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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 10:48

"À l'âge de l'outil informatique, de l'immédiateté, on peut s'inquiéter de certaines évolutions, un manque de discernement, de réflexions, il faut absolument prendre le temps de la réflexion dans nos vies" (Frédéric Lenoir).


Afin de détruire le système du mensonge permanent officialisé avec la loi Taubira qui a légalisé le "mariage" homosexuel et l'adoption par les homosexuels, nous préconisions en avril dernier de cesser de consommer, c'est-à-dire d'entrer dans une forme de "résistance passive" consistant à cesser de consommer afin de détruire le système de l'intérieur, système moderne sous-tendu entièrement par la consommation et le consumérisme. Un peu comme les dissidents soviétiques en 1990-91, qui ont détruit l'URSS après s'être retiré de toutes ses institutions et n'avoir plus laissé sur place qu'une coquille vide, vidée de toute substance vitale.

 

Frédéric Lenoir, philosophe et écrivain catholique, invité de Philippe Cochinaux dans l'émission "Il était une fois, en quête de sens" sur "Rtbf Tv", parle de la "crise de la modernité", "un consumérisme matérialiste qui détruit totalement le monde". Il indique des remèdes proches des nôtres. Ce qui détruira le système consumériste, c'est dit-il - pour résumer son propos (en fin de video) - une somme de comportements individuels, une pratique, la relation que nous avons aux autres, mais aussi notre propre action:

 

"C'est parce que nous arrêterons d'être dans ce système consumériste, par exemple le fait de cesser de se dire qu'on ne va pas acheter tel aliment parce qu'il est produit de telle manière, [...] sur la souffrance des animaux, la déforestation de tel type d'arbres, ou parce qu'il fait travailler des enfants. Donc avoir un discernement critique dans notre manière de consommer, dans notre manière de vivre et c'est cela qui transformera le monde. Ce ne sont pas des lois, des super-structures. Donc on est tous responsables de l'avenir du monde".

 

 

 

Source video : http://www.youtube.com/watch?v=YUjfNIs7Puo#t=25

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41RQlHH6lSL._.jpgDans son livre "la guérison du monde", Frédéric Lenoir parle d'une crise systémique: la crise n'est pas seulement économique, comme le laisse entendre l'ensemble des medias, c'est aussi "une crise de sens, une crise des valeurs, une crise du politique, une crise du vivre ensemble, une crise écologique, des crises sanitaires à répétition, ... et toutes ces crises sont reliées entre elles par des logiques communes et c'est pour cela qu'on peut parler d'une crise systémique, c'est-à-dire d'une crise qui fait système. ... Et ce qui m'intéressait dans ce livre, c'est de montrer quelles sont les causes à toutes ces crises."

 

"On est dans une situation de crise grave parce que la crise est globale, elle touche tous les secteurs de la vie collective, et en même temps est planétaire. ... On l'a vu avec la crise économique actuelle qui est la crise des subprime aux Etats-Unis qui a des répercussions dans le monde entier.

 

L'ultra-libéralisme économique qui recherche la maximisation des profits est un danger mortel parce que cela produit toutes les crises dont on parle aujourd'hui" (Charles Maurras disait : "la démocratie c'est la mort". NdCR.)

 

La crise de la modernité : L'auteur parle plutôt d'"ultra-modernité" plutôt que de "post-modernité"

 

