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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 10:40

Un article publié sur Boulevard Voltaire le 23 septembre par Pierre Hillard et intitulé " Mouvements sécessionnistes en Europe et aux États-Unis" nous laisse sceptique. L'auteur soutient que les mouvements sécessionnistes seraient le fruit d'une politique de longue date arrêtée par les mondialistes. La régionalisation des Etats européens s'insérerait dans l'objectif d'une sécession des peuples européens de leurs Etats centraux, objectif voulu par la "finance apatride et son clergé".

Sur Christ-Roi, nous avons plutôt regardé la revendication sécessionniste écossaise comme un affaiblissement de l'impérialisme britannique et c'est bien pour cela que nous avons vu tous les partis liés à l'impérialisme britannique se liguer pour repousser la vague indépendantiste écossaise.

Nous pensons que depuis 1789 le mouvement de centralisation des Etats européens au XIXe et XXe siècles a été voulu et a été organisé par la finance apatride pour mieux domestiquer les peuples européens. Tout pouvoir dictatorial nécessite un Etat central fort pour pouvoir relayer ses directives. La multiplication des centres de décisions au niveau local empêchent le relai rapide des directives de l'Etat central dans les territoires locaux et sont plus un handicap qu'autre chose.

 Etant royaliste décentralisateur, nous ne pouvons qu'être sceptique devant la vision conservatrice jacobine et centralisatrice de Pierre Hillard. Tout indique au contraire que  les mouvements sécessionnistes à travers le monde répondent à une tendance lourde largement répandue parmi la jeunesse et à laquelle s'oppose la gérontocratie compromise dans le système qui a dilapidé et hypothéqué l'avenir de ses propres enfants.

 

Ci-dessous vous trouverez l'article de Pierre Hillard défendant l'unité des Etats modernes centralisés, et plus bas nos commentaires :

Secessions.jpg

 

Mouvements sécessionnistes en Europe et aux États-Unis

 

La majorité en faveur du « non » au référendum écossais, le 18 septembre, est une victoire à la Pyrrhus pour Westminster. En effet, les partis conservateurs, libéraux et travaillistes avaient promis une « devo-max » (une méga-régionalisation) à l’Écosse, dans une déclaration commune, à condition de rester dans le giron britannique. La défaite du parti indépendantiste écossais (le SNP) a semblé fermer la porte de la sécession. (Cependant, des cas de fraudes ont été relevés durant ce référendum.) En fait, les promesses des dirigeants politiques britanniques à l’Écosse ne peuvent s’accomplir qu’en accordant les mêmes droits d’autonomie politique et fiscale à l’Irlande du Nord, au pays de Galles et à l’Angleterre. La boîte de Pandore est ouverte.

Les députés écossais présents à Westminster votent sur des sujets concernant l’Angleterre. La réciprocité n’existe pas pour les députés anglais à l’égard de l’Écosse. Le Premier ministre veut établir une scission constitutionnelle permettant à chaque député élu du pays (Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord) de voter uniquement pour les affaires propres à sa nation. Une telle mesure consterne les travaillistes qui, avec l’appoint de 40 députés écossais du Labour, ne pourraient plus obtenir la majorité lors des élections, en particulier celle de mai 2015. Les profondes réticences du Parti travailliste font monter la tension en Écosse au point que les dirigeants du SNP brandissent la menace de proclamer une indépendance unilatérale.

Le travail de sape de l’Union européenne, imposant des mesures fédéralistes et ethno-régionalistes, structure le mental des peuples. Inexorablement, cela ne fait qu’aviver les rapports entre les quatre nations constituant le bien fragile Royaume-Uni. Le zoologue Konrad Lorenz, spécialiste de l’éthologie (science du comportement), désignait ce phénomène d’imposition d’un modèle par l’expression « principe d’imprégnation ». Dans le cas d’une fédéralisation complète du pays, les nations composant l’ensemble britannique seraient psychologiquement prêtes pour passer à la vitesse supérieure : l’indépendance totale.

Ce phénomène est général en Europe, notamment en Catalogne. Son président, Artur Mas, a fait adopter un texte par 106 voix contre 28 permettant le lancement d’un référendum pour le 9 novembre. Cette action est résolument combattue par Madrid… pour combien de temps ? Même les régions purement technocratiques comme « Rhône-Alpes » ou « Centre », traitant continûment avec Bruxelles aux dépens des États, échappent de plus en plus à l’autorité nationale. Il est vrai, aussi, que les Fonds structurels (manne financière) distribués par Bruxelles aux régions de 2014 à 2020 ­— 350 milliards d’euros — font baver d’envie tous les féodaux des régions d’Europe. Il faut s’attendre à des politiques sociales régressives en tout genre entre régions : création de salaires régionaux de plus en plus réduits et des remboursements de médicaments à la baisse et/ou annulés. En effet, dans le cadre d’un marché transatlantique, les multinationales sauront faire jouer les rivalités entre régions en liaison avec Bruxelles afin d’obtenir les conditions les plus avantageuses à leurs ambitions. Les peuples et leurs langues régionales seront méchamment tondus.

