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Christ Roi

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 06:45

"La France est née en 1789", "la nation française est née en 1789", etc. sont des antiennes républicaines assénées régulièrement par les hommes politiques dans de grands élans lyriques, afin de faire croire que la France d'avant 1789, nécessairement plongée dans les ténèbres de l'obscurantisme moyen-âgeux et d"'Ancien Régime"..., est venue soudainement à la lumière en 1789 (Cf. L'illuminisme au XVIIIe siècle). Cette illumination soudaine serait l'acte fondateur de la nation française... Le dernier à le dire est le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, dénommé El Blanco "Quand même" dans les banlieues, aujourd'hui devenu Premier ministre par la grâce des loges..., qui le 8 octobre 2013, déclara : "Historiquement, c'est la gauche qui a inventé la nation, en 1789" (sic).

 

Lors du Discours de Villepinte le 11 février 2007, Ségolène Royal (socialiste) déclarait : "La France,... c'est la grande lumière jamais éteinte de la Révolution française, ... ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française". Cinq jours auparavant, dans Le Monde du 6 février 2007, elle déclarait : "La France n'est pas la synthèse de l'Ancien Régime et de la Révolution.... C'est la rupture opérée par la Révolution qui explique la France d'aujourd'hui".

 

Le 9 mars 2007, c'était au "centriste" François Bayrou de faire son cinéma : "L'identité nationale de la France, elle a un nom, c'est la République" (La Croix, AFP, 09/03/2007 20:54, PERPIGNAN (AFP) - François Bayrou: "l'identité nationale de la France c'est la République").   

 

À "droite", un agent "libéral" du mondialisme illuminateur, Nicolas Sarozy, invité en 2007 à dire s'il se sentait l'héritier de Jacques Chirac, indiquait "ne se sentir l'héritier de personne...  La France, c'est la République, ce n'est pas un héritage", affirmait-il. (Le Monde, 12.03.07 | 09h24 Sarkozy "touché" par la déclaration de Jacques Chirac).  

 

Un peu plus tôt en 2004, Dominique de Villepin ("droite" UMP), apôtre des "Lumières", s'écriait : "Je crois à cette folle immortalité française qui veut réconcilier les contraires. Je crois à l'éternité de l'homme né un soir de 1789..." (Dominique de Villepin, Le requin et la mouette, éd. Plon 2004). 

   

Ces quelques exemples montrent des hommes politiques, à la suite de tout un courant républicain qui balayent d'un revers de la main, l'histoire de la France avant 1789, selon une méthode qui conciste en une sorte de mémoricide historique, pour reprendre la terminologie du "mémoricide" qui a été défini juridiquement par l'historien Reynald Secher, "comme un crime contre l'humanité qui consiste à concevoir, réaliser, être complice, tant dans la conception que dans la réalisation partielle ou totale, d'une volonté ou d'un acte dont la finalité est de nier, relativiser, justifier, partiellement ou totalement dans le temps, un acte premier de génocide" (Vendée, du génocide au mémoricide, mécanique d'un crime légal contre l'Humanité, Cerf Politique, Paris 2011, p. 267.)

 

La France en effet n'a pas attendu les mémoridices de son histoire pour être une nation. La culture française, la France et ses valeurs existaient bien avant la date fatidique !


Le mémoricide

 

Ainsi, à la fin du XIXe siècle, un auteur catholique antilibéral, Mgr de freppel s'étonnait déjà : "On a calculé que la Constituante avait confectionné, en deux ans, 2557 lois; la Législative, en un an, 1712; et la Convention, en trois ans, 11 210... Jamais spectacle plus byzarre n'avait été donné au monde. On eût dit que la France ne faisait que de naître, et qu'il fallait la traiter comme une horde de sauvages arrivant à l'état social..." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 46.)


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  Les États généraux se réunissent le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus Plaisirs.

 

Sous la Révolution dite "française", un Condorcet, parmi d'autres..., dans Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1795), explique que le processus d'émancipation du genre humain, composé de neuf stades successifs, débute par la Réforme et l'invention de la presse et atteint son apogée dans la Révolution... Celle-ci serait le point de départ, la date de naissance de la France émancipée, libre & égale évidemment, et sur la voie du progrès... Le mythe révolutionnaire était né.