"La plupart des philosophes et des sociologues se sont mis à parler de la 'post-modernité' dans les années 60-70 pour parler de la crise de la modernité. Et c'est vrai que la modernité connaît une crise, mais c'est une crise de son mythe, le mythe du progrès, le mythe que la raison, la science, la technique va faire le bonheur de l'humanité. Et donc pour montrer que la modernité est en crise on a parlé de post-modernité. Mais cela voudrait dire que l'on a quitté la modernité, l'expression post-modernité. Or on est toujours plus dans la modernité. Et donc, je préfère parler d'ultra-modernité. C'est-à-dire qu'on est dans une modernité qui est toujours plus moderne. On va toujours plus loin dans la modernité, dans l'individualisme, dans la technique, dans la mondialisation, c'est-à-dire tout ce qui a fait la modernité s'accélère de plus en plus. Simplement, on est dans une ultra-modernité désenchantée. Il n'y a plus cette espèce de récit fondateur des origines de la modernité qui était le mythe du progrès, qui était aussi cette utopie d'un monde fraternel qui animait les philosophes des Lumières. Et d'une certaine manière on peut le regretter parce que qu'est-ce qui nous reste de la modernité ? Il nous reste comme je l'ai dit, l'individualisme, la technique, etc., mais tous les problèmes qui vont avec. C'est-à-dire qu'au fond, on est dans des sociétés où il y a eu beaucoup de progrès (technique NdCR.), et en même temps, on s'aperçoit qu'on est dans un monde qui crève de l'individualisme, on manque de solidarité, on manque de sacré, on manque de spiritualité. Et donc tout cela crée beaucoup de problèmes. Ce qui fait que je crois qu'aujourd'hui, après cet âge d'or du développement de la modernité [...] après cette deuxième étape qu'on pourrait appeler la modernité désenchantée, où l'individu narcissique triomphe, je pense à l'essai "L'ère du vide" de Gilles Lipovetsky qui montre toutes les aberrations d'un monde totalement individualiste, je crois qu'on entre dans une troisième étape, qui est celle où l'on peut vivre à la fois les acquis de la modernité, c'est-à-dire l'émancipation de l'individu, les droits individuels, et en même temps il faut qu'on découvre une responsabilité individuelle et collective, il faut qu'on soit des individus responsables. Parce que l'individualisme n'est tenable que si on a une éthique, que si on a le sens du Bien commun (le Bien commun qui est une expression de la doctrine sociale de l'Eglise NdCR.). Cela n'est plus imposé d'en haut, comme dans le monde traditionnel, donc c'est à nous d'être responsables. C'est pour cela que je dis dans ce livre que l'amélioration du monde dépend essentiellement des individus, et de la capacité des individus d'être le changement qu'ils veulent dans le monde. C'est Gandhi qui dit ça, "soyez le changement que vous voulez dans le monde", explique Frédéric Lenoir.

 

Les lecteurs de Christ-Roi savent que c'est le mythe de la Révolution et la Révolution elle-même qui est en crise. Frédéric Lenoir décrit ici en effet ce qui a fait dire à François Furet en 1978, "la Révolution française est terminée" et à Patrice Gueniffey en 2011 "la Révolution est morte". "A disparu tout ce qui faisait l'originalité, le sel aussi de la Révolution française, c'est-à-dire son incroyable volontarisme, sa foi dans le progrès, ses tentatives mêmes violentes pour déraciner le monde ancien..., de fonder réellement un monde nouveau", explique l'historien Patrice Gueniffey dans sa conférence du 3 octobre 2011 :

 

" La Révolution française a subi une sorte de déclassement qui fait qu'elle n'occupe plus dans notre inconscient collectif, dans notre paysage politique, l'importance qui avait été la sienne pendant environ deux siècles. [...] La Révolution française avait porté cette croyance à l'efficacité de la politique à un point de paroxysme, poursuit l'historien. Elle avait cru que la volonté humaine a une efficacité illimitée, c'est-à-dire que l'on pouvait absolument tout changer... Les évènements se sont alors chargés de montrer qu'en réalité en politique on ne peut pas tout faire, que les choses résistent, ne se laissent pas faire sans limites."


 D'un point de vue sociétal, un marqueur fort indiquant que les choses résistent, que la "Volonté générale" (dogme républicain) ne peut pas tout faire sans limites, et donc la mort de la Révolution et de son récit fondateur et mythique dans l'inconscient collectif de la jeunesse de France, est celui des "Veilleurs" ("la démocratie est à recréer", disait récemment le philosophe Henri Hude). Un autre marqueur tout récent est le Manifeste des "Sentinelles". Les "Sentinelles" était un nom de révolutionnaires de 1789 contrôlés par les Jacobins (Voir Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 69-71). Mais cette-fois, le mouvement contestataire se faisant en dehors de la franc-maçonnerie qui n'a plus prise, le système cherche à en interdire l'expression par tous les moyens (violences policières, arrestations arbitraires, étude de la possibilité d'interdire même le "Printemps français"). Les "Sentinelles" de 2013 se chargent donc de lui rappeller les exigences de respect de la personne humaine... (et notamment des droits des enfants que la loi Taubira bafoue : "les Sentinelles privilégient l'épanouissement de l'enfant au sein de sa famille biologique" est le premier souci du "Manifeste"). À la violence révolutionnaire, à la violence de la modernité elle-même, la jeunesse de France oppose la douceur évangélique et le principe de non-violence. Ils inscrivent la non-violence dans les principes mêmes du "Printemps français".

