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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 11:10

 

 

"Le ministère de l'Intérieur n'a jamais été informé de ce compte. Je ne savais pas" (Manuel Valls sur RMC-Info ce matin)

 

La position du ministre de l’Intérieur sur l'affaire Cahuzac était "attendue". Manuel Valls a été interrogé ce matin avec beaucoup de complaisance sur la radio collabo RMC-Info :

 

Interrogé sur le fait de savoir s'il connaissait le compte à Singapour de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, l'homme en principe «le mieux informé de France», a répondu avec la langue de buis socialiste :

  • « Le ministère de l'Intérieur n'a jamais été informé de ce compte. ... Je ne savais pas. Sinon j'en aurais informé directement le président de la République. L'enquête a été ouverte à partir du 9 janvier. Dans un Etat de droit, nous devons respecter des procédures et la justice a fait son travail. Quand une crise morale et d'autorité vient nous frapper, il faut rappeler que nous sommes dans un Etat de droit ». (1)

 

Pourtant n'importe quel quidam aurait pu lui poser la question suivante : lorsqu'un citoyen lambda fraude le fisc n'y a-t-il pas des inspecteurs des impôts qui lui tombent immédiatement dessus afin d'enquêter sur ses comptes ? N'y avait-il pas moyen de savoir si oui ou non il y avait eu fraude du ministre du Budget sans attendre que la justice "fasse son travail" ? Pour les citoyens lambdas on n'attend pas que la justice "fasse son travail", il y a enquête du fisc et descente d'inspecteurs des impôts. Où est "l'égalité républicaine" ?

 

 

 

A la question de Jean-Jacques Bourdin "est-il vrai oui ou non qu'une note a été transmise à l'Elysée quelques jours après les révélations de Mediapart ?", le locataire de la place Beauvau a répondu par la négative :

 

  • « Non, c'est faux, il n'y a eu aucune note qui a été transmise. ... Vous pensez un seul instant que j'aurais demandé, moi, à la direction centrale du renseignement intérieur, de faire une enquête sur Jérôme Cahuzac, ou sur la bande où sa voix était enregistrée ? Mais, où sommes-nous? C'est fini cela, ces temps où les anciens renseignements généraux pouvaient enquêter sur des personnalités politiques. ... La presse a fait son travail et la justice aussi à partir du 9 janvier a fait aussi son travail. Mais moi, je ne déclenche pas des enquêtes, ce n'est pas mon rôle, ce n'est pas mes prérogatives, c'est le rôle de la justice. »

 

  • « Non, c'est faux ! En aucun cas, il n'y a eu d'enquête parallèle, ni avant, ni pendant celle menée depuis le 8 janvier 2013", a déclaré Manuel Valls.

 

Jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, leur ligne de défense est celle des caïds de banlieues : on ne sait rien, on n'a rien vu, on n'est pas au courant ! C'est tout l'enjeu de l'offensive de communication lancée par le gouverne-ment. Alors, les socialistes, incapables ou menteurs ?

 

Selon M6Info, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) aurait été sollicitée dès le 4 décembre par la place Beauvau pour savoir quel crédit donner à l'enquête dévoilée ce même jour par Mediapart. Les hommes du renseignement concluent en seulement deux jours que l'enregistrement sonore n'est pas un montage et que la voix est "très probablement" celle de Jérôme Cahuzac. Pourtant, officiellement, l'enquête de police sur ce fameux enregistrement n'est ouverte que le 8 janvier 2013... La note de la DCRI serait remontée au ministère de l'Intérieur. Et, selon le Canard Enchaîné ainsi que Le Point, François Hollande aurait reçu ce document confidentiel fin décembre. Officiellement, c'est seulement le 19 mars 2013 que la police attribue "probablement " la voix à Jérôme Cahuzac. A cette date, le parquet ouvre une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale. (2)

 

 

Ce matin sur RMC, le journaliste de La Croix, Antoine Peillon, a affirmé que la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) savait tout, depuis longtemps. Dès fin décembre, François Hollande aurait été averti par une note blanche confirmant les accusations de Mediapart. Des doutes qui pèsent aussi sur Bercy et la place Beauvau. Les services des ministères des Finances et de l'Intérieur ont-ils tenté de masquer une partie de l'affaire ? Pour le journaliste de La Croix, la DCRI savait tout, depuis longtemps : « Dans l’enquête que j’ai faite, j’ai constaté, parfois avec une certaine consternation, que les policiers du Renseignement intérieur [la DCRI, qui dépend du ministère de l’Intérieur] sont au courant de quasiment tout en ce qui concerne l’évasion fiscale. Je pense que sur ce qui concerne particulièrement monsieur Cahuzac, étant donné ses responsabilités politiques depuis longtemps, étant donné son activité d’évasion fiscale assez maladroite quelque part, je ne peux pas croire que ce n’était pas connu, précisément de cette police-là ». (3)

 

Selon Le Monde, il n'y aurait certes pas eu de "note" parvenant à l'Elysée, mais néanmoins des éléments concordants, fin décembre. Et ceux-ci ne seraient par forcément issus du ministère de l'intérieur, mais sans doute de Bercy. (4)

 

Par ailleurs, on a vu que le 15 décembre, l'ancien maire RPR de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Michel Gonelle, avait contacté le directeur de cabinet de François Hollande pour revendiquer la paternité de l'enregistrement. Il avait été renvoyé vers les autorités judiciaires.

 

 

Sources:

 

(1) http://www.rmc.fr/editorial/365774/nous-nous-sentons-salis-dit-manuel-valls/

(2) http://lci.tf1.fr/politique/affaire-cahuzac-l-elysee-savait-il-valls-nie-toute-enquete-parallele-7913102.html

(3) http://www.rmc.fr/editorial/365782/affaire-cahuzac-le-renseignement-interieur-savait-tout/

(4) http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/04/affaire-cahuzac-manuel-valls-dement-toute-enquete-parallele_3153785_823448.html

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