 

L'historien Pierre Gaxotte indique à la première page de son Siècle de Louis XV, que "PENDANT tout un siècle, les Français ont eu la faiblesse de croire que leur histoire commençait en 1789..." (P. Gaxotte, Le siècle de Louis XV (1933), Livre de Poche Historique, Paris-Coulommiers 1956, p. 7). Aujourd'hui encore, on l'a vu, il est courant d'entendre la légende révolutionnaire se répandre. Or, ce n'est pas en 1789 que la France est née, mais treize siècles plus tôt... en 496 exactement, au moment du baptême de Clovis. On fonde traditionnellement la naissance de notre pays à cette date, lorsque par la conversion de Clovis, la France devient "la Fille aînée de l'Eglise", première nation européenne à être convertie selon le commandement de Notre Seigneur Jésus-Christ ("Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit". Evangile selon Saint-Matthieu, XXVIII, 19.)

 

Le médiéviste Jacques Heers dans "L’Eglise et les deux glaives", indique que la civilisation occidentale elle-même est née de l’alliance du Trône et de l’Autel. On comprend toute l'importance qu'a pu ainsi jouer notre nation dans l'éclosion de cette "civilisation occidentale".

 

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Seulement, comme le déplore l'historienne archiviste-paléographe Régine Pernoud, les universitaires, au moins en France, se sont soigneusement appliqués à ignorer délibérément les grands noms de notre Moyen Âge : "Tristan et Iseut, Roland et Olivier, le roi Arthur et Charlemagne, ce sont, avec Renart et ses comparses, les seuls noms ou à peu près qui aient pu, en France du moins..., subsister dans notre patrimoine folklorique et triompher d'une ignorance soigneusement entretenue par les universitaires." (Régine Pernoud, Aliénor d'Aquitaine, Livre de poche, La Flèche 1965, p. 148).

 

Il est donc temps aujourd'hui de mettre fin à la propagande révolutionnaire, et d'en finir avec le mémoricide historique de la "France née en 1789".

 

La France est née en 496

 

"La France, avait écrit Mgr Pie dans sa troisième synodale, est originairement et substantiellement chrétienne: AUCUNE RÉVOLUTION NE CHANGERA SA NATURE, SA CONSTITUTION, SON TEMPÉRAMENT, SA MISSION, SON HISTOIRE, SA DESTINÉE, SES ASPIRATIONS" (Cardinal Pie, La Royauté sociale de N.S. Jésus-Christ, d'après le cardinal Pie, P. Théotime de Saint-Just, O.M.C., Lecteur émérite en théologie, 1923, Éditions Saint-Rémi, note 246, p. 186).

 

Le baptême de Clovis Ier en 496, acte de naissance de la France "Fille aînée de l'Eglise" est une donnée de l'histoire, un acquis que les républicains ne peuvent pas effacer, faire comme s'il ne s'était jamais produit. Les ennemis de l'Eglise auront beau écrire n'importe quoi, tourner autour du pot, ils ne pourront pas et ne pourront jamais effacer le baptême de Clovis, baptême de la France Fille aînée de l'Eglise.

L'ennemi infernal a alors imaginé un stratagème en enseignant aux enfants qu'en réalité le baptême de Clovis n'en est pas un et donc la France n'est pas née en 496, car Clovis se serait converti à des fins purement politiques (ce qui ôte l'élément spirituel dans la naissance de la France).


La vocation chrétienne de la France

 

« Au regard des catholiques, les nations ne sont pas toutes égales. Certaines remplissent, dans l'histoire de l'Eglise, un rôle exceptionnel. Comment ne pas penser à ce propos à l'Italie, terre des saints et du pape, ainsi qu'à l'Espagne, qui eut avec le Portugal le privilège d'offrir au Christ le Nouveau Monde?

 

"La France, elle aussi, a tenu dans l'Eglise une place éminente. Ce n'est pas sans raison que les souverains pontifes voulurent la saluer du nom de "Fille aînée de l'Eglise" et conférèrent à ses rois le titre de "Très-Chrétiens".

 

Cette place de la France dans le plan divin n'est pas d'abord le fruit de qualités que la France aurait possédées, ou d'une tâche qu'elle aurait accomplie pour la gloire de Dieu. Bien au contraire, c'est parce que Dieu voulait que notre pays accomplit une tâche extraordinaire qu'il la dota de qualités particulières. En d'autres termes, il s'agit d'une prédestination, d'une vocation, la "vocation chrétienne de la France".