 

Cette mort de la Révolution violente dans l'inconscient collectif se concrétise donc par le retour du principe spirituel que la modernité avait tenté d'éliminer (calendrier révolutionnaire, loi de 1905 dite de "laïcité"). À l'horizontalisme d'une société matérialiste faisant du passé table rase, ils opposent la verticalité. Au culte narcissique du moi ils opposent la transcendance et l'altruisme. Prenant ce qu'il y a de meilleur dans notre passé, ils construisent notre avenir sans faire de table rase, quand les révolutionnaires de mai 68 étaient là pour détruire. Lire "L'ordre injuste et le réveil des consciences".

 

Frédéric Lenoir poursuit en évoquant "l'illusion du retour en arrière":

 

"La solution tout aussi néfaste du retour en arrière, l'illusion du retour en arrière, de penser parce qu'on se dit c'était mieux avant, il y avait plus de morale, il y avait plus de repères, et donc c'est le développement de tous les intégrismes, les traditionalismes dans les religions (comme les fondamentalismes prétendant revenir à la pureté de la religion d'origine, NdCR.) [...] Plus personne aujourd'hui ne pourrait supporter qu'une religion s'impose à tout le monde".

 

Evoquer l'illusion du retour en arrière est juste. Personne en France d'ailleurs ne réclame cela. Des millions de personnes re-cherchent autre chose que le carcan laissé par la république actuelle. Une religion imposée d'en haut à tout le monde, c'est en effet ce qui se passe concrètement tous les jours, à l'école, dans les medias, partout. Et la "religion républicaine" maçonnique, est imposée d'en haut, par la force. C'est un Vincent Peillon qui veut "arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix" ! Ou lorsque le gouvernement veut "changer les mentalités" en s'appuyant sur la jeunesse (Note du Ministère de l'Education nationale du 4 janvier 2013), ou quand un Vincent Peillon parle lui-même de "religion républicaine".

 

Frédéric Lenoir poursuit en expliquant qu'il "appelle à une révolution de la conscience humaine". Ce qui, coupé des dogmes de la religion qu'il associe aux "vieux dogmes", "aux récits du passé qui ne parlent plus à la plupart de nos contemporains", qui "n'auraient plus aucune crédibilité", et aux "intégrismes", ne veut pas dire grand chose, si l'on considère que la religion républicaine qui se veut adogmatique a bel et bien elle-même ses propres dogmes, son propre catéchisme qui façonnent la société de force, avec la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, la souveraineté nationale, expression de la Volonté générale de l'Oligarchie, dérivant vers l'absolutisme parlementaire (Carré de Malberg), une souveraineté illimitée (Benjamin Constant) ["La Loi est l'expression de la volonté générale" (article 6); "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation" (article 3)] : en quoi ces "droits" déclarés en 1789 sont-ils universels ? En quoi faudrait-il les respecter pour fonder une démocratie véritable ? Comment dans un Etat laïque et neutre "une charte de la laïcité maçonnique" peut-elle être affichée de force dans chaque école ?

 

Nos lecteurs connaissent les moyens de remédier à cette démocratie moderne qui fonde le pouvoir d'une oligarchie. Ils connaissent le secret de cette Oligarchie républicaine et pour se garantir de son despotisme, il savent qu'il s'agit maintenant de (re)définir la légitimité politique, les normes supérieures que la loi ne pourra pas franchir : avec la loi Taubira légalisant le "mariage homosexuel et l'adoption des enfants, la "Volonté générale" dans les faits est supérieure aux droits de l'homme et à la Constitution,  le Conseil constitutionnel s'est lui-même couché, les "droits naturels" de 1789 sont eux-mêmes bafoués quand la volonté réelle de la majorité des citoyens n'est pas entendue malgré des millions de personnes descendues dans la rue à trois reprises et une pétition de 700000 personnes totalement ignorée. Les droits naturels de 1789 sont bafoués quand une législation qui s'en réclame s'assoit sur les droits des enfants. La légitimité politique dans ces conditions doit cesser de s'originer dans l'article 3 et 6 de la DDH de 1789 permettant les monstrueuses lois en cours, sans qu'aucune limite viennent y remédier. La loi doit s'originer à nouveau dans les droits naturels dérivés de la loi divine, avec ses limites infranchissables (droit à la vie) et par exemple déclarer la famille traditionnelle et biologique "base de la souveraineté nouvelle d'une nation", projet actuellement à l'étude en Russie pourrait être une piste.

 

La démocratie moderne conçue comme une " déconstruction des repères traditionnels" selon les termes de Luc Ferry - déconstruction de tout repère et de toute limite sauf maçonnique et oligarchique -, doit cesser et être reléguée au rang des expériences totalitaires définitivement caduques.


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