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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 23:57

La crise des bonnets rouges est le dernier avertissement: au-delà de cette limite, la démocratie ne sera plus valable.

 

Ce ne serait pas la première fois qu’une révolte fiscale constitue l’étincelle d’une révolution : bien des régimes, dans le monde, se sont effondrés sur de ­soudaines crispations sociales, conséquences de réformes fiscales. Les Etats-Unis d’Amérique sont nés d’une révolte des colons à Boston, en 1773, contre l’alourdissement de la fiscalité sur le thé imposée par le colonisateur anglais. Et c’est une révolte contre un nouvel impôt local, la « poll tax », qui conduisit en 1990 au départ du pouvoir de l’inflexible ­Margaret Thatcher, renversée par son propre parti.

 

 

... Les portiques d’écotaxe rappellent, avec l’électronique en plus, les barrières d’octroi qui conditionnaient l’entrée dans les villes au paiement d’un impôt, et le mode de gestion de cette taxe nouvelle, confiée à une société privée, rappelle le temps des fermiers généraux, personnes privées qui collectaient l’impôt au nom du roi.

 

 

Economie - gauche et droite : une opposition factice pour des résultats identiques

Plus généralement, le pays tout entier souffre depuis plus de vingt ans d’un refus de prise de conscience, par ses élites dirigeantes, politiques et syndicales, des réalités du monde : la chute du mur de Berlin a provoqué une formidable accélération de la concurrence économique, technologique et politique mondiale, exigeant des réformes qu’aucun gouvernement français, ni de gauche ni de droite, n’a osé entreprendre, à la différence de ceux de plusieurs autres pays. Et qu’aucun parti n’a osé proposer : la droite n’a pas voulu réformer de peur d’être battue. Et elle l’a été. La gauche ne veut pas ­réformer, de peur de dissoudre le tissu social, et il se dissout. Même si bien des entreprises, bien des créateurs, bien des chercheurs, bien des fonctionnaires ont compris les enjeux, sans pouvoir imposer qu’on les prenne en compte. Alors, pour survivre, la France, comme d’autres [comme tous les pays sous la férule du FMI... de la FED..., de l'euro... NdCR.], n’a pas trouvé mieux que de s’endetter, et de se crisper sur des rentes.

Tout cela n’a qu’un temps. La réalité finit par se venger. La croissance s’interrompt, ce qui, en France, en raison de la croissance démographique, se traduit par une baisse de pouvoir d’achat des classes moyennes et des plus pauvres. A cela s’ajoutent la hausse continue du coût des logements, de l’énergie, de l’alimentation, et celle des prélèvements sociaux et des impôts, qui touche en priorité les ­salariés des classes moyennes, les professions libérales, les entrepreneurs, les artisans et les agriculteurs. En sont relativement protégés les plus pauvres, qui n’ont pas les moyens de payer d’impôt, et les plus riches, qui ont les moyens de ne pas le payer.


La situation devient alors intenable. Faute de croissance, les recettes fiscales baissent, les faillites d’entreprises se multiplient, les plans sociaux se généralisent. En conséquence, les demandes, justifiées, de subventions augmentent, qu’il faut ­financer par de nouvelles hausses ­d’impôts, entraînant une nouvelle baisse de la production. Nourrissant le sentiment qu’aucun effort ne permettra d’en sortir.

 


Tout cela conduit à trois mouvements contradictoires. Les forces les plus dynamiques du pays, parce qu’elles sont riches et sans contraintes, ou parce qu’elles sont jeunes et sans attache, choisissent l’exil, pour chercher ailleurs ce que la France ne leur offre plus, c’est-à-dire la perspective d’un avenir meilleur. D’autres choisissent de rejoindre les partis les plus extrémistes, convaincus qu’on a essayé tout le reste et que seuls les ­extrêmes n’ont pas encore été mis en situation de faire la preuve de la validité de leurs programmes. D’autres enfin choisissent la désobéissance : ils ne paient plus l’impôt ; ils travaillent le dimanche, même quand c’est interdit ; et, dans certains cas, de plus en plus nombreux, rejoignent les rangs du marché noir et de la criminalité.

 

 

La crise des bonnets rouges est le dernier avertissement : au-delà de cette limite, la démocratie ne sera plus valable.

 


 

Source: http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-grogne-536629

via https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=560495134026023&id=545299165545620

 

 

 

. Le vrai bilan de la république dite "libre & égale"

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