 

Comme toute vocation, celle de la France comporte d'abord une prédilection, un amour particulier antérieur à tout mérite. Parmi tant d'autres pays qu'il aurait pu choisir, c'est le nôtre que, gratuitement et sans mérite de sa part, Dieu a voulu appeler à cet honneur. Cette prédilection s'est manifestée clairement dans le choix de Clovis.

 

Celui-ci n'était qu'un obscur petit chef barbare et païen, noyé dans une Gaule appartenant nominalement à l'Empire romain mais entièrement envahie par de puissants peuples germaniques de confession chrétienne-arienne. Ces trois "qualités" de Clovis, l'obscurité, la barbarie et le paganisme, n'étaient certainement pas des titres particuliers à un amour préférentiel de la part du Seigneur. Pourtant, c'est bien Clovis qui fut choisi entre tous et tiré efficacement de son obscurité, puis de son paganisme, enfin de sa barbarie, pour fonder, sur les débris de l'Empire, la première et la plus puissante des nations européennes modernes.

 

Cette vocation se traduit ensuite par des grâces et des secours particuliers, permettant à la France de remplir dignement la mission divine qui est la sienne. Les figures de saint Rémi, de sainte Clotilde, de sainte Geneviève, de saint Louis, de saint Vincent de Paul, de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, du saint Curé d'Ars, de sainte Thérèse de Lisieux, de tant de saints envoyés à la France pour la guider et lui obtenir les grâces de sa vocation, sont les signes éclatants de ce secours divin. Par dessus tout, c'est le personnage de Jeanne d'Arc qui atteste plus qu'aucun autre que Dieu voulait la continuité de la France, menacée alors d'être englobée et dissoute dans le royaume d'Angleterre." [ce qui aurait fait d'elle par la suite un pays protestant...]

 

(Abbé Benoît de Jorna, Fideliter, Le Christ qui aime les Francs, Mars-Avril 1996, n° 110, éditorial, p. 1-3).


14 juillet 1790, la "Fête de la fédération" fondant l'unité française : un mythe (Jean Sévillia)

 

"Le 14 juillet 1790, au cours de la fête de la Fédération (fête révolutionnaire célébrée pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille), Louis XVI prête serment à la Constitution. Mais lors de cette journée que les manuels scolaires présentent comme la fondation de l'unité française, la personne du roi est applaudie, particulièrement par les provinciaux: la légitimité royale n'est pas morte..."

 

(Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 181-182.)

 

 

La-Victoire-de-Tolbiac.jpg

 

La victoire de Tolbiac: baptême de Clovis, baptême de la France

 

La victoire de Tolbiac eut lieu en 496 et non dix ans plus tard... (Georges Bordonove)

 

"Le choc décisif se produisit sur les rives du Rhin, dans un endroit indéterminé, mais qui pourrait être Zülpich (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) en raison de sa position stratégique.

 

Les Alamans ne cédaient rien aux Francs en matière de bravoure. Leur armement était le même. Ils utilisaient la terrible lance à crochet et la hâche de jet. Ils avaient le même mépris de la mort, et d'autant que, dans leurs croyances, les guerriers braves étaient promis aux voluptés du Walhalla. Peut-être leur férocité dépassait-elle celle des Francs. Selon le témoignage de Procope, ils immolaient aux divinités des arbres et des eaux des boeufs, des chevaux auxquels ils tranchaient la tête et leurs autels ruisselaient de sang.

 

Zulpich--Tolbiac-.gif

Il est possible que l'armée de Clovis ait été inférieure en nombre. Les soldats de Clovis plièrent soudain. Il s'efforça en vain de ranimer leur courage: à cette époque, les rois combattaient au premier rang; leur mort entraînait le plus souvent une débandade générale.

Grégoire de Tours écrit : "Il arriva en effet que la rencontre des deux armées dégénéra en un violent massacre et que l'armée de Clovis fut sur le point d'être exterminée".

 

Mal engagé, sentant venir pour la première fois de sa vie une défaite militaire, c'est le moment précis où Clovis invoque le Dieu de Clotilde, ouvre les bras et lève les yeux vers le ciel où le Christ et ses anges apparaissent soudain.

