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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 09:11

Les économistes Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion, et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, s'opposent à nouveau sur BFM Business au sujet de la dette, créatrice ou pas de la croissance.


 

 

Publiée le 7 oct. 2013

 

 

http://dont-tread-on.me/wp-content/uploads/2011/01/eliminate-debt-save-money.jpgMarc Riez soutient que la dette permet la croissance, Olivier Delamarche soutient le contraire. Il est facile de voir qui a raison. Comme nous l'avons déjà dit,  la crise est essentiellement la conséquence directe de l'interventionnisme massif de l'Etat dans le soutien de l'économie par la dette. L'adage domestique "il faut savoir tenir son budget" semble totalement ignoré dès lors qu'il s'agit de l'Etat. C'est insensé, mais c'est pourtant ce que d'aucuns continuent de préconiser. Cette pratique usurière doit être abandonnée car elle ne fait qu'enrichir une minorité, appauvrir la majorité, et augmenter les écarts de richesse entre les pauvres et les riches... Concrètement, c'est ça le vrai bilan de la modernité ! L'objectif assigné à la Fed (banque centrale américaine) en 1914 du plein emploi n'ayant pas été atteint, la dette doit cesser d'être conçue comme un outil efficace du développement économique et de la croissance. C'est ce qu'Olivier Delamarche explique dans cette émission.

 Il se demande également si, finalement, c'est vraiment un changement de société ce que demande Obama (Obamacare) ?

 

«  Si vous additionnez, si vous faites la dette réelle de l'Etat américain, on est bien loin des 16000 milliards (de dette), on est largement au-dessus . On est plus proche de 27000 ou même 25000 que de 16000 ! »


Marc Riez répond qu'un pays qui ne compte pas sur l'assistanat, pour lui, c'est un pays « qui s'en sortira beaucoup mieux que d'autres».  

 

« Pour les banques, ils les ont bien assistées ! Donc ça dépend de qui on parle ! », ironise Olivier Delamarche.

 

 « Le shutdown du 1er octobre pourrait se prolonger avec un impact économique » affirme un des deux journalistes (sous-entendu : si les républicains ne votent pas le budget avec les démocrates, c'est-à-dire s'ils ne reconduisent pas le système de la "croissance" par la dette, il y aura « un impact économique  »). C'est là tout le chantage bancaire à la crise.

 

Au cours de l'émission, nous apprenons que Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a jugé que la reprise en zone euro était « faible, fragile et inégale  ». Olivier Delamarche explique qu'en effet :  

 

« à part dans les rêves les plus fous de Moscovici et Hollande, ou de monsieur Rajoy (président du gouvernement espagnol), il n'y a pas de reprise. Il y a un espèce de maigre 0,5% en France qui est dû aux dépenses publiques, donc à de la dette. Donc il n 'y a pas de reprise. Aujourd'hui on essaie de nous faire avaler qu'il n'y a plus de crise en Europe, le Portugal est sauvé, la Grèce est sauvée et on ne nous demandera plus jamais d'argent. Non, évidemmet non. Les Banques sont encore sous pression un petit peu partout en Europe. Elles travaillent toujours sur des leverages impossibles à tenir (nouveau nom des prêts subprime à l'origine de la crise de 2008... NdCR.) et donc on va avoir, je vous le disais la dernière fois, quand la Cour constitutionnelle allemande aura fait sa réponse sur le fait que les achats d'obligations sont légales en Europe par la BCE, vous aurez monsieur Draghi qui fera un troisième LTRO (long-term refinancing operation) ou un VLTRO (operations à très longs termes). Il le justifiera en disant que 1) il n'y a pas de reprise, même si le LTRO, on sait très bien que cela ne mettra rien dans l'économie, on l'a vu déjà deux fois. On sait que cela n'a absolument pas marché à ce niveau-là, et donc 2)  il en fera un troisième en disant simplement qu'on ne peut pas avoir un QE (quantitative easing = planche à billet) (le 10ème...) au Japon, un QE 3 qui s'éternise aux Etats-Unis et qui prend la tête d'un 4, et zéro en Europe..., à ce moment-là on aura ouvert les vannes pour que chacun augmente son QE de son côté, parce que c'est la fuite en avant et quand vous êtes entré dans un processus de fuite en avant vous ne pouvez pas en sortir. »

 

Marc Riez avance que « si on avait laissé les grandes banques européennes faire faillite en ne les aidant pas, la croissance qu'on a aujourd'hui et que Olivier décrit comme nulle, voire inexistante, on ne serait pas du tout sur ce débat-là, on serait sur une très profonde récession de la zone euro. »

 

- « (une très profonde récession de la zone euro) qu'on va avoir, répond Olivier Delamarche. On a créé une bulle, on n'a réglé absolument aucun problème, et les politiques ne feront que on coulera tous ensemble. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas demandé à un pays de soutenir 15 ou 16 pays qui sont en récession et en forte récession, et qui en n'aucun cas ne se réforment. Je ne sais pas si vous vous avez vu une réforme en France, moi je n'en ai pas vu.  [...] Ce n'est pas tenable. Quand vous avez une dette comme cela, quand vous stabilisez (l'économie) au plancher, oui, évidemment, vous n'allez pas traverser le plancher, sauf que votre dette a un poids absolument insupportable.  Parce que chaque année vous augmentez votre dette. Pourquoi ? Parce qu'il faut payer les intérêts des emprunts. Chaque année, parce que vous n'avez pas la croissance suffisante, vous augmentez votre dette. Alors évidemment, on peut dire comme les japonais, on s'en fout, on ne la paiera pas... Tant mieux. Si ce raisonnement est vrai, il n'y a pas de problème !  Les Japonais n'ont pas de croissance et ils n'en auront pas et ils ont une dette qui continue d'augmenter. Regardez les vrais chiffres, ... Ils sont en train de nous payer les 30 airbus avec des billets de monopolix, ça fait rire tout le monde. Regardez comment est faite 'la croissance' maintenant aujourd'hui en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. La contre-partie c'est de la dette, et uniquement de la dette, pas autre chose. »

 



 

. La croissance ne démarre pas... (Philippe Béchade, 21 septembre 2013)

. "Liberté & égalité" : Depuis la crise de 2008, les écarts de richesse continuent de se creuser (INSEE)

. Quantitative easing et effondrement économique ? Olivier Delamarche vs Marc Riez

. Olivier Delamarche: Croissance: un avion sans moteur se crashe

. François Hollande augmente la dette sans croissance. Cherchez l'erreur !

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