Cette situation de décomposition des États européens est similaire aux États-Unis. Elle avait déjà été annoncée par des visionnaires comme Leopold Kohr dans les années 1950 1. Récemment, un rapport de Reuters a présenté un document révélant les velléités d’indépendance des États fédérés composant les États-Unis. On peut relever des similitudes entre ce document présentant les scissions territoriales et le livre de Kohr. Ainsi, près d’un Américain sur quatre tournerait le dos à l’État fédéral. La montée en puissance d’une « Communauté nord-américaine » succédant à l’ALENA – lancée dans les années 2000 et comprenant les États-Unis, le Canada et le Mexique – vide de leurs substances ces États. La déliquescence de l’autorité étatique, incapable d’établir la sécurité, la prospérité et la justice, pousse ces États fédérés des États-Unis et du Canada ainsi que toutes les régions de l’Union européenne à se gérer eux-mêmes dans un cadre supranational grandissant. Comme au temps de la féodalité en l’an mil, les peuples mus par leur instinct de survie recherchent confusément une plus grande sécurité dans un cadre régional qui, en fait, a été directement concocté par le système. Cette évolution ne peut que combler de bonheur la finance apatride et son clergé.

  1. Voir Carte des Etats-Unis décomposés [PDF], Source : Leopold Kohr, Green Books, Dartington Space, 2001.

 

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/mouvements-secessionnistes-en-europe-aux-etats-unis,105703

 

 

"Cette évolution ne peut que combler de bonheur la finance apatride et son clergé", affirme Pierre Hillard.

 

Or, le premier message entendu aux infos le lendemain, une fois que le résultat du "Non" à l'indépendance a été : "Ce matin, les marchés financiers sont soulagés…". Soulagés du non à l'indépendance.

 

La veille au soir, BFM-TV affirmait que les marchés étaient confiants dans le résultat "non" au referendum organisé le lendemain. Des informations circulaient déjà selon lesquelles le résultat était connu d'avance... et qu'il serait favorable au maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni de Grande Bretagne. Compte tenu que le referendum a subi un trucage massif, ces marques de bon espoir de la classe politico-médiatique la veille au soir ne sont pas étonnantes.

 

Le marché ne peut pas à la fois vouloir une fédéralisation et un éclatement des nations tout en se soulageant de l'échec de cette évolution en Ecosse. C'est l'un ou l'autre.

 

Ci-dessous, vous trouverez deux articles prouvant que le Marché s'oppose aux mouvements sécessionnistes en Ecosse :

 

Les marchés financiers britanniques soulagés après le non écossais

 

Bourse.lesechos.fr, 19/09/14 à 09:40

 

Après le non à l'indépendance de l'Ecosse, c'est le soulagement sur les marchés. A londres, le Footsie est à la hausse. La livre poursuit son rebond tandis que les taux se tendent.

Les investisseurs sur les marchés financiers britanniques manifestent leur soulagement ce vendredi après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse organisé la veille.

 

L'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,7%, emmené par les valeurs basées en Ecosse comme Royal Bank of Scotland ou le groupe de services aux collectivités SSE qui progressaient de plus de 3% dans les premiers échanges.

 

La livre sterling, qui avait déjà repris des couleurs jeudi aorès des sondages montrant que le camp du "non" allait l'emporter a touché un plus haut de deux ans et demi contre l'euro, la devise européenne se traitant jusqu'à 78,10 pence . Contre le dollar, le sterling a cédé une partie de ses gains initiaux pour revenir à 1,6453 après un point haut à 1,6525.

 

Les taux se tendent de nouveau

 

Les taux d'intérêt à court terme se sont tendus, les investisseurs considérant que la levée de l'hypothèque écossaise dégage la voie pour une hausse de ses taux directeurs par la Banque d'Angleterre, peut-être dès le début de l'année prochaine.

 

Les rendements des gilts à deux et dix ans ont progressé d'environ deux points de base, à 0,90% et 2,61% respectivement .

 

"S'il y a encore de nombreuses questions politiques en suspens, en ce ce qui concerne le renforcement de l'autonomie, les questions économiques vont de nouveau graviter autour de la politique monétaire", adéclaré Sam Hill, économiste de RBC.

 

Source: http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/les-marches-financiers-britanniques-soulages-apres-le-non-ecossais-1000339.php

 

 

Les marchés financiers britanniques soulagés après le non écossais

 

Reuters, vendredi 19 septembre 2014 09h39

 

LONDRES (Reuters) - Les investisseurs sur les marchés financiers britanniques ont manifesté leur soulagement vendredi après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse organisé la veille.

 

L'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,7%, emmené par les valeurs basées en Ecosse comme Royal Bank of Scotland ou le groupe de services aux collectivités SSE qui progressaient de plus de 3% dans les premiers échanges.

