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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:48

Juste avant Pâques, une nouvelle info sur la mention de la "femme de Jésus", dans un mystérieux papyrus dont on ne connait pas le propriétaire, fait sensation sur la toile anticatholique.

 

Un article du Nouvel Obs livre l'information sous le titre : "Jésus a-t-il été marié ? Le papyrus qui sème le doute". Sans aucun esprit critique ni recul, l'auteur écrit :

 

"... le papyrus fait quelques centimètres, à peine la taille d'une carte de crédit. Et pourtant, il pourrait remettre en cause des siècles de croyance. En plus de qualifier une femme de "sienne", Jésus affirme qu'elle sera l'une de ses disciples. Le célibat des prêtres et l'impossibilité pour une femme d'accéder à cette fonction deviendraient-elles alors des notions obsolètes ? ... A l'annonce de cette découverte, les critiques fusent et l'authenticité du papyrus est mise en doute. Le document doit subir d'autres tests. Il faudra attendre plus de deux ans pour qu'elle soit confirmée par des chercheurs venus des plus prestigieuses universités américaines. Le 10 avril 2014, le verdict tombe : l'encre et le papyrus correspondent à ceux utilisés dans une période allant du IVe avant J.C au VIIe siècle de notre ère."

 

On a trouvé le Graal !

 

Le Matin Suisse titre : "L'Évangile de la femme de Jésus» n'est pas un faux"... :

 

 

L'existence de ce fragment de la taille d'une carte postale, écrit en copte et connu sous le nom d'«Evangile de la femme de Jésus», a été rendu public en 2012. Il est considéré par certains comme un aperçu de la façon de penser des premiers chrétiens et décrit par d'autres, et notamment par le Vatican, comme un faux absurde.


Les études scientifiques menées ces deux dernières années dans plusieurs universités suggèrent que l'encre et le papyrus datent au plus du IXe siècle et que la langue et le style sont authentiques pour cette période. Les résultats des tests ont été publiés sur internet jeudi par la Harvard Theological Review.

 

... La Theological Review a par ailleurs publié une réfutation de Leo Depuydt, égyptologue à la Brown University. Il dit avoir pris connaissance des résultats des tests, mais reste convaincu que le document est un faux moderne maladroitement barbouillé sur un morceau de papyrus vierge.

 

Source: http://www.lematin.ch/sante/sciences/evangile-femme-jesus-nest-faux/story/25860570

 

 

Malheureusement pour les mythographes, cette info, comme les autres fausses "nouvelles" apparaissant régulièrement concernant le Christ, retombant dans l'oubli suite à la publication d'études plus sérieuses et infirmant la nouvelle "remettant en cause des siècles de croyance"..., ne va pas tarder à être infirmée par les spécialistes.

 

Déjà des historiens pointent des incohérences suspectes.

 

Des erreurs gramaticales grossières, une écriture identique à celle de l'Evangile de Thomas découvert à Nag Hammadi en 1945 qui permit un temps d'épiloguer sur les enseignements "secrets" du Christ..., hormis pour "la femme de Jésus", des analyses d'une encre qui ne prouvent pas la datation mais révèlent que l'encre est fabricable aujourd'hui avec de la suie de bougie et de l'huile, la datation elle-même située entre le VIe et le IXe siècle..., mettent en doute le dit papyrus. Comment un document datant de six à neuf siècles après les évènements peut-il avoir valeur de preuve ? Pourquoi pas un écrit du 21ème siècle ?


 

http://www.fait-religieux.com/images/pages/religions/papyrusfemmejesus.jpg

 

Authentification d'un papyrus mentionnant "la femme de Jésus"

 

La rédaction | le 11.04.2014 à 14:31

 

Un fragment de papyrus controversé dans lequel est évoqué « la femme de Jésus » a été authentifié par des chercheurs américains, qui affirment qu'il ne s'agit pas d'un faux.

 

Le parchemin en question, qui mesure 3,8 sur 7,6 cm, a été envoyé en 2012 à Karen King, professeur d'histoire à la Harvard Divinity School. Sont inscrits dessus en langue copte, les mots « Jésus leur a dit, ma femme » et « elle pourra être ma disciple », suggérant que Jésus a été marié ou a eu des disciples féminines. Or aucun évangile ne donne ces indications.