 

Clovis tint ce discours: "Ô Jésus-Christ, que Clotilde proclame fils du Dieu vivant, toi qui, dit-on, donnes une aide à ceux qui peinent et attribue la victoire à ceux qui espèrent en toi, je demande pieusement la gloire de ton assistance; si tu m'accordes la victoire sur mes ennemis et si j'éprouve la vertu miraculeuse que ton peuple déclare avoir constatée, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. J'ai en effet invoqué mes dieux, mais comme j'en fais l'exprérience, ils se sont abstenus de m'aider; je crois donc qu'ils sont dépourvus de puissance, eux qui ne viennent pas au secours de leurs serviteurs. C'est toi maintenant que j'invoque, c'est à toi que je désire croire pour que j'échappe à mes adversaires"...

 

Les Alamans fléchirent brusquement et commencèrent à reculer. Leur roi-chef de guerre venait d'être tué. Le massacre commença, mais les Alamans demandèrent grâce. Clovis la leur accorda et arrêta la tuerie. [...] Les Alamans se soumirent, abandonnant le cour supérieur du Rhin désormais placé sous le contrôle de Sigebert...

 

Ayant gagné sa capitale, qui était encore Soissons, il raconta à la reine Clotilde comment il avait remporté la victoire sur les Alamans en invoquant le nom du Christ.

 

"La tradition du voeu de Clovis en pleine bataille, [...] est trop constante, en dépit de ses variantes, pour qu'on puisse la révoquer en doute... Certains ont vu dans la promesse inconditionnelle du roi des Francs un vulgaire marché. Il n'appartient pas aux historiens de sonder les reins et les coeurs; ils ne connaissent que les faits. Or ceux-ci motivent précisément en faveur de la sincérité de Clovis" (Georges Bordonove, Les Rois qui ont fait la France, Clovis, J'ai lu, Edition illustrée, Paris 2001, p. 95-96).

 

"La bataille dite de Tolbiac contre les Alamans, eut lieu la quinzième année du règne de Clovis, par conséquent en 496. Cette date est généralement admise. Je passe à nouveau sur les querelles d'érudits tendant à la reculer de dix ans, pour le seul plaisir de bouleverser la chronologie traditionnelle..." (Georges Bordonove, ibid., p. 94).

 

C'est qu'en effet, certains ennemis de l'Eglise ont entrepris de jeter le trouble sur cette date afin d'occulter le divin miracle de la conversion et de la victoire de Tolbiac.

 

"La construction sociopolitique de notre pays n'est pas le seul fait de la dynastie capétienne. Elle a ses premières racines, non les moins tenaces, dans l'histoire des Mérovingiens comme dans celle des Carolingiens" (Georges Bordonove, Les Rois qui ont fait la France, Clovis, J'ai lu, Edition illustrée, Paris 2001, p. 7.)

 

"Épris de la fière Burgonde Clotilde, dont l'âme était aussi haute que la sienne, il [Clovis] lui donna une large part d'influence dans les affaires publiques. Elle régna véritablement avec lui, aux applaudissements des Francs, qui admiraient son intelligence, son énergie, son caractère résolu.

 

Les Gaulois se réjouirent de voir assise sur le trône du glorieux Sicambre une femme de ce mérite; ils se prirent à espérer que Chlodowig (Clovis) subirait jusqu'au bout l'ascendant que sa noble épouse obtenait sur lui, et qu'il finirait, instruit à son école, par confesser la foi du Christ." (C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 49).

 


Date du baptême de Clovis

 

On situe traditionnellement la date du baptême de Clovis à Reims avec 3000 guerriers par saint Rémi, évêque de Reims, le 25 décembre 496 ou 498, voire 506 (Source: Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 23).

 

"L'estimation la plus prudente situe l'évènement entre 496 et 498" (Régine Pernoud, La femme au temps des cathédrales, Stock, Évreux 1980, p. 16).


La Sainte Ampoule et la doctrine chrétienne de l'égalité (devant Dieu)

 

"Par la sainte Ampoule (petite fiole contenant une huile sacrée qui aurait servi lors du baptême de Clovis) se trouve symbolisée la doctrine chrétienne, selon laquelle tous les hommes étant égaux, aucun d'eux ne peut exercer l'autorité sur ses semblables si ce n'est par une délégation de Dieu, à qui il devra des comptes.

