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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 21:59

Le mouvement Grand sécessioniste gagne du terrain et après les politiques qui s'en inquiètent, les intellectuels du système républicain commencent à comprendre ce qui se passe... se penchent sur le phénomène.

 

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La gauche et le peuple (Editions Flammarion) Jacques Julliard, Jean-Claude Michéa

« La gauche et le peuple » : c’est sous ce titre que les Editions Flammarion viennent de publier un échange de lettres entre l’historien Jacques Julliard et le philosophe Jean-Claude Michéa. Le premier a publié en 2012 un ouvrage intitulé « Les gauches françaises » ; quant au second, il est l’auteur d’un ouvrage qui est consacré aux « Mystères de la gauche » (2013).

L’intérêt de ce livre d’échanges réside dans la confrontation de deux points de vue de « gauche » très différents et souvent opposés : celui du social-libéral Julliard qui revendique le drapeau de la gauche et celui du socialiste libertaire Michéa qui dénonce la dérive libérale de la gauche.

Mais où est donc passé le peuple ?

Le titre de ce livre renvoie au phénomène sociologique et politique majeur des vingt dernières années : le divorce entre le peuple (au sens de couches sociales défavorisées) et les gauches après deux siècles d’une alliance qui semblait éternelle. L’effondrement du bloc soviétique et la dissipation des illusions qu’il nourrissait, les échecs successifs de la gauche et la trahison de 1983 qui a été le point de départ de la dérégulation libérale ont contribué à l’éloignement progressif des classes défavorisées, lesquelles ont, de plus, déserté physiquement les métropoles et leurs banlieues pour aller  s’installer dans la périphérie (voir les deux livres de Christophe Guilluy à ce sujet). Un processus de séparation physique et politique est en cours depuis plus de vingt ans. Le retour progressif d’une gauche ayant perdu tous ses repères et toutes ses certitudes vers le bercail libéral dont elle est très largement issue (l’idéologie de la gauche a pour fondements la philosophie des Lumières qui est libérale et l’idéologie de la Révolution française qui est elle aussi très imprégnée de libéralisme, du fait de l’influence que les philosophes des Lumières et les philosophes libéraux anglais ont eu sur les intellectuels révolutionnaires) a eu pour effet un abstentionnisme de plus en plus important au sein des contingents d’électeurs des partis de gauche lesquels tendent à voter pour le Front national qui recueille désormais le plus grand nombre de voix d’ouvriers.

 

[...]

 

Egoïsme et altruisme

 

Contrairement à ce que croient le plus souvent les socialistes et les gens de gauche, l’égoïsme ne résulte pas essentiellement d’une éducation déficiente et l’altruisme n’est pas le résultat d’une éducation ad hoc même si ces deux tendances comportementales peuvent être renforcées par celle-ci. En fait, nous sommes à la fois égoïstes et altruistes (ces tendances peuvent être plus ou moins marquées d’un individu à l’autre) ; Edward Wilson a écrit dans son dernier ouvrage qu’« Il y a inévitablement une guerre permanente entre, d’un côté, l’honneur, la vertu et le devoir, produits de la sélection de groupe, et, de l’autre, l’égoïsme, la lâcheté et l’hypocrisie, produits de la sélection individuelle….En résumé, la condition humaine est un état de turbulence endémique provoqué par les processus de notre évolution. Dans notre nature, le pire coexiste avec le meilleur et il en sera toujours ainsi. Si on la nettoyait -encore faudrait-il pouvoir le faire- nous en sortirions moins humains ».

 

Si l’altruisme est prédominant, nous le devons à la sélection de groupe c’est-à-dire à l’importance considérable qu’a eu la cohésion des groupes de chasseurs-cueilleurs au cours des centaines de milliers d’années au cours desquels ils ont du faire face à une multitude de périls (y compris les périls liés aux concurrents humains) ; l’égoïsme est un facteur de désordre, de conflits et donc de désagrégation des sociétés comme nous pouvons le constater de nos jours. Michéa a donc raison d’insister sur l’importance essentielle de l’altruisme et de dénoncer la nocivité de l’individualisme (égoïste) promu par les libéraux, mais il veut ignorer qu’il y a au fond de nous le démon de l’égoïsme qui est toujours prêt à se manifester  et qu’il faut donc contenir même si ce démon permet à certains d’exprimer des talents nécessaires à l’ensemble de la société tels que ceux des entrepreneurs.

