléaires iraniennes s'il était élu président. Sa haine de l'Iran s'inscrit dans une ligne sioniste pro-israélienne parfaitement néo-mondialiste compatible.

Un blog en langue anglaise nous donne un indice, et indique qu'il y a six ans, malgré que Rick Santorum soit contre l'avortement, il a soutenu un sénateur juif, franc-maçon 33e degré, pro-avortement, Arlen Specter, contre Pat Toomey, candidat anti-avortement (!) : ce soutien est "inexplicable". Specter est connu pour son hostilité à toute tentative de revenir sur la décision judiciaire Roe vs. Wade ayant abouti à la légalisation de l'avortement. Pat Toomey aurait participé à des évènements dans des localités maçonniques. 

   

53 ans, ancien jeune loup du camp républicain, trois fois élu à la Chambre des représentants puis au Sénat, Rick Santorum a disparu de la scène nationale depuis la perte de son mandat de sénateur de Pennsylvanie, en 2006. Il a survécu politiquement comme éditorialiste sur la chaîne ultra-conservatrice Fox News.

Les Américains redécouvrent aujourd'hui ce père de famille, au look rétro dans ses inamovibles pulls sans manche. Ils s'amusent de le voir représenté sur Google (en deuxième et troisième résultat de recherche pour le mot-clé "Santorum") par une blague de mauvais goût, par laquelle des activistes avaient cherché à le ridiculiser en 2003, après qu'il eût comparé l'homosexualité à la polygamie et à l'inceste.

Si la rapidité du retour en gloire de M. Santorum fait ainsi apparaître quelques vieilles casseroles, elle l'a également protégé, en Iowa, des attaques de ses adversaires. Rick Santorum a été épargné par le flot de spots publicitaires hostiles, financés par les supporteurs "indépendants" des candidats, qui déferle actuellement sur les chaînes locales de l'Iowa, et dont son rival Newt Gingrich a fait les frais.

«Les conservateurs sont à la recherche d'un candidat anti-Romney, ils ne veulent pas répéter l'expérience de 2008 quand ils avaient dû se ranger derrière le modéré John McCain. Ils sont persuadés que c'est ce qui les a fait perdre face à Obama, explique le politologue Dennis Goldford. Avec Santorum, ils ont peut-être trouvé leur homme.»

L'une des questions est de savoir si les autres prétendants conservateurs, comme Newt Gingrich (13%), Rick Perry (10%) ou Michelle Bachmann (5%), accepteront de jeter l'éponge pour se rallier rapidement à Santorum.

La quasi-égalité de Santorum avec Romney est-elle un simple feu de paille, comme cela avait été le cas pour l'ancien gouverneur social conservateur de l'Arkansas Mike Huckabee, sorti vainqueur dans l'Iowa en 2008, mais très vite marginalisé par la suite? C'est ce que va plaider le candidat Mitt Romney pour en tirer un maximum de profit pour les primaires à venir, et notamment celle toute proche du New Hampshire, le 9 janvier. 

 

Sources: 

- http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/01/02/rick-santorum-nouvelle-surprise-des-primaires-republicaines_1624715_829254.html#ens_id=1550858

- http://www.lemonde.fr/elections-americaines/live/2012/01/04/elections-americaines-le-caucus-de-l-iowa_1625332_829254.html  

- http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/04/01003-20120104ARTFIG00253-rick-santorum-cree-la-surprise-au-caucus-de-l-iowa.php

- http://en.wikipedia.org/wiki/Rick_Santorum

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commentaires

P
Santorum est un fou belliciste sioniste comme tous les tarés candidats républicains, à l'exception de Ron Paul, qui est victimze de tous les merdias bobos américains
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