 

D'ailleurs, l'expression, 'par la grâce de Dieu roi de France', telle qu'on l'employait aux temps féodaux, n'est pas autre chose qu'une forme d'humilité"

 

(Source: Georges et Régine Pernoud, Le tour de France médiévale, L'histoire buissonnière, Stock, Évreux 1982, p. 63).

 

"Autre symbole de la royauté: l'histoire de David et de Salomon, qu'on peut voir sur cette même façade de la cathédrale de Reims, au-dessus de la grande rose : c'est aux rois juifs, en effet, et aux coutumes hébraïques que se rattache la cérémonie du sacre. Le sacre de nos rois (de même qu'aujourd'hui celui des souverains d'Angleterre) et le sacre de David, que l'on voit figuré au centre de la façade de Reims, sont identiques dans leurs principaux rites.

 

Manuscrit--dit-evangeliaire-de-Morienval.jpgAvant que, sur cet autel, l'archevêque ne commence à célébrer la messe, le nouveau roi vient prêter serment sur l'Évangile. On conserve encore à la bibliothèque du chapitre de Noyon un évangéliaire sur lequel fut prêté le serment royal : c'est l'admirable évangéliaire de Morienval. Il date du IXe sièlce. Le roi jure de défendre l'Église et de conserver à chacun des évêques la loi et la justice qui lui sont dues; il jure également de rendre au peuple la justice à laquelle il a droit. À cet instant, les voûtes de la cathédrale retentissent de cris : ce sont les seigneurs et le peuple qui, par trois fois, crient ensemble en latin: 'Nous approuvons, nous voulons qu'il en soit ainsi!' Ces cris, qu'on appelle, l'"acclamation", rappellent au roi qu'il reste l'élu du peuple"

 

(Source: Georges et Régine Pernoud, ibid., p. 64).

 

"Plus tard, les révolutionnaires en s'acharnant sur Clovis avec une fureur dévastatrice (son sarcophage est profané, sa basilique détruite, la sainte ampoule solennellement brisée neuf mois après la mort de Louis XVI...), le consacrent malgré eux comme le fondateur de la royauté sacrée. L'affrontement parfois violent au cours du XIXe s. des deux France lui donne un nouveau souffle : comparé à Charlemagne, saint Louis ou Jeanne d'Arc, il devient le symbole de la France chrétienne et royaliste, opposée aux républicains laïc". (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, ibid., p. 12).

 

Le baptême de Clovis, premier sacre de nos rois de France

 

Le baptême de Clovis a été perçu comme le premier sacre de nos rois de France au IXe siècle par Hincmar de Reims (806-882).

 

L'histoire telle qu'on l'enseigne aujourd'hui dit que, le premier monarque franc à avoir été sacré fut Pépin le Bref en 751 par Saint Boniface, évêque de Soissons pour la Neustrie, et à nouveau en 754 par le pape Étienne II.

 

Or, en 869, Hincmar de Reims, archevêque de Reims, nous dit que Rémi, immédiatement après le baptême de Clovis, l’avait sacré et oint avec une huile «envoyée du ciel dans la sainte ampoule» par le truchement d’une colombe venue se poser sur l’autel même de l’Eglise. Cette histoire plaisant fort au peuple, sera reçue comme un symbole par presque tous.

 

Si l'on en croit Hincmar (et je ne vois pas pour quelle raison on devrait écarter a priori son témoignage), Clovis fut sacré et oint avec une huile sainte, ce qui est resté dans la tradition historique comme le premier sacre (de droit divin) de nos rois.


Narration du sacre et "Serment de Saint Rémi" ou "Testament"

 

"Dans la nuit de Noël 496, au jour anniversaire et à l'heure même de Sa naissance, le Christ – lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois – voulut, par un miracle éclatant, affirmer la Mission providentielle de notre pays et de notre race Royale, au moment même où saint Rémi va proclamer cette Mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles (divinement inspirées) de Son Ministre. À minuit, alors que le Roi, la Reine et leur suite sont dans l'Église Saint-Pierre où l'Archevêque les a convoqués, "soudain, raconte Hincmar (Migne, Patrologie Latines, tome CXXV, p. 1159. Hincmar, Vita Sancti Remigii, chap. XXXVI), une lumière plus éclatante que le soleil inonde l'Église! Le visage de l'évêque en est irradié! En même temps retentit une voix: La paix soit avec vous ! C'est moi! N'ayez point peur! Persévérez en ma dilection! Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère. Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantée, se jetèrent aux pieds de saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de Ses visites et de réjouir à la fin.