 

Ni l’un ni l’autre ne semblent avoir perçu que l’envers de l’altruisme est le communautarisme et qu’il n’y a pas d’altruisme sans communauté et donc sans patrie (la patrie c’est la communauté d’appartenance plus un territoire).

 

Il serait possible d’écrire très longuement sur ce livre dense qui nous invite à réfléchir sur un grand nombre de sujets essentiels et qui nous permet de comprendre les difficultés intellectuelles auxquelles sont confrontés les penseurs socialistes et de gauche. Tous les passionnés de philosophie politique, quelque soient leurs préférences, prendrons du plaisir à le lire.

 

B. Guillard

 

 

Source: http://www.breizh-info.com/18699/actualite-culturelle/gauche-peuple/

 

Note de Christ-Roi. Ces intellectuels républicains n'ont tout simplement pas tenu compte du fait que l'homme a une nature, que cette nature a été corrompue par le péché originel, que l'égoïsme est un ressor clé des relations sociales, et qu'il est essentiel de comprendre cette nature déchue dans le cadre d'une construction pérenne de la société. C'est l'ignorance de cette nature corrompue qui a conduit la société libérale héritée des Lumières à l'échec actuel.

 

Ainsi, de la même façon que la société communiste en URSS a occulté la nature égoïste de l'ouvrier communiste - qui devait toujours envier la belle mercedes de son patron apparatchik du parti...-, et s'est finalement effondrée (sans parler de la Chine "communiste" devenue aujourd'hui le dernier endroit au monde où se pratique encore le capitalisme libéral), la société occidentale héritée des Lumières et de la franc-maçonnerie volontariste, constructiviste et contractuelle s'effondrera elle aussi, strictement de la même manière et pour la même raison, faute d'avoir compris la véritable nature de l'homme.


Il y a là une mine à explorer. Et nous conseillons de chercher du côté d'un Antoine Blanc de Saint-Bonnet pour comprendre ce qui se passe. Pourquoi la société moderne s'effondre.


La civilisation occidentale, c'est-à-dire le génie de l'Antiquité et de la chrétienté, avait consisté à domestiquer l'hybris (la démesure) de l'individu (pour les classiques comme pour les chrétiens l'homme n'est pas né parfait, la liberté consiste en un effort sur soi, c'est un long apprentissage; cette liberté n'est pas non plus innée, elle n'est pas donnée à la naissance..., c'est une conquête).

 

Tout au contraire, la Grande Protestation héritée de 1789 et des pseudos "Lumières" du XVIIIe siècle a ruiné ce progrès pour restaurer la barbarie qui sommeille par nature au fond de l'orgueil et de l'égoïsme. (Cf. A. Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française, 1851).

 

Antoine Blanc de Saint-Bonnet a justement pu dire que cette société était fondée sur une erreur sur la nature de l'homme. La société fondée sur le dogme du péché originel a été remplacée par la société fondée sur le dogme de "l'homme né bon par nature"...

 

Dans cette "société" (moderne) l'homme n'aurait plus en lui la tache de la Chute mais est devenu par un tour de magie "bon par nature"... L'expression, de Rousseau a servi de soubassement idéologique à la construction utopique de la société moderne des "Lumières", en passant par la Révolution dite française, les expériences totalitaires du XXe siècle et la société marchande actuelle.

 

La société est devenue un contrat entre les personnes. On sait que ce contrat est une escroquerie : le peuple n'a jamais demandé la Révolution "française"..., ce modèle a été imposé par une minorité de riches, de banquiers et de francs-maçons.

 

La société-contrat s'étant trompée sur la nature de l'homme, cette construction devait fatalement s'effondrer. C'est ce que constate nos intellectuels sans apporter les bons remèdes.

 

De là, l'échec, la Grande Sécession, et le "divorce" constaté par nos intellectuels.

 

Certains ont voulu et continuent de vouloir la société constructiviste des bâtisseurs; ils continuent de se tromper sur la loi naturelle et la nature de l'homme. Leur contrat social aboutit à une impossibilité pratique.

 

Leur "société" utopique que l'on pourrait qualifier de véritable anti-Société, se retourne sur elle, les droits de l'homme deviennent des droits sans homme, la construction devient une déconstruction permanente, la société une jungle de sauvages... C'est le retour à la barbarie la plus complète. Et la société elle-même est détruite. Voilà la vraie raison de la Grande Sécession. Voilà pourquoi les jeunes ne veulent plus de cette "société".

 

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