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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 22:30

 

 

Nigel Farage: l'euro est une dictature rampante et émergente

 

Pour bien comprendre ce qu'est la "démocratie" en Europe, ce qu'elle recouvre, et comment elle n'est en réalité que le masque d'une oligarchie, il suffit d'écouter Nigel Farage au Parlement "européen" le 12 septembre 2012, critiquer la proposition de l'"union bancaire européenne" faite par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Barroso, ex-maoïste rallié à l'atlantisme le plus dur pour déclencher la guerre en Irak, a dit que "si l'Etat-nation doit continuer à exister, il ne doit pas avoir de pouvoir démocratique". A ce jour, aucun media français ou homme politique n'a pour le moment réagi à cette volonté de suppression pure et simple de la démocratie en Europe... faite par le président de la Commission dite "européenne", lui-même.

 

Dans ce discours, Nigel Farage critique la pensée de l'ex vice-président de Goldman Sachs, Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, qui a lui aussi dit la semaine dernière, qu'il "craignait que les démocraties des Etats-nations puissent mettre par terre l'Union européenne" et que c'était "la raison pour laquelle nous devrions courcircuiter les démocraties de ces Etats-nations", et "donner tout le pouvoir ici"...


http://lejournaldusiecle.files.wordpress.com/2012/09/397158_le-siege-de-la-bce-a-francfort-le-6-septembre-2012.jpg?w=600&h=392Selon un projet de la Commission européenne publié vendredi 7 septembre par le journal italien Il Sole 24 Ore, dans le cadre du projet d'union bancaire, la BCE se verra confier un pouvoir de supervision sur l’ensemble des banques de la zone euro à partir du 1er janvier 2013, soit une prise de contrôle par la BCE des 6000 banques de la zone euro. “Le processus par étapes devrait être achevé au plus tard un an après l’entrée en vigueur de cette loi”, dit le document. “La BCE devrait assumer en intégralité les tâches qui lui sont confiées par cette loi le 1er janvier 2014 au plus tard.” Source : Zone Bourse via http://lejournaldusiecle.com/2012/09/08/la-bce-supervisera-lensemble-des-6000-banques-de-la-zone-euro/#more-1819

 

L'annonce concomitante de la mise en place du dispositif d’intervention sur le marché secondaire des dettes souveraines, désigné sous le nom d’Outright Monetary Transactions (OMT), prévoyant la possibilité pour la BCE de racheter une quantité qualifiée d’«illimitée» de titres de dettes d’une maturité de 1 an à 3 ans, annonce faite par Mario Draghi dans une conférence de presse le 6 septembre dernier, attendue avec beaucoup d'impatience par les marchés et saluée par des records de hausse..., "l'enthousiasme sera de courte durée" a averti l'économiste Jacques Sapir. En effet, ces mesures ne pourront cacher la victoire des partisans des thèses les plus dures de la Bundesbank. Loin de mettre fin à la crise de l’euro elles ne pourront, au mieux, qu’apporter un répit très temporaire. Les pays comme l'Espagne qui voudront bénéficier de l'OMT, devront en faire la demande et accepter les conditions attachées au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES), c'est-à-dire accepter les programmes d'ajustements fiscaux et budgétaires réclamés par Goldman Sachs et consorts, se voir perdre une part non négligeable de leur souveraineté budgétaire et fiscale et dépouillés d'une partie de leurs droits démocratiques... Le fait de déclarer que ces opérations de rachat de dette seront "illimitées" n'empêchera pas la BCE de devoir vendre pour les mêmes montants "illimités". Or, l'actif de la BCE ne contient pas un volume inépuisable de titres... En mettant l’accent sur la question de la liquidité, les mesures présentées par Mario Draghi perpétuent l’erreur fondamentale d’analyse de la crise de la zone euro, l’oubli de la crise de solvabilité. Cet oubli est révélateur d’une question de fond: l’aveuglement quant à la crise de compétitivité relative dans la zone euro. En ne s’attaquant qu’aux symptômes et non à la cause de cette crise, la BCE contribue à la renforcer. Elle nous prépare, pour les mois qui viennent, des effondrements économiques et sociaux qui mettront très vite à mal le dogme de «l’irréversibilité de l’euro». Un nouveau saut qualitatif dans la gouvernance de la zone euro sans doute...


- La déclaration de Mario Draghi, ses limites et ses conséquences (Jacques Sapir)

 

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