 

Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'œil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage – identique quant au sens – de l'ancien Moïse à l'ancien peuple de Dieu :

 

"Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine, qui est la seule véritable Église du Christ".

 

"Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes et il embrassera toutes les limites de l'Empire romain ! Et il soumettra tous les peuples à son sceptre ! Il durera jusqu'à la fin des temps ! Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi romaine. Mais il sera rudement chatié les fois qu'il sera infidèle à sa vocation." (Migne, Patrologie Latines, tome CXXXV, p. 51, Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis, Lib. I, chap. XIII).

 

Cette prophétie est faite à la race royale, pour bien marquer que la race royale doit être aussi inséparable de la France que la France doit être inséparable de l'Église... (Cf. Marquis de la Franquerie, Saint Rémi,Thaumature et Apôtre des Francs, Éditions Résiac, Montsurs 1981, p. 10).


Le baptême de Clovis : une réelle démarche de foi

 

Notons bien que d'un point de vue politique, le choix du catholicisme (associé à l'empire romain, faible et lointain) plutôt que de l'arianisme (peuplades barbares voisines) ne fut certainement pas le choix le plus facile...

 

Le-Bapteme-de-Clovis--Paul-Joseph-Blanc-v.-1881.jpg

Le Baptême de Clovis, Paul-Joseph Blanc v. 1881

 

"Tous les peuples vaincus de l'Empire romain étaient catholiques, mais toutes les nations barbares et victorieuses étaient ariennes, en Gaule, en Espagne, en Italie, en Afrique. Il fallait donc au Roi se séparer de tous les peuples amis, issus de la même origine, pour adopter la religion des peuples de race étrangère et ennemie ! C'était la vraie difficulté. Elle était si grande que le prince avait vu s'introduire l'arianisme jusque dans sa propre famille. Sa sœur Alboflède, qu'il aimait beaucoup, et qui sans doute exerçait une grande influence sur son esprit était arienne. Aussi sommes-nous convaincu que Rémi ménagea le mariage de Clotilde et de Clovis pour combattre avec plus de succès auprès du roi l'influence de sa sœur. Car non seulement, Clotilde était catholique, mais elle était de plus l'ennemie personnelle des ariens" (qui avaient assassiné ses parents et ses frères).

 

Si Clovis avait été astucieux et rusé (comme certains historiens le prétendent...) il aurait feint la conversion, se réservant de revenir plus tard à ses convictions, quand sa domination eût été assurée; il ne le fit pas: lui aussi préféra rester impuissant, plutôt que de se mentir à lui-même. Dieu pour fonder la France avait préparé deux grandes âmes, nobles toutes deux, dignes de s'entendre, de s'estimer et de s'aimer.

 

Aussi à partir du baptême du roi, l'intimité devint plus grande (encore), Rémi prit part aux affaires de la nouvelle royauté; tous deux de concert s'appliquèrent à réaliser l'unité religieuse et territoriale des Gaules. Dans toutes les guerres de Bourgogne et d'Aquitaine, Saint Rémi était intervenu, les avait approuvées et pratiquement dirigées, en plein accord avec Clovis.

 

Le pape saint Hormisdas – le zélé défenseur de l'orthodoxie contre les euthychéens fit signer par l'empereur Justin, le formulaire de foi qui proclamait l'infaillibilité de l'Église en matière de foi, institua saint Rémi légat avec pleins pouvoirs pour toute l'ancienne Gaule, toute la France : "Nous vous donnons tous nos pouvoirs pour tout le royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa nation, par un apostalat et des miracles dignes du temps des Apôtres" (Hincmar, Vita Sancti Remigii, chap. LIV, cité in Marquis de la Franquerie, ibid., p. 26-27).