 

Le document en question avait été accueilli avec grand scepticisme lors de sa découverte en 2012. Pourtant, il semblerait qu'il soit authentique : les analyses scientifiques concluent que le papyrus et l'encre ainsi que l'écriture et la structure grammaticale indiquent que ce document est ancien, et datent son origine entre le VIe et le IXe siècle. « La composition chimique du papyrus et son oxydation correspondent à des vieux papyrus, comme celui de l'évangile de Saint Jean », indique les résultats de l'étude scientifique conduite sur le papyrus.

 

Pour certains historiens, ces analyses ne prouvent rien. Leo Depuydt, égyptologue à l'Université Brown pointe à l'AFP qu'il est facile de se procurer des feuilles de papyrus ancien sur le marché. En outre, selon lui les analyses de l'encre ne prouvent pas la datation mais seulement que la composition est similaire à l'encre ancienne. Or, selon lui, on peut la fabriquer simplement avec de la suie de bougie et de l'huile. Il trouve également « suspect » que « les erreurs grammaticales grossières » dans ce texte et le fait que l'écriture des mots à l'exception de « la femme de Jésus » soient identiques à celle de l'évangile de Thomas découverte en 1945.

 

Dernier point de suspicion : le propriétaire du papyrus souhaite toujours rester anonyme.

 

Source: http://www.fait-religieux.com/monde/religions-1/2014/04/11/authentification-d-u2019un-papyrus-mentionnant-la-femme-de-jesus-

 

 

Un article du Monde évoque des "erreurs grammaticales grossières" :

 

 

Le papyrus évoquant la « femme de Jésus » date des « chrétiens anciens »

 

Le Monde.fr avec AFP | 10.04.2014 à 20h55 • Mis à jour le 11.04.2014 à 07h30

 

« ERREURS GRAMMATICALES GROSSIÈRES »

 

Ces conclusions n'ont pas convaincu tous les historiens. Pour Leo Depuydt, égyptologue à l'université Brown, les analyses ne prouvent pas l'authenticité du document. Et pour cause : il est facile de se procurer des feuilles de papyrus ancien sur le marché. Les analyses de l'encre ne prouvent pas non plus la datation mais seulement que la composition est similaire à l'encre ancienne. Or il est facile de la fabriquer avec de la suie de bougie et de l'huile.

 

Enfin, « les erreurs grammaticales grossières » dans ce texte et le fait que l'écriture des mots, à l'exception de « la femme de Jésus », soit identique à celle de l'évangile de Thomas, un texte ancien découvert en 1945, « ne peuvent pas être une coïncidence », insiste l'égyptologue, qui juge « suspect » que le propriétaire de ce papyrus reste anonyme.

 

Le fragment appartient à un collectionneur privé qui avait contacté Karen King, professeur d'histoire à la Harvard Divinity School, afin qu'elle l'aide à le traduire et l'analyser. Il aurait été découvert en Egypte ou peut-être en Syrie.

 

Source: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/04/10/un-papyrus-evoquant-la-femme-de-jesus-est-bien-le-produit-de-chretiens-anciens_4399545_1650684.html

 

 

http://www.editionsducerf.fr/html/livre/couverture/5/couv5524g_200.jpgPour rappel : indépendamment des citations anti-gnostiques dans Adversus Haereses d'Irénée de Lyon (130-202), le premier écrivain chrétien connu à avoir listé les quatre évangiles canoniques comme inspirés divinement (il le fit probablement en réaction à la version de l'évangile de Luc éditée par Marcion, car celui-ci affirmait que l'évangile de Luc était le seul et véritable évangile), et du morceau de l'Evangile de Jean daté de 125 (papyrus P52), des textes complets des évangiles existent dans le  Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus qui datent du 4ème siècle soit 200 à 500 ans avant le document dont il est fait mention aujourd'hui.

 

Le Canon du Muratori, daté de la fin IIe siècle, début IIIe siècle, est connu pour être la plus ancienne liste connue d'écrits considérés comme authentiques ("canoniques") par les chrétiens


Vers 117 ap. J.-C., Ignace d'Antioche, le premier père apostolique à utiliser le terme de kajolik´ov, catholicos qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, pour définir l'Eglise de Jésus-Christ, dans ses Lettres, cite nettement les écrits du Nouveau Testament tels qu'ils sont largement diffusés dès le début du IIème siècle, et formeront bientôt la partie néo-testamentaire du canon; il les cite plus que l'Ancien Testament et se réfère autant à Jean qu'aux Synoptiques et à Paul ( Les Pères Apostoliques, Cerf, 2008, p. 152.)

 

Saint-Ignace-d-Antioche.jpg  Saint Ignace d'Antioche

 

Bref une nouvelle "découverte" qui ne révolutionnera rien du tout... À suivre..

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