 

La livre sterling, qui avait déjà repris des couleurs jeudi après des sondages montrant que le camp du "non" allait l'emporter a touché un plus haut de deux ans et demi contre l'euro, la devise européenne se traitant jusqu'à 78,10 pence. Contre le dollar, le sterling a cédé une partie de ses gains initiaux pour revenir à 1,6453 après un point haut à 1,6525.

 

Les taux d'intérêt à court terme se sont tendus, les investisseurs considérant que la levée de l'hypothèque écossaise dégage la voie pour une hausse de ses taux directeurs par la Banque d'Angleterre, peut-être dès le début de l'année prochaine.

 

Les rendements des gilts à deux et dix ans ont progressé d'environ deux points de base, à 0,90% et 2,61% respectivement.

 

"S'il y a encore de nombreuses questions politiques en suspens, en ce qui concerne le renforcement de l'autonomie, les questions économiques vont de nouveau graviter autour de la politique monétaire", déclaré Sam Hill, économiste de RBC.

 

(Patrick Graham, Sudip Gar-Gupta, Lionel Laurent, David Milliken, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

 

Source: http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN0HE0ON20140919

 

Une explication à cette satisfaction du Marché devant le résultat NON à l'indépendance de l'Ecosse pourrait être que le Marché concocte une régionalisation et un éclatement des nations pour toutes les autres nations, mais pas pour le Royaume-Uni, coeur de l'Empire depuis le XVIIIe siècle. Mais cet argument nous semble tiré par les cheveux. Car une fois l'indépendance gagnée par d'autres peuples, la contagion se fera rapidement.

 

D'autre part, au lendemain du résultat NON à l'indépendance, "on aurait pu s'attendre à ce que l'euro et la livre se reprennent ensemble à la menace de mort du séparatisme écossais. Au lieu de cela, la livre s'est repris modérément, mais pas l'euro. C'est que le capital est clairement conscient que le jeu est toujours en mouvement." Source (traduction): ZERO HEDGE, Was Scottish Vote Rigging Caught On Tape?


Quoiqu'il en soit, on peut dors et déjà tenir cinq choses :

 

(1) Ce sont bien des régimes jacobins qui sont actuellement au pouvoir partout en Europe, et ce depuis 1789 (et la propagation de la "démocratie" moderne à l'ensemble de l'Europe grâce aux armées de Napoléon Bonaparte.)

 (2) Ce sont bien ces régimes jacobins européens centralisés qui actuellement sont les plus farouches opposants à l'indépendance de l'Ecosse et à l'indépendance des autres peuples dans le monde quand cela sert leurs intérêts (Texas, Alaska, Catalogne, Bretagne, Pays Basque, Corse, Vénétie, entres autres) mais sont favorables à leurs indépendance quand cela sert aussi leurs intérêts : ainsi ils sont aujourd'hui contre l'indépendance des républiques autoproclamées de Nouvelle-Russie Lugansk et Donestk (pro-russes) mais ils ont été pour l'indépendance du Kosovo (anti-russe).

(3) Dans les faits, ce sont ces régimes jacobins qui politiquement et médiatiquement se montrent les meilleurs alliés de la "finance apatride et son clergé"

UERSS.jpg(4) La Commission dite "européenne" est le coeur de la Matrice financière en Europe. Elle a besoin d'Etats centraux vassaux qui appliquent à la lettre les directives de la "finance apatride".

 

Avec des Etats-nations évaporés entre leurs capitales et Bruxelles, ainsi que des peuples qui auraient gagné leur autonomie et leur indépendance, les directives de la Commission ne s'appliqueraient plus aussi bien.

 

Le contre-argument avancé est que les nouvelles nations qui auraient gagné leur "indépendance" traiteraient directement avec Bruxelles. Cet argument n'est pas réaliste compte tenu que l'indépendance gagnée aura été réalisée précisément par DEFIANCE à l'égard des institutions mondialistes (UE, FMI, Banques centrales, etc.) et donc contre Bruxelles. Cet argument implique une multiplication des centres locaux de décision, ce qui concrètement n'est jamais très bon pour tout pouvoir central autoritaire qui souhaite voir ses directives rapidement appliquées sur l'ensembles de son territoire.


En conclusion, nous pouvons nous tromper, mais contrairement à ce qu'avance Pierre Hillard, tout indique que l'Empire favorise le statu quo des Etats tels qu'ils sont aujourd'hui et ne favorise nullement les mouvements sécessionnistes dans le monde.

L'Empire n'a PAS besoin d'Etats éclatés en Europe parce que les Etats européens sont déjà des Etats éclatés et vassaux. Ils obéissent déjà aux directives centrales. L'Union Européenne a déjà détruit et démembré les Etats européens qui ont perdu leur autonomie et leur indépendance depuis longtemps (Banques centrales vassales depuis le XVIIIe siècle..., loi de 1973, Argent-dette). Un échelon supplémentaire d'Etats "régionalisés" à l'intérieur d'Etats centralisés et/ou même des Etats autonomes plus petits et indépendants ne ferait que compliquer la tâche de l'Oligarchie.

 

 

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