 

C'est qu'au moment du baptême de Clovis, à la fin du Ve s., l'Eglise et les fidèles sont opprimés de tous côtés par des princes hérétiques. "L'empereur Anastase, en Orient, est livré aux Eutychiens; Theodorick, roi d'Italie, Alaric, roi des Wisigoths en Espagne et en Aquitaine, Gondebald, roi des Burgondes, Trasamond, roi des Vandales en Afrique, professent les erreurs d'Arius" (Source: C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 77).

 

Il faut aussi se rappeler que "Clovis croyait aux dieux des anciens Germains : Wotan, dieu des batailles, Thor, le génie de la guerre armé d'un marteau, Thunar, le dieu du tonnerre, Frea, l'épouse de Wotan et la mère de tous les demi-dieux personnifiant les forces de la nature. [...] Il croyait aux devins et aux sorciers. Il croyait aussi à lui-même, puisqu'il avait une origine divine. Pouvait-il concevoir que ce Jésus-Christ qui parlait d'amour, de pardon et de résignation fût un dieu, c'est-à-dire pour Clovis l'équivalent d'un prince ? Un prince se fût-il laissé capturer, fouetter, enchaîner? Eût-il accepté de subir le supplice le plus infamant, celui de la croix ?

 

En outre, en abjurant les croyances germaniques, Clovis abjurait sa propre identité, anéantissait le prestige que ses origines réputées divines lui valaient. Il perdait le caractère sacré que lui reconnaissaient les Francs. Il courait le risque d'offenser gravement ceux-ci, de se voir abandonné par une partie de ses fidèles." (Georges Bordonove, Les Rois qui ont fait la France, Clovis, J'ai lu, Edition illustrée, Paris 2001, p. 91).

 

On est donc très loin d'une conversion "par calcul politique" telle que l'histoire officielle la présente dans nos écoles et universités. Cette conversion entrainait mécaniquement un effet contraire au calcul politique: l'hostilité de tous les rois barbares alentour, l'hostilité de ses soldats avec le risque d'une sécession, et à terme une guerre contre toute l'Europe... En terme de "calcul politique", on fait mieux ! La conversion à des fins politiques est une absurdité.

 

Pour surmonter ces inconvénients, il fallut donc que se trouve chez Clovis une véritable foi.

 

Il reste vrai néanmoins que les Gaules des campagnes étaient, déjà à ce moment au Ve siècle, largement acquises au catholicisme. Dans ces conditions, la conversion lui ouvrit probablement des portes dans les provinces et affermit davantage son autorité chez les peuples gaulois. Mais, il reste qu'à l'extérieur, voire même tout prêt des frontières du royaume franc (Burgondie, Espagne, Allemagne, Italie), les autres princes ne partageaient pas la même foi...


Un roi aimé de ses peuples

 

"Le roi des Francs, chose rare en ces temps de redoutable souvenir, possédait l'affection des peuples: Francs et Gaulois soumis à sa domination, proclamaient sans cesse leur amour pour l'illustre guerrier. Cette main si terrible dans les combats, était légère dans l'administration intérieure; tous bénissaient le sceptre étendu comme une protection sur les têtes. Les Gallo-Romains de l'Est et du Sud supplient Chlodowig de les ranger au nombre de ses sujets; il s'empresse de remplir leurs vœux. Les évêques assis au berceau du nouveau peuple, n'élèvent jamais en vain leur voix respectée; leurs ambassadeurs obtiennent la liberté des vaincus de Tolbiac, celle des prisonniers de Voulon; un prêtre sollicite le pardon des révoltés de Verdun, et il est exaucé.

 

L'Orient s'associe à l'admiration de l'Occident pour le Fils des Sicambres, et l'empereur de Constantinople Anastase Ier (491-518) lui envoie les insignes de la dignité suprême [510: pour le remercier de sa victoire sur les Barbares, l'empereur d'Orient lui offre les insignes de consul honoraire de Rome, ce qui le fait considérer par les évêques comme le successeur des empereurs romains, avec le titre d’"Auguste" ("nouveau Constantin")].

 

Remigius (Rémi), le saint évêque de Reims, vient l'entretenir des devoirs d'un roi chrétien, et il est docilement écouté… Chlodowig a bien compris sa mission, qui est celle de la France; il est le fils aîné de l'Église."

 

(Source: C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 146-147).

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